« Zone de Guerre Étendue de Chalnath » : différence entre les versions
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Au-delà de l’enceinte massive des quartiers extérieurs de Fissilicus, une vaste zone de ruines calcinées et de roches grêlées s’étire jusqu’aux étendues sauvages. Cette région s’étend sous les énormes tubes jumelés du Grand Canon, selon l’orientation de l’arme le jour de sa mise à feu, une grande partie de la désolation est balayée par la libération d’énergie. D’horribles vagues de pression lézardent le [[Ferrobéton]], des ondes de choc et des jets de flammes imprégnées de produits chimiques noient la zone, et des tempêtes localisées ravagent le paysage. Malgré la létalité des lieux, de nombreuses colonies sont rapidement établies au lendemain de la destruction, des pèlerins évacués à la hâte, des réfugiés et des parias affluent pour reprendre le cours de leur existence, et ramasser les cadavres de ceux qui n’ont pas pu fuir quand l’alarme stridente a retenti. La Désolation de sous la Bouche à Feu abrite également un dédale de fortifications, de bastions temporaires, de postes de contrôle blindés, de tranchées et de stations de rassemblement. Vu son manque de positions de tir, ses risques d’embuscade et ses structures branlantes, peu de soldats aiment être déployés dans cette région maudite. | Au-delà de l’enceinte massive des quartiers extérieurs de Fissilicus, une vaste zone de ruines calcinées et de roches grêlées s’étire jusqu’aux étendues sauvages. Cette région s’étend sous les énormes tubes jumelés du Grand Canon, selon l’orientation de l’arme le jour de sa mise à feu, une grande partie de la désolation est balayée par la libération d’énergie. D’horribles vagues de pression lézardent le [[Ferrobéton]], des ondes de choc et des jets de flammes imprégnées de produits chimiques noient la zone, et des tempêtes localisées ravagent le paysage. Malgré la létalité des lieux, de nombreuses colonies sont rapidement établies au lendemain de la destruction, des pèlerins évacués à la hâte, des réfugiés et des parias affluent pour reprendre le cours de leur existence, et ramasser les cadavres de ceux qui n’ont pas pu fuir quand l’alarme stridente a retenti. La Désolation de sous la Bouche à Feu abrite également un dédale de fortifications, de bastions temporaires, de postes de contrôle blindés, de tranchées et de stations de rassemblement. Vu son manque de positions de tir, ses risques d’embuscade et ses structures branlantes, peu de soldats aiment être déployés dans cette région maudite. | ||
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Jadis la plus grande des lunes de Volkus, Cobolth fut assaillie il y a quelques années par des [[Ork]]s sous le commandement du [[Kaptain Gulgork]]. Le plan du [[Flibuztier]], qui consistait à utiliser le satellite comme base pour envahir le Monde-Ruche, fut violemment interrompu par un tir du Grand Canon. D’une seule volée, il déchiqueta la lune. De gigantesques débris s’abattirent sur Volkus tandis que des remous gravitiques secouaient le monde. Des séismes dévastateurs et des raz de marée cataclysmiques semèrent la dévastation, de même que les brasiers causés par les débris en feu de l’obus à plasma, qui se consumèrent pendant des mois. Les restes de Cobolth se décomposèrent en une ceinture d’astéroïdes. Malgré les pertes humaines, la perte de Cobolth fut considérée comme un coût raisonnable pour l’annihilation des Orks. Hélas, au cours des décennies suivantes, on apprit que certains avaient survécu. Ils se multiplièrent et se propagèrent, et leurs bases improvisées sur des morceaux de rocher à la dérive leur permirent d’échapper aux purges entreprises par le gouverneur du système. Tapis dans leurs cachettes, nombre d’entre eux vivent de pillage et de rapines, forgeant des vaisseaux à partir de la ceinture de débris avant de s’attaquer aux cargos et navires de commerce transitant dans le [[Point de Mandeville]] local. | Jadis la plus grande des lunes de Volkus, Cobolth fut assaillie il y a quelques années par des [[Ork]]s sous le commandement du [[Kaptain Gulgork]]. Le plan du [[Flibuztier]], qui consistait à utiliser le satellite comme base pour envahir le Monde-Ruche, fut violemment interrompu par un tir du Grand Canon. D’une seule volée, il déchiqueta la lune. De gigantesques débris s’abattirent sur Volkus tandis que des remous gravitiques secouaient le monde. Des séismes dévastateurs et des raz de marée cataclysmiques semèrent la dévastation, de même que les brasiers causés par les débris en feu de l’obus à plasma, qui se consumèrent pendant des mois. Les restes de Cobolth se décomposèrent en une ceinture d’astéroïdes. Malgré les pertes humaines, la perte de Cobolth fut considérée comme un coût raisonnable pour l’annihilation des Orks. Hélas, au cours des décennies suivantes, on apprit que certains avaient survécu. Ils se multiplièrent et se propagèrent, et leurs bases improvisées sur des morceaux de rocher à la dérive leur permirent d’échapper aux purges entreprises par le gouverneur du système. Tapis dans leurs cachettes, nombre d’entre eux vivent de pillage et de rapines, forgeant des vaisseaux à partir de la ceinture de débris avant de s’attaquer aux cargos et navires de commerce transitant dans le [[Point de Mandeville]] local. | ||
Version du 22 mars 2025 à 20:26
Chaque reprise de contact avec les régions de l’Imperium Nihilus amenait son lot de nouvelles de mondes en perdition, bien plus fréquentes que les histoires de résistance héroïque. Dans l’Étendue de Chalnath, des dizaines de systèmes avaient subi les affres de la guerre civile et le fléau des prophètes de malheur. Plus d’une idéologie Xenos s’insinua dans ces fractures.
Depuis l’émergence de la Cicatrix Maledictum, la Forteresse du Guet de Mortguard et ses stations périphériques ont enduré les féroces tempêtes Warp qui ont affligé les secteurs voisins, mais aussi des irruptions de Xenos. Certes, de nombreux extraterrestres furent anéantis par la Grande Faille, mais davantage encore furent poussés à envahir de nouveaux territoires après avoir perdu les leurs, ou s’échouèrent suite aux tempêtes près de mondes impériaux affaiblis. L’Étendue de Chalnath souffrit de la sorte.
Grâce à son propre réseau d’informateurs et d’écoutes des communications par astroduc, Mortguard identifia un regain d’influence Xenos dans les systèmes de l’Étendue de Chalnath. Sa nature exacte fut révélée par l’Inquisiteur Jazad D’ontor. Le vieil enquêteur de l’Ordo Xenos adressa une missive cryptée à Agathon, Commandant du Guet de Mortguard. Les transcriptions et captures vidéo de l’Inquisiteur montraient la main des T'au à l’œuvre. Après s’être insinués sur les mondes frontaliers misérables, les T’au agissaient ouvertement contre plusieurs systèmes récalcitrants. Sur certains mondes, révélait D’ontor, les régiments de l’Astra Militarum avaient tenté de repousser les offensives T’au, mais d’autres régiments étaient retenus par des soulèvements aux causes inconnues. D’ontor ignorait pourquoi et comment les T’au étaient apparus si loin au nord de leur territoire principal, mais il était formel : ce n’était probablement que le prélude à des invasions en règle.
L’Inquisiteur avait intercepté des délégations T’au en route pour les planètes Cestis et Halte du Saint. Il avait d’ailleurs perdu un bon nombre d’acolytes inquisitoriaux dans le système Arrajian, et il supposait que les trois mondes risquaient d’être perdus. En ce cas, les T’au se répandraient en tache d’huile, du centre de l’Étendue de Chalnath aux mondes vulnérable de la bordure méridionale. De là, une route menait à la forteresse du Segmentum à Kar Duniash. On ne pouvait laisser les Xenos menacer une place forte aussi cruciale.
Le Maître du Guet Agathon emmena trois Compagnies du Guet au complet vers les mondes de l’Étendue de Chalnath. Les preuves de D’ontor éclairaient les mobiles T’au, mais la Deathwatch soupçonnait que les T’au n’étaient pas les seuls Xenos à l’œuvre. Les rapports fragmentaires parlant de sectes et de mutants, plus les séides de D’ontor disparus, suggéraient à Agathon des infections de Génovores, ce que Mortguard avait déjà affronté.
Arrajian IV
Après avoir perdu du personnel envoyé purger les guildes marchandes du système Arrajian, l’Inquisiteur D’ontor fit poster des guetteurs sur le pourtour du système, certain qu’une flotte T’au était sur le point d’attaquer. La Deathwatch, pour sa part, pensait que le cancer d’une secte de Génovores était déjà en place. Des navires d’attaque rapide occultés en provenance de Mortguard vinrent écouter le trafic vox et analyser les signaux astropathiques entre les systèmes de l’Étendue de Chalnath.
La Deathwatch découvrit que le système entier était sur le pied de guerre. Les guildes marchandes subventionnaient les régiments défensifs de l’Astra Militarum et les organismes paramilitaires, des sargasses glacées d’Arrajian II aux magnéto-chaluts atmosphériques d’Arrajian IX. Tout indiquait des préparatifs en vue d’un conflit à l’échelle du système, précaution louable, au vu des agressions T’au contre d’autres systèmes de l’étendue.
Une Équipe d'Extermination Proteus sous les ordres du Lieutenant Alvor se téléporta dans les servoducs sous le siège de la guilde d’Arrajian Le but était d’éclaircir la disparition des acolytes de l’Inquisiteur. Quelques minutes après son arrivée, l’Équipe d’Extermination subit l’assaut d’hybrides Génovores et d’Aberrants dégénérés. L’équipe Alvor progressa de conduit en conduit à la recherche d’une source d’infection. Deux jours durant, l’Équipe d’Extermination remonta vers les fondations du siège, malgré des pertes croissantes et le brouillage des transmissions vers l’orbite par des xenoparasites psychiques. Au troisième jour, l’équipe avait abattu des dizaines de membres corrompus de la guilde, mais seul Frère Tyvus atteignit la surface pour activer sa balise de téléportation et décrire l’infection et les expériences contre-nature. Le système tomba quelques mois plus tard, mais Mortguard en avait le cœur net et il reviendrait.
Cestis
Sur le monde montagneux et désolé de Cestis, dans le quadrant sud-est de l’Étendue de Chalnath, les pionniers T’au avaient déjà établi une tête de pont. Les ingénieurs de la Caste de la Terre avaient érigé une soi-disant station de recherche, tandis que les émissaires de la Caste de l'Eau soudoyaient les acteurs du marché noir pour qu’ils taisent sa présence. Le Capitaine de la Capitaine du Guet Seraphus, qui avait supervisé l’interrogatoire d’un trafiquant, savait d’après ses données que les infrastructures de ce genre étaient la première étape d’une invasion T’au à terme. Sous couvert de "recherche scientifique", on pouvait y fabriquer petit à petit d’importants moyens militaires grâce à une véritable armée de drones Xenos, et les cacher sous un champ de furtivité émis par la surface du dôme de l’édifice.
Attaquant en toute hâte, la Deathwatch déploya ses escadrons de suprématie aérienne et ses forces terrestres appuyées par des transports blindés Land Raider. Les chars suivirent les fonds de vallées selon des itinéraires reconnus par une Équipe d’Extermination Spectrus. Les contreforts étaient parsemés de tourelles automatiques, qui firent feu sur les forces impériales tandis que des essaims de drones jaillissaient de leurs cachettes. Les snipers de la Deathwatch en abattirent des dizaines, pendant que les chars réduisaient les tourelles au silence.
Des portails s’ouvrirent dans la surface courbe de la station pour laisser sortir des Exo-Armures. Elles immobilisèrent un Land Raider de tête, bloquant les suivants. En retour, les escadrons blindés se joignirent aux snipers pour établir des feux croisés. Ce qui devait être un coup de marteau bref et décisif se mua en bataille d’usure, dans laquelle les deux camps jetèrent leurs renforts.
Halte du Saint
Le monde-sanctuaire de Halte du Saint comptait des milliards d’âmes, massées dans les villes côtières blotties entre les mers acides et les plateaux que dominaient les palais-reliquaires continentaux. Le Croiseur d'Attaque de la Deathwatch Void Sentinel se translata dans le système pour trouver le monde déjà assiégé. Les régiments d’infanterie autochtones des Mareyeurs de Saint se battaient au côté des Sœurs de Bataille de l’Ordre de la Bure Bleue, et de forces des systèmes Riatov et Pennutsk ayant franchi le blocus orbital T’au. Depuis le trône de commandement du Void Sentinel, le Maître du Guet Agathon dirigeait la campagne de Mortguard contre les cadres T’au et les insurrections Génovores.
La Ruche Tor Saev brûlait, illuminant le pôle Sud. Dans la Ruche Delina, des cadavres de loyalistes étaient pendus à l’Arche Absolutis, et leurs assassins sectateurs défendaient la ville pilonnée par les T’au. Toutes les cités étaient en guerre ; Agathon concentra ses frappes contre trois d’entre elles. La Ruche Leonis, où le Maître du Guet envoya ses équipes saboter le générateur de bouclier qui couvrait le flanc T’au contre l’artillerie de Riatov. Gedrontis, où il dépêcha des vagues de Storm Speeders dans le dos des chars antigrav Xenos qui attaquaient la Porte de la Vengeance de l’Empereur, afin que l’Adepta Sororitas tente une sortie.
La Compagnie du Guet Quintus au complet attaqua le fer de lance T’au pointé vers la capitale Bonn Primus. Pris sous un déluge de munitions spéciales, de lames et de fléaux psychiques, les T’au cédèrent. La Deathwatch les repoussa vers la secte du Ver de la Ruche, contraignant les Xenos à s’entre-tuer. En orbite, les réserves de la Deathwatch attendaient les embuscades qu’Agathon savait devoir survenir de la part des Xenos. Il était prêt à les contrer.
Argent Sacré : l'Ordre du Suaire d'Argent dans l'Étendue de Chalnath
- « L’Ordre du Suaire d’Argent est l’un des Ordres Majoris les plus agressifs. Leur Préceptoire plongeant dans le chaudron bouillonnant de l’Étendue de Chalnath, les Soeurs de Bataille auront besoin de toute leur fureur et de leur foi pour survivre. »
Le précepte fondamental de l’Ordre du Suaire d’Argent est les actes parlent plus que les mots. On y enseigne que la Matriarche Sainte Silvana était peu loquace et qu’elle vénérait l’Empereur-Dieu par son zèle et ses victoires. Suivant cet exemple, les Sœurs de Bataille du Suaire d’Argent privilégient la contemplation et les prières brèves, préférant se distinguer dans l’action. Elles ne prient pas l’Empereur-Dieu d’intercéder directement en leur faveur, car elles estiment qu’il est plus juste de combattre et de mourir à son service que d’implorer son aide.
Privilégiant la rapidité sur le terrain, l’Ordre du Suaire d’Argent fait grand usage de troupes de choc équipées de Réacteurs Dorsaux et de véhicules blindés. Ces ressources sont combinées à un dogme stratégique brutal qui met l’accent sur l’action immédiate et directe. Percées par les chars, largages massifs de guerrières, abordages chirurgicaux par des formations d’élite sont autant de tactiques caractéristiques de ces sœurs de Bataille. Il n’est pas rare que des missions entières soient menées par de l’infanterie lourde, chaque escouade partant au combat dans des Rhinos, tandis que les Séraphines, les Zéphyrines et les Castigators assurent une escorte rapprochée et un appui feu nourri.
Les Sœurs du Suaires d’Argents sont tellement convaincues de la justesse de leur mission qu’elles participent rarement aux grandes réunions d’état-major de leurs alliés. Même quand elles assistent aux conseils de guerre impériaux, elles jugent les débats en silence avant d’appliquer leurs propres plans, qu’elles que soient les décisions prises. La conviction inébranlable de ces guerrières dans l’inspiration de l’Empereur-Dieu vaut toutes les approbations. Aucune autorité impériale inférieure ne peut contredire leur objectif sacré, et ceux qui s’y essaient, souvent sur un ton de plus en plus irrité, sont ignorés.
Dans la Tempête
Alors que les combats se poursuivaient dans l’Étendue de Chalnath, les T’au pénétrèrent dans l’Amas de Voronin, visant le Monde-Ruche d’Astorgius. Les défenseurs de la planète avaient été vaincus, mais ils refusaient de se soumettre. Des bandes de résistants impériaux poursuivaient la lutte, malgré la domination croissante des Xenos. Leurs derniers Astropathes continuaient d’envoyer des appels de détresse dans l’Immaterium, attendant désespérément des renforts. Après bien des tentatives, un message Astropathique tronqué s’échappa d’Astorgius. Happé par des courants empyréens, il fut transporté au-delà de l’Etendue de Chalnath jusqu’au monde de Charnoboria, loin dans la Bordure Orientale. C’est ce chant lugubre et incomplet qui plongea le 5e Préceptoire de l’Ordre du Suaire d’Argent dans le conflit de Chalnath. Charnoboria était un Monde Mortuaire. Pendant des millénaires, des caraques funéraires ont convoyé les dépouilles de hauts dignitaires vers cet orbe cendré afin qu’elles rejoignent ses catacombes. C’était une planète sinistre, mais elle était importante pour le Culte Impérial. Ses ossuaires contenaient des reliques d’une valeur inestimables. La rumeur voulait que les esprits des Saints défunts y résidassent pour rendre un culte éternel à l’Empereur-Dieu. Aussi loin que remonte l’histoire locale, il y a toujours eu un préceptoire du Suaire d’Argent en ces lieux, ses Sœurs de Bataille étant chargées de protéger la paix des morts.
Depuis l’ouverture de la Grande Faille, ces Sœurs n’avaient combattu que bien peu d’ennemis. Par un caprice du destin, l’Immaterium restait étrangement paisible autour de Charnoboria. Le 5e Préceptoire se retrouva donc isolé dans un système calme, aux côtés d’éléments de plusieurs régiments de l’Astra Militarum, de bataillons d’autres forces humaines et d’une flottille endommagée de la Marine Impériale sous le commandement du Contre-Amiral Li Wen Bhatiar. Les prêtres mortuaires de Charnoboria pensaient que la présence de l’Adepta Sororitas apportait la bénédiction de l’Empereur et repoussait les ténèbres. La Chanoinesse-préceptrice Magritte était moins sûre. L’inaction irritait nombre de membres du 5ème Préceptoire, et Magritte craignait qu’elles ne soient tombées dans un piège subtil où le devoir apparent envers les morts desservait les besoins plus pressants des vivants.
Lorsque l’appel de détresse d’Astorgius parvint à Charnoboria. Magritte y vit une convocation de l’Empereur-Dieu. Revigorée, elle Lui rendit grâce d’avoir déchiré le linceul impur qui l’avait rendue sourde et aveugle. Elle ordonna aux troupes de son préceptoire, ainsi qu’à la majorité des autres forces impériales éparpillées dans le système, de lancer ce qu’elle nomma la Croisade d’Astorgius. Naviguant à bord des quatre plus puissants vaisseaux du Contre-Amiral Bhatiar, chacun doté d’un Cathedrum d'Invasion fixé à sa coque ou stocké dans les cales, l’armada plongea dans le Warp afin de renforcer la défense d’Astorgius.
Avec une Commanderie de Sœurs de Bataille assignée à chaque Cathedrum d’Invasion, et les Croiseurs de la Marine remplis de soldats de l’Astra Militarum et d’autres troupes impériales, Charnoboria se trouva bien affaiblie. Les appels des prêtres mortuaires restèrent lettres mortes. La Chanoinesse-Préceptrice Magritte avait pris sa décision. Le 5e Préceptoire allait rejoindre la guerre dans l’Etendue de Chalnath.
Cependant, le trajet ne fut pas aisé. L’espoir que la piété des Sœurs de Bataille les protège dans le Warp se dissipa rapidement. Quand l’Immaterium se referma violemment sur la Croisade d’Astorgius. Nombreux furent convaincus que les mêmes forces obscures qui cherchaient à les piéger sur Charnoboria réagissaient maintenant avec fureur pour les empêcher de s’enfuir. Bien que les quatre vaisseaux aient bien cherché à suivre la même route Warp de Mendicanthus, jadis stable, ils furent vite dispersés et endommagés par des marées empyréennes déchaînées.
La Première Commanderie
Dirigée par le Chanoinesse-Préceptrice elle-même, la 1e Commanderie voyagea à bord du Cathedrum d’Invasion "Lumière de Piété", fixé au L’Épée de Mordia, un Croiseur de Classe Dictator. Tiraillé par les marées empyréennes féroces, L’Épée de Mordia semblait courir à sa perte. Pourtant, le Navigator du vaisseau réussit à l’arracher au Warp avant que le désastre ne le consume. Endommagé et égaré, L’Épée de Mordia émergea dans la Ceinture de Xindao, non loin du Système Zorvash. Le Capitaine Uhlis, maitre de L’Épée de Mordia, pénétra dans la zone avec l’espoir de faire réparer son bâtiment. Si la Chanoinesse-Préceptrice Magritte abhorrait ce retard, il était clair qu’aucun zèle ou foi ne permettrait à leurs vaisseaux d’effectuer un autre saut Warp à la recherche d’Astorgius. Incapables de contacter le reste de la flotte, Magritte et Uhlis furent contraints de supposer qu’ils étaient les seuls survivants. Là où le capitaine vit des pertes terribles, la Chanoinesse-Préceptrice vit un test sacré imposé par l’Empereur-Dieu. Peut-être s’agissait-il d’une punition pour l’inaction prolongée du 5e Préceptoire. Peut-être s’agissait-il d’une épreuve purificatrice. Quelle que soit la vérité, Magritte se jura de prouver sa valeur. Quelle ne fut pas sa sinistre satisfaction quand en s’enfonçant dans le Système Zorvash, L’Épée de Mordia détecta des proclamations-Vox venant du Monde-Ruche Lagask. Ces annonces célébraient en boucle le renversement des oppresseurs impériaux par le Culte de la Guivre Luisante. Elles appelaient les Enfants Stellaires à visiter Lagask de leurs bénédictions et à aider les fidèles dans la révolution de Siprara, l’Agri-Monde voisin, et sur la Lune-Forge Ereclyr. Ces harangues de la Secte Génovore était tout ce dont Magritte avait besoin pour lancer son appel au combat.
Les Augures ayant détecté des signes de combats sur les trois mondes, un choix s’offrait à la Chanoinesse-Préceptrice. Ses forces étaient trop peu nombreuses pour livrer des conflits planétaires, mais elles étaient assez aguerries et mobiles pour que, si elles remportaient la bonne bataille, elles fassent pencher la balance en faveur des loyalistes. Magritte finit par s’en remettre à l’exemple de la Matriarche de son Ordre. Les transmissions Hérétiques provenaient de la Ruche d’Argusta sur Lagask. L’Augure orbital indiquait que la guerre embrasait l’agglomération, les troupes loyalistes étant repoussées dans les quartiers périphériques tandis que les sectes Xénos s’étaient emparés du noyau montagneux et des flèches fortifiées. C’est de ces tours que la propagande déferlait en vagues toxiques. Magritta jura qu’elle et ses Sœurs de Bataille, aidées par les autres forces impériales qui les accompagnaient, frapperaient les flèches d’Argusta et réduiraient les hérétiques au silence. En muselant la désinformation, la 1e Commanderie affaiblirait le moral de l’ennemi.
L’Épée de Mordia se plaça en orbite basse quelques heures après le serment de la Chanoinesse-préceptrice. Propulseurs rugissants, sa coque crénelée nimbée de flammes, le Light of Piety commença un largage de combat directement sur Argusta. La bataille visant à faire taire les diffusions du Culte de la Guivre Luisante avait commencé.
La Troisième Commanderie
Le Warp recracha les troupes de la 3e Commanderie au cœur du Système d’Ennua. Victime d’une translation incontrôlée dans l’espace réel, le Chant du Martyre, leur Cathedrum d’Invasion, subit des dégâts irréparables. Cette calamité contraignit la Chanoinesse-Commandante, Georgiana et ses Sœurs de Bataille à abandonner l’appareil et à rejoindre le Pugnace, un Croiseur de Combat de Classe Mars.
A peine le Chant du Martyre largué et le Pugnace à une distance de sécurité, un nouveau danger se profila. L’astucieux Commandant Veilstrike dirigeait les forces T’au tentant d’arracher le Système Ennua à l’Imperium, et ses vaisseaux kor’vattra savamment organisés ne pouvaient manquer de détecter l’explosion spectaculaire des générateurs à plasma du Cathedrum d’Invasion. Avec les vaisseaux T’au en approche, c’est le Pugnace presque en ruine qui se précipita vers Petricorum, le monde voisin. Son capitaine, le valeureux Javalour, réussit à rejoindre l’escadron qui tentait de faire blocus autour de la planète. Convaincues d’avoir été menées jusqu’ici par l’Empereur et ne voulant pas rester plus longtemps des témoins impuissants, la Chanoinesse Georgiana et ses troupes survivantes se jetèrent dans la bataille.
La 3e Commanderie était une force mécanisée. Hélas, elle perdit toutes ses unités blindées dans la destruction du Chant du Martyre. S’adaptant à ce défi, la Chanoinesse Georgiana combina ses forces avec les compagnies du 67e régiment d’Infanterie Lourde Cadienne et du 15e régiment de Tirailleurs Oskites qui les avaient accompagnées depuis Charnoboria, puis les déploya via les transports de troupes du Pugnace. Elles serviraient de troupes d’intervention aéroportées pour soutenir la défense de Smelt, la Ruche la plus méridionale décréta-t-elle. Ainsi, les Sœurs de Bataille et leurs alliés purent frapper vite et fort les T’au repoussant les Xenos dans les canyons boisés au-delà de la Ruche, avant de reprendre les airs. Bien que Georgiana ait ignoré les appels répétés à la coordination avec les forces de défense impériales dans et autour de Smelt, les loyalistes étaient trop dispersés pour refuser de tels renforts. La Chanoinesse et ses unités continuèrent donc à se battre pour défendre Smelt.
La Quatrième Commanderie
Lorsque les forces de la 4e Commanderie émergèrent du Warp en périphérie du système Riatov, leurs Augures et leurs balayages Vox dressèrent un bien triste tableau. Sur les cinq mondes impériaux peu peuplés de la région, Cyclaeus, Derechor et Suphaersyl avaient été annexés par des Cultes Hérétiques sous l’emprise des Word Bearers. Plusieurs vaisseaux aussi immenses que baroques de cette Légion infernale patrouillaient la zone, tandis que d’autres unités du Chaos assaillaient Torona et Saint Duslav, les deux planètes loyalistes survivantes.
Pire encore pour la Chanoinesse-Commandante Nialha, les rares défenseurs impériaux de Torona et de Saint Duslav n’avaient survécu que grâce à l’aide de mercenaires Cognats, bien plus nombreux que les humains. La vue d’honnêtes citoyens impériaux assaillis par les pires hérétiques imaginables et obligés de s’en remettre à des êtres à peine mieux considérés que des Xenos plongea la Chanoinesse dans une fureur sacrée. Certains membres de sa Commanderie lui conseillèrent de se concentrer, lui rappelant que leur devoir était envers la Croisade d’Astorgius. Elles devaient reprendre contact avec le reste du 5e Préceptoire, s’il y avait des survivants, et accomplir leur vœu. Les horreurs auxquelles elles étaient confrontées n’étaient peut-être elles-mêmes qu’un piège tendu par les démons du Warp pour détourner la 4e Commanderie de sa véritable mission.
Nialha envoya chez les Repentia celles qui avaient donné cet avertissement pour couardise impie. Elle tint ensuite un rapide conseil de guerre avec le Contre-Amiral Li Wen Bhatiar, dont le propre vaisseau amiral, le Griffon Rampant, portait encore son Cathedrum d’Invasion, le "Bûcher Éternel". Tous deux convinrent que leurs cibles principales devaient être les navires des Word Bearers. Tant que ces derniers sillonneraient le vide et pouvaient lâcher des bombardements orbitaux, ce système ne connaitrait pas la victoire. De plus, si les trois bâtiments hérétiques unissaient leurs forces, ils écraseraient le Griffon Rampant. Heureusement, l’un d’entre eux était isolé pour l’instant, en orbite autour de Derechor dans un but aussi mystérieux que diabolique. Un abordage des Sœurs de Bataille de Nialha permettrait de saboter le navire félon et de restaurer en partie l’équilibre des forces.
Une fois leur plan défini, la 4e Commanderie et les forces de la Croisade Impériale en soutien se préparèrent à aborder le Rite de Sang, le vaisseau des Word Bearers. Un combat horrible les attendait sûrement. Cependant, en cas de victoire, elles porteraient un coup sévère aux adorateurs du Chaos tourmentant le système Riatov et commenceraient à inverser le cours de cette guerre en faveur des loyalistes.
Les Croisés Perdus
Quand les marées du Warp engloutirent la Croisade d’Astorgius, elles s’acharnèrent sur le Croiseur Défiance Courageuse. Le Vaisseau et le Cathedrum d’Invasion qui y était fixé disparurent sans laisser de trace, emportant avec eux la 2e Commanderie de la Chanoinesse Ymelda ainsi que plusieurs Chevaliers de la Maison Griffith et deux régiment d’infanterie de l’Astra Militarum.
Cette force n’est pas encore réapparue dans l’Étendue de Chalnath. Cependant, quelques Astropathes survivants dans des fortifications impériales d’Astorgius ont depuis eu des visions d’une épée enflammée descendant des cieux pour châtier les T’au, mais aussi celles de silhouettes angéliques piquant vers le sol dans des corolles de feu. Peut être que ces rêves éveillés annoncent l’arrivée de la 2e Commanderie, béni par la toute-puissance de l’Empereur-Dieu. Peut-être est-ce un présage encore plus étrange ou plus sinistre. Seul le temps nous le dira.[1]
Le Monde-Canon : Gardien colossal de l’Etendue de Chalnath
Dans la région méridionale de l’Etendue de Chalnath, parmi les systèmes qui constituent l’Amas de Voronin, se trouve Kessandras. Isolés de Sainte Terra par la Grande Faille, dont les marées empyréennes tumultueuses contrarient toute tentative de l’Imperium Nihilus pour envoyer des renforts, les mondes du système de Kessandras ne peuvent compter que sur leurs propres défenses pour les protéger des Xenos et des Hérétiques qui rôdent tels des prédateurs dans les ténèbres. Heureusement, l’arsenal impérial reste redoutable.
Un grand nombre des mondes du système Kessandras sont lourdement fortifiés. Sur Futilité, une lune gravitant autour du monde-jungle de Kesserin, le paysage grêlé de cratères est défiguré par les silos d’excavation établis par les Technoprêtres de l’Adeptus Mechanicus. Des auto-tourelles à augure incorporée défendent les exploitations minières, des clades de Servitors de combat sont déployés dans les tunnels et des cohortes de Skitarii sont postées dans les usines de traitement de minerais. Sentinelle Terminus, quant à elle, est une station d’augure déployée aux confins du système, et protégée par des flottilles de patrouilleurs. Le monde océanique de Rorgan, lui, abriterait des installations secrètes dans ses profondeurs, où des gardiens surveillent les flots sans relâche à l’affût des intrus.
Mais tout cela n’est rien en comparaison du Monde-Ruche de Volkus. La planète jouit en effet d’une grande richesse en minerais, dont certains n’existent nulle part ailleurs dans l’Amas de Voronin. D’immenses mines sont creusées dans les steppes ou dans les racines de montagnes gelées. Sur les versants de volcans actifs, des extracteurs lourdement blindés se gorgent de substance pyroclastique et des nids de conduites en adamantine s’abreuvent aux sources chaudes pour en filtrer les produits chimiques. Des forêts gigantesques sont dépouillées de leurs arbres. Un grand nombre de ruches et de complexes industriels se nourrissent des matériaux bruts de Volkus, que les usines de la planète transforment en un vaste éventail de produits et matériels.
En orbite basse autour de Volkus, des plateformes de défense surveillent le périmètre du monde. Les ruches et les complexes industriels de la planète sont couverts de bastions et d’emplacements d’armes lourdes. Des canons anti-orbitaux et des batteries antiaériennes, des armes laser et des silos de missiles cuirassés de Céramite sont prêt à intervenir, leurs servants et leurs Esprits de la Machine guettant le moindre signe d’invasion. Des rangées de boucliers énergétiques palpitent, causant un tel rayonnement qu’ils provoquent la naissance de cellules orageuses. La Ruche Fissilicus abrite le plus grand emplacement défensif : le Massif Ballistus, aussi connu sous le nom de Grand Canon.
Cette arme démesurée ridiculise même les système anti-orbitaux les plus imposants. Ses énormes tubes jumelés se dressent si haut qu’ils doivent être chauffés pour empêcher toute accumulation de glace là où leurs extrémités effleurent la stratosphère. Ses fondations mesurent plusieurs kilomètres de diamètre. En raison des ondes de choc et des tempêtes de cendres provoquées à chaque tir, les terres environnantes ne sont plus qu’un désert de ruines noircies et d’installations précaires. Au-delà de cette désolation, se trouvent les quartiers de la Ruche Fissilicus, dominés par Cascabael. Sous les niveaux supérieurs de la ruche s’étire le Grand En-dessous, un bourbier de chantiers d’exploitation et de puisards peuplé par le sous-prolétariat. La ruche est quadrillée par un réseau de lignes de magnétrains et leurs stations fortifiées, reliant les quartiers entre eux, ainsi que qu’au Massif Ballistus. Cependant, l’enceinte de la Ruche Fissilicus est cernée d’une corolle de taudis et de fortifications légères surnommée la Désolation de sous la Bouche à Feu.
Le Grand Canon
Les archives sur Volkus ne remontent pas plus loin que le millénaire précédent, le massif Ballistus date d’il y a encore plus longtemps ; Certains technoarchéologues pensent que ses origines pourraient précéder la naissance de l’Imperium. On pense que les supports d’ancrage de l’arme plongent jusqu’au manteau de la planète. Depuis leurs fondations à la surface, les structures du canon se dressent comme une montagne. Des réservoirs d’onguent côtoient des sanctuaires de refroidissement, des Portiques Arrestor, des entrepôts de poudre, des Generatoriums, des projecteurs de boucliers, des capteurs-sanctuaires astrométéorologiques, des tours de garnison, et des myriades d’autres structures. Tous ces dispositifs sont parasités par des milliers d’années de constructions supplémentaires et reliés entre eux par des entrelacs branlant de passerelles, d’escaliers en colimaçon et de puits d’ascenseur. Trônant au centre de la conurbation Fissilicus, le Grand Canon est un quartier à part entière : ses flèches sont d’immenses macrogrues, ses places des passerelles colossales qui se superposent, ses rues de vastes conduites d’alimentation et ses citoyens les milliers d’ouvriers, de Servitors et de Technoprêtres qui veillent à son bon fonctionnement.
Quartiers de la Ruche Fissilicus
L’anneau de ruines qui encerclent le Massif Ballistus n’est connu d’aucun nom. La zone aurait fait partie des nombreux quartiers de la ruche Fissilicus qui s’étirent depuis ce halo noirci sur des kilomètres à la ronde. Chaque quartier est dédié à un élément ou à un processus précis dans la construction des obus à plasma tirés par le Grand Canon. Parmi eux se trouvent les Fosses de Cendre, où des réactifs chimiques sont combinés pour former la poudre propulsive, les énormes silos souterrains du quartier sont emplis de déchets de hauts-fourneaux, leur couche supérieure formant un désert de buttes noircies hérissées de tours de guet à moitié enfouies, qui surveillent des poches de cendres connues pour avoir englouti des expéditions entières. Il y a aussi Magna Armata, dont les Manufactorums servent à assembler des charges semblables à des cathedrums et les ogives de la taille de blocs d’habitation. Le quartier de Fabricum Aerimenta, quant à lui, est empli de la chaleur et du fracas assourdissant des fournaises qui forgent les énormes douilles. La lueur des ruisseaux de métal liquide canalisés le long d’un dédale de ravines, ainsi que l’éclat chatoyant d’innombrables postes de soudure, projettent des ombres dansant inlassablement sur les parois de son réseau d’artères inextricables.
Le Grand En-dessous
Les étages supérieurs de la ruche Fissilicus abritent la plupart des sites industriels. Ils coiffent le Grand En-dessous, un royaume de puisards et de passerelles couvertes de vase, de vermines fétides et de gangs barbares. Lieu abstrait dans l’esprit de ceux qui triment "en haut", c’est une zone lugubre faites d’allées sinueuses, de tunnels suintants et de taudis harcelés en permanence par une pluie crasseuse. La plupart des dignitaires ignorent totalement le Grand En-dessous, sauf au moment de récolter des dîmes d’ouvriers ou d’entreprendre des purges de mécontents. C’est là que résident les citoyens les plus pauvres : Les opprimés, les affamés, les mutants, et bien d’autres. Ils passent leur vie à graisser les mécanismes en constante activité du Grand Canon. Le Grand En-dessous est le fond de cale de la ruche, un bourbier de misère à la fois physique et spirituelle.
Train magnétique
Chaque composante des obus à plasma du Grand Canon est chargée dans d’immenses wagons blindés et trois fois bénis avant d’être envoyée au quartier suivant grâce à l’immense réseau des lignes de train magnétique. Les convois circulent également entre les quartiers de la Ruche Fissilicus et le périmètre du Grand Canon, comme la Désolation de sous la Bouche à Feu. Les voies traverses de nombreux postes de contrôle, de dépôts d’approvisionnement et de grandes stations, tous dotés de leurs propres générateurs de boucliers et de batteries d’armes lourdes, de compagnies de soldats, de conclaves de Technoprêtres et de congrégations fanatiques de prélats ecclésiastiques. Les compartiments qui forment les trains sont d’immenses machines, semblables à des bastions articulés, gardés par des sentinelles, qui patrouillent dans le labyrinthe ambulant.
Cascabael
Le quartier-capitale de Cascabael est l’endroit où les derniers éléments des munitions du Grand Canon sont montés. Il s’étire devant les énormes fondations sud, près de la grande culasse où les obus à plasma terminés sont chargés au milieu de chœurs d’auto-hymnes et des vivats de la foule, plongée dans la frénésie par les nombreux prêtres à demeure. Le complexe d’assemblage est un immense réseau s’élevant sur plusieurs niveaux de sanctuaires forge, de passerelles et de baies d’amarrage de la taille d’un petit dock orbital. C’est à Cascabael que les plus grandes festivités ont lieu durant le jour de la mise à feu. Ces célébrations hautement ritualisées sont brutalement supervisées par d’innombrables auto-sanctuaires, relais-vox et casernes de pacification. Certains sous-quartiers sont d’ailleurs sous la seule juridiction d’Arbitrators locaux, de sous-forges de l’Adeptus Mechanicus et de sanctuaires de l’Ecclésiarchie, leur influence jalousement gardée.
La Désolation de sous la Bouche à Feu
Au-delà de l’enceinte massive des quartiers extérieurs de Fissilicus, une vaste zone de ruines calcinées et de roches grêlées s’étire jusqu’aux étendues sauvages. Cette région s’étend sous les énormes tubes jumelés du Grand Canon, selon l’orientation de l’arme le jour de sa mise à feu, une grande partie de la désolation est balayée par la libération d’énergie. D’horribles vagues de pression lézardent le Ferrobéton, des ondes de choc et des jets de flammes imprégnées de produits chimiques noient la zone, et des tempêtes localisées ravagent le paysage. Malgré la létalité des lieux, de nombreuses colonies sont rapidement établies au lendemain de la destruction, des pèlerins évacués à la hâte, des réfugiés et des parias affluent pour reprendre le cours de leur existence, et ramasser les cadavres de ceux qui n’ont pas pu fuir quand l’alarme stridente a retenti. La Désolation de sous la Bouche à Feu abrite également un dédale de fortifications, de bastions temporaires, de postes de contrôle blindés, de tranchées et de stations de rassemblement. Vu son manque de positions de tir, ses risques d’embuscade et ses structures branlantes, peu de soldats aiment être déployés dans cette région maudite.
Le Cadavre de Cobolth
Jadis la plus grande des lunes de Volkus, Cobolth fut assaillie il y a quelques années par des Orks sous le commandement du Kaptain Gulgork. Le plan du Flibuztier, qui consistait à utiliser le satellite comme base pour envahir le Monde-Ruche, fut violemment interrompu par un tir du Grand Canon. D’une seule volée, il déchiqueta la lune. De gigantesques débris s’abattirent sur Volkus tandis que des remous gravitiques secouaient le monde. Des séismes dévastateurs et des raz de marée cataclysmiques semèrent la dévastation, de même que les brasiers causés par les débris en feu de l’obus à plasma, qui se consumèrent pendant des mois. Les restes de Cobolth se décomposèrent en une ceinture d’astéroïdes. Malgré les pertes humaines, la perte de Cobolth fut considérée comme un coût raisonnable pour l’annihilation des Orks. Hélas, au cours des décennies suivantes, on apprit que certains avaient survécu. Ils se multiplièrent et se propagèrent, et leurs bases improvisées sur des morceaux de rocher à la dérive leur permirent d’échapper aux purges entreprises par le gouverneur du système. Tapis dans leurs cachettes, nombre d’entre eux vivent de pillage et de rapines, forgeant des vaisseaux à partir de la ceinture de débris avant de s’attaquer aux cargos et navires de commerce transitant dans le Point de Mandeville local.
Ochari
Au-delà des lunes de Volkus, Ochari abrite le principal relais astropathique du système. L’orbe possède une atmosphère censément respirable, un phénomène attribué à une antique opération de terraformation humaine. Cependant, ces activités ont également pollué l’air au point de le transformer en un brouillard toxique. Ici aussi, des Orks subsistent, vestiges de la dévastation de Cobolth. Leurs exactions sont jugulées par les fortifications d’Ochari et de fréquentes missions d’éradication. Le relais astropathique lui-même est une gigantesque structure en forme d’aiguille qui s’élève depuis un cratère fortifié hérissé de batteries d’armes. Autour de lui s’étendent un grand nombre de casernes, d’aérodromes, d’arsenaux cuirassés et de stations de ravitaillement, la plupart sont soutenus par des colonies composées de complexes industriels, de blocs d’habitation et de camps militaires.
Kumenos
Kumenos est un Monde Pénitentiaire du système Kessandras. Enorme planète alternant zones tempérées et déserts de poussière, elle possède une gravité dépassant les normes terranes. Son atmosphère dense est fréquemment balayée par des tempêtes redoutables, ce qui rend toute tentative d’approche et de départ extrêmement périlleuse. Incrusté dans la chaîne montagneuse équatoriale de Kumenos, un complexe carcéral cyclopéen abrite des délinquants d’un certain nombre de juridictions du système Kessandras et d’au-delà. La population de la colonie-prison – composée d’opposants politiques, d’hérétiques et de fanatiques instables – est régulièrement convoyée dans le désert pour travailler dans d’immenses carrières, où elle extrait des minerais rares utilisés comme lentilles pour les armes laser lourdes. La rumeur prétend que les dernières excavations ont exhumé une série de ruines, dont l’origine demeure un mystère. Plus d’une escouade de troupes d’élite envoyée pour retrouver des équipes de mineurs disparues sont revenues bredouilles, sans aucune trace des prisonniers ni de leurs gardiens. Jusqu’ici ces pertes n’ont suscité aucun émoi : La réserve de détenus reste suffisante et de nombreux soldats s’étant plaints d’être déployés dans la désolation de sous la Bouche à Feu ont été réassignés à Kumenos.
Kesserin
Les continents de Kesserin, troisième planète du système Kessandras, sont presque entièrement couverts de forêts tropicales tempérées. Sa flore, dont une grande partie est toxique pour les humains, est incroyablement robuste et prolifique. Malgré de nombreuses mesures préventives, des cocktails de leurs toxines ont traversé les systèmes de filtration atmosphérique pour polluer les citernes d’eau potable. Ces facteurs, couplés à la topographie montagneuse de la planète, ont vu Kesserin devenir une zone de manœuvre pour l’infanterie et les régiments de reconnaissance de l’Astra Militarum. Avant l’ouverture de la Grande Faille, nombre de casernes, et de terrains d’entrainements étaient taillés dans la jungle même de Kesserin. Il y a eu des tentatives pour établir des avant-postes sur des étendues de canopées interconnectées ainsi que pour forer des complexes souterrains entre les racines dures comme du fer de certaines espèces qui résistaient à toute éradication. Cependant, l’escalade du conflit dans l’Etendue de Chalnath a vu ces installations abandonnées, et en l’absence de vie humaine, la jungle a commencé à les reconquérir.[2]
Sources
- Warhammer 40K - Codex Deathwatch, V9
- White Dwarf N°505 - Zone de Guerre Chalnath - Argent Sacré
- White Dwarf N°508 - Le Monde Canon - Gardien Colossal de l'Etendue de Chalnath

