Siège de Vraks : Différence entre versions

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Le coup de Zhufor était complet. Par le sang et la trahison, il s’était rendu maître de Vraks. La guerre était maintenant à lui. Des millions de personnes allaient maintenant marcher sous son commandement et, comme promis, il y aurait un portail de guerre à construire.<ref>Imperial Armour Vol. 7 : The Siege of Vraks - Part III - Chapter Thirteen : The Conclave of Scarus - ''The Rise of Zhufor'' ''(traduit de l’anglais par Guilhem)''</ref>
 
Le coup de Zhufor était complet. Par le sang et la trahison, il s’était rendu maître de Vraks. La guerre était maintenant à lui. Des millions de personnes allaient maintenant marcher sous son commandement et, comme promis, il y aurait un portail de guerre à construire.<ref>Imperial Armour Vol. 7 : The Siege of Vraks - Part III - Chapter Thirteen : The Conclave of Scarus - ''The Rise of Zhufor'' ''(traduit de l’anglais par Guilhem)''</ref>
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===Vers la Colline du Pendu===
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Peu furent conscient de l’agitation et de la disparition soudaine du Cardinal Xaphan, ni de l’émergence de Zhufor comme nouveau chef de guerre sur Vraks. Le Seigneur Inquisiteur Rex surveillait de près les offensives des 1<small><sup>er</sup></small> et 46<small><sup>e</sup></small> Corps de Ligne. Au début, la grande poussée vers le mur d’enceinte avait été beaucoup plus lente qu’il ne l’avait prévu, mais maintenant l’ennemi avait craqué et les gains quotidiens s’accroissaient. Le nombre de prisonniers ennemis avait grimpé en flèche. Les rapports des Quartiers Maîtres montraient que les gains comprenaient une quantité massive de véhicules abandonnés et de matériel capturé. Dans certains secteurs, il semblait que la volonté de combattre de l’ennemi s’était brisée.
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Le 3<small><sup>e</sup></small> Régiment de Siège du 1<small><sup>er</sup></small> Corps de Ligne se trouvait maintenant à distance de frappe de la courtine, et le Seigneur Rex donna l’ordre au régiment de capturer la porte principale du secteur 579-459 ou de forcer une brèche ailleurs et de la tenir. Dans tous les cas, l’offensive du corps ne s’arrêtera que lorsqu’il aurait forcé un passage à travers la courtine. Des Titans furent déployés pour les aider.
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Dans le secteur du 46<small><sup>e</sup></small> Corps de Ligne, les progrès avaient également été lourds. La construction de la route temporaire avait en fait freiné tout l’assaut. Les compagnies s’accrochaient au flanc de la colline en attendant le soutien des chars qui ne pouvaient pas les atteindre. Des centaines d’ingénieurs avaient péri sous le feu des obus ennemis, et les chars n’avaient guère progressé.
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Pourtant, même sans les chars, les silos laser de défense avaient été envahis un à un dans des combats acharnés. De là, les Gardes pouvaient voir devant eux que l’ennemi avait pris des Gardes de Krieg en captivité et érigé un trophée sanglant au point 202. Des potences de fortune avaient été érigées et des prisonniers y étaient pendus, leurs corps déchiquetés se profilant à l’horizon comme un avertissement aux soldats de l’Empereur. Avec leur sensibilité typiquement macabre, les Gardes de Krieg l’avait baptisé la Colline du Pendu et poursuivirent les attaques.
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En 628827 M41, la 15<small><sup>e</sup></small> Compagnie du 468<small><sup>e</sup></small> Régiment était enfin à portée de frappe du sommet. Après le fracas des obus de mortier qui dévalaient les pentes dans un grand vacarme de feu et de poussière, une fusée éclairante donna l’ordre d’attaquer. Les pelotons s’élancèrent vers le haut. La plupart n’avaient pas plus de vingt hommes après de durs combats. Dérapant sur les rochers et explosant dans des nuages de fumée grise mais tirant toujours, les Gardes se précipitèrent vers le sommet. Des grenades dévalèrent du sommet de la colline pour rebondir sur les rochers et explosèrent dans des nuages de fumée grise. Des coups de laser sifflèrent les escouades d’attaque. Une balle de sniper transperça la tête du commandant de la compagnie, son casque ayant été perforé et il agonisa pendant plusieurs heures. Au sommet, une rixe de baïonnettes, de couteaux et d’épées avait commencé. L’ennemi avait repoussé les premières escouades Kriegs, mais d’autres suivirent.
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Trois fois la 15<small><sup>e</sup></small> Compagnie avait lancé l’assaut et trois fois elle fut repoussée par un combat au corps à corps. Elle essaya à nouveau sous le couvert de l’obscurité, et après une bataille nocturne confuse, a finalement saisi la Colline du Pendu. Un seul officier subalterne était tout ce que la compagnie pouvait rassembler pour prendre le commandement de la défense avant l’arrivée des renforts. La contre-attaque ennemie attendue n’est jamais venu jamais, autre signe de sa faiblesse croissante. Les corps pendus furent abattus et la bannière du régiment fut avancée pour être plantée sur le sommet. Les Gardes de Krieg avaient atteint leur objectif, et en dessous d’eux se trouvait le mur-rideau. Au-delà, maintenant visible au loin, se trouvait la Citadelle elle-même.<ref>Imperial Armour Vol. 7 : The Siege of Vraks - Part III - Chapter Thirteen : The Conclave of Scarus - ''To Hangman's Hill'' ''(traduit de l’anglais par Guilhem)''</ref>
  
 
==Sources==
 
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Version du 1 août 2020 à 22:08

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« Sur ma parole, le maelström viendra et Vraks se noiera dans le sang. Même les morts ne trouveront pas la paix. Je serai le héraut de l’apocalypse à venir et les vrais dieux connaîtront mon nom. »
- Seigneur Xaphan, Cardinal Apostat, Archi-hérétique et Despote de Vraks.
Le Siège de Vraks.

Sommaire

Chapitre Un : La Chute de Vraks

« Le secteur Scarus est une poudrière - une étincelle pourrait bientôt devenir une grande conflagration. J’allumerai cette étincelle. »
- Sa Sainteté le Seigneur Xaphan, Cardinal-Astral de Scarus.

Un monde de l’Imperium de l’Humanité s’était tu.

La flèche de communication astropathique sur le Monde Arsenal de Vraks, par laquelle des milliers de messages psychiquement transmis étaient reçus de tout le secteur Scarus et ensuite ré-acheminés par son Chœur Astropathique par le Warp vers d’autres secteurs de l’Imperium chaque jour, avait cessé de transmettre. Au début, peu d’attention fut accordée à l’absence de Vraks par le personnel du Departmento Munitorum dont il dépendait. Les aléas du Warp faisaient que les coupures de communication n’étaient pas rares, et comme aucun régiment de l’Astra Militarum ne devait s’y réapprovisionner pendant des mois, d’autres questions dans la région primaient.

Le silence de Vraks aurait pu continuer, mais d’autres personnes au sein de l’Imperium avaient porté un regard beaucoup plus attentif aux événements qui se déroulaient sur cette planète lointaine. Même à cette époque, il fallut des semaines pour que le maître du Departmento Munitorum reçoive la nouvelle qu’un de ses mondes ne répondait plus aux tentatives de communication de plus en plus urgentes. Ce n’est qu’alors que les soupçons se sont éveillés dans les couloirs du pouvoir du Segmentum Obscurus, et que l’on a pu connaître toute la vérité jusqu’à ce que des enquêtes plus approfondies aient été entreprises et que le message final déformé par le Warp reçu de Vraks ait été déchiffré.

Le Monde Arsenal apparemment imprenable et ses vastes réserves d’armes, de véhicules et d’équipements étaient désormais hors de portée de l’Imperium, et entre les mains d’un ennemi encore inconnu.[1]

L'Ascension du Cardinal Xaphan

En 366804.M41, le Cardinal Astral Borja décédait. Vieux au-delà de l’entendement des milliards de personnes dont il avait supervisé la foi inconditionnelle en l’Empereur depuis le Monde Cardinal de San Artorus, son corps avait été maintenu en vie pendant plus de quatre cents ans par les arts des arcanes de l’Adeptus Mechanicus Biologis. Bien que frêle, il avait enduré pour accomplir son devoir envers l’Empereur, et avec le respect dû à son diocèse, des dizaines de milliers de cloches sonnèrent à travers les sous-secteurs sous l’autorité de Borja pour marquer leur chagrin.

Une fois la période de deuil sanctionnée par le Ministorum respectueusement observée, de nombreux mois de débats politiques intenses ont passé avant que son successeur ne soit choisi. L’homme qui allait devenir le nouveau Cardinal Astral se nommait Xaphan, un protégé de Borja dont l’ascension rapide dans les rangs de l’Adeptus Ministorum avait été aidée par son influent protecteur. Avec tout le respect qui lui était dû, Xaphan fut intronisé Cardinal, mais avant de prendre sa place au sein du conseil, le nouveau Cardinal-Astral décréta qu’il effectuera un pèlerinage de ses nouveaux domaines, pour constater par lui-même que tout était fait pour protéger les âmes des milliards de personnes dont il avait la charge.

Le diocèse de Xaphan était si vaste que sa grande tournée devait durer plus de cinq ans. Également du voyage aux côtés du nouveau Cardinal Astral, se trouvait tout son entourage de plus de mille prêcheurs, diacres, châtelaines, serviteurs et servantes, ainsi que ses gardes du corps personnels de l’Adepta Sororitas, de pieuses guerrières ; un cadeau de l’Abbesse du Prieuré d’Artorus de l’Ordre du Linceul d’Argent, en l’honneur de l’intronisation de Xaphan.

Au cours des mois suivants, le pèlerinage du Cardinal Astral l’a conduit dans de nombreux mondes, où sa présence a entraîné les fidèles dans une frénésie de dévotion. Bientôt, de nombreux cultes fanatiques s’étaient attachés à son entourage ; le pèlerinage de Xaphan était une sainte croisade, prétendaient-ils, pour débarrasser le secteur de l’hérésie et de le purger des impuretés. Voilà un homme qui pouvait les diriger en ces temps de plus en plus sombres.

Les sermons du Cardinal Astral, en particulier sur Thracian Primaris, ont attiré des centaines de milliers de fidèles. Des émeutes ont éclaté juste pour l’apercevoir, et de nombreuses personnes sont mortes ou ont été blessées alors que ses gardes du corps Sœurs de Bataille et les forces locales de l’Adeptus Arbites se battaient pour rétablir l’ordre et retenir les foules. Malgré cela, des centaines de personnes se sont engagées personnellement au service du Cardinal et, d’un monde à l’autre, son entourage s’est développé jusqu’à atteindre la taille d’une petite armée.

Parmi cette dévotion fanatique, Xaphan a vu, peut-être pour la première fois, le véritable pouvoir qui découlait de son nouveau poste. Sur San Artorus, il y avait beaucoup de travail à faire, un travail important sans aucun doute, mais ici, parmi les laïcs, il était une force d’inspiration. C’est certainement là qu’il pouvait accomplir de grandes choses au nom de l’Empereur, plutôt que de passer de longues heures à débattre dans la salle du conseil, à signer des déclarations ou à assister à d’innombrables réunions avec les fonctionnaires de l’Administratum pour traiter de petits problèmes ou autres. Maintenant qu’il était au milieu de son troupeau, Xaphan vit comment il pouvait prendre des mesures concrètes contre les sceptiques et les hérétiques qui menaçaient la domination divine de l’Empereur.

Le Cardinal Astral exprimait prudemment ses opinions à ses conseillers, en particulier au Diacre Mamon, un jeune homme qui avait rejoint son entourage sur la Thracian Primaris et qui avait rapidement gravi les échelons. Favorisé par le Cardinal déjà en tant qu’homme d’action pratique et pour sa connaissance du terrain, le Diacre encouragea les graines d’ambition qui prenaient maintenant racine au sein de Xaphan. Mamon était d’accord avec son nouveau maître. Que tant de personnes soient prêtes à le rejoindre était un signe. Les gens de l’Imperium ne voulaient plus d’un bureaucrate sans visage pour les diriger depuis un monde lointain, ils cherchaient un chef, quelqu’un avec qui ils pourraient prendre position contre les dangers qui menaçaient leur existence quotidienne. Ils avaient choisi Xaphan comme chef, et avec les masses à ses ordres, il pouvait déclencher une Guerre de la Foi qui purifierait le secteur.

Mais Mamon lui a conseillé de procéder avec prudence. Les intentions de Xaphan, aussi vertueuses soient-elles, seraient saisies par les factions rivales comme l’acte d’un homme ambitieux cherchant à faire progresser son propre pouvoir. Leur jalousie leur ferait perdre la tête, certains iront jusqu’à l’accuser d’avoir violé les termes du Décret de Passivité, l’ordre qui interdisait aux membres de l’Adeptus Ministorum de posséder "les hommes en armes". Un seul faux mouvement et ces hommes immensément puissants enverront l’Ordo Hereticus arrêter Xaphan qui vivra le reste de ses jours dans une cellule de l’Inquisition ou pire. Ayant passé toute sa carrière dans la politique associée à une haute fonction au sein du Ministorum, les mots de Mamon se sont révélés justes pour Xaphan. Il avait vu son prédécesseur, Borja, signer à de nombreuses reprises des mandats qui condamnaient des hommes et des femmes au jugement de l’Inquisition pour bien moins que cela. Si ses rêves devaient se réaliser, il aurait besoin d’un endroit sûr d’où il pourrait planifier et se préparer.

Mamon, naturellement, connaissait un tel monde - Vraks Prime dans le sous-secteur de Kerak. C’était la base parfaite à partir de laquelle Xaphan pourrait commencer sa sainte croisade, un Monde Arsenal qui contenait des armes et du matériel en abondance pour armer ceux qui se battraient pour sa cause, et c’était aussi le site de la Sanctuaire de Saint Leonis l’Aveugle, l’un des plus sacrés de la région. Sous le prétexte de visiter le sanctuaire dans le cadre de son pèlerinage, Xaphan pouvait s’installer dans le palais de l’Ecclésiarchie qui s’y trouvait et commencer son véritable travail.[2]

Vraks

« Âge of Sigquoi, mon cher Mamon ? »
« Sigmar, seigneur Xaphan, Âge of Sigmar… »
La nouvelle qu’une personne aussi sainte que le Cardinal Astral du secteur Scarus allait visiter leur monde a plongé les travailleurs et les pèlerins sur Vraks dans une frénésie de dévotion religieuse. De l’aube au crépuscule et jusque tard dans la nuit dans les semaines précédant son arrivée, les cloches de Vraks Prime sonnèrent, appelant les fidèles à la prière, et des millions de personnes ont entendu leur appel. Plusieurs milliers de personnes ont également effectué la longue et pénible traversée des Désolations de Van Meers jusqu’au port stellaire de la planète alors que la flotte de Xaphan arrivait dans le système, la foule augmentant d’heure en heure dans l’espoir d’assister à l’envoyé de l’Empereur. Et lorsque le navire du Cardinal Astral a finalement touché terre, une vaste mer de fidèles était là pour le saluer.

Les premiers à sortir du transporteur ornée de Xaphan furent les imposantes guerrières Sœurs de Bataille de l’Ordre du Linceul d’Argent. Armes en l’air, elles se tenaient au garde-à-vous de chaque côté de la rampe de l’aéronef en tant que garde d’honneur et protecteur de Xaphan. Les plus proches conseillers du Cardinal Astral, dirigés bien sûr par le Diacre Mamon, descendirent ensuite la rampe. Devant les magnifiques robes de cérémonie, les humbles citoyens de Vraks devaient avoir l’impression qu’ils portaient les richesses de toute une planète, parés de leurs denses soies brodées, de leurs chapelets incrustés de bijoux et de leurs saintes reliques. Puis, de derrière eux, Xaphan sortit et tous ceux qui le voyaient savaient que l’Empereur avait vraiment béni leur humble monde.

L’apparition de Xaphan avait été soigneusement orchestrée par Mamon pour avoir le plus grand impact possible. Sortant de l’obscurité de l’intérieur du vaisseau, il brillait littéralement de la lumière de l’Empereur, éblouissant grâce à un champ d’énergie doré scintillait sereinement autour de ses exquises robes blanches. Pour les hommes et les femmes de Vraks, qui toute leur vie n’avaient connu que les bruns et les gris ternes de leur monde morne, c’était la chose la plus merveilleuse qu’ils n’avaient jamais vue, et à l’unisson, les milliers de personnes entourant le terrain d’atterrissage s’agenouillèrent en prière pour adorer leur nouveau messie.

Ne s’arrêtant que brièvement pour bénir les plus anciens des dignitaires réunis devant son vaisseau, le Cardinal Astral se rendit à pied au sanctuaire de Saint Leonis. Les adorateurs qui avaient obtenu une place sur la route menant au sanctuaire pleuraient de joie et louaient son nom jusqu’aux cieux ; les nombreux jours de famine et d’exposition aux éléments sinistres de Vraks qu’ils avaient endurés en attendant ce bref aperçu furent oublié en un instant alors qu’ils le regardaient entrer dans la fraîcheur de l’obscurité du sanctuaire. Près de deux heures s’écoulèrent avant que Xaphan ne réapparaisse et ne se rende à une chaire qui avait été installée sur un promontoire surplombant les masses. En s’approchant, des Chérubins furent libérés de cercueils en bois rare portés par chacun de son entourage. D’un battement d’ailes angéliques, des dizaines de hauts parleurs vox ornés se sont envolés à travers les désolations pour diffuser le message de Xaphan directement à ceux qui étaient rassemblés en dessous.

Pendant trois heures, il s’est tenu devant les masses et a prêché. Il leur parla du bon travail qu’ils avaient accompli, énumérant les dizaines de mondes qui avaient été sauvés grâce à leur dévouement à la difficile tâche que l’Empereur leur avait confiée. Ce sont eux, prétendait-il, et non les innombrables régiments de l’Astra Militarum ou les nobles Chapitres de l’Adeptus Astartes qui étaient les vrais guerriers de l’Empereur. Sans Vraks et son peuple, ils n’auraient pas eu les armes, les munitions et l’équipement nécessaires pour mener à bien ses guerres saintes, et le grand Imperium de l’Humanité aurait été plongé dans les ténèbres depuis longtemps. Alors Xaphan s’arrêta enfin et dans le bref silence qui suivit, les voix de chaque homme, femme et enfant du Monde Arsenal s’élevèrent pour louer l’Empereur et le Cardinal Astral.

Saisissant l’occasion, Xaphan changea sa façon de faire pour s’adapter au vrai message qu’il entendait délivrer, un message que le Diacre Mamon lui avait soufflé pour jeter les bases de la Guerre de la Foi que le Cardinal Astral allait bientôt mener. Les louanges et les platitudes avaient disparu, et la lumière dorée qui l’avait fait paraître presque angélique prenait maintenant une teinte tout à fait plus sombre. Un ennemi approchait leur dit-il. Un ennemi qui amènerait la guerre sur Vraks à une échelle jamais imaginée auparavant. De nombreux mondes avaient déjà été perdus et bientôt, Vraks pourrait en faire partie. Un jour prochain, ce serait eux qui devraient porter les armes pour protéger leurs foyers et leurs familles, car si l’ennemi venait sur Vraks, ils pourraient alors être certains que toutes les puissantes armées de l’Empereur étaient déjà tombées dans les ténèbres.

Les laissant avec ces mots d’avertissement, Xaphan se retira rapidement dans son nouveau palais, sa garde d’honneur de l’Adepta Sororitas s’installant dans le petit prieuré rattaché à la Basilique de Leonis. Ne faisant plus aucune apparition en public, il s’enferma dans ses murs, et seuls quelques privilégiés se virent accorder une rare audience. Puis, aidé par le Diacre Mamon, le Cardinal commence à planifier sa Guerre de la Foi.

Pendant des semaines, ils ont travaillé en secret, déversant à l’Adeptus Ministorum des rapports qui enregistraient les chiffres de la population dans le secteur, les niveaux de dévotion et les incidents de blasphème. Les mondes et les systèmes en particulier qui montraient des signes de détournement de la lumière de l’Empereur furent notés, une frontière tracée autour des régions hérétiques les distinguant pour un examen plus approfondi. Finalement, le plan a été élaboré et la Guerre de Foi de Xaphan a commencé à prendre forme. Mais au fur et à mesure que de nouveaux mondes et systèmes s’ajoutaient, les doutes commençaient à faire surface au sein de Xaphan avec une intensité croissante. Même ici, loin des regards indiscrets de ses rivaux, ils y auraient encore des espions. Toute déclaration de son intention attirerait sans doute leur attention et les plans que Xaphan et Mamon avaient élaboré nécessiteraient une énorme quantité de main-d’œuvre pour les poursuivre. Même s’ils pouvaient trouver un moyen de contourner le Décret de Passivité, il faudrait de nombreux mois pour rassembler les forces dont il avait besoin. C’est le Diacre Mamon, comme toujours, qui lui a fourni la solution.

Mamon n’avait pas seulement suggéré Vraks en raison de son éloignement, loin des rivaux de Xaphan, mais aussi en raison de sa grande population et du grand nombre de personnes qui fréquentaient les lieux saints. En temps de péril, la Basilique Saint Leonis l’Aveugle pouvait lever une Frateris Militia pour protéger les saintes reliques qui y étaient conservées. Après le discours enthousiaste de Xaphan, il ne lui faudra pas grand-chose pour convaincre la population de Vraks que la menace qui pesait soi-disant sur leur monde se rapproche afin que ses millions d’hommes fournissent toutes les troupes dont il aura besoin. À aucun moment, la Frateris ne serait considérée comme directement sous son contrôle, mais en tant que membre le plus important de l’Adeptus Ministorum dans le Monde Arsenal, il appartenait au Cardinal Astral Xaphan d’exercer l’influence qu’il jugeait nécessaire.

Ses doutes s’apaisant, le Cardinal Astral donna sa bénédiction et les hommes de Mamon se déplacèrent rapidement parmi les pèlerins et les bandes de travailleurs, prêchant que les ténèbres dont Xaphan les avait avertis avaient désormais pour cible Vraks, que des légions d’hérétiques et de traîtres attaquaient déjà les systèmes voisins et avaient coupé le Monde Arsenal de l’aide de l’Empereur. En quelques heures, la panique s’était installée sur toute la planète et les rangs de la Frateris Militia de Vraks s’étaient gonflés en réponse, des centaines de personnes les rejoignant en peu de temps, exactement comme l’avait prédit le Diacre Mamon.

Alors qu’ils avaient planifié la guerre, le Diacre Mamon avait également entrepris de créer un cercle restreint autour du Cardinal Astral, sachant que dès que leurs plans seraient connus, il y aurait des représailles. Ces "Disciples de Xaphan" étaient ses plus proches partisans, des hommes qui se battraient jusqu’à la mort pour lui. Mamon avait déjà secrètement rallié les commandants de la garnison de Vraks, l’Intendant de la Citadelle et les commandants de haut rang de la milice de Vraks, et là où les allégeances ne pouvaient pas être achetées en faisant appel à leur foi, les vastes richesses du Cardinal Astral les ont rapidement fait cédé.

Cependant, pas tous sur Vraks n’avaient été convaincu. Peu importait ses efforts, Mamon n’avait pas réussi à convaincre la Commandante des gardes du corps de l’Adepta Sororitas que la cause de Xaphan était juste et vraie. Elle avait déjà fait part de ses soupçons concernant les actions du Cardinal Astral auprès de ses supérieures, accusant Xaphan de "sédition frisant le blasphème", et avait annulé le rôle de ses Sœurs de Bataille en tant que garde d’honneur - rôle qui avait été rapidement repris par les nouveaux protecteurs de Xaphan. Les approches subtiles des hommes loyaux de l’Adeptus Arbites avaient également été repoussées et ils restaient eux aussi hors de portée de Mamon et du Cardinal Astral.

La confiance de Xaphan vacilla une fois de plus. C’étaient les élus de l’Empereur. S’ils ne donnaient pas leur bénédiction et ne soutenaient pas ses plans, cela signifiait-il donc que sa croisade n’était pas vraiment juste ? Pendant des jours, le Cardinal Astral et le Diacre Mamon débattirent de la question, le Diacre interdisant à tous les autres d’entrer dans les chambres où leurs paroles enflammées pouvaient être entendues jour et nuit alors qu’il essayait de convaincre Xaphan que sa cause était juste.

Finalement, le cinquième jour, le Cardinal Astral, épuisé, concéda et accepta un plan qui non seulement le débarrasserait des incroyants qui se dressaient sur son chemin, mais qui convaincrait tout le monde dans le Monde Arsenal que le moment était venu de se lever et de se défendre.

Et ce sont ceux qui s’y opposaient le plus qui mettraient tout en branle. Tout ce que Xaphan avait à faire, expliqua patiemment Mamon à son maître, était d’attendre qu’ils fassent le premier pas.[3]

Tentative d'Assassinat du Cardinal Astral Xaphan

Comme Xaphan le craignait à juste titre, ses actions avaient déjà été portées à l’attention de l’Ordo Hereticus par le biais de missives envoyées par la Sœur Supérieure à son prieuré de San Artorus. Ses paroles avaient suscité une immense inquiétude et des agents se faisant passer pour des pèlerins visitant le Monde-Chapelle avaient immédiatement été envoyés sur Vraks, leurs rapports ne faisant à leur tour pas grand-chose pour apaiser ces craintes. Après consultation des représentants de l’Inquisition, l’ordre fut donné de mettre fin à la vie du Cardinal Astral, une mesure dangereuse compte tenu de sa popularité croissante, mais elle fut néanmoins sanctionnée.

Un agent de l’Inquisition fut déployé à la hâte sur Vraks, s’infiltrant dans la Citadelle en profitant des masses visitant les reliques de Saint Leonis. Là, sur une étroite corniche de la plus haute tour de la Citadelle, il s’était allongé pendant trois jours, camouflé par une combinaison furtive, attendant patiemment tout signe de sa cible. À l’aube du quatrième jour, la patience du tireur d’élite fut récompensée. En pressant doucement sur la gâchette de son fusil, un seul tir a rapidement traversé la distance entre le sniper et l’autre côté de la cour du palais. La lourde balle de pénétration a traversé un pilier de marbre décoratif avant de toucher le Cardinal Astral. Xaphan n’était pas mort pour autant, un brusque éclair d’énergie dorée indiquant que son champ de réfraction monté une relique avait stoppé la vitesse de la balle, lui sauvant ainsi la vie.

Immédiatement, les Disciples de Xaphan l’ont encerclé, deux d’entre eux mourant rapidement alors que les tirs suivants ont chacun traversé leur tête, leur sang éclaboussant la mosaïque au sol du palais, mais le seul tir dégagé du sniper avait échoué. Abandonnant son équipement et son fusil sur le rebord, l’assassin plongea vers la mince ouverture qui lui avait permis d’accéder à son point d’observation et se dirigea vers l’étroit escalier en colimaçon, la voie de sortie que l’assassin avait déjà méticuleusement planifiée.

Dans les quelques instants qu’il lui fallut pour atteindre la porte au bas de l’escalier, la cour était en effervescence alors que les Disciples se déversaient dans ses limites ; quiconque se mettait en travers de leur chemin était grossièrement écarté alors qu’ils se dirigeaient vers la tour. Alors que l’assassin émergeait par l’étroite porte arquée, un jeune acolyte se figea devant lui, surpris par son apparition soudaine. C’est la dernière chose que l’acolyte vécue, la balle d’un des pistolets du sniper lui transperçant la poitrine. Ce n’était qu’une distraction momentanée, mais qui avait permis aux gardes de renforcer leur nombre aux portes de la cour avant qu’il ne puisse les atteindre, les hommes en uniforme se précipitant pour prendre position alors que les sirènes se mettaient à hurler à travers le palais du Cardinal.

Maudissant le retard que l’acolyte lui avait causé, le sniper prit la seule option qui lui restait et se dirigea vers la porte la plus proche. Il n’avait plus besoin d’être furtif et il se précipita pour s’échapper - et distribuant la mort à quiconque se mettait en travers de son chemin. Les pistolets à la main, le sniper s’est précipité dans le couloir voûté, les gardes du palais et les Disciples s’affrontant derrière lui. Tirant à l’aveugle par-dessus son épaule, deux gardes tombèrent en sang. Le sniper pénétra dans une alcôve latérale et a rapidement tiré d’autres coups de feu dans le couloir pour maintenir ses poursuivants à distance. Puis, de l’autre côté du couloir, d’autres gardes et Disciples sont apparus, lui barrant la route. Désespérément, le sniper chercha une alternative pour s’échapper.

Évitant une salve d’armes, il a couru un peu plus loin dans le couloir vers une porte fermée, en tirant sur ses charnières alors qu’il se rapprochait. Au-delà se trouvait un vieil escalier qui descendait dans les anciennes voûtes de la Basilique, et il sauta dans une obscurité moisie remplie des sarcophages des centaines de pèlerins qui étaient morts au cours des siècles en visitant Vraks, leur dévotion étant finalement récompensée par leur internement dans le Monde-Chapelle. Le premier garde qui a franchi la voûte de l’escalier fut tué d’un autre coup de pistolet bien visé, mais ils ont maintenant coincé l’assassin. Comme il n’avait nulle part où aller, des grenades furent lancées et la chambre mortuaire commença à se remplir de poussière et de fumée étouffante.

Quelques instants plus tard, les gardes se sont précipités, les armes flambant. Les deux derniers coups de pistolet du sniper acculé tuèrent deux autres personnes avant qu’il ne meure, criblé de tirs d’armes.

C’était l’opportunité que Mamon avait promis d’offrir à Xaphan et l’Inquisition la lui avait apporté sur un plateau d’argent. À travers les Désolations de Van Meers, la Citadelle et le port spatial de Vraks, les prédicateurs de Mamon déclarèrent que le grand ennemi était désormais parmi eux et que leur monde était seul. Pour preuve, le cadavre du sniper défila dans les rues de la Citadelle, et des images de celui-ci ont été diffusées en vidéo autour de la planète. Voici l’homme qui avait tenté de tuer le messie du secteur Scarus, mais il avait échoué ; son acte de trahison ayant été puni par rien de moins que la volonté de l’Empereur Lui-même. Mais, prêchaient les disciples de Xaphan, il n’était qu’une marionnette. C’était contre ceux qui l’avaient envoyé que le peuple loyal de Vraks devait être le plus sur ses gardes. Les traîtres et les hérétiques avaient infiltré les plus hauts niveaux de l’Imperium, et ils allaient maintenant envoyer contre eux la pleine mesure de leurs forces perfides.[4]

Le Soulèvement

La nouvelle de la tentative d’assassinat avait déclenché des émeutes dans le port spatial de Vraks, alors que les partisans de Xaphan paniquaient, terrifiés au-delà de toute croyance rationnelle que les ennemis de l’Empereur puissent atteindre si loin et si facilement une terre aussi sacrée. Pendant ce temps, les rangs gonflés de la Frateris Militia s’empressaient de s’armer en prévision de l’invasion qu’ils croyaient allait bientôt arriver. Alors que des milliers de personnes marchaient sur les arsenaux de Vraks, la garnison du Departmento Munitorum ne put rien faire d’autre que de se tenir à l’écart et de laisser entrer les foules en colère, les pilleurs prenant des armes et des munitions en quantité importante.

Comme Xaphan et Mamon l’avaient prévu, les escouades de l’Adeptus Arbites ont rapidement tenté de rétablir l’ordre. Leurs patrouilles se sont déplacées pour sécuriser des zones vitales, mais face aux masses qu’elles affrontaient, elles ne pouvaient rien faire d’autre qu’exacerber une situation déjà explosive. Bientôt, des batailles rangées se déroulaient dans les rues et les escouades de l’Adeptus Arbites reçurent l’ordre de se replier dans leur quartier tant qu’elles le pouvaient encore. L’aide fut immédiatement demandée à la garnison de la Citadelle, mais selon les instructions du Diacre Mamon, leurs demandes furent refusées. Ce sont plutôt les Sœurs de Bataille de l’Ordre du Linceul d’Argent qui ont répondu à leur appel.

À l’insu de Mamon, la mort soudaine du sniper avait déclenché un dispositif de communication caché parmi le matériel qu’il avait laissé au sommet de la tour. Au moment où l’appareil avait enregistré sa mort, il avait transmis directement à la Chanoinesse une instruction simple mais très claire : "Tuez l’hérétique". L’ordre était accompagné des codes d’autorisation de l’Abbesse du Prieuré d’Artorus et des membres supérieurs de l’Ordo Hereticus.

Immédiatement, la Chanoinesse passa à l’action. Sachant que Xaphan serait déjà sous haute protection au sein du palais après la tentative d’assassinat, elle chercha à se lier aux seules forces dont elle savait qu’elle pouvait encore avoir confiance, et qui avaient l’entraînement et l’équipement nécessaires pour soutenir une attaque contre ses formidables défenses - l’Adeptus Arbites. S’attendant à une forte résistance lorsqu’elles quitteraient leur sanctuaire, les Sœurs de Bataille ont été surprises de trouver sur leur chemin jusqu’à la Forteresse du District des foules errantes qui les laissèrent passer sans rien tenter. Dans la confusion, les Disciples de Mamon n’avaient pas encore le contrôle total des masses errantes et beaucoup d’ouvriers et de pèlerins croyaient encore que les Sœurs de Bataille - qui s’étaient tenues aux côtés de Xaphan comme sa garde d’honneur à son arrivée - étaient de leur côté ; certains les suppliaient même de les sauver des hordes qui avançaient et qui, selon eux, allaient bientôt empiéter sur leur monde.

Ce n’est que lorsqu’elles sont entrés sur la place de la Forteresse du District et qu’elles étaient à cent mètres de ses portes que les ennuis ont commencé. C’est là que les combats avaient été les plus intenses, des centaines de personnes déversant leur terreur sur le complexe des Arbites, et où des cadavres jonchaient déjà un no man’s land qui avait été purgé par des armes tirées depuis les remparts du complexe pour retenir la foule.

Alors que les Sœurs de Bataille s’avançaient sur le terrain, les Disciples de Xaphan se sont déplacés pour frapper. S’infiltrant dans la foule, ils se sont précipitées sur la ligne de front, tirant sur le peloton au moment où les Sœurs de Bataille étaient à mi-chemin. Beaucoup ont trouvé leur cible mais ont fait peu de dégâts, frappant les armures et ricochant dans la foule. Un seul tir chanceux effleura le côté de la tête d’une Sœur de Bataille, le sang éclaboussant son armure immaculée.

Alors que les guerrières aguerries se retournaient et tiraient dans la foule, les Disciples clamèrent que les Sœurs de Bataille étaient des traîtresses déguisées alors même qu’elles étaient abattues. À ce moment, tout changea. Les centaines de personnes qui avaient assisté à l’attaque ne voyaient plus les Sœurs de Bataille comme leurs sauveuses, et avec de la haine et de la répugnance dans les yeux, la foule chargea. Les Sœurs de Bataille ouvrirent le feu encore et encore, abattant des dizaines de personnes alors qu’elles tentaient de se frayer un chemin vers la sécurité de la Forteresse du District. Derrière eux, l’Adeptus Arbites a essayé de les couvrir, et des grenades à gaz et des tirs de Bolters furent déchaînées sur la masse alors qu’ils avançaient. Depuis les murs, les armes lourdes tirèrent à nouveau, tandis que depuis la cour de la Forteresse du District, toutes les armes montées sur des véhicules et pouvant être orientées vers le haut furent utilisées, leurs tirs frappant sans discrimination parmi ceux qu’elles étaient censées protéger.

Seule la moitié des Sœurs de Bataille ont réussi à entrer dans le sanctuaire de la Forteresse du District, les autres ayant été piétinées ou battues à mort par la foule qui les avait rapidement submergées, mais pas avant d’avoir pris des vies à coups d’Épées Tronçonneuses et d’Eviscerators de cérémonie. Pour ceux qui ont réussi à entrer dans la Forteresse du District, il n’y avait pas de salut. Alors même que les portes se fermaient et que les foules commençaient à escalader les murs, une vague de tonnerre retentissait depuis la Citadelle.

Personne ne savait qui avait d’abord répandu la rumeur que les foules en dessous d’eux étaient des forces traîtresses qui s’étaient infiltrées dans la Citadelle, mais les artilleurs qui regardaient la bataille faire rage depuis les tours de défense suivirent l’ordre de tirer sur la place sans poser de questions. Une pluie de rafales tombait de leurs positions élevées et pendant trois minutes implacables, les hommes ont tiré et rechargé, tiré et rechargé. Ce n’est qu’ensuite que l’ordre d’arrêter fut donné.

Lorsque la fumée s’est dissipée, il ne restait plus grand chose de la foule sur la place ou dans le quartier de l’Adeptus Arbites. Les hommes et les femmes qui avaient eu la chance de se trouver à la périphérie de la place s’étaient dispersés, fuyant vers le sanctuaire des rues situées au-delà ; beaucoup d’autres n’ont pas eu cette chance. Tous les Adeptus Arbites étaient morts, leur quartier était une tombe fumante. Parmi les Sœurs de Bataille qui avaient atteint la cour, six avaient survécu, leur Armures Énergétiques subissant les pires impacts de la chute de la maçonnerie et des explosions. Concentrées et blessées, aucune n’était en état de résister plus que symboliquement lorsque d’autres Disciples de Xaphan arrivèrent rapidement sur les lieux, les entraînant enchaînées à qui sait quel destin.

La plus grande menace pesant sur leurs plans ayant été neutralisée d’un seul coup, Xaphan et Mamon ont saisi l’occasion. Sous prétexte de faire une apparition pour prouver qu’il avait survécu à la tentative d’assassinat, Xaphan prononça un discours enthousiaste devant les fidèles massés devant la Basilique, les exhortant à rechercher et à se soulever contre ceux qui prétendaient suivre l’Empereur mais qui ne se battaient pas à ce moment-là à leurs côtés.

Emportés par ses paroles, les foules ont déferlé sur la Citadelle et le port spatial, en se retournant contre tous ceux qui tentaient de leur résister ou de s’enfuir. Les premiers à faire face à leur colère sanglante furent ceux qui étaient stationnés dans les bâtiments de l’Administratum de Vraks, le Maître-Préfet et son personnel terrifié étant expulsés de leurs bureaux et jetés dans la foule en colère dans les rues en contrebas. La tour du sensorium a également été prise d’assaut et les Astropathes qui s’y trouvaient y furent massacrés ; la tentative du chœur d’envoyer un appel de détresse dans le Warp ayant été interrompue à mi-chemin de sa transmission.

Bientôt, les paroles de Xaphan dépassèrent la Citadelle et se frayèrent un chemin à travers les Désolations de Van Meers, les batailles faisant rage sur toute la planète alors que l’ancien ordre était éliminé du monde autrefois loyal, de sorte que lorsque les combats finirent par s’apaiser, le Cardinal Astral Xaphan resta seul maître.[5]

La Réaction de l'Imperium

Lorsqu’il a été confirmé que Vraks était tombé, un sombre pressentiment s’est emparé de ceux qui comprenaient ce que signifiait réellement cette perte. Alors qu’un petit monde de seulement huit millions d’âmes n’avait que peu de conséquences par rapport aux milliards déjà menacés par les attaques toujours plus nombreuses des bandes de guerre du Chaos provenant de l’Œil de la Terreur, c’était la position cruciale de Vraks dans la chaîne logistique du Departmento qui a rendu son absence si potentiellement dévastatrice. Qui savait quel carnage se produirait si les régiments de l’Astra Militarum armés par Vraks se retrouvaient à court de munitions et d’équipements.

La chute du Monde Arsenal fut une perte importante pour les défenses de l’Imperium autour de l’Œil de la Terreur. Si l’Imperium ne le réintégrait pas rapidement, les relevés du Tarot de l'Empereur indiquaient que les forces alliées aux Puissances de la Ruine pourraient frapper d’autres mondes à proximité du secteur Scarus, plus loin de l’Œil de la Terreur. Et s’ils réussissaient, et que d’autres mondes tombaient, alors d’autres guerriers du Chaos et des maraudeurs se rassembleraient, comme des papillons de nuit sur une flamme, pour se joindre à l’effusion de sang et au massacre. Dans dix ans, peut-être, la perte de Vraks pourrait être l’étincelle qui déclencherait une nouvelle Croisade Noire. Les responsable de ce secteur de l’Imperium tombé ne pouvaient pas prendre ce risque et ont décrété que Vraks devaient repris à tout prix.

L’ordre de reprendre Vraks fut donné au haut commandement du Segmentum Obscurus, situé à Cypra Mundi, et l’affaire fut jugée si grave que le Seigneur Castellan de Cadia et le Seigneur Commandant Obscurus siégèrent tous deux au conseil de guerre alors que les plans pour récupérer Vraks étaient discutés.

Toute tentative serait une entreprise gigantesque. C’était un monde fortifié, dont les défenses avaient été reconstruites et renforcées au cours de milliers d’années. Ce ne serait pas une simple bataille à mener.

De nombreuses options furent envisagées et rejetées ; certains ont même soutenu que le projet dans son ensemble était une folie et que le simple gaspillage en termes d’hommes et de matériel signifierait que d’autres systèmes en souffriraient et peut-être même tomberaient aussi. Vraks était perdu et le Munitorum devait se concentrer sur la prévention d’un tel désastre à l’avenir, et non sur la planification d’une campagne désespérée visant à redresser une situation désastreuse due à leur propre manque de prévoyance et de jugement.

Les voix sceptiques au sein du conseil de guerre n’avaient que peu d’influence sur le Haut Commandant et son état-major. L’ordre de reprendre Vraks était venu directement de Terra elle-même, sous le sceau du Préfet du Bureau du Maître de l’Adeptus Terra. L’inaction dans cette affaire risquait de se solder par une prompte punition de l’Inquisition. Il y avait un risque d’être confrontée à une situation presque impossible, mais il y aurait certainement une guerre pour reprendre Vraks, c’était certain.

La première option envisagée était la plus évidente : un assaut rapide et direct. Cela impliquerait une attaque depuis l’orbite par une formidable flotte de la Marine Impériale, menée par les forces de l’Adeptus Astartes. Le plan avait été soigneusement pesé, le Haut Commandement ordonnant à ses savants tacticiens et logiciens de commencer leurs calculs pour estimer les ressources qu’il faudrait engager pour un assaut direct. Sur la base des informations disponibles concernant le dernier statut des défenses planétaires de Vraks, le dossier constitué était incroyablement volumineux et d’une lecture décourageante.

Depuis leur construction, on avait toujours pensé que la Citadelle et le port stellaire de Vraks seraient les premières cibles d’un assaut orbital ennemi, et leurs défenses avaient été conçues pour repousser un tel assaut. Des batteries lasers capables d’atteindre la haute atmosphère de Vraks et au-delà les encerclaient, peut-être jusqu’à une centaine de canons opérationnels ; il y avait suffisamment de puissance de feu à la surface du Monde Arsenal pour combattre toute une flotte ennemie en orbite basse. Les cuirassés et les croiseurs de la Marine Impériale étaient des vaisseaux spatiaux incroyablement puissants, mais aucun navire ne pouvait prendre en charge de telles défenses. Les batteries de défense étant enfouies profondément pour résister aux bombardements orbitaux, les vaisseaux seraient massivement désavantagés dans un combat direct. Tout vaisseau de débarquement déployé serait lui-même pris pour cible, et un seul coup de laser de défense risquerait d’en déchirer un. Pour tous ceux qui réussissaient à passer, il y avait un réseau de défense antiaérienne à haute et basse altitude tout aussi meurtrier à affronter.

La conclusion tirée des calculs de la logistique était qu’un tel assaut planétaire serait repoussé avec de grandes pertes. Les troupes qui atteindraient la surface ne le feraient pas en nombre suffisant pour combattre une force ennemie importante et reprendre la Citadelle. Même les Space Marines tant vantés n’étaient pas susceptibles de tenter une telle attaque. Aucun Capitaine de Chapitre n’était assez téméraire pour risquer la destruction de sa flotte et des Frères de Bataille sous son commandement pour une si mince chance de victoire. S’ils poursuivaient ce plan, ils devraient sans aucun doute le faire sans l’aide des Space Marines et marcheraient vers un désastre. La solution la plus rapide et la plus évidente fut écartée. Cependant, Vraks serait repris, mais pas rapidement.

Certains ont suggéré un blocus du système par les navires de la Marine Impériale ; ils pourraient l’isoler des renforts puis des raids répétés pourraient être lancés contre la planète. Si de petites forces bien équipées étaient débarquées, elles pourraient frapper fort contre l’ennemi, en ciblant notamment les batteries de défense planétaire. C’était l’usure des défenseurs, batterie par batterie. Une fois de plus, les pronostiques des pertes étaient élevés et tout aussi décourageants. Un tel plan pouvait fonctionner, mais seulement s’il était exécuté sur une période de cinq cents ans. Le Departmento Munitorum rejeta le plan, le jugeant trop timide et exigeant trop de temps et de ressources. Il n’attendra pas un demi-millénaire pour retrouver son précieux Monde Arsenal.

La troisième option envisagée en détail était l’exécution d’un siège à grande échelle. Débarquer une armée suffisamment importante pour mener un siège pendant les années nécessaires pour pulvériser les défenses de Vraks, puis écraser sans remords et sans pitié les défenseurs. Si le Departmento Munitorum était prêt à compenser les pertes des défenseurs à un taux de deux pour un, alors combien de temps et combien d’hommes faudrait-il pour reprendre Vraks ?

Les savants tacticiens commencèrent leurs calculs. Prenant tout en considération : les taux de remplacement, les besoins d’approvisionnement, les aléas des temps de transit Warp, les stocks d’armes connus de Vraks et la main-d’œuvre disponible pour les défenseurs, ils estimèrent qu’il faudrait douze années terranes standard jusqu’à ce que Vraks soit de nouveau sous le règne de l’Empereur.

Enfin, c’était une solution réalisable, mais pouvait-on répondre aux besoins en main-d’œuvre et aux vastes besoins logistiques de soutien ? Après de nombreuses semaines, le Departmento Munitorum a fini par réagir. Les hommes et les fournitures seraient alloués, et une nouvelle armée serait fondée pour la capture de Vraks. Elle fut désignée comme la 88e Armée de Siège de l’Astra Militarum.

Tous les hommes de la nouvelle force seraient originaires de Krieg - un monde déjà dans la plus haute tranche de dîme pour fournir de la main d’œuvre à la Garde Impériale. Connus sous le nom de Death Korps, les hommes de Krieg étaient de sombres guerriers qui avaient développé leurs doctrines de guerre particulières pendant la guerre civile sanglante de cinq cents ans sur leur planète. Le siège prévu qui devait être entrepris sur Vraks correspondait parfaitement à leurs doctrines de combat. La Death Korps de Krieg excellait dans ces batailles lentes et sanglantes. Forgés par une guerre civile qui avait duré des générations, elle pouvait résister aux horribles dommages psychologiques causés par des guerres d’usure prolongées. La Death Korps de Krieg ne reculait jamais, continuant à se battre, quelles que soient ses pertes. Elle ne connaissait pas d’autre méthode.

Le commandement général de la 88e Armée de Siège fut confié au Seigneur Commandant Zuehlke, descendant d’une famille noble dont l’influence s’étendait sur les échelons supérieurs de la Marine Impériale et d’Astra Militarum, et dont l’arrière-grand-père avait autrefois été attaché au Seigneur Commandant Solar sur Terra. Les qualifications de Zuehlke pour mener la campagne, en dehors de son rang social, étaient peu nombreuses, au-delà de son éducation martiale et de son étude détaillée du Tactica Imperium, mais la pression politique et un bon nom de famille avaient porté leurs fruits. Le Seigneur Zuehlke se vit confier un important état-major pour entamer le long processus de rassemblement de son armée et de planification de la guerre pour Vraks.

Les longs préparatifs pour le Siège de Vraks étaient, par essence, brutalement simples. Combien d’hommes pour creuser une tranchée et combien de pelles ? Combien d’hommes pour capturer une centaine de mètres de terre ou prendre d’assaut un point fort ? Combien de canons pour pulvériser une ligne de tranchée ennemie ? Combien d’hommes devaient mourir pour reprendre la planète ? Une liste après l’autre fut établie. Avant qu’un seul Garde Impérial ne soit affecté à un régiment ou qu’une seule arme ne soit levée, la 88e Armée de Siège existait sur des milliers de plaques de données dans tout le secteur.[6]

Les Défenseurs de Vraks

Alors que les efforts pour lever la 88e Armée de Siège étaient en cours, le soulèvement soudain de Vrak avait dégénéré en violence collective à l’échelle mondiale. Pendant plusieurs mois, les renégats se sont battus entre eux pour établir une nouvelle structure de pouvoir autour du Cardinal Astral. De nouveaux chefs émergèrent de la garnison et du corps de travail, et ceux qui prouvèrent leur loyauté au nouveau régime furent récompensés par des postes de pouvoir au sein de celui-ci. Les meilleurs de ces renégats furent intronisés dans les Disciples de Xaphan ou reçurent des rôles d’exécuteurs - le cadre du Cardinal Astral composé d’hommes forts et brutaux qui supervisaient les rangs, imposant l’obéissance et la discipline avec des fouets électriques et des fusils.

Une fois le nouvel ordre établi, ses commandants, sous la supervision du Diacre Mamon, se sont attelés à leur première tâche : préparer l’inévitable réponse de l’Imperium. Ils avaient une armée à former. Elle serait bien équipée et occuperait des défenses très solides, mais elle devait néanmoins être préparée à tout ce que les forces de ses anciens maîtres lui lanceraient. En donnant des ordres au nom du Cardinal Astral, qui s’était à nouveau retiré dans son palais, Mamon fit clairement comprendre qu’aucun défenseur ne pouvait s’attendre à une quelconque pitié de la part de l’ennemi ; ils devaient se battre ou faire face à leur propre destruction. Ce n’est qu’en triomphant de leur ennemi qu’ils pourraient sauver Vraks et nettoyer l’Imperium du nid de vipères qui l’avait infesté. Pour ceux qui se battaient bien, il y avait de grandes récompenses et pour ceux qui manquaient à leur devoir, il y avait une exécution sommaire aux mains de ses exécutants.

Après le soulèvement, la liberté nouvellement acquise par les renégats fut de courte durée. Les ouvriers furent rapidement remis au travail pour améliorer les lignes de défense, déplacer les champs de mines ou en poser de nouveaux et dérouler des kilomètres de fil barbelé. Les équipages d’artillerie s’entraînèrent à tirer à distance et à entretenir leurs canons. Les miliciens renégats, qu’ils soient des recrues volontaires ou intégrés de force, s’entraînèrent presque constamment avec leurs armes nouvellement pillées. L’armée de Vraks était bien préparée et quand elle arrivera, la bataille contre ceux qui faisaient obstacle à la Guerre de Foi de Xaphan sera dure et sanglante. En tant que Cardinal Astral du secteur Scarus, Xaphan avait été chargé de porter les paroles sanctionnées de l’Empereur à des milliards d’êtres. Maintenant, en tant que Cardinal Apostat de Vraks, il prêcherait sa propre interprétation des textes et ferait tomber la mort et la destruction sur tous ceux qui oseraient le contredire.

L’armée que l’Imperium s’apprêtait à engager sur Vraks était une force redoutable, principalement en raison de sa taille plutôt que d’une quelconque expérience d’entraînement ou de combat. Bien qu’aucun chiffre exact ne soit disponible, on estimait que la population de Vraks était de huit millions d’âmes au moment de sa rébellion, et tous ces hommes devaient maintenant être considérés comme des traîtres et des effectifs probables pour les plans de l’hérétique Xaphan. Les meilleures troupes de Vraks étaient les Disciples de Xaphan. Certaines des dernières informations reçues de sources loyalistes sur la planète avant le début de la rébellion avaient détaillé leur création. Ce cadre de troupes d’élite était constitué des propres hommes du Cardinal Astral. Tous avaient été triés sur le volet et beaucoup avaient été choisis en raison de leur expérience militaire antérieure. Tous avaient prêté serment de servir Xaphan lui-même, et en retour, ils avaient reçu le droit de se servir dans l’arsenal considérable de Vraks.

Pour contenir les propres forces du Cardinal Astral, les Disciples avaient sans doute pour tâche de parcourir les rangs en récitant des sermons et en renforçant la loyauté à leur cause impie. Des membres des forces de garnison, souvent d’anciens Sergents, avaient également été promus au rang d’exécuteurs avant que le contact ne soit perdu avec Vraks. Tout comme les Commissaires de l’Imperium, les hommes de main restaient en général derrière les lignes de front et abattaient tout homme ou femme qui désertait leur poste.

Après les Disciples de Xaphan et les exécuteurs, la garnison auxilia était la suivante. Largement équivalente à une Force de Défense Planétaire, l’auxilia n’avait pas l’entraînement ni l’équipement d’un régiment régulier de l’Astra Militarum, mais l’accès aux arsenaux de Vraks avait permis de remédier à toute pénurie d’équipement et de donner à la garnison de grandes quantités de matériel lourd, des Leman Russ, des Chimères et des Basilisks. On ne sait pas dans quelle mesure ils pouvaient les faire fonctionner, mais la force de combat de la garnison s’était constituée autour d’un noyau de Vétérans de l’Astra Militarum et d’officiers issus de régiments dissous. Bien qu’étant bien équipées, les tacticiens impériaux pensaient qu’il était peu probable que les forces de la garnison soient capables de monter elles-mêmes des opérations bien planifiées et coordonnées, mais qu’elles seraient facilement capables d’occuper un bunker ou une ligne de défense dans un rôle défensif plus statique.

La prochaine source de main-d’œuvre des traîtres était le corps de travail. La main-d’œuvre du Departmento Munitorum sur Vraks était énorme et comprenait un nombre important d’Ogryns. Beaucoup de ces travailleurs avaient déjà reçu une formation militaire de base avant la rébellion de la planète et représentaient une menace massive à laquelle il fallait faire face. En l’absence de toute sorte d’armes lourdes, d’artillerie ou de véhicules, ils constituaient au mieux une force de troisième ligne, mais là encore, leur manque d’équipement pouvait être rapidement corrigé et une fois armés à partir des arsenaux, et avec un entraînement supplémentaire, ils pouvaient se révéler des troupes compétentes tout en tenant des positions défensives statiques.

La quatrième source de main-d’œuvre de l’armée renégate était les pèlerins itinérants et le personnel administratif et bureaucratique du Departmento Munitorum. Il s’agissait en fait d’hommes sans expérience militaire, mais comme les ouvriers, une fois armés, ils pouvaient être utilisés pour défendre et tenir une position.

La dernière grande source de troupes était celle qui n’était pas de ce monde. Si de nombreux pèlerins considéraient Xaphan comme leur messie, la plupart n’avaient aucune idée de la raison pour laquelle ils se battaient. Pris dans la ferveur religieuse de l’arrivée de Xaphan sur Vraks, beaucoup se seraient portés volontaires pour la Frateris Militia, croyant qu’ils défendaient le sanctuaire de Saint-Leonis contre des forces hérétiques. Là encore, on pouvait trouver des armes dans les colossaux arsenaux du monde entier - bien qu’il semblait que ces troupes n’aient pas eu la priorité lors de la distribution des armes.

Moins nombreux, mais toujours dignes d’intérêt, les prisonniers étaient enfermés dans les cellules de détention de Vraks. Aux rangs des renégats s’ajoutaient les dangereux fous ou psychopathes, ainsi que ceux dont on soupçonnait qu’ils avaient montré des signes de développement de pouvoirs psychiques. Les Psykers dangereusement non assermenté étaient des proies faciles pour les entités du Warp, et il y avait eu plusieurs centaines de ces individus dans les voûtes les plus profondes de Vraks, attendant d’être transportés vers Terra sur le prochain Vaisseau Noir pour passer près du système.

Si les défenseurs de Vraks pouvaient être de qualité très variable, notamment en termes de moral et de capacité, chacun était bien équipé, leur principal avantage étant qu’ils occupaient déjà un formidable système défensif.[7]

Les Élus de l'Empereur

Le moral et les capacités de la 88e Armée de Siège, par contre, ne pouvaient pas être mis en doute. Elle serait approvisionnés par les propres arsenaux de Krieg, et pour cette campagne, la plupart des régiments étaient des régiments de siège, équipés pour une longue guerre statique avec une dépendance particulière à l’égard de l’artillerie.

Chaque régiment comprendrait ses propres compagnies d’artillerie, avec un armement allant des petits mortiers utilisés en première ligne, à l’artillerie moyenne aux mortiers et Lanceurs Quadruples Lourds. Il y aura également de l’artillerie lourde sous forme de canons de siège Medusa et de canons Earthshaker - les chevaux de trait de la 88e Armée de Siège - jusqu’aux canons les plus lourds de tous, les puissantes Bombardes. Ces énormes canons de siège seraient nécessaires pour détruire les défenses les plus profondes de l’ennemi. Pour augmenter la puissance de feu de chaque régiment d’artillerie, les commandants de la 88e Armée de Siège pourraient également se tourner vers diverses compagnies et régiments d’artillerie indépendants, y compris des régiments d’artillerie lourde de siège, qui seraient positionnés de manière à renforcer l’artillerie disponible pour les attaques.

D’autres seraient équipés comme des régiments blindés plus mobiles, mais pour une campagne de siège, ils seraient utilisés comme forces de percée et d’exploitation, et ne devraient pas passer de longues périodes sur les lignes. Les chars seraient à leur tour utilisés pour soutenir les attaques de l’infanterie. Bien qu’on ne s’attende pas à ce que de grandes batailles de chars aient lieu, les Leman Russ, les Baneblades et les Gorgons auraient toujours leur rôle à jouer dans l’assaut de l’ennemi.[8]

Le Champ de Bataille

Vraks était une planète stérile et terne, même avant son occupation par l’Imperium. Recouverte d’une couche sulfureuse de poussière volcanique ancienne, elle était nue et rocheuse. Le climat y était plus chaud que sur Krieg, mais de violents orages électriques s’y produisaient quotidiennement, les pluies soudaines arrosant tout avant de se terminer aussi soudainement qu’elles avaient commencé. Ainsi, le terrain sur lequel la 88e allait se battre se transformait régulièrement en un bourbier gris et collant avant que l’eau n’ait pu s’écouler à travers la surface poreuse de Vraks, embourbant tout mouvement important de troupes et de véhicules qui tentaient de le traverser.

Le champ de bataille lui-même engloberait la quasi-totalité des Désolations de Van Meers, cinq mille kilomètres carrés de vide stérile, avec de longs et doux plis dans le paysage et l’affleurement occasionnel de roches volcaniques plus dures qui n’avaient pas encore été emportées par les pluies torrentielles. C’était presque sans particularités, mais c’était un terrain que l’ennemi connaissait déjà bien. Ils savaient où se trouvait le terrain élevé et où positionner leurs canons avec les meilleurs champs de tir. Tout cela, une compréhension intuitive du champ de bataille devait être apprise par les attaquants au fur et à mesure de la progression de la campagne.[9]

Chapitre Deux - Les Champs de Bataille de Vraks

« Notre credo est le suivant. Nous sommes prêts, à tout moment, à tout sacrifier pour la victoire. »
- Colonel Cseke, 159e Régiment de Siège de Krieg.

Le Débarquement sur Vraks

La Death Korps de Krieg débarque sur Vraks.
En 790812.M41, quelque 200 000 hommes du 143e Régiment de Siège de Krieg embarquèrent, grand manteau gris après grand manteau gris, sur les rampes d’embarquement et dans les cales de leurs navires de transport. Ils étaient les premiers hommes de la 88e Armée de Siège à entamer le long voyage vers Vraks, et ne constituaient qu’une partie de la vaste armada en orbite au-dessus de Krieg, chargeant des hommes et du matériel pour la bataille visant à reprendre le Monde Arsenal.

Lorsque les navires de tête de la flotte sont arrivés à destination, via l’immense forteresse navale du Segmentum Obscurus à Cypra Mundi, le Seigneur Commandant Zuehlke a établi son quartier général sur Thracian Primaris, principale planète du secteur Scarus. Son inarrêtable machine de guerre était désormais en marche, et sa présence personnelle sur Vraks mêmes n’était pas requise. Zuehlke superviserait la campagne à une distance confortable. La victoire était déjà certaine ; il ne lui restait plus qu’à s’assurer que les hommes de remplacement et le ravitaillement continueraient à arriver comme prévu.

Le premier convoi de vingt-et-un navires de transport de la Marine Impériale de différentes tailles a commencé à arriver dans le système Vraks à 199812.M41. Le convoi avait été suivi pour la dernière étape de son voyage par une immense flotte de navires d’escorte de la Marine Impériale, qui s’était attachée au convoi à Cypra Mundi. Cette flotte comprenait un grand nombre de frégates de classa Falchion et Sword pour assurer le passage en toute sécurité du convoi vulnérable qui naviguait dans une zone spatiale dominée par l’Œil de la Terreur et où rôdaient par les partisans des Dieux Sombres.

Lors du déploiement dans le système Vraks, le commandement de la flotte avait été transféré à l’Amiral Rasiak sur son vaisseau amiral, le croiseur Lord Bellerophon, et pour maximiser l’arrivée des régiments de Krieg en toute sécurité, il avait ordonné aux navires qui les transportaient d’approcher Vraks Prime depuis la sécurité de son côté éloigné, bien hors de portée des lasers de défense de la planète. Comme les forces de Xaphan ne disposaient d’aucun navire pour défier l’armada qui arrivait, l’opération de débarquement des régiments et de leur vaste réserve d’armes, de véhicules et d’équipements s’était déroulée comme prévu.

Les zones de débarquement avaient été choisies pour fournir à la 88e Armée de Siège une tête de pont sécurisée en surface. La première priorité étant de protéger les sites de débarquement contre les attaques ennemies, le premier à débarquer, le 143e Régiment, s’était immédiatement mis à creuser. Les Excavateurs Atlas, une variante du char Remorqueur Atlas, transportant du matériel de forage de tranchées, ont creusé les lignes de tranchées sur des kilomètres autour du site de débarquement principal, puis des champs de mines et des fils barbelés furent ajoutés à ses défenses. Pendant ce temps, les compagnies de Cavaliers de la Mort du 143e Régiment patrouillaient les environs pour détecter tout signe de l’approche d’une force ennemie, mais toutes signalaient un désert stérile et vide. Les forces de Xaphan n’avaient rien fait pour empêcher le débarquement ou l’accumulation des troupes de l’Imperium. Au lieu de cela, elles occupaient leurs propres défenses et se contentaient de se retranchaient plus profondément.

Pendant des mois, la zone de débarquement fut une ruche d’activité, les vastes vaisseaux rugissant au-dessus de la zone amenant plus de troupes et plus de canons depuis les transporteurs en orbite. Les navettes allaient et venaient constamment, et les fournitures qu’elles livraient étaient stockées dans de vastes réserves de nourriture, de munitions, d’eau et de tout autre article dont l’armée aurait besoin pour sa guerre de douze ans méticuleusement planifiée. Il fallut presque un an pour que l’armée soit entièrement en place et considérée comme prête à combattre.

Entre-temps, le Departmento Munitorum avait également débarqué une main-d’œuvre importante, plus d’un demi-million d’hommes des colonies pénitentiaires d’Arphista, pour construire un système de transport permettant de conduire les régiments de Krieg et leurs véhicules à travers les milliers de kilomètres de terres stériles qui se trouvaient entre eux et l’ennemi. Ces corps de travail se mirent au travail pour creuser et poser un vaste système ferroviaire, les voies étant posées nuit et jour alors que les lignes s’étendent rapidement vers le nord. Le moment venu, les régiments de Krieg traverseraient Vraks sur des wagons tirés par les énormes moteurs qui étaient arrivés sur l’un des plus grands navires de transport. À bord se trouvait une délégation de Technaugures de l’Adeptus Mechanicus, et avec eux une flotte de locomotives - de grandes machines à soufflets d’acier et à roues, capables de tirer les centaines de lourds wagons nécessaires.

En 965812.M41, la première locomotive se mit en route, transportant les hommes et les canons du 3e Régiment de Siège de Krieg à travers les Plaines de Saritama. À son arrivée, le régiment a établit le dépôt avancé ; il se trouvait maintenant à moins de cent kilomètres des lignes ennemies et devait faire le reste du chemin à pied. Les locomotives roulaient sans arrêt en transportant les hommes vers le front, tandis que le corps des ouvriers travaillait à l’entretien de la voie et au prolongement de la ligne principale, avec des embranchements vers des dépôts secondaires pour le stockage des munitions, du carburant et d’autres fournitures vitales. Le soutien logistique massif pour la guerre était maintenant en place.[10]

Le Plan de Campagne

Le plan global montrant l’encerclement de la Citadelle de Vraks par les quatre Corps de Ligne.
Le plan de la 88e Armée de Siège pour la réduction des défenses de Vraks et la reconquête de son bastion principal, la Citadelle, impliquait des offensives répétées sur deux fronts. Plutôt que de se rassembler pour une seule attaque en un seul point, et de laisser l’ennemi rassembler ses forces pour le bloquer, le corps de ligne tenterait d’encercler la forteresse et d’appliquer une pression tout au long de la ligne, une approche dictée par le terrain environnant. Au sud et à l’est se trouvait une zone sillonnée par les gorges et les canyons caractéristiques de Vraks, impropres à toute attaque et créant une barrière infranchissable pour une armée avançant à pied. L’attaque devait venir de l’ouest et du nord, où se trouvait la grande majorité des lignes de défense.

Les 1er et 30e Corps de Ligne formèrent la partie nord de l’attaque, tandis que les 12e et 34e Corps de Ligne formèrent le reste, occupant une zone allant de l’Abîme de Saritama au secteur 45-45. Ces deux corps avaient pour mission de briser la ligne de défense extérieure ouest. Les ordres du 1er corps de ligne étaient d’attaquer la ligne de défense nord, après avoir contourné les lignes de défense ouest. Il leur serait même possible de pousser plus loin vers l’est et d’éviter complètement la ligne de défense nord, que les sources de renseignement croyaient n’avoir jamais été achevée, et d’attaquer directement au sud du secteur 57-53 jusqu’à la deuxième ligne de défense. Bien sûr, leurs attaques devraient être coordonnées en permanence pour éviter que les régiments ne débordent et ne deviennent vulnérables à de fortes contre-attaques ennemies. Chaque gain serait pris avec soin et de façon régulière. Il n’était pas dans la doctrine des régiments de Krieg de s’enfoncer en territoire ennemi sans le soutien des régiments de flanc.

Une fois les lignes de défense extérieures dépassées, l’encerclement pourrait alors commencer sérieusement. À mesure que les régiments s’approcheraient de la deuxième ligne de défense, le front global de l’armée se réduirait et rendrait tous ses régiments moins vulnérables aux contre-offensives ennemies. Il était donc important que les premières lignes de défense soient rapidement et à tout prix submergées. Sur les deuxièmes lignes de défense, les commandants de régiment pourraient être plus prudents et prendre leur temps pour rechercher les faiblesses avant de s’engager dans des assauts majeurs. Une fois la deuxième ligne fissurée, l’anneau autour de la Citadelle de Vraks pourrait se refermer sur la ligne de défense intérieure, encerclant entièrement la Citadelle et la mettant pour la première fois sous le feu de l’artillerie à longue portée.

Une fois en position, la 88e Armée de Siège pourrait alors se permettre d’attendre ; avec l’ennemi enfermé, il n’y aurait plus de répit ou de fuite devant les gros canons de Krieg, qui pilonneraient les hérétiques et les traîtres jusqu’à la destruction.[11]

Le Siège Commence

En 166813.M41 - le Siège de Vraks commençait officiellement.

Lorsque la première lumière de l’aube apparut à l’horizon, projetant sa fine lueur à travers les Désolations de Van Meers, les équipages des canons se mirent au garde-à-vous, leurs lourds canons Earthshaker s’élevant vers le ciel dans un sinistre salut au nouveau jour. Derrière eux, des obus étaient disposés, prêts pour un bombardement soutenu par milliers ; les fusées des obus étaient vérifiées, les hommes ne pouvaient qu’attendre que les mots de code appropriés soient émis et que le tir commence. Soudain, le vox de commandement s’était animée, un sifflement statique s’était fait entendre et des instructions furent données. L’opérateur vox avait rapidement actionné les interrupteurs et déchiffré le message flash. Se tournant vers l’officier qui l’attendait, il en a confirmé le contenu : « Le signal est authentique, monsieur. Le message dit "Continuez." » Rapidement, les équipes d’artilleurs Kriegs se mirent en action alors que l’officier transmettait l’ordre à tous les postes : « OUVREZ LE FEU ! »

À près de quinze kilomètres de là, les obus frappèrent avec un boum assourdissant, projetant des pierres pulvérisées et de la poussière grise dans le ciel alors que les flammes engloutissaient leurs cibles. Des éclats d’obus furent tirés dans toutes les directions, et l’air s’était empli de poussière étouffante et de métal rouge vif et déchiqueté. Le crescendo des explosions s’intensifia rapidement, son rythme s’accélérant à mesure que les artilleurs Kriegs s’échauffaient. Le vacarme des obus Earthshakers fut bientôt suivi du terrible hurlement des obus de bombardement plus lourds, qui tombèrent à pic pour ajouter à la tempête de feu qui se déclenchait alors. Les obus creusèrent de grands cratères dans la terre meuble, et des rocs de la taille d’un char d’assaut furent projetés en l’air avant de s’écraser à nouveau sur le sol, pour être ensuite ramassés et relancés au moment de l’impact de l’obus suivant. Toute la matinée, le bombardement s’était poursuivi, martelant les lignes de défense extérieures jusqu’à ce que les canons de la 88e Armée de Siège commencent à briller d’une chaleur intense et constante.

Pendant ce temps, derrière les positions avancées de la ligne de défense extérieure, les propres artilleurs du Cardinal Apostat s’affairèrent à répondre par des tirs de contre-batterie. Les pièces d’artillerie des Basilisks étaient lancées vers l’avant dans des fosses de tir préparées à l’avance, bien protégées du feu ennemi. Leurs pistons hydrauliques se plaignaient lorsque leurs canons grimpaient vers le ciel. Les culasses s’ouvrirent et les obus y furent introduits avant que la porte de la culasse ne claque et que les cibles soient verrouillées. Une dernière vérification de la portée de la cible, de l’élévation, de la traversée… et les Basilisks tirèrent, le recul entraînant les véhicules blindés de quarante tonnes violemment vers l’arrière alors que les amortisseurs s’efforçaient de contrecarrer les énergies libérées par chaque tir. Le duel d’artillerie avait commencé.

Loin dans les lignes de canons des Kriegs, le cri des obus qui arrivaient était annulé par le fracas de leurs propres tirs. Les premiers obus ennemis avaient atterri très près, puis en largeur, puis se sont rapprochés de façon inquiétante. À la 413e Batterie, un obus ennemi avait frappé directement, mettant en pièces un canon Earthshaker, faisant exploser les munitions stockées à proximité et tuant les huit membres de son équipage dans l’enfer qui a suivi. Ce fut un coup de chance à l’extrême portée des canons ennemis, mais il signalait que le duel d’artillerie ne serait pas une affaire à sens unique.

Alors que la bataille au canon commençait, les hommes du 158e Régiment avançaient à un rythme régulier, chacun à cinq mètres de distance, de longues rangées sombres de figures au grand manteau et au masque à gaz avançant régulièrement. Les ordres étaient de limiter l’action de l’infanterie ennemi en avançant régulièrement vers elle, puis de s’arrêter afin de commencer le travail de creusement des premières tranchées. Les hommes ne devaient pas encore attaquer les positions ennemies ; l’artillerie aurait besoin de beaucoup plus de temps qu’une seule matinée pour affaiblir l’adversaire, mais les lourds bombardements servaient de couverture, empêchant les forces de Xaphan d’engager à longue distance l’infanterie qui avançait et de harceler ses propres positions d’artillerie.

À la tombée de la nuit, les premières tranchées étaient creusées, deux hommes dans un trou, gratté à six pieds de profondeur dans la terre. Le lendemain, chaque trou était prolongé par une tranchée étroite pour rejoindre le trou suivant. De cette façon, chaque escouade établissait une seule tranchée de base. Celle-ci pourrait ensuite être reliée à une tranchée de peloton, puis elles étaient elles aussi reliées à une tranchée de compagnie, qui pouvait à son tour être reliée à d’autres tranchées de compagnie. Au fil des jours, les lignes de tranchées commencèrent à s’étendre.

Grâce à la sécurité relative des tranchées, les travaux de terrassement purent alors être élargis, et les sacs de sable remplis et empilés. Sous le couvert de l’obscurité, les équipes tendaient des bobines de fil de fer devant la tranchée pour empêcher les patrouilles ou les groupes de pilleurs ennemis d’y accéder facilement. Des positions d’armes lourdes furent installées, puis creusées. C’était la façon dont les régiments de la Death Korps s’étaient entraînés pour faire la guerre sur Krieg. Avec des outils, des pelles et des pioches, les gardes de Krieg taillèrent leur nouvelle position. Les pelotons et les compagnies rivalisaient entre eux pour voir qui pouvait accomplir son travail le plus rapidement, tout comme les pelotons de cadets le faisaient pendant l’entraînement sur leur monde d’origine.

Sur Vraks, la roche ponceuse s’était brisée facilement et les lignes de tranchées se développèrent à un rythme soutenu. C’était un travail sale, qui transformait les hommes en fantômes gris et poussiéreux, et avec chaque averse d’orage qui passait, les tranchées devenaient un marécage de boue de cloisonnement, mais en une semaine, les positions avancées étaient en place. Pendant ce temps, l’ennemi n’avait pas attaqué. Au lieu de cela, coincé sous le bombardement quotidien, il s’accrochait à ses solides bunkers et lignes de défense, offrant peu de combat, sauf des tirs de snipers et des tirs de mortier harassants.

Pendant que la Death Korps creusait et renforçait ses tranchées, l’armée renégate du Cardinal Apostat occupait les positions préparées en face. Chacune d’entre elles était plus une zone défensive qu’une simple ligne solide, dans laquelle avaient été placées des tranchées et des lignes de défense - des murs bas en béton armé et en plastacier - reliant généralement des refuges. Il y avait des bunkers blindés avec de multiples fentes de tir pour les armes lourdes, des fosses à armes renforcées par des sacs de sable et, si nécessaire, des barricades ad hoc construites avec des fûts de carburant remplis de gravats, de l’acier ondulé et des panneaux de défense antiaérienne. Des abris pour le personnel étaient également creusés sous terre pour protéger les défenseurs de l’artillerie ennemie. Toutes ces positions étaient entourées de kilomètres de pièges à chars et de fils barbelés, ainsi que de fossés antichars et de champs de mines.

Depuis le soulèvement, les forces du Cardinal Apostat avaient posé de nouveau des millions de mines, mettant à profit les mois qu’il avait fallu pour déployer les régiments de Krieg sur le front de bataille. Cela signifiait également que tout renseignement impérial sur l’emplacement original des champs de mines de Vraks était désormais invalidé. Par endroits, les positions défensives étaient combinées en points forts, des nids de résistance suffisamment solides pour résister aux obus les plus lourds, fournissant aux défenseurs des champs de tir imbriqués pour un soutien mutuel. En tout, chaque ligne de défense pouvait avoir jusqu’à cinq kilomètres de profondeur, ce qui donnait aux défenseurs une excellente couverture. La rupture de chaque ligne de défense serait une entreprise majeure et coûterait très cher en pertes humaines. Pour aggraver les choses, les trois principales lignes de défense entourant la Citadelle devenaient progressivement plus denses et seraient plus difficiles à briser à mesure que les forces de l’Imperium s’approcheraient.[12]

Premier Assaut sur les Défenses Extérieures

Chaque ligne devait être coupée à tour de rôle et l’affaire sanglante ne pouvait pas être retardée davantage. La première offensive de Krieg devait être rapide si l’on voulait respecter le calendrier de succès prévu sur douze ans.

Le 149e Régiment avait été choisi pour effectuer le premier assaut dans le secteur 46-39. Sur la base de rapports de renseignements recueillis avant la révolte de la planète, il avait été déterminé que la ligne de défense pourrait y être fissurée. Les travaux n’étaient pas terminés à ce moment-là et cela offrait une chance de réaliser la percée rapide souhaitée. Sur les flancs gauche et droit immédiats du 149e Régiment, les 143e et 150e Régiments allaient fournir de massives attaques de soutien afin de coincer les unités adverses et d’attirer les réserves ennemies dans leurs secteurs et de les éloigner de l’effort principal. Derrière le 149e Régiment, les unités du 1er Corps d’Assaut se levèrent et se préparèrent. Si la première attaque offrait la percée nécessaire, les escadrons de Leman Russ et de Gorgons du corps d’assaut pourraient alors poursuivre leur route et s’enfoncer profondément dans la zone de défense.

En 212813.M41, la première attaque d’infanterie allait commencer. Un demi-million d’hommes devaient attaquer par vagues pendant deux jours. La première vague ne devait pas faire beaucoup de progrès, mais devait attaquer avec l’infanterie pour trouver les points faibles dans les lignes ennemies. La deuxième vague, menée par des unités de Grenadiers, devait frapper ces points faibles avec force, prendre pied dans les lignes de défense et les maintenir jusqu’au deuxième jour, où une troisième vague les traverserait et renforcerait la percée. Une fois cela terminé, le 61e Régiment de Chars de Krieg serait libéré de sa réserve pour passer à travers la brèche. Tout ceci suivrait des jours de bombardement intense dans le secteur 46-39 et ses zones adjacentes.

Les préparatifs de la première offensive étaient bien avancés. Un grand nombre de canons du corps de bombardement et de plus en plus d’hommes des compagnies d’infanterie étaient amenés en position - tout le temps sous le feu nourri des mortiers et de l’artillerie ennemis. Les canons du 21e Corps de Bombardement ouvrit le feu en premier, soutenant les propres compagnies d’artillerie du régiment de siège. Il entreprit cinq jours de bombardements qui devaient affaiblir l’ennemi pour l’attaque à venir. Les impitoyables canons pilonnèrent leurs cibles, transformant le no man’s land et les positions ennemies avancées en un paysage lunaire craquelé. Depuis les tranchées, il semblait que rien ne pouvait survivre à un barrage aussi soutenu. C’était une démonstration de puissance de feu dévastatrice et le rythme se maintenait jour après jour.

Au commandement, les premières compagnies d’attaque se mirent en position, remplissant les tranchées de la ligne de front tandis que les escouades s’y entassaient au coude à coude. Devant eux, il n’y avait qu’un mur de tranchée et une échelle pour la courte montée vers le no man’s land. La nuit précédente, protégées par l’obscurité, les équipes d’infiltration s’étaient aventurées en haut et avaient fait des brèches dans leurs fils barbelés pour que les hommes de la Death Korps puissent y passer. Au-dessus du barrage s’intensifiait une vague de tonnerre roulant alors que les explosions se succédaient si rapidement qu’elles devenaient un seul mur de bruit. Puis ce fut terminé et il y eut un silence soudain et horrible alors que les canons levaient leur barrage en une seule salve, juste à temps. L’ordre d’avancer fut relayé à travers le réseau vox et les premières escouades grimpèrent sur les échelles Un par un, des hommes apparurent au-dessus du parapet et avancèrent, esquivant leurs propres fils barbelés pour former des lignes de figures sombres et courbées avançant à travers les cratères du no man’s land.

Lorsque les canons s’arrêtèrent, les escouades ennemies se précipitèrent pour assurer leur défense. Leurs positions avaient été réduites en ruines par le bombardement, les murs de défense étaient démolis, les tranchées étaient enfouies dans la terre et les bunkers avaient été détruits par des frappes directes, tuant des escouades entières en une seule explosion. Mais malgré la férocité des bombardements loyalistes, de nombreux renégats avaient survécu, cachés au plus profond de leurs abris. À présent, alors que les exécuteurs et les officiers rugissaient des ordres, les traîtres couraient vers leurs positions. La Death Korps arrivait et maintenant ils devaient se battre.

D’abord dix mètres, puis vingt mètres, l’infanterie avançait sans entrave. Puis de lourds tirs de Bolter brillèrent dans le no man’s land, dévorant le sol tandis que les obus explosaient parmi les rangs des Gardes en progression. La Death Korps, résolu et inébranlable, s’avançait, les premiers rangs en ordre de marche. Ils moururent, fauchés par le feu ennemi, homme après homme, alors qu’ils marchaient tête baissée dans un ouragan impitoyable de tirs d’armes.

Ensuite, le feu de l’artillerie ennemie commença à tomber. Les canons avaient été prévus et leur tir fut précis et meurtrier. Soudain, le no man’s land fut animé d’explosions, de panaches de flammes et de fontaines de terre parmi les lignes des attaquants. Les officiers poussèrent leurs pelotons à aller de l’avant, pour être ensuite abattus à leur tour. De retour dans les tranchées, les pelotons suivants se rassemblaient. Tandis que les obus et les balles gémissaient au-dessus de leurs têtes, ils fixaient des baïonnettes et attendaient leur tour pour avancer dans le maelström meurtrier. Ils n’eurent pas à attendre longtemps et, l’ennemi ayant déjà pris position, ils grimpèrent sur leurs échelles pour être immédiatement touchés, beaucoup tombant à reculons dans les tranchées et sur leurs camarades en dessous. Peu d’entre eux parvinrent à faire plus de dix mètres depuis le parapet avant d’être contraints de se jeter au sol.

Ce fut impitoyable et macabre. Massacrés à leur tour, des pelotons entiers furent anéantis par le feu intense de l’ennemi. Bientôt, le no man’s land fut jonché de cadavres et de blessés tandis que les survivants se débattaient dans la boue, certains essayant de se replier, d’autres essayant encore de pousser en avant. Quelques escouades parvinrent jusqu’aux lignes ennemies, chargeant au niveau des murs de défense, à la baïonnette, lançant des grenades devant eux. Mais même là, ils furent rejoints par un ennemi qui s’était battu avec acharnement, tenant ses positions jusqu’au dernier homme.

Malgré le massacre qui les attendait, dans la deuxième ligne et les tranchées de communication, la vague suivante se préparait à attaquer à son tour. Au bon moment, ils passèrent par-dessus bord. Le maelström de feu et d’explosions s’était abattu sur la deuxième vague et ils ajoutèrent leurs cadavres parmi ceux de la première vague. Aux interstices des fil barbelés, les morts et les blessés gisaient les uns sur les autres en un grotesque tas sanglant de chair en ruine. Toute la journée, le massacre se poursuivit, jusqu’à ce que la nuit tombe et que l’attaque soit stoppée. Pendant toute la nuit, les blessés rampaient par-dessus le parapet, tandis qu’un obus éclairant explosait de temps en temps au-dessus de leurs têtes pour révéler une scène d’enfer.

Le coût fut horrible. Les gains furent négligeables et, à l’aube, tout recommença. La troisième vague paya à son tour un lourd tribut pour une absence de gains. La percée souhaitée n’avait jamais eu lieu. Les travaux de construction des lignes de défense avaient été achevés contrairement à ce qui avait été annoncé et, le cas échéant, améliorés, et la ligne tenait donc.

En 218813.M41, alors que les unités Kriegs survivantes étaient maintenant de retour dans leurs tranchées pour tenir la ligne, l’ennemi lança une contre-attaque. C’était au tour des traîtres de se lancer à travers le no man’s land. Sans bombardement préalable pour éviter d’avertir les défenseurs, les forces ennemies, dont un grand nombre se trouvaient dans des escadrons de transporteurs blindés Chimères, attaquèrent. Les hommes de Krieg, battus, étaient armés de leurs armes lourdes, dont la plupart étaient toujours en place, n’ayant jamais été engagées dans le malheureux assaut du no man’s land. Tout au long de la ligne, un feu déterminé stoppa l’attaque, et les lanceurs quadruples et les mortiers lourds de la seconde ligne ont rapidement ajusté leur tir, coinçant l’ennemi.

À la ligne de tranchée R462-3892, le Lieutenant Marot et ses survivants ad hoc, les hommes rassemblés de trois pelotons dévastés de la 15e Compagnie du 143e Régiment, virent une masse d’infanterie ennemie apparaître dans le no man’s land, bien visible depuis le poste de commandement de Marot. Un vox-message avait été relayé pour un tir d’artillerie défensif, mais n’avait produit aucune réponse. Malgré les tirs de lasers et de Mitrailleuse Lourde de son escouade, les attaquants se sont rapprochés. Un combat au corps à corps vicieux fut son dernier recours, au cours duquel une Épée Tronçonneuse invisible arracha le bras gauche du Lieutenant et alors qu’il gisait mortellement blessé, la tranchée fut envahie. Les traîtres tentèrent alors de se précipiter sur la section suivante de la ligne, mais trouvèrent une résistance toujours aussi tenace. Plus tard, les forces du Cardinal Apostat étant stoppées, une nouvelle demande de soutien d’artillerie finit par produire un déluge d’obus de type Earthshaker qui a anéantit leurs propres tranchées de front et écraser la prise de l’ennemi dans les lignes des Kriegs.

À la tombée de la nuit, l’’attaque ennemie s’était épuisée, leurs morts s’empilant sur les hommes de Krieg. Les camps adverses étaient à nouveau dans l’impasse alors que le duel d’artillerie se poursuivait, mais la fureur de trois jours de bataille s’était calmée.[13]

La Vie dans les Tranchées

Pendant des semaines, l’impasse s’est maintenue, les sentinelles regardant fixement à travers la désolation du no man’s land vers les positions des uns et des autres. Malgré cette situation, chaque escouade continua à patrouiller et à faire des raids sur les lignes ennemies. Les opérations nocturnes dans le no man’s land permettaient aux hommes des deux camps de trouver ou de poser des champs de mines, ou d’identifier des brèches dans les barbelés pour un raid ultérieur à exploiter. Les raids de tranchées pour faire des prisonniers étaient courants, prisonniers qui étaient ensuite interrogés pour obtenir des informations sur le nombre et la position des troupes.

Pendant ce temps, l’artillerie continuait son interminable combat, et toute la journée, les deux camps tiraient des coups de feu harassants sur les lignes de combat arrière de l’ennemi. La mort pouvait survenir soudainement n’importe où à portée de tir. Même pendant les rares périodes de calme où aucun des deux camps n’attaquait, les listes de victimes continuaient à s’allonger rapidement. La 88e Armée de Siège perdait en moyenne deux mille hommes par jour, sans qu’aucun régiment ne lance d’attaque. Bien sûr, les pertes avaient toutes été prévues, et pour les régiments de Krieg, les remplaçants continuaient d’arriver pour combler les rangs.

Vraks était désormais un désert de ténèbres monochromatiques, gris et noir, et couvert d’un voile de fumée qui bloquait la lumière de son étoile. L’air lui-même était rempli d’une puanteur de putréfaction qui s’épaississait. Là où les attaques avaient échoué, les morts non enterrés gisaient partout, car sous les bombardements incessants, toute tentative de récupération des corps ne faisait souvent que provoquer d’autres morts. Jour après jour, les canons lourds pilonnaient le champ de bataille parsemé de cadavres, jusqu’à ce que les corps soient écartelés et écartelés à nouveau. Des trous d’obus exposaient les restes des troupes en décomposition et bientôt les deux camps montaient des crânes et des os sur leurs positions comme des sanctuaires macabres en mémoire aux sacrifices de leurs camarades. La mort les entourait et, à mesure que les mois d’impasse passaient, l’air et le sol même devenaient empoisonnés par l’infection.

Ainsi s’écoula la première année du siège. Les lignes de défense extérieures avaient résisté aux premiers assauts, et les deux parties devaient se contenter d’user l’autre. Un jour, quelque part, quelque chose cédera, mais jusqu’alors les deux armées étaient enfermées dans une impasse de lente destruction mutuelle.[14]

La Bataille du Fort A-453

En 897814.M41, le 261e Régiment avait reçu l’ordre de mener une attaque de sondage dans le secteur 45-49. Le 30e Corps de Ligne avait sondé tout le front en prévision d’une nouvelle offensive après six mois de relative inactivité. Le corps avait eu le temps de reconstituer ses forces après ses premières pertes et les canons du 19e Corps de Bombardement furent repositionnés pour soutenir la nouvelle offensive. Parmi la liste du régiment, la 9e Compagnie avait été choisie pour la difficile tâche d’attaquer un point fort de la ligne ennemie, le Fort A-453.

C’était une position fortifiée de bunkers et de casemates reliés entre eux, mais son armement principal, un Canon Earthshaker, avait déjà été détruit par un coup direct d’un obus de siège. Pourtant, les casemates étaient hérissées de Bolters Lourds, chacun avec des champs de tir entrecroisés à travers le no man’s land. Il était entouré d’un fossé antichar, de mines et d’épaisses bandes de barbelés à lames, et sous les bunkers se trouvaient des abris renforcés pour le personnel et des réserves pour les troupes de garnison, le tout accessible en toute sécurité par un tunnel souterrain qui revenait sur un demi-kilomètre. Une attaque sur le Fort A-453 déjà avait été repoussée facilement et dans le sang.

Dans l’obscurité, le commandant de la 9e Compagnie, le Capitaine Tyborc, veilla aux derniers préparatifs de ses hommes. Aux premières lueurs du jour, il dirigea l’attaque, tandis que des officiers supérieurs observaient à distance de sécurité pour mesurer la force du fort. Une batterie de canons silencieux avait été traînée vers l’avant pour engager le fort à découvert, alors que ses hommes traversaient le no man’s land, une nouvelle tranchée ayant été récemment creusée pour faciliter l’avance, ce qui signifie qu’ils n’avaient que quelques centaines de mètres à parcourir pour atteindre la sécurité relative du fossé antichar du fort.

Il faisait encore nuit lorsque le bombardement préliminaire de l’attaque commença. Des obus lourds hurlaient juste au-dessus de la tête, martelant la forteresse lourdement défendue. Au milieu des explosions, le peloton de tête du Tyborc s’entassa dans la tranchée avant, prêt à attaquer. La lumière se profilait à l’horizon lorsque le barrage se leva, et Tyborc ordonna de commencer l’attaque. Il fut le premier à gravir l’échelle.

Le bombardement avait laissé le no man’s land enveloppé de fumée, et au début l’assaut avait rapidement couvert le terrain ouvert. Après la première douzaine de mètres, l’ennemi n’avait pas réagi. Tyborc ordonna à la 9e Compagnie de continuer, s’accélérant à mesure que les barbelés de l’ennemi s’approchaient. Puis un Bolter Lourd Aboya, et la 9e Compagnie fut attaquée directement. Se faufilant à travers les tirs d’armes qui les entouraient, les escouades de Tyborc continuèrent à avancer et atteignirent les barbelés. Frénétiquement, ils employèrent avec des cutters alors que des tirs de Bolter s’envolaient au-dessus d’eux. Plus loin, d’autres escouades subissaient des pertes et se faisaient coincer de la même manière. Mais à l’avant, le Capitaine et son escouade de commandement roulaient sous les barbelés et plongeaient dans le fossé antichar.

Malgré l’augmentation du nombre de victimes, la 9e Compagnie se concentrait dans le sillage de son Capitaine. D’autres hommes atteignirent fil barbelé, créant des brèches et plongeant dans le fossé. Grimpant sur son glacis escarpé, les hommes commencèrent à marcher sur les mines. Les troupes de Tyborc étaient prises au piège ; elles pouvaient se replier à travers le no man’s land sous le feu de l’ennemi ou risquer les mines. Tyborc leur fit signe et, pour donner l’exemple, courut sur la pente. Les mines explosaient à gauche et à droite, mais Tyborc atteignit le sommet et d’autres suivirent. Devant lui, une casemate continuait à tirer, et à mesure que les hommes émergeaient, ils étaient ratissés par des tirs de Bolter. Le Capitaine fut blessé à la jambe par un éclat d’os, tandis que le Garde de Krieg à côté de lui disparu dans une éclaboussure de sang, le Bolt d’un Bolter le déchirant de l’intérieur. En titubant péniblement, le Capitaine Tyborc ordonna à ses hommes d’attaquer le bunker.

À cet instant, les forces de Xaphan répondirent à l’attaque surprise. Sortis de leurs abris de nuit pour trouver la Death Korps déjà à l’intérieur des barbelés, certains des renégats se précipitèrent vers l’avant, chargeant leurs attaquants, et des combats au corps à corps éclatèrent dans tout le fort. D’autres ont fui, croyant leur position déjà perdue.

Soudain, le fort était dans le chaos et la confusion. Des tirs de Lanceurs Quadruples Lourds commencèrent à se déchaîner, tuant sans discrimination. Tyborc fut de nouveau bombardé par des éclats d’obus alors que ses hommes se précipitaient sur la première casemate, postant des grenades à travers les fentes de tir pour tuer les artilleurs qui se trouvaient à l’intérieur. Il avait une faible emprise à l’intérieur du point fort et il devait le consolider. Saignant abondamment, le Capitaine se réfugia derrière une barricade renversée, remplie de rochers, de barils et de sacs de sable. Tout autour de lui, ses hommes tiraient sur les défenseurs qui émergeaient. Quelque part dans la confusion de la charge, il avait perdu son vox-opérateur ; l’homme était sans doute mort. La 9e Compagnie avait besoin de renforts pour tenir le terrain qu’elle avait capturé. Tyborc fit donc appel à un messager pour transmettre un message à ses commandants. On pouvait y lire : "La 9e Compagnie est à portée de tir. Le nombre d’ennemis augmente en force. Tiendra si elle est renforcée." Le messager s’est précipité.

Pendant une heure agonisante, les hommes de Tyborc menèrent leur combat isolé. Une deuxième casemate avait été transformée en une ruine fumante par un incendie et ses hommes occupaient maintenant certaines des tranchées de l’ennemi et se dirigeaient vers le bunker central. Dans un assaut courageux, ils capturèrent l’entrée d’un abri, et après qu’un Fuseur ait fait exploser la porte en acier pour la transformer en métal liquide, Tyborc les dirigea en bas des marches en ferrobéton pour entrer dans le bunker situé en dessous. Là, il se trouvait face à une longue galerie à travers laquelle des barricades avaient été érigées à la hâte. Rapidement, les derniers coups de feu ont éclaté dans la faible lumière et les balles ont ricoché sur les murs. Tyborc, toujours boiteux, ordonna à ceux qui étaient avec lui de charger.

Ils se précipitent sur les quelques défenseurs, les baïonnettes aplanissant et dégagent la galerie. Tyborc fut alors blessé une troisième fois, à la tête par une balle ennemie, mais son casque, qui se brisa, lui sauva heureusement la vie.

Les hommes de Tyborc dégagèrent la galerie juste à temps. À l’extérieur, on entendait le trop familier cri montant des obus lourds qui arrivaient - l’ennemi avait appelé à un tir d’artillerie à l’intérieur de sa propre position. À la surface, le sol s’effondra lorsque la salve prévoyante frappa directement et ceux qui furent pris dans le maelström furent oblitérés. Sous terre, Tyborc et une quarantaine d’hommes étaient en sécurité.

Le bombardement massif d’artillerie mis fin à la bataille en surface, le barrage continu envoyant tout le monde se mettre à l’abri. Les hommes de Tyborc ont tenu la galerie, mais à la tombée de la nuit, aucun renfort n’était venu. Les survivants de la 9e Compagnie n’avaient plus qu’à s’accrocher à leurs position durement acquise et à espérer que le messager avait réussi à passer.

À l’insu du vaillant Capitaine et de ses hommes, son messager avait atteint les lignes arrière de l’Imperium. Il lui avait fallu plusieurs heures pour revenir à travers le no man’s land, rampant de trou d’obus en trou d’obus sous le feu intense de l’ennemi. Sur son chemin, il avait été blessé, mais éclaboussé de sang et couvert de boue du casque aux bottes, le messager se mit au garde-à-vous et présenta le message de Tyborc au Général Durjan.

Il y avait des nouvelles d’une prise de pied, d’une possible fissure dans les lignes ennemies. Le Général dicta rapidement de nouveaux ordres à ses opérateurs vox pour les transmettre à divers officiers sur le front. Les unités de Grenadiers suivraient la 9e Compagnie dès qu’elles seraient prêtes. Tyborc avait besoin d’un rideau de tirs d’artillerie pour couper le fort des renforts ennemis. Des attaques de diversion immédiates devaient être lancées tout le long de la ligne du régiment pour immobiliser l’ennemi. Plus important encore, il avait besoin d’une force de percée pour frapper rapidement.

Tôt le lendemain, des unités de Grenadiers se dirigèrent vers le fort, toujours sous le feu de l’artillerie lourde, tandis que les hommes de Tyborc menèrent un combat rapproché féroce dans les galeries et les couloirs sous le Fort A-453. Dans l’obscurité totale, éclairés seulement par le flash des grenades explosives, ils tinrent bon. L’ennemi avait été renforcé par le tunnel d’accès, mais il ne put pénétrer dans la position de Tyborc. L’air était épais de poussière et de vapeurs d’explosifs, et sans leurs masques à gaz, les Gardes de Krieg n’auraient pas pu survivre. Les hommes de Tyborc pillèrent les morts de l’ennemi à la recherche d’armes alors que leurs propres munitions et grenades s’épuisaient. Ils barricadèrent les portes et les gardèrent jusqu’à ce que les hommes soient trop gravement blessés pour rester ou qu’ils aient été tués, d’autres les remplaçant immédiatement. Tyborc ne comptait plus que seize hommes, mais tout au long de la journée, alors que les obus d’artillerie tambourinaient sur la terre au-dessus, envoyant davantage de poussière en cascade sur eux, ils continuèrent vaillamment à se battre. À la tombée de la nuit, les Grenadiers avaient dégagé les structures de surface restantes et se battaient pour accéder aux abris souterrains.

Le troisième jour de la bataille devait être un tournant. Avec le Fort A-453 presque aux mains des Kriegs, ils avaient une brèche dans les lignes ennemies. Les traîtres allaient contre-attaquer furieusement pour la boucher, mais le Général Durjan avait obtenu la libération de trois Compagnies du 61e Régiment de Chars de la réserve, ainsi qu’un Baneblade, et il les jeta dans la bataille autour du fort.

Les escadrons de Leman Russ et de Baneblades se mirent en marche à travers le barrage continu d’obus ennemis. La colonne de chars était accompagnée par des pelles Excavateurs Atlas, chacune équipée d’une lame de remblayage pour remplir le fossé antichar et permettre aux machines de guerre de passer. Il a fallu une grande partie de la matinée et la perte de quatre Atlas pour que le fossé soit rempli. Le Baneblade et les autres chars allèrent de avant, brisant le cordon de barbelés à lames pour rejoindre l’infanterie et les Grenadiers qui tenaient les ruines. Le barrage se rompait. Le Général Durjan jeta d’autres hommes dans la brèche et tout le long du front du 301e Corps, la Death Korps attaquait maintenant furieusement.

Le troisième jour sous terre pour la petite force du Capitaine Tyborc fut le plus long et le plus difficile. L’ennemi attaqua avec des Lance-Flammes, essayant de le carboniser, et il n’avait pas de telles armes pour répliquer. Une fumée noire asphyxiante a remplit les couloirs. Tyborc n’avait plus qu’un seul masque à gaz et quand il tombera en panne, l’atmosphère en bas le tuerait. Sa réserve d’eau était épuisée, son Pistolet Laser était vide, et il avait de nouvelles blessures aux jambes et au torse - coincé dans une galerie, la fin ne tarderait pas. Après l’attaque des Lances-Flammes, l’ennemi se précipita à nouveau dans la galerie. Ils furent abattus à l’entrée par des tirs de Fusil Laser et des grenades. Rapidement, les Gardes de Krieg s’élancèrent en avant et pillèrent les corps de l’ennemi. L’un des morts portait encore son Lance-Flammes, le bidon de carburant à moitié plein. Ils coururent vers leurs barricades avant que l’ennemi n’attaque à nouveau. Le Lance-Flammes scellerait l’entrée dans un rideau de prométhéum en feu et empêcherait toute autre assaut ennemie jusqu’à ce qu’elle aussi soit à court de combustible.

Cette nuit-là, la bataille en surface faisait toujours rage. À l’insu de Tyborc, les Grenadiers de la Death Korps avaient forcé un passage dans le complexe souterrain et, après de lourdes pertes, tenaient maintenant le principal tunnel d’accès. Ils avaient rapidement mis en place des charges de démolition au cas où l’ennemi menacerait de le reprendre, mais couloir par couloir, les Grenadiers restants purgèrent le complexe. Juste avant l’aube, un chef de quart des Grenadiers signala qu’il avait trouvé des survivants terrés dans une galerie. Les Grenadiers avaient évité de justesse d’être attaqués eux-mêmes avant d’établir qu’ils étaient des forces amies.

Les Cavaliers de la Mort pourchassent les renégats.
Le Capitaine Tyborc tituba hors de son refuge avec des blessures aux deux jambes, au bras droit, à l’abdomen et à la tête, et avec seulement huit hommes blessés encore sous son commandement. Il portait un Lance-Flammes avec un bidon de carburant vide, son uniforme était en loques et brûlé, son casque inutilisable. Mais il était vivant et le fort avait été capturé.[15]

La Première Percée

Le 30e Corps de Ligne avait beaucoup été renforcé. Davantage d’hommes et de chars furent canalisés dans la percée du Fort A-453, élargissant ainsi l’écart. Les commandants des forces renégates du Cardinal Apostat ont dû diriger les troupes de d’autres secteurs pour tenter d’endiguer la marée, les laissant dangereusement à court d’hommes. Soudain, alors qu’il était avant devant une impasse, la Death Korps pouvait de nouveau avancer.

Au cours des dix jours suivants, la bataille fit rage en surface. En bref, il ne s’agissait plus d’une guerre de tranchées, mais d’un combat en terrain découvert. Les escadrons de Chars de la Death Korps poussèrent vers l’est, et l’ennemi leur envoyait des attaques répétées. Les terrains vagues étaient jonchés de détritus de guerre, d’épaves brûlées, de canons et d’armes d’artillerie abandonnés, tandis que la percée se dirigeait progressivement vers l’est. Le 8e Corps d’Assaut traversa la brèche et tourna au nord et au sud pour remonter les lignes de défense extérieures. Ces positions défensives étaient conçues pour faire face à l’extérieur et soudain, contournées ou attaquées par derrière, ces positions n’étaient plus tenables.

Les unités renégates commencèrent à abandonner leurs défenses et à reculer, cherchant l’abri de leur seconde ligne de défense. Là où le 30e Corps de Ligne avait mené, le 12e Corps de Ligne voisin ne tarda pas à suivre. Ses hommes avancèrent et essaimèrent dans le no man’s land, autrefois une désolations mortelles, maintenant seulement défendu par quelques malheureuses unités d’arrière-garde. Peu après, le 34e Corps de Ligne fit également une percée dans les collines de Saritama, les compagnies de Cavaliers de la Mort poursuivant l’ennemi avec acharnement alors qu’elles se repliaient en masse. Derrière la cavalerie, les compagnies d’infanterie avançaient en colonnes sans opposition. Après deux années de combats acharnés, la première ligne de défense du vaste champ de bataille était tombée, s’effondrant comme un château de cartes. Le coût en hommes n’était pas encore compté, mais l’objectif initial du Siège de Vraks avait été atteint.[16]

Chapitre Trois : Guerre d'Attrition

« La méthode de guerre de Krieg est à la mesure de leur discipline et de leur sacrifice. Elle exige le respect de tous - amis et ennemis. »
- Seigneur Commandant Militant, Segmentum Obscurus.

La Crise du 1er Corps

Le front sur Vraks était devenu une boucherie sans fin où les soldats vivaient sous les bombes.
Avec la percée des Kriegs, l’ennemi avait abandonné non seulement ses lignes de défense extérieures, mais aussi son front nord, lui-même un éperon de la deuxième ligne de défense. Il était débordé au sud et faisait face aux 1er et 30e Corps de Ligne de Krieg qui, après une période de récupération, étaient tous deux prêts à attaquer à nouveau. Coincés par les attaques ennemies au front, les défenseurs du Cardinal Apostat pouvaient rapidement être coupés par l’avance du 12e Corps de Ligne. Si les défenseurs tenaient bon, ce ne serait qu’une question de temps avant qu’ils ne soient encerclés et détruits. Au lieu de risquer une défaite catastrophique en s’accrochant à un terrain intenable, les traîtres se replièrent.

Les 1er et 30e Corps de Ligne trouvèrent les lignes de défense du nord abandonnées, et ne tardèrent pas à avancer contre la légère résistance des arrière-gardes, des tireurs d’élite et des inévitables tirs d’artillerie de harcèlement. Le 1er Korps se dirigea vers l’est, en direction de la première zone d’habitation, qui se trouvait à cheval sur l’une des principales routes entre la Citadelle et le port spatial de Vraks. Alors que le 1er Corps de Ligne se déplaçait vers le sud et l’est, il encerclait également la seconde ligne de défense.

Jusqu’à présent, en plus de deux ans de guerre, la 88e Armée de Siège avait été constamment à l’attaque - les forces renégates du Cardinal Apostat étant prêtes à tenir leurs positions et à mener une guerre défensive, sauf lorsqu’il fallait lancer des contre-attaques pour reprendre le terrain perdu ou pour gâcher les raids dans les lignes ennemies. En 255815.M41, cette situation stratégique avait changé. Alors que le 1er Corps de Ligne se rapprochait du nord vers la seconde ligne de défense, il allait être soumis à la première offensive concertée de l’ennemi.

La ligne de défense nord aurait pu être abandonnées ; sans combat, mais le terrain entre les deux positions avait été identifié comme le site d’une forte contre-attaque. Les défenseurs avaient rassemblé une importante réserve de blindés dans la première zone d’habitation. Les escadrons de Leman Russ, de Chimères, de Basilisks et de Griffons s’y étaient tous regroupés pour mener la contre-attaque - capturant les régiments de Krieg du 1er Corps alors qu’ils étaient hors de leurs tranchées bien défendues et marchant en terrain découvert.

Alors que le 19e Régiment de Siège occupait des positions de nuit dans le secteur 60-53, ses éclaireurs avancées avaient rapporté avoir entendu le mouvement des véhicules ennemis pendant toute la nuit et, en réponse, les tirs d’artillerie de harcèlement avaient augmenté pour tenter d’entraver les plans de l’ennemi. S’attendant à une contre-attaque locale, les compagnies avancées furent renforcées et une position générale fut donnée à l’aube. Les tranchées nouvellement creusées, qui n’étaient pour la plupart qu’un fossé peu profond, furent bordées de Gardes Impériaux de Krieg et de Canons Laser prêts à l’emploi en prévision de l’attaque.

Il y eut abord les obus ennemis, un tir à distance ici ou là, avant que le gros des troupes ne soit lancé sur eux. Une masse de tirs d’artillerie concentrés s’était abattue sur les positions du 19e Régiment, roulant et s’écrasant comme une mer pendant une tempête. Parmi les bombardements, des obus fumigènes jaillirent, formant d’épais nuages blancs qui obscurcissaient le champ de bataille. Puis, derrière la fumée, arriva la première vague d’assaillants ennemis.

Les combats se poursuivirent toute la journée et en milieu d’après-midi, des tirs d’artillerie meurtriers furent à nouveau déclenchés par les deux camps. Les loyalistes et les traîtres s’étaient rencontrés. Une tranchée détruite était tenue par un côté, tandis que la suivante était tenue par l’autre. Dans la confusion, les forces de Xaphan avaient bon, avec leurs chars en appui rapproché. À l’approche de la nuit, les combats s’apaisèrent, bien que dans l’obscurité, les deux camps avancèrent, mais furent repoussés. La situation était confuse ; il n’y avait plus de ligne de front claire, juste un fouillis chaotique d’unités.

À l’aube, l’attaque ennemie se renouvela et les tirs d’artillerie se firent à nouveau entendre. L’artillerie du 19e Régiment répondit de la même manière et les gros obus se mirent à pleuvoir au-dessus de la tête des traîtres qui avançaient, des drapeaux ensanglantés dans la lumière de l’aube, en colère, combattant de tranchée en tranchée.

À son poste de commandement, le Colonel Adal surveillait leur approche et préparait ses hommes. Déjà, le feu de l’artillerie ennemie atterrissait autour de lui ; un obus déchira le toit de son abri de commandement, mais le Colonel l’avait déjà laissé pour être dehors parmi ses troupes, observant leur progression. Bientôt, l’ennemi se rapprochait et l’air fut envahi de balles et de tirs de lasers. Des obus de chars s’écrasèrent sur les barricades des traîtres. La première attaque fut repoussée, le Colonel lui-même, Fusil Laser en main, tira de derrière des sacs de sable. Une deuxième attaque avait également eu lieu, mais les tranchées peu profondes à gauche et à droite étaient désormais aux mains de l’ennemi et le Colonel et ses défenseurs furent isolés. Leur seule issue de secours se trouvait sur un terrain balayé par le feu ennemi. L’abri de commandement d’Adal fut alors à nouveau touché par des tirs de chars et son commandant en second, le Colonel Dyneh, fut tué.

Adal n’avait plus que quatre-vingts hommes, ses communications avec l’arrière-garde avaient été coupé. Le Colonel donna l’ordre d’évacuer les blessés du mieux qu’il pouvait, et divisa ses survivants en deux groupes. La première unité devait se déployer et rapporter les nouvelles de la percée de l’ennemi. Il devait commander une arrière-garde et la maintenir aussi longtemps que possible, jusqu’à ce que les secours arrivent ou qu’il soit débordé et tué. Adal savait qu’il y avait peu d’espoir d’être secouru, mais il allait continuer à se battre aussi longtemps que possible.

Le groupe d’évasion escalada le parapet et se dirigea vers l’arrière, s’éloignant du mieux qu’il pouvait, esquivant de cratère en cratère sous le feu ennemi. Ceux qui s’échappèrent transmirent le rapport du Colonel. Pendant ce temps, les survivants du Colonel se battirent courageusement, jusqu’à ce que le Colonel lui-même soit tué lorsque l’ennemi fit avancer un char de combat Hellhound pour les déloger. Avec la perte du poste de commandement, la deuxième ligne avait également été percée. Il appartenait maintenant au 15e Corps de Ligne de sauver ce qu’il pouvait de la furie soudaine de l’assaut ennemi.

Après deux journées de combats acharnés, l’ennemi fit une percée et le 1er Corps de Ligne fut confronté à une crise. Toute sa position risquait d’être compromise par l’effondrement du 19e Régiment sur son flanc gauche. L’ennemi allait bientôt les encercler et s’engager dans leurs lignes de tranchées peu profondes. Tout comme l’ennemi s’était déjà replié, ce sera maintenant au tour de la Death Korps de se retirer. Le terrain qui s’était avéré si coûteux à gagner allait devoir être abandonné sans combat en faveur d’un retrait rapide vers la position défendable de la première ligne de défense. De là, l’attaque ennemie pouvait être contenue, mais cela signifiait qu’il fallait agir rapidement. Avant tout, l’attaque ennemie devait être bloquée, retardée aussi longtemps que possible pour permettre aux autres régiments de se repositionner. Le commandement du 1er Corps avait rassemblé des éléments du 7e Régiment de Chars et les compagnies de Cavaliers de la Mort survivantes du 19e Régiment. Ces derniers seront jetés sur le chemin de l’ennemi dans l’espoir de retarder l’avance. Il ne suffisait pas de l’arrêter complètement, mais chaque instant qu’il gagnerait pour le 1er Corps serait crucial. Les autres régiments reçurent l’ordre de se retirer, tandis que le 261e Régiment devait tourner son flanc et s’enfoncer du mieux qu’il pouvait. Le terrain perdu constituait un énorme revers pour le calendrier de campagne du Seigneur Zuehlke.

L’effet de la contre-attaque audacieuse et de la percée se fit sentir dans toute la 88e Armée de Siège. Les attaques tout au long du front furent soudainement annulées car les approvisionnements avaient été réquisitionnés pour le 1er Corps. Le 8e Corps d’Assaut fut rassemblé et déplacé pour renforcer le 1er Corps, afin d’agir en tant que bloc final contre une autre percée qui pourrait voir non seulement un terrain précieux mais aussi la guerre entière perdue. L’ennemi avait maintenant pris l’initiative.

Le troisième jour, alors que les chars ennemis continuaient à avancer, le 1er Corps d’Armée avait enfin repositionné ses forces pour affronter l’ennemi. Ce n’était pas suffisant pour tenir l’avance, mais ces forces allaient gagner du temps pour l’ensemble des hommes, d’équipements, de canons et de magasins de récupération qui se trouvaient maintenant dans une retraite frontale vers le nord. En tout, cinquante-deux chars du 7e Régiment de Chars, des Leman Russ et des chars lourds Macharius, avaient été repositionnés contre une attaque ennemie qui était encore estimée à plus d’une centaine de véhicules, bien que leur nombre ne cessait de croître si l’on en croyait les rapports des services de renseignement.

La 15e Compagnie de Chars, composée d’une douzaine de Leman Russ commandés par le Capitaine Gerszon depuis son propre Vanquisher, s’était mise en position alors que des traînards du 19e Régiment revenaient en courant à travers sa ligne de tir. Il ne tarda pas à repérer les chars ennemis au sud. Ouvrant le feu à longue distance, il toucha un ennemi et un nuage de fumée noire s’éleva de sa cible. En regardant à travers son arpenteur, le commandant du Vanquisher vit la tourelle du char ennemi exploser avant que des flammes ne s’y échappent.

L’ennemi se précipita en avant et les obus de chars perforants furent vite régulièrement tirés. Un des obus ricocha sur la tourelle de Gerszon, tandis qu’un autre mit hors service le Canon Laser de front, laissant le canonnier mortellement blessé. Gerszon toucha deux autres chars ennemis avant d’être touché une troisième fois, et cette fois la force de l’impact provoqua la rupture d’un réservoir de carburant. Le liquide volatil commença à s’écouler dans tout l’habitacle du véhicule et il ordonna à ses hommes de sortir. Les trois autres membres de l’équipage ouvrirent les écoutilles et sautèrent à l’écart lorsque le carburant s’enflamma, une boule de feu orange vif rugissant dans le ciel alors que le réservoir était en flammes. Sur les douze chars sous son commandement, seuls quatre étaient encore en action, mais le Capitaine Gerszon pouvait compter au moins seize chars ennemis qui brûlaient maintenant. Alors qu’il ordonna le retour des véhicules restants de son unité, il regarda un escadron de Cavaliers de la Mort, les lances baissées, foncer vers l’avant dans une démonstration désespérée de courage téméraire. Après une journée de combat, de repli et de reprise des hostilités, seuls neuf Leman Russ de Krieg et deux chars Macharius survécurent, mais l’ennemi avait subi au moins autant de pertes. La poussée des blindés avait été sérieusement émoussée.

Des jours de telles actions dilatoires suivirent, et à chaque fois, l’ennemi gagna moins de terrain. Après trois jours supplémentaires, la contre-attaque avait été bloquée, mais elle avait coupé une bande à travers le 15e Corps et l’avait forcé à abandonner une grande partie du terrain qu’il avait conquis. Le 19e Régiment de Siège avait été déchiqueté au cours des deux premiers jours, et plus de 80 000 hommes du régiment avaient été capturés ou étaient devenus des victimes, y compris son commandant. Les pertes ennemies furent également lourdes, surtout en termes de véhicules blindés. Le coût de l’épreuve désespérée que le 15e Corps avait enduré allait cependant aller bien plus loin que les pertes en hommes, en matériel et en terrain. Le désastre évité de justesse signifia que tout au long de la ligne de front de la bataille, des attaques qui auraient dû affaiblir l’ennemi n’ont pas eu lieu. L’ennemi aurait dû être saigné, mais au lieu de cela, il s’était renforcé. Il avait eu le temps d’organiser ses défenses, de mettre en place des canons et des réserves, et la deuxième ligne de défense serait maintenant beaucoup plus difficile à franchir.[17]

Les Batailles de la Deuxième Ligne de Défense

Après la soudaine précipitation de la percée et la Crise du 1er Corps, les régiments en progression des trois corps restants reçurent l’ordre de s’arrêter. Il ne pouvait y avoir de charge frontale dans la deuxième ligne de défense, mais seulement une progression régulière et prudente. Les principales compagnies d’infanterie se tournèrent à nouveau vers leurs outils de tranchées et les Excavateurs Atlas furent à nouveau appelées à avancer. Les tranchées durent de nouveau être creusées. Les lignes des traîtres devaient être approchées lentement, sous le couvert des tirs d’artillerie.

En 120816.M41, la 88e Armée de Siège s’engageait à nouveau dans l’offensive et pas moins de six régiments entiers lancèrent une attaque totale. Jour après jour, l’assaut se poursuivit à un coût hideux, attaquant à travers un champ de bataille de bunkers brisés, de lignes de tranchées effondrées, d’enchevêtrements rouillés de fils barbelés et d’os de morts exposés, les cadavres pourrissant encore là où ils étaient tombés. Un schéma monotone et mortel s’était rapidement établi, qui allait se poursuivre sur tout le front pendant des mois.

Le cycle sans remords des offensives avortées s’est poursuivi. À chaque fois, l’attaque fut repoussée, et le lendemain, il fallait élargir l’assaut pour prendre un secteur voisin et éliminer ses tirs de flanc. Un secteur vital ne pouvait pas être pris tant que le secteur voisin n’était pas réduit au silence. La clé de chaque secteur se trouvait toujours sur ses flancs et ainsi de suite jusqu’à ce que des régiments entiers se voient ordonner d’attaquer parce qu’une seule compagnie n’avait pas atteint son objectif. Les gains étaient toujours négligeables, et il y avait toujours un nouveau flanc à attaquer. Au fil des mois, des centaines d’assauts de ce type furent lancées, mais il n’y a pas eu de percée. Une autre année dans l’impasse s’était ainsi écoulée.

Au nord, le 1er Corps, désormais renforcé par un afflux de nouvelles troupes arrivant de Krieg, se mit à nouveau en place. Ici, les tranchées avançaient sur un terrain jonché de carcasses de chars et de transporteurs rouillées, un terrain qui avait été capturé puis perdu. Alors que la Death Korps avançait, l’ennemi continuait à l’affronter et à harceler, mais sans la protection de ses bunkers profonds et du ferrobéton renforcé des lignes de défense, l’artillerie de Krieg pouvait les pulvériser. Lentement, le terrain perdu lors de la contre-attaque fut récupéré - il fallut presque six mois pour reconquérir ce qui avait été perdu en une semaine seulement. À la fin de l’année, la Zone d’Habs Un fut systématiquement aplatie par les tirs d’artillerie, puis capturée de justesse. Après l’attaque, les habitations préfabriquées de la Zone Hab avaient été rayées de la carte. Finalement, la Death Korps était en position contre la deuxième ligne de défense et la Citadelle fut encerclée du secteur 62-47 jusqu’au secteur 54-38, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, soit un front de quelque deux cent cinquante kilomètres.

Le duel d’artillerie sans fin a de nouveau transformé le front en un champ de cratères où les trous d’obus, profonds de quelques dizaines de mètres, se chevauchaient. Le no man’s land était à nouveau un champ de bataille, jonché de cadavres en décomposition, de sorte qu’un sinistre smog toxique, un mélange dense de poussière, de poudre, de fumée et de vapeurs infectieuses, se trouvait dans l’air. Une autre année s’écoula, puis une autre. Partout où les régiments de Krieg gagnaient du terrain, ils étaient rapidement repris par les contre-attaques ennemies. Le résultat fut que pendant de longues périodes, parfois des mois ou même des années, le front était essentiellement statique. Ce dont les commandants du 88e avaient besoin, c’était d’une percée significative.[18]

Une Nouvelle Menace

Sept ans s’écoulèrent depuis la première salve d’artillerie, marquant le début officiel du siège. Sept années de combats acharnés et épuisants qui avaient vu des millions de personnes massacrées pour les quelques kilomètres gagnés. Chaque camp avait vu ses victoires et ses défaites, tous deux avaient subi de lourdes pertes, mais aucun n’était encore prêt à céder.

En 820.M41, de nouveaux rapports parvinrent au QG du Seigneur Commandant Zuehlke sur Thracian Primaris et leur lecture créa un trouble. Non seulement son plan de campagne avait encore beaucoup de retard, mais, si l’on en croyait les rapports, les défenseurs avaient également été renforcés. Lors d’une attaque dans le secteur 52-49 par le 261e Régiment, dans laquelle plusieurs transports d’assaut Gorgons avaient dépassé les lignes ennemies et menaçaient de créer une brèche dans la deuxième ligne de défense, l’ennemi avait contre-attaqué, comme il le faisait toujours, mais cette fois les traîtres étaient décrits comme étant des Space Marines. Des témoins avaient rapporté avoir vu des Astartes en armure bleu foncé lancer une attaque rapide qui avait vu la brèche rapidement colmatée, touts les Gorgons ayant étant détruits et des dizaines d’hommes tués lors de l’attaque.

Comment se faisait-il que les Space Marines se battent maintenant aux côtés des Renégats Vraksiens ? Qui qu’ils soient, cela représentait un grave développement. Le siège était dans une impasse, mais même quelques Space Marines pouvaient faire pencher la balance de la guerre en faveur des traîtres.

Le Seigneur Commandant Zuehlke envoya ses émissaires aux bureaux du Seigneur Commandant Militant du Segmentum Obscurus pour demander de l’aide. Pourrait-il aider à identifier ce Chapitre ? En pièce jointe, Zuehlke avait également demandé qu’un nouveau corps de ligne rejoigne les combats sur Vraks. Il pensait que ces hommes supplémentaires permettraient de remettre la campagne dans les temps, et aideraient à sortir de l’impasse sur la seconde ligne de défense.

La demande d’hommes supplémentaires fut passée par le biais du Departmento Munitorum, et les bureaucrates se mirent au travail en réaffectant les hommes supplémentaires de Krieg. Quant au mystérieux Astartes, il restait une énigme. Les Chapitres du Segmentum dont la livrée comprenait du bleu foncé pouvaient tous donner la présence de leurs guerriers. La conclusion était qu’ils étaient des Légionnaires renégats attirés sur Vraks par l’intensité des combats, souhaitant gagner la faveur de leurs maîtres en ajoutant au massacre. Le quartier général de Zuehlke reçu l’assurance que des mesures seraient mises en place pour contrer cette nouvelle menace.

Les commandants de la 88e Armée de Siège l’ignoraient, mais Vraks avait en effet suscité l’intérêt des Légions Renégates. Un Légionnaire en particulier, le Seigneur Arkos, ancien Capitaine de l’Alpha Legion, avait entendu parler du soulèvement et des batailles qui s’en étaient suivies, et avait maintenant rejoint la guerre. Sa Barge de Bataille, Anarchy’s Heart, s’était glissée dans le système de Vraks sans être détectée et avait débarqué ses Frères de Bataille près des lignes des Kriegs afin de recueillir des renseignements. Infiltrés dans les lignes de la Death Korps, ils avaient alors traversé le no man’s land et s’étaient présenter à la Citadelle.

Arkos pouvait non seulement fournir aux défenseurs de superbes troupes d’anciens combattants, habiles à effectuer des raids et à semer la confusion derrière les lignes ennemies, mais aussi un entraînement très nécessaire pour la milice du Cardinal Apostat Xaphan. Le Capitaine lui-même pourrait ajouter sa propre expérience tactique à la campagne défensive, et ses Frères de Bataille, tous d’une loyauté sans faille envers leur commandant, savoureraient l’occasion de se joindre à la guerre. Le succès sur l’ancien monde impérial, conseilla Arkos, était le premier pas sur une route qui verrait toute l’opposition dans le secteur Scarus à la juste cause du Cardinal Apostat écrasée. L’imposant guerrier promettait également que d’autres alliés suivraient lorsque la Guerre de la Foi s’étendrait à l’ensemble de l’Imperium. L’aide du Seigneur Arkos fut gracieusement acceptée.[19]

Chapitre Quatre : Les Anges de Caliban

« Notre désir de vengeance emporte tout devant elle. »
- Grand Maître Suprême Azrael, Chapitre des Dark Angels.

Renforcements

En 821.M41, les demandes du Seigneur Commandant Zuehlke furent enfin satisfaites. Un convoi de navires de transport entra dans le système, transportant le 46e Corps de Ligne, avec trois autres régiments pour aider à sortir de l’impasse autour des deuxièmes lignes de défense. Ces troupes étaient destinées à l’origine à autres zones de guerre, mais les relations politiques de Zuehlke s’étaient avérées utiles pour obtenir les troupes supplémentaires qu’il souhaitait.

Le bureau du Seigneur Commandant Militant avait également fourni une aide supplémentaire. L’arrivée de renforts hors planète pour le Cardinal Apostat allié aux Dieux Sombres du Chaos était un développement inquiétant, et potentiellement désastreux si d’autres forces suivaient ces traîtres et venaient aussi chercher la bataille, le pillage et la gloire pour leurs maîtres. On ne pouvait pas prendre le risque que la guerre sur Vraks soit subsumée dans une incursion plus importante du Chaos près de l’Œil de la Terreur. Au lieu de cela, le Seigneur Commandant Militant avait agi indépendamment de son commandant subordonné et avait envoyé sa propre délégation à la recherche de l’aide de l’Adeptus Astartes.

Les premiers à répondre furent les Dark Angels. Dirigé par le Grand Maître Suprême Azrael, le Chapitre avait répondu par un énorme engagement de forces - près de la moitié de ses Frères de Bataille avaient été embarqués pour Vraks, avec Azrael lui-même prenant le commandement. Dès son arrivée dans le système, la Barge de Bataille Angel of Retribution se dirigea rapidement vers la planète, avec les Croiseurs d’Attaque Sword of Caliban et Salvation : et une petite flotte de navires d’escorte.

Azrael n’avait envoyé aucune communication aux commandants de la 88e Armée de Siège. Il avait simplement entrepris la mission qu’il s’était lui-même assignée, à savoir la destruction du port stellaire de Vraks, dans l’intention de couper l’accès à la planète à d’autres renforts ennemis. Il n’avait besoin d’aucune aide et ne voyait aucune raison d’impliquer les régiments de Krieg. Pendant que l’état-major du Seigneur Zuehlke ajustait ses plans pour l’inclusion de son nouveau corps de ligne dans les lignes de front, le Grand Maître Azrael et ses Maîtres de Compagnie manœuvraient en orbite basse et déployaient leur puissante Force de Frappe à la surface du Monde Arsenal via des Modules d’Atterrissage et des Thunderhawks.[20]

L'Attaque est Planifié

Alors qu’un régiment de l’Astra Militarum mettait généralement des jours à quitter son orbite, il fallu quelques minutes aux Dark Angels, et les ponts de lancement de la flotte faisaient écho au souffle des moteurs Thunderhawks lorsque les compagnies Space Marines décollèrent, l’une après l’autre. Le site qu’Azrael avait choisi pour son atterrissage était les Plaines de Srna, au pied des Collines d’Abaros, directement au sud du port stellaire de Vraks.

Azrael avait choisi sa cible pour plusieurs raisons. La première était évidente. Le port stellaire était le moyen le plus facile pour le soutien extérieur de tout allié potentiel aligné sur le Chaos d’atteindre les lignes des traîtres. Deuxièmement, l’attaque des Dark Angels allait obliger les défenseurs à engager des effectifs et des ressources considérables pour les combattre. Actuellement, seule une petite garnison était nécessaire pour défendre l’installation car elle n’était pas directement menacée par la Death Korps, ce qui libérait des troupes pour la ligne de front. Les Dark Angels pouvaient attirer les troupes ennemies dans une nouvelle bataille et ainsi amincir les lignes, aidant la 88e à réaliser la percée tant attendue.

Troisièmement, et c’était un fait connu seulement des Dark Angels eux-mêmes et la raison la plus convaincante de leur réaction rapide - il y avait des Légionnaires renégats maintenant sur Vraks, des hérétiques qui pourraient avoir connaissance de l’emplacement de Déchus. Azrael n’avait aucune preuve tangible que les Déchus faisaient partie des nouveaux alliés du Cardinal Apostat, mais le Cercle Intérieur des Dark Angels connaissait bien le nom du Seigneur Arkos. C’était un traître au cœur sombre, vilipendé depuis l’époque de l’Hérésie d'Horus. Si le Seigneur Commandant Zuehlke ne pouvait pas identifier les forces des Space Marines renégats qui lui faisaient face, le Cercle Intérieur des Dark Angels savait exactement qui étaient ces hommes. Accompagnant Azrael se trouvait le Chapelain-Investigateur Belphegor, dont la mission était d’extraire des informations de tous les Space Marines renégats que les forces d’Azrael pouvaient capturer.

Une fois qu’il avait choisi d’envoyer son Chapitre sur Vraks, le plan d’attaque d’Azrael devait être soigneusement étudié. Il n’allait pas entrer dans une guerre d’usure. Il allait plutôt lancer une colonne blindée se déplaçant rapidement à travers les Plaines de Srna, envelopper l’installation, puis frapper là où il estimait que l’ennemi était le plus vulnérable. Le timing de l’attaque était crucial. Il devait attendre suffisamment longtemps pour permettre aux renforts ennemis d’arriver, mais pas trop longtemps pour qu’ils soient si nombreux que sa mission soit compromise. Azrael allait engager ses Frères de Bataille dans un combat urbain intense sans l’aide de ses plus gros canons - le bombardement orbital de sa Barge de Bataille et et de ses Croiseurs d’Attaque. Ses navires ne risqueraient pas d’être frappés par les lasers de défense de Vraks et resteraient à une distance de sécurité hors de portée.

Une fois l’attaque du port orbital de Vraks en cours, il tentera de boucler la zone de combat pour empêcher tout nouveau renfort en capturant et en détruisant les routes principales à travers la Faille de Srna et la Tranchée de Balan. Celles-ci étaient sillonnées par un ensemble de grandes chaussées qui portaient les routes de service au-dessus des énormes gouffres. Une fois ces routes disparues, aucun renfort ne pourrait quitter la Citadelle ou les lignes de défense pour aider à la bataille du port orbital. Cette tâche fut confiée à la 3e Compagnie de Combat sous les ordres du Capitaine Dries. Elle devait attaquer chaque chaussée à tour de rôle, débarquer par des Thunderhawks puis écraser toute résistance pour placer des charges de démolition afin de détruire l’une des chaussées, avant de passer à la cible suivante. Une fois cette tâche accomplie, Dries et ses Frères de Bataille pourront se déplacer pour aider le reste de la Force de Frappe déjà engagée dans l’installation.

Pour les défenseurs traîtres de Vraks, l’arrivée de la Force de Frappe très mobile de l’Adeptus Astartes créa un problème stratégique majeur. Les Space Marines pouvaient frapper partout et à tout moment. Contrairement aux régiments d’infanterie de Krieg, ils pouvaient simplement survoler les lignes de défense pour frapper directement la Citadelle elle-même. La sagesse d’Arkos s’était révélée inestimable. Les Dark Angels ne se risqueraient pas à attaquer la Citadelle avec ses défenses écrasantes et sa garnison encore totalement intacte. Non, ils chercheraient à influencer la campagne par d’autres moyens. Le Cardinal Apostat devait être en mesure de contrer l’attaque des Dark Angels où qu’elle se produise, c’est pourquoi les troupes devaient être retirées de la deuxième ligne de défense et envoyées en garnison dans d’autres endroits, y compris le port orbital. La présence de seulement cinq cents Space Marines avait déjà un effet massif sur toute la guerre sur Vraks, avant même qu’ils n’attaquent.[21]

La Bataille du Port Orbital de Vraks

En 944821 M.41, les Dark Angels débutèrent leur assaut. Avançant rapidement sur deux cents kilomètres à travers les Plaines de Srna, les colonnes blindées de Land Raiders, Predators, Rhinos, Vindicators et Whirlwinds étaient précédées par les Land Speeders de la Ravenwing, qui s’approchaient, volant près du sol et cherchant tout ennemi bloquant la route choisie pour l’avancée. Ces escadrons de Land Speeders étaient en communication constante avec la flotte de Thunderhawks qui se trouvait au-dessus d’eux et qui allait maintenant servir de couverture aérienne aux chars en marche et fournir une capacité de frappe à longue portée, en premier lieu, si l’ennemi se dirigeait contre les colonnes. Les seuls Frères de Bataille qui n’étaient pas encore embarqués étaient la 3e Compagnie d’Orias. Ils devaient rester sur la zone de débarquement des Dark Angels en préparation du lancement de leur propre partie cruciale de la mission.

Tandis que les colonnes blindées des Dark Angels traversaient les plaines, l’ennemi répondait avec ses propres forces de reconnaissance. Des Sentinelles et des Salamanders sillonnaient les Plaines de Srna pour tenter de localiser les attaquants qui arrivaient. Les traîtres ne passaient pas inaperçus, cependant, et en un éclair, une Sentinelle se déchira dans une explosion de flammes et d’étincelles alors qu’un Land Speeder à la livrée noire fonçait sur eux, le Canon d'Assaut faisant feu. Les commandants renégats confirmèrent bientôt que les Dark Angels se dirigeaient vers le nord, vers le port orbital de Vraks, et immédiatement des renforts reçurent l’ordre d’avancer et de renforcer la garnison.[22]

Confrontation sur les Chaussées

Les Dark Angels prennent d’assaut les chaussées reliant Vraks avec le port orbital.
Se déplaçant rapidement, l’avant-garde des Dark Angels, menée par le Grand Maître Suprême Azrael à bord de son Land Raider Prometheus personnel Angelis Imperator, avait rapidement atteint son objectif. Alors que l’attaque d’Azrael commençait, les escouades de Maître Orias, transportées par les Thunderhawks, se rapprochaient de la chaussée de la Tranchée de Balan. Le premier des trois Thunderhawks de l’escadron s’éloigna, survolant l’extrémité est de la structure d’un kilomètre de long pour déployer ses Escouades d’Assaut.

Sautant de la canonnière en pleine vitesse, les deux Escouades d’Assaut firent un saut à basse altitude directement sur l’extrémité est. Les défenseurs furent rapidement débordés. La plupart s’enfuyant plutôt que d’être massacrés par les Dark Angels, bien supérieurs, tandis que ceux qui restèrent furent rapidement abattus. La route n’était pas très bien tenue, seule une petite garnison ayant été désignée pour la garder et tenir un poste de contrôle, et ils étaient facilement dépassés. Les deuxième et troisième Thunderhawks ouvrirent le feu avec des missiles et des turbo-lasers, faisant sauter de gros morceaux de maçonnerie de l’ancienne chaussée massive et transformant les bunkers du poste de contrôle en décombres fumantes.

Au moment de l’atterrissage, les Escouades Tactiques des Dark Angels dévalèrent les rampes et se précipitèrent rapidement le long de la chaussée, en tirant au Bolter alors que les défenseurs se repliaient avant l’attaque, pour se retrouver rapidement isolés par les Escouades d’Assaut qui avaient déjà capturé l’extrémité est. Piégé, avec nulle part où s’enfuir, la garnison fut réduite à néant. L’assaut aérien éclair d’Orias avait capturé son objectif en quelques minutes seulement et il s’était mis au travail pour installer les charges de démolition pendant que son Escouade Devastator s’enfonçait à l’extrémité est pour couvrir toute approche ennemie par l’ouest. Ils n’eurent pas eu à attendre longtemps pour apercevoir des véhicules ennemis qui s’approchaient le long de la route, se dirigeant vers eux pour tenter de secourir le port orbital de Vraks.

Le char de tête s’enflamma lorsqu’un tir de Canon Laser bien placé déchira son blindage avant. Les quelques membres d’équipage encore en vie sortirent en flammes, chaque homme étant une torche humaine qui décéda rapidement. Les Chimères suivants firent une embardée pour éviter l’épave en feu qui bloquait la route, pour se retrouver sous le feu des armes lourdes d’Orias. Les missiles Krak et les explosions de Canons Laser transformèrent chaque véhicule de la colonne en un tas de métal fumant et de combustible brûlant. En quelques minutes, la zone était jonchée de coques brûlantes de Leman Russ, de Chimères, de Sentinelles et de Basilisks.

Alors que les Escouades Devastator défendaient le pont, les Escouades d’Assaut finirent de placer les charges explosives sur chacun des principaux supports de la chaussée, et Orias ordonna à tous ses hommes de retourner de l’autre côté de la chaussée pour une évacuation immédiate. Les Thunderhawks sont à nouveau intervenus et tous les Frères de Bataille d’Orias montèrent à bord. Sa première attaque ne lui avait coûté que trois guerriers blessés ; tous, grâce à leur physionomie amélioré, furent rapidement en état de continuer. Alors que le dernier Thunderhawk décollait et s’éloignait vers le nord, Orias déclencha les détonateurs. Chacun des supports de la chaussée avait été amorcé et, l’un après l’autre, ils furent séparés par des explosions. L’ancien édifice de la chaussée gémissait, se fissurait, puis s’effondrait sous son propre poids - les décombres plongeant dans le profond abîme de la Tranchée de Balan, ne laissant qu’un nuage de poussière de maçonnerie en expansion. La principale route de renforcement de l’ennemi avait été coupée et, à la fin de la journée, les deux chaussées allaient également être prises et détruites par la force d'Orias.[23]

Par la Colère de l'Empereur

Alors qu’Azrael se tenait dans la coupole de son Land Raider, regardant vers les spires du port orbital de Vraks, qui s’étendait jusqu’à l’horizon, son unité de communication avait reçu et déchiffré un message codé. Les éclaireurs de la Ravenwing avaient repéré une colonne de chars ennemis dans le secteur 74-46 qui se dirigeait vers le sud depuis le port stellaire. Leur ennemi était en approche.

Azrael ordonna à ses Thunderhawks d’intercepter l’ennemi et à sa propre colonne d’engager le combat. De son Land Raider de commandement, il surveillait les Thunderhawks alors qu’ils volaient à basse altitude pour mitrailler la colonne. Le feu des Hydres se rapprochait des Thunderhawks, mais les missiles des canonnières, ainsi que les Canons Laser et les turbo-lasers, infligèrent de lourdes pertes aux véhicules ennemis à découvert. Sans soutien aérien pour les protéger, les défenseurs étaient à la merci des Thunderhawks. Lorsque les Land Raiders furent dirigés vers la bataille par les éclaireurs en Land Speeders, les Plaines de Srna étaient déjà enveloppées dans la fumée dérivante des épaves en feu. Le gros des blindés Land Raiders s’écrasèrent sur les chars ennemis restants, le Canons Laser coupant à travers les Leman Russ et les Chimères alors que les forces de Xaphan cherchaient à se retirer dans le refuge qu’était, pensaient-ils, le port orbital. La poussée d’Azrael les transperça et balaya vers l’est, encerclant l’installation. Le Grand Maître Suprême avait déjà reçu la confirmation de frère Orias de la destruction de la première chaussée. Il prévoyait maintenant d’attaquer depuis l’est du port stellaire de Vraks, d’attirer vers lui le gros de la garnison ennemie, puis de se déplacer avec la 3e Compagnie depuis l’ouest, en plaçant la garnison entre l’enclume de frère Orias et son propre marteau.

Les premières sondes dans les rues de port orbital de Vraks furent effectuées par des Land Speeders de la Ravenwing. En utilisant les renseignements qu’ils avaient recueillis pour déterminer la meilleure route à suivre, Azrael envoya ensuite ses Vindicators, soutenus par des Frères de Bataille dans des Rhinos et des Razorbacks. La Force de Frappe d’Azrael se déplaça à travers les artères du port orbital et déclencha une destruction effrénée, dispersant ou détruisant les forces de la milice des traîtres en attente. Au-dessus, les Thunderhawks s’étaient déjà réarmés et bombardaient maintenant l’ennemi sans remords. Les tourbillons tiraient salve après salve, leurs tirs étant dirigés par la Ravenwing alors qu’elle identifiait les concentrations ennemies avant de s’éloigner à toute vitesse pour se mettre à l’abri. Les hommes de Xaphan se retrouvèrent sous une attaque constante alors que les poussées blindées d’Azrael avançaient prudemment, dégageant la voie au fur et à mesure. À la tombée de la nuit, l’attaque ne se relâcha pas. Azrael continua à avancer dans l’obscurité et aux premières lueurs de l’aube, les Dark Angels avaient dégagé les approches orientales des champs de débarquement nord du port orbital et l’ennemi était retombé en désordre. Avant l’aube, la 3e Compagnie de Combat se trouvait également en position, débarquant à l’ouest dans les principales zones de débarquement et se déployant à l’arrière de la retraite ennemi.

Bientôt, les traîtres s’étaient repliés dans les grands bâtiments entourant les zones d’atterrissage ; les hangars, les entrepôts et les hangars de maintenance étaient transformés en points d’appui alors que le barrage des Whirlwinds continuait à tomber autour d’eux. L’ennemi fortifia ses positions du mieux qu’il le put, utilisant tout ce qui lui tombait sous la main pour créer des barricades, y compris les véhicules de service des champs de débarquement - dont beaucoup furent renversés pour bloquer les routes d’approche. Le grondement des Thunderhawks se fit entendre à nouveau lorsque les navires de guerre arrivèrent pour livrer leurs bombes sur les défenseurs. Pour le deuxième jour de son attaque, Azrael se contenta d’affaiblir l’ennemi et d’envoyer des patrouilles de combat pour sonder les positions ennemies. Il donnait à l’ennemi le temps d’amener plus de défenseurs dans les environs. Son objectif n’était pas seulement la destruction rapide des champs de débarquement, mais aussi l’anéantissement des forces défendant le port orbital. Le deuxième jour s’écoula avec des combats sporadiques, mais le port orbital continua à résonner au son des impacts des Missiles des Whirlwinds et de l’écrasement de l’artillerie ennemie qui cherchait à riposter.

Le troisième jour, à l’aube, les zones d’atterrissage furent le théâtre d’une dévastation massive. Des décombres et de la maçonnerie étaient éparpillés dans les rues à cause des raids aériens répétés, et grâce aux patrouilles de la veille, Azrael avait maintenant une bonne idée de l’endroit où il allait attaquer en force. Il rassembla les Frères de Bataille de la 6e Compagnie, principalement des Escouades Tactiques, les plaça sous le commandement direct du Chapelain-Investigateur Belphegor et leur fit l’honneur d’être accompagnés au combat par l’Étendard Sacré de la Dévastation du Chapitre, en choisissant le vétéran Frère Anmael comme porte-bannière. Avec ce grand honneur, la 6e Compagnie devait faire une approche vers le sud et y lancer une attaque pour sceller le sort des défenseurs.

Accompagnée de Vindicators, Whirlwinds et Predators, la Compagnie commença son attaque et s’était rapidement retrouvée mêlée à des combats urbains contre les défenseurs. Les Space Marines excellaient dans ce type de combat rapproché et, alors que les tirs à bout portant des Vindicators déchiraient les bâtiments en une seule fois, les rues se sont retrouvées encombrées de poussière et de décombres. On pouvait voir les silhouettes en armures vert foncé des Escouades Tactiques avancer à travers les ruines, les langues orange vif des Lance-Flammes brûlant les défenseurs hors de leur couverture. Après une journée de combats acharnés, les rues étaient jonchées de morts. Belphegor rapporta que les âmes de quinze Frères de Bataille avaient rejoint l’Empereur, mais que les secteurs sud avaient maintenant été débarrassés de toute résistance.

Le quatrième jour de la bataille commença avec Azrael qui améliora à nouveau sa position en bombardant l’ennemi pour le soumettre. Les patrouilles des Dark Angels continuèrent à se frayer un chemin à travers les décombres, mais il n’y aurait pas d’attaque majeure ce jour-là. Azrael savait que les forces renégates qui occupaient maintenant le port orbital étaient coupées du ravitaillement et des renforts. Le temps était de son côté alors que les Thunderhawks arrivaient pour livrer du ravitaillement de munitions et de carburant pour les véhicules. Ses hommes avaient combattu pendant trois jours sans interruption, mais leur armure les soutenait et continuerait à le faire pendant longtemps encore. Après avoir consolidé sa position, Azrael convoqua ses Maîtres de Compagnie pour un briefing. Rassemblés à l’intérieur de l’Angelis Imperator, les commandants vétérans discutèrent de la meilleure façon de détruire les poches de forces ennemies qu’ils avaient créé. Un plan d’attaques concentriques fut décidé ; d’abord une attaque à l’est par les forces d’Azrael, puis au sud par la Compagnie de Belphegor, puis à l’ouest par les hommes de Dries. En trois jours, le périmètre ennemi se trouverait fortement comprimé dans une poche de résistance de plus en plus réduite. Puis Azrael lui-même mènerait l’assaut final pour détruire le reste, avec les Escouades Terminator de la Deathwing qu’il n’avait pas encore engagé dans la bataille.

Il ordonna et exécuta. Pendant trois jours, chaque force enserra l’ennemi de plus en plus fort. Chaque jour, les Space Marines attaquants, renforcés par des véhicules et des Frères de Bataille vétérans en châssis Dreadnought, ont participé aux durs combats nécessaires pour purger systématiquement les bâtiments et, avec les Thunderhawks qui erraient toujours dans le ciel sans opposition, l’ennemi avait peu de chance. Chaque contre-attaque locale que les traîtres tentaient était repoussée.

Puis, durant l’attaque d’Orias, la 3e Compagnie signala qu’elle avait envahi plusieurs aires de débarquement et qu’elle avait identifié et engagé une force de Légionnaires renégats - les perfides disciples du Seigneur Arkos. L’Alpha Legion avait finalement engagé ses forces dans la défense du port orbital de Vraks. Azrael voulait que le plus grand nombre possible de Légionnaires renégats soient capturés. Lors de la bataille finale, leur appréhension serait l’un des objectifs de l’assaut de la Deathwing.

Les Dark Angels se battaient pour le port orbital de Vraks depuis huit jours avant qu’Azrael n’ordonne l’attaque finale. À la tête des éléments des 1er, 2e, 5e, 8e et 9e Compagnies, le Grand Maître Suprême monta à bord de son Land Raider pour achever toute la résistance ennemie restante. Alors que les missiles et les obus explosaient autour d’eux, les Dark Angels attaquèrent en masse. Il n’y avait pas de quartier à offrir, car ceux qui s’étaient détournés de la Lumière de l’Empereur devaient mourir. Avec leur juste fureur toujours aussi forte après dix mille ans, les Dark Angels cherchèrent à se venger de l’ancienne trahison qui avait aussi si bien failli détruire leur Chapitre que l’Imperium de l’Humanité. Les combats furent féroces et sanglants, mais les renégats humains ne pouvaient pas espérer s’opposer à la puissance massive des blindés de la Deathwing. Cinq Escouades Terminator allaient de bâtiment en bâtiment, des Bolters Ouragan, des Lance-Flammes Lourds et des Canons d’Assaut balayant tout devant eux. Au plus fort de la bataille, le Land Raider d’Azrael fut touché par un tir de Canon Laser qui arracha un parrain d’armes. La détonation de munitions des Bolters Lourds qui en résulta désactiva les chenilles et immobilisa l’Angelis Imperator. Azrael s’est alors revêtu du Heaume du Lion et, avec son compagnon silencieux et son équipe de commandement à ses côtés, il abaissa la rampe avant et chargea dans les rues balayées par le feu. En criant « Vengeance ! », il plongea dans les rangs des traîtres, la lame noire de l’Épée des Secrets coupant une voie sanglante tandis que le Heaume du Lion le protégeait du danger. Sa robe blanche devint rapidement rouge du sang des ennemis de l’Empereur, alors que l’assaut furieux d’Azrael en vit beaucoup s’enfuir devant lui. D’autres Frères de Bataille arrivèrent pour aider leur commandant et il semblait que la victoire était acquise. C’est à ce moment que l’Alpha Legion contre-attaqua.

À l’affût, ils avaient utilisé les miliciens renégats comme appât pour attirer les Dark Angels. Maintenant, ils tendirent leur piège, se lançant de leur cachette pour encercler les frères d’Azrael dans une tempête de tirs d’armes. Alors que les Bolts de Bolters explosaient tout autour, Azrael vit frère Anmael tomber sous les assauts et l’étendard sacré qu’il tenait fièrement en l’air s’effondra. Déterminé à ne pas le laisser tomber dans la poussière du monde renégat, lui et d’autres Frères de Bataille coururent à travers le feu ennemi et atteignirent la bannière tout comme l’ennemi. Les Dark Angels et l’Alpha Legion se battirent pour le corps de frère Anmael, ne cédant ni l’un ni l’autre, mais le Maître des Dark Angels était un adversaire redoutable. Pendant que les autres Dark Angels se battaient pour contenir l’embuscade soudaine de l’Alpha Legion, Azrael abattait le dernier de ses ennemis et arrachait le symbole honorifique de son Chapitre. Pendant qu’il faisait cela, une silhouette massive traversait la fumée entourant la bataille, son ancienne Armure Énergétique ornée de runes blasphématoires et l’hérétique étoile à huit branches du Chaos indivisible. C’était le Seigneur Arkos, la cible d’Azrael sur Vraks.

Azrael affronte Arkos sur Vraks.
Arkos chargea vers Azrael. Ce faisant, un Frère de Bataille loyaliste se plaça sur le chemin d’Arkos, mais fut coupé en deux par le coup de lame du Champion du Chaos, corrompu par le Warp. Enragé par cette mort impitoyable, Azrael chargea et les deux puissants guerriers s’affrontèrent. Dans une main, Azrael tenait l’Étendard Sacré de la Dévastation, dans l’autre l’Épée des Secrets. Les deux guerriers s’assommèrent l’un l’autre de coups furieux, se débattant et parant avec toute l’habileté possible jusqu’à ce que, rassemblant toute sa puissance, Arkos frappa soudain avec une telle rapidité et une telle puissance que sa lame glissa sur les défenses du Grand Maître Azrael et que le sang commença à s’infiltrer à travers les articulations de son Armure d'Artificier.

Le poids du puissant coup d’Arkos avait finalement blessé le Grand Maître Suprême des Dark Angels. Sentant qu’ils se trouvaient à un moment charnière de leur duel, tous deux rassemblèrent toutes les réserves de force qu’ils pouvaient, mais Arkos avait avec lui la puissance combinée des quatre Dieux du Chaos. Chantant une litanie à ses maîtres, les coups d’Arkos forcèrent Azrael à reculer sans cesse, affaiblissant son adversaire jusqu’à ce qu’une charge à l’épaule et une coupe rapide et basse envoie Azrael s’étaler au sol, l’Épée des Secrets s’échappant de sa main. Couché parmi les décombres, l’étendard toujours serré dans un poing, Azrael vit la mort approcher alors qu’Arkos se profilait au-dessus de lui. Le Champion du Chaos riait, triomphant, et leva son épée, Darkblade, pour le coup fatal.

Alors que le Seigneur Arkos s’apprêtait à porter le coup de grâce qui allait mettre fin au règne du Grand Maître Suprême, les tirs d’un Canon d’Assaut le firent reculer. Avançant implacablement dans la rue, les Terminators de la Deathwing, menée par le Chapelain-Investigateur Belphegor, tenant son Crozius Arcanum bien haut alors qu’il se dirigeait vers l’ennemi. Le prenant en déséquilibre, Belphegor écrasa le Marine renégat d’un coup si puissant derrière lui qu’il fendit son armure. C’était maintenant Arkos qui tomba, hébété et saignant. Son ennemi terrassé, Belphegor se retourna instinctivement, inquiet pour son commandant blessé qui était encore étendu sur le sol à peine conscient. Lorsque Belphegor se retourna de nouveau, Arkos avait disparu, s’évanouissant dans la poussière environnante comme de la fumée dans la brise.

Azrael avait été grièvement blessé lors de son duel et fut immédiatement évacué vers sa Barge de Bataille via un Thunderhawk, les Apothicaires du Chapitre s’occupant de ses blessures dès qu’il fut amené à bord. Le commandement sur le terrain fut transféré à Maître Orias - le Seigneur Arkos et ses hommes étaient toujours là et devaient être traqués. Mais il était vite apparu que l’Alpha Legion s’était éloignée, rappelée par son commandant vaincu. Leur embuscade avait infligé des pertes douloureuses aux Dark Angels, mais les Marines renégats ne pouvaient pas gagner cette bataille seuls. Les miliciens survivants cherchèrent à s’échapper du port orbital, et deux jours de combat supplémentaires verraient leurs restes dispersés, pourchassés et détruits.

Après dix jours de combat, le port orbital de Vraks était en sécurité entre les mains des Dark Angels et ils entreprirent de détruire ce qui restait de l’installation avec des charges de démolition, avant de se replier sur leur Barge de Bataille et leurs Croiseurs d’Attaque.

La bataille pour le port orbital fut considérée comme une victoire, mais les Dark Angels avaient payé un prix élevé. Leur Grand Maître Suprême se remettait encore de ses blessures et le Porte-Étendard Sacré Anmael avait été tué, comme beaucoup de leurs Frères de Bataille. Ils n’avaient pas réussi à capturer un seul Légionnaire renégat vivant, bien que les cellules de la Barge de Bataille contenaient de nombreux miliciens renégats capturés qui allaient affronter les Chapelains-Investigateurs à son retour au Roc. Azrael avait transmis un message astropathique laconique caractéristique au quartier général de la 88e Armée de Siège sur Thracian Primaris. Il disait simplement : « Par la colère de l’Empereur, le port orbital de Vraks a été détruit. Mission terminée. »

Après cela, sa Force de Frappe avait disparu.[24]

La Grande Poussée

Cela faisait neuf ans que le Siège de Vraks avait commencé. La 88e Armée de Siège était maintenant retranchée sur les lignes de défense intérieures après avoir brisé les deux premiers anneaux, et elle devrait avoir la Citadelle elle-même dans le champ de vision de son artillerie lourde. Mais ces neuf années de conflit acharné ne s’étaient pas déroulées entièrement comme prévu. La 88e Armée de Siège avait été contrainte de demander plus d’hommes à plusieurs reprises, mais le succès de l’attaque des Dark Angels avait donné un nouvel espoir, et le Seigneur Zuehlke y vit une chance de racheter les échecs antérieurs par une percée décisive.

L’ajout d’un nouveau corps de ligne avec trois nouveaux régiments donna à son état-major de commandement sur Vraks les forces supplémentaires dont ils avaient besoin pour monter une offensive significative. En raison de leurs lourdes pertes antérieures, les régiments de siège étaient devenus trop faibles pour repousser efficacement les lignes ennemies, et leurs commandants s’étaient contentés de tenir, de harceler l’ennemi et de chercher à faire une série de petits gains non coordonnés dans l’espoir que l’un d’entre eux serait la première brèche, mais le Seigneur Zuehlke manquait de temps. On lui avait donné douze ans pour accomplir sa mission et les ressources de Krieg s’étaient déversées en grande quantité sur Vraks.

En réponse, il ordonna aux trois nouveaux régiments, et à ceux déjà en ligne, de planifier et d’exécuter une grande poussée, une offensive totale qui exercerait une pression constante et soutenue sur les deuxièmes lignes de défense sur tout son front. Cela permettrait d’attirer les réserves de l’ennemi et de les détruire sous un bombardement d’artillerie massif ou par de puissantes attaques d’infanterie. En maintenant la pression, l’ennemi finirait par se briser quelque part. Lorsqu’il y parviendra, un corps d’assaut se précipitera dans la brèche et se frayera un chemin jusqu’à la ligne de défense intérieure. Si l’attaque de percée était assez rapide, la Death Korps pourrait même s’enfoncer dans la ligne de défense intérieure et prendre pied avant que l’ennemi n’ait la possibilité de s’organiser à nouveau.

Il fallait du temps pour la grande poussée ; pour organiser les plans d’attaque, positionner et approvisionner l’artillerie, mettre à niveau les compagnies battues avec de nouveaux hommes et du matériel, préparer le champ de bataille en nettoyant les champs de mines, et surtout, stocker suffisamment d’obus pour effectuer le bombardement préparatoire - le plus lourd de la guerre de siège à ce jour. C’était une tâche organisationnelle massive pour l’état-major de commandement de la 88e Armée de Siège, mais une fois terminée, l’armée serait prête pour une grande bataille - peut-être même pour marquer le tournant de la guerre.

L’heure du début de la nouvelle offensive fut fixée à 101822.M41. Les défenseurs renégats de Vraks ne pouvaient pas ne pas remarquer la préparation de l’assaut. Les patrouilles et les postes d’observation le long des lignes signalèrent l’augmentation des effectifs au front et le stockage d’armes et d’équipements par l’Imperium. En réponse, des obus pleuvaient sur les lignes de tranchées de Krieg pour tenter de "gâcher" les préparatifs en cours. L’artillerie de Krieg avait répondu avec la même fureur. Chaque canon détruit était un de moins à utiliser sur l’ennemi quand le moment serait venu pour l’infanterie d’attaquer.

En 089822.M41, tous les canons de barrage de la 88e Armée de Siège rugirent, illuminant le ciel de leurs tirs alors qu’ils faisaient pleuvoir de puissants explosifs sur les défenseurs. Toute la journée et toute la nuit, les canons tirèrent pour tenter de briser la résistance de l’ennemi. À l’extérieur et au-dessus d’eux, le sol tremblait sous la force des explosions et l’air était secoué par les commotions - peu de choses auraient survécu à un environnement aussi meurtrier. Pendant ce temps, les défenseurs attendaient, cachés sous terre dans des abris profonds, protégés par des couches de terre et de ferrobéton.

Dans l’obscurité, les tranchées de l’Imperium commencèrent à se remplir de troupes. La première vague était en position. La deuxième vague était également prête, entassée au coude à coude, lourdement chargée de matériel supplémentaire, de grenades, de munitions et de rations pour les jours de combat à venir. Alors que des éclairs crépitaient au-dessus des têtes, déclenchés par l’intense barrage, et que le jet de flammes orange des bombardements incessants éclairait les Désolations de Van Meers, une force de plus de deux millions de soldats de Krieg était maintenant prête à attaquer. À l’aube, la fureur du barrage s’arrêta et pendant une brève seconde, un silence sinistre s’était à nouveau installé.

Quelques secondes plus tard, l’ordre de commencer l’attaque fut donné par tous les hauts-parleurs vox des tranchées avant. Les hommes de la Death Korps se précipitèrent sur les échelles et le parapet, traversant le no man’s land. Rapidement, les traîtres réagirent à la levée du bombardement. Ils savaient ce qui allait suivre et se précipitèrent vers leurs armes.

Dans de nombreux endroits, les positions défensives des traîtres avaient disparu, emportées par la dévastation causée par le bombardement de quatre jours. Forcés d’utiliser ce qu’ils avaient emporté avec eux dans leurs bunkers, ils s’engouffrèrent dans des trous d’obus et ont nivelé leurs canons. La simple fumée ne pouvait pas arrêter les balles ou les lasers, et même si les cibles n’étaient pas encore visibles, ils ouvrirent une vague mortelle de tirs d’armes. Dans les nuages de fumée et de poussière qui les recouvraient, les Gardes Impériaux de Krieg qui avançaient ne pouvaient pas voir leur ennemi, mais le bruit soudain des lourdes balles, l’écorce des gros Bolts et les rafales de tirs d’Autocanon ont rapidement fait chuter leur nombre. Quoi qu’il en soit, les assaillants persévèrent.

Bientôt, les batteries défensives qui n’avaient pas encore été détruites ouvrirent le feu avec leurs propres armes. Le no man’s land était devenu depuis longtemps prévisible, la réponse étant rapide et précise. Les obus commencèrent à s’écraser sur les rangs des Kriegs qui avançaient alors que les tirs des défenseurs augmentaient, provoquant à nouveau le maelström de la destruction. Dans le no man’s land, des escouades entières étaient anéanties alors que les salves créaient un mur de shrapnels. Les tirs d’artillerie s’intensifièrent et provoquèrent l’effondrement total de l’attaque du 158e Régiment dans le secteur 50-45, une avancée cruciale sur une faiblesse perçue à tort dans les lignes de bataille du Cardinal Apostat Xaphan.

Dans d’autres secteurs, les progrès furent plus importants - la Death Korps continua à avancer malgré les lourdes pertes. Dans certains endroits, elle atteignit les lignes ennemies et les avaient débordé. Au milieu d’assauts frontaux sanglants, de coups de baïonnettes et de couteaux, de balles qui déchiraient les chairs et les os, le tableau général de la bataille était confus et fragmentaire. Par endroits, les commandants de régiment signalaient de bons progrès, par ailleurs des échecs et de lourdes pertes. Malgré cela, la deuxième vague reçu l’ordre d’avancer, et une fois de plus, la Death Korps fit irruption dans le no man’s land par milliers, de longues lignes de héros de bataille en grand manteau s’étendant vers l’horizon. L’offensive fit rage pendant sept jours sanglants et il n’y avait toujours pas de percée en vue jusqu’à ce que, à 122822.M41, le 468e Régiment, une nouvelle formation dans sa première bataille, lança une attaque dans le secteur 57-50.

Le Colonel Attas, commandant du 468e, avait conçu un plan pour monter une attaque de nuit contre la ligne de tranchée ennemie qui lui faisait face. Rassemblant toutes ses compagnies d’artillerie pour soutenir l’opération, et sécurisant des munitions supplémentaires provenant des stocks du 46e Corps de Ligne, le plan était qu’il dirigerait personnellement l’avant-garde des compagnies d’assaut. Sous le couvert d’un bombardement nocturne soutenu, elles avanceraient à travers le no man’s land pour se rapprocher le plus possible de l’ennemi. Ses compagnies resteraient ensuite à découvert toute la nuit jusqu’à l’aube, lorsque le bombardement se concentrerait sur les lignes de front de l’ennemi. La partie la plus critique du plan suivrait alors. Le barrage se lèverait, se déplaçant sur cinquante mètres et permettant aux compagnies d’assaut d’avancer sur la distance réduite à l’ennemi, ne leur laissant pas le temps de réagir à l’attaque. Les tranchées ennemies seront prises, et les compagnies suivantes du Colonel passeraient alors à travers la première vague pour porter l’attaque en avant.

En 124822.M41, par une nuit noire, les compagnies d’assaut d’Attas se mirent en route, se faufilant dans le no man’s land en silence, leur Colonel prenant la tête. Alors qu’ils rampaient, tous les canons du régiment, ainsi que les compagnies qu’Attas avait obtenues pour l’attaque, ouvrirent le feu dans un barrage tonitruant.

Au moment désigné, le feu se concentra sur la ligne de front. Les Gardes Impériaux de Krieg restèrent à l’affût alors que la terre, à cent mètres devant eux, était pilonnée jusqu’à la destruction. Puis le barrage se souleva et roula cinquante mètres en avant, et sur ses talons le Colonel Attas se leva, Pistolet Laser et épée à la main, et guida ses hommes.

La surprise était totale et l’ennemi avait peu de temps pour réagir. Avant qu’ils ne pouvaient sortir, leurs abris étaient piégés avec des Grenades Frag. Beaucoup tentèrent de s’enfuir, voyant que la Death Korps était déjà sur eux. Le Colonel Attas traversa une tranchée en faisant signe à ses hommes de le suivre et de le poursuivre, pour se retrouver soudain face à face avec un monstre. Haut de trois mètres et musclé, l’Ogryn enragé sortit de sa tranchée pour asséner au Colonel surpris un coup de massue. Le corps brisé du Colonel s’envola à six mètres de hauteur, sa cage thoracique ayant été brisée par la force de l’attaque. Sans se soucier de la destruction du chef de la force ennemie, la bête folle chargea à travers une grêle de tirs des Fusils Laser, rugissant et battant un chemin vers l’avant avant avant que le souffle d’une Grenade Krak bien visée ne le déchire.

La Grande Poussée des Impériaux vers la Citadelle.
Malgré la mort du Colonel Attas, à l’aube, la deuxième vague avança, passant à travers la première vague d’attaquants qui avait réussi. Soudain, ils étaient passés. Plus aucun bunker, tranchée, mur, barricade ou fil barbelé ne séparait le 468e Régiment de son objectif. La deuxième ligne de défense avait été percée. La nouvelle du succès du 468e Régiment parvient rapidement au haut commandement, et les renforts nécessaires pour creuser l’écart furent bientôt en route. La première à arriver fut une batterie de Lanceurs Quadruples, tractée par des Centaurs, et ceux-ci furent rapidement mis en place, tirant des salves rapides d’obus pour briser les dernières tentatives désespérées de contre-attaque de l’ennemi. D’autres troupes suivirent : chars, Gorgons, canons plus lourds, escadrons de Cavaliers de la Mort galopant puis roulant vers l’est et l’ouest pour attaquer l’ennemi plus loin sur la ligne de front par l’arrière.

Tout comme pour la première percée près de huit ans auparavant, les jours suivants virent la deuxième ligne de défense s’effondrer comme un château de cartes. Le barrage avait finalement été rompu et les guerriers de Krieg l’ont traversé avec la force d’un tsunami. Laissant des arrière-gardes suicidaires pour retarder l’avance de l’ennemi, les défenseurs se sont rapidement repliés. Un par un, les régiments de Krieg avancèrent parfois sans opposition. Le 468e Régiment s’empara des ruines de la Zone d’Hab Deux et se retrouva bientôt impliqué dans des combats de rue avec son ennemi, mais les régiments de gauche et de droite poussèrent également vers le sud et la Zone d’Hab fut rapidement encerclée. Les renégats qui n’avaient pas échappé à l’encerclement à ce moment-là furent rapidement débordés et détruits.

Mais tout comme pour la première percée, il ne pouvait y avoir de fuite en avant dans la zone de défense intérieure. La 88e Armée de Siège avait besoin de temps pour reconstruire et préparer sa prochaine attaque. Elle avait besoin de nouveaux hommes, de nouveaux canons et de nouveaux chars. Il avait fallu neuf ans pour atteindre cette position. Neuf ans de sang et de massacres, soit l’équivalent des pires zones de guerre de l’Imperium. Plus de quatre millions de Gardes de Krieg avaient déjà été sacrifiés sur l’autel de Vraks, mais il semblait que la victoire finale était maintenant proche. La Citadelle de Vraks était à portée de ses canons Earthshaker. Pour la première fois, leur objectif final était à portée de tir.

À l’intérieur de la Citadelle, les commandants de l’armée renégates ressentirent la froide et dure réalité d’une défaite possible s’installer en eux alors que les régiments de Krieg se rapprochaient de leur bastion, mais le Cardinal Apostat ne s’en souciait plus. L’apocalypse était là, le massacre des ennemis de l’Imperium devait se poursuivre - il ne se souciait ni de la victoire ni de la défaite, mais seulement de la mort et de la destruction de ceux qui s’opposaient à lui et à l’Humanité. Ses rêves de chasser dans la galaxie, de tuer l’hérétique et de brûler le traître avaient disparu depuis longtemps. Le Diacre Mamon avait veillé à cela au fil des ans, alors que la guerre sanglante faisait rage hors des murs de son sanctuaire, corrompant l’esprit de Xaphan jusqu’à ce qu’il croie lui aussi aux mensonges qu’ils avaient racontés aux hommes et aux femmes de Vraks. En ce qui concernait Xaphan, l’Imperium était pourri jusqu’à la moelle par des traîtres, des traîtres qui cherchaient maintenant à le détruire, lui et le monde dont il avait la garde. Mais il allait d’abord voir leur mort arriver.

Il n’en fallut pas beaucoup pour que le Seigneur Arkos devienne le confident du Cardinal Apostat, désormais clairement fou, usurpant rapidement le Diacre Mamon comme son conseiller le plus proche et le plus précieux. Travaillant avec lui dans l’ombre, grâce aux compétences enseignées à sa Légion par son perfide Primarque des millénaires auparavant, le faible d’esprit Xaphan n’avait aucune chance. Bientôt, il fut convaincu que la menace ultime pour l’Imperium n’était autre que l’Empereur Lui-même. Son sauveur, l’homme auquel Xaphan avait consacré toute sa vie, leur avait tourné le dos à tous.

L’esprit complètement brisé, le Cardinal Apostat de Vraks se replia sur lui-même. Pendant des jours, il restait assis dans sa chambre, le regard vide au loin, complètement inconscient des batailles qui faisaient rage à l’extérieur. Dans ses rares moments de lucidité, il exprimait sa frustration sur tous ceux qui osaient l’approcher, les interminables rapports de victimes déclenchant notamment une sombre fureur. « Qu’est-ce que ça peut bien faire maintenant ? » disait-il avec colère Si l’Empereur ne s’occupait plus d’eux, peut-être valait-il mieux qu’ils meurent plutôt que de vivre dans les ténèbres éternelles à venir. Arkos le convainquit du contraire.

Lorsque la Death Korps a franchi la deuxième ligne de défense, il fit savoir que tout n’était pas encore perdu. Les armées du Faux Empereur resserraient peut-être leur étau, mais d’autres seraient favorables à la cause de Xaphan s’il restait déterminé et continuait à se battre. De nombreux alliés étaient prêts et disposés à l’aider s’il acceptait simplement cette aide qu’ils lui proposaient. Si Xaphan mettait les hommes et les femmes de Vraks sous sa garde, alors Arkos verrait ses plans se réaliser.

Une faible lueur d’espoir avait suffi et Xaphan a acquiescé de la tête, condamnant involontairement le peuple de Vraks à un sort encore plus terrible que celui qu’il subissait déjà. Laissant le Cardinal Apostat se retirer dans son enfer personnel, Arkos convoqua ses conseillers sorciers et commença la cérémonie sacrificielle sanglante qui allait amener les disciples des Dieux Sombres directement sur Vraks.

En quelques heures, les sentinelles Kriegs signalèrent des observations inhabituelles. On vit d’étranges nuages d’orage s’amonceler et l’horizon fut rapidement éclairé au rouge par des lumières vacillantes qui peignirent le ciel de la couleur du sang. Au fil des jours, l’orage s’intensifia, ses nuages se rassemblant directement au-dessus de la Citadelle, une masse rouge et noire qui s’était progressivement transformée en un maelström tourbillonnant dans la haute atmosphère.

Après neuf ans, les hommes de Krieg étaient peut-être en train de gagner la guerre contre les Vrakriens, mais la tempête qui s’était levée annonçait des horreurs encore pires à venir.[25]

Chapitre Cinq : La Première Bataille Spatiale de Vraks

« On attend de vous que vous vous conduisiez en tout temps d’une manière appropriée aux grands devoirs et aux traditions de l’Empereur. La plus glorieuse et la plus honorable des Marines. Nos ordres n’exigent rien d’autre. Ne pensez qu’à vos devoirs, messieurs. »
- Le Contre-Amiral Rasiak avant la Première Bataille Spatiale de Vraks.

Les forces de l’Imperium avaient réussi à briser la ligne de défense intérieure qui encerclait la Citadelle, mais elles avaient payé un prix élevé pour cela. L’énergie psychique déclenchée par la mort de dizaines de milliers de Gardes de Krieg et de miliciens ennemis lors de la percée avait fourni aux sorciers de l’Alpha Legion l’opportunité qu’ils attendaient, et en utilisant le sang d’innombrables autres sacrifices, ils envoyèrent un signal psychique à travers le Warp. C’était un appel à attirer les anciens alliés vers Vraks - une déclaration selon laquelle le monde était mûr pour la cueillette ; la mort et la souffrance avaient été libérées pour que tous puissent s’en délecter.

Les forces tapies dans l’Œil de la Terreur qui entendirent l’appel furent attirées comme des papillons de nuit vers une flamme par la lumière psychique vacillante qui promettait une bataille et un massacre à une échelle sans précédent. Les commandants des anciens navires de guerre qui traversaient les profondeurs de l’Œil de la Terreur, lourdement armés, incrustés de runes impie et portant les cicatrices de millénaires de guerre, entendirent eux aussi l’appel. Dans ces coques sans âge attendaient les serviteurs du Chaos et leurs esclaves, tous cherchant leur chance d’attirer vers eux l’œil favorable de leurs dieux et de se montrer dignes des grandes récompenses promises par ces sombres entités.

De puissantes machines s’enflammèrent et les cloisons se tendirent alors que les navires de guerre et les transporteurs se mirent en mouvement, se préparant à être à nouveau projetés à la dérive dans l’Immaterium. Dans leur sillage, des centaines de navires furent attaqués. Nombre d’entre eux étaient simplement des pirates ou d’autres renégats de l’Imperium. Le pire de tous était les féroces guerriers des seigneurs de la guerre vénérant le Chaos, des groupes dissidents des Légions Renégates vengeresses des Space Marines du Chaos. Les convocations psychiques d’Arkos leur avaient signalé que Vraks était un système digne de raids et riche pour le pillage… et c’est ainsi qu’ils sont venus.[26]

L'Approche des Flottes du Chaos

La station de vigilance DM498-066 était l’un des innombrables postes de contrôle qui surveillaient en silence l’Œil de la Terreur. Vraks lui-même avait été une plaque tournante pour la collecte de certaines de ces données, avec son chœur astropathique servant de système d’alerte précoce au cas où il recevrait des preuves de raids potentiels du Chaos ou même d’une Croisade Noire naissante. Mais son chœur était maintenant mort depuis longtemps. À leur place, d’autres systèmes recevaient et diffusaient encore des informations provenant de la multitude de nœuds de stations de vigilance qu’ils avaient autrefois surveillés, et l’un d’entre eux avait découvert quelque chose de très inquiétant.

Les appareils sensibles au Warp de la station DM498-066 avaient détecté le passage de plusieurs gros engins, des navires non identifiés dans son voisinage, bien loin des routes commerciales et de patrouille habituelles des systèmes de surveillance de Cypra Mundi. Là, le commandement de la Marine Impériale passa directement à l’action et ordonna aux navires du sous-secteur le plus proche d’envoyer des groupes de patrouille vers les systèmes susceptibles d’être la destination de la flotte d’intrus. Plusieurs groupes de croiseurs furent également alertés et mis en alerte en prévision d’un raid de navires du Chaos, une Force de Frappe rapide de l’Adeptus Astartes étant mise en alerte pour se déplacer afin d’intercepter si nécessaire.

En secret, l’Ordo Malleus, toujours méfiant face à toute menace potentielle provenant de l’Œil de la Terreur, lança sa propre mission de collecte de renseignements. Un navire sans équipage fut lancé pour un aller simple dans l’Œil de la Terreur. Son équipage était composé de Serviteurs automatisés et d’un seul Paria, inexistant pour le Warp mais équipé d’augures et d’équipements de communication incroyablement puissants. Ce chasseur recherchait les vaisseaux et transmettait toutes les données qu’il pouvait recueillir sur cette menace potentiellement mortelle.

Le vaisseau spatial de l’Inquisition fit bien son travail, suivant le passage de la cible avant de poursuivre sa mission suicidaire à sens unique au plus profond des tempêtes Warp en furie, transmettant jusqu’à ce que toute communication avec lui soit perdue à jamais. Les découvertes du vaisseau spatial furent une source de préoccupation majeure pour l’Inquisition. Ces navires étaient en effet des pillards du Chaos, dont beaucoup avaient au moins la taille d’un croiseur, et ils avaient déjà rencontré d’autres navires au plus profond d’une région de l’espace sauvage. Il semblait qu’une armada se rassemblait pour une attaque majeure et jusqu’à présent, près de trente vaisseaux individuels avaient été identifiés.

Des messages astropathiques flottèrent autour des ports, des bases et des navires de commandement de la Flotte Scarus - peu doutaient que la flotte du Chaos se dirigeait vers un autre endroit que le système Vraks. Les éclaireurs et les patrouilleurs furent redirigés pour couvrir la route d’approche prévue de l’armada ennemie. Les navires de classe capitale reçurent également l’ordre de quitter leurs ports d’attache, y compris le vaisseau amiral de la flotte, le puissant cuirassé de classe Emperor Constantin Valdor. La flotte de bataille se mobilisa et se prépara à une offensive majeure. La flotte ennemie devait être pourchassée, acculée et détruite.[27]

Le Feu dans le Vide

Le Contre-Amiral Rasiak, commandant de la flotte de la Marine Impériale stationnée dans le système Vraks, n’était que trop conscient de l’activité frénétique de la Flotte de Bataille Scarus. Il avait également reçu l’ordre de se tenir prêt en prévision de l’apparition d’une importante force du Chaos dans le secteur. C’était maintenant, à l’ombre de cette menace croissante, que le Contre-Amiral réévalua le statut de sa flotte et l’avait trouvé insuffisant. Avec peu d’action navale pendant le conflit sur Vraks, la vaste flotte de navires qu’il avait commandée pour déposer les premiers régiments de Krieg sur le Monde Arsenal s’était dispersé dans d’autres conflits du sous-secteur. Aujourd’hui, sa petite flotte de surveillance ne comprenait guère plus qu’un escadron d’observateurs de la défense, des cargos, une dispersion de navires plus grands et son propre navire de commandement, le vénérable croiseur de classe Lunar Lord Bellerophon.

Le Contre-Amiral et son état-major n’étaient en aucun cas prêts à s’engager dans une bataille majeure. Son propre croiseur fonctionnait avec un équipage réduit, la plupart de ses matelots ayant été redéployés dans d’autres zones de guerre. Les escorteurs étaient également en sous-effectif et souffraient de dysfonctionnements croissants dus à leur mauvais état. Seuls ses moniteurs de défense étaient prêts à l’action, mais même ceux-ci avaient besoin d’un équipage supplémentaire, et leurs principaux arsenaux n’étaient pas pleins en raison de la nécessité de maintenir des exercices de tir réguliers avec peu de chance de réapprovisionnement. Il n’avait que sept navires sous son commandement ; ce ne serait pas suffisant.

Immédiatement, les officiers et les maîtres d’équipage de Rasiak emmenèrent des équipes à la surface de la planète et commencèrent à rassembler des hommes du corps de travail Arphista. Les besoins de la Marine Impériale prirent le pas sur ceux de l’Astra Militarum, et avant qu’ils ne s’en rendent compte, de nombreux ouvriers furent enrôlés dans la Marine Impériale comme matelots de remplacement. Le Contre-Amiral avait également procédé à une inspection approfondie de tous les cargos actuellement présents dans le système Vraks. Un convoi de ravitaillement était en train de décharger à la surface de Vraks, un processus lent étant donné le manque d’accès aux installations du port orbital. Ici, Rasiak eu de la chance. L’énorme vraquier Izra Mors avait été immédiatement réquisitionné pour le service. Ce n’était pas un navire de combat, mais il transportait suffisamment d’armes pour sa propre protection. Il y avait également cinq autres cargos dans le système. Deux d’entre eux étaient considérés comme suffisamment bien armés pour le service, et Rasiak renforça leurs petits équipages inexpérimentés avec certains de ses propres officiers, maîtres d’équipage et canonniers, plaçant l’escadron de cargos sous le commandement de son propre fils, le Lieutenant de Pavillon Maius Rasiak. Les trois autres navires furent jugés inutilisables, n’offrant pratiquement aucune puissance de feu efficace.

Rasiak ordonna le dépouillement de l’équipage et des armes de ces trois vaisseaux, ne laissant à chacun qu’un équipage réduit de quelques volontaires. Puis il les fit charger de tout explosif ou combustible que le commandant de la flotte pouvait trouver, transformant chacun d’eux en une bombe massive dans le vide, avec leur cœur de réacteur à plasma prêt à exploser sur commande. Ces trois navires formeraient un escadron de Brûlots, dont la mission de chaque équipage serait de rechercher des cibles ennemies et de les enfoncer, en faisant exploser les explosifs à l’intérieur et en causant des destructions bien au-delà de leur taille.

Bien que clairsemée, une flotte de treize navires dépareillés s’était formée pour défendre ceux qui combattaient sur Vraks, et étant donné la taille de l’armada ennemie qui approchait, tout le monde savait que ce ne serait pas suffisant. Tout ce que lui et ses officiers pouvaient faire était de prier l’Empereur pour que leurs propres renforts arrivent à temps.

Le Contre-Amiral savait que ses prières étaient restées sans réponse lorsqu’il avait reçu un message prioritaire de la frégate Exuo-Four-Three en patrouille aux abords du système Vraks. Elle avait pris contact avec un escadron de trois navires en approche et leurs signatures énergétiques les confirmaient comme étant de la classe Infidel. La frégate suivait leur approche, mais restait en position pour surveiller d’autres navires. D’autres suivraient, Rasiak le savait parfaitement. Les Infidel ne faisaient guère plus que contourner la ligne de bataille qui s’abritait désormais derrière Vraks. Ils ne prirent pas le risque d’entrer à portée des canons du Lord Bellerophon, même pour déclencher une volée spéculative de torpilles à longue portée. Au lieu de cela, ils scrutaient et surveillaient attentivement avant de se retirer. L’ennemi connaissait maintenant la force de Rasiak - ou son manque de navires.

Six jours plus tard, en 054823.M41, l’escadron Exuo avait signalé avoir observé quatorze signatures énergétiques différentes alors que la flotte du Chaos, traîtresse, contournait les champs d’astéroïdes extérieurs et se dirigeait vers le soleil à la vitesse maximale vers Vraks Prime. Suivant les ordres, les frégates firent demi-tour et retournèrent à la ligne de bataille, leurs propulseurs surmenés brûlant à la vitesse du flanc pour dépasser leurs attaquants. Le Lord Bellerophon avait également mis ses systèmes sous tension, ses moteurs grondant au fur et à mesure que la vieille coque grinçait et gémissait sous la pression croissante, à la grande horreur de ses nouveaux équipages de pont. Puis, lentement, avec une majesté glaciale, le croiseur commença à sortir de son orbite et, derrière lui, la flotte suivit en ligne droite.

Son plan pour l’action imminente de la flotte était simple et brutal. La flotte de Rasiak s’approcherait en une seule ligne, étroitement déployée pour éviter qu’elle ne soit facilement divisée. Derrière un écran de torpilles du Lord Bellerophon, ils progresseraient à travers la flotte ennemie, faisant feu des deux côtés, mais maximisant sa propre puissance de feu des batteries bâbord et tribord en même temps. Avec de la chance et une solide discipline, il espérait pouvoir infliger suffisamment de dégâts à l’ennemi pour que leur flotte estime plus sage de se retirer que d’avancer.

Alors que les deux flottes convergeaient, les équipages de fortune de Rasiak se mirent en position de combat. Des munitions supplémentaires furent empilés dans les réserves prêts à l’emploi de chaque port d’armes. Les équipes de travail renforcèrent les cloisons et les portes de soufflage furent scellées pour contenir les inévitables incendies. Sur le pont supérieur du Lord Bellerophon, bien au-dessus de la clameur sur les ponts des canons, le Contre-Amiral, aux côtés du Capitaine de Pavillon Drost et de son équipe de commandement, se tenait dans un calme silencieux, observant leurs terminaux de commandement alors qu’un cadre de tactiques-logisticiens leur acheminait le flux de l’inclinaison des machines.

À l’insu des équipages des ponts inférieurs, la flotte des Traîtres approchait rapidement, leurs signatures de moteur brillaient sur les écrans d’augure du Lord Bellerophon. Il n’y avait pas lieu d’être prudent, ils tomberaient sur leur proie comme un prédateur vorace, affamé et avide de tuer. Le Contre-Amiral Rasiak ordonna que les augures se concentrent sur le navire de tête de l’ennemi et l’information fut acheminée à sa chaire de commandement au-dessus du pont. En observant de près le flot de données, il se rendit compte avec inquiétude de ce à quoi il faisait face.

Là-bas, dans le vide, approchant à pleine puissance, se trouvait un navire d’une toute autre ampleur. Face à lui se trouvait un véritable léviathan du vide. C’était presque certainement un cuirassé de classe Despoiler ou du moins quelque chose de très proche. Les Despoilers étaient une quasi-légende parmi les officiers des flottes de guerre Obscurus. Certains des plus grands navires jamais construits, qui transportaient suffisamment de puissance de feu pour raser des villes, et étaient également dotés de hangars remplis d’escadrons de vaisseaux d’attaque, de bombardiers et de navires d’assaut. C’était une bête contre laquelle un croiseur ne pouvait pas engager et espérer gagner.

Le moral de Rasiak vacillait, pris entre son devoir de se tenir debout et de se battre, et le fait de savoir que c’était une cause sans espoir. Le Capitaine Drost s’approcha de sa chaire. « Contre-Amiral, la flotte ennemie a changé de cap. »

Rasiak hésita. Devait-il rompre ou poursuivre l’approche de sa ligne de bataille ?

« Les navires ennemis de tête virent au port. Ils ont diviser leur ligne, » poursuivi le Capitaine de pavillon. Drost attendit quelques instants. « Nos navires attendent les ordres, mon seigneur, » exhorta t-il à son commandant.

Rasiak tourna la tête, comme s’il remarquait la présence de Drost pour la première fois. Son moment d’indécision passé, le Contre-Amiral passa à l’action, aboyant des ordres à son état-major. « Maintenez le cap et la vitesse actuels. Tirez avec tous les tubes de torpilles quand vous serez à portée. » Rasiak avait trouvé sa résolution et son courage.

Le tremblement de terre qui secoua le pont signala la libération des torpilles. Devant le Lord Bellerophon, la flotte ennemie s’était en effet divisée. Cinq navires, menés par le cuirassé de classe Despoiler Anarchy’s Heart, avaient manœuvré pour contourner le port orbital de sa ligne de bataille. Une plus grande concentration de neuf vaisseaux ennemis de tailles et de classes différentes, avec le croiseur de classe Styx Blood Dawn à l’avant-garde, arrivait à côté de lui sur le côté tribord. Les équipes d’artilleurs de Rasiak s’attendaient à être mises à rude épreuve avec des cibles multiples.

Le pont du Lord Bellerophon avait suivi le tracé des torpilles alors qu’elles se rapprochaient de leurs cibles. La première manqua de peu l’Anarchy’s Heart, tandis que la seconde explosa contre ses Boucliers Voids, en vain. La troisième fut détruite par un tir défensif, tandis que la quatrième fonctionna mal et explosa en plein espace. La cinquième torpille manqua de peu un Destroyer Iconoclast, qui faisait partie de l’escadron d’escorte du cuirassé, le petit navire étant assez agile pour se balancer hors de la trajectoire de la torpille. La sixième provoqua une soudaine acclamation de l’équipage de la passerelle alors qu’elle frappait un deuxième Iconoclast, le moteur de la torpille effectuant les corrections de dernière minute pour la guider directement vers la cible en embardée. L’ogive à fusion de la torpille submergea les générateurs de bouclier du petit navire en un éclair et déchira les quartiers arrière du navire. L’escorteur évacuait du plasma, signe certain qu’un de ses réacteurs avait été percé. L’Iconoclast était sorti de la ligne, mortellement blessé, et se mis à dériver sans défense. Bientôt, ses réacteurs à plasma allaient exploser et le navire serait réduit en cendres. Puis, les gros canons du Despoiler ouvrirent le feu.

Les générateurs du Bouclier Void du Lord Bellerophon criaient leur défi alors que des vagues de volées de bord frappaient le croiseur. Bien au-delà de sa propre portée, le croiseur de classe Lunar avait subi un terrible coup. L’énergie des tourelles laser avait traversé le vide, les tirs de plasma éclatant en éruptions solaires sur toute la longueur du navire. Jusqu’à présent, les dommages à la coque étaient minimes. En réponse, Rasiak ordonna à la flotte de se rapprocher ; il devait riposter.

Les deux flottes se croisèrent dans une fusillade meurtrière. De tribord, la deuxième ligne ennemie s’approchait, leur attaque annoncée par les nuées de bombardiers et de chasseurs remplissant désormais le vide entre les deux flottes, des icônes de cibles inondaient les écrans des géomètres de la passerelle. Tous les canons et toutes les tourelles du Lord Bellerophon furent bientôt en action, et le navire s’agita et trembla à chaque volée. Les escorteurs Sword ajoutèrent alors leur puissance de feu au combat, échangeant des coups avec les escorteurs ennemis, tandis que les Vaisseaux de Défense s’élançaient vers les plus gros navires ; comme des chiens de combat attaquant un taureau assommé, ils s’attaquèrent au plus gros ennemi avec une volonté qui dépassait leur taille. Le vide était vivant, avec des tirs d’armes à feu qui striaient, flamboyaient, criaient et explosaient dans un feu croisé mortel et flétrissant.

Ce fut un duel vicieux et les deux camps n’en sortirent pas indemnes. L’Anarchy’s Heart avait ratissé toute la ligne de bataille de l’Imperium, sa puissance de feu dépouillant les boucliers et déformant les coques sur son passage. L’Exuo-Four-One, de classe Sword, avait été paralysé par les batteries du cuirassé ennemi. Il était à la dérive et sans défense, des feux déchaînés brûlaient sur tous ses ponts, l’équipage de la passerelle était anéanti par les coups de lance répétés qui avaient arraché la superstructure. Deux des Vaisseaux de Défense avaient également disparu. Les deux cargos armés avaient miraculeusement passé le barrage, mais aucun n’était indemne. Les Boucliers Voids avaient disparu, les ponts étaient en feu, les pertes étaient lourdes, mais les deux étaient toujours en combat. L’Izra Mors disposait de trois réacteurs à plasma pour les bombardements ennemis et fonctionnait avec une puissance minimale. Les propulseurs de manœuvre étant désactivés, elle était une cible assise, et Rasiak dû l’abandonner à son sort. Plutôt que de renoncer au navire, le Capitaine de l’Izra Mors ordonna à son équipage survivant de s’occuper des canons et de continuer à tirer. Le Lord Bellerophon lui-même avait été soufflé et secoué, mais en réponse, ses canons avaient endommagé le transporteur lourd Aharon’s Bane du Chaos et détruit un autre des Destroyers Iconoclast. Le vieux navire de guerre était battu mais toujours apte au combat.

La flotte du Chaos avait également été endommagée, mais pour des raisons encore inconnues, deux des croiseurs ne s’étaient pas engagés. Ceux-ci avaient été l’arrière-garde de la deuxième ligne de bataille et, alors même que Rasiak regardait sur son écran de chaire, ils se rapprochaient et semblaient se désengager. C’était un coup de chance - peut-être qu’ils abandonnaient le combat.

Une grande partie de ses systèmes de communication étant détruite, le Contre-Amiral Rasiak ignorait que des renforts impériaux étaient en route, renforts que les deux croiseurs ennemis avaient déjà repérés. La Flotte de Bataille Scarus avait dirigé sa force la plus proche vers Vraks, digne de combattre. Le groupe de croiseurs sous les ordres du Contre-Amiral Titus Mahzur, était arrivé non loin derrière la flotte des Traîtres. Menés par la navire de classe Gothic Consul Thracii et le navire classe Dominator Orion et l’ancien grand croiseur Covenanter en soutien, ainsi qu’un escadron d’escorteurs, les croiseurs se dirigeaient maintenant vers Vraks et la bataille spatiale. Ensemble, ils pouvaient faire basculer le combat en faveur de l’Imperium.

Évaluant rapidement la bataille, l’objectif de Mahzur était de couper l’approche de l’ennemi vers Vraks et d’empêcher le débarquement des milliers de partisans du Chaos sans doute à bord de la flotte noire. Il avait du pain sur la planche : ses vaisseaux étaient déjà à plat, à la vitesse du flanc, mettant à rude épreuve leurs réacteurs. Les deux croiseurs du Chaos se déplaçaient pour intercepter les vaisseaux de Mahzur et juste au moment où le premier engagement s’estompait, une seconde bataille se déclencha. Le croiseur de la classe Slaughter Fallen Sun et le Ferrum Invictus de la classe Devastation se mirent en mouvement, le Ferrum Invictus lançant son vaisseau d’attaque et ouvrant le feu avec des batteries à longue portée. Mahzur ne pouvait pas se permettre d’être retardé par les vaisseaux d’attaque ennemis, mais ne pouvait pas non plus les ignorer. Il ordonna à son escadron d’escorte et à l’Orion d’engager le combat contre l’ennemi et de les tenir à distance pendant que les deux autres croiseurs fonçaient sur Vraks, risquant de diviser ses forces.

Pendant ce temps, Rasiak ordonnait à ses derniers navires marqués par la guerre de se regrouper. Sa ligne de navires avait été dispersée et les navires survivants tentaient de se reformer pour un nouveau passage. Constamment harcelé par les petits vaisseaux d’escorte de la flotte du Chaos, Rasiak ne pouvait pas se permettre de baisser sa garde. La réforme de sa flotte était un processus lent compte tenu des dommages qu’elle avait subis. Heureusement, l’Anarchy’s Heart et l’Aharon’s Bane s'étaient tous deux dirigés vers Vraks, avec l’intention de ramener leurs troupes à la surface. Au moins, le cuirassé était hors de combat, même si cela signifiait que les régiments de siège à la surface de Vraks auraient à faire face aux conséquences. Le Blood Dawn manœuvra pour lancer son vaisseau d'attaque réarmé. Cette fois, les Modules Dreadclaws se précipitèrent vers l’Izra Mors, paralysé, avec l’intention de prendre le transport géant en difficulté comme trophée.

C’est alors que Rasiak mis ses réserves en jeu - les trois Brûlots. Le premier visa le Blood Dawn, tandis que les deux autres se dirigeaient vers les navires ennemis qui approchaient de l’orbite. C’était un pari courageux, qui consistait à diriger ses réserves vers les plus gros navires ennemis dans l’espoir de faire basculer la bataille en sa faveur. Le premier Brûlot n’atteignit jamais le Blood Dawn. Attirant de lourds tirs ennemis, le navire fut rapidement détruit. Le second navire de combat fut pris dans une salve de l’Anarchy’s Heart et fut également vaporisé bien avant sa cible. Le troisième, bien que touché, avait réussi à passer la salve et, avec son réacteur à plasma en surcharge, se dirigea vers l’Aharon’s Bane. Le transport massif, autrefois un navire marchand mais capturé il y a longtemps et reconstruit à des fins plus sombres, était rempli de troupes prêtes à lancer une invasion sur Vraks. Des dizaines de milliers d’adorateurs du Chaos, de mutants, d’Hommes-Bêtes, de renégats et de misérables brigands de la galaxie étaient entassés dans ses cales. Déjà en orbite, l’énorme vaisseau ne pouvait pas effectuer de manœuvres d’évitement et le Brûlot s’approcha de lui comme un éclair, son équipage à la passerelle ignorant les instructions d’abandonner le vaisseau afin de le diriger directement dans l’Aharon’s Bane.

Le Brûlot frappa le vaisseau du Chaos dans ses quartiers arrière. La coque du navire marchand se déforma et s’effondra sous l’impact du Brûlot, écrasant les ponts et déchirant profondément les salles des machines les plus en arrière. Quelques secondes plus tard, les explosifs explosèrent dans une combustion toute-puissante qui déchira le transport, éparpillant les débris en orbite alors que les réacteurs à plasma du navire se vaporisaient, ajoutant à la destruction. Loin en dessous, sur Vraks, des centaines de milliers de soldats des deux côtés levèrent les yeux pour voir une nouvelle étoile brillante apparaître soudainement au-dessus du champ de bataille.

En orbite haute, le gros transporteur était paralysé, sauvagement hors de contrôle, sans aucun aucun pour contrer l’élan du navire. Déjà pris dans le puits de gravité de Vraks, il commença à plonger vers la planète. À bord du Lord Bellerophon, l’équipage de la passerelle applaudissait l’impact, regardant les écrans de leurs Vaisseaux de Défense alors que l’Aharon’s Bane entamait sa chute mortelle, en faisant jaillir le feu de l’intérieur de ses ponts arrière.

Lorsqu’il atteignit l’atmosphère, le vaisseau corrompu flamba comme une comète. Vu de la surface, c’était une traînée de feu qui brûlait haut et fort dans le ciel. La boule de feu traversa l’atmosphère, mais la proue blindée du navire resta intacte et son épais blindage en céramite permis au vaisseau de se maintenir en toute sécurité. Les marées inconstantes du destin, sans doute sous l’influence des Dieux Sombres, maintenaient l’Aharon’s Bane en place et il fit irruption dans l’atmosphère de Vraks, déversant sans cesse des débris, tandis qu’au fond de ses cales scellées, les fous du Chaos demandaient à leurs maîtres de les délivrer de la chute du navire. Bien qu’ayant été gravement endommagé, l’équipage de la passerelle retrouva un certain contrôle de ses systèmes, et par un sombre miracle divin, il trouva le pouvoir de briser la descente sauvage du navire.

L’Aharon’s Bane heurta la surface près du Plateau de Chaylia, affligeant une grande entaille à la surface de Vraks et projetant un nuage de poussière qui étouffera certaines parties de la planète pendant des jours. Comme une météorite, il creusa un cratère dans le paysage de Vraks, se frayant un chemin sur son ventre jusqu’à ce qu’il s’immobilise comme une épave tordue et fumante de poutres métalliques et de tôles de coque pliées, ressemblant aux os enchevêtrés d’une ancienne créature marine monstrueuse. Sur des kilomètres à la ronde, le navire avait laissé ses restes éparpillés. Beaucoup de ceux qui étaient à bord avaient été réduits en bouillie par l’atterrissage du navire, mais beaucoup d’autres avaient été protégés par les arts sombres de leurs maîtres, et de l’intérieur des cales du navire, les hordes du Chaos commencèrent lentement à émerger, hébétées et sidérées, à la surface de Vraks.

Pendant que l’Aharon’s Bane tombait, l’Anarchy’s Heart manœuvrait en orbite basse, et lançait même maintenant des centaines de Modules d’Atterrissage et de transporteurs sur Vraks. Des vagues de Modules d’Assaut Dreadclaws pleuvaient, transportant des bandes de Space Marines du Chaos vers la guerre en dessous. Le Contre-Amiral Mahzur savait qu’il était trop tard pour empêcher l’Anarchy’s Heart d’ensemencer Vraks avec sa cargaison maléfique, mais il continua à avancer dans l’espoir de pouvoir engager et détruire le puissant cuirassé, une récompense digne des plus grands honneurs de la Marine Impériale.

Derrière lui, l’Orion était engagé dans une bataille avec deux croiseurs ennemis. Soutenu par les frégates de la classe Sword de l’escadron de patrouille Naris, le croiseur échangeait des coups avec l’ennemi, tandis que des escadrons de vaisseaux d’attaque se bousculaient et se lançaient pour intercepter les chasseurs et les bombardiers ennemis en approche. Alors que les deux camps se rapprochaient à portée de tir et que les canons s’enfonçaient dans la coque de chaque navire, l’Orion vit deux de ses escorteurs détruits. La première avait reçu une salve de puissants tirs laser en plein milieu du navire. Les lances traversèrent la frégate, la déchirant en deux. La seconde avait été détruite alors qu’elle se rapprochait du Ferrum Invictus, qui avait bravement tiré jusqu’à la dernière munition alors que des escadrons de bombardiers ennemis frappaient sans pitié sa coque jusqu’à ce qu’elle soit percée sur chaque pont, une grande partie de son équipage étant aspirée dans le vide, la laissant comme une autre carcasse à la dérive.

L’Orion lui-même avait été percé à plusieurs endroits et des tuyaux rompus dans les hangars de tribord avaient rempli les ponts de liquide de refroidissement toxique. Avec toutes ses escadrilles déjà en action, l’Orion était maintenant en grave danger. Le Ferrum Invictus s’apprêtait à lancer ses navires d’assaut pour tenter de capturer le croiseur en difficulté. Abandonné à son combat inégal, le Capitaine de l’Orion concéda à ses sous-officiers qu’ils avaient fait leur part. Les croiseurs ennemis avaient été entraînés dans ce combat au lieu de poursuivre la force du Contre-Amiral Mahzur, mais maintenant l’Orion était gravement endommagé et pourrait bientôt tomber aux mains de l’ennemi. Il ordonna au navire de se désengager et de se retirer plutôt que de poursuivre un combat qu’il ne pouvait pas gagner.

Entre-temps, l’Izra Mors, paralysée, avait finalement disparu. Il avait fait preuve de courage, mais il avait été surclassée et dépassée par le croiseur lourd Blood Dawn. Les modules d’assaut ennemis s’étaient écrasés sur ses flancs et les couloirs du vraquier furent remplis du vacarme et de la fumée des combats rapprochés. Les traîtres ne tardaient pas à faire couler le sang de l’équipage du navire marchand. Beaucoup furent pris au piège et se rendirent plutôt que d’être anéantis, se résignant maintenant à une vie cruelle et courte comme esclaves à bord du Blood Dawn. Le Capitaine du transport mena la contre-attaque finale, mais il était désespérément dépassé en nombre. Le long des couloirs et à travers le hall principal, la bataille fit rage pendant une heure, les hommes se battant avec toutes les armes qui leur tombaient sous la main. À la fin, le pont tomba, et l’Izra Mors fut pris comme prix de bataille par l’ennemi.

Alors même qu’il suivait la progression des deux croiseurs du Contre-Amiral Mahzur, Rasiak réalimentait son navire. Il devait faire face à la perspective de rencontrer une seconde fois le Blood Dawn et l’Anarchy’s Heart, et il était peu probable que le Lord Bellerophon puisse subir le même combat à nouveau. Il donna ses ordres pour que les autres vaisseaux avancent avec lui. Il ne restait plus qu’un seul Vaisseau de Défense, les deux cargos armés et une frégate. Alors qu’il écoutait le rapport de situation de chaque navire dans le haut-parleur déformé par l’électricité statique de sa chaire, il sentit le Lord Bellerophon s’incliner soudainement sous lui et un grondement inquiétant résonner sur le pont. Accroché à sa chaire, Rasiak pouvait voir les officiers du pont se précipiter pour obtenir des rapports de dommages. Le Lord Bellerophon continua à se renverser lentement, ses cloisons criant leur détresse alors que la grande masse du navire se déplaçait, mettant à l’épreuve leur force jusqu’à ses limites.

Les rapports arrivèrent en masse : les propulseurs principaux numéros trois et quatre avaient été détruits par une torpille. Sans ses propulseurs, il ne pouvait pas espérer mener une seconde attaque pour aider Mahzur. Sans le croiseur pour les guider, les autres petits vaisseaux ne pouvaient pas faire face au croiseur lourd et au cuirassé qui se trouvait maintenant entre eux et la planète. Les deux croiseurs de Mahzur se battaient seuls. Rasiak ordonna qu’un message soit transmis au Consul Thracii, l’informant qu’il se désengageait en raison de dommages paralysants aux moteurs et s’éloignait du système du mieux qu’il pouvait. À bord du Consul Thracii, avec le seul Covenanter en soutien rapproché, le Contre-Amiral Mahzur était seul.

L’immobilisation des moteurs du Lord Bellerophon avait fait basculer la bataille en faveur de l’ennemi qui disposait encore de quatre vaisseaux de combat, dont un cuirassé et un croiseur lourd. La Marine Impériale ne pouvait plus rassembler que deux croiseurs. Il était évident que le système Vraks avait été perdu. Lorsque la nouvelle de la perte du Lord Bellerophon lui parvint, le Capitaine du Covenanter demanda qu’ils annulent eux aussi leur course d’attaque contre l’Anarchy’s Heart. Le Contre-Amiral Mahzur avait reconnu que son intervention était arrivée trop tard et avait donné au Covenanter la permission de se retirer. Lui cependant, ne le ferait pas.

Pour Mahzur, Rasiak l’avait trahi en ne soutenant pas son attaque. Rasiak avait manqué à son devoir d’officier de la Marine Impériale de l’Empereur et il avait donné des instructions pour que le Capitaine du Covenanter veille à ce que ces opinions soient transmises aux commandants de la flotte du Segmentum sur Cypra Mundi. Le Contre-Amiral Rasiak pourrait survivre à la bataille, mais Mahzur était déterminé à lui faire payer son échec avec sa carrière. Pour sa part, Mahzur ne reviendrait pas à la base avec la queue entre les jambes. Sa seule chance de gloire à présent était la destruction de l’Anarchy’s Heart. L’Empereur était avec lui et il ordonna au Consul Thracii d’accélérer.

C’était une bravoure téméraire. Le Consul Thracii entra dans un champ de bataille rempli de canons ennemis, y compris ceux des silos laser de la défense du Monde Arsenal. Bientôt, le croiseur fut secoué par des tirs entrants et subit des coups de tous les côtés. Les plus grandes batteries de lance et les tourelles de l’Anarchy’s Heart furent rapidement verrouillées sur le vaisseau amiral qui approchait et furent repoussées. La proue blindée du Consul Thracii trembla violemment sous les impacts, des plaques de blindage de plusieurs mètres d’épaisseur brûlèrent par les faisceaux d’énergie alors qu’ils s’écrasaient sur le Consul Thracii. Le Capitaine du navire demanda que l’attaque soit annulée. Il ne parviendra pas à atteindre sa cible ; déjà, la plupart des générateurs de son Bouclier Void avaient été détruits lors de l’attaque. La réponse de Mahzur fut de faire arrêter le Capitaine par le Commissaire du navire et de prendre sa place de commandement.

La tentative du Contre-Amiral Mahzur d’éperonner le cuirassé ennemi à lui seul était à l’origine d’une légende de la Marine Impériale. C’était un acte héroïque mais condamné qui avait coûté à la Flotte de Bataille Scarus un bon croiseur de classe Gothic, et au Contre-Amiral et à son équipage la vie. Les élèves officiers de Cypra Mundi se disputèrent pendant des décennies pour savoir si l’attaque du cuirassé ennemi était le summum de la bravoure ou si elle était téméraire au-delà de la rédemption. Pour ceux qui combattirent sur Vraks, son sacrifice ne signifia pas grand chose.

La bataille avait transformé la zone immédiate de l’espace autour du monde renégat en un cimetière de Space Hulks. Les débris des coques abandonnées de onze navires de la Marine Impériale jonchèrent désormais la zone. La facture en vie avait été extrêmement coûteuse. Ils avaient perdu le Consul Thracii, le plus grand navire de classe capitale ayant été détruit. Quatre frégates de classe Sword, deux Vaisseaux de Défense et le cargo lourd Izra Mors avaient également disparu avec lui. Les trois cargos transformés en Brûlots avaient également été perdus. À ces pertes s’ajoutaient les dommages subis par presque tous les autres navires encore en activité. Le Lord Bellerophon avait survécu, mais de justesse, et il fallu de nombreuses années pour le remettre en état et le rendre à nouveau opérationnel. De même, l’Orion fut lourdement endommagé. Seul le Covenanter avait survécu avec de légers dommages et était apte à reprendre son service.

Parmi la flotte ennemie, des pertes purent être confirmées sur l’Aharon’s Bane et sur au moins quatre Infidel et Iconoclast. Mais l’ennemi avait pris le contrôle total du système Vraks et était maintenant libre de décharger sa cargaison de dizaines de milliers de soldats à la surface. Le Blood Dawn lança à son tour d’autres Dreadclaws, tous remplis de Berzerks vénérant Khorne, dont les tristement célèbres Berserkers de Skallathrax et la bande de guerre des Skulltakers du Maître de Guerre Zhufor le Sanguinaire, lui-même considéré comme un lieutenant de confiance d’Abaddon le Fléau. Le Ferrum Invictus allait lancer sur le Monde Arsenal une large bande d’Iron Warriors, dont l’expertise en matière de guerre de siège allait grandement aider les forces du Cardinal Apostat.

La défaite dans la Première Bataille Navale de Vraks allait également coûter aux régiments de siège de Krieg engagés à la surface beaucoup de sang, et leur coûter finalement la victoire que les dix dernières années de dure guerre de tranchées avaient mis à leur portée.[28]

Chapitre Six : Sortir de l'Impasse

« Pour ces hommes, il ne peut y avoir d’après Vraks. »
- Commissaire Oblonsk, 19e Régiment de Siège.

Le Plus Grand Obstacle

En 124822.M41, le 468e Régiment de Siège avait rompu la deuxième ligne de défense et les vannes furent ouvertes. Les forces de Krieg ayant avancé sur tous les fronts, les forces renégates avaient été forcées de battre en retraite ou de faire face à un encerclement qui assuraient leur anéantissement. Reculant de leurs positions, les forces ennemies laissèrent derrière elles leurs arrière-gardes pour ralentir leur poursuivant et se replièrent rapidement vers la ligne de défense intérieure, où elles pourraient tenir et combattre à nouveau.

Encerclant la Forteresse de Vraks sur un front de 150 km, les défenses intérieures n’étaient pas une simple ligne de tranchées, mais une zone de défenses lourdes pouvant atteindre 8 km de profondeur. Elle était à nouveau plus épaisse que les deux lignes de défense précédentes, qui avaient déjà mis neuf ans de combat pour être brisées. La ligne de défense intérieure était la plus ancienne et la meilleure des défenses de la Citadelle de Vraks. Depuis la fondation de Vraks en tant que Monde Arsenal et la création des installations de stockage du Departmento Munitorum, l’Imperium avait construit des défenses pour protéger son précieux matériel de guerre. Par la suite, les Gouverneurs Planétaires et les responsables de l’Administratum n’avaient cessé de renforcer les défenses avec des projets de plus en plus ambitieux. Et comme de plus en plus d’entrepôts souterrains avaient été construits, on avait estimé que davantage de défenses étaient nécessaires.

Les défenses elles-mêmes consistaient en des lignes de tranchées bien planifiées et bien visibles avec des bunkers, des casemates, des emplacements de canons, des fosses de tir d’artillerie renforcées par des redoutes et des positions de soutien en sacs de sable. En dessous se trouvaient des complexes de bunkers et des abris labyrinthiques, enterrés à l’abri de l’artillerie ennemie. Tous avaient des champs de tir interconnectés pour transformer chaque approche en une zone de tuerie. Comme auparavant, la ligne de défense était encore protégée par des ceintures de fil barbelé, des milliers de pièges à chars et des champs de mines denses. Contrairement aux deux précédentes ceintures défensives, celle-ci était soutenue par l’important arsenal de silos laser de défense de Vraks. Le rôle principal des lasers de défense était de protéger la Citadelle et le port orbital des d’assaut direct. Ces énormes lasers pouvaient cibler et endommager les vaisseaux spatiaux ennemis, mais pouvaient également être utilisés comme artillerie lourde au sol. La portée des lasers de défense était telle qu’ils pouvaient facilement engager les attaquants de Krieg et les bunkers des lasers de défense seraient des cibles pour l’artillerie lourde de Krieg. Mais chacun avait été construit pour le protéger d’un bombardement orbital, il était donc peu probable qu’une artillerie terrestre soit assez puissante pour les détruire. Tout cela faisait des lignes de défense intérieures une perspective intimidante pour un attaquant. Pire encore, les forces traîtresses du Cardinal Xaphan avaient eu une décennie pour les renforcer. Les forces du Cardinal Xaphan avaient été armées de canons à vue et d’artillerie pouvant tout balayer par le feu.

Avant sa chute soudaine lors du soulèvement du Cardinal Xaphan, Vraks était considéré comme imprenable. Seule la puissance infini de l’Imperium, avec ses ressources inépuisables en hommes de combat et en matériel de guerre, aurait pu envisager d’attaquer de front les défenses de Vraks. Même la machine de guerre apparemment inarrêtable de la Garde Impériale avait mis la plus grande partie d’une décennie, au prix de 41 000 000 de morts (et de nombreux autres blessés), pour se frayer un chemin jusqu’à la ligne de défense intérieure.

Nombreux étaient ceux parmi le haut commandement de la 88e Armée de Siège qui pensaient qu’ils étaient maintenant confrontés au plus grand obstacle de l’armée. La zone défensive intérieure avait été renforcée et améliorée depuis la fondation de Vraks. Au-delà se trouvait la courtine de la forteresse et à l’intérieur de celle-ci, perchée au sommet d’un affleurement volcanique, se trouvait la forteresse elle-même, le centre névralgique de Vraks. Tous deux étaient bien défendus, mais c’étaient des obstacles immuables qui pouvaient être pulvérisés par l’artillerie lourde. La ligne de défense intérieure n’était pas une cible unique et les régiments de siège en première ligne devaient commencer le lent processus d’attrition et de petits gains à un coût élevé pour finalement la franchir. Une fois à l’intérieur de la ligne de défense intérieure, ils pensaient que le mur de protection et la forteresse elle-même tomberaient relativement rapidement.[29]

De Petits Gains

Le Haut Commandant de la 88e Armée, le Seigneur Commandant Zuehlke, qui observait depuis son lointain quartier général sur Thrace Prime, était parfaitement conscient qu’on lui avait donné 12 ans pour reprendre Vraks. Douze ans avec le soutien total du Departmento Munitorum pour le ravitaillement et les remplacements des pertes. Son plan de campagne avait été brutalement simple et soigneusement établi. Il avait accordé une grande attention à la logistique nécessaire et n’avait guère pensé aux pertes qu’il entraînerait. Il ne lui restait plus que trois ans pour mener à bien sa mission. Compte tenu de ce qui les attendait encore, aucun officier d’état-major ne croyait sérieusement que le calendrier de douze ans pouvait être maintenu. Ce qui se passera lorsqu’ils auront manqué de temps, personne ne le savait encore. Le plus probable serait l’échec et la défaite, car l’intensité de la guerre ne serait plus maintenue, la priorité de l’approvisionnement diminuerait, les régiments pourraient être retirés et redéployés et ainsi la perspective d’une victoire finale s’éloignerait, laissant la 88e Armée piégée dans une guerre qu’elle ne pourrait pas gagner. Le Cardinal Xaphan ne s’en était peut-être pas encore rendu compte, mais s’il avait pu tenir trois ans de plus, il aurait alors surmonté la tempête et survécu. Ses forces avaient également souffert des horreurs de la guerre de tranchées et de lourdes pertes, mais elles avaient en quelque sorte rassemblé les forces nécessaires pour supporter la tension de neuf années de guerre totale. Ils avaient mené une campagne défensive et avaient saigné les forces de l’Imperium tout en minimisant leurs propres pertes. Ils avaient encore les stocks, les hommes et la volonté de continuer à se battre.

Le problème du Seigneur Zuehlke était simple. Le temps jouait contre lui, c’est pourquoi une nouvelle offensive était de la plus haute importance, mais les commandants sur le terrain signalaient que leurs efforts pour percer la deuxième ligne de défense avaient épuisé leur force de frappe. Les pertes en hommes et en matériel avaient été stupéfiantes. L’ennemi continuait à se battre avec acharnement, parfois avec fanatisme. Renouveler l’offensive contre la ligne suivante de bunkers et de tranchées serait futile et ne ferait qu’entraîner de nouvelles pertes sans aucun gain. Ils n’avaient pas la puissance de combat nécessaire pour faire des percées valables. Les 18 régiments de siège de la 88e Armée avaient besoin de temps pour se renforcer profondément et se réapprovisionner pour reconstituer leurs forces en vue de la nouvelle offensive qui les verra à nouveau se déchirer contre l’ennemi. Pendant ce temps, ils continueraient à harceler l’ennemi avec des tirs d’artillerie, des raids de tranchées et de petites attaques visant à épuiser les ressources, mais une offensive totale était impossible. Bien sûr, une accalmie dans les combats donnait également à l’ennemi le temps de se remettre, de se réarmer et de réorganiser ses défenses.

Les espoirs d’une offensive immédiate ayant été anéantis, la Death Korps entama sa lente et impitoyable progression. Creusant des lignes de tranchées au fur et à mesure, elle se déplaça vers leur nouvelle ligne de front. entourant les lignes de défense intérieures. Tout en harcelant le feu ennemi, ils menaçaient de mort soudaine et inattendue, mais le travail continuait, jour après jour, semaine après semaine, et le paysage de Vraks fut rongé par un labyrinthe de tranchées-abris, de communication et de ravitaillement qui s’étendaient jusqu’aux deuxièmes lignes de défense. Cela permettait d’éviter d’utiliser les routes de service qui avaient longtemps été prises pour cible par l’artillerie ennemie, dont les barrages précis rendaient les mouvements dangereux, car des grappes d’obus tombaient soudainement sans avertissement.[30]

L'Assaut sur la Crête Mortuaire

Dans le secteur 558-470, le 468e Régiment du 46e Corps de Ligne, qui tenait le flanc droit du corps, se trouvait confronté à une situation tactique difficile. Leur ligne de front faisait face à une crête basse, longeant une vallée peu profonde, surplombée par les positions ennemies. Ce n’était évidemment pas l’endroit pour s’enfoncer longtemps, exposant les compagnies avancées à des tirs plongeants. Leur choix était soit de se retirer hors de portée, mais de laisser un vaste no man’s land qu’il faudrait éventuellement traverser à nouveau, soit de continuer et d’essayer de gagner la crête et de lutter contre l’ennemi.

Le commandement de la 88e Armée demanda au 468e Régiment d’avancer et de prendre pied. Dans ce secteur, il y avait une série de crêtes basses s’étendant à peu près vers le sud-est, et chacune d’elles devait être capturée à son tour car elles offraient à l’ennemi les meilleures positions de tir et d’observation sur des kilomètres dans toutes les directions. Un assaut fut ordonné le long de la crête que les Gardes, avec leur sensibilité macabre typique, baptisèrent "Crête Mortuaire".

Incapable de s’engager dans une attaque régimentaire à grande échelle, l’assaut se concentrerait sur un combat plus vil et plus rapproché avec des objectifs limités. Pour l’instant, le 468e ne chercherait pas à s’enfoncer dans les lignes ennemies, mais seulement à forcer l’ennemi à quitter les hauteurs immédiates au-dessus de lui. Afin d’empêcher les renforts ennemis d’atteindre le champ de bataille, les régiments de chaque côté seraient tenus de lancer leurs propres assauts de diversion, pour maintenir la pression et empêcher les troupes ennemies de se redéployer.

L’attaque serait menée le long d’un front de 4 km, avec cinq compagnies engagées dans la bataille lors de la première vague. et deux autres en réserve. Sur le flanc gauche, deux autres compagnies du 468e Régiment mèneraient l’attaque de soutien. Après les batailles précédentes, aucune de ces unités n’était à plein potentiel, plusieurs étaient même en dessous de la moitié de leur effectif initial. L’heure de l’attaque fut fixée à 078823.M41, les chars de la 72e Compagnie se déplaçant vers le haut pour aider à l’effort principal juste avant le départ. De la 72e Compagnie, seuls quatre Leman Russ étaient disponibles pour l’action, mais un soutien blindé supplémentaire avait été demandé. La clé de l’attaque serait le soutien de l’artillerie. Toute l’artillerie du régiment était en place pour l’attaque, une grande partie étant destinée à tirer un barrage en caisson pour isoler davantage la zone des renforts. En tout, 360 canons allaient être utilisés, mais beaucoup étaient à court de munitions et dans un état douteux après avoir été constamment utilisés ces dernières semaines, les canons usés et les pistons de récupération défaillants étant un défaut courant, ce qui entraînait une imprécision dans beaucoup d’armes plus lourdes.

Après le bombardement préliminaire, les mortiers dressaient un écran de fumée avant que les hommes et les chars n’attaquent les pentes dénudées de la crête. Au fur et à mesure de leur avancée, les mortiers, qui soutenaient les armes lourdes telles que les canons automatiques et les obusiers lourds, tiraient un flot d’obus au-dessus de leurs têtes pour plonger sur les positions ennemies à l’arrière, dans le but de supprimer les positions d’armes lourdes ennemies.

La position ennemie au sommet de la ligne de crête était forte. Une première ligne de tranchées était soutenue par une solide ligne de défense qui comprenait de nombreuses positions de casemates pour les armes lourdes. En plus des abris creusés en dessous, la ligne comportait des bunkers renforcés et des fils barbelés, des pièges à chars et des champs de mines dans le no man’s land. À gauche de la zone d’assaut se trouvait une concentration de défenses et de positions de tir désignées sous le nom de Fort C-585, ainsi qu’un autre point fort sur la ligne appelé "Redoute Mortuaire". Sur la pente arrière de la crête se trouvaient des positions d’artillerie ennemies, prêtes à tirer un contre-barrage dans le no man’s land.

Dans la ligne se trouvaient les 31e, 33e, 53e, 54e et 68e Compagnies d’infanterie du 468e Régiment. La 31e Compagnie avait pour tâche de purger la Redoute Mortuaire tandis que la 54e avait la tâche redoutable d’attaquer le Fort C-585. Leur attaque serait soutenue par les chars disponibles, dont deux Chars Lourds Macharius libérés de leurs compagnies de réserve pour aider à faire face au point fort. L’heure de l’attaque fut fixée à 078823.M41 et, dans les heures qui précédèrent, les tranchées avant commencèrent à se remplir de pelotons d’assaut. Des grenades et des munitions supplémentaires furent distribuées et un dernier appel fut fait par les Quartiers-Maîtres alors que les sinistre personnages se préparaient à suivre le sillage de l’attaque et à récupérer tout l’équipement qu’ils pouvaient.

En 077823.M41, le bombardement d’ouverture commença. Au-dessus du ciel, le passage des obus sortants criait et derrière eux, le grondement des obus de bombardement massifs qui montaient haut et plongeaient sur les bunkers et les casemates de l’ennemi. Le Capitaine Fodor, commandant de la 54e Compagnie, regardait par-dessus le rebord d’une tranchée à travers son périscope, alors que son objectif était enveloppé de flammes, de fumée et de poussière. Le barrage s’écrasa sur les défenses de l’ennemi, roulant comme le tonnerre en avançant sur les positions arrière, bousculant le sol et projetant des blocs rocheux haut dans les airs. Le bombardement tout-puissant se poursuivit tandis que les escouades de mortiers avant ouvraient la voie, lançant obus après obus dans le no man’s land. Tous regardaient les nuages s’épaissir en une couverture dense qui se mêlait à la poussière pour former un brouillard gris. Il était temps de partir à l’assaut. Les Sergents aboyèrent l’ordre d’avancer et des bottes de marche grimpèrent les échelles jusqu’au parapet et s’enfoncèrent dans le no man’s land. On pouvait voir des silhouettes guindées qui avançaient à un rythme soutenu jusqu’à ce qu’elles disparaissent dans la fumée. Les moteurs des chars d’assaut s’animaient et ils avançaient en trombe aux côtés de l’infanterie.

Alors que les Gardes avançaient, l’artillerie s’arrêta et les canons de l’ennemi ouvrirent le feu. De l’arrière, il était impossible de voir ce qui se passait dans la fumée. Sur le flanc droit, la 33e Compagnie avait avancé le plus loin, dépassant la Redoute Mortuaire, mais épuisée, elle était maintenant prise sous un feu croisé de Bolters Lourds et d’obus provenant de sa gauche. Les hommes cherchaient à se mettre à l’abri dans des trous faits par les obus, le commandant de la compagnie était déjà mort, tué lors des premières salves. La 31e Compagnie se dirigeait vers la dangereuse redoute, mais elle subissait à nouveau des tirs concentrés. Bientôt, les obus de mortier ennemis commencèrent à tomber, y compris des obus incendiaires qui éclataient en explosions orange et jaune vif, dispersant un gel d’oxy-phosphore qui brûlait les vêtements et la peau. C’était un tir à vue précis et les pelotons de tête de la 31e Compagnie furent rapidement contraints de se mettre à terre. Au centre de l’attaque, la 52e Compagnie s’en sortait à peine mieux, mais ses pelotons de tête essayaient toujours d’avancer alors que les obus fusaient au-dessus de leurs têtes, rampant sur le ventre en direction des tranchées ennemies. La 54e Compagnie faisait face à l’imposant fort et c’était là que l’artillerie avait frappé dans ses plus fortes concentrations. Le sol était jonché de profonds cratères et l’un des Chars Leman Russ s’était déjà enlisé. Le char était immobilisé, mais il était devenu une casemate. Le tir d’obus altérait son canon de combat en remontant la pente du fort. Les fantassins se mirent à l’abri autour des chars et avancèrent à un rythme lent. Alors qu’ils émergeaient du nuage de fumée blanche, l’ennemi les attendait. Les casemates et les bunkers ne tardèrent pas à tirer un feu nourri. Les chars d’appui tracèrent un chemin à travers les cratères pour riposter. Le premier Macharius fut touché à plusieurs reprises, des balles et des tirs de laser ricochant sauvagement sur sa coque et sa tourelle alors qu’il ripostait au feu de ses deux canons de combat, écorchant les tranchées avec des explosifs et des éclats d’obus. Le second Macharius tenta de trouver une route vers l’avant, mais l’obus d’artillerie lourde ennemi avait atterri tout près, la force de l’explosion lui arrachant le flanc droit, laissant le mastodonte blindé immobilisé dans le no man’s land. Les blindés étaient en difficultés sur le terrain bouleversé. Un second Leman Russ fut détruit par une mine, son équipage quittant l’épave fumante pour être à son tour abattu par un feu nourri.

Sur le flanc gauche de l’assaut. La 65e Compagnie escaladait la partie la plus abrupte de la crête et elle avançait lentement sous la pression des mortiers ennemis. Derrière les compagnies attaquantes, les deux compagnies de réserve se déplacèrent dans les tranchées de front pour attendre leur tour afin d’avancer dans le maelström. Derrière eux, une compagnie de Cavaliers de la Mort se déplaçait vers le haut et attendait une chance d’exploiter une quelconque percée.

Toute la journée, la bataille fit rage. Les obus d’artillerie hurlèrent et crièrent, s’écrasant et tonitruant alors que les deux camps assortissaient les bombardements de l’autre avec des tirs de contre-batterie. Au centre, la 53e avait réussi à atteindre les tranchées ennemies et s’en allait à présent nettoyer à l’aide de grenades et de baïonnettes. Il semblait qu’ici l’ennemi était retombé dans ses points forts. D’autres pelotons étaient poussés en avant pour renforcer le premier succès contre l’inévitable contre-attaque. Ils avaient besoin de plus d’hommes et d’armes lourdes s’ils voulaient tenir ce qu’ils avaient capturé. Une batterie d’artillerie de campagne de Lanceurs Quadruples reçut l’ordre de s’installer en soutien à travers le no man’s land, mais elle fut prise dans un barrage alors qu’elle avançait, détruisant tous ses Transporteurs Centaurs et laissant les canons dispersés et abandonnés.

L’ennemi contre-attaqua, lançant l’infanterie depuis la couverture de la deuxième ligne de défense en une vague humaine. En rugissant et en criant, ils chargèrent à travers le feu défensif du Canon Laser, sautant dans les tranchées. Dans un tourbillon chaotique de mêlée, les hommes criaient, se battant à l’épée, à la hache, à la baïonnette et à mains nues. Quelque part dans la mêlée, le commandant de la compagnie avait été empalé à travers la poitrine et gisait mourant. Les Gardes de Krieg qui ne s’étaient pas repliés furent tués ou capturés et la tranchée fut rapidement reprise par l’ennemi.

Au Fort C-585, le Capitaine Fodor s’était accroupi à l’abri derrière l’épave encore fumante d’un Char Lourd Macharius. Il essayait de diriger ses sections avant et d’identifier les positions ennemies comme cibles pour ses propres mortiers. L’écran de fumée s’était levé mais la poussière était encore épaisse sur le champ de bataille et le ciel s’était rapidement assombri, menaçant une des averses torrentielles de Vraks. Une balle perdue ricocha sur le char et toucha son casque, le déséquilibrant - mais il ne fut pas blessé. Se remettant de ses blessures, le Capitaine vit le Macharius restant frapper directement un bunker ennemi, faisant voler en éclats le béton armé et en brisant les murs. Le char s’est remis en marche, des Bolters Lourds faisant claquer un flot de Bolts alors que l’équipage à l’intérieur s’efforçait de recharger les deux canons pour le prochain tir.

Fodor fit signe à ses escouades de tête et se leva de sa couverture, son escouade de commandement derrière lui. Tirant son Pistolet Laser de son étui, il fit signe à ses hommes d’avancer, montrant l’exemple. Pouce par pouce, cratère par cratère, ils se rapprochaient de leur objectif. Bientôt, ses escouades lancèrent des grenades dans les fosses et les tranchées de l’ennemi. Dans leurs bunkers et leurs casemates, l’ennemi tenait toujours bon. Fodor se mit à l’abri. Il glissa dans un cratère peu profond où cinq Gardes de Krieg gisaient déjà morts, les corps déchiquetés par les éclats d’obus. Il était proche de son objectif. Avec quelques escouades de plus, il pouvait ramener son attaque à l’objectif et prendre le point d’appui. Appelant son vox-opérateur, il vit son aide jeté en l’air, sa jambe coupée après avoir marché sur une mine. Le sang du moignon de sa jambe se répandit dans la boue autour de lui. Le Capitaine tira le communicateur-vox de son dos et appela de l’aide. « Envoyez la deuxième vague pour le soutenir maintenant et l’objectif tombera, » exhorta t-il à ses commandants.

Alors que Fodor luttait pour sa vie dans le no man’s land, la férocité de l’échange initial d’artillerie s’était relâchée à mesure que les artilleurs trouvaient leur rythme naturel. De retour dans les tranchées de Krieg, les pelotons de la deuxième vague s’organisaient encore et fournissaient du matériel supplémentaire lorsqu’ils reçurent l’ordre urgent d’attaquer. Les hommes se levèrent d’un bond alors que les Quartiers-Maîtres les poussaient à l’action. Ils s’empilèrent sur les parapets et traversèrent le no man’s land, un terrain ravagé par le feu. Quelques hommes de Fodor avaient atteint le Fort C-585. Se cachant dans les tranchées ennemies et gardant leurs flancs, ils étaient les plus avancés de l’attaque qui était maintenant au point mort, comme tant d’autres avant eux, dans le terrain meurtrier du no man’s land sous un feu nourri.

La deuxième vague se précipita à travers la désolation sous la forme d’une marée grise et déchiquetée. Elle s’était accroupie contre les explosions d’artillerie qui continuaient d’éclater autour d’elle. Les pelotons d’attaque avançaient à toute allure, sans tenir compte des hommes qui trébuchaient et tombaient, arrachés de leur milieu par le feu de l’ennemi. Ils envahirent bientôt la position de Fodor et coururent à l’attaque du Fort C-585, baïonnettes au canon. Beaucoup moururent mais beaucoup d’autres se jetèrent dans les tranchées ennemies ou par-dessus leurs sacs de sable. poussant et tailladant avec leurs longues baïonnettes à étincelles, repoussant l’ennemi. Pistolet Laser toujours en main, Fodor lui-même mena l’attaque contre un bunker. Déjà percé par les obus du Macharius, Fodor pouvait voir des figures ennemies qui tenaient encore à l’intérieur. Il rassembla les hommes autour de lui et les conduisit vers l’objectif. Accroupi dans une tranchée ennemie, il s’y fraya un chemin, pistolet à la main. Il ordonna à ceux qui se trouvaient derrière de lancer des grenades à chaque coin et dans chaque tranchée qu’ils passaient. Lorsqu’il était à portée de tir, il fit appel à un Lance-Flammes de l’escouade pour faire sauter la brèche du bunker, puis il ordonna à tous les autres de le suivre et de charger la brèche.

Le Lance-Flamme rugissait alors que son jet orange vif de prométhéum jaillissait au-dessus du bunker, brûlant et fumant férocement. Une deuxième explosion traversa la brèche et enflamma tout l’intérieur. Immédiatement, Fodor sauta et se précipita sur la brèche enflammée, courant à travers les flammes, vidant son Pistolet Laser alors qu’il s’engouffrait dans l’intérieur enfumé du bunker. Ses hommes suivirent et écrasèrent rapidement les quelques ennemis qui se trouvaient à l’intérieur, les tuant tous au cours d’un combat au corps à corps. Pendant le combat, une balle perdue frappa le Capitaine au poignet, le forçant à abandonner son arme de poing. Dans la douleur, saignant, noirci et carbonisé par la fumée et les flammes, Fodor organisa la défense du bunker capturé, refusant de se retirer malgré sa blessure.

Le premier des bunkers du Fort C-585 était tombé à l’assaut et les autres allaient bientôt suivre, chacun après une attaque tout aussi furieuse. Alors que les renforts arrivaient, le Char Macharius survivant se mit en position, créant un nouveau rempart pour la forteresse. La 54e Compagnie avait capturé son objectif et il semblait maintenant qu’elle avait la force de le tenir.

Les attaques plus loin sur la ligne n’avaient pas autant eu beaucoup de succès et la plupart avaient été forcées de s’échouer dans les cratères et les trous d’obus. Alors que la nouvelle du succès de la 54e Compagnie se répandait, les attaques interrompues reprirent. La 54e Compagnie ayant maintenant dégagé des tranchées devant elle, le poids du feu ennemi s’était relâché. Bientôt, les 52e et 31e Compagnies avaient également signalé qu’elles avaient atteint leurs objectifs de la journée. Les premières défenses de la Crête Mortuaire avaient été prises.[31]

La Foudre s'Abat

Les Space Marines du Chaos arrivent sur Vraks.
Alors que les compagnies d’attaque du 468e Régiment s’emparaient de leurs objectifs, l’orage se déchaîna, fracassant le ciel d’éclairs et de coups de tonnerre. Les sombres nuages sulfureux inondèrent le champ de bataille dans une mousson aveuglante qui a rapidement transformé la poussière volcanique de la planète en boue grise collante. Alors que la tempête, courte mais violente, s’abattait, les Modules d’Atterrissage Dreadclaws et les plus grandes vaisseaux de débarquement de l’Anarchy’s Heart, maintenant en orbite très haut, plongèrent sur Vraks.

Les baies de lancement des cuirassés du Chaos libérèrent leur terrible cargaison et les artilleurs braquèrent leurs armes sur Vraks qui se trouvaient en dessous. Dans les tranchées et les abris creusés à travers les Désolations de Van Meers, les Gardes ressentirent la puissance impressionnante des canons du cuirassé. Le bombardement orbitale qui annonçait l’arrivée de la force d’assaut explosa dans un rugissement de terreur sur le paysage déjà torturé. L’air craqua et s’était aminci sous l’impact des batteries, brûlant par endroits la roche jusqu’au verre noir par l’intensité de leur chaleur. Des obus de Macrocanons creusèrent de grands trous à la surface de la planète, l’éclatement de chaque coup de canon déchiquetant les roches et laissant une épaisse couche de cordite et de poussière. Les régiments de siège n’eurent aucune réaction face à la puissance de feu qui pleuvait sur eux depuis le haut. Aucun tir de contre-batterie ne pouvait supprimer cet ennemi. Les tranchées étaient détruites en un seul coup, les canons d’artillerie lourde étaient retournés comme un jouet d’enfant et laissés en pièces irréparables. Les Gardes de Krieg se précipitèrent pour se mettre à l’abri alors que la tempête s’abattait sur eux.

Le Capitaine Fodor observa le bombardement depuis son bunker à moitié détruit, sa main blessée enfoncée dans son grand manteau, laissant échapper une tache rouge sur sa poitrine. Il vit une grande traînée de flammes jaunes courir dans le ciel orageux, tandis qu’un énorme obus déchirait l’atmosphère et striait la terre. L’explosion lointaine souleva un immense nuage en forme de champignon avant que le fracas réverbérant de sa détonation ne l’atteigne. Tout autour, le feu tombait du ciel. Sa propre ligne de tranchée à la base de la Crête Mortuaire avait été directement touchée et il ressenti l’onde de choc secouer le bunker comme un tremblement de terre alors qu’il roulait sur lui.

D’autres éclairs fendirent le ciel lors de la chute des modules, chacun traînant la queue d’une comète ardente qui s’enflammait dans l’atmosphère, des propulseurs conduisant chacun vers sa cible. Le ciel était rempli de Modules d’Atterrissage en chute libre, plongeant dans la tempête, faisant tomber les éclairs sur Vraks. Les forces du Chaos s’écrasèrent sur la planète, chaque modules s’ouvrant pour libérer une horde de serviteurs sanguinaires et blasphématoires des Dieux Sombres. Le bombardement orbital cessa lorsque les forces d’assaut atterrirent. La plupart d’entre elles avaient visé les lignes de front autour des lignes de défense intérieures. Des bandes de Berzerks de Khorne des Skulltakers, des World Eaters et des Berserkers de Skallathrax parcouraient désormais les lignes de tranchées, attaquant avec une fureur divinement inspirée partout où ils rencontraient l’ennemi. Il ne s’agissait pas d’un assaut frontal à travers le no man’s land et les défenses de Krieg n’étaient pas préparées à une attaque aussi soudaine. Les défenses anti-aériennes étaient très peu développées et la force principale de chaque régiment se trouvait au front. Soudain, les positions d’artillerie étaient envahies et d’importantes tranchées de ravitaillement étaient perdues au profit de l’ennemi. Les abris de commandement furent attaqués et transformés en abattoir remplies de sang par les Pistolets Bolters et les Haches Tronçonneuses flamboyantes des guerriers psychopathes de Khorne. Le chaos et la confusion régnaient, comme le voulait le Seigneur de l’Abattage. Les combats de tranchées soigneusement organisée ne pouvaient pas aider les Gardes de Krieg qui se trouvaient soudainement assaillis de tous côtés. Des rapports d’attaques arrivaient de secteurs éloignés, longtemps considérés comme hors de portée de l’ennemi.

Au Fort C-585, le Capitaine Fodor et ses hommes furent soudainement attaqués par les traîtres en armure pourpre d’une bande de guerre Skulltakers. Chacun était un tueur enragé, impie, avec une soif insatiable de sang. Les Space Marines du Chaos sortirent de leurs Modules d’Atterrissage et ne tardèrent pas à purger les tranchées en combat rapproché, empilant les corps des Gardes de Krieg tués au cours de leur avancée. C’était un combat rapproché désespéré, mais les Gardes de Krieg avaient peu de chance. Leurs adversaires n’étaient plus la chair faible et la volonté aléatoire de simples hommes, mais des Space Marines poussés par la puissance de leurs dieux fous. Ils étaient invincibles, déchirant les escouades de Krieg dans un véritable massacre. Le Capitaine Fodor tenta de rallier ses troupes, mais beaucoup se repliaient déjà à travers le no man’s land. Il vit le Char Lourd Macharius tirant avec ses Bolters Lourds alors que les Légionnaires renégat grimpaient sur ses flancs et sur la tourelle. Les trappes furent ouvertes et l’équipage traîné dehors en criant. Un énorme champion de Khorne souleva le commandant du char pour le dégager de la tourelle, faisant pendre d’une seule main le corps du commandant qui luttait. Il inspecta le faible mortel avant qu’une entaille de sa Hache Tronçonneuse maculée de sang ne le décapite. Le corps fut jeté à l’écart, le sang coulant en ruisseaux du cadavre. Le champion a rugi son triomphe vers le ciel puis sauta de la tourelle d’un seul bond puissant et poursuivit sa course à la recherche de sa prochaine victime.

Tout autour de lui, les hommes de Fodor tiraient depuis les meurtrières restantes du bunker marqué par la bataille. C’était maintenant au tour du Capitaine de défendre sinistrement le bunker alors que l’ennemi se rapprochait. Le premier Space Marine renégat à sauter dans la brèche fut anéanti par une explosion à bout portant qui le transforma, ainsi que son armure, en un tas de scories carbonisées et fumantes, mais d’autres suivirent bientôt. Les hommes de Fodor plongèrent pour se mettre à l’abri lorsqu’une grenade explosa à l’intérieur, le souffle retentissant les paralysant. Une autre grenade explosa, puis une autre, remplissant le bunker d’une fumée aveuglante. À travers la fumée, l’ennemi chargeait, les haches levés vers le ciel, leurs lames tournoyantes propageant le sang. De sa main indemne, Fodor dégaina son épée et se lança sur le premier ennemi. Sa poussée fut parée, la hache de l’ennemi faisant voler sa lame en éclats. Le traître le frappa de l’épaule, envoyant le Capitaine hébété s’étaler sur le sol. L’ennemi suivit son chef et bientôt le bunker fut envahi. Les cadavres des défenseurs gisaient déchirés et déchiquetés, leurs têtes coupées se rassemblaient en un tas sanglant. Le sol était couvert de sang qui s’écoulait des murs. Étourdi et blessé, Fodor rampa à travers le sang à la recherche d’une sortie, mais fut soudainement arraché du sol par une puissante prise. À peine conscient qu’il était soulevé de ses pieds, il se balança des jambes et vit la grille fumante du visage d’un casque blindé rouge, une lumière malfaisante brillante derrière sa visière. Le casque était éclaboussé de sang et portait les gravures de nombreuses runes impie. La prise de son armure se resserra autour de son cou et il commença à s’étouffer lorsque la Hache Tronçonneuse du Marine renégat s’écrasa pour lui prendre la vie. Un coup rapide ajouta la tête du Capitaine au tas de sanglant.

L’attaque des Skulltakers vit le 468e Régiment repoussé en bas de la Crête Mortuaire. Le débarquement planétaire soudain les avait balayés et avait rétabli les lignes de front.[32]

Contre-Offensive - Désastre à 61-47

Les attaques soudaines du Chaos avaient plongé les régiments de Krieg dans la confusion et transformé la nature du Siège de Vraks. Une guerre d’usure lente et statique était soudain devenue une bataille plus fluide, l’ennemi étant capable de frapper profondément derrière les lignes. La longue ligne de front n’était plus le seul champ de bataille. Bien que les attaques soudaines aient causé beaucoup de dégâts, les renforts ne possédaient pas encore l’équipement lourd et les armes nécessaires pour détruire les positions défensives des régiments de Krieg. Leurs raids ne pouvaient pas tenir le terrain qu’ils avaient capturé et après le choc initial, les régiments de Krieg commencèrent à se rétablir. À certains endroits, la ligne de front avait été percée et l’ennemi avait capitalisé et repoussé, à d’autres, elle avait tenu bon. Au cours des semaines suivantes, d’autres équipements lourds allaient arriver de l’orbite, et les forces du Chaos pourraient chercher à faire des gains plus permanents. Les forces du Cardinal Apostat cherchèrent également à se joindre aux attaques, en fonçant dans le no man’s land pour attaquer les positions affaiblies de la ligne de front et récupérer le terrain perdu. Là où il y avait jadis un anneau de tranchées autour de la forteresse de Vraks, le tableau était devenue moins clair. Par endroits, la ligne de front était restée dans la même position. Par ailleurs, elle avait dû se retirer car les forces renégates capturèrent et fortifièrent le terrain qu’elles avaient perdu il y a plus d’un an.

Le problème rencontré par les commandants de Krieg était qu’après avoir détenu l’initiative pendant si longtemps et avoir dicté où les attaques auraient lieu, ils avaient maintenant perdu cette initiative. Ils menaient maintenant une guerre défensive, essayant de tenir le terrain conquis contre des attaques furieuses inspirées par l’arrivée de puissants renforts pour les rebelles du Cardinal.

Le problème de l’approvisionnement était encore plus important. La perte du système Vraks avait laissé la 88e Armée de Siège bloquée avec sa ligne de ravitaillement coupée. Les hommes de remplacement, les canons, les munitions, le carburant et les réserves nécessaires pour maintenir l’élan de la guerre avaient tous été acheminés sur Vraks depuis l’extérieur de la planète, et bien que les stocks actuels étaient encore importants, cela signifiait qu’ils ne pouvaient plus être réapprovisionnés. La situation était désastreuse. Combien de temps les régiments de Krieg pourraient-ils faire la guerre avec des réserves toujours plus réduites ? L’état-major du Seigneur Commandant Zuehlke s’était mis au travail pour calculer le temps que cela allait durer, en se basant sur les milliers et les milliers de rapports qu’il avait reçus des Quartiers-Maîtres.

Alors que leurs travaux commençaient, la nouvelle de la catastrophe imminente sur Vraks était parvenue au Haut Commandement du Segmentum Obscurus sur Cadia. Alarmés par le fait qu’après dix ans de guerre brutale, la mission sur Vraks risquait d’échouer totalement, une enquête fut commandée pour déterminer ce qui avait mal tourné. Dirigée par le Haut Logisticien adjoint du Departmento Munitorum, Istar Ornus, l’enquête avait le pouvoir de démettre le Haut Commandement actuel s’il s’avérait qu’il avait manqué à son devoir envers l’Empereur. Les nouvelles de la défaite imminente devaient également être rapportées au Seigneur du Departmento Munitorum sur Terra et de lui, elles parviendront finalement aux Hauts Seigneurs de Terra eux-mêmes. Leur colère face à l’échec et au gaspillage de ressources précieuses verra de nombreuses carrières ruinées et de nombreux officiers seront bannis dans des régiments pénitentiaires ou envoyés pour faire face à la nouvelle menace croissante qu’était alors les Tyranides dans les Franges Orientales. Mais les intrigues politiques visant à sauver la face et les carrières n’avaient rien fait pour secourir les régiments de Krieg qui risquaient d’être anéantis sur Vraks.

D’autres mauvaises nouvelles pour les régiments de Krieg arrivèrent bientôt. Une nouvelle menace se profilait à l’horizon. Depuis son site d’impact à l’ouest du Plateau de Chaylia, l’Aharon’s Bane dégorgeait désormais de nouvelles bandes de guerre. Le crash du navire avait fait de nombreux morts, mais beaucoup d’autres avaient survécu et se préparaient maintenant au combat. Ils étaient très loin derrière les lignes de Krieg, et pire encore, aux côtés des guerriers fous du Chaos marchaient de nombreuses grandes machines de guerre. Parmi eux, les Titans de la Legio Vulcanum.

Comme leurs frères Space Marines, les Legios Titaniques avaient autrefois toutes été stoïquement loyales à l’Empereur, mais pendant la Grande Hérésie, beaucoup étaient tombés aux mains des Dieux Sombres et avaient rejoint les rangs d’Horus. Ceux qui avaient survécu à la défaite d’Horus s’étaient enfuis vers l’Œil de la Terreur, et là, enveloppés dans les pouvoirs Warp de l’Œil et protégés des ravages du temps et de sa corruption, les Titans s’y installèrent, s’aventurant au-delà seulement pour rejoindre les rangs des armées du Chaos et des Croisades Noires afin de renverser le règne divin de l’Empereur.

Cette nouvelle menace avait 160 kilomètres de Vraks à couvrir mais avançaient sans opposition. Les régiments de Krieg de la 1ère Ligne de Corps ne furent alertés de la présence de l’armée que lorsque celle-ci eut contourné la caverneuse gorge de la Mora et approchait du secteur 60-53. Avec l’arrière des lignes du 1er Corps sous la menace directe, la 88ère Armée de Siège devait se déplacer rapidement pour intercepter l’ennemi. Ce fut le 101e Régiment du 11e Corps d’Assaut qui reçut cette mission. Celui-ci s’efforça de se retirer en masse de la ligne et de renforcer rapidement les autres régiments du corps d’assaut avec des chars supplémentaires pour faire face au nouvel ennemi.

Le 101e Régiment commença son mouvement pour rencontrer l’ennemi en approche en 119823.M41. Au moment où il était en position pour lancer sa contre-attaque, l’ennemi avait balayé 50 km supplémentaires vers le sud, occupant l’ancienne seconde ligne de défense au fur et à mesure. La situation stratégique n’était pas bonne. L’ennemi d’avant-garde attaquait et l’ennemi d’arrière-garde menaçait de couper la 1ère ligne du corps du reste de l’armée. Tout ce qui faisait obstacle était le 101e Régiment, qui se préparait à lancer une attaque dans le secteur 61-47. Si elle échouait, elle risquait de coûter cher à l’armée.

En 158823.M41, la bataille commença. Les chars du 101e Régiment étaient en tête. Ils avançaient par compagnies alignées les unes à côté des autres. Leman Russ et Macharius, qui avançaient à un rythme soutenu, en ordre de marche, soulevèrent chacun une colonne de poussière. Avec eux se trouvaient les quelques chasseurs de Titans Shadowswords et Stormblades du corps d’assaut. Derrière eux, l’infanterie suivait à pied, suivie à son tour par l’artillerie de campagne, toujours derrière ses remorqueurs. L’artillerie lourde n’était pas très présente, car il n’y avait pas eu le temps de déplacer les gros canons et les munitions dont ils avaient besoin. C’était une guerre mobile pour laquelle le régiment de siège n’était pas bien équipé. Il n’avait pas non plus eu le temps d’effectuer une reconnaissance du terrain.

L’ennemi qui s’approchait était une horde d’infâmes, de renégats, de sous-hommes, de mutants-esclaves, de bêtes sauvages, de pirates et d’autres fugitifs de la justice de l’Empereur. La lie de la galaxie qui était venue sur Vraks pour y faire du pillage et gagner la faveur de leurs dieux. Ils étaient dirigés par les Space Marines du Chaos, vétérans d’un millier de batailles. Parmi eux se trouvaient les Titans. Leurs grandes enjambées secouaient la terre. Chacun d’eux diffusait un chant de litanies impie pour pousser ceux qui les entouraient à la bataille et les fouetter avec frénésie.

Les commandants du 1er Corps, accompagnés de leurs conseillers Commissaires, gravirent une petite colline d’où ils purent avoir une vue d’ensemble des engagements à venir. Ils regardèrent avec leurs Auspex à travers un champ de bataille déjà stérile et brisé, ressemblant à un paysage lunaire. Alors que les colonnes de poussière avançaient, ils surveillaient l’horizon pour voir si l’ennemi approchait, sachant que les premières à apparaître seraient les figures imposantes des Titans.

En fait, le premier ennemi à frapper fut une surprise totale. Des aéronefs se matérialisèrent soudainement dans le ciel turbulent de Vraks. Tels des frelons en colère, ils plongèrent sur les chars qui avançaient et qui se retrouvèrent totalement dépourvus de défenses anti-aériennes. Alors que les bombes tombaient, les tirs de Canons Laser ratissaient les escouades de chars qui avançaient. D’abord un, puis un autre char se transforma en flammes et en fumée. Des geysers bruns de terre et de roche se mirent à jaillir alors que les formations se dispersaient, cherchant à se mettre à l’abri du premier coup de semonce. Les aéronefs n’avaient pas participé à la guerre de Vraks auparavant. Soudain, une toute nouvelle dimension de la bataille s’était ouverte et, instantanément, l’ennemi avait eu la suprématie aérienne sur tout le théâtre. Les munitions étant épuisées, les aéronefs ennemis disparurent du ciel aussi rapidement qu’ils étaient arrivés. Malgré leurs pertes, les compagnies de chars de tête continuèrent à avancer. À l’horizon, le premier ennemi était maintenant en vue. On pouvait voir l’éclair lumineux des armes lourdes du Titans ouvrant le feu. Les chars de tête rencontrèrent les premières troupes terrestres ennemies. L’infanterie à bord des Chimères était déjà en position et attendait pour ouvrir le feu. À gauche et à droite, on pouvait voir les colonnes de poussière témoins de l’avancée des blindés.

Les Centaurs s’étaient arrêtés et les pièces d’artillerie de campagne furent rapidement maniées par les hommes pour être prêtes au combat, les transporteurs de munitions s’avançant pour livrer les stocks à chaque canon. Bientôt, le bruit rapide des Lanceurs Quadruples se répercutait sur le champ de bataille, leurs quatre obus atterrissant en succession rapide, de petites explosions qui se fondaient en une seule et laissaient un épais nuage de poussière souiller le champ de bataille, obscurcissant la vue du commandant.

Maintenant, ils s’appuyaient sur des vox-relais pour obtenir une image de la bataille. Sur le front, il semblait que les premières positions d’infanterie ennemies avaient été envahies, des coques fumantes de Chimères s’ajoutant maintenant à la brume obscure, mais l’armement à longue portée des Titans avait trouvé sa place et commençait à prendre un lourd tribut. Les colonnes de poussière brune se transformèrent en fumée bleu-noir tandis que les chars étaient détruits par la puissance massive des Turbo-Lasers. Les chars ripostaient, leurs obus perforants frappant les Boucliers Voids des Titans avec des éclairs bleus électriques. C’était un combat inégal, même avec les Chars Super-Lourds en soutien. Un Shadowsword se trouva en position de tir pour engager les Titans qui avançaient, mais des tirs répétés sur les boucliers des Titans n’eurent aucun effet. Un tir en retour d’un Turbo-Laser frappa le canon principal du char et l’endommagea. Quelques secondes plus tard, une succession de tirs traversa le compartiment moteur et la superstructure, immolant l’équipage de commandement. Les survivants de l’équipage de la coque se sauvèrent alors que le Shadowsword crépitait et fumait derrière eux, ses condensateurs complètement chargés menaçant de détoner. Alors que l’équipage sprintait vers l’arrière, l’air était chargé de feu. Les tirs de chars et les tirs laser par centaines brûlèrent le champ de bataille, tandis que les obus d’artillerie s’apprêtaient à tomber.

Sur le flanc gauche, des blindés ennemis s’étaient joints à la bataille. Menés par les Land Raiders du Chaos, Predators du Chaos et Vindicators du Chaos, les blindés des Traîtres échangèrent des tirs avec les Chars Leman Russ. L’élan de l’attaque des Kriegs avait déjà faibli face à la puissance de feu des Titans et bientôt d’autres carcasses jonchèrent le champ de bataille alors que les Space Marines renégats se rapprochaient. La bataille fit rage pendant deux heures, gagnant en intensité, mais les rapports vox indiquaient bientôt que l’attaque des chars avait suivi son cours. L’ennemi avançait à nouveau, les Titans traquant à travers la fumée et les explosions. La contre-attaque du 101e Régiment avait été brisée et risquait d’être complètement anéantie. Des ordres de repli furent donnés et une compagnie de chars de réserve fut avancée pour gagner du temps en vue d’un retrait ordonné. Sur les seize Leman Russ qui avaient avancé, aucun ne revint. Pendant toute la nuit, le champ de bataille grouillait d’équipages de chars blessés et tachés de fumée qui tentaient de regagner leurs lignes, tandis que l’ennemi récupérait triomphalement tous les véhicules endommagés qu’il pouvait sauver.

Alors que les commandants du 101e Régiment écoutaient le braiment des voix sur leurs postes de commande, ils pouvaient compter les colonnes de fumée des épaves en feu devant eux. Cinquante-deux colonnes de fumée noire souillaient le ciel et la poussière en obscurcissait sans doute d’autres encore, ainsi que les véhicules qui n’avaient pas brûlé. Les pertes avaient été lourdes, surtout au niveau des blindés. Au total, près de 70 chars avaient été sacrifiés, dont 11 Chars Super-Lourds, ainsi que 27 pièces d’artillerie et un nombre encore inconnu de remorqueurs et de fantassins.[33]

Retraits et Retraites

La défaite du 101e signifiait que l’anneau autour de la forteresse ne pouvait être maintenu. Au lendemain de la bataille, le 1er Corps reçut l’ordre d’abandonner ses positions et de se déplacer vers l’ouest, mais même alors, ils pouvaient espérer éviter les Juggernauts qui s’abattait sur eux. Le flanc est de l’anneau de défense intérieur devait être abandonné. Afin de sauver le reste des régiments du corps, le 19e Régiment devait servir d’arrière-garde. Cet ordre était en fait une condamnation à mort, car le régiment serait piégé par l’avance ennemie, le dos cloué à la tranchée infranchissable de Demus. Leurs ordres étaient de combattre jusqu’au dernier, formant une poche de résistance qui permettrait aux autres régiments de gagner du temps pour se repositionner contre la nouvelle menace. Une fois isolé, le 19e ne pourrait pas être ravitaillé et l’ennemi ne tarderait pas à les envahir, surtout s’ils utilisaient leurs Titans. De tels sacrifices sans compromis étaient nécessaires pour sauver la situation stratégique - ne serait-ce que pour un court instant. Les 3e, 5e et 15e Régiments abandonnèrent leurs tranchées à 163823.M41, se déplaçant vers le nord-ouest et occupant les positions actuellement occupées par le 30e Corps de Ligne. Le 30e devait également se retirer et établir une nouvelle position ancrée sur les ruines de la deuxième zone d’habitation, sa ligne de front étant à peu près parallèle à la route de service de la zone d’habitation au sud-est. Ils seraient renforcés par d’autres unités du 11e Corps d’Assaut, formant ainsi le soutien de l’armée. Des centaines de milliers d’hommes et de véhicules étaient maintenant en mouvement, se dépêchant de creuser de nouvelles défenses alors que la force de secours ennemie avançait à leur rencontre.

Ce qui avait été une guerre avec une ligne de front clairement définie était devenu une affaire beaucoup plus désordonnée, les régiments de Krieg étant maintenant obligés d’affronter l’ennemi dans de nombreuses directions. La situation dans les secteurs de l’est était devenue très fluide. Toute chance de prendre la forteresse dans les délais impartis était désormais perdue à jamais.

Il faudrait un effort important pour éviter que le Siège de Vraks ne se termine par une défaite.[34]

Chapitre Sept : Au Bord de la Défaite

« Au service de l’Empereur, la Death Korps paiera n’importe quel prix. »
- Seigneur Marshall Arnim Kagori.

Un Nouveau Commandement

Les nouvelles de la situation périlleuse qui se développait alors sur Vraks étaient parvenues aux oreilles du Seigneur Militant Obscurus et de ses conseillers et collaborateurs sur Cadia. Depuis son immense centre de commandement fortifié, il avait une vue d’ensemble de la situation stratégique sur tout le Segmentum. Un homme très puissant, avec des milliers d’armées à son commandement et une ligne de communication directe avec Terra et les Hauts Seigneurs. C’était son état-major qui avait initialement conçu le plan pour assiéger Vraks et nommé le Seigneur Commandant Zuehlke. C’est à cet homme qu’il incombait maintenant de tout sauver. Il avait déjà habilité le Préfet Istar Ornus à enquêter sur la situation, dont la première recommandation était de remplacer l’état-major de la 88e Armée. Ces membres avaient manqué à leur devoir et avaient failli à l’Empereur, gaspillant les vastes ressources qui avaient été mises à disposition par le Departmento Munitorum.

La nouvelle de son licenciement imminent a eu peu d’impact sur le Seigneur Commandant Zuehlke. Placide et assuré en toute connaissance de cause qu’un homme de son rang social élevé ne pouvait pas tomber loin de la grâce. Zuehlke était déjà en lice pour un poste de commandement au sein de l’état-major de la 7003e armée de la Garde Impériale, se rassemblant pour contrer les attaques continues des Orks par le Grand Despote de Dregruk. C’était à ses subordonnés de supporter la colère de cet échec. Ceux qui n’avaient pas encore trié les nominations ailleurs risquaient d’être bannis dans des régiments pénitentiaires ou des commandements de campagne sur la Frange Orientale pour faire face aux invasions croissantes des Tyranides. Pour la plupart, cela équivalait à une condamnation à mort, car peu d’hommes qui avaient affronté les Tyranides en revenaient.

Avec la révision de la structure de commandement de la 88e Armée, un vide de pouvoir s’était formé. Qui devait diriger cette guerre ? Des voix puissantes cherchaient à tirer profit de l’échec. Dans le monde de San Artorus, les Cardinaux-Astraux du secteur affirmèrent que l’échec de Vraks était dû à un manque de foi. La bataille devrait être celle de la reprise de la Basilique souillée de Saint-Leonis et de la libération des saintes reliques du Saint des hérétiques. L’Archi-Hérétique Xaphan avait été l’un des leurs, et si quelqu’un devait le traduire en justice, c’était les forces de l’Ecclésiarchie de l’Empereur. Ils pouvaient fournir leurs propres forces pour aider à stabiliser la bataille sur le terrain et éviter la défaite, mais seulement à la condition qu’ils puissent nommer leur propre commandant. Ces revendications étaient soutenues par le Conclave Scarus de l’Ordo Hereticus, qui avait ses propres Inquisiteurs prêts à prendre le commandement. Ils chercheraient à imposer la règle de l’Inquisition à toute la 88e Armée de Siège et pourraient faire entrer toute l’organisation dans leurs rangs, en plaçant leurs Inquisiteurs à la tête de chaque régiment. La puissante alliance de lobbying et d’intrigue pour prendre le commandement de la 88e Armée était féroce. Dans les couloirs du pouvoir, la 88e Armée de Siège semblait être une récompense dont beaucoup voulaient avoir le contrôle.

Mais le Departmento Munitorum n’avait rien voulu entendre. L’armée de siège devait rester sous le contrôle de l’Administratum et c’était sur ses lignes de ravitaillement et son matériel que l’armée comptait. S’ils ne pouvaient pas nommer leur propre commandant, il faudrait alors revoir le statut prioritaire de la guerre, avait prévenu le Préfet Ornus. Il était peu probable que quiconque qui prendrait le contrôle puisse espérer gagner sans le soutien total du Departmento Munitorum. Il pourrait soudainement constater que les approvisionnements étaient moins abondants et qu’il fallait désormais remplacer les régiments de Krieg sur d’autres champs de bataille.

En tant que commandant suprême, le Seigneur Militant Obscurus estima qu’il était de son droit et de son devoir de trouver un remplaçant, malgré les demandes de toutes parts. Il a eu une tâche politique difficile pour réconcilier touts les partis. Il s’était finalement réservé le droit de nommer le commandant des troupes sur le terrain et a permis à ses adversaires les plus virulents de trouver des hommes pour rejoindre l’état-major du nouveau commandant et remplir les fonctions administratives. Beaucoup étant mécontents du résultat final, le commandement de la 88e Armée allait être mis sous pression pour transformer immédiatement la campagne. L’influence de l’Ecclésiarchie continua à faire pression et à retenir son soutien jusqu’à ce que son influence soit suffisante pour justifier le déploiement de sa puissance militaire.

Le commandant finalement choisi pour reprendre ce calice empoisonné fut le Maréchal Arnim Kagori, un commandant agressif et au palmarès impressionnant. Bien que maintenant âgé, il était considéré comme un choix sûr pour la 88e Armée de Siège. Comme son prédécesseur, c’était un noble, le descendant d’une famille qui avait longtemps servi dans les rangs supérieurs de la Garde Impériale. Parmi son grand entourage se trouvait son aumônier personnel, signe de la foi dévote du Maréchal en l’Empereur. Il était également un homme de routine stricte et d’idées fixes sur la façon dont une guerre devait être menée. Il avait commandé le 13e Régiment de Siège de Palladius pendant le long siège de la Ruche Thétis. Ce fut sa victoire dans cette campagne qui lui avait donné l’expérience nécessaire pour mener la guerre sur Vraks.

La première tâche du Maréchal Kagori, après avoir réuni son propre état-major, fut de rassembler une force pour soulager ses régiments assiégés. Il devait rapidement briser le blocus du système par l’ennemi, faire venir de nouvelles fournitures et de nouvelles troupes sur le terrain et rétablir les lignes de ravitaillement sécurisées, vitales pour apporter la victoire finale à la 88e Armée de Siège.

Le nouveau commandant marquerait un changement dans l’approche de l’Imperium vis-à-vis de Vraks. Pour lui, le siège avait déjà duré bien trop longtemps. Il était maintenant temps d’engager plus de forces pour les défenseurs et de les briser une fois pour toutes. Les régiments de siège avaient fait du bon travail en abattant l’ennemi, maintenant des troupes fraîches et une nouvelle approche les écraseraient.

Une force de secours fut rassemblée à cette fin. Le premier à être approché pour des forces était le Monde-Forge de Lucius. Cette puissante planète avait des liens étroits avec les régiments de Krieg et avait fourni une grande partie du matériel de guerre pour le siège. Les Titans de l’ennemi devaient être contrés et détruits et les Titans de la Legio Astorum - les Coureurs du Warp, furent appelés. Les vénérables seigneurs de Lucius acceptèrent. Un groupe de Titans fut déployé pour renforcer les régiments de siège et fournir la meilleure puissance de feu. Seuls ces Titans pouvaient espérer égaler les Legios du Chaos. Au sein de leur Monde-Forge, les grandes machines de guerre étaient à nouveau préparées pour la bataille. Des cérémonies furent organisées, les Princeps et les équipages informés et bénis. Des créatures exotiques étaient sacrifiées et leur sang était utilisé pour oindre le pied de chaque Titan, symbolisant ainsi le fait qu’ils déposeraient le sang de leurs ennemis aux pieds de l’Empereur. Les rites de bataille terminés, ils embarquèrent dans leurs transports pour Vraks.

Ensuite, les régiments de Krieg auraient besoin d’une nouvelle injection de main-d’œuvre et les lignes de production des régiments de Krieg furent à nouveau appelées à la fournir. Plus d’hommes, y compris de nombreuses compagnies de génie spécialisées, seraient nécessaires en plus grand nombre que jamais. Davantage d’hommes, de canons et de chars furent embarqués pour le voyage vers Vraks.

La Marine Impériale fournira les navires et la protection du convoi de secours et mettra également une escadre de chasseurs et une escadre de bombardiers au service de la 88e Armée de Siège. Ceux-ci allaient combattre la suprématie aérienne complète de l’ennemi et fournir à l’armée la force de frappe à longue portée qui lui manquait jusqu’alors. La lente guerre d’usure serait transformée en guerre totale, en utilisant presque tous les moyens dont disposait l’Imperium.[35]

Le Dernier Combat du 19e

Les nouvelles fournitures et les renforts prévus n’avaient cependant rien pu faire pour aider le 19e Régiment de Siège. Il avait été coupé, encerclé par l’ennemi, le dos tourné à la tranchée infranchissable de Demus. C’était un sacrifice nécessaire pour sauver les autres régiments du 1er Corps de Ligne, mais ce n’était pas une grande consolation pour les Gardes de Krieg qui étaient maintenant pris au piège et risquaient une mort certaine.

L’instrument de cette destruction serait les bandes de guerre du Père de la Peste - les redoutables Seigneurs de la Décadence et les Apôtres de la Contagion. Les adeptes du Dieu du Chaos Nurgle étaient également venus sur Vraks et le champ de bataille était à leur goût. Déjà dévasté par le duel d’artillerie incessant où les morts qui gisaient sans sépulture et où le sol était devenu infectieux à cause de la décomposition des cadavres des victimes, c’était un terrain fertile pour les partisans de Nurgle et ses armes favorites. Avec le 19e Régiment de Siège pris au piège, ils allaient devenir les sujets de l’attention et du plaisir particuliers du Seigneur de la Déchéance.

Depuis le début de la guerre, les commandants de l’Imperium soupçonnaient que les forces du Cardinal Xaphan étaient en possession d’armes prohibées. Vraks avaient autrefois servi de lieu de stockage sécurisé pour des armes chimiques qui avaient été interdites il y a des milliers d’années. Il semblait que ces armes étaient tombées entre les mains du Cardinal lorsque la révolte renversa le pouvoir de l’Empereur. C’était l’une des raisons pour lesquelles les régiments de Krieg avaient été choisis pour mener le siège. C’étaient des troupes suffisamment endurcies pour faire face à de telles armes de destruction massive sans se briser. Le principal stock d’armes chimiques était la toxine Trimethyline-Phthaloxyic-Tertius, connue sous le nom de TP-III.

Le TP-III était une horrible combinaison de gaz lourds très acides et corrosifs. De couleur verdâtre, il était mortel s’il était inhalé, tuant en moins de 30 secondes en raison des dommages massifs causés au système respiratoire. Les concentrations de TP-III provoquaient une brûlure acide et une corrosion rapide, faisant fondre la peau des os en quelques minutes. En fortes concentrations, il pouvait se corroder à travers le métal et les armures. Les gaz acides de ce produit chimique étaient très volatils et difficiles à contrôler sur un champ de bataille, mais il pouvait être d’une efficacité dévastatrice à de fortes concentrations.

Jusqu’à présent, le Cardinal Apostat avait gardé en réserve ses stocks capturés comme son arme de dernier recours au cas où le moment viendrait où il semblerait que tout soit perdu.

L’arrivée des renforts Space Marines du Chaos sur Vraks, tout en renforçant la guerre sur le terrain, avait en fait affaibli la position du Cardinal en tant que dirigeant de Vraks. Parmi ses nouveaux alliés se trouvaient des hommes qui n’avaient pas l’intention de suivre ses ordres. Les bandes de guerre étaient venues pour leurs propres fins et lorsqu’elles ne correspondaient pas à celles du Cardinal Apostat, il était ignoré. Il n’avait aucun contrôle sur les Space Marines du Chaos qui parcouraient désormais à volonté les champs de bataille de Vraks, à la recherche de leur propre gloire et suivant leur propre ordre du jour.

Même Arkos, le Maître de Guerre de l’Alpha Legion sur Vraks, ne pouvait exercer que peu d’influence et n’était pas non plus enclin à le faire. Qu’était donc cette petite révolte de ce Cardinal mesquin pour lui ? Seulement une chance de faire le travail de puissances bien plus grandes. Si toutes les parties de l’alliance avaient été formées dans le même but - la destruction des forces de l’Empereur - elles avaient des idées très différentes sur la manière d’y parvenir. Xaphan était maintenant caché au plus profond de sa forteresse, subissant les bombardements nocturnes et écoutant les rapports de ses conseillers corrompus, dont le principal était le Diacre Mamon, le commandant désigné des Disciples de Xaphan du Cardinal. Il avait peu d’idée de la situation réelle au-delà des murs de la forteresse.

À leur arrivée, les guerriers de Nurgle n’avaient pas plongé directement dans la bataille comme l’avaient fait les disciples sanguinaires de Khorne. Au lieu de cela, ils rassemblèrent toutes leurs forces, rassemblèrent leurs partisans sous les ordres des chefs des bandes de guerre et choisirent soigneusement leurs premières victimes. Le 19e Régiment de Siège allait en faire les frais - ils étaient sur le point de commettre une expérience monstrueuse sur les Gardes de Krieg pris au piège. Ce ne serait pas une guerre pour un quelconque gain stratégique, mais un rituel impie, une préparation du terrain. Ils chercheraient à transformer l’environnement déjà infectieux de Vraks en un cauchemar toxique de maladies et de pestes. À cette fin, ils s’emparèrent par la force des fournitures secrètes de TP-III et se préparèrent à les utiliser. Ils allaient montrer aux disciples mortels de Xaphan que la vraie nature de l’univers était la décomposition et que la seule façon d’y survivre était de l’embrasser.

En 711823.M41, les premières attaques commencèrent. Non pas par un barrage d’artillerie ou un raid de bombardement, mais dans le froid sinistre de l’aube, une étrange lumière se dessina, tachant l’horizon d’une brume verdâtre. La lumière s’intensifiait progressivement à mesure que les nuages bilieux s’épaississaient et roulaient vers les tranchées. Les sentinelles de Krieg lancèrent des avertissements à l’approche du brouillard artificiel, effaçant les premiers rayons de lumière de l’aube. Épais et lourd, il s’accrochait au sol, tombant dans chaque trou d’obus et cratère. Puis il atteignit les tranchées…

Les nuages de TP-III eut un effet hideux. Tous les Gardes de Krieg avaient été entraînés à faire face aux attaques chimiques et à combattre en toute circonstance. Ils étaient bien équipés pour de tels événements, mais contre les nuages imprégnés d’acide, les masques à gaz offraient peu de protection. L’acide concentré brûlait à travers les vêtements de protection et les masques respiratoires. Il faisait fondre les armures et corrodait les équipements métalliques. En quelques minutes, il mettait un homme à nu. Puis il commença à envelopper les lignes de front. La peau se boursoufla et s’enflamma à mesure que leurs vêtements de protection se décomposaient, exposant les Gardes à toutes les horreurs de l’environnement acide. Une défaillance du masque à gaz entraînait une mort agonisante, l’acide brûlant le système respiratoire et faisant fondre les poumons de sorte que le sang bouillonnait de l’intérieur, moussant de la bouche et du nez de ses victimes alors même que la chair fondait pour exposer les os blancs en dessous. Par endroits, le produit chimique était moins virulent et l’équipement de protection des Gardes de Krieg s’en sortait bien, mais là où le gaz était le plus dense, il détruisait tout sur son passage. Des pelotons entiers furent anéantis en quelques minutes cauchemardesques, transformant les Gardes en des mares de chair collante bouillonnantes et fumantes au fur et à mesure que le gaz frappait. Alors que la ligne de front était enveloppée dans la tourmente, la première attaque débuta.

Le rugissement des moteurs résonna à travers le nuage toxique à l’approche des Marines de la Peste, leurs véhicules corrodés et corrompus rebondissant sur le no man’s land. Les Rhinos, les Chars Predator et les Land Raiders émergèrent de la brume verte et ouvrirent le feu. Tout au long du front, les partisans de Nurgle attaquèrent, profitant rapidement de la tourmente que leur odieuse attaque chimique avait provoquée. Ils avaient traversé le no man’s land contre pratiquement aucune résistance.

Les portes en adamantium et en céramite des Rhinos et des Land Raiders rouillés et infectés par l’ébullition s’ouvrirent, déversant l’ennemi gonflé et fétide, les Bolters tirant alors qu’ils s’étendaient sur les lignes de tir et commençaient l’avance finale vers les parapets. Il était difficile de croire que ces abominations avaient été autrefois des Space Marines, fidèles disciples de l’Empereur. Maintenant, ils étaient une parodie dégoûtante de leur ancien moi. Des chairs putréfiantes pendaient mollement de leurs Armures Énergétiques marquée par la vérole. Des asticots rampaient sur leur corps en festoyant et de grosses mouches bourdonnaient autour d’eux en essaims. Malgré leur apparence grotesque, ils étaient toujours des troupes superbement disciplinées, et leur déchéance physique et morale n’avait rien fait perdre de leur habileté. Ils attaquèrent avec l’impitoyable efficacité de l’Adeptus Astartes, un flot continu de Bolts dénotant parmi les tranchées alors que les premières escouades pataugeaient dans les derniers mètres du no man’s land et commençaient à sauter dans les tranchées.

Tout comme contre les Berzerks de Khorne, même l’entraînement et le moral des Gardes de Krieg ne fit pas le poids face à la puissance surnaturelle qui poussait la Death Guard au combat. Ces guerriers semblaient insensibles aux dégâts et invincibles lorsqu’ils balayaient les tranchées à l’aide d’obus à tête chercheuse et commençaient à lancer des grenades fumigènes dans les abris souterrains. Celles-ci explosaient avec de puissantes explosions, pulvérisant plus d’acide et de toxines dans l’air et remplissant les abris avec d’épaisses fumées nocives. En combat rapproché, les baïonnette Kriegs se brisait sur leurs Armures Énergétiques. En retour, les adorateurs de Nurgle brandissaient de longs couteaux brutaux, rouillés et suintant des poisons inconnus. Grâce à leur force massive, les Space Marines renégats se frayèrent un chemin à travers les armures et les casques, à coups de hache et de couteau à travers les Gardes qui se battaient désespérément pour défendre chaque tranchée. Les Gardes de Krieg se sont tenus debout et ont combattu jusqu’au bout. Aucun autre régiment de la Garde Impériale n’aurait pu résister aussi bien à l’assaut des gaz acides et des tirs des Bolters, mais ils ne purent tenir longtemps. En désespoir de cause, les commandants de peloton appelèrent des tirs d’artillerie de soutien sur leurs propres lignes de tranchées, et les obus des Earthshaker ne tardèrent pas à entrer en action, explosant sans discrimination entre les deux camps.

Le nuage de gaz se dispersa finalement Le brouillard se détacha du champ de bataille pour révéler l’approche d’autres forces ennemies. Dans le no man’s land, une seconde vague d’hommes, une horde de miliciens et de mutants, cette fois-ci, avança à travers le contre-barrage de Krieg, suivant le sillage des Marines renégats. Ils se retrouvèrent rapidement au milieu des tranchées et forcèrent les survivants à y revenir le long, pour finalement déborder les lignes de la deuxième tranchée.

Aucune aide n’avait pu être envoyée pour sauver le 19e Régiment de l’assaut. Il était trop tard pour lui et il n’avait pas d’autre choix que de combattre jusqu’à la mort. Il n’y avait nulle part où se retirer. Une à une, les tranchées tombèrent aux mains de l’ennemi, l’artillerie de campagne fut abandonnée alors que leurs équipages manquaient de munitions et se repliaient. Les quelques chars restants que le régiment pouvait aligner combattirent depuis leurs positions et engagèrent les véhicules ennemis alors qu’ils avançaient. Le poids écrasant des Land Raiders fit s’effondrer les murs de la tranchée au moment de leur passage, écrasant tout le monde en dessous. L’un après l’autre, les chars de Krieg furent touchés et détruits par le feu précis des Canons Laser des Land Raiders et des Predators.[36]

La Guerre Toxique

La nuit tombait, mais les combats ne cessaient pas. Le Colonel Keled, commandant du 19e, rapporta qu’il tiendra un jour de plus, après cela, ses munitions seront épuisées, son dernier débordement d’artillerie et son régiment dispersé et anéanti. Ses hommes avaient bien servi l’Empereur et le 19e Régiment s’était accroché, combattant jusqu’au dernier homme et dernier instant pendant trois jours supplémentaires alors que la ligne de front se rétrécissait toujours en arrière. L’ennemi, impitoyable et à plusieurs reprises, déclencha d’autres armes chimiques. Tous les morts étaient laissés à pourrir. Souvent dépouillés et rassemblés en tas où les produits chimiques aéroportés pouvaient rapidement les dépouiller de leur chair. Le sol boueux était jonché de cadavres puants et en décomposition. De gros asticots se frottaient sur eux. Ils festoyaient joyeusement. Bientôt, d’épais essaims de mouches noires rampèrent sur les morts.

Toute communication avec le 19e Régiment de Siège cessa en 735823.M41. C’était fini - la dernière poche de résistance avait été brisée par l’assaut impitoyable des Marines de la Peste et de leurs infâmes partisans. Derrière eux, ils laissèrent un charnier fétide avec une atmosphère encore épaisse de produits chimiques toxiques. Des mares de gaz vert étaient accrochées au fond des tranchées et des cratères d’obus. Ils avaient transformé les secteurs 61-44 et 62-44 en un terrain de jeu pour les créatures de Nurgle. D’étranges bêtes pourraient bientôt traquer les tranchées et les abris. Des créatures de cauchemars qui rampaient et suintaient, et des machines ressemblant à des araignées rôdaient dans les brumes. C’était une terre digne des serviteurs de Nurgle. Leur maître était satisfait.

L’assaut de la Death Guard n’était qu’un début. Elle avait été un terrain d’essai pour ses armes chimiques et pouvait maintenant tourner son attention vers d’autres secteurs, et les soumettre au même traitement. Elle utilisera les armes chimiques sans discernement et les Gardes de Krieg apprendront vite que de telles attaques chimiques étaient toujours le précurseur d’un assaut ou d’un raid. Partout où les bandes de guerre de Space Marines de Nurgle se répandaient, elles laissèrent une traînée de décomposition, torturant la terre avec leurs toxines nauséabondes, répandant des maladies et du poison partout où elles le pouvaient.

C’était un acte délibéré et calculé. La Death Guard et ses alliés n’étaient pas intéressés par cette guerre d’usure. Peu importait que Vraks tienne ou tombe. Tout ce qui importait, c’était que le Seigneur de la Déchéance soit satisfait de la destruction et de la corruption gratuite de la surface de Vraks. Elle prépara le terrain, créant une terre toxique, faisant de Vraks un foyer pour les créatures du Seigneur Nurgle qui étaient invisibles mais désireuses de se joindre à la mêlée et de répandre leurs propres maladies délicieuses au sein de l’Humanité. Ce n’était pas la guerre telle que les commandants de la Death Korps de Krieg l’avaient comprise. C’était un rituel géant impie, poursuivi avec fanatisme, ouvrant la voie à de pires horreurs à venir…[37]

La Seconde Bataille de Vraks

Alors que des changements furent apportés au commandement supérieur, les commandants de régiment sur le terrain devaient toujours faire face à l’ennemi devant eux, tout en préservant leurs approvisionnements et leurs hommes. Toutes les opérations offensives furent annulées. L’objectif final était désormais mis de côté au profit d’une politique de survie. Les traîtres avaient désormais l’initiative et c’étaient eux qui lançaient les attaques, tandis que les régiments de Krieg s’enfonçaient profondément et essayaient de tenir leurs positions et de conserver leurs ressources en diminution jusqu’à l’arrivée de leurs secours.

Pendant que l’état-major du Maréchal Kagori s’affairait à rassembler les forces qui sauveront Vraks, l’ennemi profitait de sa suprématie nouvellement acquise. Soutenus par leurs nouveaux alliés, ils commencèrent à attaquer avec une force toujours plus grande. On pouvait s’attendre à des attaques n’importe où sur le front et, grâce à un tir d’artillerie défensif fortement limité en raison de la conservation des munitions, beaucoup réussirent à capturer les tranchées des Kriegs et à les tenir. Bientôt, les assaillants avaient été poussés profondément dans les lignes des Kriegs. Les Impériaux perdaient un terrain qui avait très coûteux à gagner et étaient lentement repoussés. Pendant près d’un an, la 88e Armée avait dû subir des défaites, des désengagements et des retraites aux mains des forces ennemies revigorées. Alors que les effectifs et les fournitures de tous types diminuaient, il semblait qu’elle était au bord de la défaite.

Mais le Maréchal Kagori n’avait cessé de travailler et, en 084824 M41, sa flotte était prête à mettre le cap sur Vraks. Il s’agissait d’une flotte contenant un convoi de navires de transport et de ravitaillement, dont le précieux transporteur de Titans de la Legio Astorum, défendu par une puissante flottille d’escorteurs. La défaite de la Première Bataille de Vraks ne devait pas être prise à la légère par la Flotte de Bataille Scarus et la présence d’un cuirassé renégat était une menace qui ne pouvait être ignorée.

Le premier mouvement de la Flotte de Bataille Scarus avait été d’envoyer une force d’éclaireurs dans le système Vraks. En commandant pour Vraks les navires les plus rapides de la flotte, les destroyers de la classe Cobra de l’escadron Ithica devaient découvrir et signaler la présence de forces ennemies dans le système. Lorsque les trois destroyers arrivèrent, ils trouvèrent les coques à la dérive et les épaves de la bataille précédente, mais aucun navire ennemi ne les intercepta. Ils revinrent pour signaler que tout était calme. Où étaient passés les navires ennemis ? Où était l’Anarchy’s Heart ? Il pouvait encore être dans le système, tapi dans les champs d’astéroïdes extérieurs. Il serait prudent de s’attendre à une attaque. Les croiseurs jumeaux de classe Lunar, le Duke De Walle et le General Dyhano, portaient des vêtements détaillés pour défendre le convoi, ainsi qu’un escadron d’escorteurs complet de huit frégates de classe Sword. La nouvelle Flotte de Bataille Scarus était entrée dans le système Vraks, prête pour la Deuxième Bataille de Vraks.

L’approche du convoi fut lente et prudente, entouré de leurs escorteurs. La progression des transporteurs vers la planète avait été soigneusement planifiée. Le Duke De Walle ouvrait la voie, avec son navire jumeau le General Dyhano comme arrière-garde. Pendant les premiers jours, il n’y eut aucun contact avec les vaisseaux ennemis. Laissant derrière elle les dangereux champs d’astéroïdes, la flotte semblait se dégager. Ils passèrent à proximité de Vraks Tertius et aucun ennemi ne se montra. Peut-être que les vaisseaux pirates avaient poursuivi leur route à la recherche de nouvelles richesses, ou qu’ils étaient retournés à leurs cachettes secrètes dans la nébuleuse dense et nombreuse plus proche de l’Œil de la Terreur.

La majeure partie de la flotte renégate s’était dispersée avec tact. Leur bataille ayant été gagnée, les renégats recherchèrent de nouveaux pillages et de nouvelles victoires. Mais l’Anarchy’s Heart était resté. Tapi, il observait comme un prédateur géant et silencieux qui attendait une proie sans méfiance. Le convoi de secours s’approchait et il était prêt à bondir.

Cachés parmi les coques et les débris à la dérive du système Vraks, l’Anarchy’s Heart et ses escorteurs étaient invisibles car tous leurs systèmes étaient éteints. Ils attendaient tranquillement. Dérivant au milieu des épaves, l’Anarchy’s Heart était presque indétectable. Alors que le convoi approchait, il tendit une embuscade. Les grands réacteurs à plasma du cuirassé reprirent vie et l’énergie a surgi de ses anciens câbles et circuits comme un sang chaud. Les équipes d’esclaves furent poussées à bout par les coups de fouet de leurs supérieurs.

La signature de puissance du cuirassé s’alluma sur les augures de chaque navire du convoi qui s’approchait, et les alarmes lancèrent leur avertissement alors que les équipages des navires se précipitaient vers les postes de combat. L’Anarchy’s Heart était déjà à portée de tir lorsque les Capitaines des navires d’escorte demandèrent une accélération, leurs réacteurs étant mis à rude épreuve par la soudaine demande de puissance. La première salve du cuirassé a eu un impact très fort. Deux escorteurs disparurent dans des nuages d’épave et de poussière spatiale, touchés directement par les gros canons du cuirassé. Les boucliers du Duke De Walle hurlaient sous les impacts répétés de laser, une seconde salve ratissa sa coque et détruisit les propulseurs de tribord et les entraînements de manœuvre. Un transport de ravitaillement, chargé de carburant et de munitions, fut paralysé et laissé à la dérive.

Les croiseurs de la Marine Impériale répondirent à l’embuscade aussi vite que ses équipages le pouvaient. Le Duke De Walle riposta, ses bordés étant d’abord sporadiques, mais ensuite de plus en plus intenses. Le General Dyhane envoya une large bande de torpilles, puis se dirigea vers le cuirassé ennemi. Alors que les croiseurs s’engageaient, les transporteurs se dirigèrent vers Vraks avec les escorteurs à proximité s’interposant entre les précieuses cargaisons et les canons ennemis. Ce fut un acte de bravoure qui coûta aux escorteurs de plus lourdes pertes, et deux autres navires furent rapidement paralysés lorsque l’Anarchy’s Heart se mis à tonner avec tous les canons qu’il pouvait porter.

Les deux croiseurs se rapprochèrent d’eux-mêmes à portée effective, et bien que l’Anarchy’s Heart était un navire puissant et que son blindage était épais, il ne pouvait pas se permettre d’ignorer deux navires de classe capitale. Il tourna ses canons vers eux, subissant des impacts répétés de torpilles. Au plus profond des entrailles du navire, on pouvait voir les feux déclenchés par les explosions faire rage - la bête avait été blessée.

Mais la rage de la bête blessée était impitoyable et sauvage. Lances et Macrocanons frappèrent les deux croiseurs. Le Duke De Walle était pris dans le maelström, subissant les impacts comme s’il était ballotté par une mer déchaînée. Il brûlait, des fuites massives d’oxygène enflammé saignaient dans le vide. Le General Dyhane était maintenant proche, et ses canons déchirèrent les blindages de l’ennemi. Qui allait se briser ? Qui serait le premier à vouloir poursuivre l’engagement brutal de l’artillerie à courte portée ?

Endommagé, et avec sa proie s’échappant vers Vraks, l’Anarchy’s Heart se désengagea. Sa soudaine attaque dévastatrice avait détruit quatre escorteurs et laissé le Duke De Walle infirme et mourant. Des centaines de membres de son équipage étaient morts sous les tirs, leurs corps étouffant les couloirs du pont inférieur, mais le General Dyhane était resté fidèle à son objectif et n’avait jamais bronché devant les flancs du cuirassé. Il avait foncé sur le flanc de l’ennemi et avait mis le feu à l’'Anarchy’s Heart. Plutôt que de risquer la destruction pour ne plus rien gagner, l’ancien léviathan se retira, disparaissant bientôt à nouveau dans les épaves à la dérive, ses deux navires d’escorte restant à proximité pour assurer sa protection. Le General Dyhane pouvait le poursuivre, mais il serait alors seul face à un ennemi bien plus puissant. Au lieu de cela, il offrit toute l’aide possible au Duke De Walle, gravement touché par des dommages que l’équipage ne pouvait réparer. Le Capitaine ordonna aux survivants d’abandonner le navire, laissant les feux du pont inférieur éviscérer le navire. Ils brûlèrent pendant des semaines. L’équipage survivant fut transporté sur le General Dyhane, laissant le croiseur sinistré comme une autre coque à ajouter au cimetière grandissant autour de Vraks. Sa mission terminée, le General Dyhane remis alors le cap vers Vraks.[38]

Atterrissage Planétaire

Le convoi avait échappé de justesse mais, par leur bravoure et leur sacrifice, les deux croiseurs avaient peut-être sauvé toute la campagne sur Vraks. La plupart des approvisionnements et tous les Titans atteignirent leur destination et se joignirent à la guerre. L’'Anarchy’s Heart était toujours là - tapi, mais il était très endommagé et ne risquait pas de se montrer d’aussi tôt.

Le convoi arriva sur l’orbite de Vraks, et commença à débarquer sa cargaison. Bientôt, les hommes par milliers, les chars par centaines, les munitions par centaines de tonnes, le carburant et toutes sortes d’équipements étaient débarqués et préparés pour un transport immédiat vers le front. Au milieu des cargaisons qui étaient déchargées, un énorme navire de débarquement blindé se posa. Ses grandes portes s’ouvrirent vers l’arrière pour révéler les Titans qui se trouvaient à l’intérieur. Sur les rampes de sortie, les Warhounds et les Reavers du groupe de bataille Legio Astorum marchaient sous les ordres de leur ancien et vénérable Princeps, Rand Drauca. Les grandes enjambées des machines de guerre firent trembler le sol alors qu’elles faisaient leurs premiers pas dans une nouvelle zone de guerre. Au total, il y avait 22 Titans, chacun portant des bannières d’honneur et arborant l’aigle de l’Imperium et le symbole de l’éclipse noire de leur Legio. Dix Reavers, grands et imposants, se dressaient. Devant eux se trouvaient 12 Warhounds. Le groupe de combat était prêt à être déployé pour rencontrer les Titans renégats sur le champ de bataille et reprendre une guerre ancienne qui avait commencé il y a 10 000 années - depuis l’époque où de nombreuses Legios Titaniques s’étaient révoltées pour soutenir Horus, et où les Loyalistes et les Traîtres s’étaient affrontés pour la première fois dans des batailles épiques entre les plus puissantes machines de guerre de la galaxie.

Vraks allait bientôt voir ces batailles renaître.[39]

Retour au Bord du Gouffre - l'Offensive Kagori

L’Offensive Kagori commence !
Alors même que le 19e Régiment était massacré jusqu’au dernier homme, la nouvelle offensive du Maréchal Kagori était planifiée, prête à entamer la prochaine grande tentative pour briser la ligne de défense intérieure. Après une longue période d’âpres batailles défensives, la 88e Armée de Siège se réapprovisionnait et se renforçait quotidiennement, prête à repartir à l’offensive. De nouvelles attaques étaient prévues tout au long du front pour chaque régiment. Ils ne se contenteraient plus de tenir leurs tranchées et les Gardes de Krieg surgiraient à nouveau à travers le no man’s land et mèneraient la bataille contre l’ennemi.

Les préparatifs d’une offensive de cette envergure furent longs et compliqués. Chaque régiment de la ligne avait désormais besoin d’un travail considérable pour équiper les nouveaux Gardes avec tout ce dont ils avaient besoin, depuis les armes jusqu’aux compagnies d’éclairage. Il fallait constituer des stocks de munitions et de carburant, ainsi que des fournitures de tous types. Les compagnies d’hommes et les batteries de canons étaient en mouvement, en position pour les batailles à venir, tandis que les commandants de régiment travaillaient jour et nuit sur leurs plans d’attaque, leurs plans de tir d’artillerie, leurs réserves de positionnement et tous les autres détails qui seraient nécessaires pour une opération aussi importante.

L’"Offensive Kagori", comme on l’appelait, devait commencer à 249825.M41. L’objectif était de reprendre tout le terrain perdu depuis la contre-offensive ennemie de 078823.M41 et de briser les lignes de défense intérieures, précipitant ainsi une percée vers la courtine. C’était un plan très ambitieux et il a fallu près d’un an pour préparer les régiments de siège malmenés à l’offensive à venir. C’était la première démarche audacieuse du Maréchal Kagori pour gagner la guerre.

Une décision majeure pour le quartier général du Maréchal était le déploiement du groupement tactique de Titans. Bien que les lignes de commandement ne lui permettaient pas de donner des ordres directs au Princep de la Legio Astorum, ses relations avec les seigneurs du Monde-Forge de Lucius influencèrent toute décision qu’ils prirent. Finalement, après un examen minutieux de la situation, il fut décidé que tous les Titans soutiendraient un effort principal dans les secteurs tenus par le12e Corps de Ligne. Tous les Reavers et Warhounds opéreraient en soutien des quatre régiments de siège du corps de ligne : les 143e, 149e, 150e et 158e. Ils seront également soutenus par des éléments du 8e Corps d’Assaut, y compris ses Chars Super-Lourds.

La première partie du plan impliquait un bombardement prolongé de l’artillerie et de nouveaux obus et mortiers furent mis en place en priorité pour les corps de bombardement et les compagnies d’artillerie. Le système étant désormais sécurisé, de nouveaux convois de ravitaillement arrivaient chaque semaine, des millions d’obus d’artillerie étaient transportés et stockés sur les positions d’artillerie, prêts à déclencher un bombardement massif qui durerait des semaines avant que les premiers hommes ne passent par-dessus bord.

Le long bombardement de l’ennemi s’était progressivement intensifié au cours des semaines qui avaient précédé la mise en œuvre du grand plan du Maréchal Kagori. Les obus d’artillerie grondaient constamment au-dessus de la tête, gardant leur rythme soutenu pour harceler l’ennemi et rendre le mouvement des troupes et des approvisionnements vers le front difficile et dangereux. Dans les derniers jours précédant le début de l’offensive de l’infanterie, le bombardement s’intensifia à nouveau jusqu’à ce que les canons tirent sans relâche, rougeoyant jusqu’à ce que les pistons de recul s’usent sous la pression.

En 249825. M41, tout était enfin en place. Dans les tranchées avant, à travers Vraks, les premières compagnies d’assaut se tenaient prêtes, baïonnettes au canon, en attendant l’ordre d’attaquer. Dans le no man’s land, les obus d’artillerie frappèrent les lignes de front ennemies dans une furieuse tempête, atteignant un crescendo dans un constant roulement de tonnerre, étouffant l’ennemi sous la poussière et les éclats. Puis, soudain, les canons se turent.

Dans le secteur 54-46, le Colonel Thryan du 143e Régiment avait rejoint ses hommes, un enseigne portait à l’épaule la bannière honorifique du régiment. À temps, le Colonel ordonna le lancement d’une seule fusée rouge qui s’arqua dans le ciel de Vraks et brûla comme une brillante étoile à la dérive. Le maître-opérateur de la fusée fit clignoter le mot de code dans tout le régiment. L’ordre d’attaquer avait été donné. Il était temps de partir.

Les hommes se précipitèrent sur les parapets, comme des milliers de fois auparavant, et partirent vers les champs de bataille du no man’s land, marqués par les cratères. Derrière eux, les chars lourds Leman Russ et Macharius se mirent en marche et commencèrent à avancer. Des batteries de mortiers lancèrent un barrage de fumée et d’obus explosifs pour maintenir la tête des artilleurs ennemis à terre. Plus loin encore, le Haut Princeps Rand Drauca reçut le signal d’attaque sur le pont de commandement de son Reaver, Praetorian. Relié au moteur logistique cognitif du Titan par des Unités d’Impulsion Cérébrale, Drauca donna les instructions tacites pour que le Reaver avance et ses grands engrenages et pistons firent avancer la puissante machine de guerre d’un grand pas. Les autres Titans suivirent l’exemple de leur commandant et la Legio Astorum se lança dans la bataille.

Tout au long du front du 12e Corps de Ligne, le même scénario se répétait.

L’infanterie et les chars plongent dans l’inévitable feu défensif, se faufilant à travers le bourbier pour atteindre les barbelés, les tranchées et les casemates de l’ennemi. Les chars déposaient d’un rideau d’obus explosifs. Leurs Bolters Lourds et leurs Mitrailleuses déversèrent un flot de tirs de suppression. Les canons de campagne et les mortiers ouvrirent à nouveau le feu, lançant des obus juste devant l’infanterie. À l’arrière, les gros canons d’artillerie reprenaient leurs bombardements, se déplaçant vers des cibles plus éloignées de l’ennemi ou se concentrant sur les points forts. La bataille était engagée.

Pendant les premières heures, il semblait que la bataille se déroulait de la même manière - avec les mêmes résultats. De lourdes pertes pour de petits gains. Mais sur le front du 12e Corps de Ligne, l’attaque se déroulait bien. Les monstres de métal de 1000 tonnes de la Legio Astorum avançaient, écrasant tout sur leur passage. Engageant l’ennemi avec toute leur formidable puissance de feu, les Titans se tracèrent un chemin vers l’avant alors que leurs Boucliers Voids s’enflammaient sous l’impact des armes ennemies. Dans le secteur 54-45, l’ennemi contre-attaqua avec ses propres chars et son infanterie et une bataille se développa au centre du no man’s land avec des baïonnettes et des couteaux. Les chars brûlaient, mais ils ne pouvaient pas arrêter l’avance de Drauca. Bientôt, les chasseurs Thunderbolts crièrent au-dessus de leurs têtes, ajoutant leurs bombes et leurs mitrailleuse au maelström de feu qui s’abattait sur l’ennemi. Les tranchées avant furent envahies, et les pelotons d’infanterie et les escadrons de Grenadiers de Krieg continuèrent à pousser dans le labyrinthe de tranchées et d’abris, se dégageant au fur et à mesure. À la fin de la première journée, le 158e Régiment avait récupéré le terrain qu’il avait perdu, et tous les régiments pouvaient signaler des progrès là où les Titans les avaient soutenus. À la tombée de la nuit, les Titans se retirèrent dans des zones sûres, tandis que de l’infanterie et des chars d’assaut frais étaient poussés vers l’avant, prêts pour la poussée continue du lendemain.

Dans toutes les Désolations de Van Meers, les régiments de siège firent état de divers succès et échecs. Certains furent repoussés par le feu ou à travers le no man’s land par de lourdes contre-attaques ennemies. Partout où les Space Marine du Chaos se joignaient aux combats, l’infanterie de Krieg était en difficulté. Le 5e Régiment avait subi une attaque intense d’armes chimiques ennemies et connu de lourdes pertes. En réponse, le régiment demanda à être autorisé à répondre en retour. Le Maréchal Kagori, contre l’avis de nombreux membres de son état-major, accorda la permission d’utiliser leurs propres armes chimiques en réponse directe. Les barrages du 5e Régiment ne tardèrent pas à imprégner la terre de poisons plus toxiques. Ils ne se doutaient guère qu’ils faisaient le jeu de l’ennemi, même avec les pertes qu’ils infligèrent.

EN AVANT !
Le deuxième jour de l’offensive commença par d’autres attaques aériennes, mais cette fois l’ennemi riposta et les Thunderbolts et les Hell Blades s’affrontèrent et plongèrent au-dessus du champ de bataille alors que les deux camps se préparaient pour une autre journée de combats intenses. Dans le secteur 57-48, deux vagues de Bombardiers Marauders martelèrent les lignes de front ennemies, s’élançant à basse altitude et à grande vitesse pour décharger leurs énormes charges utiles directement dans les tranchées. Avec un tel appui aérien, le 468e Régiment gagna du terrain et le Maréchal Kagori fit remarquer qu’il faudrait demander davantage d’escadrons de bombardiers à la Marine Impériale.

Alors qu’un autre grand orage s’abattait sur eux, les Titans de Drauca se lancèrent à nouveau dans la bataille. Praetorian lui-même avait rapidement détruit onze véhicules blindés ennemis qu’il avait repérés en renfort. Son Lance-Missiles tira des salves de missiles tandis que son Gatling Blaster et son Blaster Laser ratissaient la colonne en une ruine fumante et brûlante. Au moment où les Moderatii signalèrent la cible éliminée, les augures du Reaver identifièrent les Titans ennemis qui s’approchaient. Après les lourdes pertes de la veille, l’ennemi avait répondu à l’attaque des Titans avec les leurs. La Legio Vulcanum en était venue à opposer ses anciennes machines de guerre aux loyalistes. Le Haut Princeps donna de nouveaux ordres. Les Titans ennemis approchaient. Ils devaient être les cibles prioritaires et ajuster toutes les solutions de tir en conséquence. Alors que la bataille terrestre faisait rage à leurs pieds, les Reavers et les Warhounds engagèrent les Titans ennemis dans leur propre duel.

Les Turbo-Lasers et les Canons Vulcano flamboyèrent, les Boucliers Voids s’enflammèrent sous les impacts énergétiques des armes massives. Bientôt, les nacelles des Lances-Missiles furent vides. Les réserves de munitions des Lance-Missiles se vidèrent au fur et à mesure que les canons de combat à six coups frappaient obus après obus. Les réacteurs à plasma étaient mis à rude épreuve - les Technoprêtres et les servants travaillaient furieusement pour diriger la puissance supplémentaire vers les boucliers et les armes vides alors que les Titans grognaient et gémissaient sous la pression. Les Titans se déchirèrent les uns les autres, se balançant sous les impacts, les blindages brûlés. Invigila Alpha fut le premier à tomber. En se rapprochant de l’ennemi, le Reaver avait été ratissé par le feu d’un Méga-Bolter Vulcan, le grondement de ses canons crachant des milliers de balles par minute était connu comme le "rire du diable" par les équipages des Titans mais le dernier de ses Boucliers Voids avait été surchargé et s’était éteint. Avant que le Technoprêtre ne puisse remettre en marche les générateurs pour lever les boucliers, le Titan fut directement touché au niveau du pont de commandement. Une explosion surchauffée fit fondre l’épais blindage et les écrans de protection, immolant en quelques secondes tout l’équipage de la passerelle. Les cris torturés du Princeps et des Moderatii brûlèrent le moteur cognitif du Titan via les liens des Unités d’Impulsion Cérébrale alors qu’ils étaient effacés. Ses fonctions supérieures détruites, le Reaver s’arrêta, ses armes toujours en place, mais silencieuses. D’autres tirs ennemis frappèrent le Titan alors qu’il se tenait immobile et sans défense. Le seul Technoprêtre survivant ne pouvait pas abandonner sa machine mourante. Il tomba simplement à genoux en prière alors que le Titan tremblait et gémissait dans ses propres souffrances. Sous le feu de l’ennemi, Invigila Alpha se dressa en signe de défi, une sentinelle silencieuse, brûlée et abattue, se profilant sur le champ de bataille. La machine divine y restera pendant toute la durée de la guerre, un point de repère imposant dans un paysage autrement stérile. De retour sur le Monde-Forge de Lucius, une cloche sonnerait pour la machine de guerre perdue et pour chacun de ses compagnons Titans tombés sur Vraks.

La bataille titanesque dura toute la journée, des géants se battant en duel au-dessus des hommes d’en bas alors qu’eux même se battaient dans les tranchées. La progression avait ralenti, sans l’aide directe des Titans, les combats étaient acharnés sur tout le front. À la fin de la deuxième journée, lorsque les Titans se retirèrent, peu de terrain supplémentaire avait été capturé. Le troisième jour, la bataille reprit et se poursuivit jusqu’au quatrième jour.

Les deux camps avaient subi de lourdes pertes lors de la reprise des combats le cinquième jour. Des hommes fatigués, en manteau gris, rassemblèrent armes et munitions et se préparèrent pour une autre journée dans le hachoir à viande. De tous les régiments de l’offensive, le 143e avait poussé le plus loin, enfonçant les lignes ennemies dans le secteur 54-45, et ce fut là que le groupement tactique allait concentrer ses efforts. Une mince brèche pouvait être ouverte de force, et à défaut, elle attirait les Titans ennemis vers eux et, avec un peu de chance, permettrait à un autre régiment de forcer la percée plus loin sur la ligne.

Une fois les Titans réarmés et les réparations du champ de bataille terminées par les artilleurs de l’Adeptus Mechanicus en capuche qui accompagnaient le groupe de combat Titan, Drauca avait de nouveau conduit les survivants dans l’enfer. Au milieu des chars, chaque Leman Russ suivi de près par un rassemblement d’infanterie grise, les Reavers et les Warhounds marchaient indemnes à travers les premiers barrages d’artillerie de l’ennemi. Après cinq jours de bataille constante, la ligne ennemie s’amenuisait. Ils avaient perdu beaucoup d’hommes et de matériel au cours de la première journée de combat et ces pertes se faisaient maintenant sentir. Leurs alliés Titans avaient eux aussi subi des pertes, et seule leur redoutable présence avait endigué la marée. Puis, en infériorité numérique et portant les cicatrices des rencontres des trois derniers jours, les machines de guerre de la Legio Vulcanum se replièrent pour se regrouper. L’infanterie ennemie ne pouvait pas tenir seule face à la puissance de feu de Drauca. Ils parvinrent à renverser un Warhound grâce aux tirs directs d’une batterie de Basilisks - des obus d’artillerie répétés finirent par envoyer le Warhound s’écraser au sol, s’allongeant désespérément dans la boue, mais ce fut leur seul succès. Certains des renégats se battirent avec un zèle fanatique, mais d’autres étaient brisés par le "choc des Titans", et se sont vite repliés dans une retraite précipitée. Le 143e Régiment ne cessa de progresser, et les chars et les Cavaliers de la Mort du 9e Corps d’Assaut se joignirent à la déroute. Un jour de plus, la ligne de défense intérieure fut percée et des colonnes fraîches de chars passèrent à travers la brèche. Le succès était enfin au rendez-vous ! L’offensive de Kagori avait brisé la ceinture de défense et s’enfonçait de plus en plus profondément vers le mur d’enceinte. Les Titans lui avaient fait gagner la bataille.

Cependant, contrairement à ce qui s’était passé lorsque les lignes de défense extérieure et secondaire avaient été rompues, l’ennemi n’avait pas abandonné ses positions cette fois-ci. La zone autour du mur-rideau et de la ligne de défense intérieure n’était plus une plaine dénudée. Elle était maintenant criblée d’un labyrinthe de tranchées et de casemates, toutes construites au fil des ans au fur et à mesure que le siège avançait. Il n’y avait pas de tranchées-abris durcies ni de planification minutieuse de la ligne de défense proprement dite, mais l’ennemi disposait encore de nombreux endroits d’où il pouvait se tenir debout et se battre pour chaque centimètre de terrain. Les commandants des traîtres savaient qu’ils ne pouvaient pas se contenter de se replier vers le mur d’enceinte et de s’y retrancher. Comme ils se rapprochaient de la forteresse, il fallait se battre pour chaque centimètre carré. Ils ne pouvaient pas se permettre de continuer à se replier, à échanger du terrain contre du temps dès qu’il n’y aurait plus d’endroit où se replier. Ainsi, cette fois, il n’y eut pas de percée claire et soudaine ni d’avance rapide, mais une progression monotone contre les attaques et contre-attaques quotidiennes. Mais dans le secteur 54-45, la force ennemie était épuisée et le 143e Régiment réalisa des gains plus importants avant de devoir lui aussi s’arrêter avant de dépasser ses lignes de ravitaillement et son soutien d’artillerie. Les Titans furent retirés du front pour être mis en réserve, afin de se rééquiper et d’attendre leur prochain déploiement. Ils avaient fait la différence et gagné leur bataille. Leurs pertes au combat - environ quatre Reavers et sept Warhounds - devaient être remplacées depuis Lucius. On estimait qu’en tout une douzaine de Titans ennemis avaient été détruits, un beau total pour les hommes de Drauca qui pourront retourner sur Lucius avec honneur.

La bataille pour atteindre la courtine n’était pas terminée, il restait encore beaucoup de batailles à mener mais le Maréchal Kagori se préparait déjà à mettre en œuvre une nouvelle phase de son offensive. Un grand pas avait été fait vers la victoire. L’issue du siège ne faisait plus aucun doute. L’ennemi avait perdu beaucoup d’hommes et de nouveaux remplaçants allaient bientôt arriver pour les régiments de Krieg. Les pertes de l’ennemi étaient irremplaçables et Kagori savait que l’attrition favorisait toujours les assiégeants.

La 88e Armée de Siège pouvait au moins prétendre qu’elle remporterait le Siège de Vraks.[40]

Chapitre Huit : La Guerre sous Vraks

La victoire finale sur la ligne de défense intérieure, quatre ans après qu’elle ait été programmée et avec une liste de victimes encore inconnue, vit le Maréchal Kagori introduire une nouvelle phase dans son plan de campagne. Depuis son arrivée en tant que commandant de la 88e Armée de Siège, il avait toujours eu à l’esprit d’utiliser un grand nombre de compagnies du génie Kriegs spécialisées et d’ouvrir un nouveau front à la guerre - profondément souterrain.

Le plan de Kagori consistait à utiliser ces troupes, toutes bien entraînées au creusement de mines et de contre-mines, pour forer des tunnels sous les défenses des Vraksiens, permettant à ses hommes de contourner les points forts ou de les attaquer par l’arrière, limitant ainsi leur efficacité. En ajoutant une nouvelle dimension à la guerre, il espérait d’une part prendre l’ennemi par surprise et remporter des victoires rapides sur les positions ennemies les plus fortes et d’autre part, que l’ennemi manquerait de ressources pour s’aligner sur ses plans et se trouver dans une position stratégique désavantageuse, ce qui pourrait s’avérer crucial en fin de compte. Il fallait qu’il creuse son chemin juste sous la forteresse et contourne ses lasers de défense et annule complètement les boucliers. Bien sûr, l’ennemi essaierait de l’arrêter, mais il comptait sur des effectifs et des ressources supérieures, un avantage suffisamment important pour lui permettre de creuser des tunnels où il le souhaitait et peut-être d’étendre l’ennemi au-delà du point de rupture.

Le Maréchal en avait conclut que la guerre sur Vraks pouvait être gagnée sous la surface de la planète. Cela ne signifiait pas que les opérations de surface allaient cesser, loin de là, elles devaient continuer comme avant et poursuivre le bon travail d’attrition et de consommation de la force limitée de l’ennemi. C’était sous la surface que les régiments de Krieg auront leur plus grand avantage.[41]

Le Passage Souterrain

Sur Vraks, les commandants des compagnies du génie reçurent l’ordre de préparer cette nouvelle phase du siège. Cela impliquait de réaliser des études géologiques détaillées des secteurs qui leur étaient assignés. De petites équipes d’ingénieurs furent envoyées en avant pour commencer à forer des trous profonds. Ces sondages devaient permettre de déterminer la profondeur des couches de roches utilisables (et, comme effet secondaire utile, de localiser les sources d’eau souterraine pour l’eau potable de l’armée), et donc de mesurer l’aptitude de la géologie des secteurs de chaque régiment à accueillir des tunnels offensifs. Il était prévu que le creusement de tunnels servirait finalement l’un des deux objectifs suivants Des tunnels moins profonds permettraient aux hommes de se déplacer rapidement et en toute sécurité pour des attaques par surprise (tunnels de sapes), ou des tunnels plus profonds seraient creusés pour saper les défenses ennemies et positionner de grandes "mines" - un amoncellement massif d’explosifs qui pourrait exploser par le bas, détruisant une position avant une attaque de surface.

Le 812824.M41, des unités du génie de Krieg rejoignirent l’infanterie de première ligne dans leurs tranchées et commencèrent la cartographie géologique systématique du front comme première étape de la guerre souterraine qui allait suivre.

Vraks elle-même n’était pas particulièrement adapté aux opérations minières militaires à grande échelle. Sa géologie naturelle permettait de creuser des tunnels peu profonds à grande vitesse, car dans ses couches supérieures, les anciennes ponces volcaniques étaient molles et très poreuses. Bien qu’elle était bonne pour creuser des tranchées de surface, la roche était trop molle et instable pour les mineurs. Il était impossible de maintenir la sécurité d’un tunnel et chacun s’effondrait bientôt sur lui-même. Deuxièmement, le drainage rapide des eaux de surface les rendait très humides. Les tunnels devenaient des cours d’eau en un rien de temps, et n’avaient jamais la chance de s’assécher avant qu’une autre forte pluie ne les remplisse à nouveau d’eau. L’absorption de grandes quantités d’eau en peu de temps avait créé un grave problème car elle avait entraîné l’expansion des murs et des toits des tunnels, exerçant des pressions imprévisibles sur les supports ou les contreventements des toits. Cela revenait à creuser un tunnel dans du sable lourd et gorgé d’eau - une impossibilité.

Plus profondément sous la surface poreuse de Vraks, les roches avaient commencé à durcir. Ici, le drainage naturel s’était transformé en ruisseaux et en rivières, abattant un labyrinthe de tunnels et de grottes souterrains. L’eau s’était détachée de ces roches et s’était écoulée dans des rivières de plus en plus grandes. Lorsque ces rivières devenaient trop grandes, les plafonds des grottes au-dessus ne pouvaient plus supporter le poids qui s’y exerçait et s’effondraient. Ce processus, répété pendant des millions d’années, avait creusé la surface de Vraks avec de nombreuses gorges et canyons profonds et larges. Cette couche pouvait servir de base à l’exploitation minière, mais là encore, les conditions étaient très humides et tout tunnel risquait de se transformer en rivière naturelle et de provoquer des inondations, avec des conséquences désastreuses pour les mineurs et la mine. Il était possible de creuser ici, mais l’exploitation minière aurait été très lente et dangereuse et les pertes trop catastrophiques.

Plus profondément encore, les roches étaient redevenues plus dures, mais elles avaient l’avantage d’être solides et sèches. Les tunnels creusés ici pouvaient encore l’être à la main et, avec l’ajout d’un contreventement, ils auraient la force de se soutenir. La dureté relative rendrait le travail lent mais, si nécessaire, des machines pourraient être introduites pour accélérer les choses. Bien sûr, cela signifiait que tout secret serait compromis si l’ennemi écoutait. On espérait qu’il n’était pas préparé à une attaque venant de si loin. À cette profondeur, l’oxygène et la ventilation seraient un problème, et la rencontre occasionnelle avec les restes très durs, semblables à du granit, d’une ancienne activité volcanique mettrait fin prématurément à certains tunnels, car pour les creuser, il faudrait faire exploser les parois avec une telle force que l’emplacement d’un tunnel serait facilement repéré depuis la surface.[42]

L'Ennemi d'En Dessous

La 88e Armée de Siège disposait désormais d’un solide corps d’ingénieurs, avec des compagnies de génie prêtes à entamer leur longue tâche. Mais les renégats Vraksiens eux-mêmes ne manquaient pas de personnel ayant les compétences requises pour une guerre souterraine. Toutes les grandes installations d’armement des Vraksiens avaient été construites sous terre, et le corps de travail avait dû faire tout ce travail minier. Parmi les troupes à pied de Vraks, il y avait déjà beaucoup d’hommes très familiers avec le creusement de mines et de tunnels, et bien équipés pour de telles tâches avec des équipements de coupe et de forage. Une fois que fut découvert que des tunnels étaient creusés, ils pouvaient s’attendre à rencontrer une forte résistance de la part des opérations de contre-minage.

Après que l’emplacement d’un tunnel fut été choisi par un officier, la première tâche des escouades du génie avait été de creuser un puits à la profondeur requise. Il s’agissait de tunnels verticaux, accessibles par des échelles, ou de tunnels inclinés dans lesquels des équipements plus lourds pouvaient être déplacés. L’entrée d’un puits ou d’une pente devait être bien dissimulée. Beaucoup étaient cachés derrière de faux murs de tranchée qui pouvaient être rapidement enlevés et remplacés, et avaient généralement des fantassins postés à l’extérieur pour faire la garde. Les plus grandes entrées devaient être positionnées à l’arrière du front en utilisant la configuration du terrain pour éviter la détection.

La progression initiale à travers les couches extérieures plus molles fut rapide, même si elle avait été creusée à la main, avec l’ajout de contreventements préfabriqués au fur et à mesure que le puits s’approfondissait. Des équipes d’ingénieurs de cinq hommes avaient travaillé ensemble, soit en taillant la face du tunnel avec des pics et des mattes, soit en enlevant le déblai (généralement pour remplir des sacs de sable pour les tranchées du dessus) et en occupant un poste d’écoute. Grâce à des dispositifs géothermiques Auspex, l’équipe d’écoute avait maintenu une vigilance constante, à l’affût des contre-mesures de l’ennemi. Si un puits se heurtait à une zone rocheuse très humide, il devait être scellé par un contreventement plus permanent contre les pires effets de l’expansion ou de l’inondation. Cela prenait plus de temps et ralentissait la progression. Au fur et à mesure de l’avancement du tunnel, des câbles électriques supplémentaires pouvaient être posés le long de celui-ci, des pompes pour éliminer l’excès d’eau étaient installées et des treuils positionnés en haut des puits pour déplacer les équipements encombrants et les sacs de déblais. Une fois qu’un officier du génie avait déterminé que le puits ou l’inclinaison avait atteint la bonne profondeur, une galerie horizontale pouvait être mise en place. Le creusement d’une galerie exigeait une planification minutieuse, car sous terre, il était difficile de maintenir un cap stable. Les chefs de quart de l’escadron étaient chargés de surveiller constamment les galeries, de mesurer les distances et les profondeurs et de maintenir la direction. Au départ, les tunnels devaient être étroits et suffisamment larges. Deux ingénieurs seulement pouvaient travailler côte à côte. Au fur et à mesure que la guerre des tunnels progressait pendant le siège, ces tunnels étroits devenaient des tunnels de guidage pour la création de galeries plus larges par des équipements de forage plus lourds.[43]

Les Batailles dans les Ténèbres Silencieuses

Même sous terre, il n’y a que la guerre.
Le sapeur avait de nombreux ennemis naturels, au premier rang desquels le danger d’effondrement. Ce danger était atténué par la tectonique très stable de Vraks, la très faible activité sismique affectant le creusement de tunnels (l’une des raisons pour lesquelles il avait été choisi à l’origine pour le stockage souterrain d’armes). Mais tout toit de tunnel finissait par s’effondrer sous son propre poids et nécessiterait un soutien. Un deuxième danger était l’inondation, bien que la planification préalable ait généralement permis de détecter et d’éviter les zones comportant des cours d’eau souterrains et des rivières, des pompes (souvent actionnées à la main) furent installées pour éliminer l’excès de suintement. Pourtant, il n’était pas rare que les mineurs travaillent jusqu’à la cheville dans l’eau. Un troisième danger était l’accumulation de gaz. Travailler dans un environnement à faible teneur en oxygène signifiait que les gaz inodores constituaient une menace permanente. Les ingénieurs étaient protégés par de petits dispositifs de détection des gaz et étaient équipés de masques respiratoires avec une réserve d’oxygène.

L’autre grand ennemi naturel du mineur était le bruit. Sous terre, le seul moyen de détecter la présence d’un ennemi était le son. Le son voyageait très bien à travers la roche et un ennemi pouvait être rapidement localisé en écoutant les sons générés par son travail. Les pioches qui frappaient les rochers faisaient du bruit. Tout comme le fait de creuser avec des pelles ou le bruit de bottes. Dans l’obscurité d’une galerie profonde, n’importe quel bruit pouvait révéler une position et exposer un tunnel à la contre-mine et à la destruction par une charge d’effondrement placée secrètement. La guerre des tunnels était une guerre furtive, avec un minimum de bruit à faire à tout moment.

Lorsque les tunnels ennemis pouvaient être détectés, ils pouvaient être détruits par contre-minage. Une équipe de contre-mine cherchait à intercepter le tunnel ennemi qui s’approchait et mettrait en place une charge explosive d’effondrement pour le détruire. Les charges d’effondrement, également appelées charges de torpilles ou lance-grenades en raison de leur forme particulière, étaient utilisées pour créer une explosion directionnelle qui faisait s’effondrer le tunnel ennemi. Les ingénieurs Kriegs domptèrent ces équipements spécialisés, tandis que l’ennemi pouvait fabriquer les siens à l’aide de charges explosives. Une charge était placée en la forant dans le côté du tunnel, en bloquant la galerie avec un mur de sacs de sable (pour contenir l’explosion) et en faisant passer un câble détonateur à une distance sûre, généralement la surface. L’explosion de la charge provoquait une avalanche de terre et de roche qui ensevelissait les occupants du tunnel vivants, ou les piégeait à l’intérieur d’un mur de terre et de roche inamovible. Le temps qu’une équipe de secours puisse creuser, les mineurs piégés étaient morts depuis longtemps par manque d’oxygène, une mort lente et persistante. Si l’ennemi avait détecté un tunnel et n’avait pas été détecté à son tour, les attaques se produisaient sans aucun avertissement. Tout comme à la surface où la mort soudaine pouvait survenir à tout moment à cause d’un obus d’artillerie perdu, les ingénieurs endurèrent une guerre où la mort frappait sans pitié et par surprise.

Une équipe de contre-mine pouvait aussi chercher à s’introduire dans les tunnels de l’ennemi et à s’en emparer. Dans le cas où l’ennemi s’infiltrait, il s’ensuivait invariablement un combat rapproché et vicieux. Dans l’obscurité, éclairée par des faisceaux de torches ondulant sauvagement, avec des fusils, des pistolets, des grenades et des couteaux, les deux camps se battaient pour le contrôle du tunnel. Dans un espace aussi confiné, les combats étaient toujours brutaux et courts.

Lors d’opérations minières contre un bunker dans le secteur 544-469 par la 188e Compagnie du Génie, une équipe d’excavation avait détecté une contre-mine ennemie et avait soigneusement creusé sous celle-ci. Elle attendit patiemment une occasion de s’introduire dans le bunker et d’enquêter sur les travaux ennemis. La compagnie plaça une charge d’effondrement derrière elle, pour s’assurer que l’ennemi puisse pénétrer dans leur galerie, afin qu’elle puisse être rapidement scellée. Tous les travaux cessèrent, car ils écoutèrent nuit et jour jusqu’à ce que l’on n’entende plus l’ennemi qui creusait. Prévoyant qu’aucun ennemi n’était présent, le Lieutenant Zoltz dirigea une escouade triée sur le volet au bout de son tunnel et leur ordonna de percer. Travaillant rapidement avec des pics et des pioches, ils ouvrirent rapidement un trou dans le sol du tunnel ennemi. Tout était silencieux et sombre au-delà. Le Lieutenant Zoltz fut le premier à passer, sa lampe de poche lui indiquant le chemin. Accroupi dans le tunnel bas, il dirigea la moitié de son équipe vers la gauche, tandis qu’il menait la seconde moitié vers la droite.

En avançant, Zoltz s’était approché du front ennemi et arriva à une bifurcation dans le tunnel. Éteignant toutes les torches, il écouta attentivement. Il y avait le bruit caractéristique des bottes qui s’approchaient de la bifurcation de droite. Il ordonna à ses hommes de passer par la bifurcation de gauche pour éviter l’ennemi. Espérant qu’ils se replieraient vers le front du tunnel, il compta six mineurs ennemis, outils à la main, pistolets en étui. Il les dépassa et se précipita dans l’obscurité depuis la direction qu’il venait d’approcher. Zoltz était confronté à un dilemme, il pouvait trouver un accès à une tranchée ou un bunker ennemi, mais la moitié son escouade serait surprise par l’arrivée de l’ennemi qui venait de le dépasser. Zoltz détermina son plan. Il plaça deux hommes à la jonction comme gardes et pour mettre en place une charge de démolition et détruire la jonction du tunnel. Il suivrait furtivement les mineurs ennemis et leur tendrait une embuscade avant qu’ils ne rencontrent la deuxième moitié de son escouade.

Se déplaçant furtivement, les trois hommes restants à son dos, le Pistolet Laser à l’horizontale, Zoltz s’approcha de l’arrière de l’équipe de sapeurs ennemie. Soudain, le tunnel fut éclairé par des faisceaux de torches énergétiques qui s’approchèrent. La seconde moitié de l’équipe revenait de la face du tunnel, ignorant que l’ennemi était directement devant eux. Zoltz tira, frappant un ennemi dans le dos qui s’effondra sur le sol en poussant un cri de douleur. Soudain, il y a eu une confusion totale et des tirs dans toutes les directions. Les mineurs ennemis étaient pris au piège entre le peloton qui approchait et ceux qui se trouvaient derrière, mais ils se battirent courageusement avec leurs pistolets automatiques. Le tunnel était animé par des balles qui ricochaient, tirés par les canons des fusils. La fumée remplissait l’étroit tunnel alors qu’un à un les ennemis étaient abattus. Une grenade explosa en envoyant une puissante onde de choc dans le tunnel et fit tomber Zoltz et ses hommes au sol, étourdi et essoufflé. Dans la contusion, Zoltz avait également été touché au bras et pouvait sentir sa tunique devenir humide et collante de sang. Il ralluma sa lampe de poche et cria à ses hommes qui approchaient qu’il y avait des troupes amies présentes. Les tirs cessèrent. Tout les ennemis était à terre, criblé de tirs de fusil. Trois des ingénieurs de Zoltz avaient été blessés. Il ordonna à ces hommes de retourner dans leur propre tunnel. Les autres devraient le suivre, jusqu’à la jonction où la charge de démolition était presque prête.

Le feu soudain sous terre n’était pas passé inaperçu et d’autres ennemis furent en route pour enquêter. Cette fois, ils étaient prêts à agir. À la bifurcation, ils rencontrèrent l’équipe de démolition. Alors que Zoltz s’approchait à nouveau, il entendit le sont des fusils. Courant aussi vite qu’il le pouvait dans le tunnel bas, il vit ses deux hommes vider leurs armes le long des deux bifurcations. Une autre grenade explosa, sa force envoyant une seconde onde de choc à travers son équipe et remplissant le tunnel d’une fumée grise aveuglante. Les deux défenseurs du génie avaient été pris dans l’explosion et tués. À travers le nuage, Zoltz pouvait voir d’autres faisceaux de torches s’approcher. Il n’avait pas le temps de tirer la charge de démolition. Il était temps de se replier. Zoltz allait retenir l’ennemi ici, les autres devant retourner dans leur propre tunnel et se préparer à le sceller contre une intrusion ennemie. Prenant le fusil et les munitions de rechange d’un de ses hommes, il commença à tirer dans le tunnel pendant que ses hommes se repliaient, laissant leur officier mener seule la défense. Le souffle des tirs du fusil ont tenu l’ennemi à distance alors qu’il retournait vers le tunnel allié. Les ennemis étaient tout près derrière dans l’obscurité. Ils tiraient à l’aveugle après lui. Les balles gémissaient et bourdonnaient autour de Zoltz alors qu’il s’échappait. L’une d’elle frappa et brisa sa torche.

Le lieutenant du génie atteignit le détonateur de la charge de démolition, où les cinq survivants de sa courte mais sanglante expédition attendaient son retour. Saignant toujours et commençant à perdre conscience, il attendit que l’ennemi se rapproche, puis ordonna de tirer la charge. L’explosion fit s’effondrer le toit du tunnel dans un glissement de terrain, écrasant l’ennemi qui avançait et scellant le tunnel. Au cours de l’escarmouche, Zoltz avait perdu deux hommes et un autre avait été blessé, dont lui-même. Son expédition avait tué au moins six, et peut-être plus, de mineurs ennemis. D’autres charges pouvaient maintenant être tirés pour détruire entièrement les ouvrages adverses.

Mais l’ennemi se prépara à de telles incursions souterraines sur leurs positions et dans leurs tunnels et utilisa des pièges et envoya plus de gardes dans les tunnels.[44]

L'Attaque de l'Arsenal 55-46

La zone la plus fortement minée de tout le front se trouvait dans les secteurs 55-46, les 12e et 46e Corps de Ligne utilisant constamment les compagnies du génie pour attaquer les positions ennemies. Ici, l’objectif principal était la capture du grand arsenal souterrain, connu pour être situé au 554-467, qui était toujours utilisé comme réserve et comme abri sûr pour le matériel ennemi. Il avait déjà été lourdement bombardé par les canons de siège, mais avec peu d’effet car les importants matériels de guerre étaient enfouis profondément sous terre. Alors que les ingénieurs creusaient en avant, ils essayaient de se frayer un chemin vers l’arsenal dans le but d’effectuer une entrée et de déborder l’installation dans un assaut surprise. Mais l’ennemi avait détecté leur approche et contre-mina la zone de manière intensive. Bientôt, sous la surface torturée par les obus de Vraks, une seconde guerre faisait rage dans l’obscurité. Il était vite devenu évident que l’ennemi était conscient de la cible et qu’il prenait toutes les mesures possibles pour arrêter la progression des sapeurs. Un labyrinthe de puits, de galeries et de tunnels se forma bientôt et, l’élément de surprise ayant été perdu, le lourd équipement de tunnel fut amené pour accélérer le creusement.

Les combats souterrains dans ce secteur furent égaux à ceux qui eurent lieu en surface, avec un taux de pertes parmi les compagnies du génie dépassant même celui de l’infanterie. Les combats dans les tunnels étaient quotidiens lorsque les mines et les contre-mines entraient en collision et les batailles firent rage pendant des jours car les deux camps se battaient pour s’emparer des tunnels ennemis et exploiter les gains éventuels. Lentement, par la force du nombre, les ingénieurs Kriegs prirent le dessus, repoussant l’ennemi et le 790825.M41 ils rapportèrent qu’ils étaient enfin en position de tenter de percer l’arsenal souterrain. Au total, des compagnies à pleine puissance se consacrèrent à la tâche de percer et de sécuriser la brèche. Derrière eux, d’autres compagnies étaient prêtes à exploiter leur position. Celles-ci étaient renforcées par des escadrons de Grenadiers, eux-mêmes équipés de Bombes à Fusion et de charges de démolition pour les aider dans leur mission.

L’ennemi savait que l’attaque devait avoir lieu bientôt et s’était préparé à y faire face. Des renforts avaient été envoyés d’urgence à l’arsenal, dont une bande de guerre des Bezerkers de Skallathrax, dont la soif de combat au corps à corps serait bientôt assouvie dans le combat rapproché, de pièce à pièce, de tunnel à tunnel à venir. À l’insu des commandants Kriegs, la plupart des équipements lourds et des réserves de l’ennemi avaient été évacués en toute sécurité, laissant l’arsenal presque vide. Le décor était planté pour une bataille sauvage et isolée sous Vraks, où aucun char, aucun obus d’artillerie ou de mortier ne pourrait venir en aide aux deux camps.

Pour aider à la bataille souterraine, les 150e et 471e Régiments de Siège reçurent l’ordre de lancer des attaques dans les secteurs voisins. La 27e Compagnie d’Artillerie avait pour consigne de tirer un barrage sur l’assaut ennemi pour le priver d’autres renforts. Les canons de la 27e Compagnie étaient en position et bien approvisionnés en munitions lorsque l’heure de l’attaque des ingénieurs arriva.

En dessous du secteur 55-46, les compagnies de tête creusèrent les puits et les tunnels, transportant toutes de lourdes charges d’équipement et de rations pour une bataille soutenue. Deux tunnels avaient été creusés sous l’arsenal et à l’intérieur de chacun d’eux, une énorme charge avait été déposée. Des centaines de tonnes d’explosifs y avaient été placées, puis les tunnels avaient été scellés avec d’épais sacs de sable pour contenir les explosions. Lorsque les détonations se produisirent, elles fracassèrent de larges trous jusqu’à l’arsenal situé au-dessus et anéantiraient toutes les forces ennemies qui s’y trouvaient. Puis, lorsque la poussière se dissipa, les équipes du génie se précipitèrent à l’intérieur et commencèrent à purger les galeries, les entrepôts, les dépôts et les casernes de l’arsenal.

L’arsenal lui-même était une énorme construction en béton armé, un dédale d’entrepôts et de magasins caverneux, ainsi que des baraquements pour ses gardes. La plupart de ses défenses se trouvaient à la surface. À l’intérieur, les défenseurs avaient construit des barricades avec des barils de carburant remplis de gravats, des planches, des sacs de sable, des rochers et tout autre objet solide qui leur tombait sous la main. Ces barricades bloquaient les couloirs vitaux et positionnaient des armes lourdes pour couvrir les approches. Pour défendre une barricade, un milicien équipé d’un Bolter Lourd ou d’une Mitrailleuse pouvait ratisser un couloir à coups de feu, le transformant en un terrain meurtrier. Chaque couloir devrait être pris d’assaut à un prix élevé en sang.

En 803825.M41, l’ordre de faire exploser les charges fut donné. Le Capitaine Garis de la 98e Compagnie du Génie enfonça le piston, le signal énergétique parcouru le long des fils jusqu’aux détonateurs, puis le monde s’effondra. On pouvait entendre l’explosion dans les tranchées au-dessus du sol, grondant tel un tonnerre proche, secouant le sol comme un tremblement de terre. Dans l’Arsenal 55-46, les charges jumelles démolirent des dépôts, la force de l’explosion envoyant des morceaux de roche aussi gros qu’un char de combat Leman Russ qui traversèrent la zone pour se briser lors de l’impact avec les murs en ruine. Le plafond s’effondra dans un glissement de terre et de béton armé, secouant l’ensemble du complexe. L’éclairage de secours fut éteint et plongea tout le monde dans l’obscurité. La fumée, les vapeurs et la poussière se répandirent dans les couloirs comme un brouillard enveloppant. Les défenseurs pris trop près de l’épicentre furent écrasés par l’onde de choc ou piégés dans les décombres. La bataille avait commencé.

Les premières escouades à traverser le souffle grimpèrent dans un monde d’obscurité sinistre, enveloppé d’une épaisse toile étouffante. Des décombres gisaient partout, empilés à des mètres de hauteur. Les escouades se propagèrent, les faisceaux de lampes de poche clignotant en grimpant sur les éboulis. Tout ce qui avait été mis en place pour défendre ces pièces avait été détruit et les ingénieurs ne rencontrèrent aucune résistance dans un premier temps et en quelques minutes, ils se précipitèrent dans la brèche.

Dans l’obscurité, les miliciens rongeaient leur frein et attendaient, les doigts posés sur les gâchettes, alors que le choc de la charge de la brèche s’atténuait. Puis, l’écho d’une Mitrailleuse Lourde brisa le silence. Un long flot de balles ricocha le long du couloir et déchira les ingénieurs. D’autres canons ouvrirent le feu, des éclairs brillants dans la nuit, des grenades explosant avec la force d’ébranler les oreilles. Des hommes furent touchés, des corps déchiquetés qui n’avaient nulle part où se cacher, leurs cadavres s’empilant dans les couloirs. Les ingénieurs de Krieg ripostèrent, des coups de fusil retentissant et résonnant. Les artilleurs renégats continuaient à tirer sur les ingénieurs qui attaquaient dans chaque couloir, ou à travers chaque réserve. Les sapeurs Kriegs lancèrent des grenades en retour, essayant de déloger chaque artilleur à tour de rôle, mais ils étaient protégés derrière leurs barricades et tout défenseur blessé était rapidement remplacé par un autre artilleur. Chaque barricade fit des morts et des blessés. Des Lance-Flammes flamboyèrent à l’avant, remplissant chaque couloir de prométhéum flamboyant qui consommait l’oxygène, le remplaçant par des fumées toxiques. Le grondement du barrage d’artillerie se fit entendre, comme un lourd battement de tambour lointain, et délogeait la poussière et le mortier des plafonds pour s’abattre sur les casques des ingénieurs qui s’accroupissaient dans l’obscurité.

La première attaque avait calé, chaque avant-garde ayant été coupée à son tour dans un embrasement de feu automatique. Les ingénieurs avaient une mince emprise à l’intérieur de l’arsenal mais ne pouvaient pas avancer plus loin. La première fusillade s’était arrêtée, seule la détonation sporadique des fusils se répercutait dans les couloirs pour harceler l’ennemi et lui faire garder la tête baissée. Préoccupé par l’absence de progrès, le Capitaine Garis de la 20e Compagnie s’était avancé pour évaluer la situation et trouver un moyen de sortir de l’impasse. Il ordonna à ses hommes de placer des charges à fusion pour faire des trous dans les murs intérieurs. Ils pouvaient créer leurs propres voies, en faisant sauter les pièces depuis des directions inattendues. Il avait également autorisé l’utilisation de grenades à gaz corrosif pour déloger les défenseurs.

L’intervention de Garis avait permis aux ingénieurs de se remettre en route et d’avancer prudemment. Le Capitaine Garis avait ouvert la voie alors qu’une charge de fusion révélait un étroit couloir sombre au-delà. Sautant à travers, avec des escouades dans le dos, il s’était avancé vers un ensemble de marches menant vers le bas, dont le fond était recouvert d’une porte de métal lourd qui avait été soudée. Rapidement, il fit placer une charge de fusion et s’éloigna à une distance sûre lorsqu’elle explosa dans un éclair orange vif, la porte elle-même ayant fondue et dégageant une vapeur violente avant qu’elle ne s’effondre vers l’intérieur dans une mare de scories liquides. Derrière elle, l’ennemi attendait, accroupi derrière une barricade dans l’obscurité, à l’abri du souffle surchauffé de la méga-charge. Ils étaient prêts à bondir. Des armes tronçonneuses serrées dans une main, des Pistolets Bolters et des Pistolets à Plasma dans l’autre. Alors que le Capitaine Garis avançait à nouveau, traversant la brèche maintenant refroidie, l’ennemi avait surgit et chargea. Criant une malédiction impie à leur dieu, leur soif de sang s’était emparée d’eux. Les Berserkers de Khorne contre-attaquèrent dans une ruée d’explosions de Pistolets Bolters et des cris des armes tronçonneuses alors que les lames tournoyantes mordaient profondément. Le Capitaine Garis fut le premier à mourir, déchiré en quelques secondes en morceaux sanglants. Les escouades du génie derrière reculèrent alors qu’un autre alter ego les abattait, leur sang pulvérisant les murs et courant le long du sol en ruisseaux. Le couloir était un abattoir et Khorne ria longtemps et profitait intensément du massacre perpétré par ses partisans préférés. Les ingénieurs n’étaient pas de taille face à ces redoutables guerriers, chacun étant un surhomme imposant, fort et rapide, protégé par une armure rouge incrustée de sang, psychopathe avec le désir de tuer au nom de leur maître - fou de sang et de crânes. Dans l’obscurité, ils tuèrent un nombre incalculable de personnes et laissèrent pourrir les cadavres mutilés et ensanglantés.

La violence de la contre-attaque avait de nouveau entravé l’avance des ingénieurs. Ils scellèrent les brèches contre les Berzerks de Khorne qui traquaient maintenant dans les couloirs à volonté, et se battirent pour s’accrocher au terrain qu’ils avaient capturé. Leurs grenades à gaz eurent peu d’effet contre les Armure Énergétiques.

Pendant le reste de la première journée, l’impasse n’avait pas pu être débloquée. Le lendemain, les escadrons de Grenadiers furent envoyés à l’attaque depuis la réserve, espérant qu’ils pourraient réussir là où les ingénieurs avaient échoué. Une fois de plus, ils ont dû faire face à une course effrénée le long de couloirs balayés par le feu et furent abattus. Mais à certains endroits, ils délogèrent les défenseurs avec une grenade bien visée, et retournèrent la barricade pour leur propre défense. Une fois de plus, les Berzerks contre-attaquèrent, chargeant les barricades, sans tenir compte du feu ennemi qui les entourait. Sur une barricade défendue par des Grenadiers, les déments chargèrent alors que des tirs de fusils ricochaient sur leurs Armures Énergétiques, laissant de profondes marques de brûlure mais ne faisant pas de réels dégâts. Les grenades explosèrent, mais les Berzerks avaient à peine réussi à rompre la foulée. Puis un Lance-Flammes Lourd envoya un torrent de prométhéum en feu dans le tunnel. Un Berserker s’enflamma, aspergé de combustible brûlant. Il chancela mais continua à courir, une torche humaine flamboyante, une Hache Tronçonneuse levée pour frapper, criant toujours le nom de Khorne alors qu’il sautait sur la barricade, des flammes orange vif l’engloutissant. Les Grenadiers qui ne s’étaient pas enfuis furent abattus. Que pouvaient faire de simples hommes, même les hommes stoïques de Krieg, contre des ennemis aussi fous et imprudents ?

Le troisième jour de la bataille vit la situation s’aggraver. L’ennemi s’attendait à l’attaque des ingénieurs et s’était bien préparé, y compris en creusant des contre-mines en secret. Ils avaient pour objectif de couper les tunnels d’approche ennemis, et alors que la bataille faisait rage à l’intérieur de l’arsenal, leurs mineurs volaient de plus en plus près des tunnels de Krieg. Une explosion soudaine fit s’effondrer un tunnel, une équipe du génie en route vers l’arsenal ayant été prise dans l’explosion qui vit tout ses membres tués dans l’effondrement. Soudain, le flux d’hommes et de fournitures pour la bataille fut isolé à un seul tunnel. Si celui-ci était attaqué, toutes les troupes qui se trouvaient devant seraient coupées et risqueraient d’être anéanties. Les ingénieurs ne pouvaient pas se permettre de voir leur dernière ligne de retraite coupée. Les escadrons du génie furent retirés du front afin de creuser de nouvelles contre-mines et d’installer des postes d’écoute supplémentaires pour que l’ennemi puisse creuser. L’artillerie lourde qui tirait encore au dessus de leurs têtes rendait la tâche d’autant plus difficile.

Pendant trois jours, le combat fut désespéré. Les cinq premières compagnies du génie engagées dans l’attaque avaient toutes subi des pertes terribles. Sur les 600 hommes de chaque compagnie au début de la bataille, beaucoup se trouvaient maintenant à moins de la moitié de leur effectif. La 20e Compagnie du Capitaine Garis ne comptait plus que 187 hommes. Beaucoup avaient été massacrés au cours d’un combat rapproché avec les Space Marines renégats.

Après quatre jours d’absence de gains, l’attaque fut annulée. L’ennemi creusait à nouveau, cherchant à attaquer le dernier tunnel de ravitaillement. Une tentative de creuser à travers le premier effondrement s’était soldée par un désastre car l’ennemi avait attendu les nouveaux mineurs et avait tiré une seconde charge, provoquant un nouvel effondrement et piégeant ou tuant d’autres ingénieurs. Il semblait qu’il n’y aurait pas de percée ici, et un par un les escouades Kriegs se retirèrent.

Sale, noirci par la fumée et avec de nombreux blessés ambulants, ils émergèrent des tunnels en contrebas dans les tranchées de la ligne de front, des hommes fatigués qui étaient sous terre depuis quatre jours, enfermés dans une bataille sans merci. Pour l’instant, ils n’avaient pas réussi à capturer l’objectif, mais ils allaient réessayer. En tout, trois batailles de ce type se dérouleront pour l’arsenal, jusqu’à ce qu’il soit finalement envahi par les troupes terrestres avancées du 471e Régiment. Les forces ennemies qui étaient prises au piège ne reçurent aucune pitié. Les sorties étaient toutes scellées et gardées. Puis l’arsenal fut rempli de gaz corrosif, les ensevelissant à jamais sous terre. Rien n’aurait pu survivre dans un environnement si corrosif qui arrachait la chair des os en quelques secondes et faisait fondre les os en liquide. Les ingénieurs avaient pris leur revanche.[45]

Le Secteur Minier 57-44

L’échec dans le secteur 55.46 n’avait pas arrêté la progression de la guerre souterraine dans d’autres secteurs, et chaque régiment avait désormais des compagnies de génie attachées et à l’œuvre sous terre. Une seconde ligne de front s’était formé sous les tranchées, et les combats furtifs dans les tunnels se poursuivirent jour après jour, faisant des ravages des deux côtés, mais les ingénieurs Kriegs progressaient lentement vers leur objectif ultime - le mur-rideau.

Le mur-rideau lui-même n’était pas une ligne de défense unique. Au cours des longues années de guerre, le mur-rideau, une défense haute et épaisse hérissée d’armes et abritant des bunkers et des casernes, avait été renforcé par des tranchées et des casemates supplémentaires posées devant pour former une autre formidable ligne de défense. Si elle n’était pas aussi épaisse que les trois précédentes, elle devait néanmoins être prise par un assaut direct.

Le plan du Maréchal Kagori avait toujours été de miner la courtine, de poser de grandes mines et de faire sauter des brèches à travers elle. Le marteler avec de l’artillerie de siège et le bombarder du ciel pourrait fonctionner, mais obligeait de rediriger les ressources qui étaient toujours demandées ailleurs. Jusqu’à ce que les tranchées puissent être creusées plus près du mur et que celui-ci puisse être visé par des tirs directs, une grosse mine était la meilleure solution pour réussir la percée.

En 673826.M41, plus d’une année patiente après le début de l’opération dans les mines l’objectif avait été atteint. Dans le secteur 57-44, la 383e Compagnie d’Ingénieurs avait signalé qu’elle avait localisé les fondations profondes du mur et qu’elle était en mesure de poser une mine et de tenter une brèche. Travaillant dans le plus grand secret et le plus grand silence, les ingénieurs transportèrent les explosifs jusqu’à la chambre construite pour les abriter. Chaque charge explosive était soigneusement empilée et un détonateur secondaire était fixé au détonateur principal. Il fallut plusieurs jours de travail furtif pour construire la mine. Pendant ce temps, en surface, le 308e Régiment de Siège préparait une attaque. Il leur revenait de montrer la voie et de forcer un passage à travers les dernières défenses entre la forteresse et la victoire finale.

Les préparatifs de l’attaque étaient un secret bien gardé, seuls les ingénieurs de la 383e Compagnie étaient au courant de ce qui était réellement prévu. À travers le Vraks, d’autres opérations minières furent intensifiées, afin d’attirer l’attention de l’ennemi pendant que la mine était préparée. Dans les secteurs 56-46, de lourds engins de coupe furent utilisés pour faire une brusque poussée vers le mur-rideau afin d’attirer l’ennemi. Rapidement repéré, il attira plusieurs contre-mines vers lui et provoqua d’autres combats souterrains sanglants.

La mine 57-44 serait la plus grande à ce jour. Une quantité massive d’explosifs avait été nécessaire pour faire une large brèche, vidant presque les stocks du 34e Corps d’Armée. Ils n’auraient qu’un seul essai et il fallait que ça compte !

714526.M41 avait été fixé pour être l’heure de la détonation. Le haut commandement du 34e Corps de Ligne s’était réuni dans un bunker éloigné pour observer la mine et l’attaque ultérieure à distance de sécurité. Les câbles furent vérifiés et revérifiés et tous les ingénieurs furent mis à l’abri alors que le compte à rebours se rapprochait de plus en plus de zéro. Au-dessus des hauts-parleurs vox, un avertissement avait été diffusé - jusqu’à 10, 9, 8, 7, 6… 2, 1 - "Feu".

Une tornade hurla dans les tunnels souterrains, soufflant de la terre et de la roche à travers les entrées. Le sol commença à trembler violemment lorsqu’une flamme jaune s’éleva à des centaines de mètres dans les airs, suivie rapidement par d’épaisses colonnes de fumée puis par les débris qui se trouvaient derrière. Poussant comme une montagne dans le ciel, la colonne noire de roche, de terre et de maçonnerie s’éleva toujours vers le haut, formant un large nuage de champignons jusqu’à ce qu’elle atteigne son sommet et commence à redescendre. Avec un grand fracas, l’onde de choc traversa le no man’s land, faisant trembler les abris et les tranchées du 308e Régiment. Au loin, tout était obscurci par l’épais nuage de fumée et de gaz qui s’étendait à partir du point zéro. Lorsque la fumée se dissipa, les observateurs purent voir que le mur rideau avait disparu. Une grande partie de celui-ci avait été effacée en tessons de maçonnerie. Il ne restait plus qu’un cratère béant. C’était une scène de dévastation totale. La mine avait fait son œuvre. La 88e Armée avait ouvert une brèche, elle devait maintenant s’en emparer.

Les canons du 308e Régiment ouvrirent le feu d’un seul coup. Le barrage d’artillerie qui avait signalé le début de l’attaque avait frappé au-delà du mur-rideau, les obus éclatant en succession rapide alors que l’artillerie préparait le terrain pour la première vague d’infanterie dans leurs transports Gorgons.[46]

La Guerre dans les Airs

Même dans les cieux, il y a que la guerre !
Avec le rééquipement et le ravitaillement de la 88e Armée de Siège et avec de nouveaux alliés en route vers le front, l’équilibre des forces s’était à nouveau ensablé en faveur des forces de l’Empereur. Elles pouvaient désormais rivaliser avec les Titans renégats de la Legio Vulcanum et l’arrivée de la 717e aile de chasse et de la 1099e aile de bombardement leur permettait de contester la suprématie aérienne de l’ennemi.

Avec les débarquements sur la planète de milliers d’adorateurs du Chaos endurcis par la bataille et les guerriers renégats Space Marines du Chaos, il y avait aussi des Hell Blades et des Hell Talons. Lisses et rapides, ils s’élançaient maintenant dans la bataille, bombardant et mitraillant en toute impunité. La 88e Armée de Siège n’avait pas grand-chose pour réagir. Elle manquait cruellement d’armes anti-aériennes, le plan de siège n’avait pas prévu d’en exiger un grand nombre et ce qui avait été déployé avait depuis longtemps été converti pour une utilisation au sol ou perdu au profit des bombardements d’artillerie interminables. Les régiments de Krieg n’avaient pas de soutien aérien auquel faire appel, de sorte que l’ennemi avait le champ libre dans le ciel de Vraks.

Les aéronefs ennemis pourraient frapper loin et sur un vaste périmètre, rendant nul endroit sur Vraks à l’abri d’une attaque. À travers les Désolations de Van Meers, les Hell Blades et les Hell Talons plongeaient sur les dépôts de ravitaillement et les positions d’artillerie, attaquant même les champs d’atterrissage éloignés et interrompant le flux de ravitaillement. Les pertes dues aux attaques aériennes s’accumulaient.

Les renforts du Maréchal Kagori pouvaient cependant désormais affronter l’ennemi au-dessus de Vraks avec des Chasseurs Thunderbolts et Lightnings pour assurer la défense aérienne et escorter les missions des Bombardiers Marauders. Les Maraudeurs donnèrent à la 88e Armée de Siège une portée bien au-delà de celle de l’artillerie, de sorte que l’armée de l’Imperium pouvait désormais frapper au cœur de l’ennemi et que la Citadelle serait bientôt soumise à des raids aériens réguliers. Les points forts pouvaient être ciblés par des bombardements de précision à basse altitude. Des zones entières du front pouvaient être bombardées en préparation d’une offensive. Le Siège de Vraks allait connaître une toute nouvelle tension, alors que la guerre oscillait à nouveau.

La 717e escadre de chasse se composait de dix escadrons, chacun d’une vingtaine d’appareils. Ils furent déployés principalement comme force défensive, effectuant des patrouilles aériennes de combat permanentes prêtes à intercepter les atolls ennemis, tandis que d’autres devaient voler en tant qu’escorteur à long rayon d’action aux côtés des Maraudeurs. L’escadre de bombardiers du 1099e était composée de sept escadrons, chacun d’une douzaine de bombardiers environ, soutenus par quatre Marauders Vigilants pour la reconnaissance à longue portée et le soutien au commandement et au contrôle. C’était un atout puissant pour le Maréchal Kagori car plus de 80 bombardiers lourdement chargés étaient capables de pilonner les rebelles et leurs défenses nuit et jour.

Il a fallu du temps pour préparer les aéronefs après leur long voyage et pour stocker suffisamment de carburant et de munitions pendant que les ouvriers construisaient des bases aériennes pour les deux ailes. Le 930824.M41, le travail était enfin terminé et les premières missions étaient prêtes à être lancées. Le ciel orageux de Vraks, jadis rempli par le tonnerre, se répercuta maintenant sur le rugissement des moteurs à réaction.

Pour ceux qui se trouvaient dans les tranchées en dessous, regardant vers le haut pour voir les traînées de vapeur des bombardiers volant à haute altitude et de leurs escortes, il semblait que les équipages de la Marine Impériale avaient la vie plus facile. Ils n’étaient pas confrontés à la menace permanente d’un anéantissement soudain par les bombardements ennemis ou à la perspective de passer par-dessus bord face au feu ennemi qui se flétrissait. Ces équipages connaissaient peu les tourments de la vie sur le front, vivant en sécurité dans des baraquements bien protégés au loin. Les pilotes en savaient autrement. Une partie du système de défense de Vraks contre les assauts planétaires était constituée de fortes concentrations d’armes anti-aériennes, dont une grande partie entourait la Citadelle. Les pilotes envoyés pour attaquer la Citadelle baptisèrent celle-ci le "nid de frelons". Un raid de bombardement se heurtait à un énorme barrage de macrobatteries flak et de Manticores. Les chasseurs ennemis se précipitaient à leur rencontre, attaquant sans crainte pour leur propre vie. Les adorateurs du Chaos se jetèrent dans la nouvelle guerre aérienne, apparemment sans se soucier des conséquences de leurs pertes. De féroces combats aériens tourbillonnaient et plongeaient et les pertes de la Marine Impériale commencèrent à s’accumuler. Proportionnellement, lors des attaques sur la citadelle, un membre d’équipage aérien avait en fait moins de chances de survie qu’un fantassin. Tout comme la guerre terrestre, la bataille dans les cieux fut amère et sans merci.

La forteresse était leur principale cible et les missions des Maraudeurs Vigilants avaient rapidement révélé qu’au cours des années de siège, l’ennemi n’avait pas compté entièrement sur les réserves pillées. La forteresse était maintenant entourée de son propre manufacturum brut. Un bidonville d’armes et de métaux avait vu le jour, où les chars pouvaient être réparés et les armes et munitions construites. Regroupés au pied du rocher de la forteresse, ces armureries, ateliers et forges brûlaient nuit et jour pour approvisionner les troupes au front. Bien au-delà de la portée de l’artillerie Krieg, ils devinrent rapidement une cible prioritaire pour les bombardiers. La forteresse elle-même était très bien défendue et presque invulnérable sous le linceul de ses boucliers vides. Les ateliers environnants étaient également bien protégés par les nombreuses armes anti-aériennes de Vraks. Ce fut ici que la guerre aérienne fit rage avec la plus grande intensité. Les Maraudeurs rugissaient pour déchaîner la dévastation dans les fortes concentrations de DCA. Bien que d’autres missions visant à frapper les points forts du front ou à interdire les routes qui servaient de voies de ravitaillement principales aient également été planifiées et exécutées, la Citadelle restait la priorité. Au fur et à mesure que la guerre aérienne s’intensifiait, les aéronefs devenaient un spectacle courant au-dessus de Vraks.

Le Maréchal Kagori avait reçu l’assurance que l’engagement de la Marine Impériale sur Vraks s’inscrivait dans la durée. Ils allaient mener la campagne à son terme, tout comme les régiments de siège devaient le faire. Un flux constant d’aéronefs, de pilotes et d’équipages de remplacement fut fourni pour maintenir l’engagement à niveau. La force aérienne de l’ennemi était inconnue et, étant donné leur nature, difficile à cerner. Les estimations allaient de 200 à 500 aéronefs. Il était fort probable que l’ennemi ait bénéficié d’un avantage en nombre au début de la campagne aérienne, mais alors que l’attrition commençait à faire des ravages et que les remplaçants de la Marine Impériale commençaient à arriver, en 278825.M41, la plupart des équipages d’aéronefs estimaient avoir atteint une parité approximative des forces. À partir de ce moment, la Marine Impériale allait prendre le dessus, ne serait-ce qu’en nombre.

Les aéronefs qui s’entrechoquaient au-dessus de Vraks étaient très offensifs. L’immense majorité de l’escadre de chasse était composée de Thunderbolts, la vedette de la Marine Impériale, bien blindé et armé, avec une bonne vitesse et une bonne manœuvrabilité. Les escadrons de chasse pouvaient également aligner quelques Lightnings - plus petits, plus rapides et plus légers que les Thunderbolts ; ils n’avaient pas la puissance de feu des chasseurs lourds, mais pouvaient rivaliser avec la meilleure manœuvrabilité de l’ennemi dans un combat aérien. La véritable puissance de frappe provenait des Bombardiers Marauders. Bombardier moyen avec une excellente portée et une grande charge utile de bombes mais lent et lourd, le Marauder était très vulnérable aux chasseurs ennemis et ne pouvait pas opérer sans une forte escorte de chasseurs. Ceux-ci étaient soutenus par la variante Vigilant du Marauder. Ces appareils sacrifiaient la charge utile des bombes pour l’équipement technique, les scanners et les imageurs de grande puissance. Utilisés pour la reconnaissance aérienne des cibles avant une attaque, ou pour étudier les effets après un raid, ils étaient des aéronefs spécialisés et devaient être soigneusement préparés.

La Marine Impériale affronta les Hell Blades et les Hell Talons. Les Hell Blades étaient petits, très rapides et agiles dans un combat aérien. Ils opéraient en grand nombre, essaimant les formations de la Marine Impériale. Le Hell Talon était un aéronef plus lourd opérant dans le cadre de la rotation des chasseurs. Il transportait une charge de bombes ainsi que ses armes défensives. Malgré sa taille, c’était encore un aéronef mobile et il faisait jeu égal avec le Thunderbolt dans un combat aérien. Jusqu’à présent, aucun des bombardiers super-lourds Harbingers tant craints n’avait été rencontré sur Vraks.[47]

Chapitre Neuf : Vers une Brèche

« Avec chaque mort sur Vraks, notre victoire se rapproche. Il n’y a aucune armée dans la galaxie qui puisse arrêter les forces que nous avons commencé à invoquer il y a tant d’années. Bientôt, elles seront libérées à notre demande ! »
- Diacre Mamon - déclaré Extremis Diabolus par le Conclave de Scarus 2059826.M41.

L'Assaut des Gorgons

L’assaut fut mené par deux compagnies entièrement équipées pour aller au combat à l’intérieur de 30 transporteurs Gorgons, soutenu par des Leman Russ, des chars lourds Baneblades et Macharius. Une fois à la brèche, les Gorgons libéreraient un raz-de-marée d’infanterie pour envahir les défenseurs. Derrière eux, d’autres fantassins à pied et des Grenadiers dans des transporteurs Centaurs suivraient. L’artillerie tirait déjà au-dessus des têtes pour isoler le champ de bataille des renforts et les aéronefs se joignirent à l’attaque, frappant les renforts avant qu’ils ne puissent atteindre la brèche et aider à l’arrêter.

Le mur-rideau lui-même était une structure imposante. Entourant complètement la Citadelle, il était haut de six étages, épais de 30 mètres à sa base et surmonté d’un parapet renforcé. Il y avait des centaines de tours, chacune armée ou offrant des fentes de tir pour les armes lourdes qui avaient des lignes de feu dégagées et plongeant sur tout ennemi en dessous. À l’intérieur des murs, il y avait de nombreux bunkers, arsenaux militaires, abris et couloirs. Il y avait également des sentinelles automatisées ainsi que des armes lourdes placées le long du parapet. Si cela ne suffisait pas, les défenses étaient complétées par d’autres tranchées, casemates et lignes de défense à l’avant, avec des mines, des fils barbelés, des pièges à chars et des fossés antichars qui les cernaient. La seule compensation pour les attaquants confrontés à la perspective décourageante de le percer, était qu’il n’avait pas la profondeur des autres anneaux de défense. Il s’agissait d’une seule ligne de béton armé qui, une fois détruite, pouvait être rapidement submergée.

Avant que la poussière de la grande mine ne se soit déposée, les moteurs des Gorgons rugirent et leurs conducteurs mirent les gaz. Les transports massifs commencèrent à avancer, lentement au début, mais de plus en plus vite, l’air devenant bleu avec d’épaisses fumées d’échappement. Comme une flottille de bateaux sur une mer déchaînée, les formations de Gorgons se mirent en route à travers le paysage de fosses et de cratères vers le no man’s land. À l’intérieur, serrés les uns contre les autres, se tenaient les rangs des Gardes de Krieg, bousculés et secoués par le passage difficile des Gorgons vers l’objectif. Les Gardes ne pouvaient rien voir des événements au-delà des murs blindés. Ils ne pouvaient qu’entendre le cri des obus qui sortaient en attendant le moment critique où les rampes tomberaient et où l’ordre de charger serait donné. Tout se déroulait comme prévu : l’énorme charrue de chaque Gorgone se frayait un chemin à travers le terrain accidenté, se rapprochant progressivement de la brèche.

Pour les défenseurs qui les observaient, il semblait qu’un mur d’armure lourde se dirigeait vers eux. Beaucoup étaient encore étourdis ou blessés par l’énorme explosion qui venait d’anéantir cette partie du mur. Les survivants, grognons, s’éveillèrent et occupèrent leurs casemates et leurs tranchées.

Alors que les Gorgons avançaient, des tirs de riposte de l’artillerie des renégats commencèrent à tomber, quelques obus de mortier seulement au début, éclatant parmi les formations de Gorgons, les frappant avec de la terre et des éclats d’obus mais faisant peu de mal. Des obus plus lourds suivirent, alors que d’autres batteries recevaient les coordonnées et l’ordre d’ouvrir le feu. Bientôt, l’intensité du bombardement s’était accrue, les obus de mortier et de Earthshaker se mêlant aux détonations profondes des impacts massifs des bombardements. Les Gorgons continuèrent leur route à travers les explosions tonitruantes. Un véhicule malchanceux fut touché, un obus tombant directement dans le compartiment des troupes ouvert. Piégé dans son enceinte, l’explosion provoqua un carnage parmi les Gardes qui étaient les uns sur les autres et le Gorgon s’arrêta en fumant, son pont étant une scène d’horreur, inondée de sang.

Depuis la courtine, les artilleurs ennemis ouvrirent le feu. Les explosions de Canons Laser brûlèrent l’air alors qu’ils s’écrasèrent sur la première vague d’assaut. Les impacts gémissaient et ricochaient sur le lourd blindage frontal des Gorgons, conçu pour absorber ce genre de tirs. Les Leman Russ en soutien ripostèrent, leurs canons de combat tirant et reculant. Leurs obus s’écrasèrent contre le mur et firent tomber la maçonnerie alors que chaque obus creusait des trous dans les épaisses défenses. Alors que les deux camps échangeaient des coups, un deuxième Gorgon fut touché et prit feu, son combustible s’enflammant. Les Gardes qui se trouvaient à l’intérieur dégringolèrent, beaucoup étaient déjà en feu, des torches humaines trébuchant dans la boue jusqu’à ce qu’elles tombent et restent immobiles. Un troisième Gorgon fut immobilisé. Une quatrième explosa en une boule de feu.

Les principaux transports d’assaut étaient maintenant proches. L’ordre avait été donné de fixer des baïonnettes et à l’intérieur de chaque Gorgone, 50 lames brillantes jaillirent de leur fourreau comme un seul homme et se préparèrent. Les premières rampes commencèrent à tomber, s’enfonçant dans la boue alors que les Gorgons s’arrêtaient en rampant. À l’intérieur, les chefs de quart et les officiers donnèrent l’ordre de charger. Les escouades Kriegs se précipitèrent. Les bottes à clous à tête plate sonnaient par-dessus les rampes métalliques alors qu’elles plongeaient dans le maelström de feu qui s’épaississait.

Le premier officier sorti de son transport, à la tête de la 15e Section de la 7e Compagnie, était mort avant d’avoir franchi la rampe. Une balle dans la tête l’avait tué alors que ses hommes sautaient sur son corps. D’autres furent abattus par des torrents d’obus lourds et des Bolts des Bolters, alors que des artilleurs enthousiastes s’acharnaient sur leur gâchette. Tout au long du secteur, les défenseurs tirèrent sur les attaquants. Alors que les pelotons avançaient les uns après les autres, ils furent pris sous le feu de tirs précis, abattant des pelotons entiers alors qu’ils se battaient pour rejoindre l’ennemi.

Au bord du cratère, les Gardes de Krieg se retrouvèrent à grimper sur un mur de terre et de roche. D’énormes morceaux de maçonnerie, tout ce qui restait du mur et de ses fondations, étaient éparpillés, fournissant une couverture mais empêchant les chars et les Gorgons d’avancer plus loin. Le travail des Gorgons étant terminé, les conducteurs les firent reculer, leurs propres armes faisant un feu de suppression au-dessus des têtes de l’infanterie de devant. À partir de là, plus profondément dans la brèche, ce serait une bataille d’infanterie, homme contre homme. D’autres tirs d’artillerie se firent entendre, tirant sur le point d’attaque. L’infanterie Krieg poussait vers l’avant à travers les denses décombres sous le feu plongeant des murs et des tours. Le commandant de la 19e Compagnie, le Capitaine Haler, était déjà sur le terrain, poussant ses hommes à avancer lorsqu’un obus de mortier frappa à ses pieds, le lacérant d’éclats d’obus et lui coupant la jambe gauche sous le genou. Grièvement blessé, le Capitaine tomba. À proximité, le Commissaire Moroth vit le Capitaine tomber et avait immédiatement pris le commandement. L’épée à la main, il ordonna aux escouades qui se trouvaient à proximité de le suivre par-dessus le bord et de descendre dans le profond cratère en dessous. Le Commissaire atteignit le talus le plus éloigné alors que les équipes le rattrapaient et suivaient son exemple. Ils étaient maintenant les plus avancés des pelotons attaquants. Les extrémités en ruine du mur de la brèche se dressaient au-dessus d’eux, balayées par le feu fuyant des chars, à l’écart des défenseurs. Le Commissaire commença à grimper la pente raide, les rochers en dessous de lui fumant encore de la chaleur de l’explosion. Il avait presque atteint le sommet lorsque l’ennemi contre-attaqua.

La Death Korps affronte des Ogryns renégats fous à lier.
Sachant que l’attaque contre la brèche devait venir, l’ennemi avait couru pour rassembler toutes les forces qu’il pouvait pour bloquer la brèche, entraînant des troupes dans les secteurs voisins à travers la grêle d’artillerie qui s’abattait maintenant sur eux. Les Ogryns attendaient au sommet de la lèvre du cratère, cachés dans le grondement de la maçonnerie. Gémissant jusqu’au dernier moment avant d’être poussés à l’action par leurs injecteurs de produits chimiques chirurgicaux, les brutales créatures se précipitèrent à la rencontre des Gardes de Krieg alors qu’ils grimpaient vers le haut. L’élan des Ogryns les porta à travers les premières escouades. Trucidant sans discernement au fur et à mesure de leur progression, les Gardes de Krieg, pris par surprise et déjà désavantagés par la pente, n’avaient que peu de chance. Chaque Ogryn était un monstre de dix pieds, totalement fou à lié à cause de la drogue de combat qui coulait dans son sang. Hachant et tailladant, rugissant de douleur induite par la drogue, les Ogryns se frayèrent un chemin dans les profondeurs du cratère. Le Commissaire Moroth fut repoussé par la première charge, blessé et perdant son Épée Énergétique. Il vida son Pistolet Laser sur une seule bête, qui ignora ses blessures comme si elles n’étaient que des piqûres d’insectes. Alors qu’il rechargeait, un second Ogryn se précipita sur lui, brandissant une énorme foreuse à roche. Incapable de se défendre, les dents tournantes de la lame s’enfoncèrent dans le Commissaire, disséquant son torse de ses jambes dans un jet de sang et d’entrailles. D’autres escouades Kriegs descendaient dans le cratère et une mêlée tourbillonnante s’était formée au fond alors que les Ogryns se battaient avec une fureur insouciante. C’était un bain de sang. Les Ogryns tombèrent, chacun d’entre tuant dix Gardes ou plus jusqu’à ce que le sol du cratère soit recouvert de morts et de mourants des deux côtés.

D’autres pièces d’artillerie débarquèrent, frappant directement le cratère lui-même, mutilant et retournant les corps et tuant les deux côtés sans discrimination.

Alors que les Gardes se battaient au corps à corps dans la brèche, les chars Kriegs ne pouvaient plus avancer. La voie d’accès était trop lourdement bloquée par les décombres. Sans leur soutien rapproché, les Gardes de Krieg durent lutter pour se frayer un chemin face à la résistance fanatique de l’ennemi.

Derrière la lumière, une deuxième vague d’assaillants était maintenant en mouvement. C’était des Centaurs chargés de Grenadiers lourdement blindés, alors que d’autres sections d’infanterie se joignaient à l’attaque. L’ennemi se battait avec un zèle et un courage divinement inspirés malgré ses effectifs. Les pertes des deux côtés avaient été lourdes. La plupart des deux premières compagnies de Krieg s’engagèrent dans la brèche. De nombreux pelotons avaient été complètement anéantis. La deuxième vague n’avait pas mieux réussi car elle s’enfonça dans l’obscurité. L’infanterie se précipita à maintes reprises dans la zone de combat du cratère de la mine, pour être abattue lorsque l’ennemi repositionna ses canons afin de la purger ou de repousser les Impériaux. Dans l’obscurité, les attaquants se replièrent, retournant dans leurs propres tranchées, la plupart traînant avec eux des camarades blessés. Les morts gisaient en masse, par endroits empilés les uns sur les autres, à trois ou quatre mètres de profondeur. Les coques des chars et des Gorgons jonchaient le secteur. Sous le couvert de l’obscurité, les Quartier-Maîtres et leurs aides-serviteurs apparurent pour compter les coûts et écumèrent le champ de bataille, comme des oiseaux charognards dépouillant les morts.

Les commandants du 308e Régiment concédèrent que la première tentative de capture de la brèche avait échoué. Le Colonel Tolan accepta une seconde tentative, en lui donnant le temps de se préparer correctement pour une autre attaque à coups de canon. La prochaine fois, il la mènerait personnellement et ferait face à la mort plutôt qu’à une seconde défaite.[48]

Le Second Assaut

Le 308e Régiment avait obtenu sa deuxième chance de saisir la brèche et de faire un pas essentiel vers la fin du Siège de Vraks. Ce fut méticuleusement planifié. Comme la première attaque avait échoué parce qu’aucun blindé n’avait pu se frayer un chemin à travers les décombres, le 4e Régiment d’artillerie de Siège, positionné au sud de la Brèche de Darro, fut chargé de bombarder la brèche, jour et nuit, avec des obus de bombardement lourds pour tenter de briser suffisamment les décombres pour permettre aux chars de la traverser. Le reste du régiment devait bombarder les murs d’enceinte et les tours, brisant encore plus leurs parapets de tir et les armes automatiques qui y étaient montées. Ce bombardement devait durer deux semaines - une énorme ponction sur les ressources en obus d’artillerie du 34e Corps d’Armée.

Pendant ce temps, le Colonel Tolan préparait ses nouvelles unités d’assaut. Les Gorgons avaient été un succès et ils allaient une fois de plus porter ses hommes sur la cible avec le soutien total d’autres compagnies de chars lourds et de chars d'assaut.

L’analyse du premier assaut raté avait également révélé qu’il avait été trop étroit - un seul coup de poignard avec seulement deux compagnies en tête. L’attaque suivante serait plus large. En frappant les murs tout le long du front du régiment. Cela pouvait sembler être un geste futile, mais l’ennemi avait réussi à tenir la brèche en utilisant le mur lui-même pour déplacer les troupes le long de la ligne en toute sécurité contre le feu de l’artillerie lourde qui tombait tout autour. Cette fois-ci, ces troupes seraient clouées sur place pour défendre la section de leur mur. Ces attaques seraient renforcées par d’autres Chars Super-Lourds qui tenteraient d’utiliser leur puissance de feu pour faire sauter de nouvelles brèches. Avec un seul endroit à défendre, l’ennemi avait pu rassembler suffisamment de forces pour étouffer l’attaque. En cas de brèches multiples, ses forces seraient moins étendues et moins susceptibles de résister au coup de marteau lors du débarquement.

Cette fois, l’assaut du 308e Régiment avait été contré par une défense mieux préparée. Les Gorgons rencontrèrent une bordée de missiles krak et de Canons Laser et alors qu’ils se rapprochaient de l’objectif, beaucoup furent touchés, rejoignant les autres carcasses rouillées dans le no man’s land. L’artillerie ennemie avait eu le temps de se mettre en position et avait réagi rapidement avec une force écrasante. Le Colonel Tolan mena à nouveau ses hommes dans le cratère, mais il trouva une fois de plus l’ennemi qui le défendait avec un zèle fanatique. Le Colonel lui-même fut tué lors de l’assaut, abattu avec le porte-étendard du régiment à ses côtés alors qu’il se battait au corps à corps avec les traîtres qui tenaient la brèche. Son corps gisait sans identification sous une pile de morts qui avaient suivi son exemple et qui furent également tués.

Les attaques plus loin le long des murs au nord et au sud remportèrent un certain succès. Deux nouvelles brèches plus petites furent ouvertes dans les murs, élargissant les cibles possibles, mais une fois encore, elles n’ont pas pu être capturées et tenues. Dans un combat, la brèche changea de mains huit fois avant que l’attaque des Kriegs ne soit forcée de se replier. Le second assaut avait été repoussé tout comme le premier. Un troisième serait nécessaire…[49]

Le Troisième Assaut et la Suite

Cette fois-ci, le 8e Corps d’Assaut avait été amené à la ligne 10 pour mener l’attaque sur les murs. Une fois de plus, les marées de l’infanterie de Krieg déferlèrent sur les brèches, et elles furent elles aussi repoussées. L’ennemi ripostait avec tout ce qu’il avait. Au cours de l’année suivante, quatre autres tentatives d’assaut furent lancées et toutes se soldèrent par des retraites sanglantes. Les Titans se joignirent à la bataille et la zone autour des secteurs 57-44 devint la plus sanglante et la plus dure de tout le siège jusqu’à présent. La bataille avait été un abattoir qui avait attiré les hommes des deux camps et les avait massacrés. Le quatrième assaut prit fin lorsque l’ennemi fit exploser sa propre mine massive sous le cratère orignal, détruisant ainsi des centaines de soldats Kriegs se trouvant dans le cratère. L’explosion avait encore approfondi la zone et dispersé plus de gravats, mais elle avait effectivement mis fin à l’attaque.

Comment la brèche devait-elle être capturée ? Le Maréchal Kagori craignait qu’elle n’absorbe trop de ressources. La demande d’aide supplémentaire des Titans avait dû être rejetée. Les combats ici pouvaient être intenses, mais il y avait encore une guerre à mener. La région entière était encore un grand champ de bataille. Attaques et contre-attaques. Raids et contre-raids, les deux camps se jetaient constamment sur les positions de l’ennemi pour tenter de les briser. La guerre totale avait consumé secteur après secteur. Les Space Marines de Chaos continuèrent leurs attaques dévastatrices. Les troupes de l’Alpha Legion avaient identifiées comme menant des raids loin derrière la ligne de front, détruisant les positions d’artillerie et les dépôts de munitions. Le 1er Corps de Ligne était pleinement engagé contre les forces de Nurgle, confrontées aux horreurs de la guerre chimique continue. La Legio Vulcanum était toujours là, prêtant sa force partout où une attaque majeure se produisait. Les Titans de la Legio Astorum étaient nécessaires pour contrer leur menace, et s’étaient dispersés dans les Désolations de Van Moors. Chaque jour, la ligne de front s’enflammait de furieuses batailles. D’autres rapports d’engagements et de pertes affluaient sur le bureau du Maréchal. La guerre des tunnels se poursuivait également.

Peut-être pourrait-elle fournir une autre percée, peut-être même une deuxième brèche ? Cela ne s’était pas produit. L’ennemi avait appris une leçon et contre-minait avec plus d’efficacité. Sous terre, la guerre était devenue une impasse, tout comme en surface. Les deux camps étaient à égalité. Comme de grands pugilistes, chaque attaque meurtrière était contrecarrée par une contre-attaque, mais aucun des deux ne semblait avoir la force d’assommer l’autre. Après les furieuses batailles et plus d’un million de Gardes Kriegs morts sur Vraks, le rythme de la guerre s’était ralenti. Les grands projets du Maréchal pour un nouvel élan avaient fait leur temps. L’ennemi l’avait égalé et, grâce à des efforts herculéens, l’avait repoussé. Par endroits, les gains virent les régiments de Krieg en vue du mur d’enceinte. Dans d’autres, ils restaient piégés dans les lignes de défense intérieures.

N’étant plus encerclé, l’ennemi pouvait lancer des attaques de flanc et des raids loin à l’est. Ici, loin des tranchées, les compagnies des Cavaliers de la Mort de Krieg connurent leurs propres combats acharnés - parcourant de longues distances pour repérer les mouvements de l’ennemi. Les escarmouches avec les unités de reconnaissance ennemies étaient courantes.

Ainsi, une autre année du Siège de Vraks s’écoula, avec de lourdes pertes et de petits gains de terrain, et aucune fin en vue pour les Gardes fatigués par la bataille qu’ils devaient supporter. Une bonne nouvelle rapportée au Maréchal Kagori était que les patrouilles du système Vraks n’avaient trouvé aucune trace du cuirassé Anarchy’s Heart. Il avait dû fuir le système. Trop endommagé pour risquer une autre bataille. Les lignes de ravitaillement de Vraks étaient à nouveau sécurisées.[50]

La Longue Guerre Continue

Après la dernière recrudescence des combats, la longue guerre d’usure avait repris. Les deux camps regroupèrent leurs forces, les réorganisèrent et les ré-équipèrent. Le duel quotidien de l’artillerie se poursuivait, mais les deux camps étaient épuisés alors. Le Maréchal Kagori accepta les gains de son offensive et élabora de nouveaux plans pour reprendre le terrain perdu, mais il réalisa maintenant que l’attrition devrait se poursuivre, indéfiniment si nécessaire. L’ennemi, renforcé par le plus fervent des adorateurs du Chaos et embrassant désormais pleinement le pouvoir que lui offraient les Dieux Sombres, ne se briserait pas et ne se rendrait pas. Ils devraient être anéantis, anéantis jusqu’au dernier homme. En tout, on estimait que 8 000 000 d’hommes avaient commencé à défendre Vraks et leur messie autoproclamé. Comment l’ennemi avait-il pu être tué au taux prévu d’une perte sur deux pour ses régiments ? Plus de 3 millions d’âmes hérétiques avaient été purgées de la galaxie depuis le début de la guerre. Cela signifiait que la 88e Armée de Siège n’était même pas à mi-chemin des réserves de main-d’œuvre du Cardinal Apostat, et il avait été renforcé.

Là où autrefois l’ennemi n’était que des miliciens, des ouvriers et une foule d’artisans non formés, tous étaient maintenant des vétérans, endurcis dans le creuset de ce siège amer en excellents soldats. Ils croyaient que leurs dieux les soutenaient et croyaient que la victoire pouvait finalement être la leur, indépendamment des défaites en campagne. Le Cardinal Xaphan n’avait pas été vu ni mentionné depuis longtemps. Était-il encore en vie, caché dans son antre ? Peut-être fallait-il envoyer un serviteur de l’Officio Assassinorum sur Vraks pour l’éliminer ? En fin de compte, cela ne servirait pas à grand-chose. Il était plus probable que les Space Marines du Chaos avaient pris le commandement direct. Cette guerre était maintenant menée selon leurs plans et leurs désirs.

Les deux armées étaient donc à nouveau dans l’impasse. La longue guerre devait se poursuivre. La date prévue pour la fin du Siège de Vraks était passée depuis près de deux ans. L’Administratum avait accepté la prolongation et trouvé les ressources supplémentaires, mais le Departmento Munitorum procédait maintenant à un autre de ses longs examens de la campagne. Le plan de douze ans avait achevé son cycle et plus encore, mais il n’avait pas apporté la victoire escomptée.

Le Maréchal Kagori s’y était opposé, mais l’engagement de ressources que Vraks avait exigé ne pouvait plus être maintenu. La planification de l’Adeptus Administratum exigeait des Gardes de Krieg pour d’autres zones de guerre et la haute priorité dont la campagne sur Vraks avait bénéficié devait être déclassée. Le siège ne devait pas être abandonné, les forces hérétiques devaient encore être combattues et vaincues et Vraks devaient retourner sous le règne de l’Empereur. Cette nouvelle politique signifiait simplement qu’elle serait plus longue et plus coûteuse à long terme. Le Maréchal et ses conseillers discutèrent en conseil avec les délégués du Departmeno envoyés pour l’informer de la décision. Cela n’avait pas aidé sa cause. Les plans révisés avaient déjà été estampillés sur Terra par le Bureau du Maître du Departmeno Munitorum. Le Maréchal Kagori devait se contenter de moins de renforts et de moins de fournitures. Il devait réviser ses plans en conséquence. Il lui restait encore cinq ans avant la prochaine révision.

En réponse à ce coup dur, le Maréchal dépêcha une délégation de ses propres officiers d’état-major, avec pour mission de mobiliser rapidement davantage d’aide, avant que la nouvelle politique du Departmento Munitorum ne commence à entrer en vigueur.[51]

La Force de Frappe Ainea

Les délégués du Maréchal Kagori rencontrèrent le Croiseur d'Attaque Arx Fidelis dans le système Cantus. Le navire de l’Adeptus Astartes revenait d’une patrouille qui avait balayé la dangereuse Nébuleuse de Fydae et utilisait la station de ravitaillement de la Marine Impériale à Cantus IX pour se réapprovisionner avant de rentrer à la base.

À bord se trouvait une Force de Frappe combinée d’éléments de quatre Compagnies du Chapitre des Red Scorpions, dirigée par le Commandant Ainea de la 3e Compagnie. Il avait avec lui une centaine de Frères de Bataille de la 1ère, 3e, 6e et 8e Compagnies qui avaient attaqué et détruit un bastion de pirates Orks. Il s’agissait d’une mission de routine et l’engagement avait vu les extraterrestres écrasés. D’autres opérations anti-pirates devaient être poursuivies avant qu’ils ne retournent à la forteresse de leur Chapitre.

La délégation de Kagori avait été conduite en bonne et due forme devant le Commandant Ainea qui écouta leur demande. Le Maréchal avait besoin d’aide pour poursuivre la guerre sur Vraks. Ses régiments de la Garde Impériale étaient dans une impasse et il devait relancer sa campagne. De nombreuses tentatives avaient échoué. Il se tournait maintenant vers les meilleurs guerriers de l’Empereur pour obtenir de l’aide. Le Commandant accepta de revoir la situation et en fit la demande à son Haut Seigneur Commandant. Il n’autorisera pas le déploiement lui-même, bien qu’en tant qu’officier de confiance, il était parfaitement libre de le faire.

Après plusieurs mois de retard, le quartier général du Maréchal Kagon sur Thraces Prime avait finalement obtenu la réponse. Le Haut Seigneur Commandant des Red Scorpions avait donné son accord pour le déploiement. Il semblait que l’opportunité de débarrasser la galaxie d’un dangereux hérétique et des Légionnaires renégats qui s’étaient alliés à lui était une bénédiction de l’Empereur. La Force de Frappe Ainea se rendrait dans le système Vraks et évaluerait la campagne sur le terrain avant de décider du meilleur endroit pour se déployer. Cela ne se ferait qu’à la condition qu’Ainea gardait son autonomie. Aucun Red Scorpions ne devait être placé sous un autre commandant. Ainea devait avoir toute latitude et toute liberté dans l’utilisation de ses forces.

Le Maréchal accepta, heureux que la Force de Frappe d’élite soit prête à aider alors même que le Departmento Munitorum réduisait ses effectifs. Il fit informer les officiers Space Marines et ils tinrent leur propre conseil de planification pour décider où engager leurs forces. Ils choisirent la brèche du secteur 57-44. C’était là que leur petite force pourrait le mieux influer sur l’issue de la campagne. Ils allaient planifier et lancer une nouvelle tentative pour s’emparer de la brèche et briser le mur-rideau. Elle porterait le nom de code "Operation Execution Place".[52]

Le Lieu d'Exécution

Les Space Marines du Chapitre des Red Scorpions débarquent !
La mission avait été soigneusement planifiée et impliquait tous les moyens dont disposait le Commandant Ainea, y compris l’Aix Fidelis. Ce serait un assaut éclair, mené dans l’obscurité et nécessitant un timing parfait. Le fer de lance de son attaque était les escouades de la 1ère Compagnie - des Frères de Bataille vétérans en Armure Terminator. Ainea et Codicier Yaec les dirigeraient personnellement, utilisant la chambre de téléportation de l'’’Arx Fidelis’’ pour livrer cette puissante équipe d’assaut directement dans la brèche. Pour cette attaque, il devait être incroyablement précis, ce qui impliquait d’amener son téléporteur le plus près possible de la cible et d'avoir une balise de téléportation en place - rien ne pouvait être laissé au hasard.

La mission consistant à placer le téléporteur sur la brèche nécessiterait qu’une petite équipe de volontaires passe par Thunderhawk, quelques secondes avant que les Terminators ne soient en position. Cette équipe utiliserait des Réacteurs Dorsaux pour atterrir, puis installerait la balise pour que les géomètres de l’Arx Fidelis puissent la verrouiller. Les Terminators se téléporteraient alors et commenceraient l’attaque proprement dite. Pendant ce temps, alors que le fer de lance serait engagé, une seconde équipe d’assaut au sol serait prête à courir vers la position des Terminators dans les véhicules blindés de la Force de Frappe en utilisant des équipements de siège spécialisés tels que les Vindicators. Au fur et à mesure que les Terminators s’emparaient de la brèche, les forces terrestres arrivaient pour la maintenir contre les inévitables contre-attaques. Une fois la brèche sécurisée, les Space Marines utiliseront le code complet de la mission et un groupe de combat spécial du 11e Corps d’Assaut choisi pour cette mission, traversera en premier la brèche pour commencer l’exploitation. Cette force d’exploitation comprendrait le soutien des Titans de la Legio Astorum. Le Haut Princeps Drauca accepta le plan et se joignit personnellement à cette mission avec son Titan Reaver Praetorian. Si tout se passait comme prévu, les Red Scorpions pourraient alors confier la sécurité de la brèche aux forces de Krieg et se replier sur leur Croiseur d’Attaque. Les hérétiques étaient sur le point d’affronter pour la première fois une véritable armée de l’Imperium, une attaque à toutes armes. L’heure zéro fut fixée à 989826.M41.

À bord de l’Arx Fidelis, les Frères de Bataille se préparaient au combat. Les Chapelains bénissaient les armes et les armures. Le Commandant Ainea passa une journée en prière, agenouillé devant l’autel de l’Empereur dans le sanctuaire du croiseur avant d’enfiler son Armure Terminator avec l’Archiviste Yaec et les frères vétérans de la 1ère Compagnie. Il avait déjà choisi cinq volontaires pour la mission de mise en place de la balise, tous étaient des Marines d’Assaut de la 8e compagnie, dirigée par le Sergent Culln. Les forces terrestres se préparaient à se déployer à la surface via les Thunderhawks. Celles-ci étaient placées sous le commandement du plus fidèle adjoint d’Ainea, le Sergent vétéran Zhyr de la 6e Compagnie, assisté des Frères de Bataille les plus expérimentés de la compagnie, trois Dreadnoughts, l’ancien Chapelain Nair, le vénérable frère Rzasa et le frère Daeres qui seraient équipés pour la guerre de siège.

Le Capitaine de l’Arx Fidelis avait été mis au courant. Il allait amener son navire à portée des derniers silos laser de défense de Vraks, qui détecteraient sans doute son approche et ouvriraient rapidement le feu. Le croiseur prenait un risque, mais il devait seulement survivre aux défenses ennemies assez longtemps pour que la force d’Ainea puisse se téléporter dans la bataille. Ensuite, le Capitaine devait effectuer des manœuvres d’évitement et se mettre à l’abri en toute rapidité, son rôle dans la mission terminé.

L’heure zéro s’approchait alors que l’Arx Fidelis était sous le feu. Les tirs de laser de défense se dirigèrent vers le ciel alors que le Croiseur d’Attaque se mettait en orbite basse, ses canons de bombardement ripostant à son approche. Plusieurs tirs de laser de défense s’écrasèrent sur l’épais blindage du vaisseau, ses Boucliers Voids ayant cédé sous les impacts répétés.

Au fond des entrailles du Croiseur d’Attaque, d’anciennes énergies, à peine contenues par des machines archaïques, vibraient de puissance. Dans la chambre de téléportation, des éclairs clignotèrent et produisirent des arcs énergétique imprévisibles tandis que le Technoprêtre se dépêchait d’aller et venir. Il ajustait les cadrans et murmurait des incantations pour apaiser l’Esprit de la Machine archaïque. Au centre se tenait le Commandant Ainea, resplendissant dans son énorme combinaison blindée, drapé de Sceaux de Pureté et d’insignes d’honneur, le Bolter Ouragan dans la main gauche, le Bouclier Tempête dans la droite. Derrière lui se tenait l’Archiviste Yaec et dix hommes, tous pareillement équipés, chacun portant de grands Marteaux Tonnerre et des Boucliers Tempête ou les longues lames scintillantes des Griffes Éclair dépassant de leurs puissantes armures.

Tandis que l’Arx Fidelis était secoué et écrasé par les salves laser de défense, un seul Thunderhawk vola à basse altitude sur la surface sombre de Vraks, s’approchant de la brèche par le sud à une hauteur maximale de 100 pieds au-dessus du sol, effleurant les contours en dessous alors qu’il approchait de la cible. Sur la rampe arrière se trouvaient cinq Space Marines, l’équipe d’assaut du Sergent Culln. Le Sergent serra la balise de repérage alors que le pilote les avertissait de se tenir prêts - la zone de largage approchait. En réponse, les Space Marines activèrent les Réacteurs Dorsaux qui se mirent à tourner, la rampe descendant lentement pour révéler le ciel sombre comme une ardoise.

À son commandement, les hommes de Culln sautèrent, plongeant à travers l’obscurité et dans le violent courant de fuite du Thunderhawk. Les cinq Space Marines d’assaut visèrent directement le centre du cratère de la brèche, avec des Réacteurs Dorsaux à pleine puissance pour atténuer la chute. En quelques secondes, ils atterrirent, s’écrasant au sol avec un impact qui aurait tué des hommes de moindre importance. Chaque Space Marines set mis à rouler avec l’impact et se remis debout, les Pistolets Bolter prêts, en alerte et à la recherche de cibles.

L’ennemi avait été prévenu de l’approche du Thunderhawk par le bruit de ses trois grands moteurs. Il passa directement au-dessus de lui en volant à plat. C’était une ombre noire rapide, un rugissement de moteurs, et puis il disparu - s’éloignant rapidement au loin. Mais les sentinelles ennemies étaient maintenant en alerte et commencèrent à écumer la zone. Des torches et des faisceaux de projecteurs sillonnaient la brèche tandis que le Sergent Culln installait la balise, ses hommes l’entourant, couvrant toutes les directions. Puis, soudain, l’équipe fut repérée. Au début, quelques coups de feu percèrent l’obscurité, gémissant au-dessus de la tête alors que Culln se dépêchait de diriger le signal de la balise vers l’Arx Fidelis. D’autres coups de feu passèrent en sifflant. L’ennemi arrivait.

La balise s’était animée au son des bips des géomètres de l’Arx Fidelis. Le Sergent Culln avait immédiatement donné l’ordre d’ouvrir le feu. Les Pistolets Bolter émirent leur son distinctif lorsque chaque Bolt s’enflamma avant l’explosion soudaine et tonitruante au moment de l’impact. Les sentinelles sur le bord du cratère explosèrent lorsque qu’elles firent touchés par les Bolts, déchirées membre par membre. La bataille avait commencé.

Seuls cinq Space Marines se dressaient devant des centaines d’ennemis. Sans se laisser décourager, l’escouade de Culln avait de nouveau enflammé ses Réacteurs Dorsaux et s’était lancée dans la pente du cratère, droit sur l’ennemi. Les Épées Tronçonneuses tailladèrent et hachèrent et les Bolts des Bolters rugirent dans la nuit lors de leur furieux assaut. L’escouade de Culln avait abattu les premières sentinelles, mais l’alarme avait déjà été donnée. D’autres traîtres se précipitaient alors sur les défenses. La traînée de feu d’un missile sortit de l’obscurité et écrasa un Frère de Bataille en pleine poitrine, le souffle de son ogive krak perçant son armure et lui tranchant le torse. Un autre Space Marine fut blessé, son casque ayant été perforé, laissant son visage en ruines sanglantes de chair et de sang. Surpassés en nombre et en armement, même les meilleurs éléments de l’Empereur ne pouvaient espérer tenir longtemps. Culln avait besoin de renforts.

La chambre de téléportation de l’Arx Fidelis s’était illuminée alors que les arcs de foudre bleus s’écoulaient autour d’Ainea et de ses hommes. L’air était vivant, pétillant et étincelant de puissance brute. Alors que la luminosité aveuglante s’évanouissait dans l’obscurité, la chambre était vide.

Les Terminators d’Ainea apparurent dans un éclair de lumière et un halo de puissance grésillante, directement sur la cible. Ils arrivaient de nulle part, projetés à travers le Warp à une courte distance de leur Croiseur d’Attaque jusqu’à la surface de Vraks. Ils commencèrent alors le massacre. Le Bolter Ouragan d’Ainea martela un flot de Bolts tandis que les vétérans avançaient sous le feu des défenseurs qui furent écarter par les Armures Terminator et les Boucliers Tempête aussi facilement que si ils étaient une simple grêle de pierres. Leurs Marteaux Tonnerre et leurs Griffes Éclair ne laissèrent aux traîtres aucune chance. Dans l’obscurité, la confusion régnait, mais les Space Marines connaissent leur plan et ont maintenu leur discipline, travaillant ensemble pour purger systématiquement la brèche. La puissance psychique enveloppait l’arme de l’Archiviste Yaec alors qu’il se tenait épaule contre épaule avec son commandant, la foudre bondissant de ses doigts, frappant tous ceux qui se tenaient devant lui avec la puissance du Warp et à son commandement. Les ennemis qui ne s’enfuyaient pas étaient massacrés sans pitié.

Alors que les Frères de Bataille en Armures Terminator commençaient leur attaque, la Force de Frappe du Sergent Zhyr, un vétéran, se précipitait à travers le no man’s land, déployant des escouades en combat à pied pour compléter leur avance. Dans leurs rangs, se trouvaient les trois Dreadnoughts. L’obscurité n’avait pas empêché leur attaque pendant que de longs faisceaux de projecteurs dansaient à travers le no man’s land, pour finalement se verrouiller sur les véhicules Space Marines. Les tirs ennemis débutèrent.

Les Frères de Bataille de Zhyr avancèrent sous le feu, les Canons Bolters renvoyant des coups de feu en un flux régulier et précis. De l’arrière, les missiles et les Canons Laser des escadrons avançaient à toute allure, percutant les parapets du mur. Les Bolters Lourds portaient des obus flamboyants et des roquettes qui hurlaient en essayant de supprimer les points forts de l’ennemi. Des tirs d’artillerie à distance commencèrent à se faire entendre. Zhyr lui-même fut projeté en l’air par un impact rapproché, atterrissant indemne sous une pluie d’éclats d’obus puants et chauds. Le Sergent vétéran se remis debout et encouragea ses frères à poursuivre leur chemin. Leur commandant était devant eux et se battait pour la brèche. Ils devaient l’atteindre. Quelque part dans l’obscurité, le canon d’un Vindicator ouvrit le feu, frappant directement les restes d’un bunker reconstruit avec des sacs de sable et des rochers. Le petit bunker explosa et ses armes lourdes furent anéanties.

L’Escouade Tactique de Zhyr avait atteint le bord du cratère. Sous un feu nourri, ils firent une pause pour se regrouper et recharger, tirant une volée de tirs de Bolts de couverture. Le Dreadnought Chapelain Nair était avec eux, ses Canons Laser rougeoyant. Ils furent bientôt rejoints par les frères Rzasa et Daeres, dont la foreuse énergétique détruisit les plus gros blocs rocheux, afin de permettre aux véhicules suivants de poursuivre leur route. Derrière lui, le premier Vindicator. Un autre de ses énormes obus fut tiré, effectuant une trajectoire en boucle sur le parapet du mur du dessus. Sa détonation fracassante creusa une brèche dans la roche et envoya la maçonnerie s’écraser au sol.

La force principale de Zhyr avait atteint le cratère de la mine. Avec le Chapelain Nair à l’avant, ils plongèrent dans le fond du cratère où tant de Gardes de Krieg avaient combattu et étaient morts avant eux. En courant à travers les tirs plongeants et le barrage d’artillerie qui s’épaississait, ils grimpèrent la pente la plus éloignée. Poussés par leur armure, ils ne cessèrent jamais de progresser pour venir en aide à leur commandant.

Juste devant eux, les frères du Commandant Ainea rencontrèrent de front une contre-attaque des Ogryns. L’épée du Commandant tranchait à gauche et à droite, sectionnant la jambe d’une bête enragée, qui trébucha et tomba, se balançant toujours sauvagement avec sa lourde massue. L’attaque des Ogryns fut rapidement mise en pièces, ils n’affrontaient plus face à de simples Gardes Impériaux. Les Marteaux Tonnerre mirent les créatures en émoi, leur système nerveux induit par la drogue étant surchargé par l’impact redoutable de l’arme. Des Griffes Éclairs découpèrent et charcutèrent les Ogryns comme des gorets, ratissant à travers leur armure de plastacier brut comme du papier. À côté d’Aineas se tenait le seul survivant de l’Escouade d’Assaut de Culln. Le Sergent lui-même, brandissant son Épée Tronçonneuse à deux mains, son Pistolet Bolter jeté, vidé de ses munitions. Pour ses efforts héroïques dans la brèche durant cette nuit sanglante, le Sergent Culln sera plus tard élevé à la 1ère Compagnie du Chapitre.

Zhyr et le Chapelain Nair se donnèrent rendez-vous avec leur Commandant. Tous deux étaient marqués par la bataille. Leur armure était cabossée et brûlée, mais les Red Scorpions s’étaient emparés de la brèche. Les corps des ennemis étaient éparpillés sur le sol, s’ajoutant aux ossements des morts depuis longtemps. L’attaque éclair des Red Scorpions avait réussi là où toutes les attaques des Kriegs avaient échoué. L’ennemi n’avait pas réussi à arrêter l’assaut soudain de téléportation des Terminators, la fureur de leur attaque ou le pouvoir psychique de l’Archiviste Yaec. Le Commandant Ainea organisa ses nouveaux renforts dans un périmètre défensif. Ils avaient pris la brèche. Le signal de fin de mission fut transmis. Ils devaient maintenant tenir jusqu’à l’arrivée du groupement tactique Krieg et des Titans de Drauca. Ainea et ses Frères de Bataille savaient que cette bataille n’avait pas encore été gagnée.[53]

Nous Voici…

Le Secteur 57-44 est tombé !
L’ennemi avait mis en place des plans d’urgence pour contrer la chute du mur-rideau. Une force d’intervention rapide composée de Chimères et d’infanterie était stationnée pour se déplacer rapidement afin de répondre à toute percée. Lorsque la nouvelle de la défaite parvint à leurs commandants, cette force fut envoyée en contre-attaque afin d’amortir toute exploitation et d’avancer pour reprendre la brèche. Avec elle suivraient les Titans.

Avant l’aube, les deux forces opposées étaient sur une trajectoire de collision. Les Frères de Bataille du Commandant Ainea occupaient les ruines du mur-rideau et les décombres éparpillés sur le sol. Des Escouades Devastators étaient positionnées à la brèche, avec les Terminators retirés, prêts à se précipiter et à bloquer toute percée si l’attaque ennemie se rapprochait trop. Les Red Scorpions se tenaient là, imperturbables face au défi. Les bombardements ennemis se poursuivirent avec précision et les hommes d’Ainea durent s’enfoncer et ériger des barricades construites à la hâte. Derrière sa Force de Frappe, des renforts étaient en route.

Le groupement tactique du 11e Corps d’Assaut avait été précédé par des escouades du génie. Ceux-ci s’employaient à démolir les derniers obstacles autour de la brèche. À leur suite, des chars, fer de lance de la force de percée. Chaque compagnie étant à nouveau accompagnée d’un Char Super-Lourd. Derrière eux se trouvaient l’infanterie et l’artillerie de campagne, qui furent rapidement déployées et approvisionnées, prêtes pour une action immédiate.

Dans la première lueur d’une pâle aube, la contre-attaque ennemie débuta. Les armes des Titans ouvrirent le feu à longue distance, ratissant la brèche avec des impacts de terre, provoquant l’effondrement d’une plus grande partie du mur. Un Razorback fut touché directement et fut vaporisé par le faisceau à haute énergie d’un Canon Volcano, ne laissant que des pierres noires brûlées pour marquer le passage de l’Esprit de la Machine. Le Chapelain Nair perdit un bras. Il avait été arraché par un gros éclat d’obus chauffé à blanc. L’artillerie de Krieg riposta. De loin en arrière, les canons de siège envoyèrent des obus grondant et gémissant au-dessus de la tête des Space Marines. s’écrasant aux pieds des Titans. Ainea regardait les explosions florissantes à travers son scanner magnoculaire. Il pouvait voir les véhicules ennemis avancer, les chars lourds avec les transporteurs d’infanterie à l’arrière. Plusieurs transporteurs brûlaient déjà. Pris dans les tirs d’artillerie et crachant une fumée âcre. D’autres tirs des Titans firent exploser ses positions, laissant des cratères et des rochers brisés. Où était Drauca ? Il devait être capable de répondre à la puissance de feu lourde avant qu’il ne soit trop tard. Ces canons massifs pouvaient faire un travail de courte durée, même pour les Space Marines les plus puissants. Il se retourna pour scanner vers les lignes de Krieg et, à travers la fumée persistante, il vit apparaître la forme charpentée d’un Titan Reaver.

Le Reaver du Haut Princeps Drauca se dirigea vers la brèche, enjambant et contournant les chars et les véhicules légers qui continuaient de labourer vers l’avant. À pleine vitesse, le Titan s’élança vers l’avant. Les augures de Drauca avaient déjà détecté les Titans ennemis. Ses Moderatii étaient occupés à calculer des solutions de tir à longue portée pour toutes les armes. Dans le sillage du Reaver suivaient deux Warhounds. Le Praetorian était le premier à passer la brèche, ses Boucliers Voids gémissant sous les premiers impacts. Ainea leva les yeux alors que l’imposante machine de guerre passait directement au-dessus de lui, son Princeps chevauchant loin au-dessus, à huit étages de haut. Il avait une vue admirable du champ de bataille, adaptée aux pouvoirs divins de la machine qu’il contrôlait. Ainea sentit l’ozone et sentit l’air vibrer et bourdonner alors que les trois Turbo-Laser du Reaver se mettaient en marche et s’animaient soudainement, faisant clignoter des triples faisceaux d’une luminosité aveuglante. Il suivi le vol des tirs et vit les Boucliers Voids du Titan ennemi s’illuminer sous l’impact. Les pistons gémissaient alors que la grande machine de guerre s’éloignait de ses hommes, deux Warhounds plus petits derrière, presque agile par rapport au pas du Reaver. Les Warhounds ouvrirent également le feu. Satisfait, Ainea remit son casque en place. Les Titans étant pris dans leur propre duel, ses hommes pouvaient se concentrer sur les chars ennemis qui approchent. Les tirs s’intensifient à mesure que l’ennemi se rapprochait. Les Missiles Laser et Krak hurlaient. Un Chimère explosa en une boule de feu orange en expansion. Ainea se retira. Cette fois-ci, il gardera une vue d’ensemble de la bataille et ce n’était pas le moment de s’impliquer personnellement - cela viendra plus tard. Pour l’instant, il s’agissait d’un duel de puissance de feu à longue portée. En regardant en arrière, il pouvait voir le premier chasseur de Titan Shadowsword avancer lentement à travers le cratère, gravir la pente et tirer à fond sur son moteur pour repousser les débris restants. Bientôt, il allait lui aussi engager le combat contre les Titans ennemis.

La contre-attaque ennemie se poursuivit toute la journée, mais d’autres forces Kriegs traversèrent la brèche et pénétrèrent sur le champ de bataille. L’infanterie ennemie atteignit plusieurs fois la brèche, mais fut repoussée par la charge d’Ainea et de ses Terminators. Ainea lui-même avait été blessé au cours des combats par un coup direct de plasma. Son Armure Terminator lui avait sauvé la vie, mais l’épaisse cuirasse avait été perforée, la chaleur brûlante de l’impact violent ayant brûlé l’armure et la poitrine du Commandant, exposant l’implant de sa Carapace Noire qui s’y trouvait. Lorsqu’un Apothicaire traîna Ainea hors du champ de bataille, assisté du Sergent Culln, le Commandant était à peine conscient mais continuait à donner des ordres malgré la douleur de sa blessure. C’était une blessure grave, mais une fois que l’Apothicaire lui avait administré des médicaments stabilisants, il déclara que le Commandant vivrait, grâce à une reconstruction cybernétique de grande envergure.

Le commandement sur le terrain fut confié au Sergent Zhyr et au frère Nair, des vétérans qui orchestrèrent la défense avec stoïcisme. Toute la journée, les Red Scorpions combattirent jusqu’à ce que leurs munitions soient épuisées. À ce moment, les forces Kriegs engagèrent l’ennemi. Le groupe de combat du Princeps Drauca affrontait les Titans ennemis. Un Warhound fut détruit par un coup de Canon Volcano, ne laissant que deux grandes pattes saillantes vers le ciel, le torse et la tête de l’éclaireur Titan ayant été effacés par une explosion catastrophique d’un réacteur à plasma qui avait illuminé le champ de bataille comme un second soleil éclatant de vie. Mais l’ennemi avait été lourdement touché dans l’échange de tirs et s’était retiré plutôt que de risquer d’être détruit. Rand Drauca pouvait inscrire une autre victoire sur les traîtres méprisés de la Legio Vulcanum sur la bannière d’honneur de Praetorian.

Lorsque Zhyr détermina que les forces de la Garde Impériale étaient maintenant en position avec une force telle qu’aucune attaque ennemie ne pourrait les déplacer, il ordonna à ses propres survivants de se retirer. Les Red Scorpions se replièrent, le plus souvent à pied ou en grimpant sur les coques des quelques véhicules survivants. Quatre-vingt-seize Frères de Bataille avaient commencé l’opération "Lieu d’Exécution". Seulement 34 étaient revenus, beaucoup d’entre eux portant également d’horribles blessures. Le Commandant Alnea était gravement blessé et le vénérable frère Nair avait perdu son bras droit Canon Laser. Le frère Daeres avait été détruit, perdu par l’obus perforant d’un char qui avait transpercé le sarcophage blindé du Dreadnought. L’épave avait été remorquée pour être reconstruite et un jour, se battre à nouveau pour l’Empereur.

Les Apothicaires fouillèrent le champ de bataille et recueillirent les glandes progénoïdes des victimes. Les survivants chargèrent ensuite les corps dans des Rhinos pour les ramener à la forteresse du Chapitre. À leur retour, les rites funéraires appropriés seraient effectués devant le Haut Seigneur Commandant du Chapitre. Le Sergent Culln était encore en vie, son Réacteur Dorsal maintenant jeté, il se replia, son armure était déchirée et piquée, son épaulette gauche était enlevée et son casque brisé et perdu. Bientôt, les Thunderhawks allaient arriver pour les ramener en orbite. Bien au-dessus de la rotation de l’Arx, le vaisseau avait survécu à son échange avec les lasers de défense de Vraks, et il avait été endommagé lors de l’approche mais s’en était sorti sans autre dommage.

Leur mission était terminée. Le sacrifice des Red Scorpions à la cause de l’Empereur sur Vraks avait été fait. Le prix de la victoire avait été payé par la perte de nombreux Frères de Bataille courageux et les esprits des véhicules vaincus à jamais. Mais le rôle du Chapitre dans le siège avait été vital. Peu d’autres forces au service de l’Empereur auraient pu le faire. Grâce aux sacrifices des Red Scorpions dans le secteus 57-44, les Gardes de Krieg franchirent enfin la courtine.

Seule la forteresse de Vraks se trouvait devant eux.[54]

Les Signes Avant-Coureurs et les Présages

Sur Thracian Prime, le Maréchal Kagori, avait été interrompu dans sa série de briefings et de rapports sur Vraks. Les nouvelles de la percée dans le secteur 57-44 étaient en cours d’examen et, étant donné l’évolution de la situation, de nouveaux calculs d’approvisionnement étaient nécessaires. Le plan du Maréchal d’employer un Chapitre de Space Marines avait fonctionné et il semblait que la 88e Armée de Siège était enfin en vue de l’objectif final. La crise depuis la défaite à la Première Bataille de Vraks avait été contenue.

Puis un serviteur-codeur arriva, portant un message automatisé pour le Maréchal. Un visiteur important était arrivé à son quartier général, prétendant être un représentant de l’Inquisition de l’Empereur. C’était urgent.

Le Maréchal mis fin à son briefing pour rencontrer l’étranger. Même un Maréchal de haut rang de l’Imperium, avec des millions d’hommes sous son commandement, ne ferait pas attendre un Inquisiteur. Sous ses robes lourdes et épaisses, le visiteur était grand, presque anormalement grand et bâti comme un Space Marine, large de la poitrine et des épaules, tout en muscles. Ses riches vêtements étaient garnis de fourrures exotiques. Son visage portait les cicatrices de la bataille, ses yeux étaient perçants et on pourrait dire qu’il était inhumain, d’un autre monde. Il portait autour du cou une lourde chaîne, de laquelle était suspendu un lourd "I" doré de l’Inquisition comme insigne de fonction.

Derrière lui se tenait une suite d’individus tout aussi étranges. Des scribes-serviteurs ronronnaient et fredonnaient. Des guerriers sauvages, marqués par des rituels, lançaient des regards furieux. Un petit Chérubin planait sur des ailes emplumées à l’épaule de son maître. Une silhouette pâle, mince et sombre était aveugle, ses yeux étaient d’un blanc laiteux - un Astropathe. Il était marqué du signe du conditionnement impérial - la marque d’un survivant de la légendaire "Unification des Âmes".

L’Inquisiteur s’adressa au Maréchal avec sévérité mais avec respect. Il se présente comme le Seigneur Hector Rex, porteur du mandat de l’inquisiteur et Proctor-Général du Conclave de Scarus. La guerre sur Vraks était en danger, expliqua t-il. L’Inquisiteur avait fait de nombreuses lectures du Tarot de l’Empereur. Ses devins avaient médité sur le sujet, utilisant leur clairvoyance pour rechercher l’avenir probable. Tous les signes étaient sombres. Vraks était un monde prêt à exploser. En tant que Seigneur Inquisiteur, Hector Rex savait de quoi il parlait - ce n’était pas un simple avertissement, c’était la vérité. L’avenir sur Vraks était sombre, bien plus sanglant que tout ce que la guerre avait connu jusqu’alors. Les rebelles avaient peut-être été repoussés, mais dans le cadre plus large des Dieux Sombres, le travail des simples mortels était presque terminé. Rex savait déjà que les traîtres vénéraient ouvertement les puissances anonymes et s’étaient alliés aux Légionnaires renégats. Ils allaient bientôt s’offrir comme hôtes pour la possession et tenter d’invoquer des créatures démoniaques. S’ils réussissaient, les Vraks pourraient être sauvés. Tout autour du système, le Warp était déjà en fermentation. La 88e Armée de Siège était en péril… un péril que toutes les cartes, rapports et plans de bataille du Maréchal ne pouvaient prévoir, et que tous ses canons et chars ne pouvaient arrêter. Les Dieux Sombres étaient prêts à déchaîner leurs légions blasphématoires - le rituel était presque à son apogée. Il était urgent d’agir. Le Seigneur Rex était contraint d’invoquer son mandat inquisitorial et de mettre l’ensemble de la 88e Armée de Siège au service de l’Ordo Malleus…

…pendant ce temps, sur Vraks lui-même, les signes et les présages étaient mauvais, mais personne n’était présent pour comprendre la nature changeante de la guerre. Un second soleil avait été signalé par les pilotes au-dessus des Désolations de Van Meers. L’atmosphère naturellement volatile de la planète le devenait de plus en plus, des orages de foudre scintillaient constamment dans la haute atmosphère. Les nuages s’assombrissaient. Certaines sentinelles affirmèrent avoir vu les morts des batailles précédentes se relever de la boue du no man’s land et marcher à nouveau. On ne prêta guère attention à ces étranges présages - mais bientôt un nouvel ennemi allait menacer les soldats de l’Empereur sur Vraks…[55]

Chapitre Dix : Le Conclave de Scarus

« Nous sommes en guerre contre des forces trop terribles pour être comprises. Nous ne pouvons nous permettre de faire preuve de pitié pour aucune de ses victimes trop faibles pour emprunter la voie moralement correcte. Notre miséricorde nous détruit, elle nous affaiblit et mine notre détermination pour la longue bataille qui nous attend. Mettez de côté de telles pensées. Elles ne sont pas dignes des Inquisiteurs au service de l’Empereur. Louez Son nom, car dans notre détermination, nous ne faisons que refléter Sa volonté inébranlable. »
- du Livre des Exorcismes, Versets de l’Inquisiteur Enoth.

Une Chambre des Secrets

Le forum à colonnade devant la salle du conseil était une agitation de personnes et de suppléments. Des centaines de scribes, de serviteurs, de servantes et d’acolytes s’étaient rassemblés devant la porte en cuivre ornée d’une voûte qui menait à la salle du conseil située plus loin. Ils attendaient tous d’être admis sur les balcons qui entouraient l’étage des débats. Aujourd’hui, les grands Seigneurs Inquisiteurs du Conclave de Scarus allaient siéger en séance plénière et de nombreux points étaient inscrits à l’ordre du jour. De l’inculpation de nombreux praticiens et adeptes défaillants de l’Administratum sur des accusations mineures, à celle des personnes accusées des crimes les plus odieux de blasphème et d’hérésie contre l’Empereur et risquant la peine ultime d’excommunication. En tête de l’ordre du jour figurait la motion présentée par le Proctor-Général lui-même, le Seigneur Inquisiteur Hector Rex, pour l’induction de l’ensemble de la 88e Armée de Siège de la Garde Impériale à son service.

Le Seigneur Hector Rex demanda au Conclave d’approuver l’ordre de prendre le commandement de la guerre sur Vraks. Jusqu’à présent, le siège de la forteresse du Cardinal Apostat Xaphan sur l’ancien Monde Arsenal du Departmento Munitorum, le monde de Vraks, avait duré quatorze ans. Selon les meilleures estimations, plus de six millions de Gardes Impériaux des régiments de siège de Krieg avaient été sacrifiés dans une guerre d’usure incessante, d’autres chiffres atteignant les huit millions. L’armée hérétique du Cardinal avait offert une résistance acharnée de ses fortes défenses, et chaque mètre gagné avait été acheté à un prix sanglant en vies loyales. Un tel massacre n’aurait guère inquiété le Seigneur Inquisiteur sans deux autres facteurs, d’abord l’intervention sur Vraks des bandes de guerre des Légions du Chaos, puis la prophétie qui s’ensuivit du célèbre et honoré bossu Malphius, devin de guerre, dont la maîtrise du pouvoir prédictif du Tarot de l’Empereur était inégalée. Les lectures de Malphius avaient fait l’objet de nouvelles sombres et inquiétantes. Le Seigneur Rex croyait que le vieux voyant difforme avait vu l’avenir de Vraks, et se basait sur son expérience de toute une vie de Chasseur de Démons de l’Ordo Malleus. Le Seigneur Hector Rex était désormais certain que Vraks était sur le point de devenir le site d’une incursion démoniaque majeure. Le terrain avait été bien préparé par quatorze années de guerre acharnée. Maintenant, les vils serviteurs des Dieux du Chaos étaient prêts à déchaîner leurs pires alliés, les sombres pouvoirs du Warp faits chair et os dans l’univers matériel - les Démons - les véritables enfants du Chaos. Les Démons étaient des esprits malveillants qui ne pouvaient être vaincus par des moyens conventionnels. Il y avait peu de forces dans l’univers capables de repousser un tel assaut, qui serait à la fois physiquement et moralement corrompu. Mais l’Ordo Malleus avait été fondé pour un travail aussi exigeant. Leur tâche sacrée était de protéger l’Humanité contre des pouvoirs terribles dont l’homme ordinaire ne devrait jamais avoir connaissance. Afin de prendre le commandement, le Seigneur Inquisiteur voulait que l’autorité de son Conclave soit derrière lui. Ensemble, ils pourront prendre le commandement général de la guerre sur Vraks et déployer toutes les ressources dont disposait l’Ordo Malleus pour contrer la menace. En cas de besoin, il pourra toujours invoquer son mandat d’Inquisiteur et procéder sans le soutien total de son Conclave, mais cela affaiblirait sérieusement son pouvoir au sein de la chambre et, si sa mission échouait, l’exposerait aux réprimandes et aux mises en accusation de ses ennemis, en particulier par l’Ordo Hereticus.

Ces ennemis étaient déjà rassemblés ici en grand nombre. L’Ordo Hereticus, les Chasseurs de Sorciers, était le bras de l’Inquisition fondé pour contrôler la menace qui pesait sur l’Imperium au sein de ses propres organisations. C’était la plus grande et la plus puissante faction au sein de la structure byzantine de l’Inquisition de l’Empereur. Leur tâche sacrée était d’écarter l’hérésie, l’incompétence et la criminalité des rangs des propres serviteurs de l’Empereur. Les pouvoirs qu’ils exerçaient dans la recherche de ceux qui manquaient à leurs devoirs envers l’Empereur étaient inégalés et pratiquement illimités. Même un Seigneur Inquisiteur de l’Ordo Malleus n’était pas hors de leur portée et le Seigneur Rex savait que les Chasseurs de Sorciers saisiraient toutes les opportunités possibles pour prendre le contrôle de la guerre sur Vraks. Ils avaient déjà aidé l’Ecclesiarchie à faire pression pour obtenir le commandement de l’armée de siège qui combattait les Vraksiens. Leur argument était que le Cardinal Apostat étant un renégat de l’Adeptus Ministorum, il devait faire face à leur justice et à personne d’autre. Des crimes avaient également été commis contre les Adepta Sororitas, les saintes Sœurs de la Bataille qui servaient aux côtés des Chasseurs de Sorciers en tant que militantes de leur chambre. Le Seigneur Hector Rex s’attendait à ce que le débat d’aujourd’hui sur Vraks soit un dur combat, et un échec dans la chambre du conseil pourrait le forcer à le faire seul, et risquer la colère de l’Ordo Hereticus. Avant de pouvoir gagner des batailles sur Vraks, il devait d’abord gagner la bataille politique ici.

Malgré les factions ennemies liguées contre lui, l’Inquisiteur Rex savait aussi que le Conclave devait agir. Ne pas le faire contre la menace d’une incursion démoniaque sur Vraks pourrait avoir de terribles conséquences. La défaite des forces de la Garde Impériale, mais aussi celle des systèmes environnants, serait la prochaine. Peut-être que Vraks pourraient devenir un Monde Démon, où les barrières entre le Warp et l’espace réel auront été complètement abattues, et où les Démons erreront à volonté. Une défaite signifierait que les Dieux du Chaos auraient pris pied dans le secteur Scarus et que d’autres attaques et raids suivraient, devenant peut-être une Croisade Noire. Qui savait combien de mondes seraient perdus et combien d’âmes seraient damnées au service des puissances des ténèbres avant qu’une incursion ne soit stoppée ?

Tout avait été préparé. Le devin Maliphus avait été convoqué devant le Conclave, et d’autres preuves avaient été recueillies et préparées. Les agents d’Hector Rex avaient sondé les autres membres du Conclave, et savaient que ceux qui soutenaient sa motion et ceux qui s’y opposaient étaient également divisés. Alors que le Seigneur Inquisiteur revêtait ses luxueuses robes cérémoniales et les nombreux symboles de ses fonctions, tout en mémorisant son discours d’ouverture, le cortège des autres membres du Conclave se déplaçait à travers le forum et les grandes portes s’ouvrirent lentement.

La salle de débat était ancienne, utilisée par le Conclave depuis 2 000 ans. Son sol marbré était usé et éraflé, ses chaises d’un bancs en granit lissés et polis par le temps et les Servocrânes usés planaient au-dessus de la salle, portant des lanternes pour l’éclairage, mais elle restait encore sombre et lugubre, sauf au centre de la salle de débat circulaire, où un projecteur éclairait chaque Inquisiteur qui prenait à son tour la parole devant le Conclave. Au fil des ans, de nombreux criminels et mécontents avaient été traités et excommuniés de cette salle, de nombreux Inquisiteurs et leurs agents envoyés en mission pour traquer ceux qui cherchaient à menacer de déborder le juste règne des Hauts Seigneurs de Terra. La partie supérieure de la chambre était entourée de balcons d’où scribes et secrétaires pouvaient enregistrer les débats et les motions présentées au Conclave. Plus haut encore, dans les chevrons complexes de ferronnerie qui surplombaient les gargouilles et les statues de saints, des Chérubins grassouillets étaient perchés et voltigeaient sur des ailes à plumes, portant des parchemins et des messages pour ceux qui se trouvaient en dessous.

L’accès à la chambre se faisait par l’unique porte en laiton brillant, énorme et lourde, sculptée d’images de l’Empereur combattant des bêtes mythiques à plusieurs têtes. Symbole des nombreux ennemis que l’Humanité devait vaincre, la règle divine de l’Empereur devait être maintenue à travers la galaxie. Par cette porte défilaient maintenant les Seigneurs Inquisiteurs du Conclave de Scarus, chacun resplendissant dans leurs plus belles robes de cérémonie. C’étaient des grands et puissants seigneurs qui pouvaient déterminer le sort de tous dans le secteur Scarus, des planètes comme de simples citoyens. Des ouvriers subalternes de l’Administratum aux Gouverneurs Planétaires, en passant par les Généraux de l’armée et même les Inquisiteurs.

Le cortège entra dans un silence solennel, scandant des paroles du serment inquisitorial de servir loyalement et fidèlement le seul vrai souverain de l’Humanité et de maintenir Son ordre divin contre toute menace. Ils avaient été conduits par le vénérable Seigneur Thor Malkin, autrefois Procto-Général du Conclave lui-même jusqu’à ce qu’il soit terriblement blessé au cours des batailles. Maintenant, il était ancien et courbé par l’âge, son corps reconstruit avec des éléments bioniques. Une fois, Thor Malkin avait parcouru la galaxie avec le célèbre Libre-Marchand Joff Zuckerman, leurs aventures ayant fait l’objet d’une légende parmi les acolytes qui l’avaient suivi, notamment la victoire dans le tristement célèbre Génocide de Kynbaex. Derrière lui, les seigneurs de l’Ordo Hereticus, l’Ordo Xenos, l’Ordo Malleus, et d’autres Ordos moins importants, se sont succédé. Ces seigneurs, qui ne pouvaient être présents en raison de circonstances ou de fonctions éloignées, avaient envoyé des représentants à leur place, pour voter par procuration et rendre compte des développements et des décisions du Conclave.

Selon la coutume, le dernier à entrer était le Seigneur Hector Rex lui-même avant d’aller s’asseoir sur le grand trône de granit orné à la tête de la chambre. Lorsque tous furent assis, les lectures de la litanie étaient terminées et les galeries d’observation étaient pleines. Le Seigneur Rex se leva de son trône et se dirigea vers le centre de la salle de débats, de longues robes se baladant derrière lui. Il se plaça fermement au sommet de l’aigle à deux têtes gravé en or dans les plaques marbrées usées et s’adressa au conseil.

« Dignes Seigneurs. Je suis venu devant vous aujourd’hui pour offrir ma vie au service de notre Empereur. Le choix qui s’offre à vous est simple. Agir maintenant, de manière décisive, pour soutenir mes actions contre Vraks, ou anticiper, retarder et risquer de plus grands préjudices à l’avenir. Compte tenu des preuves que je présenterai au Conclave, la ligne de conduite que je recommande est la suivante. Je crois qu’elle est la seule voie qui puisse nous permettre de protéger ce secteur contre les catastrophes et les damnations futures. Il n’y a pas d’autre soutien à ma motion et je vous promets la victoire, même au prix de ma propre vie. Rejetez ma motion et nous aurons tous échoué. Échoué dans notre saint devoir envers l’Empereur et l’Humanité tout entière. »

La dernière phrase provoqua l’indignation et le tumulte de la chambre, alors que les Inquisiteurs se levèrent pour fustiger le Proctor-Général pour ses paroles sévères et ses affirmations d’échec. D’autres se levèrent pour le soutenir, et pendant des minutes, les arguments furieux créèrent un tumulte sur lequel personne ne pouvait s’avouer vaincu. Dans les tribunes au-dessus, les scribes et les secrétaires griffonnèrent frénétiquement ce qu’ils suivaient, mais ce n’est que lorsque les appels à l’ordre dans la chambre furent entendus que la motion put être débattu correctement et les preuves entendues.

Nombreux étaient ceux qui avaient leur mot à dire au Proctor-Général, qui était maintenant retourné à leur siège pour s’y asseoir, regardant et écoutant et n’ayant rien ajouté de plus au débat. Après que Malphius le Voyant se soit adressé à la chambre et ait été contre-interrogé, d’autres preuves sur Vraks furent présentées. D’autres prirent la parole pour plaider pour ou contre la motion, et l’ordre dut être rappelé à plusieurs reprises lorsque le Seigneur Thor Malkin prit la parole et s’adressa à la foule, soutenant le plan de son ancien Acolyte et condamnant ceux qui bloqueraient sa motion.

Après le débat, la motion fut mise au vote. Le Seigneur Rex savait que ce serait serré, mais s’il pouvait faire pencher la balance grâce à quelques-uns de ses rivaux, il gagnerait. Cela mettait l’Ordo Hereticus à contribution. Bien que membres d’un autre Ordo, ses Inquisiteurs n’étaient pas d’une seule Faction. Chacun avait ses propres idées et son indépendance d’action, en fin de compte. Chaque Inquisiteur devait être son propre homme - leurs missions l’exigeaient. Mais finalement, le Seigneur Inquisiteur Balzac s’est abstenu et emmena avec lui trois de ses collègues radicaux ; il avait suffi de deux voix pour faire passer la motion. Le Seigneur Rex avait gagné.

Mais, si le Proctor-Général du Conclave avait espéré forger une alliance entre les factions pour combattre ensemble, ou au moins le soutenir sur Vraks, il échoua. La salle du conseil se vida dans une atmosphère acrimonieuse de mécontentement et de méfiance. Les partisans de la ligne dure n’avaient été convaincus de rien, si ce n’est que le Proctor-Général outrepassait sa compétence en entraînant la 88e Armée de Siège dans une guerre qui leur était chère. Traduire en justice un Cardinal Apostat et ses alliés devrait être leur tâche, et la leur seulement.

Le Conclave de Scarus n’avait donné lieu à aucun sentiment de fraternité ou d’unité d’objectif, les disputes et les récriminations se poursuivant sur le forum. Mais pour Hector Rex, sa victoire étroite dans la salle du conseil devait maintenant être suivie d’une victoire sur les champs de bataille sur Vraks, déchiquetés par l’artillerie. La bataille pour sauver Vraks d’une incursion démoniaque allait maintenant commencer sérieusement, ce qui allait exiger beaucoup plus de sacrifices, d’endurance, de détermination et de volonté obstinée de la part de l’Inquisiteur. S’il hésitait maintenant, seule la catastrophe pourrait suivre.[56]

Préparer une Nouvelle Guerre

Le Seigneur Hector Rex avait immédiatement préparé le dictum qui plaçait officiellement la 88e Armée de Siège sous son commandement. Celle-ci serait bientôt sous le contrôle de l’Ordo Malleus, le Seigneur Inquisiteur Hector Rex en prenant le commandement suprême. Le grand seigneur sera accompagné non seulement de sa formidable suite de partisans, mais aussi d’autres Inquisiteurs de l’Ordo Malleus, alliés de Rex qui le soutenaient et qui seront désormais placés parmi les quartiers généraux de chaque régiment de Krieg sur Vraks. Chaque Inquisiteur aurait sa propre suite et le pouvoir de faire appel à d’autres armés de l’Imperium en cas de besoin, les soldats des régiments de troupes d’assaut de l’Inquisition, les agents de l’Officio Assassinorum et surtout les Space Marines de l’Ordo Malleus - les secrets Chevaliers Gris. Un Chapitre entier de l’Adeptus Astartes consacré au combat et au bannissement des Démons.

Dès que la chambre se vida, un plan préparé à l’avance entra en action, il n’y avait pas de temps à perdre. Un message astropathique prioritaire fut transmis de l’Inquisiteur Rex à la lune de Saturne, Titan, où se trouvait la Forteresse-Monastère des Chevaliers Gris qui reçurent cet appel à l’aide. De là, un croiseur rapide, chargé des meilleurs guerriers que l’Imperium pouvait entraîner et équiper pour un tel combat de test d’âme, serait envoyé, avec l’ordre de se mettre au service du Seigneur Inquisiteur. Le Frère-Capitaine Stern fut choisi pour diriger la Force de Frappe d’élite.

Les Chevaliers Gris n’étaient pas la seule force de Space Marines vers laquelle l’Inquisiteur Rex s’était tourné - aussi puissants soient-ils. Le Chapitre des Red Hunters avait également une longue histoire de collaboration avec l’Inquisition. Le lien entre ce chapitre et les trois grands Ordos inquisitoriaux était si fort que la rumeur disait qu’ils avaient été fondés à la demande du représentant de l’Inquisition sur Terra, et qu’il existait un pacte secret entre l’Inquisition et le Chapitre pour un soutien mutuel. Bien qu’il s’agisse toujours d’un Chapitre Space Marines qui se tournait vers le Codex Astartes pour son organisation et sa direction spirituelle, le Chapitre mit ses escouades à disposition pour répondre rapidement aux appels à l’aide de l’Inquisition. Les Inquisiteurs qui combattaient sur la ligne de front sur Vraks pourraient également faire appel à une garde d’honneur de Red Hunters.

Enfin, l’Inquisiteur Rex fit une dernière tentative. Le Chapitre des Red Scorpions avait déjà rendu de fiers services sur Vraks. Tout comme le Chapitre des Dark Angels, il enverrait des envoyés à chacun d’eux pour leur demander à nouveau leur aide, mais il ne l’exigerait pas. Dans le cas des Dark Angels, il n’avait guère d’espoir de succès. Les Dark Angels étaient un Chapitre qui s’entourait de secret et de mystère et qui n’avait que rarement des contacts avec l’Inquisition. Dans le passé, de nombreux Inquisiteurs avaient tenté d’enquêter sur les sombres secrets qui semblaient être au cœur du Chapitre, mais aucun n’avait réussi, et le Grand Maître du Chapitre n’aurait guère de confiance ou de loyauté envers un Seigneur Inquisiteur de l’Ordo Malleus. Mais les Red Scorpions n’avaient pas de telles préjugés. Ils étaient un Chapitre obsédé par leur propre pureté génétique et morale. Ils pourraient, si le négociateur était prudent et formulait bien sa demande, être persuadés de retourner sur Vraks pour finir la mission qu’ils avaient commencé.

Le Seigneur Rex avait choisi son meilleur diplomate et l’envoya comme messager rapide à travers la galaxie pour trouver les Red Scorpions et leur demander de retourner, en force, sur Vraks. Il ne s’attendait pas à une réponse rapide. Le voyage à lui seul serait ardu et le succès n’était pas garanti, mais il avait mis les rouages en mouvement.

Comme les émissaires de l’Inquisiteur Rex l’avaient convenu, il se rendrait à Thracian Prime, au quartier général de la 88e Armée de Siège et rencontrerait ses commandants. Ils seraient informés de la décision du Conclave et recevraient le dictum. Le commandement de l’armée serait immédiatement remis à l’Inquisiteur Rex. Quant au Seigneur Maréchal Arnim Kagori, il pouvait soit accepter un nouveau poste subordonné à l’Inquisiteur, soit démissionner de son poste et demander une nouvelle nomination. Aucun blâme ou accusation ne lui serait imputé, bien qu’un examen de sa conduite de la guerre par le Departmento Munitorum serait sans doute effectué. Du point de vue du Seigneur Rex, les efforts du Maréchal sur Vraks avaient généralement été couronnés de succès. Il avait bien mené la guerre et l’on ne pouvait rien demander de plus au Maréchal, dont l’honneur martial restait intact.

En arrivant sur Thracian Prime, le Seigneur Inquisiteur avait interrompu la tournée de routine du Maréchal Kagori pour l’informer de la décision du Conclave. Dès qu’il fut informé de l’ordre de l’Ordo Malleus de prendre le contrôle de son armée, le Maréchal demanda immédiatement à être transféré sur Vraks même. Il prendrait le commandement d’un régiment, ou à défaut d’une compagnie sur le front afin de diriger à nouveau les hommes au combat. Il avait fait son devoir à distance, il souhaitait maintenant rencontrer l’ennemi face à face. Le transfert fut immédiatement accordé avec un cadre d’autres officiers d’état-major désireux de rejoindre la guerre.

Alors qu’Hector Rex réorganisait la 88e Armée de Siège sur Thracian Prime, les premiers Inquisiteurs arrivaient sur Vraks pour commencer les opérations de terrain. En tout, trente-huit Inquisiteurs de la chambre du Seigneur Rex et leur suite furent rapidement redéployés sur Vraks. Ils furent placés dans les quartiers généraux de chaque régiment, afin d’observer les opérations et de diriger depuis le front le moment venu. Même le vénérable Seigneur Thor Malkin s’était porté volontaire pour servir sur Vraks. Le vieil homme, désormais plus métallique et bionique que chair et os, allait de nouveau revêtir son armure et prendre son arme de guerre. Vraks serait la dernière bataille du Chasseur de Démons chevronné contre son plus vieil ennemi. Il était peut-être âgé, mais personne dans le secteur de Scarus n’en savait plus sur la nature des Démons et leur bannissement. Le Seigneur Rex était honoré d’avoir à nouveau son ancien mentor à ses côtés.

Pendant ce temps, sur Vraks, chaque commandant de régiment de siège et toutes les unités de soutien, y compris le corps de travail et les colonnes de ravitaillement du Departmento Munitorum, recevaient l’information que l’Ordo Malleus prenait le commandement suprême du siège. Les ordres viendraient désormais directement de l’Inquisition, et ceux qui ne portaient pas l’autorité de l’Inquisition devaient être ignorés. Au front, dans les tranchées, très peu de choses allaient changer. L’artillerie grondait toujours au-dessus des têtes et s’écrasait dans le no man’s land, mais l’ennemi se battait toujours avec une détermination amère. Mais loin derrière les lignes de front, on se préparait à la nouvelle guerre qui allait commencer…[57]

Chapitre Onze : Fermer l'Anneau

« Mais pour lutter contre le Démon et sortir indemne de la bataille, nous devons maintenir la pureté de l’objectif. Nous devons chacun nous conquérir afin de gagner un millier de batailles. »
- Frère-Capitaine Stern des Chevaliers Gris, avant la purge de Vraks.

En 101827 M41, le Croiseur d’Attaque rapide Honour-Amentum quitta l’orbite de Titan et se rendit directement dans le système Vraks. Parmi les vaisseaux les plus rapides de la flotte de l’Imperium, lourdement armés pour sa taille et équipés de chambres de téléportation suffisamment puissantes pour permettre à plusieurs escouades de se téléporter à la surface en même temps, le Croiseur d’Attaque des Chevaliers Gris était le fer de lance de la flotte de l’Imperium, et était le Chapitre d’élite au service de l’Ordo Malleus. Le Navigator de chaque navire était le meilleur que les Maisons de [la [Navis Nobilite]] pouvaient fournir, lié aux Chevaliers Gris par d’anciens pactes signés lors de la fondation du Chapitre. Ces étranges mutants pouvaient trouver leur chemin à travers le Warp par instinct et faire de plus longs voyages que tout autre vaisseau en toute sécurité à travers les courants imprévisibles de l’Immaterium. Avec leur aide, une Force de Frappe des Chevaliers Gris pouvait accéder à n’importe quel endroit de la galaxie plus rapidement que toutes les autres forces disponibles à l’Imperium. Les premiers des Chasseurs de Démons était maintenant arrivé dans le système Vraks sous le commandement du Frère Capitaine Stern.

Le premier problème tactique auquel le Seigneur Inquisiteur et son personnel nouvellement installé ont dû faire face n’était pas différent de celui avec lequel le Maréchal Kagori s’était déjà débattu. Un simple coup d’œil à la carte stratégique de la ville montrerait même à un étudiant de première année d’une école d’officiers que le siège ne pouvait pas être achevé tant que le flanc est restait grand ouvert. L’encerclement de la Citadelle était incomplet et tant que cet état de fait demeurait, l’ennemi disposait d’une voie de fuite. Même la prise de la Citadelle pourrait ne pas voir la fin, car l’ennemi pourrait se retirer pour combattre à nouveau un autre jour. De plus, la position actuelle signifiait que le 30e Corps de Ligne était attaché et devait servir d’arrière-garde au 1er Corps de Ligne contre les attaques par derrière. Des régiments et des canons furent positionnés sur la défensive.

Le Seigneur Inquisiteur Rex donna l’ordre de sceller l’anneau. Les quatre régiments du 30e Corps de Ligne devaient passer à l’offensive et attaquer en échelon, le 263e Régiment du nord en premier, suivi à son tour par le 262e. Le 269e et enfin le 261e Régiment au sud. Ils devaient faire demi-tour. Poussant vers le sud puis vers le sud-ouest pour fermer l’anneau autour de la Citadelle en rencontrant le 308e Régiment dans le secteur 57-44, qui était l’unité la plus au sud du front actuellement tenu par le 34e Corps de Ligne. L’offensive devrait se dérouler comme une porte articulée sur les positions du 1er Corps de Ligne. Du nord, cette offensive aurait plus de soixante kilomètres à parcourir, et d’après les rapports des patrouilles du Cavalier de la Mort, les bandes de guerre de Nurgle et leurs alliés infestaient encore toute la région. Afin de hâter l’attaque, les 7e et 11e Régiments de Chars reçurent l’ordre de s’attacher au 30e Corps de Ligne, devenant le poing blindé qui mènerait le crochet du gauche et percuterait l’ennemi.

Il fallait du temps pour organiser l’offensive, mais pour l’instant elle devait être la priorité de l’état-major de la 88e Armée. Les autres régiments furent priés de tenir leurs positions et de ne rien faire d’autres que des raids et des patrouilles de nuisance alors que la Citadelle était enfermée dans un cercle de canons. S’attendant à des combats féroces et à des contre-attaques de la part des partisans du Nurgle, les Inquisiteurs seraient affectés au soutien de l’offensive, et la Force de Frappe des Chevaliers Gris, sous les ordres du Frère-Capitaine Stern, servirait de réserve rapide, attendant dans le Croiseur d’Attaque Honour-Amentum, prêt à intervenir partout où l’ennemi semblait le plus fort ou où une activité démoniaque était rencontrée. L’heure fixée pour l’ouverture de la bataille était 273827.M41.

Après une offensive réussie, deux autres opérations majeures étaient également en cours. La première verra les trois régiments du 1er Corps de Ligne pousser jusqu’à la courtine, resserrant le nœud coulant autour de la Citadelle et enfermant les défenseurs. La seconde verra le 46e Corps de Ligne, la moins expérimentée des grandes unités de l’armée (ses trois régiments n’ayant servi que six ans sur Vraks jusqu’à présent), descendre du nord pour prendre les hauteurs et les collines et le point d’observation du point 202. Une fois ces deux opérations terminées, l’anneau autour de la Citadelle serait fermé jusqu’à la courtine et l’ennemi enfermé dans une poche de plus en plus étroite.[58]

Un Enfer Vert

Seule une faible lueur de soleil scintillait à travers les nuages gris qui surplombaient les positions du 30e Corps de Ligne. Bientôt, l’un des orages réguliers sur Vraks allait se briser et transformer le champ de bataille en un autre bourbier détrempé, mais les Gardes de Krieg s’étaient bien adaptés aux conditions. Cette fois, leur offensive n’allait pas attaquer des positions ennemies fixes, il n’y avait pas de ligne de défense ennemie constante à briser, au contraire, le champ de bataille se trouvait devant eux, jonché des restes des combats précédents. Les vieilles coques rouillées des chars et des canons étaient à moitié enterrées dans la boue ou abandonnées dans des cratères d’obus, à côté des restes écrasés de vieilles tranchées et fortifications et de la germination apparemment aléatoire de fils de barbelés rouillés, qui avaient autrefois protégé quelque chose, mais étaient maintenant abandonnés aux éléments. C’était un terrain qui avait été disputé, d’un côté à l’autre, pendant des années. Le pire, c’était que sous la surface se trouvaient des mines et des obus non explosés depuis longtemps oubliés, qui pouvaient éclater avec une force massive sans avertissement après des années de sommeil dans la boue.

Les canons ouvrirent le feu en 273827.M41, un barrage roulant d’obus provenant des canons du 30e Corps de Ligne, mélangés à des obus fumigènes pour masquer le premier assaut du 263e Régiment. Avec une force incroyable, le barrage s’abattit, battant sur le front le paysage déjà tourmenté. Les compagnies d’infanterie grimpèrent sur les échelles et sortirent de leurs tranchées. Les chars étaient tout près derrière, les compagnies de chars se combinant avec l’infanterie pour former des groupes de combat blindés. Dans le sillage de l’artillerie, l’avance régulière et bien ordonnée commença.

Au début, les progrès furent bons, mais ensuite, le contre-barrage ennemi commença à tirer. Partout où un barrage roulant tombait, une attaque n’était pas loin derrière. Les premiers obus des mortiers frappaient, bientôt suivis par des obus d’artillerie plus lourds. Ils explosaient tout autour, mais se mêlaient aux panaches de fumée grisâtre, un brouillard teinté de vert - des obus chimiques libérant leur charge utile mortelle de TP-III. Les nuages de gaz acides se sont rapidement répandus sur le front du 263e Régiment. Les pertes furent élevées, ce qui plongea l’attaque dans la confusion. Les unités se perdirent dans l’épaisse fumée et le smog chimique. Les escouades qui se sont retrouvées dans une concentration de gaz furent rapidement anéanties. Il n’en restait rien, elles avaient simplement disparu alors que l’acide leur rongeait la chair et les os.

À travers elle, tous les chars grondaient. À l’intérieur de leurs coques scellées, les équipages étaient à l’abri du gaz, et ils formaient maintenant le fer de lance de l’attaque. La visibilité était réduite à quelques mètres par les nuages d’acide. Les chars s’enlisaient alors qu’ils s’engouffraient dans de grands cratères d’obus ou dans des pièges à chars oubliés depuis longtemps. Plusieurs Leman Russ furent touchés par des mines. Puis, à travers la brume verte, l’ennemi contre-attaqua. La bataille qui s’ensuivit fut une série d’escarmouches désordonnées à l’intérieur des nuages de gaz. Les véhicules blindés ennemis tiraient à l’aveuglette, ou se rapprochaient à bout portant. Incapable de coordonner les chars, l’infanterie et l’artillerie, l’ennemi remporta des victoires rapides, faisant exploser des escadrons de chars dans des carcasses en feu avant de se replier à nouveau. Mais, malgré ses succès, l’ennemi n’avait pas les effectifs nécessaires pour stopper l’avance. Les contre-attaques locales pouvaient retarder l’offensive pendant un certain temps et coûter des hommes et des machines, mais par son seul poids, l’offensive continuait à avancer. Là où le gaz se dissipa, les Gardes de Krieg continuèrent à avancer contre la résistance sporadique de l’ennemi. À la fin de la première journée, ils avaient parcouru dix kilomètres de terrain. Demain, l’assaut du 263e se poursuivrait. Au sud, le 262e Régiment se joindra également à la bataille.

Pendant les premiers jours, l’offensive se poursuit avec l’ennemi qui jetait ses ressources au compte-gouttes pour soutenir l’attaque partout où il le pouvait et avec les groupes de combat blindés Kriegs qui avançaient. Le quatrième jour, la résistance ennemie se durcit. Ils avaient maintenant eu le temps d’organiser une défense plus efficace. Les troupes de guerre des Marines de la Peste s’étaient mises en place, avec leurs propres véhicules blindés en soutien. Pire encore, toutes sortes de mutants hideux et de créatures gluantes et infestées de peste étaient maintenant déchaînés sur le champ de bataille. Au milieu du smog chimique, ces bêtes hurlaient et gémissaient de douleur et de fureur. Les Ogryns, à peine reconnaissables en tant que tels marchaient aux côtés d’Enfants du Chaos possédant toutes les formes et toutes les tailles. Des créatures tourmentées et anonymes qui suintent de la boue acide. Tous furent jetés dans les combats.

Alors qu’il s’apprêtait à livrer bataille, le 269e Régiment signala des rencontres avec des Zombies de la Peste. Il s’agissait de hordes de créatures à la chair et aux os déchiquetés qui se faufilaient dans la boue et la fumée, armés seulement de dents et de clous, mais affamés du goût de la chair et du sang chauds. C’étaient les restes de morts, tués depuis longtemps, ressuscités de leurs tombes pour combattre à nouveau par un art blasphématoire inconnu des soldats de Krieg. Les morts des deux camps se battaient maintenant pour l’ennemi, inconscients et désarmés ; ils furent abattus par les Gardes de Krieg par centaines, mais ils continuèrent à venir, sans se soucier des pertes. Certains moururent, mais seulement pour se relever, et furent abattus à maintes reprises jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de leur forme humaine. L’Inquisiteur Thor Malkin arriva au secours du 269e Régiment. Voici une sorcellerie blasphématoire qui devait être punie, mais si les morts se battaient pour l’ennemi, alors leurs effectifs étaient pratiquement inépuisables - on ne pouvait pas mener une guerre d’usure contre un ennemi qui ne voulait pas rester mort. Bientôt le 262e Régiment, puis le 263e Régiment rapportèrent également des rencontres avec des Zombies de la Peste. L’ancien champ de bataille était revenu à l’idéal sous leurs pieds.

Après huit jours de combats, l’offensive du 34e Corps d’Armée de Ligne s’était enlisée dans un enfer vert ; le progrès était maintenant au point mort. Les gains initiaux étaient maintenus, mais la longue attaque du 263e Régiment n’était qu’à mi-chemin de son objectif. Le nombre d’ennemis qui leur faisaient face était maintenant presque égal à celui des forces de Krieg. L’offensive était dans l’impasse. Pour en sortir, les Inquisiteurs qui menaient la bataille autorisèrent le contre-emploi d’armes chimiques, ajoutant au paysage empoisonné des obus chimiques, et enduisant au passage les secteurs 59-45 et 60-45 d’une soupe toxique qui les rendrait inhabitables pendant des centaines d’années.

Les régiments du 11e Corps d’Assaut qui avaient aidé à la campagne pouvaient maintenant être retirés pour être remis en état et redéployés ; le 11e Corps d’Assaut déclara qu’il ne pouvait pas être déplacé pour soutenir l’offensive du 1er Corps d’Assaut, alors que le 8e Corps d’Assaut était déjà en place pour aider le 46e Corps d’Assaut à capturer le point 202. Les deux attaques commenceraient à 400827.M41, et à nouveau les deux attaques seraient commandées par les Inquisiteurs suivants du Seigneur Rex.

Le réarmement complet des 7e et 11e Régiments de Chars obligea le 1er Corps à retarder l’offensive, mais en 400827.M41, le 46e Corps de Ligne débuta son assaut. Sur un front de quinze kilomètres, les trois régiments du Corps passèrent à l’action. Le 468e Régiment rencontra les plus grandes difficultés. C’était leur secteur qui connaissait la plus grande difficulté. Leur secteur les avait vus escalader les pentes nord d’une série de collines basses. À l’extrémité sud de cette chaîne de montagnes, au-delà des volcans, se dressait la Citadelle. Le premier objectif du régiment était de s’emparer du point culminant 187, le suivant était de s’attaquer à une série de trois silos laser de défense, toutes des installations durcies, bien protégées des bombardements d’artillerie. Puis viendrait la courte montée sur un terrain difficile pour revendiquer le point 202. De cette position, ils auraient une vue sur la courtine.

Sur la droite de l’offensive, le 470e Régiment avait une plus grande distance à parcourir. Bien que sur un terrain plus facile, deux lignes de tranchées ennemies bloquaient le chemin et devaient être prises d’assaut avant d’atteindre le mur-rideau. Avec le 8e Corps d’Assaut en soutien, environ trois-cent cinquante chars étaient prêts à bloquer l’avance, ainsi que trente chars lourds. En cas de besoin, les Titans de la Legio Astorum étaient également prêts à se joindre à la poussée.

En préparation de l’attaque, les sergents de chaque secteur de chaque régiment avaient travaillé dur pour saper l’ennemi. Le premier jour de la bataille, les compagnies du génie faisaient exploser leurs mines prépositionnées et utilisaient leurs tranchées pour s’échapper derrière les points forts identifiés de l’ennemi.

Alors qu’une pluie battante tombait du ciel gris de plomb, les compagnies de tête du 468e Régiment commencèrent à grimper. Après quelques heures de combat, tout le long de la ligne, l’avance avait été contrôlée par l’ennemi qui tenait des points forts cachés creusés profondément dans le terrain en pente, chacun ayant une vue dominante de l’avance. Les balles et les obus tombaient sur les Gardes qui avançaient dans des rafales de grêle mortelles. Beaucoup des compagnies suivantes avaient été mises en pièces par des tirs d’artillerie provenant de canons cachés en toute sécurité au-delà de la courtine.

Pour faciliter le déplacement des chars en soutien à l’attaque, la 109e Compagnie du Génie avait reçu l’ordre de construire une route temporaire. Se déplaçant derrière les premières vagues d’assaut, les sapeurs avaient travaillé toute la journée sous les tirs d’obus pour faire sauter les rochers et dégager un chemin sur lequel une surface temporaire pourrait être posée pour les blindés en attente. La progression de leurs travaux de construction était terriblement lente, et sans les chars pour supprimer les trous à canon ennemis, l’infanterie ne pouvait que mourir. L’avance du 468e Régiment au point 202 sera un autre long et pénible travail.

Sur le flanc gauche de l’attaque du Corps, le 470e Régiment précéda sa propre avance par une vaillante charge de sept compagnies de Cavaliers de la Mort. Espérant prendre l’ennemi au dépourvu avec une charge de cavalerie rapide, les escadrons de Cavaliers de la Mort s’étaient rassemblés derrière les tranchées avant de se diriger vers leur ligne de départ. Avec une efficacité de terrain de parade, les quatre-cente cinquante hommes et montures s’élancèrent au galop, frappant directement le long de la route d’approvisionnement. Il n’y avait pas eu de bombardement préliminaire pour affaiblir l’ennemi, car on avait estimé que l’artillerie ne servirait pas à grand-chose pour le faire bouger et ne ferait que le prévenir d’une attaque imminente. La charge était entièrement basée sur la surprise. Elle eut un certain succès, perçant la route d’approvisionnement, quelques escadrons avançant jusqu’au secteur 582-458, mais la plupart furent abattus par le feu ennemi. À la fin de la première journée, seuls une soixantaine de cavaliers étaient encore en vie pour répondre à l’appel.

L’offensive du 46e Corps de Ligne progressait lentement, avec l’habituelle et coûteuse facture de boucherie en hommes et en matériel perdu. Le retard dans l’attaque du 1erCorps s’avérait coûteux. L’ennemi avait pu libérer des hommes de ce front pour aider les défenses, et cela signifiait que l’attrition nécessaire pour user les forces qui leur faisaient face prendrait beaucoup plus de temps. Les commandants du 46e Corps de Ligne supplièrent le Seigneur Inquisiteur Rex de faire bouger le 1er Corps et d’aider à soulager la pression, mais les ordres restaient que le 1er Corps ne devait pas être déplacé avant qu’il ne soit prêt et que tous les chars soient à nouveau en place. Pendant plus d’une semaine, les régiments du 46e Corps de Ligne saignèrent leur force de combat lors de leur seule offensive.[59]

L'Ascension de Zhufor

Alors que les combats se poursuivaient, jour après jour, et que les régiments de siège de Krieg continuaient à avancer, même les alliés Space Marines du Chaos ne pouvaient pas les sauver de la puissance guerrière que l’Imperium avait déclenchée. Pour la première fois, les munitions des renégats, la nourriture et le carburant se faisaient rares. Dans certaines unités, les provisions étaient thésaurisées, et d’autres unités voyaient leurs stocks diminuer de jour en jour.

Le moral des défenseurs était en chute libre. Certains se battaient encore avec une détermination fanatique née de la folie ou d’une croyance inébranlable en leurs Dieux Sombres. Mais d’autres désespéraient et, risquant la colère de leurs exécutants et jetant leurs armes ou s’enfuyaient. C’était une première : la baisse du moral pouvait entraîner un effondrement catastrophique - si un secteur abandonnait le combat, le suivant le ferait aussi. Et bientôt, l’armée hérétique du Cardinal Xaphan pourrait s’effondrer. Pour les commandants ennemis, cela ne devait pas se produire. Il y avait des hommes (ou des créatures qui avaient été des hommes), qui ne permettraient pas que cette guerre se termine encore. Les Légionnaires renégats ne s’effondreraient jamais. Ils ne vivaient que pour tuer les serviteurs du Faux Empereur, mais ils n’étaient pas venus sur Vraks pour voir la guerre se terminer sans avoir connu le moindre massacre.

L’un de ces hommes était Zhufor. Le Seigneur des Crânes. Les rapports du front selon lesquels certaines unités avaient fui plutôt que de se battre et que l’ennemi était presque au mur-rideau ont apporté un châtiment rapide et sanglant ; Zhufor ne pouvait pas souffrir d’une telle lâcheté, et Khorne devait le voir se venger.

Ce n’est qu’au cours de la longue et minutieuse enquête de l’Ordo Malleus sur les événements à l’origine de la guerre sur Vraks que des informations concernant les affaires au sein des échelons supérieurs des traîtres de Vraks furent révélées. À l’époque, les commandants de l’Empereur n’étaient pas au courant de ce qui se passait dans l’enceinte de la Citadelle. Seuls les interrogatoires des prisonniers et l’utilisation de Psykers télépathiques de la Scholastica Psykana permettront plus tard d’en déduire une image claire.

Poussé par sa propre ambition et le désir de prolonger la guerre, le Seigneur Zhufor, commandant le plus grand groupe de guerre de Khorne, décida d’arrêter la baisse de moral avant qu’elle ne fasse s’écrouler toute la structure. Il n’était venu sur Vraks que pour apporter le massacre au nom de Khorne, et il n’avait ni servi ni reconnu l’autorité du groupe de guerre du Cardinal Xaphan. La bande de guerre de Zhufor, comme les autres, n’avait de loyauté envers personne d’autre que leurs seigneurs et leur dieu. De tels hommes en faisait de dangereux alliés. Ils étaient puissants sur le champ de bataille mais, avec la détérioration de la situation au front et la raréfaction des approvisionnements, les bandes de guerre du Chaos se retournèrent rapidement contre leurs alliés et les uns contre les autres. La mort était la seule motivation de Zhufor - continuer à tuer jusqu’à ce que la dernière goutte de sang ait été pressée sur Vraks. Pour lui, cette guerre était loin d’être terminée : Zhufor avait prévu de prendre le contrôle de Vraks.

Il s’était d’abord employé à soumettre les bandes de guerre de Khorne et à les unifier sous sa direction. Cela lui avait permis d’obtenir de loin la plus grande faction de partisans de Khorne sur Vraks, puis, avec leur soutien, il avait pris le contrôle de toute l’armée renégate Vraksienne, ce qui entraîna le retrait du Cardinal Xaphan et de ses compagnons inefficaces.

Il ne faisait aucun doute que le Seigneur des Skulltakers avait toujours planifié un coup d’État ou qu’il agissait sous les ordres de son propre maître, Abaddon, pour mener la guerre contre Vraks à son gré. Zhufor avait attendu son heure, mais maintenant il avait choisi de frapper. La maîtrise des bandes de guerriers vénérant Khorne était la première de ses deux tâches. Ils ne respectaient que les prouesses martiales et peu pouvaient rivaliser avec celles de Zhufor, qui était un géant qui dirigeait par l’exemple et par la peur. Ainsi, il défia en duel le chef des Berserkers de Skallathrax. L’enjeu était le leadership des deux bandes de guerre. Refuser serait un affront à Khorne, et verrait sans doute son adversaire évincé par ses propres partisans ambitieux de toute façon. Une telle bataille entre ses champions plairait beaucoup à Khorne.

Ainsi, dépouillés de leurs armures et armés de Haches Tronçonneuses, les deux Seigneurs du Chaos se battirent à mort, Zhufor remportant le terrible duel. Décapitant son adversaire, il souleva la tête devant la foule en délire et revendiqua, par droit de conquête, la seigneurie sur les Berserkers de Skallathrax. Quiconque s’opposerait à son règne devait le combattre maintenant. Aucun ne le fit. Zhufor était le champion choisi par Khorne sur Vraks et il l’avait maintenant prouvé avec ses propres mains trempées de sang. Les Berserkers de Skallathrax se battront pour lui.

Puis Zhufor subjugua les Sanctifiés. Pour ce faire, il leur fit une offre - signer un pacte et jurer de le suivre pendant la durée de la guerre et en retour, il fournira aux Sanctifiés tout ce dont ils ont besoin pour ouvrir un portail vers Vraks. Les Sanctifiés étaient des Démonistes, et ils travaillaient constamment à faire entrer les enfants de Khorne dans l’univers matériel. Ils avaient l’expertise, et Zhufor leur fournirait les dizaines de milliers de victimes sacrificielles nécessaires pour créer un portail Warp à travers lequel les légions de Démons pourraient se déverser. Zhufor leur avait également donné un nom et une promesse audacieuse. La promesse était qu’il faciliterait la convocation de la plus grande légion de Démons dans les armées sans fin de Khorne. Le nom était puissant - An’ggrath.

Ce pacte était trop séduisant pour être refusé. Les Sanctifiés s’associèrent à Zhufor, afin de convoquer le Gardien du Trône des Crânes en personne, le Seigneur des Buveurs de Sang, pour qu’il apporte de nouveaux massacres. Les bandes de guerre de Khorne étaient maintenant unies sous l’autorité de Zhufor.

Le Seigneur des Skulltakers avait maintenant la faction la plus puissante sous son emprise, il l’avait donc retournée contre les autres bandes de guerriers du Chaos. L’ultimatum était simple - le rejoindre ou faire face à la destruction de ses mains. Pour prouver son courage, Zhufor attaqua et tua soudainement le seigneur et champion des Frères Noirs d’Ayreas. Surpassés en nombre et pris par surprise par la trahison, les survivants se rendirent après une brève bataille. Les autres groupes de guerre se replièrent, tous sauf Arkos l’Infidèle et l’Alpha Legion. Ils ne se soumirent pas à Zhufor, mais pour éviter que son groupe ne soit attaqué. Arkos avait conclu son propre accord de trahison. De tous les chefs de guerre, lui seul avait la confiance du Cardinal Xaphan, qui était caché dans sa forteresse. Arkos savait que le Cardinal Apostat n’était déjà plus qu’un chef symbolique. Arkos dirigeait réellement la guerre depuis des années, mais beaucoup de renégats Vraksiens voyaient dans le Cardinal le messie. Il s’était proclamé comme tel. Arkos avait accepté de retourner le traître contre Xaphan. Pour maintenir sa propre indépendance, il allait permettre à Zhulor de capturer le Cardinal.

Le pacte de trahison conclu, Arkos fut fidèle à sa parole. En secret, l’Alpha Legion a permis à Zhufor et à ses garde du corps personnel de tueurs en Armure Terminator d’entrer dans le palais du Cardinal. Les Disciples de Xaphan non assassinés par l’Alpha Legion furent rapidement massacrés par Zhufor et ses hommes, qui traversèrent le palais en laissant derrière eux une traînée de boucherie. Le Diacre Mamon et ses plus proches gardes s’enfuirent et se retrouveront plus tard aux côtés des guerriers Nurgle des Tainted - bien que le propre refuge de Mamon serait être de courte durée. Le Cardinal Apostat lui-même fut capturé vivant. Zhufor arrachant le faible mortel de son trône tape-à-l’œil. Le Cardinal avait joué son rôle sur Vraks, mais Khorne n’avait plus qu’un seul usage à faire de lui - le sacrifice. Bientôt, le crâne de Xaphan allait lui aussi rejoindre ceux empilés devant le trône du Dieu du Sang. Zhufor jeta le Cardinal et ses acolytes survivants dans les donjons de Vraks.

Le coup de Zhufor était complet. Par le sang et la trahison, il s’était rendu maître de Vraks. La guerre était maintenant à lui. Des millions de personnes allaient maintenant marcher sous son commandement et, comme promis, il y aurait un portail de guerre à construire.[60]

Vers la Colline du Pendu

Peu furent conscient de l’agitation et de la disparition soudaine du Cardinal Xaphan, ni de l’émergence de Zhufor comme nouveau chef de guerre sur Vraks. Le Seigneur Inquisiteur Rex surveillait de près les offensives des 1er et 46e Corps de Ligne. Au début, la grande poussée vers le mur d’enceinte avait été beaucoup plus lente qu’il ne l’avait prévu, mais maintenant l’ennemi avait craqué et les gains quotidiens s’accroissaient. Le nombre de prisonniers ennemis avait grimpé en flèche. Les rapports des Quartiers Maîtres montraient que les gains comprenaient une quantité massive de véhicules abandonnés et de matériel capturé. Dans certains secteurs, il semblait que la volonté de combattre de l’ennemi s’était brisée.

Le 3e Régiment de Siège du 1er Corps de Ligne se trouvait maintenant à distance de frappe de la courtine, et le Seigneur Rex donna l’ordre au régiment de capturer la porte principale du secteur 579-459 ou de forcer une brèche ailleurs et de la tenir. Dans tous les cas, l’offensive du corps ne s’arrêtera que lorsqu’il aurait forcé un passage à travers la courtine. Des Titans furent déployés pour les aider.

Dans le secteur du 46e Corps de Ligne, les progrès avaient également été lourds. La construction de la route temporaire avait en fait freiné tout l’assaut. Les compagnies s’accrochaient au flanc de la colline en attendant le soutien des chars qui ne pouvaient pas les atteindre. Des centaines d’ingénieurs avaient péri sous le feu des obus ennemis, et les chars n’avaient guère progressé.

Pourtant, même sans les chars, les silos laser de défense avaient été envahis un à un dans des combats acharnés. De là, les Gardes pouvaient voir devant eux que l’ennemi avait pris des Gardes de Krieg en captivité et érigé un trophée sanglant au point 202. Des potences de fortune avaient été érigées et des prisonniers y étaient pendus, leurs corps déchiquetés se profilant à l’horizon comme un avertissement aux soldats de l’Empereur. Avec leur sensibilité typiquement macabre, les Gardes de Krieg l’avait baptisé la Colline du Pendu et poursuivirent les attaques.

En 628827 M41, la 15e Compagnie du 468e Régiment était enfin à portée de frappe du sommet. Après le fracas des obus de mortier qui dévalaient les pentes dans un grand vacarme de feu et de poussière, une fusée éclairante donna l’ordre d’attaquer. Les pelotons s’élancèrent vers le haut. La plupart n’avaient pas plus de vingt hommes après de durs combats. Dérapant sur les rochers et explosant dans des nuages de fumée grise mais tirant toujours, les Gardes se précipitèrent vers le sommet. Des grenades dévalèrent du sommet de la colline pour rebondir sur les rochers et explosèrent dans des nuages de fumée grise. Des coups de laser sifflèrent les escouades d’attaque. Une balle de sniper transperça la tête du commandant de la compagnie, son casque ayant été perforé et il agonisa pendant plusieurs heures. Au sommet, une rixe de baïonnettes, de couteaux et d’épées avait commencé. L’ennemi avait repoussé les premières escouades Kriegs, mais d’autres suivirent.

Trois fois la 15e Compagnie avait lancé l’assaut et trois fois elle fut repoussée par un combat au corps à corps. Elle essaya à nouveau sous le couvert de l’obscurité, et après une bataille nocturne confuse, a finalement saisi la Colline du Pendu. Un seul officier subalterne était tout ce que la compagnie pouvait rassembler pour prendre le commandement de la défense avant l’arrivée des renforts. La contre-attaque ennemie attendue n’est jamais venu jamais, autre signe de sa faiblesse croissante. Les corps pendus furent abattus et la bannière du régiment fut avancée pour être plantée sur le sommet. Les Gardes de Krieg avaient atteint leur objectif, et en dessous d’eux se trouvait le mur-rideau. Au-delà, maintenant visible au loin, se trouvait la Citadelle elle-même.[61]

Sources

  • Imperial Armour Vol. 5, 2nd edition : The Siege of Vraks
  • Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II
  • Imperial Armour Vol. 7 : The Siege of Vraks - Part III
  1. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter One : The Fall of Vraks (traduit de l’anglais par Guilhem)
  2. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter One : The Fall of Vraks - The Rise of Cardinal Xaphan (traduit de l’anglais par Guilhem)
  3. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter One : The Fall of Vraks - Vraks (traduit de l’anglais par Guilhem)
  4. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter One : The Fall of Vraks - The Assassination of Cardinal-Astral Xaphan (traduit de l’anglais par Guilhem)
  5. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter One : The Fall of Vraks - Uprising (traduit de l’anglais par Guilhem)
  6. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter One : The Fall of Vraks - The Imperium's Response (traduit de l’anglais par Guilhem)
  7. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter One : The Fall of Vraks - The Defenders of Vraks (traduit de l’anglais par Guilhem)
  8. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter One : The Fall of Vraks - The Emperor's Chosen (traduit de l’anglais par Guilhem)
  9. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter One : The Fall of Vraks - The Battlefield (traduit de l’anglais par Guilhem)
  10. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Two : The Fall of Vraks - The Killing Fields of Vraks (traduit de l’anglais par Guilhem)
  11. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Two : The Fall of Vraks - The Campaign Plan (traduit de l’anglais par Guilhem)
  12. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Two : The Fall of Vraks - The Siege Begins (traduit de l’anglais par Guilhem)
  13. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Two : The Fall of Vraks - First Assault on the Outer Defences (traduit de l’anglais par Guilhem)
  14. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Two : The Fall of Vraks - Life in the Trenches (traduit de l’anglais par Guilhem)
  15. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Two : The Fall of Vraks - The Battle of Fort A-453 (traduit de l’anglais par Guilhem)
  16. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Two : The Fall of Vraks - The First Breakthrough (traduit de l’anglais par Guilhem)
  17. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Three : War of Attrition - The Crisis 1st Korps (traduit de l’anglais par Guilhem)
  18. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Three : War of Attrition - Battles of the Second Defence Line (traduit de l’anglais par Guilhem)
  19. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Three : War of Attrition - A New Threat (traduit de l’anglais par Guilhem)
  20. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Four : The Angels of Caliban - Reinforcements (traduit de l’anglais par Guilhem)
  21. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Four : The Angels of Caliban - The Attack is Planned (traduit de l’anglais par Guilhem)
  22. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Four : The Angels of Caliban - The Battle of Vraks Star Port (traduit de l’anglais par Guilhem)
  23. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Four : The Angels of Caliban - Encounter at the Causeways (traduit de l’anglais par Guilhem)
  24. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Four : The Angels of Caliban - By the Emperor's Wrath (traduit de l’anglais par Guilhem)
  25. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Four : The Angels of Caliban - The Big Push (traduit de l’anglais par Guilhem)
  26. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Five : The First Naval Battle of Vraks (traduit de l’anglais par Guilhem)
  27. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Five : The First Naval Battle of Vraks - The Chaos Fleets Approach (traduit de l’anglais par Guilhem)
  28. Imperial Armour Vol. 5, 2nd : The Siege of Vraks, Chapter Five : The First Naval Battle of Vraks - Fire in the Void (traduit de l’anglais par Guilhem)
  29. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eight : Breaking The Deadlock - The Greatest Obstacle (traduit de l’anglais par Guilhem)
  30. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eight : Breaking The Deadlock - Small Gains (traduit de l’anglais par Guilhem)
  31. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eight : Breaking The Deadlock - The Assault on Mortuary Ridge (traduit de l’anglais par Guilhem)
  32. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eight : Breaking The Deadlock - Riding the Lightning (traduit de l’anglais par Guilhem)
  33. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eight : Breaking The Deadlock - Counter-offensive - Disaster at 61-47 (traduit de l’anglais par Guilhem)
  34. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eight : Breaking The Deadlock - Withdrawals and Retreats (traduit de l’anglais par Guilhem)
  35. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Nine : On the Edge of Defeat - A New Command (traduit de l’anglais par Guilhem)
  36. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Nine : On the Edge of Defeat - Last Stand of the 19th (traduit de l’anglais par Guilhem)
  37. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Nine : On the Edge of Defeat - The Toxic War (traduit de l’anglais par Guilhem)
  38. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Nine : On the Edge of Defeat - Second Battle of Vraks (traduit de l’anglais par Guilhem)
  39. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Nine : On the Edge of Defeat - Planetary Landing (traduit de l’anglais par Guilhem)
  40. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Nine : On the Edge of Defeat - Back From the Brink - the 'Kagori' Offensive (traduit de l’anglais par Guilhem)
  41. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Ten : The War Beneath Vraks (traduit de l’anglais par Guilhem)
  42. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Ten : The War Beneath Vraks - Going Underground (traduit de l’anglais par Guilhem)
  43. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Ten : The War Beneath Vraks - The Enemy Below (traduit de l’anglais par Guilhem)
  44. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Ten : The War Beneath Vraks - Battles In the Silent Darkness (traduit de l’anglais par Guilhem)
  45. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Ten : The War Beneath Vraks - The Attack on Armoury 55-46 (traduit de l’anglais par Guilhem)
  46. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Ten : The War Beneath Vraks - The Sector 57-44 Mine (traduit de l’anglais par Guilhem)
  47. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Ten : The War Beneath Vraks - War in the Air (traduit de l’anglais par Guilhem)
  48. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eleven : Into the Breach - Gorgon Assault (traduit de l’anglais par Guilhem)
  49. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eleven : Into the Breach - Second Assault (traduit de l’anglais par Guilhem)
  50. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eleven : Into the Breach - Third Assault and Onwards (traduit de l’anglais par Guilhem)
  51. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eleven : Into the Breach - The Long War Continues (traduit de l’anglais par Guilhem)
  52. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eleven : Into the Breach - Strike Force Ainea (traduit de l’anglais par Guilhem)
  53. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eleven : Into the Breach - The Execution Place (traduit de l’anglais par Guilhem)
  54. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eleven : Into the Breach - Here We Stand… (traduit de l’anglais par Guilhem)
  55. Imperial Armour Vol. 6 : The Siege of Vraks - Part II - Chapter Eleven : Into the Breach - Harbingers and Portents (traduit de l’anglais par Guilhem)
  56. Imperial Armour Vol. 7 : The Siege of Vraks - Part III - Chapter Twelve : The Conclave of Scarus- A Chamber of Secrets (traduit de l’anglais par Guilhem)
  57. Imperial Armour Vol. 7 : The Siege of Vraks - Part III - Chapter Twelve : The Conclave of Scarus - Preparing for a New War (traduit de l’anglais par Guilhem)
  58. Imperial Armour Vol. 7 : The Siege of Vraks - Part III - Chapter Thirteen : The Conclave of Scarus - Closing the Ring (traduit de l’anglais par Guilhem)
  59. Imperial Armour Vol. 7 : The Siege of Vraks - Part III - Chapter Thirteen : The Conclave of Scarus - A Green Hell (traduit de l’anglais par Guilhem)
  60. Imperial Armour Vol. 7 : The Siege of Vraks - Part III - Chapter Thirteen : The Conclave of Scarus - The Rise of Zhufor (traduit de l’anglais par Guilhem)
  61. Imperial Armour Vol. 7 : The Siege of Vraks - Part III - Chapter Thirteen : The Conclave of Scarus - To Hangman's Hill (traduit de l’anglais par Guilhem)