Nexus du Paria
Au cœur de la Noctis Aeterna, d’effroyables entités jetaient les bases de leur œuvre mortifère. Tandis que les ténèbres reculaient, l’Adeptus Terra luttait pour rétablir le contact avec les systèmes d’Imperium Sanctus. Mais parmi toutes les zones silencieuses qui nécessitaient d’être explorées, aucune n’était aussi vaste et inquiétante que la zone morte du quart nord-ouest du secteur Nephilim.
Les forces de croisade impériale s’enfoncent en nombre sans cesse croissant dans la région de l’espace désormais appelée le Nexus du Paria, ou Zone de Guerre Paria. Mais en vérité, même leurs armées, comptant des contingents de l’Adepta Sororitas, l’Adeptus Mechanicus, l’Ordo Xenos et l’Adeptus Astartes n’ont qu’une compréhension rudimentaire de la menace qui s’y développe.
Quelque énergie inconnue émane du système Xendu pour isoler l’espace réel du Warp. Monde après monde, l’aura funeste s’étend, et les planètes englouties par ce linceul malsain deviennent "inertes". Un à un, les esprits des êtres vivants qu’abritent ces astres sont soufflés telles des chandelles sous l’éteignoir. Dans le Nexus, les trajets dans le Warp sont limités, car les Navigators cherchent en vain des courants empyréens dont ils ont perdu toute trace, et les vaisseaux qui tentent de franchir le Nexus subissent des avaries catastrophiques. Les communications astropathiques sont également perturbées, et seule la foi semble à même de faire reculer temporairement cette menace.
L’inexorable expansion du Nexus du Paria est l’œuvre des Nécrons. Les anciens Xenos au corps d’androïde ont en effet lancé la première phase d’un plan conçu il y a des éons de cela, sous l’égide de Szarekh, dernier des Rois Silencieux. Avec l’appui d’un conclave de Crypteks appelés les Technomandrites, Szarekh tente de déployer une arme si puissante qu’elle pourrait mettre un terme à la menace que fait peser le Chaos sur la galaxie. Le fait que cette modification radicale du cours des événements coûte la vie à tous les peuples non-Nécrons n’est, aux yeux du Roi Silencieux, qu’un épiphénomène qu’il convient d’apprécier à sa juste valeur.
Ce projet repose sur d’immenses Pylônes taillés dans une substance appelée Noctilithe, ou Sombreroche. Bien que les érudits impériaux ignorent si les pylônes du Nexus du Paria furent façonnés à partir de ressources locales ou largués depuis l’espace, une chose est sûre : les obélisques cyclopéens canalisent l’énergie de l’étoile de Xendu pour créer une barrière entre l’espace réel et le Warp.
La majorité des mondes du Nexus est considérée comme perdue, et leurs habitants humains sont inertes. Certaines planètes sont devenues des mondes fantômes plongés dans un silence sépulcral, tandis que d’autres ont été transformées en superforteresses Nécrons par l’ajout de matrices de défense continentales. Les forces de croisade impériales s’enfoncent toujours plus loin dans les systèmes silencieux, mus par leur esprit de sacrifice et une foi aveugle en la force de leurs armes. Abattre les pylônes leur permettra peut-être de mettre fin à ce cauchemar, mais alors que les combats font rage et que de nouvelles dynasties Nécrons viennent appuyer le Roi Silencieux, la situation semble plus que jamais désespérée.
La situation dans le Nexus du Paria est un sujet de préoccupations pour quelques esprits éclairés de l’Imperium. S’il se trouve bel et bien au sud de l’Ultima Segmentum, des rapports en provenance de secteurs voisins présentent des similitudes troublantes suggérant l’esquisse d’un motif inquiétant.
Là où ces gigantesques pylônes tutoient le ciel, des régions entières de l’espace réel sont isolées du Warp. Même si l’effet n’est pas absolu, les voyages et translations Warp, les communications astropathiques et la manifestation d’énergie démoniaque ou psychique deviennent bien plus ardus. Si les sites du Nexus éparpillés venaient à s’étendre jusqu’à ce que leurs champs fusionnent, Szarekh croit que la menace du Chaos pourrait être vaincue à jamais. Cependant, ce n’est qu’un des objectifs de son plan insidieux, car l’absence totale d’énergie empyréenne se révélerait aussi néfaste pour les races inférieures que son excès. Les êtres vivants au sein du Nexus du Paria sont affligés d’une torpeur qui empire avec le temps, jusqu’au moment où ils sombrent dans un état second puis dans une mort spirituelle. Ce sort laisse leurs corps vivants mais privés d’âme : les parfaits réceptacles pour des expériences d’inversion du Biotransfert. Grâce à ce plan, et avec l’aide des Technomandrites, le dernier Roi Silencieux cherche à offrir à son peuple les moyens d’annuler la damnation qu’il leur a infligée, et ce faisant, à unir les Nécrons pour leur permettre de vaincre les ennemis qui lui résistent encore afin de revendiquer la galaxie.
Le Royaume Silencieux
Loin de Sainte Terra, l’effroi qui s’était emparé de mondes impériaux comme Vertigus II était palpable. La Cicatrix Maledictum béait, et les distances séparant l’empire de l’Humanité semblèrent plus vastes que jamais lorsque ces mondes furent soudain privés de l’éclat de l’Astronomican. C’est dans ce puits de terreur qu’évoluaient les osts métalliques de la Dynastie Szarekhan.
Le Monde Minier de Vertigus II n’était pas sans défense. Quoique peu nombreuses, ses communautés industrielles exploitaient des ressources de grande valeur, notamment du prométhéum, et des matériaux rares vendus dans le plus grand secret à l’Adeptus Mechanicus. Ses ressources naturelles étaient si importantes pour la région que sept régiments et treize divisions blindées de l’Astra Militarum y étaient stationnés en permanence, en compagnie de macrolades de Skitarii issus de plusieurs Mondes-Forges et des forces de défense planétaire locales. Des canonnières sillonnaient le ciel sous la vigilance constante de défenses orbitales de classe Skopticon. Mais ces protections furent dérisoires lorsque s’abattit la Noctis Aeterna.
Noctis Aeterna est le nom du voile qui tomba sur les mondes de l’Humanité quand la Grande Faille scinda la galaxie en deux. Le phare de l’Astronomican fut apparemment soufflé par cette noirceur, ce qui interdit toute communication et navigation dans l’Imperium. Vertigus était isolée, à des années-lumière de toute aide. Ses dirigeants eurent pour la première fois vent d’une attaque lorsque les défenses orbitales de la planète cessèrent simultanément d’émettre. Il n’y eut pas de négociations : les forces de la Dynastie Szarekhan parurent se matérialiser ex nihilo et entreprirent d’éradiquer les humains de ce monde.
Au moment du Biotransfert Nécron, la Dynastie Szarekhan était la plus puissante et la plus influente. Son prestige était immense, car c’était la Dynastie de Szarekh, dernier des Rois Silencieux. Ainsi, ses nobles considéraient que la galaxie leur appartenait, et jugeaient toutes les autres races, comme les dynasties, comme inférieures, ce qui se traduisait par une grande brutalité. En effet, ils ne cherchaient pas à intégrer leurs rivaux vaincus ni ne leur proposaient de s’acquitter d’honorables tributs, ils les soumettaient par la force et anéantissaient ceux qui leur résistaient.
Durant les millions d’années où ils sommeillèrent dans leurs froides nécropoles, la Dynastie Szarekhan perdit sa position dominante. Leurs mondes élémentaires fuirent détruits par des supernovæ ou des avaries de systèmes énergétiques censés être à l’épreuve des ans.
Lorsque sonna l’heure de l’éveil, nombre des nécropoles de Szarekhan mirent du temps à être opérationnelles, ce dont profitèrent les autres dynasties. Ce n’est que lorsqu’un émissaire Cryptek du Roi Silencieux put rejoindre librement le monde primordial des Szarekhan grâce aux protocoles dynastiques de Szarekh, que la Dynastie Szarekhan fut totalement ranimée. Le Cryptek était porteur d’un message offrant à la dynastie la possibilité de servir à nouveau le Roi Silencieux.
Sur Vertigus, les Dynastes Szarekhan ordonnèrent à leurs guerriers de détruire rapidement la contre-attaque impériale. Des centaines de phalanges de guerriers Nécrons se matérialisèrent depuis leurs Vaisseaux-Nécropoles dans chaque communauté minière. Des Gardes Impériaux, des Skitarii et même des groupes de mineurs armées à la hâte se défendirent farouchement contre les envahisseurs, mais ils ne faisaient pas seulement face à la technologie des Nécrons. Une aura dominatrice émanait en effet de chaque androïde. Alors que les squelettes métalliques s’approchaient des lignes de défense établies le long des réseaux de macro-conduites, les esprits des humains s’embrumèrent.
Viser l’ennemi devint une épreuve car tous leurs instincts leur hurlaient de détourner le regard. Les lignes des défenseurs ainsi envoûtés furent bientôt enfoncées tandis que les faisceaux d’énergie des inexorables mécaniques éventraient barricades et fortifications. Des dizaines de Gardes Impériaux furent taillés en pièces par les lames fractales dont le contact cautérisait immédiatement les plaies. Mais nombre de défenseurs furent simplement neutralisés par l’aura dominatrice des assaillants. Ainsi, certains déposèrent les armes, tandis que d’autres, abandonnant toute dignité, se déclarèrent prêts à obéir aveuglément à leurs agresseurs. Mais la Dynastie Szarekhan est sans pitié. Certains furent dématérialisés par des faisceaux tanslocateurs, tandis que d’autres furent simplement broyés sous le pas métallique de Nécrons indifférents.
Quelques foyers de résistance survécurent à l’offensive, car certains défenseurs avaient fait en sorte que les civils aient le temps de s’abriter dans les souterrains, dans l’espoir que le dédale de mines permette aux Impériaux de monter une guérilla efficace tout en se cachant des Nécrons. Mais des Destroyers Skorpekh s’enfoncèrent dans les puits de mine pour traquer les humains.
Vertigus était aux mains des Nécrons. Avant même que les derniers défenseurs fussent vaincus, les Crypteks mirent en œuvre le véritable objectif de la dynastie. Avant le Long Sommeil, ils étaient en effet des experts dans le travail de la Sombreroche. Les Crypteks bénéficiant du mécénat des nobles de la dynastie en avaient découvert les secrets, et les artificiers de Szarekhan pouvaient la manipuler grâce à des plans interdimensionnels et des matrices géodésiques. Sur Vertigus, des conclaves de Crypteks canalisèrent des flots d’énergie à la surface des communautés minières, et des lances de Sombreroche semi-fluide jaillirent du sol en direction des cieux. D’autres piliers se matérialisèrent, acheminés depuis les vaisseaux Nécrons par des colonnes de lumière. À mesure que les inquiétants mégalithes prenaient forme, d’épais nuages tourbillonnants apparurent à leurs sommets.
Vertigus était le chaînon manquant pour le dessein du Roi Silencieux. C’était en effet le dernier système nodal dans une zone stable de l’espace si vaste et d’une géométrie si complexe qu’elle défiait toute compréhension humaine. Ainsi naquit le Nexus du Paria, dont les systèmes deviendraient inertes afin de garantir l’ascension de la Dynastie Szarekhan.
La Croisade Paria
La noirceur de la Noctis Aeterna finit par s’estomper. Sur Terra et ailleurs se mobilisèrent les forces de la Croisade Indomitus, un rassemblement militaire d’une ampleur inédite. Des flottes de vaisseaux de guerre chargés de combattants issus de milliers de mondes s’élancèrent dans le domaine de l’Humanité. Et parmi eux, les plus grands étaient sans conteste les Ultramarines.
Même s’ils n’étaient pas les héritiers directs de Roboute Guilliman, Seigneur Commandeur de l'Imperium, l’autorité des Ultramarines sur la Flotte Primus de la Croisade Indomitus était incontestable. Ces Space Marines légendaires appliquent depuis dix mille ans une discipline martiale stricte, sous-tendue par un code de l’honneur inflexible. Ainsi, les Ultramarines sont les parangons des champions surhumains de l’Humanité.
Les Ultramarines formaient l’avant-garde du Groupe de Combat Kallides. Les guerriers du Chapitre avaient déjà mené des dizaines d’engagements durant leur périple à travers l’Ultima Segmentum, avec l’appui de soldats de l’Astra Militarum, de commanderies de l’Adepta Sororitas et d’autres Chapitres Space Marines.
Le Maître de Groupe Marran ordonna au groupe de combat de se déployer en premier lieu dans le secteur Nephilim, bien que de violentes tempêtes Warp ralentissent sa progression. Des rapports troublants leur étaient parvenus des secteurs voisins de Nephilim, et il ne s’agissait là sans aucun doute que des messages qui avaient pu franchir les perturbations empyréennes. Des comptes rendus évoquant des assaillants inconnus côtoyaient l’évocation d’une anomalie spatiale, que l’Impérium baptisa le Nexus du Paria. Malgré le rétablissement de l’Astronomican, les rapports indiquaient que la navigation était fortement perturbée dans cette zone. Plus le phare de l’Empereur brillait, et plus le contraste devenait troublant.
Tandis que le groupe de combat abordait la frontière nord-ouest du secteur Nephilim, les capitaines du Maître de Groupe Marran signalèrent une accalmie sur le front des tempêtes Warp. Les Navigators du vaisseau crurent d’abord à un répit après des semaines de voyage tumultueux, mais le danger devint bien vite apparent, car la navigation devint de plus en plus difficile. Les courants de l’Immaterium étaient en effet si calmes que les Moteurs Warp peinaient désormais à faire avancer les vaisseaux sans consommer de grandes quantités d’énergie.
Parmi les objectifs du groupe de combat se trouvait Vertigus II. Cette planète n’avait donné aucun signe de vie lors des trois derniers cycles de dîme. Si ses dirigeants pensaient s’affranchir de leurs responsabilités, ils se trompaient, d’autant que ses ressources minérales étaient encore plus précieuses après les soulèvements et calamités psychiques qui avaient frappé les autres mondes miniers du Segmentum.
Le détachement spécial III fut constitué pour enquêter sur le silence de Vertigus. Nombre de vétérans Ultramarines s’étaient vus confier d’anciennes reliques du Chapitre, et ils constituaient l’avant-garde du détachement spécial. Les messages vox des Ultramarines ne reçurent aucune réponse, et malgré des scans répétés, leurs vaisseaux ne décelèrent aucune trace d’aéronefs, impériaux ou non.
Les Ultramarines et leurs alliés atterrirent en de multiples points sur le continent principal de Vertigus. Une fois au sol, le Capitaine de la force Ultramarines coordonna l’exploration des communautés minières depuis la capitale de M’tallonis. Les Space Marines ne trouvèrent pas trace des habitants de la planète, et ne rencontrèrent dans chaque ville qu’un silence oppressant. Les Ultramarines étaient conditionnés pour n’éprouver aucune peur, mais ils furent gagnés par un malaise persistant tandis que des échos fantômes perturbaient leurs Auspex.
Ils trouvèrent des signes manifestes de combat, tels que des cratères causés par des obus et des brûlures de laser. Des sillons causés par la désintégration de la matière et des entailles nettes dans la roche indiquèrent au Capitaine quel genre d’adversaire s’était trouvé là, et il ordonna à ses troupes de redoubler de vigilance. Cependant, certaines zones ne présentaient aucun dégât, et les Ultramarines virent des signes d’évacuation soudaine, notamment des ordinateurs dont les moniteurs de flexicristal étaient encore actifs et des pièces jonchées de rations à peine entamées. La tension s’accrut lorsque des patrouilles signalèrent la présence d’immenses obélisques de roche noire.
Soudain, des contacts apparurent dans chaque secteur. Tels de funestes mirages soudain tangibles, des squelettes de métal apparurent, leurs fusils projetant des faisceaux d’énergie, tandis que les puits de mine vomirent des aberrations griffues qui fondirent sur les Space Marines. Dans le ciel, des reflets lumineux sur des ailes de métal marquèrent l’arrivée d’essaims d’insectes métalliques. Les Ultramarines réagirent instantanément et ouvrirent le feu sur les Nécrons, qu’ils entendaient chasser au plus vite de ce monde. La Bataille de Vertigus reprenait de plus belle.
Zone de Guerre Nexus du Paria
Un groupe de combat entier de la Flotte de Croisade Primus fut dépêché pour percer le voile du silence qui recouvrait le sous-secteur Nephilim. Cette mission était prioritaire, aussi les serviteurs, Technoprêtres, Logistères et Adeptes du Departmento Munitorum œuvrèrent sans relâche pour que les vaisseaux de guerre, les appareils de ravitaillement et les soldats du Groupe de Combat Kallides soient prêts au plus vite. Pour mener à bien cette mission secrète, le Primarque Guilliman sélectionna personnellement l’Amiral Marran, vétéran de la Flotte de Guerre Solar. Marran était célèbre pour son zèle et son agressivité. Ses officiers, à la fois intimidés par son charisme et fiers de lui, le surnommaient avec affection le "Grox-Taureau". Le Maître de Groupe Marran fut autorisé à conserver son vaisseau amiral, un puissant cuirassé nommé Coup-de-Marteau. Dans son strategium, son conseil de guerre comprenait des seigneurs des Ultramarines, des Black Templars et de la Deathwatch, d’augustes Nobles des Maisons de Chevaliers Terryn et Mortan, des Princeps de la Legio Castigatum et l’Inquisitrice de l’Ordo Xenos Kyria Draxus. La mission du Maître de Groupe Marran était simple, quoique périlleuse. Son groupe de combat devait se rendre en toute hâte dans le Sous-Secteur Nephilim, sans tenir compte des appels à l’aide et des conflits sur sa route. Il devait découvrir ce qui se trouvait au-delà du voile et éliminer toute menace éventuelle. |
L’onde de choc psychique provoquée par la Grande Faille fut si catastrophique que l’Imperium ignorait tout des horreurs qui frappaient la galaxie. Mais lorsque le voile se leva, les cauchemars qu’il révéla s’avérèrent pires que tout ce qu’on aurait pu imaginer. Partout où les Hauts Seigneurs de Terra regardaient, ils ne voyaient que désastre et destruction. Ils craignaient que la vaste zone bientôt baptisée Imperium Nihilus fût perdue. Depuis Terra, la Grande Faille semblait voir consumé tout ce qui se trouvait à l’intérieur de ses frontières. L’attention des Hauts Seigneurs se reporta sur l’Imperium Sanctus car cette zone pouvait encore être sauvée.
Même cette décision semblait désespérée, car les ténèbres psychiques se retirèrent pour laisser la place à un raz-de-marée de hurlements de terreur. Des appels à l’aide inondèrent les canaux astropathiques du Système Sol, surchargeant l’esprit de ceux qui tentaient de les recevoir et de les déchiffrer. Un grand nombre d’Astropathes périt ou sombra dans la folie en s’acquittant de cette tâche, mais ils n’en oublièrent pas pour autant leur devoir. Lentement, douloureusement, l’ampleur de la catastrophe devint apparente. C’est alors qu’une étrange anomalie fut détectée.
Zone de Silence
Au cœur de ce maelstrom de hurlements gisait une région où régnait un silence total. Dans la majorité du sous-secteur Nephilim et certains des mondes impériaux environnants, un linceul semblait s’être abattu. Aucune communication astropathique n’en avait émané depuis le reflux de la Noctis Aeterna, et aucun message transmis là-bas n’avait reçu la moindre réponse. À ce moment, le Primarque Guilliman avait déjà mis en place son plan pour la Croisade Indomitus, sous les auspices de l’Officio Logisticarum. Le silence inquiétant du sous-secteur Nephilim fut noté, enregistré et transmis à l’état-major de la Croisade, qui jugea la situation suffisamment préoccupante pour lancer une enquête urgente. Les hurlements, appels à l’aide et autres prières désespérées étaient alors monnaie courante dans l’Imperium, mais le silence absolu qui s’était abattu sur un sous-secteur entier masquait peut-être une menace mortelle. Dans l’Imperium Sanctus, la situation était d’ores et déjà catastrophique, et une nouvelle crise pourrait lui être fatale, il fallait faire quelque chose.
L'Éveil Psychique
- « Vous serez mon champion, vous serez celui qui apporte la lumière de la vigilance impériale dans ce néant sombre et silencieux. Je vous confie l’avant-garde de ma Flotte Primus, car je sais que vous chasserez les ténèbres et vaincrez les maléfices qu’elles dissimulent. Je vous confie cet espoir. »
- - Roboute Guilliman au Maître de Groupe Marran.
L’ouverture de la Grande Faille engendra d’innombrables désastres, guerres et autres bouleversements dans toute la galaxie. Cependant son effet le plus insidieux ne fut pas immédiatement décelé. En raison du grand nombre d’ouvertures béantes dans le tissu de la réalité l’énergie du Warp s’écoulait librement. Certains de leurs effets furent subtils et graduels. Ils étaient aussi inexorables, les cas de mutations psychiques se multiplièrent dans tout le royaume de l’Empereur, sans doute sous l’impulsion des niveaux de plus en plus élevés d’énergie empyréenne. L’Humanité n’était pas la seule race touchée par ce phénomène. La férocité des Orks atteignit des sommets sur d’innombrables zones de guerre, les Waaagh! apparaissant les unes après les autres dans la galaxie. Les Aeldaris virent leur puissance psychique s’accroître à un niveau qu’ils n’avaient pas connu depuis des millénaires, même si l’exploration de cet avantage ne serait pas aisée. Les Magus des Sectes Génovores et les Psykers renégats pullulèrent. Dans le même temps, les races qui n’avaient aucune connexion avec le Warp, ou qui le considéraient comme un blasphème, durent affronter cette nouvelle apocalypse psychique en ayant recours à des moyens de plus en plus violents. Au cœur de cette océan de démence, le néant qui recouvrait le sous-secteur Nephilim paraissait encore plus étrange.
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//Origine : Officio Logisticarum Infoprélat 1e Classe Magridette Hep-Gholt >Mon seigneur, que la lumière de l’Empereur vous illumine et bénisse tous ceux qui combattent sous votre bannière. À votre demande, j’ai compilé un résumé des informations transmises par les vaisseaux envoyés en éclaireurs. Je puis confirmer que, comme vous l’avez ordonné, les capitaines de ces vaisseaux ont évité les situations qui se développent aux abords du phénomène que nous appelons le Voile. Je m’abstiens d’y joindre des analyses personnelles, les miennes ou celles des capitaines. Néanmoins, je tiens à souligner que ces informations incitent à la plus grande prudence. Premier Point : Extraits d’un augure astrospectral du phénomène [classification : Voile] par la Corvette de Classe Claymore, Unstinting Wrath. Témoignage du Navigator Lunst Vandorgrephen. « Ce phénomène le Voile… je n’ai jamais rien vu de tel… invisible à l’œil nu dans l’espace réel, mais l’on sent sa présence avec une certitude aussi absolue qu’effrayante… une présence ou une barrière qui s’adresse à la partie reptilienne la plus primitive du cerveau humain… et commande de na pas aller plus loin, de s’enfuir… vu à travers le troisième œil de ma Guilde, il se révèle dans toute sa terrible majesté… comme un mur de brume tournoyante, émettant un éclat chatoyant mais vide… comme un dôme de cristal au travers duquel on pourrait voir, mais… il n’y a rien au-delà. Je suis un Loyal serviteur de l’Empereur, mais… [Utilité de l’Extrait expirée]». Deuxième Point : Interception à distance de communications diffusées sur les réseaux vox et noosphériques planétaires – réf – mondes impériaux aux abords du Voile. [Note contextuelle : mon seigneur, nos observations indiquent que le Voile est un phénomène en expansion dont l’étendue a été multipliée par 0,03 depuis le début de nos observations cinq cycles plus tôt]. -Réf Planète : Halcyos. Situation géopolitique extrêmement instable. Émeutes dans la plupart des complexes urbains. Des cultes apocalyptiques [sub-réf : Le Dernier Jour, Les Enfants de l’Accalmie, Hérauts Apocalyptiques] prêchent des versions perverties du Credo Impérial, et parlent du linceul de l’Imperium s’abattant pour juger ses sujets. Scènes de violence, notamment aux abords des spatioports et des docks privés et officiels. Forces de l’ordre locales durement éprouvées. Régiments de Défense Planétaire déployés. -Réf Planète : Kesporia II. Actuellement en proie à l’invasion d’une xéno-espèce locale [sub-réf : Voidshoal Yhemir]. Dégâts significatifs des infrastructures locales, pertes impériales et Xénos substantielles. Réserves de carburant et de nourritures particulièrement touchées. Note stratégique : les Yhemir ne cherchent pas la conquête planétaire, mais semblent vouloir quitter la région du Voile en toute hâte en donnant l’impression d’attaquer Kesporia II pour se ravitailler avant de poursuivre leur exode. -Réf Planète : Marches de Threfenia. Déclarée Interdicto Extremis par l’Ordo Hereticus. Des rapports fragmentaires indiquent un afflux important de réfugiés impériaux en provenance de la Zone de Silence, suivi d’un grand nombre de mutations psychiques incontrôlées. Impossible de déterminer pour l’instant si ces mutations sont la conséquence de l’exposition à la zone de silence, au franchissement du Voile, ou si elles résultent d’une condition préexistante masquée jusqu’à l’atterrissage. Guerre civile purificatrice en cours. Des données d’observation additionnelles, concernant d’autres mondes impériaux se trouvent dans le sous-fichier : adjunctus/Gamma/989. Toutefois, j’ai sélectionné ces trois-ci comme représentantes d’une tendance générale. Je prie pour que ces informations vous guident, vous et vos conseillers, quant aux décisions que vous devrez prendre dans le cadre de cette mission. Nul doute que l’Empereur vous guidera si vous décidiez de franchir le Voile, que ce soit en voguant dans l’espace réel ou sur les courants du Warp. Je demeure votre fidèle serviteur. M. Hep-Gholt. |
Au-Delà du Voile
Les sensations étranges dont le Groupe de Combat Kallides fit l’expérience après son entrée dans la zone de silence n’étaient qu’un avant-goût de ce qui allait arriver. Le phénomène empire à mesure que leurs vaisseaux s’enfonçaient dans le sous-secteur Nephilim. Même si les moteurs Warp fonctionnaient et les Navigators pouvaient encore les guider, les astronefs étaient comme des galions perdus dans le brouillard sans le moindre souffle de vent. Les communications astropathiques se limitaient à des messages à courte portée, et elles demandèrent plus d’efforts aux Astropathes à mesure que les appareils avançaient dans le sous-secteur. Les non-Psykers furent victime d’un syndrome inconnu qui causait de la confusion, de la paranoïa et une apathie qui pouvait évoluer en dépression et, pour les cas les plus graves, plonger la victime dans un état comateux. Cet effet fut bientôt baptisé "Le Suspens", et il devenait de plus en plus sérieux de jour en jour. |
Malgré les conseils de prudence de ses aides de camp, le Maître de Groupe Marran était mû par la conviction absolue que les tergiversations ne menaient nulle part. Ainsi, après une reconnaissance sommaire durant la phase de rassemblement de son groupe de combat, il ordonna un saut Warp dans la Zone de Silence. Le résultat fut inattendu. Depuis Terra, et jusqu’au sous-secteur Nephilim, la Mer des Âmes avait été plus tumultueuse et hostile que l’irascible Maître de Groupe n’avait jamais vue. Cette violence avait crû jusqu’aux abords de la Zone de Silence. Mais lorsque les vaisseaux du Groupe de Combat Kallides s’élancèrent dans le Warp, les Navigators firent état d’une accalmie aussi soudaine que choquante des courants du Warp. Les moteurs Warp des vaisseaux peinaient à fonctionner correctement. Plusieurs Astronefs souffrirent de l’effondrement de leurs Champs de Geller, non pas à cause d’une trop forte pression du Warp mais en raison de son absence totale. Plusieurs vaisseaux émergèrent simplement dans l’espace réel, à une grande distance des coordonnées prévues, tandis que d’autres eurent des difficultés à obtenir l’énergie nécessaire à un retour réussi dans l’espace réel.
Lorsque le groupe de combat se regroupa à grand-peine dans le nord-est galactique de la Zone de Silence, les Navigators, les Astropathes, et les Psykers de toutes sortes indiquèrent éprouver une soudaine oppression, l’équivalent psychique d’une gêne respiratoire. Ils rapportèrent également qu’ils éprouvaient de grandes difficultés à faire appel à leurs pouvoirs, quand ce n’était pas totalement impossible. Nombre d’entre eux avaient l’impression d’être muets, ou aveugles. Les Astropathes ne pouvaient plus transmettre que de brefs messages sur de courtes distances, et décrivirent le processus comme une tentative de hurler en ayant la gorge serré dans une effroyable étau. Mais les Psykers n’étaient pas le seuls à être affectés. Tous les serviteurs impériaux du Groupe de Combat Kallides éprouvèrent une étrange torpeur spirituelle, une lassitude qui les rongeait en permanence et qu’ils devaient activement combattre pour se concentrer sur leur tâche et se souvenir de leurs devoirs. Les Spaces Marines et les guerrières de l’Adepta Sororitas semblaient moins touchés par ce phénomène que leurs camarades non améliorés, mais ils subissaient tout de même les sensations de torpeur, de fatigue et d’irritation qui les assaillaient. Néanmoins, Marran ordonna d’avancer immédiatement, en naviguant dans l’espace réel si nécessaire, malgré la lenteur de ce procédé. Le Groupe de Combat Kallides avait une mission à accomplir, et il était bien décidé à la mener à bien.
L’Offensive de Mesmoch
Avançant autant que faire se pouvait le long d’itinéraires Warp inefficaces, le groupe de combat atteignit les systèmes périphériques du sous-secteur. La situation qu’ils découvrirent était préoccupante : les mondes semblaient avoir été abandonnés précipitamment. Ils trouvèrent des planètes à l’environnement intact, présentant peu de signes de lutte armée, voire aucun. Cependant, les sujets impériaux, et les soldats censés les protéger, étaient portés disparus. L’énigme de leurs disparition devint de plus en plus frustrante à mesure que le Groupe de Combat Kallides s’enfonçait toujours plus loin dans le sous-secteur, le Suspens se faisant plus intense de jour en jour. Ils trouvèrent enfin des réponses sur la planète de Mesmoch, dans le Système Zeidos, où la guerre éclata. |
Ce fut une force de Vanguard Ultramarines qui finit par découvrir une immense structure xénos qui se dressait dans les jungles semi-colonisées de Mesmoch. Ce mégalithe, si grand que sa cime atteignait la troposphère, était couvert de glyphes luisants trahissant son origine nécron. Les Auspex indiquèrent qu’il était constitué de Noctilithe, que les érudits impériaux appelaient Sombreroche. Il fut établi que l’effet de Suspens émanait de la structure, bientôt appelée Pylône de Mesmoch. Des nécropoles nécrons plus traditionnelles entouraient la base du mégalithe, et bien qu’extrêmement vastes, elles semblaient minuscules comparées au colossal édifice. Il était indubitable que cette structure nécron était responsable de la zone de silence, du moins dans cette région du sous-secteur.
Ravi d’avoir enfin trouvé un objectif militaire à frapper, le Maître de Groupe Marran ordonna une offensive immédiate et écrasante. Des forces de la Deathwatch et de Black Templars menèrent l’attaque, avec l’appui d’un imposant contingent de blindés et de fantassins de l’Astra Militarum, et même un Titan Warlord de la Legio Castigatum. Les bombardements préliminaires dégagèrent deux zones d’atterrissage dans la jungle, et des têtes de pont furent rapidement établies. Les Impériaux rencontrèrent une résistance nécron localisée, mais leur progression fut rapide malgré l’accroissement des effets du Suspens à proximité du pylône.
Le vent tourna quand les vaisseaux impériaux tentèrent de bombarder le Pylône de Mesmoch. Le moral des troupes plongea lorsque les tirs, assez puissants pour raser une ville, furent arrêtés sans mal par le bouclier d’énergie qui protégeait la structure. Pire, le bombardement déclencha une contre-attaque immédiate. La bataille s’enlisa dans la jungle et dans les ruines impériales au sud-ouest du pylône. Les Nécrons firent reculer les Impériaux, tandis que le Suspens faisait des ravages. Les Impériaux finirent par ordonner la retraite, qui se mua bientôt en une déroute qui aurait tourné au désastre sans une contre-attaque lancée par le Sénéchal Gehart des Black Templars. Cependant, lorsque les forces impériales eurent regagné le vide de l’espace après avoir échappé à des escadrilles entières d’appareils nécrons, il devint clair que leur défaite avait été humiliante.
Guerre dans le Nexus du Paria
On craint, parmi les milieux les plus avisés de l’Imperium, que l’Humanité n’ait que trop tardé à comprendre l’importance de la Noctilithe. Communément appelée Sombreroche, cette étrange matière est depuis longtemps associée aux Forteresses Noires, et aux mystérieux Pylônes de Cadia, qui en toute hypothèse, auraient ralenti l’expansion de l’Œil de la Terreur pendant si longtemps. Mais ce n’est que récemment que l’Adeptus Mechanicus a acquis une meilleure compréhension du processus de canalisation de l’énergie cosmique de la Noctilithe, et découvert qu’elle pouvait être "polarisée" pour attirer ou repousser l’énergie du Warp. Certains membres de l’Inquisition et du Clergé de Mars pensent que d’autres structures analogues existent dans toute la galaxie, et qu’Abaddon le Fléau s’est efforcé de les raser pour hâter l’ouverture de la Grande Faille. De plus, il apparaît désormais que les Nécrons connaissent depuis bien longtemps la nature et la fonction de la Noctilithe. De fait, les experts de l’Ordo Xenos affirment que cette matière est à la base de nombreuses technologies Nécrons, notamment les gigantesques pylônes érigés sur des mondes-clés du sous-secteur Nephilim et au-delà. |
À l’issue de l’Offensive de Mesmoch, la guerre proprement dite commença. Jusqu’alors, les Nécrons étaient restés discrets, permettant aux Humains de s’enfoncer davantage dans leur "matrice contra-empyréenne" tout en étudiant ses effets sur ce qu’ils considéraient être une vermine semi-intelligente. Mais désormais, les Humains avaient localisé un des pylônes nécrons. Peu après, d’autres forces avancées en découvrirent davantage sur d’autres mondes, et en déduisirent que ces structures étaient à l’origine de la Zone de Silence. Peu enclins à risquer d’endommager leurs installations, les Nécrons lancèrent leur contre-attaque.
Des flottes de vaisseaux-nécropoles assaillirent les forces impériales. Des légions nécrons quittèrent leurs cachettes tandis que des structures défensives et des nécropoles dissimulées jaillissaient du sol de tous les mondes impériaux du sous-secteur. D’âpres batailles s’engagèrent dans les systèmes de Zeidos, Paradyce, Shen’Tai, Vertigus et Vie Almus. Nécrons et Impériaux s’affrontèrent sur des mondes abandonnés, dont les habitants en Suspens avaient été emportés par les Nécrons pour des raisons encore inconnues. Ce fut dans les premiers temps de cette nouvelle phase de guerre totale que l’état-major du Groupe de Combat trouva un nouveau nom pour la région. Ayant constaté les similitudes entre le Suspens et les pouvoirs des détestables mutant appelés Parias, la zone entière fut rebaptisée le Nexus du Paria. Si cette appellation était vouée à apaiser les craintes des soldats du groupe de combat, ce fut un échec cuisant.
Le Chef d'Œuvre de Szeras
Un seul outil semblait aider les guerriers du Groupe de Combat Kallides face au Suspens : la foi. Bien que personne ne sût pourquoi, et surtout pas les Nécrons, les individus les plus zélés, comme les Sœurs de Bataille, les Black Templars ou les Prêtres régimentaires de l’Astra Militarum semblaient résister davantage au Suspens. Il est à noter qu’ils n’étaient pas immunisés. Mais alors que l’influence néfaste du Nexus du Paria se faisait chaque jour plus terrible, ces hérauts de la sainte lumière de l’Empereur semblaient tenir bon et exhortaient leurs camarades à faire de même. |
À l’insu de l’Imperium, l’Illuminor Szeras avait conduit une vaste congrégation de Crypteks et des légions issues de plusieurs dynasties alliées pour commencer à travailler sur le Nexus du Paria sitôt après l’ouverture de la Grande Faille. Les Nécrons appelaient ce dispositif la matrice contra-empyréenne, et sa fonction était double. En établissant soigneusement les pylônes de Noctilithe d’une taille immense, et en employant des machines à gravitation quantique pour modifier l’orbite des planètes, voire l’arrêter si nécessaire, les Nécrons créaient une région de l’espace réel que le Warp ne pouvait affecter en aucune manière. Cet effet pouvait être décrit comme une sphère d’énergie en expansion empêchant les entités de l’espace réel de contacter le Warp. L’effet était toujours instable car le dispositif n’était pas terminé.
Cependant, cela suffisait à couper les Psykers de leurs pouvoirs, de ralentir considérablement les voyages dans le Warp, d’atténuer l’activité des tempêtes Warp comme les manifestations démoniaques et, pire que tout, d’étouffer graduellement les âmes de tous les êtres vivants pris dans sa zone d’influence. Les lieutenants de l’Illuminor savaient que ce plan avait deux objectifs définis. Le premier était d’empêcher le Warp de submerger peu à peu l’espace réel et, à terme, de séparer définitivement la galaxie de l’empyrée. Le deuxième, conséquence heureuse du premier, était de trépaner spirituellement tous les êtres organiques conscients de la galaxie, fournissant aux Nécrons une quantité quasiment infinie de corps vivants mais vides qu’ils pourraient utiliser dans leurs recherches pour inverser le Biotransfert. Ce que Szeras seul savait, c’était qu’ils agissaient au nom d’un Être aussi Mystérieux que Puissant…[1]
Les Batailles du Nexus du Paria
Ephraël Stern, que certains surnomment la "Démonifuge", est une énigme, bien qu’elle ait joué un rôle prépondérant jusqu’à présent dans la guerre. Mes recherches ne m’ont pas permis de déterminer comment elle avait rejoint les Sœurs de Bataille de l’Ordre de Notre Dame des Martyrs contre la Légion Renégate des Word Bearers sur Severitas. Néanmoins, elle a gagné la confiance des Sœurs de Bataille en faisant la preuve qu’elle était bénie par l’Empereur. Elle rejoignit ensuite le Groupe de Combat Kallides, et le Maître de Groupe Marran suivit ses conseils avisés. Elle orchestra ainsi l’attaque contre les Portes Dolmens de Cherist, dans le Système Lomorr, ce qui limita la capacité d’action des Nécrons dans les Systèmes de Zeidos et Shen’tai. Grâce à la limitation des renforts nécrons, le Maître de Chapitre Karyas Kaeso des Andromedan Blades fut en mesure d’affecter les six compagnies sous ses ordres pour briser le siège de la ville d’Exulta sur Mesanor dans le système de Zeidos. Sur Hethalas, dans le système de Shen’Tai, neuf régiments d’Infanterie Légère Kesharienne parvinrent à franchir le cordon de phalanges nécrons qui menaçaient de l’anéantir. Ce ne sont là que deux exemples des conséquences qu’eut la victoire de Stern sur Cherist. |
La guerre pour ramener le Nexus du Paria dans le giron impérial, menée pour l’essentiel par le Groupe de Combat Kallides de la Flotte de la Croisade Indomitus Primus, se mua en un conflit long et coûteux. Nombreuses furent les batailles d’une horreur indescriptible. Ceci est un extrait de l’introduction du Volume I du compte rendu Définitif de la Guerre du Nexus du Paria, écrit par moi, l’Éminent Historitor Alfus Rekorik Smigh. Rédigé au doux son du Canon Trembleterre et du Mortier de Siège Medusa saluant l’ennemi Nécron.
Ceux qui évoluent dans les cercles autorisés ont sans doute entendu parler des événements principaux de la Guerre du Nexus du Paria, comme le Désastre de Mesmoch, la Bataille des Portes, les Raids de Tredica et le Salut Fallacieux d’Asthan. Mais combien peuvent se targuer d’une connaissance approfondie de ce conflit, et de l’environnement où se sont déroulés les combats ? Chaque action, même la plus anodine, a eu un rôle à jouer. Combien de gens connaissent le Miracle de la Fracture Bellosienne, le Dernier Carré des Telghun Marshlanders ou l’Effondrement de Purtalan City ? J’ai l’honneur et le privilège d’avoir pour mission sacrée d’informer ceux qui sont autorisés à savoir. D’innombrables leçons peuvent être tirées de ces événements, et il y a quantité de héros à célébrer et pleurer. Nous ne savons pas ce que la guerre peut encore nous apprendre, ni quels grand héros vont se distinguer, mais c’est ici que nos chroniques commencent. Dans cette introduction au premier volume, je me concentrerai sur une poignée d’événements et d’individus.
La Contre-Offensive de Vie Almus Majora
Dans les premières phases de la guerre, Vie Almus Majora fut le site de terribles défaites pour le groupe de Combat Kallides. L’effet dégénérant de ce qui serait ultérieurement baptisé le "Suspens" et les effectifs sans cesse croissants des Nécrons empêchaient les forces impériales commandées par le Maréchal Bigelis Thao de véritablement prendre pied sur la planète. Ses efforts pour la rconquérir, comme le Maître de Groupe Marran le lui avait ordonné, furent sérieusement compromis après le désastre de la Bataille du Thermokarst d’Ishlarn. Là, vingt régiments blindés, dont les Cuirassés Chancylliens, les Foudroyeurs de Ghabikhan et les Haut-Chevaucheurs Ptéroniens, appuyés par dix régiments d’infanterie légère de Gelzoa, furent encerclés et pratiquement anéantis. Le reste des forces du maréchal ne firent guère mieux, et au bout de plusieurs mois, les troupes de Thao tenaient un périmètre dont les limites se situaient à peine à une semaine de marche de leurs site d’atterrissage, cerné par les forces nécrons.
Ce ne fut qu’après la victoire de la Démonifuge sur Cherist que la contre-offensive commença, lorsqu’il fut établi que les effets du Suspens pouvaient être atténués par la force de la foi. Le Maréchal Thao décida en effet de renforcer la ferveur de ses troupes, en diffusant constamment des sermons enflammés, en déployant des Missions de l’Adepta Sororitas uniformément sur le front et en imposant un régime stricte de prières qu’il suivit lui-même, n’hésitant pas à prier devant ses soldats durant ses tournées d’inspection.
Dans ses rapports officiels de campagne, Thao note le "renouveau" qui se répand chez ses "braves soldats" après qu’il ait introduit ces changements. Il conçut un plan pour une contre-attaque, qu’il présenta avec un tel enthousiasme et en faisant montre d’un tel flair tactique qu’il gagne l’appui des délégations des chapitres de l’Adeptus Astartes des Darkspires, des Sons of Orar et des Harrowers. Son plan était ambitieux : il entendait briser le cordon qui les encerclait, en lançant des contre-attaques vers le nord, le sud, l’est et l’ouest.
Comme une majorité des lignes impériales étaient sous pression constante, ce fut aux Space Marines qu’il incomba d’attirer les Nécrons, en exploitant au maximum leurs talents pour le redéploiement rapide. Au nord des zones d’atterrissage de Thao, les Sons of Orar conduisirent un assaut blindé au Col de Lhesper, un goulet d’étranglement qui devait être pris rapidement pour que Thao réussisse sa poussée au nord et empêcher ses forces de s’enliser en terrain difficile. Un fer de lance blindé mené par des Chars Super-Lourds Astraeus lança un assaut contre une phalange de Monolithes Nécron, ce qui eut pour résultat la destruction de nombreux véhicules xénos. Bien qu’il soit impossible de déterminer dans quelles proportions les forces nécrons furent déplacées dans cet effort, cette action eut pour effet de permettre à une formation interarmes de franchir les lige nécrons à une telle vitesse que le Maréchal Thao "versa des larmes de gratitude pour les bienfaits que l’Empereur leur avait prodigués ce jour-là." Le rôle de Thao n’est pas à sous-estimer, car il fit en sorte que les régiments blindés impliqués fussent renforcés par des Leman Russ Executioners, et que les détachements de Pupilles du Tempestus impliqués fussent équipés d’Armes à Plasma additionnelles.
Une telle prépondérance de ses armes redoutables, comparée au reste des forces impériales, joua sans doute un rôle important dans la percée des éléments d’avant-garde du nord. Le chapitre des Darkspires a refusé de fournir la moindre information sur ce que ses guerriers firent pour faciliter l’avance orientale. (J’ai fait l’expérience directe d’énormes disparités dans le degré de coopération des Chapitres de l’Adeptus Astartes. Il fut extrêmement difficile de joindre les Darkspires – même en tenant compte des difficultés considérables que rencontrèrent mes Astropathes pour adresser mes requêtes aux officiers concernés – qui finirent par rejeter mes demandes. Bien que mon orgueil en soit meurtri, je suis certain que des guerriers aussi loyaux à l’Empereur doivent avoir de bonnes raisons de ne pas communiquer les informations qu’ils détiennent.)
Même les forces impériales qui investirent ultérieurement les zones où ces Space Marines avaient affronté les Nécrons ne trouvèrent aucune trace de combat, hormis quelques douilles de Bolter et traces d’impacts. Néanmoins, quand les Chevaliers des Maisons Navaros et Thalmus se frayèrent un chemin à travers le Borlayan Tors aux côtés de l’Ordre des Lamentations, du 9e corps de Sentinelles Orlaxien et du 22e de Dragons Légers Orlaxien, ils ne rencontrèrent pas la même opposition que lors des précédentes tentatives de percées. Là comme pour l’avance septentrionale, l’objectif était un mouvement rapide pour tirer le meilleur parti de l’interdiction de l’Adeptus Astartes et créer un élan que les Nécrons auraient du mal à ralentir. Cette impulsion avait une importance cruciale pour le moral des troupes. Même si nous savons tous que la foi est ce qui nous permet de tenir lorsque nous traversons une épreuve, les victoires renforcent la foi. Durant l’avance orientale, le gain territoriale des Impériaux fut tel que les logisticars de la force de frappe et les officiers du Munitorum se retrouvèrent presque dans l’incapacité de ravitailler les troupes en nourriture et en carburant, et en furent réduits à charger les vagues suivantes de transports de troupes de munitions et de rations que le contingent réduit de navettes Arvus ne parvenait plus à acheminer.
| 4e jour de la Marche de la Voie d’Argent de Ste Winifryd Aujourd’hui, nous avons atteint le premier temple sans encombre. Bien qu’il en reste vingt-sept à visiter avant d’arriver au Chœur de Winifryd, le moral est bon. La marche a été ardue, mais ce n’est rien à coté de Gelzoa. Le prêtre Axiol dirige les prières du matin, du midi et du soir avec une vigueur et un enthousiasme communicatifs. L’Empereur soit loué, les briefings du colonel n’ont fait mention d’aucune attaque sur la colonne. Nous avions prévu que la poussière du désert serait un grave problème pour nous. Si nous continuons à cette allure, nous atteindrons le Chœur d’ici quarante jours sans rencontrer de problème. -Extrait du Journal de Guerre du Major Antin Dezorax du 17e Fusiliers Motorisés de Gelzoa. Il est à noter que ceux qui ont participé à la Marche Funèbre de Paradyce II ne l’appelaient pas ainsi, en tout cas pas au début. Cette marché forcée improvisée a impliqué plus de trois millions de fantassins de l’Astra Militarum et des dizaines de milliers de véhicules. L’itinéraire suivi est celui qu’aurait emprunté Ste Winifryd trois millénaires plus tôt, lorsqu’elle accomplit des miracles au nom de l’Empereur et prêcha Sa parole à la populace. Le Chœur proprement dit était aussi vaste qu’une ville et chaque « Temple » avait la taille d’une basilique. Le Major Dezorax ne le savait pas, mais la colonne avait déjà subi près de huit mille pertes à ce moment, en raison de la maladie, du Suspens et de l’activité ennemie. |
| 39e jour de la Marche de la Voie d’Argent de Ste Winifryd Le 4e peloton a été taillé en pièces aujourd’hui. Par des serpents de métal qui ont jaillit de la poussière. J’ai tout vu. C’est arrivé non loin du neuvième temple. Les attaques sont plus fréquentes désormais. Nous sommes tous fatigués. Même le prêtre Axiol semble avoir perdu de sa verve, même s’il ne l’admettra jamais. Personne n’a encore été placé « en Suspens », comme on dit. Tout le monde a perdu du poids. Nos paquetages nous tailladeraient encore plus les épaules si nous n’avions pas d’allégé notre barda en consommant toutes nos rations. Personne n’est venu rappeler que notre mission devrait déjà être terminée. Garde la foi, me dis-je sans cesse, garde la foi. L’Empereur nous protège. - Extrait du Journal de Guerre du Major Antin Dezorax du 17e fusiliers motorisés de Gelzoa. À l’époque où la marche aurait dû atteindre sa destination, la colonne avait subi environ un demi-million de pertes. Certains rapports affirment qu’il y avait à peine " quinze mille martyrs" au 39e jour, d’autres avancent le chiffre délirant de quatre millions. La première affirmation est ridicule, car la file de véhicules abandonnés par la colonne est visible depuis l’orbite, mais ceux qui produisent ce chiffre pour laisser entendre que l’Imperium a remporté une victoire impossible ne font que ternir l’immense sacrifice de nos guerriers, de même que la foi et l’endurance dont ils ont fait preuve. En vérité, l’ampleur du sacrifice consenti pour cette victoire la rend digne d’être commémorée. |
| 87e jour de la Marche de la Voie d’Argent de Ste Winifryd Le prêtre Axiol est mort. J’ai été promu au grade de Colonel. Personne ne m’a dit ce qui était arrivé à mon prédécesseur. J’ai été invité au MOS sur le CCCG. Les soldats ont normalement la permission de manger un jour sur deux. L’eau est strictement rationnée. Pas sur le CCCG. J’étais affamé, j’ai dû me forcer à la retenue. Que l’Empereur soit loué pour la discipline du Militarum ! J’ai vomi après. Mon corps ne supporte plus la véritable nourriture. J’ai pu trouver de l’eau pour le Sergent Norzan. Elle est malade depuis jours. Je suis en colère. Nos troupes meurent de faim, pas nos commandants. Mais ils ont plus de responsabilités, n’oublie pas ton devoir. Que l’Empereur me donne la force. Qu’il nous donne tous la force, nous en avons plus que jamais besoin. Notes de l’Historitor -Extrait du Journal de Guerre du Major Antin Dezorax du 17e Fusiliers Motorisés de Gelzoa. C’est la dernière entrée connue du Colonel Dezorax. On ne connaît pas avec certitude la date de son décès (car il ne fait aucun doute qu’il soit bel et bien décédé), mais on sait qu’il n’atteignit jamais le Chœur. La marche se poursuivit encore quarante-deux jours après la rédaction de cette page. Selon mes estimations, environ dix pour cent de ceux qui prirent part à la "’Marche Funèbre" atteignirent le Chœur après 129 jours. Ces chiffres peuvent sembler désastreux, mais l’Imperium finit par l’emporter. Tels sont les sacrifices qu’il faut accepter face à un ennemi aussi impitoyable que les Nécrons, et nous devons nous réjouir de les accomplir. Les temples furent sécurisés, les Xenos furent contraints de mobiliser d’importantes ressources contre la marche – voir le Chapitre 19 du Volume III pour les détails – en vain. C’est la raison pour laquelle le Chœur, bien qu’assiégé, eut à subir une pression moindre. |
Catastrophe sur Kalliphor
Si l’on oublie la puissance et le plan de l’Empereur pour la galaxie, il est aisé de désespérer lorsque l’on entend ce qui est arrivé sur Kalliphor. Je consacre un volume entier au récit de la liste apparemment interminable des désastres qui affligèrent les braves guerriers qui combattirent sur ce monde, mais cette introduction serait incomplète si je ne mentionnais pas cette tragédie, car les pertes subies ont indubitablement eu une grande influence sur la campagne. Entre trente et quarante millions de morts ou de personnes en Suspens. Trois cent soixante-treize vaisseaux perdus corps et biens (parmi lesquels des vaisseaux de la Flotte Impériale, des transports du Logisticarum, des astronefs de missionnaires de l’Ecclésiarchie, des transports de troupes et bien d’autres encore. Pour une liste aussi complète que possible des ressources militaires affectées à Kalliphor, veuillez consulter le Volume V de cette chronique.) Et ce n’est là que ce que nous savons. Je tremble en songeant à l’ampleur du bilan final, lorsque nous aurons enfin recensé les pertes totales au sein de la population locale et des forces de l’Astra Militarum et de la Navis Imperialis présentes sur zone au début du conflit.
Quel sujet impérial digne de ce nom peut retenir ses larmes en pensant à la perte du His Imperial Majesty et du His Divine Purpose ? Des vaisseaux tels que les étoiles n’en connaîtront jamais plus. Rares sont ceux qui pourraient réprimer un frisson en apprenant la perte des deux millions de soldats des Franches Compagnies Kalliphoriennes enfermés dans les bunkers souterrains des montagnes de Gastojun avec des milliers des Nécrons que l’on nomme à juste titre "Dépeceurs" à cause des erreurs d’un état-major borné ? Qui pourrait demeurer insensible en apprenant que les dépôts salins de Laryon sont désormais appelés la Mer de Rouille, en raison des dizaines de milliers d’épaves de Chars Leman Russ, Hellhound et Macharius qui gisent, originaires de mondes aussi lointains que Valhalla, Cadia, Quisto'rol, Aleusis et une dizaine d’autres ?
Néanmoins, quelques récits de victoire et d’espoir surnagent dans cet océan de tragédies. La charge des Dragons Légers de Heskia est, du moins je l’espère, une manœuvre que l’on enseignera dans les écoles d’officiers de l’Astra Militarum dans les siècles à venir. Quel glorieux spectacle ce devait être, que de voir ces centaines de Nécrons broyés sous les chenilles des tanks des Dragons. Je ne peux pas omettre les Ratlings du 337e Corps d’Auxiliaires Abhumains. Leurs tireurs d’élite, à ce qu’on me rapporta, éliminèrent des centaines d’officiers Nécrons durant le Siège de la Ruche Traanaxis, qui dura quinze longs mois, des assassinats qui prolongèrent le siège assez longtemps pour permettre l’arrivée des Heskiens susmentionnés. (Cela dit, je me dois de rappeler que les Ratlings ne sont pas réputés pour leur honnêteté). Les éminents Tritons Haephosiens parvinrent à engloutir une nécropole de Nécrons dans les profondeurs glacées de l’Océan Tranzpasien Opar une audacieuse action de sabotage contre les piliers sous-marins du complexe, alors même qu’un essaim d’appareils xénos jaillissait des hangars du tombeau. Les pilotes de la 78e Division de l’Aeronautica Imperialis, les "Chacals de Feu", auraient été submergés sans cette intervention.[2]
La Campagne d'Argovon
La guerre pour le Nexus du Paria était une entreprise gargantuesque et d’une importance considérable. Les Nécrons avaient lancé une nouvelle arme contre la galaxie, une arme qui menaçait son âme même. Le Système Argovon n’était qu’un des nombreux systèmes du Nexus du Paria, et la guerre pour le conquérir était aussi apocalyptique, révélatrice et coûteuse que n’importe quelle autre.
Ceci est un extrait de l’introduction du volume VII du "Récit Définitif de la Guerre du Nexus Paria", écrit par moi-même, estimé Historitor nommé Alfus Rekorik Smigh. Écrit à bord de l’indomptable En l’honneur de son sacrifice, puisse-t-il toujours parcourir les étoiles pour frapper les ennemis de l’Empereur.
Le Système Argovon se trouve au sud-ouest galactique du Nexus du Paria, cette région déchue créée par les magies blasphématoires de la race Nécron. À l’heure où j’écris ces lignes, les pylônes hideux des Xenos dominent toujours les mondes du secteur. Officiellement, il est toujours connu comme faisant partie du Secteur Nephilim, mais peu de gens l’appellent ainsi aujourd’hui. Une situation tragique, mais que les glorieux guerriers des forces armées de Sa Majesté Impériale affrontent - alors même que j’encre du vélin - pour sauver de nombreux mondes.
Lorsque le Groupe de Combat Kallides a percé les frontières de cette région, personne ne savait à quoi s’attendre. L’effet connu sous le nom de Suspens - appelé par certains la "mort de l’âme" - a été l’une des découvertes les plus horribles. Les personnes touchées perdent tout espoir et toute motivation. Elles sont envahies par la paranoïa, la léthargie et l’épuisement. Nous ne comprenons toujours pas comment cela s’enracine dans un individu. Il n’y a qu’une seule protection apparente : la foi en l’Empereur.
Nous avons subi de nombreuses pertes au cours de ces premiers jours. Mais, que l’Empereur soit loué, le Groupe de Combat a pu se rallier, se consolider et remporter d’importantes victoires. Les récits de ces victoires - la Bataille des Portes, la Marche de la Mort de Paradyce II et la Contre-Offensive de Vie Almus - peuvent être lus dans d’autres récits. Alors que ses efforts aboutissaient à des résultats militaires, le Maître de Groupe Marran planifiait la reconquête de l’ensemble du Nexus du Paria. Argovon se trouve à de nombreuses années-lumière au sud galactique de la frontière nord-ouest où le Groupe de Combat est arrivé pour la première fois. Le Maître de Groupe Marran avait l’intention d’avancer méthodiquement dans la région, en ne s’engageant pas dans des actions significatives à moins d’être sûr que les systèmes et les mondes à l’arrière soient purgés de la présence des Nécrons. Bien qu’il soit certain que le Grox-Taureau, comme beaucoup appelaient Marran, souhaitait ardemment avancer rapidement, il savait qu’une approche sûre mais régulière devait être la voie à suivre. Des renforts venus d’ailleurs dans l’Imperium étaient peu probables si le gros de ses forces était encerclé par les Nécrons après avoir plongé trop profondément dans le Nexus sans avoir d’abord pris pied dans des endroits sûrs et établis des têtes de ponts.
En raison des effets de la technologie arcanique des Nécrons, aucun appel à l’aide n’est venu d’ailleurs dans le Nexus, à l’exception d’un seul système - Argovron. C’est ce qui a conduit Marran à y envoyer une force opérationnelle. Une évaluation rapide a révélé que l’un des mondes du système avait une présence ecclésiarchique très importante, ce qui signifie qu’il pourrait très bien servir de relais vital ou de zone de sécurité relative pour les réfugiés fuyant d’autres systèmes. Lorsque l’Archimagos Archeogeologor Akuminor Xor révéla que l’Adeptus Mechanicus disposait d’un site d’extraction de Noctilithe sur le monde de Foronika dans le système, sécuriser la région devint une nécessité pour empêcher les Nécrons de s’emparer de cette ressource vitale. La raison pour laquelle le représentant de l’Adeptus Mechanicus a choisi de ne révéler ces informations vitales qu’à ce moment-là reste un mystère et une source de frustration pour les officiers supérieurs de la Force Opérationnelle ainsi que pour ceux d’entre nous qui ont enregistré les événements.
La Force Opérationnel XI fut rapidement constituée. Il est impossible de déterminer le nombre d’erreurs bureaucratiques et administratives qui en ont résulté. Nombre d’entre elles ont eu des conséquences désastreuses. Au moins douze Croiseurs et leurs escorteurs ont été déployés avec seulement dix pour cent des munitions dont ils avaient besoin. Des dizaines d’Astropathes et de Navigateurs ont été tués à cause de la pression du flot des requêtes qu’ils subissaient. Des dizaines de régiments de troupes de l’Astra Militarum et de préceptoires de l’Adepta Sororitas ont été abandonnés sur les champs de bataille alors que les vaisseaux étaient retirés des zones de guerre contestées. Nous ne pouvons que prier le grand Empereur-Dieu pour qu’ils fassent payer à ces vils Nécrons le prix fort pour leurs vies. À l’inverse, les erreurs ont parfois été une bénédiction. Les défenseurs de la cathédrale de Saint Zoneras Le Purgateur de la Pléthore Honnie sur Argolish ont résisté à un siège de deux ans et l’ont repoussé grâce à des rations de nourriture, de munitions et d’eau vingt fois supérieures à celles qu’ils auraient dû recevoir.
Ce n’est que plus tard que l’on découvrit, à grands frais, que les appels à l’aide n’émanaient pas tous de citoyens loyaux cherchant désespérément le salut. Les Cités-Ruches, où une douzaine de régiments d’Astra Militarum disparurent dans les sous-mondes des Cités, l’effondrement du pont d’Ingaard qui vit des milliers de véhicules blindés du Touzen Tank Korps plonger dans un océan profond de plusieurs kilomètres et la Nuit des Dents Grinçantes ne sont que quelques exemples des effroyables trahisons qui ont été subies.
Le Système Argovon
Le Système d’Argovon figure dans les registres impériaux depuis environ huit mille ans, son nom n’étant mentionné pour la première fois que dans des fragments du Katalogue des régions de Sud de la galaxie. Le mythe local parle d’une grande héroïne appelée Foronika Argovon, qui a découvert le système avec la détermination d’amener de nouveaux mondes dans le Domaine de l’Empereur. Elle est décrite dans les Cantiques de la découverte de notre système comme "la plus grande parmis les géants et la plus forte des fortes, la plus courageuse parmis les braves et la plus purs des purs ». De nombreux autres textes que mes chercheurs et moi-même avons extraits des archives et des bibliothèques en ruine du système font écho à des idées similaires. Mes recherches m’ont permis de conclure qu’il est beaucoup plus probable qu’elle était en fait une Libre-Marchande issue d’une famille longtemps déshonorée, lourdement endettée et appauvrie. Par pure chance, elle est tombée sur la région et les énormes richesses minérales du monde qu’elle a si humblement baptisé de son nom. Il faut peu d’imagination pour penser qu’elle a pu vouloir "corriger" son histoire et redonner un peu d’estime à son nom de famille. Bien que ces récits soient terriblement transparents dans leurs mensonges et leurs hyperboles, je n’ai pas partagé ma découverte. Les profanes ont toujours besoin de ces histoires - aujourd’hui, j’ose le dire, plus que jamais.
Foronika
Aucun monde du système n’a une population aussi clairsemée que Foronika, mais aucun n’est plus important sur le plan stratégique. Les batailles qui ont fait rage ici pour les gisements de Noctilithe sont facilement parmi les plus sauvages et les plus brutales de tout le conflit d’Argovon. Les Temples-Forges de l’Adeptus Mechanicus ont été construites sur ou à côté d’anciens dispositifs arcaniques d’extractions Nécrons, et des millions de personnes sont mortes parmi elles et autour d’innombrables autres objectifs. L’un des Temples-Forges se trouvait au pied d’une série de basses collines connues localement sous le nom de "Bosses de Kafusa". Il a fallu huit mois aux forces impériales pour arracher ce lieu des mains des Nécrons, au prix de quelque deux millions de vies. Même cela n’a été possible que grâce à l’implication directe de la 3e compagnie des Tome Keepers et à une charge décisive de plusieurs Lances de la Maison Boros. Je donne cet exemple pour illustrer la nature intransigeante des batailles de Foronika - tout ce qui offrait le moindre avantage tactique pour aider à capturer, sauver ou conserver les sites d’extraction de Noctilithe de l’Adeptus Mechanicus a été combattu avec une intensité fanatique. Et à juste titre ! Il ne fait guère de doute que si nous voulons sauver cette partie du Secteur Nephilim et au-delà, les secrets de la Sombreroche doivent être révélés, et nous ne devons pas permettre aux Nécrons de s’en procurer davantage.
Sarronik
- « Les champs de bataille connus sous le nom de Lacs Sarronik sont marécageux et gorgés d’eau, le ciel est déchiré par de sombres tempêtes et constamment fouetté par des pluies torrentielles. On dit que les ruines à moitié submergées abritent des archéotechnologies perdues, mais de nombreux chercheurs de trésors se sont perdus dans les profondeurs troubles des puits cachés et des rivières à fort débit, sans jamais donner de nouvelles. »
Sarronik est un monde étrange et contradictoire. D’une part, sa population est pauvre, nomade et la proie de la faune extrêmement dangereuse qui se trouve au sommet de la chaîne alimentaire de la planète. D’autre part, toute la noblesse du sous-secteur aime s’y rendre pour chasser et s’approprier les peaux, les griffes et les crânes des plus grandes créatures pour les exhiber. Une partie de la planète est donc conçue pour les plus fortunés, bien protégée et luxueuse. Dans d’autres parties, la vie quotidienne est un combat presque impossible pour la population, dont les communautés les plus éloignées ne sont encore, sur le plan du développement, que des sauvages maniant le silex. Une caractéristique géographique particulièrement inhabituelle de Sarronik est la présence de très grands lacs de liquides fortement alcalins. Alors qu’on les croyait dépourvus de toute vie, Les troupes du 19e régiment Hastati Irikidan et du 3e régiment Ballistas Irikidan , ainsi que les Sœurs de Bataille de l’Ordre de la Lame d'Ivoire, ont eu la grande surprise de voir les Nécrons apparaître sur les rives du lac Chirel à partir d’un dolmen qui devait se trouver au fond du lac. La Bataille du Rivage de Chirel fut un acte de confinement qui impliqua des dizaines de régiments de l’Astra Militarum ainsi que des éléments de plusieurs Ordres de l’Adepta Sororitas qui tentèrent d’endiguer le flot incessant de Nécrons sur les dizaines de kilomètres de rivage.
Argovon
- « C’est un commandant désespéré qui cherche à franchir la Zone de faille d’Argovon, car c’est un lieu en constante ébullition, en proie à une activité tectonique qui a bouleversé ses champs de bataille pendant des millénaires. Le sol grondant peut se craqueler et se fendre sans avertissement, creusant de grands gouffres qui peuvent engloutir des régiments entiers. »
C’est ici que la fortune d’Argovon a été faite il y a tant de millénaires. Monde tempéré idéal pour l’habitat humain, Argovon possède des richesses minérales rares. Bien que peu nombreux, ses gisements sont exceptionnellement riches en matière première que l’on trouve dans à peine un système sur mille - des matériaux que l’Adeptus Mechanicus a toujours recherchés avec avidité. Cela dit, l’exploitation minière intensive a créé une ligne de faille artificielle au milieu de la planète, connue sous le nom de la nouvelle faille Argovonienne ou faille de Goria. Nommé en l’honneur de Phrancheska Goria, l’ancienne Gouverneure Planétaire qui avait été averti des dégâts causés à la géologie du monde. Le nom est un jeu de mots délibéré, inventé par les prospecteurs sardoniques de la planète. Il va sans dire que ce n’est qu’après sa mort que le nom s’est répandu. Les environs sont régulièrement victimes de tremblements de terre, de tsunamis et d’éruptions volcaniques qui, par le passé, ont coûté la vie à des millions de personnes. C’est sur ce monde que la Force Opérationnelle XI a rencontré une présence importante de Sectes des Génovores. Les symboles, les slogans et les inscriptions trouvés dans les lieux publics suggèrent la présence du Culte de l'Empereur à Quatre Bras et d’une secte non identifié auparavant, connu sous le nom de "Saints Ressuscités". Leur nombre a été impossible à déterminer, les larges marges d’erreur dans le calcul étant si grandes qu’elles rende tout pronostic dérisoire.
Argolish
Argolish est la capitale ecclésiarchique du système Argovon. D’immenses portions de son territoire sont consacrées à des basiliques colossales, des cathédrales, des chapelles, des chœurs et des sanctuaires. Même les structures qui ne sont pas directement dédiées au Culte de l’Empereur, comme les hab-blocks et les bureaux de l’administration, ont été conçues pour ressembler à des sites sacrés. Les cathédrales les plus puissantes ont la taille d’une ville et sont lourdement fortifiées, de grandes citadelles élevées pour honorer le nom de l’Empereur-Dieu. C’est là que l’effet du Suspens était le plus faible, et c’est donc là que les Nécrons ont frappé le plus fort. Des armées colossales sortirent des Portails Dolmens et des flottes des Nécropoles assombrirent le ciel. Le 811e Régiment de la Garde Noire de Véola s’est rendue célèbre pour sa bataille de cent jours dans les Grands Jardins de Saint Bartholema au Cœur Pur. Je me souviens avec effroi de l’attaque audacieuse d’un ost de guerriers en Armure Terminator des Adamantine Lions, qui ont tué un Dynaste Nécron et un certain nombre de membres de son conseil. La confusion qui en a résulté a sans doute permis aux 82e régiment des Chacals de Varkhia du Militarum Tempestus d’évacuer la mosaïque inestimable du Très Glorieux Empereur, alors qu’il marchait encore parmi nous, de la petite chapelle qui l’abritait.
Iaso
Iaso est un Agri-Monde défaillant. La production est tombée en dessous de 10 % des niveaux d’il y a quarante ans. On prétend que la cause de ce phénomène est très mystérieuse. Trois Gouverneurs Planétaires successifs ont été installés et exécutés pour incompétence. Il est vital pour l’effort de guerre impérial dans la région que la productivité de la planète soit rétablie. Lorsque la Force Opérationnelle XI est arrivée dans le système, Iaso était la planète la plus proche de l’état d’inertie absolue. Les Sœurs de Bataille d’un certain nombre d’Ordres, y compris l’Ordre du Suaire d'Argent, de Notre Dame Martyre, du Cœur Navré et de la Sublime Adoration se sont déployées en masse sur la planète aux côtés des brigades de Frateris Militia et des régiments de l’Astra Militarum avec des milliers de Prêtres du Ministorum rattachés aux régiments. Ces forces, enflammées par une ferveur rarement égalée, ont été larguées sur un Monde-Nécropole en plein réveil.
Hishrea
- « La vallée montagneuse d’Hishrea est un endroit inhospitalier, enveloppé de brouillards glaçants et assailli par des blizzards qui peuvent arracher la chair des os. Faire la guerre dans cette région est particulièrement dangereux, surtout lorsqu’une simple grenade peut déclencher une avalanche et ensevelir le champ de bataille sous des tonnes de neige, de glace et de roches. »
Planète la plus éloignée de l’étoile du système, Hishrea est plongée dans un hiver sans fin. Sa surface est parsemée de chaînes de montagnes déchiquetées, de vastes toundras inhospitalières, de mers d’encres et de cryovolcans hyperactifs. La majorité de la population de la planète est nomade et suit les mégas-bancs d’hélicoprioïdes sur les océans glacés à bord de grandes nefs de chasse. La plupart des autres vivent dans l’une des dizaines de Cités-Ruches situées au sommet des cheminées thermiques de la planète, où ils mènent une vie extrêmement rude. La plupart travaillent dans des mines de gaz extrêmement dangereuses ou gardent les tunnels contre les horribles incursions des guivres de givre, bien que ces créatures ne mesurent en moyenne que 15 cm de long, les guivres de givre se déplacent en colonies dans le sol, par centaines, et elles peuvent dépouiller une personne de sa chair en moins d’une minute.
Malgré l’éloignement, de nombreux missionnaires argolishiens se sont rendus sur place pour prêcher. La population est donc robuste, volontaire et fidèle. Le gouverneur de la planète, Oponidas Phlax, a réagi rapidement aux incursions de Nécrons et a apporté toute l’aide possible à la Force Opérationnelle XI. Lors d’un engagement notable, les montagnards hishréens locaux ont placé des explosifs sur la glace d’un lac gelé. Avec beaucoup de discipline et de courage, ils ont attiré des milliers de Nécrons à la surface avant de déclencher le piège, de faire exploser les charges et d’envoyer les automates xenos dans les profondeurs glacées.
Composition de la Force Opérationnelle XI
Il n’y a jamais eu de recensement complet et précis des forces composant la Force Opérationnelle XI, en raison de la nature hâtive de sa formation et du désordre qui régnait dans les premiers temps de la Campagne du Nexus du Paria. Les défis logistiques et bureaucratiques de la croisade Indomitus dans son ensemble n’ont pas non plus été négligés. Des éléments des Groupes de Combat et des Forces Opérationnelles ont été perdus en route vers une zone de combat. Des vaisseaux individuels et des réfugiés de toute la galaxie se sont retrouvés au sein de Forces Opérationnelles qu’ils avaient rencontrées par hasard et qu’ils ont accompagnées dans leurs missions. D’autres forces se sont vu confier des missions supplémentaires qui n’ont jamais été enregistrées, que ce soit par accident ou à dessein. Les flottes et Groupes de Combat qui existent aujourd’hui ne ressemblent pas vraiment à ceux qui sont partis de Terra il y a des années, car certains de leurs éléments constitutifs ont été détruits et d’autres les ont rejoints. Les forces de l’Adeptus Astartes sont généralement allées et venues à leur guise, et la situation n’est pas différente pour l’Adepta Sororitas, l’Adeptus Mechanicus et les forces des Mondes et des Maisons de Chevaliers.
+++ L’État-Major Supérieur de la Force Opérationnelle +++
Représentants de l’Astra Militarum
- Haut Maréchal Janred Remko Hynflaager - c’est sous son commandement qu’est placée la Force Opérationnelle.
- le Major Général Oyer Valdu
- le Lieutenant Commandant Hansk Yurne
Note : Seuls les officiers les plus gradés de l’Astra Militarum sont considérés comme faisant partie de l’équipe de commandement. Ceux qui font partie des subalternes du Haut Maréchal Hynflaager sont responsables de plusieurs groupes d’armées.
Représentantes de l’Adepta Sororitas
- La Chanoinesse Préceptrice Gizella de l’Ordre du Cœur Saignant
- La Chanoinesse Préceptrice Celiya de l’Ordre du Suaire d’Argent
Note : D’autres Chanoinesses Préceptrices de plusieurs ordres faisaient partie de la force d’intervention. Les personnes énumérées ci-dessus ont été incluses dans l’équipe de commandement par un vote de leurs pairs pour servir de représentantes auprès de l’État-major.
Représentants des Maisons Questor Imperialis
- Baron Polonius de la Maison Terryn
- Dame Rozalind de la Maison Boros
- Baronne Maryanna de la Maison Miranor
Note : Aucun baron ou baronne n’a accepté qu’un émissaire le ou la représente lors des réunions d’information du haut commandement. Le Haut Maréchal l’a permis au nom du pragmatisme et aussi à la lumière du fait que les éléments Questor Imperialis de sa force opérationnelle ne sont pas placés sous son autorité.
Représentants de l’Adeptus Mechanicus
- Archimagos Archeogeologor Akuminor Xor de Mars, Technoprêtre Dominus
- Baron Pendrus de la Maison Vulker
Représentants de l’Adeptus Astartes
- Capitaine Nasiem bal Tergu des Tome Keepers
- Capitaine Xiopa Ahuitz des Obsidian Jaguars
- Lieutenant Auxitius Palamas des Atlantian Spears
- Capitaine du Guet Argustus Kastor de la Deathwatch de Fort Prescience
Note : Plus que tout autre élément des forces impériales combattant dans le Nexus du Paria, l’Adeptus Astartes était le plus susceptible d’entrer et de sortir des différentes zones de guerre et de combat au gré de ses envies, accomplissant des missions avant de repartir.
Représentants des Ordres Sacrés de l’Inquisition
- Inquisiteur de l’Ordo Xenos Allexei Macara
- Inquisiteur de l’Ordo Machinum Selen Thakra
- Inquisiteur de l’Ordo Astra Tholome Marcs
Représentants de la Navis Imperialis
- Amiral Ashenzar Kinra [Navire amiral : Cuirassé de Classe Oberon Châtiment des ses Ennemis, familièrement connu sous le nom de Châtiment par le personnel de la Force Opérationnelle].
- Commodore Aérien Seigneur Balak Surpara [Commandant en chef des éléments de l’Aeronautica Imperialis.]
+++ Pensée du jour +++
Haut Maréchal Janred Remko Hynflaager
Cinquième fils d’une famille noble, le Haut Maréchal Janred Remko Hynflaager a rejoint la 56e Garde d’Assaut de Ghobyan de l’Astra Militarum pendant son adolescence, servant comme cadet dans l’équipe des officiers de rang intermédiaire. Les rapports d’évaluation de ses aînés indiquent que, même dans sa jeunesse, il avait une connaissance remarquable du Tactica Imperium, et qu’il en avait mémorisé des pans entiers. Il a été membre du 56e Ghobyan pendant trente-sept ans, et a fini par prendre le commandement de tout le régiment. Durant cette période, il a participé à de nombreuses répressions de rébellions ainsi qu’à des guerres contre des forces Xenos. Il a reçu la médaille impériale pour avoir commandé sa compagnie lors d’un assaut réussi contre le quartier général d’un traître qui avait résisté à un siège de huit mois sur le monde de Diadok. Après avoir été promu commandant du 17e bataillon du régiment, il a orchestré la défense magistrale de Bulwark IX au plus fort de la Waaagh! Snakrat. Il y organise une stratégie parfaite de feintes et de contre-attaques rapides, tout en combattant en première ligne aux côtés de ses troupes meurtries.
Bien qu’à l’époque de la Campagne d’Argovon, il ait depuis longtemps été promu au rang de commandant de régiment, le 56e a toujours servi à ses côtés, s’appelant officieusement "Les Hommes de Janred". Le fait qu’il ait autorisé l’insubordination dans l’utilisation de son prénom est un signe de l’extraordinaire lien entre le Haut Maréchal et son ancien régiment. Il est certain que d’autres officiers supérieurs considéraient cette pratique comme inappropriée, mais les faits d’armes d’Hynflaager parlent d’eux-mêmes. La campagne débuta quarante ans après la dernière fois qu’il a commandé directement son ancien régiment, mais il ne resta pas oisif durant tout ce temps. Le nombre de ses victoires est énorme. Il est responsable du Salut de Langarus et de la Troisième Purge d’Areetes - des guerres enseignées dans les académies impériales de tout l’Imperium et que je connais depuis mon plus jeune âge. Je n’ai aucune honte à dire que j’ai versé de nombreuses larmes en apprenant sa mort, lorsqu’elle est survenue. Il ne se passe pas un jour sans que je ne supplie l’Empereur de nous accorder sa vengeance. Le Seigneur de l’Acier et de la Nuit paiera.
Éléments d’Infanterie
27 régiments de Veneurs Vuxoriens
3 régiments de Troupes de Choc Cadiennes
15 régiments de Gardes des Glaces de Valhalla
23 compagnies de Tritons d’Haephosia
41 régiments de Capuches-Rouge de Miasma
19 compagnies de Patrouilleurs Sashanis
4 compagnies de Rangers des Glaces d’Anvarsia
32 régiments de Chevlariks de Nunciar
26 groupes de saboteurs des d’Expedrins de Vastadt III
Éléments d’Artillerie
6 régiments de Canonniers Chancylliens
11 régiments de Munitionnaires Dremiens
14 régiments de Scorpions de Formund
37 batteries des Chiens Détonants de Xomoni
22 régiments de Mangonneaux Klighayens
19 Osts de Canonnières des Trébuchets Sarronikiens
Éléments Blindés
32 régiments des Touzen Tank Korps
4 régiments de Hussards Prétoriens
9 régiments de Réducteurs de Sondora
12 échelons de Dragons Parangons
27 fers de lance des Foudroyeurs de Lascareen
15 régiments de Chevlariks Nunciar
Autres
213 formations d’Osts-Encensoirs
Nombre inconnu de Pèlerins de Foronika la Brave
Ruchiers du Sous-Monde de Bhorik (PURGATOS)
Environ 2 000 Bataillons de la Foi des croyants d’Argolish
47 escadrons de Patrouilleurs Iasonis
389 brigades de la Milice d’Argovon
14 régiments de Brutes Ogryns Auxilia de Tagax XIII
219 bataillons d’aiguillonneurs des montagnards de Hishrea
+++ Pensée du Jour +++
Les Forces Xenos de la Campagne d'Argovon
Ce que j’ai pu apprendre sur la puissance de nos ennemis dans le Système d’Argovon a été rassemblé à partir de rapports après action, d’enregistrements de Servocrânes et d’autres sources d’information fragmentées. Il n’est pas impossible que la présence de certaines dynasties Nécron n’ait jamais été notée, ou que les forces impériales qui les ont rencontrées aient été entièrement détruites avant qu’elles aient pu enregistrer l’identité de leurs ennemis dans une zone de combat donnée. L’ordre de bataille des Nécrons - si tant est que les Nécrons en utilisent un - est pratiquement impénétrable, en termes de capacité de compréhension de son fonctionnement. Il n’a été possible de se faire une idée de la puissance de certaines Dynasties Nécron qu’en analysant attentivement les fanfaronnades rituelles auxquelles certaines semblent se livrer au début d’engagements particulièrement importants(cf. le massacre du ravin de glace de Megalith - voir le récit complet des combats pour Hishrea pour le récit complet de ce désastre abyssal). Bien entendu, des sources xenos sont par définition peu fiables in extremis et ne devraient être écoutées que sous la supervision de l’Ecclésiarchie. J’ai prié pendant neuf heures sans interruption après avoir écouté un seul de ces discours. Seules les plus fortes convictions devraient envisager de s’approvisionner en enregistrements de ce type.
Il ne fait aucun doute que les Dynasties Szarekhan et Oruskh sont présentes en force, les Szarekhan étant de loin les plus répandues et les plus dominants. Une certaine confusion règne autour de la présence des autres, en raison de l’extrême révérence dans laquelle ils tiennent les seigneurs de la Dynastie des Szarekhan. Certains sont tellement liés à cette force dominante qu’il est presque impossible de les distinguer.
Des rapports épars font également état de la présence des Aeldaris. Les archives suggèrent qu’entre quatre et cinq mille officiers et soldats de l’Astra Militarum ont été exécutés pour avoir "répandu des rumeurs malveillantes", "menti à un supérieur", "fait perdre du temps à un supérieur" et "négligence grave" pour avoir rapporté l’observation de ces créatures énigmatiques. Bien qu’il soit facile, avec le recul, et surtout après l’anéantissement total des 3e et 12e régiments des Veneurs Vuxoriens au Cirque d’Ullavian sur Hishrea, de critiquer ceux qui ont ordonné ces exécutions, après avoir examiné les événements, je suis tout à fait convaincu qu’ils ont eu raison d’agir de la sorte. Les batailles peuvent être perdues par une simple clause d’information, ou par l’hésitation causée par l’incertitude. Les témoignages vagues et inutiles des personnes condamnés ne peuvent pas conduire à des conclusions solides, et je suis certain qu’un grand nombre des récits que certains ont liés à des observations d’Aeldaris sont en fait des fantômes issus de l’imagination de troupes épuisées qui auraient dû être plus attentifs.
Grâce à des recherches minutieuses, à la gratitude de mes collègues et sans doute à l’intervention de l’Empereur lui-même, j’ai pu établir que les observations des Aeldaris concernaient des troupes du Vaisseau-Monde d'Alaitoc et un Masque d'Arlequin connu sous le nom de l’Ombre Onirique. Les objectifs qu’ils poursuivaient - ou poursuivent - dans le Système d’Argovon n’ont pas encore été révélés. Je n’ai que peu de doutes quand au fait que leurs objectifs qu’ils cherchent à atteindre ne rejoignent guère les nôtres et soient accomplis à notre détriment.[3]
Mort sur Hishrea
La neige tachée de sang et les toundras jonchées de cadavres définissent la guerre sur Hishrea. La mission de la Force Opérationnelle XI était de libérer le monde de la menace Nécron, et les Xenos n’étaient pas prêts à y renoncer à la légère.
Ceci est un extrait de l’introduction du Chapitre 3 du Volume VII du Récit Définitif de la Guerre pour le Nexus Paria, écrit par moi-même, Historitor Émérite nommé Alfus Rekorik Smigh. Composé dans les cloîtres sacrés de la citadelle-basilique de Saint Hermiad l’Humble. Que ses murs imprenables défient à jamais les assauts impuissants de ses ennemis honnis. Ce chapitre abordera en détail les nombreuses actions menées sur Hishrea. Cependant, dans cette introduction, je mettrai en lumière quelques exemples afin de donner au lecteur une idée de la nature des combats et d’identifier certaines des batailles que j’ai jugées les plus intéressantes et/ou les plus cruciales.
Hishrea
Système Planétaire : Argovon |
Étant le monde le plus éloigné de son étoile dans le système, Hishrea est enfermée dans un hiver perpétuel. C’est une planète à la géographie redoutable. Ses vastes océans glacés sont profonds de plusieurs kilomètres et abritent toute une mégafaune terrifiante. Son pôle nord est entouré d’une chaîne ininterrompue de cryovolcans connue sous le nom de Collier de la Mort. La plupart des dizaines de cités-spires de la planète sont isolées par de hautes chaînes de montagnes déchiquetées, recouvertes de glace pendant la majeure partie de la rotation de la planète autour du soleil. Ces cités trônent au sommet de cheminées thermiques s’enfonçant profondément dans le noyau d’Hishrea, qui les protègent largement du froid, mais dire que ces habitations sont sûres est risible. Elles sont densément peuplées et les maladies sont monnaie courante. Une grande partie de la population triment jour et nuit dans de périlleuses mines de gaz, où les effondrements, les explosions et les fuites sont fréquents. Les personnes qui n’effectuent pas ce travail harassant sont, en fait, plus vulnérables. C’est à eux qu’incombe la tâche effroyable de protéger les travailleurs des Guivres de Givre. Ces créatures, bien que petites, se déplacent par centaines. Elles peuvent percer la roche gelée et dévorer une personne jusqu’à l’os en quelques secondes. Ce sont des bêtes vraiment effrayantes, et bien que les Gouverneurs Planétaires successifs aient essayé de les éliminer, cela s’est avéré non seulement impossible, mais aussi coûteux. La dernière tentative a eu lieu sous le règne de Lugiphron Thror XII. Ses tunneliers ont réussi à atteindre un site de nidification, mais ils ont commis une erreur grave. Nous savons aujourd’hui que les givres sont prêtes à tout pour protéger les cavernes dans lesquelles elles pondent des millions d’œufs à la fois. Ces créatures répugnantes ont suivi les tunnels jusqu’à la Ruche Oadunn. On pense qu’environ 98 % de la population de la Ruche a été tuée et que la Ruche toute entière s’est effondrée.
Néanmoins, Hishrea est riche en ressources vitales pour la population, le sous-secteur et au-delà. Les grands océans sont parcourus par une population nomade qui vit à bord de flottes de navires à vapeur lourdement armés et optimisés pour la chasse de la faune marine. Si la plupart de ces Clans Oséanniques suivent les méga-bancs d’hélikoprioïdes, nombre d’entre eux chassent également des bancs de delphinidés et de baleines de sang, voire se spécialisent dans le massacre des insaisissables livyatahn et des requins peau-d’acier. Ces peuples redoutables sont connues pour être particulièrement belliciste et indépendant. Bien qu’il ait fallu beaucoup d’efforts et de morts aux missionnaires argolishiens pour percer les croyances profondes, à la limite de l’hérésie, des clans, ils ont fini par réussir. Aujourd’hui, les clans sont parmi les plus fanatiquement dévoués à l’Empereur de toute la population. Ils assimilent l’Empereur à une bête océanique de taille monstrueuse, si puissante et si intelligente qu’elle ne peut être chassée et qu’elle règne sur le Grand Oséann Céleste, protégeant le peuple des autres monstres qui souhaitent le mal et manquent de noblesse. L’héroïsme des clans est un bel exemple pour nous tous. L’histoire de leur martyre est terrifiant et laisse sans voix. J’ai lu les récits à de nombreuses reprises dans le cadre de mes recherches pour cette histoire, et jamais ils n’ont manqué de m’émouvoir.
Force Opérationnelle XI
L’amirale Archibalda Tansk a été chargé du commandement général des forces impériales envoyées sur Hishrea. Par rapport à d’autres mondes, comme Iaso, Argovon et Argolish, Hishrea était considérée comme beaucoup moins importante pour l’effort de guerre impérial, même si la présence de Nécrons sur le monde ne pouvait pas être ignorée, et Tansk avait donc l’un des plus petits commandements de la Force Opérationnelle XI. Ni les Nécrons ni l’environnement hostile de Nishrea n’ont permis de compenser cette faiblesse, et les combats n’ont pas été moins ardus que sur n’importe quelle autre planète du système. En fait, compte tenu des conditions, on peut même dire qu’ils ont été pires. Les rapports sur les pertes que j’ai consultés suggèrent qu’en moyenne, un tiers des pertes subies étaient dues à des événements météorologiques extrêmes ou au climat en général. Le 19e régiment des Rats des Tunnels Athoniens, chargés d’explorer les Cavernes de Glace Midthadienne, ont subi un taux de pertes extraordinaire de 80 % pour des raisons liées à la géographie. Ils n’ont rencontré aucun ennemi, malgré les rapports faisant état d’êtres étranges, agiles et rieurs qui avaient inspiré l’exploration complète.
Deux semaines se sont écoulées depuis que j’ai donné l’ordre de repli. J’ai prié sur ma décision pendant vingt-quatre heures. Admettre la défaite ici a été la décision la plus difficile que j’ai prise au cours de mes soixante années de service. Tant d’abandons. Tant de morts. Mais nous n’avions pas le choix. L’arrivée de la Flotte Nécron a tout changé. Je n’aurais pas pu prévoir que le Seigneur de l’Acier et de la Nuit serait capable de convoquer autant de renforts. Mes vaisseaux ont dut se battre à un contre dix. Mes forces terrestres, bien qu’ayant l’initiative et gagnant chaque jour en puissance, allaient certainement être écrasées. J’ai essayé d’évacuer autant de civiles que possible. J’avoue sous le regard de l’Empereur que j’ai pleuré devant tant de gens qui refusaient d’abandonner leur maison et de céder devant l’assaut des Xenos. Bien que j’aie désespérément voulu me battre et mourir à leurs côtés, mon devoir est envers l’Imperium, et non envers mon propre ego et mon désir de gloire. Chaque jour, je médite sur leur détermination et leur courage. J’ai tiré ma lame et entaillé ma paume, laissant mon sang couler sur leurs lettres de refus. Je me suis juré à moi-même et à leurs âmes que nous reviendrons et que nous les vengerons. ≥≥ Extrait du journal de campagne de l’amirale Archibalda Tansk ≤≤. |
De nombreux récits déjà publiés (avec beaucoup trop de hâte à mon avis) ont jugé et méprisé Tansk pour la défaite qu’elle a subie sur Hishrea, mais j’ai l’intention ici de remettre les pendules à l’heure. Bien que je ne puisse nier qu’Hishrea ait été une perte pour notre Imperium, une telle déclaration ne porte pas seulement atteinte à la bravoure et au zèle de ceux qui ont combattu, mais ignore également les gains stratégiques plus larges que le conflit a permis d’obtenir. Sans la patience de Tansk et son évaluation froide de la situation, non seulement nous n’aurions eu aucune idée de la présence des Aeldaris dans le Système d’Argovon, mais les pertes totales subies auraient été, à mon avis, bien plus importantes.
Ce que beaucoup ignorent, ont oublié ou refusent de reconnaître, c’est que jusqu’au retrait, Tansk gagnait la guerre pour Hishrea. Cela ne veut pas dire que les pertes n’ont pas été élevées, car dans cette guerre, les pertes ont été élevées sur presque tous les champs de bataille de tous les mondes. Mais il est clair que les Nécrons avaient perdu l’initiative (si tant est qu’ils l’aient eue au départ) et qu’il existait un sentiment tangible de solidarité entre les forces impériales impliquées, qui n’a fait que se renforcer sous la direction de Tansk et surtout au fur et à mesure que les victoires s’accumulaient. Les Clans Oséannique à dents du Croc Vif et des Becs Acérés formèrent un lien indéfectible avec la 53e Division de l’Aeronautica Imperialis - les Lions Célestes - et un certain nombre de manipules de Skitarii aéroportés dans des Archéoptères, originaires du Monde-Forge de Voss Prime. Des essaims d’aéronefs Nécron se sont abattus sur les plates-formes de chasse des clans, et ces derniers ont riposté avec des tirs antiaériens dans le ciel, tandis que des duels aériens acharnés faisaient rage au-dessus de leurs têtes. De nombreux pilotes impériaux furent sauvés grâce à l’audace des nautoniers d’esquifs des clans. Au prix fort, le 211e régiment des Rats des Tunnels Athoniens parvint à attirer plusieurs essaims de Guivres de Givre dans une Nécropole Nécron en éveil, où les constructions Canoptek des Nécrons furent presque submergées par les voraces pétromyzons. Ce qui restait du complexe fut pris d’assaut par des dizaines de cohortes de l’Adeptus Mechanicus originaires du Monde-Forge de Ryza, soutenues par le 211e régiment Athonien, admirablement déterminé. Pendant l’évacuation de la Cité-Ruche, plusieurs régiments de Capuches-Rouge de Miasma, de Scorpions de Formund et de Coureurs à Vapeur d’Hishrea ont battu en retraite pour gagner du temps et permettre l’évacuation des civils, en utilisant des protocoles de communication et de contre-attaque très efficaces qui ont permis d’évacuer 87 % de la population de la Cité-Ruche de la zone de danger immédiat avant la chute de la Ruche.
Il est évident que l’ordre de Tansk a été donné dans la plus grave des situations et fait avec le plus lourd des cœurs. Ce n’était pas une décision de faiblesse ou de lâcheté, comme certains - dont beaucoup n’ont jamais quitté la sécurité de leurs chambres sur Terra, je pourrais ajouter - ont essayé de l’étiqueter. Malheureusement pour notre Imperium, qui a sûrement besoin d’individus de la trempe de Tansk, le haut commandement de la Force Opérationnelle XI n’a pas eu la compréhension nécessaire pour voir ses actions comme une nécessité. On me châtiera peut-être pour cette déclaration, mais je me dois de la faire, car si nous voulons réussir, nous devons apprendre de nos échecs comme de nos réussites. Ils ont fait exécuter Tansk pour manquement au devoir, incompétence et lâcheté. C’est une honte pour notre Imperium que cela ait pu se produire - même si l’on est convaincu que ses actions étaient dues à une faiblesse personnelle, comment peut-on nier que ses forces ont apporté un répit essentiel à ceux qui se battent sur Argovon ? Quelques heures après son arrivée dans l’orbite de la planète, elle a déployé les 13e et 2e régiments des Manticores Attrobiennes du Militarum Tempestus, dont les actions ont empêché les Nécrons de franchir la Chaussée de Saint Mattian le deux-fois martyr. Elle a soulagé les sièges d’innombrables citadelles-chapelles et, en envoyant le 90e Régiment des Réducteurs de Sondora et le 1e régiment des Hussards Prétoriens, nos forces ont pu s’emparer du Grand Hôpital de Sainte Bartolemma le Guérisseuse, que les Nécrons n’ont toujours pas repris à ce jour !
Assaut sur le Rivage de Nurtheos
L’assaut sur le rivage de Nurtheos est une action particulièrement cruciale de la campagne d’Hishrea, et je dirais même qu’il s’agit du tournant de la guerre - jusqu’à ce que les Flottes Nécrons arrivent et que Tansk soit forcée de replier ses forces. Jusqu’à ce moment-là, les forces de Tansk avaient surtout mené des actions de consolidation, créant des zones de sécurité (du moins autant qu’on pouvait raisonnablement l’espérer), renforçant ou sécurisant les Cités-Ruches et procédant à des escarmouches, bien qu’il s’agisse d’un bref résumé, de nombreuses batailles, dont certaines d’une ampleur considérable, ont encore eu lieu à cette époque.
Bien que nombre de ces actions aient été couronnées de succès, aucun engagement décisif n’avait encore eu lieu pour donner aux forces impériales un élan essentiel. La force de l’ennemi devait être testée et vérifiée autant que possible. En raison de l’état relativement primitif de Hishrea et de son manque d’intérêt stratégique, les ressources cartographiques étaient limitées, et des troupes de reconnaissance ont été mises à contribution dans tout Hishrea pour se faire une idée de la force et des positions des Nécrons. Après plusieurs mois de missions ardues sur le terrain impitoyable de Hishrea, ils découvrirent que les Nécrons avaient une présence significative dans une zone connue sous le nom de Rivage de Nurtheos.
Les Ruches Zisha et Scadi se trouvaient dans les environs proches, et toutes deux n’émettaient plus aucune communication, ce qui laissait supposer leur perte totale au profit des Nécrons. Après de plus amples investigations, menées par des patrouilles de Rangers des Glaces d’Anvarsia ainsi que des Ratlings du 167e corps auxiliaire d’Abhumains, il a été découvert que les Nécrons avaient mis en place un certain nombre de structures et possédaient une paire de Portails Dolmens. Je remercie l’Archéoscriptorum Xénologue Ekkio Frond d’avoir confirmé le terme exact de ces portails d’énergie impies.
Tansk a décidé que frapper directement la position des Nécrons ici ne donnerait pas seulement un nouvel élan à sa campagne, mais pourrait potentiellement briser les reins de la présence des Nécrons sur Hishrea en un instant ainsi qu’entraver les mouvements Nécron dans la guerre au sens large si les portails pouvaient être détruits ou désactivés. Le succès de la Démonifuge sur Cherist a donné un nouvel impératif stratégique à l’ensemble de la guerre dans le Nexus du Paria. Détruire les Portails Dolmen pouvait réduire massivement la capacité des Nécrons à redéployer rapidement leurs forces. Ils sont devenues des cibles prioritaires et de nombreux commandants étaient prêts à sacrifier sans vergogne un nombre impressionnant de soldats pour les abattre.
Elle constitua une force d’assaut, sollicitant également l’aide des Chapitres des Obsidian Jaguars et des Tome Keepers, respectivement commandés pour cette opération par le Lieutenant Gadatas bal Nurval des Tome Keepers et le Chapelain Kawil Ichwel des Obsidian Jaguars, à qui reviendrait la tâche de porter le coup de grâce, ainsi que des Chevaliers de la Maison Miranor.
Le Rivage lui-même s’étendait sur cinquante kilomètres de long, et les scanners orbitaux indiquaient que l’ensemble du rivage, à l’exception d’un petit nombre de falaises et de marais, se prêtait à des assauts de débarquement. Tansk rassembla une force comprenant des éléments de presque toutes les branches de l’Imperium. L’Adeptus Mechanicus de Ryza engagea des dizaines de macroclades et fournit un nombre considérable d’appareils pour déployer les véhicules blindés des Kataphractes d’Ikarra, des Coureurs à Vapeur d’Hishrea, des Foudroyeurs de Lascareen et des Cuirassés de Pluther qui furent désignés pour mener l’assaut. Des milliers de Chimères furent préparées pour transporter l’infanterie d’assaut - dont les Veneurs Vuxoriens, la Garde de Glaces de Valhalla, les Chiens des Neiges de Truska et les Expédrines de Vastadt n’étaient que quelques-unes des troupes de l’Astra Militarum impliquées. Les soeurs de l’Adepta Sororitas de l’Ordre de Notre-Dame des Martyrs et d’autres se sont déployées avec eux. Les clans oséanniques de l’Aile-Rasoir, de l’Aileron Noir et de la Dorsale Fer ont particulièrement contribué à fournir des véhicules de transport aux troupes de l’Astra Militarum, beaucoup de leurs membres abandonnant les vaisseaux qui avaient été leurs maisons pendant des générations pour permettre une plus grande capacité pour le personnel de combat. Nombreux sont ceux parmis eux qui ne reverront jamais leurs maisons maritimes ; certaines ont été détruites, pour d’autres leurs habitants sont tombés malades ou ont été tués. Lors du Massacre de l’Isthme de Saja, 90 % des membres du clan du Croc-bleu ont été anéantis par les bombardements impitoyables de l’aviation Nécron. Un assaut était prévu à l’aube. Avec le genre de techno-sorcellerie dont disposent les Nécrons, il n’était pas très logique pour Tansk d’ordonner une attaque nocturne. Un tel acte poserait d’innombrables problèmes supplémentaires à ses commandants et à ses troupes, alors qu’il ne poserait certainement aucun problème aux Nécrons.
Avant de lancer l’assaut, Tansk ordonna le déploiement de troupes avancées. Leur tâche consistait à semer la confusion dans l’esprit des Nécrons, à tendre des pièges, à déclencher des systèmes défensifs à un stade précoce et à effectuer des missions connexes afin de faciliter au maximum l’arrivé de l’assaut principal. Les Expédrines de Vastadt et les Patrouilleurs Sashanis ont travaillé en tandem avec des manipules d’Infiltrateurs Skitarii de l’Adeptus Mechanicus. Le déploiement des troupes d’avant-garde des Tome Keepers et des Obsidian Jaguars fut l’une des actions les plus cruciales des phases préparatoires de l’attaque. Ces troupes avaient pour mission essentielle, dans le cadre des plans de Tansk, de mettre en place les balises de téléportation qui permettraient aux Space Marines de se déployer à grande vitesse. Il s’avéra que très peu de forces d’infiltration entrèrent en contact direct avec les Nécrons.
Lorsque les appareils d’assaut ont commencé leur course contre le littoral, les forces de l’Aeronautica Imperialis ont assuré la couverture aérienne. Au grand étonnement des pilotes - et du commandement - ils n’ont identifié que très peu de cibles viables, et lorsque les premières vagues de débarquement se sont rapprochées, des centaines d’avions se sont retirés pour se ravitailler sans avoir tiré un seul missile ni largué une seule bombe. Les rapports, les journaux de bord des commandants et les transcriptions des briefings montrent unanimement que les officiers étaient à la fois surpris et méfiants. Néanmoins, ils se sont engagés et ont poursuivi l’assaut. Ils estimaient que des forces suffisantes avaient été rassemblées pour la tâche à accomplir et que, de toute façon, il était désormais trop tard pour faire marche arrière. La victoire finale témoigne de la détermination des officiers. C’est encore un autre exemple de la finesse tactique et du sang froid de Tansk qui rend son exécution encore plus tragique.
Lorsque les premières troupes quittèrent leurs embarcations et leurs appareils et avancèrent sur le rivage, les défenses des Nécrons entrèrent en action, la façon dont cela s’est produit reste encore un mystère aujourd’hui. En de nombreux endroits de la ligne, des pans entiers de la première vague de troupes ont été entièrement anéantis, et ce n’est en grande partie que grâce aux témoignages de la deuxième ou de la troisième vague des forces que nous avons une idée de ce qui s’est réellement passé. Il y a quelques contradictions dans les rapports, mais il semble que de gigantesques armes défensives et de l’artillerie aient semblé apparaître de nulle part, ou surgir du sol, frappant les forces impériales avec des éclairs de foudre arcanique (Voir l’annexe III.c pour la liste complète des pertes par régiment, macroclade et ordre.).
Malgré cette surprise, l’idée du repli ne semble avoir effleuré aucun des commandants de l’assaut. Ceux qui ont exprimé des inquiétudes semblent avoir été réaffectés à des fonctions logistiques, loin de la ligne de front. Le dévouement fut de mise - les forces impériales ont continué à avancer, malgré la force de l’opposition. On m’a dit que les prières étaient toujours sur les lèvres de nos troupes alors qu’elles avançaient dans la mêlée. Le terrain a été gagné grâce à l’héroïsme et au sacrifice des Devil Dogs du 12e régiment des Cuirassés de Pluther, du 16e régiment des Phénix Deltiques du Militarum Tempestus et du 222e régiment de sentinelles des Centaures d’Ikkara de l’estuaire de Kor, du Kame de Vanyr et des Marais de Forseth. Il faut noter que lors de nombreuses percées, les missions de l’Adepta Sororitas ont joué un rôle clé en les menant. C’est également à ce moment que les unités d’infiltration précédemment insérées en territoire hostile ont joué un rôle vital en aidant à détruire les positions d’artillerie Nécron ou en empêchant les phalanges de renfort de l’infanterie Nécron d’atteindre la bataille. Mais beaucoup de ces cas étaient isolés, et de vastes pans du rivage n’étaient toujours pas sécurisés à la fin de la journée. L’assaut sur les marécages de Harias a dû être abandonné. Il était tout simplement impossible pour les troupes d’y avancer de plus de cent mètres. C’est à ce moment-là que l’Adeptus Astartes a frappé. Des Modules d’Atterrissage remplis de guerriers d’élite ont renversé le cours d’une bataille sur le point d’être perdue. Leurs aéronefs ont acheminé des véhicules blindés là où une percée avait été réalisée et devait être exploitée. Alors que la situation sur le champ de bataille était en suspens, les Space Marines ont changé la donne. Lorsque les lances de la Maison Miranor sont arrivées, s’écrasant au sol d’une manière que je ne peux qu’imaginer des plus glorieuses, (Oh, si j’avais été présent pour assister à cela !), de leurs donjons de largage et leurs armures frappés de leurs armoiries personnels, le vent a vraiment tourné. Ce qui aurait pu être un désastre ne l’a pas été. La bataille elle-même fit rage pendant plusieurs mois, et pendant cette période, environ huit pour cent des forces impériales y jouèrent au moins un rôle, ainsi qu’un nombre considérable de troupes de défense locales. Bien que coûteuse et éprouvante, la bataille a finalement permis d’abattre les deux Portails Dolmens et de remporter la victoire.[4]
L'Apocalypse de Foronika
Les batailles les plus sanglantes de la Campagne d’Argovon se sont déroulées sur Foronika, avec d’innombrables millions de vies perdues. La Force Opérationnelle XI du Groupe de Combat Kallides a juré qu’elle combattrait les Nécrons jusqu’à la mort afin de sécuriser le monde et ses précieuses ressources - d’anciens et précieux gisements de Sombreroche.
Ceci est un extrait de l’introduction du Chapitre 6 du Volume VII du Récit Définitif de la Guerre pour le Nexus Paria, écrit par moi-même, Historitor Émérite nommé Alfus Rekorik Smigh. Rédigé pour la première fois après le bombardement orbital de Keritha III. Puissent les Xenos contempler l’immense pouvoir de l’Empereur et trembler devant leur mort. Ce Chapitre développera l’ensemble des nombreuses actions menées sur Foronika. Cependant, dans cette introduction, je vais mettre en lumière une poignée d’exemples afin de donner au lecteur une idée de la nature des combats et d’identifier certaines des batailles que j’ai jugées les plus intéressantes et/ou les plus cruciales.
Foronika
Système Planétaire : Argovon |
Foronika est la planète habitée la plus proche de l’étoile du Système Argovon. Elle connaît une chaleur étouffante tout au long de l’année. Son orbite elliptique fait que les températures moyennes fluctuent considérablement d’un bout à l’autre de la planète, la chaleur est une caractéristique si importante que la légende planétaire affirme que le monde a été nommé Foronika en raison du tempérament de Foronika Argovon (la fondatrice du système). Une grande partie de son paysage est constituée de déserts de cendres, de zones à fort taux de radioactivité, de lits de lacs asséchés et de chaînes de montagnes craquelées par la chaleur. Les régions désertiques sont en proie à de féroces tempêtes de poussière qui, à l’occasion, ont réduit des véhicules blindés à l’état d’épaves corrodées en quelques minutes, la légende locale raconte que certaines tempêtes sont sensibles, et qu’elles visent apparemment des individus ou des tribus nomades. Je me suis moqué la première fois que j’ai entendu parler de ces tempêtes, en écoutant les enregistrements vocaux des habitants épuisés et terrifiés, seuls survivants des colonnes de réfugiés détruites ou des missions et des opérations de récupération qui ont échoué. Mais lorsque j’ai appris la disparition du 984e régiment de la Cavalerie de Fer de Kharbys et de la 5493e Légion Pénale "Les Éternels Reconnaissants", ainsi que de huit macroclades de Skitarii martiens dans le désert de Braktis, j’ai commencé à me poser des questions. Il y a eu beaucoup d’autres disparitions depuis. Mes recherches indiquent une effrayante corroboration entre ces événements, les légendes et les récits officiels d’attaques par des essaims de Scarabées Nécrons. Ces constructions ont dû attaquer les habitants pendant des siècles.
Ses petits océans sont très acides et ne sont peuplés que de phytokrills capables de survivre aux conditions difficiles. L’eau douce est rare, et une grande partie se trouve au niveau du sol, formant des oasis qui, selon les archives, étaient très belles, mais qui ont depuis longtemps été réduites à d’horribles zones boueuses dans lesquelles seules les légions pénales les plus dépravées sont aujourd’hui déployées. La plus grande de ces zones de végétation luxuriante, autrefois splendide, a été surnommée "Le Bouillon d’Os" par une Légion Pénale dont l’identité n’a jamais été officiellement enregistrée - en raison de la grande quantité d’ossements humains qui imprègne la boue de plusieurs mètres de profondeur sur une zone de plusieurs dizaines de kilomètres carrés. Une grande partie de la flore qui peuplait Foronika se composait de fourrés de diverses espèces de ferrocactus barbelés, de fleur fantômes épineuses et de hautes herbes vénéneuses.
Certains érudits, dont Aukland Fex de mon ordre et l’archéogéologor Xariz Gokim de l’Adeptus Mechanicus, pensent que les conditions climatiques inhabituelles de Foronika sont à l’origine de la quantité inhabituelle de Sombreroche qui s’est formée sur la planète. Mes recherches m’ont permis de découvrir de nombreux points de vue contradictoires sur ce sujet, y compris des réfutations directes des experts susmentionnés. Quoi qu’il en soit, les gisements de Noctilithe de Foronika sont, à ma connaissance, anormalement importants. Bien qu’il n’ait eu connaissance de la présence de la substance ésotérique et transmis la leur que tardivement, l’Adeptus Mechanicus a maintenu une présence très importante sur Foronika pendant des années. Ils ont mené leurs activités à l’insu de l’Imperium ; ils ont apparemment refusé de révéler à qui que ce soit depuis combien de temps exactement. Bien que de nombreux Temples-Forges de l’Adeptus Mechanicus soient aujourd’hui en ruines, en flammes, en état de siège ou réduites à leurs composants moléculaires par l’armement Nécron, les Temples-Forges étaient autrefois disséminées sur la surface. Nombre d’entre elles étaient - et certaines le sont toujours - liées à toutes sortes d’anciennes structures Nécron qui, selon les chercheurs et archéotechnologues du Mechanicus, sont vieilles de plusieurs millions d’années. Certains de ces édifices ont été découverts comme étant des nécropoles et des cryptes remplies d’automates Xenos, d’autres sont manifestement des dispositifs arcaniques d’extraction construits pour exploiter la Noctilithe dans des temps immémoriaux.
Bien que je pense qu’une grande partie de la population autochtone de Foronika a été exterminée dans les batailles sans fin qui ont fait rage sur toute la planète, je crois savoir qu’à l’époque où la Cicatrix Maledictum s’est ouverte, un nombre considérable de Foronikains étaient employés par l’Adeptus Mechanicus. Nombre d’entre eux étaient des travailleurs subalternes, d’autres servaient d’éclaireurs ou fournissaient des informations locales. En échange de leurs services, les savants de l’Adeptus Mechanicus leur fournissaient non seulement des vivres fiables de façon régulière, mais aussi des augmentations mécaniques qui prolongeaient leur vie bien plus longtemps qu’elle ne l’aurait été normalement. Qu’on ne vienne pas dire, cependant, que ces gens n’étaient pas déjà très résistants. Pour comprendre exactement à quoi ressemblait la vie d’un Foronikain moyen, je recommande vivement la lecture des 2 378 teraquantas de l’ouvrage de Volorin Kendar intitulé "Poussières Tranchantes comme des Rasoirs et Tiques Infernales des Sables, un Récit de Vingt Années Passées Parmi le Peuple Foronikain". Le Libre-Marchand a été contraint d’atterrir sur Foronika pour échapper à ses créanciers qui le poursuivaient, et il a décrit la vie quotidienne avec des détails incroyables. Le texte lui a été arraché lorsqu’il a été capturé et, au cours d’une période de neuf cents ans, il est passé par de nombreuses mains avant d’arriver jusqu’à la mienne, grâce au Technoprêtre Zuxor Lispis de Mars. Il m’est venu à l’esprit que c’est grâce au récit de Kendar que l’Adeptus Mechanicus a appris l’existence des gisements de Sombreroche de Foronika. Combien de connaissances de notre Imperium doivent se trouver dans des livres oubliés qui prennent la poussière dans des bibliothèques privées, abandonnées ou secrètes ? Je suis reconnaissant au Seigneur Commandant Guilliman de chercher à trouver ces trésors et à faire revivre les informations qu’ils contiennent. Peut-être que les indices dont nous avons besoin pour vaincre toutes sortes d’ennemis sont griffonnés quelque part ?
Étant si proche d’une étoile, Foronika est baignée de radiations, ce qui a entraîné un nombre important de malformations congénitales et une durée de vie beaucoup plus courte pour l’habitant moyen. La popularité du travail pour les Technoprêtres était telle que des centaines de colonies ont été entièrement abandonnées. La majorité de la population est (ou plutôt était) nomade, une petite partie des nomades de Foronika chassent les rats des dunes et les rocafards géants dans les régions montagneuses du monde, souvent à l’aide de Ptérocs domestiqués. Ces reptiles volants semblent avoir noué un lien fort et réciproque avec leurs maîtres humains. Les autres suivent des troupeaux d’Aurox décharnés dans des véhicules polluants construits à partir de métal de piètre qualité dérivé d’un minerai mal raffiné, Foronika possède des richesses minérales considérables, mais les conditions climatiques ont rendu les opérations minières à grande échelle difficilement justifiables, surtout si l’on considère les richesses minérales des autres mondes du système d’Argovon
Un Brasier Inextinguible
En raison de la nature combinée des efforts de la Croisade Indomitus, impliquant des forces de toutes les branches militaires impériales, les compétences en matière de diplomatie et de médiation étaient essentielles à la réussite des officiers supérieurs. Valdu possédait ces compétences en abondance, et c’est pour cette raison en particulier que le Haut Maréchal Hynflaager l’a choisi pour prendre en charge la campagne sur Foronika, car inévitablement, le succès final dépendrait grandement de la coopération avec l’Adeptus Mechanicus. Ayant à l’esprit le caractère borné bien mérité de l’organisation, Valdu décida de travailler de concert avec les Magos de Mars sans compromettre les besoins des forces placées sous son commandement direct, ni ceux de la campagne dans son ensemble. Bien que les objectifs de l’Adeptus Mechanicus et des autres forces impériales aient été, et soient encore, ostensiblement corrélés, on ne sait toujours pas à quel point la fiabilité de l’Adeptus Mechanicus passé, présente et future demeure incertaine. Des dizaines de milliers de soldats, ainsi que des centaines de Sœurs de Bataille de l’Ordre du Cœur Saignant, ont été abandonnés à la mort en défendant un Temple-Forge dans le Khidoth Maar. Quatre cohortes de Skitarii ont été brusquement retirées lorsque le Temple-Forge a été détruit avec succès après l’évacuation complète de la Sombreroche et des bases de données qu’elle contenait. Ce n’est que grâce aux efforts de Valdu que d’autres incidents de ce genre ont pu être évités, mais il est fort probable que sa capacité à mener à bien sa tâche principale - celle de gagner la guerre - a été massivement entravée par des discussions et des négociations constantes avec des Techno-Magos difficiles. Cela ne veut pas dire que tous n’ont pas été fiables, loin s’en faut. Plusieurs Préceptoires de l’Ordre du Cœur Saignant, les 73e, 872e et 1er Régiments des Capuches-Rouge de Miasma et deux régiments de Réducteurs de Sondora ont combattu pendant plusieurs semaines aux côtés des forces du Technoprêtre Dominus Thalaktus Bek dans le col de Mavuto, le conservant aux mains des Impériaux pendant tout ce temps avant de repousser les Nécrons. Ce n’est qu’un exemple parmi des centaines d’autres pour souligner le fait que, malgré tout le potentiel de conflit et de friction, la coopération entre les forces impériales conventionnelles et l’Adeptus Mechanicus a été suffisamment forte et efficace pour empêcher les Nécrons de prendre l’avantage pendant longtemps - bien que cela ait évidemment demandé beaucoup d’efforts de la part de nombreux commandants supérieurs. Et aucun effort de cette nature n’aurait dû être nécessaire à cet égard. |
En raison des importants gisements de Sombreroche présents sur Foronika, le Haut Maréchal Hynflaager n’a eu d’autre choix que de consacrer une grande partie de ses forces à s’assurer que la planète ne tombe pas entre les griffes des Nécrons, les dépôts eux-mêmes étant trop importants pour être détruits à l’aide de la tactique de la terre brûlée. Lorsqu’il s’est rendu sur Argovon, la capitale du système, il a confié le commandement de la force envoyée pour sécuriser Foronika au Major-Général Oyer Valdu. L’Archimagos Archégéologor Akuminor Xor de l’Adeptus Mechanicus martien choisit de rejoindre Valdu. Ensemble, les forces de l’Astra Militarum et de l’Adeptus Mechanicus déployées sur Foronika se comptaient par dizaines de millions. Pourtant, comme nous le savons maintenant, non seulement ce n’était pas suffisant, mais un flux incessant de renforts au cours des années qui ont suivi le déploiement initial n’a jusqu’à présent pas réussi à sortir les troupes de l’impasse avec les forces des Nécrons.
La guerre sur Foronika faisait rage depuis plusieurs mois lorsque les flottes de la Marine Impériale et du Mechanicus, dirigées par l’Arche Mechanicus Asterius Evictus et le Croiseur de Classe Lunar L’Imperator Triomphant, sont arrivées dans le système. Les journaux de bord retrouvés dans l’épave de l’Imperator quelques mois plus tard font état d’une furieuse bataille qui fait rage dans l’espace autour de Foronika. Ils décrivent des Flottes Nécropoles affrontant les vestiges des forces de défense du système qui tentaient désespérément d’endiguer la marée incessante des Légions de Nécrons descendant à la surface du monde. Lorsque les appels de détresse ont inondé les canaux Vox des vaisseaux, menaçant de déstabiliser la cohésion de la flotte par leur nombre, le Major-Général Valdu a ordonné à l’Amirale Elektra Govine de répondre sur tous les canaux un seul message : « Tenez bon, ayez foi en l’Empereur, Il protège, Nous arrivons ». Une fois ce message transmis, pratiquement tous les appels ont été bloqués pour des raisons de commodité militaire. Après avoir ordonné à la flotte de rétablir l’ordre dans l’orbite de Foronika, Valdu s’est attelé à la tâche suivante : trouver des zones d’atterrissage convenables pour ses armées. Il semble, d’après les mêmes journaux de bord récupérés, qu’Akuminor Xor n’ait pas perdu de temps pour effectuer ce travail. Par chance, la majorité de la population mondiale étant employée par le Mechanicus, Valdu n’eut que rarement à choisir entre la défense des zones habitées et la protection des ressources vitales - la population vivait essentiellement autour des avant-postes et des stations du Mechanicus. Dans ces conditions, il était beaucoup plus facile pour Valdu d’évaluer les lieux de déploiement prioritaires pour ses forces et de décider quelles zones avaient le plus besoin, et même méritaient, d’être renforcées et protégées.
Une grande partie des combats initiaux au cours de la première année locale étaient des efforts de stabilisation. Officiellement parlant, du moins. Je dirais que toute la guerre n’a pas encore dépassé cette phase. Il y a toujours une autre crise, une autre incursion pour l’ennemi Nécron ou une autre victoire glorieuse ou percée stratégique de nos propres forces. Tout cela ne signifie pas grand-chose. J’ai appris récemment que les digues de Gwazan, une série de barrières naturelles entre la plus grande des Temples-Forges de l’Adeptus Mechanicus, Epsolon-Theta-IX∑, et un colossal complexe funéraire Nécron que les forces impériales du général Barkila Thorne n’ont pas réussi à détruire, sont de nouveau tombées aux mains des Nécrons. Inévitablement, d’autres millions de soldats seront jetés dans ce hachoir à viande pour les récupérer. C’est à se demander si les Nécrons eux-mêmes se soucient de ce monde. Ont-ils une raison de bloquer autant de troupes impériales à cet endroit, les empêchant de se rendre sur d’autres champs de bataille ? Les Nécrons ne manquent certainement pas de Noctilithes ailleurs, s’ils ont pu construire les vastes obélisques qui semblent être à l’origine des effets du Nexus Paria ?
Les Temples-Forges du Mechanicus et les dispositifs d’extraction de Noctilithe avaient besoin d’être libérés de sièges massifs. Les osts de Nécrons en marche devaient être interceptés, et Les structures funéraires en éveil devaient être réduites, au silence avant que leurs habitants en hibernation n’émergent avec toute leur puissance. Le Major-Général Valdu, grâce à ses talents diplomatiques exceptionnels, a organisé de nombreuses coalitions de forces militaires impériales afin de remporter des victoires vitales dès le début. Le Temple-Forge Sigma-III fut construit dans l’oasis de M’tendre, au sommet de tunnels d’exploration et de sites d’excavation s’enfonçant à plusieurs kilomètres sous la surface de Foronika. Sous une chaleur torride, les 632e et 13e régiments des Gardes du Désert de Tallarn, le 45e régiment du Groupe de Saboteurs des Expédrines de Vastadt III et trois détachements d’Ogryns repoussèrent les forces des Nécrons qui s’étaient répandues dans les tunnels. Le Temple-Forge de Theta-Chi ressemblait davantage à une cité fortifiée, pleine de factorums, de relais de Prométhéum et de raffineries de minerai. Dans son enceinte tentaculaire, des compagnies de Pupilles du Tempestus du régiment des Chimères de Juka, quatre régiments de Preneurs-de-Crânes de Kanak et la 36e Légion pénale "La Mort est Miséricorde" menèrent une campagne brutale et rapprochée contre les Nécrons qui avaient occupé une grande partie de la colonie, subissant quatre-vingt-trois pour cent de pertes au cours du processus.
Les données relatives aux forces impliquées dans les combats sur Foronika sont terriblement inexactes. Des régiments entiers ont été détruits sans jamais être officiellement enregistrés, et on ne connait leur implication dans la guerre que grâce à des mentions officieuses dans des journaux d’officiers fragmentés et lourdement censurés ou des données de Servocrânes récupérées. Il est impossible d’estimer le nombre de troupes locales impliquées - à l’heure où nous écrivons ces lignes, les forces de défense locales ont été tellement saignées à blanc par les Nécrons que le peu qu’il en reste a été fusionné avec d’autres forces de l’Astra Militarum. Tant de régiments ont été fusionnés en raison du nombre élevé de victimes que l’actuel 42e régiment d’Hors-Monde de Vétérans de Foronika contient des troupes issues de pas moins de trente-et-un autres régiments provenant de neuf mondes différents. Cette zone de guerre est devenue un bourbier. Y être envoyé est une condamnation à mort. Faut-il s’étonner qu’un pourcentage croissant des forces impliquées soient des forces pénales ? L’observateur le plus aveugle ou le plus idiot peut-il vraiment s’étonner que le nombre de délits militaires augmente et que leur sanction soit de plus en plus souvent le service dans une Légion Pénale ? |
Malgré les premiers succès, le nombre de Nécrons était incalculable, et ils ont rapidement répondu avec une force immense - dans certains endroits d’une manière complètement irrépréssible. Les Tertres de Myeso - des formations rocheuses qui avaient été transformées en une colossale forteresse apparemment imprenable au début de la guerre par l’Adeptus Mechanicus - ont été complètement détruits dans les deux semaines qui ont suivi le siège des Nécrons. L’ampleur des opérations de forage menées par les Nécrons sous l’immense édifice naturel était telle qu’une grande partie de la forteresse s’est effondrée. La forteresse avait été renforcée par les troupes impériales avant le siège. Quelque vingt-quatre régiments, principalement des Légions Tonnerre de Kraddia, de la Garde-Obscure d’Umbra-Thelloxia et des Broyeurs de Terre Raddai, ont été détruits dans leur intégralité, ainsi qu’un Préceptoire de l’Ordre de Notre-Dame des Martyrs et une Lance de la Maison Terryn. L’Adeptus Mechanicus a refusé de partager avec moi les détails de ses pertes durant la campagne de Foronika jusqu’à ce jour ; les seules informations dont je dispose sont celles que j’ai pu trouver dans d’autres sources impériales. Il ne fait aucun doute, cependant, qu’elles ont été énormes au cours de cette bataille, ainsi que d’innombrables autres. Une autre défaite de ce type a depuis été baptisée le Massacre du Malpaís de Dinghani. Des centaines de milliers de soldats de l’Astra Militarum, avec des milliers de véhicules, s’étalaient sur le sol rocailleux et inégal, marchant pour sécuriser le Taj Cuesta, un site d’une importance stratégique. Les renseignements sur la nature du terrain que les troupes devaient traverser semblent manquer de façon effrayante dans les premiers temps de la guerre. Cela est sans doute dû au fait que Valdu était obligé d’agir dès son arrivée pour avoir une chance d’éviter la défaite, et encore plus de remporter la victoire.
Leur progression était apparemment fastidieuse, selon les témoignages des quelques pilotes de chasseurs Thunderbolts survivants de la 956e division des "Lanciers Célestes" de l’Aeronautica Imperialis. Même les robustes Chimères se sont enlisés dans les gouffres, les dolines, et les troupes ont dû recourir à un labeur éreintant pour fragmenter des formations rocheuses si denses que les outils de creusement de tranchées standard étaient presque inutiles. Les Nécrons ont frappé les troupes, presque ridiculement vulnérables, depuis le sol et de le ciel. Des essaims de bombardiers mitraillaient la colonne en détresse tandis que des créatures que j’ai pu identifier plus tard comme des "Dépeceurs" se matérialisaient parmi les troupes, tailladant et tranchant au hasard. En infériorité numérique, la couverture aérienne impériale était impuissante à empêcher l’attaque, à un contre cent, bien que de nombreux pilotes courageux soient morts en tentant de le faire. Moins d’un pour cent des troupes de la colonne ont survécu. Ils feignirent la mort ou se cachèrent sous des surplombs, des épaves de véhicules ou même les cadavres de leurs camarades. Des Soldats de Tallarns, de Palladions, Miasméens et d’autres. Tous ont été exécutés plus tard pour lâcheté. Je laisse aux lecteurs le soin de juger par eux-mêmes de l’intérêt d’un tel acte.
Éléments d’Infanterie
6 régiments de Gardes du Désert de Tallarn
9 bataillons d’Infiltration des Rats-Taupes de Tallarn
143 régiments [au moins] de Vétérans Hors-Monde de Foronika
18 groupes de saboteurs des Expédrines de Vastadt II
21 régiments de Carabiniers Palladions
3 régiments de Nobles Ventrilliens
15 régiments de Preneurs de Crânes de Kanaks
6 compagnies d’Éclaireurs de Torus Noir
38 régiments de Capuches-Rouge de Miasma
24 régiments de Garde-Obscure d’Umbra-Thelloxia
13 régiments de Chem-dogs de Savlar
Éléments Blindés
107 tribus de Nomades de Foronika
4 échelons de Dragons Parangons
18 Cohortes de Piétailles des Côtes-d’Acier de Graskiuhn
22 régiments de Cavalerie de Fer de Kharbys
7 régiments de Réducteurs de Sondora
53 régiments de Rouages-Pourpres de Mephiteion
Éléments d’Artillerie
32 régiments de Légions Tonnerre de Kraddia
12 osts de batteries de Trébuchets de Sarronika
29 batteries des Chiens Détonants de Xomoni
18 régiments des Porteurs de l’Enfer de Helqun
Éléments Divers
11 régiments de Cavaliers de Gantor
32 régiments de Cavaliers d’Attila
7 détachements d’Auxilia Abhumain d’Anark Zeta
24 détachements d’Auxilia Ogryn de Lafar Hegumon
8 clades d’Adeptes de Kya Thine
Argolish en Flammes
La guerre pour Argolish a entraîné la ruine de magnifiques clochers et la destruction d’innombrables reliques. La plupart des combats furent intenses et claustrophobiques, les armées impériales luttant contre la menace Nécron dans les cloîtres, salles et couloirs sanctifiés des grands chants de bataille et des chapelles-bastions.
Ceci est un extrait de l’introduction du Chapitre 7 du Volume VII du Récit définitif de la guerre pour le Nexus Paria, écrit par moi-même, Historitor Émérite nommé Alfus Rekorik Smigh. Écrit dans les confins grondants du transport d’assaut blindé Crassus, Sa Marche Redoutable, en route pour assister à la dernière victoire du maître de groupe Marran. Ce chapitre abordera en détail les nombreuses actions menées sur Argolish. Cependant, dans cette introduction, je vais mettre en avant une poignée d’exemples pour donner au lecteur une idée de la nature des combats et identifier certaines des batailles que j’ai jugées parmi les plus intéressantes et/ou les plus cruciales.
Argolish
Système Planétaire : Argovon |
C’est avec une grande surprise que j’ai été incapable de découvrir beaucoup d’informations, voire aucune, sur les premières années d’Argolish en tant que monde impérial. Il semble que son nom soit dérivé du nom de Foronika Argovon, La découvreuse originelle du système, mais je n’ai pas été en mesure de le confirmer, il ne reste que peu de traces d’une administration, d’une hiérarchie ou d’un système d’archivage argovien pour m’aider. Étant donné la beauté naturelle d’Argolish avant la guerre (dans les zones non aménagées pour l’habitation et le culte, bien sûr), il est tout à fait possible que ceux qui ont posé les yeux sur ses merveilles et se sont prélassés dans la sérénité de son environnement aient cru que seule la bénédiction de l’Empereur pouvait créer un tel endroit. Les bribes de documents que j’ai réussi à découvrir font référence à un certain nombre de formes de plantes à fleurs. D’une manière ou d’une autre, il semble que les premiers colons aient appris qu’ils pouvaient en tirer des narcotiques et des hallucinogènes extrêmement puissants. Une partie de moi se demande si cela explique d’une manière ou d’une autre les miracles remarquables (et bien attestés) qui ont été enregistrés plus tard dans l’histoire Argolishienne, tels que le vol de Saint Reghium, le grand obscurcissement céleste et l’aplanissement du mont Gittaim. De telles idées frisent le blasphème, et le volume même des témoignages oculaires concernant ces miracles et des milliers d’autres défie les esprits les plus sceptiques, je n’en doute pas.
Il existe un écart important entre ces fragments et les documents ultérieurs. Tout ce qui est apparemment consigné, c’est qu’un peu plus tard, l’Ecclésiarchie s’est intéressée à Argolish et s’y est installée, investissant d’énormes richesses dans la planète. Ce qu’ils ont créé est une véritable merveille. Des milliers et des milliers de cathédrales, de sanctuaires, de chapelles, de chœurs, de basiliques - autant d’exemples sublimes de la maîtrise de l’humanité dans les arts de la construction. Leurs matériaux de construction ont été apportés à Argolish depuis des dizaines d’autres mondes. Ces édifices du culte, ainsi que toute autre édifice (qu’il s’agisse d’habitations modestes, de palais gouvernementaux ou même de stations d’épuration), ont été construits pour s’intégrer au paysage naturel d’Argolish. Les piliers d’une basilique peuvent être faits du marbre le plus fin, mais aussi d’arbres immenses. De nombreuses fontaines d’eau bénite ont pu être des sources naturelles. De vastes falaises sont devenues des cathédrales à part entières. Même les plus petits sanctuaires dédiés à des saints presque oubliés s’enorgueillissaient de jardins luxuriants. Une grande partie de cette fusion entre le culte, l’architecture et la nature est aujourd’hui détruite, l’harmonie étonnante et vivante de l’humanité avec le monde naturel que l’Empereur lui-même nous avait accordée étant réduite à des formes squelettiques ou même à des cendres. Comme j’aurais voulu la voir dans toute sa splendeur !
Force Opérationnelle XI
> La Chapelle de Saint-Jahdai, son nom complet étant : La Très Sainte et Révérée Chapelle, Consacrée au nom du Glorieux Empereur-Dieu de l’Humanité en remerciement éternel pour Son Sacrifice et Sa Supervision, par Saint Jahdai le Premier, le Sage et le Brave ; bien que loin d’être la plus grande, était la plus ancienne et la plus sacrée des milliers de cathédrales, basiliques et autres lieux de culte d’Argolish. Lorsque j’ai appris sa chute, je l’avoue, j’ai pleuré. Mais elle est tombée, dans l’un des mouvements les plus inattendus des Nécrons dans les combats d’Argolish. Située au fond d’une vallée et à une certaine distance des grandes agglomérations, elle n’avait que peu d’intérêt tactique ou stratégique. On pense que c’est à cet endroit que Saint Jahdai, le premier saint d’Argolish, a débarqué pour la première fois sur la planète, et qu’il est resté sacro-saint depuis lors. La chapelle construite à cet endroit compensait son manque de beauté extérieure par sa décoration intérieure et sa crypte, qui regorgeait de reliques sacrées et de simulacres datant de plusieurs millénaires. L’étonnante fresque "Ainsi L’Empereur Élève l’Humanité", peinte par le prêtre amblyope Dyphonso Jasiel. Le magnifique calice en or massif du martyre et de la victoire, d’une hauteur de quatre mètres, qui a été porté lors de pas moins de quatre-vingt-trois guerres par les régiments de l’Astra Militarum d’Argolish. La tapisserie connue sous le nom de "Vindicatum", représentant des troupes de plusieurs unités de la Garde Impériale et des Frateris Militia d’Argolish au-dessus des cadavres de trois douzaines d’espèces Xenos différentes. Des œuvres d’une valeur inestimable. Toutes perdues. Nombre de ces objets sont célèbres dans les cercles savants et artistiques. Leur perte est immense. D’innombrables réfugiés avaient fui vers la chapelle, priant pour la sécurité et le salut face à l’assaut des Nécrons. Pendant un certain temps, la chapelle a semblé en sécurité. Les efforts des Nécrons se sont concentrés sur les endroits les plus stratégiques et sur la résistance impériale la plus forte. Mais, d’une manière ou d’une autre, les Xenos ont dû remarquer l’importance de cette chapelle. Elle était, comme on pouvait s’y attendre, bien gardée, mais elle n’était pas construite comme une forteresse, contrairement à la chapelle de guerre de Saint-Bonithrace et à la citadelle Templus de Saint-Pergamo "Massue de Sang". Lorsqu’un Vaisseau-Tombe Nécron descendait en orbite basse sans prévenir, rompant le combat, personne ne pouvait rien faire. Dans la quasi-atmosphère, il a bombardé la chapelle de Saint-Jahdai et tout ce qui se trouvait dans un rayon de vingt kilomètres. Il ne reste plus rien. Des centaines de milliers de personnes sont mortes. Les dommages causés à notre culture par ces guerres sont incalculables. Ce n’est que par la foi en l’Empereur et la confiance dans le Seigneur Commandant Guilliman que nous pouvons espérer récupérer ce que nous avons perdu. |
Contrairement à de nombreux mondes du Système Argovon, lorsque la Force Opérationnelle XI est arrivée sur Argolish, le monde n’était pas en proie à la guerre contre les Nécrons. Malgré ce miraculeux retournement de situation - un don de temps pour se préparer ou pour permettre aux dirigeants de la planète d’envoyer des renforts sur les autres mondes du système - l’avantage semble avoir été en grande partie gaspillé. L’Amirale Uzziah Rojko s’est immédiatement mise au travail, notant dans son journal que « les tourelles étaient rouillées, les remparts s’effritaient, les défenseurs étaient devenus gras ». Il n’y avait aucun moyen de savoir quand les Nécrons attaqueraient, ni à partir de quel vecteur, mais seulement que l’attaque viendrait tôt ou tard. Deux choses ont joué en faveur de Rojko pour rallier les défenses. Tout d’abord, la foi est forte sur un Monde Cardinal, et les effets du Suspens ont donc été nettement plus faibles. Ses troupes étaient plus vives et plus déterminées - tout comme les défenseurs - que celles des autres mondes, c’était des soldats d’une qualité médiocre avant le début des hostilités. Il convient de noter qu’au cours des premiers mois du conflit, l’enthousiasme n’a jamais été un problème particulier pour les forces Argolienne, bien que les critères d’entraînement et leur acuité militaire l’aient été.
Son deuxième avantage était que, grâce à l’Empereur, le Gouverneur Planétaire était conscient des déficiences militaires de son monde et cherchait à les améliorer. Bien qu’il ne soit au pouvoir que depuis cinq mois au moment de l’apparition de la Grande Faille (et qu’il n’ait donc pas eu le temps d’atteindre le niveau de préparation martiale espéré par Rojko), le Cardinal-Parangon Ephastus avait insisté pendant des années, en tant que fonctionnaire subalterne, sur l’amélioration de l’entretien des infrastructures militaires et, une fois au pouvoir, il a investi des sommes considérables pour entreprendre ce qui s’est avéré être des améliorations vitales. C’est une véritable bénédiction de l’Empereur que d’avoir, au moment où Argolish en avait le plus besoin, un dirigeant ayant la force et la volonté de prévoir les problèmes à venir et de s’efforcer de s’y préparer, Ephastus a d’ailleurs provoqué une vive émotion parmi les évêques et les prélats d’Argolish. Bien que responsable de la planète et de toutes ses ressources, son leadership a été contesté par des cardinaux plus jeunes qui n’appréciaient pas que leurs énormes richesses soient affectées à des programmes de réarmement. À ce jour, on sait qu’Ephastus a survécu à sept tentatives d’assassinat non Nécron (combien d’autres ont échoué sans être reconnues pour ce qu’elles sont ?), dont quatre - chose incroyable - ont eu lieu après la première attaque des Nécrons ! À quel point ses adversaires sont ils aveugles ? A quel point sont-ils mesquins ?.
En fin de compte, Rojko et Ephastus ont eu à peine six semaines pour se préparer. Pendant ce temps, la guerre pour Foronika s’est intensifiée au-delà des prévisions. La plupart des mondes en guerre du Système d’Argovon ont été forcées d’envoyer des troupes pour aider à sécuriser les forges et les mines de noctilithe de l’Adeptus Mechanicus, et Argolish n’a pas fait exception à la règle. Des centaines de milliers de soldats ont été retirés, ce qui a considérablement entravé les efforts de défense. Bien que les enregistrements des mouvements de troupes que j’ai découverts suggèrent que Rojko et Ephastus ont été en mesure d’envoyer des régiments peu performants et des unités de milice de la défense locale sous-entraînées, ce qui a contribué à maintenir une sorte d’intégrité dans leurs propres plans de défense. Étant donné la rapidité avec laquelle les unités d’élite ont été consommées dans le hachoir à viande de Foronika, la faible efficacité des unités Argolishiennes n’aurait probablement pas changé grand-chose à la campagne sur ce monde stérile et malheureux.
Les Nécrons ont attaqué en masse Argolish par l’intermédiaire de leurs flottes ainsi que d’un certain nombre de dispositifs nommés par certains Xénologues du Mechanicus et des documents de l’Inquisition comme étant des Portails Dolmens, il convient de noter que les forces impériales en ont découvert et détruit une avant le début du conflit. Bien qu’il soit impossible - et même peu souhaitable - de comprendre les Xenos, il n’est pas improbable qu’ils aient frappé fort ici en réponse au fait que le Suspens n’a pas réussi à prendre pied de manière significative sur Argolish. Avec les troupes à la surface et les flottes de la Marine impériale et des Nécrons en orbite fonctionnant à un haut niveau de préparation, nos forces étaient aussi prêtes qu’elles pouvaient l’être pour répondre à l’offensive des Nécrons, qui a été menée avec une rapidité incroyable. Quelques jours après le début de l’offensive, les cathédrales brûlaient sans contrôle et l’orbite d’Argolish était encombrée de débris de vaisseaux spatiaux. L’intensité du conflit spatial était telle que des témoins sur le terrain ont vu le monstrueux croiseur de l’Ecclésiarchie En son Nom Glorieux, nous Servons, déchiré en deux par une série d’énormes explosions, "comme des fleurs s’épanouissant à une vitesse cent fois supérieure à celle de la nature", une citation tirée du journal du secrétaire privé du Cardinal-Parangon Ephastus, Efla Heit.
Sabathine Gizella a été désignée par ses pairs de la Force Opérationnelle XI pour être la voix de l’Adepta Sororitas au sein des Conseils de l’État-Major de la Force Opérationnelle. Bien qu’elle appartienne à un Ordre relativement mineur, sa réputation, ses compétences et son expérience ont dû faire d’elle un choix évident. Bien que d’un âge avancé, toutes les personnes que j’ai interrogées sur sa personnalité m’ont clairement indiqué qu’elle était aussi robuste physiquement que le blindage d’un Cuirassé, avec une force de volonté et une foi qui lui permettraient de traverser le Warp d’un bout à l’autre à Pied, un hyperbole évidente, mais j’ai choisi de refléter le ton de ceux que j’ai consultés pour faire valoir que la chanoinesse préceptrice Sabathine Gizella était aussi résolue, ferme et dure que n’importe quelle Sœur de l’Adepta Sororitas, si ce n’est plus. Physiquement grande, avec des cheveux blancs coupés court et des yeux noisette flamboyants d’activité, d’analyse et de clairvoyance, elle était aussi redoutable par son esprit que par son physique. Une grande partie de son visage était marquée par des cicatrices, dont beaucoup étaient assez sévères, ce qui ne laissaient aucun doute quant à son expérience sur le champ de bataille. La lecture des transcriptions des briefings du commandement supérieur et d’autres rapports montre clairement que ses paroles ont été prises peut-être plus au sérieux que celles de n’importe qui d’autre pendant les combats sur Argolish. Les détails de son illustre carrière peuvent être lus ailleurs dans ce chapitre et dans de nombreuses autres sources à la disposition des lecteurs, je recommande vivement Du Gloreux Salut de Cnida Tertius, par l’Historitor Rahab Linsel ; Foy, Devoyr et Obstinacité le Plus Pure, par le sous-diacre Gebim Ibzan Hartolemaeus ; et Récit Complet de l’Hérésie Ratée de Pamphylia Majoris et de son Peuple Malveillant, compilé par l’inquisiteur Uphazin Dibri (notez que l’accès à ce document nécessite des autorisations supplémentaires - la présentation du sceau de Guilliman devrait suffire). Un domaine de son expertise et de son expérience mérite, à mon avis, d’être souligné ici. Elle a passé des années de sa vie à combattre les Nécrons, dans de multiples sous-secteurs lointains. Elle a orchestré la destruction de la Grande Nécropole des Nécrons sur Dyhazab IV avec un certain nombre d’autres Ordres, la Garde de Fer de Mordian de l’Astra Militarum et un contingent du Chapitre des Space Marines des Sons of Orar. Elle a embarqué à bord du vaisseau capital d’une Flotte Nécron, à la tête d’une force composée de milliers de Sœurs de Bataille de son Ordre ainsi que de troupes du 13e régiment des Golems d’Omikron et 34e Centaures Bétiques du Militarum Tempestus. Elle a notamment terrassé un Tétrarque Nécron en combat singulier lors du point culminant de la Croisade d’Amarok, un acte que de nombreux spécialistes considèrent comme le tournant de ce long et brutal conflit. Peu de membres de la Force Opérationnelle XI ont pu rivaliser avec elle dans la haine des Nécrons, la compréhension de leurs méthodes et leurs capacités. |
Compte tenu de la nature tentaculaire de l’architecture d’Argolish et de la violence qui fait rage dans tant d’endroits à la fois, il s’est avéré pratiquement impossible d’identifier les batailles individuelles. Dans certaines zones, les combats ont duré des mois, voire des années, se propageant dans d’autres zones et se retirant comme une marée irrégulière. Il ne fait aucun doute que les Nécrons se sont battus avec une ténacité profonde et froide, mais nos troupes les ont affrontés avec une ardeur et une fureur incroyables. Presque chaque soldat, du récent conscrit au vétéran endurci d’une douzaine de guerres, s’est battu sous le regard de l’Empereur lui-même, et souvent sous celui de ses saints, sous la forme de peintures, de statues et autres. Chaque pression sur la gâchette, chaque poussée de baïonnette, chaque coup d’Épée Tronçonneuse était un acte de loyauté devant de grands héros ainsi que devant le sauveur de l’Humanité. Autour de ces guerriers, des rappels quotidiens de la raison pour laquelle ils se sont battus - et c’est sans exagération ni hyperbole que j’affirme que leur bravoure est pratiquement inégalée par rapport à toutes les autres zones de guerre que j’ai étudiées. Je dispose des journaux et des notes de milliers de Commissaires régimentaires qui observent - dans certains cas avec une grande surprise (et j’ose dire avec déception, pour une poignée d’entre eux) - qu’ils n’ont pas eu à procéder une seule fois à des exécutions pour cause de lâcheté. Je pense qu’il y a quelques actions qui peuvent être soulignées et qui sont révélatrices de ce courage.
La basilique de Sainte Gerthrude la Douce était l’une des nombreuses basiliques qui étaient tombées dans un état de délabrement avancé sous les dirigeants locaux successifs. Les travaux de réaménagement et de refortification avaient à peine commencé par le 234e régiment du génie des Pionniers Sobiniari et le 1605e régiment des Ingénieurs de Combat Cadiens lorsque les Nécrons ont attaqué Argolish. Les seules troupes de combat en garnison dans la basilique étaient un détachement de Fidèles d’Argolish. Le colonel Reeve Dansk, commandant des Cadiens présents, les a décrits comme des "paresseux, intenables et dangereusement naifs", ajoutant que "leur enthousiasme ne fait que les rendre plus indignes de confiance". Selon lui, il s’attendait à ce que ses propres troupes assument l’essentiel des tâches de première ligne en cas d’attaque de la basilique. Les doutes du colonel se sont révélés totalement infondés. Lorsque la basilique a été attaquée, elle a tenu pendant trois semaines sans renfort face aux vagues successives de troupes Nécrons, les Pionniers et les Ingénieurs improvisant toutes sortes de mines et de pièges que les Argolishiens plaçaient avec, selon les mots du colonel, un "courage insensé". Bien qu’environ la moitié des troupes impliquées aient été tuées ou blessées à la fin de la bataille, leurs efforts ont permis de gagner du temps vital pour continuer à améliorer les fortifications du sanctuaire voisin de Sainte Justyna, "la mort des mutants". Non seulement ce sanctuaire n’est jamais tombé aux mains des Nécrons, mais il a servi de rampe de lancement à la "Grande Poussée" de la sixième année de la guerre, qui a reconquis de vastes pans de territoire sur les Nécrons et marqué la fin du début du conflit.
Argolish abritait peut-être des millions de reliques, vieilles de plusieurs siècles ou millénaires, d’après les textes ecclésiastiques que j’ai pu me procurer. Il y en avait tellement que l’existence de certaines avait même été oubliée au fil du temps, leurs gardiens étant passés dans les bras de l’Empereur sans trouver de successeurs. Les restes embaumés de Sainte Befonica, autrefois membre d’un ordre inconnu de l’Adepta Sororitas, étaient l’une de ces reliques. Son emplacement ayant été découvert par hasard au cours d’un combat féroce dans la vaste étendue des jardins de plaisance d’un Cardinal-Parangon des siècles passés, les Sœurs de Bataille de l’Ordre du Rosier de Fer cherchèrent à les récupérer. Le Rosier de Fer était un ordre mineur possédant un seul sanctuaire basé sur Argolish, et à peine trois cents membres au début de la guerre, à l’instar de leur monde d’origine, elles voyaient l’Œuvre l’Empereur dans les bienfaits de la nature.
Plusieurs d’entre elles ont perdu la vie en se rendant sur le site de la relique, au cœur de zones de combat contestées, traquées en permanence par des assassins Nécron et des chasseurs. Beaucoup d’autres sont tombés en se repliant vers les lignes impériales. Les détails spécifiques des combats semblent n’avoir jamais été enregistrés ; toutes les discussions sur l’événement dans les documents ultérieurs parlent largement du succès de l’effort et du nombre considérable de pertes subies.
Les Black Templars
Le Chapitre des Black Templars de l’Adeptus Astartes a passé de nombreux mois à se battre sur Argolish, (notez que les actions des autres Chapitres de l’Adeptus Astartes impliqués sont relatées ailleurs dans ce récit). Leurs Modules d’Atterrissage, leurs incursions rapides à bord des Thunderhawks et leur obstination intransigeante ont transformé la défaite en victoire partout où ils sont intervenus. Ils ont réduit en miettes une colonne Nécron qui se dirigeait vers les positions arrière exposées du 122e régiment des Cannoniers Chancylliens, qui tirait sans relâche pour empêcher les Nécrons de s’emparer de la Voie du pèlerinage.
Les Black Templars ont été le fer de lance de la percée du Saillant de Rozad, où les troupes impériales étaient piégées depuis des semaines dans un horrible bourbier par d’infatigables phalanges de Guerriers Nécrons et d’incessants bombardements. Les rapports des sous-diacres sur les Croyants d’Argolish dans la région parlent de "glorieuses machines de guerre rugissantes, crachant du feu, baignant l’ennemi dans la juste fureur de notre Empereur", et de "sainte vengeance, avançant devant nous vêtue de l’armure du zèle et armée des épées de la piété". Pendant plusieurs jours, ils ont combattu au coude à coude avec les Sœurs de l’Ordre du Suaire d’Argent et les troupes du 78e Régiment des Troupe d’Assaut Cadienne et du 811e régiment des Canonistes d’Argolish sur la brèche du grand mur oriental du bastion-chapelle de Saint Agopios. On dit que les cadavres étaient si nombreux que la brèche en était pratiquement remplie.[6]
La Débâcle d'Argovon
Argovon est la capitale du Système Argovon. Ce monde tempéré, idéalement adapté à l’habitat humain, est devenu le théâtre d’une guerre sur deux fronts pour l’humanité. Les troupes impériales ont combattu des ennemis qui les frappaient de haut en bas, de l’intérieur et de l’extérieur.
Ceci est un extrait de l’introduction du Chapitre 2 du Volume VII du Récit définitif de la guerre pour le Nexus Paria, écrit par moi-même, Historitor Émérite nommé Alfus Rekorik Smigh. L’auteur a vu le 14e régiment des Dragons Prétoriens lors d’un entraînement de pré-déploiement. La terre tremble tandis que leurs chars de combat Leman Russ déchirent la surface et déversent leur feu sur leurs cibles. Ce chapitre abordera en détail les nombreuses actions menées sur Argovon. Cependant, dans cette introduction, je vais mettre en avant une poignée d’exemples pour permettre au lecteur de comprendre la nature des combats et d’identifier certaines des batailles que j’ai jugées les plus intéressantes et/ou les plus cruciales.
Argovon
Système Planétaire : Argovon |
Malgré la création de la Nouvelle Faille d’Argovon (et les tremblements de terre et éruptions volcaniques qui en ont résulté) par des périodes soutenues d’exploitation minière intense, au début du conflit, Argovon restait un monde luxuriant, avec des montagnes basses couvertes de la base à la pointe d’une végétation couleur jade, des océans céruléens, des forêts verdoyantes, des rivières limpides et des prairies ondoyantes. Elle avait eu la chance d’avoir suffisamment de dirigeants compétents pour s’assurer que ses nombreuses ressources étaient gérées de manière efficace et efficiente, de sorte que ses dîmes étaient considérables, tant en quantité qu’en qualité. Grâce à sa relative prospérité économique, elle n’a jamais connu, pour autant que les archives le suggèrent, de troubles civils particulièrement importants, Bien que nous sachions maintenant que, pendant quelques années, les Sectes des Génovores de l’Empereur à Quatre Bras et des Saint Ressuscités par la bénédiction, découverts sur Argovon, ont certainement dû croître lentement en force et en puissance, il est plus probable que la raison pour laquelle ils ne se sont pas soulevés plus tôt soit due à un choix calculé qu’à la peur des dirigeants de la planète, malheureusement. Argovon dépassait ses exigences en matière de fourniture de troupes à l’Astra Militarum et entretenait également une solide force de défense locale composée de miliciens, de spécialistes et de troupes régulières. Ces forces étaient, selon les normes de nombreuses forces de défense planétaires, très bien équipées, sur des mondes plus pauvres il n’est pas rare que les autorités en place ne fournissent à leurs forces de l’Astra Militarum que des armes et des équipements réglementaires, de peur de s’attirer les foudres du Departmento Munitorum. Par conséquent, les forces de défense de ces mondes manquent souvent d’armes spécialisées, de munitions, de véhicules de combat et de soldats.
De nombreux membres du commandement de la Force Opérationnelle XI pensaient que, de tous les mondes du système d’Argovon, la planète capitale d’Argovon était la moins vulnérable et la mieux préparée à toute forme d’attaque, qu’elle vienne de l’intérieur ou de l’extérieur. Comme nous le savons tous aujourd’hui, cette évaluation était gravement erronée. Le fait que le Grand Maréchal Hynflaager ait lui-même commandé les éléments de la Force Opérationnelle XI sur Argovon, avec une flotte bien plus importante que ce que beaucoup pensaient nécessaire, disposer d’un nombre important de vaisseaux s’est avéré absolument vital. Les recherches menées par les géologues de l’Adeptus Mechanicus suggèrent que le déluge de magma provoqué par la création de la Nouvelle Faille d’Argovon a détruit plus de 90 % d’un complexe funéraire Necron enfoui profondément sous la surface d’Argovon. Lorsque les Nécrons ont attaqué, ils ont surtout frappé depuis l’orbite. Tout cela suggère qu’il y avait plus sur ce monde qu’il n’y paraissait à ceux qui étaient présents à l’époque. Hynflaager a été critiqué dans de nombreux cercles pour ne pas avoir mené les combats sur Foronika, et lorsque le conflit s’est transformé en un bourbier dans lequel nous sommes encore plongés aujourd’hui, les critiques se sont transformées en insultes et ont même suggéré un manque de compétence et de la lâcheté. Ces voix se sont rapidement tues lorsque la vulnérabilité d’Argovon a été révélée au grand jour. Je ne peux pas être sûr de ce que Hynnflaager savait ou de ce qu’on lui avait dit pour prendre de telles décisions, mais il était clairement mieux informé que beaucoup de hauts gradés et prêt à agir en fonction de ces informations. Je ne serais pas surpris que l’Inquisiteur Macara ait déjà des agents sur place qui lui fournissent des renseignements. Si c’est le cas, je n’ai pas de réponse à la question de savoir pourquoi il n’a pas partagé ces informations avec beaucoup d’autres. Il se pourrait bien que ce soit par simple opportunisme. Une autre preuve qu’il avait des connaissances que d’autres n’avaient pas est le fait que lorsqu’il a débarqué ses troupes, Hynflaager a refusé de les cantonner ou de les baser aux côtés des forces de défense indigènes aussi souvent que possible - ce qui suggère qu’il considérait les troupes locales comme potentiellement indignes de confiance, bien que dans certaines circonstances, il y a été contraint. Certains sites, comme les Hauteurs d’Anicet, le Col de Tsaralaza et la Citadelle de Boazand, devaient être défendus. Si les défenseurs Argovoniens étaient corrompus, comme le soupçonnait Hynflaager, il ne fallait pas que ces sites tombent entre leurs mains.
Les menaces auxquelles Argovon devait faire face étaient nombreuses. Les deux plus évidentes étaient les Nécrons et les Sectes Génovores. Mais une troisième menace était plus insidieuse et certainement la plus grave. La sécurité et la richesse d’Argovon n’ont pas seulement conféré au Gouverneur Planétaire une certaine complaisance, le rendant fat et paresseux, mais en ont fait aussi un siège sûr et choyé où des prêtres moins vigoureux pouvaient être recrutés en toute discrétion, sans grand risque pour la foi de la planète. Si certains diacres et prêtres se contentaient de prêcher à un troupeau relativement passif sur Argovon, beaucoup d’autres, remplis de zèle, voulaient la gloire de convertir les tribus et les clans d’Hishrea. C’est ainsi que la foi des Argoviens s’adoucit. Il ne s’agit pas de dire que le peuple était hérétique ou traître ; il s’agit plutôt de dire que lorsque le Suspens a commencé à enserrer le monde dans son étau froid, Argovon n’avait pas les défenses spirituelles nécessaires pour faire face à une telle menace aussi bien qu’il le pouvait. Cette menace insidieuse a donc aggravé le danger d’une autre ; avec une terrible inévitabilité, les fanatiques des Sectes Génovores ont été consumés par une croyance infâme qui leur est propre… et se sont avérés beaucoup moins affectés par le Suspens que le reste du monde.
La Guerre pour Argovon
Les premiers Vaisseaux-Tombes Nécrons frappèrent Argovon quelques jours à peine après l’arrivée d’Hynflaager. "Leurs vaisseaux ont traversé le système, débordant d’arrogance, sans ralentir leur rythme ni changer de formation alors que nous nous organisions pour les rencontrer", a écrit l’Amiral Ashenzar Kinra dans son journal. Dans une chorégraphie troublante, les forces terrestres des Nécrons ont surgi simultanément à l’entrée des vaisseaux Xenos sur le théâtre des opérations.
L’arrivée de la Flotte Nécron a été suffisamment soudaine et rapide pour qu’elle puisse déjouer les forces de la Marine Impériale en orbite, dont certaines étaient encore en train de déployer des troupes ou du matériel à la surface d’Argovon. D’autres membres de la flotte de Kinra effectuaient des rituels de diagnostic et des réparations post-translation Warp. Bien que l’Amiral Kinra ait réagi aussi rapidement qu’il le pouvait, il est évident qu’une grande partie de la Flotte Nécron a contourné les patrouilles impériales et les escadrons d’intervention rapide pour débarquer des troupes à la surface. Plus tard au cours de la campagne, Kinra a fait l’objet d’une enquête pendant cinq mois à ce sujet, et la question a été soulevée à maintes reprises de savoir s’il aurait pu réagir plus rapidement ou mieux préparer sa flotte. Il fut acquitté de toute négligence après la septième intervention personnelle d’Hynflaager en faveur de l’amiral.
Les lecteurs ne seront guère surpris d’apprendre que les informations concernant l’Inquisitrice Allexei Macara de l’Ordo Xenos sont à la fois rares et peu fiables. Même en faisant appel à mes collègues, je n’ai recueilli que des demi-vérités, des rumeurs et des hyperboles. Je ne sais rien de ses origines, et si son histoire est mémorisée ailleurs que dans son propre esprit, c’est dans une chambre forte de l’Inquisition dont je ne connais pas l’existence. Il m’a été impossible de la retrouver pour l’interviewer ; mes seules relations et observations directes avec elle ont eu lieu lors de conseils avec de nombreux autres fonctionnaires de haut rang et personnalités influentes. À l’heure où j’écris ces lignes, je ne suis pas certain qu’elle vive encore. La dernière fois que quelqu’un l’a vue ou entendue, c’était avant qu’elle ne disparaisse avec un détachement de la Deathwatch et une compagnie du 99e Régiment des Pythons Rhodiques du Militarum Tempestus, à la poursuite du Seigneur de la Nuit et de l’Acier. La majeure partie de son visage est recouverte d’un masque de métal simple, je crois qu’il sert à couvrir les cicatrices hideuses infligées par les terribles acides qu’un ennemi extraterrestre sans nom a déchaînés sur elle il y a de nombreuses années. Elle porte un certain nombre d’anneaux, chacun d’entre eux étant une pièce unique, pour autant que je puisse en juger. À en juger par sa grande clique de Jokaeros, je ne serais pas surpris que chacun d’entre eux soit une Arme Digitale quelconque. En ce qui concerne ses antécédents, d’après ce que j’ai pu rassembler, il semble qu’elle ait passé une grande partie de sa carrière inquisitoriale à s’intéresser de près à la purge des races Xénos, en particulier celles qu’elle considère comme une menace potentielle pour l’avenir. Mes collègues et moi estimons qu’elle a contribué à l’extinction de dix-neuf espèces de Xenos aux premiers stades de leur développement - des créatures qui utilisaient à peine des outils en pierre et le feu. Plus récemment, elle s’est concentrée sur les Nécrons et les Tyranides, deux races qui représentent une menace relativement nouvelle pour l’Imperium et qui, j’ose le dire, sont plus dangereuses pour nous que des extraterrestres primitifs vivant sur des mondes dont personne n’a jamais entendu parler. Macara est, ou plutôt était, une femme de petite taille mais très charismatique. Sa connaissance de ses principaux ennemis était considérable et s’est avérée d’une grande valeur pour le commandement de la Force Opérationnelle XI. Ces connaissances, combinées aux renseignements fournis par son réseau de contacts (qui était certainement basé sur Argovon avant même l’apparition de la Grande Faille), ont contribué au succès impérial lors de la bataille des catacombes d’Abidaal, où le 932e Régiment Cadien et le 22e régiment Sashani ont mené une opération meurtrière de contre-insurrection meurtrière contre des éléments des Sectes de l’Empereur à Quatre Bras. Les troupes impériales ont fini par écraser les adorateurs des Xenos et purger leurs plus hautes sphères, grâce aux stratégies et tactiques de Macara, qui a appris à se battre contre les embuscades de ces mêmes sectes sur d’autres mondes. Son apport a également été essentiel à la victoire impériale lors de l’assaut de la Fissure d’Izavel. Sa connaissance des abominables Spectres et Destroyer Nécrons a été très utile aux 75e et 902e régiments des Foudroyeurs de Lascareen, le 37e régiment des Veneurs Vuxoriens et au 3e Régiment des Tomahawks Zibqets. Les régiments ont pu attirer les Destroyers déchaînés dans des zones de tirs préparées à l’avance et mettre en place des procédures de surveillance efficaces pour se protéger au mieux des terrifiants et imprévisibles Spectres. |
Au sol, les forces nécrons ont principalement frappé les principaux centres de population, les villes de Harihad (située à la lisière du désert de Parzini), Akal (plaque tournante de l’importation et de l’exportation de denrées alimentaires) et Kamlesh (qui abrite l’une des cinq plus grandes académies de formation militaire d’Argovon, construite sur une grande île au milieu du delta de l’Alkaide) ont été rapidement prises d’assaut. D’autres lieux ont également été le théâtre de combats acharnés. La jungle de Gadkar, située sur l’équateur d’Argovon, était l’un d’entre eux. Cette forêt dense était située à proximité d’un complexe funéraire Nécron, et lorsque les phalanges de Nécrons se sont mises en marche, elles ont d’ailleurs été détectés par pur hasard, une Valkyrie de la 808e division des "Faucons Noirs" de l’Aeronautica Imperialis a été victime d’une défaillance mécanique lors d’un exercice d’entraînement de routine et a été contraint de rentrer plus tôt que prévu à sa base d’origine, en survolant la jungle. Au cours de ce vol, l’équipage a détecté des relevés d’énergie anormaux en provenance du sol et a pu donner l’alerte. Les Phalanges ont pénétré dans la jungle parsemée de vignes, les 21e, 48e et 53e Régiments des Forestiers d’Argovon ont été mobilisés à la hâte et se sont déplacés pour les arrêter. Les troupes de ces régiments, toutes nées et élevées dans ce terrain mortel, ont mené une guérilla si dévastatrice et réussie que les forces Nécrons n’avaient toujours pas quitté la jungle quatre mois plus tard. La patience des Nécrons, si tant est que ces Xénos utilisent un tel concept, semble s’être épuisée peu de temps après, car ils ont commencé à détruire systématiquement la jungle dans son intégralité, acre par acre, plutôt que de la traverser. Des milliers de Forestiers ont été incinérés dans les terribles tempêtes de feu créées par les essaims de bombardiers et les salves d’artillerie des Nécrons, ou ils ont été consumés lorsque les Nécrons ont libéré des nuées d’arthropodes Xénomécaniques pour faucher la forêt avec voracité.
La force de l’attaque initiale des Nécrons était telle que de nombreuses défaites significatives ont été subies dès le début de la campagne. Pour n’en citer que quelques-unes, citons l’engloutissement des îles Rubis, qui a rayé de la carte ce magnifique archipel, le massacre du ravin de Luzel, où le 67e régiment des Capuches-Rouge de Miasma ont été complètement détruits alors qu’ils tentaient d’atteindre une zone de rassemblement des Nécrons, et la bataille du Doab sanglant, où le 384e Régiment de la Garde de Fer de Mordian, le 89e régiment des Ferrailleurs de Tekarn et le 73e régiment des Réducteurs de Sondora ont été pris au piège entre les rivières Ulliar et Peverus, qui étaient particulièrement hautes et coulaient rapidement après la fonte des neiges du printemps. Néanmoins, grâce aux stratégies d’Hynflaager, les forces impériales ont commencé à reprendre le dessus. Sa méthode était dure, mais à mon avis nécessaire. Il a fait le choix calculé d’abandonner un certain nombre de colonies, de villes et de garnisons, et il a rassemblé ses forces dans des zones défendables pour repartir de l’avant. Grâce à l’utilisation de forces spécialisées, telles que les Forestiers d’Argovon, les Tritons d’Haephosia, le Militarum Tempestus et d’autres, il a pu maintenir une certaine pression sur les Nécrons, effectuer des frappes tactiques et gagner du temps, un exemple particulièrement probant est l’attaque menée par des éléments du 659e régiment des Patrouilleurs Sashani, qui ont réussi à s’infiltrer dans un croiseur léger Nécron et à le détruire de l’intérieur.
Il est regrettable de constater que les unités argoviennes qui se sont le plus battues au cours des premiers mois et même des premières années de la campagne sont celles dont on a découvert plus tard qu’elles avaient été, dans une certaine mesure, corrompues par les Sectes Génovores, on estime qu’environ 20 à 30 % des unités militaires argoviennes étaient totalement ou partiellement corrompues au moment du soulèvement des Sectes. Il semble évident (bien qu’essayer de comprendre les motivations des Xenos soit un sujet pour le moins déplaisant) que pendant que les Nécrons gagnaient, les sectateurs attendaient leur heure, s’abstenant de combattre l’Imperium jusqu’à ce que la menace Nécron soit considérée comme plus maîtrisée d’une manière ou d’une autre. Une fois de plus, Hynflaager a maintenu une part importante de ses effectifs à l’écart des unités argoviennes, dans une tentative apparente de réduire toute vulnérabilité à la trahison. À mon avis, il s’agit là du plus grand exemple de son génie et de sa prudence pendant toute la durée de son commandement. Sans cela, la cohésion de nos propres forces aurait été totalement brisée, et tellement distraite, qu’entre les envahisseurs Nécrons et le soulèvement des sectes Xenos, Argovon serait tombée en très peu de temps, et à un coût incommensurable.
Le Siège de l’Argovonya
L’Imperium n’avait jamais rencontré la Secte des Saints Ressuscités avant leur soulèvement sur Argovon, et il est tout à fait possible que la secte soit né là-bas. Il semble que la secte se soit développé à partir des associations de prospecteurs des profondeurs d’Argovon ainsi que des avant-postes plus éloignés des guildes d’extraction les mieux établies. Ils semblent avoir attaché une sorte de signification spirituelle aux secousses, tremblements de terre, coulées de magma et autres phénomènes géologiques, reliant ces événements à leurs soi-disant divinités de nombreuses façons différentes. Des enregistrements de la propagande de la secte indiquent qu’ils parlaient de leur soulèvement comme du "Grand Tremblement de Terre" qui verrait l’effondrement total des oppresseurs vivant à la surface d’Argovon, ceux qui réalisaient d’énormes profits et s’engraissaient sur le dos des ouvriers et de leur labeur. Presque toutes les forces impériales qui ont affronté les Saints Ressuscités ont rencontré un nombre important d’Hybrides Xenos massifs et hyper-mutés. Les catalogues de l’Ordo Xenos auxquels j’ai accès décrivent ces créatures comme des Aberrants. Il est très probable que la secte, qui s’est développé et nourri dans les mines, n’a pas été inquiété et a pu se reproduire et expérimenter toutes sortes de méthodes répugnantes. On pense qu’au moins une partie des résultats de ces expériences sont les monstres que les troupes impériales allaient rencontrer par la suite. Ces monstres imposants infligeaient de lourdes pertes presque partout où ils étaient lâchés, leur puissance impure étant décuplée dans l’étroitesse des tunnels et des voûtes minières. |
L’Argovonya était le siège du Gouverneur Planétaire, un édifice colossal qui tenait à la fois de la ville, du palais et de la forteresse. Presque tous les éléments du gouvernement d’Argovon s’y trouvaient. Des millions de personnes y vivaient : soldats, scribes, politiciens, Technoprêtres, administrateurs, personnel ecclésiastique et bien d’autres encore. Le palais-forteresse comportait plusieurs niveaux de défense, appelés paliers, l’étage le plus élevé, au sommet de l’Argovonya, était le premier. Plus le chiffre est élevé, plus l’étage est éloigné du centre. Les murs de chaque étage entouraient complètement ceux des étages supérieurs, créant ainsi de multiples anneaux de solides défenses concentriques construits au fur et à mesure que la population d’Argovonya dépassait sa capacité. Même au-delà de ses murs extérieurs, il y avait une vaste zone peuplée, abritant pour la plupart des domestiques et des ouvriers.
C’est en analysant de près cette bataille que l’Inquisitrice Allexei Macara a pu obtenir un grand nombre d’informations vitales sur les soulèvements des Sectes Génovores sur Argovon, le fait le plus important étant qu’ils ne semblent pas avoir été planifiés pour se produire à ce moment-là. La procédure standard, pour autant que l’on puisse en juger, (si tant est qu’il existe une "procédure standard" pour ces monstruosités, ce dont je doute fortement), veut qu’une secte en expansion attende d’avoir la certitude d’avoir une emprise ferme sur son monde - et sur le gouvernement de ce monde - avant de se manifester. L’observation cruciale faite par Macara était que, bien que des agents Xenos aient manifestement infiltré certaines parties du gouvernement, ils ne s’étaient pas approchés des échelons les plus élevés du pouvoir. Les sectateurs étaient nombreux, cela ne faisait aucun doute, mais l’assaut venait de l’extérieur. Les hautes sphères de la ville (où se trouvent les principales fonctions gouvernementales) sont restées, dans l’ensemble, sûres, même si la bataille a été marquée par des combats très intenses pour empêcher les infiltrations, souvent avec l’aide d’agents traîtres à l’intérieur de la ville. Avec peu de sectateurs dans les hautes sphères du pouvoir, il était évident à ses yeux que les sectes elles-mêmes n’avaient pas atteint leur pleine maturité lorsqu’elles se sont soulevées. La théorie la plus répandue sur les raisons de ce soulèvement est qu’avec l’attaque des Nécrons et l’arrivée des forces impériales, elles se sont sentis suffisamment menacées pour se faire forcer la main.
L’Argovonya a passé des années de guerre sous les attaques constantes de la Secte de l’Empereur à Quatre Bras. Les défenseurs étaient déterminés, bien approvisionnés et bien équipés. Les attaquants étaient féroces et fanatiques. Pendant des années, aucun des deux camps n’a eu le dessus. Parler d’une seule bataille n’est rien de moins qu’une énorme simplification, mais c’est ce que la postérité - les soi-disant "histoires" que les autres ont tenté de consigner - retient. En réalité, le nombre de batailles individuelles est pratiquement illimité. De violentes escarmouches ont fait rage pendant cinq mois dans le huitième niveau de l’Argovonya, alors que le 3e régiment de Piquiers d’Argovon luttait pour empêcher les Sectateurs fanatiques et les infiltrés d’accéder au bastion de Flenon du neuvième niveau, rendu vulnérable par les saboteurs Xenos et les monstruosités mutantes. Leurs efforts ont été réduits à néant lorsque les sectateurs ont lancé un assaut généralisé dirigé par le 87e régiment des Lanciers de Fer d’Argovon, qui était presque entièrement tombé dans l’étreinte venimeuse de la secte. La milice n’avait que peu de chances face à des centaines de Sentinelles et de chars de combat Leman Russ, et leur route vers un repli a finalement été coupée et ils ont été anéantis. Ailleurs, le 101e régiment de la milice argovienne est descendue dans le réseau d’égouts situé sous le quatrième niveau, après avoir appris que les sectateurs utilisaient le réseau de tunnels pour se faufiler à l’intérieur de l’Argovonya jusqu’au troisième niveau. Après trois semaines de rapports réguliers, mais de plus en plus frénétiques, depuis les profondeurs de ce labyrinthe nauséabond, les communications se sont arrêtées. On n’a plus jamais entendu parler de ce régiment de la milice.
Il n’y a pas eu de ligne de front pendant le siège ; les points d’appui, les derniers carrés, les derniers retranchements et les contre-offensives se sont produits si rapidement et avec une telle fluidité que les stratèges n’ont pas pu suivre les fluctuations pour prendre l’avantage. Des poches de troupes impériales qui semblaient encerclées faisaient partie d’une ligne de front établie quelques minutes avant d’être perdues, comme les éléments du 677e Régiment des Teneurs de Ligne d’Argovon qui maintenaient la Triple-Échaugette de Melynta Thygus. Après s’être battus pendant des jours pour maintenir un lien avec eux, le 12e Régiment des Piquiers d’Argovon ont été submergés et broyés. Les Teneurs de lignes étaient considérés comme condamnés. Grâce à une percée inattendue dans une brèche du mur du deuxième niveau, le 13e Régiment des Forestiers d’Argovons et le 14e Régiment des Veneurs Vuxoriens se frayèrent un chemin jusqu’à eux in extremis. En d’autres occasions, les "lignes" fluctuaient quotidiennement, les zones tombait puis était reprises. Des domaines, des blocs d’Administratum et des rues que l’on pensait entièrement purgés et nettoyés ont été le théâtre de combats féroces peu après avoir été déclarés sûrs. Des milliers de soldats blessés, convoyés vers la sécurité relative d’une partie du cinquième niveau, ont été pris en embuscade et massacrés sur la chaussée de Lenjun, quelques jours après sa reprise par les restes meurtris du 82e régiment des Fusiliers Dremiens, qui avaient passé des semaines à la sécuriser.[7]
Zone de Guerre Nephilim
Une Menace Silencieuse
- « Il y a une hérésie à l’œuvre ici. Sorcellerie, trahison, souillure Xenos - je ne sais pas encore laquelle, mais mon esprit est révulsé par ces miasmes maudits. »
En s’approchant de la région voilée, le Groupe de Combat Kallides a rencontré des systèmes terrifiés et en proie à la panique. Les flottes de réfugiés, les soulèvements et les guerres étaient alimentés par la terreur du silence qui s’installait. Les Xenos opportunistes profitaient de l’anomie, tout comme les gouverneurs égoïstes et les bandes de guerriers hérétiques. Tout cela n’était qu’un prélude, des défis à relever pour accéder à la région.
Le commandant du Groupe de Combat, le Maître de Groupe Marran, a détourné plusieurs forces opérationnelles pour rétablir l’autorité impériale dans les systèmes voisins, alors que ses vaisseaux approchaient de la limite de l’Anomalie Nephilim. Le Groupe de Combat Kallides n’était qu’une partie de l’immense Flotte Primus de la Croisade Indomitus. Les groupes de combat de la flotte étaient tous placés sous l’autorité nominale de Roboute Guilliman lui-même, mais la plupart d’entre eux avaient été dirigés vers des routes divergentes lorsqu’ils avaient quitté leurs points de rassemblement. Marran avait été chargé d’enquêter sur l’absence inquiétante d’appels à l’aide en provenance du Sous-Secteur Nephilim. Bien qu’il ne puisse pas facilement contourner les systèmes situés à la frontière de la région, sa mission revêtait une importance bien plus grande dans l’esprit de l’homme pieux, car elle lui avait été transmise par le Primarque lui-même.
Alors que le Groupe de Combat s’approchait de la sinistre région depuis le nord galactique, une foule de signes avant-coureurs commencèrent à se manifester, à commencer par les membres psychiquement sensibles de l’équipage du vaisseau. Aucun phénomène visible ne marquait la zone de silence, du moins dans l’espace réel. Pourtant, les Navigateurs du Groupe de Combat Kallides ont parlé avec effroi d’un voile psychique scintillant, comme un mur de brume s’étendant vers l’extérieur. Marran leur ordonna de passer au travers de ce que c’était. Au-delà des brumes du Warp, les vaisseaux impériaux pénétrèrent dans une région d’un calme mortel. Certains psykers du Groupe de Combat affirmèrent que le Warp lui-même avait été ramené à un calme sépulcral. Malgré de larges balayages des puissantes antennes augures des vaisseaux, aucun signal n’était perceptible en provenance d’un autre monde ou d’un autre vaisseau impérial. Le Groupe de Combat avançait sur un large front, des groupes de travail individuels se déployant vers les systèmes Paradyce, Zeidos, Shen’Tai et Vertigus.
Plus le Groupe de Combat Kallides s’enfonçait dans l’anomalie, plus l’aura inquiétante devenait forte. Navigateurs, astropathes et psykers de combat se plaignaient d’une désorientation étouffante et de la difficulté à manifester leurs pouvoirs qui leur venaient auparavant aussi naturellement que la pensée. Les Magos ont averti que les Réacteurs Warp s’épuisaient lors de sauts dans le Warp de plus en plus courts et qu’elles avaient besoin de plus de puissance pour propulser les vaisseaux de guerre à travers l’immaterium. Chaque saut Warp devenait un combat plus difficile, les vaisseaux étant assaillis par d’étranges défaillances et par les miasmes troublants qui semblaient les envahir de toutes parts. Les canaux Vox et les conduits astropathiques étaient silencieux. Le trafic dans le vide spatial était inexistant. Pire encore, d’étranges signatures énergétiques ont été détectées en provenance de plusieurs mondes impériaux de la région.
Les premières planètes sur lesquelles le Groupe de Combat Kallides a déployé des troupes terrestres se sont révélées perplexes et inquiétantes. Le silence règne sur ces mondes. Des populations entières avaient apparemment disparu : de la nourriture à moitié consommée était laissée à l’abandon, des wagons étaient abandonnés, des machines industrielles étaient laissées à l’abandon et des Servitors se tenaient sans direction. Les armées des forces opérationnelles ressentaient un malaise rampant, de la léthargie et de l’épuisement. Le désespoir anxieux et l’insubordination montèrent en flèche dans les régiments de l’Astra Militarum. Même les pilotes des Maisons Nobles et les guerriers post-humains de l’Adeptus Astartes n’étaient pas épargnés. Seuls les contingents de l’Adepta Sororitas du Groupe de Combat semblaient largement immunisés contre les effets de l’aura.
Ces forces opérationnelles ont signalé des signes de combats récents : des gerbes de sang et des entailles causées par des armes à énergie Xenos. La nature de l’ennemi est devenue évidente lorsque les troupes de plusieurs mondes ont signalé la découverte d’immenses pylônes formés de Sombreroche. Chacun d’entre eux était subtilement unique, mais tous étaient des structures imposantes de plusieurs kilomètres de circonférence et si hautes que les nuages tourbillonnaient de façon anormale autour de leurs pointes. Pour les Ultramarines qui avaient découvert le premier de ces pylônes sur le monde de Mesmoch, les structures entourant la base du pylône étaient indubitablement d’origine Nécron. De plus, l’aura déconcertante de léthargie qui imprégnait le monde était identifiable comme émanant du pylône lui-même, se déployant sur ses flancs en vagues d’énergie entropique.
- Les systèmes impériaux situés en dehors du rayon actuellement projeté par le nexus ne sont pas représentés. |
La découverte des pylônes a donné au Maître de Groupe Marran sa cible, et les armées impériales ont attaqué un certain nombre de sites. Jusqu’alors, les créateurs des structures s’étaient cachés, mais les Nécrons ont maintenant émergé pour défendre leurs sites avec des légions et des légions de guerriers sans vie. Ils surgissaient de nulle part, se matérialisant à partir de dimensions de poche ou marchant depuis des entrées cachées dans les structures entourant les imposants pylônes, et les pertes impériales s’accumulaient sur de nombreux mondes.
Le premier assaut majeur des forces impériales fut lancé contre le pylône de Mesmoch. Les Ultramarines et les Black Templars zélés, ainsi que les équipes d’extermination de la Deathwatch, menèrent l’attaque. Les régiments de l’Astra Militarum ont poussé vers les têtes de pont établies par les Space Marines et le Titan Warlord Deus Redemptor. Malgré les terrifiantes défenses orbitales des Nécrons qui ont détruit plusieurs vaisseaux, les forces impériales ont réalisé de fortes avancées initiales. Cependant, une tentative de bombardement orbital du pylône échoua totalement face au colossal bouclier ésotérique qui entourait la structure. Suite à cet échec, les Nécrons ont riposté en force. Déjà épuisé par les ondes entropiques émanant du pylône, l’assaut impérial vacilla et s’effondra. Seules la discipline et l’abnégation de l’Adeptus Astartes - en particulier une féroce contre-attaque des pieux Black Templars - empêchèrent l’anéantissement total. Néanmoins, Mesmoch fut un désastre écrasant.
D’autres défaites suivirent, mais les offensives de représailles menées par l’Adepta Sororitas se révélèrent plus efficaces, notamment sur la planète férocement glacée de Cherrist. La foi, semble-t-il, est la clé pour vaincre l’inertie étouffante qui règne sur les mondes de la région. À chaque affrontement, les commandants du Groupe de Combat en apprenaient un peu plus sur les forces anciennes qu’ils devaient affronter. Ils comprirent peu à peu que, quelle que soit l’étrange malédiction qui affligeait la région, les Nécrons utilisaient les pylônes ineffables pour la générer. Sa véritable nature, cependant, leur échappait.
Les Pylônes du Nexus
Certains des immenses pylônes découverts par les armées du Groupe de Combat Kallides ne portaient aucune marque d’outil perceptible et semblaient s’être extirpés du socle rocheux des planètes. D’autres ont été transposés directement sur la surface d’un monde depuis l’orbite. Leur substance est la Sombreroche, également connue sous le nom de Noctilithe. L’Adeptus Mechanicus commençait à peine à comprendre ce matériau dense. Tous ceux qui l’étudiaient considéraient qu’il pouvait affecter le Warp ou être affecté par lui. On supposait que la Sombreroche chargée négativement repoussait les pouvoirs des Psykers ou étouffait les technologies dont le fonctionnement dépendait du Warp. Inversement, la Sombreroche pouvait être chargée positivement, et l’on pensait qu’elle pouvait être utilisée pour canaliser et renforcer les énergies du Warp.
Lorsque les pylônes eux-mêmes se sont révélés pratiquement imprenables, même pour les munitions des vaisseaux spatiaux, des équipes d’élite de guerriers impériaux ont été envoyées pour tenter de trouver un moyen d’y pénétrer et de les détruire de l’intérieur. Sur Vertigus, les forces Ultramarines auraient réussi à pénétrer dans les parties profondément creusées des pylônes, loin sous terre. D’autres spécialistes se sont frayé un chemin jusqu’aux structures Nécron entourant chaque base de pylône, avec des forces de percée se frayant un chemin à travers les Nécrons en défense pour se frayer un chemin à coups de matraque à l’intérieur. Des forces opérationnels ont même fait état de pylônes suspendus dans l’espace, reliés par d’étranges réseaux d’énergie sur des distances qui s’étendaient sur des systèmes stellaires entiers. Des équipes d’abordage composées de briseurs spécialisés et de guerriers du vide ont affronté des défenses automatisées et des constructions Canoptek rampantes dans les profondeurs de l’espace pour tenter de se frayer un chemin à l’intérieur.
L'Architecte de la Matrice
Les Nécrons de l’Anomalie Nephilim étaient bien plus nombreux que ne l’estimaient les plus pessimistes des stratèges du Groupe de Combat. Leur lenteur à répondre aux invasions impériales avait été une ruse délibérée du Cryptek qui avait autorité sur leur puissance martiale. L’Illuminor Szeras commandait les forces de plusieurs dynasties par le décret impérieux de son maître, le Roi Silencieux. Szeras avait étudié les progrès des Humains et observé leur combat sous les effets de la création qu’il avait été chargé de perfectionner, une œuvre inégalée d’ingénierie cosmique que les Nécrons appelaient une matrice nodale contre-immatéréenne.
La matrice nodale du Sous-Secteur Nephilim était l’œuvre d’un génie du mal. Des systèmes entiers avaient été déplacés et les orbites des planètes réalignées pour correspondre à des géométries fractales insensées conçues par la science ancienne et arcanique des Nécrons. Au cœur de ce que les officiers de Marran appelaient le Nexus se trouvait le Système Xendu, où une immense cage noctilithique avait été construite pour contenir sa vaste et féroce étoile. Une myriade de structures Nécron pendaient dans le vide autour de cette structure cyclopéenne, ancrées à elle par des faisceaux d’énergie aveuglants. Des vaisseaux tombeaux et des chasseurs transatmosphériques, illuminés par la lumière brûlante de l’étoile emprisonnée, veillaient sur leur vaste charge. Plus loin s’étendaient des réseaux de vastes pylônes de Sombreroche, dont le déploiement s’étendait selon des schémas de cryptologique fractale non euclidienne qui auraient rendu fous les plus grands esprits mortels. Disséminé dans des systèmes nodaux et aberrants, chaque pylône était une structure unique et remarquable de taille colossale, conçue pour soutenir et étendre un champ d’énergies anti-empyréens chargées négativement.
Tandis qu’il dirigeait les légions à sa disposition pour repousser les interlopes humains partout où ils menaçaient l’intégrité de la matrice nodale, Szeras et sa cour de Crypteks s’efforçaient de comprendre comment leurs ennemis parvenaient à résister partiellement aux vagues d’énergie entropique des pylônes. Les disciples de Szeras ont collecté de nombreux spécimens - vivants et morts - sur chaque nouveau champ de bataille. Lui et ses collègues Crypteks les disséquaient laborieusement et horriblement à la recherche de données empiriques. La matrice nodale contre-immatéréenne avait pour but de couper le lien entre l’espace réel et le Warp, mettant enfin à la portée des Nécrons la magnificence stérile d’un royaume véritablement matériel.
Les victoires impériales commençaient à s’accumuler, mais Szeras continuait à retenir la majorité de ses forces. Il aurait pu éliminer les Humains rapidement, mais il voulait des réponses. Le Cryptek était impatient de récupérer d’autres spécimens vivants dans toute la région, obsédé par la découverte de la façon dont la matrice affectait certains Humains à des degrés divers et d’autres presque pas du tout.[8]
Un Jugement Royal
- « Petites vermines, vous pénétrez dans le royaume d’êtres qui dépassent votre compréhension rabougrie. Votre présence souille ce qui a été stérilisé des contaminants organiques et ne peut être supportée. »
L’approche du Roi silencieux a provoqué une onde de choc dans l’Anomalie Nephilim bien avant son arrivée. Sa venue fut comme celle d’un météore, annoncée par des présages.
Les moteurs inertiels de la Nef de Guerre Transspatiale du Roi Silencieux s’éteignirent lorsque le vaisseau atteignit le cœur du Système Xendu. Les servo-augures à bord des stations de surveillance impériales, des satellites de défense et des plates-formes d’armement du système auraient pu tenter de rationaliser la manifestation soudaine du gigantesque et majestueux vaisseau au-dessus du deuxième monde du système comme une translation Warp d’une précision inégalée. Mais toute la puissance intersystème de Xendu - moniteurs de défense, stations armées, batteries orbitales - avait été atomisée, ses vestiges vaporeux laissés en suspens dans l’espace, immobiles, car même le vent solaire de l’étoile n’était pas libre de souffler de sa cage Noctilithique. Les anciens citoyens qui restaient n’étaient plus que des enveloppes d’hommes et de femmes, pas plus capables d’émerveillement ou d’admiration qu’un morceau d’argile.
La lune solitaire du deuxième monde avait été spécialement préparée pour l’arrivée du Roi Silencieux. Toute trace d’artifice extraterrestre susceptible d’offenser Szarekh avait été réduite en poussière par des dizaines de milliers de constructions Canopteks. Les hérauts, des Prétoriens du Triarcat, étaient arrivés bien à l’avance, avertissant les Crypteks et la noblesse du système avant de se déplacer, se répandant dans la matrice nodale contra-immatéréenne pour diffuser le message de la venue du Porteur de l’Unification.
Des nobles issus de dizaines de lignées anciennes et renommées, représentant plusieurs dynasties, grandes et petites, se rassemblèrent sur la lune purgée. Ils avaient été attirés là pour des cérémonies d’affirmation et des rites d’obéissance élaborés. Ils devaient offrir au Roi Silencieux leurs légions pour faire la guerre dans ce que beaucoup considéraient comme un système primitif et éloigné - et sur de nombreux autres mondes - sous la direction du représentant choisi par le Roi Silencieux, l’Illuminor Szeras.
Alors que la Nef de Guerre du Roi Silencieux survolait le ciel, le trône du Triarcat descendait comme une gracieuse comète. Son vaisseau, plus grand que le diamètre de la lune, était placé entre l’étoile en cage et la lune. Il projetait une ombre sur tous les suzerains, princes, karifars, régents, potentats et autres nobles rassemblés. Ils étaient vêtus d’atours anciens aux multiples nuances, leur grande taille les élevant au-dessus des formes relativement chétives de leurs vizirs, astrologues, cosmomanciens et technoscopes. Les nobles se tenaient en groupes impérieux, des lignes invisibles d’interaction familiale et politique délimitant soigneusement la position de chacun par rapport à l’autre.
Trois mille Prétoriens du Triarcat se matérialisèrent en un croissant au moment où le Triarcat - le conseil des trois Phaërons dirigé par le Roi Silencieux - atterrissait au milieu d’eux. Son trône s’installa en vol stationnaire avec des arcs d’énergie crépitants au sommet d’une estrade de roche sans air, et le Triarcat s’adressa à la noblesse et aux Crypteks rassemblés. Parlant d’une seule voix, tandis que Szarekh restait impassible, le Phaëron des Étoiles et le Phaëron des Lames firent connaître la volonté du Triarcat. Les Phaërons déclarèrent que l’Illuminor Szeras était honoré parmi les Crypteks, que sans son génie infatigable, la création triomphale des matrices nodales n’aurait jamais vu le jour. Ils confirmèrent les louanges du Roi Silencieux pour les expérimentations vigoureuses de Szeras visant à comprendre les moyens par lesquels les vermines de chair qui assaillaient maintenant la matrice nodale étaient capables de résister à son énergie. Ils implorèrent le maître technomancien de redoubler d’efforts pour l’unité et la protection du peuple du roi.
Afin de l’aider dans cette lourde tâche, poursuivirent les Phaërons, un don de vermines de chair serait fait pour soutenir le travail vital et continu de l’Illuminor. Un certain nombre de Prétoriens du Triarcat s’écartèrent pour révéler dans leurs rangs une foule d’esclaves humains en guenilles. Un nimbe d’atmosphère respirable à une température que leurs corps biologiques pouvaient supporter était maintenu autour d’eux par une suspension arcanique. La plupart d’entre eux étaient catatoniques, entassés sur des sarcophages flottants dirigées par des Canopteks. Les multiples yeux de Szeras s’illuminèrent lorsqu’il aperçut plusieurs de ces anomalies génétiques que les Humains appelaient Space Marines, qui parvenaient à peine à avancer sur leurs jambes autrefois puissantes. Le Cryptek fut heureux de voir un certain nombre de Psykers parmi eux, sans armure et enchaînés, les yeux exorbités et les visages contorsionnés par l’agonie. Il y avait même quelques spécimens humains qui ne semblaient pas affectés par l’aura de la matrice, des hommes et des femmes de tous âges, les yeux écarquillés de terreur mais alertes et sûrs d’eux. Ils éveillèrent considérablement son intérêt. Szeras remercia le Roi Silencieux, affirmant qu’il prendrait personnellement en charge la matrice, avant d’activer un dispositif recouvert de runes sur l’un de ses membres supérieurs. En un instant, l’Illuminor et les Humains disparurent.
Szeras ayant emmené sa prise pour un interrogatoire biologique douloureux et prolongé, le Triarcat commença à parler de l’incapacité du peuple du Roi à repousser les extraterrestres interlopes des frontières grandissantes du Grand Œuvre. Szarekh avait pris la responsabilité de cet échec sur ses propres épaules munificentes, mais ces erreurs étaient désormais enterrées pour ne plus être rappelées. Le roi ouvrit grand les bras et, dans l’esprit de tous les Nécrons présents, une stratégie multidimensionnelle se déploya tandis que Szarekh exposait ses plans d’éradication des armées humaines.
Légions de l'Anomalie
La présence de Szarekh à la tête de ses armées a apporté aux dynasties l’unité dont elles avaient tant besoin. Pourtant, la politique et les intrigues au sein de la noblesse Nécron se poursuivirent.
Les agents psychomanciens de nombreuses dynasties, qui observaient les massacres d’Humains, rapportaient à leurs maîtres qu’il existait un continuum dans la nature du soutien du Roi Silencieux. À un extrême, on trouvait la soi-disant lignée royale, la Dynastie Szarekhan. Leurs nobles étaient d’une loyauté sans faille envers le roi, voire fanatique dans le cas du Tétrarque Neshkafar. La loyauté forgée par des pactes de soutien mutuel et des promesses de territoires était considérée comme la base du soutien de la Dynastie Nihilakh. Malgré la chute de Phaëron Shemvokh face aux Humains et la lente restauration du noble furieux aux mains de ses Technomanciens, les puissantes légions de machines de guerre de Nihilakh sont restées au cœur de la stratégie militaire du roi.
Certains, comme la Dynastie Oruskh, étaient divisés. Le Phaëron au pouvoir aurait retenu ses légions, tandis que la Karifar Couronnée Lakshmet était à la tête de cinquante mille guerriers. Il est probable qu’elle ait cherché à obtenir l’approbation tacite du Triarcat pour un coup d’État contre son Phaëron en temps voulu. Toutes les forces dynastiques n’étaient pas non plus venues de l’extérieur des limites croissantes de la matrice nodale. Les dynasties mineures de Phet’zesh, Uretp et Mefhamnet occupaient des territoires dynastiques relativement petits dans la région contre-immatéréenne. Elles avaient profité des perturbations causées au vermines de chair dans leurs royaumes, et bien que la Dynastie Uretp se soit déclarée en faveur du Roi Silencieux, la Dynastie Mefhamnet a profité de cette liberté pour annexer les territoires des dynasties voisines. La Dynastie Phet'zesh s’est même heurtée aux légions de Nihilakh fidèles au roi.
Des agents n’appartenant à aucune dynastie ont également travaillé dans la matrice nodale. La Dynastie Oruskh déclara après avoir été dépouillée par un archéoviste sans foi ni loi qu’elle allait traquer. La Compagnie Étincelante et ses Gardes Royaux se sont battus une fois au service de tous les nobles en raison d’un schéma engrammatique corrompu, ignorant apparemment l’existence du roi. La Phaëron Vordreska, quant à elle, semblait fixée sur un cycle singulier de vengeance. Dernière de sa lignée, elle mena ses légions contre les Orks qui envahissaient le sud-est galactique.
La Résurgence des Légions
Alors que Szeras avait retenu une grande partie des armées des dynasties sous son commandement au nom de la collecte de données empiriques, Szarekh ne permettait pas de telles demi-mesures. Sans être gêné par les effets de la matrice nodale sur la communication psychique, Szarekh coordonna des centaines de milliers de nobles des dynasties dans tout le sous-secteur à la fois ; ceux-ci commandèrent à leur tour à leurs légions d’attaquer sur d’innombrables fronts. Les forces impériales en reconnaissance tombèrent dans des embuscades. Celles qui tentaient de se retrancher étaient submergées par des vagues successives de guerriers métalliques. Celles qui s’enfuyaient étaient traquées et poursuivies, leurs sauts de Warp aléatoires et peu fiables ne faisant pas le poids face à la technologie supérieure des Nécrons.
Alors que la contre-offensive des Nécrons prenait de l’ampleur, Szarekh et les autres Phaërons de son Triarcat descendirent en personne pour honorer un certain nombre de champs de bataille de l’auguste présence du Roi Silencieux. Partout où Szarekh combattait, il n’y avait jamais plus d’une poignée de survivants. En tant qu’incarnation des codes dynastiques, Szarekh offrait aux multiples armées ennemies le simple choix de céder la victoire et de s’abaisser ou d’être complètement anéanties. À la grande admiration du roi silencieux, aucune armée impériale n’a cherché à se rendre.
Depuis les redoutes de Silicate de Rorgaestis III, une armée combinée de Rangers des Plaines Barghentins et de Commandos Célestes de Holas tenta de sortir de ses positions défensives. Leur plan visant à rejoindre leur zone d’atterrissage en vue d’une évacuation et d’un redéploiement a échoué face à des forces Nécron écrasantes. Szarekh fut intrigué et impressionné par la combativité de l’ennemi. Il sentit cependant qu’il avait l’occasion d’envoyer un message sans ambiguïté - non seulement un message qu’il pensait que les Humains comprendraient, mais aussi un message qui trouverait un écho chez ses nobles. Il autorisa les forces impériales à se frayer un chemin, au prix de nombreuses vies, jusqu’à leurs vaisseaux d’extraction. Il a même permis à plusieurs d’entre eux de décoller, mais Szarekh a alors libéré pas moins de cinq Échardes C’tan, des centaines de Barges d’Annihilation et des Spectres Canopteks de sa propre Dynastie Szarekhan. Ces derniers prirent en chasse les fuyards, tandis que les Monolithes et les Faucheurs détruisaient la zone d’atterrissage et attendaient les éventuels survivants.
Sur Bhorsis, Szarekh ordonna à ses Crypteks de libérer un fléau de mille milliards de Scarabées Canopteks. En si grand nombre, ils assombrirent le ciel de la planète et s’abattirent sur l’ennemi comme une tempête, dévorant des milliers de survivants des effets de la matrice nodale avec une facilité et une rapidité terrifiantes. Dans leur sillage, Szarekh et ses légions avancèrent régulièrement dans les rangs impériaux assiégés, exterminant tous les Humains qui restaient pour leur faire face. Sur la lune très urbanisée de Bhorsis, le Tétrarque Karep’ta, descendant privilégier de la Dynastie Nihilakh, arrêta l’avancée de ses forces en lançant un défi audacieux et sans équivoque au capitaine Space Marine qu’il affrontait. C’était le droit de Karep’ta en vertu des codes dynastiques, et son geste a été jugé juste et honorable par ses pairs. Mais l’arrêt de l’armée Nécron n’avait rien signifié pour les envahisseurs impériaux qui poursuivaient leurs attaques sur l’ensemble du front. Lorsqu’il l’apprit, Szarekh choisit d’interpréter leur ignorance comme une insulte délibérée. Le Roi Silencieux se dématérialisa de Bhorsis. Des dizaines de Moissonneurs survolèrent son armée combinée de Nihilakh et d’Oruskh sur la planète et sa lune, happant les Nécrons dans des éclairs de lumière infâmes. Les forces impériales en liesse se croyaient victorieuses. Jusqu’à ce que les étoiles se déplacent au-dessus de leur tête et que ce que l’on croyait être le ciel nocturne se révèle être la coque de la Nef de Guerre de Szarekh, qui s’étendait d’un horizon à l’autre. Après un bombardement d’éclairs hyperphasiques, qui brisèrent les atomes de la croûte terrestre de Bhorsis, sa lune et les armées impériales qui s’y trouvaient cessèrent d’exister.
Partout où Szarekh combattait, les nobles qui lui étaient attachés - et les millions de soldats de Nécron qui leur étaient liés à leur tour - se battaient avec une synchronisation martiale et une unité d’objectif dont aucun de ses serviteurs ne se souvenait. Seul Szarekh s’en souvenait portant ce fardeau pour tous.
Une Majesté Antédiluvienne
Les diverses légions dynastiques et semi-autonomes ont chacune joué leur rôle dans la mise en œuvre des plans impérieux du Roi Silencieux. Pour certains nobles, il s’agissait avant tout de servir leurs propres ambitions. Le Phaëron Shemvokh, de la Dynastie Nihilakh, dont la forme se retricotait encore dans les catacryptes de ses Technomanciens, exécutait sa volonté par l’intermédiaire d’une foule de petits nobles et de gardes royaux. Ses légions, dotées de la plus grande puissance de feu et des machines de guerre les plus ésotériques que ses voûtes puissent fournir, se frayèrent un chemin le long de l’arc galactique méridional de la matrice nodale. Sur Dharvik, Olontar et les chantiers navals impériaux renforcés à la hâte autour de la nébuleuse de Gebn, les serviteurs enchaînés de Shemvokh purgèrent les Humains, champ de bataille après champ de bataille. Olontar, en particulier, fut entièrement dépeuplée. Les vaisseaux des forces impériales en orbite, qui se préparaient à l’extraction, ont été pris pour cible par la flotte de Shemvokh avant que les forces de Nihilakh, qui se comptaient par dizaines de milliers, ne mettent fin à l’extermination. Le Phaëron aigri a lancé des invitations ouvertes dans chaque zone de guerre aux Prétoriens du Triarcat, dont la présence est ressentie par le noble comme une ombre envahissante. S’ils doivent regarder, pensait-il, qu’ils voient de leurs propres yeux ce que sa dynastie accomplissait pour son maître, et qu’ils rapportent chaque défaite cuisante des vermines de chair. Pendant ce temps, la région méridionale serait conquise par ses forces et bientôt intégrée au territoire de Nihilakh.
Une cabale de Crypteks, sous l’autorité du proche conseiller de Szarekh, Orikan le Devin, mena une armée dynastique mixte pour détruire l’encombrant Basilicanum Imperator sur Vantis III. Le castellum sanctifié avait été fortifié par les Sœurs de Bataille de l’Ordre du Suaire d’Argent pour devenir une épine de fer dans le pied du Roi Silencieux. Orikan avait prévu qu’il pourrait devenir une menace encore plus grande, la résistance étrange des sœurs aux ondes contra-immatérielles permettant à Vantis de devenir un système d’étape pour d’autres attaques. Par l’intermédiaire du Triarcat, Szarekh avait anobli le Chronomancien et ses collègues arcanistes en leur donnant le pouvoir de prendre Vantis et de réquisitionner tous les biens dynastiques dont ils avaient besoin. Les légions de Szarekhan, d’Oruskh et de la Dynastie Uretp se consacrèrent à la destruction du castellum, un exploit d’unité dynastique qui n’échappa pas à Orikan. Un tel rassemblement de forces divergentes aurait nécessité des mois, voire des années, de négociations complexes pour tenter de se frayer un chemin à travers les hiérarchies d’honneur des nobles jaloux et égoïstes. Il a suffi d’un ordre du Roi Silencieux pour que tous les obstacles soient levés et que le plan réussisse.
Les légions de Szarekh subirent des pertes individuelles, mais le Roi Silencieux les considéra comme de simples retards inévitables. La foi des Humains a permis de freiner les avancées des Nécrons dans de nombreux systèmes. Ses légions sans mort n’ont cependant pas souffert de la lente érosion des pertes permanentes - ni de l’usure du moral - qui a vu les impériaux repousser les uns après les autres leurs positions, les détruire avec des armes de pointe et les mettre en pleine déroute.
Ce qui préoccupait Szarekh, c’était les dynasties qui se battaient uniquement pour leurs propres objectifs égoïstes. Les rapports reçus de ses agents cachés révélèrent que, tout en détruisant des ennemis humains, de nombreuses forces saisissaient l’occasion de porter un coup douloureux à leurs anciens adversaires, contournant les systèmes où ces rivaux avaient besoin de renforts et ignorant les appels à l’aide.
Il a découvert que d’autres forces des Nécrons cherchaient à frapper avec précision plutôt qu’à obtenir l’anéantissement total qu’il avait exigé et auquel il s’attendait. Szarekh apprit de son fidèle Tétrarque, Neshkafar, la purge d’un seul vaisseau humain. Il avait été attiré hors de sa position, abordé et dépouillé de son pitoyable équipage. Neshkafar soupçonnait l’Archéoviste Trazyn l'Infini d’être à l’origine de cet outrage, comme l’appelait le Seigneur Suprême. Car en ciblant l’unique vaisseau, le cupide Trazyn avait alerté la flotte du vaisseau de la présence des Nécrons dans le système. L’effet de surprise escompté par Neshkafar avait été renversé, et la bataille dans le vide qui s’ensuivit fut bien plus coûteuse qu’elle n’aurait dû l’être.
Malgré toutes les victoires des Humains, les forces de Szarekh réussirent à les repousser de plus en plus loin vers les limites de la matrice nodale, où ils seraient expulsés - si tant est qu’on leur permette de s’échapper. Les légions de Szarekh et les dynasties qui lui étaient fidèles ne s’arrêteraient pas là, se promit-il silencieusement, car la frontière contra-immatéréenne s’étendait, coupant progressivement un système stellaire condamné après l’autre des vrilles invasives du Warp. Et il n’était pas le seul. Tout autour des franges de la galaxie, les matrices nodales du Roi Silencieux s’élargissaient de plus en plus. Il viendrait un temps, comme l’avaient affirmé ses fidèles Chronomanciens, où elles s’uniraient. Le Roi Silencieux avait appris depuis longtemps à considérer avec prudence ce genre de sagesse. C’est précisément pour cette raison qu’il s’était rendu en personne dans cette matrice nodale et qu’il avait l’intention de s’assurer que de nombreuses autres personnes puissent y travailler sans entrave.[9]
La Brèche Renforcée
- « Nous reprendrons cette région. Avec chaque ville, chaque planète et chaque système, nous sortirons cette zone de sa torpeur et nous chasserons ce silence inique avec la clameur des tambours de guerre de l’Empereur. »
Les forces impériales battaient en retraite dans un grand nombre de systèmes, tandis que les dernières nouvelles en provenance de nombreux autres systèmes faisaient état d’un nombre écrasant de Xenos, de plans d’évacuation désespérés et d’ultimes combats au nom de l’Empereur-Dieu. Peu de commandants de la région pouvaient espérer vaincre l’avancée incessante des légions de Nécrons, à moins d’obtenir d’importants renforts.
Le nombre limité de communications Vox, les messages étant souvent acheminés par des sauts Warp désespérés et de courte portée et transmis entre une série de flottes de messagers déployées à la hâte, ont entravé la réaction des forces impériales face aux légions de Nécron. Le Maître de Groupe Marran, le pieux commandant de Kallides, était de plus en plus exaspéré par le manque de coordination de ses forces opérationnelles. Il était d’autant plus exaspéré par la résurgence des Nécrons et leur cohésion apparemment surnaturelle, alors que les forces Xenos tendaient des embuscades et des enfilades à partir de nombreux angles d’attaque à la fois, à la fois dans les zones de guerre planétaires et dans le vide. Les Astropathes des flottes - les quelques rares survivants - ne pouvaient tout simplement pas faire passer plus qu’un bref message à travers les effets étouffants de l’Anomalie Nephilim. Des renforts étaient désespérément nécessaires, mais envoyer une telle demande transmise psychiquement depuis l’intérieur des frontières de l’Anomalie semblait impossible. De même, Marran n’accepterait pas de se rendre là où ils croyaient encore que se trouvait la frontière de la région pour tenter d’atteindre des conditions plus favorables aux Psykers. L’idée même d’une retraite avait suffisamment dégoûté Marran pour qu’il frappe l’officier qui l’avait suggérée avant que des hommes d’armes de la marine ne les séparent.
Les Navigateurs ont signalé qu’ils avaient détecté que la région de la barrière encerclant l’anomalie devenait elle-même de moins en moins visible, ce qui leur a permis de réaliser que l’Anomalie Nephilim se propageait, s’agrandissant dans toutes les directions perceptibles. L’Épistolier Thengrest des Imperial Fists imagina un conclave psychique réunissant les Psykers les plus compétents restant dans les forces de Marran. Il espérait qu’avec leur puissance empyrique combinée, leurs esprits ouvriraient une brèche dans la région de la barrière voilée suffisamment longtemps pour envoyer un message à l’ensemble de l’Imperium, peut-être même à Terra elle-même. Il ne s’agirait pas d’un simple appel aux armes, affirma le bourru Thengrest, mais d’un terrible avertissement concernant ce que le Groupe de Combat Kallides avait découvert jusqu’à présent et qui se développait dans le domaine souverain de l’Empereur. Les Astropathes et Archivistes restants du Groupe de Combat ont indiqué que ce dont ils avaient le plus besoin de la part des armées impériales survivantes était du temps et de la protection s’ils voulaient avoir un espoir de se rassembler. Les Psykers les plus expérimentés de la flotte qui pouvaient être localisés reçurent l’ordre de se rassembler dans le Système Lomorr, afin de pouvoir combiner leurs voix mentales empyriques pour percer l’aura débilitante de l’Anomalie. Le Système Lomorr contenait le monde de Cherrist, où les armées du Groupe de Combat avaient remporté leur première victoire significative. Les Sœurs de Bataille qui y avaient triomphé, et qui avaient arraché au prix fort les Portails Dolmens des Nécrons sur le monde, avaient consolidé leur emprise avec le débarquement de trois cathedrums d’invasion.
Les Psykers se dirigèrent vers Cherrist, un monde auréolé de la foi impériale et sanctifié par le sang des martyrs. La planète glacée avait été choisie pour la source de ferveur qu’elle représentait. Depuis la victoire de l’Adepta Sororitas et la campagne de reconsécration menée par les Sœurs de Bataille, le redoutable sentiment d’oppression qui régnait dans l’Anomalie de Nephilim semblait s’être atténué. Un plus grand nombre de fidèles guerriers en armure, ainsi que des prêcheurs enthousiastes et des groupes fanatiques de Militia Frateris, furent envoyés sur le monde pour renforcer sa sainteté, dans l’espoir que leur foi retiendrait les miasmes envahissants. Bien que le Credo Impérial rejette catégoriquement le recours à la sorcellerie, les Sœurs de Bataille ont surmonté leur dégoût pour la présence des Psykers après avoir cherché à être guidées par la prière. Renonçant au sommeil, les sœurs ont entrepris des bénédictions et des services choraux qui ont duré des jours entiers - des chants et des complaintes s’élevant d’une douzaine d’endroits à travers Cherrist - dans l’espoir d’affaiblir encore davantage l’emprise du Paria du Nexus sur le monde. Parmi eux, l’Épistolier Thengrest et des dizaines de psykers mortels et post-humains s’étaient réunis pour commencer leurs préparatifs psychiques. Ils avaient besoin de temps et de protection. En conférence avec le Maître de Groupe Marran et son équipe de commandement à bord du navire amiral du Groupe de Combat Kallides, le Coup-de-Marteau, le Lieutenant Stornvor des Imperial Fists et le Sénéchal Arnulf des Black Templars conçurent ensemble une contre-attaque complexe destinée à donner aux Psykers le plus de temps possible pour envoyer leur message.
Le Lieutenant Stornvor considérait l’Anomalie comme un bastion ennemi, même s’il s’étendait sur des dizaines de systèmes stellaires et plus d’une centaine d’années-lumière. Le Groupe de Combat avait ouvert une brèche dans ses murs extérieurs, affirma-t-il, lorsqu’il s’était frayé un chemin à travers les marches voilées de la région. Ce qu’il comparait à des tours apparemment vides et à des barbacanes abandonnées était maintenant animé par les perfides Xenos qui l’avaient construit, comme s’ils émergeaient des alcôves cachées des citadelles et attaquaient depuis des meurtrières sans honneur. Les Nécrons reprenaient toutes les victoires des assiégeants impériaux. Si la "brèche" devait être maintenue - c’est-à-dire si le point d’entrée du Groupe de Combat vers l’Anomalie de Nephilim et le conclave des psykers à Cherrist devaient être sécurisés - ce bastion rempli de Xenos devait être nettoyé. Selon Stornvor, il fallait procéder parapet par parapet, chambre par chambre, avec des fronts de guerre défensifs définitifs pour protéger la brèche et minimiser les risques d’encerclement. Le meilleur moyen d’y parvenir, selon Stornvor, était de mettre en place une défense coordonnée et agressive.
S’appuyant sur l’expertise reconnue de son Chapitre en matière de siège à grande échelle, le Lieutenant Stornvor a conçu une série de fronts de guerre en arc de cercle de grande envergure, chacun s’étendant sur plusieurs systèmes. Une grande partie des effectifs restants du Groupe de Combat Kallides a été affectée à la mise en place de ces remparts galactiques. Les Imperial Fists de Stornvor étaient en première ligne de la défense, fortifiant les Ruches fantômes et les Factorums abandonnés. Des armées de Servitors et de gigantesques machines minières négligées, réveillées par les Techmarines, rongeaient la surface des planètes, des lunes et même des astéroïdes. Avec ces derniers, les Imperial Fists creusaient des emplacements défensifs avec la précision de leur géniteur. De petits groupes d’Imperial Fists ont été postés sur le plus grand nombre possible de ces positions, faisant office de commandants de terrain pour les régiments d’Astra Militarum spécialisés dans les tranchées de Krieg, Baran et Zantosh. Renforçant les préceptorats d’imperturbables Sœurs de Bataille des Ordres du Calice d’Ebène et de la Rose Sacrée, des cohortes de Skitarii d’Agripinaa et de Mars ainsi que des lances de Chevaliers se déployèrent pour former le gros des vastes garnisons du Lieutenant Stornvor.
Si les Imperial Fists étaient le rempart qui soutenait la résistance de l’opération, le Sénéchal Arnulf et ses Black Templars étaient les charges explosives qui brisaient les portails barricadés du bastion des Xenos. De concert avec les Imperial Fists de Stornvor, le Sénéchal a dirigé l’une des trois forces de frappes élargies de son Chapitre qui ont repoussé les défenses avancées des Imperial Fists dans des contre-offensives agressives. Les Black Templars ont été accompagnés dans de nombreuses zones de guerre par les Sœurs de Bataille de l’Ordre de Notre Dame des Martyrs et renforcés par des détachements spécialisés de Pupilles du Tempestus, parmi lesquels se trouvaient des conclaves de combat dirigés par des prêtres zélotes de l’Adeptus Ministorum.
Les trois forces opérationnelles du Sénéchal Arnulf se sont dirigés vers ce que les avant-gardes de reconnaissance du Groupe de Combat pensaient être le centre de l’anomalie, à partir de trois points distincts. Ils ont attaqué en plusieurs points stratégiques. Tout d’abord, ils ont avancé depuis le nord galactique, près du site de la principale défaite du Groupe de Combat à Mesmoch dans le Système Zeidos, puis depuis les environs du Système Lomorr et enfin depuis un point situé entre les deux.
Les Black Templars de la Compagnie de Combat d’Arnulf se sont déployés à partir des croiseurs d’attaque du Chapitre et même à partir d’escorteurs modifiées dans des vaisseaux lourds de largage et des engins de frappe. De nombreuses zones de guerre furent soumises à des assauts massifs de Modules d’Atterrissage. Des dizaines d’engins atmosphériques traversèrent l’atmosphère des planètes comme des comètes, laissant dans leur sillage d’horribles traînées de condensation enflammées. Sur Gorran, l’impact violent de tant de Modules d’Atterrissage lancés en salves spécialement synchronisées provoqua des secousses qui ouvrirent de grandes fissures à la surface de la planète. Des réseaux de fissures s’étendirent sur la surface de l’architecture Nécron à la base du pylône Gorran, rasant plusieurs structures avant que les lourdes portes des Modules d’Atterrissage n’ébranlent la terre détruite par l’explosion. Les initiés et les néophytes des Black Templars sautèrent de leurs arceaux de sécurité dans les Modules d’Atterrissage et chargèrent vers l’avant pour écraser les Nécrons qui titubaient depuis les structures vacillantes.
Remplis de la justesse de leur quête pour écraser les Xenos et mettre fin aux énergies qui s’échappaient de leurs sinistres pylônes noirs, les forces opérationnelles d’Arnulf se sont dirigés vers des régions que le Groupe de Combat Kallides n’avait pas atteintes jusqu’à présent. Les garnisons Nécrons qu’ils rencontrèrent étaient petites par rapport aux légions qui avaient contre-attaqué précédemment. La vitesse était la clé d’Arnulf ; le choc et la stupeur de ses frappes éclairs sur les positions Nécron sans méfiance étaient vitaux pour gagner du terrain. Les forces d’Arnulf ne s’attardèrent pas à consolider les gains nécessaires, suivant leur désir instinctif de rester en mouvement alors que d’autres zones de guerre les attendaient. Dans leur sillage vint le coup de marteau plus délibéré des Imperial Fists, qui furent déployés pour fortifier et consolider les gains de leurs frères en armure noire. Ils ont servi de maillet au ciseau des Black Templars, les poussant à ouvrir de nouvelles fissures dans le bastion des Nécrons.
Tous les assauts soudains des Black Templars ne se sont pas fracassés sur les garnisons Xenos à la vitesse décrétée par le Sénéchal Arnulf. D’autres se sont poursuivis dans des mêlées prolongées au cours desquelles aucun des deux camps n’a cédé. Dans le Système Vernarius, les escouades de croisés et de Terminators combattaient encore les Nécrons lorsque les forces d’interposition menées par les Imperial Fists les atteignirent. Ce n’est qu’ensemble, avec le feu et le fanatisme des fils de Sigismund et les implacables tirs de Bolt et les munitions lourdes des Imperial Fists et des chars de combat de la Death Korps, que les Xenos ont finalement été purgés. Les Black Templars ne perdirent pas de temps, saluant sèchement les autres Space Marines et ignorant totalement les soldats et les chars avant de partir rapidement vers la zone de guerre suivante.
Chaque zone de guerre avait été soigneusement sélectionnée par Stornvor et Arnulf, qui avaient passé au peigne fin le peu de données recueillies par le Groupe de Combat et s’étaient appuyés sur les anciens registres de l’Adeptus Administratum pour obtenir des détails sur la topographie et l’adéquation des défenses. Répartis sur les nombreuses positions gagnées par les assauts des Black Templars, les guerriers et officiers des Imperial Fists ont su capitaliser sur les gains de leurs alliés. Des ratissages minutieux ont été effectués pour s’assurer qu’il ne restait aucune trace de Xenos, ce qui n’a pratiquement pas été le cas, tant la colère xénophobe et vertueuse des Black Templars était grande. Cependant, plus d’une fois, un portail caché a été découvert dans les ruines des Nécrons, d’où pouvaient surgir toutes sortes d’horreurs antiques. Les Imperial Fists ont confié des missions de chasse et de destruction à des unités compactes de Pupilles du Tempestus ou d’Adepta Sororitas d’élite, après avoir rapidement formé leurs officiers aux signes révélateurs de la technologie Xenos.
Les Imperial Fists ont répondu aux demandes avec une détermination obstinée et une planification méticuleuse. La stratégie minutieusement détaillée du Lieutenant Stornvor prévoyait l’établissement de sept géodes astérotechniques, de vastes segments d’espace contenant des dizaines de systèmes dans lesquels le lieutenant avait mentalement divisé l’Anomalie Nephilim. Chacune de ces régions a été subdivisée en segments et canaux plus petits et plus tactiquement appropriés, les Imperial Fists réduisant avec exactitude le Nexus Paria en une séquence de volumes connectés mais défendables.
Des mines orbitales, des moniteurs de défense acquis dans des systèmes éteints, des plates-formes orbitales rallumées et de maigres garnisons vigilantes, dont la petite taille leur permettrait d’échapper à une détection facile, ont été disposés le long des lignes de démarcation imaginaires entre chaque segment et chaque géode astérotechnique majeure. Ces sentinelles armés et dotés d’augures étaient les éléments réactifs sacrificiels de Stornvor. Grâce à leurs alertes, les principaux défenseurs de la région seraient informés de toute incursion Xenos dans le territoire assigné à leur surveillance.
Nous purgeons, nous rasons et nous exécutons. Ce n’est qu’alors que nous disposerons d’une base solide sur laquelle bâtir une défense digne de notre nom. Ce n’est qu’alors que nous pousserons notre volonté fortifiée dans une ligne de faille de l’ennemi après l’autre, chassant les abominations de la galaxie du regard de l’Empereur. Nos frères en noir sont peut-être l’alène rouge de la fureur de Dorn, qui n’a de cesse d’exposer les multiples faiblesses de l’ennemi - et ne vous y trompez pas, fils de Dorn, ces Xenos ne sont que des enveloppes sans valeur, marquées par les faiblesses du corps et de l’esprit. Mais nous sommes la garantie du Primarque. La fragilité révélée par la fureur de nos frères, la fissure dans les défenses de nos ennemis, nous ne la laissons pas se refermer. Nous y enfonçons nos lames, nous y déversons notre puissance de feu, nous y frappons du poing jusqu’à ce qu’elle plie, jusqu’à ce qu’elle se brise, jusqu’à ce qu’elle s’écroule ! Marquez bien vos cibles, mes frères. Jetez-les dans la poussière et ne relâchez pas vos efforts jusqu’à ce qu’ils s’évaporent comme les fantômes intangibles qu’ils sont. Vous êtes plus réels qu’ils ne le seront jamais, plus vitaux et plus présents. Vous avez reçu les dons de l’Empereur, vous avez hérité de la volonté inébranlable du Primarque, et en comparaison, ces Xenos sont les épouvantails de l’univers, capables seulement de s’entrechoquer contre le fer de notre armure. |
Stornvor et Arnulf étaient pragmatiques quant aux résultats probables de leurs tactiques agressives. Les deux guerriers ont juré de vendre chèrement leur vie pour donner au message astropathique la plus grande chance possible d’atteindre l’ensemble de l’Imperium.
Partout où les forces opérationnelles des Black Templars rencontraient les pylônes inquiétants, elles déployaient des balises de localisation dans les environs, signalant leur emplacement aux Imperial Fists qui les suivraient dans leur sillage. Les spécialistes en armes lourdes de Stornvor et les compagnies d’ingénieurs de combat de l’Astra Militarum placées sous son commandement ont fait de la destruction des sites des pylônes une priorité. Aucune force impériale n’avait encore infligé de dommages quantifiables aux vastes pylônes eux-mêmes, mais leur emplacement était entouré de nombreuses autres structures Nécron d’où se déversaient des renforts Xenos apparemment inépuisables. Quelle que soit leur véritable fonction pour les Nécrons, ces vecteurs apparents de légions ennemies devaient être détruits dans la mesure du possible. Ce n’est qu’une fois leur abominable aura éteinte que leur retranchement intensif commença.
Stornvor espérait que chaque structure renversée dans l’ombre des pylônes augmenterait les chances des psykers de Cherrist de percer le voile étouffant.
Stornvor et Arnulf savaient que s’ils repoussaient les Nécrons dans une poignée de systèmes tout en les maintenant dans d’autres, ce ne serait qu’une question de temps avant que le nombre pratiquement inépuisable de Nécrons n’amasse suffisamment de résistance et de moyens de pression pour repousser les Black Templars et commencer à attaquer sérieusement les défenses des Imperial Fists. Ils espéraient qu’en avançant vers le centre de l’anomalie depuis trois directions, ils forceraient les Nécrons à diviser leurs forces. Si les Xenos se concentraient sur une attaque impériale - même s’il s’agissait de celle qui menait au Système Lomorr et à l’espoir de renfort du Groupe de Combat - les Adeptus Astartes des autres zones se déplaceraient pour soutenir les défenseurs, prenant les Xenos entre le roc inébranlable des Imperial Fists et la vengeance des Black Templars.
Tel était le raisonnement de Marran, Stornvor, Arnulf et des autres membres du commandement du Groupe de Combat Kallides. La logique semblait imparable, sauf face au nombre sans précédent de Nécrons qui apparurent d’abord dans l’une des redoutes de Stornvor, puis dans dix autres. Des centaines d’éléments réactifs du Lieutenant se sont tus d’un seul coup. Des cris fragmentés d’un chef Nécron impérieux et presque surnaturel s’échappèrent d’un certain nombre de mondes supposés sûrs avant que ces voix ne soient à leur tour étouffées. Inexorablement, les armées impériales disparurent ou furent repoussées vers la périphérie de l’anomalie.
Sur Cherrist, le rituel des Psykers atteignit son apogée. Malgré la foi impériale qui saturait le monde, l’effort pour imposer leur message à travers le Warp englué était trop important pour certains. Un grand nombre de psykers mortels hurlèrent à l’agonie et tombèrent raides morts. Le vide béant qu’ils ressentaient était tel que même deux des frères Archivistes de Thengrest succombèrent, malgré les défenses mentales en béton qu’ils avaient mises en place. Des halos d’énergie psychique dansaient autour des têtes des Astropathes, des Psykers Primaris, des Archivistes et de plusieurs figures de l’ombre prétendant avoir accompagné l’Inquisitrice Draxus. Comme un seul homme, ils envoyèrent le message. Seul l’avenir nous dira si cet acte désespéré en valait la peine.
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La chambre était presque trop petite pour les besoins de ses occupants. Ce que les schémas du vieux Cuirassé considéraient comme une passerelle de commandement secondaire avait servi ces dernières années de sanctuaire privé. Des réseaux de cogitateurs et des écrans astrométriques remplissaient de vastes alcôves qui avaient autrefois abrité des centaines d’adeptes et d’officiers de bord. Des nœuds arcaniques permettant de communiquer avec la Maîtresse des Navigators et l’Astropathe Senioris du vaisseau ont remplacé les systèmes Vox du vaisseau. Sous d’imposantes machines logiques et de profonds rayonnages de pierre, qui abritaient une bibliothèque entière, ils vibraient d’énergie. L’occupant consommait leur contenu à un rythme qui dépassait de loin la capacité de ses serfs à les remplacer. Malgré l’absence des milliers d’adeptes et d’officiers qui attendaient chaque mot de Roboute Guilliman - car aucun n’entrait jamais dans la chambre - le sanctuaire n’était pas silencieux. Le cliquetis des membres mécaniques et le doux bourdonnement des machines anti-grav résonnaient dans les parties supérieures de la chambre, tandis que les servo-créations cataloguaient, récupéraient et triaient la documentation destinée au grand esprit qui se trouvait en bas. L’Armure Énergétique de Guilliman émettait un ronronnement qui faisait claquer les dents, bien plus insistant que n’importe quelle armure énergétique. Puis il y eut le tapotement et l’éraflure d’un doigt blindé sur une fiche de données, ou le bruissement d’un vieux vélin rapidement déroulé et jeté quelques instants plus tard. Dans l’unique chambre personnelle du Primarque à bord du cuirassé, il n’y avait ni banc, ni chaise longue, ni même une couchette de soldat surdimensionnée. Le seul meuble était le bureau du Seigneur Commandeur, bien que le terme corresponde à peine à la dalle monolithique. Guilliman se tenait derrière, la tête baissée en signe de concentration. C’était une position qu’il avait maintenue depuis deux jours de voyage. Le bureau à hauteur d’homme servait à la fois de surface de travail, d’écran hololithique et de stratège personnel, le connectant à autant de données que les communications fragmentées de l’Imperium pouvaient en fournir. Des piles de tablettes de données et de registres - empilées en tours géométriques précises - couvraient la majeure partie de la surface du bureau, le reste étant occupé par des tas de parchemins soigneusement posés en équilibres. À chaque instant, un Servocrâne ou un Servitor ambulant retirait une pile avant qu’une autre ne la remplace. Chaque bribe d’information était absorbée, rien n’était oublié ; tout était classé dans l’esprit labyrinthique qui se cachait derrière les traits sculptés de son propriétaire. Roboute Guilliman a fait ce que les plus grandes machines logiques ne peuvent plus faire. Il analysait, il pesait les risques par rapport à des trillions de vies en quelques minutes, son instinct dépassait celui des plus grands stratèges. Les fiches de données passaient de main en main - évaluées, lues, leur contenu mis en place, jeté - jusqu’à ce que l’une d’entre elles le fasse s’arrêter. Le Primarque des Ultramarines tenait la Tablette de données avec des doigts qui auraient pu écraser de la pierre. Il lut le communiqué fragmenté vingt, trente fois en considérant son importance et son impact potentiel. Une annotation de l’Astropathe Senioris déclarait que le psyker émetteur - ou les psykers, la marge admettait être incertaine - avait sûrement péri sous le stress de l’envoi du message. Il y avait de la peur dans l’imagerie. La désorientation. La douleur. Les expéditeurs avaient choisi leur message avec soin, manifestement conscients que leur sens pouvait être altérés. Les yeux de Guilliman parcoururent le fichier joint détaillant la progression du message, de la sous-station au vaisseau balise, puis à l’intercepteur accidentel, au cours de son douloureux voyage à travers près de la moitié de la galaxie. Guilliman considéra l’avis de l’Astropathe Senioris selon lequel le message semblait étonnamment exempt de toute souillure alors qu’il réabsorbait les fragments. « Nephilim, » murmura-t-il alors que son esprit s’emballait. « L’empyrée se paralyse. Une anomalie croissante. Des structures Xenos, une présence unificatrice. La foi. » Guilliman s’arrêta. Il y avait encore ce mot, celui qui avait attiré son attention lorsqu’il l’avait lu pour la première fois. Il savait quel genre d’homme il avait placé à la tête du Groupe de Combat Kallides, sa mémoire instantanée lui fournissant les détails personnels du maître de groupe Marran, un homme têtu, pieux et compétent. Le Primarque aurait été prompt à rejeter les notions trop religieuses d’autres personnes moins zélées, mais il était certain que Marran avait un très grand sang-froid. Marran ne se contenterait pas d’utiliser un tel langage de façon inutile envers le Seigneur Commandant. Le Primarque tendit la main droite et entra un code d’accès complexe sur des runes d’activation hololithiques, ses yeux ne quittant pas la Tablette de Données qu’il tenait dans l’autre main. Dans des projections de lumière chatoyantes au-dessus de son bureau, des centaines de rapports apparurent soudain, détaillant des rumeurs, des disparitions, des vides anormaux et des puits de silence. Il s’agissait d’un ensemble de données disparates provenant de toute la galaxie, qui semblaient n’avoir aucun lien entre elles et qui avaient été ignorées et englouties dans le bourbier de la bureaucratie impériale. Plus maintenant, jura-t-il intérieurement. Guilliman baissa les yeux vers la Tablette de Données qu’il tenait dans sa main gauche. Une fissure de l’épaisseur d’un cheveu était apparue dans le revêtement d’Obsidianite sous son pouce. Intérieurement, le Primarque rageait de ne pas voir la fin de ce qui se passait. Le fait que les ramifications lui échappent jusqu’à présent était un avertissement qui ne pouvait être ignoré, pas même pour la menace qui se dégageait de la Grande Faille. Il avait envoyé un homme valeureux pour découvrir le mal dans l’Anomalie Nephilim. Guilliman ne pouvait pas, en toute conscience, envoyer aveuglément d’autres personnes dans ce qu’il percevait maintenant comme une guerre nécessitant son intervention personnelle. Le Fils Vengeur activa le vox inter-navires, ordonnant de nouveaux caps vers le Sous-Secteur Nephilim.[10] |
Les Armées de l'Anomalie
Les forces dynastiques disparates qui défendaient la matrice nodale contra-immatéréenne comprenaient de nombreuses légions de Nécrons inébranlables et un grand nombre de vaisseaux tombeaux sophistiqués. Face à eux, le Maître de Groupe Marran déploya un large éventail de forces impériales, dont l’Adeptus Astartes, l’Adepta Sororitas et les régiments de l’Astra Militarum.
Szarekh, le Roi Silencieux, avait des contacts et une influence sur presque toutes les dynasties, bien que l’étendue de son influence soit très variable. Dans certains cas, notamment au sein des légions de sa propre dynastie, Szarekhan, le Roi Silencieux était profondément respecté, et ses forces étaient totalement loyales et dévouées à ses moindres ordres. Parmi les nobles de la plupart des autres dynasties de la région, la majesté du Roi Silencieux était honorée et estimée, mais ce n’est que grâce à sa maîtrise de la politique Nécron - négociations minutieuses, promesses de rétribution ou menaces à la fois voilées et ouvertes - qu’il a pu plier la majorité à sa volonté. Grâce à ces moyens, et à d’autres plus subtils par l’intermédiaire d’agents, Szarekh a contrôlé sa race fragile, s’appuyant sur la puissance martiale et les qualités de général de ses nobles pour repousser les forces impériales sur d’innombrables fronts de guerre individuels. Pendant ce temps, il surveillait l’expansion de cette matrice nodale, mais aussi d’autres aux confins de la galaxie.
Les légions de Nihilakh du Phaëron Shemvokh ont sécurisé de nombreux systèmes dans le sud galactique du Nexus. Les nombreuses machines de guerre, les vaisseaux tombeaux et les vaisseaux moissonneurs de Shemvokh - reflet de sa richesse matérielle - mirent en pièces les immenses emplacements de défense érigés par les Imperial Fists. Les bombardant avec des canons à particules ésotériques depuis l’orbite ou les désintégrant dans des tempêtes d’énergie à courte portée, l’arsenal de Shemvokh a détruit de nombreuses fortifications à Asthan, K’pet et Hnarves. Les contre-attaques de représailles furent déviées par des vagues d’automates Canopteks ou déjouées grâce à l’utilisation astucieuse de rayons de translocation permettant d’éloigner les soldats Nécrons et de les redéployer ailleurs. Shemvokh n’avait pas l’intention de perdre plus de ses légions qu’il n’était absolument nécessaire pour réaliser ses plans d’expansion. Il n’avait pas non plus l’intention de retourner sur le terrain - une fois entièrement réparé - uniquement pour diriger des restes pitoyables.
De nombreuses compagnies indépendantes de Prétoriens du Triarcat, réparties dans la sphère d’influence croissante de la matrice nodale, ont soutenu des dizaines d’assauts contre les armées impériales. Ils ont transmis des informations au Roi Silencieux et au reste du Triarcat, tout en jouant le rôle de hérauts et de conseillers auprès des nobles et des Crypteks. Une importante force de prétoriens accompagnait la Compagnie Scintillante orpheline et son Garde Royal, Zaphet. Szarekh utilisa les puissants guerriers de Zaphet et l’esprit militaire vif du Garde Royal pour intercepter les Sœurs de Bataille à Ig, harceler les flancs des Black Templars à travers les dunes d’Ureshi et assurer l’évacuation du Chronomancien Tchestek ainsi que d’innombrables objets de techno-arcanes. Le Roi Silencieux a rassemblé les compétences militaires, stratégiques et technologiques de ses nobles et des Crypteks comme le majestueux autocrate qu’il était. Non seulement il redonnerait à son peuple la place qui lui revient, mais son peuple serait aussi le témoin de son triomphe.
Dirigeants Nécrons
Szarekh, Le Roi Silencieux
Szarekh et le Triarcat ont tracé un chemin énigmatique à travers la matrice nodale. À de nombreuses reprises, le Roi silencieux est descendu sur le champ de bataille, renforçant les forces de Nécron par sa présence, mais commettant aussi d’incroyables exploits dignes d’un dieu pour rappeler aux nobles observateurs que leur majestueux souverain était parmi eux. À Vordredis, il a abattu les murs de Forge Primus d’un geste de la main. Sur Foi Udelis, il a affronté le Titan Warlord Indomitor, se levant pour faire face au Princeps avant de lancer un rayon actinique de puissance cosmique qui a coupé la machine divine en deux.
Le plus souvent, il voyageait entre les systèmes à bord de sa magnifique Nef de Guerre, faisant la cour aux plus hauts nobles et aux Crypteks les plus sages dans le but d’orienter leurs objectifs divergents. Il tenait également des audiences plus secrètes, pénétrant dans des chambres hyperdimensionnelles privées. Certains Crypteks de Szarekh pensaient qu’il s’entretenait avec des représentants des Technomandrites, l’ancien ordre des Crypteks qui avait contribué à la réalisation des nombreuses matrices nodales. D’autres pensaient qu’il vérifiait l’état des autres matrices nodales, son corps traversant en un instant de vastes fossés interstellaires. D’autres encore pensaient en privé que le Roi Silencieux traitait avec des dynasties et des factions sans honneur dont l’implication, si elle était connue, menacerait les accords qu’il avait établis au sein de l’Anomalie Nephilim.
- Pour plus de détails, voir l’article dédié : Szarekh, le Dernier Roi Silencieux
Tétrarque Neshkafar
Noble puissant et haut placé de la Dynastie Szarekhan, le Tétrarque Neshkafar était un général au mental d’acier et très compétent, bien que méprisé par la plupart des nobles des autres dynasties pour son obéissance servile devant le Roi Silencieux. Le cortex endommagé de Neshkafar lui causait des crises d’hallucinations et accentuait sa folie instinctive et le fait que tout lui était dû, mais il s’est révélé très utile à Légion, menant sans crainte ses légions en personne à une douzaine de reprises pour massacrer les envahisseurs impériaux.
Phaëronne Vordreska
Dernière descendante de la Dynastie Phaten’et, la Phaëronne Vordreska a perdu tous les autres nobles de sa lignée aux mains des Orks lorsque les hordes de Peaux Vertes ont ravagé le monde primordial des Phaten’et, ce qui a gravement affecté sa capacité à prendre des décisions avisées. Alors qu’elle traversait l’Anomalie Nephilim, certains nobles tentèrent d’employer Vordreska comme mercenaire, ainsi que les guerriers et les Factionnaires qui lui restaient.
Illuminor Szeras
Szeras poursuivit ses expériences avec la bénédiction de Szarekh et avec un nouvel enthousiasme. Il avait découvert de nombreuses caches de sujets dignes d’être expérimentés : des exemples d’humanité qui n’étaient apparemment pas affectés par la matrice nodale contra-immatéréenne. Conscient que les Humains évitaient ces êtres et les considéraient comme des Parias, Szeras fut ravi de découvrir qu’ils avaient déjà été enfermés dans la prison fortifiée de Mirador. Au fur et à mesure que la guerre avançait, l’Illuminor concentra ses efforts militaires sur l’ouverture et le pillage de cette forteresse.
- Pour plus de détails, voir l’article dédié : Illuminor Szeras
Trazyn l'Infini
La présence dans l’Anomalie Nephilim de l’Archéoviste des Galeries de Solemnace a été devinée, ou du moins soupçonnée, par un certain nombre de nobles en colère. À ceux qui croyaient l’avoir coincé, Trazyn l’Infini prétendait chercher à capturer la vision des effets du Nexus sur un éventail de sujets humains : la peur rampante, la terreur dévorante, la soumission sans broncher. Les nobles qui osèrent l’emprisonner dans leurs vaisseaux tombes découvrirent rapidement que leurs coffres et leurs chambres avaient perdu des artefacts inestimables et puissants et que leur prisonnier n’était autre qu’un humble sous-fifre de Trazyn.
- Pour plus de détails, voir l’article dédié : Trazyn l'Infini
Les Armées de la Contre-Offensive
Le Maître de Groupe Marran organisa un grand nombre d’armées impériales parmi les forces disparates dont il disposait, tandis que le Groupe de Combat Kallides tentait d’éviter l’extermination par des contre-attaques de précision et des redoutes fortifiées.
Comme tous les Groupes de Combat de la Flotte Primus, Kallides était parti seul de son rassemblement dans le Système Sol, chaque flotte ayant pris des directions différentes. Alors que de nombreux Groupes de Combat avaient été envoyés pour défendre des systèmes ou des régions contre des envahisseurs connus ou récupérer des mondes impériaux déchus, d’autres avaient été affectés par le Primarque à des rôles de réaction et d’investigation, prêts à faire face à des menaces encore inconnues. Le Groupe de Combat Kallides était l’une de ces formations, commandée dans le Sous-Secteur Nephilim pour connaître le sort de ses systèmes et armée de la puissance nécessaire pour écraser les invasions planétaires.
Les difficultés de communication qui auraient paralysé des armées impériales bien plus lourdes ont été surmontées dans une certaine mesure par l’expérience stratégique, la prise de décision autonome et l’adaptation inventive que l’Adeptus Astartes a été capable de mettre en œuvre. La planification claire et minutieuse du Sénéchal Arnulf et du Lieutenant Stornvor était soutenue par l’autorité du Maitre de Groupe Marran. Ses propres rangs de stratèges, de lexanalystes et d’officiers tactiques ont permis aux forces de Kallides d’opérer avec un dynamisme et une détermination inébranlables qui avaient fait défaut lors de leurs tragiques batailles précédentes.
La planification et le déploiement impériaux n’ont pas toujours été exempts d’obstacles. Malgré les efforts du maître de groupe Marran pour contrer les effets insidieux de l’anomalie, la confusion et l’inertie rampante entravaient certaines forces. Il arrivait qu’un commandant reçoive des ordres, mais que leur mise en œuvre soit si lente qu’elle rendait leur groupe de combat virtuellement coupé des plans plus vastes de Marran.
Les effets de l’anomalie Nephilim n’étaient pas seulement de nature directe : il y avait de l’agitation et même de la peur au sein de nombreuses forces opérationnelles, une crainte qui s’était infiltrée dans certaines structures de commandement et qui alimentait le doute et l’antagonisme. Plusieurs officiers de haut rang ont exprimé avec véhémence leurs inquiétudes ou ont présenté des stratégies alternatives aux commandants des Groupes de Combat. Les rivalités politiques et personnelles s’exacerbent. Le maître de groupe Marran s’est efforcé de maintenir les structures de commandement, parfois vacillantes, en faisant preuve d’une détermination sans faille et d’une grande obstination. Il réaffecte les officiers, modifie les ordres de déploiement au moindre signe d’insubordination et va même jusqu’à dissoudre entièrement la Force Opérationnelle VIII, redistribuant les éléments qui la composent à des commandants moins en difficulté.
Des éléments du Groupe de Combat Orphaeus ont été intégrés dans la stratégie du Maître de Groupe Marran de la manière la plus intrinsèque possible. Les forces opérationnelles d’Orphaeus qui avaient bravé la plongée dans l’anomalie Nephilim avaient d’abord terriblement souffert de ses effets. Les commandants de Kallides prirent rapidement des mesures pour réorganiser leurs forces, en veillant à ce que les contingents de Sœurs de Bataille fidèles et les cohortes de Skitarii zélés d’Orphaeus - avec leur plus grande expérience des miasmes spirituels - soient répartis au sein de ses forces opérationnelles. De leur côté, les commandants des forces opérationnelles d’Orphaeus se soumettaient volontiers à l’autorité de Marran. Leur propre maître de groupe était resté à l’extérieur de l’anomalie Nephilim, continuant à mener des campagnes au-delà de ses limites croissantes. En Marran, les commandants voyaient une ancre inébranlable de fiabilité et de santé mentale parmi les horreurs auxquelles ils étaient confrontés, sa propre foi soutenant leurs esprits.
Pendant ce temps, Marran et les capitaines des vaisseaux de guerre du Groupe de Combat tactique Kallides organisaient des flottes de piquet à partir de leurs vaisseaux survivants en orbite au-dessus des mondes en cours de fortification. L’énergie de réserve alimentait des augures à longue portée et d’anciens réseaux de capteurs, reliant des vaisseaux individuels et de petites flottes dans un réseau de surveillance. Face aux effets de l’Anomalie, la confiance dans les Esprits de la Machine de ces technologies n’avait jamais été aussi grande. Une partie importante de la flotte de Marran était également cachée dans le système Lomorr, prête à protéger les chœurs psychiques et leurs gardiens de guerriers religieux si les Nécrons détectaient la tentative du Groupe de Combat d’envoyer son appel à l’aide désespéré.
Forces de l'Imperium Croisade Indomitus, Flotte Primus, Groupe de Combat Kallides
+++ Document Classifié 578116-P +++
- « Mon Seigneur, après avoir lu mon rapport ci-joint sur les événements qui se sont déroulés dans le sous-secteur Nephilim, vous trouverez ci-dessous des notes sur les éléments clés des forces impériales qui, selon mes agents, ont pris part aux combats dans la région provisoirement désignée comme l’"Anomalie Nephilim". De plus amples informations et des listes plus détaillées peuvent être trouvées dans les fichiers 4TT09-Xi et 8Y-VL-22 pour les branches militaires impériales concernées. Les comptes rendus d’autres conflits dans la Zone de Guerre Nephilim - y compris le désastre de Mesmoch, l’Action de Ghezok, l’Ombre Incaldus et la deuxième invasion de Vertigus - se trouvent dans le dossier tertiaire 44//7-K. »
- - Votre humble serviteur, KD.
Astra Militarum
Des centaines de milliers de régiments de l’Astra Militarum provenant de dizaines de mondes ont combattu dans le sous-secteur Nephilim dans le cadre du Groupe de Combat Kallides. Ils allaient des régiments du Death Korps de Krieg aux Troupes d’Assaut Cadiennes disciplinées, en passant par les combattants des tranchées de Baran et les Zélés Reforgés de Regerrin. Cette infanterie a combattu aux côtés de formations blindées dans les Brigades Roussins des Étalons d’Arqites de Krum, les Lanciers Fulgurites et les Divisions de Chasseurs d’Horgovin, toutes aussi infatigables les unes que les autres. Les armées de la plupart des compositions étaient soutenues par des régiments d’artillerie ; ceux de Krieg, Valhalla et Cadia formaient de grandes batteries dans de nombreuses zones de guerre aux côtés des Tonitruants de Yawl et des batteries Skerrites de Vorran, indisciplinées mais redoutablement efficaces. Des listes aussi détaillées que cette aura sinistre me le permet seront présentées ailleurs dans ce rapport, ainsi que des détails sur les auxiliaires abhumains, les escadrons de cavalerie et les compagnies du Militarum Tempestus.
Adeptus Astartes
Le Chapitre des Imperial Fists
Lieutenant Horgek Stornvor
L’Épistolier Edek Thengrest et 4 à 6 autres guerriers du Librarius
Chapelain Vorrstad Gherren et 2 autres membres du Reclusiam
3 sergents vétérans : Varn Choles, Theddan Phall, Doran Galian
250-300 frères de bataille des 3e, 5e, 9e et 10e compagnies
113 véhicules de soutien blindés
Croiseur d’attaque amiral : Barbacane de Défi
Croiseurs d’attaque : L’Endurant de Sol et La Colère du Primarque
7 vaisseaux d’attaque rapide (désignations non reçues en raison de perturbations astropathiques)
Le Chapitre des Black Templars
Sénéchal Reikert Arnulf de la Compagnie de Combat Arnulf
Champion Emrak Krast de la Compagnie de Combat Arnulf
8 Chapelains aux titres disparates
120-175 initiés et néophytes de la Compagnie de Combat Arnulf
35 véhicules de soutien blindés (estimation)
17 vaisseaux de guerre connus, de rôle et de classe variés (tous les documents qui m’ont été transmis ont été perdus lors du décès de mon astropathe en chef).
Adepta Sororitas
Ordre de la Rose Sacrée ....................................14 Commanderies
(Chanoinesse Commandante Ferenika Mysan)
Ordre de Notre Dame des Martyrs ............................7 Préceptoires
(Chanoinesse Préceptrice Kelpeth Mordain)
Ordre de la Rose de Sang....................................4 Préceptoires
(Chanoinesse Préceptrice Yene’sh Shu)
Ordre du Vitrail Brisé ....................................10 Préceptoires
(Chanoinesse Préceptrice Valabrist Beatrik)
Ordre du Verbe Guérisseur..................................87 Sœurs Hospitalières
(Hospitalière Palatine Iridine Voss)
Note : Les forces affiliées aux Ordres Militants bénis de l’Adepta Sororitas se sont révélées impossibles à recenser, même lorsque les conditions empyréennes étaient favorables. Il faut supposer que de nombreux membres ordonnés de l’Adeptus Ministorum et plusieurs milliers de guerriers de la Frateris Militia étaient répartis dans la majeure partie des formations de l’Astra Militarum.
Les Maisons de Chevaliers et les Légions Titaniques
Maison Terryn
18 nobles des Questor Imperialis
Maison Mortan
7 nobles des Questor Imperialis
Legio Castigatum
4 machines divines sous les ordres du Princeps Korran
Les Serres de l'Empereur
À l’exception du Capitaine-Bouclier Xerantius Kaysor Lorentis, je n’ai pu obtenir aucune information précise sur l’Adeptus Custodes ou les Sœurs du Silence.
Suites Personnelles
Mes suites personnelles, mes vaisseaux et mes forces ne seront bien sûr pas détaillés, mais je me sens obligé de les inclure dans ce dossier en raison de mon intervention considérable dans les stratégies du Groupe de Combat Kallides. Cette intervention, qui s’appuie sur des informations de classe Betaris, n’a été possible que grâce au soin apporté à l’élaboration d’une liste de ressources élargie de manière appropriée.
Il convient de noter que ces chiffres provisoires et ces regroupements approximatifs n’ont été rassemblés que récemment, alors que je tente de rejoindre ce qu’il reste du groupement tactique. Parmi ses armées, on trouve des forces des Chapitres Ultramarines et Deathwatch que je n’ai pas mentionnées ici par manque total de données. Je ne sais pas quelles sont les forces qui faisaient autrefois partie de l’effectif du Groupe de Combat mais qui livrent aujourd’hui des batailles inconnues dans des régions isolées de l’Anomalie, incapables de faire des sauts dans le Warp pour s’enfuir.
Les Briseurs de Silence
Sauf dans le vide, où les vaisseaux de guerre monolithiques de la Navis Imperialis affrontaient les vaisseaux sinistres des Nécrons, les campagnes du Groupe de Combat Kallides se sont déroulées face aux sinistres xenos. Les opérations qui repoussaient sans cesse les limites du contrôle impérial, suivies de renforts immédiats, ont permis d’obtenir des résultats progressifs.
Adeptus Astartes
Les éléments des Imperial Fists du Lieutenant Stornvor provenaient des 2e et 3e compagnies de combat du Chapitre. Avec les cathédrales d’invasion fournies par l’Ordre de Notre Dame des Martyrs, les spécialistes de la guerre de tranchées des 756e et 2 501e régiments de siège de la Death Korps de Krieg, un bataillon d’ingénieurs de combat de Baran et des dizaines d’autres formations blindées, Stornvor a incorporé les forces sous son commandement avec rapidité et précision. En partant des extrémités nord et ouest de la région vers son centre, ses escouades d’Imperial Fists, d’Intercesseurs lourds, de Centurions et de chars de siège lourdement blindés ont pulvérisé les défenseurs Nécrons sur une vingtaine de mondes.
Accompagné de ses escouades de Croisés et de Terminators et soutenu par des vols d’intercepteurs et de chasseurs d’attaque au sol, le Sénéchal Arnulf commandait des éléments de soutien de l’Ordre de Notre-Dame des Martyrs et de l’Ordre de la Rose de Sang, ainsi que des miliciens fanatiques des Frateris Militia et des membres enragés des Cultes de la Mort adorateurs de l’Empereur. Arnulf a dirigé la plupart de ses forces à l’avant-garde des Imperial Fists du Lieutenant Stornvor, sécurisant les mondes sur lesquels les Prétoriens de Dorn élèveraient ensuite leurs édifices fortifiés. Les forces fanatiques combinées ont également effectué des reconnaissances sur des mondes propices à de telles machines ou ont intercepté les forces d’invasion des Nécrons avant qu’elles ne puissent déborder les forces plus lentes sous le commandement de Stornvor.
Guerriers de la Foi
La stratégie consistant à faire appel à la foi des guerriers mortels de l’Imperium partout où ils combattent a vu de plus en plus d’adeptes du Ministorum répandre leur oraison parmi les régiments de la Garde impériale. Les régiments d’infanterie des Reforgés de Regerrin comptaient des prédicateurs parmi leurs officiers subalternes, qui formulaient leurs ordres sous forme de bénédictions hurlées. Leurs chars de combat portaient des bénédictions griffonnées par leur équipage, et leurs étendards arboraient souvent les uniformes en lambeaux de gardes récemment tués, brandis comme des icônes du glorieux sacrifice au nom du Maître de l’Humanité.
Les commanderies de l’Ordre de la Rose Sacrée, sous la direction de la Chanoinesse Commandante Ferenika Mysan, avaient divisé leurs missions. Des escouades individuelles de Sœurs de Bataille avançaient aux côtés de Gardes impériaux ébahis et couverts de sang, des habitants de Mondes Ruches miteux aux chasseurs de têtes sauvages, parés de bibelots pillés dans les ruines des Nécrons à la place des scalps charnus qu’ils arrachaient normalement à leurs ennemis.
Dirigeants du Groupe de Combat Kallides
Maître de Groupe Marran
La foi du "Grox Taureau" du Groupe de Combat Kallides a été mise à rude épreuve au cours de la longue et sanglante route qui l’a mené au point de rassemblement du Groupe de Combat. À certains moments, le maître de groupe s’est demandé s’il serait capable d’honorer son vœu envers le Primarque. Le désespoir l’avait poussé à lancer ses armées au combat contre les Nécrons à maintes reprises, persuadé qu’il avait pris la mesure de son ennemi Xenos et que l’Empereur-Dieu récompenserait son commandement astucieux par la victoire. La foi s’est avérée être la clé de la résistance au Nexus du Paria, mais il cherche toujours une réponse à ce qui est nécessaire pour le démanteler.
- Pour plus de détails, voir l’article dédié : Kaspar Marius Todoric Marran
Sénéchal Arnulf
Le colérique Reikert Arnulf incarnait la haine viscérale des Black Templars envers les hérétiques, les mutants, les sorciers et les Xenos. Dans l’Anomalie Nephilim, il a vu des exemples de tout ce qu’il méprisait travailler à subvertir le royaume de l’Empereur-Dieu. Pour Arnulf, la technologie arcanique censée étouffer le pouvoir psychique n’était qu’une autre forme de sorcellerie. Elle était associée au Warp, déclarait-il, et devait donc être détestée et éliminée comme toutes les effusions de sorcellerie.
Lieutenant Stornvor
L’établissement des géodes astérotechniques par le lieutenant Stornvor a jeté les bases d’une stratégie d’attaque et de défense solide et imbriquée, et a redonné espoir et vigueur au Groupe de Combat Kallides. Stornvor a étudié avec passion les nombreux traités de son Primarque sur l’architecture métaphysique de la guerre. Il avait un œil méticuleux pour les détails qui affectaient les fronts de bataille couvrant des systèmes entiers. Son perfectionnisme et son attitude sévère étaient réprimés dans ses entretiens avec les commandants non augmentés, car il leur enseignait les détails de son plan.
Dame Inquisitrice Draxus
Enquêtrice de haut rang de l’Ordo Xenos, une chasseresse d’extraterrestres, Kyria Draxus a passé de longues années à effectuer des missions dangereuses pour comprendre ses proies Nécrons. Considérée comme une radicale par ses pairs en raison de l’utilisation qu’elle fait des contacts d’autres espèces, Kyria Draxus n’en a pas moins pesé chaque plan d’action avec logique et prudence. Ses décennies de labeur pour découvrir les stratégies et les faiblesses des Nécrons ont enfin porté leurs fruits dans le sous-secteur Nephilim. Quelle que soit la profondeur dans laquelle Draxus s’enfonçait pour trouver des réponses, elle était persuadée que le jugement de l’Empereur lui donnerait raison.[11]
- Pour plus de détails, voir l’article dédié : Kyria Draxus
Les Xénos dans le Nexus du Paria
Des factions extraterrestres cherchent à tirer profit de la guerre dans le Secteur Nephilim. Un conflit dévastateur fait rage dans les limites du Secteur Nephilim. Les forces impériales et Nécrons s’affrontent dans des villes abandonnées, à l’ombre d’immenses pylônes de Sombreroche. Mais ces belligérants ne sont pas les seules factions à convoiter ce Nexus paria, car d’autres espionnent les combats pour y trouver des opportunités.
La guerre qui fait rage dans l’anomalie Nephilim oppose trois factions principales : les forces impériales combinées des Groupes de Combat Kallides et Orphaeus ; les Nécrons qui ont prêté allégeance à Szarekh, le Roi Silencieux ; et les légions d’Imotekh le Seigneur des Tempêtes, Phaëron de la Dynastie Sautekh. Alors que les forces impériales cherchent à détruire la source du miasme inertiel qui enveloppe le Nexus du Paria, Szarekh voit ses forces divisées entre la lutte contre les humains étonnamment tenaces et la résistance contre Imotekh et ses dynasties vassales. Les trois factions se livrent une guerre sans merci, déployant des technologies terrifiantes et des créatures arcaniques, mais d’autres sont entraînées dans la violence ou cherchent à exploiter le conflit et doivent elles-mêmes faire face aux terribles effets du Suspens.
Les Rangers d'Alaitoc
Parmi tous les ennemis des Nécrons, aucun n’est plus acharné que les Aeldaris. Il y a d’innombrables éons, leur ascension au pouvoir fut l’un des principaux facteurs qui contraignirent les Nécrons à entrer en hibernation. La chute de leur empire stellaire réduisit les Aeldaris à une espèce divisée et mourante, ne disposant plus que d’une fraction de leur puissance d’antan. Ceux qui subsistent, notamment les Asuryanis des Vaisseaux-Mondes Aeldaris, ont conservé la connaissance héritée du conflit galactique connu sous le nom de Guerre Céleste et des batailles acharnées livrées contre les Nécrons. Les Aeldaris nourrissent donc une haine tenace envers leurs ennemis les plus anciens.
Au sein des Asuryanis, ceux du Vaisseau-Monde d'Alaitoc sont peut-être les plus déterminés à s’opposer aux Nécrons. Ils cherchent depuis longtemps à empêcher la résurgence de leurs anciens ennemis, et leurs Errants ont consacré beaucoup de temps et de ressources à surveiller et, dans la mesure du possible, à éliminer les Nécrons. Le réveil accéléré des Nécrons n’est pas passé inaperçu chez les Asuryanis, et les répercussions du retour du Roi Silencieux ont été perçues par les Grands Prophètes aux quatre coins de la galaxie. C’est Ylocu Shaie d’Alaitoc qui a scruté l’immaterium et deviné, à partir de ses brins entrelacés, la Prophétie de l’Éveil de la Ruine. Elle seule a évoqué la Mer des Étoiles Mortes et, au milieu de la toile enchevêtrée du destin, a prévu une nouvelle menace pour la structure même de la réalité. L’émergence progressive de plusieurs anomalies empyriques croissantes dans des régions connues pour abriter des mondes-nécropoles Nécrons a prouvé que les avertissements prophétiques de Shaie étaient fondés. Ainsi, des éléments du vaste réseau de Rangers et de Coureurs Mirages d’Alaitoc se sont mobilisés et déployés dans ces régions touchées. Les Grands Prophètes d’Alaitoc espéraient que ces agents deviendraient les yeux d’Alaitoc dans ces régions psychiquement impénétrables et détermineraient le véritable niveau de menace qu’elles représentaient.
D’un monde à l’autre, les Rangers d’Alaitoc rencontrèrent des scènes de dévastation similaires. Des civilisations humaines entières semblaient s’être simplement effondrées. Les populations des colonies étaient soit absentes, soit immobiles là où elles étaient tombées, les yeux aveugles fixant le vide, les corps se consumant lentement. Les Rangers souffraient eux aussi énormément des effets paralysants des Nexus du Paria. Le Suspens, comme l’appellent les Humains, s’avéra encore plus dévastateur pour les Aeldaris, car ceux-ci ont un lien beaucoup plus prononcé avec l’immaterium que les Humains et trouvaient donc les énergies débilitantes encore plus pesantes sur leur âme. De nombreux Rangers furent vaincus, sombrant à une vitesse effrayante dans un état second dont ils ne pouvaient être tirés. D’autres effets secondaires horribles de la matrice contra-empyréenne se manifestèrent de manière plus subtile, provoquant chez les victimes des hallucinations d’entités démoniaques qui s’ébattraient, des symptômes de paranoïa et, finalement, une perte totale du sens de la réalité. De nombreux Errants furent contraints de battre en retraite et d’entreprendre le long voyage de retour vers Alaitoc afin de soigner leurs camarades atteints. Seuls les plus disciplinés réussirent à repousser suffisamment longtemps les effets du Suspens pour pouvoir rendre leur rapport de mission à leur Vaisseau-Monde. Cependant, aucun d’entre eux ne fut totalement épargné. Ils constatèrent que leur équipement psycho-réactif était affecté par l’aura qui atténuait le Warp. Les systèmes de visée des fusils longs et autres équipements activés par la psychique fonctionnaient mal, et plus inquiétant encore, les Pierres-Esprits ne fonctionnaient pas correctement. Normalement, ces pierres, portées par la grande majorité des Asuryanis, capturent l’esprit de leur porteur à sa mort, garantissant que son essence reste hors de portée de Slaanesh et puisse être renvoyée dans le Circuit d'Infinité de leur Vaisseau-Monde. Cependant, dans les limites de la matrice nodale des Nécrons, ce processus semblait perturbé. Les Pierres-Esprits recueillies sur ceux qui sont tombés dans les Nexus du Paria ont perdu leur éclat habituel. Elles sont désormais laiteuses et ternes, et dégagent une aura de léthargie et de chagrin. Les voyants qui ont examiné les pierres contaminées parlent d’un vide à l’intérieur, comme si les énergies contra-empyrénne des Nexus du Paria affectaient autant les esprits des morts que ceux des vivants. Aucun des esprits contenus dans ces pierres corrompues n’a encore été renvoyé dans le Circuit d’Infinité d’Alaitoc, de peur que le malaise spirituel ne se propage au cœur du Vaisseau-Monde.
Malgré les dangers spirituels et physiques auxquels ils sont confrontés dans l’Anomalie Nephilim, les Rangers d’Alaitoc ont continué à explorer ces régions au nom de leur Vaisseau-Monde. En réponse aux informations qui leur ont été transmises, les Grand Prophètes d’Alaitoc ont décidé de manipuler le conflit à distance plutôt que d’engager leurs forces dans une bataille dans des conditions défavorables. Conscients que la lutte de l’humanité contre les Nécrons correspond pour une fois à leurs propres objectifs, les dirigeants d’Alaitoc ont mis de côté leur mépris pour les mon-keigh - comme ils appellent les humains - et ont autorisé plusieurs frappes clandestines contre les Nécrons afin de soulager la pression qui pèse sur les forces assiégées de l’Imperium. Refusant de déployer des forces en masse et de risquer de les perdre au profit du Suspens, les Alaitoc préfèrent mener des assauts chirurgicaux, leurs forces frappant via les portails de Toile avant de se retirer avant que les effets du Suspens ne deviennent trop sévères. Le plus éminent des Rangers des Vaisseaux-Mondes, Illic Lance de Nuit, a été particulièrement actif dans cette région. À l’instigation de Ylocu Shaie, Lance de Nuit cherche à intensifier le conflit entre Imotekh et le Roi Silencieux par des actes d’assassinat, de désinformation et de sabotage.
Une Mekstravagance sans Précédent
Peu d’êtres sensibles ont été épargnés par les effets de la matrice nodale des Nécrons. Même les Orks, dont la résistance physique et psychologique innée les rend immunisés contre de nombreux maux, ont montré un comportement aberrant que certains observateurs humains et Nécrons attribuent à l’Anomalie Nephilim. Avant l’activation du réseau de pylônes Nécrons, les Orks de la Waaagh! Smashakrak avaient mené des attaques sur la bordure sud-est du secteur Nephilim et s’étaient comportés de manière typiquement orque. Ils avaient rassemblé d’énormes hordes sous la direction des Boss de Guerre les plus grands et les plus agressifs, puis s’étaient lancés dans des assauts brutaux et directs, comptant sur leur nombre écrasant et leur férocité pour écraser les forces Nécrons et impériales.
À mesure que la matrice nodale continuait de s’étendre, enveloppant les systèmes dans lesquels les Orks combattaient, leurs hordes remportaient de plus grands succès, balayant des mondes dont les populations commençaient déjà à ressentir les effets du Suspens. Cependant, plus ils s’enfonçaient dans le Secteur Nephilim, moins ils rencontraient d’ennemis. Les Orks, avides de combat, ne trouvaient que des poches de résistance isolées sur lesquelles déverser leur agressivité. La plupart des mondes qu’ils envahissaient avaient depuis longtemps succombé au Suspens, ne laissant que peu d’Humains capables de leur opposer une résistance digne de ce nom. D’autres batailles opposèrent les Orks et les Nécrons, mais l’élan de l’invasion Ork avait déjà commencé à faiblir. Les forces Ork commencèrent à se disperser et à se livrer à des luttes intestines, tandis que l’afflux continu de nouvelles troupes qui avait marqué les premières phases de l’invasion commençait à ralentir. Les Crypteks Nécrons qui observaient les effets de la matrice nodale émirent l’hypothèse que son aura affectait les Orks en inhibant l’aura gestalt de la Waaagh! Alors qu’autrefois un seul Ork pouvait, grâce à sa force et à sa brutalité, rassembler une vaste armée, les Boss de Guerre avaient désormais du mal à contrôler plus d’une poignée de guerriers. Cependant, alors que la Waaagh! Smashakrak commençait à s’effondrer, certains Orks virent une opportunité dans les mondes silencieux de l’Anomalie Nephilim.
Alors que les luttes intestines et les luttes de pouvoir faisaient rage autour d’eux, les Mékanos et les Gros Meks les plus doués technologiquement trouvèrent des technologies abandonnées et des factorums vides à profusion. Tout comme le Suspens avait divisé la Waaagh!, une vague d’innovations spontanées se répandit dans l’esprit de ces inventeurs maniaques. Laissant la majorité de leurs compagnons Orks à leurs luttes intestines, les Meks passèrent au crible les trésors mécaniques abandonnés par l’Humanité. Sur le Monde Industriel de Lokk, Grugokk Vromblitz, un Mek particulièrement réputé parmi sa tribu, a forgé des monstres à chenilles à partir des vaisseaux spatiaux écrasés, des chars de combat abandonnés et des générateurs de plasma de l’humanité. Il les a équipés d’un arsenal d’armes que lui et ses serviteurs Grots avaient récupérées et altérées selon ses spécifications démentielles. Il les a ensuite retournées contre ses rivaux Mékanos, réduisant ceux qui se mettaient en travers de son chemin à des taches de sang avec des Kanons Zzap gigantesques, des Kanons Pulvérizateurs et d’autres armes délirantes. D’autres Meks ont également fabriqué des machines de guerre monstrueuses et les ont retournées contre leurs adversaires. L’utilisation croissante d’armes apocalyptiques cauchemardesques entre les Technoprêtres de l’Adeptus Mechanicus et les Crypteks Nécrons dans l’Anomalie Nephilim n’a fait qu’inspirer les Meks Orks fous qui en sont témoins à forger leurs propres armes dévastatrices. Avec les ressources abondantes abandonnées dans tout le secteur Nephilim, il semble que seules l’imagination de leurs concepteurs limite ces armes. Des Krach'Bulles de taille colossale et au potentiel destructeur montés sur des astéroïdes, des Kanons Trakteurs capables de manipuler la gravité et de projeter des lunes et d’autres corps célestes hors de leur orbite, et des Téla-Tépulas surdimensionnés ayant le pouvoir de transporter des armées entières : ces dispositifs, parmi d’autres, ajoutent leur terrible puissance au conflit.
L’un des Ork Meks les plus intimidants du secteur Nephilim, Grugokk Vromblitz, a réussi à rallier plusieurs bandes à sa cause et a attaqué le monde carrière d’Alkhiron. À l’insu de Vromblitz, Alkhiron abritait de riches gisements de Noctilithe exploités par des Servitors et des prisonniers supervisés par des Technoprêtres. La petite colonie n’était défendue que par une garnison de soldats de l’Astra Militarum, ce qui la rendait vulnérable à la force hâtivement rassemblée par Vromblitz. Après avoir submergé les défenseurs impériaux lors d’une invasion rapide et sanglante, Vromblitz posa pour la première fois les yeux sur la Sombreroche. Il comprit immédiatement que cette roche lisse et noire renfermait un grand pouvoir, et une inspiration fulgurante traversa son esprit. Après avoir saccagé les installations minières baignées de sang et s’être emparé d’une grande quantité de pierre d’un noir d’ébène, Vromblitz entreprit de l’incorporer dans les mécanismes internes des Champs Énergétiques, guidé par des visions qu’il ne voulait pas reconnaître, et encore moins expliquer. Il monta ces mécanismes imprégnés de pierre noire sur des véhicules, des marcheurs, des Squigs et des Armures Énergétiques. Les Champs Énergétiques ainsi créés semblaient restaurer l’agressivité naturelle des Orks à proximité, ravivant la Waaagh! qui s’était affaibli depuis leur entrée dans le Nexus du Paria. Renforcé par ces totems de Sombreroche chargés d’énergie positive, le pouvoir collectif de la Waaagh! semblait reprendre de l’ampleur, même si cela se limitait aux limites de ces Champs Énergétiques instables et crépitants. Les créations de Vromblitz supprimant les effets de la matrice nodale, du moins au niveau local, les Orks ont lancé une nouvelle vague d’attaques contre les territoires des Nécrons et des Humains, cherchant à s’emparer de plus de Noctilithe, à améliorer leur technologie et à rallier à leur cause davantage d’Orks désorientés.
Mercenaires et Récupérateurs Cognats
Planète : Vhirago |
Les Cognats sont une espèce opportuniste qui n’hésite pas à exploiter les tragédies et les effusions de sang pour le bien de la Cognation et de la Ligue. Cette attitude leur a permis de prospérer au cœur de la galaxie pendant des millénaires et leur permet de survivre et de prospérer même face à des événements galactiques catastrophiques. Le conflit qui fait rage dans le secteur Nephilim offre aux Ligues rivales l’occasion de récolter des ressources brutes, de forger des alliances et de régler leurs comptes. Au tout début, après l’ouverture de la Grande Faille et avant l’activation de la matrice nodale des Nécrons, la puissance militaire écrasante de l’Imperium empêchait toute implantation durable dans le secteur Nephilim, et les activités des Cognats dans cette région de la galaxie se limitaient à des missions de reconnaissance et d’exploitation minière à petite échelle. L’apparition soudaine des Nécrons et de leurs pylônes arcaniques dans la région, associée aux effets inattendus et mal compris du Suspens sur la population humaine, a offert une opportunité inespérée d’enrichissement aux pionniers les plus audacieux et les plus ambitieux des Cognats. Avec les populations humaines en proie à un malaise débilitant et la capacité des armées impériales à communiquer et à se déplacer sévèrement entravée, l’incapacité de l’Imperium à empêcher les Cognats de s’emparer des ressources brutes constituait une faiblesse à exploiter.
La matrice nodale des Nécrons a un effet moindre sur la majorité des Cognats, dont les âmes brillent beaucoup moins dans l’immaterium et sont endurcies contre les afflictions spirituelles. Bien qu’ils ne soient pas immunisés contre le voile débilitant de la matrice nodale et que certains aient souffert d’une fatigue extrême s’ils y ont été exposés trop longtemps, aucun cas de Cognat succombant complètement au Suspens de la même manière que la population humaine du secteur Nephilim n’a encore été enregistré. La nature des voyages Warp des Cognats, qui reposent sur des plongées Warp plus courtes et plus précises, signifie que la capacité de leurs vaisseaux à traverser l’Anomalie Nephilim est moins entravée que celle des vaisseaux humains ou Ork. Ainsi, les explorateurs stoïques Hernkog ont passé beaucoup de temps dans cette région. Leurs colossaux vaisseaux miniers ont dépouillé les champs d’astéroïdes, les lunes et les mondes impériaux à moitié abandonnés de leurs richesses matérielles. Les Prospections Hernkog s’intéressent particulièrement à la prépondérance de la Sombreroche, dont les propriétés sont connues depuis longtemps par les Brôkhyrs de nombreuses guildes. Les Cognats ont trouvé de nombreuses utilisations à ce matériau, et les Brôkhyrs de nombreuses ligues l’ont intégré à la technologie de barrière utilisée par leurs Grimnyr, dotés de pouvoirs psychiques. La recherche effrénée de la Sombreroche par les Nécrons et les Humains a incité les Hernkog à localiser, marquer et faciliter l’extraction d’autant de ce matériau convoité que possible.
Les Nécrons, cependant, ne sont pas disposés à céder une ressource aussi précieuse aux Cognats sans se battre. Une coalition de ligues alliées, menée par Kâhl Narôkk des Législatures d'Urani-Surtr, a attaqué les Nécrons de la Dynastie Hotekh, vassale du puissant Szarekhan, dans un conflit à grande échelle pour le contrôle des gisements de Sombreroche du système Ulbar. C’est là que les Cognats ont découvert pour la première fois l’un des pylônes vertigineux des Nécrons émergeant de la croûte de la planète Khethrok, monde primordiale de la Dynastie Hotekh. Les combats qui ont suivi ont vu les Nécrons appeler des renforts pour protéger la structure. Narôkk, qui a l’habitude de combattre les Nécrons de la Dynastie Samnokh dans les territoires centraux de son clan, a décidé que les précieuses ressources naturelles de Khethrok, y compris la Sombreroche, justifiaient une campagne prolongée contre un ennemi nécron déterminé.
Coteries et Kabales
Partout où les chemins sinueux de la Toile croisent la réalité, les Drukharis de Commorragh émergent de cette Cité Noire pour infliger des souffrances atroces aux imprudents. Le secteur Nephilim souffre depuis longtemps des attaques de ces pillards cruels, car c’est une région peuplée et riche en proies de choix. En effet, avant l’ouverture de la Grande Faille, ces pirates Aeldaris - comme on appelait les Drukharis - étaient considérés par les officiers du commandement impérial du secteur comme l’une des principales menaces pour les colonies de la région. La Kabale de la Haine Ultime entretenait des relations étroites avec les Corsaires Aeldaris connus sous le nom du Cadre de la Nuit, qui opéraient dans les récifs gravitationnels, les nébuleuses et les champs d’astéroïdes le long de la bordure occidentale du secteur Nephilim. La Haine Ultime échangeait régulièrement des armes et des trésors ésotériques avec les Corsaires en échange d’informations sur les mondes humains faiblement défendus qui pourraient s’avérer vulnérables aux assauts dans l’espace réel. Puis vinrent les Nécrons.
L’apparition soudaine de la matrice contra-empyréenne des Nécrons affecta les Drukharis pris dans ses limites. Comme tous les Aeldaris, les Drukharis sont dotés - ou damnés - d’une sensibilité psychique latente. Cependant, leur peur abjecte de Slaanesh a poussé les habitants de la Cité Crépusculaire à réprimer ces capacités de peur d’attirer l’attention de Celle qui a Soif. Les pillards kabalites de la Haine Ultime ont d’abord pensé que les effets du Suspens pourraient être bénéfiques à leur cause, reconnaissant que ses effets de suppression du Warp réduisaient considérablement le risque que les démons de Slaanesh franchissent le voile pour chasser leurs proies Drukharis. Si les Nexus du Paria semblaient au premier abord être des refuges potentiels au-delà de la Toile, il s’est rapidement avéré qu’il y avait un prix à payer.
Pour empêcher leurs âmes d’être lentement consumées par Slaanesh, tous les Drukharis doivent se régénérer en absorbant la douleur et les tourments des autres. Habituellement, leurs assauts vicieux dans l’espace réel leur offrent l’occasion de se repaître des souffrances d’autrui. Cependant, l’aura débilitante du Nexus du Paria a pour effet de diminuer les réactions physiques et émotionnelles de leurs victimes, inhibant ainsi la capacité des pillards eux-mêmes à tirer leur subsistance de la torture et de la mort. La terreur délicieuse et la douleur malsaine qui nourrissent les pillards comorrites sont considérablement diluées, rendant même les morts les plus atroces et les plus horribles insatisfaisantes.
Alors que la Haine Ultime et les Cultes Cérastes de la Langue Fourchue et de la Lame Maudite trouvent des rendements de plus en plus faibles dans les régions Suspendues du secteur Nephilim, d’autres factions Drukharis trouvent leur propre moyen d’exploiter la situation. Les Hémoncules du Dard d’Ébène et les Prophètes Charnels se sont lancés dans de nouvelles aventures au sein du Nexus. L’opportunité de récolter des victimes suspendues, tant humaines qu’animales, est une occasion à ne pas manquer. Ainsi, à bord de vaisseaux de pillages, les Hémoncules continuent de mener régulièrement des expéditions de moissonnages au cœur du Nexus du Paria, rassemblant des humains suspendues et d’autres créatures sensibles, et réduisant leur chair en ingrédients bouillonnants pour leur prochaine série de créations monstrueuses. Ces activités ont mis les Drukharis en conflit avec les Nécrons. L’Illuminor Szeras, dont les expériences macabres nécessitent les corps immobilisés d’êtres sentients, en est venu à considérer les Drukharis comme des voleurs qui entravent son travail et a décidé d’utiliser une partie de son intelligence pour éliminer cette menace. Les systèmes situés à la frontière sud-est de l’Anomalie Nephilim sont devenus le théâtre d’escarmouches constantes entre les forces déjà surexploitées de la Dynastie Szarekhan et les monstruosités de chair et d’os mises en scène par les Hémoncule Drukharis, les deux factions se disputant le droit de disséquer, torturer et asservir les restes de la population humaine.[12]
Les Légions du Chaos s'Enfoncent dans l'Anomalie
Une guerre de terreur mécanique et spirituelle rappelant l’horreur du Moyen-Age Technologique embrase l’Anomalie Nephilim. Alors que les armées impériales et nécrons déploient des armes dévastatrices, les forces du Chaos sont repoussés par la matrice contre-empyréenne xéno constituée de pylône de Sombreroche.
La matière appelée Sombreroche est bien connue des agents du Chaos, au moins depuis les ravages de la Guerre Gothique. Abaddon le Fléau a fait les frais des propriétés anti-warp de ce minéral rare, surtout lors de sa confrontation aux pylônes cadiens. Les techno-savants perfides du Mechanicum Noir ont créé des amplificateurs empyréens et les Techmanciens de l’Hereticus Astartes ont élevé toutes sortes de structures en Noctilithe chargée positivement pour galvaniser l’Immaterium. Si l’émergence des Nexus Parias est passé inaperçue aux yeux de l’Imperium pour un temps, certains serviteurs de la Ruine ont deviné depuis longtemps la nature de ces anomalies empyréennes, si ce n’est leur méthode exacte de construction.
Certains oiseaux de mauvais augure voués aux Dieux Sombres affirmèrent que si les Nécrons étendaient leurs matières nodales, le voile entre la réalité et l’Immaterium pourrait être scellé à jamais. Il ne fait aucun doute que les Nexus Parias sont aussi hostiles aux adeptes du Chaos qu’aux citoyens et aux soldats de l’Imperium. Les sorciers de tous bords voient leur capacité à canaliser le warp grandement affectée et les quelques démons capables de se manifester dans le miasme sont très affaiblis. Même l’Hereticus Astartes, qui n’a pas de talent psychique latent, n'est pas immunisé au Suspens. Ceux qui y sont exposés pendant de longues périodes voient leurs réactions transhumaines et leur fureur amère vaciller. Certes, ces limitations n’ont pas empêché les plus ambitieux des Egarés et Damnés de s’aventurer au cœur de l’Anomalie Nephilim. Cependant, seuls les plus ardents fidèles des Dieux Sombres ont montré une résistance durable au Suspens. Des bandes dirigées par des démagogues zélés et des Apôtres Noirs ont réussi à braver l’Anomalie Nephilim. Beaucoup croient que la barrière entre l’Empyrée et la réalité est une épreuve envoyée par leurs divinités maléfiques, et qu’en brisant son emprise sur le Secteur Nephilim, ils s’attireront leur faveur impie.
Agents du Fléaux
Peu de Régions de la galaxie sont hors de portée d’Abaddon. Le Seigneur de la Black Legion reste pragmatique dans son approche de la conquête : ouvrir un nouveau front contre les Nécrons et l’Imperium serait une erreur. Pour l’instant, le Fléau concentre ses efforts dans les régions où il a le dessus, comme le Piège de Nachmund, où la perspective d’une percée dans le domaine d’une Humanité débordée semble de plus en plus probable à chaque cycle.
Si Abaddon n’accorde que peu d’attention au conflit dans l’Anomalie Nephilim, Vashtorr l'Arkifane, son allié occasionnel, cherche une chose qu’il appelle La Crypte. Insensible au Suspens des Nexus Paria, Armoyse, la planète infernale de Vashtorr, a émergé au cœur de l’Anomale Nephilim. Le Roi de la Forge des Âmes partage ses secrets avec peu de mortels, même avec des alliés supposés tels qu’Abaddon. Ainsi, le Fléau a assuré Vashtorr du service des Mangeurs d'Âmes, une bande de la Black Legion sous le commandement du Seigneur Draix, un membre du cercle rapproché d’Abbadon. Alors que ce dernier se consacre désormais au suivi de ses immenses campagnes, Draix et sa bande ont accompagné Armoyse au cœur de l’Anomalie Nephilim et sont chargés de tenir leur Maître de Guerre informé des activités du Démon au sein du Nexus du Paria. Après tout, le Fléau n’est pas resté à la tête de la Black Legion en se fiant aveuglément à ses alliés, mortels ou autres.
Apôtres de l’Apocalypse
Fidèles à leur réputation de dévots suprêmes de l’Hereticus Astartes, les Word Bearers abhorrent l’Anomalie Nephilim. La stupeur contre-empyréenne nimbant la majorité du Sous-Secteur Nephilim entrave à la fois leur sorcellerie Warp et inhibe l’invocation des Démons, les rituels de possession et les autres activités communément pratiquées par les fils de Lorgar. Pourtant, les Word Bearers n’ont pas abandonné leurs intérêts dans les Nexus Parias, y compris dans l’Anomalie Nephilim. Ils comptent dans leurs rangs de nombreux Apôtres Noirs, des démagogues capables d’éveiller une véritable frénésie religieuse chez leurs ouailles. Ainsi inspirés, même des hérétiques non augmentés ont réussi à fonctionner dans la désolation du Sous-Secteur Nephilim. Considérant les effets du Suspens comme une épreuve de foi imposée par leurs Dieux Sombres, nombre d’entre eux ont fait preuve d’une force spirituelle stupéfiante, comparable à celle de l’Adepta Sororitas, qui continue de déconcerter les Nécrons.
L’Apôtre Noir Zakkis Armon emmena une force de ces traitres sur Calathir, un monde de déserts immenses et de jungles étouffantes, situé sur la frange galactique nord-est de l’Anomalie Nephilim. Il y trouva une société déchirée par des luttes, dont la population succombait peu à peu aux ravages du Suspens. L’effondrement qui en résulta entraîna des conflits et des désordres à l’échelle planétaire. Dans leurs tentatives pour juguler le désastre, les habitants de Calathir s’étaient ralliés à tous les démagogues qui promettaient le salut. L’Ecclésiarchie luttait pour maintenir son emprise sur ses fidèles qui, ayant vu nombre de leurs concitoyens sombrer dans une stupeur inéluctable, abandonnaient la foi impériale. Armon exploita le désespoir ambiant, son prosélytisme ralliant des vagues de survivants à sa cause. Il lui suffisait de jouer sur les peurs des citoyens, de les convaincre qu’un Empereur Cadavre indifférent les avait abandonnés. Quelques semaines après son arrivé sur Calathir, Armon attaqua la forteresse du Crédo Impérial. Les masses grouillantes du démagogue se jetèrent sur les canons des défenseurs, piétinant les corps de leurs camarades et massacrant leurs victimes affaiblies. L’effusion de sang culmina lorsque les prêtres furent jetés au bûcher dans le Sermonarium de leur propre Cathedrum.
Depuis, Armon a fait des vestiges de Calathir un monument grotesque à la gloire de ses maîtres démoniaques. Des flèches et des ruines déchiquetées s’élèvent au-dessus d’une ville de cendre où les cadavres se dessèchent sous la morsure flamboyante du soleil. Cette victoire n’a pourtant pas apaisé l’ambition de l’Apôtre Noir. Zakkis Armon a rallié plusieurs bandes de Word Bearers et s’est enfoncé dans le Sous-Secteur Nephilim, se heurtant aux Nécrons de la Dynastie Sautekh et s’attirant les foudres d’Imotekh le Seigneur des Tempêtes. Les émissaires démoniaques de Vashtorr lui proposèrent une alliance avec l’Arkifane afin de convertir l’œuvre des Xenos à leurs propres fins maléfiques.
La Volonté de Tzeench
La curiosité de Fabius Bile ne connaît aucune limite, et le conflit dans l’Anomalie Nephilim l’intéresse beaucoup. Son obsession pour les manipulations génétiques nécessite un afflux constant de cobayes, et les combats anarchiques, couplés aux effets du Suspens, lui offrent l’opportunité de remplir ses laboratoires. Accompagné d’une garde rapprochée de sa création et aidé par des Renégats du Flawless Host, Bile a frappé Restitution, la Planète Chapitrale des Gilded Sons. Située près du centre de l’Anomalie, Restitution avait déjà repoussé plusieurs attaques Nécrons, et les Space Marines avaient atteint les limites de leur endurance transhumaine lorsque les Terata de Fabius ouvrirent une brèche dans leur Forteresse-Monastère. Les serviteurs mutants de Bile, dont la résistance au Suspens avait été renforcée par les infâmes expérimentations de leur maître, massacrèrent les derniers défenseurs et s’enfuirent avec un butin de génogerme pillé dans l’Apothecarion des Gilded Sons. Fabius et ses Terata continuent de hanter les abords de l’Anomalie Nephilim, à l’affut de nouvelles occasions de s’emparer de matières organiques et de réactifs chimiques inestimables, afin de faire progresser son hérésie génétique. |
Magnus le Rouge, Primarque Démon des Thousand Sons, est conscient de l’arrivée d’Armoyse et de la corruption des Monolithes Nécrons par l’Arkifane. Avec ses sorciers, il a entrevu au moins un avenir où Vashtorr s’élèverait au rang de véritable dieu. Selon le Culte de la Prophétie, les écheveaux du destin ont révélé la volonté de Tzeentch et ils se sont lancés dans un entrelacs de complots visant à empêcher l’ascension de l’Arkifane.
Malheureusement pour les Thousand Sons, le Suspens affecte tout particulièrement ceux qui possèdent des pouvoirs psychiques. Les quelques Sorciers ayant bravé un des Nexus du Paria ont vu leurs pouvoirs fortement diminués, leurs esprits et leurs corps affaiblis par une aura inspirant la terreur et l’angoisse, et qui brouille leur prescience. Pour le Culte de la Prophétie en particulier, opérer dans les limites du Secteur Nephilim est une expérience abominable, capable de briser l’esprit du plus puissant des Psykers. Les Marines Rubricae et les Terminators du Scarabée Occulte sur lesquels la Légion s’appuie sont bien plus difficiles à contrôler et à guider dans de telles conditions, monopolisant totalement un Sorcier pour maintenir leur efficacité opérationnelle. Ce problème majeur poussa les Thousand Sons à mobiliser d’antiques automates et serviteurs robotisés, tirés des arsenaux et des imposantes structures pyramidales de Sortiarius et de Prospero, pour les tester dans le creuset de la bataille. Ces machines de guerre, dont beaucoup sont basées sur des modèles d’un âge oublié, antérieur à l’Hérésie d’Horus, ont subi des millénaires de sorcellerie et de manipulations qui ont fusionné le démoniaque, le robotique et l’organique d’une manière follement imaginaire. A présent, les techno-sorciers au service de Magnus ont identifié un nouvel élément permettant de décupler la puissance de leurs créations : la Noctilithe.
Suleyman Khefre, du Culte du Savoir, accompagné d’une force composée d’automates Prospériens et de Marines Rubricae, a été envoyé dans l’Anomalie Nephilim pour récupérer de la Sombreroche et la ramener dans le Système Forzare. Dès son arrivé aux abords de l’Anomalie, le Sorcier a été plongé au milieu du conflit de plus en plus intense entre l’Adeptus Mechanicus et les Dynasties Nécrons. Surveillant les combats, il remarqua diverses terreurs technologiques libérées des cryptes les plus profondes des arsenaux de Mars et d’autres mondes-forges. Voyant là une occasion d’acquérir de nouvelles horreurs robotiques et connaissances auprès de ses ennemis, Khefre pilla les entrepôts des Technoprêtres imprudents et récupéra les restes de leurs serviteurs mécaniques. Avec l’aide de ses Magos Noirs, il a depuis glané nombre de secrets oubliés grâce au butin technologique dont il s’est emparé, avec une cargaison de Noctilithe en prime.
L’Arrivée de l’Arkifane
Le conflit dans le Système Skahren est peut-être la meilleure illustration de la folle course aux armements entre les Crypteks des Dynasties Nécrons et les Technoprêtres de l’Adeptus Mechanicus. Après avoir chassé les Xenos de plusieurs planètes du système, Myrmidominus Gelph, le commandant martien d’une flotte prospective de Sombreroche de l’Adeptus Mechanicus, chercha à établir une tête de pont avant de lancer un assaut sur le pylône de Noctilithe situé sur la Spirale de Skahren. Les Nécrons de la Dynastie Szarekhan et leurs vassaux n’avaient pas l’intention de le laisser atteindre cet objectif, et envoyèrent une armada jugée plus que capable de désintégrer les intrus. Mais c’était sans compter avec une terreur technologique antique que Gelph avait exhumé des cryptes de son Monde-Forge et qu’il déchaîna sur les Xenos, à la grande inquiétude de nombreux membres de sa propre prêtrise. Ce réseau de micro-satellites armés, baptisé Constellation Shivarik par son créateur, causa des ravages aux vaisseaux Nécrons et humains.
Au milieu de ce carnage, la réalité elle-même fut déchirée. Des vagues de force empyréenne surchargèrent les machines des Nécrons et de l’Imperium, et firent exploser les satellites de la Constellation Shivarik. La masse hideuse d’Armoyse s’incrusta dans l’espace en jaillissant dans une éruption de feu warp et d’énergie ectoplasmique. Les humains qui contemplèrent l’apparition distordue d’Armoyse furent saisis d’une peur et d’un dégoût absolus. Même les Crypteks reculèrent devant cette parodie d’invention et d’ingénierie. L’horrible Machine-Monde de Vashtorr était accompagnée de flottes de l’Hereticus Astartes arborant la livrée d’une dizaine de bandes, qui profitèrent de la confusion pour s’abattre sur leurs victimes et les anéantir. Alors qu’Armoyse achevait sa translation, un dernier ouragan empyréen déferla, brisant les machines de guerre martiennes et Nécrons avant de s’écraser contre le pylône de Sombreroche. En un instant, la polarité de la structure fut inversée. Les flots corrupteurs du Warp se déversèrent et balayèrent tout le système comme le sang d’une veine déchirée. Des failles béantes dans la réalité jaillirent des monstruosités de chair et de métal, illuminées par l’effroyable éclat d’Armoyse, leurs mâchoires grandes ouvertes, leurs yeux brûlant d’une faim sans limite.
Armoyse trône désormais au milieu du Système Skahren, immense sphère luminescente de corruption et d’anarchie d’où se déversent les ignobles serviteurs du Maître de la Forge des Âmes. Les objectifs de Vashtorr restent nébuleux, même pour ses alliés les plus fidèles. La prépondérance de la technologie ésotérique déchainée dans le Nexus du Paria a attiré l’attention de l’Arkifane, car dans les immenses soutes des barges d’exploration de l’Adeptus Mechanicus et les armureries des Crypteks, il pourrait trouver toutes sortes de terreurs mécaniques à corrompre. Certains de ses disciples mortels pensent même qu’en démantelant la matrice nodale des Nécrons, l’Arkifane pourrait trouver des indices sur l’emplacement de la Serrure dont Armoyse est la Clé. Jusqu’à présent, Vashtorr semble se contenter de laisser ses sbires frapper les forces Nécrons et impériales, étendant ainsi sa sphère d’influence au cœur de l’Anomalie Nephilim. Le Roi Silencieux observe la masse obscène d’Armoyse à travers les yeux de ses subordonnés et considère la présence de l’Arkifane comme la plus grande menace à l’expansion de l’Anomalie Nephilim. Il a donc déjà chargé ses alliés Technomandrites de trouver un moyen d’éliminer ce défi à son ascension.[13]
Reliques du Nexus du Paria
Reliques d'Artificier
Bâton de Commandement
Fabriqué à partir d’un minerai non identifiable et serti de psychocircuits nanocristallins, cet antique appareil contient les esprits encore actifs des commandants magistraux qui l’ont auparavant brandi. Leurs murmures se déversent dans l’esprit du porteur pour lui fournir des conseils stratégiques précieux tout en grignotant lentement sa santé mentale.
Éclat des Futurs Brisés
Éclat de cristal empyréen poli, cet objet mystérieux permet à son porteur d’y apercevoir de fugaces extraits des futurs possibles, qu’il peut alors chercher à concrétiser ou, au contraire, à empêcher.
Le Grimoire sans Nom
D’aucun prétendent que les origines de cet infâme traité de savoir stratégique interdit seraient infernales. Quel que soit le nom de fois où l’on pensait l’avoir détruit, il finit toujours par refaire surface, sous la forme d’un ouvrage relié en cuir, en remplaçant les informations d’une tablette de données ou en se manifestant spontanément dans l’esprit de son porteur.[14]
Médias Externes
Sources
- Warhammer 40k - Le Fil du Silence
- Codex Nécrons, V9
- White Dwarf N°455 - Zone de Guerre Nexus Paria
- White Dwarf N°456 - Les Batailles du Nexus Paria
- White Dwarf N°457 - Poudrière: Campagne d’Argovon
- White Dwarf N°458 - Poudrière: Système d’Argovon
- White Dwarf N°459 - Poudrière: Système d’Argovon
- White Dwarf N°479 - Poudrière: Nephilim
- White Dwarf N°480 - Poudrière: Nephilim
- White Dwarf N°481 - Poudrière: Nephilim
- White Dwarf N°483 - Poudrière: Nephilim
- White Dwarf N°500 - L'Anomalie Nephilim: Activités Xénos
- White Dwarf N°501 - L'Anomalie Nephilim: Les Forces du Chaos
- White Dwarf N°502 - Croisades du Nexus Paria
- ↑ White Dwarf 455 - Zone de Guerre Nexus Paria
- ↑ White Dwarf N°456 - Les Batailles du Nexus Paria
- ↑ White Dwarf N°457 - Campagne d’Argovon
- ↑ White Dwarf N°458 - Mort sur Hishrea
- ↑ White Dwarf N°458 - L’Apocalypse de Foronika
- ↑ White Dwarf N°459 - Argolish en Flammes
- ↑ White Dwarf N°459 - La Débâcle d’Argovon
- ↑ White Dwarf N°479 - Une Menace Silencieuse
- ↑ White Dwarf N°480 - Un Jugement Royal
- ↑ White Dwarf N°481 - La Brèche Renforcée
- ↑ White Dwarf N°483 - Armées de l'Anomalie
- ↑ White Dwarf N°500 - L'Anomalie Nephilim : Activités Xénos
- ↑ White Dwarf N°501 - L'Anomalie Nephilim : Les Forces du Chaos
- ↑ White Dwarf N°502 - Règles de Croisade - Reliques d’Artificier
- Conflits Adeptus Astartes
- Conflits Adeptus Ministorum
- Conflits Adeptus Mechanicus
- Conflits Adeptus Titanicus
- Conflits Arlequins
- Conflits Asuryanis
- Conflits Astra Militarum
- Conflits Adepta Sororitas
- Conflits Black Legion
- Conflits Black Templars
- Conflits Chevaliers Impériaux
- Conflits Démons du Chaos
- Conflits Drukharis
- Conflits Deathwatch
- Conflits Imperial Fists
- Conflits Inquisition
- Conflits Mechanicum Noir
- Conflits Militarum Tempestus
- Conflits Nécrons
- Conflits Orks
- Conflits Sectes Génovores
- Conflits Space Marines du Chaos
- Conflits Thousand Sons
- Conflits Ultramarines
- Conflits Votann
- Conflits Word Bearers
- Batailles de la Galaxie








