Gorgone : Différence entre versions

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Le trait le plus répugnant des Gorgones n’est peut-être pas leur apparence révulsante ou leur perpétuelle soif de sang, mais le fait qu’ils ont délibérément choisi leur sort. Le psychisme des [[Drukhari]]s est tel qu’au bout de quelques siècles, ils demandent souvent à recevoir une forme autre que celle qu’ils ont reçue à leur naissance, ce bouleversement de leur existence leur permettant d’échapper à l’ennui et de leur faire découvrir de nouvelles expériences particulièrement horribles afin de les savourer. Pour cette raison, un Drukhari qui n’a rien à perdre peut se mettre à la merci d’un Tourmenteur, et émergera de son horrible métamorphose plus effrayant que par le passé.  
 
Le trait le plus répugnant des Gorgones n’est peut-être pas leur apparence révulsante ou leur perpétuelle soif de sang, mais le fait qu’ils ont délibérément choisi leur sort. Le psychisme des [[Drukhari]]s est tel qu’au bout de quelques siècles, ils demandent souvent à recevoir une forme autre que celle qu’ils ont reçue à leur naissance, ce bouleversement de leur existence leur permettant d’échapper à l’ennui et de leur faire découvrir de nouvelles expériences particulièrement horribles afin de les savourer. Pour cette raison, un Drukhari qui n’a rien à perdre peut se mettre à la merci d’un Tourmenteur, et émergera de son horrible métamorphose plus effrayant que par le passé.  
  
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Le sujet auquel Gretius avait été assigné pendait au gibet dans la salle faiblement éclairée. Ses bras étaient placés au-dessus de sa tête, embrochés à la poutre transversale pour prévenir les secousses inutiles.
 
Le sujet auquel Gretius avait été assigné pendait au gibet dans la salle faiblement éclairée. Ses bras étaient placés au-dessus de sa tête, embrochés à la poutre transversale pour prévenir les secousses inutiles.

Version actuelle datée du 16 janvier 2020 à 11:23

Une Gorgone.
Chaque Gorgone est l’incarnation de l’habileté de son maître. Il s’agit d’un individu découpé et remodelé pour devenir un instrument de torture vivant. Masqués et modifiés pour semer la terreur dans le cœur de ceux qu’ils croisent, les Gorgones sont les agents des Tourmenteurs et sont prêts à donner leur vie pour les défendre sur le champ de bataille.

Tout souverain doit s’entourer de serviteurs obéissants, et les Gorgones sont idéalement conçus pour remplir ce rôle. Appelés Hæmacolytes dans certains cercles, leur seule ambition est de servir leur maître, autour de la table d’opération comme sur le champ de bataille. Dans ce but, ils sont physiquement modifiés pour accomplir leur œuvre sanglante. Leurs muscles chirurgicalement améliorés leur accordent une force prodigieuse, et au combat, ils manient tout un arsenal de lames courbes, de fouets empoisonnés, d’aiguillons électriques et de crochets barbelés.

Les Tourmenteurs souffrent tous d’une nette tendance à la mégalomanie et aiment s’entourer de serviteurs pour satisfaire leurs moindres caprices. En fait, la plupart des Tourmenteurs répugnent au labeur physique, qu’ils considèrent comme dégradant. Par conséquent, ce sont les Gorgones qui héritent des corvées. La plupart d’entre eux espèrent un jour transcender leur état actuel : tous sont prêts à subir les pires humiliations dans l’espoir qu’ils pourront rejoindre le cercle des maîtres de la Coterie. On voit souvent dans les oubliettes et les laboratoires des Tourmenteurs une silhouette solitaire penchée sur une table d’opération où repose une victime partiellement disséquée, alors que des Gorgones s’affairent autour d’elle pour accomplir ses moindres désirs.

Les Gorgones se font souvent greffer de lourds gantelets de métal à la place des mains, lesquels peuvent injecter ou absorber les fluides de leurs victimes d’un simple mouvement du poignet, ou être garnis de poison lorsque leur maître prépare un raid dans l’espace réel. Les greffes spinales et les tumeurs charnues sont répandues parmi les rangs des Gorgones et forment souvent de véritables râteliers desquels pendent échantillons et sérums, à portée de main de leur maître. Ils ont également été modifiés pour défendre efficacement leur créateur sur le champ de bataille, ou faire des prisonniers dans les rangs ennemis, toujours dans l’intérêt de leur maître. Les ongles de leurs mains et de leurs pieds sont souvent remplacés par des serres de métal qui crissent sur les dalles et les murs de leur antre, et leur visage est couvert d’un masque, car le concept d’identité n’a pas de place dans l’existence d’un Gorgone. Au quotidien, ils ne portent que les vêtements les plus rudimentaires, souvent un simple tablier maculé sur lequel luisent faiblement les outils de médecine ou de torture.

Le trait le plus répugnant des Gorgones n’est peut-être pas leur apparence révulsante ou leur perpétuelle soif de sang, mais le fait qu’ils ont délibérément choisi leur sort. Le psychisme des Drukharis est tel qu’au bout de quelques siècles, ils demandent souvent à recevoir une forme autre que celle qu’ils ont reçue à leur naissance, ce bouleversement de leur existence leur permettant d’échapper à l’ennui et de leur faire découvrir de nouvelles expériences particulièrement horribles afin de les savourer. Pour cette raison, un Drukhari qui n’a rien à perdre peut se mettre à la merci d’un Tourmenteur, et émergera de son horrible métamorphose plus effrayant que par le passé.

Le sujet auquel Gretius avait été assigné pendait au gibet dans la salle faiblement éclairée. Ses bras étaient placés au-dessus de sa tête, embrochés à la poutre transversale pour prévenir les secousses inutiles.

La peau du visage était rougie et gonflée, ses yeux brillant de la hâte de la transformation qu’il était sur le point d’entreprendre. Gretius se rappela cette même extase qui avait précédé sa propre création.

« Tu seras bientôt mon frère, » fit Gretius en fixant les yeux du sujet. « Je t’apprendrai comment utiliser nos outils afin que le maître ne soit pas contrarié. »

« Oui, frère, » répondit le sujet, la voix emprunte de douleur et d’excitation. « Apprends-moi ton art. »

Gretius étala les outils du Tourmenteur sur la table entre lui et le gibet, les disposant afin que le sujet puisse en distinguer chaque pointe et tranchant.

« Nous utilisons celui-ci pour dépecer, » indiqua Gretius en saisissant une grossière lame incurvée, qu’il retourna pour exposer les dentelures au dos de celle-ci.

« Et nous utilisons cela pour ouvrir les articulations. »

La bouche du sujet se fendit d’un sourire dément.

« Encore. Montre-moi d’autres outils, frère ! »

« Patience, » lâcha Gretius. « Nous devons d’abord terminer notre étude de cet outil. »

Il leva la lame incurvée jusqu’à la chair du sujet et murmura. « Ça va faire très mal. »

Source[modifier]

  • Codex Drukhari, V8