Schisme de Moirae

De Omnis Bibliotheca

Le Nova Terra Interregnum vit l’Ur-Conseil de Nova Terra rejeter l’autorité de l’Adeptus Terra pour régner sur le Segmentum Pacificus. Bien que la démence galopante de l’Interregnum ne causât pas une guerre civile à l’échelle de l’Imperium, l’écho de son instabilité insidieuse se propagea, et ainsi naquit la plus grande menace idéologique pour les Iron Hands depuis l’Hérésie.

Le Schisme de Moirae commença sobrement : un vacillement inexpliqué dans le flux de données d’un Monde-Forge. À peine une picoseconde de plus ou de moins, et nul ne s’en serait rendu compte, à peine moins insignifiant que le battement d’ailes d’une somnophalène. Mais une triade de technomystiques aperçut ces fluctuations et crut y deviner le verbe de l’Omnimessie dans leurs motifs gématriques. De ce bref éclat, ils extrapolèrent des prédictions aux implications apocalyptiques - le destin de l’Humanité contenu dans une infime étincelle. Le temps que l’Inquisition eut vent de cette hérésie, leur "trouvaille" s’était déjà répandue dans les archives cryptées de Moirae comme une peste numérique, exhortant les confréries éparses de l’Adeptus Mechanicus à rejeter le joug de Mars en faveur d’un nouveau culte impérial né d’une fusion avec l’Ecclésiarchie.

Le temps qu’une flotte martienne effaçât Moirae de l’histoire, il était trop tard. La parole hérétique s’était répandue non seulement dans l’Adeptus Mechanicus, mais dans les organes de l’Imperium qui y étaient étroitement associés : les Legios de Titans, les Maisons de Chevaliers… et les Iron Hands.

Les doctrines de Moirae furent rapidement embrassées par une portion significative des Iron Hands, mais aussi de nombre de leurs Chapitres successeurs. Conditionnés pour étreindre la perfection de la logique et la prééminence de la machine, ils étaient des proies faciles pour le Credo de Moirae. Alors que la Compagnie Clanique Raukaan rejeta en bloc ces promesses envoûtantes, le reste du Chapitre ne fit pas montre de cette résistance. Borrgos se convertit presque totalement au Credo de Moirae - sûrement en raison du haut niveau d’implantation augmétique pratiquée par le clan. Les compagnies restantes, notamment Avernii, Haarmek et Vurgaan, subirent une subversion allant d’une poignée de frères à près de la moitié de leurs forces de combat. Rapidement, Medusa se dirigeait vers la guerre civile.

Cogitations Souillées[modifier]

En vérité, le Conseil de Fer avait sa part de responsabilité dans l’évolution de la situation. Alors que des mondes alliés s’entre-déchiraient au nom du Credo de Moirae - et que certains Chapitres successeurs succombaient au fratricide - le Conseil de Fer demeura figé par l’inaction. La logique ne s’encombrait pas de ce qui était, en premier lieu, une question de foi. Pire, certains Révérends de Fer du conseil étaient sensibles à la séduction. Rapidement, un Conseil de Fer dissident se forma dans la Forge de la Gorgone et dénonça la folie placide de ses pairs.

La situation dégénéra lorsque la faction moiraéenne du Chapitre chercha à s’emparer non seulement de la Compagnie Clanique Dorrvok (qui s’était efforcée de ne pas se prononcer jusqu’à présent), mais aussi de ses banques génétiques. Incapables de convertir leurs Frères de Bataille à leur credo, les dissidents tentèrent d’imposer leur foi à un niveau génétique afin que toutes les nouvelles recrues vissent la lumière de Moirae pour ce qu’elle était. Cette folie ne fut déjouée que par l’intervention du Clan Raukaan, qui évacua la Compagnie Clanique Dorrvok et ses banques génétiques vers son propre Hall de Conquête en menaçant de mort quiconque chercherait à s’en prendre à eux.

Les deux factions furent consternées par les actions de la Compagnie Clanique Raukaan qui avaient entraîné une impasse triangulaire menaçant de dégénérer en guerre ouverte. Par chance, l’audace de Raukaan parvint à ramener le Conseil de Fer divisé à la raison pour faire de nouveau front commun - ne fût-ce que pour la survie. Une guerre civile à l’échelle de Medusa n’aurait pas échappé à l’œil vigilant de l’Inquisition, et si le Chapitre souhaitait survivre à son regard, il fallait trouver une issue.

Ne voyant guère d’autre choix, le Conseil de Fer se reforma. Avec le Décret Ecrutis, il imposa une solution imbue de son pragmatisme proverbial. Ceux qui avaient embrassé le Credo de Moirae furent exilés, et rejoints par les Frères de Bataille ainsi bannis des Chapitres successeurs des Iron Hands. Ainsi naquit la confrérie qu’on appellerait plus tard le Chapitre des Sons of Medusa, qui s’accroche aux préceptes survivants de cette foi clivante depuis ce jour, bien que sous une forme embellie.

Le Credo de Moirae ne survécut pas à la chute de Nova Terra. Les Iron Hands et plusieurs de leurs successeurs jouèrent un rôle prépondérant dans sa purge, aspirant à la repentance dans l’annihilation de ceux qui adhéraient à ces pratiques hérétiques. Seuls ceux qui deviendraient les Sons of Medusa furent épargnés par leur colère, car un accord formel garantit dès lors l’absence de conflit entre les Iron Hands et leurs successeurs récalcitrants.

Ce qui avait semé la division dans l’Imperium servait à présent à faire converger les ambitions disparates de Mars, de l’Ecclésiarchie et de l’Inquisition en un point focal qui incinéra toute trace du Credo de Moirae. On estime qu’il en demeure désormais une seule copie immaculée, enfermée au fin fond des cryptes de l’Ordo Hereticus. Ce dernier est certain désormais que ses prédictions - la Chute de Cadia et la formation d’une certaine Cicatrix Maledictum, entre autres - ne menaceront plus jamais d’instabilité l’Imperium.

Source[modifier]

  • Codex Supplement Iron Hands, V8