Sac de Prospero

De Omnis Bibliotheca
« Une fois que les rouages titanesques du destin ont été configurés pour tourner avec brutalité dans une voie désignée, il est trop tard pour ces créatures insignifiantes qui manient des outils de les détourner de leur chemin. Leur sort n’est que de payer le prix sanglant des ambitions de ceux dont les mains reposent sur les commandes, car c’est le sang des hommes qui accélère le passage de l’histoire. »
- Liturgie du Macrotek de Zhao-Arkhad, Stanza 183, Traduit de l’Arkhadadine par la Techna-linguis.[1]

Le Procès du Sorcier

Prospero Brûle !
Le récit de la chute de Prospero commence de nombreuses années avant que le premier tir ne soit tiré suite aux machinations du Maître de Guerre. Au cours des siècles suivants l’Hérésie, ils seront nombreux à demander à ceux ayant vécu les derniers jours de la Grande Croisade et vu le rêve de l’Empereur se briser, sur comment se fait-il qu’Horus ait pu mettre en branle une rébellion si minutieusement planifiée et comment la corruption avait-elle pu se répandre si largement dans les rangs des plus fidèles serviteurs de l’Empereur en si peu de temps, et sans qu’aucun des grands sages et généraux de l’époque ne s’en rende compte ? Comme pour toutes ces questions, la réponse est difficile à comprendre sans avoir traversé cet âge de ténèbres. Rétrospectivement, il suffit de dire que la chute d’Horus ne fut pas aussi immédiate que certains l’affirment, et trouve ses origines sur des influences extérieures. Car bien que l’Empereur ait toujours considéré qu’il était le plus sûr de Ses fils - le premier d’entre eux à avoir été retrouvé, ayant combattu le plus longtemps et lutté avec acharnement à Ses côtés - Horus, malgré toutes ses capacités de commandant, sa personnalité et son charisme incontestable, avait toujours manqué de confiance en lui et faisait preuve d’une grande fierté au cours de ses longues années d’adversité et de lutte.

Comme c’est souvent le cas des histoires écrites de longues années après les événements dont les auteurs se souviennent à peine, le recul nous montre clairement les premières manifestations de mécontentement et de rébellion à travers des actes qui ont marqué le bref règne du Maître de Guerre sur les forces de l’Imperium et même dans les années précédentes.

Le stockage minutieux des munitions et des ressources, le traitement préférentiel accordé aux unités et aux commandants fidèles à Horus, ainsi que l’établissement de pactes commerciaux, de patronages et de traités, ont permis à Horus et aux unités dans lesquelles il plaçait sa plus grande confiance d’opérer sans la surveillance des serviteurs les plus proches de l’Empereur. On pouvait sans aucun doute y voir le travail d’un général sans égal qui cherchait seulement à faire avancer la Grande Croisade, à établir des contingences appropriées et à récompenser ceux qui combattaient durement en son nom. Mais d’autres y verront plus tard des pions idéalement placé pour préparer la plus grande traîtrise que le genre humain ait jamais connue. Même si au début il ne réalisait pas l’ambition qui guidait sa main, Horus avait longtemps planifié son ascension dans les coins les plus sombres de son esprit et ses désirs les plus secrets et non avoués. Cerné par ses actes et sa longue tradition de patronage et d’honneurs militaires, il planta de nombreuses graines qui ne susciteraient aucun soupçon ni ne porteraient leurs fruits toxiques que bien plus tard, lorsque d’autres influences, plus malignes, lui ouvriraient enfin les yeux sur ce qu’il s’était caché à lui-même.

Les preuves issues des archives montrent que de nombreux ordres et édits d’Horus, émis sous son titre légitime de Maître de Guerre, avaient ouverts la voie à la rébellion qui allait plus tard déchirer l’Imperium. Ces preuves présentent une longue séquence d’affectations suicidaires qui ont vu un certain nombre de fières unités de l’Armée Impériale Terranne être brisées et humiliées au cours des dernières années du neuvième siècle de M30, des mandats impériaux émis envers un certain nombre de Maisons de Chevaliers d’une loyauté douteuse, envoyées uniquement par l’intercession directe d’Horus en M31, et des missions à des Légions Space Marines telles que les Dark Angels et les Blood Angels, qui les enverront au-delà des frontières connus, trop loin pour agir lorsque les forces d’Horus frapperont enfin. Pourtant, parmi toutes les tragédies provoquées par Horus contre les guerriers de l’Imperium envoyés sur le chemin de la ruine, il en est une qui se démarque de toutes les autres en matière d’infamie et d’horreur. Pour une fois, le voile du mensonge fut déchiré par la violence à venir. Voici le véritable début de l’Hérésie d’Horus mise à nu, le premier coup dans une guerre encore non déclarée : le meurtre de Prospero.[2]

La Politique de la Croisade

La mort de Prospero est une tragédie composée par plusieurs auteurs. Car si ses conséquences servirent à allumer les feux de l’Hérésie d’Horus et seraient très bénéfiques aux plans d’Horus, son origine vient de la confluence de nombreux péchés. Beaucoup portent une part de culpabilité, notamment parmi les gardiens de Prospero, la XVe Légion, car ils ont joués le double rôle de victime et d’instigateur de leur propre apocalypse.

La Folie de Magnus.
Les membres de la XVe Légion avaient toujours été étrangers à leurs frères. Forgés dans les braises mourantes des Guerres d'Unification de Sol, ils n’étaient pas présents lors des grandes batailles sur l’Ancienne Terra, ni même lors de la reconquête du Système Sol qui façonna leurs frères des autres Légions. Même leur création les distinguaient, choisis par l’Empereur Lui-même et initiés sous le nom de Ses "Thousand Sons", marque de faveur que beaucoup de ceux qui avaient saigné pour leur Empereur en venaient à ressentir comme injustifiée. Au fil du temps, ils ont été réunis avec leur Primarque et la Légion manifesta son héritage occulte et ses tendances mystérieuses. La méfiance qui existait déjà parmi les autres Légions ne fit que s’approfondir et si aucun ne dénonçait ouvertement leur succès lors de la Grande Croisade ou leurs compétences, peu étaient volontiers de leurs côtés que cela soit dans la guerre ou dans la paix. De son côté, la XVe n’avait guère dissipée la méfiance qui la recouvrait. En effet, il est prouvé que tandis que certains des Thousand Sons cherchaient à combler le fossé qui les séparaient des autres Légions, d’autres factions de la XVe semblaient se réjouir de leur infamie et affichaient les pouvoirs qui les distinguaient de leurs frères. Les Thousand Sons ont donc transformé leur nouveau statut de parias en bannière à porter fièrement, ce qui justifiait l’ésotérisme - que beaucoup trouvaient dangereux - et des recherches arcaniques qui consumèrent la Légion et son maître. Ce mécontentement entre les Légions ne ferait que s’aggraver davantage, chaque victoire des Thousand Sons servant à les damner davantage aux yeux de leurs détracteurs, chaque succès étant accompagnés par l’apparition d’une sorcellerie incandescente.[3]

Le Début de la Trahison

Le choc de Nikaea se fit ressentir dans toutes les forces de la Grande Croisade, mais surtout chez les Thousand Sons, ou du moins, il aurait dû l’être. Après le Concile de Nikaea, les Thousand Sons, humiliés, retournèrent se battre dans la Grande Croisade, sauf Magnus qui s’installa dans les grandes bibliothèques de Prospero, travaillant sur un objectif qu’il dissimula à ses frères et même à ses propres fils. Pendant près de trois ans, les guerriers de Prospero poursuivirent les guerres de l’Empereur à la manière des temps anciens, avec Bolter et épée à la main, sans utiliser ouvertement les pouvoirs qu’ils avaient auparavant glorifiés. En dépit de l’absence de Magnus et de la "sorcellerie" qu’il enseignait, de nouvelles campagnes furent menées par les Thousand Sons et nombre de mondes furent amenés à se soumettre à la Conformité durant cette brève période. Nombreux furent ceux à l’époque qui virent dans le succès des dernières actions de la Légion une preuve que la sagesse de l’Empereur portait ses fruits. Au cours des dernières années, cependant, beaucoup affirmèrent que la pratique et l’utilisation des arts psychiques persistaient au sein des Thousand Sons, et que la Légion avait défié l’édit de l’Empereur presque dès le début ; de telles allégations ne peuvent plus être vérifiées et sont de toute manière sans conséquences du fait des actions ultérieures des Thousand Sons.

Quoi qu’il en soit, il est impossible de nier la tragédie qui suivi, bien que le blâme ultime soit le plus difficile à établir, car le Primarque et la Légion, et peut-être même le Maître de l’Humanité, doivent tous en assumer une part de responsabilité.[4]

L'Origine de la Déchéance

Concernant le crime final de Magnus, l’acte qui entraîna la chute de Prospero, il y a peu d’informations réelles qui peuvent maintenant être glanées. La nature intrinsèquement secrète de la XVe Légion et la destruction totale qui a été perpétrée sur Prospero ont beaucoup obscurci le sujet. De plus, l’Empereur et Ses conseillers les plus proches n’ont jamais consigné de tels secrets dans des archives. Ce que l’on sait, c’est que trois ans environ après le Concile de Nikaea, Magnus convoqua la plus grande partie de sa Légion à Prospero, réunissant les plus érudits de ses Capitaines et de ses fils qui exerçaient autrefois les arts interdits. Personne, à l’exception peut-être de l’Empereur Lui-même, ne sait exactement ce qui s’est passé dans les profondeurs des temples de Prospero. Certaines rumeurs parmi les puissants parlent d’un grand rituel mettant à nu la trahison naissante d’Horus ou même d’un pacte conclu entre les Thousand Sons et les terribles habitants du Warp, tandis que d’autres théories parlent d’une tentative erronée de prouver à l’Empereur Son erreur par une démonstration de puissance merveilleuse, ou même de quelque attaque psychique avortée, poignardant le cœur même de l’Imperium.

Il est toutefois de notoriété publique qu’en 004.M31, peu après la convocation des Thousand Sons sur Prospero, le Palais Impérial fut frappé par de graves secousses sismiques et une vague de manifestations non naturelles liée à un désastre psychique à la force cataclysmique. Les avant-postes impériaux des Imperialis Arbites furent submergés par des émeutes spontanées et des rapports sur des phénomènes étranges, des meurtres horribles et d’autres crimes violents, tandis que les réseaux énergétiques étaient surchargés et que les incendies et autres calamités se propageaient. Des sous-secteurs entiers de la métrocologie terrienne furent plongés dans le chaos pendant des jours avant que l’ordre ne soit rétabli. Au total, les ordinators de la Chancellerie Impériale estimèrent le nombre de victimes de ce phénomène et les perturbations civiles qui en résultèrent à des centaines de milliers de personnes. Les travaux de réparation des sections du Palais Impérial ne seront pas complètement achevés avant des années, puis intégrés au programme de fortification stratégique de Dorn avant le grand siège.

Bien qu’aucune condamnation officielle n’ait jamais été prononcée à l’égard des auteurs de cette atrocité, des documents enfouis au fond des archives scellées de Terra montrent que l’Empereur avait publié des édits censurant Magnus quelques heures après son rituel. Que le complexe le plus sûr de Terra et le siège du pouvoir de l’Empereur ait été réduit à un chaos frénétique le jour même où l’un de Ses propres Primarques fut condamné pour utilisation abusive de pouvoirs interdits et convoqué sur Terra pour être jugé n’est pas une coïncidence. On ne peut que deviner sur ce que Magnus le Rouge, le Roi Sorcier de Prospero, aurait pu espérer réaliser par un tel affront envers le Monde Trône, mais ses répercussions ébranlèrent les fondements mêmes de l’Imperium.[5]

Par le Verbe et la Volonté du Maître de l’Humanité, Imperatoris, Terra Regnum,
Il est décrété par la présente que Magnus, Primarque de la XVe Legiones Astartes, soit frappé de censure et tenu par la loi de se tenir devant le Trône Impérial de Terra pour y répondre de ses actes et de ceux de ses descendants.
À cette fin, Leman Russ, Primarque de la VIe Legiones Astartes, est ainsi chargé d’arrêter son frère, par tous les moyens qu’il jugera nécessaire, sans limite de droit, sans sanction ou imposition de pouvoir, jusqu’aux confins de l’univers et jusqu’à la fin des temps.
Ainsi il est écrit, ainsi il en sera fait.[6]

Le Rassemblement de l'Ost

« Une épée n’a qu’un seul usage : elle met fin à des vies. Lorsque vous tirez une épée, vous déchaînez la mort sur le monde. Vous pouvez prétendre brandir vos armes au nom de la paix ou de la justice, mais la mort en est la conséquence inévitable. Une fois déchaînée, elle est rarement facilement satisfaite. »
- Les Admonitions du Roi-Loup, provenant des archives de l’Ordre des Commémorateurs.

Les chœurs astropathiques de Terra étant temporairement perturbés après le maelström psychique qui avait frappé le Palais Impérial, plusieurs semaines se seraient écoulées avant que le jugement prononcé sur Prospero et l’Ordre de Censure publié par l’Empereur ne parvienne à ses deux destinations : Fenris et la Cour de Leman Russ et le Conseil d’Horus, Maître de Guerre de l’Imperium. De nombreux récits de cette période restent fragmentaires, à la fois à cause du tumulte qui frappa plus tard Terra lors du grand siège, et aussi parce qu’un voile de secret avait déjà été posé sur des sujets que seule la main de l’Empereur aurait pu lever. Ce que l’on peut dire, c’est que le Capitaine Général de la Legio Custodes, Constantin Valdor, était responsable de la tâche redoutable de la censure. Sous son commandement, une force réunie sur Terra était chargée d’appliquer la volonté de l’Empereur envers Prospero, bien que ce soit Leman Russ, le Primarque des Space Wolves, qui se vit confier le commandement général de l’Ost de Censure, au moment de la désignation de la flotte combinée. Seul un Primarque devait avoir une autorité sur un autre Primarque.[7]

Les Serres de l'Empereur

L’Ost de Censure, le Contingent Terran[8]

Se sont les unités qui ont été rassemblées sur le Monde Trône de Terra pour appliquer la Volonté de Censure émise par la main de l’Empereur en 004.M31 et décrétant que Magnus le Rouge, Seigneur de Prospero et de la XVe Légion des Legiones Astartes, soit amené en disgrâce sur Terra, pour y affronter le jugement de son père.

  • Cadre des Officiers Supérieurs :
  • Constantin Valdor, Capitaine Général de la Legio Custodes - portant le Sceau de l’Empereur et le droit d’exercer la Haute Justice dans Son royaume.
  • Le Haut Maréchal Markas Rhone, Commandant de la 3e Auxilia Terranic et officier supérieur de l’Excertus Imperialis.
  • Jenetia Krole, Commanderesse de la Sororité du Silence.
  • Dominus-Xelatcus Thrane Esmark, Princeps commandant la Chambre Occidentalis de l’Ordo Sinister.
  • Contingent Principal :
  • La Legio Custodes - 982 guerriers constituant 91 Sodalités distinctes de la Legio Custodes.
  • La Sororité du Silence - On estime à 3 000 le nombre de Sœurs-militantes, constituant trois cadres complets de la Sororité du Silence.
  • 3e Auxilia Terranic - 5 000 soldats Terrans de l’Auxilia Terranic, connu officieusement sous le nom de Régiment de Fer, recruté principalement sur la Vieille Albia.
  • Exo-garde de Tyrian, Cohortes Siris, Asag, Rabisu, Asakku, Kur, Edimmu, Siduri et Atra - Chaque cohorte se compose de 600 Exo-gardes avec armure-void et 100 auxiliaires hilotes.
  • 9e Cohorte de l’Auxilia Solar - Un des régiments de Saturne renommé, 4 000 hoplites void et véhicules de soutien.
  • 10e et 42e des Voltigeurs Sarcosan - Arrivés récemment sur Terra dans le sillage de la campagne des Dark Angels qui ont amenés leur monde à la Conformité. Chaque régiment comprenait environ 3 000 fantassins légers et un petit détachement d’encadrants Terranic.
  • Sentinelles Charonid, la Troisième Voie - Un détachement complet, des gardiens fortement augmentés du système extérieur de Terra, avec leur panoplie complète d’armes interdites par ailleurs. La Troisième Voie comptait un peu plus de 2 000 hommes.
  • Éléments de Sydonians Taghmata d’Ekriss, Norne et Ifrem Taghma - Une petite force de guerriers du Mechanicum, attachés à l’Ost de Censure en tant qu’observateurs et pour effectuer l’inspection et le démantèlement potentiel de tout actif du Mechanicum ou de technologie interdite présent sur Prospero. [Notez que l’inclusion de cette force semble avoir été faite en réponse à une demande tardive et personnelle du Fabricator-Général de Mars]
  • La Chambre Occidentalis de l’Ordo Sinister - Cinq Titans-Psi de l’Ordo Sinister, tous des machines Titans-Psi Warlord.
  • Secutarii Sinister - Environ 1 000 Secutarii de l’Ordo Sinister, rattachés à l’Ost comme troupes de soutien à la Chambre Occidentalis.

Valdor, dont la compétence martiale venait juste après celles des Primarques eux-mêmes, avait longtemps eu la faveur de l’Empereur et portait le sceau judiciaire du Maître de l’Humanité - le Magisterium Maxima - lui offrant une position dans les hautes sphères de la Cour Impériale et les conseils de guerre de la Grande Croisade. Mais malgré son autorité personnelle incontestable, Valdor avait longtemps maintenu une position de neutralité prudente parmi les innombrables factions de la Cour Impériale et de la Grande Croisade, n’intervenant que s’il le jugeait de son devoir. Le fait que le chef des gardes du corps de l’Empereur reçu le commandement de la mission sur Prospero est peut-être dû à une intervention du premier conseiller de l’Empereur, Malcador le Sigillite. Il est probable qu’un homme de moindre importance que Valdor se serait rapidement heurté à la division politique et à la rivalité au sein de la hiérarchie de l’Imperium. La mission de Censure elle-même aurait servi les intérêts d’une faction ou d’une autre, et il est peut-être aussi vrai qu’un émissaire de la cour autre que Valdor aurait simplement été trop faible pour affronter un Primarque sur son sol natal. Cependant, parmi la nouvelle élite de l’Imperium, rares étaient ceux auraient osés entraver le sombre seigneur de la Legio Custodes. Valdor entreprit de réunir une force pour exécuter la volonté de l’Empereur exactement tel qu’il était écrit sur l’Ordre de Censure.

Le Seigneur Constantin Valdor n’aurait eu aucune peine à trouver des troupes pour sa tâche, car bien que près de deux siècles se soient écoulés depuis la fin des Guerres d’Unification et la pacification du Système Sol, Terra restait la plus grande forteresse de l’Imperium. Ici, au centre du domaine galactique de l’Humanité, une multitude de guerriers de mondes proches et lointains attendaient les ordres de l’Empereur, allant des forces moins importantes en nombre telles que les guerriers des Legiones Astartes des Osts de la Croisade, aux millions et puissants régiments de l’Auxilia Terranic de l’Armée Impériale, et toutes sortes de combattants exotiques entre les deux. Parmi ceux-ci, Valdor choisit un mélange des plus puissants et des plus mystérieux, ainsi que certains des plus resplendissants, pour servir de garde d’honneur au seigneur déchu de Prospero pour son retour sur Terra, car un tel événement servirait à la fois de punition pour Magnus et un message à tout l’Imperium. À l’avant-garde de l’ost se tenait un détachement de la Legio Custodes, les plus redoutables guerriers génétiques créés par l’Empereur. Un spectacle saisissant se fit jour dans le reflet de leur plaques de guerre dorée et leur répulseur luisant. La majeure partie de cette force terrienne devait être composée de plusieurs régiments de l’Armée Impériale, y compris les fiers guerriers de la 3e Terranic Auxilia, portant de puissantes armes et armures venant des forges de la secrète Luna, et huit cohortes complètes de la redoutable Exo-garde de Tyrian, qui faisait partie de la garnison du Monde Trône, chaque guerrier revêtu de l’armure laquée de ce monde lointain.

À l’insu de la plupart des observateurs à cette époque tumultueuse, un autre contingent devait rejoindre les unités embarquées à bord des vaisseaux de la Flotte de Censure, un groupe qui ne serait vu à aucun des glorieux défilés tenus le long des vastes avenues processionnelles du complexe du palais avant le départ. Trois unités de la Sororité du Silence, dirigées par la Commanderesse Krole, accompagnées d’une petite flottille de navires à coque noire qui faisaient la renommée de l’Ordre, rejoignirent la flotte, ainsi que de nombreux membres de l’Ordo Sinister - une institution encore relativement nouvelle qui ne dépendait que de l’autorité du Trône et qui disposait de Titans spécialisés, son siège situé dans des caveaux secrets à l’intérieur du Palais Impérial. L’Ordo Sinister était une force à la sombre réputation, digne de son nom, vouée à la suppression et à la destruction des menaces Psykers de classe alpha et au désordre civil violent qui les accompagnait souvent. La présence des membres de la Sororité du Silence et de l’Ordo Sinister prouvaient la détermination de l’Empereur de faire revenir Son fils égaré par tous les moyens nécessaires, si le besoin s’en faisait sentir, bien que le secret de leur déploiement supposait que de tels moyens effrayants ne devaient pas être la méthode préférée pour la résolution de la crise.[9]

Départ

Malgré l’urgence des ordres de l’Empereur, il fallut plusieurs mois pour que l’Ost de Censure soit entièrement rassemblé, équipé et fêté correctement avant son départ définitif. Ce délai était dû aux fastes qui accompagnaient le départ d’une telle assemblée de guerriers de renom pour l’accomplissement d’une mission aussi importante. Au fur et à mesure que les divers régiments attachés à l’Ost de Censure se rassemblaient, ses commandants passaient beaucoup de temps dans les niveaux du Reclusiam, dans les forteresses de la Divisio Militaris, examinant les maigres archives de Terra concernant le monde lointain de Prospero. Il est également rapporté qu’Atharva, seul représentant des Thousand Sons au sein de l’armée de la Grande Croisade, fut traduit devant Valdor, Malcador et d’autres, et leur révéla les informations qu’il disposait sur les activités de sa Légion et la disposition des forces et des défenses de Prospero. Cette information devait constituer la base des plans d’urgence de Valdor, bien que nombreux sur Terra pensaient qu’il y avait peu de risques à ce que Magnus résiste à l’injonction de l’Empereur lui ordonnant de revenir sur Terra, et encore moins qu’il pourrait mener sa Légion en rébellion ouverte contre l’Imperium. Mais d’autres pensaient qu’il y avait une ombre chez le Roi Pourpre, et Valdor lui-même était un être pour qui la prudence et la préparation n’étaient pas seulement des vertus nées du devoir, mais la substance même de son existence. Atharva, en tant qu’informateur principal pour les plans de Constantin Valdor, obtint le statut d’Exemptus, exempté par décret de tous les péchés de sa Légion, passés et à venir, et placé sous la garde de l’Ost de Censure, afin de rester aux côtés de son Preceptor jusqu’à la résolution de la campagne.

Une fois l’Æther calmé et la finalisation de leurs plans, l’Ost de Censure laissa Terra pour rejoindre le lieu de rassemblement, dans le système de Beta-Garmon, dans l’espoir de retrouver le Primarque des Space Wolves, Leman Russ, et ses forces. Pendant ce temps, les chorales astropathiques de Terra avaient été chargées de la promulgation de l’Ordre de Censure, le diffusant vers toutes les capitales majeures du secteur impérial - il ne devait y avoir aucun sanctuaire pour tout ceux que l’Empereur avait condamné pour le grave péché de subversion de l’Édit Impérial, aucun recoin de son empire vers lequel on pourrait fuir. Mais, plus urgent, les Astropathes s’efforçaient d’atteindre le lointain seigneur des Space Wolves à qui l’Empereur avait confié la lourde tâche d’appliquer la justice de l’Empereur et que Constantin Valdor attendait à Beta-Garmon.[10]

Le Roi-Loup

La Plus Amère des Haines[11]

Qu’est-ce qui aurait pu faire en sorte qu’un Primarque, en particulier un homme aussi célèbre pour sa loyauté que Leman Russ, ne se conforme pas pleinement aux ordres de l’Empereur ? Dans le passé, nous avons beaucoup parlé de la force de persuasion du Maître de Guerre nouvellement nommé, tous cherchant à lui mettre sur les épaules la responsabilité de la corruption. De telles théories révisionnistes ignorent un certain nombre d’autres causes potentielles, car l’idéalisation des Primarques qui se battraient plus tard du côté des loyalistes par les érudits recherchant la faveur des cours de Terra, constitue une dangereuse exagération. Il est bien noté dans les annales presque oubliées que Leman Russ n’aimait pas beaucoup son frère instruit, dont il voyait les "sorciers" comme une menace potentielle pour l’Imperium. En effet, les deux hommes s’étaient disputés à plusieurs reprises et, lors du Concile de Nikaea, Russ fut l’un des détracteurs les plus féroces de Magnus. En plus de cela, c’était un secret de polichinelle dans les divisons blindés de la Divisio Militaris dans laquelle les Space Wolves avaient servi de nombreuses fois, que non seulement ils servaient d’avant-gardes de la Grande Croisade, mais étaient également une des armes préférées de l’Empereur contre les traîtres et les renégats. C’était une tâche à laquelle ils excellaient, car ils se démarquaient à bien des égards des autres Légions et des armées de l’Imperium, ne courtisant ni la camaraderie ni les rites de fidélité, si ce n’était qu’envers l’Empereur Lui-même. Ne construisant aucune cité et ne plaçant des garnisons que sur quelques mondes, ils étaient capables de bâtir des forteresses ou de prouver leurs capacités martiales, diriger des armées ou se tenir fièrement au cœur des feux de la bataille. Comme leur nom l’indique communément, ils sont restés des prédateurs rôdant dans les ténèbres extérieures, redevable qu’à un seul maître. La Légion des Space Wolves était une force qui avait été véritablement conçue pour un seul but : détruire toute menace jugée suffisamment dangereuse pour mériter leur attention.

Le choix délibéré de Leman Russ et de ses Space Wolves comme force principale de l’Ost de Censure pourrait être perçu comme une approbation tacite de l’Empereur pour la destruction de Prospero, un moyen de supprimer une menace tout en restant extérieurement bienveillant, malgré le libellé de Son ordre officiel. Pour d’autres, il semble simplement que la prudence fut de choisir une force qui ne craindrait pas un instant, à aucun moment, aussi sanglant ou impensable que ce soit, de tuer ses frères Legiones Astartes. En tout état de cause, ayant toujours commandé plusieurs expéditions pour éliminer les menaces internes de l’Imperium, dont les détails sont encore dissimulés à ce jour, les implications de la sélection des Space Wolves pour l’Ost de Censure sont telles que Leman Russ ne pouvait que trop bien les comprendre.

Leman Russ et ses Loups n’étaient pas restés inactifs alors que les événements progressaient sur Terra ; les chroniques de la Grande Croisade mentionnèrent pas moins de sept zones de guerre et flottes de croisades distinctes dans lesquelles des forces considérables de la VIe Légion prenaient part au moment du déclenchement désastreux de la Censure de Magnus. Le Seigneur des Space Wolves était lui-même connu pour avoir joué un rôle actif dans les opérations de combat les plus dures assignées à sa Légion. Il aurait été impliqué dans l’éradication sanglante d’une infestation de Xenos nommés Skarik dans l’espace sauvage déchiré par les conflits autour de Cypra Niundi, connu sous le nom d’Æther Metus et vital pour stabiliser le canal Warp reliant les secteurs gourmands en ressources de l’intérieur du Segmentum Solar dont les étendues furent récemment conquises à l’ouest galactique. En raison de la nature de la VIe Légion, il existe peu de rapports précis sur la réception de l’annonce de l’Ordre de Censure par le Roi-Loup, malgré la précipitation avec laquelle il mis fin à ses engagements antérieurs et le rappel de ses forces avant de partir vers Propsero, se rendant compte de la faveur que l’Empereur lui faisait en lui offrant ce commandement. Que ce zèle provienne davantage de la dévotion envers son Empereur ou du dégoût des actions de son frère, l’histoire ne dit rien.

En recevant l’annonce de l’Ordre de Censure et l’ordre de l’Empereur d’arrêter Magnus et de le renvoyer à Terra, le Roi-Loup avait sous son commandement deux Grandes Compagnies complètes de ses Space Wolves - environ 20 000 Légionnaires Astartes. C’étaient la Première et la Septième Grandes Compagnies des Space Wolves ; la Première étant composée principalement de ses Huscarls, gardes du corps d’élite du Roi-Loup et des forces principalement en Armure Terminator Cataphractii au service de la VIe Légion, tandis que la Septième comprenait une importante présence du Black Cull, un nom informel faisant référence aux Deathsworns et Destroyers de la VIe Légion. Malgré, ou peut-être à cause de l’urgence des ordres de l’Empereur, Leman Russ n’avait pas immédiatement quitté les zones de guerre de Cypra Mundi, mais abandonna la stratégie précédente privilégiée par les régiments de milices de l’Amirauté et de l’Imperialis - celle d’un balayage méthodique des planétoïdes infestés - pour mener les guerriers de l’Imperium lors d’une frappe qui visa directement le monde le plus infesté, connu pour être la source de l’infestation Xenos. En peu de temps, les Space Wolves avaient réduit le nid Xenos à des ruines recouvertes de phosphex, et percé le cœur de l’infestation qui s’étendait sur les mondes voisins, mais ils payèrent le prix fort pour leur victoire, laissant plusieurs milliers de leurs frères tués sur le terrain. Jugeant sa tâche terminée, le Roi-Loup retira sa Légion après la destruction du monde de Skarik, malgré les plaintes des commandants de l’Armée Impériale laissés pour terminer les combats et sécuriser le secteur en vue de la reconstruction. On sait que le Roi-Loup répondit à ces plaintes : « Quand l’Empereur cherche à détruire un ennemi, Il libère le loup qu’Il maintient en cage et assoiffé de sang à Ses côtés ; le loup de la mort ne connaît qu’un seul chemin, et ceux qui cherchent à mettre un collier sur une telle bête pour en faire qu’une sentinelle risque seulement la ruine de leurs demeures. »

Il est écrit qu’après le départ des Space Wolves, les régiments de l’Armée Impériale qu’ils avaient laissé pour achever les combats se retrouvèrent en difficulté, et bien que Leman Russ ait mis fin à la plus grande partie de la menace, il fallut plusieurs années avant que les restes des forces de l’Imperium, malgré des renforts ultérieurs, éradiquent enfin les fiefs périphériques d’un ennemi qui, bien que brisé, s’était désormais voué à la vengeance.[12]

Les Loups se Rassemblent

Ignorant tout autre appel, Leman Russ et ses Space Wolves abandonnèrent les zones de guerre de Cypra Mundi et se dépêchèrent de rejoindre le sanctuaire glacé de Fenris. La Cinquième Grande Compagnie, qui était alors en train de se réapprovisionner sur le monde natal de la Légion, rejoignit l’ost grandissant du Roi-Loup. De son repaire isolé au sein de la forteresse connue sous le nom du Croc, Leman Russ émis une convocation astropathique, invitant toutes les unités de la VIe Légion proches de Prospero à se réunir à Fenris ou à Beta-Garmon et à attendre son arrivée. Bien que les archives tenues par les Space Wolves soient notoirement difficiles à interpréter par des étrangers en ce qui concerne les détails, il est peu probable que Leman Russ resta sur Fenris plus d’un mois standard terrien, car son voyage vers Beta-Garmon et son rendez-vous avec Valdor ne pouvait souffrir d’un délai trop long. En conséquence, il restait peu de temps pour renforcer les rangs épuisés de la Première et Septième Grandes Compagnies ou pour que les Grandes Compagnies en guerre dans les confins de l’Imperium se rendent à Fenris pour répondre à l’appel de leur seigneur à l’heure.

Parmi les rares faits concrets que l’on puisse isoler des complexes sagas orales que les Space Wolves utilisent pour codifier leurs fonctionnements, il est dit qu’avant de quitter Fenris, Leman Russ aurait été rejoint par les guerriers des Quatrième, Huitième et Douzième Grandes Compagnies, ainsi que par de petits détachements de la Treizième et de la Seconde. Cependant, beaucoup de ces unités revenaient directement du champ de bataille suite à l’appel du Roi-Loup, et comme les Space Wolves étaient rarement engagés dans des campagnes sans lourd tribut en vie, beaucoup avaient besoin de temps pour se réapprovisionner et regarnir leurs rangs, bien qu’ils soient plus autonomes que la plupart des formations Space Marines grâce aux méthodes de combat perfectionnées de la VIe Légion.

Malheureusement, le Roi-Loup refusa de ménager sa peine et lors de son départ de Fenris il était à la tête d’environ 50 000 de ses fils, même si beaucoup portaient les marques fraîches de la bataille et avaient cruellement besoin de repos. En partant de Fenris, la grande flotte de la VIe Légion, comprenant certains des vaisseaux les plus innovants de toutes les Legiones Astartes, ne fit qu’un court séjour dans les profondeurs du Warp avant d’atteindre Beta-Garmon. La proximité de Fenris avec ce système vital de la Grande Croisade permit l’arrivé en premier de Leman Russ et non pas de Valdor.[13]

La Volonté d'Horus

Le Faucon et le Loup[14]

Constantin Valdor était réputé dans tout l’Imperium à la fois comme guerrier à l’habileté sublime et comme parangon de l’honneur. En revanche, Leman Russ n’avait que peu fait pour réfuter sa réputation de tueur barbare dirigeant d’autres tueurs barbares. Les deux formaient un couple improbable, et certains des plus hauts échelons de la Divisio Militaris exprimèrent leur désaccord sur leur sélection en tant que commandants de la Flotte de Censure. Cependant, il était évident que, selon diverses sources, les deux commandants respectaient profondément les capacités de l’autre. Malgré cela, les débuts de la campagne de Prospero devaient ouvrir un fossé entre les deux champions de l’Imperium, ironiquement en raison de la loyauté absolue des deux commandants. Car là où Russ avait conclu que pour servir au mieux l’Imperium, Magnus devait mourir, Valdor ne s’écartait pas des ordres de l’Empereur de prendre le Roi Pourpre vivant. Tandis que Valdor finirait par s’en remettre à Russ en tant que commandant désigné de la Flotte de Censure par l’Empereur, leurs relations resteraient tendues lors des combats sur Prospero, la planète natale des Thousand Sons.

À Beta-Garmon, Russ fut accueilli non seulement par les guerriers de sa Légion qui avaient entendu son appel, à savoir les guerriers cabossés par la bataille des Troisième, Neuvième et Onzième Grandes Compagnies, mais également par un détachement des guerriers aux armures vertes des Sons of Horus nouvellement oints. Sur l’ordre du Maître de Guerre lui-même, ces guerriers s’engagèrent à aider le Roi-Loup dans sa terrible tâche. Leur chef, Boros Kurn, portait des communications personnelles d’Horus à son frère, Leman Russ. Le contenu exact de ces missives n’a jamais été mis à la disposition des spécialistes de l’Imperium récent. En effet, il est fort probable que personne, hormis Leman Russ et Horus, ne sachent quels sujets furent invoqués. Mais en connaissant les terribles événements qui devaient se passer sur Prospero, c’est qu’après avoir visionné le contenu du message et entendu les paroles de son frère, que Leman Russ laissa savoir à ses fils qu’il n’avait plus l’intention de capturer Magnus, mais à la place de le voir mort.

À cette fin sanglante, Horus avait envoyé non seulement des guerriers placés sous le commandement de Boros Kurn, environ 5 000 Sons of Horus portant la plus belle panoplie d’armes et d’armures offertes aux guerriers du Maître de Guerre de l’Imperium, mais également douze Titans de bataille de la Legio Mortis, des Titans de Beta-Garmon et un certain nombre de régiments de l’Armée Impériale choisis par le Maître de Guerre lui-même pour soutenir l’assaut sur Prospero. Horus envoya également des directives aux différents Sénéchaux impériaux et aux Magos Dominus qui dirigeaient les industries de Beta-Garmon afin de permettre à Leman Russ et à ses guerriers d’accéder sans entrave aux vastes arsenaux de la planète, à l’exception des voûtes les plus restreintes et des armes interdites. C’est à partir des registres détaillés de ces seigneurs de Beta-Garmon, qui décrivent avec précision les armes récupérées par Leman Russ et ses Space Wolves, qu’une grande partie de la stratégie de Roi-Loup peut être interprétée. Bien que la plupart des munitions et équipements acquis soient conformes au modèle standard et visaient probablement à redonner aux Grandes Compagnies, fatiguées, une meilleure force de combat en matériel sinon en main-d’œuvre, d’autres acquisitions suggèrent des motifs plus sombres. Avant de quitter Beta-Garmon, une quantité de phosphex égale à celle généralement utilisée par une campagne de purge complète d’un système fut transférée sur les vaisseaux Space Wolves, ainsi que diverses armes de catégorie Exterminatus, notamment plusieurs ogives bio-alchimiques jugées trop dangereuses pour être utilisées à l’intérieur des frontières de l’Imperium. Ces acquisitions témoignent des nouvelles intentions du Roi-Loup envers Magnus et les habitants de Prospero.

Au moment de l’arrivée du contingent Terran de l’Ost sous l’autorité de Valdor, près d’un mois et demi plus tard, les Space Wolves et les unités rattachées au commandement de Russ étaient non seulement prêts au combat, mais également en tenue de combat digne des plus courageux guerriers issus des mondes infernaux - un contraste frappant avec le contingent Terran plus légèrement armé. Alors qu’un certain nombre des membres éminents de l’Ordre des Commémorateurs accompagnaient l’Ost de Censure jusqu’à Beta-Garmon, il existe une grande variété de comptes rendus sur la réunion entre Russ et Valdor, et bien que les différences de style de chaque compte rendu font en sorte qu’il n’y ait pas deux témoignages identiques, tous notent d’une certaine manière l’inquiétude du Capitaine Général des Custodiens face à la belligérance et, dans certains cas, de la soif de sang manifestée par de nombreuses troupes sous le commandement de Leman Russ. Beaucoup soulignent également que plusieurs des réunions de planification stratégique qui suivirent furent marquées par le licenciement de l’état-major supérieur, et que les deux chefs de l’Ost de Censure entretenaient un désaccord privé sur le rôle de la flotte. Le contenu de tels désaccords n’a jamais été retranscrits dans les archives, mais l’Ordre de Censure et les ordres de bataille ultérieurs pour l’Ost ont toujours indiqué que Russ était le mandataire de l’Empereur et le commandant ultime de la flotte, et il est peu probable qu’un guerrier aussi réputé pour sa loyauté que Valdor laisserait de tels différends mettre à mal une mission de l’Empereur. Fait révélateur, les membres de l’Ordre des Commémorateurs qui avaient accompagné Valdor furent renvoyés et durent rentrer sur Terra par ordre de Russ bien avant le départ de la flotte.[15]

Les Dés Sont Jetés

Malgré les révisions demandées par Leman Russ sur l’approche de la flotte vers Prospero et le travail nécessaire pour incorporer les deux contingents dans un tout cohérent, l’Ost de Censure fut bientôt prêt à quitter Beta-Garmon. À partir de ce monde, le voyage vers Prospero nécessita une série de sauts Warp contre le courant Æthérique dominant, coupant les canaux les plus fréquentés par les flottes militaires. Ce chemin était considéré comme plus difficile - bien qu’aucune menace réelle ne pesait sur les vaisseaux guidés par les meilleurs Navigators disponibles pour les flottes Terrannes, mais beaucoup plus rapide que de faire un demi-tour et d’approcher de Prospero depuis le sud galactique, un itinéraire privilégié par les Navigators à cause de plus grande prévisibilité des courants. En outre, l’itinéraire choisie contournait la plupart des patrouilles les plus évidentes de vaisseaux au service des Thousand Sons, ce qui offrirait à l’Ost de Censure l’élément de surprise et ne donnerait pas le temps aux Thousand Sons de consolider leurs forces. Leurs plans ainsi définis, les guerriers de l’Ost de Censure embarquèrent à bord de leurs vaisseaux de transport et se préparèrent au combat contre le monde du Roi Sorcier de Prospero.[16]

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L’Ost de Censure, le Contingent de Beta-Garmon[17]

Unités rassemblées sur Beta-Garmon pour appliquer l’Acte de Censure émis par la main de l’Empereur en 004.M31 décrétant que Magnus le Rouge, Seigneur de Prospero et de la XVe Légion des Legiones Astartes, soit amené en disgrâce à Terra, afin d’y affronter le jugement de son père.

  • Cadre des Officiers Supérieurs :
  • Leman Russ, Primarque de la VIe Légion, Seigneur Régent de Fenris, Commandant Général de la Flotte de Censure - se voit accorder par l’Empereur le droit de saisir son frère Primarque Magnus, et d’exercer la Haute Justice dans Son royaume pour atteindre ce but.
  • Seigneur Boros Kurn, commandant du 16e Bataillon d’Assaut Indépendant, XVIe Légion et émissaire du Maître de Guerre.
  • Princeps Senioris Maldis Drane, Commandant Princeps de la Legio Mortis.
  • Contingent Principal :

La VIe Légion, les Space Wolves - comprenant un total d’environ 73 200 Space Marines, y compris des contingents précédemment détachés à proximité de Fenris ou de Beta-Garmon, et rappelés pour la campagne. [Les Compagnies sont notées ici en utilisant à la fois la désignation numérique utilisée par la Divisio Militaris et les titres plus archaïques utilisés lors des récits de la "Saga de Prospero" - y compris la notation additionnelle des données opérationnelles de Beta-Garmon]. :

  • Première Grande Compagnie, The Breakers of Rings - 3 000 Space Marines, formée principalement d’unités "Varagyr" Huscarl équipées d’Armures Terminator et combattant comme garde du corps, comprenant aussi des éléments de commandement supplémentaires de la Légion.
  • Deuxième Grande Compagnie, The Thread-cutters - 800 Space Marines, formée des Vétérans d’infanterie relevées de tâches ultérieures et d’un contingent de Dreadnoughts (environ 60 de différentes catégories).
  • Troisième Grande Compagnie, The Eagle’s Keepers - 9 800 Space Marines, pour la plupart des fantassins d’assaut rapprochés et des unités de soutien (notés que ce nombre est proportionnellement élevés pour des Legiones Astartes à statut d’initié).
  • Quatrième Grande Compagnie, The Blood-worm’s Masters - 8 600 Space Marines, comprenant de l’infanterie lourde et de l’artillerie automotrice, y compris un grand nombre d’unités d’assaut et de Breacher (cf. sous-type de formation tactique "Griffe Sanglante").
  • Cinquième Grande Compagnie, The Blood-ice Storm - 10 000 Space Marines, comprenant une force d’infanterie mixte avec un soutien léger, affectée à Fenris pour le ravitaillement.
  • Septième Grande Compagnie, The Wight-flame’s Wielders - 5 200 Space Marines, comprenant principalement des guerriers du "Black Cull" et des unités de Destroyers et d’immolation.
  • Huitième Grande Compagnie, The Slaughter-fire Heralds - 9 500 Space Marines, comprenant principalement des unités de reconnaissance et d’infiltration (réf. sous-type de formation tactique "Pale Hunter").
  • Neuvième Grande Compagnie, The Serpents of the Battle-moon - 7 800 Space Marines, comprenant des unités de soutien de l’infanterie et notamment des unités d’armement lourd, y compris des plates-formes d’armes.
  • Neuvième Grande Compagnie, The Sea-flame’s Bearers - 9 200 Space Marines, comprenant des Vétérans d’infanterie, dont on pense qu’elle concentrait une grande proportion de Terrans faisant partie des premières recrues de la Légion.
  • Douzième Grande Compagnie, The Shield-gnawers - 8 700 Space Marines, comprenant une infanterie d’assaut rapproché avec de forts contingents de véhicules d’assaut au sol.
  • Treizième Grande Compagnie, The Corpse-renders - 600 Space Marines, comprenant des unités de traque et de l’infanterie d’assaut légère.
  • La XVIe Légion, les Sons of Horus (anciennement les Luna Wolves) - comprenant un seul bataillon renforcé d’environ 5 000 Space Marines. Équipé principalement comme une unité de combat de ligne.
  • La Legio Mortis - Douze Titans de Bataille des Têtes de Mort, formant deux manipules complètes et un demi-manipule, dont le Titan Aeterna Virtus de classe Warlord comme élément de commandement.
  • 19e Régiment de Chasseurs de Têtes Cthoniens - Un peu moins de 9 000 fantassins d’assaut levés sur Cthonia, tristement célèbres au sein de l’Armée Impériale pour leur tempérament sauvage et belliqueux et leur tendance à mutiler les morts pour les trophées.
  • 3e Régiments Ydranian Seekers - Infanterie légère de l’Amas d’Ydran (notamment un secteur de l’espace occupé par l’homme dévasté par des Psykers renégats avant que la Death Guard n’y apporte la Conformité). Organisé en trois cohortes de 4 000 soldats chacune et équipé d’une variété de technologies non standard de protection psi - dont l’efficacité fut jugée douteuse par le Mechanicum.
  • 73e et 75e Échelons de l’Ost de Brass - Infanterie lourde. Notamment recrutés dans le Monde Féodal de Brass, dont les seigneurs féodaux ont longtemps endoctriné la population contre la menace potentielle des "sorciers" et autres phénomènes psychiques. Ils sont au nombre de 8 000 par échelon et sont équipés d’une variété d’armes d’assaut rapproché primitives mais efficaces et de lance-grenades chimiques.

Prospero Brûle

« Les plus grandes tragédies et les plus grands triomphes de l’homme se reflètent dans le Grand Océan, formant des tempêtes déchaînées. Pourtant, contrairement à notre propre royaume, ces réflexions ne sont pas liées par notre appréciation limitée de la causalité, car il arrive souvent que le voyageur imprudent et Æthérique soit pris dans des tempêtes formées par des événements malveillants qu’il n’a pas encore vécus, et dans sa lutte, il se sent inexorablement attiré vers ce destin. »
- Extrait du Livre de Magnus.
Campagne de Prospero (En Anglais).
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Bien avant que l’Ost de Censure embarque dans ses transporteurs et entame le long voyage en direction de Prospero, Magnus le Rouge, seigneur de ce monde condamné, était conscient de leur approche. Les fragments de ses propres écrits, ceux d’officiers clés de la XVe Légion ainsi que des autorités civiles de Prospero, récupérés plus tard par les Custodiens, indiquent clairement leur connaissance de l’approche de la flotte. Pourtant, plutôt que de préparer son monde à résister au fléau à venir, Magnus semble avoir plutôt tenté de simplifier son approche de Prospero. Là où il aurait pu se concentrer et renforcer ses défenses, il choisit plutôt de disperser la flotte de la XVe Légion, envoyant les différents escadrons à des postes éloignés des Thousand Sons et d’autres lieux inconnus. Ils ne joueront aucun rôle dans la confrontation à venir. Les bases maintenues par les Thousand Sons le long du trajet emprunté plus tard par la Flotte de Censure, les stations de contrôle et les corps de garde, ont tous été abandonnés sous ses ordres directs. Toutes les communications astropathiques et planétaires furent interdits et circoncis dans la Grande Pyramide, sur l’ordre du Primarque de la XVe Légion. Dans le même temps, il rassembla à Prospero tous les membres de sa Légion pouvant être contactés à l’exception de ceux qui était trop éloigné.

Là où certains pourraient supposer que cette dernière action prouverait l’intention de Magnus de résister à la tempête imminente, les archives retrouvées de la XVe Légion montrent qu’aucune information concernant la Flotte de Censure, ni même le mécontentement de l’Empereur, n’a jamais été communiquée à sa Légion. Alors que l’armada combinée de Leman Russ et de Valdor se rapprochaient de plus en plus du monde de Prospero, les Thousand Sons s’occupèrent de tâches quotidiennes et de leur propre entraînement ésotérique, inconscients de la menace. La XVe Légion ou les divers régiments de la Garde de Prospero ne firent aucune tentative pour renforcer les principaux postes de défense de la ville de Tizca, le seul établissement urbain à grande échelle de Prospero à avoir survécu à l’Ère des Luttes. Dans plusieurs cas, des disparitions de membres clés de la Légion et du personnel civil qui semblaient avoir découvert des informations relatives à l’approche de la flotte eurent lieu - les preuves suggérant l’utilisation d’une puissante télépathie pour apaiser les troubles causés par les disparitions soudaines, un exploit que la Légion des Thousand Sons était capable de réaliser.

Même si aucune tentative manifeste n’a été faite pour renforcer la garnison de Prospero, à l’exception du rappel d’une grande partie de la XVe Légion dans son monde d’origine, la planète restait une puissante forteresse. La majeure partie de ce globe verdoyant était recouverte de collines et de forêts denses, ses villes antiques n’étaient guère que des ruines dépeuplées par le temps avec seulement des avant-postes fortifiés de la Légion, de petites colonies de peuplement et l’enclave en grande partie souterraine de la forteresse du Mechanicum de Zhao Arkhad se trouvant en dehors de la capitale, Tizca. Pourtant, ce n’était pas une faiblesse dans les défenses du monde, car le désert de Prospero, bien que d’apparence luxuriante, était réputé pour être infesté d’une variété écœurante de xeno-faune ; le plus infâme étant les pseudo-insectes mortels Psychneuein, dont le cycle vital s’étend dans le tissu empyréen, les rendant presque impossibles à circoncire ou à exterminer. Les essaims prédateurs cachés de ces étranges créatures auraient rendu toute tentative d’atterrissage dans la nature sauvage impraticable, même pour un ost tel que celui rassemblé par Leman Russ et Constantin Valdor, ne leur laissant aucune base solide pour organiser un siège plus conventionnel de Tizca.

En plus du terrain accidenté et de la faune mortelle de Prospero, Tizca elle-même, la célèbre "Cité de Lumière", géographiquement perméables de tous les côtés, était un obstacle redoutable pour tout attaquant. Au nord se dressaient les sommets escarpés des Montagnes Blanches, parsemés d’emplacements laser de défense et de bunkers fortifiés tenus par les soldats de la Garde de Prospero, et à l’ouest se trouvait la Mer Valperine, dont les profondes eaux turquoises servaient à repousser les assauts classiques. Enfin, au sud et à l’est, les murs d’albâtre furent construits à la périphérie de la ville, de cent mètres de haut et renforcés par des générateurs de Champ de Geller intégrés pour tenir toutes les terreurs légendaires de la nature sauvage de Prospero à distance.

Au cours de la période qui précéda le Concile de Nikaea contre leur utilisation non autorisée, Tizca avait également été protégée par un vaste bouclier de télékinésie généré par la technologie Psi (ou "kine"), maintenu et renforcé par les adeptes des Thousand Sons, présentant une défense aussi formidable que des boucliers void d’un cuirassé. C’était une défense sur laquelle Leman Russ avait souligné l’importance lors de l’établissement des plans d’attaque malgré le fait que son utilisation avait été interdite par ordre direct de l’Empereur Lui-même. Même à l’intérieur des murs de Tizca, les Temples-arcologies des Grands Cultes des Thousand Sons constituaient le point de départ idéal pour résister à toute attaque, les rues labyrinthiques de la Vieille Ville et d’autres centres urbains étant difficiles à sécuriser. Enfin la nature des défenses étranges et ésotériques que la XVe Légion maîtrisait restait une énigme pour des étrangers.

Ces avantages de la position des Thousand Sons étaient renforcés par la nature inhérente de l’Ost de Censure, en particulier de sa composante Terranne, car elle avait été conçu à l’origine comme une simple garde d’honneur renforcée pour accompagner Magnus lors de son retour à Terra, et non comme une véritable force d’invasion si toutes les autres options échouaient. Bien que les manipulations d’Horus aient vu la force de l’Ost se transformer, la force d’invasion était toujours rétrospectivement mal équipé pour poursuivre un assaut planétaire plus traditionnel, car elle manquait d’artillerie lourde et la supériorité numérique habituellement nécessaires à de telles entreprises. Sur la base des renseignements disponibles auprès de gardiens de Prospero, qui n’avaient auparavant aucune raison de dissimuler leurs effectifs, les forces en garnison dans ce monde étaient aussi puissantes que celles de l’Ost, tout en prenant en compte les avantages des positions défensives et la familiarité locale, et sans oublier que les pouvoirs mentaux des Thousand Sons demeuraient un facteur dangereusement inconnu si ils ignoraient délibérément l’édit de l’Empereur.[18]

La Veille de la Destruction

La Capture du Tempête[19]

Deux douzaines de vaisseaux de patrouille, construits en vertu d’un traité par l’enclave Zhao-Arkhadienne sur Prospero, étaient restés dans le système. Ces vaisseaux n’étaient pas capables de se déplacer dans le Warp, mais ils étaient équipés d’un vaste armement de batteries de canons macro magnétiques et de batteries de torpilles kinétiques ainsi que de boucliers voids multicouches, et possédaient un équipage de serviteurs comptant presque 1 000 membres - chacun dirigé par un cadre de commandement originaire de Prospero. Bien qu’ils n’étaient pas à la hauteur face à un vaisseau de guerre, ils étaient encore considérés comme capables de perturber les opérations planétaires s’ils n’étaient pas neutralisés. Selon les plans d’engagement de Leman Russ, leur capture était préférable à leur destruction, car tout équipage survivant pouvait divulguer de précieux renseignements militaires lors des interrogatoires.

La capture du Tempest, l’un de ces vaisseaux, peut être considérée comme typique des opérations qui visèrent ces navires lors de l’attaque de Prospero. Le premier contact avec le Tempest a eu lieu alors qu’il se déplaçait pour enquêter sur l’arrivée soudaine d’un croiseur d’assaut Space Wolves à l’extérieur du système, après quoi le croiseur, le Hrunting, dégorgea plusieurs escadrons d’assaut Caestus et commença un bombardement contre le patrouilleur destiné à brouiller ses augures et à distraire son équipage. Frappant directement les moteurs et la superstructure du pont, les guerriers de la VIe Légion se dispersèrent rapidement de leurs points d’entrée initiaux, massacrant toutes les équipes de sécurité qu’ils rencontrèrent avec une efficacité clinique et évitant tout contact avec des concentrations importantes de l’équipage. Dans les trente minutes qui suivirent l’abordage, la salle des machines et la passerelle étaient sous le contrôle des Space Wolves, et tout l’équipage de ces sections avait été capturé, y compris le capitaine et bon nombre des officiers supérieurs. Le commandant du détachement des Space Wolves utilisa ensuite le système interne vox du vaisseau pour informer les autres membres de l’équipage que s’ils ne se rendaient pas, le système de survie serait interrompu sur toutes les sections du navire. Peu de temps après, l’équipage du Tempest fut transféré sur des navires de la Sororité du Silence pour interrogatoire et élimination.

Au total, l’opération dura un peu plus de quatre-vingt-deux minutes et entraîna la perte totale de soixante-quatre membres de l’équipage du Tempest et d’un seul Space Wolf, tué par un Sabre Charnabal porté par le capitaine du vaisseau. Ces opérations contrastent nettement avec la réputation de sauvagerie sanguinaires de la VIe Légion, car bien qu’elle ne manque pas de zèle au combat, l’acuité tactique et l’efficacité de son action font valoir que l’opinion communément admise sur ces Legiones Astartes était loin d’être vraie.

Hormis ces informations, nous savons peu de choses des activités des Thousand Sons au cours de leurs derniers mois, car la destruction à venir sur Prospero ne laisserait pas grand chose aux enquêteurs ultérieurs. Nous ne pouvons que spéculer sur les raisons de ces événements étranges que nous connaissons et sur l’apparente ignorance de la Légion face à l’approche discrète des champions désignés de l’Empereur. Certains ont prétendu que c’était Magnus lui-même qui avait obstrué les yeux, aussi bien naturels qu’ésotériques, de ses fils, cherchant peut-être une forme de rédemption dans le martyre. D’autres l’ont imputé sur la fierté de la Légion ou même à l’ingérence d’influences extérieures. Dans les histoires officielles du Conseil de Terra, compilées à la suite de l’Hérésie d’Horus, il est écrit que c’est par la volonté de l’Empereur que Magnus et ses enfants renégats ont été aveuglés et incapables de discerner l’approche de Sa colère, bien que, comme pour une grande partie de l’histoire des guerres qui a vu naître l’actuel Imperium, il est peu probable que toute la vérité soit connue.

Après avoir quitté Beta-Garmon, l’Ost de Censure atteignit Thardia, puis trois autres systèmes, dans leur lente traversée du Warp, un voyage de plusieurs mois qui poussa dans leurs retranchements les Navigators rattachés à la flotte. Les journaux de bord de l’Ost de Censure n’enregistrent aucune rencontre avec des vaisseaux de la XVe Légion durant tout leur voyage, bien que la flotte resta en état d’alerte tout au long de l’approche vers Prospero, pénétrant dans chaque système par des brèches de distorsion soigneusement échelonnées qui lui permirent de s’engager efficacement ou de battre en retraite si elle rencontrait des vaisseaux ennemis. L’arrivée de la Flotte de Censure dans le système de Forzare, où Prospero était suspendu en orbite silencieuse de son étoile principale, ne faisait pas exception à la règle, avec des éléments en tête de la flotte, composé principalement de vaisseaux de classe Anathema des Sœurs du Silence et des vaisseaux Space Wolves, pénétrant à la périphérie du système bien avant que les vaisseaux d’assaut lourd ne viennent percer l’Immaterium.

Ces escadrons de reconnaissance firent état d’une quasi-absence de vaisseaux dans le système, avec uniquement des navires marchands et quelques patrouilleurs. Il n’y avait aucune trace de la Flotte des Thousand Sons, pas même un seul escadron de sentinelles - une situation qui suscita beaucoup d’inquiétude chez les dirigeants de l’Ost de Censure, dont les archives indiquent que la XVe Légion préparait une embuscade. Leurs inquiétudes retardèrent l’attaque initiale contre Prospero, alors que les systèmes à proximité étaient sondés pour détecter des traces d’escadrons cachés et que plusieurs missions furent entreprises pour saisir des vaisseaux marchands en partance, abandonnant leurs équipages à la merci des Sœurs du Silence pour un interrogatoire. L’idée que Magnus lui-même ait déjà dispersé la Flotte des Thousand Sons (pour des raisons qui restent obscurs à ce jour), ouvrant ainsi la voie à l’Ost de Censure, était impensable pour Leman Russ et les autres commandants. Pourtant, ne trouvant aucun signe évident de piège, la Flotte de l’Imperium n’avait d’autre choix que de commencer son approche vers Prospero même. En se basant sur les informations recueillies lors des incursions initiales dans le système, les vaisseaux de patrouille de Propsero furent rapidement neutralisés par des abordages Space Wolves, tandis que le corps principal de la flotte se plaça directement sur l’orbite haute de Prospero, au milieu des stations de défense de la planète et des satellites de défense du Mechanicum.

Profitant des perturbations causées par leur arrivée soudaine, les croiseurs lourds, les vaisseaux de combat et les dreadnoughts de l’Ost de Censure, répartis sur l’espace orbital de Prospero, paralysèrent le réseau de satellites grâce aux informations recueillies lors des interrogatoires et les données conservées dans les bases de données impériales puis ciblèrent les postes de commandement et assainir ces plates-formes d’armes. Un certain nombre d’engins civils furent également capturés, y compris plusieurs cargos du Mechanicum appartenant au Monde-Forge de Zhao-Arkhad, qui ignoraient l’arrivée des impériaux et de la tempête imminente, leurs équipages saisis et neutralisés afin de capturer des captifs potentiellement importants.[20]

Encerclement

La stratégie aussi audacieuse employée par la Flotte de Censure déborda rapidement les défenses extérieures de Prospero, avec l’espace orbital tombant dans les mains de l’Ost en quelques heures, tandis que ceux à la surface étaient toujours inconscients des véritables raisons du chaos survenant au-dessus d’eux. Qu’un monde impérial de l’importance de Prospero, doté de toutes les défenses que l’Imperium pouvait lui conférer, puisse se retrouver dépouillé de toute ses protections dans un laps de temps aussi court était tout à fait impensable. En effet, une telle victoire ne fut possible que grâce aux informations sur les défenses de Prospeo se trouvant dans les archives impériales sur Terra et dans les bases de données de Mars, ainsi que par l’absence de la Flotte des Thousand Sons. Quoi qu’il en soit, Prospero était désormais dépourvu de moyens de défense autres que ceux de surface, qui, selon ces mêmes enregistrements, ne représentaient guère plus qu’une poignée de batteries de défense laser.

Un Silence de Mort[21]

Il y a eu beaucoup de spéculations concernant le silence de Prospero et de son seigneur face à la destruction totale. Malgré l’assaut soudain de la flotte et les efforts ultérieurs pour entrer en contact avec la planète, il n’y a eu aucune tentative de réponse - pas même de la colère devant leur destruction imminente. Les journaux de bord de la flotte de l’Imperium montrent que non seulement il n’y avait aucune démarche pour entrer en contact, mais qu’il y avait aussi des tentatives actives depuis la surface pour bloquer les communications avec la flotte, tant technologiques que psychiques. De nombreuses théories furent avancées pour répondre à cette énigme, allant des conspirations au sein des Thousand Sons à l’intervention d’entités Xenos inconnues, mais peu parviennent à fournir une explication cohérente des événements sur Prospero. Le seul problème que la quasi-totalité de ces théories écartées est qu’il n’y avait qu’une seule entité sur la planète connue de l’Imperium qui pouvait éventuellement orchestrer l’échec de toutes les communications hors de ce monde : Magnus lui-même.

Sur la planète, les attaques initiales provoquèrent un chaos considérable dans l’administration civile, perturbant les pôles de communication et faisant pleuvoir des débris sur la surface. Plusieurs régiments de la Garde de Prospero commencèrent à rassembler leurs troupes, supposant qu’une invasion était en cours, tandis que les forces de recherches et de sauvetage de Tizca se déployaient pour contrer cette catastrophe orbitale inconnue. Tout cela ne fit qu’intensifier la confusion qui se propagea dans les échelons de commandement du gouvernement de Tizca. Les Thousand Sons eux-mêmes se turent, les Commandants de Compagnie s’enfermant en conseil tandis que leurs guerriers refusaient de se déplacer sans ordre.[22]

L'Heure de l'Exécution

En orbite, malgré les insinuations d’Horus Lupercal, Leman Russ concéda qu’il ne libérerait pas toutes les capacités destructrices de sa flotte de guerre, laissant au moins une chance à son frère d’expliquer sa folie apparente. Diffusant depuis le vaisseau des Custodiens, l’Oriflamme, la Vox-Imperiosa - la voix sanctionnée de la Sororité du Silence et du conseil de l’Empereur de Terra - proclama le mandat porté par la flotte et appela les Thousand Sons et Magnus lui-même à répondre des crimes dont ils étaient accusés en se rendant à la flotte sous peine de faire face à la colère de l’Empereur.

Il n’y eut pas de réponse. La flotte attendit pendant que Valdor demandait à Russ de patienter pour laisser au Primarque accusé le temps d’envoyer une réponse. Mais alors que la fureur de Russ grandissait et que les vaisseaux de la flotte restaient inactifs dans l’espace, il n’y eu toujours pas de réponse. Après presque une heure d’attente, il n’y eu ni demande de pardon ni menace de résistance, ni même de demande d’identification de la flotte. Leman Russ mis fin aux efforts diplomatiques. Courroucé par une telle insulte, le Roi-Loup donna l’ordre de déchaîner la puissance de feu de la Flotte de l’Ost de Censure rassemblé contre la planète sans défense.

Prospero brûla.[23]

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Les Défendeurs de Prospero[24]

Il s’agit d’une liste des formations militaires et de chefs notables connus pour avoir mené la défense de Prospero pendant l’assaut de l’Ost de Censure en 004.M31. Tous ceux qui sont nommés ici sont déclarés Traitoris Extremis pour avoir levé les armes contre les agents légitimement habilités de l’Empereur de l’Humanité, et tous les droits d’asile ou de recours en vertu du droit Impérial sont invalidés.

  • Cadre des Officiers Supérieurs :
  • Magnus le Rouge, Seigneur de la XVsmall>e</small> Légion, Gardien de Prospero - Considéré comme étant en violation des Édits de Nikaea et du décret de l’Empereur.
  • Lucretia Elunnirai, Premier Sénéchal de la Garde de Prospero et commandant de la yeomanry de Prospero.
  • Magus Prime Tacitus Proctor, Magos Dominus de l’enclave de Zhao-Arkhad sur Prospero et de l’Ordre Eminarii, déclaré "heretek in absentia" par le conclave des Ordres Martiens.
  • Calvar Ibranum, Princeps de la Legio Xestobiax en veille sur Prospero.
  • Contingent Principal  :

La XVsmall>e</small> Légion, les Thousand Sons - connus pour être sur Prospero au moment de l’assaut des Space Wolves, comptaient des représentants de toutes les diverses Confréries de la Légion, ainsi que leurs commandants, sauf la Quatrième Confrérie. Au total, on estime que sur l’effectif total connu des Thousand Sons qui était de 80 000 à 90 000 Legiones Astartes, environ 62 000 étaient présents sur Prospero d’après les rapports après la bataille (dont beaucoup sont contradictoires), soit à Tizca, soit dans un des petits avant-postes ailleurs sur la planète. Les Confréries et Ordres dont on sait qu’au moins une partie de ses représentants étaient présents lors de la bataille sont enregistrés ici :

  • La Première Confrérie - 9 000 Space Marines, comprenant la majorité des unités Terminators des Thousand Sons, était récemment revenue à son plein effectif.
  • La Deuxième Confrérie - 7 800 Space Marines. Comme pour la plupart des Confréries, il s’agissait d’un mélange de types d’unités répartis selon les appartenance aux Cultes et Ordres.
  • La Troisième Confrérie - 8 000 Space Marines, renforcée après de récentes campagnes jusqu’à un effectif presque complet.
  • La Quatrième Confrérie - 200 Space Marines. Seule une petite garde d’honneur de la Quatrième Confrérie était présente sur Prospero à cette époque.
  • La Cinquième Confrérie - 6 200 Space Marines, dont les effectifs avaient diminué après de récents combats et avec quelques compagnies en campagne.
  • La Sixième Confrérie - 4 000 Space Marines. On pense qu’une bonne moitié de la force active de la Sixième avait été déployée dans les secteurs autour de Zhao-Arkhad, dans le sud galactique.
  • La Septième Confrérie - 7 200 Space Marines, dont les effectifs avaient été réduits après de récents combats et avec certaines compagnies en campagne.
  • La Huitième Confrérie - 8 400 Space Marines, renforcée après de récentes campagnes jusqu’à un effectif presque complet.
  • La Neuvième Confrérie - 7 900 Space Marines, dont les effectifs avaient diminué après de récents combats et dont certaines compagnies étaient encore actives et ne pouvaient plus être rappelées.
  • L’Ordre de la Ruine - 1 900 Space Marines et 800 Automates de Bataille. On pense que la moitié environ des membres de l’Ordre de la Ruine furent rattachée à des détachements de Thousand Sons opérant en campagne à travers la galaxie ou sur la flotte.
  • L’Ordre de la Cécité - 888 Space Marines. On croit que tout l’effectif de l’Ordre avait tenu compte du rappel de Magnus, arrivant sur Prospero par des moyens mystérieux avant la plupart des autres unités.
  • L’Ordre du Chacal - 604 Space Marines, divisé en détachements rattachés à chaque Confrérie et contingent durant la Croisade.
  • La Garde de Prospero - Comprend trois corps distincts : les régiments de la Garde des Spires, la Garde Aérienne et les régiments Expéditionnaires. Les régiments de la Garde de Prospero étaient équipés selon diverses normes, mais dans tous les cas, ils étaient considérés comme bien entraînés et armés. Selon les estimations, quelque 85 000 soldats se trouvaient dans les diverses casernes et installations d’entraînement de Tizca et dans les petits avant-postes dispersés sur Prospero au moment de l’invasion.
  • Taghmata de Zhao-Arkhad - Les forces de défense du collectif autonome de Zhao-Arkhad étaient présentes dans leur enclave dans le désert de Prospero dans le cadre d’un traité pour l’approvisionnement de la Légion. Composé principalement de divers automates de combat et d’autres unités mécanisées, comptant peut-être 8 000 guerriers et automates. Presque aucun d’entre eux n’était présent dans la ville de Tizca et se trouvait à l’intérieur des souterrains protégés par un Champ de Geller.
  • Legio Xestobiax - Un effectif complet de la Legio Xestobiax était stationnée dans l’enclave de Zhao-Arkhad, comprenant une douzaine de Titans de classes différentes. Comme leurs seigneurs de Zhao-Arkhad, la Legio Xestobiax de Prospero était stationnée à l’extérieur de la ville de Tizca, installée dans de vastes bunkers souterrains dans leur enclave.
  • Régiments de Milice Citoyenne - En théorie, un grand pourcentage de la population adulte de Tizca pourrait être mobilisé pour la guerre et recevoir des armes provenant des arsenaux de la réserve dispersés dans toute la ville, créant une force d’hommes d’armes se comptant par millions. Toutefois, dans la pratique, une telle force n’avait qu’une valeur stratégique négligeable compte tenu de son manque de formation et de leadership efficace.
  • 1ère Légion Helikon & FreeKorps de Magdan - Ces deux régiments de l’Armée Impériale avaient été déroutés quelques mois avant l’attaque sur Prospero pour se réapprovisionner et faire escale à Tizca en attendant d’être rapatriés et redéployés après que la Pacification de Tigarth soit terminée. Ces régiments étrangers étaient stationnés dans des casernes à l’extérieur de la ville, conçues pour de telles forces en transit, et y étaient effectivement cantonnés sans avoir accès à la ville. Ces deux régiments, l’un d’infanterie d’assaut mécanisée et l’autre d’infanterie légère de tirailleurs légèrement équipés, partageaient peu de choses en commun, si ce n’est que les deux venaient de mondes nouvellement mis en Conformité et dont les gouverneurs étaient peu loyaux envers le nouveau Maître de Guerre. Dans les deux cas, les ordres qui les ont transférés sur Prospero provenaient d’officiers affectés au Maître de Guerre.

La Chute de Tizca

En temps de guerre, seuls les vrais insensés recherchent le conflit et la mort uniquement pour l’amour de la guerre ; l’épée est un outil du guerrier-érudit, tout comme la plume, et elle ne doit pas être utilisée sans comprendre d’abord ce que son utilisateur cherche à tirer de ses actions.
- Sagesse gravée sur les marches de la Grande Bibliothèque de Tizca.

Le Feu Venant du Ciel - 06:32:48 734004.M31

Tizca ravagé par le bombardent des Space Wolves.
Leman Russ ordonna à ses vaisseaux d’infliger la plus grande sanction à Prospero, de saler la terre de ce monde maudit avec les toxines et les explosifs les plus dévastateurs dont ils disposaient, de le détruire pierre par pierre et d’accorder une mort rapide à ses habitants. Pendant près d’une heure, les ogives pleuvaient depuis les vaisseaux placés soigneusement en orbite, et le désert vert de Prospero disparut dans une tempête de cendres surchauffées et enflammée. Pourtant, lorsque les vaisseaux se dégagèrent suite au bombardement effectuée par la flotte, Tizca était toujours debout ; un point de couleur solitaire dans une mer de cendres grises, protégé par un bouclier scintillant de force psychokinétique. Cependant, ce qui l’avait sauvée fut également la cause qui la condamna. Il n’y avait qu’une seule origine possible expliquant qu’un tel bouclier ne fut nullement ébranlé alors que même les boucliers voids multicouches d’un Cuirassé Impérial auraient été durement mis à l’épreuve. Le fait que les Thousand Sons déploient un phénomène psychique d’une telle ampleur, en dépit de son but apparemment inoffensif de protéger la Légion et le peuple de Tizca, constituait une preuve irréfutable de leur mépris au jugement rendu à Nikaea.

Au sein des éléments du commandement de l’Ost de Censure, on avait supposé qu’une fraction des Thousand Sons survivrait au bombardement orbital, et que Magnus aurait certainement un abri qui lui permettrait de passer à travers une telle destruction relativement indemne. Ils n’avaient pas pensé que toute la ville de Tizca pouvait résister presque intact à la puissance des canons et des bombes. Au lieu d’une courte action de nettoyage contre les restes des Thousand Sons à coup d’obus, l’Ost de Censure devait maintenant faire face à une campagne prolongée contre un adversaire retranché dont le nombre était dangereusement proche du sien. Alors même que les augures des vaisseaux en orbite surveillaient la planète, les hommes et les machines bien équipée de la Garde de Prospero commencèrent à sortir de l’Acropolis Magna et d’autres bunkers fortifiés, tandis que de petits vaisseaux commencèrent à tourner en rond dans les cieux couverts de cendres sous la barrière télékinésique ondulante. Le bombardement avait dissipé tout doute quant aux intentions de l’Ost de Censure et Tizca était prête à se défendre, sauf les guerriers de la Légion des Thousand Sons, que personne n’avait aperçu.

Cependant, malgré le défi lancé par les gouverneurs civils et les tribuns militaires de la ville, les bombardements ont été loin d’être inefficaces. Bien que le bouclier "kine" ait protégé la vaste métropole de tout dommage, il n’avait pas réussi à empêcher les tirs d’obus de frapper les flancs des Montagnes Blanches, détruisant les batteries lasers de défense qui s’y trouvaient et provoquant de vastes avalanches qui s’écrasèrent sur les bords du vieux quartier de Tizca. Pire encore, les gigatonnes d’explosifs qui avaient frappé les eaux de la Mer Valperine, vaporisèrent de grandes quantités d’eau de mer et formèrent de grands bancs de nuages brûlants et d’énormes tsunamis s’écraser contre les maigres défenses côtières de la ville. Alors même que le Premier-Sénéchal de la Garde de Prospero tentait de déployer ses troupes à travers la ville pour combattre l’inévitable invasion, des foules de citoyens paniqués envahirent les rues, et les unités de protection civile se précipitèrent pour coordonner les opérations d’évacuation, de sauvetage et d’évaluation des dégâts. Le chaos régnait à Tizca, et le silence de Magnus et de ses fils ne fit qu’aggraver la catastrophe.

Ailleurs, de l’autre côté de Prospero, les dégâts étaient bien pires, sans protection contre la force destructrice déchaînée d’en haut, il ne restait que de la cendre et de la pierre vitrifiée. Les avant-postes à l’extérieur de Tizca avaient en grande partie disparu, à l’exception de ceux qui étaient enterrés assez profondément sous terre pour survivre à l’impact initial, mais ils restèrent silencieux après le tir de barrage. Même la grande enclave souterraine du Mechanicum de Zhao-Arkhad s’était tue sous la fureur des canons de la flotte, sans aucun signe de vie dans les ruines de ses installations de surface et sans aucun signal reçu par ceux qui géraient les stations relais vox de Tizca. La seule source de résistance qui restait était Tizca, car il ne restait plus grand chose en dehors de la ville. Les Stratèges Impériaux rattachés à l’Ost de Censure appelèrent à une attaque directe et massive sur Tizca même. Cependant, Leman Russ avait fait le serment que lui et ses fils seraient les premiers de l’Ost de Censure à amener la guerre à la surface de Prospero, dans la ville de son frère, ordonnant à l’armée de l’Ost de rester sur ses vaisseaux pendant qu’il rassemblait autour de lui ses Huscarls et les plus féroces de ses troupes d’assaut pour apporter la guerre sur la Cité de Lumière.[25]

Un Loup Parmi les Moutons - 07:58:09 734004.M31

Les Loups arrivent !
Dans les cales caverneuses des vaisseaux de guerre de la Légion des Space Wolves, se rassemblait les guerriers de la Première, de la Deuxième, de la Troisième, de la Huitième et de la Douzième Grande Compagnie parmi les plus réputés pour leur jeu de lames et leur fureur dans l’arène meurtrière de la guerre urbaine. Des monstrueux Cataphractii des Varagyrs Huscarls de Leman Russ, aux dizaines de meutes de guerre de Chasseurs Gris, armés et équipés pour la guerre rapprochée, en passant par les Seekers en Armure Mark IV de la Huitième, chaque guerrier des Space Wolves engagé dans le débarquement était un ancien combattant de guerres incalculables, un pur tueur. Ici, à la veille de la folie, alors qu’il ne restait plus qu’à tuer ou à être tué, il n’y avait peut-être pas de guerriers mieux adaptés dans tout l’Imperium à cette tâche. Le Roi-Loup avait ordonné que toutes les autres forces de l’Ost soient tenues en réserve jusqu’à ce que son débarquement initial ait pleinement engagé les Thousand Sons. Car il ne voulait pas contenir la fureur meurtrière de ses Loups dans les premiers moments critiques de la bataille, et il considérait comme un point d’honneur et un devoir sacré que le premier coup contre les traîtres soit porté par des frères, et non par des étrangers. Dans l’esprit de Russ, et en fait dans celui de sa Légion, les Thousand Sons méritaient la mort, mais ils étaient aussi des Legiones Astartes et méritaient que cette mort ait lieu face à face, par la lame et le Bolter. L’honneur n’en exigeait pas moins.

Se déployant directement depuis l’orbite au sein d’escadrons de classe Stormbirds, Thunderhawks et une foule d’autres vaisseaux plus petits, les Space Wolves tombèrent du ciel de Prospero comme les anges de la mort, plongeant à travers les épais nuages tourbillonnants de cendres et d’éclairs qui balayaient la planète à la suite du bombardement. Après une plongée qu’il aurait été impossible de soutenir pour des guerriers humains, les Space Wolves se rapprochèrent de Tizca, à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer, rugissant à travers les vagues monstrueuses nées de la fureur des bombardements pour atterrir dans les installations portuaires le long de la frontière nord-ouest séparant la ville avec la Mer Valperine.

Leur approche dangereusement basse pour éviter les tirs antiaériens était inutile, car la Garde de Prospero n’avait pas été en mesure d’assembler plus d’une poignée de plates-formes de défense près du port et les Space Wolves n’avaient rencontré qu’une résistance émanant des escadrons d’intercepteurs de la Garde Aérienne de Prospero pilotant des chasseurs Lightning et Thunderbolt modifiés qui avait été protégée par le bouclier de Tizca.

Guettant les vaisseaux de transport lancés à grande vitesse, les pilotes de la Garde Aérienne de Prospero commirent l’erreur de croire impuissants les transporteurs Space Marines, et un certain nombre de leurs chasseurs furent victimes du tir précis des canons des Space Wolves, l’un d’eux explosant après une collision frontale avec un Stormbird, le vaisseau de la Légion continuant son approche presque sans dommage. Les pilotes courageux mais téméraires de la Garde Aérienne n’eurent droit qu’à un seul essai, car plusieurs escadrons de Xiphon de couleur gris ardoise tombèrent sur eux au moment où ils se réengagèrent, accompagnés par une poignée d’intercepteurs de classe Equinox de la Legio Custodes dont l’implication, comme ils n’avaient pas mis les pieds sur Prospero, ne violait pas le serment prêté par Leman Russ. Les pilotes de la Garde Aérienne de Prospero se retrouvèrent rapidement largement surclassés, bien qu’étant des pilotes qualifiés et équipés de certains des meilleurs vaisseaux aérospatiaux de l’Auxilia d’Imperialis. Travaillant en groupe étroitement coordonné, les Xiphons coupèrent les vaisseaux de Prospero de leurs ailiers de soutien avant d’éliminer les combattants vulnérables avec une précision sanguinaire et méthodique. Les intercepteurs Equinox de la Legio Custodes manœuvraient à une vitesse fulgurante, traçant un sillon à travers les escadrons de chasseurs ennemis comme s’ils étaient intouchables. Le hurlement des nacelles d’un Equinox était le dernier bruit entendu par de nombreux membres de la Garde Aérienne, et les journaux de bord provenant du centre de commandement central de la Garde Aérienne au lendemain de la bataille indiquent que les pilotes ont rapidement surnommé ce bruit "Le Cri de l’Ange".

Les Loups débarquent !
Les chasseurs de la Garde Aérienne étant maintenant englués dans une bataille mortelle pour leur survie, et la majeure partie des transporteurs plus lourds se dirigèrent vers le site de débarquement prédéterminé sans autre intervention. Les plus grands Stormbirds se mirent en tête de pont de la formation standard de la Legiones Astartes, utilisant leurs boucliers void qui se chevauchaient pour former une enveloppe protectrice pour le déploiement de l’infanterie, déviant facilement les tirs de mortiers dispersés et d’autres attaques d’artillerie légère émanant des éléments de la Garde des Spires de Propsero qui avaient réussi à se déplacer à temps pour s’opposer au débarquement. Comme il l’avait juré, le premier guerrier de l’Ost de Censure à mettre le pied sur les anciennes terrasses de Tizca était Leman Russ. Il le fit sans prononcer des paroles prophétiques pleines de sagesse comme certains de ses frères Primarques l’auraient fait, mais avec un rugissement qui résonnait dans les rues battues, car les Loups de l’Empereur étaient lâchés sur Tizca et ils n’avaient pas été créés pour propager des mots pleins de sagesse pour les générations futures ; mais pour répandre le sang et mettre fin aux vies.

Derrière le Primarque se trouvaient les rangs de la force d’assaut des Space Wolves, plus de 30 000 hommes portant les outils brutaux mais efficaces de la guerre à courte portée qu’ils maîtrisaient : des Bolters Terrans qui avaient servi pendant près de deux siècles de guerre, aux Fusils Plasma forgés dans les grandes forges de Mars, à la simple mais efficace lame soudée selon le modèle fenrisien. Agissant selon les modèles de guerre et de commandement établis de longue date et intrinsèques à la VIe Légion, les Space Wolves se séparèrent rapidement en douzaines de bandes de guerre plus petites, la plupart de quelques centaines de Légionnaires seulement et chacune dirigée par un ancien combattant dont la longue histoire de gloire et de violence enhardissait sa meute. Ces bandes de guerre se déplaçaient chacune pour sécuriser les sections de la ville qui bordaient la zone de débarquement initiale de l’Ost de Censure. Connu de ses habitants sous le nom de "Vieille Tizca", cette partie de la ville, qui s’étendait depuis les bords des Montagnes Blanches jusqu’aux places ornées du centre-ville monolithique de Tizca, était antérieure à l’arrivée de Magnus et à la technologie de l’Imperium. Elle formait un labyrinthe de bâtiments en pierre d’albâtre, avec des rues étroites, des balcons en surplomb et des places à colonnes ornées - un terrain sur lequel un défenseur rusé pouvait facilement mener une coûteuse campagne de guerre urbaine, surtout s’il connaissait bien l’agencement des rues. Pire encore pour les envahisseurs, cette partie de Tizca était densément peuplée et venait à peine de commencer l’évacuation des civils dans des abris sûrs et, par conséquent, tout attaquant exécutant un assaut standard serait probablement ralenti par la densité de ses cibles, la nécessité potentielle de traiter les prisonniers et d’identifier correctement les menaces militaires dans la masse des corps.

Ici, dans la Vieille Ville, les soldats des régiments d’élite de la Garde Palatine du Nord de la Garde des Spires sous le commandement de Katon Aphea, renforcés par plusieurs compagnies de milices citoyennes, s’étaient retranchés pour résister à cette attaque initiale. Préalablement avertis par le bombardement, ils avaient réussi à mettre en place un certain nombre d’armes de soutien et de pièces d’artillerie légère, et utilisèrent leur connaissance intime de la disposition de la ville pour placer une série de points d’étranglement, d’embuscades et de positions de repli qui leur auraient permis d’assurer une défense roulante. Le Commandant Aphea avait l’intention de retenir les attaquants assez longtemps pour permettre au contingent principal de la Garde des Spires de se mobiliser et de se déployer à partir des casernes principales fortifiées des régiments de Prospero situées à l’extrême pointe nord-ouest des Montagnes Blanches, et gagner du temps pour l’enracinement des forces autour de l’ancienne forteresse de l’Acropolis Magna. Ses défenses étaient organisées rapidement, avec précision et habileté, ses soldats étaient bien équipés et déterminés, mais les Space Wolves brisèrent ses lignes et dispersèrent la Garde Palatine du Nord en moins de deux minutes.[26]

Les Loups des Étoiles Gelées

Les Space Wolvces de la première vague d’assaut ravage la Cité de Lumière.
Les tactiques destinées à vaincre les troupes conventionnelles étaient peu utile contre les guerriers de la Legiones Astartes, car leur blindage les protégeait contre tout sauf les tirs d’armes légères les plus concentrés et leur entraînement les voyait avancer là où des troupes de moindre envergure se seraient arrêté et enfuient. Dans le cas des Space Wolves, cette résilience innée fut amplifiée par la férocité de leur rapide attaque d’infanterie, qui s’est déroulée à un rythme et avec une fureur qui était littéralement inhumaine. Les zones de combat et les embuscades tendues contre eux se transformèrent rapidement en actions de survie désespérées, tandis que les Space Wolves avançaient dans des champs de tir qui auraient décimé une force moindre et déchiqueté leurs ennemis. Vétérans de près de deux siècles de guerre contre les créatures les plus viles jamais rencontrées par l’Humanité, les Space Wolves avaient aiguisé l’art unique du tueur comme aucun autre. Même des unités comme les troupes de Prospero, considérées comme faisant parti des mieux entraînées et équipées de l’Imperialis Auxilia, n’ont pu les vaincre, aussi monstrueuses soient-elles dans leur violence, imparables et terrifiantes. Dans les rues étroites de la Vieille Tizca, la Garde Palatine s’attendait à piéger et à saigner leur ennemie, confiante en ses capacités, et pourtant elle se rendit rapidement compte que c’était elle qui était piégée et incapables de se désengager de la bataille.

La Garde Palatine dans ce secteur fut une force épuisée et brisée en quelques minutes, et pourtant le massacre dura près d’un quart d’heure alors que les Space Wolves chassaient les survivants dans les rues de la Vieille Tizca. Ils ne firent preuve d’aucune pitié à ceux qu’ils trouvèrent armés et chassèrent les civils devant eux, expulsant de vastes foules de citoyens terrifiés et de soldats ensanglantés vers le sud-est dans les sections centrales de la Cité de Lumière. On estime qu’au total, quelque 10 000 soldats sont morts au cours des quinze premières minutes de la Bataille de Prospero, ainsi que des milliers de civils pris dans des feux croisés ou piétinés par la panique pour échapper à l’avancée des Loups, ou pris entre les deux forces armées. Les rues d’albâtre jadis vierges de la Vieille Tizca furent rapidement trempées de rouge artériel, leurs colonnades fines et leurs places astucieuses brisées et fissurées.

Bien que l’assaut des Space Wolves ait dû sembler sauvage et anarchique, une frénésie de sang et de violence avec peu de direction ou de contrôle, rien n’était plus éloigné de la vérité. Leman Russ n’était pas un simple barbare destructeur ; la discipline que lui et la culture de Fenris avaient apportée à ses guerriers signifiait qu’ils combattaient sauvagement, mais en fonction des contraintes d’un plan complexe, dont la première étape nécessitait le démembrement brutal de l’ennemi qui leur faisait face en premier pour semer la peur chez les défenseurs. Prendre une grande ville comme celle de Prospero sans un avantage significatif en nombre était une tâche difficile, et la Légion de Russ ne pouvait pas se permettre de s’enliser dans de longs combats maison par maison, surtout avec les Thousand Sons qui n’étaient pas encore engagés dans l’affrontement. À cette fin, il risquait la vie de ses guerriers dans un assaut frontal destiné à briser le moral des défenseurs avant que toute résistance ne s’installe, risquant pour ce faire l’extension excessive de sa tête de pont. Son pari porta d’abord ses fruits, les Space Wolves n’ayant pas eu à se heurter à une résistance significative jusqu’à ce qu’ils aient atteint les portes de l’Acropolis Magna au nord-ouest de la ville et les rives de la Rivière Lehmsa au sud.

La Lehmsa s’étendait de la baie où les Space Wolves avaient atterri sur la planète jusqu’à la périphérie du centre de la ville, formant une frontière naturelle avec la Vieille Tizca. Sécuriser cette ligne facilement défendable était une priorité pour la VIe Légion, car ils savaient que les Thousand Sons allaient bientôt contre-attaquer, et ils avaient l’intention de les émousser sur cette ligne. Cependant, les Space Wolves devaient se heurter à des circonstances malheureuses, car Tizca accueillait non seulement ceux qui étaient fidèles aux Thousand Sons, mais aussi plusieurs régiments de l’Armée Impériale redirigés vers la planète pour être ravitaillés sur les ordres des agents du Maître de Guerre. Dans l’enceinte des anciennes Demeures Palatines - une relique des anciens souverains dynastiques de Tizca qui s’asseyaient de l’autre côté de la Lehmsa de la Vielle Tizca - campaient les vétérans du FreeKorps de Magdan. Issus de l’un des premiers mondes amenés à la Conformité, les régiments de Magdan étaient connus pour leur loyauté inébranlable envers l’Empereur, mais ignoraient totalement les circonstances de l’attaque contre Prospero. De même, les commandants de l’Ost de Censure n’avaient pas été avertis de leur présence et lorsque l’avance rapide des Space Wolves rencontra les lignes de piquetage extérieures du FreeKorps, le sang coula rapidement. Pourtant, contrairement à la Garde Palatine, les FreeKorps étaient des vétérans de la Grande Croisade et connaissaient bien la futilité d’essayer d’éliminer des Space Marines de front. Au lieu de cela, tout en étant surpassés par les Legiones Astartes, ils cherchèrent à utiliser à leur avantage le fait qu’ils étaient équipés de la panoplie complète d’armes disponibles pour l’Armée Impériale. Alors que les Loups envahissaient les piquets de l’infanterie au bord de la rivière, des escadrons de chars de combat Malcador en mouvement rapide prirent position parmi les champs ornementaux des vastes terrains où ils résidaient et stoppèrent temporairement l’assaut avec un barrage d’obus explosifs.

Aux portes de l’Acropolis Magna, une ancienne forteresse dont la disposition et la force étaient bien connues des Space Wolves, aucun obstacle ne fut rencontré - à tel point que la fuite de citoyens hurlants et des survivants sous le choc des obus à ses portes fit en sorte qu’un grand nombre des canons qui y avaient été placés ne pouvaient pas être utilisés contre les assaillants. C’est ici que fut enregistré la première participation au combat de Leman Russ dans les sagas poétiques mythifiées de la VIe Légion : … et le Roi-Loup rencontra les serviteurs de son frère touché par le Warp. Les trouvant enfermés dans le foyer de fer qui leur servait de repaire, là où les amis du corbeau ne pouvaient les atteindre avec leurs brillantes flammes de la mer, le briseur d’anneaux de la VIe s’empara du jabot de la forteresse, ses puissants muscles l’aidant dans cet effort, lui brisant les mâchoires les unes sur les autres. De l’autre côté de l’œsophage fracassé de la forteresse, les coursiers de minuit, les Fils de Fenris, vinrent réclamer le sang de l’ennemi et, dans l’intervalle d’un battement de cœur, il ne restait que de la nourriture pour les corbeaux. En regardant le travail de ses enfants, les cadavres brisés de l’ennemi, le Roi-Loup jugea que ce fut bon.

Les portes de la forteresse étant mis à bas, les guerriers de la Première, Deuxième et Douzième Grandes Compagnies se répandirent du bord de la ville comme une vague de violence et de mort. De nombreux artilleurs le long du mur de l’Acropolis Magna paniquèrent et ouvrirent le feu, aveuglés dans leur terreur et ignorant la masse de civils dans leurs lignes de mire, cherchant désespérément à faire tomber les Space Wolves. Le tir puissant et soudain de tirs d’armes fit des victimes dans la VIe Légion, mais ne pu enrayer l’avancée rapide des Space Wolves, et une fois dans l’enceinte de la forteresse, les capacités brutales des Legiones Astartes transformèrent rapidement la bataille en une boucherie. Quelques rares unités de la Garde des Spires, dirigées par le Premier Sénéchal Elunnirai, s’échappèrent en bon ordre de l’autre côté des Montagnes Blanches, avec plusieurs milliers de civils. C’était un retrait acheté au prix de la vie de nombreux soldats courageux qui opposèrent une résistance acharnée aux portes nord de l’Acropolis Magna. Les unités incapables de s’échapper furent traqués par les Space Wolves, certaines ayant choisi de résister jusqu’au bout dans la forteresse, tandis que d’autres ont tout simplement paniqués et ont fuient avant de mourir en tentant de s’échapper. Un groupe d’environ 200 soldats barricada les portes de l’arsenal et réussit à tenir près de dix minutes contre les Terminators de la Première Grande Compagnie des Space Wolves, faisant exploser les munitions à l’intérieur comme un dernier acte de défi lorsque les Cataphractii imposants violèrent leurs défenses.

Pourtant, quelle que soit la façon dont ils choisirent d’y faire face, la mort vint pour tous ceux qui s’abritaient dans l’Acropolis Magna. De la Mer Valperine au bord des grandes pyramides qui marquaient le centre de Tizca, les Space Wolves avançaient maintenant presque sans opposition, leur armure couverte du sang des morts et les rues jonchées de cadavres et de mourants. Les quelques redoutes encore détenues par les unités dispersées de la Garde de Prospero furent étouffées par les réfugiés fuyant les Space Wolves et neutralisées. La Garde Aérienne fut presque entièrement détruite et les chasseurs des Space Wolves et de la Legio Custodes régnaient sur le ciel au-dessus de Prospero. Pendant ce temps, l’Acropolis Magna brûlait comme un bûcher au sommet des Montagnes Blanches. À l’embouchure de la baie, au-dessus de l’entrée sablée de la Mer Valperine, les quelques pièces d’artillerie lourde qui avaient atterries avec la première vague des Space Wolves concentrèrent leur tir sur la statue imposante de Magnus le Rouge qui donnait sur la ville, faisant sauter de grands morceaux de maçonnerie jusqu’à ce que l’immense effigie tombe dans la mer. Leman Russ regarda, impassible, alors que le grand buste de son frère sombrait sous les vagues, car il savait que ce n’était que le début du combat, et jusqu’à ce que les Thousand Sons eux-mêmes se joignent à la bataille, peu de choses avaient été décidées.[27]

Frère Contre Frère - 08:21:32 734004.M3I

Les Thousand Sons apparaissent enfin pour défendre Prospero !
Avec la chute de l’Acropolis Magna, les Space Wolves avaient réussi à sécuriser une grande partie de la Veille Tizca, leur assurant une route dégagée vers les Temples-arcologies qui abritaient les différentes divisions des Thousand Sons et les quartiers généraux municipaux dans les districts centraux de la ville. Quelques petites poches de résistance se battaient encore à l’intérieur de la Vieille Tizca - des unités isolées et démoralisées de la Garde des Spires - et les terrains des Demeures du Palatinat étaient ravagés par les obus, devenus un champ de bataille avec des éléments des formations d’assaut de la Huitième Grande Compagnie des Space Wolves, la "Griffe Sanglante", soutenu par des Chars Predator et d’autres blindés rapides, ne donnant aucune chance aux régiments bien équipés de l’Armée Impériale d’unir leurs forces à celles des Thousand Sons. Pendant ce temps, les tentatives des officiers du FreeKorps de négocier un cessez-le-feu furent ignorées.

Malgré ces quelques revers, l’attaque se poursuivait à un rythme soutenu et Leman Russ continua de refuser les demandes de Constantin Valdor pour amener le reste de l’Ost de Censure dans la bataille. C’était une décision que certains critiquèrent dans les années qui suivirent, mais elle n’était pas motivée par une soif de gloire, comme certains érudits le prétendront, mais par un besoin de garder toute sa force et son tempérament à l’abri des puissantes capacités divinatoires des Thousand Sonss.

L’objectif principal de l’assaut initial de Leman Russ était peut-être de faire sortir les fils de Magnus ; les forcer à engager l’Ost de Censure en dehors des Temples-arcologies fortifiés, où l’avantage appartenait entièrement aux terribles pouvoirs occultes exercés par cette Légion renégate. Avec peu d’informations sur le déploiement, ou même des rapports précis sur le nombre de Légionnaires Thousand Sons sur Prospero à l’époque, la voie la plus évidente pour atteindre ce but était de les forcer à s’exposer au grand jour par une provocation directe. L’assaut se poursuivit, les Space Wolves étendant leurs attaques le long de la limite nord de la ville vers les fortifications du Bastion d’Argent et dans les limites les plus proches des quartiers centraux de Tizca.

Les bandes de guerre en avant garde ne rencontrèrent que peu de résistance, si ce n’est des unités dispersées de la milice citoyenne, des hommes et des femmes désespérés qui tentaient de défendre leurs maisons et leurs familles avec d’anciennes armes légères ou des unités décimées de la Garde des Spires. Ces poches isolées de résistance furent rapidement et efficacement écrasées ; aucun Tizcan qui leva les bras contre les Space Wolves ne fut épargné, ceux qui n’offraient aucune résistance furent simplement été ignorés ou ont pu fuir, et au fur et à mesure que l’avance couvrait de plus en plus de terrain, leur progression rapide commença à étirer les forces limitées qui constituaient la vague initiale de l’assaut.

Bientôt, les bandes de Space Wolves les plus éloignées s’avancèrent jusqu’aux grands aqueducs qui alimentaient les jardins des marches inférieures des Montagnes Blanches, à quelques kilomètres seulement du Bastion d’Argent. Au milieu des colonnades de l’aqueduc, l’une des dernières résistances de la Garde Palatine du Nord avait été piégée par l’avancée rapide des escadrons de Warpacks et de Jetbikes des Chasseurs Gris Space Wolves. La Garde fut combatif mais désespérément surpassés par les guerriers de la Legiones Astartes qui se dressaient contre eux. Pourtant, alors que les guerriers en armure de la VIe Légion se massaient pour une dernière charge, ce n’est pas une bande de soldats humains désespérés qu’ils rencontrèrent, mais une fusillade de bolts, de vrilles de flammes et de lames de force invisible qui déchirèrent leurs rangs.

Les Thousand Sons s’étaient enfin joints à la bataille, ayant complètement encerclé la position des Space Wolves en utilisant un moyen inconnu des forces de l’Imperium, et étaient résolus à faire payer un lourd tribut pour la destruction que ceux qu’ils avaient autrefois appelés frères avaient infligé à Prospero. Simultanément à travers Tizca, à des points clés de l’avancée des Space Wolves, les Thousand Sons exécutèrent une série d’embuscades dévastatrices. En périphérie des quartiers centraux, les guerriers de la Troisième Grande Compagnie perdirent des centaines de guerriers d’un seul coup alors que l’immense complexe de bâtiments qu’ils nettoyaient de la présence de la Garde des Spires s’effondrait délibérément sur eux, les fondations écrasées par les pouvoirs biomantiques des coteries des Thousand Sons dissimulés, et les décombres renversés et compactés avec la force d’une frappe orbitale.

Alors que la ville tremblait au son de l’effondrement, les Seekers et les Escouades d’Assaut de la Huitième Grande Compagnie, opérant le long de la lisière ouest de l’avancée, se retrouvèrent soudainement entraînés dans une guerre d’usure avec des détachements de Thousand Sons qui disparaissaient chaque fois que les Space Wolves cherchaient à les engager, pour ensuite réapparaître dans de nouvelles positions d’embuscade quelques instants après. Même à l’intérieur du périmètre fortifié et protégé de la zone d’atterrissage, des Thousand Sons vêtus d’une armure cramoisie et bleu lapis-lazuli s’infiltrent. Ceux-ci ont depuis été identifiés comme appartenant à l’Ordre de la Cécité. Ces forces menèrent une attaque surprise contre les éléments de commandement des Space Wolves, et ne furent repoussés que par la brutale contre-attaque de Grimnir Sang-Noir et du noyau de Terminators Cataphractii Varagyrs de l’Huscarl qui était chargé de la défense de cette position clé.[28]

La Colère des Sorciers

Le Conseil Abandonné[29]

Beaucoup se sont interrogés sur l’apparente inaction des Thousand Sons pendant les premières étapes de la Bataille de Tizca. Certains érudits suggèrent que c’était simplement une ruse pour obliger l’ennemi à se dévoiler, bien que si cela est vrai, il en est résulté plus de dégâts que s’ils s’étaient simplement opposés ouvertement aux premiers débarquements. De plus, ces théories n’expliquent pas l’absence de Magnus et d’un certain nombre d’autres officiers supérieurs de la Légion pendant la majeure partie de la bataille - que de tels chefs respectés et guerriers vantés soient restés absents pendant que leur foyer brûlait prouve que la raison est plus profonde qu’une simple mis-direction. Le peu d’archives qui furent emportées des ruines incendiées des Temples-arcologies des Thousand Sons laissent entrevoir l’agitation au cœur du silence de ces derniers lors des premiers débarquements. Plusieurs enregistrements fragmentaires vox et des archives d’images retrouvés parlent d’un conseil tenu au cœur de la Grande Bibliothèque alors même que les bombes tombaient sur Tizca, une réunion réunissant les chefs les plus talentueux de la Légion et des guerriers influents.

Lors de ce conseil, il semble que Magnus exhorta ses fils à ne pas résister au jugement prochain de l’Imperium, et de permettre à leur Primarque d’être emmené vers Terra enchaîné, peut-être pour prédisposer l’Empereur et Ses champions à la miséricorde ou simplement pour éviter la destruction que la guerre totale entre deux Légions entraînerait. Le raisonnement venant d’un esprit tel que celui du Roi Sorcier de Prospero ne peut pas être facilement perçu, pourtant, c’est ce discours qui fut fait à la XVe Légion, laissant ses dirigeants embourbés dans l’incrédulité et le doute alors que les Space Wolves faisaient leurs premiers pas sur Prospero. Bien que la majeure partie des transcriptions du conseil ait été détruite dans le chaos qui suivi l’assaut contre Prospero, il est clair que les Thousand Sons étaient divisés face à la requête de leur Primarque. Car si la grande majorité d’entre eux souhaitaient se battre pour défendre leur foyer, peu étaient prêts à lui désobéir. En fin de compte, il semblerait qu’une coterie d’officiers supérieurs, dirigé par Azhek Ahriman, convainquit la grande majorité de la Légion de se battre, laissant les dissidents attendre la fin dans la Grande Bibliothèque.

Dans tout le nord de Tizca, les Thousand Sons frappaient à présent avec acharnement, les Space Wolves étant incapables de prévoir ou de prévenir leurs assauts. Attaquant des zones depuis longtemps nettoyées des combattants et déclarées sures ou sous le nez même des positions des Space Wolves, les Thousand Sons affichaient clairement leur non respect des édits de Nikaea et s’étaient tournés vers les purs pouvoirs de la sorcellerie et le don du Psyker pour obtenir l’avantage stratégique. Certains de leurs guerriers utilisaient des capacités psychiques pour obscurcir leurs mouvements, notamment l’Ordre de la Cécité, dont les acolytes avaient subi un entraînement ardu pour développer de tels talents, tandis que d’autres envoyaient des coups puissants sur les envahisseurs vêtus de gris, devenant des artilleries vivantes animés d’une colère meurtrière, attirant la force psychique qui les mettait en danger corps et âme dans leurs efforts de destruction. D’autres encore, moins doués dans les arts arcaniques, utilisaient le réseau de portails qui sillonnaient Tizca, inertes et cachés à la vue de tous jusqu’ici. Ces structures étaient des reliques de temps plus anciens, remanié et affiné par le Roi Sorcier lui-même, chacune prenant la forme d’une grande porte ou d’une arche en pierre, souvent assez grande pour que même les petits véhicules blindés puissent passer à travers. Lorsqu’il était activé grâce aux efforts des Magister Templi des Thousand Sons, ils permettaient un transit quasi instantané vers un autre des portails à travers des couloirs passant dans le royaume ténébreux du Warp. Logés dans de nombreux bâtiments plus grands à travers Tizca, les Thousand Sons utilisèrent ces portes pour déployer des détachements entiers de guerriers invisibles pour les Space Wolves, pourtant toujours vigilants, qui rôdaient dans les rues des districts du nord de Tizca.

Pris dans un ouragan d’embuscades mortelles et une tempête de force de l’Empyrée, les lignes de front des Space Wolves, qui avançaient constamment, se dissolurent rapidement dans un bourbier confus, certains guerriers essayant d’entrer au contact de l’ennemi, tandis que d’autres se repliaient face aux embuscades ou manœuvraient pour encercler les Thousand Sons qui semblaient apparaître et disparaître à volonté. Simultanément, les bandes vox de la Légion les plus communément utilisées furent inondées d’un blizzard de signaux statiques, les Thousand Sons ne connaissant que trop bien les vulnérabilités de l’équipement des Legiones Astartes, et bien que les Space Wolves aient réussi à communiquer de façon limitée à l’aide de signaux à haut débit et d’unités las-vox, ils n’ont pas été en mesure de coordonner les attaques des Thousand Sons. Cela aurait paralysé une autre Légion plus habituée à une cohésion serrée et dépendante d’une planification hautement coordonnée, mais les bandes de guerre des Space Wolves étaient assez autonomes pour que, même si cette anarchie soudaine leur causait de grands dommages, elle ne pouvaient pas à elle seule les vaincre. Les détails de la disposition exacte de plusieurs de ses unités étant incertains, Leman Russ ne put discerner que quelques faits concrets à ce stade de la bataille : premièrement, il avait réussi à attirer les Thousand Sons, et deuxièmement, que ses lignes de front étaient sous la menace d’un effondrement imminent. Comme à l’accoutumée, le Roi-Loup ne laissa pas l’élan de la bataille profiter à ses adversaires, et là où d’autres commandants auraient pu se retirer pour consolider leurs forces, il faisait confiance à ses Loups pour tenir leurs positions. Il ordonna aux réserves d’avancer sur les frontières du district central, visant les Temples-arcologies des Pyrae et des Corvidae. Si ces deux immenses macro-structures pouvaient être conquises rapidement, les Space Wolves auraient une base sûre à partir de laquelle ils pourraient se regrouper et avancer vers la Grande Pyramide de Photep elle-même, au centre de la ville sur la Place de l’Occullum.[30]

La Seconde Vague

Les Temples-arcologies de Tizca[31]

Surplombant les pyramides mineures et d’autres structures de moindre importance de Tizca, se trouvaient les huit Temples-arcologies. Cinq de ces immenses structures abritaient les vastes installations de formation, les bibliothèques et les casernes des plus grands des Cultes de Psykers de Prospero, ainsi que les quartiers d’habitation des foules d’adeptes, de serviteurs et de vastes fortifications défensives et d’emplacements d’armes. Faisant partie des vraies merveilles de la Cité de Lumière, chaque Temple-arcologie était une ville en soi, ainsi qu’une forteresse privée où chacun des grands Cultes des Thousand Sons avait perfectionné ses doctrines et rituels individuels, loin des regards indiscrets de ceux de l’extérieur. Près de dix pour cent de la population totale de Tizca vivait dans l’enceinte de l’un de ces Temples-arcologies, et en cas de catastrophe à l’échelle de la ville, ils pouvaient fournir un abri à une proportion beaucoup plus importante de la population civile. Dans leurs salles caverneuses étaient entreposées suffisamment de provisions et de munitions pour soutenir la Légion et ses tributaires pendant plusieurs années, et les districts stratifiés à l’intérieur de leurs noyaux blindés s’avéreraient presque impossibles à prendre d’assaut. Tout attaquant ciblant Prospero devrait neutraliser ces structures rapidement ou faire face à la perspective d’un siège long et coûteux.

La neuvième de ces structures se trouvait au centre de la ville, à l’intérieur des limites sculptées de la Place de l’Occullum. Contrairement aux huit autres, il n’y avait pas de civils ou de compagnies des Thousand Sons qui y résidaient. Un complexe de bâtiments auxiliaires et de petites pyramides s’étendaient sur la place à ses pieds, abritant la sagesse recueillie par Prospero et les Thousand Sons. Ces structures comprenaient la Grande Bibliothèque, le trésor le plus sacré de Prospero, et le neuvième Temple-arcologie était la Pyramide de Photep, le sanctuaire de Magnus le Rouge lui-même. Peu d’individus à part le corps des officiers des Thousand Sons les plus dignes de confiance et les guerriers d’élite de la Première Confrérie pouvaient entrer dans ces salles et être témoins des travaux et expériences cachés du Primarque Sorcier. Dans le sillage de la destruction totale causée par les Space Wolves, personne ne saura jamais quels secrets il avait découvert dans ses salles.

Massant ses forces de réserve, Russ lâcha dans les districts périphériques du centre de Tizca la brutale Varagyr de la Première Grande Compagnie et les bandes de guerre et escadrons blindés de la Pale Hunter des Deuxième et Troisième Grandes Compagnies. Pourtant, là où ils s’attendaient à ne rencontrer qu’une résistance dispersée, pensant que la majorité des défenseurs s’étaient éparpillés à travers la ville et s’étaient engagés au combat avec la première vague d’assaillants, ils trouvèrent une forte résistance. Les Space Wolves rencontrèrent des escouades aguerries des Templiers de la Garde des Spires, l’élite de la Garde des Spires de Prospero portant des haches crépitantes à tête de faucille, se battant depuis des positions préparées à l’intérieur des flèches et des trottoirs denses du centre-ville. Ils accompagnaient de nouveaux détachements des Thousand Sons - dont beaucoup portaient les mêmes marques que celles qui avaient été repérées lors des embuscades des unités des Space Wolves, soutenu par d’étranges et puissants Automates de Bataille d’un type inconnu par les attaquants. Des combats violents éclatèrent sur ce nouveau front, des affrontements animés par la haine et le zèle. Les deux camps donnaient le maximum et la férocité des Space Wolves se heurtait à un maelström de destruction psychique déclenché par les Thousand Sons. Une telle bataille n’avait jamais été vue auparavant au sein de l’Imperium alors que les guerriers des Legiones Astartes se rencontraient dans un conflit ouvert et à grande échelle. Leman Russ avait engagé près de 20 000 de ses Space Wolves contre une force de Thousand Sons presque égale en taille, et dans leur lutte, ils ravagèrent Tizca.

Les combats avaient à présent englouti les quartiers nord, et ses rues autrefois immaculées et ses places à colonnades furent réduites en des ruines fumantes. Les Space Wolves avaient laissé les grands théâtres et les bibliothèques en flammes et traqué son peuple, tandis que les Thousand Sons, dans leur empressement à punir les assaillants, avaient transformé les quelques bâtiments intacts en redoutes meurtries par les tirs et en forteresses gorgées de sang. Dans la Vieille Tizca, les guerriers des Huitième et Douzième Grandes Compagnies se livrèrent bientôt à un nouveau jeu d’embuscade et de contre-embuscade avec l’élite des infiltrateurs psychiques de l’Ordre de la Cécité - quelques centaines de Thousand Sons qui occupèrent près de 10 000 Space Wolves. Le long de la bordure des terrains du Palais Palatinat, d’autres Space Wolves s’étaient engagés dans l’assaut contre les soldats du FreeKorps, apportant la guerre aux soldats loyaux de l’Imperium dont le péché était d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. Là où autrefois les rues sonnaient au son des rires et des célébrations, elles résonnaient maintenant des cris des mourants, le craquement aigu des fusils à verrou et la folle panoplie de paroles et de formules qui résonnaient dans le sillage des pouvoirs des Thousand Sons. Aucune pitié ne fut manifestée par l’un ou l’autre des parties, ni aucune restriction, ni aucun respect guerrier. Dans les rues de Tizca, des guerriers qui avaient été frères se battirent jusqu’à leur dernier souffle, ne cherchant qu’à entraîner leur ennemi dans la mort à leurs côtés, aucun ne pensant à sa survie.[32]

Nulle Part Où Aller

Poussés au bord de la destruction, les Thousand Sons avaient alors abandonné tout espoir de rédemption et libérèrent tout le potentiel inexploité de leurs pouvoirs psychiques, déchaînant sur les Space Wolves toutes les horreurs qu’ils avaient précédemment pensé contenir. De sombres éclairs descendirent du ciel, virevoltant entre les guerriers de couleur grise, et les brûlèrent. De grandes vagues de palourdes vertes déferlèrent dans les ruelles étroites à la recherche des Space Wolves tel un serpent de feu. Là où elles se refermaient sur les Space Wolves, des lames de force invisibles se frayèrent un chemin à travers les Armures Énergétiques, éparpillant les corps brisés dans leur sillage, et le sang se mettaient à bouillir sans avoir été versé dans les veines de sa victime. Mais malgré tout cela, l’assaut des Space Wolves ne faiblissait pas, et beaucoup d’entre eux défièrent les yeux dans les yeux leurs adversaires à mesure qu’ils mouraient. L’effusion de force psychique fut telle que le sol même de Prospero commença à trembler, et les mus d’albâtre se fendirent et s’écroulèrent alors que de sombres nuages se rassemblèrent pour former un vortex artificiel au centre de la Cité de Lumière. Un voile tomba, un signe de terreur que même la psyché endoctrinée des guerriers de la Legiones Astartes ne pouvait pas ignorer.[33]

L'Intervention de Valdor

Les Sœurs du Silence neutralisent par leur seul présence les pouvoirs psychiques des fils de Magnus, facilitant l’élimination des traîtres.
Avec la force principale des Space Wolves pleinement engagés dans les combats sur la planète et les réserves menant un assaut à grande échelle, les guerriers de la première vague étaient dangereusement débordés. Alors même que Leman Russ et ses Varagyrs étaient tenus à distance par la fureur psychique des Thousand Sons qui bloquaient son chemin, d’autres bataillons de guerriers en armures cramoisis se rassemblèrent sur ses flancs au moyen du réseau de portails Warp, espérant couper Russ et trancher la tête de la bête qui ravageait Prospero. Ce plan n’était pas passé inaperçu. Constantin Valdor l’avait compris sur le vaisseau amiral de la Legio Custodes, l’Oriflamme, en analysant les données des scans orbitaux de la flotte, qui avaient subi une grave dégradation à cause de l’accumulation Æthérique autour de Tizca. Il avait vu le danger potentiel. Ne pouvant contacter directement le Primarque de la Légion des Space Wolves, ou la petite manipule de la Legio Mortis envoyée sur les ruines de Zhao-Arkhad, le sévère commandant de la garde de l’Empereur mesura les ordres de Russ de rester en orbite par rapport à l’échec potentiel du débarquement initial et en conclu que son devoir l’emportait sur les ordres de Russ. Il ordonna aux Custodiens, aux Sœurs du Silence et aux régiments de l’Armée Impériale qui les accompagnaient de se préparer aux opérations de combat. Cependant, par respect pour le Primarque qui menait l’invasion, Constantin Valdor assigna sa deuxième vague non pas au renforcement de Leman Russ, ce qui aurait mis en évidence les échecs du premier assaut du Primarque, mais aux frappes des docks de transfert orbital de Tizca afin d’attirer ainsi sur cette nouvelle ligne d’attaque les forces des Thousand Sons loin des Space Wolves.

En plus de leurs propres vaisseaux de combat, les guerriers de la Legio Custodes se tournèrent vers les imposants transporteurs de la Marine Impériale pour la phase initiale de leur assaut, car beaucoup de Stratèges craignaient les interactions possibles entre le champ "kine" des Thousand Sons et la tempête Psyker avec toute tentative de téléportation. Trois douzaines de Sodalités, les fraternités de guerriers dans lesquelles les Custodiens étaient organisées, mèneraient l’assaut aux côtés des forces de la 9e Auxilia Solar, dont les hoplites avaient participé à d’innombrables assauts orbitaux, ainsi que des cadres de la Sororité du Silence.

Le premier signe donné aux défenseurs de cette nouvelle offensive fut une attaque aérienne soudaine sur les chantiers de transfert orbital dans les quartiers ouest de Tizca, avec une vague d’Intercepteurs Xiphon et Equinox qui balayèrent le ciel des quelques Primaris Lightnings des Thousand Sons qui restaient dans les airs. Les transporteurs étaient à la suite de cette offensive. Leurs pilotes tirèrent le meilleur parti du chaos causé par l’assaut des chasseurs, luttant pour faire poser leur embarcation sur la vaste étendue grise des terrains d’atterrissage le plus rapidement possible, malgré la turbulence qui s’accumulait et la tempête Warp qui aveuglait presque les augures. Pourtant, malgré leur habileté, plusieurs des vaisseaux de la 9e Auxilia Solar furent frappés par des tirs d’autocanons lourds et de faisceaux de lascannons brûlants provenant de plates-formes de défense au sol ; des frappes répétées qui causèrent d’importants dégâts sur les flancs des immenses navires et firent plusieurs morts dans les explosions, les laissant beaucoup plus gravement endommagées au fur et à mesure qu’ils tombaient du ciel.

Malgré la perte de près d’un millier de soldats de l’Auxilia Solar et d’une poignée de guerriers de la Legio Custodes en vue du débarquement, la force d’assaut ne s’arrêta pas, supposant dès la première vague que les Thousand Sons allaient se redéployer rapidement pour contrer leur attaque. Émergeant des cales en phalanges disciplinées, les hoplites de Saturne se déplacèrent d’abord vers les emplacements des canons et des bunkers de défense qui entouraient les champs de transfert, s’appuyant sur des batteries mobiles de plates-formes d’armes Rapier pour ouvrir leurs blindage et supprimer les troupes à l’intérieur. Arriva pour faire face à l’assaut de l’Imperium, des soldats en uniforme cramoisi avec un équipement similaires à l’Auxilia Solar ; il s’agissait de la Garde Palatine Occidentale, leurs lignes renforcées par des chars lourds Malcador et des escadrons des Templiers de la Garde des Spires brandissant leurs grandes haches de force à tête de faucille. Tandis que les soldats de la 9e Cohorte s’emparaient des postes de défense par un tir concentré, les Custodiens avançaient rapidement vers la tour de contrôle orbitale qui dominait les terrains d’atterrissage. Leurs transports anti-gravité dorés Coronus fonçaient à pleine vitesse depuis les cales de leurs transporteurs, esquivant et se faufilant à travers les tirs d’obus avec une habileté experte alors qu’ils s’approchaient de leur cible. En même temps, les escorteurs d’attaque Pallas de la Legio Custodes, qui accompagnaient l’assaut, ciblèrent avec des tirs méticuleux pour dégager les formations de troupes ennemies qui bloquaient leur chemin.

Atteignant rapidement la flèche de contrôle, son sommet à facettes cristallines maintenant brisé et ravagé par les tirs d’obus et les débris, les guerriers vêtus d’or de la Legio Custodes s’élancèrent de leurs transports pour aller au combat. Plus grands que les Legiones Astartes et majestueux dans leur armure dorée et travaillée, les Custodiens repoussèrent les guerriers de la Garde des Spires qui s’opposaient à eux comme des Titans qui combattaient de simples enfants. Même les Templiers d’élite furent massacrés en masse alors que les guerriers de Valdor se déplaçaient dans les niveaux inférieurs de la tour comme un ouragan de la mort, ne laissant dans leur sillage que des corps brisés et démembrés. Contrairement à la discipline sévère des soldats de Saturne, les Custodiens fonctionnaient presque individuellement, chaque guerrier se fiant à ses propres compétences pour assurer sa sécurité plutôt qu’à la vigilance de l’homme à ses côtés. Face à des ennemis moins puissants, comme les soldats de la Garde des Spires, ils étaient imparables.

Les Custodiens terrassent les Terminators du Scarabée Occulte.
Cependant, lorsque les guerriers de la Legio Custodes atteignirent la flèche de la tour, ils rencontrèrent des guerriers Psykers dans des Armures Cataphractii du Sekhmet, connu par beaucoup sous le nom de Scarabée Occulte. Ces guerriers, dont la réputation était bien connue tout au long de la Grande Croisade, étaient l’élite Terminator de la Légion des Thousand Sons, formés toute leur vie pour combattre comme une seule unité et tempérés par les longues guerres de conquête et de campagnes de Conformité. Même contre des ennemis aussi puissants, les Custodiens étaient supérieurs. Les membres du Scarabée Occulte ne combattaient pas en tant qu’individus, mais presque comme un seul corps et un seul esprit. Formant un mur de corps blindés et de Haches Énergétiques à manche longue, ils se déplaçaient pour contrer les guerriers d’or, et là où un Custodien se déplaçait pour frapper l’un des Sekhmet, ses frères d’un côté ou de l’autre se déplacèrent pour le défendre.

C’est là que le premier Custodien tomba au combat ouvert contre un guerrier des Legiones Astartes, abattu par trois des Scarabées Occultes avec l’efficacité brutale de la guerre menée par les Légions contre les ennemis de l’Humanité. Pourtant, même les compétences martiales du Scarabée Occulte, psychiquement augmentées, ne pouvaient pas triompher de la puissance brutale des Custodiens de la Legio Custodes, les Premier-Nés de l’Empereur. Pour chacun des guerriers dorés qui tombèrent blessés ou tués sur le champ de bataille, quatre ou plus de l’élite du Scarabée Occulte furent abattus, mais les Scarabées Occultes avaient été formés à plus que le simple maniement de la lame et du tir de précision. La sorcellerie qui les avait condamnés était l’avantage décisif de l’élite des Thousand Sons. Comme dans les combats contre les Space Wolves qui faisaient toujours rage vers le nord, ils pouvaient enflammer l’air et le retourner contre leurs ennemis comme une marée vive, leur embrumer l’esprit pour qu’ils frappent leurs propres alliés ou conjurer des boucliers et des lames de force kinétique. Mais lorsque qu’ils voulurent utiliser ces pouvoirs, ils ne le purent. Dans la foulée des imposants guerriers de la Legio Custodes, se trouvaient les demoiselles d’honneur de la Sororité des Sœurs du Silence, dont la seule présence refroidissait l’air et scella les pouvoirs de sorcellerie qui auraient pu sauver le Scarabée Occulte. Sans pouvoir sur lequel ils pouvaient compter, les Terminators protégeant la tour furent bientôt submergés par les prétoriens de l’Empereur et massacrés. Ce fut une défaite comme celle que les Sekhmet n’avaient jamais subie depuis leur création. Avec leur échec, les champs de transfert orbital tombèrent rapidement entre les mains de l’Ost de Censure.

Valdor, qui menait à présent dans les rues ravagées de Prospero sa Garde Custodienne, ne tarda pas à ordonner le déploiement général des troupes à sa disposition : l’Armée Impériale, la Legio Custodes et la Sororité du Silence. Parmi les unités des Space Wolves qui étaient restées en réserve, la majorité choisirent d’attendre l’appel de Russ, tout comme le petit contingent de Sons of Horus qui les avait rejoints à Beta-Garmon. Seule la Treizième Grande Compagnie, impétueuse et toujours avide de combats et de sang, et la Onzième, qui abritait de nombreux Speakers of the Dead et des membres du Black Cull qui les assistaient - le Culte de Morkai étant en grande partie une institution en soi et peut-être moins liée à la volonté de Russ pour cela - choisirent de se joindre à cette nouvelle vague d’assaut. Ils laissèrent les Quatrième, Cinquième, Septième et Neuvième Grandes Compagnies encore en réserve aux côtés des forces de l’Ordo Sinister et des Sons of Horus. Sous la direction de Valdor, la deuxième vague d’assaut se déplaça pour atteindre ses objectifs : le premier groupe devait pousser vers le nord à travers les Demeures Palatines et faire une jonction avec Leman Russ et la première vague d’assaut, tandis que le deuxième groupe devait avancer vers l’est et de prendre le Grand Canal Sesostrien, qui rejoignait directement la Mer Valperine jusqu’au pied des pyramides de la Domus Tenebri et du Praefurnium Aeturnus, au centre de la cité. Les unités du FreeKorps survivantes avaient fortifiées leur position au sein des Demeures Palatines et, après leur rencontre avec les Space Wolves intransigeants, refusaient tous les appels à se retirer, tandis que les restes brisés des régiments de la Garde des Spires retranchés sur le Mont Sanctuaire, parmi les ruines des temples anciens et des sanctuaires brisés, étaient rendus à moitié fous par leurs pertes et ignoraient également les appels des nouvelles forces impériales à la reddition. Ces poches de résistance furent encerclées et ainsi neutralisées, ce qui permis à la force principale de la deuxième vague, les troupes d’élite de la Legio Custodes et de l’Imperialis Auxilia, de se rassembler sur les champs de transfert orbital en vue de briser l’arrière des défenses des Thousand Sons et de mettre un terme décisif à la Bataille de Tizca.[34]

L'Orage Éclate - 12:09:16 734004.M31

La Purge de Tizca[35]

Alors même que les réserves des Space Wolves arrivaient pour renforcer Leman Russ et répandre le sang des Thousand Sons, un petit contingent de Sons of Horus débarqua dans leur sillage et se lança à une tâche beaucoup plus sombre dont les implications furent largement ignorées ultérieurement par les historiens. Dirigés par Boros Kurn, et appliquant la volonté du Maître de Guerre, les Sons of Horus et les auxiliaires qui leur étaient liés se dispersèrent dans les quartiers pacifiés du nord de Tizca et commencèrent à rassembler tous les hommes et femmes de Prospero qui s’y trouvaient encore. Vêtus d’une armure couleur vert marine et de vox-amplificateurs, les Sons of Horus poussèrent de grandes foules de réfugiés dans des zones d’attente rassemblées à la hâte. Ceux qui osaient résister furent tués d’un seul coup, leurs cadavres retrouvés sur les briquetages de Tizca, ou brutalement mutilés et laissés dans la rue comme avertissements vivants contre la désobéissance.

Dans les zones d’attente, les Sons of Horus commencèrent à trier et à cataloguer systématiquement les citoyens désormais captifs de l’Imperium alors que la bataille désespérée faisait encore rage. Quelques-uns furent emmenés à bord du croiseur des Sons of Horus qui attendait en orbite basse, peut-être jusqu’à plusieurs milliers d’individus, tandis que les autres connurent un sort beaucoup plus effroyable. Une fois le tri terminé, les personnes choisies furent emmenés, et les Sons of Horus se retirèrent de cette zone d’attente avant de demander à l’artillerie de l’aplatir et d’effacer toute trace de ceux qui l’avaient autrefois occupée. Peu de documents mentionnent maintenant ces événements. Et ce que les Sons of Horus cherchaient est incertain, mais étant donné la propension des habitants de Prospero à développer des talents psychiques et l’apparition ultérieure d’un grand nombre de Psykers renégats dans les unités auxiliaires et cultistes déployées par les Sons of Horus et les Word Bearers pendant l’Hérésie Horus, il peut y avoir un lien, même si c’est quelque chose qui ne peut pas être prouvé à présent. Cependant, Horus était connu pour sa clairvoyance et son refus d’abandonner un bien qu’il pourrait plus tard utiliser à bon escient.

Les guerriers de la VIe Légion avaient livré de nombreuses batailles contre les ennemis de l’Humanité, et si cette bataille avait été un affrontement habituel, il est probable qu’elle se serait terminée là. Mais ils ne combattaient pas une menace Xenos, mais l’une des meilleures armées de l’Imperium, une Légion complète de Space Marines de l’Empereur. Les Thousand Sons n’avaient pas l’intention de permettre à leur ennemi de contrôler le flux de la bataille et de détecter l’arrivée de nouveaux renforts. Les régiments des Confréries des Thousand Sons et de la Garde des Spires, qui étaient auparavant en réserve, furent rapidement lâchés dans les combats. Dans les flèches du Temple-arcologie des Corvidae, de grands rituels furent entrepris au prix de centaines de vies de serviteurs pour percer le voile de l’avenir, et dans les cellules de détention sous la forteresse du Culte :Catégorie:Thousand Sons#Les Athanaéens|Athanaéen, les Magisters cherchaient à briser les prisonniers qui leur avaient été amenés des lignes de front et à deviner les plans de l’ennemi. Une si vaste dépense de vies, les deux sacrifiant des serviteurs et massacrant des prisonniers, ne fit qu’accélérer la sombre tempête qui se formait au-dessus de la ville, mais avait offert à Ahriman et aux autres chefs des Thousand Sons des renseignements vitaux qui, combinés au réseau de portails Warp dissimulés dans l’architecture ancienne de la ville, leur permirent de repositionner rapidement leurs forces pour contenir les envahisseurs.

La 3e Auxilia Terranic, fraîchement débarquée, trouva son avance sur les fortifications construites à la hâte du Mont Sanctuaire perturbées par l’apparition soudaine d’un détachement de la Neuvième Confrérie des Thousand Sons. Avec une grande proportion de Corvidae dans leurs rangs, les commandants des forces de l’Imperium constatèrent que tous leurs assauts étaient anticipés et anéantis par le feu discipliné et les assauts psychiques des Space Marines en armures pourpres. La plus grande force de guerriers de la Legio Custodes, forte de quelque 500 hommes sous la direction de Constantin Valdor lui-même, se déplaça pour anéantir les soldats de l’Armée Impériale dans les Demeures Palatines, pour se retrouver mêlés à de violents combats de rue avec un détachement massif de Terminators Thousand Sons et de Dreadnoughts, les machines de guerre de l’ Ordre de la Ruine, le long des rues ornées de pilastres de l’Avenue du Palatinat. Les escadrons de la Legio Custodes, divisés par de vastes murs de flammes vertes rugissantes au fur et à mesure qu’ils avançaient, furent séparés, puis pris à parti par l’élite des Thousand Sons qui semblaient venir de nulle part, leurs haches de Prospero à lame longue grésillantes de force profane alors qu’elles découpaient ces Custodiens isolées pris dans le piège. Mais contre la Garde Custodienne, dont la raison d’être étaient de faire face à un combat, à un assassin et à un ennemi inattendu, même une embuscade aussi meurtrière n’était pas une garantie de victoire, comme le découvrirent beaucoup de Thousand Sons à leurs dépens. D’autres, sous les ordres de Valdor, se trouvèrent pris dans un déluge d’éclairs artificiels qui s’enflammèrent et s’animèrent pour poursuivre les Custodiens naturellement agiles, ou furent soudain maintenus immobiles dans des cages d’énergie arcaniques alors que les Thousand Sons fonçaient vers eux. Le potentiel psychique illimité des Thousand Sons, les enseignements secrets de Magnus le Rouge et même les techniques qu’il avait autrefois interdites à ses fils étaient maintenant tous déchaînés à cause de la colère et du désespoir, et se confrontèrent au génie génétique de l’Empereur dans une confrontation qui ébranla les portes mêmes du ciel.

Utilisant des portails Warp, les Thousand Sons prennent en embuscade les Space Wolves.
Ailleurs, tentant de pousser vers l’est, autour du Mont Sanctuaire vers les remparts dorés du Bastion de Valperine, les Space Wolves de la Onzième Grande Compagnie furent également interceptés par l’apparition soudaine de guerriers Thousand Sons sur leurs flancs. Les élus de Morkai se mirent à rire dans les flammes, leurs grandes haches noires frappant leurs ennemis alors même que le pouvoir du Warp se déchaînait, réduisant leur armure d’os en cendres. L’Ost de Censure fit face à une situation pire de l’autre côté de la ville, où les détachements isolés de la première vague eurent du mal à repousser une nouvelle contre-attaque des districts centraux alors que des bataillons de Thousand Sons et même des unités de milices citoyennes se rassemblaient, ou étaient simplement asservis à la défense de Tizca, le nombre de leurs ennemis usant les effectifs et les munitions des Space Wolves. Face à l’abandon presque euphorique des Thousand Sons à l’usage prodigue de leurs pouvoirs de sorciers, les Space Wolves n’avaient pas grand-chose d’autre que leur férocité native et leur refus obtus de céder. Leman Russ ne pouvait renverser la vapeur qu’en un seul combat à la fois et les Prêtres des Runes de la VIe Légion étaient limités dans leur capacité à contrer les Magisters beaucoup plus puissants et imprudents des Thousand Sons. Ces mêmes Thousand Sons abandonnèrent toute discipline en usant sorcellerie interdite et répandirent toute leur haine à travers la planète pour brûler et carboniser l’ennemi, forçant les Space Wolves et leurs alliés à tenir une ligne défensive le long du bord du Temple-arcologie le plus à l’écart du quartier central. Pourtant, alors même qu’ils attaquaient, le ciel de Prospero convulsait au-dessus d’eux et Tizca commençait à changer. Beaucoup de ceux qui combattirent ce jour là raconteront plus tard des histoires d’apparitions effrayantes qui défilèrent aux confins de leur vision, des rues qui se repliaient sur elles-mêmes et conduisaient les guerriers de l’Empereur dans des lieux éloignés de leur destination, et des camarades qui s’effondraient en poussière ou disparaissaient tout simplement de leur côté. Les Thousand Sons et leurs Magisters avaient dû aussi voir les changements que leurs actions apportèrent à Tizca, mais dans leur fierté, ils ne voulaient pas céder et ne cherchèrent qu’à entraîner leurs assaillants avec eux dans la destruction.

Un tel rejet de la volonté de l’Empereur, des sombres leçons de l’Ère des Luttes et de l’esprit de la Vérité Impériale de la part des Thousand Sons ne pouvait être considéré que comme méprisable par Leman Russ et les guerriers de la VIe Légion. Alors qu’ils crachaient sur leurs lames, les Space Wolves jurèrent que les Thousand Sons n’étaient plus les frères Légionnaires qui avaient conquis une galaxie à leur côté, mais des êtres corrompus et brisés. Ils n’avaient plus aucune dette d’honneur ou de devoir. En réponse, Leman Russ, utilisant une transmission à partir d’un des relais de commandement des Mastodons de la Légion et l’accablant dans le processus, appela ses fils qui étaient restés en orbite. Ce n’était plus une guerre limitée sur le sol impérial. Prospero avait été damné par les actions de ses défenseurs et n’avait droit à aucune pitié, et les Space Wolves la nettoieraient pour que le mal qui s’y était manifesté ne se réveille plus jamais pour troubler l’Humanité. Sur les ordres directs de leur Primarque, les guerriers de la Septième Grande Compagnie, la majorité de la Black Cull et la réserve de siège et d’artillerie du "Landayvan" - ceux qui "déposent les désolations sur la terre" - avaient reçu l’ordre d’utiliser les armes pour lesquelles ils avaient été assignés : la flamme malveillante du phosphex et la mort froide des armes de stase, et pire, de nouvelles munitions à peste et des bombes bactériologiques prises dans les armureries de Beta-Garmon avec les encouragements des émissaires d’Horus. Leurs ordres étaient d’effacer Tizca, de ne rien y laisser et de n’épargner personne : homme, femme ou enfant.[36]

Sang Amer

Constantion Valdor lors du siège de Prospero.
Leman Russ avait pris ses propres mesures contre la menace posée par la descente des Thousand Sons dans la folie. Valdor en avait fait de même. L’Ordo Sinister, la force de réserve la plus puissante de Valdor, dont les propriétés anathémiques auraient peut-être pu renverser la tendance, était maintenant hors de portée. Les communications de Valdor avaient révélées que la poignée de Titans-Psi qui avaient suivi la Flotte de Censure s’étaient déjà déployés sans en avoir reçu l’ordre pour enquêter sur le sort de la Legio Mortis dans les terres anéanties au-delà de la cité. Si proche et si hors de portée, la puissance de l’Ordo Sinister avait été enlevé à Valdor par un coup du sort. Se sera donc avec la sueur et le sang des Serres de l’Empereur qu’il faudra compter. Cependant, à la différence du Primarque, Valdor n’était pas disposé à anéantir simplement la ville elle-même et s’est donc tourné vers les Intouchables de la Sororité du Silence, dont la nature aberrante agissait comme un puissant contrepoids à tout pouvoir psychique. Malheureusement, dans toute l’Ost de Censure, il n’y avait que 3 000 initiés de la Sororité, à peine assez pour protéger qu’une fraction de la vaste force envoyée contre Tizca.

Le redoutable maître des gardes du corps de l’Empereur fit face à un sinistre choix ; il pouvait répartir les Sœurs dans tous les détachements disparates de l’Ost de Censure, en accordant une petite protection à toutes, mais en laissant les Sœurs elles-mêmes vulnérables à une destruction fragmentaire, ou en concentrant leur déploiement dans certaines formations, ce qui leur permettrait de se prémunir contre une grande partie de la sorcellerie de leur ennemi, tout en laissant le reste de l’Ost vulnérable. Ayant peu de temps pour de longues délibérations et des gènes façonnés pour éviter la tendance humaine à l’indécision, Valdor choisi de rassembler la grande majorité des Sœurs du Silence sous sa propre bannière, au sein des formations de la Legio Custodes. Il avait l’intention de percer les lignes défensives des Thousand Sons, de se joindre à Leman Russ et d’utiliser les Sœurs du Silence disponibles pour monter une offensive conjointe sur le centre de la cité. Un petit groupe de Sœurs du Silence fut laissé sur les chantiers de transfert orbital pour s’assurer qu’ils ne tombent pas lors d’une infiltration psychique afin de conserver un point de repli valide, mais d’autres mesures étaient prêtes à être exécutées pour faire face aux capacités des Thousand Sons.

Privés de soutien de la Sororité du Silence, les différents commandements indépendants du l’Ost de Censure accélérèrent quand même l’attaque, forcés maintenant de compter sur des effectifs supérieurs et une férocité brute pour mener la bataille. Dans les districts du sud, les Space Wolves des Treizième et Onzième Grandes Compagnies, forts de près de 10 000 hommes et sous le commandement de Torm Gudaric, connus parmi les Space Wolves sous le nom de "Jarl l’Étranger" et considéré comme le seul membre survivant du haut commandement d’origine Terran de la Légion, marchèrent sur le Bastion Vulperine aux côtés des ingénieurs de siège de la Troisième Voie des Sentinelles Charonids. Le bastion, avec ses murs fortifiés occupés par un détachement de la Cinquième Confrérie, était la clé du contrôle du Grand Canal Sesostrien, qui était lui-même une voie d’assaut idéale pour se rendre dans les quartiers centraux. Le contrôle de l’aqueduc à colonnes ornementales dans lequel le canal s’écoulait déciderait probablement du sort final de la bataille, et aucun des deux camps n’était prêt à permettre à l’autre d’en prendre le contrôle sans exiger un prix élevé en sang et en mort. Surpassant les défenseurs en nombre de près de trois contre un, les troupes de l’Imperium utilisèrent leur avantage en lançant un assaut féroce sur les murs du bastion. Une pluie d’obus et de bombes fut projetée sur les parapets et les redoutes où s’abritaient les Thousand Sons et les unités survivantes de la Garde Palatine du Sud, servant principalement à protéger les Magisters encore à l’intérieur pour dévier les projectiles avec des boucliers "kine", et éteindre les feux déclenchés par les obus qui avaient pénétrés leurs défenses.

Devant les sorciers forcés de se mettre sur la défensive, les Space Wolves avançaient tandis que les silhouettes à manteau noir de la Garde Charonide bravaient la tempête de feu autour des murs pour ensemencer des sections spécialement ciblées avec des mélanges de phosphex conçus pour réduire le ferrobéton en une bouillie chimique. Malgré le bombardement incessant, certains parmi les sorciers des Thousand Sons pouvaient encore user de leurs compétences obscures, en lançant des éclairs actiniques sur les ingénieurs Charonids, envoyant des mines psychocinétiques sur les positions des Space Wolves ou surchauffant de l’eau du canal pour en faire un bouclier de vapeur et ainsi obscurcir les parapets et les créneaux du bastion. Le désespoir et le dépit donnèrent aux évocations des Thousand Sons un pouvoir plus grand que tout ce dont ils avaient connu depuis l’époque de leurs combats au nom de l’Empereur, et grâce à cette puissance, même l’avantage numérique des Space Wolves et de leurs alliés put être tenus à distance. Aucun d’entre eux n’eut une seule pensée du coût de leur force retrouvée. Pour eux, la victoire contre ceux qui avaient détruit leur monde semblait valoir n’importe quel prix, et alors même que le ciel tourbillonnait au-dessus de leurs têtes et que des éclairs artificiels s’abattaient sur eux, ils invoquèrent tous les dieux qui voulaient bien les entendre.

Même la fureur de l’attaque des Space Wolves ne pouvait pas supprimer complètement cette force psychique et les Thousand Sons tenaient leurs bourreaux à distance, tant au Bastion Vulperine qu’au Bastion d’Argent au nord, où les guerriers des Deuxième et Troisième Grandes Compagnies avaient encerclé un détachement de Thousand Sons. Au sommet du Mont du Sanctuaire, mais à quelques kilomètres des champs de transfert orbital, une troisième force des Thousand Sons monta une défense similaire, entourée de tous côtés par les soldats de l’Armée Impériale, ces derniers moururent en masse et ne continuèrent l’assaut que parce que leurs rangs étaient renforcés par les Custodiens en armures dorés. Même à la périphérie des quartiers centraux scintillants de la ville, où les flancs des pyramides des Corvidae et des Raptora portaient de grandes blessures béantes des combats, Leman Russ et les nombreux guerriers Varagyrs se retrouvèrent pris dans une impasse mortelle. Les Thousand Sons utilisèrent le réseau de portes Warp et une véritable tempête d’illusions et de chimères pour attirer le Primarque d’une fusillade à l’autre, cherchant à empêcher le Roi-Loup d’engager le corps principal de leurs forces. Car si Magnus avait choisi d’éviter la bataille pour Tizca, aucun d’entre eux ne pouvait égaler le fils de l’Empereur, aucun éclair engendré par la distorsion ne pouvait le faire tomber et aucun mur "kine" ne pouvait barrer son chemin de destruction. Pendant que Leman Russ était occupé à chasser les ombres et à tracer un chemin sanglant dans des escarmouches de diversion, la force principale des Thousand Sons lutta pour empêcher les Loups qui le suivaient d’arracher le cœur de Tizca, et de récolter en retour un tribut sur leurs ennemis. Mais ils savaient que cette attrition ne pouvait pas durer.[37]

Des Heures de Fureur

De toutes les actions entreprises par l’Ost de Censure pendant cette étape des combats à Tizca, la seule à avoir connu un certain succès fut l’assaut contre les Demeures Palatines. Là où l’assaut initial de la Legio Custodes s’était stoppé face à la puissance magique des Thousand Sons, c’était dans le sillage des harceleuses de la Sororité du Silence qu’ils purent de nouveau avancer. Les froides guerrières sans âme de l’Ordre menèrent l’assaut, s’infiltrant dans les avenues à colonnes sans alerter les capacités psychiques des Thousand Sons et tombant sur leurs sentinelles lorsque la Legio Custodes repris son féroce assaut. Alors que les véhicules d’assaut des Custodiens rôdaient dans les ruines avec leurs répulseurs de gravité, les Thousand Sons avancèrent à leur rencontre. Mais la haine croissante qu’ils ressentaient n’entraîna aucune éruption de puissance psychique, mais seulement une brève étincelle de puissance contrecarrée. Avec tant de Sœurs du Silence présentes, y compris près d’une douzaine des plus puissants Chevaliers de l’Oubli de l’Ordre, les capacités occultes des Thousand Sons furent effectivement aseptisées, les laissant affronter la colère de la Legio Custodes avec seulement leur entraînement martial comme seul arme. Les guerriers Thousand Sons, bien qu’ayant longtemps compté sur leurs capacités psychiques, étaient encore des Legiones Astartes et parmi les meilleurs guerriers de la galaxie. Dans les guerres passées, une poignée de ces guerriers avaient conquis des mondes, et en ce jour, plus de 6 000, dont un détachement du Scarabée Occulte et une colonne blindée complète de l’Ordre de la Ruine, s’opposaient à seulement 500 Custodiens et deux cohortes de la Sororité du Silence. Avec Tizca brûlant autour d’eux et les portails Warp désactivés par la présence insidieuse des Intouchables, les Thousand Sons serrèrent les rangs et chargèrent.

En quelques instants seulement, il devint évident qu’ils n’avaient aucune chance de victoire ; chacun des Custodiens en massacra des douzaines avant que les Thousand Sons ne puissent en abattre un. Cependant, les Thousand Sons ne cherchaient pas la victoire pour eux-mêmes, mais la survie de leur Légion. L’avant-garde se jeta sur les Custodiens, se sacrifiant pour permettre à leurs frères de percer les lignes de front et d’engager les Sœurs du Silence, cherchant à en tuer le plus grand nombre possible avant de tomber. Les maîtres bretteurs Thousand Sons de l’Ammitara Occulte, comptant près d’une centaine de membres, se frayèrent un chemin vers Valdor lui-même dans l’espoir de blesser ou de tuer le chef de l’armée dorée. Moins d’une trentaine d’entre eux réussirent à passer devant les Custodiens et la Garde Sentinelle qui entouraient Valdor. Ces trente se refermèrent sur le Premier des Dix Mille comme un seul corps, chacun portant de longues lames qui, même sans la puissance psychique normalement fournie par l’utilisateur, pouvait encore couper facilement les armures en céramite. Valdor les tua tous, mais à grands frais pour lui-même, car au moins un des guerriers cramoisi avait laissé sa marque sur le seigneur des Custodiens, son sang rouge souillant son armure d’or. En quelques minutes à peine, les Thousand Sons qui menaient l’approche furent détruits, mais ils firent payer cher leur destruction avec Valdor blessé et des dizaines de Custodiens tués ou mutilées - bien qu’étant donné leur formidable résilience, peu d’entre eux décéderont - mais, plus grave encore, près de cinq cents des Sœurs du Silence avaient été tuées.

Les Spaces Wolves poursuivent les Thousand Sons dans le réseau de portail Warp.
Malgré leurs pertes, les Custodiens persévérèrent, détruisant les défenses des derniers FreeKorps autour des Demeures Palatines et se joignant aux Huitième et Douzième Grandes Compagnies dans la Vieille Tizca. Les guerriers déconfits et épuisés du FreeKorps avaient peu de chances de résister à l’assaut combiné de la Legio Custodes et des Space Wolves. Les malheureux soldats de l’Armée Impériale furent tués. Arrivé à la Vieille Tizca, Valdor dispersa rapidement les Sœurs du Silence parmi les Space Wolves qu’il rencontra tout en conservant la majorité d’entre elles sous son commandement alors qu’il cherchait à rejoindre Leman Russ à l’avant-garde de l’assaut. Comme la Vieille Tizca avait été largement débarrassé à la fois des unités actives des Thousand Sons et des civils grâce aux efforts des Sons of Horus et de la Black Cull, les Serres de l’Empereur atteignirent rapidement la force principale des Space Wolves se dirigeant vers le centre de la ville. Des détachements de Sœurs du Silence accompagnant maintenant chacun des principaux groupes de combat des Space Wolves, les tactiques de retraite des Thousand Sons commencèrent à s’effondrer, car les portails Warp et leurs propres pouvoirs de dissimulation devenaient de moins en moins fiables. Ils n’étaient plud capables d’échapper au nombre écrasant des Space Wolves, dont certains avaient même tout risqué pour poursuivre les Thousand Sons dans le réseau des portails.

À ce stade de la bataille, les Thousand Sons avaient, selon l’estimation de l’Imperium, subi peut-être 30 000 pertes, Légionnaires morts ou blessés, qui représentaient près de la moitié des effectifs connus de la Légion, et tous les Thousand Sons capturés par l’ennemi ou laissés derrière eux blessés furent sommairement exécutés. Alors que l’Ost de Censure avait subi un nombre comparable en pertes, ils disposaient également de réserves plus importantes pour renforcer leurs rangs, ainsi que d’un certain nombre d’hôpitaux de campagne qui remettaient leurs blessés en état de combat. Au fur et à mesure que les pertes augmentaient, l’avantage de l’Imperium ne fit que croître, le front que les Thousand Sons pouvaient défendre habilement diminuant rapidement et permettant à l’Ost de Censure d’avoir plus d’opportunités de submerger leurs lignes.

Pire encore pour les défenseurs de Prospero, Leman Russ était désormais accompagné d’une garde d’honneur des Chevaliers de l’Oubli ainsi que de Constantin Valdor et de plusieurs Custodiens. Les Thousand Sons ne pouvaient plus se cacher du Roi-Loup enragé, ni détourner sa charge, et il frappa leurs lignes avec la force d’un Thunderbolt. Les Huitième et Deuxième Confréries de la Légion de Magnus furent les plus durement touchées par son assaut le long des enceintes qui marquaient le bord de l’immense Temple-arcologie des Raptora, ces derniers s’étant rassemblés à la hâte à l’intérieur des fortifications et maniant leurs pouvoirs de manière appropriée, alors que les Sœurs du Silence faisaient des ravages contre l’Æther. Pourtant, ils étaient encore une force formidable, quelques 10 000 Legiones Astartes armés de certaines des armes les plus redoutables connues des soldats de l’Humanité et soutenus par une haine née de l’arrogance et d’une fierté mal placée. Leman Russ, avec à ses côtés Valdor, arracha le cœur de leur formation, ne laissant que des cadavres brisés dans son sillage sur la place du Temple-arcologie, tandis que les guerriers de la Legio Custodes et les Space Wolves Varagyrs chassaient sur le champ de bataille tels des dieux de l’Ancienne Terra, l’or et le gris de leur armure obscurcis par la cendre noire et le rouge artériel. Il n’y eut aucune pitié pour les Thousand Sons, aucune chance pour une mort glorieuse, seulement un massacre et une défaite amère. Leurs pouvoirs leur furent arrachés par la présence oppressante des Sans Âmes de la Sororité du Silence, leur ville scintillante pulvérisée autour d’eux par l’armement interdit de la Black Cull, et ses citoyens assassinés. Il semblait que ce moment était le dernier de la Légion, qu’elle serait effacée de l’existence avec à peine plus qu’un cri.

Puis le Canis Vertex, bien qu’ayant ni équipage ni alimentation, commença à se déplacer…[38]

Le Début de la Fin -15:23:03 734004.M31

Les Thousand Sons défendent avec l’énergie du désespoir leur foyer.
Vestige d’anciens serments et de guerres passées, le Canis Vertex était la carcasse d’un Titan Warlord de la Legio Astorum, qui s’était tenu comme un monument muet dans Tizca pendant de longues années. Alors que le ciel de Prospero se déformait, et que des balles de feu actiniques passaient le long de ses puissants membres, la carcasse du Titan se mis à remuer. Au sein de sa tête cadavériques, une lumière maladive s’alluma et s’enflamma à partir des hublots et le Titan fit jaillir un grondement strident qui résonna à travers la ville, faisant saigner les oreilles des hommes par sa férocité. Alors qu’il avançait, se détachant des supports qui l’avaient maintenu en place, Prospero elle-même répondit à l’appel de guerre avec une fanfare de tonnerre qui brisa même les vitres transparentes renforcées des grands Temples-arcologies et jeta du ciel les aéronefs de l’Ost de Censure comme des jouets. Le Canis Vertex avança pas à pas, ses membres enveloppés dans la lueur surnaturelle de la sorcellerie et ses armes crachant non pas des munitions ordinaires mais des Bolts de haine condensée qui déchiraient les envahisseurs qui, à ses pieds, avaient l’air d’être des fourmis. Il marcha de nouveau à la guerre, et la lune de Prospero se leva pour voiler le soleil, couvrant Tizca dans les ténèbres. Car ce n’était pas un miracle de l’Omnimessie, pas un secret technologique qui avait ramené le Titan pour livrer une dernière bataille, mais les rituels désespérés du Magister Templi Khalophis, seigneur de la Sixième Confrérie et Archimagus du Culte des Pyrae.

En faisant appel aux secrets macabres et les plus obscurs cachés dans les bibliothèques de Tizca, Khalophis avait crée une faille dans l’Immaterium et utilisé les énergies qui s’y étaient déversées pour lier son âme à la coque de l’ancienne machine divine, ravivant ses réacteurs en panne avec les feux sombres du Warp. Il avait également libéré de grands tourbillons de pouvoir à travers la ville, ravivant les pouvoirs vacillants des Magisters et des acolytes des Cultes de Prospero. Alors même que le Canis Vertex commençait sa marche finale, faisant exploser des torrents de feu Warp à partir de son canon inactif depuis longtemps, les Thousand Sons furent revigorés par une poussée d’énergie sans se soucier de son origine. Ils utilisèrent cette énergie sans en demander quel était le prix et la retournèrent contre leurs ennemis. L’ardeur même de leur haine et la puissance nouvelle qu’ils goûtèrent repoussèrent la protection des Sœurs du Silence et carbonisèrent les os des soldats de l’Empereur. S’élevant au-dessus de la mêlée, éclairée de l’intérieur par les feux vacillants des énergies contre nature qui le traversaient et le recouvraient dans l’obscurité qui couvrait Tizca comme un linceul, le Canis Vertex mena la charge, dispersant les compagnies impériales comme des paillettes et réduisant leur armure en cendres. À ses pieds vinrent les Thousand Sons, telle une vague vengeresse hurlante, enveloppée de boucliers "kine" et brandissant toutes les armes issus de leurs arts obscurs avec une force renouvelée.

Là où, quelques instants auparavant, Leman Russ s’était trouvé au bord de la victoire, il luttait maintenant pour sa simple survie. Non seulement le bouclier protecteur de la Sororité du Silence avait été submergé par l'éruption soudaine de l’Empyrean autour de Prospero, mais les Thousand Sons survivants étaient devenus plus puissants que jamais, leurs Bolts psychiques et leurs coup de télékinésie déchirant même les Terminators en armure lourde avec facilité. Pire encore, toutes les communications avec la flotte en orbite étaient maintenant presque entièrement bloquées et laissaient le commandant au sol sans contact avec tous les détachements de l’Ost de Censure, sauf les plus proches, c’est-à-dire ceux qui pouvaient entendre sa voix rugissante. Leman Russ, Valdor et les quelques centaines de combattants qui les entouraient étaient isolés au milieu de la contre-attaque des Thousand Sons, vulnérables aux immenses batteries d’armes du Titan. Pourtant, le Primarque et la Lance de l’Empereur ne voulaient pas reculer face à l’ennemi, choisissant plutôt de pousser plus loin dans la partie inférieure du Temple-arcologie des Raptora, hors de portée des canons du Canis Vertex et en se traçant un chemin à travers les chambres inférieures.

Ici, au milieu des ruines de la pyramide, les Praetor-Magisters des Deuxième et Huitième Confréries, Phosis T’kar et Auramagma, s’étaient mis à l’abri des champions de l’Empereur. Tous deux étaient des guerriers redoutables ainsi que des maîtres de l’arcane ; T’kar, un dévot des arts de la télékinésie, enseignait dans le Culte Raptora, et Auramagma, un adepte volatile des compétences peu subtiles des Pyrae. Tous deux avaient combattu pendant plus d’un siècle au nom de l’Empereur, conquis des mondes et annihilé des races Xenos jugées trop dangereuses pour vivre. Ils avaient donné naissance à des légendes par leurs adresses guerrières et leurs puissances, et pourtant tous deux semblaient être des néophytes par rapport aux guerriers qu’ils affrontaient. Ce n’est que grâce à la puissance engendrée par le Warp qui les traversait à ce moment qu’ils purent défier ces parangons sanglants de la guerre. Et pourtant cette puissance semblait insuffisante. Les deux Magisters firent appel à toutes leurs réserves, appelèrent toute la force qu’ils pouvaient tirer de la déchirure Warp créée par Khalophis, et firent s’abattre tous les enfers - dont Leman Russ avait averti les dangers à l’Empereur à Nikaea - sur les maîtres de l’Ost de Censure. Un feu surchauffé parcouru les vastes galeries dans lesquelles ils se trouvaient, faisant fondre comme de la cire l’armure des Varagyrs et des Prêtres des Runes autour de Leman Russ, pendant que T’kar avançait en trombe - un bouclier "kine" l’enveloppant - en tirant un feu nourri de Bolts, son propre pistolet crachant du plasma sans interruption. Leur gardes du corps brisés, le Primarque et le Custodien brandirent leurs lames et chargèrent.

Au même moment, coincé entre l’avancée de la Black Cull, de la Septième Grande Compagnie et de la Legio Custodes, un autre des Magister-praetors, Phael Toron de la Septième Confrérie, regarda l’avancée implacable des troupes de l’Imperium écraser les guerriers restants de sa Confrérie. Sur plus de 7 000 de ses Légionnaires Astartes, moins de 3 000 étaient en vie, dispersés dans Tizca, et dans sa Compagnie, quelques centaines s’attardèrent, mourant lentement, un par un, même avec le pouvoir que la sorcellerie de Khalophis leur avait conféré. Alors que ses frères expireraient autour de lui et que sa ville brûlait, le Praetor Toron lâcha toute retenue et se livra au pouvoir qui vivait à l’intérieur de l’Æther, devenant un conduit vivant pour cette puissance. Des explosions de lumière étincelantes éclatèrent pour détruire les Space Wolves et les Thousand Sons alors qu’ils se battaient autour de la forme de Phael Toron qui s’émiettait rapidement, sa vie prenant fin lorsque ses propres pouvoirs le consumèrent. Cet incident n’était à l’époque que l’une des nombreuses anomalies psychiques enregistrées dans la Légion Renégate, et parmi les divers rapports de bataille fragmentés, il ne fut pas pris en compte par les commandants du champ de bataille, qui étaient alors très occupés. Pourtant, avec le recul et une reconstruction complète des événements, c’est cet incident qui déclencha la mort des Thousand Sons en tant que Légion et peut-être même en tant qu’hommes. En prenant cet événement comme point de départ, les érudits retracèrent la chute de la Légion des Thousand Sons avec une précision surprenante. Le sacrifice de Phael Toran déclencha une réaction en chaîne qui s’étendit rapidement, et les Thousand Sons commencèrent à faillir, devenant la proie de la malédiction insidieuse du Changement de Chair. Beaucoup ne remarquèrent pas qu’ils succombaient, se déchaînant contre l’ennemi alors même que leurs propres corps se convulsaient et se transformaient en de nouvelles formes hideuses.

Certains Space Wolves se retrouvèrent affligés par une malédiction née dans leur propre sang…
De l’autre côté de la grande pyramide du Culte Raptora, l’onde de diffusion du Changement de Chair atteignit Auramagma et Phosis T’kar en quelques secondes seulement, et le pouvoir qu’ils possédaient se retourna contre eux. Les flammes rugissantes d’Auramagma se mirent à le brûler alors même qu’il se tenait devant le Roi-Loup, enflammant sa chair et son âme corrompue par le Warp, hurlant sur le champ de bataille alors qu’il devenait un terrible bûcher vivant. Phosis T’kar, enfermé dans un duel frénétique avec Constantin Valdor, fut frappé par une vague de mutation soudaine qui vit sa forme autrefois noble se gonfler et se transformer en une abomination dont l’aspect monstrueux choqua même le Seigneur de la Legio Custodes. Pourtant, cette nouvelle forme, bien que d’apparence fétide, dominait les Custodiens d’or et était tellement en colère qu’elle repoussa l’un des guerriers les plus puissants de l’Imperium ; seuls les derniers scintillements de l’humanité qui habitaient l’Enfant du Chaos permirent à Valdor de l’abattre avant qu’il ne soit submergé. Plus loin encore de son épicentre, la vague d’énergie déclenchée par Phael Toron déferla sur les rangs des Deuxième et Huitième Confréries alors qu’elles tentaient de retenir les Space Wolves, les Custodiens et les Sœurs du Silence, et laissa près d’un membre sur dix de cette maudite fraternité se tordre dans les affres du Changement de Chair. Pourtant, ce ne sont pas seulement les Thousand Sons qui succombèrent aux effets de la puissance du Warp déclenchée par les sorciers de Prospero - certains parmi les Space Wolves se retrouvèrent également affligés par une malédiction née dans leur propre sang. Beaucoup de ceux qui écrivirent plus tard des chroniques de la Bataille de Tizca omirent ce détail. En effet, les Space Wolves eux-mêmes ont tout fait pour l’effacer de l’histoire, mais les vérités conservées dans les voûtes des archives de l’Imperium ne peuvent être niées. Quelques instants après la mort destructrice de Phael Toron, les champs de bataille autour des Temples-arcologies des Raptora étaient infestés de monstres. Émergeant de la mer des Légions grises et pourpres d’Astartes, des ogres mouvants et sans forme luttaient contre des créatures plus enragées que le loup.

Aux confins des effets de la vague insidieuse du Changement de Chair déclenchée par Toron, le Titan Canis Vertex s’éloignait en titubant, guidé par l’esprit de Khalophis vers le port où les Stormbirds des Space Wolves avaient atterris, cherchant à écraser la tête de pont et à couper les lignes d’approvisionnement qui alimentaient en munitions les guerriers de Leman Russ. À chaque pas laborieux, le vaste Titan oblitérait un pâté de maisons entier, tuant des dizaines de Space Wolves et faisant autant de dégâts dans Tizca que la Black Cull. Un feu verdâtre tournait en arc de cercle autour de lui alors que ses membres abîmés visaient des cibles éloignées. Des lances surnaturelles créèrent des percées dans les détachements impériaux en progression, et frappaient des escadrons entiers d’aéronefs du ciel. Avec les quelques Titans emmenés presque après coup ailleurs par l’Ost de Censure, il n’y avait pas d’ennemi capable de défier une telle monstruosité ; les chars des Space Wolves n’étaient que des cibles et les intercepteurs Equinox des Custodiens qui attaquaient sa carapace blindée n’étaient que des irritations. Pourtant, lorsque l’énergie libérée par Toron atteignit le sommet du Canis Vertex, son effet fut dévastateur, déchirant la délicate sorcellerie qui tenait le Titan sous le joug du lointain Khalophis. L’incendie surnaturel qui faisait mouvé son réacteur était devenu incontrôlable, éclatant sous sa carcasse et provoquant des explosions qui firent pleuvoir des débris dans les quartiers centraux de la ville, jusqu’à ce que finalement, le vaste réservoir d’énergie Æthérique dans l’armature de l’ancien Titan se libère dans une explosion qui secoua littéralement le ciel. Il s’abattit sur Tizca, aplatissant les bâtiments, écrasant les vastes armatures des Temples-arcologies les plus proches et donnant naissance à une immense tempête de feu et de nuages rouge sang dans le ciel au-dessus de Tizca, centré sur le cadavre en flammes du Titan alors qu’il s’affaissait désossé dans les vestiges du Temple du Culte des Corvidae. L’enfer était enfin arrivé à Tizca, et tous ceux présents et qui survécurent regretteront ce qui était encore à venir.[39]

La Bataille Impossible

« Beaucoup ont parlé des dangers du Psyker, du Sorcier et de la Sorcière ; que cet art est intrinsèquement mauvais simplement parce qu’il peut être utilisé pour accomplir de terribles actions. Je dis qu’il faut plutôt considérer que cette accusation est une projection des peurs de ceux qui ne comprennent pas les possibilités qui attendent l’Humanité si nous pouvons dompter les dangers de cet art. C’est cette multitude d’anxiétés mineurs qui est le véritable problème pour ce Concile. »
- Magnus le Rouge, tel qu’enregistré pendant le Concile de Nikaea, 001.M31.
« Il est superflu de supposer que ce que l’on peut expliquer par un seul effet démontrable a en fait été produit par beaucoup. »
- Thomas d’Aquin, Théoricien de l’ancien Empire catholique, Vielle Terra, c.250.M02.

Les Ruines de l'Espoir - #>:11:03; ^-:11:03; *#:11:03 - Erreur d'Horodatage Auspex

Avec la destruction du Canis Vertex et l’éclosion de ce qui ne pouvait être décrit que comme une tempête Warp localisée dans la basse atmosphère de Prospero, toutes les communications avec les districts centraux de Tizca prirent brusquement fin. Ni l’Auspex orbital à haute portée ni les las-vox focalisés ne pouvaient percer le voile jeté sur la région ; en effet, même les Astropathes attachés à la flotte ne pouvaient percevoir ce qui se passait à l’intérieur, ni même comment la réalité coulait dans une telle blessure du tissu spatial-temps. Pour ceux qui se trouvaient à l’extérieur, il semblait qu’une brume sombre et tourbillonnante planait sur toute la région, rendant tout indistinct et onirique, et divers rapports sur ce qui était observé devenaient rapidement extrêmement contradictoire. Ceux qui étaient entrés dans la zone couverte par la perturbation ne purent être localisés, et on ne les verra pas sortir de nouveau avant la résolution des événements à Tizca. Les Stratèges de l’Armée Impériale en orbite furent stupéfaits par ce développement soudain et, à l’époque, inexplicable, car tous les officiers supérieurs de l’Ost de Censure se trouvaient dans la blessure et ils étaient impuissants face à ce qu’ils ne pouvaient que supposer être une arme apocalyptique déchaînée par les Thousand Sons. Refusant de faire l’impensable et de proclamer qu’un Primarque et le Seigneur des Custodiens avaient peut-être été tués, ils choisirent plutôt de ne rien faire, d’attendre et d’espérer que dans cette tempête, Leman Russ et Constantin Valdor étaient tous deux vivants et se battaient pour la victoire.

Le Sombre Héritage du Loup[40]

Ce ne sont pas seulement les frères sorciers des Thousand Sons qui furent transformés par les effets de la tempête Æthérique, mais aussi les guerriers des Space Wolves. Presque tous les enregistrements de ce phénomène ont été supprimés à la suite de la Bataille de Prospero, mais certaines sont encore conservées dans les vastes piles des Archives Impériales de Terra pour les rares chercheurs qui y ont accès. Les quelques documents qui subsistent décrivent un certain nombre de Space Wolves qui subirent une transformation lorsqu’ils furent pris dans les vrilles de la tempête ; leur armure se fendant alors que les membres se déformaient et que des poils grossiers poussaient sur leur corps, devenant ainsi l’homonyme de leur Légion. Contrairement aux Thousand Sons, dont le Changement de Chair prenait une myriade de formes, peu ayant un thème cohérent ou durable, les Space Wolves qui tombèrent dans la même affliction subirent une malédiction apparemment identique. Si cette mutation qui a touché les Space Wolves vient d’une cause inconnue, ou d’un défaut génétique dans la composition des guerriers de Fenris eux-mêmes, cela reste un sujet dont les Space Wolves ne parleront pas.

Certains récits indiquent que Leman Russ et d’autres commandants des Space Wolves exerçaient un certain contrôle sur leurs frères mutés, même lorsque le changement les avait touchés - une autre différence marquée par rapport aux abominations des Thousand Sons qui n’obéissaient à aucun ordre. D’autres documents ne sont pas d’accord et dépeignent ces soi-disant "Wulfens" comme aussi aveugles et incontrôlés que ceux nés de l’orgueil des Thousand Sons, tuant sans raison dans un carnage sanguinaire. Quelle que soit la vérité, l’existence même du Wulfen semble remettre en question l’hypothèse que c’était purement la faute des Thousand Sons. Si le Changement de Chair n’était pas le résultat de l’abus de pouvoir des Thousand Sons, le crime pour lequel ils devaient être détruits, alors la vraie cause doit se trouver ailleurs et après leur destruction et la tragédie qui les frappa plus tard, il est probable que cela restera un mystère.

Les quelques forces impériales qui avaient échappé à la singularité qui obscurcissait maintenant les districts centraux eurent l’ordre de poursuivre leurs missions actuelles et reçurent l’assurance que le Commandement de la Flotte contrôlait entièrement la situation. Les détachements dispersés à travers la ville suivirent leurs ordres premiers, privés des conseils des commandants de l’Ost de Censure, et avec peu d’informations sur les événements qui se déroulaient dans les quartiers centraux de Tizca.

Aux confins de la tempête qui avait engloutit le centre de Tizca, où Russ et Valdor avaient mené l’assaut contre les lignes des Thousand Sons, les guerriers de la Black Cull continuaient à saccager le Temple-arcologie des Raptora, ensemençant sa vaste superstructure de charges de phosphex. D’autres meutes guerrières, notamment celles de la Douzième Grande Compagnie, choisirent plutôt de plonger dans le maelström surnaturel qui les séparait de leur Primarque. Plus loin des lignes de front, les Sons of Horus continuèrent leur purge de la population civile de Tizca, tandis que des renforts auxiliaires et de Space Wolves nouvellement envoyés par le Commandement de la Flotte arrivèrent pour se joindre au siège en cours du Bastion d’Argent à l’extrémité est des murailles de Tizca. La résistance au Bastion de la Valperine, au bord de la mer sur l’étendue opposée de Tizca, s’effondra finalement avec la secousse de l’Æther déclenché par Phael Toron. La majorité des Psykers du Bastion furent touchés par le Changement de Chair à cause de la sur-utilisation de leurs pouvoirs, ce qui les poussa à s’attaquer à leurs alliés de longue date. Sans le barrage de flammes psychiques pour les retenir, les efforts des ingénieurs Charonids et les meutes d’armes lourdes des Space Wolves firent s’effondrer le Bastion sur sa garnison restante dans une explosion qui projeta un nuage de poussière étouffant à travers une douzaine de blocs urbains. Les éléments des Space Wolves équipés de moyens de transport mécanisés, ainsi que les escadrons de motos à réaction des Legiones Astartes et Custodiens, balayèrent les larges avenues du canal jusqu’au centre de la ville, lançant une attaque éclair sur les unités des Thousand Sons étourdis qui s’étaient retrouvés piégés à l’extérieur de la tempête de l’Æther, puis assiégèrent les Temples-arcologies les plus éloignés.

Pour les guerriers pris dans l’emprise de la tempête qui sévissait au centre de Tizca, un certain nombre de difficultés ont été rencontrées dans la retranscription des luttes auxquelles ils furent confrontés. Toutes les tentatives de communication, que ce soit par l’unité vox standard ou par un faisceau directionnel à courte portée, se sont soldées par un flux brouillé, des ordres incohérents du début de la bataille ou même d’engagements qui n’avaient pas encore eu lieu, ainsi que des cris aberrants. Les tentatives pour établir un rendu de la bataille à l’aide des images des augures orbitales de la flotte se sont révélées tout aussi futiles - certaines propriétés de la tempête sur Tizca rendant toutes les images prises inutilisables et dans de nombreux cas activement nuisibles à ceux qui les avaient vues. Enfin, toutes les sources écrites et orales, les débriefings post-bataille, les interrogations neuronales-corticales et les enregistrements de la "saga" des Space Wolves, présentent un certain nombre de divergences lorsqu’on les compare et sont souvent très contradictoires. Certains récits placent des guerriers, des chefs et, à l’occasion, des formations entières dans des positions qui sont en désaccord avec les autres témoignages et parfois avec des faits établis précédemment. Il existe au moins trois comptes-rendus vérifiés qui, sous tous les autres aspects, mélangent les faits connus de la bataille, décrivant des guerriers éminents qui furent tués aux premiers stades de l’invasion, ou qui parlent de façon convaincante de la mort de guerriers connus pour avoir survécu aux combats. Dans d’autres cas, des témoins des deux camps racontèrent des combats dont aucun des autres participants ne se souvient, ou d’autres engagements d’une durée beaucoup plus longue ou plus courte que ne le prétendent les autres sources.

Ahriman mena la défense de Prospero durant l’absence de Magnus.
D’après les divergences flagrantes présentées, dont beaucoup défiaient toute logique, on ne peut que supposer que la tempête Æthérique qui avait englouti les zones centrales de Tizca a eu une certaine forme d’effet de distorsion sur le tissu de la réalité, déchirant à travers les dimensions et fracturant le temps dans des schémas imprévisibles qui laissèrent tous ceux pris au piège à l’intérieur d’elles vulnérables à de graves hallucinations. Certains des érudits les plus excentriques de l’époque plus tardive émirent l’hypothèse que la tempête leur avait peut-être plutôt exposé des versions alternatives de l’avenir dans lesquelles les événements suivaient un cours très différent, mais la plupart des historiens crédibles écartèrent cette stupidité. Quelle qu’en soit la cause, ce que vous lisez a été établit sur des récits disponibles qui apparaissaient à l’auteur comme les plus crédibles et le moins contradictoire sur la bataille finale de Tizca. Dans certains cas, cela peut rentrer en désaccord avec certains mythes et suppositions populaires, mais représente à notre connaissance le récit le plus complet et le plus précis de la confrontation finale de l’invasion.[41]

L'Apex de la Tragédie - #>:11:03;^-:11:03;*#:11:03 - Erreur d'Horodatage Auspex

Ce récit commence avec l’émergence de la tempête à la suite de l’effondrement du Canis Rex, alors que Russ et Valdor avançaient sans être perturbés par le vortex qui bloquait leur communication avec la flotte en orbite et les troupes dispersés dans la ville. Selon la plupart des récits, il y avait aussi quelque 12 000 Space Wolves de diverses Grandes Compagnies, près de 400 Custodiens, peut-être 1 500 Sœurs du Silence et deux cohortes de l’Exo-garde de Tyrian également présents dans les limites de la tempête, opposés à environ 7 000 Thousand Sons, et la majorité des régiments des Templiers de la Garde des Spires et des Derviches, ainsi que des unités dispersées d’autres régiments. Sous le commandement du Magister-Praetor Hathor Maat de la Troisième Confrérie et d’Ahriman de la Première, la majorité des défenseurs restants avaient formés une nouvelle ligne de défense entre les Temples-arcologies des Athanaéens et les pyramides des Pavoni, plaçant la plus grande concentration de leurs troupes restantes au centre de la ligne la plus proche des enceintes de la Grande Bibliothèque et de la Pyramide de Photep. Ici, ils étaient déterminés à tenir le plus longtemps possible pendant que les milliers de civils survivants et les soldats humains de la Garde des Spires cherchaient à se retirer à l’intérieur encore intact de la Pyramide de Photep. C’est ici que le Roi Sorcier de Prospero était resté enfermé jusqu’à présent tout au long de la bataille, et c’est là que ses fils placèrent leurs dernières défenses.

La retraite des Thousand Sons se fit sous le couvert de la confusion qui régnait parmi les assaillants suite à l’apparition de la tempête Warp et de la chute du Canis Vertex, aggravée par les hordes tourmentées d’abominations touchées par le Warp qui parcouraient les ruines et se jetaient contre tous ceux qu’ils rencontraient. Cependant, les Space Wolves et leurs alliés étaient des combattants endurcis, et même une catastrophe de cette ampleur ne pouvait que ralentir leur assaut, pas l’arrêter. Leman Russ et Valdor prirent rapidement le commandement des unités qu’ils rencontraient et dépêchèrent des éclaireurs pour rassembler les formations éloignées prises dans la tempête et les utiliser pour relayer les ordres en l’absence de communications vox fiables. Ils choisirent de continuer à avancer à la poursuite des défenseurs avec une plus petite force plutôt que de leur permettre de se replier complètement pendant qu’ils cherchaient tous les hommes disponibles. Des unités isolées des deux côtés avaient été dispersées dans les districts centraux, abandonnées à leurs propres combats personnels du mieux qu’elles le pouvaient et pour mourir sans être enregistrées, quels que soient les actes héroïques qu’elles accomplirent dans les dernières heures de la bataille pour disparaître à jamais. Dans de nombreux cas, la fureur de ces affrontements inconnues était telle que les seuls vestiges de ces combats étaient des survivants avilis, qu’il s’agisse des Space Wolves ou des Thousand Sons, transformés par la fureur de la tempête et de leur propre rage ou vanité psychique, en créatures maniaques pleines de haine. Les premières escarmouches de la bataille pour le cœur de Tizca furent livrées contre ces créatures, tant par les forces impériales que par les forces renégates, car beaucoup d’entre elles attaquaient simplement tous ceux qu’elles rencontraient sans égard pour leur allégeance ou leur intention.[42]

La Guerre Sans Raison

Dispersant les bandes d’abominations qui attaquaient la phalange des guerriers qu’ils avaient rassemblés, Leman Russ et Valdor se déplacèrent pour attaquer la ligne défensive nouvellement formée des Thousand Sons. Ils s’attendaient à une fusillade d’agressions psychiques, comme ils l’avaient vécu lors d’engagements antérieurs. Ainsi, les commandants des forces impériales organisèrent leurs troupes en formations serrées, chacune avec un certain nombre de Sœurs du Silence en son sein. Ces colonnes étaient encombrantes et la coordination de leur avancée était un processus lent et laborieux sans liens vox, ce qui offrait aux Thousand Sons de nombreux avertissements de leur approche et du temps pour préparer leurs défenses. Pourtant, lorsque les colonnes de l’Imperium avançaient, elles étaient accueillis par le rugissement des fusils et le hurlement des ogives, et non par le cri enragé du feu sorcier ; car les Thousand Sons craignaient maintenant d’utiliser leurs propres pouvoirs, sauf à petites doses, de peur de déclencher en eux le Changement de Chair. La bataille finale entre les Légions devait se dérouler à l’ancienne, aux tirs des fusils et des obus, à la presse des lames et au choc des blindés. Les deux lignes s’écrasèrent comme le tonnerre et déversèrent leur fureur et leur rage sur ceux qui avaient été leurs frères, des centaines tombant des deux côtés alors que les colonnes de l’Imperium avançaient, pliant les lignes des Thousand Sons comme la branche d’un arc.

Dirigé par les escadrons blindés massifs des Space Wolves, avec des chars de siège Typhon et des transports d’assaut Mastodon à l’avant, les Thousand Sons furent délogés à leurs redoutes et harcelés par les compagnies de l’Armée Impériale sur les flancs des colonnes, pressées au bord de la défaite. Pourtant, alors qu’il semblait qu’ils devaient tomber face aux nombres supérieurs et aux lames d’or des Custodiens, il y avait parmi les Thousand Sons ceux qui étaient assez désespérés ou assez remplis de haine pour se tourner une fois de plus vers le plein potentiel de leur pouvoir psychique. Ces guerriers se livrèrent entièrement à l’Æther pendant quelques instants avant que le Changement de Chair ne les prenne et que leurs frères ne les abattent, infligeant de graves dommages aux Space Wolves - dont l’avance rapide avait dépassé les formations plus lentes et plus vulnérables des Sœurs du Silence. Par le sacrifice de ces guerriers désespérés, les Thousand Sons réussirent à repousser l’assaut de l’Imperium, tenant leur dernière ligne mais laissant encore plus de leurs camarades ensanglantés dans la poussière des ruines de Tizca.

Trois fois les Space Wolves et les Serres de l’Empereur menèrent l’assaut, et trois fois ils furent repoussés. Chaque attaque réduisant encore plus la ligne de cramoisi - 7 000 devinrent 6 000, puis seulement 5 000 jusqu’à ce que les Thousand Sons ne soient plus qu’une toute petite goutte de couleur au milieu d’une mer de gris et d’or déchaînés. Tout au long de leur ligne dangereusement mince, les Thousand Sons et leurs alliés se préparèrent à ce qui devait sûrement être l’acte finale, les blessés ayant reçu une arme pour en finir dignement ou la dure miséricorde de la mort quand ils ne pouvaient plus combattre.

Les condamnés formèrent leurs barricades, les frères cramoisi et gris unis une fois de plus dans la mort, et les vivants choisirent eux-mêmes un endroit pour mourir. Ils étaient tous égaux dans leur désespoir, des blasées et fatiguées Terminators du Scarabée Occulte isolés, entourés de bandes hagardes de soldats de la Garde des Spire, devenus des vétérans par tragédie, des quelques néophytes restants de la XVe Légion protégés par les guerriers Templiers armés d’une hache, leurs parures maintenant en lambeaux sanglants. Du Magister-praetor au plus bas conscrit de la milice, ils attendaient que la mort vienne rugir à travers les ruines, chacun se préparant pour une dernière chance de porter un coup à ceux qui étaient venus apporter la ruine sur Prospero.

Face à eux, Leman Russ et les guerriers de l’Imperium se rassemblèrent, car ils savaient eux aussi que ce serait le dernier acte, le dernier coup délibéré d’un meurtre qu’ils avaient poursuivi par mille coups sanglants. Telle était la réalité de leur mission, aucune conquête glorieuse à chanter dans les légendes et les sagas, aucune bataille contre une horde de traîtres au cœur noir, mais seulement le massacre silencieux et final d’une poignée d’hommes dont la fierté les avait menés sur le mauvais chemin. Pourtant, Leman Russ et ses Loups n’étaient pas étrangers au devoir, ni esclaves de la vaine gloire et des sentiments. De même, Valdor et ses propres guerriers plaçaient la volonté de l’Empereur avant leurs propres désirs tandis que la Sororité Silencieuse restait calme et déterminée. Ils furent dignes de leurs rangs, car ces guerriers ne se détournèrent pas du dernier assaut, alors que les forces de l’Imperium se rassemblèrent pour la charge finale, n’attendant que le cri de guerre de Leman Russ pour déclencher le massacre. Pendant un moment, tout était silencieux dans les ruines de Tizca, et même la tempête qui les entourait se calma comme si toute la galaxie s’était arrêtée pour voir ce qui allait arriver dans un instant.

Puis, alors que tous ceux qui étaient rassemblés se toisaient, il vint enfin. Le Roi Pourpre, Magnus, Seigneur de Prospero, venait défier le destin lui-même.[43]

Le Triomphe du Chaos

Tout au long de la Bataille de Tizca, et pendant les longs mois de l’approche de l’Ost de Censure vers Prospero, Magnus était resté silencieux, dissimulant sa présence et ses conseils à ses fils. Il n’avait pas pris part aux combats, ni pour sauver sa Légion, ni pour protéger les habitants de Tizca, ni même pour préserver les précieuses connaissances contenues dans les nombreuses bibliothèques de sa ville. Mais lorsque la fin de la XVe Légion approchait, alors que tout avait été décidé, à l’exception de la manière dont ils allaient mourir, il se remit à l’action. De l’étrange motif qui l’avait poussé hors de sa rêverie, nous ne savons rien ; même les raisons de son inaction sont encore une question de conjectures parmi les érudits. S’il cherchait la rédemption, alors pourquoi abandonner sa veillée au dernier moment ? S’il poursuivait une dernière sorcellerie pour renverser le cours de la bataille, pourquoi l’abandonner quand il en avait le plus besoin ? Beaucoup soulignent les derniers moments de cette bataille impossible et prétendent que cette tempête était l’œuvre de Magnus, son achèvement ayant été acheté avec son sang. Nous ne saurons peut-être jamais avec certitude - peut-être même Magnus lui-même n’était-il pas certain, de la raison pour laquelle il s’était rendu sur le champ de bataille, ni du destin final qu’il connaîtrait. Peut-être avait-il simplement laissé l’émotion l’emporter sur lui.

Le Roi-Loup contre.…
…le Roi Pourpre.
Même les événements de cette confrontation sans précédent sont voilés par le mythe et l’incertitude, car les effets de la tempête Warp qui enveloppait une grande partie de Tizca laissa presque chaque témoignages du duel entre frères différents. Peu de récits de la rencontre s’accordent même sur quel combattant est sorti victorieux, et la plupart d’entre eux ont été ignorés par les érudits. Le plus largement accepté est celui de Leman Russ, qui est incorporé dans la Saga de Prospero des Space Wolves. Cependant, c’est le récit de Jenetia Krole, Commanderesse de la Sororité du Silence, qui révèle la vérité. C’est ce récit que nous avons choisi de privilégier dans le narration de la rencontre du Loup et du Sorcier, jugeant que la résistance génétique de l’Intouchable aux effets de la tempête lui avait permit de se souvenir avec précision d’un événement aussi important. Ce fut un affrontement de titans, inédit dans les annales de l’histoire humaine, sauf peut-être dans les anciens mythes d’avant la chute de la Vieille Terra, et la puissance des combattants était telle qu’aucun d’eux ne fut pris par le doute.

La flèche même de la Pyramide de Photep éclata, un coup de tonnerre qui secoua le monde, ondoyant dans le sillage de sa disparition. Magnus descendit sur le champ de bataille porté par une colonne crépitante d’éclairs noirs, pour y affronter son frère. Alors que les deux Primarques s’opposaient, la tempête qui entourait le centre de Tizca s’intensifia - de nombreux récits parlent de chuchotements sifflants entendus par toutes les personnes présentes, les poussant à des actes dont elles ne parleraient pas plus tard - et le vent tonitruant déchira de nombreux bâtiments et monuments qui entouraient le champ de bataille. Certains récits, dont celui de la Commanderesse Krole, parlent de calmes paroles échangées par les deux Primarques, mais tous conviennent que la bataille commença avec le rugissement du Roi-Loup. Du premier coup porté, nul ne sait à qui il appartenait, car l’habileté des combattants était telle que parmi ceux présents, seul Valdor pouvait peut-être suivre le jeu de la hache d’or et de la lame d’argent. La fureur brute de Russ et la cruauté patiente rencontrèrent la puissance psychique et le talent subtil de Magnus, et tout sur leur passage était balayé, que ce soit l’architecture robuste de Tizca ou les chars de combat en céramique des Astartes. Les guerriers de la Légion qui cherchaient à intervenir pour aider leur seigneur furent anéantis avant même que les Primarques ne se rendent compte de leur présence, et même les Custodiens n’osèrent intervenir dans une telle lutte. Tout autour d’eux régnait le chaos, la folie frénétique de la bataille et l’effet contre-nature du Warp sur la réalité, car lorsque le Primarque Magnus utilisa toute sa puissance, il déchira le voile entre ses dimensions, et libéra les créatures qui habitaient dans l’Æther.

Les deux Primarques s’accablaient l’un l’autre avec la lame et la volonté, ne cédant jamais un pouce, tous deux ayant été rendu invincibles par les forges-génétiques de Terra. Pourtant, l’Empereur n’avait pas créé tous Ses fils égaux - à chacun d’eux, Il avait accordé la primauté d’un aspect de la guerre qu’Il avait jugé digne d’être inclus dans Ses Légions. Magnus était un général suprême, conçu pour diriger, inspirer et deviner la faiblesse de ses ennemis - un maître détaché et sans émotion de cette discipline de la guerre pratiquée depuis longtemps par les Stratèges et les tacticiens depuis les temps anciens. Même s’il n’en était pas moins un général, Russ était un être bien différent - forgé sur une enclume plus dure pour un degré de guerre plus brutal et personnel. C’était la fureur sanglante de la nécessité et de l’âge des ténèbres perdues de la sauvagerie, la résolution finale d’un tueur qui n’avait pas d’autre choix que la destruction totale.

Ici, au milieu des ruines de Tizca, avec l’Æther qui tourbillonnait autour d’eux sur un monde mort, des armées dispersées et le sang dans l’air, il n’y avait pas de créature plus apte à triompher dans un tel enfer que le Roi-Loup, bien que Magnus ne fut pas vaincu sans un coût douloureux. Il s’agissait d’un combat dans lequel il était peut-être toujours destiné à être le vainqueur. Malgré le fait que son frère l’ai brûlé et écrasé à maintes reprises avec ses pouvoirs obscurs, Russ s’était toujours relevé, blessé mais imperturbable.

Quelques minutes ou quelques heures après qu’ils eurent commencé, car le temps lui-même avait commencé à s’effilocher à la fureur de leur combat au centre de la tempête Æthérique, le sauvage Roi-Loup Russ claqua les talons de Magnus. Les Sœurs du Silence, d’après certains récits, avaient coupé le contrôle des pouvoirs de l’Archi-Sorcier qui fut déstabilisé un instant. Son frère le jeta à terre, le coup final étant différent pour chacun de ceux qui l’avait vu - pour certains, un coup de lame y mit un terme, à d’autres ce fut la rupture du dos du Cyclope. Ce fut une défaite à travers une infinité d’existences avec le même résultat. Leman Russ sortait triomphant, couvert des blessures infligées par son frère, son rôle en tant que bourreaux de l’Empereur une fois de plus rempli. Dans son sillage, une tempête de lumière aveuglante rayonna de la pyramide scellée et assiégée et se plaça au-dessus du cadavre silencieux et brisé de Magnus. Quand la lumière s’éteignit, il n’y avait aucun signe de ceux qui l’avaient occupée, ni du corps de Magnus.

La chute de Magnus marqua la fin de la Bataille de Tizca, mais en aucun cas la Légion des Space Wolves n’aurait pu la prévoir, ni mettre fin aux combats dans cette ville en détresse. En effet, Leman Russ n’avait d’aucune sorte obtenu une victoire nette, car du Primarque des Thousand Sons tombé, aucun signe de son corps ne serait jamais trouvé, aucun symbole ou trophée avec lequel retourner sur Terra justifierait la destruction d’un monde et la mort de ses habitants. Seulement le rire des dieux des ténèbres, et les félicitations et les assurances du Maître de Guerre, un baume qui allait devenir amer dans les années qui suivraient.[44]

Les Vestiges de la Gloire - 19:17:56 734004.M31

Alors que le maelström qui avait enveloppé le centre de Tizca s’essoufflait à la suite de la chute de Magnus et la disparition des renégats dans la Pyramide de Photep, la résistance organisée face à l’Ost de Censure s’effondra. Les forces de l’Imperium, maintenant réunies par les connexions orbital à haute-portée vox de la flotte, triomphèrent dans les ruines de Tizca, le corps principal des Thousand Sons vaincus et leur Primarque supposé tué. Inévitablement, malgré la conflagration qui marqua la défaite de Magnus, les combats se poursuivirent dans le paysage urbain dévasté de Tizca, avec des bandes isolées de Thousand Sons, des éléments dispersés de leur blindés pourchassés, ainsi que des foules déchaînées d’abominations, provenant à la fois des Légions des Thousand Sons et des Space Wolves qui rôdaient toujours dans les ruines. Ce massacre final s’accéléra encore lorsque finalement la tempête Æthérique se dégagea, permettant à des renforts supplémentaires, sous la forme de Chevaliers, de Taghmata de la Maison Malinax et des dernières réserves des Space Wolves, d’entrer dans la mêlée et de commencer des opérations systématiques de recherche et de destruction.

Le principal centre de résistance restant était le Bastion d’Argent, l’immense forteresse qui gardait la porte orientale dans les murs d’albâtre de Tizca. Un détachement de la Huitième Confrérie, comptant presque 2 000 guerriers et renforcé par un grand nombre d’Automates de Bataille, tint les créneaux pendant une heure de plus, puis se replia pour poursuivre une campagne de guérilla dans les couloirs labyrinthiques et les catacombes de l’ancienne forteresse. Ces résistants acharnés restèrent une menace importante pendant presque une autre journée entière de combats, alors que les chasseurs de la Legio Custodes et le Terminators Varagyrs exploraient les tunnels à leur recherche, avant que tout cela se termine lorsque le Leman Russ lui-même se joignit à la chasse. Même les automates psychiquement habilités attachés à la Cinquième n’étaient pas à la hauteur du sombre Primarque enragé. Malgré les blessures infligées par Magnus, les Thousand Sons furent oblitérés, ne laissant que quelques survivants pour se précipiter dans les ténèbres. Alors que cette bataille secondaire faisait rage, les ruines du Bastion de la Valperine, abandonnées par les Space Wolves dans leur empressement à avancer sur le centre-ville, dégorgea un autre bataillon de guerriers des Thousand Sons - restés à l’abri pendant l’effondrement de leur forteresse grâce à un réseau de boucliers "kine" aux compétences et à la subtilité supérieures. Plutôt que de tenter d’engager le combat avec l’une des unités des Space Wolves dispersées dans la zone, le commandant des Thousand Sons, qui aurait été un officier de ligne nommé Sul Kontep, ordonna à ses troupes de récupérer ce qu’elles pouvaient des aéronefs et des véhicules anti-grav autrefois abondants du Bastion, et de rassembler les réfugiés qui se trouvaient dans les ruines qui les entouraient. En l’espace de quelques heures, alors même que les unités des Space Wolves et des Custodiens étaient chargées d’attaquer cette nouvelle menace, les Thousand Sons et leurs hommes embarquèrent dans le convoi de fortune et partirent en mer, en utilisant le vol à basse altitude et les nuages de cendres et de vapeur qui persistaient après le bombardement du matin pour dissimuler leur trajectoire. Alors que beaucoup furent abattus en vol, d’autres se seraient échappés.

Le Bilan Sanglant de la Justice[45]

Au total, plus de 30 millions de vies furent perdues dans l’application de la justice de l’Empereur, la grande majorité de ces morts étant les citoyens de l’Imperium de Prospero au moment de l’arrivée de la flotte. Selon les registres officiels, le nombre de survivants parmi la population civile de Prospero est nul. Bien qu’en réalité il y ait eu certainement des milliers de survivants en fuite dans la galaxie ou potentiellement échappé avec l’une des rares bandes de Thousand Sons laissées en vie sur la planète, en tant que peuple, la branche de l’Humanité de Prospero était maintenant éteinte. Des Thousand Sons, les documents officiels d’avant 014.M31 ne parlent plus de la Légion, en supposant qu’elle ait été complètement détruite jusqu’au Siège de Terra. Encore une fois, la vérité est quelque peu différente, mais les pertes subies par les Thousand Sons sur Prospero avec l’arrivée de la flotte sont presque totales, et les survivants sont dispersés dans toute la galaxie.

Certains des détachements des Thousand Sons qui combattaient dans la Grande Croisade ailleurs dans l’Imperium furent détruits par leurs alliés avant que la nouvelle de la destruction de Prospero ne leur parvienne : 2 000 de la Neuvième Confrérie furent massacrés dans leurs camps de Sentor Rahme par les Ultramarines attachés à la même force, et 300 vétérans de la Septième Confrérie furent abandonnés à la mort lors de l’attaque de Maktor VIII par les Imperial Fists, pour ne citer que deux des cas les plus importants. De tous les principaux contingents des Thousand Sons dispersés dans la galaxie, seuls deux échappèrent à la justice impériale, la majorité provenant de la Quatrième Confrérie, quelques 5 000 Legiones Astartes qui ont fui leur mission pour la Grande Croisade après avoir entendu parler de l’attaque sur Prospero, et d’une force, peut-être de plusieurs milliers, de la Sixième Confrérie présente sur Zhao-Arkhad dans le cadre de l’entente entre la Légion et cette forge lointaine et énigmatique. Pire encore pour la Légion, la destruction de Prospero et leur statut de renégats les privèrent de tout soutien et de toute aide à l’intérieur des frontières de l’Imperium, sans aucun moyen de réapprovisionnement ou de recrutement, à moins par de la piraterie ouverte.

L’Ost de Censure ne s’en est que légèrement mieux tiré, avec un total de quelque 49 000 victimes et un nombre beaucoup plus élevé en munitions et machines détruites ou abandonnées sur Prospero. Poussés par la rage froide de leur Primarque à s’engager dans certains des combats les plus sanglants de la campagne, les Space Wolves ont subi les pertes les plus lourdes, avec quelque 25 000 morts au combat en plus de la Treizième Grande Compagnie qui avait tout simplement disparus. Ce chiffre représentait une partie substantielle de la force totale des Space Wolves et avec l’apparition de l’Hérésie d’Horus, quelques mois plus tard, ils avaient eu peu de chances de reconstituer leurs effectifs. Tout aussi graves pour les Space Wolves étaient les dépenses de munitions et d’équipement - le zèle avec lequel ils poursuivirent la guerre contre Prospero avait gravement épuisé leurs réserves et les laissèrent incapables de s’engager dans une guerre plus que limitée pendant les premières étapes de l’Hérésie. Les unités de l’Armée Impériale attachées à l’Ost de Censure, bien qu’auxiliaires, avaient également beaucoup souffert pendant les combats, avec environ 23 000 morts. En effet, plusieurs unités avaient tout simplement été dissoutes ou fusionnées avec d’autres formations lors de leur retour sur Terra. La Legio Custodes et les Sœurs du Silence ont par contre subi des pertes relativement élevées, même si l’on considère la taille relative plus petite de ces forces, elles peuvent être considérés comme graves. Ce qui est peut-être plus révélateur, c’est le dommage causé à l’invincibilité mythique de la Legio Custodes dans l’esprit de certains, car pendant les combats sur Prospero, certains d’entre eux avaient été engagés et battus par de simples Space Marines, une leçon qui restera gravée dans la mémoire de certaines Legiones Astartes dans les années suivantes. Cependant, les esprits les plus sages parmi les Astartes remarquèrent avec quelle facilité les gardiens avaient terrassé à leur tour leurs semblables, et se demandèrent peut-être si ce n’était pas le rôle pour laquelle ils avaient été crées.

Ailleurs dans la ville, Valdor rassembla un certain nombre de formations, chacune formée de vétérans de la Legio Custodes et de Space Wolves autour d’un noyau de Sœurs du Silence, pour traquer et éradiquer les groupes isolés de l’ennemi encore en liberté dans la ville. De petites résistances, souvent composées d’un peu plus d’une douzaine d’individus et rarement plus d’une centaine, étaient éparpillées à travers la ville. La plupart étaient des guerriers de la XVe Légion séparés de leurs compagnies pendant la bataille ou les derniers survivants d’un groupe tactique déconfit. Ces renégats se battirent jusqu’au dernier avec toute la ruse et la férocité de leurs frères loyalistes. D’autres étaient des soldats hagards de la Garde de Prospero, dont les rangs avaient été presque anéantis pendant les brutaux combats de la journée ; certains d’entre eux préférant se rendre plutôt que de continuer un combat sans espoir.

Cependant, ceux qui se jetèrent à la merci des troupes de l’Imperium ne trouvèrent qu’une mort rapide, abattu sans cérémonie dans les rues et laissés pourrir là où ils étaient tombé ; quelques malheureux furent emmenés pour un interrogatoire ultérieur. Le contingent des Sons of Horus, qui avait limité son action aux quartiers nord de la ville, s’était disséminé dans tout Tizca et commença une purge systématique de chaque district qu’il trouvait, ne laissant aucun être vivant dans son sillage. À l’extrémité la plus septentrionale de la cité, dans le complexe fortifié qui servait de quartier général à la Garde Aérienne de Prospero, dont les chasseurs et bombardiers avaient depuis longtemps été chassés jusqu’à l’extinction par les intercepteurs de la Legio Custodes qui volaient encore dans le ciel au-dessus, les Sons of Horus et les machines de guerre de la Maison Malinax prirent contact avec les derniers survivants de la Garde Palatine du Nord. Le régiment s’était replié suite à sa défaite précoce sous le commandement de Lucretia Elunnirai, Sénéchal de la Garde de Prospero, et avait survécu à la bataille dans cette position fortifiée, ignorée par l’Ost de Censure. Ils avaient rassemblé des milliers de civils et de nombreux autres traînards de la Garde de Prospero, et à l’approche de Boros Kurn des Sons of Horus et d’Anrac Hadratha de la Black Cull, le Sénéchal Elunnirai s’avança avec sa garde d’honneur pour sa sécurité.

S’attendant à ce que son rang et ses gardes du corps assurent sa sécurité et son traitement honorable, le Sénéchal exigea que les commandants Astartes face le serment que les civils et les non-combattants soient bien traitée en échange de la reddition immédiate de tous les hommes d’armes sous son commandement et de la confiscation de toutes les armes et munitions en leur possession. Boros Kurn l’exécuta sur place et dispersa sa garde d’honneur, tandis que le Thegn Hadratha et la Black Cull, soutenus par la puissance de feu massive de la Maison Malinax, immola le quartier général de la Garde Aérienne, condamnant tous ceux qui étaient à l’intérieur à la mort.

Au total, les conflits sporadiques se poursuivirent au milieu des ruines de Tizca pendant encore trois jours, ainsi que de plus petites actions pour enquêter et dégager des avant-postes moins nombreux dispersés sur Prospero et qui pourraient avoir survécu au bombardement. Pendant ces trois jours, Leman Russ refusa de quitter la planète, fouillant les ruines à la recherche de tout signe de Magnus ou de ses fils, et tuant tout ce qu’il trouvait. Lorsque le ciel noirci et cendré de Prospero fut éclairé à la troisième aube depuis le bombardement, la ville était en ruine, avec peu de bâtiments intacts et les grands Temples-arcologies à peine plus que des squelettes décharnés et meurtris, tandis qu’à certains endroits, l’éclat impur du feu de phosphex rampait et brûlait encore. Valdor commença l’évacuation des troupes de l’Imperium, un processus qui prit une autre journée entière avec tant d’unités blessées et dispersées de l’Armée Impériale, tandis que les Sœurs du Silence et les phalanges Custodiennes s’assemblaient dans les chantiers de transfert orbital pour remonter vers les vaisseaux en orbite.

Leman Russ et ses Space Wolves attendirent presque le dernier moment, alors que les vaisseaux en orbite se dispersaient à travers le globe, reprenant une formation de bombardement, avant de commencer leur propre évacuation dans les navires en attente autour du port. L’action finale de la Bataille pour Prospero s’y déroula, avec les restes de la Cinquième Confrérie qui s’étaient enfuis en mer, faisant une réapparition soudaine et organisant un assaut si audacieux et si opportun sur les chantiers de transfert orbital qu’une sorte de puissante divination avait dû être utilisée dans sa planification. Frappant les derniers transporteurs de l’Armée Impériale, les Thousand Sons submergèrent les maigres forces placées en sentinelle lors de l’évacuation, la plupart des Custodiens ayant depuis longtemps quitté leurs vaisseaux dorés. Ils prirent le contrôle de trois des transporteurs. Capitalisant sur la nature dispersée de la flotte en orbite, les trois vaisseaux glissèrent devant les croiseurs de l’Imperium et accélérèrent pour se mettre hors du système, cherchant peut-être à se cacher jusqu’à ce que des secours puissent arriver. Les destroyers loyalistes interceptèrent et détruisirent l’un de ces vaisseaux, mais les deux autres n’ont jamais été retrouvés, sans doute à la dérive dans les débris stellaires de la planète, mais comme ils ne possédaient pas de moteurs Warp, aucun réel effort ne fut fait pour les retrouver. Avec la dernière force connue de Thousand Sons sur Prospero éradiquée, Leman Russ abandonna le monde brisé, étant le dernier guerrier de l’Imperium à quitter la surface comme il l’avait juré au début de la bataille. Une fois en orbite, un second bombardement commença, ravageant le monde déjà brûlé et s’assurant que même si certains avaient échappé aux lames des Space Wolves, ils ne vivraient pas pour célébrer cette vaine victoire. Puis, après avoir ensemencé l’orbite de Prospero de mines de proximité et de balises vox diffusant le décret impérial annonçant que le monde en dessous était "Perditus Maximus", zone interdite par la loi impériale, l’Ost de Censure s’en alla, ne laissant dans son sillage que la carcasse silencieuse et carbonisée d’un monde.

La Bataille pour Prospero était terminée, mais son héritage continuera à hanter l’Imperium pendant des millénaires.[46]

Les Graines de l'Hérésie

« Beaucoup considèrent la guerre comme le seul véritable but des Legiones Astartes, mais ces imbéciles à courte vue ne remarquent pas le grand échec de la guerre comme outil ; depuis toujours elle crée de plus grands maux qu’elle n’en détruit. »
- Extrait du Livre de Magnus, Neuvième Annexe : Réflexions sur l’Avenir.

Les combats ayant pris fin sur Prospero, la Flotte de Censure retourna vers Terra sous le commandement de Constantin Valdor. Leman Russ refusa les honneurs et dirigea plutôt sa sanglante Légion à la recherche d’autres conflits. Les volumes peu connus de l’histoire écrite par Valdor lui-même dans les dernières années témoignent que Leman Russ avait été profondément affecté par le duel avec son frère, car bien qu’il ait accepté la responsabilité de son devoir, de faire ce que les autres Légions et les autres Primarques ne pouvaient s’abaisser à faire, il n’en fut pas moins peiné. Valdor avait enregistré les derniers mots qu’il avait échangés avec le Roi-Loup avant qu’ils ne se séparent : « Un roi n’invite pas son bourreau taché de sang à la fête de la victoire, car un tel homme n’a pas sa place dans les couloirs de la paix et de l’abondance. Tant qu’il y aura des terreurs à tuer à la hache, je serai loué de loin, et quand il n’y en aura plus, on m’oubliera tout simplement. »

Publiquement, à leur retour, les guerriers furent accueillis par des festivités et des défilés, bien que les archives de la Cour Impériale parlent d’un accueil moins joyeux de la part de l’Empereur, pour qui la perte de Magnus représentait un sérieux revers et le précurseur d’un sacrifice plus douloureux. Des proclamations officielles furent émises discrètement déclarant l’expurgation des Thousand Sons des dossiers de l’Imperium et déclarant tous leurs biens confisqués et leurs traités invalidés. Plusieurs membres de la Cour considérèrent que l’affaire était close. Cependant, ce n’était pas la fin de l’héritage de Prospero.

Tout de suite après la destruction d’une Légion entière sur des accusations qui semblaient à certains vassaux de l’Imperium être dangereusement injustifiées, il se déclencha certains incidents diplomatiques. Un certain nombre de mondes mis en Conformité par la XVe Légion ou connus pour lui servir de centres de recrutement présentèrent des griefs officiels à la Cour sur cette question, et une sécession potentielle de plusieurs éléments de l’Armée Impériale qui provenaient de ces planètes, comme preuve de leur loyauté, risquait d’avoir lieu.

Le Monde-Forge de Zhao-Arkhad, longtemps étranger à la politique impériale, cessa toute communication avec les autorités impériales et du Mechanicum, une action qui n’avait rien à voir avec la sécession et la rébellion d’Horus. De nombreux membres de la Cour Impériale accusèrent des ennemis de l’Imperium de protéger Zhao-Arkhad, et demandèrent au Fabricator-Général de Mars de les châtier comme il se doit. Ce n’est que l’apparition de l’Hérésie d’Horus et la politique dissimulée qui l’avait précédée qui mis fin au conflit armé entre Zhao-Arkhad et l’Imperium. Murmures et craintes se répandirent dans tous les domaines de l’Empereur, car si un monde Space Marine, rien de moins, avait été isolé et annihilé par Lui, tous les autres pourrait suivre. De plus, toute l’attaque contre Prospero avait été organisé à la demande directe de l’Empereur, sans recours à son régent militaire, le nouveau Maître de Guerre. On parla peu de l’autorité d’Horus, notant que l’Empereur continuait à mener Ses propres guerres derrière son dos, et certains des adversaires d’Horus murmuraient que son nouveau titre n’étaient rien de plus qu’un front poli sans véritable pouvoir politique, tandis que ses alliés y voyaient une trahison de la confiance de leur maître et une insulte amère de son père. Horus se tut, mais on nota que dans le sillage de Prospero, il passa peu de temps sur Terra, s’affairant aux confins de l’espace impérial, très loin de son père. L’unité de l’Imperium naissant avait été fendue par une dangereuse brèche, et beaucoup firent le lien avec l’apparition ultérieure de l’Hérésie d’Horus.

Plus subtilement, la Bataille pour Prospero avait amené l’impossible dans le royaume de la réalité, car sur le sol de Prospero, le Space Marine avait combattu le Space Marine pour la première fois. La grande trahison avait donc eu un précédent, rendu réel par le simple fait que ce qui s’était produit une fois se reproduirait et que l’une des dix-sept autres Légions pourrait en être la victime. Aucune colère ne fut dirigée contre les Space Wolves, car bien que se soient eux qui avaient brisé ce tabou, ils agissaient que sur les ordres de l’Empereur Lui-même. Mais de toutes les Légions, seuls les Space Wolves possédaient une expérience de guerre réelle contre les Legiones Astartes. Ils codifièrent rapidement un ensemble de tactiques et de stratégies destinées à aider à vaincre d’autres Légions si jamais l’Empereur décrétait leur destruction. Ce Codex Omega était une menace directe pour les autres Légions, et son contenu ne fut partagé qu’avec les Sons of Horus et le Maître de Guerre lui-même, une erreur que le Roi-Loup ne se rendrait compte que beaucoup plus tard. Presque toutes les Légions demandèrent à l’Empereur la destruction du Codex Omega et la censure des Space Wolves pour sa création, à l’exception des Night Lords, de l’Alpha Legion et des Iron Hands qui exigèrent plutôt qu’il soit partagé également avec toutes les Légions. Dans les mois qui ont précédé l’Hérésie d’Horus, un certain nombre de Légions déplacèrent leurs forces de garnison et modifièrent les traités interrégionaux pour renforcer leurs défenses personnelles et exploiter les faiblesses potentielles si le même sort que les Thousand Sons devait leur arriver. Comme pour l’ensemble de l’Imperium, la chute de Prospero vit l’unité autrefois célèbre des Legions Astartes se déchirer et là où dix-huit grandes Légions étaient autrefois unies comme un seul ost inattaquable, maintenant dix-sept armées individuelles et vulnérables attendaient la prochaine purge.

On ne saura jamais vraiment si cet événement était aussi le résultat des machinations d’Horus Lupercal, mais le timing de ces événements et leurs répercussions jouèrent si directement à son avantage dans les premières années de l’Hérésie d’Horus qu’il semble peu probable que ce ne soit pas un simple hasard. En effet, les retombées de la Croisade de Prospero furent si bénéfiques pour préparer le terrain à la rébellion d’Horus quelques mois plus tard, que les chances qu’il ne dirigea pas délibérément les événements sont apparemment infimes. La destruction de Prospero, destinée à être un triomphe de la justice impériale et à sauvegarder son avenir, devrait être connue à juste titre comme le couronnement de la rébellion d’Horus, car c’est vraiment ici que les graines de l’Hérésie furent semées, et seulement à cet instant que le résultat terrible de la préparation de sa rébellion put être pleinement apprécié.[47]

Source

  • The Horus Heresy, Book Seven - Inferno
  1. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Politics of the Crusade (traduit de l'anglais par Guilhem)
  4. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Beginnings of Treachery (traduit de l'anglais par Guilhem)
  5. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Configuration of Guilt (traduit de l'anglais par Guilhem)
  6. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Configuration of Guilt (traduit de l'anglais par Guilhem)
  7. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host (traduit de l'anglais par Guilhem)
  8. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Censure Host, Terran Contingent (traduit de l'anglais par Guilhem)
  9. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Emperor's Talons (traduit de l'anglais par Guilhem)
  10. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - Departure (traduit de l'anglais par Guilhem)
  11. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Bitterest Hate (traduit de l'anglais par Guilhem)
  12. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Wolf King (traduit de l'anglais par Guilhem)
  13. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Wolves Gather (traduit de l'anglais par Guilhem)
  14. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Hawk and The Wolf (traduit de l'anglais par Guilhem)
  15. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Will of Horus (traduit de l'anglais par Guilhem)
  16. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Die is Cast (traduit de l'anglais par Guilhem)
  17. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Censure Host, Beta-Garmon Contingent (traduit de l'anglais par Guilhem)
  18. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part III : Prospero in Ashes (traduit de l'anglais par Guilhem)
  19. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part III : Prospero in Ashes - The Capture of the Tempest (traduit de l'anglais par Guilhem)
  20. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part III : Prospero in Ashes - The Eve of Destruction (traduit de l'anglais par Guilhem)
  21. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part III : Prospero in Ashes - A Silent Death (traduit de l'anglais par Guilhem)
  22. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part III : Prospero in Ashes - Encirclement (traduit de l'anglais par Guilhem)
  23. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part III : Prospero in Ashes - The Hour of Execution (traduit de l'anglais par Guilhem)
  24. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part III : Prospero in Ashes - The Defenders of Prospero (traduit de l'anglais par Guilhem)
  25. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - Fire From The Skies (traduit de l'anglais par Guilhem)
  26. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - A Wolf Among Sheep (traduit de l'anglais par Guilhem)
  27. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Wolves of the Cold Stars (traduit de l'anglais par Guilhem)
  28. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - Brother against Brother (traduit de l'anglais par Guilhem)
  29. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Forsaken Council (traduit de l'anglais par Guilhem)
  30. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Wrath of the Sorcerers (traduit de l'anglais par Guilhem)
  31. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Temple-arcologies ofTizca (traduit de l'anglais par Guilhem)
  32. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Second Wave (traduit de l'anglais par Guilhem)
  33. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - Nowhere to Run (traduit de l'anglais par Guilhem)
  34. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - Valdor's Intervention (traduit de l'anglais par Guilhem)
  35. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Purging of Tizca (traduit de l'anglais par Guilhem)
  36. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Storm Breaks (traduit de l'anglais par Guilhem)
  37. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - Bitter Blood (traduit de l'anglais par Guilhem)
  38. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Hours of Fury (traduit de l'anglais par Guilhem)
  39. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Beginning of the End (traduit de l'anglais par Guilhem)
  40. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Wolf's Dark Legacy (traduit de l'anglais par Guilhem)
  41. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Wreckage of Hope (traduit de l'anglais par Guilhem)
  42. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Apex of Tragedy (traduit de l'anglais par Guilhem)
  43. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - War Beyond Reason (traduit de l'anglais par Guilhem)
  44. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Triumph of Chaos (traduit de l'anglais par Guilhem)
  45. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Bloody Tally of Justice (traduit de l'anglais par Guilhem)
  46. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Remains of Glory (traduit de l'anglais par Guilhem)
  47. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part IV : The Fall of Tizca - The Seeds of Heresy (traduit de l'anglais par Guilhem)