Histoire des Thousand Sons

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« Un étudiant commettra trois grandes erreurs lors de son ascension, quel que soit l’audace ou sa perspicacité. La première erreur est de croire qu’il a atteint le bout du chemin alors qu’en réalité il n’a fait que le premier pas.
La deuxième erreur est de croire que la fin d’un chemin est le début d’un autre.
La troisième erreur est de croire que tout prix vaut la peine d’être payé pour franchir une nouvelle étape.
Ce sont les trois erreurs, et la récompense est la perte de tout ce qu’il a gagné et aimé. »
- Aeolus le Simple, Tractatus Angelus.

La trahison trouve son origine dans de nombreux maux : pouvoir, haine, vengeance, honte, culpabilité, amertume, brutalité, insensibilité à la vie, tous ont joué leur rôle dans la chute de ceux qui ont agi contre l’Empereur, mais il faut en ajouter deux autres : l’orgueil et la cécité. Alors que d’autres Légions entraient dans l’infamie de leur plein gré, les Thousand Sons ont été plongés dans cet état d’abord par leur propre orgueil, ensuite par la trahison de ceux en qui ils avaient confiance, et troisièmement par l’Imperium lui-même. Frappé par la mutation et touché par le Warp, la chute des Thousand Sons semblait pour tous certaine, ce qui était faux. La XVe Légion aurait pu connaître un autre avenir si le destin n’avait pas été aussi cruel. En réalité, leur histoire n’est pas celle des ténèbres, mais celle d’une lumière qui a amené une Légion et un Primarque à devenir de plus en plus puissant jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus voir les limites.[1]

Origine : La Naissance dans la Tempête[modifier]

La XVe Légion.
Le caractère de nombreuses Légions était clair dès le moment où elles se sont rendues sur le champ de bataille. Mais celui des Thousand Sons - qui allait indiscutablement se révéler - ne se dévoila que lentement, telle une floraison, une pétale à la fois. La XVe est née plus tard que les autres Legiones Astartes. La conquête de Terra était déjà terminée, Luna était tombée et les premières Légions naissantes avaient commencé à conquérir le reste du Système Sol. La Grande Croisade était sur le point de commencer, marquant le début d’un cycle de conquête qui la verrait se propager dans les étoiles tandis que la force de nombreuses Légions commencerait à croître au fur et à mesure que leurs rangs accueillaient des recrues suite aux nouvelles des conquêtes. L’Unification n’était qu’une étape et les lumières de la Vérité Impériale ne pouvaient plus être confinées que sur Terra. C’était une période de transition, une période de consolidation et de commencement, et c’est à ce moment-là que la XVe Légion naquit.

Les tempêtes marquèrent la création de la Légion. Les grandes tempêtes Warp, qui avaient isolé la Vieille Terra pendant la Longue Nuit, étaient de retour, et on disait qu’un feu maléfique éclairait le ciel et que des rêves de terreur se propageaient dans le monde d’origine de l’Humanité. Pendant un bref moment, la peur et la superstition réapparaissaient alors qu’on voyait de nouveau le soleil empêché de tourner et la lumière de la lune se tâcher. Les cas de mutations psychiques et d’apparitions se multiplièrent, le vide de l’espace était inaccessible, et une vague de panique balaya l’Imperium naissant, assez puissante pour provoquer une réponse sévère de la part des serviteurs de l’Empereur qui cherchaient à écraser à nouveau le venin de la superstition sur une Terra nouvellement unifiée. C’est une époque qui est maintenant évoquée dans les annales et les chroniques en tant que "Chant des Cieux Sanglants" au sein des terribles Conclaves de Nordafrik et en tant que "Spirale d’Anarchie" par les nobles maisons des villes de la plaque équatoriale, mais la plupart des documents officiels la connaisse sous le nom de "La Première Tempête". À ce moment-là, l’Empereur semblait avoir été totalement indifférent et non alarmé par la recrudescence du phénomène qui avait fait tant souffrir l’Humanité et Il laissa à Ses serviteurs chargés de l’ordre civil et militaire la gestion de la crise. L’élan de Ses conquêtes interrompu par cette soudaine bourrasque de l’Empyrean, l’Empereur, selon les archives disponibles, a simplement employé Son énergie dans d’autres préoccupations avec une promptitude qui pourrait impliquer à la fois préparation et prévoyance, et on pense que plusieurs branches de l’Imperium doivent leur origine formelle à cette époque, en particulier parmi elles la naissance de la Sororité du Silence et les Sentinelles Noires de l’Astra Telepathica. Mais peut-être que la plus importante de Ses créations fut la XVe.

Au début, cette création ne semblait pas différente des autres Legiones Astartes, sauf qu’il devint clair que des critères très délibérés et exigeants furent imposés pour les recrutements, des restrictions dépassant celles des autres Légions. Les aspirants qui rentrèrent dans la Légion étaient issus des domaines peut-être les plus stables, les plus loyaux et les plus sophistiqués sur le plan culturel des domaines de l’Empereur sur Terra, et les candidats furent ensuite finement sélectionnés. Parmi ces domaines, les plus importants étaient l’Empire Achaemenid, les Enclaves des Seigneurs du Feu d’Oaus et le Domaine de Kashai. Tous avaient été parmi les premiers à prêter allégeance à l’Empereur et avaient fourni des guerriers à Ses armées depuis les toutes premières batailles des Guerres d’Unification. Tous accueillaient également des populations en grande partie exemptes de la mutation imprévisible qui avait corrompu tant d’enfants Terrans. On sait également que d’autres aspirants pour la XVe furent choisis parmi les habitants de Terra, mais jamais en nombre suffisant pour se démarquer. Par exemple, l’intégralité du Plateau Ionus n’abandonna qu’un seul des siens à la XVe, alors que des centaines de jeunes de la région avaient été pris et élevés par la VIIe Légion. L’Empereur Lui-même fut connu pour avoir sélectionné personnellement un grand nombre des premières adeptes, un honneur rendu à presque aucune autre Légion et jamais dans ces proportions.

Il est difficile de savoir combien d’aspirants ont été soumis au processus les faisant passer de l’être humain commun à membre de la XVe, mais beaucoup semblent y avoir survécu. Les comptes rendus scellés sur les individus impliqués dans les dernières étapes du projet indiquent que l’implantation et l’assimilation réussies de la graine génétique de la XVe Légion étaient remarquablement élevées. Ce qui est officiel, cependant, c’est le nombre d’Astartes ayant quitté les forges génétiques de Terra et de Luna, un nombre enregistré avec exactitude à travers de nombreuses sources, comme s’il avait une signification qui dépassait toute autre raison. Un millier de guerriers - un modèle initial parfaitement opérationnel - revêtus du gris que portaient toutes les Légions à leur naissance, se sont agenouillés devant l’Empereur et lui jurèrent de le servir pour l’éternité. Certains témoins disent que, alors que l’Empereur ordonnait à Ses "Mille Fils" de se lever, les tempêtes entourant Terra se dissipèrent au même moment, leur force et leur fureur disparaissant et ne laissant que tranquillité et calme dans le Warp au-delà de la réalité matérielle.[2]

Les Mille[modifier]

Au début, il y avait peu de choses qui distinguaient la XVe Légion malgré sa création particulière et l’honneur que lui a accordé l’Empereur. Bien que les Thousand Sons aient été aussi compétents dans les arts de la guerre que leurs frères des autres Légions, ils étaient encore relativement peu nombreux et ne possédaient aucun talent spécifique ni une prédilection qui fut immédiatement flagrante comme lorsqu’ils réprimèrent une rébellion limitée et localisée sur Terra même avant de se voir attribuer leurs premiers vaisseaux de guerre et missions au-delà de Sol. Leurs déploiements et campagnes initiaux furent remarquables. Dans les nuages en ruines de Proxima-III, ils attaquèrent les blasphèmes transgéniques des cités aliens corrompues. Sur Gladris, ils tinrent les lignes à côté des bataillons beaucoup plus importants de la VIe Légion, et sur Seculoris, ils châtièrent, au côté des Imperial Heralds de la XVIIe, les clans non conformes. Toutes étaient des campagnes précoces exécutées avec succès par la Légion. Pourtant, malgré sa compétence, la XVe n’avait rien de particulière. Tout ce que l’on pouvait dire d’elle, c’est qu’elle affichait un degré de synchronisation et de coordination dans ses actions bien au-delà des autres guerriers des Legiones Astartes. Le seul fait notable à son sujet était qu’elle avait rapidement adoptée une héraldique distincte pour se distinguer, à savoir l’ancien glyphe "Millenniat", commémorant son serment envers l’Empereur et des éléments de la panoplie ocre des légendaires "Régiments Immortels" de l’Empire des Achaemenid, d’où est issus ses origines génétiques les plus importantes. Dès le début, il est certain que la Légion se considérait comme à part, malgré - et contrairement à certaines autres Légions - son intégration rapide aux schémas de bataille de l’Imperium en tant que force Space Marine générale avec peu, du moins pour commencer, d’éléments pour la distinguer des autres.

Les premières années de la véritable Grande Croisade furent des années enivrantes et la réputation et la force des Légions grandissaient à un rythme accéléré. Le nom des Luna Wolves était encore nouveau sur les lèvres de beaucoup, mais ils se distinguèrent rapidement par leurs victoires - leur nombre s’élevant déjà à plus de 30 000 guerriers - et la réputation des "enfants de la nuit" de Terra, qui constituaient la VIIIe, terrifiait déjà au point que de potentiel renégat préférait s’abstenir d’agir, tandis que, inversement, les puissantes forteresses élevées par la VIIe marquaient déjà la surface de Terra et d’une douzaine de mondes au-delà de la lumière de Sol. Alors que la XVe ne connaissait pas une telle reconnaissance, elle continua à se distinguer de ses pairs tandis que l’Imperium avançait vers les étoiles non conquises, et ce jusqu’à ce que les premières rumeurs commencent à les suivre. Alors, à peine la Grande Croisade était-elle entrée dans sa deuxième décennie, une réputation tout à fait étrangère l’enveloppa comme un manteau.[3]

Murmures et Feu[modifier]

Un But Empyréen[4]

Au moment de la manifestation de leurs pouvoirs psychiques, la vérité sur la création des Thousand Sons semblait évidente, et semble encore l’être maintenant. Comment l’Empereur, dans Sa sagesse et Son pouvoir, n’aurait-Il pas su quels pouvoirs dormaient dans la chair des hommes pris pour créer les Thousand Sons ? Comment aurait-Il pu ignorer les qualités de ces pouvoirs utilisées pour les élever au-dessus de l’Humanité, alors que c’était le produit de Sa main et de Sa connaissance ? Si nous admettons qu’Il ne savait pas ce qu’Il faisait, alors nous admettons un univers rempli de doutes et d’incertitudes sans fond.

Cependant, si nous reconnaissons ce qui semble manifestement vrai - qu’Il savait parfaitement ce qu’Il avait créé avec les Thousand Sons - alors nous devons peut-être voir que l’orgueil qui fit sombrer Magnus n’était pas que le sien, mais vivait aussi chez Son père. Peut-être y a-t-il une autre vérité qui se cache au-delà de notre compréhension ou de notre capacité à discerner ; les voies de l’Empereur sont rarement simples et les buts de Ses actions sont rarement ce qu’ils paraissent être. Pourtant, quelle consolation y a-t-il devant tant de possibilités, outre le rire moqueur de l’univers devant l’orgueil de l’homme ? Quelle que soit la cause, la nature psychique en développement des Thousand Sons n’apporta qu’une simple réponse parmi ceux qui la découvrirent : la terreur.

Peut-être que c’est l’honneur fait à la XVe Légion par l’Empereur lors de sa création qui attira les spéculations et la curiosité des autres. La Légion était marquée par les paroles de l’Empereur lors de son serment qui l’a fit connaître sous le nom de Thousand Sons avant même de remporter son premier honneur sur le champ de bataille. Peut-être était-ce dû au fait que, même si le nombre d’hommes des autres Légions augmentait, la XVe progressait par contre plus lentement, ses recrues étant apparemment choisies avec une grande prudence parmi les aspirants de nombreux mondes, et sur la base de critères encore peu clairs. Mais peut-être était-ce simplement une suspicion née par l’absence de raison manifeste de la manière inhabituelle de leur création et l’apparente absence de nature exceptionnelle qu’on aurait pu attendre.

Peu importe - les Thousand Sons, comme la XVe étaient désormais largement connu bien qu’elle accueillait un effectif qui dépassait le nombre de son appellation, était une Légion qui restait isolée dès ses premiers jours parmi ses pairs, et lorsque les qualités uniques de ses guerriers se manifestèrent enfin, cela n’a pas affaibli les braises de la méfiance, mais les enflamma.

Une décennie après que la Grande Croisade se soit étendue au-delà du Système Sol, les premiers Thousand Sons commencèrent à manifester ouvertement de puissantes capacités psychiques. Seulement quelques-uns dans un premier temps, puis, au fil des années, de plus en plus. Ce n’étaient pas de petits pouvoirs de prophètes de culte, ni même les arts de charlatans qui fréquentaient la noblesse de Terra, mais des manifestations du véritable potentiel de l’Empyrean dans sa forme la plus destructive et la plus majestueuse. Entre les mains des Thousand Sons apparaissait un feu vivant éclatant, un déluge de folie de foudre bio-foudroyante, une fureur télé-kinésique pulvérisant les armures, des pensées terrassant les esprits, une chair guérissant des blessures mortelles avant que le sang ne touche le sol, et même des visions guidant le voyant pour qu’il trouve de l’espoir dans une mer d’échec. Aux yeux des spectateurs, les desseins de l’Empereur avaient enfin commencé à porter leurs fruits.

Le choix minutieux des recrues, les méthodes de sélection voilées, la préparation minutieuse des guerriers de la Légion, et même le faible nombre de candidats potentiels, tout semblait désormais faire partie d’un objectif clair. Dans Sa sagesse, l’Empereur avait créé une Légion qui fusionnait le potentiel psychique de l’Humanité avec l’alchimie génétique des Legiones Astartes. Sur le champ de bataille, bien que peu nombreux, les Thousand Sons se révélèrent être un adversaire aussi imprévisible que les ennemis de la Grande Croisade, tout en étant aussi mortels. Mais c’est de ce succès que naquit la suspicion de leurs frères.

Pour ceux qui avaient connu les Guerres d’Unification, le Psyker était au mieux un instrument à utiliser occasionnellement, et le plus souvent une abomination à détruire. Ainsi, même si de plus en plus de Thousand Sons manifestèrent leurs capacités, l’aura de curiosité qui les avait suivis depuis leur naissance devint un nuage de méfiance et même d’hostilité pure et simple. Certains de leurs frères des autres Légions refusèrent de se rendre sur le terrain à leurs côtés, en particulier lors de l’apparition initiale de leurs pouvoirs. Sur Ostrastis, les premiers membres de la IIIe Légion retirèrent leurs vaisseaux quand une compagnie de la XVe rejoignit le rassemblement pour s’emparer des colonies des Étoiles Cyn. Au cours de la Campagne Colgren, le contingent des Dusk Raiders présent refusa de regarder, d’écouter ou de parler à l’un des Thousand Sons, ne négociant qu’avec des intermédiaires et des Serviteurs. Selon certaines sources fragmentaires de l’époque, même Horus - à l’époque le seul Primarque présent durant la Grande Croisade - avait exprimé directement des préoccupations à l’Empereur à propos du pouvoir croissant des Thousand Sons et avait plaidé en faveur d’un plan d’élimination rapide de la Légion en cas de vacillation. La réponse de l’Empereur à cette proposition ne fut ni mémorisé ni consigné, mais un fait est incontestable ; malgré tout le dégoût et la peur, et même si les Thousand Sons se rendaient sur les champs de bataille en employant un pouvoir occulte, l’Empereur ne les censura pas et resta silencieux.

Ces premières années ne furent pas marquées par la discorde ou l’isolement. Les victoires s’accumulèrent pour les Thousand Sons à travers les étoiles, des victoires remportées de manière spectaculaire, des victoires qui devinrent des récits remplissant les audiences de crainte et d’émerveillement : des armées de centaines de milliers de soldats réduites en cendre, les murs des forteresses lézardés comme si la main d’un colosse invisible les écrasaient, et de petites troupes de guerriers traversant des tempêtes de tirs de plasma et en ressortant intacts. Et à côté de ces récits de destruction, il y avait des récits énumérés dans des archives authentiques - le fait qu’il n’ait fallu que six heures au Capitaine Ohrmuzd pour soumettre la planète de Necordo avec deux cents guerriers, ou que la légendaire Legio Lacrimae, aujourd’hui disparu, prêta serment aux Thousand Sons pour avoir repoussé une force d’innombrables Orks de leurs Titans estropiés lors de la Déroute de Megorania. Les souvenirs de Salomon Voss suggèrent que l’Empereur Lui-même s’est battu au moins une fois avec un cadre de Thousand Sons dans Son avant-garde contre les nauséabondes horreurs Xenos nommées Khrave. Ces actes sont maintenant le passé oublié des Thousand Sons, leur bref temps de gloire avant la tâche noire sur la page de leur histoire.[5]

La Légion Maudite[modifier]

Les Thousand Sons restèrent une petite Légion alors même que la renommée de leur succès martial se propageait. Tandis que la force des autres Légions comprenait plusieurs milliers, voire des dizaines de milliers de guerriers, la XVe grandissait plus modestement, diminuant même parfois lorsque la guerre faisait ses ravages inévitables. Une demi-décennie après leur départ de Terra, il était énuméré que les Thousand Sons comprenait un peu plus de 10 000 guerriers. En comparaison, les Luna Wolves, la plus grande Légion de cette époque, comptaient près de cinq fois cet effectif. Cela est dû en partie au fait que la Légion avait accepté un très petit nombre de recrues et qu’au-delà, d’autres facteurs jouèrent pour limiter son expansion. Bien qu’ils recrutèrent sur des mondes conquis comme toutes les Légions, les aspirants que les Thousand Sons acceptèrent était peu nombreux comparé aux levées massives des Luna Wolves de Cthonia, ou des Imperial Heralds. Même parmi ceux qui étaient sélectionnés, les rapports indiquent que relativement peu survécurent au processus de transformation pour devenir des Légionnaires, par rapport au taux de réussite du processus de la Ière Légion (généralement considéré comme la médiane pour ce type de procédure). Mais on ne peut nier que pendant cette période, ce qui leur manquait en nombre, ils le compensèrent en efficacité. La majeure partie de la Légion était maintenant composée de Psykers qui avaient vu leurs capacités émerger sous une forme ou une autre, bien que leurs niveaux de pouvoirs différaient énormément, une majorité semblant posséder une aptitude moindre. Mais si puissants qu’ils étaient, ils étaient peu. Ainsi, lorsque le désastre frappa, ils furent presque détruits.

Tout commença à Bezant. Des éléments des 2e et 5e Chapitres des Thousand Sons furent chargés d’amener à la Conformité les hommes de ce monde verdoyant vénérant le soleil. Les Bezantins étaient cependant réticents à abandonner leurs temples en or et les prescriptions de leurs prêtres ayant perdus la vue à cause de l’astre solaire. Cela aurait pu avoir peu d’importance si la population n’avait pas été entièrement corrompue par les sorciers. Les prêtres étaient tous choisis parmi ceux qui pouvaient "entendre la lumière des étoiles", et les traditions du culte avaient façonné la population de telle sorte qu’un enfant sur dix était également béni. Lorsque la Légion descendit sur Bezant, ils furent accueillis non pas par des épées ou des armées, mais par le feu, le cauchemar et le rugissement de la matière en dissolution. C’était un ennemi dont ils comprenaient les arts, mais qu’ils avaient rarement rencontré à une telle échelle. La Légion riposta en utilisant ses propres pouvoirs, aussi désireux de prouver sa maîtrise psychique que la Légion des War Hounds dans ses compétences sanglantes contre un groupe de super-guerriers ennemis lors d’une bataille acharnée.

Il n’y a pas de récits de la bataille en dehors de ceux des Thousand Sons, mais d’après eux, c’était comme si les éléments fondamentaux de l’existence même étaient entrés en guerre ce jour-là. Des nuages éclairés par la foudre traversaient des ouragans de débris et les cris de batailles invisibles s’envolaient dans les airs brûlants. La Légion n’avait jamais été aussi éprouvée ; ses guerriers mirent toute leur habileté et leur force dans la bataille, mais ne purent briser les prêtres Bezantins. Puis, lorsque l’impasse psychique chassa la pluie noire du ciel, la pression se dissipa et un cri unique résonna dans tous les esprits de la planète.

Le nom du guerrier qui tomba ce jour là ne fut pas enregistré. Dans ce qu’il reste de l’ouvrage des Thousand Sons intitulé "Livre des Jours et du Passage", retrouvé dans les bibliothèques incendiées de Prospero, il s’appelait simplement "Daleth", et était représenté par un unique et ancien sigil utilisé dans une langue morte. Il est certain que le guerrier avait un autre nom, mais la signification du patronyme utilisé pour l’enregistrement de sa mort n’était pas expliquée. Certains savants et linguistes-arcanistes déclarèrent que le terme "Daleth", avait un sens purement ésotérique et pouvait symboliser la porte du passé vers le futur, ou le début et la fin de toutes choses. Peut-être ont-ils raison, car ce que l’on sait, c’est qu’au plus fort de la bataille, la substance du corps du guerrier se décomposa lentement. Des flaques de chair malléable coulèrent de son armure brisée, les os fusionnèrent avec la matière de son armement, et son sang s’embruma et se figea dans l’air sous des formes nouvelles, tandis que le guerrier sans nom hurla dans mille voix silencieuses qui furent entendues dans toutes les pensées de sa Légion.

Ses frères le tuèrent à ce moment-là, déchirant sa chair mutée avec le feu du Bolter et baignant les restes dans une flamme purifiante jusqu’à ce qu’il ne reste plus que de la poussière cendreuse. À ce moment-là, ceux présents jurèrent de garder secret au sein de la Légion le sort de leur frère. Les récits que nous avons maintenant de cet événement singulier n’existent qu’à cause de ce qui est arrivé après, quand il n’y avait plus aucun espoir de garder les mystères, ni de rédemption offerte en les dissimulant.[6]

L'Horreur Commence[modifier]

La Fraternité Sans Rêve[7]

Les Thousand Sons ont fait de nombreuses tentatives pour soigner le Bouleversement Charnel avant la redécouverte de Magnus et leur installation sur Prospero. Beaucoup ont essayé de le contrôler par pure volonté, en le supprimant ou en utilisant des techniques méditatives pour tenter de l’empêcher. D’autres ont utilisé des méthodes alchimiques ou rétro-virales pour bloquer la mutation biologique non contrôlée. La plupart de ces tentatives échouèrent et toutes s’avéreraient inefficaces au fil du temps. Face à cet échec, les Thousand Sons commencèrent à mettre ceux qui succombèrent aux premiers stades de la malédiction dans la clandestinité. Au fur et à mesure que l’épidémie se propageait, les cales de certains vaisseaux de la flotte des Thousand Sons se remplis de plus en plus de leurs frères, détenus dans un sommeil éternel et sans rêve. À la fin, le temps que la Grande Croisade atteigne Prospero, il y avait plus de guerriers piégées dans cette existence immuable entre la vie et la mort que de vivants. Certains avaient choisi d’entrer dans les chambres fortes de stase quand ils sentaient que les premiers signes du Bouleversement Charnel se faisaient sentir. D’autres avaient été maîtrisés à mesure que la malédiction s’installait, leur chair mutée figée au moment de sa dissolution. Sur les milliers de guerriers en stase, on pense généralement que seuls quelques-uns survécurent au traitement de Magnus. On suppose que la plupart furent ramenés de leur sommeil intemporel et se sont obstinés lorsque le Bouleversement Charnel est réapparu ou ne pouvaient être sauvés et mis à l’abri de leur misère. Cette hypothèse, comme tant d’autres, doit être pesée, et nous devons nous interroger sur le destin de la Fraternité Sans Rêve.

Pendant un certain temps après Bezant, la Légion sembla demeurer inchangée. Même dans ses rangs, le sentiment était que Bezant était une aberration, un fléau unique et terrible provoqué par les énergies psychiques déchaînées durant la bataille contre les Bezantins. La Grande Croisade se poursuivit et la Légion continua ses conquêtes, tout en manifestant des niveaux toujours plus grands de puissance psychique. Nous ne savons pas combien de temps passa jusqu’à la chute du deuxième guerrier ; seuls les Thousand Sons connaissent la vérité. C’était peut-être des mois, peut-être des années, peut-être plus longtemps. Mais un second succomba, puis un troisième Légionnaire, leurs corps se dissolvant en énergie Warp, mutant sans aucun contrôle. La Légion donna un nom littéral à la malédiction qui les avait frappés ; ils l’appelaient le Bouleversement Charnel. Les Thousand Sons se battirent pour contrôler ce qui leur arrivait et pour le garder secret, mais ces deux tentatives étaient condamnées à échouer.

Le Bouleversement Charnel se manifesta encore et encore, faisant un terrible carnage, affligeant parfois des centaines de guerriers en un instant. Une telle épidémie ne pouvait pas être gardée entièrement secrète, mais la Légion s’y efforça, déformant les faits là où ils ne pouvaient pas être entièrement cachés, de manière à dissimuler leur honte. Les quelques membres de la hiérarchie de l’Imperium, qui savaient qu’un défaut profondément enraciné s’était manifesté au sein de la Légion, croyaient qu’il s’agissait d’une forme de dégénérescence cellulaire, comme ceux qui avaient autrefois touché les Guerriers Tonnerre, ou peut-être des dommages au niveau des génomes, comme pour la IIIe Légion. Aucun d’eux ne soupçonnaient l’horreur qui se déroulait.

Il ne fait aucun doute que le Bouleversement Charnel était lié aux capacités psychiques et à la graine génétique des Thousand Sons, mais nul ne sait comment ou pourquoi, si ce n’est peut-être l’Empereur. Le fait qu’elle afflige des Légionnaires qui n’ont aucune ou qu’une légère inclination psychique n’avait aucune importance pour les a priori de haine et de peur dont était victime la Légion alors même qu’elle se débattait. Avec peu d’explications, les forces de l’Imperium virent la Légion se retirer et devenir de plus en plus secrète et de plus en plus intermittente dans son engagement pour la Grande Croisade. De plus, les unités qui combattaient à leurs côtés subissaient de plus en plus de pertes inexplicables et même des "accidents", ce qui, rétrospectivement, peut être considéré comme une élimination désespéré des témoins.

Peu de sympathie émanait des Légions frères, et pour ceux au sein de la hiérarchie de l’Imperium qui apprirent ou au moins soupçonnèrent, dans une certaine mesure, la vérité sur le Bouleversement Charnel (ou simplement l’"affliction" des Thousand Sons, comme certains l’appelaient par ignorance), une croyance commune était que c’était juste la manifestation de la corruption génétique et peut-être même philosophique de la Légion des Thousand Sons. Les murmures de suspicion devinrent vite des condamnations criantes. "Sorcellerie", comme ils nommèrent les arts des Thousand Sons, utilisant ce mot des temps sombres de l’Ère des Luttes pour désigner la XVe Légion, telle une épée de Damoclès.

Les Thousand Sons continuèrent à lutter, leur nombre diminuant. Les batailles et la malédiction du Bouleversement Charnel entamant chaque année davantage leurs effectifs. Rejetés par leurs frères des autres Légions et une grande partie du reste de l’Imperium, ils continuèrent à conquérir lentement. Mais même s’ils étaient défaits de l’intérieur, leur puissance psychique grandissait. Les plus puissants maîtrisèrent à des niveaux inédits leurs pouvoirs, bien au-delà de tout Psyker connu parmi les rares trouvés dans les rangs des autres Légions ; le nombre de guerriers survivants au sein de la XVe manifestant des capacités toujours plus croissantes. D’un certain point de vue, on pourrait dire qu’ils n’avaient guère le choix. Avec leur nombre en diminution, et avec quelques alliés pour les aider, ils se battirent avec les armes dont ils disposaient. Il existe un autre point de vue, un en conformité avec les voies que les Thousand Sons allaient emprunter au cours des siècles suivants ; ils persistèrent à utiliser leurs pouvoirs non seulement parce que c’était nécessaire, mais aussi parce qu’ils croyaient avoir raison de le faire.[8]

Le Déclin[modifier]

Comme on l’a déjà évoqué, les Thousand Sons n’ont jamais été aussi nombreux que leurs frères et, avec cette calamité croissante, ils commencèrent à disparaître. Des formations qui avaient été fortes de milliers d’hommes n’en comptèrent plus que des centaines, qui devinrent à leurs tour que des poignées de guerriers dépassés en nombre par les morts et les disparus. Les vaisseaux qui avaient transporté des grandes armées de conquête ne portaient plus qu’un lambeau des gloires du passé hanté, parcourant des corridors vides et résonnants. Les condamnations extérieures se sont également intensifiées alors que les Thousand Sons se recroquevillaient. Primarques, Maîtres de Légion et personnalités de l’ensemble du corps de l’Imperium appelèrent à la dissolution de la XVe Légion. Certains le firent en pensant qu’il s’agissait d’une amabilité, d’une miséricorde accordée à une grande Légion agonisant dans la honte. D’autres appelèrent non seulement à la dissolution des Thousand Sons, mais aussi à leur oblitération, et certains même à la purge - banni du corps des Legiones Astartes tel un cancer, leurs guerriers exécutés, et leurs noms et honneurs rayés de tous les registres, monuments et souvenirs. L’Empereur n’a pas tenu compte de ces appels à mettre fin à Ses Thousand Sons. Qu’Il l’ait souhaité ou que la Légion ait continué à décliner au point de simplement sombrer dans le néant, on ne le saura jamais, car au moment où il semblait certain que seul l’oubli attendait les Thousand Sons, ils furent sauvés.[9]

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : les Thousand Sons

Un Roi Tombe des Étoiles[modifier]

Magnus arriva sur Prospero comme une comète tombant durant le crépuscule. Les érudits et les maîtres de Tizca levèrent les yeux et virent sa descente comme une entaille de feu à travers le firmament - une ligne tracée dans le ciel au cœur de Tizca. On dit que le sol se brisa là où il tomba, le marbre coulant comme de l’argent fondu, et les rêves de chaque homme, femme et enfant de ce monde furent soudainement submergés par un éclat de lumière et de sensation. Des cris de terreur et d’émerveillement se mêlaient dans la ville. Chacun de ces présages et bien d’autres encore ont été consignés par les maîtres de Tizca dans les moindres détails, même si leur signification étaient sujet à débat. Nul ne pouvait douter que l’enfant tombé du ciel - un enfant sorti intact du cratère rougeoyant causé par son impact - ne pouvait que présager de grands changements, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, mais nul ne pouvait en être certain. La réponse à cette question ne sera pas donnée avant des siècles, lorsque Tizca et tout son peuple seront réduits en cendres, et que sa mémoire sera oubliée au-delà des tempêtes de nuages empoisonnés.

Magnus grandit parmi les habitants de Tizca, absorbant les leçons des maîtres et dépassant leurs compétences dans tous les domaines de la discipline psychique, de l’érudition et de l’initiative. Le chef parmi ses tuteurs était un homme appelé Amon, qui à un autre âge aurait été le plus grand érudit de son peuple, mais les qualités d’Amon s’étendaient au-delà du domaine intellectuel. Tandis que d’autres auraient pu s’irriter en regardant leur élève dépasser leurs propres accomplissements, Amon semblait avoir réalisé que Magnus était bien plus que ce qu’il ne pourrait jamais être, et s’est donc fixé pour tâche non pas de lui enseigner des connaissances mais de la sagesse. Au fur et à mesure que l’esprit et les capacités de Magnus avançaient, Amon essayait d’instiller la prudence, de tempérer le génie avec humilité. Il vint cependant un temps où aucune autre limite ne pouvait être imposée à Magnus, et l’élève devint le maître dans tous les sens du terme.

Magnus monta dans les cercles gouvernementaux de Prospero, remaniant la civilisation qui l’avait nourri au fur et à mesure de son ascension, tout en perfectionnant son art en s’appuyant sur les traditions du passé et en les élevant, eux et les habitants de Tizca, à des sommets insoupçonnés d’accomplissement intellectuel et psychique. À partir des fondements des méthodes de contrôle mental, il créa les Cinq Cultes de Prospero. Des fondations de Tizca, les pyramides et les tours s’élevaient de plus en plus hautes. L’intuition intellectuelle, le déchiffrement de l’histoire ancienne et l’élucidation de nombreux mystères devinrent des bases morales. Tizca fleurit comme jamais auparavant, et à sa tête se trouvait Magnus, le "Roi Pourpre" d’un empire de rêves.[10]

Le Don du Salut[modifier]

Il a été suggéré qu’un lien existait entre l’Empereur et Magnus pendant de longues années avant que la Grande Croisade n’arrive sur Prospero. La vérité et l’ampleur de ce phénomène ne pourront jamais être connues. Magnus avait revendiqué un tel lien antérieur. L’entente entre eux deux était considérable, plus grande encore que celle entre l’Empereur et n’importe lequel des autres Primarques. Il est même enregistré que Magnus avait fait la remarque que son professeur ultime dans le domaine psychique, avant même qu’il ne soit pleinement conscient, et au début de sa vie sur Prospero, était l’Empereur, et qu’eux deux avaient maintes fois fait des quêtes dans le royaume Æthérique au-delà de la réalité.

On ne peut mesurer la véracité des propos de Magnus. La nature suprêmement psychique du Primarque et la puissance transcendante de l’Empereur rendent possible une forme de connexion, peut-être même probable, mais il est permis de douter qu’elle ait été dans la mesure revendiquée par Magnus. Peut-être parlait-il en métaphore, une habitude qu’il a souvent pris.

Cette dernière possibilité, compte tenu de ce qui devait arriver, ne peut être écartée. Peu importe. La vérité de la connexion antérieure entre l’Empereur et Magnus, car quand le Maître de l’Humanité vint sur Prospero, elle était suffisamment importante pour qu’il amène avec lui ce qui restait de la Légion née de la lignée de Magnus.[11]

Maître et Acolytes[modifier]

La guerre et le Bouleversement Charnel avaient profondément marquées la XVe lorsque elle fut réuni avec son père. Tant de guerriers dormaient en stase ou avaient succombé au combat ou à une mutation que lorsque la Légion arriva sur Prospero, convoquée par l’Empereur, quelques milliers à peine s’agenouillèrent devant leur père. On dit que le lien entre un Primarque et ses fils génétiques transcende même celui d’un parent avec son enfant. Entre des êtres tels que Magnus et ses fils psychiquement accordés, le lien semblait s’être resserré encore plus, car dès leur rencontre, Primarque et Légion semblaient être des extensions mutuelles de leurs pensées, de leurs perspectives et de leurs esprits. Enfin, Magnus avait des élèves et des disciples capables d’assimiler ses enseignements et de suivre le chemin qu’il aspirait pour l’Humanité. Mais alors même que Magnus prenait le commandement de sa Légion et déclarait que Prospero était son foyer, les Thousand Sons succombèrent de plus en plus fréquemment au Bouleversement Charnel, comme si le contact avec leur géniteur avait introduit une dernière et terrible phase dans le cycle de la malédiction.

Face à ce désastre, Magnus utilisa toute son énergie, son savoir et ses compétences pour découvrir un remède contre la malédiction qui tuait ses fils ; il ne s’agissait pas simplement d’un acte d’amour filial, mais aussi, comme certains l’ont suggéré, d’une épreuve que l’Empereur Lui-même avait fixée à Son étrange fils. Ce qui s’est passé ensuite ne peut être que deviné ou déduit des ombres de cette époque. Magnus trouva un remède et sauva sa Légion. À l’époque, personne n’était certain de la manière dont il l’avait accompli, et les capacités du Roi Pourpre étaient telles que peu d’entre eux, même parmi ses frères, aurait pu à comprendre la réponse même s’il leur avait donnée. De nos jours, connaissant la trahison qui s’en suivit, il semble possible que Magnus soit allé trop loin, au-delà de ce que l’Humanité devrait savoir pour trouver le moyen de sauver ses fils, et peut-être qu’à travers leur salut les a-t-il condamné à une plus grande ruine.

La Légion avait été sauvée par Magnus, mais non sans perte. Parmi ceux qui marchaient encore et ceux qui rêvaient en stase, peu ont survécu et ont vu les Thousand Sons en sortir indemne. Comme lors de leur création, ils ne comptaient plus que 1 000 guerriers et, que ce soit par un étrange accident ou par un dessein occulte, on ne peut que s’interroger sur l’exactitude de ce chiffre. Encore et encore, tout au long de leur histoire, cette numération suivrait la XVe, se répétant dans les cycles de leur quasi-extinction et de leur renaissance. Il pourrait être facile de voir dans ce phénomène qu’une coïncidence, mais quand on considère quoi que ce soit qui a à voir avec la nature des créations de l’Empereur, et en particulier les Thousand Sons, la coïncidence doit être traitée avec suspicion.[12]

Les Nouveaux Fils de Prospero[modifier]

Le Primarque Magnus le Rouge à la tête des Thousand Sons durant la Grande Croisade.
Magnus n’avait pas seulement sauvé sa Légion, il l’avait remodelée à l’intérieur et à l’extérieur. Prospero était devenu le monde natal des Thousand Sons, la source de bon nombre de ses nouvelles recrues, et ses méthodes devinrent le fondement de la Légion renaissante. À la place des anciennes structures tirées des échos des Guerres d’Unification, Magnus créa de nouveaux piliers d’autorité, les connaissances et les mystères qui allaient avec, transformant tout, de la hiérarchie du commandement de la Légion à ses méthodes de guerre, au langage même utilisé dans le discours commun. Loin de nier l’utilisation des pouvoirs psychiques, Magnus perfectionna et cultiva leur utilisation, entraînant ses fils dans les arts qu’il avait distillés sur Prospero. Les Cinq Cultes de Prospero se répandirent dans la Légion, chaque guerrier psychiquement apte en choisissant un qui correspondait le mieux à la nature de son don. Les capacités de ceux qui avaient survécu au traitement de Magnus contre le Bouleversement Charnel étaient formidables, mais sous la tutelle de Magnus, elles se développèrent, devenant plus profondes dans leurs applications et plus fortes dans leur subtilité. Dans les nouvelles recrues, il recherchait à la fois le potentiel psychique, l’excellence intellectuelle et la sophistication - aucun assassin entraîné au massacre ne porterait sa graine génétique. De nombreuses recrues venaient de Prospero même, sélectionnées parmi les plus brillants de sa jeunesse, bien que, lorsque la Légion s’aventurerait une nouvelle fois dans les étoiles, de plus en plus d’aspirants de d’autres mondes seraient acceptés, la sélection correspondant à leur objectif singulier.

Parmi ses anciens maîtres et disciples, ainsi que parmi la population de Prospero, il y en avait quelques-uns qui furent intégrés à la Légion, même s’ils étaient trop âgés pour bénéficier de l’implantation complète de la graine génétique. Des techniques alchimiques de Prospero, une augmentation physiochimique arcanique et les propres pouvoirs biomantiques de Magnus ont permis à ces Légionnaires de suivre le Primarque dans sa quête dans les étoiles. Parmi ces humains augmentés se trouvait Amon, un ancien mentor fidèle devenu disciple et maintenant l’Écuyer de Magnus dans la refonte de sa Légion. Une grande partie de la tradition et de la technique réunies et développées par Magnus furent transmise à Amon. Ces quelques élus servirent d’enseignants et de mentors aux survivants des premiers Thousand Sons et des nouveaux initiés. La Légion grossissant de nouveau, sa malédiction apparemment levée et sa force accrue, Magnus se joignit à la Grande Croisade.[13]

Visionnaires et Sorciers[modifier]

Beaucoup de Primarques étaient des idéalistes de la Grande Croisade, recherchant une destinée finale grandiose. Magnus avait sans aucun doute une telle vision, même si son utopie était différente de celle de ses frères. Pour Magnus, le but de la Grande Croisade n’était pas de dominer les étoiles, mais d’élever l’Humanité. Il croyait que l’ascendant spirituel et intellectuel était le destin ultime de l’Humanité. Il pensait qu’un âge d’or d’illumination attendait l’Humanité, dans lequel les pensées, la connaissance et la raison guideraient les esprits libres de parcourir la surface des réalités et de voir la grande perspective de l’existence. Atteindre cette illumination est l’objectif de toute entreprise, aussi brutale qu’elle puisse paraître à court terme. Armés de cette certitude, Magnus et son fils conquièrent des mondes.

Partout où ils allèrent, les Thousand Sons s’emparèrent de la connaissance avec une faim insatiable. Parchemins, livres, données, œuvres d’art et artifices ainsi que d’innombrables autres artefacts humains et Xenos furent rassemblés par la Légion. Beaucoup furent pris pendant les guerres de conquête poursuivies par les Thousand Sons, mais des missions envoyées vers des mondes déjà en Conformité ont également retrouvé des merveilles que l’on pensait perdu dans les ténèbres de l’Ère des Luttes. C’est un fait bien consigné, par exemple, que Magnus lui-même parcouru Terra en compagnie de Perturabo des Iron Warriors à la recherche d’artefacts légendaires ; des frères Primarques, d’un tempérament et d’une contenance inégalés, unis dans leur désir de savoir ce qui était possible, même dans des domaines très différents.

Une telle acquisivité et tendance chimériques suscitèrent la dérision de certains et l’hostilité manifeste des autres. La méfiance sur les Thousand Sons n’avait pas disparu avec la découverte de leur Primarque. Beaucoup chuchotaient encore qu’ils étaient souillés, qu’ils n’étaient guère meilleurs que les rois sorciers et les prêtres magiciens de la Longue Nuit pour leurs appétits de savoir. En réponse à cela, Magnus chercha non seulement à convaincre le reste de l’Imperium qu’il avait raison, mais également à lui faire voir la légitimité de ses actions de ses propres yeux.[14]

Le Librarius[modifier]

Parmi les efforts de Magnus pour faire avancer son point de vue, il faut mentionner son implication dans le Projet Librarius. Bien que les Psykers assermentés faisaient partie de la Grande Croisade depuis ses débuts, leur utilisation avait toujours été limitée et n’avait jamais été étendue aux Legiones Astartes dans leur ensemble, ni avec aucune formalité. Pourtant, une émergence de talent Psyker avait été constatée dans plusieurs des Légions, notamment chez les Blood Angels et les Night Lords, bien qu’en nombre presque insignifiant par rapport à celui des Thousand Sons. Le Projet Librarius chercha à associer l’utilisation manifeste des capacités psychiques au combat avec la force mentale et les prouesses physiques supérieures des Space Marines, et à en réguler l’utilisation. Bien que le Primarque Magnus n’ait pas été à l’origine du projet, il en devint sans aucun doute son architecte et son principal promoteur, en fondant avec sagesse nombre de ses principes à partir de la culture de Prospero, mais aussi sur d’autres valeurs, peut-être moins suspectes pour les étrangers. Grâce à cela et par son argumentation raisonnée, Magnus le Rouge persuada un certain nombre de ses frères des vertus du Projet Librarius. La résolution et le soutien de plusieurs des Primarques qu’il influença semblaient avoir porté ses fruits, et le projet fut validé par l’Empereur.

Les membres de plusieurs Légions qui manifestèrent un potentiel psychique ont ensuite été formés par les Thousand Sons à une forme adaptée des disciplines et pratiques de Prospero, fusionnée avec des traditions Terrans et Baalites et sanctionnées par l’Empereur. Une fois cette formation terminée, ils revenaient dans leur Légion et on comptait sur eux pour diffuser ce qu’ils avaient appris. Bien que les plus grands mystères des arts des Thousand Sons aient été clairement dissimulés après coup, les nouveaux Archivistes formés des Legiones Astartes prouvèrent rapidement leur valeur. Pendant un certain temps, il sembla que Magnus et les Thousand Sons avaient commencé à se défaire des soupçons qui les enveloppaient depuis des décennies. Certains parmi les Légions et les Primarques n’écarteront jamais leur aversion, voir même leur détestation pour la XVe, mais durant cette brève époque, il semblait au moins que les Thousand Sons avaient conclu une paix difficile avec leur propre nature et l’Imperium pour lequel ils luttaient. Le destin, cependant, est implacable.[15]

Le Concile de Nikaea[modifier]

La plupart des Legiones Astartes s’étaient dotées d’un Librarius, dont les Archivistes se montraient aussi méritoires que n’importe quel autre Space Marine. Néanmoins, le sujet souleva de nombreuses discussions entre l’Empereur et les Primarques. Certains désiraient étendre leur Librarius et recruter davantage de Psykers, tandis que d’autres élevaient la voix de façon véhémente. Leman Russ n’y voyait qu’un repaire de dangereux sorciers, Corvus Corax et Rogal Dorn refusèrent de faire combattre leurs Légions aux côtés de celles qui en comptaient dans leurs rangs et Mortarion alla jusqu’à accuser Magnus de sorcellerie.

L’Empereur s’apprêtait alors à retourner vers Terra suite au Triomphe d'Ullanor pour y poursuivre Son grand ouvrage dans l’isolement de Son palais, mais voyant la crise que ce sujet risquait de provoquer, Il repoussa Son départ et ordonna que se tint une session du Conseil de Guerre sur la planète de Nikaea.

Ce Conseil avait pour but de résoudre la crise des Archivistes et permettre à Magnus de répondre à ses détracteurs.

Les Primarques présents ou les représentants de ceux absents, parlèrent à leur tour, exposant leurs arguments sur l’usage ou non des Psykers dans les rangs des Astartes. Magnus défendit avec passion l’emploi des Psykers contre leurs détracteurs et se défendit avec brio contre les attaques dont il fit l’objet.

Mais l’Empereur trancha : le Projet Librarius devait être démantelé, les Librarius fermés et les Archivistes interdis d’employer leurs pouvoirs. Le Concile de Nikaea s’était mué en procès contre Magnus et les Thousand Sons qui se virent proscrire l’utilisation de leurs compétences. L’Empereur ordonna à Magnus de rentrer sur Prospero et lui interdit l’usage de son potentiel psychique et le menaça de destruction, lui et sa Légion, si il désobéissait à cet ordre.[16]

La Trahison[modifier]

Magnus le Rouge menant sa Légion durant le Sac de Prospero.
La menace dont se préoccupa ce conseil en masquait une autre, une sombre trahison déjà en œuvre. Sur Davin, l’histoire connut son tragique tournant lorsqu’Horus, le Maître de Guerre, premier parmi ses pairs et bras droit de l’Empereur, succomba aux manipulations du Chaos, ce que nul débat ni décret ne pouvait espérer résoudre. Totalement asservi par les puissances ténébreuses, Horus ne souhaitait plus au sortir des événements de Davin que la destruction pure et simple de l’Imperium. Incitant ses frères Primarques et leurs Légions à le rejoindre, Horus avait en tête de prendre le reste de l’Imperium par surprise, et, en vérité l’Empereur Lui-même. Ce brillant stratège pensait s’être assuré que tous les facteurs possibles contribueraient à son succès. Un seul lui avait échappé : en dépit du décret de son père et de la promesse qu’il avait faite, Magnus n’avait pas abandonné l’étude des arts sombres.

De sa retraite sur Prospero, il regarda dans les profondeurs du Warp et eut la vision de l’ignoble serment d’allégeance qu’Horus avait prêté au Chaos sur les plaines sauvages de Davin. La trahison lui apparut, limpide dans le moindre de ses détails : Magnus vit les faiblesses de Fulgrim et d’Angron, Primarques des Emperor's Children et des World Eaters, habilement exploitées par Horus, il vit le terrible piège tendu aux Iron Hands de Ferrus Manus, aux Salamanders de Vulkan et à la Raven Guard de Corax. Il vit le plus puissant bastion de loyauté envers l’Empereur, Roboute Guilliman et ses Ultramarines, savamment attirés vers l’extrémité de la galaxie d’où ils assisteraient impuissants au drame prêt à se dérouler. Magnus vit mieux qu’Horus lui-même les événements à venir, mais il était seul dans la galaxie, et s’il avait compris le rôle que jouerait chacun, il ignorait encore le sien.

Généraux, tacticiens et grands penseurs militaires s’accordent à dire que si, fort de ce savoir, Magnus avait agi avec l’aide de ses Thousand Sons, l’épisode entier de l’Hérésie en aurait été bouleversé. D’autres soulignent le fait que les voyages par le Warp sont trop imprécis et qu’il ne pouvait être sûr que sa flotte arriverait à temps pour prévenir la perfidie de son frère. Magnus opta pour une voie plus périlleuse qu’une intervention directe.

Le Primarque ne s’était jamais rangé à la croyance émise par d’autres que ses pouvoirs présentaient un danger et avait brisé son serment de ne plus y avoir recours. Sa vision prémonitoire du conflit à venir prouvait à ses yeux toute la valeur de ses études. Faisant appel à la puissance de plusieurs de ses compagnons Psykers, il ouvrit une brèche dans l’espace, brisa tous les sceaux de protection du Palais Impérial de Terra et projeta dans l’esprit de l’Empereur son avertissement au sujet de la révolte imminente en désignant le Maître de Guerre Horus comme son seul et unique instigateur.

Cette heure aurait dû être celle du triomphe, de la revanche et de la justification, car le pouvoir de Magnus avait démasqué le traître, et son père allait enfin reconnaître sa valeur. Mais au lieu de cela, l’Empereur l’accusa de trahison, appelant son accusation de son frère Primarque une hérésie et sa désobéissance la pire tromperie qui soit. Sa quête de savoir interdit était la preuve flagrante que Magnus avait succombé à l’attrait de ces mêmes pouvoirs contre lesquels Il l’avait mis en garde. L’Empereur croyait voir se réaliser Ses plus grandes craintes quant à l’âme de Son fils.

Le contenu de l’avertissement de Magnus fut complètement ignoré. Il est dit que l’Empereur rompit le contact psychique avec une telle force que la vague d’énergie fracassa tous les sceaux de protection de Son palais. Auprès de Lui se tenait Leman Russ, que l’action de Magnus fit trembler d’une rage à peine contenue. Sachant pouvoir compter sur lui pour appliquer Ses ordres sans discussion, l’Empereur commanda que les Space Wolves soient envoyés sur-le-champ en mission contre Magnus et les combattants qui défendraient Prospero.

Les différents récits de l’époque entrant en contradiction, seuls ceux qui furent les témoins de ces jours lointains sauront jamais réellement ce qui advint sur Prospero quand les Space Wolves attaquèrent. La Complainte de Prospero décrit un bombardement orbital acharné, suivi d’une campagne meurtrière pour les deux camps qui ravagea la planète jour et nuit, tandis que l’un des autres célèbres récits de cette bataille, La Saga du Marteau, spécifie bien que les Space Wolves prirent les Thousand Sons complètement par surprise, tombant du ciel sur la Cité de Lumière comme l’avait fait Magnus il y avait bien des années de cela pour la réduire en une seule terrible nuit de violence.

Les actions de cette attaque, lors de laquelle les bibliothèques furent toutes incendiées et les tours jetées à terre, concordent bien avec l’image des Space Wolves, mais comment un monde de Psykers capables de percer les mystères du temps, de l’espace et du futur, aurait-il pu être pris au dépourvu au point d’être soumis en si peu de temps ? Quoi qu’il en fut, la mise à Sac de Prospero fut une vision d’horreur pour les Thousand Sons. Tandis que Russ et ses Space Wolves se frayaient une voie jusqu’au sanctuaire de la Cité de Lumière, les livres, les parchemins, les textes anciens rassemblés par leurs soins partaient en fumée, et des artefacts uniques dans la galaxie se brisaient sous les dents des Épées Tronçonneuses. Même s’ils diffèrent dans les détails, la plupart des récits suggèrent que le titanesque Magnus vint lui-même arrêter Leman Russ au cœur de sa cité en ruines. "Le Combat des Géants", une tradition orale des Space Wolves transcrite par l’Inquisiteur Bastalek Grim, nous décrit le duel épique qui s’ensuivit :

« Magnus s’élança sur le champ de bataille, le sol ravagé se liquéfiait presque sous les pas du géant. (…) Russ chargea le géant écarlate. (…) Soulevant le Cyclope du sol, le Roi des Loups lui brisa le dos. Les Thousand Sons, voyant le corps de leur Primarque jeté à terre, tournèrent les talons et s’enfuirent. Mais alors que Russ levait Mjalnar pour porter le coup de grâce. Magnus prononça un mot de pouvoir et dans un râle, s’enfonça dans le sol. »

Ce qui survint alors en cette ultime nuit est mal connu, mais dans les derniers instants d’agonie de la Cité de Lumière. Magnus priva Russ d’une victoire totale, et paya ce faisant le prix contre lequel l’Empereur l’avait mis en garde.

Tout ce qui comptait à ses yeux n’allait bientôt plus être que cendres, mais ses Sorciers, sa précieuse Légion et le savoir qu’ils avaient accumulé dans les tours d’argent de la Cité de la Lumière, tout cela pouvait encore être sauvé. Magnus eut alors recours à son meilleur atout et ce fut dans les courants du Warp qu’il trouva celui qu’il cherchait, qui l’attendait et le regardait fixement, comme s’il avait toujours été là pour lui, observant sa destinée et la détournant vers ses propres buts. Il était la magie incarnée, une promesse de salut et de pouvoir, mais les règles s’en trouveraient changées et Magnus ne serait plus le maître comme il l’avait longtemps été mais l’esclave. On prétend que même alors Magnus hésita. Cependant lorsqu’il songea à sa ville, son œuvre son art et ses frères, noyés dans les flammes sur l’ordre de son propre père, il changea d’allégeance pour toujours.

Et en cet instant, la Cité de Lumière ses édifices élancés et ses vastes bibliothèques s’évanouirent de surface de Prospero en même temps que les Thousand Sons, pour disparaître de l’Imperium à tout jamais.

Le Primarque était devenu un Prince Démon de Tzeentch, Maître de la Sorcellerie et Grand Architecte du Changement. L’issue de la lutte pour son âme et son destin était scellée, et peut-être avait-elle été prévue depuis longtemps par le Maître des Destinées.

La Rubrication d'Ahriman[modifier]

« Des échos du cri psychique retentirent dans tout l’Imperium. Des dizaines de cœurs astropathiques ressentirent un pouvoir terrifiant émanant d’un point précis dans le Warp. Les esprits de nombreux Psykers assermentés qui avaient été chargé d’épier les Thousand Sons furent dévorés, et de leurs corps déchiquetés jaillirent des Démons de Tzeentch. Seuls neufs d’entre eux survécurent pour raconter ce qu’ils avaient vu. »
- Sur la Rubrication d’Ahriman, Grimoire Hereticus.
Ahriman, Maître Sorcier des Thousand Sons

Le sort de transmutation qui fit de la Légion des Thousand Sons un contingent d’armures a l’allure saccadée fut l’ouvrage de son plus grand Sorcier à l’exception de Magnus : son Maître Archiviste Ahriman. Bien avant la déchirure de l’Hérésie, celui-ci partageait déjà l’obsession de son Primarque pour les mystères arcaniques, et s’était vu confier le rôle de détenteur du mythique Livre de Magnus censé détenir un pouvoir incommensurable. Peut-être fut-ce ce qu’il glana dans ses pages qui permit a Ahriman de concevoir son sort désormais aussi tristement célèbre que lui.

Les conséquences de l’Effacement (aussi appelé Rubrication), malgré son imperfection, semblent avoir répondu aux espoirs d’Ahriman. Pour ce vétéran faisant partie des Thousand Sons depuis bien avant leur prise en main par Magnus, l’idée révoltante d’une corruption de sa Légion était tellement insupportable que même le terrible prix qu’elle eut à payer ne lui parut pas trop élevé. Cela ne fut toutefois pas l’opinion de Magnus, dont la colère éclata lorsqu’il découvrit l’existence de cette cabale, qu’il menaça d’une mort atroce, menace qu’il aurait sans doute mise à exécution sans l’intervention de l’instigateur même de ces mutations. Qui peut dire quelles sont les intentions de la plus insondable des entités du Chaos ? Le Prince Démon retint donc sa main, non sans bannir Ahriman de la Planète des Sorciers en le condamnant à parcourir l’Œil de la Terreur et le reste de la galaxie afin de tenter de comprendre les insondables projets de Tzeentch.

Pour sa part, Ahriman refuse de reconnaître le Chaos comme son maître. Durant le millénaire qui suivit, il pilla musées, librariums, scolariums et reclusiums, ainsi que d’autres endroits dédiés au savoir, à la religion ou a la contemplation, ne s’intéressant qu’à trouver des artefacts, des données ou même des hommes capables de le guider sur la voie de la maîtrise psychique. Sur des dizaines de mondes, des cultes qu’il développe dans le seul but de leur soutirer par la suite des informations de valeur ou l’acceptation d’une autre de ses demandes n’attendent en retour qu’une parcelle de son pouvoir, mais ne reçoivent invariablement que la mort en récompense pour leurs services.

Les Thousand Sons avaient bien failli être détruits par les mutations incontrôlées avant de retrouver leur Primarque, et même leur instruction, à laquelle s’était dédiée Magnus, n’avait rien enlevé à la nécessité d’une vigilance constante. La peur de cette menace n’avait jamais quitté les vétérans de la Légion et ne fut que renforcée par le spectacle de la corruption qui courait chez les autres renégats à la faveur de l’Hérésie. Ils se dédièrent exclusivement à leur nouveau maître et Tzeentch parut un temps accepter de leur épargner un destin similaire, jusqu’à l’échec du soulèvement d’Horus et le repli des Thousand Sons vers l’Œil de la Terreur. Là, leur Dieu tutélaire leur fit don d’une nouvelle planète riche en énergie tellurique qui devait les isoler de la folie de l’Œil pour leur permettre de poursuivre leur étude, mais les divinités du Chaos sont capricieuses et à peine avaient-ils commencé à s’établir sur ce monde que le Maître du Changement se mit à altérer leurs corps. Des mutations répondant aux aspects favorisés par Tzeentch apparurent spontanément au sein des Thousand Sons, dont beaucoup embrassèrent ses manifestations comme les attributs de leur nouvelle destinée. Néanmoins, les plus anciens membres de la Légion eurent l’impression que toutes les épreuves par lesquelles ils étaient passés, tous leurs sacrifices, la perte de Prospero et les massacres de l’Hérésie avaient été vains et avaient perdu leur sens. Leur poursuite envers et contre tout de l’érudition allait se terminer dans la folie et l’abomination, comme ils l’avaient toujours redouté.

Une cabale formée des plus puissants Sorciers des Thousand Sons, ayant à sa tête Ahriman, le Maître Archiviste et conseiller de Magnus, s’était résolue à contrer ces altérations. Doutant que Magnus approuverait une entreprise aussi risquée, ils entourèrent de mystère leurs travaux sur un sort devant annuler les mutations violentes qui avaient affecté leurs frères et immuniser les Thousand Sons contre les effets déformants du Chaos. Si l’on en croit le Grimoire Hereticus, la puissance de ce sort était inimaginable, au point que les horreurs démoniaques s’enfuirent lorsqu’elles perçurent le tourbillon d’énergie déchaîné par Ahriman et sa cabale. La Planète des Sorciers fut noyée sous une couche de nuages impénétrables parcourus d’éclairs bleus et jaunes qui filaient vers la surface de la planète pour calciner les Thousand Sons corrompus les uns après les autres, jusqu’à ce que Magnus en personne fût forcé de prendre les choses en main.

Les conséquences de ce sort furent loin de satisfaire les attentes de la cabale. Sur toute la planète, la force de la Légion des Thousand Sons avait à la fois été grandement diminuée et préservée pour toute l’éternité. Certes, les mutations ne seraient plus, mais la chair des frères Marines avait été réduite en poussière et confinée à jamais dans leurs armures scellées par la magie, dont chaque joint, chaque interstice laissait entrevoir un feu interne qui devait irrémédiablement emprisonner l’esprit des Thousand Sons. L’intégralité des effectifs aux ordres de Magnus venait d’être transformée en une armée d’automates implacables, ce qui le fit bouillir de rage. La Légion à laquelle il avait tout sacrifié n’était plus et la quête de savoir qui avait toujours été la sienne lui était désormais interdite, puisque de leur propre fait, la plupart de ces guerriers mystiques n’étaient même plus en mesure de penser. Toutes les œuvres qu’il avait accomplies au cours de sa vie et toutes les décisions qu’il avait prises s’étaient appuyées sur deux convictions sacrées : celles que le savoir était pur et qu’il était son maître. Son monde natal détruit, son père ayant juré de le défaire et sa Légion devenue ce qu’elle était, tout cela causa le désespoir de Magnus des Thousand Sons. Il grimpa au sommet de sa tour puis, désespéré et levant les yeux vers le fragile Imperium de l’Humanité, il se jura en lui-même, comme Horus l’avait fait au temps de l’Hérésie, de voir la galaxie brûler dans son intégralité.

La Première Bataille du Croc[modifier]

La vengeance des Thousand Sons contre les Space Wolves advint eu lieu au 32e Millénaire, mille ans après l’Hérésie d’Horus et la destruction de Prospero, même si la plupart des loyalistes Astartes de ce Chapitre étaient morts depuis des siècles. Les Thousand Sons commencèrent à attaquer les mondes autour de Fenris, tentant d’éloigner le Grand Loup de l’époque, Harek Heaume de Fer. Au fur et à mesure que le nombre de mondes dévastés par Magnus augmentait, la haine de Harek se transforma en obsession et sa traque le mena profondément dans l’Œil de la Terreur, vers le monde de Gangava, pensant y trouver la base des Thousand Sons. Cela permis aux Thousand Sons d’assaillir Fenris, alors que les forces principales du Chapitre avait été éloigné. Pendant quarante jours et nuits, les Thousand Sons assaillirent la citadelle du Croc. Les Space Wolves défendant leur Forteresse-Monastère furent forcés de réveiller Bjorn Main Terrible, devenu un Dreadnought Vénérable des siècles après sa participation au Sac de Prospero. Les troupes Space Wolves restantes s’enfoncèrent profondément dans le Croc, tout en envoyant des éclaireurs informer Harek. Le Grand Loup revint sur Fenris et affronta le Prince Démon Magnus le Rouge. Le Primarque des Thousand Sons était cependant trop puissant pour Harek et le Space Wolf fut tué sur les pentes du Croc, mais pas avant d’avoir lui-même terriblement blessé le Roi Pourpre. Lorsque la flotte du Chapitre des Space Wolves arriva, les Thousand Sons durent se replier dans le Warp, jurant de revenir un jour détruire les fils de Russ.[17]

Un retour qui advint des millénaires plus tard…

Siège du Secteur Fenris[modifier]

En 999.M41, les Thousand Sons entreprirent un nouvel assaut contre Fenris, le monde natal des Space Wolves. L’invasion fut finalement repoussée par une alliance de factions impériales, notamment par l’intervention des Chevaliers Gris et Magnus fut banni dans le Warp par le Grand Loup Logan Grimnar brandissant sa terrible Hache Morkaï.

Mais ce n’était qu’une victoire mineure pour les serviteurs de l’Empereur, car les Thousand Sons avait atteint leur but ultime de l’invasion. Il avait utilisé le sacrifice de la population du monde de Midgardia dans le système Fenris - détruit par un Exterminatus ordonnée par Grimnar après que sa population eut été infectée par une terrible peste démoniaque - pour alimenter la téléportation de la Planète des Sorciers de l’Œil de la Terreur dans l’univers matériel, au-dessus des vestiges de Prospero. Non seulement ce rituel ancra Magnus et les Thousand Sons dans le Materium, mais il créa un nouveau conflit gigantesque dans la région. Les Thousand Sons passait à l’offensive contre l’Imperium honnis.[18]

Sources[modifier]

  • Codex Heretic Astartes Thousand Sons, V8
  • The Horus Heresy, Book Seven - Inferno
  • Index Astartes du White Dwarf N°100 (Août 2002)
  • McNEILL GRAHAM, Un Millier de Fils : Tout n'est que Poussière, Black Library, 2010
  • WRAIGHT CHRIS, Space Marine Battle : La Bataille du Croc, Black Library, 2012
  • War Zone Fenris: Wrath of Magnus
  1. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - Origins : The Tempest Born (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - The Thousand (traduit de l'anglais par Guilhem)
  4. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - Whispers and Fire - An Empyrean Purpose (traduit de l'anglais par Guilhem)
  5. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - Whispers and Fire (traduit de l'anglais par Guilhem)
  6. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - The Cursed Legion (traduit de l'anglais par Guilhem)
  7. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - Whispers and Fire - The Dreamless Brotherhood (traduit de l'anglais par Guilhem)
  8. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - The Horror Begins (traduit de l'anglais par Guilhem)
  9. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - Decay (traduit de l'anglais par Guilhem)
  10. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - A King Fallen From The Stars (traduit de l'anglais par Guilhem)
  11. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - The Gift of Salvation (traduit de l'anglais par Guilhem)
  12. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - Master and Acolytes (traduit de l'anglais par Guilhem)
  13. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - The New Sons of Prospero (traduit de l'anglais par Guilhem)
  14. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - Visionaris and Sorcerers (traduit de l'anglais par Guilhem)
  15. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Thousand Sons - Of the Librarius (traduit de l'anglais par Guilhem)
  16. Informations issues de Un Millier de Fils : Tout n'est que Poussière, Chapitre Dix-Huit - Nikaea - En Pâture aux Loups - Le Bras Droit de l’Empereur, Chapitre Dix-Neuf - Chasse aux Sorcières - Le Cœur d’un Primarque - Magnus Prend la Parole, Chapitre Vingt, Hérésie - Les Archivistes -Jugement, de McNEILL GRAHAM, Black Library, 2010 et résumées par Guilhem.
  17. Informations issues de Space Marine Battle : La Bataille du Croc, de WRAIGHT CHRIS, Black Library, 2012 et résumées par Guilhem.
  18. Informations issues de War Zone Fenris: Wrath of Magnus, 2016 et résumées par Guilhem.