Catégorie:Blood Angels

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Fils du Primarque Sanguinius, les Blood Angels sont nobles et sublimes, un Chapitre Space Marine fier, riche de dix millénaires d’histoire. Ces héros guerriers fondent sur la bataille portés par des ailes de feu, et se dressent entre les serviteurs de l’Empereur et les hordes hérétiques qui menacent de les détruire. Ces maîtres de l’assaut éclair, de l’offensive mécanisée et des frappes aériennes s’enorgueillissent d’un héritage de victoires forgé au cours des siècles. Cependant, la gloire des Blood Angels est ternie. Sous leur dehors héroïques, un secret sinistre appelé l’Anomalie se tapit. La Soif Rouge féroce et la psychose frénétique de la Rage Noire sont les deux facettes de cette malédiction génétique qui tourmentent les fils de Sanguinius depuis des millénaires et amoindrit leurs rangs, et dévaste leurs âmes qui ne pourront être rachetées que par leur sacrifice héroïque au nom de l’Empereur.

  • Soif Rouge : Enfouie dans la psyché de tout Blood Angel se tapit une soif destructrice, une fureur sanguinaire qu’il faut empêcher de s’exprimer à tout moment. Rares sont les Frères de Bataille qui peuvent réprimer la Soif Rouge indéfiniment, et on sait que les Blood Angels succombent de temps à autre à cette tentation quand la bataille bat son plein.
  • Rage Noire : Lorsqu’un Frère de Bataille des Blood Angels succombe à la Rage Noire, sa perte est assurée. Or, avant qu’il ne tombe, sa férocité meurtrière, sa force surhumaine et sa résistance quasi surnaturelle en font une menace terrifiante pour ceux qui se tiennent sur son passage, car ils libèrent leur légitime fureur sanguinaire, massacrant tous les ennemis sur leur chemin.
Les Blood Angels étaient autrefois considérés comme des élus au sein même des Légions de l’Adeptus Astartes, animés par la bravoure et la noblesse de leur Primarque, Sanguinius. Cependant, les événements de l’Hérésie d’Horus et la perte brutale de leur père leur portèrent un terrible coup. Sa mort fut si horrible qu’elle marqua à jamais le moindre des frères de la Légion et, depuis ce jour funeste, on prétend que les Blood Angels portent dans leur chair une atroce malédiction.

L'Ost Angélique

« Il n’est pas plus noble sacrifice que donner sa vie pour une cause en laquelle on croit sincèrement. Et au cours de l’histoire millénaire de l’Humanité, il n’y a jamais eu de cause plus digne que celle de l’Imperium. »
- Sanguinius, Primarque des Blood Angels, lors de son allocution sur Kalmatir.
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« Par le sang de Sanguinius ! »
- Cri de Guerre des Blood Angels.
Les Blood Angels et leurs Chapitres successeurs sont renommés pour leur courage sous le feu ennemi. Ils font face aux situations les plus suicidaires sans broncher, et leur inclination pour le corps à corps est célèbre. Certains ont estimé que les Blood Angels sont trop avides de combat, trop téméraires et indisciplinés, voire qu’ils avaient une part d’ombre en eux. La vérité est en fait bien plus tragique et plus noble. Les Blood Angels ont toujours été de vaillants défenseurs de l’Imperium. Mais en dépit de leurs accomplissements, ils souffrent d’une tare gravissime, car ils portent en eux une noirceur contre laquelle ils doivent résister sans cesse. Cette lutte intérieure définit tout ce qu’ils sont, et tous les actes qu’ils commettent, des plus terribles aux plus glorieux.

Créés lors de la légendaire Première Fondation, les Blood Angels étaient à l’avant-garde de la Grande Croisade et aidaient l’Empereur à réunir les colonies de l’Humanité sous Sa bannière. Déjà à cette époque, leurs faits d’armes étaient héroïques, car les Frères de Bataille de la Légion étaient des parangons de l’Adeptus Astartes. Toutefois, les accomplissements des Blood Angels atteignirent de nouveaux sommets lorsqu’ils retrouvèrent leur Primarque.

Sanguinius était sans doute le plus noble des fils de l’Empereur, un ange ailé au corps et à l’esprit parfait. C’était un grand guerrier et un chef talentueux, un véritable demi-dieu, et ses enfants le suivaient avec dévotion. Les Blood Angels combattirent aux côtés de leur Primarque pendant la Grande Croisade et la folie de l’Hérésie d'Horus. Ils étaient si galvanisés par la présence de Sanguinius qu’ils se battirent avec obstination jusqu’à la fin. Leurs Bolters rugissaient depuis les remparts du Palais Impérial alors que le Maître de Guerre cherchait à s’emparer du trône de son père, et ils furent parmi les premiers à apprendre la défaite des renégats du Chaos lorsqu’Horus tomba sous les coups de l’Empereur.

Malgré leur héroïsme, ce conflit coûta cher aux Blood Angels. On suppose que c’est la mort de Sanguinius qui est responsable de la Soif Rouge. Cette faiblesse génétique dans le patrimoine de la Légion s’est répandue lentement au sein des Blood Angels et de leurs successeurs. Au cours des millénaires qui suivirent, la démence qu’elle induisait s’est propagée et a donné naissance à un terrible secret qui ne cesse de saper la gloire de ces Chapitres.

Héros Maudits

L’Anomalie provoquée par la mort de leur Primarque est double. L’aspect le plus évident est l’accès de rage et de violence appelé la Soif Rouge. C’est un grand déshonneur pour un Blood Angel que d’y succomber en dehors des circonstances les plus extrêmes. Par conséquent, les Frères de Bataille tentent continuellement de maîtriser leur colère intérieure et d’incarner les idéaux de leur Primarque. Malgré tout, rien ne peut préserver totalement les fils de Sanguinius de la terrible affliction qu’est la Rage Noire.

À la veille d’une bataille, il arrive qu’un Blood Angel soit assailli de visions apocalyptiques. Sa santé mentale vole alors en éclats tandis qu’il a l’impression de se retrouver sous les bombardements, au milieu des combats, ce qui le précipite dans une spirale infernale dont la seule issue possible est la mort. Ce n’est qu’une question de temps avant que ce destin ne frappe un Blood Angel. Lorsqu’ils font face à cette terrible réalité, les Frères de Bataille cherchent la mort au combat plutôt que de subir une lente déchéance qui les reléguera au rang de bêtes assoiffées de sang.

Un Héritage Incertain

L’héritage des Blood Angels n’est pas totalement négatif. Ils portent en eux la grâce et la noblesse de Sanguinius, et égalent presque sa perfection physique. La force mentale du Primarque les habite aussi parfois, et ce pouvoir croît avec chaque millénaire qui passe. Les Blood Angels figurent ainsi incontestablement parmi les Space Marines les plus doués psychiquement.

La puissance des Archivistes des Blood Angels provient de la dualité qui caractérise la psyché des fils de Sanguinius. Par moments, elle se manifeste sous la forme de miracles angéliques, et à d’autres, elle provoque des explosions de violence incontrôlée. Les Archivistes Blood Angels peuvent user de leurs pouvoirs aussi bien pour protéger les innocents que pour saigner leurs ennemis dans des tempêtes d’hémoglobine. Le fait que les Blood Angels conservent la maîtrise de ces pouvoirs et les utilisent pour le bien de l’Imperium témoigne de leur noblesse d’esprit.

Toutefois, même une détermination d’acier n’est pas sans faille en cette époque sombre. En dépit de leur grandeur d’âme, les Blood Angels et leurs successeurs sont en déclin. Chaque année, les guerriers qui succombent à la folie se font plus nombreux. Ce phénomène est patent chez plusieurs Chapitres successeurs, car leur patrimoine génétique a été créé alors que l’Anomalie s’était déjà largement répandue. Des histoires abondent à propos de Chapitres entiers sombrant dans la folie, et se rapprochant inexorablement de la damnation. Des noms tels que les Knights of Blood ou les Crimson Swords sont désormais synonymes d’infamie, car ces Chapitres ont été déclarés renégats par l’Adeptus Terra, ou ont été exterminés lors de conflits où ils ont fait passer la violence aveugle avant la stratégie et la sagesse.

Et s’il devait y avoir un Chapitre qui aurait dû succomber à l’attrait des Puissances de la Ruine, c’est bien celui des Blood Angels. Leur malédiction génétique et leurs pouvoirs psychiques en font des candidats idéaux pour la damnation. Certains membres de l’Inquisition ont d’ailleurs des soupçons vis-à-vis du Chapitre, et le surveillent de près, à l’affût du moindre signe de corruption. Pourtant, les Blood Angels sont d’une loyauté indéfectible depuis plus de dix mille ans, et ne sont pas plus enclins à rejoindre le Chaos qu’ils ne l’étaient lorsque le Maître de Guerre Horus s’est rebellé contre l’Empereur.

Cependant, même s’ils restent indomptables, les Blood Angels sont eux aussi touchés par la dégénérescence qui affecte leurs successeurs. Le Chapitre doit veiller sans cesse à maintenir ses effectifs à un niveau acceptable, car les jeunes recrues succombent aussi souvent à la Rage Noire que les vétérans. De plus en plus de Frères de Bataille choisissent une mort glorieuse plutôt qu’une folie ignominieuse, mais leur sacrifice laisse des effectifs de plus en plus clairsemés. Pire encore, la fréquence de la Rage Noire augmente. Autrefois, le Chapitre ne perdait qu’une poignée de frères à cause d’elle lors d’une campagne militaire. Désormais, il arrive que des forces de frappe entières sombrent dans la démence.

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Les Anges de la Mort : Origines

« Quoi que vus disiez, je ne combattrai pas aux côtés de ces fous furieux. Le passé ne prouve rien, sauf que les Blood Angels sont maudits et qu’ils ne sont qu’à un pas de la damnation. »
- Frère Capitaine Yuron des Patriarches d’Ulixis de l’Adeptus Astartes.

La pensée la plus hérétique murmurée dans certains recoins de l’Imperium est celle que les Primarques furent approchés par le Chaos dès leur plus jeune âge. Certains érudits prêtent crédit à l’idée que les prédécesseurs génétiques de l’Adeptus Astartes furent tirés de leurs incubateurs par les quatre sombres puissances, des déprédations desquelles ils furent protégés par un ensorcellement conjuré par le Divin Empereur en personne. D’autres voudraient faire croire que n’ayant pas été détruits, ils furent expédiés vers les régions reculées de la galaxie, loin du secours que Terra pouvait leur garantir. Il paraît plausible que le Chaos ait tenté de pervertir l’œuvre parfaite de l’Empereur, mais affirmer qu’un ou plusieurs des Primarques aient pu être altérés par son influence dès l’aube de leurs existences est grotesque.

Sanguinius

Au cours de la Grande Croisade, les Blood Angels et leur Primarque, Sanguinius, étaient aux côtés de l’Empereur et servaient de garde d’honneur à leur bien-aimé créateur. Ils étaient animés d’un tempérament ardent, et se taillèrent rapidement une réputation de troupes de choc, qui attisa une rivalité avec la Légion des World Eaters. Mais, en vérité, la sauvagerie des Blood Angels n’égala jamais celle des World Eaters, car elle était tempérée par la sagesse de Sanguinius.

Si sa légende n’en était qu’à ses balbutiements, Sanguinius était considéré comme le plus noble des Primarques et jouissait de la pleine confiance de l’Empereur. Même Horus, fier Maître de Guerre de la Grande Croisade et Primarque des Luna Wolves, pressentait chez lui une pureté qu’il ne pourrait atteindre, une proximité avec leur père que n’avait aucun autre Primarque. Si beaucoup de ses frères Primarques menèrent la Grande Croisade par amour du combat, Sanguinius le fit pour assurer la pérennité de l’âge d’or et d’essor qui s’ensuivrait certainement. Sa vision était celle de l’Empereur, la vision d’une Humanité unie dans la paix et la prospérité. Mais ce rêve ne devait jamais se réaliser.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : Sanguinius
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Histoire des Blood Angels

« Abreuvez-vous de votre victoire et rappelez-vous de ceux qui sont tombés. »
- Inscription au fronton du Sépulcre des Héros de Baal Secundus.

L’histoire de l'Imperium a retenu que l’Empereur choisit alors les meilleurs des guerriers de Sanguinius pour les intégrer aux Légions Space Marines qui l’accompagnaient dans Sa Grande Croisade. L’essence physique du Primarque, son précieux patrimoine génétique, leur fut implantée et aucun homme ayant reçu le cadeau d’une telle bénédiction ne pouvait faillir à son devoir. La puissance des Blood Angels s’additionna à celle déjà rassemblée sous les bannières de l’Empereur. Ceux qui demeurèrent en poste sur Baal Secundus reçurent pour mission de défendre le bon droit de l’Humanité sur cette planète et de s’assurer que les générations futures apprendraient le Credo Impérial en même temps que la vérité sur les dieux qui un jour foulèrent ce sol. C’est pourquoi aujourd’hui encore, malgré les millénaires qui les séparent de ces heures, les Blood Angels recrutent dans le système de Baal.

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Monde Natal : Baal

« Tout comme un guerrier devient un redoutable vétéran au fil des années de guerre constante, les armes deviennent plus puissantes avec le passage des siècles. Dans les cryptes de l’Arx Angelicum reposent des armes et des armures qui ont été utilisées pour la première fois pendant la Grande Croisade. Inutile de dire que des instruments guerriers aussi anciens sont aussi ouvragés qu’effroyables. »
- Frère Variano, Artifactor de la Forge Écarlate.
Baal
Baal.
Le caractère des Blood Angels a été façonné non seulement par la personnalité et les hauts faits de Sanguinius, mais aussi par la nature de leur Monde Chapitral, Baal. Peu de planètes dans tout l’Imperium peuvent avoir un impact sur l’âme humaine aussi fort que Baal et ses lunes habitées, Baal Prime et Baal Secundus.

En des temps plus anciens, Baal et ses deux lunes avaient toutes une atmosphère de type approximativement terrestre. Plusieurs équipes chargées de leur exploration et vêtues des meilleures combinaisons anti-radiations qui soient ont étudié les lunes de Baal. Sous leurs écorces noircies se cachait une mine d’informations ; les strates avaient en effet un aspect très différent de celui escompté. Il fut établi que Baal avait toujours été couverte de déserts de poussière rouge, mais que ses lunes auraient potentiellement pu être un paradis pour des mortels qui se seraient concentrés sur la science et l’art plutôt que sur la conquête. La surface de Baal est jalonnée d’édifices en ruines et de monuments qui furent à coup sûr érigés par des mains expertes pour avoir résisté à l’épreuve du temps. Le peuple de Baal semble avoir passé le plus clair de son temps à édifier ces créations gigantesques et à sculpter ses dieux au flanc des montagnes, le tableau de ce qu’était la vie sur Baal est rendu assez précis par ces découvertes architecturales.

À la grande consternation des historiens impériaux, on ignore encore ce qui a mis un terme à cet état de fait idyllique. Il est presque certain que les cataclysmes qui ont changé à jamais le visage de Baal ont dû se produire approximativement à la fin du Moyen-Âge Technologique. Les lunes en souffrirent elles aussi et des traces de l’usage d’un armement aussi bien viral que nucléaire ont été découvertes et expliquent certainement le niveau de radioactivité. L’écorce de ces corps célestes présente des plaines vitrifiées et de vastes étendues de déserts pollués. Les mers ne valent guère mieux que des lacs toxiques, désormais prises sous une couche de pâle poussière. Les habitants du système ont certainement péri par millions, mais ont miraculeusement survécu pour devenir les pillards qui saccagèrent les restes de leur propre civilisation. Sans leurs combinaisons protectrices, la plupart seraient certainement morts, empoisonnés par les altérations irrémédiables de l’atmosphère. Les savants ont émis l’hypothèse que dans la période qui suivit le cataclysme, pris dans les ténèbres qui s’abattirent sur les restes de leur monde, certains déchurent encore davantage et de désespoir eurent recours au cannibalisme..

L’un des effets secondaires de la radioactivité était toutefois inévitable. Avec le temps, les substances chimiques et les toxines accumulées par les organismes des survivants les firent muter en parodies des hommes qu’avaient été leurs prédécesseurs. Les peintures rupestres découvertes dans des grottes sur Baal Primus, tracées au sang sur des parois rocheuses, expliquent la désintégration de la société d’alors : on y trouve des images de mutants dévorant des hommes de meilleure constitution. Mais comme nous l’apprend avec certitude la tradition baalite, certains s’accrochèrent farouchement à leur humanité, préservant un semblant de comportement sensé, et ce furent eux qui formèrent les tribus du type de celle qui recueillit Sanguinius. Une nouvelle culture, bien plus sauvage, s’enracina sur les ruines de l’ancienne. La tribu devint le seul vestige de cercle social : pour les humains comme pour les mutants, elle était le seul repère sur lequel s’appuyer.

Les habitants du système de Baal vécurent en nomades, allant de ruine en ruine pour les fouiller et s’affrontant pour ce qu’ils y avaient trouvé. Les guerres étaient monnaie courante et le jeu des alliances sans cesse changeant. L’extinction guettait les plus faibles. Si les lunes avaient été paradisiaques, elles semblaient désormais infernales.

Pour les quelques humains restants, la vie dut y être une lutte constante. Il sembla certainement pendant un temps aux baalites qu’ils étaient à terme condamnés et qu’il n’y aurait bientôt plus qu’un désert sans fin aux mains des féroces tribus mutantes. Même si tout cela n’est que pure conjecture, le miracle de la descente de Sanguinius donna à coup sûr un espoir nouveau à son monde.

L'Arx Angelicum

L’Arx Angelicum connu son heure la plus noire lors de la Dévastation de Baal par les Tyranides.
L’Arx Angelicum est la Forteresse-Monastère des Blood Angels depuis l'époque de la Grande Croisade. Situé sur Baal même, l’Arx est un double pic de roche noire qui s’élevait sur les sables du Désert Infini. À l’origine, un volcan se trouvait là où la Forteresse-Monastère se tient aujourd’hui, sa silhouette d’origine refaçonné pour devenir la demeure de la IXe Légion, quand l’Empereur marchait parmi les hommes. Les feux dans son cœur étant éteints, les Space Marines tiennent leur cour là où la lave avait jadis coulé. Même si les deux pics avaient été reforgés par la main de l’homme, il restait quelques indices de leurs origines, car malgré toutes les décorations et ornements, leur base était celle de cônes jumeaux, l’un plus petit que l’autre, la gueule ouverte vers le ciel.

En dehors de ces éléments naturels, le reste de l’Arx Angelicum était l’œuvre de l’Humanité. Le tour de la caldera avait été taillé pour constituer les hauts murs de la Forteresse-Monastère, baptisé l’Arx Murus, une enceinte formidable ornée de nombreuses tours dédiées aux sous-ordres des Blood Angels. À une quarantaine de mètres en contrebas de son sommet, le Murus comportait une série de galeries de tir en étages, renforcées par d’imposantes redoutes qui s’échelonnait jusqu’au sol.

À la surface des tours façonnées en visages d’anges ou d’aigles, des bouches ou des becs grands ouverts dissimulaient les batteries laser de défense et les macrocanons tournés vers le ciel. D’autres promontoires plus petits autour de l’Arx avaient été convertis en tours et fortins abritant des pièces d’artillerie assez puissantes pour abattre un vaisseau en orbite basse.

Le donjon de la Forteresse-Monastère, la Redoute des Cieux se dressait par-delà le mur intérieur. Juché à son sommet, le Reclusiam de la citadelle construit en forme de crâne, dominait les chemins de ronde. Plus loin, la tour maudite d’Amareo montait haut dans le ciel. Quant aux tours élevées du Librarius, elles sortaient des murs à l’autre extrémité du Dôme des Anges, alors que le Sanguis Corpusculum, domaine de Corbulo et de ses Prêtres Sanguiniens, jaillissait des pics les moins hauts, son sommet plat relié au mur principal par un large pont blindé.

L’intérieur du volcan avait été aussi lourdement modifié. La bouche avait été élargie pour avoir le même diamètre que l’énorme chambre à magma située en dessous, le sol de l’Arx se trouvant ainsi à plusieurs niveaux sous celui du désert. Les murs intérieurs avaient été creusés et polis. Des contreforts en forme d’anges géants entouraient l’intérieur, et les murs entre eux étaient percés de milliers de fenêtres resplendissantes. Tout avait été embelli de minerais et de métaux. Vers le fond du puits, l’échelonnage en gradins de l’extérieur était reproduit à l’intérieur, mais dans ces niveaux, c’était la verdure qui dominait avec le Verdis Elisya, de magnifiques champs desquels les Blood Angels tiraient leur nourriture, ainsi que quelques enclos qui conservaient les ultimes fragments des écosystèmes autrefois luxuriants de Baal Primus et Baal Secundus.

L’un des lieux les plus importants de l’Arx Angelicum reste la Basilica Sanguinarum, dans lequel la toute dernière plume de Sanguinius était conservée dans une stase permanente

L’Arx Angelicum faisait partie des plus belles forteresses de toute la galaxie avant l’invasion de la Flotte-Ruche Léviathan qui dévasta la Forteresse-Monastère des fils de Sanguinius. Malgré ces ravages, l’Arx Angelicum survécut grâce à la victoire de l’Imperium sur le Grand Dévoreur. De nombreux travaux eurent lieux depuis afin d’accueillir les nouveaux Space Marines Primaris du Chapitre, dans un Imperium déchiré en deux par la Grande Faille.[1]

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Doctrines de Combat

« Affronter les Blood Angels, c’est comme affronter la fureur de leur Primarque Sanguinius en personne. S’opposer à eux revient à décider de sa propre mort. Ils combattent comme des fous furieux, possédés par une soif de sang aussi surnaturelle qu’abjecte. Il est certain que quelque chose de plus brûlant que la Foi les anime dans leurs massacres. »
- Général Alexandros, XXVe Armée Impériale.

Au premier abord, il peut sembler incongru qu’une Légion aussi fière de ses traditions se soit résolue à abandonner son individualité, mais les événements de l’Hérésie avaient ébranlé les Blood Angels jusqu’aux tréfonds de leur âme. Ainsi, les Blood Angels furent l’un des premiers Chapitres à adopter le Codex Astartes de Roboute Guilliman. Les Compagnies Blood Angels sont organisées comme on est en droit de l’attendre de la part d’un corps de l’Adeptus Astartes. Les Deuxième, Troisième, Quatrième et Cinquième Compagnies sont des contingents de combat qui forment les lignes de bataille principales et supportent souvent le plus gros des affrontements. Les Compagnies spécialisées sont conservées en réserve et déployées si besoin est.

On ne peut toutefois pas se fier à ces Compagnies pour ce qui est de se battre à la manière organisée et disciplinée des Imperial Fists ou des Dark Angels, l’influence permanente de ses chromosomes transformant à l’occasion même le plus taciturne des vétérans en machine à tuer prête à démembrer ses adversaires à mains nues. La Rage Noire peut prendre n’importe qui, qu’il fasse partie d’une escouade Devastator ou conduise un Vindicator. Il n’est donc jamais certain que des Blood Angels tiendront une position, car il se peut tout aussi bien qu’ils se mettent à courir en hurlant pour aller éventrer leurs opposants. Par le passé, cela a déjà conduit en plusieurs occasions remarquées à des exterminations totales en bonne et due forme. L’une des plus connues est probablement celle de la Ruche Tempestora où les Blood Angels chargèrent en masse avec une telle férocité que leur assaut fracassa la ligne ennemie et leur permit d’établir une tête de pont sur une localisation considérée imprenable par les tacticiens impériaux. Le zèle fanatique des Blood Angels leur a souvent permis d’accomplir l’impossible au cours de la campagne d’Armageddon. Leur imprévisibilité les rend la plupart du temps antipathiques auprès des commandeurs de l’Imperium, ce dont ils ne se soucient guère car ils savent que leur lutte constante contre la Rage Noire les rend plus forts.

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Organisation

« Dois-je encore faire preuve de mon allégeance ? J’ai arpenté le sol imbibé de sang de dix mille mondes et j’ai libéré des millions d’âmes de l’emprise du Chaos. Quel acte de plus grande dévotion pourrais-je accomplir pour démontrer ma loyauté ? »
- Capitaine Phæton, 7e Compagnie des Blood Angels.

Au premier abord, il peut sembler incongru qu’une Légion aussi fière de ses traditions se soit résolue à abandonner son individualité, mais les événements de l’Hérésie avait ébranlé les Blood Angels jusqu’aux tréfonds de leur âme. Ainsi, les Blood Angels furent l’un des premiers Chapitres à adopter le Codex Astartes de Roboute Guilliman.

Organisation et Structure d'une Unité au Sein de la Légion (Pré-Hérésie)

Ordres du Premier Cercle[2]

Le Premier Cercle était entièrement composé d’une série d’Ordres guerriers, chacun opérant indépendamment des Trois Cents Compagnies. Le premier et les plus célèbre d’entre eux était la Garde Sanguinienne, les gardes du corps du Primarque lui-même, mais il y en aurait beaucoup d’autres, chacun assigné à une tâche et à un devoir spécifiques. Peu de personnes en dehors de la Légion ont fait un compte rendu complet de ces Ordres, mais voici les plus connus et les plus importants des Ordres guerriers du Premier Cercle :

La Garde Sanguinienne : Aussi connu sous le nom d’Ikisat, ou de Brûlés, pour son ardeur et son dévouement inébranlable. Chaque guerrier portait le titre de Séraphin et était chargé de la sécurité de la personne du Primarque. En de rares occasions, ils ont également été affectés à la garde des autres commandants en signe de faveur du Grand Ange.
Les Paladins Cramoisis : Aussi connus sous le nom de Keruvim, ou les Vents de Tempête, pour l’apparition soudaine de leur colère et la ferveur durable de leur haine. Ils servaient de gardiens des halls et des sanctuaires du Primarque. Sur l’ordre du Grand Ange, ils se rendaient également sur le terrain pour servir sa détermination et de bouclier à sa volonté.
Les Yeux Ardents : Également connus sous le nom d’Ofanim, ou de Yeux Pleins de Larmes, ces guerriers secrets étaient la Honte de l’Ange, sa police secrète et ses agents de l’ombre. Ils surveillaient la Légion à la recherche de signes de trahison et de folie, et agirent pour soulager sa culpabilité en supprimant les problèmes. Rarement vus sur le champ de bataille, les Ofanim combattaient seuls et avec des armes considérées comme indignes de vrais guerriers.
Les Larmes de l’Ange : Également connu sous le nom de la Lame Brisée, ou Main Morte, pour la dévastation cruelle qu’ils déversaient sur l’ennemi, chaque guerrier individuel portant le titre d’Erelim. Il était la colère de Sanguinius, sa volonté de faire disparaître ceux qu’il avait décrété indignes d’être sauvés. Ils étaient les plus communément vus parmi les Ordres, jouant le rôle que d’autres Légions appelaient Destroyers.

Dans tous les domaines, la IXe Légion défia les standards des Legiones Astartes. À ses débuts, elle fonctionnait avec un ordre et une structure de commandement si simples qu’on pouvait à peine l’appeler une armée, composée quasiment que de Compagnies d’infanterie et ne disposant que de peu de troupes spécialisées. Le plus souvent, ces troupes étaient équipées comme des escadrons de "Reavers" optimisés et armés, nécessitant un réapprovisionnement limité, des guerriers parfaits pour les opérations entreprises sans lien de dépendance avec la force principale de la Grande Croisade. Les bizarreries aberrantes de la Légion et la Soif Rouge qui hantait ses guerriers mettait à mal sa discipline et rendait difficile toute tentative d’organisation à grande échelle. Les tactiques étaient souvent développées et employées au niveau de la Compagnie ou même de l’escouade pendant le combat même plutôt que de faire partie d’une approche stratégique plus large à l’échelle de la Légion.

Ce mode d’opération unique, basé sur le combat à distance et sous le contrôle limité de la Divisio Militaris, permettait de limiter l’impact des pratiques plus aberrantes de la Légion sur le moral des unités alliées. En tant que tel, aucun effort concerté n’a été fait pour amener la Légion à se conformer aux autres membres de l’Armée Impériale. Cela vient du fait que les divers généraux et commandants qui se battaient aux côtés de la IXe Légion étaient tacitement complices pour lui permettre d’opérer à sa guise. Les premiers commandants de la Légion étaient davantage des chefs de guerre que de vrais officiers. Ils imposaient la discipline à la pointe d’une épée, méritaient le respect de la force de leurs armes et parcouraient le champ de bataille en tant que forces viscérales de la nature. Lorsque ces commandants respectés avançaient, les guerriers de la IXe Légion les suivaient. Quand ils tenaient la ligne, leurs soldats creusaient la tranchée et quand ils abaissaient leurs lames, ceux qui les entouraient cessaient de tuer. C’était une structure brutalement efficace, mais qui amenait des pertes énormes. Si un chef de guerre tombait, une douzaine d’anciens combattants étaient prêts à faire un pas en avant afin de prendre sa place.

Tout cela avait changé avec l’arrivée de Sanguinius. Le Primarque ailé avait apporté un semblant d’ordre à la Légion, souvent hargneuse, en lui imposant une nouvelle structure dans l’espoir de contenir sa sauvagerie. Bien qu’en substance, ce nouvel ordre semblait être en accord avec le Principia Bellicosa qui était le schéma sur lequel les autres Légions étaient organisées, en réalité, il variait aussi beaucoup du modèle standard. La Légion conserva la structure de base des Compagnies, avec 200 Compagnies d’environ 300 guerriers chacune, bien qu’au cours des dernières années de la Grande Croisade, cela avait augmenté pour atteindre 300 Compagnies de 500 guerriers chacune. Cependant, au-delà de cette structure de base, il y avait de nombreuses divergences, chacune assumée par le Grand Ange pour servir un but dans ses plans. Ces Compagnies furent regroupées en Osts pour des campagnes nécessitant une force plus imposante que celle d’une seule Compagnie, bien que chaque Ost soit une création temporaire défaite et refaite selon les besoins.

Sanguinius créa trois Cercles pour englober ses Osts, trois chambres à travers lesquelles il donnait ses ordres et objectifs aux guerriers de la Légion. Chaque Cercle était séparé et distinct des Trois Cents Compagnies et des restrictions du Principia Bellicosa, formant une strate d’organisation particulière qui permettait aux guerriers de la IXe Légion de concentrer leur violence et leur colère sur un but unique et de les vaincre. Cependant, il ne s’agissait pas simplement d’un outil contondant, mais d’un plan élégant et astucieux conçu pour promouvoir les qualités les plus fines de la Légion tout en offrant une possibilité de s’élever pour ceux à la base. C’était le chef-d’œuvre du Grand Ange, l’accomplissement d’un serment et le salut de ses fils.

Le Seigneur de Guerre Immortel[3]

Le premier et dernier seigneur de guerre de la IXe Légion, autre que Sanguinius lui-même, fut un guerrier qui combattit sous le nom d’Ishidur Ossuros. C’est une légende qui s’étend sur près de 80 ans de guerre, allant des batailles des désolations de l’ancienne Terra aux hauteurs rocheuses de Saiph, un mythe de sang et de mort qui s’est tracé une route à travers les champs de bataille les plus dangereux de la Grande Croisade. Il fut le héros de l’assaut sur Kum-karta en Yndonésie, où il récolta un tel nombre de vies que ses guerriers sortirent des voûtes creusées des forteresses repeints par le sang, de la tête aux pieds, et fut le champion des Guerres Fantômes sur Saiph. Si l’on en croit les archives de la Divisio Militaris, Ishidur a participé à 317 engagements majeurs distincts - et pourtant ces mêmes archives parlent aussi de sa mort à au moins quatre reprises.

Étant donné la nature de la IXe Légion dans les années sanglantes qui précédèrent le retour de Sanguinius, et les quelques témoignages oraux des guerriers de la Légion elle-même, il est probable que le vrai Ishidur Ossuros mourut au combat en 802.M30. Ses lieutenants reprirent alors ses souvenirs et son nom, au moyen de cette mutation singulière de la IXe Légion, et continuèrent son héritage au nom de la Légion. Chaque fois qu’Ishidur Ossuros tombait, il ressuscitait tel un phénix gorgé de sang, pour reprendre les rênes de la IXe Légion. La dernière référence connue à ce guerrier remonte à la bataille de Teghar Pentaurus, où l’ennemi mena un assaut féroce qui menaça de submerger le Primarque et sa garde. C’est le dernier Ishidur et ses guerriers qui sauvèrent le Grand Ange, en menant une contre-attaque suicidaire sur l’ennemi et le tenant à distance pendant une heure alors que les renforts se précipitaient à l’aide de Sanguinius. Ishidur Ossuros mourut une dernière fois, son corps ne pouvant se rétablir, échangeant sa longue vie contre celle du Primarque à qui il avait confié l’avenir de la IXe Légion.

Ceux à l’extérieur des trois Cercles formaient les rangs et la colonne de la Légion, les guerriers qui maniaient la lame et le Bolter sur le champ de bataille. Connus au sein de la Légion sous le nom de Malak, ces guerriers n’avaient qu’un seul devoir - celui de combattre sur l’ordre de leurs Capitaines. Ils obéissaient, tuaient et pratiquaient les arts que leur accordait le Primarque, et par ces disciplines simples et la focalisation sans fin de leurs esprits post-humains, ils évitèrent les déprédations de leur rage. Au sein des Cercles, il n’y avait que peu de distinctions, de titres et d’honneurs pour ceux qui excellaient dans des arts spécifiques à la guerre et à la paix. Il s’agissait des tireurs d’élite, des poètes et des duellistes de la Légion, formant sa main droite et son cœur battant, et bien que ce ne fussent que de petits honneurs, ils étaient chers à ceux qui les gagnaient.

Le Deuxième Cercle était composée des commandants et des chefs de la Légion, des puissants et des maîtres qui se tenaient aux côtés de Sanguinius. Pour eux, le devoir de commander et l’exécution des souhaits de Sanguinius étaient empreints de lucidité et de bon jugement. Contrairement à ceux qui combattaient sous leurs ordres, ils portaient le fardeau du libre arbitre, du temps nécessaire pour penser et réfléchir. Ils étaient les planificateurs et les stratèges de l’armée rouge, ils dirigeaient les batailles et les guerres comme des hommes moins importants dirigeaient des symphonies, en utilisant chaque instrument à leur disposition à leur plein potentiel. Au fur et à mesure que les guerriers de base retrouvaient la paix dans les études, chacun de ces puissants devenaient aussi un maître dans de nombreuses disciplines, aussi bien dans celles du crayon et du pinceau que celles de la lame et du fusil. Bien qu’ils ne fussent pas aussi fanatiques dans leurs disciplines que les bouchers sanglants d’Angron ou les célèbres tacticiens de Guilliman, rares étaient ceux qui pouvaient rivaliser avec eux dans les arts de la guerre pris dans leur ensemble.

Le Premier Cercle, la dernière démarcation de la nouvelle Légion de Sanguinius, comprenait les rangs des Immortels. Ces guerriers se tenaient en présence du Primarque ; ils n’opéraient pas dans l’une des Trois Cents Compagnies mais en tant que gardes et serviteurs du Grand Ange lui-même. Chacun d’eux, une fois intronisé dans les rangs du Premier Cercle, abandonnait son nom commun pour en prendre un autre et sa nouvelle identité était au service du Primarque, lui enlevant toute forme de culpabilité et de regret. Ils étaient la colère de Sanguinius, sa résolution sévère et ses yeux vigilants. Ces guerriers s’occupaient des tâches les plus dangereuses, se battaient sur les champs de bataille et assumaient des missions qui terniraient leur âme et mettraient en avant leur rage. Les guerriers du Premier Cercle portaient des amures qui étaient liées à une identité et à une personnalité, puis une fois la fin de leur mission, ils s’en séparaient pour reprendre leur place dans les rangs.[4]

Hiérarchie de la Légion

Les seigneurs des Osts rouges de Sanguinius présentaient de nombreuses similitudes avec les préceptes du Principia Bellicosa mais avec un certain nombre de différences, grandes et petites. L’autorité était strictement divisée entre les trois Cercles de la Légion, chaque officier opérant à sa place et à la manière qui lui était donnée par le Primarque lui-même. Ce système d’autorité strict, qui se chevauchait, était moins souple que celui de certaines Légions, mais il offrait une solide ligne de responsabilité et de contrôle qui limitait l’effet de la rage omniprésente et de la colère soudaine des Blood Angels. Afin d’atténuer la possibilité d’un effondrement de l’autorité, les Blood Angels ont maintenu un grand nombre d’officiers subalternes, de Lieutenants et de Sergents de divers types, tous rapidement capables de prendre la place des morts dans le feu de la bataille.

Sur le champ de bataille, la ligne d’autorité a toujours été clairement définie pour les Blood Angels et absolument suivie. Désobéir ou mettre en question les ordres était un grand péché, commis uniquement dans les situations les plus graves et justifiant les peines les plus sévères, même s’il était prouvé que la désobéissance était justifiée. Leur devoir consistait seulement à obéir, le guerrier ne s’inquiétant que de l’action du moment présent, laissant derrière lui sa rage tandis que ceux qui commandaient s’inquiétaient de ses conséquences. Chez les Blood Angels, toute autorité provenait directement de Sanguinius et en découlait, d’abord vers les Seigneurs Commandants, puis vers ses Capitaines et au-delà, telle une ligne ininterrompue et inviolable. Ce fait a gardé la Légion centralisée et concentrée, chaque parole d’un Sergent au cœur de la bataille étant la parole de Sanguinius lui-même, chaque signe de tête d’un Capitaine était le signe de tête du Primarque en personne.

Les Blood Angels différaient également par de petites différences, car comme la plupart des Légions, ils avaient leurs propres titres et noms de grade et une multitude de divisions moins nombreuses, adaptées à leur style. Ceux qui commandaient des armées et exerçaient une autorité sur des Capitaines de moindre importance étaient plus connus sous le nom d’Archeins, équivalent à l’ancien titre de Praetor. Ils portaient également le titre de Dominion comme une marque de respect autant qu’une désignation tactique dans une Légion dont le Primarque exhortait à être plus qu’une simple arme.[5]

Disposition de Guerre

Bannières de la Légion des Blood Angels
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Deux exemples de Bannières de Compagnie de la IXe Légion, toutes deux portées à la guerre lors de la campagne de Signus. Celles-ci montrent le style hautement décoratif favorisé par le Primarque Sanguinius, un témoignage des valeurs artistiques et de la recherche scientifique que Sanguinius encourageait au sein de sa Légion.

Dans les dernières années de la Grande Croisade, les Blood Angels faisaient partie des Légions prééminentes de l’Ost Impérial. Les années qui s’étaient écoulées depuis que Sanguinius avait pris en charge la Légion avaient vu sa revitalisation, un changement si complet que peu se souvenaient même de la Légion Revenante des premiers jours. Autrefois l’arrière-garde à moitié oubliée de la Grande Croisade, elle était à présent partout l’avant-garde, et ceux qui l’avaient méprisés chantaient à présent ses louanges dans chaque recoin du vaste domaine de l’Empereur. C’était une force de combat redoutable, une briseuse d’empires et une destructrice de mondes, inébranlable dans sa loyauté envers l’Empereur. Elle était le socle solide sur lequel l’Imperium était construit, et tant qu’elle restait debout, cet empire ne s’effondrerait pas.

À cette époque, la Légion comptait près de 120 000 guerriers, en tenant compte des pertes, soit 300 Compagnies individuelles, l’une des plus importantes Légions opérant en ce temps, avec peut-être seulement les vastes forces des Ultramarines et des Iron Warriors pour la surpasser. Chacun de ces Osts comprenait une force prédisposée aux opérations d’assaut et de largage orbital, une grande partie de son infanterie étant équipée pour le combat rapproché. Ses véhicules étaient principalement conçus pour les frappes à grande vitesse et les opérations de percée. Avec peu de moyens défensifs par rapport aux Légions plus traditionnelles, la Légion était désavantagée si elle était engagée dans un conflit à grande échelle sans initiative opérationnelle, mais avec la Grande Croisade à son apogée, une telle situation semblait impensable à l’époque. Cette force était répartie dans toute la galaxie dans un certain nombre d’Osts distincts, chacun participant à des opérations à grande échelle, ainsi que des forces de garnisons dans chacune des principales bases et bastions de la Légion - soit à Baal, Saiph et Canopus.

De ces bastions, Baal était le plus important. Si la seconde lune restait sacro-sainte pour les natifs, le monde vide et ravagé de Baal fut transformé par le Mechanicum de Anvillus à l’invitation de Sanguinius lui-même. Là où aucun humain non modifié ne pouvait s’aventurer, les techno-adeptes construisirent un site de fabrication qui faisait l’envie de nombreux petits Mondes-Forges, fournissant une grande partie des munitions et des besoins techniques de la IXe Légion. Baal, en tant que monde natal de Sanguinius, justifiait une grande garnison permanente, une tâche principalement assurée par les Paladins Cramoisis, bien qu’au moins une Compagnie s’y trouvait généralement pour se réapprovisionner. Canopus servait aussi de centre de fabrication, bien que de taille et de sophistication moindres, produisant de grandes quantités d’obus et d’autres munitions pour nourrir la machine de guerre affamée de la Légion. C’était un point d’arrêt commun pour toutes les troupes se dirigeant vers les lignes de front de la Grande Croisade, et de nombreuses unités s’y trouvaient au repos. Saiph était le plus petit des avant-postes permanents de la Légion, ne servant que de base de recrutement au sien des tribus toujours en guerre sur ce monde, et n’accueillant qu’une seule escouade pour la surveiller.

La flotte de la Légion était tout aussi impressionnante, avec plus de 300 navires de classe capitale, dont plusieurs étaient des croiseurs lourds ou même des cuirassés de diverses classes. Bon nombre de ces vaisseaux étaient équipées pour servir d’embarcations à des assauts orbitaux, équipés de canons lourds pour le bombardement, de tubes de lancement pour les nacelles et de vastes hangars accueillant les Stormbirds ou Thunderhawks. Peu de Légions pouvaient égaler la puissance de feu ou la masse d’une telle flotte. Mais la faiblesse de la flotte des Blood Angels résidait dans son obsession résolue à suivre une stratégie unique. Pour ce qui est des vaisseaux de soutien, la flotte était moins bien approvisionnée, avec moins de 600 navires, surtout des canonnières d’escorte plus lentes et peu de vaisseaux d’attaque rapide. C’était là un autre effet secondaire de l’orientation singulière de la Légion, car ces embarcations étaient rarement nécessaires pour sa stratégie et son approche de la guerre, sauf comme soutien aux grands croiseurs.

Au final, les Blood Angels constituaient l’une des plus grandes menaces à la rébellion naissante d’Horus, car ils étaient facilement à même d’affronter n’importe laquelle [[Légions Renégates |Légion Renégate]] et leur loyauté envers l’Empereur était indiscutable. En les affrontant directement, Horus aurait face face à de féroces guerriers qui auraient mis à mal sa préparation d’un assaut sur Terra. Mais il ne pouvait les ignorer, sans recourir le risque d’exposer ses flancs à une attaque des Blood Angels durant l’attaque sur Terra. Certains de ses alliés insistèrent pour que la IXe Légion soit détruite en détail, d’attaquer ses Osts durant leurs engagements en campagne ou de les annihiler un par un alors qu’ils étaient vulnérables. Mortarion favorisait cette approche, car de tous les frères, il avait le moins d’amour pour le Primarque ailé à cause de ses rêves prémonitoires qu’il considérait comme étant de la sorcellerie. Pourtant, Lorgar convainquit le Maître de Guerre qu’il y avait un autre moyen, un moyen non seulement d’éliminer un obstacle mais aussi de gagner un atout. Un piège avait été préparé et le Seigneur des Word Bearers parla au Maître de Guerre de Signus et d’une marque de sang.[6]

Organisation Chapitrale (Après l'Hérésie)

Organisation du Chapitre des Blood Angels.
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Suite à la défaite d’Horus sur Terra, la mort de Sanguinius ne laissait aucun successeur désigné, et différentes factions commençaient à se regrouper autour de candidats potentiels. De plus, les premières manifestations de l’Anomalie firent leur apparition, voilant encore davantage l’avenir de la Légion. Au final, ce fut Azkællon, le dernier survivant de la Garde Sanguinienne, qui précipita le destin des Blood Angels. Arguant que de tous les problèmes auxquels la Légion avait à faire face, son organisation était bien le moindre, il supervisa sa division en Chapitres: les Blood Angels eux-mêmes, qui maintiennent les traditions et l’héraldique de la Légion, les Flesh Tearers, les Angels Vermillion, les Angels Encarmine et les Angels Sanguine. Ce qu’il est advenu d’Azkællon a été oublié, mais son héritage a survécu dans chacun des Chapitres qu’il a créés.

Les Blood Angels adhèrent aussi fidèlement au Codex Astartes que l’Anomalie le leur permet, car ils estiment que les préceptes du saint ouvrage sont une forme de discipline qui leur permettra de combattre les pires excès de la Soif Rouge.

Bien que les Blood Angels partagent une grande part de leur organisation avec leurs frères Space Marines et adhèrent aux préceptes du Codex Astartes, des exceptions méritent d’être soulignées. Ce Chapitre dispose d’unités spécialisées qu’il ne partage avec nul autre à l’exception de ses Chapitres successeurs, les Angels Vermilion, les Angels Sanguine, les Angels Encarmine, les Blood Drinkers et les Flesh Tearers. Il est cependant à noter qu’à la différence des autres, les Blood Drinkers suivent le Codex Astartes à la lettre, leurs marquages étant même similaires à ceux du noble Chapitre des Ultramarines.

La différence la plus remarquable au sein des rangs des Blood Angels est la prépondérance des troupes de combat rapproché. Faire partie d’une Escouade d’Assaut est un honneur très recherché puisque c’est dans la mêlée que ces Space Marines exorcisent la douleur de leur héritage mémoriel. On a d’ailleurs déjà observé des escouades Devastator, chargées du soutien de l’armée à partir de positions plus reculées, se ruer vers l’ennemi pour tenter de l’engager au corps à corps (cf. Massacre de Trachesaï, 230.M34).

Les Space Marines de la Première Compagnie combattent en tant que troupes d’assaut ordinaires lorsqu’ils ne disposent pas d’Armures Terminator, et non comme des Escouades Tactiques comme c’est le cas chez d’autres Chapitres. La Huitième Compagnie est entièrement dédiée au combat rapproché et fait partie des meilleures troupes d’assaut de l’Imperium, ceux de ses membres qui ne sont pas équipés de Réacteurs Dorsaux font souvent usage de Land Speeders ou de Motos. La Dixième Compagnie, qui consiste en un effectif variable d’escouades de Scouts, diffère en ce qu’elle agit de façon particulièrement agressive. Après avoir pris des positions avancées, les Scouts infiltrent celles de l’ennemi et profitent de la moindre occasion de déclencher de véritables carnages. Les autres Compagnies Blood Angels se conforment à la structure établie, bien que les moteurs de leurs Rhinos soient souvent modifiés pour atteindre la ligne de front plus rapidement (cette déviance par rapport aux règles établies du SCS Rhino ne peut qu’attirer la colère du Dieu-Machine sur ces véhicules). Les escouades spécialisées se distinguent par les couleurs de leurs casques : rouges pour les Escouades Tactiques, bleus pour les Devastator et jaunes pour les Vétérans d’Assaut.

Les sections de commandement des Blood Angels incluent un certain nombre de grades qui leur sont propres et reflètent la nature unique du chapitre, comme les Prêtres Sanguiniens, chargés de conserver le sang sacré du Primarque. Même au plus fort des combats, ils effectuent parfois d’importantes transfusions sanguines à un compagnon d’armes grâce à leurs Exsanguinators.

Une autre entorse à l’organisation standard est la formation de Gardes d’Honneur, qui intègrent l’élite des Blood Angels spécialistes du corps à corps et escortent les meneurs les plus révérés. Ces guerriers remplacent les escouades de commandement habituelles et peuvent compter parmi eux un porte-étendard ou un Prêtre Sanguinien. Selon certains dires, le panthéon entier de l’Adeptus Astartes comprend peu d’unités aussi pleines de fougue. Les vétérans composant une Garde d’Honneur se démarquent par leurs casques dorés, signe d’espoir pour leurs alliés et d’une mort prochaine pour leurs adversaires. Les Blood Angels sont également renommés pour leur modèle de Dreadnought dit Furioso, perfectionné depuis des siècles par les Seigneurs des Forges du Chapitre pour permettre à leurs héros d’étancher leur soif de se battre lorsque tout espoir de sauver leurs corps brisés doit être abandonné. Leurs deux poings de combat peuvent venir à bout de n’importe quel blindage, même de la coque d’adamantium d’un Land Raider standard.

La dernière particularité, qui n’en est pas moins la plus remarquable, est que l’organisation des Blood Angels se retrouve souvent perturbée par ceux d’entre eux qui succombent à la Rage Noire et constituent la Compagnie de la Mort. Il n’est hélas aucun moyen de prédire exactement avant la bataille à quel point l’ampleur de ce phénomène affectera les troupes.

État-Major du Chapitre

Le commandement des Blood Angels revient au Maître du Chapitre et à son conseil. Suite à l’ouverture de la Grande Faille, Roboute Guilliman a étendu leurs prérogatives au-delà de leur seul Chapitre, et en a fait les principaux représentants de l’autorité impériale de l’Imperium Nihilus - l’immense zone du nord galactique dévastée par les tempêtes Warp et difficilement accessible de Terra. La plupart de ses sièges sont occupés par les Frères-Capitaines qui dirigent les Compagnies, mais certains reviennent à des officiers supérieurs dont les blessures de guerre les empêchent de prendre une part active aux combats, mais dont l’expérience est une ressource précieuse. Ces officiers commandent les institutions de support du Chapitre, telles que l’armurerie, la flotte et le recrutement.

Si le pouvoir décisionnel repose entre les mains du Maître de Chapitre, le conseil est souvent chargé de prendre les choses en main si celui-ci est tué ou absent parce qu’engagé dans une campagne. Chaque officier doit, en plus de ses devoirs envers le conseil, remplir ses obligations envers l’organisation du Chapitre afin qu’elle reste efficace. Les titres des officiers, comme celui de Maître du Guet, sont pour la plupart issus des pages du Codex Astartes, même si certains, comme ceux de Seigneur de la Chute Céleste et de Bouclier de Baal, viennent de la nature unique des Blood Angels.

À la différence de la plupart des Chapitres Codex, le clergé Sanguinien des Blood Angels (qui regroupe les Apothicaires) et le Reclusiam sont rattachés à l’état-major du Chapitre et non des organisations subalternes comme c’est normalement le cas. Cette structure implique que le Haut Prêtre Sanguinien et le Haut Chapelain assument conjointement le commandement du Chapitre si son Maître vient à périr, car le rang de ce dernier n’est pas immédiatement transmis au Capitaine de la 1ère Compagnie. Cette tradition vient du M.35, lorsque le Capitaine Kalæl fut élevé au rang de Maître de Chapitre et succomba presque immédiatement à la Rage Noire, ce qui plongea le Chapitre entier dans une crise spirituelle et politique.

En prenant temporairement la direction du Chapitre, le Haut Chapelain et le Haut Prêtre Sanguinien peuvent mettre à l’épreuve la volonté et la valeur du candidat afin qu’un drame de cet acabit ne se reproduise pas.

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Croyances

« Ce sont les fils de l’Ange, l’ost sanglant, les défenseurs de l’Humanité. Ils incarnent la force, la noblesse. Ce sont les Blood Angels, et je vous l’affirme, il n’existe aucun serviteur de l’Empereur vivant à ce jour qui soit plus loyal ou déterminé. »
- Haut Seigneur Baldus Bael à l’Inquisiteur Neizallkin de l’Ordo Astartes suite à la Grande Accusation.

Chaque Chapitre de Space Marines est défini par le génogerme de son Primarque. C’est grâce à lui que cet être surhumain façonna ses enfants, tout en les influençant par ses enseignements et sa philosophie. De tous les Primarques, c’est cependant Sanguinius qui eut l’influence la plus forte sur ses héritiers.

Sanguinius était un visionnaire. Dès ses premières années, il désira mener son peuple vers une vie meilleure et lorsqu’il rejoignit la Grande Croisade, sa vision ne fit qu’atteindre une plus grande échelle. Il voulait améliorer la condition de toute l’Humanité et mettre fin aux conflits engendrés par le déclin des civilisations au cours du Moyen-Âge Technologique.

Il a pu être établi que le vœu de Sanguinius a eu un impact indélébile sur la nature profonde son Chapitre. La plupart des doctrines des Blood Angels ont une fibre mystique qui sous-entend que les choses peuvent souvent être améliorées et après tout, la transformation presque inespérée d’humains ordinaires en guerriers fiers et beaux en est bien la preuve tangible, prouvant que le courage, le raffinement et la noblesse peuvent jaillir de l’argile la plus rugueuse. Ce désir de perfection se retrouve dans tout ce qu’accomplissent les Blood Angels. Leurs œuvres d’art ne sont que beauté et symétrie, leurs préceptes martiaux sont sans cesse ressassés. Mais à mesure que l’Anomalie a gagné du terrain, cette confiance dans le changement s’est ternie. Les Blood Angels y voient désormais la preuve que l’homme succombe aisément à la démence et à la destruction, si bien que leurs doctrines sont imbues du sentiment de leur mortalité et de la grandeur déchue du genre humain.

Les Blood Angels font partie des Space Marines pouvant vivre le plus longtemps. Une des particularités de leur patrimoine génétique est qu’il étire l’espérance de vie de celui qui en bénéficie, il n’est donc pas rare qu’un frère Blood Angel atteigne le millier d’années au service de l’Empereur et le Commandeur Dante, actuel Maître de Chapitre, approche même des onze siècles d’existence. Grâce à cette incroyable longévité, les Blood Angels peuvent perfectionner aussi bien leurs techniques de guerre que leur savoir artistique. Ils disposent de siècles entiers pour s’adonner aux disciplines vers lesquelles ils se tournent, ce qui explique le fait que leurs armures et leurs bannières soient parmi les plus ouvragées de l’Imperium.

Lors de son séjour dans la Forteresse-Monastère de Baal en 1929734.M40, l’Inquisiteur Garillion fut le témoin d’un des traits les plus étranges du Chapitre : les Blood Angels ont l’habitude de dormir aussi fréquemment qu’il leur est possible dans les sarcophages qui les ont engendrés. La croyance veut apparemment que dans cet état de sommeil profond, ils s’approchent encore un peu plus près de Sanguinius pour mieux pénétrer la psyché de leur ancêtre. Au cours de ce sommeil, leur sang est filtré et purifié, le Chapitre espère ainsi ralentir le lent processus d’une probable dégénérescence du génome jusqu’à ce qu’un remède permanent contre la dégénérescence apportée par l’Anomalie soit enfin découvert et distribué.

Il est néanmoins évident pour tous ceux qui ont pu étudier les archives Militaires des Blood Angels qu’ils font respecter la volonté de l’Empereur avec une ferveur excédant parfois celle des autres Chapitres. On peut porter au crédit des Blood Angels certains des plus grands succès de l’Imperium, il est par contre impossible de dénombrer les Xenos et les hérétiques dont les agissements ont pris fin grâce à eux et à leur vigilance.

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Patrimoine Génétique

« L’Inquisition et l’Administratum prétendent que nous sommes faibles car certains d’entre nous ont succombé à la Rage Noire. Les idiots ! La Rage Noire nous rend plus forts, car nous devrons résister à la tentation chaque jour de notre vie ou être damnés à jamais ! »
- Chapelain Blood Angel Argastes.
Accepter en soi le génogerme de Sanguinius et devenir un guerrier des Blood Angels est à la fois un don et une malédiction.
Le Chapitre fuit aujourd’hui autant que possible la présence d’autres membres de l’Adeptus Astartes. Certains officiers ont fait part de leurs soupçons quant à une terrible soif de sang que les plus alarmistes se sont empressés de qualifier de signe avant-coureur d’un passage au Chaos. Les Blood Angels passent le plus clair de leur temps à s’efforcer de remédier à leur condition, ce qui ne signifie certainement pas qu’ils sont un Chapitre condamné à tenter de chasser en vain l’influence insidieuse des puissances obscures.

Bien que ceci ne soit connu que de très peu de gens, les Blood Angels sont un Chapitre agonisant qui souffre d’un mal terrible appelé l’Anomalie. Chaque fois qu’un combat se profile, ils sont menacés par le double danger de la Soif Rouge et de la monstrueuse Rage Noire. Le premier prive les Blood Angels de leur noblesse et obscurcit leur esprit d’une irrésistible folie sanguinaire les transformant en des bêtes sauvages. Le second est cependant bien pire, car une fois que la Rage Noire s’empare d’un fils de Sanguinius, il est perdu à jamais, corps et âme.

Les épreuves inhérentes à leur héritage sont peut-être la plus grande chance de salut pour les Blood Angels, car elles impliquent l’humilité et la compréhension de leur propre imperfection, ce qui les place parmi les âmes les plus nobles de toutes les composantes de l’Adeptus Astartes. Le destin des malheureux qui succombent entièrement au souvenir de leur Primarque n’est connu que du Chapitre. Des rumeurs circulent sur une chambre secrète bâtie à l’intérieur de la Forteresse-Monastère de Baal et d’où s’échapperaient des cris implorant de pouvoir goûter au sang des vivants. Nul ne souhaite s’étendre sur les secrets qui reposent dans cet endroit sinistre et mystérieux.

Certains incidents sont survenus sur des mondes isolés où étaient stationnés les Blood Angels, des membres des populations locales furent portés disparus pour être retrouvés par la suite vidés de tout leur sang (Paradis de Rukh, Ceinture d’Amerialla, Q34/9/4503/RT/251279 Ultima Segmentum, 6569347.M36). Cela pourrait tout aussi bien être l’œuvre de cultistes cherchant à discréditer le Chapitre, certains des autochtones les plus superstitieux pourraient même fort bien avoir offert ces personnes en sacrifice à leurs divins visiteurs. Toutefois, les historiens impériaux habités d’une imagination trop galopante clament qu’il est envisageable que ces victimes aient été celles de la soif incontrôlée des Space Marines Blood Angels. Parmi ceux qui se délectent d’idées aussi impensables, certains affirment qu’il s’agit bien là de la preuve que Sanguinius fut plus affecté par le Chaos que les autres Primarques et citent pour exemple ses ailes, mutation trop évidente. Leurs arguments soutiennent la thèse que les gènes qui furent extraits de lui étaient imparfaits avant même la création des Blood Angels et que les conséquences ne pouvaient en être que catastrophiques. D’autres prétendent que l’Anomalie vient du procédé pour créer de nouvelles générations de Blood Angels. Ils estiment qu’il est apparu peu à peu car les Blood Angels utilisent le procédé appelé Insanguination pour activer le génogerme.

À l’époque de la création des Chapitres de la Première Fondation, l’Empereur Lui-même supervisa la transplantation du patrimoine des Primarques sur Ses Space Marines, mais depuis Son enchâssement dans le Trône d'Or, chaque Chapitre a eu ses propres méthodes de contrôle pour déclencher et contrôler le processus qui transforme un humain en Space Marine. Les Blood Angels pratiquaient à l’origine le rituel de l’Insanguination, une pratique assez peu orthodoxe qui consistait à injecter aux aspirants de petits échantillons du sang du Primarque. Ce procédé faillit bien s’éteindre définitivement à la mort de Sanguinius, par chance, une partie de son sang avait été conservée dans une relique nommée le Graal Rouge. Ce fluide vital hors du commun, malgré toute la puissance qui l’habitait, n’aurait pu perdurer très longtemps sans être protégé, c’est pourquoi il fut transfusé dans les organismes des Prêtres Sanguiniens qui devinrent les hôtes vivants de la force du Primarque. Aujourd’hui encore, boire le sang du Graal Rouge devant l’assemblée des Prêtres Sanguiniens fait partie du rituel d’induction des nouveaux garants de la transmission de la lignée, dont les veines seront la source qui fera entrer les novices dans le Chapitre.

Il est probable qu’au fil de l’écoulement des générations depuis les temps reculés de l’Hérésie d’Horus, les cellules hématostatiques des Prêtres aient connu successivement des mutations, d’abord lentes, puis plus rapides lors de ces derniers siècles. Le sang utilisé pour les cérémonies du Chapitre est techniquement tout aussi vulnérable que n’importe quel autre aux erreurs de réplication et à la dégénérescence, ce qui pourrait en partie expliquer le développement à long terme de la terrible malédiction qui le frappe.

Les occurrences d’instabilité génétique survenues dans les premières années de l’essor de l’Imperium et au cours de millénaires d’existence du Chapitre des Blood Angels sont extrêmement rares. À l’heure actuelle, il n’en demeure pas moins que c’est en raison de cette soif de batailles inextinguible et de cette réputation effrayante qu’ils ont acquis leur réputation d’instabilité et qu’ils sont souvent exclus d’office de nombreuses alliances avec d’autres contingents impériaux. Après que leur damnation se soit attaquée à leurs corps comme à leurs esprits, elle sape désormais tel un inexorable cancer les fondements même de leur honneur…

Quelle que soit l’origine de l’Anomalie, son emprise sur les Blood Angels se fait toujours plus forte et leur tendance à l’autodestruction ne fait que prendre de l’ampleur. Pourtant, en cette ère sombre pour l’Imperium, une lueur d’espoir est apparue pour les fils de Sanguinius, prenant la forme des Space Marines Primaris.

Space Marines Primaris

Roboute Guilliman et l’Archmagos Belisarius Cawl vinrent sur Baal avec un présent royal. En provenance des chambres d’hibernation du vaisseau de Cawl, le Zar-Quaesitor, des centaines de Space Marines Primaris prirent part à la destruction des nuées Tyranides. Ces guerriers supérieurs portaient les couleurs des Blood Angels, des Blood Drinkers, des Flesh Tearers et de bien d’autres. Héritiers de la puissance des Primarques, ils renforcèrent les rangs clairsemés de leurs Chapitres adoptifs au moment le plus opportun. Avec gratitude, les fils de Sanguinius acceptèrent ces renforts, ainsi que les appareils de Cawl qui leur permettraient de recruter et de concevoir plus de Frères de Bataille Primaris.

Tandis que les premières vagues de Primaris se joignaient à l’assaut de Guilliman pour soutenir les défenseurs de Baal, les Blood Angels et leurs successeurs restèrent abasourdis. Ils contemplaient des guerriers qui partageaient indubitablement l’héritage de Sanguinius, sa noblesse et ses traits superbes. Pourtant, ils semblaient capables de contenir la Soif Rouge avec une aisance instinctive, et aucun ne présentait de signes de la Rage Noire menaçant les autres fils de l’Ange.

Depuis leur arrivée, les Space Marines Primaris sont sous l’observation intensive de l’ordre des Prêtres Sanguiniens et de leur chef, Corbulo. Si, comme cela semble être le cas, les Frères de Bataille Primaris s’avèrent résistants aux pires débordements de l’Anomalie, peut-être représentent-ils alors la salvation pour tous les fils de Sanguinius.

La Formation d'un Blood Angels : La Création des Anges

Tout jeune de Baal rêve de devenir un Ange de la Mort. Bien peu réussiront.
Pour désigner ceux qui seront dignes de rejoindre leurs rangs, les jeunes des tribus de sang pur participent à des épreuves d’une rare violence où ils affrontent autant les paysages de leur monde natal que leurs pairs. Il s’agit d’une pratique établie depuis l’époque des tout premiers recrutements et dont les rituels n’ont pas beaucoup changé. Ces jeux se déroulent une fois par génération à la Chute de l’Ange, près de la falaise interdite où Sanguinius fut trouvé, et sont annoncés par l’arrivée des "chars volants" (les Thunderhawks des Blood Angels). Les aspirants doivent atteindre cet endroit comme ils le peuvent, une première épreuve qui purge la foule de ses éléments les plus faibles. Il leur faut traverser un désert hostile sur des kilomètres et sauter de hautes falaises, uniquement portés par des "Ailes d’Ange", un assemblage primitif de peaux et de branches à peine en mesure de les porter. Ils doivent ensuite retrouver leur chemin au milieu de gorges infestées de Scorpions de Feu et d’Assoiffés, de terribles prédateurs qui drainent toute humidité de leurs proies. Les ossements desséchés de précédents candidats témoignent de ce danger à ne pas sous-estimer.

Sur le lieu d’atterrissage se tiennent ensuite des combats de gladiateurs identiques à ceux du système d’Ultramar et auxquels seuls les plus doués survivent. Une fois qu’une cinquantaine de vainqueurs a été désignée parmi les aspirants, ils embarquent dans les Thunderhawks pour la suite de leurs épreuves. Les impétrants malchanceux retournent vers leur société pour y occuper de hauts rangs ou gardent la Chute de l’Ange jusqu’à ce que la génération suivante soit prête. Les autres sont emmenés sur Baal, dans la Forteresse-Monastère des Blood Angels où les visions de magnificence et de gloire en ébahissent plus d’un. Ils passent en ordre de marche devant l’assemblée de leurs futurs frères, ce qui a pour but de marquer clairement le contraste entre les nouveaux venus et les Space Marines.

On sait quels sévères effets débilitants l’atmosphère et le climat des satellites de Baal ont sur ceux qui y ont vécu. Le corps de la plupart des aspirants portent l’empreinte profonde de leurs anciennes vies, car il est impossible pour un homme ordinaire de supporter de telles conditions sans en subir les conséquences. Malgré leur jeunesse, ils sont souvent voûtés et couverts de lésions diverses, et leurs corps sont plutôt frêles car leur croissance fut retardée par la malnutrition. En comparaison, les Space Marines qui les dépassent d’au moins une tête représentent un idéal de beauté sculpturale avec leur peau lisse, leurs traits fins et leur dentition parfaite.

Les aspirants sont menés à la Grande Chapelle des Blood Angels où ils doivent observer une veille de trois jours et trois nuits. Certains s’effondrent de sommeil malgré leurs efforts et sont emportés sans que l’on sache ce qu’il advient d’eux. Les Prêtres Sanguiniens s’avancent alors sous la lumière des candélabres. Ces individus remplissent pour les Blood Angels le rôle d’Apothicaires, mais leur mission est un peu plus inhabituelle, car leur est confiée la préservation du sang de leur Primarque et on dit que le calice qu’ils tendent aux aspirants à la fin de cette veille contient quelques gouttes de ce précieux et noble liquide. Une fois que tous y ont bu, ils tombent dans un profond coma durant lequel leur cœur s’arrête, puis sont transportés par des Serviteurs vers l’Apothecarion où le patrimoine sacré de Sanguinius leur est implanté. Ils sont déposés au son du Credo Vitae dans la Salle des Sarcophages, dont l’architecture est celle d’une cathédrale, mais dont les dimensions sont telles qu’elle pourrait abriter plusieurs de ces édifices sans qu’une de leurs flèches ne touche son plafond. Ses murs sont ornés de nombreux sarcophages dorés faisant deux fois la taille d’un humain où les novices endormis sont placés puis connectés à un attirail de systèmes de survie.

Nourris par intraveineuse, ils y restent une année entière durant laquelle le sang du Primarque court sans cesse dans leurs veines. Beaucoup meurent à ce stade, leur constitution trop faible ne parvenant pas à s’accommoder de l’influence mutagène du patrimoine génétique, et il est des choses qu’il vaut mieux taire ici. Ceux qui résistent à ce calvaire acquièrent une nouvelle constitution, en aussi peu de temps qu’il avait fallu à leur ancêtre. Il arrive parfois qu’un aspirant s’éveille avant l’ouverture du carcan qui le transforme, il y vit alors des semaines, voire des mois dans les ténèbres avant d’en ressortir en proie à une incurable folie, ou pire encore.

Si le corps de l’aspirant s’adapte, sa masse musculaire augmente et il assimile les organes qui lui furent greffés dans l’Apothecarion. Son long sommeil a été habité par des rêves étranges, très réalistes, issus de la mémoire de Sanguinius. L’essence même du Primarque teinte les esprits de ses nouveaux fils car ces fortes émotions et ces souvenirs s’impriment de façon permanente dans leurs âmes de Blood Angels naissants.

Lorsque les aspirants sont finalement tirés de leurs sarcophages, peu de gens pourraient croire qu’il s’agit des mêmes hommes qui furent autrefois sauvés de l’enfer de Baal Secundus. Ils sont devenus immensément grands et forts, au-delà des limites humaines, leurs corps restructurés ont hérité d’une beauté rappelant celle de leur angélique aïeul, leurs sens se sont affinés et leurs muscles sont plus solides que l’acier trempé.

Ils n’ont pourtant accompli que les premiers pas sur cette route qui fera d’eux de véritables Blood Angels.

La Soif Rouge

Au cœur de la psyché de tout Blood Angel sommeille un terrifiant désir de destruction, une soif de sang qui doit être constamment refoulée, mais peu de frères parviennent à se contrôler en permanence, et il est loin d’être rare que certains succombent à cette folie passagère au milieu d’une bataille. La Soif Rouge est le plus sinistre secret et la plus grande malédiction des Blood Angels. Elle est aussi leur salut car elle leur apporte humilité et compréhension de leur échec, ce qui fait des Blood Angels le plus noble des Chapitres Astartes. Le destin des malheureux dominés complètement par la Soif Rouge n’est connu que des membres du Chapitre. Des légendes courent sur l’existence d’une salle secrète au sommet de la Tour d’Amareo sur Baal, et sur les hurlements réclamant le sang des vivants qui y retentissent, mais personne ne peut affirmer quoi que ce soit sur les mystères de ce lieu maudit.

La Rage Noire

Ceux qui succombent à la Rage Noire rejoignent la Compagnie de la Mort, consumés par la folie.
Les Blood Angels sont uniques dans la mesure où, profondément gravée dans leur génogerme, se trouve l’expérience de Sanguinius et, plus profondément encore, le souvenir de son ultime combat contre Horus. Parfois, à la veille d’une bataille, un événement déclenche la "mémoire atavique" d’un guerrier et celui-ci plonge soudain violemment dans le lointain passé. La Rage Noire l’envahit, les souvenirs et la conscience de Sanguinius occupent son esprit et de terribles événements vieux de dix mille ans occultent le présent.

Un guerrier possédé par la Rage Noire paraît à moitié fou. Il est incapable de distinguer le passé du présent et ne reconnaît pas ses camarades. Il peut penser être Sanguinius à la veille de sa mort et que les féroces combats de l’Hérésie d’Horus se déroulent autour de lui. Un Frère de Bataille ainsi affligé arrive au bout de son chemin, car celui-ci ne peut plus le conduire qu’à la Compagnie de la Mort, au sein de laquelle, avec les autres âmes perdues du Chapitre, il livrera un dernier combat au nom de Sanguinius. Ce sont les Chapelains qui mènent la Compagnie de la Mort, et qui s’assurent que son sacrifice ne sera jamais inutile.

L'Hérésie d'Horus

Peut-être plus que pour tout autre Chapitre loyaliste, les événements de l’Hérésie d’Horus ont eu sur les Blood Angels un effet horrible et permanent qui a depuis façonné leur tragique destin.

Alors qu’il semblait que la vision de l’Empereur allait s’accomplir, la Grande Croisade s’acheva de la plus terrible et de la plus inimaginable des façons. Le Maître de Guerre Horus, autrefois l’enfant chéri de l’Empereur, passa au Chaos et plongea la dague de la trahison profondément dans le cœur de l’Imperium. Celui-ci n’a pas encore récupéré de cette blessure. L’être corrompu et malveillant qu’était devenu Horus parvint à manipuler plusieurs Primarques pour les tourner contre leur propre père et mentor, l’Empereur de l’Humanité Lui-même. Près de la moitié des armées de la galaxie se rallièrent à lui, dont une grande partie des Légions Space Marines. À l’aube de ce qui devait être une nouvelle ère de gloire, le genre humain fut plongé dans la pire guerre fratricide qu’il ait jamais connue. Des milliards de vies furent sacrifiées sur l’autel de la guerre, et chacune des âmes ainsi perdues nourrit l’insatiable appétit des Dieux du Chaos.

Si la Grande Croisade avait été le plus beau moment de l’Humanité, l’Hérésie d’Horus en fut le plus noir. Les frères s’entre-déchirèrent sans la moindre pitié. Des héros furent assassinés, des mondes brûlèrent et le rêve de paix de l’Empereur fut brisé pour toujours.

Jamais en ces temps de ténèbres les Blood Angels ne faiblirent, et ils restèrent loyaux à l’Empereur. Sanguinius prit la place laissée vacante par la trahison d’Horus et assura le commandement des forces impériales. Ce faisant, il mit les Blood Angels en première ligne des combats. Leur rivalité avec les World Eaters se transforma en une haine farouche, car les deux Légions servaient désormais des maîtres différents, et les combats qui les opposèrent figurent parmi les plus épouvantables jamais vus. On raconte qu’Horus haïssait et craignait Sanguinius plus qu’aucun de ses autres frères et élabora bien des ruses pour le corrompre ou l’assassiner, mais aucune ne réussit.

Le point culminant de cette traîtrise fut l’attaque combinée des forces d’Horus contre le Palais de Terra, où les renégats affrontèrent leurs frères Space Marines jusqu’au moment où les fortifications du très saint monument parurent condamnées à tomber. Dans leur essor, les puissances auxquelles s’était allié Horus l’avaient doté d’un pouvoir dépassant l’imagination, au prix de son âme immortelle. Ainsi, malgré la toute-puissance de l’Empereur et les efforts de Sanguinius et des autres Primarques, les forces d’Horus balayaient tout sur leur passage. Trop rapidement, l’Empereur fut assiégé dans Son palais de Terra. En comparaison des séides d’Horus, seule une poignée de guerriers demeuraient à ses côtés pour faire face aux armées de Démons, de traîtres et de Space Marines renégats. Les Blood Angels dirigeaient la défense du palais et ne perdirent jamais courage malgré l’ampleur des forces qu’ils devaient affronter. Aux côtés de leurs frères Imperial Fists, des soldats de l’Armée Impériale braves mais trop peu nombreux, et des stoïques Adeptus Custodes, les Blood Angels tenaient les remparts du bastion. Mais ils ne pourraient remporter la guerre, ni même ne serait-ce qu’y survivre, en demeurant dans la position de l’assiégé.

Sur les somptueux vitraux du Sanctus Prætoria Imperator, Sanguinius est immortalisé se battant au-dessus du massacre contre des Démons qui auraient pu annihiler toute raison dans l’esprit d’autres grands héros d’un simple mot. Ce fut seul qu’il tint les remparts contre les vagues démoniaques qui tentaient de se déverser dans les halls sacrés du Palais de l’Empereur. Plusieurs récits remontant à cette époque louent la valeur et les efforts incessants que déployèrent les Blood Angels au cours de la défense du spatioport du Mur d’Éternité. Bien qu’ils y mourussent par centaines, ils repoussèrent une mer d’atrocités plus vaste que tout ce qui avait pu se voir auparavant. Beaucoup parlent de la lumière qui baignait les fils de Sanguinius, tandis que sa lame de feu abattait ses ennemis dans le ciel. Ce fut cependant sur la Barge de Bataille d’Horus que le Primarque devait accomplir son plus haut fait.

Sûr de sa victoire, Horus observait la bataille de la passerelle de son vaisseau-amiral. Il voulait soumettre lui-même l’Empereur après Sa défaite et l’obliger à Se mettre à genoux avant de se repaître de l’âme du père de l’Humanité. Alors que ses armées ouvraient l’ultime brèche dans les défenses et se ruaient dans les salles du Palais, un Démon issu du Warp apprit à Horus qu’une flotte loyaliste sous le commandement de Leman Russ et de Lion El'Jonson était sur le point de faire son apparition, or il lui faudrait encore plusieurs jours pour venir à bout des dernières poches de résistance. Horus relâcha alors le bouclier psychique entourant son navire et l’Empereur y débarqua dans l’instant, Sanguinius, Rogal Dorn et quelques guerriers à Ses côtés.

On sait que le Primarque avait reçu don de prédiction. Son âme était parfaitement pure et ses prophéties survenaient inévitablement. Il est donc supputable que Sanguinius savait parfaitement aller au-devant de la mort lorsqu’il vint affronter le Maître de Guerre, ce qu’il fit toutefois sans hésitation. Que cet acte ait été motivé par son fatalisme ou par sa loyauté envers l’Empereur est un sujet débattu par les théologiens manquant de la foi la plus élémentaire, mais il ne fait aucun doute pour les Blood Angels qu’il se jeta dans la gueule du loup par sens du devoir, ne sachant que trop bien quelle en serait l’issue.

Seuls les Blood Angels connaissent en détail quelle fut la fin de leur Primarque. Son abnégation trouve écho dans le cœur de chacun d’eux, consumé par les rêves troublés du trépas de Sanguinius. Cet héritage mémoriel est si fort que les Blood Angels tombent parfois dans un état de transe désigné comme la Rage Noire et qui les fait endurer de douloureuses visions qu’ils partagent avec leur père fondateur. Il est exact qu’à mesure qu’un Blood Angel vieillit et qu’il est le témoin de terribles effusions de sang, il devient de plus en plus enclin à céder à la Rage Noire.

Le Chapelain Lestrallio, célèbre martyr du Chapitre, mit en œuvre une méthode permettant à ceux qui succombent à la Rage Noire lors d’un voyage dans les profondeurs du vide de l’espace de pouvoir servir néanmoins leur cause. La procédure Lestrallio implique de se tourner vers les Prêtres Sanguiniens lorsque toutes les tentatives de résistance ont échoué et que la victime ne peut être envoyée vers nul ennemi pour le massacrer. Le volontaire est entravé de chaînes d’adamantium, souvent au prix de la vie de plusieurs Serviteurs, puis transporté dans les entrailles du vaisseau. Là, dans la pénombre de l’Apothecarion, il est encouragé à parler de ce qu’il aperçoit autour de lui, ses visions étant celles de Sanguinius dans les profondeurs impies de la barge d’Horus.

Le passage qui suit est extrait des descriptions faites par le Chapelain Lestrallio en personne, enregistrées en 2432053.M36. Cela reste le plus long récit de visions induites par la Rage Noire et témoigne à titre posthume de la grande force mentale de Lestrallio.

« Il fait noir… aaah ! Ça brûle ! L’odeur est si forte… L’odeur… La pourriture, la pourriture et la mort. Il fait chaud… Tellement chaud… Mes plumes se flétrissent, et je replie mes ailes pour qu’elles ne touchent pas les murs, des murs… C’est l’enfer… Des pointes poussent au travers de… » <Spasme du sujet> <Hurlement de rage> « Qu’est-ce… Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est trop rapide ! Aaaaaaaah Pour l’Empereur ! Meurs ! MEURS ! » <Le sujet se calme et murmure de façon inintelligible, peut-être une prière>

« Où est-il passé ? Où est-il ! Tu ne peux pas m’arrêter, ignoble engeance du Chaos ! Aaargh ! » <Spasme du sujet qui serre les dents> « Maudite lumière… »

« Brûlez ! Brûlez tous ! <Indéchiffrable>, ce ne sont pas des murs, ce tunnel est fait de chair pourrie, elle éclate sous mes pas, l’odeur du pus… » <Le sujet hurle puis se calme>

« Je te trouverai, lâche. »

<Six secondes s’écoulent, le sujet ouvre les yeux> « Viens m’affronter, Traître ! Viens ! Pour l’Empereur ! POUR L’EMPEREUR ! »

C’est à ce point, après un spasme violent plus long que les autres que le Chapelain Lestrallio mourut d’un traumatisme physiologique fatal, effet regrettable de la procédure qui n’est cependant pas jugée infamante par la plupart des Blood Angels.

La mise en parallèle des résultats de ces expériences permet de tirer certaines conclusions grâce à l’aide apportée par les victimes de la Rage Noire. On pense que Sanguinius fut séparé de ses camarades et, si la légende dit vrai, fut amené devant Horus par la ruse. Dans sa malfaisance, celui-ci offrit au Primarque une dernière chance de renier l’Empereur et de rejoindre son camp. Mais le Primarque des Blood Angels resta loyal jusqu’au bout et refusa. Horus entra dans une colère noire et attaqua, infligeant des dommages psychiques inimaginables à Sanguinius, qui sans cela l’aurait peut-être vaincu, comme se plaisent à le croire les Blood Angels, mais même au summum de sa puissance, Sanguinius n’aurait pu espérer triompher de l’abomination qu’était devenu son frère ; de plus, le Primarque était épuisé et souffrait des nombreuses blessures reçues durant le siège. Horus s’assura que la mort de Sanguinius serait la plus douloureuse et la plus répugnante qu’il lui était possible de lui infliger.

L’assaut psychique du Maître de Guerre résonne au-delà de l’espace et du temps dans les âmes des fils du Primarque, dont le renoncement est censé avoir retenu Horus suffisamment longtemps pour permettre à l’Empereur de rejoindre le traître, triomphant au-dessus de la forme brisée de Sanguinius, dans l’endroit de son antre où Il le vainquit au prix que l’on sait. Ce duel est raconté par des légendes car les faits exacts sont depuis longtemps perdus, mais il est un détail que toutes les versions du récit ont conservé : malgré l’immensité du pouvoir de l’Empereur, jamais Il n’aurait pu vaincre Horus si la lame de Sanguinius n’avait pas ouvert une fissure dans l’armure du Maître de Guerre.

La perte de Sanguinius fut un des nombreux coups durs portés à l’Imperium ce jour-là, mais pour les Blood Angels, ce fut le plus terrible de tous. L’agonie de Primarque fut si intense que tous ses enfants, partageant un lien privilégié avec leur géniteur, en portent encore la marque dans leur chair et leur esprit.

C’est ainsi que le sang des Blood Angels en vint à être maudit et continue de l’être à ce jour.

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Héraldique des Blood Angels

Sergent/Sergent Vétéran :
Les Sergents portent des épaulières noires avec les bordures rouges, contrairement au reste de leur escouade.
Le Chapitre est identifié par la couleur principale de l’armure et l’icône de l’épaulière gauche.
Lieutenant/Capitaine :
Les officiers supérieurs Blood Angels portent des versions plus ornementées des marquages de leurs Compagnies. Voici l’héraldique des commandants de la 2e Compagnies.
La Compagnie à laquelle appartient un Blood Angel est représentée par l’icône figurée sur son épaulière. L’insigne de la 1ère Compagnie est un crâne, tandis que ceux des autres sont des gouttes de sang colorées. Lorsqu’un frère rejoint la Compagnie de la Mort, son insigne de Compagnie est remplacé par ceux de cette confrérie maudite.
Ce Space Marine est un Frère de Bataille, appartenant à la 2e escouade de la 3e Compagnie des Blood Angels.
Le rôle tactique d’un Blood Angel est indiqué par la couleur de son casque, afin d’identifier sa position dans le Chapitre d’un seul coup d’œil.
Le numéro d’escouade au sein d’une Compagnie est indiqué par une icône de couleur affichée sur le genouillère droite du Frère de Bataille. Des numéros d’escouade supplémentaire ont été introduits afin de suivre la révision du Codex Astartes par Guilliman et la réorganisation des Compagnies de Réserve.


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Héraldique de la Légion des Blood Angels[7]
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Cette épaulière MkIII porte le marquage de la Legio Tactique standard. Noté les détails décoratifs supplémentaires, une ostentation encouragée par Sanguinius

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Cette épaulière cérémonielle MkIII montre les marques d’honneur d’un Sergent d’Assaut vétéran, incluant les détails ornementaux communs à la IXe Légion

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Un rare exemple de l’héraldique de l’Ordre du Premier Cercle connu sous le nom d’Ofanim, une organisation chargée de la sécurité intérieure de la IXe Légion

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Héraldique d’Apothicaire très ornementée. Ce décor somptueux était un facteur commun des motifs héraldiques des Blood Angels

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Plaque d’Artificier portant l’insigne de la Garde Sanguinienne, un Ordre du Premier Cercle, parfois connu sous le nom de Séraphin

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Un exemple inhabituel de l’héraldique des Keruvim, les Paladins Cramoisis, représenté sur une épaulière MkIII. Probablement à des fins cérémonielles plutôt que pour la bataille

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Épaulière, MkIV portant des marques d’honneur qui montrent un calice rempli de sang, un dispositif commun au sein de la IXe Légion qui remonte à certains des rites de bataille originaux de la Légion

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Insigne de la Légion richement décoré. Cet exemple provient de la plaque de bataille de l’Archein Nakir de la 24e Compagnie - un guerrier célèbre et favori du Primarque

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Chapitres Successeurs

« Car celui qui aujourd’hui verse son sang à mes côtés, celui-là sera mon frère d’armes pour l'éternité. »
- Dernière ligne de l’Invocation d’Initiation des Flesh Tearers.

Même s’ils n’ont jamais été aussi prolifiques que les Ultramarines ou les Imperial Fists, les Blood Angels ne sont pas dépourvus de Chapitres successeurs, et leurs faits d’armes rayonnent dans les étoiles. La plupart furent fondés dans les années qui suivirent l’Hérésie d’Horus, avant que la terrible vérité sur leur patrimoine génétique éclate. Ces Chapitres sont intimement liés aux Blood Angels par le sang et la tradition. S’en prendre à l’un d’entre eux revient à encourir la colère de tous les autres. Des sables brûlants de Baal jusqu’aux recoins les plus sombres de la galaxie, les Blood Angels et leurs successeurs apportent la mort aux Xenos, aux mutants et aux hérétiques. Chaque Bolt, chaque coup d’épée prend la vie d’un ennemi de l’Humanité, et ils honorent ainsi le Primarque angélique qui leur a donné vie, et dont la puissance coule encore dans leurs veines.

Angels Encarmine

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Peu de Chapitres Space Marines sont aussi actifs que les Angels Encarmine. Ils sont toujours en campagne, leurs rangs sont donc souvent dégarnis, et par conséquent leur Compagnie de la Mort est toujours importante. Ils compensent leur nombre limité par leur ferveur, et ont gagné le respect de maints Gouverneurs Planétaires et Maîtres de Chapitres.

Angels Sanguine

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L’histoire des Angels Sanguine est longue et glorieuse. Ils ont été décisifs dans bien des victoires contre des horreurs jaillies de l’Œil de la Terreur. En revanche nul ne sait ce qui pousse leurs Frères de Bataille à se cacher le visage face aux autres forces impériales en permanence… Et pourquoi leur Chapitre dispose-t-il d’un Librarius aussi important avec presque deux fois plus de membres que d’ordinaire ?

Flesh Tearers

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La colère aveugle des Flesh Tearers est célèbre, tout comme les actes de sauvagerie que leurs Frères de Bataille commettent au combat. Ils se sont tellement aliéné les autres forces impériales que la plupart des commandants n’acceptent leur aide qu’en cas de dernier recours. Leur brutalité est telle qu’à plusieurs reprises, leurs alliés ont demandé qu’ils soient soumis aux investigations de l’Inquisition.

Carmine Blades

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Le Chapitre connu l’origine sous le nom de Swords of Haldroth ne fut pas reconnu comme un successeur des Blood Angels avant la fin du M41. Rebaptisé Carmin Blades, il n’accepta qu’avec réticence de respecter les traditions des Blood Angels. Leurs Prêtres Sanguiniens récemment intronisés doivent encore lutter pour éradiquer les pires excès de l’ancienne culture guerrière du Chapitre qui se montre sinon loyal et efficace.

Angels Vermillion

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Les Angels Vermillion évitent tout contact avec les autres Chapitres, et préfèrent porter seuls le fardeau de leur malédiction. Leurs chroniques sont donc mystérieuses, pourtant les quelques rapports sur leurs états de service sont exemplaires. Malgré cela, le Commandeur Dante a toujours refusé de tenter de se rapprocher de ce Chapitre si discret.

Blood Drinkers

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Au lieu de renier la soif de sang qui les taraude, les Blood Drinkers l’étanchent sans remords, afin de la dompter, même au combat, en pratiquant des rituels avant et après la bataille. L’acceptation de leur nature véritable semble avoir donné aux Blood Drinkers un niveau de contrôle inespéré sur l’Anomalie, et a réduit les cas de Rage Noire, mais il reste à voir les conséquences de ces choix dans le futur.

Knights of the Chalice

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Les Knights of the Chalice sont un Chapitre Primaris déployé pour la première fois au début de la Croisade Indomitus. Ils sont célèbres pour leurs frappes orbitales de grande envergure, et alignent de nombreuses escouades Inceptor qui établissent une tête de pont. Ces assauts sont associés aux attaques de Reivers qui plongent l’ennemi dans la confusion, ce qui permet de les vaincre rapidement.

Lamenters

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Les Lamenters ont une histoire tumultueuse et sombre. À deux reprises, ils ont été poussés au bord de l’extinction, d’abord pendant la Guerre de Badab, puis face aux horreurs des Tyranides. Ils ont pourtant survécu, en dépit de l’instabilité de leur patrimoine génétique. Leur Maître de Chapitre affirme qu’à chaque épreuve passée avec succès, les Lamenters sont devenus plus forts et plus déterminés.


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Chronique des Héros

« Nous sommes la manifestation de la vengeance des Blood Angels. Craignez notre colère ! »
- Sergent Vétéran Armando, 1ère Compagnie des Blood Angels.

Dès l’aube de l’Imperium, les Blood Angels se battirent pour défendre les domaines de l’Empereur. En dépit des ténèbres tapies dans leurs âmes, les fils de Sanguinius ont prouvé d’innombrables fois qu’ils étaient des héros dignes de ce nom. Aujourd’hui encore, alors que l’ombre s’étend, ils restent un fanal d’espoir dans une galaxie en perdition.

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Sources

  • Index Astartes du White Dwarf N°94 (Février 2002)
  • Codex Adeptus Astartes Blood Angels, V8
  • Codex Blood Angels, V5
  • Codex Blood Angels, V3
  • The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence
  • HALEY GUY, La Dévastation de Baal, Black Library, 2017
  1. Informations issues de La Dévastation de Baal, Chapitre Deux - L'Ombre Arrive, Chapitre Dix - Le Grand Concile Rouge, Chapitre Trente - Un Sang Nouveau, de HALEY GUY, Black Library, 2017et résumées par Guilhem.
  2. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Blood Angels - Unit Organisation and Within the Legion - Orders of the First Sphere (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Blood Angels - The Immortal Warrior (traduit de l'anglais par Guilhem)
  4. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Blood Angels - Unit Organisation and Within the Legion (traduit de l'anglais par Guilhem)
  5. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Blood Angels - Legion Command Hierarchy (traduit de l'anglais par Guilhem)
  6. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Blood Angels - War Disposition (traduit de l'anglais par Guilhem)
  7. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Blood Angels - Blood Angels Heraldry (traduit de l'anglais par Guilhem)