Concile de Nikaea

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« Je me rends compte à présent d’avoir laissé Mes fils s’engager trop avant dans des matières dont Je n’aurais seulement pas dû leur laisser connaître l’existence. Qu’il soit su de tous que nul ne souffrira de reproches, car le but de ce conclave est de servir l’Unité et non la discorde. Mais pas davantage ne sera-t-il permis à la menace de la sorcellerie de souiller les guerriers de l’Astartes. Par conséquent, il est de Mon vouloir que plus aucune Légion ne conserve de Librarius. Tous les guerriers et instructeurs de ces départements seront retournés à leurs Compagnies de Combat et ne devront plus jamais faire usage d’aucun pouvoir psychique. »
« Malheur à qui ignorera cet avertissement ou brisera son pacte avec Moi. Celui-là deviendra Mon ennemi, et sur lui comme sur tous ses suivants s’abattra une telle dévastation que jusqu’au terme de toute chose, il regretta le jour où il se sera détourné de Ma lumière. »
- Le Jugement de l’Empereur au Concile de Nikaea.

Le Projet Librarius et la Souillure de la Longue Nuit[modifier]

Le Serment de Bezant[1]

Parmi les nombreux secrets que les Thousand Sons ont dissimulé et qui seraient révélés à la suite de la destruction de Prospero, il y avait celui des événements survenus dans le monde lointain de Bezant, en 823.M30. C’est là que le premier membre de la XVe Légion succomba au coût terrible des puissances employées avec tant d’abandon au cours des premières années de campagne des Thousand Sons dans la Grande Croisade. Sa chair même fut corrompue par les effets des manifestations psychiques de la Légion, effets qui se retournèrent contre lui. Plutôt que de révéler cette tragédie accablante aux dirigeants de la Grande Croisade et de risquer la censure et même peut-être la destruction, les Capitaines de la XVe Légion ont plutôt choisi de dissimuler cet événement.

Le conclave des Capitaines qui dirigeaient les Thousand Sons dans les années précédant la venue de Magnus appela la Légion à prêter "le Serment de Bezant", mentant aux seigneurs de Terra et à l’Empereur Lui-même, afin que la Légion puisse faire face à cet incident de chair corrompue sans aide extérieure ni jugement, ne considérant peut-être personne d’autre capable d’accomplir une telle tâche ou simplement pour éviter tout jugement extérieur. Tel était l’orgueil et l’isolement qui en résulta, consumant la Légion à son zénith. Car tout comme la distance entretenue par les autres Légions les protégeaient de la souillure de la XVe, cela les laissa également incapables d’influencer ou d’aider leurs frères chancelants, les condamnant à la catastrophe qui allait plus tard s’abattre sur la Légion.

À l’aube du 31e Millénaire, certains membres de la Grande Croisade pensaient que les Thousand Sons et leur maître s’étaient tout simplement engagés trop loin sur une voie longtemps interdite par l’Empereur : celle de la sorcellerie. Mais qu’est-ce que la sorcellerie ? Pour beaucoup, en particulier pour les esprits superstitieux, la manifestation de tout pouvoir psychique pouvait être qualifiée de sorcellerie, et il est peut-être vrai que cette croyance repose sur le fait que toutes les capacités psychiques, aussi rigoureusement contrôlées soient-elles, sont périlleuses par leur nature même. Mais la définition la plus courante a toujours été que la "sorcellerie", étant un terme antique et mystérieux, et qu’à l’Âge de l’Imperium on devait plutôt parler de la poursuite inconsidérée du pouvoir psychique ou de la maîtrise des forces de l’Empyrean sans les mesures nécessaires de contrôle et de prudence, en particulier en ce qui concernait la manipulation de certains textes interdits et d’anciennes pratiques humaines et Xenos. Ces arts, poursuivis dans le but de maîtriser des forces d’un pouvoir et d’une puissance terribles sans prendre en compte les mesures et restrictions que la volonté et la sagesse de l’Empereur avait imposé à Sa nouvelle civilisation humaine, étaient considérés par tout esprit sain comme incroyablement dangereux, pas seulement pour l’individu qui les recherchait, mais pour tout ceux autour d’eux. En bref, ils étaient l’incarnation des péchés du passé délibérément répétés, et c’est de ces actes que les Thousand Sons étaient généralement soupçonnés.

Les voix les plus fortes qui appelèrent à la censure de la XVe Légion pour s’être éloignée de la raison et de la loi étaient celles des Primarques Leman Russ des Space Wolves, Corvus Corax de la Raven Guard et Mortarion de la Death Guard. Tous les trois furent confrontés à diverses époques aux horreurs inimaginables qui pouvaient résulter de l’abus ultime du pouvoir psychique et craignaient que, s’ils étaient livrés à eux-mêmes, les Thousand Sons apporteraient une telle calamité sur eux-mêmes et les mondes de l’Imperium naissant.

Cette opinion avait derrière elle le poids de l’histoire, car on pensait souvent que la Longue Nuit, qui avait consumée la civilisation humaine et provoquée la longue Ère des Luttes, avait pour origine la prolifération de puissants et inarrêtables Psykers. En effet, bon nombre des pires chefs de guerre, qui avaient dévasté la Vieille Terra avant les Guerres d'Unification et transformé d’autres mondes jadis brillants en charniers, avaient exercé les mêmes pouvoirs ténébreux, nés d’une mutation psychique incontrôlée et de la poursuite d’une connaissance terrible qu’aucun esprit mortel ne pouvait contrôler. De plus, l’Imperium s’était toujours méfié des détenteurs de tels pouvoirs et, tout en s’appuyant sur les Navigators et les Astropathes de l’Astronomican pour assurer son existence, structurait et contrôlait de manière rigide la nature et la portée de ces organisations, obligeant les Psykers à se mettre dans les rangs, leur imposant un lourd joug de servitude et des restrictions imposées par la loi.

Dès le début de la Grande Croisade, l’Empereur Lui-même avait créé l’Ordre des Sœurs du Silence. Il leur avait donné le devoir de réduire le nombre de Psykers incontrôlables et non assermentés par l’Imperium, leur nombre ne cessant de grandir. Les Psykers devaient se soumettre à la Divisio Telepathica pour des tests draconiens, d’endoctrinement et de soumission forcée à des techniques conçues pour canaliser et limiter leurs pouvoirs, ou simplement être condamné à une incarcération éternelle ou à la mort, selon les besoins. Mais les Psykers existaient aussi dans les rangs des Légions Space Marines, et avec la puissance biologique des Astartes pour abriter ces capacités et leurs talents belliqueux pour les aiguiser, ces Psykers de bataille Space Marines étaient des guerriers terriblement puissants, et dès le début, cela souleva des questions.

Pour leurs détracteurs, tels que Russ et Mortarion, les Psykers issus des rangs des Legiones Astartes étaient principalement suspects. Cela tenait au fait qu’ils ne connaissaient souvent aucune des limitations imposées par la Scholastica Psykana et qu’il n’y avait que peu de contrôle direct, comme on en trouvait ailleurs dans l’Imperium. C’était le cas avec les Thousand Sons, une Légion de Space Marine qui, par l’influence de sa graine génétique, formait l’une des plus grandes concentrations de Psykers jamais rencontrés et, avec le temps, une suspicion grandissait à l’égard de la XVe Légion, à cause des sa dissimulation et des ses secrets arcaniques.

Pourtant, l’utilisation de pouvoirs psychiques au sein des forces armées de l’Imperium n’était pas sans fondement, car Sanguinius des Blood Angels et Jaghatai Khan des White Scars s’appuyaient tous deux sur l’utilisation de guerriers exceptionnellement doués au sein de leurs propres forces, leur imposant leurs propres structures et contrôles, aussi ponctuels qu’elles aient été. Il y a aussi le fait immuable que l’Empereur Lui-même était un Psyker au pouvoir sans précédent, bien que l’ampleur de Sa puissance psychique était telle qu’Il était au-delà des périls de l’Empyrean, et qu’Il avait Lui-même délibérément fait ce que les Thousand Sons étaient, du moins au commencement. En outre et avec plus de discrétion, Alpharius de l’Alpha Legion, Fulgrim des Emperor's Children et Hante la Nuit - Curze lui-même était un puissant oracle psychique selon certains témoignages - tous utilisaient activement des Psykers dans les rangs de leurs Légions, bien que peut-être avec plus de réserve et moins d’étalage.

Ces Primarques avaient tous soutenu un projet de formation d’une structure au sein des Légions Space Marines, qui devait permettre aux Légionnaires aux talents psychiques d’exercer leurs pouvoirs en toute sécurité, de manière ciblée et disciplinée - une initiative qui sera connue sous le nom de Projet Librarius au cours de la moitié de la Grande Croisade. Cette expérience, appuyée par l’Empereur, cherchait à prouver la sécurité et l’utilité des Psykers de bataille dans les rangs des Space Marines. L’inclusion du Librarius dans l’ordre de bataille des Space Marines était au mieux un succès mitigé. Son modèle, développé à partir de structures existantes provenant des Blood Angels, a été adopté par certaines Légions, mais fut consenti à contrecœur par d’autres.

En vérité, à cause d’une origine génétique et à une prédilection, certaines Légions n’avaient tout simplement pas suffisamment de Psykers potentiels dans leurs rangs pour rendre possible un Librarius à grande échelle. D’autres qui disposaient pourtant des ressources génétiques requises, freinaient la formation d’un Librarius à cause de leur tempérament ou de ce que leur culture considérait encore comme une force périlleuse et imprévisible. Comme l’énonça le Primarque Perturabo des Iron Warriors : « Une lame sans poignée est aussi dangereuse pour celui qui la saisie que pour la victime ». Pour les Thousand Sons cependant, le Projet Librarius était à la fois un baume contre les soupçons extérieurs et une justification de leur nature particulière. Ils l’avaient immédiatement intégré à leurs structures existantes, ou peut-être plus exactement, utilisé comme un outil pour protéger leur Légion.

En fin de compte, le Projet Librarius et les mesures connexes n’ont fait que retarder le scandale suscité par la manipulation présumée de pouvoirs interdits par les Thousand Sons de manipuler des pouvoirs interdits au lieu de l’annuler. À la suite du retrait de l’Empereur vers Terra et de l’élévation d’Horus en tant que Maître de Guerre, les Primarques opposés au Librarius ont demandé à l’Empereur de porter un jugement définitif sur la question avant de retourner sur le Monde-Trône. Telle était la puissance des arguments de Russ et de Mortarion, qui finirent par convaincre de nombreux membres de la fraternité des Primarques. Même l’éternelle rivalité entre Rogal Dorn et Perturabo fut mise entre parenthèse alors que les deux hommes soutenaient les appels à la fin du Librarius et condamnaient ouvertement les actions de Magnus, le Sorcier de Prospero.

Le jugement eu lieu au Concile de Nikaea, un conclave spécialement convoqué à cet effet, qui accueillit des représentants de toutes les Légions Space Marines et de nombreuses grandes institutions de l’Imperium. Son objectif apparent était que l’Empereur entende les représentants des divers Librarius et de ceux qui avaient été témoins de leurs actes au combat, et émette Son jugement sur leur existence. Cependant, beaucoup à cette époque et au cours des dernières années, ont vu dans le Concile non pas un acte de clôture de la grande expérience du Librarius dans les Légions Astartes disparates, ni une évaluation finale d’un programme expérimental par Son créateur, mais plutôt le procès des Thousand Sons et de leur Primarque, Magnus le Rouge.[2]

Le Concile[modifier]

Ordonné par les plus hauts échelons du Magisterum Imperialis, le Concile de Nikaea prit la forme d’un consistoire présidé par l’Empereur Lui-même en tant qu’ultime arbitre des juges, sans toutefois prendre part au débat ni au vote qui suivit. Parmi les nombreux grands représentants de la bureaucratie de l’Imperium et des Chambres militantes de la Grande Croisade, une foule de délégués y assista, avec peut-être plus de 10 000 âmes présents lors des débats. Les premiers parmi eux étaient les Primarques des Legiones Astartes et les Hauts Seigneurs du Conseil de Terra, ainsi que des représentants du Mechanicum martien et des divers Ordos Telepathica et Scholastica Psykana. Il comprenait également de nombreux représentants d’institutions impériales de moindre importances et de plusieurs milliers d’autres serviteurs et fonctionnaires des assemblées de Terra. Il était en effet rare qu’une réunion d’une telle envergure se tienne en dehors du Segmentum Solar. Telle était la pompe et la solennité qui accompagnaient le Concile, peu de gens pouvant se méprendre sur l’importance de la réunion. Les cérémonies d’ouverture seules durèrent plusieurs jours et coûtèrent au Trésor Impérial une somme égale à la dîme de tout un secteur.

Comme pour tous ces rassemblements de grands et de puissants, le Concile de Nikaea était bien plus qu’un simple lieu de discussion pour un seul sujet, même sur une question aussi importante que celle des Psykers de bataille au sein des vastes armées de l’Imperium et des Legiones Astartes en particulier. Étaient également présents des seigneurs des planètes et de secteurs, des dirigeants de vastes empires bureaucratiques et des maîtres d’armées affamées et de flottes lointaines, tous réunis en ce lieu pour ce bref et capital événement. Au fur et à mesure que le spectacle des cérémonies d’ouverture se déroulait, des accords étaient conclus et de sombres réseaux tissés dans l’ombre. Tandis que les principaux seigneurs de l’Imperium jugeaient le Librarius et, par extension, les Thousand Sons, des alliances plus larges furent négociées et trahies dans les lointaines galeries de la salle. En effet, à la suite du Concile et du départ de ses invités, alors que la multitude de serviteurs et de domestiques commençait l’opération de nettoyage qui devait durer un mois, quelques corps furent découvert dans des recoins discrets des couloirs de Nikaea, témoignant des rivalités nouées et des rancunes réglées.

Bien qu’une liste complète des personnes choisies pour assister à cette réunion capitale et des nombreuses implications de leurs actions individuelles dépasse le cadre de ce traité, certains lecteurs, en particulier ceux qui n’ont pas vécu l’expérience de ces jours glorieux de l’Imperium, peuvent juger utiles de disposer d’une liste concise des présents les plus importants qui se sont exprimés au cours du Concile de Nikaea : les Primarques et ceux issus de rang consulaire venant du Conseil de Terra ou d’un niveau supérieur, ainsi que leurs positions respectives qu’ils ont prises dans ce débat central. Par souci d’exhaustivité, sont également mentionnés séparément les Primarques des Legiones Astartes qui n’étaient pas présents et leur position connue ou supposée sur la question des Psykers de bataille dans les Légions :[3]

Les personnes présentes et leur position connue lors du Concile de Nikaea
sur l’utilisation des Psykers dans les Legiones Astartes
  • L’Empereur : Même au cours de ces dernières années, il est mal vu de spéculer sur les plans cachés de l’Empereur et il est impossible de deviner avec précision Ses intentions pour le conclave.
  • Malcador le Sigillite, Haut Proconsul Imperialis : Inconnu
  • Kelbor-Hal*, Fabricator-Général de Mars : Violemment contre
  • Seigneurs Militants Tabor Ludovicia et Haldane Ma’lon, Maîtres de l’Imperialis Auxilia : N’ont ouvertement favorisé aucun des deux côtés
  • Grand Amiral Constansa Suati-Falkan, Armada Imperialis : Véhément Contre
  • Occulex-Magister Jalisco de Jerichos Huerta, Ordo Astra Telepathica : Déclaré neutre
  • Constantin Valdor de la Garde Custodienne : N’a favorisé aucun côté
  • Magnus*, Seigneur de la XVe Légion : Violemment pour
  • Leman Russ, Seigneur de la VIe Légion : Violemment contre
  • Fulgrim*, Seigneur de la IIIe Légion : Promoteur de leur utilisation
  • Sanguinius, Seigneur de la IXe Légion : Promoteur de leur utilisation
  • Mortarion*, Seigneur de la XIVe Légion : Violemment contre
  • Corvus Corax, Seigneur de la XIXe Légion : Favorable à la censure de Magnus
  • Rogal Dorn, Seigneur de la VIIe Légion : Connu pour ne pas privilégier leur utilisation, mais auparavant enregistré comme ne s’opposant pas fermement à leur utilisation dans d’autres Légions que la sienne - connu pour favoriser la censure contre Magnus.
Les Primarques non présents personnellement au Concile de Nikaea
et leur position connue sur l’utilisation de Psykers dans les Legiones Astartes
  • Lion El'Jonson, Seigneur de la Ière Légion : N’à ouvertement favorisé ni l’un ni l’autre camp, mais connu pour être favorable à la censure de Magnus
  • Perturabo*, Seigneur de la IVe Légion : Contre
  • Jaghatai Khan, Seigneur de la Ve Légion : Soutient leur utilisation
  • Konrad Curze*, Seigneur de la VIIIe Légion : Soutient leur utilisation
  • Ferrus Manus, Seigneur de la Xe Légion : N’a pas favorisé leur utilisation
  • Angron*, Seigneur de la XIIe Légion : Violemment contre
  • Roboute Guilliman, Seigneur de la XIIIe Légion : Verbalement contre leur utilisation
  • Horus, Maître de Guerre de l’Imperium : N’a ouvertement favorisé aucun des deux côtés
  • Lorgar*, Seigneur de la XVIIe Légion : Soutient leur utilisation
  • Vulkan, Seigneur de la XVIIIe Légion : Soutient leur utilisation
  • Alpharius*, Seigneur de la XXe Légion : Soutient leur utilisation
*Ces leaders ont ensuite apporté leur soutien à Horus pendant les années sombres de l’Hérésie

La Conclusion de Nikaea[modifier]

L’Empereur écoutant les différents avis durant le Concile de Nikaea.
De nombreux chercheurs ont beaucoup médités sur les témoignages de ceux qui ont pris la parole devant l’Empereur, de la brièveté du Concile lui-même et du jugement final qu’Il a rendu à la fin de celui-ci. Des rumeurs douteuses de conspiration et de réseaux enchevêtrés mensongers alimentés par le recul des événements et des enregistrements fragmentaires de l’événement ne servent plus qu’à déprécier le drame qui s’est déroulé à Nikaea. En vérité, nombreux sont ceux qui sont venus présenter leur témoignage à l’Empereur, se prononçant pour ou contre l’utilisation ouverte des pouvoirs psychiques dans les rangs des armées de l’Imperium et des Légions de Space Marines en particulier. Parmi ceux-ci, il est clair que certains ont explicitement condamné Magnus et ses guerriers les accusant de constituer une grave menace pour l’Imperium, tandis que d’autres ont vanté leurs vertus en tant que guerriers. À la fin, Magnus lui-même se leva pour contrer l’attaque au vitriol de Mortarion avec éloquence et raison. Pourtant cela ne suffit pas.

Il est inutile de spéculer sur les pensées de l’Empereur et Ses raisons de choisir de condamner Magnus, les Thousand Sons et tous les Archivistes des dix-huit Légions. Son esprit est insondable pour l’homme mortel et Sa perception de l’espace et du temps, de la cause et de la conséquence est incompréhensible. En vérité, toutes les théories tortueuses proposées à la suite des événements qui se déroulèrent après Nikaea ne peuvent espérer tracer Ses réflexions, ne servant qu’à masquer le fait qu’on en sache peu. La vérité fondamentale demeure que l’Empereur a décidé de s’opposer à l’utilisation continue des pouvoirs psychiques au sein des Legiones Astartes et a annoncé le démantèlement immédiat des divers Librarius dans toutes les Légions sans exception. À ceux qui oseraient défier Sa décision, Il leur promis : « Malheur à qui ignorera cet avertissement ou brisera son pacte avec Moi. Celui-là deviendra Mon ennemi, et sur lui comme sur tous ses suivants s’abattra une telle dévastation que jusqu’au terme de toute chose, il regretta le jour où il se sera détourné de Ma lumière. ».[4]

La Naissance des Chapelains[modifier]

Suite au Concile de Nikaea, les Légions Space Marines avaient reçu pour ordre permanent de démanteler leurs Librarius, l’Empereur ayant statué que plus aucune d’elles ne devait employer de Psykers au combat, ni poursuivre d’études concernant les mystères de leurs talents. Les Légions qui incluaient des Archivistes, des Space Marines dotés de pouvoirs psychiques, durent les réassigner à des unités de combat standards et leur interdire de faire usage de leurs capacités.

Malcador le Sigillite, chef du Conseil de Terra et premier parmi ses Seigneurs, n’était pas certain que toutes les Légions respecteraient la décision de l’Empereur, car il savait que certains des Primarques accordaient une grande valeur à leurs Archivistes et aux pouvoirs que ceux-ci pouvaient libérer sur un champ de bataille : le déploiement de Psykers était devenu un pivot central de leurs stratégies et de leurs tactiques.

Il s’appliqua à trouver le moyen de s’assurer que les Légions obéiraient et observeraient la consigne à la lettre. Ses pensées se tournèrent vers Lorgar et ses Word Bearers.

Tandis que l’Empereur se consacrait à Ses œuvres secrètes dans les cryptes de Son palais, Malcador le Sigillite présenta en Son Nom un nouvel édit devant le Conseil de Terra. Il s’agissait de l’Ordre d’Observance, plus connu comme l’Ordination des Chapelains, dont la principale inspiration fut la Légion des Word Bearers.

Le Primarque Lorgar avait grandi sur le monde religieux de Colchis, dont il était devenu avec le temps le guide militaire et spirituel. Sa première rencontre avec l’Empereur y avait été tenue pour l’accomplissement d’une antique prophétie, un événement qui ne fit que renforcer la ferveur religieuse du peuple de Colchis, et celle de Lorgar lui-même. Devenu l’un des Primarques, ce dernier introduisit dans sa Légion des prêtres-guerriers nommés Chapelains, dont le rôle était de répondre aux besoins spirituels des Space Marines, et de s’assurer que leur foi en l’Empereur était forte.

Inspiré par cela, Malcador imposa aux autres Primarques de désigner des Chapelains qui veilleraient au bien-être spirituel de leurs Légions et feraient appliquer la proscription des Psykers. Ces officiers devaient être choisis parmi les Space Marines les plus inflexibles dans leur devoir, et ayant fait preuve de la plus haute loyauté envers leur Primarque et l’Empereur.

La plupart des Primarques se plièrent loyalement à la décision et commencèrent à promouvoir certains de leurs guerriers au rang de Chapelains. Certains ne le firent pas. L’ironie de cet édit amusa passablement Lorgar - dont les Word Bearers s’étaient déjà vendus en secret au Chaos.

Étant donné les caprices de la communication d’un point à un autre de la galaxie, il n’aurait pas paru anormal ou suspect que toutes les Légions n’aient pas immédiatement clamé leur consentement. Malcador se doutait que certains Primarques, coupables de duplicité, lui avaient assuré qu’ils agiraient comme l’Empereur l’avait jugé bon, alors que tel n’était pas le cas. L’histoire dévoilerait bientôt leur malhonnêteté.

Sources[modifier]

  • The Horus Heresy, Book Seven - Inferno
  • MERRET ALAN, Visions d'Hérésie - Guerre, ténèbres, traîtrise et mort, 2014
  1. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Bezantine Oath (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Librarius Project & the Taint of Old Night (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Council of Nikaea (traduit de l'anglais par Guilhem)
  4. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Testimony of Nikaea (traduit de l'anglais par Guilhem)