Nurgle

De Omnis Bibliotheca
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  • Sphère d’Influence : la Pourriture
  • Autres Titres : le Seigneur de la Pestilence, le Grand Corrupteur, le Maître de la Peste, le Seigneur des Mouches
  • Couleurs Sacrées : Vert, rouille
  • Chiffre Sacré : 7
  • Animal Sacré : la Mouche
  • Symboles : Les Asticots, les insectes, le métal rouillé
  • Dieu Opposé : Tzeentch
  • Émotions associées : le Joyeux fatalisme

Dans chaque recoin d’une galaxie froide et insensible, des milliards de personnes meurent chaque jour. Les guerres dévorent des systèmes entiers, noyant les civilisations dans le sang de leur propre peuple. Le concept et l’avarice drainent les populations de leurs richesses et de leur avenir au profit de quelques-uns. Les promesses non tenues, les tromperies et les trahisons renversent les régimes, sacrifiant la vie de ceux qui les ont servies afin que les complots des nouveaux dirigeants puissent se concrétiser. À la suite de telles tragédies, la souffrance et la misère, la douleur et la maladie touchent les esprits et les corps des survivants et les désespèrent. Ce sont les vérités de l’existence dans le royaume des mortels, et le souffle qui dit ces vérités est le même souffle qui donne la vie aux habitants malveillants d’un autre domaine du Royaume du Chaos.

De toutes les sentiments qui existent dans le royaume des mortels, on ne peut dire qu’un seul se démarque véritablement et qui ne ressemble à aucun autre dans une existence triste et perdue : l’espoir. Seuls les cadeaux de Nurgle, le Père de la Peste, offrent à leurs destinataires la possibilité de s’élever face à un déclin inévitable. Grâce à Nurgle et à ses visites nauséeux, une âme peut trouver un nouveau but et la volonté de se lever vers le ciel, de regarder dans le vide de la dissolution et de réclamer une vie digne d’être vécue. Les fins sont de nouveaux débuts et Nurgle offre les deux en abondance.[1]

Nurgle est le Dieu du Chaos de la décrépitude, de la maladie et de l’entropie. Voué à répandre la maladie, Grand-Père Nurgle, le Seigneur de la Déchéance, rassemble tout et tous dans son étreinte putride. Son baiser lépreux s’épanouit au fil du temps en glorieuses fleurs de pus, la marque de ses élus. Son rire éraillé retentit sur les champs de bataille de l’Imperium où seuls les corps boursouflés des morts peuvent l’entendre.

Déclin Inévitable

« L’entropie est très consommatrice, alimentée par toutes les luttes contre elle. Ainsi, même espérer, c’est désespérer. Si tu es malheureux, trouve dans ton désespoir un but. »
- Zlans le Ruineux, Porte-parole de la Pourriture.

Il n’y a rien dans toute la création qui ne se décompose pas. Aucune civilisation ne subit à jamais les machinations de ses rivaux. Aucun roi ne survit au complot de ses ennemis. Aucune vie n’évite la déchéance. Pas même le Faux Empereur, avec tous ses suppliants sacrificiels et ses milliers d’assistants Technoprêtres, n’échappera aux ravages du temps et à son éventuel décès. La question est ce qui se passe quand la fin arrive. Nurgle est la réponse à cette question.

Chaque fin inévitable apporte sans le moindre doute un début à quelque chose de nouveau. Lorsqu’un Spiker de Catachan piège et consume un Garde Impérial insouciant, la vie du soldat se termine et un nouveau Spiker se développe. De la chair pourrie qui se détache du bras d’un sous-officier malade est laissée dans les égouts pour nourrir les rats pesteux qui raclent une existence misérable dans ces tunnels sombres remplis de mouches. Même un trafiquant filou dont le contrat est résilié doit rechercher de nouvelles possibilités de commerce. Il n’y a pas de fin sans espoir de renouveau.

C’est à cause de ce fait incontournable de la vie que Nurgle est connu de beaucoup comme le Seigneur de Tous, car il n’y a rien qui se passe nulle part qui ne serve ses fins. En effet, il n’y a pas d’être, pas d’action ou de résultat qui n’atteigne pas les objectifs de Nurgle. En vérité, Nurgle pourrait simplement s’asseoir et attendre que l’univers se déroule conformément à sa conception. Il ne se contente pas cependant d’attendre. Il a trop d’énergie, trop d’enthousiasme pour son travail pour rester les bras croisés. Du plus profond de sa demeure, il crée une contagion, à la fois des fléaux physiques et des idées virulentes, qu’il et ses disciples lâchent ensuite dans le royaume des mortels. Il se félicite de la résistance de ceux qui tentent d’y échapper, car chaque fois qu’ils érigent des défenses contre ses assauts, il apprend de nouvelles façons de contourner l’opposition. Chaque remède engendre une maladie plus récente et plus puissante. Chaque victoire remportée par ses ennemis est pyrotechnique et a un coût si élevé qu’elle laisse les défenseurs ouverts aux tendres prédations de la vérole en constante évolution de Nurgle. C’est la nature de Nurgle. La résistance est vouée à l’échec. Le changement est un retard, rien de plus. Courir et nier ne font que gagner du temps au prix de souffrances et le temps n’a pas de sens dans le Royaume du Chaos.

Les récits des nombreuses races de la galaxie disent souvent que Nurgle corrompt, qu’il apporte la ruine à tous. Dans une faible mesure, cela est correct, mais leur évaluation a une portée étroite et ne permet pas de saisir une vérité plus grande. Les races plus primitives comprennent beaucoup mieux la nature indéniable du Maître de la Certitude. La vie est lutte et érosion. Faire face à l’aube, c’est attendre le crépuscule et, à son tour, supporter la nuit. Sur une échelle plus grande, si un être avait le luxe d’observer l’ascension et le déclin des empires, de voir la naissance des soleils et leur effondrement éventuel en une masse de destruction cosmique tourbillonnante, l’observateur reconnaîtrait sûrement la place légitime de Nurgle en tant que Berger du Destin.

Ce n’est que le penchant de Nurgle pour la pourriture, la maladie et la détérioration qui empêche davantage d’accepter sa vérité. Il peut être difficile pour un mortel d’accepter que la pourriture d’un membre ou l’expulsion de ses entrailles soit une bénédiction. Pourtant c’est ainsi. Même l’Empereur décrépit de l’Humanité, assis dans son Trône d'Or, témoigne de la grandeur de Nurgle. Chaque jour, mille êtres donnent leurs corps charnus et leurs âmes immortelles à cette fausse idole dans une vaine tentative de préserver sa présence pourrissante. C’est une bataille perdue d’avance, mais les munitions utilisées dans le conflit, les corps humains envoyés à leur perte, servent effectivement un but - le but de Nurgle. Chaque mortel qui tombe engendre une nouvelle vie et un nouvel espoir. C’est le commerce dans lequel prospère Nurgle. La chair est la fondation de son royaume, et les espoirs sont l’intérêt qu’il paye pour les investissements réalisés.

En vérité, Nurgle incarne la nature de toutes choses et gagne ainsi son titre honorifique de Seigneur de Tous.[2]

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Nurgle, le Père des Épidémies

« J’ai contemplé sa magnificence, ma vision complètement remplie de sa glorieuse circonférence. Tout autour de moi, il y avait de la chair et des mouches souriantes. Dans sa masse, je percevais des petits êtres en train de sucer ses entrailles qui pendaient. À ses pieds, des flaques de pus et autres fluides corporels se sont rassemblés, dans lesquels s’éclaboussèrent et jouèrent joyeusement ses enfants. C’était une bénédiction de voir une telle gloire et une telle joie. C’est avec une grande tristesse que je me suis réveillé dans un monde rempli de dogmes et de réprimandes impériaux. Je savais alors quel chemin je devais emprunter. »
- Tiré du Journal d’Ulbirna.[3]
Nurgle, Le Seigneur de la Pestilence, Le Grand Corrupteur, Le Maître de la Peste, Le Seigneur des Mouches.
Nurgle est le Grand Seigneur de la Déchéance, le Maître de la Peste et de la Pestilence, le créateur et le manipulateur de la pestilence. Toute chose, quel que soit son degré de solidité ou de durabilité, finit par céder à la décrépitude. Même le processus de création n’est que le précurseur de la destruction et de la décomposition. Le bastion d’aujourd’hui est la ruine de demain, la jeune fille du matin est la vieille mégère du soir, et l’espoir est la graine du regret.

Bien qu’il soit le créateur de toutes les infections et épidémies qui ont balayé l’univers, Nurgle n’est pas un pourvoyeur morose de désespoir, mais une divinité rieuse, débordante de vitalité et de joie. Pour comprendre cette nature contradictoire, il faut d’abord avoir conscience d’une réalité implacable et des émotions mortelles ayant donné naissance à Nurgle.

La vie est inscrite dans la mort. Grâce à la décomposition des vivants, prospèrent d’innombrables bactéries, virus, insectes et autres créatures nécrophages. Pour exister, toute vie se nourrit d’une autre vie, et chaque maladie produit de nouvelles générations, plus robustes et plus vaillantes que celles qui les ont précédées. La régénération naît de l’entropie, tout comme l’espoir émerge de la tristesse. Les plus hautes inspirations apparaissent dans les moments les plus accablants ; en temps de crise, les mortels sont mis à l’épreuve et poussés à l’excellence.

Les citoyens de l’Imperium savent bien que leur vie se terminera un jour, et que nombre d’entre eux seront tourmentes par la maladie dans l’intervalle, mais ils rangent cette idée dans un coin de leur esprit et l’enfouissent sous leurs rêves et une activité incessante. Nurgle est l’incarnation de ce savoir et la réponse inconsciente à cette méconnaissance. Il est la peur cachée de la morbidité, la menace rampante de la mortalité et la puissance générée par la défiance vis-à-vis de cette vérité.

Le corps pachydermique de Nurgle est couvert d’immondices et répand une odeur insupportable. Sa peau verdâtre n’est que cals et plaies infectées, verrues, eczéma et chancres. Ses entrailles bruyantes et corrompues pendent comme des fruits infects de ses escarres, couvertes d’excréments et de putréfaction. De ses viscères émergent des nuées de Nurglings qui se nourrissent de ses chairs pourrissantes et s’abreuvent de ses généreuses humeurs.

Tout être humain est touché par la main fétide de Nurgle à un moment ou à un autre. Ils sont des milliards à servir d’hôtes à ses créations malignes et invisibles, qui corrompent l’enveloppe physique des porteurs et sèment le désespoir dans leur esprit. Le trafic interplanétaire assure que la contagion passe de monde en monde par des vecteurs ignorants, forts ou volontaires. Tandis que les dons de Nurgle explosent en pandémies, son pouvoir atteint un pic. Des systèmes, voire des secteurs entiers, sont mis en quarantaine comme les pestes se répandent parmi les étoiles. De fières civilisations se délitent et sur leurs ruines, Grand-père Nurgle crée de nouvelles formes de vie obscènes. Partout où l’on creuse des charniers pour les pestiférés, la splendeur avariée de Nurgle éclate au grand jour.

Malgré sa constante générosité, seuls quelques adorateurs bien informés embrassent pleinement la cause de Nurgle. Toutefois, ils sont assez nombreux pour assurer le passage des serviteurs démoniaques dans la dimension matérielle, là où les épidémies pullulent. C’est aussi bien, car de tous les Dieux du Chaos, c’est Nurgle qui apprécie le plus ce genre de touches personnelles. Il protège ses serviteurs tel un patriarche bienveillant, si bien que beaucoup l’appellent Grand-père Nurgle.

Le Jardin de Nurgle

La Pourriture de Nurgle

Le plus beau cadeau offert par Nurgle à cette galaxie ingrate est la Pourriture de Nurgle. C’est là son chef-d’œuvre : incurable, extrêmement contagieux et lent à apporter la mort. Ces caractéristiques lui permettent de se répandre à travers les continent, les planètes et mêmes les systèmes solaires.

Au lieu de simplement tuer son hôte, cette maladie le transforme lentement en un cadavre ambulant tout en dévorant son âme. La corruption physique et mentale qu’elle induit est si horrible que la victime n’a que deux choix : se donner la mort ou se soumettre à Nurgle et répandre sa pestilence, et se réjouir de ses bubons et de ses chancres jusqu’à ce que la mort vienne mettre un terme à ses souffrances.

Ce n’est qu’à cet instant que la victime réalise son véritable malheur, car elle renaît dans le Royaume du Chaos de Nurgle sous la forme immortelle d’un Portepeste.

Le domaine de Nurgle est un éden macabre, une jungle quasi infinie de mort et de pestilence. Entretenu par le Seigneur de la Déchéance, ce royaume malsain est le lieu de naissance de toute maladie imaginable. Des rameaux difformes et moisis se mêlent au lierre pour recouvrir le sol sous des frondaisons bourdonnantes. Des champignons variés, du plus humble au plus spectaculaire, parsèment les sous-bois et crachent mollement dans l’air des nuages de spores étouffants. Les tiges de plantes démoniaques frémissent de leur propre accord dans l’air lourd et immobile. Des insectes aux traits humains courent sur les berges de paresseuses rivières de boue. Les roseaux frémissent, murmurant le nom de toutes les maladies accordées aux mortels par Grand-père Nurgle, et pleurent ceux qui sont morts de ses généreux bienfaits.

Au milieu de cette forêt se trouve le Manoir de Nurgle. Lézardée, antique, cette demeure est une construction de poutres rongées et de murs lépreux recouverts de vignes et de mousses. Les fenêtres borgnes et les pierres effondrées font assaut de charme corrompu avec le bronze corrodé, les ferrures rouillées et les corniches rongées de lichen.

C’est derrière ces murs fissurés que travaille Nurgle. Sous les courbes dangereuses des poutres vermoulues, le dieu travaille éternellement au-dessus d’un chaudron rouillé, un récipient assez vaste pour contenir tous les océans de tous les mondes de la galaxie. Sans cesser de rire ni de soliloquer, Nurgle œuvre à la création des maladies et des pestes, la forme de vie la plus parfaite et la plus libre qui soit. À chaque tour de sa louche pleine d’asticots, une douzaine de nouvelles épidémies vont s’épanouir dans l’univers pour abattre des civilisations et dépeupler des mondes entiers. De temps à autre, Nurgle cesse de remuer le contenu du chaudron et, d’un bras aux griffes crasseuses, porte une poignée de la mixture à sa bouche caverneuse pour enfin savourer le fruit de son dur labeur. Chaque jour le rapproche de la concoction de la maladie ultime, une peste spirituelle qui ravagera l’univers et verra tous les êtres vivants s’amalgamer dans son étreinte corruptrice.

Dominée de très haut par son maître, une nuée de Portepestes s’affaire à ses pieds. Tous chantent bruyamment pour tenir le compte des maladies créées, des Nurglings engendrés, des âmes prises par les présents putrides du Seigneur de la Déchéance. Ce vrombissement couvre sans peine les grincements du plancher et les gargouillis du chaudron, si monotone que l’entendre est une invitation à la folie.

Lorsque les maladies de Nurgle se répandent à travers le monde des mortels, crânes et crasse fleurissent dans son jardin et empiètent sur les domaines des autres dieux. La guerre s’ensuit lorsque ces derniers tentent de repousser l’invasion, et que les Portepestes prennent les armes pour défendre le Jardin Putride. De ces conflits naît la richesse de la vie et de la mort, du triomphe sur l’adversité. Le Royaume de Nurgle finit par reculer, mais il se sera nourri des corps immatériels de ceux qui ont péri, et digérera ce nouvel humus pour une éternité avant de reprendre sa croissance.

Convives Importuns

La Vierge Captive

Les Aeldaris pensent que leurs dieux ont été tués par Slaanesh lors de son éveil et ne sont plus. Mais un Vaisseau-Monde particulier connaît un mythe selon lequel la déesse vierge Isha n’aurait pas été tuée par le Prince du Chaos. Lorsque Slaanesh tenta de ravir Isha, Nurgle entendit l’appel à l’aide de la déesse et son cœur lépreux en fut touché

Isha était une déesse de fertilité et de guérison, l’incarnation de la vie, et le puissant Nurgle souhaitait qu’elle devînt sa compagne. Le Seigneur de la Déchéance mena une longue guerre pour arracher Isha aux griffes du Prince du Plaisir et finit par prévaloir.

Mais l’amour d’un Dieu du Chaos est chose étrange, et l’affection de Nurgle prend des tours ben cruels. Il garde Isha dans une cage rouillée sise dans un coin de sa cuisine. Lorsque le Dieu de la Peste crée une mixture particulièrement plaisante, il oblige Isha à ingérer et guette avec un enthousiasme fiévreux les premiers symptômes de sa nouvelle contagion.

Isha est capable de se guérir elle-même des ravages de la maladie, mais le temps qu’elle met à se remettre permet au Seigneur des Épidémies de juger de la virulence de sa création. Si Nurgle est satisfait, il retourne à son chaudron et le vide dans une rigole sans fond, depuis laquelle l’odieuse mixture tombera en pluie sur un monde mortel. Si la décoction n’est pas satisfaisante, il avale le contenu du chaudron, le vomit dans le même récipient et s’attelle de nouveau à la tâche. Profitant de ce moment de répit, Isha murmure aux oreilles des mortels et leur indique les remèdes aux infections qu’elle a dû surmonter.

Très peu de mortels ont pu poser les yeux sur le Jardin de Nurgle. Ses marais exhalent sans cesse une brume de pestes surnaturelles, qui tuent les intrus en une seule inspiration. Seul Nurgle a le pouvoir d’épargner les affres des affections de son Jardin à ses visiteurs : lorsqu’il attend des invités, il leur ouvre un passage au travers des frondaisons fongiques d’un geste magnanime.

Les indésirables, quant à eux, sont sévèrement punis, comme les Prophètes de Lugganath l’apprirent à leurs dépens. Les Aeldaris de ce Vaisseau-Monde ont coutume de conter l’histoire de la Damoiselle en Cage, dans laquelle Isha, la déesse de la fertilité et des soins, est emprisonnée dans le Manoir de Nurgle, à la merci de son grotesque admirateur. Il la force à absorber ses plus déplaisantes décoctions pour constater leurs effets, avant que les pouvoirs de régénération d’Isha la guérissent et que Nurgle puisse tester une nouvelle mixture.

Les Aeldaris tiennent leurs légendes pour des vérités absolues et espèrent qu’un jour, ils soustrairont leur déesse à l’emprise graisseuse de Nurgle. C’est ainsi que lorsque Lugganath fut ravagé par l’Ostéo-coma, ses meilleurs Psykers projetèrent leurs esprits dans le domaine de Nurgle, à la poursuite du mythe d’Isha, dans l’espoir qu’elle mettrait un terme aux tourments de leur peuple. Tous savaient que cette quête leur serait fatale, mais ils pensaient que leurs Pierres-Esprits ramèneraient leurs âmes. Dans la sécurité de leur éternité minérale, ils pourraient transmettre le message d’Isha aux Spirites et lever la malédiction que Nurgle leur avait jetée.

Il sembla dans un premier temps que leurs projections astrales pourraient traverser aisément le feuillage préhenseur du Jardin de Nurgle. Leurs Casques Fantômes les rendaient aussi insubstantiels que des esprits, et leurs âmes protégées par les runes et plus acérées que n’importe quelle lame matérielle tranchaient la végétation ténébreuse. Cependant, les vrombissements d’alarme des mouches parvinrent aux oreilles de Nurgle.

Au moment où les Prophètes de Lugganath aperçurent le Manoir de Grand-père Nurgle au loin, une horde de Portepestes jaillit de la boue et avança lentement en psalmodiant. Les Prophètes canalisèrent leurs pouvoirs psychiques en terribles conflagrations purificatrices, balayant de vastes pans de l’armée de Nurgle dans une tempête de feu bleu, tout en esquivant les coups malhabiles de leurs ennemis, qui se massaient, toujours plus nombreux, pour les arrêter.

La bataille fit rage pendant des jours, consumant de grosses portions du Jardin de Nurgle. Cependant, dans la dimension physique, l’enveloppe charnelle des Prophètes commença à convulser, succombant à l’affection qu’ils espéraient vaincre. Alors que leurs corps se flétrissaient et que leurs Pierres-Esprits s’effritaient, leurs âmes passèrent pleinement dans l’Immaterium. L’air lourd du Jardin s’infiltrait dans leurs poumons, une boue truffée de vers remontait le long de leurs jambes, et des mouches démoniaques au corps blanc s’insinuaient dans leur bouche. Les Prophètes piégés, leurs pieds prirent racine et la peau de leur visage se mua en écorce. Leurs bras se fendirent et poussèrent en branches noueuses, leurs doigts se terminant par des fruits en forme de Nurglings.

Le taillis des prophètes de Lugganath continue d’égayer les promenades de Nurgle, et de pincer la corde du désespoir dans le cœur d’Isha, sa prisonnière immortelle. Tel est le sort de ceux qui pénètrent au cœur du domine du Père des Épidémies - après tout, il ne faut pas pousser Grand-père Nurgle dans les ronciers.

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Les Légions de la Peste

Page finale, Journal du Confesseur Alehir Ghent

Là, sculpté dans le bois du banc, dans la chapelle de l’Empereur. La marque. Trois cercles sans fin. Mort. Pourriture. Renaissance. Hideux, inévitable, éternel. La misérable vérité de l’existence mise à nu en trois petits cercles, découpée dans un bois pourri à l’aide d’un clou rouillé.

Parmi les acolytes qui l’ont vu, seul moi résiste encore. Les autres ont lutté contre la corruption qui se répandait et ils ont succombé. Oh, notre maître a ordonné que l’église soit incendiée, la ville nettoyée, le monde mis en quarantaine, mais il était déjà trop tard. La corruption s’était installée et il ne restait plus qu’à l’accepter. Seulement j’ai vu cette réalité, cette inéluctabilité. Les autres moururent, étouffés par les mouches, la chair déchirée de leurs corps, leurs os constituant le repas des vers.

Mais j’ai résisté. Et puis j’ai vu le chemin. Le symbole sur ce monde maintenant mort me l’a montré. Du vortex, il me fait signe…[4]

Pour ceux sujets à leurs assauts, les Légions de Nurgle ressemblent à une masse amorphe, cependant au milieu de l’anarchie titubante, on peut déceler une certaine logique. Comme les étapes des maladies qu’ils véhiculent, les Démons de Nurgle font partie d’un cycle de fécondité et d’entropie et n’existent que pour faire fleurir le Jardin de Nurgle et offrir ses bienfaits.

Les Légions de la Peste sont originaires du Jardin de Nurgle. Ce sont les terrifiantes armées du Grand Corrupteur. Lorsqu’elles se rendent au combat, que ce soit dans le Royaume du Chaos ou dans l’espace réel, elles apportent la générosité sans bornes de leur maître, et laissent dans leur sillage contagion, désespoir et mort.

Toutes les Légions de la Peste sont créées par Nurgle et sont chargées de répandre sa pestilence et d’accomplir sa volonté, pourtant chacune d’elles est associée à une étape du cycle de décrépitude et de génération du Seigneur des Mouches. Les Légions Fecundus sont chargées de donner vie aux pandémies. Elles traversent la réalité et l’Immaterium pour collecter les ingrédients qui seront jetés dans le chaudron de leur maître, et les pires maladies qui affligent les races mortelles sont à mettre sur leur compte. Les Légions Infecticus sont les hérauts de l’infection, les porteuses de maladies qui préparent le terrain afin que le mal soit encore plus virulent. Les Légions Pathogenus sont l’incarnation des pandémies les plus ignobles. Elles sont aussi douées en attaque qu’en défense, et sont souvent déployées pour surveiller des sites du Jardin de Nurgle, ou pour servir de fer de lance à un assaut. Les Légions Épidemic contiennent le plus grand nombre de Démons, car elles grandissent, prolifèrent et se régénèrent. Elles se répandent et s’assurent que les gains initiaux donnent lieu à des assauts irrésistibles. Les Légions Rot se complaisent dans la pourriture, car leurs pouvoirs de corruption et leurs puissantes bénédictions peuvent vaincre n’importe quoi. Plus que toute autre légion, leur présence favorise la prolifération du Jardin de Nurgle. Les Légions Morbidus sont les faucheuses, les préleveuses de dîme et les porteuses de mort. Les Légions Necroticus sont les plus résistantes. Elles se servent du désespoir comme d’une arme, et peuvent subir des assauts terrifiants sans broncher. Ainsi, chaque légion se spécialise dans un des aspects du cycle de vie, de décrépitude, de mort et de renaissance grotesque de Nurgle.

Chaque Légion de la Peste est menée par un Grand Immonde, un Démon Majeur de Nurgle qui fait office de général. Il s’occupe de ses ouailles à la manière d’un parent attentionné, s’assurant avec bienveillance que chacune des sept Intendances sous ses ordres accomplit sa tâche. Nurgle est un être excentrique qui encourage les aberrations parmi ses bergers. Ces traits inhabituels peuvent affecter la couleur et la composition de l’armée, ses tactiques. Ainsi, quelques Grands Immondes préfèrent les assauts aéroportés, et se rendent au combat avec des nuées des Drones de la Peste qui noircissent le ciel. D’autres aiment voir leurs victimes enfouies sous les corps gras de meutes de Bêtes de Nurgle, ou submergées par des vagues de Portespestes.

Les Grands Immondes suivent diverses phases d’un cycle au cours de leur existence, et changent de légion au gré de ces mutations. Par exemple, un Démon Majeur pourra mener une Légion Épidemic pour répandre les maladies avant de commander une Légion Rot pour se complaire dans les maux qu’il aura provoqués. Lorsque le cycle touche à sa fin, un Grand Immonde se couvre de chancres nécrosés, et c’est dans cet état de pourrissement avancé qu’il prendra la tête d’une Légion Necroticus. Il ne faudra guère de temps pour que son corps se débarrasse de son enveloppe extérieure décrépite pour révéler des bubons tous frais. À ce moment-là, le Démon Majeur prendre de nouveau le commandement d’une Légion Fecundus.

Sous les ordres des Grands Immondes se trouvent les chefs des Intendances, c’est-à-dire des Princes Démons ou des Hérauts comme les Poxbringers, les Sloppity Bilepipers et les Spoilpox Scriveners. Chacun reçoit un titre grandiloquent de son invention, destiné à proclamer ses talents, ses goûts ou sa mission au combat. On trouve ainsi les Seigneurs Suppurants de Crasse, les Grands Porteurs de la Décrépitude Rance ou encore les Maîtres Toxiques des Bubons Bouillonnants.

Les Intendances varient en taille en fonction de l’ampleur de leurs épidémies. À son paroxysme, une Intendance est composée de sept meutes de Démons Mineurs : des Portepestes ou des Drones de la Peste. Selon les prédilections de son chef et la phase du cycle, une Intendance pourra avoir des Bêtes de Nurgle et des nuées de Nurglings, même si ces créatures anarchiques ne restent pas aux côtés de l’armée au-delà de la durée de la bataille.

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Les Serviteurs du Grand Paradoxe

Un Portepeste de Nurgle.
« Tant de joies merveilleuses ! Tant d’espoirs et de rêves ! Oh, Père de la Peste, tes cadeaux sont sans limites ! Je vais quand même en rendre compte. »
- Pusmaw, Portepeste de Nurgle.

Les Démons et les mortels de Nurgle sourient à l’idée de servir leur dieu. D’autres maîtres sont durs et exigeants, mais le Seigneur des Mouches demande seulement que ses serviteurs s’embrassent à chaque instant. Bien qu’ils soient en décomposition, malades et corrompus au-delà de la rédemption, les saints bénis de Nurgle sont récompensés par un sentiment de paix et de certitude quant à leur but ultime dans l’univers.

Les Démons

Comme tous les Démons qui servent leur sombre divinité, les serviteurs du Grand Seigneur de la Déchéance sont redevables aux ordres de leur maître. Pourtant, contrairement aux ambitieux Sanguinaires du Dieu du Sang ou aux égoïstes Démonettes du Prince du Plaisir, les Démons qui servent Nurgle le font avec une grande joie, donnant leur part dans la Grande Corruption et comptant le nombre de jours qui s’écoulent jusqu’à ce que celle-ci se produise.

Au sein du Jardin de Nurgle, les serviteurs démoniaques du Père de la Peste contribuent chacun à la réalisation des objectifs de Nurgle. Certains aident leur maître à créer des maladies systémiques en apportant à leur seigneur une chair pourrie et infestée de larves de mouches provenant d’ennemis tombés au combat. D’autres sèment les vents galactiques avec les spores des nombreuses plaies de leur seigneur, apportant corruption et pourriture aux mondes lointains. Des légions de Démons sont envoyées sur le champ de bataille pour amener la mort directement sur le pas de la porte des ennemis de Nurgle, transperçant la chair et l’esprit avec des mots de pestes immondes et d’autres armes de décomposition vicieuses. Il y a même ceux dont la seule contribution est de jouer, rappelant aux autres que Nurgle est un dieu de la vitalité et de l’énergie sans bornes, et pas simplement un corrupteur.

Compter, récolter, expérimenter, faucher, consommer, pourrir, rire - tout est important pour Nurgle, et ses enfants bien-aimés ont hâte de faire plaisir à leur Grand-père.[5]

Les Partisans Mortels de Nurgle

L’univers est vaste et pourtant aucune partie de celui-ci n’est épargnée par les conflits, les changements et la cupidité. Servir Nurgle assure la sécurité du port dans une mer tourbillonnante de doute. La peur de l’infirmité est écartée et remplacée par la certitude qu’un destin plus grand se prépare, libéré des cauchemars qui affligent ceux qui ne comprennent pas le grand cycle de la mort et de la renaissance.

Tous les disciples mortels de Nurgle n’acceptent pas rapidement ses bénédictions. Beaucoup ont besoin de souffrir avant de pouvoir accepter la vérité. Dans une voie pleine de paradoxes, l’un des plus grands est que plus un mortel endurci luttera contre l’acceptation de Nurgle, plus sa forme sera puissante au moment où il se rendra. À travers des souffrances et des pertes incommensurables, le mortel gagnera en résistance et en force.

Les Space Marines du Chaos

Un Marine de la Peste.
Corruption. C’est un mot qui est au cœur du conflit le plus controversé, destructeur et durable que la galaxie ait jamais connu. C’est la corruption de l’esprit qui a amené Horus et la moitié de toutes les Légions de Space Marine à se retourner contre l’Empereur de l’Humanité. La corruption de la volonté rompit la résolution de milliers de guerriers qui ne pouvaient supporter de servir une cause faible pour soutenir un maître cruel. La corruption de la foi a jeté des milliers d’individus sur un nouveau chemin de gloire et de liberté, embrassant de nouveaux maîtres plus sombres qui les ont bénis avec des dons et des récompenses tangibles plutôt que des promesses éphémères et des souffrances ingrates. La corruption du corps - les infirmités des formes vieillissantes, les blessures infectées subies au combat et les ravages de la maladie suffisaient à d’innombrables personnes pour se tourner vers le seul être capable de les sauver de la misère de leur déclin - Nurgle.

Mortarion et sa Death Guard comptent parmi les premiers à abandonner l’Empereur et à embrasser le Seigneur de la Déchéance. Abandonnés par le Dieu-cadavre de l’Humanité et livrés à un sort fait de famine et de maladie, ils conclurent un marché avec leur nouveau maître corpulent, Nurgle, et furent sauvés. La douleur de leur affliction fut effacée. Leurs corps devinrent des hôtes pour des vers, des mouches et une foule de contagions. Ils reçurent la force et un objectif auquel ils n’avaient jamais pensé auparavant. En tant que Marines de la Peste, ils embrassèrent la corruption sous toutes ses formes comme une partie naturelle et incontournable de la vie. Ainsi investis de pouvoirs et éclairés, ils entreprirent de porter les bénédictions et les révélations de Nurgle aux masses. Ils devinrent le poing pourri de Nurgle, propageant son message contagieux d’espoir et de persévérance sur les champs de bataille de la galaxie. Mais ils ne seraient pas ses seuls serviteurs en Armures Énergétiques.

Les zones de guerre sont des terrains fertiles pour toutes les formes de corruption. Ils offrent une grande opportunité pour que les vérités de Nurgle se manifestent et se présentent à ceux qui ont les yeux ouverts pour les voir et à la ruse de les utiliser. Les Marines de la Peste, tels que la Death Guard et d’autres, propagent la maladie à chaque lancer d’une grenade bactérienne ou de couteau à peste, mais d’autres formes de pourriture façonnent également des événements. Les bandes fragmentées de nombreuses Légions Traîtresses et de renégats de Chapitres Space Marine, bien que n’étant pas particulièrement douées pour le culte dévot de Nurgle, savent dans leurs cœurs pourrissant que le Seigneur de la Vérole est correct dans cette inévitable déchéance. Le Seigneur de la Déchéance enseigne que rien n’est permanent, et c’est une leçon que ces Space Marines du Chaos ont bien apprise.

Même après qu’une bataille ait été gagnée par les légions de Nurgle, sa présence continue d’avoir un effet. Les corps brisés sont en décomposition, leurs organes et leur chair se transformant en bouillie et renouvelant le sol dans lequel ils s’infiltraient. Bien que leur approche soit moins subtile que celle d’une peste amoureusement travaillée, les Space Marines du Chaos sont remarquablement efficaces pour convertir des armées massives de chair ennemie en matières premières de la renaissance, et il embrasse donc avec joie leur service.[6]

Les Mutants

Certains de ceux qui ont été touchés par l’influence corruptrice sans limite de dieux comme Slaanesh ou Tzeentch pourraient peut-être se faire passer pour normal, du moins pour un temps. Un membre supplémentaire ou un troisième œil peut être dissimulé ou masqué, mais il est impossible pour un mutant de passer inaperçu avec la puanteur indubitable de la corruption de l’une des nombreuses maladies du Seigneur de la Pestilence. Même la plus petite des pustules est remplie d’un liquide si nocif que, quand elle éclate, ceux qui ont la malchance d’être à proximité du malheureux convulsent de façon incontrôlable, luttant pour éviter de vomir le contenu de leur estomac là où ils se trouvent.

Parce qu’ils ont beaucoup de mal à rester cachés, les mutants qui manifestent l’influence corruptrice des bienfaits de Nurgle connaissaient souvent une vie très courte. Pour la plupart, c’est une miséricorde. Leurs chances de devenir un grand Seigneur du Chaos ou de renaître dans le Jardin sont au mieux minces, alors que pour ces misérables putrides, il n’y a vraiment que peu d’espoir. Pourtant, leur instinct de survie les pousse à vivre aussi longtemps qu’ils le peuvent, trouvant refuge dans les égouts humides des villes ou dans les fosses des sépultures des cultures primitives, là où la puanteur de la pourriture et de la saleté qui les entoure leur laisse un peu de chances de dissimuler leur odeur répulsive. De telles tactiques ne réussissent généralement que pendant une courte période. À moins d’être retrouvés et protégés par des sectateurs de la peste, ces mutants sont presque toujours trahis par leurs propres difformités nauséabondes. Les prêtres zélés, les gardiens vigilants ou même les simples membres de la famille effrayés n’ont plus qu’à suivre leur nez pour découvrir la cachette d’un mutant nocif. Acculés, seuls et souvent si déformés qu’ils ne peuvent fuir leurs persécuteurs, ces âmes pathétiques trouvent la paix dans les flammes.[7]

Les Cultes de la Peste

Dix mille longues années, j’ai dû réfléchir sur les vérités du Père de la Peste, et ces vérités que le Dieu de la Pestilence a jugé opportun de m’accorder en cadeau de sa sombre estime sont les suivantes:

– Tous pourrissent. Les corps, les esprits, les âmes, les idéaux. Celles-ci se décomposent et, ce faisant, leurs détenteurs s’approchent de l’état d’illumination anéanti entre les bras du Seigneur de Tous.

- Lutter, c’est succomber, car on alimente le rythme de l’entropie. Par conséquent, ceux qui luttent contre l’inévitable sont déjà vaincus.

– La mort ne peut être trompée, la corruption ne peut être prévenue. À la fin, le Dieu de la Peste accueille tout le monde dans son royaume. Par conséquent, seuls ceux qui marchent dans ses bras de bonne grâce, impressionnés par sa gloire décrépie, peuvent revendiquer le pouvoir éternel.[8]

- Agoris le Nauséabond, Apôtre de la Ruine.

Tous ceux qui cherchent à servir Nurgle n’ont pas les moyens d’attirer son attention par des actes de dévotion grandioses. La plupart des mortels n’ont pas la puissance d’un Space Marine du Chaos ni l’influence d’un chef politique corrompu. Pour ces adorateurs ordinaires, il est souvent préférable de s’associer pour former un Culte de la Peste. Le pouvoir d’un tel groupe est de loin supérieur à celui de l’un de ses membres. Tant de choses hors de portée peuvent être saisis grâce à un effort concerté. Les stocks de nourriture d’une caserne impériale, par exemple, sont sécurisés contre les interférences et la détérioration. Il y a un gardien à la porte qui veille à ce que rien ne rentre ni ne sorte à son insu, un responsable des approvisionnements qui inspecte et entretient les aliments et un cuisinier qui réquisitionne les ingrédients et les utilise pour préparer les repas. Seuls, ces individus peuvent faire très peu, mais si ils sont tous membres du même Culte de la Peste, cela peut être une toute autre affaire. Le gardien peut détourner le regard lorsque des matériaux suspects sont introduits clandestinement et stockés à l’abri des regards indiscrets. Le responsable des approvisionnements peut faire de la contrebande en dehors des registres officiels et masquer la présence d’aliments dans le garde-manger. Le cuisinier peut accéder aux ingrédients et les utiliser pour altérer les repas de toute la garnison, apportant la maladie à tous les soldats en même temps et permettant ainsi la chute de la caserne face à des envahisseurs. Des actions comme celles-ci pourraient suffire à gagner une petite faveur aux yeux de leur vrai seigneur. Peut-être que non, mais les chances de chaque membre du culte sont bien meilleures ensemble qu’elles ne le seraient seules.

La maladie et le désespoir sont des choses partagées dans toute la galaxie. La mort est également omniprésente, en particulier lorsque la peste s’abat sur une région. Certains, qui voudraient adorer Nurgle, voient la mort qui suit la maladie, interprétant mal la volonté du Seigneur de la Peste en formant des cultes de la mort au lieu de Cultes de la Peste. À ces âmes misérables, la mort est tout. Ils croient que le but ultime de Nurgle est la mort totale. Ils ont tort. Une tâche commune qui lient les Cultes de la Peste consiste à éradiquer ces cultes de la mort rivales qui ont fait tant de tort à Nurgle. Les luttes entre les deux sectes se limitent généralement à de petites escarmouches ou à des assassinats individuels. C’est seulement lorsqu’il est trop tard, lorsque le Culte de la Peste a vaincu les hérétiques et qu’une contagion imparable se propage dans leurs rues, que les autorités réalisent leur erreur.[9]

Les Bandes de Guerre

Les Cultes de la Peste sont des groupes d’individus relativement impuissants qui se regroupent pour vénérer Nurgle de toutes les manières possibles. Les bandes de guerre ne sont quand à eux pas constitués de mortels insignifiants dilués au sein d’un groupe. Ils sont composés pour certains des plus grands guerriers, des tacticiens les plus acharnés et des sbires mortels les plus créatifs de Nurgle. Contrairement aux Cultes de Peste, les bandes de guerre de Nurgle ont probablement déjà son attention. De nombreux membres sont des Space Marines du Chaos qui auront reçu il y a longtemps des bénédictions de leur maître. Un but commun et le pouvoir d’agir motivent les bandes de guerre à atteindre la grandeur au nom du Père de la Peste. Beaucoup de choses distingue une bande de guerre d’un Culte de la Peste, mais la distinction la plus importante est qu’ils ne se cachent pas. Avec le pouvoir, la force, la volonté et les nombreux dons de Nurgle que ses membres possèdent, cela n’est tout simplement pas nécessaire.

Il n’est pas difficile d’imaginer pourquoi un Space Marine du Chaos pourrait laisser ses frères derrière lui. La loyauté et le sacrifice de soi ne sont pas les valeurs qui caractérise les égarés et les damnés. Le service envers Nurgle peut faire des ravages même parmi les adeptes les plus dévoués. Une mutation avancée, une perte de mobilité ou même une dévotion fanatique au-delà de celle de ses semblables peuvent laisser un Marine de la Peste incapable de fonctionner comme un membre efficace de son escouade. Parfois, sa seule option est de se séparer de ses coéquipiers et de continuer à souiller la galaxie de son propre chef. Cependant, l’isolement est en contradiction avec le caractère communautaire de Nurgle. La solitude règne dans le cœur d’un Marine de la Peste ou d’un autre Space Marine du Chaos qui a quitté sa Légion, et Grand-père Nurgle est souvent poussé à tendre la main à un disciple égaré se trouvant dans une telle situation. Le guerrier entend le bon rire de son maître dans les vents cosmiques et poursuit le son jovial. Une fois que le joyeux sentier a été suivi jusqu’à son terme, l’âme meurtrie rend grâce à son Dieu bienveillant, car il arrive souvent à trouver une fraternité composée d’individus dont la foi et le dévouement envers Nurgle les avaient laissé dans une situation semblable. Ensemble, les bandes de guerre forment une sorte de cavalcade itinérante de joie de vivre et de pourriture, libérée des structures imposées par l’organisation de leur Légion et s’acceptant les uns aux autres en tant que disciples de tous les enseignements de Nurgle.

Ces bandes de guerre peuvent accomplir beaucoup plus qu’un Culte de la Peste ou qu’une Légion de Space Marines du Chaos. Les exemples ne manquent pas. Les grandes rivières de pus qui coulent du volcan sur Grenetus Major fut le fait des Vomissures de Yorgol lorsque la petite bande de guerre traversa les défenses de la planète sans être détectée et délivrèrent dans la montagne en éruption une bénédiction de la vérole venant des propres chaudrons de Nurgle.

Parce qu’ils étaient libres d’agir conformément à leurs propres projets, les membres de la Fraternité de la Miséricorde ont pu saisir l’opportunité d’infecter tout le stock de fournitures d’une flotte marchande. Ainsi renforcée, la cargaison a propagé la peste des Entrailles Putrides sur tout un continent sur Xurunt. Ce ne sont là que quelques-uns des nombreux faits que les bandes de guerre de Nurgle ont accomplis en son nom. Parfaitement positionnés entre les activités nuisibles des Cultes de Peste localisés et les vastes campagnes de corruption couvrant toute la galaxie de la Death Guard, les actions d’une bande de Nurgle servent parfaitement les objectifs du Seigneur de la Pestilence - un fait qui réconfortent et remplissent de joie ses membres.[10]

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Les Innombrables Maux

« Ses ennemis se faneront et mourront. Ses alliés se faneront et mourront. L’univers et tout ce qui s’y trouve se fanera et mourra. Et quand la Grande Corruption aura recouvré le pays et pénétré les fondements mêmes de la réalité elle-même, alors le Seigneur de Tous se lèvera de la pourriture et de la ruine, étendant les bras pour récupérer tous ses enfants dévoués… »
- "La Victoire de la Renaissance" dans les Litanies de l’Inévitabilité.

Bien qu’ils s’efforcent de profiter de chaque jour de vie qui leur est laissé pour prévenir l’inévitable, ceux qui servent Nurgle doivent accepter leur mort éventuelle. Ils doivent également croire en la même certitude de la renaissance. Cet espoir pour quelque chose de nouveau et de glorieux est le grand réconfort que le Père de la Peste a partagé avec eux. C’est un espoir né de la propre compréhension de Nurgle du fonctionnement de l’univers. Tout comme ses disciples ont accepté les enseignements de leur seigneur, Nurgle lui-même a depuis longtemps admis que la décadence met fin à toutes choses, mais que, grâce à cette décadence, la vie recommence. La déchéance est le vainqueur de toutes les batailles, l’opposition à laquelle il n’y a pas de résistance. C’est pourquoi Nurgle considère la décomposition comme une arme, un outil et un moyen d’instruire et de guider ses disciples. La décroissance est au cœur de la philosophie et des méthodes de Nurgle. Dotés de formes remodelées et d’un but renouvelé, les sbires de Nurgle deviennent ses instruments dans la Grande Corruption. En tant que vaisseaux et incarnations de la pourriture, les mortels et les Démons servent de combustible, alimentant le grand cycle par leurs actions et, en fait, par leur simple présence infectante dans le Royaume du Chaos et le plan des mortels.[11]

Corruption, Glorieuse Corruption

Savourez les bienfaits de Nurgle !
Peu de ceux qui s’engagent à servir Nurgle le font en pensant qu’il leur offre une voie facile vers le pouvoir et la gloire. Il ne promet pas une influence accrue, une force brutale ou un excès hédoniste. Ceux qui se tournent vers lui pour obtenir de l’aide ne cherchent pas à faire de leurs rêves une réalité, à abolir ceux qui s’opposent à eux ou à être adorés de tous ceux qui les connaissent. Non, la plupart des mortels qui se retrouvent dans les bras de Nurgle ne souhaitent que la fin d’une forme de souffrance. Ils l’appellent pour les protéger des ravages de la maladie, pour les sauver de la mort lente et douloureuse d’une infection non contrôlée, ou pour les épargner de tout ce qui peut leur arriver. Il y en a même qui ne le recherchent pas mais qui sont visités par l’un de ses messagers et se voit offrir un pacte avantageux.

Peu importe qu’ils recherchent ses bénédictions ou qu’ils les aient trouvé eux-mêmes, l’échange ne correspond jamais exactement à ce qui était attendu. Ces mortels voient leurs doutes et leurs peurs mis de côté. Ils s’aperçoivent qu’ils ne sont plus pris au piège paralysant du désespoir et de la misère. Cependant, leurs afflictions persistent et sont généralement associées à d’autres maladies. De nouvelles plaies et pustules apparaissent, les liquides fétides qu’elles contiennent deviennent le foyer de petits vers et asticots. Les ventres gonflent et se distendent, la chair s’efforçant de contenir les entrailles saignantes qui poussent l’abdomen vers l’extérieur. Les vieilles blessures se déchirent spontanément et provoquent de nouvelles infections. Quelles que soient les maladies ou les faiblesses que ces mortels ont tenté de laisser subsister, ils s’installent en permanence dans leur corps et leur esprit. Tout cela est le premier enseignement de Nurgle qui doit être accepté : la décadence est inévitable, mais elle est également glorieuse. Cette connaissance est éclairante pour ceux qui suivent Nurgle. Si tout se détériore, chaque moment est un cadeau. Pourquoi ne pas utiliser ces moments pour façonner ce qui est à venir et s’y assurer une place ? Pourquoi rester les bras croisés en se vautrant de douleur et de chagrin alors qu’il y a tant à faire et si peu de temps pour ? Tandis que ces pensées traversent l’esprit des nouveaux convertis, ils s’aperçoivent que leur douleur est atténuée. Même avec tant de nouvelles afflictions, tant de corruption de chair rance, la souffrance a diminué. L’espoir apparaît.

Pour ces derniers, les enfants adoptés de Nurgle, c’est comme si le brouillard du matin s’était levé et qu’ils voyaient clairement le monde avec des yeux neufs. Pourquoi s’étaient-ils plaints de leur vérole et de leurs corps défaillants ? Quels désirs égoïstes de changer leur destin les avaient empêchés de réaliser leur véritable objectif ? La corruption, la glorieuse corruption, devient le compagnon constant d’un serviteur du Seigneur de Tous, l’instruisant, guidant leur chemin et leur rappelant qu’ils ont une chance inouïe d’avoir été choisis par Nurgle pour recevoir ses dons. En effet, beaucoup découvrent que la maladie initiale dont ils ont souffert, celle qui les a poussés à chercher le salut en premier lieu, leur a en fait été conférée par Nurgle. Plutôt que la colère, c’est la joie qui découle de cette connaissance. Ces mortels se croient élus, destinés à la grandeur en tant que véritable champion de Nurgle.[12]

Les Champions de la Déchéance

Relativement peu d’entre ceux qui reçoivent les glorieuses bénédictions de Nurgle se distinguent autant qu’une mouche minuscule mais bienvenue, faisant sa part pour ronger le cadavre putréfié qu’est l’univers en décomposition. Ceux qui se différencient incarnent invariablement les préceptes de la philosophie de Nurgle et imitent sa forme grandiose et corrompue à un niveau qui ne laisse aucun doute sur l’identité de la Puissance de la Ruine qui a revendiqué leur âme. Ce sont les champions mortels du Seigneur de la Peste, et c’est grâce à leurs actes odieux que sont réalisées la plupart des plus grandes réalisations du plan de Nurgle.

Bien souvent, ces champions prennent une apparence pas si différente de celle de leur sombre mécène. Ce n’est pas inhabituel pour les sbires du Seigneur de la Peste. Les Grands Immondes sont considérés comme de petites versions (bien qu’elles soient encore très volumineuses) de Nurgle lui-même et, à leur tour, leur progéniture excrétée, les Nurglings, ressemblent à des répliques miniatures des Grands Immondes qui leur ont donné la vie. De même, les champions mortels deviennent gonflés, puants, repoussant, entassant des chairs pourries, des entrailles apparentes, des plaies nécrotiques et toutes sortes de souillures. Ils sont entourés par des nuages ​​de mouches et suivis par des Nurglings qui laissent des traînées de bave derrière eux pour marquer leur passage. Contrairement aux sbires des autres Dieux du Chaos, les champions de Nurgle n’hésitent pas à poursuivre leurs ennemis dans les endroits les plus humides, dégoûtants et pollués. Il n’y a pas de cloaque ou d’égout suffisamment nocif pour dissuader les partisans de Nurgle. Aucune zone de peste en quarantaine n’est interdite. Une fois qu’un champion de Nurgle connait l’odeur de son ennemi, aucune quantité de puanteur ne peut la faire disparaître. La détermination, qui fait partie intégrante de toutes les leçons de Nurgle, sert bien ses champions comme ils font tout ce qui doit être fait pour servir leur seigneur.

Les simples adeptes de Nurgle qui les suivent sont insensibles à la condition grotesque des champions et s’inspirent de la beauté macabre de leurs formes pourrissantes, de la douce odeur nauséabonde de leur chair rance et des actes de corruption qu’ils commettent au nom de Grand-père Nurgle.

Les disciples du Seigneur de la Peste finissent tous par imiter son apparence d’une manière ou d’une autre. Certains sont même devenus ses enfants parce qu’ils ont commencé leur vie avec une ressemblance passagère. Cependant, Nurgle est plus qu’une forme. Il est aussi une philosophie. La plupart des champions mortels, ainsi que des nombreux disciples, finissent par penser comme lui, bien que de façon limitée en raison des contraintes de l’esprit mortel, mais ce sont les champions démoniaques qui connaissent le mieux les pensées de leur père.

Les Grands Immondes comprennent Nurgle d’une manière qu’aucun mortel - pas même un élevé au rang de Prince Démon - ne pourra jamais. Ils sont plus proches de leur dieu que tout mortel et plus impliqués dans ses plans que tout Portepeste ou autre serviteur démoniaque. Il n’y a guère de place pour la jalousie ou les manigances dans le Jardin de Nurgle ou l’un de ses domaines au-delà, et ses Princes Démons le savent bien. Bien qu’ils ne souhaitent rien de plus que de ne faire qu’un avec le Père de la Peste, ils savent aussi qu’ils ne seront jamais aussi proches de lui que ne le sont les Grands Immondes. Comme ils le font avec les autres enseignements de Nurgle, ils acceptent leur sort. Cette relation avec leur dieu diffère de celle des autres Princes Démons.

Les autres Puissances de la Ruine prennent un plaisir particulier à tromper les mortels en les condamnant avec des mensonges et en leur faisant des promesses qu’elles savent qu’elles n’auront presque jamais besoin de tenir. Elles voient leurs partisans démoniaques, même leurs champions, comme n’ayant jamais le choix de faire ce qui leur est commandé. Elles considèrent ces Démons plus comme des esclaves des ténèbres que comme des conspirateurs. À leurs yeux, cela rend les serviteurs mortels plus intéressants. Nurgle, quant à lui, sait que la plupart de ses disciples mortels se sont tournés vers lui dans un dernier acte de désespoir, mais ses sbires démoniaques, en particulier les Grands Immondes, ont une véritable affection pour Grand-père Nurgle et le servent par amour. Nurgle aime la réciprocité, la voyant comme une sorte de cycle, et porte donc un grand intérêt et une grande fierté aux efforts de ses champions démoniaques. Les désirs de Nurgle et de ses champions ne font qu’un. Chacun sait que la Grande Corruption est un objectif supérieur à atteindre, et ils le font avec beaucoup de détermination et de satisfaction.[13]

Un But Commun, Différentes Méthodes

Les Dieux du Chaos cours tous après la même chose. Chacun souhaite renverser l’ordre existant et revendiquer sa domination sur le Royaume du Chaos et le monde des mortels. Chacun des Dieux Sombres répond très différemment à la question de savoir comment atteindre cet objectif et qui sera le seigneur que l’univers appellera maître. Slaanesh verrait toute l’existence transformée en un terrain de jeu dans lequel lui et ses sbires pourraient explorer éternellement de nouveaux délices. Khorne ne souhaite rien de plus que réclamer chaque crâne et goutte de sang comme mortier avec lequel bâtir les fondations de son nouveau royaume. Tzeentch a sûrement ses propres plans concernant ce à quoi devrait ressembler une réalité déformée à son image, mais il n’a pas partagé ce que cela pourrait être. Peut-être qu’il ne le sait même pas. Pour Nurgle, ces alternatives sont ridicules - des fantasmes sybarites sans aucun sens et sans grand objectif ni compréhension plus grande de la nature des choses. Pour lui, les ambitions des autres semblent petites.

La réalité sera reformée. Le plan des mortels et le Royaume du Chaos ont toujours été sur le chemin de la décadence, et de la décadence viennent la mort et les fins. Des fins, mais pas de finalité. Il semble que Nurgle soit le seul à comprendre le sens de cette distinction. Là où ses divins frères envisagent chacun une conclusion au bout du chemin, Nurgle sait que le destin tourne sur lui-même en boucle, menant à la renaissance, à la revitalisation et à de nouveaux commencements. C’est cette divergence de vues fondamentale qui place Nurgle en contradiction avec les autres puissances, car cela signifie qu’elles ne travaillent pas réellement dans le même sens que lui. En surface, il apparaît aux autres que, même si les méthodes qu’utilisent les Dieux du Chaos sont différentes, le résultat final est pratiquement le même : destruction de l’Imperium, réduction en esclavage ou destruction de tous les mortels et domination définitive sur tous. Ceci est cependant une compréhension superficielle. Les différences se révèlent à bien des égards. Slaanesh se contente de permettre aux Marines de la Peste d’infliger des dommages considérables à une armée grâce à la corruption et à la maladie, mais est ensuite perplexe lorsque les serviteurs de Nurgle ne permettent pas aux sbires du Prince du Plaisir de jouer avec les blessés, fuyant avec leurs formes brisées avant que les délices ne puissent être explorés. Pour Khorne, il est très utile de travailler avec son frère, Nurgle, dans le but de faire disparaître une colonie de Kroot, mais il ne comprend pas pourquoi le Seigneur de la Peste insiste pour laisser leur ancienne patrie intacte plutôt que de la détruire et laisser un roc carbonisé et sans vie. Pourtant, ces incidents passent, perçus comme étant les excentricités de leur joyeux frère.

Tzeentch, cependant, est une autre affaire. Il refuse de donner à Nurgle son dû ou de le laisser poursuivre son propre chemin. Il peaufine, tord et détourne. Il déforme, redirige et modifie. Le Maître du Changement est incapable d’accepter ce qui va sûrement se produire. Il cherche constamment à modifier les règles à son avantage pour que sa fin désirée soit celle qui va se réaliser, même si cela signifie interférer avec les désirs de Nurgle, quelles que soient les conséquences minimes de ces désirs. Nurgle sait qu’une telle ingérence est inutile. Il sait que le destin ne s’arrête pas, mais les machinations de son frère sont quand même vexantes et irritantes. Les actions de Khorne et de Slaanesh constituent un léger inconvénient, mais les jeux de Tzeentch perturbent les plans de Nurgle, créant des revers inutiles et contre-productifs non seulement pour ses propres objectifs, mais également pour ceux des autres Dieux Sombres. Le sourire de Nurgle n’a que très peu tendance à disparaître, mais Tzeentch semble pouvoir provoquer cette réaction à volonté. L’un des plus grands espoirs du Seigneur de Tous est que lorsque l’univers mourra puis ressuscitera, Tzeentch ne renaîtra pas avec à l’instar du Dieu-cadavre de l’Humanité.[14]

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Nurgle et la Longue Guerre

« L’Imperium a rendu son dernier souffle il y a longtemps. Nous attendons simplement son râle, puis l’entropie réclamera sa victoire tant attendue. Nous sommes patients. Nous avons attendu dix mille ans. Nous attendrons dix mille autres années si nécessaire. Mais je ne pense pas que ce sera le cas. »
- Lethrax la Main Brûlée.

Pour un Marine de la Peste ou un autre Space Marine du Chaos au service de Nurgle, la nature intemporelle de l’existence dans le Warp est un cadeau sans égal. De nombreuses leçons et expériences que les petits mortels sont incapables d’apprécier pleinement, et encore moins de comprendre de manière significative, sont les leurs. Cela donne à ces guerriers une éternité pour réfléchir à la splendeur du plan de leur maître en matière de corruption ultime. Les nombreuses maladies qu’ils ont reçues ont eu le temps de s’infiltrer et d’évoluer convenablement en des formes de plus en plus meurtrières. Mieux encore, cela leur permettra peut-être de vivre suffisamment longtemps pour voir le corps et l’âme du Faux Empereur pourrir et brûler sur son Trône d’Or. Tandis que les adeptes de Tzeentch perdent leur temps à chercher de vains nouveaux moyens de pénétrer dans le Palais Impérial, les patients Space Marines du Chaos de Nurgle savent que l’inévitable est leur alliée. Ils n’ont qu’à attendre la grande victoire, car rien n’est éternel - pas même l’Empereur et son domaine. Pour ces guerriers éclairés et corrompus, la Longue Guerre ne semble pas aussi longue que pour les autres.

Cela ne veut pas dire qu’ils ne nourrissent pas la même haine envers leurs anciens frères que toutes les Légions Traîtresses. S’ils savent qu’ils peuvent simplement attendre la victoire, ils choisissent de suivre l’exemple de Nurgle lui-même et de jouer un rôle plus actif dans la chute et le renouveau de la galaxie. L’éternité leur offre de nombreuses façons de se délecter de la joie de vivre et de se satisfaire de la mort qu’ils peuvent apporter à leurs ennemis. Il y a mille mondes mûrs pour la propagation de virus. Des milliards d’âmes attendent d’être tourmentées par les fléaux de l’esprit. La chair et les os de Chapitres entiers de Space Marine doivent être récoltés et utilisés comme sujets expérimentaux pour le catalogue de maladies en mutation constante de Nurgle. C’est le devoir et le privilège des vétérans de la Longue Guerre de veiller à ce qu’aucune occasion de faire avancer le grand cycle par des actes de vengeance contre les chiens de garde de l’Empereur ne passe.

Les trahisons commises à l’encontre des Légions à l’époque de la guerre d’Horus contre les chaînes de la servitude reviennent à l’esprit de tous ceux qui se sont battus à cette époque. Laissons les sauvages écervelés de Khorne mutiler les guerriers de l’Adeptus Astartes. Une telle violence a sa place. Si les appétits des adeptes cérébraux de Slaanesh se perdent dans les plaisirs de la mise à mort, qu’il en soit ainsi. Même les actions erratiques et égarées des sbires de Tzeentch peuvent parfois créer des détournements qui obligent les ennemis des Puissances de la Ruine à s’affaiblir. Rien de tout cela ne peut être comparé au grand dessein du Seigneur de la Peste. Alors que les empires s’effondrent, que les étoiles s’écroulent sur elles-mêmes et que chaque Chapitre pathétique de Space Marine s’efface des mémoires, Grand-père Nurgle et ses serviteurs élus auront le dernier mot. La galaxie mourra et, de son agonie, une nouvelle existence verra le jour, sous la conduite de Nurgle. Pas un seul des misérables descendants de l’Empereur ne doit survivre pour la salir.[15]

Le Décompte Sans Fin du Père de la Peste

« Combien y en a-t-il, Vommikrux ? » demanda le jeune Portepeste.

« Silence, Pustule. Je compte, » répondit le Démon le plus âgé en plaçant une tête pourrie dans la pile à sa gauche.

« C’est Pourriture Noire, vieux crasseux, et je sais. Et concernant ce que j’ai demandé. Quel est notre compte jusqu’à présent ? »

L’enthousiasme de Pourriture Noire était la plupart du temps le bienvenu, mais à l’heure actuelle, il distrayait le vieux Portepeste. Vommikrux triait les piles de tête depuis plus longtemps qu’il ne s’en souvenait. C’était la première tâche qui lui avait été confiée lorsqu’il fut crée en tant que Portepeste, et il ne serait pas autorisé à passer à une autre tant qu’il ne l’aurait pas terminée. Il avait compté les têtes plus de mille fois depuis la première, n’obtenant jamais le même nombre et ne sachant donc jamais s’il était exact. Maintenant, il avait presque terminé. Aucun Nurglings pénible n’avait volé la tête dans le tas, pas plus qu’une récolte fraîche dans le Jardin. Encore un peu et il pourrait achever sa tâche. Il avait juste besoin que Pourriture Noire se calme et le laisse finir. Douze mille seize, douze mille sept…

Pourriture Noire attrapa le coude de Vommikrux, le tira légèrement et regarda par-dessus l’épaule de son aîné la tête que ce dernier tenait. « Est-ce douze mille quinze ou douze mille seize ? »

« C’est douze mille seize ou attend, peut-être dix-neuf ans. je… je ne sais pas ! Que Tzeentch t’emporte, Pourriture Noire, je ne sais plus ! Tu m’as fait perdre le compte. Maintenant, je dois recommencer. Pas encore… »

Pourriture Noire se leva et attrapa une tête de la pile. « C’est bon, vieux crasseux », dit-il avec un sourire pourri, « J’aiderai ! »[16]

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Sources

  • Codex Chaos Daemons, V8
  • Codex Démons du Chaos, V4
  • Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay
  • Warhammer 40 000 JdR - Dark Heresy : Livre de règles
  1. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - Inevitable Decay (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - Putrescence Personified (traduit de l'anglais par Guilhem)
  4. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle (traduit de l'anglais par Guilhem)
  5. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - Servants of the Great Paradox - Daemons (traduit de l'anglais par Guilhem)
  6. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - Servants of the Great Paradox - Chaos Space Marines (traduit de l'anglais par Guilhem)
  7. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - Servants of the Great Paradox - Mutants (traduit de l'anglais par Guilhem)
  8. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - Putrescence Personified (traduit de l'anglais par Guilhem)
  9. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - Servants of the Great Paradox - Plague Cults (traduit de l'anglais par Guilhem)
  10. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - Servants of the Great Paradox - Warbands (traduit de l'anglais par Guilhem)
  11. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - The Countless Ills (traduit de l'anglais par Guilhem)
  12. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - The Countless Ills - Rot, Glorious Rot (traduit de l'anglais par Guilhem)
  13. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - The Countless Ills - Champions of Decay (traduit de l'anglais par Guilhem)
  14. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - The Countless Ills - A Purpose Shared, A Plan Divided (traduit de l'anglais par Guilhem)
  15. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - Nurgle and the Long War (traduit de l'anglais par Guilhem)
  16. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Decay - Chapter I : Nurgle - Nurgle and the Long War (traduit de l'anglais par Guilhem)