Nexus du Paria

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Le Nexus Paria.
Au cœur de la Noctis Aeterna, d’effroyables entités jetaient les bases de leur œuvre mortifère. Tandis que les ténèbres reculaient, l’Adeptus Terra luttait pour rétablir le contact avec les systèmes d’Imperium Sanctus. Mais parmi toutes les zones silencieuses qui nécessitaient d’être explorées, aucune n’était aussi vaste et inquiétante que la zone morte du quart nord-ouest du secteur Nephilim.

Les forces de croisade impériale s’enfoncent en nombre sans cesse croissant dans la région de l’espace désormais appelée le Nexus du Paria, ou Zone de Guerre Paria. Mais en vérité, même leurs armées, comptant des contingents de l’Adepta Sororitas, l’Adeptus Mechanicus, l’Ordo Xenos et l’Adeptus Astartes n’ont qu’une compréhension rudimentaire de la menace qui s’y développe.

Quelque énergie inconnue émane du système Xendu pour isoler l’espace réel du Warp. Monde après monde, l’aura funeste s’étend, et les planètes englouties par ce linceul malsain deviennent "inertes". Un à un, les esprits des êtres vivants qu’abritent ces astres sont soufflés telles des chandelles sous l’éteignoir. Dans le Nexus, les trajets dans le Warp sont limités, car les Navigators cherchent en vain des courants empyréens dont ils ont perdu toute trace, et les vaisseaux qui tentent de franchir le Nexus subissent des avaries catastrophiques. Les communications astropathiques sont également perturbées, et seule la foi semble à même de faire reculer temporairement cette menace.

L’inexorable expansion du Nexus du Paria est l’œuvre des Nécrons. Les anciens Xenos au corps d’androïde ont en effet lancé la première phase d’un plan conçu il y a des éons de cela, sous l’égide de Szarekh, dernier des Rois Silencieux. Avec l’appui d’un conclave de Crypteks appelés les Technomandrites, Szarekh tente de déployer une arme si puissante qu’elle pourrait mettre un terme à la menace que fait peser le Chaos sur la galaxie. Le fait que cette modification radicale du cours des événements coûte la vie à tous les peuples non-Nécrons n’est, aux yeux du Roi Silencieux, qu’un épiphénomène qu’il convient d’apprécier à sa juste valeur.

Ce projet repose sur d’immenses Pylônes taillés dans une substance appelée Noctilithe, ou Sombreroche. Bien que les érudits impériaux ignorent si les pylônes du Nexus du Paria furent façonnés à partir de ressources locales ou largués depuis l’espace, une chose est sûre : les obélisques cyclopéens canalisent l’énergie de l’étoile de Xendu pour créer une barrière entre l’espace réel et le Warp.

La majorité des mondes du Nexus est considérée comme perdue, et leurs habitants humains sont inertes. Certaines planètes sont devenues des mondes fantômes plongés dans un silence sépulcral, tandis que d’autres ont été transformées en superforteresses Nécrons par l’ajout de matrices de défense continentales. Les forces de croisade impériales s’enfoncent toujours plus loin dans les systèmes silencieux, mus par leur esprit de sacrifice et une foi aveugle en la force de leurs armes. Abattre les pylônes leur permettra peut-être de mettre fin à ce cauchemar, mais alors que les combats font rage et que de nouvelles dynasties Nécrons viennent appuyer le Roi Silencieux, la situation semble plus que jamais désespérée.

La situation dans le Nexus du Paria est un sujet de préoccupations pour quelques esprits éclairés de l’Imperium. S’il se trouve bel et bien au sud de l’Ultima Segmentum, des rapports en provenance de secteurs voisins présentent des similitudes troublantes suggérant l’esquisse d’un motif inquiétant.

Là où ces gigantesques pylônes tutoient le ciel, des régions entières de l’espace réel sont isolées du Warp. Même si l’effet n’est pas absolu, les voyages et translations Warp, les communications astropathiques et la manifestation d’énergie démoniaque ou psychique deviennent bien plus ardus. Si les sites du Nexus éparpillés venaient à s’étendre jusqu’à ce que leurs champs fusionnent, Szarekh croit que la menace du Chaos pourrait être vaincue à jamais. Cependant, ce n’est qu’un des objectifs de son plan insidieux, car l’absence totale d’énergie empyréenne se révélerait aussi néfaste pour les races inférieures que son excès. Les êtres vivants au sein du Nexus du Paria sont affligés d’une torpeur qui empire avec le temps, jusqu’au moment où ils sombrent dans un état second puis dans une mort spirituelle. Ce sort laisse leurs corps vivants mais privés d’âme : les parfaits réceptacles pour des expériences d’inversion du Biotransfert. Grâce à ce plan, et avec l’aide des Technomandrites, le dernier Roi Silencieux cherche à offrir à son peuple les moyens d’annuler la damnation qu’il leur a infligée, et ce faisant, à unir les Nécrons pour leur permettre de vaincre les ennemis qui lui résistent encore afin de revendiquer la galaxie.

Le Royaume Silencieux[modifier]

Le Royaume Silencieux.
Loin de Sainte Terra, l’effroi qui s’était emparé de mondes impériaux comme Vertigus II était palpable. La Cicatrix Maledictum béait, et les distances séparant l’empire de l’Humanité semblèrent plus vastes que jamais lorsque ces mondes furent soudain privés de l’éclat de l’Astronomican. C’est dans ce puits de terreur qu’évoluaient les osts métalliques de la Dynastie Szarekhan.

Le Monde Minier de Vertigus II n’était pas sans défense. Quoique peu nombreuses, ses communautés industrielles exploitaient des ressources de grande valeur, notamment du prométhéum, et des matériaux rares vendus dans le plus grand secret à l’Adeptus Mechanicus. Ses ressources naturelles étaient si importantes pour la région que sept régiments et treize divisions blindées de l’Astra Militarum y étaient stationnés en permanence, en compagnie de macrolades de Skitarii issus de plusieurs Mondes-Forges et des forces de défense planétaire locales. Des canonnières sillonnaient le ciel sous la vigilance constante de défenses orbitales de classe Skopticon. Mais ces protections furent dérisoires lorsque s’abattit la Noctis Aeterna.

Noctis Aeterna est le nom du voile qui tomba sur les mondes de l’Humanité quand la Grande Faille scinda la galaxie en deux. Le phare de l’Astronomican fut apparemment soufflé par cette noirceur, ce qui interdit toute communication et navigation dans l’Imperium. Vertigus était isolée, à des années-lumière de toute aide. Ses dirigeants eurent pour la première fois vent d’une attaque lorsque les défenses orbitales de la planète cessèrent simultanément d’émettre. Il n’y eut pas de négociations : les forces de la Dynastie Szarekhan parurent se matérialiser ex nihilo et entreprirent d’éradiquer les humains de ce monde.

Au moment du Biotransfert Nécron, la Dynastie Szarekhan était la plus puissante et la plus influente. Son prestige était immense, car c’était la Dynastie de Szarekh, dernier des Rois Silencieux. Ainsi, ses nobles considéraient que la galaxie leur appartenait, et jugeaient toutes les autres races, comme les dynasties, comme inférieures, ce qui se traduisait par une grande brutalité. En effet, ils ne cherchaient pas à intégrer leurs rivaux vaincus ni ne leur proposaient de s’acquitter d’honorables tributs, ils les soumettaient par la force et anéantissaient ceux qui leur résistaient.

Durant les millions d’années où ils sommeillèrent dans leurs froides nécropoles, la Dynastie Szarekhan perdit sa position dominante. Leurs mondes élémentaires fuirent détruits par des supernovæ ou des avaries de systèmes énergétiques censés être à l’épreuve des ans.

Lorsque sonna l’heure de l’éveil, nombre des nécropoles de Szarekhan mirent du temps à être opérationnelles, ce dont profitèrent les autres dynasties. Ce n’est que lorsqu’un émissaire Cryptek du Roi Silencieux put rejoindre librement le monde primordial des Szarekhan grâce aux protocoles dynastiques de Szarekh, que la Dynastie Szarekhan fut totalement ranimée. Le Cryptek était porteur d’un message offrant à la dynastie la possibilité de servir à nouveau le Roi Silencieux.

Sur Vertigus, les Dynastes Szarekhan ordonnèrent à leurs guerriers de détruire rapidement la contre-attaque impériale. Des centaines de phalanges de guerriers Nécrons se matérialisèrent depuis leurs Vaisseaux-Nécropoles dans chaque communauté minière. Des Gardes Impériaux, des Skitarii et même des groupes de mineurs armées à la hâte se défendirent farouchement contre les envahisseurs, mais ils ne faisaient pas seulement face à la technologie des Nécrons. Une aura dominatrice émanait en effet de chaque androïde. Alors que les squelettes métalliques s’approchaient des lignes de défense établies le long des réseaux de macro-conduites, les esprits des humains s’embrumèrent.

Viser l’ennemi devint une épreuve car tous leurs instincts leur hurlaient de détourner le regard. Les lignes des défenseurs ainsi envoûtés furent bientôt enfoncées tandis que les faisceaux d’énergie des inexorables mécaniques éventraient barricades et fortifications. Des dizaines de Gardes Impériaux furent taillés en pièces par les lames fractales dont le contact cautérisait immédiatement les plaies. Mais nombre de défenseurs furent simplement neutralisés par l’aura dominatrice des assaillants. Ainsi, certains déposèrent les armes, tandis que d’autres, abandonnant toute dignité, se déclarèrent prêts à obéir aveuglément à leurs agresseurs. Mais la Dynastie Szarekhan est sans pitié. Certains furent dématérialisés par des faisceaux tanslocateurs, tandis que d’autres furent simplement broyés sous le pas métallique de Nécrons indifférents.

Quelques foyers de résistance survécurent à l’offensive, car certains défenseurs avaient fait en sorte que les civils aient le temps de s’abriter dans les souterrains, dans l’espoir que le dédale de mines permette aux Impériaux de monter une guérilla efficace tout en se cachant des Nécrons. Mais des Destroyers Skorpekh s’enfoncèrent dans les puits de mine pour traquer les humains.

Vertigus était aux mains des Nécrons. Avant même que les derniers défenseurs fussent vaincus, les Crypteks mirent en œuvre le véritable objectif de la dynastie. Avant le Long Sommeil, ils étaient en effet des experts dans le travail de la Sombreroche. Les Crypteks bénéficiant du mécénat des nobles de la dynastie en avaient découvert les secrets, et les artificiers de Szarekhan pouvaient la manipuler grâce à des plans interdimensionnels et des matrices géodésiques. Sur Vertigus, des conclaves de Crypteks canalisèrent des flots d’énergie à la surface des communautés minières, et des lances de Sombreroche semi-fluide jaillirent du sol en direction des cieux. D’autres piliers se matérialisèrent, acheminés depuis les vaisseaux Nécrons par des colonnes de lumière. À mesure que les inquiétants mégalithes prenaient forme, d’épais nuages tourbillonnants apparurent à leurs sommets.

Vertigus était le chaînon manquant pour le dessein du Roi Silencieux. C’était en effet le dernier système nodal dans une zone stable de l’espace si vaste et d’une géométrie si complexe qu’elle défiait toute compréhension humaine. Ainsi naquit le Nexus du Paria, dont les systèmes deviendraient inertes afin de garantir l’ascension de la Dynastie Szarekhan.

La Croisade Paria[modifier]

La Croisade Paria.
La noirceur de la Noctis Aeterna finit par s’estomper. Sur Terra et ailleurs se mobilisèrent les forces de la Croisade Indomitus, un rassemblement militaire d’une ampleur inédite. Des flottes de vaisseaux de guerre chargés de combattants issus de milliers de mondes s’élancèrent dans le domaine de l’Humanité. Et parmi eux, les plus grands étaient sans conteste les Ultramarines.

Même s’ils n’étaient pas les héritiers directs de Roboute Guilliman, Seigneur Commandeur de l'Imperium, l’autorité des Ultramarines sur la Flotte Primus de la Croisade Indomitus était incontestable. Ces Space Marines légendaires appliquent depuis dix mille ans une discipline martiale stricte, sous-tendue par un code de l’honneur inflexible. Ainsi, les Ultramarines sont les parangons des champions surhumains de l’Humanité.

Les Ultramarines formaient l’avant-garde du Groupe de Combat Kallides. Les guerriers du Chapitre avaient déjà mené des dizaines d’engagements durant leur périple à travers l’Ultima Segmentum, avec l’appui de soldats de l’Astra Militarum, de commanderies de l’Adepta Sororitas et d’autres Chapitres Space Marines.

Le maître de groupe Marran ordonna au groupe de combat de se déployer en premier lieu dans le secteur Nephilim, bien que de violentes tempêtes Warp ralentissent sa progression. Des rapports troublants leur étaient parvenus des secteurs voisins de Nephilim, et il ne s’agissait là sans aucun doute que des messages qui avaient pu franchir les perturbations empyréennes. Des comptes rendus évoquant des assaillants inconnus côtoyaient l’évocation d’une anomalie spatiale, que l’Impérium baptisa le Nexus du Paria. Malgré le rétablissement de l’Astronomican, les rapports indiquaient que la navigation était fortement perturbée dans cette zone. Plus le phare de l’Empereur brillait, et plus le contraste devenait troublant.

Tandis que le groupe de combat abordait la frontière nord-ouest du secteur Nephilim, les capitaines du Maître de Groupe Marran signalèrent une accalmie sur le front des tempêtes Warp. Les Navigators du vaisseau crurent d’abord à un répit après des semaines de voyage tumultueux, mais le danger devint bien vite apparent, car la navigation devint de plus en plus difficile. Les courants de l’Immaterium étaient en effet si calmes que les Moteurs Warp peinaient désormais à faire avancer les vaisseaux sans consommer de grandes quantités d’énergie.

Parmi les objectifs du groupe de combat se trouvait Vertigus II. Cette planète n’avait donné aucun signe de vie lors des trois derniers cycles de dîme. Si ses dirigeants pensaient s’affranchir de leurs responsabilités, ils se trompaient, d’autant que ses ressources minérales étaient encore plus précieuses après les soulèvements et calamités psychiques qui avaient frappé les autres mondes miniers du Segmentum.

Le détachement spécial III fut constitué pour enquêter sur le silence de Vertigus. Nombre de vétérans Ultramarines s’étaient vus confier d’anciennes reliques du Chapitre, et ils constituaient l’avant-garde du détachement spécial. Les messages vox des Ultramarines ne reçurent aucune réponse, et malgré des scans répétés, leurs vaisseaux ne décelèrent aucune trace d’aéronefs, impériaux ou non.

Les Ultramarines et leurs alliés atterrirent en de multiples points sur le continent principal de Vertigus. Une fois au sol, le Capitaine de la force Ultramarines coordonna l’exploration des communautés minières depuis la capitale de M’tallonis. Les Space Marines ne trouvèrent pas trace des habitants de la planète, et ne rencontrèrent dans chaque ville qu’un silence oppressant. Les Ultramarines étaient conditionnés pour n’éprouver aucune peur, mais ils furent gagnés par un malaise persistant tandis que des échos fantômes perturbaient leurs Auspex.

Ils trouvèrent des signes manifestes de combat, tels que des cratères causés par des obus et des brûlures de laser. Des sillons causés par la désintégration de la matière et des entailles nettes dans la roche indiquèrent au Capitaine quel genre d’adversaire s’était trouvé là, et il ordonna à ses troupes de redoubler de vigilance. Cependant, certaines zones ne présentaient aucun dégât, et les Ultramarines virent des signes d’évacuation soudaine, notamment des ordinateurs dont les moniteurs de flexicristal étaient encore actifs et des pièces jonchées de rations à peine entamées. La tension s’accrut lorsque des patrouilles signalèrent la présence d’immenses obélisques de roche noire.

Soudain, des contacts apparurent dans chaque secteur. Tels de funestes mirages soudain tangibles, des squelettes de métal apparurent, leurs fusils projetant des faisceaux d’énergie, tandis que les puits de mine vomirent des aberrations griffues qui fondirent sur les Space Marines. Dans le ciel, des reflets lumineux sur des ailes de métal marquèrent l’arrivée d’essaims d’insectes métalliques. Les Ultramarines réagirent instantanément et ouvrirent le feu sur les Nécrons, qu’ils entendaient chasser au plus vite de ce monde. La Bataille de Vertigus reprenait de plus belle.

Sources[modifier]

  • Warhammer 40k - Le Fil du Silence
  • Codex Nécrons, V9