Monde Démon

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Un Monde Démon.
Ces mondes étaient autrefois régis par les lois de la nature. Désormais, suite à une incursion cataclysmique, ils sont soumis au Warp et constituent des îlots d’Immaterium au beau milieu de l’espace réel. Un Démon peut passer sans entraves du Warp à l’un de ces mondes et les quatre grandes puissances du Chaos ne cessent de s’affronter pour leur contrôle. Des armées de Démons et leurs alliés vivants livrent d’épiques et sanglantes batailles dont l’issue doit déterminer laquelle des puissances du Chaos prévaudra. Ces batailles se prolongent souvent sur plusieurs siècles et le monde disputé se transforme rapidement en une sorte de gigantesque arène qui voit s’affronter les forces adverses. Elles représentent l’éternel conflit qui oppose les Puissances de la Ruine, transposé dans l’espace réel par les actes et les désirs de ceux qui les servent. Les généraux de ces armées sont des Démons Majeurs ou des Princes Démons. Ces derniers ayant autrefois été vivants, ils comprennent la nature des deux univers, le matériel et l’immatériel. Une fois un monde conquis par un Prince Démon, il le revendique comme sien et y règne selon sa volonté, en appliquant les lois de son dieu tutélaire.

L’Œil de la Terreur est une région soustraite aux lois de la physique et uniquement assujettie aux souhaits impies de dieux fous. Il est pratiquement impossible d’établir une classification des Mondes Démons. La seule chose de sûre, c’est qu’ils défient toute logique et qu’ils abritent des enfers où leurs habitants sont pervertis ou dévorés. Chaque monde est radicalement différent, associé à la personnalité de l’être qui le commande. Comme les Démons ont besoin d’une grande quantité d’énergie ou d’un hôte pour exister hors de l’Immaterium, l’Œil de la Terreur est pour eux un lieu rêvé : aucune des lois immuables issues des principes de la gravité et de l’astrophysique ne s’y applique.

La population mortelle de ces mondes sert le Chaos de deux manières tout aussi importantes l’une que l’autre. Les mortels fournissent le gros des troupes des armées du Chaos, en particulier pour celles qui se lancent à l’assaut de l’univers matériel. Ils adorent les puissances du Chaos et, ce faisant, renforcent leur présence dans le Warp. L’Œil de la Terreur est plongé dans un état de guerre permanent, mais chaque créature mortelle qui y vit ne participe pas forcément aux combats. Seuls les plus braves acceptent de se battre pour s’arracher de la condition d’esclave, de citoyen des bas-fonds ou d’ouvrier dans ces usines sordides. Ils deviennent alors des guerriers pour le compte du Chaos, des individus puissants. Les autres se contentent d’offrir leur travail et leur dévotion. Les esclaves sont récompensés à la sinistre manière du Chaos et apprennent à aimer le fouet. Ivres de plaisir, ils font preuve d’une abnégation démentielle, s’efforçant de surpasser leurs semblables dans le seul but de plaire à leurs maîtres. Des populations entières ne travaillent pas dans les fonderies, mais forment des hordes planétaires dont le seul travail consiste à prier sans relâche. Des millions d’habitants atteignent des sommets de dévotion sous le fouet, et le Warp résonne de leurs prières démentes, tandis que leur sacrifice accroît la puissance des Dieux du Chaos.

Lorsqu’un Prince Démon prend le contrôle d’un monde, il utilise ses pouvoirs titanesques pour le remodeler à sa guise. Chaque monde est donc différent et spectaculaire à sa propre manière. Certains comportent des océans de viscères bouillonnants, d’autres des continents en forme de crânes visibles à plusieurs millions de kilomètres de distance. D’autres encore présentent des aspects qui ne pourraient normalement exister que dans le Warp, comme des montagnes flottant dans le ciel ou des volcans dont les rivières de lave coulent à reculons. Le peu de choses que l’on sait de ces mondes a été acquis au prix fort par l’Imperium, et seuls les plus puissants Psykers peuvent tenter d’en explorer les abords sans risquer d’y laisser leur âme. Les plus faibles s’en retournent immanquablement avec une présence étrangère hantant leur corps. Les Vaisseaux Furtifs de l’Inquisition ont également pénétré dans l’Œil de la Terreur, invisibles à ses habitants grâce à leurs boucliers stellaires psychiques. Bien que la nature même du Warp implique que les données enregistrées par leurs myriades d’appareils sensoriels sont souvent inconsistantes, l’Ordo Malleus est parvenu à rassembler suffisamment d’informations pour être certain de l’existence de plusieurs Mondes Démons aux abords méridionaux de l’Œil de la Terreur.

Ichoria est une plaine corrompue d’os et de verre, où des crépitements d’énergie traversent les corps vitrifiés de ceux qui ont vendu leur âme au nom de la gloire ou de la richesse. Des épines poussent sur chacun de leurs membres, des échardes de verre tranchant s’immiscent dans leurs corps meurtris à chacun de leurs mouvements ou spasmes d’agonie. Tous les neuf cent quatre-vingt dix neuf jours, un de ces esclaves se voit rendu à la vie, son âme réintégrant un corps sain. Mais le Prince Démon de ce monde sait pertinemment que le souvenir du calvaire vécu sur Ichoria conduira sa victime à la folie en quelques jours, un processus de dégénération qu’il affectionne plus que tout : le faux espoir que ce rituel fait naître dans le cœur du prisonnier est bien plus affreux que les tourments physiques que lui infligeront les Démons hantant la planète.

Le Monde Démon d’Uolesh n’est autre qu’un cimetière tentaculaire plongé dans une obscurité perpétuelle, son sol composé d’une mosaïque de corps vivants qui hurlent et gesticulent. Chacun de ces corps fut jadis un homme que la jalousie ou le dépit a conduit à conclure un pacte avec les Dieux Sombres. Ceux qui tentent de traverser ce parterre hideux doivent lutter constamment contre des mains griffues qui les enserrent et tentent d’attirer le passant dans leur fange putride. Le moindre de ces corps est empli de sentiments de haine et d’envie envers ceux qui demeurent indemnes. On dit que lorsque le seigneur d’Uolesh se manifeste dans le monde réel, une nuée de choses-corps se matérialise également tout autour de lui, prêtes à partager leur destin avec quiconque se trouve sur leur chemin.

Le Monde Démon de Pluvioris est inhabituel dans la mesure où la planète et son seigneur ne font qu’un : il s’agit d’un colosse de chair bruissant constamment de douleur et de plaisir, si imposant que s’il venait à s’extirper de ses rêveries perverses, il pourrait contenir un océan dans ses mains. Le paysage malsain constitué de cratères poreux et de poils écailleux est peuplé de ceux qui ont passé leur vie à caresser des chimères et ont payé le prix fort pour leur manque de foi. Lorsque l’imagination particulièrement active d’un habitant conjure une nouvelle horreur, celle-ci surgit du pore le plus proche et se jette sur son géniteur dans une orgie de chair et de sang. La nuit suivante, la victime sera déglutie par l’immense bouche de Pluvioris pour que le cauchemar se poursuive indéfiniment.

Sur les abords de l’Œil de la Terreur, Y’gharnak est l’un des Mondes Démons à avoir le plus été exploré par des Psykers, dont les balbutiements malsains semblent décrire la même planète. Plutôt qu’un monde solide, Y’gharnak est l’amalgame de plusieurs sphères de cuivre tournoyantes, et à mesure que l’on s’en approche, il devient évident que chacune de ces sphères est une cage constituée de barres chauffées à blanc dans laquelle sont incinérés ceux qui se sont aventurés à boire le sang d’un autre sous le regard d’un des Dieux Sombres. Le seul moyen pour eux d’alléger leurs souffrances est de peindre les barreaux de bronze avec leur propre sang. En dépit des lois de la physique, l’espace dans lequel ces individus damnés flottent est traversé par l’odeur âcre de la chair brûlée, une senteur si douce aux naseaux du Démon qui habite au cœur d’Y’gharnak.

Ceci n’était qu’un exemple infime de la myriade de Mondes Démons qui constituent l’Œil de la Terreur.

Célèbres Mondes Démons[modifier]

Sources[modifier]

  • White Dwarf n°110 (Juin 2003)
  • Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Livre de Règles