Malifect de Bronze
Une curieuse technohérésie a affligé le quadrant de Josian dans la seconde moitié du huitième siècle du 41e Millénaire. Des scholae augmentiques, regroupant les techno-adeptes qui construisaient et entretenaient des dispositifs cybernétiques furent corrompues par le Warp en différents lieux. Les Hereteks construisirent des autels de la Machine pervertis et corrompirent certains rituels du Mechanicus. Ils succombèrent à la folie et à la rouille spirituelle, couvrant la moindre surface de graffitis incohérents et travaillant a la création d’appareils dénaturés.
Le Malifect de Bronze est l’une de leurs créations, un arrangement odieux de membres augmentiques en bronze contrôlé par un esprit meurtrier du Warp. Inactif, un Malifect ressemble à un amoncellement de bras et de jambes augmentiques endommagés par les combats, comme s’ils avaient été récupérés sur des Gardes Impériaux morts et entassés. En y regardant de plus près, on constate que cet amoncellement est un arrangement délibéré surgi d’un esprit dément. Les prothèses automatisées sont soudées entre elles au plasma (un moignon soudé à un poignet des jambes accolées, un bras fixé sur une cuisse, etc.), de sorte que l’ensemble forme un seul grand appareil, capable d’effectuer des mouvements articulés. Des cibles de données et des conduits d’alimentation courent sur l’ensemble, reliant de petits transformateurs de puissance et des fléchisseurs bioniques de récupération. Des sceaux hérétiques et des inscriptions incohérentes en jargon des machines sont apposés sur les liaisons les plus essentielles.
Lorsqu’il est actif et investi du pouvoir du Warp, un Malifect se déplace avec rapidité, plein d’une intention malveillante. L’esprit Démon emprisonné à l’intérieur contrôle le monstre mécanique et repère ses victimes terrifiées selon des moyens inconnus : le Malifect ne comporte ni composant oculaire ni processeurs capables de le mettre en mouvement. C’est l’énergie Warp et elle seule, habillée de métal et affamée de mort et de souffrance, qui meut le Malifect.
Le Malifect de Bronze garde des temples de la Machine isolés ou des vaisseaux medicae à la dérive qui ont été touchés par le Warp. Il a une fascination candide pour les instruments chirurgicaux, comme les scies, les scalpels, les pinces et les sondes. Le Démon à l’intérieur du Malifect n’est pas d’une grande astuce et se comme de rester immobile jusqu’à ce qu’il ne puisse plus contenir sa soif de carnage et bondisse pour tailler et trancher. Des stratégies plus complexes sont au-delà de ses capacités. Les corps de ses victimes sont abandonnés déchirés, découpés et éventrés comme s’ils avaient été examinés par un vivisecteur dément.
D’autres perversions de techno-instruments médicaux et d’Esprits de la Machine accompagnent les flambées de technohérésie dans le quadrant de Josian : des morts qui se relèvent et marchent sur des jambes mécaniques alimentées par l’énergie du Warp, des vivants irrémédiablement plongés dans la démence après être passés sur la table d’opération, et des autels sacrificiels entièrement construits avec des scalpels et des scies chirurgicales. Parmi toutes ces manifestations, le Malifect de Bronze représente certainement le plus grand danger pour les serviteurs des Saints Ordos.
Iridus -563/a15
Sujet // Jagamar Elste
Transcripteur // Archiviste mineur Yalane // 3.237.795.M41
Comme je disais, c’est en taule que tout a commencé, et ma nuque attendait le Pistolet Laser du bourreau. Mais on a toujours besoin d’hommes capables d’affronter le pire et c’est pourquoi ce salaud de Gelt est arrivé et m’a sorti de ma cellule. Je devais diriger les racailles qu’il emmenait dans le ventre du Merciful Saint Surenis, un vaisseau medicae de la sororité des Matrone affligées - puisse son épave pourrir à jamais sur l’astéroïde où elle repose.
Gelt avait besoin de racailles dans mon genre. Des racailles pour servir de chair à canon face aux maléfices du Warp afin de protéger les soldats en uniforme dont je faisais autrefois partie. Je bois aux racailles, qui sont le cœur et l’âme de la flotte de guerre ! Au début, manque de bol, j’étais loin de l’action. Les réguliers de la flotte, ces planqués, avaient la tâche facile de mener l’assaut par le flanc arrière, où les baies d’envol étaient restées ouvertes. Nous les avons entendus hurler sur le vox et combattre contre une marée de femmes défuntes envoyées à l’attaque par des folles équipées d’automembres de bronze.
Nous, les précieuses racailles, étions chargés de frapper au cœur, au niveau des ponts principaux où des défuntes aux membres de bronze pervertissaient les modèles du Mechanicus et inscrivaient des phrases étranges sur les parois blindées. Tuer les sœurs et les brûler fut un acte de pitié après ce que nous en avions vu, car toutes étaient passées sous le scalpel et la scie à os. Cela faisait deux décennies que le Merciful Saint Surenis était resté là où il s’était écrasé, de longues années de démence et de Warp qui l’avaient transformé en un véritable asile de fous. Il aurait dû être entièrement passé au Lance-Flammes, mais cette miséricorde lui fut refusée !
Je n’oublierai jamais le monstre de bronze. C’est dans les blocs hospitaliers qu’il se jeta sur nous, un assemblage d’automembres et de jambes mécaniques. Il émergea d’un tas de matelas pourris et de châlits rouillés, avec des scalpels dans chacune de ses dix mains, avide de cette chair dont il était privé. « Tirez bande d’abrutis, tirez ! », m’écriais-je. Au début, que leur peau leur pourrisse sur les os, ils restèrent paralysés par la peur, mais ils se reprirent à temps, bénis soient-ils ! Leurs mains zélées firent feu jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de ce machin et que ce soit du bronze fondu qui s’écoule dans les gouttières d’évacuation des fluides. L’Empereur vous souhaite la bienvenue ! Voilà comment on accueille le Warp, nous autres !
Le Fusil Laser est un don de l’Empereur ; le prêcheur marmonnant et le prêtre agitant son encensoir devraient déposer des Fusils Laser de la flotte sur l’autel. Un ban pour des Fusils Laser sur l’autel ! Que l’Aquila bénisse nos tirs et nos cellules énergétiques ! Nous avons rempli chaque jour la cathédrale, nous les fidèles de la flotte.
Le Merciful Saint Surenis brûlait au niveau des ponts médicaux, la fumée envahissait les coursives et les flammes gagnaient les soutes secondaires. Au milieu de ce chaos, dans le centrum medicae à moitié détruit, nous découvrîmes ces chancres de métal ricanant, des Technoprêtres déments et malsains, occupés à psalmodier. Nous leur avons fait payer ce qu’ils avaient fait à ce fier vaisseau ! C’était l’occasion de regagner la faveur des seigneurs capitaines et de ce Gelt au cœur de pierre. Nous avons arraché les membres de métal à la chair avec une sainte férocité, négligeant nos blessures et nos pertes, puis nous avons brûlé ces corrompus après les avoir pendus aux solides cloisons impériales.Source[modifier]
- Warhammer 40 000 JdR - Dark Heresy : Créatures et Anathèmes








