Guerre des Sombres Révélations

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La Guerre des Sombres Révélations.
À la fin de M41, le monde matériel subit l’attaque d’une nouvelle menace : les impitoyables Flottes-Ruches des Tyranides. Il ne fallut pas longtemps à Vect pour ordonner à ses serviteurs de se renseigner sur ce nouvel ennemi ; dans la Toile, Commorragh était à l’abri des déprédations de ce dernier, mais Vect entrevoyait que le genre Tyranide pouvait être utilisé comme une arme contre ses ennemis.

Le jeune Empire T'au, au contraire, était terrifié. Ses forces armées venaient tout juste de repousser la Flotte-Ruche Gorgon, et ne pouvait pas se permettre un nouveau conflit à l’échelle d’un système. Or, les vrilles de la Flotte-Ruche Kraken s’étaient enfoncées profondément dans le Bord Oriental, et l’Empire T’au était virtuellement encerclé. Les T’au cherchèrent à recruter tous les mercenaires, tous les alliés et tous les peuples fédérés pour repousser les Tyranides, quel que soit le prix à payer.

Lorsqu’un seigneur extraterrestre se faisant appeler Urien Rakarth contacta l’état-major T’au par le biais d’une vidéo granuleuse, la Caste du Feu était prête à discuter avec lui. Rakarth proposa de les aider dans leur lutte contre les Tyranides, ne demandant en retour que ce qu’il appelait un "échange culturel". Malgré l’apparence révoltante de leur interlocuteur, les T’au acceptèrent son offre. Certes, Rakarth et ses camarades souffraient d’un physique fort étrange, mais ils exsudaient aussi un air de noblesse, et paraissaient considérer les Tyranides comme une menace mineure.

Dans un premier temps, la décision de l’état-major T’au d’accepter l’aide des Prophètes Charnels de Rakarth sembla sensée et prudente. C’est sur la planète verdoyante de Vigos que les combats entre T’au et Tyranides étaient les plus meurtriers, mais à chaque fois que les premiers menaçaient d’être submergés par les seconds, de gracieux appareils descendaient du ciel. De ces esquifs débarquaient des escouades de guerriers torses nus, dont les mains étaient des lames ; ils se jetaient alors sur les rangs Tyranides, ignorant des blessures mortelles et abattant leurs ennemis de leurs coups précis.

Lorsque les plus sauvages bêtes d’assaut des Tyranides finirent par percer les lignes des T’au, les véhicules des Drukharis libérèrent des monstres colossaux, tout de muscles et d’os noueux. Ces horreurs grimaçant sous leur casque anonyme était en proie à une soif de sang chimique, et elles se jetèrent dans la mêlée alors que leurs maîtres Hémoncules flottaient au-dessus d’elles avec une grâce macabre. Aux yeux des T’au, chacun de ces monstres alliés était une effigie maléfique à laquelle on aurait donné vie, une sculpture de chair réalisée par un artiste dément dans le seul but de tuer. Ces créations diaboliques fondirent sur les Tyranides avec une énergie féroce, leurs membres biomécaniques hachant, taillant et frappant jusqu’à ce que même les plus grosses bêtes Tyranides eussent été réduites à l’état de pulpe chitineuse.

Une grande partie des serviteurs masqués de Rakarth fut démembrée ou piétinée par les plus massifs des Tyranides, mais ils semblaient totalement immunisés à la douleur. Même avec des membres en moins ou en proie à des flammes biochimiques, ils continuaient le combat. L’assaut des Tyranides se brisa sur eux comme des vagues contre une falaise, et les T’au surent mettre à profit ce répit. Là où l’élite des armées Tyranides se jetait dans la mêlée, des Talos et des Cronos venaient absorber leur essence vitale ou les décortiquer comme de gros insectes.

Lorsque les créatures maîtresses Tyranides menèrent l’assaut, les Hémoncules en personne employèrent des armes inconnues : des gantelets qui faisaient tomber les Créatures Synapses en poussière, des rayons fantomatiques qui sapaient l’énergie vitale des Tervigons, et des arquebuses ésotériques qui transformaient les gigantesques Trygons en statues de verre.

Si les guerriers des Hémoncules étaient d’une apparence révoltante, ils avaient renversé le cours des combats sur une dizaine de fronts. L’état-major T’au, de choqué qu’il était de voir les monstres qu’il avait recrutés à l’œuvre, se félicita bientôt de sa décision. Après tout, les T’au faisaient déjà appel aux Kroots anthropophages et aux Vespides, semblables à des insectes. L’état-major mobilisa des réserves sur le monde de Rubikon, à tout hasard, alors que les T’au de Vigos poussaient un soupir de soulagement. L’attaque Tyranide avait été repoussée, et des renforts arrivaient.

Le Chemin de la Damnation[modifier]

Rapidement, les traits émaciés de Rakarth réapparurent sur les écrans de l’état-major T’au. Il évoqua avec emphase la douleur que lui causait la perte de tant de ses précieux soldats, et bien que ces mots ne recelassent pas la moindre once de sincérité, nul ne pouvait nier que les Drukharis avaient subi l’essentiel des ravages adverses. En récompense, les Hémoncules réclamèrent soixante-dix sept T’au de chaque Caste dans le cadre d’un échange culturel. Un sourire aux lèvres, Urien demanda également qu’ils fussent accompagnés par une délégation de sept Éthérés. Or, les T’au tiennent les Éthérés pour des êtres sacrés, et cette partie du marché était inacceptable. En revanche, ils restaient prêts à payer n’importe quel prix pour le Bien Suprême de leur empire. L’état-major choisit donc une délégation de volontaires issus des autres Castes, et un détachement de transport Manta lui fit gagner l’orbite, où l’attendait un portail céleste crépitant qui s’élargit à leur approche. Ils s’y engagèrent, et scellèrent ainsi leur destin.

La phase suivante du conflit contre la Flotte-Ruche Kraken consistait en une contre-attaque concentrée. Les T’au souhaitaient reprendre à l’ennemi le continent polaire, et les Prophètes Charnels acceptèrent une nouvelle fois de joindre leurs forces à l’effort de guerre. Des groupes de chasse T’au fendirent les blizzards en vols ordonnés, leurs Exo-Armures aériennes décimant l’ennemi depuis le ciel. Des Tyranides ailés vinrent les intercepter, prenant leur essor dans les tempêtes de neige pour venir les tuer de leurs griffes et de leurs dents. Sur les lignes de front, les Hémoncules libérèrent leurs nouvelles créations. Des êtres grotesques aux bras interminables se taillaient un chemin parmi les essaims, des golems de chair abattaient leurs ennemis par monceaux grâce à leurs grappes de membres griffus. La puissance de feu des T’au et la fureur de leurs effroyables alliés était une combinaison imparable, mais les Tyranides continuaient d’avancer. Les pertes subies par les deux camps étaient épouvantables, mais les Hémoncules semblaient revigorés par le carnage qui se déchaînait autour d’eux.

La bataille fit rage pendant six jours, et les T’au finirent par en émerger victorieux. Cependant, lors du débriefing, un horrible soupçon naquit. Des images prises par les Drones T’au révélaient que la peau de leurs alliés n’était pas blafardes comme précédemment, mais tirait vers un bleu-gris que les T’au reconnurent aisément.

Le Prix[modifier]

Quelques secondes après que les T’au eurent comprit ce qu’il était advenu de leur "échange culturel", le visage de Rakarth apparut sur tous les écrans de la planète. Il exigea que les T’au lui remissent les Éthérés qu’il demandait, ou sept mille soixante-dix sept autres T’au à leur place. Sa demande suscita un tollé. Les membres de l’état-major jurèrent que Rakarth allait payer pour ses crimes, dussent-ils y laisser la vie. Les réserves T’au se déployèrent rapidement et s’apprêtèrent à intercepter les navires des Hémoncules en orbite. Ils ne trouvèrent rien d’autre que des mirages et le vide spatial.

Soudain, un message désespéré du Commandeur O’Shaev se fit entendre. Rubikon, la planète que les réserves T’au venait de quitter, était attaquée par des milliers d’aéronefs. Sa garnison subissait déjà de lourdes pertes sous les assauts d’un ennemi encore plus étrange que les Tyranides. Elle avait besoin d’aide, et vite. L’état-major était pris au piège. D’une manière ou d’une autre, les Hémoncules s’étaient déplacés à une vitesse incroyable, et ils avaient invité leurs alliés au festin.

Parmi les forces d’invasion qui se pressaient autour de la planète sans défense, se trouvait Asdrubœl Vect en personne. Afin de récompenser Urien Rakarth et ses Prophètes Charnels de lui avoir ouvert le cœur du système T’au, Vect leur accorda le privilège de mener l’assaut.

L’Hémoncule et sa Coterie de démons se firent un plaisir de ne pas décevoir leur maître. La bataille sur Vigos n’était qu’une escarmouche comparée à l’attaque subie par Rubikon. Les Prophètes Charnels menèrent une charge concentrée de monstres et de déments ; vue du ciel, le sol semblait grouiller de chairs pâles évoquant un tapis d’asticots. Dans un premier temps, la garnison T’au se défendit brillamment. Les tirs concentrés des Fusils à Impulsion trouvaient aisément leurs cibles, jusqu’à ce que le champ de bataille soient empreints de relents de chair carbonisée. Des milliers de Gorgones, de grotesques et de machines tombèrent sous les attaques des Crisis et des Hammerheads, mais les envahisseurs continuaient d’avancer, causant des ravages jusque dans leur agonie. Le moral des T’au commença à s’effriter. Comment repousser ces choses qui refusaient de mourir ?

Pire encore, les T’au n’avaient pu anticiper le génie militaire de Vect. La première attaque des Hémoncules n’avait pas pour but d’amener la victoire, mais la douleur. Lorsque les Kabales attaquèrent, la planète semblait déjà sortie d’un cauchemar. Les T’au devaient se battre contre des monstruosités blasphématoires, dont certaines étaient jadis leurs frères d’armes. Les Cabalites festoyèrent, si bien que chaque guerrier Drukhari devint l’égal d’une pleine escouade de Guerriers de Feu. La guerre continua de faire rage, mais les T’au étaient désespérément surclassés.

Lorsque les rares troupes que l’état-major put libérer atteignirent Rubikon, elles trouvèrent un monde en ruine. Les complexes militaires des T’au étaient dévastés, en flammes. Les cadavres des auxiliaires Kroots et Vespides avaient été disposés pour former des symboles de destruction uniquement visibles depuis l’espace. Des T’au, il n’y avait aucune trace : ils avaient disparu jusqu’au dernier. La planète entière était dépeuplée, ses habitants emportés dans les ténèbres pour soulager l’immonde appétit de Commorragh.

Source[modifier]

  • Codex Eldars Noirs, V5