Guerre des Cauchemars

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Les actes de désespoir et d’héroïsme qui eurent lieu pendant la Guerre des Bêtes n’étaient que le commencement. Une menace plus grande encore planait sur Vigilus, le Piège de Nachmund et même l’Imperium Nihilus tout entier: le Maître de Guerre Abaddon et ses légions du Chaos arrivaient…

La Cicatrix Maledictum changea pour toujours l’Imperium de l’Humanité, et lorsqu’elle déchira le tissu de la réalité, mille nouvelles guerres éclatèrent. Dans le Segmentum Obscurus, la planète aride mais populeuse de Vigilus devint un point stratégique vital. Elle se trouvait en effet au nord du Piège de Nachmund, un des rares passages stables à travers la Grande Faille. C’est à travers ses étendues hantées que des navires pouvaient passer de l’imperium Sanctus aux zones anarchiques de l’imperium Nihilus, puis revenir, tout en conservant de bonnes chances de survie. Quand la Grande Faille s’ouvrit, elle vomit une flotte d’invasion de peaux-vertes qui se déversa sur Vigilus telle une avalanche.

L’afflux d’Orks déclencha également l’insurrection d’une Secte Génovore qui couvait depuis longtemps sous la surface de la planète. Avant même que la Noctis Aeterna coupe Vigilus de l’Astronomican, tous ses continents étaient ravagés par les combats. Le nom du Système Vigilus fut rapidement sur les lèvres de tous les Hauts Seigneurs de Terra. Le Seigneur Commandeur de l’Imperium, le Primarque Roboute Guilliman, jura que la planète survivrait et envoya le Maître de Chapitre des Ultramarines, Marneus Augustus Calgar, afin de s’en assurer. Cependant, un danger pire encore apparut avec les guerriers de la Black Legion. Ils étaient les hérauts d’Abaddon le Fléau, qui arriva à la tête d’une force de croisade suffisamment puissante pour conquérir tout le Système de Vigilus. Ce serait là, en un point stratégique vital pour l’Imperium, que les armées de l’Humanité subiraient une épreuve terrible.

La Mort Tombée du Ciel

La Guerre des Cauchemars.
« Vigilus ne doit pas tomber. »
- Roboute Guilliman, Seigneur Commandeur de l'Imperium, Fils Vengeur et Primarque Ressuscité des Ultramarines.
La Guerre sur un Monde Aride[1]

Vigilus était un monde hostile à toute vie humaine, pourtant l’imperium parvint à le coloniser. Il n’avait pas d’océans, les seules réserves d’eau étant jalousement gardées par ceux qui les détenaient. Il était ravagé par des séismes, en partie dus aux opérations de minage de l’Adeptus Mechanicus qui contrôlait le continent industriel Megaborealis. Ces excavations étaient si intenses que leurs effets poussèrent à plusieurs reprises la planète au bord de la guerre civile, malgré tout les technoprêtres refusèrent toujours de dévoiler ce qu’ils cherchaient avec une telle obstination. À cause de cela, les agglomérations de la planète étaient aussi larges quelles étaient hautes : les ruches de plusieurs kilomètres de haut étaient entourées de milliers de kilomètres carrés de manufactorums et de Secteurs Mechanicus. Ces étendues ruchières exportaient des denrées vitales aux autres planètes, et recevaient en retour des biens essentiels. Ces continents artificiels étaient autrefois protégés par le fleuron de l’industrie de Vigilus : des champs de force de classe Bastion, qui formaient autant une protection physique que psychique.

Lors des premiers mois de la Guerre des Bêtes, lorsque les Orks atterrirent sur les désolations de la planète à bord de vaisseaux colossaux, les champs de force les empêchèrent de passer. Toutefois, les tempêtes Warp de la Noctis Aeterna les détruisirent, laissant les peaux-vertes libres d’envahir les étendues ruchières, ce qui provoqua aussitôt la réaction d’une Secte Génovore jusque-là caché. Les contre-attaques impériales infligèrent de sérieux dégâts aux cités-casses des Orks et exterminèrent plusieurs nids de cultistes, voire de repaires du Chaos, néanmoins l’Imperium réagit trop tard pour éviter que les étendues ruchières deviennent des champs de bataille. Le Sénat de Vigilus céda du terrain aux envahisseurs, et mena des actions d’arrière-garde pour tenter malgré tout de sauver la planète.

Les défenseurs de Vigilus avaient combattu pour repousser les envahisseurs Xenos. Une fois l’assaut des Orks contenu et l’émergence de la Secte Génovore globalement circonscrite, ils pensaient avoir réussi le plus dur. Toutefois, quand les cieux s’illuminèrent sous les feux d’une flotte du Chaos, le désespoir les envahit.

Les malheurs assaillaient Vigilus depuis toutes les directions. Des désolations affluaient les hordes de Peaux-Vertes, qui s’empressaient de riposter quand l’Imperium lançait des attaques contre les cités-casses, suscitant le même effet qu’un coup de pied dans un nid de frelons. Trop têtus pour abandonner malgré les frappes dévastatrices de l’Adeptus Astartes, les Peaux-Vertes se précipitaient à l’assaut des Ruches dès qu’ils trouvaient une brèche dans les défenses, où se précipitaient sur les lieux d’un combat dès qu’ils voyaient de la fumée à l’horizon et percevaient des bruits d’explosions. Même si près de la moitié des Orks qui avaient atterri sur Vigilus avaient été tués, beaucoup d’autres étaient arrivés à maturité sur le sol de la planète depuis le début de l’invasion.

Le chef des Peaux-Vertes, une énorme brute appelée Krooldakka le Seigneur Suprême d’la Vitesse, se déplaçait sans cesse pendant la Guerre des Bêtes, car il savait qu’il était une cible prioritaire, mais que les impériaux ne disposaient pas des ressources pour le traquer tant que les étendues ruchières étaient sous pression. Ses tactiques de harcèlement causaient de gros dégâts, aussi bien dans les réseaux de tranchées que contre les convois blindés. Après le Siège du Mortwald, beaucoup de Chevaliers Impériaux jurèrent de l’abattre, mais lors de l’arrivée du Chaos, aucun n’avait encore accompli cet exploit.

De plus, des infestations de la Secte Génovore des Princes des Pauvres émergeaient sans cesse des étendues ruchières. Elles s’emparaient de quartiers entiers, de docks et de stations d’épuration d’eau. Dans des dizaines de hab-zones et sur autant de places, elles furent anéanties par l’Astra Militarum et ses alliés Space Marine, néanmoins il en venait toujours plus. Le continent artificiel de Dirkden fut abandonné aux mains des insurgés, car il était si infesté que des Génovores Pure-Souche arpentaient librement les rues.

La guerre faisait également rage pour les réservoirs des étendues ruchières d’Oteck, nominés simplement les Citernes. L’ascenseur spatial qui alimentait Megaborealis en eau pompée dans des astéroïdes gelés fut aussi capturé par l’élite du culte. Même s’il se montrait moins agressif que les Orks, il faisait preuve d’une telle ruse et d’un tel sens stratégique qu’il-mettait souvent en échec les Équipes d’Extermination de Skitarii et de l’Adepta Sororitas envoyées pour le déloger.

Ces deux races Xenos étaient décrites comme sauvage et stupides par la propagande impériale, mais en réalité, elles faisaient preuve toutes les deux d’une ruse qui contrariait encore et encore l’effort de guerre impérial sur Vigilus. Chaque matin, les relais vox clamaient que la victoire était proche, toutefois au fil des semaines, le doute s’insinua peu à peu dans le cœur des défenseurs.

De plus, ces adversaires inhumains n’étaient pas les seules menaces qui planaient sur Vigilus. Les Drukharis lançaient des raids depuis les mines gelées du sud, tandis que leurs cousins Aeldaris cherchaient à se venger contre la noblesse de la société d’Hyperia. Au sein de la plèbe, le cancer du Chaos se répandait insidieusement, particulièrement à Dontoria. Même les étoiles semblaient saigner alors que la Cicatrix Maledictum pulsait dans le ciel telle une plaie ouverte, prête à engloutir Vigilus.

Le pire danger apparut que lorsqu’il fut trop tard pour l’arrêter : l’arrivée des Astartes Hérétiques. D’après le rapport de l’unique survivant d’une Force de Frappe Space Marine envoyée sur la planète voisine Nemendgliasi, Marneus Calgar apprit que les armées d’Abaddon le Fléau arrivaient dans l’intention d’anéantir Vigilus. La loi impériale interdisait aux citoyens de lever les yeux vers le ciel, pour ne pas regarder la Cicatrix Maledictum et risquer de sombrer dans la folie, aussi les Space Marines du Chaos n’eurent guère de difficultés à s’emparer des spires supérieures des Ruches noyées dans les nuages de fumée. Menée par Haarken Worldclaimer, connu au sein de ses osts de Raptors comme le Héraut de l’Apocalypse, cette invasion secrète s’empara des plus hautes spires de Vigilus à l’insu de son sénat.

Le jour même où Calgar fut enfin informé de cette menace, Haarken Worldclaimer envoya un message de propagande, relayé par les haut-parleurs de mille Raptors et par les gueules de gargouilles-vox piratées : Vigilus appartenait à Abaddon, qui venait s’en emparer. Marneus Calgar écouta calmement les menaces du Héraut de l’Apocalypse. Jusqu’à présent, le Seigneur de Macragge avait été le chef d’orchestre dans l’élaboration des stratégies du Sénat de Vigilus, mais désormais, son cœur brûlait d’aller combattre ses ennemis jurés.

Bataille dans le Vide

Haarken Worldclaimer.

Ce furent les déclarations fielleuses de Haarken Worldclaimer qui déclenchèrent une nouvelle phase de la guerre. Le Sénat de Vigilus jura de réagir avant que la situation devienne irréversible, si bien que l’expédition navale reçut l’ordre de faire face afin que les envahisseurs n’atteignent pas la planète…

Tous les regards étaient rivés sur Calgar alors qu’il donnait une série d’ordres précis pour redéployer ses atouts aériens, non plus pour attaquer des cibles au sol, mais pour commencer une nouvelle guerre dans les cieux. Secoué par la nouvelle de l’arrivée du Maître de Guerre du Chaos, mais décidé à se montrer à la hauteur, Marneus commanda aux meilleurs navires de la flotte impériale de se rassembler au-dessus des docks célestes du Refuge du Saint. Il comptait stopper l’invasion du Chaos avant qu’elle atteigne sa cible, ou mourir en essayant.

Le Héraut de l’Apocalypse répétait ses sermons, s’en servant comme d’une arme pour tuer les derniers espoirs des citoyens de Vigilus.

Marneus Calgar mit rapidement en place des contre-mesures, en ordonnant à ses pilotes et à ses escouades d’assaut d’engager les Space Marines du Chaos et les Machines-Démons qui relayaient les terribles menaces. Il n’était pas difficile de les débusquer, car la Black Legion était lasse d’avoir passé des semaines à se cacher, et se réjouissait de pouvoir enfin répandre librement la terreur. Elle avait hâte de tuer, de sentir ses lames percer les armures en céramite de ses ennemis jurés, avant de s’enfoncer dans la chair. Elle put bientôt exaucer ce souhait.

Alors que ses guerriers aéroportés engageaient l’ennemi dans le ciel pollué des étendues ruchières d’Hyperia, Calgar et sa garde d’honneur quittèrent la planète, laissant ses défenses entre les mains de Pedro Kantor des Crimson Fists. Le Seigneur de Macragge emprunta une navette pour rejoindre son vaisseau-amiral, le Laurels of Victory. Il mit fin aussi vite que possible aux salutations de l’Archicommodore Hentzmann, en prenant soin de ne pas l’offenser, et transmit les coordonnées fournies par l’Archiviste Makis, l’unique survivant de la Force de Frappe Nemendghast. La flotte des Ultramarines se mit alors en route, traversa le champs de débris des vaisseaux impériaux détruits par les Orks, dépassa Neo-vellum et Omis-Prion, puis s’enfonça dans les étendues sombres et hostiles en direction de Nemendghast et de l’armada du Chaos.

Après moins d’une semaine de voyage, les Auspex rapportèrent des anomalies inquiétantes, et la signature thermique d’un vaisseau antique à l’histoire sanglante. Les pires craintes de Calgar furent confirmées. Il brisa les trois sceaux du Sanctum Perjorum de son navire et consulta des données proscrites à la lueur d’une bougie bénite. Il compara les informations fournies par ses Navigators à celles dont il disposait dans ce saint des saints. Il était évident que le navire à la tête de l’invasion était le Vengeful Spirit, le vaisseau-amiral de l’Archi-traître responsable de la pire hérésie, le Primarque Horus en personne. Bientôt, l’odieuse silhouette du vaisseau fut visible dans les remous de la Grande Faille, répandant la peur dans les cœurs de ceux qui l’apercevaient.

Calgar ordonna à sa flotte de former un double cordon pour intercepter l’armada ennemie. Les navires impériaux n’avaient à leur disposition aucune ruse ésotérique, aucune arme secrète datant de l’aube de l’Imperium ou découverte dans les profondeurs de l’Œil de la Terreur. Cependant, ils disposaient d’une puissance de feu colossale, le Seigneur de Macragge comptait bien en tirer parti. Avec Hentzmann, il mit au point une dizaine de tactiques selon les situations qui se présenteraient, et lança des centaines de torpilles préventives contre le Chaos.

Les minutes passèrent, puis les heures. Les navires du Chaos se rapprochaient sans modifier leur cap, suggérant qu’à leurs yeux, la flotte impériale n’était pas une menace. Même s’ils étaient encore hors de portée de tir, Abaddon et ses lieutenants fonçaient droit devant sans se soucier des canons pointés sur eux.

La consternation de Calgar céda peu à peu la place au doute. Il savait qu’Abaddon ne prendrait pas des risques inconsidérés, comme charger tête baissée sans prendre le temps de réfléchir à une tactique. Cependant, il ne parvenait pas à dire quelle ruse le Maître de Guerre comptait utiliser. Il était néanmoins certain que le génie militaire responsable d’autant de Croisades Noires avait forcément un atout dans sa manche.

Il ne comprit ce qu’Abaddon tramait que quelques secondes trop tard, lorsqu’une lueur fragmentaire apparut sur le pont de commandement du Laurels of Victory. Elle forma un portail de lumière blanche d’où jaillirent des Démons assoiffés de sang…

L'Assaut du Pont de Commandement

Le pont de commandement du Laurels of Victory devint le théâtre de combats féroces lorsque des Démons à la peau blême apparurent. Ces créatures androgynes dotées de bras terminés par des serres et des pinces se ruèrent en direction de Calgar. La plupart des Ultramarines avaient déjà fait face à des Démons et déclenchèrent un orage de Bolts qui déchiqueta les premiers envahisseurs. Ce n’étaient toutefois par les monstres lents et pestiférés qui avaient profané Ultramar, mais des êtres agiles et véloces qui dansaient au milieu des tirs et accueillaient les pires blessures par des cris de joie extatique.

Un géant à quatre bras s’approcha de Calgar, dont les Gantelets d’Ultramar crachèrent des Bolts qui explosèrent contre son torse décoré de bijoux. Lethro Ados et Nemus Adranus de la garde d’Honneur Victrix se postèrent entre leur seigneur et son assaillant, cependant leurs coups rebondirent contre le champ psychique scintillant de la créature et ils furent brutalement repoussés.

L’immense lance du Démon fendit l’air. Calgar la saisit juste en dessous du fer, la ralentissant à quelques centimètres de son cœur, sans toutefois parvenir à l’arrêter car elle était enduite de fluides innommables. La créature poussa de toutes ses forces et la lance perfora l’armure de Calgar avant de transpercer son cœur. Aussi vive qu’un serpent, la créature donna un coup de griffe qui arracha la gorge de Calgar.

Les guerriers de la Garde Victrix redoublèrent d’efforts. Les Démons furent repoussés par les vétérans de Macragge, puis Senioris, le Navigator, révéla son œil Warp en retirant son bandeau, provoquant ainsi une onde de choc psychique. Le Démon Majeur fut aspiré dans le Warp en hurlant de rage, puis le Navigator fit un pas et l’ouverture mystique se referma. Néanmoins, le mal était fait. Des rapports vox indiquaient des attaques similaires sur les autres navires, si bien que la terrible vérité éclata au grand jour : la bataille contre la flotte d’Abaddon était perdue d’avance.

Une Nouvelle Aube Terrible

La flotte des Ultramarines retourna à Vigilus et découvrit une situation encore pire que lors de son départ. Des colonnes de fumée s’élevaient de toutes les cités-ruches et des autres agglomérations. Et le plus terrible restait à venir, car les architectes de ces désastres étaient sur le point d’arriver.

L’assaut démoniaque contre le pont de commandement du Laurels of Victory avait semé l’anarchie et la destruction. Une dizaine d’assauts similaires avaient eu lieu sur les autres bâtiments de guerre majeurs de la flotte. Ils étaient désemparés, car ils avaient subi une vague dévastatrice de la parts des alliés démoniaques d’Abaddon. Le sang ruisselait sur les ponts de commandement des Croiseurs d’Attaque, tandis que les images de tueurs démoniaques étaient relayées sur les écrans-picts de tous les vaisseaux à des centaines de milliers de kilomètres à la ronde.

L’Archicommodore Hentzmann, qui avait vu Marneus Calgar avec la gorge déchirée et avec une plaie béante à la poitrine, opta pour la seule solution qu’il lui restait. Il réagit rapidement, accoutumé à devoir faire face avec calme aux pires situations. S’ils fuyaient, ils pourraient survivre et contre-attaquer plus tard, tout en offrant de meilleures chances de survie au Seigneur de Macragge. La Garde Victrix, dont la mission principale était de protéger son maître, acquiesça lorsqu’il dévoila ce choix.

En dépit des protestations des autres officiers des Ultramarines, qui souhaitaient malgré tout poursuivre la lutte, l’Archicommodore Hentzmann ordonna la retraite. Ses capitaines lui obéirent sans discuter, car le Laurels of Victory était leur navire-amiral. En moins d’une heure, toute la flotte impériale battait en retraite, tout en couvrant sa fuite par des tirs de canons, avant de se rassembler au-dessus de l’orbite de Vigilus.

L’arrogance d’Abaddon avait été fondée, car même si sa flotte subit quelques dégâts, ils étaient faibles, et ses tirs de riposte détruisirent plusieurs navires impériaux. Usant au mieux de l’avantage tactique offert par ses alliés démoniaques, le Maître de Guerre du Chaos avait mis à mal les défenses spatiales de l’Imperium. La route vers Vigilus était désormais libre.

Alors que Hentzmann faisait de son mieux pour gagner du temps et permettre à sa flotte de s’échapper, Marneus Calgar était transporté à l’Apothecarium principal du Laurels par sa Garde Victrix, avant d’être pris en charge par une équipe d’Apothicaires expérimentés. Son cœur auxiliaire s’était mis à fonctionner sitôt son cœur principal transpercé par la lance du Démon, ce qui l’avait sauvé de la mort. De plus, sa Fournaise Belisarienne avait injecté dans son corps un cocktail de stimulants pour assister ses autres organes. Sa gorge fut suturée, renforcée et reconstituée tandis que les Apothicaires lui administraient des régénérants chimiques ultra-puissants, usaient d’une chirurgie cybernétique et avaient recours à un traitement juvénat. Malgré tout, Calgar ne s’en sortit pas sans séquelles, et conserva après cela une voix au bourdonnement étrangement mécanique.

Le retour des navires impériaux aux docks du Refuge du Saint fut accueilli avec joie par les habitants, et là où les combats ne faisaient pas encore rage, il y eut de grandes célébrations dans les rues. Même si le peuple n’avait toujours pas l’autorisation de regarder vers le ciel pour ne pas apercevoir la Grande Faille avaient remarqué la lumière inimitable des réacteurs de vaisseaux colossaux.

La propagande impériale alla bien évidemment dans ce sens, en affirmant que la flotte revenait pour libérer Vigilus, sans jamais mentionner le fait qu’elle avait battu en retraite. De toute façon, avant le départ des navires, les émissions impériales avaient insisté sur la victoire inévitable de l’armada de Calgar, il paraissait donc naturel aux yeux de la population qu’elle revienne quasiment intacte après avoir anéanti la menace, menace dont la nature exacte avait été soigneusement cachée.

Bien sûr, certains parmi la population étaient au courant de la vérité, dont les Fils de Vannadan, les héritiers du démagogue qui avaient permis l’essor des cultes pyroclastiques de Tzeentch au Storvhal, pendant la Guerre des Bêtes. Ces serviteurs du Chaos affirmaient être capables de prédire le futur en observant les flammes. Ils clamaient que la flotte impériale avait été repoussée vers Vigilus par les véritables maîtres de la planète, les serviteurs de dieux anciens, antérieurs à l’Empereur. Et puisque les paroles de Haarken Worldclaimer résonnaient toujours dans les têtes de la plèbe, les habitants du Storvhal et Hyperia écoutèrent les Fils de Vannadan d’une oreille attentive…

Les Space Marines de l’expédition de Calgar ne revinrent pas sur Vigilus, comme le Ministorum l’aurait fait, mais comme une force d’invasion planétaire. Leurs Modules d’Atterrissage tombèrent de leurs Barges de Bataille et de leurs Croiseurs d’Attaque en laissant des traînées de feu dans le ciel. Cette fois, ils n’attaquèrent pas les quartiers des étendues ruchières tenus par les Orks, ni les endroits où les bannières des Princes des Pauvres flottaient au vent, mais les zones conquises par le Chaos. Beaucoup de spires et de citadelles étaient toujours assiégées en dépit des contre-attaques aériennes menées sur ordre de Calgar avant qu’il quitte la planète. En plusieurs lieux, le retour soudain des Space Marines permit à l’Imperium de prendre l’ascendant, et de nombreuses spires furent reprises. Toutefois, il devint progressivement évident que le retour de l’Adeptus Astartes était trop tardif pour avoir un impact décisif. Le mal s’était répandu inexorablement depuis les sommets des Ruches.

Calgar s’était déjà bien remis de ses blessures. En tant que guerrier Primaris de l’Adeptus Astartes, ses capacités de survie étaient inégalables. Visionnant des milliers de tablettes de données et d’enregistrements picts pour trier les données à sa disposition, il passa des heures à soupeser les dégâts infligés à la planète. Ses conclusions n’étaient pas encourageantes.

Worldclaimer

L’émissaire d’Abaddon avait de bonnes raisons d’être surnommé le Héraut de l’Apocalypse. Dès son arrivée sur Vigilus, Haarken Worldclaimer avait utilisé l’épaisse couverture nuageuse de la planète à son avantage, afin de conquérir silencieusement les sommets des spires tandis que les défenseurs étaient accaparés par les combats au niveau du sol. Depuis ces têtes de pont, il put étendre son influence. Il planta la Lance Infernale dans la croûte planétaire, et affirma qu’en quatre-vingt-huit jours et quatre-vingt-huit nuits, Vigilus tomberait sous la coupe de son sombre maître.

Dirkden était perdu, abandonné aux mains de la Secte Génovore sur ordre du Seigneur de Macragge. Le Fléau de Kaelac ne valait pas mieux. Ses mineurs avaient fui face aux Drukharis qui hantaient les blizzards. Les tranchées du Mortwald avaient tenu face aux assauts des Orks, toutefois ses nobles fortunés et sa bourgeoisie s’étaient terrés dans leurs palais et avaient laissé leur population à la merci des osts de Raptors de Worldclaimer. Megaborealis était dévasté par les forces de l’Omnimessie, des hérétiques et des Xenos. Le Treuil de l’Omnimessie qui acheminait l’eau des astéroïdes gelés était aux mains des Princes des Pauvres, privant ainsi Vigilus d’une ressource essentielle. Les étendues ruchières de Dontoria avaient été contaminées par les maladies de Nurgle incurables récemment vues sur Ultramar. Les citernes d’Oteck, où s’affrontaient les Princes des Pauvres, les Space Wolves et l’Adepta Sororitas, avaient été déclarés quarantine toxicus par les Équipes d’Extermination de la Deathwatch qui avaient enquêté sur leur pureté. La population assoiffée était poussée dans les affres de la folie par les hurlements incessants des Serres du Warp. Storvhal, dont les sites géomantiques avaient été maltraités par les agents de Vannadan le Martyr, abritait trois volcans actifs qui crachaient des nuages de cendres dans l’atmosphère. La planète était au bord de l’anéantissement, et l’arrivée de la flotte du Chaos allait enfoncer le clou.

Guerre dans les Ténèbres

La venue du Chaos déclencha des épidémies de terreur mais aussi de rage parmi la population de Vigilus, et par endroits, des émeutes eurent lieu. Beaucoup de gens réagirent à l’horreur et à la promesse d’une mort prochaine en priant pour une intervention divine, et pas forcément de la part de l’Empereur de l’Humanité…

Les nuages de fumée au-dessus de Vigilus furent chassés par l’onde d’énergie qui précédait l’arrivée de la flotte du Chaos, si bien qu’elle put être contemplée dans toute son horreur. La planète était assaillie par ces forces que la flotte de Calgar avait prétendument vaincues. Des émeutes suscitées par la colère et la terreur de la population éclatèrent dans tous les blocs d’habitation. Certains se mirent à piller, d’autres se réfugièrent sous terre, en emportant autant de nourriture et d’eau que possible, espérant ainsi échapper à un destin terrible.

L’essentiel de la population de Vigilus tenta de se rassurer en se réfugiant dans la vénération du Culte Impérial. L’Adepta Sororitas et les prêtres du Ministorum étaient suivis en permanence par des foules de dévots composées de flagellants et de gangs de Frateris Militia. Trop souvent, ces disciples étaient une gêne pour les forces du Ministorum, car ils empêchaient le recours à toute stratégie et toute tactique.

De plus, une frange non négligeable de la plèbe fut plongée dans la démence par cette guerre sans fin, et se rangea du côté des corrupteurs et des despotes, en intégrant un des cultes voués au Chaos qui fleurissaient. Ils accueillaient en libérateurs les Heretic Astartes qui descendaient des cieux pollués. Beaucoup de ces cultes menaient une existence secrète et souterraine, et affirmaient être les véritables héritiers de Vigilus, et rejoignaient ainsi de gré ou de force les armées des Pinces des Pauvres. Lorsque les navires du Chaos arrivèrent dans l’orbite, l’afflux de nouveaux cultistes fut décuplé en l’espace de quelques jours.

Abaddon ignorait l’existence des Princes des Pauvres lorsqu’il avait établi ses plans de conquête, car leurs chefs avaient pris soin de dissimuler leur présence physique aussi bien que psychique. Alors que la Black Legion et ses alliés renégats combattaient pour conquérir les étendues ruchières du haut vers le bas, ils se heurtèrent à des cultes qui avaient prospéré dans les profondeurs. Sous chaque continent artificiel, les envahisseurs du Chaos furent assaillis par les disciples de Grand-père Wurm, qui refusaient de céder leurs domaines.

L’invasion chaotique de Vigilus suscita l’attaque de la forteresse de Dirkden, tenue parie xenoculte, Le destin de ce continent avait été mis entre les mains des ignobles Night Lords, et de groupes du Chapitre Renégat appelé The Scourged. Leur mission était de tirer profit de la confusion et de la terreur engendrée par les émissions vox d’Haarken Worldclaimer, et de plonger les étendues ruchières dans les abîmes de la folie et de la violence. Ces Astartes Hérétiques étaient parfaitement adaptés à un tel rôle.

Seule une petite force de Night Lords participait à l’invasion. Le reste de sa confrérie était proche de l’Œil de la Terreur afin d’attaquer le Vaisseau-Monde Ulthwé. Le chef des Night Lords, Ramaghan Savasdus, avait passé un accord avec Abaddon afin d’avoir le privilège d’attaquer en priorité la Non-Ruche Ashenid. Il avait appris auprès de son frère visionnaire Vreanus que la population en grande partie criminelle fournirait d’excellentes recrues pour les Night Lords, ou, à défaut, de parfaits esclaves.

Néanmoins, même Vrcanus n’avait pas prévu l’ampleur de la corruption Xenos à travers Dirkden. En effet, la présence psychique des hybrides Génovores rendait presque impossible toute détection de la part de Psykers tels que Vreanus. Ce dernier ne sut dire s’il s’agissait d’un effet désiré par les Magus du culte, ou si c’était simplement un effet secondaire de l’Ombre dans le Warp qui précédait les Flottes-Ruches des Tyranides. Dans tous les cas, cela allait s’avérer essentiel dans la guerre à venir.

Lorsque les Night Lords atterrirent, ils semèrent la mort dans les rues de Dirkden et torturèrent ceux qui leur résistaient. Ils affrontèrent plusieurs jours durant les confréries criminelles du continent, car les pécheurs et les assassins étaient les seuls à être restés pour s’emparer des étendues ruchières. Toutefois, ces organisations criminelles n’étaient pas ce qu’elles semblaient de prime abord, car ses membres étaient en réalité contrôlés depuis les ombres. Savasdus, Vreanus et leur bande de guerre se retrouvèrent acculés par des milliers d’hybrides de la Secte Génovore, qui surgissaient de passages secrets dans les murs et de trappes pour aider les criminels. Les Bolters, les lames et les Griffes Éclairs des Astartes Hérétiques tuèrent tant de monstres que les corps s’empilaient en fumant des remparts de fortune, que les Night Lords utilisèrent à leur profit dans les halls à ciel ouvert de la Non-Ruche Ashenid.

Malgré tout, le culte continuait d’envoyer des vagues de dégénérés pour tenter de noyer les Astartes Hérétiques sous le poids du nombre. Pour l’instant, il ne risquait pas ses précieux Génovores Pure-Souche contre les Night Lords. Au lieu de cela, le Primus Hollun Desh, envoyé depuis Megaborealis pour sécuriser les acquis du culte à la Non-Radie Ashenid, menait des groupes d’Aberrants et de Hybrides Métamorphes . Leurs assauts permirent de prendre l’ascendant sur les Night Lords et The Scourged, et Dirkden resta aux mains du culte.

Reprendre le Treuil

Le Treuil de l’Omnimessie, un mécanisme grâce auquel l’Adeptus Mechanicus attirait des astéroïdes glacés afin de récolter leur précieuse aqua meteoris, avait été capturé par un essaim de Génovores Pure-Souche. L’eau étant une ressource essentielle, les Technoprêtres lancèrent un assaut pour reprendre le Treuil.

La guerre de Megaborealis était indécise depuis quelque temps. Même si l’essor de la Secte Génovore avait été contenu dans la plupart des zones continentales grâce à des Equipes d’Extermination de Skitarii, de Serviteurs Kataphrons et de Space Marines, la plupart des combats s’étaient déroulés autour de cette merveille de technologie qui courait depuis le noyau des Spires Stygiennes avant d’aller dans l’espace, et qu’on nommait le Treuil de l’Omnimessie.

Les Princes des Pauvres avaient capturé les niveaux inférieurs du Treuil au cours de la Guerre des Bêtes. Leur plan d’invasion avait été si ingénieux que leurs agents, qui avaient infiltré les groupes d’ouvriers Stygiens, avaient pu obtenir les codes d’accès d’une centaine de portes sécurisées. Les niveaux supérieurs, dont la sécurité était renforcée, avaient été plus difficiles à surmonter. L’alarme avait déjà été sonnée par les Servocrânes qui avaient découvert l’incursion du xenoculte, si bien que les zones vitales des Spires Sytigiennes étaient gardées par des clades de Robots Kastelan programmés pour cribler de balles à phosphore quiconque ne disposait pas d’une aura noosphérique. Malgré cela, un essaim de Génovores Pure-Souche était parvenu à outrepasser les défenses de l’Adeptus Mechanicus en se frayant un chemin dans les conduites d’eau du Treuil. Au bout de quelques jours, la principale source d’approvisionnement en eau de Megaborealis fut coupée. Un plan fomenté depuis des générations avait porté ses fruits.

À la fin de la Guerre des Bêtes, la bataille pour le Treuil prit de nouvelles proportions quand les Iron Hands, maîtres des assauts blindés, effectuèrent des attaques précises contre les quartiers perdus par l’Adeptus Mechanicus au profit des Xenos. Toutefois, avant que les Space Marines puissent atteindre tous leurs objectifs, ils attirèrent l’attention des Orks à proximité, qui s’empressèrent de rejoindre les combats dans les étendues ruchières. En quelques heures, les Space Marines eurent à affronter deux adversaires Xenos à la fois. Sans les calculs précis et les doctrines de guerre compartimentées de leur chef, le Capitaine de Clan Galkraan, ils auraient été exterminés.

Néanmoins, les Princes des Pauvres tirèrent profit de ce répit et se rallièrent dans les profondeurs des Spires Stygiennes. C’est alors que le Croiseur d’Attaque Darkspear des Iron Hands déclencha un tir de barrage guidé par Galkraan, réduisant en ruines fumantes une grande partie des Spires Stygiennes tenues par le culte. Une fois la voie dégagée, des Robots Kastelan et leurs accompagnateurs du Culte Mechanicus se frayèrent méthodiquement un chemin dans les niveaux inférieurs.

Au même moment, des macroclades de Skitarii furent envoyés conquérir les niveaux supérieurs, tombés aux mains des Génovores Pure-Souche. Ces contre-attaques furent particulièrement efficaces. Les équipes jaillirent les unes après les autres de conduites à l’abandon qui menaient aux centres de contrôle sanctifiés, ces points d’accès ayant été conservés volontairement secrets jusqu’alors par les guerriers de l’Omnimessie, afin de conserver un atout dans leur manche au cas où les voies d’accès principales auraient été inutilisables, ce qui était le cas.

En quelques minutes, les Génovores dans le centre de contrôle du Treuil furent pris au dépourvu. Des dizaines furent abattues à coups de carabines à radium et de fusils galvaniques. L’infanterie de l’Adeptus Mechanicus combattait avec ferveur, car elle était enragée de voir les précieuses machineries du Treuil profanées par des griffes de Xenos.

Agissant par instinct, les Génovores escaladaient les murs comme des araignées et détruisaient les auto-lumens qui éclairaient la salle de contrôle d’une lumière blafarde. Le lieu fut plongé dans les ténèbres, puis une horreur du néant émergea.

C’était le Patriarche de l’infestation de Vigilus, Grand-père Wurm. Il s’attaqua aux Skitarii avec une telle violence que leurs corps démembrés volaient dans les airs au milieu de geysers de sang et de gerbes d’étincelles. Sous l’effet de son influence psychique, les Génovores et les Hybrides Metamorphes qui combattaient à ses côtés bloquèrent les conduites d’où arrivaient les Skitarii en tournant des vannes, empêchant l’arrivée de renforts.

Les yeux luisant d’une intelligence féroce, le Patriarche appuya sur une icône rouge qui luisait sur le panneau de contrôle principal. Les portes blindées destinées à isoler la salle du reste du monde se refermèrent lentement, dans un lourd tintement métallique.

Toutefois, avant que la salle de contrôle soit définitivement scellée, des tirs de laser à neutrons zébrèrent la salle, chaque trait projetant une intense lumière. Grand-père Wurm fut atteint par un des rayons, qui lui sectionna deux de ses quatre bras et le fit rouler lourdement au sol. Ses Génovores Pure-Souche souffrirent encore plus que lui sous le déluge de tirs. Pris dans un feu croisé mortel, ils furent exterminés avant d’avoir eu le temps de réagir et de se mettre à couvert.

Le symbole des Princes des Pauvres fut riveté ou peint sur plus de trois cents chars impériaux capturés, et devint le signe de la trahison de l’Astra Militarum. Malgré tout, pendant la Guerre des Cauchemars, ces chars combattirent l’ennemi contre lequel ils avaient été conçus : les armées du Chaos.

L’assaut vertical des Skitarii n’avait été qu’une diversion, qui avait fonctionné encore mieux que prévu. Sachant que les Génovores étaient presque invincibles au corps à corps, les Technoprêtres avaient envoyé leurs Onagres des Dunes grimper les flancs de la spire. Les plaques métalliques de leurs pieds étaient entourées d’un champ électromagnétique qui leur permit de gravir les parois métalliques, jusqu’à arriver au sommet de la ruche. Leur attaque surprise était arrivée juste à temps.

Au grand soulagement des Technoprêtres qui coordonnaient l’assaut, l’action des Onagres des Dunes fut si efficace qu’elle réussit également à éliminer toute présence Xenos des niveaux supérieurs du Treuil, en plus de venir à bout de la menace majeure représentée par les Génovores Pure-Souche.

Cautériser la Plaie

Les Feux de Calgar

Calgar n’eut d’autre choix que de prendre une décision extrême, car l’assaut d’Abaddon et de ses alliés était aussi rapide que dévastateur. Après avoir récemment concédé Dirkden aux Princes des Pauvres, il renâclait à l’idée de céder du terrain aux troupes du Chaos. Cela fut âprement débattu au Sénat de Vigilus, car au départ, il ne put s’accorder sur la conduite à tenir.

À la fin, ce fut Lucienne Agamemnus IX, la Gouverneur Planétaire, qui aida Calgar à prendre une décision. Les niveaux supérieurs de nombreuses Ruches avaient été capturés par les serviteurs du Chaos. Elle suggéra de passer un accord avec l’Adeptus Mechanicus et que ses machines industrielles provoquent des séismes d’une magnitude colossale. À l’aide de foreuses à explosion tectoniques et de creuse-ruches, il était possible de provoquer l’effondrement des plus grands édifices de Vigilus. Malgré tout, Calgar n’était pas convaincu. Non seulement la destruction des spires provoquerait la mort de millions d’innocents, mais les failles qui s’ouvriraient dans le sol seraient au moins aussi meurtrières. L’effet sur le moral des troupes impériales serait terrible. De plus, Lucienne s’opposait depuis des décennies aux travaux de l’Adeptus Mechanicus, son brusque changement de politique serait donc la preuve d’un acte désespéré. Lucienne proposa alors le feu comme solution, et d’allumer des incendies au pied de chaque spire. Les flammes monteraient vers les étages supérieurs et incinéreraient les Traîtres. Calgar finit par accepter. Des équipes de l’Adepta Sororitas furent mises sur pied pour remplir cette mission et rapidement, les Feux de Calgar furent allumés dans toutes les Ruches. Les spires de Vigilus brûlèrent les unes après les autres, leurs panaches de fumée montant dans le ciel pollué.

À Hyperia, la réponse impériale à l’invasion des Ruches par le Chaos fut rapide et décisive. Lorsque les rapports faisant état de la présence d’hérétiques sur les autres continents artificiels affluèrent, il devint clair que des mesures drastiques allaient devoir être prises pour repousser les ténèbres.

Les nouvelles de chaque attaque parvenaient au Refuge du Saint par le biais de navettes blindées, de sémaphores célestiques et de cylindres de données transcontinentaux transitant par la lune Neo-vellum. Les chefs de l’Adeptus Astartes échafaudaient des plans en conséquence. Même s’ils étaient parvenus à réaliser des gains tactiques dans les spires d’Hyperia et ailleurs, ils devaient réviser leur stratégie tandis qu’il devenait évident qu’Abaddon chapeautait une alliance de plusieurs Chapitres renégats et de Légions de Traîtres. Alors que les seigneurs Space Marines étudiaient les cartes et les tablettes de données sur les dispositifs ennemis, des Astartes Hérétiques semaient la mort dans les étendues ruchières.

Même si la plupart des membres du Sénat de Vigilus n’avaient entendu les noms des forces qui attaquaient leur planète que dans des légendes, Marneus Calgar les connaissait bien, et se souvenait des innombrables exactions qu’elles avaient commises. Il faisait face aux pires ennemis de l’Imperium. La Black Legion était présente sur tous les continents artificiels, et ses armures noires portaient le plus terrible des symboles d’Horus. De plus, ces Traîtres n’agissaient pas seuls, car Abaddon s’était assuré l’aide de nombreuses organisations de renégats.

Les Word Bearers, dont les armures rouges étaient gravées des sermons impies de Lorgar, attaquaient les spires-couvents fortifiées d’Hyperia en faisant pleuve d’un fanatisme extrême. Leurs phalanges avançaient en ordre serré en libérant un torrent de Bolts. Les armes lourdes des Havoc désintégraient les chars Repulsor et Exorcist envoyés pour les intercepter.

Les Iron Warriors effectuaient des assauts depuis d’énormes navires placés en orbite, et concentraient leurs attaques contre les réseaux de tranchées bien défendus du Mortwald. Ces maîtres de la poliorcétique usaient de tirs précis de canons laser pour détruire les bastions et les Forteresses de Rédemption qui tenaient en respect les envahisseurs Peaux-Vertes depuis tant d’années. Les défenses cédaient les unes après les autres, car les Iron Warriors faisaient preuve d’une rapidité et d’une efficacité inégalables.

Les Imperial Fists s’étaient précipités pour les repousser, mais ils ne pouvaient pas être partout a la fois, d’autant plus que les attaques de diversion suicidaires des Cultistes du Chaos les bloquaient pendant que les Iron Warriors opéraient ailleurs sur la ligne de front.

Les Night Lords étaient descendus sur Dirkden, accompagnés de The Scourged. Même s’il espérait qu’ils seraient assaillis et tués par les cultistes Génovores qui s’étaient emparés de ce sous-continent, Calgar savait au fond de lui que les fils de Konrad Curze n’étaient pas si faciles à vaincre, et que même s’ils étaient repoussés, ils concentreraient ensuite leurs assauts contre les défenses d’Hyperia-Dirkden, et arriveraient dans les régions au sud du Refuge du Saint.

La Chaîne Lenkotz, dont les îles artificielles de Tzardonica et de Luthvren, avait été infestée par un étrange parasite technologique, tandis que l’anarchie était répandue dans les rues par l’Archiseigneur de la Discorde d’Abaddon, Vex Machinator. Les stations d’épuration d’eau avaient été corrompues par son aura chaotique, qui affligeait les hommes aussi bien que les machines.

Dontoria était en proie à une épidémie. Les structures en plastacier des habs-blocs étaient rongées par une rouille surnaturelle, tandis que la peau des habitants noircissait avant de se décomposer. D’énormes furoncles défiguraient les citoyens de Grodholev, leurs corps se mettant à ressembler aux circonvolutions de la Grande Faille. Lorsque les pustules éclataient, il en jaillissait des asticots démoniaques qui grandissaient sous la forme de Glitchlings, dont l’aura infestait les machines et la chair.

Les Space Marines savaient qu’ils ne pouvaient rien contre cette maladie surnaturelle. Le cœur lourd, Calgar ne pouvait que constater que Dontoria était elle aussi définitivement perdue.

Dans le Tourbillon

« Vigilus abrite des secrets dissimulés depuis des éons. Ils sont si profondément enfouis, si bien gardés, que les habitants de la planète ignorent tout de leur existence. Les cryptes où ils reposent sont des zones oubliées de tous, hormis des légendes racontées par les aïeules et les mises en garde des Prophètes Vigilants. Mais ces lieux oubliés recèlent les secrets du salut de la planète ou, s’ils tombent entre de mauvaises mains, de sa damnation ? »
- Valle de Geer, Doyen des Prophètes de la Roue Ardente.
TOURBILLON VHULIEN

Anomalie climatique perpétuelle
<déclarée In Nominis Abhorrens par le Conseil Aquilarien>.
Niveau divinatos aptus non,
Niveau de Sous-dîme aptus non.
Zone de sécurité cartographicus au moins 15 kilomètres.
Observation satellite depuis Neo-vellum peu concluante en raison des tempêtes de poussière.
Pensée du jour : Éviter à tout prix.

Le secret du Tourbillon Vhulien allait profondément affecter la Guerre des Cauchemars. Un artéfact ignoré de tous durant des milliers d’années devint ainsi le pivot de la stratégie d’Abaddon.

La gigantesque tempête de poussière à l’est de la Ruche Hyperia était évitée par tout le monde sur Vigilus. y compris les peaux-vertes et les Princes des Pauvres. Ceux qui avaient tenté de l’étudier avaient été repoussés par la férocité de la tempête et décourageaient quiconque de tenter l’expérience. Les vents tourbillonnants charriaient des milliards de tonnes de grains de sable, et d’éclats de rouille capables d’arracher la peau d’un homme en quelques secondes. La tempête faisait rage depuis des siècles, à l’instar de la Tache Rouge de Jupiter. C’était une région hostile à la vie, et seuls ceux qui portaient des équipements de protection, comme les Armures Énergétiques de l’Adeptus Astartes, avaient une chance d’atteindre l’œil de la tempête. Mais certains avaient entrepris ce périlleux voyage, et découvert le secret qu’abritait la tempête.

Lorsque les Space Marines débarquèrent durant la deuxième phase de la Guerre des Bêtes, le Conseil Aquilarien, qui gouvernait la planète à l’époque, avait affirmé avec force qu’étudier le Tourbillon Vhulien était une perte de temps et de ressources. Bien qu’il donnât naissance à des tempêtes plus petites qui se répandaient dans les désolations telles les cellules d’un chancre immonde se détachant de la tumeur initiale, les dirigeants de la planète étaient persuadés qu’il ne valait pas la peine d’être étudié, d’autant que toutes les tentatives s’étaient jusque-là soldées par un échec.

Les Dark Angels n’en décidèrent pas moins de s’y aventurer, car ils avaient de bonnes raisons d’explorer les régions les plus reculées de la planète. Ils avaient commencé le périple dans des transports robustes, avançant en épi pour se couvrir mutuellement. Lorsque les moteurs de ces transports avaient succombé à la poussière, les Space Marines avaient envoyé des équipes montées sur des motos blindées, des véhicules puissants bénéficiant d’un profil suffisamment bas pour se glisser sous le vent. Les motos progressèrent un peu avant de céder le pas à leur tour, leurs Esprits de la Machine hurlant de rage lorsque leurs moteurs, grippés par le sable omniprésent, cessèrent de fonctionner. Jurant de récupérer leurs destriers de métal avant la fin de leur périple, les Space Marines avaient continué à pied, luttant à chaque pas pour atteindre le cœur du Tourbillon. Mais ils ne le trouvèrent jamais. La zone couverte par le Tourbillon Vhulien était vaste, et entre la faible visibilité et les interférences électromagnétiques qui brouillaient leurs senseurs, ils durent admettre leur défaite et regagner les zones de conflit principales. Mais ils agirent à contrecœur, car ils sentaient que cette terrible tempête dissimulait quelque terrible secret, et ils avaient raison.

Des millénaires durant, le Tourbillon avait caché une antique forteresse taillée dans une roche sombre. Appelée la Citadelle Vigilante par les maçons anonymes qui l’avaient érigée, elle était depuis longtemps occupée par une bande de Déchus. Ces anciens renégats de la Première Légion étudiaient Vigilus depuis des siècles, et l’employaient comme base arrière pour poursuivre leurs propres buts. Les particularités de cette région reculée et inhospitalière, associées au bouclier psychique établi par l’Archiviste Déchu Osandus, avaient rendu extrêmement difficile toute tentative de découvrir le secret au cœur du Tourbillon.

Abaddon était l’exception. Le Fléau avait signé des siècles plus tôt un pacte de sang avec le commandant des Déchus, et grâce à ce parchemin, ses Sorciers, tels des limiers traquant une proie, furent en mesure de localiser sa trace psychique sur Vigilus. Après qu’Abaddon eut aidé le Déchu à échapper à une force de Dark Angels dans la zone de guerre Pandorax, Osandus avait juré fidélité au Fléau. Le Maître de Guerre avait estimé que l’Archiviste Déchu lui serait utile à l’avenir, et les événements sur Vigilus lui donnèrent raison. Il était temps pour lui de réclamer son dû.

La Griffe du Vide

Griffe du Vide

Macro-Artefact (datation au carbone indique Moyen-Âge Technologique). Similitudes avec la batterie à gravitons à grande échelle Hodronite (cf. Labyrinthe Noctis). Génère anomalie équivalente à micro - réplique d’une étoile effondrée. Densité

La Citadelle Vigilante abritait la Griffe du Vide, une arme ancienne et incroyablement puissante. Les Déchus avaient de sinistres projets pour elle, mais Abaddon entendait s’en servir pour vaincre l’Imperium.

Lorsqu’il atteignit la planète, le vaisseau amiral d’Abaddon, le Vengeful Spirit, se plaça en orbite géostationnaire au-dessus du Storvhal, et effectua une rotation sur son axe pour être en mesure de tirer une salve dévastatrice sur tout appareil impérial qui oserait l’approcher. Le croiseur de classe Gloriana était si puissant qu’il pouvait repousser tous ceux qui le défiaient avec autant d’aisance qu’un Ogryn écrasant une mouche. La Marine Impériale monta un raid dans l’espoir de le désemparer sitôt que les Maîtres de Chapitre eurent identifié sa silhouette abhorrée, mais l’astronef infligea des pertes si terribles aux Impériaux qu’ils durent se replier. L’amirauté décida qu’il valait mieux ne pas provoquer l’immense vaisseau-relique, car il demeurait apparemment inerte tant qu’il n’était pas approché.

De son côté, Abaddon ne resta pas inactif. Il avait calculé une approche de la Citadelle Vigilante qui contournait intégralement la tempête. En calibrant les systèmes des téléportarium ensorcelés du Vengeful Spirit sur la trace psychique d'Osandus, le Maître de Guerre et les Porteurs du Désespoir, ses Terminators triés sur le volet, descendirent en une force de frappe de cinquante hommes. Ils apparurent devant les portes de la Citadelle Vigilante dans une explosion d'obscure splendeur, et demandèrent une audience auprès des maîtres de la forteresse. Durant une longue minute lourde de tension, ils ne reçurent aucune réponse. Abaddon commençait déjà à s’avancer, brandissant Drachnyen, lorsque le pont-levis s'abaissa pour laisser passer une silhouette encapuchonnée.

La Vendetta Démente d’Osandus

L’Archiviste Déchu Osandus fut d’abord réticent à l’idée de donner accès à la Griffe du Vide à Abaddon, car il voulait s’en servir contre les Dark Angels. Cet engin était si puissant qu’il causait des perturbations climatiques, à l’origine du tourbillon qui l’entourait, et ce même à l’état de veille. Il était si ancien et étrange qu’Osandus ne comprenait pas tout à fait son fonctionnement, même s’il était entré en communion psychique avec la conscience malveillante de l’arme.

L’Archiviste comptait rassembler une armée de Déchus si imposante que leurs anciens frères, les Dark Angels, seraient obligés d’enquêter en force. Osandus avait fait fuiter l’information grâce aux confessions de Déchus captifs, des guerriers qui s’étaient sacrifiés volontairement pour le succès de ce plan. L’Archiviste s’était ainsi assuré que les bonnes informations furent dévoilées au moment opportun, pour attirer les héritiers de la Première Légion sur Vigilus, en toute probabilité à bord de leur forteresse-monastère spatiale, le Roc.

Une fois le gigantesque vaisseau spatial en orbite, la Griffe du Vide entrerait en action. L’Archivisite voulait attendre que le Roc déclenche un bombardement orbital, en comptant sur les anciens champs de force de la citadelle pour arrêter les tirs, avant de riposter avec la Griffe du Vide. Si l’arme parvenait à ouvrir une singularité à l’intérieur du Roc, la forteresse spatiale imploserait. Mais le plan d’Abaddon pour la destruction du Piège de Nachmund était si séduisant par son ambition et son étendue qu’Osandus finit par en reconnaître l’intérêt, car frapper l’Imperium dans son ensemble était une idée encore plus séduisante.

La Griffe du Vide revint pleinement à la vie au son des chants rituels et de la rupture de sceaux antiques. La poussière tournoya pour former une spirale ascendante, le sol vibra et la citadelle tout entière trembla sur ses fondations. Il sembla que l’air même se mettait à hurler tandis que la Griffe du Vide entrait en action, et une minuscule singularité s’ouvrit dans le tissu de l’espace réel au-dessus de la planète.

Les pourparlers qui s’ensuivirent ne furent pas un échange de vues entre vieux amis, ni même entre alliés. La conversation fut tendue, une centaine de Déchus pointant leurs armes depuis les remparts. La Black Legion ne montra pas la moindre hésitation, et nul ne perdit son sang-froid, même lorsque les pièces d’artillerie et les macrocanons de la Citadelle Vigilante pivotèrent lentement vers eux. Bien qu’ils fussent tous en état d’alerte, leurs armes demeurèrent silencieuses.

Au lieu de cela, c’est une joute verbale qui commença, bataille pour laquelle Abaddon était bien équipé, car le Fléau avait négocié des accords avec les seigneurs de Chapitres Renégats et les Primarques Démons des Légions Renégates. D’aucuns affirmaient qu’il avait parlé avec les Puissances de la Ruine en personne sans pour autant perdre la raison, ou du moins pas totalement.

Les négociations portaient sur le contrôle de la Griffe du Vide. L’arme au cœur de la citadelle était unique, car elle ne tirait pas de projectiles, mais taillait une brèche dans le tissu de l’espace-temps, concentrant un rayon d’énergie colossal sur un point unique pour ouvrir une anomalie gravitationnelle plus petite qu’une perle. Malgré sa taille, cette singularité pouvait franchir tous les types de champs de force connus. Son potentiel de destruction était incroyable, car le champ gravitationnel de cette anomalie était si fort qu’il pouvait attirer toute matière vers un néant dont rien ni personne ne pouvait s’échapper.

La Griffe du Vide était une arme que les Déchus réservaient à leurs pires ennemis, à condition de les attirer dans leur piège, car l’engin en forme de flèche de cathédrale était conçu pour engager des vaisseaux de guerre et non des armées. Mais Abaddon espérait s’en servir pour remodeler le Piège de Nachmund.

Le Fléau évoqua un plan permettant à l’arme titanesque de tirer non pas sur une cible ennemie, mais sur une zone de l’espace équidistante de Vigilus et de son satellite naturel, Neo-vellum. Malgré sa taille, l’anomalie gravitationnelle résultante aurait un effet dramatique sur les deux mondes, attirant des tonnes de matière dans leurs orbites respectives.

Vigilus, dont le statut de monde-sentinelle opérationnel était déjà précaire, verrait sa propre gravitation se retourner contre elle. Pis, les effets de la Griffe du Vide pourraient irrémédiablement altérer le Piège de Nachmund.

Marées Artificielles

« Cette guerre ne sera jamais gagnée ! À quoi bon être protégé par une vingtaine de Chapitres Space Marines si ce monde naguère glorieux n’est plus qu’une carcasse desséchée ? Nous serons tous morts lorsqu’ils auront enfin tué les monstres des spires ! Comment nourrir nos enfants si même l’eau nous est prise par la magie noire ? Tout est perdu ! II ne nous reste qu’à tenter de survivre aux derniers jours de cette apocalypse ! Mort à ceux qui voudraient nous en empêcher ! »
- Lemuas nach Sodheim, Dirigeant Civique et Aumônier de l’Hydre à Vingt Têtes.
Le Drainage

L’eau aussi fut attirée par les marées artificielles de l’anomalie gravitationnelle. Voler cette ressource inestimable faisait partie du plan d’Abaddon, car si ses troupes en Armure Énergétique pouvaient survivre en absorbant d’infimes quantités d’eau, une pénurie serait néfaste à l’Astra Militarum et saperait le moral de la population. Associé à la sensation de traction inconfortable que chaque habitant ressentait an creux de l’estomac, le phénomène pourrait entraîner l’effondrement complet de la société.

Au début, seuls des filets d’eau s’échappèrent des réservoirs et des puisards. Puis des ruisseaux et des affluents se formèrent, quittant les étendues ruchières pour s’écouler dans les désolations arides, encore tributaires de la masse de Vigilus mais tout de même soumis a l’attraction de l’anomalie. Une grande partie de l’eau se perdit, absorbée par le sol poreux. Mais là où l’eau était conservée en grandes quantités, comme dans les gigantesques réservoirs à la surface de la planète, de véritables rivières s’écoulaient en direction du Tourbillon Vhulien. Dans certaines zones, de véritables mers peu profondes se formaient et se déplaçaient dans le désert.

L’eau était impossible à arrêter. Des centaines de milliers d’habitants déshydratés se bousculèrent et se battirent pour récupérer le précieux liquide avec des récipients, des boîtes de rations vides, des jerrycans, voire leurs mains.

Au début, les habitants qui récupéraient cette eau reprenaient espoir, car cette ressource précieuse habituellement conservée par les classes dirigeantes, semblait accessible à quiconque disposait d’un récipient. Mais ils finirent par se rendre compte que les réserves étaient limitées, et qu’ils avaient peu de temps. Des bagarres éclatèrent autour du moindre filet d’eau, et ces affrontements devinrent rapidement très violents. Ainsi l’eau qui se dirigeait vers le Tourbillon était systématiquement suivie par des hordes de malheureux assoiffés.

L’emprise de l’Imperium sur Vigilus, déjà dramatiquement affaiblie par les invasions qui avaient frappé la planète, était à nouveau compromise. Comme l’état-major impérial était contraint de réguler de façon draconienne ses propres réserves, la pénurie devint inévitable.

L’activation de la Griffe du Vide eut des effets dévastateurs. De même que le satellite d’un monde en affecte les marées, l’anomalie gravitationnelle attira à elle tout ce qui se trouvait sur la planète, et causa des dégâts incommensurables. Les perturbations atteignirent bientôt des proportions désastreuses.

La singularité gravitationnelle de la Griffe du Vide - que l’on baptisa Anomalie Vhulienne - eut un impact très lourd sur l’effort de guerre impérial. Le Sénat de Vigilus reçut de nombreux rapports de toutes les régions du globe, et les rues du Refuge du Saint grouillèrent bientôt de messagers de tous les fronts. Des salles de guerre supplémentaires consacrées à des théâtres d’opération spécifiques furent installées dans le palais du Gouverneur. Mais malgré la finesse de Marneus Calgar, chaque désastre succédait à une catastrophe, si bien que l’état-major ne parvenait pas à appréhender la Guerre des Cauchemars, et encore moins à en renverser le cours.

Les premiers à sentir la funeste attraction de l’anomalie furent les flottes en orbite autour de Vigilus. Dans les heures qui précédèrent l’activation des générateurs de la Griffe du Vide, les amiraux de la flotte impériale avaient eu la surprise de voir les vaisseaux du Chaos se redéployer vers des positions dépourvues de valeur stratégique. L’Archi-Commodore Vensatoria fut la première à remarquer qu’ils s’éloignaient tous du Tourbillon Vhulien, sans en comprendre la raison.

Ce n’est que lorsque la singularité gravitationnelle commença que les amiraux impériaux comprirent l’intérêt de ce changement d’orientation. En effet, les vaisseaux du Chaos s’étaient placés de façon à pouvoir contrer les effets de l’anomalie avec leurs moteurs. Il n’en allait pas de même pour la flotte impériale. Les cotres, escorteurs, et autres remorqueurs à proximité du puits gravitationnel de la singularité furent détournés de leur trajectoire et s’écrasèrent sur les énormes navires qu’ils étaient censés seconder.

En surface, l’Anomalie Vhulienne fut la cause indirecte de nombreuses explosions et catastrophes. Le Tourbillon Vhulien forma une vaste spirale conique pointée sur l’anomalie, telle une gigantesque serre de poussière visible sur la moitié de la surface de la planète.

Tout petit objet qui n’était pas solidement fixé fut attiré vers la tempête par la force de l’anomalie. À la Décharj’ du Cyklone, la cité-casse la plus proche, toutes les vis et les écrous desserrés commencèrent à rouler dans la même direction en formant une véritable rivière de métal, à la grande surprise des Meks de Ragzakka et pour le plus grand délice des Grots qui les suivirent dans le but de s’enrichir.

Alors que les plaques tectoniques de la planète tremblaient et se déformaient, les spires de Megaborealis, Hyperia, Dirkden et Storvhal s’effondrèrent. Des milliers d’habitants périrent lors de ces catastrophes, et des pluies de gravats enflammés s’abattirent dans les rues. Le Grand Treuil de l’Omnimessie, quant à lui, se tordit puis céda lorsque la station spatiale de la Fauconnerie Sacrus Tora à laquelle il était connecté fut attirée par le vortex.

Neo-vellum aussi fut affectée, bien que la modification de sa trajectoire fût invisible à l’œil nu. Les marais d’acide du satellite se mirent à bouillonner sous l’effet de l’anomalie. Les ponts et les routes reliant les scriptorum furent rongés par les lacs caustiques, et ils s’effondrèrent, glissant dans la boue corrosive pour être dissous.

Dans les profondeurs de l’espace, les nébuleuses de poussière cosmique qui tournoyaient sur les bordures du Système de Vigilus se rapprochèrent, d’abord imperceptiblement, puis à une allure de plus en plus grande à mesure qu’elles s’approchaient de l’Anomalie Vhulienne. Au-dessus de Vigilus, la lumière d’Astravigila s’estompait de jour en jour, plongeant la planète dans les ténèbres et sapant toujours plus le moral des Impériaux. Il avait fallu une simple entrevue à Abaddon pour porter un coup fatal au Système de Vigilus.

Le Poing de Fer se Referme

Les Couronnes de Noctilithe

Les anneaux de sombreroche appelées Couronnes de Noctilithe apportèrent une nouvelle et détestable énergie à l’effort de guerre. Ils avaient été façonnés sur Nemendghast, perfectionnés durant leur transit vers Vigilus dans les entrailles des vaisseaux-forges d’Abaddon, et érigés sur la planète-sentinelle par des esclaves. Partout où les Maîtres de Possession de la Black Legion avaient identifié un site d’une grande signification géomantique, les anneaux furent alignés selon les consignes des ritualistes d’Abaddon, et plantés dans le sol par de longues pointes d’acier.

Là où les Couronnes de Noctilithe avaient été implantés, les esprits des Psykers du Chaos furent investis d’une énergie impie. Tout être doué de sensibilité psychique observait d’étranges phénomènes à proximité de telles structures. Même les esclaves et les cultistes furent assaillis de visions de cauchemar.

Les Couronnes de Noctilithe étaient conçues pour invoquer sur la planète L’énergie brute du Warp. Elles avaient été taillées dans des blocs de noctilithe que la Black Legion avait amassés lors de leurs croisades noires, puis imprégnées d’énergie du Chaos et disséminées dans toute la galaxie, selon les ordres d’Abaddon.

Au cours de la Guerre Gothique, le Maître de Guerre du Chaos avait en effet découvert que la sombreroche pouvait être polarisée afin d’attirer l’énergie du Chaos, ou au contraire pour la repousser. Depuis lors, sa stratégie entière repose sur cette information. Partout où se trouvaient des dépôts de noctilithe polarisée pour repousser l’énergie du Chaos, Abaddon faisait tout son possible pour les détruire. À l’inverse, partout où la sombreroche pouvait être polarisée pour attirer l’énergie du Chaos, il s’en emparait pour l’utiliser à son compte. En gravant dans la pierre des formules et des runes blasphématoires en langue obscure, un Sorcier pouvait aligner l’aura de la roche sur l’écoulement dimensionnel du Warp.

Canaliser cette énergie instable avec une Couronne de Noctilithe était susceptible d’entraîner un choc en retour psychique très puissant. Dans certaines régions de Vigilus, une puissance incommensurable se déversa dans l’esprit de tous ceux qui cherchaient à exploiter l’aura surnaturelle de la structure. Cela contribuait également à faire avancer la cause, car partout où un désastre psychique se produisait, la matière brute du Chaos suivait.

Vigilus était étranglée par les forces qu’Abaddon avait déchaînées contre elle. Ce qui avait été un monde en guerre était en train de devenir un véritable enfer, mais les forces impériales n’étaient pas les seules à être sous pression.

Tandis que le fléau gravitationnel qu’Abaddon avait infligé à Vigilus faisait ployer les lois de la physique au profit de l’anarchie et de la disruption, le credo apocalyptique que ses troupes d’invasion répandaient partout où elles allaient, avec les étranges structures d’invocation du Warp que ses alliés érigeaient sur toute la planète, avait des effets analogues.

Les Word Bearers, les plus dévots des Astartes Hérétiques, furent chargés d’invoquer l’énergie de la Cicatrix Maledictum sur la planète à l’aide des mystérieuses structures baptisées Couronnes de Noctilithe. La Death Guard avait pour mission de répandre la peste sur Dontoria, tandis que les Night Lords combattaient âprement à Dirkden, et les Iron Warriors affrontaient leurs ennemis jurés, les Imperial Fists, pour contrôler le Mortwald.

Cependant, les forces du Chaos rencontrèrent une forte résistance. Les Impériaux, quoique mal en point, n’étaient pas encore vaincus. Chassés de leurs aires et des sommets des spires par les incendies contrôlés baptisés Feux de Calgar, les envahisseurs du Chaos avaient étendu le conflit aux villes et aux étendues inhospitalières. Certains au sein des Légions Renégates, notamment les World Eaters, se contentaient de tuer et de détruire, comme l’apprirent à leurs dépens les défenseurs des Géants, une série de hauts plateaux crénelés des régions nordiques d’Oteck. L’Alpha Legion lança quant à elle diverses opérations secrètes dévastatrices, tandis que les Légions les plus fanatiques livraient une guerre d’endoctrinement pour recruter de nouveaux adorateurs zélés. L’heure était à la guerre totale, et tous les renégats redoublèrent d’ardeur pour causer autant de dégâts que possible.

Plutôt que d’essayer d’affronter tous leurs adversaires à la fois, Calgar et les dirigeants du Sénat de Vigilus exploitèrent leur connaissance du terrain pour élaborer des pièges afin de désorienter l’ennemi. Si la confusion causée par la panique et les émeutes dans les villes y interdisait la mise en place de tout plan d’action cohérent, dans les désolations, le terrain relativement dégagé était le cadre idéal pour que Calgar mette en œuvre un nouveau chef-d’œuvre de stratégie.

En jouant sur les comportements naturels de leurs adversaires les forces impériales espéraient les dresser les uns contre les autres afin qu’ils s’entre-tuent. Cette stratégie s’inspirait en partie du Gambit de Kryptman, un stratagème à n’employer que dans les cas les plus désespérés. Mais son efficacité n’était plus à démontrer.

Les Space Marine qui avaient pris part à la Guerre des Bêtes avaient eu plus d’une fois l’occasion d’observer la témérité des Orks, et connaissaient suffisamment l’esprit obsessionnel des fantasques adeptes de la Speedwaaagh! pour en déduire les mouvements. De leur côté, les Orks avaient appris qu’affronter des adversaires en Armure Énergétique était toujours l’occasion d’une bonne bagarre, quels que soient les symboles qu’ils affichaient ou la cause qu’ils défendaient.

Fort de ces informations, Calgar et les autres Maîtres de Chapitre ordonnèrent à leurs forces de se lancer dans une série de retraites aux. Accomplies avec une remarquable précision, elles attirèrent les World Eaters, le Crimson Slaughter et les Red Corsairs hors de la ville et dans les désolations. Ces opérations revenaient malgré tout à entraîner l’ennemi en terrain découvert, et les Impériaux subirent alors de lourdes pertes, non seulement sous les tirs d’opportunité des Orks, mais aussi à cause des envahisseurs du Chaos qui avaient pris position dans les niveaux supérieurs des étendues ruchières pour tirer sur les Orks comme sur les Impériaux. Mais cela en valait la peine, car cette action ouvrit un nouveau front voué à détourner l’attention du Chaos.

Le Secret des Lances

L’Adeptus Mechanicus de Stygies VIII avait extrait des lances de sombreroche du sous-sol de la planète pour les stocker dans des silos lourdement défendus. Les Technoprêtres avaient à leur insu fait le jeu du Maître de Guerre, qui comptait se servir des gisements de sombreroche de Vigilus. En effet, en exhumant la sombreroche avec leurs Ruches minières et leurs Tectonic Fragdrills, l’Adeptus Mechanicus lui avait mâché le travail.

La sombreroche avait une propriété qui, pour qui comprenait la nature du cosmos, la rendait extrêmement précieuse. La noctilithe était sensible au Warp, et pouvait être chargée pour attirer ou repousser l’énergie empyréenne. Les dépôts en forme de lance que recelait la croûte terrestre de Vigilus avaient été polarisés pour repousser l’énergie du Warp par une ancienne technologie Xenos. Ces lances étaient en réalité ce qui tenait la Grande Faille éloignée de Vigilus, et elles créaient un canal de force anti-chaotique entre l’Imperium Nihilus et l’Imperium Sanctus, formant le Piège de Nachmund. Bien que nul hormis peut-être le Fabricator Vosch n’en eût conscience, la croûte terrestre de la planète Sangua Terra abritait les mêmes lances de sombreroche, maintenues dans une étrange suspension noire afin qu’elles pointent en permanence en direction de Vigilus. Le champ anti-empyréen qui séparait ces lances permettait de maintenir le Piège de Nachmund ouvert. Si Abaddon venait à détruire cette ressource ésotérique, les tempêtes Warp autour du Piège de Nachmund se refermeraient, interdisant tout passage sûr dans la zone.

Attirés par les explosions et les incendies aperçus à l’horizon, les Orks de la Speedwaaagh! se dirigèrent en toute hâte sur le lieu des accrochages entre loyalistes et renégats qui avaient lieu partout dans les désolations. Anticipant le flot de véhicules que ne manqueraient pas d’attirer leurs affrontements, les loyalistes se retirèrent promptement et en bon ordre, se faisant évacuer par des Thunderhawks et des navettes sous les railleries de leurs Frères de Bataille dévoyés.

Les forces du Chaos, dépourvues de moyens aériens dignes de ce nom, ne furent pas en mesure de s’extraire à temps des zones meurtrières dans lesquelles ils étaient tombés. Ils furent très vite assaillis par les Orks de la Speedwaaagh!, qui se délectaient du défi que constituait ce nouvel adversaire. Les premiers véhicules Peaux-Vertes furent certes rapidement détruits par les troupes du Chaos qui se déchaînèrent sur la Speedwaaagh!, mais cette première vague fut bientôt suivie de dizaines, puis de centaines, de véhicules. Les Astartes Hérétiques ne pouvaient espérer tous les arrêter.

En l’espace de quelques heures, les colonnes de fumée s’élevant au-dessus des désolations avaient attiré des milliers d’engins crachant des gaz d’échappement et des balles. Même les World Eaters se trouvèrent soumis à une rude épreuve, car les Orks étaient tellement galvanisés par leur vitesse et leur supériorité numérique qu’ils ne songeaient même pas à reculer sous le feu. Ainsi, le fléau Xenos qui avait ravagé Vigilus durant la Guerre des Bêtes s’avéra constituer une défense efficace pour des forces impériales bien mal en point.

Machines Infernales

Le principal stock de sombreroche de Megaborealis, le Silo XV de Puisard Tonnerre, était protégé par un puissant champ réfracteur. Pour détruire ces stocks, Abaddon devait désactiver le bouclier. Le Maître de Guerre y envoya des Machines-Démons qui se retrouvèrent face à une résistance inédite.

Même s’ils n’en comprenaient pas la nature, les Technoprêtres de Megaborealis gardaient jalousement les dépôts de sombreroche en forme de fer de lance qu’ils avaient exhumé sur Vigilus. Le mystère de leur construction, et les étranges réseaux de trous et de canaux gravés sur toute leur surface laissaient supposer qu’ils avaient été sculptés par quelque race extraterrestre. C’était en tout cas une source de connaissances potentielles.

Dès que les premiers prélèvements de sombreroche avaient été extraits des puits de mine et mis en lieu sûr, les défenses du Silo XV de Puisard Tonnerre avaient été renforcées pour les entreposer indéfiniment. Le silo était désormais protégé par de solides murailles et une garnison permanente, ainsi que par un vaste dôme de force. Ce n’était pas un réseau de boucliers Bastion, mais un macro-champ réfracteur, une relique encore plus précieuse. Il générait une barrière capable de transformer l’énergie, qu’elle soit cinétique, thermique, nucléaire ou autre, en décharges lumineuses parfaitement inoffensives.

Abaddon n’avait pas encore déchaîné toute la puissance de ses osts de Machines-Démons, désormais impatientes d’en découdre. Les Braun Beasts, adorateurs du Dieu du Sang, étaient connus pour leur prédilection pour les machines de guerre possédées, et pour leur propension à lancer des assauts simultanés. Ils avaient atteint la planète à bord d’un gigantesque vaisseau de guerre corrompu, le Cerberite. Ce mastodonte spatial avait jadis été la Barge de Bataille de leur Chapitre, mais il était demeuré si longtemps dans l’Œil de la Terreur qu’il était devenu une colossale Machine-Démon quasiment vivante.

La Barge de Bataille mutante s’approcha en orbite basse afin de traverser le macro-champ réfracteur du Silo XV, les flammes léchant le ventre du vaisseau tandis que l’antique champ de force tentait de repousser la masse du Cerberite. L’appareil reforgé dans les océans infernaux du Warp ne craignait pas le feu, et des Métadracs jaillirent bientôt de leurs aires de câbles entremêlés. D’énormes gueules de gargouilles s’ouvrirent à l’avant du vaisseau, émettant un rugissement d’anticode si redoutable que les Esprits de la Machine enfermés dans leurs cryptes tremblèrent de terreur malgré leurs entraves. Depuis les flancs du navire, des pseudopodes métalliques se déployèrent pour ancrer le vaisseau aux flèches de Megaborealis. Des hordes de Machines-Démons dévalèrent des rampes et s’avancèrent sur les défenses des Technoprêtres qui tiraient dessus sans discontinuer.

Leur assaut prit la forme d’une tenaille, dont chaque extrémité était menée par une machine titanesque. La rapidité de l’attaque était une arme en soi, tout autant que leur force, car si Megaborealis disposait encore d’innombrables clades de défenseurs en activité, ceux-ci s’avérèrent incapables de se coordonner assez rapidement pour freiner l’offensive. Les Brazen Beasts disposaient de pas moins de trois Seigneurs des Crânes, des monstruosités semi-humanoïdes qui broyèrent des congrégations entières d’Électro-Prêtre sous leurs chenilles. Des meutes de Ferrocentaurus galopaient à leurs côtés, utilisant leurs immenses griffes de métal pour écarter les Brècheurs Kataphrons qui cherchaient à les intercepter. Tandis qu’un cercle de Robots Kastelan se formait autour du Silo XV, de nombreux Métaragnes grouillèrent vers eux, leurs abdomens bulbeux émettant d’étranges vagues d’énergie éthérique comme ils bondissaient sur les automates pour les frapper de leurs jambes à pistons. L’Adeptus Mechanicus, dont la forteresse était à l’épreuve de toute attaque conventionnelle, avait oublié un aspect des forées du Chaos - leur sauvagerie démoniaque.

L’arrivée du Cerberite avait incité d’autres forces à se précipiter sur le théâtre de la bataille. Durant les dernières phases de la Guerre des Bêtes, Megaborealis avait été occupé à la fois par les peaux-Vertes et les adorateurs du Chaos, et ceux-ci rêvaient d’affronter de nouveaux adversaires. Le Boss de Guerre Ork Krooldakka, après avoir contourné les désolations en flammes du Delta Suintant pour enquêter sur le "truk ki’brille" qui n’était autre que le champ réfracteur bombardé du Silo XV, fit franchir à sa Brigade Blitz principale une grêle de tirs de Skitarii pour atteindre les ouvrages miniers de l’ouest de Megaborealis. Une horde de Kamions transportant les créations métalliques géantes de Big Tanks traversèrent en trombe les étendues délabrées du Puisard Tonnerre pour se diriger vers le quartier des silos. Cet assaut blindé renversé les cultistes et les renégats qui formaient le gros des troupes des Brazen Beasts sans la moindre hésitation.

Bien qu’il perdît des dizaines de Chariots d’Guerre sous les tirs des Machines-Démons, Krooldakka ne fut pas arrêté pour autant. Tandis qu’explosaient tout autour de lui des véhicules Orks et des machines de guerre du Chaos, il poussa un cri de guerre effroyable qui plongea ses Fondus d’la Vitesse dans la frénésie la plus totale. L’assaut des véhicules ouvrit un sillon sanglant jusqu’aux commandants de la force ennemie. Lorsqu’un Ferrocerberus se dressa sur la route de Krooldakka, il se hissa sur le toit de son véhicule, arracha la tête de la bête de métal avec sa Pince Énergétique et, alors que le Maulerfiend se tordait d’agonie cracha dans son cou. La Speedwaaagh! poursuivit sa route.

Plus Dure est la Chute

Lorsque les megatrukks à plateau eurent déchargé leur cargaison de Dred Eud'la Mort et de Gorkanautes, la bataille du Puisard Tonnerre se mua en affrontement de blindés, les marcheurs ventrus des Peaux-Vertes échangeant des tirs avec les Métadracs et les Ferrocentaurus. Les créatures de l’avant-garde des Brazen Beasts, qui avaient d’ores et déjà éliminé les Robots Kastelan qui gardaient le Silo XV et avaient entrepris de détruire les générateurs de champ réfracteur, étaient trop absorbées par leur tâche pour s’en détourner. Le Boss Ork avait eu la présence d’esprit de rester hors de portée des Seigneurs des Crânes, bondissant d’épave en épave et s’abritant derrière la coque d’un Onagre des Dunes détruit pour se protéger comme il se rapprochait des commandants des Braun Beasts. Le Techmancien Ghorba Daemonbind, qui avait créé nombre des bêtes d’avant-garde, fut bientôt attaqué par le chef Ork blessé, et fut promptement broyé par la Pince Énergétique de Krooldakka. Ce n’est que lorsque les Chevaliers du Chaos qui constituaient les troupes de choc de Daemonbind finirent par mettre en déroute les défenseurs de l’Adeptus Mechanicus avant de détruire le champ réfracteur du silo que Daemonbind obtint une vengeance d’outre-tombe.

Une fois le champ de force désactivé et le silo sans défense, le Vengeful Spirit, le vaisseau amiral d’Abaddon, fit à nouveau parler ses armes. Cette fois, le bombardement de torpilles cycloniques atteignit ses cibles, annihilant le Silo XV, ainsi que la sombreroche abritait, l’avant-garde des Brazen Beasts, le Speedlord Krooldakka et même et toute chose dans un rayon d’un kilomètre.

Cultes et Conquêtes

Chaque nouveau désastre qui affligeait Vigilus avait des effets alarmants sur le moral de la population. Nombre de citoyens cherchaient le réconfort de pouvoirs plus grands que l’Empereur, rejoignant les cultes qui promettaient l’asile en ces temps tumultueux. Bien souvent, leur seule récompense était la damnation.

L’afflux d’humbles gens dans les cultes secrets de Vigilus était le prélude à une nouvelle phase de la guerre. Partout, la folie le disputait à la sauvagerie, le désespoir à la haine implacable, et le Mortwald ne faisait pas exception à la règle.

L’arrivée de la flotte du Chaos et la Guerre des Cauchemars qui s’ensuivit plongea l’aristocratie du Mortwald dans la terreur. Lorsque la Griffe du Vide fit sentir ses effets dans le Mortwald, la classe dirigeante prit des mesures extrêmes. Les défenseurs du continent avaient dépensé quantité de ressources pour repousser les Orks du réseau de Tranchées Deinos et de la Ligne Tzeller. Malgré l’appui des Imperial Fists, de plusieurs de leurs Chapitres successeurs et de Chevaliers de Dharrovar et de Voltoris, les combats avaient débouché sur une impasse. Pendant ce temps, ils avaient cédé du terrain face aux Princes des Pauvres dans les régions méridionales.

La réaction du Seigneur Deinos Agamemnus et des autres aristocrates fut de stocker toute la nourriture et l’eau qu’ils purent amasser dans les citadelles des quartiers les plus riches du Mortwald. C’était peut-être compréhensible d’un point de vue strictement survivaliste, mais les dirigeants poussèrent cette logique à l’extrême, et utilisèrent des combinaisons de combat de Spyrers pour éliminer tous les représentants des classes laborieuses qui osaient demander un partage plus équitable des ressources.

L’accumulation alla bon train jusqu’à ce que les aristocrates terrés dans la Flèche Immortalis se retrouvent avec davantage de nourriture qu’ils n’en auraient jamais besoin. Ils disposaient également de plusieurs siècles de réserves d’eau, malgré l’Anomalie Vhulienne qui avait drainé un grand nombre de réservoirs d’eau à ciel ouvert. Leur richesse et leurs relations avec les magnats de l’eau de la planète s’avérèrent une puissante combinaison. Des cultes du luxe et de la jeunesse éternelle naquirent autour des cliniques rejuvenat dont les dirigeants du Mortwald se réservaient l’usage. Les conséquences de cette atmosphère délétère furent terribles. L’égoïsme de l’élite du Mortwald déclencha non seulement une des émeutes qui menaçaient de déstabiliser une région contrôlée par l’Imperium, mais en sombrant dans la décadence, les nobles attirèrent l’attention des séides de Slaanesh.

Le Flawless Host, des renégats obsédés par leur propre excellence au point d’être convaincus de ne jamais avoir tort, était tristement célèbre même au sein des Astartes Hérétiques. Lorsqu’ils eurent humé le parfum de l’excès dans l’éther, ils se dirigèrent vers les régions les plus riches du Mortwald. Ils utilisèrent les identificateurs encore valides de leurs vaisseaux pour franchir les défenses et gagner les plus beaux édifices du Mortwald sans rencontrer d’opposition, se pourléchant les babines à l’idée du festin à venir.

L’orgie de violence qui s’ensuivit atteignit des abîmes de dépravation indescriptibles. Les dirigeants s’étaient rendus coupables du crime d’imperfection, non par leur accumulation délirante de vivres et leur cruauté, mais parce qu’ils n’étaient pas allés assez loin. Le Flawless Host mit un point d’honneur à montrer aux nobles la véritable signification de l’excès en invoquant des Démonettes chaque fois que leurs troupes ou un culte rival tentait de les arrêter. Chaque flèche du Mortwald fut bientôt dévorée par les flammes, son cœur putride exposé à la vue de tous.

Les abords du Mortwald - et les régions occidentales d’Oteck, en proie à la pénurie - ne s’en sortirent guère mieux. Les habitants avaient cruellement éprouvé l’injustice et l’avidité de leurs "supérieurs". Aiguillonnés par les cultes qui implantés dans les régions frontalières, ils déclenchèrent une sanglante révolution au cours de laquelle les habitants décapitèrent leurs dirigeants. Bientôt, ces foules en colère devinrent des cultes du sang et, très vite, des adorateurs des Dieux Sombres. Privés de raison, convaincus que leurs seigneurs en fuite étaient la véritable cause de leurs maux et que leur seul espoir était de déserter, ils suivaient les Space Marines du Chaos au combat partout où les hérétiques passaient à l’attaque.

Morbides Révélations

Griffe du Vide

Les régions ecclésiarchiques d’Hyperia étaient jadis le domaine de la piété et de la raison, mais tout cela changea avec l’invasion du Chaos. La peur instillée dans les cœurs par les ultimatums diffusés à grande échelle de Haarken Worldclaimer avait semé les germes du doute qui furent bientôt cultivés par la plus insaisissable des menaces - la peste.

Ce furent les Death Guard de la Souche Délétère, commandés par Gurloch Thrax, qui les premiers gagnèrent Hyperia. Là, ils opérèrent depuis la barge rouillée qu’ils avaient utilisée pour contourner les défenses de la ville, qu’ils quittaient chaque nuit pour semer la maladie et le désespoir. Au final, ils furent vaincus non par les défenseurs impériaux d’Hyperia, mais par les Thousand Sons qui avaient quitté le Fléau de Kaelac pour se diriger vers le nord. Mais lorsque la souche Délétère fut enfin neutralisée, la peste avait déjà atteint la région de la Crevasse de Dubchec.

Les Death Guard qui avaient contaminé Dontoria s’étaient cachés pour poursuivre dans l’ombre leur œuvre infectieuse. Au début de la Guerre des Cauchemars, ils quittèrent leurs cachettes pour repasser à l’offensive.

Les membres de la Death Guard de la sous-étendue de Pravdus de Dontoria, commandés par le méthodique Chirurgien de la Peste Zoculinsus, avaient semé les germes de la conquête en introduisant la Variole de Geller sur la planète. Bien que les mesures de quarantaine mises en place par l’Adeptus Astartes et le Militarum Tempestus eussent ralenti les serviteurs de Nurgle, les combattants envoyés à leur poursuite avaient été abattus, et l’incendie systématique des tunnels n’avait éliminé qu’une demi-douzaine d’Astartes Hérétiques. Bien qu’extrêmement efficace contre des cibles de taille humaine, le cordon sanitaire fut incapable d’arrêter les Sludge-Grubs, Glitchlings et autres Eyestinger Swarms nés de la Variole de Geller, et Dontoria devint autant une province de Nurgle que de l’Imperium.

Le rôle de la Death Guard n’était pas uniquement de contaminer la planète-sentinelle ; leur mission était de déclencher une épidémie interstellaire dans tout le secteur et le Piège de Nachinand à partir de Vigilus. Depuis le Dock de Litmus, le spatioport principal de Dontoria, ils envoyèrent des vaisseaux de frets emplis de mutants infectés dans l’espace, et certains atteignirent le Point de Mandeville de Vigilus, malgré les efforts de la Libre-Marchande Du Languille pour les arrêter. Durant la deuxième et la troisième phases de la Guerre des Bêtes, ces vaisseaux de la peste gagnèrent le Warp pour atteindre de nouvelles zones de guerre à infecter.

Des années plus tard, lorsque les hordes du Chaos envahirent Vigilus, trois de ces cargos scrofuleux revinrent de leur mission pour renforcer les armées de leurs frères infectés. Ils étaient tellement imprégnés de crasse et de traces d’infection qu’ils ressemblaient davantage à des astéroïdes qu’à des vaisseaux lorsqu’ils s’approchèrent de Litmus. Ils atterrirent sans encombre, car le spatioport était désormais totalement sous le contrôle de la Death Guard. Là, ils ouvrirent leurs sas pour vomir des flots de mutants de toutes les formes et de toutes les tailles.

La Purge de Dontoria

Dontoria fut bientôt la proie d’un conflit né d’un schisme dans les rangs du Chaos. The Purge, une bande de renégats inféodés à Nurgle, avait atterri dans la partie orientale de Dontoria, et l’avait trouvée repoussante. Les Astartes Hérétiques de cette étrange confrérie cherchaient à détruire toute forme de vie, car depuis leur allégeance aux Puissances de la Ruine, ils voient toutes les créatures vivantes comme potentiellement corrompues, si bien qu’éradiquer toute vie de la galaxie est pour eux le seul moyen de la régénérer, et ils emploient à cette fin le poison et la maladie.

Animés par le désir d’éliminer le mal, ceux qui allaient devenir The Purge en vinrent à penser qu’en raison de sa faiblesse intrinsèque et de l’inévitabilité de l’entropie, l’Humanité était irrécupérable. Ils en vinrent également à considérer la flore, la faune et la terre comme des sources potentielles du mal. Toute vie étant fondamentalement faillible, il fallait en éliminer toute trace.

Les membres de The Purge n'avaient pas prévu que leur philosophie les conduirait à un conflit avec les autres adorateurs de Nurgle, qui dans leur immense majorité veulent voir la vie prospérer, fût-ce sous une forme irrémédiablement corrompue. Ainsi, pour la Death Guard, Dontoria était vouée à devenir un sombre éden, et non un désert calciné.

The Purge atterrit dans le Grand Goulet, dont la pollution endémique et les zones industrielles constituaient le point de départ idéal pour leur offensive à grande échelle sur Vigilus. Ils entreprirent de massacrer les civils comme les Infectés de la Variole de Geller, jetant les cadavres dans les fourneaux des manufactorums du Grand Goulet, auxquels ils adjoignirent des concoctions de leur propre cru. L’épaisse fumée noire qui s’échappait des cheminées devint encore plus toxique. Des quartiers entiers de la Sous-étendue Tzimitria furent engloutis par les miasmes putrides, et des dizaines de milliers de personnes furent asphyxiées en quelques jours, et même les plantes et les insectes périrent. The Purge contempla son œuvre, et vit que cela était bon et juste.

Dans les mois qui suivirent, The Purge poursuivit son œuvre hérétique, capturant des districts entiers dont ils transformaient les industries pour obtenir une pollution maximale. L’air dans la région orientale de Dontoria devint pratiquement irrespirable ; les habitants, dont les poumons étaient déjà ravagés par l’air pollué de Dontoria commencèrent à mourir par milliers. Les citoyens les plus robustes tentèrent de fuir, mais ils furent massacrés par les Infectés de la Variole de Geller qui rôdaient dans les rues.

Ce qui était naguère une métropole prospère et vivante était désormais un champ de ruines noires de suie, dont les quartiers étaient peuplés d’habitants faméliques et agonisants. La Death Guard, qui avait tout fait pour semer les germes du Jardin de Nurgle dans l’étendue ruchière occidentale, goûtait fort peu la présence de ses voisins orientaux, si bien que lorsque les Infectés de la Variole de Geller se mirent à leur tour à périr, les Astartes Hérétiques entrèrent en action. Ils délaissèrent le massacre débonnaire des militaires impériaux pour combattre The Purge, assiégeant leurs citadelles industrielles avec une efficacité qui suscita l’admiration des Iron Warriors qui opéraient dans le Mortivald.

Ainsi les séides de Nurgle s’adonnèrent à de féroces luttes intestines, mais ce sont les habitants de Dontoria qui en payèrent le prix fort. Le Chaos s’était emparé de chaque niveau de l’étendue ruchière, depuis les flottes qui combattaient en orbite. jusqu’aux populations affligées par la peste, et aux microbes mutant et mourant dans les champs de bataille souterrains, et le conflit ne montrait aucun signe d’apaisement. Aucun des deux camps n’obtint de victoire décisive, et leur lutte s’enlisa peu à peu sans que Calgar ne songeât à intervenir. Abaddon, de son côté, était satisfait, car Dontoria était tombée.

Des Xenos et des Hommes

Les affrontements entre l’Imperium et les Asuraynis finiront par évoluer vers une alliance.

Le temps était compté pour Vigilus. Même les guerriers les plus obstinés étaient forcés de constater que la planète était au bord de la destruction. Les seigneurs de guerre de l’Imperium avaient lancé toutes leurs forces dans la bataille, et leurs renforts étaient bloqués par la Grande Faille. Ils étaient dos au mur.

La situation était critique dans toutes les zones de guerre de Vigilus. La planète était à feu et à sang. Une fumée noire saturait l’atmosphère et rendait l’air difficilement respirable dès qu’on s’élevait par rapport au niveau du sol. L’eau était une denrée rare, et la majorité de la population devait se contenter de quelques gorgées à l’aube et au coucher du soleil. Si Lucienne Agamemnus n’avait pas ordonné de limiter les distributions au début et à la fin de la journée, les infrastructures de la planète se seraient sans doute effondrées. Se rendre d’une région à l’autre était très risqué à cause des pillards Orks et des Métadracs en maraude, et comme les calculs du Datasaint de Neo-vellum étaient brouillés par l’Anomalie Vhulienne, les communications à longue portée étaient quasiment impossibles.

Les forces du Chaos étaient si nombreuses qu’il était illusoire de vouloir les repousser. Elles broyaient les défenses de l’Imperium aussi bien que celles des Xenos. Chaque heure, des spires s’effondraient à cause des mouvements des plaques tectoniques torturées par l’Anomalie Vhulienne. Pire encore, des rapports envoyés par les ultimes stations de relais de Neo-vellum indiquaient que la Grande Faille grossissait, comme une tempête grondant à l’horizon et se rapprochant inexorablement pour tout engloutir. Enfin, quand on compila les données fournies par l’amirauté en provenance de la flotte impériale décimée dans l’orbite de Vigilus, il apparut que la Cicatrix Maledictum s’étirait bel et bien en direction de la planète. Certains affirmaient même voir des visages démoniaques dans les remous du vortex surnaturel.

Au cours de cette période, plusieurs Astropathes de talent rapportèrent avoir eu des visions d’une main griffue étranglant une victime. Cela fut interprété comme le passage étroit du Piège de Nachmund qui était bloqué par un afflux d’énergie chaotique. Le plan d’Abaddon fonctionnait, et le Chaos s’établissait fermement sur Vigilus.

Beaucoup de solutions drastiques furent envisagées par le conseil de guerre impérial. Certains au sein du Sénat de Vigilus argumentèrent en faveur de mises en quarantaine, voire de l’Exterminatus, pour anéantir toute forme de vie. Toutefois, Vigilus était le poumon de tout un secteur, et perdre le Piège de Nachmund revenait à abandonner à son sort une grande partie de l’Imperium Nihilus. Le Primarque Guilliman lui-même avait ordonné que Vigilus tienne bon, et les Ultramarines préféraient combattre jusqu’à leur dernier souffle plutôt que d’abdiquer et de décevoir leur Primogenitor. Au bout de longues heures de débats houleux, la sagesse de Roboute Guilliman inspira Calgar, qui entreprit une mission diplomatique qui perturba même les autres Maîtres de Chapitres.

Les forces des Princes des Pauvres et de la Speedwaaagh! Krooldakka avaient infligé des pertes sensibles aux envahisseurs du Chaos. Les dispositions des troupes et les rapports qui fusaient dans les salles du conseil de guerre du Refuge du Saint indiquaient les champs de bataille où aucune troupe impériale n’avait été engagée. Cependant, à chaque fois que les Xenos remportaient une victoire, ils ne tardaient jamais à s’en prendre ensuite aux défenseurs impériaux. Il y avait des rumeurs à propos de mercenaires Orks qui offraient leurs services à l’Astra Militarum contre des véhicules blindés, et même une tablette de données rédigée par un commandant impérial qui demandait officiellement l’assistance des Orks, et que Pedro Kantor des Crimson Fists demanda à examiner. Elle était écrite par le commandant Nerrogh van Thrynn, qui avait reconquis les environs des Voiles Magentins à la tête d’une force combinée de l’Astra Militarum et de mercenaires Orks, mais qui avait été ensuite sommairement exécuté par un Commissaire à cause de ce manquement à son devoir.

Le Sénat savait que toute alliance prolongée avec les ennemis sauvages qu’il combattait depuis la Guerre des Bêtes était impossible. Les Peaux-Vertes étaient trop imprévisibles et agressifs pour qu’on puisse compter sur eux, surtout face à un adversaire aussi dangereux que les Astartes Hérétiques. Quant aux Princes des Pauvres, il était évident que ces hybrides corrompus par des gènes de Xenos étaient si répugnants qu’ils ne méritaient que la mort. Mais tout ceci ne changeait rien au fait que l’Imperium était en train de perdre la guerre. Même si des renforts étaient en route depuis le reste de l’Imperium (car malgré l’obstacle de la Grande Faille, les armées de l’Humanité restaient pléthoriques), les chances qu’ils arrivent à temps pour faire pencher la balance en faveur de l’Humanité étaient minces et s’amenuisaient au fil des heures.

En revanche, nul n’avait encore abordé la question des perfides Aeldaris. L’éventualité d’une alliance restait en suspens. Après tout, Roboute Guilliman lui-même avait passé un pacte avec cette antique race Xenos au cœur de Macragge, ce qui n’était jamais arrivé de mémoire d’homme. En dépit de cela, traiter avec des Xenos était toujours risqué, comme tout officier du conseil de guerre le savait, parfois par expérience. D’ailleurs au même moment, ces Xenos au regard fou menaient des raids contre Hyperia à bord de leurs motojets et de leurs chars antigrav. La Garde Extremis de Calgar avait chèrement payé sa tentative de traiter avec les Aeldaris vengeurs de Saim-Hann, en perdant trois de ses membres avant que le Lieutenant Eothrus et ses frères repoussent leurs assaillants. Le sang des guerriers de Macragge maculait encore les dalles en marbre à moins de cent mètres du conseil de guerre, où le Sénat débattait sans relâche.

Les émotions se bousculaient dans le cœur de Calgar. À chaque nouvelle faisant état d’un désastre, il devait chasser ses doutes. La deuxième nuit après le début de l’Anomalie Vhulienne, il quitta le Sénat accompagné de sa Garde Victrix, les paroles acerbes des membres du Sénat résonnant encore à ses oreilles. Il rejoignit des éléments de la 1ère Compagnie et se rendit au pont principal qui enjambait l’Anneau du Néant Les forces de Aeldaris affrontaient encore les Tempestus Scions et l’Adepta Sororitas, car les guerriers de Saim-Hann avaient une vengeance à assouvir contre l’Imperium. Au cours de la Guerre des Bêtes, leur chef, l’Autarque Rhyloor, avait été tué. Sa mort avait été ordonnée par le Conseil Aquilarian, qui ne faisait pas de différence entre les Asuryanis des Vaisseaux-Mondes et les odieux Drukharis qui tourmentaient le peuple de Vigilus. Les guerriers de Saim-Hann comptaient venger cet assassinat inique, en tuant tous les humains associés de près ou de loin à la mort de l’Autarque.

Dès qu’il aperçut les Aeldaris, Calgar se joignit au combat. Il ne tira que lorsque cela était absolument nécessaire, car à la place il voulait bloquer les Xenos et encercler certains d’entre eux avant qu’ils s’échappent, dans le but de passer à la seconde phase de son plan…

À un moment opportun, lorsque l’intensité dans les combats diminua, le Seigneur de Macragge demanda des pourparlers. Cela aurait sans doute été vain si la force de Saim-Hann n’avait pas été dirigée par le Grand Prophète Keltoc, qui était aussi rusé que sage. Il avait été le conseiller du Qelanaris, dont la mort du frère avait déclenché le cycle de violence à Hyperia entre les Aeldaris et l’Imperium. Même si Keltoc souhaitait venger la mort de l’Autarque, il ne laissa pas sa colère l’aveugler, car il avait d’autres objectifs essentiels à atteindre. C’est ainsi qu’un cessez-le-feu fut déclaré, et que, fait rare entre l’Imperium et une race Xenos, une porte fut ouverte vers des pourparlers afin de trouver un terrain d’entente.

Le Pacte Pénombral

« Vous parlez de désastres, et je sais pourquoi. Cent batailles. Un milliard de morts, et toujours plus de cadavres qui s’empilent. La panique, la peur et le désespoir dans toutes les cités, tandis que les incendies se répandent. Toutefois, cette planète est défendue par l’élite de l’Imperium. Nous sommes la clé de sa survie, et nous nous montrerons à la hauteur de la tâche, quel qu’en soit le coût ? »
- Marneus Calgar, Maître de Chapitre des Ultramarines.
Une Cargaison Fatale

La première étape du plan de Calgar consistait se procurer les six missiles Deathstrike de Deinos Agamemnus. Il les avait collectionnés avec soin au cours des cent cinquante dernières années, et les avait entreposés dans une crypte-hangar sécurisée par des protections biométriques. Le Seigneur Deinos se plaisait à répéter que deux de ses Deathstrike étaient dotés de redoutables têtes Vortex et que s’il lui plaisait, il pouvait détruire la spire d’un rival en quelques heures, envoyant au passage ses habitants dans un enfer éternel au cœur de l’Empyrée.

Calgar produisit un long vélin au nom du Primarque Guilliman en personne, rappelant que Vigilus ne devait pas tomber. Il y ajouta sa propre lettre signée de son titre complet de Régent d’Ultramar, Héritier de la Tétrarchie et Maître de Chapitre des Ultramarines. Il s’envola ensuite pour le Mortwald à bord du Thunderhawk Eagle’s Fury et atterrit en grande pompe à la résidence de son hôte. Lord Deinos, qui s’était mis à l’abri des horreurs libérées contre ses concitoyens par le Flawless Host, eut une poussée d’orgueil et accepta de sortir de son bunker de classe Proteus. Après tout, que le Maître de Chapitre des Ultramarines lui demande audience flattait son ego démesuré, et décuplerait sans doute son influence après la fin de la guerre. Calgar présenta les salutations du Primarque à Deinos Agamemnus, et lui demanda de lui remettre ses six missiles Deathstrike pour participer à l’effort de guerre.

Le Seigneur Deinos refusa de but en blanc, arguant que les gigantesques missiles n’étaient pas faits pour être utilisés, et qu’il avait eu toutes les peines du monde à les conserver en parfait état. Il déclara qu’il aurait recours à toutes les barrières légales et à toutes les ruses administratives pour que cette demande reste lettre morte.

Sur ce, Calgar perdit son sang-froid, saisit le Seigneur Deinos par le bras et le souleva du sol. Ignorant le craquement des os brisés et l’odeur incommodante se dégageant du pantalon doré de son interlocuteur, il réitéra sa demande, la mâchoire serrée sous l’effet de la colère. Cette fois, le Seigneur Deinos s’empressa d’accepter. Il ouvrit la crypte-hangar et mit son contenu à disposition de Marneus Calgar. Quelques heures plus tard, la crypte-hangar était vide, les missiles Deathstrike ayant été transférés dans les soutes de robustes appareils de transport.

L’idée même d’une alliance entre les Ultramarines et les Asuryanis était impensable pour beaucoup de gens. S’il n’y avait pas eu un précédent entre le Primarque Guilliman et l’ambassadrice Yvraine, un tel événement aurait d’ailleurs été impossible. Contre toute attente, il allait néanmoins se produire. Le Grand Prophète Keltoc avait tenté de prédire le futur de Vigilus, notamment les effets qu’il attrait sur le reste de la galaxie. Si l’empire de l’Humanité était totalement coupé en deux, Abaddon pourrait conquérir l’Imperium Nihilus et le Grand Ennemi des Aeldaris en sortirait gagnant. Keltoc ne pouvait le laisser faire, car même s’il était ouvertement un membre du Clan Moirec, il était venu sur Vigilus à la recherche d’autres solutions.

Ainsi, lorsque la voix de stentor de Calgar résonna dans les halls de marbre fissuré du Refuge du Saint, il ne fut pas accueilli par un torrent de shurikens, comme le Lieutenant Eothrus avant lui. Au lieu de cela, le Grand Prophète Keltoc leva la main et envoya une impulsion psychique à ses guerriers afin qu’ils cessent de tirer et écoutent l’impressionnant chef des Space Marines.

Le Maître de Chapitre parla avec éloquence de Macragge, des menaces auxquelles l’Imperium faisait face, et évoqua aussi une prêtresse du Dieu des Morts des Aeldaris. À ces mots, même le Chevaucheur du Vent de Saim-Hann le plus agressif baissa ses armes. Pendant un moment, la bataille entre l’homme et le Xenos devint un duel de mots. Finalement, quand le soleil se coucha au-dessus des spires qui brûlaient à l’horizon, les deux camps parvinrent à un accord. Humains et Aeldaris allaient unir leurs forces contre un ennemi commun. Soudainement, cette alliance inespérée brilla comme une lueur d’espoir sur la trame sombre du destin de Vigilus.

Les Aeldaris de Saim-Hann n’étaient pas connus pour leur tendance à pardonner. Nul ne sut donc précisément comment Calgar parvint à les convaincre, car l’échange entre le Maître de Chapitre et Keltoc ne fut pas enregistré pour figurer dans les annales de l’Imperium, en dépit de la demande de Guilliman que des historitors accompagnent les Ultramarines dans toutes leurs missions. En réalité, les notes prises sur l’échange entre Calgar et le Grand Prophète Aeldari durent immédiatement être détruites, et n’intégrèrent jamais les annales de la Guerre des Cauchemars. Aujourd’hui encore, les Ultramarines n’ont pas le droit de révéler ce qu’ils ont entendu du dialogue entre les deux chefs, alors qu’ils conversaient sous l’arc de triomphe monumental à l’ouest de la Statue du Grand Templier. De fait, seule la Garde Victrix perçut le détail du pacte passé par Calgar, et jura de garder le secret. On sait cependant trois choses. La première, c’est que le Grand Prophète Keltoc et ses chefs raccompagnèrent Calgar jusqu’au Palais du Gouverneur. La deuxième, c’est que dès cet instant, les portes du Sénat de Vigilus furent fermées et surveillées par deux membres de la Garde Victrix, avec pour ordre de ne laisser entrer personne. La troisième, c’est que les membres du Conseil Aquilarian qui présidaient le jour de la mort de l’Autarque Rhyloor ne reparurent jamais. On comptait parmi eux Lucienne Agamemnus et le Froctor Commandeur Venedar.

Considérant que leur vengeance avait été assouvie, les Aeldaris du Clan Moirec aidèrent l’Imperium à repousser l’invasion du Chaos. De plus, ils prêtèrent un vaisseau très particulier, le Vaul’s Ghost, un vaisseau fantôme presque indétectable qui harcelait les voies commerciales impériales depuis des décennies. Calgar comptait utiliser ce navire pour intercepter le Vengeful Spirit placé en orbite au-dessus du Storvhal, tout en servant personnellement de leurre pour accaparer l’attention du Maître de Guerre du Chaos. Le plan de Calgar était de s’attaqua à ce qu’Abaddon avait de plus précieux. Celui-ci n’éprouvait que mépris et dédain pour les Astartes Hérétiques sous ses ordres, sans parler de ses autres laquais, comme il l’avait prouvé à Dontoria, Megaborealis et au Storvhal. Toutefois, il y avait quelque chose auquel il tenait, en dehors des reliques qu’il portait tout le temps. C’était cela que Calgar voulait viser.

Si le plan du Seigneur de Macragge se déroulait comme il l’espérait, la fin justifierait les moyens. S’il échouait, la planète serait condamnée, tout comme le Piège de Natchmund et, très certainement, Calgar lui-même.

Lorsque les autres Maîtres de Chapitres apprirent ce que projetaient les Ultramarines, ils furent abasourdis, mais se rangèrent ensuite dans leur camp. Les Crimson Fists et les Necropolis Hawks connaissaient la haine des Aeldaris pour le Grand Ennemi, car ils les avaient vus s’affronter auparavant. Ce serait une aubaine pour l’Imperium si ces deux adversaires pouvaient se combattre jusqu’à l’épuisement.

Tactique et Diversion

Alors que les Maîtres de Chapitres du Sénat de Vigilus se préparaient à contre-attaquer pour essayer d’affaiblir les défenses d’Abaddon, les Aeldaris menaient à bien leurs propres plans. De nombreux guerriers rapides comme le vent se mirent en route pour accomplir les desseins du Grand Prophète Keltoc.

Les courbes gracieuses des véhicules des armées de Chevaucheurs du Vent de Saim-Hann filaient à grande vitesse sur les désolations de Vigilus. Loin des spires et des tours d’Hyperia, ils faisaient un leurre parfait pour les Orks de la Speedwaaagh!. Filant à toute allure à bord de véhicules rouges, ils attiraient immanquablement l’attention de tous les Fondus d’la Vitesse des environs. Bientôt, des hordes de Peaux-Vertes les poursuivaient en tirant en l’air et en hurlant d’excitation.

Des dizaines de clans de Chevaucheurs du Vent participèrent au plan du Grand Prophète Keltoc, au cours d’une opération qui évoquait la légende Aeldari baptisée le Guidage des Taureaux d’Yggh. Les Asuryanis de Saim-Hann ralentissaient volontairement lorsqu’ils distançaient trop les Orks, car une motojet est infiniment plus rapide que n’importe quel véhicule Ork, même le mieux préparé. Seuls les Dragstas Shokk de Mekstopville, construits dans une frénésie créatrice après l’incident Warp aux pieds des murailles d’Hyperia-Dirkden, étaient presque capables de tenir le rythme des pilotes de Saim-Hann. D’ailleurs, à la Pointe du Glaive, le Fondu Ork appelé L’Obus Rouj’ se téléporta juste au niveau des véhicules Aeldaris de tête, un escadron de Psycharques aux pennons écarlates appelés les Sept Serpents, et les volatilisa à coups de rokettes.

Cependant, pour l’essentiel, les Chevaucheurs du Vent menaient les Orks par le bout du nez à travers les désolations de Vigilus. Et quand les Peaux-Vertes furent enragés de ne pas réussir à atteindre leurs proies, les Aeldaris les guidèrent droit sur les Space Marines du Chaos occupés à fortifier des têtes de pont sur la planète. Lorsque les balles se mirent à siffler, les audacieux pilotes de Saim-Hann s’envolèrent à la verticale en direction des nuages, voire dans la sécurité des tempêtes électriques invoquées pour l’occasion par le Grand Prophète Keltoc. Ils laissaient derrière eux les Orks engagés en combat contre les Astartes Hérétiques, sans qu’aucun des deux camps ne soit prêt à céder du terrain malgré l’effet de surprise mutuel. Keltoc réussit un coup de maître lorsque ses Serpents Ondoyants, dont les champs de force étaient chargés à pleine puissance pour résister aux tirs des Orks, menèrent sept Blitz Brigades droit sur les engins super-lourds et les Titans renégats de la Legio Decapitorum.

Attaquées par-derrière par des hordes d’Orks enragés, et faisant face aux défenses inébranlables des impériaux, les forces du Chaos furent mises en déroute sur une dizaine de zones de guerre. Ces événements eurent des répercussions, et bientôt, des dizaines de seigneurs de guerre tentèrent de se distinguer dans cette débâcle, afin d’entrer dans les bonnes grâces d’Abaddon. Seuls Keltoc, Calgar et les conseillers de la Marine Impériale rattachés à l’état-major des Ultramarines savaient qu’en cet instant, seuls les combats pour les docks de la Nouvelle Vitae importaient. La base aérienne du Mortwald envoyait toutes les Valkyries et les navettes dont elle disposait en orbite basse, malgré le siège des Iron Warriors. La majorité de ces appareils ne transportaient rien d’essentiel, mais six d’entre eux emportaient les missiles Deathstrike que Calgar avait récupérés des mains avides du Grand Castellan Deinos. Parmi ces armes, deux d’entre elles étaient dotées de têtes Vortex que le Maître de Chapitre comptait utiliser pour porter un coup particulièrement douloureux à l’élu des Dieux Sombres, afin de reprendre l’avantage dans la guerre.

Au cours de la bataille orbitale entre la flotte impériale surclassée et l’armada du Chaos, des événements fatidiques étaient sur le point de survenir. Les survivants de la Marine Impériale menèrent une attaque concertée contre la flotte des Puissances de la Ruine, en profitant de la moindre ouverture dans sa ligne de bataille pour s’y glisser et harceler leurs ennemis, comme des prédateurs marins s’en prenant à un banc de poissons. Ils payèrent chèrement leur audace, car les quatre cinquièmes de leurs navires furent détruits par les bordées d’Abaddon, néanmoins leurs efforts furent crédibles en tant qu’ultime assaut désespéré. Les pilotes, membres d’équipage et marins qui donnèrent leurs vies pour permettre au plan de Calgar de fonctionner ne furent pas célébrés, mais leur contribution fut sans doute encore plus décisive que celle des soldats qui combattaient au sol pour tenir l’ennemi en respect.

Car au final, un seul vaisseau importait. Le Vaul’s Ghost rejoignit les appareils qui transportaient les Deathstrike et les transféra dans sa soute. Il se dirigea ensuite vers le Vengeful Spirit, en emmenant tous les espoirs du Sénat de Vigilus et de ses alliés Aeldaris.

La Chute d'une Légende

« Maître. Le Vengeful Spirit a été endommagé. Son capitaine a ordonné un saut Warp, prenant sans doute le prétexte de cette attaque pour s’emparer du vaisseau. Nous devons y retourner sous peine de le perdre à jamais ! »
- Haarken Worldclaimer.
Légende…
… contre légende.

Une confrontation qui paraissait depuis longtemps inévitable se rapprochait. Le plan risqué de Marneus Calgar consistait à défier directement le Maître de Guerre, sachant que ce dernier ne laisserait pas passer l’occasion de tuer le Maître de Chapitre pour infliger un revers au moral de l’Imperium.

La bataille du Refuge du Saint fut riche en actes héroïques dignes des plus grandes sagas. Son histoire résonne encore dans les annales de l’Imperium, car ce ne fut pas qu’un affrontement physique. Il opposait deux idéologies, et certains disent même, les dieux en personne.

Calgar avait échafaudé un plan qui avait si peu de chances de réussir que même ses plus proches conseillers l’avaient désapprouvé. Toutefois, il n’y avait pas d’autre choix. La planète était au bord du gouffre. Même là où les chefs impériaux étaient parvenus à tourner les factions des envahisseurs les unes contre les autres, ils n’avaient gagné qu’un court répit, voire avaient suscité l’émergence d’une menace au détriment d’une autre. Selon les estimations les plus optimistes des prophétiseurs gelstatiques de Neo-vellum, au moins les trois-quarts de la population de la planète étaient morts. Malgré tout, Calgar ne pouvait se résoudre à avoir recours à l’Exterminatus. Il fut pour cela tancé par Raquilon Zandtus, le Maître de Chapitre des Necropolis Hawks, qui abordait les questions diplomatiques en citant des passages du Codex Astartes pour appuyer ses propos. Calgar répliqua que ses propres plans étaient déjà en branle, et que le Primarque en personne avait exigé que Vigilus ne tombe pas.

Marneus sortit du senatorium de Vigilus et gravit les marches du palais du gouverneur. Ses pas laissèrent des empreintes rouges sur le sol en marbre, car même là, le sang avait coulé récemment. Il atteignit l’Aire des Songes, le plus haut niveau du Refuge du Saint n’étant pas la proie des flammes, et rassembla les membres des Gardes Victrix et Extremis. Le bleu de leurs armures avait des reflets orangés à cause des flammes qui faisaient rage au-dessus d’eux. Ses paroles furent relayées par les Servocrânes vox aux laudaphones de l’Ecclésiarchie lorsqu’il s’adressa à Abaddon et le défia de venir l’affronter en combat singulier. Le vainqueur de cet affrontement deviendrait le maître de Vigilus.

Le Maître de Guerre du Chaos ne tarda pas à écouter les paroles de Calgar, car Haarken Worldclaimer et ses osts de Raptors hantaient encore les niveaux supérieurs d’Hyperia, et s’empressèrent de transmettre le message. Abaddon sourit d’un air cruel en l’écoutant, ses longues canines scintillant à la lueur d’un crépuscule rouge. Il tenait dans la main gauche Drach’nyen, une Lame Démon capable de dévorer l’âme de ceux qu’elle blessait, tandis que sa main droite était engoncée dans la Griffe d’Horus, l’arme qui avait jadis pris la vie du Primarque Sanguinius. Que pouvait un mortel âgé d’à peine quelques siècles contre un tel adversaire ?

La Citadelle Vigilante était une structure riche en technologie antique, car sa construction remontait à l’aube de l’Imperium. Les Déchus savaient quels pouvoirs ces trésors technologiques recelaient, et maîtrisaient notamment l’utilisation d’un teleportarium ravivé par Osandus et ses alliés technomantiques. Abaddon put ainsi s’en servir pour attaquer directement Calgar, accompagné par sa garde d’élite en Armures Terminator et par des guerriers possédés par des entités démoniaques.

Le Maître de Chapitre Calgar se tenait au sommet du palais du Refuge du Saint. Il n’était plus protégé par les brouilleurs Warp et les circuits enigma qui, jusqu’à présent, avaient déjoué toutes les tentatives d’assassinat à rencontre de sa personne, alors qu’il présidait le Sénat de Vigilus pour superviser l’effort de guerre. Abaddon apparut dans un éclair de lumière actinique. Il se mit à avancer en direction de son adversaire dès son arrivée, avant même que l’illumination de sa téléportation eût disparu. Il était suivi par les Porteurs du Désespoir, qui se manifestèrent dans un dôme de force et ouvrirent immédiatement le feu avec leurs armes combinées.

Les Ultramarines s’attendaient à un tel assaut, surtout depuis qu’une ruse similaire avait été utilisée à bord de leur navire amiral. Ils chargèrent comme un seul homme, repoussant les Terminators du Chaos avec le champs d’énergie crépitants de leurs boucliers. Rapidement, douze Traîtres furent abattus tandis que les Ultramarines avaient perdu huit des leurs. Mais Abaddon avait atteint Calgar.

Les spires en flammes au-dessus des duellistes donnaient une teinte écarlate au ciel, et formaient des ombres étranges et inquiétantes qui s’allongeaient sur le sol. Calgar esquivait et feintait, reculait à l’abri des immenses statues et contre-attaquait prestement. L’Armure d’Heraclus lui donnait plus de liberté de mouvement, et l’encombrait moins que toutes les protections qu’il avait portées auparavant Il lâchait des rafales avec les Gantelets d’Ultramar pour empêcher son adversaire d’utiliser la redoutable Drach’nyen. Les Reivers, Suppressors et Scouts qui observaient la scène à travers les viseurs de leurs armes savaient que le Maître de Chapitre tentait de gagner du temps, et aucun d’eux n’ouvrit le feu. Chaque seconde que les deux combattants passaient à s’observer pour tenter de porter un coup décisif donnait au plan de Calgar une chance de plus de porter ses fruits.

Les Héros du Vide

L’attaque contre le Vengeful Spirit avait été terriblement meurtrière pour la Marine Impériale. Tant de renforts avaient été acheminés à la zone de guerre Vigilus que les mondes proches de Neo-vellum, Omis-Prion, Geotrope XII et Falsehood n’avaient plus le moindre bâtiment de guerre. Dans le cas d’Omis-Prion, attaqué ultérieurement par l’antique menace Xenos des Nécrons, cette carence fut catastrophique. Malgré tout, le haut commandement jugea qu’il avait fait le bon choix en privilégiant Vigilus.

Les navires envoyés à Vigilus vinrent épauler la Marine Impériale décimée. Quelques dizaines de vaisseaux établirent un maigre cordon de sécurité autour de l’équateur de la planète, mais la majorité renouvelèrent leurs assauts contre le Vengeful Spirit au cours d’une bataille spatiale qui dura trois jours. Aucun ne parvint à porter un coup décisif au cuirassé du Chaos: toutes les torpilles furent interceptées, tous les tirs d’artillerie furent déviés par quelque champ de force ésotérique. Et en retour, le navire d’Abaddon libérait des bordées dévastatrices qui réduisaient en épaves les vaisseaux impériaux.

Les défenses du Vengeful Spirit comprenaient un conclave de sorciers qui observaient les échos dans le Warp, afin de deviner les menaces avant qu’elles surviennent, et d’en informer l’équipage de commandement. Cependant, même ces mages n’étaient pas assez doués pour repérer la menace que faisait peser le Vaul’s Ghost, car ce navire Aeldari était doté d’atténuateurs psychiques et bénéficiait d’une technologie de camouflage hologramatique sophistiquée. Quand les sorciers s’aperçurent enfin de sa présence, il était déjà trop tard.

Le Vaul’s Ghost s'écrasa à toute vitesse contre le flanc du Vengeful Spirit et les six missiles Deathstrike dans sa soute explosèrent dans une réaction en chaîne terrifiante. La détonation ouvrit un trou béant dans la coque du navire, puis les têtes Vortex créèrent un maelström qui rongea davantage la structure du bâtiment. Trop gros pour s’éloigner rapidement, le navire fut désemparé par ce trou dans la réalité. Des sirènes sonnèrent pour avertir qu’un saut Warp était imminent. La fuite du Vengeful Spirit fut un coup de maître de Calgar, et cet événement bouleversa toute la guerre.

Abaddon était enragé et ouvrit le feu avec son Combi-Bolter. Les munitions explosives enveloppèrent Calgar dans une tempête de flammes. Une des dalles en marbre céda sous le poids du Maître de Chapitre, qui fut déséquilibré pendant un instant. Abaddon fut sur lui en un battement de cœur. La Griffe d’Horus arracha un des précieux gantelets de Calgar, exposant son avant-bras sanglant. Frappant de son poing nu, le Seigneur de Macragge atteignit son adversaire au visage, suffisamment fort pour lui briser la mâchoire. L’uppercut qui suivit, porté avec le Gantelet d’Ultramar restant, souleva Abaddon du sol et fissura sa cuirasse.

Le visage du Maître de Guerre était déformé par la rage. L’air hurlait autour de lui, et des vrilles d’énergie démoniaque entourèrent son épée. Drach’nyen frappa. Calgar tenta de parer avec son gantelet, mais la lame le traversa aisément, en lui tranchant deux doigts au passage. Elle termina sa course contre le plastron de Calgar, qu’elle perfora avant de percer ses deux cœurs d’un seul coup.

Alors que Calgar glissait au sol, Haarken Worldclaimer appela Abaddon sur une ligne vox sécurisée. Le Vengeful Spirit avait été très gravement endommagé, et risquait d’être détruit à n’importe quel instant. Il était en train d’effectuer un saut Warp, si bien que le Maître de Guerre du Chaos et ses sbires n’avaient que quelques secondes pour le rejoindre avant qu’il quitte le système.

Cieux Déchus

Le duel court mais violent en haut des spires du Refuge du Saint était terminé. Calgar avait été vaincu. Cependant, la réalité était plus complexe que cela. Des sacrifices terribles avaient été consentis par les serviteurs de l’Empereur, et leurs conséquences devenaient enfin claires.

L’Épée-Démon hurla de frustration lorsqu’Abaddon se détourna de sa victime. Il fit signe aux Porteurs du Désespoir de se rassembler autour de lui et envoya ses possédés couvrir leur retraite. Il avait accompli ce qu’il était venu faire : vaincre son rival. Désormais, une autre tâche pressante l’attendait, car le Vengeful Spirit, auquel il tenait encore plus qu’aux Forteresses Noires, était en difficulté. S’il disparaissait dans le Warp sans lui, il risquait fort de le perdre à jamais. Il ne pouvait l’accepter.

Des flammes noires formèrent un symbole hexagramatique autour d’Abaddon et de ses gardes du corps, puis une lumière écarlate et aveuglante enveloppa les seigneurs de la Black Legion, qui disparurent. La puanteur de la magie noire se répandit, planant dans l’air comme l’odeur d’ozone après un orage. Abaddon était reparti.

Les possédés se ruèrent vers Calgar, comme des hyènes se jetant sur un lion blessé. Le Seigneur de Macragge était immobile sur le sol en marbre dévasté. Il était livide, et son corps était froid. Ses deux cœurs avaient été percés, et un sang noir s’écoulait du trou dans son armure. Pire encore, les possédés réussirent à outrepasser les défenses de la Garde Victrix, et un des monstres leva ses griffes au-dessus de la tête du Maître de Chapitre.

Un Space Marine ordinaire serait mort en cet instant. Mais dans la poitrine de Calgar, la Fournaise Belisarienne se déclencha. L’organe miraculeux injecta des stimulants dans son sang, lui offrant quelques secondes supplémentaires pour réagir avant que la mort s’empare de lui. La force intérieure de l’Adeptus Astartes et la science arcanique de Belisarius Cawl se mesurèrent alors aux pouvoirs impies du Chaos.

Calgar parvint à se redresser sur un genou tandis que l’énorme possédé le surplombait, puis il se releva complètement. Son dernier Gantelet d’Ultramar, bien qu’endommagé, fonctionnait encore. Il envoya valser la créature d’un revers de la main, puis lâcha une grêle de tirs qui la fit exploser dans une gerbe de sang. C’est alors que l’immense Maître de Chapitre tomba de nouveau au sol, le sang s’écoulant à flot de sa blessure en emportant avec lui ses dernières forces.

La Lente Saignée

Avec l’élite de la Black Legion se téléportant à bord de son navire amiral, et l’immense vaisseau de classe Gloriana disparaissant dans le Warp, le déroulement de la guerre sur Vigilus fut totalement modifié. La Marine Impériale, enhardie par la fuite du meilleur bâtiment de l’armada du Chaos, se rua dans la brèche et lâcha des bordées contre un ennemi qui avait du mal à se remettre de l’onde de choc empyrique générée par la translation Warp du Vengeful Spirit. Au sol, la rumeur se répandit parmi les armées du Chaos : Abaddon avait fui. Bientôt, ces troupes ne se soucièrent plus que de leur propre survie. Après tout, la planète était ravagée, et il y avait beaucoup d’autres mondes de l’Imperium à détruire…

La Garde Victrix et les survivants de la Garde Extremis se précipitèrent autour de leur seigneur pour le protéger, en continuant d’ouvrir le feu sur les derniers possédés. Le Stormraven Gunship Hope’s Blade descendit alors du ciel, et sa rampe s’ouvrit pour laisser débarquer deux Apothicaires vétérans. Ils coururent vers Calgar et utilisèrent leurs Nartheciums pour lui injecter des élixirs stabilisants et des lotions guérisseuses de vitae bénite. Calgar se redressa, le visage ravagé par la douleur. Malgré tout, il salua ses hommes, leur ordonna d’aller éliminer les traîtres qui arpentaient les rues en contrebas, et accepta enfin d’être escorté jusqu’au Stormraven médicalisé.

Calgar survécut à son duel contre Abaddon. Son cœur auxiliaire fut restauré grâce aux connaissances secrètes de l’Apothecarium, tandis que son cœur primaire se régénérait rapidement. En dépit de cela, on ne le vit plus sur le champ de bataille jusqu’à la fin des affrontements, même s’il continua de commander aux armées de l’Imperium depuis la salle du Sénat de Vigilus. Bien qu’ayant été affaibli temporairement par les blessures terribles qu’il avait subies, son esprit restait aussi clair et affûté qu’auparavant. Le Seigneur de Macragge pouvait s’enorgueillir d’avoir privé Abaddon de la planète qu’il convoitait, non pas par la force des armes, mais par le courage et l’honneur dont ses soldats et lui avaient fait preuve. Malgré ces pensées encourageantes, Vigilus restait dans une position précaire, et ne poursuivait pas le combat pour gagner la guerre, mais simplement pour survivre à sa terrible ordalie. Il n’était pas encore certain qu’elle y parvienne…

Planète en Flammes

Une Citadelle Assiégée

Lorsque le Tourbillon Vhedien se dissipa enfin, la Citadelle Vigilante fut révélée. Les Dark Angels furent les premiers à l’atteindre, car ils attendaient impatiemment cette occasion. Une force montée de White Scars se dirigea aussi vers sa position dans l’intention d’aider les Dark Angels, mais aussi afin de découvrir pourquoi ces derniers les avaient abandonnés apparemment sans raison au cours de la Guerre des Bêtes. Malheureusement, ils furent victimes d’une arme à stase, et se retrouvèrent piégés dans le temps. Les White Scars ne surent jamais que cette anomalie temporelle localisée avait été provoquée par un escadron de Dark Talons, ces appareils spécialisés que la Ravemving utilise comme prisons ambulantes. Ainsi, seuls les Dark Angels attaquèrent la citadelle.

En dépit des effets perturbants de l’Anomalie Vhulienne, les Dark Angels agirent avec férocité, jusqu’à percer une brèche dans les murs de l’édifice avant de porter le fer aux hérétiques qui s’y terraient. Nul en dehors des fils du Lion ne pourrait dire précisément combien ils subirent de pertes lors de l’assaut. Dans tous les cas, les Dark Angels quittèrent Vigilus sitôt cette mission terminée, sans qu’il en reste la moindre trace dans les annales impériales.

Quand les White Scars atteignirent enfin la citadelle, il ne restait aucun corps, mais la Griffe du Néant avait été désactivée. Il manquait cependant son noyau et ses composants essentiels. Loin au-dessus de la forteresse, l’Anomalie Vhulienne avait totalement disparu.

Même si le Maître de Guerre du Chaos était parti, ses Légions continuaient de ravager la planète et de répandre l’anarchie, si bien que son destin restait incertain.

Suite au départ d’Abaddon et des guerriers d’élite de la Black Legion, on put sentir une vague de soulagement dans toutes les étendues ruchières d’Hyperia, comme si une main étrangleuse s’était subitement évanouie. Sans leur chef pour les guider, les bandes de guerre des Astartes Hérétiques n’agissaient plus de façon coordonnée, et cette faiblesse fut immédiatement exploitée par les Space Marines. Les armées disparates des Traîtres et des renégats sombrèrent dans la déroute, voire s’entre-tuèrent pour s’approprier le butin déjà récolté, ou pour récupérer les Armures Énergétiques des hérétiques et des loyalistes tombés au combat.

La bataille de Megaborealis continuait à faire rage. L’Adeptus Mechanicus disposait de réserves, accumulées lorsqu’une guerre civile entre les dynasties de Stygies VIII et le Clan Agamemnus paraissait inévitable. Il disposait de suffisamment d’eau, de prométhéum et de soldats pour repousser les cultistes Génovores et les envahisseurs du Chaos. Et quand les légions de Skitarii faiblissaient, leurs maîtres Technoprêtres leur instillaient une détermination sans faille à l’aide de datacâbles à longue portée. Les prêtres de Stygies VIII avaient passé des siècles à extraire les merveilles technologiques Xenos du sous-sol de la planète, et ils n’avaient pas l’intention de les perdre.

Cependant, quand les World Eaters se joignirent aux combats, les Skitarii furent surclassés. Même la puissance de feu des Brècheurs Kataphrons et des Robots Kastelan ne parvenait pas à repousser cet ennemi. Ce ne fut que lorsque le Fabricator Vosch noua une alliance avec les Iron Hands, en acceptant de leur révéler des informations précieuses sur Megaborealis et ses défenses, que l’Imperium put monter une contre-attaque efficace. Les effectifs des Skitarii combinés aux stratégies des Iron Hands permirent de diviser et d’isoler les troupes adverses, puis de les éradiquer les unes après les autres à l’aide de tactiques rusées et de bombardements d’artillerie, jusqu’à ce qu’il ne reste plus aucun hérétique en vie.

À l’ouest de Megaborealis, le Silo XV avait été ravagé. Ses réserves de sombreroche avaient été anéanties par les pilonnages de la Black Legion. Toutefois, l’Adeptus Mechanicus avait conservé plusieurs caches de sombreroche sur toute la planète, que les Space Marines du Chaos ne découvrirent jamais, et il restait une grande quantité de cet étrange minerai appelé noctilithe enfoui dans le sous-sol de Vigilus. Ainsi, la capacité de la planète à ouvrir un canal stable à travers la Grande Faille grâce à ses veines de sombreroche, jusqu’à Sangua Terra, sa planète jumelle de l’autre côté du Piège de Nachmund, n’avait pas disparu, même si elle était diminuée.

Zones de Guerre

Des pans entiers de Vigilus tombèrent suite à l invasion du Chaos, les défenses impériales ayant déjà été affaiblies par la menace xenos. La Guerre des Cauchemars fut caractérisée par des actions d'arrière-garde désespérées et des combats de ville acharnés qui provoquèrent un véritable bain de sang.

Au lendemain de sa première invasion, le paysage de Vigilus, dévasté par des séismes et des incendies, avait radicalement changé. Les machinations d’Abaddon allaient achever de briser la planète. Vigilus abritait autrefois plusieurs institutions impériales, toutes maintenues en un équilibre précaire par le Pacte de Feu et d’Acier. L’Adeptus Mechanicus exerçait sa souveraineté sur Megaborealis tandis que l’Ecclésiarchie occupait principalement la Ruche Hyperia, Dontoria, Oteck et Dirkden étaient gouvernés par les lieutenants de la dynastie Agamemnus, tous déterminés à se remplir les poches aux dépens de leurs semblables.

Le Mortwald, grenier de la planète et site des célèbres cliniques de rajeunissement qui rapportaient tant de richesses à la planète, était régenté par Deinos Agamemnus, frère du gouverneur planétaire Lucienne. Les faux continents de la planète, qui s’intéressaient davantage à bâtir leur propre fortune qu’à présenter un front uni, s’isolèrent encore plus durant la Guerre des Bêtes. Certains s’engagèrent dans des batailles perdues d’avance, d’autres s’accrochèrent à leur indépendance en défendant leurs sites clés, mais tous furent assaillis par les xenos. La planète sombra dans les limbes. Malgré l’appui de l’Adeptus Astartes et le refoulement des envahisseurs sur de nombreux fronts, aucun lieu n’était épargné par la présence xenos. Les masses continentales brûlaient et les cieux, déjà fortement pollués, s’assombrirent sous les rejets chiques des zones industrielles en feux.

C’est dans ce contexte de guerre qu’Abaddon lança son invasion. De nouveau, les faux continents brûlèrent, et cette fois, les lignes entre assaillant et défenseurs se brouillèrent comme jamais auparavant. Lorsque la nouvelle de l’invasion du Chaos se répandit à travers la population, un grand nombre d’individus rallièrent des cultes Rédemptionistes ou se livrèrent aux forces du Chaos dans l’espoir d’acheter leur propre survie. Les traîtres et renégats qui envahirent leurs foyers acceptèrent un grand nombre de ces désespérés parmi leurs rangs, ou du moins les autorisèrent à vivre, mais au bout du compte, tous ces malheureux finirent comme chair à canon lorsque les troupes impériales lancèrent leurs contre-attaques.

Lorsqu’Abaddon captura la Griffe du Vide dans la citadelle du Tourbillon Vhulien - et l’utilisa pour ouvrir un puits entre Vigilus et Neo-Vellum - il défigura à jamais le paysage de la planète. Des cascades de décombres, d’épaves et de tout ce qui n’était pas solidement arrimé roulèrent dans les rues en direction des champs en ruine au-dessus desquels s’était créée l’anomalie. Mais surtout, les eaux de Vigilus déferlèrent vers le site, entraînées par cette nouvelle force, privant d’eau la population. Une soif épouvantable s’empara des habitants, s’ajoutant à la panique causée par la perturbation tectonique sous la surface déjà torturée de la planète. Les Space Marines du Chaos, ravis de ce carnage, déversèrent délibérément des nappes de prométhéum qui, une fois incendiées, se propagèrent à travers les friches tels des lacs de feu tandis que, sous la violence des tirs de barrage de leurs vaisseaux, des flèches en feu étaient précipitées dans les villes en contrebas. La planète était dévorée par la terreur et l’anarchie et les chances de salut étaient minces.

Ruche Dontoria

Alors qu’elle constituait jadis la ruche la plus peuplée de Vigilus, Dontoria fut ravagée par la maladie et déchirée par des combats constants. Dès l’aube de la Guerre des Bêtes, ses habitants, trop pauvres ou opprimés pour fuir, moururent par millions. La Ruche Dontoria foisonnait autrefois de vie humaine. Au cours des derniers siècles, ce faux continent s’était tellement étendu qu’il empiétait presque sur le Mortwald et Megaborealis, mais aussi sur les friches alentour. Avant la Guerre des Bêtes, Dontoria était considérée comme l’une des composantes essentielles de l’infrastructure de Vigilus, car sa quantité de main-d’œuvre infinie constituait un atout vital pour la défense de la planète. Au cours de la Guerre des Cauchemars, cette même densité de population devint un fléau. Les maladies sévissant sur cette métropole - dont l’épouvantable variole Geller - se répandirent d’un quartier à l’autre avec une effroyable rapidité Les Ultramarines connaissaient bien les dangers que les rejetons de Nurgle posaient à la menace d’une population. Avec l’aide des Necropolis Hawks, des Iron Hands et des Crimson Fists, ils placèrent le cœur de Dontoria en quarantaine. Cependant, malgré les efforts de l’Imperium pour maintenir ce cordon, en l’espace de quelques semaines, des dizaines de fronts de guerre actifs furent infestés.

Pendant la Guerre des Bêtes, le culte Génovore s’empara du lac Dontor, la principale source d’eau de Dontoria. Au cours de la Guerre des Cauchemars, il fut pollué par les agents de Nurgle à tel point que même le métabolisme endurci des xeno-cultistes ne pouvait pas le supporter. Privés de d’eau potable et craignant de contracter une maladie mortelle, les citoyens vivant en périphérie de Dontoria s’enfuirent dans les friches, préférant tenter leur chance contre la menace ork. Afin de protéger la quarantaine, des kill teams de Space Marines éliminèrent un grand nombre de ces intrus, de crainte qu’ils propagent la maladie aux autres ruches. Jugés trop précieux pour être relégués à des missions de garnison, les Space Marines furent redéployés vers d’autres zones de guerre tandis que Dontoria était confiée aux bons soins de l’Astra Militarum. Le continent se retrouva alors totalement infesté par la maladie - un ennemi contre lequel que la puissance de feu de la Garde Impériale était impuissante. Ainsi Dontoria fut-elle abandonnée par l’Imperium.

Ruche Dirkden

Dirkden était jadis surnommé le continent maudit. Après une confrontation politique désastreuse avec Hyperia en 145 previo, il sombra dans la déchéance. Au cours de la Guerre des Cauchemars, il tint bon contre les Night Lords et les Scourged, mais seulement parce qu’il était infeste de Cultistes Génovores. Dirkden jouissait d’une réputation sinistre bien avant d’être terrassée par l’insurrection des Princes des Pauvres. Alors qu’Hyperia incarnait la puissance de l’Imperium, Dirkden représentait ses failles. Elle n’abritait aucune statue dressée à la gloire de l’Imperium, juste l’enchevêtrement de métal squelettique que constituait la Non-Ruche Ashenid. Malgré le fait que sa construction fut abandonnée à mi-chemin, ce symbole de l’échec devint un refuge pour des millions de pauvres. Hérissée d’échafaudages et de passerelles, la Non-Ruche se dressait telle une toile d’araignée conique qui n’avait rien à voir avec les ruches solidement bâties d’Hyperia. C’était déjà un lieu cauchemardesque avant l’arrivée du Chaos.

Les gangs de Dirkden peuplant la Non-Ruche Ashenid étaient issus d’une dynastie criminelle qui s’étalait sur une dizaine de générations et s’adonnait à toutes sortes de délits : rapt, racket, trafic d’armes et de substances illicites, voire meurtre dans le cadre des incendies criminels du Long Brasier. Les familles qui gouvernaient la région d’Ashenid trempaient dans toutes sortes de magouilles que l’Adeptus Arbites n’essayait même plus de refréner. Pour faciliter leurs kidnappings, ils établirent un vaste réseau de tunnels reliant les sites d’exploitation minière de la ruche, depuis les Sous-sols de Rescalid au sud-ouest jusqu’à la Pointe du Glaive au nord. La Ruche Dirkden se retrouva ainsi aussi peuplée sous terre qu’à sa surface.

Plusieurs décennies avant la guerre, et à la suite d’un accord de commerce désastreux, le conseil de la ville échoua à tirer parti du rempart reliant Dirkden à Hyperia. Saboté par des chefs de dynasties criminelles, le conseil tomba en disgrâce et fut finalement destitué. Après cela, Dirkden fut largement considéré par les forces armées de l’Imperium comme un terrain vague qui constituait davantage une source d’ennuis qu’autre chose. Il devint alors un refuge pour les agents souterrains des Sectes Génovores. À l’aube de la Guerre des Cauchemars, ce paysage décati fut investi par des renégats appelés les Scourged. La brutalité de leur assaut fut telle quelle menaça même le sanctum du Grand Sire Verm, qui, niché aux tréfonds des Spélonques Tressées, célébrait un rituel censé renforcer son pouvoir. L’attaque se révéla aussi soudaine que dévastatrice. Les renégats massacrèrent un grand nombre d’hybrides de première et de deuxième génération ainsi que des couvains de Génovores Pure-Souches. Si les Princes des Pauvres ne s’étaient pas plus à jouer les martyrs, à se jeter devant leurs chefs adorés dès qu’une arme était pointée sur eux, l’élite gouvernante de la génésecte de Dirkden aurait été exterminée d’un seul coup.

En l’occurrence, les cultistes contre-attaquèrent avec une fureur phénoménale, et en nombre si grand qu’ils repoussèrent les Scourged. Toutefois, ces renégats visionnaires possédaient des capacités surnaturelles à détecter les mensonges et les faux-semblants qui leur permirent de détecter chaque embuscade avant même quelle survienne. Ce fut ce pouvoir de prescience qui leur sauva la vie. Cette faculté leur permit également de voir à travers la grande imposture tapie au cœur du culte Génovore. Gallus Herodicus, Maître de Chapitre des Scourged, transmit alors un message psychique à ses lieutenants pour leur dévoiler la supercherie mortelle et la transformer en arme.

Au-dessus du Bassin d’incubation du Patriarche, où étaient rassemblés un grand nombre de cultistes, une image se mit à vaciller, un mirage invoqué par les plus puissants Sorciers de la bande d’Herodicus. Elle montrait le sort réservé aux Princes des Pauvres. Le ciel était empli de bio-vaisseaux grotesques et le sol grouillait de xenos aux membres affûtés connus sous le nom de Tyranides, qui se mirent à démembrer et dévorer humains et orks avec une efficacité effroyable. Les Princes des Pauvres hurlèrent de joie, leurs visages rayonnant de bonheur. Mais soudain, les Tyranides se retournèrent contre leurs loyaux adeptes en faisant preuve de la même sauvagerie.

Les Princes des Pauvres présents dans la salle assistèrent alors à leur propre massacre. Les Scourged étaient persuadés qu’en étant exposés à la réalité de leur existence, le cule s’autodétruirait et qu’une révolte éclaterait. Mais la dévotion des adeptes était viscéralement ancrée en eux. "Mensonges" crièrent-ils, si fort que la voûte de la caverne trembla et qu’un filet de poussière tomba. Confrontés à une réalité monstrueuse, les hybrides de Dirkden sombrèrent encore plus profondément dans leurs délires, loi foi renforcée par le défi qui lui était opposé. Les cultistes combattirent les Scourged avec une férocité redoublée et décimèrent la moitié de leur effectif par une tempête de serres, de griffes et de balles. Cependant, la pagaille était telle que Savasdus et ses Night Lords réussirent à prendre la fuite. Malgré son apparence dévastée, le faux continent constituait une forteresse, bien plus difficile à percer que tout ce qu’on pouvait imaginer.

Non-Ruche Ashenid[2]

Construction abandonnée en 820 previo. Présence de structures clandestines et de niveaux, conduites canaux non autorisés dans les étages 0A,1 à 131 A,1. Sub-terra Adeptus Arbites de classe Nonquam. Prudence conseillée dans le harcèlement des sites densément peuplés.

Megaborealis

Megaborealis relevait de la souveraineté de l’Adeptus Mechanicus, dont les fouilles sous la croûte de la planète avaient mis au jour un secret vital. Assaillie pendant la Guerre des Bêtes par les cultistes Génovores, la ruche devint l’une des principales cibles de l’invasion d’Abaddon durant la Guerre des Cauchemars. Depuis les terres ravagées de Megaborealis, les Technoprêtres de Stygies VIII avaient creusé profondément le sol de Vigilus. L'Objet de leurs recherches était un secret jalousement gardé : parmi les prêtres de Mars, seul Belisarius Cawl connaissait sa véritable nature. Pourtant, il était essentiel à l’avenir de la planète et à la préservation du Piège de Nachmund. Chaque morne-ruche, mine ou galerie était référencée dans les banques de données de Neo-Vellum comme source d’une grande variété de minéraux conventionnels, mais en vérité, elles recelaient toutes la même substance. Car sous la croûte de Vigilus gisaient des dépôts d’un mystérieux noctilithe minéral, appelé pierre noire par les Skitarii chargés de sa protection.

La croûte de la planète était grêlée de dizaines de cavités sphériques emplies de liquide noir. Ces sphères ressemblaient à des bulles nichées dans la strate, et s’il y avait un schéma dans leur dispersion, personne ne pouvait le discerner. À l’intérieur flottaient d’étranges dépôts de pierre noire en forme de javelots ou d’aiguille, qui pointaient tous dans la même direction, quelle que suit la position de la planète autour d’Astravigila. Les Technoprêtres remarquèrent que ces pointes faisaient toujours face au Piège de Nachmund, mais ce fut le Fabricator Vosch qui conclut que la pierre noire créait le gantelet en projetant un champ contre- empyrique à longue portée. Les dépôts les plus riches se trouvaient sous les morne-ruches Ultris et Scelerus et les Mines Occidentales 23. Alors que le reste de la ruche brûlait dans les feux de la guerre, assailli par des envahisseurs orks, des cultistes Génovores et les machines diaboliques des Brazen Beasts, les Technoprêtres enfreignirent les ordres de Calgar leur enjoignant de se retirer de ces zones. Même les Flèches Stygiennes, site de l’ascenseur spatial qui fournissait Megaborealis en eau, se virent reléguées au second plan. Aux yeux de l’Adeptus Mechanicus, découvrir le secret de la pierre noire était plus important que la vie elle-même. S’ils n’avaient pas bénéficié de solides défenses et d’un dévouement sans faille, Abaddon leur aurait probablement volé leur butin dès les premiers jours de son invasion.

Le Treuil de L'Omnimessie

Le Treuil de l’Omnimessie était relié aux Flèches Stygiennes, les plus vastes mornes-ruches de tout Megaborealis. Sa base fut le théâtre de féroces combats entre l’Adeptus Mechanicus et les Princes des Pauvres, et lorsqu’ils s’achevèrent, un nouveau front s’ouvrit dans la station spatiale qui le surplombait. La prise du Grand Treuil de l'Omnimessie en 9.972 post par les Princes des Pauvres fut un coup de maître. Alors que le gros de leur culte essuyait de lourdes pertes face aux Iron Hands envoyés au secours des Flèches Stygiennes, les Génovores Pure-Souche avaient conquis le centre du Treuil. Avant sa libération lors d’un contre assaut mené par un Onagre des Dunes, une partie des cultistes avait escaladé les grandes poulies en direction de la station minière de la Fauconnerie de Sacrus Tora.

Lors de la première phase de la Guerre des Cauchemars, une brève bataille spatiale opposa les vaisseaux armés jusqu’aux dents du Chapitre Renégat des Magma Hounds aux canons de la Fauconnerie de Sacrus Tora. Malgré son arsenal de batteries-lances et de torpilles, la station spatiale subit un bombardement. Cible statique, elle constituait une proie facile pour les vaisseaux rapides de l’armada des Heretic Astartes, et même si ses défenseurs combattirent avec courage, ils furent surpassés par la puissance de feu qui s’abattit sur eux. Les Magma Hounds auraient très bien pu anéantir la Fauconnerie de Sacrus Tora par un bombardement orbital, mais au lieu de cela, ils lancèrent des torpilles de débarquement en direction des niveaux les plus élevés de la station spatiale. Les cylindres fendirent la coque extérieure grâce à leurs propulseurs à fusion, puis s’amarrèrent à la brèche avant de répandre une dizaine de tueurs en armure énergétique à travers les couloirs. Ces guerriers n’avaient qu’un seul but: faire couler le sang de l’ennemi. Les Serviteurs et les mineurs à bord de la station combattirent âprement, mais ils furent vite terrassés. Ce ne fut qu’au moment où les Magma Hounds atteignirent l’extrémité supérieure du Treuil qu’ils rencontrèrent une forte résistance - non pas de la part de Skitarii ou des clades d’ouvriers chargés d’assurer le transport des astéroïdes de glace jusqu’à la planète en contrebas, mais de celle des Génovores qui les avaient infectés.

Dans les espaces confinés de la station, les renégats s’aperçurent rapidement que la bataille était perdue d’avance. À chaque recoin, derrière chaque porte, rôdait une nouvelle monstruosité xenos assoiffée de sang. Conscients qu’ils ne pouvaient pas l’emporter, les Space Marines du Chaos firent exploser des charges à fusion et percèrent une brèche dans la coque de la station, la pression les aspirant dans les ténèbres de l’espace accompagnés de leurs ennemis xenos. Même si un grand nombre d’entre eux furent récupérés par la suite, les Magma Hounds n’atteignirent jamais Vigilus au cours de la Guerre des Cauchemars… pas plus que les derniers astéroïdes capturés par la Fauconnerie de Sacrus Tora en vue d’être traités sur Megaborealis. Lorsque l’attraction gravitationnelle de l’Anomalie Vhulienne déforma la superstructure squelettique du Treuil et déchiqueta son système de levage en fibre de carbone, la planète fut privée d’une nouvelle source d’eau. Pour toute la population hormis les magnats qui vendaient l’eau à des prix prohibitifs, ce fut un drame épouvantable.

Mortwald

Après l’incursion de la Speedwaaagh!, le Mortwald fut soumis à des vagues d’assaut incessantes de la part des hordes xenos. Lorsqu’Abaddon lança son invasion, il tenait encore, même si les mesures drastiques prises par ses gouvernants attirèrent un nouveau genre de prédateur qui se répandit depuis l’intérieur. Le Mortwald constituait la principale source de nourriture de la planète Vigilus. Ses réseaux d’irrigation tentaculaires parsemés de milliers de fermes à cactus, ses forêts de succulentes capables de prospérer dans l’atmosphère aride et ses cultures hydroponiques souterraines l’avaient rendu indispensable à la survie de la population. Mais sa notoriété tenait principalement aux cliniques de rajeunissement des Coteaux Intemporels, de la Flèche Immortalis et de Port Rejuvenus.

Ces complexes haut de gamme proposaient des traitements anti-thanatosiques et rajeunissants aux visiteurs prêts à payer un prix astronomique pour rallonger leur espérance de vie de quelques décennies. Ces sites représentaient une source de richesse quasi illimitée et assuraient à l’élite gouvernante de continuer à vivre dans le luxe auquel elle était habituée depuis longtemps. Ce fut cette même opulence qui allait provoquer la chute des forteresses et des citadelles les mieux défendues du Mortwald. L’arrivée de la Hotte du Chaos et la Guerre des Cauchemars qui suivit tirèrent l’aristocratie du Mortwald de sa complaisance pour la plonger dans la panique. Les défenseurs du faux continent avaient consacré la quasi-totalité de leurs ressources à la guerre contre les orks assaillant le Réseau de Tranchées Deinos et la Ligne Tzeller. Malgré le soutien des Imperial Fists, de plusieurs de leurs Chapitres successeurs, et de contingents de Chevaliers Impériaux issus de Dharrovar et de Voltoris, les forces impériales étaient dans une impasse. Pendant ce temps, au sud du Mortwald, l’imperium avait perdu du terrain face à un soulèvement des Princes des Pauvres qui avait conquis les PlastoFabriques Biosantiques durant la Guerre des Bêtes. Deinos Agamemnus et ses pairs avaient déployé les régiments de l’Astra Militarum stationnés dans la province pour les combattre. Aussi, lorsque les Iron Warriors atterrirent à l’est du Réseau de Tranchées Deinos à l’aube de l’invasion du Chaos, les défenseurs du Mortwald ne disposaient que de ressources militaires très réduites pour les arrêter.

Mortwald[3]

Coordonnées: 181W-232E-112S-882N
Superficie: 92380232,1 hectarides
Population: 19,7 milliards
Climat: Équatorial
Gouvernance: Dynastique (secundus)

Réseaux de tranchées compromis depuis 1.823 post. 32% du réseau de défense cédé aux envahisseurs xenos (cf.Ligne Tzeller, Bois Viridians, PlastoFabriques Biosantiques) . Industrie de rajeunissement interrompue ad infinitum (sauf réquisition urgente de citoyens de niveau platine et supérieur). Depuis 14.782, signes de +++REDUCTI0 INQUISITORIA MAJORIS+++ dans Le Réseau de Tranchées Deinos. Signes de +++ REDUCTI0 INQUISITORIA+++ dans les flèches supérieures de la Ruche Electros, la Ruche Stellaire Djodrolev, les Docks de la Nouvelle Vitae, et la Flèche Immortalis.

Au même moment, le Chapitre Renégat connu sous le nom de Flawless Host envahit les contrées les plus riches du Mortwald, prenant un plaisir sadique à massacrer la garde de chaque dynastie aristocratique. S’ensuivit alors une vague d’exactions contre les gouvernants du Mortwald sous prétexte de les punir de leur imperfection. Pendant ce temps- là, les Iron Warriors lancèrent un assaut dévastateur contre les lignes de tranchées qui avaient résisté pendant si longtemps à la menace ork de l’Agglomération Orientale de Cités-Casses. Le Mortwald était au bord du désastre. Ce fut la Black Legion qui fit basculer le Mortwald dans un conflit cataclysmique. Elle n’avait pas envoyé la Flawless Host dans l’unique but de punir ses habitants de se vautrer dans le luxe ; elle lavait également chargée de neutraliser les défenses automatisées qui protégeaient la zone de guerre. En effet, la Flawless Host, dont la trahison envers l’imperium était relativement récente, utilisait encore un grand nombre des vaisseaux avec lesquels elle avait livré la guerre au nom de l’Empereur.

Sous leurs dorures, leurs parures et leurs couleurs bigarrées, ils possédaient toutefois encore les identificateurs de l’Adeptus Astartes qui leur permettaient de contourner les cogitateurs des réseaux de défense automatisés. À l’approche des zones les mieux défendues du Mortwald, la Flawless Host entreprit une destruction systématique de tous les systèmes de défense antiaérienne. Une fois ces batteries anéanties, les vaisseaux de la Black Légion s’abattirent par milliers sur le Mortwald. Le seigneur Terminator Thorosgar Bear-fist contourna le Réseau de Tranchées Deinos et la ligne des Impérial Fists pour lancer une attaque dévastatrice contre la Ruche Electros et la Ruche Stellaire de Djodrolev. Zhune Tzang, un talentueux Master of Possession qui jouissait de la faveur d’Abaddon depuis plusieurs mois, lança son propre assaut contre la Souche d’Émeraude, tout en envoyant un contingent de Démons deSlaanesh envahir la Ruche Electros aux côtés de Bear-fist. Les commandants de la Black Légion avaient judicieusement choisi leurs cibles, car d’innombrables kilomètres de territoire civil les séparaient des Space Marines chargés de défendre la périphérie. À l’arrivée des Necropolis Hawks et les Imperial Fists, les rues du Mortwald étaient baignées de sang.

Storvhal

Le Storvhal, tapissé de volcans et de fermes énergétiques, ondoyait à l’horizon d’Hyperia. Mais lorsque la Guerre des Cauchemars s’amorça, ses caldeiras se mirent à cracher des tempêtes de feu warp. Le continent volcanique du Storvhal fournissait jadis une quantité illimitée d’énergie aux régions de Vigilus. Ses fermes géothermiques, conçues pour transformer les éruptions en énergie brute, étaient connues pour leurs températures torrides et leurs ouvriers couverts de brûlures. Mais les environnements extrêmes sont propices au développement de croyances étranges. La mort d’un grand nombre d’ouvriers dans les cuves de lave bouillonnante donnait raison à ceux qui croyaient que le Storvhal possédait son propre esprit et se nourrissait de sacrifices humains. Chaque fois que des spasmes géologiques secouaient les lignes de faille, déclenchant une série d’éruptions et de coulées de lave, le bilan humain s’alourdissait et la superstition se renforçait. Au cours de la troisième phase de la Guerre des Bêtes, les visions de démons de feu gambadant dans les flammes furent attribuées à des hallucinations provoquées par la Grande Faille. Il était presque impossible de ne pas voir la Cicatrix Maledictum, surtout la nuit, et de nombreuses preuves attestaient que ce phénomène céleste pouvait rendre fous ceux qui le regardaient.

Cependant, lorsque le message de Haarken Worldclaimer tonna depuis les nuages cendreux au-dessus du Storvhal, l’idée de créatures magiques présentes dans les flammes gagna en crédibilité. En quelques heures, le mot que les ouvriers s’étaient jusqu’alors contentés de murmurer ou de griffonner sur les murs des caves était évoqué ouvertement : “diabolus”.

Storvhal[4]

Réseau du canal Voschien actif depuis 872 previo. Depuis ce jour, approvisionnement en énergie vitale à toutes les autres ruches quasi constant. Présence de cultes pyroclastiques tout au long de la Guerre des Bêtes. Exoneratus par ordre du Fabricator Vosch, gouverneur planétaire Agamemnus. Reclassifié par la suite en condemnatus par ordre du Maître de Chapitre Marneus Calgar du Sénat de Vigilus. Mont Colossid, Ruche Magmathermid, Volcan Hekatoria, Géo-ruche Vulcanid répertoriés en tant que In Daemoniad Nihilos.

Le Storvhal abritait de nombreux cultes pyroclastiques qui se réunissaient à l’insu de leurs maîtres Technoprêtres. Tous vénéraient le feu sous une forme ou une autre, qu’il s’agisse d’une incarnation de la colère de l’Omnimessie, d’une source de réconfort à la fin d’une dure journée de travail ou d’un moyen de voir l’avenir. Une partie de ces cultes était corrompue par le Chaos. Le plus vaste d’entre eux, les Fils de Vannadan, du nom de son fondateur, mort en combattant une force de frappe Aeldari, était connu pour les divinations qu’il tirait des esprits de feu dansant sur le mont Colossid. Ce ne fut qu’au moment où la flotte d’Abaddon entra en orbite basse qu’il révéla sa vraie nature et se dressa contre les Skitariis voués à l’éradiquer. Alors qu’il essuyait un feu nourri de la part de l’Adeptus Mechanicus, ses psykers les plus accomplis célébrèrent un grand rituel de feu et de sang au sommet de la Corniche Phaestos. Ils ouvrirent un portail warp, une brèche dans la réalité semblable à la Grande faille, et invoquèrent une horde de démons de Tzeentch qui se répandirent sur les versants, des dizaines de soulèvements de cultistes du Chaos se rallièrent aux psykers. Les énergies de la Grande Faille désormais déchaînées, la Corniche Phaestos, la Marche de l’Omnimessie et même le Mont Colossid se mirent à vomir des flammes multicolores et des éclairs kaléidoscopiques au lieu du sang carmin de la planète.

Sans les prises de décision rapides et l’efficacité impitoyable du Fabricator Vosch, le faux continent aurait sûrement été dévoré par les énergies empyriques. Le Storvhal abritait des dizaines de Fragmenteurs Tectoniques. Certains d’entre eux étaient tombés aux mains des sectes génovores, mais la majorité demeurait sous le contrôle des Skitariis. Vosch ordonna qu’ils soient tous activés en même temps, allant jusqu’à transmettre des codes d’annulation en binaire pour enrager leurs esprits de la machine. Un grand nombre d’entre eux furent positionnés au-dessus de centres de géomancie. Au lieu d’être soigneusement activés pour purger la terre du magma, comme chaque fois que les volcans étaient au bord d’une éruption critique, ils creusèrent dans la croûte de la planète dans une fureur destructrice. À mesure que les Fragmenteurs grignotaient la terre, les flux de magma bouillonnants s’élevèrent et emplirent le canal Voschien jusqu’à ce qu’il atteigne sa capacité maximale, projetant d’effroyables pulsations énergétiques dans les macrofibres et les câbles qui connectaient le Storvhal aux Ruches. Les volcans débordèrent et leurs gorges ardentes vomirent la rage de leurs plaques tectonique torturées. En quelques heures, les Démons et les cultistes qui avaient revendiqué les caldeiras les plus élevées furent écrasés par des tonnes de cendre et de pierres ou englouties par des énergies pyroclastiques. Même les démons de Tzeentch furent renvoyés dans le warp. Des centaines de milliers d’ouvriers et de Skitarii moururent avec eux, et l’industrie de Storvhal fut paralysée, mais pour Vosch, tel était le prix à payer pour repousser les forces du Chaos.

Ruche Oteck

« Pendant tout ce temps, nous nous sommes efforcés de protéger les réservoirs de la Ruche Oteck. Nous avons cherché à contrôler les abîmes, malgré le fait que leur eau était déjà empoisonnée. Mais le véritable trésor de cette métropole était enfoui bien plus profondément: une mine d’informations datant des premiers jours de l’imperium, vierge de toute corruption. Ce fut en nous abreuvant à ce puits de savoir que nous avons sauvé ce qui avait failli être perdu à jamais. »
- Extrait du journal du Métagéologue Xanthran Tarendos (dernier livre, Guerre des Cauchemars).

La Ruche Oteck était autrefois le parfait exemple d’une métropole impériale florissante. Après l’ouverture de la Grande Faille, elle se retrouva à feu et à sang, ses blocs d’habitation devenus le théâtre d’incessants combats entre agents de l’imperium, orks, Génovores, et Envahisseurs du Chaos. La vaste agglomération de la Ruche Oteck exerçait jadis une grande influence sur Vigilus. Elle abritait cinq grands réservoirs: Greigan, Mysandren, Ostaveer, Trevig et Agamemnus, connus sous le nom d’abîmes. Le monde sentinelle étant connnu pour son aridité, les ressources d’Oteck étaient toujours fortement sollicitées. Mais l’eau n’était pas le seul atout d’Oteck : elle recelait également une mine de données qui avaient trait à tous les aspects de planète et de ses voisines du système de Vigilus, tapie dans les Ruches de Données de Turingsbane. D’après une rumeur persistante, des extraits des célèbres Schémas de Construction Standardisés étaient cachés dans les tréfonds de ces caveaux labyrinthiques. L’Adeptus Mechanicus avait longtemps cherché à mettre la main sur ce trésor, et ce malgré le fait d’avoir signé le Pacte de Feu et d’Acier qui leur interdisait d’accéder seuls à ses secrets.

En raison de ses richesses, Oteck abritait une forte concentration d’Adeptus Arbites: les juges, jurés et bourreaux de la société impériale. Leurs réseaux de forces de l’ordre se virent renforcés par les Adepta Sororitas affectées depuis Hyperia à l’est. En collaboration avec les Space Wolves de Haldor Icepelt, ce furent les Soeurs de Bataille qui contribuèrent le plus aux combats acharnés autour de l’Abîme Greigan. La Deathwatch, experte dans l’art de chasser les xenos, plaça les abîmes en quarantaine après la découverte de leur corruption par des cultistes génovores qui rôdaient dans les tunnels humides sous les réservoirs fortifiés, mais de nombreux citoyens continuèrent de s’en abreuver dès que la garnison avait le dos tourné, au risque de récolter une balle. Lorsqu’Abaddon se servit des mystérieuses technologies de la Griffe du Vide pour ouvrir une minuscule brèche dans l’un des points de Lagrange de Vigilus - une zone équidistante entre planète et lune - il perturba la gravité à tel point que ses ressources en eau furent aspirées par le Tourbillon Vhulien.

Les Abîmes furent drainés en une semaine, l’eau s’élevant le long des parois pour se jeter dans les grandes friches désertiques au-delà de la ruche telle une étrange migration de serpents étincelants. Les habitants d’Oteck, qui ressentaient également cette attraction au point de devoir lutter pour ne pas être entraînés vers l’est, se rouaient de coups pour récolter l’eau des ruisselets coulant dans les rues, et en remplir des gourdes, des bidons, et des tonneaux de prométhéum vides. Incapables d’empêcher l’eau de dériver vers le tourbillon, les garnisons du Militarum demeurèrent à leurs postes. Alors que la sève de la vie s’écoulait dans les rues, et que des soulèvements de cultes fleurissaient à travers toute la ruche, les soldats refusèrent d’abandonner leur mission, car les Commissaires ne voyaient pas ce genre de chose d’un bon œil. Pendant ce temps-là, les citoyens s’entretuaient pour tenter de mettre la main sur le moindre filet d’eau.

Oteck[5]

Coordonnées: 181W-232E-112S-882N
Superficie: 63783410,9 hectarides
Population: 22,8 milliards
Climat: Subéquatorial
Gouvernance: Dynastique (tertius)

(cf.Guerre des Cauchemars) Abîmes Greigan, Mysandren, Agamemnus, Ostaveer, Trevig déclarés condemnatus conformément à la directive conjointe de L'Ordo Xenos 887. Génémaudit (cf.Deathwatch). Insurrection secondaire ref. Princes des Pauvres éradiquée à 59%. Présence d'Alpha Légion détectée (cf. multiples détections de <REDACTI0 EXTREMIS> aux alentours de la Rivière Siltid, de la Ruche Zontanus et de la Ceinture Ellerophosus). Muraille Mortwald-Oteck compromise, processeurs des fermes aquatiques de Tzardonica et de Lenkotz 12% max. Actifs à l'étude. Probabilité de perte de contrôle totale 82% (estimation actuelle) et en augmentation.

Pendant que les forces de l’ordre d’Oteck avaient les yeux ailleurs, les Technoprêtres de Megaborealis et du Storvhal redoublèrent d’efforts pour revendiquer les Ruches de Données de Turingsbane. Heureusement pour l’effort de guerre impérial ils y parvinrent, car ce qu’ils découvrirent dans les tunnels était assez puissant pour changer la face ravagée du monde. Par le biais de recoupements et de travaux d’archéolexicographe, les Technoprêtres de Stygies VIII déterrèrent d’anciennes archives de la Citadel Vigilant, et surtout des plans concernant la machine de mort connue sous le nom de Griffe du Vide.

Au cours de leurs recherches sur la Citadelle Vigilante, les Technoprêtres découvrirent des liens iconographiques avec l’incarnation d’origine de la Première Légion. Le Fabricator Vosch en personne envoya un message soigneusement crypté aux Techmarines des Dark Angels, en prenant soin de cantonner ses informations à des aspects purement techniques afin d’éviter toute question sur l’origine de sa découverte. Ce faisant, il offrit aux Dark Angels les clés dont ils avaient besoin pour contourner les défenses de la Griffe du Vide, et si besoin, la détruire.

21.119 Post - Un Monde Couronné par le Chaos[6]

Les Couronnes de Noctilithe furent conçues par Abaddon et son premier Maître de l’invocation, le Seigneur Ténébreux Narcus Tharanda. Alors que des dispositifs uniques avaient été employés pour dévaster des dizaines de mondes avant l’arrivée de l’alliance d’Abaddon sur Vigilus, les Couronnes de Noctilithe ne furent déployées en masse que lorsqu’Abaddon foula le sol de Vigilus et jugea qu’il était temps de mettre à profit son bien durement acquis. Toutes furent gravées de runes en Noir Parler du Chaos, baignées du sang de centaines de victimes sacrificielles, ointes des résidus poisseux de myriades de psykers immolés et installées dans de grands boîtiers en fer avant détre apportées sur la surface de la planète et enfouies dans la croûte de Vigilus.

21.226 POST - La Malédiction Empyrique[7]

Les Couronnes de Noctilithe alignées de manière à canaliser la force empyrique de la Grande Faille au fil de la rotation de la planète, établirent un immense réseau d’amplificateurs psychiques qui vibraient d’énergie Chaotique. Là où elles résonnaient le plus fort, les visions et cauchemars qui avaient troublé les habitants de Vigilus se manifestèrent sous la forme de spectres du warp, des horreurs éthérées qui harcelaient les citoyens sur des centaines de kilomètres autour de chaque site. L’anarchie qui en résulta ne fit qu’attiser les flammes qui semblaient prêtes à consumer la planète.

Le Tourbillon Vhulien

Le Tourbillon Vhulien dissimulait un secret si puissant qu’il changea à jamais le visage de Vigilus en provoquant une anomalie gravitationnelle qui sema des ravages sur la guerre en contrebas. Le Tourbillon Vhulien, un immense vortex de poussière dont les tourmentes ravageaient les étendues sauvages alentour, avait toujours représenté une énigme pour les citoyens de Vigilus. En revanche, tous savaient qu’il fallait s’en tenir éloigné (de toute façon, ils n’avaient guère la liberté de s’aventurer loin de leurs postes et de leurs blocs d’habitation), car il était souvent mentionné dans le folklore de Vigilus, qui le considérait davantage comme une créature maléfique que comme une simple tempête. Quiconque s’en approchait courait le risque d’être écorché vif par le tourbillon de grains abrasifs.

D’après la rumeur, les terres environnantes étaient jonchées d’os : les restes épars d’individus trop stupides ou curieux pour l’éviter. Même les orks qui bravaient ses abords en participant aux courses de Speedwaaagh! apprirent à éviter les falaises de poussière ocre et noire qui constituaient le Tourbillon. Au début de la Guerre des Cauchemars, aucun membre du Sénat de Vigilus n’en connaissait la cause. Seule une poignée de ses guerriers s’était aventurée à l’intérieur pour le découvrir et très peu en étaient revenus. Certains le considéraient comme un phénomène naturel, mais ils étaient très loin de la vérité. Au cours de la guerre pour Vigilus, le secret du Tourbillon fut enfin mis au jour. Au cœur de la grande tempête trônait la Citadelle Vigilante, un monument constitué à parts égales de la légendaire noctilithe, d’obsidienne et d’hyperacier. L’absence d’érosion sur ses murs noirs semblait indiquer que ce donjon monstrueux avait été bâti récemment, mais en fait, il avait été érigé bien avant que l’humanité ne s’élance dans les étoiles pour participer à la Grande Croisade de l’Empereur. On disait qu’il y avait quelque chose de bizarre dans son aspect, et l’étrange flèche à son sommet - qui abritait une arme capable de causer une destruction cataclysmique - luisait d’énergies aveuglantes.

La Citadelle Vigilante constituait depuis longtemps le bastion d’un groupe de guerriers mystiques qui, des millénaires plus tôt, avaient renié l’Adeptus Astartes pour partir en quête de vérités plus profondes. Ces combattants étaient connus sous le nom de Déchus. Protégés des caprices du temps par l’étrange bouclier temporel qui protégeait cet endroit, ils cherchaient à percer les secrets de la citadelle - et des minéraux dans la croûte de la planète - mais ils ne purent jamais confirmer leur théorie selon laquelle la noctilithe était liée à la puissance des Dieux Sombres. Certains Déchus pensaient pouvoir purger la corruption des âmes affligées en enchaînant pendant un an et un jour la victime à un bloc de noctilithe, censée repousser les énergies du Chaos. D’autres prétendaient que la planète était vitale pour l’avenir de l’imperium, et qu’ils avaient été appelés en ce lieu pour servir de gardiens en attendant le Jour du Jugement Dernier.

Le Fléau, bien conscient du potentiel des gisements de pierre noire dans la citadelle, atterrit sous prétexte de pourparlers, voire d’alliance. Son charisme et ses paroles choisies avec soin s’avérèrent si convaincants que les Déchus le rallièrent de leur plein gré - car ils voyaient en lui une chance de couper leurs frères des Dark Angels de la sainte lumière de Terra, et de les forcer à embrasser les macabres vérités qu’ils avaient dissimulées pendant si longtemps.

L’activation de la Griffe du Vide vit le Tourbillon Vhulien passer d’un gigantesque cyclone à un vortex qui aspirait des milliers de tonnes de sables et de détritus à chaque instant. Seule la Citadelle Vigilante échappa à la catastrophe, car elle était protégée par un champ de force d’une taille et d’une puissance telles qu’il défiait toute classification impériale et rendait la structure aussi invulnérable à la grande tempête qu’une montagne à une légère averse. Tout au long de la guerre, les combats firent rage sous ce grand bouclier, les combattants s’affrontant pour régler une rancœur vieille de plusieurs millénaires, et déterminer ainsi l’avenir de la planète.

Un Loup Derrière la Porte[8]

Au début de la Guerre des Cauchemars, la Grande Compagnie du Seigneur Loup Krom Œil de Dragon se massa au-dessus de Vigilus. Les barges de combat de Fenris s’ouvrirent une voie à travers l’anneau extérieur d’épaves spatiales orks, mais l’Œil-féroce fut attiré vers le vaisseau xenos à portée: l’Immense Kroizeur à rokettes dénommé Worldstnasha. Désireux d’annoncer sa présence sur le monde assiégé par un acte de gloire, le Seigneur Loup et sa Garde se téléportèrent à bord du vaisseau. Les Space Wolves décimèrent les meks orks qui contrôlaient les immenses batteries de rokettes du Worldstnasha, et le Garde Loup Wulfrik Stormsmite plaça des bombes à fusion à des points clés des chantiers de munitions, tandis que Œil de Dragon traquait le capitaine Gros Mek, qu’il décapita d’un coup de sa hache de givre. Les Space Wolves s’exfiltrèrent quelques instants avant qu’une réaction en chaîne ne détruise les niveaux supérieurs du Worldstnasha, le précipitant dans les friches de Vigilus près du Tourbillon Vhulien.

Le vaisseau condamné percuta le sol telle une ogive cyclonique, anéantissant plusieurs bandes de Fondus d'là Vitesse orks et un certain nombre de bastions xenos aux abords de la Décharj’ du Cyklone — un spectacle que le seigneur Œil de Dragon jugea digne d’augurer son arrivée sur Vigilus. Après s’être présenté au Sénat de Vigilus, le Seigneur Loup Krom se querella immédiatement avec le seigneur Marneus Calgar, qui organisait la défense de Vigilus depuis son centre de commandant du Palais Aquilarien. Le Maître de Chapitre repoussa la demande de l’Œil féroce visant à mener un assaut contre les vestiges de la Décharj’ du Cyklone, car le Seigneur Loup était déterminé à finir ce qu’il avait commencé et à revendiquer une victoire significative pour sa Grande Compagnie. La dispute entre les deux Space Marines s’envenima, mais lorsqu’une nouvelle incursion ork eut lieu dans les quartiers du temple d’Hyperia, l’Œil-féroce partit aussitôt affronter cette menace au grand soulagement de Calgar.

Le Fléau de Kaelac

Le Fléau de Kaelac était le royaume de blizzards, de prédateurs et de températures glaciales capables de geler les paupières d’un homme. Abandonné par les mineurs qui exploitaient son eau pendant la Guerre des Bêtes, il servit de base d’opérations à des guerriers insensibles aux dangers qui rebutaient les humains. Le Fléau de Kaelac était autrefois considéré comme le salut de la planète, car ses glaciers recelaient des tonnes d’eau attendant d’être dégelée et purifiée en vue d’être consommée par la population. Mais cette ressource ne profitait qu’aux riches. Une fois ses vastes macrocratères transformés en mines et une infrastructure de fret mise en place pour transporter les gigantesques cubes jusqu’à ceux qui pouvaient en payer le prix, le royaume de glace ne livra ses bienfaits qu’aux habitants privilégiés de Vigilus. Ceci allait changer au cours de la Guerre des Bêtes, puis avec l’arrivée du Chaos.

Aux confins des contrées occidentales s’étirait une zone désignée comme Quarantaine Cryofernus par les autorités impériales, car ceux qui s’aventuraient à l’intérieur n’en ressortaient jamais. Pendant un moment, ces pertes furent imputées aux gigantesques mantes de glace qui chassaient dans les blizzards. Ces créatures prédatrices faisaient de nombreuses victimes parmi les mineurs Skitarii et cybernétiques qui exploitaient les glaciers. Mais les véritables responsables étaient les Drukharis, d’impitoyables pillards Aeldari qui s’attaquaient aux groupes isolés pour les conduire dans la cité dévoyée de Commorragh. Un portail trônait au centre de la Quarantaine Cryofernus, élégant et élancé à l’image de l’architecture Aeldari. Une fois activé par un étrange savoir, il ouvrait un portail menant à la dimension labyrinthique, permettant à des pillards de traverser de vastes étendues spatiales afin d’atteindre Vigilus sans être repérés.

Les Drukhari n’étaient pas les seuls à connaître l’existence de ce portail. Les Thousand Sons, cette légion renégate si dépravée que ses guerriers s’étaient transformés en esprits ambulants menés par des sorciers inhumains, avaient plongé dans ses arcanes. Même s’ils ne possédaient qu’une once de la maîtrise des Aeldari, ils avaient découvert une route vers Vigilus et s’y étaient rendus, guidés par leur mystérieux dieu Tzeentch. Alors qu’Abaddon entamait son invasion, les Thousand Sons émergèrent du portail par centaines. Écrasant sous leur pas la toundra blanche des Terres du Dénuement, les automates insensibles traversèrent les Congères des Mantes de Glace, leurs bolters déchiquetant tous les prédateurs assez stupides pour s’approcher. Les Drukharis considéraient depuis longtemps le Fléau de Kaelac comme leur territoire légitime et le portail comme un outil vital leur permettant de déployer des renforts sur Vigilus. Par conséquent, ils engagèrent les Thousand Sons lors d’une série de frappes meurtrières, surgissant des blizzards pour poignarder les Rubricae et leurs maîtres sorciers. Cependant, ces batailles ne tournèrent pas à leur avantage, car la douleur n’est rien pour quelqu’un dont l’enveloppe mortelle se résume à de la poussière recouverte d’une armure.

Ce ne fut qu’au moment où les Drukhari se retirèrent vers la Boucle Quixotine qu’ils trouvèrent comment vaincre leurs ennemis jurés. Ces étranges îlots de glace, protégés par un ensemble de champs de force et des douves disproportionnées par rapport à leur valeur militaire, dissimulaient un étrange secret. Contournant ces obstacles grâce à un portail secondaire, les Drukharis découvrirent un mécanisme complexe de la taille d’un bloc d’habitation qui, selon leur plus grand érudit, Archonte Khaeva l’Inscrutable, constituait un outil de terraformation primitif mais efficace. En quelques heures, l’Archonte avait ressuscité la machine et l’avait réglée à son niveau maximal.

Ce que les Drukhari ignoraient était que cette machine séculaire avait été inventée par Kaelac en personne, le premier explorateur à exploiter l’eau du continent. Ce dispositif l’avait mené à sa perte, car sa technologie setait révélée bien trop puissante et le pionnier était mort de froid dans les étendues glaciales. Pour les Drukharis, en revanche, elle se révéla d’une redoutable efficacité. Haletant et hoquetant, les moteurs de terraformation regagnèrent peu à peu leur capacité maximale, et, lentement au début puis avec une vitesse phénoménale, les étendues arctiques du Fléau de Kaelac se refroidirent encore plus. Ses frontières s’étendirent, et de minces couches de glace recouvrirent peu à peu les désolations.

Au cœur du Fléau de Kaelac, la température chuta si fortement que les blizzards formèrent d’épaisses congères, puis d’impénétrables prisons de glace. Ce coup de maître s’avéra bien plus efficace contre les Thousand Sons que n’importe quelle toxine ou prouesse martiale. En effet, les phalanges silencieuses de Rubricae qui avaient pris le contrôle du continent glacial furent forcées de ralentir puis de s’arrêter, figées sur place ou piégées dans un glacier en train de se former à une vitesse prodigieuse. Les Sorciers des Thousand Sons durent abandonner leurs cohortes et, traqués par les Drukharis, prirent la fuite à travers le portail.

Fléau de Kaelac[9]

Anomalie Arctique - Alerte Cornaline
<Coordonnées/Dimensions Actuellement à L'Étude>
Population: 4,1 millions
Climat: Arctique
Gouvernance: Industrielle (Adeptus Mechanicus)
Climat de région polaire non- standard, cause indéterminée (cf.Consortium Minier Kaelac, aquaforage Stygies VIII). Quarantaine Cryofernus déclarée.
(Coordonnées: 176W-198E-12S-98N).
Signes d’infestation xenos (sous-catégorie Aeldari 3.2 betic) — opérations minières amenées à se poursuivre dans des paramètres acceptables là où un niveau d’automatisation d’au moins 95% est viable. Diaspora imposée à tous les autres sites (Macrocarrière Glacia Betus, Installation de Géodivination, Cratère d’impact Heliostrike, Macrocarrière Glacia Omicroïde). Signes d’expansion continentale et forte chute des températures lors de la Première Phase de la Guerre des Cauchemars. Opération d’évacuation terminée, pertes limitées à 68% selon nos estimations.

Neo-Vellum

La lune de Vigilus était dédiée aux communications, qu’il s’agisse de messages pneumatiques ou de communiqués astropathiques. Au cours de la Guerre des Bêtes, elle fut infestée de cultistes Génovores, puis arrachée à son orbite par l’Anomalie Vhulienne, ce qui provoqua d’effroyables ravages. Neo-vellum était autrefois un monde exemplaire, dédiée aux arts des scriptoriums et des consignateurs. Balayé par des tempêtes de gaz, tapissé de marais acides, parsemé d’agglomérations blindées et hermétiquement isolés, il servait de centre d’information pour Vigilus. Son emplacement au sein de la voûte céleste lui conférait un certain degré d’indépendance et d’omniscience vis-à-vis des activités de la planète en contrebas. Malheureusement, au fil de la Guerre des Cauchemars, l’ancien adage "Neo-vellum voit tout" allait se révéler totalement faux.

Le moteur d’information de Neo-Vellum, un immense assemblage de rouages, de tubes pneumatiques, et de planétaires, pouvait transmettre des missives en n’importe quel lieu de Vigilus avec une grande exactitude. Cependant, lorsque la Grande Faille fendit les deux, ses calculs furent pervertis, et le chœur psychique du Choralium souffrit d’effroyables crises de folie. Comble de malheur, durant la Guerre des Bêtes, les Princes des Pauvres envoyèrent deux Génovores Pure-Souches sur la lune de l’Administratum. Tapi parmi les masses laborieuses, chaque couvain établit sa propre géné-secte tandis que les scribes de Neo-Vellum, absorbés par leur travail, laissaient la corruption s’installer en leur sein. Un clade d’assaut de Skitarii réquisitionnée par l’Inquisiteur Garalas de l’Ordo Xenos purgea un grand nombre de ces formes de vie, mais beaucoup s’échappèrent.

Toutefois, la menace cultiste fut éclipsée par l’anomalie gravitationnelle provoquée par la Griffe du Vide, qui arracha la planète à son orbite. Les marais acides se mirent à bouillonner, les tempêtes de gaz émeraude s’intensifièrent, et les accès de folie devinrent de plus en plus fréquents à mesure que le monde s’approchait de l’Anomalie Vhulienne. Même les ouvriers les plus augmentés de la planète étaient tenaillés par le sentiment d’une catastrophe imminente. Les rumeurs alarmantes se muèrent en panique, puis, malgré la forte répression des maîtres du scriptorium, à une rébellion ouverte, aiguillonnée par les cultistes survivants. Les scriptoriums de Neo-Vellum ne tardèrent pas à s’embraser.

Neo-Vellum[10]

Planétoïde Mutin - Alerte Vermillon
Coordonnées: Orbite Élevée
Superficie: planétoïde de classe Lambda
Population: 17,2 milliards
Climat: Niveau de Toxicité 23%
Gouvernance: Administratum (cf. présence de l'Adeptus Mechanicus de plus en plus marquée après purge de l'Ordo Xenos.)

Complexe de l’Administratum (niveau platine) compromis par une infestation xenos. Purge consécutive inachevée. Trajectoire orbitale transformée en course en spirale convergeant vers l’Anomalie Vhulienne. Point de destruction totale estimé à 40.333 post.

Forces Impliqués Dans la Guerre des Cauchemars

Forces du Chaos

Les divers osts du Chaos qui envahirent Vigilus frappèrent chaque Ruche et île d’une manière distincte. Chaque Légion félonne et chaque Chapitres Space Marines Renégats avait des motivations propres, des ennemis propres à détruire. Le seul dénominateur commun fut l’efficacité brutale avec laquelle ils accomplirent leur besogne meurtrière. En théorie, avec la présence et l’acuité stratégique du Maître de Guerre pour les unir, les forces du Chaos auraient dû être supérieures à la seule somme de leurs éléments. Mais là où les armées impériales étaient étroitement coordonnées et guidées par un conseil d’officiers respectés, les séides corrompus des Dieux Sombres étaient en grande partie laissés à eux-mêmes. Abaddon avait de plus grands desseins que d’agir en disciplinaire pour ses seconds indociles - un travail de Sisyphe qui n’aurait eu pour conséquence que d’écarter toute ambition personnelle ou plan à long terme. À la place, le Maître de Guerre utilisa ses forces comme agents perturbateurs, propageant l’anarchie, le désespoir et les feux de la guerre où qu’ils l’eussent souhaité.

Enfin, Abaddon considérait les combats de première ligne, les exécutions et les subtilités de la Longue Guerre comme des distractions. Son œuvre, et celui des Primarques Démons, avait fendu l’espace impérial. Il avait pleinement l’intention de tenir la promesse de damnation qu’il avait gravée dans le plan galactique - et pour ce faire, il devrait plonger Vigilus dans une démence si intense que ses défenseurs devraient sans cesse se battre sur tous les fronts. Seulement alors, il pourrait se consacrer à son projet suprême sans craindre de contre-attaque coordonnée.

Une Stratégie Diabolique

L’aptitude intrinsèque de la planète à repousser le Chaos l’avait rendue irrésistible aux yeux de l’Adeptus Mechanicus, et fait d’elle une cible prioritaire à détruire pour les Dieux Sombres. Malgré leurs analyses acharnées, la cruelle vérité était que les Tech-Priests de Stygies en savaient moins sur la noctilithe que les seigneurs du Chaos aux ordres d’Abaddon le Fléau. Si les régents de Megaborealis avaient mieux coopéré avec le Clergé de Mars - et l’Archi-Magos Dominus Cawl - peut-être auraient-ils fait meilleur usage de la manne qu’ils avaient extraite si fastidieusement.

La Sombreroche de la planète avait été chargée par quelque force mystérieuse d’une résonance anti-empyréenne, un fait que la cabale de sorciers au service d’Abaddon avait apprise à force de divinations et de pactes démoniaques. Son fonctionnement, quant à lui, n’était clair pour personne. Le Fabricator Vosch de Megaborealis avait émis l’hypothèse qu’une main xenos avait donné au matériau la forme d’étranges pointes de lance alignées dans les bulles de magma des strates géologiques profondes, car il n’avait jamais eu vent d’un phénomène similaire sur un autre monde référencé par ses pairs. Ceux qui avaient examiné ces concrétions minérales linéaires avaient trouvé la preuve d’un procédé mécanique si avancé qu’aucun artisan humain n’aurait pu le reproduire. La Sombreroche était parcourue de canaux et de cavités d’une complexité labyrinthique, si réguliers qu’ils ne pouvaient être le fruit que d’un prodige technologique. Les micro-serviteurs envoyés pour explorer ce dédale ne revinrent jamais.

Comme à son habitude, l’Adeptus Mechanicus ne laissa pas son manque de compréhension entraver sa mise sous séquestre du matériau. Lorqu’Haarken Worldclaimer apprit à Abaddon que les Technoprêtres avaient rassemblé le minerai dans leurs silos les mieux défendus, ce dernier éclata d’un rire puissant, car malgré eux, ils lui avaient mâché le travail. Le trésor de la planète n’était plus enfoui profondément sous sa surface - l’extraction de la Sombreroche, qui aurait coûté plusieurs décennies et des centaines de milliers d’esclaves à Abaddon, lui était épargnée.

Le Fléau avait appris la valeur de la Sombreroche au cours de son long règne - en vérité, nombre de ses Croisades Noires avaient eu pour objectif sa destruction. Où qu’Abaddon localisait des structures de noctilithe chargées pour repousser les forces du Chaos, il dépensait sans compter ses ressources pour les abattre, car ce faisant, il affaiblissait dangereusement la barrière métaphysique entre l’espace réel et le Warp. Il avait accompli cet exploit sur une série de monde à travers l’imperium. Les Aiguilles Mystiques de Nemesis Tessera, les Portails de la Citadelle du Kromarque, les Obélisques Noirs de Monarchive - même les mystérieux pylônes de Cadia avaient été mis à bas quand Abaddon avait mobilisé toutes les armes à sa disposition dans la destruction de la planète.

Ces invasions obéissaient à un motif. Sous un certain angle, elles pouvaient être reliées en une diagonale irrégulière traversant la galaxie - la ligne qui s’était ouverte pour donner naissance à la Grande Faille. Le monde sentinelle de Vigilus demeurait sur cette même ligne de fracture, et sa destruction était la priorité des forces du Chaos. Sur Vigilus, le plan d’Abaddon consistait à oblitérer les structures protégeant la planète afin d’étendre la Grande Faille et de fermer l’un des rares chenaux qui permettaient de traverser sa masse bouillonnante. Au cours de la Guerre Gothique, les Sorciers du Maître de Guerre avaient trouvé le moyen de changer l’état naturel de résonance neutre de la Sombreroche - qui n’attirait ni ne repoussait le Chaos - pour un alignement qui canalisait et emmagasinait l’énergie du Warp.

Cette technique requérait des rituels onéreux et dangereux impliquant sacrifices humains, impacts arythmiques et inscriptions de runes blasphématoires à la surface de la Sombreroche. La Black Légion payait volontiers le coût en vies de ces procédés impies. Son but était de s’assurer que la galaxie se noie dans un raz-de-marée de Chaos, et si le Piège de Nachmund était à jamais fermé, l’Imperium Nihilus serait plus proche que jamais de subir ce funeste destin. La guerre faisant rage sur Vigilus, les Sorciers d’Abaddon n’avaient pas le loisir de récupérer les dépôts exhumés par l’Adeptus Mechanicus - encore moins celui d’accomplir les rituels qui les asserviraient au Chaos - et il opta donc pour la destruction de la précieuse ressource, un acte qui dévasterait néanmoins l’imperium. Il ordonna à ses troupes de choc - des armées de machines-démons - d’assaillir les silos de Sombreroche afin de désactiver les champs de force qui les protégeaient. Une fois l’égide mise à bas, ses vaisseaux feraient pleuvoir un bombardement orbital qui pulvériserait et éparpillerait la Sombreroche de sorte que ses pouvoirs métaphysiques ne pussent plus retenir la Grande Faille.

Alors même que Vigilus était assaillie, l’autre moitié de la frappe double d’Abaddon se déployait dans l’imperium Sanctus. Il estimait que l’ordre antédiluvien qui avait placé les lances de Sombreroche dans les sols de Vigilus avait délibérément créé le Piège de Nachmund, et que des dépôts similaires se trouveraient dans la roche-mère d’une planète jumelle de l’autre côté du chenal. Cette planète était Sangua Terra. En faisant la guerre à ces sites et en détruisant les lances de Sombreroche qui les sanctifiaient, il ferait s’effondrer le Piège de Nachmund. C’était là la seule intention d’Abaddon - et sur Vigilus comme sur Sangua Terra, chaque autre massacre et trahison n’était qu’une vague distraction.

Forces de la Black Legion

Les légionnaires noirs luttaient en bandes de guerre, chacune articulée autour d’un charismatique leader. Ces champions formaient à leur tour un ost supérieur ne répondant qu’à Abaddon. Leurs assauts furent si prompts et vicieux que peu en dehors du Sénat de Vigilus purent réfléchir à la stratégie qui les coordonnait. Plusieurs millénaires à la tête des Croisades Noirs avaient enseigné à Abaddon que les légions du Chaos ne sont pas de subtils instruments à manipuler comme un scalpel. Même sa Black Légion, la confrérie qu’il avait sauvée du désastre et rebâtie en une force capable de menacer la galaxie tout entière, n’obéissait pas toujours à sa volonté lorsqu’elle s’abandonnait à sa soif de carnage. Ces forces étaient autant de boulets de démolition, de marteaux-pilons et de lames grossières plaquées sur une gorge. Mais ce quelles perdaient en subtilité, elles le compensaient largement en potentiel de destruction. De fait, là où les actions de ses forces gâchaient des ressources, et où des schismes entre alliés se développaient, le Maître de Guerre ne réagissait avec guère plus qu’une moue dédaigneuse. Seules les pires infractions étaient punies, et seulement alors par le biais d’un intermédiaire.

Moroses Exécuteurs

Ceux qui œuvraient contre Abaddon ou bafouaient ouvertement son autorité rencontraient ses exécuteurs, les Porteurs du Désespoir, ses gardes du corps Terminator, et Ghordar Bann, un Maître des Exécutions qui s’était élevé haut dans l’estime du Maître de Guerre sur les toundras de mort de la planète de Truska. Quand Abaddon ordonnait que l’un de ses vassaux fût tué, c’était souvent la hache de Ghordar Bann qui prenait sa tête ; les congères d’Asavensus avaient été rougies du sang de trois de ces champions condamnés. Le tribut réclamé parmi les officiers des Chiens de Truska était cinq fois plus élevé, et sa hache trancha ces cous avec la même précision experte.

Chaque attaque du bourreau sur Vigilus fut aussi brève que terrifiante. Se téléportant des octogrammes ésotériques à bord du Vengeful Spirit, Ghordar et une bande de Porteurs du Désespoir arrivaient dans un éclair de lumière noire devant leur cible. Les Terminators éliminaient instantanément les gardiens de la victime de leurs combi-bolters et autocanons Reaper, tandis que Ghordar avançait, hache brandie. Il n’avait jamais aucune échappatoire à ce destin. Ghordar Bann s’était arraché son propre œil au cours d’un long et douloureux rituel et l’avait échangé lors d’un pacte démoniaque contre une vision warp limitée. En couvrant son œil valide, il pouvait voir sa proie à travers le temps et l’espace comme un éclat de lumière rouge - et il pouvait la traquer où quelle se cachât. D’un même élan, lorsque la hache inévitable de Bann s’abattait, une tête roulait et le règne de terreur d’Abaddon se renforçait. Bann fut lâché contre nombre de capitaines et commandants impériaux au cours de la Guerre des Cauchemars, mais Marneus Calgar n’était pas l’un d’eux. Calgar était un adversaire redoutable, et Abaddon ne s’était pas encore résolu à gâcher la vie de son champion prometteur lors d’une telle mission. De surcroît, il comptait prendre lui-même la tête du Seigneur de Macragge pour mettre un terme à leur rivalité de longue date. Cette détermination conduirait à un duel titanesque qui déciderait du sort de la planète.

Seigneur de la Discorde[11]

Les cercles intérieurs du Maître de Guerre comptaient des centaines de chefs de guerre, chacun avec ses priorités et son ambition. Parmi eux s’en trouvait un qui, plus que tout autre, cherchait à perturber, diviser et détruire tout soupçon de pensée ordonnée. Il était le Seigneur de la Discorde connu dans la Black Légion comme Vex Machinator. Ce fut son aptitude particulière à porter le Chaos à l’adversaire qui en fit l’héritier désigné du trône d’Abaddon. Nul ne connaissait le véritable nom de Vex Machinator; tel un démon, il le gardait secret afin que personne n’exerçât de pouvoir sur lui. Il fut à la place baptisé d’après ses pratiques. À quiconque le rencontrait, il apportait le conflit, quelle que fût son allégeance - l’approcher seulement revenait à éprouver contrariété, confusion et désarroi. Il était l’incarnation du Chaos, se repaissant de la division qu’il semait chez ses alliés comme ses ennemis, et dans ses machinations, il était autant un parasite que l’énorme Helstalker qu’il chevauchait. Son aura corruptrice n’épargnait rien ; même les esprits de la machine devenaient indociles en sa présence, hurlant un code corrompu tandis que la machinerie qui les abritait et leurs cogitators crachaient des étincelles rouge sang. Abaddon mis à part, il était difficile de trouver un agent du Chaos plus vertement haï que lui.

Quand le Seigneur de la Discorde chevauchait à la guerre, les alliances âprement nouées s’écroulaient dans la suspicion ambiante. Les ordres restaient lettre morte et les plans de bataille étroitement ficelés se délitaient dans la discorde. Les soldats du Chaos étaient assez vicieux et égocentriques pour se battre individuellement ; pour les World Eaters aux côtés desquels il lutta sur l’île de Luthvren, c’était tout naturel. Mais ceux qui comptaient sur la discipline furent désemparés. Lorsque Vex Machinator mena une charge de Sanguinaires sur Juggernauts et de machines-démons à la Brèche de Tzimitria, les Cadiens qui lui faisaient face ne purent concentrer leur feu comme ils y étaient exercés et, paniqués, firent feu à volonté. Ils blessèrent des dizaines d’ennemis, mais leur tir trop diffus échoua à en abattre un seul. Ils payèrent cette erreur de leur vie, piétinés par des sabots d’airains. Derrière les lignes, l’aura de Chaos de Machinator divisait ceux qui auraient voulu s’unir contre Abaddon. Une conspiration pour détrôner le Maître de Guerre, tramée méticuleusement par le Prince Démon Shamha Ygra-Thrysh, fut étouffée lorsque les chefs de guerre s’entre-tuèrent peu après que Vex Machinator les eût rejoints en tant qu’agent double. Aucun intrigant ne réchappa à la querelle qui s’ensuivit. Le Seigneur de la Discorde en sortit seul, couvert de sang, et plus haut que jamais dans l’estime d’Abaddon le Fléau.

Les Cultes de la Destruction

Lors de la guerre pour Vigilus, les Bêtes de Guerre de Belis Corona furent lâchées sur le réseau de forteresses d’Hyperia. Cyborgs géants obsédés par une forme de meurtre particulière, ces guerriers grotesques notoirement indociles avaient appris à craindre le mécontentement d’Abaddon. L’énorme Mutilator surnommé le Roi des Épées avait jadis osé défier Abaddon - il fut fendu en deux d’un seul coup de Drach’nyen. Dès lors, les Bêtes de Guerre reconnurent en le maître de la Black Légion leur chef légitime.

Les Cultes de la Destruction prirent grand plaisir à profaner la terre sainte d’Hyperia par leur présence. Ces créatures exsudaient tant le Chaos que leurs pas laissaient des marques fumantes et décolorées sur la pierre sacrée. Lorsque les Obliterators en première ligne ouvrirent le feu avec leur profusion de canons et d’armes lourdes, même les remparts étayés de statues qui ceignaient l’Anneau du Néant furent éventrés, les garnisons des chemins de ronde sombrant avec eux. Les contre-attaques de l’Adepta Sororitas clouèrent les Obliterators sur place et, là où les chars lance- missiles Exorcist faisaient feu, ils tombaient. Mais chaque fois que les Sœurs de Bataille s’approchaient pour amener à portée leur sainte trinité de bolter, fuseur et lance-flammes, les Mutilators qui flanquaient leurs frères artilleurs se lançaient dans une charge pesante pour enfoncer les lignes impériales avec la force d’un bélier de siège. Petit à petit, les Sœurs cédèrent du terrain, car affronter ce mur vivant de lames relevait du suicide. Ce ne fut que lorsque le Culte de la Destruction fut jugulé sur le Pont de Phanatos que l’Adepta Sororitas put porter un dernier coup, en faisant s’écrouler la chaussée par des tirs bien placée, envoyant une dizaine d’abominations de Métalloderme sombrer dans les ténèbres en contrebas.

Quelques Fragments sur Abaddon[12]

Hereticus Extremis Profil 1.A
Abaddon le Fléau

Némésis de classe Maître de Guerre (Segmentum Obscurus, Segmentum Solar, Segmentum Ultima)
Heretic Astartes Grade Alpha-Alpha-Onus cf. Ezekyle Abaddon <dossier incomplet>, Premier Capitaine Luna Wolves (XVI Légion, Première Fondation), Sons of Horus (Designatus Hereticus), Black Légion. Alerte Écart causal 53 % — voir Hypothèse Individus Disparates du Génétor Majoris Anzion, Trahison du Fils Cloné du Biomagus Suprema Tharazenth, Tractes Médians de Torquemada.

n. b. — Requête d’archive 92 % de probabilité de surcharge fatale à système non-Terragrade pour cause de densité d'enregistrements de guerre
cf. Tueur de Planète (Canon d'Armageddon)
cf. Porteurs du Désespoir (Elitis Traitoris)
cf. Forteresse du Fiel (Système Rebo)

Opus Rapport d'Archives mots-clés:
Maître de Guerre, Archi-Hérétique, Pèlerinage Noir, Seigneur Ravageur, Seigneur Trompeur, Seigneur Corrupteur, Seigneur Purgateur, Mournival, Fléau Écorcheur

Opus Rapport d'Archives sites-clés:
Maeleum, Tour du Silence, Cités Flottantes de Melphia, Uralan, Cadia, Porte Cadienne, Nemesis Tessera, Belis Corona, Gerstahl, Espoir St.Josmane, El'Phanor, Elysia, Tarinth, Jyrro, Mackan, Teekus, Rithcarn, Cancephalus, Antecanis, Monarchive, Secteur Helica, Thracian Primaris, Medusa, Relorria, Arx, Mordian, Hydraphur, Parenxes, Pandorax, Lukitar

<Dossier Incomplet>

Pensée du Jour: Damnés Soient Ceux qui se Détournent de la Lumière de l'Empereur.

La Bataille des Géants

Dans un premier temps, l’invasion de la Black Légion ignora les cités-casses des Orks. Ce n’est que lorsque le Speedboss Suprême, Krooldakka, prit les armes contre les Brazen Beasts de Megaborealis qu’Abaddon dépêcha une frappe punitive. Il savait au fond de lui que les Orks étaient trop belliqueux pour se permettre de les ignorer, et qu’ils ne respectaient que la force brute. Heureusement, c’était quelque chose dont la Black Légion et ses alliés disposaient en abondance. Les forces d’invasion du Chaos comptaient l’Heretic Astartes, mais aussi de légendaires Légions Titaniques. Les ruches Oteck, Dontoria et Megaborealis étaient parcourues de tant de tunnels, de mines et de sous-mondes qu’une machine divine aurait aisément fait s’affaisser une section de route sous son poids, aussi ne s’aventurèrent-elles pas dans les cités. À la place, les Titans bombardèrent ces sites de leurs canons à longue portée Après l’attaque de Krooldakka, ces géants de métal se détournèrent de leurs Ruches assignées et foulèrent les déserts pour affronter les Krabouilleurs, Gorkanautes, Morkanautes et Gargants de la horde peau-verte. À la Flaque de Tanka, au Cratère de Drogzot et à Fort Dakka, une guerre de monstruosités de métal éclata, la bataille faisant rage sur les épaves dépecées des Freeblades Impérial Knights qui étaient tombés lors de la Guerre des Bêtes.

Cette fois, les Orks furent surpassés, car la précision, la sauvagerie et la puissance de feu des Titans du Chaos qui leur faisaient face pulvérisaient trois effigies de guerre peaux-vertes pour chaque machine divine qui tombait. Même à courte portée, les Titans du Chaos excellaient et ravageaient les engins orks de leurs tentacules obscènes et de leurs griffes acérées qui décapitaient et éventraient leurs adversaires. La bataille dura des jours, car si la qualité faisait défaut aux Orks, ils la compensaient par la quantité et l’agressivité. Le conflit fut extrêmement coûteux pour les deux camps, mais il priva les Orks de l’élan dont ils avaient besoin pour lancer une Waaagh! totale. Cela permit ainsi au corps d’invasion principal de la Black Légion de se concentrer sur la destruction des armées impériales.

Forces de L’Alpha Legion

Les bandes de guerre de l’Alpha Legion sur Vigilus reçurent carte blanche d’Abaddon: que la dévastation fût répandue comme elles désiraient, tant que l’infrastructure militaire locale était déstabilisée. Ce fut une guerre idéale pour cette Légion renégate retorse, conflictuelle et obsédée par la clandestinité. À ce jour, les historitors ont été incapables de dénombrer avec précision les guerriers de l’Alpha Légion ayant opéré sur Vigilus. Il n’existe aucun moyen d’estimer les dégâts qu’ils ont infligés, car nombre de données concernant leurs opérations ont été mystérieusement corrompues ou effacées.

D’autres archives encore étaient piégées, des info-spectres qui ravagèrent les auto-savants chargés de récupérer ces données. On suppose toutefois que l’Alpha Légion fût derrière une succession de soulèvements de cellules de cultistes du Chaos à travers Hyperia. Des éléments des 92e et 187e Cadiens "les Briseurs d’Autels" subirent de lourdes pertes dans une offensive de guérilla hérétique. Des rapports fragmentaires évoquent des silhouettes de géants en armures bleu vert appuyant l’assaut des sectateurs, mais aucun témoin oculaire loyaliste n’a survécu pour corroborer ces dires.

Catastrophe au Relais K-876

Les Ruches de la Trinité dominant l’Amas Ruchier d’Hyperia étaient des centres de distribution cruciaux pour l’aqua sanctus abreuvant sa plèbe. Grâce aux efforts d’éléments de l’A deptus Ministorum, cette précieuse ressource continua de couler pour les ouvriers des manufactorums de munitions d’Hyperia. L’aqua sanctus était le carburant divin alimentant la main-d’œuvre, qui à son tour alimentait les saintes armes des défenseurs impériaux; tel était le fondement de la mission charitable de la Main Bienveillante. Ce rassemblement de Prêtres du Ministorum, de Frateris Militia et de Sœurs de Bataille de l’Ordre de Notre Dame des Martyrs œuvra inlassablement - souvent dans des conditions périlleuses et sans appui logistique officiel - pour fournir ceux qui, autrement, auraient été ignorés des clercs économes du Munitorum. Que la Main Bienveillante fût infiltrée par des agents de l’Alpha Légion ou quelle reçût simplement de mauvaises informations, elle sombra en tout cas dans la damnation.

Un changement soudain dans ses activités indique le moment où les volontaires du Ministorum sont devenus soupçonneux de la source de laqua sanctus arrivant à la Flèche Magentine. Des fragments de communiqués récupérés permettent de déduire que la Main Bienveillante a fini par être convaincue que suite à un sabotage hérétique, l’eau qu’ils distribuaient véhiculait une souillure corruptrice. Lorsque ses avertissements au Munitorum restèrent lettre morte, la Main Bienveillante agit. Elle distribua des armes à ses ouailles, tentant de stopper et d’inspecter de force une vaste cargaison d’eau venue de l’extérieur d’Hyperia par le Relais K-876. Toutefois, en lieu et place de saboteurs hérétiques, la Main Bienveillante se trouva face à plusieurs pelotons du 92e d’infanterie lourde Cadien qui - grâce à une information à présent intraçable - s’attendaient à l’interférence pernicieuse d’hérétiques déguisés cherchant à corrompre les réserves d’eau.

Des analyses postérieures montrent que le premier tir, qui changea un statu quo tendu en bain de sang, n’a été tiré par aucune des factions impériales, mais par une tierce partie, avec une arme de précision à bolts dissimulée sur un portique surplombant le Relais K-876. Cette étincelle déclencha une fusillade qui vit la Main Bienveillante annihilée, les pelotons cadiens décimés et la cargaison d’aqua sanctus entièrement perdue. L’approvisionnement en eau des ouvriers de Magentine fut interrompu, provoquant une baisse de production estimée à vingt-quatre pourcents lors des semaines suivantes. En outre, le fait que ces mêmes pelotons cadiens, affaiblis par la Catastrophe du Relais K-876, fussent incapables de repousser une succession de raids sur la Flèche Magentine par des kill teams Heretic Astartes lors des jours qui suivirent ne peut relever de la seule coïncidence.

Forces des Night Lords

Maîtres de la guerre psychologique, les Night Lords ont largement contribué à déstabiliser la planète dans la troisième phase de la Guerre des Bêtes. Néanmoins, lorsqu’ils ont cédé aux sirènes de la guerre ouverte, ils furent confrontés à un adversaire sans pareil - et conduits à la limite de l’opprobre. Les Night Lords sur Vigilus furent peu nombreux, car la majeure partie de leur Légion livrait une guerre grandissante aux Asuryanis, mais leur impact ne fut pas des moindres. Les hérétiques envahirent initialement la Ruche Dirkden, une proie en apparence facile, mais aux ombres hantées par le xenos. Les Night Lords jugeaient cette ruche écroulée et gangrenée par le crime comme l’environnement idéal pour leur style de combat, voire comme un terreau de recrutement pour du sang neuf, car depuis des millénaires, les Fils de Curze remplissaient leurs rangs de criminels endurcis. Les osts de Raptors pendaient joyeusement des cadavres aux flèches inachevées de la Non-Ruche Ashenid tandis que les forces d’assaut rôdaient dans les niveaux inférieurs.

Ils prirent note des chefs de gangs et des criminels qui savaient combattre et épargnèrent les plus prometteurs, l’entreprise fut fructueuse dans un premier temps, et riche de violence et de terreur - les Night Lords capturèrent nombre d’esclaves et sélectionnèrent maints criminels en devenir pour gonfler leurs rangs. C’est alors que le Secte Génovore indigène tapis sous la surface de Dirkden depuis des générations se souleva contre l’envahisseur Night Lord. Bien que les sectateurs eussent dilapidé une large partie de leurs forces pour prendre le continent, ils infestaient toutes les strates de la société dirkdenite, et ils s’étaient multipliés exponentiellement dans l’ombre. Quel que fût le nombre de leurs morts, il semblait y en avoir toujours plus. Ils s’avéraient en outre mieux armés et plus tenaces que les troupes impériales que les Night Lords avaient affrontées dans les convois dépenaillés qui fuyaient la ruche, et ils maniaient un arsenal industriel lourd couplé à d’étranges xeno-mutations aussi fatales qu’une épée tronçonneuse.

Pendant un temps, les Night Lords éliminèrent chaque lignée d’hybrides qui osait les défier, mais même eux n’étaient pas infatigables. Les chasseurs finirent par s’apercevoir qu’ils étaient devenus les proies. Des Pure-Souche Génovores jaillissaient de caches dans de faux murs, des Goliath éperonnaient le flanc de convois de Rhino, et au sol, des équipes d’armes d’Hybrides abattaient par surprise les Raptors qui hantaient les spires inachevées. Chaque assaut s’achevait par une mêlée vicieuse où les hérétiques dos à dos repoussaient leurs assaillants de leurs tronçonneuses et griffes nimbées d’éclairs, mais lorsque les sectateurs étaient dépassés, ils se fondaient dans les ombres sous l’impulsion de quelque signal inaudible. Les Night Lords furent finalement forcés d’abandonner le continent en emportant leur butin. Sur les frontières orientales d’Hyperia, les hérétiques choisirent leurs cibles plus soigneusement et livrèrent une guerre de harcèlement à un ennemi qu’ils connaissaient bien - l’Adeptus Astartes.

Affrontant la 4e Compagnie des Dark Angels, ils lancèrent une série d’escarmouches, mais avec une rage bien supérieure - leur orgueil avait été froissé par les événements de Dirkden, et cette amertume se mêla à leur haine millénaire. Ce fut une guerre pour la survie, car après leur échec de Dirkden, les Night Lords ne purent faire part à Abaddon d’aucune nouvelle victoire dans la guerre générale. Les pertes subies dans Dirkden étaient presque insoutenables, les recrues ravies à la plèbe devraient attendre pour devenir de véritables Space Marines, et leur trésor de guerre était bien maigre. Les Night Lords combattirent donc avec la ruse et la furtivité plutôt que l’euphorie prédatrice avec laquelle ils avaient entamé leur campagne. Leurs kill teams frappaient depuis des ruelles sombres où que les Dark Angels se rassemblassent, éliminant un ou deux guerriers avant de se retirer pour recommencer ailleurs. Ce modus operandi fut efficace, et il octroya aux Night Lords une succession de victoires mineures mais marquantes. Ce n’est que lorsque les éléments aéroportés de la Ravenwing parvinrent à traquer et abattre Varrus Hekatos, le Seigneur du Chaos qui coordonnait les embuscades, que les Dark Angels purent enfin affronter les Night Lords selon leurs règles.

La Survie du Plus Cruel

Ce fut vers la fin de la Guerre des Cauchemars que Praxis Empyrealus accéda au pouvoir depuis les rangs des Night Lords. Le Maître de Possession au masque d'os avait été le conseiller de Varrus Hekatos des années durant, mais les deux faisaient généralement montre d’une haine froide et sourde l’un pour l’autre. Bien que peu fussent au courant parmi les Night Lords, ce fut Praxis qui alluma l’incendie du Dédale Venderan - la base des opérations d’Hekatos. Les flammes avertirent la Ravenwing de la présence du commandant et, après une escarmouche coûteuse ou des Land Speeder s’opposèrent â des Night Lords en réacteurs dorsaux dans des rues étriquées, Hekatos et le Lieutenant Pinyus de la Ravenwing trouvèrent la mort. Praxis Empyrealus ne perdit pas de temps.

Invoquant un vol iridescent de raies volantes et plusieurs meutes d’Incendiaires Exaltés, il accula les Land Speeder de la Ravenwing en mettant le feu au ciel. Puis, prenant un risque insensé en touchant la Couronne de Noctilithe qu’il avait érigée au cœur du Dédale, Praxis Empyrealus pulvérisa les agiles engins dans un orage d’é clairs violets. Lorsque des éléments des 3e et 4e Compagnies des Dark Angels s’approchèrent, ils furent accueillis par des tirs croisés - les Night Lords connaissaient chaque angle et anfractuosité de leur antre. Ce jour-là, cinq Dark Angels moururent pour chaque Night Lord tombé, un taux qui plut suffisamment à Abaddon pour qu’il passât l’éponge sur le désastre de Dirkden. Les Night Lords se retirèrent du front après cette victoire - bien qu’ils maintinssent une présence discrète tout au long de la guerre.

Forces des Word Bearers

« Que ce sot vaniteux d’Abaddon pense que nous sommes à sa solde. Peu importe. Malgré sa vision, malgré sa puissance, il n’est qu’un mortel, qui a refusé la bénédiction ultime des Puissances de la Ruine, de surcroît. Non, je vous le dis, chers messies : nous accomplissons ici l’œuvre des Dieux Sombres, et apportons la dévastation à l’univers afin que tous voient la gloire de la Vérité Primordiale. Quand la longue nuit tombera sur cette planète, tous seront témoins de la gloire véritable du Chaos. »
- Épître de l’Orateur Funeste Deshamentus, Porteur de l’illumination et Boucher de la Ceinture de Ruche Ellerophosus

En atterrissant sur la planète, les Word Bearers appliquèrent chaque once de leur sombre ruse et de leur détermination aveugle à l’exécution du grand plan du Maître de Guerre. Tandis que la Black Légion détruisait le matériau qui contenait la Grande Faille, les Word Bearers érigeaient des structures pour l’attirer. Abaddon chargea les Word Bearers d’une frange vitale de sa stratégie - parsemer la planète de structures annulaires baptisées Couronnes de Noctilithe. Le respect forcé du Fléau pour les Word Bearers, et leur investissement dans la chute de l’Imperium, fut clarifié lorsqu’il mit les leaders de cette Légion dans la confidence. Parmi eux se trouvait un cercle de neuf Seigneurs du Chaos et Apostats Noirs appelé le Cénacle Triplicatus. Sur ses ponts gravés de rune, Abaddon leur montra les dizaines de Couronnes de Noctilithe, et expliqua les raisons de leur création.

C’était un plan d’une telle envergure et d’une dévotion si impressionnante que le Cénacle Triplicatus s’agenouilla devant lui, offrant leurs masses et leurs crozius damnés comme un chevalier aurait offert son épée à son suzerain. Dresser les Couronnes de Noctilithe ne fut pas un mince exploit ; le simple contact physique avec les immenses anneaux pouvait entraîner une surcharge psychique fatale. Mais tels leur Primarque Lorgar Aurelian avant eux, les chefs de guerre Word Bearers sont des démagogues consommés, des prêcheurs et des meneurs charismatiques jamais à court de dévots prêts à donner leur vie pour la cause. En levant des cohortes fortes de plusieurs centaines d’esclaves, les Word Bearers firent dresser et fixer dans le sol ces structures captant le Chaos. Des milliers succombèrent ce faisant, mais c’était un sacrifice auquel les Word Bearers consentaient sans hésitation.

Les esclaves dotés d’aptitudes surnaturelles latentes mûrirent psychiquement et furent emmenés et psycho-conditionnés par les Sorciers et les Maîtres de Possession de la Légion. Les plus stables de ces vassaux psykers se virent confier des cibles impériales desquelles ils devaient se rapprocher avant que le conditionnement implanté par leurs maîtres ne fît bouillonner leur esprit torturé en une onde psychique dévastatrice. D’autres furent enchaînés ensemble et contraints jusqu’à ce que leur agonie commune les pousse à s’entre-déchiré avec leur énergie psychique débridée, formant ce faisant un portail à travers lequel les alliés démoniaques des Word Bearers pourraient pénétrer dans l’espace réel.

Lorsqu’un tel site apparaissait, une autre Couronne de Noctilithe était dressée, attirant plus encore de démons à la surface de la planète. Cette tactique était effroyablement efficace, et avec les Word Bearers opérant en tant que force coordonnée à la défense de chaque site, ils devinrent une source majeure de renfort pour Abaddon. Seules trois des nombreuses Couronnes de Noctilithe qu’Abaddon avait confiées aux Word Bearers demeuraient sur les ponts d’artificiers runiques du Vengeful Spirit au moment de sa translation d’urgence dans l’empyrée. Eussent- elles été dressées elles aussi à sa surface que la planète tout entière aurait été avalée par le Warp.

Forces des Iron Warriors

Les Iron Warriors guerroient avec une haine froide et amère. Sur Vigilus, chaque frappe cruelle fut planifiée et portée avec l’expertise d’un maître artisan. Ils brisèrent les sites essentiels les plus lourdement défendus du Mortwald, permettant ainsi aux autres forces du Chaos de s’y déverser. Le Maître de Forge Kharrack commença sa campagne sur Vigilus en scrutant à distance les fortifications des défenses impériales. Lui et ses coreligionnaires prirent une quantité exhaustive d’image depuis l’orbite basse et amassèrent moult données grâce à des Servocrânes lâchés à la surface. Lorsque le défi d’Haarken Worldclaimer fut lancé, les Iron Warriors étaient parfaitement préparés ; des milliers de captures pix avaient déjà été transmises à leur navire amiral, le Portcullis. Toutefois, à la vue de l’héraldique jaune de leurs ennemis de longue date - les Impérial Fists - les Iron Warriors modifièrent leurs plans. Si leur invasion avait été conçue pour assaillir de multiples fronts, afin d’éventrer au mieux les défenses de l’adversaire, elle se changea rapidement en un assaut singulier sur les défenses de la bordure orientale du Mortwald. Le décor était planté pour une confrontation qui serait sans pitié.

L’Éclatement des Boucliers

Bien que le Maître de Guerre du Chaos chargeât les Iron Warriors de la destruction du réseau de défense de Vigilus, ils accueillirent l’ordre avec indifférence, voire dédain. L’Exécution de sièges était leur art, et ils l’auraient pratiqué quel que fût le plan général. Leur première action fut d’attaquer une frange insignifiante de chaque étendue de Ruche, ciblant des zones trop pauvres ou dépourvues d’intérêt stratégique pour être bien défendues. Leurs Forgewarps polluèrent ensuite les réseaux de champ de force Bastion qui les ceignaient à l’aide d’une puissante peste de la machine. Sans la nature semi-psychique des champs Bastion, la peste aurait lutté contre les sécurités installées par l’Adeptus Mechanicus, mais une conscience hostile avait été intégrée à l’entité de code corrompue. Les champs de force étaient déjà usés et défaillants suite à l’ouverture de la Grande Faille, et la peste de la machine s’épanouit - et se multiplia - en se repaissant des composants empyréens de chaque nodule.

En sautant d’un champ psycho-électrique à l’autre, elle se répandit avec une vitesse effroyable. Lors de la deuxième étape de la Guerre des Cauchemars, deux tiers des générateurs de champs de force étaient inutilisables. Les défenseurs impériaux étaient catastrophiquement désemparés face à l’évolution de la situation. En périphérie du Mortwald, les armées qui avaient quitté leurs tranchées, confiantes dans les réseaux Bastion pour protéger leurs flancs, découvrirent à leurs dépens que les boucliers avaient été compromis. Les soupçons du Seigneur Deinos quant à leur efficacité étaient confirmés, mais même ses défenses traditionnelles furent prises en défaut. Les Iron Warriors, employant leur vecteur fétiche d’assaut mécanisé, dirigèrent une série d’attaques qui enfonça les réseaux de tranchées avec une aisance désarmante.

Maintes kill teams Iron Warriors avaient été détachées sur Megaborealis aux premiers jours de la guerre pour se saisir des puissantes Drilles Tectoniques. Elles étaient amenées jusqu’aux tranchées là où un réseau de bunkers s’avérait inexpugnable, et leurs séismes localisés ébranlaient le sol jalonné d’obus comme les murailles. Les Irons Warriors portèrent alors l’assaut sur chaque fissure ouverte dans les défenses, pour changer les lézardes en gouffres béants. Une guerre d’attrition féroce débuta entre les héritiers de Dorn et les traîtres de l’ancien ordre de Perturabo - la violence, la sauvagerie et le refus obstiné de céder rappelant la légendaire Cage de Fer. En fin de compte, les loyalistes du Capitaine Fanes, malmenés par les Orks de l ‘A mas de Cités-casses Oriental avant d’être assaillis de plein fouet par leur némésis, n’eurent plus les moyens humains de tenir la ligne. Les Impérial Fists furent contraints de se retirer vers Hyperia, abandonnant Mortwald aux Iron Warriors et au Flawless Host.

Forces Renégates

Les effectifs Heretic Astartes sur Vigilus se comptaient par dizaines de milliers. Égaux des Space Marines qu’ils appelaient jadis frères, ce nombre aurait amplement suffi à conquérir une planète. La majeure partie d’entre eux était des renégats, et chacun de ces Chapitres félons représentait un fléau à part entière. Les Space Marines qui succombèrent au Chaos après l’ère tumultueuse de l’Hérésie d’Horus comptent parmi les plus rusés de l’Heretic Astartes, et en matière de guerre, chacun vaut une centaine de mortels. Certains sont des vétérans d’une bataille éternelle contre le Faux Empereur et son œuvre, des hérétiques qui ont passé de longs siècles sanglants à déchirer l’empire qu’ils juraient jadis de protéger. D’autres sont des convertis plus récents à la cause des Dieux Sombres, leur haine de l’Imperium brûlant ardemment comme ils se réjouissent de briser les chaînes qui régissaient autrefois tous les aspects de leur existence.

Ces Chapitres renégats étaient considérés comme un atout puissant des osts des Croisades Noirs, et pour le peuple de Vigilus - et ses défenseurs de l’Astra Militarum - ils étaient tout aussi craints que leurs prédécesseurs. Chaque Chapitre renégat apporta ses propres spécialités tactiques, ses bienfaits chaotiques et son équipement redoutable - les sous- estimer revenait à appeler de ses vœux un trépas douloureux. Douze Chapitres renégats prirent part à l’invasion de Vigilus, chacun rallié à la cause d’Abaddon. Que ce soit par loyauté, but commun ou opportunisme, chacun deux porta le combat dans les ruches avec abnégation. Pour la plupart, ce fut par l’emploi de raids éclair et de frappes de précision, des doctrines qu’ils avaient mises en pratique en tant que loyalistes. À présent, ils employaient le talent que leur avait offert l’Imperium contre leurs anciens camarades.

Flawless Host

Le Flawless Host considérait la noblesse vaniteuse de Mortwald comme un serpent considère un nid de souris. Ils descendirent de leurs sublimes astronefs pour parader parmi les fiers aristocrates de ce faux continent avec le faste d’une monarchie étrangère venue dispenser la charité. Dès que le premier coup fut tiré, ils cédèrent à la fureur, hurlant leur haine tout en massacrant les gardes de maison et les escortes d’élite du Militarum Tempestus par centaines. Lorsque les lron Warriors repoussèrent finalement leurs némésis Impérial Fists des tranchées pour s’emparer des ruches, ils ne trouvèrent que des cadavres dans les zones les plus riches. Au coeur de chacune de ces régions, ils croisèrent le Flawless Host, profitant des cliniques réjuvenantes les plus raffinées du Mortwald afin de regagner ce qu’ils prenaient pour le pinacle de la beauté humaine.

Brazen Beasts

L’ost Démoniaque des Brazen Beasts fut l’instrument de la destruction des quartiers de silos de Megaborealis. Après que le champ réfracteur qui protégeait le Silo XV fut abattu, le bombardement punitif d’Abaddon tua la majorité des Brazen Beasts dans un rayon de cinq kilomètres. Seuls ceux dont le sang était souillé par les démons réchappèrent à la tempête de feu, et les renégats corrompus hurlèrent et les escortes d’élite du Militarum leurs prières au Dieu du Sang tandis que la cendre de mortels pulvérisés les recouvrait. Khorne se moque de savoir d’où coule le sang, et il fut ravi de ce massacre impitoyable. Le Maître de Guerre envoya par la suite une immense horde de Sanguinaires pour renforcer les Brazen Beasts, qui partirent ensuite à la conquête d’une portion significative de Megaborealis. Le Maître des Crânes les mena, ainsi qu’une kyrielle de machines-démons, en quête des crânes des Technoprêtres de la Ruche.

The Purge

The Purge, vouée à Nurgle dans son aspect de destructeur, infecta la Ruche Dontoria. Elle méprisait la vie sous toutes ses formes, et c’était là que la surpopulation de la planète était la plus prononcée. Il s’agissait d’une cible évidente pour son obsession mortifère et destructrice - mais avec le temps, The Purge tenta d’étendre ses conquêtes à la planète tout entière. Dans sa frénésie de mort infaillible et implacable, The Purge employa toutes les armes et les ruses concevables - épidémies à propagation rapide, poisons aéroportés, démolitions de masse, et même incendies volontaires. Tant que la plèbe était massacrée - ainsi que toute créature, des grox reproducteurs aux poux qui infestaient leur litière - The Purge considérait sa tâche accomplie. Pour elle, toute forme de vie était irrémédiablement corrompue. Se répandant de l’est de Dontoria à l’ouest, The Purge se confronta à des éléments de la Death Guard, qui embrassait le grand cycle de Nurgle de la vie, de la mort et de la renaissance. Là où les uns souhaitaient éliminer toute vie, les autres voulaient la propager - bien que sous une forme répugnante. Un schisme religieux vit les deux forces s’opposer et se neutraliser mutuellement, mais ce conflit intestin fut d’un maigre réconfort pour le Sénat de Vigilus ; Dontoria était déjà perdue.

Red Corsairs

Les Red Corsairs, inflexibles alliés d’Abaddon depuis qu’il avait fait cause commune avec leur maître Huron Sombrecœur, furent le fléau des lignes de transit et des spatioports de la planète. Sans doute les meilleurs navigateurs des forces d’invasion, ils manœuvrèrent habilement pour établir leur supériorité dans le vide au-dessus de toutes les ruches majeures, faisant obstacle aux renforts impériaux qui auraient pu assister les défenseurs. Où que les forces impériales fussent envoyés par le Sénat de Vigilus pour reprendre les spatioports des mains des Red Corsairs, les renégats combattaient d’abord depuis le ciel, bombardant et mitraillant tandis que leurs Métadracs déchiquetaient les aéronefs ennemis. Ce n’était que lorsqu’ils étaient certains de la victoire que les Red Corsairs jaillissaient de leurs appareils d’assaut pour se joindre à la mêlée et achever les survivants. La fureur et la détermination avec laquelle les Red Corsairs luttèrent auraient même, dit-on, poussé les White Scars à reconsidérer leurs assauts sur les spatioports.

La mission des renégats était de s’assurer que la planète fut sous le coup d’un blocus hermétique. Bien qu’ils ne fussent pas nombreux au point de pouvoir couvrir tous les spatioports, en tant que pillards sans pareils, ils étaient amplement qualifiés pour cette tâche. Leur efficacité fut telle que seule une poignée d’astronefs échappa aux Red Corsairs au cours de la Guerre des Cauchemars. De manière critique, l’un des vaisseaux à éviter leurs griffes fut le Vaul’s Ghost, le bâtiment qui portait la charge fatale de missiles Deathstrike au navire amiral d’Abaddon, le Vengeful Spirit, avec des conséquences destructrices. Sans cet échec singulier, la guerre pour Vigilus aurait sûrement été une victoire totale pour les forces du Chaos.

The Scourged

Le Chapitre renégat appelé The Scourged a une connexion particulière avec Vigilus, car il est originaire du monde hostile voisin de Falsehood, où les averses de pluie acide sont aussi communes que l’aube. Renégats sans pareils, ils ont l’aptitude rare de pouvoir entendre les mensonges prononcés. De la même manière qu’une vérité fidèle apparaît pleine et entière, un mensonge peut être perçu comme creux pour celui qui en connaît les signes. Sur Falsehood, il devint une pratique commune de se garder de la fausseté, car la planète elle-même fut colonisée grâce au mensonge concernant son habitabilité, et son peuple en est venu à mépriser les impostures depuis lors. Tragique ironie - du genre dont se délectent les Dieux Sombres - The Scourged n’a désormais plus d’autre choix que d’entendre les propos viciés de l’Humanité.

Jadis, The Scourged était un Chapitre de nobles Space Marines appelés les Seekers of Truth. Ils faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour honorer ce nom. Trop souvent hélas, ils étaient envoyés en croisade pour tuer l’innocent aux côtés du coupable, ce qui pesa de plus en plus sur leur sensibilité - en particulier celle de leur Maître de Chapitre, Gallus Herodicus. Dans un accès de faiblesse, Herodicus pria qu’on lui accordât le pouvoir de déceler la culpabilité du damné, de différencier la vérité du mirage, d’entendre les mensonges des hommes tels qu’ils étaient. Son vœu fut exaucé, mais pas par l’Empereur. Il plut à l’Architecte de la Destinée d’offrir un présent à chaque membre du Chapitre. À compter de ce jour, ils entendraient les mensonges prononcés dans toute la galaxie, un susurrement constant de perfidie les privant de pensée limpide. Bien qu’ils entendissent plus clairement ceux prononcés à proximité et fussent capables de deviner les intentions de leurs ennemis sur le bruit de fond de la duplicité de l’Humanité - ils étaient rongés par la pollution mentale au point de perdre graduellement l’esprit. En se tournant vers le culte de Tzeentch dans l’espoir d’alléger leur fardeau, les renégats devinrent une menace bien plus fatale pour l’innocent qu’ils ne l’avaient jamais été - un fléau impitoyable pour le menteur invétéré.

Durant la Guerre des Cauchemars, The Scourged s’abattit sur Dirkden dans un assaut aérien dévastateur, établissant des têtes de pont soigneusement choisies autour des caches de dynasties criminelles. Ils s’en prirent aux antres et aux nodules souterrains des Sectes Génovores lors d’un assaut synchronisé, car les mensonges et la duperie du culte pour dissimuler ces bastions les faisaient briller de l’énergie de la supercherie. Leur assaut infligea des dégâts irréversibles à l’effort de guerre xenos mais les sectateurs s’avérèrent trop nombreux, et la victoire seulement un mensonge de plus.

Forces du Warp

« Nous autres maîtres de l’Ordo Malleus disons souvent qu’il suffit qu’un seul démon franchisse la herse pour que le château soit condamné. Vigilus, jadis un bastion inexpugnable dont l’entrée était barrée par la force, la foi et une technologie ésotérique, est à présent une coquille brisée et en ruine, ses portails ouverts aux quatre vents.»
- Inquisiteur Thanst Rendars-Mao, Ordo Malleus, Délégation Astravigila

Au cours de la Guerre des Bêtes, les maladies psychiques qui infectaient Vigilus donnaient rarement lieu à des manifestations démoniaques. Cela changea, toutefois, lorsque l’invasion du Chaos survint, et la fréquence de ces occurrences s’intensifia dramatiquement au cours de la Guerre des Cauchemars. Les serres des Dieux Sombres enserraient la gorge de Vigilus. Chaque Couronne de Noctilithe plantée dans son sol accroissait la quantité d’énergie empyréenne saturant la planète ; pour les Astropathes de Neo-vellum, ces structures brûlaient plus vivement que n’importe quelle spire en flammes. Une fois les réserves de Sombreroche de Megaborealis pulvérisées, ce fut comme si un barrage avait cédé, et le filet de manifestations démoniaques devint un raz-de-marée. C’était là le legs véritable de la Grande Faille - non pas seulement la panique et la terreur, mais une autre dimension violant la réalité en une déferlante catastrophique d’énergie warp.

La lente descente aux enfers pestilentiels de Dontoria avait été orchestrée de ses sous sols depuis les premiers instants de la Guerre des Bêtes. La Death Guard, ravie de sa vision à long terme, avait infecté la moitié de la plèbe à l’aide d’une abondance hideuse de maladies. Les plus féroces étaient la Pourriture de Nurgle et la Variole Geller, des pestes surnaturelles qui avaient mené des Nurglings et des Glitchlings à infester les allées et les cloaques de zones de quarantaine. Les privations, la soif et la faim infligées à la population, aggravées par l’Anomalie Vhulienne, changea ces zones d’habitations animées en charniers infestés de mouches.

Démons de Nurgle

Quand deux Couronnes de Noctilithe furent érigées à Dontoria, un flux immense de démons de la peste se déversa par la trame élimée de la réalité pour infecter la Ruche. Ils étaient dirigés par l’entité appelée Rotigus le Père des Pluies. Un inlassable déluge d’eaux souillées s’abattait tandis que cette abomination obèse remontait pesamment les rues, ricanant comme le désert aride absorbait les précipitations pour se changer en marais. Des millions des citoyens survivants de Dontoria, rendus à moitié fous par la soif après que leurs réserves d’eaux furent taries, s’abreuvèrent à la pluie viciée - et ce faisant, se damnèrent. L’Astra Militarum, le Munitorum, et même les éléments les plus humains des Princes des Pauvres, goûtèrent aux fluides qui tombaient du ciel chargé. Quiconque laissait cette eau franchir ses lèvres passait ses derniers jours rongé par le flux gris, le tsepsis et la peste-goitre; certains se trouvèrent même à expulser des Nurglings dans une parodie d’accouchement écœurant. Entre-temps, la Death Guard et The Purge s’étaient lancés dans leur guerre pour le contrôle du faux continent condamné, les cadavres bouffis de Dontoria surpassaient dix fois le nombre des vivants, et des démons de la peste de toutes sortes caracolaient dans la ruche.

Démons de Tzeentch

Les fermes à magma de Storvhal étaient le théâtre du phénomène des Feux Dansants, des êtres qui ondoyaient dans les flammes depuis les prémices de la Guerre des Bêtes - de ce que prétendirent les ouvriers, du moins. Les seigneurs et les superviseurs Technoprêtres mirent au départ ces racontars sur le dos de superstitions et d’esprits échauffés par l’environnement - peut-être pour s’épargner une enquête inquisitoriale - et les rumeurs allèrent bon train. Toutefois, la manifestation subite de démons aux couleurs criardes, au moment de la destruction du Silo XV, donna raison aux ouvriers. Les volcans de chaque ferme géothermique commencèrent à déborder. Il ne s’agissait pas d’éruptions naturelles, mais d’une déferlante kaléidoscopique de démons cracheurs de feu dévalant le flanc des montagnes. Pendant un temps, Skitarii, Serviteurs et esclaves luttèrent bravement depuis les Canaux Voschiens pour les contenir. Puis les défenseurs virent l’arrière de leurs lignes attaqué des sectes pyroclastiques qui s’étaient longuement développées au cœur de Storvhal.

Les mortels du Chœur Caracolant hurlèrent leurs supplications aux Ducs du Changement qui jaillissaient des conduits thermiques, tandis que les Hélices Tordues fendaient les flots de laves dans le Réseau de Canaux Voschien, caquetant dans leurs langues abjectes. Aussi insensibles au magma que des plongeurs d’égouts dans une rivière souterraine, ils s’infiltrèrent dans les continents alimentés par l’énergie exportée de Storvhal, et y semèrent un chaos indicible. Les Technoprêtres approuvèrent les protocoles Geothermis Extremis, utilisant leurs réseaux de foreuses à fragmentation pour perforer les plaques tectoniques de Storvhal afin de soigneusement juguler les courants volcaniques en une éruption à grande échelle. Cette fois, ce fut du magma qui jaillit de chaque volcan actif - moins pour incinérer les démons que pour les enterrer sous des milliards de tonnes de roche en fusion. Cette contre-attaque fut dévastatrice, mais elle amputa à jamais l’habile réseau énergétique de Vigilus. Dans les ruches les plus éloignées de Storvhal, les autochandelles et les lumens commencèrent à s’éteindre, et la peur ancestrale de l’Humanité refit surface à travers un paysage seulement éclairé par la Grande Faille. Avec la fin de l’industrie de Storvhal, Vigilus était prisonnier de la plus sombre des nuits.

Démons de Khorne

Les démons qui assaillaient Vigilus le faisaient attirés par la brise chaude et puante de la guerre, et nul ne l’était plus que les démons de Khorne. Certains furent invités par des rituels, d’autres émergèrent de rivières de sang. Au Mortwald, c’est la rage elle-même qui les invoqua. À la périphérie australe de ce faux continent jadis prospère, les ouvriers opprimés des blocs d’habitation enduraient depuis des générations la précarité au nom de leurs maîtres aristocrates et insouciants. Ils trimaient, impassibles, dans les fermes à cactus et les forêts de succulentes épineuses, malgré la souffrance de leur corps et les cicatrices qui les recouvraient de la tête aux pieds, car ils savaient qu’il était de leur devoir de fournir à la population des ruches une verdure trop exigeante pour être cultivée ailleurs sur la planète aride.

Lorsque l’aristocratie du Mortwald accapara cette denrée durement cultivée, la famine fit enfler une colère sourde dans le cœur de la plèbe du Mortwald austral, qui crût un peu plus chaque jour. La rhétorique enflammée se changea en pillages puis en émeutes dans les rues. Trois jours après la Grande Dîme, l’Adeptus Arbites local - mobilisé contre les Orks infestant les tranchées orientales - envoya une missive au Sénat de Vigilus pour annoncer qu’ils avaient perdu le contrôle de la situation. Nul jusqu’alors n’avait conscience de la portée de cette affirmation - peu après, cette région devint le site d’une manifestation démoniaque d’une ampleur indescriptible. Quand le peuple du Mortwald abattit ses poings sanglants sur les portes du Bastion Équilatéral, la forteresse de l’élite du continent, sa rage avait été attisée en une fureur aveugle par les paroles de ses leaders.

Parmi eux se trouvait un groupe de Disciples Noirs qui servaient secrètement un démagogue du nom de Vodt Redtooth. Ce n’est que lorsque l’émeute se changea en ruée, puis en massacre, que Redtooth fit plonger de l’orbite basse son astronef effilé. Atterrissant au sud du Réseau de Tranchées Deinos avec sa suite de Berzerkers de Khorne, il offrit à son pilote de pulvériser les grandes portes qui menaient aux niveaux supérieurs du bastion. S’ils moururent par dizaines sous les éboulis, les citoyens survivants se précipitèrent dans la brèche par milliers, assoiffés de sang. La foule en furie pilla la citadelle, étranglant, battant à mort et démembrant à mains nues ses anciens maîtres qui l’avaient trop longtemps exploitée. Alors que les caniveaux se teintaient du rouge du sang, le voile entre la réalité et l’Immaterium s’affina au point de disparaître. Dans une gerbe de lumière pourpre, les serviteurs démoniaques de Khorne jaillirent du portail scintillant qui s’était manifesté, l’imposante silhouette du démon chasseur de têtes U'zhul en première ligne.

Ils ne se préoccupèrent pas du poste de ceux qu’ils exécutèrent lors du massacre qui s’ensuivit ; des paysans aux corps couverts de cicatrices gisaient sur les cadavres des hommes et femmes les mieux vêtus de Vigilus. Le sud du Mortwald était tombé aux mains des démons de Khorne, tout comme ses tranchées tombaient aux mains des Iron Warriors, et ses sanctuaires à celles du Flawless Host. Bien qu’aucune de ces forces du Chaos n’eût coordonné ses attaques avec les autres, elles furent, ensemble, capables de détruire la zone la plus lourdement défendue de Vigilus après la Ruche Hyperia. Megaborealis subit à son tour la rage de Khorne, car là où les machines démons des Brazen Beasts ravageaient les rues, elles laissaient un sillage de carnage visible depuis le warp comme depuis l’espace réel. Le Cerberite, ce vaste astronef semi-conscient avec lequel les renégats avaient atterri sur Vigilus, rugit sa soif de sang lorsqu’il sentit ses enfants machines-démons se tailler un chemin dans le paysage industriel.

De ses entrailles gargouillante jaillirent des cavaliers Sanguinaires aux cornes immenses juchés sur des Juggernauts d’airain, dévalant les rampes de la barge démoniaque à la suite des Ferrocerberus et des Ferrocentaurus. Battant de leurs immenses ailes en se manifestant dans la réalité, huit Buveurs de Sang musculeux volaient en surplomb, fondant pour hacher les clades d’Onages des Dunes qui criblaient l’astronef des faisceaux perforants de leurs lasers à neutrons. Quand le Fabricator Vosch de Megaborealis vit un relais noosphérique montrant des démons majeurs débiter en morceaux les Titans Warhound envoyés en renfort de l’Adeptus Mechanicus, il activa aussitôt des protocoles de consolidation, abandonnant le quartier à silos pour mettre en place une procédure d’évacuation de conception. Pour lui, il s’agissait d’un calcul binaire dépourvu d’émotion, mais pour ceux qui connaissaient les Technoprêtres de Megaborealis, c’était ce qui s’approchait le plus pour ce clergé d’un aveu de défaite.

Démons de Slaanesh

Partout où un acte de dévouement ou d’exploration gagne dangereusement en intensité, le regard des démons de Slaanesh est invariablement attiré. Sur Vigilus, là où la population était frappée par la folie depuis des décennies, les hordes du Prince du Chaos virent en ces paysages déchirés par la guerre un paradis somptueux. Les forces de Slaanesh furent observées sur de nombreux théâtres d’opérations de Vigilus, car chaque ruche était pourvue de sa propre version de l’excès. Dans Hyperia, il s’agissait de la splendeur dorée, de la fierté qu’avaient ses leaders corrompus à dilapider les dîmes de la planète pour leur épanouissement personnel. Dans le Mortwald, c’était la rapacité, car l’aristocratie s’était révélée gloutonne, se repaissant après avoir accaparé les vivres d’un continent entier. Dans la Ruche Oteck, la populace tentait désespérément de préserver les réserves d’eau siphonnées par l’Anomalie Vhulienne, conduisant à l’accumulation d’aqua-récipients et à l’élévation au rang de monarque les magnats de l’eau.

Par endroits, des tribus urbaines obnubilées par le liquide ne mourraient pas de soif, mais d’avoir trop bu d’eau croupie pour leur organisme - et ce faisant, ouvraient la voie à des manifestations démoniaques. Dans un premier temps, là où le voile s’élimait, ces apparitions naissaient d’un chatoiement de l’air - un violet rougeâtre, un pêche franc, un rose maladif et toutes les couleurs de la chair mélangées. De ce portail émergeait une courtisane de Slaanesh, puis une autre, puis toute une cour de Démonettes, chantant, piaillant et gémissant d’extase en gambadant entre les citoyens médusés qui les avaient invoqués - volontairement ou non. Venait ensuite un Héraut de Slaanesh, muse des désirs obscurs, grande et sculpturale, dont la présence hypnotisait chaque âme contemplant les opportunités d’excès débridés quelle incarnait. D’un claquement de griffe, elle donnait alors le coup d’envoi de la tuerie, et la menace de conflit frémissante bouillait en un flot de sauvagerie endiablée.

Ces démons de l’excès qui ne vivaient que pour l’ivresse de la chasse trouvèrent Vigilus plus qu’à leur goût. Dans les villes, ils poursuivaient leurs proies le long de rues sinueuses, juchés sur de vifs destriers et des chars élégamment sculptés, lacérant le dos des fuyards. Dans Hyperia, la Garde Vigilante envoyée dans l’Anneau du Néant pour mettre un terme aux massacres des démons autour de la capitale détruisit bien quelques auriges, mais jamais elle n’était assez rapide pour neutraliser la force tout entière. L’avant-garde de la cavalerie démoniaque bondissait sur les lignes de l’Astra Militarum, puis se ruait librement à travers les barricades avec l’aisance d’un poisson-lame dans un récif corallien. Trillant de joie, les cavalières assassinèrent officiers et Commissaires. Lorsque le cœur de la chevauchée frappa, les chars aux roues lamées s’enfoncèrent dans les rangs de l’Astra Militarum comme des auto-faucheuses dans un champ d’herbes hautes. Le sang jaillit en grandes gerbes, scintillant sous l’éclat de la Grande Faille - une vue sombrement sublime qui attira le démon majeur Leiw’Aquasca dans la mêlée.

La Rôdeuse Blafarde[13]

Dans les plaines glacées du Fléau de Kaelac, les Drukharis triomphants firent face à un adversaire des plus dérangeants - un avatar de leur némésis, la créature qui jadis avait assailli le Laurels of Victory. Durant la guerre pour Vigilus, les Eldars Noirs avaient maintes fois affronté les Thousand Sons, les Aeldaris comme les soldats de l’Heretic Astartes cherchant à utiliser le portail sur la toile dissimulé sur le continent comme base pour leurs opérations. Les Drukharis étaient les plus légitimes, car ils utilisaient la toile depuis bien avant que l’imperium se fût aventuré dans le vide - ils considéraient les Thousand Sons comme des parasites devant être exterminés. Mais ils trouvèrent en les Rubricae et leurs maîtres diaboliques un adversaire irréductible et quasiment insensible à leurs poisons et armes de souffrance. Les Drukharis furent finalement capables de défaire les Rubricae grâce à un antique dispositif de terraformation qu’ils avaient exhumé, en abaissant la température du Fléau de Kaelac au point que le blizzard et les congères gelèrent les automates sur place. Mais les sorciers, qui fendaient les cieux sur des disques démoniaques chuchotant des secrets dans une langue étrange et gutturale, demeuraient actifs.

Privés de leurs fantassins, ils se retirèrent de la zone de guerre non sans d’abord perpétrer un rituel démoniaque en guise de cadeau de départ. Toutefois, ce sort n’attira pas un démon majeur de Tzeentch mais un de Slaanesh - et non des moindres. La Rôdeuse Blafarde du Fléau de Kaelac était une chasseresse d’une patience et d’un talent inhumains. Haute de quatre mètres, elle était assez forte pour empaler un Raider en plein élan de sa lance avant de l’abattre sur le sol gelé pour le briser en morceaux, et elle pouvait demeurer invisible à volonté, sa peau d’albâtre se mêlant parfaitement au blizzard. Elle traqua les Drukharis qui écumaient le continent gelé comme un aigle chasse les corneilles, dévorant les cadavres des vaincus en distendant ses mâchoires afin de les avaler tout rond. La reine-démon aux nombreux appendices arborait les griffes des mantes des glaces assez sottes pour l’attaquer, se façonnant ainsi une silhouette encore plus étrange et redoutable. En trois semaines, les Drukharis avaient perdu près du tiers de leur nombre. Les survivants étaient si terrorisés par la menace de la rôdeuse invisible qu’ils effectuèrent une dernière incursion dans les ruches, capturèrent autant de victimes qu’ils le purent, et se retirèrent de Vigilus.

De manière retentissante, le carnage du Gardien des Secrets recouvrit la moitié de la macro­ autoroute Van Gollick avant que le démon sculptural ne soit finalement abattu par les efforts conjugués de Tempérance Biaise et de ses compagnes Chanoinesses. Dans les déserts à l’extérieur des ruches, la chasse artistique dont se régalaient les démons se changea en bataille sauvage lorsque des bandes montées de Slaanesh se confrontèrent aux Speed Freeks qui avaient fait des étendues sauvages leur domaine. Les Orks furent d’abord désorientés par ce nouvel adversaire, et étaient hébétés de voir que les bêtes élancées pouvaient tenir la vitesse de leurs bolides et de leurs chariots bardés d’armes. Puis les visages des démons se fendirent de sourires malsains, et ils se jetèrent pour trancher et étriper les pilotes des engins, qui allaient alors s’écraser entre les dunes.

La rumeur de l’existence de ces chasseresses se répandit aussi vite que les Orks pouvaient se rendre d’un camp à l’autre, et l’assaut démoniaque suivant était accueilli par une grêle de projectiles solides. Une nouvelle course débuta dans le désert, car l’excès de vitesse nourrit les démons du Prince du Chaos aussi sûrement que n’importe quel autre, et les Orks ne sont pas de ceux qui refusent un défi. Bien qu’il n’existe aucun enregistrement impérial de ce conflit, les rumeurs et les récits de cavalières blafardes affrontant les rustiques véhicules peaux-vertes abondèrent au cours de la Guerre des Cauchemars.

Forces de L’Imperium

« La Grande Faille nous promettait la guerre, et par l’Empereur, nous l’avons eue. Certains crurent la planète perdue lorsque la flotte hérétique apparut dans le ciel. Mais ce sont des lâches et des fous qui méritent la mort.»
- Vanguard Dain Fellerus, Kill Team du Glaive d’Ébène.

La machine de guerre de l’Imperium, quasiment anéantie durant la première phase de la Guerre des Bêtes, était revenue de l’abîme grâce à l’arrivée de l’Adeptus Astartes. Lors de la Guerre des Cauchemars, ils furent à leur tour durement éprouvés. la Guerre des Bêtes avait coûté cher à Vigilus. Le soulèvement des Princes des Pauvres, déclenché prématurément par l’invasion Ork, avait eu des effets dévastateurs sur les lignes d’approvisionnement et l’infrastructure de la planète, car il avait contourné toutes les défenses de Vigilus pour frapper de l’intérieur. Avec les déserts sous le contrôle des orks et les nombreuses victoires secrètes dores et déjà remportées par les cultistes Génovores avant leur rébellion ouverte, les forces impériales, qu’il s’agisse de l’Astra Militarum, de l’Adepta Sororitas ou de l’Adeptus Astartes, étaient en mauvaise posture. L’arrivée du Chaos sembla sonner l’hallali pour la planète, car le plan d’invasion en trois étapes d’Abaddon menaçait de plonger Vigilus dans l’abîme.

Certains stratèges de Vigilus avancèrent que les attaques xenos avaient été ordonnées par le Maître de Guerre pour épuiser les ressources de la machine de guerre impériale. Ces malheureux furent condamnés à mort et pendus pour avoir commis le crime d’envisager le pire face à la catastrophe. Des adversaires honnis comme les peaux-vertes et les xéno-cultistes étaient suffisamment terrifiants sans qu’il y ait besoin de faire courir la rumeur selon laquelle ils servaient les objectifs indicibles des Heretic Astartes. Ces hypothèses délirantes recelaient toutefois une part de vérité. L’Ouverture de la Grande Faille fut un tournant dans l’Histoire, ce que même les esprits les plus obtus ne pouvaient nier. L’invasion ork avait jailli des profondeurs de cette tempête warp avant de déferler sur Vigilus.

Les érudits de la Sainte Inquisition de l’Empereur qui étudiaient les actions du Maître de Guerre avaient noté que nombre des systèmes visés par ses Croisades Noires avaient été engloutis par la Cicatrix Maledictum, y compris la Porte Cadienne. Le fait qu’il cherchât à conquérir un monde sentinelle gardant le Piège de Nachmund n’était sans doute pas une coïncidence. Quelle que soit la vérité, le début de l’invasion du Chaos marqua une nette dégradation de la situation pour les forces impériales stationnées sur Vigilus. Le Sénat de Vigilus était le théâtre de débats toujours plus houleux, car les délégués étaient contraints de prendre des décisions toujours plus difficiles. Leurs forces étaient au bord de la rupture, et même si elles firent tout pour sauver la planète, le Sénat dut se résoudre à des expédients. Néanmoins, l’Imperium, aussi obstiné qu’à son habitude, refusa de céder.

Des conflits urbains faisaient rage dans toutes les étendues ruchières, la nouvelle guerre contre les hérétiques s’ajoutant au conflit contre les xenos. La grande majorité des Chapitres Space Marines présents sur Vigilus furent affectés au groupe de combat baptisé les Gardiens d’Hyperia, car Hyperia était le siège principal de la gouvernance et de la stratégie, et elle ne devait pas être perdue. De là, les forces d’élite de l’Imperium s’opposèrent frontalement à l’assaut du Chaos, jetant toujours plus de ressources et d’hommes dans le broyeur de la guerre.

Dirkden

Le continent qui souffrit le plus de ces nombreuses menaces fut la gigantesque étendue urbaine de Dirkden. Cette région était devenue un terreau fertile pour le crime et la corruption depuis la dégradation désastreuse des relations entre ses dynasties dirigeantes et le Conseil Aquilarien sur la question de la Muraille Hyperia-Dirkden. Après cela, les Princes des Pauvres investirent le faux continent depuis Megaborealis au nord, où les xenos prospérèrent. L’Astra Militarum du Groupe de Réclamation de Dirkden et leurs alliés Crimson Fists évacuèrent une grande partie de sa population vers Hyperia, mais ils ne purent tous les sauver, notamment lorsqu’il apparut que nombre de régiments avaient été infiltrés en masse par les xéno-cultistes. Lors de la Guerre des Cauchemars, les batailles impliquant les Night Lords, the Scourged et les Princes des Pauvres causèrent des incendies sur une grande partie du continent, validant a posteriori la décision de Calgar d’évacuer. Seule l’Arrière- garde de Dirkden fut laissée en arrière pour couvrir le repli des Impériaux, car cette étendue Ruchière était perdue à coup sûr.

Dontoria

Le Sénat de Vigilus raya ensuite Dontoria de la liste de zones de guerre viables. Durant la Guerre des Cauchemars, les fléaux qu’y répandit la Death Guard devinrent de véritables épidémies, et la quarantaine fut étendue à la totalité de l’étendue Ruchière. Tandis que la population s’enfonçait dans le désespoir, le Corps de Quarantaine de Dontoria, composé d’éléments de l’Adeptus Astartes et de l’Astra Militarum, cessa de tenter de sauver les citoyens pour imposer la loi martiale afin que nul ne puisse s’échapper, ce qui mina encore davantage le moral des Impériaux. Beaucoup de soldats de la Garde Vigilante étaient originaires de la Grosse Putride, comme Dontoria était affectueusement surnommée, et la quarantaine condamnait leurs familles à périr à cause des maladies surnaturelles, ou des campagnes d’extermination de The Purge.

Toutes les voies de navigation autour de l’étendue Ruchière furent fermées, et les convois qui en sortaient furent neutralisés, soit par les pilotes de la Marine de Guerre Impériale chargés de faire respecter la quarantaine, soit par les Fondus d’la Vitesse orks qui sillonnaient le désert. Calgar avait déjà affronté les séides du Dieu de la Peste, et même si ces mesures semblaient extrêmes, ils savaient qu’ils n’avaient pas le choix.

Mortwald

La chute du Mortwald suivit de près celle de Dontoria, lorsqu’il fut attaqué de l’intérieur comme de l’extérieur par le Chaos. Les Troupes de Chocs Cadiennes et les Nobles Ventrillians stationnés dans le Réseau de Tranchées Deinos et la Ligne Tzeller se battirent avec honorablement, gagnant le respect des Imperial Fists, des Mortifactors et des Fire Lords qui servaient à leurs côtés. Les Gardes de la Jungle de Catachan, peu nombreux mais fort puissants, étaient dans leur élément au sein des jungles hydroponiques et des champs de cactus empoisonnés, stoppèrent la progression des Kommandos Orks qui avaient envahi les réseaux de tranchées, et les Fidèles de Vigilus extirpèrent le chancre xenos des districts rejuvenat en faisant preuve d’un zèle remarquable.

Pendant un temps, le Mortwald tint bon. Mais alors que les classes dirigeantes se retiraient en lieu sûr, les citoyens abandonnés se tournèrent vers les guides plus diaboliques pour se venger de leurs mauvais traitements, et le fléau du Chaos commença à prendre racine. L’assaut de quatre directions - le Flawless Host contre les citadelles et les palais, la Black Légion contre les sites stratégiques, les démons de Khorne se battant aux côtés des révolutionnaires dans les rues, et les maîtres du siège des Iron Warriors assaillant les tranchées orientales - dépassa même les Imperial Fists. Le capitaine Fane en personne informa Calgar de la chute du faux continent.

Oteck

Durant la Guerre des Cauchemars, les cieux au-dessus d’Oteck étaient zébrés par les traînées des appareils du Groupe Défense Combiné qui livraient d’âpres combats pour reprendre le contrôle des réserves d’eau. Au sol, l’Adepta Sororitas pourchassait les xéno-cultistes du Culte Génovore. Tandis que les opérations impériales se concentraient sur la menace que faisait peser le Maître de Guerre, et même si les Sœurs de Bataille affrontaient des adversaires très divers sur tous les fronts, leurs ordres s’efforçaient de défendre leurs territoires contre les xenos. À la fin de la guerre, la Ruche Oteck était devenue méconnaissable. Les explosions souterraines de l’Abîme Greigan avaient exposé un réseau de tunnels creusé par les mineurs et les équipes d’excavation des Princes des Pauvres. L’Adepta Sororitas investit en force ces galeries pour les purger, les ordres de l’Ultime Prieure et du Suaire d’Argent œuvrant de concert pour étendre les protocoles d’incinération à toutes les zones jugées irrémédiablement perdues.

Cependant, plus elles s’enfoncèrent dans le dédale qui courait sous Oteck, et plus l’ampleur de leur tâche leur apparut clairement. Les tunnels s’étendaient non seulement en dessous d’Oteck, mais jusque dans le désert, en direction de Dirkden et Hyperia. Lorsque les infrastructures éclairées par des Lumiglobes de la ville laissèrent la place à d’innombrables conduits creusés à même les couches sédimentaires de la planète, les Sœurs de Bataille appréhendèrent enfin toute l’ampleur de l’infestation xenos. Elles se retrouvèrent en effet confrontées à des milliers de kilomètres de tunnels labyrinthiques qui reliaient les faux continents entre eux, et tandis quelles les exploraient, torche et bolter en main, elles virent que nombre d’entre eux étaient peuplés de monstrueuses aberrations. Les purger entièrement prendrait des années et, avec le fléau du Chaos qui s’abattait sur les villes en surface, elles n’en avaient tout simplement pas le temps. Le problème fut rapporté à Tempérance Biaise, de l’Ordre de Notre-Dame des Martyrs. Sa première réaction fut la colère, mais elle finit par admettre qu’Oteck était irrécupérable, et elle recommanda que toutes les forces de l’Adepta Sororitas se rassemblent à Hyperia pour un dernier carré.

Les Désolations

« Par la sainte trinité du bolter, du lance-flammes et du fuseur nous allons détruire, incinérer et annihiler les traîtres jusqu’au dernier. L’Empereur omniscient nous observe, même sous ces deux troublés. Il nous donne la force de forger la glorieuse destinée du genre humain, et sous son regard, nous ne saurions faillir. »
- Sœur Supérieure Verita Gondari, Ordre du Calice d’Ébène.

Les désolations qui séparaient les étendues Ruchières appartenaient presque exclusivement aux orks, car les seigneurs de guerre et les Gros Meks de la Speedwaaagh! appréciaient les vastes étendues incultes parce quelles étaient désolées. Bien qu’ils disposassent de peu de ressources en dehors de celles qu’ils avaient prélevées sur leurs vaisseaux, les Orks défendirent leurs territoires avec tout ce qu’ils pouvaient, et se battaient comme des ours enragés pour préserver les cités-casses qui défiguraient l’horizon. Malgré cette menace, l’Adepta Sororitas brava le désert pour s’assurer que leurs convois et missions miséricordieuses les franchissent sans encombre.

L’Ordre du Calice d’Ébène contribua grandement à l’effort de guerre lorsqu’il dressa une carte des lieux où les Orks se rassemblaient, et des itinéraires des courses de la Speedwaaagh! autour du globe. Une fois diffusée via les Ordres Dialogus, elle s’avéra une aide indispensable pour les escortes des convois d’eau et des colonnes de réfugiés qui quittaient les étendues ruchières perdues pour rejoindre les zones contrôlées par l’Imperium. Toutefois, lorsque les peaux-vertes comprirent que s’approcher d’une colonne escortée par l’Adepta Sororitas marquait le début d’une féroce bataille, les xenos belliqueux écumèrent les désolations pour trouver des convois impériaux sous la protection des Sœurs de Bataille.

Les Orks n’étaient toutefois pas la seule menace qu’affronta l’Adepta Sororitas lors de telles missions, car le désert grouillait de Drukharis en maraude, d’éclaireurs xéno-cultistes, de rats-taupes géants et de troupeaux de Grox sauvages. Après que les Word Bearers de la force d’invasion d’Abaddon eurent édifié d’infâmes Couronnes de Noctilithe sur toute la planète, les désolations furent également la proie de tempêtes vivantes d’énergie empyréenne - des phénomènes surnaturels connus de l’Adepta Sororitas sous le nom de Fantômes-Warp - et même des manifestations démoniaques. Aucune région de Vigilus n’était véritablement à l’abri.

Le Fléau de Kaelac

Durant la Guerre des Cauchemars, le Fléau de Kaelac fut complètement abandonné par l’Imperium, dont les forces armées se replièrent pour soutenir la forteresse d’Hyperia tant quelle tenait encore. Les Void Tridents et les Castellans of the Rift avaient combattu âprement les Kultes d’la Vitesse de Mekstopville, afin que les ouvriers des carrières de glace et les Skitariis qui les supervisaient échappent à la menace Drukharis sur le continent de glace. Grâce à ces chapitres Primaris, Nombre de convois chargés de glace atteignirent les points les plus proches à Oteck, dans le Mortwald et à Hyperia, où les besoins en eau étaient aussi préoccupants que le manque de main-d’œuvre. L’eau pure fut rapidement distribuée à la population, mais pas comme ils l’avaient prévu. Lorsqu’ils rejoignirent la civilisation, nombre de convois furent la cible d’attaques savamment orchestrées par des bandes de xéno-cultistes et des groupes financés par les seigneurs de la pègre d’Oteck et du Mortwald.

Des unités de la Garde Vigilante les affrontèrent, ainsi que des Fidèles de Vigilus et la Garde des Piqueurs de Rivière d’Utica, mais avec l’apparition d’éléments hostiles dans toutes les directions, les forces impériales furent rapidement submergées. C’est ainsi que l’aqua glacius pour laquelle les chapitres Primaris s’étaient battus comme des lions fut consommée par des criminels, des fous et des hybrides xenos au lieu des civils et des soldats à qui elle était destinée.

Hyperia

L’Imperium avait été contraint de céder des zones de guerre contestées les unes après les autres à mesure que la Guerre des Cauchemars se poursuivait, mais il était néanmoins parvenu à consolider ses ressources à Hyperia. Tant que cette étendue Ruchière naguère prospère serait sous le contrôle impérial, la guerre ne serait pas perdue, et cette zone de guerre reçut régulièrement des renforts sur ordre de l’Adeptus Ministorum comme du Sénat de Vigilus. Le Refuge du Saint avait subi une attaque punitive de la part des Aeldaris, ainsi que les assauts répétés des Orks au cours des deux conflits. Ses défenses comprenaient des contingents d’Ultramarines et de onze autres chapitres, dont les Black Templars, les Howling Griffons, les Silver Skulls et les Space Wolves de Krom Œil de Dragon. L’étendue Ruchière était le donjon au centre de la forteresse de Vigilus : les remparts avaient vacillé, mais la place forte elle-même n’était pas tombée. Peu avant la fin de la Guerre des Cauchemars, les défenseurs de la planète se rassemblèrent à Hyperia pour l’affrontement décisif.

Une Lueur, Dans le Firmament

Lorsque le légendaire cuirassé de classe Gloriana Vengeful Spirit, gagna d’urgence le Warp, il le fit au mépris des normes de sécurité. Ainsi, il échappa au vortex qui assaillait ses flancs, créé par la détonation des missiles Deathstrike tirés par le Vaul’s Ghost. Le vortex se dissipa dans la tempête d’énergie générée par le vaisseau lors de son passage dans la dimension infernale du warp. Ainsi, le Vengeful Spirit survivrait pour affliger l’Imperium, toujours commandé par le Maître de Guerre. Malheureusement pour la flotte du Chaos regroupée autour du vaisseau amiral, la brèche causée par la translation d’urgence, aggravée par les ogives Vortex, vomit des quantités colossales d’énergie empyréenne qui consumèrent des dizaines de vaisseaux avant de se fondre dans la Grande Faille, car après la destruction du Silo XV et l’érection des Couronnes de Noctilithes, cette vaste tempête Warp avait gagné les abords de Vigilus et menaçait toutes les flottes présentes.

En forçant son adversaire à tourner les talons, Calgar avait non seulement privé la flotte du Chaos de leur élément le plus précieux, mais il lui en avait également arraché le coeur. Il avait en effet retourné l’énergie qui avait si longtemps affligé Vigilus contre ceux qui avaient cherché à l’amplifier, et exilé un tiers de la flotte du Chaos dans les régions infernales du warp. Malheureusement, un grand nombre d’appareils impériaux furent pris dans le contrecoup de la translation d’urgence dans le warp : outre une dizaine de navires de moindre importance et de torpilles, le Duke Aareloph et le Haraju Monarch furent perdus corps et biens. Le Sénat de Vigilus considéra néanmoins que ce sacrifice en valait la peine. Sitôt que la brèche dans le Warp commença à se fondre dans la masse de la Cicatrix Maledictum, la Marine de Guerre Impériale reprit l’offensive, avec le renfort de vaisseaux que Calgar avait envoyé en reconnaissance durant l’approche initiale de Vigilus. Le cours de la bataille tourna, passant d’un dernier carré à un engagement indécis à longue portée puis, tandis que toujours plus d’appareils impériaux se joignaient aux hostilités, à une lente marche vers la victoire.

Au sol, le Seigneur Macragge fit en sorte que les troupes du Chaos apprennent que leur armada avait été durement frappée. Grâce à l’émetteur vox du principal Apothecarium du Refuge du Saint, Calgar annonça d’une fois forte et assurée l’inévitable victoire des troupes impériales. Ce message fut relayé par les propres Laudaphones du Ministorum, qui avaient été installés dans toutes les étendues Ruchières pour transmettre les sermons du Pontifex Galluck. Tous ceux qui doutaient des assertions de Calgar n’avaient qu’à lever les yeux vers le ciel nocturne, où un vortex bleu-vert était entouré des minuscules lueurs de ce qui avait été la flotte du Chaos.

Les Rouages de la Justice Tournent Lentement

« Je pensais à l’époque qu’Hyperia était le rêve des snipers. Nombre d’aires, quantité de spires, une infinité de places, de parcs et de boulevards s’étirant jusqu’à l’horizon. Puis j’ai appris ce qui nous attendait à la cime de ces Spires. "Ne regardez pas en haut," disaient les Vigilites. Mais en gardant nos yeux rivés sur les rues, nous avons laissé l’ennemi retourner les cieux contre nous. »
- Vandar Tharke, Sergent Eliminator.

Les vaisseaux de l’Ecclésiarchie ne furent pas les seuls à se poser après la déroute de la flotte du Chaos. Dès la première phase de la Guerre des Bêtes, Lucienne Agamemnus avait envoyé un message astrotélépathique à Terra pour demande une aide très spécifique, le message transitant par Neo-Vellum et le Piège de Nachmund. Le message avait été reçu par l’Adeptus Astra Telepathica et, après être passé par une décennie de procédures, et avoir été perdu pour un temps, il était parvenu jusqu’aux Hauts Seigneurs de Terra. On accéda enfin à la requête de la gouverneure, même si celle-ci était alors morte depuis longtemps. En conséquence de la décision des Hauts Seigneurs, un petit vaisseau évoquant un oiseau de proie de retour de la Porte Cadienne fut dérouté vers Vigilus. Celui ci abritait trois Assassins Impériaux dans son habitacle, et trois de plus dans la chambre de stase de sa soute. Le fait qu’un si grand nombre d’agents soit affecté par l’Officio Assassinorum à Vigilus témoigne de l’importance stratégique de cette planète.

Les trois assassins en stase appartenaient au temple Eversor, et ils furent déployés via un module d’atterrissage au coeur de l’Agglomération Occidentale de Cités-casses. Une semaine à peine après l’atterrissage, ils avaient éliminé à eux trois six seigneurs de guerre orks, quinze Gros Meks, et détruit le Grand Gargant Gorkzilla. Tandis que les Eversors s’en prenaient aux peaux-vertes, les autres s’en prenaient aux cultistes Génovores. Pas moins de vingt deux dirigeants des Princes des Pauvres furent éliminés par trois Callidus baptisées les Filles de Meh’Lindi. Ces infiltratrices avaient pris l’aspect de Génovores Hybrides pour se rapprocher autant que possible du coeur du culte. Le point d’orgue de leur mission secrète vit l’élimination du Patriarche, le Grand Sire Verm, par une lame de phase même si aucun assassin n’en réchappa.

Elles ne s’étaient pas rendu compte qu’il y avait plus d’un Patriarche sur Vigilus, car la planète était suffisamment peuplée pour accueillir plusieurs géné-sectes, ni que Grand Sire Verm pouvait se réincarner et être accueilli comme un sauveur par ses ouailles. Les Assassins ignorèrent complètement la présence du Chaos sur Vigilus, car la requête de feue la Gouverneure avait été émise bien avant le début de la Guerre des Cauchemars, si bien que les hérétiques n’entraient pas dans les paramètres de leur mission. Mais leur intervention déstabilisa, à défaut de les arrêter, les invasions xenos qui menaçaient depuis si longtemps Vigilus. Ce faisant, ils permirent aux Impériaux de se concentrer sur les renégats et les traîtres qui rôdaient encore dans les rues. C’était un nouveau pas sur le chemin de la victoire, ce qui n’était pas pour déplaire à Marneus Calgar.

Au Bord du Gouffre

« Chaque guerre, chaque mort, chaque spectacle sanglant de l’histoire humaine s’est produit sur Vigilus. Ne m’en dites pas plus, mon ami, sous peine de me faire sombrer dans la folie en envisageant pire que ce que je sais déjà. »
- Godfred l’Affligé, Prophète des Désolations de Vigilus.

Vigilus était totalement dévastée, mais l’Imperium refusait de céder. Bien que l’anomie régnât dans chaque étendue Ruchière, y compris Hyperia, le Refuge du Saint tenait bon et, avec la déroute de l’armada du Chaos, les renforts commençaient à atteindre la planète. La guerre n’était pas finie. Les discours de Calgar furent diffusés à grande échelle et les millions de sujets impériaux qui, sous l’emprise de la panique, avaient cherché refuge dans les souterrains ou s’étaient détournés de l’Empereur les entendirent. C’était les paroles d’un des fils du Primarque, devenu une légende vivante durant la guerre, dont même les tribus les plus reculées connaissaient le nom. Et ce héros de l’Imperium les exhortait à contre-attaquer, à garder la foi et à faire en sorte que, bien que Vigilus fût durement éprouvée, elle ne sombrât pas à jamais dans les ténèbres.

Au départ, le message fut ignoré, car les habitants de Vigilus avaient été traumatisés par les tueries et ne pouvaient pas reprendre la lutte à l’écoute de simples mots. Mais ici et là, de nouvelles troupes se joignirent aux combats, en provenance de zones de guerre que le Sénat de Vigilus estimait perdues. Du Fléau de Kaelac vinrent les Void Tridents et les Castellans of the Rift ; du Mortwald, les survivants des troupes du Capitaine Fane ; et d’Oteck arriva non seulement un important contingent de Sœurs de Bataille, mais aussi Haldor Icepelt et l’héroïque Brand Sabrewulf, ultime survivant de la force de frappe qui avait affronté les insurgés xenos. Des Troupes d’Assaut Cadiennes et des Nobles Ventrillians combattaient aux côtés des milices des Prêcheurs du Munitorum ; les Mortifactors joignirent leurs forces à celles des Auxiliaires Ogryn ; et les Ultramarines étaient accompagnés de la Garde Vigilante. Lorsque les premiers vaisseaux du Ministorum envoyés en renforts émergèrent du Piège de Nachmund et se posèrent sur Vigilus, les germes de l’espoir semés plus tôt commencèrent à porter leurs fruits. Une fois l’Anomalie Vhulienne circonscrite à l’issue de la frappe des Dark Angels sur la Citadelle Vigilante, et avec la flotte du Chaos en déroute, il fut possible d’envoyer à nouveau des vaisseaux en orbite, et de les faire atterrir ensuite à Hyperia.

Répondant à l’appel de Slyne Galluck et aux demandes de Tempérance Biaise, de plus en plus de navires de l’Ecclésiarchie arrivèrent, chacun débarquant un nouveau bataillon de Sœurs de Bataille. L’Adepta Sororitas entreprit d’extirper le chancre du Chaos et de l’invasion xenos d’Hyperia, quartier après quartier, un bâtiment vétuste après l’autre. Chaque jour, Calgar modifiait ses discours pour y intégrer les dernières nouvelles, tissant des récits voués à inspirer une population qui commençait à croire que Vigilus pouvait être sauvée. À chaque nouvelle aube, davantage d’habitants quittaient leurs cachettes pour prendre les armes aux côtés des Sœurs de Bataille; ils vinrent d’abord seuls, puis en petits groupes, puis en foules, jusqu’à ce que les effectifs des Frateris Militia rivalisent avec ceux de l’Adepta Sororitas.

Un petit groupe de vaisseaux de guerre franchit le Piège de Nachmund, car même si ce chenal était devenu plus dangereux que jamais, il n’avait pas disparu. Chaque vaisseau contenait certes à peine quelques centaines de guerriers, mais la propagande ne manqua pas d’insister sur leur arrivée pour regonfler le moral de la population. S’il semblait en effet que seule Hyperia pourrait être sauvée au départ, à mesure que les troupes impériales atteignirent la capitale, les soldats sous les ordres de Calgar repassèrent à l’offensive. L’Imperium avait entamé la longue route de la reconquête, mais nul ne pouvait encore dire si cet objectif était réalisable.

Vigilus ne pouvait être abandonnée, ni être condamnée à l’Exterminatus comme l’exigerait la doctrine militaire Impériale. Comme Calgar l’avait répété à de nombreuses reprises, c’était une planète que l’Imperium ne pouvait se permettre de perdre. Certains, fort peu nombreux, étaient persuadés que Vigilus pourrait un jour être à nouveau un pivot du dispositif impérial, mais il était difficile de dire si le Seigneur Macragge était de leur nombre. Nombreux étaient ceux qui entrevoyaient un funeste destin pour la planète, mais ils n’osaient exprimer cette opinion. L’air était lourd de possibilités sinistres, que tous refusaient d’envisager. La guerre pour la planète-sentinelle pouvait fort bien devenir un gouffre insatiable où seraient peu à peu englouties les ressources de l’Humanité, sans que jamais l’Imperium triomphe de ses ennemis.

Épilogue

Encore aujourd’hui, Vigilus reste une Zone de Guerre cauchemardesque.

L’Apocalypse s’était déchaînée sur Vigilus, pourtant l’Imperium n’avait pas renoncé à cette planète. Ses seigneurs se moquaient des milliards de morts. L’histoire ne se souviendrait que de la victoire finale et de toute façon, la survie de Vigilus l’emportait sur tout le reste.

Même si Hyperia était toujours contestée, les étendues ruchières d’Oteck et de Dirkden étaient considérées comme perdues, si bien que l’Imperium n’y menait plus que des retraites martiales. Dontoria était mise en quarantaine. À l’extrême sud, le Fléau de Kaelac était devenu plus froid et plus hostile que jamais. Au cours de leur guerre territoriale contre les Thousand Sons, les Drukharis avaient utilisé une technologie de terraformation volée pour créer des blizzards et un permafrost, tandis que des tempêtes de neige gênaient leurs ennemis. Ensuite, les pillards Xenos avaient rassemblé des centaines de milliers d’esclaves capturés dans les cités plongées dans l’anarchie de Dirkden, Oteck, et même au sud du Mortwald. En effet, dans ces régions, les défenses s’étaient totalement effondrées. Les Drukharis emmenèrent leurs victimes à Commorragh, dont un nombre conséquent de guerriers de l’Adeptus Astartes, y compris plusieurs escouades de Necropolis Hawks rendus fous par les armes surnaturelles des Hémoncules.

Les Asuryanis choisirent de se retirer. Suite à la mort d’une grande partie du Conseil Aquilarian, y compris la branche Hyperienne de la Dynastie Agamemnus, et de leurs conseillers, ainsi que des Tempestus Scions qui avaient accompli la sinistre besogne, les Aeldaris considérèrent que la dette de sang envers Saim-Hann avait été payée. La perte du Vaul’s Ghost serait pleurée, car un tel navire n’était pas facile à remplacer, mais aux yeux du Grand Prophète Keltoc, son sacrifice en avait valu la peine. Porter une telle estocade au Maître de Guerre du Chaos valait bien la perte de cent navires tels que le Vaul’s Ghost.

Nul ne sait ce qu’il advint de la Speedwaaagh! Krooldakka. Dans les cités de la planète, les forces des Orks se faisaient rares. Ils s’étaient rués contre les défenses de l’Imperium, puis contre les envahisseurs du Chaos avec tout autant d’enthousiasme, et avaient subi en retour des pertes colossales.

Néanmoins, les désolations étaient toujours infestées de Peaux-Vertes, et des nuages de poussière continuaient d’apparaître sur les captures-picts prises par les Auspex des stations de surveillance de Neo-vellum. L’agressivité des Orks n’était pas entamée, et ils étaient toujours attirés par les ultimes batailles qui faisaient rage en cette fin de Guerre des Cauchemars. La rumeur affirmait que les deux tiers des cités-casses étaient toujours opérationnelles, si bien que les Orks représentaient encore une menace pour ceux qui s’aventuraient dans les désolations.

Pire encore, tous les Orks de la galaxie étaient désormais au courant que Vigilus était un endroit idéal pour trouver une bonne baston. Des flottes d’Orks affluaient de tous les systèmes du Sous-secteur Nachmund afin de se joindre à la fête avant qu’il soit trop tard.

Les Princes des Pauvres se battaient bec et ongles pour conserver leurs domaines chèrement acquis. Des hybrides de première et de deuxième générations combattaient aux côtés des Génovores Pure-Souche, et même de Grand-père Wurm, afin de chasser les envahisseurs du Chaos. Ils remportaient des victoires sanglantes en certains endroits, et subissaient à d’autres des défaites cuisantes. Malgré tout, ils infestaient toujours Dirkden, cependant il s’avéra que leur rébellion avait été prématurée, et à la fin de la Guerre des Cauchemars, leurs territoires étaient morcelés. Les xenocultistes regardaient régulièrement vers le ciel, dans l’espoir que leurs libérateurs Tyranides arrivent et les récompensent dignement. Néanmoins, ils ne voyaient que des signes du Chaos et les remous de la Grande Faille.

Les ennemis de l’Imperium s’étaient entre-tués, si bien qu’il semblait que l’Humanité pourrait s’en sortir. La propagande impériale se remit en route, célébrant chaque victoire, même les plus mineures.

Les prêcheurs et les commissaires de l’effort de guerre impérial parlaient d’espoir comme les forces du Chaos se retiraient. Ils évoquaient la victoire finale, la nuit précédant une nouvelle aube. En dépit des nuages de fumée et des incendies qui faisaient toujours rage, Vigilus commençait péniblement à se remettre de ses tourments, néanmoins tout cela n’était qu’un Prélude à L’Apocalypse qui S’Annonçait.

Même si la présence impériale sur Vigilus se limitait désormais à des groupes épars de survivants traumatisés, la planète elle-même avait survécu. Le Piège de Nachmund, bien que diminué par la destruction d’une partie des réserves de Sombreroche de la planète, existait toujours. Il restait possible de voyager de l’Imperium Sanctus vers l’Imperium Nihilus.

Lorsque les survivants du chœur Lunaire de Neo-vellum rétablirent une liaison psychique à travers la Grande Faille, il y eut une grande célébration. La planète n’était plus coupée de la lumière de Sainte Terra, et avait retrouvé la Grâce de l’Empereur. Mais lorsque les seigneurs de Neo-vellum eurent des visions claires de l’autre côté de la Grande Faille, ils furent effrayés. Les messages qu’ils recevaient parlaient d’un mal terrible, observé lors d’une bataille spatiale précédente. Un mal capable de détruire un monde par la simple puissance de ses armes. Dans leurs visions, ces armes étaient enduites du sang issu d’un saint sacrifice.

La signification de cette vision fut débattue par une dizaine d’Astropathes expérimentés. L’ancienne bataille spatiale était la Guerre Gothique, une Croisade Noire si violente qu’elle avait soufflé le feu de soleils. Le sang du saint sacrifice était celui de Sangua Terra dont le nom, en Haut Gothique, signifiait Sang de la Terre, le saint creuset où la race humaine était née. Et les armes étaient celles du précédent navire amiral d’Abaddon. Un vaisseau dont le nom n’était que murmuré craintivement tant il était synonyme de mort à grande échelle.

Le Tueur de Planètes.

Sources

Pensée du Jour : « Le cœur de l’univers est impitoyable et glacial ; il n’a cure de la vie humaine. »
  • Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes
  1. Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes, La Guerre sur un Monde Aride
  2. Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes, Rapport 129NN6GAMMA1 Non-Ruche Ashenid
  3. Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes, Rapport 191AS6BETIC8 Mortwald
  4. Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes, Rapport 23EXTR6H2 Storvhal
  5. Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes, Rapport V345/sygma/0 Oteck
  6. Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes, 21.119 Post - Un Monde Couronné par le Chaos
  7. Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes, 21.226 POST - La Malédiction Empyrique
  8. Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes, Un Loup Derrière la Porte
  9. Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes, Rapport 10134t6/betic9*9, Fléau de Kaelac
  10. Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes, Neo Vellum
  11. Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes, L'Arch-Lord Discordant
  12. Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes, Hereticus Extremis Profil 1.A, Abaddon le Fléau
  13. Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes, La Rôdeuse Blafarde