Guerre des Bêtes

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Durant la phase préliminaire de la Guerre de Vigilus, le destin de la planète était sur le point de basculer. Du fait de sa proximité avec l’Œil de la Terreur, elle était depuis longtemps sur le pied de guerre, mais avec l’avènement de la Cicatrix Maledictum, Vigilus était inestimable pour l’Imperium comme pour les Xenos et le Chaos.

La planète Vigilus avait de tout temps été reconnue comme un pivot du Segmentum Obscurus. Lorsque la Grande Faille s’ouvrit, elle devint plus que jamais indispensable. Vigilus était une planète si importante pour l’Imperium que lorsqu’une Waaagh! d’Orks jaillit de la Grande Faille, les défenseurs du système réagirent instantanément. Les forces de l’Astra Militarum et de l’Adepta Sororitas stationnées sur place continrent l’invasion Ork et les empêchèrent de dévaster les étendues ruchières tandis que plusieurs Chapitres Space Marines étaient envoyés en renfort depuis le Secteur Stygius et au-delà. Les vagues de renforts suivantes étaient commandées par nul autre que Marneus Augustus Calgar, Maître de Chapitre des Ultramarines, accompagné de certains des esprits les plus affûtés de l’Adeptus Astartes.

Ces contre-attaques permirent d’éviter un désastre. L’apocalypse psychique de la Grande Faille avait court-circuité les défenses de la planète, la rendant vulnérable aux Orks, qui attaquèrent depuis les désolations pour s’en prendre aux étendues urbaines. Dans le même temps, un important soulèvement de la Cultistes Génovores fut déclenché, révélant une infection qui rongeait les souterrains de Vigilus depuis des siècles.

Alors que les races de la galaxie tentaient de survivre aux horreurs de l’Imperium Nihilus, des millions de regards se tournaient vers Vigilus. Si la planète venait à tomber, ce serait la fin de tous ceux qui étaient piégés dans le Sombre Imperium. Entre la destruction de la Porte Cadienne à l’ouest et la Zone de Guerre Stygius à l’est, Vigilus était vulnérable à l’invasion du Chaos.

Point d'Ébullition[modifier]

« Ce monde lointain a plus d’importance que des milliers d’autres. S’il tombe, le Piège de Nachmund s’effondrera et l’Imperium Nihilus sera perdu pour nous, suivi peu après de l’empire de Terra. »
- Tigurius, Maître Archiviste des Ultramarines.

Roboute Guilliman en personne avait décrété que Vigilus avait une valeur inestimable. La planète était un bastion défensif et l’avant-poste de nouvelles conquêtes, et ses régiments de l’Astra Militarum comme ses macroclades de l’Adeptus Mechanicus formaient une deuxième ligne de défense contre les incursions du Chaos.

Au début de l’invasion Xenos, les vastes continents de Vigilus étaient séparés par d’immenses réservoirs fortifiés. Les désolations poussiéreuses qui entouraient chaque étendue urbaine étaient, à l’instar des océans, difficiles à franchir. Elles étaient non seulement arides et incultes, mais aussi hydrophages, car en raison de la salinité élevée des dunes de poussière, elles pouvaient dessécher les chairs exposées en quelques heures. En théorie, le port de vêtements protecteurs pouvait empêcher la déshydratation, mais à cause des tempêtes et les tornades de sable issues de l’immense tempête orientale connue sous le nom de Tourbillon Vhulien, les particules dessiccatives s’infiltraient dans la moindre faille de la combinaison d’un voyageur. Ainsi, seuls des prédateurs à la lourde carapace hantaient les désolations.

Les rares régions cultivables de la planète étaient très recherchées, mais une industrialisation incontrôlée les avait peu à peu changées en métropoles aussi vastes que des continents appelées étendues ruchières.

Le monde était dirigé par sa Gouverneure Planétaire Lucienne Agamemnus IX. Sa dynastie avait des millénaires durant supervisé les affaires de la planète depuis les tours du Refuge du Saint, la capitale. Mais la planète était aussi un bastion de l’Adeptus Mechanicus.

La proximité de Vigilus avec la Zone de Guerre Stygius en avait fait une étape pour les forces Impériales en transit, y compris les Space Wolves et des légions de Skitarii. Sa position suffisait à en faire un lieu important, mais ses exportations n’étaient pas moins vitales pour la machine de guerre impériale.

Vigilus faisait naguère partie d’un groupe d’une centaine de mondes impériaux du Segmentum Obscurus dont la main-d’œuvre et la production étaient jugées importante pour l’effort de guerre de l’Imperium. L’exportation principale de la planète était son exceptionnelle technologie défensive. L’Adeptus Mechanicus de Vigilus possédait le Schéma de Construction Standard d’un modèle de champ de force psychique, et avait reçu de Mars l’autorisation d’en produire. En plus d’être fournis à d’innombrables mondes, ces champs de force de classe Bastion avaient été installés autour de chaque continent de Vigilus en vertu d’un traité signé entre les Technoprêtres et la dynastie Agamemnus. Jusqu’à l’ouverture de la Grande Faille et les invasions qui suivirent, ces défenses avaient protégé l’industrie et la population de la planète contre toute menace.

En échange, l’Adeptus Mechanicus bénéficiait d’une certaine indépendance sur le continent-forge de Megaborealis, un des "faux continents" urbains qui recouvraient la croûte terrestre de Vigilus, mais c’était une erreur. Megaborealis était ainsi consacrée à l’extraction d’un étrange minerai noir, que les Technoprêtres obtenaient au prix d’opérations de minage destructrices, alimentées en énergie par la région volcanique du Storvhal, au sud de Megaborealis.

Les forages en profondeur des Ruches de forage de l’Adeptus Mechanicus causèrent des séismes si violents sur toute la planète que plusieurs Ruches s’effondrèrent, de nombreuses statues de dirigeants furent détruites et les nappes phréatiques furent perturbées, causant une raréfaction de l’eau potable. Pourtant, le Culte de la Machine de Stygies VIII creusa toujours plus profondément dans le but de comprendre à n’importe quel prix les mystères de l’univers.

Pendant ce temps, l’influence subtile mais indéniable du Ministorum vit la dynastie Agamemnus graduellement infiltrée par les agents de l’Ecclésiarchie. Personne ne pouvait leur disputer leur montée en puissance, car les défier revenait à mettre en doute la parole de l’Empereur. Des Prêtres du Ministorum s’installèrent donc au sein des régiments de la Vigilant Guard et œuvrèrent sans relâche pour endoctriner leurs ouailles de l’Astra Militarum, jusqu’à ce qu’ils deviennent à leur tour des soldats de la foi. En l’espace de quelques décennies, les quartiers du centre de la Ruche Hyperia, le continent-capitale de Vigilus, résonnèrent du pas de nombreuses guerrières de l’Adepta Sororitas accompagnées de leurs alliés dévots de la Vigilant Guard, jusqu’à ce que le pouvoir de la Gouverneure Planétaire devînt essentiellement symbolique. Vigilus tomba sous la coupe de plusieurs factions, chacune poursuivant ses objectifs au détriment des autres.

Malgré des conflits fréquents pour le contrôle des ressources de la planète, la guerre ouverte fut toujours évitée grâce aux efforts du Conseil Aquilarien. Toutefois, les médiations ne mirent pas un terme aux luttes pour le monopole, à tel point que la guerre civile était une menace omniprésente.

Puis, sous l’éclat malveillant de la Grande Faille qui fracturait en deux la galaxie, Vigilus et les autres planètes en orbite autour de l’étoile Astravigila entrèrent dans une nouvelle phase périlleuse de leur tumultueuse existence.

La Grande Faille Bâille[modifier]

La Guerre des Bêtes.
Avant le début du conflit dit de la Guerre des Bêtes, Vigilus fut témoin d’un cataclysme si grand qu’il fendit la galaxie en deux. La Cicatrix Maledictum s’ouvrit de l’Œil de la Terreur au nord-ouest galactique à l’Anomalie Hadex au sud-est. À l’exception d’une poignée de corridors, la faille était infranchissable.

Lorsque les cieux de Vigilus se fendirent, beaucoup craignirent que la planète fût à jamais perdue. Toutefois, alors que les nébuleuses se dissipaient, il sembla que Vigilus avait contenu la Cicatrix Maledictum. L’étrange égide de la planète la relia au Monde Chevalier de Dharrovar et à la distante planète de Sangua Terra pour former le corridor du Piège de Nachmund.

Nul ne sut si ce fut la foi, la Volonté de l’Empereur, un enchevêtrement quantique chanceux ou tout autre phénomène qui maintint ouvert ce couloir dans la faille. Quoiqu’il en fût, la route entre les étendues d’un Imperium fonctionnel et les domaines désespérés de l’Imperium Nihilus demeura stable. Vigilus devint plus vitale que jamais, et pas seulement pour l’Imperium. Des généraux renégats et des démiurges Xenos la convoitaient, et chacun tramait ses plans de conquête. Des raids Drukharis frappèrent du portail sur la Toile polaire du Fléau de Kaelac tandis que des émissaires du Vaisseau-Monde Saim-Hann annoncèrent l’imminence d’un grand malheur.

Une aube nouvelle et sombre se leva sur les déserts et les Ruches surpeuplées de Vigilus. Le ciel était éventré par une faille Warp qui suintait d’une lumière violette dans le firmament, et les troubles civils atteignirent de nouveaux sommets, forçant le Gouvernement Planétaire à mettre en place des lois draconiennes. Il fut interdit de regarder le ciel nocturne les rares fois où il apparaissait entre les bancs de nuage qui étouffaient la stratosphère, et un couvre-feu fut imposé pour confiner les citoyens dès la tombée de la nuit - sous peine d’une heure de fouet. Cette répression poussa nombre de civils dans les bras de nouveaux cultes clandestins, et l’instauration de cet état policier sema ironiquement les graines de l’anarchie.

Avec la faille Warp de la Cicatrix Maledictum qui défigurait le ciel de Vigilus, beaucoup s’attendaient à ce qu’un malheur consumât la planète de l’extérieur, mais le mal frappa d’abord de l’intérieur. D’un pôle à l’autre, les citoyens de Vigilus furent assaillis de rêves obscurs et de cauchemars récurrents. Le manque de sommeil et la mauvaise humeur inhérente attisaient des centaines de nouveaux conflits chaque jour, qu’il s’agit d’escarmouches, de passages à tabac, de grèves ou d’émeutes organisées, en passant par des vagues d’assassinats qui déferlèrent dans les hautes spires.

La Speedwaagh![modifier]

« Faites rugir vos moteurs ! C’est sk’on attendait, les gars. Les Meks y disent k’ce fichu champ de force est foutu. Alors foncez dans c’te poussière, les Boyz, plus vit’ que ça ! Y a des zumains de l’aut’ côté. Alors vous attendez quoi ? L’dernier à rougir sa lame n’est que d’la bave de grot ! »
- Rukfang, chef de guerre Ork.

L’invasion Ork de Vigilus fut subite, et son échelle prit au dépourvu les défenseurs impériaux. Elle fut d’abord contenue, mais elle donna naissance à une menace qui prospéra, invisible, des années durant.

Vers la fin du 41e Millénaire, Vigilus était en proie aux pires tensions. L’Adeptus Mechanicus déclenchait des séismes toujours plus fréquemment, et la lutte de pouvoir entre la dynastie du Gouverneur Planétaire et le Ministorum dégénérait en actes de violence dissimulée. C’est à ce moment que la Grande Faille, un nouveau phénomène céleste semblable à une plaie qui s’ouvrait lentement, vomit une flotte brinquebalante d’Orks dans le Système Vigilus.

La prescience des prophètes et devins assermentés de la planète troublée par la faille, l’invasion Ork ne fut précédée que de peu d’avertissements - la flotte enfonça le cordon naval de Vigilus avec une force soudaine et irrépressible, pour atterrir en catastrophe dans les grands déserts séparant les ruches. Les astronefs qui survécurent grâce à leurs champs de force devinrent des forteresses prêtes à l’emploi, le cœur des Cités-Casses à partir desquelles les Orks attaqueraient les Ruches. Leur manque d’organisation et d’intégrité structurelle fut alors largement compensé par le poids du nombre et la puissance de feu.

Pendant des jours, les désolations cendreuses résonnèrent des coups de marteaux, des percussions de riveteuses, des ordres gutturaux des Mékaniaks et de la toux grasse des moteurs à explosion. Véhicule par véhicule, puis tels des essaims, des centaines de forces mécanisées émergèrent de la poussière à un rythme effréné. La Speedwaaagh! avait commencé, avec à sa tête le Speedlord Suprême, Krooldakka.

Au début, les Orks furent repoussés par les champs de force de classe Bastion qui ceignaient les Ruches. Les envahisseurs durent se contenter de piller les convois blindés qui bravaient les désolations désertiques lors d’escortes de dignitaires ou de transports de marchandises d’un continent à l’autre. Certains Orks se lancèrent par défi dans des courses à travers le globe, se risquant même à frôler le Tourbillon Vhulien, une énorme tempête de poussière.

Lorsque la Grande Faille s’élargit et que la Noctis Aeterna s’abattit sur la galaxie, les émanations délétères du Warp déferlèrent sur Vigilus. Des remous de disruption psychique entraînèrent une vague de cauchemars et, bien pire, enrayèrent la technologie psychique des champs de force qui protégeaient les cités de Vigilus des Peaux-Vertes.

Si les Orks avaient appartenu à une race rationnelle, il leur aurait fallu des jours pour s’apercevoir de la disparition des champs de force. Cependant, les éclaireurs Fondus d’la Vitesse passaient leur temps à braver l’énergie périlleuse par défi - ou du moins à l’effleurer - et il fallut moins d’une heure pour que la rumeur de l’absence de défense se répande. Les Orks ne perdirent pas une minute de plus, et ils surgirent de chaque cité en nombre ahurissant. L’Adeptus Mechanicus, l’Astra Militarum et l’Adepta Sororitas qui défendaient les frontières des Ruches furent débordés sur tous les fronts, et en quelques jours, ils ne luttaient plus que pour freiner l’élan des Orks. Même le bio-dôme du Mortwald, protégé par un réseau de tranchées et de bunkers conventionnels en appui des champs de forces, souffrit de l’invasion - alors que l’attaque Ork s’intensifiait, plusieurs secteurs des forêts luxuriantes et des complexes de réjuvenation du continent furent saccagés.

L'Essor des Princes des Pauvres[modifier]

L’ensemencement de la Secte Génovore de Vigilus avait commencé bien avant, en silence et dans les ténèbres. Après les premiers succès des Orks, le culte entra en éruption, et ses membres se jetèrent non seulement sur les citoyens qu’ils voulaient supplanter, mais aussi sur les envahisseurs qui risquaient de les priver de leur dû.

Dans l’année 210.33 previo, une poignée de Purestrain Genestealers fut exportée de la planète de Chancer’s Vale par la Secte Génovore des Princes des Pauvres. Un seul parvint sur Vigilus, mais il n’en fallut pas plus. Dissimulé dans les cavernes sismiques sous Megaborealis, il commença à propager son credo insidieux à travers le monde. Lors des années suivantes, il grandit et se renforça, devenant le père de couvées successives, et finalement le Patriarche appelé Grand Sire Verm.

Des siècles plus tard, lorsque les Peaux-Vertes fondirent sur Vigilus, ils déclenchèrent - bien malgré eux - un soulèvement prématuré de cultistes Génovores qui se cachaient de longue date parmi la population. Aussi épris de la planète que les autorités impériales, et bien moins divisés, ils refusèrent de voir leur infiltration séculaire compromise par le désordre provoqué par l’assaut Ork.

Ils organisèrent des émeutes dans toutes les Ruches de Vigilus et, grâce à la coordination psychique de Grand Sire Verm et ses stratèges Nexos, ils se soulevèrent avec une synchronicité surnaturelle pour perpétrer embuscades et complots à travers la planète. Cette organisation ne fut jamais aussi visible que dans la Ruche Dirkden.

Dirkden était mal pourvue et sous-développée. Là, les Princes des Pauvres avaient gagné un tel poids que dans certains sous-districts, leurs fidèles surpassaient en nombre les incroyants. De plus, le culte avait infesté les rangs des régiments de défense de Dirkden, la Vigilant Guard, tel un nématode dans les entrailles d’un mineur agonisant.

En exploitant des secrets arrachés à des Techno-Magi corrompus, les chefs du culte s’emparèrent de data-psaumes et de scripts mnémoniques de niveau alpha afin de désactiver temporairement les champs de force Bastion de Dirkden.

Les boucliers ceignaient les Ruches de Vigilus depuis des siècles, et une telle panne aura-t-elle eu lieu en des temps plus sereins qu’elle aurait immédiatement entraîné la suspicion et une enquête. Cependant, l’influence délétère de la Grande Faille ravageait déjà les boucliers de l’Adeptus Mechanicus, et les officiers corrompus de la Vigilant Guard n’eurent guère de difficultés à convaincre leurs camarades que cet arrêt était dû à une défaillance technique.

La panique s’ensuivit, comme prévu, et les Orks de la Speedwaaagh! répondirent promptement à la faiblesse de Dirkden. L’horizon se couvrit alors de poussière sous la ruée des envahisseurs en approche.

Ce furent ces mêmes agents cultistes qui firent en sorte de déployer des éléments des 83e, 94e et 313e Vigilant dans la poussière au-delà de la ligne de boucliers. Chaque peloton avait été trié sur le volet pour défendre la Ruche, assuré par ses officiers qu’il se replierait à temps derrière les murs dès que les Techno-Magi auraient dompté les Esprits de la Machine récalcitrants.

Près de quatre mille soldats marchèrent dans le désert, de la Pointe du Glaive aux Sous-sols de Rescalid. Ils firent face à une horde de plus de quinze mille Orks sereinement, conscients qu’ils n’avaient qu’à tenir jusqu’à ce que les boucliers soient réactivés. Ce fut à ce moment-là que les agents sous couverture du culte de Dirkden se soulevèrent. Surpassant à dix contre un les loyalistes, ils prirent le contrôle des ressources militaires de la Ruche. Puis, comme leurs anciens camarades désemparés prenaient conscience de l’ampleur de la trahison, les Princes de Pauvres élevèrent à nouveau les champs de force, isolant la Vigilant Guard de Dirkden du mauvais côté de la barrière. Les Orks fondirent sur leurs victimes horrifiées qui n’avaient nulle par où se replier. Le massacre fut bref et effroyable.

Les résidents survivants de la Ruche n’étaient pas tous corrompus. Pressentant un danger sans l’appréhender entièrement, des milliers d’ouvriers, de mineurs et de grouillots réunirent leur famille et leurs maigres possessions avant de fuir vers la Muraille Hyperia-Dirkden. Les Princes des Pauvres exploitèrent ce mouvement à leur avantage. Revêtant des guenilles ou des bleus de travail, des centaines de cultistes se mêlèrent aux réfugiés, et ainsi, leur malédiction fut transmise aux régions méridionales d’Hyperia.

La Ruche Oteck fut elle aussi durement frappée par les Princes de Pauvres. Si Dirkden avait été choisie pour sa faiblesse relative, Oteck avait été désignée pour sa valeur stratégique. Ses vastes réservoirs, que les autochtones appelaient les Abîmes, constituaient l’une des ressources primaires en eau de Vigilus. Pour un monde aussi aride, chaque réservoir est aussi précieux qu’un lac d’adamantium liquide.

La bataille pour le contrôle d’Oteck fut bien plus amère que celle pour Dirkden. Pourtant, grâce à un niveau de préparation et un fanatisme effrayant, les Princes de Pauvres furent capables de prendre l’Abîme Greigan et de corrompre de leur insidieuse souillure génétique l’eau potable de milliards d’âmes.

Desseins Secrets, Âmes Égoïstes[modifier]

Le Conseil Aquilarien avait contemplé avec une condescendante satisfaction les clichés des Orks repoussés par ses champs de force psychiques. À présent, il recevait des rapports concernant l’apparition d’une nouvelle force. À son désarroi, les messages faisaient état d’une menace intérieure, et non plus extérieure.

Les missives éparses qui détaillaient les émeutes souterraines furent d’abord attribuées aux mécontents, aux criminels et aux opportunistes. De l’avis général, les auteurs seraient rapidement mis hors d’état de nuire par l’Adeptus Arbites local ou, à défaut, par les compagnies de l’Astra Militarum détachées pour étouffer ce genre de rébellion avant qu’elle ne prît de l’ampleur. Ces forces de l’ordre et de l’oppression vertueuse furent envoyées régler la question des soulèvements démagogues. Alors, les leaders d’Hyperia s’en détournèrent et se mirent en quête d’un moyen de tirer profit du conflit pour le compte de leurs entreprises.

Les comptes rendus qui suivirent ces violentes répressions révélèrent des signes de quelque chose qui dépassait le simple trouble à l’ordre public. On avait découvert d’étranges sceaux sur nombre de murs et de portes, dépeignant une créature annelée et épineuse que certains appelaient "forme-guivre". La rumeur de choses sinistres à quatre bras rôdant dans les ténèbres se répandit, et le mot "Xenos", murmuré avec crainte, était sur les lèvres de plus en plus de plébéiens.

Il n’en fallut pas plus pour que les dirigeants prissent leurs dispositions - d’instinct, chacun veilla à sa sécurité avant tout. Le Ministorum s’assura que les forces armées sur lesquelles il exerçait le plus d’influence - les ordres résidents de l’Adepta Sororitas et la pieuse Vigilant Guard - demeuraient à proximité du Refuge du Saint, quand bien même l’observation de Xenos la plus proche avait été faite à des centaines de kilomètres de là. L’Adeptus Mechanicus retira la plupart de ses récolteurs de glace et aqua-prospecteurs du Fléau de Kaelac, bien qu’une équipe réduite restât pour poursuivre la collecte.

Comme les industries de Vigilus tournaient au ralenti, les convois de marchandise qui traversaient les déserts se raréfièrent considérablement. Pour ne rien arranger, les Fondus d’la Vitesse qui utilisaient ces étendues désolées comme terrain de chasse s’avérèrent impitoyables. Le gouvernement de Vigilus tenta de contre-attaquer, mais en priorisant sa sécurité et en bafouant ses anciennes alliances au profit de sa propre survie.

Désastres Intérieur[modifier]

La Bataille pour le Delta Suintant

La frange mi-occidentale du continent Megaborealis fut assiégée quelques heures après l’effondrement des champs de force. Son point le plus à l’ouest, nommé Delata Suintant en raison des fleuves de déchets industriels qui dévoraient ces étendues, était devenu un champ de mort. Peu de zones y étaient urbanisées, car le sol lui-même était toxique. Toutefois, un terrain acide n’avait que peu d’influence sur les Skitarii aux jambes de métal et les Orks au cuir épais qui s’affrontaient là, et les bourbiers et les glissements de terrain intempestifs menaçaient de paralyser ou de faire disparaitre le moindre véhicule. Le nombre de morts dépassa le million tandis que deux forces envoyaient toujours plus d’infanterie au combat.

Avec le pragmatisme de celui qui a depuis longtemps oublié l’existence même du mot honneur, le Fabricator Voschi de Megaborealis ordonna l’embrasement du Delta Suintant. Au moment où les Orks mobilisaient une force irrépressible contre les défenseurs, six cents Brècheurs Kataphrons armés de Lance-Flammes mirent le feu au Delta. Le Fabricator avait ordonné que du prométhéum raffiné fût acheminé sur la zone, et le territoire entier fût consumé dans un feu liquide comme si une allumette avait été jetée dans une flaque d’hydrocarbure, Par dizaines de milliers, les Orks se changèrent en torches vivantes. Les Skitarii brulèrent avec eux - à l’exception des Corrôdeurs Sicariens équipés d’armures ablative anti-incendie en vue des opérations de nettoyage qui allaient suivre. Ces tueurs aux jambes graciles furent chargés de traquer le moindre Ork ayant survécu ainsi que d’empêcher leurs chefs de fuir la cité. Ce fut bel et bien une victoire, mais remportée à un prix démentiellement élevé.

Les premiers Space Marines à atterrir sur Vigilus furent les Iron Hands et leur Chapitre successeur des Brazen Claws. Ils avaient l'intention de repousser les assauts Orks des Ruches, mais ils se trouvèrent rapidement à lutter pour leur survie contre un adversaire inattendu.

Les Iron Hands et leurs alliés du Groupe de Combat Gantelet translatèrent dans le Système Vigilus sans heurt. Ils avaient calculé avec soin leur approche à travers les systèmes stellaires assiégés de l’Imperium Nihilus ; leur arrivée sains et saufs sur zone malgré la disruption massive causée par la Grande Faille aux systèmes voisins était une nouvelle preuve de leurs prouesses mathématiques et de leur attention aux détails.

Les énormes cathédrales d’acier formant la flotte des Iron Hands jaillirent des nébuleuses Warp comme des javelots surchauffés à travers des toiles d’araignées, crevant l’espace réel dans un nuage tourbillonnant de poussières stellaires. Dans la minute qui suivit leur translation hors de l’Empyrée, ils avaient calculé une solution de tir pour chaque vaisseau Ork encore en orbite entre eux et la planète. Ils étaient rares et épars, car l’immense majorité des Xenos s’étaient rués à la surface, et avait laissé une piètre arrière-garde. Les Orks estimaient vraisemblablement que leur conquête serait rapide, mais les champs de force de classe Bastion avaient contrarié leurs plans.

À présent, ils étaient trop engagés et leur proie avait appelé des renforts. C’était une erreur élémentaire que le Maître de Chapitre des Iron Hands, Kardan Stronos, était résolu à faire payer très cher aux Orks.

Rapidement, les Barges de Bataille et les croiseurs des Space Marines furent en orbite au-dessus de chaque Ruche majeure, et les guerriers à bord rejoignirent les baies de lancement de Modules d’Atterrissage pour être précipités sur le champ de bataille. D’autres atteignirent la surface à bord de Thunderhawks ou de navettes massives. Ils se dirigèrent vers les combats les plus féroces, en général à la périphérie des zones urbaines, où les Orks attaquaient en force, Pourtant, ils ne rencontrèrent là aucune présence Peau-Verte. Pire encore, sur Megaborealis, c’est une toute autre engeance Xenos qu’ils eurent à affronter.

Depuis le soulèvement des Princes des Pauvres, les défenseurs de la planète étaient pris entre deux feux. Le Conseil Aquilarien avait dépêché les ressources dont il pouvait priver Hyperia dans l’espoir de rétablir sans délai l’ordre en Megaborealis - là, une spire avait été abattue par un tir à longue portée et s’était effondrée à travers le champ de force, créant un pont vers l’intérieur de la Ruche pour les Orks Pendant ce temps, les patrouilles de l’Adeptus Arbites et de l’Adepta Sororitas qui étaient aventurées en territoire conquis par la Secte Génovore tombèrent dans des embuscades. Les transports étaient paralysés dans des dédales de pièges à chars et de barbelés obstrués des cadavres de leurs prédécesseurs. En trois occasions, les colonnes de blindés de Astra Militarum, forçant leur chemin à travers les rues encombrées à l’aide de leurs lames de bulldozer et de pelleteuses, tentèrent de prendre des routes alternatives. Elles tombèrent dans des gouffres et des crevasses lorsque le sol se déroba sous leur poids. Ceux qui survécurent à la chute furent alors traqués par les ignobles mutants furtifs qui hantaient les niveaux inférieurs.

Des convois de réfugiés se dirigèrent vers des zones épargnées par les Orks, espérant être à l’abri La majeure partie de l’appui aérien de Vigilus se concentrait sur les mouvements des Peaux-Vertes, et les confinait si nécessaire par des passes de tir punitives. Les formations Fondus d’la Vitesse étaient facilement identifiables par la longue traîne de poussière quelles laissaient dans les désolations, et beaucoup filaient droit sur les sites d’atterrissage des Space Marines, où les combats étaient les plus féroces En contournant ces traînes funestes, les défenseurs purent évacuer le personnel important venu des zones où la loi et l’ordre régnaient encore. Toutefois, la présence Génovore était bien plus difficile à identifier, et tenter d’appuyer ou d’évacuer les régions infestées par les insurgés Xenos revenait à plonger tête la première dans un nid de vipères. En quelques jours, la double menace des Orks et de la Secte Génovore avait écartelé la structure de commandement de Vigilus.

La Défense de Megaborealis[modifier]

Le continent de Megaborealis ne ressemblait à aucun autre sur Vigilus. Percé d’innombrables gouffres, de fosses et de galeries, il abritait des cités dont les ruines offraient des millions de cachettes.

Bien que la totalité du continent de Megaborealis eût à connaître les affres de la guerre, lors des phases initiales du conflit, les combats se déroulèrent autour de la Ruche de forage Scelerus. Sise au sud de cette étendue ravagée, la Ruche produisait la moitié de l’énergie qui alimentait les manufactorums de Megaborealis, car elle était bâtie sur un énorme conduit géothermique, une source d’énergie essentielle pour le contrôle de la région.

Quand les Orks attaquèrent Vigilus, le Technoprêtre Dominus Ipluvius XIV, seigneur de la Ruche Scelerus, fit tourner quatre-vingts jours durant ses cogitateurs internes à plein régime pour analyser la guerre qui faisait rage dans le désert Pendant ce temps, il ne cessait d’étudier l’aberration cosmique apparue dans le ciel nocturne, en s’efforçant de considérer sans passion les événements sur sa planète. Satisfait de voir que ses territoires étaient bien défendue par les champs de force, Ipluvius XIV coordonna un réseau antiaérien d’Onagres des Dunes pour abattre tout appareil Ork qui survolerait les défenses. Bien que les régions les plus reculées du faux continent fussent pilonnées et, dans certains cas, totalement détruites par l’artillerie des forteresses Orks du désert, il fut satisfait de voir que les installations vitales du continent étaient en sûreté, et consacra toute son énergie à l’étude de la faille.

Lorsque l’énergie émise par le cataclysme Warp déferla sur Vigilus, le réseau de champs de force de classe Bastion connut des perturbations que découvrirent bien vite les Kommandos Orks chargés de sonder les défenses impériales. Les forces ésotériques qui balayaient Megaborealis soulevèrent une colossale tempête de poussière et de particules toxiques que les Orks exploitèrent aussitôt. Les Fondus d’la Vitesse quittèrent les camps établis dans les étendues désolées pour foncer sur Megaborcalis, leur charge effrénée masquée par l’ouragan de poussière et de pollution qui faisait rage sur les frontières du continent.

Comptant sur leur vitesse et leur témérité, les Orks progressèrent rapidement dans l’étendue ruchière, car les défenseurs du continent ne parvinrent pas à redéployer leurs armes lourdes à temps. Des hordes de véhicules Orks brinquebalants de facture si rudimentaire qu’ils arrachèrent des cris d’horreur aux fidèles du Dieu-Machine, envahirent la périphérie de la Ruche. Dans les raffineries de Kraxxon, les champs de scories et les zones sud de Grisport, ils furent quasiment impossibles à arrêter.

Lorsqu’il prit conscience de la gravité de la situation, Ipluvius XIV se figea, pris dans une boucle mentale qui priva ses Skitarii et les troupes du Culte Mechanicus de toute orientation stratégique. Ses cogitateurs avaient peut-être été endommagés par la Grande Faille, ou peut-être avait-il été hypnotisé par les Princes des Pauvres, ou peut-être était-il simplement effrayé. Quelle qu’en fût la raison, ses forces étaient privées d’ordres et de l’appui des Chevaliers et des machines divines de la Legio Ferroxus qui dormaient dans les hangars de Scelerus, attendant son signal pour défendre la Ruche

Les défenseurs du continent firent de leur mieux pour combattre les Orks, mais ils furent submergés dans une centaine de zones. Le soulèvement des Sectes Génovores de Megaborealis, initié par l’invasion Ork, sonna le glas de la Ruche Scelerus. Les zones de destruction et les tirs antiaériens calculés à la perfection pour repousser l’ennemi extérieur furent mis à bas par l’ennemi intérieur.

La géné-secte de la Guivre Grouillante, un groupuscule issu des Princes des Pauvres dirigé par Slygaxx le Prophète, chercha à orchestrer l’assaut Le plus dévastateur qu’elle pouvait lancer. Ses membres s’étaient emparés d’un Missile Vortex au prix de lourdes pertes et avaient acheminé l’ogive dévastatrice au plus profond de étendue ruchière, utilisant des codes d’accès volés ainsi que les globes oculaires arrachés et les doigts coupés de plusieurs hauts dignitaires assassinés pour franchir les points de contrôle biomantiques de chaque hangar. Ils firent exploser le Missile Vortex sous le Titan Warlord en sommeil Dominus Rex. La détonation fut si importante qu’elle déclencha une réaction en chaîne qui détruisit non seulement le Rex mais aussi tous les Titans qui reposaient là. En quelques instants, les plus puissantes ressources militaires impériales avaient été totalement anéanties.

Ce n’est que lorsque l’Archmagos Nesium Caldrike s’empara d’un Ipluvius XIV défectueux et le fit enfermer en cryostase avant de prendre sa place que l’Adeptus Mechanicus parvint à enfin coordonner ses actions. Caldrike s’avéra être un chef de guerre compétent. Unissant ses efforts à ceux de la Compagnie Clanique Kaargul des Iron Hands, récemment dépêchée par Kardan Stronos pour aider Megaborealis, il parvint à stopper l’insurrection des cultistes Génovores avant qu’elle n’atteigne sa masse critique, transformant le conflit en une guerre d’usure où chaque quartier, chaque manufactorum était le théâtre de combats sans merci.

Le Début de la Contre-Offensive[modifier]

La Bataille du Défilé du Deuil

Sur les limites sud de Megaborealis, le 121e Groupe de Combat Blindé Goliath fut anéanti de la main d’un seul Ork dément. Fragbad Squigbiter espérait avoir une vue imprenable pour admirer le passage de la course de la Speedwaaagh! dans le Défilé du Deuil. Avec sa bande, il entreprit de gravir les falaises avant les coureurs et c’est là qu’il vit un blocus de l’Astra Militarum se mettre en place à l’extrémité du canyon, tandis qu’une compagnie d’artillerie vigillite prenait position sur le précipice.

Alors que la Speedwaaagh! fonçait droit dans le piège, Squigbiter lança tant de frags à main sur la pièce d’artillerie la plus proche, un lance-missiles Deathstrike, que la falaise s’effondra, précipitant l’énorme ogive dans la vallée en contrebas. L’explosion qui en résulta détruisit le blocus et la majeure partie de la Speedwaaagh! avant que les survivants traversent les flammes, finissent d’encercler le Storvhal tout proche et coupent ainsi une route d’approvisionnement vitale pour l’Imperium.

De nombreux Commandant impériaux de Vigilus virent dans les forteresses Orks qui défiguraient l’horizon un appel aux armes. Ils dépêchèrent leurs régiments mécanisés et leur artillerie, dans les étendues désertiques pour ensevelir les Orks sous le sable avant qu’ils puissent consolider leurs positions.

Peu après l’atterrissage des Orks, des blindés de l’Astra Militarum franchirent les portes des cités, accompagnées par les fanfares et les acclamations de la foule. Les blindés partirent pour le désert, en si grand nombre que la poussière soulevée par leur passage était visible depuis l’orbite. Des Valkyries et des Vendettas les survolaient, leurs soutes remplies de vétérans et de Militarum Tempestus Scions impatients d’en découdre.

Certains des convois blindés, chargés de missions de reconnaissance ou de ravitaillement, atteignirent leur destination sans encombre. La colonne de carburant de Padrillus Pan’te permit au Storvhal de doter Fort Kaphinus de précieuses ressources militaires peu avant l’attaque de Kommandos Orks. L’escadrille de Valkyrie baptisée le Graal Ailé brava les tirs incessants de nombreux tracteurs flakka-dakka pour acheminer plusieurs escouades de démolition non loin de l’Uzine de Boît’ de la Ruche de l’avorton, si bien qu’avant la fin de la nuit, le site n’était plus qu’un tas de décombres fumants. La Colonne Aquario atteignit la Ruche Dontoria quasiment intacte, car si ses réservoirs d’eau avaient été percés par les balles des Orks, les conscrits qui avaient bouché les trous avec leurs doigts étaient si nombreux que l’acier des cylindres n’était plus visible sous la masse des corps humains.

Cependant, nombre d’autres convois disparurent corps et biens. Déjà les véhicules rapides Orks sillonnaient le désert en quête de cibles. Ils criblaient de balles les colonies d’Ambulls ou les nids de rats des sables qu’ils croisaient pour s’entraîner, mais la Waaagh! naissante n’avait pas encore connu son véritable baptême du feu. Des yeux rouges scrutaient l’horizon pour localiser des signes de vie, des aboiements autoritaires aiguillonnaient sans cesse les éclaireurs, et des oreilles pointues guettaient le grondement sourd des batailles lointaines.

Lorsqu’ils aperçurent les inélégantes silhouettes des Chimères et des Leman Russ à l’horizon, les membres des Ékuries poussèrent des cris de joie, et les Orks s’élancèrent vers les Impériaux. Les combats qui s’ensuivirent s’accompagnèrent des hurlements des Canons Laser, du tintement des balles rebondissant sur les blindages et du tonnerre des explosions.

Chaque camp subit de lourdes pertes. Les convois de la Garde Impériale détruisirent de nombreux véhicules Orks, car leurs canons leur donnaient un avantage sur les Peaux-Vertes dans les engagements à longue portée.

Mais les Impériaux ne pouvaient pas tous les tuer, et en annonçant leur présence de façon si spectaculaire, ils avaient scellé leur sort. Attirés par le fracas de la bataille, les Fondus d’la Vitesse arrivèrent toujours plus nombreux. Initialement, seuls quelques motards et Buggies étaient assez intrépides pour franchir le cordon défensif avant d’être impitoyablement détruits, mais chaque fois qu’un escadron s’affairait à éliminer une cible, une autre se rapprochait à grande vitesse, si bien que les Orks eurent tôt fait d’arriver au corps à corps, où ils pouvaient laisser libre cours à leur fureur sans limites, et une fois ce point de bascule atteint, il fut impossible de revenir en arrière.

La Maladie Frappe Dontoria[modifier]

« L’ampleur de cette infection ne saurait être sous-estimée. Ce n’est pas une maladie naturelle, que le corps humain peut combattre. C’est la Variole Geller. Elle peut faire fondre la chair comme de la cire, la mêler aux implants bioniques, à l’équipement et aux machines à proximité du malade pendant son sommeil. Les hybrides qui en résultent sont aussi robustes que des Ogryns et déterminés à transmettre leur mal à autant de sujets sains qu’ils peuvent en trouver. Au nom de l’Astra Cartographica, je vous implore de placer immédiatement Dontoria en quarantaine, de crainte de perdre la planète face à un ennemi contre lequel vous ne pouvez rien. »
- Delarique du Languille.
L’Infection de la Variole Geller

En raison de la densité de population élevée, les maladies étaient monnaie courante à Dontoria. Toutefois, la Ruche avait développé une forme d’immunité aux épidémies, même lorsque des centaines de milliers d’habitants mouraient de la grippe, de la sécheresse pulmonaire ou de la fièvre du smog rouge. Cependant, des rumeurs faisant état d’un mal surnaturel provenaient des quartiers entourant le Dock de Litmus, une maladie qui mélangeait la chair et le métal en un amalgame hideux d’humain, de machine et de Démon.

Chaque jour, les rapports se faisaient plus alarmants, jusqu’à ce que le secteur tout entier soit au bord de la panique. Seule la Libre-Marchand Delarique du Languille, basée dans la plus haute flèche de Litmus où elle cartographiait le Piège de Nachmund, identifia la maladie : la Variole Geller. Elle était contractée lors des longs voyages dans le Warp, lorsque le Champ de Geller du vaisseau laissait passer l’énergie empyréenne, ce qui inoculait les infections paranormales de Nurgle aux hybrides de machine et d’homme si courants dans les rangs de l’Imperium, notamment chez l’Adeptus Mechanicus.

Du Languille avança que la maladie avait été acheminée délibérément au cœur de la Ruche par la Death Guard, qui y exposa la population, chez qui elle se répandit comme une traînée de poudre. Bientôt, la population prit les armés pour capturer et éliminer les infectés, ce qui poussa les malades à se cacher. Dans les bidonvilles des sous-étendues de Prévus et de Grodholev, des créatures appelées Twisted Lords firent leur apparition, chacun à la tête de son petit groupe de mutants et d’horreurs colossales. Les rues grouillèrent de gigantesques vermines affligées de mutations contre-nature. Des Sludge Grubs pullulaient dans les caniveaux, et des Eyestinger Swarms rôdaient en quête de chair fraîche. La bénédiction de Père Nurgle était bel et bien sur Dontoria, et il faudrait un effort-herculien pour purger la ville.

Du Languille se servit de son vaisseau personnel et de son statut privilégié pour se rendre au Refuge du Saint, où elle pria Conseil Aquilarien de placer Dontoria en quarantaine, bien qu’elle redoutât qu’il fût déjà trop tard.

La Ruche Dontoria était la plus grande des régions habitées de Vigilus, et elle était avant tout connue pour sa surpopulation, ainsi, lorsqu’un des ennemis les plus anciens et les plus maléfiques de l’Humanité décida de faire de Dontoria son terrain de jeu, les conséquences furent dévastatrices.

La cohue qui régnait dans les rues de Dontoria était impressionnante, même avant la Cicatrix Maledictum. Les barons du marché noir qui contrôlaient la Ruche savaient que construire de hauts bâtiments était du gâchis de ressources. Contrairement à leurs homologues têtus, dépourvus d’imagination ou simplement rétifs à ridée de cesser de bâtir en hauteur, ils avaient choisi de s’étendre sur une surface aussi large que possible, même si cela signifiait construire des rues étroites, jusqu’à ce que des régions entières se fondent en une gigantesque conurbation.

Ainsi, les bâtiments étaient serrés les uns contre les autres, et chaque centimètre carré de terrain était exploité, de sorte que les habitants se retrouvaient épaule contre épaule dans l’air vicié des rues. Pénétrer dans les niveaux souterrains n’était pas sans risque, car les pannes de courant étaient fréquentes, et ceux qui se retrouvaient piégés dans le noir ne reparaissaient pas toujours.

De même que les bancs de vexenkrill attirent l’attention des léviathans des profondeurs océaniques, une population si foisonnante ne pouvait qu’attiser les appétits des prédateurs. Les Drukharis du Fléau de Kaelac avaient lancé plusieurs raids sur la Ruche pour prendre des esclaves. Les Princes des Pauvres, considérant la Ruche comme un vivier de recrues, s’implantèrent dans les sous-sols de Dontoria pour y recommencer le cycle de vie insidieux de leur Patriarche. Mais c’est une tout autre affliction qui scella le sort du faux continent.

En l’an 2.230 post, le spatioport principal de Dontoria, le Dock de Litmus, reçut un message annonçant l’arrivée d’un vaisseau non identifié. C’était un modèle de véhicule spatial que même les Techno adeptes détachés de Megaborealis considéraient comme ancien, recouvert d’une crasse millénaire et d’une sorte de calfeutrage qui lui donnait un aspect biomécanique. Une pluie d’ordures s’écoula de ses écoutilles tandis qu’il effectuait son approche finale, l’équipage restant sourd aux appels qui réclamaient ses codes animus. Les autocanons Icarus du spatioport entrèrent en action, mais les tirs furent arrêtés par un bouclier inconnu. Même les lasers ne parvinrent pas à déjouer cette barrière énergétique. Enfin, le vaisseau se posa, entouré d’un cordon d’Arbitrators et de troupes locales. Bientôt, une horde de mutants bouffis, les cadavres ambulants appelés Infectés de la Variole Geller, sortit de l’astronef. Leur assaut fut contrecarré par une salve de tirs de laser disciplinée, mais il n’en allait pas de même du détachement de la Death Guard qui les suivait de près. D’après leurs silhouettes boursouflées et cornues, il s'agissait des Astartes Hérétiques qui avaient attaqué Ultramar peu de temps auparavant. Une violente fusillade eut lieu, mais les membres de la Death Guard ne succombaient qu’aux blessures les plus graves. Ils utilisèrent les mutants comme boucliers vivants et s’égaillèrent bien vite dans les niveaux inférieurs de Litmus.

En raison d’une coordination déplorable due à la Noctis Aeterna et des menaces qui pesaient sur Vigilus, la traque fut brève. Rares étaient les soldats prêts à affronter des Death Guard retranchées, mais quelques braves Arbitrators et Gardes Impériaux eurent le courage de s’enfoncer dans les ténèbres pour leur donner la chasse. La plupart ne trouvèrent aucune trace des intrus, mais certains connurent une mort tragique. Lorsque le Tempestor Naiod ordonna d’incendier les niveaux inférieurs dans un rayon de trois kilomètres, les forces impériales considérèrent l’affaire close. Naiod retira le 98e Lamdic Oxen des opérations, et les recherches s’interrompirent. Ce n’est que lorsqu’une étrange épidémie se répandit dans le district qu’il devint évident que les zélateurs de Nurgle avaient fait leur œuvre.

Invoquer les Anges de la Mort[modifier]

Le Chemin de la Victoire

Le Ruché Hyperia, défendue de longue date par la Vigilant Guard et l’Adepte Sororitas de Notre-Dame des Martyrs, était parvenue à retenir les Orks depuis plus d’un an lorsque les Brazen Claws arrivèrent. Utilisant les bâtiments comme forteresses et se repliant quand c’était nécessaire, les alliés employèrent les escaliers, les ruelles et les entrées des cryptes comme goulots d’étranglement pour repousser les hordes vertes. Mais les ordres du Conseil Aquilarien étaient on ne peut plus clairs : ils devaient défendre et tenir leurs positions en cas d’attaque surprise ou de tentative d’assassinat qui viendraient menacer leurs maîtres.

Pour cette raison, ils n’eurent pas la possibilité de contre-attaquer et de porter l’estocade à l’adversaire. De fait, alors même qu’ils étaient vaincus, les Peaux-Vertes se regroupaient et repartaient à l’attaque en l’espace de quelques jours. Ce n’est que lorsque la livrée rouge et bleue des Brazen Claws fit son apparition dans les rues que les Orks furent piégés, pris entre le marteau d’un assaut Space Marine à la périphérie et l’enclume des troupes impériales au cœur de la ville. À partir de ce moment, le sud de la Ruche Hyperia demeura sous le contrôle de l’Imperium.

À cause des perturbations causées à la lueur de l’Astronomican par la Noctis Aeterna, les Space Marines qui atteignirent Vigilus le firent en ordre dispersé. Mais leur assaut n’en fut pas moins implacable.

Les premiers éléments de l’Adeptus Astartes à atteindre Vigilus étaient en provenance du système de Stygius lorsque la Grande Faille s’était ouverte. Par conséquent, ils avaient pu atteindre le système après une seule transition dans le Warp. Le voyage avait été tendu et violent, mais ce fut une épreuve relativement bénigne si on le comparait aux supplices que connurent les autres Chapitres Space Marines en route pour Vigilus, comme franchir un torrent impétueux. La véritable odyssée attendait les Chapitres qui arriveraient plus tard.

Les premiers Space Marines étaient fort peu nombreux, avec des Forces de Frappe dont les effectifs complets étaient bien inférieurs à ceux d'un Chapitre. Ils se joignirent aux combats dès leur atterrissage, car il est dans la nature des Space Marines d’attaquer depuis l’orbite avec vitesse et assurance. En Hyperia, les Brazen Claws entreprirent de massacrer les Orks sans faire montre d’aucune pitié, dans l’espoir de contrer ce fléau avant qu’il ne prenne racine sur le plus riche des faux continents, et le siège de son gouvernement. Les Iron Hands se déployèrent à Megaborealis pour sécuriser les macrostructures de leurs alliés de l’Adeptus Mechanicus. Les Space Wolves concentrèrent leur assaut sur la Ruche Oteck, où des rapports faisaient état d’une infestation Xenos qui mettrait leurs talents de chasseurs à l’épreuve.

L’assaut des Forces de Frappe fut violent, mais faute d’une coordination suffisante, elles n’eurent que peu d’impact. Ainsi, les contacts entre les Space Wolves et Kardan Stronos des Iron Hands furent pratiquement inexistants. Après avoir succinctement exposé leurs intentions au conseil du Gouverneur Planétaire, une démarche tout aussi frustrante qu’improductive, aucun des Chapitres Space Marines ne daigna envoyer de représentant aux conseils de guerre du Refuge du Saint. Ils étaient faits pour combattre et tuer, aussi passer des heures à débattre avec des bureaucrates n’était pas dans leurs habitudes. Ils consacrèrent donc tous leurs efforts à entrer en contact avec leurs frères de Chapitre, quelle que soit la distance à laquelle ils se trouvaient.

Durant le trajet entre le Point de Mandeville du système de Vigilus et la planète, les vaisseaux des Space Wolves, des Iron Hands et des Brazen Claws croisèrent plusieurs mondes en proie à une offensive du Chaos de grande ampleur. Les Archivistes des diverses Forces de Frappe transmirent des missives psychiques à leurs Maîtres de Chapitre respectifs, afin que ceux-ci envoient dès que possible des renforts.

Maître Magus,

Le conseil a récemment reçu trois appels traditionnels de l’Adeptus Astartes. Je suis parvenu à en brouiller deux, en envoyant des informations contradictoires sans proférer des mensonges qui pourraient me trahir. Malheureusement, le troisième est parvenu jusqu’à Lucienne sans passer par les canaux habituels. Je suis persuadé que cette sorcière égoïste va tenter d’utiliser les Space Marines pour parvenir à ses fins, et se les aliéner lorsqu’ils auront perçu ses véritables intentions. Néanmoins, je vous prie, ainsi que le Grand Sire, de prier pour la Ruche Oteck, car une force d’infâmes fils de Fenris s’y trouve.

Éternellement vôtre, Frère Theronvid.

Aucune communion mentale ne pouvait être tentée sans risque maintenant que la Grande Faille divisait l’Imperium, car même les conduits astropathiques les plus stables étaient perturbés. Même envoyer un simple communiqué interplanétaire pouvait s’avérer fatal. Néanmoins, chacun avait conscience de la gravité de la situation, et la notion du devoir était si profondément enracinée en eux qu’aucun Archiviste ne refusa la responsabilité de demander des renforts à leur Chapitre. De l’autre côté de la Faille, on prit bientôt conscience de l’épreuve qui attendait Vigilus, ainsi que de son importance, et les flottes d’une dizaine de Chapitres furent mobilisées et firent route vers la gueule du Piège de Nachmund.

Au cœur de la nuit, alors qu’il était en route pour Vanantis IX, Marneus Calgar des Ultramarines eut une vision de son vieil ami Tigurius. Il était heureux de voir cette apparition, car il savait qu’il ne s’agissait pas d’un simple rêve le Maître Archiviste le contactait sous sa forme astrale parce qu’il avait un message important à transmettre. Tigurius pressa son index spectral contre la tempe de Calgar. Soudain, les inquiétantes informations glanées au prix d’une terrible épreuve par le Maître Archiviste lui furent transmises instantanément.

Ce lien aurait pu rendre fou un être à la volonté moins trempée, mais en dépit des récentes épreuves qu’il avait traversées lors des procédures chirurgicales pour faire de lui un Primaris, Calgar endura l’assaut mental sans faillir, analysant et compartimentant le flot d’images sitôt qu’il en prenait connaissance. Le haut conseil de Macragge avait besoin qu’il soit leur épée et leur bouclier dans l’Imperium Nihilus, le Primarque en personne avait décrété que Vigilus ne devait pas tomber. La projection astrale de Tigurius s’estompa, des larmes de sang coulèrent le long de ses joues, puis il disparut. Mais il avait accompli sa mission et bientôt, un nouvel ost d’anges prit son essor.

Le Voyage de Calgar[modifier]

Maintenant ça va chier !
Malgré les épreuves traversées pour atteindre Vigilus, le Seigneur Calgar débarqua sur la planète impériale à la tête de quatre compagnies d’Ultramarines. Il était bien décidé à mener le combat sur tous les fronts, depuis la planification stratégique jusqu’aux plus violents corps à corps.

Une fois remis de l’étrange visite de Tigurius, Marneus Calgar se hâta de réunir une force composée de tous les éléments de l’Adeptus Astartes qu’il put réquisitionner, persuader ou directement commander. Bien que tous les effectifs fussent déjà mobilisés pour la défense de l’Imperium et la destruction de ses ennemis, l’esprit aiguisé de Calgar lui permit de prélever des ressources sur les fronts stabilisés, de réaffecter des flottes de guerre égarées ou immobilisées, et de mobiliser plusieurs Chapitres Primaris de la Croisade Indomitus, il avait ordonné à ses Capitaines et aux Maîtres de Chapitre de briefer leurs Navigators sur les enjeux de la mission, puis il fit route vers le système de Vigilus.

Effectuer à temps les sauts Warp pour atteindre la planète avant sa chute aurait été impossible sans le lien astropathique entre Tigurius et le Seigneur Calgar. Dans les profondeurs de la Forteresse de Hera, entouré de ses meilleurs disciples, le Maître Archiviste guidait mentalement la flotte Ultramarines et ses alliées à travers la démence de l’Imperium Nihilus.

Cela n’était pas chose aisée, et plusieurs Épistoliers périrent en s’arrachant les yeux, consumés par le rituel empyréen, de la même façon que les Psykers qui alimentent l’Astronomican sont consumés par la puissance psychique de l’Empereur. D’autres furent exécutés sommairement par les Chapelains lorsque les premiers signes de possession démoniaque apparurent sur leur corps. Tigurius lui-même fut durement éprouvé, mais il ne faillit point. Il finit par s’effondrer, victime d’un vieillissement accéléré, mais seulement après que la flotte de Calgar eût effectué sa transition dans l’espace réel pour se placer en orbite autour de Vigilus.

Toutefois, l’armada Ultramarines avait subi de lourdes pertes avant de parvenir à son but. Plusieurs Barges de Bataille et Croiseurs d’Attaque à la longue et glorieuse carrière avaient succombé lors de batailles spatiales ou avaient été dévorés par les vortex Warp. Les capitaines des astronefs survivants avaient continué malgré ces tragédies, et lorsque l’armada arriva enfin en vue du système de Vigilus, Calgar dépêcha des forces de frappe Vanguard sur les autres planètes assiégées du système, tandis que le gros de sa flotte se frayait un chemin à travers ce qu’il restait de la flottille Ork.

Calgar transmit des communiqués aux Space Marines déjà sur la planète, mais il ne prit pas la peine d’informer la Gouverneure Planétaire de son approche, car il craignait d’être entraîné dans les intrigues politiciennes locales. Il n’avait qu’une seule chose en tête : restaurer aussi vite que possible l’ordre sur Vigilus.

Les cieux s’embrasèrent lorsque l’assaut planétaire des Space Marines commença. Des Modules d’Atterrissage s’abattirent en formation serrée sur les zones stratégiques établies par Calgar. Sur tous les faux continents, les Adeptus Astartes coordonnèrent leurs efforts avec les forces locales, leur redonnant espoir par leur seule présence, première étape du long processus de réorganisation des défenses de Vigilus.

Sagesses Psychique

En digne héritier du Primarque Roboute Guilliman, la réputation de génie stratégique de Marneus Calgar n’était plus à faire. Guidé par son mentor, Ortan Cassius, le Maître de Chapitre avait défendu l’empire d’Ultramar contre d’innombrables adversaires. Sa finesse stratégique avait permis de mettre en déroute la Flotte-Ruche Béhémoth qui avait envahi la Bordure Orientale, avait défendu l’Imperium contre les Astartes Hérétiques, et massacré les Nécrons de Damnos. Beaucoup de ces exploits avaient été réalisés avec l’aide de son vieil ami Varro Tigurius.

Ces dernières années, Calgar avait remarqué que son Maître Archiviste était distant, voire accablé, et avait pris l’habitude de regarder dans le vide pendant longtemps quand on ne lui adressait pas la parole. Certains affirmaient qu’il avait eu un aperçu de l’incommensurable magnitude du vide par-delà les limites connues de la galaxie. D’autres avançaient qu’en combattant psychiquement les créatures synapses des Tyranides, et en scrutant l’esprit des morts, il avait vu quelque chose qui avait laissé une trace indélébile sur son âme.

C’est peut-être cela qui avait alerté Tigurius du péril de la Secte Génovore qui grouillait sous la surface de Vigilus ; peut-être était-ce sa perspective nouvelle sur la forme de la galaxie, et ce qui l’attendait s’il venait à échouer, qui lui apprit ce qu’il transmit au Maître de Chapitre. Le Maître Archiviste n’en dit rien, et jura de ne jamais en parler.

Le Seigneur Macragge en personne se dirigea droit sur le plus haut bâtiment du Refuge du Saint, car il savait que la cour de la Gouverneure Planétaire s’y trouvait. Tandis que ses Frères de Bataille renforçaient le palais, parfois en neutralisant les défenseurs, Calgar se hâta de rejoindre la salle du Conseil Aquilarien.

Lorsque Calgar ouvrit les portes de la somptueuse salle de réunion du Conseil des Rouages et exigea un rapport sur l’effort de guerre, il trouva non pas des preuves d’héroïsme, mais de pourriture et de corruption. En apparence, le conseil regroupait les personnalités les plus en vue de ce monde, mais tout ce que vit Calgar était une salle remplie d’incapables. Sitôt passé le choc de se retrouver face à un personnage de premier plan de l’Imperium, le conseil retourna à ses querelles intestines.

Pointant un doigt accusateur sur les membres du conseil qui avaient selon lui trahi miné l’effort de guerre, Calgar ordonna à ses Frères de Bouclier de les appréhender. Lorsqu’ils s’emparèrent d’un de ces mécontents, ils remarquèrent sous le col de son habit que sa peau était noueuse et violacée, dissimulée par un maquillage grossier. Un autre cultiste se trahit peu après lorsqu’il tira un poignard dissimulé dans la chair de son bras pour venir en aide à son comparse.

La salle du conseil sombra alors dans le chaos. L’explosion de violence fut brève, fatale et définitive. Les Bolters tonnèrent, les lames des Space Marines se teintèrent de sang, les cultistes furent exécutés, les membres du conseil furent couverts de chaînes et exilés, et moins d’une heure plus tard un nouveau type de gouvernement fut mis en place.

À la tête de cet ordre nouveau se trouvait Calgar plus sombre et déterminé que jamais. Il s’était douté que la Secte Génovore avait infiltré les plus hautes couches de la société, et il n’était pas question qu’il laisse une telle chose se reproduire. Les autres commandants de l’Adeptus Astartes prirent place en compagnie de conseillers triés sur le volet issus des rangs du Conseil Aquilarien. Le chancre de la corruption avait enfin été extirpé du Refuge du Saint, et un nouveau gouvernement, le Sénat de Vigilus, fut établi.

Des Vrilles Profondes[modifier]

La Chasse est ouverte !
Le Culte des Princes des Pauvres, qui se répandait depuis des générations dans toutes les strates de la société, avait pris le contrôle de l’industrie du traitement des eaux de la Ruche Oteck. Ils étaient si bien cachés, si profondément infiltrés, que seuls les Space Wolves purent les pourchasser.
Une Nouvelle Pollution

Les cultistes de la Guivre Assoiffée avaient infiltré toutes l’infrastructure des citernes d’Oteck, où ils avaient contaminé l’eau avec des produits chimiques et des élixirs immondes. Certains de ces produits, distillés à partir de leur propre bang, rendaient la population plus sensible à l’hypnose de leurs maîtres, et certains réservoirs étaient corrompus par les cadavres des morts du culte. L’eau avait été polluée par plusieurs générations, jusqu’à acquérir une teinte tantôt violacée, tantôt jaunâtre. Lorsque l’insurrection commença en 1.823 post, des centaines d’équipes de travailleurs affectés aux conduites et aux filtres dévoilèrent leur véritable allégeance. Ces renégats s’emparèrent très vite des pièces d’artillerie et des batteries antiaériennes qui protégeaient chaque réservoir, tuant sans pitié les loyalistes avant de prendre le contrôle des usines de traitement de l’eau l’une après l’autre. Cependant, les cultistes eurent fort à faire lorsqu’ils se retrouvèrent face aux Space Wolves de la Grande compagnie de Ragnar Crinière Noire.

Les cultistes surgirent en grand nombre des ténèbres, mais cela ne découragea pas les Space Wolves. Durant les batailles qui s’ensuivirent, les troupes du culte furent massacrées par les Haches Énergétiques, les griffes mues par des pistons et les poignards d’hyperacier, quand ils n’étaient pas déchiquetés par des rafales d’obus à réaction de masse. Suivant les directives de Gilgas Vendella, la Guivre Assoiffée se replia pour attirer les Space Wolves dans un piège où les explosifs dissimulés pourraient entrer en action, mais ainsi, le culte quitta la zone que Haldor cherchait à détruire. C’est ce dernier qui déclencha le dernier maillon d’une chaîne de cachettes remplies de charges de démolition, ce qui entoura la ville d’une ceinture de feu, à la suite de quoi une section de l’Abîme Greigan de plus de huit cents mètres de large s’effondra, bloquant ainsi la macro-conduite. Ce qui restait du district fut repris par les troupes impériales peu après.

Cet exploit digne des sagas permit de mettre un frein à la corruption qui s’écoulait peu à peu dans les veines de Vigilus. La Deathwatch conduisit peu après une purge, et estima que les eaux étaient trop polluées pour être utilisées. Deux des cinq citernes, Greigan et Agamemnus, furent déclarées Condemnatus, et les autres furent placées sous une vigil extremis. Les ressources de la planète étaient en grand danger.

Les Space Wolves, sous les ordres du Primaris Haldor Icepelt, faisaient partie de la première vague d’Adeptus Astartes qui répondit aux appels de détresse de Vigilus, et ils atterrirent quelques mois à peine après les Iron Hands et leurs successeurs. Dès leur arrivée, les Fenrisiens comprirent immédiatement que la rareté de l’eau en faisait une ressource stratégique, et que s’emparer des réserves d’eau était un préalable à la conquête de la planète. Ils informèrent le Conseil Aquilarien de l’arrivée imminente des Crinières Noires, puis se dirigèrent vers les grands réservoirs de la Ruche Oteck appelés les Citernes. Là, ils entreprirent de neutraliser les insurgés qui se cachaient sous terre, car il n’était pas question que les réserves d’eau de la planète ne tombent aux mains de l’ennemi.

Durant les premières batailles de rue contre les insurgés, menées avec l’appui du 14e Vigilant, les "Mourning Stars," les Space Wolves pensaient avoir débusqué leur véritable objectif, tapi quelque part dans les souterrains des villes de l’Abîme Greigan. Les Mourning Stars pilonnèrent la région entière, considérée désormais comme irrécupérable, avant que les Space Wolves ne lancent leur assaut. En représailles, le culte fit exploser des charges de démolition qui firent s’effondrer les bâtiments sur leurs adversaires avant de lancer des vagues de combattants mutants à l’assaut, suivis de près par des Génovores chargés de démembrer ceux qui avaient osé pénétrer sur le territoire du culte. Piégés, les Space Wolves subirent de lourdes pertes, mais ne furent pas vaincus pour autant.

Alors que la guerre faisait rage en surface, les chasseurs de Haldor Icepelt s’enfoncèrent dans les profondeurs de l’Abîme Greigan, se frayant un chemin à coups de lames, de crocs et de griffes. Pisteurs experts, leurs sens surnaturels leur permettaient de déceler l’odeur des commandants Xenos parmi les relents de moisissure, de charogne, d’urine et de désinfectant. L’odeur étrange suggérait un métabolisme hors de contrôle, car ils traquaient la Griffe de la Guivre Assoiffée, qui abritait certaines des formes de vie les plus étranges de Vigilus.

Grâce à l’art de la chasse appris sur Fenris, les Space Wolves purent suivre les hybrides dans un dédale de passages et de conduites où d’autres se seraient perdus. Ils durent déjouer des pièges et des fausses pistes dans les tunnels, et affronter d’innombrables couvains et Néophytes. Leur férocité et leur puissance de feu leur permirent de triompher des tirs nourris qu’on leur opposait. Dans les profondeurs, à l’épicentre de l’infestation, ils combattirent Gilgas Vendella, le porte-icône de la géné-secte, accompagné de Bregg, son immense chef de guerre Abominant, mais ces dernières ne parvinrent pas à neutraliser les Space Wolves.

Les cultistes Génovores étaient des spécialistes de l’embuscade, et ils connaissaient chaque centimètre carré de leur territoire par cœur, et ils avaient étendu leur domaine loin sous la Ruche au moyen de subterfuges, œuvrant loin des regards pour améliorer leurs défenses. À mesure que Haldor et ses hommes progressaient, ils étaient soumis à une pression de plus en plus intense, graduellement minés par des pièges, des voies sans issue et des embuscades.

Les longues traques éprouvantes se terminant par un combat féroce sont monnaie courante sur Fenris, et la Guivre Assoiffée apprit à ses dépens que les fils de Russ ne renonçaient pas facilement. Alors qu’il combattait dans l’usine de traitement principale de l’Abîme Greigan, Haldor retrouva Asger le Glacial, un Dreadnought Redemptor. La machine de guerre permit à la Force de Frappe de se frayer un chemin à travers les murs de rocbéton et les tuyaux épais chaque fois qu’un obstacle leur barrait la route.

Apprenant que le culte avait placé des explosifs dans toute la ville, Haldor décida de retourner ce piège contre la Guivre Assoiffée. Il demanda par vox à ses frères restés en surface de retrouver les dépôts d’explosif et de reprogrammer les détonateurs. Il voulait déclencher des explosions simultanées au-dessus de la macro-conduite principale pour qu’une vaste zone de la ville s’effondre sur les souterrains. Selon ses calculs, cela stopperait le flot d’eau pollué que les conduites acheminaient vers les autres ruches. Ainsi, même si Oteck était condamnée, les autres métropoles pourraient survivre.

Vendetta Sanglante[modifier]

L’intervention des Asuryanis provoqua une réaction violente de l’Imperium.

Les Aeldaris de Saim-Hann savaient que Vigilus aurait une importance capitale dans la lutte contre la Grande Ennemie. Lors de la première phase de la Guerre des Bêtes, ils dépêchèrent certains de leurs plus redoutables guerriers claniques pour contrecarrer l’invasion du Chaos qui commençait sur la planète.

Le Conseil des Prescients de Saim-Hann, sur l’insistance du Grand Prophète Anvirr Keltoc, demanda aux chefs de clan de se rendre sur Vigilus. Les Aeldaris avaient fort à faire pour défendre leur propre territoire contre l’invasion du Chaos, mais ils envoyèrent néanmoins une petite force dans la Toile, car ils savaient que le Grand Prophète leur avait confié cette mission parce qu’elle permettrait de faire avancer la cause de leur Vaisseau-Monde. Le détachement était commandé par l’Autarque Rhyloor du Clan Moirec. Il était secondé par le Prescient Qelanaris, un membre de sa famille.

Le Grand Prophète Keltoc avait déterminé que le destin de Vigilus pouvait être modifié par l’élimination d’un seul individu - Vannadan le Brandon. Originaire de Storvhal, ce démagogue avait soulevé la population de cette région volcanique, qu’il avait convertie au culte d’un dieu ardent qui n’était autre que Tzeentch, le Modeleur du Destin. Après avoir semé les graines de la rébellion dans le terreau fertile de Storvhal, il s’était tourné vers les quartiers pauvres d’Hyperia, afin de convertir les habitants à son credo chaotique. S’il réussissait, Keltoc avait prédit qu’une éruption volcanique artificielle serait déclenchée à Storvhal, causant une réaction en chaîne qui s’étendrait au district du Bûcher du Martyr, dans le Refuge du Saint, ce qui tuerait de nombreux dirigeants du continent et détruirait le conseil de guerre.

Les Aeldaris sortirent de la porte de la Toile à l’ouest du Fléau de Kaelac, et les pouvoirs divinatoires de Qelanaris leur permirent d’éviter les Drukharis qui profitaient du blizzard pour lancer leurs raids. Les Aeldaris foncèrent à travers les nuages à bord de leurs Motojets et de leurs Wave Serpents en direction de leur objectif. Ils trouvèrent Vannadan en train de prêcher à l’endroit prédit par Keltoc, sans prendre la peine de contacter les forces impériales, ils frappèrent rapidement et à l’issue d’un engagement bref et sanglant, le corps lacéré de Vannadan s’effondra au sol.

Mais l’attaque des Motojets de Saim-Hann à Hyperia ne passa pas inaperçue, et l’apparition soudaine des Aeldaris fut rapportée au Conseil Aquilarien. Apprenant que des Aeldaris avaient commis un massacre parmi la population, les dirigeants de la planète en conclurent qu’il s’agissait des Drukharis qui avaient lancé des raids contre les Ruches Oteck et Dirkden. Le conseil ordonna des représailles et, quelques minutes plus tard, une force aéroportée de Militarum Tempestus fut dépêchée sur place. Les soldats du 47e Antrell Lions effectuèrent un saut en Grav-Chute et encerclèrent les Aeldaris alors même que les Xenos éliminaient les derniers partisans de Vannadan. Qelanaris tenta d’expliquer qu’ils venaient d’extirper un chancre qui infectait toute la planète.

Malheureusement, ses paroles furent interrompues par une salve de tirs. L’Autarque Rhyloor fut abattu sur-le-champ, et la plupart des Windriders de son groupe périrent avec lui. Qelanaris et les survivants se replièrent en jurant de venger leurs compagnons.

Le Sénat de Vigilus

Une des premières décisions de Calgar en tant que nouveau dirigeant de Vigilus fut de réorganiser sa structure de commandement. Ce ne fut pas une décision aisée, mais depuis qu’il avait la preuve que la Secte Génovore qui infestait la planète avait atteint les plus hauts échelons du gouvernement, il n’eut pas le choix. Les portes du Sénat furent verrouillées, et les dignitaires que Calgar avait autorisés à rester reçurent l’ordre de dire tout ce qu’ils savaient de l’effort de guerre jusque-là. Un front uni fut établi, et la première étape vers la victoire finale était désormais l’information et la communication. Les membres du sénat de Vigilus purent parler librement en présence sur seigneur de Macragge, et les progrès furent rapides.

La réorganisation de la machine de guerre impériale ne se limita pas à ses commandants. Afin que le Sénat se concentre exclusivement sur les opérations, Calgar réunit un groupe d’élite d’Ultramarines sélectionnés dans les compagnies de bataille à sa disposition, dont la mission serait de barrer la route à quiconque essaierait de s’en prendre au Haut Commandement Impérial. Il baptisa cette force la Garde Extremis, et plaça à sa tête le Lieutenant Eothrus, un jeune héros qui avait fait ses preuves contre la Death Guard.

Eothrus était un des esprits les plus brillants de la 2e Compagnie, et possédait la sagesse d’un chef d’État qui rappelait celle du Primarque. Cette nomination s’avéra une sage décision : quelques jours à peine après la formation de la Garde Extremis, celle-ci déjoua une attaque Aeldari qui aurait pu décapiter l’état-major de Vigilus.

Qelanaris fuit par le portail de la Toile, emportant avec lui les Pierres-Esprits de ses camarades défunts. De retour sur Saim-Hann, il mobilisa toutes ses connaissances pour placer les âmes de ses compagnons dans des châssis de moelle spectrale. Il ne chercha pas l’appui du Conseil des Prescients et n’écouta pas les avertissements des autres clans. Il vengerait ses compagnons, même s’il devait pour cela envoyer leurs mânes au combat.

Des années plus tard, lorsque Qelanaris revint sur Vigilus durant la troisième phase de la guerre, il chercha non seulement à se venger des brutes qui avaient abattu les siens, mais aussi des dirigeants qui avaient orchestré ce massacre. Il ne savait pas que le Conseil Aquilarien avait été dissous depuis longtemps. La Force de Frappe composée de vivants et de défunts attaqua le Palais Aquilarien, siège du gouvernement de Vigilus, où elle se retrouva face aux Ultramarines de Marneus Calgar.

Une Erreur Tragique[modifier]

Le Lieutenant Eothrus de la 2e Compagnie des Ultramarines était en charge de la défense du Palais Aquilarien. Lorsque, en compagnie de sa Garde Extremis, il entreprit d’intercepter les Aeldaris qui avaient massacré les Antrell Lions à la porte orientale, il fut pris dans une série de distractions, de feintes et de fausses retraites. Tandis que l’essentiel de ses forces affrontaient les Motojets qui filaient à toute allure entre les bâtiments et les portes du palais, il s’efforçait de repousser toute tentative d’assaut contre les salles vitales du palais. Il se retrouva bientôt face à Qelanaris, qui essayait de gagner. le Sénat.

Eothrus essaya de conclure une trêve, et peut-être une alliance avec les Aeldaris. Il avait entendu de la bouche de Haldor Icepelt, qui avait combattu aux côtés des Aeldaris en armure rouge dans la Zone de Guerre Stygius, que le code des guerriers de Saim-Hann était honorable. Mais en ce jour, Qelanaris ne pensait qu’à la vengeance. Une lutte sans merci s’engagea, les Aeldaris périrent sous les Bolts et le plasma alors même que les Space Marines Primaris périssaient sous les tirs des Canons Fantôme. Les guerriers de Saim-Hann franchirent le cordon des Ultramarines et s’approchèrent des portes du Sénat. Ils étaient sur le point d’atteindre leur but lorsque les portes s’ouvrirent d’elles-mêmes, et quatre Maître de Chapitre s’élancèrent, talonnés par leur garde d’honneur. Qelanaris fut contraint de battre en retraite, privé de son ultime vengeance.

Le Mur Dontorial[modifier]

L’Héritage Pesteux

Calgar exigea que le problème de Dontoria soit traité en priorité, avant les assauts des Orks et les soulèvements des Sectes Génovores. Les Ultramarines avaient joué un rôle essentiel dans la guerre contre Mortarion et sa Death Guard, et ils savaient bien que laisser les fidèles de Nurgle établir une tête de pont ne manquerait pas de voir l’épidémie se répandre. Le voile entre le Warp et la réalité allait s’affaiblir, au point où les rejetons du Chaos pourraient se manifester. Une telle situation ne devait pas se produire.

Lorsqu’on apprit que deux étendues ruchières et un spatioport de la taille d’une ville avaient succombé face aux l’Infection de la Variole Geller, les Space Marines établirent une quarantaine et un cordon militaire.

Le Conseil Aquilarian avait mis du temps à répondre à la missive de Du Languille, car à ses yeux, Dontoria était un problème secondaire. Le Sénat de Vigilus se contenta d’accorder une audience à la Libre-Marchande pour écouter ce qu’elle avait à dire. Au bout de quelques minutes, les seigneurs du sénat parvinrent à un consensus. Le Maître de Chapitre Raquilon Zandtus allait mener son Chapitre Primaris des Necropolis Hawks contre les Infectés de la Variole Geller, car ses compagnies étaient versées dans l’art du combat urbain. Pendant ce temps, les Crimson Fists du Frère Capitaine Jhermandes allaient travailler de concert avec les Iron Hands pour mettre en place un cordon sanitaire rigoureux, de contenir l’infection.

Les Necropolis Hawks découvrirent un spectacle abominable dans les docks à l’abandon de Litmus. Des mutants aux jambes de bois, et aux crânes recouverts de métal, grouillaient dans les allées et sur les places. La vermine bondissait des fenêtres pour s’attaquer aux jointures des armures avec ses dards et ses griffes. Des colosses de chair déambulaient en crachant des flammes. Ces créatures étaient redoutables au corps à corps à cause de leurs pinces mécaniques et de leurs armes improvisées gigantesques, si bien que plusieurs Necropolis Hawks moururent au cours d’embuscades. Toutefois, les guerriers de ce Chapitre étaient formés à l’emploi de leurs armes de tir, même à bout portant. Les Intercessors décimaient leurs adversaires en créant des zones mortelles avec leurs Fusils Bolters, tandis que les Hellblasters se chargeaient d’incinérer les plus gros mutants. Grâce à leur fureur, leur discipline et leur esprit de sacrifice, ils acculèrent les mutants de la Variole Geller, et traquèrent leurs chefs alors que les Crimson Fists resserraient le cordon autour de la zone.

En rassemblant des Land Raider Redeemers des Crimson Fists avec les Hellhounds de la Vigilant Guard, et en incendiant des sections entières de pipelines à prométhéum dans les étendues ruchières, un mur de feu fut érigé mentir de la zone infectée. Calgar et son Sénat n’avaient pas d’autre choix. Même si cela bloquait des centaines de milliers de civils sains à l’intérieur de la zone de quarantaine et les condamnait à une mort atroce, cela permit de contrôler l’épidémie. Malgré tout, ces mesures de sécurité ne suffiraient pas, car les disciples de Nurgle sont obstinés…

Course pour le Point de Mandeville[modifier]

Les infectés par la Variole de Geller ont des symptôme assez "manifestes"…
Lors de son retour dans les Étendues Ruchières de Dontoria, Delarique du Languille reprit contact avec la Vigilant Guard. Son adjudant Psyker, Morghalian, avait fait des cauchemars évoquant un mal se déversant de Dontoria vers Terra, sous la forme d’une maladie qui transformait les hommes en cyborgs démoniaques.

Du Languille savait qu’il ne fallait pas prendre cet avertissement à la légère, car son Psyker ne lui avait jamais fait défaut. Elle convainquit ses contacts parmi les Technaugures de l’urgence de sa requête, et communiqua avec les scribes de Neo-vellum par le biais d’un datacâble noosphérique à spectre étroit. Elle demanda à vérifier les environs du Dock Litmus, et reçut un message qui confirma ses pires craintes : le cordon de quarantaine avait des fuites.

L’exportation de marchandises depuis les étendues ruchières avait cessé dès que les Space Marines avaient mis en place la quarantaine. Très peu de civils avaient réussi à fuir la zone en passant au nez et à la barbe de l’Adeptus Arbites qui contrôlait les routes extraplanétaires. Malheureusement, l’interdiction de voyages spatiaux depuis les docks était arrivée trop tard pour empêcher le décollage du vaisseau Illustrions Cargo. Il avait quitté la planète trois jours plus tôt, après la détection de la Variole de Geller mais avant la mise en place de la quarantaine. S’il transportait des infectés, il représentait une bombe à retardement bactériologique. Il se dirigeait en cet instant vers le Point Mandeville de la planète, afin de pénétrer dans le Warp sans être gêné par la gravité de la planète ou de son étoile.

Si l’Illustrious Cargo disparaissait dans l’Empyrée, il serait définitivement hors d’atteinte. Les communications interstellaires étant impossibles, il pourrait se rendre sans encombres au Système Dharrovar, puis jusqu’au Piège de Nachmund pour arriver dans l’Imperium Sanctus. S’il transportait bel et bien des mutants et que ceux-ci posaient pied sur Terra, cela pourrait bien sonner le glas de tout son système solaire, et le plonger définitivement dans la damnation la plus abjecte.

Du Languille ne pouvait pas prendre un tel risque. Lorsqu’elle consulta le conseil de guerre du Refuge du Saint, elle apprit que ses vaisseaux sacrifiaient leur vitesse pour un armement dévastateur, et ne pourraient jamais rattraper l’Illustrious Cargo avant son plongeon dans le Warp. Le seul navire assez preste pour rattraper l’Illustrious Cargo faisait partie de sa flotte personnelle. C’était une corvette racée baptisée Messenger. Malheureusement, c’était un navire de plaisance dénué d’armement, ou en tout cas de canons assez puissants pour menacer l’Illustrious Cargo.

En dépit de cela, la Libre-Marchande ne se laissa pas abattre. En moins d’une heure, le Messenger filait à travers l’espace, en direction des coordonnées fournies par les augurators de Neo-vellum. Soixante heures plus tard, le point vert indiquant la présence de l’Illustrious Cargo apparut sur les Auspex, et sa forme trapue ne tarda pas à envahir la baie d’observation. Avec son efficacité habituelle, Du Languille rassembla une équipe de ses meilleurs agents, embarqua dans un module de transit et aborda le cargo.

Nul ne saura jamais, en dehors de Du Languille et du Seigneur de Macragge en personne, ce qui se trouvait à bord du cargo. La Libre-Marchande fut la seule à revenir vivante de cette mission suicidaire, et n’en parla qu’avec Calgar. Ce qui est certain, c’est, que l’Illustrious Cargo explosa juste avant de plonger dans le Warp, à cause du sabotage de ses moteurs par le commando.

Ce n’est qu’à la fin du débriefing avec Calgar que Dontoria révéla son dernier et plus terrible secret. Les scribes de Neo-vellum avaient envoyé un second message, qui fut remis solennellement à Du Languille et au Seigneur de Macragge. Il évoquait trois autres cargos qui avaient quitté le même dock de Dontoria, un jour avant l’Illustrions Cargo, et qui avaient la même destination.

Du Languille avait sans doute sauvé tout un système d’une terrible épidémie en détruisant l’Illustrious Cargo. Cependant, malgré tous ses efforts et les sacrifices consentis par ceux qui avaient accepté de s’aventurer à l’intérieur du navire maudit pour le saboter de l’intérieur, l’infection de la Variole Geller poursuivait sa route à travers les étoiles en direction de la Très Sainte Terra, le Siège de l’Empereur.

L'Espoir Subsiste[modifier]

Même si les Orks se déchaînaient sur presque toute la surface de la planète, il y avait un continent artificiel où l’ordre et l’efficacité résistaient encore à l’anarchie des Xenos. Le Mortwald ne devait pas tomber, et lorsque des renforts arrivèrent, la région fut capable de passer de la défense à l’attaque.

Depuis la Perte d’Oteck, l’eau devenait de plus en plus rare sur Vigilus, et les convois qui la transportaient étaient tout aussi peu nombreux. Suite à la perte de la Ruche Grodholev à cause de la Variole de Geller, Dontoria risquait de perdre son principal approvisionnement en eau : le Lac Dontor, qui était désormais étroitement surveillé pour éviter toute contamination. Le Sénat de Vigilus n’avait pas encore localisé les forces de la Death Guard qui avaient propagé l’épidémie de la Variole de Geller sur la planète, et se doutait que si ces traîtres passaient outre la zone de quarantaine, ils s’empresseraient de s’attaquer au lac.

De plus, l’eau n’était pas la seule ressource qui se raréfiait.

Le continent artificiel du Mortwald produisait l’essentiel de la nourriture et des médicaments de la planète, mais comme les Orks étaient présents à ses frontières, et que le Culte des Princes des Pauvres était apparu au sud, ses capacités de production en pâtissaient, et la population commençait à en payer le prix.

Certains des membres originels du Conseil Aquilarian sous-entendirent que les seigneurs du Mortwald, dont le propre frère du Gouverneur Planétaire, Deinos Agamemnus, se contentaient de se protéger sans penser aux autres. Cette interrogation restait en suspens : même si les défenseurs de Vigilus repoussaient les Xenos, n’allaient-ils pas mourir de faim ?

Le Mortwald ne manquait pas de soldats expérimentés, car aux cours des siècles qu’avait duré le règne de Deinos, son continent avait été renforcé par des régiments des Praefects d'Indiga, des Loquhar Prime Sandsmen, des Nobles Ventrillians, des Premiers-Nés Vostroyens, et même récemment par des Troupes d’Assaut Cadiennes. Tous ces soldats étaient prêts à affronter les Orks, même si les champs de forces devenaient hors d’usage, et beaucoup étaient des vétérans de la Porte Cadienne. D’ailleurs, une guerre de positions traditionnelle contre un ennemi certes redoutable comme les Orks, mais prévisible, paraissait beaucoup plus enviable que des affrontements cauchemardesques contre les forces du Chaos.

Lorsque les champs de force Bastion de la planète disjonctèrent en masse, les Orks de la Flaque de Tanka assaillirent le Réseau de Tranchées Deinos au nord du Mortwald. L’Astra Militarum tint bon et abattit les Orks à coups de Bolters Lourds, d’Autocanons et de Fusils Laser tandis qu’ils fonçaient à découvert. Lorsque les Peaux-Vertes se présentaient avec des blindés trop nombreux pour être stoppés, l’Astra Militarum battait en retraite sur une ligne ou deux, laissant les véhicules Xenos s’embourber dans les tranchées. Une fois ralentis, ils faisaient des cibles faciles pour les Canons Laser et les Lance-Missiles des équipes d’armes postées dans les bunkers. Une fois l’assaut enrayé, des groupes d’Ogryns étaient envoyés pour dégager les épaves et renforcer les défenses en utilisant tout matériau à disposition, aussi bien des poutrelles métalliques que des cadavres.

Pendant des semaines, les attaques des Orks se succédèrent. Ils tentèrent même de passer par les forêts de barbelés de la Ligne Tzeller au sud.

Malgré tout, l’Astra Militarum tenait bon, non seulement contre les peaux-vertes, mais aussi contre les insurrections du culte dans les Districts Ejecta Districts, les Plastofabriques Biosantiques et les quartiers des ouvriers. Deinos Agamemnus répétait son mantra, qui était relayé via les échelons de commandement et répété aux troupes : le Mortwald tiendrait bon.

Lorsque les énormes transports stratosphériques et les aéronefs des renforts impériaux passèrent le blocus des Orks et arrivèrent aux Docks de la Nouvelle Vitae, la défense obstinée des défenseurs du Mortwald se mua en un zèle irrépressible. La vision de centaines d’Imperial Fists se rendant au combat dans leur livrée jaune, impavides face à l’ennemi, enflammait les âmes des témoins. En quelques jours le Capitaine Fane, le chef laconique et couturé de cicatrices de la 5e Compagnie des Imperial Fists, avait intégré les plans du Réseau de Tranchées Deinos et de la Ligne Tzeller. Il mit en place des zones de tirs croisées redoutablement efficaces, et positionnait ses guerriers là où les Orks attaquaient en force. Ainsi, l’infanterie et les escadrons de véhicules Peaux-Vertes qui arrivaient dans la ligne de mire des défenseurs étaient rapidement éradiqués. Seuls les marcheurs titanesques qui surplombaient les tranchées autour de la Ruche Electros furent assez puissants pour briser le cordon défensif : les Krabouillators étaient si gros et si nombreux que les forces impériales furent forcées de céder tout un district et de battre en retraite pour préparer une contre-attaque.

Lorsque les énormes navires transportant des Chevaliers Impériaux passèrent les nuages et arrivèrent aux Docks de la Nouvelle Vitae, le Capitaine Fane était là pour les accueillir. Le sol trembla lorsque les machines de guerre sortirent de leurs hangars de transport pour défendre le Mortwald. Parmi ces lances d’engins portant l’héraldique de plusieurs Maisons, on pouvait distinguer celle des Chevaliers Sans-Fief de Dharrovar. Fane remercia silencieusement l’Empereur.

Une Charge Légendaire[modifier]

« Ce Haut Castellan nous parle de courage, d’honneur, de notre devoir envers Vigilus et d’autres planètes. Est-il fidèle à ce qu’il clame ? Prend-il sa lance et son bouclier pour défendre son peuple ? Non ! Il sirote de l’amasec dans sa tour d’ivoire, laissant les autres guerroyer à sa place. Il ne réalise pas que ces âmes courageuses, en affrontant des forces qui les dépassent, valent mille fois mieux que lui. Allons-nous laisser un homme aussi méprisable décider de notre sort, mes frères ? Allons-nous rester oisifs pendant que les Orks gagnent en puissance ? Non ! Nous allons laver l’honneur de notre près dans le sang de nos ennemis ! Nous allons effacer le souvenir de Dharrovar le maudit dans le feu d’une bataille chevaleresque! À la guerre ! »
- Baron Joren Vanaklimptas.

Beaucoup de Chevaliers Impériaux ayant atterri dans le Mortwald étaient pressés d’en découdre contre les énormes Marcheurs Orks qui sortaient des Cités-casses. Certains pensaient qu’il s’agissait là de pure témérité, mais au fil des semaines, le Capitaine Fane des Imperial Fists soupçonna d’autres raisons.

Les Chevaliers de la Maison Terryn furent prompts à attaquer les Krabouillators qui avaient envahi le Mortwald, en les engageant à longue portée et en les éliminant méthodiquement, les uns après les autres. En revanche, les Chevaliers Impériaux arrivés de Dharrovar demandèrent à s’aventurer profondément en territoire ennemi. Ils arguaient qu’ils n’avaient nulle gloire à glaner en affrontant de la piétaille Peau-Verte cachée dans des tranchées, et qui ne représentait qu’une faible menace pour leurs énormes marcheurs. Cependant, l’insistance des demandes des Chevaliers pour former l’avant-garde de l’assaut intrigua leurs alliés Imperial Fists, notamment Fane.

Même s’ils étaient de jeunes nobles impulsifs, ces Chevaliers Sans-Fiefs semblaient trop désireux d’un assaut frontal. Un ombre planait au-dessus d’eux, et plus particulièrement au-dessus de leur chef à la barbe rousse, Joren Vanaklimptas. Fane n’était pas dupe. Il en parla à ses plus fidèles conseillers, car il reconnaissait en Joren des tourments qu’il avait lui-même connus : depuis que sa compagnie d’Imperial Fists avait affronté le Conclave de la Griffe Mentale de Tzeentch, il était perturbé par des cauchemars éveillés si terribles que parfois, il espérait que la mort viendrait le libérer. Est-ce que ces Chevaliers Sans-Fief connaissaient le même mal, et qu’ils ne possédaient pas la force mentale de l’Adeptus Astartes pour y résister ? Est-ce que leur insistance pour se retrouver en première ligne avait quelque chose à voir avec le fait qu’ils avaient effacé leur héraldique pour la remplacer par d’autres symboles ?

Bataille de la Flaque de Tanka

Les Chevaliers Sans-Fief qui attaquèrent la Cité-casse de la Flaque de Tanka à l’est du Mortwald, approchèrent depuis le Réseau de Tranchées Deinos, en usant du couvert d’une tempête de sable soulevée par un précédent assaut des Orks. Ils attendirent que les Peaux-Vertes soient sous le vent, puis foncèrent vers l’est à travers la horde, en utilisant de façon experte leurs Boucliers Ioniques pour dévier les tirs. Les Chevaliers traversèrent les lignes ennemies et ressortirent de l’autre côté avant que les Orks comprennent ce qui se passait. La horde resta stupéfaite. La moitié des Orks voulait faire volte-face tandis que l’autre ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Ils furent des proies faciles pour le manipule de Warhounds et le Titan Reaver Heresium’s Bane. Lorsque le crépuscule céda la place à la nuit, les Chevaliers Sans-Fief lancèrent l’assaut contre la Flaque de Tank faiblement défendue, et eurent l’effet d’un épieu enfoncé dans le cœur d’un monstre. Les explosions illuminaient la nuit alors que les uzines et les Krabouillators en construction étaient détruits par les armes à fusion et les obusiers. Fane leur ordonna alors de battre en retraite et de venir se ravitailler au Mortwald, car même depuis les tranchées, on pouvait voir les flammes des incendies. Mais les Chevaliers Sans-Fief enchaînèrent un assaut contre la cité-casse suivante, et tuèrent encore des milliers d’Orks avant d’être finalement encerclés.

Toutefois, de telles considérations étaient insignifiantes aux yeux de Deinos Agamemnus. Il considérait les Chevaliers comme des outils parfaits pour mener sa guerre. Il était satisfait de les avoir à sa disposition, mais les considérait aussi sacrifiables que des cavaliers sur un échiquier. Il promulgua un édit leur interdisant de dépasser les lignes de tranchées et le réseau de bastions afin de s’aventurer dans les désolations : leurs canons servaient utilement d’artillerie dont la portée dépassait celle de la plupart des armes des Orks. De plus, ils étaient liés par leur serment d’allégeance envers leurs aînés. Au début, les Chevaliers Sans-Fief acceptèrent avec réticence de se plier à ces obligations. Le Princeps du Titan Reaver Heresium’s Bane, un allié de longue date de Deinos et de ses conseillers traditionalistes, rappela aux Chevaliers leur devoir envers le peuple du Mortwald, et souligna que même si son propre manipule de Warhounds, les Hyperian Hounds, désirait plus que tout partir en chasse, ils acceptaient eux aussi de se refréner.

Ainsi bridés, les Chevaliers furent déployés aux côtés du Capitaine Fane au cours de plusieurs batailles défensives qui repoussèrent plusieurs assauts des Orks. Cependant, il se passait des jours entiers pendant lesquels les Chevaliers Sans-Fiefes et leurs alliés Titans restaient immobiles et silencieux, dans l’attente de l’ennemi.

Les Orks attaquaient le Mortwald une ou deux fois par semaine, et à chaque fois, leurs forces étaient stoppées puis mises en déroute. Néanmoins, les troupes envoyées contre le Capitaine Fane et ses alliées étaient de plus en plus nombreuses et puissantes. Les machines de guerre des Orks surclassaient en nombre celles des impériaux. Au début, elles n’étaient composées que d’engins de la taille d’un Dreadnought, mais il en venait de plus en plus souvent de la taille d’un Chevalier, voire d’un Warhound.

Quand des machines rivalisant en taille avec l’Heresium’s Bane apparurent à l’horizon, Fane prit une décision. Il fallait détruire les usines des Orks. Il donna des ordres à Vanaklimptas et à ses Chevaliers sur un canal sécurisé, usant de son autorité en tant que fils de la Légion originelle de Rogal Dorn. Une heure plus tard, les Chevaliers franchissaient la Ligne Deinos et partaient dans les désolations aux côtés des Hyperian Hounds.

L’heure de lâcher les chiens de guerre était venue.

Aqua Meteoris[modifier]

La conquête soudaine de Megaborealis par les Xenos avait mis la cité à feu et à sang. Les ressources se faisaient rares, notamment l’eau acheminée depuis l’orbite par l’Adeptus Mechanicus. Les chefs des Princes des Pauvres étaient conscients de cette faiblesse et l’exploitèrent à fond.

La guerre de Megaborealis avait vu l’alliance de l’esprit cartésien de l’Archmagos Nesium Caldrilce, du pragmatisme implacable du Fabricator Vosch et de la logique froide des Iron Hands. Cette combinaison s’était avérée dévastatrice. Megaborealis revenait sous contrôle impérial, un quartier après l’autre. Les Space Marines brisaient l’échine de chaque incursion majeure si bien qu’ensuite, les Skitarii et leurs maîtres Technoprêtres n’avaient plus qu’à achever les survivants.

Les auspicators et les omnispex des défenseurs impériaux se verrouillaient sur les biosignatures des Xenos, et chaque traque était menée avec une efficacité méthodique. Le Culte des Princes des Pauvres, qui avait brièvement dominé un bon tiers de Megaborealis, avait été forcé de reculer sur une douzaine de fronts. Un mois après l’arrivée des Iron Hands, les cultistes étaient de nouveau réduits à mener une guérilla contre les macrodades des Skitarii de l’Adeptus Mechanicus.

Il y avait cependant une exception, et de taille. Dans le quartier autour des Flèches Stygiennes et du Grand Treuil de l’Omnimessie, les icônes de la Secte Génovore étaient toujours levées. Un des plus éminents Primus du culte, Dethru Noan, avait décrété que cette zone était d’une importance vitale, car non seulement l’immense Ruche était le centre des structures de commandement de Megaborealis, mais c’était également là que l’eau était acheminée depuis les météores captés en orbite par l’immense mécanisme à contrepoids de Vosch, et qui avait été baptisé le Treuil de l’Omnimessie.

Primus Noan n’était pas un fanatique, mais quelqu’un de rationnel. Il savait que sans cette source d’eau, et avec les convois de transport de rations de survie coupés par les Orks partout sur la planète, l’Adeptus Mechanicus pouvait être privé du fluide vital dont il avait besoin. Il prévoyait donc d’assiéger cette Ruche majeure depuis son quartier-général.

Afin de mettre son plan en action, Noan avait pénétré dans l’immense cathedrum de son essaim, dans les tréfonds de Megaborealis. Il avait arpenté les colonnades décorées de cadavres et les bannières plantées en haut de montagnes de matériel capturé. Dans la crypte, à moitié immergé dans les restes semi-liquéfiés de ses serviteurs défunts, se trouvait Grand Sire Venu Des protubérances osseuses avaient jailli pour former un trône étrange sur lequel était assis le gigantesque Purestrain. Des familiers sortaient de temps à autre la tête du liquide pour fixer Noan d’un air mauvais. Le regard de Verm lui-même scintillait haineusement, car il n’aimait guère être dérangé.

Heureusement pour lui, Noan s’était assuré l’assistance du Magus Slynte. Ce dernier établit un contact psychique avec Verm et lui exposa le plan de bataille de Noan. Une longue minute s’écoula avant que le Grand Sire se relève de toute sa hauteur et sorte de son bain méphitique avant de dépasser ses interlocuteurs. Le Magus annonça alors fièrement que l’assaut contre les Flèches Stygiennes serait mené par le Patriarche en personne, et lui emboîta prestement le pas.

Moins d’une journée plus tard, le cloaque des Flèches Stygiennes grouillait de Purestrain Genestealers. Ils venaient de tout le continent et même d’au-delà, et répondaient sans hésiter à l’appel psychique de leur Patriarche. Il n’y avait pourtant pas de cris résonnant dans la nuit, pas de prières enfiévrées, pas d’appels. La chute imminente de Megaborealis se préparait en silence, mais se rapprochait inexorablement.

La conquête des Flèches Stygiennes fut terriblement sanglante. Tout d’abord, survint l’événement qu’on allait appeler le Massacre Vertical, comme beaucoup de Ruches impériales, les Spires avaient des niveaux inférieurs si profonds, sombres et labyrinthiques que nul ne savait exactement jusqu’où ils s’étendaient. La guerre contre les Orks monopolisait beaucoup de ressources, si bien que les patrouilles de Skitarii opérant dans les niveaux inférieurs étaient rares. Et il n’y avait pas que des Purestrains qui convergeaient vers les Flèches Stygiennes, mais aussi tous les membres du culte du continent Des écoutilles fermées depuis des éons furent rouvertes, des galeries furent dégagées et de nouveaux tunnels furent creusés avec des Rockgrinders et des macroforeuses. Tels des termites industrieux, les cultistes se rapprochèrent des strates inférieures des Flèches Stygiennes, leurs Équipes d’Extermination s’occupant d’anéantir méthodiquement toute résistance. Lorsque les sirènes d’alarme sonnèrent enfin, plus de vingt pour cent des tunnels étaient sous le contrôle du culte.

Une Étrange Ruée

Le plus grand centre de production d’eau de Vigilus vit sa capacité quasiment réduite à néant lorsque les Belluaires des Cultes Cérastes Drukharis apprirent à contrôler les mantes religieuses blanches qui chassaient dans les blizzards du Fléau de Kaelac. En modulant leurs neurocides et leurs munitions éclateuses afin de plonger ces insectes géants dans une frénésie tueuse, ils dirigèrent des centaines de ces créatures à travers les glaciers et les plaines recouvertes de permafrost jusqu’aux canyons des macrocanières de Kaelac. Les Drukharis se nourrirent avidement de la douleur qu’ils infligèrent sadiquement, en observant les mantes religieuses de la taille d’un cheval qui démembraient les Skitarii et les carriers. Le bain de sang fut tel que le liquide écarlate emplit tous les cratères des environs.

Les couloirs des Flèches Stygiennes résonnèrent des pas métalliques de milliers de Skitarii lorsque leurs garnisons se portèrent à la rencontre des envahisseurs. Lors des combats qui s’ensuivirent, les Skitarii prirent rapidement l’avantage. Ils combattaient avec la détermination de zélotes défendant leur temple, et leurs maîtres Technoprêtres Dominus avaient prévu toutes les éventualités, quel que soit le type d’invasion. Les protocoles d’alerte étaient bien établis, et bientôt, les couloirs furent jonchés de cadavres d’hybrides Xenos. Cependant, les plans des Technoprêtres avaient une faille : les précieux pipelines qui acheminaient l’eau au sommet des Flèches Stygiennes.

En tant qu’organismes d’avant-garde des Tyranides, les Génovores sont capables de se faufiler dans des espaces réduits, afin d’exploiter au mieux les divers vecteurs possibles pour répandre leur infection. Après que les griffes de Grand Sire Verm eurent ouvert des trous béants dans les conduites d’eau, les Purestrains s’y faufilèrent les uns après les autres. Ils rampèrent en luttant contre le flot de liquide pendant toute une journée, exploit que ni un humain, ni un Ork n’auraient pu accomplir, jusqu’à atteindre les fermes d’eau au sommet des spires. Celles-ci étaient légèrement défendues, car l’essentiel des Skitarii était engagé dans les profondeurs, et rapidement, elles ressemblèrent à des abattoirs, les corps déchiquetés et les membres bioniques de leurs occupants étant répandus au sol. Pris à revers, les Skitarii étaient piégés, et ils furent vaincus au bout de trois jours de combats acharnés.

Assaut sur les Cités-Casses[modifier]

Les Space Marines de Vigilus avaient apporté la mort aux envahisseurs Xenos dans des dizaines de quartiers des étendues ruchières, et désormais, leurs chefs avaient de nouvelles ambitions. Pour que l’Imperium remporte cette guerre, il devait porter le fer à l’ennemi dans sa propre tanière.

La charge des Chevaliers Sans-Fief de Dharrovar, même si elle avait fini par être vaincue, avait donné une occasion sans précédent à la coalition des Space Marines. Peut-être que le Capitaine Fane l’avait prévu quand il avait donné l’ordre d’attaquer aux jeunes Chevaliers Impériaux, ou peut-être que l’Adeptus Astartes saisissait simplement une nouvelle opportunité. Mais pendant un certain temps, dans le territoire Ork à l’est du Mortwald qu’on appelait le Diamant Vert, tous les regards étaient tournés vers les Chevaliers Impériaux.

Quelques secondes après que Fane eut informé les autres Capitaines Space Marines de la charge des Chevaliers Sans-Fief, plusieurs Forces de Frappes furent envoyées à bord de Thunderhawks et de Stormtalons. Les compagnies à moto des White Scars, menées par Olujin Khan, et la Ravenwing, menée par le taciturne Meneraeus, suivaient de près. Vus depuis les bombardiers de l’Aeronautica Imperialis qui assuraient le soutien, les assauts des Space Marines étaient très ciblés mais mortels. Ils frappaient des objectifs dans les cités-casses comme des torpilles filant à travers le vide spatial pour anéantir de lourds vaisseaux.

Les capacités de l’artillerie lourde des Orks, conçue pour le combat spatial, étaient redoutées des colonnes de la Garde Impériale qui passaient à portée. Un seul obus pouvait détruire tout un escadron de chars, et mettre à mal tout un assaut s’approchant des cités-casses. Ceux qui attaquaient les Orks en plein jour subissaient rapidement un pilonnage qui laissait des cratères immenses dans le sol. Olujin Khan, surnommé le Faucon pour sa tendance à s’assurer la supériorité aérienne, avait effectué suffisamment de reconnaissances aériennes pour connaître les emplacements exacts des super-canons des Orks, et leurs zones de tirs. Certaines de ces armes avaient été placées sur des affûts mobiles pour couvrir de plus grands angles. Les escadrons de Stormtalons d’Olujin avaient indiqué que ces canons visaient désormais les Chevaliers et les Titans progressant vers la Ruche de l’Avorton, le Cratère de Drogzot et Fort Dakka. Vérifiant les données de combat des assauts mécanisés précédents, le Khan établit des routes d’approche qui restaient autant que possible dans l’angle mort de ces armes, technique apprise au cours des affrontements dans la zone de guerre Damoclès. Ainsi, il put guider ses Forces de Frappe droit vers le cœur des colonies Orks.

Dirkden Abandonnée

Réalisant qu’il ne pourrait pas être victorieux sur tous les fronts, Marneus Calgar retira ses forces de la Ruche Dirkden. Ce petit continent artificiel avait été submergé par des cultistes et encerclé par les Orks de Krooldakka. Il avait été sacrifié pour que d’autres survivent, car il était si infesté de Xenos que le reconquérir aurait demandé une quantité d’effectifs dont Calgar ne disposait pas.

Même si certains membres du Sénat de Vigilus trouvèrent cette décision timorée, elle était néanmoins sage. L’évacuation de civils le long du Mur Hyperia-Dirkden fut stoppée, et les gardes qui défendaient les checkpoints furent repositionnés ailleurs. Seules les forces militaires quittant Dirkden furent autorisées à traverser la capitale. Elles furent ainsi en mesure de renforcer les guerrières de l’Adepta Sororitas d’Hyperia. Œuvrant sur le Plateau Triadin, ces forces redéployées se vengèrent de la perte de Dirkden. Les Xenos présents dans le sud d’Hyperia furent tués les uns après les autres ou chassés de leurs repaires, et rapidement, les territoires jadis tenus fermement par les Orks furent purgés par les flammes et la juste colère des Sœurs de Bataille et de leurs alliés.

Suite à la disparition des troupes impériales de Dirkden, les Orks qui attaquaient depuis Mekstopville se retournèrent contre les cultistes Génovores de cette région. De nouvelles batailles éclatèrent dans les étendues ruchières alors que les deux empires Xenos s’affrontaient. Une semaine après le retrait des forces impériales, un quart des bâtiments était en feu. Depuis Hyperia, on pouvait apercevoir les flammes à l’horizon.

Évidemment, les premières victimes de la décision de Calgar furent les civils. Il en avait abandonné des dizaines de millions, de la Pointe du Glaive jusqu’aux Sous-sols de Rescalid. Les réfugiés formaient d'interminables colonnes tentant de franchir la Muraille vers Hyperia. Ils en furent empêchés par les Crimson Fists assignés à cette région, car ils savaient que des Neophytes Genestealers se cachaient parmi la populace, et même parmi l’Astra Militarum. Lorsque la foule jeta des pierres, les Space Marines ouvrirent le feu. Le carnage qui s’ensuivit entacha l’honneur de ce fier Chapitre, surtout qu’il fut forcé ultérieurement de céder la Muraille face aux assauts des cultistes. Malgré tout, Calgar resta convaincu que sa décision avait été la bonne.

Le premier assaut vit les motards atteindre les lignes ennemies en subissant peu de pertes, car le dernier Chevalier Sans-Fief combattait encore et couvrait leur approche. Les yeux des Peaux-Vertes étaient tous tournés vers le fier Chevalier, tandis qu’il finissait par succomber et était mis en pièces. Des milliers d’Orks moururent au cours du premier assaut, déchiquetés par les grêles de Bolts alors que les White Scars et Ravenwing déferlaient tel un ouragan. Les motards zigzaguaient dans les ruelles entre les bâtiments de fortune. Les armes lourdes des Motos d’Assaut mettaient hors d’état de nuire les véhicules brinquebalants avant qu’ils démarrent et rejoignent les combats. Lorsque les Orks organisaient un embryon de défense, les motards se retiraient et attaquaient sur un autre front.

Peut-être que s’ils n’avaient effectué qu’un seul assaut avant de battre en retraite, afin de se donner une chance de se regrouper et d’attaquer de nouveau ultérieurement, les Space Marines auraient pu remporter cette guerre d’usure contre les Orks, grâce à leurs tactiques de choc. Cependant, ils n’en avaient pas le temps, c’est pourquoi ils prolongèrent leur assaut pour atteindre les uzines au cœur des Cités-casses.

Les Orks ne se laissent pas facilement impressionner, surtout lorsqu’ils sont en nombre. D’ailleurs, le vacarme des combats ne fait que les rendre plus agressifs. C’est pourquoi les peaux-vertes affluèrent au-devant des Space Marines, et lorsqu’ils virent qu’ils faisaient face à deux Chapitres différents, leur ardeur guerrière en fut décuplée.

C’est à cet instant que l’intégralité de la Ravenwing rompit le combat et fonça vers le Tourbillon Vhulien. Ils ne communiquèrent pas leurs intentions aux White Scars, au point qu’Olujin Khan aurait pu prendre leur comportement pour de la lâcheté, même s’il aurait eu du mal à le croire. Toutefois, la moitié de ses effectifs s’étant évaporés en un instant, la Force de Frappe de White Scars se retrouva face à une horde trop populeuse, dont un grand nombre de motos de guerre rapides. Olujin Khan fut forcé d’ordonner une retraite en bon ordre en jurant de se venger, et ses motards s’éclipsèrent prestement.

Une Nouvelle Menace[modifier]

Le destin de Vigilus restait incertain au fil des jours. Pour chaque zone reconquise, une autre était perdue. Les citoyens priaient afin qu’un miracle survienne et fasse pencher la balance en faveur de l’Imperium, mais c’est tout le contraire qui allait se produire.

Alors que le Sénat de Vigilus prenait des décisions stratégiques drastiques et que les Space Marines lançaient sans cesse des attaques contre des objectifs prioritaires, les citoyens impériaux se prenaient à espérer que leur planète pourrait être reconquise. C’est à ce moment qu’une nouvelle menace émergea. D’étranges fantômes vox et des prémonitions étranges s’étaient intensifiées récemment. Les cieux pourpres autour de la Grande Faille noircissaient sur leurs bordures, comme la gangrène se propageant dans une plaie. C’est alors que tomba brièvement du ciel une lance de lumière. On eut recours aux données des hyper-auspex et à des rites d’augures, néanmoins la source de l’anomalie ne fut pas établie, et on l’oublia rapidement au milieu du carnage ambiant. Seuls les agents de Tzeentch de Storvhal surent de quoi il s’agissait : le premier signe d’une invasion imminente du Chaos, dirigée droit vers le cœur du Système Vigilus.

ÉMISSION 14.010 - L’INFECTION SE RÉPAND

Alors que les incendies à cause du prométhéum faisaient des ravages autour de Dontoria, les Iron Hands faisant respecter la quarantaine laissèrent la frustration et le dégoût les envahir, et dominer leur nature noble. L’efficacité céda à la place à la brutalité, au point que le désespoir de la population se mua en terreur. Préférant affronter le feu et la maladie plutôt que la colère des Iron Hands, des bandes de Dontorians parvinrent à sortir de la zone de quarantaine et à s’enfuir. Aussi efficaces que des cogitateurs stratégiques, les Iron Hands déployèrent des Équipes d’Extermination pour contenir ces fuyards. Toutefois, elles furent prises à parie par la Death Guard tapie fans la ville. Des rapports firent même état de la présence d’entités démoniaques aux côtés des fils de Mortarion.

D’autres phénomènes inquiétants se produisirent, et furent répertoriés sur des cartes par le Sénat de Vigilus, tels des traces de moisissure sur un mur humide. Les Psykers-prophètes de Lucienne Agamemnus affirmèrent que leurs divinations à partir du Tarot de l'Empereur révélaient toujours les mêmes cartes : celles de la Lame Démon croisée avec le Héraut des Ténèbres et le Chevalier de l’Abîme. Des rapports faisant état de silhouettes aux ailes de chauves-souris hantant les plus hautes spires des étendues ruchières, loin au-dessus de nuages de pollution, affluèrent. On évoqua des enlèvements parmi les membres les plus éminents de la société.

D’autres histoires circulaient et affirmaient que les nids de mitrailleuses des Ruches supérieures étaient étrangement vides, et les ragots les plus fantaisistes parlèrent de dragons volant en cercles autour des citadelles de l’aristocratie. Les membres de l’Astra Militarum envoyés enquêter ne revinrent pas, mais des observateurs dans les spires rapportèrent avoir vu des cadavres calcinés et démembrés qui jonchaient les toits.

Marneus Calgar et le Sénat portèrent un grand intérêt aux anomalies ayant lieu dans les spires, car elles se déroulèrent dans toutes les cités de la planète.

ÉMISSION 14.641 - LE HÉRAUT D’ABADDON

Une voix résonna dans toutes les étendues ruchières. C’était celle d’Haarken Worldclaimer ; le Héraut de l’Apocalypse. Il s’adressa aux humains, aux Orks et aux cultistes Génovores, et s’assura par des moyens ésotériques que tous puissent l’entendre, notamment en reliant son émetteur vox démoniaque à ceux de ces acolytes Raptors, de ses Heldrakes et même aux laudaphones des spires sous son contrôle:

« Cette planète appartient désormais à Abaddon, le Fléau des Mondes. Vous allez vous agenouiller devant lui, sinon vous brûlerez… »

Dans l’esprit de Calgar, il était évident que ces événements n’étaient en aucun cas liés à ses adversaires Xenos. Les Orks préféraient que leurs guerres soient bruyantes et violentes, et leurs attaques aériennes étaient exclusivement des bombardements en piqué, des combats tournoyants et des mitraillages au sol. Le culte n’avait pour l’instant dévoilé aucune force aérienne. Par conséquent, la Marine Impériale s’était jusqu’à présent concentrée sur des opérations sous la couverture nuageuse, et n’avait envoyé qu’une poignée de patrouilles au-dessus de la couche de pollution.

Le couvre-feu obligeait la population à rester claquemurée la nuit tombée, et l’interdiction de regarder la Grande Faille était appliquée par la force, si bien que peu de citoyens osaient lever les yeux vers le ciel. Le Sénat de Vigilus découvrit trop tard qu’alors qu’il était accaparé par la guerre contre les Orks, et par les affrontements souterrains contre la Secte Génovore, un autre front s’était ouvert en haut des spires. Ces opérations étaient invisibles depuis le sol à cause du nuage de pollution qui cachait le ciel de Vigilus. Ironiquement, les habitants de cette planète, qui se nommaient eux-mêmes Vigilants, avaient laissé une force ennemie établir une tête de pont sur les hauteurs des spires.

Les cauchemars qui harassaient la population de Vigilus depuis l’avènement de la Noctis Aeterna étaient de plus en plus intenses. Ceux qui étaient le plus durement touchés gémissaient et baragouinaient dans leur sommeil, en répétant toujours la même phrase. Elle n’était prononcée ni en Bas Gothique, ni en Haut Gothique, mais dans une langue que personne sur cette planète ne pouvait comprendre.

Ce fut l’Inquisitrice Freina de l’Ordo Malleus qui finit par s’apercevoir (dans le plus grand secret) qu’il s’agissait en fait de la Langue Noire du Chaos. Elle parvint à isoler les syllabes les unes après les autres, jusqu’à former des mots distincts. Lorsqu’elle finit par rassembler plusieurs malades au même endroit, au même moment, il devint clair qu’ils scandaient la même chose à l’unisson : "Le Roi Sombre Arrive".

Les investigations du Sénat de Vigilus dans les spires ne tardèrent pas à porter leurs fruits. Les défenseurs des hauteurs des spires avaient été massacrés, et le sommet de chaque citadelle avait été conquis pas un ost aérien. Les textes blasphématoires inscrits avec du sang confirmaient que ces envahisseurs n’avaient rien à voir avec les Orks, la Secte Génovore ou les pillards Drukharis. C’était l’œuvre d’Astartes Hérétiques, des Raptors, des Serres du Warp et des Heldrakes, menés par le démagogue Haarken Worldclaimer, le Héraut de l’Apocalypse.

Lorsque la voix de Worldclaimer finit par résonner sur la planète, elle était terrifiante, et les malheurs qu’elle promettait à la population semèrent l’effroi dans les cœurs les plus endurcis. Son message fut retransmis à travers d’innombrables unités vox piratées. La voix était déformée et grésillante, et résonna aussi depuis les amplis-vox en forme de gargouilles d’un millier de Raptors et de Serres du Warp. Malgré tout, son message était clair et compréhensible par tous: cette planète appartenait à Abaddon le Fléau, et il viendrait bientôt pour s’en emparer.

L'Arrivée du Chaos[modifier]

ÉMISSION 14.782 - L’OST DE RAPTORS

Les bandes de Raptors qui suivaient le Héraut de l’Apocalypse venaient des navires du Chaos situés du côté sombre de la planète. Elles se cachèrent dans les nuages, et de là, attaquèrent les niveaux supérieurs des étendues ruchières de Vigilus. Un millier de tueurs à Réacteurs Dorsaux zébrèrent les cieux nocturnes, et ressemblaient à des asticots grouillant dans une plaie. Des dynasties entières d’aristocrates furent éradiquées en une nuit lorsque les Raptors fondirent sur les dirigeants de chaque continent et leurs familles, afin de déstabiliser le système politique de toute la planète avant que son véritable maître, Abaddon, arrive.

Alors que les armées de l’Imperium faisaient face aux menaces des Orks, des Aeldaris et des cultistes Génovores, les forces d’Haarken Worldclaimer et de la Black Legion en avaient profité pour conquérir les hauteurs des plus grandes spires de la planète, et préparaient l’étape suivant de l’invasion.

Lorsque le Sénat de Vigilus rassembla de toute urgence un conclave de guerre pour débattre à propos de ce nouvel ennemi, un grondement terrible survint. Le dôme de la salle du conseil explosa alors que la gigantesque statue dorée qui trônait au sommet du palais du Refuge du Saint, une représentation de Lucienne Agamemnus IX, brisa le verre blindé et s’écrasa au sol.

La statue était si grande et si lourde qu’elle broya une dizaine de membres présents et pulvérisa l’antique table du conseil, faisant chuter au passage Calgar et ses deux Gardes Victrix. Une langue de feu démoniaque inonda ensuite la salle du conseil. Plusieurs gardes Primaris furent tués, puis le Heldrake responsable du désastre apparut dans le trou béant du dôme, et rugit de défi.

Marneus et la Garde Victrix ripostèrent tout en évitant de regarder la Grande Faille qui occupait une bonne partie du ciel, cependant le monstre s’était déjà envolé. Calgar réfléchit rapidement, et envoya un Thunderhawk et une escorte de Stormtalons dans les nuages. Un combat aérien s’ensuivit entre cette force et les Heldrakes qui volaient autour du sommet brisé de la spire. Au bout d’un affrontement violent, l’Adeptus Astartes l’emporta, même si personne au Sénat n’était naïf au point de croire que la partie était gagnée. D’ailleurs, la corruption du Chaos était déjà profondément enracinée.

ÉMISSION 14.912 - LA GUERRE DES SPIRES

Dans les plus hauts niveaux des spires se dressant au-dessus des cités agitées de Vigilus, les spécialistes du corps à corps des Necropolis Hawks, de la Ravenwing et des Ultramarines s’unirent pour guerroyer contre les envahisseurs du cites qui infestaient les sommets des spires. Chaque heure, des cadavres en armures de céramite tombaient du ciel et s’écrasaient sur les habitations et les champs de bataille où s’affrontaient les fantassins des diverses factions. Pendant que les envahisseurs Orks progressaient aux abords des cités, les cultistes Génovores surgissaient du sol, et les Raptors du Chaos attaquaient depuis le ciel. Une chose était certaine : il n’existait plus aucun lieu sûr.

"Il" arrive !
Au sud, le Fléau de Kaelac était devenu encore plus vital, car les sources d’eau de la planète avaient été coupées les unes après les autres. Sept compagnies blindées impériales se frayaient un chemin à travers les désolations infestées d’Orks depuis Solor, la Ruche Sentinelle des Étendues Ruchières d’Oteck, et se dirigeaient vers le Périmètre de Toundra du Fléau de Kaelac. Elles traversèrent le champ de force Bastion lorsqu’il fut coupé pendant un bref instant par les Technaugures, et rejoignirent les survivants de la garnison du continent. Ce répit fut de courte durée. Les blizzards étaient non seulement hantés par des pillards Drukharis, mais aussi par des conclaves d’automates des Thousand Sons. Ces Rubricae, qui portaient le noir tout autant que le bleu et l’or de la Planète des Sorciers, illuminaient la neige par leurs salves de Bolts Inferno. Le Seigneur Commissaire Barthold Dorst, chargé du bien-être spirituel de sa compagnie, ordonna à ses chars de charger. Les blindés broyèrent plusieurs Rubricae, mais même les Leman Russ finirent par périr sous les flammes ensorcelées des mages des Thousand Sons. Seule une poignée de chars parvint jusqu’aux mines glacées.

Les seigneurs du Mortwald, plongés dans l’anxiété par la rumeur d’une épidémie de Variole de Geller au nord de leur domaine, s’étaient retranchés dans leurs citadelles avec tous les stocks de nourriture et d’eau stérilisées disponibles. Au cours des mois suivants, ils poussèrent les ouvriers du Mortwald au bord de l’épuisement, car ils exigeaient bien plus qu’ils ne pouvaient consommer. Ce comportement inadmissible attisa la rancœur des démagogues et des prêcheurs au sein de la population, et en moins d’une semaine, une insurrection se déclencha à la limite du continent, sans que les cultes Xenos ou la corruption du Chaos en soient responsables.

Les émissions vox et le réseau de communications de l’effort de guerre impérial, déjà mis à mal par les parasites et l’influence maligne de la Grande Faille, étaient hantés par des murmures qui détaillaient les mille atrocités à venir. Parfois, ces voix se muaient en un hurlement assourdissant qui mettait à vif les nerfs de ceux qui l’entendaient. L’effet sur les soldats de l’Astra Militarum se fit sentir, car plusieurs régiments cessèrent d’avoir recours à leurs vox longue portée. Ce manque de cohésion dans les communications handicapa l’effort de guerre impérial, et força le Sénat de Vigilus à éparpiller encore plus ses forces. Les défenseurs de la planète avaient presque atteint leur point de rupture.

Et le pire restait à venir.

La Mort Tombée du Ciel[modifier]

La Guerre des Cauchemars.
« Vigilus ne doit pas tomber. »
- Roboute Guilliman, Seigneur Commandeur de l'Imperium, Fils Vengeur et Primarque Ressuscité des Ultramarines.

Les défenseurs de Vigilus avaient combattu pour repousser les envahisseurs Xenos. Une fois l’assaut des Orks contenu et l’émergence de la Secte Génovore globalement circonscrite, ils pensaient avoir réussi le plus dur. Toutefois, quand les cieux s’illuminèrent sous les feux d’une flotte du Chaos, le désespoir les envahit.

Les malheurs assaillaient Vigilus depuis toutes les directions. Des désolations affluaient les hordes de Peaux-Vertes, qui s’empressaient de riposter quand l’Imperium lançait des attaques contre les cités-casses, suscitant le même effet qu’un coup de pied dans un nid de frelons. Trop têtus pour abandonner malgré les frappes dévastatrices de l’Adeptus Astartes, les Peaux-Vertes se précipitaient à l’assaut des Ruches dès qu’ils trouvaient une brèche dans les défenses, où se précipitaient sur les lieux d’un combat dès qu’ils voyaient de la fumée à l’horizon et percevaient des bruits d’explosions. Même si près de la moitié des Orks qui avaient atterri sur Vigilus avaient été tués, beaucoup d’autres étaient arrivés à maturité sur le sol de la planète depuis le début de l’invasion.

Le chef des Peaux-Vertes, une énorme brute appelée Krooldakka le Seigneur Suprême d’la Vitesse, se déplaçait sans cesse pendant la Guerre des Bêtes, car il savait qu’il était une cible prioritaire, mais que les impériaux ne disposaient pas des ressources pour le traquer tant que les étendues ruchières étaient sous pression. Ses tactiques de harcèlement causaient de gros dégâts, aussi bien dans les réseaux de tranchées que contre les convois blindés. Après le Siège du Mortwald, beaucoup de Chevaliers Impériaux jurèrent de l’abattre, mais lors de l’arrivée du Chaos, aucun n’avait encore accompli cet exploit.

De plus, des infestations de la Secte Génovore des Princes des Pauvres émergeaient sans cesse des étendues ruchières. Elles s’emparaient de quartiers entiers, de docks et de stations d’épuration d’eau. Dans des dizaines de hab-zones et sur autant de places, elles furent anéanties par l’Astra Militarum et ses alliés Space Marine, néanmoins il en venait toujours plus. Le continent artificiel de Dirkden fut abandonné aux mains des insurgés, car il était si infesté que des Purestrain Genestealers arpentaient librement les rues.

La guerre faisait également rage pour les réservoirs des étendues ruchières d’Oteck, nominés simplement les Citernes. L’ascenseur spatial qui alimentait Megaborealis en eau pompée dans des astéroïdes gelés fut aussi capturé par l’élite du culte. Même s’il se montrait moins agressif que les Orks, il faisait preuve d’une telle ruse et d’un tel sens stratégique qu’il-mettait souvent en échec les Équipes d’Extermination de Skitarii et de l’Adepta Sororitas envoyées pour le déloger.

Ces deux races Xenos étaient décrites comme sauvage et stupides par la propagande impériale, mais en réalité, elles faisaient preuve toutes les deux d’une ruse qui contrariait encore et encore l’effort de guerre impérial sur Vigilus. Chaque matin, les relais vox clamaient que la victoire était proche, toutefois au fil des semaines, le doute s’insinua peu à peu dans le cœur des défenseurs.

De plus, ces adversaires inhumains n’étaient pas les seules menaces qui planaient sur Vigilus. Les Drukharis lançaient des raids depuis les mines gelées du sud, tandis que leurs cousins Aeldaris cherchaient à se venger contre la noblesse de la société d’Hyperia. Au sein de la plèbe, le cancer du Chaos se répandait insidieusement, particulièrement à Dontoria. Même les étoiles semblaient saigner alors que la Cicatrix Maledictum pulsait dans le ciel telle une plaie ouverte, prête à engloutir Vigilus.

Le pire danger apparut que lorsqu’il fut trop tard pour l’arrêter : l’arrivée des Astartes Hérétiques. D’après le rapport de l’unique survivant d’une Force de Frappe Space Marine envoyée sur la planète voisine Nemendgliasi, Marneus Calgar apprit que les armées d’Abaddon le Fléau arrivaient dans l’intention d’anéantir Vigilus. La loi impériale interdisait aux citoyens de lever les yeux vers le ciel, pour ne pas regarder la Cicatrix Maledictum et risquer de sombrer dans la folie, aussi les Space Marines du Chaos n’eurent guère de difficultés à s’emparer des spires supérieures des Ruches noyées dans les nuages de fumée. Menée par Haarken Worldclaimer, connu au sein de ses osts de Raptors comme le Héraut de l’Apocalypse, cette invasion secrète s’empara des plus hautes spires de Vigilus à l’insu de son sénat.

Le jour même où Calgar fut enfin informé de cette menace, Haarken Worldclaimer envoya un message de propagande, relayé par les haut-parleurs de mille Raptors et par les gueules de gargouilles-vox piratées : Vigilus appartenait à Abaddon, qui venait s’en emparer. Marneus Calgar écouta calmement les menaces du Héraut de l’Apocalypse. Jusqu’à présent, le Seigneur de Macragge avait été le chef d’orchestre dans l’élaboration des stratégies du Sénat de Vigilus, mais désormais, son cœur brûlait d’aller combattre ses ennemis jurés.

Bataille dans le Vide[modifier]

Haarken Worldclaimer.
Ce furent les déclarations fielleuses de Haarken Worldclaimer qui déclenchèrent une nouvelle phase de la guerre. Le Sénat de Vigilus jura de réagir avant que la situation devienne irréversible, si bien que l’expédition navale reçut l’ordre de faire face afin que les envahisseurs n’atteignent pas la planète…

Tous les regards étaient rivés sur Calgar alors qu’il donnait une série d’ordres précis pour redéployer ses atouts aériens, non plus pour attaquer des cibles au sol, mais pour commencer une nouvelle guerre dans les cieux. Secoué par la nouvelle de l’arrivée du Maître de Guerre du Chaos, mais décidé à se montrer à la hauteur, Marneus commanda aux meilleurs navires de la flotte impériale de se rassembler au-dessus des docks célestes du Refuge du Saint. Il comptait stopper l’invasion du Chaos avant qu’elle atteigne sa cible, ou mourir en essayant.

Le Héraut de l’Apocalypse répétait ses sermons, s’en servant comme d’une arme pour tuer les derniers espoirs des citoyens de Vigilus.

Marneus Calgar mit rapidement en place des contre-mesures, en ordonnant à ses pilotes et à ses escouades d’assaut d’engager les Space Marines du Chaos et les Machines-Démons qui relayaient les terribles menaces. Il n’était pas difficile de les débusquer, car la Black Legion était lasse d’avoir passé des semaines à se cacher, et se réjouissait de pouvoir enfin répandre librement la terreur. Elle avait hâte de tuer, de sentir ses lames percer les armures en céramite de ses ennemis jurés, avant de s’enfoncer dans la chair. Elle put bientôt exaucer ce souhait.

Alors que ses guerriers aéroportés engageaient l’ennemi dans le ciel pollué des étendues ruchières d’Hyperia, Calgar et sa garde d’honneur quittèrent la planète, laissant ses défenses entre les mains de Pedro Kantor des Crimson Fists. Le Seigneur de Macragge emprunta une navette pour rejoindre son vaisseau-amiral, le Laurels of Victory. Il mit fin aussi vite que possible aux salutations de l’Archicommodore Hentzmann, en prenant soin de ne pas l’offenser, et transmit les coordonnées fournies par l’Archiviste Makis, l’unique survivant de la Force de Frappe Nemendghast. La flotte des Ultramarines se mit alors en route, traversa le champs de débris des vaisseaux impériaux détruits par les Orks, dépassa Neo-vellum et Omis-Prion, puis s’enfonça dans les étendues sombres et hostiles en direction de Nemendghast et de l’armada du Chaos.

Après moins d’une semaine de voyage, les Auspex rapportèrent des anomalies inquiétantes, et la signature thermique d’un vaisseau antique à l’histoire sanglante. Les pires craintes de Calgar furent confirmées. Il brisa les trois sceaux du Sanctum Perjorum de son navire et consulta des données proscrites à la lueur d’une bougie bénite. Il compara les informations fournies par ses Navigators à celles dont il disposait dans ce saint des saints. Il était évident que le navire à la tête de l’invasion était le Vengeful Spirit, le vaisseau-amiral de l’Archi-traître responsable de la pire hérésie, le Primarque Horus en personne. Bientôt, l’odieuse silhouette du vaisseau fut visible dans les remous de la Grande Faille, répandant la peur dans les cœurs de ceux qui l’apercevaient.

Calgar ordonna à sa flotte de former un double cordon pour intercepter l’armada ennemie. Les navires impériaux n’avaient à leur disposition aucune ruse ésotérique, aucune arme secrète datant de l’aube de l’Imperium ou découverte dans les profondeurs de l’Œil de la Terreur. Cependant, ils disposaient d’une puissance de feu colossale, le Seigneur de Macragge comptait bien en tirer parti. Avec Hentzmann, il mit au point une dizaine de tactiques selon les situations qui se présenteraient, et lança des centaines de torpilles préventives contre le Chaos.

Les minutes passèrent, puis les heures. Les navires du Chaos se rapprochaient sans modifier leur cap, suggérant qu’à leurs yeux, la flotte impériale n’était pas une menace. Même s’ils étaient encore hors de portée de tir, Abaddon et ses lieutenants fonçaient droit devant sans se soucier des canons pointés sur eux.

La consternation de Calgar céda peu à peu la place au doute. Il savait qu’Abaddon ne prendrait pas des risques inconsidérés, comme charger tête baissée sans prendre le temps de réfléchir à une tactique. Cependant, il ne parvenait pas à dire quelle ruse le Maître de Guerre comptait utiliser. Il était néanmoins certain que le génie militaire responsable d’autant de Croisades Noires avait forcément un atout dans sa manche.

Il ne comprit ce qu’Abaddon tramait que quelques secondes trop tard, lorsqu’une lueur fragmentaire apparut sur le pont de commandement du Laurels of Victory. Elle forma un portail de lumière blanche d’où jaillirent des Démons assoiffés de sang…

L'Assaut du Pont de Commandement[modifier]

Le pont de commandement du Laurels of Victory devint le théâtre de combats féroces lorsque des Démons à la peau blême apparurent. Ces créatures androgynes dotées de bras terminés par des serres et des pinces se ruèrent en direction de Calgar. La plupart des Ultramarines avaient déjà fait face à des Démons et déclenchèrent un orage de Bolts qui déchiqueta les premiers envahisseurs. Ce n’étaient toutefois par les monstres lents et pestiférés qui avaient profané Ultramar, mais des êtres agiles et véloces qui dansaient au milieu des tirs et accueillaient les pires blessures par des cris de joie extatique.

Un géant à quatre bras s’approcha de Calgar, dont les Gantelets d’Ultramar crachèrent des Bolts qui explosèrent contre son torse décoré de bijoux. Lethro Ados et Nemus Adranus de la garde d’Honneur Victrix se postèrent entre leur seigneur et son assaillant, cependant leurs coups rebondirent contre le champ psychique scintillant de la créature et ils furent brutalement repoussés.

L’immense lance du Démon fendit l’air. Calgar la saisit juste en dessous du fer, la ralentissant à quelques centimètres de son cœur, sans toutefois parvenir à l’arrêter car elle était enduite de fluides innommables. La créature poussa de toutes ses forces et la lance perfora l’armure de Calgar avant de transpercer son cœur. Aussi vive qu’un serpent, la créature donna un coup de griffe qui arracha la gorge de Calgar.

Les guerriers de la Garde Victrix redoublèrent d’efforts. Les Démons furent repoussés par les vétérans de Macragge, puis Senioris, le Navigator, révéla son œil Warp en retirant son bandeau, provoquant ainsi une onde de choc psychique. Le Démon Majeur fut aspiré dans le Warp en hurlant de rage, puis le Navigator fit un pas et l’ouverture mystique se referma. Néanmoins, le mal était fait. Des rapports vox indiquaient des attaques similaires sur les autres navires, si bien que la terrible vérité éclata au grand jour : la bataille contre la flotte d’Abaddon était perdue d’avance.

Une Nouvelle Aube Terrible[modifier]

La flotte des Ultramarines retourna à Vigilus et découvrit une situation encore pire que lors de son départ. Des colonnes de fumée s’élevaient de toutes les cités-ruches et des autres agglomérations. Et le plus terrible restait à venir, car les architectes de ces désastres étaient sur le point d’arriver.

L’assaut démoniaque contre le pont de commandement du Laurels of Victory avait semé l’anarchie et la destruction. Une dizaine d’assauts similaires avaient eu lieu sur les autres bâtiments de guerre majeurs de la flotte. Ils étaient désemparés, car ils avaient subi une vague dévastatrice de la parts des alliés démoniaques d’Abaddon. Le sang ruisselait sur les ponts de commandement des Croiseurs d’Attaque, tandis que les images de tueurs démoniaques étaient relayées sur les écrans-picts de tous les vaisseaux à des centaines de milliers de kilomètres à la ronde.

L’Archicommodore Hentzmann, qui avait vu Marneus Calgar avec la gorge déchirée et avec une plaie béante à la poitrine, opta pour la seule solution qu’il lui restait. Il réagit rapidement, accoutumé à devoir faire face avec calme aux pires situations. S’ils fuyaient, ils pourraient survivre et contre-attaquer plus tard, tout en offrant de meilleures chances de survie au Seigneur de Macragge. La Garde Victrix, dont la mission principale était de protéger son maître, acquiesça lorsqu’il dévoila ce choix.

En dépit des protestations des autres officiers des Ultramarines, qui souhaitaient malgré tout poursuivre la lutte, l’Archicommodore Hentzmann ordonna la retraite. Ses capitaines lui obéirent sans discuter, car le Laurels of Victory était leur navire-amiral. En moins d’une heure, toute la flotte impériale battait en retraite, tout en couvrant sa fuite par des tirs de canons, avant de se rassembler au-dessus de l’orbite de Vigilus.

L’arrogance d’Abaddon avait été fondée, car même si sa flotte subit quelques dégâts, ils étaient faibles, et ses tirs de riposte détruisirent plusieurs navires impériaux. Usant au mieux de l’avantage tactique offert par ses alliés démoniaques, le Maître de Guerre du Chaos avait mis à mal les défenses spatiales de l’Imperium. La route vers Vigilus était désormais libre.

Alors que Hentzmann faisait de son mieux pour gagner du temps et permettre à sa flotte de s’échapper, Marneus Calgar était transporté à l’Apothecarium principal du Laurels par sa Garde Victrix, avant d’être pris en charge par une équipe d’Apothicaires expérimentés. Son cœur auxiliaire s’était mis à fonctionner sitôt son cœur principal transpercé par la lance du Démon, ce qui l’avait sauvé de la mort. De plus, sa Fournaise Belisarienne avait injecté dans son corps un cocktail de stimulants pour assister ses autres organes. Sa gorge fut suturée, renforcée et reconstituée tandis que les Apothicaires lui administraient des régénérants chimiques ultra-puissants, usaient d’une chirurgie cybernétique et avaient recours à un traitement juvénat. Malgré tout, Calgar ne s’en sortit pas sans séquelles, et conserva après cela une voix au bourdonnement étrangement mécanique.

Le retour des navires impériaux aux docks du Refuge du Saint fut accueilli avec joie par les habitants, et là où les combats ne faisaient pas encore rage, il y eut de grandes célébrations dans les rues. Même si le peuple n’avait toujours pas l’autorisation de regarder vers le ciel pour ne pas apercevoir la Grande Faille avaient remarqué la lumière inimitable des réacteurs de vaisseaux colossaux.

La propagande impériale alla bien évidemment dans ce sens, en affirmant que la flotte revenait pour libérer Vigilus, sans jamais mentionner le fait qu’elle avait battu en retraite. De toute façon, avant le départ des navires, les émissions impériales avaient insisté sur la victoire inévitable de l’armada de Calgar, il paraissait donc naturel aux yeux de la population qu’elle revienne quasiment intacte après avoir anéanti la menace, menace dont la nature exacte avait été soigneusement cachée.

Bien sûr, certains parmi la population étaient au courant de la vérité, dont les Fils de Vannadan, les héritiers du démagogue qui avaient permis l’essor des cultes pyroclastiques de Tzeentch au Storvhal, pendant la Guerre des Bêtes. Ces serviteurs du Chaos affirmaient être capables de prédire le futur en observant les flammes. Ils clamaient que la flotte impériale avait été repoussée vers Vigilus par les véritables maîtres de la planète, les serviteurs de dieux anciens, antérieurs à l’Empereur. Et puisque les paroles de Haarken Worldclaimer résonnaient toujours dans les têtes de la plèbe, les habitants du Storvhal et Hyperia écoutèrent les Fils de Vannadan d’une oreille attentive…

Les Space Marines de l’expédition de Calgar ne revinrent pas sur Vigilus, comme le Ministorum l’aurait fait, mais comme une force d’invasion planétaire. Leurs Modules d’Atterrissage tombèrent de leurs Barges de Bataille et de leurs Croiseurs d’Attaque en laissant des traînées de feu dans le ciel. Cette fois, ils n’attaquèrent pas les quartiers des étendues ruchières tenus par les Orks, ni les endroits où les bannières des Princes des Pauvres flottaient au vent, mais les zones conquises par le Chaos. Beaucoup de spires et de citadelles étaient toujours assiégées en dépit des contre-attaques aériennes menées sur ordre de Calgar avant qu’il quitte la planète. En plusieurs lieux, le retour soudain des Space Marines permit à l’Imperium de prendre l’ascendant, et de nombreuses spires furent reprises. Toutefois, il devint progressivement évident que le retour de l’Adeptus Astartes était trop tardif pour avoir un impact décisif. Le mal s’était répandu inexorablement depuis les sommets des Ruches.

Calgar s’était déjà bien remis de ses blessures. En tant que guerrier Primaris de l’Adeptus Astartes, ses capacités de survie étaient inégalables. Visionnant des milliers de tablettes de données et d’enregistrements picts pour trier les données à sa disposition, il passa des heures à soupeser les dégâts infligés à la planète. Ses conclusions n’étaient pas encourageantes.

Worldclaimer

L’émissaire d’Abaddon avait de bonnes raisons d’être surnommé le Héraut de l’Apocalypse. Dès son arrivée sur Vigilus, Haarken Worldclaimer avait utilisé l’épaisse couverture nuageuse de la planète à son avantage, afin de conquérir silencieusement les sommets des spires tandis que les défenseurs étaient accaparés par les combats au niveau du sol. Depuis ces têtes de pont, il put étendre son influence. Il planta la Lance Infernale dans la croûte planétaire, et affirma qu’en quatre-vingt-huit jours et quatre-vingt-huit nuits, Vigilus tomberait sous la coupe de son sombre maître.

Dirkden était perdu, abandonné aux mains de la Secte Génovore sur ordre du Seigneur de Macragge. Le Fléau de Kaelac ne valait pas mieux. Ses mineurs avaient fui face aux Drukharis qui hantaient les blizzards. Les tranchées du Mortwald avaient tenu face aux assauts des Orks, toutefois ses nobles fortunés et sa bourgeoisie s’étaient terrés dans leurs palais et avaient laissé leur population à la merci des osts de Raptors de Worldclaimer. Megaborealis était dévasté par les forces de l’Omnimessie, des hérétiques et des Xenos. Le Treuil de l’Omnimessie qui acheminait l’eau des astéroïdes gelés était aux mains des Princes des Pauvres, privant ainsi Vigilus d’une ressource essentielle. Les étendues ruchières de Dontoria avaient été contaminées par les maladies de Nurgle incurables récemment vues sur Ultramar. Les citernes d’Oteck, où s’affrontaient les Princes des Pauvres, les Space Wolves et l’Adepta Sororitas, avaient été déclarés quarantine toxicus par les Équipes d’Extermination de la Deathwatch qui avaient enquêté sur leur pureté. La population assoiffée était poussée dans les affres de la folie par les hurlements incessants des Serres du Warp. Storvhal, dont les sites géomantiques avaient été maltraités par les agents de Vannadan le Martyr, abritait trois volcans actifs qui crachaient des nuages de cendres dans l’atmosphère. La planète était au bord de l’anéantissement, et l’arrivée de la flotte du Chaos allait enfoncer le clou.

Guerre dans les Ténèbres[modifier]

La venue du Chaos déclencha des épidémies de terreur mais aussi de rage parmi la population de Vigilus, et par endroits, des émeutes eurent lieu. Beaucoup de gens réagirent à l’horreur et à la promesse d’une mort prochaine en priant pour une intervention divine, et pas forcément de la part de l’Empereur de l’Humanité…

Les nuages de fumée au-dessus de Vigilus furent chassés par l’onde d’énergie qui précédait l’arrivée de la flotte du Chaos, si bien qu’elle put être contemplée dans toute son horreur. La planète était assaillie par ces forces que la flotte de Calgar avait prétendument vaincues. Des émeutes suscitées par la colère et la terreur de la population éclatèrent dans tous les blocs d’habitation. Certains se mirent à piller, d’autres se réfugièrent sous terre, en emportant autant de nourriture et d’eau que possible, espérant ainsi échapper à un destin terrible.

L’essentiel de la population de Vigilus tenta de se rassurer en se réfugiant dans la vénération du Culte Impérial. L’Adepta Sororitas et les prêtres du Ministorum étaient suivis en permanence par des foules de dévots composées de flagellants et de gangs de Frateris Militia. Trop souvent, ces disciples étaient une gêne pour les forces du Ministorum, car ils empêchaient le recours à toute stratégie et toute tactique.

De plus, une frange non négligeable de la plèbe fut plongée dans la démence par cette guerre sans fin, et se rangea du côté des corrupteurs et des despotes, en intégrant un des cultes voués au Chaos qui fleurissaient. Ils accueillaient en libérateurs les Heretic Astartes qui descendaient des cieux pollués. Beaucoup de ces cultes menaient une existence secrète et souterraine, et affirmaient être les véritables héritiers de Vigilus, et rejoignaient ainsi de gré ou de force les armées des Pinces des Pauvres. Lorsque les navires du Chaos arrivèrent dans l’orbite, l’afflux de nouveaux cultistes fut décuplé en l’espace de quelques jours.

Abaddon ignorait l’existence des Princes des Pauvres lorsqu’il avait établi ses plans de conquête, car leurs chefs avaient pris soin de dissimuler leur présence physique aussi bien que psychique. Alors que la Black Legion et ses alliés renégats combattaient pour conquérir les étendues ruchières du haut vers le bas, ils se heurtèrent à des cultes qui avaient prospéré dans les profondeurs. Sous chaque continent artificiel, les envahisseurs du Chaos furent assaillis par les disciples de Grand-père Wurm, qui refusaient de céder leurs domaines.

L’invasion chaotique de Vigilus suscita l’attaque de la forteresse de Dirkden, tenue parie xenoculte, Le destin de ce continent avait été mis entre les mains des ignobles Night Lords, et de groupes du Chapitre Renégat appelé The Scourged. Leur mission était de tirer profit de la confusion et de la terreur engendrée par les émissions vox d’Haarken Worldclaimer, et de plonger les étendues ruchières dans les abîmes de la folie et de la violence. Ces Astartes Hérétiques étaient parfaitement adaptés à un tel rôle.

Seule une petite force de Night Lords participait à l’invasion. Le reste de sa confrérie était proche de l’Œil de la Terreur afin d’attaquer le Vaisseau-Monde Ulthwé. Le chef des Night Lords, Ramaghan Savasdus, avait passé un accord avec Abaddon afin d’avoir le privilège d’attaquer en priorité la Non-Ruche Ashenid. Il avait appris auprès de son frère visionnaire Vreanus que la population en grande partie criminelle fournirait d’excellentes recrues pour les Night Lords, ou, à défaut, de parfaits esclaves.

Néanmoins, même Vrcanus n’avait pas prévu l’ampleur de la corruption Xenos à travers Dirkden. En effet, la présence psychique des hybrides Génovores rendait presque impossible toute détection de la part de Psykers tels que Vreanus. Ce dernier ne sut dire s’il s’agissait d’un effet désiré par les Magus du culte, ou si c’était simplement un effet secondaire de l’Ombre dans le Warp qui précédait les Flottes-Ruches des Tyranides. Dans tous les cas, cela allait s’avérer essentiel dans la guerre à venir.

Lorsque les Night Lords atterrirent, ils semèrent la mort dans les rues de Dirkden et torturèrent ceux qui leur résistaient. Ils affrontèrent plusieurs jours durant les confréries criminelles du continent, car les pécheurs et les assassins étaient les seuls à être restés pour s’emparer des étendues ruchières. Toutefois, ces organisations criminelles n’étaient pas ce qu’elles semblaient de prime abord, car ses membres étaient en réalité contrôlés depuis les ombres. Savasdus, Vreanus et leur bande de guerre se retrouvèrent acculés par des milliers d’hybrides de la Secte Génovore, qui surgissaient de passages secrets dans les murs et de trappes pour aider les criminels. Les Bolters, les lames et les Griffes Éclairs des Astartes Hérétiques tuèrent tant de monstres que les corps s’empilaient en fumant des remparts de fortune, que les Night Lords utilisèrent à leur profit dans les halls à ciel ouvert de la Non-Ruche Ashenid.

Malgré tout, le culte continuait d’envoyer des vagues de dégénérés pour tenter de noyer les Astartes Hérétiques sous le poids du nombre. Pour l’instant, il ne risquait pas ses précieux Purestrain Genestealers contre les Night Lords. Au lieu de cela, le Primus Hollun Desh, envoyé depuis Megaborealis pour sécuriser les acquis du culte à la Non-Radie Ashenid, menait des groupes d’Aberrants et de Hybrides Métamorphes . Leurs assauts permirent de prendre l’ascendant sur les Night Lords et The Scourged, et Dirkden resta aux mains du culte.

Reprendre le Treuil[modifier]

Le Treuil de l’Omnimessie, un mécanisme grâce auquel l’Adeptus Mechanicus attirait des astéroïdes glacés afin de récolter leur précieuse aqua meteoris, avait été capturé par un essaim de Purestrain Genestealers. L’eau étant une ressource essentielle, les Technoprêtres lancèrent un assaut pour reprendre le Treuil.

La guerre de Megaborealis était indécise depuis quelque temps. Même si l’essor de la Secte Génovore avait été contenu dans la plupart des zones continentales grâce à des Equipes d’Extermination de Skitarii, de Serviteurs Kataphrons et de Space Marines, la plupart des combats s’étaient déroulés autour de cette merveille de technologie qui courait depuis le noyau des Spires Stygiennes avant d’aller dans l’espace, et qu’on nommait le Treuil de l’Omnimessie.

Les Princes des Pauvres avaient capturé les niveaux inférieurs du Treuil au cours de la Guerre des Bêtes. Leur plan d’invasion avait été si ingénieux que leurs agents, qui avaient infiltré les groupes d’ouvriers Stygiens, avaient pu obtenir les codes d’accès d’une centaine de portes sécurisées. Les niveaux supérieurs, dont la sécurité était renforcée, avaient été plus difficiles à surmonter. L’alarme avait déjà été sonnée par les Servocrânes qui avaient découvert l’incursion du xenoculte, si bien que les zones vitales des Spires Sytigiennes étaient gardées par des clades de Robots Kastelan programmés pour cribler de balles à phosphore quiconque ne disposait pas d’une aura noosphérique. Malgré cela, un essaim de Purestrain Genestealers était parvenu à outrepasser les défenses de l’Adeptus Mechanicus en se frayant un chemin dans les conduites d’eau du Treuil. Au bout de quelques jours, la principale source d’approvisionnement en eau de Megaborealis fut coupée. Un plan fomenté depuis des générations avait porté ses fruits.

À la fin de la Guerre des Bêtes, la bataille pour le Treuil prit de nouvelles proportions quand les Iron Hands, maîtres des assauts blindés, effectuèrent des attaques précises contre les quartiers perdus par l’Adeptus Mechanicus au profit des Xenos. Toutefois, avant que les Space Marines puissent atteindre tous leurs objectifs, ils attirèrent l’attention des Orks à proximité, qui s’empressèrent de rejoindre les combats dans les étendues ruchières. En quelques heures, les Space Marines eurent à affronter deux adversaires Xenos à la fois. Sans les calculs précis et les doctrines de guerre compartimentées de leur chef, le Capitaine de Clan Galkraan, ils auraient été exterminés.

Néanmoins, les Princes des Pauvres tirèrent profit de ce répit et se rallièrent dans les profondeurs des Spires Stygiennes. C’est alors que le Croiseur d’Attaque Darkspear des Iron Hands déclencha un tir de barrage guidé par Galkraan, réduisant en ruines fumantes une grande partie des Spires Stygiennes tenues par le culte. Une fois la voie dégagée, des Robots Kastelan et leurs accompagnateurs du Culte Mechanicus se frayèrent méthodiquement un chemin dans les niveaux inférieurs.

Au même moment, des macroclades de Skitarii furent envoyés conquérir les niveaux supérieurs, tombés aux mains des Purestrain Genestealers. Ces contre-attaques furent particulièrement efficaces. Les équipes jaillirent les unes après les autres de conduites à l’abandon qui menaient aux centres de contrôle sanctifiés, ces points d’accès ayant été conservés volontairement secrets jusqu’alors par les guerriers de l’Omnimessie, afin de conserver un atout dans leur manche au cas où les voies d’accès principales auraient été inutilisables, ce qui était le cas.

En quelques minutes, les Génovores dans le centre de contrôle du Treuil furent pris au dépourvu. Des dizaines furent abattues à coups de carabines à radium et de fusils galvaniques. L’infanterie de l’Adeptus Mechanicus combattait avec ferveur, car elle était enragée de voir les précieuses machineries du Treuil profanées par des griffes de Xenos.

Agissant par instinct, les Génovores escaladaient les murs comme des araignées et détruisaient les auto-lumens qui éclairaient la salle de contrôle d’une lumière blafarde. Le lieu fut plongé dans les ténèbres, puis une horreur du néant émergea.

C’était le Patriarche de l’infestation de Vigilus, Grand-père Wurm. Il s’attaqua aux Skitarii avec une telle violence que leurs corps démembrés volaient dans les airs au milieu de geysers de sang et de gerbes d’étincelles. Sous l’effet de son influence psychique, les Génovores et les Hybrides Metamorphes qui combattaient à ses côtés bloquèrent les conduites d’où arrivaient les Skitarii en tournant des vannes, empêchant l’arrivée de renforts.

Les yeux luisant d’une intelligence féroce, le Patriarche appuya sur une icône rouge qui luisait sur le panneau de contrôle principal. Les portes blindées destinées à isoler la salle du reste du monde se refermèrent lentement, dans un lourd tintement métallique.

Toutefois, avant que la salle de contrôle soit définitivement scellée, des tirs de laser à neutrons zébrèrent la salle, chaque trait projetant une intense lumière. Grand-père Wurm fut atteint par un des rayons, qui lui sectionna deux de ses quatre bras et le fit rouler lourdement au sol. Ses Purestrain Genestealers souffrirent encore plus que lui sous le déluge de tirs. Pris dans un feu croisé mortel, ils furent exterminés avant d’avoir eu le temps de réagir et de se mettre à couvert.

Le symbole des Princes des Pauvres fut riveté ou peint sur plus de trois cents chars impériaux capturés, et devint le signe de la trahison de l’Astra Militarum. Malgré tout, pendant la Guerre des Cauchemars, ces chars combattirent l’ennemi contre lequel ils avaient été conçus : les armées du Chaos.

L’assaut vertical des Skitarii n’avait été qu’une diversion, qui avait fonctionné encore mieux que prévu. Sachant que les Génovores étaient presque invincibles au corps à corps, les Technoprêtres avaient envoyé leurs Onagres des Dunes grimper les flancs de la spire. Les plaques métalliques de leurs pieds étaient entourées d’un champ électromagnétique qui leur permit de gravir les parois métalliques, jusqu’à arriver au sommet de la ruche. Leur attaque surprise était arrivée juste à temps.

Au grand soulagement des Technoprêtres qui coordonnaient l’assaut, l’action des Onagres des Dunes fut si efficace qu’elle réussit également à éliminer toute présence Xenos des niveaux supérieurs du Treuil, en plus de venir à bout de la menace majeure représentée par les Purestrain Genestealers.

Cautériser la Plaie[modifier]

Les Feux de Calgar

Calgar n’eut d’autre choix que de prendre une décision extrême, car l’assaut d’Abaddon et de ses alliés était aussi rapide que dévastateur. Après avoir récemment concédé Dirkden aux Princes des Pauvres, il renâclait à l’idée de céder du terrain aux troupes du Chaos. Cela fut âprement débattu au Sénat de Vigilus, car au départ, il ne put s’accorder sur la conduite à tenir.

À la fin, ce fut Lucienne Agamemnus IX, la Gouverneur Planétaire, qui aida Calgar à prendre une décision. Les niveaux supérieurs de nombreuses Ruches avaient été capturés par les serviteurs du Chaos. Elle suggéra de passer un accord avec l’Adeptus Mechanicus et que ses machines industrielles provoquent des séismes d’une magnitude colossale. À l’aide de foreuses à explosion tectoniques et de creuse-ruches, il était possible de provoquer l’effondrement des plus grands édifices de Vigilus. Malgré tout, Calgar n’était pas convaincu. Non seulement la destruction des spires provoquerait la mort de millions d’innocents, mais les failles qui s’ouvriraient dans le sol seraient au moins aussi meurtrières. L’effet sur le moral des troupes impériales serait terrible. De plus, Lucienne s’opposait depuis des décennies aux travaux de l’Adeptus Mechanicus, son brusque changement de politique serait donc la preuve d’un acte désespéré. Lucienne proposa alors le feu comme solution, et d’allumer des incendies au pied de chaque spire. Les flammes monteraient vers les étages supérieurs et incinéreraient les Traîtres. Calgar finit par accepter. Des équipes de l’Adepta Sororitas furent mises sur pied pour remplir cette mission et rapidement, les Feux de Calgar furent allumés dans toutes les Ruches. Les spires de Vigilus brûlèrent les unes après les autres, leurs panaches de fumée montant dans le ciel pollué.

À Hyperia, la réponse impériale à l’invasion des Ruches par le Chaos fut rapide et décisive. Lorsque les rapports faisant état de la présence d’hérétiques sur les autres continents artificiels affluèrent, il devint clair que des mesures drastiques allaient devoir être prises pour repousser les ténèbres.

Les nouvelles de chaque attaque parvenaient au Refuge du Saint par le biais de navettes blindées, de sémaphores célestiques et de cylindres de données transcontinentaux transitant par la lune Neo-vellum. Les chefs de l’Adeptus Astartes échafaudaient des plans en conséquence. Même s’ils étaient parvenus à réaliser des gains tactiques dans les spires d’Hyperia et ailleurs, ils devaient réviser leur stratégie tandis qu’il devenait évident qu’Abaddon chapeautait une alliance de plusieurs Chapitres renégats et de Légions de Traîtres. Alors que les seigneurs Space Marines étudiaient les cartes et les tablettes de données sur les dispositifs ennemis, des Astartes Hérétiques semaient la mort dans les étendues ruchières.

Même si la plupart des membres du Sénat de Vigilus n’avaient entendu les noms des forces qui attaquaient leur planète que dans des légendes, Marneus Calgar les connaissait bien, et se souvenait des innombrables exactions qu’elles avaient commises. Il faisait face aux pires ennemis de l’Imperium. La Black Legion était présente sur tous les continents artificiels, et ses armures noires portaient le plus terrible des symboles d’Horus. De plus, ces Traîtres n’agissaient pas seuls, car Abaddon s’était assuré l’aide de nombreuses organisations de renégats.

Les Word Bearers, dont les armures rouges étaient gravées des sermons impies de Lorgar, attaquaient les spires-couvents fortifiées d’Hyperia en faisant pleuve d’un fanatisme extrême. Leurs phalanges avançaient en ordre serré en libérant un torrent de Bolts. Les armes lourdes des Havoc désintégraient les chars Repulsor et Exorcist envoyés pour les intercepter.

Les Iron Warriors effectuaient des assauts depuis d’énormes navires placés en orbite, et concentraient leurs attaques contre les réseaux de tranchées bien défendus du Mortwald. Ces maîtres de la poliorcétique usaient de tirs précis de canons laser pour détruire les bastions et les Forteresses de Rédemption qui tenaient en respect les envahisseurs Peaux-Vertes depuis tant d’années. Les défenses cédaient les unes après les autres, car les Iron Warriors faisaient preuve d’une rapidité et d’une efficacité inégalables.

Les Imperial Fists s’étaient précipités pour les repousser, mais ils ne pouvaient pas être partout a la fois, d’autant plus que les attaques de diversion suicidaires des Cultistes du Chaos les bloquaient pendant que les Iron Warriors opéraient ailleurs sur la ligne de front.

Les Night Lords étaient descendus sur Dirkden, accompagnés de The Scourged. Même s’il espérait qu’ils seraient assaillis et tués par les cultistes Génovores qui s’étaient emparés de ce sous-continent, Calgar savait au fond de lui que les fils de Konrad Curze n’étaient pas si faciles à vaincre, et que même s’ils étaient repoussés, ils concentreraient ensuite leurs assauts contre les défenses d’Hyperia-Dirkden, et arriveraient dans les régions au sud du Refuge du Saint.

La Chaîne Lenkotz, dont les îles artificielles de Tzardonica et de Luthvren, avait été infestée par un étrange parasite technologique, tandis que l’anarchie était répandue dans les rues par l’Archiseigneur Discordant d’Abaddon, Vex Machinator. Les stations d’épuration d’eau avaient été corrompues par son aura chaotique, qui affligeait les hommes aussi bien que les machines.

Dontoria était en proie à une épidémie. Les structures en plastacier des habs-blocs étaient rongées par une rouille surnaturelle, tandis que la peau des habitants noircissait avant de se décomposer. D’énormes furoncles défiguraient les citoyens de Grodholev, leurs corps se mettant à ressembler aux circonvolutions de la Grande Faille. Lorsque les pustules éclataient, il en jaillissait des asticots démoniaques qui grandissaient sous la forme de Glitchlings, dont l’aura infestait les machines et la chair.

Les Space Marines savaient qu’ils ne pouvaient rien contre cette maladie surnaturelle. Le cœur lourd, Calgar ne pouvait que constater que Dontoria était elle aussi définitivement perdue.

Dans le Tourbillon[modifier]

« Vigilus abrite des secrets dissimulés depuis des éons. Ils sont si profondément enfouis, si bien gardés, que les habitants de la planète ignorent tout de leur existence. Les cryptes où ils reposent sont des zones oubliées de tous, hormis des légendes racontées par les aïeules et les mises en garde des Prophètes Vigilants. Mais ces lieux oubliés recèlent les secrets du salut de la planète ou, s’ils tombent entre de mauvaises mains, de sa damnation ? »
- Valle de Geer, Doyen des Prophètes de la Roue Ardente.
TOURBILLON VHULIEN

Anomalie climatique perpétuelle
<déclarée In Nominis Abhorrens par le Conseil Aquilarien>.
Niveau divinatos aptus non,
Niveau de Sous-dîme aptus non.
Zone de sécurité cartographicus au moins 15 kilomètres.
Observation satellite depuis Neo-vellum peu concluante en raison des tempêtes de poussière.
Pensée du jour : Éviter à tout prix.

Le secret du Tourbillon Vhulien allait profondément affecter la Guerre des Cauchemars. Un artéfact ignoré de tous durant des milliers d’années devint ainsi le pivot de la stratégie d’Abaddon.

La gigantesque tempête de poussière à l’est de la Ruche Hyperia était évitée par tout le monde sur Vigilus. y compris les peaux-vertes et les Princes des Pauvres. Ceux qui avaient tenté de l’étudier avaient été repoussés par la férocité de la tempête et décourageaient quiconque de tenter l’expérience. Les vents tourbillonnants charriaient des milliards de tonnes de grains de sable, et d’éclats de rouille capables d’arracher la peau d’un homme en quelques secondes. La tempête faisait rage depuis des siècles, à l’instar de la Tache Rouge de Jupiter. C’était une région hostile à la vie, et seuls ceux qui portaient des équipements de protection, comme les Armures Énergétiques de l’Adeptus Astartes, avaient une chance d’atteindre l’œil de la tempête. Mais certains avaient entrepris ce périlleux voyage, et découvert le secret qu’abritait la tempête.

Lorsque les Space Marines débarquèrent durant la deuxième phase de la Guerre des Bêtes, le Conseil Aquilarien, qui gouvernait la planète à l’époque, avait affirmé avec force qu’étudier le Tourbillon Vhulien était une perte de temps et de ressources. Bien qu’il donnât naissance à des tempêtes plus petites qui se répandaient dans les désolations telles les cellules d’un chancre immonde se détachant de la tumeur initiale, les dirigeants de la planète étaient persuadés qu’il ne valait pas la peine d’être étudié, d’autant que toutes les tentatives s’étaient jusque-là soldées par un échec.

Les Dark Angels n’en décidèrent pas moins de s’y aventurer, car ils avaient de bonnes raisons d’explorer les régions les plus reculées de la planète. Ils avaient commencé le périple dans des transports robustes, avançant en épi pour se couvrir mutuellement. Lorsque les moteurs de ces transports avaient succombé à la poussière, les Space Marines avaient envoyé des équipes montées sur des motos blindées, des véhicules puissants bénéficiant d’un profil suffisamment bas pour se glisser sous le vent. Les motos progressèrent un peu avant de céder le pas à leur tour, leurs Esprits de la Machine hurlant de rage lorsque leurs moteurs, grippés par le sable omniprésent, cessèrent de fonctionner. Jurant de récupérer leurs destriers de métal avant la fin de leur périple, les Space Marines avaient continué à pied, luttant à chaque pas pour atteindre le cœur du Tourbillon. Mais ils ne le trouvèrent jamais. La zone couverte par le Tourbillon Vhulien était vaste, et entre la faible visibilité et les interférences électromagnétiques qui brouillaient leurs senseurs, ils durent admettre leur défaite et regagner les zones de conflit principales. Mais ils agirent à contrecœur, car ils sentaient que cette terrible tempête dissimulait quelque terrible secret, et ils avaient raison.

Des millénaires durant, le Tourbillon avait caché une antique forteresse taillée dans une roche sombre. Appelée la Citadelle Vigilante par les maçons anonymes qui l’avaient érigée, elle était depuis longtemps occupée par une bande de Déchus. Ces anciens renégats de la Première Légion étudiaient Vigilus depuis des siècles, et l’employaient comme base arrière pour poursuivre leurs propres buts. Les particularités de cette région reculée et inhospitalière, associées au bouclier psychique établi par l’Archiviste Déchu Osandus, avaient rendu extrêmement difficile toute tentative de découvrir le secret au cœur du Tourbillon.

Abaddon était l’exception. Le Fléau avait signé des siècles plus tôt un pacte de sang avec le commandant des Déchus, et grâce à ce parchemin, ses Sorciers, tels des limiers traquant une proie, furent en mesure de localiser sa trace psychique sur Vigilus. Après qu’Abaddon eut aidé le Déchu à échapper à une force de Dark Angels dans la zone de guerre Pandorax, Osandus avait juré fidélité au Fléau. Le Maître de Guerre avait estimé que l’Archiviste Déchu lui serait utile à l’avenir, et les événements sur Vigilus lui donnèrent raison. Il était temps pour lui de réclamer son dû.

La Griffe du Vide[modifier]

Griffe du Vide

Macro-Artefact (datation au carbone indique Moyen-Âge Technologique). Similitudes avec la batterie à gravitons à grande échelle Hodronite (cf. Labyrinthe Noctis). Génère anomalie équivalente à micro - réplique d’une étoile effondrée. Densité

La Citadelle Vigilante abritait la Griffe du Vide, une arme ancienne et incroyablement puissante. Les Déchus avaient de sinistres projets pour elle, mais Abaddon entendait s’en servir pour vaincre l’Imperium.

Lorsqu’il atteignit la planète, le vaisseau amiral d’Abaddon, le Vengeful Spirit, se plaça en orbite géostationnaire au-dessus du Storvhal, et effectua une rotation sur son axe pour être en mesure de tirer une salve dévastatrice sur tout appareil impérial qui oserait l’approcher. Le croiseur de classe Gloriana était si puissant qu’il pouvait repousser tous ceux qui le défiaient avec autant d’aisance qu’un Ogryn écrasant une mouche. La Marine Impériale monta un raid dans l’espoir de le désemparer sitôt que les Maîtres de Chapitre eurent identifié sa silhouette abhorrée, mais l’astronef infligea des pertes si terribles aux Impériaux qu’ils durent se replier. L’amirauté décida qu’il valait mieux ne pas provoquer l’immense vaisseau-relique, car il demeurait apparemment inerte tant qu’il n’était pas approché.

De son côté, Abaddon ne resta pas inactif. Il avait calculé une approche de la Citadelle Vigilante qui contournait intégralement la tempête. En calibrant les systèmes des téléportarium ensorcelés du Vengeful Spirit sur la trace psychique d'Osandus, le Maître de Guerre et les Porteurs du Désespoir, ses Terminators triés sur le volet, descendirent en une force de frappe de cinquante hommes. Ils apparurent devant les portes de la Citadelle Vigilante dans une explosion d'obscure splendeur, et demandèrent une audience auprès des maîtres de la forteresse. Durant une longue minute lourde de tension, ils ne reçurent aucune réponse. Abaddon commençait déjà à s’avancer, brandissant Drachnyen, lorsque le pont-levis s'abaissa pour laisser passer une silhouette encapuchonnée.

La Vendetta Démente d’Osandus

L’Archiviste Déchu Osandus fut d’abord réticent à l’idée de donner accès à la Griffe du Vide à Abaddon, car il voulait s’en servir contre les Dark Angels. Cet engin était si puissant qu’il causait des perturbations climatiques, à l’origine du tourbillon qui l’entourait, et ce même à l’état de veille. Il était si ancien et étrange qu’Osandus ne comprenait pas tout à fait son fonctionnement, même s’il était entré en communion psychique avec la conscience malveillante de l’arme.

L’Archiviste comptait rassembler une armée de Déchus si imposante que leurs anciens frères, les Dark Angels, seraient obligés d’enquêter en force. Osandus avait fait fuiter l’information grâce aux confessions de Déchus captifs, des guerriers qui s’étaient sacrifiés volontairement pour le succès de ce plan. L’Archiviste s’était ainsi assuré que les bonnes informations furent dévoilées au moment opportun, pour attirer les héritiers de la Première Légion sur Vigilus, en toute probabilité à bord de leur forteresse-monastère spatiale, le Roc.

Une fois le gigantesque vaisseau spatial en orbite, la Griffe du Vide entrerait en action. L’Archivisite voulait attendre que le Roc déclenche un bombardement orbital, en comptant sur les anciens champs de force de la citadelle pour arrêter les tirs, avant de riposter avec la Griffe du Vide. Si l’arme parvenait à ouvrir une singularité à l’intérieur du Roc, la forteresse spatiale imploserait. Mais le plan d’Abaddon pour la destruction du Piège de Nachmund était si séduisant par son ambition et son étendue qu’Osandus finit par en reconnaître l’intérêt, car frapper l’Imperium dans son ensemble était une idée encore plus séduisante.

La Griffe du Vide revint pleinement à la vie au son des chants rituels et de la rupture de sceaux antiques. La poussière tournoya pour former une spirale ascendante, le sol vibra et la citadelle tout entière trembla sur ses fondations. Il sembla que l’air même se mettait à hurler tandis que la Griffe du Vide entrait en action, et une minuscule singularité s’ouvrit dans le tissu de l’espace réel au-dessus de la planète.

Les pourparlers qui s’ensuivirent ne furent pas un échange de vues entre vieux amis, ni même entre alliés. La conversation fut tendue, une centaine de Déchus pointant leurs armes depuis les remparts. La Black Legion ne montra pas la moindre hésitation, et nul ne perdit son sang-froid, même lorsque les pièces d’artillerie et les macrocanons de la Citadelle Vigilante pivotèrent lentement vers eux. Bien qu’ils fussent tous en état d’alerte, leurs armes demeurèrent silencieuses.

Au lieu de cela, c’est une joute verbale qui commença, bataille pour laquelle Abaddon était bien équipé, car le Fléau avait négocié des accords avec les seigneurs de Chapitres Renégats et les Primarques Démons des Légions Renégates. D’aucuns affirmaient qu’il avait parlé avec les Puissances de la Ruine en personne sans pour autant perdre la raison, ou du moins pas totalement.

Les négociations portaient sur le contrôle de la Griffe du Vide. L’arme au cœur de la citadelle était unique, car elle ne tirait pas de projectiles, mais taillait une brèche dans le tissu de l’espace-temps, concentrant un rayon d’énergie colossal sur un point unique pour ouvrir une anomalie gravitationnelle plus petite qu’une perle. Malgré sa taille, cette singularité pouvait franchir tous les types de champs de force connus. Son potentiel de destruction était incroyable, car le champ gravitationnel de cette anomalie était si fort qu’il pouvait attirer toute matière vers un néant dont rien ni personne ne pouvait s’échapper.

La Griffe du Vide était une arme que les Déchus réservaient à leurs pires ennemis, à condition de les attirer dans leur piège, car l’engin en forme de flèche de cathédrale était conçu pour engager des vaisseaux de guerre et non des armées. Mais Abaddon espérait s’en servir pour remodeler le Piège de Nachmund.

Le Fléau évoqua un plan permettant à l’arme titanesque de tirer non pas sur une cible ennemie, mais sur une zone de l’espace équidistante de Vigilus et de son satellite naturel, Neo-vellum. Malgré sa taille, l’anomalie gravitationnelle résultante aurait un effet dramatique sur les deux mondes, attirant des tonnes de matière dans leurs orbites respectives.

Vigilus, dont le statut de monde-sentinelle opérationnel était déjà précaire, verrait sa propre gravitation se retourner contre elle. Pis, les effets de la Griffe du Vide pourraient irrémédiablement altérer le Piège de Nachmund.

Marées Artificielles[modifier]

« Cette guerre ne sera jamais gagnée ! À quoi bon être protégé par une vingtaine de Chapitres Space Marines si ce monde naguère glorieux n’est plus qu’une carcasse desséchée ? Nous serons tous morts lorsqu’ils auront enfin tué les monstres des spires ! Comment nourrir nos enfants si même l’eau nous est prise par la magie noire ? Tout est perdu ! II ne nous reste qu’à tenter de survivre aux derniers jours de cette apocalypse ! Mort à ceux qui voudraient nous en empêcher ! »
- Lemuas nach Sodheim, Dirigeant Civique et Aumônier de l’Hydre à Vingt Têtes.
Le Drainage

L’eau aussi fut attirée par les marées artificielles de l’anomalie gravitationnelle. Voler cette ressource inestimable faisait partie du plan d’Abaddon, car si ses troupes en Armure Énergétique pouvaient survivre en absorbant d’infimes quantités d’eau, une pénurie serait néfaste à l’Astra Militarum et saperait le moral de la population. Associé à la sensation de traction inconfortable que chaque habitant ressentait an creux de l’estomac, le phénomène pourrait entraîner l’effondrement complet de la société.

Au début, seuls des filets d’eau s’échappèrent des réservoirs et des puisards. Puis des ruisseaux et des affluents se formèrent, quittant les étendues ruchières pour s’écouler dans les désolations arides, encore tributaires de la masse de Vigilus mais tout de même soumis a l’attraction de l’anomalie. Une grande partie de l’eau se perdit, absorbée par le sol poreux. Mais là où l’eau était conservée en grandes quantités, comme dans les gigantesques réservoirs à la surface de la planète, de véritables rivières s’écoulaient en direction du Tourbillon Vhulien. Dans certaines zones, de véritables mers peu profondes se formaient et se déplaçaient dans le désert.

L’eau était impossible à arrêter. Des centaines de milliers d’habitants déshydratés se bousculèrent et se battirent pour récupérer le précieux liquide avec des récipients, des boîtes de rations vides, des jerrycans, voire leurs mains.

Au début, les habitants qui récupéraient cette eau reprenaient espoir, car cette ressource précieuse habituellement conservée par les classes dirigeantes, semblait accessible à quiconque disposait d’un récipient. Mais ils finirent par se rendre compte que les réserves étaient limitées, et qu’ils avaient peu de temps. Des bagarres éclatèrent autour du moindre filet d’eau, et ces affrontements devinrent rapidement très violents. Ainsi l’eau qui se dirigeait vers le Tourbillon était systématiquement suivie par des hordes de malheureux assoiffés.

L’emprise de l’Imperium sur Vigilus, déjà dramatiquement affaiblie par les invasions qui avaient frappé la planète, était à nouveau compromise. Comme l’état-major impérial était contraint de réguler de façon draconienne ses propres réserves, la pénurie devint inévitable.

L’activation de la Griffe du Vide eut des effets dévastateurs. De même que le satellite d’un monde en affecte les marées, l’anomalie gravitationnelle attira à elle tout ce qui se trouvait sur la planète, et causa des dégâts incommensurables. Les perturbations atteignirent bientôt des proportions désastreuses.

La singularité gravitationnelle de la Griffe du Vide - que l’on baptisa Anomalie Vhulienne - eut un impact très lourd sur l’effort de guerre impérial. Le Sénat de Vigilus reçut de nombreux rapports de toutes les régions du globe, et les rues du Refuge du Saint grouillèrent bientôt de messagers de tous les fronts. Des salles de guerre supplémentaires consacrées à des théâtres d’opération spécifiques furent installées dans le palais du Gouverneur. Mais malgré la finesse de Marneus Calgar, chaque désastre succédait à une catastrophe, si bien que l’état-major ne parvenait pas à appréhender la Guerre des Cauchemars, et encore moins à en renverser le cours.

Les premiers à sentir la funeste attraction de l’anomalie furent les flottes en orbite autour de Vigilus. Dans les heures qui précédèrent l’activation des générateurs de la Griffe du Vide, les amiraux de la flotte impériale avaient eu la surprise de voir les vaisseaux du Chaos se redéployer vers des positions dépourvues de valeur stratégique. L’Archi-Commodore Vensatoria fut la première à remarquer qu’ils s’éloignaient tous du Tourbillon Vhulien, sans en comprendre la raison.

Ce n’est que lorsque la singularité gravitationnelle commença que les amiraux impériaux comprirent l’intérêt de ce changement d’orientation. En effet, les vaisseaux du Chaos s’étaient placés de façon à pouvoir contrer les effets de l’anomalie avec leurs moteurs. Il n’en allait pas de même pour la flotte impériale. Les cotres, escorteurs, et autres remorqueurs à proximité du puits gravitationnel de la singularité furent détournés de leur trajectoire et s’écrasèrent sur les énormes navires qu’ils étaient censés seconder.

En surface, l’Anomalie Vhulienne fut la cause indirecte de nombreuses explosions et catastrophes. Le Tourbillon Vhulien forma une vaste spirale conique pointée sur l’anomalie, telle une gigantesque serre de poussière visible sur la moitié de la surface de la planète.

Tout petit objet qui n’était pas solidement fixé fut attiré vers la tempête par la force de l’anomalie. À la Décharj’ du Cyklone, la cité-casse la plus proche, toutes les vis et les écrous desserrés commencèrent à rouler dans la même direction en formant une véritable rivière de métal, à la grande surprise des Meks de Ragzakka et pour le plus grand délice des Grots qui les suivirent dans le but de s’enrichir.

Alors que les plaques tectoniques de la planète tremblaient et se déformaient, les spires de Megaborealis, Hyperia, Dirkden et Storvhal s’effondrèrent. Des milliers d’habitants périrent lors de ces catastrophes, et des pluies de gravats enflammés s’abattirent dans les rues. Le Grand Treuil de l’Omnimessie, quant à lui, se tordit puis céda lorsque la station spatiale de la Fauconnerie Sacrus Tora à laquelle il était connecté fut attirée par le vortex.

Neo-vellum aussi fut affectée, bien que la modification de sa trajectoire fût invisible à l’œil nu. Les marais d’acide du satellite se mirent à bouillonner sous l’effet de l’anomalie. Les ponts et les routes reliant les scriptorum furent rongés par les lacs caustiques, et ils s’effondrèrent, glissant dans la boue corrosive pour être dissous.

Dans les profondeurs de l’espace, les nébuleuses de poussière cosmique qui tournoyaient sur les bordures du Système de Vigilus se rapprochèrent, d’abord imperceptiblement, puis à une allure de plus en plus grande à mesure qu’elles s’approchaient de l’Anomalie Vhulienne. Au-dessus de Vigilus, la lumière d’Astravigila s’estompait de jour en jour, plongeant la planète dans les ténèbres et sapant toujours plus le moral des Impériaux. Il avait fallu une simple entrevue à Abaddon pour porter un coup fatal au Système de Vigilus.

Le Poing de Fer se Referme[modifier]

Les Couronnes de Noctilithe

Les anneaux de sombreroche appelées Couronnes de Noctilithe apportèrent une nouvelle et détestable énergie à l’effort de guerre. Ils avaient été façonnés sur Nemendghast, perfectionnés durant leur transit vers Vigilus dans les entrailles des vaisseaux-forges d’Abaddon, et érigés sur la planète-sentinelle par des esclaves. Partout où les Maîtres de Possession de la Black Legion avaient identifié un site d’une grande signification géomantique, les anneaux furent alignés selon les consignes des ritualistes d’Abaddon, et plantés dans le sol par de longues pointes d’acier.

Là où les Couronnes de Noctilithe avaient été implantés, les esprits des Psykers du Chaos furent investis d’une énergie impie. Tout être doué de sensibilité psychique observait d’étranges phénomènes à proximité de telles structures. Même les esclaves et les cultistes furent assaillis de visions de cauchemar.

Les Couronnes de Noctilithe étaient conçues pour invoquer sur la planète L’énergie brute du Warp. Elles avaient été taillées dans des blocs de noctilithe que la Black Legion avait amassés lors de leurs croisades noires, puis imprégnées d’énergie du Chaos et disséminées dans toute la galaxie, selon les ordres d’Abaddon.

Au cours de la Guerre Gothique, le Maître de Guerre du Chaos avait en effet découvert que la sombreroche pouvait être polarisée afin d’attirer l’énergie du Chaos, ou au contraire pour la repousser. Depuis lors, sa stratégie entière repose sur cette information. Partout où se trouvaient des dépôts de noctilithe polarisée pour repousser l’énergie du Chaos, Abaddon faisait tout son possible pour les détruire. À l’inverse, partout où la sombreroche pouvait être polarisée pour attirer l’énergie du Chaos, il s’en emparait pour l’utiliser à son compte. En gravant dans la pierre des formules et des runes blasphématoires en langue obscure, un Sorcier pouvait aligner l’aura de la roche sur l’écoulement dimensionnel du Warp.

Canaliser cette énergie instable avec une Couronne de Noctilithe était susceptible d’entraîner un choc en retour psychique très puissant. Dans certaines régions de Vigilus, une puissance incommensurable se déversa dans l’esprit de tous ceux qui cherchaient à exploiter l’aura surnaturelle de la structure. Cela contribuait également à faire avancer la cause, car partout où un désastre psychique se produisait, la matière brute du Chaos suivait.

Vigilus était étranglée par les forces qu’Abaddon avait déchaînées contre elle. Ce qui avait été un monde en guerre était en train de devenir un véritable enfer, mais les forces impériales n’étaient pas les seules à être sous pression.

Tandis que le fléau gravitationnel qu’Abaddon avait infligé à Vigilus faisait ployer les lois de la physique au profit de l’anarchie et de la disruption, le credo apocalyptique que ses troupes d’invasion répandaient partout où elles allaient, avec les étranges structures d’invocation du Warp que ses alliés érigeaient sur toute la planète, avait des effets analogues.

Les Word Bearers, les plus dévots des Astartes Hérétiques, furent chargés d’invoquer l’énergie de la Cicatrix Maledictum sur la planète à l’aide des mystérieuses structures baptisées Couronnes de Noctilithe. La Death Guard avait pour mission de répandre la peste sur Dontoria, tandis que les Night Lords combattaient âprement à Dirkden, et les Iron Warriors affrontaient leurs ennemis jurés, les Imperial Fists, pour contrôler le Mortwald.

Cependant, les forces du Chaos rencontrèrent une forte résistance. Les Impériaux, quoique mal en point, n’étaient pas encore vaincus. Chassés de leurs aires et des sommets des spires par les incendies contrôlés baptisés Feux de Calgar, les envahisseurs du Chaos avaient étendu le conflit aux villes et aux étendues inhospitalières. Certains au sein des Légions Renégates, notamment les World Eaters, se contentaient de tuer et de détruire, comme l’apprirent à leurs dépens les défenseurs des Géants, une série de hauts plateaux crénelés des régions nordiques d’Oteck. L’Alpha Legion lança quant à elle diverses opérations secrètes dévastatrices, tandis que les Légions les plus fanatiques livraient une guerre d’endoctrinement pour recruter de nouveaux adorateurs zélés. L’heure était à la guerre totale, et tous les renégats redoublèrent d’ardeur pour causer autant de dégâts que possible.

Plutôt que d’essayer d’affronter tous leurs adversaires à la fois, Calgar et les dirigeants du Sénat de Vigilus exploitèrent leur connaissance du terrain pour élaborer des pièges afin de désorienter l’ennemi. Si la confusion causée par la panique et les émeutes dans les villes y interdisait la mise en place de tout plan d’action cohérent, dans les désolations, le terrain relativement dégagé était le cadre idéal pour que Calgar mette en œuvre un nouveau chef-d’œuvre de stratégie.

En jouant sur les comportements naturels de leurs adversaires les forces impériales espéraient les dresser les uns contre les autres afin qu’ils s’entre-tuent. Cette stratégie s’inspirait en partie du Gambit de Kryptman, un stratagème à n’employer que dans les cas les plus désespérés. Mais son efficacité n’était plus à démontrer.

Les Space Marine qui avaient pris part à la Guerre des Bêtes avaient eu plus d’une fois l’occasion d’observer la témérité des Orks, et connaissaient suffisamment l’esprit obsessionnel des fantasques adeptes de la Speedwaaagh! pour en déduire les mouvements. De leur côté, les Orks avaient appris qu’affronter des adversaires en Armure Énergétique était toujours l’occasion d’une bonne bagarre, quels que soient les symboles qu’ils affichaient ou la cause qu’ils défendaient.

Fort de ces informations, Calgar et les autres Maîtres de Chapitre ordonnèrent à leurs forces de se lancer dans une série de retraites aux. Accomplies avec une remarquable précision, elles attirèrent les World Eaters, le Crimson Slaughter et les Red Corsairs hors de la ville et dans les désolations. Ces opérations revenaient malgré tout à entraîner l’ennemi en terrain découvert, et les Impériaux subirent alors de lourdes pertes, non seulement sous les tirs d’opportunité des Orks, mais aussi à cause des envahisseurs du Chaos qui avaient pris position dans les niveaux supérieurs des étendues ruchières pour tirer sur les Orks comme sur les Impériaux. Mais cela en valait la peine, car cette action ouvrit un nouveau front voué à détourner l’attention du Chaos.

Le Secret des Lances

L’Adeptus Mechanicus de Stygies VIII avait extrait des lances de sombreroche du sous-sol de la planète pour les stocker dans des silos lourdement défendus. Les Technoprêtres avaient à leur insu fait le jeu du Maître de Guerre, qui comptait se servir des gisements de sombreroche de Vigilus. En effet, en exhumant la sombreroche avec leurs Ruches minières et leurs Tectonic Fragdrills, l’Adeptus Mechanicus lui avait mâché le travail.

La sombreroche avait une propriété qui, pour qui comprenait la nature du cosmos, la rendait extrêmement précieuse. La noctilithe était sensible au Warp, et pouvait être chargée pour attirer ou repousser l’énergie empyréenne. Les dépôts en forme de lance que recelait la croûte terrestre de Vigilus avaient été polarisés pour repousser l’énergie du Warp par une ancienne technologie Xenos. Ces lances étaient en réalité ce qui tenait la Grande Faille éloignée de Vigilus, et elles créaient un canal de force anti-chaotique entre l’Imperium Nihilus et l’Imperium Sanctus, formant le Piège de Nachmund. Bien que nul hormis peut-être le Fabricator Vosch n’en eût conscience, la croûte terrestre de la planète Sangua Terra abritait les mêmes lances de sombreroche, maintenues dans une étrange suspension noire afin qu’elles pointent en permanence en direction de Vigilus. Le champ anti-empyréen qui séparait ces lances permettait de maintenir le Piège de Nachmund ouvert. Si Abaddon venait à détruire cette ressource ésotérique, les tempêtes Warp autour du Piège de Nachmund se refermeraient, interdisant tout passage sûr dans la zone.

Attirés par les explosions et les incendies aperçus à l’horizon, les Orks de la Speedwaaagh! se dirigèrent en toute hâte sur le lieu des accrochages entre loyalistes et renégats qui avaient lieu partout dans les désolations. Anticipant le flot de véhicules que ne manqueraient pas d’attirer leurs affrontements, les loyalistes se retirèrent promptement et en bon ordre, se faisant évacuer par des Thunderhawks et des navettes sous les railleries de leurs Frères de Bataille dévoyés.

Les forces du Chaos, dépourvues de moyens aériens dignes de ce nom, ne furent pas en mesure de s’extraire à temps des zones meurtrières dans lesquelles ils étaient tombés. Ils furent très vite assaillis par les Orks de la Speedwaaagh!, qui se délectaient du défi que constituait ce nouvel adversaire. Les premiers véhicules Peaux-Vertes furent certes rapidement détruits par les troupes du Chaos qui se déchaînèrent sur la Speedwaaagh!, mais cette première vague fut bientôt suivie de dizaines, puis de centaines, de véhicules. Les Astartes Hérétiques ne pouvaient espérer tous les arrêter.

En l’espace de quelques heures, les colonnes de fumée s’élevant au-dessus des désolations avaient attiré des milliers d’engins crachant des gaz d’échappement et des balles. Même les World Eaters se trouvèrent soumis à une rude épreuve, car les Orks étaient tellement galvanisés par leur vitesse et leur supériorité numérique qu’ils ne songeaient même pas à reculer sous le feu. Ainsi, le fléau Xenos qui avait ravagé Vigilus durant la Guerre des Bêtes s’avéra constituer une défense efficace pour des forces impériales bien mal en point.

Machines Infernales[modifier]

Le principal stock de sombreroche de Megaborealis, le Silo XV de Puisard Tonnerre, était protégé par un puissant champ réfracteur. Pour détruire ces stocks, Abaddon devait désactiver le bouclier. Le Maître de Guerre y envoya des Machines-Démons qui se retrouvèrent face à une résistance inédite.

Même s’ils n’en comprenaient pas la nature, les Technoprêtres de Megaborealis gardaient jalousement les dépôts de sombreroche en forme de fer de lance qu’ils avaient exhumé sur Vigilus. Le mystère de leur construction, et les étranges réseaux de trous et de canaux gravés sur toute leur surface laissaient supposer qu’ils avaient été sculptés par quelque race extraterrestre. C’était en tout cas une source de connaissances potentielles.

Dès que les premiers prélèvements de sombreroche avaient été extraits des puits de mine et mis en lieu sûr, les défenses du Silo XV de Puisard Tonnerre avaient été renforcées pour les entreposer indéfiniment. Le silo était désormais protégé par de solides murailles et une garnison permanente, ainsi que par un vaste dôme de force. Ce n’était pas un réseau de boucliers Bastion, mais un macro-champ réfracteur, une relique encore plus précieuse. Il générait une barrière capable de transformer l’énergie, qu’elle soit cinétique, thermique, nucléaire ou autre, en décharges lumineuses parfaitement inoffensives.

Abaddon n’avait pas encore déchaîné toute la puissance de ses osts de Machines-Démons, désormais impatientes d’en découdre. Les Braun Beasts, adorateurs du Dieu du Sang, étaient connus pour leur prédilection pour les machines de guerre possédées, et pour leur propension à lancer des assauts simultanés. Ils avaient atteint la planète à bord d’un gigantesque vaisseau de guerre corrompu, le Cerberite. Ce mastodonte spatial avait jadis été la Barge de Bataille de leur Chapitre, mais il était demeuré si longtemps dans l’Œil de la Terreur qu’il était devenu une colossale Machine-Démon quasiment vivante.

La Barge de Bataille mutante s’approcha en orbite basse afin de traverser le macro-champ réfracteur du Silo XV, les flammes léchant le ventre du vaisseau tandis que l’antique champ de force tentait de repousser la masse du Cerberite. L’appareil reforgé dans les océans infernaux du Warp ne craignait pas le feu, et des Heldrakes jaillirent bientôt de leurs aires de câbles entremêlés. D’énormes gueules de gargouilles s’ouvrirent à l’avant du vaisseau, émettant un rugissement d’anticode si redoutable que les Esprits de la Machine enfermés dans leurs cryptes tremblèrent de terreur malgré leurs entraves. Depuis les flancs du navire, des pseudopodes métalliques se déployèrent pour ancrer le vaisseau aux flèches de Megaborealis. Des hordes de Machines-Démons dévalèrent des rampes et s’avancèrent sur les défenses des Technoprêtres qui tiraient dessus sans discontinuer.

Leur assaut prit la forme d’une tenaille, dont chaque extrémité était menée par une machine titanesque. La rapidité de l’attaque était une arme en soi, tout autant que leur force, car si Megaborealis disposait encore d’innombrables clades de défenseurs en activité, ceux-ci s’avérèrent incapables de se coordonner assez rapidement pour freiner l’offensive. Les Brazen Beasts disposaient de pas moins de trois Seigneurs des Crânes, des monstruosités semi-humanoïdes qui broyèrent des congrégations entières d’Électro-Prêtre sous leurs chenilles. Des meutes de Ferrocentaurus galopaient à leurs côtés, utilisant leurs immenses griffes de métal pour écarter les Brècheurs Kataphrons qui cherchaient à les intercepter. Tandis qu’un cercle de Robots Kastelan se formait autour du Silo XV, de nombreux Venomcrawlers grouillèrent vers eux, leurs abdomens bulbeux émettant d’étranges vagues d’énergie éthérique comme ils bondissaient sur les automates pour les frapper de leurs jambes à pistons. L’Adeptus Mechanicus, dont la forteresse était à l’épreuve de toute attaque conventionnelle, avait oublié un aspect des forées du Chaos - leur sauvagerie démoniaque.

L’arrivée du Cerberite avait incité d’autres forces à se précipiter sur le théâtre de la bataille. Durant les dernières phases de la Guerre des Bêtes, Megaborealis avait été occupé à la fois par les peaux-Vertes et les adorateurs du Chaos, et ceux-ci rêvaient d’affronter de nouveaux adversaires. Le Big Boss Ork Krooldakka, après avoir contourné les désolations en flammes du Delta Suintant pour enquêter sur le "truk ki’brille" qui n’était autre que le champ réfracteur bombardé du Silo XV, fit franchir à sa Brigade Blitz principale une grêle de tirs de Skitarii pour atteindre les ouvrages miniers de l’ouest de Megaborealis. Une horde de Truks transportant les créations métalliques géantes de Big Tanks traversèrent en trombe les étendues délabrées du Puisard Tonnerre pour se diriger vers le quartier des silos. Cet assaut blindé renversé les cultistes et les renégats qui formaient le gros des troupes des Brazen Beasts sans la moindre hésitation.

Bien qu’il perdît des dizaines de Chariots de Guerre sous les tirs des Machines-Démons, Krooldakka ne fut pas arrêté pour autant. Tandis qu’explosaient tout autour de lui des véhicules Orks et des machines de guerre du Chaos, il poussa un cri de guerre effroyable qui plongea ses Fondus d’la Vitesse dans la frénésie la plus totale. L’assaut des véhicules ouvrit un sillon sanglant jusqu’aux commandants de la force ennemie. Lorsqu’un Ferrocerberus se dressa sur la route de Krooldakka, il se hissa sur le toit de son véhicule, arracha la tête de la bête de métal avec sa Pince Énergétique et, alors que le Maulerfiend se tordait d’agonie cracha dans son cou. La Speedwaaagh! poursuivit sa route.

Plus Dure est la Chute[modifier]

Lorsque les megatrukks à plateau eurent déchargé leur cargaison de Dred Eud'la Mort et de Gorkanauts, la bataille du Puisard Tonnerre se mua en affrontement de blindés, les marcheurs ventrus des Peaux-Vertes échangeant des tirs avec les Heldrakes et les Ferrocentaurus. Les créatures de l’avant-garde des Brazen Beasts, qui avaient d’ores et déjà éliminé les Robots Kastelan qui gardaient le Silo XV et avaient entrepris de détruire les générateurs de champ réfracteur, étaient trop absorbées par leur tâche pour s’en détourner. Le Boss Ork avait eu la présence d’esprit de rester hors de portée des Seigneurs des Crânes, bondissant d’épave en épave et s’abritant derrière la coque d’un Onagre des Dunes détruit pour se protéger comme il se rapprochait des commandants des Braun Beasts. Le Techmancien Ghorba Daemonbind, qui avait créé nombre des bêtes d’avant-garde, fut bientôt attaqué par le chef Ork blessé, et fut promptement broyé par la Pince Énergétique de Krooldakka. Ce n’est que lorsque les Chevaliers du Chaos qui constituaient les troupes de choc de Daemonbind finirent par mettre en déroute les défenseurs de l’Adeptus Mechanicus avant de détruire le champ réfracteur du silo que Daemonbind obtint une vengeance d’outre-tombe.

Une fois le champ de force désactivé et le silo sans défense, le Vengeful Spirit, le vaisseau amiral d’Abaddon, fit à nouveau parler ses armes. Cette fois, le bombardement de torpilles cycloniques atteignit ses cibles, annihilant le Silo XV, ainsi que la sombreroche abritait, l’avant-garde des Brazen Beasts, le Speedlord Krooldakka et même et toute chose dans un rayon d’un kilomètre.

Cultes et Conquêtes[modifier]

Chaque nouveau désastre qui affligeait Vigilus avait des effets alarmants sur le moral de la population. Nombre de citoyens cherchaient le réconfort de pouvoirs plus grands que l’Empereur, rejoignant les cultes qui promettaient l’asile en ces temps tumultueux. Bien souvent, leur seule récompense était la damnation.

L’afflux d’humbles gens dans les cultes secrets de Vigilus était le prélude à une nouvelle phase de la guerre. Partout, la folie le disputait à la sauvagerie, le désespoir à la haine implacable, et le Mortwald ne faisait pas exception à la règle.

L’arrivée de la flotte du Chaos et la Guerre des Cauchemars qui s’ensuivit plongea l’aristocratie du Mortwald dans la terreur. Lorsque la Griffe du Vide fit sentir ses effets dans le Mortwald, la classe dirigeante prit des mesures extrêmes. Les défenseurs du continent avaient dépensé quantité de ressources pour repousser les Orks du réseau de Tranchées Deinos et de la Ligne Tzeller. Malgré l’appui des Imperial Fists, de plusieurs de leurs Chapitres successeurs et de Chevaliers de Dharrovar et de Voltoris, les combats avaient débouché sur une impasse. Pendant ce temps, ils avaient cédé du terrain face aux Princes des Pauvres dans les régions méridionales.

La réaction du Seigneur Deinos Agamemnus et des autres aristocrates fut de stocker toute la nourriture et l’eau qu’ils purent amasser dans les citadelles des quartiers les plus riches du Mortwald. C’était peut-être compréhensible d’un point de vue strictement survivaliste, mais les dirigeants poussèrent cette logique à l’extrême, et utilisèrent des combinaisons de combat de Spyrers pour éliminer tous les représentants des classes laborieuses qui osaient demander un partage plus équitable des ressources.

L’accumulation alla bon train jusqu’à ce que les aristocrates terrés dans la Flèche Immortalis se retrouvent avec davantage de nourriture qu’ils n’en auraient jamais besoin. Ils disposaient également de plusieurs siècles de réserves d’eau, malgré l’Anomalie Vhulienne qui avait drainé un grand nombre de réservoirs d’eau à ciel ouvert. Leur richesse et leurs relations avec les magnats de l’eau de la planète s’avérèrent une puissante combinaison. Des cultes du luxe et de la jeunesse éternelle naquirent autour des cliniques rejuvenat dont les dirigeants du Mortwald se réservaient l’usage. Les conséquences de cette atmosphère délétère furent terribles. L’égoïsme de l’élite du Mortwald déclencha non seulement une des émeutes qui menaçaient de déstabiliser une région contrôlée par l’Imperium, mais en sombrant dans la décadence, les nobles attirèrent l’attention des séides de Slaanesh.

Le Flawless Host, des renégats obsédés par leur propre excellence au point d’être convaincus de ne jamais avoir tort, était tristement célèbre même au sein des Astartes Hérétiques. Lorsqu’ils eurent humé le parfum de l’excès dans l’éther, ils se dirigèrent vers les régions les plus riches du Mortwald. Ils utilisèrent les identificateurs encore valides de leurs vaisseaux pour franchir les défenses et gagner les plus beaux édifices du Mortwald sans rencontrer d’opposition, se pourléchant les babines à l’idée du festin à venir.

L’orgie de violence qui s’ensuivit atteignit des abîmes de dépravation indescriptibles. Les dirigeants s’étaient rendus coupables du crime d’imperfection, non par leur accumulation délirante de vivres et leur cruauté, mais parce qu’ils n’étaient pas allés assez loin. Le Flawless Host mit un point d’honneur à montrer aux nobles la véritable signification de l’excès en invoquant des Démonettes chaque fois que leurs troupes ou un culte rival tentait de les arrêter. Chaque flèche du Mortwald fut bientôt dévorée par les flammes, son cœur putride exposé à la vue de tous.

Les abords du Mortwald - et les régions occidentales d’Oteck, en proie à la pénurie - ne s’en sortirent guère mieux. Les habitants avaient cruellement éprouvé l’injustice et l’avidité de leurs "supérieurs". Aiguillonnés par les cultes qui implantés dans les régions frontalières, ils déclenchèrent une sanglante révolution au cours de laquelle les habitants décapitèrent leurs dirigeants. Bientôt, ces foules en colère devinrent des cultes du sang et, très vite, des adorateurs des Dieux Sombres. Privés de raison, convaincus que leurs seigneurs en fuite étaient la véritable cause de leurs maux et que leur seul espoir était de déserter, ils suivaient les Space Marines du Chaos au combat partout où les hérétiques passaient à l’attaque.

Morbides Révélations[modifier]

Griffe du Vide

Les régions ecclésiarchiques d’Hyperia étaient jadis le domaine de la piété et de la raison, mais tout cela changea avec l’invasion du Chaos. La peur instillée dans les cœurs par les ultimatums diffusés à grande échelle de Haarken Worldclaimer avait semé les germes du doute qui furent bientôt cultivés par la plus insaisissable des menaces - la peste.

Ce furent les Death Guard de la Souche Délétère, commandés par Gurloch Thrax, qui les premiers gagnèrent Hyperia. Là, ils opérèrent depuis la barge rouillée qu’ils avaient utilisée pour contourner les défenses de la ville, qu’ils quittaient chaque nuit pour semer la maladie et le désespoir. Au final, ils furent vaincus non par les défenseurs impériaux d’Hyperia, mais par les Thousand Sons qui avaient quitté le Fléau de Kaelac pour se diriger vers le nord. Mais lorsque la souche Délétère fut enfin neutralisée, la peste avait déjà atteint la région de la Crevasse de Dubchec.

Les Death Guard qui avaient contaminé Dontoria s’étaient cachés pour poursuivre dans l’ombre leur œuvre infectieuse. Au début de la Guerre des Cauchemars, ils quittèrent leurs cachettes pour repasser à l’offensive.

Les membres de la Death Guard de la sous-étendue de Pravdus de Dontoria, commandés par le méthodique Chirurgien de la Peste Zoculinsus, avaient semé les germes de la conquête en introduisant la Variole de Geller sur la planète. Bien que les mesures de quarantaine mises en place par l’Adeptus Astartes et le Militarum Tempestus eussent ralenti les serviteurs de Nurgle, les combattants envoyés à leur poursuite avaient été abattus, et l’incendie systématique des tunnels n’avait éliminé qu’une demi-douzaine d’Astartes Hérétiques. Bien qu’extrêmement efficace contre des cibles de taille humaine, le cordon sanitaire fut incapable d’arrêter les Sludge-Grubs, Glitchlings et autres Eyestinger Swarms nés de la Variole de Geller, et Dontoria devint autant une province de Nurgle que de l’Imperium.

Le rôle de la Death Guard n’était pas uniquement de contaminer la planète-sentinelle ; leur mission était de déclencher une épidémie interstellaire dans tout le secteur et le Piège de Nachinand à partir de Vigilus. Depuis le Dock de Litmus, le spatioport principal de Dontoria, ils envoyèrent des vaisseaux de frets emplis de mutants infectés dans l’espace, et certains atteignirent le Point de Mandeville de Vigilus, malgré les efforts de la Libre-Marchande Du Languille pour les arrêter. Durant la deuxième et la troisième phases de la Guerre des Bêtes, ces vaisseaux de la peste gagnèrent le Warp pour atteindre de nouvelles zones de guerre à infecter.

Des années plus tard, lorsque les hordes du Chaos envahirent Vigilus, trois de ces cargos scrofuleux revinrent de leur mission pour renforcer les armées de leurs frères infectés. Ils étaient tellement imprégnés de crasse et de traces d’infection qu’ils ressemblaient davantage à des astéroïdes qu’à des vaisseaux lorsqu’ils s’approchèrent de Litmus. Ils atterrirent sans encombre, car le spatioport était désormais totalement sous le contrôle de la Death Guard. Là, ils ouvrirent leurs sas pour vomir des flots de mutants de toutes les formes et de toutes les tailles.

La Purge de Dontoria[modifier]

Dontoria fut bientôt la proie d’un conflit né d’un schisme dans les rangs du Chaos. The Purge, une bande de renégats inféodés à Nurgle, avait atterri dans la partie orientale de Dontoria, et l’avait trouvée repoussante. Les Astartes Hérétiques de cette étrange confrérie cherchaient à détruire toute forme de vie, car depuis leur allégeance aux Puissances de la Ruine, ils voient toutes les créatures vivantes comme potentiellement corrompues, si bien qu’éradiquer toute vie de la galaxie est pour eux le seul moyen de la régénérer, et ils emploient à cette fin le poison et la maladie.

Animés par le désir d’éliminer le mal, ceux qui allaient devenir The Purge en vinrent à penser qu’en raison de sa faiblesse intrinsèque et de l’inévitabilité de l’entropie, l’Humanité était irrécupérable. Ils en vinrent également à considérer la flore, la faune et la terre comme des sources potentielles du mal. Toute vie étant fondamentalement faillible, il fallait en éliminer toute trace.

Les membres de The Purge n'avaient pas prévu que leur philosophie les conduirait à un conflit avec les autres adorateurs de Nurgle, qui dans leur immense majorité veulent voir la vie prospérer, fût-ce sous une forme irrémédiablement corrompue. Ainsi, pour la Death Guard, Dontoria était vouée à devenir un sombre éden, et non un désert calciné.

The Purge atterrit dans le Grand Goulet, dont la pollution endémique et les zones industrielles constituaient le point de départ idéal pour leur offensive à grande échelle sur Vigilus. Ils entreprirent de massacrer les civils comme les Infectés de la Variole de Geller, jetant les cadavres dans les fourneaux des manufactorums du Grand Goulet, auxquels ils adjoignirent des concoctions de leur propre cru. L’épaisse fumée noire qui s’échappait des cheminées devint encore plus toxique. Des quartiers entiers de la Sous-étendue Tzimitria furent engloutis par les miasmes putrides, et des dizaines de milliers de personnes furent asphyxiées en quelques jours, et même les plantes et les insectes périrent. The Purge contempla son œuvre, et vit que cela était bon et juste.

Dans les mois qui suivirent, The Purge poursuivit son œuvre hérétique, capturant des districts entiers dont ils transformaient les industries pour obtenir une pollution maximale. L’air dans la région orientale de Dontoria devint pratiquement irrespirable ; les habitants, dont les poumons étaient déjà ravagés par l’air pollué de Dontoria commencèrent à mourir par milliers. Les citoyens les plus robustes tentèrent de fuir, mais ils furent massacrés par les Infectés de la Variole de Geller qui rôdaient dans les rues.

Ce qui était naguère une métropole prospère et vivante était désormais un champ de ruines noires de suie, dont les quartiers étaient peuplés d’habitants faméliques et agonisants. La Death Guard, qui avait tout fait pour semer les germes du Jardin de Nurgle dans l’étendue ruchière occidentale, goûtait fort peu la présence de ses voisins orientaux, si bien que lorsque les Infectés de la Variole de Geller se mirent à leur tour à périr, les Astartes Hérétiques entrèrent en action. Ils délaissèrent le massacre débonnaire des militaires impériaux pour combattre The Purge, assiégeant leurs citadelles industrielles avec une efficacité qui suscita l’admiration des Iron Warriors qui opéraient dans le Mortivald.

Ainsi les séides de Nurgle s’adonnèrent à de féroces luttes intestines, mais ce sont les habitants de Dontoria qui en payèrent le prix fort. Le Chaos s’était emparé de chaque niveau de l’étendue ruchière, depuis les flottes qui combattaient en orbite. jusqu’aux populations affligées par la peste, et aux microbes mutant et mourant dans les champs de bataille souterrains, et le conflit ne montrait aucun signe d’apaisement. Aucun des deux camps n’obtint de victoire décisive, et leur lutte s’enlisa peu à peu sans que Calgar ne songeât à intervenir. Abaddon, de son côté, était satisfait, car Dontoria était tombée.

Des Xenos et des Hommes[modifier]

Les affrontements entre l’Imperium et les Asuraynis finiront par évoluer vers une alliance.
Le temps était compté pour Vigilus. Même les guerriers les plus obstinés étaient forcés de constater que la planète était au bord de la destruction. Les seigneurs de guerre de l’Imperium avaient lancé toutes leurs forces dans la bataille, et leurs renforts étaient bloqués par la Grande Faille. Ils étaient dos au mur.

La situation était critique dans toutes les zones de guerre de Vigilus. La planète était à feu et à sang. Une fumée noire saturait l’atmosphère et rendait l’air difficilement respirable dès qu’on s’élevait par rapport au niveau du sol. L’eau était une denrée rare, et la majorité de la population devait se contenter de quelques gorgées à l’aube et au coucher du soleil. Si Lucienne Agamemnus n’avait pas ordonné de limiter les distributions au début et à la fin de la journée, les infrastructures de la planète se seraient sans doute effondrées. Se rendre d’une région à l’autre était très risqué à cause des pillards Orks et des Heldrakes en maraude, et comme les calculs du Datasaint de Neo-vellum étaient brouillés par l’Anomalie Vhulienne, les communications à longue portée étaient quasiment impossibles.

Les forces du Chaos étaient si nombreuses qu’il était illusoire de vouloir les repousser. Elles broyaient les défenses de l’Imperium aussi bien que celles des Xenos. Chaque heure, des spires s’effondraient à cause des mouvements des plaques tectoniques torturées par l’Anomalie Vhulienne. Pire encore, des rapports envoyés par les ultimes stations de relais de Neo-vellum indiquaient que la Grande Faille grossissait, comme une tempête grondant à l’horizon et se rapprochant inexorablement pour tout engloutir. Enfin, quand on compila les données fournies par l’amirauté en provenance de la flotte impériale décimée dans l’orbite de Vigilus, il apparut que la Cicatrix Maledictum s’étirait bel et bien en direction de la planète. Certains affirmaient même voir des visages démoniaques dans les remous du vortex surnaturel.

Au cours de cette période, plusieurs Astropathes de talent rapportèrent avoir eu des visions d’une main griffue étranglant une victime. Cela fut interprété comme le passage étroit du Piège de Nachmund qui était bloqué par un afflux d’énergie chaotique. Le plan d’Abaddon fonctionnait, et le Chaos s’établissait fermement sur Vigilus.

Beaucoup de solutions drastiques furent envisagées par le conseil de guerre impérial. Certains au sein du Sénat de Vigilus argumentèrent en faveur de mises en quarantaine, voire de l’Exterminatus, pour anéantir toute forme de vie. Toutefois, Vigilus était le poumon de tout un secteur, et perdre le Piège de Nachmund revenait à abandonner à son sort une grande partie de l’Imperium Nihilus. Le Primarque Guilliman lui-même avait ordonné que Vigilus tienne bon, et les Ultramarines préféraient combattre jusqu’à leur dernier souffle plutôt que d’abdiquer et de décevoir leur Primogenitor. Au bout de longues heures de débats houleux, la sagesse de Roboute Guilliman inspira Calgar, qui entreprit une mission diplomatique qui perturba même les autres Maîtres de Chapitres.

Les forces des Princes des Pauvres et de la Speedwaaagh! Krooldakka avaient infligé des pertes sensibles aux envahisseurs du Chaos. Les dispositions des troupes et les rapports qui fusaient dans les salles du conseil de guerre du Refuge du Saint indiquaient les champs de bataille où aucune troupe impériale n’avait été engagée. Cependant, à chaque fois que les Xenos remportaient une victoire, ils ne tardaient jamais à s’en prendre ensuite aux défenseurs impériaux. Il y avait des rumeurs à propos de mercenaires Orks qui offraient leurs services à l’Astra Militarum contre des véhicules blindés, et même une tablette de données rédigée par un commandant impérial qui demandait officiellement l’assistance des Orks, et que Pedro Kantor des Crimson Fists demanda à examiner. Elle était écrite par le commandant Nerrogh van Thrynn, qui avait reconquis les environs des Voiles Magentins à la tête d’une force combinée de l’Astra Militarum et de mercenaires Orks, mais qui avait été ensuite sommairement exécuté par un Commissaire à cause de ce manquement à son devoir.

Le Sénat savait que toute alliance prolongée avec les ennemis sauvages qu’il combattait depuis la Guerre des Bêtes était impossible. Les Peaux-Vertes étaient trop imprévisibles et agressifs pour qu’on puisse compter sur eux, surtout face à un adversaire aussi dangereux que les Astartes Hérétiques. Quant aux Princes des Pauvres, il était évident que ces hybrides corrompus par des gènes de Xenos étaient si répugnants qu’ils ne méritaient que la mort. Mais tout ceci ne changeait rien au fait que l’Imperium était en train de perdre la guerre. Même si des renforts étaient en route depuis le reste de l’Imperium (car malgré l’obstacle de la Grande Faille, les armées de l’Humanité restaient pléthoriques), les chances qu’ils arrivent à temps pour faire pencher la balance en faveur de l’Humanité étaient minces et s’amenuisaient au fil des heures.

En revanche, nul n’avait encore abordé la question des perfides Aeldaris. L’éventualité d’une alliance restait en suspens. Après tout, Roboute Guilliman lui-même avait passé un pacte avec cette antique race Xenos au cœur de Macragge, ce qui n’était jamais arrivé de mémoire d’homme. En dépit de cela, traiter avec des Xenos était toujours risqué, comme tout officier du conseil de guerre le savait, parfois par expérience. D’ailleurs au même moment, ces Xenos au regard fou menaient des raids contre Hyperia à bord de leurs motojets et de leurs chars antigrav. La Garde Extremis de Calgar avait chèrement payé sa tentative de traiter avec les Aeldaris vengeurs de Saim-Hann, en perdant trois de ses membres avant que le Lieutenant Eothrus et ses frères repoussent leurs assaillants. Le sang des guerriers de Macragge maculait encore les dalles en marbre à moins de cent mètres du conseil de guerre, où le Sénat débattait sans relâche.

Les émotions se bousculaient dans le cœur de Calgar. À chaque nouvelle faisant état d’un désastre, il devait chasser ses doutes. La deuxième nuit après le début de l’Anomalie Vhulienne, il quitta le Sénat accompagné de sa Garde Victrix, les paroles acerbes des membres du Sénat résonnant encore à ses oreilles. Il rejoignit des éléments de la 1ère Compagnie et se rendit au pont principal qui enjambait l’Anneau du Néant Les forces de Aeldaris affrontaient encore les Tempestus Scions et l’Adepta Sororitas, car les guerriers de Saim-Hann avaient une vengeance à assouvir contre l’Imperium. Au cours de la Guerre des Bêtes, leur chef, l’Autarque Rhyloor, avait été tué. Sa mort avait été ordonnée par le Conseil Aquilarian, qui ne faisait pas de différence entre les Asuryanis des Vaisseaux-Mondes et les odieux Drukharis qui tourmentaient le peuple de Vigilus. Les guerriers de Saim-Hann comptaient venger cet assassinat inique, en tuant tous les humains associés de près ou de loin à la mort de l’Autarque.

Dès qu’il aperçut les Aeldaris, Calgar se joignit au combat. Il ne tira que lorsque cela était absolument nécessaire, car à la place il voulait bloquer les Xenos et encercler certains d’entre eux avant qu’ils s’échappent, dans le but de passer à la seconde phase de son plan…

À un moment opportun, lorsque l’intensité dans les combats diminua, le Seigneur de Macragge demanda des pourparlers. Cela aurait sans doute été vain si la force de Saim-Hann n’avait pas été dirigée par le Grand Prophète Keltoc, qui était aussi rusé que sage. Il avait été le conseiller du Qelanaris, dont la mort du frère avait déclenché le cycle de violence à Hyperia entre les Aeldaris et l’Imperium. Même si Keltoc souhaitait venger la mort de l’Autarque, il ne laissa pas sa colère l’aveugler, car il avait d’autres objectifs essentiels à atteindre. C’est ainsi qu’un cessez-le-feu fut déclaré, et que, fait rare entre l’Imperium et une race Xenos, une porte fut ouverte vers des pourparlers afin de trouver un terrain d’entente.

Le Pacte Pénombral[modifier]

« Vous parlez de désastres, et je sais pourquoi. Cent batailles. Un milliard de morts, et toujours plus de cadavres qui s’empilent. La panique, la peur et le désespoir dans toutes les cités, tandis que les incendies se répandent. Toutefois, cette planète est défendue par l’élite de l’Imperium. Nous sommes la clé de sa survie, et nous nous montrerons à la hauteur de la tâche, quel qu’en soit le coût ? »
- Marneus Calgar, Maître de Chapitre des Ultramarines.
Une Cargaison Fatale

La première étape du plan de Calgar consistait se procurer les six missiles Deathstrike de Deinos Agamemnus. Il les avait collectionnés avec soin au cours des cent cinquante dernières années, et les avait entreposés dans une crypte-hangar sécurisée par des protections biométriques. Le Seigneur Deinos se plaisait à répéter que deux de ses Deathstrike étaient dotés de redoutables têtes Vortex et que s’il lui plaisait, il pouvait détruire la spire d’un rival en quelques heures, envoyant au passage ses habitants dans un enfer éternel au cœur de l’Empyrée.

Calgar produisit un long vélin au nom du Primarque Guilliman en personne, rappelant que Vigilus ne devait pas tomber. Il y ajouta sa propre lettre signée de son titre complet de Régent d’Ultramar, Héritier de la Tétrarchie et Maître de Chapitre des Ultramarines. Il s’envola ensuite pour le Mortwald à bord du Thunderhawk Eagle’s Fury et atterrit en grande pompe à la résidence de son hôte. Lord Deinos, qui s’était mis à l’abri des horreurs libérées contre ses concitoyens par le Flawless Host, eut une poussée d’orgueil et accepta de sortir de son bunker de classe Proteus. Après tout, que le Maître de Chapitre des Ultramarines lui demande audience flattait son ego démesuré, et décuplerait sans doute son influence après la fin de la guerre. Calgar présenta les salutations du Primarque à Deinos Agamemnus, et lui demanda de lui remettre ses six missiles Deathstrike pour participer à l’effort de guerre.

Le Seigneur Deinos refusa de but en blanc, arguant que les gigantesques missiles n’étaient pas faits pour être utilisés, et qu’il avait eu toutes les peines du monde à les conserver en parfait état. Il déclara qu’il aurait recours à toutes les barrières légales et à toutes les ruses administratives pour que cette demande reste lettre morte.

Sur ce, Calgar perdit son sang-froid, saisit le Seigneur Deinos par le bras et le souleva du sol. Ignorant le craquement des os brisés et l’odeur incommodante se dégageant du pantalon doré de son interlocuteur, il réitéra sa demande, la mâchoire serrée sous l’effet de la colère. Cette fois, le Seigneur Deinos s’empressa d’accepter. Il ouvrit la crypte-hangar et mit son contenu à disposition de Marneus Calgar. Quelques heures plus tard, la crypte-hangar était vide, les missiles Deathstrike ayant été transférés dans les soutes de robustes appareils de transport.

L’idée même d’une alliance entre les Ultramarines et les Asuryanis était impensable pour beaucoup de gens. S’il n’y avait pas eu un précédent entre le Primarque Guilliman et l’ambassadrice Yvraine, un tel événement aurait d’ailleurs été impossible. Contre toute attente, il allait néanmoins se produire. Le Grand Prophète Keltoc avait tenté de prédire le futur de Vigilus, notamment les effets qu’il attrait sur le reste de la galaxie. Si l’empire de l’Humanité était totalement coupé en deux, Abaddon pourrait conquérir l’Imperium Nihilus et le Grand Ennemi des Aeldaris en sortirait gagnant. Keltoc ne pouvait le laisser faire, car même s’il était ouvertement un membre du Clan Moirec, il était venu sur Vigilus à la recherche d’autres solutions.

Ainsi, lorsque la voix de stentor de Calgar résonna dans les halls de marbre fissuré du Refuge du Saint, il ne fut pas accueilli par un torrent de shurikens, comme le Lieutenant Eothrus avant lui. Au lieu de cela, le Grand Prophète Keltoc leva la main et envoya une impulsion psychique à ses guerriers afin qu’ils cessent de tirer et écoutent l’impressionnant chef des Space Marines.

Le Maître de Chapitre parla avec éloquence de Macragge, des menaces auxquelles l’Imperium faisait face, et évoqua aussi une prêtresse du Dieu des Morts des Aeldaris. À ces mots, même le Chevaucheur du Vent de Saim-Hann le plus agressif baissa ses armes. Pendant un moment, la bataille entre l’homme et le Xenos devint un duel de mots. Finalement, quand le soleil se coucha au-dessus des spires qui brûlaient à l’horizon, les deux camps parvinrent à un accord. Humains et Aeldaris allaient unir leurs forces contre un ennemi commun. Soudainement, cette alliance inespérée brilla comme une lueur d’espoir sur la trame sombre du destin de Vigilus.

Les Aeldaris de Saim-Hann n’étaient pas connus pour leur tendance à pardonner. Nul ne sut donc précisément comment Calgar parvint à les convaincre, car l’échange entre le Maître de Chapitre et Keltoc ne fut pas enregistré pour figurer dans les annales de l’Imperium, en dépit de la demande de Guilliman que des historitors accompagnent les Ultramarines dans toutes leurs missions. En réalité, les notes prises sur l’échange entre Calgar et le Grand Prophète Aeldari durent immédiatement être détruites, et n’intégrèrent jamais les annales de la Guerre des Cauchemars. Aujourd’hui encore, les Ultramarines n’ont pas le droit de révéler ce qu’ils ont entendu du dialogue entre les deux chefs, alors qu’ils conversaient sous l’arc de triomphe monumental à l’ouest de la Statue du Grand Templier. De fait, seule la Garde Victrix perçut le détail du pacte passé par Calgar, et jura de garder le secret. On sait cependant trois choses. La première, c’est que le Grand Prophète Keltoc et ses chefs raccompagnèrent Calgar jusqu’au Palais du Gouverneur. La deuxième, c’est que dès cet instant, les portes du Sénat de Vigilus furent fermées et surveillées par deux membres de la Garde Victrix, avec pour ordre de ne laisser entrer personne. La troisième, c’est que les membres du Conseil Aquilarian qui présidaient le jour de la mort de l’Autarque Rhyloor ne reparurent jamais. On comptait parmi eux Lucienne Agamemnus et le Froctor Commandeur Venedar.

Considérant que leur vengeance avait été assouvie, les Aeldaris du Clan Moirec aidèrent l’Imperium à repousser l’invasion du Chaos. De plus, ils prêtèrent un vaisseau très particulier, le Vaul’s Ghost, un vaisseau fantôme presque indétectable qui harcelait les voies commerciales impériales depuis des décennies. Calgar comptait utiliser ce navire pour intercepter le Vengeful Spirit placé en orbite au-dessus du Storvhal, tout en servant personnellement de leurre pour accaparer l’attention du Maître de Guerre du Chaos. Le plan de Calgar était de s’attaqua à ce qu’Abaddon avait de plus précieux. Celui-ci n’éprouvait que mépris et dédain pour les Astartes Hérétiques sous ses ordres, sans parler de ses autres laquais, comme il l’avait prouvé à Dontoria, Megaborealis et au Storvhal. Toutefois, il y avait quelque chose auquel il tenait, en dehors des reliques qu’il portait tout le temps. C’était cela que Calgar voulait viser.

Si le plan du Seigneur de Macragge se déroulait comme il l’espérait, la fin justifierait les moyens. S’il échouait, la planète serait condamnée, tout comme le Piège de Natchmund et, très certainement, Calgar lui-même.

Lorsque les autres Maîtres de Chapitres apprirent ce que projetaient les Ultramarines, ils furent abasourdis, mais se rangèrent ensuite dans leur camp. Les Crimson Fists et les Necropolis Hawks connaissaient la haine des Aeldaris pour le Grand Ennemi, car ils les avaient vus s’affronter auparavant. Ce serait une aubaine pour l’Imperium si ces deux adversaires pouvaient se combattre jusqu’à l’épuisement.

Tactique et Diversion[modifier]

Alors que les Maîtres de Chapitres du Sénat de Vigilus se préparaient à contre-attaquer pour essayer d’affaiblir les défenses d’Abaddon, les Aeldaris menaient à bien leurs propres plans. De nombreux guerriers rapides comme le vent se mirent en route pour accomplir les desseins du Grand Prophète Keltoc.

Les courbes gracieuses des véhicules des armées de Chevaucheurs du Vent de Saim-Hann filaient à grande vitesse sur les désolations de Vigilus. Loin des spires et des tours d’Hyperia, ils faisaient un leurre parfait pour les Orks de la Speedwaaagh!. Filant à toute allure à bord de véhicules rouges, ils attiraient immanquablement l’attention de tous les Fondus d’la Vitesse des environs. Bientôt, des hordes de Peaux-Vertes les poursuivaient en tirant en l’air et en hurlant d’excitation.

Des dizaines de clans de Chevaucheurs du Vent participèrent au plan du Grand Prophète Keltoc, au cours d’une opération qui évoquait la légende Aeldari baptisée le Guidage des Taureaux d’Yggh. Les Asuryanis de Saim-Hann ralentissaient volontairement lorsqu’ils distançaient trop les Orks, car une motojet est infiniment plus rapide que n’importe quel véhicule Ork, même le mieux préparé. Seuls les Shokkjump Dragstas de Mekstopville, construits dans une frénésie créatrice après l’incident Warp aux pieds des murailles d’Hyperia-Dirkden, étaient presque capables de tenir le rythme des pilotes de Saim-Hann. D’ailleurs, à la Pointe du Glaive, le Fondu Ork appelé L’Obus Rouj’ se téléporta juste au niveau des véhicules Aeldaris de tête, un escadron de Prescients aux pennons écarlates appelés les Sept Serpents, et les volatilisa à coups de rokettes.

Cependant, pour l’essentiel, les Chevaucheurs du Vent menaient les Orks par le bout du nez à travers les désolations de Vigilus. Et quand les Peaux-Vertes furent enragés de ne pas réussir à atteindre leurs proies, les Aeldaris les guidèrent droit sur les Space Marines du Chaos occupés à fortifier des têtes de pont sur la planète. Lorsque les balles se mirent à siffler, les audacieux pilotes de Saim-Hann s’envolèrent à la verticale en direction des nuages, voire dans la sécurité des tempêtes électriques invoquées pour l’occasion par le Grand Prophète Keltoc. Ils laissaient derrière eux les Orks engagés en combat contre les Astartes Hérétiques, sans qu’aucun des deux camps ne soit prêt à céder du terrain malgré l’effet de surprise mutuel. Keltoc réussit un coup de maître lorsque ses Wave Serpents, dont les champs de force étaient chargés à pleine puissance pour résister aux tirs des Orks, menèrent sept Blitz Brigades droit sur les engins super-lourds et les Titans renégats de la Legio Decapitorum.

Attaquées par-derrière par des hordes d’Orks enragés, et faisant face aux défenses inébranlables des impériaux, les forces du Chaos furent mises en déroute sur une dizaine de zones de guerre. Ces événements eurent des répercussions, et bientôt, des dizaines de seigneurs de guerre tentèrent de se distinguer dans cette débâcle, afin d’entrer dans les bonnes grâces d’Abaddon. Seuls Keltoc, Calgar et les conseillers de la Marine Impériale rattachés à l’état-major des Ultramarines savaient qu’en cet instant, seuls les combats pour les docks de la Nouvelle Vitae importaient. La base aérienne du Mortwald envoyait toutes les Valkyries et les navettes dont elle disposait en orbite basse, malgré le siège des Iron Warriors. La majorité de ces appareils ne transportaient rien d’essentiel, mais six d’entre eux emportaient les missiles Deathstrike que Calgar avait récupérés des mains avides du Grand Castellan Deinos. Parmi ces armes, deux d’entre elles étaient dotées de têtes Vortex que le Maître de Chapitre comptait utiliser pour porter un coup particulièrement douloureux à l’élu des Dieux Sombres, afin de reprendre l’avantage dans la guerre.

Au cours de la bataille orbitale entre la flotte impériale surclassée et l’armada du Chaos, des événements fatidiques étaient sur le point de survenir. Les survivants de la Marine Impériale menèrent une attaque concertée contre la flotte des Puissances de la Ruine, en profitant de la moindre ouverture dans sa ligne de bataille pour s’y glisser et harceler leurs ennemis, comme des prédateurs marins s’en prenant à un banc de poissons. Ils payèrent chèrement leur audace, car les quatre cinquièmes de leurs navires furent détruits par les bordées d’Abaddon, néanmoins leurs efforts furent crédibles en tant qu’ultime assaut désespéré. Les pilotes, membres d’équipage et marins qui donnèrent leurs vies pour permettre au plan de Calgar de fonctionner ne furent pas célébrés, mais leur contribution fut sans doute encore plus décisive que celle des soldats qui combattaient au sol pour tenir l’ennemi en respect.

Car au final, un seul vaisseau importait. Le Vaul’s Ghost rejoignit les appareils qui transportaient les Deathstrike et les transféra dans sa soute. Il se dirigea ensuite vers le Vengeful Spirit, en emmenant tous les espoirs du Sénat de Vigilus et de ses alliés Aeldaris.

La Chute d'une Légende[modifier]

« Maître. Le Vengeful Spirit a été endommagé. Son capitaine a ordonné un saut Warp, prenant sans doute le prétexte de cette attaque pour s’emparer du vaisseau. Nous devons y retourner sous peine de le perdre à jamais ! »
- Haarken Worldclaimer.
Légende…
… contre légende.
Une confrontation qui paraissait depuis longtemps inévitable se rapprochait. Le plan risqué de Marneus Calgar consistait à défier directement le Maître de Guerre, sachant que ce dernier ne laisserait pas passer l’occasion de tuer le Maître de Chapitre pour infliger un revers au moral de l’Imperium.

La bataille du Refuge du Saint fut riche en actes héroïques dignes des plus grandes sagas. Son histoire résonne encore dans les annales de l’Imperium, car ce ne fut pas qu’un affrontement physique. Il opposait deux idéologies, et certains disent même, les dieux en personne.

Calgar avait échafaudé un plan qui avait si peu de chances de réussir que même ses plus proches conseillers l’avaient désapprouvé. Toutefois, il n’y avait pas d’autre choix. La planète était au bord du gouffre. Même là où les chefs impériaux étaient parvenus à tourner les factions des envahisseurs les unes contre les autres, ils n’avaient gagné qu’un court répit, voire avaient suscité l’émergence d’une menace au détriment d’une autre. Selon les estimations les plus optimistes des prophétiseurs gelstatiques de Neo-vellum, au moins les trois-quarts de la population de la planète étaient morts. Malgré tout, Calgar ne pouvait se résoudre à avoir recours à l’Exterminatus. Il fut pour cela tancé par Raquilon Zandtus, le Maître de Chapitre des Necropolis Hawks, qui abordait les questions diplomatiques en citant des passages du Codex Astartes pour appuyer ses propos. Calgar répliqua que ses propres plans étaient déjà en branle, et que le Primarque en personne avait exigé que Vigilus ne tombe pas.

Marneus sortit du senatorium de Vigilus et gravit les marches du palais du gouverneur. Ses pas laissèrent des empreintes rouges sur le sol en marbre, car même là, le sang avait coulé récemment. Il atteignit l’Aire des Songes, le plus haut niveau du Refuge du Saint n’étant pas la proie des flammes, et rassembla les membres des Gardes Victrix et Extremis. Le bleu de leurs armures avait des reflets orangés à cause des flammes qui faisaient rage au-dessus d’eux. Ses paroles furent relayées par les Servocrânes vox aux laudaphones de l’Ecclésiarchie lorsqu’il s’adressa à Abaddon et le défia de venir l’affronter en combat singulier. Le vainqueur de cet affrontement deviendrait le maître de Vigilus.

Le Maître de Guerre du Chaos ne tarda pas à écouter les paroles de Calgar, car Haarken Worldclaimer et ses osts de Raptors hantaient encore les niveaux supérieurs d’Hyperia, et s’empressèrent de transmettre le message. Abaddon sourit d’un air cruel en l’écoutant, ses longues canines scintillant à la lueur d’un crépuscule rouge. Il tenait dans la main gauche Drach’nyen, une Lame Démon capable de dévorer l’âme de ceux qu’elle blessait, tandis que sa main droite était engoncée dans la Griffe d’Horus, l’arme qui avait jadis pris la vie du Primarque Sanguinius. Que pouvait un mortel âgé d’à peine quelques siècles contre un tel adversaire ?

La Citadelle Vigilante était une structure riche en technologie antique, car sa construction remontait à l’aube de l’Imperium. Les Déchus savaient quels pouvoirs ces trésors technologiques recelaient, et maîtrisaient notamment l’utilisation d’un teleportarium ravivé par Osandus et ses alliés technomantiques. Abaddon put ainsi s’en servir pour attaquer directement Calgar, accompagné par sa garde d’élite en Armures Terminator et par des guerriers possédés par des entités démoniaques.

Le Maître de Chapitre Calgar se tenait au sommet du palais du Refuge du Saint. Il n’était plus protégé par les brouilleurs Warp et les circuits enigma qui, jusqu’à présent, avaient déjoué toutes les tentatives d’assassinat à rencontre de sa personne, alors qu’il présidait le Sénat de Vigilus pour superviser l’effort de guerre. Abaddon apparut dans un éclair de lumière actinique. Il se mit à avancer en direction de son adversaire dès son arrivée, avant même que l’illumination de sa téléportation eût disparu. Il était suivi par les Porteurs du Désespoir, qui se manifestèrent dans un dôme de force et ouvrirent immédiatement le feu avec leurs armes combinées.

Les Ultramarines s’attendaient à un tel assaut, surtout depuis qu’une ruse similaire avait été utilisée à bord de leur navire amiral. Ils chargèrent comme un seul homme, repoussant les Terminators du Chaos avec le champs d’énergie crépitants de leurs boucliers. Rapidement, douze Traîtres furent abattus tandis que les Ultramarines avaient perdu huit des leurs. Mais Abaddon avait atteint Calgar.

Les spires en flammes au-dessus des duellistes donnaient une teinte écarlate au ciel, et formaient des ombres étranges et inquiétantes qui s’allongeaient sur le sol. Calgar esquivait et feintait, reculait à l’abri des immenses statues et contre-attaquait prestement. L’Armure d’Heraclus lui donnait plus de liberté de mouvement, et l’encombrait moins que toutes les protections qu’il avait portées auparavant Il lâchait des rafales avec les Gantelets d’Ultramar pour empêcher son adversaire d’utiliser la redoutable Drach’nyen. Les Reivers, Suppressors et Scouts qui observaient la scène à travers les viseurs de leurs armes savaient que le Maître de Chapitre tentait de gagner du temps, et aucun d’eux n’ouvrit le feu. Chaque seconde que les deux combattants passaient à s’observer pour tenter de porter un coup décisif donnait au plan de Calgar une chance de plus de porter ses fruits.

Les Héros du Vide

L’attaque contre le Vengeful Spirit avait été terriblement meurtrière pour la Marine Impériale. Tant de renforts avaient été acheminés à la zone de guerre Vigilus que les mondes proches de Neo-vellum, Omis-Prion, Geotrope XII et Falsehood n’avaient plus le moindre bâtiment de guerre. Dans le cas d’Omis-Prion, attaqué ultérieurement par l’antique menace Xenos des Nécrons, cette carence fut catastrophique. Malgré tout, le haut commandement jugea qu’il avait fait le bon choix en privilégiant Vigilus.

Les navires envoyés à Vigilus vinrent épauler la Marine Impériale décimée. Quelques dizaines de vaisseaux établirent un maigre cordon de sécurité autour de l’équateur de la planète, mais la majorité renouvelèrent leurs assauts contre le Vengeful Spirit au cours d’une bataille spatiale qui dura trois jours. Aucun ne parvint à porter un coup décisif au cuirassé du Chaos: toutes les torpilles furent interceptées, tous les tirs d’artillerie furent déviés par quelque champ de force ésotérique. Et en retour, le navire d’Abaddon libérait des bordées dévastatrices qui réduisaient en épaves les vaisseaux impériaux.

Les défenses du Vengeful Spirit comprenaient un conclave de sorciers qui observaient les échos dans le Warp, afin de deviner les menaces avant qu’elles surviennent, et d’en informer l’équipage de commandement. Cependant, même ces mages n’étaient pas assez doués pour repérer la menace que faisait peser le Vaul’s Ghost, car ce navire Aeldari était doté d’atténuateurs psychiques et bénéficiait d’une technologie de camouflage hologramatique sophistiquée. Quand les sorciers s’aperçurent enfin de sa présence, il était déjà trop tard.

Le Vaul’s Ghost s'écrasa à toute vitesse contre le flanc du Vengeful Spirit et les six missiles Deathstrike dans sa soute explosèrent dans une réaction en chaîne terrifiante. La détonation ouvrit un trou béant dans la coque du navire, puis les têtes Vortex créèrent un maelström qui rongea davantage la structure du bâtiment. Trop gros pour s’éloigner rapidement, le navire fut désemparé par ce trou dans la réalité. Des sirènes sonnèrent pour avertir qu’un saut Warp était imminent. La fuite du Vengeful Spirit fut un coup de maître de Calgar, et cet événement bouleversa toute la guerre.

Abaddon était enragé et ouvrit le feu avec son Combi-Bolter. Les munitions explosives enveloppèrent Calgar dans une tempête de flammes. Une des dalles en marbre céda sous le poids du Maître de Chapitre, qui fut déséquilibré pendant un instant. Abaddon fut sur lui en un battement de cœur. La Griffe d’Horus arracha un des précieux gantelets de Calgar, exposant son avant-bras sanglant. Frappant de son poing nu, le Seigneur de Macragge atteignit son adversaire au visage, suffisamment fort pour lui briser la mâchoire. L’uppercut qui suivit, porté avec le Gantelet d’Ultramar restant, souleva Abaddon du sol et fissura sa cuirasse.

Le visage du Maître de Guerre était déformé par la rage. L’air hurlait autour de lui, et des vrilles d’énergie démoniaque entourèrent son épée. Drach’nyen frappa. Calgar tenta de parer avec son gantelet, mais la lame le traversa aisément, en lui tranchant deux doigts au passage. Elle termina sa course contre le plastron de Calgar, qu’elle perfora avant de percer ses deux cœurs d’un seul coup.

Alors que Calgar glissait au sol, Haarken Worldclaimer appela Abaddon sur une ligne vox sécurisée. Le Vengeful Spirit avait été très gravement endommagé, et risquait d’être détruit à n’importe quel instant. Il était en train d’effectuer un saut Warp, si bien que le Maître de Guerre du Chaos et ses sbires n’avaient que quelques secondes pour le rejoindre avant qu’il quitte le système.

Cieux Déchus[modifier]

Le duel court mais violent en haut des spires du Refuge du Saint était terminé. Calgar avait été vaincu. Cependant, la réalité était plus complexe que cela. Des sacrifices terribles avaient été consentis par les serviteurs de l’Empereur, et leurs conséquences devenaient enfin claires.

L’Épée-Démon hurla de frustration lorsqu’Abaddon se détourna de sa victime. Il fit signe aux Porteurs du Désespoir de se rassembler autour de lui et envoya ses possédés couvrir leur retraite. Il avait accompli ce qu’il était venu faire : vaincre son rival. Désormais, une autre tâche pressante l’attendait, car le Vengeful Spirit, auquel il tenait encore plus qu’aux Forteresses Noires, était en difficulté. S’il disparaissait dans le Warp sans lui, il risquait fort de le perdre à jamais. Il ne pouvait l’accepter.

Des flammes noires formèrent un symbole hexagramatique autour d’Abaddon et de ses gardes du corps, puis une lumière écarlate et aveuglante enveloppa les seigneurs de la Black Legion, qui disparurent. La puanteur de la magie noire se répandit, planant dans l’air comme l’odeur d’ozone après un orage. Abaddon était reparti.

Les possédés se ruèrent vers Calgar, comme des hyènes se jetant sur un lion blessé. Le Seigneur de Macragge était immobile sur le sol en marbre dévasté. Il était livide, et son corps était froid. Ses deux cœurs avaient été percés, et un sang noir s’écoulait du trou dans son armure. Pire encore, les possédés réussirent à outrepasser les défenses de la Garde Victrix, et un des monstres leva ses griffes au-dessus de la tête du Maître de Chapitre.

Un Space Marine ordinaire serait mort en cet instant. Mais dans la poitrine de Calgar, la Fournaise Belisarienne se déclencha. L’organe miraculeux injecta des stimulants dans son sang, lui offrant quelques secondes supplémentaires pour réagir avant que la mort s’empare de lui. La force intérieure de l’Adeptus Astartes et la science arcanique de Belisarius Cawl se mesurèrent alors aux pouvoirs impies du Chaos.

Calgar parvint à se redresser sur un genou tandis que l’énorme possédé le surplombait, puis il se releva complètement. Son dernier Gantelet d’Ultramar, bien qu’endommagé, fonctionnait encore. Il envoya valser la créature d’un revers de la main, puis lâcha une grêle de tirs qui la fit exploser dans une gerbe de sang. C’est alors que l’immense Maître de Chapitre tomba de nouveau au sol, le sang s’écoulant à flot de sa blessure en emportant avec lui ses dernières forces.

La Lente Saignée

Avec l’élite de la Black Legion se téléportant à bord de son navire amiral, et l’immense vaisseau de classe Gloriana disparaissant dans le Warp, le déroulement de la guerre sur Vigilus fut totalement modifié. La Marine Impériale, enhardie par la fuite du meilleur bâtiment de l’armada du Chaos, se rua dans la brèche et lâcha des bordées contre un ennemi qui avait du mal à se remettre de l’onde de choc empyrique générée par la translation Warp du Vengeful Spirit. Au sol, la rumeur se répandit parmi les armées du Chaos : Abaddon avait fui. Bientôt, ces troupes ne se soucièrent plus que de leur propre survie. Après tout, la planète était ravagée, et il y avait beaucoup d’autres mondes de l’Imperium à détruire…

La Garde Victrix et les survivants de la Garde Extremis se précipitèrent autour de leur seigneur pour le protéger, en continuant d’ouvrir le feu sur les derniers possédés. Le Stormraven Gunship Hope’s Blade descendit alors du ciel, et sa rampe s’ouvrit pour laisser débarquer deux Apothicaires vétérans. Ils coururent vers Calgar et utilisèrent leurs Nartheciums pour lui injecter des élixirs stabilisants et des lotions guérisseuses de vitae bénite. Calgar se redressa, le visage ravagé par la douleur. Malgré tout, il salua ses hommes, leur ordonna d’aller éliminer les traîtres qui arpentaient les rues en contrebas, et accepta enfin d’être escorté jusqu’au Stormraven médicalisé.

Calgar survécut à son duel contre Abaddon. Son cœur auxiliaire fut restauré grâce aux connaissances secrètes de l’Apothecarium, tandis que son cœur primaire se régénérait rapidement. En dépit de cela, on ne le vit plus sur le champ de bataille jusqu’à la fin des affrontements, même s’il continua de commander aux armées de l’Imperium depuis la salle du Sénat de Vigilus. Bien qu’ayant été affaibli temporairement par les blessures terribles qu’il avait subies, son esprit restait aussi clair et affûté qu’auparavant. Le Seigneur de Macragge pouvait s’enorgueillir d’avoir privé Abaddon de la planète qu’il convoitait, non pas par la force des armes, mais par le courage et l’honneur dont ses soldats et lui avaient fait preuve. Malgré ces pensées encourageantes, Vigilus restait dans une position précaire, et ne poursuivait pas le combat pour gagner la guerre, mais simplement pour survivre à sa terrible ordalie. Il n’était pas encore certain qu’elle y parvienne…

Planète en Flammes[modifier]

Une Citadelle Assiégée

Lorsque le Tourbillon Vhedien se dissipa enfin, la Citadelle Vigilante fut révélée. Les Dark Angels furent les premiers à l’atteindre, car ils attendaient impatiemment cette occasion. Une force montée de White Scars se dirigea aussi vers sa position dans l’intention d’aider les Dark Angels, mais aussi afin de découvrir pourquoi ces derniers les avaient abandonnés apparemment sans raison au cours de la Guerre des Bêtes. Malheureusement, ils furent victimes d’une arme à stase, et se retrouvèrent piégés dans le temps. Les White Scars ne surent jamais que cette anomalie temporelle localisée avait été provoquée par un escadron de Dark Talons, ces appareils spécialisés que la Ravemving utilise comme prisons ambulantes. Ainsi, seuls les Dark Angels attaquèrent la citadelle.

En dépit des effets perturbants de l’Anomalie Vhulienne, les Dark Angels agirent avec férocité, jusqu’à percer une brèche dans les murs de l’édifice avant de porter le fer aux hérétiques qui s’y terraient. Nul en dehors des fils du Lion ne pourrait dire précisément combien ils subirent de pertes lors de l’assaut. Dans tous les cas, les Dark Angels quittèrent Vigilus sitôt cette mission terminée, sans qu’il en reste la moindre trace dans les annales impériales.

Quand les White Scars atteignirent enfin la citadelle, il ne restait aucun corps, mais la Griffe du Néant avait été désactivée. Il manquait cependant son noyau et ses composants essentiels. Loin au-dessus de la forteresse, l’Anomalie Vhulienne avait totalement disparu.

Même si le Maître de Guerre du Chaos était parti, ses Légions continuaient de ravager la planète et de répandre l’anarchie, si bien que son destin restait incertain.

Suite au départ d’Abaddon et des guerriers d’élite de la Black Legion, on put sentir une vague de soulagement dans toutes les étendues ruchières d’Hyperia, comme si une main étrangleuse s’était subitement évanouie. Sans leur chef pour les guider, les bandes de guerre des Astartes Hérétiques n’agissaient plus de façon coordonnée, et cette faiblesse fut immédiatement exploitée par les Space Marines. Les armées disparates des Traîtres et des renégats sombrèrent dans la déroute, voire s’entre-tuèrent pour s’approprier le butin déjà récolté, ou pour récupérer les Armures Énergétiques des hérétiques et des loyalistes tombés au combat.

La bataille de Megaborealis continuait à faire rage. L’Adeptus Mechanicus disposait de réserves, accumulées lorsqu’une guerre civile entre les dynasties de Stygies VIII et le Clan Agamemnus paraissait inévitable. Il disposait de suffisamment d’eau, de prométhéum et de soldats pour repousser les cultistes Génovores et les envahisseurs du Chaos. Et quand les légions de Skitarii faiblissaient, leurs maîtres Technoprêtres leur instillaient une détermination sans faille à l’aide de datacâbles à longue portée. Les prêtres de Stygies VIII avaient passé des siècles à extraire les merveilles technologiques Xenos du sous-sol de la planète, et ils n’avaient pas l’intention de les perdre.

Cependant, quand les World Eaters se joignirent aux combats, les Skitarii furent surclassés. Même la puissance de feu des Brècheurs Kataphrons et des Robots Kastelan ne parvenait pas à repousser cet ennemi. Ce ne fut que lorsque le Fabricator Vosch noua une alliance avec les Iron Hands, en acceptant de leur révéler des informations précieuses sur Megaborealis et ses défenses, que l’Imperium put monter une contre-attaque efficace. Les effectifs des Skitarii combinés aux stratégies des Iron Hands permirent de diviser et d’isoler les troupes adverses, puis de les éradiquer les unes après les autres à l’aide de tactiques rusées et de bombardements d’artillerie, jusqu’à ce qu’il ne reste plus aucun hérétique en vie.

À l’ouest de Megaborealis, le Silo XV avait été ravagé. Ses réserves de sombreroche avaient été anéanties par les pilonnages de la Black Legion. Toutefois, l’Adeptus Mechanicus avait conservé plusieurs caches de sombreroche sur toute la planète, que les Space Marines du Chaos ne découvrirent jamais, et il restait une grande quantité de cet étrange minerai appelé noctilithe enfoui dans le sous-sol de Vigilus. Ainsi, la capacité de la planète à ouvrir un canal stable à travers la Grande Faille grâce à ses veines de sombreroche, jusqu’à Sangua Terra, sa planète jumelle de l’autre côté du Piège de Nachmund, n’avait pas disparu, même si elle était diminuée.

Épilogue[modifier]

Encore aujourd’hui, Vigilus reste une Zone de Guerre cauchemardesque.
L’Apocalypse s’était déchaînée sur Vigilus, pourtant l’Imperium n’avait pas renoncé à cette planète. Ses seigneurs se moquaient des milliards de morts. L’histoire ne se souviendrait que de la victoire finale et de toute façon, la survie de Vigilus l’emportait sur tout le reste.

Même si Hyperia était toujours contestée, les étendues ruchières d’Oteck et de Dirkden étaient considérées comme perdues, si bien que l’Imperium n’y menait plus que des retraites martiales. Dontoria était mise en quarantaine. À l’extrême sud, le Fléau de Kaelac était devenu plus froid et plus hostile que jamais. Au cours de leur guerre territoriale contre les Thousand Sons, les Drukharis avaient utilisé une technologie de terraformation volée pour créer des blizzards et un permafrost, tandis que des tempêtes de neige gênaient leurs ennemis. Ensuite, les pillards Xenos avaient rassemblé des centaines de milliers d’esclaves capturés dans les cités plongées dans l’anarchie de Dirkden, Oteck, et même au sud du Mortwald. En effet, dans ces régions, les défenses s’étaient totalement effondrées. Les Drukharis emmenèrent leurs victimes à Commorragh, dont un nombre conséquent de guerriers de l’Adeptus Astartes, y compris plusieurs escouades de Necropolis Hawks rendus fous par les armes surnaturelles des Hémoncules.

Les Asuryanis choisirent de se retirer. Suite à la mort d’une grande partie du Conseil Aquilarian, y compris la branche Hyperienne de la Dynastie Agamemnus, et de leurs conseillers, ainsi que des Tempestus Scions qui avaient accompli la sinistre besogne, les Aeldaris considérèrent que la dette de sang envers Saim-Hann avait été payée. La perte du Vaul’s Ghost serait pleurée, car un tel navire n’était pas facile à remplacer, mais aux yeux du Grand Prophète Keltoc, son sacrifice en avait valu la peine. Porter une telle estocade au Maître de Guerre du Chaos valait bien la perte de cent navires tels que le Vaul’s Ghost.

Nul ne sait ce qu’il advint de la Speedwaaagh! Krooldakka. Dans les cités de la planète, les forces des Orks se faisaient rares. Ils s’étaient rués contre les défenses de l’Imperium, puis contre les envahisseurs du Chaos avec tout autant d’enthousiasme, et avaient subi en retour des pertes colossales.

Néanmoins, les désolations étaient toujours infestées de Peaux-Vertes, et des nuages de poussière continuaient d’apparaître sur les captures-picts prises par les Auspex des stations de surveillance de Neo-vellum. L’agressivité des Orks n’était pas entamée, et ils étaient toujours attirés par les ultimes batailles qui faisaient rage en cette fin de Guerre des Cauchemars. La rumeur affirmait que les deux tiers des cités-casses étaient toujours opérationnelles, si bien que les Orks représentaient encore une menace pour ceux qui s’aventuraient dans les désolations.

Pire encore, tous les Orks de la galaxie étaient désormais au courant que Vigilus était un endroit idéal pour trouver une bonne baston. Des flottes d’Orks affluaient de tous les systèmes du Sous-secteur Nachmund afin de se joindre à la fête avant qu’il soit trop tard.

Les Princes des Pauvres se battaient bec et ongles pour conserver leurs domaines chèrement acquis. Des hybrides de première et de deuxième générations combattaient aux côtés des Purestrain Genestealers, et même de Grand-père Wurm, afin de chasser les envahisseurs du Chaos. Ils remportaient des victoires sanglantes en certains endroits, et subissaient à d’autres des défaites cuisantes. Malgré tout, ils infestaient toujours Dirkden, cependant il s’avéra que leur rébellion avait été prématurée, et à la fin de la Guerre des Cauchemars, leurs territoires étaient morcelés. Les xenocultistes regardaient régulièrement vers le ciel, dans l’espoir que leurs libérateurs Tyranides arrivent et les récompensent dignement. Néanmoins, ils ne voyaient que des signes du Chaos et les remous de la Grande Faille.

Les ennemis de l’Imperium s’étaient entre-tués, si bien qu’il semblait que l’Humanité pourrait s’en sortir. La propagande impériale se remit en route, célébrant chaque victoire, même les plus mineures.

Les prêcheurs et les commissaires de l’effort de guerre impérial parlaient d’espoir comme les forces du Chaos se retiraient. Ils évoquaient la victoire finale, la nuit précédant une nouvelle aube. En dépit des nuages de fumée et des incendies qui faisaient toujours rage, Vigilus commençait péniblement à se remettre de ses tourments.

Même si la présence impériale sur Vigilus se limitait désormais à des groupes épars de survivants traumatisés, la planète elle-même avait survécu. Le Piège de Nachmund, bien que diminué par la destruction d’une partie des réserves de sombreroche de la planète, existait toujours. Il restait possible de voyager de l’Imperium Sanctus vers l’Imperium Nihilus.

Lorsque les survivants du chœur Lunaire de Neo-vellin rétablirent une liaison psychique à travers la Grande Faille, il y eut une grande célébration. La planète n’était plus coupée de la lumière de Sainte Terra, et avait retrouvé la Grâce de l’Empereur. Mais lorsque les seigneurs de Neo-vellum eurent des visions claires de l’autre côté de la Grande Faille, ils furent effrayés. Les messages qu’ils recevaient parlaient d’un mal terrible, observé lors d’une bataille spatiale précédente. Un mal capable de détruire un monde par la simple puissance de ses armes. Dans leurs visions, ces armes étaient enduites du sang issu d’un saint sacrifice.

La signification de cette vision fut débattue par une dizaine d’Astropathes expérimentés. L’ancienne bataille spatiale était la Guerre Gothique, une Croisade Noire si violente qu’elle avait soufflé le feu de soleils. Le sang du saint sacrifice était celui de Sangua Terra dont le nom, en Haut Gothique, signifiait Sang de la Terre, le saint creuset où la race humaine était née. Et les armes étaient celles du précédent navire amiral d’Abaddon. Un vaisseau dont le nom n’était que murmuré craintivement tant il était synonyme de mort à grande échelle.

Le Tueur de Planètes.

Sources[modifier]

  • Imperium Nihilus - Vigilus Insoumis
  • Imperium Nihilus - Vigilus en Flammes