Grégor Eisenhorn

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Tout est sous contrôle, nos équipes de Technoprêtres se chargent de la mise en place de cet article.
- Technoprêtre Moulinex.
« Toute ma vie, j’ai eu la réputation d’être froid et insensible. Certains m’ont accusé d’être sans cœur, sans scrupule et même cruel. Mais je ne le suis pas. Je ne suis pas incapable de toute réponse émotionnelle ou de toute compassion. Cependant, je possède une volonté d’une force particulière, peut-être est-ce là ce que mes maîtres considèrent comme ma vertu cardinale. Tout au long de ma carrière, j’ai toujours su puiser dans cette capacité et elle toujours m’a bien servi, me permettant de m’endurcir afin de supporter stoïquement tout ce que cette misérable galaxie a pu me jeter au visage. Ressentir la douleur, la peur ou le chagrin serait m’accorder un luxe que je ne peux me permettre. »
- Grégor Eisenhorn.
L’Inquisiteur Grégor Eisenhorn, entouré de gauche à droite de Médéa Betancore, d’Harlon Nayl et de Beta Bequin.

Grégor Eisenhorn est un Inquisiteur de l’Ordo Xenos. Au début de sa carrière, c’était un Puritain de la faction des Amalathiens, mais l’idéologie inquisitoriale d’Eisenhorn a évolué au cours de sa carrière, devenant un Radical, se rapprochant de la philosophie des Xanthites, au point que d’autres membres de l’Inquisition le considèrent comme un possible hérétique. Eisenhorn a été déclaré officiellement traître à l’Imperium par l’Inquisition au moins deux fois au cours de sa carrière d’Inquisiteur, mais il s’est avéré être un serviteur vertueux de l’Empereur de l’Humanité dans les deux cas.

Originaire du monde de DeKere, Grégor Eisenhorn se révéla être un Psyker. Il deviendra un Acolyte de l’Inquisiteur Hapshant de l’Ordo Xenos et fut élevé au rang d’Inquisiteur très jeune.

Après s’être forgé une carrière stable et acquis une réputation d’homme compétent, Eisenhorn aura comme premier Acolyte le vieux savant Uber Aémos, anciennement au service de son maître Hapshant alors décédé, et son meilleur ami Midas Betancore, un pilote talentueux. L’essentiel de sa carrière se déroulera dans le Secteur Scarus, situé dans le Segmentum Obscurus.

Grégor Einsenhorn s’est retrouvé entraîné dans des événements qui allaient changer le cours de sa vie en 240.M41. Au cours de cette année, Eisenhorn a réussi à neutraliser le meurtrier de masse et Cultiste du Chaos Murdin Eyclone sur le monde d’Hubris, une enquête qui l’a amené à rencontrer deux personnes qui deviendront ses Acolytes et marqueront sa vie : le Castigateur Godwyn Fischig et surtout Alizebeth Bequin, une Intouchable dont il deviendra ami et surtout amoureux. La conclusion de sa traque d’Eyclone lui offrira des indices que le mettront sur la piste d’un ancien hérétique particulièrement monstrueux mais officiellement décédé, Pontius Glaw.

En suivant la piste de cette enquête, Eisenhorn rencontrera le capitaine d’un navire baptisé l’Essene, l’excentrique Tobias Maxilla, qui deviendra un allié durant sa longue carrière et qui l’emmènera sur le monde de Gudrun. L’Inquisiteur se retrouva mêlé à une cabale hérétique sur cette planète, cabale dirigée par la Maison Noble des Glaw, les descendants de Pontius Glaw, et sera même brièvement capturé et torturé par l’un de ses membres, Gorgone Locke. La cabale a finalement été brisée par une purge inquisitoriale complète menée par l’Inquisiteur Commodus Voke, qui fera alliance avec Eisenhorn pour mettre à bas les hérétiques. Eisenhorn parviendra à récupérer un dispositif connu sous le nom de "le Pontius" - un globe dur et froid - caché par la cabale, et qui s’avérera par la suite être un dispositif contenant les programmes cérébraux encodés de l’infâme hérétique Pontius Glaw ; l’un des plans de la cabale consistant à organiser sa résurrection. Eisenhorn a retenu Pontius Glaw en captivité et l’a interrogé régulièrement, établissant une étrange relation avec ce monstre étonnement cultivé et agréable, bien que ne cachant pas sa dévotion pour le Chaos - avant de choisir finalement de le faire incarcérer par le Magos Geard Bure de l’Adeptus Mechanicus. Cette décision allait finalement avoir des conséquences tragiques sur l’avenir d’Eisenhorn.

En suivant d’autres pistes de la purge de la cabale des Glaw, Grégor Eisenhorn a mené l’une de ses enquêtes les plus célèbres : l’affaire du Nécroteuque, un tome de la connaissance du Chaos extrêmement dangereux. Eisenhorn a suivi les survivants de la cabale hérétique de Gudrun - qui s’était même allié avec un malfaisant Space Marine du Chaos des Emperor's Children - jusqu’à une colonie habitée par les Saruthis, des Xenos mystérieux et corrompus. Les Saruthi étaient entrés en possession d’une copie du Nécroteuque et l’avaient traduit dans leur propre langue, créant ainsi deux versions de ce puissant tome du Chaos et un outil de traduction.

Les renégats furent éliminés et le tome humain du Nécroteuque écrit en Haut Gothique fut rapidement trouvé et détruit par Eisenhorn lui-même. Certains Inquisiteurs Radicaux y ont vu un acte hérétique et condamnèrent Eisenhorn pour cela. Cependant, la majorité du Conclave Inquisitorial local, dominé par les Puritains, ont soutenu la décision d’Eisenhorn de brûler le tome, mettant en minorité les Radicaux. Eisenhorn fut donc épargné par la censure et joua un rôle déterminant dans la planification d’un raid sur la planète mère des Saruthis, soutenu par une Équipe d'Extermination de la Deathwatch et au cours duquel les objets corrupteurs restants furent détruits. C’est au cours de cet assaut qu’Eisenhorn rencontra pour la première fois Cherubaël, un puissant Démon habitant un hôte humain et qui allait le tourmenter durant le reste de son existence.[1]

En 312.M41, le meilleur ami et Acolyte d’Eisenhorn, Midas Betancore, fut tué par l’hérétique Fayde Thuring lors d’une enquête. Thuring s’échappa et Eisenhorn s’engagea à garder un œil vigilant sur la jeune fille de Midas, Médéa. Des années plus tard, lorsqu’elle atteindra sa majorité, elle suivra la voie de son père et rejoindra la suite d’Eisenhorn en tant que pilote, se révélant aussi talentueuse que Midas.

En 338.M41, Grégor Eisenhorn eut pour apprenti le talentueux et charismatique Gideon Ravenor. C’est aussi à cette date qu’il entama l’enquête qui allait le rendre célèbre : l’élimination de l’Inquisiteur hérétique Quixos. L’enquête s’était déroulée à la suite du désastre que fut le Triomphe de Thracian Primaris au cours de laquelle un attentat cataclysmique frappa ce Monde-Ruche durant le défilé de troupes impériales revenant d’une croisade et où Ravenor fut horriblement blessé. Cette atrocité avait été planifié pour libérer plusieurs Psykers renégats de classe Alpha-Plus capturés durant la croisade et exposés comme trophée durant le défilé militaire. Les pertes furent énormes tant que militaires que civiles, et de nombreux Psykers libérés utilisèrent leurs pouvoirs pour commettre des horreurs et des tueries de masse avant d’être neutralisés.

Jurant de trouver le coupable, l’enquête d’Eisenhorn l’a conduit sur le monde d’Eechan, où se faisant passer pour des mutants, lui et son équipe ont découvert qu’un Inquisiteur, Lyko, était complice du plan qui avait libéré les Psykers. Lyko a été découvert en compagnie de l’hôte du Démon Cherubaël avant d’être tué durant une course-poursuite. Pris de court par la réapparition de Cherubaël, Eisenhorn concentra ses investigations sur la créature ce qui l’a conduit au Monde-Forteresse de Cadia. Il appris qu’un culte hérétique avait été neutralisé peu de temps avant son arrivée, culte ayant passé son temps à calculer les proportions des étranges Pylônes aux origines inconnues qui parsemaient la planète. Ses recherches lui permirent de faire le lien entre ce culte et Quixos, un célèbre Inquisiteur disparu depuis des décennies et qui était présumé mort. Quixos était le commanditaire de l’attentat sur Thracian Prime, son objectif ayant été de mettre la main sur de puissants Psykers.

Cependant, l’enquête d’Eisenhorn a été mise de côté pendant un certain temps par son arrestation par l’Inquisiteur Leonid Osma, ce dernier l’accusant d’avoir prétendument fréquenté des Démons. Après s’être échappé, il a été déclaré hors-la-loi par l’Inquisition et contraint d’agir en tant que renégat pour le reste de l’enquête. Grégor Eisenhorn a séjourné un temps avec son associé de l’Adeptus Mechanicus, Magos Geard Bure, sur le monde de Cinchare. Là, il retrouva et s’entretiendra avec son prisonnier, Pontius Glaw. Pendant cette période, il a vaincu un culte du Chaos qui existait sur le monde.

Eisenhorn rassembla ensuite un petit groupe d’intervention composé d’autres Inquisiteurs : son ami Titus Endor, le vieux Commodus Voke, Raum Grumman et Massimo Ricci. Leur révélant la survie de Quixos et son hérésie, il parvint à les convaincre d’agir ensemble. Ils traquèrent, trouvèrent et affrontèrent l’Inquisiteur renégat. Eisenhorn tua lui-même Quixos en duel singulier, découvrant au passage que le traître ambitionnait d’activer les Pylônes pour soi-disant refermer l’Œil de la Terreur. Eisenhorn récupérera son livre hérétique, le Malus Codicium, mais ne le révélera à personne. Au cours de l’élimination de Quixos, il bannira Cherubaël dans le Warp, le Démon recherchant en réalité ce bannissement de la main d’Eisenhorn, car il était sous l’emprise de Quixos et voulait la liberté. Eisenhorn fut ensuite innocenté de toutes les accusations portées contre lui à la fin de l’enquête.

En 345.M41, suite à ses lectures du Malus Codicium, Grégor Eisenhorn a réussi à invoquer secrètement le Démon Cherubaël et à le piéger dans l’univers physique pour l’interroger et l’étudier, s’engagent sur une voie plus sombre et dangereuse, ce qui l’éloignera de la doctrine puritaine pour le rapprocher de la voie radicale.[2]

C’est en l’an 386.M41 qu’Eisenhorn a pu venger la mort de Midas Betancore, mais cela lui coûta très cher. Ayant enfin retrouvé la trace de l’hérétique Fayde Thuring, il se rendit avec son équipe et un naïf Inquisiteur Puritain qui le vénérait, Bastian Verveuk, sur le monde de Dürer, afin de l’éliminer. Malheureusement, l’hérétique avait mis la main sur un Titan Warlord du Chaos dissimulé sur l’île de Miquol. Eisenhorn tenta un rituel psychique pour atteindre l’Esprit de la Machine corrompue du Titan dans l’espoir de le détruire, mais il échoua, le contre-coup du rituel plongeant Alizebeth Bequin dans un coma dont elle ne sortira pas. Acculé, Eisenhorn n’eut pas d’autre choix que t’invoquer Cherubaël grâce à ses connaissances du Malus Coficium, lui ordonnant de détruire le Titan qui avait éliminé une partie de ses Acolytes. Mais pour contrôler Cherubaël, Eisenhorn avait sacrifié Bastian Verveuk, utilisant son corps comme hôte pour l’entité démoniaque dans un rituel improvisé du Chaos. Ce méfait fut une étape importante sur le chemin de la damnation d’Eisenhorn.


Peu de temps après, Grégor Eisenhorn fut victime d’une attaque soigneusement planifiée par Pontius Glaw, qui s’était échappé de la captivité du Magos Bure, qu’il avait assassiné, après avoir acquis un nouveau corps entièrement mécanique, animé par le globe qui conservait sa conscience. Glaw avait décidé d’éliminer tous ceux au courant de sa survie, Eisenhorn en tête, tout en cherchant à mettre la main sur le Malus Coficium. Presque toutes les facettes de la vie d’Eisenhorn s’effondrèrent autour de lui, pratiquement tous ses Acolytes et amis se faisant assassiner par les sbires de Pontius. Sa carrière s’effondra, car il sera à nouveau déclaré par les Inquisiteurs Osma et Heldane comme un hérétique après que ces derniers découvrirent, à cause de Fischig qui espérait sauver l’âme d’Eisenhorn, les rituels hérétiques pratiqués via le Malus Coficium.

Son organisation brisée, de même que son propre corps, Eisenhorn fut finalement contacté par son ancien élève, Gideon Ravenor, devenu un brillant Inquisiteur malgré le fait que son enveloppe physique fut enfermé dans un dispositif de survie mobile. Avec l’aide de Ravenor, Eisenhorn a pu retrouver Pontius et l’éliminer pour de bon sur le monde de Ghül, là où un roi Démon, Yssarile avait été enterré avec sa "barque" - une sorte d’Arme-Démon - que Pontius voulait obtenir à son profit.

Cependant, l’affaire Pontius épuisera les ressources physiques d’Eisenhorn et il commencera à voyager avec Cherubaël comme compagnon permanent. Il disparaîtra après l’affaire Pontius.[3]

Le Glossia d’Eisenhorn[4]

L’Inquisiteur Grégor Eisenhorn utilisera toute sa vie le glossia, un code verbal officieux uniquement connu de lui et de ses plus proches collaborateurs. Pour communiquer en toute confidentialité, la plupart des Inquisiteurs développent leurs propres langages personnels, certains plus sophistiqués que d’autres. Le glossia d’Eisenhorn, dont il avait conçu les bases quelques années seulement après le début de sa carrière, était relativement complexe et avait évolué naturellement au fil de son utilisation. Mais en réalité, le glossia n’était pas si difficile que cela à comprendre. Il utilisait une symbolique subliminale et des "mots-concepts". Il n’y avait pas de mystère et ce fut la raison pour laquelle il fonctionna si bien comme code privé. Il ne nécessitait aucun cryptage - du moins, mathématique - susceptible d’être calculé et brisé. Il était idiomatique et instinctif. C’était une sorte d’impressionnisme verbal. Pour remplir sa fonction, il mettait à profit les mécanismes imprévisibles et incalculables de la poésie et de la familiarité. Il était arrivé, au cours de sa carrière que l’un des alliés ou serviteurs d’Eisenhorn lui envoie un message utilisant des termes dont ils ne s’étaient encore jamais servi. Pourtant, il les avait tout de même compris.

C’était une question de savoir-faire. Il suffisait de savoir comment utiliser un jargon commun et comment improviser à l’aide de celui-ci. Il s’appuyait sur des métaphores et des règles de construction de bases, bien sûr, mais la véritable force du glossia résidait dans sa nébuleuse imprécision. Dans ses tournures idiomatiques et ses sonorités, il se rapprochait de l’argot non-verbal instinctif des Ermenoès, qui ont remplacé le langage par de subtiles variations de couleur de peau. "Schéma dé à coudre", par exemple : "Schéma" indique une action ou un comportement et "Dé à coudre" qualifiait l’action, en indiquant la manière dont elle devrait être menée. Un dé à coudre était un petit capuchon de métal que vous pouvez utiliser pour protéger votre doigt des piqûres d’aiguille en reprisant un vêtement. Il ne saurait vous protéger d’une explosion atomique ou d’une horde de Génovores, naturellement. Mais en glossia, il symbolisait une protection contre des attaques rapprochées, perforantes et soudaines. C’était également un objet discret, parfaitement anodin.

Tout au long de sa carrière, Eisenhorn utilisera le code "Aubépine" ainsi qu’"Aiguillon" pour se désigner. Gideon Ravenor fut "Éperon", "Égide" fut Midas Betancore puis sa fille, Médéa, Tobias Maxilla fut "Sanctuaire" et "Limier" fut Godwyn Fischig.

Jeunesse

Grand et large d’épaules, fort et déterminé, doté d’une volonté en adamantium, excellant duelliste, rasé de près et possédant des yeux sombres et une épaisse chevelure plus sombre encore - avant de finir chauve plus tard, - Grégor Eisenhorn est né en 198.M41, sur le Monde Impérial de DeKere. Se révélant être un Psyker, il fut enlevé à un très jeune âge par les Vaisseaux Noirs. Il étudiera dans un Schola Progenium et parviendra à devenir avec le temps un Acolyte de l’Inquisiteur Hapshant de l’Ordo Xenos, étudiant aux côtés de Titus Endor, un autre apprenti de son maître avec qui il développera une forte amitié.[5]

La Transgression de Maître Imus

Uber Aémos[6]
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Portant de lourdes lunettes augmentiques accrochées à son nez crochu et qui produisaient un léger cliquetis bourdonnant en ajustant leur mise au point, Uber Aémos était le savant de Grégor Eisenhorn et le plus ancien de tous les compagnons et servants de l’Inquisiteur. Il avait une tête chauve, une peau parcheminée qui était couverte de taches de vieillesse et un crâne ourlé d’un mince croissant de cheveux blancs. Ses lunettes augmentiques dissimulaient en partie son vénérable visage et il avait l’air parfois d’un insecte curieux, doté de gros yeux globuleux et de mandibules resserrées. À l’âge de quarante-deux ans, il avait contracté un mémovirus qui avait altéré ses fonctions cérébrales de façon permanente, en l’affectant de la compulsion de collecter des informations, sans distinction de nature, dès qu’il en avait l’occasion. C’était un toxicomane des données, pathologiquement obligé d’acquérir du savoir ce qui faisait de lui un compagnon exaspérant, facilement distrait et un savant accompli comme avaient pu le constater les quatre Inquisiteurs qu’il aura servis.

Aémos était entré au service d’Eisenhorn au cours du premier mois de sa carrière dans l’Inquisition et avait été légué par l’Inquisiteur Hapshant, qui était sur le point de mourir de vers cérébraux. En 240.M41, Aémos était âgé de deux cent soixante-dix-huit ans et il avait servi sous trois Inquisiteurs avant Eisenhorn. Il était toujours en vie grâce aux importantes améliorations bioniques de son système digestif, de son foie, de son système urinaire, de ses hanches et de sa jambe gauche.

Alors qu’il était encore au service d’Hapshant, il avait été blessé par une balle de mitrailleuse. En l’opérant, les chirurgiens avaient découvert un cancer chronique dans son abdomen, à un stade avancé, et qui n’avait jamais été diagnostiqué. Sans cette blessure, il serait mort en quelques semaines, mais grâce à elle, on avait découvert sa maladie et il avait été soigné, son corps ayant été reconstitué avec du plastique, de la céramite et des prothèses d’acier. Aémos faisait référence à cette épreuve comme à sa "blessure porte-bonheur" et portait toujours en pendentif, sur une chaîne accrochée à son cou maigre, la pointe tordue de la balle qui avait failli mettre fin à ses jours et qui l’avait sans aucun doute sauvé.

Encore Interrogateur au service de l’Inquisiteur Hapshant, Eisenhorn mena avec Titus Endor une enquête sur une entreprise se nommant Slocha & Daviov et Cie, sur le monde d’Hesperus. Slocha & Daviov et Cie était une illustre maison d’enchères faisant principalement commerce de meubles antiques, de soieries, de vaisselle de Sameter, de mannequins Brashin et d’œuvres d’art. L’un des propriétaires, Maître Slocha était soupçonné de, sous couvert des activités courantes de l’hôtel des ventes, participer à l’importation de textes illicites. Se doutant d’être suivi par l’Inquisition, Slocha tenta de piéger son comptable, un dénommé Johan Imus.

Johan Imus était un vieil homme extrêmement honnête et consciencieux dans sa tenue des comptes de l’entreprise. Maître Slocha manipula le registre tenu par Imus afin que celui-ci découvre un blanc dans le flux des comptes qui échappait à toute explication, comme s’il manquait une page ou deux à son registre, des pages de chiffres manquants et que pourtant, une page ou deux après, les totaux s’équilibraient à nouveau, de façon parfaitement homogène, comme si de rien n’était. Tentant de comprendre, Imus recalcula, pensant à la fin trouver ce qu’il nommait le Nombre de la Ruine, un nombre impossible, une abomination, une notation de pouvoir impur, le nombre du Warp. Persuadé d’avoir commis une terrible infraction, Imus fut terrifié, mais étant extrêmement loyal envers l’Imperium et honnête, il se rendit au bâtiment de l’Inquisition d’Hesperus afin de subir son châtiment, persuadé qu’il marchait vers sa mort. Grégor Eisenhorn le reçut dans son bureau, écoutant son histoire et la raison de sa venue avant de se voir demander par le comptable si sa mort sera indolore. Mais Eisenhorn lui demanda de lui montrer ce nombre. Terrifié, Imus s’exécuta et lorsqu’il donna la tablette à Eisenhorn, celui-ci utilisa ses pouvoirs psychiques pour lui faire croire qu’il s’embrasait, des flammes bleues, aussi ardentes qu’une torche de chalumeau, l’engloutissant, consumant sa peau, et ne laissant plus qu’un squelette noircie. Devant cette illusion qu’il prit pour la réalité, Imus paniqua et appela à l’aide. Eisenhorn le clama, lui expliquant que cela était nécessaire à son travail, c’est-à-dire lui faire peur pour faire tomber ses barrières et faux-semblants et ainsi mieux déceler la vérité en lui.

Eisenhorn bombarda ensuite le comptable de questions à un tel rythme que Maître Imus finit par s’en trouver passablement irrité, parfois, une nouvelle question lui étant adressée avant même qu’il ait achevé de répondre à la précédente.

À la nuit tombée, Eisenhorn sorti avec Imus, Titus Endor et un vieil homme avec des jambes bioniques se nommant Uber Aémos, un Acolyte de l’Inquisiteur Hapshant possédant une culture phénoménale. Ils annoncèrent à Imus qu’il allait inspecter son hab. Avant d’entrer dans le foyer de Maître Imus, Eisenhorn lui fit signer une décharge disant qu’il acceptait la fouille de sa résidence, et qu’il coopérait de son plein gré. Le hab fut mis sens dessus dessous, Endor trouvant dans la cuisine un bocal de caféine où étaient enfouies au fond six petites pilules, des yellodes, une substance prohibée car étant des amplificateurs mentaux. En règle générale, on les trouvait généralement dans des circonstances liées à des activités sectaires, utilisées en association avec des textes interdits et des connaissances déviantes. Un homme comme Imus ayant calculé le Nombre de la Ruine pouvait en consommer dans l’espoir de mieux l’appréhender et apprendre à le maîtriser. Johan Imus se défendit en assurant que cela ne lui appartenait pas. Eisenhorn lui demanda s’il affirmait que quelqu’un était venu chez lui et les avait cachées au fond de son pot de caféine, ce qu’Imus pensait être vrai. Eisenhorn prit les yellodes et demanda à Aémos et à Endor de quitter la pièce. Puis il demanda au pauvre comptable si le livre se nommant l’Ur-Saker lui appartenait. Ce ivre ne disait rien à Maître Imus, forçant Eisenhorn à lui expliquer qu’il s’agissait d’un ouvrage proscrit qui définissait la méthodologie de l’usage de drogues psychotropes pour atteindre un stade d’illumination gnomique, livre se trouvant alors dans sa chambre même…

Eisenhorn annonça que soit Johan Imus était un hérétique pratiquant, habité d’un désir pathologique d’être arrêté et condamné, soit un loyal sujet de l’Empereur à qui on avait tendu un piège afin de servir de bouc émissaire pour les crimes d’un autre. Utilisant de nouveau ses pouvoirs psychiques, il fit croire au pauvre homme qu’il avait devant lui un Interrogateur possédant un faciès avec un museau plein de larges dents plates, aiguisées et grinçantes, exhalant une haleine rance et méphitique, son horrible groin s’entrouvrant en déversant des filets de bave, comme prêt à arracher son visage d’un coup de mâchoire, des tentacules blafards jaillissant de sa gorge distendue pour fouetter l’air. Imus connut un long et déchirant cri de terreur pure, Eisenhorn s’excusant par la suite et demandant à Titus Endor et à Aémos de remettre un peu d’ordre. Eisenhorn partis, tandis que Titus Endor donna quelques vagues excuses pour pouvoir s’éclipser plus tard. Maître Imus eut donc Aémos pour compagnie et qui l’aida à se remettre de son expérience traumatique, jouant au régicide tout en discutant d’antiquités. Cette nuit-là, Grégor Eisenhorn avait, grâce à Maître Imus, la preuve que le vieil homme était innocent et que Maître Slocha était coupable. Il retrouva Slocha et l’exécuta avant de retourner chez Maître Imus pour récupérer Aémos et remercier le comptable de sa coopération.

Slocha & Daviov et Cie fut fermé et Eisenhorn convoqua trois jours plus tard Maître Imus pour lui expliquer les manigances de Maître Slocha qui avait placé l’Ur-Saker dans son hab pour l’inculper avant que son trafic d’œuvres illicite ne soient démantelé. L’honnêteté de Maître Imus lui avait sauvé la vie, mais le comptable se demandait ce qu’il allait devenir, son entreprise ayant été fermé, le privant de son emploi. Eisenhorn consentit à lui répondre sur les raisons qui l’avaient poussé à le terroriser, expliquant qu’il était un Psyker, don qui poussa Imus à lui demander s’il pouvait voir son avenir, ce qu'Eisenhorn ne put faire, n’étant pas devin.

Très très longtemps après cette affaire, Eisenhorn et Maître Imus se recroiseront, d’une certaine manière…[7]

Un Inquisiteur Puritain

Grégor Eisenhorn sera élevé au rang d’Inquisiteur en 222.M41, à l’âge incroyablement jeune de 24 ans. Sa première affaire judiciaire réussis concerna l’hérétique Lemete Syre bien que les détails restent inconnus.

En tant que membre dévoué de l’Inquisition de Sa très haute majesté l’Empereur-Dieu, Eisenhorn constata que sa philosophie tendait naturellement vers celle des Amalathiens, une philosophie Puritaine. Il aura les Radicaux en horreur, ne voyant en eux que des hérétiques en puissance - ce qui est ironique au vu de son évolution au cours de sa vie. Puritain par vocation et Amalathien par choix, la rigueur impitoyable de la philosophie monodominante l’avait souvent tenté, mais les usages de ses défenseurs manquaient cruellement de subtilité et n’étaient donc pas pour lui.[8]

La Regia Occulta d'Ignix

Grégor Eisenhorn, un Inquisiteur à la carrière exceptionnelle qui commence.

En 223.M41, le tout jeune Inquisiteur Eisenhorn opérait en solo. Même alors, à l’aube de sa carrière, on le regardait déjà avec un mélange de peur et de suspicion. Sa rosette, son titre d’Inquisiteur, ou la combinaison des deux, avait tendance à accaparer l’esprit des personnes qu’il rencontrait. Bien plus tard, cette attitude l’ennuiera, mais à l’époque, elle lui procurait une sorte de sentiment de puissance, assez vulgaire en fin de compte.

Il reçut pour mission d’être suppléant afin de remplacer l’Inquisiteur Flammel qui avait trouvé la mort dans un déplorable accident de transit Warp. Eisenhorn avait pour mission d’achever de couvrir la fin de sa tournée, qui devait passer à travers les mondes fiefs des Grands Amas, dans les régions de la frontière galactique interne du sous-secteur Helican. Cela dura six mois, et fut pour le jeune Inquisiteur perçu comme une tournée inquisitoriale pénible, car cela consistait principalement à jouer le rôle d’un magistrat itinérant : voyager de capitale planétaire en capitale planétaire, en inspectant les cas non élucidés accumulés par les autorités locales. Pour la plupart, il s’agissait d’affaires triviales, à peine dignes de l’attention des Ordos, comme des paniques déclenchées par la superstition ou des querelles mesquines. Lors d’une escale de huit semaines à New Bylar pendant laquelle Eisenhorn enquêta sur un ensemble de dossiers, il avait néanmoins réussi à mettre au jour un trafic de Psykers illégaux, de faible puissance cela dit.

Après New Bylar, il se rendit à Ignix, la moins importante et la plus reculée des colonies du fief. D’après les dires des locaux, il s’agissait du "trou le plus perdu de la galaxie". Ignix se révéla à la hauteur de sa réputation. C’était qu’une petite boule de roche humide, à la surface cannelée d’une incroyable quantité de ravins et de tranchées sinueuses creusés par l’érosion d’une éternité d’averses en provenance de ses mers déchaînées, au territoire divisé en comtés administratifs, chacun d’une superficie d’un million de kilomètres carrés. Sa capitale était Pied-à-Terre, une ville de belle taille, quoique morne, ainsi nommée en souvenir du fait qu’elle a été bâtie sur le site d’atterrissage des premiers colons. Ces derniers étaient principalement des mineurs, l’exploitation du minerai étant la seule occupation profitable qui puisse être pratiquée sur Ignix. Les colons s’étaient rapidement spécialisés dans le minage par voie d’eau, lavant et tamisant les sables des centaines de milliers de rivières de la planète - dont la plupart n’étaient que des écoulements temporaires qui bouillonnaient un jour et s’asséchaient le lendemain - en quête de métaux précieux. Arrivé à Pied-à-Terre, on assigna à Grégor Eisenhorn des quartiers dans un complexe résidentiel étouffant. Tous les jours, il se rendit au tribunal afin d’examiner les affaires en instance mais aucune ne méritait son attention, voir pas dignes de recevoir le coup de tampon des Ordos.

Puis quatre jours après son arrivée, le Ricanement débuta. C’était le nom que les habitants donnaient à un phénomène que l’on pourrait plus précisément dénommer "période de tempêtes électro-corporelles saisonnières" et qui étaient causées par l’action combinée des irrégularités de l’orbite d’Ignix et de la vigueur magnétique particulière de son étoile. Ces turbulences se déclenchaient à chaque cycle annuel et recouvraient l’hémisphère Nord d’une nappe électromagnétique constante, à l’éclat rougeâtre, tandis que des feux de Saint-Elme s’aggloméraient au sommet des toitures et des mâts. Les comms-vox en souffraient énormément et un bruit ininterrompu retentit dans l’atmosphère : un genre de petit rire sec à l’intonation malveillante… d’où son surnom. Certaines années, ces perturbations étaient bénignes, mais d’autres, elles étaient terribles, et l’année où Eisenhorn était arrivée était une mauvaise année. Le Ricanement fut féroce au point qu’il empêcha tout voyage par les airs, y compris les trajets de navettes entre le spatioport et les astronefs amarrés en orbite haute. Tout transfert vers et depuis Ignix s’en trouva provisoirement impossible et l’Inquisiteur se retrouva donc cloué au sol, jusqu’à ce que les tempêtes se calment. Et au final, elles durèrent trois semaines. Si Eisenhorn fut d’abord frappé par l’attrait du phénomène, le rire malin et obsédant devenait rapidement pénible et horripilant au possible. L’Inquisiteur eut très vite assez de recevoir des décharges d’électricité statique à chaque fois qu’il s’avisait de toucher ou d’attraper un objet métallique et il ne lui fallut pas longtemps pour saisir pourquoi feu l’Inquisiteur Flammel avait fait d’Ignix une destination de faible priorité dans son plan de tournée. N’ayant plus d’affaire à traiter, il attendit la fin du Ricanement, lisant, étudiant, et nouant des amitiés passagères avec quelques autres voyageurs échoués, surtout des marchands, logés dans la même résidence que lui.

Puis vers la fin de la première semaine d’immobilité forcée, on fit parvenir à Eisenhorn une lettre, de la part du commissaire du Comté de Jared, du nom de Mal Zelwyn, via un coursier moto - à cause de la panne vox généralisée - et que l’administrator de Pied-à-Terre, un vieux bonhomme du nom de Wagneer, lui remis en main propre. Zelwyn requérait son aide pour élucider deux meurtres dans sa municipalité, car il suspectait l’œuvre d’un culte et requérait une évaluation de l’Inquisiteur en tournée. La description du modus operandi intrigua Eisenhorn, les victimes ayant eu le crâne fracassé, mais ayant souffert post-mortem de profondes entailles et lacérations pratiquées d’une manière aléatoire. De plus, toutes les victimes avaient eu l’oreille gauche coupée. Il décida d’y aller, et fut emmené par la milice locale jusqu’au défilé par voie de terre, à bord d’un Centaur recouvert d’une bâche pour les protéger contre la pluie et sur les flancs desquels étaient accrochées d’imposantes bouées de flottaison jaunes, destinées à permettre de traverser les cours d’eau malgré les crues susceptibles de barrer le passage à tout moment. Au bout de douze heures de route, le Centaur atteignit l’autre côté du col, puis déposa Eisenhorn à Kulbrechville. Cette ville était un infâme agglomérat de taudis perdu au bout de nulle part, mais Eisenhorn continua sa route à bord d’un camion à huit roues motrices, lequel avait connu de meilleurs jours.

En arrivant au Comté-de-Jared, Grégor Eisenhorn ne put s’empêcher d’éprouver une certaine admiration pour le commissaire Maldar Zelwyn - un quarantenaire trapu à la tignasse en passe de se clairsemer et au visage orné d’une épaisse moustache broussailleuse - car bien que ce dernier souffrait de lacunes dans presque tous les domaines, il les compensait invariablement par son indéfectible optimisme. Zelwyn lui fit la visite de Comté-de-Jared en personne, et lui fit bien comprendre qu’il en était immensément fier. C’était un village, à califourchon sur une douzaine de bras de rivières, qui semblait n’être fait que de ponts, de terrasses et de plateformes en encorbellement. De hauts empilements d’habs y surplombaient d’abruptes cascades d’eau de pluie aux flots bouillonnants, qui rugissaient et clapotaient le long des canaux courant des collines à la mer, en traversant la ville. Tout en conduisant l’Inquisiteur Eisenhorn de l’autre côté du Pont-Le-Plus-Neuf, Zelwyn lui expliqua avec une immense fierté comment il avait supervisé sa construction, cinq ans auparavant, pour le plus grand bien de toute la communauté. Cette grande structure métallique connectait les résidences des marchands et facilitait la vie des commerçants locaux pour se déplacer jusqu’à leurs commerces. La rivière qu’il enjambait étant l’une des plus larges et des plus puissantes à traverser Comté-de-Jared, et l’édifice était équipé de sections mobiles qui pouvaient être relevées pour permettre le passage de bateaux de commerce et d’autres véhicules aquatiques qui circulaient au voisinage de la côte, entre le littoral et les entrepôts des docks. Bien que sa bourgade fût réellement au fin fond d’une planète déjà perdue au milieu de nulle part, Eisenhorn concéda que Zelwyn travaillait clairement d’arrache-pied à développer sa communauté et à subvenir aux besoins de ses administrés.

Le commissaire emmena Eisenhorn dans le district de la commercia, car c’était là que les victimes avaient été trouvées, tout en lui fournissant une carte des emplacements des corps, qui s’élevaient à présent à quatre. L’Inquisiteur appris de Zelwyn qu’il n’y avait pas de connexion entre les victimes, à part la zone dans laquelle elles travaillaient : un pousseur de chariots, un manutentionnaire, un employé aux ventes et une prostituée. Néanmoins, chacune des agressions avait eu lieu alors que le Pont-Le-Plus-Neuf était levé, et personne ne l’avait traversé pour se rendre au quartier des marchands, laissant alors supposé que le tueur vivait quelque part dans la commercia. Enfin, le commissaire insista pour faire valoir que ces assassinats n’étaient pas l’œuvre d’un tueur ordinaire, la prise de trophées pouvant être utilisés pour un usage rituel. Qui plus est, si un Inquisiteur était venu, c’est que cela ne pouvait être que ça ! Et pas parce que ce dernier s’ennuyait ferme dans ce trou perdu…

Eisenhorn examina les victimes dans la morgue municipale, déposées dans de grands congélateurs de stockage de mauvaise qualité. Au moyen de sondes et de lancettes, il pratiqua quelques relevés et préleva des échantillons sur les corps. Il nota que les entailles dans la chair étaient particulièrement hideuses, certaines étaient si profondes qu’elles ressemblaient à des marques de griffes et toutes s’étiraient comme des sourires joyeux, des bouches aux lèvres entrouvertes, remplies maintenant à ras bord de glace noire. Finalement, l’Inquisiteur conclut que cela était l’acte non pas d’un culte, mais d’un prédateur, un chasseur, car la prise de trophée était une excentricité de ces individus. Zelwyn fut quelque peu déçu de ne pas avoir vu juste et fut embêté d’avoir gêné un Inquisiteur pour cette affaire. Eisenhorn le rassura en soulignant qu’il avait rien de mieux à faire et qu’il était ravi de venir prêter main forte, n’appréciant pas plus les tueurs en série que le commissaire. Zelwyn en fut ravi.

Soudainement, un officier de la milice fit irruption dans la morgue et informa le commissaire qu’une nouvelle victime avait été trouvé. Ils prirent un véhicule et empruntèrent le Pont-Le-Plus-Neuf pour rallier les docks du commercia. La victime se nommait Lana Howey et était une prostituée. Son cadavre avait été laissé au rez-de-chaussée d’un entrepôt, non loin de l’allée principale de la commercia, nue, tordue dans une position peu naturelle, avec de profondes lacérations et l’oreille gauche coupée. Eisenhorn vit immédiatement que le corps était "frais" et que c’était l’œuvre du même chasseur. Il ordonna l’évacuation de la scène et l’établissement d’un périmètre de soixante mètres. Zelwyn insista pour rester malgré les avertissements d’Eisenhorn sur ce qui allait se passer, c’est-à-dire une auto séance, chose qu’il effectuera plus tard avec l’assistance d’un astrotélépathe qualifié pour éviter d’éventuelles séquelles. Il ordonna à Zelwyn de verrouiller la porte de l’entrepôt et de lui obéir au doigt et à l’œil. L’Inquisiteur s’agenouilla pour se pencher sur le corps mutilé et invoqua Lana Howey. L’air de l’entrepôt prit la texture froide et lustrée de l’hyper-réalité, la clarté de la lumière gagna en pureté et les petits détails du décor devinrent impossiblement nets. Une image rémanente de la défunte apparue aux yeux d’Eisenhorn, et lui répondit, tout en se comportant comme si l’Inquisiteur était un client d’une passe. Grégor Eisenhorn lui demanda qui l’avait tué, mais Lana Howey semblait ne pas comprendre jusqu’à ce qu’elle voit sa dépouille. C’est alors qu’elle montra ce qui c’était passé avant de s’estomper complètement.

Eisenhorn enleva son manteau de pluie et s’en servit pour couvrir le corps de la malheureuse avant de sortir avec le commissaire qui avait durant toute la séance résister tant bien que mal à s’enfuir en courant. En ressortant, il autorisa les hommes du commissaire de s’occuper du corps, récupérant son manteau au passage. Il informa Zelwyn que finalement, les événements qui c’étaient produits en ce lieu tombaient sous sa juridiction. Le responsable était ni un culte, ni un chasseur, mais une regia occulta, un passage entre le Materium et l’Immaterium. L’’Inquisiteur était persuadé qu’une regia occulta s’était ouverte à Comté-de-Jared, et qu’elle se trouvait du côté de la commercia. Rapidement, Zelwyn a interdit l’accès au pont et fit barricader ses routes de desserte par la milice. Eisenhorn montra ensuite au commissaire pourquoi le phénomène démarrait que quand le pont était relevé. Avec quatre hommes, armés de puissantes mitrailleuses de grade militaire, ils prirent position sur la rive de la commercia et ordonna qu’on fasse lever le pont. Dix minutes après, il y eut un craquement sec et une odeur d’ozone : une fourche électrique venait de jaillir du sommet de l’une des travées et la reliait à sa jumelle à la façon d’une décharge statique crépitant entre deux orbes isolés. Le filament luisant demeura en place, tressaillant et grésillant, comme une corde entortillée étincelante, attachée aux deux moitiés du pont levé : c’était le mécanisme clé de l’infernale regia occulta. Puis l’air s’écarta tel un rideau de théâtre pour laisser passer le coupable qui sembla se matérialiser hors de nulle part avant de descendre l’abrupte pente d’un pas pesant. C’était un énorme Ork armé d’un hachoir géant et d’un grand gourdin métallique.

Grégor Eisenhorn ordonna qu’il soit abattu, ce qui fut fait, le Peau-Verte s’effondrant à quelques pas du groupe armé. À son cou pendait une collection d’oreilles humaines plus ou moins fraîchement coupées, enfilées sur une cordelette. Zelwyn fut stupéfait, car cela faisait des générations que ce type de Xenos avait disparu dans ce sous-secteur. Eisenhorn lui expliqua que l’Ork était venu du lieu aléatoire auquel la regia occulta était connectée.

Brutalement, l’Inquisiteur ressentit une brûlure qui se changea en une véritable agonie psychique. Un deuxième Ork venait de franchir le portail, extrêmement rapide et parvenant à atteindre le groupe d’Eisenhorn rapidement. Le Xenos massacra trois miliciens avant de foncer vers les bâtiments de la commercia. Toujours paralysé, Eisenhorn utilisa ses dons psychiques pour communiquer avec Zelwyn afin qu’il ordonne d’abaisser le pont, ce qui fut fait. La charge statique accumulée entre les travées s’épuisa, puis s’évanouit au moment où les parties opposées entraient en contact. La regia occulta à présent close, l’Inquisiteur retrouva ses capacités et prit en chasse l’Ork avec Zelwyn qui appela des unités en renfort. Tous pénétrèrent dans un entrepôt rempli de trémies à minerai obscur. Eisenhorn ouvrit la voie prudemment quand soudainement, l’Ork surgit des ombres pour empoigner par le cou le commissaire qu’il attira ensuite contre son poitrail de colosse avant de délicatement lui appliquer le tranchant de son hachoir géant sur le scalp de Zelwyn. Le Peau-Verte, blessé, était en train de négocier avec Eisenhorn : sa vie contre celle du commissaire. Sa fatigue le faisant hésiter à tenter de tirer pour abattre l’Ork, Grégor Eisenhorn préféra projeter sa conscience dans l’esprit paniqué du commissaire et qui serrait toujours son Pistolet Laser dans une main. Il lui fis appuyer sur la gâchette, transperçant le gigantesque pied droit de l’Ork. De surprise et de douleur, le Xenos se convulsa un instant, permettant à l’Inquisiteur de pendre le contrôle des fonctions motrices de Zelwyn, et de le faire se jeter en avant. Armé de son Tronsvasse, Eisenhorn vida son chargeur dans le torse du Peau-Verte qui survécut à deux chargeurs, mais périt lorsque, poussé par les impacts, il frappa une pile de bennes qui bascula sur lui et l’ensevelit sous une avalanche de minerai, de pierre, de scories, et de caisses en acier.

L’affaire conclue, Grégor Eisenhorn fit comprendre à Zelwyn, avec grande insistance, que plus jamais, au grand jamais, le Pont-Le-Plus-Neuf ne devrait être levé, puisque c’était précisément cette position, durant le Ricanement, qui produisait la combinaison de facteurs nécessaires à la manifestation de la regia occulta. En effet, il n’existait aucun moyen de refermer une regia occulta. Le commissaire fit alors démanteler la salle des machines et découpler les puissants vérins hydrauliques. Le jour de son départ, Zelwyn vient le voir, souhaitant ne jamais le revoir, dans le sens positif. Ils se serrèrent la main puis l’Inquisiteur Eisenhorn rejoignit un Centaur venu le chercher. Le Ricanement faiblissait, et il allait bientôt pouvoir quitter Ignix.

Mais bien que le Ricanement fût sur le point de se taire ce jour, il insista tout de même pour rire le dernier. Bien des années plus tard, vers la fin de sa vie, les intempéries d’Ignix devaient revenir hanter Grégor Eisenhorn…[9]

L'Affaire du Nécroteuque

La Traque et l'Exécution de Murdin Eyclone

Murdin Eyclone[10]

Murdin Eyclone fut tristement célèbre dans plus d’une douzaine de systèmes habités pour ses pouvoirs mentaux et la douceur hypnotique de sa voix, lui permettant d’hypnotiser des individus et les forcer à appliquer sa volonté. C’était un homme brillant, retors, l’un des plus dangereux Cultiste du Chaos qu’Eisenhorn n’avait jamais traqué. C’était un facilitateur, c’est-à-dire qu’il pensait que la meilleure façon de servir ses infâmes maîtres était de mettre ses considérables talents au service de tous les cultes et les sectes qui pouvaient en avoir l’usage. Il n’avait aucune véritable allégeance et s’efforçait de faciliter les grands desseins des autres. Il était venu sur le monde d’Hubris pour développer les plans de quelqu’un d’autre, mais trouvera la mort et sa machination échouera. Néanmoins, c’est à partir de son décès que l’Inquisiteur Eisenhorn remontera une piste qui le mènera à mettre à jour un terrible complot hérétique.

Il avait une flétrissure au-dessus de la fesse gauche, une ancienne marque du Chaos qu’Eyclone s’était fait tatouer vingt ans avant sa mort pour honorer ses maîtres d’alors, détail qu’Einsenhorn avait appris grâce à l’une de ses premières associées, Eemanda, brillante femme très belle et très audacieuse qui s’était "chargée" de découvrir cette caractéristique pour lui. Elle perdra la raison et sera enfermée dans un asile d’aliénés. Eyclone possédait six autres cicatrices de brûlure au laser marquant probablement l’emplacement d’anciens tatouages rituels, effacés après son départ des cultes concernés. Derrière l’oreille gauche, il avait un implant cutané en argent, façonné à l’image du Buboe Chaotica.

« Aiguillon requiert Égide, bêtes frénétiques en aval. »
- Eisenhorn requérant le soutien de Midas Betancore à bord de son chasseur.

En 240.M41, l’Inquisiteur Eisenhorn, qui avait alors quarante-deux années standards dont dix-huit ans en exercice comme agent du Trône, mit fin à la traque d’un Cultiste du Chaos, Murdin Eyclone, qu’il pourchassait depuis six années. Cette traque fut éprouvante pour l’Inquisiteur qui, chaque jour, étudia les modes opératoires du renégat, allant jusqu’à rêver de lui chaque nuit.

Arrivant depuis un vaisseau d’un négociant indépendant, Golkwin, Eisenhorn se retrouva sur un monde nommé Hubris, planète qui se caractérisait par le fait que les vingt-neuf mois de l’année lunaire voyait onze mois connaître la "dormance", où la quasi-totalité de la population était cryogénisée dans des cryptes glacées pour survivre à la période glaciale qui caractérisait cette période. Seules les silhouettes des Conservateurs d’Hubris patrouillaient le secteur des mausolées d’hibernation, s’assurant que leur peuple passerait sans incident la Dormance.

Débarquant depuis son chasseur dans un climat glacial et une nuit perpétuelle du fait du grand éloignement durant la Dormance du soleil d’Hubris, Eisenhorn avait appris la position d’Eyclone grâce au déchiffrage astropathique d’un message codé émanant du cultiste renégat, mais qui tua son Astropathe dans ses tentatives pour le transcrire. Il s’équipa d’une combinaison à réchauffement interne et de plusieurs épaisseurs de vêtements isolants, spécialement conçus pour les conditions extrêmes et le mauvais temps. Accompagné d’une de ses Acolytes, Lorès Vibben, qui le servait depuis cinq ans et demi, il se posa sur la plate-forme de la Pointe des Mausolées. Un message astropathique ayant prévenu les Conservateurs de son arrivée, ces derniers l’attendaient en bas de la passerelle de la plateforme avec des torchères. Il s’embarqua dans une voiture ayant la forme d’une pointe de flèche de vingt mètres de long et montée sur des patins en forme de skis et des chenilles cloutées. Un des trois Conservateurs qui faisait route avec l’Inquisiteur et son Acolyte lui donna une tablette cyberdata lui apprenant que sa voiture se dirigerait vers l’Hypogée Deux-Douze, un mausolée d’hibernation situé à l’extrémité ouest de la grande avenue Impériale d’Hubris et qui abritait douze mille cent quarante et un membres de l’élite souveraine de cette planète. Mais en arrivant, Eisenhorn découvrit devant l’entrée de l’Hypogée Deux-Douze les corps de quatre Conservateurs chargés de la surveillance. Avec Vibben, Grégor Eisenhorn pénétra dans le bâtiment, armé, trouvant un autre corps et découvrant de chaque côté, de grandes entrées qui donnaient accès aux silos d’hibernation. Dans toutes les directions, il apercevait des sarcophages alignés le long des immenses chambres aux murs de basalte lisse, rangées après rangées. Il se sépara de Vibben, chacun prenant une direction différente. Mais bien vite, Eisenhorn se rendit compte qu’un processus de décongélation avait commencé et dans leurs sarcophages d’hibernation, il aperçut les silhouettes qui commencèrent à remuer.

Lorès Vibben[11]

Lorès Vibben servait sous les ordres de l’Inquisiteur Gregor Eisenhorn depuis cinq ans et demi jusqu’à ce qu’elle meure en 240.M41 sur le monde d’Hubris en affrontant les sbires du Cultiste du Chaos Murdin Eyclone. Durant son service, elle avait sauvé la vie d’Eisenhorn à deux reprises et se considérait comme son aide de camp et sa garde du corps. Mais en vérité, elle était pour l’Inquisiteur plus un compagnon d’armes et une camarade qui lorsque qu’il l’avait recrutée dans les bidonvilles tribaux de Tornish. Il l’avait choisi pour ses compétences au combat et son énergie animale. Il en était venu à l’estimer tout autant pour son intelligence pénétrante, son humour léger et sa lucidité. Lorès Vibben était aussi une Psyker latente et Eisenhorn ressentira une sorte de bruit de fond psychique, quasiment subliminal, inconsciemment émis par son jeune esprit passionné. Trois ans avant sa mort, Lorès Vibben prit un soir le pistolet de marine de type Scipion d’Eisenhorn. L’arme avait des finitions de chrome terni et une crosse incrustée d’ivoire. Il y avait dix balles dans le chargeur, de grosses choses à tête plate, très efficaces pour stopper un homme. Vibben avait arraché de sa crosse les plaques de céramite aux armes de l’Aquila impérial, dont le motif gravé à la machine était tout usé par le frottement de la main de l’Inquisiteur, et les avait remplacées par des plaques d’ivoire qu’elle avait gravées elle-même. C’était une pratique courante sur son monde natal, Tomish, avant qu’elle ne le quitte pour suivre son nouveau maître afin de voir à quoi ressemblaient les étoiles. Les nouvelles plaques ressemblaient à ces petits souvenirs en ivoire grossièrement ciselé que sculptaient les marins et chaque côté de la crosse arborait à présent un crâne humain assez mal dessiné, entrelacé d’une rose épineuse qui ressortait par l’une de ses orbites, d’où s’écoulaient de mélodramatiques gouttes de sang. Elle avait incrusté de petites gemmes écarlates dans les gouttes pour mettre l’accent sur leur nature et y grava le nom de Grégor Eisenhorn sur une banderole maladroitement exécutée, en dessous du crâne. L’Inquisiteur en rira, mais le jour où Vibben sera tuée, il se rendra compte de l’honneur qu’elle lui avait rendu par ce travail minutieux.

C’est à cet instant que le premier des acolytes d’Eyclone se jeta sur lui. L’Inquisiteur se débarrassa de lui en lui tranchant le cou avec son Épée Énergétique, une arme ancienne et gracieuse, bénie par le Prévôt d’Inx, avant de se retrouver à taillader d’autre ennemis surgissant des couloirs. L’Inquisiteur se rendit compte que ses ennemis étaient comme hypnotisé, agissant sous l’influence d’une suggestion psychique. Il entendit un furieux échange de coups de feu résonner dans les chambres ainsi que la voix sur son réseau vox de Vibben l’appelant à l’aide. Grégor Eisenhorn rejoignit Vibben pour la retrouver allonger sur le ventre, morte, entourée des corps de huit des sbires d’Eyclone. Cette mort l’affecta, mais après avoir regardé le cadavre de Vibben pendant un long moment, il s’empara de son pistolet et ouvrit un canal vox, utilisant un langage codé qu’il avait conçu dix années auparavant afin d’ordonner à un autre de ses Acolytes, Midas Betancore, pilote de son chasseur, de se tenir prêt à frapper. Puis il partit trouver Eyclone, se jurant de le tuer avec son arme dont Vibben avait autrefois sculpté les plaques de la crosse. Une forme d’hommage pour venger sa mort.

Grégor Eisenhorn traqua son ennemi dans le grand mausolée et entendit un terrible grondement sous les voûtes ruisselantes de l’Hypogée Deux-Douze, lui annonçant le réveil massif des douze mille cent quarante et un membre de la classe dirigeante de la planète pris au piège dans leurs sarcophages, leurs corps glacés endoloris par le mal de la Dormance alors que personne n’était là pour rouvrir leurs capsules et être prêts à leur donner l’assistance nécessaires pour survivre au froid glacial d’Hubris, ce qui allait les condamner à une mort terrible en quelques minutes. Tout en se demandant quelle signification ésotérique ce massacre de masse prendrait, l’Inquisiteur se dirigea vers la salle de contrôle principale tout en apprenant de Betancore de l’arrivée d’équipes d’intervention et de secours.

Sans qu’Eisenhorn ne s’en rende compte, un tir de laser le visa, et une fusillade débuta de nouveau entre lui et les sbires d’Eyclone, ce denier l’appelant et le menaçant de le tuer. Utilisant ses pouvoirs psychiques, Eisenhorn tenta de les utiliser pour forcer le chef renégat à sortir de sa cachette, ce qui échoua, à l’inverse de deux de ses porte-flingue que l’Inquisiteur élimina. Pourchassant Eyclone qui prenait la fuite, Eisenhorn traversa le mausolée, passant devant une succession de galeries en entendant les sons d’agonies de malheureux. Il frôla la mort lorsque en pénétrant dans une chambre, Eyclone surgit des ombres et lui tira dessus. Eisenhorn n’eut la vie sauve que grâce à un groupe d’individus entièrement nus qui firent irruption dans le corridor, - des pauvres hères qui étaient sortis de leur sommeil et courant pour trouver un abri face aux températures glaciales - trois se faisant taillés en pièces et un dernier, une femme, se retrouvant mutilée affreusement par le tir. Furieux, l’Inquisiteur continua sa traque, laissant la pauvre femme grièvement blessée, se refusant de l’achever pour éviter des ennuis judiciaires sur cette planète qui lui aurait fait perdre du temps et l’empêcher de sauver un bien plus grand nombre de vie. Néanmoins, il ne l’oubliera pas, lui arrivant dans le futur de rêver d’elle, de son sang et de son martyre.

Au milieu des réveillés condamnés, l’Inquisiteur avança, suivant un jeu de piste macabres fait des corps des innocents tués par le Cultiste du Chaos dans sa fuite désespérée. Il emprunta une cage d’escaliers et monta dans les hauteurs de l’édifice, couvrant chaque tournant de l’escalier comme Vibben lui avait enseigné. Eisenhorn arriva dans un immense local de cryogénérateur qui renfermait une énorme machine grondante très ancienne avec une tablette cyberdata qui maintenait ces cryogénérateurs en état de marche depuis des milliers d’années. L’Inquisiteur remarqua que les panneaux de protection de plusieurs lucarnes d’inspection avaient été forcés au moyen d’un levier et que les sceaux de cire marqués de formules lexmécaniques religieuses appliquées depuis des centaines d’années avaient été brisés ou avaient disparu. Il vit alors la cause du déclenchement du réveil des dormeurs de l’Hypogée Deux-Douze : un petit module de céramite, avec un écran digital runique qui brillait d’une lueur ambrée et reliée avec des fils à l’antique machine grondante.

Élément important, Eisenhorn trouva sur une plate-forme de grillage métallique un coffre rectangulaire d’à peu près un mètre cinquante de longueur, posé sur quatre pieds en forme de pattes griffues et pourvu de poignées de transports de chaque côté. Le couvercle du coffre était ouvert et des dizaines de câbles et de fils en sortaient, serpentant jusqu’aux entrailles électromécaniques du cryogénérateur. À l’intérieur du coffre, il vit des circuits imprimés et des pièces mécaniques complexes, reliés par des faisceaux de câbles ainsi qu’un alvéole clairement destinée à recevoir un objet de la taille d’un poing fermé.

Puis il tua des sbires qui l’attaquèrent, utilisant même sa coercition mentale de Psyker pour déconcerter un ennemi. Tout en communiquant avec Betancore avant qu’il ne se positionne au bon endroit pour frapper, Grégor Eisenhorn était parvenu au niveau supérieur de la chambre et avait réussi à sortir sur une plate-forme d’atterrissage accrochée sur le flanc incliné de l’Hypogée Deux-Douze. Il trouva enfin Eyclone accompagné de huit membres de son culte, le renégat espérant embarquer à bord d’une navette orbitale qui les ramènerait en sécurité. Mais au lieu de voir apparaître leur navette, ils virent l’immense chasseur de combat de quatre-vingts mètres de long de l’Inquisiteur piloté par Betancore qui avait neutralisé depuis longtemps leur aéronef qui brûlait désormais au fond d’un cratère creusé dans le permafrost. Un déluge de feu réduisit en bouillie les renégats tandis qu’Eyclone s’était rué sur le sas de la plate-forme, se retrouvant nez à nez avec Eisenhorn qui poussa le canon du pistolet de Vibben à l’intérieur de sa bouche avant de lui griller la cervelle. Mais avant sa mort, Eyclone aura essayé de saisir quelque chose à sa ceinture, ce qui plus tard aura son importance.[12]

L'Énigme du "Pontius"

« Quel est votre nom ? »
« Lise B. »
« Le nom complet !
« Alizebeth Bequin ! »
- Premier échange entre Grégor Eisenhorn et Alizebeth Bequin.
Midas Betancore[13]

Midas Betancore était un homme impétueux et passionné et fut le meilleur ami de Grégor Eisenhorn. Glavien d’origine, il avait un visage mince à la peau sombre entouré de boucles brunes, indisciplinées, qui était habituellement sympathique et plein de malice. Il portait l’ancien uniforme des pilotes de chasse glaviens, un blouson de soie rouge cerise à revers ornés de broderies iridescentes. C’était en effet un talentueux pilote, mais il consommait des stupéfiants tel le cigalho qu’il fumait. Mais sa personnalité et ses talents en faisaient un atout précieux pour Eisenhorn.

Ses mains étaient incrustées de bio-circuits qui lui permettaient de ressentir toutes les subtilités du vol, de la puissance et de la manœuvrabilité infiniment mieux qu’Eisenhorn et bien mieux que la plupart des pilotes professionnels de l’Imperium. Il avait déjà testé les capacités de son chasseur jusqu’aux limites de sa résistance et savait exactement ce dont celui-ci était capable ou non.

Suite à l’exécution d’Eyclone, Einsenhorn retourna là où il avait trouvé le mystérieux coffre sur la plate-forme à l’intérieur de la chambre du cryogénérateur. Il y retrouva Uber Aémos, devenu son savant personnel, qui examinait le coffre avec intérêt avant de conclure qu’il s’agissait d’un codeur d’une conception exceptionnelle, ressemblant aux Unités d’Impulsion Cérébrale utilisées par l’Adeptus Mechanicus pour gérer la liaison entre le cerveau humain et le Dieu-Machine, une technologie illicite. Chose étrange, à l’intérieur du coffre, il semblait manquer quelque chose, comme un objet anguleux, d’une forme inhabituelle et qui possédait sa propre source d’énergie. L’analyse fut interrompue par l’arrivée en masse des Conservateurs du mausolée et des Technomages de la confrérie du cryogénérateur dans la salle de la machine et qui s’étaient attelés à superviser l’opération titanesque de tenter le sauvetage des Dormeurs de l’Hypogée Deux-Douze.

Rejoint par Betancore qui avait ramené le chasseur à la plate-forme de la Pointe des Mausolées et qui avait récupéré le corps de Lorès Vibben, un homme escorté de quatre Conservateurs et répondant au nom de Nissemay Carpel, Haut Conservateur de l’Hypogée Deux-Douze, arriva et ordonna l’arrestation d’Eisenhorn et de ses Acolytes.

Imperturbable, Eisenhorn annonça son titre d’Inquisiteur à Carpel et accepta de coopérer à toutes les enquêtes, rappelant néanmoins que nul n’avait le pouvoir de l’arrêter. Il comprenait que Carpel était sous le choc suite à la mort d’un si grand nombre de nobles de sa planète alors qu’ils avaient été confiés à ses bons soins. Alors que Betancore présenta aux Conservateurs subalternes un inventaire officiel des preuves à mettre sous scellés pour sa future inspection - c’est-à-dire le coffre et les cadavres d’Eyclone et de ses hommes - Eisenhorn quitta l’Hypogée Deux-Douze, faisant rouler sur un lit à roulettes le corps de Vibben avec l’aide de son fidèle pilote, rejoignant la plate-forme d’atterrissage sur laquelle il était arrivé, là où son chasseur l’attendait. Puis il se rendit dans le seul endroit actif durant la Dormance, le Dôme du Soleil. Son chasseur atterrit à l’intérieur de la ville qui paraissait faite de verre. Il demanda à son nouvel Astropathe, Lowink, de contacter le maître-marchand Golkwin afin de l’informer qu’il pouvait partir, son séjour sur Hubris étant plus long que prévu, puis de se mettre en relation avec l’Enclave Astropathicæ principale d’Hubris afin de leur demander le fichier complet récapitulant toutes les communications extraplanétaires enregistrées au cours des six dernières semaines. Il donnera en parallèle à Betancore la mission d’enquêter sur la présence de deux chaloupes marchandes et d’une vedette privée, chose rare sur Hubris à cette période particulière de l’année. Eisenhorn voulait savoir qui avait amené Eyclone et ses sbires sur Hubris. Il apprendra ainsi qu’un vaisseau interstellaire non enregistré était entré sur l’orbite d’Hubris et y était reparti après avoir déposé Eyclone, sans avoir été détecté par le réseau de surveillance planétaire.

Puis il fit un rapport détaillé pour Carpel afin de ne pas froisser l’administration planétaire, avant de se reposer, ne rêvant plus d’Eyclone pour la première fois en six ans. Mais à la place, il vit un homme très beau aux yeux vides qui contenaient une immensité d’espace, un infini sans étoiles. Cet Homme aux Yeux Blancs s’avérera être un Démon qui marquera son existence…

Enfin, accompagné d’Aémos, Eisenhorn se rendit au siège de l’organisation des Conservateurs, une flèche de verre située presque au centre de la ville, aux façades décorées d’un disque solaire frappé de l’aigle à deux têtes de l’Imperium. Il retrouva dans le hall central le Haut Conservateur Carpel assis sur un trône antigravitationnel, entouré de fonctionnaires et de quelques nobles. Il apprit la mort des douze mille cent quarante-deux personnes congelés dans l’Hypogée Deux-Douze. Sous les hurlements scandalisés de la chambre, Eisenhorn présenta ses condoléances, avant de remettre à sa place un noble récemment réveillé, Vernal Maypell, rappelant qu’il était venu pour déjouer les complots d’Eyclone et que s’il n’avait pas été là avec ses compagnons, le renégat aurait pu détruire plusieurs des mausolées d’hibernation. Mais chose étonnante, il apprit qu’à part son vaisseau, il n’y avait eu aucun enregistrement de l’arrivée de vaisseau interstellaire au cours des vingt derniers jours. L’Inquisiteur donna son rapport à Carpel, soulignant tous les sacrifices nécessaires pour appréhender Eyclone. Carpel le mena dans ses quartiers privés et sous la surveillance d’un membre de l’Adeptus Arbites, le Castigateur Godwyn Fischig, il réclama toute l’assistance nécessaire pour connaître l’identité des complices d’Eyclone et découvrir pour qui il travaillait. Carpel accepta à la condition qu’Eisenhorn lui donne un rapport sur ses découvertes et qu’il soit accompagné du Castigateur Fischig. L’Inquisiteur se doutait que Carpel voulait partager ses victoires pour pouvoir se présenter sous un jour favorable lorsque le reste de la population se réveillera et apprendra le désastre, mais il accepta.

Lowink[14]

Lowink fut un Astropathe au service d’Eisenhorn durant la fin de la traque d’Eyclone, son précédent Astropathe étant mort en essayant de déchiffrer un code-Warp six semaines auparavant. Lowink était un jeune homme légèrement empâté, dont les chairs flasques à l’aspect un peu malsain s’amollissaient déjà sur sa charpente fluette et l’on voyait bien que son corps commençait à se détériorer sous l’effet des exigences de l’existence des Psykers. Son crâne rasé était parsemé d’implants graisseux semblables à de courtes épines et il en avait également le long des avant-bras. Certains de ces implants étaient reliés à des câbles qui étaient tous étiquetés de parchemins et reliés au boîtier principal de communication installé au-dessus de sa couchette à l’intérieur du chasseur de l’Inquisiteur.

Avec Fischig, il se rendit dans la morgue, où le corps d’Eyclone reposait. La directrice de la morgue, une femme d’une soixantaine d’années se nommant Tutrone - une morticienne avec un implant bionique greffé dans une orbite oculaire et sa main droite équipée d’instruments en acier chirurgical étincelante - le reçut. L’Inquisiteur étudia le corps de son ennemi, mais ne trouvant rien de concluant, fouilla ses affaires personnelles, s’emparant de sa ceinture accueillant quatre petites poches à pression. Se rappelant qu’Eyclone avait essayé de prendre un objet avant de mourir au niveau de sa ceinture, Einsenhorn ouvrit les poches et trouva, en plus d’un cure-dent, une tablette cyberdata auquel il fallait un code pour accéder aux données. Alors qu’il s’apprêtait à partir en écoutant les remarques de Fischig sur sa haine du cultiste, Tutrone annonça avoir trouvé quelque chose dans sa main gauche, l’ouvrant avec ses scalpels et ses sondes les plus fins et constatant que l’ongle était en céramite, prouvant que c’était un implant. Mais il y avait une agrafe à la racine qui pouvait s’ouvrir avec un cure-dent. Comprenant le danger trop tard, Eisenhorn vit Tutrone débloquer l’agrafe, ouvrant l’ongle artificiel vers l’arrière et ce qui était dissimulé dans la cavité logée dans l’extrémité du doigt fut propulsé vers l’avant : un ver argenté, comme un morceau d’une chaîne de collier, qui s’envola dans les airs en scintillant.

Eisenhorn, accompagné du Castigateur Godwyn Fischig.

Grossissant soudainement pour faire un mètre de long et plusieurs centimètres d’épaisseur, fait de segments de métal et ayant une tête en forme de cône dépourvu d’yeux avec une bouche sifflante, garnie de dents tranchantes comme des rasoirs, le ver bondit sur l’Inquisiteur qui le repoussa, le forçant à pénétrer à l’intérieur d’un cadavre de la morgue. Le cadavre se déchira en emplissant l’air d’un nuage de vapeur nauséabonde, puis le ver en sortit avant que l’arme de Fischig ne pulvérise le macchabée. Le ver disparu un moment avant de se rejeter sur l’Inquisiteur qui comprit que c’était ce qu’Eyclone avait voulu jeter sur lui avant de mourir. Dans sa fureur, Eisenhorn l’empala avec une lame entre les mâchoires, mais la chose avala la lame et progressa vers son poignée. La victoire vint lorsque Tutrone activa l’une des scies à os de sa main augmentique et lui trancha le cou. Eisenhorn ordonna par la suite à Fischig d’amener toutes les preuves de cette affaire dans son vaisseau.

Il se rendit ensuite dans une cellule accueillant le seul survivant du groupe d’Eyclone, Hadam Bonzn, capturé et attaché. Bonzn ignorait qui était Eyclone, son dernier souvenir étant d’être allé à un bar situé sur son monde, Thracian Primaris. Il avait été hypnotisé et ignorait tout après quelques tortures avant de se faire exécuter le lendemain.

Plus tard, Aémos appris à Eisenhorn durant un repas dans un bistrot, qu’en examinant les délais de transmission qu’avait détectés Lowink dans les messages envoyés et reçus par Eyclone lorsqu’il était sur cette planète, seul trois mondes pouvaient entrer dans ce cadre : Thracian Primaris, Kobalt II et surtout Gudrun, l’un des tous premiers mondes marchands du secteur. Puis Betancore contacta Einsenhorn et lui appris que Lowink avait réussi à craquer certaines des anciennes transcriptions dans les semaines qui avaient précédé l’arrivée d’Eyclone, et où il était question de la livraison de quelque chose baptisé le Pontius.

Alizebeth Bequin[15]

D’une beauté exceptionnelle avec une bonne ossature, des lèvres charnues, un regard farouche et une longue chevelure brune, Alizebeth Bequin était une femme magnifique. Elle était née sur le monde de Bonaventure et voyagea dans le secteur, incapable de pouvoir s’établir quelque part car rejeté par tous. Elle possédait en effet une malédiction qui avait fait de sa vie un enfer : elle était une Intouchable, un être psychiquement négatif, dégageant une aura déplaisante qui l’environne, une perturbation qui déclenchait des réactions de peur et de révulsion chez ceux qu’elle rencontrait, ce qui expliquait le fait qu’elle n’avait jamais eu d’amis ou la possibilité de s’établir pour construire sa vie.

Quand elle rencontra Grégor Eisenhorn sur Hubris, elle était une prostituée. Objectivement, l’Inquisiteur se trouva devant une femme dont la beauté et la fougue auraient dû la lui rendre incontestablement désirable et pourtant, il avait presque envie de lui hurler de partir, de la chasser hors de sa vue, ressentant à son égard un dégoût instinctif et injustifié. Son contact physique accentuait encore son sentiment de révulsion irrationnelle. Étant un Psyker, l’aura d’Intouchable de Bequin était pour lui révulsant.

Mais conscient que les Intouchables étaient rares et pratiquement impossibles à créer artificiellement, Eisenhorn l’embauchera, car Bequin était un écho négatif dans le Warp qui l’immunisait quasiment contre les pouvoirs psychiques, ce qui en faisait, par conséquent, une puissante arme anti-Psykers.

Quand Eisenhorn lui apprendra sa réelle nature, elle en sera bouleversée et irritée, gémissant de désespoir, comprenant soudain la raison pour laquelle elle avait vécu toute sa vie sans amis, sans amour, à passer de déceptions en coups durs et que cette raison tenait à sa nature profonde.

Néanmoins, elle surmontera vite sa peine et se mettra au service d’Eisenhorn, parvenant grâce à l’Inquisiteur a véritablement construire sa vie et à développer une grande amitié avec Eisenhorn, s’intégrant très bien dans son équipe. Pour Eisenhorn, elle sera la femme de sa vie, et cet amour sera réciproque, mais platonique, car étant lui un Pysker et elle une Intouchable, ils ne pourront jamais aller plus loin.

Avec Feschig et Aémos, l’Inquisiteur décida de comprendre quelle était la nature de cette livraison et de ce Pontius. Il décida de se rendre à la terrasse du Dégel, là où se trouvait des négociants liés à cette livraison, à bord du speeder du Castigateur qui lui offrit un Fusil d'Assaut à sa demande. Ils mirent le cap vers les palais d’hiver des Hubrites les plus fortunés, installés sur le pourtour ouest du dôme du Soleil. Ils arrivèrent dans la terrasse du Dégel, un promontoire de luxueuses résidences de verre et de béton armé, bâties contre la courbe du dôme lui-même, se posant sur une large véranda, située à huit étages de hauteur. Laissant Aémos dans le speeder, Eisenhorn suivit Fischig. Cela le mena le long d’un large balcon afin de rejoindre la chambre numéro 12 011, découvrant que l’entrée était protégée par neuf rayons lasers indépendants des Arbites, mais qui furent désactivés par une demande de Fischig au centre de commandement des Arbitrators. L’Inquisiteur s’empara d’une carte-clé en plastique découvert dans les affaires d’Eyclone et la glissa dans le loquet, ouvrant la porte. Au son d’une musique orchestrale d’ambiance, ils débarquèrent en s’identifiant, mais furent accueillis par une salve de coups de feu. Fischig démarra une fusillade tandis qu’Eisenhorn monta une gouttière pour monter sur le balcon du second niveau. Il se retrouva dans une chambre et commença à étudier un vox-set portable posé sur une coiffeuse dorée afin de découvrir ce que le fichier d’enregistrement des communications contenait.

C’est alors qu’il vécut un moment crucial de son existence : une fille nue sortit d’une salle de bains et plongea à l’abri sous les couvertures de son lit quand elle vit l’Inquisiteur. Elle se nommait Alizebeth Bequin et marquerait à jamais sa vie.

Eisenhorn lui ordonna de se mettre à l’abri et de ne pas répondre lorsqu’une voix cria son nom depuis la salle de bain. Un homme de grande taille, nu et couvert de tatouages tira sur Eisenhorn qui en retour lui fit exploser le visage avec son Fusil d’Assaut. Puis il interrogea Bequin, qui se faisait appeler Lise B., découvrant qu’elle était une prostituée au dôme du Soleil. Puis Eisenhorn assomma d’un coup de crosse un autre homme en sortant de la chambre avant de se replier de nouveau face à l’assaut de deux autres tireurs. Sous les cris terrifiés de Bequin, Eisenhorn en tua un, mais fut sauvé du second par la fille qui l’élimina en plongeant une longue lame d’un couteau à cran d’arrêt dans sa nuque, espérant gagner une faveur de l’Inquisiteur pour ne pas avoir de problème. Descendant d’un étage, Eisenhorn retrouva Fischig qui avait tué cinq hommes et attaché un sixième dans un fauteuil à haut dossier. Le renégat blessé résista un moment aux pouvoirs psychiques d’Eisenhorn, mais finit par avouer qu’il se nommait Saemon Crates, originaire de Thracian Primaris et émissaire commercial pour la Guilde marchande franchisée de Sinésias, l’une des plus importantes compagnies commerciales de ce secteur. Il avait été invité par Namber Wylk, un négociant - le premier homme abattu par Eisenhorn dans la salle de bain - mais ignorait qui était Murdin Eyclone. Lorsque l’Inquisiteur lui demanda ce qu’était le Pontius, Crates fut pris d’une convulsion et décéda, Eyclone ayant intégré des sécurités dans son conditionnement. Puis l’appartement sauta, mais Eisenhorn eut la présence d’esprit d’agripper Fischig et de l’entraîner avec lui dans un roulé-boulé au travers de la porte de la terrasse, à l’instant même où le volet de sécurité contre les conditions climatiques de la planète s’abattait.

Les escouades de l’Arbites arrivées en renfort retrouvèrent Bequin qui fut mise en garde à vue sur les instructions de l’Inquisiteur. Eisenhorn revisita le lieu de l’attentat mais ne trouva rien, puis retourna dans son chasseur où Aémos avait trouvé un demi-million de citoyens portant le prénom de Pontius et deux cent mille de plus qui le portaient en deuxième prénom, avec encore quarante ou cinquante mille variantes orthographiques, sans parler des neuf mille marques déposées qui l’utilisaient ! Mais en analysant la tablette d’un vieux érudit, Grégor Eisenhorn vit un nom, celui d’un être malfaisant : Pontius Glaw, un hérétique tristement célèbre, mais mort depuis longtemps. [16]

En Route Vers Gudrun

« Bienvenue à bord de l’Essene, Inquisiteur. »
- Première phrase de bienvenue de Tobias Maxilla.
Pontius Glaw[17]

Pontius Glaw était mort depuis plus de deux cents ans quand Eisenhorn fit le lien entre son nom et l’affaire du "Pontius". Septième fils d’Oberon Glaw, l’un des grands patriarches de la lignée, il avait bâti une fortune grâce aux revenus du trafic d’esclaves et des combats de gladiateurs avant qu’un artefact ou un document ne lui tombe entre les mains, ou que les croyances étranges de certains des plus barbares des gladiateurs qu’il avait réduits en esclavage de l’atteigne, tombant, dans les pratiques hérétiques et blasphématoires. Pontius Glaw devint un adepte du Chaos, un adorateur des puissances les plus abominables et les plus obscènes qui hantent cette galaxie et il fonda une société secrète. Durant une quinzaine d’années, il se livra de plus en plus effrontément à des actes d’une vilenie inexprimable. Il finit par se faire massacrer en compagnie de ses séides, sur Lamsarrote, lors d’une purge inquisitoriale menée par le grand Absalom Angevin. La Maison Glaw participa à son élimination, dans une tentative désespérée pour démontrer qu’elle se désolidarisait de ses crimes, seul élément qui empêcha la famille tout entière de tomber avec lui. Néanmoins, Pontius Glaw était très loin d’avoir disparu et il marquera au fer rouge la vie d’Eisenhorn.

Eisenhorn décida de se rendre sur Gudrun et en attendant qu’un navire spatial vienne pour l’emmener, Bequin fut amenée dans son chasseur. Il s’est entretenu avec elle, écoutant le récit de sa vie difficile et découvrant qu’elle était en réalité une Intouchable dont la simple présence lui faisait mal, lui un Psyker. Bequin savait qu’elle ne pouvait plus rester sur Hubris, si bien qu’Eisenhorn lui proposa un arrangement : lui répondre aux sujets des hommes qui l’avaient engagé pour venir au 12 011, terrasse du Dégel - bien qu’elle en savait quasi rien - et en échange, il l’emmènerait sur Gudrun, voir même lui offrirait un travail. Bequin crut qu’elle devait assouvir ses désirs charnels, mais Eisenhorn la repoussa avec courtoisie, lui expliquant qu’elle fera partie de son équipe, conscient que sa nature d’Intouchable pouvait lui être utile comme arme anti-Psyker.

Il apprit de Betancore qu’un convoyeur, un vaisseau qui s’appelait l’Essene, commandé par un certain Tobias Maxilla, allait arriver dans l’orbite d’Hubris et qu’il acceptait de prendre l’Inquisiteur et son équipe à son bord, accueillant son chasseur dans sa soute avant de mettre le cap vers Gudrun.

Eisenhorn eut la surpris de voir Fischig débarquer dans son vaisseau, lui annonçant qu’il venait sur ordre de Carpel, le Haut Conservateur accordant la permission à l’Inquisiteur de partir afin de poursuivre son enquête à la condition qu’il emmène le Castigateur avec lui. Eisenhorn accepta afin de ne pas perdre son temps avec Carpel.

Il s’isola avec Lowink pour entrer dans une transe psychique afin d’analyser les objets d’Eyclone et de voir leur résonance dans le Warp. Durant le processus, il entendit le mot ou le nom "daesumnor" qu’il nota pour la suite de son enquête et dans l’espoir qu’Aémos trouve quelque chose, puis il analysa le mystérieux coffre d’Eyclone, y ressentant une présence froide, lointaine et dense, puissante, ténébreuse et déchirante. La liaison fut rompue et Eisenhorn et son Astropathe furent mal à l’aise devant la malveillance qui s’était dégagée du coffre.

Transe[18]

Eisenhorn pratiquait au sein de son chasseur, dans une cabine verrouillée, une demi-transe, une ancienne technique appris lorsque ses talents psychiques avaient été détectés par les tuteurs de l’Inquisition. En compagnie d’un Astropathe pour l’aider, il disposait des objets devant lui qui pouvaient se révéler être des indices importants. Dans le cas de son enquête, après la mort d’Eyclone par exemple, il mit des effets du renégat décédé, des objets collectés aux 12 011, terrasse du Dégel, et des pièces à conviction provenant de l’Hypogée. Puis l’Astropathe ouvra son esprit au Warp afin de filtrer la fureur de ses influx à travers son architecture mentale hautement évoluée, offrant à l’Inquisiteur un écho de son environnement, astropathiquement reproduit dans le Warp lui-même. Cela lui offrait le moyen d’observer les caractéristiques psychométriques des objets et de voir leurs signatures et leurs résonances dans le Warp.

Lorsque l’Essene arriva enfin en orbite le chasseur d’Eisenhorn s’envola, quittant Hubris. Il a atterri dans l’une des soutes de ce grand long-courrier commercial. En descendant, l’Inquisiteur rencontra le maître de l’Essene qui lui souhaita la bienvenue. Il se nommait Tobias Maxilla.

Maxilla et Eisenhorn sympathisèrent très vite dans un luxueux décor du salon de réception, avec boisson et amuse-gueule. Maxilla appris à l’Inquisiteur que Gudrun était une belle planète qui venait d’entamer un mois de festivités pour célébrer la création d’un nouveau régiment de la Garde Impériale.

Le voyage dans le Warp dura une semaine, au cours de laquelle Eisenhorn visita le musée de Maxilla. Là, le capitaine de l’Essene apprit à l’Inquisiteur qu’il avait menti à une question posée par Fischig peu avant, concernant Eyclone, expliquant qu’il avait reconnu le visage du traître que le Castigateur lui avait montré. Maxilla avait, lors de sa dernière escale sur Thracian Primaris, assisté à quelques réunions. Eyclone lui était apparu avec une bande de types à l’air patibulaire et Saemon Crates qui avait essayé de lui faire croire qu’Eyclone était accrédité par la Guilde Sinésias. Maxilla s’était vu proposer une somme convenable pour une traversée vers Gudrun, afin d’y prendre une cargaison pour l’amener à Hubris. Mais méfiant, le capitaine de l’Essene avait refusé.

Arrivant dans le système de Gudrun, l’Essene se plaça à la demande d’Eisenhorn à la périphérie du système, bien à l’écart des trajectoires commerciales locales encombrées qu’empruntaient la plupart des vaisseaux arrivant à Gudrun. Là, il put envoyer le corps de Vibben dans l’espace, un enterrement pour son Acolyte dont il regarda le corps s’éloigner dans le froid spatial au travers de l’épaisse vitre d’une baie de l’Essene. Puis sur le chemin du retour vers son chasseur, il avoua à Bequin sa nature d’Intouchable, ce qui bouleversa la jeune femme qui comprit pourquoi elle échouait à créer des relations dans la vie. Eisenhorn tenta de la réconforter lorsque Maxilla le contacta d’urgence pour l’inviter à le rejoindre sur le pont principal. L’Inquisiteur s’exécuta et vit depuis le pont d’immenses regroupements de vaisseaux en orbite de Gudrun.

Tobias Maxilla[19]

Tobias Maxilla était un vétéran parmi les navigateurs marchands qui parcourait les routes spatiales entre Thracian Primaris et les Grands Amas. Son visage était poudré de blanc et il portait un saphir sur la joue, en guise de mouche. Son imposante perruque à deux pointes était tissée de fils d’argent et il possédait de lourdes chevalières.

Quand Grégor Eisenhorn le rencontra la première fois dans l’orbite d’Hubris, il était en activité depuis cinquante ans avec son vaisseau, l’Essene. Au début de sa carrière, il avait commencé dans les produits de consommation en gros, puis qu’il s’était spécialisé dans les marchandises exotiques lorsque les grandes guildes franchisées avaient graduellement pris le contrôle du marché de gros. Maxilla avait accepté de convoyer l’Inquisiteur pour une somme relativement modeste, si l’on considérait le tarif qu’il aurait pu exiger - ayant été payé au moyen d’une lettre de crédit impériale.

En réalité, Maxilla vivait seul dans son vaisseau, son équipage étant seulement composé de Serviteurs, - chacun portant un masque d’or ciselé à l’image d’un visage humain d’une parfaite beauté classique. C’était un bavard avec de nobles manières, fier de sa réussite, mais qui se révéla être un excellent hôte, faisant visiter à Eisenhorn son musée exposant de belles pièces de tout genre. Eisenhorn découvrira vite qu’à partir de sa poitrine, Maxilla n’était pas humain, possédant un corps entièrement bionique et très sophistiqué, qui devait nécessairement être équipé de connexions neurales très élaborées.

Maxilla se révélera être un allié précieux pour Eisenhorn au cours de sa longue carrière, devenant le courtier favori de l’Inquisiteur ainsi qu’un réel ami qui lui restera fidèle et loyal jusqu’au bout.

Son vaisseau, l’Essene, était un long-courrier commercial, type Isolde classique. C’était un très beau navire, ressemblant à une tour colossale qui aurait été arrachée de ses fondations terrestres et qui dériverait paisiblement dans le vide. Il faisait à peu près trois kilomètres de long et sept cents mètres au moins dans sa plus grande largeur. À l’avant, il se terminait par une longue ogive effilée, semblable à une flèche de cathédrale faite de courbes gothiques superposées, barbelée d’épis et de crêtes couleur de bronze. Derrière ce museau tranchant, sa coque anguleuse s’élargissait pour former de robustes remparts de blindage rouge oxydé, enserrés et rivetés dans une armature de membrures d’acier noir. Des tourelles crénelées saillaient de son renflement dorsal et des mâts longs de cent mètres pointaient vers l’avant comme des défenses et d’autres mâts plus courts, pourvus de balises clignotantes, dépassaient de ses flancs et de son ventre. À l’arrière, la coque de ce mastodonte s’évasait pour abriter les cônes de quatre réacteurs noircis par la chaleur qui auraient chacun pu avaler une douzaine de chasseurs comme celui d’Einsenhorn en une seule fois.

Mais Maxilla lui appris qu’une inspection allait avoir lieu sur l’Essene, chose assez inhabituelle et qu’il voulait la présence d’Eisenhorn afin que la présence d’un Inquisiteur lui assure que rien ne soit saccagé. Bien que réticent à lui devoir une faveur, Eisenhorn accepta d’être présent pour le bon maintien de l’ordre. Une vedette de la Marine Impériale débarqua sur l’Essene et une douzaine de silhouettes imposantes et armées apparurent, tous vêtus de l’armure gris et noir de la sécurité navale, avec sur la poitrine l’écusson de la flotte Scarus. Leurs visages étaient dissimulés par leurs visières baissées et leurs respirateurs anatomiques en céramite moulée. Leur chef fit face à Tobias Maxilla, Eisenhorn et Fischig et annonça le début d’une inspection. Mais plein de soupçon devant les manières du chef, l’Inquisiteur lui fit remarquer qu’il ne s’était pas présenté à eux, tout en sortant son insigne impérial et lui annonçant son identité. Quand le chef entendit son nom, une fusillade démarra. Tous les soldats ouvrirent le feu, Eisenhorn et Fischig répliquant, soutenu par Maxilla qui tira avec une de ses bagues au doigt. Acculé dans le couloir, l’Inquisiteur Eisenhorn passa par une trappe, se retrouvant dans une étroite coursive technique permettant la maintenance des principaux mécanismes d’arrimage d’un sas. Poursuivi par ses agresseurs, il a atterri lourdement sur une plateforme, se retrouvant dans les entrailles de l’énorme mécanisme d’arrimage, mais fut blessé au bras lors d’une nouvelle fusillade. Descendu au fond du logement du titanesque mécanisme, il se retrouva face à un panneau de contrôle et tentant le tout pour le tout, il utilisa son insigne inquisitorial qui dissimulait une clé universelle miniaturisée dans son logement et la glissa dans la fente du terminal, l’enclenchant. Le mécanisme d’arrimage se désengagea, écrasant un soldat qui était sur ses talons, tandis que sur le pont au-dessus de lui, il y eut des déflagrations lorsque les énormes mécanismes passèrent de la position active à la position désengagée tuant deux des soldats ennemis. Dans sa manœuvre, il avait arraché la vedette des assaillants du flanc de l’Essene. Revenant dans les couloirs du navire, il fut rejoint par Betancore qui le sauva en abattant un ennemi dissimulé. Fishig avait été blessé ainsi que Maxilla, l’Inquisiteur découvrant que le capitaine du navire était à moitié bionique, mais qu’il survivra. Constatant que ces soldats étaient venus spécialement pour le tuer, l’Inquisiteur compris qu’il était mêlé à une conspiration importante.

Il reporta l’incident au commandement de la flotte Scarus par liaison astropathique confidentielle via l’Essene, entamant un dialogue vox avec les conseillers d’état-major de l’Amiral Lorpal Spatian qui envoya à bord le Procurateur Olm Madorthene, du Détachement disciplinaire de la flotte. C’était un homme sérieux et courtois qui désigna les agresseurs d’Eisenhorn de déserteurs issus des troupes enrôlées par la Garde suite au recrutement en cours sur Gudrun pour former le 50e Régiment de Fusiliers Gudrunites en vue d’une croisade dans le sous-secteur Ophidien. Mais Eisenhorn avait vérifié le journal des communications de l’Essene et avait découvert que l’ordre de l’aborder était arrivé par lien astropathique et non par vox. Or, la vedette des déserteurs n’avait pas d’Astropathe, prouvant que quelqu’un avait guidé ses hommes vers lui pour le tuer spécifiquement, bien loin d’un simple concours de circonstance de déserteurs cherchant un navire au hasard pour fuir. Il obtint du Procurateur et de ses supérieurs qu’ils fassent croire qu’il avait été tué.

Laissant Fischig en convalescence avec Maxilla - qui accepta de l’attendre en échange d’un remboursent des pertes éventuelles de revenus - il partit avec le reste de son équipe, utilisant de nouveaux identifiants qui les faisait passer pour une délégation commerciale en provenance d’, spécialisée en semences génétiquement modifiées, et désireuse d’éveiller l’intérêt des nobles domaines de pour ses semences faciles à entretenir et insensibles aux nuisibles, maintenant que le recrutement militaire avait appauvri leurs bassins d’emploi.[20]

Un Conflit de Juridiction avec l'Inquisiteur Commodus Voke

« Nous avons un… conflit de juridiction. »
- Commodus Voke face à Grégor Eisenhorn.

Eisenhorn arriva dans la magnifique ville de Dorsay, se posant à Giova, l’astroport municipal de la cité située sur une île en face de Dorsay, avec Midas, Aémos et Bequin, déguisés en nobles négociants. Ils embarquèrent sur l’un des grav-skiffs, une longue embarcation à coussin d’air en forme de pointe de lance, et mirent le cap vers Dorsay, où ils prirent une suite au Dorsay Regency que Betancore piégea avec des détecteurs d’intrusion à charges incapacitantes intégrées.

Gudrun[21]

Gudrun était la capitale d’origine du Sous-secteur Helican, Secteur Scarus, Segmentum Obscurus. Fière de sa culture humaine depuis trois mille cinq cents ans, son gouvernement était féodal et contrôlé par de puissantes maisons aristocratiques dont l’influence et l’autorité s’étendaient sur trois douzaines d’autres mondes dans le Sous-secteur Helican. Si Thracian Primaris était une immense plaque tournante du commerce et de l’industrie, la plus peuplée et la plus productive de la région, Gudrun en était le cœur culturel et administratif. Selon les estimations, le total des fortunes combinées de ces maisons aristocratiques pouvait rivaliser avec les revenus commerciaux générés par la production des Ruches de Thracian. Gudurn perdra son statut de capitale au profit de Thracian Primaris suite à l’affaire du Nécroteuque.

Puis ils mirent le cap vers la Guilde marchande royale franchisée de Sinésias dans le district commercial de Dorsay, Bequin jouant le rôle de la femme aristocrate d’Eisenhorn à la perfection. Ils y furent accueillis par le chambellan de la Guilde. Eisenhorn se fit passer pour un dénommé Farchaval, marchand à Hesperus venu établir des accords commerciaux avec les grandes maisons de ce monde, pour l’importation et l’exportation de semences céréalières et qu’il espérait que la Guilde Sinésias pourrait lui offrir le service de courtage nécessaire. Il utilisa le nom de Saemon Crates, l’homme interrogé et exécuté par la suite sur Hubris, le faisant passer pour son contact commercial. Jouant son rôle, Bequin fit croire qu’ils étaient déjà en contact avec une autre Guilde, convainquant le Chambellan de leur faire un très bon accueil et d’organiser un rendez-vous au plus vite avec le représentant de la Guilde Sinésias qui arriva peu de temps après, un dénommé Macheles. Eisenhorn rejoua son numéro de négociant de céréales modifiées génétiquement qui pourrait très facilement être cultivée par les propriétaires terriens de la Guilde, faisant croire que d’autres guildes étaient déjà intéressées. Eisenhorn appris du représentant que les cultures d’origine Xenos n’étaient pas un problème - notant qu’une petite enquête inquisitoriale sur cette entorse à la loi devra être effectuée - et parvint à obtenir un rendez-vous avec la Maison Glaw qui était liée à la guilde.

Retournant au Dorsay Regency, une communication de Lowink lui apprit que Maxilla avait découvert que le vaisseau qui avait transporté Eyclone sur le trajet Gudrun-Hubris se trouvait en orbite, le Scaveleur, dont le commandant était un certain Effries Tanokbrey, qui se trouvait déjà sur la planète.

Il reçut plus tard un message lui confirmant son invitation dans la demeure de la Maison Glaw.


Commodus Voke[22]

Très vieux Inquisiteur lorsqu’Eisenhorn le rencontra, Commodus Voke avait un visage ridé et tanné qui ressemblait au noyau desséché d’un fruit. On pouvait deviner sa gorge à l’encolure de sa robe et déceler quelques signes des améliorations augmentiques qui devaient sans aucun doute soutenir son corps déformé par l’âge.

Commodus Voke était un grand Inquisiteur avec une réputation qui le précédait. C’était un intraitable Puritain par éthique, versant pratiquement dans la ligne la plus radicale des Monodominants. Il avait de remarquables capacités psychiques et on pense que ses croyances se rapprochaient de la doctrine Thorienne. Lors de son noviciat, trois cents ans avant sa rencontre avec Eisenhorn, il avait servi sous les ordres du légendaire Absalom Angevin et avait depuis joué un rôle clé dans certaines des purges les plus totales et impitoyables de toute l’histoire des secteurs. Il mena sous le commandement d’Angevin la purge au cours de laquelle Pontius Glaw avait été anéanti. Tout au long de sa carrière, il restera convaincu, comme son défunt maître avant lui, que la famille Glaw était corrompue. Alors qu’il menait une poursuite contre une secte sur Sader VII, il avait découvert des pistes suggérant que cette secte était sous la tutelle d’un culte plus important et quasiment indécelable, de même que plusieurs autres groupes mineurs. Un culte de grande envergure, très puissant, ancien et bien dissimulé, dont l’influence s’étendrait sur de nombreux mondes. Certaines de ses pistes le menèrent à Gudrun et le fait que ce monde était la planète ancestrale des Glaw constituait, à son avis, une coïncidence un peu trop belle. Tout cela le mènera à croiser la route d’Eisenhorn sur Gudrun.

Voke privilégiait les méthodes directes et agissait à découvert, car il considérait la furtivité, la coopération et les subterfuges comme des concepts dégradants - ce qui le mettait en totale opposition avec Eisenhorn sur cette question. Pour atteindre ses objectifs, il utilisait tout le poids de son statut, avec la terreur engendrée par celui-ci, afin de se rendre où bon lui semblait et exiger le maximum de tous ceux qu’il rencontrait. Selon l’expérience d’Eisenhorn, l’approche répressive et la politique de la terreur fermaient autant de portes qu’elles en enfonçaient.

Néanmoins, sans devenir des amis, Eisenhorn et Voke se respecteront et travailleront ensemble pour combattre les ennemis de l’Imperium, leurs méthodes se révélant au final complémentaires.

Mais ayant une journée avant de profiter de cette invitation, il se décida à trouver Effries Tanokbrey, envoyant un message officiel pour soi-disant faire une demande à louer ses services pour une traversée interplanétaire, via un drone qui s’envola du bureau des messages. Cela offrit à Eisenhorn et à son équipe un moyen de trouver rapidement le commandant du Scaveleur. Ils atteignirent un secteur connu pour ses tavernes et ses cabarets, l’Inquisiteur repérant sa cible qui renvoya le drone pour lui apprendre qu’il n’était pas à louer. Il suivit Tanokbrey et l’interpella, ne recevant de sa part qu’insultes et hostilités, mais dès que l’Inquisiteur prononça le nom de Murdin Eyclone, cela déclencha une bagarre, les hommes de Tanokbrey s’en prenant à Eisenhorn qui les assomma. Tanokbrey tenta de l’abattre avant de s’enfuir et de prendre un grav-skiff, Eisenhorn le poursuivant sur une moto anti-grav. Mais le fuyard déclencha la pagaille dans le canal où il fonçait, provoquant des incidents, notamment avec des chaloupes pleines de soldats qui tentèrent de l’accoster. Tanokbrey tira et reçut en échange des tirs provenant d’une vingtaine de Fusils Laser qui le réduisirent en charpie avec son embarcation volée, le générateur explosant, et faisant du défunt commandant du Scaveleur le premier trophée des jeunes conscrits du 50e de Fusiliers Gudrunites.

Déçu devant son échec à mettre la main sur celui qui avait emmené Eyclone sur Hubris, Eisenhorn retourna dans sa chambre du Dorsay Regency lorsque Betancore le contacta pour l’informer d’une tentative d’intrusion. Il rejoignit son ami vers la porte principale alors que quelqu’un était en train de crocheter la serrure et lorsqu’elle s’entrouvrit, l’Inquisiteur vit que les intrus avaient neutralisé les charges incapacitantes. Une mince baguette télescopique s’étendit depuis l’étroite ouverture de la porte avec un senseur optique pour examiner la pièce. L’Inquisiteur prit la baguette et la tira énergiquement, attirant un homme qui s’étala à l’intérieur de la pièce. Une bagarre se déclencha entre cet intrus et Eisenhorn, mais prit rapidement fin quand un vieillard aux capacités psychiques neutralisa Betancore en le forçant à baisser ses armes avant de tenter de faire de même sur Eisenhorn, secondé par le premier intrus. L’Inquisiteur fut mis en difficulté, mais repris l’ascendant lorsqu’Aémos et Bequin arrivèrent, la présence psychiquement négative de la jeune femme annulant les énergies psychiques d’un seul coup, permettant la neutralisation définitive des deux intrus.

Le vieillard menaça Eisenhorn en lui annonçant être l’Inquisiteur Commudus Voke. Eisenhorn l’accueillit alors en lui annonçant à son tour son titre, Voke déclarant alors qu’ils étaient dans un conflit de juridiction. Voke expliqua qu’il était entré par effraction dans les appartements d’Eisenhorn suite à la mort d’Effries Tanokbrey. En effet, le vieux Inquisiteur menait depuis des mois une enquête très complexe sur Tanokbrey et était sur le point de le capturer lorsque Eisenhorn l’avait pourchassé, menant à la mort de sa proie. Après avoir découvert le nom de couverture d’Eisenhorn - Farchaval - Voke avait voulu mettre la main sur sa personne. Le sentiment de conflit d’intérêt a grandi entre eux lorsque Voke souligna qu’il était lui aussi intéressé par la Maison Glaw. Mais Eisenhorn lui proposa d’unir ses efforts aux siens, lui expliquant en substance les activités d’Eyclone sur Hubris et lui exposant la connexion avec la Maison Glaw et Gudrun par le lien du mystérieux Pontius. Cela éveilla l’intérêt du vieil homme, lui même enquêtant sur des sectes du secteur sous la férule d’une organisation plus importante ayant sa base sur Gudrun même. Il apprit à Eisenhorn qu’il observait des sectes depuis des mois et avait noté que leur comportement avait changé au moment approximatif des évènements sur Hubris. Malgré ses fouilles dans la demeure des Glaw qui avaient été coopératifs, Voke n’avait rien trouvé, mais Eisenhorn proposa de changer de méthode, car si les Glaw savaient que Voke était un Inquisiteur, il ignorait que le seigneur Farchaval en était un. Voke exigea que son apprenti, l’homme qui s’était battu avec Eisenhorn, vienne avec lui. Il se nommait Golesh Constantine Pheppos Heldane et devait servir d’observateur sur le terrain. Eisenhorn accepta. [23]

Le Pontius

La Famille Glaw[24]

La famille Glaw était une ancienne lignée, une noble dynastie très entreprenante qui jouait un rôle de premier plan dans le sous-secteur Helican depuis plus d’un millénaire. Leurs principaux intérêts et propriétés se trouvaient sur Gudrun. La Maison Glaw faisait également partie des actionnaires et des investisseurs les plus importants de la Guilde marchande royale franchisée de Sinésias. Mais surtout, elle cachait un terrible secret.

Le lendemain, accompagné de Bequin, d’Aémos, de Betancore et d’Heldane, Eisenhorn se rendit chez les Glaw pour sa réunion commerciale, emmené par la Guilde marchande royale franchisée de Sinésias via une navette atmosphérique. Il arriva dans la magnifique demeure aristocratique des Glaw, un corps de bâtiment principal à trois étages, de style néo-gothique, édifié au sommet d’une falaise et avec des murailles, assez grande pour loger la population d’une petite ville.

Débarquant dans la cour, entouré de serviteurs et gardé par les gardes des Glaw, Eisenhorn et sa suite furent escortés jusqu’à un atrium et rencontra Lady Fabrina Glaw qui lui souhaita la bienvenue et lui fit rapidement visiter le bâtiment principal. Au dîner qui accueillait plusieurs autres délégations commerciales, dans une salle de banquet aux proportions colossales, l’Inquisiteur observa Urisel Glaw, le commandant de la milice et son frère aîné, Oberon Glaw, seigneur en titre de la Maison Glaw. Assis à la troisième des cinq tables du dîner, il repérera un riche capitaine, un certain Gorgone Locke, ainsi qu’un administrateur de la Maison Glaw, Kowitz, un vieil Ecclésiarque du nom de Dazzo. Tous semblaient très proches de l’aristocratique famille.

Après le dîner, il rejoignit la suite qui lui avait été attribué, s’entretenant avec Betancore et Heldane qui avaient effectués des reconnaissances, posant des mouchards, des capteurs vox et quelques senseurs pix reliés à un réseau complexe de systèmes d’alarme, ce qui permis de leur prouver qu’il y avait des salles souterraines à lesquelles Voke n’avait pas eu accès lors de sa visite de la demeure des Glaw. Eisenhorn enfila une combinaison isolante en matière synthétique noir mat, s’équipa d’un harnais garni des poches de matériel et se faufila à l’extérieur, descendant le long d’une façade, avant de mettre le cap vers les hangars des vedettes, le repérage de Betancore et d’Heldane ayant indiqué un point d’accès au réseau des caves à cet endroit. Face à l’entrée, il vit un clavier lui demandant un code d’accès. Se fiant à son instinct, il tapa "daesumnor", le mot qu’il avait entendu lors de sa transe sur Hubris. Par miracle, la porte s’ouvrit, et l’Inquisiteur emprunta des couloirs se situant à dix mètres sous terre. S’approchant furtivement d’une pièce ressemblant à un salon, il entendit des voix et vit qu’il s’agissait d’Urisel Glaw, de Gorgone Locke et de deux inconnus. Il discutait de négociations entreprises avec des dénommés "Saruthis". Les laissant à leur débat, Eisenhorn continua son exploration, avant de débarquer dans une chambre ressemblant à une espèce de chapelle où il croisa dans l’ombre Kowitz qu’il assomma violemment. C’est là qu’il vit sur l’autel noir, façonné dans un unique bloc d’obsidienne une pierre vitreuse qui semblait luire d’un éclat intérieur. Un reliquaire incrusté de joyaux, d’à peu près trente centimètres de côté, était posé dessus. Soulevant délicatement le couvercle à l’aide d’une lame de couteau, Eisenhorn vit une sphère très élaborée, un morceau de quartz de forme irrégulière, de la taille d’un poing, incrusté de circuits d’or et de fils tressés de manière très complexe, comme une énorme gemme non taillée qui aurait été sertie dans une étrange monture.

C’était le Pontius.

Malheureusement, Kowitz se réveilla et pointa un Pistolet Laser droit sur lui, lui ordonnant de s’éloigner. Eisenhorn lui envoya un aiguillon psychique qui aurait dû l’abattre, mais à sa grande surprise, il ne passa rien. Jouant sur l’effet de surprise, l’Inquisiteur s’empara de son arme à feu et l’abattit, mais se rendit compte que Kowitz avait bloqué les codes d’accès, le piégeant dans un champ de force scintillant. Urisel Glaw et plusieurs hommes de sa milice apparurent de l’autre côté du champ de force. C’est alors que, venu de quelque part derrière lui, quelque chose de psychique, de ténébreux et de monstrueusement puissant se rua dans son esprit, le plongeant dans l’inconscience.

Eisenhorn se réveilla dans une cellule, ressentant une grande douleur, étendu, bras et jambes écartées, poignets et chevilles écorchés par des menottes qui le retenaient sur une énorme croix de bois. Urisel Glaw avait trouvé son insigne inquisitorial, lui déclarant ne pas avoir peur de l’Inquisition et qu’il avait enfermé ses camarades dans des cellules. L’Inquisiteur vit en face de lui Oberon Glaw, Gorgone Locke et un inconnu. Puis Locke s’avança vers lui, avec un gantelet de métal qui était une pénitence neurale strousiienne, provoquant des élancements de douleur et des spasmes à partir de points de pression du corps. Locke lui brûla quelques points de son visage.

Grégor Eisenhorn ne pourra alors plus jamais sourire durant des siècles suite à cette torture, mais retrouvera cette faculté suite à des évènements futurs.

Il se vengea en lui arrachant un morceau de sa lèvre inférieure avec sa bouche, mais Urisel Glaw ordonna qu’il reste en vie. La suite de l’interrogatoire fut effectuée par Oberon Glaw, Eisenhorn lui apprenant qu’il venait pour le Pontius, pensant les tuer de la même manière que Saemon Crates sur Hubris en prononçant ce mot, mais il ne se passa rien. Ces tortionnaires comprirent qu’il ignorait ce qu’était le Pontius, ni la nature de leur plan, mais le torturèrent quatre heures supplémentaires pour en être sûr.[25]

La Chute de la Maison Glaw

Grégor Eisenhorn se réveilla torse-nu dans une nouvelle cellule, en compagnie d’Aémos, de Bequin, d’Heldane, Macheles et quatre autres émissaires de la Guilde Sinésias qui l’avaient accompagné. Par chance, Betancore n’avait pas été capturé. Malgré son mépris qu’il exprimait pour sa personne, Heldane lui donna une capsule d’Admylladox, un anti-douleur qui éclaircissait l’esprit, car ils se trouvaient dans les arènes de la demeure Glaw… La grille de leur cellule s’ouvrit, et l’Inquisiteur avança dans un vaste amphithéâtre circulaire couvert d’un dôme élevé. Au-dessus du sommet d’un mur, il vit les membres de la Maison Glaw et leurs invités installés sur des gradins. L’arène accueillait quelques arbres, plantés çà et là, et un ou deux épaulements rocheux assez bas qui donnaient l’impression d’un paysage. Un râtelier d’armes rouillées se présenta à lui. Il s’empara d’une dague à garde en corbeille et d’une faux bizarrement recourbée à la lame découpée en dents de scie sur l’intérieur. Tout le groupe s’arma et un Carnodon - un prédateur originaire de Grundun qui mesurait six mètres et pesant plusieurs centaines de kilos - surgit de derrière un bouquet d’arbres. La bête déchiqueta Macheles alors qu’un second Carnodon apparut et fonça sur Eisenhorn qui l’esquiva. Il fonça sur une des bêtes qui avait vu Bequin et Aémos, lui abattant sa faux sur le dos, mais fini à terre avec une des énormes pattes du Carnodon l’écrasant et lui déchirant la poitrine. L’Inquisiteur s’en débarrassa en lui enfonçant la lame de sa dague au travers de ses deux mâchoires. Heldane en profita pour abattre une hache en plein sur le dos du grand carnivore, lui sectionnant l’épine dorsale avant de lui défoncer le crâne. Mais le second Carnodon s’en prit à l’apprenti de Voke et lui arracha la peau du crâne, lui labourant l’échine. Eisenhorn utilisa la lame recourbée de sa faux pour la planter dans le crâne. Mais il perdit son arme, mais fut aidé par Bequin qui lui lança un poignard par-dessus le dos de la créature. Il sauta sur le dos du monstre et lui planta le poignard dans le cou avant d’avoir l’idée de briser l’un des maillons de la chaîne qui retenait la bête. Libéré, le Carnodon s’attaqua au public, commettant un vrai massacre et déclenchant une fusillade avec les hommes de la milice des Glaw. D’une lance psychique rendue plus puissante par la rage et l’adrénaline, Eisenhorn tua un des gardes et prit son arme alors que la famille Glaw et ses lieutenants prenaient la fuite, à part Urisel Glaw. Le repérant, Eisenhorn tenta de l’atteindre, et fut couvert par Betancore apparu avec une arme, abattant des gardes pour défendre son ami Inquisiteur, parvenant même à toucher Urisel, qui s’échappa dans les tunnels de sa demeure. Eisenhorn le traqua, le retrouva et se battit contre lui, prenant le dessus tout en supportant une série d’injures hérétiques qui lui apprit l’allégeance des Glaw envers le Dieu du Chaos Slaanesh. Il l’assomma et l’attacha, Midas Betancore le rejoignant pour l’informer de l’assaut de soldats de la flotte de combat Scarus mené par Commodus Voke. Midas avait prévenu le vieux Inquisiteur lorsque Eisenhorn avait été capturé depuis le central de transmissions de la résidence Glaw.

La réaction de Voke avait été immédiate et dictatoriale quand il apprit que la famille Glaw séquestrait par la force un serviteur de l’Inquisition impériale et ses associés. Il avait fait mobiliser un détachement de troupes d’élite de la sécurité navale, l’opération recevant le nom de code "Pacification 505", 505 étant le marqueur topographique de la Maison Glaw. Quatre transports de débarquement blindés débarquèrent et grâce aux informations de Betancore qui avait fourni des détails logistiques, ainsi qu’une vision interne du déploiement de la milice, ils prirent d’assaut le domaine des Glaw et éliminèrent dans une bataille rangée les gardes du domaine, secondé par des Fusiliers Gudrunites que l’on avait sortis de leurs baraquements et expédiés à l’intérieur des terres pour leur donner un petit avant-goût des combats avant leur départ de leur monde natal. Plusieurs navettes orbitales du domaine des Glaw tentèrent de s’enfuir, mais furent abattues par des chasseurs envoyés par la flotte. Il fut soupçonné que la famille Glaw avait péri lors du crash de l’une de ces navettes.

La Maison Glaw avait été purgée. [26]

L'Insurrection du Capitaine Estrum

Tu ne Souriras Plus Jamais[27]

Les tortures qu’avait subies Eisenhorn dans la résidence des Glaw de la main de Gorgone Locke lui brûlèrent quelques points de son visage. Une fois libéré, l’Inquisiteur se rendit dans un Hospice Impérial à Dorsay sur le monde de Gudrun sur le Grand Canal, pour y faire soigner ses innombrables plaies et meurtrissures. Mais l’acharnement de Locke avait laissé des cicatrices plus durables et plus profondes, son système nerveux ayant subi de nombreuses blessures neurologiques, dont un bon nombre serait irréparable. Les augmenticiens de l’Officio Medicalis pratiquèrent des opérations de microchirurgie sur les neurotransmetteurs lacérés de sa colonne vertébrale, de son thorax, de son tronc cérébral et de sa gorge. Ils implantèrent plus de soixante sections de nerfs et de ganglions artificiels, mais Grégor Eisenhorn avait perdu une bonne partie de la sensibilité de ses cinq sens et de celle de mon œsophage. Du côté gauche, ses réflexes étaient émoussés et rien n’avait pu être fait pour son visage. Les connexions nerveuses avaient été totalement ravagées et il pourra plus jamais sourire, ni d’ailleurs avoir beaucoup d’autres expressions. Son visage, impassible, ne sera plus qu’un masque de chair.

Bien que très longtemps après cette épreuve, les choses changeront…

La résidence des hérétiques livrée aux flammes, Eisenhorn se remit des tortures subis, récupérant son insigne inquisitorial et ses affaires retrouvés par les forces impériales dans le domaine des Glaw.

Puis ce fut au tour de Commodus Voke de le retrouver, alors que la cinquantaine d’Acolyte du vieil Inquisiteur dépouillaient la noble maison des plus petits fragments pouvant servir de preuves. Eisenhorn lui montra le réseau des caves et le conduisit à la chambre du champ de force où Glaw l’avait pris au piège. Mais l’étrange artefact avait disparu de l’autel. Il en profita pour constater qu’il n’y avait plus le moindre signe d’écran psychique dans la pièce et en déduisit logiquement que c’était le Pontius lui-même qui était à l’origine de l’effet anti-Psyker qui l’avait neutralisé plus tôt.

Mais quand il parla à Voke des "Saruthis", mot qu’il avait entendu durant son infiltration dans les tunnels et prononcé par Urisel Glaw, ce dernier lui appris qu’il s’agissait d’une race Xenos vivant à la frange du sous-secteur, leur espace ayant été largement inexploré. Mais Voke était sûr d’avoir réglé l’affaire avec la destruction des Glaw, à l’inverse d’Eisenhorn.

Dix jours plus tard, de retour à Dorsay avec ses collègues, il travailla avec Aémos pour trouver des informations sur les complices des Glaw, notamment sur Locke qui s’avéra être un personnage mystérieux, presque mythique, dont le nom et la réputation étaient bien connus dans le sous-secteur Helican. Mais il fut impossible de trouver quoi que ce soit au sujet de ses origines, de sa carrière, de ses associés ou même de découvrir le nom de son vaisseau. Cet échec se répéta avec Dazzo, l’Ecclésiarchie n’ayant aucun homme de ce nom dans ses registres. Toutefois, Eisenhorn s’était souvenu avoir entendu durant le dîner de la part de Kowitz que Dazzo était lié à un ordre missionnaire financé par les Glaw sur Damask, une planète-frontière, située à l’extrême limite du territoire du sous-secteur Helican, se situant justement à quelques mois de traversée de la région inexplorée des énigmatiques Saruthis…

Avec son Astropathe Lowink, il récupéra l’image du visage de l’inconnu qui accompagnait Oberon Glaw et Gorgone Locke durant sa séance de torture, mais personne ne le reconnu. Mais le plus intrigant fut que l’image du Pontius lui confirma que cet étrange artefact était exactement de la taille et des dimensions désirées pour se loger dans la cavité du coffre d’Eyclone, récupéré à l’Hypogée Deux-Douze, confirmant qu’il s’agissait bien de l’objet qu’attendait Eyclone et la raison pour laquelle le massacre du mausolée d’hibernation avait eu lieu sur Hubris.

Alors que le Castigateur Fischig se remit de ses blessures et offrit à Eisenhorn une tablette antique d’une valeur inestimable, un recueil de poèmes édifiants composés par Juris Sathascine, vicaireconfesseur de l’un des Généraux de Macharius - un cadeau venant de Maxilla - la situation prit soudain une tournure beaucoup moins locale. Des nouvelles astropathiques informèrent la flotte de Scarus d’une série d’attentats à la bombe sur Thracian Primaris, le détournement et la destruction d’un transport de passagers en route pour Hesperus, une Ruche décimée par une toxine virale sur Messina. Pire, un cuirassé de quatre cent mille tonnes, l’Ultima Victrix, explosa à l’ancre, la déflagration endommageant quatre vaisseaux ancrés à son voisinage. L’explosion fut interprétée, à tort, comme un signe d’attaque ennemie par plusieurs éléments de la flotte et une escadre de frégates sous le commandement d’un Capitaine se nommant Estrum se lança à l’attaque, prenant pour des intrus plusieurs destroyers de l’avant-garde et ouvrant le feu. Les pertes furent sévères et Estrum plongea dans le Warp avec une escadre mobile de quinze vaisseaux. L’Amiral Spatian lui donna la chasse avec une flottille de huit croiseurs lourds, mais reviendra bredouille. Des enquêtes prouveront que l’Ultima Victix avait été saboté.

Eisenhorn fit le lien entre le culte de grande envergure dont lui avait parlé Voke et qui superviserait de nombreuses cellules et cabales dans le secteur, en déduisant que les Glaw dirigeaient cette conspiration bien qu’il soupçonnait l’existence d’une autorité plus élevée impliquée dans cette affaire. [28]

La Récupération du Pontius sur Damask

Le Schisme Hélicanien[29]

La destruction de la Maison Glaw déclencha une série d’attentats et de soulèvements dans les mondes du sous-secteur Helican. Des révoltes éclatèrent dans toute la périphérie de la capitale de Sameter tandis que deux gigantesques Ruches de Thracian Primaris entrèrent même en rébellion ouverte, les rebelles arborant les symboles du Chaos, ce qui reporta les projets de croisade dans le sous-secteur Ophidien tandis qu’Hesperus sombra dans la guerre civile. Les manuels d’histoire impériale feront référence à cette déplorable et scandaleuse période sous le nom de Schisme Hélicanien. Elle dura huit mois et fit des millions de victimes dans la guerre ouverte qui fit rage sur ces trois planètes, sans compter les centaines d’incidents moins importants qui éclatèrent sur d’autres planètes, y compris Gudrun. Abasourdies devant ces débordements sans précédent, les autorités furent frappées d’immobilisme, y compris les Inquisiteurs.

Les actions d’Eisenhorn pour mettre hors d’état de nuire les membres survivants des Glaw et leurs alliés mettront à terme à cette guerre civile.

Suite à la fuite du Capitaine Estrum, Grégor Eisenhorn alla rendre visite à Urisel Glaw qui était détenu à la Basilique impériale et où il subissait des tortures de la part de Voke. En arrivant sur les lieux, il rencontra son ami, l’Inquisiteur Titus Endor, qui lui apprit l’arrivée de nombreux autres collègues sur ordre du conclave du secteur, car des liens entre plusieurs affaires différentes pointèrent tous vers les Glaw.

Face à Urisel Glaw dont le corps avait été brisé, mais qui conservait le silence, Eisenhorn rencontra l’Inquisiteur Schongard qui lui expliqua que les sondes psychiques contre Urisel ne servaient à rien et que sa résistance était hors norme. Eisenhorn comprit que Glaw résistait, car il était convaincu qu’il recevra une récompense qui l’aidait à supporter les attentions prolongées des meilleurs tourmenteurs de l’Inquisition.

Mais dans les jours qui suivirent, le sous-secteur entier sombra dans une guerre civile suite à des soulèvements de cultistes, évènement qui sera connu comme le Schisme Hélicanien.

Bien décidé à mettre fin à cette folie, Eisenhorn et son équipe mirent le cap vers Damask.

Tobias Maxilla l’emmena vers Damask à bord de l’Essene et une fois arrivée en orbite, l’Inquisiteur débarqua sur cette planète, sur un plateau accueillant un pylône de lithociment qui commémorait l’atterrissage des tout premiers colons arrivés sur la planète il y a longtemps. Avec Midas et Fischig, il rassembla les pièces d’un landspeeder débarqué de la soute de son chasseur qui avait atterri à une distance raisonnable mais discrète des zones d’habitations locales. L’Inquisiteur ne s’était pas attendu à ce que Damask soit aussi dépeuplé, les colons ayant mystérieusement disparu. Utilisant le landspeeder, il se rendit avec ses deux compagnons vers les habitations des colons, laissant son chasseur sous la responsabilité du reste de son équipe. Après plusieurs kilomètres de route, l’équipe inquisitoriale trouva dans une étendue boueuse, près de la piste, les carcasses rouillées de deux engins agricoles à moitié enfouis dans le sol ainsi qu’une borne de silex taillé sur laquelle étaient inscrits les mots "Arpent de Gillian" en bas gothique. Ils avaient, sans s’en rendre compte, dépassé le village et y retournèrent, constatant l’absence des huit cents colons que les archives vielles de seulement cinq ans avec recensés. Ils trouvèrent une marque du Chaos à l’extrémité nord de la zone du village. Eisenhorn ordonna alors à ce qu’on le brûle.

Damask[30]

Ce monde du sous-secteur Helican était tavelé de traînées de couleur rouille et de forêts d’arbres globulaires ressemblant à des troupeaux de bestiaux bulbeux, déferlant tous ensemble contre les ondulations des étendues caillouteuses et produisant un bruit de bousculade cliquetante qui ressemblait à une rumeur de sabots tandis que des plumets de gaz s’élevaient au-dessus du troupeau d’arbres. Le paysage se résumait à des collines de silex noir, à d’épaisses forêts d’arbres globulaires, des lieues de buissons épineux, et des volcans grondants et couronnés de flammes, dont les émanations sulfureuses obscurcissaient le ciel de traînées brunâtres. Des régions de Damask étaient escarpées, avec des arbres enracinés qui étendaient des branches couvertes de sacs de gaz, comme des ballons de baudruche, qui leur donnaient l’air de lutter contre la gravité. Des Gobevents, de petits mammifères dotés d’ailes membraneuses, un peu semblables à des chauves-souris, peuplaient la planète de même que de grandes créatures sans tête, toutes en ailes déployées et en queue effilée, qui tournaient silencieusement sur les courants ascendants, comme d’immenses planeurs. Le paysage était déchiqueté, accidenté, avec une teinte bleutée due au silex et l’air était sombre et nauséabond. Au centre d’un plateau de Damask se trouvait un pylône de lithociment qui commémorait l’atterrissage des tout premiers colons arrivés sur la planète. Les inscriptions avaient été presque entièrement effacées par les éléments. Cinq établissements de colons s’y étaient installés, mais ils seront victimes de la malveillance des Glaw et de leur sombre allié.

Damask possédait quatorze satellites, la plus petite étant connue sous le nom d’Obol, un gros caillou cabossé, irrégulier, une pépite de nickel, de zinc et de sélénium de six cents kilomètres de diamètre dans sa plus grande largeur. Dépourvue d’atmosphère et criblée de cavités et de gorges, elle brillait d’un éclat vert chatoyant à la lumière de son étoile, ce qui accentuait encore le relief accidenté et les cratères de sa surface.

Puis Maxilla le contacta par vox, l’informant que ses scanners lui avaient révélé l’existence d’activités dans la région volcanique au sud de sa position. Reprenant le chasseur, l’équipe mit le cap vers les nouvelles coordonnées et arriva dans la zone volcanique étouffante de Damask. Reprenant le landspeeder, Eisenhorn et ses deux compagnons découvrirent une grande colonie à l’ombre d’un volcan, des machines, des générateurs et d’autres systèmes industriels, en fonctionnement sous des abris de toile de bâche. Ils repérèrent les restes de la colonie minière impériale originale, North Qualm, alors en ruine. Des gardes armés surveillaient des ouvriers exploités, le tout encadré de barrière de détecteurs de mouvement et de mines antipersonnel. Maxilla le contacta de nouveau pour l’informer qu’il se devait de se mettre à l’abri avec l’Essene pour ne pas être repéré, car douze vaisseaux étaient apparus du Warp et mettaient le cap vers Damask. Betancore découvrira plus tard qu’il s’agissait de la flotte régate du Capitaine Estrum.

Les choses se compliquèrent subitement lorsqu’un avec son scope, Eisenhorn vit au milieu des superviseurs hérétiques de la colonie un véritable monstre : un Space Marine du Chaos des Emperor’s Children.

Retournant au chasseur, ils furent accueillis par Bequin qui leur apprit avoir capturé un homme crasseux en haillons. Ce pauvre hère était venu avec deux autres hommes autour du chasseur pour espionner, avant de s’enfuir et que Bequin ne l’attrape. Eisenhorn utilisa ses capacités psychiques pour le forcer à lui parler, apprenant qu’il se nommait Tymas Rhizor, originaire de l’Arpent de Gillian. Parlant un proto-gothique difficile à comprendre, ce fut Aémos qui continua l’interrogatoire. Ils comprirent que Rhizor était un descendant des colons de Damask et que lui et son peuple avaient accueilli la mission religieuse sous l’autorité de Dazzo qui, avec des ingénieurs et géomètres, s’intéressa à l’exploitation des carrières de North Qualm. Peu à peu, les colons furent exploités dans les mines, dépeuplant les colonies avant qu’une maladie d’un autre monde ne les décime. Quand l’activité volcanique se déclencha, le reste de la population avait été mis en esclavage pour accélérer l’exploitation minière. Rhizor avait, avec d’autres, pris la fuite.

Comprenant que Dazzo recherchait quelque chose dans le volcan, au point de déclencher l’activité volcanique, l’Inquisiteur lui montra des images psychiques de Dazzo et de Locke. Rhizor les reconnut, apprenant à l’Inquisiteur même que l’inconnu qui accompagnant les hérétiques et qui avait participé à la torture d’Eisenhorn dans la demeure des Glaw se nommait Girolamo Malahite, chef des géomètres et des ingénieurs.

Rhizor se proposa de guider Eisenhorn dans les mines et les excavations, afin de les mener dans un réseau de cavernes qui permettent d’accéder aux galeries de la mine. Laissant Betancore dans le chasseur en cas d’évacuation immédiate, l’Inquisiteur retourna à North Qualm avec Rhizor, Fischig et Bequin en pleine nuit. Rhizor les mena dans une série de petits bassins peu profonds, à moitié remplis d’une eau chauffée par l’activité géothermique et leur montra une étroite cavité masquée par des épineux et des cycas. Empruntant le conduit volcanique, l’équipe avança et atteignit une galerie d’exploitation avec un étrange un vieux dallage fait d’une substance terne et métallique, les dalles s’emboîtant parfaitement les unes dans les autres, en dépit du fait qu’elles étaient d’une forme octogonale irrégulière et qu’elles n’étaient pas symétriques, avec certains côtés trop longs. Pourtant, elles s’adaptaient pour former un ensemble tout à fait homogène. Ils trouvèrent des vestiges d’anciennes constructions avec une roche dure, blanche, avec des particules de mica. Bequin les identifia comme étant les tombeaux armillaires, car sur son monde natal, Bonaventure, de tels sites existaient, construits par des races préhumaines. Eisenhorn fit alors le lien avec les Saruthis, soupçonnant que les hérétiques cherchaient des artefacts archéoxéniques, et qu’ils se trouvaient dans un ancien site culturel de ces Xenos.

Mandragore Carrion[31]

Mandragore était un Space Marine renégat des Emperor’s Children qui s’était allié avec la famille Glaw afin de mettre la main sur le Nécroteuque, un tome du Chaos mythique et très puissant. Son visage était un masque de haine, blanc et poudré, inexpressif. Ses yeux vides étaient entourés d’un halo de poudre d’or et de peintures dermales pourpres et il avait une bouche sèche, sans lèvres, aux dents incrustées de perles. Son visage, qui paraissait seulement partiellement humain, semblait avoir été suturé sur son crâne dont les parties visibles étaient faites de plaques d’or façonné. Il répandait une écœurante puanteur de décomposition organique et de parfum sirupeux.

Continuant leur chemin, ils atteignirent l’entrée d’une gigantesque caverne, apercevant les esclaves en plein travail. Il vit arriver Gorgone Locke et Girolamo Malahite qui étudiaient une plaque de bas-relief tandis que Locke démembrait avec une scie automatique un garde qui avait eu le malheur de faire tomber et de briser une de ses plaques. Ils suivirent, en remontant le tunnel, les deux traîtres jusqu’au grand atelier modulaire à l’extérieur, empruntant une ruelle en ruine de North Qualm. Il repéra le Capitaine Estrum, l’Ecclésiarque Dazzo et surtout Oberon Glaw. Mais plus terrifiant, ils virent la terrifiante masse du Space Marine du Chaos derrière lui. Glaw et le Marine du Chaos - qui se nommait Mandragore Carrion - se disputait tandis qu’Eisenhorn était littéralement hypnotisé face à son sentiment d’horreur pure en regardant ce monstrueux géant et les abominables incantations inhumaines qui étaient inscrites sur toute sa personne. Il vit Mangragore essayé de frapper Glaw, mais se faire repousser par Dazzo qui se révéla alors être un très puissant Psyker, lui ordonnant de respecter leur pacte impie.

Mais les choses se gâtèrent, car suite à cet échange qui avait rendu tout les humains malades et terrifiés, Grégor Eisenhorn constata que Bequin, prise de panique, s’était enfui. Privé de l’écran de son aura d’Intouchable, il était à présent repérable psychiquement par Dazzo, qui le décela immédiatement.

Les alarmes se déclenchèrent et les gardes se précipitèrent vers Eisenhorn et Fischig, qui tirèrent tout en s’enfuyant. Locke toucha à l’épaule gauche Eisenhorn tandis que Rhizor fut abattu. Pourchassé dans les ruines de North Qualm à travers les restes des habitations, il contacta par vox Betancore pour une évacuation immédiate. Alors qu’Eisenhorn fit exploser une habitation avec une grenade, il sentit les tentacules psychiques de Dazzo tentant de s’emparer de lui. Il retrouva Bequin en pleurs dans un vieil appentis de pierre après avoir regardé les runes et les symboles de l’infâme Armure du Chaos de Mandragore. Eisenhorn traîna Bequin avec l’aide de Fischig, tandis que Betancore approchait, signalant être poursuivi par des chasseurs ennemis. Ils se réfugièrent dans un bâtiment modulaire à travers une lucarne, et dans une pièce très bien meublée, servant de bureau ou de salon privé de l’un des superviseurs de grade supérieur, il retrouva le coffre contenant le Pontius dans des affaires appartement à Glaw. Et lorsque le bâtiment se retrouva encerclé par les Traîtres et que le Space Marine du Chaos défonça le mur pour les abattre, Eisenhorn leva une grenade et menaça de se faire sauter avec le Pontius. Oberon Glaw ordonna à tous de reculer, laissant l’Inquisiteur, Bequin et Fischig sortir avec la caisse dans une cour où Midas Betancore posa le chasseur. Eisenhorn lui ordonna de pointer ses canons sur lui et le coffret au niveau de la rampe d’accès pour couper toute envie des Traîtres de l’attaquer et de rappeler les intercepteurs ennemis menaçant son aéronef. Ses exigences furent acceptées, tant la peur de la destruction du Pontius animait Glaw. Mais se reprenant, les hérétiques étaient au final prêts à l’abattre et risquer la fin du Pontius, sachant que s’il laissait l’Inquisiteur partir, ils ne pourront plus le récupérer. Eisenhorn chuchota à Bequin et à Fischig de jeter la caisse quand il le leur dirait, ce qui fut fait rapidement. Immédiatement, le chasseur décolla en trombe sous les tirs.

Mais à l’insu de tous, Grégor Eisenhorn avait pris le Pontius avant cet échange et l’avait caché dans son manteau.

L’Inquisiteur rejoignit le cockpit, Betancore l’informant du retour des intercepteurs ennemis tandis que la flotte renégate se déplaçait également pour les empêcher de quitter le système. Betancore fonça vers la lune verdâtre de Damask, du nom d’Obol, six intercepteurs le traquant toujours. Arrivé à un kilomètre de la surface de la lune, Betancore exécuta une manœuvre suicidaire, frôlant à toute allure le sol lunaire avant de louvoyer entre des falaises et des collines, plongeant dans de profondes vallées arides abritées de la lumière du soleil. Leurs poursuivants n’avaient pas tenté de les suivre, et se redéployaient pour tenter de les encercler. Le chasseur ralentit, afin de pouvoir se retrouver derrière l’un des intercepteurs qui fut abattu, en enchaînant un deuxième, un troisième, un quatrième et un cinquième. Betancore simula une avarie, faisant croire que le chasseur était condamné, et simula une chute mortelle dans une profonde caverne à la base du canyon. Eisenhorn et ses Acolytes attendirent quarante heures, le temps que les hérétiques cessent leur recherche, convaincu in fine de la mort de l’Inquisiteur.

Lowink apprit à Eisenhorn le départ de la flotte renégate et le chasseur retourna rejoindre l’Essene qui était sorti de sa cachette dès que la flotte hérétique eut quitté le système. Les astronavigateurs de Maxilla avaient calculé que les hérétiques avaient mis le cap dans les territoires stellaires interdits des Saruthis. Eisenhorn envoya une demande d’assistance à Gudrun par voie astropathique, par l’intermédiaire de Lowink, résumant la situation aussi précisément que possible, en fournissant tous les détails et les hypothèses qu’il pouvait, avec l’espoir que des renforts arriveront.

Puis dans une soute vide enfouie dans les entrailles de l’Essene, le coffre d’Eyclone fut amené et Eisenhorn y introduisit le Pontius. Une fois qu’Aémos eut connecté des câbles, le globe s’avéra parfaitement adapté au coffre. Restant seul avec Aémos et Bequin pour se protéger de l’aura psychique du Pontius, le coffre d’Eyclone et les circuits intérieurs, se mirent à rougeoyer et en un instant, les surfaces intérieures de la soute furent recouvertes d’une fine couche de cristaux gelés qui scintillaient comme des diamants.

Alors Eisenhorn l’appela Pontius Glaw et une voix artificielle lui répondit…[32]

Discussion avec un Monstre

« Je sais que votre vie et votre intellect ont été préservés dans cet objet, Pontius Glaw. Je sais que vous attendez depuis deux siècles, pris au piège dans cet état de vie suspendue, prêt à tout pour retrouver votre intégrité. C’est cela que votre famille vous a promis, n’est-ce pas ? »
- Eisenhorn lors de son premier échange avec Pontius Glaw.
Un Monstre Érudit[33]

Grégor Eisenhorn découvrit lors de ses conversations avec Pontius Glaw un personnalité incroyablement cultivée, capable de parler d’astronavigation, de musique sacrée ecclésiarchique, d’architecture, de démographie stellaire, d’armes anciennes, de vin fin, etc. Il était capable de citer de mémoire de longs extraits des chapitres et des versets des textes impériaux, d’ouvrages de philosophie et de poésie, ainsi que des grands textes de la tradition ecclésiarchique. Son savoir pouvait rivaliser avec celui d’Aémos, mais, s’il s’abstenait de toute déclaration hérétique susceptible de le faire condamner, il s’abstenait également de proclamer une véritable loyauté envers le Trône de la Lumière. Il prenait part aux conversations d’une manière subjective et dépassionnée, ne tentant pas de déguiser ses sentiments et de jouer le rôle du loyal citoyen. Eisenhorn se rendra compte que cela rendait parfaitement compte que ceci donnait la mesure du respect qu’il lui portait. Il ne faisait pas insulte à intelligence de l’Inquisiteur en essayant de lui mentir.

Leur discussion d’histoire encore plus souvent que de politique et d’éthique montra encore sa culture immense, mais, pour aussi de l’enthousiasme, de l’appétit. Pontius Glaw ne posera jamais la question directement, mais il était clair qu’il avait grande envie d’apprendre tous les détails sur les événements advenu au cours des siècles écoulées depuis sa mort. Eisenhorn lui donnera quelques réponses et lui fera parfois, volontairement, la description de certains événements, de changements politiques marquants et de victoires impériales. Dès le départ, l’Inquisiteur avait décidé de ne mentionner aucune défaite ou perte impériale, afin de ne pas donner d’occasion à Glaw de se réjouir, forgeant l’image d’un Imperium beaucoup plus fort et plus sain qu’il ne l’avait jamais été. Mais même ainsi, Glaw sera enchanté, car ce fut pour lui de précieuses images d’une galaxie dont il avait été séparé depuis très longtemps.

Le Pontius était en réalité un appareil maléfique qui avait conservé la conscience de l’hérétique Pontius Glaw des siècles après sa mort. Pontius Glaw se rappelait des promesses d’Urisel Glaw qui avait promis de le ramener à la vie grâce au sacrifice de la noblesse d’Hubris afin que leurs énergies vitales soient injectées en lui au moyen de ce coffre et afin de lui donner le pouvoir de recréer un corps par lui-même. Glaw possédait des pouvoirs psychiques impressionnants, et tenta de tuer Eisenhorn qui eut la vie sauve grâce à l’aura d’Intouchable de Bequin.

Eisenhorn se présenta à lui, lui annonçant être son prisonnier et lui ordonnant de répondre à ses questions, sinon il s’assurera de sa désintégration. Il lui fit croire que sa famille était entre les mains de l’Inquisition et que le projet Hubris avait été abandonné à la dernière minute pour quelque chose d’autre. Mais Glaw se révéla être un être très intelligent, comprenant qu’Eisenhorn lui mentait. Un jeu s’étalant sur trente semaines allait se mettre en place entre eux, durant le trajet jusqu’à l’espace Saruthi, et qui avait pour enjeu de découvrir les projets des hérétiques Glaw et de leurs alliés.

Tous les jours de cette période, Eisenhorn se rendis dans la soute avec Aémos et Bequin. D’abord, Pontius Glaw les injuriait et leur envoyait des attaques psychiques bloqués par l’aura de Bequin, puis l’Inquisiteur changea de tactique et entrepris de discuter avec lui de tous les sujets qui lui venaient à l’esprit. Finalement, les discussions commencèrent et Grégor Eisenhorn eut la grande surprise de découvrir un être d’une fabuleuse culture, instruit dans de nombreux domaines.

Pontius Glaw avait soif de contacts avec le monde réel, vivant et plein d’animation. S’il resta sur ses gardes, Pontius Glaw se réjouissait clairement de ces conversations. Ils discutèrent de politique impériale et d’éthique, deux sujets sur lesquels Pontius se révéla d’une étonnante culture. Il ne s’égara jamais, ne se permit jamais de professer une croyance ou un concept qui puisse être qualifié de contraire aux principes de l’Imperium, comme s’il avait bien compris que l’aveu d’une telle opinion signifierait nécessairement la fin de son entente avec l’Inquisiteur. À l’occasion, Eisenhorn lui laissa même la possibilité de le faire, par des ouvertures dans la conversation qui lui fournissaient à la fois la latitude et la possibilité de critiquer les actions de l’Empereur-Dieu et le gouvernement de Terra. L’hérétique résista à la tentation, car il ne voulait pas risquer d’être privé de sa relation avec son geôlier.

Eisenhorn resta sur ses gardes face à la dangerosité qui émanait de Glaw et face à son intelligence brillante et pénétrante, pouvant se montrer charmant, plein d’esprit et formidablement cultivé. L’Inquisiteur mit donc en place un stratagème : il demanda à Alizebeth Bequin de jouer le rôle d’une traîtresse mécontente de son sort, rejoignant Pontius Glaw discrètement pour gagner peu à peu sa confiance. Elle joua son personnage avec beaucoup de patience et un talent pour la comédie subtilement dosé. Eisenhorn accentua la comédie en soulignant, quand il entrait dans la soute, que le coffre de Pontius Glaw semblait avoir été bougé. Bequin discuta avec Pontius en lui révélant les détails de guerres impériales et dépeignant un tableau moins prestigieux que ce qu’Eisenhorn - à dessin - avait raconté à Glaw.

Finalement, il avoua à Bequin que ses alliés hérétiques avaient pour but de retrouver un livre : le Nécroteuque.[34]

Les Saruthis[35]

En parallèle à ses discussions avec Pontius Glaw, Eisenhorn étudia les archives concernant les Saruthis. Peu de choses étaient connues de ces Xenos, car seulement une poignée de contacts officiellement avaient été enregistrés au cours des deux mille dernières années entre eux et l’Imperium. La seule certitude était que la culture saruthie était une culture Xenos très ancienne, coupée du reste de l’univers, mystérieuse, établie en dehors des limites de l’Imperium. Ils étaient techniquement évolués, matures et fermement implantés, mais rien n’étaient connus de leur type de culture, de leurs croyances, de leur langage.

Eisenhorn en apprit plus de Maxilla qui lui révéla que lorsqu’il était beaucoup plus jeune, il avait voyagé dans l’espace saruthi, à bord d’un vaisseau indépendant, le Promethean, sous les ordres du Capitaine Vaden Awl, qui avait cherché un accord commercial avec cette race inconnue, ou au moins parvenir à piller leurs trésors. Mais les Saruthis avaient joué des tours aux émissaires commerciaux mandatés par Awl, se cachant et les tourmentant à cause de leurs mondes qui étaient sinistres, déconcertants et déstabilisants à cause d’"angles". En effet, les Saruthis possédaient une architecture en mosaïque, irrégulières, octogonales, parfaitement imbriquées, ajustées de façon impossible, en dépit de leur forme.

Physiquement, les Saruthis ressemblaient à des araignées ou à des crustacés, mais les deux comparaisons n’étaient pas entièrement exactes. Leur corps était plat et gris, soutenu par cinq membres aux articulations placées de telle façon que la jointure médiane principale s’élevait plus haut que leur torse horizontal. Il n’y avait aucune symétrie dans l’agencement de leurs membres ou leur façon de se mouvoir. Ils se déplaçaient d’un pas irrégulier, sans ordre ni répétition et le seul fait de les voir marcher était dérangeant. Chacun de leurs membres - qui ressemblait abominablement à une main humaine à la peau grise - leur permettait de tenir une barre transversale dont était équipée chaque échasse argentée qu’ils tenaient grâce aux doigts terminant leurs membres et qui les surélevait encore à un mètre de plus au-dessus du sol. Leurs têtes étaient des objets oblongs posés sur d’épaisses colonnes de chair sans os s’élevant de la surface supérieure de leurs corps. Ils avaient de longs crânes, sans bouche ou yeux apparents, mais ils avaient une sorte de groin pourvu de plusieurs fentes semblables à des narines. La disposition de ces narines n’était pas plus symétrique que tout le reste, pas plus que la forme de leurs crânes, et leurs cous étaient décentrés par rapport à leur dos. C’étaient des êtres répugnants, détestables. Chaque créature faisait à peu près deux fois la masse d’un homme et était constituée d’une chair grise et luisante. Les Saruthis avaient une allure anormale, dans leur conformation physique, leurs mouvements, leurs formes. Chaque membre cliquetant, chaque tête oscillante, trahissait leur nature impie, montrant qu’ils étaient corrompus, détournés de toutes les grâces de la civilisation et de toute compréhension humaine des canons de l’esthétique. Leurs corps et leurs membres étaient si irréguliers qu’ils semblaient totalement illogiques, comme si, ainsi qu’il en était pour les arches et les dalles, la somme de leurs angles ne pouvait exister dans la réalité.

Mais le plus horrifiant était la méthode de communication des Saruthis avec les humains : leurs longs doigts caoutchouteux se tordaient et se contorsionnèrent, s’enroulant les uns aux autres pour composer la forme d’un visage humain et parlaient à travers la bouche de ce visage…

Le Pistage du Nécroteuque

Après trente semaines de voyage, l’Essene émergea dans l’espace réel, à l’intérieur du système désigné sous le nom de KCX- 1288 au sein de l’espace saruthi. Rapidement, le navire dû trouver un moyen de se mettre à l’abri de ce système hautement radioactif, l’étoile s’effondrant alors sur elle-même. L’Essene parvint à trouver le sillage laissé par la flotte des hérétiques qui s’avérera s’être divisée en deux, le gros de la troupe quittant le système tandis que l’autre groupe avait avancé à l’intérieur du système. Suivant cette dernière piste, l’Essene arriva dans l’un des mondes intérieurs, une sphère à moitié détruite, galeuse et dévastée et dont la surface était parsemée de croûte et de failles énormes. Se rapprochant très près de cette planète sans atmosphère, l’Essene repéra une immense blessure béante, large d’un millier de kilomètres, à la surface de ce monde. Malgré la dangerosité de la manœuvre, l’Essene pénétra à l’intérieur de la faille, se dirigeant vers le cœur de ce monde. Eisenhorn et ses alliés découvrirent alors des arceaux anguleux, une espèce d’arche de quatre-vingts kilomètres de largeur, au fil de leur progression et dont l’origine semblait clairement d’origine saruthie. L’Essene déboucha enfin dans un espace dégagé, naviguant tranquillement dans une douce et claire lumière vert pâle, à l’intérieur d’une cavité planétaire, le vaisseau se retrouvant confortablement stationné comme sur un ancrage gravitationnel dans cet espace tranquille et serein.

Le Nécroteuque[36]

Selon la légende, la dernière copie existante de cette œuvre abominable avait été détruite des millénaires auparavant. Excepté le fait qu’à un moment dans l’antiquité, par un moyen ou un autre, une copie de ce grimoire était tombée entre les mains de la race saruthie qui en avait fait une copie, copie qui faillit tomber entre les mains de la Famille Glaw si Eisenhorn n’était pas intervenu. Et à présent, ils se préparaient à le confier aux hérétiques impériaux de la famille Glaw.

On ignore le savoir qu’il contenait, mais c’était un livre capable de mener rapidement à la corruption, attirant celui qui s’en emparait à l’ouvrir en promettant des merveilles, les étoiles elles-mêmes et derrière elles, les mécanismes de la réalité, les rouages complexes et absolument parfaits d’une force naturelle transcendantale : le Chaos.

Une terre d’un genre ou d’un autre fut repérée en dessous du vaisseau. L’Inquisiteur Eisenhorn et son équipe - Aémos, Fischig, Betancore, Fischig et Lowink - mirent des scaphandres et embarquèrent dans le chasseur, descendant vers cette mystérieuse surface ressemblant à une mer d’une teinte vert pâle et baigné dans la brume et accueillant des rangée d’arches octogonales se dressant dans le sable, large de cinquante mètres. La "mer" n’était profonde que de quelques centimètres, avec des dalles en dessous qui étaient les mêmes que celles trouvées sur Damask.

Enlevant leurs casques des scaphandres après avoir compris que l’atmosphère était respirable, ils avancèrent dans ce lieu où le temps et l’espace ne voulaient rien dire, de même que les distances ou les profondeurs, recevant même des communications de Maxilla évoquant des conversations qu’Eisenhorn n’avait jamais eu avec lui. Passant la dernière arche, ils virent au loin deux frégates impériales et un vieux navire marchand flottant sur leurs ancres gravitationnelles.

Enfin, l’Inquisiteur et ses compagnons aperçurent des dizaines de soldats de la Garde Impériale des Fusiliers Gudrunites s’enfuirent le long d’une crête, poursuivis par trois speeders blindés et une trentaine de soldats dans les armures noires de la sécurité navale, tirant sur les fuyards. Eisenhorn et ses Acolytes tirèrent sur les soldats en noir, aidés par les Gudrunites surpris de cette aide inattendue. Deux speeders furent abattus, le troisième s’enfuyant au loin.

Victorieux, l’Inquisiteur Eisenhorn s’est entretenu avec l’officier gudrunite, le Sergent Enil Jeruss, qui était persuadé que l’Inquisiteur et ses compagnons étaient l’avant-garde d’une flotte de secours. Les Fusiliers Gudrunites avaient malgré eux été embarqué dans cette trahison de la flotte menée par le Capitaine Estrum et à la première occasion, il avait mené ses hommes pour s’enfuir. Jerrus apprit à Eisenhorn la présence dans ce monde d’Oberon Glaw, de Dazzo, de Locke, de Malahite et de Mandragore, entouré de centaines de gardes. Les Fusiliers Gudrunites acceptèrent de rejoindre la cause de l’Inquisiteur, qui en plus de Fischig et d’un Gudrunite du nom de Twane, se déguisèrent en soldat de la sécurité navale.

Le Sergent Enil Jeruss les guida vers un plateau au sommet aplati, dallé d’une mosaïque de pavés octogonaux dont la forme défiait toute logique, sous un ciel noir et piqueté d’étoiles. Là, se trouvaient les centaines de soldats et deux transports de troupes de la Marine Impériale, face à une rangée d’arches qui s’éloignait en direction des pics environnants. De là apparurent Dazzo et Malahite, accompagnés de neuf créatures ressemblant à des araignées ou à des crustacés, s’appuyant sur cinq membres et deux fois plus grosses qu’un homme. Oberon Glaw, Gorgone Locke, Estrum et Mandragore descendirent alors des véhicules pour aller se joindre à leurs camarades. Avec Fischig et Twane, Eisenhorn se mêlèrent à la foule, s’avançant suffisamment pour que l’Inquisiteur entende Oberon Glaw présenter des caisses aux Saruthis, Eisenhorn son visage dissimulé sous le casque, aidant même Locke à porter les caisses jusqu’aux Xenos. Parlant à travers un visage humain apparu depuis leurs mains, les Xenos exprimèrent leur satisfaction, puis d’autres Saruthis à la chair blanche et malsaine - des esclaves des Saruthis, - apparurent avec un coffre dans lequel Dazzo sorti un livre antique : le Nécroteuque.

Eisenhorn déclencha alors la panique, hurlant que les Saruthis attaquaient et déclenchant une fusillade, jouant sur le fait que tous les gardes étaient à leur point de rupture à cause de l’environnement malsain. Un chaos total s’installa, les soldats se tirant entre eux où contre les Saruthis qui répliquaient en tirant de leur gueule des rayons vaporisant tandis que Midas et Bequin menaient les Gudrunites à l’assaut, le Sergent Jeruss demandant à ses camarades de s’en prendre aux soldats de la Marine Impériale renégate. Eisenhorn tua d’une balle dans la tête le Capitaine Estrum. Quant à Dazzo, il perdit le Nécroteuque lorsqu’un formidable coup de l’une des échasses d’un Saruthi le renversa. Malahite s’en empara mais eut la jambe gauche coupée d’un tir d’Eisenhorn, qui enleva son casque pour faire comprendre au traître qu’il était fini. L’Inquisiteur prit le Nécroteuque et ressenti la malveillance brute qui tenta de le corrompre.

Ironiquement, Eisenhorn fut sauvé de la damnation du Nécroteuque lorsque Mandragore le catapulta dans les airs avant de le rater d’un cheveu avec sa Hache Tronçonneuse. Blessé, l’Inquisiteur fit appel à ses capacités psychiques pour détourner le coup suivant et tira son épée, esquivant et contrant les coups du Marine du Chaos, surpris de la difficulté qu’il avait à éliminer un simple mortel. Mis brutalement à terre par l’Emperor’s Children, l’Inquisiteur a survécu en lui laissant le Necroteuque et lorsque les doigts du Space Marine du Chaos se serrèrent autour du livre, il oublia toute notion du monde extérieur. Grégor Eisenhorn put ainsi le décapiter.

Le corps du Marine du Chaos se consuma immédiatement, crachant de longues langues de flammes d’un vert putride par la cavité du cou. Eisenhorn trancha la main du Space Marine renégat tenant le Nécroteuque et vit Oberon Glaw se diriger vers lui l’arme à la main. Mais Glaw périt lorsqu’une caisse de munitions posée sur l’un des transports de troupe incendiés prit feu et fit exploser le véhicule blindé dans une déflagration stupéfiante, projetant dans toutes les directions des fragments de blindage dont l’un transperça l’arrière du crâne du traître. Saisissant un lambeau de plaque de blindage, Eisenhorn ramassa le Nécroteuque et le laissa glisser à l’intérieur du corps de Mandragore, le détruisant pour de bon.

La bataille était terminée, et l’Imperium avait gagné. Malheureusement, Locke et Dazzo avaient réussi à s’enfuir. Mais cela fut compensé par la capture de Malahite. Les survivants rejoignirent au plus vite la sécurité de l’Essene tandis que l’environnement de ce monde était en train de s’aggraver, comme si ce lieu avait semblé se désagréger, un espace conçu par les Saruthis pour recevoir leurs invités humains avant de redevenir hors d’usage une fois le rendez-vous terminé, ne redevant qu’un ténébreux maelström de vapeurs d’arsenic et d’ammoniaque. Quant aux Saruthis, ils avaient fuient via une arche qui servait de moyen de communication afin de rejoindre un autre monde.

Enfin l’Essene parvint à rejoindre les limites du système KCX-1288, opérant la jonction avec le détachement spécial impérial en provenance de Gudrun qu’Eisenhorn avait contacté avant de pourchasser la flotte des hérétiques.[37]

Rapport Inquisitorial

« J’ai fait ce que n’importe lequel d’entre nous aurait fait, frère Molitor. Je l’ai brûlé. »
- Eisenhorn rapportant avoir détruit le Nécroteuque.

La flotte impériale qui émergea dans l’espace réel pour prêter assistance à Eisenhorn était accompagnée de croiseurs noirs de l’Inquisition. Eisenhorn, accompagnant Fischig qui avait été blessé durant les combats, et Malahite, furent transférés à bord du cuirassé Saint Scythus, ses collègues attendant son rapport. Il fut accueilli par Olm Madorthene qui lui apprit la fin du Schisme Hélicanien. Mais un homme plus important l’attendait : le Seigneur Inquisiteur Phlebas Alessandro Rorken, maître de l’Ordo Xenos du Sous-secteur Helican.

Le retrouvant dans une salle d’audience semblable à une chapelle au-dessous du pont principal du Saint Scythus, Eisenhorn fut accueillit par dix autres Inquisiteurs novices, par l’Amiral Spatian, Titus Endor, Commodus Voke accompagné d’Heldane - qui avait subi de terribles chirurgie au visage suite à sa mésaventure dans le domaine des Glaw, - l’Inquisiteur Schongard, l’Inquisiteur ultraradical Konrad Molitor, et un Space Marine de la Deathwatch, le Frère-Capitaine Cynewolf. Eisenhorn leur raconta son enquête et le but des hérétiques : la récupération du Nécroteuque, provoquant un tollé tant la légende de ce livre impie était connue de l’Inquisition. Eisenhorn parla de son affrontement avec les Xenos, son combat et sa victoire contre Mandragore - ce qui impressionna le Space Marine - et la fuite de Gorgone Locke et de Dazzo.

Quand Grégor Eisenhorn annonça avoir brûlé le Nécroteuque, les radicaux comme Molitor et Schongard se mirent à criailler au plus fort, se disputant avec Endor et Voke, leurs suites respectives se joignant au tapage sonore. Rorken imposa le calme, écoutant les protestataires accuser Eisenhorn d’avoir privé l’Inquisition d’une source d’information majeure en détruisant le Nécroteuque. Le débat prit fin lorsque Rorken félicita publiquement Eisenhorn, avant d’ordonner de traquer les derniers hérétiques. Les Astronavigateurs de l’Amiral Spatian parvinrent à calculer la trajectoire de la flotte hérétique : vers l’espace hors-la-loi de l’amas stellaire du Halo, à 56-Izar, en plein cœur du territoire des Saruthis.[38]

Les Révélations de Malahite

Mais les choses se compliquèrent lorsque qu’Eisenhorn rendit visite à Girolamo Malahite pour découvrir que l’Inquisiteur Konrad Molitor et ses trois Acolytes avait atrocement torturé le traître, épluchant chaque parcelle de sa peau. Lui potinant son pistolet sur le front, Eisenhorn demanda la raison pour laquelle "son" prisonnier était dans cet état. Malahite se justifia par le fait que l’urgence le commandait, mais Eisenhorn comprit qu’il espérait obtenir des secrets et les garder pour lui. Cela fut peine perdue, et malgré l’intervention des chirurgiens, Malahite décéda de ses blessures.

Cet incident provoqua le courroux du Seigneur Inquisiteur Rorken qui perdait la seule source d’information pour savoir ce que les hérétiques en fuite comptaient faire. Il ordonna à ce que le corps de Malahite soit transféré dans une grande chapelle située au milieu du navire. Rorken demanda à Eisenhorn de mener un rituel pour entrer en contact avec l’âme de Malahite et le faire parler. En compagnie de Lowink et d’une assemblée d’Astropathes, Eisenhorn accepta. Avec le corps de Malahite en stase et sous les yeux des Inquisiteurs et de la Deathwatch, le chœur astropathique commença à manipuler le Warp. Commodus Voke s’avança à la demande d’Eisenhorn afin de mêler leurs pouvoirs psychiques. Une fois la plainte des Astropathes suffisamment haute, le champ de stase s’abaissa et les deux Inquisiteurs touchèrent le visage du mort et envoyèrent leur esprit dans le Warp. L’Inquisiteur se retrouva à la base d’une colonne de fumée, entendant les hurlements poignants de l’infini et des milliards de milliards d’âmes. Dans une représentation psychique d’une mine, Eisenhorn et Voke retrouvèrent l’âme de Malahite, leur révélant être dans une représentation d’un monde où il avait commencé sa carrière d’archéoxénologue, devenant célèbre avant d’être invité par les Glaw et sombrer dans leurs machinations. Les deux Inquisiteurs proposèrent à Malahite de sauver son âme. Malahite révéla alors que les Saruthis possédaient autrefois un petit empire stellaire, mais que lorsque le Nécroteuque entra en leur possession, leur culture s’est corrompue, au point que le Nécroteuque fit partie intégrante de leurs âmes et de leurs esprits, imbriqués dans leur code génétique, ce qui causa, in fine leur effondrement. Ce fut Locke, travaillant pour les Glaw, qui avait établi le contact avec les Xenos. Un accord naquit : la restitution d’artefact des trésors restés sur les anciens mondes Saruthis contre le livre. Pire, les Glaw avaient passé un pacte avec les Emperor’s Children, et afin d’éviter leur courroux, les hérétiques survivants étaient partis s’emparer d’un autre Nécroteuque, la version en langage Saruthis !

Une fois terminée, Voke proposa la récompense à Malahite : détruire son âme afin de l’éviter de se faire dévorer sous peu par les Démons. Malahite rejeta l’offre et fit comprendre qu’il avait allongé l’histoire pour retenir le plus longtemps les âmes des deux Inquisiteurs afin de les mettre en danger. Un geyser de sang surgit du sol, des tentacules d’os et de chair semblables à des branches apparurent et se saisirent de Malahite souriant et le mirent en charpie.

La manifestation psychique du souvenir de ce monde de la bordure et de son site de fouilles vola en éclats, mais une gigantesque forme démoniaque prit sa place et Eisenhorn revint à lui après que Voke eût tenté de le protéger.

Revenant à lui, recouvert d’une sanie inhumaine et de la liqueur visqueuse de l’Immaterium, l’Inquisiteur vit que la chapelle était envahie par une horreur de fumées et d’ossements brûlants ayant remplacé le corps de Malahite. Ce Démon était revenu du Warp avec les deux Inquisiteurs. Trois Marines de la Deathwatch repoussèrent cette masse hurlante faite de membres osseux, jusqu’à ce que le Frère-Capitaine Cynewolf la massacre avec son Épée Tronçonneuse et que le Seigneur Inquisiteur ne la carbonise avec un Lance-Flammes.

Eisenhorn mit un mois à se remettre de cette traumatisante expérience, apprenant la mort de son Astropathe Lowink, son esprit s’étant éteint une semaine après le rituel. Ses Acolytes lui rendirent visite régulièrement, Midas venant lui jouer de la lyre et Bequin lui lisant des livres et apprenant très rapidement à jouer au régicide au point qu’Eisenhorn ne pourra plus jamais la battre. Mais ce fut la visite de Fischig qui le ravit, le Castigateur s’étant remis de ces terribles blessures sur le monde sathuri. L’Inquisiteur lui proposa une place permanente au sein de son équipe, Fischig acceptant avec joie. Lorsque ce fut enfin au tour de Voke de venir, affaibli après le rituel, le vieil Inquisiteur le remercia de l’avoir sauvé dans le Warp en l’appelant, lui permettant de revenir. Il fit promettre à Eisenhorn d’assurer la promotion d’Heldane au rang d’Inquisiteur s’il venait à mourir.[39]

La Purge de 56-Izar

Remis sur pied, Eisenhorn s’entraîna au vu de l’invasion de 56-Izar après que le Seigneur Inquisiteur Rorken ait annoncé qu’un Mandat Officiel d’Épuration contre 56-Izar avait été officialisé. Mais il fut ordonné une invasion terrestre pour s’assurer de la destruction de la seconde version du Nécroteuque, utilisant toutes les informations glanées sur les Saruthis et leur technologie pour mettre en place des simulations pour acclimater les forces d’intervention sachant les difficultés que l’environnement des Xenos provoquait pour les sens humains. Eisenhorn construisit une relation cordiale avec l’Archiviste Space Marine Brytnoth de la Deathwatch, qui respectait son courage suite à sa victoire contre Mandragore au point de lui offrir un Pistolet Bolter pour son usage personnel, un modèle compact, fabriqué à la main, revêtu d’acier mat vert. En parallèle, l’Inquisiteur Eisenhorn exigea de débarquer avec les survivants Gudrunites qui avaient déjà vécu l’expérience désagréable de l’environnement saruthi.

Arrivant enfin dans l’orbite de 56-Izar, un monde orageux et translucide, les Impériaux constatèrent que la flotte hérétique avait lancé son offensive contre la planète. Une bataille spatiale débuta entre les renégats et les Impériaux tandis qu’un assaut planétaire débuta avec des centaines de navettes de débarquement, Inquisiteurs, Gardes et Space Marine menant la contre-invasion. Cent vingt mille fantassins d’élite, une moitié de brigades motorisées et soixante guerriers de la Deathwatch mirent pied sur de vastes continents de matière inorganique, parsemés de chaînes de montagnes cristallines et entourés d’océans chimiques inertes. Menés par Eisenhorn, Endor, Schongard, Molitor et Rorken, ils localisèrent les hérétiques qui concentraient leurs attaques sur trois structures Xenos. L’équipe d’Eisenhorn, baptisée Épuration Deux, était constituée de vingt Fusiliers Gudrunites, de Bequin, de Midas et de Frère Guilar, un Space Marine de la Deathwatch.

L’Inquisiteur débarqua dans un site entouré par une série de gigantesques lacs ou réservoirs contenant un liquide en feu, donnant naissance à des murailles de flammes qui montaient à des milliers de mètres vers le ciel. Le site était un édifice saruthi, de la taille d’une Ruche. Passant une arche, ils se retrouvèrent à l’intérieur de la structure, empruntant une passerelle argentée menant dans un jardin plein de végétaux luisants et luxuriants, qui prospéraient en abondance dans des cuves monumentales. Le combat débuta contre les troupes hérétiques présentes dans ce lieu. Les choses se compliquèrent avec l’apparition d’un Emperor’s Children. Frère Guilar l’affronta et après un très violent combat, en sortit vainqueur, éliminant le Space Marine du Chaos. Les hérétiques furent repoussés dans les recoins de l’édifice saruthi, Eisenhorn découvrant peu à peu les corps des Xenos massacrés par leurs esclaves qui s’étaient rebellés en profitant de l’invasion de la planète. Il mit enfin la main sur Dazzo, qui était à l’article de la mort suite à une bataille titanesque qui s’était déroulée, au milieu de milliers de morts, son corps criblé de balles. Il retrouva à côté de Dazo l’apprenti de Voke, Heldane, blessé, l’informant qu’Endor était parti à la poursuite de Locke en passant à travers une arche saruthi. Locke possédait un lexique, un convertisseur de langage pour traduire la langue saruthi, acquis grâce à la puissance psychique de Dazzo qui l’avait arraché à un convertisseur de langage d’appareil saruthi en même temps que la localisation du Nécroteuque Xenos. Eisenhorn partis à la poursuite de Locke et d’Endor en plongeant au travers de l’arche avec Bequin et Midas, avançant au cœur de cette construction dimensionnelle et arrivant dans une chambre sombre accueillant de nombreux bloc et piliers. Ici, Eisenhorn repéra enfin le Nécroteuque des Saruthis, un octaèdre bleu posé sur une plaque horizontale asymétrique elle-même posée sur une pierre levée. Il contacta Endor qui se trouvait dans la chambre, pris dans une fusillade avec Locke et quelques soldats hérétiques. Mais son ami fut sévèrement touché à la poitrine, obligeant Eisenhorn à le laisser au bon soin de Bequin et de mener à terme ce combat. Il affronta en duel Locke, duel qui prit fin lorsque des blocs d’un pilier s’effondrèrent sur l’hérétique, sectionnée à hauteur de hanche par sa lame énergétique.

S’apprêtant à mettre la main sur le Nécroteuque, Eisenhorn se retrouva paralysé lorsque l’Inquisiteur Konrad Molitor, accompagné de trois Acolytes dissimulés sous leurs capuchons, arriva dans la chambre, l’un de ses bras droits étant un Psyker ayant provoqué la paralysie d’Eisenhorn et de ses Acolytes. Molitor avait l’attention de s’emparer du Nécroteuque au nom de sa faction, et éliminer Eisenhorn en même temps pour garder secret ce vol, envoyant à la flotte le code Sanction Extremis droit sur le repaires des Xenos. Quand un des Acolytes de Molitor se rendit compte que le Nécroteuque était illisible, ce dernier fut furieux, mais rapidement, l’Acolyte Pysker perçu l’existence du décodeur de Dazzo et le prit dans la poche d’Eisenhorn. Mais de nouveau, ce fut Bequin qui sauva l’Inquisiteur grâce à son aura d’Intouchable, apparaissant à ses côtés et tirant sur Molitor et ses sbires. Acculé, Molitor envoya ses deux autres Acolytes, des Arco-flagellants armés de fouets électriques. Les deux monstruosités furent éliminées après un court et âpre combat, puis Eisenhorn et Bequin prirent la fuite, poursuivis par Molitor et son dernier Acolyte.

Quittant l’édifice Xenos et se retrouvant sur un toit en forme de coquillage, ils virent au loin les Impériaux quittant précipitamment la planète, un Exterminatus étant sur le point de frapper ce monde alors que déjà, la flotte impériale bombardait sans relâche les édifices Saruthis localisés. Rattrapé par Molitor et son séide, Eisenhorn lui tira des Bolts, le tuant.

Puis son Acolyte s’avança, indifférent aux balles et rejeta sa grande houppelande. Il était nu avec un visage accueillant de minuscules cornes résiduelles qui lui poussaient sur le front et ses yeux étaient entièrement blancs.

C’était un Possédé. Un Démon prisonnier dans un corps.[40]

La Rencontre avec Cherubaël

L’Homme aux Yeux Blancs[41]
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Tout au long de son enquête sur l’affaire du Nécroteuque, du monde d’Hubris à 56-Izar en passant par la Maison Glaw, Grégor Eisenhorn verra apparaître dans ses rêves un visage très beau, aux yeux blancs. Ce visage tentait à chaque fois de lui parler et se mit à hanter les pensées de l’Inquisiteur.

Quand il mènera la purge sur 56-Izar, Eisenhorn rencontrera enfin celui qu’il avait baptisé l’Homme aux Yeux Blancs, et qui s’avérera être un Possédé, un corps habité par un Démon nommé Cherubaël.

Eisenhorn et Cherubaël partageront un destin en commun, les deux se croisant et finissant au fil du temps par devenir des compagnons de voyage, pour le meilleur comme pour le pire. Surtout pour le pire.

« Soyons bien clairs, Grégor. Tu vas me donner ce décodeur. Ou bien tu me le donnes maintenant ou bien je vais venir jusqu’à toi pour le chercher. Et je briserai chacun des os de ton corps. Puis je violerai cette fille qui est à côté de toi. Et je fracasserai également tous les os de son corps. Ensuite, je traînerai vos carcasses agitées de spasmes jusqu’à la chambre qui se trouve là-dessous et je vous suspendrai tous les deux aux crochets qui s’y trouvent. Pour finir, je vous ferai subir mille morts en attendant que cet endroit ait été complètement rasé par le bombardement. »
- Chérubaël exprimant son affection envers Eisenhorn.

L’Homme aux yeux blancs, tenait toujours le Nécroteuque et demanda à Eisenhorn de lui donner le décodeur. Mais Eisenhorn insista pour connaître son nom, le Démon acceptant de le lui donner : Cherubaël.

Il lui demanda qui avait ordonné à Molitor de s’emparer du Nécroteuque et qui l’avait fait, mais Cherubaël perdit patience et le menaça de lui briser tous les os de son corps et de violer Bequin avant de pendre à des crochets leurs carcasses pour les torturer. Mais Grégor Eisenhorn insista, car il avait déjà vu en rêve Cherubaël, le Démon lui expliquant que le temps n’était pas tel que les humains se plaisaient à l’imaginer, et que ses rêves n’étaient que des cauchemars au sujet de choses encore en devenir. Il révéla avoir été invoqué par un de ses frères Inquisiteurs…

Leur discussion s’interrompit lorsqu’apparu le Frère-Capitaine Cynewolf, portant le corps blessé d’Endor, flanqué de Midas et d’un autre Deathwatch. En voyant Cherubaël, Cynewolf tira avec son Fulgurant, les projectiles incandescents se faisant seulement cueillir délicatement dans l’air par le Possédé. Eisenhorn en profita pour écraser sous ses yeux le traducteur, Cherubaël reconnaissait son courage avant de lui lancer le Nécroteuque Xenos qu’il attrapa. Le Possédé se jeta ensuite dans le vide et disparut dans le lac enflammé au-dessous de lui.

Alors qu’il restait très peu de temps avant l’Exterminatus, Eisenhorn et ses compagnons survivants furent sauvés lorsque son chasseur apparut au-dessus du toit du grand bâtiment, Fischig et Aémos le pilotant. Quittant l’orbite de 56-Izar, l’Inquisiteur regarda les bombes virales annihiler toute forme de vie.

Victorieux, et le Nécroteuque détruit, Eisenhorn prit un repos bien mérité sur le monde de Pamophrey dans une villa louée, au bord d’une plage. Néanmoins, Grégor Eisenhorn savait qu’il devait un jour découvrir la force qui se cachait derrière Molitor et son Possédé Cherubaël. Il trouvera la réponse des décennies plus tard.[42]

Quant à Pontius Glaw, Einsenhorn ne révélera à personne son existence, le confiant à la place à un de ses amis, le Magos Geard Bure, espérant que ce dernier parvient à arracher au moins ses secrets technologiques bien qu’il savait qu’il aurait dû remettre le Pontius à l’Ordo Hereticus, afin qu’il soit examiné puis détruit. Cela pèsera sur sa conscience et se révélera être au final la cause de sa chute.[43]

Une Main de Perdue sur Sameter

Vers la fin de l’année 241.M41, Grégor Eisenhorn sortit tout juste des quelques mois de congés qu’il s’était imposé sur Thracian Primaris, afin de récupérer, de méditer et d’étudier. Il lui arrivait encore d’être tiré du sommeil en pleine nuit par l’image gravée au fer rouge dans son esprit des yeux blancs du Possédé Cherubaël, et il arborait les cicatrices indélébiles des tortures infligées par le sadique Gorgone Locke. Néanmoins, les blessures qu’il avait subies étaient guéries, et il lui tardait de reprendre le travail.

Sameter[44]

Cela faisait soixante-dix ans que l’espoir avait fui Sameter quand Eisenhorn s’y rendit. Cette planète agro-chimique située dans le sous-secteur Helican avait subi la concurrence des ruches-moulins de Thracian Primaris, mettant à mal sa production et faisant plonger les profits d’exportation. Dans un effort pour préserver leur compétitivité, les autorités de Sameter avaient lâché la bride aux raffineries, en leur donnant le feu vert pour l’augmentation de la production et en abolissant les restrictions légales sur les taux de pollution atmosphérique. Cela eut des conséquences fâcheuses notamment sur la question environnementale. La seconde métropole de Sameter, Urbitane, qui s’était évertuée à contrôler tant bien que mal sa brume acide et ses polluants aérosols, avait au fil des décennies jeté l’éponge et depuis, la situation sociale s’était considérablement détériorée.

À la demande de Lord Rorken, Eisenhorn se rendit que Sameter - un monde agro-chimique sur le déclin - pour enquêter sur les liens qui pouvaient exister entre une fédération commerciale obligataire et un mouvement sécessionniste sur la planète Hesperus. Les relations en question se révélèrent insignifiantes, car le marasme économique dans lequel était plongée Sameter avait forcé la fédération à s’engager dans d’imprudentes tractations avec des capitaines d’astronef peu scrupuleux. Le cœur du problème résidait dans la situation générale sur Hesperus et Eisenhorn pensa qu’à sa façon, Lord Rorken pensait lui faire reprendre le service actif en douceur, après la longue et éprouvante affaire du Nécroteuque. Cette mission oiseuse lui convenait tout à fait, et il s’en était donc saisi pour la clore au terme d’une enquête aussi efficace qu’expéditive au bout de trois semaines. Puis au dernier moment, alors qu’il s’apprêtait à quitter la planète, les officiels du Munitorum firent une demande d’audience totalement inattendue.

Grégor Eisenhorn les reçut avec ses associés - Midas Betancore, Alizebeth Bequin, Godwyn Fischig, et Uber Aémos dans une suite de l’Urbitane Excelsior, au sein d’Urbitane qui était la deuxième métropole de Sameter. C’était un établissement d’apparence miteuse, mais bien aménagé, du district supérieur de la cité. Il reçut Eskeen Hansaard, le ministre de la Sécurité d’Urbitane, qui s’était déplacé en personne pour le rencontrer en compagnie de la Capitaine de l’Arbites d’Urbitane, Hurlie Wrex. Hansaard requérait son aide pour une affaire qui dépassait la juridiction immédiate de l’Arbites de la cité et qui empestait la corruption du Warp. Eisenhorn apprit que quatre mutilations systématiques avaient été perpétrées dans l’enceinte de la cité et des similitudes résidaient dans les ablations rituelles infligées aux victimes. La Capitaine Wrex donna à l’Inquisiteur une tablette de données et en lisant le dossier, Eisenhorn se rendit compte que cette affaire nécessitait l’attention immédiate de l’Inquisition Impériale. Chacune des quatre victimes avait été aveuglée et avait eu les mains, la langue et le nez tranchés, sans compter leurs autres plaies. La dernière victime était la seule à avoir survécu assez longtemps pour se rendre à l’infirmerie du secteur avant de succomber. Il s’agissant d’un évangéliste itinérant du nom de Lazlo Mombril qui fut retrouvé mutilé, errant sans but sur le toit en terrasse d’une tannerie désaffectée. Il avait eu les yeux arrachés, la langue et le nez tranchés, et les deux mains coupées, et cela s’était passé dans le district médian de la cité d’Urbitane. Les trois autres victimes étaient Poul Greven, ingénieur mécanique ; Luthar Hewall, tisseur de tapis ; Idilane Fasple, sage-femme. Leurs organes avaient été prélevés de même que leur cerveau, et bien vite, l’Adeptus Arbites avait conclu que le schéma de mutilation était trop extrême pour que cela soit juste un simple tueur en série, sans compter qu’on avait tenté de se débarrasser des corps pour dissimuler à la vue de tous leur disparition, là où les tueurs en série appréciaient exposer leur "œuvre". Aémos y vit une ressemblance avec différents cultes Warp comme celui d’Alphex qui avait pour pratique d’amputer les langues et les mains de ses victimes, parce qu’il s’agissait là d’organes de communication. Sur Brettaria, c’étaient les cerveaux que les cultistes extrayaient, dans le but d’ingérer la matière spirituelle de leurs victimes et l’arrachage des yeux était très populaire sur Gulinglas, Pentari et Hesperus, Messina. Quant aux hérétiques de Saint Scarif, eux, le sectionnement des mains de leurs captifs étaient une spécialité ! Convaincu de l’importance de cette affaire, Eisenhorn décréta qu’il allait s’en charger.

Il se rendit sans plus attendre dans le district médian avec Fischig, Bequin et Wrex tout en chargeant Aémos de fouiller les annales du Munitorum afin de consulter les archives locales. Eisenhorn découvrit un domaine d’abandon et de pauvreté, très pollué avec une circulation dense de véhicules aux moteurs exposés qui se traînait en files continues, sous une pluie acide incessante. Wrex les guida dans le hall d’entrée d’un immeuble résidentiel qui donnait sur la voie publique, là où Idilane Fasple avait été trouvée, dans les combles. Eisenhorn étudia de nouveaux les profils et nota que les logements des victimes se trouvaient tous concentrés dans une zone remarquablement spécifique formant un seul quartier. L’Inquisiteur fut pris à partie par le concierge de l’immeuble, Quater Traves. Il en profita pour l’interroger sur Idilane Fasple et apprit que personne depuis des lustres n’était allé sous la toiture, jusqu’à ce que la compagnie de maintenance soit obligée de forcer le passage pour des réparations d’urgence le trouve le corps. Mais pour Eisenhorn, le tueur devait avoir eu un moyen d’accès pour y cacher le corps. Sachant que la conduite d’évacuation de laquelle on avait extrait Hewall descendait derrière une rangée de propriétés commerciales construites dans une ancienne épaisseur d’échafaudages, et qu’au deuxième niveau, se trouvait un bar, Eisenhorn s’y rendit avec Bequin. Ils furent accueillis par la tenancière qui arborait des bras aussi musclés que ceux de Fischig et, au biceps, un petit tatouage de tête-de-mort assorti d’épis de blé, qui prétendit de rien savoir de leur affaire.

L’enquête n’avança pas plus quand Aémos contacta Eisenhorn pour lui apprendre que ce monde était exempte de souillure depuis au moins trente-deux ans, date de la dernière enquête inquisitoriale, à Aquitane, la capitale. La seule information intéressante était qu’ils étaient à quelques jours de l’anniversaire de la Bataille des Hauts de Klodeshi, l’avant-dernier affrontement à grande échelle d’une série de sept, au cours d’une campagne de l’Astra Militarum de seize mois, sur Surealis Six, le sous-secteur d’à côté et où avait servi le 9e d’Infanterie de Sameter.

Peu après, trois autres corps dont il fut impossible d’identifier, une femme et deux hommes, avaient été trouvé, derrière la couche d’isolation des murs d’une section en ruine d’un vieil entrepôt du quartier des moulins qui avait été endommagé par un incendie, deux mois avant. Au premier coup d’œil, l’Inquisiteur Eisenhorn vit que ces corps avaient été mutilés bien longtemps avant leur redécouverte. Ils avaient été enroulés avec du sotch militaire et en comparant sur chaque victime l’état de dégradation des rubans adhésifs, la conclusion fut sans appel : ces corps ne dataient pas de la même époque. Chacune des trois dépouilles était demeurée au moins huit ans dans la paroi, mais pour des durées différentes. Certaines anomalies de leur décomposition indiquaient que l’un des deux hommes s’y trouvait depuis au moins douze ans, et que les deux autres avaient été ajoutés par la suite, en des occasions séparées. Eisenhorn ordonna qu’on lui fournisse la liste de tous les travailleurs employés sur ce lieu avant sa fermeture. Puis il observa les alentours pour déterminer l’endroit où avait été brutalisé l’évangéliste, se basant sur le fait qu’il n’avait pu survivre biologiquement parlant que vingt minutes après les amputations de ses mains. Concluant qu’il avait été emmené ici avant de s’échapper, son attention fut attirée par Bequin qui suggéra de visiter la façade arrière d’un haut entrepôt qui dominait le lieu du sinistre. Cet entrepôt était la propriété des Stocks Agricoles Hundlemas. Accompagné de Bequin et de Fischig, Eisenhorn pénétra à l’intérieur, l’odeur des produits chimiques planant sur les lieux. Au deuxième étage, ils trouvèrent une chambre de dix mètres sur dix et sur le sol de laquelle était étalée une bâche plastique tachée de sang séché et d’autres dépôts organiques : c’était là que les victimes avaient été massacrées, mais il n’y avait aucun signe de marquages de culte ou de symboles du Chaos. Alizebeth Bequin découvrit alors deux crochets rouillés qui dépassaient de la paroi et qui portait assez de griffures moins ternes pour indiquer que quelque chose y avait récemment été accroché. Sur le sol, juste dessous, une étrange croix était tracée à la craie jaune.

Leur recherche fut interrompue par Wrex qui contacta l’Inquisiteur pour l’informer que la liste des ouvriers demandée était arrivée. En retournant sur ses pas, Eisenhorn entendit un léger bruit et crut percevoir une ombre dans les ténèbres de l’entrepôt. Prudent et soutenu par Fischig, il commença l'arme à la main à fouiller. Puis en arrivant à l’ouverture de la cage d’escalier, une fusillade débuta contre un mystérieux agresseur qui leur tira dessus. Une course-poursuite s’engagea sur les toits et les pièces de la zone, mais Eisenhorn fut piégé par la surcharge d’une cellule énergétique d’un Fusil Laser laissé par l’agresseur et dont l’explosion l’envoya dans les vapes. Revenu à lui, il apprit que Fischig avait pourchassé le responsable, mais que ce dernier avait été abattu par Wrex arrivée sur les lieux. Il s’agissait d’un homme d’âge moyen, puissamment d’aspect négligé. Rejoint par Aémos et Midas Betancore, l’Inquisiteur Eisenhorn appris que deux des trois victimes avaient été identifiés : Brell Sodakis et de Vim Venik, tous deux ayant travaillé comme manutentionnaires avant que l’endroit ne ferme et à présent employés par les Stocks Agricoles Hundlemas. L’étude du reste du Fusil Laser piégé se révéla être un modèle ancien et que la stratégie employée pour piéger Eisenhorn était une ruse issue des vétérans de la Garde Impériale. Aémos étudia l’arme et repéra que la protection autour de la gâchette avait été usinée pour l’élargir afin d’accueillir une main augmentique avec des prothèses digitales rudimentaires. L’enquête avança brutalement quand Fischig trouva sur le cops de l’agresseur un tatouage d’un aigle impérial sur l’épaule gauche avec les lettres S.I. IX, soit le 9e Régiment d’Infanterie de Sameter, fondé à Urbitane, vingt-trois ans auparavant. Les survivants de ce régiment étaient revenus il y a treize ans, soit la même date que la plus ancienne victime. Lorsqu’Aémos mit la main sur la liste des vétérans revenus sur Sameter, les noms de Brell Sodakis et Vim Venik y figuraient. Grégor Eisenhorn comprit alors la triste vérité : il n’y avait pas de souillure du Chaos, juste des hommes et des femmes loyaux envers le Trône d'Or, mais qui, traumatisés par la guerre, ils voyaient l’ennemi partout, même chez eux… Ils n’avaient cessé de se battre et voyaient des Démons partout, même chez les leurs. Persuadés d’accomplir la volonté de l’Empereur, ils enlevaient tous les organes avec lesquels le Grand Ennemi pouvait répandre ses ignobles mensonges puis ils les détruisaient.

L’Arbites organisa immédiatement des raids aux adresses de tous les individus de la liste dont la trace pouvait être retrouvée. Il fut ainsi découvert que depuis le rapatriement du régiment, plus de deux cents de ses membres avaient succombé à des cancers de la peau à cause des soleils cancéreux de Surealis. Des dizaines d’autres prirent la fuite et certains résistèrent dans un dernier baroud d’honneur.

Avec trois escouades de choc d’Arbites armés jusqu’aux dents, Grégor Eisenhorn se rendit ensuite à la maison des corporations de la Confrérie Agricole de Sameter, un bâtiment massif en pierre de schiste, et qui était depuis plus de vingt ans à l’abandon. Sa dernière fonction en date avait été celle de poste de recrutement pour le 9e Sameter, au moment de sa fondation. Là, en certaines occasions, en des circonstances particulières où un autel convenable ne pouvait être mis à disposition afin de prier l’Empereur, les officiers de la Garde étaient obligés d’improviser afin de pouvoir tenir leurs cérémonies et un aigle impérial ou une bannière portant l’Aquila y était accroché à un mur et, au sol, en dessous, on consacrait le lieu d’une marque à la craie jaune. Le hall principal fut encerclé et vingt-trois vétérans dépenaillés y furent trouvés, psalmodiant et agenouillés en rangs sur le sol crasseux, face à un aigle impérial rouillé pendu au mur avec une croix de craie jaune au sol qui avait été tracée. L’Inquisiteur s’avança vers eux et vit Quater Traves, le concierge de l’immeuble où avait été trouvé Idilane Fasple ainsi que la tenancière du bar. Il annonça que leur combat était terminé et que l’Inquisition les relevait de leur charge. Beaucoup sanglotèrent, comme si une malédiction prenait fin, d’autres exprimaient leur méfiance. Eisenhorn discuta avec la tenancière, du nom d’Omin Lund, portant une prothèse correspondant au Fusil Laser piégé. Mais tout bascula quand l’un des vétérans, très perturbé, tira sur l’Inquisiteur qui répliqua, déclenchant un massacre. Eisenhorn abattit le malheureux d’un Bolt dans la tête, tandis que Midas et Fischig firent irruption dans la salle, faisant feu à tout-va. Les Arbites de Wrex investirent le bâtiment alors que les vétérans avaient renversé des bidons d’accélérateur de combustion, déclenchant un incendie. Pas un seul vétéran ne sortit vivant de la maison des corporations.

Médéa Betancore[45]
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Fille de Midas Betancore, portant le plus souvent le costume des pilotes glaviens, noir de peau comme tous les Glaviens, Médéa Betancore ne connaîtra jamais son père, tué un mois avant sa naissance par l’hérétique Fayde Thuring. Élevée sur Glavia par sa mère, elle entra au service d’Eisenhorn, qui était son parrain, par hasard.

En effet, par devoir, Eisenhorn s’était rendu à Glavia pour la cérémonie d’accession à l’âge adulte de Médéa et il eut ainsi admiré ses prouesses tandis qu’elle manœuvrait un croiseur de combat glavien à travers les vortex des rapides des collines de l’Échasse, lors des Rites de la Majorité.

Lund fut tué par Eisenhorn dans une bataille rangée qui dura près de deux heures. Mais avant de périr, elle était parvenue à arracher la main gauche de l’Inquisiteur d’un tir bien placé.

Toute cette affaire laissa Eisenhorn aigri et troublé, car lui qui avait dévoué sa vie à la protection de l’Imperium contre ses innombrables ennemis, intérieurs comme extérieurs, n’était pas prêt à le défendre contre ses propres serviteurs. Ces soldats avaient beau être égarés, ils demeuraient fidèles, loyaux, et même s’ils se fourvoyaient, c’était ce qu’ils avaient enduré au nom de l’Empereur qui les avait ainsi façonnés.

Les autorités de Sameter offrirent une prothèse à Eisenhorn pour remplacer sa main perdue, mais l’Inquisiteur ne l’utilisera jamais. Pendant deux ans, il se débrouilla avec mon moignon cicatrisé. En fin de compte, ce furent les chirurgiens du monde de Messina qui parvinrent à lui greffer un remplacement augmentique entièrement fonctionnel. Ce fut une femme, le Docteur Crezia Berschilde, qui dirigea l’équipe chirurgicale et Eisenhorn entamera une liaison avec elle sur plusieurs années. Bien plus tard, il la retrouvera, quand tout aura basculé.

Bien qu’il ne retournera plus jamais sur Sameter, il apprit qu’on continua d’y retrouver des corps dissimulés, mutilés et desséchés, consignés au secret…[46]

La Mort de Midas Betancore

En 312.M41, Grégor Eisenhorn perdit son meilleur ami, Midas Betancore, tué par un hérétique du nom de Fayde Thuring, bien que les circonstances de cette affaire restent inconnues.

Un mois après cette tragédie, la fille de Midas naquit. Elle se nommait Médéa. Eisenhorn deviendra son parrain et l’engagera dans son équipe où elle se révéla être la digne héritière de son père, ses talents de pilotes devenant précieux pour l’Inquisiteur.

Eisenhorn se promit de venger la mort de Midas Betancore, et en aura l’occasion des décennies après la mort de son ami, mais dans un contexte désastreux qui marquera la vie de l’Inquisiteur.[47]

Le Discollegium[48]

En 338.M41, Alizebeth Bequin, alors âgée de cent vingt-cinq ans était, grâce à un usage mesuré de la chirurgie augmentique et à des cures de réjuvénants, toujours aussi belle et active que lorsqu’elle en avait trente. Cela faisait alors soixante-huit années standards que Bequin avait quitté le service actif aux côtés d’Eisenhorn afin de développer son Discollegium, mais il y avait encore des moments où elle ne pouvait se résoudre à s’en remettre aux membres de son équipe et insistait pour l’accompagner en personne.

Dans cette optique, Bequin avait créé le Discollegium, une organisation d’Intouchables, pour la plupart des femmes, recrutées dans l’Imperium tout entier. Le Discollegium faisait partie des ressources privées d’Eisenhorn, bien qu’il ira souvent louer les services de ses membres à d’autres représentants de son ordre. Il comptait alors une quarantaine de membres, tous dirigés et entraînés par Bequin. Le Discollegium représentait alors l’une des plus puissantes armes anti-Psykers existante dans les domaines de l’Empereur à cette époque.

L'Affaire Beldame Sadia

Gideon Ravenor[49]

En 338.M41, Gideon Ravenor était l’Interrogateur d’Eisenhorn, promit de devenir un futur Inquisiteur. Il était à peine moins grand que son maître, mais il était fort et bien bâti. Il n’avait que trente-quatre ans à cette époque, possédait de longs cheveux noirs, retenus en catogan, dégagent son visage sculptural aux hautes pommettes. L’estime d’Eisenhorn pour Ravenor était très grande. Il n’avait jamais eu un disciple tel que lui. Ravenor excellait dans pratiquement toutes les disciplines qu’un Inquisiteur est supposé maîtriser. Eisenhorn était conscient que son élève sera un jour un très grand Inquisiteur.

Au cours de l’année 338.M41, Grégor Eisenhorn mena une mission pour l’Ordo Xenos sur Lethe Onze, une planète technologique de pointe du sous-secteur Helican, pourchassant Beldame Sadia, une maudite xénophile. Durant un événement cosmique de Lethe Onze baptisé la Sombrenuit - une éclipse de deux semaines, Eisenhorn traqua Beldame afin de la capturer, mais fut victime du maître empoisonneur de l’hérétique, Pye, qui avait réussi à introduire une toxine dans l’eau de boisson de l’Inquisiteur, une substance qui restait inerte jusqu’à l’ingestion du second composant de ce poison binaire. Eisenhorn était condamné, son seul espoir reposant sur la capture de Beldame et mettre la main sur l’antidote.

Obligé à ne pas pouvoir manger ou boire sous peine de déclencher le poisson, Eisenhorn envoya son équipe traquer Beldame. L’antre de l’hérétique fut finalement trouvé sous les ruines de l’église abandonnée de Saint Kiodrus par son jeune apprenti, un homme talentueux que sera une personnalité majeure pour le reste de sa vie : l’Interrogateur Gideon Ravenor.

Arianrhod Esw Sweydyr[50]

Guerrière qui mesurait bien plus de deux mètres, Esw Sweydyr était originaire de la lointaine Carthae. Ayant une silhouette élancée moulée dans une combinaison de cuir cloutée de bronze, par-dessus laquelle elle portait une longue cape à pompons faite d’un patchwork de différents cuirs, elle avait une chevelure d’argent était tressée et ornée de perles. Son sabre portait le nom de Barbarisator et cela faisait dix-neuf générations qu’il était porté par les femmes de la tribu Esw Sweydyr. C’était un redoutable duelliste et servait Eisenhorn depuis cinq ans avant de périr durant l’affaire Beldame Sadia. Elle aura eu le temps d’apprendre à Eisenhorn des techniques de duelliste issues de sa culture, ce qui sera très utile à l’Inquisiteur durant sa carrière.

Accompagné de Bequin et d’Aémos, l’Inquisiteur se rendit vers l’antre hérétique, y retrouvant plusieurs membres de son équipe : Mescher Qus, un ancien Garde Impérial ; Arianrhod Esw Sweydyr, un duelliste de Carthae ; et Béronice et Zu Zeng, deux jeunes femmes, membres du Discollegium de Bequin. Se glissant à l’intérieur des ruines lugubres de l’église pour y retrouver Ravenor. Ils trouvèrent des entrées protégées par des dispositifs, marquées par Ravenor pour les mettre en garde. Trouvant enfin les gardes de Beldame, une fusillade débuta et fut rapidement réglée.

Lethe Onze[51]

Monde à la population dense et technologiquement développé, Lethe Onze se situe dans le sous-secteur Helican. Ses principales industries sont la métallurgie et les technologies de boucliers. Par une bizarrerie cosmologique, à la fin de chaque Umbris, l’orbite, la trajectoire et la taille comparative de la plus grosse de ses lunes et de son étoile coïncident et la planète se trouve plongée dans une éclipse de deux semaines, une période connue sous le nom de Sombrenuit. Pendant quatorze jours, le ciel prenait une froide teinte rouge sombre, couleur de sang séché, et Kux, sa lune, prenait possession du ciel sous la forme d’un orbe d’un noir incomparable, bordé d’une couronne de flammes ambrées qui paraissent crépiter dans le ciel. Cet événement était devenu la principale période de vacances saisonnières pour tous les Léthéens. Dès le début de la Sombrenuit, ils allumaient de grands feux de toute sorte, tailles et formes et la population veillait à ce qu’aucun de ces brasiers ne s’éteigne avant la fin de l’éclipse. La planète entière se livrait à la débauche et les infractions à la loi étaient monnaie courante. Au-dessus de toute cette agitation, le sombre feu du soleil caché nimbait la lune noire d’un halo si bien qu’une tradition de divination s’était même développée autour de l’interprétation des variations de formes de la couronne enflammée.

Beldame Sadia[52]

Sorcière hérétique qui frayait avec l’engeance des Xenos, Beldame Sadia était habitée d’une fascination toute particulière pour les croyances et les pratiques nécromantiques des Drukaris et elle avait consacré toute son existence à étudier l’infâme héritage de ces Xenos afin d’acquérir leurs pouvoirs et leur savoir. Elle faisait partie des très rares humains ayant réussi à conclure des pactes de collaboration avec les ignominieuses Kabales et la rumeur voulait qu’elle ait été initiée dans le culte de Kaela Mensha Khaine sous son aspect de Dieu du Meurtre si apprécié des Aeldaris. Comme de juste pour une personne ayant de telles allégeances, elle ne recrutait que des meurtriers reconnus dans les rangs de ses séides.

Beldame se déplaçait sur huit pattes d’araignée, portée par un énorme châssis augmentique monté sur huit membres arachnéens dont les griffes cliquetaient sur le sol. Elle avait perdu ses jambes face à l’Inquisiteur Atelath cent cinquante ans avant la naissance d’Eisenhorn. Maîtrisant la sombre langue des Drukharis, elle se voilait d’un grand tulle noir qui ressemblait à de la toile d’araignée et s’était implantée de glandes dans sa bouche derrière ses crocs augmentiques, glandes contenant du venin qui giclait. Ce fluide visqueux pouvait ronger les os.

La Guerre d’Ophidien[53]

En 240.M41, alors qu’Eisenhorn était à la poursuite du clan Glaw, en plein recrutement du régiment à Gudrun, la Campagne Ophidien était en préparation. Le Maître de Guerre Honorius Magnus était sur le point de lancer sa purge sur Ophidien lorsque l’enquête de l’Inquisiteur sur la famille hérétique des Glaw avait déclenché un soulèvement généralisé - le Schisme Hélicanien. À sa grande surprise, et pour son considérable déplaisir, le Maître de Guerre avait été contraint de rediriger ses forces qui étaient déjà sur le pied de guerre vers son propre sous-secteur, afin d’y mener une pacification imprévue. Après plus d’un siècle de guerre, la victoire fut acquise et un Triomphe organisé sur Thracian Primaris.

Gideon Ravenor les rejoignit furtivement, les informant que le repaire de Beldame Sadia se trouvait dans le sacrarium, en dessous de la principale chapelle de la ruine. Ravenor avait découvert un point d’entrée dans l’une des cryptes qui s’était effondrée, un passage dont Beldame ignorait peut-être même l’existence. L’équipe inquisitoriale arriva dans une grande chambre souterraine, y trouvant une vingtaine d’humains dépravés en pleine idolâtrie, le corps badigeonné de sang, conduisant un sombre rite Aeldari autour d’une fosse de torture dans laquelle était enchaîné un homme écartelé. Ravenor lui montra la présence d’un Hémoncule envoyé là par la Kabale de Kabale de la Sorcière Sanguinaire pour observer les pratiques de la Beldame. Cette dernière arriva, portée par ses huit jambes lui donnant l’air d’une araignée humaine. Sur ordre d’Eisenhorn, son équipe se lança à l’attaque, lui ciblant Beldame tandis que Ravenor et Arianrhod se ruèrent sur l’Hémoncule. L’Inquisiteur affronta la sorcière, évitant ses jets de poison et ses griffes et lui tirant avec son Pistolet Bolter à bout portant.

Tandis que l’Hémoncule périssait après avoir tué Esw Sweydyr, Beldame s’est enfui, pourchassé par Eisenhorn. Il se retrouva dans la chapelle et fut frappé au dos par l’empoisonneur Pye qui venait de lui injecter le second composant du poison. Avant de perdre conscience, il parvint à lui exploser la tête d’un tir de son arme. Lorsque il revint à lui, Beldame Sadia le tenait par le cou, serré entre ses mandibules augmentiques, lui annonçant le vouloir éveillé pour qu’il sente sa mort venir, prête à lui lancer son venin au visage. Mais la tête de la sorcière explosa et Eisenhorn eut la très mauvaise surprise de voir débarquer le Répurgateur Arnaut Tantalid, un fanatique de la pire espèce avec qui il était en conflit.

Il fut sur le point d’être achevé par le Répurgateur sous les yeux de Bequin, arrivée entre temps, quand le fidèle chasseur de l’Inquisiteur, piloté par Médéa Betancore, apparu en vol stationnaire au-dessus de la chapelle en ruine. Médéa ouvrit le feu sur Tantalid qui parvint néanmoins à s’enfuir.

Eisenhorn fut ramené à moitié mort, et connu une lente convalescence. Il remercia Médéa de l’avoir sauvé et eut la confirmation de la mort d’Arianrhod Esw Sweydyr, ainsi que de Gonvax et de Qus aussi. Ravenor avait tué l’Hémoncule, mais était en soin attentif après que le Xenos l’eut éventré.

Il reçut l’épée d’Esw Sweydyr, Barbarisator, afin qu’il puisse un jour ramener la lame dans la tribu Esw Sweydyr, sur Carthae.

L’affaire de Beldame Sadia réglé, Eisenhorn appris d’Aémos la fin de la grande campagne de pacification d’Ophidien, une croisade de soumission d’un sous-secteur tout entier. Pour fêter la victoire, une grande Jubilation sur Thracian Primaris - devenu la nouvelle capitale du secteur à la place de Gudrun - fut décrété, et Eisenhorn reçu une convocation officielle, exigeant sa présence sur Thracian Primaris, pour son plus grand déplaisir.[54]

Arnaut Tantalid[55]

Arnaut Tantalid était un officier du Ministorum, sorti du rang des confesseurs militants de la Missionaria Galaxia pour devenir l’un des plus redoutés et des plus impitoyables de tous les Répurgateurs. Comme de nombreux représentants de son espèce, il se conformait si scrupuleusement aux doctrines de Sebastian Thor que cela confinait à l’obsession pathologique. Il haïssait les Psykers dans des proportions monstrueuses, voyant donc en Eisenhorn - un homme utilisant ses pouvoirs psychiques - un rejeton de sorcières et un hérétique.

Cinq décades avant la fin de l’affaire Beldame Sadia, sur le monde de Bradell, Tantalid et Eisenhorn s’affrontèrent lors d’un synode judiciaire lors d’une plaidoirie relative au droit d’extrader un Psyker du nom d’Elbone Parsuval. Tantalid avait gagné, essentiellement grâce à la mentalité thorienne rigoriste des anciens du Ministorum du monde de Bradell. Leurs routes se recroisèrent plus tard sur Kuuma où à l’occasion d’une purge, vingt-huit Psykers latents avaient été découverts dans la population de la tentaculaire capitale de la planète. Aucun d’eux n’avait plus de quatorze ans et Eisenhorn les avait isolés en attendant que les Vaisseaux Noirs viennent les chercher, y voyant des recrues, de précieuses ressources, indemnes de toute corruption et prêtes à être formées par les maîtres de l’Adeptus Astropathicus qui en feraient de loyaux serviteurs de l’Empereur. Mais avant que les Vaisseaux Noirs aient pu arriver pour les emmener, ils furent kidnappés par des esclavagistes renégats, de connivence avec certains fonctionnaires corrompus de l’Administratum local. Eisenhorn suivit la piste des esclavagistes, bien décidé à libérer les jeunes gens. Mais Tantalid était arrivé, bien résolu à les exterminer tous sous l’accusation de sorcellerie. À la fin de l’engagement, l’Inquisiteur avait réussi à repousser le Répurgateur avec ses Acolytes de la Frateris Militia mais deux des jeunes Psykers avaient été tués au cours d’une escarmouche, mais les autres furent recueillis en toute sécurité par les membres de l’Astropathicæ.

Tantalid essaiera après et incident de faire inculper d’hérésie Eisenhorn, mais ses accusations furent promptement désavouées. Le Répurgateur chercha depuis à se venger en tuant Eisenhorn, une haine qui le mènera à traquer l’Inquisiteur jusqu’à leur affrontement final sur le monde d’Orbul Infanta.

Arnault Tantalid était équipé d’un Bolter et d’une Épée Tronçonneuse sanctifiée, baptisée Theophantus. Au combat, il portait une armure de bataille niellée d’or lui donnant la masse d’un Space Marine.

L'Affaire Quixos

L'Atrocité de Thracian Primaris

« Nous allons vivre une sacrée journée, Gideon. Te sens-tu prêt ? »
- Eisenhorn à Ravenor à Thracian Primaris.
Thracian Primaris[56]

Devenue le Monde-Capitale du sous-secteur Helican - dans le secteur Scarus au sein du Segmentum Obscurus à la place de Gudrun, Thracian Primaris est un Monde-Ruche qui accueille le siège du gouvernement. Cette planète ressemble à un œil énorme et malveillant, suintant, affligé de cataracte. Elle est massive, comme distendue, enveloppée des voiles grisâtres d’une atmosphère saturée de suie à travers laquelle clignotent des étoiles pourrissantes qui sont les milliards de milliards de lumières des Cités-Ruches. Thracian Primaris ne possède pas de lunes, mais cinq spatioforts de classe Ramilies. La planète possède une force d’intervention planétaire, une armée permanente de huit millions d’hommes et sa population compte vingt-deux milliards d’âmes, auxquelles il faut ajouter à peu près un milliard de résidents temporaires et de visiteurs de toute sorte. Les sept dixièmes de sa surface sont recouverts de Ruches, y compris une considérable portion des océans originels de ce monde. Des cités tentaculaires emplissent et recouvrent les mers, dont les eaux continuent de rouler dans les ténèbres, loin au-dessous de la surface.

Eisenhorn se rendit sur le Monde-Ruche de Thracian Primaris, monde ultra pollué et hideux qu’il détestait, mais comme beaucoup d’autres Inquisiteurs, il se devait de venir par ordre convoqué du Seigneur Grand Maître Inquisiteur Ubertino Orsini, le chef de l’Inquisition du sous-secteur Helican.

Accompagné de ses Acolytes, il rejoignit l’une de ses demeures, la Villa Océane, résidence privée qu’il loua dans le quartier le plus riche de la Ruche Soixante-Dix, accroché à la paroi submergée des secteurs de la Ruche qui recouvrent les océans invisibles et s’enfonçant dans les profondeurs marines, afin d’échapper au smog toxique des hauteurs.

La Villa Océane[57]

Bâtie en panneaux de grandiorite plasma-scellés sur une ossature d’adamite, la Villa Océane faisait partie des milliers de domaines édifiés à la surface de la paroi sous-marine de la Ruche Soixante-Dix sur le monde de Thracian Primaris. Ultra sécurisé, elle se trouvait à neuf kilomètres en dessous de la coque extérieure de la cité et à deux de plus au-dessous du niveau de la mer. C’était un véritable petit palais, suivant les critères de la plupart des citoyens impériaux ordinaires, car elle était suffisamment spacieuse pour loger l’intégralité des équipes d’Eisenhorn et abriter ses bibliothèques, ses armureries et ses salles d’entraînement, sans parler d’une chapelle privée, d’une salle d’audience et d’une annexe intégralement consacrée au Discollegium de Bequin. Une terrasse océanique, sous une haute voûte de céramite, dont l’un des murs était entièrement constitué d’une immense paroi de verre blindé, donnait sur les profondeurs de l’océan.

L’intendante se nommait Jarat, une gentille petite dame aux mains potelées, à la tête de quelques serviteurs tandis que l’entretien et la conservation des vastes bibliothèques privées était assuré par un dénommé Aldemar Psullus. La sécurité avait été dévolue à Jubal Kircher.

Accueillit par son intendante, Jerat, Eisenhorn se reposa un temps, tout comme l’ensemble de son équipe. L’Inquisiteur reçut une convocation du Seigneur Inquisiteur Rorken, un message de son ami Endor lui demandant s’il était arrivé sur Thracian Primaris et un code en glossia de Fischig, nom de code Limier, en mission secrète sur le Monde-Forteresse de Cadia. Il apprit de son agent de sécurité Kircher des tentatives d’incursion dans la Villa Océane durant son absence, et la découverte de capteurs vox et de télécodeurs, Ravenor confirmant leur origine impériale. Eisenhorn comprit que des membres de l’Inquisition l’écoutaient. Soudainement paranoïaque, Eisenhorn entendit, la nuit qui suivit, du bruit dans sa demeure, surprenant, arme au poing, Médéa dans le garde-manger en train de se régaler. Rassuré, il fut rejoint par un de ses hommes, un ancien Chasseur de Primes du nom d’Harlon Nayl qui lui appris la présence d’un véritable intrus… Se déployant tous ensemble à la recherche de l’indésirable, Eisenhorn entendit finalement Nayl en prise avec un individu qui s’avéra être son ami Titus Endor.

Rassuré, Eisenhorn discuta avec son vieil ami qui lui apprit néanmoins des choses troublantes : il était entré par effraction chez lui afin de lui parler discrètement. Eisenhorn faisait alors l’objet de rumeurs affirmant qu’il était impur, mais l’Inquisiteur soupçonna des ragots fait par des Inquisiteurs jaloux ou rivaux des Amalathiens. Mais Endor l’informa qu’il fut lui-même interrogé par l’Inquisiteur Leonid Osma de l’Ordo Malleus, ce dernier cherchant un moyen d’inculper Eisenhorn. Plus inquiétant, ce n’était pas Endor qui avait placé des micros dans son foyer et tenté trois infractions durant son absence dans la Villa Océane…

Plus tard, Eisenhorn se rendit dans le palais de l’Inquisition de la Ruche Quarante-Quatre, rejoignant à la convocation du Seigneur Inquisiteur Rorken. Se retrouvant dans les appartements privés de son supérieur, au sein de son salon de réception, échangeant pour commencer des commentaires sur des textes poétiques et moralisateurs. Puis fut évoqué les rumeurs le concernant, Rorken le croyant innocent, exprimant sa confiance envers Eisenhorn. Rorken expliqua qu’il avait reçu un rapport confidentiel au sujet d’un événement très troublant au cours d’un affrontement entre un Possédé et un Inquisiteur sur Vogel Passionata, ce Possédé pensant alors avoir à faire à Eisenhorn avant de disparaître. Ce Possédé se nommait Cherubaël et avait laissé entendre qu’il y avait un pacte entre eux.

Le Triomphe de Thracian Primaris[58]
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Le Triomphe de Thracian Primaris commémora la fin de la Répression d’Ophidien et commença par des messes du Ministorum, relayées en direct depuis le Monument de l’Ecclésiarque, diffusées sur tous les canaux pix, même les plus crachotants, et sur le service vox public. Ce fut le Cardinal Palatin Anderucias qui a tenu la cérémonie, alors que les civils et les pèlerins envahissaient les rues de la Ruche Primaris par millions. Le cycle diurne avait alors commencé sous une vive lumière, car au cours de la nuit, des escadrilles de dirigeables de l’Officium Meteorologicus avaient ensemencé les bancs de brouillard et le sommet de la couche de nuages à l’aide de noir de carbone et d’autres précipitants chimiques. Ainsi, des tempêtes torrentielles de mille six cents kilomètres d’étendue avaient dispersé les nuages et inondé les Ruches principales, les lavant ainsi de leur crasse et de leurs suies, dégageant pour la première le ciel de Thracian Primaris depuis des dizaines d’années, bien que cela aura des conséquences climatiques catastrophiques dans les prochaines décennies. Mais le Seigneur Commandeur du sous-secteur d’Helican avait ordonné que le soleil brille sur la parade de victoire.

Entre deux haies formées par des millions de badauds qui poussaient des cris de joie, le défilé miliaire suivit un trajet de dix-huit kilomètres, passant par l’avenue des Victor Bellum, une artère large d’un kilomètre, menant droit vers le cœur de la Ruche et le Monument de l’Ecclésiarque, entre deux haies formées par des millions de badauds qui poussèrent des cris de joie. Le Triomphe fut ouvert par la marche de quatre-vingts chars du Cinquième Thracian suivit d’une fanfare aux couleurs du 50e de Fusiliers Gudrunites, qui exécutèrent solennellement la majestueuse Marche des Primarques. Puis ce fut le tour de cinq cents hommes portant haut les innombrables pennons et emblèmes des régiments et des unités qui avaient participé à la Répression d’Ophidien. Puis vint le Grand étendard de l’Empereur, un immense symbole de l’Aquila aussi grand que la grand-voile d’un trois-mâts, porté par un antique Dreadnought du Chapitre Space Marine des White Consuls, escorté de cinq chars super-lourds Baneblade. Ensuite, ce fut le tour de tous les cadavres impériaux récupérés dans la phase finale de la guerre qui avaient été installés, en grand apparat, sur quinze cents transports de troupes Rhino, peints en noir pour l’occasion. Une centaine de Space Marines du Chapitre Aurora marchèrent aux côtés de ces lourds véhicules, levant des pancartes festonnées de rubans noirs sur lesquelles les noms des défunts avaient été gravés à la feuille d’or. Après les Space Marines, soixante mille soldats de Thracian, trente mille de Gudrun, huit mille de Messina et quatre mille de Sameter défilèrent, suivis des officiers de marine de la flotte de combat Scarus. Derrière eux vinrent les White Consuls, puis ce furent les rangs innombrables du Munitorium et de l’Administratum. Le lent cortège de l’Astropathicæ leur emboîta le pas, suivis de quatre Titans Warlords, huit Titans Warhounds et un colossal Super-Titan baptisé Imperius Volcanus, avec six cents Technoprêtres et Magos. Les brigades de chars des narméniens et des scutériens venaient ensuite, dans le sillage des machines-divines. Vint ensuite la procession de l’Ecclésiarchie, menée par le Cardinal Rouchefor, marchant pieds nus en tête de ses deux mille hiérarques

Suivit enfin les Inquisiteurs et leurs suites, dont faisait partie Eisenhorn et Ravenor.

Le Triomphe connut son apogée lorsque des feux d’artifice illuminèrent le ciel, annonçant l’arrivée de la procession triomphale du Maître de Guerre Honorius, en personne en compagnie du Seigneur Commandeur Helican, trônant dans un palanquin qui avait été installé sur le dos voûté du plus énorme et vénérable de tous les aurochothères, une bête de guerre monstrueuse, sous la surveillance de dix mille hommes de leurs escortes personnelles qui marchaient ensemble. Puis huit cents chars Conqueror emboîtèrent le pas du Maître de Guerre, dévoilant au public les prisonniers, plusieurs centaines de fantassins, enchaînés les uns aux autres par les poignets et les chevilles encadrés par des vétérans de la Garde Thracienne qui les frappèrent à coups de lances de force et de fouets neuraux pour les faire avancer. Après les captifs enchaînés, six tracteurs-chars Trojan avaient été accouplés comme des chevaux formant l’attelage d’un carrosse de cérémonie, tirant une vaste remorque plate. Là, furent exposés trente-trois Psykers, entravés par des menottes d’adamite et enfermés dans des bulles de confinement individuelles. Sous la surveillance de White Consuls, deux cents astrotélépathes renforcèrent mentalement les bulles d’isolation destinées à étouffer la fureur psychique des prisonniers.

Puis le triomphe s’engagea sous la porte de Spatian, une gigantesque arche commémorative, en æthercite d’un blanc lustré, d’une taille tellement cyclopéenne que les Titans eux-mêmes n’eurent aucune difficulté à passer dessous. Elle avait été élevée à la mémoire de l’Amiral Lorpal Spatian, tué dans les premières années de la Répression d’Ophidien, au cours de la splendide opération navale qui avait permis la prise d’Uritule IV. La voûte intérieure de l’arche était décorée de fresques majestueuses qui dépeignaient cet événement et elle montait jusqu’à un dôme si élevé qu’il possédait son propre microclimat et que des nuages se formaient régulièrement en son point culminant. Ce fut là que s’arrêta Eisenhorn, et qu’il vit pour la dernière fois Gideon Ravenor non-mutité, avant que l’atrocité ne frappe….

Autre sujet d’importance dont fut informé Eisenhorn, la tenue d’un concile apotropaïque, un rassemblement majeur d’Inquisiteurs pour procéder à l’interrogatoire approfondi de captifs d’une valeur inhabituelle. Les captifs en question étaient trente-trois Psykers hérétiques de classe alpha ou supérieure, capturés à Dolsene par le Maître de Guerre Honorius lors de l’ultime engagement majeur de la Répression d’Ophidien, tous formés, d’une manière ou d’une autre, à contrôler et à maîtriser des Démons qu’ils canalisaient. Ces Psykers constituaient alors l’épine dorsale de la défense du haut commandement ennemi. Ils avaient été capturés par des membres de l’Adeptus Astartes, en collaboration avec les Inquisiteurs Heldane - devenu depuis l’affaire du Necroteuque un Inquisiteur, - Lyko et Commodus Voke.

Suite à cette entrevue, Grégor Eisenhorn rejoignit le Triomphe de Thracian Primaris qui était tenue dans la Ruche Primaris, la plus grande et la plus puissante des Ruches du Monde-Ruche. Emmenant Ravenor avec lui et déposé au point de rendez-vous depuis son chasseur piloté par Médéa. Il marcha avec son élève avec ses collègues Inquisiteurs et leur suite, juste derrière l’extravagant équipage de l’Inquisitrice Eudora, conduits par leur Grand Maître, le Seigneur Orsini, avec son triumvirant à ses côtés : le Seigneur Rorken, de l’Ordo Xenos, le Seigneur Bezier, de l’Ordo Malleus et le Seigneur Sakarof, de l’Ordo Hereticus.

Le Maître de Guerre Honorius défila à son tour, exposant à la vue de tous les trente-trois dangereux Psykers enfermés dans des bulles de confinement individuelles.

Lorsque le triomphe s’engagea sous la porte de Spatian, une gigantesque arche commémorative, élevée à la mémoire de l’Amiral Lorpal Spatian, tué dans les premières années de la Répression d’Ophidien, Eisenhorn se souvint de l’Amiral qu’il avait rencontré au moment du Schisme Hélicanien. Ressentant une irrésistible envie de s’arrêter, il invita Ravenor à continuer à mener le triomphe sans lui, assurant de le rattraper sous peu.

Près de la tombe de Spatian et eut la bonne surprise de retrouver Olm Madorthene, l’ancien Procurateur étant devenu Seigneur Procurateur depuis l’affaire du Nécroteuque. Se remémorant le passé, les deux hommes regardèrent une escadrille de douze Chasseurs Lightnings descendre en piqué et remonter en rase-mottes sur toute la longueur du cortège du triomphe.

C’est alors que le désastre commença : un des pilotes à l’intérieur de la formation a ralenti brutalement pour éviter la collision et son aile tribord accrocha l’extrémité de l’aile du Lightning voisin. La formation brisée provoqua la chute d’un moins cinq chasseurs qui s’écrasèrent dans la foule, créant une panique générale parmi les deux milliards de personnes présentes qui tentèrent de s’enfuir, submergeant l’immense avenue en une redoutable marée qui piétinait tout sur son passage, débordant les rangs du triomphe dont les participants commencèrent à se disperser. Beaucoup furent piétinés, tandis que des soldats apeurés tirèrent sur tout ce qui bougeait. Sous les yeux d’Eisenhorn, quatre chasseurs restant de la formation firent volte-face et revinrent le long de l’avenue. L’Inquisiteur compris alors qu’il était témoin d’un raid aérien. Les chasseurs fous tirèrent dans la foule, faisant des milliers de morts, ravageants les chars tandis que les Space Marines tirèrent sur les aéronefs, soutenus par des blindés. L’un des Lightnings alla jusqu’à s’écraser au cœur du cortège du Maître de Guerre, au beau milieu de la procession tandis qu’un autre se pulvérisa contre la tête d’un Titan Warlord. Peu à peu, les chasseurs furent abattus, après avoir décimé des maisons nobles et commis une boucherie envers le peuple et les soldats revenus du front.

Mais le vrai cauchemar commença véritablement lorsque les trente-trois Pyskers renégats profitèrent de ce désastre pour s’échapper. Ils déchaînèrent leurs terribles pouvoirs, certains lâchant une immense flamme bleue et translucide qui enveloppa la foule grouillante, embrassant les hommes et les femmes qui se consumèrent, réduits à l’état de squelettes et tombant en poussière pour être emportés par le vent. Les Space Marines et les Gardes attaquèrent les Psykers, engageant une bataille au milieu du chaos général.

Grégor Eisenhorn vit le danger, et Épée Énergétique et Pistolet Bolter à la main, il se lança à l’assaut des Psykers, décapitant l’un d’eux avant de rejoindre le cœur du combat, constatant que plus de vingt-cinq Pyskers de classe alpha avaient disparu. Il en localisa un - une épave humaine titubante et émaciée qui était en train d’essayer de dévorer un Astropathe novice - et le tua de son Bolter. Il fut pris pour cible par une femme filiforme, enveloppée d’un voile de gaze blanche, avec des ongles comme des serres d’oiseau et dépourvue d’yeux. Cette Psyker lança une attaque psychique qui faillit lui bouillir le cerveau. Eisenhorn n’eut le salut que grâce à l’intervention d’un garde thracien qui détourna l’attention de la femme, offrant à l’Inquisiteur l’occasion de l’abattre. Il localisa ensuite un nain aux membres chétifs et au crâne hypertrophié, lui explosant à son tour le visage d’un tir bien placé puis un bras, mais vit que cela ne l’avait pas tué, nécessitant l’intervention d’un Astartes des Aurora pour le réduire en charpie. Eisenhorn ordonna au Space Marine de contacter par vox le Seigneur Ubertino Orsini - l’officier supérieur de l’Inquisition en charge de tout le sous-secteur Helican - de l’évasion des Psykers, ce qui fut fait, avant qu’un enfant couvert de brûlure ne soit arrêté par l’Astartes, enfant qui était un Psyker qui prit le contrôle d’Eisenhorn, forçant l’Inquisiteur à tuer le guerrier transhumain d’un tir dans la tête avant de se voir ordonner de se suicider. Par chance, son Pistolet Bolter s’enraya, forçant l’enfant à s’enfuir. Sa survie ne devait être le fait que par l’intervention de Commodus Voke qui avait utilisé ses dons psychiques pour bloquer le Bolt tiré. Voke lui demanda dans un effort de détourner son Pistolet Bolter pour libérer le Bolt en l’air. Eisenhorn fut reconnaissant envers le vieil homme tandis que les Inquisiteurs survivants arrivaient pour neutraliser les Psykers avec toutes les forces militaires disponibles.

Les combats et la traque durèrent cinq jours, plongeant la Ruche Primaris dans l’anarchie la plus complète, des émeutes éclatants dans d’autres Ruches, menaçant de plonger toute la planète dans un bain de sang et de flammes. Les Psykers furent peu à peu trouvés et éliminés, causant des pertes monstrueuses à chaque fois et des tempêtes psychiques empêchant des communications efficaces. Eisenhorn fut intégré dans un groupe qui avait installé son quartier général dans l’un des postes de quartier de l’Arbites, dans le quartier commerçant. Ce poste fut attaqué à de nombreuses reprises par des bandes beaucoup plus importantes, animées par la peur, la rage que le peuple ressentait envers le gouvernement impérial ou simplement par dépit. Son groupe fut dirigé par Voke, intégrant, en plus d’Eisenhorn, les Inquisiteurs Roban, Yelena et Essidari, une vingtaine d’Interrogateurs et de serviteurs subalternes de l’Inquisition, soixante hommes de la Garde intérieure, plusieurs dizaines d’Astropathes, quatre Space Marines des White Consuls, et près cent cinquante Arbitrators et environ trois cents aristocrates, Ecclésiarques et personnalités du grand triomphe qui avaient trouvé refuge au poste, en même temps que quelques centaines de simples citoyens. En écoutant Voke et ses collègues, Eisenhorn eut la confirmation que cet attentat avait été préparé, que les Inquisiteurs et le Maître de Guerre avaient été visés et que l’évasion des Psykers avaient été le but recherché par le ou les commanditaires.

Le groupe d’Eisenhorn trouva et traqua un Pysker évadé, un alpha-plus du nom d’Esarhaddon. Formant une équipe d’extermination de soixante hommes, parmi lesquels quatre White Consuls, les Inquisiteurs encerclèrent le palais de la noble famille Lange, l’une des éminentes maisons de l’aristocratie de Thracian Primaris. Dans ce lieu, Esarhaddon savait qu’il pouvait profiter de toutes les ressources du palais pour se protéger. Ce Psyker avait la capacité de contrôler des foules entières, comme un marionnettiste et utilisait ses victimes pour protéger le palais et repousser les assauts impériaux. Eisenhorn retrouva l’Inquisiteur Heldane qui avait localisé le renégat, et fut obligé de combattre des civils manipulé psychiquement par le monstrueux Psyker pour atteindre le secteur du palais, secondé par un Inquisiteur nommé Roban et son Interrogateur, Nathun Inshabel. Eisenhorn interrogea un Arbites, - au nom guère rassurant de Patbohl - de lui fournir les informations sur le type de bouclier et sur les harmoniques spécifiques du champ de protection du palais, ce qui fut fait, poussant l’Inquisiteur à songer à faire imploser le bouclier de force qui ne descendait pas au-dessous de la surface du palais. Un White Consul défonça avec ses Griffes Éclair la chaussé à la demande d’Eisenhorn afin de rejoindre les égouts. Il était accompagné de Roban, Inshabel, d’un Sergent des White Consul, et de trois soldats de la Garde intérieure. L’objectif était d’atteindre un générateur pour provoquer un déséquilibre dans le bouclier, plan qu’Esarhaddon tenta de contrecarrer en déchaînant ses immenses pouvoirs contre l’équipe d’infiltration, brisant les esprits des Gardes. Mais les Inquisiteurs eurent le temps de détruire à l’explosif le projeteur de bouclier, Eisenhorn et son collègue survivant au souffle de l’explosion dans la galerie d’égout grâce au sacrifice du White Consul et fit rempart avec son corps. L’Inquisiteur fera plus tard un point d’honneur à faire en sorte que sa mémoire soit honoré par le Maître de Chapitre des White Consuls.

Le générateur anéanti, le bouclier d’énergie du palais s’effondra sur lui-même, provoquant une impulsion électromagnétique qui neutralisa un temps les pouvoirs psychiques d’Esarhaddon. Le palais fut pris d’assaut, Grégor Eisenhorn toujours accompagné de Roban et d’Inshabel découvrit des survivants terrés dans le noir, l’un d’eux acceptant de les guider vers le lieu où le Psyker renégat se terrait, dans un hangar. Mais Esarhaddon reprit pleine possession de ses moyens, s’emparant de l’esprit du guide des Inquisiteurs et tentant de percer les défenses mentales des agents inquisitoriaux. Esarhaddon envoya deux Serviteurs de fret de trois mètres de haut contre ses ennemis, forçant Eisenhorn à se défendre contre des horreurs mécaniques armées de pinces conçues pour soulever de lourdes charges. Eisenhorn les élimina grâce à ses talents d’épéiste, mais constata la mort de Roban, empalé par l’un des Serviteurs. Avec Inshabel, il arriva sur une plate-forme d’atterrissage, dans une nuit tempétueuse, apercevant des Gardes menés par l’Inquisiteur Lyko encerclant une silhouette nimbée d’une lueur spectrale et d’étincelles crépitantes. Arrivant pour venir les aider, Eisenhorn vit Esarhaddon, un homme grand, presque nu, très maigre, avec une crinière de cheveux noirs embroussaillés. Le Psyker fut tué par un tir au Lance-Plasma de l’Inquisiteur Lyko, mettant ainsi fin à l’Atrocité de Thracian Primaris.[59]

La Tragédie de Gideon Ravenor

Les Conséquences de l’Atrocité de Thracian Primaris[60]

L’attentat du Triomphe de Thracian Primaris avait fait un nombre incalculable de mort. Politiquement, elle eut des conséquences désastreuses, bien que dissimulées au public. Le Seigneur Commandeur Helican était officiellement sorti indemne de ce carnage ainsi que le Maître de Guerre Honorius, mais Grégor Eisenhorn apprit qu’en réalité, Seigneur Commandeur Helican était mort dans d’atroces souffrances, hurlant et perdant tout contrôle de ses sphincters, sous l’épave de l’un des Lightnings impériaux qui s’était écrasé sur l’avenue des Victor Bellum. Un double avait aussitôt été mis en place par l’Ecclésiarchie et le Senatorum Helican, et ce double devait continuer d’agir en son nom jusqu’à ce que, plusieurs années plus tard, il "décède de causes naturelles dues à son grand âge" et que l’on puisse lui trouver un successeur en des circonstances moins agitées. La moindre allusion à ce secret était un crime puni de mort, même pour les personnages les plus éminents de l’Imperium comme les Inquisiteurs, mais quoi qu’il en soit, Eisenhorn n’aurais jamais rompu le sceau du secret, sachant à quel point il était vital de maintenir l’ordre public.

Mais la plus grande tragédie pour lui fut de retrouver son talentueux élève, Gideon Ravenor, brûlé, estropié, au corps paralysé. Un brillant Inquisiteur brisé avant même d’avoir pu épanouir tout son potentiel.

Grégor Einsenhorn appris une terrible nouvelle une fois la victoire assurée contre Esarhaddon : son élève, Gideon Ravenor, avait été victime de l’attentat, touché par l’explosion suite à la chute de l’un des Lightnings. L’Inquisiteur ne trouva dans une salle d’hôpital puante de la rue des Prescients qu’un jeune homme brûlé, estropié, au corps paralysé, un brillant Inquisiteur brisé avant même d’avoir pu épanouir tout son potentiel, ayant été pris à la périphérie de l’explosion. Ce n’était plus qu’un paquet de chair carbonisée, suintant de sang. Brûlé à cent pour cent, Ravenor était aveugle, sourd et muet et les chairs de son visage avaient fondu d’une manière telle qu’il avait fallu pratiquer une incision dans les tissus agglutinés à l’endroit où sa bouche aurait dû se trouver, afin qu’il puisse respirer.

Eisenhorn fut profondément affecté par cette perte et plus encore par le gâchis qu’elle représentait, car Gideon Ravenor avait été le meilleur de ses élèves, le plus prometteur de tous ceux auxquels il avait enseigné. Devant son lit d’hôpital drapé de plastique, Eisenhorn se jura de venger son disciple.[61]

La Fourberie de l'Inquisiteur Lyko

Grégor Eisenhorn retourna dans la Villa Océane, y retrouvant Bequin qui l’assura que les membres de son équipe étaient en sécurité. Il rassembla tous ses Acolytes et leur annonça la fermeture définitive de la Villa Océane, dégoûté de Thracian Primaris et souhaitant un nouveau centre opérationnel, dans son domaine de Gudrun. Puis devant Aémos, Bequin, Médéa et Nayl, il leur ordonna de monter une petite équipe. La direction était Cadia, afin d’y retrouver Fischig qui avait du nouveau sur la mission qu’il lui avait confié : trouver Cherubaël ou une piste menant à lui.

Plus tard, il reçut la visite de l’Interrogateur Nathun Inshabel. Le jeune homme était venu pour tente d’obtenir un emploi auprès d’Eisenhorn afin d’achever sa formation d’Inquisiteur. Mais surtout, il apprit à Eisenhorn une information capitale : chargé d’établir le certificat de décès d’Esarhaddon afin d’établir les causes et le motif du meurtre de son maître Roban, il ne restait plus du corps incinéré d’Esarhaddon que ses chevilles. Et aucune ne portait la marque de Malleus, symbole des prisonniers Psykers de l’Inquisition :

L’Inquisiteur Lyko n’avait pas tué Esarhaddon ![62]

Infiltration sur Eechan

Troublé par les révélations sur les actes de l’Inquisiteur Lyko, Eisenhorn entreprit de découvrir la vérité. La révélation compromettante du fait que ce n’était pas Esarhaddon qui avait été incinéré sur les pelouses du palais Lange aurait pu rester anecdotique si Lyko avait conservé la tête froide. Il aurait pu prétendre qu’il s’agissait d’une erreur, d’un exemple typique de la fourberie du Psyker hérétique, mais à la place, il se conduisit comme un idiot en s’enfuyant, s’incriminant lui-même, Eisenhorn le constatant lui-même en pénétrant dans ses quartiers désertés. Il se lança à sa poursuite sans en avertir l’Inquisition, car Lyko jouissait d’une excellente réputation en tant qu’Inquisiteur, et était très estimé, car ayant participé à la capture des trente-trois Psykers sur Dolsene, ce qui au vu de l’Atrocité du Triomphe de Thracian Primaris, convainquit Eisenhorn que cette capture faisait partit du complot. Son équipe collecta et analysa les registres des transactions vox et les archives de transmission des guildes astropathiques locales et planétaires et suite à de longue recherches et surveillance et grâce aux immenses capacités de travail et d’analyse d’Aémos, Eisenhorn put apprendre l’existence qu’une cargaison enregistrée pour une longue durée, dans un entrepôt de la Ruche Huit, payée par un débit sur le compte de l’un des associés connus de Lyko et le départ d’un transporteur indépendant - le Princeps Amalgum - qui avait pris une trajectoire courbe vers les régions intérieures de la galaxie, vers les fermes-usines des mutants d’Eechan. Il emmena avec lui Inshabel, qui s’intégrera extrêmement bien dans son équipe, afin de lui offrir un moyen se rendre justice à son défunt maître Roban.

Un Amour Impossible[63]

Grégor Eisenhorn éprouvera au fil des années de profonds sentiments pour Alizebeth Bequin. Mais bien que très belle et sublimement séduisante, c’était également une intouchable. Sa simple proximité le faisait souffrir, au sens physique du terme. Il a maudit cette situation, car il aurait voulu être son compagnon, mais cela ne pourra jamais se produire. Jamais. Ce sera l’un des vrais grands chagrins de son existence.

Dans ses pires moments d’outrecuidance, il lui arrivera de penser que c’était également l’un des regrets de la sienne, du moins il espérait.

Débarquant sur Eechan, Eisenhorn ordonna une clandestinité totale à ses Acolytes. L’Inquisiteur et son Acolyte Harlon Nayl se déguisèrent en mutants - Eisenhorn arborant de fausses tentacules atrophiés nichés sous son aisselle droite - et pénétrèrent dans un bar mal famés fréquentés par les mutants d’Eechan. Ces derniers jouissant d’un droit du travail permettant aux monstres de travailler comme ouvriers sous contrat dans les fermes industrielles et les distilleries de sève, pourvu qu’ils se conforment aux règlements locaux en vigueur et qu’ils ne sortent pas des limites des cantonnements légaux établis à la lisière des plus mauvais quartiers de la Ruche principale d’Eechan. Au milieu de ces êtres malformés, déformés, d’hybrides et toute sortes de rebuts qui se serraient les uns contre les autres, l’Inquisiteur repéra un dénommé Phant Mastik, un mutant obèse et chef d’un réseau de drogue, utilisé par Lyko pour vendre Esarhaddon. Eisenhorn et Nayl se firent passés pour deux potentiels travailleurs de son réseau, lui proposant de le payer pour sa drogue. Mastik décréta qu’il réfléchirait et peu après, Eisenhorn et son Acolyte sortirent, évitant une patrouille de l’Adeptus Arbites pour assurer leur anonymat, mais se retrouvant ainsi en difficultés quand dans une ruelle, ils se retrouvèrent encerclés par des mutants, venus pour les dépouiller. Une violente bagarre s’en suivit, l’Inquisiteur Eisenhorn risquant de finir massacrer par un colosse avec un gourdin, l’obligeant d’utiliser ses dons psychiques pour le perturber et le frapper pour le neutraliser. Ses talents d’épéistes lui furent ensuite très utiles afin de pouvoir s’enfuir avec Nayl alors que les sirènes de l’Arbites se faisaient entendre.

Eisenhorn rejoignit la chambre qu’il avait loué - un lieu se nommant le Monstre Endormi et où Aémos et Bequin l’attendaient, très inquiète. Aémos entendit les Arbitrators arriver, le vieil homme et Nayl se cachant dans la chambre d’à côté tandis qu’Eisenhorn et Bequin allèrent dans le lit en se faisant passer pour un couple. Les Arbitrators entrèrent, Eisenhorn affirmant être resté toute la nuit dans sa chambre avec sa charmante "partenaire" qui joua son rôle. Convaincus, les Arbites partirent. L’Inquisiteur félicita Bequin pour son interprétation, cette dernière lui conseillant de ne pas se faire des idées.

Le lendemain matin, une des filles mutantes du bar entra et offrit à Eisenhorn un vieux module de guidage bas de gamme, lui donnant un rendez-vous avec Phant Mastik. Il resta prudent, se doutant que la vente d’Esarhaddon n’était qu’un simulacre pour appâter quiconque aurait pu le suivre jusque-là. Suivant le module de guidage, il débarqua avec ses Acolytes dans un cloaque puant, avec son armure et ses armes. Débarquant dans une clairière noircie, au fond des fermes agricoles de la planète, Eisenhorn fut accueillis par Phant. Une fois tous les invités arrivés, Phant fit sortir d’une remorque d’un camion agricole un humain, grand et élancé, bâillonné, avec les yeux bandés, portant une camisole de force et un lourd casque sur la tête, un inhibiteur psychique. L’enchère débuta et Eisenhorn créa la stupeur en proposant un prix énorme. C’est alors que l’un des participants, un certain Fybe, se dirigea vers lui et s’arracha le visage, se révélant être Cherubaël qui salua cordialement l’Inquisiteur qui n’en crue pas ses yeux. Se débarrassant de ses vêtements qui se consumèrent, tandis qu’il s’élevait dans les airs, Cherubaël, saluant Bequin au passage, expliqua à Eisenhorn qu’ils avaient un lien, une destinée commune. Mais l’Inquisiteur exigea qu’il lui explique la raison pour laquelle il était soupçonné de corruption par certaines de ses collègues suite à l’incident sur Vogel Passionata. Le Possédé s’excusa pour ce désagrément avant de lui demander pourquoi selon lui, il rêvait de lui, et affirmant que s’il s’était arrêté au tombeau de l’Amiral Spatian sur Thracian Primaris, évitant de périr lors de l’Atrocité, c’était parce qu’il lui avait implanté cette suggestion dans son esprit.

Leur échange fut interrompu par l’arrivé de Lyko et de ses hommes. L’Inquisiteur renégat fut frappé de stupeur en le voyant, ordonnant à de le tuer. Mais Lyko se révéla ne pas être le maître du Possédé quand celui-ci refusa. Une fusillade et un massacre commença dans l’assemblée quand Lyko ordonna leur élimination. Eisenhorn, paralysé, observa Cherubaël qui regardait le massacre sans bouger, découpant juste un garde mutant qui fonçait sur lui d’un léger mouvement de tête avant que des vagues de force ne le dépouillent de sa chair et démantibulent son squelette dont les membres s’agitèrent encore. La fureur du Possédé fut sans bornes, amalgamant des êtres ensemble avant de les envoyer dans un vortex. Puis il enfonça ses pieds sur deux gardes qui se mirent à bouillir. Nayl et Bequin vinrent en aide à l’Inquisiteur pour le sortir de là, alors qu’une tempête Warp faisait rage autour d’eux. Se refusant de fuir, Eisenhorn prit son épée et fonça sur Cherubaël. Le Possédé lui demanda de se calmer et l’invita à partir, refusant de lui dire qui était son maître. L’Inquisiteur lui enfonça son épée dans la poitrine, et à la grande surprise du Démon, la lame l’éviscéra presque avant d’éclater et projeter en arrière Eisenhorn. Sa blessure se referma et désintégra la lame d’Eisenhorn. Ulcéré, Cherubaël utilisa ses pouvoirs pour faire voler Grégor Eisenhorn et le projeter en arrière, lui faisant perdre conscience.

En se réveillant, Eisenhorn constata la disparition de Cherubaël, ses Acolytes l’informant de la fuite de Lyko avec ses hommes dans deux landspeeders. Sautant dans un petit speeder noir, Eisenhorn les retrouva et les prit en chasse, se dirigent vers la masse d’une moissonneuse-usine en action dans un champ, un monstre mécanique de six cents mètres de long et de quatre-vingt-dix de haut. Il fut rejoint par Médéa à bord de son chasseur qui prit les fuyards à revers, abattant l’un des landspeeders. Le dernier, piloté par Lyko, débarqua dans l’un des hangars de la moissonneuse-usine. Lyko laissa l’un de ses hommes à l’arrière tandis qu’il s’enfuyait dans les entrailles de la machine. Le garde abatis le landspeeder d’Eisenhorn qui arrivait à son tour dans le hangar, le forçant à s’éjecter pour s’écraser sur le sommet de la moissonneuse. Retrouvant le hangar où son landspeeder condamné était entré en collision avec celui de Lyko, il força des ouvriers de lui dire où sa proie avait fui. Il le retrouva avec son dernier homme de main et un être entravé qu’il identifia comme étant Esarhaddon. Après une longue fusillade et une lutte sans merci avec le garde de Lyko, l’Inquisiteur parvint à le tuer en l’empalant avec un découpeur industriel. Se retrouvant enfin face à Lyko, Eisenhorn lui demanda les raisons de ses actes, mais le renégat, pointant son Lance Plasma sur sa joue, l’interrogea sur qui était au courant, Eisenhorn prétendant que toute l’Inquisition le traquait. Un duel psychique débuta, Lyko, un Psyker lui aussi, tenta de percer les défenses mentales d’Eisenhorn qui contre-attaqua efficacement, parvenant presque à découvrir l’identité de son maître. Affolé, Lyko tenta de tuer Eisenhorn, mais se retrouva paralysé, son système nerveux court-circuité et bloqué de toutes ses fonctions autonomes par Eisenhorn. Mais Cherubaël apparu de nouveau, fit léviter Lyko dans les airs pour empêcher Eisenhorn de parvenir à trouver la réponse du responsable de toute cette affaire, et le projeta dans l’immense gueule de la moissonneuse, au milieu des lames tourbillonnantes du tablier de coupe. Son corps fut totalement désintégré. Puis Chérubaël s’empara de la silhouette toujours ligotée et comateuse d’Esarhaddon et disparaître avec.[64]

Enquête sur Cadia

La mort de Lyko mit fin à l’enquête d’Eisenhorn sur Eechan. Décidant de retrouver Godwyn Fischig, il se rendit sur le Monde-Forteresse de Cadia avec son équipe. Ils furent transportés jusqu’à Mordia par un vaisseau indépendant, le Roi des Aigles, et finirent le voyage en tant qu’invités de l’Adeptus Mechanicus à bord du croiseur de transport super-lourd Mons Olympus qui amenait des Titans vierges aux garnisons de la Porte Cadienne. Débarquant dans l’astroport de Kasr Tyrok, Eisenhorn retrouva l’ancien Castigateur Fischig qui l’accueillit avec joie. L’Inquisiteur lui apprit le triste destin de Gideon Ravenor suite à l’Atrocité de Thracian Primaris, la trahison de Lyko, la fuite d’Esarhaddon et la réapparition de Chérubaël, ce dernier fait étant ironique vu que la mission de Fischig avait été de localiser le Possédé. L’Inquisiteur exprima à son vieil ami ses craintes vis à vis de ce Démon, perturbé par le sentiment que Cherubaël connaissait son futur et il craignait que dans l’avenir, il soit obligé de pactiser avec les Démons. L’ancien Castigateur lui promit de l’abattre avant que cela advienne, Eisenhorn l’encourageant à ne pas hésiter à le faire si besoin, sutout si il se mettait à jouer à Âge of Sigmar.


Fischig emmena Eisenhorn voir les célèbres Pylônes de Cadia et lui expliqua que Chérubaël était venu ici, à neuf reprises au moins au cours des quarante dernières années, prouvant que le maître du Possédé semblait être fasciné par Cadia. Fischig avait appris d’un de ses amis Arbites sur la planète qu’une cellule d’hérétiques, les Fils de Baël, avaient été en activité il y plusieurs années sur le Monde-Forteresse. C’était une bande de minables ayant avoué suivre les ordres d’un Démon nommé Baël, le Baël ou Chérubin de Baël. L’Inquisiteur en charge de l’affaire les fit brûler avant de mourir. Il fut par la suite remplacé par l’Inquisitrice Générale Nève. Mais un détail de cette affaire était très troublant : les Fils de Baël ne s’intéressaient qu’à une seule chose, mesurer les dimensions des Pylônes…

Puis l’Inquisiteur Grégor Eisenhorn aperçut les fameux Pylônes de plusieurs centaines de mètres de haut, dont la théorie affirmait qu’ils repoussaient les violentes turbulences du Warp dans cette région, faisant de la Porte Cadienne l’unique route navigable et calme permettant l’approche de l’Œil de la Terreur. Puis il se rendit à Kasr Derth, le plus important castellum de la région. En passant le fossé extérieur, Fischig activa le transpondeur vox de son speeder et transmit le code d’accès du jour aux tourelles de surveillance. Malgré cela, des batteries d’artillerie Hydra et Manticore braquèrent leurs canons sur eux et suivirent leur progression, forçant Fischig à calmer les inquiétudes d’Eisenhorn, expliquant que les Cadiens adoraient saisir la moindre occasion de s’entraîner. Ils passèrent les fortifications et le portail de la barbacane, puis au-dessus du pont à bascule hydraulique enjambant le fossé intérieur et entrèrent dans les rues délibérément étroites et sinueuses du castellum. Eisenhorn remarqua l’organisation militaire de la ville ainsi que la mode des habitants qui était au camouflage, même pour les civils. Fischig se dirigea vers la cathédrale de l’Inquisition et posa le speeder sur le dallage de la cour intérieure du bâtiment. Des gardes inquisitoriaux en armures rouge bordeaux rehaussées d’or s’approchèrent d’eux, et saluèrent Eisenhorn quand celui leur présenta sa rosette. Il exprima son désir de rencontrer l’Inquisitrice Générale de Cadia, les gardes informant alors immédiatement le secrétariat. Fischig lui apprit que cette dernière n’allait pas lui plaire…

L’Inquisitrice Générale Nève[65]

L’Inquisitrice Générale Nève était une petite femme robuste qui devait approcher les cent vingt années quand elle rencontra Grégor Eisenhorn. Ses cheveux poivre et sel étaient sévèrement tirés en arrière et rassemblés en un chignon étroitement serré dans une résille. Elle avait la peau pâle, la chair ferme et les yeux violets caractéristiques des Cadiens. Elle boitait et avançait avec l’aide d’une béquille d’argent ouvragée. Inquisitrice en cheffe de l’Inquisition du Monde-Forteresse, elle gérait les affaires dans son sanctum personnel qui se caractérisait par une pièce octastyle au sol de cosmati blanc et noir et aux murs d’æthercite ornés de bas-reliefs représentant des plantes aquatiques. L’endroit était éclairé par des brûle-joncs dont les flammes vacillantes mettaient en valeur les lotus sculptés sur les parois. Plus jeune, elle rêvait d’une vie d’Inquisitrice itinérante comme Eisenhorn, menant des vies aventureuses, pleines d’excitation. Elle est depuis devenue cynique mais avait un redoutable caractère, passant son temps à gérer d’innombrables affaires qui gangrenaient Cadia, consciente qu’elle se devait de protéger le seul monde capable de repousser les forces maléfiques dissimulées au tréfonds de l’Œil de la Terreur…

Et en effet, Eisenhorn rencontra l’Inquisitrice Générale Nève, dans son bureau, et qui se plaignit immédiatement d’avoir à lui accorder un rendez-vous si tard. Néanmoins, la célébrité d’Eisenhorn lui avait ouvert la porte du bureau de l’Inquisitrice. Elle avait immédiatement deviné qu’Eisenhorn souhaitait consulter les rapports au sujet de Baël, ayant déjà su que Fischig avait enquêté sur ce culte. Nève l’invita à la suivre jusqu’à l’archivum au sous-sol de la cathédrale. En arrivant dans cette longue pièce lambrissée dont le seul éclairage provenait de lampes posées sur la rangée de bureaux à double face qui courait en son milieu, l’Inquisitrice Générale ordonna à un crâne serviteur d’aller trouver le dossier concernant les Fils de Baël ce qu’il fit. Nève s’empara du dossier et le tendit à Grégor Eisenhorn, lui demandant juste de le remettre là où il se trouvait une fois sa recherche terminée. Eisenhorn la questionna pour savoir si elle avait déjà étudié cette affaire après que son prédécesseur, Gorfal, eut brûlé les membres de ce culte sans autre forme de procès. Nève lui répondit très sèchement qu’on était sur Cadia, face à l’Œil de la Terreur et qu’elle avait autre chose à faire que de ressasser un dossier sur une bande de cultistes s’amusant à utiliser des géo-localisateurs pour mesurer des Pylônes. Elle avait déjà une centaine de cultes maléfiques actifs à soumettre tous les mois au point où elle peinait à suivre le rythme des bannissements au jour le jour. Eisenhorn s’excusa, lui apprenant néanmoins que ce culte était son seul lien avec un Possédé contrôlé par un Inquisiteur renégat. Cela intéressa soudainement la vieille femme…

Ignorant s’il avait la capacité de convaincre Nève, Eisenhorn lui raconta son histoire, puis reçu l’aide de l’Inquisitrice Générale durant les deux heures suivantes pour l’aider à localiser les dossiers des affaires qui pouvaient être liées à la sienne. Elle dut le quitter pour régler une affaire, mais lui offrit de le loger, ainsi que les membres de son équipe, dans les dépendances de la cathédrale. Eisenhorn déclina poliment, mais reçut la permission de poursuivre son enquête à Kasr Derth, pourvu qu’il l’informait de ses découvertes et qu’il évite l’équivalent de sa dernière aventure sur Cadia. Se retrouvant seul dans l’archivum avec Fischig, l’Inquisiteur exprima le fait qu’il avait finalement aimé le caractère de Nève, appréciant son côté "harpie acariâtre" et le fait qu’elle était comme lui une puritaine pure et dure.

Il travailla tard, étudiant des centaines de dossiers et effectuant des copies cyberdata de ceux qui paraissaient les plus prometteurs. Puis il retourna avec l’ancien Castigateur à bord de leur speeder et mirent le cap jusqu’à l’astroport de la ville. Fischig retrouva tous ses amis de l’équipe de l’Inquisiteur, notamment Bequin, et annonça à tous que l’Essene, qui se trouvait au-dessus de Cadia, les attendait. Cela fit plaisir à Eisenhorn qui retrouva le capitaine Tobias Maxilla qui lui avait offert ses services plusieurs fois depuis leur première rencontre, comme notamment emmener, un an avant, Fischig sur Cadia. Maxilla les accueillit à bord de son vaisseau et les invita à dîner tous ensemble un souper somptueux dans la grande salle à manger de l’Essene.

Eisenhorn retourna le lendemain à Kasr Derth avec toute son équipe et se rendit sur les îles éparpillées du grand archipel des Caducades, bien que retardé par une paire de Maraudeurs cadiens venus encadrer son chasseur le temps de l’inspecter. C’est intense sécurité militaire fit songer à l’Inquisiteur que la question sur comment les cultistes étaient parvenus à infiltrer le Monde-Forteresse se posait, notamment quand Aémos lui expliqua que six mois auparavant, une navette qui transportait le Diacre d’Arnush, en visite à Cadia pour participer à un colloque sur la promulgation, avait été abattue au-dessus de la mer de Kansk simplement parce qu’elle n’avait pas émis les codes corrects à temps. Pour Eisenhorn, il était fort possible que sa proie fût venue sur Cadia grâce à son identité et son rang qui lui permettaient d’échapper facilement aux contrôles de sécurité ordinaires. Il arriva à se poser finalement sur la plateforme de la cathédrale, puis il divisa son équipe pour étudier dans différents ailes du bâtiments les dossiers. Il se rendit quant à lui au Ministère de la Défense intérieure, en compagnie de Médéa, où il fut reçu par le Colonel Ibbet, qui déclara ne pas avoir de dossier relatif à une immigration illégale, car leur système ne le permettait pas. Eisenhorn tenta de creuser, questionnant le Colonel sur ce qui arriverait si quelqu’un voulait s’introduire sur Cadia de manière anonyme. Le Colonel Ibbet révéla alors que cela était impossible, car chaque identité de nouveaux arrivants était enregistrée et classée, avec le but de la visite, et toutes les infractions traitées sur l’heure. Grégor Eisenhorn déclara alors vouloir examiner les fichiers dans lesquels étaient consignées ces infractions. Ibbet, résigné, le mena dans un bureau équipé d’un codeur et assigna un auxiliaire militaire auquel il donna l’ordre de guider l’Inquisiteur dans le système d’archivage. Eisenhorn passa donc dix semaines et demie à écumer les archives et les annales de Kasr Derth avec son équipe, se relayant entre ce lieu et l’Essene. La recherche s’étala jusqu’au début de l’hiver cadien.

Malgré le froid mordant et les bourrasques glaciales balayant les couloirs de la cathédrale et de l’Administratum, Eisenhorn continua les recherches, malgré le découragement général de son équipe qui n’avait retrouvé aucun membre vivant des Fils de Baël ni aucune activité cultiste récente pouvant être relié au Pylône. L’Inquisiteur avait interrogé des professeurs spécialistes de la question à l’université et certains Technoprêtres du Mechanicus dont il avait trouvé les noms dans les archives et qui étaient réputés être des experts de l’étude des Pylônes. Cela ne donna rien. Un jour, effectuant son trajet habituel du matin entre la cathédrale de l’Inquisition et le quartier général de la Garde intérieure et rejoignant le Ministère de la Défense, il se resoumis aux contrôles de sécurité au poste de garde de la poterne. Cela aurait dû être une formalité à force de ses aller-retour, mais ses papiers furent étrangement relus plus attentivement et son insigne inquisitorial fut scrupuleusement examiné et enregistré électroniquement. Il se retrouva face à un jeune Major, du nom Revll, qui l’escorta à la station de travail. Eisenhorn éplucha un journal du trafic aérien et fut persuadé un instant obtenir une piste sérieuse, pour se rendre compte qu’il s’agissait d’un mystérieux enregistrement en lien à une mission secrète menée par l’Inquisitrice Générale Nève.

Retrouvant ses proches dans un petit village de pêcheurs après avoir reçu un message de la part d’un contrebandier qui voulait le voir, Eisenhorn promis à Bequin que si dans une semaine, il ne trouvait rien, ils quitteront tous Cadia. Pénétrant dans une sinistre taverne qui donnait sur une digue, il fut reçu par un serveur qui le guida vers une arrière-salle, là où attendait le mystérieux contrebandier. Il s’agissait de Tobias Maxilla qui mourrait d’ennui sur l’Essene et qui, pour passer le temps, avait réfléchi à la problématique sur comment échapper aux systèmes de sécurité obsessionnels et excessivement rigoureux de Cadia. Pour y répondre, il avait décidé de voir s’il pouvait pénétrer en fraude et avait réussi ! Maxilla était parvenu à poser sa navette dans le petit bois derrière le village au nez et à la barde des Cadiens. Eisenhorn en fut à la fois admiratif et horrifié, se demandant s’il devait couper les ponts avec Maxilla pour ce viol manifeste de la loi. C’est alors que le malicieux capitaine de l’Essene souligna que rien n’était illégal, car sa présence en ses lieux était entièrement légale, à la fois selon la législation locale de Cadia et selon les lois générales de l’Imperium. En effet, quand les intercepteurs étaient venus l’intercepter, il lui avait suffi de transmettre le code de sécurité de l’Inquisiteur. Grégor Eisenhorn en fut bouche bée, réalisant que le flamboyant cabotinage de Maxilla, dans l’une de ses pires démonstrations de forfanterie, lui avait donné la solution. Si la Garde intérieure n’avait aucun dossier au sujet d’immigrations illégales ou suspectes, c’était qu’il n’y avait rien à classer. Celui qu’il traquait était venu sur Cadia en toute légalité, car il avait les accréditations de haut niveau, comme lui. Ou comme l’Inquisitrice Générale Nève.

Il retrouva Nève et lui révéla l’affaire. L’Inquisitrice affirma n’avoir jamais effectué les déplacements sur lesquels enquêtait Eisenhorn, celui-ci expliquant que quelqu’un avait utilisé son code d’identification, et avant elle celui de ses prédécesseurs, pour obtenir un accès transorbital sur une quarantaine d’années. Chacune des flambées d’activité des Fils de Baël et d’autres cultes pouvait être reliée par ces transferts espace-surface déguisés en authentiques déplacements inquisitoriaux. Nève en fut horrifiée, mais affirma que personne n’avait son code au sein de ses collaborateurs. Eisenhorn sentait que le coupable était un Inquisiteur de très haut rang qui pouvait avoir accès aux fameux codes, et avec Nève, il rechercha qui cela pouvait être. En fin de compte, il découvrit que pour usurper le code personnel d’identification de Nève, ainsi que ceux de ses prédécesseurs, son adversaire avait été obligé d’utiliser toute son influence, et donc son identité réelle, pour accéder aux fichiers. Retrouvant un enregistrement crypté que l’Officio Astropathicus perça au bout de quelques heures, les deux Inquisiteurs ouvrirent le fichier et apprirent que l’identité du doyen qui avait abusé de son pouvoir pour utiliser le code de Nève était l’Inquisiteur Quixos.[66]

L'Affrontement contre Prophaniti

L’Inquisiteur Quixos[67]
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Quixos le Grand. Quixos le Flamboyant. L’un des plus révérés de tous les Inquisiteurs qui aient jamais arpenté l’Imperium. Ses premiers écrits étaient une lecture obligatoire pour chaque membre de l’Inquisition. C’était un être légendaire. À tout juste vingt et un an, il avait purifié Artum par le feu et brûlé ses Démons. Il avait ensuite purgé le sous-secteur d’Endorian de ses faux dieux-boucs. Il avait transcrit le Grimoire d’Eibon. Il avait anéanti le maudit culte de Nurgle qui avait réussi à pervertir l’un des palais de Terra elle-même. C’était lui qui avait traqué et éliminé Baneglos, le Marine du Chaos. Lui encore qui avait réduit au silence les Susurreurs de Domactoni. Il avait crucifié le roi-sorcier de Sarpeth sur les remparts qui se dressaient au-dessus de sa Ruche qu’il avait réduite en cendres.

Mais il y avait toujours eu une sorte de rumeur autour de Quixos. Des insinuations, selon lesquelles il était trop proche du mal qu’il poursuivait. C’était un radical et au sein des Ordos, certains mêmes n’hésitaient pas à le traiter d’élément incontrôlable. D’autres, en privé, avaient murmuré des choses bien pires.

Selon Grégor Eisenhorn, Quixos était un grand homme qui était peut-être allé trop loin. Il se contentait d’honorer sa mémoire et ses accomplissements, car avant d’apprendre qu’il se trouvait derrière la machination sur laquelle il enquêtait, cela faisait longtemps que Quixos était considéré comme décédé.

Apprendre que ce célèbre et illustre Inquisiteur était vivant, car considéré comme mort depuis plus de cent ans bien que toujours officiellement enregistré comme vivant dans les annales de l’Inquisition, fut un choc. Mais comme l’avait montré l’exemple de l’Inquisiteur Utlen qui avait été présumé mort pendant plus de soixante-dix ans et qui était réapparu soudain, une nuit, pour jeter à bas les tyrans d’Esquestor II, ce très long silence de Quixos ne voulait pas dire qu’il n’était pas resté inactif durant tout ce temps. Après avoir mis fin à la dispute sur ce sujet entre Aémos et le savant de Nève, du nom de Cutch, Grégor Eisenhorn fut invité par l’Inquisitrice Générale a donné son opinion : Quixos, bien qu’âgé alors de trois cent quarante-deux ans, pouvait être vivant par l’emploi d’augmentique, de réjuvénants… ou de sorcellerie au vu de sa réputation d’expérimentateur du Warp. Nève fut horrifiée qu’un Inquisiteur soit responsable de toutes les horreurs en lien avec l’enquête d’Eisenhorn, mais ce dernier lui remémora les souvenirs d’hommes ayant été corrompue par le mal qu’il avait juré de combattre, comme l’Inquisiteur Ruberu, le Grand Maître Derkon, le Cardinal Palfro de Mimiga, Saint Boniface - que l’on appelle également le Crâne de la Mort aux Mille Larmes, le tyran Goge Vandire et le pire d’entre eux, Horus Lupercal. Grégor Eisenhorn décida de traquer Quixos, voir s’il était véritablement un hérétique et l’exécuter si tel était le cas.

La conversation fut interrompue quand Fischig retrouva Eisenhorn pour l’informer qu’un appareil avait rallié la surface à Kasr Gesh en utilisant le code personnel de l’Inquisitrice Générale. Gesh était le site des dernières activités connues des Fils de Baël. Accompagnée de Nève, Eisenhorn se rendit sur les lieux, avec le soutien d’un escadron de six hommes des Troupes d’Élite Cadiennes, des Kasrkin. Eisenhorn s’assura que ces soldats étaient les meilleurs des meilleurs et qu’ils feront attention à surveiller ses arrières ainsi que ceux de ses camarades. Le Capitaine Kaskrin assura l’Inquisiteur avoir leurs bio-empreinte dans leurs auspex de visée, neutralisant tout risque de tirs contre eux. Puis Eisenhorn ordonna que la commande vox ou psychique qu’il emploira serait "Aubépine." Ils débarquèrent tout prêt du Pylône, en pleine nuit. Armé d’un Fulgurant, qu’il avait peint en vert en mémoire de son bien-aimé Bolter perdu sur Eechan, d’un long coutelas cadien à la ceinture et d’un sabre court à deux tranchants amélioré, Eisenhorn mena une discrète infiltration sur le site. Lui et ses hommes virent des projecteurs et des Auspex manipulés par des hommes en capuchon. Puis l’Inquisiteur avança avec Bequin vers les cultistes, proclamant son titre et demandant où était leur chef. Celui-ci, recouvert d’un capuchon, annonça être présent et s’avança vers lui avant de révéler sa vraie nature : un Possédé avec une tête anguleuse, aux traits cruels, dépourvue de poils et d’une peau nimbée d’une luminescence bleuâtre et froide. Des cornes aiguisées, à pointe d’acier, lui poussaient sur le front et ses yeux étaient deux fentes. Il se présenta sous le nom de Prophaniti.

Immédiatement, Eisenhorn prononça le code "Aubépine" et tira sur Prophaniti qui n’eut qu’à tendre la main pour saisir dans l’air les Bolts chauffés à blanc avant de les jeter sur le côté. L’Inquisiteur reçut l’aide de ses hommes, notamment de Nayl et de sa mitrailleuse lourde, qui arrosèrent l’abomination qui se tordit de douleur lorsque les balles bénies consumèrent sa chair. Les cultistes se joignirent au carnage et une bataille rangée débuta. En voyant les Kasrkin se joindre au combat, Grégor Eisenhorn reconnut qu’ils étaient presque plus terrifiants que le Possédé, sans peur face aux renégats tandis que leurs Auspex neutralisaient leurs armes dès qu’Eisenhorn était sur leurs lignes de visée. Cette efficacité meurtrière poussa l’Inquisiteur à demander à Fischig de faire le tour du Pylône et d’essayer de faire un prisonnier. Puis il constata la disparition de Prophaniti quand Bequin hurla pour l’avertir. Se retournant, Eisenhorn vit le Possédé suspendu dans les airs, irradiant de puissance, le corps ravagé par les tirs et sa tête pendant sur son cou brisé. Désormais nue, Prophaniti révéla à tous qu’il était chargé de liens et de chaînes entrecroisées et cadenassées et que sa chair lumineuse était percée d’une quantité d’aiguilles à suturer et de poinçons de fer, avec des amulettes de toute sorte qui étaient pendues à ses chaînes ou au fil de fer barbelé qui était enroulé autour de son cou. Eisenhorn ordonna à Nève et à Bequin de fuir, mais l’Inquisitrice Générale préféra lever sa canne qui se révéla être un Lance-Grenades. Le projectile percuta Prophaniti, mais l’abomination continua de les pourchasser. Acculés, les deux Inquisiteurs eurent la vie sauve grâce à Bequin qui les agrippa pour leur offrir sa protection d’Intouchable. Cela fonctionna, et Prophaniti s’arrêta juste à un mètre d’eux. Moqueur, le Possédé reconnu qu’Eisenhorn était tenace et que Chérubaël l’appréciait. Néanmoins, l’emploi d’une Intouchable n’offrait qu’une protection de l’esprit et non physique et Prophaniti frappa très violemment Nève à la poitrine, la lacérant. Tirant son sabre - dont les runes gravées sur la lame par le Ministorum resplendissaient devant la présence du Démon - Eisenhorn tenta de protéger Alizebeth Bequin, mordant le flanc du monstre qui hurla de douleur au contact des runes pentagrammatiques sur la lame. Le duel continua, Eisenhorn saignant abondement jusqu’à ce que le Posséda arrête sa lame de sa main, la faisant fondre. Grégor Eisenhorn crut sa dernière heure arrivée quand il vit une action d’un grand héroïsme menée par le Capitaine Echbar et deux de ses hommes : les Kasrkin prirent Prophaniti à revers, saisirent le Possédé à bras-le-corps et le plaquèrent au sol. Prophaniti éjecta le Capitaine et massacre les deux soldats, mais Echbar revint à la charge et ouvrit avec son couteau toute la longueur de la colonne vertébrale du Possédé avant de se faire disloquer par une énergie Warp. Par leur sacrifice, les hommes de l’élite cadienne avaient fourni une porte de sortie à Eisenhorn et à Bequin qui était effondrée. Eisenhorn appela par vox Médéa à venir l’aider, cette dernière arrivant avec le chasseur à très basse altitude. Les Serviteurs des tourelles braquèrent les canons des ailes et le canon ventral sur le Possédé en pleine charge et le vaporisèrent.

La bataille était gagnée. Nève survécue à ses blessures et l’équipe d’Eisenhorn se recentra autour de lui. Mais un des hommes de l’Inquisiteur, du nom d’Husmaan, interpella alors Eisenhorn, une lumière blanche brillant dans ses yeux et sa voix étant celle de Prophaniti. Le Démon annonça que si son hôte pouvait être détruit, l’Inquisiteur ne pouvait rompre les liens qui le liaient à son maître. Il annonça qu’il épargnait l’Inquisiteur, prophétisant que ce qui allait arriver allait être intéressant. Puis Prophaniti monta vers le firmament, jusqu’à disparaître au-dessus de la lande, dans la lumière de l’aube montante.

Presque immédiatement, des projecteurs noyèrent le site de la bataille et une vingtaine de transports de troupe lourds cadiens apparurent avec plusieurs unités de Troupes d’Assaut Cadiennes qui y descendirent, les mettant en joue. Puis la voix de l’Inquisiteur Leonid Osma se fit entendre un vox-amplifiée depuis le véhicule de tête, accusant Grégor Eisenhorn de crimes contre l’Imperium, d’avoir été complice des atrocités de Thracian et d’avoir eu commerce avec les Démons. En conséquence de quoi, il était en état d’arrestation et condamné à mort.[68]

Interrogatoire et Fuite de Cadia

Leonid Osma[69]

L’Inquisiteur Leonid Osma était un homme bien bâti et large d’épaules, âgé d’à peu près cent cinquante ans à l’époque où il s’en prit à Grégor Eisenhorn. Il porte une Armure Énergétique cuivrée tandis que les rouelles d’épaulière et les genouillères de son armure étaient décorées de blasons finement ouvragés de l’Ordo Malleus. Il avait fixé six Sceaux de Pureté le long de la bordure de sa bavière, comme une guirlande de fleurs. Une longue cape de fourrure blanche flottait dans son sillage. Il avait un visage à l’expression brutale et querelleuse, avec des yeux luisants, enfoncés entre des paupières bouffies, surmontés de sourcils gris et broussailleux. Ses cheveux gris, coupés au bol, étaient de la couleur d’une lame d’acier. Il avait perdu sa mâchoire inférieure au cours d’un affrontement avec un Berzerk de Khorne et s’était fait poser une mâchoire augmentique, au menton proéminent et chromé, qui était reliée à son crâne par des tubes d’alimentation et des servomoteurs miniaturisés. Au combat, il maniait un Marteau Énergétique.

Grégor Eisenhorn, encerclé, fit face à l’Inquisiteur Osma qui débarqua flanqué de six Interrogateurs qui lisaient à voix haute des extraits du Bréviaire de la Douleur (oh oui) et des Chapitres des Châtiments (hummmm). Osma tenait dans sa main une carta extremis, symbole d’accusation pour hérésie. Eisenhorn ordonna immédiatement à son équipe de se rendre aux Cadiens tout en murmurant à son vox les codes de repli à Médéa pilotant son chasseur. Puis il écouta Osma le désigner comme diabolus avant de proclamer qu’il se rendait à la justice impériale tout en proclamant son innocence. Des drones-vox qui bourdonnaient à la hauteur des épaules des Interrogateurs enregistrèrent cet échange tout en transcrivant les événements à l’aide d’une plume holographique et d’une tablette destinée à l’enregistrement des dépositions, montrant qu’Osma menait au moins son arrestation dans le respect total et scrupuleux des procédures inquisitoriales. Néanmoins, Eisenhorn refusa de remettre sa rosette inquisitoriale en s’appuyant sur le Code des Préjudices, et souligna que les vrais hérétiques résistaient à leur arrestation - lui-même ayant dans sa carrière réglé les cas de neuf diabolus. Osma lui apprit que le Seigneur Rorken était allé plaider en sa faveur avant d’être interrompu par l’Inquisitrice Générale Nève qui claudiqua dans leur direction. Nève souligna qu’Eisenhorn avait fait ses preuves à ses yeux, mais Osma ne voulut rien entendre et fit incarcérer Eisenhorn au sein de la Carnificina, une prison cadienne située sur l’îlot le plus éloigné de l’archipel des Caducades. Quant à ses compagnons, ils furent emmenés à Kasr Derth et placés sous la tutelle de Nève.

Mis aux fers en enfermé dans une cellule puante dont le dernier occupant y était mort, et resté, l’Inquisiteur demanda à Godwyn Fischig d’être son représentant, à cause de son passé dans les institutions légales. Ce dernier accepta.

Eisenhorn a subi par la suite les interrogatoires sans fins et stériles des sbires d’Osma qui tentaient de savoir notamment quelle relation il entretenait avec le Possédé Chérubaël. Ils savaient qu’un de ses agents surnommé le Limier - en réalité Fischig - tentait de retrouver ce Possédé sur Cadia. Eisenhorn ne révéla rien pour sauver son agent, savourant le fait que la torture sur son visage commis par Gorgone Locke l’empêchait de sourire devant ses geôliers. Néanmoins, quand il évoqua Quixos et son rôle dans l’Atrocité de Thracian Primaris, la capture d’Esarhaddon et la corruption des Inquisiteurs Lyko et Molitor, les Interrogateurs se moquèrent de lui, persuadés que ce denier était mort il y a bien longtemps. Les seuls répits d’Eisenhorn furent ces entretiens de quinze minutes chaque soir avec Fischig, apprenant ainsi que ni Médéa, ni Aémos, ni le chasseur n’étaient tombés entre les mains d’Osma, pas plus que l’Essene.

La Carnificina[70]

Émergent des flots de la mer en furie comme la molaire d’un énorme herbivore dont la gencive aurait disparu, cette prison située sur Cadia n’avait pas vraiment été bâtie sur l’îlot, mais avait plutôt été creusée dans le pic escarpé qui surgissait des vagues. Sur cette île-prison, il n’y avait pas un mur qui fasse moins de cinq mètres d’épaisseur. Sa base de granite était inondée de l’écume blanche d’un ressac farouche et ses abords ouest étaient soumis aux tempêtes pélagiques les plus brutales de l’océan qui s’étendait tout autour. Détachés des glaciers du détroit de Cadu et du lointain isthme de Caducades, des icebergs venaient se bousculer et se fracasser dans le chenal navigable séparant l’île-prison des atolls dénudés qui lui faisaient face. Le bas de ses pentes était tapissé de kelp et on pouvait apercevoir quelques axeliers opiniâtres. On y entendait les clameurs et les hurlements de prisonniers, souvent des soldats Cadiens malades ou déments ; pour la plupart d’anciens soldats qui avaient perdu la raison dans les guerres contre l’Œil de la Terreur.

Cela dura trois mois, et au début de l’année 340.M41, Eisenhorn reçut la visite d’Osma dans sa cellule. Blafard, barbu et avec sept kilos en moins, il apprit que le Seigneur Rorken avait persuadé le Grand Maître Orsini, maître de l’Inquisition en charge du sous-secteur Helican, de le faire extrader sur Thracian Primaris pour y être jugé, sur la base des accusations qui font l’objet de la carta extremis, devant un Tribunal Magistérial réunissant l’Ordo Malleus et l’Officio des Affaires intérieures. Les Vaisseaux Noirs chargés de l’emmener devaient arriver sur Cadia dans trois jours. Durant ce délai, Osma avait décidé de le soumettre à un interrogatoire extrêmement dur, basé sur de viles tortures. Eisenhorn savait qu’il ne pouvait survivre à un tel traitement…

Retrouvant Fischig comme chaque soir, il leva le doute que l’ancien Castigateur ressentait vis à vis de cette situation, lui assurant qu’il était innocent des crimes dont il était accusé. La parole d’Eisenhorn suffisait à Fischig qui insista alors très lourdement pour que l’Inquisiteur mange son repas…

Quelles heures après, Eisenhorn eut des crampes très douloureuses et l’esprit engourdi par la souffrance. Il fut secoué de spasmes, cria, vomis, fut tour à tour secoué d’accès de fièvre brûlante et baigné de sueurs froides. Quand le garde le retrouva à moitié mort, le médic de la prison fut appelé en urgence. Fischig arriva de même qu’un des Interrogateurs d’Osma qui pensait qu’Eisenhorn simulait. Mais le medic l’ausculta et annonça que l’Inquisiteur sera mort dans moins d’une heure. Ordre fut donné de le mener à l’hôpital de Kasr Derth par l’Interrogateur quand Fischig le menaça de prévenir lui-même Osma que son précieux prisonnier était mort dans sa cellule parce que son disciple n’avait pas jugé bon à chercher à le guérir. Eisenhorn fut emmené sur une civière jusqu’à l’aire d’atterrissage de la prison puis introduit dans une navette cadienne. Il vit alors que Fischig s’approcher discrètement de lui et sortir de sa poche une petite fiole équipée d’un injecteur et la mettre en place sur sa perfusion, à la place de l’injecteur du médic de la prison. Presque aussitôt, il commença à se sentir mieux.

Puis le chasseur d’Eisenhorn piloté par Médéa apparut et ordonna via le réseau vox à la navette cadienne de se poser. L’Interrogateur d’Osma fut abattu par Fischig à l’aide de l’arme digitale de Maxilla et força le pilote de la navette de se poser en catastrophe dans la tempête de neige, sur la plage rocailleuse de l’îlot inhabité. L’ancien Castigateur traîna Eisenhorn dehors, où le chasseur le réceptionna. Toute l’équipe de l’Inquisiteur était présente, notamment Bequin et Nayl. Fischig avait empoissé Eisenhorn grâce à une dose préparé par Aémos qui avait réactivé le poison de Pye dans son organisme afin que son agonie soit convaincante. Puis Nayl ordonna à Médéa d’abattre la navette cadienne et les hommes d’équipage présent afin de faire croire que Grégor Eisenhorn avait péri dans un accident, écrasé sur l’une des îles Caducades dans une tempête de neige. L’Inquisiteur demandera pardon à l’Empereur pour la mort de ces innocents, mais c’était alors le seul moyen d’assurer sa sécurité.

Puis le chasseur prit la direction de l’espace orbital, couvert par le code de sécurité de Nève, probablement avec sa permission, droit vers l’Essene qui quitta sur-le-champ Cadia.

Grégor Eisenhorn avait bien l’attention de combattre Quixos, mais il savait qu’il devait acquérir des forces, s’aguerrir et s’armer. Mais pour commencer à mener à bien cette tâche, il ordonna à Maxilla de prendre la direction de Cinchare, un Monde Minier en lisière du segmentum, qui faisait presque partie de l’amas stellaire du Halo. Là, se trouvaient deux anciens "associés"…[71]

Traqué

Tasaera Ungish[72]

Astropathe de profession, Tasaera Ungish était âgée d’une cinquantaine d’années quand elle rencontra Eisenhorn. À moitié paralysée à cause de la difficulté des rituels du Warp qui l’avait exténuée, pratiquement jusqu’à l’épuisement complet, elle en était arrivée à devoir se contenter d’une existence de télépathe subalterne dans les chambres astropathiques d’Anemae Gulfward. Son corps, marqué par les épreuves, était soutenu par un exosquelette augmentique et si elle avait dû être belle dans sa jeunesse, son visage était à présent creusé et sa chevelure était clairsemée là où se trouvaient autrefois les implants caractéristiques du métier qu’elle avait choisi.

Elle avait travaillé toute sa vie par l’Adetus Astra Telephatica, et quand Bequin l’a recruté, lui promettant argent et aventure, elle accepta de quitter sa petite vie tranquille sur le monde d’Anemae Gulfward. Mais apprenant la présence d’Eisenhorn à bord de l’Essene, elle pensa se rendre complice de la croisade personnelle d’un hérétique. Néanmoins, il ne lui restait plus que six mois à vivre tellement elle était surmenée par la densité des transmissions que ses employeurs la faisaient traiter sur Anemae Gulfward. Mais quand Eisenhorn lui ouvrir son esprit, elle admettra à moitié que sa cause était juste, bien qu’elle informa l’Inquisiteur que son âme n’était pas aussi pure qu’il se l’imaginait… Néanmoins, malgré les questions d’Eisenhorn, elle refusera de lui dire ce qu’elle avait vu en lui.

Durant sa fuite vers Cinchare, Grégor Eisenhorn venait la voir tous les deux ou trois jours et elle captait psychométriquement des images dans mon esprit comme les pylônes cadiens, Chérubaël, Prophaniti et les ornements qu’il portait sur lui. Le temps d’arriver à Cinchare, l’Inquisiteur avait collecté une pile de photopix sur lesquelles ces images psychométriques étaient enregistrées. Et grâce à Ungish, il avait également développé de sinistres prémonitions au sujet du futur.

Il fallut trente semaines à l’Essene pour parvenir à Cinchare. Durant ce périple, Eisenhorn appris qu’il était officiellement reconnu comme extremis diabolus après la découverte de sa supercherie pour se faire croire mort. Il fut alors obligé d’utiliser un itinéraire détourné, afin d’éviter autant que possible toute rencontre avec les forces de l’Imperium. Eisenhorn détesta employer de tels subterfuges, mais il n’avait plus le choix tant il était devenu, lui et ses camarades, des renégats aux yeux de l’Imperium. À Mallid, en se ravitaillant en carburant, ils furent découverts et poursuivis par un vaisseau de guerre non identifié que l’Essene parvint à semer dans l’Immaterium. À Avignor, une escadre de cuirassés de l’Ecclésiarchie, placés en sentinelles le long de la frontière du diocèse, essaya de les arraisonner. Ils échappèrent à cette embuscade uniquement grâce à la maîtrise de Maxilla combinée à l’intelligence guerrière de Médéa. Sur Trexia Beta, alors qu’ils tentaient de recruter un Astropathe, Nayl et Fischig tombèrent par hasard sur une troupe d’Arbites qu’ils élimèrent, ce souvenir les attristant pendant des semaines. Sur Anemae Gulfward, Bequin avait réussi à engager une Astropathe, une femme maladive du nom de Tasaera Ungish. Lorsque celle-ci découvrit l’identité de l’Inquisiteur, elle supplia de la ramener sur son monde isolé. Il fallut très longtemps pour la persuader qu’elle ne courait aucun danger en la présence d’Eisenhorn. Pour finir, il fut obligé de lui ouvrir son esprit pour parvenir à la convaincre.

À l’Étoile d’Oet, un Inquisiteur du nom de Frontalle découvrit Eisenhorn et son équipe lors d’une halte de ravitaillement. Ils tentèrent de le raisonner mais étant jeune, Frontalle s’imagina que la capture d’Eisenhorn pourrait lui ouvrir les portes d’une brillante carrière. Il termina basculé dans un échangeur de chaleur géothermique…

À partir de Trexia Beta, ils furent poursuivis, quasiment en permanence, par une rumeur selon laquelle une équipe d’extermination de Chevaliers Gris de l’Ordo Malleus était à leurs trousses ainsi que le Chapitre de la Deathwatch de l’Ordo Xenos.

Entre ces péripéties, s’écoulèrent de longues et ennuyeuses semaines de transit dans les profondeurs de l’Immaterium, forçant Eisenhorn à étudier, à s’exercer au maniement des armes avec Nayl, Fischig ou Médéa et luttant pour recouvrer la santé après les tourments subis à la Carnificina.[73]

La Corruption du Lith

« Spectre, en progression, dans les vrilles de la vigne. »
- Glossia utilisé par Médéa pour alerter Eisenhorn de la venue d’individus hostiles.

Finalement, l’Essene atteignit le système de Cinchare et mit le cap vers la planète minière et nomade de Cinchare. Eisenhorn se rendit sur cette colonie minière à bord de son chasseur, avec Aémos et Médéa. La route fut rude à cause des perturbations gravitationnelles, mais les talents de pilote de Médéa permirent d’atteindre la plateforme d’atterrissage. Eisenhorn et ses camarades se firent passer pour une équipe de chercheurs envoyés en mission par la Scholam Royale Geologicæ de Mendalin et atterrirent dans un hangar lugubre d’un avant-poste des Mines de Cinchare qui était un ensemble de vieilles bâtisses industrielles plantées sur un cône, au centre du cratère d’un ancien impact météoritique.

L’Inquisiteur, son pilote et son savant se déguisèrent pour se faire passer pour une équipe de prospecteurs. Ils pénétrèrent dans le sas marqué d’un bas-relief au symbole de l’Adeptus Mechanicus proclamant que les Mines de Cinchare se trouvaient placées sous l’autorité suprême de la technoprêtrise et pénétrèrent dans un tunnel d’accès ténébreux le long duquel était suspendue une rangée de scaphandres vides. Ils progressèrent au travers du complexe minier, mais furent frappés par l’absence de toute vie et de l’aspect abandonné des lieux. Cette lugubre ambiance fut accentué par Aémos qui expliqua que les archives impériales révèlaient que les Mines de Cinchare étaient en activité et que l’Alliance Impériale Minéralière y entretenait mille neuf cents ouvriers qui travaillaient dans les mines de grande profondeur et qu’Ortog Prométhéum en avait sept cents dans ses carrières de gypnate, sans parler des prospecteurs indépendants, de tous les personnels auxiliaires et de sécurité et des gens de l’Adeptus Mechanicus. En tout, les Mines de Cinchare étaient supposées avoir une population de presque trois mille personnes.

Cinchare Quatre X181B[74]

Bloc de minerai en orbite autour d’une étoile à la trajectoire aberrante et malmené par les tempêtes gravitationnelles, le système de Cinchare vagabondait de manière erratique en lisière de l’amas stellaire du Halo, à l’orée de l’espace impérial. Il y a dix mille ans, il était voisin de 3458 Dornal et il comprenait alors neuf planètes et une ceinture d’astéroïdes. Il zigzaguait à présent entre les systèmes de Pymbyle Major et Pymbyle Minor et il avait subi deux collisions cosmologiques majeures. Il possédait à présent six planètes et plusieurs ceintures d’astéroïdes imbriquées les unes dans les autres. L’étoile nomade de Cinchare s’était engagé avec Pymbyle Minor dans l’étreinte d’une valse déséquilibrée, un batifolage gravitationnel qui mettrait un bon million d’années à parvenir à son terme.

Cinchare elle-même, ou plus exactement le système/planète errant Cinchare Quatre X181B, était une pépite de roche bleue qui se pavanait dans l’espace selon une orbite lointaine décrivant un huit presque parfait autour des deux étoiles en plein affrontement, secouée par les caprices de leurs champs gravitationnels antagonistes. Elle était riche en minéraux rares, y compris de l’ancylitum et du phorydnum et, depuis qu’on l’avait découverte, elle avait toujours constitué un paradis minéralogique.

Les abords de Cinchare étaient un champs de décombres, saturé de blocs de roche de toute tailles et de résidus de collisions qui tourbillonnaient tous selon des orbites complexes et biscornues. Une partie de ces objets avait constitué un système de minces anneaux qui orbitaient autour de Cinchare, mais ces anneaux eux-mêmes étaient gondolés et déviés par l’affrontement des forces gravitationnelles qui se contrariaient les unes les autres. Autour, l’espace était empli d’une clarté dorée, due au chatoiement de la lumière stellaire qui se reflétait sur les bancs de poussières et de minuscules débris.

Atteignant une large avenue éclairée, ils fouillèrent séparément les lieux. Grégor Eisenhorn trouva alors un homme miteux dans un bureau d’enregistrement de concessions qui s’affola en le voyant. Ce dernier se présenta comme étant Fyn Bandelbi, superviseur de seconde classe à l’Ortog Prométhéum. C’était un Hors-Monde qui était arrivé aussi sur Cinchare pour constater que tout le personnel s’était enfui. Puis un autre homme débarqua armé d’un pistolet automatique, menaçant Eisenhorn qu’il voyait comme une menace pour son camarade Bandelbi. La situation fut décantée par Aémos qui se présenta à l’individu patibulaire comme étant le Docteur Savine de la Scholam Royale Geologicæ de Mendalin, et exigeant de parler aux responsables. L’homme armé crut à ce mensonge et expliqua être le Surveillant Kaleil, service de sécurité des Mines de Cinchare et qu’il était la seule autorité sur Cinchare qui restait. Aémos utilisa sa canne qui projeta via le pommeau un hologramme présentant le sceau de la Scholam Royale Geologicæ. Kaleil tomba dans le panneau et crut qu’Eisenhorn - qui se faisait passé pour Monsieur Horn - était le garde du corps du docteur Savine. Rejoint par Médéa qui se fit appeler Cora, le groupe alla vers le poste de sécurité.

Arrivant dans le sanctuaire de Kaleil, Aémos fit croire qu’il travaillait comme chef du département de métallurgie à la Scholam Royale de la noble planète Mendalin et qu’un archiduc Frederik, métallurgiste amateur passionné, le finançait pour étudier les évolutions internes des métaux les plus rares afin d’en faire profiter aux chantiers de construction mécanique de Mendalin. Il recherchait du phorydnum et voulait rencontrer les Technoprêtres en poste sur Chincare afin de discuter avec eux de leurs découvertes relatives aux propriétés de la précieuse substance. Kaleil annonça alors que le site était abandonné. Durant les vingt dernières années, les autorités avaient commencé à s’inquiéter des conditions d’exploitation, car Cinchare se rapprochait de plus en plus des champs gravs de Pymbyle. Ils ont réalisé que cet endroit ne serait plus viable dans quatre-vingts à quatre-vingt-dix années, alors l’Alliance Impériale et l’Ortog ont accéléré le rythme, pour essayer d’en tirer le plus possible avant que Cinchare soit absorbée dans une bulle gravitationnelle qui la rendra inapprochable pendant les prochains millénaires. Mais la maladie de la gravitation a frappé, une psychose de la pesanteur provoquant des gravitisthésie chronique, également connue sous le nom de syndrome de Mazbur. La paranoïa, la perte de coordination, des accès d’angoisse ou d’exaltation, des pertes de mémoire, des hallucinations et quelquefois, in extremis, des pulsions homicides avaient frappés la colonie. Le corps humain était plus faible que le planétoide et bien qu’il restait près d’un siècle d’exploitation possible, les conditions ont poussé les ouvriers à quitter les lieux quelques mois avant l’arrivée d’Eisenhorn.

Seuls vingt volontaires sous l’autorité de Kaleil étaient restées pour protéger le dernier Technoprêtre présent et qui avait une tâche secrète à terminer avant de partir. Ce Technoprêtre se trouvait dans les fonds rocheux et s’avéra être le Magos Bure, celui qu’Eisenhorn voulait voir. Aémos lui fit mijoter une prime de la part de l’archiduc fictif qui l’employait afin de rester quelques jours pour soi-disant mener quelques recherches minières.

En attendant la réponse de Kaleil, ils logèrent dans une salle d’archivage. Là, Grégor Eisenhorn eut un mauvais pré-sentiment, ne croyant pas à cette histoire des gravs. Il ordonna à Médéa et à Aémos de se rendre dans les archives de l’Administratum pour analyser les bases de données tandis qu’il se rendait à l’annexe de l’Adeptus Mechanicus afin de trouver des traces de Bure et de l’endroit où il avait pu aller. L’annexe était une gigantesque tour façonnée dans la roche et revêtue d’acier rouge, qui remplissait l’une des cheminées latérales du cratère abritant les Mines de Cinchare. L’aspect poussiéreux et abandonné des appareils qui y étaient présents l’inquiéta, sachant que les Technoprêtres chérissaient leurs machines plus que toute autre chose et qu’ils n’auraient jamais abandonné un tel trésor technologique derrière eux. En pénétrant dans la grande salle qui était une cathédrale dédiée au Dieu-Machine, il y vit une tête d’un antique Titan Warlord, suspendue au-dessus d’un piédestal, avec ni câble, ni support, ni chevalet pour la soutenir ! Il perçut que l’atmosphère était saturée d’électricité statique et qu’une force invisible, domestiquée par les Technoprêtres, opérait dans ce lieu, assez puissant pour soutenir cette tête gigantesque.

Puis son vox s’activa et Médéa tenta de lui parler, avant de couper la communication et de le réactiver pour le laisser en mode non vocal selon un code indiquant qu’elle ne pouvait communiquer. Soudainement, l’affichage du détecteur, sur la lentille droite de son masque lui indiqua des contacts multiples, tout autour de lui : le sanctuaire revenait à la vie, toutes les machines se réactivant… pour s’éteindre presque aussi soudainement. Ne détectant aucune alimentation, l’Inquisiteur supposa que ce phénomène venait de l’extérieur. Enfin, Médéa le recontacta en utilisant le glossia pour annoncer qu’elle avait trouver quelque chose au sein du bâtiment de l’Administratum et qu’elle et Aémos avait besoin de lui le plus rapidement possible.

En se déplaçant vers la position de ses deux camarades, Eisenhorn aperçus sur une grande avenue, Bandelbi au volant d’un buggy, suivant par quelques autres véhicules transportant des hommes aussi négligés que lui.

De retour dans la salle d’archivage, Médéa et Aémos lui expliquèrent que durant leur recherche dans le bâtiment de l’Adminsitratum, des hommes de Kaleil avaient fait irruption, les forçant à fuir. Fait troublant, ils étaient plus nombreux que les vingt annoncer par le Surveillant. Aémos n’avait pas trouvé d’archives récentes, mais il y avait trois mois à peine, les personnels étaient tous présents et aucune évocation de la maladie liée aux gravs n’avaient été écrits. Eisenhorn sentait qu’un événement grave avait lieu sur Chincare et malgré les conseils d’Aémos de ne pas se mêler de cette affaire du fait qu’il n’était plus reconnu comme Inquisiteur, il décida de mener l’enquête jusqu’au bout. Puis il raconta ce qui s’était passé dans le sanctuaire du Dieu-Machine, donnant à son vieux savant des feuilles qu’il avait ramassé dans ce même sanctuaire. C’était un enregistrement de communications régulières en provenance de l’extérieur de la colonie ayant lieu toutes les six heures, expliquant l’étrange démarrage des machines qui l’avait effrayé. Aémos reconnut le code de Bure qui avait commencé à transmettre il y a onze semaines. Mieux, le vieux bonhomme pouvait le retrouver, car chaque paquet de données envoyées par le Magos était systématiquement accompagné d’un rapport spectrographique relatif à la position du transmetteur. Avec une carte de bonne qualité et un Auspex Geologicæ, Aémos pouvait retrouver le Technoprêtre ! Il commença à ajuster les réglages de sa tablette-cyberdata de poignet et y téléchargea une carte depuis le cogitorum du poste de sécurité via un piratage savamment mené. Il suffisait ensuite de prendre un véhicule possédant une Auspex Geologicæ et la quête pour retrouver le Magos pouvait démarrer.

Une fois qu’Aémos eût terminé de télécharger les cartes, ainsi que plusieurs autres fichiers, ils décidèrent de dormir quelques heures avant de se lancer dans leur recherche. Une heure après, l’Inquisiteur fut réveillé par Médéa qui utilisa le glossia pour l’alerter sur l’arrivée des hommes du Surveillant, de toute évidence pour les tuer. Une fusillade brutale démarra immédiatement, mêlant des tirs à bout portant et des combat à mains nues. Après avoir massacrés la première vague, ils prirent la fuite et constatèrent que les assaillants morts avaient tous au niveau du cou une tache de naissance rosâtre. Croisant un des mineurs sur sa route, Eisenhorn utilisa ses pouvoirs de Psyker pour lui faire avouer d’où venait cette marque, la réponse étant que Kaleil le lui avait donné et qu’un certain "Lith" en était à l’origine, avant de mourir suite à la pression psychique.

Toujours pourchassés, ils étaient guidés par la mémoire infaillible d’Aémos dans les rues secondaires sinueuses de la colonie minière et arrivèrent à l’énorme bulbe froid et humide de l’Alliance Impériale. Ils pénétrèrent dans le terminal d’où partaient les expéditions de prospection et entrèrent dans l’un des véhicules en forme d’obus, peints aux couleurs argent et kaki de l’Alliance Impériale et armé de gros bras mécaniques servo-assistés et d’antennes de détection de métaux rondes et plates. Médéa en prit les commandes et se rua vers la gueule obscure des tunnels de la mine. Ils descendirent dans les profondeurs via une pente abrupte, suivant les indications d’Aémos. Ils arrivèrent dans une cheminée - un conduit en langage de mineur - qui semblait être une ancienne cheminée volcanique puis aboutirent dans un labyrinthe complexe de tunnels sinueux, de cavernes secondaires et de fosses. En scrutant un petit scanner au sein du cockpit, Eisenhorn constata que trois véhicules hostiles les pourchassaient. Comprenant qu’une balise probablement intégrée se trouvait à l’intérieur de leur transporteur, l’Inquisiteur fouilla le compartiment moteur et à l’aide d’ un découpeur à plasma, il sectionna un gros cylindre de métal fixé sous le bloc-moteur gravitationnel et le logement des gyroscopes kinesthésiques du véhicule. La destruction de leur balise aveugla leurs poursuivants qui perdirent leur trace rapidement. Le périple continua quelques heures, à travers de petites chambres et de vastes étendues de roche, s’enfonçant jusqu’au cœur actif de Cinchare. Soudainement, arrivé dans une grotte avec plusieurs couloirs qui démarraient dans cette salle, Médéa vit, via les projecteurs de son véhicule, une forme noire qui s’avéra être une capsule de prospection semblable à la leur, mais avec l’emblème d’Ortog Prométhéum. Le véhicule était écrasé et déchiqueté comme une vieille boîte de conserve. Plus inquiétant, Aémos leur apprit après une rapide analyse que cette destruction était très récente. Intrigué, Eisenhorn s’équipa d’un masque et d’un recycleur et sortit pour enquêter. Il comprit que le véhicule avait été éventré par un feu nourri de canons lasers et que les trois membres d’équipage étaient réduits à l’état de momies grimaçantes par l’acidité de l’air et recouverts de centaines de vers blancs.

Geard Bure[75]

Le Magos Geard Bure était un Magos de l’Adeptus Mechanicus, vieux d’au moins sept siècles même si certains affirmaient qu’il était en réalité beaucoup plus âgé que cela. Il possédait sous sa capuche un crâne mécanique aux finitions chromées et tachées d’huile. Ses yeux semblables avaient des objectifs de caméra qui brillaient d’un éclat vert très clair. Sous sa mâchoire, d’épais câbles noirs palpitaient lentement avec un émetteur vox qui était vissé dans sa gorge. Bure n’avait pas de membres inférieurs. Il flottait sur un support antigrav et ne possédait plus une seule parcelle de son ancienne chair dans le corps. Sous sa robe, se trouvaient deux câbles neuraux au niveau de son sternum chromé qu’ils pouvaient rattacher à des prises. Les vestiges organiques de l’être humain Bure - son cerveau et son système nerveux - étaient hermétiquement scellés à l’intérieur de son corps méchanoïde de métal poli. Il connaissait Grégor Eisenhorn par l’intermédiaire de son ancien maître, l’Inquisiteur Hapshant. Ce dernier avait fait la connaissance de Bure dans les débuts de sa carrière, au cours de la célèbre mission qu’il avait menée dans le but d’arracher le SCS Anagogique aux ashrams d’Ullidor le Techforgeron.

Geard Bure était un spécialiste de la métallurgie depuis deux cents ans. Ses connaissances et ses découvertes faisaient quasiment l’objet d’un culte pour ses coreligionnaires du techno-clergé. Avant cela, il avait mené une carrière de fabricator-architecte dans les forges des Titans de Triplex Phall.

Brutalement, quelque chose bougea tout près d’Eisenhorn et qui se jeta contre sa hanche gauche. Il tomba brutalement et fut de nouveau attaqué, sentant une douleur aiguë lui vriller la cuisse gauche. Il aperçut son assaillant : une créature qui faisait à peu près la taille d’un gros chien, en plus long et en plus court sur pattes et qui se déplaçait sur ses minces pattes arrière. Elle avait la peau presque argentée avec une tête sans yeux qui n’était qu’une vaste gueule pleine de centaines de crocs transparents. Tout autour de la gueule de la bête, de longues vibrisses et des tentacules ondulaient et tressautaient. Cette bête s’acharna sur la cheville gauche de l’Inquisiteur qui parvint à extraire son fusil de son étui, dans mon dos, et de lui tirer une balle au beau milieu du thorax, la tuant.

Retournant dans le véhicule, Eisenhorn et ses compagnons continuèrent leur exploration et entrèrent dans une immense caverne d’une beauté à couper le souffle, entièrement tapissée de verre filé, incrustée et semée de millions de perles des cavernes. Après analysé, Aémos l’informa que la caverne où ils avaient trouvé l’épave correspondait très exactement au repère spectroscopique de l’une des transmissions du Mechanicus, laissant supposer que Bure était responsable de la destruction du dit véhicule… Finalement, ils découvrirent un trou, parfaitement circulaire, de trente mètres de diamètre, pratiqué dans une paroi. Ils pénétrèrent à l’intérieur. Soudainement, leur sismographe s’agita et émit une série de code régulier. Comprenant ce qui se passait, Eisenhorn demanda à son vieux savant d’écrire en code machine la phrase "Vade elquum alatoratha semptus !", issu de son glossia. Aémos s’exécuta et le fit diffuser en répétition automatique. Sans crier gare, un gigantesque tube de trente mètres de diamètre et de soixante-dix de long, en métal façonné, avec une énorme foreuse à plasma à l’avant et le long des flancs, des rangées de propulseurs semblables à des griffes qui tournaient sur des chaînes sans fin comme les dents d’une tronçonneuse cyclopéenne, sorti du tunnel qu’il avait lui-même creusé et s’avança vers eux. Le béhémoth était équipé de tourelles pivotantes, intégrées dans sa coque du géant, en plus de batteries multi-lasers. L’Inquisiteur Eisenhorn hurla alors dans un micro "Vade elquum alatoratha semptus !". En réponse, de lourdes portes coulissantes s’ouvrirent à l’arrière de l’énorme machine, invitant les trois compagnons à y entrer avec leur véhicule. Ils se retrouvèrent dans une énorme soute et en le visitant, Eisenhorn fut éblouie de voir des colonnes cannelées et un aménagement tout de cuivre et d’acier brossé. Il y avait notamment une capsule de prospection rouge cinabre, flambant neuve, et un escalier à vis menant à une plate-forme accrochée au-dessus de sa tête. Puis six longs bras serviteurs sortirent en bourdonnant de leurs logements dans les parois de la soute pour se braquer dans notre direction. Deux d’entre eux supportaient des senseurs Auspex qui reniflèrent Eisenhorn, Méda et Aémos, sur toutes les coutures et les quatre autres étaient équipés de tourelles armées.

Puis le verrouillage intérieur du sas s’ouvrit et le Magos Geard Bure les accueillit.

Eisenhorn présenta Médéa au Magos, seule personne que le Technoprêtre ne connaissait pas. Il fut impressionné - et Eisenhorn aussi - par les grandes connaissances de Betancore dans les connaissances du Mechanicus, et plut immédiatement à Bure qui fut fasciné par les circuits élaborés qui étaient incrustés dans les mains du pilote.

Le Translithopède[76]

Le Translithopède était le principal instrument de travail du Magos Geard Bure sur Cinchare. Naturellement, il y avait eu un certain nombre de prototypes de qualité inférieure qui lui ont permis de concevoir les raffinements nécessaires. Le Translithopède avait été fabriqué selon les plans de Bure par les fonderies de l’Adeptus Mechanicus sur Rysa et il lui a été expédié sur Cinchare pour son usage personnel, il y avait trois années standard avant l’infestation du Lith. Ce véhicule permettait de se rendre à l’intérieur de Cinchare et offrir à son conducteur le moyen de découvrir les mœurs secrètes des métaux que ce caillou refermait.

La salle de contrôle du Translithopède était une chapelle à deux niveaux dans laquelle un poste de commande surélevé, semblable à une énorme chaire de cuivre, surplombait deux rangées semi-circulaires de stations de travail bourdonnantes d’activité. Les parois étaient tapissées de plaques de fer rivetées, peintes en rouge mat, dans la peinture desquelles on avait gravé les divers aspects et runes du Dieu-Machine. Le mur du fond, celui qui était dirigé vers l’avant, était tendu de longs rideaux de velours grenat. Six Serviteurs maculés de taches d’huile s’affairaient devant les stations de travail bourdonnantes, leurs visages et leurs mains directement connectés aux systèmes par de gros câbles gainés de métal ou des flexibles rayés, garnis de sceaux de pureté et d’étiquettes de parchemin. Des soupapes de verre et des cadrans répandaient une lumière vacillante dans une enivrante odeur d’huiles et d’onguents. Deux techno-adeptes en robes orange, d’aspect relativement humain, supervisaient toute cette activité. Le premier, directement relié à l’Unité d’Impulsion Cérébrale du véhicule par un trio de connexions neurales, récitait à mi-voix les rites et les dévotions du Mechanicus. Le second avait à la place de la bouche un petit haut-parleur grillagé si bien que quand il s’exprimait, c’était par une série de pulsations en code-machine binaire.

La présentation terminée, Bure expliqua que sa gigantesque machine était le Translithopède, une foreuse pouvant creuser n’importe où. Il les emmena dans la salle de contrôle de son béhémoth et discuta avec un de ses Serviteurs avant de littéralement se brancher à l’Unité d’Impulsion Cérébrale du Translithopède. À l’autre bout du poste de commande, un immense écran holographique projeta des images révélant des cartes en trois dimensions et des graphiques puissance/rapidité. L’image principale ne montrait rien d’autre qu’une obscurité festonnée d’éclairs d’énergie bleus, qui défilait à toute allure : c’était ce qui avait devant eux, une vision de la roche qui se désintégrait sous la terrifiante puissance destructrice de la foreuse à plasma. Ils étaient en train de voyager dans l’épaisseur d’une couche de roche massive.

Bure expliqua alors qu’il chassait afin de détruire le "Lith". Il y avait quatre-vingt-douze jours de cela, un prospecteur indépendant qui travaillait sous licence pour l’Ortog Prométhéum, un certain Farluke, était revenu d’une longue tournée d’exploration dans les cavernes en rapportant une découverte exceptionnelle à ses maîtres. Ces derniers ont essayé de garder le secret pendant un moment, dans l’espoir de l’exploiter à leurs propres fins, mais cette erreur de jugement a coûté cher. Le temps qu’ils se rendent compte de leur sottise et qu’ils partagent leurs données avec l’Adeptus Mechanicus, il était trop tard. Cette découverte était le Lith. Bure avait prélevé des échantillons de manière posthume sur des hommes contaminés par cette chose. Il en avait conclu que c’était une géode hyperdense de sept cents tonnes approximativement, un décaèdre parfait de quatre mètres de diamètre qui était composé d’un alliage minéral exotique et inexplicable. Et plus important : il était vivant et saturé de l’ignominieuse souillure du Chaos. S’il était impossible de savoir depuis combien de temps le Lith se trouvait dans le cœur de Cinchare, il avait corrompu ce monde et son pouvoir pernicieux avait dénaturé les âmes présentes en commençant par les techniciens envoyés l’examiner qui furent les premiers. Un culte du Chaos s’était alors développé de façon spontanée et chaque initié avait reçu un fragment de pierre prélevé sur le Lith, qu’ils se sont enfoncé sous la peau suivant un rituel rudimentaire et très brutal : la fameuse tâche rosâtre sur la peau des cultistes. Une fois contaminés, les cultistes disparaissaient et se rendaient en pèlerinage dans les profondeurs, pour adorer le Lith. Nombre d’entre eux n’étaient jamais parvenus au bout de leur voyage. En essayant de suivre leurs traces, Bure en avait affronté. Mais la véritable localisation du Lith restait inconnue pour le Magos qui se demandait si les cultitstes ne s’efforçaient peut-être pas d’accomplir une tâche ésotérique sous la direction du Lith afin de restaurer pleinement ses pouvoirs… ou de lui permettre de communiquer avec ses congénères.

Le Magos était persuadé qu’Eisenhorn était envoyé par l’Inquisition pour se charger du Lith, ignorant tout de la disgrâce de l’Inquisiteur. Celui-ci réfléchit à la situation, mais ce fut Amos qui trouva encore la solution. Le vieux savant tendit à Bure, ébahit, sa tablette cyberdata qui affichait les coordonnées du Lith… Aémos avait juste téléchargé les cartes de localisation du Lith au poste de sécurité des cultitstes, mais n’avait pas saisi jusqu’ici ce qu’il indiquait. Immédiatement, Bure dirigea son Translithopède droit sur la localisation. Le véhicule du Magos débarqua dans une caverne particulièrement imposante, éclairée par la clarté de lacs de lave bouillonnants et de geysers de gaz enflammés. Immédiatement, les cultistes se mirent à tirer et une bataille débuta. Deux capsules de prospection noires de suie se lancèrent à l’attaque, leurs occupants tirant à l’arme légère par les sas ouverts. Bure déclencha ses canons multi-lasers, les déchiquetant tous les deux. Des cultistes au sol en combinaison de travail renforcée couraient dans toutes les directions et tiraient sur le Translithopède, forçant le Magos à larguer des Serviteurs de Combat Lourds dotés de canons intégrés afin de neutraliser ses fanatiques portant des caisses d’explosifs afin de créer une brèche dans la gigantesque foreuse. En parallèle à ces combats, Eisenhorn remarqua que certains cultistes se déplaçaient sans équipement pour se protéger de l’environnement très nocifs, et malgré leur peau calcinés, une force extérieure les animait et les conservait en état de fonctionner dans ces profondeurs infernales où aucune créature vivante n’aurait dû être capable de survivre sans protection.

Finalement, la foreuse à plasma se retrouva face à un monstre blasphématoire monumental, un amas de chairs brûlées et d’os en ébullition qui se tordait en tous sens. Les uns après les autres, les ouvriers de Cinchare, les coreligionnaires de Bure à l’Adeptus Mechanicus, tous corrompus par l’abomination, étaient descendus ici pour offrir de leur plein gré leur matière organique à cet agglomérat. Au moment où le Translithopède apparut, cette horreur qui s’avérera être sous le contrôle du Lith, se releva et se cabra en formant un immense ver de bouillie rouge purulente et de chairs noircies, d’une cinquantaine de mètres de haut. Elle ouvrit une bouche qui lui servait de tête et qui s’avéra être une gueule assez grande pour avaler une capsule de prospection tout entière. Le ver du Chaos cracha une énorme bulle de gaz enflammés dans la direction du Translithopède qui subit de sévères dégâts. L’Inquisiteur Eisenhorn tenta de raisonner le Magos qui était pris dans une transe martiale, et bien décidé à régler son compte à l’horreur qu’il affrontait. Eisenhorn décida avec Médéa de se rendre vers l’arrière de l’immense machine et monta à bord de la capsule de prospection rouge cinabre qui s’y trouvait avec la fille de son défunt ami, malgré les très violentes secousses et tremblements qui risquaient de les écraser à chaque instant. Médéa pilota le véhicule et sortit de la soute du Translithopède qui roulait sur lui-même à force de se prendre les tirs du ver. La monstruosité avait fini par s’enrouler autour de la foreuse de Bure et elle la serrait dans ses anneaux dans l’intention de l’écraser. Se rendant compte que la capsule de prospection n’était pas armé, Eisenhorn ordonna à Médéa de foncer jusqu’au fond de la grotte afin de trouver le Lith. Et ils le trouvèrent enfin.

Le Lith était bel et bien un décaèdre parfait de quatre mètres de diamètre, vert sombre, d’aspect vitreux, semblable à de l’eau gelée. Il brillait d’une luminescence interne. Eisenhorn fut frappé par sa malveillance et ressentit une sorte d’irritation angoissante, à l’extrême limite de ses sens psychiques. Le Lith était comme un soupir, un murmure qui glaçait l’échine d’Eisenhorn et qui tentait de corrompre son âme de manière insidieuse, lente et interminable comme les millénaires du temps géologique. Mais Médéa aussi était frappé par son aura maléfique et en perdit le contrôle du véhicule. Posant sa main sur la tempe de Médéa, Grégor Eisenhorn utilisa sa volonté pour la forcer de s’endormir, la faisant sombra dans une bienheureuse inconscience. Il prit les commandes de la capsule et fonça droit sur le Lith, bien qu’un large lac enflammé se dressait entre lui et la grève cendreuse sur laquelle le Lith avait été découvert. Tentant le tout pour le tout, Eisenhorn activa le transpondeur vox et commença à parler, d’une voix claire et forte, psalmodiant des paroles remontées des tréfonds de sa mémoire, datant de son enfance dans la scholam primaire : c’était la Prière de l’Empereur pour l’anéantissement du Warp que tous les bons écoliers de l’Imperium apprenaient par cœur. Tout en pilotant, il enregistra, avec le transpondeur vox, ses paroles.

Tout en récitant sa prière, il fut pris en chasse par deux véhicules cultistes dont l’un était piloté par le Surveillant Kaleil. Après une série d’accrochages violents, Eisenhorn pu utiliser le laser de découpe de sa capsule pour trancher l’un des véhicules ennemis. Quant à Kaleil, l’Inquisiteur l’élimina en le perturbant psychiquement en le contactant via le réseau vox, le poussant à se jeter dans le lac enflammé.

Enfin, amenant sa capsule à une vingtaine de mètres du Lith, l’Inquisiteur rembobina l’enregistrement du transpondeur vox et le régla sur répétition automatique. Puis il redirigea le signal vers le sonar à ultrasons dont la capsule était équipée et le pointa droit sur le maléfique décaèdre. Converti en féroces impulsions ultrasoniques, la Prière de l’Empereur pour l’anéantissement du Warp, frappa le Lith qui commença à agoniser puis à se décolorer, comme infectée par une moisissure. Puis sa luminescence interne tremblota et s’éteignit et il devint indiscernable de la roche volcanique vitreuse qui l’entourait. À la mort du Lith, ses servants moururent également, ainsi que le ver blasphématoire. Retournant retrouver Bure et Aémos, il fut soulagé de voir ses amis en vie, et malgré le fait que le Translithopède avait sa coque déformée, il restait plus ou moins intact. Les technoadeptes de Bure prirent soin de Médéa et Eisenhorn eut la grande surprise de voir le Magos le serrer dans ses bras après qu’Aémos eût lui-même effectué ce geste d’amitié. Bure apprit à l’Inquisiteur que son mentor, Hapshant, ne jurait que par lui.

Bien que touché, Eisenhorn demanda de voir immédiatement l’objet qu’il avait confié au Magos il y avait de cela un siècle. De retour à la surface de Cinchare, il renvoya Aémos et Médéa au chasseur, avec la mission d’entrer en contact avec Bequin et les autres qui attendaient toujours en orbite à bord de l’Essene tandis que Bure l’emmena dans le complexe du Mechanicus, lui faisant traverser de nombreuses portes de sécurité jusqu’à arriver dans une cellule.

Puis dans un crépitement d’énergie synaptique, une voix sortant d’un coffre trapu, posé sur un bloc de basalte au centre de la pièce, lui souhaita la bienvenue…[77]

Seconde Discussion avec un Monstre

« Ahhhhh… !
« Quoi ? « Ah ! » quoi ? »
« Ainsi, vous en êtes finalement arrivé là. C’est merveilleux. »
« Où ça, là ? »
« Sur le seuil. »
- Pontius Glaw à Grégor Eisenhorn.
Grégor Eisenhorn et Pontius Glaw[78]

Au cours des semaines de discussions avec Pontius Glaw, Grégor Eisenhorn était bien conscient de s’être engagé sur une voie dangereuse. Le bavardage de l’hérétique au sujet de la limite et sa description en trois temps de la corruption qui attendait les Inquisiteurs imprudents n’avaient rien de nouveau pour lui. Il avait amadoué ce monstre de manière à laisser s’exprimer sa suffisance et son complexe de supériorité. Après tout, tout Inquisiteur digne de ce nom connaît bien les périls et les tentations qui l’environnent. Mais les paroles de Glaw l’avaient tout de même profondément affecté, car il savait que les ultra-puritains étaient tous des Quixos en puissance et lorsque Glaw disait que la ligne était souvent franchie sans que l’on ne s’en aperçoive, il avait raison.

Eisenhorn c’était toujours enorgueilli de ses opinions puritaines, même s’l était un modéré et un Amalathien. Il déplorait les hérésies radicales et c’était pour cela qu’il voulait arrêter Quixos. Néanmoins, il savait qu’il prenait des risques, mais que pour anéantir Quixos, il lui fallait d’abord détruire ses Possédés et pour cela, il lui fallait de la puissance, des connaissances et de l’expérience. Il fut bouleversé à l’idée de ne plus être aussi pur et loyal qu’il se l’imaginait et cela participera à l’homme qu’il sera des années bien après l’affaire Quixos.

Quant à Pontius Glaw, malgré tout ce qu’il était, et malgré tout ce qui se produira ensuite, l’Inquisiteur Eisenhorn n’a jamais pu rompre totalement les liens qui le rattachaient à lui, et ce ne sera pas faute d’avoir essayé. Bien que sachant que Glaw l’aurait tué à la première occasion, Eisenhorn fut frappé par son intellect extraordinaire, spirituel et exceptionnellement érudit. Aussi étrange que cela puisse paraître, c’était un individu admirable de bien des manières et s’il n’avait pas suivi la voie du Chaos, ils auraient pu devenir de très grands amis.

Devant la sphère engrammatique qui refermait l’intellect et peut-être l’âme de l’un des plus célèbres hérétiques de l’Imperium, Grégor Eisenhorn lui demanda son aide. Pontius Glaw en fut à la fois étonné et moqueur. L’hérétique compris qu’Eisenhorn devait être dans une situation désespérée et qu’il n’avait plus les ressources que l’Inquisition possédait. L’Inquisiteur voulait qu’il lui offre un savoir particulier, des connaissance interdites. À peine eut-il prononcé ses mots que Glaw exprima sa satisfaction, expliquant qu’Eisenhorn se trouvait sur le "seuil" : la limite entre l’ordre et le chaos, entre le bien et le mal, entre l’humanité et l’inhumanité et que tout Inquisiteur finissait un jour par la franchir comme lui-même l’avait fait et il y a des siècles plus tôt. L’Inquisiteur écouta Glaw - qui avait soif de compagnie et de conversation - lui raconter qu’il avait embrassé le Chaos en 019.M41 sur le monde de Quenthus VIII pour acheter des esclaves Quenthites pour alimenter ses combats de gladiateurs. Glaw avait acquis un combattant qui lui avait offert son torque, un collier en réalité incrusté d’éléments technologiques d’une étonnante sophistication et d’un art interdit qui permettait de concentrer la matière des Ténèbres dans l’esprit de son porteur. Une fois mit, Glaw avait rejoint le Chaos qu’il avait vécut comme une libération. Refusant de jouer le jeu de ce monstre, Eisenhorn le quitta sur-le-champ malgré ses supplications.

Il revint revoir la boîte maléfique deux jours après. Glaw était maussade et de mauvaise humeur, mais l’Inquisiteur l’appâta avec un grand verre de la carafe d’amasec qu’il se versa avant de le boire. Ce fut assez pour forcer Glaw à lui demander si ce qu’il buvait était un grand cru ou non, tant il avait soif de sensation. Eisenhon continua en s’allumant un cigalho puis en soufflant un nuage de fumée en direction de l’abominable coffre qui se demandait si c’était un bon produit. Rapidement, Pontius Glaw se remit à parler du seuil que tous les Inquisiteurs allaient un jour ou l’autre dépasser. Il philosopha sur la nature du Warp et du fait qu’étant partout, il était ridicule de vouloir le combattre. Puis il fit preuve de sa grande intelligence en situant la situation actuelle d’Eisenhorn comme étant à l’étape, où après avoir étudié le Warp, il en arrivait à transgresser la règle et permet à l’un des éléments du Chaos de survivre ou de perdurer pour qu’il puisse l’étudier et apprendre de cette étude. Avant de décrire la troisième étape, il demanda à Grégor Eisenhorn une description précise du ressenti de ses sens concernant l’amasec, l’Inquisiteur lui arrachant par sa description précise, et volontairement sadique, un long gémissement désolé. Puis il accepta de décrire la troisième étape, c’est-à-dire le moment où un Inquisiteur passait du statut de Puritain à celui de Radical, quand il choisissait d’utiliser le Chaos contre le Chaos. Bien qu’il l’ignorait, Glaw avait prophétisé son destin.

Finalement, Eisenhorn et Glaw passèrent un marché. L’hérétique lui fournirait la connaissance nécessaire pour se débarasser des Possédés et l’Inquisiteur se chargerait de demander au Magos Bure de lui fabriquer un corps, plus spécifiquement un châssis de Serviteur qui lui offrirait la capacité de marcher, de toucher, de saisir, de voir et peut-être même avec le raffinement supplémentaire de senseurs spécialisés qui lui permettraient de profiter de sens rudimentaires du toucher, de l’odorat et du goût. Pontius Glaw accepta immédiatement et des centaines d’heures de conversation sur la nature des Possédés commencèrent. Eisenhorn savait que pour neutraliser Quixos, abattre ses Possédés étaient la clé de la victoire et les connaissances que Glaw lui apportera marquera sa vie.[79]

Les Préparatifs à la Traque de Quixos

« Lorsque j’affronterai enfin Quixos, je ne peux imaginer de plus puissant dieu tutélaire que votre Dieu-Machine pour me protéger. »
- Grégor Eisenhorn au Magos Geard Bure, suite à la création de puissantes armes pour traquer Quixos.
Le sceptre runique d’Eisenhorn était une arme psychique à la puissance terrifiante.

Durant des semaines, Eisenhorn apprit de Glaw des informations et des méthodes hérétiques. En parallèle, Fischig, Médéa, Inshabel et Nayl patrouillaient autour de la zone où l’équipe avait établi une base dans le poste de sécurité de Chinchare que Bequin et Aémos avaient remis en ordre et en état de fonctionner. Quant à l’Essene, il resta toujours en orbite, chargé d’avertir l’équipe de l’Inquisiteur de tous les mouvements spatiaux alentours. Néanmoins, Godwyn Fischig exprima à Eisenhorn un doute sur le bien-fondé de telles connaissances, exprimant un sentiment d’avoir franchi une limite. L’Inquisiteur détournera la conversation, bien que les remords de Fischig joueront un rôle dans sa future disgrâce. Néanmoins, il sera hanté par le fait qu’il avait acquis des connaissances qui pourraient justifier le fait qu’il a dépassé le seuil. Il tentera de se justifier en se disant que pour arrêter Quixos, il n’avait pas le choix. En se promenant un soir, il atteignit une tour d’observation qui s’élevait au-dessus de la colonie de Cinchare, entrant dans une bulle de verre armé accrochée au sommet. Là, il retrouva l’ancien mercenaire Harlon Nayl. L’Inquisiteur demanda à l’ancien chasseur de primes s’il lui arrivait de ne pas se battre toujours à la loyale, ce que Nayl lui confirma, rassurant Eisenhorn qu’il fallait parfois transgresser les règles pour gagner…

Plus tard, avec l’aide de Bure qui le croyait innocent des allégations d’Osma, Eisenhorn créa une carta extremis, émise sous son autorité, et qui proclamait officiellement Quixos hérétique et extremis diabolus, en énumérant ses crimes.

Mais la préparation d’Eisenhorn dans sa traque de l’Inquisiteur hérétique incluait de nouvelles armes à manier. Il s’agissait :

  • D’un sceptre runique. Ce bâton d’acier gravé de runes accueillait un capuchon d’électrum ayant une forme de couronne solaire. Le Magos Bure le forgea à partir des instructions de Glaw ainsi que sur des images psychométriques capturées dans l’esprit d’Eisenhorn montrant les pylônes cadiens, Chérubaël, Prophaniti et ses amulettes. Au centre du capuchon, le Magos avait inséré un cabochon sculpté à l’image d’un crâne humain marqué du treizième symbole du châtiment. Ce crâne était la gemme de focalisation, ciselée par Bure en personne, une parfaite copie du propre crâne d’Eisenhron dont les mesures avaient été prises par scanner radiaire. Le crâne avait été façonné dans un fragment du Lith lui-même. Grâce aux enseignements de Glaw, Eisenhorn avait appris que la plus grande faiblesse des Possédés était la puissance de la volonté qui les avait liés pour en faire des esclaves. Le sceptre runique était un instrument destiné à désorganiser le carcan qui assujettissait le Démon en amplifiant sa propre volonté pour lui donner une puissance capable de le surmonter.
  • D’une épée psionique pentagrammatique. Bure fit graver sur l’épée Barbarisator - l’ancienne lame d’Arianrhod - des pentagrammes de protection, dix sur chaque face, Eisenhorn ayant appris suite à sa confrontation contre Prophaniti de leur efficacité contre les Possédés. La lame fut bénie par le Dieu-Machine et reçut les meilleurs soins de la part du Magos Bure, en faisant une des lames les plus mortelles qui soit.

Une fois ses armes achevées, Eisenhorn fit ses adieux à Pontius Glaw qui lui exprima ses regrets de voir leurs longues conservations prendre fin. L’hérétique le mit en garde sur la dangerosité de la proie qu’il traquait et lui rappela que le plus important n’était pas la connaissance et les armes, mais son esprit qui, s’il n’était pas préparé, verra sa perte immédiate.

Eisenhorn et Glaw se reverront, une dernière fois, dans l’antichambre d’un enfer innommable.[80]

Rendez-vous Meurtrier sur Orbul Infanta

« Eisenhorn, vous êtes un hérétique excommunié et ce fait indubitable est maintenant attesté par la carta qui a été édictée contre vous. Au nom du Ministorum de l’Humanité, je revendique votre vie. »
- Le Répurgateur Arnaut Tantalid.

Trois mois après son arrivée sur Cinchare, Grégor Eisenhorn célébra avec ses camarades la Chandeleur dans la petite chapelle du Ministorum du Monde Minier, fêtant la nouvelle année impériale de 341.M41. D’autres chandelles furent également allumées pour commémorer le souvenir des habitants de la ville qui avaient été tués. Peu après, Eisenhorn fit rompre le silence astropathique afin d’informer l’Alliance Impériale, l’Ortog Prométhéum, l’Adeptus Mechanicus et les autorités impériales du malheur qui était arrivé à la colonie de Cinchare.

Puis ils firent tous leurs bagages et retournèrent sur l’Essene après que Bure soit venu leur dire adieu dans le hangar où le chasseur de l’Inquisiteur attendait depuis des mois. Eisenhorn demandera au Magos d’offrir à Pontius Glaw uniquement la mobilité, mais rien d’autre. Ce sera la dernière fois qu’ils se verront.

L’Essene quitta l’orbite de Cinchare et mit le cap vers les vastes territoires du Segmentum Obscurus pour un voyage de trois mois, direction le Monde-Chapelle d’Orbul Infanta. Ce voyage ne fut interrompu qu’à deux reprises. Le premier arrêt fut à Ymshalus, afin qu’Eisenhorn puisse y émettre vingt communiqués destinés à des collègues Inquisiteurs pour leur expliquer son affaire et leur demander leur appui contre Quixos. Il leur avait demandé de les rencontrer sur le monde d’Orbul Infanta à une date et heure précise. À cette occasion, Inshabel et Fischig le quittèrent, le premier pour retourner à Elvara Cardinal afin d’y entamer un travail de recherche pour localiser l’antre de Quixos et le second pour retourner vers Cadia pour y rencontrer l’Inquisitrice Générale Nève et obtenir son soutien. Le second arrêt fut à Palobara, un immense carrefour de la zone frontalière fourmillant de vaisseaux marchands et de caravanes d’obscura gardées par des canonnières pleines à ras bord de mercenaires. Là, Eisenhorn y diffusa la proclamation de sa carta condamnant Quixos. Là, Bequin, Nayl et Aémos le quittèrent pour regagner tous les trois le sous-secteur Hélican par des moyens divers. Eisenhorn arriva donc à Orbul Infanta avec Maxilla, Médéa, et l’Astropathe Ungish. Il s’entraîna régulièrement dans les soutes du vaisseau pour apprendre à manier Barbarisator afin de focaliser les runes de sa lame.

Une fois arrivé sur le Monde-Chapelle d’Orbul Infanta, Grégor Eisenhorn commença par mener la consécration de l’épée et du sceptre fabriqués par Bure. En compagnie d’Ungish et de Médéa, il utilisa l’une des discrètes petites navettes de l’Essene pour descendre à la surface et se rendit à Ezropolis, l’une des dix mille villes-temples d’Orbul Infanta, en plein cœur des plaines brûlantes du centre du continent occidental. Il souhaitait obtenir la bénédiction de Saint Ezra le Veilleur, le saint patron des initiatives, des promesses, des engagements et de ceux qui se lancent dans une expédition. Rejoignant les pèlerins qui s’agglutinaient dans cette cité scintillante excroissance d’acier, de verre et de pierre, il pénétra dans la cathédrale. Eisenhorn y trouva le doyen afin de lui demander d’effectuer les rites sacré sur ses armes dans un baptistère. Le doyen marmonna ses prières en lisant un livre sacré et utilisa une fiole de saint chrême pour oindre les deux armes. Lorsqu’il demanda à Eisenhorn de se proclamer pur de toute corruption, l’Inquisiteur le confirma, bien qu’il se savait parjure à cet instant.

Orbul Infanta et la Cité d’Ezropolis[81]

Monde-Chapelle gouvernée par l’Ecclésiarchie, Orbul Infanta était célèbre pour ses innombrables temples, dont chacun était dédié à un saint différent de l’Imperium et constituait le noyau d’une cité-état. L’Ecclésiarchie avait choisi cette planète pour en faire un monde religieux, car elle se trouvait sur une trajectoire reliant directement Terra à Avignor. Les villes-temples les plus florissantes et les plus populaires se trouvaient sur la côte du continent oriental et des milliards de fidèles s’y rendaient chaque année en pèlerinage.

L’une de ces cités était Ezropolis, dédiée à Saint Ezra le Veilleur, qui avait subi le martyre en 670.M40, et devenu le saint patron des initiatives, des promesses, des engagements et de ceux qui se lançaient dans une expédition. Cette cité était une scintillante excroissance d’acier, de verre et de pierre qui s’élevait au milieu des plaines desséchées par le soleil du centre-ouest. À en croire les tablettes touristiques, toute son eau était acheminée depuis la côte ouest, par d’immenses conduites de deux mille kilomètres de long. Son principal astroport était Val d’Ezra, et de là les pèlerins faisaient la queue pour accéder aux escaliers qui montaient en lacets vers la citadelle. La plupart des gens étaient vêtus de jaune, la couleur favorite du saint, ou portaient des ornements ou des écharpes de cette couleur. Malgré la luminosité impitoyable du soleil, tous les pèlerins portaient des chandelles ou des lampes à huile allumées, car Saint Ezra avait promis qu’il allumerait une lumière dans les ténèbres afin de guider les fidèles sur le chemin et, par conséquent, sa couleur consacrée était le jaune de la flamme. Au sommet de l’escalier, on y trouvait une agréable fraîcheur dans les rues de la cité, à l’ombre des grands bâtiments. Les chœurs de l’Ecclésiarchie chantaient sur des plates-formes installées au sommet de hautes tours élancées et les cloches sonnaient sur les trois plus grandes places de la ville. Là, on y lâchait des nuées de petits passereaux jaunes, des pinsons gobe-sucs, qui s’envolaient de leurs cages d’osier. On amenait un million de cette espèce chaque jour, depuis les volières de fermes génétiques de la côte de la planète, où on les élevait en quantités industrielles. Mais n’étant pas originaires de cette région d’Orbul Infanta, ils mouraient dans le désert aride, quelques heures après avoir été libérés. On disait que les plaines entourant Ezropolis étaient couvertes d’une couche de sédiments, constituée des résidus de leurs os blanchis et de leurs plumes colorées, dans laquelle on s’enfonçait jusqu’à la cheville. Malgré cela, ils symbolisaient tout de même l’initiative et le départ à l’aventure et, comme tels, étaient envoyés par millions à une mort certaine, tous les midis.

La cathédrale de Saint Ezra le Veilleur, quant à elle, était un important temple dans le quartier ouest de la cité d’Ezropolis. C’était une splendide basilique de style bas gothique et bâtie grâce à des souscriptions levées par les édiles de la cité et par le clergé. Chacun des visiteurs était tenu de déposer deux pièces de monnaie de valeur importante dans l’un des deux troncs placés de chaque côté du sommet des escaliers d’entrée du bâtiment religieux. Un adepte en robe jaune était là pour vérifier que chacun s’acquittait de cette offrande. La boîte de gauche était destinée à l’entretien et à la construction des temples de la cité. Celle de droite était consacrée au financement des gobe-sucs. À l’intérieur, la grande nef de marbre accueillait les dévots en prière. Les longs rayons du soleil traversaient les immenses vitraux qui dessinaient partout des motifs colorés et l’atmosphère était parfumée de la fumée de bois sucré qui s’élevait des braseros et égayée par les chants enjoués de la cantoria.

Il demanda par la suite à Médéa de ramener les armes sanctifiées à la navette et de l’y attendre. Se retrouvant seul avec Ungish, il supporta l’Astropathe lui énonçant qu’elle l’avait vu dans ses rêves parjurer devant l’autel impérial et que juste après, sa mort advenait. Eisenhorn resta avec Ungish de nombreuses heures à attendre au parvis de la cathédrale dans l’espoir que la vingtaine de communiqués qu’il avait expédié à divers Inquisiteurs pour les rencontrer sur Orbul Infanta, notamment l’Inquisiteur Gladus, un homme pour lequel il prouvait de l’admiration et avec lequel il avait travaillé efficacement, trente ans plus tôt, pendant l’affaire de la conspiration de P’Glao. Mais Gladus ne vint jamais, tandis qu’Ungish commença à s’agiter et proclama qu’elle allait mourir sous peu de la main d’un chasseur. Ne supportant plus son attitude, Eisenhorn la conduisit à l’intérieur de la cathédrale de Saint Ezra le Veilleur et la fit s’asseoir dans la première rangée de stalles. Mais, à cet instant, en observant une foule de dévots à l’entrée de la cathédrale, Eisenhorn aperçut un espace dans la file, un intervalle où aurait dû se trouver un homme. Puis il y eut un scintillement énergétique dans cet espace qui ressemblait au reflet d’un écran de camouflage individuel. L’Inquisiteur Eisenhorn comprit qu’il avait été piégé et de cet espace suspect, des Bolts rugirent et se dirigèrent droit contre lui : le chasseur qu’Ungish avait vu dans ses rêves était arrivé. Grégor Eisenhorn n’eut juste le temps que de prévenir Médéa par vox du danger avant que son appareil de communication ne soit détruit par un Bolt. Il vit ensuite l’Astropathe Ungish se faire tuer d’un Bolt au niveau de l’estomac. Puis le visage de son assassin apparu quand il désactiva son écran de camouflage : c’était le Répurgateur Arnaut Tantalid, le fanatique qu’il n’avait plus revu depuis l’Affaire Beldame Sadia sur Lethe Onze. Tantalid proclama qu’en tant qu’hérétique excommunié, il était venu l’abattre.

Bien qu’il ne saura jamais comment le Répurgateur, l’avait retrouvé - même s’il pensera qu’il avait intercepté le communiqué qu’il avait adressé à l’Inquisiteur Gladus - Eisenhorn exploita la faute de Tantalid, qui au lieu de l’achever avec son Bolter, préféra s’emparer de son Épée Tronçonneuse sanctifiée, suivant ainsi les règles religieuses. Cette erreur offrit à Eisenhorn le temps de répliquer avec son Pistolet Laser, les décharges de laser s’abattant contre l’armure de bataille niellée d’or du Répurgateur qui fut forcé de reculer. Eisenhorn évita de nombreux coups d’éviscération de son adversaire qui ravagea la cathédrale en le pourchassant, tout en assommant violemment deux hommes de main de la Frateris Militia venus participer au combat. Il aurait fini par se faire tuer si Médéa n’était pas arrivée en courant pour lui jeter Barbarisator au milieu des tirs du Répurgateur fou. Eisenhorn s’empara de sa lame et dès sa première botte, il sectionna le poignet tentant l’arme à feu de son adversaire, son épée sanctifiée tranchant aisément à travers les plaques du brassard de l’armure de Tantalid. Sa seconde botte rencontra l’Épée Tronçonneuse et la désintégra dans un geyser de dents de chaînes et de pièces mécaniques. La troisième botte coupa le Répurgateur Tantalid en deux de l’épaule gauche à l’aine et il tomba sur le sol de marbre de la cathédrale, en deux morceaux, sans un son.

Immédiatement après, Eisenhorn et Médéa prirent la fuite à travers une foule de badauds abasourdis, afin d’éviter l’affrontement contre les hommes de l’Arbites et de la Frateris Militia. Rejoignant l’Essene, ils quittèrent précipitamment Orbul Infanta, flanquées de plusieurs navires de la Marine Impériale qui tentèrent de leur barrer la route. Ils entrèrent dans le Warp et si quelques vaisseaux impériaux parvinrent à les suivre, l’Essene réussit finalement à les semer par une succession de décélérations et de changements de cap dans l’espace réel. Mais pour Grégor Eisenhorn, cette aventure avait le goût d’un échec cinglant.[82]

Cinq pour une Confrérie

« Si tu as eu un jour confiance en moi, c’est le moment de me croire à nouveau. Quixos est à Farness. Et si tu espères l’arrêter, c’est maintenant qu’il faut le faire. Ton élève et ami dévoué. Gideon. »
- Gideon Ravenor dans un message à Grégor Eisenhorn.

Après sa déconvenue sur Orbul Infanta, Grégor Eisenhorn resta caché pendant un mois dans une petite colonie à la technologie rudimentaire, sur un Agri-Monde, puis pendant deux autres à la station automatisée de Kwyle. La spécialisation de Tobias Maxilla, à savoir passer inaperçu et d’éviter d’attirer l’attention, lui fut très utile. Trois mois après avoir quitté Orbul Infanta en catastrophe, ils se risqua à effectuer un voyage jusqu’à Gloricent, un monde marchand assez reculé, mais prospère du sous-secteur Antimar, une autre subdivision du Secteur Scarus qui se trouvait à deux sous-secteurs à peine du sous-secteur Helican.

Déguisés, Eisenhorn et Médéa allèrent visiter les soubassements battus par l’océan de l’une des principales Ruches marchandes et embauchèrent une paire d’Astropathes auprès de la guilde commerciale locale, suivant un contrat à durée indéterminée. Les deux Psykers se nommaient Adgur et Ueli, deux jeunes hommes tout à fait capables psychiquement. Par leur intermédiaire, il transmit de nouveaux messages qui annulaient et remplaçaient les précédents et modifiaient certains aspects de son plan. À présent, aucun de ces messages ne proposait plus aucune rencontre comme celle qu’il avait tentée avec l’Inquisiteur Gladus. Au bout d’une semaine sans réponses, ils se rendirent sur Sarum, planète-capitale du sous-secteur Antimar, mais la quitta dès qu’il se rendit compte qu’il était suivi par un petit confesseur revêche.

À l’ancre en orbite au-dessus de Sarum, il reçut par message codé astropathique de bonnes nouvelles : Bequin, depuis Messina et Aémos, depuis Gudrun, voyaient une partie de leur plan avancer, de même qu’Inshabel sur Elvara Cardinal. La semaine précédant son départ de Sarum, il reçut deux autres messages anonymes, l’un de son ami Titus Endor, en provenance de Thracian Primaris, l’autre de Commmodus Voke, d’un système de mondes-esclaves qui devaient allégeance à la province de Saliès du sous-secteur Ophidien.

Il se rendit ensuite à Lorwen, mais fut obligé de s’enfuir honteusement, en toute hâte, lorsqu’une flottille de vaisseaux de guerre appartenant à la flotte de combat Reaver arriva soudainement, alors qu’il ne s’agissait que d’un déploiement préventif majeur contre une paire de Space Hulks qui avaient fait leur apparition dans le sous secteur.

Finalement, une nouvelle année débuta, celle de 342.M41. Il commença cette année dans les marécages puants de Drewlia Deux, recherchant vainement le célèbre ermite pré-cog Lukas Cassian, pour finir par apprendre qu’il avait été assassiné par un culte Monodominant quatre années auparavant. Au cours de cette quête, il mit fin aux activités d’une secte vénérant un Démon de la peste qui avait installé son repaire dans les marais. Ce fut un réel exploit, mais son rapport à ce sujet est classé séparément dans les archives de l’Inquisition et cette histoire n’a aucun rapport avec le récit qui nous occupe. Néanmoins, bien que toujours considéré comme un hors-la-loi impérial, il nota qu’à aucun moment durant cette période, l’Inquisition ne démentit ou ne dénonça sa carta promulguée contre Quixos.

Raum Grumman et Massimo Ricci[83]

Homme de haute taille, à l’air plein d’assurance, l’Inquisiteur Raum Grumman portait un gilet pare-balles recouvert de cuir brun sous une longue pèlerine de serge bleue et sa rosette d’argent était épinglée au-dessus de son sein gauche. Son crâne bombé était rasé et le reflet violet de ses yeux prouvait qu’il était Cadien. S’il était venu rencontrer Eisenhorn, c’était à la fois pour rendre service à son amie l’Inquisitrice Générale, mais aussi parce qu’après avoir étudié la question en profondeur avec elle-même, il aurait rejoint de toute façon Eisenhorn au vu des preuves qu’il avait apporté.

L’Inquisiteur Massimo Ricci portait une armure de plaques lustrée, qui avait l’air d’avoir été faite sur mesure et qui semblait valoir une somme exorbitante. Il portait un casque façonné à l’image d’un crâne de chien au rictus furieux. Il faisait partie de l’Ordo Xenos Helican et était l’un des Inquisiteurs les plus estimés et les plus admirés parmi les hommes de son maître, le Seigneur Rorken. Un grand nombre de gens voyaient en lui un candidat possible à la succession pour le poste de maître de l’Ordo Xenos. Le fait qu’il fut présent à la réunion d’Eisenhorn était un immense hommage à la fois de la part du Seigneur Rorken, qui avait cru bon d’envoyer l’un de ses hommes les plus illustres, et de la part de Ricci lui-même, qui mettait en péril une carrière de haute volée par le simple fait de se trouver là. À l’évidence, ils avaient tous deux pris la proposition et la cause d’Eisenhorn très au sérieux. Néanmoins, si Ricci avait été envoyé par le Seigneur Rorken pour aider Eisenhron à détruire Quixos, il avait aussi reçu comme mission de l’éliminer à la moindre découverte d’indice qui pouvait confirmer les allégations qui couraient sur son sujet concernant sa propre hérésie…

À la moitié de l’année 342.M41, une réunion avec les Endor et Voke fut décidé. L’Essene l’amena à Thessalon, un Monde Féodal primitif qui ne savait rien de l’Imperium, dans la région d’Hesperus, dans le sous-secteur Helican. Ce lieu avait été choisi et sécurisé par Nayl et une vingtaine d’hommes engagés pour cet événement. Ici, Eisenhorn fut déposé par Médéa depuis son chasseur afin de participer à cette réunion secrète. La rencontre se déroula dans un château en ruine, au nord du second continent, à deux mille kilomètres de la plus proche colonie indigène et entourée d’une forêt ténébreuse. À l’entrée, il fut accueilli par Bequin et Aémos sous une grande arche. Ils lui apprirent que quatre Inquisiteurs l’attendaient, les seuls lui ayant répondu sur ses vingt messages à l’origine. Sachant qu’il jouait sa vie, Grégor Eisenhorn alla à leur rencontre.

Dans la grande salle du château, éclairée aux chandelles, Grégor Eisenhorn retrouva son ami Fischig revenu avec succès de sa mission sur Cadia, l’Interrogateur Inshabel, et les Inquisiteurs Titus Endor, Commodus Voke, Raum Grumman et Massimo Ricci. Endor était venu par amitié, Voke par respect pour leur histoire commune malgré certains soupçons, Grumman représentait l’Inquisitrice Générale Nève - qui le soutenais après son entretien avec Fischig depuis Cadia, - et Ricci représentait le Seigneur Rorken qui ne pouvait répondre à sa requête en personne. Les trois ordos étaient représentés autour de cette table. Voke pour l’Ordo Malleus, Ricci pour l’Ordo Xenos et Grumman et Endor pour l’Ordo Hereticus.

Installés autour d’une lourde table sur tréteaux et analysant les données sur des tablettes cyberdata, des graphiques, des papiers et d’autres pièces à conviction, les quatre Inquisiteurs écoutèrent Eisenhorn leur raconter toute l’affaire liée à Quixos, telle qu’elle lui était connue. Il répondit à toute leur question, et si Endor et Grumman semblaient dès le début convaincus, Voke et Ricci lui posèrent des quantités de questions et lui demandèrent de clarifier les points les plus minimes.

Vers la fin, la question de savoir où se trouvait Quixos s’imposa. Heureusement, grâce au travail acharné de ses assistants ces deux dernières années à passer au crible les données relatives à des centaines de mondes, Eisenhorn fut en mesure de leur donner une réponse. Ce fut Bequin qui prit la parole et qui exposa qu’il y a trois mois, leurs chercheurs avaient identifié un schéma logique dans les données qui entouraient l’existence quasi-mythique de Quixos. Et ce schéma était centré sur Maginor, la capitale du sous-secteur Niaïdes, secteur Viceroy, dans le Segmentum Ultima. Grâce à leur recherche, les agents d’Eisenhorn avaient la preuve que Quixos avait visité Maginor, il y avait presque deux cents ans et qu’il était entré en relation avec un cartel d’organisations commerciales et de familles nobles, connu sous le nom de Voie Mystique. La Voie était un réseau qui utilisait déjà des savoirs interdits et des technologies prohibées. Quixos était chargé à mettre fin à leurs activités et les brûler, mais il était évident qu’il ne l’avait pas fait. Au lieu de cela, il les avait soutenus et entretenus, les aidant à se développer jusqu’à en faire un réseau d’influence pour son propre empire personnel, fondé sur ses noires croyances. Il ne s’agissait plus d’un cartel, mais d’un culte. Un culte de Quixos. Bequin développa en expliquant qu’en 239.M41, un Inquisiteur du nom de Lugenbrau avait disparu sur Maginor avec une troupe d’environ soixante guerriers. Mais l’Interrogateur Inshabel avait réussi à se procurer sur Elvara Cardinal une transcription verbale incomplète d’un enregistrement pix apparemment effectué durant le raid de Lugenbrau qui prouvait de manière accablante la trahison de Quixos - bien qu’en réalité elle venait des archives cyberdata inquisitoriales de Fibos Secundus - et la destruction de Lugenbrau. En apprenant la mort de Lugenbrau, un homme qui avait été l’élève de son défunt ami Pavel Uet, Commodus Voke fut définitivement convaincu à se joindre à la croisade d’Eisenhorn.

Mais alors que tous étaient prêts à se rendre sans plus attendre sur Maginor, Bequin les interrompit et expliqua que si ce lieu servait sans l’ombre d’un doute de base opérationnelle à Quixos, ce dernier devait se trouver sur Farness Beta. Bequin avait reçu une transcription astropathique une semaine avant provenant de Gideon Ravenor, qui grâce à Aémos, avait appris l’ensemble de l’affaire. En se servant des indices et des conseils que lui avait donné Aémos, Ravenor c’était appuyé sur la fascination de Quixos pour les pylônes de Cadia et avait ainsi remonté la piste d’énormes commandes de pierres taillées jusqu’au monde frontalier de Serebos, au sud de Terra, dans le plan galactique. Les guildes des tailleurs de pierre de Serebos étaient célèbres pour leur discrétion quand il s’agissait de leurs contrats et ils fournissaient une pierre vitreuse noire, inerte et très proche de l’obsidienne, qu’ils appellent sérébyte. Quixos leur avait commandé ni plus ni moins que trois-quarts de kilomètres de long et un quart de kilomètre de surface au sol de cette pierre, soit une réplique d’un pylône de Cadia et qu’il a fait expédier sur Farness Beta. Ravenor eut la présence d’esprit, en plus de sa brillante déduction, d’envoyer vingt parchemins de protection contre les Démons et les Possédés, et plus de vingt amulettes en or consacrées par l’Empereur-Dieu et contenant d’anciennes reliques bénies par Lui.

Les Inquisiteurs décidèrent de former une confrérie à cinq afin de trouver et éliminer Quixos puis mirent le cap vers Farness Beta qui se trouvait, et ce n’était pas par hasard, dans la Porte Cadienne, juste à la bordure de l’Œil de la Terreur ![84]

L'Assaut de Farness Beta

« Cela fait si longtemps que j’attends ce moment. Te souviens-tu, sur Eechan, je t’ai dit que tu devrais te faire pardonner ? Eh bien, voici le moment venu. Maintenant. C’est l’instant vers lequel tendait tout ce que nous avons vécu. Le moment que j’ai vu advenir depuis la première fois où nos chemins se sont croisés. Les destins… nos destins, s’entremêlent, te souviens-tu de cela ? »
« Comment pourrais-je l’oublier ? Vous prétendez m’avoir utilisé, depuis le début ! M’avoir guidé ! Et même m’avoir protégé ! Je vous ai vu tuer Lyko sur Eechan ! Pour que je vive… pour ce moment ? Pourquoi ? »
- Cherubaël et Grégor Eisenhorn lors de leur face à face sur Farness Beta.
À l’assaut du repaire de Quixos.

La Confrérie des Inquisiteurs arriva à Farness Beta au début de 343.M41, alors que le sous-secteur de Cadia était déchiré par la guerre et que l’Œil de la Terreur vomissait des armées de créatures d’horreur, épisode de guerre resté dans l’histoire sous le nom de Vaillance des Cadiens. Eisenhorn, Grumman et Endor arrivèrent à bord de l’Essene qui était escorté par le majestueux croiseur de Ricci, aux allures de temple, et par l’antique frégate de guerre de Voke, hérissée comme un porc-épic. Un corps expéditionnaire de la Marine Impériale les attendait, une escadre de dix vaisseaux provisoirement désolidarisés de la flotte de combat Scarus sous l’autorité du Détachement disciplinaire de la flotte. Ce détachement spécial avait effectué des opérations complètes de surveillance et de reconnaissance pour préparer le terrain aux Inquisiteurs une quinzaine de jours avant leur arrivée. À son bord, se trouvait le Seigneur Procurateur Olm Madorthene qui, officiellement, avait conclu un pacte de coopération avec Commodus Voke pour exécuter le plan bien qu’en réalité, c’était avec Eisenhorn qu’il avait conclu ce pacte, en secret. Olm confirma la présence de Quixos identifié sous le nom de code "Paria", Olm informa Eienhorn que le traître se trouvait sur le plateau appelé Ferell Sidor, littéralement "l’autel du soleil", assez loin au nord de la province d’Hengav. Quixos s’y était présenté comme le chef d’une mission archéologique de l’Universitariate d’Avellorn et avait ainsi obtenu les permis nécessaires pour pratiquer des excavations sur Ferell Sidor, il y a six ans environ. Il y avait construit une véritable petite ville sur le plateau, sur le rebord de la fosse. La taille de son excavation était d’une taille considérable, assez grande pour y installer sa copie de pylône.

Débarquant sur place, les Inquisiteurs dirigèrent cinq cents Gardes Impériaux du Cinquante et unième Thracian qui se mirent en marche vers Ferell Sidor - nom de code Site A - depuis des points de rassemblement avancés dissimulés dans les collines environnantes. L’opération débuta avec un pilonnage des frégates sur le sommet du plateau, suivit par un bombardement de trente Marauders. Puis la bataille commença. Les troupes de Quixos, arborant presque toutes les couleurs et l’insigne de la Voie Mystique, s’étaient retranchées dans les ruines, engageant les troupes thraciennes et forçant ainsi Madorthene à engager des réserves de sept cents soldats d’assaut thraciens supplémentaires. Eisenhorn fut débarqué par Médéa qui le déposa avec Inshabel à la limite de la zone, en compagnie d’Endor et de deux Serviteurs de Combat. Une navette se posa non loin de lui, débarquant Ricci et Voke avec une garde de vingt soldats des troupes inquisitoriales. Enfin, Grumman, dirigeant dix Kasrkin, a atterri en dernier mais fut le premier à engager les hostilités.

Depuis l’épicentre du Site A, des vagues d’énergie Psyker d’une puissance effrayante se déferlèrent avant de s’arrêter soudainement grâce à la présence du Discollegium d’Eisenhorn, qui, prévoyant à devoir faire face à de dangereux Psykers comme Esarhaddon, avait demandé la présence d’une cinquantaine d’Intouchables de l’organisation de Bequin. Cette dernière mena un des groupes d’Intouchables, protégée par Nayl, tandis que le second groupe était menée par une dénommée Thula Surskov, protégée par Fischig. L’aura de néant psychique engendrée par les Intouchables avait contenu et annihilé la tempête psychique qui avait menacé d’engloutir les Loyalistes, en la confinant à l’intérieur du Site A et en l’empêchant de mettre en danger les forces impériales qui prenaient possession des lieux.

Avec Inshabel à ses côtés, Grégor Eisenhorn descendit vers le fond de l’excavation et les niveaux inférieurs du Site A, descente qui dura presque une heure, abattant les cultistes dès qu’ils apparaissaient. Il fit face à un niveau de résistance inimaginable. À un croisement, au milieu d’un labyrinthe de tunnels apparemment creusés au hasard, il retrouva son ami Endor, accompagné d’une paire de soldats thraciens et d’un garde de l’Inquisition, et ensemble, ils se dirigèrent vers une fusillade. Les Inquisiteurs se retrouvèrent face à une salle gigantesque et embrumée de nappes de fumées. Eisenhorn y aperçut Commodus Voke en prise avec le Possédé Prophaniti. Le vieil Inquisiteur était en difficulté dans son duel psychique. Eisenhorn et Endor foncèrent pour lui venir en aide, mais ils furent la cible de cultistes qui blèsement Inshabel. Endor et ses hommes les engagèrent, offrant l’occasion à Eisenhorn de se diriger vers Voke. Mais il fut soufflé en arrière par une aveuglante explosion de lumière blanche et une bouffée de chaleur ardente et projeté à travers une cloison anti-explosions, jusque dans une sorte de toboggan noir et humide.

Il reprit ses esprits et se retrouva face au responsable de cette attaque : Chérubaël. Le Possédé lui annonça que le moment vers lequel tendait tout ce qu’ils avaient vécu ensemble allait enfin arriver. Louant sa ténacité, il invita le plus sérieusement du monde Eisenhorn à le détruire. Le Possédé se jeta sur l’Inquisiteur qui leva alors son sceptre runique et canalisa toute sa volonté dans sa hampe faite pour conduire l’énergie psionique et l’amener jusqu’à la gemme de focalisation. Le fragment ciselé du Lith s’enflamma d’une luminescence bleue et le javelot d’énergie scintillante qui jaillit du cristal de focalisation s’enfonça dans la poitrine de Chérubaël. Le sceptre runique désorganisa alors le carcan qui assujettissait Chérubaël à la volonté de son maître, qui n’était autre que Quixos, et le Possédé put rompre son hôte et être banni, retournant dans le Warp. Grégor Eisenhorn réalisa alors que le Démon avait gagné, et l’avait manipulé pour qu’il le libère de son esclavage. S’être fait manipulé de la sorte le poussera à chercher à se venger de Chérubaël.

Il retourna sur les lieux du combat, mais constata que Voke avait été tué par Prophaniti. Le Possédé s’en prit ensuite à Endor et à Inshabel, des éclairs bleu sombre jaillissant jusqu’au bout de ses doigts et qui allèrent s’enrouler autour des deux amis d’Eisenhorn, les enchaînant étroitement dans des liens d’énergie psychique ardente. Mais dès que Prophaniti vit apparaître Eisenhorn, il sentit instinctivement qu’il représentait une menace beaucoup plus sérieuse. Il se rua sur l’Inquisiteur qui exploita l’énergie de sa charge pour l’empaler sur son sceptre runique. Prophaniti hurla puis explosa. Suite à cette victoire, Grégor Eisenhorn pensera avoir totalement annihilé son essence pour l’éternité.

Victorieux, il s’approcha de ses deux camarades blessés, mais fut choqué de voir que la rosette inquisitoriale d’Endor, qui glissa hors de sa poche située au niveau de la poitrine, était lié à l’Ordo Malleus, alors qu’Endor appartenait normalement à l’Ordo Hereticus. Dégoûté, il comprit que son meilleur ami travaillait pour l’Inquisiteur Osma et qu’il avait reçu pour instruction de l’arrêter après le succès de l’opération contre Quixos. D’une colère froide, Grégor Eisenhorn demanda à Inshabel de ramener Titus Endor à la surface, malgré les suppliques de ce dernier dans un vain espoir de sauver leur amitié qui prendra fin.[85]

L'Affrontement contre Quixos

« Hérétique ! »
- Dernière parole de Quixos à l’adresse d’Eisenhorn.
Le duel final.

Après des heures de combat, Eisenhorn, en compagnie de Grumman et de Ricci, atteignit le fond de la grande excavation. C’était une immense fosse à ciel ouvert, profonde de presque un kilomètre. La copie en sérébyte du pylône cadien était installée à la base de ce puits, entouré d’échafaudages d’adamantite. Accrochées à des potences, des centaines de cages étaient suspendues aux échafaudages et chacune d’elles renfermait de Psykers renégats que Quixos avait si soigneusement collectés et secrètement capturés dans tout l’Imperium. Parmi eux, se trouvait Esarhaddon.

C’est alors que, sorti de nulle part, Quixos apparu telle une ombre en robe et en armure, se déplaçant avec une telle rapidité qu’elle n’était qu’une forme brouillée. De sa lame démoniaque, Kharnagar, qu’il maniait, il ouvrit en deux l’Inquisiteur Ricci le long de l’épine dorsale, suivit des deux Kasrkin qu’il trucida en un clin d’œil. Puis il décapita l’Inquisiteur Grumman.

Puis Quixos se jeta sur Grégor Eisenhorn qui n’eut le temps que de lever Barbarisator pour intercepter la sombre lame rouge de sang de Quixos. Il fut horrifié en voyant le visage antédiluvien de l’Inquisiteur renégat, qui était devenu une horreur contrefaite et pustuleuse avec des cornes embryonnaires qui lui poussaient sur le front tout en exhibant des câbles et des implants augmentiques qui déformaient sa gorge et formaient des excroissances sous le voile répugnant qui recouvrait sa tête. Observant les deux boules ensanglantées et luisantes qui servaient d’yeux à son adversaire, Eisenhorn se rendit compte de sa force et de sa rapidité inhumaines.

Les deux hommes s’échangèrent une volée de coups tandis que Quixos communiquait psychiquement avec Eisenhorn, le traitant d’hérétique et de suppôt du Chaos. Selon Quixos, les pylônes de Cadia étaient là pour réguler le Warp et en amplifiant leurs pouvoirs par l’utilisation de Psykers de très haut niveau, on pouvait en faire une arme qui détruirait l’Empyrée, et même refermer l’Œil de la Terreur ! Grégor Eisenhorn ne l’écouta pas, ne voyant en Quixos qu’un fou furieux symbolisant la voie radicale de l’Inquisition.

Le duel acharné continua, mais tout bascula quand Eisenhorn vit une ouverture. Il effectua une botte droit vers le cœur de son ennemi, mais sans qu’il sache comment, d’une manière ou d’une autre, Quixos réussit malgré tout à relever Kharnagar et à parer. Barbarisator percuta l’Épée-Démon et se brisa en deux mais en fin de compte, ce fut l’ultime défaillance de l’antique lame d’Eisenhorn qui lui offrit la victoire. Lorsqu’elle se rompit contre le tranchant de l’épée de Quixos, le moignon de Barbarisator poursuivit son chemin, propulsé par toute la force qu’Eisenhorn avait mise dans son mouvement, jusqu’à ce que sa pointe rompue plonge à travers l’armure et les implants augmentiques de Quixos, pour se planter au beau milieu de son torse. Les dispositifs augmentiques de l’Inquisiteur renégat court-circuitèrent et explosèrent. Quixos s’effondra dans la poussière de sa chambre souterraine et tomba en poussière à son tour. Quand ce fut fini, il ne restait plus de lui qu’un amas de prothèses augmentiques pourrissantes et une armure vide, tordue, sous une longue cape chiffonnée. Avant de totalement disparaître, Quixos eut juste le temps d’insulter Eisenhorn d’"Hérétique", terme des plus prémonitoires…[86]

Le Retour en Grâce

Suite à la défaite de Quixos, le Site A fut démantelé et détruit par le corps expéditionnaire inquisitorial et le pylône factice anéanti par un bombardement orbital soutenu. Les Psykers captifs et les serviteurs survivants de Quixos furent emprisonnés, puis remis aux Vaisseaux Noirs de l’Inquisition, arrivés quelques jours après l’annonce de la victoire. Pour la plupart, les captifs furent déclarés trop dangereux ou trop corrompus pour être autorisés à vivre, même sous la surveillance la plus stricte, et ils furent exécutés. Esarhaddon en fit partie.

De nombreux textes et artefacts précieux sur le Site A furent retrouvés, ainsi que beaucoup d’autres qui étaient diaboliques et abominables. Quixos avait accumulé un véritable trésor d’instruments ésotériques et Eisenhorn supposa qu’il devait y en avoir des quantités d’autres dans son repaire, sur la lointaine Maginor, qui fut victime plus tard d’une purge.

Mais à l’insu de tous, il mit la main sur un livre diabolique ayant appartenu à Quixos, le Malus Codicium, un infâme grimoire qui se trouvait être la base du pouvoir de l’Inquisiteur renégat vaincu. Il ne révéla à personne s’être emparé de ce livre…

Puis Eisenhorn et son équipe retournèrent sur Gudrun, apprenant en cours de route que la carta édictée contre lui avait été abrogée. Aucune des allégations d’Osma ne pouvait tenir face aux preuves récoltées à Farness ou aux nombreuses déclarations recueillies par l’Inquisition, des dépositions effectuées par des personnalités telles que le Seigneur Procurateur Olm Madorthene, l’Inquisitrice Générale Nève, l’Interrogateur Inshabel et Titus Endor. Mais il ne reçut jamais la moindre excuse officielle, ni de la part du Grand Maître Orsini, ni de celle de Bezier et encore moins de la part d’Osma dont la carrière ne souffrit absolument pas de cette affaire, devenant même vingt ans plus tard le nouveau Maître de l’Ordo Malleus Helican après la mort aussi soudaine qu’inattendue de Bezier.

Grégor Eisenhorn ressortait de cette affaire auréolé de gloire et lavé de tout soupçons d’hérésie.[87]

L'Asservissement de Cherubaël

Cherubaël à présent sous le contrôle d’Eisenhorn.
« Comprenez-moi bien. Je vous ai dit que je n’aiderais jamais une créature telle que vous, mais vous m’avez obligé à le faire par la ruse et vous avez failli vous en sortir impunément. C’est la raison pour laquelle j’ai fait cela. C’est pour cela que j’ai consacré tant de temps et tant d’efforts à vous invoquer, à vous piéger et à vous assujettir. C’est une leçon. Jamais je ne permettrai que mes actions ou mon existence profite à l’ennemi juré de l’Humanité. À aucun prix. Vous avez dit que vous saviez, dès le début, que je serais celui qui vous libérerait de l’esclavage de Quixos. Quel dommage pour vous que vous n’ayez pas su voir ce que je pourrais vous faire par la suite. »
- Grégor Eisenhorn à Cherubaël.

Suite à l’affaire Quixos, Grégor Eisenhorn prit un congé sabbatique, qui lui offrit l’occasion d’étudier le Malus Codicium. Il étudiera cet ouvrage par intermittence sur de nombreuses années, en secret, éprouvant un vif désir d’apprendre et de comprendre ces écrits, tout en les redoutant terriblement. Ses premières études le forcèrent à effectuer une retraite spirituelle pour se remettre. Néanmoins, en apprenant les sombres procédés édictés dans le Malus Codicium, et qui le marquèrent à jamais, il avait dû demander l’assistance psychologique des abbés du monastère du Sacré-Cœur d’Alsor, tant cela fut éprouvant. C’est ainsi, que deux années après sa victoire contre Quixos, dans les sous-sols secret de sa résidence sur Gudrun, Eisenhorn se vengea du Démon Cherubaël en utilisant les connaissances maudites du Malus Codicium pour l’entraver de nouveau dans un hôte mortel en en refaire un Possédé, cette fois-ci soumis à sa volonté. Après avoir commandé, à une société privée, un corps artificiel cultivé en cuve organique, il effectua un rituel impie dans une salle remplie d’un millier de chandelles et aux parois de pierre couvertes de runes soigneusement tracées. Lorsque Cherubaël se retrouva de nouveau asservis à un mortel suite au rituel d’Eisenhorn, il se mit à gémir, constatant que son hôte était entravé par des chaînes. Il demanda à l’Inquisiteur pourquoi il avait fait un tel rituel. Grégor Eisenhorn lui expliqua que c’était par vengeance suite aux manipulations du Démon pour se libérer de l’emprise de Quixos. Il ne pouvait vivre avec l’idée que ses actions ou son existence est pu profiter à l’ennemi juré de l’Humanité et il promit à Cherubäel qu’il souhaitera de toute son âme putride redevenir le jouet de Quixos. Chérubaël tenta de se jeter sur Eisenhorn, mais ses chaînes le ramenèrent brutalement en arrière. Eisenhorn l’enferma dans le sas à vide et enclencha des inhibiteurs Warp et le champ de protection puis referma les treize verrous, les uns après les autres, de la prison du Démon.

Puis il entendit au loin son intendante Jarat faire sonner la cloche du dîner. Remontant les escaliers de sa forteresse souterraine pour rejoindre sa maison, Eisenhorn retourna dans son bureau, et rangeant les objets rituels ayant servi à ramener Cherubaël dans le monde matériel, ainsi que son sceptre runique et les restes de Barbarisator. Mais surtout, il cacha dans un coffre secret dissimulé dans le parquet, derrière mon bureau, le Malus Codicium, avant de le sceller hermétiquement. Puis il redescendit dîner, ravi de sa victoire sur le Démon qui le hantait depuis plus d’un siècle.[88]

Le Désastre de Dürer

« Un serviteur de l’Inquisition qui utilise le Chaos comme un outil contre le Chaos est un ennemi de l’Humanité, plus encore que ne l’est le Chaos lui-même ! Car le Chaos connaît les bornes de sa propre infamie et les accepte. Un serviteur de l’Inquisition qui se sert du Chaos se leurre lui-même, refuse la vérité et nous condamne tous à la damnation pour accomplir sa folie ! »
- L’Inquisiteur Hapshant aux jeunes Interrogateurs Grégor Eisenhorn et Titus Endor.
Le Sous-secteur Ophidien[89]

Le sous-secteur Ophidien avait été entre les mains des alliés au Chaos jusqu’à ce que la campagne menée par le Maître de Guerre Honorius Magnus ne la purge. Eisenhorn avait même eu l’honneur d’assister au départ de la grande force d’intervention impériale qui l’avait libéré après l’affaire du Nécroteuque. L’Atrocité de Thracian Primaris, qui avait été le point de départ de l’affaire Quixos, avait eut lieu durant les festivités de la victoire impériale dans ce sous-secteur. Mais cinquante ans après la conquête, ce territoire était toujours hanté par l’hérésie, au moins le temps que la loi impériale ne parvienne à y reprendre ses droits. Les Ordos qui devraient assumer la responsabilité du sous-secteur Ophidien n’avaient pas encore été fondés et c’était pour cela qu’il relevait encore de la juridiction de l’Officio Helican, situé dans le sous-secteur voisin, de mener les procès, comme sur Dürer.

En 386.M41, Grégor Eisenhorn - alors âgé de cent quatre-vingt-huit années, mais toujours robuste, vigoureux et en pleine santé grâce à l’utilisation raisonnée de la chirurgie augmentique et à des cures régulières de traitements réjuvénants - fut envoyé par le Seigneur Alessandro Rorken sur le monde de Dürer, dans le sous-secteur Ophidien, afin de conduire un procès d’hérétiques. Il lui fut attaché, à la demande du Seigneur Hereticus Sakarof, deux délégués à ce procès : Koth et Menderef. Mais surtout, il eut à ses côtés un ancien élève de l’Inquisiteur Osma, un dénommé Bastian Verveuk, jeune Inquisiteur finissant ses classes et qui vouait un culte à Eisenhorn, au point d’en devenir gênant, tant c’était un lèche-bottes insupportable. Grégor Eisenhorn avait été nommé président de ce tribunal. Il faisait partie d’une délégation inquisitoriale composée de l’Inquisiteur Eskane Koth, un Amalathien, né et élevé à Thracian Primaris, qui serait, un jour, connu sous le sobriquet de Colombe d’Avignor ; de l’Inquisiteur Laslo Menderef, un Istvaanien natif des basses-terres de Sancour, qui devait plus tard recevoir le surnom de Menderef l’Impitoyable ; et de l’Inquisiteur Poul Rossi, un homme déjà âgé, impartial et équitable, fils des steppes de Kilwaddi et un fidèle serviteur de l’ordre.

Bastian Verveuk[90]

Âgé de trente-deux ans standards et Inquisiteur depuis seulement sept mois quand il rencontra Eisenhorn, Bastian Verveuk avait été Interrogateur sous l’autorité de l’Inquisiteur Osma, rival d’Eisenhorn durant l’affaire Quixos. Il était de taille moyenne, coiffé d’une épaisse chevelure blonde coupée au bol, avec la raie au milieu, et ses yeux aux paupières légèrement tombantes semblaient briller d’exaltation en permanence. Il avait toujours l’air plein d’ardeur et animé d’une sorte d’extase spirituelle. Son esprit était remarquablement organisé et il avait certainement très bien servi Osma lorsqu’il était son Interrogateur. Mais à présent, son heure était venue et il se mettait en avant avec une ambition et un manque de pudeur parfaitement indécents. Son transfert dans l’équipe du Seigneur Rorken - pour "un complément de formation" - résultait probablement du fait qu’Osma avait fini par perdre patience. Pour Grégor Eisenhorn, il était un fardeau à supporter, car son attitude, sa soif d’attentions, son empressement jovial et ses foutues questions l’agaçait dans des proportions terribles.

Le 160e jour de cette année, Eisenhorn fut présent à la première audience du procès au sein de la grande cathédrale d’Eriale, la capitale législative de l’Uvege, au sud-est du troisième plus important continent de Dürer. L’objet de ce procès, qui avait été organisé par le Hiérarque de l’archevêché d’Eriale, était des accusations de récidivisme, de commerce avec le Warp et, par-dessus tout, d’hérésie. L’accusé était un aristocrate de près de cent soixante-dix ans, du nom d’Udwin Pridde. Ce propriétaire terrien avait perdu son épouse alors qu’il était encore jeune et il avait gravi les échelons de la bonne société de Dürer en bâtissant sa fortune sur l’héritage de sa défunte femme et l’intégration de son entreprise dans un fructueux cartel agroalimentaire. Il avait alors fait un mariage socialement avantageux en épousant en secondes noces une certaine Betrice, de trente ans sa cadette, fille aînée de la vénérable maison Samargue. À cette époque, l’ancienne fortune des Samargue commençait lentement à péricliter face à l’influence des cartels soutenus par l’Administratum qui prenaient peu à peu le contrôle de l’économie pastorale de l’Uvege grâce à une politique agricole très efficace. Pour faire court, Udwin Pridde s’était rendu à la demeure d’une apothicaire clandestine, et avait acheté deux flacons de sang ombilical, une mèche de cheveux provenant d’un meurtrier après son exécution et une statuette de fertilité sculptée dans l’os d’un doigt humain. Il se défendait en affirmant avoir effectué de tels achats pour son bétail, dont certaines bêtes étaient tombées malades et qui n’avaient mis bas que des petits mort-nés mutants. Il pensait que la sorcellerie rurale du Warp pouvait les guérir. L’interrogatoire de l’Inquisiteur Laslo Menderef tenta de montrer que la responsable ayant poussé Pridde était en réalité son épouse de la lignée Samargue, prête à tout pour rendre la puissance et la vigueur à sa famille et à restaurer sa fortune vacillante. L’objectif des Inquisiteurs était en réalité la Maison Samargue, soupçonnée d’hérésie, et ce procès n’était qu’une mise en scène pour récolter des preuves.

Prêt de deux cent soixante individus étaient assignés à comparaître devant cette cour officielle après avoir été identifiés comme d’éventuels hérétiques au cours des enquêtes préliminaires du Seigneur Rorken au plus grand malheur d’Eisenhorn qui n'était absolument pas motivé à suivre cette affaire, accapblé qu’il était devant la lenteur du procès et des assommantes chicaneries au sein de la cour dont la moité était vide, et l’autre moitié endormie. Il constata amusé que son savant, Uber Aémos, faisait semblant d’écouter et qu’Alizebeth Bequin lisait de la poésie en cachant son livre derrière un rapport judiciaire.

Fayde Thuring[91]

Protagoniste sans importance dans le monde interlope des hérétiques qui se tapissent dans les ténèbres de la société impériale, Fayde Thuring était aux yeux de Grégor Eisenhorn qu’un minable, qui finirait bien par tomber tout seul dans les filets de la justice, un jour ou l’autre. Néanmoins, il restait particulier à ses yeux, car il avait assassiné en 338.M41 Midas Betancore, quatre vingt ans avant le désastre de Dürer. En 352.M41, il s’était enrôlé dans une fraternité Hors-Monde, une congrégation du Chaos qui se faisait appeler la Confrérie du Cœur ou parfois le Glas de l’Horloge des Mondes. Ses membres pratiquaient une version stylisée du culte du Dieu du Sang, sous la forme de la déité mineure d’une tribu locale, un dieu-sanglier qu’ils dénommaient Eolkit, Yulquet ou encore Uulcet. Pendant quelques mois, ils avaient empoisonné l’existence d’une planète agricole dénommée Hasama. Les prêtres de ce culte avaient adopté la tenue cérémonielle du tueur de porcs qui, dans l’antiquité, voyageait chaque automne de communauté en communauté pour procéder à l’abattage du bétail qui constituerait les réserves de la saison froide. C’était une tradition très ancienne dans laquelle se mêlaient le sacrifice rituel du sang et les célébrations de la fin de l’année calendaire, une tradition que l’on rencontre assez communément sur tous les mondes de l’Imperium. La Terra pré-impériale avait elle aussi un mythe similaire, il y a bien longtemps, appelé Hallowe’en ou la Veille de tous les saints. Le chef de ce culte était Amel Sanx, le Corrupteur de Lyx et il était réapparu pour la première fois, après un siècle passé à se cacher, afin de répandre le poison de sa pensée. Sanx était si tristement célèbre que, dès que l’on apprit son implication dans cette affaire, les missions inquisitoriales qui avaient reçu pour mission de faire disparaître la Confrérie du Cœur virent leurs moyens multipliés par cent et une troupe d’éradication de l’Adepta Sororitas, menée par l’Inquisitrice Aedelorn, les annihila lors d’un raid mené sur la capitale nord d’Hasama.

À la suite de cette intervention, on découvrit en fouillant les décombres que Sanx avait déjà sacrifié la plupart de ses suppôts au cours d’un rituel qui avait été interrompu par le raid d’Aedelorn. Thuring faisait partie de ses fidèles de second rang et Eisenhorn avait vu son nom dans la liste des victimes du rituel. Mais au final, il avait survécu…

Après l’interrogatoire d’Udwin Pridde, Grégor Eisenhorn et ses collègues allèrent se reposer dans la sacristie de la cathédrale. L’Inquisiteur fut assailli par Verveuk qui voulait tout savoir sur ses aventure, et notamment ses liens avec Cherubäel, ce qui révulsa Eisenhorn qui considérait que le Démon était vaincu et appartenait au passé.

C’est alors que Godwyn Fischig entra dans la sacristie et lui annonça une nouvelle de la plus haute importance pour lui : Fayde Thuring, l’assassin de Midas Betancore, son meilleur ami, avait été localisé ! Pour Eisenhorn, quatre-vingts années de désir de vengeance étaient possiblement sur le point d’être assouvie. L’Inquisiteur pensait que Thuring avait été tué lors d’un raid inquisitorial sur le monde d’Hasama, et fut frappé d’apprendre que non seulement il était toujours vivant, mais présent sur Dürer, dans une île sur le cercle polaire nord de la planète du nom de Miquol, information qu’Harlon Nayl, toujours l’un des meilleurs hommes d’Eisenhorn, avait transmis après avoir traqué la piste de l’hérétique.

Kara Swole[92]

Jeune femme très athlétique, petite, souple et avec des cheveux roux coupés très court, Kara Swole était une ancienne danseuse acrobate de Bonaventure - monde d’origine de Bequin - travaillant sur les pistes des cirques de cette planète. Elle travaillait pour Eisenhorn depuis trois ans et était très appréciée au sein de son équipe. Sa musculature la faisait presque paraître râblée, mais c’était la personne la plus agile et la plus vive qu’Eisenhorn n’ait jamais vue et elle avait un véritable don pour l’espionnage et la surveillance. Elle appréciait son travail qui lui paraissait préférable à la vie qu’elle avait connue autrefois.

Sans réfléchir, Eisenhorn déclara suspendre le procès jusqu’à nouvel ordre, au grand étonnement de ses collègues Inquisiteurs et provoquant un véritable tollé. Mu par la vengeance, Eisenhorn s’en moqua, et quitta la nef avec son équipe. Il fut rattrapé par l’Inquisiteur Poul Ricci qui accepta de se joindre à lui en apprenant la présence d’un hérétique, se fiant à son jugement. Se rendant sur la place en face de la cathédrale, il entra dans son chasseur piloté par Médéa - motivée de venger le père qu’elle n’avait jamais connu. Eisenhorn fut rejoint par les dernières recrues de son équipe : Kara Swole, une jeune rouquine très souple avec un grand talent pour l’espionnage, Duclane Haar, un tireur d’élite et Bex Begundi. Une fois à bord du chasseur, il ordonna à Kara Swole de surveiller Verveuk afin qu’il ne soit pas dans leurs pattes.

L’Audit de Dürer[93]

Avant son arrivé sur Dürer, l’Inquisiteur Eisenhorn avait fait travailler ses équipes pour mener une expertise afin de réviser et de vérifier les affaires qui devaient être présentées au procès, de manière à s’assurer qu’ils n’allaient pas perdre son temps inutilement et qu’il serait en possession de toutes les données requises. En outre, cette enquête était destinée à découvrir l’existence de possibles cas d’hérésie qui auraient pu être négligés lors de l’examen préliminaire mené par le Seigneur Rorken afin de repérer d’éventuelles existences de foyers de récidivisme. Fischig et son équipe d’enquêteurs avaient littéralement passé les archives planétaires au peigne fin et ils avaient vérifié toutes les anomalies, même les plus mineures, en les recoupant avec leurs propres bases de données. Fischig avait d’abord découvert quelques transactions financières hors-monde qui se distinguaient des autres parce qu’elles se rattachaient à des comptes commerciaux de Thracian Primaris qui avaient été liés à Fayde Thuring vingt ans auparavant. Fischig avait remonté la piste et était tombé par pure chance sur un enregistrement provenant du système pix de surveillance d’une compagnie marchande. L’homme dont l’image avait été électroniquement capturée par le drone pix ressemblait à Fayde Thuring d’une façon stupéfiante et fut le point de départ de sa traque par Grégor Eisenhorn.

Puis il rassembla Fischig, Bequin, Aémos, Haar et Begundi autour de la table à cartes pour leur donner ses instructions tout en convoquant l’Astropathe qui le servait à cette époque, un dénommé Dahault. Là, il apprit que l’hérétique avait été repéré par l’ancien Castigateur Fischig, qui sur ses instructions, avait effectué un audit complet de la planète Dürer. Sous le faux nom d’Illiam Vowis, négociant en technologie aéronautique, Thuring était présent depuis un an sur Dürer et avait effectué des opérations dans trois des ports de l’océan du nord et dans la capitale également de ce monde avant se rendre sur une île dans le cercle polaire nord pour une raison mystérieuse.

Bex Begundi et Duclane Haar[94]

Duclane Haar était un ancien tireur d’élite du 50e Fusiliers Gudrunites, un régiment avec lequel Eisenhorn avait des liens très anciens. Il était de taille moyenne, vêtu d’une combinaison mate antiréfléchissante et avait suspendu autour de son cou, au bout d’un cordon, l’insigne qu’il portait autrefois à son béret militaire. Il avait été dispensé de service et déclaré invalide après avoir perdu une jambe au combat, sur Wichard. Mais c’était un excellent tireur avec son laser de sniper. Haar était rasé de près et sa chevelure brune était aussi bien coupée qu’au temps de sa carrière dans l’armée. Accroché sur le côté du crâne, il portait un système optique de visée qui formait une boucle autour de son oreille, avec un bras de visée articulé qu’il pouvait abaisser devant son œil droit au moment de tirer. Il préférait ce système à toute autre lunette conventionnelle montée sur son arme et, avec son score de réussites, Eisenhorn n’avait pas la moindre raison de discuter ce choix.

Bex Begundi était une fripouille, dans toute l’acception du terme, limite un Desperado. C’était un hors-la-loi, un arnaqueur, un escroc, un voyou, né dans les bidonvilles de Samete. Bex était l’une des recrues d’Harlon Nayl, peut-être l’un de ses anciens gibiers auquel il avait donné le choix entre la vie et la mort. Il avait intégré l’équipe de l’Inquisiteur six années avant le désastre de Dürer et il était effroyablement effronté et prodigieusement habile au pistolet. Grand, n’ayant pas dépassé les trente-cinq ans, il n’était pas réellement beau, mais exsudait littéralement un charme dévastateur. Il avait les cheveux noirs et arborait un petit bouc d’un noir de jais qui mettait en valeur son sourire insolent. Il avait de hautes pommettes et sa peau, teinte en blanc cadavérique, à la mode des gangs de ses bidonvilles natals, contrastait avec les grandes traces de khôl noir qu’il dessinait sous ses yeux brillants d’une dangereuse lumière. Il arborait une veste de cuir renforcée, brodée de fils de soie aux riches couleurs et agrémentée de ridicules revers pailletés. Mais il n’y avait absolument rien de comique dans la paire de pistolets automatiques Hecuter qu’il portait sous les bras, dans un holster fabriqué sur mesure qui lui permettait de dégainer en un éclair.

Immédiatement, Eisenhorn ordonna qu’un plan d’action soit rapidement mis en place, chargeant Aémos d’étudier cette île, à Bequin de ramener au plus vite des membres du Discollegium, à Dahault de scanner psychiquement les lieux et à Begundi et Haar de se préparer à abattre l’hérétique. Retrouvant Médéa dans son poste de pilotage, il lui jura qu’ils allaient abattre l’assassin de son père. Puis il alla s’armer avec un Bolter gros calibre, son sceptre runique et 'Barbarisator, reforgé après son duel contre Quixos.

Miquol[95]

Vaste plaque volcanique qui émergeait des eaux noires de l’océan polaire du monde de Dürer, Miquol était une île faisant seize kilomètres de long et neuf de large. Vue du ciel, elle avait l’air sinistre et désolé, dépourvu de toute vie. Elle était bordée de falaises à pic, hautes de cent mètres, mais tout l’intérieur de l’île était un plateau désert et déchiqueté, semé de rochers escarpés et de débris pierreux.

Le chasseur d’Eisenhorn fonça vers l’île désolée de Miquol. Aucun signe de vie ni le moindre signal ne furent détectés, forçant l’Inquisiteur à faire poser son appareil dans une ancienne station d’écoute, mise en place par les Forces de Défense Planétaire dans les années qui ont suivi la libération de cette planète, bien que cela faisait une vingtaine d’années qu’elle n’était plus utilisée. Une fois posé sur la plate-forme d’atterrissage, il sortit avec les membres de son équipe, laissant juste Aémos et Dahault en compagnie de Médéa à bord du chasseur bien qu’il dut forcer cette dernière à rester à bord tant sa soif de vengeance était grande, lui jurant en retour qu’elle sera là quand Thuring sera tué. Il y laissa aussi - et surtout, - Bastian Verveuk. Visitant les hangars abandonnés, ils trouvèrent un vaisseau qui était amarré, un ekranoplane moderne d’une vingtaine de mètres de long, d’un gris lustré, fait pour la haute mer et que Thuring avait loué pour venir jusque-là. Ils y trouvèrent les corps de quatre marins, tués d’une seule balle dans la nuque chacun. Grégor Eisenhorn compris que Thuring n’avait pas prévu de quitter l’île comme il était venu. Faisant des recherches à bord du navire, il conclut que sa proie était accompagnée d’une vingtaine d’hommes.

Jure sur tes Secrets[96]

Arrivé sur Miquol, Grégor Eisenhorn força Médéa à rester à bord du chasseur bien que cette dernière brûlait du désir de l’accompagner pour mettre la main sur l’assassin de son père qu’elle n’avait jamais connue. Parvenant à la raisonner sur le bien-fondé d’utiliser ses talents de pilote en cas de problème, Eisenhorn fut néanmoins forcé par Médéa à jurer sur ses secrets les plus chers qu’elle sera présente quand Thuring se fera tuer. C’était une coutume typiquement glavienne. Les gens de cette planète considéraient que l’on n’était véritablement lié par un serment que si l’on s’engageait sur ses secrets les plus personnels et les plus confidentiels. On suppose que, dans l’ancien temps, cela signifiait qu’un pilote glavien promettait de livrer de précieuses découvertes techniques ou des paramètres de navigation confidentiels à l’un de ses concurrents, en gage de bonne foi et d’honneur. Midas Betancore avait autrefois obligé Eisenhorn à faire un serment semblable, il y avait bien des années, l’obligeant à promettre de prendre un congé de trois mois au cours d’une période où il travaillait trop dur. L’Inquisiteur n’avait pas pu respecter cet engagement, à cause d’une affaire quelconque, et avait dû lui confesser qu’il était fou amoureux d’Alizebeth Bequin et qu’il désirait de toute son âme être son compagnon.

Ils effectuèrent alors l’ascension des escaliers menant en haut d’une falaise en direction de l’ancienne base des FDP, à l’intérieur des terres. Marchant sous la pluie glaciale, ils atteignirent la FDP 272, abandonnée depuis des décennies de Dürer et qui constituait autrefois l’un des éléments d’un vaste réseau de protection global qui, avec trois cents autres stations identiques, offrait une surveillance des abords de la planète vingt-quatre heures sur vingt-quatre et suivait de près tous les mouvements du trafic orbital, le trafic dans les couloirs de circulation commerciale, et même l’activité spatiale générale du Warp. FDP 272 se trouvait sur la berge d’un lac polaire oblong, bordé au nord par le rempart déchiqueté d’une chaîne de montagnes jeunes. Eisenhorn et son équipe avancèrent silencieusement, l’Auspex et le détecteur de mouvement de Fischig indiquant des signes de vie dans le voisinage, mais pas à quelle distance exactement. Ils pénétrèrent dans une caserne préfabriquée. Là, ils découvrirent un vieil homme répugnant, ratatiné, infesté de poux et ravagé par la maladie. L’Inquisiteur y reconnut, par ces habits un Père Hiérarque. L’homme se présenta comme étant le Pater Herschel Dronicus, hiérarque de la paroisse de Miquol. Il était le responsable de la chapelle de la FDP 272 et était resté fidèle à son poste même après le départ des soldats. Mais l’arrivée des cultistes l’avait forcé à se cacher pour rester en vie. Les hérétiques s’étaient retranchés dans un hangar pour préparer "leur dieu".

C’est alors que huit cultistes armés furent repérés en se déplaçant en formation d’infanterie. Les hérétiques mitraillèrent le hangar où se trouvaient Eisenhorn et ses équipiers. Un échange de tirs débuta. Eisenhorn vit une grenade être lancée vers leur direction et l’évacuation générale de la caserne fut rapidement organisé sous une pluie de tirs laser et de Bolts. Couvert par ses coéquipiers, Eisenhorn fut contacté par Médéa qui voulait venir à leur secours à bord du chasseur, mais l’Inquisiteur refusa. Totalement encerclé, Grégor Eisenhorn utilisa sa puissance psychique pour forcer les cultistes à sortir de leur cachette. Son déchaînement mental brutal se révéla être un succès et offrit l’élimination rapide des hérétiques par ses équipiers.

Cruor Vult[97]

Titan de classe Warlord, Cruor Vult pesait deux mille cinq cents tonnes et mesurait soixante mètres de haut. Comme tous les grands Titans, c’était un bipède, presque humanoïde dans ses proportions. Il avait de gigantesques pieds à trois orteils métalliques et articulés, des jambes massives qui supportaient une colossale monture pelvienne sur laquelle était posé son torse cyclopéen abritant les flamboyantes fournaises atomiques qui lui fournissaient son énergie. Ses larges épaules étaient suffisamment vastes pour héberger ses batteries de Turbo-Lasers tandis que accrochés sous le blindage de ses épaulières géantes, ses bras étaient équipés des armes principales de l’immense machine : un Blaster Gatling au poing droit et un Canon à Plasma à gauche. Sa tête contenait le poste de commande tout entier, plantée assez bas entre ses deux épaules, donnant au monstre l’allure d’un ogre bossu.

Cruor Vult était un Titan du Chaos, l’un des innommables léviathans de métal fabriqués dans les forges et les fonderies du Warp grâce à des plans dévoyés, copiés sur les originaux impériaux. Son nom signifiait "Par la volonté du sang", dans la traduction la plus simple de son nom en bas gothique. Il était contrefait, couvert de cloques de rouille, drapé de barbelés acérés et tout hérissé de lames dressées comme des épines. Accrochés à ses épaulières comme des colliers, se trouvaient des chapelets de crânes humains, par milliers. Il était fait d’un métal noir, sale et terne et son armure était toute gravée des runes imprononçables du Chaos. Sa tête ressemblait à un crâne grimaçant, plaqué de chrome brillant et son nom était inscrit en lettres de cuivre rouge, incrustées sur une plaque qui s’étalait sur presque toute la largeur de son gigantesque torse.

Cruor Vult avait combattu les armées de l’Imperium durant la campagne de reconquête impériale du secteur Ophidien, et fut laissé, avec deux autres Titans, dans les entrailles du nord de la planète Dürer jusqu’à ce que l’hérétique Fayde Thuring ne le libère.

Mais la victoire fut de très courte durée, car une secousse brutale dans l’environnement psionique se propagea, faisant subir de terribles souffrances à tous, sauf Bequin, de par sa nature de Paria. Eisenhorn regarda un des hangars trembler et se déformer sous les coups de quelque chose qui le défonçait de l’intérieur. C’était le "dieu" des hérétique : un Titan de guerre de classe Warlord qui venait de se relever et qui se nommait Cruor Vult. Grégor Eisenhorn avait sous-estimé Fayde Thuring qui n’avait plus rien de commun avec le misérable petit trafiquant du Warp qu’il avait laissé filer autrefois, et cette erreur allait lui coûter très cher.

Le monstrueux Titan du Chaos se fraya un chemin à travers la carcasse du hangar et fit mugir ses grandes trompes accrochées sur les côtés de son crâne et qui beuglèrent son hideux cri de guerre. La machine de guerre marcha droit vers Eisenhorn et ses équipiers. Paniqué, l’Inquisiteur et ses équipiers prirent la fuite dans les rues désertes de la base abandonnée, essayant de mettre autant de bâtiments que possible entre eux et l’horreur bipède mécanique. Pire, ils constatèrent tous que les perturbations magnétiques qui avaient déréglé leurs instruments civils ne représentaient pas le moindre handicap pour le Titan, lui offrant le moyen de localiser leur position malgré leur petite taille par rapport à lui. Ils furent la cible de son Blaster Gatling qui cribla la base de centaines de balles explosives. Où qu’ils allaient pour échapper au Titan, ce dernier parvenait rapidement à les localiser et à les prendre pour cible. Eisenhorn sauva Fischig qui faillit être frappé par les tirs du blaster titanique, l’Inquisiteur le poussant sur le côté au dernier moment avant qu’une esquille de métal ne décapite l’ancien Castigateur qui s’en sortit avec un morceau métallique planté dans son épaule gauche. Séparé du reste du groupe, Eisenhorn aida Fischig dans une rigole d’évacuation qui courait derrière la rangée de casernes et tous deux se mirent à couvert derrière un atelier d’usinage. Pris de nouveau en chasse, ils se dirigèrent droit vers le centre de commandement quand soudain, une explosion lointaine retentit sur toute la vallée du lac. Une boule incandescente s’éleva vers le ciel, à l’extrême ouest de la base et qui attira l’attention de Cruor Vult : c’était une diversion d’Harlon Nayl qui avait retrouvé la piste d’Eisenhorn alors qu’il traquait Thuring sur Miquol. L’ancien chasseur de primes rallia la position de l’Inquisiteur et de Fischig et ensemble, ils entrèrent à l’intérieur d’un hangar de stockage. Là, Nayl informa Eisenhorn que Thuring avait de sérieux soutiens financiers, de la main d’œuvre, de l’équipement et des ressources. Les commanditaires de l’hérétique savaient que le Titan se trouvait ici depuis la libération de Dürer par les armées impériales. Les FDP n’avaient pas remarqué son existence, alors qu’il était enfermé dans une caverne hermétique, protégée par un bouclier avec deux autres spécimens. Conscient qu’il fallait neutraliser Thuring afin d’éviter qu’il ne ravage Dürer où qu’il ne s’enfuit avec la machine-divine à bord d’une navette de transport de fret pour la revendre au culte hérétique le plus offrant.

Jouant le tout pour le tout, Grégor Eisenhorn se rendit vers la chapelle, faites en pierre renforcée et blindée, appelant psychiquement l’ensemble de ses équipiers à l’y rejoindre. Arrivé dans la chapelle saccagée par les hérétiques, Eisenhorn attendit que ses équipiers arrivent et une fois tous ensemble, il expliqua son plan. Bien que ne prétendant pas comprendre le fonctionnement d’un Titan de guerre, il savait que cela dépendait du lien entre l’homme et la machine, entre le cerveau humain et la conscience qui habitait cette mécanique, cela grâce à l’interface psychique d’une Unité d'Impulsion Cérébrale. Il voulait perturber ce lien psychique en utilisant son sceptre runique contenant la gemme du Lith et qui servait d’amplificateur psionique d’une puissance proprement dévastatrice. Avec l’aide de l’Inquisiteur Rossi, Eisenhorn voulait utiliser son sceptre pour amplifier la puissance conjuguée de leurs deux esprits et forcer le passage afin de pénétrer la conscience du Titan. Ensuite, Alizebeth Bequin devait se saisir du sceptre et transmettre toute la puissance de sa négativité psychique au cœur de ce monstre.

L’Esprit de Cruor Vult[98]
Eisenhorn faisant face aux carnages vécues par le Titan Cruor Vult.
Lorsque les Inquisiteurs Rossi et Eisenhorn saisirent le sceptre runique de ce dernier dans l’espoir de couper le lien entre Thuring et le Titan Cruor Vult, leurs esprits furent noyés dans le Warp. Eisenhorn s’orienta dans cet enfer grâce à la force d’esprit de Rossi qui lui permit de supporter la corruption de l’Immaterium. Ils avancèrent entourés de grosses mouches à viande, entourés d’un océan de vase noire qui s’étendait à perte de vue. Au-dessus de leurs têtes, le ciel était obscur et plombé, mais Eisenhorn se rendit compte que les nuages qui l’obscurcissaient étaient d’immondes essaims de mouches, des nuées d’une taille inimaginable qui faisaient écran à la lumière. Il comprit qu’il était sur la frange extérieure de l’esprit du Titan du Chaos. Enveloppés d’une sorte de pellicule de mucosités ectoplasmiques, lui et Rossi avancèrent lentement dans la vase, quand l’horizon apparut, souligné d’un rideau de flammes, et l’océan de limon qui ondulait de manière écœurante. Devant eux, à des milliers de kilomètres, une source d’énergie palpitait et ils discernèrent la silhouette d’un homme qui était Cruor Vult. Le Titan se tenait dans le lointain, maître de son royaume psychique. Des fantômes démoniaques entouraient les deux Inquisiteurs et quand ils entrèrent dans la sphère mémorielle de Cruor Vult, ils virent des cités agoniser dans les flammes, des légions de la Garde Impériale se faire incinérer, des Space Marines mourir par centaines, des planètes prendre feu et disparaître, réduites en cendres, des Titans impériaux se disloquer et mourir sous la violence des assauts du Titan du Chaos. À travers un blizzard incandescent, ils virent s’ouvrir les grandes portes du Palais Impérial de Terra, durant le siège final de l’Hérésie d’Horus. Grégor Eisenhorn vit Horus qui hurlai sa colère et la Grande Hérésie prendre forme et se dérouler sous ses yeux. Il assista à l’Ère des Luttes et à tout le Moyen-Âge Technologique qui l’avait précédée et en voyant toute ses choses, il hurla.

Arrivant au cœur de ce monde, à l’intérieur du poste de commandement du Titan, Eisenhorn était assailli par des Démons qui se cramponnaient à son dos, se tordant en tous sens sur ses épaules, lui mordant les oreilles et les joues. Lui et Rossi virent alors se dresser les innombrables spectres de tous les hommes qui avaient commandé la machine, assis sur le trône du Princeps, tous morts. Rossi tendit la main et la posa sur l’Unité d’Impulsion Cérébrale installée au centre du pont principal de la machine et c’est à cet instant que Bequin posa la main sur le sceptre pour neutraliser le Titan, se condamnant par la même occasion…

Le plan fut mis à exécution et ce fut un désastre. Eisenhorn et Rocci pénétrèrent dans l’esprit corrompu de Cruor Vult et assistèrent à mille horreurs durant leur progression dans l’esprit corrompu de la machine maudite. Arrivé dans le centre de commandement du Titan du Chaos, Rossi posa la main sur l’Unité d’Impulsion Cérébrale et à cet instant, Eisenhorn hurla à Bequin de saisir le sceptre, ce qu’elle fit, l’arrachant des mains des deux Inquisiteurs et y focalisant tous ses pouvoirs d’Intouchable : elle fut tuée, pas instantanément, mais le contre-choc de la terrible conscience du Titan brisa ses défenses, submergea ses pouvoirs d’Intouchable par la seule puissance de sa force brute et disloqua son esprit. En même temps que les deux Inquisiteurs, elle fut catapultée sur toute la longueur de la chapelle, s’écrasant contre le mur du fond de la chapelle avec un craquement indiquant que ses os s’étaient brisés.

Se relevant avec son âme encore submergée par les visions de l’Ère des Luttes, Grégor Eisenhorn vit Rossi vivant, mais très affaibli, et la femme de sa vie gravement blessée. Prit d’un accès de folie, il s’empara de son épée Barbarisator et se précipita dehors vers la sortie de la chapelle, comme s’il allait engager un duel à mort avec le Titan de guerre. Il entendit alors le son de son chasseur et fut contactée en glossia par Médéa l’informant qu’elle agissait sous les ordres de l’Inquisiteur Verveuk qui lui avait ordonné de décoller et d’attaquer le Titan. Le comportement de Verveuk rendit fou Eisenhorn, même s’il savait que soin jeune collègue Inquisiteur agissait dans l’idée de lui venir en aide. Se précipitant à l’extérieur, il vit son chasseur fondre en rase-mottes en faisant feu de tous ses canons sur la silhouette massive du Titan qui pivotait lentement vers lui. Le chasseur arrosa le géant mécanique de salves de projectiles de gros calibre qui ne firent que rebondir sur son épaisse carapace. Puis Cruor Vult ouvrit le feu et éventra le chasseur de ses tirs, lui arracha un stabilisateur de queue. L’appareil décrocha et s’écrasa en laissant une épaisse traînée de fumée noire dans son sillage, sur la rive du lac, et s’enterra à moitié dans la boue et les rocailles de la plage. L’Inquisiteur Eisenhorn vit Verveuk parvenir à s’extraire du chasseur et à s’éloigner de la carcasse en feu tandis que ses coéquipiers le rejoignait pour assister au terrible spectacle. L’Inquisiteur Rossi, à moitié mort, leva le sceptre runique d’Eisenhorn et l’utilisa pour amplifier les pouvoirs de son esprit épuisé. Le sceptre cracha un éclair d’énergie psy-thermique et le projeta en direction de l’immense dossière du grand Titan. Lorsque l’arc frappa Cruor Vult, elle ne fit que l’égratigner. En retour, le Titan Warlord tira sur l’épave du chasseur et le fit exploser, l’appareil disparaissant dans une énorme boule de lumière aveuglante. Eisenhorn crut que Médéa, Aémos et Dahault étaient morts et fut submergé par le désespoir alors que Cruor Vult tournait son attention vers lui et fit feu. Il se mit à l’abri et perdit sous le déluge des tirs son homme de main Duclane Haar, qui fut désintégré, de même que l’Inquisiteur Poul Rossi, qui ne laissa que seule preuve de son ancienne existence le sceptre runique, noirci mais intact.

C’est alors qu’Eisenhorn eut une idée, effroyable et terrible. Pour pouvoir éliminer Thuring et son Titan, il lui restait une dernière arme : Cherubaël.

Ordonnant à ses coéquipiers restants de se mettre à l’abri dans la chapelle, il s’empara de son sceptre runique. Puis à genoux sur le sol vitrifié, face à un Titan de guerre du Chaos qui marchait droit sur lui, serrant fermement dans ses deux mains son sceptre poisseux du sang de deux de ses plus chers amis, il entama ses incantations à la base de ses souvenirs de ses études du Malus Codicium. Il était conscient que s’il oubliait un seul mot ou si sa formulation était incorrecte, il périrait entre les griffes du Démon.

À l’instant où il prononça la dernière puissante syllabe de son incantation, son esprit fut submergé par le Warp, bien que protégé par les prières rituelles qu’il entonna, et il s’étira au travers de la trame spatiale, vers Gudrun, vers son domaine privé sur la péninsule d’Insume. Son esprit s’étira encore et pénétra dans l’oubliette secrète où il avait enfermé Cherubaël, qui était roulé en boule après tant d’années à attendre. Eisenhorn le réveilla et le libéra. Puis sortant de sa transe, il vit son sceptre runique être envahi d’énergie démoniaque. Il énonça les mots de commande et les instructions spécifiques avec la plus grande précision et c’est alors, comme un minuscule soleil qui se lève, que le Démon asservi se matérialisa en ruisselant hors de l’extrémité du sceptre runique. Brillant d’un éclat éblouissant qui fit s’allonger une ombre immense derrière le Titan, il ordonna à Chérubaël de tuer Cruor Vult. Sous des éclairs qui zébrèrent le ciel, une tempête inattendue, d’une violence exceptionnelle, éclata et une pluie s’abattit en trombe, poussée par de violentes rafales de vent : Chérubaël, sous la forme d’une chose effrayante blancheur, plongea avec la vitesse de l’éclair droit à l’intérieur de l’énorme masse noire de Cruor Vult qui instantanément, se fissura, s’étoila comme une poterie et vola en éclats, en une explosion lumineuse d’un vert écœurant. Le Titan était mort, de même que Fayde Thuring. Grégor Eisenhorn perdit connaissance, catapulté en arrière par le souffle mortel de la mort de la machine-divine. Mais, au lieu d’en profiter pour s’enfuir dans les profondeurs du Warp, Cherubaël revint pour le tuer, tant il était trop consumé par le ressentiment.

Se réveillant en sursaut, l’Inquisiteur perçut la présence du Démon dans l’atmosphère et se il reconcentra pour l’assujettir de nouveau. Dégainant Barbarisator et levant son sceptre runique, il pria l’Empereur-Dieu à haute voix tout en supportant les moqueries de Cherubaël qui, dissimulé, exprima sa colère d’avoir été asservi et enfermé. Cherubaël, sous la forme d’un halo blanc et brumeux autour d’un cœur scintillant - la forme d’un esprit démoniaque pur et nu, - apparut enfin et s’arrêta en suspension à quelques mètres d’Eisenhorn. Le Démon se mit à tourner autour de l’Inquisiteur qui le tenait en respect avec ses armes avant de parvenir à lui cracher un éclair de lumière pâle qui le projeta dans les airs. Eisenhorn répliqua et le frappa violemment de la tête de son sceptre, avant de détaler vers la base, son ennemi démoniaque à ses trousses. S’engageant entre les bâtiments de l’ancienne base, Eisenhorn évita de se faire écraser par deux casernes arrachées de leurs fondations par le Démon qui tenta de l’écraser comme une mouche. Soudainement, le prêtre Dronicus surgit de nulle part. Ce dernier, en voyant la blanche lumière du Démon détruire le Titan, avait crut que c’était l’Empereur en personne descendu sur terre pour le sauver. Dronicus fonça droit sur Cherubaël, en chantant les louages de l’Empereur, mais surtout en brandissant l’Aquila tombé de l’autel de la chapelle et qu’il brandissait devant lui. Face au symbole de l’Empereur-Dieu et la foi affichée par le vieux prêtre, le Démon fut repoussé, révulsé devant les prières à la gloire de l’Empereur qui devaient s’enfoncer dans son âme putride. Cela offrit à Grégor Eisenhorn un temps de répit. Il retrouva le corps brisé et sanguinolent de Bastian Verveuk, carbonisé suite à l’explosion du chasseur, bien qu’il était toujours vivant. Verveuk lui tendit une de ses mains ensanglantés, croyant qu’il venait le secourir. Mais ce qui suivit fut sa damnation, bien qu’Eisenhorn se détestera d’avoir fait ce qui allait suivre. S’agenouillant près de Verveuk, Eisenhorn lui demanda s’il était pur et fidèle au Trône d’Or. Suite à la réponse affirmative du jeune Inquisiteur, il utilisa son sang pour écrire sur sa poitrine, son front, son visage, son cou et son cœur des runes et des symboles issues du Malus Codicium, tout en marmonnant des incantations. C’était la litanie du servitus, l’obsécration d’assujettissement. Au moment où il avait terminé, Eisenhorn vit Dronicus courir en hurlant droit vers le lac, les mains en feu après que Cherubaël fut parvenu à faire fondre l’Aquila qu’il tenait. Le Démon fonça vers l’Inquisiteur qui lui fit face en brandissant son sceptre runique et en prononçant les mots "In servitutem abduco". Cherubaël se retrouva instantanément enfermé dans le corps de Bastian Verveuk qui fut tué sur le coup.

Puis Eisenhorn utilisa sa ceinture pour en faire une laisse et l’attacha autour du cou tuméfié et brûlé de Verveuk. Godwin Fischig le rejoignit et apprit horrifié que l’Inquisiteur qu’il admirait tant avait utilisé de sombres connaissances pour piéger un Démon. Enfin, trois navettes arrivèrent, des renforts de la suite d’Eisenhorn, tous des spécialistes bien entraînés. Ils prirent le contrôle de la zone et débusquèrent les derniers complices de Thuring alors que les Inquisiteurs Menderef et Koth annonçaient leur arrivée, accompagnés d’unités de la militia et de la Garde inquisitoriale. N’ayant pas l’attention de laisser ses collègues Inquisiteurs voir son Possédé, Eisenhorn organisa son départ de Miquol au plus vite. Il ordonna de faire embarquer Bequin sur une navette, sous la garde de Nayl et Begundi, afin qu’on l’emmène aussi vite que possible pour la stabiliser à l’hôpital le plus proche et, ensuite, lui faire quitter Dürer pour la ramener au quartier général de son Discollegium, sur Messina. Il donna à Fischig, fortement troublé par ce qu’il avait vu, la mission de prendre le contrôle de l’île jusqu’à l’arrivée des troupes de l’Inquisition, vérifier qu’une déposition officielle et complète serait faite et que la tanière des Titans du Chaos encore en dormance soit anéantie. Mais avant de partir, il apprit la seule bonne nouvelle suite au désastre, celle de la survie de Médéa et d’Aémos qui étaient sortis du chasseur avant Verveuk. Ils s’étaient cachés, hors d’haleine et hébétés, mais surtout, ils avaient tout vu… Heureux, Eisenhorn les serra dans ses bras avant de partir avec eux de ce lieu où il avait tant perdu.[99]

Sources

Pensée du Jour : « Admettre la défaite est un blasphème envers l’Empereur. »
  • ABNETT DAN, Eisenhorn - Xenos, Black Library, 2001
  • ABNETT DAN, Eisenhorn - Malleus, Black Library, 2001
  • ABNETT DAN, Eisenhorn - Hereticus, Black Library, 2002
  • ABNETT DAN, Magos & le Dossier Complet des Enquêtes Associées, Black Library, 2018
  1. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre I - Une Réception Glaciale - Mort dans les Caveaux de la Dormance - Quelques Considérations sur le Puritanisme, Chapitre II - Le Réveil des Morts - La Colère de Betancore - Les Explications d’Aémos, Chapitre III - Nissemay Carpel - Une Lueur dans la Nuit Infinie - Le Pontius, Chapitre IV - Une Visite Éclair du Dôme du Soleil - 12 011, Terrasse du Dégel - L’Interrogatoire de Saemon Crates, Chapitre V - Des Pistes qui se Brouillent - Les Glaw de Gudrun - Des Compagnons Importuns, Chapitre VI - Divination par Auto-Séance - Un Rêve - Embarquement sur l’Essene, Chapitre VII - En Compagnie du Commandant de l’Essene - Un Adieu - Une Inspection, Chapitre VIII - Une Douzaine de Tueurs - Le Procurateur - Des Négociants venus d’Hesperus, Chapitre IX – Dorsay - Les Lois du Marché - À la Poursuite de Tanokbrey, Chapitre X - Un Conflit de Juridiction - La Maison Glaw - En Quête de Secrets, Chapitre XI - Révélations - Le Noble Sport - Pacification 505, Chapitre XII - Dans les Ruines d’une Grande Maison - Cris et Chuchotements - Insurrection, Chapitre XIII - Damask - North Qualm - Sanctuaire, Chapitre XIV - Une Histoire de l’Oppression - Le Renégat - Retour aux Collines de Flammes, Chapitre XV - À Découvert en Terrain Ennemi - Une Bataille Déséquilibrée - Évasion Aérienne, Chapitre XVI - Duel dans le Vide - Le Baroud d’Honneur de Betancore - Nouvelles Pistes, Chapitre XVII - Conversations - Spéculations sur un Motif Asymétrique - Trahison, Chapitre XVIII - KCX-1288 à la Lueur de l’Étoile à la Plume d’Oie - Dans la Blessure - La Flétrissure, Chapitre XIX - Le Rapport de Jeruss - Sur le Plateau - Le Grand Œuvre, Chapitre XX - La Confusion est mon Alliée - La Fureur de Mandragore - Contre Oberon, Chapitre XXI - Une Réunion au Sommet - Les Méditations de Lord Rorken - Les Secrets de Malahite, Chapitre XXII - Dans la Gueule du Warp - Une Purge Officielle - 56-izar, Chapitre XXIII - Incursion sur Incursion - Distorsions - Dans les Jardins des Saruthis, Chapitre XXIV - Épuration Deux se Lance dans l’Offensive - Une Révolution Silencieuse - Le Triomphe de Dazzo, Chapitre XXV - Le Nécroteuque Xenos - Le Jeu est Fini - L’Homme aux Yeux Blancs, Chapitre XXVI - Chérubaël - À Peu de Choses Près - Exterminatus - Épilogue - Pamophrey de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  2. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre I - Comment j’ai Découvert que j’Étais Mort - Le Feu et les Ténèbres. L’Antre de Sadia - Cet Importun de Tantalid, Chapitre II - Du Betancore tout Craché - Mes Amis Tombés - Une Convocation, Chapitre III - Le Monde-Capitale - Une Villa dans l’Océan - Des Intrus, au Passé et au Présent, Chapitre IV - Entre Amis - Rencontre avec Lord Rorken - Le Concile Apotropaïque, Chapitre V - Le Triomphe - À la Porte de Spatian - Panique dans les Rangs, Chapitre VI - Thracian Frappée par le Destin - Le Déchaînement du Chaos - Une Balle dans la Tête, Chapitre VII - Voke - Spéculations- Esarhaddon - À Travers l’Écran, Chapitre VIII - Dans l’Antre d’Esarhaddon - Lyko le Victorieux - Vestige Funèbre, Chapitre IX - Eechan, Six Semaines Plus Tard - Rencontre avec Phant - Des Poignards dans la Nuit, Chapitre X - Méditations au Sujet de Lyko - Après la Moisson - Le Plus Offrant, Chapitre XI - Face à Face - Pas de Témoins - Morts en Chaîne, Chapitre XII - À Cadia, par Tierces - Les Pylônes - Entretien avec Nève, Chapitre XIII - Retrouvailles - Les Beffrois de la Guerre - Le Début d’un Long et Lent Labeur, Chapitre XIV - La Promesse de l’hiver - Le Nom du Damné - Le Pylône de Kasr Gesh, Chapitre XV - Aubépine - Le Destin des Cadiens - Un Événement Totalement Inattendu, Chapitre XVI - Le Marteau des Sorciers - Trois Mois à la Carnificina - La Fuite de Cadia, Chapitre XVII - Une Étoile Vagabonde - Le Docteur Savine, Cora et Mr Horn - L’Annexe, Chapitre XVIII - Schéma Dé à Coudre - Dans les Profondeurs - Le Translithopède de Geard Bure, Chapitre XIX - Celui qui Marche à Travers les Pierres - Le Lith - Le Pensionnaire, Chapitre XX - Conversations avec un Damné - Bure, le Forgeguerre - Orbul Infanta, Chapitre XXI - Mort à Saint Ezra - La Longue Traque - Cinq pour une Confrérie, Chapitre XXII - Farness Beta - Chérubaël et Prophaniti - Quixos, Chapitre XXIII - L’Hérétique - Après le Combat, Chapitre XXIV - Hiver 345.M41 de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  3. Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre I - Le Cas Udwin Pridde - Les Bavardages de Verveuk - Un Parfum de Vengeance, Chapitre II - Le Sang bouillant des Betancore - Le Rapport de Fischig - En s’Armant pour la Bataille, Chapitre III - Miquol - Dürer, Station d’Écoute FDP 272 - Retournement de Situation, Chapitre IV - Cruor Vult - La Fuite devant le Géant - Un Coup Terriblement Risqué, Chapitre V - L’Échec de mon Plan - Que Verveuk Rôtisse en Enfer pour l’Éternité - L’Impensable, Chapitre VI - Combattre le Chaos par le Chaos - Le Prix - La Conséquence, Chapitre VII - L’Adieu à Miquol - Gudrun, mon Refuge - Ce qu’elle Aurait Désiré, Chapitre VIII - La Chute de la Maison Spaeton - Cours pour ta Vie - La Loyauté de Sastre, Chapitre IX - Le Chêne de la Tempête - En Revenant sur nos Pas - Midas Aurait été Fier de Moi, Chapitre X - À Terre - Le Docteur Berschilde de Ravello - Khanjar le Couperet, Chapitre XI - L’Adepte Cielo - Rubrique Nécrologique - Une Dangereuse Pitié, Chapitre XII - La Nuit, dans la Montagne - Le Trans-Atenates Express - La Réponse des Morts, Chapitre XIII - Locastre - Arrêt Complet - La Fin de la Ligne, Chapitre XIV - Barbarisator et les Janissaires - En Croisant le Fer avec Etrik - Apéritif entre Amis à New Gevae, Chapitre XV - Sanctum, Catharsis et Fischig - Teht uin sahPromody, Chapitre XVI - Survivre à Messina - Les Augures de Gideon - Rien n’est Éternel, Chapitre XVIII - Rendez-vous à Jeganda - Une Loyauté Mal Placée - Jusqu’au Dernier, à Mort, Chapitre XIX - Dans les Antichambres d’Yssarile - Les Versets Ténébreux - Au Nom du Très Saint Empereur-Dieu de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.
  4. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre I - Une Réception Glaciale - Mort dans les Caveaux de la Dormance - Quelques Considérations sur le Puritanisme, Chapitre XIII - Damask - North Qualm - Sanctuaire de ABNETT DAN, Black Library, 2001
    Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre I - Comment j’ai Découvert que j’Étais Mort - Le Feu et les Ténèbres - L’Antre de Sadia - Cet Importun de Tantalid, Chapitre III - Le Monde-Capitale - Une Villa dans l’Océan - Des Intrus, au Passé et au Présent, Chapitre XVIII - Schéma dé à Coudre - Dans les Profondeurs - Le Translithopède de Geard Bure de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  5. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre I - Une Réception Glaciale - Mort dans les Caveaux de la Dormance - Quelques Considérations sur le Puritanisme, Chapitre II - Le Réveil des Morts - La Colère de Betancore - Les Explications d’Aémos, Chapitre XI - Révélations - Le Noble Sport - Pacification 505 de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  6. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre II - Le Réveil des Morts - La Colère de Betancore - Les Explications d’Aémos de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  7. Informations issues de Magos & le Dossier Complet des Enquêtes Associées : La Transgression de Maître Imus de ABNETT DAN, Black Library, 2018 et résumées par Guilhem.
  8. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre I - Une Réception Glaciale - Mort dans les Caveaux de la Dormance - Quelques Considérations sur le Puritanisme, Chapitre II - Le Réveil des Morts - La Colère de Betancore - Les Explications d’Aémos de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  9. Informations issues de Magos et le Dossier Complet des Enquêtes Associées : Regia Occulta de ABNETT DAN, Black Library, 2018 et résumées par Guilhem.
  10. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre II - Le Réveil des Morts - La Colère de Betancore - Les Explications d’Aémos, Chapitre III - Nissemay Carpel - Une Lueur dans la Nuit Infinie - Le Pontius, Chapitre VI - Divination par Auto-Séance - Un Rêve - Embarquement sur l’Essene, Chapitre XVI - Duel dans le Vide - Le Baroud d’Honneur de Betancore - Nouvelles Pistes de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  11. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre I - Une Réception Glaciale - Mort dans les Caveaux de la Dormance - Quelques Considérations sur le Puritanisme, Chapitre VI - Divination par Auto-Séance - Un Rêve - Embarquement sur l’Essene, Chapitre III - Nissemay Carpel - Une Lueur dans la Nuit Infinie - Le Pontius de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  12. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre I - Une Réception Glaciale - Mort dans les Caveaux de la Dormance - Quelques Considérations sur le Puritanisme, Chapitre II - Le Réveil des Morts - La Colère de Betancore - Les Explications d’Aémos, Chapitre III - Nissemay Carpel - Une Lueur dans la Nuit Infinie - Le Pontius de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  13. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre I - Une Réception Glaciale - Mort dans les Caveaux de la Dormance - Quelques Considérations sur le Puritanisme, Chapitre II - Le Réveil des Morts - La Colère de Betancore - Les Explications d’Aémos, Chapitre III - Nissemay Carpel - Une Lueur dans la Nuit Infinie - Le Pontius, Chapitre VI - Divination par Auto-Séance - Un Rêve - Embarquement sur l’Essene de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  14. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre III - Nissemay Carpel - Une Lueur dans la Nuit Infinie - Le Pontius de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  15. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre V- Des Pistes qui se Brouillent - Les Glaw de Gudrun - Des Compagnons Importuns, Chapitre VII - En Compagnie du Commandant de l’Essene - Un Adieu - Une Inspection de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  16. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre III - Nissemay Carpel - Une Lueur dans la Nuit Infinie - Le Pontius, Chapitre IV - Une Visite Éclair du Dôme du Soleil, 12 011, Terrasse du Dégel, L’Interrogatoire de Saemon Crates, Chapitre V - Des Pistes qui se Brouillent - Les Glaw de Gudrun - Des Compagnons Importuns de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  17. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre V- Des Pistes qui se Brouillent - Les Glaw de Gudrun - Des Compagnons Importuns de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  18. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre V- Des Pistes qui se Brouillent - Les Glaw de Gudrun - Des Compagnons Importuns de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  19. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre VI - Divination par Auto-séance - Un Rêve - Embarquement sur l’Essene, Chapitre VII - En Compagnie du Commandant de l’Essene - Un Adieu - Une Inspection, Chapitre VIII - Une Douzaine de Tueurs - Le Procurateur - Des Négociants venus d’Hesperus de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  20. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre VI - Divination par Auto-séance - Un Rêve - Embarquement sur l’Essene, Chapitre VI - Divination par Auto-séance - Un Rêve - Embarquement sur l’Essene, Chapitre VII - En Compagnie du Commandant de l’Essene - Un Adieu - Une Inspection, Chapitre VIII - Une Douzaine de Tueurs - Le Procurateur - Des Négociants venus d’Hesperus de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  21. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre IX - Dorsay - Les Lois du Marché - À la Poursuite de Tanokbrey de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  22. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre X - Un Conflit de Juridiction - La Maison Glaw - En Quête de Secrets de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  23. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre IX - Dorsay - Les Lois du Marché - À la Poursuite de Tanokbrey, Chapitre X - Un Conflit de Juridiction - La Maison Glaw - En Quête de Secrets de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  24. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre V- Des Pistes qui se Brouillent - Les Glaw de Gudrun - Des Compagnons Importuns de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  25. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre X - Un Conflit de Juridiction - La Maison Glaw - En Quête de Secrets, Chapitre XI - Révélations - Le Noble Sport - Pacification 505 de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  26. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XI - Révélations - Le Noble Sport - Pacification 505 de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  27. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XII - Dans les Ruines d’une Grande Maison - Cris et Chuchotements - Insurrection de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  28. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XII - Dans les Ruines d’une Grande Maison - Cris et Chuchotements - Insurrection de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  29. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XII - Dans les Ruines d’une Grande Maison - Cris et Chuchotements - Insurrection de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  30. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XIII - Damask - North QualmSanctuaire, Chapitre XVI - Duel dans le Vide - Le Baroud d’Honneur de Betancore - Nouvelles Pistes de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  31. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XIV - Une Histoire de l’Oppression - Le Renégat - Retour aux Collines de Flammes de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  32. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XII - Dans les Ruines d’une Grande Maison - Cris et Chuchotements - Insurrection, Chapitre XIII - Damask - North Qualm - Sanctuaire, Chapitre XIV - Une Histoire de l’Oppression - Le Renégat - Retour aux Collines de Flammes, Chapitre XV - À Découvert en Terrain Ennemi - Une Bataille Déséquilibrée - Évasion Aérienne, Chapitre XVI - Duel dans le Vide - Le Baroud d’Honneur de Betancore - Nouvelles Pistes, Chapitre XXI - Une Réunion au Sommet - Les Méditations de Lord Rorken - Les Secrets de Malahite de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  33. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XVII - Conversations - Spéculations sur un Motif Asymétrique - Trahison de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  34. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XVI - Duel dans le Vide - Le Baroud d’Honneur de Betancore - Nouvelles Pistes, Chapitre XVII - Conversations - Spéculations sur un Motif Asymétrique - Trahison, Chapitre XVIII - KCX-1288 à la Lueur de l’Étoile à la Plume d’Oie - Dans la Blessure - La Flétrissure de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  35. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XVII - Conversations - Spéculations sur un Motif Asymétrique - Trahison, Chapitre XVIII - KCX-1288 à la Lueur de l’Étoile à la Plume d’Oie - Dans la Blessure, Chapitre XVIII - KCX-1288 à la Lueur de l’Étoile à la Plume d’Oie - Dans la Blessure - La Flétrissure, Chapitre XIX - Le Rapport de Jeruss - Sur le Plateau - Le Grand Œuvre de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  36. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XVIII - KCX-1288 à la Lueur de l’Étoile à la Plume d’Oie - Dans la Blessure - La Flétrissure de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  37. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XVIII - KCX-1288 à la Lueur de l’Étoile à la Plume d’Oie - Dans la Blessure - La Flétrissure, Chapitre XIX - Le Rapport de Jeruss - Sur le Plateau - Le Grand Œuvre, Chapitre XX - La Confusion est mon Alliée - La Fureur de Mandragore - Contre Oberon, Chapitre XXI - Une Réunion au Sommet - Les Méditations de Lord Rorken - Les Secrets de Malahite de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  38. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XXI - Une Réunion au Sommet - Les Méditations de Lord Rorken - Les Secrets de Malahite de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  39. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XXI - Une Réunion au Sommet - Les Méditations de Lord Rorken - Les Secrets de Malahite, Chapitre XXII - Dans la Gueule du Warp - Une Purge Officielle - 56-Izar de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  40. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XXI - Une Réunion au Sommet - Les Méditations de Lord Rorken - Les Secrets de Malahite, Chapitre XXII - Dans la Gueule du Warp - Une Purge Officielle - 56-Izar, Chapitre XXIII - Incursion sur Incursion, Distorsions - Dans les Jardins des Saruthis, Chapitre XXIV - Épuration Deux se Lance dans l’Offensive - Une Révolution Silencieuse - Le Triomphe de Dazzo, Chapitre XXV - Le Nécroteuque Xenos - Le Jeu est Fini - L’Homme aux Yeux Blancs de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  41. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XI - Révélations - Le Noble Sport - Pacification 505, Chapitre XII - Dans les Ruines d’une Grande Maison - Cris et Chuchotements - Insurrection, Chapitre XXII - Dans la Gueule du Warp - Une Purge Officielle - 56-Izar, Chapitre XXV - Le Nécroteuque Xenos - Le Jeu est Fini - L’Homme aux Yeux Blancs de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  42. Informations issues de Eisenhorn - Xenos, Chapitre XXVI - Chérubaël - À Peu de Choses Orès - Exterminatus, Épilogue de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  43. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XX - Conversations avec un Damné - Bure, le Forgeguerre - Orbul Infanta de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  44. Informations issues de Magos & le Dossier Complet des Enquêtes Associées - Portés Disparus de ABNETT DAN, Black Library, 2018 et résumées par Guilhem.
  45. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre II - Du Betancore tout Craché - Mes Amis Tombés - Une Convocation, Chapitre XXI - Mort à Saint Ezra - La Longue Traque - Cinq pour une Confrérie de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  46. Informations issues de Magos & le Dossier Complet des Enquêtes Associées - Portés Disparus de ABNETT DAN, Black Library, 2018
    Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre X - À Terre - Le Docteur Berschilde de Ravello - Khanjar le Couperet, Épilogue de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.
  47. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre II - Du Betancore tout Craché - Mes Amis Tombés - Une Convocation, Chapitre XXI - Mort à Saint Ezra - La Longue Traque - Cinq pour une Confrérie de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  48. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre I - Comment j’ai Découvert que j’Étais Mort - Le Feu et les Ténèbres - L’Antre de Sadia - Cet Importun de Tantalid de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  49. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre I - Comment j’ai Découvert que j’Étais Mort - Le Feu et les Ténèbres - L’Antre de Sadia - Cet Importun de Tantalid de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  50. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre I - Comment j’ai Découvert que j’Étais Mort - Le Feu et les Ténèbres - L’Antre de Sadia - Cet Importun de Tantalid de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  51. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre I - Comment j’ai Découvert que j’Étais Mort - Le Feu et les Ténèbres - L’Antre de Sadia - Cet Importun de Tantalid de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  52. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre I - Comment j’ai Découvert que j’Étais Mort - Le Feu et les Ténèbres - L’Antre de Sadia - Cet Importun de Tantalid de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  53. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre II - Du Betancore tout Craché - Mes Amis Tombés - Une Convocation de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  54. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre I - Comment j’ai Découvert que j’Étais Mort - Le Feu et les Ténèbres - L’Antre de Sadia - Cet Importun de Tantalid, Chapitre II - Du Betancore tout Craché - Mes Amis Tombés - Une Convocation, Chapitre XXI - Mort à Saint Ezra - La Longue Traque - Cinq pour une Confrérie de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et et résumées par Guilhem.
  55. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre I - Comment j’ai Découvert que j’Étais Mort - Le Feu et les Ténèbres - L’Antre de Sadia - Cet Importun de Tantalid, Chapitre II - Du Betancore tout Craché - Mes Amis Tombés - Une Convocation, Chapitre XXI - Mort à Saint Ezra - La Longue Traque - Cinq pour une Confrérie de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  56. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre III - Le Monde-Capitale - Une Villa dans l’Océan - Des Intrus, au Passé et au Présent de ABNETT DAN , Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  57. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre III - Le Monde-Capitale - Une Villa dans l’Océan - Des Intrus, au Passé et au Présent de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  58. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre V - Le Triomphe - À la Porte de Spatian - Panique dans les Rangs de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  59. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre III - Le Monde-Capitale - Une Villa dans l’Océan - Des Intrus, au Passé et au Présent, Chapitre IV - Entre Amis - Rencontre avec Lord Rorken - Le Concile Apotropaïque, Chapitre V - Le Triomphe - À la Porte de Spatian - Panique dans les Rangs, Chapitre VI - Thracian Frappée par le Destin - Le Déchaînement du Chaos - Une Balle dans la Tête, Chapitre VII - Voke - Spéculations - Esarhaddon - À Travers l’Écran, Chapitre VIII - Dans l’Antre d’Esarhaddon - Lyko le Victorieux - Vestige Funèbre de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  60. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre VIII - Dans l’Antre d’Esarhaddon - Lyko le Victorieux - Vestige Funèbre de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  61. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre VIII - Dans l’Antre d’Esarhaddon - Lyko le Victorieux - Vestige Funèbre de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  62. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre VIII - Dans l’Antre d’Esarhaddon - Lyko le Victorieux - Vestige Funèbre de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  63. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre IX - Eechan, Six Semaines Plus Tard - Rencontre avec Phant - Des Poignards dans la Nuit de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  64. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre IX - Eechan, Six Semaines Plus Tard - Rencontre avec Phant - Des Poignards dans la Nuit, Chapitre X - Méditations au Sujet de Lyko - Après la Moisson - Le Plus Offrant, Chapitre XI - Face à Face - Pas de Témoins - Morts en Chaîne de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  65. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XII - À Cadia, par Tierces - Les Pylônes - Entretien avec Nève de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  66. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XII - À Cadia, par Tierces - Les Pylônes - Entretien avec Nève, Chapitre XIII - Retrouvailles - Les Beffrois de la Guerre - Le Début d’un Long et Lent Labeur, Chapitre XIV - La Promesse de l’Hiver - Le Nom du Damné - Le Pylône de Kasr Gesh de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  67. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XIV - La Promesse de l’Hiver - Le Nom du Damné - Le Pylône de Kasr Gesh de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  68. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XIV - La Promesse de l’Hiver - Le Nom du Damné - Le Pylône de Kasr Gesh, Chapitre XV - Aubépine - Le Destin des Cadiens - Un Événement Totalement Inattendu de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  69. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XVI - Le Marteau des Sorciers - Trois Mois à la Carnificina - La Fuite de Cadia, Chapitre XV - Aubépine - Le Destin des Cadiens - Un Événement Totalement Inattendu de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  70. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XVI - Le Marteau des Sorciers - Trois Mois à la Carnificina - La Fuite de Cadia, Chapitre XV - Aubépine - Le Destin des Cadiens - Un Événement Totalement Inattendu de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  71. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XV - Aubépine - Le Destin des Cadiens - Un Événement Totalement Inattendu, Chapitre XVI - Le Marteau des Sorciers - Trois Mois à la Carnificina - La Fuite de Cadia de ABNETT DAN, Black Library, 2001et résumées par Guilhem.
  72. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XVII - Une Étoile Vagabonde - Le Docteur Savine, Cora et Mr Horn - L’Annexe de ABNETT DAN, Black Library, 2001et résumées par Guilhem.
  73. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XVII - Une Étoile Vagabonde - Le Docteur Savine, Cora et Mr Horn - L’Annexe de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  74. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XVII - Une Étoile Vagabonde - Le Docteur Savine, Cora et Mr Horn - L’Annexe de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  75. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XVIII - Schéma dé à Coudre - Dans les Profondeurs - Le Translithopède de Geard Bure de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  76. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XVIII - Schéma dé à Coudre - Dans les Profondeurs - Le Translithopède de Geard Bure de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  77. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XVII - Une Étoile Vagabonde - Le Docteur Savine, Cora et Mr Horn - L’Annexe, Chapitre XVIII - Schéma dé à Coudre - Dans les Profondeurs - Le Translithopède de Geard Bure, Chapitre XIX - Celui qui Marche à Travers les Pierres - Le Lith - Le Pensionnaire de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  78. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XX - Conversations avec un Damné - Bure, le Forgeguerre - Orbul Infanta de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  79. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XX - Conversations avec un Damné - Bure, le Forgeguerre - Orbul Infanta de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  80. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XX - Conversations avec un Damné - Bure, le Forgeguerre - Orbul Infanta, Chapitre XXII - Farness Beta - Chérubaël et Prophaniti - Quixos de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  81. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XX - Conversations avec un Damné - Bure, le Forgeguerre - Orbul Infanta de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  82. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XX - Conversations avec un Damné - Bure, le Forgeguerre - Orbul Infanta, Chapitre XXI - Mort à Saint Ezra - La Longue Traque - Cinq pour une Confrérie de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  83. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XXI - Mort à Saint Ezra - La Longue Traque - Cinq pour une Confrérie de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  84. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XXI - Mort à Saint Ezra - La Longue Traque - Cinq pour une Confrérie de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  85. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XXII - Farness Beta - Chérubaël et Prophaniti - Quixos de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  86. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XXII - Farness Beta - Chérubaël et Prophaniti - Quixos, Chapitre XXIII - L’Hérétique - Après le Combat de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  87. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XXIII - L’Hérétique - Après le Combat de ABNETT DAN, Black Library, 2001 et résumées par Guilhem.
  88. Informations issues de Eisenhorn - Malleus, Chapitre XXIV - Hiver 345.M41. de ABNETT DAN, Black Library, 2001
    Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre V - L’Échec de mon Plan - Que Verveuk Rôtisse en Enfer pour - L’Impensable,Chapitre VII - L’Adieu à Miquol - Gudrun, mon Refuge - Ce qu’elle Aurait Désiré de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.
  89. Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre I - Le Cas Udwin Pridde - Les Bavardages de Verveuk - Un Parfum de Vengeance de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.
  90. Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre I - Le Cas Udwin Pridde - Les Bavardages de Verveuk - Un Parfum de Vengeance de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.
  91. Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre I - Le Cas Udwin Pridde - Les Bavardages de Verveuk - Un Parfum de Vengeance de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.
  92. Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre II - Le Sang Bouillant des Betancore - Le Rapport de Fischig - En s’Armant pour la Bataille de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.
  93. Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre II - Le Sang Bouillant des Betancore - Le Rapport de Fischig - En s’Armant pour la Bataille de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.
  94. Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre II - Le Sang Bouillant des Betancore - Le Rapport de Fischig - En s’Armant pour la Bataille de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.
  95. Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre III - Miquol - Dürer, Station d’Écoute FDP 272 -Retournement de Situation de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.
  96. Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre III - Miquol - Dürer, Station d’Écoute FDP 272 -Retournement de Situation de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.
  97. Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre IV - Cruor Vult - La Fuite Devant le Géant - Un Coup Terriblement Risqué de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.
  98. Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre IV - Cruor Vult - La Fuite Devant le Géant - Un Coup Terriblement Risqué de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.
  99. Informations issues de Eisenhorn - Hereticus, Chapitre I - Le Cas Udwin Pridde - Les Bavardages de Verveuk - Un Parfum de Vengeance, Chapitre II - Le Sang Bouillant des Betancore - Le Rapport de Fischig - En s’Armant pour la Bataille, Chapitre III - Miquol - Dürer, Station d’Écoute FDP 272 -Retournement de Situation, Chapitre IV - Cruor Vult - La Fuite Devant le Géant - Un Coup Terriblement Risqué, Chapitre V - L’Échec de mon Plan - Que Verveuk Rôtisse en Enfer pour - L’Impensable, Chapitre VI - Combattre le Chaos par le Chaos - Le Prix - La Conséquence, Chapitre VII - L’Adieu à Miquol - Gudrun, mon Refuge - Ce qu’elle Aurait Désiré de ABNETT DAN, Black Library, 2002 et résumées par Guilhem.