Âge de l'Apostasie

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(Redirigé depuis Goge Vandire)

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Univers
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Univers

« …sinistre cauchemar d’un avenir lointain, où seule la guerre règne et où la galaxie est en flammes… »

« Dans les ténèbres, l'aveugle est le meilleur des guides. En cet âge de démence, faites confiance au fou pour vous montrer la voie. »

Factions
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Factions

« Je ne me soucie pas de qui connaîtra la vérité, maintenant, demain, ou dans dix mille ans. La loyauté porte en elle sa propre récompense. » - Lion El’Jonson

La galaxie gothique ravagée par la guerre du lointain futur grouille d’armées de l’Imperium, d’adorateurs des noirs dieux du Chaos et de peuples Xenos belliqueux, tous opposés dans le plus grand conflit que les étoiles elles-mêmes aient connu.
Personnages
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Personnages

« L’univers est vaste et quoi qu’il advienne, nul ne se souviendra de vous… »

Les Héros et personnages illustres naissent des guerres et des tragédies, luttant et oeuvrant pour réaliser ou lutter contre leur destin, quand ce n'est celui d’un Monde entier ou de l'univers lui-même.

Vous trouverez ici une liste de quelques uns de ces personnages ayant laissé leur empreinte, aussi futile soit-elle, au milieu des conflits sans nombre du sombre univers de Warhammer 40.000.
Batailles
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Batailles

« Dans l’obscurité, je serai la lumière.
Dans le doute, je garderai la foi.
Dans la rage, j'affinerai mon talent.
Dans la vengeance, je n'aurai nulle pitié.
Au cœur de la bataille, je n'aurai nulle peur.
Devant la mort, je n'aurai aucun regret... »

- Liturgie de Bataille des Blood Ravens


« La victoire n´exige nulle explication,
la défaite n´en admet aucune. »

- Doctrine militaire de l'Imperium
Technologie
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Technologie

« L’Omnimessie a rempli la galaxie de mystères afin que nous puissions les découvrir et pour nous rapprocher de Sa perfection. Les ignorer même en temps de guerre, est une hérésie. »

- Archimagos Belisarius Cawl.
Jeux de Rôle
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Jeux de Rôle

Liste des jeux de rôle papier connus mettant en scène l’univers de Warhammer 40.000, ainsi que les carrières (rôles) que des joueurs pourraient potentiellement interpréter en tant qu’Humain, Xenos ou Hérétique dans ce type de jeu.

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« Le plus sombre des âges, le plus triste des temps. Ne prononces pas le nom de celui qui nous fit tomber si bas. »
- Le Cantique des Jours, copiste Obyss Mak.
L’Âge de l’Apostasie - où Règne de Sang - fut la périodes la plus sombre et sanglante de l’Imperium depuis l’Hérésie d’Horus. Cette période vit la domination sans partage de Goge Vandire, le pire tyran que l’Imperium ait connu.
Suite au Nova Terra Interregnum survint une nouvelle ère de luttes de pouvoir et de dissensions. Elle engloba non seulement le Règne du Sang, un conflit entre l’Ecclésiarche et les autres Hauts Seigneurs de Terra, ainsi que le Mal de l’Incroyance, un soulèvement à l’échelle galactique induit par des Démagogues corrompus. Seule l’Hérésie d'Horus fut plus sanglante que ces deux guerres intestines.

Les deux millénaires suivant la destruction de la Confédération de la Lumière constituèrent une époque durant laquelle l’Imperium enchaîna désastres sur catastrophes. Au début de cet âge, l’Adeptus Ministorum était pratiquement omnipotent. Passant par ses représentants, il utilisait cette position de force pour s’assurer que chaque sujet de l’Empereur paye sa dîme, aussi bien spirituelle que pécuniaire. Avec le temps, il exerça un tel pouvoir qu’il fut en mesure de dicter sa politique au conseil des Hauts Seigneurs de Terra. On en vint à considérer que l’Ecclésiarque parlait avec l’autorité de l’Empereur Lui-même, ce qui l’autorisait à influencer chaque aspect de la vie dans l’Imperium.

Inévitablement, les autres entités administratives en conçurent du ressentiment. L’Administratum, en particulier, voyait son pouvoir sensiblement diminuer. La dîme prévalant sur ses propres impôts, elle ne laissait pas grand-chose dans les coffres pour le fonctionnement de l’Imperium. L’influence des Adeptes décrut à tel point que le Ministorum fut en position de dicter sa propre politique concernant les affaires séculières. La levée et le déploiement des armés, le soutien aux guerres en cours, l’utilisation des ressources impériales, de même que les revenus des gouverneurs de secteurs, tout tomba sous la juridiction du Ministorum. Avec le temps, d’autres entités s’inquiétèrent du pouvoir de ce dernier. L’Adeptus Astartes et l’Adeptus Mechanicus commencèrent à prendre leurs distances.

Durant le 34e Millénaire, l’Administratum réussit cependant à récupérer un peu de son influence, mais au prix de longues manigances qui, finalement, nuisirent plus à l’Imperium qu’autre chose. En plaçant des agents aux positions clés à tous les niveaux, l’Administratum éroda lentement le pouvoir de son rival, en s’assurant que les représentants de ce dernier soient faibles, incompétents ou vénaux. Même si cette politique pernicieuse permit à l’Administratum de regagner un peu de sa puissance d’antan, elle déclencha surtout une série d’événements qui provoquèrent la plus grande catastrophe depuis l’Hérésie d’Horus.

Dans une tentative pour enrayer son déclin, l’Ecclésiarque Beredira IV déclara que les échelons les plus élevés du Ministorum quitteraient Terra afin de s’installer sur la planète Ophelia VII, dans le Segmentum Tempestus, qui était probablement le monde le plus riche de l’Imperium après Terra et Mars. Déménager le Saint-Synode fut long et difficile, mais porta finalement ses fruits. Séparé des machinations du Senatorum Imperialis par dix année-lumière, l’intégrité du Ministorum se rétablit. Le Synode devint une force à part entière, libérée des interférences des Hauts Seigneurs. L’Ecclésiarque fut alors en mesure de lever des troupes et une flotte pour asseoir sa nouvelle influence sur l’Imperium. Ces forces armées, connues sous le nom de Templiers Frateris, devinrent les rivales des troupes et des flottes régulières de l’Imperium, suscitant un fort ressentiment partout où elles passaient. Tandis que la puissance ressuscitée de l’Ecclésiarchie rayonnait depuis Ophelia VII, ses magnifiques palais étaient laissés à l’abandon sur Terra, tombant rapidement en décrépitude. Les axes de procession jadis foulés par les multitudes sans nombre étaient à présent couverts de plusieurs centimètres de poussière.

Après trois siècles de regain d’influence, Greigor XI fut nommé Ecclésiarque. Considéré comme un homme profondément spirituel, il ne désirait rien, sinon voir les croyants œuvrer de concert. Il annonça donc le retour du Saint-Synode à son siège légitime, c’est-à-dire Terra : là où se trouvait l’Empereur, le cœur de l’Imperium. Les Cardinaux s’y opposèrent avec véhémence, essentiellement parce que le Ministorum était tellement enraciné sur Ophelia VII que ce déplacement pouvait mettre en péril les ressources de l’institution. L’histoire allait prouver que les frileux prélats avaient raison. Mais personne ne fit renoncer Greigor à son grand projet. Le déplacement prit une décennie pour être organisé et achevé, et ne fut possible que grâce à une augmentation massive de la dîme. Greigor XI fut découvert mort, apparemment victime d’une intoxication alimentaire. La véritable cause de son décès ne fut jamais connue, mais l’anarchie prit de l’ampleur dans les échelons les plus élevés du Ministorum alors que ces derniers faisaient comme si de rien n’était, imposant à leurs congrégations des demandes de moins en moins raisonnables. Les palais abandonnés de Terra devaient être reconstruits, au prix de sacrifices drastiques de la part des fidèles. Au début, il y eut quelques grognements de mécontentement face à ces taxes supplémentaires. Rapidement cependant, des Gouverneurs Planétaires et les seigneurs de secteurs entiers firent ouvertement part de leur colère. Finalement, de nombreuses planètes ployèrent sous le fardeau, leur population mourant de faim pour financer des reconstructions ayant lieu de l’autre côté de la galaxie. Sans grande surprise, certains mondes refusèrent de continuer à payer. Le Ministorum fut donc forcé d’envoyer des Templiers Frateris pour prélever la dîme auprès des seigneurs planétaires récalcitrants. Alors que la crise s’amplifiait, ceux qui s’opposaient à la dîme furent déclarés hérétiques.

De terribles guerres de religion, que l’institution ne pouvait guère se permettre d’entreprendre, furent déclarées. Comme si la situation ne pouvait empirer plus, l’Imperium sombra alors aussitôt dans un désespoir encore plus profond. La fréquence des tempêtes Warp, phénomènes capables d’isoler des secteurs entiers de la galaxie en interdisant tout voyage interstellaire, augmenta de façon dramatique. Le Warp se mit à vomir des énergies qui se répandirent dans l’espace réel, rendant tout déplacement hors système de plus en plus périlleux. L’administration centralisée des mondes, limitée à des contacts périodiques dans le meilleur des cas, s’effondra complètement. Des Mondes-Ruches, qui ne subsistaient que grâce aux fournitures des planètes agricoles voisines, se transformèrent en abattoirs géants, dirigés par des cannibales. Là où les Vaisseaux Noirs de l’Adeptus Astra Telepathica ne pouvaient plus se rendre, des peuples entiers succombèrent aux incursions démoniaques ou à la domination mentale des Asservisseurs. Les guerres civiles et l’anarchie embrasèrent l’Imperium, sans parler des planètes encore accessibles, que des Templiers Frateris toujours plus brutaux réprimaient sans pitié.

Voyant que ses adversaires s’entredéchiraient, la myriade des ennemis de l’Humanité en profita pour frapper. Les Légions Renégates surgirent de l’Œil de la Terreur, utilisant leur sorcellerie blasphématoire pour attaquer des planètes isolées. Les Orks traversèrent le Warp à bord de leurs Space Hulks délabrés, sans se soucier de savoir où les courants de l’Empyrean les recracheraient, et de ce fait ravagèrent de nombreuses régions de l’espace autrefois hors de leur atteinte. Les Drukharis quant à eux utilisèrent la Toile pour naviguer librement dans la galaxie, frappant la où ils le désiraient, emportant avec eux des millions de captifs hurlants vers leur royaume infernal de Commorragh, afin de leur faire subir des tortures et des humiliations au-delà de l’imagination d’un homme sain d’esprit. L’Imperium tout entier fut pris d’une frénésie apocalyptique. D’innombrables sectes apparurent, proclamant que l’Empereur-Dieu prononçait le jugement dernier de l’Humanité et que la fin des temps était proche. Aucune planète n’échappa au chaos alors que des populations entières s’abandonnaient à des actes de repentance et d’autoflagellation de plus en plus bizarres et extravagants. Quiconque tentait de raisonner les prophètes de malheur était déclaré hérétique. Les mondes, les uns après les autres, se déchirèrent en une orgie sanglante de pénitence forcenée.

L'Ascension du Haut Seigneur Vandire[modifier]

Goge Vandire, Maître de l’Administratum et Ecclésiarque durant le Règne du Sang.
Goge Vandire devint le 361e Haut Seigneur de l’Administratum, un titre qu’il obtint par le biais de pots-de-vin, de menaces et d’assassinats sans pitié. Adversaire farouche du Ministorum, Vandire avait comploté contre lui de nombreuses fois déjà. Peu de temps avant son accession au rang de Haut Seigneur, il s’était arrangé pour placer un homme choisi par ses soins à la tête de l’Ecclésiarchie, s’assurant ainsi que personne ne pourrait contrecarrer ses plans. Paulis III, le nouvel Ecclésiarque, fut probablement l’homme le plus faible ayant jamais porté ce titre. Et peu de temps après sa nomination, des rumeurs concernant la profusion de perversions dans lesquelles il semblait se complaire se mirent à circuler au sein des échelons supérieurs de l’administration de l’Imperium. L’évanouissement de la confiance dans le nouvel Ecclésiarque permit à Goge Vandire d’abattre ses cartes.

À la tête de ses plus fidèles serviteurs, le Haut Seigneur de l’Administratum pénétra de force dans le palais de l’Ecclésiarque, éliminant quiconque tentait de lui interdire l’accès à l’aile privée de Paulis. Il fut dit que lorsque Vandire et ses hommes mirent la main sur le prélat, ce dernier se livrait à un acte de débauche tellement infâme que si la chose avait été connue, elle aurait couvert tout l’Imperium d’un opprobre éternel. Sans procès ni appel, Paulis fut exécuté. Vandire concrétisa alors son audacieux Coup d’État en se proclamant à la fois Haut Seigneur de l’Administratum et Ecclésiarque. Il prit ainsi le contrôle des deux institutions.

Dans les jours qui suivirent, le Haut Seigneur consolida sa position par une série de purges brutales du Saint-Synode. De nombreux Cardinaux fuirent devant les guerriers de Vandire, alors que d’autres firent preuve d’une résistance aussi courageuse que futile. Ils furent massacrés et remplacés, soit par des hommes si faibles qu’ils ne pouvaient qu’obéir à Vandire, soit par ceux qui le soutenaient ouvertement dans ses projets.

Une fois la situation stabilisée, le Haut Seigneur Vandire put enfin assouvir ses ambitions les plus extrêmes. Peu importe de savoir si Vandire était déséquilibré ou pas avant son ascension, car peu après il sombra dans la démence la plus profonde. Il déclara qu’il parlait avec l’autorité de l’Empereur Lui-même, qu’il communiait avec Lui lors de transes régulières. En sortant de ces moments d’extase, surexcité, il exigeait que ses visions mystiques soient retranscrites immédiatement par une armée de scribes, qui notaient la moindre de ses paroles. La plupart de ses ordres défiaient toute logique. Il pouvait, sur un coup de tête, s’attaquer à une catégorie entière de la population. Il lui arriva par exemple d’ordonner qu’une planète soit purgée de ses individus roux ou d’interdire aux habitants d’une autre de lever les yeux vers le ciel, car, disait-il, ils offensaient l’Empereur avec leurs visages hideux. Certaines planètes subirent des bombardements orbitaux, alors que d’autres furent infectées par des virus génétiques destinés à détruire une corruption réelle ou imaginaire.

La volonté de Vandire de tout contrôler dans l’Imperium tourna à l’obsession. Mais ce dernier n’était plus qu’une masse anarchique d’empires en guerre et de domaines seigneuriaux hors-la-lois. Il ordonna la construction d’une fabuleuse représentation holographique de la galaxie, indiquant les tempêtes Warp en cours et le statut de chaque planète de l’Imperium. Il s’absorbait volontiers dans la contemplation de la projection des heures durant, avant de donner des ordres déterminant le sort de planètes entières, et de millions de sujets de l’Empereur. Il mit en place un réseau d’espions et d’informateurs à l’échelle de la galaxie afin d’être au courant de tout. Un unique rapport d’un de ces agents pouvait envoyer encore plus de victimes au bûcher. C’est à raison que l’on se souvient de cette époque comme du Règne du Sang.

La mainmise de Vandire sur l’Imperium augmenta encore un peu plus lorsqu’il s’offrit les services d’une Sororité de guerrières issue de San Leor, un Agri-Monde oublié. Cet ordre s’appelait les Filles de l’Empereur. Chaque membre était une guerrière accomplie, totalement dévouée, jusqu’au sacrifice ultime, à la cause de l’Empereur. En passant sous les ordres de Vandire, elles devinrent les Fiancées de l’Empereur, et formèrent sa garde rapprochée.

Les Filles de l’Empereur
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Peu de temps après la prise du pouvoir par le Haut Seigneur, ses agents lui signalèrent l’existence d’une Sororité guerrière sur le monde peu connu de San Leor. En entendant parler de leur mode de vie ascétique, de leur dévouement complet envers l’Empereur, et surtout leurs prouesses martiales, Vandire décida qu’il se rendrait officiellement au couvent isolé des Filles de l’Empereur.

Les habitants de San Leor apprirent la visite de l’homme se présentant comme le maître de facto de l’Imperium quand plusieurs milliers de ses serviteurs entrèrent dans leurs petites villes, exigeant leur dévotion absolue sous peine de mort. Lorsque Vandire arriva enfin, il fut accueilli par des routes couvertes de pétales délicats, un air empli d’encens sacré, et le peuple de San Leor chantant ses louanges. Savait-il que ses hommes se tenaient derrière la foule, brandissant des armes, à la recherche de la moindre voix dissonante ? Des images de ces processions furent enregistrées par les caméras de centaines de Servocrânes, et retransmises vers tous les mondes de l’Imperium qui n’étaient pas isolés par les tempêtes Warp. Les images du Haut Seigneur Vandire "accueillis" par San Leor devinrent un classique de la propagande de l’Ecclésiarchie.

Quand, enfin, le grand défilé atteignit le couvent dans lequel les Filles de l’Empereur résidaient, Vandire trouva porte closes. Le gardien informa le Haut Seigneur que les Filles de l’Empereur ne reconnaissaient que l’autorité de l’Empereur Lui-même et n’ouvriraient les portes à aucun homme. Ses serviteurs s’écartèrent, craignant une explosion de colère, et pourtant, le Haut Seigneur resta d’un calme olympien. Très serein, Vandire annonça au gardien qu’il allait prouver qu’il parlait avec toute l’autorité de l’Empereur Lui-même, si on l’autorisait à entrer dans le couvent avec juste une petite escorte.

Les Filles de l’Empereur acceptèrent la requête et il put, accompagné d’un petit groupe de suivants, pénétrer dans la cour centrale. Là, il annonça aux sœurs réunies qu’il allait prouver qu’il avait la grâce de l’Empereur et que s’il mentait, il le paierait de sa vie. Vandire brandit alors son Rosarius et donna l’ordre à l’un de ses gardes du corps de lui tirer dessus. L’homme fut saisi par l’incompréhension et la peur de blesser son maître, mais ce dernier insista. Forçant ses mains à ne pas trembler, le soldat leva son Pistolet Laser au niveau de la poitrine du Haut Seigneur, et tira.

Vandire fut enveloppé dans une lumière aveuglante et lorsque la vision revint aux témoins de cette scène, ils découvrirent qu’il se tenait là, indemne, devant eux. Tout le monde tomba à genoux et les Filles de l’Empereur lui jurèrent fidélité.

En fait, Vandire avait trompé les sœurs. Il avait parié qu’elles n’avaient jamais vu un Rosarius. C’était le champ d’énergie projeté par le générateur dans le médaillon orné qui avait encaissé le tir du garde, pas la protection de l’Empereur. Quoiqu’il en soit, les Filles de l’Empereur promirent de servir leur nouveau maître et changèrent leur nom en Fiancées de l’Empereur. Elles devinrent sa garde personnelle, et leurs prouesses martiales s’améliorèrent d’autant lorsqu’elles eurent accès aux meilleures armes et armures que le Haut Seigneur pouvait leur fournir. Les Fiancées de l’Empereur se tiendraient dorénavant au côté de Vandire où qu’il aille, aussi bien ses gardes du corps que ses exécutrices. La réputation de leur dévouement se répandit rapidement dans tout l’Imperium, et, à partir de ce moment, quiconque se présente devant le Haut Seigneur subit le regard méfiant des silencieuses Fiancées de l’Empereur.

Elles jouèrent aussi le rôle d’agents d’élite, agissant avec une efficacité impitoyable à la surface de toutes les planètes encore accessibles de l’Imperium, malgré les tempêtes Warp qui sévissaient encore. Pendant les sept décennies qui suivirent, les Fiancées de l’Empereur et les Templiers Frateris conduisirent d’innombrables pogroms à travers tout l’Imperium. Des mondes, déjà mis à genoux par la rébellion et l’anarchie, subirent de terribles répressions. Partout où les serviteurs de Vandire débarquaient, le sang et la destruction les accompagnaient. Dans leur sillage on édifiait d’immenses cathédrales et des statues titanesques en l’honneur de l’Empereur et du Haut Seigneur. Des effigies de Vandire de plusieurs centaines de mètres furent ainsi érigées sur des centaines de mondes, afin qu’aucun doute ne persiste sur l’identité du véritable maître de l’Imperium. Une fois de plus, alors que des monuments à la gloire de Vandire dominaient, chatoyants, des planètes entières, le palais de l’Ecclésiarque retomba en ruine. Des ailes complètes furent à nouveau silencieuses, plus personne à part les Fiancées de l’Empereur n’osait en effet se présenter devant le Haut Seigneur, tant son comportement devenait erratique. On raconte que le Saint-Synode tenta au moins une fois de détrôner l’Ecclésiarque dément. En représailles, les Fiancées de l’Empereur exécutèrent l’ensemble des Cardinaux rebelles, sortant de la chambre du Synode leurs têtes coupées à la main.

Pour les masses, il n’y avait que deux options : se soumettre complètement au Haut Seigneur Vandire ou être éradiqué par les Fiancées de l’Empereur ou les Templiers Frateris. Les mondes épargnés par l’anarchie et les tempêtes Warp étaient sous l’emprise de Vandire, leur population se tuant à la tâche pour sa plus grande gloire. Pourtant, dans un coin reculé de la galaxie, sur le monde décimé de Dimmamar, une étincelle d’espoir se mit à briller. Cette lumière émanait d’un homme, et cet homme s’appelait Sebastian Thor.

Sebastian Thor[modifier]

Sebastian Thor, homme de foi sincère et restaurateur de l’Adeptus Ministorum.
Sebastian Thor était l’humilité faite homme. Il ne chercha jamais ce pouvoir qui lui échut pourtant un jour. Il s’agissait d’un simple prêcheur, mais sa passion et ses dons d’orateur attirèrent sur Dimmamar des foules de croyants depuis des horizons toujours plus lointains. Sebastian s’insurgea contre l’injustice du règne du Haut Seigneur, mais au lieu d’être impitoyablement éliminé comme tous ceux qui avaient fait de même avant lui, cette fois ses fidèles le protégèrent contre les menées des agents de Vandire. Pour tout dire, bien des assassins, envoyés pour faire taire cet ennuyeux prêcheur du fin fond de la galaxie se convertirent à leur tour, le protégeant contre les tentatives de meurtre suivantes.

Furieux, Vandire rassembla une vaste armée de Templiers Frateris dans le système Clax et l’envoya sur Dimmamar afin de réduire en cendres ce nid d’hérétiques. Les troupes n’arrivèrent jamais, car tous les vaisseaux de la flotte furent détruits dans le Warp par une tempête si importante qu’elle sévit toujours dans la région quatre mille ans plus tard. Les Astropathes et ceux qui possèdent le don du Psyker prétendent que les hurlements des victimes de cette tempête, dite « de la colère de l’Empereur », peuvent encore être entendus aujourd’hui.

En peu de temps les sermons passionnés de Thor rassemblèrent une foule impressionnante, certains croyants venaient même d’autres mondes pour l’écouter. Ce fut à cette époque que les membres de la Confédération de la Lumière, déclarée un temps hérétique, vinrent à lui. Il s’agissait d’hommes et de femmes qui avaient caché leur foi depuis la Première Guerre de Religion. Ce que se dirent Sebastian Thor et ces ambassadeurs encapuchonnés reste encore un mystère, mais lui et la Confédération s’unirent ce jour-là, et ceux qui avaient été si durement réprimés des siècles plus tôt redevinrent une force comptant dans la galaxie.

Lorsque le Gouverneur Planétaire entendit les paroles de Thor, il offrit son armée à la cause du prêcheur. En un an seulement, les sermons de Sebastian étaient retransmis dans l’ensemble du Segmentum, et ses adeptes se comptaient par millions. Son armée de fidèles se déplaçait d’une planète à l’autre, prêchant la parole de l’Empereur tout en dénonçant la tyrannie du Haut Seigneur. Il se disait que partout où Thor se rendait, des miracles se produisaient : le malade était guéri, le Mal repoussé, l’affamé était nourri et même le plus déformé des mutants était purifié. Chaque nouveau monde rapprochait de Terra son armée grandissante, car le Warp lui-même se calmait sur leur passage, disait-on. Pour la première fois depuis des millénaires le peuple osa imaginer une vie meilleure.

Partout dans l’Imperium, les croyants se dressèrent comme un seul homme et rejetèrent la domination du Haut Seigneur. Cependant, il y avait deux puissantes factions qui ne s’étaient pas encore impliquées directement dans la tourmente du Règne de Sang.

L’Adeptus Astartes et l’Adeptus Mechanicus s’étaient coupés de Terra, fortifiant leurs propres domaines, tout en assumant leurs devoirs traditionnels du mieux possible. Les Space Marines continuaient à repousser les incursions Xenos tandis que les Mondes-Forges du Mechanicus produisaient toujours les armes et le matériel nécessaires à la défense de l’Humanité contre ses nombreux ennemis. Toutefois les deux institutions n’observaient plus en cela que leur propre jugement, ne coordonnant que rarement leurs objectifs à long terme avec Terra. Mais ce fut à cette époque que les Maîtres de Chapitre de l’Adeptus Astartes et les Fabricators de l’Adeptus Mechanicus commencèrent à faire part de leurs inquiétudes. Gastaph Hedriatix, le Fabricator-Général de Mars, appuyé par les serviteurs les plus importants du Dieu-Machine, émit une requête auprès du Saint-Synode : le Haut Seigneur devait être arrêté afin de rendre compte de ses actes.

En réponse, Vandire révoqua le conseil des Hauts Seigneurs puis ordonna aux quelques forces qui lui restaient d’attaquer ceux, parmi l’Adeptus Astartes et l’Adeptus Mechanicus, qui osaient remettre en question son autorité. Bien entendu, la plupart de ses commandants refusèrent de se lancer dans une action aussi suicidaire et le Haut Seigneur dément les déclara hérétiques à leur tour. Finalement, Hedriatix réalisa que ses alliés et lui n’avaient d’autre choix que de déposer Vandire eux-mêmes. Une grande armée de Technogardes de l’Adeptus Mechanicus, précédée par quatre Chapitres de Space Marines, à savoir les Imperial Fists, les Fire Hawks, les Soul Drinkers et les Black Templars, mit le siège devant le palais Ecclésiarchique.

La Fin du Règne du Sang[modifier]

Finalement, ni les Space Marines, ni les Technoprêtres ne causèrent la perte du Haut Seigneur Vandire. Ce furent ses plus fidèles compagnes, celles en qui il avait le plus confiance, les Fiancées de l’Empereur.

Durant tout le Règne du Sang, une faction était restée complètement dans l’ombre. Les Custodiens, les gardiens de l’Empereur Lui-même, s’étaient cloîtrés dans la salle du trône, n’autorisant personne à y pénétrer, se coupant ainsi de l’anarchie qui régnait jusque sur le sol sacré de Terra. Lorsque les forces combinées des Space Marines et du Mechanicus commencèrent le siège, les Maîtres de Chapitre contactèrent ces gardiens ultimes du Maître de l’Humanité. Ils leur apprirent la vérité sur les événements qui s’étaient déroulés à l’extérieur. Lors d’un concile secret, qui se tint dans l’une des salles les plus reculées du palais de l’Empereur, un plan fut décidé. Le Capitaine-Général des Custodiens guida une petite force à travers une série de passages dérobés, profondément enfouis dans les entrailles de Terra. Après de nombreux jours de voyage, le groupe ressortit au cœur du Palais Ecclésiarchique et approcha la chef des Fiancées de l’Empereur, Alicia Dominica.

Le Capitaine-Général se lança dans un plaidoyer passionné pour que les Fiancées de l’Empereur voient enfin la réalité du régime qu’elles servaient. Il parla ainsi pendant des heures, mais Alicia ne fut pas convaincue pour autant, ses vœux de fidélité étaient si forts qu’elle ne pouvait imaginer trahir son maître. Alors, le centurion fit une dernière tentative. Il demanda à la dirigeante des Fiancées de venir avec lui au cœur du palais de l’Empereur, jusqu’à la salle du trône scellée depuis si longtemps. Là, déclara-t-il, en le lieu le plus saint de toute la galaxie, la vérité lui serait révélée. Alicia accepta. Les hommes du centurion restèrent derrière en tant qu’otages, afin d’écarter toute trahison. Cinq des sœurs d’Alicia furent sélectionnées pour l’accompagner dans le saint des saints, la salle du trône de l’Empereur.

Après être retournés par les anciens et poussiéreux chemins loin sous la surface ravagée de Terra, le groupe finit par se tenir devant les immenses portails de la salle du trône. Là, le Capitaine-Général mit en garde les six Fiancées de l’Empereur de la façon la plus terrible. Il leur dit que parler en présence du Trône d'Or revenait à inviter la mort. Sur son ordre, les colossales portes s’ouvrirent pour la première fois depuis des millénaires, et le groupe avança dans la lumière dorée.

Il n’existe aucune archive indiquant ce qui se passa à l’intérieur. Peut-être que les sœurs virent l’Empereur-Dieu de l’Humanité Lui-même, baignant dans les énergies régénératrices du Trône d’Or. Peut-être que l’Empereur leur parla, dispensant une telle sagesse que leurs âmes furent changées à jamais. Peut-être leur révéla-t-Il une fraction du destin de l’Humanité, Son grand plan, ou les myriades d’ennemis qui triompheraient en réduisant l’Humanité en esclavage si Vandire n’était pas arrêté.

Quoi qu’il advint, les sœurs sortirent de la salle du trône complètement changées. Leurs cœurs étaient consumés par la rage à l’idée de cette caricature de la vision de l’Empereur qu’était devenu l’Imperium. Vandire en était responsable, elles le savaient, et il allait mourir pour ça.

Pendant ce temps, Goge Vandire lui-même avait sombré encore plus, si c’était possible, dans la démence et la mégalomanie. Alors que les canons du Mechanicus pilonnaient le Palais Ecclésiarchique, et que les Space Marines se battaient dans les conduits d’aération, le Haut Seigneur conduisit ce qu’il pensait être une défense parfaite. Perdu dans sa représentation holographique de l’Imperium, il avait donné toute une série d’ordres afin que soient déployées des forces qui n’existaient plus, et qui de toute façon n’auraient jamais pu intervenir à temps dans la bataille qui faisait rage au-dessus de lui. Tous, sauf ses Fiancées de l’Empereur bien-aimées, l’avaient déserté. Lorsque la nouvelle de l’arrivée d’Alicia se répandit parmi elles, les dernières gardes du corps de Vandire le quittèrent et se réunirent autour de leur chef dans le grand hall.

Le seigneur fou les suivit et se lança dans une harangue, condamnant tous ceux qui refusaient de se tenir à ses côtés, les qualifiant de traîtres de la pire espèce. Il ordonna à Alicia de rassembler ses guerrières pour le défendre, ce qui, pensait-il toujours, serait suffisant pour repousser et vaincre les attaquants. La sœur attendit dans un silence sinistre que le Haut Seigneur en finisse avec ses récriminations. Puis, elle prononça son verdict.

« Tu as commis l’ultime hérésie. Non seulement tu t’es détourné de l’Empereur mais tu t’es éloigné de Sa lumière. Tu as profané Son nom. Tu as réduit en pièce la plus grande partie de Son œuvre. Tu as perverti et corrompu la voie qu’Il a tracée pour le genre humain. Comme t’es propre décrets l’ont statué, il n’y a pas de salut pour un criminel de ta trempe. Je rejette ta suzeraineté. Tu marches dans l’obscurité. Tu n’es pas autorisé à vivre. Ta sentence a été trop longtemps différée. Maintenant, il est temps pour toi de mourir. »

Même à la toute fin, l’esprit de Vandire était si dissocié de la réalité qu’il ne comprit pas les paroles d’Alicia et, secouant la tête, le Haut Seigneur prononça ses désormais célèbres dernières paroles :

« Je n’ai pas le temps de mourir… J’ai trop à faire ! »

En présence des 4 000 Fiancées de l’Empereur rassemblées, Alicia Dominica sortit son Épée Énergétique et décapita le Haut Seigneur. On dit que le Rosarius qui avait protégé Vandire sur San Leor ne fonctionna pas cette fois, et qu’il fut proprement coupé en deux par le coup.

La Réforme[modifier]

« Que la parole de l’Empereur soit entendue une fois de plus, partout où les hommes se rassemblent et lèvent les yeux vers le ciel. Qu’ils sachent qu’Il les observe aussi, depuis le Trône d’Or, quel que soit l’endroit où ils se trouvent dans cette ténébreuse galaxie. »
- Cardinal Bloo.
Suite aux réformes de Sebastian Thor, les Filles de l’Empereur devinrent l’Adepta Sororitas, le bras armé de l’Ecclésiarchie.
Malgré la fin du Règne du Sang, l’Âge de l’Apostasie devait se poursuivre pendant plusieurs siècles après la mort du Haut Seigneur Vandire. L’Imperium était toujours secoué par des guerres intestines entre les différentes factions qui avaient profité de l’anarchie pour croître en puissance. De plus, de nombreuses tempêtes Warp continuaient à faire rage dans chaque Segmentum. La seule région où l’ordre et la paix régnait vraiment était celle que Sebastian Thor avait parcourue, mais là aussi il restait beaucoup de travail avant que les lois impériales ne fussent rétablies.

La première tâche à laquelle s’attelèrent le Fabricator-Général et les Maîtres de Chapitre Space Marines fut la reconstitution du conseil des Hauts Seigneurs de Terra. D’immenses procès eurent lieu, durant lesquels ceux qui avaient été aux manettes pendant le Règne du Sang durent rendre des comptes. Ceux reconnus coupables d’avoir contribué à l’anarchie furent mis à mort, tandis que le petit nombre à qui on ne trouva rien à reprocher fut autorisé à conserver ses fonctions.

Quand, finalement, un semblant de gouvernement fut restauré, il ne resta plus qu’un poste à pourvoir : celui de l’Ecclésiarque. Personne ne voulut, ou ne se sentit capable, d’assumer une position dont Vandire avait tant abusé. Le nouveau Senatorum Imperialis déclara que Sebastian Thor devait se rendre immédiatement sur Terra.

Thor, cependant, se trouvait à ce moment-là bien loin du centre de l’Imperium, prêchant sur les mondes de la bordure septentrionale, restaurant la foi de ceux qui l’avaient perdue. Il répondit négativement aux requêtes successives, jusqu’à ce qu’un messager soit envoyé pour l’amener en personne devant les Hauts Seigneurs. Thor persista dans son refus, arguant de ce que son travail n’était pas terminé. Exaspérés et insultés, les Hauts Seigneurs finirent par déclarer qu’il était un traître et envoyèrent une armée afin qu’il soit amené de force devant eux. Une multitude se tenait prête à défendre son guide vénéré, mais Thor acquiesça finalement, plaçant sa vie entre les mains de l’Empereur.

Lorsqu’enfin il se tint devant les Hauts Seigneurs, un grand procès fut organisé. Par milliers on se pressa pour assister aux procédures, entreprenant au besoin d’éprouvants pèlerinages depuis chaque extrémité de la galaxie. Le procès dura des mois. Nombreux furent ceux qui, souhaitant témoigner, n’arrivèrent que plusieurs années après sa fin, uniquement motivés par l’adoration de Sebastian Thor. D’innombrables accusations furent produites contre Thor, qu’il réfuta toutes. Il avait toujours prêché contre la corruption et l’injustice, et n’avait jamais incité ses adeptes à prendre les armes contre les guerriers de l’Imperium. Plusieurs milliers de témoins s’exprimèrent pour défendre Thor, depuis les plus hauts officiers de la Garde Impériale, et de la Marine Impériale, jusqu’au plus humble des soldats et des scribes. Finalement, les Hauts Seigneurs se retirèrent pour discuter de leur verdict en huis clos.

Ce dernier fut annoncé trois jours plus tard par le Capitaine-Général de l’Adeptus Custodes. Il est dit que lorsque Sebastian Thor fut proclamé innocent de toutes les charges qui pesaient contre lui, chaque cloche de chaque spire de Terra se mit à sonner et les masses chantèrent ses louanges à pleins poumons. Il restait cependant pour les Hauts Seigneurs une autre déclaration à faire. Sebastian Thor fut dans la foulée proclamé Ecclésiarque pour la plus grande joie de la foule engorgeant les rues. La nécessité dans laquelle se trouvait l’Imperium après le calamiteux Règne du Sang était telle que seul un homme pur, innocent et dévoué comme Thor pouvait unifier ses peuples disparates. Et pourtant, il refusa, expliquant que sa mission ne pouvait être accomplie depuis un trône au cœur d’un palais, mais uniquement parmi les nécessiteux de la galaxie. Les Hauts Seigneurs explosèrent de colère devant l’outrage. De son côté, le Capitaine-Général de l’Adeptus Custodes prit Thor à part et lui chuchota quelques mots à l’oreille. Même si personne d’autre n’entendit le message qui passa entre les deux hommes, il est communément admis que Thor fut mis devant un choix très simple : quitter Terra en tant qu’Ecclésiarque ou quitter Terra les pieds devant.

Les Cultes de Thor

De tous les Saints vénérés à travers l’Imperium, c’est certainement Sebastian Thor qui l’est le plus. Il se trouve difficilement un seul homme, une seule femme ou même un seul enfant pour ignorer son nom parmi les millions de mondes de l’Imperium. De ce fait, la dévotion à Saint Thor a fini d’une certaine façon par s’agglomérer au Credo Impérial, d’innombrables sectes vénérant le Saint de différentes façons. Certains poussent l’adoration encore plus loin, en croyant que Sebastian Thor fut l’incarnation de l’Empereur Lui-même, une manifestation du pouvoir de l’Empereur-Dieu par le biais de laquelle ce dernier marcha à nouveau parmi Son peuple. D’autres, et plus particulièrement ceux parmi l’Inquisition qui adhèrent à la doctrine de la Faction Thorienne, traquent d’autres incarnations de l’Empereur parmi Ses plus fidèles serviteurs. Il y en a même qui cherchent à prédire ou à provoquer ces fameuses manifestations, désireux de le libérer d’un emprisonnement de dix mille ans déjà au sein des mécanismes du Trône d’Or préservant Sa vie.

Suscitant des vagues d’extase dans les masses en adoration, Thor annonça qu’il allait accepter le titre, mais seulement sous certaines conditions. Il devait avoir l’appui inconditionnel des Hauts Seigneurs de Terra, et il devait être autorisé à opérer tous les changements qu’il pensait nécessaires dans le Saint-Synode. Les Hauts Seigneurs acceptèrent les conditions et Sebastian Thor fut aussitôt sacré 292e Ecclésiarque.

Durant l’essentiel du siècle suivant, Thor œuvra infatigablement pour reconstruire le Ministorum et, avec lui, un Imperium déchiré. Il établit le Synode Ministra sur Ophelia VII, une entité secondaire qui allait débattre des décisions du Saint-Synode de Terra et les appliquer. Ce changement devait garantir que pas un seul homme ne puisse à nouveau obtenir un pouvoir total sur l’église comparable à celui de Goge Vandire. Allant encore plus loin, il réorganisa les diocèses, les divisant en plus petites entités afin d’augmenter le nombre de représentants dans les synodes, empêchant doublement qu’une faction puisse aisément dominer les autres.

Le changement peut-être le plus radical concerna les forces armées dépendant du Ministorum. Ce qui restait des Templiers Frateris fut dissous selon les termes du Décret de Passivité, qui interdisait à l’Ecclésiarchie d’entretenir une force « d’hommes en armes ». Il serait toujours possible pour un Cardinal de lever ce qui est à présent connu sous le nom de Frateris Militia, mais il ne devait s’agir que de forces ad hoc, constituées de combattants locaux appelés à défendre le Ministorum contre des menaces circonscrites.

Le problème des Fiancées de l’Empereur restait lui aussi à régler. Par un tour de passe-passe législatif des plus audacieux, les Fiancées, qui étaient redevenues les Filles de l’Empereur, furent autorisées à continuer à exister en tant que force armée, puisque la sororité était uniquement constituée de femmes et que cela n’allait pas l’encontre de la formulation du Décret de Passivité. L’organisation, qui finirait par être connue sous le nom d’Adepta Sororitas, ou plus communément la Sororité, fut scindée en deux Ordres Militants, l’un basé sur Terra et l’autre sur Ophelia VII. Avec le temps quatre ordres supplémentaires devaient voir le jour, pour être eux-mêmes divisés en sous-Ordres.

Thor accomplir tout ce travail en voyageant inlassablement d’un coin à l’autre de l’Imperium, portant la parole de l’Empereur dans des régions subissant depuis longtemps l’anarchie et les invasions. Partout où il se rendit, les fidèles se dressèrent pour briser les chaînes du Chaos et de l’oppression. Ce fut une ère de renaissance, durant laquelle des secteurs aux mains des Xenos, en proie à la révolte ou soumis par des chefs de guerre auto-proclamés, revinrent au sein de l’Imperium grâce aux croisades menées par de vastes armées de fidèles. Partout où Thor cheminais, les tempêtes Warp qui avaient morcelé la galaxie depuis si longtemps se calmaient. Lentement, planète par planète, secteur par secteur, l’ordre fut restauré.

Ce ne fut qu’au terme de son existence, à l’âge de 112 ans, que Sebastian Thor retourna sur Terra. Six mois plus tard, il décédait, comme s’il avait retardé la venue de son dernier souffle le plus longtemps possible, pour finalement s’autoriser à reposer sur la terre sacrée de la sainte Terra. Une immense aile funéraire fut ajoutée au Palais Ecclésiarchique, et il est dit que pendant la seule première année, soixante-dix millions de fidèles firent le difficile pèlerinage jusqu’à Terra pour simplement passer devant son sarcophage. Même maintenant, d’innombrables pèlerins font encore ce voyage chaque année puisque le mausolée de Sebastian Thor est l’un des endroits parmi les plus sacrés de tout l’Imperium, juste après la salle du trône de l’Empereur Lui-même.

Source[modifier]

Pensée du Jour : « Le Xenos périt car il ne peut étreindre l’Empereur. »
  • Warhammer 40 000 JdR - Dark Heresy - Le Sang des Martyrs