Festin de Chair

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L’histoire des Blood Angels est celle de deux Légions très différentes ; l’une de seigneurs de guerre aux poings rouges, de terreurs et de fléaux craints par les alliés comme par les ennemis, et l’autre de héros au halo d’or, icônes d’un nouvel âge et guerriers érudits. Aucune bataille ne peut raconter l’histoire de deux Légions aussi différentes, aucune histoire n’englobe le double héritage des fils de Sanguinius, et c’est ce double héritage qui a façonné la Légion et en a fait celle qui se tenait sur un carrefour sanglant au début de l’Hérésie d'Horus. Nous devons donc considérer les deux visages de la IXe Légion, celui qui est brutal et celui qui est juste, si nous voulons bien comprendre les fils de Sanguinius vêtus de cramoisi.

Dans les premières années de la Grande Croisade, alors que les flottes de l’Empereur dépassaient pour la première fois les limites de ce qui est maintenant connu sous le nom de Segmentum Solar et s’enfonçaient dans l’espace sauvage, Ses armées rencontraient des champs de bataille pouvant ébranler la santé mentale des mortels. Parmi ces endroits terribles et hostiles, appelés "Zones Mortalis" dans le langage formel de la Divisio Militaris, peu étaient plus répugnants que le monde connu dans l’histoire sous le nom de Kiy-buran. Les premières expéditions à Kiy-buran disparurent sans laisser de traces, quatre régiments complets des Réguliers de Veradan évaporés, créant une ouverture sur le flanc de l’avancée galactique de la Grande Croisade. En réponse, l’Empereur déclencha Ses propres terreurs pour traquer les bêtes qui pourraient s’y cacher.

Devançant les Flottes Expéditionnaires de la Grande Croisade en aide aux Réguliers de Veradan, trois Compagnies de la IXe Legionne Astartes furent envoyées à Kiy-buran. Le monde était un désert de sables irradiés habité par des tribus de mutants dégénérés et dirigé par un seigneur de guerre technobarbare, Ek’Lobia. Ces tribus étaient à la fois des corps servant de troupes pour les conflits et la principale denrée alimentaire des habitants de Kiy-buran ; chaque tribu ayant une vicieuse tradition d'actes rituels, de carnage et de cannibalisme. C’étaient des mutants qui furent rencontrés par les rangs assiégés de l’Armée Impériale échouée sur la planète. Des hordes de dégénérés à peine humains, armés d’à peine plus que des matraques et des pioches primitives, avaient décimé leurs rangs, les cadavres étant ramenés dans des foyers vacillants pour être cuits la nuit. Pendant trois mois, les fines tranchées de l’Armée Impériale repoussèrent l’assaut aveugle avant que les Modules d’Atterrissage de la IXe Légion, gris orageux, ne tombent du ciel, enveloppées d’une fumée noire.

S’écrasant au sol, la Légion des Revenants perça la foule de mutants avec une facilité méprisante et soulagea les troupes de Veradan en difficulté. La IXe attaqua les cantonnements des tribus locales, leurs armes et armures supérieures leur permettant de prendre le contrôle des chaînes de montagnes du nord, chassant les mutants indigènes qu’ils rencontraient avec une absolue brutalité. Dans la phase initiale de la guerre contre Kiy-Buran, la IXe Légion rencontra une résistance peu organisée, conquérant librement le territoire. Pendant des mois la IXe Légion ravagea Kiy-Buran avant que la nouvelle n’arrive au seigneur de guerre Ek’Lobia, qui prêta serment d’éradiquer les envahisseurs.

Sous son commandement se trouvait une armée de mutants dont le nombre était incalculable et sur laquelle il détenait un pouvoir de terreur tel qu’ils préféraient se jeter à la mort plutôt que de faire face aux horreurs effrayantes que ses sorciers asservis pouvaient déclencher. Lorsque la IXe Légion traversa les territoires d’Ek’Lobia, la résistance qu’elle rencontra de la part des forces indigènes augmenta jusqu’à ce que la IXe soit entraînée dans une bataille à grande échelle. Au début, elle a facilement éliminé toute bande de sauvages qui l’attaqua contre les flancs de sa ligne, mais cela se transforma rapidement en un déluge incessant de corps qui menaçaient de submerger et d’encercler les restes des trois Compagnies. La IXe se ceignit pour repousser la marée des mutants, dont les hideuses difformités les rendaient capables de déchirer la céramite avec leur chair torturée et dont le nombre faisait trembler le sol à leur approche. Bien que les Legiones Astartes se soient battus avec acharnement, tuant des dizaines d’ennemis pour chaque Frère de Bataille perdu, le nombre même de l’ennemi commença à les forcer à reculer. Tentant de se regrouper, les trois Compagnies de la IXe Légion formèrent un fer de lance pour tenter de percer les mutants et d’atteindre les bannière éloignés qui indiquaient la position du brutal commandant de la horde.

Alors que l’avant-garde de la formation de la Légion menaçait d’atteindre le campement d’Ek’Lobia, les horreurs de la Longue Nuit se déchaînèrent. La réalité se déchira alors que les instruments du Crâne Fendu envoûtaient des horreurs indescriptibles, faisant un nombre effroyable de victimes parmi les Astartes de la Légion et la horde de mutants sans discernement, renversant le cours de la bataille. Incapables de combattre une telle menace, les guerriers de la IXe Légion furent forcés de quitter le champ de bataille ou d’être complètement détruits, un choix qu’aurait pu condamner d’autres Légions plus honorables, mais pas la pragmatique IXe Légion d’antan. Les Légionnaires se retirèrent et se tracèrent un chemin rouge à travers la foule avec des Lames Tronçonneuses édentées, des lames brisées et les morceaux fissurés des armures de leurs propres camarades tombés au combat.

La force de près de deux Compagnies fut perdue dans cette bataille monumentale, et les Légionnaires qui s’échappèrent furent obligés de se demander comment ils pourraient survivre et endurer sans renfort ou réapprovisionnement. Le degré stupéfiant des pertes subies créa le besoin de réorganiser les ressources de la Légion parmi un peu plus de 380 Légionnaires restants, ce qui témoigne de la nature utilitaire et conséquentialisme de la psyché de la IXe Légion des premiers temps. Le plus important de cette réorganisation fut la réformation de leur Apothecarion qui fut développé en une formation de soutien au combat ; la survie des Légionnaires restants ainsi que la propagation de gènes considérés comme primordiaux pour leur capacité à continuer à poursuivre la conquête. Reforgées dans le creuset de la guerre, loin de la Grande Croisade, ces Compagnies orphelines de la IXe Légion reprirent leur campagne à un rythme plus réfléchi ; menant des assauts de choc par escouades contre les campements ennemis avant de se retirer pour éviter des représailles organisées. La campagne stagna bientôt dans un schéma d’attaque et de contre-attaque, une guerre menée dans les ombres pour saigner l’ennemi alors que la Légion était largement en infériorité numérique.

Cette guerre, connue sous le nom de Banquet de Kiy-Buran, se poursuivit sans interruption pendant douze ans, presque oubliée par le grand Imperium. La IXe Légion, peu à peu, brisa les tribus de la planète dans des actions sanglantes, refusant d’être entraînée dans un engagement à grande échelle. Dans les premières années de ce conflit, acceptant le désespoir de leur situation et dépourvue de ravitaillement, la IXe Légion fut forcée de prendre des mesures pratiques pour survivre. Les raids contre les tribus mutantes locales sur le continent nord devinrent des questions de domination et non de destruction. Les créatures qui pouvaient être utiles furent mises au service de la Légion. Témoignage de la robustesse de la semence génétique de la IXe Légion, même ces êtres irradiés et hideusement mutés furent considérés comme des candidats appropriés pour la Légion. Ces enfants qui furent élevés pour n’être guère plus que de la viande pour leur seigneur techno-barbare atteignirent la perfection angélique par l’implantation de la graine génétique de Sanguinius. De plus, les Apothicaires de la Légion encourageaient à imiter leur ennemi dans le cannibalisme, consommant les morts de la guerre pour leur subsistance, ce qui profitait à la Légion et en privait l’ennemi dans la même mesure. Ces pratiques permirent à la IXe de se reconstituer et de continuer à se battre sans contact avec l’Imperium, bien au-delà de la capacité de toute autre Légion.

En entreprenant cette stratégie, la Légion a constamment repris du terrain à Ek’Lobia, diminuant à la fois ses armées et son approvisionnement en nourriture dans le processus, tout en prenant ces ressources pour reconstruire la force de la Légion. Cependant, la Légion était peut-être allée trop loin au nom de la survie. Un journal retrouvé plus tard dans l’équipement d’un officier manquant des Réguliers de Veradan se réfère à la IXe comme le "Festin de Chair", un surnom qui, quand il fut diffusé plus tard, devint populaire parmi les soldats de la Grande Croisade avant qu’elle ne disparaisse suite à la découverte de Sanguinius. Le même journal laisse entrevoir une fin sombre pour le 46e Veradan : comme ils ne pouvaient plus continuer à poursuivre la guerre, le journal suggère qu’ils furent également dévorés par la Légion, que ce soit par la consommation littérale ou pour permettre aux Prêtres Charnels, ce qui était devenu leur Apothecarion, d’utiliser leur chair dans le cadre du processus de création de nouveaux guerriers. D’autres journaux récupérés affirment que la population de Kiy-Buran en est venue à voir les Légionnaires comme les démons de leurs mythes, volant leurs enfants et se régalant des cadavres d’une manière plus barbare encore que le cannibalisme rituel de leurs maîtres. La population indigène craignait que sa propre magie n’ait courroucé l’"Imperium de l’Humanité" et en parlait à voix basse comme d’une force qui la mènerait à sa propre perte.

Au cours de la douzième année depuis le premier assaut planétaire, la confrontation finale de la campagne était tout sauf une fatalité. Ek’Lobia, souffrant d’années de famine et sa forteresse encerclée par une force de près de 1 000 Légionnaires et leurs propres serfs dégénérés, tenta une fois de plus de libérer ses sorciers asservis. Les noviciats de la Légion sans armures, recrutés parmi les tribus de Kiy-buran, furent rassemblés et subirent le plus fort de l’attaque, alors que les vétérans de la Légion menèrent des attaques dirigées contre les sorciers. Le nombre de ces assauts fut très élevé mais la IXe surmonta les faibles défenses du seigneur de guerre. Ses sorciers morts et sa forteresse en ruine, Ek’Lobia tenta de s’enfuir dans un vaisseau spatial primitif, s’élevant de la surface en une cascade de débris et de cadavres brisés, seulement pour rencontrer en orbite un escadron de croiseurs de l’Imperium portant l’héraldique de la VIIe Légion, mettant fin à son existence. L’Imperium était finalement venu réclamer ses guerriers, s’attendant à trouver un monde amené à la Conformité et prêt à accepter la loi de l’Empereur.

À la tête de la flotte, Rogal Dorn, nouvellement réuni avec ses propres Imperial Fists, arriva à Kiy-Buran pour découvrir un monde en ruine du fait de l’Imperium. À la réception du rapport de la IXe Légion, il fut courroucé, car il refusa d’accepter la Conformité de Kiy-Buran comme étant digne du rêve de l’Imperium que son père lui avait décrit. Dans le Festin de Chair, Dorn vit des méfaits monstrueux, mais aussi l’ingéniosité de guerriers désespérément compétents. Le Prétorien réprimanda les guerriers survivants de la IXe Légion pour leur acte douteux, et ordonna que la ville de Buran soit rasée et brûlée, les péchés de la IXe Légion effacés avant qu’un seul Commémorateur n’y mette les pieds.[1]

Source[modifier]

  • The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence
  1. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Blood Angels - Exemplary Battle - The Charnel Feast (traduit de l'anglais par Guilhem)