Conclave Kristosien

De Omnis Bibliotheca

Après la Bataille de Columnus, des inquiétudes furent soulevées au sein du Conseil de Fer au sujet de la conduite du Révérend de Fer Kristos. L’analyse d’après-bataille suggérait que, bien que sa stratégie sur Urdri avait semblé logique, un aspect déplaisant en ressortait.

Si les forces Orks avaient été paralysées, Kristos n’aurait pas pu prévoir quand cela adviendrait. D’abord et avant tout, bien que la destruction de la Bizarwaaagh! ait paralysé les forces des Orks, Kristos n’avait aucun moyen de savoir que ce serait le cas. Alors que la destruction de la menace Ork dans son ensemble aurait pu justifier le sacrifice de la force de la Raven Guard - qui, après tout, était l’une des meilleures de l’Imperium - leurs morts à simplement émousser l’élan de l’offensive Ork, ce qui fut un gâchis. Deuxièmement, il y a eu l’interférence avec les liaisons vox de la Raven Guard, dont il a été confirmé qu’elles provenaient d’un piratage de signal augmétique venant du Révérend de Fer Kristos. Les partisans de Kristos, y compris le respecté Capitaine de Fer Graevaar, ont souligné que la perte du signal avait assuré que les communications avec les forces restantes de la Raven Guard sur Columnus n’étaient pas étirées au-delà du point de rupture.

Pourtant, les détracteurs de Kristos au Conseil ont suggéré une intention préméditée d’assurer la mort de Stenn et de ses guerriers, découlant d’une faiblesse émotionnelle plutôt que de la force implacable de la logique. Enfin, il y avait la preuve la plus accablante de toutes - le Révérend de Fer Kristos avait délibérément refusé d’écouter les informations du Capitaine des Ombres Stenn, malgré la possibilité de l’impact favorable que ces renseignements auraient eu sur la performance des Iron Hands. Face à ces allégations, le Révérend de Fer Kristos ne s’est pas repenti. Il obtint bientôt le soutien d’autres Révérends de Fer qui croyaient que sa carrière impeccable et son adhésion inconditionnelle aux doctrines de la Trempe faisaient de Kristos le choix logique pour devenir Maître de Chapitre. Pourtant, il y a eu suffisamment de dissensions pour que seul un conclave de l’ensemble du Conseil de Fer puisse résoudre les questions plus largement soulevées.

Avec la force du Chapitre répartie dans toute la galaxie, le conclave ne serait pas une simple affaire. Les Iron Hands ne pouvaient pas abandonner leurs guerres de peur de paraître faibles aux yeux du reste de l’Imperium, ou qu’ils ne montrent des signes de conflits internes. Ainsi, une série de déploiements et de campagnes par rotation fut mis en place, les Compagnies Claniques déplaçant leur force afin de confondre les observateurs extérieurs et prenant leurs postes à tour de rôle pour opérer au plus près ou au plus loin de Medusa. Incroyablement complexe et magnifiquement conçu, ce système de déploiements à l’échelle du Chapitre fonctionna comme un vaste mécanisme d’horlogerie. Grâce à ses mouvements toujours changeants, tous les Révérends de Fer du Chapitre ont pu assister aux sessions du Conseil, qui s’est réunis trois fois chaque année medusienne. Les débats et les discussions se sont déroulés de façon méthodique et furent minutieusement détaillée, chaque question n’ayant été soumise à un vote qu’une fois que tous les Révérends de Fer eurent été autorisés à présenter pleinement ses mérites

Bien qu’il s’agissait d’un processus juste et logique, il ne fut pas rapide ; les années se sont transformées en décennies depuis la mise en place du Conclave Kristorien. Ce qui avait commencé comme une enquête sur la conduite de Kristos sur Columnus s’était rapidement transformé en un grand débat sur la philosophie et la doctrine du Chapitre depuis la Trempe. Certains Révérends de Fer étaient-ils plus émotionnellement compromis qu’ils n’aimaient à le croire, et ont-ils fait preuve de force et de logique pour dissimuler cette faiblesse ? Toutes les questions devaient-elles être examinées de tous les points de vue, comme cela semblait logique ? D’autre part, permettre des points de vue contradictoires à ceux exprimés depuis des temps immémoriaux, était-ce permettre une fuite dans la fantaisie qui compromettrait la force du Chapitre ? Même la véritable pureté de l’augmentation technologique continuait à être remise en question, une question qui est rapidement devenue celle de l’âme. Le Révérend de Fer Kristos refusa de changer de position alors que les années passaient car, comme il le prétendait, il abordait toutes les questions dans une position de pure et parfaite logique. Ses partisans - les dénommés Kristosiens - gagnèrent en influence à mesure que le débat se poursuivait, malgré la résistance de dignitaires notables comme le Capitaine de Fer Verox, le Chapelain de Fer Marrus, et le jeune mais talentueux Techmarine Kardan Stronos.

Pendant tout ce temps, les Compagnies Claniques combattaient. Alors que le Conclave Kristorien entrait dans son deuxième siècle, la Compagnie Clanique Clan Raukaan continua à se battre avec habileté et distinction. À présent sous la direction combinée du Chapelain de Fer Shulgaar et de l’Épistolier Lydriik, Raukaan extermina les menaces qui pesaient sur le royaume de l’Empereur où qu’ils se trouvaient.

Sur Baumetricha, les escouades Arrvos et Huurek menèrent une attaque dévastatrice de Modules d’Atterrissage contre une force d’esclavagistes Drukharis. L’Épistolier Lydriik mena leur offensive écrasante, canalisant sa force psychique à travers le Forgesprit, une relique historique du Chapitre. Pendant le Schisme de Xemnoch, le Land Raider Primarch’s Blood du Chapelain de Fer Shulgaar était à la pointe d’un fer de lance blindé de Raukaan qui traversa les lignes des Xemnochs, mais le char fut touché par un obus de macro-canon alors même que le Clan Raukaan fonçait sur son objectif. Shulgaar quitta son véhicule et, dans une bataille sanglante sur les marches du Sanctuaire de la Gloire, décapita personnellement le Cardinal Apostat qui avait conduit son peuple à la damnation. Derrière lui, les Techmarines de Raukaan remettaient déjà le Primarch’s Blood en état de combattre.

Quelques années plus tard, ils combattirent aux côtés d’une flotte d’Explorators de l’Adeptus Mechanicus. Le Clan Raukaan procéda à l’extermination efficace et sans merci des tribus mutantes du Monde de Salem. Dans une campagne systématique d’anéantissement total qui dura presque un an, les guerriers du Clan Raukaan balayèrent chaque mètre carré de la surface de la planète, anéantissant les marées bouillonnantes du Chaos vénérés par les cultistes, les mutants et les Enfants du Chaos effrénés. Leurs efforts permirent aux Explorators de procéder à une enquête non perturbée sur les ruines polaires de la planète, récupérant plusieurs artefacts archéotechnologiques inestimables, y compris un SCS fragmenté. L’Épistolier Lydriik dirigea la purge méthodique du dernier bastion mutant, flanqué de quatre des anciens Dreadnoughts de Raukaan, déclarant enfin que le Monde de Salem était sécurisé au nom de l’Omnimessie quelques heures avant que les Explorators n’achèvent leur propre tâche.

C’est ainsi que le Clan Raukaan ajouta plaque de victoire après l’autre dans leur Hall de Conquête de leur Compagnie. Certains laissèrent entendre que Lydriik et Shulgaar faisaient peut-être preuve d’un style de leadership dangereusement agressif, prenant parfois même des décisions qui suggéraient des expressions d’émotions plutôt que des dictats logiques. Ces détracteurs citèrent des incidents tels que la Charge de Shulgaar à la Bataille de Naemloch, une offensive vengeresse mais illogique qui l’a vu mener plus de cinquante Frères de Bataille dans la ligne de mire des fusils renégats. Le conflit qui s’en suivi vit les plans des Space Marines du Chaos des Word Bearers s’effondrer sur Naemloch. Cependant, le coût en vie de Frères de Bataille de Raukaan fut important.

Bien que personne ne puisse réprimander le courage inébranlable de Shulgaar ou de ses guerriers, l’accusation demeure que le Chapelain avait été émotionnellement compromis lorsqu’il ordonna l’attaque. Pendant trois jours, le Clan Raukaan avait tenu ses défenses le long de la Quatre-Vingt-Unième Ligne de Fer, repoussant les assauts des Word Bearers les uns après les autres, et semblait prêt à tenir jusqu’à ce que l’ennemi soit à court de guerriers. Pourtant, quand les Word Bearers commencèrent à jeter les membres du clergé du Ministorum dans des bûchers et à diffuser leurs cris à travers des amplificateurs vox, le Chapelain Shulgaar abandonna sa position éminemment défendable en faveur d’une attaque totale, directement en face des canons ennemis.

Pourtant, quelles que soient les faiblesses que leurs frères pouvaient percevoir, le bilan du Clan Raukaan restait un succès, bien qu’il ait été acheté à un prix parfois considéré comme illogique.

Le Conclave Kristosien atteignit son bicentenaire en 460.M41 avec les lignes de division du Conseil de Fer tracées plus nettement que jamais auparavant. Le Chapitre se battait quoi qu’il en soit mais aucun Révérend de Fer n’avait été élu comme son chef depuis le début du conclave. L’orientation et la concentration des Iron Hands commençaient à s’éroder à mesure que leurs dirigeants luttaient pour le sort de leur Chapitre, et les tenants de la ligne dure des Kristosiens gagnaient toujours plus d’influence.

Puis vint un nom, chuchoté dans l’obscurité des chambres astropathiques du Chapitre, qui mit fin à tout autre débat. Dans le système Gaudinia, la présence des Emperor's Children détestés avait été rapportée - opérant avec une grande force, élevant des cultes et soumettant une série de Monde-Forges. Comme si cela ne suffisait pas, on disait que ces Traîtres rendaient un culte au Roi Saphir.

Profitant de ces révélations, le Révérend de Fer Kristos jura qu’il prouverait la force de ses doctrines et montrerait la pureté de sa logique dans les feux de la guerre. Avec l’assentiment des Révérends de Fer et l’ajournement du conclave, Kristos rassembla à la hâte une puissante force et se dirigea vers le système Gaudinia.[1]

Source[modifier]

  • Clan Raukaan - A Codex : Space Marines Supplement, V6
  1. Clan Raukaan - A Codex : Space Marines Supplement, Chapter The Kristosian Conclave (traduit de l'anglais par Guilhem)