Catégorie:Space Marines du Chaos

De Omnis Bibliotheca

Hypnotisé, le Fléau regardait la planète agitée des des derniers spasmes d’agonie. Il y avait déjà plusieurs heures que ses océans s’étaient évaporés dans l’espace, laissant les étendues ridées des fonds marins totalement asséchées. Partout, des lignes de feu couraient à sa surface, des fleuves, des lacs entiers de magma en fusion remontés par les plies béantes ouvertes dans l’écorce terrestre de ce monde sur le point de se désagréger. L’hémisphère sud était en flammes et ruisselant de lave, sa blessure de la taille d’un continent, ouverte par le tir du Tueur de Planètes laissait s’échapper le cœur ardent du noyau. D’un pôle à l’autre, les tremblements de terre déformaient et modifiaient sans cesse cette topographie rougeoyante pour la transformer en de nouvelles visions de l’enfer. La biosphère n’était plus, consumée dans l’atmosphère riche en oxygène qui s’était embrassée dès la première rafale des extraordinaires systèmes d’armement de son vaisseau. Abaddon supposait que toute vie avait disparu de ce monde. Peut-être certains avaient-ils survécu aux tempêtes brûlantes qui avaient balayé la surface en se réfugiant dans des abris en profondeur, mais rien n’avait pu échapper au cataclysme sismique consécutif au tir combiné des rayons d’énergie du Tueur de Planètes. Ceux-ci avaient déchiré le manteau externe et pénétré au plus profond des strates de roche inférieures pour enfin atteindre leur but.

Abaddon souriait au souvenir d’autres moments de triomphe et de pareils spectacles de destruction. Il se rappela s’être tenu au côté d’Horus sur le pont de sa barge de bataille pour regarder se succéder les vagues de missiles biologiques en direction de la surface d’un monde qu’ils surplombaient. Douze milliards d’êtres étaient morts en quelques instants sur Istvaan III et l’écho mental de leurs râles avait même masqué la lueur de l’Astronomican, mais il n’avait été qu’un prélude aux carnages qui avaient suivi. « Que brûle la galaxie, » avait ordonné le Maître de Guerre, et Abaddon, comme les autres commandants des légions Space Marines qui s’étaient ralliés à sa cause avaient obéi. Il se remémorait les mondes en flammes, les systèmes étouffés par les débris laissés à la dérive dans le sillage des conflits spatiaux, les fronts étirés sur des milliers de kilomètres, les lignes soudées de Space Marines dominées par les engins géants du Collegia Titanica percutant celles de leurs frères de jadis sur mille mondes différents. Lui revint le hurlement de triomphe monté d’un million de gorges altérées par le Chaos lorsque lui, Abaddon, Premier Élu du Maître de Guerre, avait lancé la charge sur les ruines du rempart extérieur protégeant le refuge de l’Imposteur pour pénétrer le saint des saints, le Palais Intérieur.


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Sa rêverie fut interrompue. Sous ses pieds, un tremblement parcourut la céramite du pont épais d’un mètre pour se répercuter en un grondement sourd dans toute la coque massive du vaisseau. « Maître, » chevrota un Technoprêtre hérétique qui, traînant les pieds de sa démarche courbée, vint s’incliner devant le Fléau, « le noyau de la planète est en train de se fissurer, ce qui provoque ces fluctuations imprévisibles dans son champ magnétique. » Il marqua une pause pour passer nerveusement ses fines langues jumelles sur des lèvres rongées par les chancres. « Peut-être serait-il plus sage d’ordonner le retrait hors de la zone de danger. » Le Fléau poussa un sifflement d’irritation, dérangé dans ses pensées par l’intrusion de cette chose veule qui rampait désormais à ses pieds. Percevant l’humeur de son maître, son épée frémit à l’intérieur de son fourreau, impatiente d’être tirée et nourrie, mais il posa la main sur le pommeau ciselé en forme de crâne pour apaiser l’entité démoniaque prisonnière du métal. Aussi réceptif aux sentiments d’Abaddon, l’un de ses gardes du corps en Armure Terminator s’avança d’un pas pesant, prêt à débarrasser son maître de la source de son irritation, ses

griffes énergétiques crépitantes glissant hors de ses poings blindés dans un long bourdonnement étouffé. Une nouvelle vibration secoua le pont comme pour souligner les propos du Technoprêtre et, par la baie vitrée Abaddon vit la planète mourante cracher une langue de magma haute de plusieurs centaines de kilomètres qui termina sa course loin au-dessus de la surface. Un rapide geste de son maître suffit à envoyer le garde du corps rejoindre le cercle silencieux des guerriers debout tout autour de la pièce. Poussant des gémissements reconnaissants mêlés de terreur, le Technoprêtre partit rejoindre la sécurité et l’anonymat des ombres environnantes.


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Tournant le dos à la verrière, Abaddon marcha jusqu’au centre de la pièce tandis qu’autour de lui ses gardes refermaient leur cercle protecteur. Les Technoprêtres, leurs acolytes et diverses abominations meuglantes nées du Chaos détalèrent hors du chemin de ces géants en armure.

Un autre geste du Fléau et la section centrale du sol de la salle d’observation commença à descendre en traversant les ponts inférieurs. L’ordre tacite se répandait déjà sur toute la profondeur du Tueur de Planètes et tandis que la plate-forme ouverte poursuivait sa route, ceux qui s’y tenaient pouvaient observer l’activité frénétique de l’équipage qui se pressait d’agir. Abaddon savait qu’au-dehors, il en allait de même dans les appareils qui constituaient son escorte, dont les capitaines soulagés offraient sans doute leurs prières de remerciement aux Puissances du Warp tandis qu’ils manœuvraient pour s’éloigner des derniers mais violents soubresauts de ce monde agonisant.

Il était interdit sous peine de mort aux milliers d’esclaves de lever les yeux sur le Fléau, et alors que la plate-forme descendait au travers des ponts, des contremaîtres hargneux s’assuraient d’obtenir une obéissance immédiate des équipes de prisonniers placées sous leurs ordres. De nombreux êtres terrorisés qui avaient reconnu le bruit annonciateur gardaient les yeux fixés sur leurs pieds entravés en cessant temporairement leur tâche monotone tandis que la silhouette tant redoutée passait près d’eux. D’autres continuaient leur travail et levaient la tête avec une expression interrogative sur leurs visages aux orbites vides. Assignés aux tâches pour lesquelles la vue était jugée superflue, ces pauvres diables se l’étaient fait brutalement retirer par ceux qui les supervisaient.

Un des hommes enchaînés, dont l’uniforme d’officier de la Flotte Impériale encore intact prouvait qu’il n’avait été que récemment capturé et mis au service du Maître de Guerre, risqua un regard vers la plate-forme, soit qu’il n’ait pas compris les avertissements qui lui avaient été aboyés, soit qu’il n’eut pas voulu les comprendre. Il fut rapidement cloué au sol par le poids d’un personnage portant l’Armure Énergétique couverte de sceaux dégoulinants des World Eaters. Grognant de colère, celui-ci leva sa hache tronçonneuse et décapita sommairement l’esclave, puis il se pencha avec solennité pour se saisir de la tête et la brandir au passage du Fléau, les yeux révulsés désormais autorisés à contempler ce qu’il leur avait été interdit de voir de son vivant. Ainsi Abaddon le Fléau, Maître de Guerre des légions d’Horus, ces légions dites "renégates" par les serviteurs du Faux Empereur, passa-t-il parmi ceux qui le suivaient, sans se soucier de savoir s’ils allaient vivre ou mourir, ou s’ils le servaient par dévotion, du moment que la peur les faisait obéir.

- Extrait du roman Execution Hour, par Gordon Rennie.


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Les Space Marines du Chaos sont des guerriers surhumains renforcés par les pouvoirs des Dieux Sombres. Némésis de l’Imperium, ils surgissent de repaires cachés et de tempêtes Warp infernales pour s’abattre subitement sur leurs victimes. Des meurtriers engoncés dans des Armures Énergétiques baroques luttent aux côtés de Cultistes humains et d’imposants Terminators ; des Machines-Démons à têtes de gargouille avancent parmi les blindés grondants et les entités malveillantes invoquées depuis le Warp. Cet ost maléfique est mené par les Champions du Chaos, seigneurs cruels et fléau du domaine de l’Humanité depuis cent siècles. Du ciel saigne à présent l’énergie du Chaos. L’heure est venue. Que brûle la galaxie !

  • Spoliateurs de la Galaxie : Brûlant de haine envers l’Imperium, les Space Marines du Chaos ne veulent pas conquérir la galaxie, mais la mettre à feu et à sang.
  • Traits de Légion : Chaque Légion renégate a été pervertie différemment par les Puissances de la Ruine, et massacre à sa manière propre.
  • Black Legion : Croisés Noirs : Inexorable et inflexible, la Black Legion est l’archétype de la menace des Astartes Hérétiques, et elle ne sort de l’Œil de la Terreur que pour effacer toute trace de l’Imperium de la galaxie.
  • Iron Warriors : Maîtres du Siège : Guerriers froids et qui réservent leur confiance à leur équipement, les Iron Warriors sont passés maîtres des siège, et ils savent déloger les ennemis les plus solidement retranchés.
  • Chapitres Renégats : Pillards Noirs : Émancipés des contraintes de l’Imperium, les renégats de l’Astartes s’adonnent sans retenue à leur don pour la violence.
  • World Eaters : Les Clous du Boucher : Les fils d’Angron se jettent sur l’ennemi, pressés de le déchiqueter dans un tourbillon de violence débridée.
  • Night Lords : Tactiques de Terreur : Les Night Lords se repaissent de peur et de chaos, et s’efforcent de détruire l’armée adverse petit à petit, en isolant les ennemis les plus faibles pour mieux savourer leurs cris et leur confusion.
  • Emperor’s Children : Perfection Absolue : Imperméables aux sensations ordinaires après des siècles d’assouvissement, les Emperor's Children ne sont plus stimulés que par les excès, que ce soit de violence gratuite ou de prouesses martiales.
  • Alpha Legion : Cachés Bien en Vue : Les guerriers de l’Alpha Legion sont les rois de la duplicité, et sont capables de duper les ennemis les plus vigilants avant de leur administrer le coup de grâce.
  • Word Bearers : Zèle Profane : Les Word Bearers guerroient pour la gloire du panthéon du Chaos, vibrant de fanatisme jusqu’à l’extase sous l’effet de leur catéchisme blasphématoire et des promesses des Puissances de la Ruine.


« Haïssez l’hérétique, car son cœur ne recèle qu’amertume et sa main ne dispense que la mort. Maudissez l’hérétique, car son âme est en proie aux flammes d’une passion impie qui consume tout en lui. Tuez l’hérétique, car sa force ne sert que la gloire de ses dieux maléfiques, et son corps n’est qu’une arme vouée à verser le sang. Abjurez l’hérétique, car il a fait serment de sacrifier les fidèles sur l’autel des ténèbres. Que la guerre vienne mettre à bas l’édifice de ses sombres pactes et le renvoie dans le néant où il est né ! »

Les Space Marines du Chaos

« C’est le lot du faible que de mourir dans l’anonymat, et la destinée du fort que de régner pour l’éternité. Donnez-moi la gloire, ou donnez-moi la mort ! »
- Gauwe Psgas.
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MORT AU FAUX EMPEREUR !
Jadis, les Space Marines, gardiens de l’Humanité, étaient frères. Ils étaient recrutés au sein des meilleurs peuples guerriers puis améliorés génétiquement pour atteindre des capacités surhumaines et étaient dotés des meilleures armes de la galaxie. Iles étaient unis dans leur foi en l’Empereur et l’avaient accompagné au cours de sa Grande Croisade, l’aidant à rassembler les mondes isolés sous l’égide de l’Imperium. C’était un âge d’or de hauts faits et d’héroïsme jusque-là inégalés.

Puis vint l’apocalyptique guerre civile connue sous le nom de l’Hérésie d'Horus. L’Imperium fut désuni, cette fracture se ressentit sur chaque monde et au sein de chaque institution. Son point de départ fut une trahison qui à ce jour, dix mille ans plus tard, n’a toujours pas été pardonnée.

La moitié des Space Marines renoncèrent à leur serment d’allégeance à l’Empereur, mais ce n’était pas là une simple rébellion car ces renégats étaient tombés sous la coupe des diaboliques Dieux du Chaos, des entités infernales issues du Warp, rognant les frontières de la réalité et avides de se nourrir des âmes de l’Humanité. Les Puissances du Chaos promirent l’immortalité aux renégats, ainsi que le pouvoir nécessaires à l’assouvissement de leurs désirs les plus secrets. Ils n’auraient plus qu’a se servir de l’univers comme bon leur plairait, sans rendre de compte à quiconque. Le Chaos ouvrit les bras, et les égarés et les damnés l’éteignirent.

Ils furent pourtant vaincus, d’une part grâce au sacrifice suprême de l’Empereur, d’autre part grâce à la loyauté sans faille de leurs anciens frères Space Marines. Chassés du royaume des mortels jusqu’à cette plaie béante dans le flanc de la réalité qu’est l’Œil de la Terreur, ils y découvrirent que la vie éternelle que leurs avaient promise les Dieux du Chaos les avait conduit dans un abîme de mort, de mutation et de démence. Seule la damnation les attendait au bout de la route, suivie d’une éternité de servitude dans les ténèbres.

Ils poursuivent pourtant leur lutte sans regretter leur choix, puisant leurs forces dans la haine et l’amertume qui les rongent depuis dix millénaires. Les Space Marines du Chaos utilisent les capricieux pouvoirs des dieux du Chaos pour mener une lutte sans fin contre l’Imperium et son Maître, et ne s’arrêteront que lorsque ce dernier sera défait et que les dieux impies régneront sur l’univers.

Que Brûle la Galaxie

« L’hérésie est comme un arbre. Ses racines plongent dans les ténèbres tandis que ses feuilles bruissent au vent, et ont un aspect paisible et attrayant. Mais pendant ce temps, les racines plongent toujours plus profondément dans le sol, se nourrissant de cette noirceur. Telle est la nature de l’hérésie : elle doit être éradiquée de la plus haute branche à la plus plus profonde racine, sinon elle reviendra encore et encore, jusqu’à ce qu’elle soit trop forte pour être détruite, et qu’elle précipite notre perte. »
- Maître Galan Noirgrim, Prélude à l’Abominatus.

Une tumeur immonde infecte le cœur de l’Imperium. Dans les circonvolutions de l’Œil de la Terreur, au milieu des nuages de gaz du Maelström, sur des lunes ténébreuses et des mondes sans vie, se cachent les forteresses menaçantes et les flottes de guerre des Space Marines du Chaos. Ils étaient jadis des guerriers fiers et majestueux, mais ils sont aujourd’hui devenus les champions cyniques de dieux capricieux et dominateurs, des êtres égoïstes qui ne servent que leurs propres ambitions.

Les Space Marines du Chaos sont des adversaires terrifiants et redoutés de ceux qui ont eu le malheur de les affronter, car ils sont dotés des pouvoirs surhumains et de l’arsenal supérieur des Space Marines, mais également des dons que leurs dieux leur ont conférés suite à des pactes impies. Comme si cela ne suffisait pas, ils marchent au combat aux côtés de machines démoniaques qui dépassent l’entendement des Technoprêtres de l’Adeptus Mechanicus de Mars.

Depuis dix mille ans, les Légions et les Chapitres renégats pillent et brûlent les mondes de l’Empereur, mais leur existence même, ainsi que l’ampleur de leurs ravages, ont été effacées de toutes les archives des planètes par l’Inquisition, de peur que la gangrène de la rébellion ne se répande dans l’Imperium. La Longue Guerre fait rage à l’insu des populations tandis que loyalistes et rebelles s’affrontent sans merci pour décider du futur de l’Humanité.

La Voie de la Damnation

Lorsqu’un Space Marine tombe en disgrâce, sa déchéance est mille fois pire que celle d’un homme normal.
De même que tout homme de pouvoir, un Space Marine peut consacrer sa vie à faire le bien tout autant que le mal. Il a été biologiquement modifié pour devenir un surhomme, et bénéficie des armes et du matériel les plus perfectionnés afin de devenir le plus grand défenseur de l’Empereur. Le corps d’un Space Marine est amélioré pour le protéger des armes de ses ennemis, et son esprit est entraîné afin d’ignorer la douleur, la tentation et le désespoir. Devenir un Space Marine, c’est se dédier corps et âme à la poursuite d’un but unique : la protection de la race humaine. Les populations qui vivent sous leur garde ne peuvent pas réellement comprendre le sacrifice auquel ils ont consenti, car les Space Marines ont perdu cette parcelle d’humanité qui habite pourtant ceux qu’ils ont juré de défendre.

C’est pourquoi lorsqu’un Space Marine tombe en disgrâce, sa déchéance est mille fois pire que celle d’un homme normal. Sa vie de privations et d’altruisme est abolie tandis qu’il mord à pleines dents dans cette indépendance nouvellement acquise. Affranchi de ses traditions, de ses contraintes et de ses responsabilités, il peut satisfaire le moindre de ses caprices, qu’il s’agisse d’apaiser sa soif de sang, de plaisirs sensuels, d’ambition, d’amour ou de haine. Libérées du joug de ses obligations passées, sa force physique et ses prouesses mentales peuvent servir à accomplir les actes les plus vils sans qu’il ressente de la pitié, des remords ou la moindre compassion. La volonté d’un Space Marine est comme un barrage retenant un lac ; lorsqu’elle s’effondre, les conséquences sont catastrophiques.

Les Space Marines du Chaos se tournent alors vers la seule chose qu’ils savent faire : la guerre. Même s’ils ont renié leurs idéaux, leurs capacités martiales n’en sont pas diminuées le moins du monde. Une fois libéré du frein de l’ordre et des missions qui lui étaient confiées, un Space Marine devient un tueur psychopathe sans morale. Il assouvit ses désirs à l’envi, se réjouissant de la mort et du désespoir qu’il sème. Certains ne dépassent pas ce point et deviennent des pirates et des parias sanguinaires pour le restant de leur vie. D’autres explorent plus profondément le côté obscur de leur âme et parcourent la galaxie afin de connaître de nouvelles expériences. Autrefois serviteur de l’Empereur et de son Chapitre, le Space Marine du Chaos est dorénavant son propre maître et n’hésite pas à soumettre à sa volonté les populations de planètes entières. Il suit parfois une autre voie et se voue à l’étude de textes interdits ou à la poursuite d’une passion inavouable. Certains poussent leur corps et leur esprit jusqu’à leurs limites et s’automutilent, ou au contraire s’offrent des plaisirs indicibles à la recherche de sensations qu’ils n’auraient jamais dû connaître.

Être un Space Marine du Chaos, c’est éprouver une supériorité de droit divin sur les autres races. Un Space Marine ne ressent pas la peur, et une fois qu’il a brisé les chaînes de la servitude, il ne craint ni la vengeance ni le châtiment. Chez la plupart des Space Marines du Chaos, les souvenirs du passé sont peu à peu noyés dans le sang qu’ils versent et les sensations qu’ils découvrent, tandis que l’expectative du futur n’est qu’un tourbillon de rêves et d’espoirs furtivement entrevus. En se vouant aux Dieux du Chaos, un Space Marine voit sa nouvelle existence non seulement approuvée, mais aussi récompensée. L’euphorie qui l’envahit quand il réalise ses fantasmes vient supplanter sa précédente vie d’ascèse et d’obédience, et lui fait oublier jusqu’à la fierté qu’il avait ressentie en rejoignant les rangs des Space Marines.

Tout Space Marine marche constamment au bord de l’abîme de cette tentation. Il ne peut ignorer cet aspect de lui-même, car l’enseignement des Chapelains et l’histoire de son Chapitre lui rappellent sans cesse ce qu’il risque s’il manque à son devoir. Ainsi, quelles que soient les circonstances, un Space Marine ne suivra jamais inconsciemment la voie du Chaos. Il devra tôt ou tard choisir de son propre gré entre une liberté dépravée et une servitude honorable. Cependant, une fois prise, cette décision est irréversible, car dès qu’il renonce à l’Empereur et opte pour la voie du Chaos, un Space Marine est damné pour l’éternité.

La Création des Space Marines

Pour comprendre les origines des Space Marines du Chaos, il faut plonger dans la préhistoire de l’Imperium, à l’époque des Guerres d'Unification de Terra, et de l’avènement de l’Empereur. Au cours de l’Ère des Luttes, les tempêtes Warp, les invasions extraterrestres et la guerre civile divisèrent le domaine que l’humanité avait établi à travers la galaxie. Les mondes furent isolés les uns des autres et des technologies inestimables furent perdues à jamais, laissant les planètes à la merci de leurs adversaires. Lorsque l’Empereur quitta Terra pour se lancer dans la quête visant à réunifier l’humanité, il était à la tête d’une armée de guerriers surhumains génétiquement améliorés : les prédécesseurs des Space Marines. En effet, c’est après avoir vaincu les technobarbares des steppes et s’être assuré l’obéissance des autres tribus que l’Empereur tourna son regard vers les étoiles. Ses guerriers dominaient tous leurs adversaires de Terra, mais l’Empereur connaissait les dangers et les créatures tapies dans la pénombre du vide spatial. Il décida de perfectionner ses techniques d’altération génétique pour mettre sur pied une armée capable de conquérir la galaxie. C’est ainsi qu’il se servit de son propre code génétique pour mener des expériences dans le cadre du programme Primarques, et qu’il parvint à créer vingt surhommes, des êtres dont l’intelligence égalait presque la sienne et dont la force physique dépassait celle de dix hommes réunis. Ces dieux parmi les hommes étaient un chef-d’œuvre de science mystique. Ils étaient destinés à réunifier les royaumes humains.

Alors qu’approchait l’heure de son triomphe, un désastre survint. Les Dieux du Chaos étaient jaloux du pouvoir de l’Empereur et craignaient l’accomplissement de ses ambitions, et ils dérobèrent les embryons des Primarques. Grâce aux pouvoirs du Warp, ils les dispersèrent loin de Terra, sur des mondes humains à l’autre bout de la galaxie. Peut-être est-ce au cours de cet événement que le Chaos caressa pour la première fois la conscience des Primarques et murmura dans leur esprit tandis qu’ils dormaient dans leurs capsules d’incubation, semant ainsi les graines de l’hérésie. En dépit de la disparition des Primarques, tout n’était pas perdu. L’Empereur avait beaucoup appris de ses expériences, et avec les patrimoines génétiques des Primarques, il donna naissance aux Space Marines.

La Grande Croisade

L’Empereur fonda vingt Légions, chacune bénéficiant du patrimoine génétique d’un Primarque. Elles alignaient parfois jusqu’à des centaines de milliers de combattants équipés d’armes mortelles et transportés par leurs propres flottes spatiales. De telles forces étaient capables de mettre à genoux des systèmes solaires entiers et grâce à elles, l’Empereur se mit en route afin de reconquérir cette galaxie hostile au nom de l’Humanité. C’est ainsi que débuta la Grande Croisade.

Les planètes revinrent les unes après les autres dans le giron impérial. Certaines accueillirent avec allégresse les guerriers de Terra, tandis que d’autres s’opposèrent à leur hégémonie. Mais cela n’avait pas d’importance, car aucune armée n’était en mesure de résister aux Légions des Space Marines Tandis que la Grande Croisade sillonnait la galaxie, les Primarques furent peu à peu retrouvés sur les mondes perdus, jusqu’à ce qu’ils fussent enfin tous réunis au côté de l’Empereur et devinssent ses généraux et ses conseillers. Chaque Primarque reçut le commandement de la Légion qui avait été créée à partir de son patrimoine génétique. Une fois que celles-ci eurent retrouvé leur père, l’Empereur retourna sur Terra afin de continuer ses recherches et d’établir les fondations du futur empire de l’Humanité. Les Primarques conquirent des milliers de planètes alors qu’ils repoussaient sans cesse les frontières des domaines de l’Empereur avec une vigueur et un enthousiasme inextinguibles. Les exploits de chaque Légion et ceux de leurs Primarques ne sauraient être tous contés ici tant ils furent nombreux, mais il suffit de dire que ce fut un âge d’or pour les serviteurs et les armées de l’Empereur.

Pourtant, en cette heure de gloire naquit un ennemi qui allait mettre à genoux cet Imperium naissant. Bien qu’aucune race extraterrestre ne fût à même de vaincre les Space Marines, les graines de la destruction que le Chaos avait semées avaient eu le temps de germer. La plus grande menace pesant sur l’Imperium vint non pas des entités xenos qui l’entouraient, mais des Space Marines eux-mêmes.

Celui qui engendra cette traîtrise et donna son nom à la rébellion qui s’ensuivit n’était autre qu’Horus, le plus adulé des Primarques.

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L'Hérésie d'Horus

« Horus était faible, Horus était stupide. Il tenait la Galaxie dans sa main et il l’a laissée s’échapper. »
- Abaddon le Fléau.

Bien que ses sources aient depuis longtemps succombé à l’ouvrage du temps, le Liber Historica Vangelia, rédigé au trente-quatrième millénaire, retrace la naissance de l’Imperium après que les tempêtes Warp qui entouraient Terra se furent dissipées, il y a environ onze milliers d’années de cela. Vangelia lie cet événement à la Chute des Aeldaris, clamant que l’onde de choc psychique engendrée par la naissance de la puissance du Chaos nommée Slaanesh libéra Terra de son long isolement et fut le point de départ de tout ce qui suivit.

L’Empereur, qui s’était préparé à la dissipation de ces tempêtes, partit immédiatement à la reconquête des anciens domaines de l’Humanité et Ses vastes armées de guerriers humains, parmi lesquels figuraient les premiers Space Marines améliorés génétiquement, adhérèrent à cet idéal et s’y employèrent sans relâche.

Vangelia fait référence aux campagnes héroïques d’alors :

« Au nom de notre Souverain, l’emprise des Asservisseurs sur les mondes touchés par la tempête Warp Pirithus fut brisée, des empires Orks furent purgés, les dédales bruyants des Hrud réduits au silence et les Paramors de la Faille de Morpheus pourchassés sans répit. L’Empereur ne montrait aucune pitié pour Ses ennemis et rayonnante était la lumière du Sauveur de l’Humanité. »

En dépit de succès immédiats, les débuts de la Grande Croisade furent ternis par l’absence des Primarques, ces vingt fils surhumains de l’Empereur crées par ses laboratoires génétiques dans les années qui précédèrent la dissipation des tempêtes. Un mystérieux incident, ou peut-être l’intervention de puissances opposées à la cause impériale, avait dispersé les Primarques nouveau-nés. Néanmoins, l’Empereur et Ses fils perdus furent bientôt réunis à mesure que Sa croisade se poursuivait, il retrouva chacun d’entre eux sur un monde humain différent, où tous s’étaient élevés à des positions de prestige parmi les populations locales.

Les Primarques différaient par leurs aptitudes et leur éducation, mais formaient une fraternité soudée. Accompagnés de leurs légions de Space Marines, dont chacune avait été conçue selon leurs schémas génétiques, ils conquirent la galaxie au nom de leur père. Ce fut à cette époque que se révélèrent leurs forces, mais aussi, hélas, leurs faiblesses, car même si leurs corps étaient impressionnants, leurs âmes n’étaient que trop humaines et par là même faillibles.

Comme il en va pour chaque homme, le Chaos murmura à l’oreille des Primarques. La différence était que ceux-ci n’étaient pas de simples mortels parmi des milliards d’autres, mais des demi-dieux au sein de l’Humanité, et leur déchéance n’en fut que plus calamiteuse. Les pêchés qui guettent chacun d’entre nous germèrent dans leur conscience, et le plus insidieux d’entre eux fut l’orgueil.

La Grande Croisade avait atteint les Bordures Orientales quand l’Empereur décida d’en confier la direction au Primarque Horus, guerrier et meneur d’hommes consommé, récompensé par le titre de Maître de Guerre en reconnaissance de ses capacités. Lui-même retourna sur Terra pour consolider Son pouvoir récemment acquis et orchestrer la naissance de l’Imperium depuis Son monde natal.

Les archivages concernant les faits qui suivirent le départ de l’Empereur sont peu nombreux. Vangelia affirme cependant qu’Horus se tourna contre le commandeur impérial séparatiste du système d’Istvaan III et qu’il ne voulut pas perdre de temps en pourparlers ou en négociations : aucune demande formelle de reddition ne fut avancée ni aucune offre faite. Au lieu de cela, Horus fit bombarder de charges virales la surface d’Istvaan III, et tandis que celles-ci libéraient leur contenu mortel, toute la masse biologique de ce monde connut une dégénérescence instantanée. Il ne fallut que quelques minutes après les détonations pour que tous les humains, animaux et plantes se liquéfient en tas informes de matière pourrissante, puis les gaz émis par ce processus de décomposition accéléré s’enflammèrent et baignèrent la planète entière dans un ouragan de nuages ardents, qui transforma les Cités-ruches scellées en gigantesques fours. Douze milliards d’êtres périrent en ce jour et l’écho psychique de leur cri d’agonie collectif se réverbéra dans le Warp, où il résonna dans les royaumes éternels du Chaos et fit même vaciller la sainte lueur de l’Astronomican.

Le Massacre du Site d’Atterrissage sur Istvaan V.
À l’instant même où Istvaan III succomba, l’Empereur sut que quelque chose d’horrible s’était produit, et Il envoya sept de Ses légions trouver Horus afin de lui faire rendre compte de ses actes.

Les forces du Maître de Guerre s’étaient redéployées sur Istvaan V, où la première vague de troupes loyalistes procéda à une descente orbitale. Les détails restent obscurs sur ce qui est désormais retenu comme le Massacre du Site d’Atterrissage, car seule une poignée Space Marines y survécut et leurs frères n’ont jamais souhaité communiquer leurs témoignages. Selon le Mythos Angelica Mortis, la Raven Guard, les Iron Hands et les Salamanders, qui composaient le premier groupe d’assaut, furent pris au dépourvu par la férocité de la contre-attaque des traîtres. Encerclés sur le site d’atterrissage, ils voulurent tenter un repli et découvrirent alors qu’ils avaient été trahis par les légions de la seconde vague, listées par le Libra Historica comme étant les Iron Warriors, les Emperor’s Children, les World Eaters et la Death Guard. Pris au piège entre elles et les armées d’Horus, les loyalistes furent presque massacrés jusqu’au dernier.

Suite à ce carnage, la déchirure de l’Imperium donna lieu à une guerre civile à l’échelle galactique. L’empire pour lequel tant d’hommes s’étaient sacrifiés avait été ébranlé en l’espace d’une journée, les légions de Space Marines s’étaient divisées et les frères s’opposèrent dans un conflit engendré par leur propre folie. Il n’y eut, ni avant ni depuis, un équivalent au bain de sang que fit couler cette guerre. La férocité dont les hommes peuvent faire preuve contre des espèces étrangères n’est rien comparée à celle qu’ils déploient pour s’affronter entre eux.

Sur un million de monde, les dirigeants qui avaient juré fidélité à Terra renoncèrent à leurs vœux. Des gouvernements cooptés et intégrés à un fonctionnement commun rejetèrent ce qu’ils considéraient comme les entraves imposées par une loi injuste et régressèrent à leur état pré-impérial. Là où autrefois prévalait Sa parole régnaient désormais le désordre et l’anarchie.

Partout, les serviteurs du Chaos, auparavant forcés de vivre dans l’ombre, se levèrent par milliers. Les Légions renégates ravagèrent les quatre coins de la galaxie et commirent des actes qui attestaient de leurs nouvelles allégeances.

Les effectifs de l’Adeptus Mechanicus furent eux aussi morcelés par le schisme, et plus de la moitié des Titans tournèrent contre leurs semblables des armes capables d’embraser des villes entières. Les Iron Warriors bombardèrent le paradis verdoyant qu’était Tallarn et en firent le désert aride et pollué que l’on connaît aujourd’hui. Sur Logres, un million de krilliculteurs furent réduits en esclavage et tous périrent en l’espace d’une semaine lorsque les Emperor’s Children scellèrent leur pacte avec Slaanesh.

Horus et ses hordes passèrent de secteur en secteur, s’enfonçant inexorablement vers le Segmentum Solar. Ayant récupéré de leur surprise initiale, les armées de l’Imperium s’opposèrent à eux et leur contestèrent la possession de chaque monde grâce à l’appui des Space Marines et des Légions Titaniques loyalistes, mais alors qu’elles commençaient à faire tourner la guerre en leur faveur, Horus prouva une fois encore ses talents de stratège.

Son intention avait en fait toujours été de porter à l’Imperium un coup unique et décisif, et c’était Terra qu’il avait dans sa ligne de mire. Quand survint l’attaque, les loyalistes furent pris en défaut, car la majorité des légions de l’Empereur étaient trop éloignées pour pouvoir intervenir à temps.

Le Siège du Palais de l’Empereur fut sans conteste l’heure la plus sombre de l’histoire de l’Humanité. Alors que les cieux de Terra s’emplissaient de modules d’atterrissage et d’engins d’attaque Dreadclaw, seules trois légions restées fidèles se tenaient aux côtés de l’Empereur. Même s’Il avait toujours été guidé par un don inné de prescience, le futur au-delà de ce jour Lui demeurait caché.

Au moment même où sa victoire semblait acquise, Horus abaissa les boucliers qui protégeaient son vaisseau. Nul ne saura jamais s’il fut poussé à le faire par le regret de ne pas s’être battu ou par le désir d’être psychiquement le témoin de la mort de son père, mais à l’instant même où l’Empereur fut conscient de la présence du traître à bord, Il sut ce qu’Il avait à faire. Rassemblant autour de Lui Ses compagnons les plus proches, dont les Primarques Rogal Dorn et Sanguinius, Il fut téléporté avec un petit groupe de Ses défenseurs sur la barge de bataille du Maître de Guerre. Cette manœuvre désespérée Lui laissait une ultime opportunité de sauver la race humaine, dont le temps risquait de toucher à sa fin.

A bord du vaisseau d’Horus, tous se retrouvèrent séparés et eurent à affronter seuls une marée d’atrocités engendrées par le Warp. L’Empereur parvint à se frayer un chemin jusqu’au pont supérieur, où Il trouva, debout sur le corps brisé de son frère Sanguinius, Primarque de la légion des Blood Angels, le Maître de Guerre qui se tourna pour faire face à son créateur. En un éclair, les deux surhommes se retrouvèrent engagés dans un combat digne de dieux vivants.

Ce fut l’Empereur qui en sortit vainqueur et jeta du haut du pont le corps sans vie de celui qui avait été Son fils favori. Horus avait été vaincu et sa résonance dans le Warp annihilée. La bataille pour Terra, l’Imperium et le sort de l’Humanité venait d’être remportée, cependant, cette victoire avait eu un terrible prix et la douleur Le submergea lorsqu’Il laissa enfin les blessures infligées par Son ennemi avoir raison de Son corps. Seul Son enchâssement dans les systèmes de survie du Trône d’Or spécialement conçu pour Lui empêcha la mort de venir Le prendre.

Terra était en ruine et ses cités rasées, ses blessures étaient telles que les plaques tectoniques grondaient après le traitement que leur avaient infligé les bombardements orbitaux. Les hordes du Chaos en déroute avaient laissé derrière elles tant de destruction que ni la réhabilitation de Terra, ni même la reconstitution de l’Imperium ne pourrait effacer les stigmates de l’Hérésie.

La loi d’Horus n’était pas parvenue à se substituer à celle de l’Empereur, mais l’Humanité n’en avait pas moins été à deux doigts de l’annihilation totale. L’Imperium était en lambeaux et les renégats qui se replièrent dans l’Œil de la Terreur savaient que leurs légions se lèveraient à nouveau pour revenir se battre. Parmi eux se trouvait Abaddon, Capitaine de la Première Compagnie des Sons of Horus, qui emporta avec lui le cadavre du Maître de Guerre et se jura comme tous les siens que s’il le fallait, il se battrait toute l’éternité pour épancher sa haine.

La Longue Guerre venait de commencer.

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Les Croisades Noires

« A douze reprises le Fléau a tenu entre ses mains le destin de la galaxie, réclamant ainsi ce qui lui revenait de droit. J’ai à présent la conviction qu’une logique insondable et supérieure préside à la destinée d’Abaddon, mais j’ignore toujours pourquoi il n’a pas demandé les faveurs que les Puissances de la Ruine n’auraient pas manqué de lui accorder. Pourquoi continue-t-il à marcher parmi les mortels alors que l’accès au rang de Prince Démon lui était acquis pas moins de douze fois ? La seule réponse que j’ai pu trouver est que le Fléau n’aspire pas à l’abstraction ni aux pouvoirs spirituels de l’Empyrean, non, ce qu’il recherche, c’est la puissance physique et matérielle. Abaddon se laisse guider par sa haine et son amertume, de sorte qu’il ne connaîtra pas de repos tant que le tort fait à lui et aux siens par l’Empereur dix mille ans plus tôt ne sera pas réparé. Peut-être qu’après avoir mené sa Treizième Croisade Noire, il considérera sa mission accomplie et que, seulement alors, il acceptera l’élévation au rang de Prince Démon, marchant sur un Imperium en cendres. »
- L’Archiviste Hérétique du Reclusium de Gethsemane (exécuté en 963.M41).
La Longue Guerre continue !
Environ une fois toutes les dix générations, un grand Champion du Chaos émerge de l’Œil de la Terreur. Grâce à sa volonté et aux faveurs des Dieux Sombres, il parvient à forger une alliance fragile entre tous les serviteurs du Warp, rassemblant derrière lui un immense ost du Chaos composé de Space Marines renégats, de Démons, de mutants et d’hérétiques.

Les forges infernales des Mondes Démons résonnent du vacarme d’une sinistre industrie afin de produire les armes et les armures que porteront les guerriers de l’Élu. Des Machines-Démons sortent de leur torpeur tandis que des factions rivales s’affrontent pour s’assurer le commandement des bandes de guerre du Chaos.

Lorsqu’une Croisade Noire débute enfin, le Warp vomit les hordes diaboliques du Chaos : armées de Démons, monstres repoussants aussi grands que des immeubles, nuées de Cultistes, tribus de mutants et antiques Titans du Chaos. À la tête de ces osts cauchemardesques se trouvent les Légions Space Marines d’antan, unies sous la bannière de leur champion dans le seul but de semer la destruction au sein de cet Imperium qu’ils haïssent tant.

Les Croisades Noires les plus dangereuses sont celles d’Abaddon le Fléau. À treize reprises, il a jailli des Mondes-Démons de l’Œil de la Terreur pour apporter la mort à ses ennemis, frappant à chaque fois au cœur de l’Imperium tel une lame empoisonnée. Chacune de ces attaques a ravagé les mondes proches de l’Œil de la Terreur et mit l’Imperium à genoux, cependant la Treizième Croisade Noire semble sur le point d’éclipser toutes les autres. Beaucoup de stratèges impériaux pensent que les douze premières campagnes n’étaient que le prélude de celle-ci, et quelles convergeaient toutes vers un même objectif : l’ouverture de la Grande Faille et l’invasion de Terra.

Le Chemin Sanglant

Abaddon compte bien réussir là où Horus a échoué, en battant en brèche les murs du Palais Impérial et en arrachant le cadavre de l’Empereur au Trône d’Or. Au fil des millénaires, chacune de ses conquêtes lui a permis de progresser graduellement de l’Œil de la Terreur vers le Système Solaire. En revanche, nul ne s’était aperçu que ses actions avaient pour conséquence d’affaiblir le voile entre les mondes.

Au cours des années passées aux abords de l’Œil de la Terreur, Abaddon découvrit un secret à propos des barrières qui existent entre le Materium et l’Immaterium. D’antiques monolithes en pierre noire constellaient la galaxie, et même s’ils étaient lisses en apparence, ils recelaient des systèmes très complexes. Un grand nombre de ces structures se trouvaient sur le Monde-Forteresse de Cadia, où la population les nommait simplement "pylônes" sans s’y être jamais intéressé. Abaddon avait compris que c’étaient pourtant ces monolithes qui assuraient la stabilité de la Porte Cadiane, car ils empêchaient les énergies du Warp de se déverser dans l’espace réel depuis les profondeurs de l’Œil de la Terreur.

Pendant des milliers d’années, le Fléau a envoyé ses agents à travers la galaxie afin de localiser ces monolithes de pierre noire. Il passa de longues années à cimenter ses alliances et à passer des pacte avec les Légions de traîtres et leurs Primarques corrompus. Petit à petit, Abaddon a mis sur pied un plan visant à détruire ces structures, en dissimulant ses objectifs et en allant jusqu’à utiliser de Croisades Noires entières comme leurres pour cacher ses intentions. Au fil de plusieurs invasions planétaires, Abaddon détruisit ces structures où qu’elles se trouvassent, parfois personnellement, d’autres fois par le biais de ses agents ou à bord de son navire, le Tueur de Planètes, voire d’une des immenses Forteresses Noires dont il s’était emparé lors de la Guerre Gothique.

La dernière et la plus importante de ces campagnes de destruction eut lieu sur Cadia. La Treizième Croisade Noire fit de tels ravages que les Démons purent franchir le voile entre les univers et persister dans le monde réel afin de semer la mort. La démolition des monolithes de pierre noire de Cadia fut totale, et fut la clé de voûte d’un plan diabolique qui avait déjà précipité des événements catastrophiques sur Pandorax, Fenris, sur la Planète des Sorciers et sur une dizaine d’autres planètes essentielles pour les objectifs d’Abaddon. Soudain, toutes les armes du Chaos furent en mesure de se déverser dans l’univers réel, tel du sang d’une plaie béante. Abaddon avait bel et bien réussi à ouvrir littéralement les portes de l’enfer.

Alors que la galaxie s’ouvrait en deux et que des milliers de tempêtes Warp éclataient, les Légions de traîtres et les Chapitres renégats qui avaient juré allégeance au Maître de Guerre formèrent l’avant-garde de l’invasion. Leur force a plongé au cœur du Système Cadian avant de le traverser de part en part. Abaddon se moque des pertes subies par son armée, car sa seule préoccupation est de verser suffisamment de sang sur le champ de bataille afin d’être en mesure d’invoquer ses alliés démoniaques, dont les effectifs sont inépuisables. Abaddon compte réitérer cette stratégie sur chaque planète sur sa route. Chaque invasion planétaire rapproche un peu plus les Space Marines du Chaos de Terra, tandis que les armées des Seigneurs Démons suivent dans leur sillage sanglant.

Une fois Cadia réduite en tas de ruines fumantes, la Cicatrix Maledictum a été utilisée comme une arme par Abaddon au cours des étapes suivantes de son invasion. Elle s’étire derrière la Treizième Croisade Noire, agitée par les remous suscités par les carnages perpétrés par les armées du Chaos. Simultanément, des dizaines de Chapitres renégats ont jailli de l’anomalie qu’on nommait auparavant le Maelström afin de se déverser dans le Segmentum Solar, ce qui a obligé les Space Marines et leurs renforts Primaris à s’éparpiller pour faire face sur des centaines de fronts. Abaddon a enfoncé une serre surnaturelle dans le Segmentum Solar dans le but de précipiter la perte de l’Imperium. Les Hauts Seigneurs de Terra vivent dans la crainte constante de voir l’espace réel imploser totalement, et envoient sans cesse des armadas pour tenter de mettre un terme aux ravages d’Abaddon et de ses osts. Alors que le dernier acte de ce drame galactique est sur le point de s’achever, une chose est sûre : il n’y a que la guerre.

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Les Légions Renégates

« Ceux qui gravissent les marches vers la gloire risquent de tomber de plus haut dans l’abîme de la damnation. »
- Melothrucius Lux.
Le Chemin de la Gloire

Les Astartes Hérétiques partagent tous une soif de pouvoir sans limites. Au départ, leurs désirs se portent vers des objectifs spécifiques, mais alors que le temps passe, ils deviennent obsédés par leurs ambitions. Même si les Dieux Sombres peuvent récompenser leurs serviteurs mortel qui commettent des carnages en leur nom, les dons qu’ils accordent sont imprévisibles. Un tueur impitoyable pourra ainsi se voir récompensé par une aura écarlate qui le galvanisera, à moins que se s bras se transforment en hachoirs osseux, ou que son visage prenne l’aspect d’un molosse enragé. Un Space Marine cherche à atteindre le rang ô combien convoité de Prince Démon. Cependant, il n’y a guère plus d’un élu pour des milliers d’aspirants qui finissent sous la forme de monstruosité qu’on nomme Enfants du Chaos.

Les Légions renégates sont les ennemis jurés de l’Humanité depuis l’époque de l’Hérésie d’Horus. Les Space Marines du Chaos ont connu d’affreuses mutations au cours de leur longue existence, car leurs corps ont été corrompus sous l’influence du Warp, afin de prendre une apparence plus en accord avec les goûts de leurs dieux tutélaires.

L’Hérésie d’Horus est un des mythes de l’Imperium dont le citoyen moyen ignore tout du tumultueux avènement. Dix mille ans d’histoire ont occulté ces jours sombres où Horus faillit asservir et sacrifier l’Humanité au Chaos. Leurs chroniques complètes demeurent exclusivement entre les mains de l’Ordo Malleus, et peut-être dans les souvenirs de l’Empereur en personne.

Cependant, le temps s’écoule différemment dans l’Œil de la Terreur et ces renégats mêmes qui hurlaient leurs prières aux dieux impurs devant le Palais de l’Empereur vivent encore. Leur défaite les ronge comme une gangrène, et la haine pour cet Imperium qu’ils contribuèrent à forger ne s’est jamais atténuée. Ces guerriers, qui étaient tous de puissants Space Marines, sont devenus des pillards cyniques et amers, voués à détruire ce qu’ils avaient juré de protéger. Pour ces hommes, l’Hérésie d’Horus n’est pas un événement inscrit dans une époque oubliée, mais un conflit qui n’a jamais trouvé sa conclusion, une guerre qu’il leur faut poursuivre.

Il ne reste pas grand-chose des Légions disciplinées qui se battirent sur Terra. Des millénaires de jalousies et de conflits internes les ont séparées en bandes de guerre et compagnies de tailles variées. Chacune est menée par un capitaine ou par un Champion du Chaos poursuivant sa destinée. Les plus fervents zélateurs des puissances de la ruine se regroupent pour former des escouades bénies par leur divinité tutélaire, dont ils portent la marque sur leurs armures et dans leur chair. Cependant, la plupart ont juré fidélité au Chaos dans son ensemble. D’autres se laissent posséder par des Démons, permettant ainsi aux créatures du Warp de s’aventurer dans la réalité à l’intérieur d’une enveloppe charnelle.

La plupart des Space Marines du Chaos ont échappé à la démence qui règne sans partage sur les Mondes-Démons, en gardant intacte leur soif de vengeance. Ils sont transportés par d’anciens vaisseaux de guerre qui ont survécu à l’Hérésie, mais qui sont recouverts de décorations baroques et défigurés par les cicatrices d’antiques batailles. Les Légions renégates capturent également des Space Hulks à la dérive et les remettent en état de marche pour en faire de vastes barges de bataille, à même de transporter des milliers de fantassins.

À bord de ces navires, les Marines du Chaos attaquent et pillent les mondes de l’Empereur, pour réduire les populations en esclavage et récupérer les armes et les munitions qui leur permettront de mener les prochaines offensives, mettant en danger l’existence des planètes qui bordent l’Œil de la Terreur.


LES LÉGIONS RENÉGATES
BlackLegionSymbole.jpg Logo Death Guard.png ThousandSonsSymbole.jpg
BLACK LEGION DEATH GUARD THOUSAND SONS
AlphaLegionSymbole.jpg IronWarriorsSymbole.jpg link=Night Lords
ALPHA LEGION IRON WARRIORS NIGHT LORDS
WordBearersSymbole.jpg WorldEatersSymbole.jpg EmperorChildrensSymbole.jpg
WORD BEARERS WORLD EATERS EMPEROR’S CHILDREN


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Renégats du Chaos

« J’ai pris des milliers de vies pour l’Empereur et il ne m’a accordé que son silence. Désormais ses roquets aboient chaque fois que je tue, alors que les dieux me promettent la galaxie. »
- Svane Vulfbad.
La Marque de l’Hérétique

Qu’il soit un traître aussi vieux que l’Imperium ou un renégat ayant récemment retourné sa veste, un Space Marine du Chaos est lentement métamorphosé par les puissances surnaturelles qu’il vénère, afin que son apparence soit l’écho de son âme. Les énergies du Warp fusionnent sa chair avec son armure, jusqu’à ce qu’elles ne fassent plus qu’un, tout comme l’esprit du porteur fusionne avec l’esprit de la machine de son équipement. Au fil des années, un Space Marine du Chaos obsédé par la mort verra son casque se transformer en crâne greffé sur son propre visage, alors que celui qui aura pris l’habitude de festoyer avec la chair de ses victimes verra ses intestins se mêler aux câbles énergétiques de son armure, jusqu’à ce qu’il devienne une machine à digérer. Bien souvent, ces anatomies perverties rappellent les formes et les couleurs des serviteurs démoniaques du dieu auquel le Space Marine a juré allégeance, afin d’afficher clairement l’appartenance de son âme.

Les Space Marines qui succombent au Chaos ne proviennent pas tous des Légions de Traîtres. Chaque millénaire, des dizaines de Chapitres désabusés ou avides de pouvoir font sécession. Seuls les Hauts Seigneurs et l’Inquisition ont une idée précise de l’ampleur de la corruption, même si certains renégats ont atteint une telle notoriété que leur histoire est connue dans des secteurs entiers.

Au fil des siècles, les forces du Chaos ont été rejointes par des Space Marines qui se sont détournés de la lumière de l’Empereur pour poursuivre leurs propres buts. Libérés des dogmes et traditions de leur chapitre, ces rebelles tirent pleinement profit de leur constitution surhumaine et de leurs aptitudes guerrières. Le plus souvent, ils deviennent des corsaires et des mercenaires, utilisant leurs compétences incomparables pour accumuler pouvoir et richesses, et devenir les maîtres despotiques de flottes pirates ou de bases secrètes sur quelque planète désolée.

Alors qu’ils explorent les possibilités offertes par cette liberté nouvellement acquise, ces Space Marines en quête perpétuelle de pouvoir se tournent invariablement vers les Dieux Sombres, ce qui les condamne à suivre la voie des Champions du Chaos, à l’instar des traîtres de l’Hérésie d’Horus. Ces renégats deviennent des hommes traqués, abhorrés par les autres Chapitres qui considèrent leur destruction comme un honneur et un devoir sacré, de crainte que leur perfidie n’entache l’Adeptus Astartes dans son ensemble.

Même s’il ne saurait rivaliser en taille et en pouvoir avec les Légions d’antan, un Chapitre est une puissante organisation militaire qui, si elle verse dans la sédition, devient un grand péril pour l’Imperium. Avec de telles ressources à leur disposition, les renégats détruisent des armées, envahissent des planètes et mettent au pas des secteurs entiers.

De tels événements entraînent une riposte immédiate des forces impériales, y compris des autres Chapitres Space Marines. Combattre un autre frère de bataille est sans doute l’acte de foi le plus difficile exigé d’un guerrier de l’Adeptus Astartes, et ces conflits internes ont de graves répercussions sur les autres Chapitres. En effet, bien que les serviteurs du Chaos n’aient pas la conscience inébranlable de leurs frères loyalistes, les dons et les pouvoirs insidieux qu’ils reçoivent de la part des puissances de la ruine en échange de leur allégeance compensent largement le vide laissé dans leur cœur par le reniement de leur ancien serment. De plus, les guerres entre Chapitres Space Marines dégénèrent souvent en conflits à grande échelle, transformant des mondes entiers en champs de bataille. Il arrive même que les forces envoyées rétablir la situation se joignent entièrement ou en partie aux rebelles, lorsque ces derniers parviennent à les faire douter de l’honneur ou de la sincérité des dirigeants de l’Imperium.

C’est notamment ce qui se produisit lors des Soulèvements d’Obscurus à la fin du 34e Millénaire. Au cours d’une série d’insurrections à visée sécessionniste qui ravagèrent le Segmentum Obscurus pendant quatre cents ans, au moins sept Chapitres trahirent leur serment envers l’Empereur et participèrent à la mise à sac de centaines de mondes. Deux de ces chapitres, les Sons of Vengeance et les Silver Guards, avaient été envoyés pour mettre un terme à la révolte, mais se rebellèrent lors de leurs actions contre le Conseil Libre de Hannedra II.

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Les Égarés et les Damnés

« Notre heure est venue. Observez la plaie béante dans le ciel si vous en doutez encore. Combattez-nous par tous les moyens afin que nous savourions la morsure de chaque balle, de chaque coups de taille, comme vous savouriez un délicieux repas. Mais sachez ceci, et souvenez-vous-en lorsque les cieux nocturnes onduleront au-dessus de vos têtes : nous avons déjà gagné. »
- Hyperlogus Phaevra, Seigneur Sensorium du Silken Death.

Les promesses insidieuses du Chaos corrompent tous ceux qui y prêtent l’oreille. Seuls les plus forts parmi ceux qui succombent à l’attrait des puissances obscures récoltent les faveurs des Dieux Sombres, les autres forment les rangs des Égarés et des Damnés : traîtres, mutants et Enfants du Chaos sont condamnés à se battre et à mourir par milliers pour satisfaire les caprices de leurs maîtres.

Caractéristiques Physiques

« Il se peut qu’un hérétique entrevoie la vérité et cherche la rédemption, son passé peut lui être pardonné et ses fautes lavées dans la mort ; mais un traître ne pourra jamais connaitre le pardon, ni la paix, que ce soit dans cette vie ou au-delà. Il n’est rien de plus méprisable qu’un traître. »
- Cardinal Khrysdan.
Les Égarés et les Damnés.
Nombreux sont ceux à céder aux tentations du Chaos, qu’ils soient humains, d’origine extraterrestre, ou un horrible croisement des deux. Dans bien des cas il est même impossible de savoir ce qu’ils étaient auparavant car le Chaos corrompt irrémédiablement ceux qui s’y vouent, et fait de ses adorateurs des caricatures d’êtres vivants. Les kystes, plaies suintantes et autres excroissances malignes qu’ils arborent ne sont alors que les stigmates trop visibles de la faute qui souille leur âme. L’inévitable déchéance peut aussi bien être lente que survenir soudainement. Ceux qui ne se sont que récemment engagés sur les chemins tortueux du Chaos sont les moins atteints. Attirés par des promesses fallacieuses de richesse et de gloire, ces guerriers, pirates et autres renégats choisissent de se tourner contre leurs propres frères. Maints régiments de la Garde Impériale et maintes planètes ont trahi l’Imperium au cours de sa longue histoire pour devenir les plus détestables de ses ennemis.

Les traîtres ne peuvent dissimuler que leurs déformations les moins voyantes. Ils utilisent souvent à cette fin des pièces d’armures ou de lourdes robes couplées à des heaumes, des masques ou des capuchons qui cachent leurs difformités. Ils se servent d’icônes blasphématoires et de runes interdites pour proclamer leur allégeance, comme s’ils pouvaient mettre de côté ou même se débarrasser de leur infamie à loisir, mais les véritables disciples du Chaos savent que leur damnation est éternelle. Des légions entières peuvent être constituées de ces félons, tels que les redoutables guerriers du Pacte du Sang, ou les Traîtres du 9e. Ces hordes sont souvent très bien équipées, et il est fréquent que des marcheurs, des tanks ornés d’inscriptions maudites ainsi que toutes sortes de véhicules blindés soutiennent l’avance de pelotons d’infanterie puissamment armés.

Ceux parmi eux qui vivent assez longtemps finissent par rejoindre les rangs des mutants dégénérés qui constituent l’ossature des plus vastes cohortes. Ces mutants arborent fièrement la marque de leurs divinités, sous forme de cornes, de pédoncules et d’autres bizarreries qui leur donnent l’aspect le plus bestial qui soit, et leur équipement est aussi décrépit que leur corps. Ces êtres ne cherchent pas à dissimuler leur nature mais au contraire de s’attirer les faveurs de leurs Dieux en faisant preuve de leur dévotion.

Il est possible de savoir à quelle divinité un renégat s’est consacré en observant les mutations dont il est affligé : les fidèles de Khorne, le Dieu du Sang, ont en général une musculature hypertrophiée, des cornes et sont souvent des créatures bestiales à l’aspect hirsute. Les adorateurs de Slaanesh, le Prince du Chaos, sont parfois dotés de tentacules sinueux et d’une livrée colorée. Les répugnants enfants de Nurgle étalent fièrement toutes les croûtes, souillures et autres suintements que l’on est en droit d’attendre des disciples du Seigneur des Épidémies. Les mutants soumis au bon vouloir de Tzeentch, l’Architecte du Changement, défient quant à eux toute description. Ce sont les plus susceptibles de perdre leurs traits humanoïdes et développer des ailes des tentacules ou des pseudopodes.

Les créatures les plus ravagées par les mutations n’ont plus rien d’humain. Ces mutants sont en général massifs et dotés de plusieurs membres, à tel point qu’il est impossible de savoir s’ils étaient jadis des hommes, des animaux, des extraterrestres ou s’ils sont un odieux amalgame de tout cela à la fois.

Monde Natal

Les légions des Égarés et des Damnés comprennent dans leurs rangs les traîtres les plus dépravés et les mutants les plus vicieux qu’un monde dévolu au Chaos puisse engendrer. Il est communément admis que la plupart sont vomis par l’Œil de la Terreur, duquel l’Immaterium se déverse dans la galaxie en un torrent d’énergie Warp.

Dans cette région de l’espace, les lois de la physique sont abolies et chaque planète est remodelée selon les caprices de la puissance qui la dirige. Tandis que les Space Marines des légions renégates d’Abaddon se préparent à lancer un nouveau raid ou une Croisade Noire sur l’Imperium, les esclaves les plus féroces, fanatiques religieux ou guerriers issus des meutes cannibales qui hantent les Mondes-Démons se battent nuit et jour (ou plutôt leur équivalent dans ces royaumes pervertis) pour pouvoir embarquer dans un vaisseau de transport. Ils pensent que se battre pour la gloire du Chaos est un bon moyen d’être remarqué par un de ses Seigneurs, voire de s’attirer les faveurs d’une des Puissances de la Ruine. Et il s’agit plus que tout d’une chance inespérée d’échapper aux tourments éternels de l’Œil de la Terreur en regagnant l’univers matériel.

D’autres régions de l’espace sous la coupe du Chaos peuvent déchaîner de telles hordes contre la galaxie, que ce soient les repaires de pirates du Maelström, les planètes rebelles de l’Amas du Sabbat, ou les régions méconnues de la Bordure Orientale. Chaque grande incursion du Chaos vomit ses propres armées lorsque les guerriers les plus belliqueux, ambitieux et immoraux se regroupent pour se tailler une réputation ou mourir en essayant de le faire. Les traîtres et les hérétiques rejoignent leurs vainqueurs, espérant survivre en servant un nouveau maître. Ceux-ci sont sacrifiés sans pitié au cours d’attaques suicides pour prouver leur valeur ou simplement lors de rituels sanglants s’ils n’ont rien d’autre à offrir que leurs âmes.

Premiers Contacts

« La possession représentait jadis neuf dixièmes du savoir. C’est encore le cas aujourd’hui, mais nous devons ignorer le dixième restant, qui jadis était humain. Le devoir exige que nous laissions de côte de telles considérations pour extirper le mal, que ce soit en acte ou en pensée. La complaisance est un crime. Mieux vaut périr que se soumettre. »
- Inquisiteur Enoch.

Les forces du Très Saint Empereur de l’Humanité ont eu à faire face pour la première fois au Chaos lors de la mythique Grande Croisade, quand les légions nouvellement fondées de l’Adeptus Astartes, les Space Marines créés par l’Empereur Lui-même, libérèrent des milliers de mondes. Certains d’entre eux étaient tombés entre les griffes du Chaos et ils y trouvèrent d’horribles mutants grouillant tels la vermine, ainsi que des Possédés se comptant par centaines. Ces mondes furent purifiés par le fer et le feu, les temples et les icônes impies éradiqués grâce à des charges à fusion, et d’atroces cités vivantes écrasées par les bombardements orbitaux. Dans bien des cas ils furent entièrement dévastés par des commandants horrifiés par ce qu’ils avaient vu. Les habitants d’autres planètes se livraient à une hérésie bien plus subtile dans sa forme. Les fidèles de ces cultes étaient rusés et ils se joignirent à la Croisade de l’Empereur dans le but de convertir toujours plus d’hommes et de femmes à leurs écœurantes croyances et de rompre leur serment d’allégeance au moment le plus opportun.

La menace extraterrestre était à l’époque considérée comme la plus dangereuse qui soit, et les dangers que faisaient peser les entités du Warp et les Psykers non contrôlés n’étaient guère comprises par les serviteurs de l’Empereur, et ce en dépit de Ses avertissements. De nouveaux alliés étaient incorporés aux vastes légions de l’Imperium naissant pour l’aide qu’ils pouvaient apporter à la libération de l’Humanité. Même certains mutants jugés aptes à servir avaient le droit de prospérer et même de combattre dans les rangs de la Garde Impériale. Cette pratique perdure de nos jours, bien que les exigences en matière de pureté génétique soient bien plus draconiennes qu’alors.

Alors que la Croisade s’enfonçait toujours plus loin dans la Bordure Orientale, les graines de la trahison étaient semées dans son sillage par des armées rebelles dirigées par des officiers de la Garde Impériale ou des Space Marines renégats avides de pouvoir cherchant à se bâtir un empire sur les mondes récemment libérés. Après des siècles de combats contre de tels traîtres, le Chaos se manifesta à nouveau lors du cataclysmique épisode de l’Hérésie d’Horus quand l’Imperium fut déchiré par la guerre civile. En ces temps à moitié oubliés, les Égarés et les Damnés foulèrent même le sol sacré de Terra, et des millions d’entre eux périrent devant les murs du Palais de l’Empereur.

Depuis ces jours lointains l’Imperium a été continuellement harcelé par les Égarés et les Damnés, que ce soient des hordes de mutants scrofuleux ou des armées séditieuses, et en dépit des efforts de l’Inquisition et des forces loyalistes, l’influence du Chaos demeure plus pernicieuse que jamais.

Capacités Martiales

Le faible sera toujours soumis au fort. Le fort lutte contre son destin la ou le faible courbe l’échine et succombe. Nombreux sont les faibles et encore plus nombreuses sont leurs tentations. Méprisez les faibles qui se laissent diriger par le Démon ou le Renégat. N’ayez aucune pitié pour eux et ne vous laissez pas attendrir par leurs cris. La mort d’une centaine d’innocents est préférable à l’ire de l’Empereur si un seul d’entre eux accepte le Démon.
- Premier Livre de l’Endoctrinement.

Les capacités martiales des Égarés et des Damnés sont aussi diverses que les multiples visages du Chaos. Une force telle que les Traîtres du 9e, un détachement entier qui n’a que récemment changé d’allégeance, équivaut à un régiment entièrement équipé de la Garde Impériale, soutenu par des tanks Leman Russ, des pièces d’artillerie mobile Basilisk, des Sentinelles et toutes sortes de blindés. Même s’ils sont très bien équipés, les renégats tels que ceux-ci ne bénéficient pas d’un moral très élevé car les officiers supérieurs et les Commissaires formant les plus hauts échelons de la structure de commandement auront sans doute été tués dans les premières heures de la mutinerie. De telles forces sont cependant redoutables lors de batailles rangées où leur formidable puissance de feu peut entrer en action sans craindre de subir un assaut.

Les vastes hordes de mutants sont quant à elles faiblement équipées. Elles sont dotées d’un étrange attirail fait d’armes forgées sur des Mondes-Démons, allant de fusils laser aux ornements baroques aux autocanons, en passant par des mitrailleuses lourdes au canon en forme de gueule bestiale, ou encore des lance-flammes. Ils ne disposent pas d’armes lourdes et doivent compte sur le nombre pour espérer submerger leurs adversaires. Des meutes de mutants sont lâchées sur les lignes ennemies, sans tenir compte des pertes inévitables, et lors de tels assauts les Enfants du Chaos forment la pire des menaces, car ils possèdent la force et la férocité requises pour écraser même le plus déterminé des opposants.

Chaque armée des Égarés et des Damnés comprend un certain nombre de Possédés qui ont accepté de se livrer corps et âme aux entités du Warp. Pire encore, les chants des fidèles et les icônes indicibles qu’ils brandissent servent à invoquer des Démons, qui se repaissent du fracas de la bataille et des cris des mourants, et même la brèche la plus ténue leur livre le moyen de se manifester pour accomplir leur oeuvre maléfique. Les serviteurs des puissances obscures sont souvent sacrifiés par milliers dans ce seul but.

Les Machines-Démons que l’on peut trouver à la pointe des assauts sont des adversaires plus terribles encore. Ces créations démentes sont le fruit de l’union de la forge et de la sorcellerie, des bêtes animées d’une vie infernale et conduites par une soif de sang démoniaque. De tels monstres sont bardés de canons, de lance-flammes et de missiles mais prennent aussi un plaisir pervers à déchiqueter leurs ennemis grâce à leurs griffes d’acier.

Si des Space Marines du Chaos sont présents, ce sont eux qui en théorie conduiront les opérations. Ils constituent une force d’élite et les éléments clés d’une hiérarchie sans pitié. La présence de tels vétérans de la Longue Guerre rend doublement dangereuse une armée de renégats, car leur science du combat et leur haine implacable confèrent aux hordes des Égarés et des Damnés une témérité et un zèle proprement effrayants.

Indice de Menace et Politique Impériale

« Nous sommes en guerre contre des forces qui dépassent notre compréhension. Nous ne pouvons faire montre de pitié pour ceux qui sont trop faibles pour adopter une conduite moralement acceptable. La pitié affaiblit notre détermination. Ignorez de telles pensées, car elles ne sont pas dignes d’Inquisiteurs au service de notre Empereur. Louez Son nom car nos actes sont le reflet de Sa volonté. »
- Inquisiteur Enoch.

Le Chaos est le plus grand péril auquel puisse être confronté l’Imperium, car sa corruption sème les graines de la guerre civile et pousse les serviteurs de l’Empereur à s’entre-tuer. Les Égarés et les Damnés pervertissent et avilissent tout ce qu’ils touchent. Parmi eux, aucun ne sont plus méprisables que les renégats, qui guettent le moment le plus opportun pour attaquer par surprise des cibles vulnérables avant de se retrancher dans une place forte de leur choix dans l’espoir d’échapper à leur châtiment. Bien souvent une campagne contre ces traîtres se termine par un siège éprouvant, lorsque les forces loyalistes doivent livrer des combats épuisants et coûteux en vies humaines pour purger des ruches et des forteresses de leur présence et libérer ceux que les rebelles ont asservis.

Dans le cas d’insurrections populaires fomentées par des démagogues et des hérétiques, les adversaires sont moins militarisés mais plus nombreux, comprenant des hommes et des femmes de divers milieux, équipés de tout ce qu’ils auront pu trouver comme arme et armure. Les mutants et les classes opprimées de la société se rebellent facilement contre la loi impériale, présentant au monde le visage de résistants ou de guérilleros pour servir les sinistres desseins de leur véritable maître. Mais le pire cauchemar pour les serviteurs du Sauveur de l’Humanité est le soulèvement d’un Monde-Ruche civilisé, où les traîtres se comptent par millions.

Certains rebelles fuient le juste courroux de l’Humanité en se réfugiant dans les régions les plus désolées des mondes qu’ils infestent pour mener des actions de guérilla, tendant des embuscades aux forces loyalistes pendant des mois, voire des années. Dès qu’ils le peuvent, les traîtres essaient de coordonner leurs actions avec les légions renégates, faisant coïncider leur révolte avec l’arrivée de vaisseaux du Chaos pour désorganiser les défenses loyalistes et faciliter la victoire de leurs alliés.

Les agences impériales ne peuvent se permettre d’être indulgentes envers quelque forme de corruption chaotique que ce soit, car celle-ci doit être éradiquée par tous les moyens, aussi rapidement que possible. Même ceux qui ont assisté en tant que simples témoins à des événements impliquant les Dieux Sombres doivent être considérés avec suspicion car la moindre souillure peut s’étendre et entraîner la perte de systèmes planétaires entiers.

Je suis le sixième fils de Kaschada, chef des Tabors, né le jour de la venue parmi nous du Prophète. Nous, les Tabors, nous étions des proscrits, condamnés juste parce que nous vénérions les Dieux des Quatre Vents : le Vent du Sang, qui enflamme l’âme des guerriers, le Vent de la Peste, qui supprime les faibles, le Vent du Changement, qui apporte aux hommes les dons des Dieux, et le Vent Odorant qui réveille les passions.

Nos ennemis étaient les Otmans, vivant dans les cités et servant le Dieu du Ciel. Pendant des siècles, ils ont écumé les plaines, nous chassant sans relâche, mais tout a changé à la venue du Prophète.

Le Prophète était un être unique, plus grand que les Tabors. Il portait une armure de jais et d’or, son gantelet était capable de briser n’importe quelle porte fermée et sa lame tranchait même le métal de Qaseen. Personne n’était capable de soutenir son regard de braise, et les chefs des clans ont appris de lui la véritable nature des Dieux, ainsi que la manière d’apporter la mort à nos ennemis.

L’année de mes quatorze ans, je fis partie de la horde qui s’infiltra dans la cité de Jaghann et massacra ses habitants. Durant ces jours mémorables où les Tabors sont devenus les maîtres des plaines, saccageant et pillant à souhait, j’ai acquis quatre pistolets dorés et un sabre fin de Qaseen. Vêtu de robes de soie, j’ai dressé mes faucons sans jamais laisser personne m’insulter.

L’une après l’autre, les cités des Otmans sont tombées devant nous. D’interminables caravanes d’esclaves s’étiraient sur la plaine jusqu’à la montagne du Prophète, pour y être sacrifiés aux vents.

Finalement, notre horde rencontra l’armée des Otmans dans la Plaine Rouge. Parmi eux se trouvaient pas moins de vingt Géants des Tempêtes, les héros des Otmans dont on disait qu’ils avaient traversé les vents jusqu’à la citadelle du Dieu du Ciel et étaient désormais revenus pour défendre leur peuple. Le Prophète nous affirmait que l’immortalité serait accordée à ceux qui les battraient…

Mon âme avait soif de répandre le sang et je me suis jeté avidement dans la bataille. Au cours de cette longue journée, j’ai lancé l’assaut à quatre reprises, déchargeant à chaque fois sans effet chacun de mes pistolets sur les Géants des Tempêtes. Leur armure résistait à mes balles. Leurs armes fauchaient mes compagnons, faisant voler hommes et chevaux dans tous les sens.

Lorsque le ciel du soir a commencé à rougir, l’air était empli de l’odeur de la mort. La grande horde des Tabors, les fils du Prophète, était quasiment exterminée, mon père était mort, ainsi que mes frères. J’avais été blessé et mon sabre était brisé, mais ma haine était plus forte que jamais. Plus assez nombreux pour former des rangs serrés, nous étions prêts à lancer une nouvelle charge sur un signe du Prophète.

Mais au lieu de lever la bannière pour ordonner l’assaut, il l’a pointée vers le sommet de la colline derrière lui, où la lune commençait à poindre. Une horde de démons couverts de sang et brandissant d’énormes haches y apparut. Ils se sont lancés sur les Géants des Tempêtes, et nous à leur suite. Les Guerriers des Dieux ont engagé le combat. Nous étions atterrés par leur puissance. Je me suis rué en avant, en me saisissant d’une lance brisée. Des vents enflammés ont tenté de me repousser, mais j’ai persévéré pour enfoncer ma lance dans la poitrine du premier Géant des Tempêtes que j’ai croisé, en le frappant à un endroit où son armure avait été endommagée. Alors qu’il tombait, le Prophète en a profité pour l’achever de sa lame brillante, puis il s’est saisi de ses entrailles et les a brandies devant moi en me disant que l’immortalité m’attendait.

Moins d’une centaine de Tabors ont survécu. Le Prophète m’a demandé ce que je ressentais. Je lui ai répondu que je désirais la vengeance, oui, me venger des Géants des Tempêtes qui avaient tué mon père, mes frères et massacré mon clan, me venger sur leur espèce et leur progéniture. Je voulais renverser leur Dieu et leur faire regretter d’avoir osé faire la guerre aux Tabors.

Le Prophète a semblé satisfait de ma réponse et a dit que j’allais voyager à ses côtés à travers les vents, que je deviendrai un guerrier des Dieux.

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Implants des Space Marines du Chaos

Tout comme leurs frères de l'Imperium, les Space Marines du Chaos sont dotes d'organes spéciaux et d'altérations corporelles.

  • Cœur Auxiliaire
  • Osmodula
  • Hématopigment
  • Organe de Larraman
  • Nodule Cataleptique
  • Preomnor
  • Omophagea
  • Multi-poumon
  • Occulobe
  • Oreille de Lyman
  • Membrane Cataleptique
  • Organe Mélanochromique
  • Rein Oolothique
  • Neuroglottte
  • Mucranoïde
  • Glande de Betcher
  • Progénoïdes
  • Carapace Noire

Marques du Chaos

« Chair et os sont vulnérables, mais l’espace démoniaque n’en est pas moins impalpable et impuissante. Dominer la matière comme l’énergie, tout en conjurant cette maîtrise avec le contrôle ultime de sa conscience, c’est accéder à l’immortalité - ni confinée dans le matériel, ni séparée de celui-ci. »
- Enseignements du Magos Elizah Kaudge.

Les serviteurs du Chaos fidèles à leurs maîtres peuvent recevoir en récompense une marque du Chaos. Il existe en tout cinq marques : celles de Khorne, Nurgle, Tzeentch et Slaanesh, ainsi que celle du Chaos Universel.

Marque du Chaos Universel

Les quatre principaux dieux du Chaos constituent un panthéon, mais de nombreux adorateurs se laissent séduire par les aspects particuliers de l’un ou de l’autre. Beaucoup préfèrent cependant rendre hommage au Chaos dans sa gloire indivisible, vénérant et tirant leurs pouvoirs de l’essence du Warp. Étant donné que chacun des dieux du Chaos représente une facette précise de la nature humaine, certains pensent que le Chaos Universel personnifie les insondables abîmes maléfiques qui rongent les âmes des mortels.

Les divers adeptes du Chaos Universel se contentent le plus souvent de le vénérer sous différentes formes. Dans le sens le plus littéral, le Chaos Universel est un panthéon de dieux, les quatre principaux occupant chacun un point cardinal. Lorsqu’un fidèle prie, il peut faire appel à la puissance la plus apte à lui répondre, il pourra alors en principe recevoir l’aide de tous les dieux à différents moments, mais n’aura qu peu de chance d’obtenir les faveurs accordées à un individu pleinement dédié à un dieu précis. Un adorateur pourra aussi honorer les divinités mineures du Warp s’il pense qu’elles sont en mesure de lui apporter leur aide, ces être sont d’une puissance insignifiante comparés aux quatre dieux majeurs, mais leurs propres priorités les pousseront parfois à manipuler les inconscients.

D’autres adorent le Chaos Universel en tant qu’entité unique, et considèrent les divers dieux comme aspects d’une seule et vaste intelligence maléfique que les mortels ne peuvent appréhender qu’au niveau le plus bas. Ils se tourneront occasionnellement vers l’un ou l’autre de ces aspects, mais ne s’abaisseront jamais à ne vénérer que l’un d’entre eux, préférant adorer le Chaos sous la forme qu’ils jugent la plus pure et la plus intègre.

Enfin, certains vénèrent le Chaos Universel dans l’unique but de l’utiliser à leurs propres fins et ne passent que des pactes temporaires avec les dieux, faisant avant tout prévaloir leurs ambitions personnelles. C’est un pari risqué, car seuls deux issues y sont possibles : l’élévation au rang de Démon ou la damnation éternelle.

Marque de Khorne

La Marque de Khorne n’est accordée qu’aux guerriers dont la rage et la férocité sans limite font honneur au Dieu du Sang. En retour, Khorne gratifie ces combattants d’une colère impie qui brûle en eux comme une étoile.

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Marque de Nurgle

La bénédiction de Nurgle se manifeste autant par d’atroces maladies que par la constitution surhumaine nécessaire pour leur survivre.

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Marque de Tzeentch

Ceux qui se vouent à Tzeentch sont protégés par la prescience du Maître de la Manipulation.

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Marque de Slaanesh

Les adeptes de Slaanesh voient leurs sens et leurs réflexes affûtés et un niveau surnaturel, afin de se délecter à l’extrême de toutes les sensations qu’un champ de bataille peut offrir. Un guerrier pourvu d’un tel don se déplacera avec une agilité troublante. Sa lame pourfendra ses adversaires en jaillissant telle la langue d’un serpent tandis que le séide du Prince des Plaisirs exécutera un effroyable ballet de mort.

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Artéfacts du Chaos

Parmi les myriades de bandes de Space Marines du Chaos, il existe des instruments de mort dont le seul nom instille la terreur. Certains de ces artéfacts sont antérieurs à l’Hérésie d’Horus et à la corruption de leurs porteurs par les murmures des Dieux Sombres. D’autres furent forgés à partir de l’essence des Démons, et n’existent que pour semer la destruction dans la galaxie.

  • Talisman de Sang Ardent : Cette relique bizarre suinte constamment du sang écumant. L’air autour de lui est si chargé de la puanteur de l’abattoir qu’il imprègne le porteur d’une vitesse surnaturelle afin d’étancher sa soif de massacre.
  • L’Œil de Tzeentch : L’Œil de Tzeentch est une relique qui a été exposée aux flux d’énergie psychique brute pendant dix millénaires. Les Sorciers qui regardent dans l’abîme qui ne cille jamais de l’artéfact peuvent y glaner les secrets du Warp et utiliser ce savoir pour concentrer leurs pouvoirs.
  • Élixir Enivrant : Cet appareil est rempli d’un stimulant injecté dans le flux sanguin du porteur. Certains prétendent que le fluide, qui confère une vigueur impie à ceux qui l’absorbent, est un nectar distillé dans les jardins du plaisir de Slaanesh.
  • Hachoir à Pus : Cette lame porte l’infâme contagion du fléau Borborygme. Celui qui est frappé par la lame n’a que quelques secondes à vivre avant de prendre la mesure de la générosité de Nurgle et tomber à genoux en gargouillant de muscus.
  • Hache de Furie Aveugle : L’essence d’un Démon Majeur est piégée dans cette hache légendaire. Le Démon enrage contre son éternelle servitude, débordant de violence contre l’ennemi, et parfois contre son propriétaire !
  • La Masse Noire : On dit que cette masse maléfique a été maudite par chacun des Primarques Démons. Ceux qu’elle touche tombent en poussière d’os, tandis que la malédiction s’étend telle une onde de choc.
  • L’Épée du Meurtre : Cette antique lame inflige des blessures si graves qu’une rumeur persistante prétend qu’il s’agirait de l’Anathème - l’arme qui servit à abattre le Maître de Guerre Horus dans les marais brumeux de la lune de Davin. L’épée est indubitablement de provenance occulte, car un simple sacrifice rituel permet de l’enchanter pour en faire le fléau mortel d’un ennemi entre tous.
  • L’Œil de la Nuit : Ce cristal d’obsidienne multifacettes d’origine inconnue fut un des artéfact qu’Abaddon utilisa pour prendre le contrôle des terribles Forteresses Noires. Le moindre contact avec le faisceau ébène qu’il projette fait subir aux machines des coupures de courant ou des dégâts internes catastrophiques. Même les blindages les plus épais ne résistent pas à sa caresse maligne.
  • Le Crozius Maudit : Ce fut l’instrument d’office d’un membre fondateur des Chapelains de Lorgar, un des premiers de son genre à être envoyé parmi les Légions Astartes en quête de signes de sédition. En vérité, il s’est toujours agi de l’arme d’un archi-traître. Utilisé pour la première fois pour frapper à mort un ex-Archiviste Praetor des White Scars, il porte encore les taches indélébiles de ce meurtre. Les adorateurs du Chaos non loin reçoivent tout le savoir nécessaires pour tuer les esclaves du Dieu Cadavre.
  • Exosquelette Métalloderme : L’Exosquelette Métalloderme, si prisé par les Techmanciens de l’Œil de la Terreur se lie à l’anatomie et à l’équipement du porteur de sorte qu’il incarne la maxime "Cœur de fer, main de fer" au sens littéral. Une lame qui réussit à pénétrer son armure butera sur la chair durcie en dessous, et la riposte ne se fera pas attendre. Même les ennemis qui infligent des dégâts significatifs à leur adversaire verront ses muscles câblés se ressouder dans une frénésie de fibres argentées jusqu’à ce qu’ils soient aussi forts qu’auparavant.
  • Collier d’Airain de Bhorghaster : Ce lourd collier à piques est le fléau des Sorciers, car il a été lié à un Démon Majeur qui exècre la magie avec férocité. Un Psyker assez téméraire pour libéré un pouvoir éthérique non loin de cette relique sentira son esprit hurler de douleur. L’instant d’après l’énergie empyréenne qu’il a invoqué se retournera contre lui dans un brasier de flammes surchauffées. Ceux qui succombent sont immédiatement aspirés dans le royaume de Khorne, où ils connaîtront mille morts.
  • La Lame de l’Hydre : Cette immense épée tronçonneuse était jadis une arme purement cérémonielle. Mais depuis que le Prince Démon Gharual des Neuf Âmes Déchirées a été enfermé à l’intérieur, l’arme est devenue un instrument de destruction diabolique. Celui qui a la volonté suffisante pour contrôler ses multiples esprits assoiffés peut manifester plusieurs lames qui mordent avec une faim immortelle. Elles sont substantielles quand le porteur le décide, et acérées quand elles approchent de la chair de ses ennemis.
  • Griffes de la Chasse Noire : Ces serres cruelles ont versé le sang de milliers de victimes depuis leur création dans les forges infernales. Portées par le maître de la Chasse Noire, un rituel violent qui précède les plus grandes invasions de Night Lords, elles sont tellement incrustées de sang et de viscères qu’elles sont presque devenues noires. Ce fluide figé est si épais qu’il ne peut être calciné par le champ d’énergie qui enveloppe chaque griffe. Certains voient en cela le signe d’une bénédiction de dieux destructeurs. Il suffit au porteur de fouetter l’air à proximité d’un ennemi, sans guère le toucher, pour que l’armure et la chair de sa victimise se fendent comme lacérées par une bête féroce et invisible.
  • Fouélicité : Telle une longue langue, ce fouet peut procurer à ses victimes un plaisir indescriptible tout en les rendant insensible au monde qui les entoure. Même ceux qui abandonnent toute récompense en faveur de leur devoir oublient serments et promesses, balayés par une vague de sensations qui noient l’esprit. Tel est le baiser de Slaanesh. Bine que leurs vies soient cruellement arrachées l’instant d’après, pendant un court moment, ils connaissent l’extase et la souffrance enchevêtrées.


Frère Janus, Élu du Chaos, champion de la Black Legion, lâcha une salve de bolts tout en se jetant en avant, chacun de ses tirs provoquant une gerbe le sang parmi ses ennemis. Sa bande de guerriers en armures noires progressait tout autour de lui à travers la jungle enténébrée en tirant de façon méthodique. Les Crimson Fists occupaient une tranchée creusée aux abords de leur campement, flanquée de deux bunkers de fortune construits l’aide de troncs d’arbres.

Bien qu’encerclés et en infériorité numérique, ils refusaient d’admettre leur défaite. Cela faisait plus de dix mille ans que Janus et ses frères massacraient les serviteurs du Faux Empereur, et ces misérables rejetons de la Première Fondation osaient encore croire qu’ils pouvaient faire face à un élu des Dieux ?

Janus se jeta à l’abri d’un épais tronc d’arbre dont l’écorce explosa de part en part sous un tir nourri de Bolter, recouvrant son Armure Énergétique ornementée d’une sève épaisse et gluante tandis qu’il enclenchait un nouveau chargeur dans son arme. Il se remémora que fut un temps, les laquais de l’Empereur avaient été de redoutables adversaires, mais affaiblis par le passage des siècles, ils n’étaient désormais plus que l’ombre de leur ancienne gloire, et certainement pas les dépositaires de la galaxie. Il quitta soudain son abri, tira un boit en pleine tête d’un Space Marine et se mit à courir droit devant suivi par une dizaine de ses hommes. Mais à mesure qu’ils se rapprochaient de la tranchée, le tir des Crimson Fists se faisait plus nourri et davantage de renégats tombaient.

La nuit tropicale fut soudain illuminée alors que le bunker de gauche explosait dans une boule de plasma incandescent. L’instant d’après, des hurlements de rage envahirent la jungle lorsque la masse imposante d’un Dreadnought dément émergea d’entre les troncs, son lance-plasma lourd émettant un sifflement aigu en se rechargeant. Son sarcophage baroque contenait les restes d’Amurael le Corrompu, qui avait dirigé la bande jusqu’à ce qu’un Démon de Khorne ne le tranche en deux. Ce redoutable guerrier avait écrasé des empires entiers sous sa botte, aussi son torse avait-il été enchâssé dans la coque blindée du monstre d’acier.

À présent, il se ruait en avant sous un feu nourri de bolts qui ricochaient sur son blindage noir, faisant danser autour de lui les épaisses chaînes rouillées servant à le ligoter dans sa cage lorsqu’il n’était pas envoyé au combat.

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Dans un bruit assourdissant, l’autre arme du Dreadnought délivra un déluge de feu à une vitesse ahurissante en direction des Crimson Fists. La barricade érigée devant la tranchée se désintégra et plusieurs défenseurs furent fauchés dans un nuage d’échardes de bois. Le Dreadnought rugit de plaisir et se précipita droit devant, abattant sans discrimination les troncs d’arbres et les Space Marines qui tentaient de s’abriter derrière… Le flanc des forces impériales avait été éradiqué, comme en témoignait le bunker en flammes toujours enveloppé d’un halo de plasma, et Janus continua d’avancer tout en délivrant bolt après bolt sur les défenseurs jusqu’à ce que ses hommes et lui se trouvent à portée de charge. Épées Tronçonneuses à la main, les guerriers de la Black Legion sautèrent dans la tranchée, frappant d’estoc et de taille. A la tête de ses hommes, Janus lança son poing dans la visière d’un Crimson Fists dont le bras gauche à moitié fondu pendait mollement.

Le Space Marine perdit l’équilibre et Janus l’acheva en plantant sa hache tronçonneuse dans sa plaque pectorale. Il eut tout juste le temps de dégager son arme du corps de sa victime pour venir dévier in extremis un terrible coup de gantelet énergétique, qui heurta la paroi de la tranchée en y forant un trou impressionnant. D’un bond en avant, Janus esquiva le revers du Capitaine des Crimson Fists, puis se releva juste derrière son ennemi pour lui enfoncer sa hache dans le dos. Le Space Marine tomba à genoux, et Janus l’acheva en le décapitant d’un unique revers.

Au même moment retentit le cri de triomphe du Dreadnought qui venait de faire exploser le second bunker, illuminant la jungle une nouvelle fois. Inspiré, Janus ajouta son cri de guerre à celui d’Amurael tandis que la Black Legion finissait de massacrer les derniers Crimson Fists.

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Sources

  • Codex Heretic Astartes Chaos Space Marines, V8
  • Codex Space Marine du Chaos, V6
  • Codex Marines du Chaos, V3 ; 2ème édition
  • Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Livre de règles
  • Index Malleus du White Dwarf 113 (Septembre 2003)