Catégorie:Hérésie d'Horus

De Omnis Bibliotheca
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Artikle pô fini. J’suis en train d’mettre ça
kom il fô pour k’ça soit tout bô tout bien !
- Krapull Kass’Krane, Mékano
et scribe stagiaire Ork.


« La mort est tout autour de nous maintenant : la mort du corps, la mort de l’esprit, mais surtout la mort de l’espoir.
La mémoire meurt et seule la légende restera. Beaucoup ont déjà atteint leur but, qu’ils soient nobles ou lâches, déplacés ou inconnus. Le cataclysme qui a déchiré notre Imperium résonne encore, et il ne reste plus assez de temps pour compter les morts, certains en faisant le travail de leur vie dit-on. Notre Empereur, notre brillant seigneur, notre libérateur, notre père errant - la plus grande victime de tous, brisée et silencieuse maintenant sur Son trône étincelant - le mort immortel, un nouveau dieu sans vie pour une nouvelle ère de terreur.
Allons-nous jamais revoir la lumière ? Je le crains pas, pas dans mille vies à venir, mais j’ai peu d’espoir. Je suis l’un des rares encore en vie qui se souvient de l’espoir, l’un des rares "humains" en tout cas ; pas un Primarque, pas un Legiones Astartes, pas un Custodien, pas un membre du Mechanicum. Ni même un des courtisans qui s’augmente avec acharnement les fils de sa vie pour vivre dans l’horreur des traitements alchimiques et de la jeunesse volée. Je n’aurais aucune partie de tout cela - indépendamment de ce que le Sigillite souhaitait - je suis et suis resté - seulement humain. Je me souviens de l’Imperium tel qu’il était censé être, comment cela aurait pu être, et contrairement à l’Empereur, je n’ai pas de merveille dorée pour me conserver, et bientôt je partirai.
C’est pour cette raison que j’ai assemblé cette page dont vous tenez le premier volume en main. J’y ai versé mon apprentissage et ma mémoire. Je sais qu’à présent certains diront que mes paroles sont des mensonges ou pire, de la trahison, et je ne doute pas que dans l’obscurité sombre de ce qui va sûrement suivre, mes paroles sembleront au mieux une cruelle plaisanterie. Mais si le destin est avec moi, les archives survivront à l’obscurité à venir - endureront la haine du zélote et la superstition aveugle que nous nous sommes tirés tel un linceul, et la vérité sera connue.
J’ai vu avec des yeux alors jeune et ceci est mon testament. J’étais là quand Tallarn brûla et que Keoptis fut noyé dans des océans de sang. J’ai été témoin du ciel de Terra déchiré par la foudre et les ténèbres le jour où le Maître de Guerre est venu et que l’enfer l’a suivi. J’ai entendu le glas funèbre de l’Empereur de l’Humanité et j’ai pleuré.
Je me souviens.[1]

Lors des jours sombres du M31, le fils favori de l’Empereur trahit son créateur et plongea l’Imperium dans la guerre civile. L’influence d’Horus était telle qu’il parvint à rallier à lui la moitié des Légions Astartes, et à les retourner contre leurs frères pour tenter de destituer l’Empereur. Depuis cette trahison ignoble, l’Imperium de l’Humanité est consumé par des guerres et des luttes fratricides qui pourraient bien un jour signer sa perte.

L'Aube d'une Ère Nouvelle

L’Empereur et Horus combattent côte à côte durant la Grande Croisade.
L’ascension de l’Imperium de l’Humanité débuta après la chute de la race des Eldars. Les capacités psychiques innées de ce peuple mythique provoquèrent sa destruction lorsqu’elles donnèrent naissance à un dieu terrible : Slaanesh, le Prince des Excès, dont le premier cri détruisit la civilisation eldar en un instant.

Cette apocalypse psychique eut deux effets majeurs. Tout d’abord, elle balaya d’un coup les tempêtes warp qui avaient grondé tout au long de la gestation de ce nouveau dieu. Ainsi, Terra ne fut plus isolée et l’humanité put de nouveau se lancer à la conquête des étoiles. Ensuite, l’Immaterium se mêla littéralement à l’univers matériel là où les populations d’Eldars étaient les plus denses. Cela créa des zones d’anomalies à travers la galaxie, la plus vaste d’entre elles étant la région appelée l’Œil de la Terreur. Les Eldars avaient récolté la moisson de leurs désirs débridés. L’heure de l’avènement - et de la rapide déchéance - du plus grand empire qu’ait jamais connu l’Humanité avait sonné.

La Grande Croisade

L’Empereur de l’Humanité avait prédit la naissance de Slaanesh et s’y était préparé. Même si ses Primarques avaient été éparpillés dans la galaxie par les machinations des dieux du Chaos, il s’efforça de les localiser et de réaliser sa vision d’une armée de surhommes. Lorsque les tempêtes warp autour de Terra se calmèrent, les Space Marines, appuyés par l’Armée Impériale et par le Mechanicum de Mars, se tenaient prêts à reconquérir la galaxie. Bien des mondes autrefois humains avaient été envahis par des races xenos ou avaient succombé au Chaos. La reconquête des étoiles fut un combat long et difficile, mais les Légions Astartes étaient invincibles. À chaque victoire, l’Imperium étendait un peu plus ses domaines.

Commandées par l’Empereur et par les Primarques retrouvés peu à peu, les armées de l’Humanité traversèrent la galaxie comme un feu de brousse. Des milliers de mondes et des centaines de milliards d’âmes furent libérés par les Space Marines. Les édifices sinistres des dieux du Chaos furent mis à bas, les Xenos chassés. L’Imperium fut bâti durant un âge héroïque et éclairé. Grâce à la vision et aux pouvoirs de l’Empereur, l’Homme s’attela à la reconstruction de son héritage, et les serviteurs du Chaos battirent en retraite dans leurs royaumes éthérés au sein du warp.

Orgueil et Trahison

Horus et ses frères lors du Triomphe d’Ullanor où le fils favori de l’Empereur fut proclamé Maître de Guerre.
En dépit des victoires de la Grande Croisade, la guerre contre les forces du Chaos ne faisait que commencer. Les graines de la corruption avaient déjà été plantées dans tout l’Imperium. Elle souillait les ambitions des hommes et avait pris racine au cœur des organisations les plus essentielles. Les dieux du Chaos murmuraient aux oreilles des Primarques depuis l’Immaterium, et troublaient leurs rêves en leur promettant d’exaucer tous leurs désirs.

Ils flattèrent leur fierté, leurs prouesses martiales, leur perfection et leur courage, tout en jetant le doute sur les plans de l’Empereur. En dépit de leurs capacités exceptionnelles, les Primarques étaient avant tout des hommes, avec leurs faiblesses inhérentes. Ils furent soumis à l’épreuve les uns après la autres, et la moitie d’entre eux échouèrent.

Quand la rébellion contre l’Empereur éclata, le Primarque qui la mena fut celui qu’on pensait être le plus incorruptible de tous : le noble Maître de Guerre Horus. Il avait toujours respecté et admiré l’Empereur comme un père, et l’avait suivi fidèlement tout au long de la Grande Croisade. Suite à l’éclatante victoire d’Horus face aux hordes de Peaux-Vertes pendant la Croisade d’Ullanor, l’Empereur annonça qu’il élevait Horus au rang de Maître de Guerre et qu’il lui confiait désormais les rênes de la Grande Croisade, afin que son fils favori la menât comme il l’entendait. Il rebaptisa les Luna Wolves les Sons of Horus en l’honneur du Primarque, et déclara ensuite qu’il retournait sur Terra pour poursuivre ses plans. Ces événements suscitèrent de la jalousie chez de nombreux Primarques, d’autant plus que certains eurent l’impression d’être abandonnés par leur père au moment le plus critique. Si l’Empereur s’aperçut de leurs doutes, il ne s’en soucia pas, et repartit vers Terra poursuivre ses objectifs, laissant Horus à la tète de la Grande Croisade.

Le Destin de Maître de Guerre

Horus accomplit la volonté de l’Empereur avec dévouement, mais par un triste hasard ou par un destin funeste, il finit par mener les Sons of Horus dans les marais hantés de la lune de Davin, afin de répandre la lumière de l’Empereur sur cet orbe désolé. Là, cerné par ses ennemis, Horus fut gravement blessé par une lame ensorcelée. Sa plaie s’infecta, le plongeant dans une catalepsie dont nul ne parvient à le tirer.

Les Sons of Horus étaient accablés par la perte de leur père génétique. Suivant les conseils d’Erebus, un Chapelain très respecté de la Légion des Word Bearers, les officiers supérieurs des Sons of Horus emmenèrent leur Primarque dans les loges guerrières de la lune de Davin pour y recevoir des soins. A l’insu des Space Marines, les puissances de la ruine rendirent toute sa vitalité à Horus et ce faisant, en profitèrent pour asservir son âme. Officiellement impressionné par le « miracle » accompli par les prêtres davinites, le Maître de Guerre répandit leur culte et les pratiques de leurs loges guerrières au sein de Sons of Horus et même des autres Légions, instillant en elles des pensées hérétiques sous couvert de raisons louables.

Les Fils Maudits

Cependant, Horus ne fut pas le premier Primarque à succomber au Chaos. Ses frères étaient faillibles, et ils cédèrent aux avances des Dieux Sombres les uns après les autres : Lorgar, le seigneur doré des Word Bearers, Konrad Curze, le Primarque des Night Lords, également appelé Hante la Nuit, Angron, le bouillonnant Primarque des World Eaters, Mortarion, le seigneur à la peau pâle de la Death Guard, Magnus le Rouge, le Primarque cyclope des Thousand Sons, qui détruisit involontairement le grand-œuvre de l’Empereur, Perturabo, le maître torturé des Iron Warriors, Fulgrim des Emperor's Children, qu’on croyait au-delà de tout soupçon, et Alpharius de l’Alpha Légion, dont le rôle exact dans l’Hérésie reste auréolé de mystère.

Cette liste de noms aurait dû rester gravée dans le marbre et glorifiée pour l’éternité. Mais ces héros succombèrent aux promesses du Chaos et renièrent leur loyauté envers l’Empereur. Ils devinrent synonymes d’infamie, et la honte de leur trahison allait ternir à jamais l’histoire de l’Imperium.

Certes, à l’origine, les Primarque eux-mêmes n’avaient pas conscience d’avoir sombré dans le Chaos, mais lorsqu’ils se rebellèrent, toutes leurs bonnes intentions furent balayées et leurs âmes furent englouties. Les Légions de Space Marines qui les suivaient sombrèrent dans la corruption à leur suite. Ce cancer se répandit également au sein de l’Armée Impériale et du Mechanicum, jusqu’au cœur des domaines de l’Empereur.

L'Hérésie se Répand

Horus déclenche une guerre fratricide !
Ce fut une rébellion presque anodine dans le système Istvaan qui mit le feu aux poudres. Le commandeur planétaire abjura son serment prêté envers l’Imperium et déclara son indépendance. L’Empereur jugea qu’une telle offense devait être sévèrement punie pour éviter qu’une telle idéologie se propageât, et ordonna à Horus de mater la rébellion par tous les moyens nécessaires. Il ne savait pas encore quels changements subtils les dieux du Chaos avaient opérés dans l’esprit du Maître de Guerre…

Horus prit la décision d’écraser les traîtres sans pitié et ordonna le lancement de bombes virales. Le virus dévora en quelques minutes les organismes vivants de la planète. Des cités et des continents entiers furent dévastés lorsque l’oxygène libéré par la décomposition accélérée de tous ces organismes entra en combustion dans l’atmosphère et recouvrit la surface d’Istvaan III d’une tempête de feu gigantesque. Douze milliards de personnes périrent, et leur hurlement psychique masqua un instant la lueur de l’Astronomican. C’est à cet instant que les dieux du Chaos surent qu’Horus leur appartenait.

Plus de cent compagnies des Emperor’s Children, de la Death Guard, des World Eaters et des Sons of Horus avaient déjà atterri à la surface d’Istvaan III pour mater la rébellion lorsque le bombardement avait commencé. Horus s’était assuré que ces compagnies étaient presque entièrement constituées de Space Marines encore loyaux envers l’Empereur, car il souhaitait ainsi les exterminer par son acte perfide. Cependant, plus de deux tiers de ces guerriers survécurent au bombardement, car ils furent prévenus par des éléments encore loyaux restés à bord de la flotte d’Horus. Toujours aussi prompt à agir de façon impulsive, Angron, atterrit à la tête de cinquante compagnies de traîtres pour massacrer les survivants, donnant ainsi le coup d’envoi à la guerre civile.

Au même moment, le Capitaine Garro de la Death Guard, un loyaliste, s’empara de la frégate Eisenstein, déterminé à quitter le système pour annoncer la nouvelle de la trahison. Il ne pouvait pas empêcher les atrocités qui allaient suivre, et avait donc décidé de s’enfuir, espérant atteindre Terra d’une façon ou d’une autre pour prévenir l’Empereur que le Seigneur de Guerre venait de déclencher une guerre fratricide.

L'Imperium Divisé

À travers tout l’Imperium, des armées entières se rebellèrent et des généraux renégats menèrent leurs troupes contre leurs anciens camarades. Sur Mars, les Technoprêtres des deux camps usèrent de technologies interdites et mutilèrent à tout jamais la surface de la planète rouge en utilisant des armes d’une puissance terrifiante. L’Imperium fut déchiré par la guerre civile lorsque les vieilles rivalités et les ambitions d’innombrables seigneurs planétaires provoquèrent la sécession de systèmes stellaires entiers.

L’Empereur comprit alors l’ampleur de la traîtrise d’Horus. Surmontant sa consternation, il ordonna à sept de ses Légions de pourchasser le Maître de Guerre renégat et ses hommes, et de les exterminer. Mais l’hésitation du Maître de l’Humanité lui coûta cher : les Primarques restés loyaux perdirent de précieux mois à organiser la contre-attaque. Cela permit à Horus de raffermir son emprise sur la Bordure Orientale et d’entamer sa marche vers Terra.

Le Massacre du Site d'Atterrisage d'Istvaan V

C’est dans les labyrinthes souterrains de Calth que l’inimitié entre les Word Bearers et les Ultramarines dégénéra en combats sanglants. Les frères d’armes d’affrontèrent et devinrent des ennemis jurés suite à une trahison qui allait retentir pendant des millénaires.
Les forces du Maître de Guerre s’étaient redéployées sur Istvaan V. C’est là que la première vague de loyalistes atterrit. Selon le Mythos Angelica Mortis, les Légions de la Raven Guard, des Iron Hands et des Salamanders formaient l’avant-garde d’un assaut planétaire de grande envergure, qui fut toutefois balayé par uns féroce contre-attaque des traîtres. Au moment où cette première vague était bloquée, dans l’incapacité d’établir une tête de pont, elle tenta une percée, mais s’aperçut alors que les Légions de la deuxième vague - les Iron Warriors, les Night Lords, les Word Bearers et l’Alpha Légion - l’avaient trahie. Les loyalistes furent attaqués de toutes parts, et bien peu échappèrent au massacre.

L’Imperium fut bientôt englouti par la guerre civile. À travers la galaxie, loyalistes et rebelles se battaient bec et ongles, plongés dans un conflit pour l’avenir de l’Humanité qui la verrait soit survivre, soit replonger dans un âge de ténèbres, ou pire, tomber définitivement sous le joug des puissances de la ruine. En dépit de ses Space Marines, de ses alliés démoniaques et de la moitié des Légions titaniques, Horus savait que le temps jouait contre lui, et qu’il lui fallait frapper au cœur de l’Imperium pour remporter une victoire rapide. Sur Mars, ainsi que dans le reste du vaste Imperium, la guerre civile faisait rage.

Sur d’innombrables planètes luttaient des guerriers en proie à la frénésie du combat, ceux qui avaient juré fidélité à l’Empereur tentant de repousser les renégats ayant prêté allégeance au Maître de Guerre et, à travers lui, aux sombres divinités du Chaos. L’Imperium était à feu et à sang et connut certaines des plus grandes batailles de l’histoire de l’Humanité. Sur le monde ruche de Thranx, plus d’un million de combattants périrent en une seule journée à la Bataille de Perdragor. Dans les déserts ardents de Tallarn, à la Saillie de Ka’an, pas moins de cinquante mille blindés prirent part à ce qui fut le plus important combat de chars de tous les temps. Lors des assauts orbitaux de Vanaheim, trois cités ruches furent rasées par les forces rebelles en guise d’avertissement contre toute tentative de résistance, mais les défenseurs combattirent malgré tout jusqu’au dernier homme.

Tel un cancer, l’Hérésie se répandit dans l’Imperium, mais partout, des loyalistes donnèrent leur vie pour en exciser le mal.

Les hordes d’Horus ne cessaient de grossir et se dirigeaient inexorablement vers le Segmentum Solar. Faisant preuve du génie tactique qui le caractérisait et qui faisait autrefois le malheur des ennemis de l’Imperium, le Maître de Guerre défit les armées loyalistes envoyées contre lui les unes après les autres, et finit par lancer un assaut audacieux et parfaitement organisé contre Terra et le Palais de l’Empereur.

L'Invasion de Terra

Le Siège du Palais de l’Empereur compte parmi les heures les plus sombres de l’histoire de l’Humanité. Les bombardements commencèrent le treizième jour de Secundus. Depuis l’orbite, les vaisseaux du Maître de Guerre délivrèrent un barrage incessant de missiles et de rayons laser dans le but d’annihiler les défenses du Palais de l’Empereur et de rendre possible une invasion massive de Terra. Les bases lunaires étaient déjà tombées et la Flotte de Guerre Solar avait été dispersée.

C’est sur Terra, au cœur même du royaume de l’Empereur, que se joua le destin de la galaxie. En ces jours reculés, le ciel était noirci par les nuages de poussière et la planète elle-même se fissurait alors que les plaques tectoniques bougeaient sous les effets des bombardements massifs. Des chaînes de montagnes entières vacillaient tandis que les mers s’évaporaient pour laisser place à des déserts arides. Des pluies de sang et de cendres tombaient du ciel enténébré. Les chœurs d’Astropathes chantaient sans cesse de mauvais présages et nombreux furent ceux qui sombrèrent dans la folie. Des vaisseaux atrocement déformés et remplis de guerriers ayant voué leur âme au Chaos tournaient autour de mondes ravagés. À l’abri des défenses érigées par l’Adeptus Mechanicus, une poignée de défenseurs tentait néanmoins de repousser les envahisseurs.

Les restes des armées loyalistes firent de leur mieux pour tenir jusqu’à ce que des renforts arrivent, et c’est l’Empereur lui-même qui supervisa la défense de son palais-forteresse à la tête de l’Adeptus Custodes, sa garde d’élite. Il était secondé par Sanguinius, le Primarque aux ailes blanches qui commandait la légion des Blood Angels. Le Palais, également défendu par les solides gardes de l’Adeptus Arbites, ne fut pas le seul bastion de résistance : d’autres endroits fortifiés remplis de guerriers déterminés tinrent tête aux forces du Chaos. Dans les ruines de la Basilique Impériale, Rogal Dorn, le Primarque taciturne, incita ses Imperial Fists à se battre avec ferveur. Au sein du complexe des usines fortifiées de l’Adeptus Mechanicus, les Techno-Prêtres échangèrent leurs outils contre les puissantes armes de leur ordre et, dans les décombres des blocs d’habitation calcinés, le Primarque Jaghataï Khan rassembla ses White Scars, la légion qu’il avait personnellement formée à l’art des attaques éclair. En outre, trois Légions Titaniques étaient encore en état de se battre.

La terre tremblait sous les bombardements incessants, des divisions blindées traversaient les paysages torturés pour prendre position en prévision de l’invasion imminente. Les guerriers vérifièrent une dernière fois leurs armes et adressèrent une ultime prière à l’Empereur tandis que les silos de défense laser pivotaient pour faire face aux cieux lourds et menaçants. Soudain, la nuit se constella de traînées de plasma dégagées par des modules d’atterrissage. À l’intérieur du Palais, même les Space Marines frissonnèrent, sachant qu’ils allaient affronter leurs frères déchus. La perspective terrifiante de combattre des Primarques qui avaient vendu leur âme au Chaos remplit chaque guerrier d’un indescriptible sentiment d’horreur.

Lorsque les modules touchèrent le sol, ils vomirent leurs cargaisons : les plus puissants champions du Chaos, les Space Marines renégats des légions corrompues. Ils n’avaient plus rien des fiers guerriers dont parlaient les légendes, mais étaient devenus des créatures déformées par les pouvoirs du Warp et à l’âme ruinée par leurs dévotions impies. Si ce qui était advenu de ces Space Marines semblait atroce, le sort de leurs Primarques était pire encore, leur déchéance avait été à la mesure de l’estime que l’Empereur leur avait portée. Aucun de leurs anciens camarades n’aurait pu les reconnaître, car ils avaient été transformés en des abominations démoniaques et exultantes.

Le puissant Angron aboya ses ordres à ses serviteurs sanguinaires, les World Eaters, puis, brandissant son imposante épée couverte de runes, il mena lui-même l’assaut contre les spatioports du Mur d’Éternité. Ils avancèrent sans ralentir, déterminés à verser toujours plus de sang pour le Dieu du Sang, insouciants des bolts qui sifflaient tout autour d’eux.

Dans le même temps, sous le commandement de Mortarion, la Death Guard émergea silencieusement des cocons suppurants de ses modules d’atterrissage et commença à avancer vers l’ennemi frappé de terreur. Les runes de mort gravées sur la faux du Primarque luisaient avec malveillance dans la nuit alors qu’il exhortait ses guerriers à avancer.

Sur un autre front, Magnus le Rouge toisa triomphalement de son œil unique le palais condamné avant d’ordonner à ses sorciers Thousand Sons d’entamer leurs incantations maudites.

Un rideau de feu accueillit les Emperor’s Children qui tombèrent par dizaines, mais les blessés furent galvanisés par le plaisir que leur procura cette expérience nouvelle et chantèrent de plus belle les louanges de leur Primarque Fulgrim. De toutes parts les renégats surgirent, prêts à se frayer un chemin à travers leurs ennemis.

De nombreux défenseurs cédèrent à la peur, à moins que ce ne fût l’œuvre de la corruption du Chaos. Certains commirent-ils l’erreur de s’imaginer qu’il était possible de négocier avec l’ennemi ultime ? Quelle qu’en soit la raison, une nouvelle trahison éclata. De nombreux détachements de la Garde Impériale se tournèrent vers le Chaos alors même que les renégats atterrissaient, comme s’il s’était agit d’un signal prévu d’avance. Commettant des actes les plus vils de l’histoire de l’Humanité, ils tournèrent leurs armes contre leurs frères et les massacrèrent comme du bétail. C’est ainsi que tomba aux mains des rebelles le spatioport de la Porte des Lions, et tandis que les traîtres entonnaient leurs prières impies, l’air se mit à vibrer avant que n’émergent de nulle part des hordes de Démons répandirent terreur et désespoir.

Il sembla alors que l’heure de Terra avait sonné. Portés par leurs longues ailes membraneuses, d’énormes Buveurs de Sang survolaient triomphalement les champs de bataille, des Gardiens des Secrets dansaient lascivement sur des piles de cadavres, des Grands Immondes hantaient les ruines des cités en répandant dans leur sillage maladies et putréfaction, et d’énigmatiques Ducs du Changement perchés au sommet de tours, supervisaient l’avènement du Chaos en ce monde. Des vaisseaux de guerre quittèrent leur orbite pour se rapprocher de Terra dans l’espoir d’écraser les défenseurs sous le poids du nombre, mais à la différence des modules d’atterrissage, ils firent des cibles parfaites les batteries de défense.

Les silos laser pulvérisèrent de nombreux navires renégats, faisant pleuvoir des milliers de tonnes de métal en fusion sur les zones situées au-dessous. Un gros vaisseau hors de contrôle vint s’écraser contre un bloc d’habitation, tuant dans le même temps une centaine de milliers de personnes. Un autre vint s’encastrer dans le sol avec lequel il fusionna instantanément, dégorgeant ses passagers au milieu d’un magma de béton et de plastracier. Le vaisseau de transport de la Legio Damnatus, une des Légions Titanesques corrompues, fut pulvérisé en plein vol avec la totalité de sa cargaison.

Néanmoins, tous les renégats qui parvinrent à atteindre le sol de Terra convergèrent vers les spatioports dont ils assiégèrent les défenseurs afin de réduire au silence les silos laser qui infligeaient tant de pertes à leurs alliés. Ils furent toutefois reçus par des cohortes de guerriers determinés, prêts à donner leur vie pour défendre leur planète natale et l’Empereur.

Dans les rues étroites entourant les spatioports, les combats furent violents et sans merci. Les chars renégats sillonnaient les avenues, leurs tourelles pivotant de droite et de gauche prêtes à cracher la mort sur les barricades hâtivement érigées par les impériaux.

Bientôt, les défenseurs du Mur d’Éternité cédèrent devant la férocité de l’assaut et les hordes du Maître de Guerre s’emparèrent des spatioports, obtenant ainsi la suprématie aérienne, de sorte que toujours plus de vaisseaux de transport descendirent du ciel. Ces énormes bâtiments, longs de plusieurs kilomètres et couverts de runes malveillantes, vinrent se poser sur le sol de Terra. Des portails d’une centaine de mètres s’ouvrirent dans leurs flancs pour débarquer des Titans déformés par le Warp, leurs plaques de blindage arborant dorénavant des formes insensées. À l’intérieur, les membres d’équipage avaient fusionné avec leur machine. Certains Titans arboraient des armes étranges et dévastatrices, tandis que d’autres étaient devenus des choses hybrides mi-organiques, mi-machines. Leurs tentacules d’acier et leurs queues hérissées de pointes fouettaient les ennemis à portée, tandis que leurs moteurs hurlaient tels des bêtes enragées.

Bannières au vent, les Titans des légions des Storm Lords et des Flaming Skulls entamèrent leur progression, et lorsqu’ils arrivèrent à la Porte des Lions, les Renégats acclamèrent leur présence. Monstres, mutants et cultistes étaient plus que jamais galvanisés.

Ainsi renforcées, les hordes du Chaos se lancèrent à la poursuite des troupes impériales exténuées et démoralisée, alors qu’elles se repliaient vers le Palais de l’Empereur. Les guerriers de Khorne hurlèrent leurs cris de guerre bestiaux en direction des remparts de marbre et d’acier de l’enceinte extérieure. Les Thousand Sons ne cessèrent pas une seconde de faire feu contre les défenseurs. Les Noise Marines de Slaanesh massacrèrent l’infanterie de la Garde Impériale et atteignirent la Porte Saturnine. Tout autour du Palais, les combats firent rage et les défenseurs, tentant désespérément de repousser l’ennemi. moururent par milliers. Depuis les postes de défense répartis le long des murs du Palais. les gardes impériaux firent pleuvoir la mort sur les assaillants sans pour autant les ralentir. À mesure que les hérétiques étaient exterminés, d’autres arrivaient pour prendre leur place au pied de l’enceinte du Palais.

À ce stade des combats, il sembla que la chance avait abandonné l’Empereur. Les spatioports se trouvaient désormais entièrement sous le contrôle du Maître de Guerre et des centaines de milliers de guerriers purent être envoyés en renforts depuis l’orbite. Des mutants décérébrés et d’hideux Enfants du Chaos furent vomis par les vaisseaux renégats pour venir marcher aux côtés des guerriers inféodés aux quatre grandes puissances du Chaos, unies sous la bannière de l’Œil d’Horus. Embarqués à bord de Rhinos ou accrochés aux flancs d’imposantes machines de guerre, tous convergèrent vers le Palais de l’Empereur.

À la vue de cette marée d’immondices se propageant tout autour d’eux, le cœur des défenseurs se glaça d’effroi. Mélangés aux Démons, mutants et autres cultistes au regard enfiévré. ils purent bientôt discerner des Space Marines et des Gardes Impériaux renégats. Il s’agissait pour la plupart de guerriers aux côtés desquels ils avaient combattu et qui s’étaient montrés loyaux envers l’Empereur. Face aux renégats, il leur sembla contempler la partie sombre de leur âme. Sous leurs yeux, l’honneur martial s’était transformé en folie meurtrière, l’intelligence humaine s’était rangée au service de la tricherie, l’espoir était devenu une aberration et l’amour une abominable dépravation. Les courageux guerriers qui assistèrent à ce spectacle surent au fond d’eux qu’il n’y aurait pas d’issue. Il ne restait plus qu’à se battre et mourir, car ceux qui se trouvaient en face ne feraient preuve d’aucune pitié. Cette guerre ne connaîtrait pas de répit, tout se résumerait à détruire ou être détruit.

Le silence s’abattit soudain tout autour du Palais lorsqu’Angron s’avança pour demander d’une voix cassée aux loyalistes de se rendre. Il ajouta que leur cause était désespérée, car ils faisaient face à un adversaire qui ne pouvait être défait, et qu’ils protégeaient un chef trop faible pour mériter leur confiance. En cet instant, les hommes sur les remparts sentirent leur résolution vaciller, devant eux se dressait un Primarque défiguré, autrefois l’un des meilleurs guerriers de l’Empereur, entouré d’une foule innombrable de créatures plus affreuses les unes que les autres.

Il y eut une clameur sur les remparts lorsque Sanguinius et ses Blood Angels firent leur apparition. Du haut des fortifications, le Primarque aux ailes d’ange toisa Angron. Pendant un long moment, ils restèrent à se contempler, semblant mesurer leurs puissances respectives et chercher une faille dans l’armure ou la détermination de l’autre. Qui sait ce qui se passa alors? Peut-être communiquèrent-ils par la pensée, liés par leur fraternité ? Finalement, Angron fit demi-tour et retourna vers ses lignes pour informer ses troupes que personne ne se rendrait et qu’il allait falloir passer sur le corps du moindre défenseur. Son mot d’ordre fut de tout détruire.

Dans un grondement assourdissant, la horde avança en direction des murs. Tractés par leurs rouages d’acier, des Seigneurs des Batailles de Khorne se jetèrent en avant, écrasant tout sur leur passage en tirant des salves de missiles sur le sommet des remparts qui devinrent vite un véritable enfer. Leurs Canons Vomisseurs propulsèrent des langues de métal en fusion qui ravagèrent les postes de défense en pénétrant dans la moindre meurtrière, carbonisant les gardes. Des Chaudrons de Sang furent amenés sur place puis projetèrent sur les défenseurs de mortels fluides démoniaques, avant que d’énormes Chiens de Khorne ne leur sautent à la gorge pour les achever. Des Titans spécialement équipés d’armes de siège prirent à leur tour position tandis que des croiseurs de combat larguaient des bombes par milliers sur les remparts.

Chaque soldat impérial savait que son sort était scellé, car il n’y avait absolument aucun moyen d’échapper à la horde des envahisseurs. Du coup, chacun se battait avec l’énergie du désespoir, tirant jusqu’à épuisement des munitions. Par trois fois l’ennemi parvint à prendre pied sur les murs, et par trois fois il fut repoussé par les efforts du vaillant Sanguinius et de ses Blood Angels. Le Primarque dirigea la défense d’une main de fer, ralliant ceux qui perdaient courage, ayant toujours un mot de réconfort pour ceux qui avaient été mortellement blessés, et combattant avec une fureur froide et implacable. Mais en dépit de ses efforts, les forces du Chaos finirent peu à peu par affaiblir les défenses les hordes semblaient aussi nombreuses que les grains d’une plage de sable, et Horus ne regardait pas à la dépense.

Plusieurs forces impériales postées au dehors de la ville abandonnèrent alors leurs positions pour tenter de porter secours au Palais en danger. Les Légions Titanesques s’enfoncèrent dans le centre de l’armée rebelle, les White Scars harcelèrent ses flancs, mais aucune des tentatives de briser l’assaut du Chaos ne réussit, car renverser une telle marrée de guerriers sanguinaires était quasiment impossible. Les quatre Primarques démoniaques ne cessèrent jamais d’encourager leurs troupes, de sorte qu’à chaque combattant du Chaos qui tombait, deux autres venaient sans tarder prendre sa place.

Depuis l’orbite, le Maître de Guerre observait avec satisfaction le déroulement opérations. Si le Palais finissait par tomber et que l’Empereur périssait, les légions loyalistes de toute la galaxie perdraient courage et la guerre serait gagnée sans le bouclier psychique projeté par l’Empereur, l’Humanité entière tomberait tarder aux mains du Chaos et Horus triompherait enfin, ce qui ferait de lui un Dieu vivant. Néanmoins, s’il ne parvenait pas à l’emporter rapidement, des renforts allaient affluer des quatre coins de l’Imperium et son assaut avorterait. Il s’agissait donc de l’ultime bataille dont tout dépendait. Il se devait de réussir, et à ce moment, il lui sembla que la victoire était à portée de main.

Jour après jour, le siège continua tandis que les pertes s’accumulaient, passant de dizaines à des centaines de milliers de mort, à tel point qu’il fallu évacuer les corps à l’aide de bulldozers pour dégager l’accès à la Porte Saturnine. Les Titans du Chaos pilonnaient incessamment les remparts à l’aide de missiles spécialement conçus qui emportaient de larges pans mur à chaque salve. Les Titans des Fire Wasps ripostèrent avec leurs Canons Volcano, l’air se remplit d’une atroce odeur corrompue de chair brûlée chaque fois que des dizaines de corps étaient incinérés dans de gigantesques boules de feu. Les World Eaters érigèrent dans la Place du Temple une pyramide de crânes calcinés haute de plus de vingt mètres. La nuit, les chants dégénérés des cultistes résonnaient à travers les ruines hantées par toutes sortes de Démons…

Lentement mais sûrement, les défenseurs furent forcés de reculer. Les remparts du Palais étaient parcourus de kilomètres d’allées et de couloirs, un véritable labyrinthe à l’intérieur duquel s’ensuivirent d’âpres combats rapprochés jusqu’à ce que des sections entières de couloirs soient obstruées par la masse des cadavres. Trouvant les progrès de sa horde trop lents, Horus ordonna aux Titans de la Death’s Head de démolir des pans entiers de remparts. Ce faisant, les Warlords subirent de terribles dommages, mais ils parvinrent néanmoins à leurs fins, permettant ainsi aux forces d’Horus de s’engouffrer dans les cours du Palais.

Jaghataï Khan, qui avait anticipé cette éventualité, évita d’envoyer inutilement ses forces contre le gros des forces du Chaos, au lieu de cela, il lança une attaque éclair contre le spatioport de la Porte des Lions. Cet assaut nocturne eut évidemment pour fer de lance les sauvages White Scars, qui ouvrirent le chemin aux restes de la 1ère Division Blindée et des armées de la Garde Impériale. Khan parvint à établir un périmètre de défense autour du spatioport et à le tenir en dépit de toute tentative de contre-attaque, diminuant de moitié le flot des renforts et de matériel ennemis à destination du Palais.

Ce succès redonna courage aux défenseurs qui tentèrent de reprendre le spatioport de la Porte d’Éternité, mais cette fois les forces du Maître de Guerre étaient mieux préparées et les attaquants tombèrent dans des embuscades. Horus savait qu’il était impératif de conserver intacte sa tête de pont, d’autant que l’assaut final à l’intérieur du Palais avait commencé.

La bataille fit rage dans les jardins du Palais et ce qui avait été un magnifique parc fut transformé en un atroce charnier. La moindre statue servit de couvert et chaque monument fit office de bunker. Les bassins ornementaux furent bientôt remplis de sang et les orangeraies changées en brasiers. L’odeur du feu se mélangeait avec celles, plus âcres, de la poudre et de la mort. Exténués, privés de sommeil, les soldats des deux camps se livrèrent une guerre totale. Dissimulés dans des tranchées creusées à la hâte, des snipers prenaient pour cible les malheureux tentant une sortie pour se procurer un peu d’eau stagnante dans une fontaine détruite. Sentant que la fin du conflit approchait, chaque camp combattit avec une férocité redoublée.

Finalement, Sanguinius fut forcé de battre en retraite à l’intérieur même du Palais et défendit en personne la Porte Ultime contre la horde du Chaos tandis que les derniers de ses guerriers, blessés à mort, étaient transportés à l’intérieur. Au moment où l’immense porte de céramite fut sur le point d’être fermée, un Buveur de Sang bondit sur lui et les terribles griffes du démon se refermèrent sur sa gorge. Le Primarque s’envola, de sorte que l’ange et le démon se débattirent un instant au-dessus de la mêlée. Chacun s’arrêta pour observer le conflit titanesque qui se déroulait au-dessus des têtes. Ce fut un combat comme on en vit rarement, opposant deux êtres d’une puissance terrifiante.

Sanguinius était exténué et quasiment à bout de forces, aussi le Démon parvint-il à lui infliger des profondes blessures. L’assemblée hérétique hurla de joie lorsque le Primarque fut jeté au sol avec une telle force que le marbre se fissura sous son poids. L’espace d’un instant, Sanguinius resta allongé et les Blood Angels protestèrent lorsque le Démon vint se poster devant lui en exultant de plaisir. Mais lentement, le Primarque finit par se relever. Il se jeta sur son adversaire, qu’il empoigna fermement avant de briser son échine contre son genou et de jeter sa carcasse parmi les serviteurs du Chaos. Ceux-ci se perdirent en lamentations alors que la porte Ultime était enfin fermée.

Dans le même temps, la Phalanx débarqua Rogal Dorn et ses derniers Imperial Fists à l’intérieur du Palais, car le loyal Primarque était déterminé à mourir en combattant auprès de l’Empereur. L’imposant engin de guerre repartit ensuite dans une tentative désespérée d’atteindre Jaghataï Khan et de le ramener à son tour auprès de son créateur, mais il fut détruit par un tir de barrage des Titans de la Death’s Head. Néanmoins, se sachant condamné, son commandant parvint à diriger l’engin en flammes droit sur le cœur de la horde du Chaos. Il sembla alors qu’un nouveau soleil était né sur Terra lorsque les réacteurs à plasma explosèrent, creusant un cratère de trois kilomètres de diamètre. Cette fois, ceux qui se battaient à l’intérieur du Palais surent qu’ils étaient désormais coupés de toute aide. Seul un miracle pouvait encore les sauver.

La Bataille Finale

La Purge

Une fois les Space Marines renégats chassés des murs du Palais de l’Empereur, les Légions loyalistes étaient unies dans leur désir de se venger. Elles voulaient éliminer leurs frères qui s’étaient tournés vers les ténèbres, et les poursuivirent avec l’acharnement d’une meute de prédateurs. La période qui s’ensuivit fut appelée la Purge. Les Légions de traîtres et leurs Primarques corrompus continuaient de se battre, non pas pour conquérir l’Imperium, mais pour survivre. Cette guerre fut si violente que par moments, la menace qu’elle faisait peser sur l’Imperium était aussi grave qu’au temps de l’Hérésie.

Les affrontements de la Purge durèrent des années et épuisèrent les armées de Terra. Finalement, les loyalistes traquèrent les traîtres jusqu’aux abords de l’Œil de la Terreur. Ces derniers y pénétrèrent, et cette tempête warp devint à la fois leur sanctuaire et leur prison, car la seule sortie stable passait par le Monde-Forteresse de Cadia. Cela n’empêcha pas les renégats de multiplier les raids au cours des siècles qui suivirent.

Comme si la menace des traîtres ne suffisait pas, l’Imperium dut faire face aux dangers posés par les Xenos. L’Humanité avait été épuisée par la guerre civile, et fut attaquée par les empires extraterrestres qu’elle avait jadis vaincus. L’Hérésie d’Horus avait précipité l’Imperium naissant du faîte de la gloire vers les abîmes de l’infamie, et dans un cycle de guerres éternel.

À travers les larges brèches creusées dans les remparts externes, toujours plus de renforts et de matériel étaient acheminés vers le Palais. Le Maître de Guerre en personne se prépara à se téléporter sur Terra afin de superviser la destruction de son ancien seigneur. C’est alors qu’un Démon issu du Warp lui apprit qu’une flotte loyaliste sous le commandement de Leman Russ et de Lion el’Johnson était sur le point de faire son apparition, or il lui faudrait encore plusieurs jours pour venir à bout des dernières poches de résistance, même s’il prenait la tête de ses forces. Le temps manquait cruellement au Maître de Guerre.

Mais Horus avait la puissance d’un Dieu et l’intelligence d’un démon, et il n’avait pas dit son dernier mot. Il se résolut à tenter un dernier acte désespéré de traîtrise qui lui permettrait tout de même de venir à bout de l’Empereur. Il ordonna que toutes les lignes de communication soient coupées afin que les défenseurs ne puissent pas apprendre l’arrivée des renforts, et il employa toute sa puissance psychique afin que l’Empereur n’en soit pas non plus averti. Enfin, il abaissa les boucliers de défense de son propre vaisseau amiral. C’était une invitation doublée d’un défi personnel auquel il savait que l’Empereur, se voyant offert une chance de détruire celui qui avait orchestré tout ce carnage, ne résisterait pas.

L’Empereur avait toujours été guide par ses visions prophétiques, mais en cet instant, il ne parvenait pas à prédire l’issue de la bataille. Il releva néanmoins le défi et se téléporta sur la barge de bataille d’Horus avec ceux de ses fils qui lui étaient restés loyaux : Sanguinius, Rogal Dorn et quelques guerriers. L’avenir de l’Humanité était dans la balance…


Le félon utilisa ses pouvoirs pour séparer ses adversaires et chacun se retrouva transporté dans un endroit différent du vaisseau corrompu, ils réalisèrent alors l’étendue de la corruption d’Horus. Celui-ci était devenu un Champion du Chaos, et sa barge de bataille s’en était trouvée horriblement transformée. De nombreux Space Marines loyalistes devinrent fous à la vue des murs de chair desquels émergeaient des visages démoniaques qui susurraient et ricanaient à leur passage. En dépit de cet environnement horrible, l’Empereur se dirigea vers le pont supérieur à la recherche du Maître de Guerre. Sanguinius se fraya un chemin droit vers le trône d’Horus où celui-ci offrit aux Blood Angels une chance de changer de camp. Il savait qu’ils pourraient lui être utiles lorsque les Space Wolves et les Dark Angels arriveraient. Sanguinius refusa, suscitant la fureur d’Horus. Même au summum de sa force, le Primarque n’aurait pas été de taille à affronter le Maître de Guerre, or affaibli et blessé comme il l’était, il n’eut pas la moindre chance. Horus l’étrangla à mains nues au pied du trône sur lequel les Dieux du Chaos l’avaient assis.

L’Empereur trouva Horus peu de temps après et ce qui se produisit alors est entouré de légendes. Lorsqu’il fit voler en éclats les portes blindées du pont, l’Empereur se retrouva face à face avec son fils perdu. Horus avait été englouti par le Chaos. L’Empereur se rua à l’attaque, et le duel qui allait sceller le destin de l’humanité s’engagea lorsque les deux êtres les plus puissants de l’histoire de l’Humanité s’affrontèrent, tant sur le plan physique que psychique, repoussant les limites de leurs corps et de leurs esprits. Horus était soutenu par la puissance des Dieux du Chaos, alors que l’Empereur était seul, mais il triompha néanmoins. Horus réussit à blesser grièvement l’Empereur, cependant ce dernier parvint à surmonter la douleur. Dans un dernier effort, il transperça le corps du Maître de Guerre et déchira son âme, qui perdit toute résonance dans le Warp. Néanmoins, cet acte vida totalement le Maître de l’Humanité de son énergie vitale et il s’effondra, inerte. L’onde psychique que déclencha la mort du Maître de Guerre traversa le Warp, et sur Terra, les Démons se dématérialisèrent en hurlant tandis que les Primarques rebelles restèrent abasourdis. Leur maître venait de périr des mains de l’Empereur, or sans celui avait fomenté toute cette rébellion, il n’y avait plus personne pour maintenir la cohésion des forces renégates. Celles-ci se démoralisèrent rapidement, et lorsque la nouvelle de l’approche d’une flotte impériale se répandit, elles n’eurent d’autre choix que de fuir.

Au spatioport de la Porte des Lions, Jaghataï Khan et les quelques White Scars encore en état de combattre purent contempler la horde du Chaos sombrer dans la confusion puis battre en retraite. Angron, Fulgrim, Magnus le Rouge et Mortarion conduisirent leurs guerriers à leurs vaisseaux et quittèrent les lieux abandonnant le reste des rebelles à leur sort. Alors qu’il s’apprêtait à embarquer, Angron se retourna une dernière fois pour menacer du poing le dôme du Palais Impérial qui avait été si proche de tomber. Ses renégats et lui n’avaient-ils pas l’éternité devant eux pour se venger ? La Bataille pour Terra était néanmoins terminée, tout comme l’Hérésie d’Horus qui avait enfin trouvé sa conclusion. Les loyalistes avaient gagné, mais le prix en avait été exorbitant : Terra était dévastée, ses cités étaient en ruines, son peuple décimé, et même les plaques tectoniques de la planète avaient été rendues instables par les mois de bombardements orbitaux incessants. La férocité de l’attaque des traîtres avait été telle que même si Terra était entièrement rebâtie, rien ne pourrait jamais guérir complètement les blessures qui lui avaient été infligées au cours des affrontements. L’Imperium était en lambeaux. Rogal Dorn retrouva le corps brisé de l’Empereur dans les ruines de la salle du trône du Maître de Guerre. Du bout des lèvres, le père de l’Humanité murmura ses instructions concernant la construction du Trône d’Or. Dorn sourit, car tant que l’Empereur serait en vie, il y aurait de l’espoir.

Le Primarque retourna sur Terra. Il y avait beaucoup à faire...

En effet, alors qu’ils battaient en retraite vers l’Œil de la Terreur, les traîtres préparaient déjà leur retour afin de mettre de nouveau la galaxie à feu et à sang. Le plus virulent d’entre eux n’était autre qu’Abaddon, le Capitaine de la Première Compagnie des Sons of Horus. Il avait emmené la dépouille du Maître de Guerre, et avec elle une inextinguible soif de revanche. Les Primarques rebelles et leurs Légions trouvèrent refuge au cœur de l’Œil de la Terreur. Ils se querellèrent rapidement pour la possession de territoires et les Légions se divisèrent en factions poursuivant leurs propres objectifs. C’est ainsi que commença un combat contre l’Imperium qui dure depuis plus de dix mille ans.

L’Hérésie a beau être terminée, la Longue Guerre continue.

C’est à bord du bâtiment de guerre Vengeful Spirit que l’Empereur affronta Horus, son fils corrompu. Avant cela, le Primarque Sanguinius périt sous les coups de la Griffe d’Horus, mais le Maître de l’Humanité vengea l’Ange de Baal, même s’il le paya au prix fort.

Source

  • Codex Heretic Astartes Chaos Space Marines, V8
  • White Dwarf 100 (Août 2002)

  1. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Legiones Astrates - Preface (traduit de l'anglais par Guilhem)

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