Catégorie:Hérésie d'Horus

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Artikle pô fini. J’suis en train d’mettre ça
kom il fô pour k’ça soit tout bô tout bien !
- Krapull Kass’Krane, Mékano
et scribe stagiaire Ork.


C’est une époque légendaire…
Des héros continuent de se battre pour régenter la portion de galaxie que les vastes armées de l’Empereur de Terra ont conquise durant leur Grande Croisade. Une myriade de races extraterrestres ont été écrasées par les combattants d’élite de l’Empereur et effacées des annales de l’histoire.
L’aube d’une ère de suprématie se lève sur l’Humanité. Des citadelles éclatantes d’or et de marbre célèbrent les nombreux triomphes de l’Empereur. Sur un million de mondes sont érigés des monuments rappelant les exploits épiques de ses plus formidables guerriers. Premiers parmi eux, les Primarques, des héros surpuissants, imposants et magnifiques, l’aboutissement ultime des expérimentations génétiques de l’Empereur, ont mené leurs armées de Space Marines de victoire en victoire.
Les Space Marines sont les plus puissants guerriers humains que la galaxie ait jamais connus, chacun d’eux surpassant une centaine de soldats ordinaires. Organisés en légions de dizaines de milliers de combattants placés sous les ordres d’un Primarque, ils ont conquis l’immensité spatiale au nom de l’Empereur. Le plus illustre parmi ces Primarques est Horus le Glorieux, l’Astre Brillant, favori de l’Empereur. Il est le Maître de Guerre, commandant en chef de la puissance militaire impériale ayant assujetti un millier de milliers de mondes, grand conquérant, guerrier sans égal et diplomate suprême.
Horus est une étoile montante, mais jusqu’où une étoile peut-elle monter avant de retomber ?
« Le sort en est jeté. Je me suis engagé sur une route dont je ne peux me détourner. C’est un pari risqué, qui pourrait entraîner mon anéantissement total, ou le plus fantastique des triomphes. Mais les dieux sont avec moi. Je suis sûr qu’au terme de mon voyage, je m’accaparerai le trône de Terra ; pour le bien de l’espèce humaine, je déposerai l’Empereur et je prendrai Sa place comme le seul authentique seigneur de toute la galaxie.
Certains me qualifient de traître et d’hérétique, mais il est mon destin de régner sur les astres au nom de l’Humanité. Ne suis-je pas le plus grand des Primarques ? Le fils favori de l’Empereur ? Ne suis-je pas par conséquent celui qu’Il a choisi ? Il m’appartient de régner, par voie naturelle de succession, et par le droit des armes que j’ai fait valoir sur un millier de champs de bataille. C’est à moi que s’en réfèrent les armées de l’Imperium pour les guider. C’est vers moi que se tournent les autres Primarques et leurs Légions. Seul l’Empereur Se dresse entre moi et le trône de Terra. Le moment est venu pour moi de m’en emparer, et je le ferai, mais mon propre avenir n’est pas le seul qui soit en jeu.
Les seigneurs du Warp m’ont laissé entrevoir le destin de l’Imperium, si nous devions laisser l’Empereur manipuler des forces qu’Il ne peut maîtriser. Ce futur n’est que déliquescence. La mort et le déshonneur seront les seules médailles que les guerriers de l’Humanité auront à gagner dans ces temps sombres, la galaxie ne recèlera plus aucun espoir pour les fils de l’homme. Les infâmes Xenos étendront leur emprise sur nos mondes : la puissance de nos armées glorieuses sera fracassée par leurs hordes sans nombre, et nos populations seront décimées comme un bétail humain pour satisfaire leurs vils appétits. Dans ce futur cauchemardesque, les masses humaines n’auront plus la force de défier leurs oppresseurs, de lutter contre des horreurs que l’univers n’a pas encore lâchées contre nous. Elles se terreront dans leurs taudis grossiers, et prieront un dieu insensible, un Dieu Charognard, le maître de leur désespoir. Un Empereur qui n’entendra pas leurs pleurs, qui n’éprouvera pas leur douleur ni leurs craintes.
Oui, l’Empereur de l’Humanité abandonnera Son peuple. Il lui tournera le dos afin de gagner Sa place parmi les dieux. L’Empereur ne se préoccupe que de Lui, obsédé comme Il l’est par Sa propre puissance et par la gloire. Il a trompé Ses fils et ceux qui le suivaient. Nous n’avions pas de place dans Son grand projet. Il a attendu, attendu l’opportunité de nous rejeter et de Se hisser vers un statut d’être divin. Pendant que nous avons livré ces guerres pour Lui les unes après les autres, Lui faisait accroître en secret Sa puissance dans le Warp. Les créatures qui y vivent ne sont que des pions innocents dans ce jeu mortel. Elles m’ont assuré que nos affaires ne les intéressaient pas. Elles ne s’opposent pas à Lui sans raison. Pour elles, Il est un ouragan, une tornade, une tempête de destruction cosmique qui menace de les anéantir. Il les a mutilées, elles ne font que se défendre comme un lion blessé acculé au fond d’une grotte. Les grandes entités du Warp ne cherchent qu’à se préserver de la prédation de l’Empereur, et pour y parvenir, elles ont conclu ce pacte avec moi. Je leur offrirai Sa tête, en échange de quoi je recevrai la galaxie pour en faire comme il me siéra.
Je suis le sauveur de notre destin. C’est moi qui amènerai au genre humain une gloire durable. Moi seul, je peux garantir à ses multitudes l’authentique espoir d’un avenir sans souffrance et sans servitude, libéré de la mort et du déshonneur.
Je suis Horus, le Maître de Guerre. Je suis le futur Maître de l’Humanité.  »

Lors des jours sombres du M31, le fils favori de l’Empereur trahit Son créateur et plongea l’Imperium dans la guerre civile. L’influence d’Horus était telle qu’il parvint à rallier à lui la moitié des Légions Astartes, et à les retourner contre leurs frères pour tenter de destituer l’Empereur. Depuis cette trahison ignoble, l’Imperium de l’Humanité est consumé par des guerres et des luttes fratricides qui pourraient bien un jour signer sa perte.

Une nouvelle ère avait commencé, mais cette aube dorée n’allait pas déboucher sur le futur rayonnant que l’Empereur désirait pour l’Humanité. Le jeune Imperium fut en effet déchiré par la grande trahison de l’Hérésie d’Horus. L’orgueil humain et l’ambition prêtèrent le flanc aux machinations des Dieux Sombres. L’âge de lumière s’assombrit comme l’Humanité troquait la raison contre la superstition afin de survivre.

Les Légions de Space Marines armés par les usines de Mars formaient le fer de lance de la Grande Croisade. Soutenues par l’Armée Impériale, elles se révélèrent invincibles. Les Xenos et les créatures du Warp furent repoussés, et les planètes furent reprises les unes après les autres. Les campagnes militaires éloignaient toujours plus les armées de Terra, qui découvrirent successivement les vingt Primarques, qui rejoignirent la Grande Croisade à la tête de la Légion créée à leur image.

L’Empereur énonça trois principes inviolables au cours de ces conquêtes galactiques : la corruption génétique devait être éradiquée, les Psykers devaient être rassemblés, contrôlés et confiés aux agents impériaux pour être évalués. Enfin, les Xenos hostiles devaient être mis hors d’état de nuire. Triomphant sur tous les fronts, l’Imperium de l’Humanité devint rapidement le plus grand empire de la galaxie. L’Empereur jugea alors que la phase suivante de Ses plans pouvait avoir lieu, c’est pourquoi Il confia le commandement des Légions de Space Marines à ses Primarques et retourna sur Terra. Horus, le Primarque des Luna Wolves (renommés plus tard Sons of Horus), fut nommé Maître de Guerre et prit la tête de la Grande Croisade.

À l’aube de cette nouvelle ère pour l’Humanité, l’irréparable survint. Se détournant de l’Empereur et de Ses enseignements, le Maître de Guerre Horus commit la trahison ultime et embrassa la cause des Dieux Sombres. Investi par leurs pouvoirs, il déclencha une rébellion qui plongea la galaxie dans la guerre civile. Plus d’un tiers des forces militaires de l’Imperium se joignit à Horus, y compris la moitié des Légions de Space Marines. Les combats fratricides aux proportions titanesques qui s’ensuivirent donnèrent lieu à des mythes et à des rancunes qui perdurent aujourd’hui encore.

Cherchant à tuer l’Empereur, les traîtres se frayèrent un chemin sanglant vers Terra et attaquèrent le Palais Impérial en hurlant de rage. Finalement, grâce à des actions héroïques, les loyalistes renversèrent le cours de la bataille et Horus fut tué par l’Empereur, mais ce faisant, ce dernier fut mortellement blessé. Malgré tout, grâce à Sa volonté hors du commun, le Maître de l’Humanité parvint à survivre assez longtemps pour que Son corps brisé soit placé dans les machineries du Trône d’Or récemment achevé. Ainsi, au cœur du Palais Impérial, une technologie étrange permet à l’esprit de l’Empereur de perdurer afin qu’Il protège l’Humanité. Son enveloppe charnelle était désormais immobile, pourtant Il conservait toute la maîtrise de Ses immenses pouvoirs psychiques.

Le rêve de l’Empereur de donner vie à un âge de lumière où l’Humanité serait libérée de la superstition et de l’ignorance a cédé la place à quelque chose de bien plus funeste. Même si l’Imperium a perduré, ce n’est que grâce à des lois oppressives appliquées en Son nom.

C’est ainsi qu’est né un âge de dictateurs et de déraison, de stagnation et d’aveuglement. La population a régressé dans l’obscurantisme religieux tandis que l’Empereur Se tient immobile, sans que nul puisse deviner Ses pensées. Il étend Sa volonté sur plus d’un million de mondes, sans pour autant être en mesure de bouger le moindre de Ses muscles.

Les combats sans merci de l’Hérésie d’Horus marquèrent le début d’un âge sanglant. Suite à la mort du Maître de Guerre, les traîtres se dispersèrent et de nombreux conflits secondaires ravivèrent les flammes des combats. Le Nettoyage se poursuivit longtemps, et il fallut livrer des milliers de batailles pour que l’Imperium chancelant échappe définitivement au risque de l’annihilation. Suite à ces troubles, la hiérarchie de l’Imperium fut modifiée en profondeur. L’autorité suprême passa des mains de l’Empereur à celles d’un conseil agissant en Son nom. La suspicion fut à l’origine de bon nombre de ces changements, car on découvrit que beaucoup plus de planètes qu’on ne le pensait de prime abord avaient sombré dans la trahison. Les racines de la corruption étaient profondes et difficiles à arracher. La méfiance et la paranoïa s’installèrent et engendrèrent une ère de crainte et de doute.

Les changements affectèrent aussi les institutions militaires et gouvernementales. Les Legiones Astartes, qui avaient été indispensables pour assurer la victoire de l’Humanité pendant la Grande Croisade, furent divisées en entités nommées Chapitres. Cette transition fut orchestrée par Roboute Guilliman, le Primarque de la Légion des Ultramarines, afin de conserver la polyvalence des Space Marines sans que plus jamais la puissance de toute une Légion de cent mille Space Marines repose entre les mains d’un seul individu.

L’Armée Impériale fut elle aussi altérée. Elle comprenait auparavant les bâtiments de guerre qui parcouraient les étoiles, et qui transportaient les innombrables soldats chargés de guerroyer à la surface des planètes. Ces organisations formèrent respectivement la Marine Impériale et l’Astra Militarum. Il en fut ainsi dans toutes les institutions de l’Imperium, qui furent scindées, fractionnées. Un grand nombre de branches de l’Adeptus Administratum virent le jour, et il n’était pas rare que deux organisations indépendantes qui n’avaient pas mutuellement connaissance de leur existence soient chargées des mêmes missions. Ces mesures de sécurité donnèrent lieu à un système sibyllin secrètement chapeauté par la nouvellement formée et toute-puissante Inquisition, une organisation en marge de l’autorité impériale. Sa mission était de tout vérifier et de tout espionner afin de débusquer le moindre danger menaçant l’Humanité. Nul en dehors de l’Empereur ne pouvait échapper à son regard perçant.

L'HÉRÉSIE D'HORUS

« La mort est tout autour de nous à présent : la mort du corps, la mort de l’esprit, mais surtout la mort de l’espoir.
La mémoire meurt et seule la légende restera. Beaucoup sont déjà partis, qu’ils soient nobles ou lâches, lamentés ou inconnus. Le cataclysme qui a déchiré notre Imperium résonne encore, et il n’y a pas assez de temps pour compter les morts, certains en faisant le travail de leur vie dit-on. Notre Empereur, notre brillant seigneur, notre libérateur, notre père errant - la plus grande victime de tous, brisée et silencieuse maintenant sur Son trône étincelant - le mort immortel, un nouveau dieu sans vie pour une nouvelle ère de terreur.
Reverrez-nous la lumière ? Je le pense pas, pas dans mille vies à venir du moins, mais j’ai peu d’espoir. Je suis l’un des rares encore en vie qui se souvient de l’espoir, l’un des rares "humains" en tout cas ; pas un Primarque, pas un Legiones Astartes, pas un Custodien, pas un membre du Mechanicum. Ni même un des courtisans qui s’augmente avec acharnement les fils de sa vie pour vivre dans l’horreur des traitements alchimiques et de la jeunesse volée. Je n’aurais aucune partie de tout cela - indépendamment de ce que le Sigillite souhaitait - je suis et suis resté - seulement humain. Je me souviens de l’Imperium tel qu’il était censé être, comment cela aurait pu être, et contrairement à l’Empereur, je n’ai pas de merveille dorée pour me conserver, et bientôt je partirai.
C’est pour cette raison que j’ai assemblé ces notes dont vous tenez le premier volume en main. J’y ai mis mes connaissances et ma mémoire. Je sais qu’à présent certains diront que mes paroles sont des mensonges ou pire, de la trahison, et je ne doute pas que dans l’obscurité sombre de ce qui va sûrement suivre, mes paroles sembleront au mieux une cruelle plaisanterie. Mais si le destin est avec moi, les archives survivront à l’obscurité à venir - endureront la haine du zélote et la superstition aveugle que nous nous sommes tirés tel un linceul, et la vérité sera connue.
J’ai vu avec des yeux alors jeune et ceci est mon testament. J’étais là quand Tallarn brûla et que Keoptis fut noyé dans des océans de sang. J’ai été témoin du ciel de Terra déchiré par la foudre et les ténèbres le jour où le Maître de Guerre est venu et que l’enfer l’a suivi. J’ai entendu le glas funèbre de l’Empereur de l’Humanité et j’ai pleuré.
Je me souviens.
- AK.[1]
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L'Âge de l'Empereur

L’Âge de l’Empereur.
C’est une époque légendaire…
Des héros se battent pour régenter la portion de galaxie que les vastes armées de l’Empereur de Terra ont conquise durant leur Grande Croisade. Une myriade de races extraterrestres ont été écrasées par les combattants d’élite de l’Empereur et se sont repliées vers leurs antres pour y soigner leurs plaies.
L’aube d’une ère de suprématie se lève sur l’Humanité. Des citadelles éclatantes d’or et de marbre célèbrent les nombreux triomphes de l’Empereur. Sur un million de mondes sont érigés des monuments rappelant les exploits épiques de Ses plus formidables guerriers.
Premiers parmi eux, les Primarques, des héros surpuissants, imposants et magnifiques, l’aboutissement ultime des expérimentations génétiques de l’Empereur, ont mené leurs armées de Space Marines de victoire en victoire. Les Space Marines sont les plus puissants guerriers humains que la galaxie ait jamais connus, chacun d’eux surpassant une centaine de soldats ordinaires.
Organisés en vastes armées de dizaines de milliers de combattants, appelées les Légions, les Space Marines et les Primarques qui les dirigent règnent désormais sur la galaxie au nom de l’Empereur.
Le plus illustre de ces Primarques est Horus, le plus fort, le premier parmi ceux que l’Empereur considère comme Ses fils. Il est le Maître de Guerre, commandant en chef de toute la puissance militaire impériale ayant assujetti un millier de milliers de mondes et conquis la galaxie. C’est un guerrier sans égal, honnis peut-être l’Empereur en personne. Son astre est ascendant et ses troupes lui sont toutes dévouées. Mais la confiance qu’elles ont en lui est sur le point de voler en éclats.
À l’insu d’elles et de l’Empereur, Horus a été corrompu en secret par les puissances du Warp. Le Chaos lui a murmuré à l’esprit, et Horus a prêté l’oreille à sa ruse et à sa perversité. Pourquoi Horus devrait-il continuer à faire comme l’Empereur l’ordonne ? N’est-ce pas lui qui a mené les Légions Space Marines vers d’innombrables victoires ? Ne porte-t-il pas les balafres d’un millier de batailles ? L’Empereur a-t-il été là pour verser ne fût-ce qu’une larme quand de braves Space Marines connaissaient une mort horrible de la main de leurs adversaires xenos ? Non, c’est lui, Horus, qui s’est battu, qui a saigné et pleuré ! Lui qui a planifié les guerres et les victoires, lui qui s’est attaché la loyauté des Space Marines ; c’est lui qui devrait être acclamé comme Empereur de l’Humanité !
L’Empereur, de Son côté, est assis sur Son trône de Terra et songe à l’avenir, après avoir engendré à Lui seul la plus incroyable puissance militaire jamais connue. Son génie a élaboré le profil génétique de Ses Primarques et des Space Marines, leur descendance. De son esprit brillant est né le Grand Projet : l’union des empires de Terra et de Mars, et leur Grande Croisade afin de soustraire l’Humanité aux griffes des Xenos et des bêtes du Warp. Ce fut l’Empereur qui libéra le potentiel des Navigators et permit au genre humain de couvrir sans péril de grandes distances à travers le Warp. Mais son œuvre n’est pas achevée, et le voilà songeur, et Son vaste intellect calcule quelle sera la destinée du genre humain. Le temps joue contre Lui. Ses facultés de précognition s’estompent, la pression de devoir entretenir le signal de l’Astronomican à l’échelle de toute la galaxie s’accroît de jour en jour ; le futur se voile et s’assombrit. L’Empereur a conscience que d’autres comme Lui voient le jour, mais plus faibles que Lui, moins capables de résister à l’étreinte séductrice du Warp et aux horreurs inconnues qui s’y trouvent.
C’est sur ces Psykers émergents que l’attention de l’Empereur se focalise. L’heure est venue pour Lui d’ordonner la fabrication des moteurs psi et des stations-tests à occulum, qui chercheront les gènes des Psykers latents au sein des populations. Les Psykers émergents pourront alors être entraînés et purifiés, protégés des dangers du Warp et des entités malveillantes qui s’y trouvent. Le destin de l’Humanité est fragile, et Lui seul peut la guider en avant sans rien devoir craindre.
Les grandes armées de l’Empereur ont rempli leur but. L’heure est maintenant venue que les Légions soient démantelées, que les Space Marines soient chargés d’autres tâches, de monter la garde sur les mondes humains et d’en défendre les nouveaux régimes. Les seigneurs guerriers que sont les Primarques deviendront les souverains de ces mondes et les administrateurs du Grand Projet.
Mais Horus réclame vengeance ; il veut débarrasser la galaxie de tous les adversaires extraterrestres de l’Humanité. Pas un seul Xenos ne doit rester vivant pour menacer encore le genre humain. Les Légions doivent les traquer et tous les éradiquer ! Les glorieuses armées de l’Imperium ne devraient pas être forcées de déposer les armes. Elles n’ont pas vocation à être émasculées, reconverties en policiers et en gardiens de prisons ! Le Démon présente ses arguments à l’oreille d’Horus de façon à le faire plier, et l’Empereur devrait prendre garde au danger.

L'Ère des Luttes

Cette tragique période dura plus de cinq mille ans, pendant lesquels les planètes occupées par l’homme furent isolées au milieu d’orages Warp qui rendirent les échanges interstellaires impossibles. La Terre se retrouva totalement coupée de ses colonies et de ses alliés. Partout dans la galaxie les mondes humains succombèrent à l’anarchie, à la guerre, et la civilisation sombra dans les luttes de pouvoir des factions locales.

Au spectacle de cette décadence, des centaines de peuples extraterrestres saisirent leur chance de piller et d’asservir les mondes sans défense. Des planètes furent mises à sac et leurs populations massacrées ; celles qui survécurent tombèrent rapidement dans la barbarie, mais bien pire encore était la menace du Warp.

L’existence des créatures du Warp était peu connue, et le danger présenté pour l’esprit humain mal compris. Sur les planètes à forte concentration de Psykers, ces créatures parvinrent à briser les barrières entre l’Immaterium et l’espace réel ; des mondes entiers furent envahis par les horreurs indescriptibles qui s’en échappèrent, certains même avalés par le Warp et perdus à jamais.

L’Humanité se débattait contre son extinction. Isolés, en proie aux querelles intestines, cernés par les attaques extraterrestres et confrontés aux périls des incursions du Warp, les mondes humains qui avaient perduré n’étaient plus que l’ombre pathétique de leur gloire passée. L’effort nécessaire pour sauver l’Humanité et la libérer de cet enfer allait devoir être surhumain.

L’Ère des Luttes avait laissé la Terre dans un état effroyable. Des générations de combats avaient fait de ses paysages un désert inhospitalier, et de ses habitants une masse de sauvages dégénérés, dont les tribus nomades étaient lancées dans des guerres religieuses incessantes par les prophètes et les démagogues. Tout la coupait de son empire sidéral passé. Seul demeurait un contact intermittent avec Mars et ses Technoprêtres, devenus des ennemis jurés pour les insensés de la Vieille Terra.

Ce fut de ce marasme qu’un chef émergea ; Il était l’Empereur, et Sa force reposait dans Sa rationalité et Sa clairvoyance. Peu suspectèrent en Lui la part de mutant. De grandes régions de la Terre turent conquises par Sa main et les bouleversements s’y déchaînèrent. La peur et la foi aveugle y laissèrent place à la raison. L’Empereur entama une série d’expérimentations génétiques, afin de stabiliser la souche de l’espèce humaine et de la recréer telle qu’elle avait été avant les tempêtes de radiations. Puis Il forma Son Conseil de Guerre, composé de Ses généraux les plus aptes et d’administrateurs de haut rang qui se mirent à l’estimer comme un être divin.

La Grande Croisade

L’Empereur proclame le début de la Grande Croisade !
Des cendres de l’Ère des Luttes se dressa un meneur, celui que l’histoire ne retiendrait dès lors que comme l’Empereur. Ses origines ne sont plus connues aujourd’hui, mais ce fut sur Terre, en soumettant et en rassemblant les factions guerrières, qu’Il commença à forger l’empire galactique qui allait unir à nouveau la myriade des mondes de l’Humanité.

Dès ces prémices, l’Empereur S’entoura des guerriers génétiquement modifiés qui allaient devenir les Space Marines. Ces troupes surhumaines prirent facilement le dessus lors des Guerres d’Unification, soumirent tous leurs opposants terriens et forcèrent les Technoprêtres de Mars à demander la paix. Emportés par une ferveur zélée, ils furent les premiers à se référer à leur mission sous le terme de "croisade".

Alors même que la conquête de la Terre s’achevait, un événement cosmique survint : une onde de choc massive traversa le Warp, balayant les tempêtes qui avaient fait rage cinq mille ans durant. Les armées de l’Empereur pouvaient à présent prendre le chemin des étoiles, et la Grande Croisade venait de commencer.

Le système solaire fut la première région spatiale conquise par l’Empereur et Ses Légions Space Marines. Les envahisseurs extraterrestres furent chassés des lunes de Saturne et de Jupiter, dont les habitants humains libérés de l’esclavage furent rapatriés sur Terre.

Sous la direction du Mechanicum, une assemblée de technocrates, Mars avait développé une culture solide fondée sur le culte du Dieu-Machine, dédiée à l’étude et à la construction d’engins et de machines de tous types. L’Empereur n’attaqua pas ce monde, et préféra conclure une alliance avec ses dirigeants.

L’accès aux usines géantes de Mars Lui permit de considérablement augmenter la puissance de ses soldats grâce à un équipement amélioré. Les Technoprêtres lui fournirent également les immenses croiseurs à propulsion Warp qui allaient transporter les Légions Space Marines et les gigantesques machines de guerre appelées Titans aux quatre coins de la galaxie.

Ainsi l’Empereur emmena-t-Il Ses Space Marines dans une mission pour libérer l’Humanité des extraterrestres et des Démons qui avaient failli causer sa perte. Les planètes furent reconquises les unes après les autres, et les oppresseurs d’hier mis en déroute ou anéantis dans une série de guerres épiques. Les mondes infectés par les créatures du Warp furent nettoyés sous les bombes virales et les missiles Vortex de tirs orbitaux apocalyptiques.

Ce fut au fil de la Grande Croisade que les Space Marines retrouvèrent leurs Primarques. Les planètes sur lesquelles les Primarques avaient grandi et qu’ils dominaient devinrent le protectorat des Légions, où furent établis des bases permanentes depuis lesquelles il leur était possible de lancer des offensives contre pratiquement n’importe quel ennemi. La puissance de l’Imperium se trouvait à son apogée. Rien ni personne ne pouvait faire obstacle à l’Empereur et à Ses armées.

Les Flottes Expéditionnaires

Durant la Grande Croisade, les troupes pléthoriques de l’Empereur furent organisées en un certain nombre de formations, connues sous le nom de Flottes Expéditionnaires. Il n’y eut au départ qu’une seule de ces flottes, commandée par l’Empereur Lui-même, mais davantage furent lancées à mesure que la Croisade se répandait dans la galaxie. De talentueux généraux, des hommes de confiance, étaient nommés à leur tête.

Afin que chacune puisse recevoir le soutien adéquat et que leurs mouvements soient suivis avec un certain degré de précision, chacune des Flottes Expéditionnaires recevait un numéro attribué par le Conseil de Guerre. Lorsque la Grande Croisade toucha à sa fin, on comptait près de cinq mille expéditions primaires, et plus de soixante mille groupes secondaires de déploiement opérant à travers l’Imperium.

La composition de chacune des flottes n’était pas fixe. Les diverses escadres de vaisseaux, les régiments de l’Armée Impériale, les formations de troupes auxiliaires, et même les détachements des Légions Space Marines composant une flotte pouvaient aller et venir au fil du temps, comme le dictait la stratégie prédominante. Mais les matricules de désignation demeuraient les mêmes, et bien que la plupart n’acquirent jamais de signification particulière, certains finirent par être associés à des Primarques spécifiques, ou d’autres meneurs d’hommes prestigieux.

La désignation numérique d’une Flotte Expéditionnaire se transmettait aux planètes conquises par ses forces : ainsi, par exemple, un monde impérial initialement connu sous le nom de Soixante Trois Dix-Neuf avait-il été le dix-neuvième découvert par la 63e expédition. Il devenait par conséquent possible aux administrateurs de retracer les mouvements d’une flotte spécifique grâce aux mondes que celle-ci avait rencontrés, pris dans l’ordre chronologique.

Le Conseil de Guerre

Malcador le Sigillite

Durant sa conquête de la Terre, l’Empereur s’adjoignit des lieutenants de confiance et leur confia des tâches dignes d’hommes de ce statut. La plupart de ces loyaux serviteurs provenaient de Sa garde et des rangs des Space Marines.

Malcador faisait exception, lui qui avait été présent à Ses côtés dès les premières années des Guerres d’Unification. Il n’était pas un combattant, mais un érudit à l’allure d’un prêtre, vêtu des robes à capuche d’un simple intendant. Ses origines n’étaient connues de personne, sauf peut-être de l’Empereur Lui-même.

Ce fut cet homme qu’Il choisit pour régenter Son palais, poste qui impliquait l’administration de Terra, nouvellement unifiée. À mesure que la Croisade progressait, Malcador gagna en pouvoir et en influence lorsqu’il fut nommé superviseur de la Dîme, puis contrôleur de l’Administration Impériale.

Les bruits ont abondé sur la véritable nature de cette figure énigmatique qui paraissait jouir d’une vie étonnamment longue. Certains voient en lui un Psyker, le premier qui aurait subi le rituel de l’Unification des Âmes. D’autres rumeurs le disent appartenir à la parenté éloignée de l’Empereur.

L’opération gigantesque qu’était la Grande Croisade impliqua des milliers de vaisseaux et des millions de soldats, que la campagne mena d’un bout à l’autre de la galaxie où des dizaines de milliers de mondes humains attendaient d’être sauvés.

Le dispositif militaire de l’époque comptait l’intégralité des Légions Space Marines, des centaines de régiments auxiliaires levés sur les mondes récemment reconquis, les machines de guerre fournies par le Mechanicum et ses Mondes-Forges, dont les plus démesurées étaient les Titans de la Collegia Titanica, et une multitude d’autres organisations armées plus réduites, dont une des plus significatives malgré sa petite taille était la Garde Custodienne, la garde personnelle de l’Empereur.

Toutes ces formations étaient soutenues par un arsenal impressionnant de croiseurs, de navettes de largage et de transports de troupes dont disposaient les Légions Space Marines, le Mechanicum et les commandants impériaux.

Afin de gérer l’exécution de la Grande Croisade, l’Empereur rassembla un Conseil de Guerre qui devint dans les faits le corps dirigeant de l’Imperium, au travers duquel la loi impériale fut amenée sur des centaines de milliers de mondes humains.

L’Empereur trônait à la tête de ce conseil, et à Sa droite était assis Malcador. Chacun des Primarques y avait une place réservée, ainsi que le commandant des Custodiens, et lorsque l’Empereur avait conclu son alliance avec Mars, le Fabricator-Général du Mechanicum s’y était également vu offrir un siège. Une équipe d’Astropathes était affectée aux réunions du conseil afin de permettre à ses membres de communiquer entre eux, quand l’expansion de l’Imperium grandissant et les difficultés inhérentes aux voyages par le Warp rendirent de moins en moins possible la présence physique de chaque membre de l’assemblée.

Le Departmento Munitorum

Afin de supporter la masse de travail toujours croissante que représentait la gestion des Flottes Expéditionnaires, de leurs communications et de toute leur logistique attenante, une nouvelle division de l’Administratum fut créée sur Terra. On lui attribua le contrôle total de tous les approvisionnements des armadas de la Grande Croisade, bien qu’avec le temps, ce contrôle fut étendu à la réquisition des troupes, ainsi qu’à la maintenance de tous les transports, vaisseaux, machines de guerre et équipements. et au ravitaillement en munitions. Le Departmento Munitorum fut ainsi fondé de façon formelle peu avant le grand Triomphe d’Ullanor.

La tâche à laquelle il lui fallait faire face était immense, et le Deparmento Munitorum gagna rapidement en taille afin d’y répondre. Des centaines de milliers d’individus furent recrutés dans les rangs de l’Administratum basé sur Terra et détachés à sa myriade de divisions et de sous-sections. Au fur et à mesure que ses effectifs s’accroissaient, son statut au sein de l’Imperium s’étoffa lui aussi, ainsi que son pouvoir et son autorité.

Quelques mois à peine après sa fondation, le Departmento Munitorum ne limita plus ses activités aux simples tâches de réapprovisionnement et de maintenance, pour s’impliquer également dans le bourbier politique entourant les grandes flottilles et leurs leaders militaires. Sa mission fut de s’assurer de l’adhésion à la stratégie centrale de toutes les instances au sein des Flottes Expéditionnaires, et de ramener les éléments inconstants de la machine militaire impériale dans le droit chemin. Cela fit naître la méfiance et une certaine agitation au sein des flottes elles-mêmes, de nombreux militaires voyant cela comme une tentative des bureaucrates de prendre les rênes de l’effort de guerre ; un point de vue partagé par plusieurs individus de premier ordre, qui résistèrent autant qu’ils le purent aux ingérences du Departmento Munitorum, sans jamais s’y opposer de front.

Les Légions Astartes

L’Ost de Croisade

De façon évidente, les Légions Space Marines constituaient les plus puissantes organisations militaires de l’Imperium, sinon de la galaxie entière. Il fut par conséquent jugé approprié de leur conserver une forme de présence représentative auprès du siège de la puissance impériale tandis que la Grande Croisade progressait. À cette fin fut formé sur Terra un groupe de Space Marines tirés des rangs de chaque Légions.

L’Ost de Croisade avait pour lieu d’attache le Préceptoire. Dans ses vénérables salles, ces guerriers gardaient le décompte des glorieuses victoires de leurs frères, portaient le deuil des morts et agissaient comme délégués de leur Primarque dans les système Sol.

Les recherches qui menèrent à la création des Space Marines commencèrent durant l’Ère des Luttes, tandis que la Terre était isolée du reste de la galaxie. L’Empereur rassembla autour de Lui une équipe de maîtres scientifiques et leur fit construire des laboratoires génétiques secrets dans les vastes donjons de Sa forteresse.

Ce fut sous leurs voûtes sombres que Ses premiers guerriers d’élite furent créés. L’Empereur tria sur le volet les hommes de Sa garde personnelle dont certains furent ensuite soumis à de profondes modifications chirurgicales et psychologiques. Ces élus n’étaient pas seulement immensément forts, mais développèrent également une volonté d’acier : grâce à un entraînement rigoureux et au conditionnement mental approprié, ils devinrent des combattants implacables, à la loyauté exemplaire envers l’Empereur.

Les premiers Space Marines furent organisés en vingt régiments composés chacun de seulement quelques centaines de guerriers. L’Empereur donna à ces formations des noms qui l’un après l’autre devinrent synonymes de sa suprématie et insufflaient la peur dans les cœurs de leurs adversaires. Avec l’aide des soldats d’exception qui constituaient Ses troupes, l’Empereur conquit la Terre et soumit à Sa volonté les multiples factions armées. Pour la première fois depuis des temps immémoriaux, la planète allait être unie sous la loi d’un seul.

À mesure que le temps s’écoulait, les rangs des Space Marines se gonflèrent rapidement des hommes recrutés parmi les tribus récemment conquises, et au moment où la Terre fut totalement passée sous la coupe de l’Empereur, chacune de ses Légions était forte de plusieurs milliers de guerriers.

Les Primarques

Neuf Primarques durant le Triomphe d’Ullanor.
La Terre resta isolée durant l’Ère des Luttes, mais l’Empereur voyait déjà plus loin ; en préparation de la reconquête de la galaxie, Il eut l’idée des vingt Primarques et les engendra. Ces personnages extraordinaires allaient être Ses généraux, de grands meneurs qui conquerraient des millions de mondes en Son nom. Chacun devait disposer d’une force et de capacités martiales inconcevables chez n’importe quel autre humain, qui rivaliseraient avec celles de l’Empereur Lui-même.

Un événement cataclysmique sembla sonner le glas de Ses ambitions à leur sujet, lorsqu’un étrange vortex Warp arracha des laboratoires de l’Empereur les Primarques toujours à l’état fœtal et les éparpilla dans la galaxie, sur des mondes isolés. Les années passèrent et les Primarques grandirent séparément sur leurs planètes, où ils devinrent des chefs guerriers reconnus.

Durant la Grande Croisade, l’Empereur retrouva les Primarques les uns après les autres. Grâce à leur physique et leurs talents surhumains, chacun s’était élevé jusqu’à une position d’autorité au sein de sa culture d’adoption.

La force du lien entre les Légions et leur Primarque suggère leur importance dans le processus ayant mené à la création des Space Marines, lesquels partagent avec eux une partie de leur patrimoine génétique, et certains de leurs traits physiques et mentaux. À mesure qu’ils étaient reconnus, chaque Primarque prit donc naturellement la tête de celle des Légions avec laquelle il avait tant en commun.

Les planètes d’adoption des Primarques devinrent pour la plupart la nouvelle base d’opérations de leur Légion et furent par la suite désignées comme leurs mondes natals. Dans bien des cas, les Primarques intégrèrent dans les effectifs de celle-ci les autochtones qui avaient été leurs serviteurs dévoués.

Les suppositions et les théories abondent quant à la véritable nature des Primarques, les plus puissantes de toutes les créations de l’Empereur, qui arpentèrent les champs de bataille de la Croisade et dont les noms et la légende perdureraient à jamais.

Les plus répandues avancent qu’ils furent conçus à partir du propre patrimoine génétique de l’Empereur et ainsi destinés à devenir des meneurs d’hommes, de grands soldats et des héros, capables de prouesses martiales égalées uniquement par leur charisme et leurs facultés mentales, dotés chacun de spécificités qui les distingueraient des hommes ordinaires.

L’Empereur avait-Il en tête de les créer pour qu’ils soient ceux qui feraient sortir l’Humanité des ténèbres et la guideraient vers un nouvel âge d’or ? Ou ne furent-ils qu’une conséquence inattendue des expérimentations qui aboutirent à la création des Space Marines ?

Et qu’en est-il de la mystérieuse force qui dispersa les Primarques nouveau-nés dans la galaxie ? Les quelques traces qui subsistent de cet événement restent imprécises, mais la tradition affirme que cela fut le fait d’un vortex Warp localisé qui ouvrit plusieurs portails vers les planètes éloignées. Sans doute la vérité ne sera-t-elle jamais connue. Leur dispersion a-t-elle été voulue par l’Empereur afin que les Primarques découvrent l’existence ailleurs que dans le laboratoire où ils avaient été engendrés ? Était-ce pour qu’ils puissent se forger une destinée par eux-mêmes et prouver leur valeur, ou une autre influence plus obscure était-elle à l’œuvre ? Fut-ce une tentative des Dieux Sombres pour briser les rêves de l’Empereur et Ses espoirs de sauver l’Humanité ? Il subsiste l’hypothèse plus étrange encore que les petits corps fœtaux ne purent contenir les énergies psychiques employées lors de leur création, et dont la libération engendra le vortex.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : les Primarques

La Garde Custodienne

« Ces hommes sont Mes gardes du corps, et leurs vies sont dédiées à garantir Ma sécurité physique. La loyauté qu’ils Me portent, jamais ne sera mise en doute. Moi, et Moi seul aurai l’autorité de faire prévaloir Mon jugement sur le leur. Ils n’auront au combat aucun autre commandant, nul ne fera obstacle entre eux et Moi et nul ne gênera leur mission. Ainsi en ai-Je décrété ! »
- L’Empereur.

Les Space Marines ne furent pas les seuls guerriers d’exception créés par l’Empereur : le premier groupe d’hommes génétiquement et psychologiquement modifiés qu’Il créa devint son escorte personnelle, la Garde Custodienne, dont le rôle est d’assurer Sa sécurité à tout moment.

Plus fort encore qu’un Space Marine, le Garde Custodien est un combattant redoutable et sa dévotion à l’Empereur est infaillible. Un détachement de ces loyaux protecteurs l’accompagne d’ailleurs partout où Il va, même lorsqu’Il Se retire dans Ses quartiers privés.

En ces temps de traîtrise et de dissension, leur tâche dépasse désormais la seule protection de la personne de l’Empereur. Il est fréquemment ordonné à de petits détachements de Custodiens d’accompagner les Légions Astartes pour s’assurer que Sa volonté soit respectée.

La Garde Custodienne est organisée à la manière des Légions Space Marines, la principale différence entre elles étant la taille de ces formations, puisque les rangs des Custodiens ne comptent que dix mille individus. Ceux-ci ont accès à tous les types d’armements et d’équipements conventionnels utilisés par les Space Marines, y compris leurs véhicules de combat. Les transports et les vaisseaux personnels de l’Empereur leur sont également ouverts afin qu’ils puissent en permanence se trouver à ses côtés.

Parallèlement à l’arsenal du marine, la Garde Custodienne dispose d’une grande variété d’armes réservées à son seul usage. Un exemple en est la Lance Gardienne, une combinaison de Bolter et de hallebarde énergétique, qui constitue l’armement standard pour une escouade de Gardes Custodiens.

Les Gardiens Immortels

La Garde Custodienne.
Les Custodiens assuraient le rôle de garde personnelle de l’Empereur. Ils apparurent pour la première fois à Ses côtés durant l’Ère des Luttes, et n’ont depuis cessé de maintenir une veille constante sur Sa personne. Au combat, l’effectif de deux compagnies se battait toujours au côté de Lui, et un détachement de la Garde Custodienne accompagne l’Empereur même lorsqu’Il se retire dans Ses appartements privés, au cœur du Palais Impérial.

Chaque Custodien est un guerrier extraordinaire, plus fort et plus résistant qu’un humain ordinaire, ou même qu’un Space Marine. Ils n’ont pas d’égal au combat, et sont animés d’une dévotion et d’une loyauté inébranlables envers la personne de l’Empereur. Bien qu’ils ne semblent pas posséder par eux-mêmes de pouvoirs psychiques, leur volonté est telle qu’elle les met en mesure de résister aux attaques des Psykers les plus puissants, hormis peut-être celles de l’Empereur.

On estime qu’il ne doit exister au total que dix mille de ces guerriers d’élite, bien que ce nombre soit hautement spéculatif. Seuls l’Empereur et son cercle proche connaissent leur effectif exact. Jamais, en tout cas, il n’en fut observé plus de mille réunis, et ce en une seule occasion, à la célèbre bataille de Gyros-Thravian, livrée durant la Grande Croisade contre le Seigneur de Guerre Ork Gharkhul Croc-Noir et sa vaste horde de Peaux-Vertes.

Les Primarques Horus, Mortarion et Rogal Dorn, à la tête de leurs Légions respectives, se trouvaient largement dépassés en nombre et proches de la défaite lorsque l’Empereur donna l’assaut depuis Sa Barge de Bataille dorée, le Bucephelus. À la tête d’un millier de Custodiens, Il frappa au cœur même de la marée ork, et se confronta à Gharkhul au sommet d’un immense Gargant. Cependant que l’Empereur décapitait l’ork géant à la peau noire, Ses Custodiens dévastaient les troupes du Seigneur de Guerre. On prétend que durant ces quelques instants plus de cent mille Peaux-Vertes moururent, et que la Waaagh! s’en trouva brisée. La légende veut que seuls trois Custodiens moururent, et que leurs noms furent honorés à jamais, gravés sur l’armure de l’Empereur.

Les origines de la Garde Custodienne sont nimbées de mythe et de mystère. Durant l’Ère des Luttes, l’Empereur en vint à dominer la Terre, et à la tête de Ses armées de conquête avançaient les Space Marines. À un moment donné, l’Empereur eut l’idée des Primarques et les engendra, mais on ne sait avec certitude s’ils furent créés pour fournir la souche génétique nécessaire à la production des Space Marines, ou bien s’ils furent la manifestation tangible des expérimentations de l’Empereur.

Quoi qu’il en soit, les Primarques en devenir furent arrachés de Terra par une force mystérieuse et dispersés dans toute la galaxie ; eux et les Space Marines nés de leurs gènes ne furent réunis que bien plus tard, et ils devinrent alors les meneurs de leurs Légions respectives. Le fait que les Primarques partagent des traits génétiques, physiologiques et psychologiques avec les guerriers de leur Légion est indiscutable.

Certains affirment que les Custodiens sont à l’Empereur ce que les Space Marines sont à leurs Primarques, que la propre matrice génétique de l’Empereur fut employée à leur création et que c’est par ce biais que leur loyauté Lui est assurée. D’autres soutiennent que les Custodiens ne sont pas semblables à l’Empereur de la même manière que les Space Marines ressemblent à leur Primarque, et qu’une autre source fut employée comme modèle physique et psychologique, une source perdue durant l’anarchie de l’Ère des Luttes. Probablement la vérité ne sera-t-elle jamais connue.

Les Commandants Impériaux

La galaxie est vaste, et les voyages par le Warp sont au mieux assez imprévisibles, car le temps s’y écoule étrangement, mais la communication fut le plus grand problème de l’Imperium naissant. À mesure que la Grande Croisade progressait, une nouvelle classe de Psykers humains fut introduite sur les mondes reconquis : les Astropathes. Il n’est néanmoins jamais certain que les messages transmis par leurs soins via le Warp parviennent à leurs destinataires, ni qu’ils soient ensuite correctement interprétés. Aucun moyen réellement applicable ne permettrait d’instituer un ordre galactique sur tous les mondes de l’Humanité.

Les planètes nouvellement conquises sont par conséquent remises entre les mains de Commandeurs Impériaux, certains étant des militaires récompensés ainsi pour leurs états de service, d’autres des dirigeants indigènes ayant prêté allégeance à l'Empereur.

De lourdes responsabilités leur incombent. L’Imperium attend d’eux qu’ils s’acquittent d’un impôt en fournissant troupes et matériel à ses flottes et ses armées, qu’ils doivent pouvoir héberger et assister en temps de besoin. Il leur est aussi demandé de débarrasser leurs populations de toute mutation, notamment des Psykers qui seront embarqués lors de la visite occasionnelle des Vaisseaux Noirs chargés de les ramener sur Terra. Tout ceci constitue la Dîme Impériale.

Les Commandeurs Impériaux ont également pour devoir de protéger l’Humanité, et il leur est interdit d’abriter des ennemis de l’Imperium, dont la liste peut varier mais inclut toujours les Xenos, les mutants et ceux ayant commerce avec eux. Les Démons n’étaient pas encore reconnus à l’époque où cette charge fut fondée, mais il n’est de toute façon pas certain que quiconque aurait pu faire alors la distinction entre un Démon, une espèce xenos et un mutant atrocement déformé.

La Grande Croisade portait en elle l’idée d’une certaine justice, et les mondes reconquis furent reconnaissants d’avoir été sauvés de l'anarchie. Certains se mirent spontanément à vénérer l’Empereur, ce qui fut particulièrement vrai de ceux où s’étaient développés des mythes annonçant la délivrance par un souverain venu des étoiles. Les démagogues de Terra furent prompts à souffler sur les braises de cette ardeur religieuse, et plus l’Empereur nia Sa divinité, plus les suppliques pour Lui demander de la reconnaître furent acharnées.

Hiérarchie Militaire de l'Imperium

Les vastes organisations connues comme les Légions Astartes ou Légions Space Marines constituent le noyau de la machine militaire impériale et la force principale des armées de l’Empereur. À la tête de ces Légions se trouvaient les Primarques, des êtres surhumains, doués de facultés et d’une endurance dépassant même l’imagination des simples mortels. Ils étaient les généraux de l’Empereur, et chacun commandait à tout un ost de vaisseaux, de blindés, d’artillerie et d’hommes. Le Maître de Guerre était le plus éminent parmi eux, et disposait du commandement global de toutes les forces combattantes de l’Imperium, avant que l’Hérésie n’éclate.

Aucune limite n’était fixée quant à la aille d’une Légion Space Marine, et la plupart d’entre elles pouvait mobiliser au moins cent mille guerriers. La Légion des Ultramarines possédait de loin le plus fort effectif, et son Primarque, Roboute Guilliman, pouvait en appeler à plus de deux cent cinquante mille Space Marines. Ses nouvelles recrues provenaient du monde natal de la Légion, ainsi que d’une centaine de Mondes Sauvages renommés pour les prouesses guerrières de ses peuples indigènes.

La structure d’une Légion Space Marine variait légèrement de l’une à l’autre, mais leur plus petite division était la compagnie, forte de cent guerriers menés par un Capitaine. Les compagnies étaient généralement assemblées par cinq en bataillons, lesquels, regroupés par deux, constituaient à leur tour des formations de mille guerriers, désignées indifféremment par les termes "régiments", "ailes", "chapitres" ou "grandes compagnies". Celles-ci obéissaient à un Space Marine investi du grade de commandant, ou dans certains cas de seigneur commandant. Promu Maître de Guerre, le Primarque Horus se retrouva de fait commandeur en chef de toutes ces troupes, et seigneur des Primarques.

Les hommes de l’Armée Impériale étaient certes inférieurs aux Space Marines, mais à mesure que la Grande Croisade progressait, le besoin en nouvelles troupes ne put être satisfait par la seule capacité des Légions. Ainsi fut décrétée l’obligation pour chaque planète impériale de subordonner des soldats à la mission des Primarques. Certaines, telles que les mondes natals des Légions et ceux du système de Sot étaient exemptées de cette dîme. Malgré cela, ce décret procura aux Primarques des millions de soldats supplémentaires qui, même s’ils n’avaient pas la même valeur que des Space Marines, savaient se montrer tenaces, leur nombre faramineux les prédisposant aux sièges, aux invasions en masse et aux cantonnements en garnisons.

Les Mondes-Forges du Mechanicum échappaient eux aussi à la Dîme Impériale, néanmoins, un ancien pacte passé avec l’Empereur les obligeait à fournir Ses armées en machines de guerre de tous types, dont les plus imposantes étaient les Titans, d’immenses constructions bipèdes sur lesquelles trouvait place un arsenal dévastateur. Le Mechanicum produisit également quantité de robots de combat, et diverses pièces d’artillerie allant du mortier portatif aux énormes canons de barrage de la taille d’un immeuble. Sur le terrain, les troupes du Mechanicum en répondaient au Primarque ou à ses proches officiers.

De la Dualité des Légions Space Marines

Les Astartes - ou Space Marines - furent les supers guerriers génétiquement modifiés pour propager la Grande Croisade dans la galaxie. Ici des Astartes de la Ière Légion : les Dark Angels.
Les premiers Space Marines avaient tous été recrutés sur Terra. Durant l’Ère des Luttes, l’ancienne Terra était agitée par des conflits incessants au cours desquels les tribus rivales de la planète se disputaient sa domination. Un homme allait prévaloir, et Il allait devenir l’Empereur. Sa victoire fut pour une bonne par due aux combattants surhumains qu’Il avait créés - les Space Marines.

Lorsque l’Empereur lança Sa campagne vers les étoiles, la Grande Croisade qui devait libérer l’Humanité du joug extraterrestre, les vingt Légions comptaient chacune plusieurs milliers de Space Marines, malgré quoi leur effectif était insignifiant comparé à la tâche herculéenne qui les guettait. Des millions de planètes humaines attendaient d’être secourues et protégées de maints dangers. À cette fin, l’Empereur donna pour instruction aux Légions d’assimiler les meilleurs guerriers remarqués parmi les populations des mondes conquis.

Le processus de création d’un Space Marine n’est ni simple ni rapide, ce qui impose au départ un examen exhaustif des recrues potentielles. Les meilleures sont généralement issues de peuples aux cultures guerrières, des hommes nés pour se battre, forts physiquement autant que mentalement. Même ainsi, le taux d’échec fut élevé et seul un petit pourcentage d’entre elles fut intégré avec succès dans les rangs des Space Marines.

Lorsque l’Empereur retrouva Ses Primarques, chacun d’eux était parvenu à dominer le monde sur lequel il s’était retrouvé projeté. Une grande affinité s’était établie entre les Primarques et leurs planètes d’adoption, la plupart étaient devenus de puissants dirigeante, les souverains de leurs mondes, à la tête d’armées fanatiquement dévouées.

Dans bien des cas, ces armées présentaient d’incroyable similitudes avec les Légions dont les Primarques avaient été séparés bien des années auparavant. Les guerriers qui les composaient s’avérèrent particulièrement adaptés à l’assimilation dans le corps des Space Marines, grâce à quoi, au cours des années qui suivirent, plusieurs dizaines de milliers de nouveaux Space Marines furent créés, et les Légions connurent ainsi une expansion massive de leur potentiel de combat. Pour certaines d’entre elles, le monde d’adoption de leur Primarque devint l’unique terrain de recrutement, du fait de la compatibilité des cultures indigènes avec leurs besoins et du succès de leurs postulants. Ces Légions-là n’avaient pas seulement trouvé leur Primarque, mais également un monde qu’elles pouvaient véritablement considérer comme leur monde natal.

Lorsque une des Légions Space Marines retrouvait son Primarque perdu, sa réussite dans le cadre de la Grande Croisade s’accroissait radicalement. Sous le commandement de leurs généraux légitimes, il devint pratiquement impossible de les arrêter et les mondes arrachés à l’obscurité se succédèrent. En quelques années, de nombreuses Légions avaient recruté des dizaines de milliers de nouveaux Space Marines issus des peuples guerriers de leurs nouveaux mondes d’appartenance.

L’intégralité de cette quantité faramineuse de Space Marines dans les effectifs des Légions apparut comme un fantastique succès. Ces combattants des mondes natals des Primarques partageaient d’emblée de nombreuses caractéristiques avec les Space Marines créés sur Terra, et cela faisait d’eux les recrus idéales.

Chacune des Légions put établir sa propre politique quant à la façon dont ce grand nombre de nouveaux éléments compléterait leur effectif existant. Dans certaines d’entre elles, ils firent offices de renforts pour chacun de régiments ou des chapitres existants et remplacèrent leurs pertes. Dans d’autres, de nouveaux régiments de Space Marines originaires des mondes natals virent se greffer sur l’organisation de départ.

L'Armée Impériale

Le 12e d’Infanterie d’Urslavik.
À mesure que toujours plus de systèmes étaient rejoints par l’expansion de la Grande Croisade, les besoins en troupes de l’Imperium s’accrurent en proportion. Même les Légions de Space Marines ne pouvaient s’acquitter seules de la tâche qui leur était confiée, il fut donc décidé que les mondes nouvellement libérés participeraient à l’effort de guerre.

Ainsi, chacun était évalué et sa population faisait l’objet d’un recensement, ce à partir de quoi les administrateurs de l’Imperium calculaient la contribution que ces planètes auraient à payer sous la forme d’hommes et de matériel. L’ampleur de cette dîme variait énormément d’un monde à l’autre : ceux aux communautés les plus éparses n’avaient à fournir qu’une poignée de régiments par année, tandis que les Mondes-Ruches surpeuplés proches du centre galactique devaient annuellement lever des centaines de régiments. Le corps militaire aux proportions indicibles qui en résultait reçut le nom d’Armée Impériale.

Les premières vagues de conscrits furent assimilées par la structure de commandement des Légions Space Marines et tombèrent sous leur autorité directe. Les transports des Légions arrivaient sur chaque monde et emportaient les formations de l’Armée Impériale qui combattraient à leurs côtés, parfois à l’autre bout de la galaxie.

La nature capricieuse des voyages par le Warp, la taille immense de l’Imperium et le nombre de ces systèmes libérés défiaient toute tentative de fixer des standards pour l’Armée Impériale, au sein de laquelle s’observait une grande disparité du point de vue de l’équipement, des uniformes et de la discipline des divers régiments. Chacun des mondes sujets à la Dîme équipait ses troupes au mieux de ses capacités : celles des mondes industriels développés pouvaient être dotées de gilets pare-balles et de Fusils Laser réglementaires flambant neufs, pendant que les soldats des planètes primitives pouvaient s’estimer chanceux s’ils recevaient un fusil et une paire de bottes. Certains donnaient à leurs appelés un bon entraînement, et les organisaient en escouades, en compagnies et en régiments ; ceux que d’autres mondes envoyaient à la guerre n’étaient guère plus que des bandes désorganisées. En dépit de quoi les soldats de l’Armée Impériale surent prouver leur bravoure au cours de centaines de campagnes, sur des milliers de champs de bataille.

Afin de faire régner la discipline et la loyauté au sein des régiments de l’Armée Impériale, il devint courant pour les Primarques de faire nommer des officiers spéciaux, assignés au rôle de Commissaires. Ces combattants vétérans faisaient en sorte que l’Armée Impériale se montre inflexible dans son devoir envers ses maîtres Space Marines.

Si leur puissance n’équivalait en rien à celle des unités Space Marines, ces bataillons de soldats ordinaires furent néanmoins une adjonction utile et bienvenue aux troupes des Primarque. Une Légion pouvait avoir sous ses ordre plusieurs centaines de régiments auxiliaires de l’Armée Impériale. Ceux-ci aidaient à consolider les positions gagnées par les Space Marines sur des planètes nouvellement conquises, ou étaient fréquemment utilisés lors des sièges ou des offensives de grande envergure.

Les troupes de l’Armée Impériale n’était que rarement déployées dans leurs systèmes d’origine : à dire vrai, cela fut même activement évité par les Primarques, afin d’avoir l’assurance, que ces soldats leur resteraient loyaux, ainsi qu’à la Légion Space Marine les ayant adoptés, et auprès de laquelle ils combattaient.

Le Warp

Le Warp est une dimension distincte, ou "parallèle", faite d’énergie coexistant avec le monde matériel dont chaque point fixe dans l’espace et dans le temps correspond à un point de référence analogue dans les remous complexes de l’autre.

Là où le monde réel nous est familier grâce aux lois de la physique et à la marche régulière du temps, le Warp n’est fait que de courants d’énergie aléatoire, dont les vagues tourbillonnantes sont sujettes à des remous, à des marées et à des crues. De même, le temps s’y écoule étrangement, lorsqu’il s’y écoule. Cette énergie est parfois distordue par des événements imprévisibles auxquels il est couramment fait référence sous le terme de tempêtes Warp.

Des scientifiques humains avaient découvert qu’un vaisseau pouvait sortir de l’espace réel en un point donné, et après quelques jours de voyage par le Warp, le réintégrer en un autre point distant de plusieurs années-lumière. C’est ainsi que les traversées de la galaxie sont rendues possibles, et des voyages qui à vitesse sub-luminique mobiliseraient des générations de pilotes, sont ainsi accomplis en quelques mois.

À l’intérieur du Warp, les vaisseaux ne naviguent pas dans le sens classique du terme, mais passent d’un courant d’énergie à un autre jusqu’à atteindre ainsi leur point de retour dans l’espace matériel. Bien qu’ils ne soient pas sans danger, les voyages les plus courts par le Warp peuvent être accomplis avec un certain degré de fiabilité et de précision, les sauts plus longs étant plus imprévisibles et plus périlleux. Les flux du Warp sont complexes et inconstants ; quand ils ne se perdent pas à jamais dans leurs circonvolutions, les navires tentant de longs périples se retrouvent souvent égarés loin de leur destination. D’étranges glissements temporels peuvent également survenir, et il n’est pas rare pour un vaisseau d’arriver des années après la date prévue, voire des années avant.

Les tempêtes Warp et d’autres perturbations de l’Immaterium peuvent totalement empêcher la navigation. Les vaisseaux sont alors tout simplement contraints d’éviter de telles régions, sous peine d’être détruits par les énergies des maelstroms. Cela signifie qu’il devient impossible d’atteindre certains points de l’univers matériel via le Warp, un monde pouvant se retrouver isolé pour des jours, des mois, parfois des siècles. Durant l’Ère des Luttes, les tempêtes secouèrent l’Immaterium entier, empêchant toute navigation interstellaire pendant pratiquement cinq millénaires.

Peu d’humains comprennent ou croient comprendre la nature précise du Warp et sa relation au monde de la matière. D’innombrables philosophes, scientifiques et Psykers se sont hasardés à l’expliquer sans qu’aucun n’y soit parvenu; et si d’autres ont réussi, ceux-là n’ont pas souhaité partager une telle connaissance avec le reste de l’Humanité. Il est largement accepté qu’un lien existe entre le Warp et les pouvoirs psychiques. Les Psykers qui possèdent avec lui une affinité spéciale parviennent à en interpréter certaines énergies, ces révélations prenant le plus souvent la fore de visions et de rêves. Pour autant, peu réalisent que l’énergie du Warp est véritablement la source dont tous les Psykers tirent leurs facultés.

Il est également connu pour une large part que le Warp abrite les prédateurs auquel il est fait référence collectivement sous le terme de "créatures du Warp". Ces bêtes voraces ont pour proies les Psykers communiant avec l’Immaterium trop fréquemment, et les voyageurs dont les vaisseaux se trouvent encalminés au milieu de sa trame d’énergies.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : l’Immaterium

Les Psykers et le Warp

L’Empereur est le premier et le plus grand de tous les Psykers humains, mais Il n’est pas le seul à posséder de tels talents. En réalité, dans chaque culture humaine et sur chaque monde de la galaxie apparaissent des individus à potentiel psychique, et toujours davantage à chaque génération.

Nombre d’entre eux ne possèdent que des pouvoirs mineurs, en apparence inoffensifs, comme une chance inouïe aux jeux de hasard ou la capacité à pressentir le danger. Ces talents ne sont que les plus bénins, mais il en existe d’autres, plus dangereux, celui de déplacer des objets ou d’allumer des feux par la seule force de sa volonté, de commander à la foudre ou d’investir les esprits d’autres humains, et il ne s’agit là que de quelques exemples.

Les capacités psychiques ont un prix. Certains Psykers sont rendus fous par leurs visions ou leurs rêves prémonitoires, d’autres se découvrent des talents incontrôlables qui infligent de terribles dégâts à leur entourage. À cause de cela, nombre d’entre eux sont considérés comme des parias et exécutés ou bannis.

Néanmoins, l’Humanité est guettée par un danger plus grand que celui posé par les pouvoirs et les actions de Psykers isolés, bien que la véritable nature du lien entre le Warp et les capacités psychiques soit souvent mal comprise. Pour exercer ses talents, chaque Psyker puise dans le Warp, source de l’énergie surnaturelle qui alimente ses capacités. Malheureusement, cette dimension abrite de terribles créatures, des horreurs inimaginables qui ne désirent que corrompre et détruire. Ceux dont les facultés mentales leur font ouvrir une porte sur le Warp attirent inévitablement l’attention de ces bêtes, d’autant plus que la quantité d’énergie canalisée est grande.

Seules les volontés les mieux trempées sont capables de résister aux prédations des Démons du Warp, et alors seulement pour un temps très court. Seul l’Empereur paraît y être immunisé. Ces créatures finissent souvent par trouver prise dans le royaume de la matière, généralement aux dépens de la vie d’un Psyker dont le corps leur permet de survivre. La possession s’accompagne fréquemment d’altérations physiques effrayantes, le Démon cherchant à modeler la chair pour reproduire son apparence du Warp.

Avant que le corps qu’elles investissent ne soit vidé de toute son énergie vitale, ces monstruosités ne disposent que de peu de temps durant lequel elles se jettent presque invariablement dans une orgie de destruction. Certaines créatures du Warp sont pourtant plus rusées et s’intègrent dans les sociétés humaines en dissimulant leur vraie nature aussi longtemps que possible. Elles recherchent alors d’autres Psykers pour pouvoir prendre possession d’eux chacun à leur tour et se maintenir dans la dimension du réel.

Les plus dangereux de tous les résidents du Warp sont les Démons du Chaos. Seules quelques rares personnes sont au fait de leur existence, et si l’Empereur la connaît, Il juge sans doute préférable de garder ce savoir pour Lui-même, puisque cette révélation ferait sans doute à nouveau basculer l’Humanité dans la folie et l’anarchie.

Intelligents, rusés et maléfiques à l’extrême, les Démons du Chaos sont le reflet perverti des émotions humaines les plus viles, et ils excellent par conséquent dans la manipulation des Psykers les plus faibles à qui ils promettent le pouvoir et la richesse. Cependant, tout pacte passé avec le Démon ne sert que les intérêts de celui-ci, car à la différence des habitants mineurs du Warp, les Démons poursuivent des buts. Chacun est le vassal d’un Démon plus puissant et tous obéissent à l’une des quatre Puissances de la Ruine, les Dieux du Chaos, Nurgle, Khorne, Tzeentch et Slaanesh.

Les Astropathes

Ce corps de communication interstellaire fut fondé durant les derniers mois de la conquête de la Terre par l’Empereur, lequel avait pressenti les besoins qui surviendraient tandis qu’Il planifiait Sa croisade à venir vers les étoiles.

Pour l’essentiel, et ce dès le début de Son règne, l’Empereur n’encouragea pas l’usage des talents psychiques, conscient comme Il l’était des dangers qu’ils recelaient pour quiconque les utilisait et pour l’Humanité dans son ensemble. Il parvenait néanmoins à identifier ceux des Psykers qui seraient assez forts pour résister aux tentations du Warp, et ainsi, avec une grande prudence, certains d’entre eux commencèrent à se voir assigner divers rôles.

Un Astropathe est un "astro-télépathe", un individu capable de communiquer avec ses homologues sur de vastes distances interstellaires. Ce talent est devenu essentiel à une époque où des années-lumière séparent les communautés, et le seul moyen dont dispose l’Imperium pour maintenir un semblant de cohésion.

Tous les Astropathes doivent en passer par un processus qui façonne leurs pouvoirs en même temps qu’il les arme contre les périls du Warp. Ce rituel est appelé l’Unification des Âmes et seul l’Empereur est à même de l’accomplir.

La cérémonie de l’Unification des Âmes se déroule dans le Palais Impérial, où les Psykers sont menés devant l’Empereur par groupes de cent. À genoux devant Lui, il leur faut alors endurer une terrible souffrance tandis qu’Il use de ses pouvoirs pour reconstruire leurs esprits en y mêlant une portion infinitésimale de Ses facultés.

Tous les candidats ne survivent hélas pas à cette expérience. Certains sont rendus fous, et tous subissent un certain degré d’altération de leur personnalité. Les forces impliquées dans ce dégagement d’énergie brutal ont également un autre effet, celui d’endommager les nerfs les plus délicats, et particulièrement les nerfs optiques, en conséquence de quoi tous les Astropathes sont aveugles, bien que certains aient également perdu le sens de l’odorat, de l’ouïe ou du toucher.

L'Astronomican

Avant d’étendre la Grande Croisade vers les étoiles par-delà Sol, l’Empereur ordonna sur Terre la construction de l’Astronomican. Des cohortes de Technoprêtres furent amenées de Mars pour superviser le projet et la majorité de la population locale fut affectée à son édification.

À cette époque, l’Astronomican était le plus grand édifice sur Terre, mais plus édifiant encore était le fait qu’il constituait simplement un point focal au travers duquel l’Empereur pouvait diriger Ses facultés psychiques insondables.

Un rayon de navigation psychique est projeté depuis l’Astronomican au travers du Warp, et ceux qui savent percevoir sa fréquence et ses modulations uniques, les Navigators, sont capables de s’en servir comme point de référence pour le calcul de trajets qui dureront quelques jours plutôt que quelques semaines, des mois plutôt que des années.

L’Empereur venait de concevoir ainsi un instrument grâce auquel les voyages interstellaires étaient à nouveau envisageables.

La lumière de l’Astronomican perce le Warp tel un phare dont les Navigators peuvent se servir comme guide pour établir leurs déplacements à travers la galaxie. Son rayon est alimenté par l’énergie psychique de l’Empereur Lui-même, bien que peu en aient conscience et même si beaucoup s’y réfèrent pourtant comme à "Sa Divine Lumière" ou à la "Lumière de l’Empereur".

L’Astronomican n’est cependant pas le seul moyen pouvant aider à traverser de grandes distances dans le Warp. S’Il le désire, au prix de quelque effort, l’Empereur est capable de projeter dans l’Éther un signal que percevront les Navigators et les autres Psykers suffisamment sensibles. Guidé de cette manière, un voyage qui aurait demandé plusieurs mois peut ainsi être accompli en quelques jours.

À l’inverse, l’Empereur serait en mesure d’étouffer l’Astronomican ou d’en interrompre le rayon. Seuls une poignée d’individus savent que ce grand phare est alimenté par les pouvoirs psychiques de l’Empereur ; ceux-là vivent dans la crainte de Le voir mourir, et que la galaxie s’en trouve plongée dans une nouvelle Ère des Luttes.

La Navis Nobilite

Les Navigators constituent une souche ancienne de l’espèce humaine, et ont sans doute vécu parmi les autres hommes depuis les jours qui précédèrent l’Ère des Luttes, mais on ignore comment ils en vinrent à exister, si bien que certains suspectent encore une fois l’intervention de l’Empereur. Leur mutation en a fait une variation humaine particulière. L’obligation de préserver ce patrimoine les contraint à l’endogamie et chacun appartient à la famille d’une maisonnée étendue.

Le gène particulier des Navigators leur permet de "voir"au travers du Warp et ainsi de guider les vaisseaux au milieu de cette dimension parallèle, sans quoi ceux-ci se perdraient dans le maelström des courants pour en sortir. À elle seule, cette capacité naturelle ne permettrait néanmoins que des traversées relativement courtes du Warp en conservant la certitude de la destination.

Toutefois, les Navigators dispose du phare qu’est pour eux l’Astronomican, dont ils perçoivent le rayonnement sur de longues distances d’espace Warp. Ce point fixe leur permet de calculer leurs routes avec bien plus de précision et ainsi d’emmener des vaisseaux dans de bien plus longs périples que ceux auxquels ils seraient normalement limités.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : les Navigators

Les Psykers Assermentés

À mesure que la Grande Croisade se déroulait, d’autres Psykers que les Astropathes et les Navigators furent jugés suffisamment maîtres d’eux pour être autorisés à opérer librement dans l’Imperium. De grands Vaisseaux Noirs avaient reçu pour mission de visiter chaque monde humain et d’en ramener leur chargement de Psykers sur Terra, où des tests rigoureux permettaient d’isoler les plus faibles ou ceux devenus fous, par la suite généralement lobotomisés et employés comme subalternes.

Les plus forts et mentalement stables étaient ensuite répartis entre diverses formations, la grande majorité envoyée vers le palais de l’Empereur pour subir le rituel de l’Unification des Âmes qui feraient d’eux des Astropathes. D’autres furent enrôlés par les Légions Space Marines pour être entraînés dans les départements des Librarius, d’autres encore atterrirent au sein d’organisations impériales plus secrètes.

Les Vaisseaux Noirs

Les mondes humains nouvellement reconquis devaient entre autres s’attendre à la visite occasionnelle des Vaisseaux Noirs qui viendraient emporter leurs Psykers, l’aspect le plus important de la Dîme auquel tout Commandeur Impérial était appelé à se conformer.

Les Vaisseaux Noirs étaient aux ordres de l’Astra Telepathica, l’organisation impériale chargée de tester les Psykers. La vaste majorité de ceux rapportés ainsi sur Terra était destinée à en passer par le rituel de l’Unification des Âmes, dont les quelques survivants pourraient ensuite être enrôlés dans le corps des Astropathes.

Au sein de l’équipage d’un Vaisseau Noir, se trouvaient également les mystérieuses guerrières-investigatrices connues en tant que Sœurs du Silence, lesquelles étaient recrutées parmi le groupe des intouchables, une variante humaine extrêmement rare n’ayant pas de présence psychique et apparemment immunisée à toute forme de contrôle mental et de communication extrasensorielle. Les Psykers éprouvent les pires peines à se trouver en leur présence, qui perturbe leurs capacités psychiques. Les Sœurs sont ainsi capables de les identifier et de les maîtriser en les combattant si nécessaire.

Les Sœurs du Silence

Les Sœurs du Silence.
Les Sœurs du Silence furent peut-être les plus mystérieuses de toutes les servantes de l’Empereur, auquel chacune devait prêter vœu de silence comme marque de fidélité à leur mission. Bien que peu nombreuses, les Sœurs jouissaient d’un grand respect au sein de l’Imperium, dont la plupart des autres serviteurs les considéraient avec révérence, en se gardant bien de leur faire obstacle ou d’interférer avec leurs activités.

Ces combattantes investigatrices étaient chargées de traquer et d’appréhender les Psykers non entraînés. En tant que telles, leur groupe constituait un département de la Division de Télépathie Astrale, l’organisation impériale dont les responsabilités comprenaient la gestion de tous les humains à potentiel psychique. Sous ses ordres opéraient les Vaisseaux Noirs, d’immenses nefs de transport qui visitaient la myriade de mondes de l’Imperium pour y récupérer les Psykers et les ramener sur Terra, où ces humains étaient alors soumis à des tests afin de décider de leur sort. Beaucoup recevaient le rituel de l’Unification des Âmes, pour être recrutés dans les rangs des Astropathes dont était composée en majorité la Division de Télépathie Astrale. Chacun de ces Vaisseaux Noirs transportait à son bord un petit contingent de Sœurs du Silence.

La Sororité Silencieuse avait ceci de spécifique au sein de la Division de Télépathie Astrale qu’aucune de ses membres n’était Psyker ; en réalité, toutes étaient des intouchables, une variante d’humains très rare et très étrange, ne possédant aucune présence psychique. De tels individus sont porteurs du gène du paria, qui les immunise aux attaques psychiques et à la télépathie. La proximité d’un intouchable perturbe l’utilisation de capacités psychiques ; leur présence est insupportable aux Psykers, les toucher pouvant même leur causer une grande douleur. Cela rendait les Sœurs idéales pour identifier les Psykers cachés parmi les populations humaines, ou ceux qui n’ont même pas conscience de leur nature.

Bien qu’humaines, les Sœurs du Silence étaient des guerrières dont l’entraînement poussé, allié à leurs capacités naturelles, en faisait des adversaires très dangereuses pour tout Psyker malveillant ou contestataire amené à croiser leur route. Leur équipement comptait toute une variété d’armes et d’appareils spécifiquement conçus pour aider à la neutralisation des Psykers ; les Sœurs étaient par ailleurs autorisées à tuer ceux qu’elles estimaient trop dangereux pour qu’ils soient capturés et amenés sur Terra.

Le Mechanicum de Mars

Depuis des milliers d’années, Mars a été dirigée par l’étrange caste des Technoprêtres connue comme le Mechanicum, ou le Culte Mechanicus, les adorateurs du mystérieux Dieu-Machine. Cette secte religieuse y gagna sa position prépondérante durant les premiers siècles de l’Ère des Luttes. La planète entière s’est dès lors consacrée à l’étude et à la manufacture de machines de tous types concevables et de toutes fonctions.

Lorsque les orages Warp éclatèrent, Mars connut de façon subite la même période d’isolement que les autres mondes de l’Humanité. La Planète Rouge fut coupée de ses colonies, car ses Navigators n’étaient pas davantage que les autres en mesure de les rallier. Que Mars n’ait pas succombé alors à l’anarchie témoigne de la résolution des Technoprêtres et de la foi stoïque qu’ils placent dans le Dieu-Machine.

Au cours de l’Ère des Luttes, le Mechanicum parvint à envoyer des vaisseaux vers d’autres planètes disséminées autour de Sol. Ses adeptes concentrèrent essentiellement leur attention vers la Terre, berceau historique de la puissance de l’Humanité, car ils la savaient dépositaire de nombreux secrets que les autochtones barbares occupés à se battre seraient incapables d’employer par eux-mêmes.

Ainsi les Technoprêtres devinrent-ils des ennemis pour les tribus de la Terre soupçonneuses envers leur technologie, auxquelles ils cherchèrent pendant des siècles à soutirer des vestiges et à voler des échantillons technologiques.

Ils s’étaient également fixé pour but de comprendre quel destin avait frappé la galaxie, et de grands vaisseaux furent envoyés périodiquement dans le Warp dans l’espoir que certains trouveraient des explications. Il s’agissait là des premières flottes exploratrices de Mars. Au fil des siècles, des milliers de ces expéditions quittèrent la Planète Rouge. Bon nombre d’entre elles fondèrent les nouvelles colonies qui allaient devenir les Mondes-Forges, d’autres furent simplement perdues à jamais.

Quand l’Empereur eut pris le pouvoir sur Terre, les Technoprêtres reconnurent en Lui un esprit semblable au leur, un homme qui savait la valeur de la science, de la machine et de l’avancée technologique. Lorsque la nouvelle de son avènement parvint sur Mars, certains adeptes allèrent jusqu’à assimiler l’Empereur au Dieu-Machine et y virent l’accomplissement d’anciennes prophéties.

Une alliance fut établie avec le Mechanicum ; en échange du matériel pour Ses armées et de la gigantesque flotte de guerre qui transporterait Sa croisade vers les étoiles, l’Empereur promit de protéger les Technoprêtres et de respecter la souveraineté de leurs Mondes-Forges. De plus, Il délégua au service du Mechanicum six des Maisons de Navigators qui remplacèrent les leurs, éteins depuis longtemps, afin que leurs vaisseaux pussent à nouveau emprunter le Warp en toute sécurité.

Un ambassadeur sur Terra fut nommé par le Mechanicum : le Fabricator-Général, auquel l’Empereur offrit respectueusement un siège à Son Conseil de Guerre.

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Les Graines de l'Hérésie

« C’est en vain que tu idolâtres Mon nom, Lorgar. C’est ta loyauté que Je réclame, et non ton adoration. Mon but, notre but, est de faire sortir nos semblables de l’Ère des Luttes pour leur montrer une aube nouvelle. Il y a suffisamment d’horreurs qui accablent la galaxie, trop de forces obscures cherchent à pervertir nos actions et à entraver notre cause sans que nous ayons à ajouter aux malheurs de l’Humanité. Ton insistance Me chagrine. Je ne suis pas un dieu, et ne désire pas que les multitudes Me voient comme tel. L’Humanité doit abandonner la superstition et la peur. Je place Ma foi dans la science et la logique, ainsi que tu devrais le faire !
Prends exemple sur Roboute Guilliman des Ultramarines. Lui-même éprouve une foi sans bornes ; ça n’est pas Moi, mais notre mission qui est sainte à ses yeux. Sa conviction est celle que Je te recommande de suivre ! »
- L’Empereur de l’Humanité à Lorgar Aurelian, Primarque des Word Bearers.

Bien avant les événements sur Isstvan III et l’hérésie de Magnus le Rouge, le Primarque Lorgar s’était à l’insu de tous placé, ainsi que ses Space Marines, au service des Puissances de la Ruine. Lorgar était un être religieux à la ferveur fanatique. Il est dit que certaines des visions dont il fit l’expérience lui annoncèrent la venue de l’Empereur ; les textes sacrés de Colchis, le monde qui l’a vu grandir, prédisaient quant à eux l’avènement d’un messie et Lorgar fut convaincu d’avoir vu la vérité. Le résultat en fut une série de guerres acharnées au cours desquelles il combattit pour imposer sa doctrine sur toute la planète. Le jour où l’Empereur arriva bel et bien, la planète tout entière était déjà ralliée au Culte de l’Empereur promu par Lorgar.

Celui-ci rendit grâce à l’Empereur-Dieu et la société de Colchis se joignit à lui. L’Empereur en fut troublé, Lui qui avait toujours rejeté toute prétention de divinité, et ne souhaitait que présenter Lorgar à la Légion des Word Bearers afin qu’il se joigne à Lui dans sa Grande Croisade.

Lorgar accepta sa nature de Primarque, mais continua de vénérer l’Empereur en éduquant dans cette foi les nouveaux soldats à sa charge. Il s’attela avec ferveur à sa nouvelle fonction, et créa le corps des Chapelains, auxquels étaient enseignées les doctrines de Colchis et du Culte de l’Empereur. Les Word Bearers furent un temps les plus véhéments partisans de l’Empereur, et Lorgar son porte-parole le plus zélé.

Cependant, l’Empereur s’irrita bientôt de l’acharnement que mettaient Lorgar à croire en Sa divinité et les Word Bearers à ne reculer devant rien dans leurs efforts pour promouvoir le culte de Sa personne. Le Primarque perpétrait désormais des actes terribles en Son nom, et des mondes entiers étaient punis pour ne pas avoir suffisamment démontré leur piété.

L’Empereur donna donc une leçon à Lorgar, un événement qui fit tout basculer…

Voici le récit de la chute du premier Primarque dans les bras du Chaos et l’acte premier de la Grande Trahison, bien qu’encore aujourd’hui, la plupart pense que c’est Horus, et non Lorgar, à avoir le premier abjuré l’Empereur.

Le Premier Hérétique

Lorgar Aurelian, l’Urizen, Primarque des Word Bearers.
Alors que la Grande Croisade se propageait dans toute la galaxie, une série d’événements allait mener le Primarque Lorgar de la Légion des Word Bearers à s’engager, lui et ses Astartes, au service des Puissances de la Ruine. Cet engagement est l’acte qui signa le début de la propagation de la corruption qui allait mener à l’Hérésie d’Horus.

Quand il était encore confiné sur Colchis, sa planète natale, Lorgar était un zélote religieux puritain ayant eu des visions qui prévoyaient la venue de l’Empereur, qu’il croyait être un Dieu vivant. Cette conviction donna lieu à une série de guerres de religion qui durèrent six ans ; Lorgar se battait sur son monde natal pour imposer sa nouvelle doctrine religieuse vénérant l’Empereur, doctrine baptisée "L’Alliance", face à l’"Ancienne Foi". Quand l’Empereur finit par arriver pour récupérer Son fils perdu, la planète entière était convertie au Culte qui Le vénérait. Mais l’Empereur avait lancé la Grande Croisade pour libérer l’Humanité des chaînes de la superstition et de l’ignorance, et y diffuser la lumière de la raison et de la science. Néanmoins, Lorgar fut nommé commandant de la XVIIe Légion de Space Marines, les Imperial Heralds, qui furent rebaptisés les Word Bearers après avoir embrassé les convictions religieuses ainsi que l’idée de leur Primarque que leur mission était d’apporter l’illumination à l’Humanité par la conversion au Culte de l’Empereur-Dieu de l’Humanité. Kor Phaeron, père adoptif et conseiller religieux de Lorgar, survécu au processus d’augmentation pour rejoindre les Word Bearers en tant que rare Space Marine adulte, bien qu’il ne sera jamais un véritable Astartes. Kor Phaeron est devenu le conseiller en chef de Lorgar, et le Premier Capitaine de la Compagnie d’élite des Word Bearers. Ce choix pèsera pour beaucoup dans l’avenir de Lorgar.

Lorgar dirigea sa Légion tout au long de la Grande Croisade. Ses Word Bearers s’attelèrent à éradiquer tout blasphème ou hérésie menaçant le royaume de l’Empereur. Parchemins, œuvres d’art, icônes, livres et temples furent systématiquement brûlés ou abattus par l’avancée de la Légion, et y élevèrent à la place d’immenses monuments et des cathédrales dédiés à la gloire de l’Empereur, érigés sur les charniers de ceux qui avaient refusé de se convertir. Les plus éminents Chapelains de la Légion écrivirent de nombreux ouvrages traitant de la divinité et de la vertu de l’Empereur, tandis que Lorgar lui-même délivra d’innombrables sermons, convertissant des millions de mécréants par la seule force de ses paroles. La progression des Word Bearers était lente mais terriblement efficace. Au cours de cette période, Lorgar rédigea un ouvrage connu sous le nom de Lectitio Divinitatus, dans lequel il était proclamé que l’Empereur de l’Humanité était un être divin et qu’Il était digne d’être adoré en tant que dieu légitime de l’Humanité. Ironiquement, ce livre, en prenant en compte l’identité de son auteur, deviendra plus tard un instrument de la fondation du Culte Impérial et de l’Ecclésiarchie.[2]

La Destruction de la Cité Parfaite

Quarante trois avant les événements d’Isstvan V.

À cette époque, la loyauté de Lorgar et de la Légion des Word Bearers envers l’Empereur et Son Imperium était incontestable. Leurs mondes mis en Conformité livraient régulièrement des Dîmes au nom de l’Empereur, et les ordres de Terra étaient acceptés sans contestations par les mondes libérés par les Word Bearers. Lorgar et sa légion avaient poursuivi avec succès la Grande Croisade de l’Empereur pendant presque un siècle et, à cette époque, l’Empereur n’avait jamais réprimandé Son fils zélé ni les Word Bearers pour leur fervente adoration de Sa personne, même si une telle attitude contredisait la Vérité Impériale.

Mais l’Empereur était profondément troublé par le refus de Lorgar d’adopter la raison ou de modifier ses pratiques malgré des décennies d’exposition à la science et à la technologie de pointe de l’Imperium. Il avait initialement toléré les croyances de Son fils profondément religieux, mais lorsque la Grande Croisade atteignit son apogée, l’Empereur ressentit de plus en plus de frustration par la lenteur des conquêtes de Lorgar. Il ordonna finalement aux Word Bearers de cesser leurs activités religieuses, leur mission étant de réunifier la galaxie sous la bannière de la Vérité Impériale, athée et rationnelle, et non de prêcher la parole de la divinité personnelle du Maître de l’Humanité. L’Empereur s’était longtemps opposé à la propagation de la religion et était déterminé à utiliser la création du nouvel Imperium de l’Humanité pour enchâsser la raison et la science, et non la religion, en tant que véritable phare d’une nouvelle civilisation humaine interstellaire.

L’Empereur décida de donner une leçon à Lorgar. Il commanda un groupe d’assaut de la Légion des Ultramarines dirigé par leur Primarque Roboute Guilliman, accompagné d’une force composée de Ses gardes du corps personnels, les Custodiens, et du Régent Impérial, Malcador le Sigillite, pour raser la capitale de la planète Khur. Ce monde était très important aux yeux des Word Bearers, qui considéraient sa capitale, Monarchia, comme la "Cité Parfaite" en raison de la dévotion religieuse intense de ses citoyens et du grand nombre de cathédrales et de monuments dédiés au Culte de l’Empereur. Les Ultramarines expulsèrent par la force les citoyens de Monarchia, ainsi que ceux de seize autres cités de la planète Khur, réprimant dans le sang les résistances et les émeutes. Ils rasèrent les cités avec des bombardements orbitaux, ne laissant que des cendres.

Suite à la destruction de la cité par les Ultramarines, Lorgar et sa Légion au complet, forte de 100 000 Astartes, reçue l’ordre de se rassembler à la surface de la planète, face aux ruines de Monarchia. Là, l’Empereur en personne, accompagné de Malcador et de Guilliman, humilia Lorgar et ses fils en les forçant par Ses pouvoirs psychiques à s’agenouiller devant Lui. L’Empereur réprimanda Lorgar, récusant le fait d’être un Dieu et dénonçant l’idolâtrie que Lorgar professait. Il accusa le Primarque et les Word Bearers d’avoir été coupable d’avoir failli envers Lui, de par la lenteur de leurs conquêtes, de s’être attardé sur les mondes conquis pour encourager la population dans le culte d’une foi qu’Il jugeait erronée et d’avoir érigé des rites et des monuments mensongers. Comble du déshonneur, vingt Custodiens, commandés par l’Occuli Imperator Aquillon, furent mutés au sein de la Légion afin de surveiller le Primarque et ses fils. Lorgar fut abasourdi par le reproche de son père et Son refus d’accepter Son Culte. Il tomba dans une profonde mélancolie, humilié et perdu.

Se sentant trahi par l’Empereur, Lorgar refusa l’audience à tous sauf à Kor Phaeron, Premier Capitaine des Word Bearers et à Erebus, Premier Chapelain de la Légion. Kor Phaeron était le père adoptif de Lorgar et l’avait élevé dès son plus jeune âge sur Colchis. Il était le lieutenant en chef et le conseiller de Lorgar depuis le temps où il dirigeait la théocratie de Colchis. Erebus était quant à lui depuis longtemps un conseiller de confiance. Kor Phaeron et Erebus sympathisaient avec des aspirations religieuses non partagées par Lorgar et estimèrent que la Légion des Word Bearers devait servir des dieux dignes de leur dévotion. Kor Phaeron et Erebus expliquèrent à leur Primarque qu’ils connaissaient de tels dieux, des êtres divins adorés par l’Ancienne Foi de Colchis. C’est lors de ce débat avec ses proches conseillers que Lorgar apprit de leurs bouches que de nombreux mondes que sa Légion avait conquis avaient des traditions religieuses ressemblant à l’Ancienne Foi qu’il avait éradiqué sur Colchis pour la remplacer par la vénération de l’Empereur. Comment des cultures humaines qui ne se sont jamais rencontrés pouvaient avoir des croyances et des dieux aussi ressemblant ? Serait-ce la vraie foi que Lorgar recherchait ? C’était-il trompé concernant l’Empereur ? Erebus et Kor Phaeron avouèrent qu’ils avaient laissés des vestiges de ces cultes sur les mondes conquis afin de les étudier et de faire le lien entre elles et la foi qu’elles prônaient. C’est ainsi que Lorgar apprit pour la première fois l’existence des Dieux du Chaos, bien qu’il ne les identifia pas sous ce terme. Intrigué, le Primarque demanda à la Légion de retrouver ces dieux, et Kor Phaeron et Erebus parvinrent à le convaincre de se lancer à la découverte des secrets de cette croyance. Retrouvant sa motivation, Lorgar s’attela à rédiger un nouvel ouvrage, intitulé "La Nouvelle Parole".

Les graines de l’Hérésie étaient plantées.[3]

La Vérité Primordiale

Souhaitant reforger la confiance des Word Bearers, perturbés depuis l’humiliation de Monarchia, Lorgar revint sur sa planète, Colchis, afin de se ressourcer, emmenant avec lui sept survivants des cités détruites de Khur et considérée par la population de Colchis comme des saints martyrs. L’une de ses survivants était Cyrène Valantion, une jeune fille de dix-huit ans qui perdit la vue après avoir regardée le bombardement orbital des Ultramarines qui détruisit sa cité, Monarchia, lui brûlant les rétines au passage. Elle deviendra la Dame Bénite et Confesseuse des Word Bearers. Sur Colchis, Lorgar retrouva son frère Magnus le Rouge, avec qui il partageait l’amour du savoir et de la connaissance. Lorgar avait entre temps étudié les mythe de l’Ancienne Foi de Colchis ainsi que celles des nombreuses planètes partageant cette même croyance. Il releva que toutes faisaient allusion à un Pèlerinage que les mortels accomplissaient afin de rencontrer les dieux dans un paradis, et qu’une Vérité Primordiale leurs étaient révélées. Le Primarque des Word Bearers compris que le Warp était la clé de ces mystères et demanda à son frère cyclopéen aux prodigieux pouvoirs de Psyker de lui révéler la vérité. Ce dernier refusa, et avant de prendre congé, demanda à son frère de ne pas s’engager sur cette voie qui n’apportera que son malheur. Mais Lorgar décida de se lancer, lui et sa Légion, dans le Pèlerinage afin de découvrir la Vérité Primordiale, dans un royaume ou le monde des dieux et le monde des mortels se rencontraient…[4]

Le Pèlerinage de Lorgar

Lorgar accomplit son périple à l’intérieur de l’Œil de la Terreur, faisant face à des révélations qui le convertiront définitivement au Chaos.
Trois années après le début du Pèlerinage, les Word Bearers s’étaient lancés plus loin et plus vite qu’aucun de leurs frères Astartes vers les confins de l’espace, en tirant derrière eux les limites de l’Imperium, effaçant les conquêtes lentes et méticuleuses d’autrefois. Durant cette période, Lorgar voyagea au sein de la 1301e Flotte Expéditionnaire, accompagné du Légionnaire Argel Tal et du Chapelain Xaphen du Chapitre des Serrated Sun des Word Bearers. À ce moment-là, Lorgar n’était pas encore tombé dans la vénération du Chaos, bien qu’il ne considérait plus l’Empereur de l’Humanité comme digne d’être loué. Lorgar pensait que l’Empereur avait tort de condamner l’instinct naturel de l’Humanité de rechercher le divin en tant que superstition indigne et il avait l’intention de découvrir s’il existait réellement des divinités dignes du respect des hommes. Les Word Bearers de la 1301e Flotte Expéditionnaire étaient également accompagnés au cours de ce pèlerinage par cinq membres de la Legio Custodes chargés par l’Empereur de veiller à ce que les Word Bearers ne retombent pas dans l’erreur. La recherche par les Word Bearers de tout fragment d’information susceptible de les enseigner sur la Vérité Primordiale ou sur la nature de l’endroit où les dieux et les mortels pourraient se mêler a finalement conduit la 1301e Flotte Expéditionnaire sur une planète peuplée de primitifs, près de la plus grande tempête Warp de la galaxie, plus tard connu par l’Imperium comme l’Œil de la Terreur. Le maître des Astropathes de la Flotte Expéditionnaire informa Lorgar qu’il entendait des "voix" inhabituelles dans le Warp à proximité de la grande faille Warp, des voix que le Primarque entendait aussi et qui criaient son nom. Accompagné de ses Légionnaires, le Primarque se posa sur la planète primitive à proximité de l’Occularis Terribus, planète qui marquera l’histoire future sous le nom de Cadia.

Là, les tribus indigènes aux yeux violets, dû à la proximité de l’Œil de la Terreur, vinrent sans crainte rencontrer le Primarque. Ils étaient menées par une femme qui se nommait Ingethel l’Élue. Le Primarque eu la surprise d’entendre prononcer son nom de la bouche de cette femme, et dans la langue de sa planète natale, le colchisien. Ingethel désigna Lorgar comme le fils favori du Vrai Panthéon et qu’ils attendaient sa venue. Des semaines après son arrivé, Lorgar fut invité à participer à une cérémonie en l’honneur des dieux dans des cavernes et des rivières enfouies que formaient déjà une grande basilique naturelle. Le Primarque et ces fils découvrirent Ingethel, nue et recouverte de runes peintes sur sa peau, dansant, entourée de joueurs de tambours et encadrée par dix lances enfoncées dans le sol, dont neuf empalaient des hommes, les pointes jaillissantes par les bouches ouvertes de leurs dépouilles. Face à ce spectacle sanglant, à l’inaction de Lorgar, et à la déclaration des Cadiens de la nécessité de sacrifier une dixième victime, le Custodien Vendatha, qui surveillait la délégation Word Bearers, déclara Lorgar et sa Légion hérétique. Le Custodien massacra trois Word Bearers en un clignement des yeux avant qu’Argel Tal lui enfonce dans sa bouche son épée. Vendatha survécut mais servit de dixième victime aux Cadiens, et finit empalé sous les yeux abasourdis des Word Bearers survivants. Ces derniers, effarés de ce qui c’était produit, cherchèrent à convaincre leur Primarque de partir, mais Lorgar, obnubilé par sa quête, laissa faire.

Le bruit des tambours s’intensifia, martelant de plus en plus fort et de plus en plus vite, en s’écartant de son rythme régulier. Le chant se changea en cris et en lamentations, les mains et les visages des Cadiens se levèrent vers le plafond de roche. Les pieds nus d’Ingethel quittèrent lentement le sol, portée en hauteur telle une crucifixion immatérielle, et mourut en quelques instants d’une dizaine de morts. Des forces invisibles l’écorchèrent, arrachant sa peau en bandes irrégulières, pour les laisser retomber dans des bruits humides sur le sol de pierre. Le sang s’écoula de sa bouche, de ses yeux, de ses oreilles, de son nez et de tous les orifices d’entrée et de sortie de son corps. Elle endura cela une poignée de secondes, jusqu’à ce que sa carcasse en vînt tout simplement à se rompre. Sa musculature éclata, éclaboussant le Primarque et ses fils de ses fluides vitaux. Son squelette resté articulé se tint encore devant eux un instant de plus, pour mieux se fissurer et se fracasser. Et parmi les résidus charnels, Ingethel prit une nouvelle forme : une créature avec quatre bras avec un torse svelte, se terminant chacun par une main griffue, la partie inférieure du corps étant un amalgame entre le serpent et le ver, parcouru de veines épaisses sous une chair grise. Son visage était presque entièrement dédié à une gueule immense, aux rangs désordonnés de dents sélachimorphes et son corps ne se tenait jamais immobile, jamais figé, même pour un seul instant. Une paire d’ailes en os jaillit de son dos et de l’une de ses mains griffues, elle tenait fermement son bâton rituel. Ingethel l’Exalté était née.

Le Démon qui faisait face à Lorgar lui promit de lui révéler la Vérité Primordiale qu’il recherchait depuis des années, et que si il souhaitait sauver le genre humain en prêchant cette vérité. Ingethel exigeait en échange la vie de ses fils. Devant l’hésitation de Lorgar de consentir à un pareil sacrifice, Ingethel promit d’emmener des Word Bearers dans l’Œil de la Terreur et qu’ils reviendraient avec les réponses à toute ses questions. Mais le Démon annonça aussi qu’ils reviendront en tant qu’armes dont il aura besoin dans l’avenir…[5]

Le Dernier Vol de l'Orfeo's Lament

Les Gal Vorbak de la Légion des Word Bearers éliminent les Custodiens chargés de les surveiller, sur la planète ravagée d’Isstvan V après la déclaration de guerre d’Horus contre l’Empereur.
Une centaine de Word Bearers du Chapitre des Serrated Sun, menés par Argel Tal et Xaphen, furent chargés par Lorgar d’entrer à l’intérieur de l’Œil de la Terreur à bord de l’Orfeo’s Lament, un croiseur léger impérial. Ingethel fut emmenée à bord, provoquant nausées et folie au sein de l’équipage humain de par sa seule présence.

Une fois à l’intérieur, Ingethel expliqua aux Astartes la véritable nature du Warp et des courants Æthériques qu’ils voyaient à l’extérieur du vaisseau. Ils apprirent que l’Immaterium était le réceptacle des émotions et des pulsions des mortels, et qu’elles se manifestent sous forme d’énergie pure. Ce fut Argel Tal qui compris le premier que la Vérité Primordiale portait un nom : le Chaos.

Ingethel leur montra ensuite dans une vision la Chute des Aeldaris sur un ancien monde de cette race, Melisanth, désormais noyé par l’Empyrée. Les Astartes assistèrent à la destruction des Aeldaris, à la naissance de Slaanesh et à la formation de l’Œil de la Terreur. Ingethel, bien sûr, menti aux Word Bearers sur la manière dont le Prince du Chaos était véritablement né et leur expliqua que les Aeldaris avaient échoué en tant qu’espèce et qu’au lieu d’accepter la Vérité Primordiale, qui était de vivre en harmonie avec les Dieux du Chaos, les Aeldaris l’avait rejetée, déclenchant la quasi disparition de leur race. La nature de la Vérité Primordiale révélée aux Word Bearers dans les cendres de l’empire Aeldari, Ingethel leur annonça que si l’Humanité, en tant qu’espèce, voulait survivre face aux Xenos et autres horreurs de l’univers, elle ne devait pas commettre les mêmes péchés que les Aeldaris, mais devait accepter le Culte du Chaos. Bien entendu, l’Empereur, qu’Ingethel nommait l’Anathème, connaissait la vérité sur le Warp, et fut désigné responsable responsable de la future condamnation de l’espèce humaine par Son refus d’accorder à l’Humanité ce qui était son droit en tant qu’enfant choisie par les dieux. L’Empereur livrait une guerre contre les Dieux du Chaos tout en maintenant les hommes dans l’ignorance, menant à terme l’Humanité à connaître le même destin que les Aeldaris. Qui plus est, Ingethel expliqua que l’Empereur avait fait un pacte avec les Puissances de la Ruine afin de pouvoir créer les Primarques. Les termes de ce pacte restent inconnus, mais le Démon accusa l’Empereur d’avoir trompé les Dieux et gardé les Primarques pour Lui, provoquant la fureur des Dieux Sombres qui se vengèrent en disséminant les Primarques, encore à l’état de fœtus, sur différents mondes de la galaxie.

Suite à ces révélations, le groupe de Word Bearers dut prouver sa nouvelle foi envers les Dieux par un acte : désactiver le Champ de Geller qui protégeait le vaisseau des courants du Warp. Les Astartes s’exécutèrent. Les Démons purent accéder à l’Orfeo’s Lament, massacrant son équipage et les Astartes. Avant de tuer Argel Tal, Ingethel lui promis que lui et ses frères allaient devenir les armes dont Lorgar aura besoin pour sauver l’espèce humaine.

Plus tard, les Astartes morts revinrent à la vie, hagards, Ingethel disparu, et l’équipage semblant morts depuis des semaines. Les Word Bearers mirent sept mois à revenir dans l’espace réel, au point de rendez-vous prévus pour rejoindre Lorgar. Le Primarque fut stupéfait de l’état cadavérique de ses fils, du fait qu’il n’en restait qu’une quarantaine, les autres tués pour être dévorés par leurs frères et que surtout du fait que cela ne faisait qu’une minute dans l’univers matériel que l’Orfeo’s Lament avait pénétré la grande faille Warp…

Les Space Marines survivants du Chapitre des Serrated Sun racontèrent à Lorgar tout ce qui s’était passé et tout ce qu’ils avaient appris à l’intérieur de l’Œil, l’endroit où les mortels et les dieux pouvaient se rencontrer. Leur expérience changea pour toujours ces Astartes, car ils étaient tous désormais possédés par des Démons, expliquant leur résurrection. Ils devinrent les nouvelles armes de Lorgar, formant une nouvelle unité des Word Bearers : les Gal Vorbak - les Fils Bénis.

Pour Lorgar, ce fut la révélation qu’il attendait. Il se considéra comme l’instrument des Dieux, chargé d’apporter l’illumination à l’Humanité afin de la sauver de l’extinction future. Le Primarque des Word Bearers mis en place un plan afin de préparer la guerre qui débarrasserait l’Humanité de l’Empereur qui menait le genre humain à la catastrophe. Il fit propager le Culte du Chaos dans sa Légion, Erebus et Kor Phaeron se chargeant avec joie de cette tâche, confia aux Gal Vorbak d’éloigner les Custodiens et de les garder isoler de l’Empereur. Il élima toutes preuves de sa présence aux alentours de l’Œil de la Terreur en ordonnant un bombardement cyclonique de Cadia, exterminant les Cadiens et laissant la planète abandonnée afin qu’aucun autre ne puisse découvrir le secret de la Vérité Primordiale qui lui avait été confiée par les Dieux du Chaos.

Enfin, Lorgar partit lui-même vers l’intérieur de l’Œil de la Terreur. Bien que ce qu’il y a vu reste l’objet de spéculations, il découvrit des vérités qui le convainquirent dans sa nouvelle foi et du rôle qui lui était dévolu.

Les Word Bearers emmenèrent de nombreux textes et rites des Cadiens qu’ils développèrent des décennies suivantes afin de maîtriser les pouvoirs du Chaos. Tout en continuant la Grande Croisade, ils développèrent les quarante années suivantes un vaste réseau secret de Loges Guerrières au sein de certaines Légions Astartes afin d’y propager le Culte du Chaos et préparer la rébellion contre l’Empereur. Mais sachant que jamais Lorgar ne serait suivi par les autres Primarques, les Word Bearers usèrent de manipulation et de tromperie, afin de corrompre le seul Primarque qui pourrait mener à bien la rébellion : Horus Lupercal.

Quand Horus déclara ouvertement sa rébellion contre l’Empereur, les Word Bearers furent l’une des premières Légions à le soutenir. Les Gal Vorbak se distinguèrent à la Bataille d’Isstvan V et par l’élimination des Custodiens qui surveillaient leur Légion depuis la destruction de Monarchia : ainsi ils se vengèrent de leur humiliation que l’Empereur leur avait fait subir, plongeant la galaxie dans les flammes de la guerre civile.[6]

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Victoires et Triomphe

« Tu m’es comme un fils et ensemble nous avons conquis la galaxie, mais l’heure est maintenant venue pour Moi de Me retirer. Mon devoir de soldat est accompli et d’autres tâches Me sont dévolues, que Je dois accomplir dans Mon sanctorum de Terra. Je te nomme Maître de Guerre. À dater de ce jour, toutes Mes armées et tous Mes généraux devront obéir à tes ordres comme s’ils émanaient de Mes propres lèvres. Cependant, Il me reste à t’avertir. Tes frères Primarques brillent par leur volonté, leurs pensées et leurs actions : ne cherche pas à les changer, cultive leurs forces particulières. Un dur labeur t’attend, car il reste bien des mondes à libérer, et bien des peuples à secourir. Ma confiance t’est acquise. Gloire à Horus, gloire au Maître de Guerre ! »

- L’Empereur lors du triomphe d’Ullanor.

À l’approche du terme de la Grande Croisade, l’Empereur et Ses armées s’étaient réapproprié deux millions de mondes humains. Le plus en vue de Ses guerriers était Horus, probablement le plus grand de tous les Primarques, et certainement le meilleur général de l’ost de l’Imperium.

L'Aube de la Grande Croisade

Là où Terra avait été un royaume de guerre sans fin, elle devint maintenant un lieu d’activité, de production et de planification incessants, car la grande cause de l’Empereur n’était pas simplement de lui apporter une fois de plus la lumière de la prospérité et de l’ordre, mais de libérer des ténèbres les mondes inimaginablement vastes et dispersés de l’Humanité, et les réunir dans un seul Imperium de l’Homme. Lorsque la conquête de la Vieille Terre fut terminée, un événement cosmique puissant et imprévu se produisit. Une énorme onde de choc déferla sur l’Immaterium, éliminant ainsi les tempêtes Warp qui avaient masqué une grande partie de la galaxie. Cela semblait être une certaine providence divine, alimentant les croyances de ceux qui considéraient que l’Empereur était Lui-même divin (peu importe combien Il avait décrié cette affirmation). La voie était maintenant ouverte et les armées de l’Empereur pouvaient désormais se diriger vers les étoiles. La Grande Croisade avait vraiment commencé.

Les seigneurs de Mars faisant maintenant partie de l’Imperium par un traité d’alliance et par leur puissance industrielle, les Space Marines firent leurs effectifs se multiplier, et furent ré-armés et ré-équipés pour conquérir une galaxie chaotique. La Grande Croisade était une opération gigantesque d’une ampleur et d’une complexité inconcevables, impliquant des milliards de soldats et des dizaines de milliers de vaisseaux. Il est peut-être vrai que seul un esprit tel que l’Empereur aurait pu espérer comprendre et donner naissance à la grande "Pax Imperialis", la Paix Impériale, à travers la galaxie.

Les Légions de Space Marines étaient le fer de lance de l’expansion - le tranchant meurtrier de la Grande Croisade contre lequel les forces d’un ennemi était brisées et qui renversait des empires, humains ou Xenos, en leur arrachant le cœur. La création de l’Astronomican de Terra se trouvait au centre de la Grande Croisade. Balise de navigation psychique capable de percer à travers le Warp, les Navigators, sensibles à ses fréquences et modulations uniques, ont pu l’utiliser lors de la planification de voyages dans l’Immaterium, leur permettant de traverser le vide avec une précision inégalée. Parallèlement, ce sont les Astropathes qui ont également rendu l’Imperium possible. Capables de communiquer avec d’autres de leur genre sur de vastes distances interstellaires, ils ont permis à des mondes habités situés à de nombreuses années-lumière de fonctionner physiquement en un seul royaume, et ont lié l’Imperium naissant à Terra et ses mondes en un seul et même domaine.

Par cette Grande Croisade, l’Empereur entreprit Sa mission de libérer l’Humanité des aliens et des créatures du Warp qui l’avaient presque détruite. Monde après monde furent reconquis ; là où la société humaine existait, elle faisait partie de l’Imperium. Cette intégration a été réalisée lorsque cela était possible avec la diplomatie et la promesse d’un avenir meilleur grâce à une connexion plus large avec une société humaine galactique, et par la force des armes dans le cas contraire. Pour l’alien, il n’y avait pas de pitié, et des empires et espèces extraterrestres étaient mis en déroute ou annihilés au cours d’une série de guerres épiques.

Au cours de la Grande Croisade, les Légions Space Marine retrouvèrent leurs Primarques disparus, suite à la découverte par l’Empereur de leurs mondes d’adoption. Ces mondes sont devenus, dans la plupart des cas, les planètes d’origine des Légions et furent fortement enrichis et développés. Ces mondes, ainsi qu’une poignée d’autres planètes stratégiquement essentielles, sont devenus les piliers de la Grande Croisade à mesure qu’elle s’éloignait de Terra et du commandement central direct, faisant que la coordination devenait plus difficile. À partir de ces nouvelles bases et des Mondes-Forges du Mechanicum réabsorbés, la Grande Croisade s’étendit jusqu’aux coins les plus reculés de notre galaxie et la guerre se déroula à travers d’innombrables systèmes stellaires.[7]

Le Triomphe d'Ullanor

Dans les dernières années du 30e Millénaire, les forces de l’Imperium entreprirent la Croisade d’Ullanor, une vaste campagne contre l’empire ork du Seigneur de Guerre Urrlak Urruk. Cette croisade marqua le point culminant de la Grande Croisade pour réunir les mondes dispersés de l’Humanité. Les Orks d’Ullanor représentaient la plus grande concentration de Peaux-Vertes jamais vaincue par les forces militaires de l’Imperium ; avant la Troisième Guerre d’Armageddon commencée à la fin du 41e Millénaire. L’Empereur en personne commanda les armées de l’Imperium, secondé par Horus. L’ensemble des Luna Wolves furent mobilisés pour mener le fer de lance, secondé par les Ultramarines qui combattirent aux côtés des White Scars pour purger les systèmes extérieurs en livrant des attaques de diversion.

Après la défaite des Orks d’Ullanor, l’Empereur de l’Humanité retourna sur Terra pour commencer à travailler sur Son ambitieux projet secret. Mais avant, lors du Triomphe d’Ullanor qui fêtait la victoire et l’apogée de la Grande Croisade, le Maître de l’Humanité désigna Horus au poste nouvellement créé de "Maître de Guerre" pour commander à Sa place les vastes forces militaires de la Grande Croisade, faisant de lui le commandant en chef de toutes les armées de l’Imperium et le dépositaire de l’autorité de commandement sur tous les autres Primarques et toutes les Flottes Expéditionnaires.[8]

Mais avant de rejoindre Terra, l’Empereur organisa néanmoins une session du Conseil de Guerre sur Nikaea afin de définitivement trancher la brûlante question des Archivistes de bataille, sujet qui divisait les Primarques et l’Imperium depuis des années. La session eut lieu sur Nikaea.[9]

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La Crise des Archivistes

« Je me rends compte à présent d’avoir laissé Mes fils s’engager trop avant dans des matières dont Je n’aurais seulement pas dû leur laisser connaître l’existence. Qu’il soit su de tous que nul ne souffrira de reproches, car le but de ce conclave est de servir l’Unité et non la discorde. Mais pas davantage ne sera-t-il permis à la menace de la sorcellerie de souiller les guerriers de l’Astartes. Par conséquent, il est de Mon vouloir que plus aucune Légion ne conserve de Librarius. Tous les guerriers et instructeurs de ces départements seront retournés à leurs Compagnies de Combat et ne devront plus jamais faire usage d’aucun pouvoir psychique. »
« Malheur à qui ignorera cet avertissement ou brisera son pacte avec Moi. Celui-là deviendra Mon ennemi, et sur lui comme sur tous ses suivants s’abattra une telle dévastation que jusqu’au terme de toute chose, il regretta le jour où il se sera détourné de Ma lumière. »
- Le Jugement de l’Empereur au Concile de Nikaea.

Tandis que la Grande Croisade progressait, la plupart des Légions Space Marines s’étaient dotées d’un Librarius, dont les Archivistes, bataille après bataille, se montraient aussi méritoires que n’importe quel autre Space Marine.

Néanmoins, le sujet souleva de nombreuses discussions entre l’Empereur et les Primarques, dont certains désiraient étendre leur Librarius et recruter davantage de Psykers, tandis que d’autres élevaient la voix de façon véhémente : Leman Russ allégua que les Archivistes n’étaient que des sorciers présentés sous un autre nom, puis Corax et Rogal Dorn refusèrent de faire combattre leurs Légions aux côtés de celles qui en comptant dans leurs rangs. Mortarion alla jusqu’à accuser Magnus le Rouge de sorcellerie.

L’Empereur s’apprêtait alors à retourner vers Terra pour y poursuivre son grand ouvrage dans l’isolement de Son palais. Peut-être fut-il préoccupé par les Archivistes, par le danger que ceux-ci représentaient lorsqu’Il ne serait plus là pour Se battre auprès d’eux, et sans doute avait-Il été chagriné par l’accusation portée contre Magnus. Il repoussa donc Son départ et ordonna que se tint une session du Conseil de Guerre sur Nikaea.

Le Projet Librarius et la Souillure de la Longue Nuit

Le Serment de Bezant[10]

Parmi les nombreux secrets que les Thousand Sons ont dissimulé et qui seraient révélés à la suite de la destruction de Prospero, il y avait celui des événements survenus dans le monde lointain de Bezant, en 823.M30. C’est là que le premier membre de la XVe Légion succomba au coût terrible des puissances employées avec tant d’abandon au cours des premières années des campagnes des Thousand Sons dans la Grande Croisade. Sa chair même fut corrompue par les effets des manifestations psychiques de la Légion, effets qui se retournèrent contre lui. Plutôt que de révéler cette tragédie accablante aux dirigeants de la Grande Croisade et de risquer la censure et même peut-être la destruction, les Capitaines de la XVe Légion ont plutôt choisi de dissimuler cet événement.

Le conclave des Capitaines qui dirigeaient les Thousand Sons dans les années précédant la venue de Magnus appela la Légion à prêter l’engagement baptisé "le Serment de Bezant", mentant aux seigneurs de Terra et à l’Empereur Lui-même, afin que la Légion puisse faire face à cet incident de chair corrompue sans aide extérieure ni jugement, ne considérant peut-être personne d’autre capable d’accomplir une telle tâche ou simplement pour éviter tout jugements extérieurs. Tel était l’orgueil et l’isolement qui en résulta, consumant la Légion à son époque de gloire. Car tout comme la distance entretenue par les autres Légions les protégeaient de la souillure de la XVe, cela les laissa également incapables d’influencer ou d’aider leurs frères chancelants, les condamnant à la catastrophe qui allait plus tard s’abattre sur la Légion.

À l’aube du 31e Millénaire, certains membres de la Grande Croisade pensaient que les Thousand Sons et leur maître s’étaient tout simplement engagés trop loin sur une voie longtemps interdite par l’Empereur : celle de la sorcellerie. Mais qu’est-ce que la sorcellerie ? Pour beaucoup, en particulier pour les esprits superstitieux, la manifestation de tout pouvoir psychique pouvait être qualifiée de sorcellerie, et il est peut-être vrai que cette croyance repose sur le fait que toutes les capacités psychiques, aussi rigoureusement contrôlées soient-elles, sont périlleuses par leur nature même. Mais la définition la plus courante a toujours été que la "sorcellerie", étant un terme antique et mystérieux, et qu’à l’Âge de l’Imperium on devait parler plutôt de la poursuite inconsidérée du pouvoir psychique ou de la maîtrise des forces de l’Empyrean sans les mesures nécessaires de contrôle et de prudence, en particulier en ce qui concernait la manipulation de certains textes interdits et d’anciennes pratiques humaines et Xenos. Ces arts, poursuivis dans le but de maîtriser des forces d’un pouvoir et d’une puissance terribles sans aucune sanction ni restriction de la volonté et de la sagesse de l’Empereur imposées à Sa nouvelle civilisation humaine, étaient considérés par tout esprit sain comme incroyablement dangereux, pas seulement pour l’individu qui les recherchait, mais pour tout ceux autour d’eux. En bref, ils étaient l’incarnation des péchés du passé délibérément répétés, et c’est de ces actes que les Thousand Sons étaient généralement soupçonnés.

Les voix les plus fortes qui appelèrent à la censure de la XVe Légion pour s’être éloignée de la raison et de la loi étaient celles des Primarques Leman Russ des Space Wolves, Corvus Corax de la Raven Guard et Mortarion de la Death Guard. Tous les trois furent confrontés à diverses époques aux horreurs inimaginables qui pouvaient résulter de l’abus ultime du pouvoir psychique et craignaient que, s’ils étaient livrés à eux-mêmes, les Thousand Sons apporteraient une telle calamité sur eux-mêmes et les mondes de l’Imperium naissant.

Cette opinion avait derrière elle le poids de l’histoire, car on pensait souvent que la Longue Nuit, qui avait consumée la civilisation humaine et provoquée la longue Ère des Luttes, avait pour origine la prolifération de puissants et inarrêtables Psykers. En effet, bon nombre des pires chefs de guerre, qui ont dévasté la Vieille Terra avant les Guerres d’Unification et transformé d’autres mondes jadis brillants en charniers, ont exercé les mêmes pouvoirs ténébreux, nés d’une mutation psychique incontrôlée et de la poursuite d’une connaissance terrible qu’aucun esprit mortel ne pouvait contrôler. De plus, l’Imperium s’était toujours méfié des détenteurs de tels pouvoirs et, tout en s’appuyant sur les Navigators et les Astropathes de l’Astronomican pour assurer son existence, structurait et contrôlait de manière rigide la nature et la portée de ces organisations, obligeant les Psykers à se mettre dans les rangs, leur imposant un lourd joug de servitude et des restrictions imposées par la loi.

Dès le début de la Grande Croisade, l’Empereur Lui-même avait créé l’Ordre des Sœurs du Silence. Il leur avait donné le devoir de réduire le nombre de Psykers incontrôlables et non assermentés par l’Imperium, leur nombre ne cessant de grandir. Les Psykers devaient se soumettre à la Divisio Telepathica pour des tests draconiens, d’endoctrinement et de soumission forcée à des techniques conçues pour canaliser et limiter leurs pouvoirs, ou simplement être condamné à une incarcération éternelle ou à la mort, selon les besoins. Mais les Psykers existaient aussi dans les rangs des Légions Space Marines, et avec la puissance biologique des Legiones Astartes pour abriter ces capacités et leurs talents belliqueux pour les aiguiser, ces Psykers de bataille Space Marines étaient des guerriers terriblement puissants, et dès le début, cela souleva des questions.

Pour leurs détracteurs, tels que Russ et Mortarion, les Psykers issus des rangs des Legiones Astartes étaient principalement suspects. Cela tient au fait qu’ils ne connaissent souvent aucune des limitations imposées par la Scholastica Psykana et qu’il n’y avait que peu de contrôle direct, comme on en trouvait ailleurs dans l’Imperium. C’était le cas avec les Thousand Sons, une Légion de Space Marine qui, par l’influence de sa graine génétique, formait l’une des plus grandes concentrations de Psykers jamais rencontrés et, avec le temps, une suspicion grandissait à l’égard de la XVe Légion, à cause des sa dissimulation et des ses secrets arcaniques.

Pourtant, l’utilisation de pouvoirs psychiques au sein des forces armées de l’Imperium n’était pas sans fondement, car Sanguinius des Blood Angels et Jaghatai Khan des White Scars s’appuyaient tous deux sur l’utilisation de guerriers exceptionnellement doués au sein de leurs propres forces, leur imposant leurs propres structures et contrôles, aussi ponctuels qu’ils aient été. Il y a aussi le fait immuable que l’Empereur Lui-même était un Psyker au pouvoir sans précédent, bien que l’ampleur de Sa puissance psychique était telle qu’Il était au-delà des périls de l’Empyrean, et qu’Il avait Lui-même délibérément fait ce que les Thousand Sons étaient, du moins au commencement. En outre et avec plus de discrétion, Alpharius de l’Alpha Legion, Fulgrim des Emperor’s Children et Hante la Nuit - Curze lui-même était un puissant oracle psychique selon certains témoignages - tous utilisaient activement des Psykers dans les rangs de leurs Légions, bien que peut-être avec plus de réserve et moins d’étalage.

Ces Primarques avaient tous soutenu un projet de formation d’une structure au sein des Légions Space Marines, qui devait permettre aux Légionnaires aux talents psychiques d’exercer leurs pouvoirs en toute sécurité, de manière ciblée et disciplinée - une initiative qui sera connue sous le nom de Projet Librarius au cours de la moitié de la Grande Croisade. Cette expérience, appuyée par l’Empereur, cherchait à prouver la sécurité et l’utilité des Psykers de bataille dans les rangs des Space Marines. L’inclusion du Librarius dans l’ordre de bataille des Space Marines était au mieux un succès mitigé. Son modèle, développé à partir de structures existantes provenant des Blood Angels, a été adopté par certaines Légions, mais fut adopté à contrecœur par d’autres.

En vérité, à cause d’une origine génétique et à une prédilection, certaines Légions n’avaient tout simplement pas suffisamment de Psykers potentiels dans leurs rangs pour rendre possible un Librarius à grande échelle. D’autres qui disposaient pourtant des ressources génétiques requises, freinaient la formation d’un Librarius à cause de leur tempérament ou de ce que leur culture considéraient encore comme une force périlleuse et imprévisible. Comme l’énonça le Primarque Perturabo des Iron Warriors : « Une lame sans poignée est aussi dangereuse pour la saisie que pour la victime ». Pour les Thousand Sons cependant, le Projet Librarius était à la fois un baume contre les soupçons extérieurs et une justification de leur nature particulière. Ils l’avaient immédiatement intégré à leurs structures existantes, ou peut-être plus exactement, utilisé comme un outil pour protéger leur Légion.

En fin de compte, le Projet Librarius et les mesures connexes n’ont fait que retarder le scandale suscité par la manipulation présumée de pouvoirs interdits par les Thousand Sons de manipuler des pouvoirs interdits au lieu de l’annuler. À la suite du retrait de l’Empereur vers Terra et de l’élévation d’Horus en tant que Maître de Guerre, les Primarques opposés au Librarius ont demandé à l’Empereur de porter un jugement définitif sur la question avant de retourner sur le Monde-Trône. Telle était la puissance des arguments de Russ et de Mortarion, qui finirent par convaincre de nombreux membres de la fraternité des Primarques. Même l’éternelle rivalité entre Rogal Dorn et Perturabo fut mise entre parenthèse alors que les deux hommes soutenaient les appels à la fin du Librarius et condamnaient ouvertement les actions de Magnus, le Sorcier de Prospero.

Le jugement eu lieu au Concile de Nikaea, un conclave spécialement convoqué à cet effet, qui accueillit des représentants de toutes les Légions Space Marines et de nombreuses grandes institutions de l’Imperium. Son objectif apparent était que l’Empereur entende les représentants des divers Librarius et de ceux qui ont été témoins de leurs actes au combat, et émette Son jugement sur leur existence. Cependant, beaucoup à cette époque et au cours des dernières années, ont vu dans le Concile non pas un acte de clôture de la grande expérience du Librarius dans les Légions Astartes disparates, ni une évaluation finale d’un programme expérimental par Son créateur, mais plutôt le procès des Thousand Sons et de leur Primarque, Magnus le Rouge.[11]

Le Concile de Nikaea

Ordonné par les plus hauts échelons du Magisterum Imperialis, le Concile de Nikaea prit la forme d’un consistoire présidé par l’Empereur Lui-même en tant qu’ultime arbitre des juges, sans toutefois prendre part au débat ni au vote qui suivit. Parmi les nombreux grands représentants de la bureaucratie de l’Imperium et des Chambres militantes de la Grande Croisade, une foule de délégués y assista, avec peut-être plus de 10 000 âmes présents lors des débats Les premiers parmi eux étaient les Primarques des Legiones Astartes et les Hauts Seigneurs du Conseil de Terra, ainsi que des représentants du Mechanicum martien et des divers Ordos Telepathica et Scholastica Psykana. Il comprenait également de nombreux représentants d’institutions impériales de moindre importances et de plusieurs milliers d’autres serviteurs et fonctionnaires des assemblées de Terra. Il était en effet rare qu’une réunion d’une telle envergure se tienne en dehors du Segmentum Solar. Telle était la pompe et la solennité qui accompagnaient le Concile, peu de gens pouvant se méprendre sur l’importance de la réunion. Les cérémonies d’ouverture seules durèrent plusieurs jours et coûtèrent au Trésor Impérial une somme égale à la dîme de tout un secteur.

Comme pour tous ces rassemblements de grands et de puissants, le Concile de Nikaea était bien plus qu’un simple lieu de discussion pour un seul sujet, même sur une question aussi importante que celle des Psykers de bataille au sein des vastes armées de l’Imperium et des Legiones Astartes en particulier. Étaient également présents des seigneurs des planètes et de secteurs, des dirigeants de vastes empires bureaucratiques et des maîtres d’armées affamées et de flottes lointaines, tous réunis en ce lieu pour ce bref et capital événement. Au fur et à mesure que le spectacle des cérémonies d’ouverture se déroulait, des accords étaient conclus et de sombres réseaux tissés dans l’ombre. Tandis que les principaux seigneurs de l’Imperium jugeaient le Librarius et, par extension, les Thousand Sons, des alliances plus larges furent négociées et trahies dans les lointaines galeries de la salle. En effet, à la suite du Concile et du départ de ses invités, alors que la multitude de serviteurs et de domestiques commençait l’opération de nettoyage qui devait durer un mois, quelques corps furent découvert dans des recoins discrets des couloirs de Nikaea, témoignant des rivalités nouées et des rancunes réglées.

Bien qu’une liste complète des personnes choisies pour assister à cette réunion capitale et des nombreuses implications de leurs actions individuelles dépasse le cadre de ce traité, certains lecteurs, en particulier ceux qui n’ont pas vécu l’expérience de ces jours glorieux de l’Imperium, peuvent juger utiles de disposer d’une liste concise des présents les plus importants qui se sont exprimés au cours du Concile de Nikaea : les Primarques et ceux issus de rang consulaire venant du Conseil de Terra ou d’un niveau supérieur, ainsi que leurs positions respectives qu’ils ont prises dans ce débat central. Par souci d’exhaustivité, sont également mentionnés séparément les Primarques des Legiones Astartes qui n’étaient pas présents et leur position connue ou supposée sur la question des Psykers de bataille dans les Légions :[12]

Les personnes présentes et leur position connue lors du Concile de Nikaea
sur l’utilisation des Psykers dans les Legiones Astartes
  • L’Empereur : Même au cours de ces dernières années, il est mal vu de spéculer sur les plans cachés de l'Empereur et il est impossible de deviner avec précision Ses intentions pour le conclave.
  • Malcador le Sigillite, Haut Proconsul Imperialis : Inconnu
  • Kelbor-Hal*, Fabricator-Général de Mars : Violemment contre
  • Seigneurs Militants Tabor Ludovicia et Haldane Ma’lon, Maîtres de l’Imperialis Auxilia : N’ont ouvertement favorisé aucun des deux côtés
  • Grand Amiral Constansa Suati-Falkan, Armada Imperialis : Véhément Contre
  • Occulex-Magister Jalisco de Jerichos Huerta, Ordo Astra Telepathica : Déclaré neutre
  • Constantin Valdor de la Garde Custodienne : Favorisé aucun côté
  • Magnus*, Seigneur de la XVe Légion : Violemment pour
  • Leman Russ, Seigneur de la VIe Légion : Violemment contre
  • Fulgrim*, Seigneur de la IIIe Légion : Promoteur de leur utilisation
  • Sanguinius, Seigneur de la IXe Légion : Promoteur de leur utilisation
  • Mortarion*, Seigneur de la XIVe Légion : Violemment contre
  • Corvus Corax, Seigneur de la XIXe Légion : Favorable à la censure de Magnus
  • Rogal Dorn, Seigneur de la VIIe Légion : Connu pour ne pas privilégier leur utilisation, mais auparavant enregistré comme ne s’opposant pas fermement à leur utilisation dans d’autres Légions que la sienne - connu pour favoriser la censure contre Magnus.
Les Primarques non présents personnellement au Concile de Nikaea
et leur position connue sur l’utilisation de Psykers dans les Legiones Astartes
  • Lion El’Jonson, Seigneur de la Ière Légion : N’à ouvertement favorisé ni l’un ni l’autre camp, mais connu pour être favorable à la censure de Magnus
  • Perturabo*, Seigneur de la IVe Légion : Contre
  • Jaghatai Khan, Seigneur de la Ve Légion : Soutient leur utilisation
  • Konrad Curze*, Seigneur de la VIIIe Légion : Soutient leur utilisation
  • Ferrus Manus, Seigneur de la Xe Légion : N’a pas favorisé leur utilisation
  • Angron*, Seigneur de la XIIe Légion : Violemment contre
  • Roboute Guillilman, Seigneur de la XIIIe Légion : Verbalement contre leur utilisation
  • Horus, Maître de Guerre de l’Imperium : N’a ouvertement favorisé aucun des deux côtés
  • Lorgar*, Seigneur de la XVIIe Légion : Soutient leur utilisation
  • Vulkan, Seigneur de la XVIIIe Légion : Soutient leur utilisation
  • Alpharius*, Seigneur de la XXe Légion : Soutient leur utilisation
*Ces leaders ont ensuite apporté leur soutien à Horus pendant les années sombres de l’Hérésie

La Conclusion de Nikaea

De nombreux chercheurs ont beaucoup spéculés du témoignage de ceux qui ont pris la parole devant l’Empereur, de la brièveté du Concile lui-même et du jugement final qu’Il a rendu à la fin de celui-ci. Des rumeurs douteuses de conspiration et de réseaux enchevêtrés mensongers alimentés par le recul des événements et des enregistrements fragmentaires de l’événement ne servent plus qu’à déprécier le drame qui s’est déroulé à Nikaea. En vérité, nombreux sont ceux qui sont venus présenter leur témoignage à l’Empereur, se prononçant pour ou contre l’utilisation ouverte des pouvoirs psychiques dans les rangs des armées de l’Imperium et des Légions de Space Marines en particulier. Parmi ceux-ci, il est clair que certains ont explicitement condamné Magnus et ses guerriers les accusant de constituer une grave menace pour l’Imperium, tandis que d’autres ont vanté leurs vertus en tant que guerriers. À la fin, Magnus lui-même se leva pour contrer l’attaque au vitriol de Mortarion avec éloquence et raison. Pourtant cela ne suffit pas.

Il est inutile de spéculer sur les pensées de l’Empereur et Ses raisons de choisir de condamner Magnus, les Thousand Sons et tous les Archivistes des dix-huit Légions. Son esprit est insondable pour l’homme mortel et Sa perception de l’espace et du temps, de la cause et de la conséquence est incompréhensible. En vérité, toutes les théories tortueuses proposées à la suite des événements qui se déroulèrent après Nikaea ne peuvent espérer tracer Ses réflexions, ne servant qu’à masquer le fait qu’on en sache peu. La vérité fondamentale demeure que l’Empereur a décidé de s’opposer à l’utilisation continue des pouvoirs psychiques au sein des Legiones Astartes et a annoncé le démantèlement immédiat des divers Librarius dans toutes les Légions sans exception. À ceux qui oseraient défier Sa décision, Il leur promis : « Malheur à qui ignorera cet avertissement ou brisera son pacte avec Moi. Celui-là deviendra Mon ennemi, et sur lui comme sur tous ses suivants s’abattra une telle dévastation que jusqu’au terme de toute chose, il regretta le jour où il se sera détourné de Ma lumière. ».[13]

La Naissance des Chapelains

Suite au Concile de Nikaea, les Légions Space Marines avaient reçu pour ordre permanent de démanteler leurs Librarius, l’Empereur ayant statué que plus aucune d’elles ne devait employer de Psykers au combat, ni poursuivre d’études concernant les mystères de leurs talents. Celles des Légions qui incluaient des Archivistes, des Space Marines dotés de pouvoirs psychiques, durent les réassigner à des unités de combat standards et leur interdire de faire usage de leurs capacités.

Malcador le Sigillite, chef du Conseil de Terra et premier parmi ses Seigneurs, n’était pas certain que toutes les Légions respecteraient la décision de l’Empereur, car il savait que certains des Primarques accordaient une grande valeur à leurs Archivistes et aux pouvoirs que ceux-ci pouvaient libérer sur un champ de bataille : le déploiement de Psykers était devenu un pivot central de leurs stratégies et de leurs tactiques.

Il s’appliqua à trouver le moyen de s’assurer que les Légions obéiraient et observeraient la consigne à la lettre. Ses pensées se tournèrent vers Lorgar et ses Word Bearers.

Tandis que l’Empereur se consacrait à Ses œuvres secrètes dans les cryptes de Son palais, Malcador le Sigillite présenta en Son Nom un nouvel édit devant le Conseil de Terra. Il s’agissait de l’Ordre d’Observance, plus connu comme l’Ordination des Chapelains, dont la principale inspiration fut la Légion des Word Bearers.

Le Primarque Lorgar avait grandi sur le monde religieux de Colchis, dont il était devenu avec le temps le guide militaire et spirituel. Sa première rencontre avec l’Empereur y avait été tenue pour l’accomplissement d’une antique prophétie, un événement qui ne fit que renforcer la ferveur religieuse du peuple de Colchis, et celle de Lorgar lui-même. Devenu l’un des Primarques, ce dernier introduisit dans sa Légion des prêtres-guerriers nommés Chapelains, dont le rôle était de répondre aux besoins spirituels des Space Marines, et de s’assurer que leur foi en l’Empereur était forte.

Inspiré par cela, Malcador imposa aux autres Primarques de désigner des Chapelains qui veilleraient au bien-être spirituel de leurs Légions et feraient appliquer la proscription des Psykers. Ces officiers devaient être choisis parmi les Space Marines les plus inflexibles dans leur devoir, et ayant fait preuve de la plus haute loyauté envers leur Primarque et l’Empereur.

La plupart des Primarques se plièrent loyalement à la décision et commencèrent à promouvoir certains de leurs guerriers au rang de Chapelains. Certains ne le firent pas. L’ironie de cet édit amusa passablement Lorgar - dont les Word Bearers s’étaient déjà vendus en secret au Chaos.

Étant donné les caprices de la communication d’un point à un autre de la galaxie, il n’aurait pas paru anormal ou suspect que toutes les Légions n’aient pas immédiatement clamé leur consentement. Malcador se doutait que certains Primarques, coupables de duplicité, lui avaient assuré qu’ils agiraient comme l’Empereur l’avait jugé bon, alors que tel n’était pas le cas. L’histoire dévoilerait bientôt leur malhonnêteté.

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Le Sac de Prospero

Magnus le Rouge, Primarque des Thousand Sons, qui communiait en secret avec les puissances obscures du Warp, eut un jour une terrible vision qui lui révéla la défection d’Horus et la guerre civile prochaine. Lui et sa cabale de sorciers décidèrent de contacter l’Empereur au moyen d’un sort puissant pour l’avertir de l’Hérésie.

Nul ne sait avec certitude pourquoi Magnus prit la décision de prévenir son père de la manière qu’il employa, car il était certain que l’Empereur reconnaîtrait la nature de son message et n’aurait d’autre choix que de le persécuter. Sa Légion allait être purgée, lui et ses Archivistes mis à mort. Peut-être Magnus pensait-il que l’Empereur serait davantage préoccupé par la trahison du Maître de Guerre. Peut-être était-il pressé de monter l’Empereur et Horus l’un contre l’autre. Peut-être espérait-il que l’Empereur tuerait Horus et que lui, Magnus, pourrait prendre la tête de l’Hérésie. Ou peut-être avait-il d’autres motifs que lui seul connaissait.

Quoi qu’il en soit, la cabale des Thousand Sons joignit ses pouvoirs à ceux de Magnus pour que leur puissante conjuration traverse le temps et l’espace. Ayant pénétré les sceaux protecteurs qui entouraient le Palais Impérial, le sort s’immisça dans l’esprit de l’Empereur, qu’il emplit instantanément de la vision de Magnus et des détails de la trahison imminente d’Horus.

Les défenses psychiques du palais de l’Empereur sur Terra venaient d’être compromises par un sort d’une puissance sans précédent, lancé par le Primarque Magnus le Rouge et son groupe secret de sorciers afin d’avertir l’Empereur de la trahison d’Horus, une trahison que lui avait révélée une sombre précognition.

Nul ne sait quelle réaction Magnus espérait susciter, mais s’il pensait que l’Empereur serait satisfait de lui, en cela résidait son erreur. Ce dernier parut même ignorer le contenu du message de Magnus, consumé comme Il l’était par la colère de constater que Magnus avait désobéi de façon aussi flagrante à Ses injonctions de renoncer à la sorcellerie et à l’emploi de ses pouvoirs psychiques.

L’Empereur appela auprès de Lui le Primarque des Space Wolves. Il existait depuis toujours une certaine animosité entre Magnus et Leman Russ, à qui Il ordonna de rejoindre Prospero et de châtier Son fils rebelle. Sa volonté était claire ; le cyclope et ses fils s’étaient compromis dans des tractations avec le Warp, en enfreignant une instruction directe de Sa part. Aucune pitié ne devait leur être témoignée.

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La Chute d'Horus

« Nous ne désirons que l’Empereur, car Sa force psychique détruit nos royaumes. Pour l’heure, Il s’est retiré dans Ses cryptes afin d’y travailler à Ses buts égoïstes. Il ne Se soucie plus de toi, ni de tes guerriers. Il placera des faibles au-dessus de vous. Si l’Empereur nous était sacrifié, nous n’aurions aucune prétention sur vos mondes, et tu deviendrais le légitime souverain de la galaxie. L’Humanité serait tienne pour en disposer à ta guise. »
- Les murmures des Puissances du Chaos au Maître de Guerre.

Ayant fait d’Horus le commandant en chef de toutes Ses armées, l’Empereur retourna vers Son palais de Terra pour s’atteler à une grande tâche dont Il ne souhaita pas discuter la nature exacte avec Horus ni aucun de Ses généraux. Accompagné de certains conseillers, dont les plus éminents étaient Malcador et le Fabricator-Général de Mars, Il s’isola dans les parties privées de Sa forteresse.

Tandis que cette tâche le retenait dans ses ateliers souterrains, le trouble grandissait. Les Primarques avaient en effet été sidérés d’apprendre la formation du Conseil de Terra et se sentirent davantage délaissés. Pourquoi n’avaient-ils pas été consultés, et pourquoi ne siégeaient-ils pas dans cette nouvelle assemblée dirigeante ? Les plus outrés parmi les Primarques allèrent même plus loin : leur père n’avait-il donc aucune considération pour les guerres qu’ils avaient livrées et remportées en Son nom ? Toutes ces victoires comptaient-elles pour rien ? Certains reconnurent ce qu’Horus leur avait prophétisé : l’Empereur Se détournerait de Ses généraux pour confier le pouvoir à des administrateurs mesquins et à un adepte de Mars.

Quand l’Empereur Se fut retiré vers Terra, Ses laboratoires et Ses donjons, Horus finit un jour par se sentir floué…

Le Maître de Guerre

Après une série de glorieuses victoires qui marquèrent l’aboutissement de l’expansion de la Grande Croisade, l’Empereur retourna sur Terra et mis en branle la prochaine étape de Son grand plan dans le secret, convaincu que Ses fils, les Primarques, pourraient poursuivre la Grande Croisade jusqu’à son terme. L’Empereur attribua au Primarque Horus Lupercal le titre de "Maître de Guerre" et lui céda le contrôle de toutes les forces militaires de l’Imperium à Sa place. Les autres Primarques eurent pour instruction de suivre Horus et de lui obéir en temps de guerre. Il y avait, dit-on, une certaine inquiétude chez les Primarques sur le fait que l’Empereur avait décidé de ne plus Se battre à leurs côtés, mais l’Empereur était aussi inflexible qu’Il était pressé de préparer l’avenir. Après le retrait de l’Empereur, Horus s’attela avec résolution à la Grande Croisade avec une hâte presque fiévreuse, sachant que même si certains se réjouissaient de son nouveau rang et de sa nouvelle autorité, d’autres seraient au mieux indifférents et au pire rancuniers, et ce n’est que par le succès qu’il pourra se montrer digne de la foi que l’Empereur avait placé en lui. Les Primarques dont il était le plus proche était Angron, Mortarion et Fulgrim. Horus le Maître de Guerre leur promis la victoire - il leur jura qu’il ne manquerait jamais à son commandement et qu’il ne les laisserait jamais sans chef, ni privé de fraternité tant qu’il respirerait.

Si le Maître de Guerre s’occupait des opérations militaires, l’Empereur chargea un autre organe, le Conseil de Terra, d’assurer la paix et gérer l’administration de Son vaste royaume, Lui épargnant les détails du pouvoir afin de Se concentrer sur Ses projets secrets.

Dirigé par Malcador le Sigillite, le Conseil monopolisa l’administration civile de l’Imperium et servit de barrière entre l’Empereur et Ses fils Primarques, absorbant une partie de leur autorité antérieure et favorisant la propagation de l’amertume parmi leurs rangs. Les moins stables des Primarques étaient scandalisés par le mépris qu’ils ressentaient suite aux prérogatives du Conseil, les autres - même les plus fermes - étaient inquiets et troublés par la tournure des événements. Pour certains, cela semblait indiquer que l’Empereur était prêt à tourner le dos à Ses plus grands guerriers et à donner du pouvoir aux mortels sur Ses fils immortels. Ainsi, dans le cœur de certains, le chancre du doute et la bile de ressentiment furent semés.

Il semble que l’honneur d’être Maître de Guerre, si grand soit-il, n’a pas empêché une telle amertume se développer dans le cœur d’Horus. Par la suite et peut-être selon un rapport apocryphe, alors que les victoires du Maître de Guerre semblaient vaines, les sacrifices des Space Marines placés sous ses ordres apparaissaient comme négligeables et de moins en moins pertinents pour un Empereur silencieux. Il lui semblait que son autorité n’était pas aussi incontestée et respectée que l’avait été celle de l’Empereur et que plusieurs Primarques reprochaient à Horus son rang, remettant en question ses décisions ou parvenant à interpréter discrètement ses ordres plus à leur guise. Au fil des ans, les ressentiments et les rivalités qui existaient depuis longtemps entre certains Primarques donnèrent lieu à un débat ouvert et à une dissidence qu’Horus ne put réprimer aussi facilement que l’aurait fait l’Empereur, ce qui aggrava sa colère. Il en vint donc à manifester sa faveur qu’à ceux qu’il estimait le tenir en haute estime, ou du moins qui lui obéissait sans poser de questions. Il reprocha à l’Empereur ses difficultés croissantes de commandement et de conquête pour un effort militaire de plus en plus étalé et de plus en plus étendu. Peu à peu, Horus et ses partisans s’éloignèrent de plus en plus de l’Empereur et du vaste royaume qu’ils servaient, ne trouvant qu’un froid réconfort à la conquête de la galaxie afin d’acquérir toujours plus de gloire à leurs Légions.[14]

La Bataille de Soixante-Trois Dix-Neuf

Un an après avoir été promu Maître de Guerre et de la conclusion triomphale de la Croisade d’Ullanor, Horus était à la tête de la 63e Flotte Expéditionnaire. Sa flotte entra en contact avec un système de neuf mondes, autour d’un soleil jaune. La troisième planète du système était habitée par des humains, et fut baptisée par l’Imperium sous le nom de Soixante-Trois Dix-Neuf. Mais ces habitants l’appelaient "Terra"…

Soixante-Trois Dix-Neuf était gouvernée par un "Empereur", qui affirmait qu’il dirigeait le berceau de l’Humanité, et se considérait comme le dirigeant légitime des hommes. Il exigea que les forces d’Horus lui témoignent allégeance. Amusé par les prétentions de cet "Empereur", Horus envoya une ambassade dirigé par son fils favori et membre de son cercle intérieur, le Mournival, le Capitaine de la 4e Compagnie Hastur Sejanus, que tous dans la Légion des Luna Wolves appréciaient. Ce dernier fut assassiné par les habitants de Soixante-Trois Dix-Neuf.

Horus, malgré la peine de cette perte, accorda une dernière chance à Soixante-Trois Dix-Neuf, souhaitant sauver la paix. Il envoya un second ambassadeur, son Écuyer Maloghurst, qui fut abattu par la flotte de l’"Empereur". La chute de son vaisseau et le crash qui s’ensuivit handicapa Maloghurst, le privant de porter de nouveau l’armure. Face à cette insulte, Horus n’eut d’autre choix que de conquérir le monde par la force. Ces guerriers, appuyé par des Titans et mené par son Premier Capitaine de Compagnie, Ezekyle Abaddon, et les Capitaines Tarik Torgaddon, Horus Aximand et Garviel Loken, écrasèrent les armées ennemis et prirent d’assaut le Palais Impérial de la planète. Le Maître de Guerre élimina personnellement le Faux Empereur, vengeant Sejanus. La population humaine de la planète accepta amèrement son intégration dans l’Imperium. Durant cette campagne, le Capitaine de la 10e Compagnie, Garviel Loken se distingua au point d’être intégré au Mournival, en remplacement d’Hastur Sejanus.

Suite à cette conquête, Horus discuta une dernière fois avec son frère Rogal Dorn, qui accompagnait Horus depuis quelques mois à la demande de ce dernier, afin qu’ils pussent régulièrement s’entretenir à deux des attributions et prérogatives du rôle de Maître de Guerre. Depuis que cet honneur lui était échu, Horus avait sollicité l’opinion et les conseils de tous les Primarques sur ce sujet. Être nommé Maître de Guerre l’avait brutalement coupé d’eux et élevé au-dessus de ses frères, et il y avait eu des objections réprimées, notamment de la part de ceux qui estimaient que ce titre aurait dû leur revenir. La rivalité et la compétition sévissaient parmi les Primarques comme dans n’importe quelle fratrie. Dorn ne doutait pas qu’Horus fût taillé pour ce rôle, car aucun des Primarques n’avait jamais pu rivaliser avec ses exploits ni accéder à la même intimité avec l’Empereur.

Une fois la pacification de Soixante-Trois Dix-Neuf assurée, Dorn prit congé de son frère : l’Empereur Lui avait demandé de fortifier le palais de Terra et d’en garder les remparts. Avant de partir, Dorn demanda au Capitaine Loken d’être la voix de la raison du Mournival afin de conseiller son frère Horus de la meilleure des façons. Malheureusement pour le Primarque des Imperial Fists, la prochaine fois qu’il entendra parler de son frère Horus, se sera de la bouche d’un Capitaine de la Death Guard revenant d’un périple pour porter un message d’infamie et de trahison…

Quand à Horus, il vécut amèrement sa victoire sur Soixante-Trois Dix-Neuf. C’était sa première en tant que Maître de Guerre, mais par l’incompréhension le sang avait été versé alors qu’il était persuadé de pouvoir la rallier pacifiquement, comme aurait pu le faire l’Empereur, du moins s’en convaincant-il.[15]

Meurtre

En parallèle aux événements de Soixante-Trois Dix-Neuf, la 140e Flotte Expéditionnaire commandée par le Capitaine Khitas Frome de la Légion des Blood Angels découvrit la planète Cent Quarante Vingt. Khitas Frome ordonna aux trois Compagnies Blood Angels composant sa flotte d’atterrir pour étudier et amener la planète au sein de l’Imperium.

En raison de la turbulence atmosphérique extrême, toutes les navettes des Blood Angels qui tentèrent d’atterrir sur la planète se dispersèrent et furent projetées loin l’une de l’autre, ce qui isola les troupes de débarquement impériales. L’atmosphère affectait également les communications vox et empêchait les forces impériales de coordonner leurs mouvements. Les équipes au sol ont rapidement commencé à envoyer des transmissions altérées aux navires de la flotte en orbite, signalant que la planète était habitée par des Xenos extrêmement hostiles, baptisés Arachnides, car ressemblant à des araignées géantes. Au fil des récits, ces Xenos furent décrits comme trop nombreux et trop redoutables pour être vaincus sans renforts. Peu de temps après, les Blood Angels lancèrent des appels de détresse urgents demandant des renforts et une extraction immédiate. La dernière transmission reçue par la flotte provenait du Capitaine Khitas Frome lui-même, qui prononça chacun de ces mots dans un effort qui paraissait être surhumain : « Ce… Monde… Est… Meurtre. » Le nom est resté et est devenu l’appellation informelle de l’Imperium pour Cent Quarante Vingt.

Une force des Emperor’s Children sous le commandement du Seigneur Commandant Eidolon, favori de Fulgrim, arriva en réponse aux appels de détresse des Blood Angels. Ils commirent les mêmes erreurs que les Blood Angels et leurs équipes de débarquement furent dispersées par les puissantes perturbations atmosphériques de la planète. Alors que la Compagnie subissait de lourdes pertes, une escouade de combat dirigée par le Capitaine Saul Tarvitz, accompagné du Capitaine Lucius, découvrit une grande structure ressemblant à un arbre mort. Cet "arbre" portait les corps de plusieurs Space Marines Blood Angels empalés sur ses nombreuses branches. Tarvitz et ses hommes détruisirent la structure, produisant un dégagement soudain du ciel au-dessus de "l’arbre" abattu et firent disparaître les violents orages qui avaient affligé les forces impériales depuis le début de la campagne. Le Capitaine Tarvitz se rendit compte que ces structures étaient en fait des dispositifs de contrôle météorologique artificiels responsables de la turbulence atmosphérique intense de Meurtre.

Les Arachnides se mirent immédiatement à reconstruire "l’arbre" et envoyèrent des centaines de guerriers pour massacrer les derniers Emperor’s Children. Mais au moment où les Space Marines étaient sur le point d’être submergés, une force de secours composée de Luna Wolves de la 63e Flotte Expéditionnaire du Maître de Guerre Horus, nouvellement arrivé, commença à atterrir à travers la brèche dans l’atmosphère. Les Arachnides se dispersèrent et une invasion à grande échelle contre les Xenos de Meurtre commença. Horus se rendit compte que l’assaut des Emperor’s Children était mal préparé et repris l’initiative afin d’éliminer ces dangereux Arachnides.

Dix Compagnies des Luna Wolves, les survivants des Emperor’s Children, des dizaines de milliers de soldats de l’Armée Impériale et plusieurs Titans de la Legio Mortis, dont le Dies Irae, attaquèrent la planète, détruisant chacun des "arbres" rencontrés, ce qui provoqua une érosion de la barrière atmosphérique de Meurtre. Le Maître de Guerre Horus, qui commandait l’assaut impérial depuis son vaisseau amiral en orbite, était ravi des progrès réalisés, et le fut encore plus lorsqu’un visiteur inattendu apparu soudainement.

Le Primarque Sanguinius, un des plus proches frères d’Horus, arriva sur Meurtre afin de retrouver les Blood Angels de Khitas Frome, mais ces derniers avaient été anéantie au début de la campagne. Les larmes aux yeux, Sanguinius demanda à son frère Horus s’il le rejoindrait dans une campagne de vengeance contre les Arachnides. Le Maître de Guerre accepta.

Sanguinius et ses forces combattirent aux côtés du Maître de Guerre contre les extraterrestres. Des milliers d’Arachnides se déversèrent des fissures et des crevasses de la planète, leurs réserves semblant sans limite. Au sixième mois de la campagne, il semblait que les Arachnides seraient bientôt annihilées lorsqu’une flotte d’origine humaine apparu prêt de Meurtre. Ces humains faisaient parti d’une civilisation dénommée l’Interex qui avait piégée les Arachnides sur Meurtre - qu’il nommait Urisarach - suite à un conflit avec ces Xenos, les y exilant au lieu de commettre un xenocide, mais les privant de leurs capacités de déplacement interstellaire.

Constatant que le contact avec les humains très avancés de l’Interex était un problème plus urgent à résoudre, Horus mis fin à la campagne contre les Xenos de Meurtre. Les archives impériales n’indiquent pas le sort final de cette race alien une fois que l’Hérésie d’Horus débuta. Quoi qu’il en soit, Horus rencontra l’Interex dans l’espoir de les assimiler et par cet acte, être digne de son titre. Malheureusement les événements qui suivront marqueront amèrement le Maître de Guerre…[16]

Interex et Anathame

L’Interex était une civilisation humaine interstellaire très avancée qui existait dans quelques systèmes stellaires à l’époque de la Grande Croisade au 31e Millénaire. Contrairement à l’Imperium de l’Humanité, l’Interex avait décidé que le meilleur moyen de lutter contre les espèces xenos intelligentes n’était pas de les exterminer ni de leur faire la guerre, mais d’essayer de coexister avec elles. L’Interex étaient devenus les alliés proches et les seigneurs nominaux d’une espèce alien appelée Kinebrach qu’ils avaient intégré dans leur propre société. Cette tolérance des Xenos créa aux sein des Impériaux une tension, certains comme le Premier Capitaine des Luna Wolves, Abaddon, souhaitant les exterminer sans tarder pour une telle admissibilité.

Ils ont été rencontrés pour la première fois par la XVIe Légion lors de la guerre contre le monde des Arachnides, Meurtre. L’Interex appris à leur Primarque, le Maître de Guerre Horus, que Meurtre était en réalité une prison pour cette espèce extraterrestre agressive. Après avoir été vaincus lors d’une guerre terrible avec l’Interex, les Arachnides se virent priver de toutes leurs technologies spatiales. La technologie et la science de l’Interex étaient à bien des égards plus avancées que celles de l’Imperium, mais n’étaient pas aussi concentrées sur l’aspect militaire.

Heureux de rencontrer des cousins venant de Terra, l’ancienne Terre de leur légende et berceau de leurs ancêtres, les membres de l’Interex invitèrent Horus et Sanguinius, accompagnés d’une délégation de l’Imperium, sur Xenobia, capitale provinciale des limites de leur territoire. Horus espérait intégrer sans violence l’Interex dans l’Imperium, et par cet acte, prouver à l’Empereur - et à lui-même - qu’il était digne du titre Maître de Guerre en étant capable par la diplomatie et non par la force des armes d’étendre l’Imperium, à l’image de son père. Le souvenir de Soixante-Trois Dix-Neuf et de Meurtre le hantait, car il voyait dans ces sanglantes campagnes ces deux échecs en tant que Maître de Guerre, et souhaitait se rattraper

Dans cette délégation de plus de cinq cents individus, parmi lesquels des officiers de l’Astartes, des troupes d’escorte et des Itérateurs, ainsi qu’une sélection de Commémorateurs, se trouvait Erebus, le Premier Chapelain des Word Bearers, arrivé peu de temps après la fin de la campagne sur Meurtre. Erebus avait compris les pressions qu’Horus ressentait par les responsabilités que son titre lui imposait. Le Chapelain des Word Bearers parvient rapidement à s’imposer comme un conseiller de confiance du Maître de Guerre. En réalité, Erebus était en mission pour Lorgar, dans le but de corrompre Horus afin de déclencher la rébellion qu’il préparait depuis quarante ans…

Arrivée dans la ville de Xenobia Principis, une cité fastueuse, royale, sur le rivage d’un océan d’ammoniac, Horus et ses pairs furent reçus par le gouvernement de l’Interex et honorés par une grande parade, dont le point culminant fut leur présentation à l’officier royal supérieur de Xenobia, un commandant général du nom de Jephta Naud. Pendant deux semaines, des discussions ne menèrent à rien de concret, convainquant Sanguinius de prendre congé mais n’entravant en rien la volonté d’Horus de continuer les pourparlers avec l’Interex.

Tout s’accéléra lorsque la Galerie des Objets - un édifice ancien auquel l’Interex prêtait apparemment une importance militaire mais dont la galerie ressemblait à un musée taillée dans une section escarpée des contreforts de la baie, et comprenant de nombreuses chambres hautes et des cryptes d’exposition présentant des collections d’armes - fut infiltré et incendié par un intrus qui vola une arme et assassina le conservateur. Cela confirma les craintes initiales de l’Interex concernant les forces impériales, craintes qui expliquaient que ses représentants faisaient traîner les négociations pour s’en assurer : le titre de Maître de Guerre, le militarisme et le bellicisme des impériaux paraissaient aux yeux de l’Interex comme des signes de l’influence du Chaos, dont ils connaissaient le danger et la nature corruptrice. Bien entendu, la délégation impériale et Horus ignoraient totalement ce qu’était le Chaos mais ils furent attaqués par les forces armées de l’Interex. Horus en fut anéanti ; non seulement il avait failli à son rang et fut bouleversé d’avoir échoué à négocier pacifiquement avec l’Interex et, pire, devait les affronter. Avant de partir combattre les soldats envoyés pour le neutraliser, Horus, dans un murmure, demanda à l’Empereur absent pourquoi il avait reçu ce fardeau sur les épaules…

Les combats se propagèrent dans toute la cité et Horus et ses hommes parvinrent à s’échapper suite à une extraction d’urgence mener par sa flotte. Les relations avec l’Interex furent rompues et Horus se replia dans l’espace impérial.

Dans le plus grand secret, Erebus cacha l’arme qu’il avait volé dans la Galerie des Objets sur Xenobia, une lame qui allait changer l’histoire de la galaxie par un coup unique. Cette lame était un Anathame…

Quelques semaines plus tard, Horus fit passer un décret qui rebaptisa sa Légion, les Luna Wolves, sous le nom de Sons of Horus. Puis, à la demande d’Erebus qui demanda à Horus d’intercéder dans le règlement d’un litige mineur dans un système sous contrôle impérial, les forces du Maître de Guerre se dirigèrent vers le lieu du dit litige : Davin.[17]

La Bataille de Davin

Ils sont peu nombreux dans l’Imperium contemporain à connaître le tragique événement qui frappa le destin du Maître de Guerre. Aucunes archives n’existent et les rares témoins encore vivants sont la plupart des traîtres dont la parole ne vaut rien aux yeux de l’Imperium. Ce qui devait être un simple règlement d’un litige, fut en réalité un terrible piège ourdi par les serviteurs des Puissances de la Ruine, puissances à cette époque encore inconnu même par les plus puissantes autorités impériales, comme Horus…

Davin était un monde sauvage balayé par des vents arides évoluant sous un brûlant soleil rouge. Sa surface était dure, faite d’argile cuite parsemée d’une végétation broussailleuse, et de forêts de hauts arbres aux senteurs marquées. L’habitat se bornait à des bourgades primitives le long des vallées fluviales fertiles. De nombreuses tribus nomades solitaires parcouraient l’immensité des déserts infestés de serpents tandis que les ruines dispersées sur ces désertes évoquaient une ancienne culture civilisée que l’anarchie de la Longue Nuit avait détruit. Anciennement nommé Soixante-Trois Huit, le huitième monde ramené à l’obéissance par la 63e Force Expéditionnaire (dirigé par Horus), Davin fut intégré à l’Imperium une soixantaine d’années avant les événements qui verront la chute du Maître de Guerre.

Les combats entre les Luna Wolves et les castes guerrières autochtones furent courts et âpres. Même si écrasés par le nombre, désespérément surclassés, les combattants locaux se battirent avec une grande résolution et n’avaient offert leur reddition qu’après avoir accompli tout ce que l’honneur exigeait. Les Luna Wolves furent impressionnés par leur courage, et par leur volonté d’accepter ensuite le nouvel ordre impérial. Horus déclara à cette époque qu’ils avaient beaucoup à apprendre d’adversaires aussi braves. Ce respect envers ces combattants encouragea l’introduction des Loges Guerrières qui encadraient la culture davinite. Les loges étaient des structures complexes, des sociétés quasi religieuses qui vénéraient divers prédateurs locaux. Par osmose culturelle, les pratiques des loges avaient été naturellement absorbées par les Légions, bien que demeuraient non officielles par décret de l’Empereur qui les interdira plus tard.

Bien que les hommes des tribus étaient séparés du génome humain par des millénaires d’isolement et partageaient peu de traits avec les colons venus s’installer après le passage des Astartes, Horus avait permis à ces individus sauvages de survivre pour leur enthousiasme à embrasser la civilisation impériale. Les érudits de la flotte, ancêtres des Itérateurs et Commémorateurs, avaient été chaleureusement accueillis grâce aux efforts dûment entrepris par les Chapelains des Word Bearers, au lendemain de la conquête, notamment par Kor Phaeron, qui entrepris d’établir de cordiales relations avec les davinites. Horus laissa l’un de ses amis de confiance, Eugan Temba, comme gouverneur de Davin, malgré les protestations de ce dernier.

Suite aux événements de l’Interex, Horus n’avait plus connu de paix depuis ce terrible bain de sang, et l’opportunité manquée d’une unification avec l’Interex ne cessait de le hanter. Les requêtes d’aide ou d’assistance lui arrivaient à répétition de toute la galaxie, émises par ses frères Primarques, par des commandants de l’Armée Impériale, et par tout le contingent d’administrateurs civils qui s’étaient engouffrés dans le sillage de leurs conquêtes. Depuis ces déboires, le Maître de Guerre s’était muré dans une mélancolie renfrognée, et demeurait de plus en plus souvent reclus dans son sanctum, où Erebus le conseillait. Le Premier Chapelain des Word Bearers était en effet parvenu à devenir le conseiller le plus proche du Maître de Guerre, surclassant le Mournival.

Mais suite aux événements de l’Interex, Erebus était parti rejoindre sa propre Légion ; puis il contacta le Maître de Guerre lui demandant de le rejoindre sur Davin afin de résoudre un litige, ce que qu’Horus accepta. Arrivé sur la planète qu’il avait conquise il y a soixante ans Horus fut accueilli par Erebus et un contingent de Word Bearers. Lors du conseil réunissant les officiers de sa Légion et les Word Bearers, Horus apprit d’Erebus qu’Eugan Temba était un traître, suite à une expédition que le gouverneur mena contre les tribus indigènes de la lune de Davin, qui à l’inverse de ceux de la planète, n’étaient pas soumis. Erebus parla de sorcellerie employés par ces tribus pour retourner Temba contre l’Imperium. Furieux, Horus décida de mener lui-même les forces punitives sur la lune de Davin afin de châtier le traître.

Horus réunit cinq Compagnies d’Astartes, un détachement de l’Armée Impériale baptisée les Janissaires Byzantins de Varvaras, et un groupe de combat de la Legio Mortis avec notamment le Titan Imperator Dies Irae combattre Temba sur la lune de Davin. Les Sons of Horus débarquèrent sur le terrain humide et marécageux entouré de forêt aux arbres putréfiées et dont l’odeur dégoûta les Astartes. Les Sons of Horus furent interloqué par ce paysage, les rapports faisant été d’une terre chaude et aride. Dès leur arrivé, ils captèrent une transmission radio répétitive rendant gloire à un dénommé Nurgh-leth…

Sur les lieux, ils découvrirent les cadavres décomposés des hommes qui faisaient parti des troupes laissés à Temba pour gouverner le système. Soudain, les macchabées aux chairs distendues et boursouflées, se réanimèrent, certains surgissant des eaux du marécage pour se jeter sur les Sons of Horus. Les Space Marines furent assaillis par des hordes sans fin de ces cadavres animés. Puis les morts disparurent dans les brumes.

Erebus guida Horus vers l’épave du vaisseau amiral de Temba, le Glory of Terra, gisant en ruine depuis soixante ans sur la lune et présenté comme la source des mystérieuses transmissions. Horus décida de pénétrer à l’intérieur de l’épave du vaisseau afin de découvrir la raison d’être de ce signal. Quelques instants après être entré à l’intérieur du vaisseau en ruine avec une escouade d’Astartes, des portions enterrées du Glory of Terra se libérèrent de la succion des marais, ses sections supérieures chavirèrent, et le vaisseau entier se mit à pencher. Inéluctablement, la proue colossale s’abattit vers le sol, la superstructure se désagrégeant sous son propre poids, s’écrasant avec la force d’un météore. Au même instant, les Sons of Horus restés hors de l’épave en arrière garde sous le commandement des Capitaines Loken et Torgaddon subirent l’assaut soudain des morts-vivants…

Quand il repris connaissance, Horus était seul, partiellement enfoui sous les débris du vaisseau et blessé à un poumon. Recherchant une issue, le Maître de Guerre avança dans le dédale d’acier pour constater que les parois étaient couvertes d’une sorte de poix bactérienne écœurante qui rongeait l’acier comme un mucus corrosif et que des branches d’organismes parasites dégoulinants tétaient des suppurations brunâtres d’espèces de pustules pendues aux murs. Enfin, une odeur constante de putréfaction était suspendue dans l’air, prouvant que l’atmosphère était saturé de toxines. Puis il fut attaqué par une horde de créatures faméliques à la chair contaminée, aux ventres gonflés, leurs têtes cornues et cyclopéennes couronnées de nuages de mouches. Horus les terrassa sans effort puis s’engagea sur le pont principal du vaisseau pour trouver des faisceaux de câblages de plusieurs mètres d’épaisseur : la source du mystérieux signal sonore.

En avançant, le Maître de Guerre fut saisi d’horreur par l’être qui lui faisait face. Eugan Temba attendait le Primarque des Sons of Horus, son corps gonflé, à peine plus qu’une masse remuante et corpulente, ses bouts de tissu gris collés à sa chair maladive et d’où s’échappait une terrible odeur rancie. Temba tenait dans ses mains une étrange épée que n’était autre que l’Anathame qu’Erebus avait volé à l’Interex. Le gouverneur félon accusa Horus de l’avoir abandonné dans ce système isolé mais lui proposa de lui révéler tous les mystères du Warp, la gloire de Nurgh-leth et d’embrasser la cause du Chaos. Ignorant la vraie nature du Warp et brûlant de désir de punir Temba pour sa traîtrise, Horus planta son épée dans le corps obèse de l’ancien gouverneur planétaire. Ce dernier ne senti rien et attaqua le Maître de Guerre avec sa funeste lame. Horus dut combattre comme jamais auparavant, abasourdi par la dextérité, l’endurance et la souplesse surnaturelle de la créature qu’il affrontait et qui parvient à arracher une de ses épaulières. Horus réussit finalement à vaincre son adversaire mais au moment où sa lame porta le coup décisif pour éliminer Temba, la lame de ce dernier pénétra dans le muscle deltoïde de Maître de Guerre, là où l’épaulière avait été arrachée. Puis Eugan Temba agonissant, sembla retrouver ses esprits, implorant à Horus de lui pardonner, avant d’expirer.

À l’extérieur, les Sons of Horus bataillaient contre des vagues sans fin de cadavres qui, au moment où Temba périt, s’écroulèrent au sol en poussant un soupir de libération. Paniqués en sachant leur Primarque à l’intérieur du vaisseau, les Astartes de la XVIee Légion fouillèrent l’épave et le trouvèrent… Horus pleurait, serrant le cadavre de Temba contre lui, se reprochant d’être la cause de la déchéance de son ami pour l’avoir abandonné sur Davin. Les Sons of Horus, guidé par le Mournival, ramenèrent Horus à l’extérieur, accablés par l’état de leur Primarque.

À l’extérieur, tous constatèrent que la blessure à l’épaule du Maître de Guerre continuait à saigner abondamment ; puis ses yeux roulèrent dans ses orbites et ses jambes cédèrent sous lui.

Puis Horus Lupercal, Primarque des Sons of Horus et Maître de Guerre, s’effondra…[18]

Dans la Loge du Serpent

Horus, dans le coma, fut transporté d’urgence sur son vaisseau-amiral, le Vengeful Spirit. Dans l’Apothecarion du vaisseau, les Apothicaires parvinrent à stabiliser son état. Mais la nature du mal qui tuait le Maître de Guerre leur restait totalement inconnu.

Puis Horus s’éveilla, faible et mourant. Persuadé que ces dernières heures étaient arrivées, il demanda la présence de Petronella Vivar, sa Commémoratrice personnelle, afin qu’elle recueille une archive qui dira toutes les choses qu’il lui restait à dire avant sa fin. Horus lui révéla toutes les peines que son titre de Maître de Guerre lui avait apporté, notamment la jalousie de certains de ses frères suite à sa nomination - comme le Lion ou Guilliman - la charge de gérer leurs tempéraments - comme ceux d’Angron ou de Konrad Curze. Seul Sanguinius fut encensé par Horus, en qui il voyait le seul Primarque être digne du titre de Maître de Guerre. Puis il expliqua sa tristesse d’avoir été séparer de son père, d’avoir été supplanté par les fonctionnaires et les administrateurs du Conseil de Terra et de voir le développement de la bureaucratie qui le harcelait de plus en plus. Il partagea sa peur d’être oublié et que ses conquêtes soient noyés et gérées par la bureaucratie, mettant de côtés les Astartes et les conquérants comme lui.

En parallèle, dans le plus grand secret, la Loge Guerrière des Sons of Horus se réunit dans les profondeurs du Vengeful Spirit, réunissant notamment Ezekyle Abaddon, Horus Aximand, Maloghurst le Retors et Erebus. Ce dernier déclara que le Maître de Guerre était mourant et que les Apothicaires avaient échoué à le guérir. Il déclara que seul les Loges Guerrières de Davin pouvait sauver Horus et qu’il fallait l’emmener sur la planète, dans un temple où les prêtres guériront Horus par leur maîtrise d’un "art mystique". Craignant la mort de leur Primarque, les Sons of Horus, à court d’autres solutions, acceptèrent d’emmener Horus sur Davin malgré le fait qu’ils violaient le credo de la Vérité Impériale qui rejetaient toutes superstitions.

Le Maître de Guerre, inconscient, fut amené par ses Légionnaires à l’intérieur d’un temple en pierre taillé à même la montagne et baptisé le Delphos, le temple de la Loge du Serpent. Là, les Astartes attendirent à l’extérieur car la tradition exigeait que l’homme nécessitant d’être soigné soit porté à l’intérieur du Delphos, et laissé seulement entre les mains des esprits : si il est guérissait, il ouvrirait la porte de lui-même, sinon, elle ne s’ouvrirait que neuf jours après, et sa dépouille sera brûlée. Ainsi Erebus, ayant secrètement rejoint la temple, avait toute liberté de mener le rituel sans être dérangé…

Dans la chambre secrète au cœur du Delphos, la prêtresse davinite, dénommée Akshub, entreprit un rituel sanglant afin d’envoyer l’âme d’Horus et celle d’Erebus dans un monde de l’au delà : l’Immaterium. Horus se réveilla dans un monde à la fois paradisiaque et infernal, ses souvenirs lui revenant peu à peu. Il trouva Hastur Sejanus, le Capitaine Astartes décédé lors de la Bataille de Soixante-Trois Dix-Neuf. Sejanus était l’un de plus chers amis d’Horus qui fut heureux de le revoir. Hastur annonça à Horus qu’il était envoyé pour lui ouvrir les yeux sur les vérités concernant le Warp, l’Imperium et l’Empereur. Le Maître de Guerre apprit qu’il était sur le point de mourir, son âme détaché de son corps malade sur Davin et que de grandes consciences du Warp souhaitaient communiquer avec lui afin d’en faire leur émissaire dans le monde matériel. Ces entités (en réalité les Dieux du Chaos) souhaitaient faire un pacte avec lui : mettre fin à un "élément" qui détruisait leur univers en échange des moyens de satisfaire ses ambitions.

Pour le convaincre d’accepter, Sejanus traversa avec Horus un portail Warp qui les emmenèrent au milieu d’une place remplie d’une masse de gens qui semblaient de pas avoir conscience de leur présence. Entouré de pèlerins, de prêtre, de cathédrales et de bannières religieuses, Sejanus lui présenta ce lieu comme étant un Monde-Temple dédié à la gloire divine d’un personnage : l’Empereur de l’Humanité. Il fit face à une gigantesque statue en or de l’Empereur, entouré des représentations de Sanguinius, de Rogal Dorn, de Leman Russ, de Roboute Guilliman, de Corvus Corax, du Lion, de Ferrus Manus, de Vulkan et enfin de Jaghataï Khan. Horus fut horrifié de voir un monde dédié à un culte religieux, en totale contradiction avec la doctrine athée de la Vérité Impériale, qui plus est un culte rendu à l’Empereur. Sejanus présenta à Horus que cela était le futur destiné à l’Humanité si il ne réagissait pas, un futur qui révélait le véritable plan de l’Empereur : éradiquer toutes croyances pour les remplacer par Son propre culte. Il révéla au Maître de Guerre que dans ce futur, son nom serait oublié et que l’Empereur l’avait abandonné dans Sa quête pour devenir le Dieu de l’Humanité. Horus se sentit trahi, peinant à croire à un si sombre avenir.

Puis Horus fut emmené là où sa vie à commencée, dans les laboratoires secrets de l’Empereur, où lui et ses frères, à l’état de fœtus, se développaient. Sejanus lui apprit la terrible vérité : les Primarques étaient le fruit d’un pacte entre l’Empereur et les dieux du Warp, pacte que l’Empereur à rompus afin de garder pour Lui les Primarques et voler une partie de la puissance du Chaos. Le Maître de Guerre assista à l’enlèvement des fœtus par un maelström du Warp et leur dispersion dans la galaxie. Il vit son père assister à leur enlèvement et au fait qu’Il ne fit rien pour empêcher cela.

Puis les Dieux du Chaos firent défiler sous ses yeux une partie de l’avenir : un avenir où il n’y a pas de paix. Pas de répit. Pas de rédemption. Où il n’y a que la guerre ! Un avenir où l’Humanité était assaillie par les Xenos et vénérait un Dieu-cadavre sur un Trône d’Or. Seul Horus Lupercal pouvait empêcher ce sombre futur d’advenir.

Un denier acteur intervient auprès d’Horus, son frère Primarque Magnus le Rouge. Magnus avait utilisé une puissante sorcellerie sur Prospero, sa planète, pour atteindre son frère malgré l’interdiction du Concile de Nikaea d’user de sorcellerie. Le puissant Psyker cyclopéen implora son frère de ne pas écouter Sejanus, qui tenta de chasser le Roi Pourpre. Mais Magnus révéla le vrai visage de Sejanus : ce n’était autre qu’Erebus, utilisant un voile pour cacher sa véritable identité à Horus. Le Chapelain justifia cette tromperie dans le besoin de présenter un visage ami afin de convaincre Horus de se lever contre le terrible avenir qui se dessinait. Magnus expliqua qu’Erebus ne lui avait montré qu’un futur possible parmi d’autres. Furieux, Horus rejeta le Chapelain et son frère, décrétant que lui seul prendrai sa décision. Ce fut à ce moment qu’Erebus révéla la vraie allégeance de son Primarque, Lorgar, depuis les événements de Monarchia, et que la puissance de l’Urizen en fut décuplé depuis. Horus fut surpris que son frère Lorgar fut choisi en premier par de puissantes divinités. Le Maître de Guerre tenait Lorgar pour un sage ; si lui avait pactisé avec les entités du Warp, cela signifierait que c’était le bon choix ?

Enfin, malgré les supplications de Magnus, Erebus énonça les termes du pacte :

« Livre l’Empereur aux dieux du Warp, et tu pourras disposer d’une puissance sans limites. Je t’ai dit que les dieux du Warp ne s’intéressent pas aux domaines des hommes. Tu régneras alors sur la galaxie en tant que nouveau maître de l’Humanité. »

Neuf jours après son entrée dans le Delphos, le Maître de Guerre Horus Lupercal émergea, sous les acclamations de ces troupes, plus vivant que jamais.[19]

Que Brûle la Galaxie

Revenu d’entre les morts, Horus ordonna à sa flotte de se diriger dans un secteur de la galaxie inconnu sans d’autres explications. La 63e Flotte Expéditionnaire arriva dans un système où deux planètes et une lune étaient habitées par une civilisation humaine développée portant le nom de Technocratie Aurétienne. Cette dernière fut surprise mais heureuse d’accueillir leurs lointains cousins. Mais pendant trois jours, la flotte d’Horus attendit avant d’entreprendre le premier contact, le temps que la 203e Flotte Expéditionnaire, sous les ordres d’Angron et de la XIIe Légion, arrive dans le secteur.

Horus, accompagné de ses Astartes, accueillie sur son vaisseau l’ambassadeur de ce monde, Emory Salignac, fabricator-consul de la Technocratie Aurétienne, afin d’établir des relations diplomatiques pacifiques avec l’Imperium. Le fabricator-consul, à moitié homme et moitié machine, en robe rouge et possédant des implants tels que les Technoprêtres de Mars, était accompagné de guerriers d’élite connus sous le nom de "La Fraternité", vêtus d’armure et maniant des armes très similaires à ceux des Space Marines, bien que n’étant pas des humains améliorés génétiquement. Horus demanda à l’ambassadeur comment son peuple avait pu développer une technologie de pointe qui ressemblait à celle de l’Imperium. 

Lorsque Emory Salignac répondit que la Technocratie Aurétienne possédaient des machines SCS, sources d’une technologie prodigieuse très convoitée par le Mechanicum de Mars et oubliée depuis l’Ère des Luttes, Horus abattit le fabricator-consul de son Pistolet Bolter, sous l’accusation que ce dernier avait attenté à sa vie. Les guerriers de la Fraternité furent massacrés et le Maître de Guerre déclencha l’invasion de la Technocratie Aurétienne afin de s’emparer de la technologie SCS.

Cette invasion dura dix mois, les Sons of Horus et les World Eaters menant les combats sur la surface de la planète, Aureus. Après des mois de massacres, le dernier bastion de la résistance aurétienne, connue sous le nom de Citadelle de Fer, tomba finalement aux mains des forces impériales après un assaut en deux temps dirigé par les Sons of Horus et les World Eaters, conduits par leur Primarque Angron. 

À la fin de l’invasion, une flotte des Emperors’s Children apparu, leur Primarque Fulgrim la dirigeant en personne. Le Phénicien avait été envoyé par le Conseil de Terra afin qu’Horus et Angron répondent de la sauvagerie de cette invasion, suite à des rapports émanant du Seigneur Commandant Hektor Varvaras, en charge des unités de l’Armée Impériale pour la 63e Flotte Expéditionnaire. Le Phénicien fut invité par Horus dans ces appartements privés, en présence d’Erebus et appris au Maître de Guerre que les Space Wolves de Leman Russ avait été lâché sur Magnus avec pour ordre de ramener le Roi Pourpre sur Terra, mais que la raison de cette disgrâce leur restait inconnu. Puis Horus et Erebus lui parlèrent pendant trois jours et racontèrent à Fulgrim ce qui était arrivé sur Davin, l’assaut contre l’épave du Glory of Terra écrasée à la surface, la trahison d’Eugan Temba et la possession nécrotique qui s’était emparée de sa chair. Horus évoqua l’Anathame, la vérité sur sa blessure, comment il serait mort sans la diligence et la dévotion de la loge de sa Légion. Du temps qu’il avait passé à l’intérieur du Delphos, l’immense temple de Davin, il ne révéla que peu de chose, excepté qu’il lui avait ouvert les yeux à de grandes vérités, et à la tromperie qui avait été perpétrée contre eux. Il lui révéla le projet de divinisation que l’Empereur mènerait pour Sa personne et les sombres origines de leur fratrie. Fulgrim refusa dans un premier temps de croire son frère mais finit par accepter de se tenir à ses côtés pour la future rébellion, ses illusions sur son l’Empereur envolé. Fulgrim mit sa Légion au service d’Horus et partit rejoindre Ferrus Manus afin de le rallier à la cause de la rébellion. En gage de sa confiance, Horus offrit à son frère de la IIIe Légion l’Anathame qui l’avait mortellement blessé.

Entre temps, lors de la chute de la Citadelle de Fer, le Seigneur Commandant Hektor Varvaras fut assassiné sur le terrain des opérations, officiellement par les Aurétiens, mais en réalité sur ordre d’Horus, éliminant un informateur du Conseil de Terra. Petronella Vivar, la Commémoratrice personnelle d’Horus fut tuée par ce dernier afin qu’elle ne révèle à personne les confessions qu’il lui avait dit lors de sa convalescence. Le Maître de Guerre rejoignit la Loge Guerrière de sa Légion afin de s’assurer de la loyauté des Astartes qui là composait, soit une grande majorité des Sons of Horus. Apprenant les événements sur Prospero, il contacta Leman Russ pour lui faire part de l’usage de sorts et d’invocations démoniaques que pratiquait Magnus (le Primarque des Thousand Sons étant perçu comme une menace pour ses plans), et le convainquit d’éliminer le Roi Pourpre (Voir le Sac de Prospero). Lorgar, le Primarque des Word Bearers, l’assura de son soutien ainsi qu’Angron, plus qu’heureux de se venger de l’Empereur depuis l’abandon forcé de ses frères et sœurs gladiateurs sur Nuceria. De même, Mortarion, Primarque de la Death Guard, rejoignit Horus qui se contenta de lui promettre que sous son règne un nouvel âge verrait le jour, un âge ou la justice serait imposée par la force.

Fort de ces soutiens de ses frères, Horus organisa après la chute de la Citadelle de Fer une rencontre avec Regulus, l’Adepte qui représentait le Mechanicum au sein la 63e Flotte Expéditionnaire. Il promit au Martien de lui remettre toutes les bases de données SCS récupérées sur Aureus, d’offrir une plus grande autonomie politique à Mars et la levée de l’interdiction de l’Empereur sur les études des technologies interdites en échange du soutien du Mechanicum pour une future grande entreprise. Regulus accepta avec enthousiasme le marché et parti plus tard sur Mars en faire part au Fabricator-Général, Kelbor-Hal, qui accepta le pacte. De cet accord, la planète rouge connaîtra les pires heures de son histoire depuis l’Ère des Luttes. Pour cimenter l’alliance entre Horus et le Mechanicum, Horus reçut une magnifique Armure Terminator couleur d’obsidienne de la part du Fabricator-Général, avec un Œil Rouge sur son plastron, son abdomen et ses épaulières. Il reçut aussi pour l’une de ses mains un monstrueux gantelet muni de lames acérées à la place des doigts. La Griffe d’Horus

Puis dans son sanctum, le Maître de Guerre fit face au noyau dur des officiers et des commandants de sa Légion : Aximand, Abaddon, Maloghurst, Regulus, Erebus, le Princeps Turnet de la Legio Mortis, et divers officiers supérieurs de l’Armée Impériale triés sur le volet formaient l’auditoire.

Horus leur prononça les mots qui révélèrent son choix sur le pacte offert par les Dieux du Chaos :

« Je vais renverser l’Empereur et prendre sa place sur le Trône de Terra en tant que maître de l’Humanité. »

Horus acheva sa corruption en scellant définitivement son alliance avec les Dieux Sombres, lors d’une cérémonie dans le temple de la loge de sa Légion à bord de son vaisseau amiral, en présence de Regulus et d’Erebus, ce dernier se chargeant du rituel d’invocation. Le Maître de Guerre sacrifia son Astropathe, Ing Mae Sing, afin de communiquer avec une puissante entité du Warp dénommée Sarr’kell, le Seigneur des Ombres. Sarr’kel demanda à Horus de promettre de détruire l’Empereur ainsi que le grand projet qu’Il mène dans Ses laboratoires secrets, projets qui menacent les domaines des Puissances de la Ruine. En échange, les dieux promirent à Horus le trône de l’Imperium et de l’aider à gagner cet objectif. Horus leur jura de détruire l’Empereur. Le pacte était scellé.

L’Hérésie d’Horus avait commencée.[20]

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L'Atrocité d'Isstvan III

Malcador le Régent

Malcador le Sigillite était préoccupé. Depuis des mois, l’Empereur était resté enfermé dans Ses cryptes pour y travailler sur un projet secret, en réclamant chaque jour davantage d’hommes et de matériaux : l’œuvre à laquelle Il se consacrait jour et nuit était qualifiée de hautement prioritaire et Malcador avait reçu l’ordre que nul n’en perturbe l’avancement. De plus en plus, les vastes ressources de l’Ancienne Terra étaient tournées vers l’approvisionnement des cryptes du Palais Impérial, afin de faire face aux demandes constantes qui en émanaient.

Malcador ne se réjouissait guère de son rôle de Régent, car chaque jour semblait apporter son lot de nouvelles difficultés. Les Primarques Space Marines critiquaient ouvertement son autorité, remettaient constamment en question son droit à les commander et refusaient même de maintenir le contact avec lui. Le Mechanicum de Mars était agité et envoyait quotidiennement des demandes pour que des représentants soient admis en présence de l’Empereur. Même les plus modestes des clercs et des administrateurs de Terra semblaient devoir se faire répéter leurs instructions avant de s’y conformer.

En dépit de toutes ces distractions, il apparaissait clairement à Malcador qu’une crise se préparait. Des tempêtes Warp gênaient les communications interstellaires et l’Astronomican s’affaiblissait. Des régions entières de l’Imperium étaient coupées de Terra. Le Maître de Guerre Horus ne s’était plus trouvé en contact direct avec lui depuis des semaines et Malcador n’était pas parvenu à s’assurer de la localisation et de la situation de la plupart des Légions Space Marines. À ses yeux, l’Imperium n’avait jamais été aussi faible depuis des décennies, et aurait été une proie facile pour un ennemi déterminé.

De nombreux autres Primarques étaient eux aussi restés silencieux. Aucune nouvelle n’était parvenue de Guilliman, de Leman Russ, de Sanguinius ou de Lion El'Jonson depuis leur départ pour diverses missions. Le sort de Magnus le Rouge restait lui aussi inconnu.

Les rapports des Primarques Angron, Mortarion, Fulgrim, Corax, Vulkan, Ferrus Manus, Alpharius et Konrad Curze étaient toujours attendus. Le puissant Rogal Dom et ses Imperial Fists n’étaient pas encore revenus sur Terra : leur ultime transmission parlait de difficultés de navigation sévères et annonçait qu’ils allaient enquêter sur un phénomène anormal de déflagration Warp. Les derniers messages reçus par Malcador, confus et incomplets, provenaient de Perturabo sur Olympia.

Par chance, Jaghataï Khan et sa Légion des White Scars se trouvaient non loin, stationnés dans le système de Sol, ainsi qu’un fort contingent des Word Bearers, même si le Primarque Lorgar se trouvait en mission quelque part avec le reste de ses troupes. Malcador pouvait au moins se réjouir que l’ancienne Terra soit à l’abri de toute menace immédiate.

Il se préoccupa donc de résoudre les difficultés liées à l’Astronomican, ce dont il fit sa priorité. En parvenant à rétablir le contact avec Horus et les autres Primarques, alors à coup sûr ils se rallieraient à la cause de l’Empereur et la crise qui se profilait pourrait être évitée.

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La Fuite de l'Eisenstein

La Fuite de l’Eisenstein.
Alors même que les forces renégates d’Horus effectuaient leur bombardement orbital contre les Space Marines loyalistes sur Isstvan III, le Capitaine Garro de la Death Guard s’empara de la frégate Eisenstein. Ayant livré d’innombrables batailles au nom de l’Empereur durant la Grande Croisade, Garro était un ardent loyaliste, pour qui il était difficile de croire aux événements qui se déroulaient. Son instinct l’amena néanmoins à avertir la surface de la planète, et il se résolut à fuir le système d’Isstvan en compagnie de soixante-dix autres loyalistes pour tenter d’atteindre Terra.

L’armement léger dont disposait Garro ne pouvait en rien rivaliser avec les batteries des croiseurs d’Horus dont il eut à essuyer de nombreux tirs en voulant forcer le bloc. Son vaisseau s’éloigna d’Isstvan III sévèrement endommagé. Tous les Astropathes de bord avaient péri dans la canonnade, et son unique Navigator était mortellement blessé : aucune communication interstellaire ne lui était permise et la frégate avait peu de chances de parvenir à naviguer dans l’Immaterium.

Garro devait cependant espérer qu’il parviendrait à s’échapper, et qu’il trouverait un moyen d’entrer en contact avec Terra afin d’avertir l’Empereur de la défection d’Horus. Il leur était impossible de semer leurs poursuivants dans l’espace réel, et il leur fallait donc se risquer dans le Warp.

Garro en donna l’ordre, et dans une grande secousse, la frégate procéda au saut dans l’Empyrean. Ils le trouvèrent agité par des courants d’une rare magnitude. Le Navigator n’était plus à même de diriger leur trajectoire : rester dans le Warp les condamnerait à y dériver à jamais. Garro ordonna que le vaisseau soit ramené dans l’espace matériel sans que les Space Marines loyalistes n’aient la moindre idée d’où ni quand leur saut en urgence les avait fait réapparaître. Alors même que leur vaisseau quittait l’Immaterium, le Navigator s’écroula, terrassé par ses blessures. La propulsion Warp était dangereusement instable et risquait d’exploser à tout moment en pulvérisant le vaisseau, ou pire, en le renvoyant dans l’Empyrean.

L’Eisenstein était en perdition, sa superstructure prête à se disloquer, et ils se retrouvaient à la dérive dans une région inconnue de l’espace. Les fidèles de Garro avaient faussé compagnie aux félons, mais plus rien ne paraissait envisageable pour leur salut que de prier pour un miracle. Garro avait une autre idée en tête. Il fit enclencher le compte à rebours d’autodestruction des moteurs Warp, et ordonna qu’ils soient éjectés du vaisseau, en s’imaginant que l’explosion agirait comme une balise et attirerait l’attention de croiseurs proches. Il n’y avait plus qu’à espérer que ceux-ci se montreraient amicaux.

Ce fut alors que le destin se manifesta sous la forme de Rogal Dorn, Primarque de la Légion des Imperial Fists, qui se téléporta à bord du vaisseau brisé. Dorn et sa flotte avaient été contraints par les tempêtes qui agitaient l’Immaterium de faire halte non loin. La déflagration des moteurs de l’Eisenstein, qui s’était répercutée dans le Warp, avait permis aux Navigators des Imperial Fists de situer précisément sa position.

Garro se présenta devant Dorn et lui rapporta les événements d’Isstvan III : comme il pouvait s’y attendre, le Primarque en fut profondément affecté. Lui et sa Légion étaient de fervents loyalistes ; Dorn tenait Horus en haute estime, l’admirait immensément et n’aurait jamais songé à mettre en doute ses motivations, cependant, rien ne pouvait justifier ses actes infâmes. Dorn prit alors deux résolutions. La première fut d’envoyer l’essentiel de sa flotte vers Isstvan III pour en briser le siège et venir en aide aux loyalistes qui combattaient là-bas, la seconde d’escorter personnellement Garro jusqu’à l’Empereur. Malgré les turbulences croissantes du Warp, la flotte Imperial Fist se détourna vers Isstvan et Rogal Dorn fit route vers Terra avec le Capitaine Garro et son équipage.

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Sources

  • ABNETT DAN, L'Ascension d'Horus : Où sont plantées les graines de l'Hérésie, Black Library, 2006
  • COUNTER BEN, La Galaxie en Flammes : Où l'Hérésie se révèle, Black Library, 2006
  • DEMBSKI-BOWDEN AARON, Le Premier Hérétique : Corruption, Black Library, 2010
  • McNEILL GRAHAM, Les Faux Dieux - Où l'Hérésie prend racine, Black Library, 2006
  • McNEILL GRAHAM, Fulgrim - Portrait d'une Trahison, Black Library, 2007
  • MERRET ALAN, Visions d'Hérésie - Guerre, ténèbres, traîtrise et mort, 2014
  • SWALLOW JAMES, La Fuite de l'Eisenstein - L'Hérésie s'Étend, Black Library, 2007
  • The Horus Heresy, Book Two - Massacre
  • Index Astartes du White Dwarf N°102 (Octobre 2002)
  1. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Legiones Astrates - Preface (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. Informations issues de Le Premier Hérétique : Corruption de DEMBSKI-BOWDEN AARON, Black Library, 2010 et de l’Index Astartes du White Dwarf N°102 (Octobre 2002) et résumées par Guilhem.
  3. Informations issues de Le Premier Hérétique : Corruption, Chapitre Un - La Cité Parfaite - Les Faux Anges - Le Jour du Jugement, Chapitre Deux - Soleil Dentelé - Dévastation - Aurelian, Chapitre Trois - Le Sang Appelle le Sang - Sigillite - Le Maître de l’Humanité, Chapitre Quatre - Une Légion s’Agenouille - Si Ultramar Brûlait - Grise, Chapitre Cinq - Les Anciennes Coutumes - Le Combustible de l’Âme - Des Yeux Neufs, de DEMBSKI-BOWDEN AARON, Black Library, 2010 et résumées par Guilhem.
  4. Informations issues de Le Premier Hérétique : Corruption, Chapitre Neuf - Le Roi Écarlate - La Cité des Fleurs Grises - La Dame Bénie, Chapitre Dix - Le Droit de Mener une Légion - L’Empyrean - Le Malheur, Chapitre Onze - Le Droit de Mener une Légion - L’Empyrean - Le Malheur, Chapitre Onze - Le Droit de Mener une Légion - L’Empyrean - Le Malheur, Chapitre Onze - Au Service d’un Dieu - Confession - Le Pèlerinage, de DEMBSKI-BOWDEN AARON, Black Library, 2010 et résumées par Guilhem.
  5. Informations issues de Le Premier Hérétique : Corruption, Chapitre Treize - Incarnadine - Perdu dans la Tempête - Des Voix dans le Vide, Chapitre Quatorze - Des Yeux Violets - Deux Voix - Réponses, Chapitre Quinze - Sacrifice - Baptême de Sang - Des Vérités Indignes, de DEMBSKI-BOWDEN AARON, Black Library, 2010 et résumées par Guilhem.
  6. Informations issues de Le Premier Hérétique : Corruption, Chapitre Douze - Mort - Le Dernier Vol de l’Orfeo’s Lament - Deux Âmes, Chapitre Seize - L’Orfeo’s Lament - La Tempête au-delà du Verre - Le Chaos, Chapitre Dix-Sept - Un Empire Défunt - Révélations - Genèse, Chapitre Dix-Huit - Une Centaine de Vérités - Résurrection - Retour, Chapitre Dix-Neuf - Confession - Restauration - Les Gal Vorbak - V : L’Écran de Fumée, Chapitre Vingt et Un - Machinations - Une Curieuse Dissimulation - Indulgence, Chapitre Vingt-Neuf - Cyrène - Jamais Été Humains - Un Vœu Honoré, de DEMBSKI-BOWDEN AARON, Black Library, 2010 et résumées par Guilhem.
  7. The Horus Heresy, Book Two - Massacre, Chapter The Road to War - The Dark Age and the Rebirth - The Dawning of the Great Crusade (traduit de l'anglais par Guilhem)
  8. Informations issues de Les Faux Dieux - Où l'Hérésie Prend Racine - Chapitre Neuf - Les Tours d’Argent - Un Retour Sanglant - Le Voile s’Affine, de McNEILL GRAHAM, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.
  9. Informations issues de Visions d'Hérésie - Guerre, ténèbres, traîtrise et mort -La Crise des Archivistes de MERRET ALAN, 2014 résumées par Guilhem.
  10. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Bezantine Oath (traduit de l'anglais par Guilhem)
  11. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Librarius Project & the Taint of Old Night (traduit de l'anglais par Guilhem)
  12. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Council of Nikaea (traduit de l'anglais par Guilhem)
  13. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer – The Testimony of Nikaea (traduit de l'anglais par Guilhem)
  14. The Horus Heresy, Book Two - Massacre, Chapter The Road to War - The Dark Age and the Rebirth - The Warmaster (traduit de l'anglais par Guilhem)
  15. Informations issues de L'Ascension d'Horus : Où sont plantées les graines de l'Hérésie, Partie I : Les Abusés - Chapitre Un Le Sang de l’Incompréhension - Nos Frères dans l’Ignorance - L’Empereur doit Mourir, Chapitre Deux - À la Rencontre des Invisibles - Au Pied d’un Trône d’Or - Lupercal, Chapitre Trois - Intégration - Parmi les Commémorateurs - Choisi comme Quatrième, Partie III : L'Effrayant Sagittaire - Chapitre Un Ne commets pas d’Erreur - Cousins Éloignés - D’autres Habitudes, de ABNETT DAN, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.
  16. Informations issues de L'Ascension d'Horus : Où sont plantées les graines de l'Hérésie, Partie II : Sur la Terre des Araignées - Chapitre Un Amour et Haine - Ce monde est Meurtre - Un Appétit de Gloire, Chapitre Deux - La Nature de l’Ennemi - Une Trace - La Raison d’Être des Arbres, Chapitre Quatre - Abattre les Arbres Meurtriers - Industrie Arachnide - Ravi de Faire Votre Connaissance, Chapitre Six - L’Instrument de Choix - Images Rares - L’Empereur Nous Protège, Chapitre Sept - Seigneur des Anges - Sur la Terre des Araignées - Interdiction, de ABNETT DAN, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.
  17. Informations issues de L'Ascension d'Horus : Où sont plantées les graines de l'Hérésie, Partie III : L'Effrayant Sagittaire - Chapitre Un Ne commets pas d’Erreur - Cousins Éloignés - D’autres Habitudes, Chapitre Deux - Émissaires et Délégations - Xenobia - La Galerie des Objets, Chapitre Trois - Impasse - Illumination - Le Loup et la Lune, Chapitre Quatre - Derniers Échanges - Les Fils d’Horus - Anathame, de ABNETT DAN, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.
  18. Informations issues de Les Faux Dieux - Où l'Hérésie prend racine, Partie II : La Lune Pestiférée - Chapitre Un Descendante de Terra - Les Colosses - Lune Rebelle, Chapitre Deux - Tu Saignes - Une Bonne Guerre - Jusqu’à ce que Brûle la Galaxie - L’heure d’Écouter, Chapitre Trois - Une Feuille de Verre - Un Homme de Bonne Disposition - À Mots Cachés, Chapitre Quatre - Secrets et Cachotteries - Le Chaos - Répandre la Parole - Audience, Chapitre Cinq Notre Peuple - Un Meneur - Fer de Lance, Chapitre Six La Terre de la Décrépitude - Des Choses Mortes - Le Glory of Terra, Chapitre Sept Surveiller nos Arrières - Effondrement - Le Traître, Chapitre Huit Le Dieu Terrassé de McNEILL GRAHAM, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.
  19. Informations issues de Les Faux Dieux - Où l'Hérésie prend racine, Partie III : La Maison des Faux Dieux - Chapitre Neuf Les Tours d’Argent - Un Retour Sanglant - Le Voile s’Affine, Chapitre Dix - Apothecarion - Prières - Confession, Chapitre Onze - Des Réponses - Un Marché avec le Diable - Anathame, Chapitre Douze - Agit-prop - Suspicion entre Frères - Le Serpent et la Lune, Chapitre Treize Qui es-tu ? - Rituel - Un Vieil Ami, Chapitre Quatorze Les Oubliés - Mythologie Vivante - Primogénèse, Chapitre Quinze Révélations - Dissension - Dispersion, Chapitre Seize La Vérité est Tout ce que Nous Avons - Le Prophète - Chez Lui, Chapitre Dix-Sept L’Horreur - Anges et Démons - Le Pacte du Sang de McNEILL GRAHAM, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.
  20. Informations issues de Les Faux Dieux - Où l'Hérésie prend racine, Partie IV : La Fin de la Croisade - Chapitre Dix-Huit Frères - Assassinat - Ce poète turbulent, Chapitre Dix-Neuf - Isolés - Alliés - Les Ailes de l’Aigle, Chapitre Vingt - La Brèche - Une Éclaircie de Midi - Des Plans, Chapitre Vingt et Un - Illumination de McNEILL GRAHAM, Black Library, 2006,
    Informations issues de Fulgrim - Portrait d’une Trahison, Partie IV : Sur le Seuil - Chapitre Seize - Appelé à Rendre des Comptes - Cicatrices - J’ai Peur de l’Échec, Chapitre Dix-Sept - Ne rien Faire contre sa Conscience de McNEILL GRAHAM, Black Library, 2007,
    Informations issues de La Galaxie en Flammes : Où l'Hérésie se révèle, Partie I : Les Longs Couteaux, Chapitre Quatre - Sacrifice - Un Seul Moment - Veiller sur Elle de COUNTER BEN, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.

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