Catégorie:Démon de la Tempête de la Ruine

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« Notre péché a été d’aller trop loin, trop vite. Nous avons joué aux dieux et dans notre tâtonnement, nous avons réveillé un pouvoir plus ancien et plus sombre. »
- Theokrand Blanth, Théoricien de la Cour Impériale.

Avec la fin des grandes tempêtes Warp qui avaient isolé Terra du reste de la galaxie pendant des générations, un calme prolongé s’était installé dans les vastes océans invisibles du Warp. Une marée invisible s’était abattue sur la réalité, les pouvoirs de ces créatures éphémères connues de certains sous le nom de Démons s’affaiblissant et disparaissant face à ce changement. C’était un signal que l’Empereur attendait depuis longtemps, le signe qui précéderait Sa Grande Croisade et l’apprivoisement d’une galaxie sauvage, une tentative de supprimer une fois pour toutes les ténèbres entre les étoiles qui menaçaient l’avenir de l’Humanité. Par la puissance de Ses armées, qu’il s’agisse de guerriers armés d’une lame et d’un Bolter ou de ceux armés d’un stylet et d’un piquet, l’Empereur cherchait à effacer toute trace du Démon et de son pouvoir, à enterrer les légendes et les peurs de la Vieille Nuit sous le poids accablant de Sa Vérité.

Cela ne durerait pas. Horus et ses alliés firent sauter toutes les protections et les verrous placés sur le Warp et ses pouvoirs, donnant une nouvelle force aux créatures qui attendaient dans ce royaume éphémère. Grâce au grand rituel accompli sur Calth et aux nombreux sacrifices sanglants consentis sur l’autel de la guerre, ils ont brisé la fragile emprise de l’Empereur sur le Warp et ses cruels maîtres. La Tempête de la Ruine fut lâchée sur une galaxie qui n’était absolument pas prête pour sa fureur et les Démons se déchaînèrent sur d’innombrables mondes, chacun étant laissé seul au milieu de la tempête de la guerre pour mourir oublié et inaperçu, jouet d’une malignité qui prenait un plaisir pervers dans la souffrance qu’elle causait. En effet, la folie de la guerre qui engloutissait l’Imperium semblait ne faire que nourrir les forces démoniaques qui apparaissaient à travers la galaxie, les plongeant dans des frénésies de violence et de destruction.[1]

Ces créatures étaient une malédiction nouvelle et inconnue de la galaxie. Aucun codex ni archive n’en faisait mention, car l’Empereur avait veillé à leur destruction ou à leur dissimulation. Personne n’était prêt à les affronter - c’était une force qui ne tenait aucun compte de la logique militaire ou de tout modèle de guerre sain, une force dont les armes n’obéissaient à aucune loi de la physique connue, une force dont le seul désir était la mort et la destruction. Bien qu’ils aient balayé la galaxie comme une marée de ruines, la diversité de leurs formes était telle que personne ne voyait en eux une force unifiée, mais plutôt un essaim de bandes de guerre disparates. Beaucoup pensaient qu’il s’agissait d’une nouvelle menace Xenos, et même ceux qui voyaient un fragment de la vérité pouvaient à peine deviner l’ampleur réelle du péril.

Il existe de nombreux rapports de cette époque sombre, chacun détaillant une incursion des créatures que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Démons, et chacun parle de créatures si différentes qu’il semblait presque impossible qu’elles puissent être alignées. Certains étaient bestiaux et immondes, des bêtes de guerre à la fourrure de bronze, tandis que d’autres se tenaient grands et beaux sur les champs de bataille baignés de sang. Peu de récits s’accordaient sur quoi que ce soit, si ce n’est la sauvagerie de leurs attaquants, et ceux qui s’aventuraient en avant ne trouvaient que des ruines dans leur sillage. Il s’agissait d’un nouvel ennemi qui refusait de tenir une position, qui ne cherchait aucun avantage de la guerre, si ce n’est son lot sanglant de morts, et qui ne laissait aucun indice quant à son objectif final. Ceux qui cherchaient à planifier des tactiques pour faire face à un tel ennemi trouvaient peu d’aide dans les rapports de leurs soldats et encore moins dans les archives de la Grande Croisade, car ces créatures se moquaient de la sagesse conventionnelle.[2]

La Guerre Secrète[modifier]

Les histoires qui explorent la nature surnaturelle du Warp ne peuvent être interprétées littéralement, car aucun esprit rationnel ne pourrait contenir la connaissance vraie et éternellement changeante de l’irréalité. Lorsque nous discutons de tels contes, nous devons les considérer comme allégoriques, remplis de métaphores de compréhension plus simple qui révèlent une plus grande vérité. C’est ce qu’expliquait le poète Dominicus le Fou, dont l’œuvre était considérée comme étant entièrement une fantaisie d’aliéné jusqu’à ce que des événements récents révèlent qu’elle contenait un noyau de vérité. Voici une exploration des idées adaptées de Dominicus et d’autres savants, poètes et prédicateurs qui ont été ridiculisés et persécutés au cours des longs millénaires, dont les œuvres irréelles sur l’éthéré ont été justifiées par la réalité.

En chaque homme, femme et enfant réside une âme. Une telle affirmation était une hérésie selon la Vérité Impériale, mais on sait qu’elle était vraie. La nature de l’âme fait l’objet de débats entre les savants depuis des millénaires. On pense que c’est de cette âme que viennent nos pensées, nos sentiments et nos inspirations ; que l’âme est la racine même de la sensibilité. Les âmes de l’Humanité sont des phares vacillants dans l’Immaterium, et comme des papillons de nuit vers une flamme, elles attirent l’attention des organismes aethertropiques qui existent dans le Warp. Ces ombres inoffensives sont attirées vers nous par les échos des émotions humaines dans le vide. Les âmes les plus brillantes, celles des Psykers, accumulent autour d’elles des essaims de ces créatures volantes et, attirés par ces essaims d’ombres volantes, les prédateurs à ailes de chauve-souris de la nuit la plus noire viennent se régaler.

Les plus anciens marchandages de l’Humanité impliquaient le commerce des âmes. L’échange, souvent sous la forme d’un sacrifice, avait pour but de gagner l’intervention favorable des dieux. Les peuples tribaux de la Vieille Terre sacrifiaient des animaux aux divinités, croyant que leurs vies aussi transmettaient une certaine mesure de l’essence que leurs divinités désiraient. C’est peut-être vrai, mais on pense aujourd’hui que c’est l’acte d’adoration inhérent à un tel geste qui aligne une âme sur la sensibilité du Warp. Ceux qui étaient dans le plus grand besoin, ou qui désiraient avidement un plus grand pouvoir, sacrifiaient leurs semblables, dans l’espoir d’obtenir de plus riches bienfaits des dieux, et bien qu’ils l’ignoraient, leurs prières étaient adressées aux entités surnaturelles du Warp. Ces créatures sont toutefois capricieuses et ne servaient les objectifs de l’Humanité que pour leur propre bénéfice, le culte des croyants n’étant souvent pas récompensé, au grand plaisir des puissances obscures. Les royaumes ignobles des puissances les plus affamées du Warp, ceux que l’on appelle parfois les Dieux du Chaos, sont construits sur la force éthérée des âmes qu’ils dominent. Dans l’Empyrée, l’âme est la seule unité de valeur, constituant à la fois le pouvoir et la subsistance. Pour cette raison, le Warp peut également être appelé la Mer des Âmes.

À cause des sacrifices réussis de nos ancêtres et aux prières des premières religions, certaines créatures du Warp, celles dotées de l’intelligence la plus prédatrice, se sont alignées sur les destins de l’Humanité et des autres espèces sensibles de la galaxie. Les sacrifices des religieux, que ce soit par le biais de rituels, de guerres ou de meurtres, ont nourri ces entités et leur ont transféré une part de sensibilité, leur apprenant à se rapprocher de la lueur des âmes de l’Humanité. Ainsi, les ondulations de nos émotions les plus fortes dans le Warp, que ce soit la peur, la fureur, la luxure ou le chagrin, sont devenues une bouchée pour ces entités. De même, nos émotions et nos désirs - qu’ils soient lumineux ou sombres - que nous avons projetés dans l’éther en tant qu’espèce pendant des millénaires, ont façonné l’aspect et le comportement de ces entités. Et comme elles se sont rapprochées, nous avons appris à les connaître, et nous leur avons attribué un nom commun aux peurs de nombreuses anciennes croyances de l’Humanité : Démons.[3]

La Théologie des Damnés[modifier]

Les érudits savent qu’il n’y a guère de distinction claire entre le réel et l’irréel - ils forment un continuum entre lequel il n’y a qu’un mince voile. Les personnes suffisamment douées pour comprendre cette vérité ont, tout au long de l’histoire de l’Humanité, été étiquetées comme dérangées et enfermées dans des asiles. L’une de ces personnes était l’érudite spécialisée sur l’Empyrean, Alana Sellius. Parmi ses écris, on trouve des conjectures recueillies lors de ses recherches sur les récits des voyageurs du Warp. Ces documents, qui sont supposés être à l’origine de la folie de Sellius, attribuant à chaque émotion une certaine saveur, et affirmant que les Démons en venaient à préférer certains goûts à d’autres. Plus l’émotion était extrême, plus la faim du Démon était pressante : la rage était plus piquante que la simple colère, et la luxure débridée était un morceau plus tendre que le simple désir. Bien qu’à l’époque où elle a écrit ces textes, ils étaient considérés comme les délires d’un esprit brisé, elle expliqua ensuite que lorsque les Démons s’alignaient sur ces émotions communes, ils prenaient les caractéristiques de leur palais préféré. Lorsqu’ils se rassemblaient et s’amalgamaient, leur essence partagée et leur puissance combinée constituaient ce que nous pourrions considérer comme les royaumes et les Dieux du Warp. Cette analogie est utile pour comprendre, à travers le prisme de diverses cultures, pourquoi la notion de pouvoir des dieux et de leurs royaumes est changeante et en constante lutte et compétition les uns avec les autres pour les âmes de l’Humanité.

Ses écrits expliquent ensuite que les soi-disant dieux, ou Puissances de la Ruine, sont en fait amoraux dans leur forme la plus vraie ; ce sont des actes de la nature, comparés aux tempêtes de mauvais temps qui se rassemblent dans la troposphère de Terra. Ces tempêtes sensibles n’ont aucune intention malveillante, mais voyagent librement sur des courants invisibles de force psychique. Parfois, ces ondes de pression entrent en collision, faisant apparaître un Démon comme un éclair, et bien qu’une telle créature soit très dangereuse, ses actions sont aléatoires et ne sont pas en elles-mêmes motivées par la malveillance. Sellius affirme que les Démons ne sont pas mal intentionnés, mais qu’ils peuvent être dirigés pour faire du mal de la même manière que la foudre peut être mise en cage et ensuite appelée à sortir d’une arme pour détruire.

Selon sa théologie radicale, ces similitudes étant partagées par un grand nombre de cultes et de religions rencontrés au cours de la Grande Croisade, cela leur conférant une certaine crédibilité. Le concept de vie après la mort était également une constante galactique, bien que, selon les notes de Sellius, une âme dérivait simplement dans le Warp après la mort jusqu’à ce qu’un Démon de passage prenne goût à son essence et la dévore. Il semblerait que toutes ces pratiques de culte indiquaient l’évocation des mêmes divinités, et d’une compréhension spirituelle unifiée commune à toute l’Humanité. Grâce à la religion, nous avons peut-être été en mesure de concilier les événements horribles vécus dans les voyages Warp grâce aux enseignements apaisants de la foi. Par conséquent, elle soutient que la religion elle-même a pu jouer un rôle essentiel dans le développement de l’Humanité en tant qu’espèce capable de braver le cosmos, en nous fournissant un objectif commun : s’unir et collaborer à un voyage (ou même un "pèlerinage", terme apocryphe privilégié par Sellius), pour rencontrer les dieux dans leur domaine parmi les étoiles. Elle avance également que la religion a pu avoir l’avantage de simplifier les choses, de donner à l’Humanité un baume avec lequel apaiser la folie de savoir que les Démons existaient. Si cela est vrai, la conclusion à tirer de cette théologie est que l’Humanité était plus vulnérable aux Démons à cause de l’athéisme prônée par la Vérité Impériale. Nous sommes, en tant qu’espèce, plus vulnérables aux prédations des Démons en raison de l’athéisme de cette Vérité.[4]

Manifestations et Incursions[modifier]

Les Démons prennent de nombreuses formes, comme le montrent les récits des voyageurs dans le Warp et des survivants de l’Ère des Luttes. Dans le royaume immatériel, ils sont amorphes et en constante évolution. Lorsqu’ils se manifestent dans la réalité corporelle, les Démons absorbent la matière qui les entoure pour afficher des formes qui provoquent invariablement le dégoût et la peur chez ceux qui les contemplent. Ces formes sont appelées "Émanations Daemoniques" et ne se limitent pas à ce que l’esprit humain peut imaginer. En effet, l’œil humain n’est pas un instrument suffisamment évolué pour contempler de telles créatures abominables, et les survivants d’incursions démoniaques mineures ont moins parlé de l’apparence visuelle du Démon que de son omniprésence, de sa puanteur putride de viande pourrie et du sentiment de crainte froide qu’il inspire. Tout comme leur aspect, leur mouvement n’est pas naturel et ne suit pas les lois du mouvement physique que l’on attendrait naturellement d’une créature vivante ; il oscille entre des éclats de vitesse vacillants et une paresse glaciale.

Pour des raisons indéterminées, les Émanations prennent généralement la forme de membres bestiaux et d’armes humaines anciennes et rudimentaires, ou bien imitent les horreurs immédiates de l’environnement dans lequel ils sont nés, fusionnant leur composant naissant avec la matière inanimée et la chair de manière hideuse. Il semble également que les Démons gonflent en taille avec l’excès d’énergie qu’ils contiennent lorsqu’ils quittent le Warp, pouvant apparaître comme de vastes mastodontes de chair corrompue de la taille d’un hab ou comme de brutales carcasses d’ectoplasme se tordant capables d’écarter un tank Predator, bien qu’il soit impossible de déterminer si leur taille implique une forme de hiérarchie ou si elle est simplement une coïncidence des conditions de leur manifestation. Les fous croient également que les Démons prennent des aspects différents en fonction de leur place dans un vaste panthéon ou dans un domaine hiérarchisé du Warp, bien que cela soit au-delà des connaissances de tout esprit humain sain. Les praticiens des arcanes suggèrent cependant qu’il est possible d’influencer ou de manipuler la forme sous laquelle un Démon se manifeste, par le biais de rituels de nature totalement ésotérique.

Il y a eu des Psykers depuis les premiers jours de l’Humanité, et comme l’incidence de la mutation psychique a augmenté au cours des millénaires, il en est de même pour les incursions des Démons. Il existe de nombreuses façons pour les Démons de franchir les frontières de la réalité pour devenir des horreurs tangibles et manifestes. En effet, le premier contact matériel de l’Humanité avec les Démons a peut-être été tout à fait accidentel. L’utilisation de la puissance psychique tire de l’énergie du Warp et peut attirer un Démon avec elle sans le vouloir. Plus le Psyker est incontrôlé, comme nous le voyons souvent chez les Psykers non entraînés chassés par les Sœurs du Silence, plus l’attraction de l’autre côté est grande. Les Démons sont attirés par l’éclat d’une âme dans l’Empyrée, et dans leur faim, ils réclament de passer dans notre monde et de dévorer cette âme et toutes les autres.

Les Démons peuvent également être manifestés par ceux qui désirent leur pouvoir par le biais d’un rite d’invocation arcanique. Depuis des temps immémoriaux, l’Humanité a été attirée, par une curiosité morbide, par la substance du Warp et l’attrait de son pouvoir. Au fil des âges, les sorciers de l’Humanité ont appris et affiné leurs connaissances jusqu’à ce que, par orgueil, ils pensaient contrôler les pouvoirs du Warp, libérant les horreurs de la Vieille Nuit. Les récits de cette époque, préservés par les arcanistes historiques du Sigillite, parlent des nombreuses méthodes d’invocation et d’asservissement des Démons en tant qu’esclaves des ténèbres pour répondre aux exigences de leurs maîtres arcanistes. Invariablement, ces histoires se terminaient en désastre. Ce que nous pouvons en retenir, c’est que les Démons invoqués étaient intrinsèquement plus faibles que leurs semblables dans le Warp, car leur puissance était dérivée de la qualité et de la quantité des sacrifices consentis en échange de leur manifestation. Ces Démons invoqués furent ensuite maîtrisés, soit par des rites aethériques, soit par une relique focalisante telle qu’une pierre angulaire arcanique. Ils pouvaient également être implantés dans une personne, expulsant l’âme (ou l’offrant à la consommation) pour être remplacée par le Démon, dans une forme d’invocation connue sous le nom de possession. Cette méthode était considérée comme relativement plus sûre, car la destruction du vaisseau bannirait le Démon qu’il contenait. Des sacrifices supplémentaires et des rituels de liaison étaient nécessaires pour empêcher le Démon de se rebeller et de s’échapper dans le Warp, ce qui l’affaiblissait également.

On croyait autrefois qu’un Démon devait être invoqué par le biais d’un rituel et d’une incantation, même les incursions accidentelles étant causées par un Psyker non formé tombant sur un sort, et que le Démon n’avait pas d’action propre ; l’acte même d’invocation provoquant sa création, il ne pouvait exister que pendant une courte période avant de se faner dans l’éther. Ce rituel a acquis une puissance exceptionnelle grâce au sacrifice de millions d’âmes et à la promesse de milliards d’autres au cours de l’Hérésie d'Horus, et en fait, de manière symbolique, grâce au sacrifice du potentiel non réalisé des ambitions d’Ultramar. Avec elle, les Diabolistes de la XVIIe Légion ont cherché, en créant une grande tempête Warp, à confondre les représailles des Loyalistes.

Que ce soit par accident ou à dessein, ils ont également érodé la frontière de la réalité jusqu’à ce qu’elle soit mince comme un fil. Capables de traverser ce voile mince de leur propre chef, les Démons, dans toute leur horreur, ont pu se manifester en masse. Ces "Démons de la Tempête de la Ruine" n’étaient pas limités par les contraintes de la sorcellerie, des rituels ou du pouvoir sacrificiel. Ils n’étaient pas du tout sûrs, contrôlables ou prévisibles. C’était la malice indomptée du Warp qui se déchaînait sur une galaxie non préparée.

Apparaissant des déchirures de l’espace réel, attirés de leur plein gré par la promesse d’âmes à dévorer, les Démons de la Tempête de la Ruine ont semé la désolation sur les mondes de l’Imperium. Ces manifestations massives, ou incursions comme on les appelle, sont apparues avec peu d’avertissement, bien qu’elles aient parfois été annoncées par une montée des marées du Warp, ressentie uniquement par les Psykers, qui sont une race méfiante dans le meilleur des cas. Il n’y a pas deux incursions enregistrées qui se ressemblent, bien que beaucoup d’entre elles partageaient des expressions communes de phénomènes ésotériques, comme l’obscurcissement du ciel à midi, l’aboiement des chiens, et des feux brûlant plus violemment et dans des flammes de couleurs non naturelles. Les incursions pouvaient être accompagnées de vents hurlants, de voix criardes, de visages angoissés apparaissant dans des nuages de poussière, d’inondations furieuses et d’une activité tectonique soudaine et catastrophique. Les Démons pouvaient apparaître comme s’ils venaient de l’air, tomber de l’espace par centaines ou sortir de la lueur exaspérante des portails vers le Warp non filtré.

Les Démons de la Tempête de la Ruine étaient des êtres d’une prédation effrénée, qui rappelaient nos souvenirs ancestraux des cavernes de la Vieille Terre où nous nous sommes recroquevillés, impuissants, dans la peur de la mégafaune antédiluvienne. On pense que pour chaque moment où ils sont retirés du Warp, ces Démons s’affaiblissent, bien qu’ils pouvaient se maintenir en absorbant dans leur matière les âmes de ceux qu’ils tuaient. Les Démons apparus dans la Tempête de la Ruine se sont abattus sur les citoyens de l’Imperium avec une férocité sauvage, déchirant leurs corps et se régalant de leur essence, semant la terreur et infligeant des destructions jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus rester cohérents dans notre réalité et qu’ils retournent dans le Warp. Les Démons de la Tempête de Ruine étaient les horreurs mêmes de l’espace vide, ils étaient les avatars de l’Annihilateur Primordial, et parler ouvertement et fréquemment d’eux relevait de la folie.[5]

L'Occultisme Galactique durant la Grande Croisade[modifier]

L’occultisme sévissait dans la galaxie au début de la Grande Croisade. En raison de la longue obscurité de l’Ère des Luttes et des millénaires d’isolement, le progrès humain a stagné, entraînant la régression de ses peuples vers des pratiques anciennes. De nombreux cultes se cachaient sous le vernis civilisé des sociétés en activité, tandis que d’autres, en particulier les religions dirigées par des personnages charismatiques, s’élevaient au premier plan, leur dogme emplissant l’esprit de leurs sujets et rapprochant les tempêtes Warp de cette ère. La Grande Croisade a apporté la lumière dans les coins les plus sombres de la galaxie, où les Flottes Expéditionnaires ont rencontré et éradiqué de nombreux cultes. Alors que la lumière était apportée aux mondes réunis de l’Imperium, la Vérité Impériale était employée pour arracher les cultures lointaines de l’Humanité - certaines plus cryptiques et imprégnées d’arcanes que d’autres - au contrôle de l’occulte.

Cependant, avec des milliers de mondes amenés à la lumière de la Vérité Impériale en l’espace de deux petits siècles, il était impossible d’éradiquer complètement les activités spirituelles et occultes de chaque monde. Sur de nombreux mondes, la suppression soudaine des paradigmes de croyance qui avaient perduré pendant des millénaires a laissé les populations sans but plutôt que renforcées par la Vérité, et vulnérables au charisme des démagogues ou aux insinuations des races Xenos. Dans beaucoup d’autres cas, les croyances de longue date ont simplement été supprimées, reléguées dans des coins cachés où elles devenaient plus extrêmes, réapparaissant une génération plus tard. En outre, même si la Grande Croisade a supprimé les croyances des esprits et des dieux, elle a apporté avec elle ses propres traditions et celles des centaines de cultures dont elle avait intégré les peuples dans ses forces armées, ce qui a parfois entraîné le remplacement d’une foi par une autre et le mélange involontaire de pratiques occultes contraires à la Vérité Impériale.

Plusieurs milliers de ces religions et cultes ont été rencontrés, combattus et éteints par la marée de la Grande Croisade. Bien que leurs pratiques cultuelles et leurs croyances aient pris des formes diverses, elles ont finalement servi les intérêts du Démon ou du Xenos. Voici une sélection d’exemples d’activités cultuelles rencontrées par les forces de l’Armée Impériale, afin de mieux démontrer la diversité et la particularité de l’occultisme.[6]

Les Ordres de Baksuryan[modifier]

Les Élucidateurs de l’Organisation du Sigillite, lorsqu’ils étaient en train de purger la ville de Thelmpacia d’un groupe de cannibales et d’adorateurs du Warp, avaient retrouvé un objet inattendu en leur possession : le casque intact d’un Légionnaire des Thousand Sons. Dissimulé dans sa doublure, un parchemin gribouillé, supposé avoir été écrit par son ancien propriétaire, rappelait en résumé les conclusions d’une enquête sur l’organisation. Selon les notes manuscrites, qui restent non corroborées en raison des efforts punitifs des Élucidateurs, Thelrnpacia était tombée sous l’emprise d’une ancienne foi. S’appelant eux-mêmes les Dévoreurs, les membres de ce groupe vénéraient une entité appelée Haksujan, un "saint venu" réputé pour ses appétits insatiables. Selon les mythes locaux, Haksujan jugeait ses serviteurs à leur force martiale, ses adorateurs se réunissant en secret pour entreprendre des mêlées rituelles. Les chefs de l’Ordre étaient les pugilistes les plus accomplis dans ces rixes, leur puissance et leurs prouesses martiales étant leurs critères de sélection, et leur force ne semblait croître qu’avec la faveur de leurs frères et de leur divinité. Si le combat se soldait par un décès, comme le veut la tradition de l’Ordre, tous les combattants présents prenaient part à la consommation du cadavre du combattant, imitant ainsi les appétits de leur maître céleste.

Des parallèles ont été établis sur le parchemin retrouvé entre le comportement des Dévoreurs et des dizaines d’autres incidents d’activités occultes à travers la galaxie, remontant jusqu’à Terra avant l’Unification. Apparemment très versé dans les sciences occultes, l’auteur de la note établit un lien entre les pratiques rituelles des Dévoreurs et la Confrérie de Godann sur Bêta Hethacon, ainsi que les Enfants de Jumnuka sur Rothberg VI. L’auteur poursuit en affirmant que toutes ces organisations descendent de l’Ordre de Baksurya le Chasseur, une faction rencontrée par l’Empereur dans les archipels sub-Indus de l’ancienne Terra. Bien qu’ostensiblement éliminés par les forces de l’Unification, leurs croyances sont restées subtilement présentes dans ses domaines et ont été transportées à travers les étoiles par Ses armées. Ceci est corroboré, affirme le texte griffonné, par le fait que tous les mondes touchés par l’apparition de groupes similaires ont été amenés à la Conformité par la 73e Flotte Expéditionnaire, qui transportait des guerriers de cette région de Terra. Bien que purgés un par un, des groupes similaires sont apparus dans d’autres régions de la galaxie et on pense qu’ils ont été propagés par les soldats de la Grande Croisade, qui, sur le terrain, ont pu voir et imiter leurs sauveurs parmi certaines Légions de Space Marines pratiquant une forme limitée d’anthropophagie.

Lorsqu’il fut finalement rendu à la XVe Légion, le casque fut identifié comme étant celui de Mykolayiv Bast, Vigilator de l’Occulte Ammitara des Thousand Sons, qui fut déclaré disparu en 890.M30. Le casque de Bast a été remis sous tension par les armuriers de sa Légion et une importante dictée audio a été découverte dans son noyau de données, détaillant les résultats de son enquête sur l’Ordre Haksujan et probablement d’autres groupes similaires. Les Thousand Sons ont estimé que ce rapport était trop dangereux pour être partagé avec les officiers du Sigillite, et ont donc déclaré avoir détruit le casque et son contenu. Bien que de multiples pétitions aient été déposées, la XVe Légion n’a pas voulu expliquer la raison de la présence cachée de Bast en Thelmpacia, ni l’étendue de ses investigations.[7]

Les Ciseleurs de Cethlen[modifier]

À la limite intérieure de la région connue sous le nom d’Étoiles du Halo, le monde de Cethlen avait été découvert par l’Imperium. Un monde tempéré dont la topographie était constituée de plaines herbeuses parsemées de lacs et de structures imposantes de formes de terrain en forme de mesa, Cethlen était idéal pour la vie humaine. Peu peuplée par une civilisation nomade respectueuse de la nature, ses tribus étaient équivalentes, en termes de développement technologique, aux sociétés de l’âge de bronze de l’ancienne Terra. Leur secte était celle de la vénération des ancêtres, élevant des cairns et des cercles de pierres dressées en l’honneur de leurs dieux, et était considérée par les autorités impériales comme inoffensive, et comme un problème que les Itérateurs devaient régler en temps voulu. En conséquence, Cethlen fut rapidement et pacifiquement intégré à l’Imperium en 801.M30. Les tribus de Cethlen parurent simples et eurent du mal à communiquer avec la délégation impériale tout au long de la transition, ne semblant guère se soucier de la promesse d’illumination et de technologie impériale. Dispersées, les tribus ne purent guère protester et furent largement ignorées lorsque l’Imperium revendiqua Cethlen et que la prêtrise de Mars commença l’installation d’infrastructures et d’industries sur leur monde.

Deux décennies après la mise en conformité, une flottille impériale de l’Administratum, composée de bureaucrates et d’historiens impériaux chargés d’enregistrer les progrès des mondes en Conformité, fut escortée jusqu’à Cethlen par la 88e Compagnie des War Hounds. En arrivant à Cethlen, ils observèrent depuis leur orbite les travaux et les technologies de l’Imperium éparpillés dans le paysage, qui n’étaient plus que des ruines éparses. Les War Hounds se déployèrent sur Cethlen pour enquêter sur les pertes impériales et découvrirent les ossements du personnel impérial empilés sur des cairns et des pierres dressées dans les prairies. Présumant de la perfidie des membres de la tribu, les War Hounds traquèrent plusieurs groupes de nomades à travers les prairies en formations de Land Speeders et de Motojets Scimitar, les passant au fil de l’épée bien qu’ils n’offrirent aucune résistance et ne semblaient pas constituer une menace. Plusieurs de ces groupes ont été trouvés dans les limites des grands cercles de pierre, chantant et se prosternant à la base des imposantes mesas de roche. Bien qu’ils se fassent massacrer, les Cethleniens ne commencèrent à avoir peur et à fuir pour sauver leur vie que lorsque les War Hounds commencèrent à renverser les blocs de pierre. À peine le premier bloc avait-il touché le sol que, par des moyens invisibles, les mesas géantes et érodées se sont détachées de la terre, s’étendant pour s’élever sur des racines épaisses, comme des arbres. Comme des léviathans venus de la terre, ces entités rocheuses imposantes ont fait jaillir du sol des éclats de pierre qui ont réduit en bouillie les Légionnaires qui les attaquaient.

À travers Cethlen, les êtres colossaux, connus sous le nom de Ciseleurs, se sont élevés à mesure que les tribus nomades qui les entretenaient mouraient. Les premiers colons de Cethlen l’avaient appris à leurs dépens, ce qui les a contraints à devenir une société nomade de chasseurs. Ils étaient également maintenus en sommeil grâce à l’élevage de leurs petits par les tribus de Cethlen - des blocs de chair extraterrestre ressemblant à du grès qui grandissaient et durcissaient au fur et à mesure qu’ils étaient soignés rituellement. Les Ciseleurs, qui existaient sur Cethlen bien avant que l’Humanité ne s’y installe, semblaient faire preuve d’une intelligence simple et subtile, agissant pacifiquement face à la parenté avec la nature dont faisaient preuve les membres des tribus, mais répondant avec violence à l’industrie et à la technologie de l’Imperium.

La XIIe Légion, indifférente à l’histoire des Cethleniens , a entrepris de briser toutes les pierres de la planète après avoir découvert la présence des Ciseleurs, du plus petit caillou à la plus grande montagne. Leurs antigravs partirent en reconnaissance pour repérer les champs de rochers et les cercles debout, les chars Land Raider les suivant dans leur sillage pour écraser les créatures potentielles sous leurs chenilles. Contre les Ciseleurs, plus matures et gigantesques, ils déployèrent leur complément d’artillerie de campagne, leurs Rapiers et leurs Basilisks pour briser la roche à distance. Lorsqu’ils étaient abattus, les Légionnaires à pied coupaient les racines de ces montagnes vivantes à l’aide de haches et émiettaient la roche sous l’impact du champ de déplacement explosif des massues jusqu’à ce qu’il ne reste que de la poussière et de la boue noire. Malgré cela, la base même de Celthen a été jugée indigne de confiance, car potentiellement ensemencée par les Ciseleurs. La planète fut donc prise par les War Hounds, qui continuèrent à l’observer à la recherche d’une activité tectonique suspecte jusqu’à ce que le Haut Commandement de l’Imperium accorde, en 824.M30, la permission à la XIIe Légion de détruire la planète entière avec des missiles cycloniques.[8]

Le Couvent des Résurrectionnistes[modifier]

Aux confins orientaux des Astres Fantômes, les éclaireurs de l’Imperium avaient découvert une foi ésotérique aux pratiques jusqu’alors inconnues. Surnommé les Résurrectionnistes, le culte avait pris racine sur Damire et s’était ensuite répandu dans le petit empire humain subluminique qui avait colonisé les six mondes du même système. La foi des Résurrectionnistes était supervisée par un clan de chefs souriants, connus sous le nom de Couvent, des hommes à la barbe grise et à la cape noire dont la vitalité démentait leur âge apparent. Le Couvent des Résurrectionnistes exerçait une influence sur les classes dirigeantes de l’Empire Damirite et était largement considéré comme une force positive par son peuple, bien qu’un sentiment subtil de stagnation culturelle semblait être apparu sous l’influence du culte, comme l’ont observé les deuxième et troisième délégations impériales qui sont arrivées dans le sous-secteur.

Trois fois en l’espace d’autant de décennies, l’Imperium était venu dans l’Empire Damirite avec les nouvelles de Terra et de l’Empereur. Trois fois, le monde de Damire les avait acceptés, répondant avec enthousiasme à la promesse de nouvelles connaissances et technologies, accueillant l’introduction de l’infrastructure SCS avec un intérêt fervent. À chaque fois, les habitants de Damire se sont soulevés peu après et, menés par leur Couvent souriant, ont renversé les représentants de l’Imperium. Le châtiment est arrivé à Damire, et par trois fois, leur empire a été rasé et leur peuple massacré. Comme cela s’était produit trois fois auparavant, des éclaireurs impériaux interceptèrent une fois de plus des communications à courte portée dans le secteur voisin de Thramas, et une fois de plus, ils retournèrent à Damire pour y trouver un empire intact, profitant de son isolement et non contaminé par l’influence de l’Imperium.

Un peloton de la Légion des Thousand Sons avait rejoint la quatrième délégation impériale pour atteindre Damire. Là encore, les habitants de Damire semblaient véritablement surpris de rencontrer les nouveaux arrivants, comme s’ils n’avaient jamais vu de gens venus des étoiles. Pensant qu’ils avaient fait fausse route et rencontré un monde similaire non découvert, les représentants de l’Imperium étaient prêts à marquer leur position pour la Conformité future et à passer à autre chose, sans l’intervention du Centurion Edrokar Lisk des Thousand Sons qui, identifiant la présence de l’occulte derrière l’énigme de Damire, insistant pour que l’Empire Damirite soit détruit immédiatement et définitivement.

Après que Damire ait été rasée pour la quatrième fois, Lisk et son commandement sont restés sur ce monde à nouveau en ruines. En quelques semaines, de vastes entailles en forme de croissant sont apparues dans la réalité de Damire, apparemment ouvertes depuis un autre royaume. De ces déchirures dans l’espace réel émergea l’Empire de Damire une fois de plus, comme il l’avait été, des millions d’âmes, de villes, de forêts, de lacs et plus encore apparaissant sur leur monde à nouveau. Avec eux sont venus les membres du Couvent, toujours souriants, portant leurs lames de cérémonie incurvées. Avec ces armes, le Couvent a tranché d’autres blessures dans la réalité à partir desquelles le monde de Damire a été restauré, avant de se retirer ensemble pour la coupe finale. Alors que la déchirure dans la réalité commençait à se refermer, les Légionnaires des Thousand Sons suivirent le Couvent à travers la brèche dans l’espace et le temps.

Dans la déchirure de l’espace réel, Lisk et son unité se sont retrouvés dans une forêt dense et magnifique remplie de vie. Alors qu’ils suivaient le Couvent, le jour se transformait en nuit et les saisons changeaient à chaque pas, jusqu’à ce que tout se confonde, étant toujours à la fois jour et nuit, été et hiver. Ils auraient été témoins de la naissance, de la mort et de la décrépitude à un rythme accéléré, bien que toute vie ne semblait pas affectée par la mortalité ni par la décrépitude, apparaissant à nouveau rafraîchie, bien que subtilement altérée par le cycle. Lisk dira plus tard qu’il était rempli d’une joie sans bornes d’avoir trouvé un royaume insaisissable dans lequel il n’y avait ni désespoir, ni guerre, et où toute vie était éternelle et perpétuelle. Il nomma ce royaume le Vadanglow, bien que l’étude des archives impériales de la première rencontre avec les Damires permette de déduire que les Résurrectionnistes l’appelaient le Grin. En émergeant du Grin par une autre entaille en demi-lune dans la réalité, les Légionnaires se retrouvèrent dans une ville d’un des autres mondes de l’Empire Damirite, déjà dans un état de réparation avancé.

C’est là que les Thousand Sons, soudainement privés de la joie qu’ils avaient ressentie, et aigris par le fait que même leurs émotions hautement régulées étaient si facilement manipulées par l’influence de l’autre royaume, tentèrent de briser le cycle perpétuel de la résurrection. Ils ont chassé le Couvent des Résurrectionnistes dans les rues, les abattant sans pitié. Beaucoup d’entre eux se sont échappés dans le Grin, ou y sont tombés en mourant avant de se relever, fermant les portails derrière eux. Reprenant les lames des cultistes tombés au combat, les Thousand Sons se frayèrent un passage dans la forêt éthérée. À l’intérieur, ils tuèrent les derniers fous souriants, mais au moment de leur mort, ils reprirent vie et continuèrent à fuir ; ils ouvrirent des chemins vers d’autres mondes afin de s’échapper, bien que cela les rendît vulnérables à une mort mortelle aux mains des Space Marines à leur poursuite.

Alors que les Thousand Sons tentaient de soumettre physiquement le Couvent et de s’emparer de ses armes, plusieurs membres du Couvent s’élancèrent avec leurs lames subtiles, coupant les Space Marines en plusieurs dimensions, éteignant leurs vies avec une finalité choquante que le Grin ne put restaurer. Dans un élan de représailles, quelques guerriers des Thousand Sons puisèrent dans leur puissance psychique, détruisant les Résurrectionnistes en fuite avec des éclairs éthériques. Mais c’était une erreur, car la force du Warp était cachée derrière le glamour du Grin, et se déversait directement sur les Space Marines. Ils commencèrent à muter sans contrôle, mourant à cause de la malédiction du Bouleversement Charnel. Ces mêmes frères mutés se sont ensuite relevés indemnes, pour subir l’agonie du changement encore et encore dans un cycle répétitif contre lequel rien ne pouvait être fait. Après avoir poursuivi le Couvent jusqu’à ce que sa menace soit éteinte, les Thousand Sons restants ouvrirent un portail vers Damire, où ils trouvèrent un monde semblable à celui qu’ils avaient récemment détruit, mais manifestement en déclin, avec son air rance et ses bâtiments en ruine.

De retour dans la réalité, et sachant que le Vadanglow était un mensonge du Grand Océan, Lisk et la poignée de ses frères survivants furent contraints d’effondrer la dernière route vers le Grin avec leur puissance éthérique, laissant leurs frères abandonnés à l’intérieur avec les étranges lames qui avaient ouvert la voie. Alors que les Thousand Sons agissaient de la sorte, ils virent les habitants de Damire, autrefois bien portants, se transformer en cadavres de cuir séché, et leurs structures finir par tomber en nuages de cendres. Les forces de la flotte de l’Imperium qui ont récupéré les Thousand Sons ont rapporté à Lisk que les autres mondes de Damire avaient tout simplement disparu. Damire elle-même a été placée sous un cordon de sécurité, sur lequel les Thousand Sons maintiendront une vigilance pendant un siècle contre la possibilité que le système renaisse une fois de plus de l’éther.[9]

Le Culte de l'Empereur Immortel[modifier]

Le récit suivant est basé sur les informations recueillies lors de l’interrogatoire du Capitaine disgracié du vaisseau Lex Principium de la 8e Flotte Expéditionnaire.

Parmi les hommes et les femmes du grand effort de guerre impérial, la majesté de l’Empereur et la grandeur de Sa vision galactique étaient souvent un sujet de discussion. Invariablement, ces discussions portaient aussi sur la longévité de l’Empereur. Dans les premières années de la Grande Croisade, la présence de l’Empereur dans la galaxie était suffisamment longue pour devenir une légende. De nombreuses familles ont conservé des traces de leurs lointains ancêtres qui l’avaient rencontré ou combattu à Ses côtés à une époque mythique sur l’ancienne Terra. Beaucoup spéculaient sur Son âge, car un être semblable à un Empereur n’avait-Il pas combattu sur Terra mille ans avant même le début de la Grande Croisade ? Pour certains, quoi qu’Il ait pu prétendre, ’Empereur était un être immortel qui ne pouvait jamais mourir ; Il avait vaincu la mort elle-même et vivrait pour conquérir le cosmos. C’est sur cette idée qu’est né le Culte de l’Empereur Immortel.

La déification de l’Empereur n’était pas tout à fait rare, et les Officiers de Discipline et les Itérateurs étaient chargés de la réprimer ; cependant, ce culte précoce de l’Empereur a rapidement gagné du terrain. On pense qu’il est né presque dès la déclaration d’unité de Terra, et qu’il s’est rapidement répandu parmi les Flottes Expéditionnaires avant que de grandes distances ne les séparent. Partant d’une idée agréable, elle a été adoptée comme une croyance par une grande partie du personnel impérial, même si on n’en parlait pas ouvertement, et qu’elle ne nécessitait aucun rituel organisé. Cette idée ne devint nuisible que lorsqu’au sein de la 8e Flotte Expéditionnaire, des individus peu scrupuleux l’exploitèrent, colportant des bibelots et des pendentifs prétendument sacrés de l’Aquila Impérial en échange de jetons de ration supplémentaires. Une industrie des reliques s’est formée, par le biais de la désinformation et du mythe, faisant bientôt le commerce des dents et des fluides corporels malencontreux des "martyrs morts pour l’Empereur", volés dans les campements de medicae et les tombes de guerre de l’après-Conformité.

Ce commerce macabre n’a pas tardé à soutenir d’autres activistes peu recommandables, qui y trouvaient une source facile de viscères humains nécessaires à leurs propres rituels. Sous le couvert du Culte de l’Empereur Immortel, des praticiens du Warp vinrent soutenir ce commerce et rassembler les matériaux nécessaires à l’invocation de leurs dieux de l’enfer dans la réalité. Pour couvrir leurs activités, ils parlaient des Démons comme étant des saints, et de leurs dieux comme des anges, pervertissant le langage de la Vérité Impériale, l’adaptant pour qu’il devienne en lui-même un credo religieux - car il allait de soi qu’en utilisant le sang et les os des martyrs morts à son service, ils pouvaient ouvrir les portes d’un paradis illuminé créé par l’Empereur. Cette opération devint bien connue des croyants, et avec l’aide d’un capitaine sympathisant, ils formèrent une zone de consécration ouvertement impie à l’intérieur du cargo Lex Principium, après quoi ils appelèrent tous leurs adeptes à se rassembler pour que les rituels commencent. Cependant, lorsqu’ils ont ouvert l’Empyrée dans les entrailles du navire, leurs mensonges ont été dévoilés. Les cultistes ne savaient pas quels pouvoirs ils invoquaient, ni comment les contenir. Le capitaine du vaisseau a été alerté par les cris de son Astropathe et de son Navigator, qui ne survivraient pas à la nuit. Incapable de joindre son service de sécurité, il a verrouillé la passerelle et lancé un signal de détresse à la flotte.

Un Stormbird de modèle Sokar fut immédiatement envoyé, contenant un petit contingent d’Iconoclastes de la XVIIe Légion et de Broyeurs de Cadavres de la IVe Légion. Ensemble, les deux équipes d’intervention se sont attelées à la tâche sinistre de purger le vaisseau, le trouvant rempli de cultistes lunatiques et de grotesques Xenos, qu’ils ont éliminés avec efficacité. La menace immédiate neutralisée, la XVIIe Légion, qui s’était déjà forgée une réputation dans les premières années de la Grande Croisade pour la destruction incessante des cultes religieux, entreprit une brève campagne de purification, leur seule réputation incitant les citoyens impériaux à identifier les marchands de reliques coupables et à livrer tous les cultistes restants connus. Ironiquement, lorsqu’il retrouva sa Légion, Lorgar étudia le même rapport, et les érudits impériaux croient savoir que certains des termes rituels utilisés pour la première fois par le Culte de l’Empereur Immortel pour tromper ses membres sur leurs véritables intentions étaient inclus dans la Lectitio Divinitatus.[10]

Les Chercheurs de l'Interdit[modifier]

Pendant la Grande Croisade, ce sont principalement les guerriers des Légions des Thousand Sons et des Word Bearers qui ont été choisis pour réprimer les menaces de l’occulte et de l’arcane. En regardant le schéma dicté par l’histoire, il apparaît qu’ils se trouvaient fréquemment à proximité des zones où ces besoins se faisaient sentir. Sachant ce que nous savons maintenant, il est étrangement fortuit qu’elles se soient rendues disponibles pour tant d’actions de Conformité similaires, une tendance qui n’a été exacerbée que par leur réunion avec leurs Primarques, bien que cela fasse partie du modèle de l’Empereur pour ces deux Légions. Il y avait certainement des dangers inhérents à l’exposition prolongée aux aspects les plus sombres de l’Humanité parmi les étoiles et à l’accumulation de connaissances occultes par ces deux Légions, dont l’influence a pu contribuer à leur chute finale.

Les Thousand Sons, en particulier, semblent avoir combattu un nombre disproportionné de menaces suspectées d’être de la "sorcellerie" et se sont empressés, presque sans exception, d’entreprendre la conquête de mondes connus pour abriter des bibliothèques, des cryptes et autres dépôts de tomes arcaniques. Bien qu’une partie de leur rôle consistait, nominalement, à se débarrasser en toute sécurité de ces grimoires, c’était un secret de polichinelle qu’ils conservaient ces reliques du savoir oublié de l’Humanité dans leurs propres bibliothèques à Tizca. On dit également que certains Primarques ont commencé à en vouloir à Magnus pour ses recherches dans le domaine des connaissances interdites et pour la propension de sa Légion à perturber le cours des conquêtes dans son désir de les acquérir. Cela devint une source de friction récurrente, notamment lorsque Magnus faillit en venir aux mains avec son frère Russ dans l’Amas ’Ark Reach, puis lorsque Corax réprimanda la Légion des Mille Fils pour son ingérence dans la Campagne de Riohbia.

L’histoire nous montre que le savoir et l’ésotérisme que Magnus le Rouge et Lorgar Aurelian ont revendiqués pendant la Grande Croisade sont devenus leur arme la plus puissante. Rétrospectivement, il semble évident que pour ces deux Primarques, la Grande Croisade était davantage une expédition merveilleuse dans les religions, l’occultisme et les arcanes de l’Humanité qu’une guerre de conquête.

Compte tenu de ce que nous savons maintenant, il semble peu judicieux que notre première réponse à des phénomènes menaçants que nous comprenions à peine ait été d’employer les Légions des Word Bearers et des Thousand Sons pour les contenir, car bien qu’ils aient détruit les cultures responsables des maux arcaniques, ils ont également pris le savoir de ces peuples en pillant les ruines de leurs villes, en saccageant leurs bibliothèques, en nettoyant leurs sanctuaires sacrés et en exhumant les secrets de leurs sites funéraires. Dès le début, le Roi Pourpre et Aurelian étaient à la recherche de connaissances interdites. Bien que l’on suppose qu’au moins à l’origine, leur intention n’était pas malveillante, c’est à nous que revient la faute de ne pas être intervenus, de ne pas leur avoir expliqué la nature surnaturelle de ce qu’ils allaient fréquenter, et de ne pas les avoir avertis de la damnation qui s’ensuivrait sûrement.

Si nous avions vu les signes que ces nobles Légions agissaient avec des arrière-pensées à la fin, nous aurions peut-être été en mesure d’influencer les directions qu’elles ont prises et quand Il en a eu l’occasion, l’Empereur n’aurait-Il pas pu agir avec plus de compassion pour corriger les transgressions de Ses fils rebelles que de provoquer les humiliations amères de Monarchia et de Nikaea ? Peut-être que s’il en avait été ainsi, ces Légions, qui étaient si instruites dans les arcanes et chargées de la passion d’une plus grande vocation, auraient pu relever l’Imperium avec la puissance de leur sagesse. Tragiquement, les graines posées par les Primarques des XVe et XVIIe Légions allaient au contraire porter un terrible fruit.[11]

Les Démons de la Tempête de la Ruine[modifier]

Nés de la puissance croissante de la Tempête de la Ruine et des magies obscures des alliés d’Horus, les Démons de la Tempête de la Ruine étaient une race bien différente de celles qui étaient invoquées par de simples rituels d’invocation. Leur pouvoir leur était propre, la puissance nue du Warp libérée par sa propre volonté et son propre désir sans la contrainte des lois mortelles.[12]

Il était rare qu’un ost démoniaque existe assez longtemps pour se lancer dans la bataille ; le plus souvent, ils apparaissent simplement, déchirant le voile entre ce monde et le suivant avant de s’abattre sur les malheureux sur leur chemin. Pour les armées purement mortelles, un tel assaut ne laissait que peu de moyens de défense, car aucun mur ni aucune forteresse ne pouvait tenir à distance les hordes du Warp.[13]

Une incursion démoniaque ne peut pas exister longtemps dans le royaume physique sans une énorme dépense d’énergie, ou l’existence de conditions physiques aberrantes auparavant considérées comme impossibles par la science de l’Imperium. Ainsi, plus une incursion durait longtemps, moins elle était puissante et plus il était facile de l’anéantir.[14]

Émanation d'Horreur (Taxonomie Aberrante)[modifier]

D’une infinie variété, les Démons ne peuvent pas être classés dans des catégories précises comme les troupes de mortels, car même parmi ceux qui ont les mêmes caractéristiques, il y a peu de similitudes. Chacun d’entre eux était porteur d’une malédiction unique ou d’une mutation bizarre, chacun étant une nouvelle arme à utiliser dans la bataille contre les mortels[15]

Fureur Pourpre[modifier]

La sombre fureur de la bataille et la joie sanglante de la fin de la vie. Pour certains parmi les hordes du Warp, le seul but était de se battre et de mourir - peu importe où et pourquoi, tant que le sang coule. Pour ces vils guerriers, le résultat d’une bataille se comptait en crânes et en morts, qu’ils soient amis ou ennemis.[16]

Assaillant Sinistre[modifier]

Un hurlement exaspérant de sensations et d’impulsions sauvages. La vie, la mort, la victoire et la défaite, c’est du pareil au même. Pour certains des Démons dans ce flot sans fin de folie, l’issue du combat importait peu, ils étaient là pour y participer et pour en vivre les vicissitudes, pour imposer à l’ennemi ce rêve terrifiant, c’était leur seul but.[17]

Essaim Enragé[modifier]

Tordant, changeant et pervertissant, le pouvoir brut du Chaos était un pouvoir avec lequel il fallait compter, un pouvoir que l’Empereur Lui-même avait essayé et échoué à contenir. Certains Démons ne voyaient pas d’autre but que de promulguer cette puissance, de l’utiliser sans retenue sur les champs de bataille du royaume des mortels. C’est par la démonstration de ce pouvoir qu’ils comptaient leurs victoires.[18]

Miroir de la Haine[modifier]

La haine qui tourbillonne dans le Warp est telle qu’elle englobait toutes choses, et tel le dragon de l’éternité qui se régale de sa propre queue, cette haine s’étendait même à elle-même. Il serait insensé d’attendre une logique rationnelle et saine de la part de telles créatures, car le Chaos est à la fois son nom et sa nature. Pourtant, dans sa haine autodestructrice, il n’y avait aucun allié à trouver, seulement un nouvel ennemi plus imprévisible.[19]

Les Unités des Démons de la Tempête de la Ruine[modifier]

Source[modifier]

Pensée du Jour : « La question n’est pas quand, mais comment vais-je mourir. »
  • The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence
  1. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter Daemons of the Ruinstorm Army List (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter Daemons of the Ruinstorm Army List - In Forms Uncounted and Foul (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Hidden War : Daemonology (traduit de l'anglais par Guilhem)
  4. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Hidden War : Daemonology - The Theology of the Damned (traduit de l'anglais par Guilhem)
  5. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Hidden War : Daemonology - Manifestations and Incursions (traduit de l'anglais par Guilhem)
  6. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Hidden War : The Galactic Occult (traduit de l'anglais par Guilhem)
  7. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Hidden War : The Galactic Occult - The Baksuryan Orders (traduit de l'anglais par Guilhem)
  8. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Hidden War : The Galactic Occult - Carven of Cethlen (traduit de l'anglais par Guilhem)
  9. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Hidden War : The Galactic Occult - Coven of the Resurrectionists (traduit de l'anglais par Guilhem)
  10. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Hidden War : The Galactic Occult - Cult of the Undying Emperor (traduit de l'anglais par Guilhem)
  11. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter The Hidden War : Seekers of the Forbidden (traduit de l'anglais par Guilhem)
  12. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter Daemons of the Ruinstorm Army List - Daemon of the Ruinstorm (traduit de l'anglais par Guilhem)
  13. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter Daemons of the Ruinstorm Army List - Parting the Veil (Realspace Tear) (traduit de l'anglais par Guilhem)
  14. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter Daemons of the Ruinstorm Army List - Tides of Madness (Transient Phenomenon) (traduit de l'anglais par Guilhem)
  15. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter Daemons of the Ruinstorm Army List - Emanations of Horror (Aberrant Taxonomy) (traduit de l'anglais par Guilhem)
  16. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter Daemons of the Ruinstorm Army List - Crimson Fury (traduit de l'anglais par Guilhem)
  17. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter Daemons of the Ruinstorm Army List - Lurid Onslaught (traduit de l'anglais par Guilhem)
  18. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter Daemons of the Ruinstorm Army List - Maddening Swarms (traduit de l'anglais par Guilhem)
  19. The Horus Heresy, Book Eight - Malevolence, Chapter Daemons of the Ruinstorm Army List - Mirror of Hatred (traduit de l'anglais par Guilhem)