Catégorie:Adeptus Ministorum

De Omnis Bibliotheca

L’Imperium de l’Humanité lutte pour sa survie travers toute la galaxie contre des vagues d’ennemis sans fin. Ces menaces peuvent prendre la forme de civilisations extraterrestres hostiles, de révoltes et d’hérésies venant de l’intérieur, ou même d’horreurs indicibles issues du Warp et connues sous le nom de Démons, parmi tant d’autres… L’Imperium, qui n’est pas sans défenseurs - la gigantesque Garde Impériale et les héroïques Space Marines pour n’en citer que quelques-uns - place cependant tous ses espoirs dans sa foi en l’Empereur-Dieu immortel de l’humanité. Cette foi est propagée et maintenue dans l’ensemble de l’Imperium (et au-delà dans le cas de la Missionaria Galaxia) par l’Adeptus Ministorum, c’est-à-dire l’Ecclésiarchie, une institution aussi puissante que massive, dotée d’une influence considérable. Il y a quantité de groupes et de factions qui lui sont associés : des Sœurs de Bataille de l’Adepta Sororitas - aussi craintes que pieuses - jusqu’à une profusion de doctrines divergentes, de sectes et de cultes. Tous prêchent le Credo Impérial, et combattent la corruption de l’hérésie et de l’impiété. Parmi les étoiles ensanglantées, la Foi est plus importante que la vie, ainsi des millions d’hommes et de femmes marchent à la guerre au service de l’Ecclésiarchie.


Un Million de Mondes, un Seul Empereur

« Il ne peut y avoir qu’un seul Empereur, un seul Dieu, un seul sauveur, un seul libérateur. Sans Lui des milliards de milliards d’âmes sont condamnées à disparaître dans la gueule toujours affamée des Démons du Warp. »
- Ecclésiarque Théodacus V, préambule de Les dits du Crépuscule

L’Imperium de l’Humanité englobe des millions de mondes, éparpillés sur les deux tiers de la galaxie déjà explorée. Les planètes, comme les habitants de cet empire stellaire, varient à l’infini. Sur les Mondes-Ruches asphyxiés par les fumées industrielles, des serfs héréditaires s’activent, bâtissant des tours qui touchent le ciel. Dans les jungles des mondes mortels, des sauvages font éclater le crâne de leurs adversaires à coups de pierre. Des millions de citoyens n’ont même jamais posé le pied sur une planète, ils passent leur vie à servir et à travailler à bord d’immenses vaisseaux spatiaux, sans lesquels de nombreux mondes seraient condamnés à la famille. À contrario, certains ignorent complètement l’existence des autres planètes, leur esprit n’étant tout simplement pas capable d’appréhender la notion de système (et donc encore moins la notion d’un royaume à l’échelle d’une galaxie).

Mais malgré la variété incroyable de cultures, il y a un élément commun : l’Empereur-Dieu de l’Humanité.

La Foi en l’Empereur est une constante dans le cœur et l’esprit des hommes, peu importe la nature de leur société. Depuis les nobliaux parfumés rôdant dans les cours planétaires, jusqu’au plus crasseux des revendeurs de came de la basse-ruche, tous vénèrent l’Empereur et le considèrent comme l’unique Dieu tenant leur destin entre ses mains. Qu’un homme s’endorme dans des draps de soie ou parmi les détritus puants d’une ruche, il prie l’Empereur avant de fermer les yeux. Il sait que les choses qui hantent ses cauchemars sont réelles, et que ni la richesse ni le statut ne pourront le protéger. Seule la foi le sauvera.

Même si tous les sujets de l’Imperium vénèrent l’Empereur, leur façon de le faire varie énormément d’une culture à l’autre. Son domaine est tellement vaste, et ses citoyens tellement différents, que la plupart ne partagent que quelques éléments culturels communs (dans le meilleur des cas). En dehors des membres des Adepta, qui possèdent un lexique, des codes et des symboles spécifiques, la plupart des gens batailleraient s’ils avaient à communiquer avec les habitants d’une autre planète que la leur (sans même parler de comprendre la société visitée), De plus, de nombreuses branches de la foi trouvent leur origine dans une histoire pluri-millénaire précédant l’époque où ces populations humaines perdues furent retrouvées et réintégrées au sein de la civilisation galactique. Les missionnaires impériaux ont souvent subtilement modifié les religions autochtones, jusqu’à ce que, au terme de plusieurs générations, les panthéons locaux soient remplacés par l’Empereur et ses saints.

Donc, le soi-disant « Credo impérial » adopte presque autant de formes qu’il y a de planètes dans l’Imperium. Même si tous adorent le même Dieu, l’Empereur, les croyants d’un monde auraient du mal à voir la moindre ressemblance entre leur foi et celle d’un autre, ou simplement reconnaître qu’il s’agit du même Dieu. Il y a des mondes où les prêtres pratiquent des sacrifices humains, poussant leurs offrandes dans la gueule d’un volcan. Ils croient que l’Empereur se trouve dans les profondeurs de la planète, et que les infortunés vont devenir ses serviteurs favoris. D’autres pensent que l’Empereur-Dieu se cache au cœur du soleil, et que seule une vénération de tous les instants permettra à l’astre de se lever le lendemain matin. Enfin, il y a ceux qui possèdent quelques bouts de vérité : l’Empereur est assis sur le Trône d’Or, sur la très lointaine Terra. Mais entre ces derniers, il y a un nombre incalculable de divergences, tant au niveau de la forme que du style de vénération.

Malgré ces millions de manifestations locales du Credo impérial, les classes dominantes du culte (les innombrables officiants de l’Adeptus Ministorum) arrivent à maintenir une certaine cohésion pour former une institution à l’échelle de la galaxie, laquelle propage l’adoration de l’Empereur-Dieu de l’Humanité en tant qu’entité vivante, classifie l’infinie variété des croyances, et surveille la dérive des doctrines. Au nom de l’Empereur. ils incitent les croyants à prier, prélèvent la dîme et recrutent pour les saintes croisades. Dans une galaxie où la guerre et l’oppression sont quotidiennes, la vénération de l’Empereur est l’arme qui permettra de vaincre les innombrables ennemis de l’humanité. Affirmer le contraire, c’est s’isoler, être déclaré hérétique et finir damné pour l’éternité.

Les Origines de la Foi Impériale

« Ne cherchez pas le socle de votre foi dans les litanies. Regardez plutôt à travers elles, et vous trouverez la vérité. »
- Méditations sur le Credo véritable, Archiconfesseur Malkus Dei,
quelques instants avant son assassinat

Le Credo impérial, à l’instar de nombreux autres aspects de l’Imperium, trouve ses origines dix mille années dans le passé, pendant la période connue sous le nom d’Hérésie d'Horus. Très rares sont ceux qui possèdent ne serait-ce qu’un fragment de connaissance concernant cet épisode fondateur remontant aux premiers temps de l’Imperium, qui faillit mettre à bas tout ce que l’Empereur et ses héros avaient eu tant de peine à édifier deux siècles durant. Même si les faits concernant l’Hérésie d’Horus sont cachés (parfois brutalement) aux masses, il existe une multitude d’allégories et de fables qui en reprennent les thèmes principaux, et mettent en garde contre tout le mal que cet épisode historique a engendré.

La trahison d’Horus se produisit alors que l’Empereur marchait encore parmi ses sujets à la tête de la Grande Croisade, débutée des décennies plus tôt, afin de réunir, pour la première fois depuis des millénaires, tous les mondes isolés. Ayant édicté les lois qui régiraient son domaine nouvellement créé, l’Empereur retourna sur Terra, le creuset de l’humanité, afin de consolider son pouvoir et préparer l’étape suivante de son plan. Il confia la Grande Croisade à ses champions, les Primarques des légions Space Marines. Il s’agissait de ses fils génétiques, et de guerriers aux capacités bien supérieures à celles des Space Marines qu’ils dirigeaient. Malheureusement, le fils préféré de l’Empereur, celui en qui il avait le plus confiance, le Maître de Guerre Horus, renia ses serments de fidélité et se rebella pour vénérer les Puissances de la Ruine.

La guerre civile qui en résulta enflamma l’ensemble de la galaxie. La moitié des armées de l’Empereur se retourna contre l’autre. Ce qu’il avait eu tant de mal à bâtir fut détruit dans une orgie de mort, de violence, et d’anarchie. Cette tragédie culmina avec son sacrifice. Même s’il survécut au combat contre Horus, il fut tout de même témoin de la mort de son fils préféré, et ne fut capable de rester en vie que grâce aux machineries ésotériques du Trône d’Or, construites pour lui par le Mechanicum.

Le Creuset de la Foi

Même si elle fut de courte durée comparée à d’autres guerres, l’Hérésie d’Horus n’épargna rien ni personne dans la galaxie. L’Empereur avait été le symbole de l’ensemble de la race humaine, le sauveur et l’exemple à suivre pour des milliards d’âmes perdues. Il avait régné, guidé par la raison et la justice, sur une société égalitaire. En son sein, tous les hommes étaient frères et combattaient côte à côte pour la plus grande gloire de l’unification du genre humain. Avant la trahison du Maître de Guerre, l’homme ordinaire ne craignait pas le Warp et les entités qui y rôdaient. Les agents impériaux avaient déployé des efforts incroyables afin d’éradiquer les superstitions et la sorcellerie, dans les sociétés qu’ils avaient redécouvertes lors de la Grande Croisade.

L’Empereur était déjà un Dieu vivant parmi les hommes. Il était grand, fort, doté d’une espérance de vie bien supérieure à la moyenne. Sa puissance était terrifiante, son intellect prodigieux, son charisme lui gagnait l’adoration et le respect des foules. De plus, il était épaulé par les Primarques et leurs Space Marines. Il les avait créés et leur avait tous donné une partie de son propre pouvoir. Comment ne pas vénérer un tel homme comme un Dieu ? Pendant l’Hérésie d’Horus, l’humanité découvrit la véritable nature de l’univers. La raison et la logique prêchées pendant la Grande Croisade n’étaient que des voiles derrière lesquels rôdaient l’horreur et la folie. Vendant leurs âmes aux Dieux du Warp, des traîtres libérèrent des créatures de cauchemar et firent usage de pouvoirs maudits qui n’avaient rien à voir avec la science ou le progrès. Les champions de chaque camp s’affrontèrent tels des anges et des Démons mythiques, ceux que les serviteurs de l’Empereur avaient pris tant de soin à chasser des esprits des citoyens de l’Imperium. L’âme de l’humanité constituait l’enjeu principal de l’Hérésie : l’affrontement ultime entre le bien et le mal. Et cet affrontement changea l’univers.

Les Conséquences de l’Hérésie d’Horus

Les forces d’Horus, le Maître de Guerre renégat, furent vaincues. Mais l’Imperium paya le prix fort. Les armées de l’Empereur furent anéanties, des planètes entières détruites, et lui-même fut grièvement blessé lors de la bataille finale, au point de ne plus être capable de parler à ses sujets. Les citoyens de l’Imperim eurent du mal à assimiler ce dont ils avaient été les témoins. En effet, ni la raison, ni la logique ne pouvaient donner d’explications quant à la nature de l’ennemi qu’ils venaient d’affronter. Parfois ce ne fut que grâce aux anciennes croyances, celles qui avaient permis à des planètes entières, isolées du reste de l’humanité, de garder espoir pendant des millénaires, que certaines personnes purent, très vaguement, commencer à comprendre ce qui venait de se passer. Les vieilles religions évoquaient en effet des choses comme le bien et le mal, les Démons et les Dieux. De nombreux mondes les exhumèrent et, à travers elles, trouvèrent un moyen d’interpréter les événements de l’Hérésie. L’Empereur n’était plus qu’une coquille maintenue en vie artificiellement, enchâssé sur son trône de la distante Terra. Rapidement, il fut considéré comme une sorte de Dieu créateur lointain, jugeant l’humanité dans son ensemble.

Durant les décennies qui suivirent l’ascension de l’Empereur sur le Trône d’Or, plus d’un million de religions en son honneur virent le jour. Nombreuses étaient celles qui existaient déjà avant la Grande Croisade, mais d’autres apparurent, spontanément. du jour au lendemain. Des planètes virent la création de dizaines. et parfois de centaines de sectes différentes, toutes vénérant le même Empereur, mais toutes le faisant à leur façon. Inévitablement, ces religions s’opposèrent et les frères se retournèrent contre les frères, répétant à l’infini les jours sombres de l’Hérésie d’Horus. La différence fut que cette fois, tous se réclamaient de l’Empereur lui-même. Avec le temps, la plupart des planètes de l’Imperium furent dominées par une religion unique et locale, certaines d’entre elles, plus impitoyables ou plus conquérantes, se répandant même à travers des systèmes entiers voire des sous-secteurs. Lors de cette période agitée, des prophètes et des prédicateurs apparurent parmi les dépossédés de l’Imperium, chacun prêchant sa propre version de la foi en la nature divine de l’Empereur. Il y eut de nombreux désaccords et même du sang versé, mais rien qui ne tende de près ou de loin vers une unification des cultes. Cependant, avec le temps, inévitablement, une religion prit le pas sur les autres. Cette religion s’appelait le Temple du Sauveur.

Le Temple du Sauveur

Avec la reconstruction de Terra, qui suivit les destructions causées par le siège du palais de l’Empereur au plus fort de l’Hérésie, arriva une autre forme de reconstruction dans l’Imperium : celle de la Foi. Le Temple du Sauveur fut créé lorsqu’un officier supérieur de la Garde Impériale, en poste sur Terra, déclara avoir été touché par la sagesse de l’Empereur lors d’une succession de visions. Cet homme, dont le nom s’est perdu dans les méandres de l’Histoire, se rebaptisa Fatidicus, ce qui signifie « Prophète » dans l’une des anciennes langues du berceau de l’humanité. Il partagea ses révélations avec ses pairs, dans les plus hautes sphères de l’Imperium. Cette nouvelle croyance se propagea aussi rapidement que largement. Les convertis appartenant à tous les niveaux de la société impériale, et voyageant un peu partout, elle atteignit bientôt les confins de l’Imperium. Partout où ils se rendaient, les nouveaux croyants répandaient la parole de Fatidicus. Ils apportaient souvent l’unité dans des régions se remettant à peine de la dissension causée par l’Hérésie. Bien entendu, ces zélotes rencontrèrent souvent de la résistance. Ils bénéficiaient toutefois d’une puissance politique et économique susceptible de faire céder les plus revêches. Il ne fallut pas beaucoup de temps avant que des milliers de croyances et de sectes ne soient absorbées par la nouvelle religion. Ceux qui refusaient malgré tout de coopérer se retrouvaient isolés face à des populations entières nouvellement converties. Ces populations se retournaient alors promptement contre les infidèles qui n’acceptaient pas le dogme du Temple. Même si Fatidicus et ses adeptes ne le reconnurent jamais officiellement, de nombreuses sectes rebelles furent violemment éradiquées pendant cette période. En très peu de temps, le Temple du Sauveur fut la foi dominante dans les deux tiers de l’Imperium. De fait, les deux seules institutions qui ne s’inclinèrent pas furent les Space Marines et le culte Mechanicus : bien trop puissantes pour qu’on les soumette d’une façon ou d’une autre, et de plus, elles honoraient déjà leurs propres traditions et croyances.

Deux millénaires après sa création, le Temple du Sauveur fut formellement reconnu comme religion officielle de l’Imperium. Cette institution prit le nom d’Adeptus Ministorum, et deux siècles plus tard, l’Ecclésiarque Ventris II obtenait un siège au Senatorum Imperialis, le conseil des Hauts Seigneurs de Terra. Durant les siècles suivants, le Ministorum consolida son assise, divisant l’Imperium en régions administratives appelées diocèses, chacune dirigée par un Cardinal. Un système de dîme fut mis en place, ce qui permit la construction de milliers de titanesques cathédrales, et d’innombrables chapelles partout où l’humanité se trouvait. Une immense organisation théocratique prit racine, employant des milliards d’officiants. Avec le temps, le Ministorum réussit à accaparer une puissance incontestable, s’installant en même temps dans le cœur de chaque être humain. Après trois autres siècles, le siège au Senatorum Imperialis fut déclaré permanent et le pouvoir de cette institution devint presque absolu.

La Première Guerre de Religion

Alors que le 33eMillénaire touchait à sa fin, la dernière orthodoxie à se dresser contre le Ministorum était la Confédération de la Lumière. Il s’agissait d’un ordre pénitent fondé sur la planète Dimmamar, aux confins du nord galactique, dans une des rares régions à n’avoir pas encore complètement embrassé la nouvelle foi. Les adeptes de la Confédération prêchaient que le salut n’était possible qu’en suivant l’exemple de l’Empereur, et en abandonnant tout, y compris la vie elle-même, en son nom. Ils renonçaient à toute forme de richesse, une doctrine qui les opposait totalement au Ministorum, dont les coffres étaient gorgés de la dîme prélevée sur tous les croyants de l’Imperium. Tandis qu’il bâtissait de nouvelles cathédrales, plus majestueuses les unes que les autres, les décorant à grands frais, la Confédération de la Lumière, de son côté, imposait l’humilité et la pénitence. Il n’y avait aucun terrain d’entente possible, aucun compromis acceptable.

Pendant de nombreuses années, le Ministortun prêcha contre la Confédération de la Lumière, condamnant ses adeptes en des termes de plus en plus durs. Des tentatives d’infiltration visant à provoquer des conflits internes se soldèrent par des échecs cuisants, les agents étant à chaque fois découverts et chassés. Finalement, on décida que la Confédération mettait en danger l’autorité spirituelle de l’Adeptus, et que la violence était la seule option possible. L’Ecclésiarque déclara la Confédération hérétique, commençant ainsi la première guerre de religion.

Les membres de la Confédération de la Lumière n’eurent aucune chance face à la purge qui s’ensuivit. Le Ministorum fit appel à ses adeptes au plus haut niveau des institutions militaires. Aussitôt les innombrables cohortes de la Garde Impériale et les massives flottes de la Marine Impériale furent mobilisées en une grande démonstration de zèle religieux. En plus de ces forces traditionnelles, d’innombrables dévots, sans entraînement et à peine armés, se rallièrent à la cause, embarquant sur des vaisseaux de fortune à destination des mondes de la Confédération. Le massacre fut sans précédent, du fait de l’infériorité numérique et du désarmement des soi-disant hérétiques. Des populations entières passèrent au bûcher au nom de l’Empereur. La dévastation fut totale, et la Confédération de la Lumière cessa simplement d’exister en tant qu’organisation, ses derniers membres se dispersant à travers le vide pour échapper à la colère des fidèles. Lorsque les cendres de Dimmamar se refroidirent, la mainmise du Ministorum sur l’humanité fut alors totale.

Désormais incontesté dans le domaine spirituel, le Ministorum fit en sorte d'étendre sa mainmise à toutes les facettes de la société impériale, si bien que les Hauts Seigneurs de Terra en vinrent à se soumettre au dirigeant du Ministorum, l'Ecclésiarque, croyant que la voix de l'Empereur s'exprimait par sa bouche. Le Ministorum ne fit rien pour mettre fin à cette croyance. L'organisation dirigea bientôt de facto l'Imperium, dictant la loi, levant des armées et décidant des ennemis à combattre. Alors que l'emprise du Ministorum s'étendait, le bras séculaire de l'Administratum s'efforçait de résister à son influence sans cesse grandissante, et ainsi commença une lutte d'influence qui devait durer jusqu'au 41e millénaire. Au milieu de ces affrontements se dressa Goge Vandire, trois cent soixante et unième Haut Seigneur de l'Administratum.

L'Âge de L'Apostasie

L'Émergence des Chasseurs de Sorcières

L’Ordo Hereticus émergea des cendres de l’Âge de l’Apostasie pour contrôler l’ennemi intérieur. Tandis que l’Inquisition est chargée de veiller sur l’Imperium dans son ensemble, l’Ordo Hereticus, ou les Chasseurs de Sorcières comme ses membres sont plus fréquemment appelés, se concentre sur la détection et le jugement des Psykers renégats, des mutants et de hérétiques. Vu que les vocations de l’Adepta Sororitas et du nouvellement formé Ordo Hereticus étaient relativement similaires, il ne fallut pas longtemps pour que les devoirs et la hiérarchie de chaque organisation s’unissent dans un même saint objectif. Si l’Adepta Sororitas reste la principale force militaire de l’Ecclésiarchie, elle est également la Chambre Militante de l’Ordo Hereticus.

Branche obscure d’une organisation déjà empreinte de mystères, l’Ordo Hereticus est le chien de garde de l’Humanité, contre ses ennemis aussi bien que contre ses propres faiblesses. Les Chasseurs de Sorcières sont des individus sinistres et redoutés, leur teint est blafard à cause des semaines entières passées dans les salles de torture des forteresses de l’Inquisition ou dans les bibliothèques de l’Ordo, à étudier des textes ésotériques détaillant l’hérétique et ses machinations. L’arrivée d’un Inquisiteur de l’Ordo Hereticus est toujours accueillie avec un mélange de crainte et d’impatience, car personne ne sait sur qui vont se poser son regard perçant et les soupçons qui l’accompagnent. En plus de son devoir de surveillance du Ministorum - s’assurer que les Guerres de Religion n’outrepassent pas leur mandat et que les cardinaux ne détiennent pas plus de pouvoir que nécessaire - l’Ordo Hereticus garde un œil sur les autres organisations impériales : l’Adeptus Arbites, les Space Marines mais aussi les autres branches de l’Inquisition. Il contrôle la pureté des doctrines aussi bien que des corps, et personne ne peut se targuer d’être hors de sa juridiction. Seul un brave parmi les braves ose défier un membre de l’Ordo Hereticus, car ce simple fait peut lui valoir les foudres de l’Inquisition, et l’accusation d’hérésie et d’Extremis Diabolus.

Au début du 36e Millénaire, Vandire brisa l'étau de l'Ecclésiarchie en plusieurs mouvements audacieux, manipulant ouvertement le Ministorum par la force brute et l'assassinat. Il en prit ensuite le contrôle par ce qui ne peut être qualifié que de coup d'état, assuma le double rôle d'Ecclésiarque et de Haut Seigneur de l'Administratum et plongea l'Imperium dans son ère la plus sanglante depuis l'Hérésie d'Horus : l'Âge de l'Apostasie et le Règne du Sang. Vandire était un mégalomane souffrant de paranoïa aiguë et voyait des complots contre lui partout, car son âme n'était qu'un dédale d'illusions et de suspicion. Des millions d'innocents périrent au cours du Règne du Sang, et des mondes entiers furent ravagés par sa folie. Dès le début de son règne, il découvrit une sororité de guerrières basée sur le monde de San Leor, appelée les Filles de l'Empereur. Il les rebaptisa Promises de l'Empereur et celles-ci devinrent ses gardes du corps.

Le Règne du Sang se poursuivit durant sept décennies de plus, et des millions d'innocents furent victimes de la folie de Vandire. Au fil des ans, ce dernier devenait de plus en plus violent et ses sautes d'humeur de plus en plus imprévisibles. Il développa peu à peu une crainte de la lumière et déambulait régulièrement dans les couloirs enténébrés du Palais Impérial, caquetant et soliloquant. C'est dans un tel lieu qu'un messager vint le trouver pour lui apporter des nouvelles qui signalaient la fin du Règne du Sang. Sur le monde de Dimmamar, une secte appelée la Confédération de la Lumière était apparue et avait dénoncé Vandire comme étant un traître. Menée par un homme appelé Sebastian Thor, la confédération fit passer son message à une population terrorisée mais avide de se libérer du joug du seigneur fou : bientôt, de nombreux systèmes rejoignirent Thor. Une immense flotte de guerre regroupant la majorité des vaisseaux du Ministorum fut rassemblée pour écraser les systèmes rebelles, mais peu après son départ elle fut détruite par une tempête Warp d'une violence terrifiante dans une région de l'espace encore appelée Colère de l'Empereur. Une fois la menace de la flotte de l'Ecclésiarchie éliminée, davantage de systèmes se soulevèrent, rejoignant la Confédération de la Lumière et Sebastian Thor. Ce dernier était un orateur au talent consommé, et ses mots rallièrent des millions de gens à sa cause, retournant l'Imperium contre Vandire. Alors que la croisade de Thor éliminait tous ceux qui demeuraient loyaux à l'Ecclésiarchie, les Space Marines et l'Adeptus Mechanicus (qui étaient restés sur la défensive depuis le début de l'Âge de l'Apostasie) ajoutèrent finalement leurs forces à celles de Thor et fondirent sur Terra.

Le Palais Impérial fut une nouvelle fois attaqué, mais cette fois par des forces loyalistes. Pendant des mois, les remparts tinrent bon, jusqu'à ce que l'Adeptus Custodes, la garde prétorienne de l'Empereur en personne, allât trouver Alicia Dominica, la dirigeante des Promises de l'Empereur, et ses plus fidèles guerrières. Les Custodes les emmenèrent devant l'Empereur, mais ce qui se passa alors reste un mystère. Lorsqu'elles émergèrent de la salle du Trône d'Or, elles rejetèrent le nom de Promises de l'Empereur et reprirent celui de Filles de l'Empereur. Elles se rendirent dans la salle d'audience de Vandire, bouillonnant d'une fureur à peine contrôlée. Elles le trouvèrent engagé dans une autre de ses sanglantes tirades et, ne s'arrêtant que pour dénoncer ses crimes contre l'Empereur de vive voix, Alicia Dominica décapita le traître. Le Règne du Sang était terminé.

La Réforme

Sebastian Thor finit par devenir Ecclésiarque et le Ministorum en fut changé à jamais. Il fonda le Synode Ministra sur Ophelia VII, acte destiné à morceler le pouvoir de l'Ecclésiarchie. L'idée était qu'aucun être n'aurait désormais pouvoir sur tout le Ministorum, de crainte de donner naissance à un nouveau Vandire. De grandes réformes furent mises en œuvre pour ramener le Ministorum vers sa vocation originelle et l'une des plus importantes fut le Décret de Passivité, lancé en 288.M36. Cet acte historique interdit au Ministorum d'entretenir des "hommes en armes". Thor démantela les armées et les flottes qui avaient servi Vandire, incorporant les Filles de l'Empereur à la hiérarchie militaire et les renommant Sœurs de Bataille, l'Ordre Militant de l'Adepta Sororitas. Les Hauts Seigneurs de Terra n'étaient guère rassurés par cette nouvelle, mais d'une part ils ne pouvaient s'opposer à Thor, et d'autre part ce dernier les rassura en les convainquant que les Sœurs réguleraient tout autant le Ministorum qu'elles serviraient sa volonté. L'organisation la plus importante à émerger de l'Âge de l'Apostasie ne fut toutefois pas du fait de Thor, mais des maîtres secrets des Saints Ordres de l'Inquisition. Cette nouvelle organisation était l'Ordo Hereticus.

L'Ecclésiarchie

« Les hommes unis dans le service de l’Empereur sont bénis par son regard et vivront éternellement dans sa mémoire. »
- Ecclésiarque Deacis

L’Adeptus Ministorum, plus connu en tant qu’Ecclésiarchie, est une institution tentaculaire, qui, d’une façon ou d’une autre, est présente dans chaque recoin de l’Imperium, des plus opulentes spires des ruches aux plus spartiates cabanes frontalières. Des milliards de fonctionnaires composent ses rouages, depuis le puissant Cardinal Palatin responsable du destin de planètes entières, jusqu’au plus humble des copistes, susceptible de consacrer toute sa vie à la transcription d’un seul volume d’une encyclopédie hagiographique.

Cette vaste organisation est globalement divisée en deux parties égales. La première répond aux besoins spirituels de l’humanité, la seconde s’occupe de l’intendance du Ministorum lui-même.

Le Credo Spirituel

Les Cardinaux doivent s’assurer que l’Empereur est dument vénéré, de même qu’ils assument la responsabilité de la propagation de la foi impériale et de la défense contre les hérésies. Il y a plusieurs milliers de Cardinaux, dont la majorité est connue sous le titre de Cardinal Astra, chacun contrôlant un diocèse de centaines de mondes. Dans la plupart des cas, un diocèse équivaut à un secteur bien que du fait des bouleversements constants que subit l’Imperium, certains d’entre eux peuvent déborder sur un ou plusieurs secteurs, ou englober des mondes perdus depuis longtemps pour l’humanité. Les autres Cardinaux sont appelés Cardinaux Ministra, ils servent le Synode Ministra sur Ophelia VII. Leur mission consiste à débattre et à promulguer les édits du Saint-Synode de Terra.

D’autres Cardinaux sont basés sur Terra et sont considérés comme les plus puissants, même s’ils sont tous théoriquement égaux. Directement sous l’Ecclésiarque, lui servant de proches conseillers, se trouvent les Cardinaux Palatins. Ils résident dans le palais de l’Ecclésiarque pour toujours être à portée de main si leur maître vient à les mander. En dessous d’eux se trouvent les Cardinaux Terrans, responsables d’un diocèse sur le berceau de l’humanité lui-même.

Les Frateris Militia

Même si les édits du Décret de Passivité interdisent à l’Ecclésiarchie de maintenir une force armée, il reste une autre option pour réagir en temps de crise. Les officiers de l’Adeptus Ministorum sont autorisés à recruter des milices, appelées les « Frateris Militia », au sein de leur congrégation, à les armer du mieux qu’ils le peuvent et à leur donner l’ordre de défendre l’Ecclésiarchie contre l’envahisseur ou l’impie. Les Frateris Militia ne sont pas des forces armées permanentes, et leurs membres peuvent être aussi bien des fermiers que des scribes. Certains ont peut-être une expérience militaire due à leur passage dans les attisés de défense planétaire, alors que d’autres n’ont sans doute jamais vu une arme à feu de leur vie. Ce qui manque à la Frateris Militia en entraînement et en discipline (ses membres peuvent même aller jusqu’à s’entretuer si on les laisse seuls trop longtemps), elle le compense en zèle. Lorsqu’une guerre de religion est déclenchée, la Militia se rassemble pour former de vastes arguées de fidèles, dont la foi seule est souvent suffisante pour vaincre l’ennemi.

En-dessous des Cardinaux, il y a d’innombrables positions subordonnées. Un Cardinal ne préside aux services que très rarement et lorsque c’est le cas, c’est une cérémonie fastueuse devant des milliers ou des millions de fidèles. Les prélats de rangs inférieurs, eux, s’occupent de congrégations bien moins importantes. Un Confesseur peut être responsable d’une Cité-Ruche ou, s’il n’est guère peuplé, d’un monde entier, voire d’un système ou d’un sous-secteur dans une région frontalière. Il réside dans une cathédrale impressionnante, dirigeant souvent des milliers d’adeptes. De surcroît, de nombreuses cités et planètes possèdent des chapelles plus modestes tenues par des Prêcheurs. C’est dans ces édifices que la plus grande majorité des citoyens de l’Imperium vénère quotidiennement l’Empereur, ne se rendant dans une des grandes cathédrales que lors de tel ou tel jour saint.

Tous comme certains Cardinaux ne dirigent pas de diocèse, beaucoup de Confesseurs et de Prêcheurs ne sont pas responsables d’une zone spécifique. Ils peuvent être des agents libres, qui partent au loin remplir leurs missions. Certains parmi eux se trouvent parfois rattachés à d’autres institutions impériales. Un général de la Garde Impériale, ou un amiral de la Marine, peut avoir comme confident un Confesseur chevronné, qui le conseillera au niveau spirituel, et renforcera sa résolution pour servir au mieux la volonté de l’Empereur. Un peu plus bas dans la chaîne, chaque régiment de la Garde, ou chaque vaisseau de la Marine, est accompagné de plusieurs dizaines de Prêcheurs, qui se font un devoir d’inspirer directement leurs ouailles sur le champ de bataille. Même des entités comme l’Administratum, l’Adeptus Astra Telepathica, l’Adeptus Arbites et d’innombrables autres organisations, ont besoin d’un support spirituel. Il est rare en effet que quiconque œuvrant au nom de l’Empereur le fasse sans avoir les sermons des saints résonnant dans ses oreilles, ni la douce fragrance de l’encens emplissant les narines.

Le Credo Temporel

Alors que la puissance du Ministorum s’appuie sur la parole de l’Empereur, sa base réelle est la vaste organisation qui le supporte dans toutes ses entreprises. Tous les jours, à travers l’Imperium, des millions de sermons sont prêchés depuis les pupitres de cathédrales dont les flèches percent les nuages. De tels édifices ne pourraient exister sans la richesse astronomique de l’Ecclésiarchie, richesse qui provient des dons offerts par les fidèles à l’Adeptus Ministorum.

La Schola Progenium

Lorsqu’un serviteur de l’Imperium meurt au combat, il lui arrive de laisser des orphelins. Ces derniers sont élevés par la Schola Progenium. Il s’agit d’une institution à l’échelle galactique, administrée par l’Ecclésiarchie, mais au service de nombreuses autres organisations de l’Imperium. Chaque monde majeur de l’Imperium possède au un établissement de la Schola Progenium au sein duquel les orphelins sont instruits. Sous le regard sévère des Abbés et des Abbesses Formateurs, les jeunes « progena » doivent apprendre tous les aspects du Credo Impérial, puisqu’ils deviendront, un jour, les serviteurs dévoué de l’Empereur.

Les progena apprennent aussi la véritable signification du mot service, puisqu’il y a un prix à payer pour leur éducation. Tous sont destinés à devenir des serviteurs impériaux d’un type ou d’un autre. L’institution dans laquelle ils vont entrer est souvent déterminée dès leur plus jeune âge par leurs tuteurs. Ceux qui font montre d’une certaine compétence dans le maniement des armes rejoignent un régiment des Troupes du Choc, alors que ceux qui s’avèrent plus doués pour les lettres deviennent des scribes de l’Administratum. Certains peuvent devenir un jour des Commandants Impériaux, seigneurs de tout un secteur ou même Hauts Seigneurs de Terra, puisant dans les compétences et les valeurs inculquées par les Abbés Formateurs.

Cette branche de l’Ecclésiarchie est dirigée par des Archidiacres, qui dans bien des cas coopèrent avec les Cardinaux des diocèses où ils servent. L’Archidiacre doit gérer la logistique au sein du diocèse, coordonnant la construction ou la maintenance des cathédrales, mais aussi des innombrables autres institutions comme les Mondes-Chapelles, les lieux de pèlerinage, les reliquaires, les ermitages, etc. Chaque Archidiacre est responsable de la gestion d’une fortune aussi importante que celle d’un seigneur de secteur ou d’un patriarche d’une richissime famille marchande, ce qui explique qu’il est souvent victime de la jalousie de ces derniers. Sous les Archidiacres se trouvent les Diacres et les Doyens. Ils sont responsables non seulement de la distribution des ressources qu’on leur confie, mais aussi de la perception des charges auprès des fidèles.

La Missionarius Galaxia

Les Missionnaires de la Missionarius Galaxia sont un cas à part parmi les serviteurs de l’Imperium. S’ils exercent en obéissant aux Cardinaux Palatins, dans la pratique, il s’agit d’une entité presque autonome au sein de l’Adeptus Ministorum. Les Missionnaires ont pour charge d’accompagner n’importe quel type d’expédition dans les régions perdues ou inconnues de la galaxie. Qu’ils soient à bord des vaisseaux de la Garde Impériale se lançant dans une croisade pour reprendre un secteur aux Xenos, ou qu’ils appartiennent à la suite d’un audacieux Libre-Marchand s’aventurant dans les obscures régions inexplorées de la galaxie, les Missionnaires portent avec eux la flamme du Credo impérial. Par son biais, ils restaurent spirituellement ceux qui depuis trop longtemps se sont retrouvés séparés de la véritable foi.

Les Lorsqu’une culture humaine nouvelle (ou oubliée) est découverte, la mission de la Missionarius Galaxia consiste à en apprendre le plus possible sur cette dernière. Le Missionnaire doit trouver, dans les pratiques religieuses et les enseignements locaux, ce qu’il peut subtilement altérer pour les rendre compatibles avec le Credo impérial. Des pratiques considérées comme barbares, ou inappropriées, peuvent être remplacées par d’autres, peut-être plus adaptées. Cependant, un certain symbolisme est toléré pour permettre une continuité culturelle. Par exemple, la nécrophagie (l’acte de manger les morts) est une pratique interdite par le Credo impérial, mais lorsqu’elle est rencontrée dans les cultures sauvages, elle peut être remplacée par la consommation symbolique d’un animal totémique particulier. De même, la vénération d’un panthéon peut être remplacée par celle des Saints Impériaux, en leur choisissant des traits communs avec ceux des divinités évincées.

Les hommes et les femmes de la Missionarius Galaxia sont des orateurs et des diplomates extrêmement doués, qui doivent aussi être rusés et pleins de ressources s’ils veulent survivre au milieu de cultures souvent barbares ou guerrières. Ils ont un don pour savoir lorsqu’un sermon passionné peut changer le cours de l’histoire d’une planète, ou lorsqu’ils doivent plutôt rester dans l’ombre et préparer des plans dont ils ne verront jamais le résultat de leur vivant. Sans surprise, les membres du Ministorum considèrent que ces Missionnaires sont des aventuriers et des originaux, mais la vérité, c’est qu’ils sont les fondations sur lesquelles est bâtie la foi des multitudes.

Le Credo Impérial

« Lorsque les peuples oublient leurs devoirs, ils se rabaissent au point d’être moins que des bêtes et ne sont plus humains. Ils n’ont plus leur place au sein de l’humanité et encore mous dans le cœur de l’Empereur. Qu’ils meurent et qu’ils soient oubliés à jamais. »
- Extrait du Premier Édit du Saint-Synode de l’Adeptus Ministorum

Le Credo Impérial est un ensemble de doctrines et d’articles de foi prêché à travers tout l’Imperium. Il s’agit des paroles de l’Empereur reprises par les Saints, donc du cœur des croyances partagées par tous les fidèles aux quatre coins de l’Imperium, quelle que soit la forme que peut prendre l’adoration sur telle ou telle planète.

En pratique, le Credo Impérial fonctionne sur plusieurs niveaux. Au sein de l’air raréfié des plus hautes sphères du Saint-Synode et du Synode Ministra, les Cardinaux débattent sans fin l’exégèse des paroles des Saints. Des disputes concernant la signification d’une phrase en particulier peuvent durer des décennies, et même des siècles, provoquant de véritables schismes parmi les différentes factions, certaines traitant les autres de crétines arriérées, de dangereuses réformatrices ou même d’hérétiques. De fait, il y a déjà eu des explosions de violence entre des camps défendant des points de vue différents au sujet d’une interprétation. Et dans les cas les plus extrêmes, certains Cardinaux de diocèses voisins ont levé des armées issues de leurs congrégations pour guerroyer contre leurs anciens condisciples. Tous les jours, les Synodes promulguent des avis et des clarifications, des études ou des annotations de textes existants. On attend des Cardinaux qu’ils prêchent leur contenu à leurs ouailles, de telle sorte que nul n’ignore la véritable parole dans l’Imperium. Dans la pratique, aucun être humain n’est capable de connaître l’ensemble des doctrines, et une titanesque armée de savants est utilisée pour identifier les passages intéressants pour leurs maîtres, et envoyer tout le reste dans les chapelles-archives du Ministorum.

Le second niveau auquel le Credo Impérial opère se situe à une autre échelle, dans l’âme de tout être humain. La plus grande majorité des fidèles vit sous un régime oppressif avec pour seul horizon le travail forcé. La seule alternative à cette servitude abjecte est d’être envoyé sur un champ de bataille lointain se faire massacrer par une monstruosité extraterrestre assoiffée de sang. Pour beaucoup, les rituels religieux sont le seul répit face à la brutale réalité du quotidien, une opportunité d’échapper à la cruauté des contremaîtres avant de devoir retourner au labeur. Bien entendu, ceux qui restent trop longtemps devant l’autel sont durement punis. Nombre d’entre eux ont été condamnés à aller servir dans une des légions pénales, parce qu’ils étaient restés dans la chapelle une minute de trop. Néanmoins, l’adoration de l’Empereur en tant que sauveur de l’humanité est une des choses que partagent tous les hommes de l’Imperium. Seuls ceux vénérant les Dieux Sombres ou placés sous le joug des Xenos rejettent l’Empereur. Un homme peut être la pire des raclures, un rebelle, un pirate ou même un esclavagiste ignorant toutes les lois de l’Imperium, et pourtant, il sera toujours fidèle à l’Empereur-Dieu de l’Humanité.

Les Principes de la Foi

Le Credo Impérial est l’amalgame de pratiques religieuses locales, de modifications de ces pratiques par des Missionnaires, et de le myriade de jugements transmis depuis les échelons supérieurs du Ministorum. Du coup, des rites admis sur un monde peuvent paraître complètement révoltants sur un autre, en fonction des croyances locales, importées ou modifiées. Le Ministorum tolère un large éventail de coutumes et de croyances, mais il y a certains piliers de la foi qui restent les mêmes d’une extrémité à l’autre de l’Imperium.

Les Idoles Déchues

Pendant le Règne du Sang, les planètes de l’Imperium étaient couvertes d’immenses statues à la gloire du Haut Seigneur Vandire. Certaines étaient si massives qu’elles dépassaient même celles de l’Empereur. Durant la Réforme qui suivit la chute du tyran, ces idoles haïes furent déboulonnées par la foule, pour être brisées ou emportées dans des régions isolées, où elles s’érodent à présent doucement sous les effets de la nature et du temps. Il existe encore de nombreux « cimetières des idoles déchues », mais leur accès est interdit, car ils symbolisent le mal apporté par le Haut Seigneur. Ces endroits sont lugubres, étranges, lourds du poids des temps passés, et hantés par les fantômes de cette tragique époque. Seuls les fous et les inconscients osent s’y rendre. Certains monuments à la gloire de Vandire étaient simplement trop massifs pour être abattus. D’autres étaient incorporés à des cathédrales très importantes, ce qui interdisait de les détruire sans anéantir l’ensemble de la structure. Ces effigies furent généralement modifiées pour leur donner l’apparence d’un autre Saint ou de Sebastian Thor, transformant la haine qu’elles provoquaient en de l’adoration. Quelques-unes furent profanées lorsque le Haut Seigneur tomba. Elles servent encore à ce jour de rappel du danger que représente la vénération d’un homme autre que le divin Empereur lui-même.

À la base du Credo Impérial, il y a deux faits : l’Empereur a un jour marché parmi les hommes et il s’agit d’un Dieu. De plus, quels que furent les Dieux vénérés avant la venue de l’Empereur, c’est lui l’unique véritable Dieu, et aucune autre divinité ne peut être adorée en même temps. Tant que ces principes sont respectés, la foi dominante sur un monde donné peut avoir toutes les variations qu’elle veut dans ses rituels. Presque toutes les planètes possèdent leurs propres légendes concernant la naissance de l’Empereur et le début de sa vie. Parmi les plus anciennes histoires, il y a celles qui prétendent que l’Empereur était une sorte de shaman, né sur Terra longtemps avant l’émergence de toute civilisation. Il aurait protégé et guidé l’humanité dans son développement pendant des éons, avant de prendre directement son destin en main à l’aube de l’Âge de l’Imperium.

D’autres mythes prétendent que l’Empereur n’était qu’une figure de légende parmi des milliers, ou, en fait, toutes à la fois, vivant déguisé parmi les hommes en préparant le moment où il se dévoilerait. Même les textes officiels distribués par le Ministorum varient grandement sur la question, chacun présentant le point de vue d’un Saint en particulier, inévitablement recouvert de couches et de couches d’allégories. Pour tout dire, il n’existe pas une seule vérité objective sur la question, mais plutôt un grand ensemble de paraboles utilisées par ceux qui prêchent le credo, ces derniers piochant dans les textes les messages qui les arrangent.

Il y a tout de même une constante : chaque être humain a une place bien précise dans l’ordre divin instauré par l’Empereur. La hiérarchie du Ministorum en est la parfaite illustration. Pour la majorité, cette place se trouve tout en bas de l’échelle, et le fidèle doit suivre les ordres imposés par les échelons supérieurs sans poser de questions. Même ceux de rangs ou de statuts élevés doivent se comporter comme si la puissance et la richesse étaient des poids plutôt que des privilèges. On ne peut en aucun cas remettre en question des ordres officiels. Ceux qui osent le faire sont aussitôt considérés tels des hérétiques, comme s’ils blasphémaient contre l’Empereur ou invoquaient un Démon en plein milieu d’un sermon du Cardinal.

En plus de ces principes fondamentaux, il existe un ensemble important de dogmes, approuvés ou non. Certains font l’objet de polémiques aux plus hauts niveaux, alors que d’autres s’imposent pendant un laps de temps avant de retomber dans l’oubli, ou même être prêchés ardemment dans un secteur de la galaxie tandis qu’un autre les ignore presque.

Un thème doctrinal récurrent est la Fin des Temps. La plupart des écrits à ce sujet prennent la forme de prophéties. Ces dernières n’ont toutefois pas grand-chose en commun à part la sinistre prédiction d’une guerre à l’échelle de la galaxie consumant toute l’humanité. Au cours des dix mille ans de l’Âge de l’Imperium, de telles notions ont pris de l’importance à la fin de chaque millénaire, s’auto-alimentant, alors que les masses se flagellaient, prises d’une frénésie pré-apocalyptique. Les prêches les plus récurrents à ce sujet évoquent l’ultime bataille, durant laquelle l’homme fera preuve de faiblesse et sera annihilé, ou montrera qu’il mérite d’exister et pourra entrer dans un âge nouveau. Il héritera alors de la galaxie, et chassera ou vaincra les autres formes de vie intelligente. Inutile de dire que, le 41e millénaire touchant à sa fin, l’Imperium voit une montée de telles croyances et une adhésion accrue à tous les cultes de type apocalyptique, et l’on peut s’attendre à un chaos bien plus important et plus destructeur que jamais auparavant.

L’Art Gothique Impérial

Dans un empire à l’échelle d’une galaxie tel que l’Imperium, les constructions humaines peuvent varier du tout au tout des tours d’acier polies jusqu’aux paysages industriels, en passant par les huttes de bouc séchée et les dômes blindés loin sous la surface de l’océan. Seuls quelques types de bâtiments présentent une certaine uniformité, comme les massifs bastions de la Garde Impériale, les Manufactoria de l’Adeptus Mechanicus, et bien entendu, les lieux de culte de l’Adeptus Ministorum.

De la plus grande des cathédrales jusqu’à la plus petite des chapelles de pèlerinage, les structures construites au nom de l’Ecclésiarchie ont pour vocation d’élever l’esprit et d’émerveiller les fidèles. Des tours élancées soutenues par des contreforts en suspension incroyablement fins attirent le regard vers les cieux, alors que les statues de myriades de Saints de l’Imperium, perchées dans des alcôves au sommet des arches, observent les congrégations. De majestueuses colonnes s’envolent dans les airs et la lumière qui passe à travers d’antiques vitraux illustrant la vie des Saints prend une apparence surnaturelle. Les hommes sont comme de minuscules insectes passant dans des couloirs surveillés par les Dieux eux-mêmes. La construction de tels édifices défie l’imagination et la raison. Les arches sont si fines qu’elles semblent incapables, théoriquement, de supporter de tels poids. De fait, dans les murs des plus grandes cathédrales, se trouvent d’anciens et immenses générateurs antigravs. Si ces deniers devaient un jour s’arrêter de fonctionner, ce serait l’ensemble de l’édifice qui s’effondrerait sur les fidèles réunis sous les voûtes.

Le but est d’émerveiller tout autant que d’impressionner le visiteur, de lui rappeler ce qui l’attend au-delà de la triste réalité de son existence, et d’unifier les croyants à travers tout l’Imperium dans la vénération de l’unique véritable Dieu : l’Empereur-Dieu de l’Humanité.

Une autre croyance souvent liée à la Fin des Temps est celle qui affirme que l’Empereur se lèvera de son Trône d’Or pour terminer l’œuvre entamée il y a dix mille ans en délivrant les fidèles du mal qui enserre la galaxie. Même si différentes versions de cette doctrine considèrent l’événement comme un moment de libération, la plupart mettent en garde contre le fait que l’Empereur jugera aussi les hommes, envoyant dans les flammes de l’enfer ceux qui manquent de foi, ou leur interdisant l’accès à cet âge glorieux qui verra sa victoire finale. Des cultes pratiquant 1a flagellation et la pénitence cherchent à préparer l’humanité pour le retour de l’Empereur, poussant leurs membres à des extrémités censées les libérer de la corruption du péché.

De nombreux enseignements de l’Ecclésiarchie font référence à une vie après la mort, durant laquelle le fidèle pourra prendre place à côté de l’Empereur pour l’éternité. Les sources du Credo Impérial étant tellement variées, les Synodes ont débattu des spécificités de cette vie après la mort pendant des milliers d’années. L’homme du commun, lui, est généralement moins influencé dans ses croyances par l’avis de son Cardinal que par les spécificités de sa culture. Sur les planètes aux limites de l’Imperium, coupées des centres de pouvoir par l’immensité de l’espace ou par des tempêtes warp, c’est Terra elle-même qui est vue comme la cour éternelle de l’Empereur-Dieu. Et c’est là que le fidèle est invité à se rendre lorsqu’il meurt. D’autres imaginent la vie après la mon en des termes plus abstraits. Ils prétendent que l’âme s’en va dans un royaume doré pour se mêler aux esprits de ceux partis avant lui. Puisque de nombreuses planètes ont connu de longues périodes d’isolement, durant lesquelles toutes sortes de religions barbares ont eu le temps de se développer, il y a probablement autant de visions du paradis qu’il y a de mondes.

Bien entendu, ceux qui croient en une récompense croient aussi en une punition. Seuls ceux qui ont montré leur valeur sont dignes de se baigner dans la glorieuse lumière de l’Empereur, alors que les mécréants sont voués à la damnation éternelle. Les Prêcheurs de l’Ecclésiarchie passent souvent plus de temps à mettre en garde leurs ouailles sur ce qui pourrait arriver à leur âme éternelle, s’ils s’éloignaient de Son chemin que sur ce qui les attend s’ils sont vertueux. Ces avertissements sont souvent enrichis de descriptions dantesques des souffrances des damnés, avec des Démons grimaçants tourmentant l’âme du pécheur tandis qu’il se tord dans les flammes.

Ceux qui en savent un minimum concernant le Warp ont toutes les raisons d’avoir peur, car dans l’Empyrean les âmes humaines dérivent comme des grains de poussière sur l’océan, toujours à la merci des choses immenses et indicibles qui rôdent dans les profondeurs et se nourrissent des âmes en peine.

Le Péché du Psyker

Un problème assez commun et récurrent du Credo Impérial concerne la question des Psykers. Il existe au cœur même de la doctrine impériale une contradiction entre le fait d’être béni par le don du Psyker, ou au contraire d’être maudit par son empreinte selon les points de vue. Chaque année, de plus en plus de Psykers naissent ou se découvrent des pouvoirs. Le danger qu’ils représentent pour l’humanité ne peut être ignoré. Ils attirent les habitants du Warp comme le sang dans l’océan attire les requins. Et ceux qui sont trop faibles ou non protégés par le rite de l’Union des Âmes peuvent provoquer des dégâts terrifiants autour d’eux. Certains peuvent être rongés par des pulsions mauvaises, et découvrir simultanément qu’ils peuvent tuer d’un simple regard. D’autres peuvent voir leur esprit transformé en un passage donnant sur les régions infernales de l’Empyrean, par lequel des légions complètes de Démons peuvent surgir. Les pouvoirs psychiques, par conséquent, sont souvent considérés comme le danger ultime que peut courir l’âme humaine.

En même temps, l’Imperium ne pourrait exister sans les Psykers. Sans les Astropathes, les mondes éparpillés aux quatre coins de la galaxie ne pourraient communiquer que très lentement. Sans les Navigators, seuls les voyages à une vitesse inférieure à celle de la lumière seraient possibles. Et sans le sacrifice de millions de Psykers chaque année, la lumière bénie de l’Astronomican ne serait pas capable de guider les vaisseaux à travers les profondeurs maudites du Warp. De plus, nombreuses sont les forces militaires de l’Imperium qui utilisent les Psykers comme des armes très puissantes, tels les Archivistes de l’Adeptus Astartes ou les Psykers Primaris de la Garde Impériale. De plus, même si personne n’oserait le formuler de cette façon, l’Empereur lui-même est le plus puissant Psyker ayant jamais vécu.

Nombreux sont les enseignements du Credo Impérial prêchant contre les Psykers, qu’ils condamnent et considèrent le plus souvent comme des sorciers. En vérité, même si les fidèles en général ne sont pas à l’aise en présence d’un Astropathe ou d’un autre Psyker « assermenté », la réalité dicte qu’ils font eux aussi partie du grand plan imaginé par l’Empereur pour l’humanité. C’est le Psyker non assermenté, celui qui se cache parmi les fidèles et qui utilise ses pouvoirs pour le pire, qui est le véritable objet de la colère du Ministorum. Rares sont les sermons qui omettent de rappeler à la congrégation qu’il faut être vigilant, et se méfier de ce danger qui peut se dissimuler même dans ses propres rangs.

Les Saints

Saint Ollanius Pius

Nombreuses sont les institutions de l’Imperium à posséder leurs propres Saints Patrons, des individus considérés comme incarnant les valeurs de ces groupes. Les scribes de l’Administratum, par exemple, vénèrent des Saints incarnant l’exactitude et l’efficacité. Les représentants de l’autorité de l’Adeptus Arbites, eux, vénèrent des Saints ayant pourchassé des coupables jusqu’au fin fond de la galaxie. Aux yeux de la Garde Impériale, Ollanius Pius domine les autres Saints guerriers.

Sur ce combattant, il n’y a aucun fait certifié ou prouvé. Il n’a peut-être même jamais existé, sauf sous la forme d’une concentration de valeurs et d’idéaux à même de motiver la Garde Impériale. Les légendes prétendent qu’Ollanius n’était qu’un simple soldat. Le hasard voulut qu’il combattît à côté de l’Empereur lui-même, et qu’il intervînt, d’une façon ou d’une autre, afin de le protéger au prix de sa vie d’un coup mortel porté par un ignoble traître. Il existe de nombreuses variantes de cette histoire, et le Ministorum ne l’a jamais, à aucun moment, officialisée. De fait, d’autres entités au service de l’Imperium s’enorgueillissent de la même légende, y compris l’Adeptus Astartes, qui prétend que Rogal Dorn, Primarque du Chapitre des Imperial Fists en a fait de même, mais sans y perdre la vie, il y a des milliers d’années.

Même si les véritables détails de la vie d’Ollanius Pius ne seront probablement jamais connus, des effigies de ce dernier se trouvent dans toutes les chapelles de la Garde Impériale, ainsi que sur les bannières de milliers de régiments. Sa mort montre que même le plus humble des soldats peut servir aux côtés des plus grands, et que ses exploits peuvent changer le cours de l’Histoire.

Les Saints sont des mortels touchés par la grâce de l’Empereur qui par décret de l’Ecclésiarchie ont été élevés au-dessus du reste de l’humanité. Il s’agit d’individus exceptionnels et sacrés, dont les paroles et les actes sont tenus pour être une intervention directe de l’Empereur. Pendant la dizaine de milliers d’années de l’Age de l’Imperium, des millions d’hommes et de femmes ont été canonisés, dans bien des cas longtemps après leur mort, et seulement au terme de plusieurs décennies d’un procès. La plupart ne sont connus et vénérés que dans une région particulière, mais certains, tel Sebastian Thor, sont célébrés dans tout l’Imperium.

Des hommes et des femmes peuvent être déclarés Saints pour de nombreuses raisons. Généralement, c’est parce qu’ils ont rendu de grands services à l’Imperium et au Credo Impérial. Dans une galaxie déchirée par la guerre, il n’est pas surprenant que nombre d’entre eux fussent de grands guerriers à la tête de croisades massives, lesquelles annexèrent de vastes portions de l’espace, ou libérèrent des planètes du joug de Xenos ou d’hérétiques. Certains étaient des généraux ou des amiraux, alors que d’autres n’étaient que de simples fantassins qui, en faisant leur devoir, réussirent à changer le cours d’une bataille ou même de l’Histoire.

D’autres Saints étaient de grands professeurs ou orateurs, des hommes et des femmes qui d’une simple parole ou missive, obtenaient ce que des millions de soldats de la Garde Impériale ne pouvaient pas. Les auteurs des textes religieux les plus érudits sont souvent canonisés. cc qui donne encore plus de poids à leurs enseignements prêchés sur nombre de mondes. De plus. il est de coutume que les Ecclésiarques soient déclarés Saints à leur mon, même si la canonisation de certains prélats moins aimés ou moins respectés que les autres peut mettre des décennies ou même des siècles avant d’avoir lieu.

De nombreux Saints sont considérés comme des intercesseurs à qui sont adressés des prières et destinées des offrandes dans l’espoir qu’ils aident le fidèle d’une manière ou d’une autre. On pense que le Saint étant humain, mais également proche de l’Empereur-Dieu, il peut éventuellement intervenir auprès de ce dernier pour obtenir un effet désiré. Certains sont considérés comme susceptibles d’intercéder sur certaines affaires, comme la délivrance du joug Xenos, une traversée sûre du Warp, une bonne récolte ou la performance au combat. Du fait de l’existence d’un panthéon de Saints si étendu, le champ d’intervention de chacun d’eux tend à être très pointu. Certains régiments de la Garde Impériale, par exemple, pensent qu’il y a un Saint spécifique pour chaque fusil laser parmi les milliers de modèles standards existants.

Orthodoxie et Hérésie

« Un homme sans foi est un homme sans âme. Dans l’exercice de ton ministère, tu devras exterminer ces infidèles car ils sont la porte par laquelle s’introduisent les forces du mal. »
- Commandements pour l’Ecclésiarchie

À cause de la diversité d’opinions au sein du Credo Impérial, la ligne entre l’orthodoxie et l’hérésie est souvent très floue. De façon évidente, vénérer tout autre Dieu que l’Empereur est interdit. Rejeter ouvertement le Credo est punissable de mort, tout comme ne pas reconnaître l’autorité de l’Adeptus Ministorum. Alors que ceux qui se tournent ouvertement vers la vénération de Dieux interdits telles que les Puissances de la Ruine ou les seigneurs extraterrestres sont les hérétiques les plus évidents, de nombreuses autres croyances ont été déclarées hérétiques tout au long de l’histoire.

Ce qui compte ou ne compte pas comme une hérésie est généralement déterminé par les plus hautes instances de l’Ecclésiarchie. De grandes divisions de l’Adeptes Ministorum n’existent que pour observer et étudier les myriades de sectes qui se développent à travers tout l’Imperium. Des prélats indépendants de haut rang, d’un statut équivalant à celui d’un Cardinal, traquent la souillure de l’hérésie afin de l’éradiquer. Ces Chasseurs de Sorcières deviennent souvent de véritables fléaux pour des secteurs entiers. Bien entendu, la majorité des mondes de l’Imperium étant éparpillée et isolée, une secte peut donc prospérer sur un monde particulier de nombreuses années, avant qu’un Cardinal ou un Chasseur de Sorcières ne débarque de son vaisseau et ne la déclare hérétique. Ce qui arrive ensuite dépend entièrement de la façon d’agir de l’officiant. Certains peuvent créer des tribunaux et procéder à des jugements. D’autres vont exécuter sommairement les dirigeants de la secte et instaurer un programme planétaire de rééducation religieuse afin de purger toute doctrine déviante. Les plus extrêmes, comme le fameux Chasseur de Sorcières Tannenburg, passent des planètes entières par le bûcher au moindre soupçon d’hérésie.

L’accusation d’hérésie est souvent utilisée comme une arme pour ceux qui veulent prendre l’ascendant sur les autres. Cela peut se produire à de multiples niveaux. Un débat rationnel entre deux frères Cardinaux peut s’arrêter abruptement si l’un es deux se met à accuser l’autre d’hérésie. Un diocèse qui a du mal à respecter l’échéancier concernant la dîme peut être remis au pas simplement en prononçant le mot. Une telle accusation est cependant une arme grossière qui peut tout à fait se retourner contre son utilisateur, car certains accusés peuvent avoir des alliés ou des supérieurs dont on ignorait tout, et une guerre sanglante entre factions peut en résulter.

Il y a plusieurs variantes de la foi dans l’Imperium que l’Ecclérchie n’a pas d’autre choix que de tolérer, même si fondamentalement elle n’est pas d’accord avec leurs principes. Les cultes de Adeptus Astartes en sont un parfait exemple. Chaque Chapitre de Space Marines est loyal envers l’Empereur et son Primarque mais ne vénère habituellement pas l’Empereur en tant que Dieu. Pour eux il s’agit d’un homme, quoique le plus grand ayant jamais vécu. Ceci va à l’encontre du principe le plus important Credo Impérial et a été à de nombreuses reprises la source de grandes tensions, et même d’hostilité ouverte entre les deux organisations. Dans l’ensemble cependant, l’Adeptes Ministorum et l’Adeptus Astartes essayent de conserver de bonnes relations, car les Space Marines sont littéralement les descendants de l’Empereur par le sang de leurs Primarques, sang qui coule toujours dans leurs veines depuis l’incarcération du Maître de l’humanité.

Le Culte Mechanicus est une autre foi déviante qui met souvent l’Ecclésiarchie dans une position délicate. Les Technoprêtres de l’Adeptus Mechanicus vénèrent leur propre Dieu, qu’ils appellent le Dieu-Machine. À l’instar du Credo Impérial, de nombreuses sectes existent au sein de ce culte. Il est communément admis que le Dieu-Machine est en fait une manifestation de l’Empereur, même si la plupart des représentants de l’Ecclésiarchie ont du mal à l’accepter. D’autres sectes peuvent paraître, observées de l’extérieur, idolâtres au possible, vénérant les machines qu’elles doivent entretenir, et commettant des milliers d’autres transgressions punissables de mort selon les lois de l’Adeptus Ministorum. Malgré ces différences flagrantes, l’Ecclésiarchie n’a pas d’autre choix que de tolérer le Culte Mechanicus. Sans les Technoprêtres, l’Imperium serait immédiatement paralysé. Aucune institution ne peut se passer de l’Adeptus Mechanicus, tout comme personne ne refuse les services de l’Adeptus Astra Telepathica ou des Maisons de Navigateurs, aussi déplaisants soient leurs membres.

Mutants et Abhumains

Les enseignements du Credo Impérial mettent souvent en garde contre le danger de la mutation. Il est souvent dit que l’Empereur créa l’humanité en la dotant d’une forme parfaite, par conséquent toute déviation des normes physiques est une indication d’impuretés intérieures. Certains pensent que cette doctrine est tout à fait juste, car il est bien connu que là où le nombre de mutations augmente, l’apparition de Psykers dans la population a tendance aussi à augmenter. D’autres prétendent qu’elles son le résultat d’une corruption mentale, d’une intervention Xenos ou d’une pollution chimique.

Les mutations ont tendance à prendre deux formes. La première est spontanée et peut arriver à tout moment de la vie. Il n’y a souvent aucune cause discernable et ceux qui sont touchés déploient de grands efforts pour dissimuler ces stigmates. Si elle peut être cachée, l’individu mènera une vie relativement normale. Par contre, si elle est si manifeste qu’elle ne peut être dissimulée, le mutant devra sans doute fuir sa communauté et chercher d’autres personnes comme lui pour commencer une nouvelle vie. De nombreuses planètes possèdent des lois très strictes concernant les mutations. Elles peuvent être quadrillées par des « patrouilles de pureté », qui conduisent des raids arbitraires dans les lieux de travail et les habitations, ou mettent en place des barrages filtrants dans les rues, afin d’identifier les mutants. Seuls ceux qui ont le pouvoir politique ou la fortune pour éviter de telles inspections ont des chances d’y échapper. Les maisons nobles les plus influentes sont le sujet de rumeurs accablantes concernant les horreurs génétiques qu’elles ont la réputation d’engendrer.

La seconde forme de mutation est celle qui, avec le temps, s’est stabilisée et qui, jusqu’à un certain degré, est reconnue et tolérée. Ces mutants sont souvent appelés des abhumains. Certaines populations sont grandes et musclées, d’autres râblées et robustes. Au fil des millénaires, ces traits se sont tellement exagérés que de nouveaux chainons de génome humain se sont établis, souvent exacerbés par une ingénierie génétique quelconque. Il n’est pas rare que des explorateurs opérant aux limites de l’Imperium découvrent des populations perdues depuis des temps immémoriaux, et qui ont développé des caractéristiques physiques inhabituelles.

Si la société en question a délibérément opéré une sélection, de telles caractéristiques peuvent être devenues la norme. Cela peut inclure use peau à la couleur étrange, des marques sur le corps, des membres hypertrophiés ou additionnels, la capacité de voir dans le noir, de respirer sous l’eau ou n’importe quel autre trait, parmi des milliers, pouvant être considéré comme une mutation. Le destin de ceux marqués de la sorte est d’être annihilés par des puritains vengeurs, bien qu’il arrive souvent qu’une poignée de survivants soit enlevée par des Inquisiteurs curieux, des Technoprêtres ou autres, pour des recherches futures.

La réaction face aux mutations varie grandement à travers l’Imperium. Sur certains mondes, on ne tolère pas la moindre divergence, et même des mutants stabilisés comme les Ogryns peuvent être abattus à vue. D’autres abritent de grandes populations de mutants, tout en bas de l’échelle sociale, qui sont assignées aux tâches que personne d’autre ne veut faire. Il ne doit pas être considéré que le niveau de civilisation rende plus tolérant, ni que les sauvages d’un monde primitif soient plus ou moins à même d’accepter la présence d’un mutant qu’un noble cultivé. La superstition règne à tous les niveaux sociaux de l’Imperium, depuis les Hauts Seigneurs de Terra jusqu’au plus humble des serfs.

L’attitude des mutants eux-mêmes par rapport au Credo Impérial varie du tout au tout, en fonction du degré auquel on les autorise à y accéder. Des Prêcheurs sont souvent envoyés sur les planètes où une large population de mutants est acceptée, parfois en guise de punition par leurs supérieurs, mais parfois aussi parce qu’ils veulent vraiment aider les abhumains. Leurs sermons prennent souvent la forme d’interminables diatribes, expliquant aux mutants qu’ils sont souillés et anormaux, qu’ils ont beaucoup de chance d’être autorisés à simplement exister, et qu’ils doivent le mériter par leur labeur. Dans le cas des populations abhumaines utiles à l’Imperium, comme les Ogryns et les Ratlings servant dans la Carde Impériale, on fait appel à une version bien plus simplifiée du Credo Impérial qui met en avant les vertus du service et la récompense tout en laissant de côté les doctrines plus problématiques ou complexes. En fait, il a été observé que l’esprit enfantin d’un Ogryn peut être facilement incité à de grands actes de bravoure par les admonestations d’un Prêcheur doué. Les Commissaires de la Garde Impériale sont d’ailleurs dans ce but particulièrement enclins à les provoquer.

Les Xenos

Si le Credo Impérial prêche que les mutants sont souillés et anormaux, les Xenos eux, sont au-delà. La grande majorité de l’humanité est maintenue délibérément dans l’ignorance concernant l’existence des Xenos, bien qu’ils soient souvent utilisés comme des croquemitaines allégoriques avec lesquels le fidèle doit éviter tout contact. Sur des planètes plus isolées ou situées à la frontière, les contingences rendent les contacts avec les Xenos inévitables, par exemple lorsqu’ils sont les seuls à pouvoir fournir une ressource particulière. Certaines colonies lointaines partagent leur planète avec des Xenos autochtones, et des espèces comme les Kroots peuvent à l’occasion servir comme mercenaires impériaux. Globalement toutefois, de tels contacts font l’objet d’un vif mépris et sont ouvertement décriés par les Confesseurs et les Prêcheurs de passage.

Il y a des espèces Xenos avec lesquelles toute forme de contact est absolument interdite, sauf à la pointe du fusil. Alors que certaines de ces espèces sont anthropophages ou réduiraient volontiers l’humanité en esclavage, d’autres sont connues pour leur propension à manipuler et exploiter les faibles d’esprit qui chercheraient à tirer profit d’un rapport avec elles, et dont le contact a causé la perte de tant de marchands et d’aventuriers.

Iconoclasme

Lorsque les ennemis de l’Empereur fondent sur un de ses mondes, les symboles de la foi de l’humanité sont souvent la première cible de la rage des envahisseurs. Avant même que la planète ne tombe, de terribles sacrilèges sont perpétrés contre les majestueuses cathédrales et les serviteurs de la foi impériale subissent souvent d’horribles tortures afin de dissuader de tout acte de résistance. Lorsque des mondes tombent sous la coupe des serviteurs des Dieux Sombres, les bastions de la foi sont ornés avec les cadavres profanés des Prêtres. Leurs frontons, auparavant si admirables, sont barbouillés d’indicibles blasphèmes et les statues des Saints sont renversées.

Sans parler d’un iconoclasme aussi franc, des altérations au sein d’une cathédrale ou d’une chapelle ont souvent été les premiers signes de la présence d’une doctrine subversive. Les Chasseurs de Sorcières impériaux font particulièrement attention aux changements subtils dans l’iconographie, car ils peuvent indiquer qu’un culte local suivant le Credo Impérial a été infiltré par des agents extérieurs ou est en proie à l’hérésie. Parfois, les symboles de religions pré-impériales remplacent ceux du Credo Impérial et les traits des statues sont modifiés non plus pour représenter des Saints de l’Imperium, mais des prophètes bien plus sinistres. Sur le monde de Sabulorb, une statue de l’Empereur fut pourvue de membres supplémentaires par le clergé sous domination extraterrestre, tandis que sur Fenk les autorités de la maison Vaahkon sont toujours à l’affût du moindre signe d’un nouveau culte apostat suppurant dans les lugubres Cités-Ruches.


Discorde au Sein des Pouvoirs Temporels et Spirituels : Conflits de Foi

L’Adeptus Ministorum est le clergé du culte de l’Empereur-Dieu. Cette organisation massive guide les prière de milliards sur d’innombrables mondes séparés par des gouffres de distance, de langue et de culture. Le noyau du pouvoir spirituel et temporel de l’Ecclésiarchie est le Credo impérial et la base de ce culte est la croyance en l’Empereur, son adoration en tant qu’être divin, en Son pouvoir sur les matières spirituelles et temporelles, au pouvoir de la prière et au droit de l’humanité à régner sur les étoiles.

Bien que n’importe quel culte ou secte puisse adhérer au Credo impérial, la possibilité d’interprétation conflictuelle fait qu’en pratique le culte Imperialis est un agglomérat de plusieurs écoles de pensées différentes. Bien qu’ils s’accordent en essence, les cultes et les sectes diffèrent souvent sur des points particuliers de croyance ou de mode d’adoration. Pour beaucoup, l’Empereur est un Dieu de Guerre, pour d’autres un Sauveur et un Porteur de Lumière, et pour certains un sévère Juge des Morts. Inévitablement, de simples différences d’axe de foi peuvent devenir des points d’hostilité et même conduire à répandre le sang. Beaucoup de guerres impitoyables et féroces sont nées encore et encore de telles questions de doctrine.

La Prérogative des Fidèles

« Nous ne sommes que les humbles dépositaires d’une mission sacrée. Nous Devons emporter parmi les étoiles le jugement de l’Empereur. Nous sommes ceux qui apportent Sa miséricorde auprès de nos frères. Nous sommes ceux qui voient Ses signes. Bénis soyons-nous, car si nous échouons dans notre mission, c’est toute la galaxie qui sombrera. »
- Luminorem Majoris Skent Taltos

L’Imperium est imprégné et dominé par la foi. Il n’est pas surprenant que l’Ecclésiarchie soit hérissée par la présomption d’autres organisations impériales, s’offusquant facilement des offenses faites à sa position et à sa fierté. Les membres de l’Adeptus Ministorum se voyant comme les gardiens de la foi qui unifie l’humanité, ils se laissent facilement aller à se prévaloir d’une autorité de droit divin s’étendant au-delà de celle de toute autre organisation impériale. Les premiers à entrer en conflit ouvert et parfois sanglant avec les membres les plus excessifs du Ministorum sont le Technoclergé de Mars et, plus rarement, les Space Marines de l’Adeptes Astartes.

La foi ouvertement déviante de ces organisations alimente les suspicions des pieux depuis des millénaires. Dans leur fierté et leur zèle, certains considèrent qu’il est de leur devoir d’amener la foi de ces corps dans le droit chemin, sous l’autorité du Ministorum. Le résultat est souvent désastreux, l’Astartes comme le Mechanicus étant férocement indépendants et possédant de grands pouvoirs. Plus subtilement, le Ministorum exerce constamment son influence séculaire sur d’autres branches de l’Adeptus Terra à divers degrés. Certainement que, par le passé, certains Cardinaux et prélats sont allés jusqu’à employer le chantage, l’assassinat et même les conflits généralisés pour suivre ce qu’ils considèrent comme la voie de l’Empereur. Cependant, tous ceux qui voudraient voir le retour à un culte tout puissant doivent aussi craindre l’Ordo Hereticus et sa réponse à tant d’hybris et d’audace.

Foi Schismatique et Hérésie

L’hérésie ne se résume pas à des questions de mutation, de sorcellerie et de commerce avec les pouvoirs du Warp. D’une façon plus subtile, cela peut être une question de détails de foi et de cérémonial. Le culte Imperialis accepte assez largement les différents tons de foi. Cependant, sur la périphérie rôdent de nombreuses sectes et groupes qui flirtent avec l’hérésie, déviant du culte Imperialis à un degré tel que leur foi n’est plus sanctifiée. Les pires cas sont déclarés des abominations par les autorités du Ministorum. La frontière entre une foi sanctifiée et une hérésie est fine. De nombreuses sectes ne la franchissent que parce que le centre directeur de l’Ecclésiarchie se décale, les laissant soudainement en dehors du culte Imperialis. Un nombre incalculable de fois au cours des dix derniers millénaires, le Ministorum est parti en guerre contre une partie de lui-même à cause d’un point de dogme.


Sources

  • Warhammer 40 000 JdR - Dark Heresy : Le Sang des Martyrs
  • Codex Chasseurs de Sorcières, V3

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