Bataille du Repos de la Martyre

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« …sinistre cauchemar d’un avenir lointain, où seule la guerre règne et où la galaxie est en flammes… »

« Dans les ténèbres, l'aveugle est le meilleur des guides. En cet âge de démence, faites confiance au fou pour vous montrer la voie. »

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Factions

« Je ne me soucie pas de qui connaîtra la vérité, maintenant, demain, ou dans dix mille ans. La loyauté porte en elle sa propre récompense. » - Lion El’Jonson

La galaxie gothique ravagée par la guerre du lointain futur grouille d’armées de l’Imperium, d’adorateurs des noirs dieux du Chaos et de peuples Xenos belliqueux, tous opposés dans le plus grand conflit que les étoiles elles-mêmes aient connu.
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Personnages

« L’univers est vaste et quoi qu’il advienne, nul ne se souviendra de vous… »

Les Héros et personnages illustres naissent des guerres et des tragédies, luttant et oeuvrant pour réaliser ou lutter contre leur destin, quand ce n'est celui d’un Monde entier ou de l'univers lui-même.

Vous trouverez ici une liste de quelques uns de ces personnages ayant laissé leur empreinte, aussi futile soit-elle, au milieu des conflits sans nombre du sombre univers de Warhammer 40.000.
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Batailles

« Dans l’obscurité, je serai la lumière.
Dans le doute, je garderai la foi.
Dans la rage, j'affinerai mon talent.
Dans la vengeance, je n'aurai nulle pitié.
Au cœur de la bataille, je n'aurai nulle peur.
Devant la mort, je n'aurai aucun regret... »

- Liturgie de Bataille des Blood Ravens
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« L’Omnimessie a rempli la galaxie de mystères afin que nous puissions les découvrir et pour nous rapprocher de Sa perfection. Les ignorer même en temps de guerre, est une hérésie. »

- Archimagos Belisarius Cawl.
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Jeux de Rôle

Liste des jeux de rôle papier connus mettant en scène l’univers de Warhammer 40.000, ainsi que les carrières (rôles) que des joueurs pourraient potentiellement interpréter en tant qu’Humain, Xenos ou Hérétique dans ce type de jeu.

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La Bataille du Repos de la Martyre.
La corruption qui se répand de la Grande Faille ne connaît aucune accalmie. Les Sœurs de Bataille sont acculées, à l’instar des innombrables guerriers de l’Imperium qui combattent des hordes d’hérétiques, de mutants et de Xenos.

En défendant le monde cardinal d’Alexistor contre les forces du Chaos, les Sœurs de Bataille de l’Ordre de Notre Dame des Martyrs virent une aura miraculeuse repousser une ignoble contagion psychique. Immunisés contre l’infâme épidémie qui se propageait, les sites sacrés dédiés à Sainte Jheraldine devinrent des lieux de vénération. Mais les émanations bénies s’estompaient, et des visions apprirent aux Sœurs que l’esprit de la sainte était en danger.

Sous le commandement de la Palatine Erika Luminas, une mission de l’Ordre embarqua dans une croisade jusqu’au Repos de la Martyre - le monde qui abritait la dépouille de Jheraldine et les reliques sacrées lui ayant appartenu. La mission de Luminas consistait à récupérer un artefact béni dans l’espoir de stopper la progression du fléau, et si possible, de purger toute corruption de ce inonde.

Malheureusement, à leur arrivée, elles découvrirent une invasion sacrilège de Xenos. Les Drukharis avaient transformé Pureté, la capitale de ce monde, en une immense arène de gladiateurs. Ses habitants terrifiés étaient désormais la proie d’une traque abjecte, orchestrée par Lelith Hesperax, la championne incontestée des Drukharis. Les avenues bordées de statues s’étaient transformées en terrains de chasse, jonchés de pièges diaboliques. Cherchant à étendre son influence parmi ses congénères dépravés, Lelith avait promis à ses adeptes sadiques un spectacle aussi époustouflant que meurtrier. Mue par la rage et la ferveur, Luminas mena ses Sœurs au combat en jurant de venger la profanation de ce lieu sacré. Lelith et ses guerrières fondirent sur les Sœurs de Bataille, se délectant à l’idée de briser les convictions dévotes de l’Adepta Sororitas.

Visions Blasphématoires[modifier]

Dans l’Ultima Segmentum, des sous-secteurs entiers de la Zone de Guerre Metalica étaient en proie à la guerre et à la corruption. Le monde cardinal d’Alexistor, défendu en masse par l’Ordre de Notre Dame des Martyrs, parvenait encore à mater les insurrections de cultistes et à enrayer la propagation d’une peste maléfique, mais pour combien de temps ?

La maladie qui sévissait sur Alexistor avait commencé sous la forme d’un malaise épuisant. Elle s’était répandue parmi les taudis surpeuplés des pèlerins, entasses aux abords des palais et des macrotemples. Prélats et évêques n’y accordaient toutefois que peu d’importance, car des considérations plus urgentes les préoccupaient. Un grand nombre de systèmes voisins avaient été brutalement envahis par les hordes blasphématoires de la Death Guard, et les défenses du secteur Alexistor étaient éparpillées. Les guerrières de l’Adepta Sororitas stationnées sur Alexistor se préparaient à défendre ses remparts dorés, ses fortifications sacrées et ses Sanctums de Bataille. Chacun de ces complexes sacrés était dédié à des saints consacrés par les Cardinaux-Astra, mais l’essentiel était consacré à Sainte Jheraldine, "la Pure", patronne d’Alexistor.

L’aggravation soudaine de la maladie compliqua les préparatifs militaires. Les rapports égrenés par les Chérubins biomécaniques indiquaient que l’épidémie s’était propagée aux taudis entourant une douzaine de palais. Dans les lieux de culte, une démence impie avait donné naissance à des sectes écœurantes, ralliées par les malades en quête de salut, dont le nombre enflait à mesure que la peste faisait de nouvelles victimes. Avec une haine vertueuse, l’Ordre de Notre Dame des Martyrs repoussa des masses d’hérétiques. D’innombrables malades furent immolés, ce qui n’empêcha pas la contagion de progresser. Seuls les Sanctums de Bataille dédiés à Sainte Jheraldine semblaient épargnés.

Un Miracle en Péril[modifier]

Pour la Commandante-Chanoinesse Joghilde, cette exception tenait du miracle. Une aura divine de sainteté semblait baigner les sites sacrés de Sainte Jheraldine. Les hordes grouillantes d’anciens pèlerins avaient beau se jeter contre les fortifications, la maladie surnaturelle - car les Sœurs de Bataille étaient désormais persuadées qu’il s’agissait de sorcellerie - épargnait les guerrières qui combattaient dans l’ombre des sanctums. Malgré l’intensité des combats et l’horreur de ces exterminations, les Sœurs tenaient bon.

Pourtant, il devint rapidement évident que l’aura de Jheraldine commençait à s’estomper.

Jusqu’alors tenue à distance, l’infection se rapprochait. Chaque jour, les Sœurs qui défendaient chacun des Sanctums de Bataille étaient repoussées, les lignes de combat rongées par l’épidémie. Dans la capitale, elles entonnaient des prières à la patronne du monde, invoquant la faveur de Sainte Jheraldine dans l’espoir de renforcer sa protection par leur foi. En quête de conseils, la Palatine Erika Luminas entama une veille solitaire au sein du Sanctuaire Ecclesior, premier lieu de culte à avoir été dédié à Saint Jheraldine sur d’Alexistor. Lorsqu’elle en émergea, livide et tremblante de colère, elle informa la Chanoinesse d’une vision divine.

La Palatine Luminas prétendait avoir été visitée par Jheraldine en personne. Selon elle, la sainte lui aurait révélé que le site de sa plus grande victoire aurait été profané, mettant son esprit en péril. Luminas était persuadée que cette prophétie ne pouvait mener qu’à un seul endroit : le monde où Sainte Jheraldine était tombée, et où ses ossements étaient conservés : le Repos de la Martyre. Si ces artefacts étaient menacés, si le salut de la dépouille sacrée pouvait repousser cette maladie infecte, l’Ordre devait agir au plus vite. Sur décision de la Chanoinesse, Luminas prit la tête d’une mission et se mit en route.

Que le Spectacle Commence[modifier]

Alors que la Palatine Luminas ignorait tout de la nature du blasphème révélé par la sainte, le cerveau cruel qui en était à l’origine se délectait à l’avance. Lelith Hesperax, championne des arènes Drukhari, avait maintenu sa position en offrant à son public les spectacles les plus grandioses et sanglants. Si elle relâchait sa garde ne fût-ce qu’un instant, si elle semblait perdre une once de contrôle ou échouait à offrir les divertissements macabres que ses spectateurs exigeaient, d’autres Succubes sauteraient sur l’occasion de prendre sa place.

Par l’intermédiaire d’un réseau d’espions, de renégats et d’amants, la Reine des Poignards avait appris que ses rivaux exploitaient l’anarchie et la misère déchaînée par la Grande Faille. D’autres Cultes Cérastes en avaient même profité pour attaquer son propre Culte de la Discorde. Des raids dans l’espace réel visant à capturer des esclaves ou à assouvir leurs vices ignobles, se multipliaient, alors que les mondes des autres races, particulièrement ceux des Humains - les mon-keigh en langage Aeldari - étaient devenus vulnérables.

Rapidement et discrètement - non pas par crainte de ses rivales, mais dans le but de surprendre et de satisfaire son public - Lelith élabora ses plans machiavéliques. En torturant des esclaves mon-keigh, la Reine des Poignards apprit l’existence du Repos de la Martyre. Les humains de la région considéraient cet endroit comme un monument splendide et triomphal. C’était un monde dédié au sacrifice et aux morts, doté de cités-sanctuaires dont les forêts de flèches, les catacombes caverneuses et les labyrinthes d’allées, de places et de ruelles en faisaient le lieu idéal pour ses vils desseins. Elle y organiserait le plus grand spectacle que ses congénères blasés aient jamais vu. Il ne s’agirait pas d’un simple raid. Ce serait une démonstration de force et d’excès, qui cimenterait sa réputation pendant un long moment. Il était également impératif que les cités du Repos de la Martyre soient bien défendues, car que serait la chasse sans le frisson du danger ?

Cauchemars de la Nuit[modifier]

Jheraldine la Pure

La Sœur Supérieure Jheraldine Vorta de l’Ordre de Notre Dame des Martyrs tomba en défendant le Credo Impérial au 39e Millénaire. Sur le monde de Sangheist, le Culte du Troisième Œil se dressa contre l’autorité de l’Empereur et se livra à des rituels d’invocation démoniaque. Lorsque l’Adepta Sororitas s’abattit sur le culte pour accomplir Son jugement, elle découvrit que ce que les autorités de Sangheist avaient pris pour des mutations était en fait la marque de la possession.

Plusieurs témoins affirmèrent que Jheraldine mena l’assaut avec sa lame nimbée de la lumière ce l’Empereur. Alors que des dizaines de ses Sœurs succombaient aux infections du Chaos comme aux armes des cultistes, Jheraldine taillait en pièces les foules contaminées. Lorsqu’elle tomba sous les coups d’une horde de possédés, sa prière d’exhortation fut reprise par ses Sœurs, qui redoublèrent de vigueur. Son sacrifice permit d’éradiquer le culte en quelques jours et son nom devint synonyme de pureté.

Même si l’épuration prit des années, le monde de Sangheist fut enfin déclaré purgé de toute souillure - et de presque tous ses habitants. Rebaptisé le Repos de la Martyre, il devint un monde mausolée, et le Synode Ministra canonisa la Sœur Supérieure.

Aujourd’hui, la dépouille de la sainte attire des foules de riches pèlerins. En plus des leurs modestes armées, de loyales compagnies de l’Astra Militarum se sont déployées sur le Repos de la Martyre, et de zélotes guerrières de la foi protègent les prêtres de la planète. Le monde foisonne de cathédrums et de sanctuaires dédiés au sacrifice de Jheraldine, ouverts aux pèlerins, mais ses restes sont gardés secrets par des Sœurs des Ordres Pronatus. Sur Alexistor, la Chanoinesse Joghilde avait consulté des données, scellées dans des tablettes de cryocire depuis l’inhumation de Sainte Jheraldine. Grâce à ces dernières, elle perça le secret de l’emplacement des ossements de la sainte : la chapelle de Dolmar Vettica, dans la cité sanctuaire de Pureté.

La cité-sanctuaire de Pureté vit dans une pénombre perpétuelle depuis des siècles. Mais malgré le brouillard de l’encens et des nuages de cendres crématoires, la lueur des étoiles et de dizaines de plateformes orbitales décorait encore le ciel nocturne. La veille du jour où la terreur s’abattit sur la cité sacrée, ces lumières réconfortantes s’éteignirent l’une après l’autre.

Tout commença par des défaillances mineures et des fluctuations de courant parmi les relais de communication qui gravitaient autour du Repos de la Martyre. Les Technoprêtres épluchèrent des flopées de données doctrinales en suppliant les Esprits de la Machine de reprendre leurs protocoles sacrés. Le relais le plus éloigné tenta d’effectuer une purge scripturale des systèmes de raccordement. Ses signaux s’interrompirent comme prévu, mais ne reprirent pas. Des vaisseaux de surveillance intersystème partirent alors enquêter sur ce mystère.

Les relais internes constatèrent une panne de courant sur leur plateforme sœur avant même que les vaisseaux ne l’atteignent. Les capitaines ne répondirent à aucun des messages pourtant envoyés avec le plus haut degré d’importance. La dernière chose que les plateformes de relais internes captèrent fut l’arrêt des réacteurs et des trajectoires erratiques, comme celles d’épaves à la dérive.

Sur les avenues dorées et les grandes places ornant la cité-sanctuaire de Pureté, des visages inquiets se tournèrent vers le ciel. La nouvelle s’était propagée à travers les riches pèlerins, les groupes de prêtres et de prélats, et les foules d’artisans qui peinaient pour maintenir la grâce de Pureté.

Aucune attaque, aucune flotte ennemie n’était en vue. Mais une rumeur prétendait que les Astropathes de Pureté avaient entendu les équipages de ces plateformes hurler. Les gouvernants cherchèrent de l’aide et des informations auprès des autres cités sanctuaires du Repos de la Martyre, mais si des événements similaires s’étaient produits au-dessus de leurs sites sacrés, rien n’en filtra. Pureté était isolée. Puis la nuit tomba, ou plutôt se leva.

Par-delà les autocrématoriums, les façades voûtées des macrochapelles, les manufactorums, les blocs d’habitation et les complexes de service situé en périphérie de Pureté, une étrange ombre noire s’étirait. Le ciel nocturne demeurait d’un bleu profond, plus intense encore à présent que la lumière de la dernière station orbitale s’était éteinte. Dans plusieurs quartiers, des foules de pèlerins pris de panique se mirent à courir dans les rues, et des groupes de fraternités de Croisés rétablirent l’ordre avec brutalité.

Le banc de brouillard engloutit la lumière. Des véhicules clinquants transportant l’élite de la planète et des groupes armés de pèlerins s’aventurèrent dans la brume pour tenter d’évacuer la cité-sanctuaire. Quelques mètres plus loin, ils furent happés par la pénombre. Les témoins de la scène entendirent des hurlements effroyables, qui brisèrent le verre et déchiquetèrent le métal. Tout autour de lui, le voile fit de nombreuses victimes et les habitants de la ville se rendirent comte qu’ils étaient piégés. Le dôme s’éleva jusqu’à recouvrir le ciel. C’est à ce moment-là que les agresseurs de Pureté se dévoilèrent.

Premier Acte[modifier]

Les Drukharis avaient investi l’enceinte de Pureté depuis un long moment. Cachés derrière des voiles fractals, ils patientaient, conformément aux ordres de Lelith. L’attente était insupportable, et l’élimination des stations orbitales s’était faite au prix d’une débauche de ressources, mais tout s’était déroulé selon les plans de Lelith. Voir la peur se former dans le regard éteint, bovin, des humains avait été une délicieuse mise en bouche et une nouvelle preuve de la nature primaire de leurs proies.

Au fil des jours, les Drukharis avaient caché des dispositifs au-dessous de chapelles oubliées et de dépôts abandonnés. Haut de près de deux mètres, chacun de ces instruments était composé de protubérances barbelées, de nervures métalliques violacées et d’excroissances biologiques hideuses qui palpitaient de manière visible sous leurs flancs poisseux. La brume Drukhari s’en était échappée pour former une cascade de vapeur inversée. À l’intérieur, les dimensions se chevauchaient et fusionnaient, emplissant les cieux d’Ur-Ghul, de Mandragores à la peau d’ombre et de bêtes Xenos affamées et tourmentées. Ils s’assureraient que personne ne s’échappe de la ville.

Les agents de Lelith avaient non seulement disséminé leurs appareils maléfiques, mais aussi des pièges d’une ruse et d’une malveillance infinies. Via des Fléaux messagers, ils avaient reçu des instructions sous la forme de missives qui les contaminèrent grâce à un virus à retardement. Lelith leur promit un antidote une fois leur mission achevée avec succès. Les pièges devaient être placés dans des périmètres spécifiés par ses soins sans qu’elle ait connaissance de leur emplacement exact - car à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Les agents moururent les uns après les autres, certains ayant cru jusqu’au bout que Lelith tiendrait sa promesse.

Le décor était planté. Lelith orchestra alors sa grande première. Son plan était audacieux, même au regard des normes de son espèce. Lelith avait pris au piège une cité impériale tout entière. Ce n’était certes pas l’une de ces Ruches dans lesquelles vivaient des millions d’humains, mais ce monde avait une grande valeur aux yeux de leur race. L’une des figures déifiées des mon-keigh était liée à cette cité. D’après ses informateurs, l’aura de soi-disant "sainte", censée éclipser les âmes ces pitoyables mortels, émanerait de sa dépouille. Si c’était vrai, ce butin contribuerait à effacer la dette qu’elle avait contractée pour organiser ce spectacle.

En plus de satisfaire les nobles qu’elle avait invités à assister ou à participer aux festivités, selon leur bon plaisir, ce spectacle serait l’occasion de briser la foi des humains qui se verraient trahis par leurs croyances. L’Imperium considérait cette cité comme sublime ; Lelith la corromprait. Pureté comptait quelques personnalités que le commandement impérial estimait au plus haut point en plus d’un grand nombre d’individus dont les vies n’avaient aucune importance. Il y avait là des prêtres vulnérables et des guerriers endurcis. Il était important pour Lelith que Pureté abrite des combattants zélés et talentueux, du moins selon les normes mon-keigh. La cité tout entière deviendrait un labyrinthe meurtrier empli de proies qui combattraient, fuiraient, hurleraient et mourraient.

Perchée au sommet d’un dôme de marbre, le regard des Cérastes braqué sur elle, Lelith tendit un bras dans l’air d’un geste nonchalant. Aussitôt, la vapeur noire au-dessus de la cité se mit à convulser et à bouillonner. L’air se réchauffa et les premières gouttes d’une substance éthérée presque noire s’abattirent sur les sculptures immaculées et la peau pâle des Drukharis. En quelques instants, Pureté et tous ses habitants furent imprégnés d’une matière visqueuse, semblable au sang.

L'Horreur Dévoilée[modifier]

La Mission du Châtiment Providentiel avait été consacrée à la hâte par la Chanoinesse Joghilde, et bénie par le Cardinal Bor d’Alexistor. Tandis que la Palatine Luminas et que ses Sœurs enchaînaient les séances de prière et de pénitence, des tempêtes Warp qui auraient ravagé des flottes plus importantes secouèrent les vaisseaux sans faire plus de dégâts. Luminas était persuadée que l’Empereur les protégeait, et quel que soit le cauchemar qui les attendait sur le Repos de la Martyre, la seule chose qui comptait était de Le remercier de Ses bienfaits en rapportant la dépouille de Jheraldine à Alexistor.

Lorsque les vaisseaux de la Mission arrivèrent à la lisière du système, ils émirent des signaux en direction du Repos de la Martyre. Aucune réponse ne leur parvint depuis les relais extérieurs, les émetteurs de louanges situés dans la capitale, Pureté, ou d’autres vaisseaux intrasystème. Luminas refusa sèchement d’obéir aux protocoles d’attente. Il était impossible de savoir à quel point Alexistor était infecté. La Palatine ordonna un déploiement immédiat.

Après un atterrissage silencieux, qu’aucune communication ne vint interrompre, la Palatine Luminas émergea de son vaisseau, émue à l’idée de fouler un sol aussi sacré. Mais à l’approche de la périphérie de Pureté, son sang se figea dans ses veines. À la place de la cité-sanctuaire, Luminas vit une énorme masse noire, qui se détachait à peine sur le ciel nocturne, et sentit son estomac se retourner de dégoût. Elle ordonna aux transports blindés de resserrer les rangs, précédés par des fantassins. Des Immolators crachèrent des psaumes et des hymnes amplifiés par des émetteurs sculptés. Se plaçant à leur tête, Luminas entonna la Doctrine de la Répulsion. La Mission du Châtiment Providentiel s’enfonça dans les ténèbres et disparut des senseurs des vaisseaux restés en orbite.

Les sons étaient étouffés à l’intérieur de la brume noire. Les torches que portaient certaines Sœurs brûlaient ardemment, mais leur lumière ne s’étirait qu’à quelques centimètres. Nullement impressionnées, les Sœurs donnèrent de la voix. Soudain, deux d’entre elles furent happées par des horreurs dégingandées armées de lames crochues. Les rugissements de haine des deux Sœurs s’accompagnèrent de volées de tirs de Bolter avant d’être réduits au silence. Des tirs résonnèrent de toutes parts, la Mission traquant le moindre mouvement ennemi tout en poursuivant sa marche implacable. Des mains griffues émergèrent du noir et une autre Sœur disparut en hurlant de rage. Des silhouettes indistinctes esquivaient les Bolts et les flammes des Sœurs. D’autres semblèrent s’évaporer, réduites à des mares noires ou reculèrent en laissant des traînées de sang dans leur sillage.

La discipline de la Mission commençait à user l’ennemi. La Palatine Luminas poussa ses Sœurs à avancer. Le sacrifice de leurs camarades embraserait leur détermination et les vernit triompher, jura-t-elle. Soudain, les créatures se replièrent d’un bloc, comme en réponse à un appel, et la Mission de Luminas émergea de la pénombre aussi rapidement qu’elle s’y était engouffrée. Alors que le voile se levait devant elle, la Palatine prit un air stupéfait : un dôme d’ombre semblait recouvrir la cité-sanctuaire.

Une vision cauchemardesque s’offrait à elle. Chaque surface des galeries et des statues antiques était couverte d’une pellicule noire, semblable à du sang coagulé, que Luminas ne parvenait pas à identifier. Des corps et des membres pendaient à des pointes fichées dans les murs. Les restes sanguinolents de soldats ou de prêtres étaient emmaillotés dans des filets argentés semblables à des toiles d’arachnides mécaniques. L’odeur du sang et d’autres fluides masquait le parfum de l’encens. Des cris et des hurlements emplissaient l’air, certains de douleur et de terreur, d’autres d’euphorie. Le craquement caractéristique d’armes impériales résonnait au loin, preuve que les serviteurs de l’Empereur résistaient encore. La Palatine comprit alors que sa Mission ne pourrait pas purger la ville de ses envahisseurs. Ses Sœurs et elle étaient prêtes à se sacrifier, mais leur objectif principal était de rapporter les ossements sacres à Alexistor. Cette invasion serait punie ; la vengeance de l’Empereur était inéluctable, mais son accomplissement ne saura entraver son serment de repousser le fléau qui accablait Alexistor.

La Mission de Luminas se hâta vers la Chapelle de Dolmar Vettica, mais les responsables de la déchéance de Pureté ne tardèrent pas à apparaître. Devant les Sœurs, des Gardes Impériaux vétérans reculèrent d’un carrefour en arrosant l’embranchement de tirs de laser et de fusils à pompe et en changeant constamment de ligne de mire. Une dizaine de Cérastes Drukharis bondit dans leur sillage. Un unique Xenos tomba sous le déluge de tirs, et en un éclair, les autres fondirent sur les Gardes pour les trancher de leurs lames acérées. Alors que les Gardes s’efforçaient de se replier, Luminas et ses Escouades de Retributors comblèrent l’écart. Ravis de ces proies de premier choix, les Cérastes se ruèrent sur les Sœurs de Bataille. La Palatine donna l’ordre d’ouvrir le feu eu tirant de son propre pistolet, puis un déluge de prométhéum et de projectiles explosifs éradiqua les Cérastes dans un brasier vengeur.

Les Gardes Impériaux, frappés de stupeur par cette intervention miraculeuse, faisaient des proies faciles pour leurs assaillants. Une pluie de cristaux imprégnés de toxine s’abattit sur eux depuis les alcôves noires. Les Sœurs délivrèrent une volée de tirs de Bolter et une silhouette ailée tomba. Les Fléaux survivants les survolèrent en poussant un cri moqueur, et s’en allèrent avertir Lelith de la présence de nouvelles proies.

Pièges Diaboliques[modifier]

Lelith Hesperax n’avait nul besoin de ces informations ; rien ne se passait dans son arène sans qu’elle n’en ait connaissance. Celle-ci était constituée de la même substance que la brume qui ceinturait la cité, afin de laisser l’ennemi pénétrer à l’intérieur. Les forces les plus importantes se verraient dispersées et isolées par sa géométrie démente, tandis que les Cérastes saperaient leur puissance de feu et leur moral. Il fallait constamment surprendre les foules qui savouraient les exploits de son culte depuis les barges nimbées d’illusions qui encerclaient la cité. Pour ce faire, Lelith avait besoin de faire entrer de nouvelles forces dans son arène.

Les guerrières humaines qu’elle surveillait avaient agi de manière surprenante, piquant ainsi sa curiosité. Elles n’avaient pas tenté d’éliminer les Cérastes de Lelith ou les mercenaires qui combattaient à leurs côtés. Les mon-keighs en armure progressaient avec détermination, en direction d’un but bien précis. Lelith voulait savoir pourquoi. Peut-être pourrait-elle se servir de l’objet de ce désir comme d’un délicieux tourment ? Celles qu’elle déciderait de capturer vives pourraient peut-être la guider vers la dépouille sacrée qu’elle cherchait encore. Les cadavres de dizaines de victimes étaient entassés en une pile sanguinolente à ses pieds. Malgré toutes les tortures qu’elle leur avait infligées, aucune d’elles n’avait été en mesure de lui révéler le site des ossements de la sainte.

Lelith savait qu’elle devait abreuver ses mécènes de nouvelles souffrances. La violence et la diversité de ses pièges avaient suscité un grand engouement. Grâce à l’ingéniosité et au savoir-faire des arcanologues de Commorragh, leur degré de dangerosité avait été calculé pour instiller le plus de peur et de douleur possible. Des fosses à gravitons se compactaient lentement pour broyer leurs victimes. Des toiles de microfilaments s’étiraient entre les murs sculptés, leurs fibres barbelées conçues pour déchiqueter la couche extérieure de la peau tout en laissant les ligaments et les os en assez bon état pour s’agiter. Tels des rasoirs invisibles, des disloqueurs de temps cisaillaient ceux qui passaient à portée, laissant des morceaux de visage, de torse ou de membres suspendus dans l’air. Certains submergeaient leurs victimes d’illusions ou d’attaques auditives douloureuses qui les laissaient étourdis. Des pièges à action plus lente permettaient aux spectateurs d’observer la progression de leurs victimes alors qu’ils tentaient d’échapper aux Cérastes. Des nanofléchettes inoculaient des créatures microscopiques à croissance accélérée qui dévoraient leurs hôtes. D’autres instruments amalgamaient l’encens et la fumée à un mélange de spores contenant des virus colorés. Les nobles Drukharis faisaient des paris sur la durée d’incubation, le nombre de victimes ou ceux qui se manifesteraient en premier - la Peste de Verre, la Flambée de Mil ou quelque chose de nouveau.

Les pièges prenaient une multitude de formes, et à intervalles aléatoires, ils changeaient d’emplacement, de fonction ou de mode d’activation. Malgré tout, Lelith fut informée d’une baisse d’intérêt. Par l’intermédiaire de ses Fléaux, elle apprit qu’une partie des barges de l’élite avait quitté l’orbite de Pureté pour revenir à Commorragh, la noblesse décadente déjà blasée.

Il lui fallait quelque chose de plus, qui fasse la différence avec les autres arènes. Ignorant les autres participants qui chassaient à travers la ville, dont certains furent fauchés par les tirs des gardiennes zélotes, elle se faufila comme un chat à travers la cité-sanctuaire, accompagnée d’un petit groupe d’adeptes. Elle avait hâte d’en découdre directement avec ces guerrières en armure ; ce combat serait sûrement une excellente occasion de pimenter son spectacle.

Chasse à l'Âme[modifier]

Dans la Chapelle de Dolmar Vettica, la Palatine Luminas constatait la profanation des lieux. Les Drukharis étaient passés par là, et des corps, humains pour la plupart, gisaient dans tous les clercs et cellules. Dans le sanctum interne de la chapelle, Luminas découvrit les corps de Sœurs Pronatus autour d’un autel. Les Sœurs des Ordres Pronatus sont chargées de prendre soin des reliques réparties dans tout l’Imperium, et sans être des guerrières en première ligne, elles sont rigoureusement entraînées à protéger leur foi et ce dont elles ont la charge. La Palatine constata avec satisfaction que plusieurs Xenos gisaient morts, occis par les conservatrices ; des crânes et gorges non humaines avaient été percés par des instruments de précision.

Pendant que ses Sœurs cherchaient des survivants, Luminas s’agenouilla, seule, devant l’autel de la chapelle. Il y avait une possibilité que le reliquaire de la sainte n’ait pas été souillé, car l’autel semblait intact. Luminas serra son chapelet ecclesiasticus, dont elle sentit les perles adamantine malgré son armure, et récita la Supplique Mirabilis comme l’avait recommandé sa Chanoinesse. Dans un sifflement de vapeur bénie, le coffre de stase caché dans l’autel émergea. Or, au lieu des restes préservés de Jheraldine, il s’y trouvait une broche de bronze en forme de cierge allumé : l’icône de l’Ordre auquel appartenaient les Sœurs Pronatus. Ce qui avait ressemblé à la fin cruelle de sa quête et des vies de tous ceux d’Alexistor devint une épreuve de foi aux yeux de Luminas. Avec conviction, elle sut qu’une des Sœurs avait retiré les reliques de peur qu’elles ne soient découvertes. Son zèle renouvelé, la Palatine divisa sa Mission en deux patrouilles indépendantes ayant l’ordre formel de ratisser le quartier de la chapelle en quête d’indices laissas par la Sœur.

Depuis la chapelle, les patrouilles de sœurs se répandirent dans le secteur. Chacune savait quoi chercher, car il existait des protocoles pour cette sinistre éventualité. Les Concordats interordres régissaient le placement de signes sur certaines effigies sacrées : sculptures, fresques et gravures de toute sorte, de la taille d’un poing à celle de voie de transit. L’objet de ces signes et leur placement devaient conduire Luminas au nouveau sanctuaire des reliques, ou au moins à sa gardienne. Des Chérubins biomécaniques portés par des moteurs antigrav, volaient en cercle et contribuaient aux recherches des signes placés par la Sœur Pronatus. Ces Serviteurs développés en cuve avertissaient en outre des Xenos en approche.

Luminas mena une force constituée de ses Retributors les plus imperturbables sur une place encadrée par des colonnes gravées et une statue monumentale. Pendant la recherche, la patrouille se heurta à des Xenos en chasse, dont un fut abattu. Tandis que Luminas indiquait à l’équipage de son transport Immolator d’avancer sur la place, la tête d’un des Chérubins de la patrouille tomba et roula contre un tas de décombres. Luminas vit du mouvement parmi les colonnes. Elle transmit une homélie tactique à sa patrouille ; il fallait tuer ces choses qui les traquaient, mais trouver l’emplacement de la sainte restait la priorité, et nul Xeno ne devait les en écarter.

Chaque quartier de la cité-sanctuaire continuait de sonner sous les cris et les conflits tandis que les divers habitants de Pureté se ralliaient autour de leur foi. Les Gardes Impériaux vétérans tentaient de former des cordons pour guider les survivants derrière des lignes de fortunes. De frénétiques dévots de l’Empereur-Dieu effectuaient des charges désespérées en direction de poche censément isolées de Drukharis. Ils prenaient généralement l’avantage, avant d’être écrasés avec leurs espoirs. Les Drukharis laissés sans soutien servaient d’appâts pour une zone de massacre, où fondaient des guerriers acrobates pour parfaire le balai sanguinaire. Les lignes impériales apparemment sûres tombaient sous les vols de Fléaux et de transport Venom, qui tendaient des embuscades aériennes.

Par dizaines, des prisonniers étaient conduits dans des barges cachées qui volaient en cercle, tirés en hurlant par des crochets ou convoyés tel du bétail effrayé dans des transports antigrav. Les patrouilles de mon-keigh en armures lourdes qui sortaient de la chapelle détruite étaient une autre affaire. Lelith entendit la façon dont certaines de ces guerrières avaient été fauchées, mais il était plus fréquent qu’on lui relate leurs victoires improbables. Elle observait leurs trajets vers les statues en ruines et ce qu’elles considéraient probablement comme des "œuvres d’art", leurs patrouilles refusant d’être dispersées et attirées dans des embuscades tandis qu’elles se rendaient d’un site à un autre.

Elles cherchaient quelque chose, et Lelith savait de quoi il s’agissait : les os d’une sainte censés contenir encore une âme que les Drukharis pourraient torturer. La chapelle avait été ciblée sur ses ordres, d’après une rumeur répandue par un des habitants capturés faisant état d’une relique précieuse qui s’y trouvait. Les Sœurs de la chapelle, plus dangereuses qu’escomptées, s’étaient avérées peu dignes d’intérêt. Elles avaient toutes coupé leurs langues avant l’arrivée des Drukharis, et leurs cris déformés offrirent peu de substance à leurs tourmenteurs. Des limiers d’âmes Drukharis avaient senti la trace des restes de la sainte dans la chapelle. Or, si le crâne et son vestige d’haie avaient bien reposé dans le pathétique coffre de stase humain, songea-t-elle, ils avaient disparu. Que savaient donc ces Sœurs en armure ?

Lelith allait veiller à mettre un terme aux recherches de ces guerrières. C’était sa cité à présent, son arène. Ces créatures respiraient parce qu’elle le voulait bien, et elle allait leur extraire la moindre once de souffrance avant de fouiller leurs esprits en quête de ce qu’elles savaient. Elle passa distraitement un couteau sur la chair de substitution recouvrant la tête du Chérubin qu’un Fléau lui avait rapporté. En regardant une des patrouilles de mon-keigh approcher, Lelith s’autorisa un sourire narquois.

La Coupe en Pleine[modifier]

Luminas récita une prière pour la défunte Sœur Pronatus que les patrouilles avaient enfin retrouvée. Ce fut une courte bénédiction guerrière, tirée du cantique l’Ordre de Notre-Dame des Martyrs, que la gardienne de relique avait amplement méritée. Trois gladiateurs comparables à ceux qu’avait affrontés Luminas gisaient autour de la Pronatus, dont les veines étaient noires du poison qui l’avait tué.

Les signes secrets de la Pronatus avaient conduit les guerrières de Luminas jusqu’aux restes sacrés de Saint Jheraldine. Les reliques avaient été placées dans un coffret blindé, confié à un Chérubin béni des Ordres Pronatus. Le pari était osé, mais la Palatine comprenait sa logique. Les Chérubins étaient des automates, incapables de ressentir la souffrance dont semblaient se délecter les Drukharis. Luminas devina que la Pronatus s’était fiée à la servo-logique du Chérubin pour qu’il reste caché. Ce n’est qu’un détectant l’Adepte Sororitas qu’il révéla sa présence par un hyalite encrypté. Il ne restait plus qu’à sortir de la cité-sanctuaire torturée avec les ossements de Sainte Jheraldine.

Luminas avait peu d’espoir que la situation perdure. Ses appels aux vaisseaux en orbite ne rencontraient que des réponses grésillantes mêlées de cris et de murmures. Alors qu’elle luttait dans la cité-sanctuaire, la Palatine commençait à redouter que la barrière de nuit ne soit peut-être pas aussi aisée à franchir une seconde fois. La Mission avait rencontré des défenseurs impériaux qui criaient être prisonniers des lieux. Fous de peur, certains prétendaient avoir entendu les cris d’agonie de tous ceux ayant essayé de traverser l’obstacle.

Luminas était à présent convaincue que les Xenos avaient permis à sa Mission d’entrer sous le dôme. Ce devait être le fruit de la technologie ou de quelque sorcellerie, car seul l’Empereur-Dieu et les fidèles possédaient des pouvoirs plus nobles. Assistée de ses Sœurs Supérieures, la Palatine établit un plan qui permettrait d’assurer une voie de sortie pour une partie de sa Mission. Quelques guerrières resteraient hors de vue en lisière des vapeurs noires, avec les restes de la Sainte. Des Immolators furent conduits non loin pour déchainer leurs Multi-Fuseurs sur le vaste socle d’une statue de Jheraldine en bordure de la cité. Son piédestal était aussi large d’une voie de transit et l’épée de la sculpture mesurait cinq étages de haut. Luminas espérait que lors de sa chute, la statue taillerait à travers la barrière et perturberait ce qui vomissait la substance noire. Elle ne voyait pas là un sacrilège, mais une façon de permettre à la Sainte de combattre aux côtés des Sœurs.

En raison du temps nécessaire aux Mufti-Fuseurs pour faire fondre le vulpurgite du piédestal, il fallait tenir les Immolators à l’écart des attaques Drukharis. Luminas comptait ainsi attirer l’attention des Xenos sur elle. Ses guerrières empilèrent des cadavres Drukharis avant d’y mettre le feu, puis elle fit un sermon devant les flammes, la voix amplifiée par les haut-parleurs de son armure. Dissimulées, les porteuses de reliques se tenaient prêtes à exploiter une brèche pour s’échapper. Elles étaient les compagnons de la Sainte à présent, et leur détresse de ne pas pouvoir lutter aux côtés de la Palatine était tempérée par le devoir de sauver Alexistor, tandis que Luminas et le reste de sa Mission, allaient vendre leurs vies aussi chèrement que possible.

Lelith retira lentement un couteau de l’œil du Céraste sur lequel elle était accroupie. De douleur et de crainte d’aggraver son cas, le Drukhari poussa un gémissement dont Lelith s’abreuva. Ce survivant serait épargné, pour l’instant. Tout autour d’elle gisaient les autres Cérastes de l’escouade. Lelith les avait surpris en embuscade visant la championne des humaines en armure, non pour s’en amuser, mais pour la tuer. Ils avaient transgressé une directive implicite, celle de s’en prendre à une proie qui lui revenait de droit.

Lelith avait déjà harcelé plus d’une fois la patrouille de la Palatine, en cherchant les signes que les Sœurs avaient découverts au sujet des restes de leur déité. Les exigences de l’arène l’avaient interrompue à plusieurs reprises, afin de veiller à ce que le spectacle de douleur soit aussi varié et décadent que possible. Elle avait jalonné l’avenue de la Martyre de prêtres embrochés, gardés en vie par un procédé occulte. Elle avait donné des lames émoussées à des guerriers endiablés, descendus dans des fosses remplies de créatures de cauchemar, pour voir si les captifs allaient se battre ou tenter de sectionner leurs marbres pour sortir de la fosse. Les rues bordées d’or des quartiers nord de Pureté étaient maculées de la bile de centaines de victimes, dont le tracé dessinait le symbole du Culte de Lelith, à destination de son public en altitude.

C’était pour ces mécènes aisés que Lelith devait produire un final exaltant. Elle s’était impliquée dans chaque pitoyable dernier carré des défenseurs de la cité, mais seule la championne de l’Adepte Sororitas offrait un semblant de défi. À la grande surprise de Lelith, l’humaine avait fauché beaucoup de Drukharis qui avaient reçu l’ordre d’esquiver ses attaques sans la tuer. Les coups de la mon-keigh avaient fait montre d’une efficacité troublante, et plusieurs Drukharis avaient commis des erreurs inexcusables. Tous avaient fait preuve de faiblesse.

Lelith jugea que l’heure du dénouement avait sonné : l’attaque finale qui tailladerait les habitants de la cité. Les spectateurs s’amenuisaient, leurs barges remplies de leur part de captifs. Elle devait achever sa représentation tant qu’il lui restait assez d’influence. Ses espions lui avaient rapporté que des Sœurs de Bataille provoquaient les Drukharis. Elle présuma qu’elles voulaient précipiter une fin qu’elles sentaient proche. Ce n’était pas son intention. Lelith désirait par-dessus tout obtenir les resta pourrissants de leur misérable Sainte. Elle voulait voir se briser la volonté de leur championne quand celle-ci comprendrait que les tailleurs d’âmes de Commorragh allaient jouer avec l’essence de son idole Lelith avait assez attendu ; elle ordonna l’assaut.

Le dénouement de cette bataille reste inconnue.

Source[modifier]

Pensée du Jour : « Ceux qui prétendent ne rien craindre et tout savoir sont des idiots. »
  • Warhammer 40.000 - Piété et Cruauté