Bataille de Calth

De Omnis Bibliotheca
« Si vous devez frapper un ennemi dangereux, votre coup doit être si sévère que vous n’aurez jamais à craindre sa vengeance. »
- Annotation 223.XVII, du Codicille de Roboute Guilliman.

L'Ombre de la Guerre

La Bataille de Calth.
Les années sanglantes du début du 31e Millénaire ont pratiquement mis fin à l’Imperium de l’Humanité. Sur les sables noirs de Isstvan V, le Maître de Guerre Horus avait brisé les Legiones Astartes, jetant la galaxie dans le sang et le feu alors qu’il cherchait à renverser son père-génétique et s’emparer de Son empire à son profit. Là, dans les ténèbres, au bord de la galaxie, Horus lia la moitié des Légions Space Marines en service à sa cause dans le sang de leurs frères tués. Ceux qui étaient restés loyaux étaient soit brisés, soit dispersés dans les coins les plus reculés de l’Imperium par les plans du Maître de Guerre renégat.

Pourtant, malgré tout ce que l’Architraître avait accompli, toute la puissance militaire qu’Horus avait rassemblée sous sa bannière, il ne possédait aucun avantage décisif. La bravoure finale de ces guerriers Loyalistes qui avaient si chèrement vendu leur vie sur les planètes stériles du système de Isstvan avait privé Horus de la possibilité de frapper soudainement Terra et l’Empereur. Le Maître de Guerre ne parvint pas à mettre fin à leur héroïsme par une victoire rapide, car sans la surprise de son côté, seul un nombre écrasant de soldats pouvait espérer briser les défenses du Palais Impérial.

Une fois au courant de la menace que faisait pesée la trahison d’Horus, les innombrables mondes de l’Imperium pouvaient lui rapporter un ost composé de milliards d’hommes et, bien qu’Horus puisse influencer beaucoup de ces planètes par la démonstration d’une violence sanglante ou par des paroles mielleuses, une telle conquête pourrait durer toute une vie. Pire encore, ses frères Primarques, les créations post-humaines de l’Empereur, qui dirigeaient les Légions qui ne s’étaient pas engagées à sa cause ou dont les fils avaient été tués sur Isstvan se rallieraient bientôt contre lui, et leur colère ferait pencher la balance en sa défaveur pour sa conquête galactique.

Bien que Terra se tenait hors de portée immédiate d’Horus, la confusion et la dispersion restèrent la plus grande arme des Traîtres. Ce sont des armes qu’Horus savait bien manier, en tant que stratège de guerre dont les talents avaient été perfectionnés dans la destruction totale d’innombrables civilisations Xenos au cours des longues années de la Grande Croisade et dans les subtils préparatifs qui avaient conduit à sa grande rébellion. Parmi les flottes de ceux qui n’étaient pas alliés à sa cause, quelques vaisseaux à capacité Warp s’étaient échappés du système de Isstvan, portant des avertissements à Terra et à d’autres fiefs Loyalistes. Pourtant, la plupart de ces vaisseaux avaient été réduits en carcasses brisées, dérivant dans l’orbite de Isstvan V, ou avaient déjà été harcelés et poursuivis à travers les sombres systèmes du nord galactique jusqu’à ce que les sous-fifres sanguinaires du Maître de Guerre les isolent et les éliminent. Ainsi, la grande majorité de l’Imperium restait dans l’incertitude concernant les événements en bordure du domaine de l’Empereur, et lorsque les agents et émissaires du Maître de Guerre arrivèrent, ils se trouvèrent un terrain fertile pour les promesses murmurées et les menaces voilées qu’ils apportaient. Beaucoup de forteresses vitales ignoraient aussi la rébellion et ne prenaient aucune mesure pour se prémunir contre la tempête qui allait les frapper ou, pire encore, prenaient les armes au nom d’Horus par crainte des conséquences désastreuses d’une prise de position contre lui. Au sein de la galaxie, Horus conserva donc l’initiative stratégique et la prochaine étape de la guerre serait la sienne.

Bien qu’il puisse sembler inconcevable qu’une trahison d’une telle ampleur puisse rester cachée à l’ensemble de la galaxie, la taille et la complexité même de l’Imperium ont joué en faveur d’Horus. À cette époque, l’Imperium était formé de millions de mondes individuels, de royaumes asservis semi-autonomes et de tributaires liés par traité. Tous étaient séparés par l’immense gouffre de l’espace interstellaire et un mélange presque incompréhensible de langues et de cultures divergentes, dont certaines ne présentaient que la ressemblance la plus ténue avec leur demeure ancestrale dans le Système Sol.

Il est peut-être plus impressionnant encore que la nouvelle d’un événement aussi monumental que la trahison de Isstvan ne soit jamais parvenue à l’Empereur et à Ses conseillers.

Cet Imperium naissant était lié par un réseau fragile de stations relais astropathiques, comptant sur les services de ces Psykers laborieusement formés pour transmettre l’information à travers les réseaux byzantins du royaume croissant de l’Empereur. La communication astropathique a toujours été une science imprécise, avec des messages encodés dans des rêves psychiques fébriles et des allégories complexes échangés par les esprits des Psykers, tous tâtonnant aveuglément dans l’obscurité du Warp pour contacter leurs semblables à des années-lumière. Pire encore, à la suite des massacres de Isstvan, une perturbation commença à se développer à l’intérieur du Warp. Cette perturbation s’étendrait à partir du nord galactique, tordant et déformant la substance des communications astropathiques à travers la galaxie, laissant de nombreux mondes isolés et vulnérables. Les nouvelles de la rébellion d’Horus se réduisirent rapidement à des demi-vérités, des rumeurs et de vagues cauchemars, dont on ne pouvait tirer que peu de faits. Même sur les mondes où des nouvelles crédibles de la rébellion ont été reçues, souvent apportées par des vaisseaux brisés d’une Légion de retour du conflit à Isstvan et sans avoir eu la chance de s’entretenir avec le maître incroyablement distant de l’Imperium sur Terra, il ne pouvait y avoir de réponse rapide, et la panique répandue par cette nouvelle n’a fait qu’aider Horus.

Non seulement la nature de plus en plus tumultueuse des tentatives de communication dans l’espace Æthérique entravait les communications et brouillait les nouvelles de ce qui s’était passé à Isstvan, mais elle avait aussi provoqué la disparition ou la mauvaise orientation d’un nombre encore inconnu d’engins interstellaires. Bien que les déplacements dans l’espace Warp aient toujours été dangereux, le nombre d’approvisionnements et les convois de munitions et de messagers rapides qui se sont égarés ou qui n’ont tout simplement jamais atteint leur destination ont dépassé de loin ceux de tout autre temps, que ce soit avant ou pendant les années qui ont suivi. Beaucoup de redoutables forteresses Loyalistes, par ailleurs solides, ont été dangereusement affaiblies par la rupture soudaine des lignes de ravitaillement, pour ensuite tomber aux mains de forces renégates qui ne semblaient pas être affectées par la turbulence du Warp. Peu de ceux qui étaient au pouvoir à l’époque à travers l’Imperium auraient pu prévoir qu’il ne s’agissait là que des premiers signes d’une catastrophe bien plus grande qui n’avait pas encore été déclenchée.

C’est ainsi que lorsque les osts de l’Architraître Horus se répandirent à partir du cadavre noirci du système de Isstvan au milieu de 006.M31, avançant pour commencer leur conquête de la galaxie, ils le firent d’abord sans rencontrer l’opposition des vastes flottes de l’Imperium.[1]

L'Œil de la Tempête

Le Prix de la Vérité Impériale[2]

Dans les années précédant le retour de Lorgar et la découverte de Colchis par les flottes en expansion de l’Imperium en 857.M30, la XVIIe Légion était connue parmi les vastes osts de la Grande Croisade sous d’autres appellations que "Word Bearers". L’Empereur les appela les Imperial Heralds à leurs débuts, un titre élégant qui montrait le grand dessein pour lequel ils avaient été créés, tandis que leurs compagnons de guerre les appelaient les Iconoclastes, une appellation plus brutale inventée en reconnaissance du zèle avec lequel ils renversaient les temples idolâtres et les bastions cultuels de la Longue Nuit.

Durant les premières années de la Grande Croisade, les Iconoclastes furent les premiers champions de la Vérité Impériale, l’avant-garde de tout assaut contre ceux d’origine humaine qui repoussaient le rêve d’unité de l’Empereur. Ils brûlèrent les villes fantastiques des cultes Psykers, renversèrent les grotesques seigneurs Xenos qui se prenaient pour des dieux et offrirent leurs serviteurs humains à l’Imperium en expansion. Ceux qui s’éloignaient de la Vérité Impériale, qu’il s’agisse de tyrans aliens ou de survivants humains égarés de l’Ère des Luttes, étaient soumis à leur jugement sans compromis. Personne ne pouvait blâmer la dévotion redoutable de ces guerriers, car les flottes des Imperial Heralds étaient à la pointe de la Grande Croisade, purifiant l’émanation de la Longue Nuit avec la puissance terrible de leur détermination sans faille et leur foi aveugle dans les enseignements de leur Empereur. Le décompte de leurs victoires ne pouvait pas facilement être mesuré, bien que certains des cercles les plus élevés de l’Officio Militaris murmurèrent que si les Iconoclastes restaient incontrôlés, ils se retrouveraient avec un empire de cendres et de cadavres, car ce n’était pas le style de la XVIIe Légion de retenir leur colère contre ceux qui ne répondaient pas à leurs normes exigeantes de pureté. Puis vint la découverte de Colchis, et tout changea.

Longtemps en proie à des conflits religieux, c’est sur Colchis que Lorgar, 17e Primarque et futur seigneur des Imperial Heralds, fut réuni avec l’Empereur. Comme pour toutes les Légions, le retour du Primarque de la XVIIe a eu un impact profond sur les Imperial Heralds, un impact qui, à première vue, semblait bénéfique pour leur caractère. Là où les Imperial Heralds étaient autrefois froids et distants envers tout le monde, obsédés par leur propre croisade acharnée, ils développèrent une curiosité pour les mondes de l’Imperium et au sein des nombreuses flottes de la Grande Croisade, ils étaient devenus désireux de s’engager avec leurs frères et de louer leur seigneur nouvellement découvert. Là où la destruction et la mort étaient autrefois leur seul but, Lorgar leur a appris à construire et à croire en la grande vision de l’Empereur pour l’avenir de l’Humanité. On sait maintenant qu’il a également répandu sa croyance erronée en l’Empereur déifié, la religion qu’il avait fondée au moment de l’arrivée de l’Empereur sur Colchis, et que sa diffusion par les Imperial Heralds devait culminer par leur consécration comme Word Bearers. Les annales de la Grande Croisade et d’autres documents historiques contemporains n’enregistrent aucun commentaire de l’Empereur sur le comportement de Lorgar, que ce soit pour le réprimander ou pour l’encourager. On suppose que bien qu’aucune censure ouverte n’ait été enregistrée contre les Word Bearers dans leurs premières années, l’Empereur fit des reproches à Lorgar en privé ; en effet, beaucoup des écrits des frères Primarques de Lorgar permettent de déduire ces reproches, mais elles n’aboutirent à rien. Alors que l’Empereur était apparemment disposé à tolérer cela sans interférer avec le progrès de la Grande Croisade, les nouveaux Word Bearers commencèrent à retarder de plus en plus leurs conquêtes, Beaucoup au sein de l’Officio Militaris et le conseil intérieur de l’Empereur, commencèrent à remettre en question leurs actions. En 963.M30 l’Empereur envoya Malcador le Sigillite, premier de Ses conseillers, et Roboute Guilliman des Ultramarines pour corriger les errements de Lorgar. Sur Son ordre, les Word Bearers furent publiquement censurés et la ville de Monarchia sur le monde lointain de Khur, avec ses faux temples, fut détruite par les guerriers d’Ultramar comme une leçon sur les dangers de la fausse religion. L’ensemble de la XVIIe Légion fut alors forcée de s’agenouiller dans les cendres de leur dévotion tandis que les Ultramarines se tenaient au-dessus d’eux comme des juges, voyant leur ancienne dévotion comme désormais une trahison.

Après une période d’isolement, Lorgar revint sur l’avant-scène de la Grande Croisade, redoublant les efforts des Word Bearers et amenant rapidement des douzaines de mondes à la Conformité, évitant ainsi un examen plus approfondi de l’Empereur. Peu imaginaient à l’époque que son nouveau zèle aurait pu être autre chose que celui d’un fils errant qui cherchait à expier ses erreurs. Pourtant, dans les années à venir, beaucoup se souviendront de ces actions et verront les premiers signes cachés de la trahison à venir.

Il était d’une importance immédiate pour Horus d’établir un domaine approprié à partir duquel approvisionner son armée grandissante et de s’assurer que ceux de ses frères qu’il ne pouvait pas influencer à sa cause soient écartés pour assurer sa conquête éventuelle de l’Imperium. À cette fin, il utilisa les Primarques qui lui avaient prêté serment, retournant une grande partie des Legiones Astartes contre l’empire pour lequel ils s’étaient battus pendant deux longs siècles.

L’histoire a montré comment les Légions de la Death Guard et des Sons of Horus se sont déchaînés sur les secteurs de l’Imperium qui bordaient Isstvan et sur les horreurs qui ont eu lieu sur ces mondes. Le massacre des défenseurs de Manachea en 007.M31 et la création subséquente d’un sombre empire parmi les territoires frontaliers brisés de l’Imperium est bien documenté dans d’autres chroniques et il n’est pas nécessaire de rappeler ici de telles périodes douloureuses. Parmi les autres Légions qui se sont engagées à servir Horus, on en sait moins, bien que l’on ne doute pas qu’elles aient été dirigées par leur maître pour attaquer les Légions Loyalistes qui n’avaient pas encore subi la colère du Maître de Guerre.

Des documents fragmentaires placent les Night Lords dans le secteur des Thramas dans une bataille acharnée avec les Dark Angels insouciants, comme en témoignent les mondes ravagés et dévastés que l’on trouve dans cette région à présent. Comme cela a toujours été le cas, il est presque impossible de cartographier avec précision les mouvements de l’Alpha Legion, même avec du recul. Les récits apocryphes et les événements fragmentaires venant des quelques survivants connus de leurs attaques placeraient la XXe Légion dans des lieux disparates à travers la galaxie, en conflit principalement avec les Space Wolves et les White Scars. La véracité de tels rapports ne peut être confirmée, mais s’ils s’avéraient exacts, cela indiquerait que l’Alpha Legion était capable de déployer un nombre impensable de Légionnaires et de vaisseaux Warp prêts au combat.

On en sait plus sur les actions des Word Bearers et des World Eaters, dont la traînée sanglante à travers le Segmentum Est de l’Imperium a laissée des mondes morts et en cendres et un océan de massacres qui n’a servi à rien, sinon à satisfaire une soif de sang gratuite. Horus assigna à ces Légions une tâche critique : la destruction de l’une des forteresses Loyalistes les plus puissantes en dehors du Système Sol - Ultramar.[3]

Le Royaume d'Ultramar

Forgé par le brillant esprit stratégique du Primarque Roboute Guilliman et les prouesses martiales de sa XIIIe Légion, les Ultramarines, Ultramar était le joyau des royaumes frontaliers de l’Imperium, plus de cinq cents mondes arrachés à l’emprise des innommables empires Xenos et des despotes de la Longue Nuit. Deux siècles de campagnes disciplinées et magistralement planifiées depuis la redécouverte de Roboute Guilliman avaient permis à la Légion des Ultramarines de forger un domaine qui rivalisait avec toutes les anciennes places fortes de l’Imperium, et dont le vaste complexe industriel soutenait l’une des plus grandes armées de la machine de guerre impériale, fournissant hommes et ressources aux centaines de régiments de l’Excertus Imperialis levés sur Ultramar, ainsi que la XIIIe Légion elle-même, l’une des plus grandes de toutes les Légions Space Marines.

Le Domaine d’Ultramar à la fin de la Grande Croisade.
Ultramar était une lame sous la gorge d’Horus et de sa rébellion. Si on laissait Ultramar sans opposition et lui donnait le temps de rassembler ses forces, composées des guerriers de la XIIIe Légion et de leurs auxiliaires de l’Armée Impériale qui leur sont liés par serment, il formerait un bastion qui aurait pu résister à la puissance des osts obscurs d’Horus. Pire encore, avec Ultramar intact et alerté des plans d’Horus, toute tentative des Traîtres de se déplacer contre les systèmes centraux de l’Imperium verrait les forces de Guilliman s’élancer pour les piéger entre les défenseurs et ses nombreuses troupes. Pourtant, si Horus pouvait ruiner Ultramar et disperser et tuer les guerriers de la XIIIe Légion, il n’y aurait pas eu d’autre force Loyaliste capable d’arrêter l’avancée de ses armées en expansion.

Le fait que Lorgar ait trouvé à son goût la trahison de son frère est indubitable ; la XVIIe Légion avait subi un reproche humiliant de la part des Ultramarines des années auparavant sur Monarchia, une insulte qui avait apparemment couvée au sein de la Légion et l’avait poussé volontairement dans l’hérésie. En effet, il est communément admis que le plan adopté par les Traîtres pour la destruction d’Ultramar trouve son origine dans l’esprit corrompu du Primarque des Word Bearers.

Il est peu probable que le véritable architecte des atrocités de Calth soit un jour connu, cependant, et comparé aux innombrables péchés commis par Lorgar et Horus, l’attribution de ce seul crime est sans importance. Ce que l’on sait, c’est que les premières étapes de l’assaut contre Ultramar ont été préparées bien avant qu’Horus n’arrive sur les mondes fatidiques de Isstvan, en 005.M31. Une série d’ordres validée par le sceau du Maître de Guerre envoyèrent un certain nombre de Légions dans des campagnes situées dans les coins les plus reculés de l’Imperium. Ainsi, les Blood Angels furent envoyés avec tous leurs effectifs vers Signus, les Dark Angels vers Tsagualsa et les Ultramarines reçurent l’ordre de se rassembler aux côtés des Word Bearers à Calth, les deux Légions devant être ensuite déployées contre le domaine Ork de Ghaslakh.

Rassemblant sur Saturne ceux de sa Légion qui avaient été embarqués dans des croisades vers des parties éloignées de la galaxie, Roboute Guilliman quitta le Système Sol quelques mois seulement avant que la rébellion d’Horus ne parvienne aux oreilles de l’Empereur. L’état turbulent de l’Empyrean dans ces années-là allait voir le principal voyage des forces des Ultramarines jusqu’à Calth être difficile et empêcherait également toute tentative de Terra de les rappeler ou de les avertir des actions d’Horus. Les Word Bearers, retardés par le massacre de Isstvan, n’arriveront pas à Calth avant que la majorité de la XIIIe Légion ne se soit déjà rassemblée, parcourant un chemin fait de sang et de cendres.[4]

Le Sanglant Chemin de la Ruine

Une grande partie de notre connaissance du voyage entrepris par les Word Bearers et les World Eaters nous vient des ruines des planètes qui sont tombées dans leur sillage, des noyaux de cogitateurs enterrés et oubliés, des images anciennes aux tableaux pictographiques. Nous ne pouvons que deviner les débuts de cette entreprise, alors que les Traîtres barbouillés du sang de leurs frères se sont rassemblés parmi leurs cadavres. Pourtant, nous pouvons déduire qu’ils ne sont pas restés longtemps dans les sables recouverts de cadavres de Isstvan V, attendant seulement qu’Angron et ses fils sanguinaires aient étanché leur soif de sang contre les restes de la Légion de la Raven Guard et d’autres Loyalistes dispersés qui s’étaient cachés dans le désert de Isstvan V.

Le Monde de Calth.
Même après les batailles titanesques qui avaient eu lieu sur Isstvan, les flottes combinées des deux Légions constituaient toujours une force capable de démanteler un système entier. La flotte des Word Bearers comptait plus d’une centaine de navires de classe capitale, dont neuf cuirassés de classe Gloriana, dont plusieurs avaient déjà porté les couleurs d’autres Légions, et les trois énormes vaisseaux de classe Abyss, encore inconnus par l’Imperium en tant que tels. Ces navires étaient le Furious Abyss, qui était parti depuis Jupiter en avant-garde de la flotte principale avant de se diriger directement vers Calth, ainsi que le Blessed Lady et le Trisagion.
Le Domaine Xenos de Ghaslakh[5]

Présenté aux adeptes de l’Officio Militaris comme une grave menace pour la sécurité des domaines orientaux de l’Imperium, le Domaine Xenos de Ghaslakh, une infestation Ork longtemps ignorée, fut le prétexte sous lequel Horus, sa trahison alors insoupçonnée, rassembla la puissance combinée des Légions des Ultramarines et des Word Bearers à Calth.

Au lendemain de la rébellion d’Horus, de nombreux membres de l’Imperium ont douté de l’existence de ce domaine Xenos, qu’il s’agissait peut-être d’une fiction pour justifier le retrait de la XIIIe Légion du noyau de l’Imperium. Pourtant, il existe encore quelques témoignages de ratissages d’explorateurs parrainés par les Ultramarines dans cette région de l’espace, y compris des preuves d’attaques Orks contre le Monde-Forteresse de Golsoria. Si Ghaslakh existait en tant que menace crédible pour l’Humanité, toute dévastation causée par ses aliens sur les mondes sans défense qui les entouraient a depuis longtemps été oubliée dans la destruction causée par Horus et ses alliés.

De Ghaslakh, il ne reste plus aucune trace qui satisfasse la curiosité des savants.

Les World Eaters utilisèrent plusieurs petits vaisseaux, des navires de poursuite et des vaisseaux de combat possédant une puissance de feu à courte portée. Dirigée par le vaisseau amiral de Lorgar, le Fidelitas Lex, et celui d’Angron, le Conqueror, l’armada combinée comprenait près de trois cent mille Légionnaires ainsi que de nombreux soldats mortels et hommes armés, une force qu’Horus considérait plus que suffisante pour réduire Ultramar en ruines.

Les premières étapes du voyage de la flotte combinée d’Angron et de Lorgar sont les plus faciles à tracer, marquées comme elles l’ont été par une traînée de mondes massacrés et de vaisseaux Warp brisés laissés à la dérive comme des marqueurs sur leur route. Peu de mondes d’importance stratégique existaient parmi les mondes coloniaux initialement ciblés par les Primarques renégats. En effet, bon nombre des mondes qui ont vus les flottes s’arrêter pour commettre un massacre semblent avoir été choisis au hasard et être tombés sous les lames des rebelles pour aucune raison autre que la tuerie sauvage, les appels désespérés à la capitulation ayant été ignoré et aucune tentative de conquête n’ayant été faite ; les cadavres de ces mondes qui furent saccagés ayant tout simplement été laissés là pour pourrir.

Le Système de Veridia.
Alors que dans la plupart des cas, cette dévastation insensée s’est révélé être l’œuvre des World Eaters, avec des images de Légionnaires possédant l’héraldique blanche et bleue distinctive de la XIIe Légion et Angron toujours au premier plan, sont connus, elles ne doivent pas nous faire oublier qu’il y avait un objectif autre que la simple extermination. Les contes racontés par les quelques survivants des Colonies Aglaeans décrivent l’enlèvement massif de centaines de milliers d’âmes par des Légionnaires en armure de la couleur du sang séché, et les ruines maudites de Gareva cachent de nombreux bûchers rituels et des inscriptions profanes d’une signification inconnue. À la lumière des événements ultérieurs, ces atrocités semblent être les précurseurs du grand rituel d’Erebus à Calth, ou peut-être des mesures prises pour faciliter le passage des flottes dans les marées turbulentes du Warp. Car alors même que les flottes des Traîtres faisaient leur chemin sanglant, les tempêtes qui entouraient l’Imperium s’élevaient vers un nouveau crescendo, presque comme en prévision des événements qui devaient encore arriver.

Ce ne sont pas seulement les colonies isolées qui sont tombées sous l’assaut de l’armada des Traîtres. Honourum était à l’époque l’avant-poste militaire de la XIIIe Légion le plus éloigné d’Ultramar, pris lors de l’expansion de l’Imperium dans la galaxie et fortifié par les Ultramarines comme un point de passage pour les forces poursuivant les guerres de la Grande Croisade. Honourum n’était pas un monde colonial sans protection, mais était gardé par une Compagnie complète de la XIIIe Légion sous le commandement du Capitaine-Praetor Arcaes Odenathus ainsi que par plusieurs régiments du Solar Auxilia levés au sein des villes industrielles de ce monde. Pourtant, lorsque le Primarque sanguinaire des World Eaters vint hurler face aux murs des villes d’Honourum, les guerriers de deux Légions entières derrière lui, les défenseurs ne pouvaient rien faire d’autre que retarder l’inévitable massacre. La bataille pour Honorum n’a duré qu’une journée, mais le massacre s’est poursuivi pendant des semaines alors que les World Eaters fous à liés et le Gal Vorbak chassaient les quelques survivants de l’Auxilia et les bandes d’Ultramarines dans les décombres des villes.

Laissant Honourum en ruine, au point qu’il lui faudra de nombreuses années pour se relever, les Primarques renégats disparurent, les tentatives de deviner leur route s’avérant impossible. On suppose qu’ils ont traversé la zone désolée de l’espace le long de la frontière orientale de l’Imperium, son nom commun sur les cartes d’astronavigation de l’époque étant l’"Empire des Tempêtes", car d’autres chemins plus sûrs les auraient conduits loin de leur objectif. Cette région de l’espace était réputée pour la férocité et la fréquence des courants Warp qui assaillaient les vaisseaux qui osaient naviguer dans l’Empyrée, mais l’armada des Traîtres passa à travers son étreinte apparemment intacte, leurs vaisseaux continuant de laisser une traînée de destruction dans leur sillage, sortant irrégulièrement du Warp pour anéantir des mondes et détruire les vaisseaux qui avaient eu la malchance d’être sur leur chemin.

Pendant la traversée de l’Empire des Tempêtes, alors qu’Angron et ses guerriers consacraient plus de temps à la recherche d’un nombre toujours croissant de victimes sur lesquelles le Primarque pourrait satisfaire sa soif de guerre, la progression de l’armada ralentis pour ne devenir plus qu’un quasi arrêt. Même avec la facilité contre nature avec laquelle les Traîtres passaient à travers le Warp remuant, de tels excès menaçaient de mettre en retard les Word Bearers à Calth et de perdre l’avantage de la surprise qu’ils possédaient encore. Le Chronique des Cendres enregistra qu’à mesure que les Traîtres approchaient au abord de l’Empire des Tempêtes, au lendemain de la destruction du Garalon Prime par Angron, les deux Primarques étaient sur le point de se livrer à une violente confrontation. Si cela n’avait pas été évité par l’arrivée prématurée et l’assaut d’un ennemi Xenos en fuite du cœur de la Zone Interdite de Xersinia à la frontière d’Ultramar, l’histoire de l’Imperium aurait peut-être pris un tout autre chemin.[6]

Au centre de la Conjonction de Calth, Calth était, aux yeux de beaucoup, un joyau non encore taillé dans la couronne d’Ultramar, un exemple étincelant de l’avenir. Il était prévu depuis longtemps que Calth prendrait sa place parmi les planètes les plus importantes des Cinq Cents Mondes et que son nom serait connu non seulement dans Ultramar, mais dans tout l’Imperium de l’Humanité.

À cette fin, depuis son établissement quelques générations à peine avant le début de la guerre civile galactique, l’infrastructure de Calth s’était rapidement développée dans l’espoir d’une croissance future. Beaucoup de ses villes ont été construites comme de puissantes arcologies - des centres autonomes d’habitation et de production. Beaucoup de ces arcologies ont été établies dans le vaste réseau de chambres et de tunnels souterrains pour lesquels le monde entier était devenu célèbre et où vivaient des millions d’ouvriers. Ces centres de population étaient naturellement protégés des tempêtes solaires extra-saisonnières qui frappaient le monde environ tous les quinze ans et abritaient des abris supplémentaires pour accueillir les habitants de surface forcés de descendre pendant les périodes particulièrement fortes de projection coronale massive.

En orbite autour de Calth se trouvait l’une des installations d’amarrage, de réparation et de réapprovisionnement orbital les plus importantes de tous les Cinq Cents Mondes et au-delà. Cette installation a été construite dans l’attente d’une expansion future bien au-delà d’Ultramar, et devait voir son utilisation la plus prometteuse à ce jour avec la Conjonction Calth - le rassemblement des flottes combinées des Legiones Astartes Word Bearers et Ultramarines en vue d’une attaque conjointe contre les Orks de Ghaslakh. En tant que nœud stratégiquement vital dans l’infrastructure des Cinq Cents Mondes, Calth était fortement protégé par un réseau de défense planétaire qui dépassait de loin la plupart des planètes impériales. Cette grille intégrait plus de 900 plates-formes de défense orbitales et des milliers de sites au sol, depuis les silos laser de défense jusqu’aux tir des intercepteurs. C’était l’un des réseaux défensifs les plus puissants de tout le Segmentum.

La véritable valeur de Calth pour les Cinq Cents Mondes et la raison de l’investissement massif dans les ressources engagées à son développement étaient son symbole puissant pour l’avenir de l’Humanité. Alors que la Grande Croisade touchait à sa fin, que le Primarque Horus prenait le manteau de Maître de Guerre tandis que l’Empereur de l’Humanité retournait sur Terra pour superviser la prochaine étape de l’expansion de l’Imperium, de grands leaders tels que le Seigneur Guilliman s’engagèrent à leur façon dans cet avenir. Les habitants d’Ultramar étaient extrêmement fiers du royaume qu’ils avaient construit et se tournaient vers un futur brillant où Ultramar et le grand Imperium veilleraient bienveillamment sur eux - une galaxie refaçonnée par le sacrifice et le labeur de deux siècles de conquête.

C’est une tragédie parmi tant d’autres que ce futur ne se réalisera jamais, à cause de la perfidie du Maître de Guerre Horus et des Legiones Astartes Renégates.[7]

Le Coup Tombe

La Chronique des Cendres[8]

En 017.M31, une force opérationnelle de la Légion des Ultramarines, composée des survivants des 19e, 48e et 207e Cadres de Destroyers, rencontra plusieurs croiseurs des Word Bearers renégats défendant un cuirassé solitaire de classe Gloriana identifié comme le Chronique des Cendres dans l’espace sauvage et inconnu de l’Empire des Tempêtes. En submergeant les vaisseaux d’escorte des Traîtres avec la brutale efficacité qui caractérisait les Destroyers de cette Légion, les Ultramarines capturèrent le Chronique des Cendres dans une furieuse action d’abordage impliquant près de trois cents Space Marines et deux jours entiers de combats sanglants et rapprochés alors qu’ils balayaient les innombrables ponts du navire des Space Marines renégats.

Au lendemain de leur victoire, les Ultramarines découvrirent quelque chose d’inattendu dans les couloirs voûtés des ponts supérieurs du Chronique des Cendres ; s’étendant sur chaque mur et sur les plafonds, on avait gravé l’histoire des actions des Word Bearers dans le langage de Colchis, aujourd’hui mort. Plus tard, les membres de l’Inquisition naissante découvrirent une mine d’informations sur des événements qui avaient auparavant été cachés aux savants impériaux, et les détails ont été transcrits dans une série de tomes conservés dans les archives scellées du Palais Impérial, avant que le Chronique des Cendres ne soit enfin nettoyé, exorcisé et rebaptisé le Lex Talonis, avant d’être présenté aux Ultramarines en 022.M31 et incorporé dans le Chapitre Nemesis nouvellement fondé. Bon nombre des événements notés dans cette histoire sont basés sur les écrits trouvés dans le Chronique des Cendres, dont le contenu proscrit a été mis à la disposition de l’auteur.

Vers le milieu de l’année 007.M31, la flotte combinée des Traîtres avait jeté l’ancre à la lisière de la zone interdite au nord galactique de Calth, objet d’un édit de quarantaine depuis les premiers jours de la Grande Croisade. Les mondes stériles contenus dans la Zone Interdite de Xersinia étaient évités par les vaisseaux impériaux, qui n’osaient risquer la colère des escadrons d’interception des Cinq-Cents Mondes ou la peste Xenos qui avait autrefois ravagé les colonies mortes à l’intérieur il y a longtemps. Ainsi, la flotte des Traîtres ne fut pas détectée, se cachant dans cette zone oubliée et ignorée de l’espace, malgré sa proximité avec les régions les plus fréquentées de l’Imperium.

Durant leur dissimulation, les Traîtres se sont probablement engagés dans une période de consolidation nécessaire, car la vaste armada avait été séparée et dispersée à travers un parsec au cours de leurs voyages dans les courants tumultueux Æthériques. Pendant ce temps, alors que les différents escadrons de la grande armada se rassemblaient et se préparaient pour l’attaque contre Ultramar, les deux Légions s’engagèrent dans une campagne de ratissage et de piraterie, les navires des Legiones Astartes abattant des vaisseaux chartistes lourdement chargées ou paralysant des patrouilles peu méfiantes avant de dégorger sans merci des groupes de Légionnaires pour éjecter avec le feu et l’épée les équipages qui se cachaient. Certaines rumeurs prétendent que les Word Bearers allèrent jusqu’à employer une forme alors inconnue de manipulation psychique pour piéger les navires de passage, égarant leurs Navigators avec de fausses balises avant de déchirer le tissu même de la réalité pour permettre aux impossibles créatures du Warp de se répandre à l’intérieur des vaisseaux condamnés. Quelle que soit la manière dont ils ont été capturés, Guilliman n’a appris la nouvelle de la perte de ces vaisseaux que longtemps après la fin de l’Hérésie d'Horus.

Avec des informations arrachées aux Capitaines Chartistes à l’esprit brisé ainsi qu’aux données enfermées dans les banques de cogitateurs de leurs navires, les dernières étapes du destin de Calth furent formulées. Ces renseignements permirent aux commandants renégats de se faire une idée précise des défenses d’Ultramar et, plus particulièrement, de celles du système de Veridia, où le monde sans méfiance de Calth attendait. Bien que la disposition du système de Veridia, de ses mondes et de ses stations orbitales étaient loin d’être secrètes, ses connaissances exactes étaient de loin supérieures aux ouï-dire et aux rumeurs, et permettaient à ceux chargés de l’attaque contre Calth d’affiner et de perfectionner les plans qu’ils avaient longtemps cachés sous un vernis de loyauté. Il était de notoriété publique que le système de Veridia était fortement fortifié contre les attaques extérieures, héritage des raids des Orks qui avaient longtemps assailli les systèmes périphériques d’Ultramar - toute attaque frontale par un ennemi connu subirait des pertes massives. Cependant, alors que les tempêtes Warp qui filtraient une grande partie de l’Imperium continuaient à s’aggraver et à paralyser la diffusion efficace des nouvelles vitales dans l’empire désordonné de l’Humanité, Ultramar n’était pas au courant de la trahison du Maître de Guerre. Cela ne signifiait pas que l’armada renégate pouvait ignorer les défenses du système de Veridia, car si elles étaient laissées intactes, elles pourraient infliger de lourds dommages aux flottes des Traîtres une fois réveillées par la menace imprévue. La vaste forteresse étoilée et ses batteries massives de macrocanons se trouvant dans l’orbite haute et froide d’Ischara, elle-même située dans le point le plus éloignée du système, et les canons à neutrons pulsés enterrés dans les désolations glacés de la quatrième lune du géant gazier Ravishol étaient toutes les deux destinées à être détruites prioritairement.

Lorgar entame la Croisade des Ombres dans Ultramar.
Grâce à leurs interrogatoires sanglants, les Traîtres apprirent que la majorité de la flotte des Ultramarines et des actifs de la Légion s’étaient rassemblés à la surface de Calth et parmi les innombrables cales et chantiers navals, attendant dans son orbite l’arrivée attendue et tardive des Word Bearers. Le nombre et la disposition de ces vaisseaux en orbite figuraient sans aucun doute parmi les informations extraites de l’esprit brisé des captifs des Traîtres, et étaient vitales pour les dernières étapes des préparatifs de l’armada. Tandis que la XIIIe Légion était largement connue pour rassembler de loin le plus grand nombre de Légionnaires, un nombre théorique de 250 000 guerriers selon l’Officio Militarum lors du déclenchement de l’Hérésie Horus, leurs flottes étaient moins imposantes. La force des escadrons navals d’Ultramar ne résidait pas dans leurs cuirassés lourds, dont la plupart étaient des reliques de la réserve navale terrane qui avait été exploitée par la XIIIe Légion avant le retour de leur Primarque, mais dans le grand nombre de croiseurs inébranlables et d’engins de frappe multirôles. Ces navires plus légers et plus souples sur le plan tactique avaient été fabriqués en grand nombre dans les chantiers navals de Konor et de Calth avant la mise en Conformité, et avait protégé les Cinq Cents Mondes bien avant l’arrivée de l’Empereur. Savoir que la fierté de la flotte de Guilliman, les anciens cuirassés construits dans les chantiers navals de la lointaine Mars, étaient au mouillage et vulnérable, et la nécessité de maintenir la fiction que toute la Légion des Word Bearers arrivait dans le système de Veridia, obligea les Word Bearers à concentrer la plus grande partie de leur flotte à Calth.

Pourtant, pour paralyser complètement Ultramar et la XIIIe Légion, il n’aurait pas suffi que les Word Bearers et leurs alliés détruisent Calth, ces Légionnaires et autres ressources militaires qui y étaient rassemblés. Ils devaient également frapper les autres bastions disséminés dans les Cinq Cents Mondes, pour anéantir à la fois la capacité des derniers guerriers des Ultramarines à se reconstruire et leur volonté de combattre. À cette fin, la grande armada des Traîtres fut divisée en une demi-douzaine de flottes au moins.

La plus grande, qui comprenait le moins de navires de la ligne, mais incluait la puissance de feu des tueurs de monde Trisagion et Blessed Lady, ainsi que du Fidelitas Lex et le Conqueror et les Primarques qui les commandaient, mirent le cap sur le monde guerrier d’Armatura pour brûler le cœur battant de l’empire parfait. Le Capitaine des Word Bearers, Zadkiel, arrivant finalement à Ultramar avec le Furious Abyss, commençant un assaut futile sur Macragge, tandis qu’Erebus et Kor Phaeron amenèrent la force principale de la flotte des Word Bearers à Calth. Le reste de l’armada, les quelques vaisseaux d’attaque de la flotte parmi les Word Bearers et la vaste gamme de croiseurs de la flotte des World Eaters, furent dépêchés sur le territoire d’Ultramar pour faire saigner les navires des Ultramarines, ce qui les força à répondre à une série de raids à petite échelle et d’attaques fulgurantes. Ces derniers escadrons étaient chargés de causer le plus d’effusions de sang et de destruction possible, n’essayant pas de capturer ou de tenir un territoire, et n’étaient pas limités aux cibles stratégiques qu’un adversaire aurait pu attendre d’eux. Au lieu de cela, ce sont les agro-colonies légèrement défendues et les tours industrielles de mondes comme Espandor et Latona qui ressentiraient leur colère dans les jours sombres à venir.

Ce serait une croisade dont le but premier sera de répandre la terreur et le sang dans les Cinq Cents Mondes, d’arracher jusqu’au dernier iota la souffrance des peuples d’Ultramar, tout cela pour alimenter les plans maléfiques mis en place par Lorgar lui-même et, alors qu’avant il avait retenu la soif de sang de son frère sanguinaire Angron, il la libéra enfin.

Une fois leurs plans établis et leurs commandants briefés, Lorgar commença la Croisade des Ombres en Ultramar avec l’envoi d’Erebus et de Kor Phaeron à Calth, à la tête de près de soixante-dix navires de classe capitale et de nombreux escadrons d’escorte, menés par Erebus dans le Destiny’s Hand et la Barge de Bataille de Kor Phaeron, qui utilisait toujours son ancienne identité de Raptorous Rex plutôt que sa nouvelle dénomination, Infidus Imperator. L’attaque contre Calth devait démarrée la campagne de Lorgar, un assaut sanglant et une réponse cruelle à la honte que Guilliman et ses guerriers avaient infligée des années auparavant à Monarchia.

La guerre était arrivée à Ultramar.[9]

La Bataille Pour l'Espace Proche de Calth

« Alors l’ange leva les yeux vers le haut de l’encensoir, le remplit du feu de l’autel et le jeta sur la terre ; et il s’ensuivit un tremblement de terre, un tonnerre, la foudre et la mort. »
- Les Apocryphes de Terra.

Aux yeux des mortels, l’acte qui annonça la Bataille de Calth passa inaperçu à l’époque, car il eut lieu dans les bordures silencieuses du système de Veridia. Il s’agissait de la perte d’un vaisseau auxiliaire de la flotte dénommé "Campanile", et aucun rapport n’a été fait sur cet événement. Qu’il ait été pris dans une tempête Warp, condamné à mourir lors d’un sacrifice rituel ou qu’une entité de l’Empyrée ait percé sa coque, massacré tout l’équipage et pris le contrôle total des systèmes du navire n’est pas important. L’usage auquel il a été employé trahit le génie d’un Primarque lié par un indescriptible pacte avec des êtres connus de peu d’autres que lui.

Peu de temps après que le "Campanile" est disparu, le Système de Contrôle de Veridia nota que le premier navire de la flotte des Word Bearers sorti du Warp pour accomplir la conjonction des deux Légions.

Auparavant, des centaines de vaisseaux Ultramarines de toutes les classes étaient amarrés dans l’orbite de Calth, avec des douzaines de navires attachés à l’Installation d’Ancrage Veridian et de cargos de commerce. Des dizaines d’autres arrivaient ou attendaient des ordres d’amarrage, tandis que beaucoup d’autres restaient en orbite, leurs puissants réacteurs à plasma inactifs alors que les équipes de maintenance s’empressaient d’exécuter les derniers ordres de travail en vue de la guerre.

La plupart des vaisseaux de guerre des Word Bearers se tinrent à une certaine distance de l’anneau de Calth qui comptait des centaines de plates-formes orbitales, tandis que leurs transporteurs de troupes se posaient dans des camps de rassemblement préétablis à travers la surface de la planète. Avec le recul, les efforts des Word Bearers pour se tenir à l’écart des Ultramarines et de leurs alliés étaient évidents. En plus d’un groupe honorifique de Word Bearers montant à bord du croiseur des Ultramarines Samothrace, et d’un bref contact en holoprojecteur entre les Primarques, les deux Légions restèrent séparées jusqu’au moment où l'intention véritable des Word Bearers fut mis à jour.[10]

L'Heure a Sonné

La Vague du Destin[11]

Tout comme les mers qui s’assèchent à l’approche d’un tsunami, un événement aussi important que la trahison de la Conjonction de Calth a été annoncé par de nombreux présages, dont peu ont été remarqués à l’époque mais qui, rétrospectivement, parlent de son échelle cataclysmique. Les opérateurs vox, par exemple, signalèrent des interférences anormales sur un large éventail de canaux, y compris des chants distants, des chuchotements étranges et des cris intermittents. Tragiquement, les Ultramarines avaient suivi l’Édit de Nikaea et relégué leurs Archivistes sur le front. Plusieurs de ces individus ont rapportés plus tard qu’ils avaient subi une série de répercussions inexplicables, y compris les aberrations auditives et visuelles, et les sentiments profonds d’horreur imminente. Ce n’est qu’après la Bataille de Calth que les Ultramarines annulèrent l’édit, reconnaissant ainsi la nécessité manifeste de maintenir un groupe de guerriers capables de prévenir l’approche d’événements aussi terribles.

C’est à ce moment que le Campanile accéléra sans prévenir jusqu’à presque la moitié de la vitesse maximale de l’espace réel, son approche vers Calth étant masquée par des forces inconnues. Il s’agissait d’une manœuvre suicidaire qui dépassait les capacités des maîtres du vide humain, et le vaisseau fut transformé en un missile visant la concentration la plus dense de la flotte des Ultramarines. Une douzaine de navires de guerre de la Légion furent annihilés en un clin d’œil, l’impact détruisant chacun d’eux à la chaîne alors que la masse du Campanile était transformée en énergie pure. Au moment où ce qui restait de l’appel d’offres atteignit sa véritable cible - l’Installation d’Ancrage Veridian - il ne restait plus rien du vaisseau à part le cœur de son réacteur super dense. La plate-forme orbitale et tous les vaisseaux de guerre qui y étaient attachés furent détruits en un instant.

Le choc de l'effondrement de la plate-forme pris la forme d’éclairs dans un ciel clair. Des douzaines de navires furent dispersés en spirale incontrôlable et le flash aveugla des milliers de membres du personnel de pont avant que les panneaux visuels blindés ne puissent réagir et s’abaisser. Pire encore, comme l’histoire finira par le révéler, loin d’être une coïncidence, l’impact détruisit les cogitateurs de l’Installation d’Ancrage Veridian, qui, à ce stade de la Conjonction de Calth, contrôlaient directement la puissante grille de défense de la planète. La mort de l’Installation d’Ancrage Veridian déclencha une série d’autres catastrophes, toutes plus cataclysmiques les unes que les autres. Le vénérable navire de guerre des Ultramarines, l’Antrodamicus, rompit ses amarres de l’Installation d’Ancrage et commença une descente inexorable et inarrêtable dans l’atmosphère. Verrouillé en orbite géostationnaire au-dessus de la capitale planétaire de Numinus, le terrible résultat était inévitable. L’Antrodamicus tomba avec une majesté désastreuse dans le ciel au-dessus de Numinus, séparant les nuages avant de frapper la surface avec la puissance d’une détonation atomique et détruisant ainsi la Tour de Guet de Kalkas Fortalice - le cœur même du réseau de commandement et de contrôle du Mechanicum.

La Flotte des Ultramarines est frappée par la trahison !
Dès le moment où le Campanile frappa mortellement sa première victime dans les flammes de l’Installation d’Ancrage Veridian, quelques secondes s’étaient écoulées, mais des dizaines de milliers de vies prirent fin en un instant. D’un seul coup, le rassemblement le plus important de la puissance navale dans le Segmentum avait reçu un coup mortel. Plus de neuf cent plates-formes orbitales, des milliers d’installations au sol, des dizaines de navires de guerre et des stations vox furent détruites, des augures explosèrent et du matériel fut perdu, tandis qu’un grand nombre d’officiers furent consumés par l’explosion, aux côtés des milliers de spécialistes qui furent tués au cours du processus. Les maîtres vétérans sur les navires qui ont eu la chance d’éviter d’être aveuglés ont été privés de toute installation pour commander leurs propres vaisseaux et ont été incapables d’aider leurs collègues capitaines ou leurs supérieurs. Les quelques canaux vox qui restaient ouverts furent submergés par un millier de voix qui se sont élevées en même temps pour interroger les officiers sur ce qui s’était passé, pour solliciter des ordres ou simplement pour demander de l’aide.[12]

Des Loups Parmi le Troupeau

Peu imaginait que la catastrophe qui s’était abattue dans l’orbite de Calth était un accident quelconque. Avec l’effondrement du réseau du Mechanicum - le réseau mondial de commandement et de contrôle utilisé pour coordonner des machines de tous types par la seule pensée – suite à la destruction de l’Installation d’Ancrage Veridian, une réponse coordonnée immédiate était impossible. Avec la Tour de Guet de Kalkas Fortalice annihilée suite à la chute de l’Antrodamicus, les redondances multiples conçues dans le réseau auraient dû rétablir le contrôle avec une efficacité sans faille. Cela n’a pas pu se produire, comme on l’a constaté par la suite, car l’allié des Word Bearers, le Mechanicum Noir, avait inséminé une sorte de code machine corrompu dans le réseau, aveuglant et assourdissant Calth à son moment le plus vulnérable.

L’anarchie s’ensuivit. De nombreux commandants supposaient que les Orks avaient lancé une attaque préventive et écrasante, et assez tôt, ce qui semblait être un tir de riposte brilla sur le champ orbital en feu. Privés d’une capacité de balayage fonctionnel, les navires furent réduits à l’observation visuelle et, alors que leurs capitaines regardaient le vide avec stupéfaction et incrédulité, les traînées de feu qui traversaient l’espace ne servaient qu’à confirmer leurs pires craintes.

Mais les tirs n’étaient pas ceux d’un navire de guerre Ork, ils provenaient des vaisseaux des Word Bearerss qui, même si Guilliman et ses officiers supérieurs ne pouvaient le croire depuis le pont du Macragge’s Honour, se rapprochaient de la masse éparpillée de navires Ultramarines alors qu’ils se débattaient au milieu du chaos de débris en flammes.

À l’insu des quelques augures encore opérationnelles, la Barge de Bataille des Word Bearers Act of Convocation fit surface avec une grâce terrible à travers un nuage de micro débris pulsés laissés par la destruction d’une frégate des Ultramarines, la poussière glissant lentement de ses Boucliers Voids. Le croiseur lourd des Ultramarines Star of Paramenia n’a jamais vu son assassin, les batteries d’armes de la Barge de Bataille brisant sa structure avant qu’il ait eu la chance de lever ses boucliers ou de réagir de quelque façon que ce soit. Tandis que l’Act of Convocation émergeait pleinement du nuage en ébullition, le cumulus s’enroulant autour de ses boucliers autrement invisibles, trois autres tueurs pourpres s’approchèrent dans son sillage.

Le vide éclata dans les flammes et les tirs d’obus lorsque les vaisseaux Word Bearers tombèrent sur les navires Ultramarines estropiés. La Barge de Bataille Judicious Truth s’était à peine éloignée de ses amarres en flammes qu’une barge de la Légion des Word Bearers, Sanctifiant Grace, l’éventra alors que sa quille était grande ouverte. La section de poussée du navire des Ultramarines s’est séparée et chavira dans le vide avec un millier d’amortisseurs au plasma, son impact creusant un cratère irradié à des centaines de mètres de profondeur dans la surface de la planète en dessous. Autre perte, le Trials of Anteias, sa proue entière carbonisée au gaz surchauffé dans des vagues de fusion affamées par le Rapture of the Void qui y déchaîna des armes de classe inconnue et à l’efficacité terrifiante. Les conséquences de la décharge de ces armes et de beaucoup d’autres allaient marquer le vide autour de Calth pendant des années, indiquant que les dispositifs avaient été fabriqué avant la Longue Nuit et étaient d’un type longtemps proscrit par ordre de Terra elle-même.

Pourtant, les Word Bearers s’acharnèrent sur leurs cibles, une phalange de croiseurs lourds menée par le cuirassé Abyssal Communion avançait le long des débris orbitaux tandis qu’un escadron de frégates Ultramarines tentait en vain de se désengager des pinces d’amarrage et les ombilicaux d’abordage. L’Abyssal Communion déchaîna volée après volée ses redoutables batteries latérales, martelant le Defence of Romus et le Scion of Latium, brûlant le métal et paralysant trois autres vaisseaux pour que ses cohortes puissent les achever.

En quelques minutes, des dizaines de vaisseaux des Word Bearers pilonnèrent tous les vaisseaux Ultramarines à portée, leurs propres systèmes fonctionnant à plein rendement tandis que ceux de leurs victimes restaient froids et léthargiques. Leurs boucliers, leurs moteurs et leurs armes étaient tous à des niveaux optimaux, tandis que les réacteurs d’un grand nombre de vaisseaux Ultramarines n’avaient pas encore été complètement réveillés.

Après avoir été témoins de l’attaque des Word Bearers, Roboute Guilliman et ses officiers ont pensés que les fils de Lorgar avaient commis une erreur tragique. Certains en arrivèrent à la conclusion que les Word Bearers avaient mal interprété la destruction de l’Installation d’Ancrage Veridian, croyant à une attaque hostile et qu’ils tiraient aveuglément, leurs systèmes ou leurs esprits tellement anéantis par la catastrophe qu’ils étaient incapables de faire la différence entre amis et ennemis. D’autres ont cru que les Word Bearers craignaient que les Ultramarines n’aient pris l’initiative de les censurer à nouveau dans une répétition des événements de Monarchia, que si les pires craintes tacites des Word Bearers avaient été confirmées, ils ne voyaient pas d’autre alternative que de se battre pour leur vie.

Les canaux vox torturés furent étouffés par des tentatives de contacter les Word Bearers et de rétablir la raison, mais même les quelques navires dont les systèmes d’appel fonctionnaient ne connurent aucun succès - les Word Bearers ne voulaient pas, ou ne pouvaient pas, répondre.[13]

Rubicon

Kor Phaeron, Cardinal Noir des Word Bearers dirige l’assaut contre Calth.
Dès le premier moment du désastre, l’équipage à la passerelle du vaisseau amiral des Ultramarines, le Macragge’s Honour, s’était battu vaillamment pour restaurer la capacité vox et rétablir le contact avec les Word Bearers. La communication fut établie, bien que limitée à une projection holo granuleuse et sibilante et à une transmission audio sifflante mêlée d’électricité statique et de contrecoup. Guilliman demanda à son frère d’arrêter sa flotte, jurant à Lorgar que les Ultramarines n’avaient joué aucun rôle dans la catastrophe qui avait frappé Calth. Lorgar n’avait aucun intérêt à converser avec son frère et a plutôt craché une malédiction amère avant de mettre fin à l’échange. À ce moment-là, Guilliman vit que ce qui se déroulait ne pouvait être un accident. Avec sa flotte en flammes et les Word Bearers qui paralysaient ou détruisaient de plus en plus ses vaisseaux à chaque minute qui passait, le Primarque des Ultramarines donna un ordre qu’il n’aurait jamais imaginé exprimé. Avec une détermination amère, Roboute Guilliman ordonna à ses fils de se défendre, autorisant des mesures allant jusqu’à la riposte.

Avec l’ordre du Primarque donné, la bataille fut vraiment engagée. Les Word Bearers redoublèrent leur attaque, leurs actions initiales se révélant maintenant être rien de moins qu’une atrocité préparée. En l’espace de quelques minutes, les vaisseaux Ultramarines Gladius, Hope of Narmenia, Valediction, Vosperus et Antropheles furent visés et détruits alors qu’ils menaient une action d’arrière-garde courageuse mais vouée à l’échec pour tenter de gagner un temps précieux à leurs frères assiégés pour se regrouper.

L’analyse des signaux entreprise de nombreuses années plus tard révélera que c’est à ce moment de la trahison que la compagnie d’honneur des Word Bearers pris le contrôle de la passerelle du croiseur des Ultramarines Samothrace, au début de la Conjonction de Calth. Dans le sillage des équipes d’assaut des Word Bearers, un cadre du Mechanicum était arrivé et dont la mission était de faire passer le navire sous le contrôle total des Traîtres. Dix minutes plus tard, le Samothrace avançait à plein régime vers l’une des plates-formes orbitales encore intactes, une installation réondant au nom de chantier de Zetsun Verid. L’Apôtre Noir Kor Phaeron dirigerait en personne cette étape cruciale de l’attaque des Word Bearers, dont l’issue damnerait un système stellaire entier.[14]

Assaut Planétaire

La Bataille de Calth ayant pleinement commencée, les Word Bearers décidèrent de passer à l’étape suivante de leur opération orbitale. Une formation de dix-sept bombardiers planétaires Word Bearers, dirigés par le "Destiny’s Hand", se fraya un chemin à travers le champ de débris en feu et se mit en orbite basse. De là, la formation s’est divisée en escadrons plus petits afin de déclencher un bombardement coordonné contre des cibles clés en surface. Si le réseau de défense de Calth avait été opérationnel, aucun des navires n’aurait pu s’approcher dans un rayon de dix mille kilomètres, Pourtant, la force de bombardement n’a pas été inquiété alors que ces vaisseaux s’approchaient si près que leurs formes sombres étaient faiblement visibles depuis le sol, annonciateurs silencieux du destin d’une planète entière.

Les vaisseaux de la flotte de bombardiers renégats ouvrirent le feu. Des munitions de la taille de chars d’assaut pleurèrent du ciel par centaines, des détonations fleurissant à travers l’horizon. Les boulons de plasma brûlèrent à travers les nuages et éclatèrent à travers la terre, récurant toute vie à leur contact. Des colonnes aveuglantes de faisceaux laser lourds traversèrent le ciel, creusant des dizaines de mètres de croûte et déclenchant une cascade de déstabilisation tectonique, tandis que des munitions cinétiques s’écrasaient sur les montagnes, détruisant les terres comme si elles étaient le marteau d’un dieu ancien qui exécutait son terrible jugement.

Avec les Word Bearers aux commandes du réseau de défense de Calth, les escadrons de bombardement n’avaient pas besoin de chercher à détruire leurs centaines de milliers de silos, bunkers et tours d’armes. Au lieu de cela, ils se sont concentrés sur les douzaines de villes, de ports et d’autres centres d’infrastructure et de population sans défense. Le ciel s’obscurcit de bombes qui tombaient et des quartiers entiers furent réduits en cendres. Aucune région n’était à l’abri des attentions de la flotte de bombardiers, mais plusieurs d’entre elles firent l’objet d’une dévastation particulièrement accentuée.

Les villes des îles du sud ont tout simplement disparu sous une conflagration si intense qu’il ne restait plus aucune trace de leur existence, de profonds cratères marquant leurs tombes. Les océans autour de cette dense chaîne d’îles furent la cible d’une fusillade concentrée d’armes énergétiques de nombreux types. L’effet initial a été la vaporisation instantanée de centaines de millions de mètres cubes d’eau de mer, créant un brouillard dense et surchauffé qui se dispersant en expansion constante, faisant bouillir vivant quiconque avait la malchance d’y être pris. En l’espace de quelques heures, Calth fut enveloppé d’une épaisse couche de vapeur dont seule une faible lueur de l’étoile condamnée de Veridia pouvait percer.

En soumettant les villes des îles du sud et les océans environnants à ce niveau d’anéantissement, les Word Bearers purent concentrer leurs attaques terrestres ultérieures, se polarisant sur les régions autour de la capitale planétaire de Numinus, ainsi que sur Ithraca et une poignée d’autres endroits. Une analyse ultérieure suggère que cette stratégie fut dictée par des alignements sectaires d’importance rituelle, de destin et de symbolisme, comme si la mort de Calth avait été prédestinée à se dérouler selon un schéma spécifique et complexe qu’aucun esprit sain ne pouvait percevoir. Les concentrations de population et d’infrastructures qui ne faisaient pas partie de ce rituel étaient condamnées d’emblée à la destruction, ce qui a permis aux Word Bearers de se concentrer sur ceux dont la mort devait être sacrifiés, par leurs propres mains, de la manière la plus ésotérique.[15]

Défense Orbitale

Les Word Bearers bombardent sans relâche Calth.
Alors que les villes des îles du sud étaient réduites en poussière et en vapeur, la bataille dans le vide s’étendait de plus en plus à travers l’espace proche de Calth. Le monde était entouré de plus de neuf cents plates-formes de défense orbitales, chacune hérissée de tourelles de défense, des batteries d’armes et des tubes de lancement de torpilles, mais toute avait été rendu aussi impuissante et sans défense qu’un cargo désarmé suite au piratage des systèmes de commandement de la grille de défense. Beaucoup de ces plates-formes, même les plus petites, furent engagées et paralysées par des frappes opportunistes et vicieuses par des navires de guerre des Word Bearers, tandis que d’autres étaient simplement ignorées. Un certain nombre d’entre elles ont cependant fait l’objet d’une destruction ou d’un arraisonnement, ce qui laisse à nouveau supposer l’existence d’un schéma ésotérique sous-jacent à l’attaque dans son ensemble. Dans un phénomène qui se répétait d’innombrables fois, les Word Bearers cherchaient des ennemis spécifiques à tuer de manières particulières, comme s’ils honoraient ainsi leur Primarque, ou une autre puissance encore plus élevée.

De l’autre côté de l’espace proche de Calth, des torpilles et des griffes d’assaut furent lancées dans les baies de lancement des vaisseaux des Word Bearers pour s’écraser sur les flancs blindés de dizaines de plate-formes de défense. Alors même que les griffes d’assaut fusionnaient, brûlaient des mètres de blindage et que les torpilles s’enfonçaient profondément dans les structures, les défenseurs des plates-formes se rassemblèrent. Toutes les hommes disponibles furent mobilisées pour s’opposer aux équipes d’arraisonnement des Word Bearers, mais ce sont les Solar Auxilia stationnés sur chaque plate-forme qui ont été les plus durement touchés par les combats.

Bien qu’ils ne soient pas aussi forts ou aussi lourdement armés et blindés que les Légionnaires trans-humains Astartes qu’ils allaient combattre, ces défenseurs étaient néanmoins l’élite des forces humaines de Calth. Configurés selon le modèle "Solar" approuvé de longue date et très efficace, ces unités étaient équipés d’une armure vide à ventouse et pouvaient donc combattre même dans les zones dépressurisées par la brèche, dans la structure extérieure de la plate-forme. Bien qu’aussi puissantes que les Bolters de Legiones Astartes, leurs armes étaient encore capables d’infliger des dégâts importants lorsqu’elles étaient dirigées contre des cibles qu’elles ne pouvaient à peine manquer dans les intérieurs exigus de la plate-forme.

Le plus grand avantage des unités de défense de la Solar Auxilia par rapport à des troupes moins nombreuses et qui pressaient les hommes de la station était leur chaîne de commandement. Bien organisés et entraînés sans relâche à toutes les facettes de la guerre de la" Zone Mortalis", on pouvait compter sur eux pour s’opposer résolument à tout ennemi et, si nécessaire, pour mourir dans l’accomplissement de leur devoir sacré. Sur une centaine de stations de défense orbitales et plus, les équipes d’arraisonnement des Word Bearers se frayèrent un chemin le long des passages balayés par des blizzards torrentiels de laser, de plasma et de flammes. Les défenseurs étaient sur place et s’étaient entraînés un nombre incalculable de fois à accomplir de telles tâches, ce qui coûta cher aux attaquants pour les premiers gains qu’ils avaient réalisés. Les Word Bearers résistèrent à la tempête, marchant inexorablement dans les mâchoires mêmes de la mort. Les armures en céramique se fissuraient et se dégradaient couche après couche, comme si les coups de feu se succédaient. Mais les coups mortels que les défenseurs pouvaient faire étaient rares, et les Legiones Astartes, se rapprochèrent peu à peu de leurs positions. Déjà à l’époque, les Solar Auxilia promulguaient des protocoles tactiques issus de générations de guerre dans le vide maîtrisées par leurs ancêtres de Saturne avant les Guerres d’Unification. Les sections reculèrent le long d’itinéraires préétablis tandis que les sections Veletaris Storm tinrent les attaquants à distance par de redoutables volées de volkite et des coups de feu incendiaires. D’autres ont simplement maintenu leur position, maintenant une cadence de tir constante alors que la mort venait pour eux, déterminés jusqu’au dernier moment à faire gagner à leurs camarades le temps de se replier à la position défendable suivante. Mais les Word Bearers avaient pris pied et, en fin de compte, les audacieux défenseurs furent condamnés.

Au fur et à mesure que les batailles s’enfonçaient dans les entrailles des plates-formes de défense, les couloirs et les chambres se transformèrent en charniers. Par endroits, la détermination des défenseurs fut mise à rude épreuve face aux doctrines de combat peu familières employés par certains Légionnaires Word Bearers.

Certains chantaient des complaintes de deuil à mesure qu’ils avançaient, un chant atonal remplissant le cœur de tous ceux qui l’entendaient d’effroi. D’autres s’arrêtaient après chaque meurtre, afin d’y pratiquer de terribles mutilations sur ceux récemment tombées au champ d’honneur. Dans de plus en plus de cas encore, les Word Bearers s’abstenaient de tuer les ennemis acculés ou envahis, les remettant plutôt aux unités mortelles qui les suivaient pour qu’ils les mettent aux fers et les traîner comme prisonniers. On ne peut que deviner le sort de ces malheureux, car le dernier que l’on a vu ne mérite pas qu’on s’y attarde.

Sur une poignée de plates-formes de défense orbitales, les défenseurs de la Solar Auxilia réussirent à repousser les assauts des Word Bearers, mais non sans payer un lourd tribut. Sur la plate-forme Principia-Veridia 27/K, une sous-cohorte du 222e Solar Auxilia de Calth purgea tout un pont de triage juste au moment où un groupe de Word Bearers s’est frayé un chemin à bord. L’inondation de rayonnement de neutron qui en résulta a été si intense que même les physiologies transhumaines des Legiones Astartes attaquantes ne purent les protéger complètement. L’avant-garde des assaillants vacilla et les auxiliaires du 222e fixèrent les baïonnettes et chargèrent, leur armure du vide Solar capable de repousser les radiations aussi longtemps qu’il le fallait pour frapper. Des douzaines de Legiones Astartes touchés furent submergés avant de pouvoir réagir, et quelques secondes plus tard, les auxiliaires furent eux-mêmes victimes des radiations. Aucun guerrier des deux camps ne survécu, la chambre inondée de radiations étant devenu un tombeau pour les ennemis enfermés dans une lutte à mort mutuelle pour toujours.

La défense de la plate-forme Elipsia-Veridia 09/Q a été tout aussi réussie et tout aussi meurtrière pour les deux camps. Dans le cas présent, on pense qu’une force importante de Word Bearers équipés d’Armures Terminator a utilisé un rare réseau de téléportations pour monter à bord de la station et lancer une attaque principale violente sur le centre de commandement principal de la station. Le responsable de la station n’a eu que peu de temps pour réagir et a donc monté une défense noble, quoique futile, de son pont. L’attaque avait contourné la grande sous-cohorte de la 255e Solar Auxilia de Calth stationnée sur Elipsia-Veridia 09/Q, les Word Bearers estimant que la défense s’écroulerait avec le centre de commandement capturé. Cela ne s’est toutefois pas produit, car le 255e était commandé par le vétéran Seigneur Marshall Turnus, un chef bien-aimé et avec d’innombrables victoires à son nom. Déterminé à riposter contre les Traîtres même s’ils ne pouvaient être repoussés, Turnus ordonna au Magos du Mechanicum de la station de surcharger le réacteur à plasma de la plate-forme. Le Magos refusa l’ordre du Seigneur Marshall et mourut de la main de Turnus, un Bolt explosant son crâne ciselé en platine. Son adjoint, cependant, s’exécuta lorsque le Seigneur Marshall répéta l’ordre, et en quelques minutes, la plate-forme entière fut consumée par le feu atomique, formant brièvement une nouvelle étoile dans le ciel torturé au-dessus de Calth.

Ailleurs cependant, même l’élite du Solar Auxilia ne pu endiguer l’inexorable marée d’assaut ni atténuer la fureur zélée des Legiones Astartes des Word Bearers. Les vaillants soldats moururent par milliers, et enfin l’intention des Word Bearers de monter à bord de plates-formes de défense orbitales spécifiques se révéla lorsque la même scène se déroula sur les ponts de dizaines de plates-formes de défense. Les commandants capturés vivants furent forcés d’être les témoins de la destruction qui s’était abattue sur le monde qu’ils avaient jurés de défendre. Contraints d’observer sous l’emprise d’un Apôtre Noir Word Bearer ou d’un autre officier supérieur, ces hommes et ces femmes virent pour la dernière fois le vaste et terrible rituel qui se déroulait sur Calth. Beaucoup plus tard, il a été déterminé que l’intention de cette cruauté était d’examiner la vision du monde mourant dans la conscience de chaque victime comme un acte de témoignage, une scène que les Word Bearers croyaient que les morts emporteraient avec eux dans l’au-delà comme preuve des pouvoirs qui guidaient les actes de la Légion Renégate.[16]

L'Honneur de Macragge

Le Vaisseau amiral des Ultramarines, le Macragge’s Honour.
Deux heures après le début de la bataille orbitale, le Maître Vox du vaisseau amiral des Ultramarines rapporta à Roboute Guilliman que le vaisseau amiral des Word Bearers, le Fidelitas Lex, avait ouvert un canal d’appel en lithodiffusion. Le Primarque des Ultramarines monta sur la plaque hololithique au centre de son pont alors que la silhouette de son frère, le Primarque Lorgar, se manifestait devant lui sous une lumière dure et granuleuse. Pour la première fois peut-être dans sa vie, le célèbre Guilliman mesuré se perdit dans la fureur. Il enragea contre son frère pour sa trahison et jura d’appliquer une vengeance impitoyable. Guilliman dénonça la santé mentale de Lorgar et promis que lui et tous ses fils seraient châtiés. Mais le Lorgar qui écoutait tout cela avec un sourire sur les lèvres et le reste de son visage caché dans l’ombre n’était pas l’être que Guilliman avait connu autrefois. Lorgar n’était plus le chercheur cérébral de la vérité qui avait débattu de la nature de l’univers avec son frère Magnus pendant des jours et des jours, ni le fils trop zélé qui avait subi la censure de l’Empereur qu’il avait déclaré être un dieu. Lorgar n’était plus non plus le guerrier moqué qui, seul parmi tous les Primarques, cherchait non pas la conquête, mais l’illumination. C’était là, au contraire, un être transcendé qui rayonnait d’une nouvelle assurance, comme si lui et lui seul connaissait un savoir encore caché aux autres, mais qu’ils apprendraient bientôt qu’ils le veuillent ou non. N’étant plus effrayé ou éclipsé devant un Primarque plus ouvertement résolu ou assuré, Lorgar était l’essence même de la défiance flegmatique.

Plus choquant que les manières de Lorgar, cependant, se sont les mots qu’il prononça à Guilliman. Avec une dérision méprisante, il informa le Seigneur d’Ultramar que, contrairement à toutes ses théories, la trahison de Lorgar n’était pas une vengeance suite à Monarchia, ni un événement isolé. Au contraire, elle faisait partie d’un projet de longue date d’une portée et d’une ambition impossibles à réaliser, et que pas moins de la moitié de leurs frères Primarques en étaient complices, y compris le plus grand d’entre eux, Horus. Trois de leurs frères Primarques, affirma Lorgar, étaient en fait déjà morts, une affirmation que l’histoire révélerait comme erronée, mais qu’il avait lui-même toutes les raisons de croire à l’époque.

Guilliman était muet face à la stupéfiante et évidente arrogance dans les paroles de Lorgar, mais il savait que son frère disait la vérité, aussi désagréable que cela puisse être. À ce moment, il jura à nouveau de mettre fin à la trahison de son frère, même si c’était l’acte final de son long et loyal service. Même s’il s’est avéré qu’il était totalement contraire aux tactiques et à la stratégie saine d’esprit, le seul but de Guilliman à ce moment-là était de traquer Lorgar et de tuer son frère de ses propres mains.

Mais il ne devait pas en être ainsi. L’avatar de Lorgar s’est soudainement modifié, se transformant en un monstre provenant d’un cauchemar ou de l’imagination d’un fou. Guilliman ordonna que le lien hololithique soit rompu, dégoûté par ce qu’il supposait être une représentation théâtrale grotesque. C’est alors qu’il est devenu évident que le verrouillage hololithique du signal avait déjà été coupé. La chose avec des yeux, des dents, des tentacules, des écailles et de la chair irréelle se tenaient au centre du pont du Macragge’s Honour, étant passé de la lumière hololithique à de la chair corporelle. L’abomination s’avéra trop réelle pour l’équipage horrifié du pont et le Primarque en colère.

Un instant plus tard, tout le pont éclata dans une explosion de viscères fantasmagoriques, faisant sauter son dôme blindé et projetant ses occupants dans le vide. D’un seul coup, les Ultramarines furent privés de leur Primarque bien-aimé et leur flotte assiégée avait perdu son vaisseau amiral.[17]

Trahison sur Calth

« La victoire est une maîtresse inconstante, l’échec est un bourreau sans conscience ; ceux qui ont le courage de persévérer ne prendra pas en compte leurs diktats. »
- Attr. Tétrarque Ethos Lamiad, devant l’inauguration du monument "Défense de Bathor", Calth Holophusikon.

Tout comme l’orbite, la surface de Calth fut témoin d’une campagne de massacre et de trahison soigneusement planifiée et délibérée, dont les premiers actes se sont déroulés dans le bref calme avant que la tempête déclenchée par les derniers moments du Campanile ne frappe Calth. Il ne s’agissait pas d’une vague violente de haine et de vengeance amère, ni d’une libération cathartique soudaine d’une inimitié de longue date, mais d’un génocide froid et calculé, planifié et anticipé depuis longtemps, dont le but ne servait qu’à nourrir davantage le chancre qui sévissait au sein de la Légion des Word Bearers.

Sa genèse remontait deux ans avant, en orbite autour de Saturne, parmi les vaisseaux rassemblés de la flotte de Croisade de Roboute Guilliman, ancrés dans des ports sécurisés dans le Système Sol après avoir quitté les vestiges d’un autre petit empire brisé et amené à la Conformité par l’acuité tactique et la discipline du 13e Primarque et de ses fils. Ce qui l’attendait cependant n’était pas une longue période de réparations et de ravitaillement dans les grands chantiers navals Joviens et les forges génétiques de l’Empereur, où la présence d’une grande partie de la Légion, les Ultramarines, aurait pu changer l’histoire. Au lieu de cela, il reçut une série d’ordres chiffrés lui ordonnant d’amener l’essentiel de sa Légion dans le système de Veridia, à Calth, pour une croisade punitive contre les Orks de Ghaslakh.[18]

Un Prélude au Désastre

Rassembler une Légion complète n’était pas chose facile, avec des centaines de milliers de Space Marines et de véhicules blindés de combat dispersés dans mille flottes et croisades lointaines. Les contingents les plus éloignés des Ultramarines disposèrent d’un certain temps pour se retirer convenablement de leurs opérations de combat actuelles et pour se redéployer, et dans la plupart des cas, ils se rendraient directement vers Calth. Quelques détachements, plus particulièrement des éléments du 10e Chapitre engagés dans l’observation continue des colonies insulaires du nord-est galactique et les Compagnies des 7e et 22e Chapitres affectées à contenir les mondes d’origine des Fraal le long du bord du vide galactique au-delà de la forteresse impériale de Incalpeta Terminus, n’ont pas été en mesure de se joindre au rassemblement, en raison des distances à parcourir ou de la férocité des combats dans lesquels ils étaient engagés à ce moment-là.

Pour Guilliman et le corps principal de sa Légion qui se rendaient directement à Macragge en empruntant des routes Warp autrefois stables, maintenant traversés par les tempêtes, le voyage fut ardu et prit beaucoup de temps. Il lui faudra presque dix-huit mois sidéraux avant d’arriver. Il fit face à des confluences Warp aberrantes et perdit le croiseur lourd Tiger’s Heart dans la fureur de l’Empyrean. D’autres détachements de la XIIIe Légion qui voyagèrent le long de routes peu fréquentés, comme celles toujours tumultueuses de la Frange Est, souffrirent encore plus. Quatre Compagnies du 14e Chapitre, en route depuis la forteresse frontalière de Lachesis, furent ravagées par une série d’effondrements de Champs de Geller pendant le transit, et les contingents de troupes Accatran et du Tigrus furent tellement retardés qu’ils n’arrivèrent à Calth qu’une fois la tragédie passée. Peu d’individus, à l’époque, considéraient l’augmentation soudaine et presque vindicative des perturbations Warp comme autre chose que des coïncidences malheureuses, bien que les érudits ultérieurs désignèrent ces incidents comme les premiers remous de la Tempête de la Ruine, ou peut-être ceux d’un sombre avenir - l’écho du carnage à venir résonnant dans le Warp autour de Calth.

Calth elle-même fut plongé dans la tourmente, son Gouverneur mettant en place une série de projets d’ingénierie gargantuesques pour faire face au rassemblement qui s’annonçait Des campements étaient nécessaires pour abriter plus de 100 000 Legiones Astartes ainsi que les machines de guerre et les personnels qui les accompagnaient, ce qui nécessitait des installations spécialisées construites selon les spécifications les plus strictes et la réaffectation de près d’un million d’ouvriers venant des champs verdoyants de la planète. La grande majorité de la production industrielle de Calth et de la Forge de Veridia fut déplacée vers la création de vastes stocks de munitions, d’armes légères et de réparations des blindés en préparation de la Croisade de Ghaslakh. Cela mit encore plus de pression sur la colonie en expansion, qui avait pour mission de lever un certain nombre de nouveaux régiments pour servir dans l’Excertus Imperialis.

Malgré ces mesures, dont certaines étaient encore incomplètes avec l’arrivée des premiers contingents des Ultramarines, il y a eu peu de troubles civils au sein de la population de Calth, dont beaucoup étaient des soldats à la retraite et habitués à l’appétit vorace d’une croisade Impériale. Les quelques insurrections qui eurent lieu, alors que les ressources privées et les travailleurs des guildes étaient réaffectés pour répondre aux besoins de la Légion, ont été rapidement et discrètement réduits au silence par les Vigil Opertii, la force de sécurité interne secrète d’Ultramar.

Au moment de l’arrivée du Seigneur Guilliman dans Ultramar, Calth et le système de Veridia étaient devenus une forteresse. Les principaux points de translation Warp et l’orbite planétaire furent lourdement semés avec des mines et des satellites asservis à la grille de données du Mechanicum, tandis que des patrouilleurs à grande portée surveillaient les franges du système, au-delà de la forteresse orbitale de Veridia Maximus. Aucun vaisseau non autorisée n’aurait pu survivre dans les limites du système pendant plus de quelques instants, tant l’efficacité des préparatifs des Ultramarines était grande. Pourtant, tout cela n’allait servir à rien, car lorsque les Word Bearers arrivèrent pour apporter la mort et la destruction à ceux qui avaient été si récemment leurs frères, ils l’ont fait sous couvert d’alliés, sous l’autorité du Maître d’Ultramar pour franchir touts les passages et toutes les protections sans être inquiétés.[19]

Le Commencement de la Fin

Les Non Marqués[20]

Dans toute la Légion, seulement cinq Chapitres entiers des Ultramarines et une poignée de détachements séparés d’autres Chapitres ont été épargnés par la Marque de Calth. Comme dans le cas des Legiones Astartes qui avaient vécu les massacres de Isstvan, un fossé s’était creusé entre les anciens combattants de Calth et ceux qui n’avaient pas subi les feux de la trahison. Aucune désignation officielle pour marquer les anciens combattants de Calth n’a jamais été promulguée au sein de la XIIIe Légion, Guilliman n’ayant jamais fait de distinction entre les guerriers de sa Légion, mais lors des occasions où les Ultramarines se rassemblaient, les survivants de Calth formèrent toujours un groupe séparé. La terrible blessure de la trahison fut telle qu’elle les marquèrent toute leur vie, l’héritage durable de l’assaut des Word Bearers sur les mondes d’Ultramar ; la confiance ne leur venait qu’avec difficulté et il y avait toujours un soupçon de paranoïa dans leur préparation à la guerre et dans l’exécution de leurs campagnes.

Parmi les chapitres dits "Non marqués", deux avaient été assignés à des forces éloignées de la Grande Croisade au moment des atrocités de Calth ; le 7e Chapitre était éparpillé dans les vastes étendues de l’Empire des Tempêtes et le 10e Chapitre se battait dans la frange orientale infestée de Xenos. Les Chapitres restants, le 19e ainsi que ceux qui portaient le titre "Evocatii", les 24e et 25e, avaient été affectés à des rôles de garnison et d’entraînement parmi les myriades de mondes d’Ultramar. Bien que nul n’ait échappé aux feux de la rébellion d’Horus, aucun n’a été mis à l’épreuve comme l’ont été ceux qui s’étaient opposés à l’impensable à Calth, aucun n’a jamais été au bord de l’annihilation et de la folie comme leurs frères.

Dans les dernières années de la Purge, les Non Marqués se voyaient sans cesse retirés du corps principal de leurs frères lors des opérations ; même Guilliman semblait ne pas vouloir de leur compagnie en campagne, voyant peut-être en eux un souvenir des jours maintenant révolus. Finalement, les Non Marqués seront parmi les premiers de la Légion à être rebaptisés et à la quitter lors de la Seconde Fondation, et resteront peut-être le reflet le plus fidèle des Ultramarines d’autrefois.

Les premiers navires de la flotte de la Légion des Word Bearers arrivant à Calth furent ceux d’Erebus et des compagnies auxiliaires du Chapitre de la Main Écorchée, apparaissant dans le système de Veridia autour de l’orbite d’Ischara et de la forteresse orbitale de Veridia Maximus, avec près d’un mois de retard sur le calendrier initial mis en place pour la Croisade de Ghaslakh. Inconscients des massacres sur Isstvan, les sentinelles Ultramarines, témoins de leur approche, attribuèrent d’abord la lenteur de leurs alliés à la même turbulence Warp qui avait aussi retardé leurs propres navires plutôt qu’aux buts plus sombres auxquels la XVIIe Légion avait consacré son temps.

Passant à travers les nombreuses strates de protection drapées autour de Calth et de la flotte croissante et vulnérable au mouillage dans son orbite, Erebus et son entourage se sont rapidement fondus dans le chaos contrôlé du rassemblement, n’étant que quelques milliers de guerriers parmi un million d’autres hommes sous les armes. Pendant une autre journée solaire, les lourds croiseurs et les vaisseaux d’assaut des Word Bearers continuèrent d’arriver au goutte-à-goutte, n’essayant pas d’imiter les formations précises des Ultramarines et se positionnant sur des orbites inoffensives surplombant les navires de la XIIIe Légion. Environ 50 000 Word Bearers et peut-être un demi-million d’unités des Auxilia atterrirent sur les sites de rassemblement sur Calth.

Soixante-huit camps de rassemblement avaient été créés à la surface de Calth, chacun destiné à abriter plusieurs Compagnies complètes de la Légion pendant les opérations de rassemblement, fournissant des terrains de forage et des installations de stockage de munitions ainsi que des casernes de fortune. Guilliman avait intentionnellement fait en sorte que ses propres Ultramarines soient logés aux côtés de leurs alliés Word Bearers, dans l’espoir de favoriser un sentiment d’unité parmi les Légionnaires, un geste de confiance et de réconciliation qui n’a servi qu’à rendre encore plus dévastatrice la prochaine trahison des Word Bearers. Leurs osts dispatchés à travers Calth, les Compagnies Word Bearers et leurs auxiliaires issus des cultes se préparèrent à la tempête qui s’annonçait, sous le couvert des préparatifs de combat pour la Croisade de Ghaslakh, stockant des munitions, repérant le déploiement des troupes de la XIIIe Légion et commençant les préparatifs occultes et les sacrifices qui allaient déclencher la Tempête de la Ruine.

Désireux de resserrer les liens entre les deux Légions, les échelons de commandement de la XIIIe Légion n’ont pas tenté d’enquêter sur les rapports faisant état de comportements bizarres de la part des Word Bearers ou de leurs unités de soutien. Les quelques officiers de la XIIIe Légion qui remettaient en question les chants discordants ou les exercices de préparation au combat apparemment inutiles des Word Bearers avec lesquels ils partageaient leurs camps de rassemblement étaient ignorés ou, s’ils persistaient, censurés.

Peu d’archives permettent de déterminer avec précision quand la tuerie a commencée à la surface de Calth. La plupart des historiens supposent que les Word Bearers agirent comme un seul homme, au signal de la mort du Campanile en orbite, mais les informations recueillies par des sondes nécro-corticales et les quelques survivants des combats indiquent qu’il n’en était rien. Que ce soit à cause de la soif de sang, du désir ardent de vengeance ou d’un simple malentendu, de nombreuses unités des Word Bearers ont débuté le massacre bien avant que les vaisseaux ne commencent à tomber des cieux de ce monde. Le plus éloigné des camps de rassemblement, établi dans les quelques dernières étendues sauvages de Calth, a été témoin d’une série de carnages froidement exécutés alors que les petits contingents d’Ultramarines, destinés à agir comme hôtes et émissaires de bonne volonté, étaient trucidés par leurs anciens frères. Tout le long de la côte nord, au bord des Plateaux Satriens, les Word Bearers construisirent des monuments grotesques en hommage à leur trahison à partir des ossements de leurs alliés qui ne se doutaient de rien. De telles actions ne peuvent pas vraiment être considérées comme une forme de guerre saine d’esprit car ces camps isolés ne servaient que de points de rassemblement afin d’épargner aux villes de Calth toute perturbation due au grand nombre de forages des Legiones Astartes à proximité, principalement réservés à l’usage des formations des Word Bearers arrivant en retard et n’avaient donc qu’une utilité stratégique limitée. Les raisons de ces attaques ont fait l’objet de nombreux débats, certains les attribuant à la simple soif de sang ou à la folie, tandis que d’autres y voyaient un schéma malveillant, les attribuant à une pratique dogmatique colchidienne insondable.

Dans les zones les plus peuplées, en particulier celles les plus proches des grandes villes et des ports spatiaux de Calth, cette hécatombe généralisée était absente. Au lieu de cela, le savant prudent découvrira un certain nombre de rapports oubliés qui indiquent que certains commandants de la XIIIe Légion et leurs entourages furent éliminés quelques heures avant le début des combats ouverts sur Calth, sans doute victimes des cadres d’assassins des Word Bearers qui avaient infiltré les zones des Ultramarines sous prétexte d’amitié. Ces cadres ont rarement survécu à leurs attaques meurtrières. Même confus et choqués, les Ultramarines réagirent aux violentes attaques par des représailles immédiates et mortelles, mais à ce moment-là, les dégâts avaient déjà été faits et la chaîne de commandement rigide qui constituait l’épine dorsale de la XIIIe Légion avait été brisée.[21]

Face à l'Anéantissement

Trahison !
Lorsque le Campanile frappa au cœur des défenses orbitales des Ultramarines, envoyant des kilotonnes de débris en cascade depuis l’orbite haute sur la surface de la planète, les contingents des Word Bearers qui n’avaient pas encore révélé leurs traîtresses intentions se retournèrent contre les Ultramarines alors qu’ils luttaient pour comprendre la tragédie qui se déroulait au-dessus d’eux. Des milliers d’Ultramarines et leurs vassaux furent tués dans les premiers instants, qu’ils furent au repos ou qu’ils se précipitaient pour se rassembler face à un assaut inconnu en orbite. Les baraquements devinrent des abattoirs, les guerriers massacrés pendant leur sommeil alors que les terrains de forage furent tapissés avec les cadavres crucifiés des victimes. À travers tout un hémisphère de Calth, les navires commencèrent à plonger dans l’atmosphère, s’approchant de villes condamnées subitement en proie à une panique de masse. Même les débris qui, par pur hasard, ne se sont pas écrasés dans l’une des villes grouillantes de Calth, causèrent d’innombrables dommages, détruisant des lignes de transit vitales et obscurcissant le ciel de poussière et de cendres. Chaque impact n’a servi qu’à paralyser la circulation de l’information entre les détachements Ultramarines dispersés et à exacerber la confusion et la panique qui ont suivi. Avec leurs installations orbitales démantelées et la grille de communication de la noosphère du Mechanicum, qui fut frappé par un virus biologique mortel, chaque Ultramarines était maintenant seul, incapable d’atteindre ses frères plus loin que le son de sa propre voix. Face à l’impensable, les doctrines et les préceptes soigneusement codifiés des Ultramarines les ont complètement abandonnés, et ils se sont tenus un bref instant, impuissants face à l’annihilation.

Sur les champs verdoyants de Komesh, le 9e Chapitre des Ultramarines disparut, ses rangs à moitié assemblés submergés par une marée de guerriers écarlates et de véhicules blindés sous le commandement de Foedral Fell. De petits îlots de bleu cobalt brillèrent sporadiquement dans les plaines, alors que les Compagnies individuelles et les petits détachements s’enhardissaient, mais en vain, avec toutes les armes et munitions à portée de main. Les combats à Komesh devaient être parmi les plus sanglants de tous les affrontements, avec plus de 15 000 Ultramarines tués ; les survivants, à peine 5000 hommes, se battirent plus tard sous le commandement du Tétrarque Tauro Nicodemus dans une bataille qui allait durer près de vingt longues heures. Plus au nord, aux camps de rassemblement à Erud, en vue de la cité de Numinus, les machines de la Legio Titanique Suturvora dispersèrent et détruisirent des éléments des 1er, 2e et 3e Chapitres de la Légion des Ultramarines.

Face à ces dieux métalliques en colère, même les Space Marines étaient aussi impuissants que des enfants, et des centaines d’entre eux moururent à chaque salve que les Titans libérèrent. Seule une résistance déterminée de la part des Compagnies blindées du 1erChapitre évita la destruction complète des Ultramarines ; Shadowswords et Falchions, des chars super-lourds qui prirent en embuscade les Titans en avançant sans opposition à travers les guerriers en retraite de la XIIIe Légion. Bien que plusieurs Titans aient été grièvement blessés par ces attaques, seuls deux chars Shadowswords et un seul Falchion endommagé ont échappés au chaos dans la zone de rassemblement, faisant partie d’une colonne sous le commandement du Capitaine Sydance qui se fraya un chemin avant le massacre.

De l’autre côté de Calth, où régnait actuellement la nuit, dans l’immense cale des usines de munitions de Dainhold, les Word Bearers posèrent des essaims d’auxiliaires en haillons contre les guerriers de la XIIIe Légion qui s’étaient barricadés dans les bâtiments fortifiés de la fabrique. Ce n’est que lorsque les canons des Ultramarines furent à sec et que les couloirs des manufactures furent parsemés de cadavres, que Nur Asoktan mena l’élite en Armure Cataphractii de la Main Écorchée vers l’avant pour traquer les Ultramarines qui survivaient. Surpassés et acculés, les guerriers d’Ultramar se battirent avec des Couteaux de Combat et des engins explosifs improvisés, coupant le courant de plusieurs installations afin d’utiliser l’obscurité à leur avantage.

Les Word Bearers exterminent toute vie sur Calth, menant des actions abominables au nom d’entités inhumaines.
De l’autre côté de Calth, de la forêt Satrienne aux villes d’Ourosene, les mêmes batailles brutalement unilatérales se déroulèrent, les Ultramarines étant agressés et submergés par ceux qu’ils attendaient à leurs côtés, leur sang versé et leurs corps élevés comme de grotesques trophées. Les systèmes de défense orbitale de Calth, des centaines de stations d’armes spatiales hérissées de canons destinés à paralyser les vaisseaux de tout attaquant, furent utilisés contre la planète par les Word Bearers, causant de terribles ravages et anéantissant complètement toute force des Ultramarines qui s’étaient rassemblés en plein air tout en laissant des villes entières en flammes, leurs habitants transformés en rien d’autre que des cosses carbonisées. Pourtant, toutes les batailles livrées dans les premières heures des combats sur Calth n’ont pas été à l’avantage des Word Bearers. Que ce soit par chance ou à cause d’une bizarrerie d’organisation, quelques unités Loyalistes n’ont pas été prises au dépourvu par la traîtrise des Word Bearers.

L’attaque des Word Bearers contre le réseau de bunkers côtiers de la province de Sylator fut stoppée par une cohorte d’Automates de Bataille de la Legio Cybernetica Magenim. Séparés du contrôle direct de leur superviseur du Mechanicum par le virus qui affligea de nombreux Magos dans le sillage de la destruction de la grille orbitale, les Automates de Bataille de la cohorte se sont repliés sur la logique centrale de leur cortex cybernétique et répondirent à toute menace potentielle, aussi inconcevable soit-elle, par une force létale mortelle. Dans le sillage du déchaînement des Automates de Bataille, un régiment de Solar Auxilia, le 14e régiment d’infanterie lourde de Garnide, sécurisa le complexe du bunker et s’y retrancha.

Dans l’extrême nord, le long des rives glacées de Thrascias, près du lieu isolé choisi par Erebus pour le lieu de son rituel pour la Tempête de la Ruine, une grande force de Gal Vorbak massacra les villages isolés de la région. Le sort des autochtones de Calth capturés au cours de ces raids est incertain, mais peut être lié aux rituels étranges entrepris par Erebus et d’autres membres des échelons de commandement des Word Bearers. Cette obsession de la XVIIe Légion pour la poursuite de rites religieux apparemment dénués de sens pour des raisons plus pratiques a conduit à un certain nombre de revers pendant les combats sur Calth.

Dans le désert de Thrascia, l’obsession du rituel des Word Bearers sembla avoir contribué à leur l’échec à engager les deux mille Destroyers Ultramarines du 22e Chapitre rassemblés dans la sombre région, ou peut-être ont-ils cru qu’une si petite force n’était pas une menace pour leurs opérations. Contrairement à d’autres unités des Legiones Astartes qui réagirent avec horreur et avec une certaine consternation à l’apparition du Gal Vorbak, cet effet sur les troupes de choc Destroyers fut correctement exploité. Les vétérans du 22e Chapitre ont longtemps été habitués à affronter les Xenos les plus hideux et les plus ignobles rencontrés par l’Imperium durant son expansion. Des extraits de journaux de bord récupérés sur les champs de bataille de Calth longtemps après les combats indiquent que le contingent d’officiers du 22e Chapitre, n’ayant pas la capacité de s’entretenir avec leurs frères Ultramarines, ont supposé que les Word Bearers, en partie ou en totalité, avaient été victime d’une forme quelconque de contamination Xenos. Face à une menace qu’ils croyaient capable de régler grâce à leur puissance physique de Legiones Astartes, les guerriers du 22e ont rapidement déployé les armes les plus puissantes à leur disposition et les combats de Thrascia devinrent rapidement un enfer de Phosphex et de tempêtes radioactives quand Destroyers et Gal Vorbak s’affrontèrent.[22]

Un Cauchemar Fait de Chair
Face à la trahison, les Ultramarines tentent de résister.
Malgré quelques petites victoires, le crépuscule sur la capitale Numinus semblait annoncer la fin de la Légion des Ultramarines. En moins de douze heures, près de cent mille Ultramarines avaient été tués et les Word Bearers contrôlaient presque toutes les grandes villes et cibles stratégiques de Calth. Les débris du massacre spatial continuant à pleuvoir sur la planète assiégée, les frappes orbitales effaçant de vastes pans du paysage et les dommages collatéraux causés par la bataille entre les Legiones Astartes étaient catastrophiques. Les pertes parmi la population civile étaient au-delà de l’imaginable. Des millions et des millions de citoyens impériaux périrent dans la peur et l’agonie au cours des premières heures, et des millions d’autres continuèrent à mourir pendant que les combats se poursuivaient. En effet, l’intention des Word Bearers semblait moins de poursuivre les Ultramarines de la XIIIe Légion que de causer autant de morts et de destruction que possible.
Les Artefacts du Warp[23]

Pendant toute la durée de la guerre de Calth, les formations Loyalistes souffrirent d’une incapacité à communiquer entre elles. La destruction des principales installations orbitales et de surface au début de l’attaque avait complètement détruit le réseau vox qui permettait autrefois une communication instantanée entre les unités impériales n’importe où à la surface de Calth ou même en orbite haute. Les émissions vox à faible portée et à courte portée furent brouillées au point d’être méconnaissables par l’aggravation de l’interférence solaire et l’interruption bizarre des chants distants et des chuchotements sifflants. Malgré cela, les Word Bearers semblaient avoir maintenu la cohésion de leurs forces, montrant peu de signes qu’ils connaissaient les mêmes problèmes que les Ultramarines.

Les artefacts récupérés sur Calth suggèrent qu’ils employaient un dispositif qui fonctionnait en transmettant les communications par le Warp, contournant ainsi l’interférence qui dégradait les dispositifs de communication plus conventionnels. Les quelques témoignages de ces artefacts retrouvés dans les archives des Word Bearers font allusion à leur fonctionnement ; surtout dans des fragments de vers presque rituels qui parlent d’entités symbiotiques esclaves et de disciplines psychiques rituelles qui datent d’avant l’arrivée de l’Imperium sur Colchis.

Ce dessein, car il ne s’agissait pas simplement d’une soif de sang ou d’une folie de la part des fils de Lorgar, était destiné à faciliter un rituel psychique malveillant à grande échelle. Bien que les connotations religieuses plus profondes de ces actions parmi les Word Bearers nous restent inconnues, les conséquences immédiates sont bien documentées par les quelques survivants de la Bataille de Calth. De nombreux témoignages attestent des conditions météorologiques bizarres et aberrantes aux premiers stades du conflit - les typhons anormaux, les aurores boréales et la couverture nuageuse contre nature étant les plus fréquentes. Au fur et à mesure que le nombre de morts augmentait et que les combats s’étendaient, ces phénomènes devinrent plus prononcés et les premiers cas de manifestations d’entités du Warp furent enregistrés. De telles créatures étaient pratiquement inconnues de l’Imperium en général, le sujet d’une longue légende discréditée et des divagations d’Astropathes et de Navigators délirants. Leur apparence n’a fait qu’enflammer la panique abjecte qui s’empara de nombreuses régions, même dans les rangs des Legiones Astartes habituellement stoïques. L’émergence de ces manifestations aberrantes ne suivait aucun plan stratégique cohérent. En effet, les Word Bearers semblaient avoir considéré leur présence comme un but vital en soi plutôt que dans la poursuite de leur campagne militaire. La plupart de ces incursions se produisaient dans des zones où les combats ont été particulièrement violents, où le nombre de morts excessivement élevé et où leurs ravages, bien que d’une brutalité stupéfiante, avaient rarement eu un impact sur la situation stratégique générale.

Non seulement les éléments Loyalistes survivants furent tourmentés par les déprédations des alliés ténébreux des Word Bearers, mais aussi par la détérioration de la situation dans le système de Veridia. Les Word Bearers avaient tourné la capacité de destruction complète des plates-formes de défense orbitales de Calth, ainsi que la formidable puissance de feu de leur propre flotte, contre le soleil du système lui-même. L’éruption solaire qui en résultait commençait à faire des ravages chez les guerriers à la surface de Calth. Ceux qui n’étaient pas à l’abri de l’éblouissement du soleil ou protégés par la physiologie augmentée de la Legiones Astartes, ont rapidement souffert d’ampoules et de brûlures, et la plupart succombèrent plus tard à un empoisonnement par radiation extrême. Seules les rares enclaves qui se trouvaient à l’intérieur de l’une des quelques structures blindées encore détenues par les Loyalistes ont échappé à cette mort persistante, bien que peu de ceux qui vivaient encore pouvaient y voir un répit temporaire.[24]

La Bataille pour le Macragge's Honour

« Et il cria d’une voix malveillante, déclarant que la demeure des héros était tombée, qu’elle était tombée, qu’elle était devenue la demeure des démons, la demeure de tout esprit mauvais, et la cage de toute bête impure et haineuse. »
- Les Apocryphes de Terra.

Le pont du vaisseau amiral des Ultramarines, le Macragge’s Honour, avait été détruit et toute raison avait disparu. Ce qui s’est passé ensuite n’avait aucun précédent connu dans les annales de la Grande Croisade, car si les descendants des grandes Maisons de Navigators de Terra avaient une idée de ce qui se cachait au-delà, cette connaissance était refusée à presque tous les autres, même aux Legiones Astartes. La chose qui s’était manifestée sur le pont avait explosé dans une fontaine de sang et la force de la détonation avait percé la coque. Le Primarque, qui se tenait dans l’œil du cyclone, avait été soufflé vers le haut et vers l’extérieur de la brèche en un instant. Les restes corrompus du monstre ayant pris forme depuis l’avatar lithique de Lorgar s’était transformé en une puissante masse battante de pseudopodes en spirale et d’ombre en mouvement.

L’équipage de la passerelle n’a pas eu l’occasion de sauver le Primarque, ni même dans la plupart des cas eux-mêmes. Une douzaine d’officiers supérieurs furent emportés dans le tourbillon de sang et de débris comme des quilles, et projetés dans le vide dans le sillage de Guilliman, leurs cris inaudibles jaillissant de leur gorge. Le Maître de Bord Zedoff, le Capitaine chevronné du Macragge’s Honour, fut éviscéré par des éclats de verre blindé, son corps déchiqueté tiré du trône de commandement dans une tempête de chair en ruines. Même les Space Marines avaient peu de chance d’échapper au chaos, le Maître de Chapitre Vared rejetant tout protocole de rupture du vide afin de tenter d’aider son Primarque en se jetant vers l’extérieur dans l’écoulement du sang et de ruine. On ne l’a plus jamais revu.

Le Maître du Premier Chapitre, Marius Gage, avait réussi à saisir une rambarde lorsque la brèche apparue et s’était tiré le long du pont ravagé vers le portail principal, qui se referma contre le vide alors même qu’il luttait pour l’atteindre. À quelques mètres de l’écoutille blindée, Gage rencontra le Maître Banzor, grièvement blessé, et tira son frère officier de la Légion à travers le portail alors que les portes anti-souffle s’abaissaient. Banzor mourut peu de temps après, mais Gage n’eut aucune chance de le pleurer car la destruction du pont n’était qu’un tourment parmi d’autres pour le Macragge’s Honour. Toute la tour de contrôle se désintégrait autour de lui et des hurlements assourdissants de folie bestiale inondaient les couloirs, accompagnés du grondement de métal tenaillé, du rugissement de l’atmosphère qui s’échappait et des cris de l’équipage qui se faisait massacrer.

Ceux qui survécurent à la destruction du pont, presque exclusivement des Legiones Astartes, car la chair mortelle était trop fragile pour résister à de telles blessures, furent forcés de fuir vers l’intérieur, poursuivis à tout instant par la mort alors que, pont par pont, la tour s’effondrait dans le vide. S’ils s’attendaient à un répit lorsqu’ils atteindraient le corps principal du navire, ils furent déçus. La descente voûtée en berceau qui longeait les ponts supérieurs du Macragge’s Honour présentait une scène sanglante et déchirée des pires excès de la Longue Nuit. Les mains de l’équipage avaient été coupées, le sang et les membres tranchés jetés dans toutes les directions par des choses obscures née du Warp et du feu ardent de l’Empyrée. Les guerriers les plus expérimentés savaient qu’une rupture catastrophique du Warp pouvait provoquer des hallucinations chroniques et une psychose de masse, tandis que certains étaient partisans des théories selon lesquelles certaines formes anti-vie pouvaient exister dans les profondeurs obscures du Warp lui-même. Mais ce n’était pas une brèche dans le Warp, car le Macragge’s Honour était dans l’espace réel.

Pour les défenseurs assiégés, il semblait que tout le navire avait été arraisonné au plus fort de la bataille par des créatures qui n'avaient pas été cataloguées comme de type Xenos, envoyé par les Word Bearers. Seul le conditionnement mental supérieur des Legiones Astartes pouvait supporter un tel poids de trahison et d’horreur, et plusieurs des officiers survivants en arrivèrent immédiatement à la conclusion que leurs frères renégats avaient libéré une forme quelconque d’organisme Xenos-terroriste comme arme provenant de leur arsenal perfide.

Des créatures du Warp envahissent le Macragge’s Honour.
Mais les Ultramarines n’avaient aucune chance de monter une défense coordonnée du vaisseau amiral, car les effectifs de l’ennemi étaient tout simplement trop importants. L’équipage humain avait été massacré, l’esprit submergé par la terreur primitive devant ce dont ils furent témoin. Des créatures aux cornes acérées, figées par les énergies bouillonnantes de l’espace Warp, dont la peau brillait comme de la lave et qui portaient de longues épées dangereusement barbelées, massacraient ceux qui étaient trop étourdis ou trop lents à s’échapper. D’autres entités incarnées comprenaient des cadavres gonflés, criblés de peste, borgnes et baveux et utilisant des hachoirs rouillés pour tailler l’équipage sans défense comme de la viande sur un bloc de boucher. D’autres encore étaient faussement humaines, agiles et féroces, dotées de griffes vicieusement tranchantes qui avaient l’habitude de couper, de poignarder et d’étriper des ennemis qui se tenaient impuissants et ravis à l’approche de leur arrivée. Ces folies et un millier d’autres descendirent sur le vaisseau amiral, jusqu’à ce que même la chaîne de commandement brisée qui avait survécu à la perte du pont ne soit bientôt plus là. C’était comme si une scène de mysticisme antique et apocalyptique se déroulait, et les Space Marines de la XIIIe Légion étaient confrontés à des ennemis cauchemardesques contre lesquels les lois de la réalité elles-mêmes n’avaient aucune prise. Chaos, effusion de sang et anarchie s’emparèrent de l’intérieur du Macragge’s Honour.

La bataille set transforma en une lutte acharnée pour la survie alors que les guerriers étaient individuellement isolés de leurs compagnons et emportés dans les entrailles du navire ou bien submergés et massacrés d’une manière incontrôlable. Le Maître du Premier Chapitre Gage et le Maître de Chapitre Antoli, pour autant que chacun connaissait les seuls officiers de la Légion encore en vie, ont fait ce qu’ils ont pu pour rétablir l’ordre, ordonnant à l’équipage se trouver refuge, de se barricader dans tous les compartiments possibles pendant que les Ultramarines, les hommes en armes de la Marine et les soldats de l’Armée Impériale se rassemblaient. Même cet ordre ostensiblement simple était presque impossible à mettre en œuvre. Les vagues d’horreur se succédèrent sur toute la longueur du Macragge’s Honour. Des témoins décrivirent plus tard comment les angles des cloisons et les espaces entre les ombres se froissaient et se repliaient sur elles-mêmes avant de se resserrer à nouveau pour révéler des blessures sauvages dans la peau même de la réalité. C’est à travers ces blessures, que l’on appellera plus tard "micro-failles", que les créatures sont apparues.

De l’autre côté du navire, des Legiones Astartes et des officiers de la Marine combattirent courageusement pour repousser les envahisseurs. Se repliant sur des protocoles de contre-incursion établis de longue date, ils ordonnèrent les mesures qu’ils pouvaient. Des sections entières furent purgées de l’atmosphère respirable ou inondées de gaz toxiques, tandis que d’autres ont été nettoyées au plasma ou soumises à des températures extrêmes brutales. Rien ne marcha. Les créatures arrivèrent et repartirent, imperméables aux effets qui auraient décimé le vaisseau de n’importe quelle forme de vie connue. Ces défaillances furent aggravées par le fait que les systèmes internes de commandement et de contrôle du navire avaient été paralysés au début de la trahison, et avec tant d’officiers supérieurs Ultramarines morts et d’officiers subalternes isolés les uns des autres, les mêmes erreurs ont été commises à maintes reprises. La fameuse capacité des Ultramarines à analyser n’importe quel défi et à raisonner leur voie vers la victoire s’est entièrement effondrée, sans que ce ne soit de leur faute. Pire encore, les créatures ont été capables de repousser même la concentration la plus lourde du feu des Bolters des Space Marines et d’autres armes. Ils se répandirent indemnes à travers des rafales de feu pour tomber sur les défenseurs avec une sauvagerie d’un autre monde. Les créatures ne suivaient aucune stratégie ou logique perceptible, et il était évident qu’elles n’avaient d’autre objectif que de verser du sang. On observera plus tard qu’ils semblaient plus être des proies affrontant un prédateur que des combattants face à d’autres combattants au sens conventionnel du terme, une observation que beaucoup d’autres feraient avant la fin.[25]

Les Tueurs se Rapprochent

Les Word Bearers abordent le Macragge's Honour.
À l’insu des officiers survivants de la Légion des Ultramarines ou de tout autre défenseur retenant désespérément la marée d’horreur qui se répandait dans le Macragge’s Honour, une meute de traqueurs Word Bearers s’approchait du vaisseau amiral depuis le vide brûlant. Bien que le navire des Ultramarines était beaucoup plus grand que les navires de guerre ennemis, le Macragge’s Honour n’était pas dépourvue de défense malgré la destruction de son pont, mais son équipage pouvait difficilement défendre son navire contre les abordages tout en livrant une bataille désespérée pour sa survie à l’intérieur. Les croiseurs prirent position autour du vaisseau amiral blessé, correspondant à sa trajectoire à la dérive, sans direction, avant de tirer des grappins d’abordage à courte portée dans le vide, attachant les chasseurs et les proies ensemble pour que l’abordage puisse commencer. En quelques minutes, des douzaines de groupes d’assaut des Word Bearers traversèrent le gouffre entre les navires. Le Macragge’s Honour était cependant lourdement protégé contre un assaut extérieur, et même si sa surface externe était parsemée de dizaines de portes d’air de toutes tailles, l’ennemi aurait à se frayer un chemin avant qu’une action d’abordage complète puisse commencer.[26]

Commander dans le Chaos

Alors que les Escouades Breachers des Word Bearers devaient commencer leur attaque sur l’extérieur du vaisseau amiral, le reste de la bataille pour l’intérieur du navire se déplaça. Des poches de résistance organisée et stoïque commencèrent à s’unir, des guerriers individuels attirés vers des leaders capables de commander la riposte par leur propre exemple héroïque.

Le Maître de Chapitre Klord Empion, commandant du 9e Chapitre, était l’un de ces chefs, un guerrier qui s’acquittait de ses fonctions ailleurs sur le vaisseau amiral lorsque le pont fut brisé. Empion eu la chance d’avoir avec lui au moment de l’incursion un grand nombre de guerriers et de sous-officiers du cadre de commandement de son Chapitre. Il l’a rapidement intégré au cœur d’une force avec laquelle repousser les assaillants, et qui s’est rapidement renforcée alors qu’elle se frayait un chemin le long du pont Trente-Cinq. Rassemblant des dizaines de Legiones Astartes, d’hommes en armes de la Marine et de troupes du Solar Auxilia, Empion n’avait aucune explication sur la nature de l’attaque contre le navire, mais il savait que seule une contre-offensive constante et déterminée vers les sections avant offrait l’espoir de se joindre aux autres forces et de tenir le vaisseau.

Entre-temps, le Capitaine Heutonicus de la 161e Compagnie avait pris le commandement d’une petite bande d’initiés Ultramarines isolés qui venaient tout juste d’accéder au statut de Légionnaire. La première bataille que ces jeunes guerriers livrèrent fut contre un ennemi dont ils n’avaient pas la moindre idée sur comment le contrer et pour beaucoup, ce fut leur dernière. Il incombait au Capitaine Heutonicus non seulement de garder ses hommes en vie, mais aussi de les mener au combat, tâche dans laquelle il excellait malgré les difficultés qu’il rencontrait. À peine un quart des initiés qui combattirent sous le commandement du Capitaine Heutonicus survécurent ce jour-là, mais ceux qui survécurent furent marqués in extremis. Beaucoup devinrent des guerriers de grande renommée. Mais c’était loin dans le futur et de nombreuses horreurs indescriptibles se profilaient à l’horizon alors que le Capitaine dirigeait sa force à travers les chambres hantées par les Démons du pont Vingt dans le but de se rapprocher de d’autres groupes de survivants.

De tous les récits de courage et d’honneur racontés au sujet de la défense du Macragge’s Honour, l’un d’eux est celui du Sergent Aeonid Thiel, de la 135e Compagnie. Au moment de la brèche du pont du vaisseau amiral, Thiel était sous le coup d’une réprimande et en attente d’une audience avec le Primarque lui-même dans une antichambre bordée de dizaines d’armes personnelles de Seigneur Guilliman. Confronté par le premier des attaquants, Thiel s’était emparé des armes les plus proches - une longue épée électromagnétique et une hache à friction Kehletai, deux exemples incroyablement rares et incroyablement puissants de l’art des armuriers.

Maniant les armes exotiques du Primarque, Thiel se fraya un chemin à travers une horde d’ennemis, découvrant rapidement que les créatures étaient beaucoup plus vulnérables aux effets de sa hache et de son épée qu’à ceux de son Pistolet Bolter. Thiel était doué d’une rare capacité à penser en dehors des dogmes établis, c’était d’ailleurs cette caractéristique même qui lui avait valu une réprimande - devant ainsi porter son casque peint en rouge. Thiel nomma les envahisseurs "Démons", reconnaissant qu’ils étaient autre chose que des extraterrestres, des manifestations psychiques ou même une souche inconnue de Xenos capable de résider d’une manière ou d’une autre dans le Warp. Il vit qu’il s’agissait de créatures issues des cauchemars les plus sombres de l’Humanité au sens propre du terme.

Alors qu’il combattait, Thiel rencontra d’autres guerriers se battant dos à dos contre les vagues d’assaillants. Il dirigea bientôt une force ad hoc de plusieurs dizaines de Légionnaires, d’hommes en armes, de Solar Auxilia et même du personnel Abhumain déterminé à se battre pour leur vaisseau amiral. Il établit un bref contact avec Empion et Heutonicus, et entre eux, les trois hommes parvinrent à coordonner une avance sur plusieurs ponts qui les verrait converger à proximité de la tour de commandement, ou de ce qui en restait. C’est près de cet endroit que Thiel rencontra le Maître du Premier Chapitre Gage, gravement blessé, sauvant l’officier supérieur de la Légion d’une mort certaine aux mains d’une horreur née du Warp qui lui avait déjà coupé le bras droit.

Luttant toujours contre l’odeur du sang empoisonné d’une entité du Warp, Gage a tout de suite vu que les méthodes de Thiel fonctionnaient et devaient être diffusées dans l’ensemble des forces. Le Maître du Premier Chapitre partagea l’observation de Thiel selon laquelle les créatures étaient plus sensibles aux armes de mêlée, bien qu’il réserva son jugement sur la théorie du Sergent selon laquelle cette faiblesse était dérivée des rituels obscurs utilisés pour les invoquer dans les anciens mythes de l’Humanité. Néanmoins, Gage était un officier expérimenté et assez sage pour savoir que dans son état, il ne pouvait diriger la force efficacement. La direction tactique fut confiée à Thiel tandis qu’un Apothicaire stabilisait le Maître du Premier Chapitre, et peu après, les forces sous les commandements de Thiel, Empion et Heutonicus furent réunies.[27]

Maître et Commandant

La situation immédiate s’étant stabilisée, Gage pu recueillir des informations auprès des forces Ultramarines dispersées et formuler un plan pour reprendre le contrôle du Macragge’s Honour. Le sort du Primarque restait inconnu et peu se permirent de s’y attarder, de peur d’être affligés et de perdre la concentration qu’ils devaient conserver. Le Maître du Premier Chapitre ordonna plutôt aux hommes de se diriger vers le pont auxiliaire du navire amiral, situé à plusieurs dizaines de niveaux directement sous la tour de contrôle détruite. Ce plan était en soi insuffisant pour obtenir plus que le contrôle le plus superficiel du navire massif ; pour cela, il fallait les compétences d’un Maître de Bord expérimenté, et le Capitaine du vaisseau amiral, le Maître de Bord Zedoff, avait été tué avec la majorité du cadre de la passerelle.

Ici, enfin, le destin fut bienveillant avec les Utramarines. Quelques minutes à peine avant la perte du pont, le Macragge’s Honour avait récupéré un certain nombre d’embarcations de sauvetage éjectées par le Sanctity of Saramanth plus tôt dans la bataille, et parmi les survivants se trouvait son Capitaine, le Maître de Bord Hommed. Gage n’avait aucun moyen de savoir si Hommed vivait ou avait été abattu avec tant d’autres membres de l’équipage, mais il savait que dans le Maître de Bord vétéran se trouvait le meilleur, peut-être le seul espoir de reprendre le contrôle du vaisseau amiral assiégé.

C’est au Sergent Aeonid Thiel qu’incomba la tâche de diriger les recherches pour trouver le Maître de Bord, lui et sa force se dirigeant vers le pont de lancement principal tribord tandis que Gage et Empion menaient le reste de la force vers le pont auxiliaire. La distance n’était pas grande et, dans l’ensemble, la marée des envahisseurs s’éloignait. Pourtant, beaucoup d’entités du Warp étaient l’équivalent d’un Space Marine et certaines étaient considérablement plus fortes, de sorte que même atteindre le pont de lancement coûtait aux Ultramarines des pertes irremplaçables. Quand Thiel arriva à destination, il trouva le pont grouillant des mêmes créatures à la peau pourpre et aux cornes cramoisies que lui et ses guerriers avaient affrontées en si grand nombre au début de la bataille. La horde convergeait vers un point unique, que Thiel réalisa avec horreur qu’il occupé par les survivants du Sanctity of Saramanth. Le Maître de Bord Hommed avait survécu à la destruction de son navire et à la manifestation d’une armée entière de créatures du Warp, mais alors même que les marées d’horreur diminuaient, les derniers envahisseurs s’approchaient de lui.

En un instant, le Sergent Thiel vit sa chance de sauver le Maître de Bord Hommed, mais il a dû agir dans la seconde. Il mena sa force sur le pont de lancement, ordonnant un tir soutenu et rapide même s’il savait que les Bolts ne feraient guère plus que distraire les Démons. Mais la distraction était exactement ce que le Sergent avait l’intention de produire, car au moment où la horde se tournait sur cette nouvelle menace, l’attention des créatures se détournant du Maître de Bord acculé aux Ultramarines, Thiel ordonna d’abaisser le quai de chargement sur lequel Hommed et les autres survivants étaient établis. Les Ultramarines ont dû maintenir les entités du Warp assez longtemps pour que la plate-forme puisse mettre les survivants en lieu sûr. Ils ont donc déverser une pluie incessante de salves de Bolters contre la horde, tout en faisant des pas mesurés en arrière vers l’entrée du pont. Enfin, la horde hurlante se rapprocha à quelques mètres de la ligne de tir et Thiel jugea que le Maître de Bord était en sécurité. Avec un dernier pas en arrière, les Ultramarines traversèrent l’écoutille et la porte anti-souffle s’écrasa. Les hurlements furieux des créatures du Warp étaient aussi bruyants que les impacts de leurs armes et des griffes qui frappaient de l’autre côté du portail. Le Maître de Bord Hommed était en sécurité.[28]

Les Serviteurs de la Machine

Le Maître du Premier Chapitre Marius Gage.
Tandis que les hommes de Thiel extrayaient le Maître de Bord Hommed, le Maître du Premier Chapitre Gage, maintenant largement remis de ses blessures grâce à la physiologie surhumaine des Legiones Astartes, conduisait sa propre force vers le pont auxiliaire. L’itinéraire passait par une zone du Macragge’s Honour qui était le domaine exclusif du contingent Mechanicum du navire ; une zone où les combats avaient déjà clairement été intenses, car le pont était parsemé de membres coupés et de cyber-organes de dizaines de Serviteurs techniques, de Skitarii, d’Automates de Bataille et de Serviteurs de Combat. Gage ordonna à ses escouades de ralentir leur avance et de rester vigilants pour trouver la vague de Démons du Warp qui avait infligé le massacre, ainsi que les survivants qui pourraient s’y trouver. Il n’a pas fallu longtemps avant que des signes des deux soient détectés.

Au cœur de la zone se trouvait un le temple sacré de la machine dédié à l’Omnimessie. La chambre était considérée comme le saint des saints par les Technoprêtres et les seuls étrangers normalement autorisés à y entrer étaient les Techmarines, membres des Legiones Astartes qui avaient été intronisés dans certains des mystères de la machine. La chambre était scellée par un portail blindé de deux douzaines de mètres de haut et, de l’autre côté, des tirs d’armes se mêlaient aux sons désormais trop familiers des créatures attaquantes du Warp. Gage vit qu’il n’avait pas d’autre choix que de violer le caractère sacré de la machine et, tout en s’en tenant à la Vérité Impériale séculière, ayant été témoin des pires excès de la religiosité païenne, il était assez sage pour respecter les croyances de ses alliés. Les puissants engrenages s’engagèrent et les pistons crachèrent de grandes bouffées de gaz ventilé comme le portail en laiton s’enfonçait vers l’intérieur pour révéler un spectacle unique en son genre et dont le Maître de Chapitre expérimenté n’avait jamais été témoin.

L’intérieur du temple de la machine ressemblait au fonctionnement intérieur d’un grand moteur, un autel dominant l’espace central. Un groupe de Technoprêtres du Mechanicum de divers Ordres, formait un cercle et envoyaient chacun un jet de feu implacable contre des Démons qui tournaient autour d’eux. L’air rempli d’encens et de fumée était ravagé par les rayons volkite et les ondes pulsées d’une émission concentré. Les créatures, cependant, étaient pratiquement insensibles aux effets des armes qui pouvaient faire fondre la chair des os des mortels. Elles criaient et gloussaient en se moquant à leur contact, faisant des allers et retours pour délivrer des caresses gracieuses, mais absolument mortelles, avec de longues griffes tranchantes comme un rasoir. Lorsque les Ultramarines franchirent le seuil du temple de la machine, les créatures cessèrent immédiatement de tourmenter les adeptes et sifflèrent dans un défi contre cet ennemi nouvellement apparu.

Là où Thiel avait ordonné à ses Légionnaires de tirer sur les entités pour les distraire, l’intention de Gage était bien différente. Par un ordre retentissant, il demanda que les Bolters soient rangés et que les armes au corps à corps soient tirées. Des lames de combat, des Épées Tronçonneuses et des baïonnettes apparurent et le Maître du Premier Chapitre brandit la hache de friction du Primarque, que Thiel lui avait donné, afin que tous puissent voir et suivre son exemple. En criant les cris de guerre d’Ultramar, les escouades avancèrent en parfaite formation pour engager les être du Warp dans la fureur mesurée du combat au corps à corps. Des griffes tranchantes vinrent de nulle part pour lacérer les Armures Énergétiques et déchiqueter la chair des Legiones Astartes, et en une douzaine de secondes, le même nombre de braves Space Marines tomba. Mais d’autres Légionnaire prirent leur place dans la ligne. Face à face, les créatures se sont révélées comme des moqueries cauchemardesques de la forme humaine, leur visage étant à la fois alien et androgyne. Elles étaient entourées d’un musc au parfum écœurant qui menaçait d’accabler de léthargie ou de délire les Frères de Bataille dépossédés de leur heaume.

Suivant l’exemple des Ultramarines, les techno-adeptes acculés devant l’autel de la machine jetèrent de côté leurs innombrables armes exotiques et prirent leurs haches et leurs bâtons de cérémonie. Les Magos ordonnèrent aux Automates de Bataille et aux Serviteurs de Combat d’ajouter leur poids au combat, et bientôt le sens de la bataille tourna. La jubilation malveillante disparut des visages larmoyants des créatures du Warp, car la réalisation de leur défaite imminente arriva trop tard. Elles étaient encerclés, les Ultramarines d’un côté et le Mechanicum de l’autre alors que les lignes de bataille s’enfonçaient toujours vers l’intérieur. Une minute plus tard, les dernières des viles créatures du Warp se dissipèrent et leurs formes fantasmagoriques furent trucidées par des Épées Tronçonneuse et enfoncées dans le pont par les poings massifs des Automates de Bataille Castellax.[29]

Le Commandement Restauré

Après avoir sécurisé le Maître de Bord et les Magos supérieurs de Mechanicum, la Légion des Ultramarines avait gagné un réel espoir de reprendre le contrôle du Macragge’s Honour. Ce n’est que lorsque les forces de Gage et de Thiel réussirent à se frayer un chemin à travers ce qui restait de l’incursion Warp et se sont retrouvées sur le pont auxiliaire que l’un et l’autre ont su avec certitude qu’ils avaient réussi leur mission. L’attente a été tendue jusqu’à l’arrivée des premières escouades au point de rassemblement, mais il est vite apparu que les deux forces avaient atteint leurs objectifs tout aussi vitaux.

Presque dix heures exactement après que le pont principal du vaisseau amiral Ultramarines eut été brisé et que leur Primarque bien-aimé fut perdu, le Maître de Bord Hommed, avec l’aide des deux Magos les plus anciens sauvés du pont de lancement, pris le contrôle du navire. Le pont auxiliaire fut activé et le contrôle du puissant navire de guerre fut investi au Maître de Bord Hommed. En quelques minutes, les systèmes vox se réveillaient et le contact fut établi avec les unités Ultramarines à la surface de Calth pour la première fois depuis la destruction de l’Installation d’Ancrage Veridia par le Campanile. Ces faits auraient pu être un motif de célébration dans n’importe quelle autre circonstance, mais avec la réactivation des systèmes de communication et d’augure du navire, les prises de conscience ont été encore plus terribles. Il n’y avait toujours aucun signe du Primarque, les forces de la Légion à la surface avaient été pires que décimées et de la flotte qui s’était rassemblée en orbite, à peine un cinquième du nombre initial de navires étaient en état de combattre. De plus, ce ne fut qu’à ce moment que l’on pris toute la mesure de l’action d’arraisonnement contre le Macragge’s Honour.[30]

Miracle des Miracles

C’est au Maître de Chapitre Empion qu’il incombait de formuler et de superviser une audacieuse contre-attaque, en s’appuyant sur tous les Légionnaires Ultramarines que l’on pouvait rassembler. Quarante groupes, comptant chacun jusqu’à trente Space Marines, franchirent les portes blindées menant dans le vide et avancé sur leurs cibles désignées. Chacun s’était vu assigner un objectif vital, du sabotage des tours d’amarrage de l’ennemi, du détachement de leurs grappins et de leurs têtes de forage à fusion, à la contre-attaque contre les Word Bearers qui se déplaçaient sur la coque extérieure. Utilisant des harnais gravitiques pour renforcer les capacités intégrées dans l’Armure Énergétique des Legiones Astartes, les escadrons se sont rapidement dirigés vers leurs cibles, chaque pas qu’un Légionnaire faisait dans des conditions de faible gravité, le propulsant vers l’avant sur des dizaines de mètres, chaque brûlure parabolique des propulseurs de ses harnais le portant haut au-dessus des profondes vallées et des hautes collines de l’architecture extérieure du navire. Les Légionnaires étaient éclipsés par l’échelle de la forme du vaisseau amiral, un paysage de fer et de céramique à l’échelle d’une ville, la surface blessée de Calth visible au-dessus des propulseurs d’attitude bâbord dans un spectacle qui, dans des circonstances plus classiques, aurait coupé le souffle. Mais en ce jour de trahison, les équipes de contre-abordage ne se souciaient que de la survie de leur vaisseau amiral.

Les Ultramarines rencontrèrent rapidement leur ennemi détesté, car il y avait peu de possibilités d’une approche furtive pour combattre dans de telles conditions. Les Ultramarines en armure cobalt avaient été observées alors qu’ils traversaient la coque gris ardoise et bientôt des Bolts se faufilèrent dans le vide sur des traînées lumineuses. Les Space Marines avaient été créés pour ce mode de guerre et étaient équipés selon les normes les plus élevées. La bataille fut donc acharnée et amère. Les Bolts qui pénétraient dans les plaques d’armure provoquaient une décompression partielle du blindage avant que les scellés intérieurs automatisés ne contiennent la perte de pression et même avec un membre exposé au vide, ils pouvaient se battre pendant de longues périodes tant que les réserves en oxygène n’étaient pas compromises. Une bataille silencieuse éclata sur la coque, chaque Légionnaire n’entendait que sa respiration tonitruante et les ordres urgents aboyés sur le réseau vox. Lorsque les combattants s’affrontèrent en mêlée, les impacts firent grogner les victimes dans le vide parsemé de débris, laissant souvent derrière une queue cométaire de globules de sang et de gaz ventilés. Cependant, l’objectif premier du Maître de Chapitre Empion n’était pas la destruction des escadrons d’abordage ennemis, une mission secondaire aussi importante que possible l’était clairement pour les Ultramarines. Trois Légionnaires de chaque escouade portaient une charge de Melta pour saboter l’équipement lourd des Word Bearers, et pendant que les Frères de Bataille des deux camps se battaient et saignaient, plusieurs de ces spécialistes se préparaient à détruire les grandes têtes de fusion et les passerelles d’embarquement avec des charges bien placées, beaucoup donnant leur vie dans le processus.

Dans l’une de ces missions, le vent de la bataille s’était inexorablement retournée contre la sixième escouade, dirigée par le Sergent Thiel. Les Word Bearers avaient contre-attaqué en bien plus grand nombre que prévu et les Ultramarines survivants s’étaient résignés à appliquer toute la vengeance qu’ils pouvaient avant d’être submergés et massacrés. Mais un tel destin ne se produisit pas, et au lieu de cela, quelque chose que beaucoup ont appelé plus tard un miracle s’est produit. Du vide sortit un demi-dieu vêtu d’une armure cobalt et de perle, un rugissement inaudible déformant son visage habituellement calme. C’était Roboute Guilliman, Primarque des Ultramarines, et il était comme une force brute de la nature, son comportement mesuré habituel chassé par la fureur froide alors qu’il tuait les Word Bearers par douzaine.

Aussi incroyable que soit le fait que le Primarque ait survécu à la destruction du pont, ce qui mystifierait les générations futures de génie génétique était le fait que le fils de l’Empereur ne portait pas de casque de combat. Il s’était battu pendant dix heures dans le vide, sans apport apparent d’oxygène, un exploit que même la physiologie surnaturelle des Primarques ne pouvait expliquer entièrement. Beaucoup acceptaient que le corps d’un Primarque puisse résister aux effets de l’ébullition, de l’hypocapnie, de l’expansion de la masse corporelle sous pression et des températures extrêmes pendant de longues périodes. Le fait que le corps d’un Primarque puisse continuer à fonctionner sans oxygène est cependant au-delà de toute capacité connue de ces êtres surnaturels transhumains, même ceux qui inspiraient le plus de respect.

L’intervention du Primarque sauva la vie de dizaines de ses fils. Il leur incombait cependant de persuader leur père génétique de cesser son combat acharné sur la coque extérieure du vaisseau amiral et de rejoindre ses guerriers à l’intérieur. Le Primarque s’était battu pendant dix heures sans répit, ses fils le croyant perdu. Il leur fut rendu, et pour la première fois depuis le début de la Bataille de Calth, la défaite et l’extinction ne semblaient pas inévitables.[31]

Le Rassemblement de Calth[32]

Rassemblé sur ordre du Maître de Guerre Horus, le monde de Calth fut l’hôte d’une incroyable puissance militaire qui ne fut égalée que par quelques autres campagnes de la Grande Croisade ; les forces des Ultramarines renforcées juste avant l’assaut prévu par l’arrivée fatidique de la Légion des Word Bearers, et leurs alliés :

  • La Legiones Astartes XIIIe Légion -"Les Ultramarines" :
  • 1er Chapitre, 2e Chapitre, 3e Chapitre, 5e Chapitre, 6e Chapitre, 9e Chapitre, 11e Chapitre, 12e Chapitre, 13e Chapitre et 16e Chapitre - déploiement complet à Calth, le tout avec un effectif nominal de 10 000 Légionnaires. Ces Chapitres étaient concentrés autour du port spatial principal de Calth à Numinus dans l’ouest d’Erud.
  • 8e Chapitre, 14e Chapitre et 15e Chapitre - déployés à Calth après les terribles combats dans la Frange Est, tous à un effectif nominal d’au moins 6 000 Légionnaires et prévus pour un ravitaillement complet dans les usines de munitions de Dainhold avant le chargement pour le transport hors système.
  • 17e Chapitre, 18e Chapitre, 23e Chapitre et 4e Chapitre - dont les Chapitres dont l’ordre de bataille comprenait un grand nombre de véhicules blindés, en particulier le 4e, connu sous le nom de "Aurora". Ces Chapitres furent assignés au rassemblement dans le continent largement inhabité d’Ithraca.
  • 20e et 21e Chapitres - connus officieusement au sein de la Légion sous les noms de "Les Aigles" et "Les Faucons", le 20e Chapitre s’étant entraîné intensivement au combat dans le vide et le 21e étant réputé pour la compétence de ses pilotes. Ces deux Chapitres ont été affectés à des tâches de sécurité parmi les plates-formes orbitales et les navires de guerre amarrés sur l’orbite de Calth.
  • 22e Chapitre - comprenant la majorité des Destroyers de la XIIIe Légion, et les stocks d’armes volatiles et dangereuses qui caractérisent leurs opérations. Le 22e Chapitre, connu sous le nom de Chapitre "Némésis", était souvent déployé en petites formations aux côtés d’autres unités. À Calth, 2 000 Légionnaires Némésis ont été rassemblés le long des hautes terres désolées des Thrascias, les plus éloignées des villes densément peuplées de Calth.

Les dossiers de la XIIIe Légion sur le rassemblement de Calth demeurent très précis en ce qui concerne leur propre nombre, et placent le nombre total de Legiones Astartes prêts au combat déployées par les Ultramarines à 185 923 Space Marines.

  • La Legio Praesagius de l’Ordo Titanicus - "Les Vrais Messagers" :

Longtemps allié aux guerriers d’Ultramar, le Legio Praesagius s’est déployé à Calth avec l’ensemble de ses effectifs, avec près de 118 machines divines débarqués dans le continent sud d’Ithraca.

  • La Legio Suturvora (Infernus) de l’Ordo Titanicus - "Les Maîtres du Feu" :

Secrètement alliés au Maître de Guerre, cette puissante Legio a été déployée avec l’ensemble de ses effectifs au rassemblement de Calth dans le but de détruire la force des Titans Loyalistes. La Legio, comprenant au moins 130 Titans, et fut renforcée par une demi-Legio des Têtes de la Mort.

  • La Legio Oberon de l’Ordo Titanicus - "Les Bolts de la Mort" :

Gardiens de la Forge d’Anvari nouvellement fondée, un domaine d’Accatran, la Legio Oberon s’était engagée à fournir une force d’une demi-Legio pour la Croisade de Ghaslakh. Cependant, seuls deux manipules de dieux-machines devaient arriver sur la planète avant l’approche des forces des Word Bearers, atterrissant dans l’est d’Ourosene et le nord d’Erud. Le reste des forces de la Legio n’arrivera pas avant la fin des combats.

  • La Maison de Chevaliers Vornherr :

Les Vornherr sont l’une des plus grandes Maisons de Chevaliers du Segmentum, et ont combattus aux côtés des Cinq-Cents Mondes à de nombreuses reprises. À part une petite garde d’honneur d’écuyers et de Barons laissés sur leur monde natal de Luhnborg-IX, la Maison entière, composée d’environ cinq cents Chevaliers, a été rassemblée sur l’île de Platia située dans les océans sud de Calth.

  • L’Excertus Imperialis :

Plus d’un million de soldats de l’Armée Impériale ont été rassemblés pour la croisade prévue de Ghaslakh, y compris plusieurs groupes de l’armée établis tels que l’Ost de Guerre de Calaq, et près d’une douzaine de régiments nouvellement levés dans les différentes villes et provinces agricoles de Calth. Un certain nombre de régiments du Solar Auxilia ont également été ajoutés au rassemblement en prévision d’actions dans l’espace contre les astéroïdes des Orks à Ghaslakh, y compris la très célèbre 41e Haute Garde d’Espandor.

  • La XVIIe Legiones Astartes - "Les Word Bearers" :

Parmi ceux qui sont arrivés sous la bannière des Word Bearers, les renseignements exactes sont plus difficiles à discerner, car de nombreuses unités sont arrivées sous de fausses couleurs et des signaux d’identification falsifiés. D’après les pic-images des unités Ultramarines survivantes et d’autres sources, les Chapitres suivants sont connus pour avoir été présents, au moins en partie, pendant l’atrocité de Calth :

  • Le Chapitre de la Porte Exalté
  • Le Chapitre des Muets
  • Le Chapitre des Runes Tortueuses
  • Le Chapitre de la Troisième Main
  • Le Chapitre de la Comète Noire
  • Le Chapitre du Trône Osseus
  • Le Chapitre des Étoiles Sépulcrales
  • Le Chapitre des Aspects du Sable Sacré
  • Le Chapitre de la Main Écorchée
  • Le Chapitre du Manuscrit
  • Le Chapitre de la Triple Couronne

Au total, on pense que les Word Bearers ont déployé pas moins de 50 000 Space Marines à la surface de Calth, dont peu ont été évacués. Il ne semble pas y avoir de base tactique pour les Chapitres sélectionnés par Lorgar pour participer à l’attaque de Calth. Des preuves acquises longtemps après les événements de la Bataille de Calth suggèrent que ces unités ont plutôt été choisies par manque de dévouement à la nouvelle voie de Lorgar ou à cause d’une instabilité dangereuse. Calth servit de creuset aux Word Bearers, éliminant les éléments de la Légion qui n’avaient pas réussi à faire leurs preuves auprès de leur maître inconstant.

En plus des Legiones Astartes, une grande masse d’unités auxiliaires issus des cultes accompagnaient les Word Bearers et qui auraient pu compter plus d’un demi-million d’hommes sous les armes, bien que la compétence et la santé mentale de la plupart étaient douteuses.

Les Cendres de Calth

« Ne laissez aucune pierre, salez la terre avec le sang des morts et ne laissez que des cendres pour marquer leur passage. Que Calth soit la pierre tombale des Ultramarines. »
- Nur Asoktan, le Boucher de Dainhold et Maître de la Main Écorchée.
Les Cendres de Calth.
Dans tous les récits de la guerre à Calth, l’avantage tactique écrasant que détenaient les Word Bearers au début des combats est incontestable. Ils avaient le contrôle total de l’espace orbital, les vaisseaux des Ultramarines étant dispersés et brisés. La puissance de feu écrasante des plates-formes de défense orbitale était sous leur contrôle. Sur le terrain, les sections des Word Bearers occupaient tous les principaux objectifs stratégiques et avaient infligé des pertes dévastatrices aux Ultramarines, laissant la XIIIe Légion avec peu de moyens pour organiser une campagne cohésive contre les Word Bearers, sans parler de poursuivre une telle offensive.

Les combats autour de la ville méridionale d’Ithraca sont un exemple des batailles sanglantes, unilatérales et pourtant curieusement ineptes que les Word Bearers ont menées sur Calth pendant la brève guerre de surface. Ce qui apparaît au départ comme une attaque stratégiquement solide contre un objectif détenu par des unités sans méfiance de la XIIIe Légion, dégénéra rapidement en un massacre confus, compliqué seulement par les tactiques inexplicables employées par les Word Bearers et les unités auxiliaires qui avaient longtemps servi sous leur commandement. Dans de nombreux cas, les Word Bearers semblaient avoir abandonné toute logique militaire et recherchaient simplement à tuer et à détruire sans avoir recours à aucune autre préoccupation.

L’avantage accordé aux Word Bearers par traîtrise était tel que les pertes infligées aux Ultramarines étaient paralysantes malgré les tactiques imparfaites employées par les Word Bearers. Quoi qu’il en soit, les Ultramarines refusèrent de mourir, niant aux Word Bearers la victoire qu’ils visaient. Même paralysés par la destruction du réseau vox orbital, dépourvus de leurs éléments de commandement et battus dans leur corps et dans leur esprit, les détachements Ultramarines de la planète mirent de côté le doute et la peur, conçurent des méthodes pour frapper ceux qui les avaient blessés et mirent leurs plans en action avec les outils de guerre qu’ils pouvaient se procurer.[33]

Convergence des Forces

Les détachements d’Ultramarines décimés sur les champs de bataille à travers le continent passèrent à l’offensive au lieu de courir se mettre à l’abri comme l’auraient fait des guerriers de moindre envergure, certains à travers des commandements isolés et d’autres utilisant des réseaux vox à courte portée pour se coordonner avec d’autres groupes de survivants. Dirigeant les restes ensanglantés d’une douzaine de Compagnies du 9e Chapitre des Ultramarines, le Tétrarque Tauro Nicodemus s’était frayé un chemin à travers les forces des Word Bearers sous le commandement de Foedral Fell. Maniant ses Legiones Astartes fatigués comme une rapière, il cibla des unités isolées alors que les Word Bearers se dispersaient pour ravager la province d’Erud. Le Tétrarque Nicodème anéantit les Word Bearers perdus à cause d’une rage sanguinaire imprévisible tout en évitant des forces plus importantes. Il se dirigea lentement vers le nord-est, suivant un signal vox fragmentaire diffusé depuis les restes du manoir fortifié du Gouverneur Planétaire à Leptius Numinus.

Au nord, dans les déserts de broussailles autour de l’Holophusikon de Calth, un second Tétrarque, Eikos Lamiad, le Gardien de Fer de Konor, dirigea une assemblée mal assortie de soldats de l’Armée Impériale et d’unités blindées Ultramarines à la recherche des mêmes signaux. Le Tétrarque Lamiade et une suite composée de Solar Auxilia de la 41e Haute Garde d’Espandor, d’un Dreadnought cabossé et d’un imposant Automate de Siège Thanatar, fouillèrent les plaines à la recherche d’autres survivants, tandis que les officiers de l’Armée Impériale organisaient ces retardataires en colonne se dirigeant vers Lanshear.

Même aussi loin au sud dans les vastes forêts de la Province de Sharud, où les unités de Mechanicum alliées aux Word Bearers et les Titans de la Legio Suturvora avaient transformé le feuillage dense en un enfer de flammes et de cendres, des unités de la XIIIe Légion répondirent à l’appel aux armes. Dans une démonstration de coordination tactique, que peu d’autres Légions auraient pu égaler, même à leur meilleure forme, les quelques milliers de survivants des 11e et 12e Chapitres des Ultramarines menèrent une guerre totale de guérilla contre des Automates noircis par le feu et les unités Word Bearers assoiffées de sang. Des équipes armés ad hoc défendirent des fortifications grossières de terre et d’arbres tombés, tandis que d’autres unités préparaient à la hâte la ligne de défense suivante, exigeant un lourd tribut en sang pour chaque position que les Word Bearers les forçaient à abandonner.

Au fur et à mesure que les combats avançaient, ce qui avait commencé comme une série de massacres isolés et chaotiques commença lentement à s’organiser. Face à de nombreux détachements des Word Bearers qui n’appliquaient plus ce qui était autrefois considéré comme la pratique militaire normale pour s’engager à la place dans des rituels impénétrables et une boucherie gratuite, les survivants de la XIIIe Légion eurent droit à un répit momentané. Pour n’importe qui d’autre que les fils de Guilliman, une telle pause n’aurait pas eu beaucoup d’importance ; une chance, peut-être, de vendre leur vie chèrement dans un dernier combat glorieux mais sans espoir ou un assaut futile alimenté par la colère. Pour la XIIIe Légion, cependant, c’était l’occasion d’arracher la victoire. Avec plusieurs escouades de survivants convergeant vers la périphérie de Lanshear, une armée qui se comptait par milliers et qui comprenait même une manipule de Titans de la Legio Oberon, les Bolts de la Mort, les Loyalistes avaient réuni une réponse capable d’obtenir plus qu’une mort honorable.

Pourtant, bien que les Word Bearers aient sacrifié l’initiative stratégique, ils détenaient encore un mince avantage en nombre, les batailles initiales et le bombardement orbital ayant fait des ravages terribles sur la XIIIe Légion, et contrairement aux Loyalistes, ils n’étaient pas dispersés à la surface de la planète et isolés de leurs chefs. Dans la cité de Lanshear, Hol Beloth, maître des Étoiles Sépulcrales, commandait une force de près de dix mille Legiones Astartes et d’innombrables troupes auxiliaires, renforcées par plusieurs manipules des Titans de la Legio Suturvora ; si les Loyalistes avaient engagé de front une telle force, ils auraient eu peu d’espoir de victoire classique. Il fallut trouver une autre cible, d’une valeur stratégique suffisamment importante pour faire pencher la balance de la guerre brutale qui se déroulait sur Calth, avant que les Loyalistes ne dépensent leur dernière force.[34]

Aigres Victoires

Les Martyrs de Calth[35]

Au lendemain des combats sur Calth, il était pratiquement impossible de se faire une idée précise des pertes subies par les combattants. La surface de la planète étant rendue pratiquement inhabitable par les actions de Kor Phaeron. Il s’est depuis lors avéré impossible de récupérer un grand nombre des morts ou de vérifier le décès de ceux qui sont venus sur Calth avec la trahison dans leur cœur.

Les Ultramarines ont enregistré leurs pertes, au moment où Guilliman et les restes de la flotte de la XIIIe Légion ont quitté Calth, à 119 422 Legiones Astartes tombés au combat, et 28 392 autres rendus inaptes au combat par les blessures et les traumatismes. Peu de Chapitres engagés sur Calth pouvaient rassembler ne serait-ce qu’un quart de leur force nominale, et certains furent si décimés qu’ils durent être réorganisés en d’autres Chapitres, leurs anciennes désignations supprimées de l’ordre de bataille de la XIIIe Légion. La plupart des blessés ont été évacués vers les vaisseaux survivants de la flotte et sont rapidement retournés au combat pour affronter la crise qui sévissait dans Ultramar, une crise qui força Guilliman à donner la priorité aux ressources militaires à la place des civils bloqués dans le bref effort d’évacuation. Près de 40 000 Ultramarines, blessés et prêts au combat, ont été contraints de rester sur Calth, certains en tant que volontaires, pour la protection des civils qui n’ont pu être évacués, d’autres en raison des circonstances brutales. Parmi les forces de l’Excertus Imperialis, les détails sont plus vagues, mais il semble probable qu’au moins un demi-million d’hommes sous les armes aient péri pendant les combats, à côté de tout l’effectif de la Legio Praesagius.

Parmi les Word Bearers qui ont atterri à la surface de Calth, presque aucun ne quittera la planète. On estime que 50 000 fils de Lorgar ou plus et une masse innombrable des troupes des Auxilias qui furent sacrifiés au cours de la bataille, bien que seulement 20 000 seraient morts au cours des combats initiaux, le reste poursuivant la Guerre Souterraine de Calth pendant plus d’une décennie après la bataille initiale.

Les dommages infligés aux vaisseaux de la flotte de la Légion des Ultramarines étaient tout aussi terribles. Jamais réputée pour le nombre de navires de combat lourds, les pertes subies par la flotte à Calth furent paralysantes et ont immobilisées tout effort visant à poursuivre une guerre au-delà des limites d’Ultramar. Le désespoir des Ultramarines était tel que des missions de sauvetage des carcasses dérivant en orbite au-dessus de Calth furent rapidement autorisées malgré le nombre de morts qu’elles provoquèrent par le rayonnement mortel de l’étoile de Veridia.

Ailleurs sur la surface déchirée par la guerre de Calth, les combats ne connurent ni pause ni reflux dans leur brutale férocité. D’innombrables batailles, grandes et petites, se sont déroulées dans des villes dévastées, des toundras gelées et des forêts en feu. La totalité de Calth fut engloutie dans une guerre qui ne connaissait ni pitié ni retenue, et le sang coula sous le soleil radieux de Veridia et sous la couverture étoilée de la nuit. Des héros naquirent dans le creuset de la guerre ou périrent oubliés et non enregistrés par tous ceux qui vivaient encore, tandis que les plus malveillants des Traîtres trouvèrent leur fin sans que personne ne sache ce qu’ils avaient fait. Même là où ils sortirent momentanément victorieux, les guerriers d’Ultramar ne pouvaient s’empêcher d’être consternés par le prix de leur triomphe avant que d’autres ennemis ne les engagent.

La Province de Sanachi et une grande partie du continent méridional furent réduits à un charnier alors que des entités dévastatrices y virent le jour depuis les profondeurs du Warp. Peu survécurent pour parler des horribles événements qui eurent lieu. Les îles Korvel furent englouties par des tirs nucléaires, leurs villes peuplées furent frappés depuis l’orbite sous les ordres de Kor Phaeron, peut-être pour aucune autre raison que de les voir brûler. Les champs de mort de Komesh étaient couverts de plus de vingt mille cadavres d’Ultramarines. Les corps et les blessés qui vivaient encore ornèrent les chars et les aéronefs des Word Bearers. Dans Sylator, les machines de guerre de la Legio Cybernetica Magenim, depuis longtemps épuisés, cherchaient à endiguer les hordes d’auxiliaires fanatiques et les unités de choc des Word Bearers difforme avec leur manipulator et la force de leurs membres, tandis que leurs maîtres cherchaient avec une futilité désespérée à reprendre le contrôle des systèmes de défense de Calth.

Dans les ruines maudites des manufactures de Dainhold, les vestiges des 8e et 15e Chapitres des Ultramarines, réduits à moins de 1000 guerriers, poursuivirent une lutte acharnée contre le Chapitre de la Main Écorchée des Word Bearers. Déjà harassés par la marée interminable d’auxiliaires psalmodiant déchaînés sur eux pour épuiser leurs munitions, les survivants n’étaient guère plus que des groupes désespérées isolées dans les salles en ruines des manufactures. Pourtant ils tinrent bon pendant presque douze heures de combat constant. Cependant, les mesures prises pour contrecarrer les hordes hurlantes d’auxiliaires lâchés par les Word Bearers, furent de couper les lumières et les systèmes de chauffage, forçant les auxiliaires purement humains à combattre dans l’obscurité gelée de la nuit d’hiver de Calth, et décourageant les Word Bearers en Armures Énergétiques d’engager les derniers Ultramarines.

Alors que le crépuscule tombait sur les villes d’Erud, à l’autre bout de la planète, l’aube se leva sur les manufactures de Dainhold, annonçant un assaut de l’élite du Chapitre de la Main Écorchée des Word Bearers. Deux cents Terminators Cataphractii furent lâchés sur les Ultramarines exténués qui tenaient bon. Traçant un chemin à travers les masses d’auxiliaires morts et blessés dans les couloirs de la manufacture et les vestibules, les Terminators des Word Bearers éliminèrent les quelques Ultramarines découragés qui restaient, dépensant des munitions sans compter alors qu’ils les massacrèrent.

Comme il ne leur restait presque plus de munitions, les guerriers de la XIIIe n’avaient plus beaucoup de moyens pour arrêter les Terminators en furie, mais chaque guerrier s’efforcèrent d’infliger autant de dégâts qu’il le pouvait avant que la mort ne les prenne. Des pièges improvisés et des outils industriels transformés à la hâte atteignirent plusieurs des Word Bearers blindés, et les officiers et vétérans qui portaient des Armures Énergétiques assez puissantes pour faire face aux Armures Terminators ont tenu bon. Mais en fin de compte, les guerriers isolés et épuisés n’ont pu faire grand chose. Au moment où Dainhold fut complètement englouti par la lumière changée et soudainement mortelle de Veridia, il ne restait plus que des cadavres, montés sur les murs des manufactures comme d’horribles trophées par les Word Bearers.[36]

La Bataille d'Ithraca

« Que celui qui participe aux œuvres du diable soit amené à manier l’épée du diable. »
- Le Livre des Admonitions. Les Apocryphes Terra.
La Bataille d’Ithraca.
Parmi les mille trahisons sanglantes et les combats désespérés qui ont marqué le sombre jour sur Calth, la Bataille d’Ithraca est remarquable pour un certain nombre de raisons, et pas seulement pour l’ampleur apocalyptique des forces en présence. Elle peut être vu, en grande partie, comme un sombre présage de ce qui devait être employé par l’Imperium dans sa lutte contre ceux qui l’avaient trahi, car, à cette fin, des forces terrestres - incroyables et inattendues par nature - s’étaient déchaînées sur le champ de bataille et un carnage inconcevable pour les esprits sensés avait eu lieu. Il est aussi singulier de noter que la Bataille d’Ithraca est une leçon pour ceux qui étudieraient le cataclysme qui a frappé Calth et les Ultramarines, que ce ne serait pas seulement la XIIIe Légion qui souffrirait en ce jour de ruine, mais d’autres forces de l’Imperium - certaines non moins auguste ou légendaire - qui connaîtraient leur propre fin tragique dans les décombres de ce monde autrefois intègre.

La Bataille d’Ithraca fut une guerre qui vit s’affronter non seulement des frères Space Marines, mais aussi des Titans et des engins de guerre gargantuesques, des machines divines et des monstres engendrés par le Warp.[37]

La Cité d'Ithraca

Peut-être le plus important centre de transbordement orbital à la surface de Calth, égalé seulement par Lanshear pour la taille et l’échelle de ses installations, le Macro-dock d’Ithraca comprenait trois zones de débarquement distinctes. Chacune contenait un ensemble de quais orbitaux et des plates-formes de chargement interconnectés, alimentés par un réseau labyrinthique d’installations semi-souterraines de stockage et de logistique. Dans l’ensemble, ces zones d’atterrissage formaient un triangle irrégulier de plusieurs milliers de kilomètres carrés. Entre et autour de ces vastes installations, la ville d’Ithraca s’était développée. Blottie autour de la vaste toile d’araignée des artères routières et de l’étendu réseau de voies ferrées surélevées, conçues pour le transport du personnel prioritaire et du fret entre les zones de débarquement, la ville s’était formée de façon semi-organique, d’abord dans le cadre de la structure de soutien desservant les chantiers maritimes en activité, puis de façon croissante comme espace d’habitation pour les milliers, puis millions de citoyens. Cette importante population assurait les industries et leurs services annexes. Dans son plan d’ensemble, la ville d’Ithraca était complexe mais ordonnée et, en plus des nombreux quartiers d’habitations ouvrières, elle possédait une myriade de sous-districts centrés sur les dépôts de stockage, les centrales électriques, les ateliers de réparation, les manufactures de supports et les maisons de chambres de l’Administratum.

Le contrôle civil et militaire de la ville et des chantiers navals était lié à l’Ithraca Heliokon, une tour fortifiée qui, à un kilomètre et demi de hauteur, était à la fois la structure la plus haute de la ville et le bastion le plus lourdement fortifié de la Province de Sanachi sur Calth. L’Ithraca Heliokon a servi d’interface principale de contrôle du trafic orbital pour la région équatoriale sud de Calth et au Macro-dock d’Ithraca en particulier, en plus d’être l’un des principaux centres de redondance du commandement au sol pour la grille de défense de la planète si le contrôle central à Kalkas Fortalice était compromis. Construit pour résister à une attaque directe ainsi qu’à une collision potentielle en cas d’écrasement due au trafic orbital, l’Heliokon possédait ses propres générateurs de Boucliers Voids équivalents à ceux d’un navire de guerre de classe capitale, ainsi que ses propres batteries de missiles et ses emplacements de turbolasers de défense à utiliser en cas d’urgence.

Bordé au nord par la mer, le littoral de la ville d’Ithraca était dominé par un aqueduc industriel de trente kilomètres carrés et une installation de dessalement, connu dans le jargon local sous le nom de "Le Trident", un nom qui doit son origine à ses trois grands réservoirs. Cette partie vitale de l’infrastructure de la ville fournissait à la fois de l’eau potable pour sa population et de grandes quantités d’eau de refroidissement pour les nombreux puits de mine et les installations de triage du Macro-dock. Plus loin, l’étendue de l’arrière-pays méridional de la ville cédait la place à une zone de landes et de déblais industriels connue sous le nom de Désolations de l’Éperon. C’est là que se trouvait le terrain désigné pour les chantiers de démolition, les sites de récupération et les opérations de traitement des ordures, une étendue de terre dévastée et désolée menant aux plaines stériles rocheuses de l’au-delà arrière-pays de Sanachi.[38]

Le Rassemblement des Titans

Quand le battement du tambour de la guerre retentit sur Calth et que la vaste armée de conquête s’y rassembla pour l’assaut contre les Orks qui ne viendrait jamais, Ithraca, avec ses importantes ressources en tant que port et magasin d’armes, ainsi que sa formidable infrastructure civile, joua un rôle clé dans les plans de rassemblement et de déploiement de la campagne. Étant le pivot de la Province de Sanachi, et en raison de l’ampleur de ses installations de transbordement orbital, qui étaient en mesure de manipuler les plus grands transporteurs et navettes, ainsi que la proximité de vastes étendues de terres désertiques inhabitées à proximité, Ithraca fut choisie pour le rôle singulier de point de rassemblement des forces principales de deux Legios Titaniques entières : la Legio Praesagius (les Vrais Messagers) et la Legio Suturvora (les Maîtres du Feu), et plus de deux cents machines divines.

Une force suffisante pour réduire des mondes entiers en cendres attendait leurs ordres à la périphérie de la ville comme une seconde ligne d’horizon terrifiante de personnages maléfiques projetés à une échelle gargantuesque, leurs sirènes perçant l’obscurité de la nuit. Ces deux puissantes forces furent assignées respectivement aux zones d’atterrissage Macro-Alpha et Macro-Beta, minuscules par rapport à elles, mais elles n’étaient pas seuls. Plusieurs autres unités impériales majeures nécessitant l’utilisation des macro-chargeurs et des ateliers d’usinage de classe Colossi, ainsi que d’autres installations capables de réparer, de réarmer et de ré-équiper un grand nombre de chars super-lourds, ont également été rassemblés à Ithraca. Parmi eux, le plus important était de loin l’ost de guerre de Calaq, stationné autour de la Zone d’Atterrissage Macro-Gamma. L’ost de guerre était un groupe armée massivement mécanisée de l’Excertus Imperialis provenant d’un ensemble de mondes nocturnes industriels connus sous le nom de Séquence Calaq. Ce groupe armée comprenait trois divisions d’infanterie mécanisée de 90 000 hommes, avec cinq compagnies d’artillerie de campagne et deux cohortes complètes de chars super-lourds d’appui.

De plus, dans le cœur de la ville, à l’intérieur du réseau de bunker souterrain qui s’étendait à partir de l’Ithraca Heliokon, la plus grande force de deux Chapitres de la Légion des Ultramarines y avait été temporairement basée : le 4e Chapitre (les Aurora), un Chapitre dont la structure était orientée vers l’utilisation d’Armes-Lourdes, et le 24e Chapitre (l’Exitium), qui opérait dans le cadre de la réserve stratégique de la XIIIe Légion et comportait un contingent considérablement supérieur en effectifs d’artillerie de soutien, de systèmes mobiles d’artillerie et de train de munitions. Ces unités remarquables ne formaient toutefois que les plus importantes des forces déployées à Ithraca pour les opérations de rassemblement, et des kilomètres de hangars temporaires et de casernes fraîchement construits avaient été érigés dans l’arrière-pays de la Désolations de l’Éperon et de Sanachi au-delà des frontières de la ville pour accueillir l’afflux massif.

Un autre quart de million de soldats de l’Excertus Imperialis, allant des tribus sauvages aux éléments d’élite du Solar Auxilia, ainsi que des unités plus exotiques telles que les Automates de Bataille des Taghmata Xerxes d’Accatran, ont également trouvées refuge temporairement dans cette zone en attendant leur ravitaillement, leur affectation et leur transport orbital vers la flotte en partance vers la guerre promise.[39]

Félonie à Ithraca

L’Obscurité à Macro-Gamma[40]

Tout comme les archives de la Bataille de Calth sont fragmentaires, une grande partie de ce qui s’est passé à l’intérieur et autour du Rassemblement de Calth a été perdue à cause de la sauvagerie qui s’est abattue sur la planète elle-même et de la radiation solaire qu’elle a subi longtemps après ; la corrosion des données et les morts eux-mêmes emportant avec eux ce qui auraient pu expliquer et clarifier les événements de cette bataille apocalyptique et son déclenchement. Il y a cependant des exceptions à cette règle et les données sur les artefacts, lorsqu’elles ont survécu, ont été d’une grande utilité, car les Ultramarines étaient très méticuleux dans la tenue de leurs dossiers. L’un de ces artefacts, le compte-rendu personnel d’un Arbitrator trouvé dans l’épave de l’Arcologie Epsilon-XXIV, évoque les jours et les heures passés à Ithraca avant la trahison. Le compte-rendu contenait un rapport détaillant une vague de phénomènes étranges et inexplicables, ainsi qu’une vaste recrudescence d’incidents criminels violents dans la région du secteur Macro-Gamma d’Ithraca. Les rapports datent de presque exactement au moment de l’arrivée de l’ost de guerre de Calaq dans la Province de Sanachi, environ cinq semaines avant l’approche de la Légion des Word Bearers et de ses auxiliaires dans le système de Veridia.

Les rapports font état de coupures de courant inexplicables, à des phénomènes météorologiques et thermiques localisés, à une augmentation de 300 % par rapport à la moyenne de destruction d’équipement et de défaillances mineures de systèmes dans le secteur. Parallèlement à cela, on a assisté à une escalade constante des troubles civils, allant d’une augmentation de la violence domestique dans les habitations des dockers à un phénomène apparemment sans lien entre des individus souffrant de troubles mentaux catastrophiques, tout en incluant une recrudescence des meurtres signalés - souvent d’un caractère extrêmement sanglant - et une augmentation stupéfiante du nombre de personnes disparues dans le secteur (tant de la population locale que d’autres régiments de l’Excertus Imperialis du Rassemblement dans la région). Le point culminant fut l’arrivée d’un convoi de quarante navettes ouvrières, à sustentation magnétique, complet au départ mais vide lors de son arrivé sur Calth, à l’exception des murs ensanglantés et de quelques lambeaux de vêtements déchirés. Cet incident a été jugé si choquant et inexplicable que les capitaines d’Ultramar, sous la forme de la redoutable Vigil Opertii, ont été appelés pour enquêter. L’histoire empêchera cependant de trouver des réponses.

Dans le résumé final du rapport, l’auteur craignait qu’aucun événement aussi étrange ou violent qu’il puisse être ne soit lié ou attribué à l’ost de guerre de Calaq, malgré sa proximité générale, dans tous les cas, avec les lieux concernés. Il note l’inquiétude considérable qui résultait généralement de l’insularité notoire d’un ost de guerre, de son manque de coopération avec les autorités locales et de son caractère apparemment barbare et sinistre. Bien que le rapport lui-même remarque qu’une telle réputation avait précédé l’ost de guerre de Calaq, et qu’elle n’était pas rare en ce qui concernait les forces armées originaire de la Dîme des mondes devenus sauvages au cours de l’Ère des Luttes - allant jusqu’à inclure une référence aux travaux de l’Itérateur Général Impérial Emnilda Zmavc qui avait cité les Mondes de Calaq comme un cas rare de Res ipsa loquitur, c’est à dire d’une société qui avait subi une régression sociale et morale complète tout en maintenant une base technologique quasi intacte après la chute de la civilisation humaine galactique.

Rétrospectivement, l’affectation de l’ost de guerre de Calaq au Rassemblement de Calth par les ordres du Maître de Guerre peut maintenant être vue pour ce qu’elle était - un acte entièrement délibéré, très probablement à la demande directe de Lorgar. Ce sont les Word Bearers qui avaient amené les Mondes de Calaq à la Conformité au cours de leur grande campagne de conquêtes post-Monarchia, et qui avaient également considéré leurs étranges superstitions comme étant vouée à disparaître grâce à l’exposition prolongée à la culture impériale. Le puissant ost de guerre de Calaq avait servi sur de nombreux fronts de bataille dans l’intervalle et pour un certain nombre de maîtres avec grand succès, car la sauvagerie et l’expertise militaire des Calaq, combinées à leur résilience mentale, s’étaient révélées extrêmement utiles dans diverses zones de guerre à haute intensité. Mais avec le recul, on peut reconnaître que l’ignorance de la véritable nature de la culture de Calaq a été délibérément entretenue par la conspiration des Traîtres, et les dangers de ses croyances rituelles avaient été fatalement sous-estimés.

Au moment où le premier tir de la Bataille de Calth fut tirée et quand le Campanile percuta l’anneau supraorbital de la planète, faisant des ravages et détruisant les stations de l’Installation d’Ancrage Veridian, ravageant des dizaines de navires qui s’y amarraient, Ithraca, dans l’hémisphère sud et la masse planétaire entre eux et l’incendie orbital, était au début ignorant de ce qui s’était produit.

C’était au milieu de la matinée et l’industrie du port battait son plein. Les activités de rassemblement ayant progressé jusqu’au stade où la Legio Praesagius et la Legio Suturvora commençaient enfin l’embarquement de leurs Titans vers des macrotransporteurs en orbite haute en préparation à la guerre qui s’annonçait. De toutes les forces qui s’étaient rassemblées autour d’Ithraca, les Vrais Messagers avaient eu l’honneur d’être les premiers à partir, et pour faciliter cela, sa force majeure de Titans, quelques soixante-dix machines divines, avait été mise en ordre rapproché dans l’installation primaire de la vaste zone d’atterrissage Macro-Alpha. Plusieurs sous-déploiements plus petits destinés à divers sous-commandements au sein de la future force d’invasion, appelés Groupements Tactiques Argenrus, Geryron et Peregrine, furent ensuite dispersés dans d’autres zones de rassemblement plus petites à la périphérie de Macro-Alpha.

Les principaux éléments de le Legio Praesagius, y compris ses Titans de Bataille les plus lourds et les plus honorés, avaient déjà embarqué à bord du colossal convoyeur orbital Arutan au centre de la zone d’atterrissage primaire Macro-Alpha, et ce serait l’Arutan qui serait le premier à ramener les Titans de la Legio dans les étoiles. L’Arutan était un vaste navire en forme de bloc, un convoyeur de Titans du Mechanicum spécialement construit à cet effet, lui-même faisant près de deux kilomètres de long sur près d’un kilomètre de large et près d’un demi kilomètre de haut. Le convoyeur était équipé de moteurs à propulseurs à plasma si puissants qu’aucun autre engin ne pouvait fonctionner à proximité avec une marge de sécurité quelconque au moment du décollage. À cette fin, le trafic aérien et orbital à travers la ville d’Ithraca avait été temporairement suspendu en vue du départ de l’Arutan. Le compte à rebours avait atteint sa fin lorsque les énormes propulseurs à plasma s’étaient enflammés quelques instants auparavant, quand, soudainement et inexplicablement, le vaste flux de signaux de coordination et d’informations de commandement et de contrôle provenant du collecteur de données planétaires de Calth se tut, mort en un instant par l’œuvre mortelle du Campanile. Ce silence était le signal pour les Traîtres d’agir.

Alors que l’Arutan s’élevait lentement, ses moteurs étincelaient comme de nouveaux soleils se levant sur la ville, les commandants des forces et les officiers de contrôle des systèmes à travers l’Ithraca qui ne faisaient pas partie de la traîtrise essayèrent sans succès de rétablir le contact avec le réseau de contrôle des signaux. Ils constatèrent l’absence exaspérante de la transmission qui servirait de prélude à l’horreur puis entendirent un chant incompréhensible avant que le code machine malveillant commence à attaquer tout les systèmes cogitateurs, effaçant tout. Ailleurs, les Traîtres n’étaient pas aussi affligés ; pour eux, le chant funèbre était un appel sacré aux armes. Les moteurs rugirent et les réacteurs des machines de guerre s’emballèrent à pleine puissance, tandis que sur des réseaux vox scellés et cryptés, des ordres et des cris étaient émis par les maîtres de discipline à leurs troupes alors que la trahison se mettait en marche et que le feu s’abattait du haut du ciel.

Les premières frappes qui tombèrent furent peu nombreuses mais stratégiquement ciblées et programmées par le plan d’attaque des Word Bearers, les barrages de plasma ayant été déclenchés par les navires renégats en orbite haute avant qu’ils ne s’approchent de leurs proies dans le vide. Chacun d’eux s’écrasa dans la zone d’atterrissage Macro-Alpha, faisant pleuvoir un feu de destruction sur les Titans de la Legio Praesagius mal préparés, tranchant à travers les blindages sans protection par des Boucliers Voids.

Alors que l’Arutan continuait de monter au-dessus de Macro-Alpha, la ville se retrouva au centre de la tempête et fut frappée une douzaine de fois par les bombardements qui voilèrent la lumière de l’espace. L’Arutan a également souffert de la fureur de l’attaque ; un vaisseau plus petit aurait été immédiatement détruit, mais le convoyeur de Titans avait été forgé sur Mars pour livrer et extraire sa précieuse cargaison au cœur de la bataille la plus violente et sa surface blindée était plus proche de celle d’un cuirassé que d’un simple vaisseau convoyeur. Mais l’Arutan souffrit néanmoins sous les bombardements, son ascension vacillante tandis que sa coque supérieure brillait d’une chaleur brûlante. Soudain l’un de ses quatre grands propulseurs, à nouveau frappé par des tirs, s’est détaché, devenant un missile de feu qui tomba dans le paysage urbain pour plonger dans les mers. L’Arutan commença à dégringoler. L’énorme convoyeur s’abattit sur l’horizon d’Ithraca, ses pilotes Navarchos du Mechanicum essayant désespérément de maintenir la hauteur alors que l’appareil détruisait les étages supérieurs des immeubles d’habitation et faisait s’effondrer les flèches des tours thermiques à grande portée, créant une bande de destruction à travers la ville avant de s’écraser dans le parc au cœur de la cité.

Bien que la brève fureur de la première attaque orbitale ait causé la destruction de la Legio Praesagius, la Legio n’était pas la seule et principale cible. En parallèle, des dizaines de chasseurs orbitaux, de transporteurs de troupes, d’escadrons de chasse et de navettes de l’espace se posèrent sur la surface, et à travers eux, les Traîtres vinent semer le chaos, brisant les coques et déchirant les fuselages, faisant exploser les munitions et les conduites de carburant, de sorte que des complexes d’arsenaux entiers devinrent des mers de feu grondant sous la percussion d’une série infinie d’explosions secondaires pendant la cuisson des piles électriques et des chargeurs d’obus.

La ville était sous le choc, mais ce n’était que le début. Partout dans Ithraca et son vaste éventail de zones d’atterrissage et de gares de triage, ainsi que dans les plaines et les terrains vagues au-delà, les Imperialis Auxilia Loyalistes, par centaines de milliers, étaient placés côte à côte, régiment par régiment, avec les Traîtres. Ils n’étaient même pas encore conscients de cet état de fait, mais la réalité était sur le point de s’imposer de manière sanglante. Alors que l’assaut renégat de l’espace commençait, la trahison et le meurtre se déchaînèrent. Aux postes de garde et aux postes de contrôle, dans les salles d’intendance et les baraquements, les quais de chargement et les cales de véhicules, des hommes et des femmes furent abattus par ceux qu’ils pensaient être des camarades. Les lames furent sortis et le sang coula. Les grenades furent lancées dans des dortoirs bondés et sur des champs de rassemblement. Des bataillons entiers qui attendaient en rangs ordonnés furent fauchés comme du blé, exécutés à bout portant ou simplement écrasés sous les véhicules blindés de prétendus alliés dans la cause de l’Imperium. C’était une marée de meurtres, un massacre d’une multitude de personnes qui s’est déroulé en quelques minutes.[41]

Le Choc des Dieux

La Cité d’Ithraca saccagée.
Un peu plus de quinze minutes s’étaient écoulées depuis la première frappe orbitale lorsqu’un signal profond, plus fort que le bruit des explosions et des sirènes qui balayaient la ville, fut entendu, noyant tout le reste lorsque le sol trembla. Il résonna à travers Ithraca, bien au-delà de ses frontières - un son qui peut maintenant être identifié comme étant l’onde d’impact générée par la coque du grand croiseur des Ultramarines Antrodamicus en chute libre et qui frappa Kalkas Fortalice au nord, détruisant presque totalement cette belle ville. Ce cri de mort fut immédiatement entendu par l’exultation terrifiante d’une centaine de sirènes de guerre de Titans qui résonnèrent aussitôt ; les Maîtres du Feu étaient en mouvement. Leurs cibles étaient les Vrais Messagers qui restaient à Macro-Alpha. Cependant, ces derniers n’étaient toujours pas au courant de leurs intentions et ne réagirent nullement. Les réseaux vox étant à ce moment complètement bouchées par des incantations chantantes et de noms répétés à l’infini, exposant de nombreux opérateurs à l’hystérie, voire à des états psychotiques spontanées. Alors que le massacre était au début largement confiné aux forces de l’Armée Impériale stationnées autour de la ville et dans les camps de rassemblement, d’autres forces extérieures, des Taghmata Xerxes aux Titans de la Legio Praesagius, ne savaient pas comment réagir, ne sachant pas exactement qui était l’ennemi ou si une vaste calamité accidentelle se déroulait autour d’eux. Le vrai danger n’est apparu que beaucoup trop tard. De grands panaches de feu et de fumée toxique s’élevaient au-dessus de la ville à partir des arsenaux et des zones d’atterrissage détruits, et la panique se répandait dans la population civile plus rapidement que tout autre incendie de forêt. Les routes furent bientôt bloquées par de multiples collisions de véhicules, et les foules s’éloignèrent du carnage que les forces de l’Imperialis Auxilia s’infligeaient soudainement les unes aux autres alors que des centaines de travailleurs civils et de fonctionnaires étaient tués dans le feu croisé.

Sur le flanc sud-ouest de la ville, la grande étendue des Désolations de l’Éperon qui séparait les zones d’atterrissage Macro-Alpha et Macro-Beta et leurs sites de rassemblement respectifs commença à se déplacer et à vibrer comme si des tremblements de terre localisés se produisaient. Tel était l’effet d’une marche de toute une Legio Titanique. S’étirant sur une largeur de quelque sept kilomètres bout à bout, plus d’une centaine de Titans de la puissante Legio Sururvora, assoiffée de bataille, marchaient vers la guerre. À leur passage, les Désolations de l’Éperon étaient aplatis, et tout ce qui se trouvait sur leur chemin, ami ou ennemi, soldat, véhicule blindé, bivouac ou bastion, était simplement écrasé comme un insecte sous le pas des imparables machines divines. Malgré toutes les railleries sur les comportements des Titans, il y avait de la méthodologie dans leur folie et leur stratégie, et aucun Titan de cette gigantesque vague d’attaque ne relâcha son attention jusqu’à ce que leur véritable prie soit en vue. En contournant la ligne brisée des raffineries et des chantiers de récupération technique qui marquaient la limite de la zone d’atterrissage Macro-Alpha, une grande tempête de poussière s’abattit sur eux. Les énormes armes à plasma des Maîtres du Feu commencèrent à chauffer et leurs méga Bolters remplissaient leurs chambres avec des obus ; la Legio Praesagius, sans méfiance, attendait.

Loin au-dessus de la ville, le ciel commença à s’assombrir immédiatement et fut parsemé par de brèves et sauvages éruptions lumineuses lorsque la bataille spatiale éclata dans l’espace orbital de Calth. Dans l’Ithraca Heliokon, les savants-Magos et les clades Lexmecanic connurent peu de succès à engager leurs protocoles d’urgence pour prendre le contrôle des défenses et de l’espace aérien de la ville, ou même pour obtenir une représentation précise de la calamité qui les frappait, aveuglés comme ils l’étaient et infectés par le code malveillant qui les empêchait d’exercer leur commandement. Il est probable que les Technoprêtres du Mechanicum de l’Heliokon auraient bien pu réaffirmer leur contrôle à temps, mais ils perdirent du temps et dans leur ignorance ils provoquèrent ainsi leur perte.

Lentement, d’abord, puis en grand nombre, les traînées de fumée noire et les comètes de débris enflammées commencèrent à tomber sur la ville, ce qui ne fit qu’aggraver le chaos et le nombre croissant de morts dans les rues. Un de ces orbes de feu devenait de plus en plus brillant, mais ne tombait pas ; au lieu de cela, il était suspendu comme un présage de mort à venir, ce qu’il était. Cet orbe de feu était en fait l’entrée en orbite du Dirac’s Lament, un galéasse de classe Tritonos modifiés du Mechanicum, qui servait de domaine souverain et de navire principal de l’Alliance de Mormoth-Null de l’Ordo Reductor, et contrairement aux vaisseaux qui s’affrontaient depuis l’orbite haute, il se déplaçait avec une patience mesurée et mortelle. Lorsque le Dirac’s Lament atteignit son orbite géostationnaire calculée avec précision au-dessus de la ville, il tira tout ses missiles vers la surface et, pendant un bref instant, l’éclat qui en résulta fut auréolée d’une couronne de feu. Ce ne sera cependant pas une frappe par la saturation avec des ogives de fusion atomique, un tir qui n’aurait pas pu mettre fin à la ville d’Ithraca en une seule frappe, aussi puissante qu’elle soit, - et à la réflexion cela aurait été faire acte de clémence. Mais les Traîtres avait des projets bien plus cruels et souhaitaient prolonger l’agonie de la cité. Les ogives étaient plutôt des armes de siège ; elle étaient à charge melta, conçues pour libérer leur puissance dans des cibles précises. Le plus grand nombre de ces missiles se dirigea vers l’Héliokon prostré, ses défenses en désordre, ses Boucliers Voids obstinément inactifs à cause de l’infection maléfique de ses systèmes de contrôle, tandis que les autres ogives filèrent vers les centrales de la ville et les forteresses des Arbitrators, afin de paralyser la ville et toute résistance qui aurait pu s’y manifester.

Exactement cinquante mètres au-dessus de leurs cibles et avec une synchronisation parfaite, les Esprits de la Machine - qui habitaient dans les armes - explosèrent, déclenchant des faisceaux de chaleur aveuglants et des radiations meurtrières, chacune égale à celle de l’éclat d’une étoile en voie de disparition. Partout où l’incendie meurtrier frappa, le ferrobéton brûla jusqu’à être réduit en cendres, le plastacier devient de la vapeur surchauffée et l’adamantium coula comme de l’eau. L’Ithraca Heliokon cessa d’exister, remplacé par une lumière aveuglante avant qu’un vaste nuage de champignons noirs ne s’élève jusqu’aux cieux comme suite au coup de marteau d’un dieu courroucé. Un ouragan d’air surchauffé provenant de l’explosion souffla la ville, hurlant comme le triomphe des damnés, envoyant dans les airs des véhicules terrestres dans les rues et arrachant les wagons de leurs rails comme des jouets. C’est lors de ce tumulte que les Titans et les Scions de la Legio Praesagius de la zone d’atterrissage de Macro-Alpha furent soufflés, leurs boucliers et leurs plaques de blindage ayant été inclinés vers la ville pour les protéger contre l’explosion. C’est à ce moment que les Maîtres du Feu frappèrent leurs flancs, leurs armes s’enflammant.

Une vingtaine de Titans de la Legio Praesagius tombèrent à la première salve des Maîtres du Feu, et une vingtaine d’autres furent brutalement dévastés. Leurs carapaces arrières s’ouvrirent, les cuves des réacteurs se fissurèrent, et leurs vastes endosquelettes se désintégrèrent simplement dans des décombres tortueux suite à l’assaut de cent de leurs frères. Ce fut un massacre de machines divines sans précédent dans sa vitesse et son ampleur depuis l’aube de l’Imperium, et pourtant les Maîtres du Feu l’accomplirent.[42]

Le Massacre des Innocents

De l’autre côté de la ville, à l’opposé de la bataille des Titans qui éclatait alors, l’Ost de Guerre de Calaq s’est détaché de la Zone d’Atterrissage Macro-Gamma et tomba sur la ville paniquée comme des chacals en furie. Ayant déjà massacré tous ceux qui ne faisaient pas partie de leur compagnie dans la zone de débarquement, ils se répandirent dans les rues en tuant à mesure qu’ils arrivaient, utilisant les lames de leurs bulldozers pour perpétrer un carnage total parmi la foule qui se blottissait les uns contre les autres pour se mettre à l’abri et usant de la baïonnette et du hachoir quand ils le pouvaient. Ils semèrent la terreur et mutilèrent ceux qu’ils tuèrent, en formant des symboles étranges dans le sang de leurs victimes, sur leur corps et sur les flancs de leurs véhicules blindés. Partout où les Calaq rencontraient une résistance acharnée, qu’il s’agisse d’une unité de l’armée Loyaliste qui s’était rapidement retranchée, ou même d’une force de technoadeptes qui avaient réussi à engager un verrouillage d’urgence d’un bunker d’une manufacture, les Calaq y concentrèrent rapidement les forces de frappe des chars super lourds pour les écraser, ou libérèrent les corps de soutien rapproché de bombardiers Avengers et de chasseurs modifiés pour saturer la zone de feu.

Mais cette convenance tactique mise à part, l’objectif de l’Ost de Guerre de Calaq était clairement le massacre en masse. Ils poursuivirent les ouvriers et les citoyens avec une fureur diabolique, les écrasant, les enfermant et les massacrant comme du bétail. Ils n’ont pas tenu de positions, n’ont pas établi de lignes de ravitaillement ou de bases d’attaque avancées, ils ont simplement continué avec une faim implacable et maléfique de tuer tandis qu’au-dessus d’eux, le ciel noircissait davantage et qu’une pluie de feu commençait à tomber. Mais il ne s’agissait pas seulement des débris brûlants de navires de guerre morts, mais aussi des traînées sombres des vaisseaux de guerre de la Legiones Astartes, parés de la nouvelle livrée cramoisie sombre des Word Bearers, et des Modules d’Atterrissage et des creusets de guerre de l’Ordo Reductor.[43]

Le Destin de Pegasus

Les Morts Glorieux, connus dans les annales du Collegia Titanica sous le nom des Neuf Paragons d’Ithraca [44]
  • L’Auric Pegasus
  • Le Sabris Regnum
  • Le Ptutarchos
  • Le Lion of Mars
  • Le SilverThorn
  • Le Reason’s Thunder
  • Le Will of Adamant
  • Le Triumph of Accatran
  • Le Chrysaor’s Wake

C’est un témoignage du courage et de la discipline de la Legio Praesagius qui, face à une catastrophe aussi choquante et à des pertes aussi brutales, ne succomba ni à la panique ni au désarroi face à l’attaque. Les Vrais Messagers qui sont restés actifs et les forces auxiliaires qui les assistaient et qui avaient survécu à la tempête initiale de la puissance de feu des Maîtres du Feu ont rapidement retrouvé leurs esprits et se sont ralliés. Le groupement tactique se mit dans une formation défensive de "Bouclier de la Trinité". Il s’agissait de trois manipules de cinq Titans, chacune de leurs unités les plus lourdement blindées, tous des Titans de Bataille de classe Warlord intacts formant un front continu de Boucliers Voids surchargés par leurs réacteurs, tel un mur de bastion derrière lequel leurs unités plus légères et leurs frères endommagés pouvaient se protéger. Mais alors que la distance qui les séparait des Titans de première ligne des Maître du Feu était lacérée par des explosions énergétiques annihilantes et des obus hurlants, même ce mur presque impénétrable de force atomantique commença à s’effondrer et à vaciller rapidement lorsque le sol devant eux se transformait en verre noir et que le firmament au-dessus s’effondrait dans un feu de plasma.

Pour autant qu’on le sache, le commandement sur le terrain des Vrais Messagers tomba par ancienneté à la Maîtresse Princeps Rhiko Trieste du Warlord Auric Pegasus au cœur de la ligne de bouclier, les autres officiers généraux de la Legio étant coincés dans l’épave de l’Arutan quelque part dans la ville et hors de contact. Elle savait sans aucun doute que la situation était désastreuse ; ses Vrais Messagers survivants étaient en infériorité numérique et largement dépassés par les Titans de la Legio Suturvora, qui ne cessaient de tout carboniser, et qui réduisait la distance entre les deux lignes. Elle savait que lorsque les Legios entreraient en collision, la force des Maîtres du Feu, numériquement supérieure et plus grande, encerclerait et écraserait la sienne et qu’il n’y aurait pas d’issue.

Maudissant les Traîtres, elle donna son premier et dernier commandement en tant que maîtresse de la Legio Praesagius ; toutes ses unités survivantes derrière la formation du Bouclier de la Trinité, quelques trente-trois machines divines de différentes classes ainsi qu’une vingtaine de Chevaliers affiliés - presque tous endommagés - retourneraient immédiatement à Ithraca et se disperseraient, trouvant un abri pour tenter de restaurer le pouvoir des boucliers et d’atténuer l’avantage numérique des Maîtres du Feu dans les canyons artificiels de la grande ville et de poursuivre le combat jusqu’à la mort. Les neuf Warlords, y compris le sien, leur donneraient une chance de fuir. Elle n’a émis qu’un seul ordre : charger. Deux des Warlords des Vrais Messagers n’ont jamais peu atteindre l’ennemi, l’un à l’extrémité de la formation lorsqu’il fut pulvérisé sous le tirs des armes contre lui alors que le mur de bouclier s’éloignait, ses propres protections l’abandonnant dans un éclat de lumière avant de détoner dans un orage de plasma, et un autre, son articulation du genou brûlée par un coup de Canon Volcano, s’est effondrée sur le sol dans un vaste panache de saleté et d’épaves. Les armes de Warlord tombé au champ d’honneur continuèrent à tirer aveuglément alors qu’il était enseveli quelques minutes plus tard. Mais la contre-charge s’est écrasée sur la ligne plus mince des Maîtres du Feu et l’a percée, obligeant l’échelon d’attaque à se fermer prématurément pour compenser. Les Warlords survivants de la Legio Praesagius se battirent avec une furie désespérée, chacun combattant avec fierté et mépris, et un par un ils tombèrent.

Les récits apocryphes de l’action affirment que c’est bien l’Auric Pegasus qui fut le dernier à tomber, la tête coupée d’un Titan Reaver ennemi serré dans le Gantelet Énergétique du Warlord, ses armes n’étant guère plus que des souches noircies et son armure coulant comme de la cire fondue sous la sauvagerie de l’attaque des Maîtres du Feu. Les neuf périrent, mais leurs frères blessés s’étaient échappés dans la ville.

Ils n’étaient pas seuls. Ailleurs, plusieurs des plus petits groupements tactiques sous-déployés de la Legio Praesagius avaient survécu, bien que l’un d’eux, le groupement tactique Peregrine, ait été anéanti par la fureur des missiles du Dirac’s Lament’s. Inversement, le groupement tactique Argentus, dirigé par le Titan Reaver Invigitator, avait survécu aux attaques initiales pratiquement indemnes, sauvées presque ironiquement par sa proximité immédiate de la zone de manœuvre secondaire des Maîtres du Feu lorsque l’attaque orbitale eu lieu. Rapidement attaqué par les éléments périphériques des Maîtres du Feu, il s’était rapidement replié dans la ville, mais avait été tragiquement incapable d’avertir la force principale de la Legio Praesagius de la calamité qui était sur le point de se produire à cause de l’interférence vox. Cette force relativement petite jouera un rôle clé dans la bataille à venir.

Les cohortes d’Automates de Bataille et les escadrons blindés des Taghmata Xerxes avaient également résisté à la tempête. Après avoir subi les premières pertes dues à l’attaque orbitale, ils ont également reculé vers la ville, choisissant une zone industrielle lourde dans son quartier sud comme étant la plus couverte. Les auxiliaires renégats avaient pensé à barrer la route, mais ces troupes féodales ne possédaient que des armements relativement légers et ne se sont pas montrées à la hauteur des Taghmata, qui éradiquèrent impitoyablement les vagues d’assaut, en tuant des milliers, tandis que les Chevaliers affiliés à Mechanicum sécurisaient les flancs des Taghmata alors qu’ils avançaient en masse dans la zone industrielle.

La première vague de massacres et de destructions était terminée. Le décor était maintenant planté pour la deuxième phase sanglante de la Bataille d’Ithraca.[45]

L'Obscurité et le Feu

À la fin de la première heure de la Bataille d’Ithraca, les secteurs ouest de la ville étaient devenus le théâtre d’un conflit meurtrier entre Titans, les plus puissantes de toutes les machines de guerre de l’Imperium, dans un affrontement d’une ampleur et d’une férocité sans précédent. Les machines divines de la Legio Praesagius, accablées et blessées mais loin d’être impuissantes, s’éparpillèrent dans les canyons et les sentiers en ferrobéton et en plastacier des principales artères et voies de circulation de la ville. C’était un labyrinthe muré de tous côtés par les immeubles d’habitation à plusieurs niveaux, des complexes de fabrications et des bunkers de stockage modulaires. Les Titans des Maîtres du Feu les poursuivirent implacablement, leurs puissantes et flamboyantes armes apocalyptiques tirèrent de grands arcs de plasma brillant et des obus hurlants. Bientôt, le paysage de la ville fut une ruine ; les tours furent renversées dans les décombres ou traversées par des trous béants comme des cadavres criblés de balles alors que les Titans se battaient pour se couvrir le plus possible des tirs de l’ennemi où utilisaient simplement leurs masse et leur puissance pour se tracer un chemin à travers des bâtiments et des places surélevées, sans se soucier des résultats tant qu’ils vivront pour continuer à se battre.

Des rues entières furent embrasées par le souffle mortel des Canons Inferno, et des foules de citoyens terrifiés furent chassées alors que les géants se battaient au milieu d’une panique insensée. Pour les habitants d’Ithraca, il n’y avait pas de sanctuaire et le nombre de morts était presque incalculable. Bientôt, les lignes de bataille des deux forces des Titans se sont désespérément interpénétrées. Le paysage urbain était en flammes ce qui força la plus grande force des Maîtres du Feu à se disperser afin de poursuivre leurs ennemis. Les combats se transformèrent en une vingtaine de duels sauvages, d’embuscades, de contre-attaques et de retraites désespérées entre de petits groupes de Titans et de Chevaliers. Les réacteurs délabrés des Titans explosèrent lors de leur trépas, provoquant encore plus de dommages et envoyant de grandes vapeur toxique brûlante et noirâtres, qui s’ajoutèrent à un miasme de poussière et de fumée qui s’était répandu à travers la ville causant une fausse nuit. Au milieu de ce chaos et de ce bain de sang, le groupement tactique Argentus de la Legio Praesagius, bien que relativement peu nombreux, avec une douzaine de Titans de diverses classes encore largement intacts et sous le commandement de l’Invigitator, évolua dans ce cataclysme avec un seul but : atteindre l’épave de l’Arutan dans l’espoir que dans sous son armature blindée se trouverait le salut.

Dans les secteurs est de la ville, de l’autre côté du centre, en face de l’Arutan, l’assaut meurtrier de l’Ost de Guerre de Calaq pris le dessus. Ce n’est que lorsque des individus en armure en bleu prétorien et or bruni apparurent sur les flancs des Calaq pour les affronter que la ruée vers le meurtre trouva enfin sa contrepartie. Les guerriers de la XIIIe Légion n’étaient qu’un petit nombre au début, des membres des 4e et 24e Chapitres qui avaient été détournés vers des sous-déploiements plus petits à travers le cœur de la ville et qui avaient été pris dans la catastrophe de l’explosion après la destruction ardente de l’Helikon. Ces petits commandements s’étaient immédiatement ralliés et cherchaient maintenant indépendamment l’accès aux profonds bunkers sous-ville dans lesquels leurs frères avaient été basés sous l’immense complexe de l’Helikon. Les entrées principales des bunkers autour de l’Helikon dynamité étaient scellées sous un lac bouillonnant de roche en fusion, mais peu à peu, des tunnels auxiliaires ont été ouverts ou dégagés des décombres, souvent par des Technoprêtres et des Ultramarines qui étaient sous le feu direct de l’ennemi. Le nombre des forces de la XIIIe Légion dans la mêlée commença à augmenter ; cependant, un grand nombre d’entre elles avaient déjà été perdus, incinérés ou enterrés vivants dans des effondrements et des éboulements causés par les assauts des Traîtres.

Confrontés à la boucherie gratuite de l’Ost de Guerre de Calaq, des hommes et des femmes d’Ultramar qu’ils avaient juré de défendre, bon nombre d’Ultramarines du secteur est se sont immédiatement tournés vers la contre-attaque, tout comme ceux de l’ouest se sont engagés dans la Bataille des Titans. Frappant d’une colère vertueuse et vengeresse terrible à voir, ils plongèrent dans les rangs sanguinolents des Calaq, leur Armure Énergétiques résistante aux armes légères de l’Ost de Guerre et offrant peu de vulnérabilité précieuse à être exploitée par une lame de couteau ou une pointe de baïonnette. Les Ultramarines surhumains tuèrent avec une efficacité semblable à celle d’une machine, les corps des fusiliers Calaq explosant dans des grêlons de feu de Bolter ou coupés en morceaux par des Épées Tronçonneuses tourbillonnantes. Cependant, le désir de vengeance des Ultramarines n’effilochait pas leur discipline et, lorsqu’ils rencontraient des concentrations de marcheurs de combat ou de véhicules blindés ennemis, ils se retenaient jusqu’à ce que des armes lourdes puissent être transportées en avant pour y faire face.

Rapidement coordonnées du mieux qu’ils le pouvaient, les Legiones Astartes formulèrent une stratégie par laquelle ils utilisèrent la topographie de la ville à leur avantage et le terrain des blocs d’habitations qui s’élevaient en flèche pour gagner le terrain supérieur. De là, ils utilisèrent des concentrations de Lance-Missiles et de Canons Laser pour s’attaquer à un ennemi dont le sens tactique semblait rapidement remplacé par la folie enragée et la soif de sang. Mais même si les quelques Ultramarines résistèrent aux nombreux Calaq, les vastes éclats à l’ouest de la ville, qui ébranlaient le sol et déchiraient l’air, noyant même le son de leurs propres batailles, leur firent comprendre que des luttes bien plus terribles faisaient rage ailleurs et que le sort d’Ithraca dépendait de l’issue de ces affrontements.[46]

Apocalypse

L’étrange animosité qui s’était d’abord révélée au sein de l’Ost de Guerre de Calaq commença bientôt à se manifester également au sein des autres forces des Traîtres. Vague après vague, d’autres Traîtres de l’Auxilia et des forces sectaires commencèrent à se jeter contre les défenses et les barricades improvisées que les Taghmata Xerxes avaient rapidement érigées dans la zone industrielle sud afin de marquer leur position contre leurs ennemis. Ces vagues arrivèrent si vite que les zones d’abattage soigneusement calculées furent submergées de corps, tandis que les armes des défenseurs commencèrent à surchauffer et que les réserves de munitions s’asséchèrent, tant était la fureur implacable et suicidaire de l’ennemi.

Il s’agissait d’un ennemi stimulé maintenant par le fait qu’il était accompagné par des personnages pourpres qui se trouvaient au milieu d’eux ; des Word Bearers dont les Magos avaient à ce moment enregistré qu’ils étaient corrompus par des ornements et des modifications non bénis, tels que des jonctions, des cornes qui sortaient de leur heaumes et des censeurs qui brûlaient de l’encens psychotrope dans leur paquetage. Ces Word Bearers, identifiés dans les extractions de données d’après-bataille comme portant l’iconographie du Chapitre des Muets, portaient sur eux les armes et les armures lourdes reconnaissables des Legiones Astartes, ainsi que des dispositifs de modèle inconnu et à la puissance meurtrière qui, en conjonction avec les vagues d’attaques humaines et Abhumaines incessantes, commença à causer des dommages significatifs aux cohortes d’Automates de Bataille et aux Adsecularis des Taghmata Xerxes. Totalement surpassés en nombre et à ce moment sérieusement menacés, les Taghmatas furent contraints de commencer lentement à céder du terrain afin qu’ils puissent se replier dans une série de redoutes toujours plus étroites et de périmètres défensifs, organisés à la hâte, mais efficace.

La Legio Suturvora et ses puissants Titans n’étaient même pas exempts de cette folie aberrante. Bien que Suturvora ait été le saint nom donné à la Legio Titanique lors de sa création sur Mars à l’aube de la Grande Croisade, elle avait pris un autre surnom, celui d’Infernus dans le langage populaire de leurs pairs. Bien que les auxiliaires qui avaient vu leur œuvre les avait simplement surnommés les "Maîtres du Feu", c’était un patronyme dont ils se délectaient, et en ce jour terrible, il n’avait jamais été plus mérité.

Au fil des heures, les Maîtres du Feu semblaient de moins en moins fonctionner comme une force de combat cohérente et s’apparentaient davantage à des bêtes cauchemardesques et meurtrières lâchées pour saccager la ville comme des créatures des mythes antiques. Les considérations tactiques furent mises de côté dans leur désir de simplement tuer, et tandis que certains Titans des Maîtres du Feu continuèrent à poursuivre leurs ennemis de la Legio Praesagius, d’autres, ayant perdu de vue leur objectif, commencèrent simplement à se retourner contre les foules paniquées et en fuite devant eux, massacrant des milliers de personnes et abattant des tours remplies d’innocents hurlants pour le plaisir apparent de les voir tomber. Contre ces masses en fuite, les Maîtres du Feu employèrent des tactiques utilisées auparavant seulement contre des mondes qui avaient rejeté la Vérité Impériale ou les formes Xenos destinées à l’extermination totale ; avec la puissance brute de leurs sirènes de combat, ils poussèrent les malheureux à tituber, à saigner et à devenir sourds avant de les encercler comme des bêtes dans les rues et les baies de chargement où seul le feu et la mort les attendait. Aucun ne fut épargné.

Aussi funeste que cette folie ait pu être pour le peuple d’Ithraca, pour les survivants grièvement blessés de la Legio Praesagius, elle offrait un répit vital, car si la puissance des Maîtres du Feu s’était concentrée correctement sur l’épave de l’Arutan, tout aurait été perdu pour les Vrais Messagers. En fait, lorsque le groupement tactique Argentus s’est frayé un chemin jusqu’au site du crash, avec une colonne de soutien en lambeaux formée de moins de la valeur d’une Compagnie de survivants Ultramarines et d’un tercio de la 312e Solar Auxilia, il ne trouva qu’un seul Titan de Bataille lourd de classe Nemesis et un couple de Titans Scouts Warhounds accompagnés d’un cadre de Skitarii des Maîtres du Feu qui barrait leur chemin, à la place de ce qui auraient pu - et peut-être dû - être une demi-Legio triomphante qui jubilait au-dessus d’un cratère en feu où se trouvait l’Arutan. Mais cela s’avérerait un affrontement mortel, car si le groupement tactique Argentus avait l’avantage numérique de Titans, le Nemesis des Maîtres du Feu - le célèbre Revoka - était un véritable tueur de Titan d’une puissance époustouflante, capable de détruire à lui seul n’importe quel Titan des Vrais Messagers en une seule volée de ses armes gargantuesques. Sachant que le temps n’était pas de leur côté et que leur seule chance d’atteindre l’Arutan était dans une attaque frontale, Argentus s’engagea sans hésitation.[47]

Le Battement du Tambour de l'Enfer

Les Vrais Messagers affrontent sans pitié et remord les Traîtres Maîtres du Feu.
À travers Ithraca, comme à travers Calth, la guerre faisait rage, mais à Ithraca, aucun camp n’avait le dessus. À la sixième heure des combats, d’autres renforts des Ultramarines étaient arrivés dans la ville par des transporteurs et des Rhinos venant de l’ouest pour ajouter leur force à celles des Loyalistes. Il s’agissait des Compagnies survivantes des 17e et 18e Chapitres, se frayant un chemin à l’abri des embuscades et poursuivies par les attaques aériennes du Chapitre de la Comète Noire des Word Bearers. Les commandants et les chefs d’escadrons de ces Compagnies avaient deviné à juste titre que même si la ville d’Ithraca n’offrait aucune sécurité, rester exposé dans les plaines au-delà signifiait une mort certaine face aux Word Bearers qui contrôlaient le réseau de défense planétaire et qui bombardaient de nouveau et férocement l’hémisphère sud.

Séparés de leurs Frères de Bataille par des dizaines de kilomètres de paysage urbain en flammes, la force survivante du 4e Chapitre des Ultramarines s’était regroupée autour du commandement du Sous-Capitaine Mantargo. Il avait mené dans la ville une percée avec une partie importante de l’arsenal et de l’artillerie mobile de son Chapitre, la déployant stratégiquement sur le terrain élevé offert par le grand système de l’Aqueduc du Trident de la cité, dont la construction massive, bâtie pour contenir de vastes tonnages d’eau purifiée, avait encore résisté aux ravages de la guerre. Mantargo dirigea ensuite des tirs meurtriers de contrebatterie à travers le nord de la ville et la côte, et canalisa des renforts vers les zones où les combats étaient les plus intenses. Mais malgré le commandement efficace de Mantargo, il était encore limité dans sa portée par le brouillage incessant du système vox à longue portée et le trafic de signaux par un chant incessant de mots et de phrases répétés sur tous les canaux [non reproduit ici en raison d’une contamination mimétique potentielle] et qui s’était intensifié au point de ne plus ressembler qu’à un battement de tambour enragé.

Sur le site de la chute de l’Arutan, le puissant Titan Revoka des Maîtres du Feu fut défait, mais à un prix élevé pour le groupement tactique Argentus et ses alliés. Le Warlord Evocatus et le Warhound Deathrunner de la Legio Praesagius avaient également été détruits, tandis que le commandant Invigilator et ses deux camarades survivants avaient été gravement blessés. Les restes du groupement tactique, ainsi que les derniers survivants de la Legio sauvés par le sacrifice des neuf, résistaient maintenant dans un dernier combat désespéré autour de l’Arutan. Ils étaient sous le feu nourri d’un nombre croissant de fantassins renégats et de Maîtres du Feu qui venaient tout juste d’empiéter sur les Titans, tandis que les équipes de travail des Techmarines Loyalistes et de Mechanicum s’efforçaient de libérer les portes à demi enterrées et bouclées à chaud de la soute principale du macro-transporteur accidenté. Mais leurs espoirs s’étaient déjà avérés fondés, car le contact avec ceux qui se trouvaient à l’intérieur avait permis de constater que certaines des unités les plus lourdes de la Legio Praesagius avaient survécu, même si elles étaient devenues impuissantes. Piégés comme ils l’étaient, ils ne pouvaient pas activer leurs Boucliers Voids et n’osaient pas déclencher leurs armes pour s’enfuir en raison d’un risque d’une explosion mortelle dans le compartiment inondé de carburant et de munitions renversées.

Au sud-est, au même moment, la situation des Taghmata Xerxes devient de plus en plus désespérée. L’arrivée d’une lance de Chevaliers Loyalistes du détachement de la meurtrie Maison Vornherr à Ithraca avait permis un répit temporaire, mais les Xerxes s’étaient trouvés peu après coincés entre les vagues vivantes de troupes sectaires dirigées par des Word Bearers et les Automates de Siège aux couleurs cramoisi et noires de l’Ordo Reductor de la cohorte des Traîtres de l’Alliance de Mormoth-Null, qui les avait traqué pour les détruire. Tandis que les Scions de la Maison Vornherr gagnaient du temps avec leur acier et leur sang, les Magos des Taghmata Xerxes, coupé de tout contact avec l’extérieur et des renforts, mirent en œuvre un plan désespéré, travaillant fébrilement pour démanteler et reconfigurer un grand réacteur à plasma qui avait été jusque-là le cœur battant de l’une des grandes manufactures de la ville, dont les ruines revêtues de plastacier constituaient maintenant la redoute finale des Taghmatas.

Six heures après le début de la bataille, les Taghmata Xerxes lancèrent leur contre-attaque. Utilisant ses dernières réserves d’Automates de Bataille de classe Castellax comme arme de combat, s’appuyant sur leurs servo griffes et leurs Lames Énergétiques pour se frayer un chemin à travers l’ennemi, la charge des Automates de Bataille ouvrit un chemin vers le cœur de la horde conduite par les Word Bearers. Dans cette brèche, trois Automates de Siège de classe Thanatar, endommagés mais toujours fonctionnels, traînèrent le réacteur modifié, maintenant reconstruit en une bombe à plasma hautement instable d’une puissance explosive prodigieuse. Ignorant leur sort, la horde de cultistes lança de nouveau l’attaque. À bord du Dirac’s Lament, le maître de l’Alliance de Mormoth-Null, l’Archmagos Barbatos Hexad, surnommé "le Ver" par les commandants de la Grande Croisade, perçu le danger et ordonna un retrait immédiat. Mais il était trop tard.

Ayant déterminé que la victoire était logiquement impossible, les Magos des Taghmata Xerxes activèrent un programme de destruction simultanée, faisant exploser la bombe. Une zone d’environ un demi-kilomètre de diamètre a immédiatement été réduite en vapeur, tandis qu’au-delà, l’onde de l’explosion s’est étendue jusqu’à ravager une zone équivalente à vingt-trois pâtés de maisons, réduisant la chair en cendres et tortillant le métal pour en faire des débris en flammes.

L’explosion qui détruisit la zone industrielle sud, malgré son énorme puissance, est passée inaperçue sur le site du crash d’Arutan, tant était la puissance du feu et de la destruction déchaînée entre les Titans en guerre à travers le parc de Demesnus. Le sacrifice et la détermination du groupement tactique Argentus, désormais réduit au seul Invigilator, à moitié mutilé, n’avait pas été en vain. Juste avant le début de la septième heure, la porte de l’Arutan avait été abaissée et les unités les plus puissantes de la Legio Praesagius avaient été lâchées dans la bataille. Parmi eux, l’Immortalis Domitor, un Imperator de classe Warmonger, dont la puissance et la stature éclipsèrent même les deux manipules des Titans Warlords qui l’accompagnaient depuis l’assaut de l’Arutan. La puissance de feu massive de ces nouvelles machines divines détruisit le parc dans un rayon de trois kilomètres, annihilant d’emblée les Titans des Maîtres du Feu Deus Vassago,Orias,Consecratus Inferna et Tyran’s Fist dans leur première salve.

Le vent avait tourné. L’Immortalis Domitor dirigea les Titans vengeurs des Vrais Messagers dans un ratissage des secteurs occidentaux de la ville, opérant comme un groupe spécifique et coordonné. Bien que l’interférence vox et du signal avait maintenant atteint un crescendo, les Titans revinrent à la pratique séculaire de communiquer par les cris assourdissants de leurs sirènes de guerre. Ils firent face à des ennemis - qu’il s’agisse de Titans ou de l’infanterie - apparemment perdue dans une rage meurtrière pure, la folie et les meurtres au hasard. Contre ces fous, le pouvoir coordonné de la Legio Praesagius était imparable. Sur leurs champs de bataille respectifs, les éléments séparés des Ultramarines consolidèrent leurs forces et commencèrent une série d’attaques ciblées, profitant du changement soudain de la fortunes de la guerre en leur faveur. Ils commencèrent également à guider les civils qui avaient survécu à l’évacuation en empruntant des routes nouvellement sécurisées vers les arcologies souterraines à trente kilomètres à l’ouest d’Ithraca. Entravée par l’anarchie et la tempête vox autant que par la dévastation qui avait englouti la ville, c’était une tâche presque impossible et le flux de réfugiés n’était qu’un filet d’eau. Contre toute attente, les forces Loyalistes reprenaient la ville d’Ithraca et l’ennemi était en désarroi. La huitième heure était proche.[48]

Au-Delà

La première indication de ce qui allait arriver fut la cessation soudaine de l’interférence vox qui avait recouvert la ville. Le silence qui s’ensuivit fut de mauvaise augure après un tel horrible tumulte, mais fut bientôt remplacé par un signal loyaliste ; les unités isolées qui tentaient de renouer le contact avec leurs commandants, les appels de détresse, les demandes de rapports sur les pertes et les situations, et une myriade d’autres prières désespérés d’aide, d’ordres et d’informations alors que les survivants de l’assaut des Traîtres cherchaient à se restructurer dans l’anarchie de la guerre.

De l’autre côté de cette cacophonie, le Titan Warhound Lacardio de la Legio Praesagius imposa un message vox de haute priorité. Le Titan Scout avait été envoyé dans la friche fumante de la zone industrielle où les Taghmata Xerxes avaient commis leur sacrifice, à l’abri de la chaleur et de l’humidité et des retombées radioactives, afin de rechercher des survivants, Loyalistes ou Traîtres, dans la région et d’intervenir en conséquence. Il rapporta avoir trouvé des scènes de corps brûlés fusionnés avec des pièces métalliques tordues, presque surélevées pour former une forêt concentrique d’arbres macabres, ce qui ne correspondait manifestement à aucune arme connue ni à aucun effet de souffle, tandis que son Auspex et son équipement sensoriel étaient presque surchargés de signes de vie contradictoires et de lectures d’énergie, qui semblaient vides un instant et animées comme par une multitude l’instant suivant. Peu de temps après ce rapport initial, les transmissions interrompues et les tentatives répétées de recontacter le Lacardio par l’Immortalis Domitor et plusieurs véhicules de commandement Damocles des Ultramarines opérant vers le nord ont été infructueuses pendant plusieurs minutes lorsqu’une seule rafale finale de signal brouillé est soudainement arrivée : … impossible... figure ailée, pas un Titan mais plus grand que nous, hors d’un brouillard... ne peut pas être vivant… Omnimessie, est-ce que cette chose est vivante ?… rouge comme le sang, Auspex hurle… registre… brouillard de sang… ça ne peut pas être… des milliers… armure compromise… à l’aide… Machina Salvea Potenti... sauvez-nous !

Le Lacardio n’a jamais refait l’objet d’un autre rapport.[49]

L'Enfer et la Ruine

Aucun récit concret de l’horreur finale des dernières heures de la Bataille d’Ithraca ne peut être donné. De tels rapports qui restent au-delà de la huitième heure sont fragmentaires et beaucoup de données, même tirés des systèmes data récupérés auprès des Legiones Astartes, des cogitateurs du Mechanicum et des nécro-cortical extrait des Cybernetica, sont souvent incomplètes, corrompues et peu fiables. Très peu de ceux qui ont survécu à ce qui allait arriver au combat ont témoignés, et parmi ceux qui l’ont fait, leurs souvenirs sont, de par leur nature même, compromis par une exposition directe à ce dont ils ont été témoins. Ce qui peut être conjecturé avec une certaine précision est que dans les ruines de la ville d’Ithraca, un certain nombre de ruptures spontanées dans le tissu de la réalité matérielle se sont produites ; des failles entre notre réalité et le Warp à travers laquelle un vaste torrent d’entités hostiles a surgi dans la cité.

De ces fissures dans le maelström Empyréen de l’au-delà, la plus grande et la plus puissante s’est ouverte sur le site de la mort des Taghmata Xerxes, tandis que d’autres se sont apparues dans ce qui semble à première vue avoir été un placement aléatoire dans toute la ville d’Ithraca et dans les gares de triage au-delà. Cependant, les savants ont depuis émis l’hypothèse que ces placements étaient en fait liés à des lieux d’effusions de sang et de massacres d’une énormité particulière, ainsi qu’à la malveillance et à la tuerie gratuite perpétrées à la fois par l’Ost de Guerre Calaq et les autres Auxilias renégats, sous le contrôle des Word Bearers, calculée et exécutée jusqu’à cette fin exacte.

Face à de telles horreurs, dont la nature était encore inconnue par les Ultramarines et les Titans de la Legio Praesagius, il n’y avait eu ni préparation ni de contre-attaque immédiate. Déjà épuisé et réduit par de longues heures de combat inattendu et de la plus violente intensité imaginable, les forces Loyalistes furent presque immédiatement dépassées et submergées par l’apparition de milliers d’entités maléfiques du Warp, allant des marées de vermine bestiale, à des parodies cauchemardesques de la forme humaine dont la vitesse et la puissance correspondaient à celle des Legiones Astartes elles-mêmes. De même, des formes monstrueuses, vastes et terribles, dont la stature rivalisait même avec celle des Titans de Bataille se matérialisèrent, tandis que des horreurs indescriptibles s’élevaient au-dessus du champ de bataille, rendant fou ceux qui les regardaient. Le ciel pleuvait de l’acide fumant tandis que le sol tremblait, que les morts criaient et étaient condamnés à une demi-vie malheureuse. Des feux électriques brûlèrent dans leurs crânes, et quelque chose qui ressemblait beaucoup aux mythes apocalyptiques de l’Ancienne Terra visita les survivants assiégés d’Ithraca.

Sur l’Avaris Plaza, une tumeur maligne gazeuse comme un grand nuage d’orage sombre entourés par des serpents aveugles, mesurant chacun des centaines de mètres de long, écrasa le Titan Reaver Knossos dans son étreinte enroulée, tandis que les derniers vaillants soldats du 312e Solar Auxilia connus pour avoir survécu jusqu’à présent à la bataille tinrent leur dernière position contre ce que les témoins ont décrit depuis comme une "chasse sauvage" de bêtes fantomatiques et lumineuses et des chars à lames, se sacrifiant pour qu’une colonne de réfugiés puisse s’enfuir dans les tunnels en contrebas. Les attaques de l’au-delà ne se limitaient pas non plus aux Loyalistes et aux misérables civils d’Ithraca ; les habitants du Warp, semble-t-il, étaient totalement aveugles dans leurs attaques, sauf contre les Word Bearers qui, il est attesté par des récits invérifiables, passaient entre eux comme s’ils étaient envoûtés. Les Magos survivants et les cohortes cybernétiques de la traîtresse Alliance de Mormoth-Null n’ont pas été épargnés par les ravages des griffes et de la flamme des entités du Warp, et ont immédiatement commencé à se retirer dans leur Modules d’Atterrissage, avant de envoler pour le Dirac’s Lament, qui a rapidement quitté l’orbite.

Au poste de commandement du 4e Chapitre des Ultramarines au Trident, une entité en mouvement, avec une tête de chien, surgit du corps brisé d’un Word Bearer captif qui gonfla jusqu’à atteindre la taille d’un Chevalier Impérial alors qu’il déchirait les Legiones Astartes qui l’entourait, se nourrissant et devenant de plus en plus puissant au fur et à mesure qu’il tuait, jusqu’à ce qu’il soit enfin abattu par une attaque aérienne désespérée à bout portant par des aéronefs Fire Raptors. Cet incident lui-même présente des parallèles troublants avec des rapports similaires ailleurs sur Calth ce jour-là, où, par des moyens identiques, des entités monstrueuses sont apparues, chacune répétant un certain mot identique [qui ne sera pas retranscrit ici] indiquant qu’un certain rituel était impliqué dans chacun de ces cas.

Cette attaque, au cours de laquelle il a lui-même été blessé, conjuguée à des rapports terrifiants qui ont afflué de toute la ville, a convaincu le Sous-Capitaine Mantargo que ce n’était plus une guerre qu’il était possible de gagner, et même que la résistance allait mener à une mort futile. Son ordre général d’évacuation et de dispersion donné à ses forces à la treizième heure fut rapidement repris dans les secteurs nord, où les attaques des entités du Warp étaient les moins sévères, et dans ces régions, beaucoup se sont enfuies dans les tunnels ou ont réquisitionné des navires de guerre et des moyens de transport restants pour s’échapper de la ville, en particulier à Macro-Gamma, qui avait été largement épargné par les attaques orbitales puisqu’elle avait déjà été occupée par les troupes renégates au début de la bataille.

Ailleurs, la fuite désespérée et la poursuite sanglante étaient déjà devenues l’état normal des choses contre un ennemi terrifiant dont les formes étaient aussi multiples que son nombre semblait illimité. Lorsque le signal de le retraite et d’évasion atteignit les régions du sud et de l’est de la ville, il n’a pas été entendu, probablement soit parce que les quelques humains qui restaient se battaient désespérément pour leur vie à ce moment-là pour y faire attention ou tout simplement qu’il n’y avait plus de personne vivante ; aucun dossier existant d’un survivant dans ces secteurs n’a jamais été récupéré pour analyse.

De la Legio Praesagius, les dires de leurs quelques survivants - l’équipage blessé de Titans estropiés qui avaient reçu l’ordre de chercher des secours - montre que la douzaine de Titans qui restait dans la Legio avait compris qu’il n’y avait aucun moyen de s’échapper. L’Arutan ne volerait certainement plus jamais et il ne restait aucun élévateur capable de manipuler un Titan nulle part dans Ithraca, à l’exception de ceux qui étaient entre les mains des Maîtres du Feu en retraite vers la Zone d’Atterrissage de Macro-Beta. Beaucoup de survivants de la Legio Suturvora semblaient avoir retrouvé leurs esprits au moment où le signal d’interférence maléfique s’était éteint, et ils étaient maintenant eux-mêmes en pleine retraite vers leurs zones de débarquement, brûlant tout, amis ou ennemis dans leur sillage. Il était tout aussi impossible de s’enfuir par ce moyen. Les Vrais Messagers prirent alors la décision de se battre plutôt que d’organiser une évasion futile vers les désolations, où ils pourraient être facilement attaqués depuis les airs. Leur sort serait de lutter contre les marées d’horreur qui se renouvelaient à chaque instant, et par leur sacrifice de gagner du temps pour que ce qui restait de la Légion des Ultramarines, des Auxilias loyalistes et des civils de Calth puisse vivre pour se battre ailleurs.

Aucun Titan de la Legio Praesagius n’est connu pour avoir survécu à la Bataille d’Ithraca, mais c’est grâce à leur sacrifice que plus de quatre mille Ultramarines ont pu s’échapper des ruines hantées par l’enfer et s’engager à venger les morts.[50]

Épilogue

« La seule chose plus douloureuse à l’œil qu’une bataille perdue est une bataille gagnée. »
- Attrb. Duc Artur, Chef d’équipe de l’Ancienne Terra.

À la vingtième heure de la Bataille de Calth, beaucoup s’étaient résolus au fait que la XIIIe Légion allait très probablement mourir sous l’éclat maléfique de l’étoile empoisonnée de Veridia. Mais pas un seul Légionnaire ne s’est abandonné au désespoir, car les Legiones Astartes - et surtout les fiers fils de Roboute Cuilliman - étaient faits d’acier trempés. Les Ultramarines en orbite et à la surface de Calth combattirent avec audace, résolus que si ce jour devait annoncer la mort de la plus grande partie de leur Légion, l’histoire raconterait qu’ils firent face avec audace à la mort et qu’ils firent souffrir leurs traîtres de frères.

Même au milieu d’une telle trahison, totale et écrasante, il y avait ceux qui s’étaient battus dès le début pour affirmer la maîtrise de leur propre destin. Le Primarque était l’un d’entre eux, car la perspicacité tactique et stratégique que les généticiens de l’Empereur lui avaient inculquée lui permettait de s’efforcer de gagner la guerre, même si le combat semblait perdu. Marius Gage, Maître du Premier Chapitre, en était un autre, car en activant le pont auxiliaire du Macragge’s Honour, il avait repris l’initiative en orbite et rendu possible les événements qui suivirent. Un autre était le Capitaine de la 4e Compagnie - Remus Ventanus - dont la réaction initiale à la trahison et la séquence d’événements déclenchée à la surface ont formé le pivot de la résurgence des Ultramarines et mené finalement à la reprise du contrôle du réseau de défense Calth. À ce moment-là, la Bataille de Calth avait tourné.

La clé de la victoire résidait dans la grille de défense, constituée de plusieurs milliers d’armes placées à la surface et à bord des plates-formes en orbite. Les Word Bearers avait pris le contrôle de la grille au début de la bataille grâce au code machine corrompu du Mechanicum Noir dans les systèmes de commandement et de contrôle de Calth. Lorsque les forces Ultramarines en orbite et en surface purent enfin partager leurs renseignements et coordonner leurs actions, la contre-attaque put véritablement commencer.

Il s’agissait de deux opérations simultanées, l’une en orbite et l’autre à la périphérie de ce qui restait de la ville de Lanshear à la surface. Au sol, le Capitaine Ventanus rallia ce qu’il pu des forces de la Légion et lança un assaut complet sur la Maison de la Guilde de Lanshear, sa mission étant d’accéder aux données scellés dans son sous-sol, les seuls de leur classe non infecté par le code machine empoisonné du Mechanicum Noir. Ainsi, les Loyalistes du Mechanicum seraient en mesure de purger le code ennemi du système. Mais le contrôle de la grille ne serait acquis que lorsque ses systèmes majeurs auraient été repris aux Word Bearers et à leurs alliés du Mechanicum Noir. Cela ne pouvait se faire qu’en désactivant le centre de données du superviseur de la station orbitale du chantier de Zetsun Verid.

La Reprise du chantier de Zetsun Verid[51]
« Laissez-moi vous parler de notre foi Seigneur Guilliman. Elle se nomme Âge of Sigmar… »
L’acte final de la bataille pour l’orbite de Calth s’est déroulé sur le chantier de Zetsun Verid, la plate-forme orbitale capturée par Kor Phaeron, le Maître de la Foi des Word Bearers, peu après la trahison de la Conjonction de Calth. C’est à partir de cette station que les alliés du Mechanicum des Word Bearers ont subverti le contrôle de la grille de défense de Calth, qu’ils ont utilisé pour empoisonner l’étoile de Veridia, détruire la Forge Veridia et abattre les navires de guerre des Ultramarines en toute impunité. C’est le Primarque lui-même qui mena l’assaut sur le chantier de Zetsun Verid, utilisant le réseau de téléportation du vaisseau amiral pour le faire. L’échec de cette mission aurait entraîné la mort du Primarque et de toute la force d’assaut, car la téléportation à longue portée aurait drainé tellement d’énergie dans le réacteur du vaisseau amiral que l’extraction par cette méthode n’aurait pas été possible. Guilliman jugea le risque valable, car si la grille de défense n’était pas désactivée, sa Légion mourrait d’une façon ou d’une autre.

Avec l’assaut d’abordage mené par un Primarques, on pouvait s’attendre à ce que les Word Bearers ne puissent pas faire grand-chose pour s’opposer aux Ultramarines. Les Word Bearers étaient cependant dirigés par Kor Phaeron, un homme tellement imprégné de la puissance brute du Warp qu’il s’était approché non seulement pour repousser l’attaque, mais aussi pour tuer Roboute Guilliman. C’est à Kor Phaeron que Lorgar avait investi la responsabilité de la mort de Calth, des Ultramarines qui s’y rassemblaient et même, si l’occasion se présentait, de la mort de Guilliman lui-même.

Lorsque Guilliman et Kor Phaeron se sont finalement affrontés sur le pont de contrôle principal, le Word Bearer envoya un faisceau maléfique de lumière noire si puissant qu’il mis à genoux le Primarque des Ultramarines. À ce moment, Kor Phaeron aurait pu tuer un fils de l’Empereur, un exploit qu’aucun mortel n’avait jamais accompli, mais même en pressant la lame de rituel à la gorge de Guilliman, il suspendit le coup final et murmura plutôt une offre qu’il n’avait ni le droit ni l’autorité de faire. Kor Phaeron promit à Guilliman une position d’honneur aux côtés d’Horus et de Lorgar, et qu’il voulait seulement qu’il prête serment à ce dernier.

La réponse de Guilliman fut sans équivoque. Pendant que Kor Phaeron parlait, le Primarque avait rassemblé ses forces. Dans un mouvement trop rapide pour que l’œil humain puisse le suivre, Guilliman frappa à travers l’armure du Word Bearer et ferma le poing sur le cœur battant du Traître. La dernière chose que Kor Phaeron vit fut son propre cœur arraché de sa poitrine et jeté sur le pont métallique.

Zetsun Verid Yard était enfin sous le contrôle des Ultramarines et en quelques instants, la puissance redoutable de toute la grille de défense de Calth se retourna contre les Word Bearers, tant sur leurs navires de guerre en orbite que sur leurs forces terrestres présent à la surface.

La bataille de surface commença lorsque le Capitaine Ventanus mena une force importante et hétérogène dans les ruines de Lanshear. Le fer de lance de cette avancée était une compagnie de chars Land Raiders, et derrière eux se trouvait le gros de la 4e Compagnie des Ultramarines, renforcée par les nombreux éléments variés d’autres unités qu’ils avaient trouvé depuis la trahison des heures précédentes. L’avancée fut soutenue par une compagnie de chars super-lourds Shadowswords et divers véhicules de soutien, une cohorte de Skitarii du Mechanicum et les restes du 10e de Neride.

Alors que la colonne de Ventanus se pressait le long de la principale artère de transit, elle rencontra sa première présence ennemie, un Titan Scout Warhound de la Legio Mortis. Ses Boucliers Voids frappés par les nombreux Predators, Whirlwinds et Sicarans de la colonne, il tomba finalement sous le coup du Shadowsword.

Avec la mort du Warhound, les Land Raiders Ultramarines menèrent l’avancée sur les positions des Word Bearers dans la Maison de la Guilde. Lorsque ils arrivèrent, la bataille se transforma en un carnage éprouvant et sauvage. Les Ultramarines combattirent avec une juste fureur née de la myriade d’injustices que leur avait infligées leur ancienne Légion frère. Les pertes s’accumulèrent des deux côtés, le Gal Vorbak se joignant à la mêlée et abattant les Ultramarines avec des cris de guerre nés de la folie du Warp, mais la fureur de l’attaque des Ultramarines l’emporta à travers les lignes ennemies avec une force imparable.

Ventanus avait atteint la Maison de la Guilde, mais même lorsque ses alliés du Mechanicum réveillèrent le centre de données, ils s’aperçurent qu’ils arrivaient trop tard, que leurs sacrifices n’avaient servi à rien alors qu’une force ennemie massive était détectée et se rapprochait de la Maison de la Guilde. Avec la froide clarté de la machine, le Mechanicum mesura leur survie face à la force de frappe en quelques minutes, leur faisant face avec une détermination implacable et noble. La défense se renforça quand une deuxième vague d’alliés convergea vers la Maison de la Guilde. Les 111e et 112e Compagnies n’étaient pas dirigées par un officier de la Légion, car leurs cadres de commandement avaient été décimés, mais par un seul Sergent nommé Anchise, tandis que la 19e compagnie, connue sous le nom de "Les Honorés", était à leurs côtés sous le commandement du Capitaine Aethon. D’un autre côté, une foule de soldats mortels en armures, dirigés par le digne Tétrarque de Konor, Eikos Lamiad et le Dreadnought Telemechrus, arrivèrent. Pourtant, avec le chantier de Zetsun Verid toujours sous le contrôle de l’ennemi, tous leurs efforts étaient vain.

Et puis vint le salut. Lorsque le Capitaine Ventanus et les forces Loyalistes à l’extérieur et autour de la Maison de la Guilde de Lanshear apprirent la reprise du chantier de Zetsun Verid, c’est fut quand les cieux s’enflammèrent et que les Word Bearers et leurs alliés, pressés de tous côtés, furent consumés par un feu incendiaire aveuglant. Le chantier était finalement tombé et le Mechanicum dans la crypte de la Maison de la Guilde avait enfin le contrôle de la grille de défense.

L’enfer pleut sur les Word Bearers, décimé par la fureur vengeresse des Ultramarines.
L’enfer pleuvait sur les Word Bearers et leurs forces auxiliaires à la surface de Calth. En un instant, l’extinction imminente des Ultramarines s’était transformée en délivrance et une contre-attaque à l’échelle de la planète était apparue de nulle part. Les Word Bearers furent forcés de passer de l’offensive à la défensive alors qu’ils étaient assaillis par des frappes orbitales, puis submergés par les osts sanguinaires et vengeurs de la Légion des Ultramarines, du Mechanicum et de l’Armée Impériale qui avaient survécu.

Mais la fureur déchaînée sur les Word Bearers n’était pas réservée qu’aux Traîtres à la surface. Dès l’instant où l’attaque des Word Bearers sur la force de Ventanus fut vaincue, la grille se retourna contre les navires ennemis en orbite. Aucune flotte ne pourrait survivre à une telle punition. Des navires de guerre qui avaient servi pendant des décennies à travers les actions les plus sanglantes de la Grande Croisade et survécus aux terribles batailles spatiales menées pour contenir les Loyalistes sur Isstvan V, furent annihilés par douzaines. Jusque-là, l’orbite de Calth s’était enflammé avec les débris en flammes des navires de la Légion de Ultramarine abattus. Maintenant, il s’embrassa avec les épaves flamboyantes des vaisseaux de guerre des Traîtres, si dense que pour les générations futures, ils formeront un anneau visible et dangereux autour de la planète dévastée.

Sur le pont de l’Infidus Imperator, le chaos régnait, car Kor Phaeron avait été téléporté sur le vaisseau amiral des Word Bearers, en quelque sorte toujours vivant malgré le fait que son cœur ait été arraché de sa poitrine, mais trop blessé pour prendre le commandement. Voyant les vaisseaux de la flotte des Traîtres détruits tout autour de lui, le Capitaine de l’Infidus Imperator, le Sire Antonius Antwark, vit qu’ils avaient fait tout ce qu’ils pouvaient pour l’invocation de la Tempête de la Ruine et que leur mort ne pouvait servir à rien. Antwark ordonna à l’Infidus Imperator de faire demi-tour et d’aller à toute vitesse vers les limites du système où il pourrait sans danger se translater dans le Warp.

Le vaisseau amiral des Word Bearers ne s’échapperait pas si facilement cependant. Roboute Guilliman, sur le pont de commandement détruit du chantier de Zetsun Verid, informa Marius Gage de cette fuite. Le Primarque ordonna immédiatement à son Maître du Premier Chapitre de prendre le Macragge’s Honour et d’abattre l’Infidus Imperator - le récit de la poursuite par Gage du vaisseau amiral ennemi est cependant une histoire racontée ailleurs. Qu’il suffise de dire que Guilliman demeurerait ignorant du sort de son navire bien-aimé et de son officier de la Légion le plus digne de confiance pendant de nombreuses années jusqu’à ce que la nouvelle de l’affrontement épique qui a mené à la destruction de l’Infidus Imperator arrive finalement à Macragge.[52]

L'Ombre qui Émerge

La Bataille de Calth se poursuit dans la longue et brutale Guerre Souterraine.
Bien que les Ultramarines aient été victorieux, ils n’auront pas le luxe de récolter les fruits de cette victoire. Alors même que le Primarque Roboute Guilliman passait en revue les terribles événements de la trentaine d’heures qui ont suivi la destruction de l’Installation d’Ancrage Veridian par le Campanile, ses conseillers survivants, en particulier une délégation représentant les plus anciens Navigators et Astropathes de sa flotte, lui annoncèrent de mauvaises nouvelles.

Le premier problème placé devant le Primarque fut la question de l’étoile de Veridia. Elle avait été grièvement touchée par les Word Bearers d’une manière qu’ils ne pouvaient pas comprendre et les vents solaires qui en émanaient étaient empoisonnés de façon inexplicable. La surface de Calth, son atmosphère déjà gravement mis à mal par le bombardement des Word Bearers, se déstabilisait rapidement au point qu’il serait bientôt impossible pour les mortels non protégés de marcher dessus. La seule ligne de conduite possible était d’évacuer tous les civils et tous les Legiones Astartes et d’autres unités en surface dans les vastes arcologies souterraines dans le but de fournir un abri, aussi ténu soit-il, contre la lumière funeste de l’étoile de Veridia. Le Capitaine Ventanus, le héros de la bataille de la Maison de la Guilde, se chargera de cette tâche, et un récit digne de ce nom de ses actions dans les batailles qui suivirent remplira tout un tome à lui seul.

La deuxième crise portée à l’attention du Primarque n’était alors que partiellement comprise, mais déjà des messages astrotélépathiques relayaient des appels désespérés à l’aide en provenance de tous les Cinq Cents Mondes d’Ultramar. L’attaque des Traîtres contre Calth n’était pas un événement isolé ; d’autres attaques furent signalées dans des dizaines d’autres systèmes. Dans un moment de grande clarté, Guilliman vit ce que les Word Bearers avaient prévu à Calth - ils avaient planifié l’extinction des Ultramarines afin que les Traîtres puissent attaquer sans opposition les planètes sous sa protection. En cela, ils avaient échoué, car si les Ultramarines avaient subi des pertes sans précédent, la Légion s’était ralliée et constituait toujours une force formidable. La vengeance de Guilliman serait terrible et bien méritée.

Mais à ce moment, les conseillers du Primarque lui annoncèrent leur dernière mauvaise nouvelle. Le Warp, qui avait été turbulent et capricieux pendant l’année écoulée, se transformait maintenant en une tempête d’une fureur sans précédent. Pire encore, il se refermait maintenant autour du système de Veridia et tous les navires qui ne seraient pas partis dans les heures à venir pourraient y être bloqués pendant des années.

De la manière dont il s’était fait connaître, Roboute Guilliman écouta ce flot d’augures funestes, considéra leur impacts combinés, et exposa clairement sa solution qui était la suivante. La flotte embarquerait ce qu’elle pourrait, en donnant la priorité aux unités blindées et aux quelques machines divines Titaniques Loyalistes survivantes. Les unités d’infanterie restantes se retireront dans les arcologies pour continuer la Bataille de Calth, un conflit qui se développera dans la Guerre Souterraine de Calth et qui durera dix ans.

Enfin, Guilliman prit congé du monde jadis magnifique de Calth, le joyau en devenir de la couronne d’Ultramar, qui représentait tant de choses que l’on ne pourrait plus réaliser aujourd’hui. Avant que le Primarque n’ordonne à la flotte de partir, le Warp s’en rapprochant, il jura de retourner à Calth et de délivrer la planète des Traîtres. Il faudra de nombreuses années et de nombreuses batailles, dans Cinq Cents Mondes et plus, avant que cette promesse puisse être tenue.

Mais elle serait délivrée, car Roboute Guilliman, Primarque de la XIIIe Légion et Maître des Cinq-Cents Mondes d’Ultramar, l’avait promis.[53]

Source

  • The Horus Heresy, Book Five - Tempest
  1. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part I : The Shadow of War (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part I : The Shadow of War - The Price of the Imperial Truth (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part I : The Shadow of War - The Eye of the Storm (traduit de l'anglais par Guilhem)
  4. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part I : The Shadow of War - The Realm of Ultramar (traduit de l'anglais par Guilhem)
  5. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part I : The Shadow of War - The Ghaslakh Xenohold (traduit de l'anglais par Guilhem)
  6. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part I : The Shadow of War - The Bloody Road to Ruin (traduit de l'anglais par Guilhem)
  7. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part III : Betrayal on Calth (traduit de l'anglais par Guilhem)
  8. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part I : The Shadow of War - The Chronicle of Ashes (traduit de l'anglais par Guilhem)
  9. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part I : The Shadow of War - The Axe Falls (traduit de l'anglais par Guilhem)
  10. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part II : The Battle For Calth Near-Space (traduit de l'anglais par Guilhem)
  11. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part II : The Battle For Calth Near-Space - The Bow Wave of Fate (traduit de l'anglais par Guilhem)
  12. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part II : The Battle For Calth Near-Space - The Bell Tolls (traduit de l'anglais par Guilhem)
  13. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part II : The Battle For Calth Near-Space - Wolves Among The Flock (traduit de l'anglais par Guilhem)
  14. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part II : The Battle For Calth Near-Space - Rubicon (traduit de l'anglais par Guilhem)
  15. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part II : The Battle For Calth Near-Space - Planetary Assault (traduit de l'anglais par Guilhem)
  16. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part II : The Battle For Calth Near-Space - Orbital Defense (traduit de l'anglais par Guilhem)
  17. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part II : The Honour Of Macragge - Orbital Defense (traduit de l'anglais par Guilhem)
  18. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part III : Betrayal on Calth (traduit de l'anglais par Guilhem)
  19. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part III : Betrayal on Calth - A Prelude to Disaster (traduit de l'anglais par Guilhem)
  20. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part III : Betrayal on Calth - The Unmarked (traduit de l'anglais par Guilhem)
  21. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part III : Betrayal on Calth - The Beginning of the End (traduit de l'anglais par Guilhem)
  22. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part III : Betrayal on Calth - In the Face of Annihilation (traduit de l'anglais par Guilhem)
  23. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part III : Betrayal on Calth - The Warp Flasks (traduit de l'anglais par Guilhem)
  24. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part III : Betrayal on Calth - A Nightmare made Flesh (traduit de l'anglais par Guilhem)
  25. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part IV : The Battle for the Macragge's Honour (traduit de l'anglais par Guilhem)
  26. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part IV : The Battle for the Macragge's Honour - The Killers Close In (traduit de l'anglais par Guilhem)
  27. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part IV : The Battle for the Macragge's Honour - Order from Chaos (traduit de l'anglais par Guilhem)
  28. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part IV : The Battle for the Macragge's Honour - Master and Commander (traduit de l'anglais par Guilhem)
  29. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part IV : The Battle for the Macragge's Honour - Servants of The Machine (traduit de l'anglais par Guilhem)
  30. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part IV : The Battle for the Macragge's Honour - Command Restored (traduit de l'anglais par Guilhem)
  31. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part IV : The Battle for the Macragge's Honour – Miracle of Miracles (traduit de l'anglais par Guilhem)
  32. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part III : Betrayal on Calth - The Calth Muster (traduit de l'anglais par Guilhem)
  33. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part IV : The Battle for the Macragge's Honour - The Ashes of Calth (traduit de l'anglais par Guilhem)
  34. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part IV : The Battle for the Macragge's Honour - The Ashes of Calth - Convergence of Might (traduit de l'anglais par Guilhem)
  35. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part IV : The Battle for the Macragge's Honour - The Ashes of Calth - The Martyrs of Calth (traduit de l'anglais par Guilhem)
  36. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part IV : The Battle for the Macragge's Honour - The Ashes of Calth - Bitter Victories (traduit de l'anglais par Guilhem)
  37. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca (traduit de l'anglais par Guilhem)
  38. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca - Ithraca City (traduit de l'anglais par Guilhem)
  39. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca - The Titan Muster (traduit de l'anglais par Guilhem)
  40. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca - A Darkness At Macro-Gamma (traduit de l'anglais par Guilhem)
  41. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca - The Betrayal at Ithraca (traduit de l'anglais par Guilhem)
  42. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca - The Clash of the Gods (traduit de l'anglais par Guilhem)
  43. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca - The Slaughter of the Innocents (traduit de l'anglais par Guilhem)
  44. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca - The Glorious Dead, known to the annals of the Collegia Titanica as the Nine Paragons of Ithraca (traduit de l'anglais par Guilhem)
  45. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca - The Fate of the Pegasus (traduit de l'anglais par Guilhem)
  46. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca - Darkness and Fire (traduit de l'anglais par Guilhem)
  47. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca - Apocalypse (traduit de l'anglais par Guilhem)
  48. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca - The Drum Beat of Hell (traduit de l'anglais par Guilhem)
  49. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca - From Beyond (traduit de l'anglais par Guilhem)
  50. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Part V : The Battle of Ithraca - Hell and Ruin (traduit de l'anglais par Guilhem)
  51. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Epilogue - The Re-Taking of the Zetsun Verid Yard (traduit de l'anglais par Guilhem)
  52. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth - Epilogue (traduit de l'anglais par Guilhem)
  53. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The War of Calth – Epilogue - The Looming Shadow (traduit de l'anglais par Guilhem)