Atrocité de Isstvan III

De Omnis Bibliotheca
« Je pourrais vous parler de ces fils déchus, jusqu’où la trahison les a mené ainsi que de la puissance et de l’orgueil déchues de leur noblesse. Mais alors la colère assombrirait mes mots et voilerait la vérité que vous, mes seigneurs, avez tant envie de connaître.
Je ne prétends pas comprendre les raisons qui ont conduit mes frères sur la voie de la trahison ; c’est aux autres de l’expliquer. Au lieu de cela, je chercherai ici à rappeler à mes seigneurs ce qu’étaient autrefois ces guerriers et à montrer ainsi de quelle hauteur ils sont tombés. »
- D’après le témoignage de Crysos Morturg, Bouclier Noir, ancien membre de la Légion de la Death Guard, survivant de l’Atrocité de Isstvan III.[1]

Trahison

Un ancien proverbe dit que toutes les guerres, qu’elles soient sanglantes ou importantes, ne commencent qu’avec un seul coup de feu. Pour le grand cataclysme qui devait engloutir l’Imperium et apporter la mort et la calamité à des milliards d’individus, ce premier coup de feu fut tiré sur Isstvan III lorsque le frère se retourna contre son frère.[2]

La Mise en Conformité de Isstvan III

La Galaxie s’Enflamme !
Le système de Isstvan est situé dans la partie nord de l’Ultima Segmentum, bien au-delà du cœur du pouvoir de l’Imperium. C’était un système important, avec deux mondes ouverts à la vie. La colonie humaine de la Longue Nuit qui y avait été installée avait été l’une des plus épargnées par les horreurs de l’Ère des Luttes grâce à son isolement. Bien qu’éloigné, les vaisseaux éclaireurs de la Grande Croisade confirmèrent que l’Humanité sur Isstvan avait réussi à maintenir une société largement cohésive et industrialisée qui avait survécut intacte aux millénaires, ce qui en faisait une priorité absolue pour la prise de contact et son absorption au sein de Imperium.

Une culture autochtone ancienne existait sur Isstvan III, se caractérisant par un important mysticisme local et par la pratique religieuse. Cela, conjugué à une histoire d’indépendance, signifiait qu’une fois entré en contact avec les éclaireurs de la Grande Croisade, les Isstvaniens s’opposèrent, puis refusèrent à se conformer à la Vérité Impériale. Compte tenu de l’importance stratégique qu’apporterait l’absorption de ce système vital et industrialisé à l’Imperium, concentrant une importante population humaine, la priorité fut donnée à la mise en Conformité du système de Isstvan. En rendant cette ordonnance, le Conseil de Guerre assigna à cette dernière une mise en garde interdisant le recours à une force écrasante afin d’éviter des dommages collatéraux excessifs qui gâcheraient cette précieuse conquête pour la Grande Croisade. C’est ainsi que l’honneur de la bataille de Isstvan III fut attribué à la Légion de la Raven Guard et à leur Primarque Corax, - les guerriers de Corax ayant une réputation sans pareil pour l’utilisation de frappes chirurgicales et précises. Les croiseurs d’attaque à coque noire et les cuirassés de la XIXe Légion attaquèrent sans prévenir en pleine nuit, détruisant méthodiquement l’infrastructure militaire limitée de Isstvan III et en envahissant ses sièges de gouvernement. Lorsque l’aube se leva sur la tentaculaire Cité-Ruche de Khry Vanak - capitale politique et culturelle de Isstvan III ("La Cité Chorale" en traduction), le sénat planétaire qui avait régné sur Isstvan III était à présent une ruine suite au bombardement, et ceux qui avaient conduit leur monde à nier la Vérité Impériale étaient morts ou prisonniers. Comme dans tant d’autres mondes, les Isstvaniens avaient été intimidés par un sanglant déploiement de force qui avait détruit toute résistance mais cela épargna à sa population une calamité totale. Avec les Space Marines en armure de martre marchant parmi eux, ils n’osèrent pas se soulever et les quelques révoltes sporadiques qui eurent lieu furent rapidement et efficacement réprimé. Respectant le calendrier prévu, des forces de la conformité vinrent s’installer et reconstruire, offrant aux indigènes espoir et amélioration, ainsi que l’ordre et une place sécurisée dans l’Imperium, libérant la Légion de Corax pour des tâches plus pressantes ailleurs.

Les archives de la Raven Guard concernant les actions de conformité ne font aucune mention de résistance sérieuse, d’influence Xenos ou de phénomènes étranges sur Isstvan III, mais elles soulignent que le mécontentement et les résistances étant principalement motivés par la religion, venant de sectes longtemps réprimées et marginalisées par le courant dominant de Isstvan III. La capitale établie sur Isstvan III, la Cité Chorale, fut choisie comme site du pouvoir impérial et avec l’aide du Corps des Pionniers de l’Armée Impériale et de la supervision du Mechanicum, des réseaux de bunkers et de casernes furent construits pour créer une nouvelle garnison. Le Palais du Maître de Chœur, qui avait été rasé, fut reconstruit en palais impérial afin d’abriter le siège du gouvernement. Parallèlement à cela, un spatioport fut créé pour gérer le trafic interorbital et les défenses terriblement inadéquates furent reconstruites et fortifiées conformément aux normes impériales. Parallèlement à ces développements, la procession habituelle de biens et de technologies eu lieu, alors que les agents de la Loi Impériale, les Itérateurs et les administrateurs affluaient vers Isstvan III. Un Commandant Impérial assigné pour gouverner le système planétaire fut installé. Le système de Isstvan imposait une mise en conformité, de sorte qu’un étranger fut choisi plutôt qu’un local pour régner, et cette tâche fut confiée à Vardus Praal, ancien major du XIe Lastran Rifles et, par la suite, homme politique de la cour de l’Ultima Segmentum. Compte tenu des antécédents de Praal en tant que soldat et administrateur civil, il fut qualifié de "sûr" pour assumer la responsabilité de guider ces millions de vies tout au long de la période de transition pour devenir des membres productifs et fidèles de l’Imperium. Les premiers enregistrements montraient qu’il se préparait à son nouveau rôle avec enthousiasme. Un succès considérable fut rencontré dans les premières années de son mandat, mais cela ne dura pas.

Isstvan III avant l'Atrocité. (En Anglais).
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Les conditions dans l’Empyrean à proximité du système de Isstvan n’ont cessé de s’aggraver, presque à partir du moment où elle a été mise en conformité. Isolé comme il l’a toujours été des sphères plus peuplées, le système devint de plus en plus difficile à atteindre par astro-télépathie et par navigation. Les informations parvenues à Terra, souvent relayées par des Flottes Expéditionnaires éloignées et des Libres-Marchands de la périphérie, dataient de plusieurs mois, évoquant un désordre civil grandissant, d’Itérateurs assassinées, d’émeutes inexpliquées et de foyers d’hystérie massive dans les villes. Une fois de plus, l’origine de ces réactions venaient des reproches des indigènes contre les tentatives de démantèlement forcé des sectes locales, dont la plus dangereuse se dénommait "Les Chanteuses de Guerre". La situation empira lorsque Praal ordonna à la garnison de démolir des temples, et de briser les voûtes scellées d’anciens sites religieux dans le but de briser les craintes superstitieuses, mais profondes, des Isstvaniens et de les amener dans le droit chemin de la Vérité Impériale. Mais en ce qui concerne le succès de cette opération, rien ne pouvait être déterminé, car les tempêtes Warp qui isolaient Isstvan des mondes centraux de l’Imperium s’accentuèrent et toutes les communications cessèrent.

Six ans après le dernier communiqué officiel de Isstvan III, un vaisseau de surveillance de la Death Guard qui se trouvait à la périphérie de la flotte de sa Légion, près de Neo-geddon, à la limite de l’espace exploré, capta un faible écho d’une transmission astropathique de Isstvan III. Bien que brouillé et incomplet, son message était clair, Isstvan III était en rébellion religieuse ouverte, le Gouvernement Impérial s’était effondré et Vardus Praal, qui était devenu à présent un renégat et peut-être un mutant ou un Psyker - le message n’était pas clair - menait la révolte. Les rues de la Cité Chorale étaient rouge du sang des non-croyants. On estima que le message datait d’au moins deux ans, peut-être six, mais il ne pouvait être ignoré. Pour Isstvan III et ses dizaines de millions de personnes qui s’étaient rebellées contre la conformité, il était impossible de tolérer la Grande Croisade. De peur que cette sédition et ce mécontentement ne se propagent, et le fait qu’un Commandant Impérial qui avait reçu sa charge sur ordre de l’Empereur Lui-même ait dirigé la révolte était un crime qui exigeait le châtiment le plus rapide et le plus exemplaire possible. Il incombait à Horus, le Maître de Guerre, de traduire en justice Praal et l’ensemble de Isstvan III. Le Maître de Guerre s’engagea publiquement à donner un exemple effrayant et sanglant afin de montrer à tous les mondes de l’Imperium le prix de la sédition. Mais ce que peu de gens savaient ou soupçonnaient à l’époque, c’était que la rébellion de Isstvan III allait fournir à Horus l’occasion parfaite pour porter le premier grand coup de sa propre rébellion - un coup qui tomberait sans cri égard.[3]

Conjuration

Pour Horus, la reconquête de Isstvan III permettait à la fois de rassembler les forces dont le dévouement envers lui était certain, et de se débarrasser en parallèle des éléments dont il soupçonnait la déloyauté, que ce soit au sein de sa propre Légion que dans celles de ses alliés. L’emplacement lointain du système de Isstvan et les obstacles du Warp qui l’isolait toujours de Terra constituaient un écran parfait pour les sombres actes à venir. Ses ordres donnés à quatre Légions - la Death Guard, les World Eaters, les Emperor's Children et ses propres Sons of Horus, leur commandaient de se rendre vers Isstvan. Leurs approches contournèrent les tempêtes qui sévissaient jusqu’au sud-ouest galactique du système.

Assaut de Isstvan III.
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Ce n’était que le début d’une vaste toile de tromperies et de trahisons, et Horus, se servant de son autorité de Maître de Guerre, déplaça les forces militaires impériales dans une configuration de son choix comme les pièces d’un jeu. Il ordonna aux Primarques Lion El'Jonson, Sanguinius et Roboute Guilliman de rassembler leurs Légions en vue d’une série de missions dans les systèmes des groupes Signus et Veridian, chacune dans des régions dangereuses et reculées de l’espace. N’ayant aucune raison évidente de douter des motifs du Maître de Guerre, les trois Primarques se préparèrent à planifier leurs missions et à déplacer leurs Légions. Ainsi, trois des Légions les plus puissantes et les plus dévouées - les Dark Angels, les Blood Angels et les Ultramarines furent envoyés par Horus dans des régions éloignées de Terra et du système de Isstvan, où elles ne pourraient ni constater ni intervenir dans ce qui allait se passer par la suite. Pour les autres - les Night Lords, l’Alpha Legion, les Iron Warriors, la Raven Guard, les Salamanders et les Iron Hands, toutes étaient activement impliquées dans diverses campagnes et missions à travers l’Imperium. Leur heure arrivera tôt ou tard - que ce soit pour trahir ou être détruites. Les Word Bearers étaient déjà liés à la rébellion par des allégeances qui ne deviendraient apparentes que bien plus tard. Les White Scars et les Imperial Fists étaient en opération dans le Segmentum Solar et trop près de l’Empereur pour qu’Horus puisse les contacter sans éveiller la suspicion, alors que les Space Wolves et les Thousand Sons étaient déjà pris dans une machination meurtrière.

Avec une Humanité ignorante des grands et terribles événements qui allaient se dérouler, une énorme flotte de guerre se rassembla aux abords du système de Isstvan alors que des troupes de quatre Légions Space Marines commencèrent à arriver. Les premières actions de la campagne entreprises pour détruire les avant-postes rebelles commença dans les confins du système lorsque la flotte se regroupa. Fulgrim lui-même fut retardé, mais un groupe important d’Emperor’s Children arriva au rendez-vous, dirigé par le Seigneur Commandant Eidolon et forma avec le reste de la flotte un blocus autour de Isstvan III. L’ost de guerre d’Horus était donc composé en majorité par des forces de sa propre Légion, plus des portions importantes de la Death Guard menée par leur Primarque Mortarion, des World Eaters et leur Primarque Angron, ainsi que d’un plus petit groupe mené par Eidolon. Un événement aussi rare que la présence de trois Primarques forma l’une des plus grandes concentrations de force militaire impériale observée depuis la bataille pour le système de Pargor Hith contre les Orks de Charhack près d’une décennie auparavant, et qui à l’époque concentra plus de 200 000 Space Marines, bien que les chiffres exacts ne puissent être corroborés, aux côtés des Titans de la Legio Mortis, Audax et Vulpa, ainsi que de plusieurs unités auxiliaires.

Ce qui devait suivre est liée en grande partie à une question de conjectures formées autour de preuves qui ont survécus entre des mains impériales, mais il semble évident que pendant que Isstvan III était encerclé par la flotte de guerre, le Maître de Guerre rencontra les deux Primarques et Eidolon sur son navire amiral, la Barge de Bataille Vengeful Spirit. Cette rencontre avait ostensiblement pour but d’exposer une stratégie sur la campagne à venir, mais il semble également que cette réunion en face-à-face était pour Horus destinée à jauger la loyauté de ses alliés et de ses préparatifs en vue de la tempête qui se préparait.

Durant ce conseil, nous pouvons donc supposer qu’Angron et Mortarion ont rendu compte du statut de leurs Légions respectives, des progrès de l’inclusion des Loges Guerrières en leur sein et le fait que la majorité de leurs forces suivraient le Maître de Guerre lorsqu’il se proclamerait Empereur légitime et prendrait les armes contre Terra. Il semble cependant que, comme Horus l’avait prévu, les Primarques et Eidolon - s’exprimant au nom de son maître absent, avait identifié des éléments de leurs Légions dont la fidélité envers l’Empereur était inébranlable ou dont on ne pouvait avoir confiance pour suivre la ligne du Maître de Guerre. Si ils n’étaient pas traitée immédiatement, ces Space Marines loyaux constitueraient une menace sérieuse pour la conspiration d’Horus. Il semble que ce n’est qu’à ce moment-là qu’Horus révéla à ses co-conspirateurs son terrible plan pour débarrasser leurs Légions de ces factions dissidentes.

Isstvan III ne s’avérerait pas une conquête facile ; des preuves avaient été rassemblées selon lesquelles une étrange souillure s’était emparée de la population, et les combats dans l’avant-poste ennemi sur Isstvan Extremis, à la limite du système, avait révélé que les rebelles étaient à la fois fanatiques et possédaient de puissants guerriers Psykers d’un type auparavant inconnu (désigné par l’expression "Chanteuse de Guerre" d’après les renseignements). Pour Horus, cela constituait une situation idéale pour le recours à un assaut terrestre massif afin de reprendre la Cité Chorale avant qu’une défense planétaire ne puisse être organisée. Des compagnies des quatre Légions dont la loyauté envers Horus ne pouvait être garantie avaient reçu l’ordre de se préparer à un assaut sur la planète et d’en former le noyau. Le plan du Maître de Guerre prévoyait une simple frappe menée presque entièrement à l’aide de Modules d’Atterrissage avec un soutien limité des bombardements orbitaux et téléporteurs. Seules les forces de la Death Guard atterriraient lors de la première vague avec un important contingent de véhicules blindés. Totalement séparés et sans aucun moyen de s’échapper de la planète, les loyalistes qui ne seraient pas morts lors de la prise de Isstvan III comprendraient qu’Horus avait l’intention de faire de toute façon de la planète leur cimetière.[4]

L'Assaut

Les Emperor’s Children prennent d’assaut le Palais du Maître de Chœur.
Quatre zones principales furent identifiées depuis l’orbite pour l’assaut de l’immense Cité Chorale. La première était le palais fortifié du Maître de Chœur et ses environs qui abritaient le siège du gouvernement, et probablement là où le traître Vardus Praal devait se trouver. Cette attaque fut confiée aux Emperor’s Children. C’est dans les places qui jouxtent le palais et qui constituent le principal carrefour intermédiaire du réseau de transport de la ville que la résistance risquait de se manifester rapidement, et les World Eaters eurent la tâche de s’en emparer et d’étendre leur emprise au-delà. Le mur de fortification occidental avec ses bastions construits par les impériaux et son réseau de bunkers qu’ils protégeaient devaient être la cible de l’assaut de la Death Guard dans le but d’éradiquer ou de contenir les forces de garnison qu’elles abritaient.

La dernière, et peut-être la plus difficile des cibles, était située à l’est de la ville, un vaste et ancien complexe de flèches funéraires, sanctuaires et temples connus par les peuples autochtones sous le nom de Fort-Sirène. Ce complexe était dans un état de quasi-désuétude au moment de la première invasion et fut donc ignoré. Mais depuis, des scannes de reconnaissance à longue portée révélèrent que le Fort-Sirène était à nouveau actif, avec des signes de vie significatifs et de puissants schémas énergétiques anormaux provenant de l’intérieur. Étant donné que la rébellion avait un sens religieux présumé, avec des sorcières Psykers combattues sur Isstvan Extremis, le Fort-Sirène reçu le statut de cible principale et les Sons of Horus furent affectés à l’attaque avec l’ordre de tout détruire, ainsi que d’éliminer tous ceux qu’ils trouveraient à l’intérieur. Un ensemble de cibles secondaires à atteindre lors de la première vague d’assaut fut également identifié, y compris le spatioport et plusieurs complexes d’infrastructure de première importance et de nombreuses petites forces dissidentes à encercler ou à détruire.

La première vague d’assaut inonda Isstvan III telle une averse d’acier et s’écrasa sur la Cité Chorale comme un coup de marteau, tandis que des escouades d’assaut de la flotte orbitale atteignaient les cibles sur la surface de la planète, assurant la domination totale des airs pour les Légions Space Marine. La résistance était importante - beaucoup plus importante que l’invasion de conformité initiale, mais contre une telle force de Space Marines à présent déchaînée contre ce monde, elle était futile.

Contre les murs et les tranchées de la ligne de fortification occidentale, la Death Guard martela impitoyablement son attaque contre des troupes autrefois loyales à Terra, mais devenues désormais des êtres à moitié fous. Ils étaient équipés avec des armes impériales prises dans les magasins de la garnison - des Fusils Lasers et des mitrailleuses, leurs lignes de tranchées parsemées de mortier et d’Autocanon mis en place avec des champs de feu inter-verrouillables avec toute la létalité de l’expertise de l’Officio Militaris. Bien que perturbés par la vitesse de l’assaut, ils se heurtèrent à la Death Guard avec des Basilisks et chars lourds Malcador qui grondaient depuis des dépôts dissimulés sous le sol. Mais la Légion de Mortarion était infatigable et descendit vers le front, laissant l’artillerie des Isstvaniens tirer à l’aveugle et dépassant les zones de largage. Malgré des obus éclatant autour d’eux, la Death Guard avança sans faillir, les Terminators et les escadrons de soutien lourds renversant les tours d’armes à feu et se faufilant dans des bunkers, tandis que les escouades tactiques prirent d’assaut tranchée après l’autre, les purgeant de toute vie avec des volées méthodiques de tirs de Bolter. Des vaisseaux de combat firent irruption et larguèrent des chars Vindicator et Land Raider pour attaquer les bastions et les revêtements à hautes parois, faite de granit en forme de dalle, qui protégeaient la ville des plaines situées à l’ouest. Le barrage rapproché des deux côtés du mur fit vite des victimes. Bientôt, les grands bastions n’étaient plus que des ruines fumantes. Leur destin fut scellé par les Titans de la Legio Mortis. Ils frappèrent de plein fouet l’ouest de la ville et libérèrent l’impressionnante force destructrice de leurs Turboblasters et Canons Gatling contre le mur, pulvérisant les remparts et faisant couler le granit comme de la cire fondue.

Des milliers de World Eaters se déversaient et tuèrent tout sur leur passage.
Si la bataille pour l’ouest de la ville était la destruction systématique d’un ennemi déterminé, la bataille pour le Palais du Maître de Chœur et ses environs dégénéra rapidement en un massacre chaotique. Les Modules d’Atterrissage des World Eaters avaient frappés en premier, éventrant les places ouvertes comme des météorites. Ils laissèrent à la place des vastes colonnades et des terrasses en pierre une friche dévastée. Alors que des milliers de World Eaters se déversaient, ils tuèrent tout sur leur passage, écrasants les troupes de garnison désorientées dans une marée de violence inhumaine, découpant des centaines de personnes en quelques minutes à mesure qu’ils avancèrent telle une nuée d’insectes insatiables. Alors que le vacarme du carnage envahissait le centre-ville - un rugissement désordonné né d’innombrables hurlements, des cris de bataille, du tonnerre des tirs de Bolter et du grondement des innombrables Épées Tronçonneuses pénétrant la chair - des traînées de feu dorées descendirent en ordre serré sur le Palais du Maître de Chœur. Le palais avait été reconstruit par des architectes militaires impériaux pour devenir à la fois un imposant symbole de l’autorité impériale et une dernière redoute en cas d’insurrection civile.

C’était un bloc trapézoïdal massif, à plusieurs côtés, fait de granit et d’acier, coiffé d’un grand dôme recouvert de marbre, avec une envergure de plusieurs kilomètres et aussi grand qu’un Titan de bataille. Dans son ombre se trouvait une douzaine d’autres constructions d’artisanat impérial en pierre : l’Auditoria et le Censorium se dressaient aux côtés de petits blocs d’habitation résidentiels afin d’accueillir des administrateurs et des Itérateurs externes, à l’abri de ceux qu’ils gouverneraient. Chacune était une architecture militaire éprouvée et conçue pour résister - sinon défier - un bombardement. Leurs lieux d’implantations formaient un cordon de défense autour du Palais du Maître de Chœur contre les assauts directs au sol. C’était un schéma de défense que le plan d’attaque des Emperor’s Children était parfaitement destiné à contourner. Avec un atterrissage de précision que peu de Légions auraient pu égaler, les Emperor’s Children atterrirent directement sur leur cible, et se regroupèrent autour de son étendue tentaculaire d’entrées et de halls d’admission. La Légion était réputée pour sa rapidité, son entraînement impitoyable et sa planification préalable. Se trouvant au-dessus des défenses intérieures, les Emperor’s Children se frayèrent un chemin dans le Palais du Maître de Chœur à travers une vingtaine de points d’entrée et firent face à une résistance féroce, tandis que l’équipement de siège des Dreadnoughts et des Marines taillèrent et ouvrirent de nouveaux accès à partir du niveau du toit en forme de dôme situé au-dessus.

Partout dans la ville, telle la griffe d’une grande bête prédatrice, les Modules d’Atterrissage des Sons of Horus descendirent sur le Fort-Sirène. Plus grand que l’enceinte du Palais du Maître de Chœur, le Fort-Sirène était un ensemble de grandes flèches funéraires coniques irrégulières, ayant presque l’apparence des cheminées de fumées des océans profonds et perçant de centaines de mètres les cieux. Autour se trouvait un labyrinthe de sanctuaires, de temples, de mausolées et d’amphithéâtres de moindre importance dont beaucoup étaient reliés les uns aux autres et aux flèches funéraires par un réseau aérien d’arcs et de passerelles. Ce sont ces allées qui ont constitué le premier danger lors de l’assaut, lorsque des Modules d’Atterrissage les écrasèrent ou furent déviés de leurs cibles, comme des ricochets frappant les pierres, certains éclatant comme des éclats d’obus et pulvérisant les Space Marines à l’intérieur. Éparpillés et sous un feu nourri dès le début, les Sons of Horus se sont néanmoins ralliés pour attaquer avec leur discipline habituelle et leur soif de combat. Le Fort-Sirène devint rapidement un champ de bataille meurtrier étalé sur plusieurs étages, rempli d’éclats d’obus et de fumée.

C’est là que les Chanteuses de Guerre firent leur première apparition en force - des sorcières Psykers qui manipulaient le son à l’aide d’une ancienne technologie pour rester en apesanteur et s’entourer de bulles de force de protection. Leurs chants hurlants pouvaient broyer l’armure en céramite des Space Marines, briser la chair et les os à l’intérieur, et conduire les guerriers sectateurs qui les défendaient à un fanatisme inhumain, de sorte qu’ils se précipitaient sur les Sons of Horus sans se soucier du feu dévastateur qui les fauchaient.

Alors que la bataille était pleinement engagée, le bilan des morts s’éleva avec une vitesse stupéfiante. Puis un grand hymne fait de hurlements se fit entendre dans la Cité Chorale, noyant même le vacarme et la cacophonie de la bataille - un cri surnaturel qui déchira le cerveau et mis la population de Isstvan III dans un état frissonnant de haine incontrôlée. C’était un barrage auditif et seule la volonté des Space Marines et leurs armures leurs permis de résister et de se battre malgré l’étrange attaque. Aux niveaux des murs et des tranchées occidentales, la Death Guard et la Legio Mortis avait laissé des décombres à la place des grands remparts et à présent les Légionnaires purgeaient brutalement les bunkers et les réseaux de tunnels de leurs défenseurs. Sur la place, les World Eaters pataugeaient dans une mer de massacres. L’étrange chœur d’hurlements s’était propagé à travers la cité, et avait conduit à la folie la population civile, terrifiée. Cette populace se leva comme un seul homme pour s’attaquer aux envahisseurs. Quel que soit l’obscur pouvoir qui les avait frappé, ces individus ne se souciaient pas de leur vie lorsqu’ils se dirigèrent vers les World Eaters, d’abord par dizaines, puis par centaines, puis par milliers. Non armées et non protégées, des vagues humaines haineuses criaient, riaient et venaient mourir sous les coups des guerriers d’Angron déjà éclaboussés de sang, et les World Eaters étaient d’humeur à les terrasser. Attaques après attaques, les World Eaters furent repoussés par le simple poids écrasant du nombres et finirent par former des groupes de guerriers se battant dos à dos, envoyant des Grenades Frag dans la masse de corps densément tassés, soutenant et tuant jusqu’à constituer des remparts de viande dégoulinante pour se battre derrière. Les escouades de soutien de la Légion utilisèrent leurs armes pour faucher les foules avec leurs Bolters Lourds et leurs Lances-Missiles.

Dans les dédales enchevêtrés du Fort-Sirène et des murs intérieurs du Palais du Maître de Chœur, la victoire sur l’ennemi approchait pas à pas, mais non sans perte. Les pouvoirs surnaturels des Psykers baptisés les Chanteuses de Guerre éliminèrent beaucoup d’Astartes avant d’être abattus. Des guerriers d’élite modifiés et mutilés de manière chirurgicale, vêtue d’une armure noire iridescente et portant d’étranges armes reliques jusqu’alors inconnues qui crachaient des éclats de sons ou des aiguillons argentés, se trouvaient à l’intérieur du sanctuaire de la rébellion. Au fond des flèches funéraires, le fer de lance des Sons of Horus, sous le commandement du Capitaine en chef Garviel Loken, se fraya un chemin dans un étrange sanctuaire empli d’idoles fétides et y massacra les Chanteuses de Guerre. À peu près au même moment, bien qu’ayant subi de lourdes pertes, un petit groupe d’assaut des Emperors’s Children, sous le commandement du célèbre épéiste Lucius, se fraya un chemin dans la salle du trône de Vardus Praal et y trouva le traître. Praal, dans une magnifique armure d’une splendeur baroque et brandissant d’étranges armes psycho-soniques, était en effet le maître de cet étrange et mystérieux culte rebelle. Mais sa puissance accrue ne lui fut d’aucune aide pour faire face au Capitaine Lucius qui le tua dans un duel désespéré. Indépendamment de savoir si la mort de Praal servi à couper la tête du serpent, ou si la destruction du vil sanctuaire au centre du Fort-Sirène en était sa cause, l’étrange cacophonie qui régnait sur la ville disparue et le pouvoir qui avait maintenu la résistance des Isstvaniens pris fin. En quelques heures, la rébellion était en lambeaux et tous les objectifs de la force d’invasion étaient accomplis. Des dizaines de milliers d’ennemis étaient morts à la suite de l’assaut. Les Space Marines victorieux jubilaient, leur victoire durement gagnée et bien méritée. Mais à leur insu, un désastre était sur le point de se produire.[5]

Dévoreur de Vie

« Je l’ai vu, le Dévoreur de Vie, j’ai regardé dans son âme sombre et je l’ai reconnu pour ce qu’il était. Quand j’ai entendu ce mot, je n’y avais pas cru, pas vraiment - la trahison, cela était incompréhensif. Mais nous, la Death Guard, nous avons été entraînés à endurer, à survivre - quoi qu’il arrive, et c’est ce que nous avons fait, même si la plupart d’entre nous n’y croyaient pas, pas avant que les bombes tombent.

Nous étions trop loin des bunkers, alors j’ai placé mon escouade à l’intérieur d’un cargo et nous l’avons refermé de l’intérieur - pour la protection supplémentaire que cela offrait. L’armure n’était pas toujours suffisante, je le savais, même pas l’Armure Maximus, pas toujours - même pressurisé - en concentration suffisante, il peut ronger les joints de la combinaison, les ports de visière même, et si vous avez pris juste une micro-fracture au mauvais endroit… vous comprenez.

Les bombes sont tombées et le cargo a tremblé. Nous avons attendu dans le noir, silencieux, en conservant notre oxygène. Quelques instants après, il y a eu comme des coups de marteau à l’extérieur, mais cela s’est vite arrêté. Puis Juball a crié sur le vox de l’escouade, pas un cri comme vous pourriez l’entendre d’un homme en train mourir au combat, mais des hoquets, coupé, comme un homme qui se noie. Je me suis retourné et je l’ai vu à travers mon Auspex ; il avait déjà arraché son casque à moitié, et rien d’autre que de la graisse noire et des os y tombèrent, comme si son armure avait été remplie par de la pourriture, et non par un homme.

Il était mort, sans chair, mais d’une certaine manière son armure était encore en mouvement - peut-être était-ce l’armure qui répondait à ses ordres nerveux, peut-être pas.

J’ai déclenché mon lance-flammes et je l’ai brûlé, cela étant la meilleure alternative, malgré le risque de son utilisation, enfermé comme nous l’étions. Oui, je l’ai vu, le Dévoreur de Vie, un monstre de l’Ancien Temps, le mal humain sous une autre forme.

Alors j’ai cru en la trahison.[6] »

- Du témoignage de Crysos Morturg.

Peu de temps après la victoire des Space Marines, toutes les communications avec la flotte en orbite cessèrent et les Titans de la Legio Mortis commencèrent un retrait silencieux et implacable vers les plaines vides au-delà des murs de la ville. Avec une lenteur inexorable, les grands cuirassés et les Barges de Bataille de la flotte combinée - le Vengeful Spirit, le Firebird, l’Andronius, le Killing Star, l’Indomitable Will, le Gauntlet of Spite, le Warchild et le Conqueror descendirent en orbite basse et commencèrent le bombardement de saturation de la planète. Des pluies de bombes orbitales apparurent et des ponts entiers de batteries de macro-canons tirèrent un torrent d’obus dans la basse atmosphère de Isstvan III. Leur cargaison mortelle était le virus dévoreur de vie, une des plus terribles armes de l’arsenal impérial de classe Exterminatus, une arme dont seuls le Maître de Guerre et l’Empereur auraient pu autoriser l’utilisation. Dispersé par charge de mille munitions explosives, le virus dévoreur de vie commença son travail en quelques instants, infectant et détruisant, tel un nécrophage en expansion rapide, transformant chaque être vivant avec lequel il entrait en contact en une pourriture liquéfiée écœurante.

La chair humaine se détacha des os et des cris furent coupés alors que les victimes se noyaient dans les liquides en décomposition de leurs propres poumons. La vie végétale flétrit et se dissolue en une boue brunâtre, comme si le temps l’avait transformée en un compost vieux de plusieurs années. Des bourrasques noires de pourriture et de vapeur cadavérique se déversèrent à travers les canyons en béton et en acier des villes, sonnant le glas de six milliards d’âmes. Au-delà des paysages urbains de la ville cimetière, les vastes plaines et la jungle se putréfièrent, et alors que les océans se transformaient en limons verdâtres, les vaisseaux de guerre de la flotte du Maître de Guerre au-dessus de la planète furent témoins de la propagation rapide des tâches cancéreuses jusqu’à ce qu’elles disparaissent tel un fruit pourri dans la noirceur du vide. Isstvan III était morte.

Mais la destruction n’était pas terminée : un seul tir ardent du Vengeful Spirit mis le feu à la planète. Le génie obscur de la conception du virus dévoreur était double : premièrement, massacrer toute la vie organique en quelques minutes et ravager la biosphère d’une planète, le deuxième, purger sa surface des macchabées corrompus en utilisant les vapeurs des cadavres aussi inflammables que meurtrières. La tempête de feu balaya la surface de Isstvan III comme un tsunami dorée de destruction, entraînant devant elle un sombre ouragan d’air brûlant et de surpression qui dispersa les débris devant elle avant que la chaleur ne transforme tout ce qui se trouvait dans son sillage en cendres. La tempête de feu submergea les villes, les rasant comme des étincelles et enveloppa avidement les plus hauts sommets des montagnes. Une couronne de flammes jaillit à travers les océans, entraînant dans son sillage d’immenses ouragans de vapeur bouillante et se refermant autour des calottes polaires comme un poing noir de suie. Pendant un bref instant, c’était comme si un nouveau soleil était né à la place d’un monde qui portait la vie. Puis, alors que les feux sub-atmosphériques s’éteignaient et crachaient leur dernière fureur, un orbe brûlé et cendreux se révéla dans leur sillage, parsemé de poussières et échaudé. Bientôt, tout cela fut enveloppé par un tumulte d’ouragans sous pression, et les tempêtes englobèrent le continent tandis qu’un épouvantable tonnerre et une pluie noire cinglante déchirèrent les cieux. L’atmosphère tonifiée de la planète était précipitée dans une réaction chaotique. Isstvan III était devenu un Monde Mort.

Horus le Maître de Guerre avait enfin déclaré sa trahison et défié ouvertement l’Empereur, déclenchant la guerre civile galactique. Il avait également prévu que le bombardement du virus détruirait un ost de Space Marines en qui il ne pourrait pas se fier pour le soutenir dans la lutte à venir avec l’Empereur. Mais il allait bientôt devenir évident que son plan parfait avait échoué.[7]

Ruine

« Nous ne sommes plus les Sons of Horus ! Ce nom n’a plus aucune signification pour nous.
Nous sommes les Luna Wolves, les soldats de l’Empereur, et en Son Nom nous allons nous battre et si besoin est, nous mourrons sans hésiter ! »
- Garviel Loken, Capitaine des Luna Wolves.

Survie

Eisenstein[8]

Même avant le premier acte de traîtrise, le plan du Maître de Guerre avait, à son insu, commencé à s’ébrécher. Avant que les bombes ne tombent, l’atrocité imminente avait été découverte par plusieurs membres de la flotte qui restèrent fidèles à leur Empereur ainsi qu’envers leurs camarades et qui décidèrent de résister. Parmi eux, le Capitaine Nathaniel Garro, de la Death Guard, un ancien combattant Terran et une des premières recrues de la XIVe Légion. Garro agit rapidement, ralliant des loyalistes, réquisitionnant avec succès la frégate lourde Eisenstein et envoyant des messages d’avertissement à ses Frères de Bataille à la surface de la planète. Ailleurs au milieu de la flotte des Emperor’s Children, le Capitaine Saul Tarvitz, un officier supérieur de sa Légion qui soupçonnait depuis longtemps la conspiration et les actes perfides de sa Légion, avait découvert la vérité quelques minutes avant l’attaque. Impuissant pour empêcher ce qui devait arriver, Tarvitz vola un Thunderhawk et descendit à la surface de la planète, apportant son avertissement sur l’horreur qui était sur le point de se déchaîner. D’autres n’ont toutefois pas été aussi chanceux, et de nombreux loyalistes et présumés loyalistes non affectés à l’attaque au sol furent choqués par la chute du virus, avant de sentir des couteaux se planter dans leur dos. Beaucoup résistèrent vaillamment mais, pris complètement au dépourvu pour une telle perfidie, ils furent détruits. Ce destin n’attendait pas seulement des Space Marines loyalistes, mais également un grand nombre de troupes auxiliaires humaines, de personnel de soutien, d’Itérateurs et de fonctionnaires qui, pris au piège sur les vaisseaux de la flotte, furent massacrés lorsque les Légionnaires loyaux à Horus se retournèrent contre eux avec une violence sans merci. Toutefois, même dans cette situation, tous n’ont pas été enclins à se laisser tuer et de "simples" humains, souvent sous-estimés par les surhumains des Legiones Astartes, ont fait preuve d’une résistance considérable ou se sont enfuis dans les entrailles des grands navires. Ils ont dû être à la fin pourchassés longuement, effectuant souvent des campagnes de sabotage dans le processus. Au cours de l’attaque orbitale, au moins un torpilleur, le "Ducroix", est resté aux mains des Loyalistes et tourna sa puissance de feu contre les vaisseaux traîtres dans une tentative vaine d’empêcher le bombardement, détruisant plusieurs navires d’escorte et infligeant des dégâts importants à la Barge de Bataille "Killing Star" avant qu’il ne soit pulvérisé par un tir des traîtres. Ayant refusé l’ordre de se rendre, le Xerxès 9-7-7 de l’Ordo Reductor du Mechanicum, un vaisseau qui avait rejoint la flotte tardivement et qui ne faisait pas partie des plans du Maître de Guerre, dû également être abattu au prix d’un coût considérable pour les assaillants, son Hulk en décomposition tombant dans le ciel brûlant de Isstvan III et disparaissant au milieu des flammes. Comme cela se produisait en marge du gros de la flotte, le croiseur lourd "Sunstone" fut le théâtre d’une longue lutte à bord. À son bord, le garde du corps assermenté du Plénipotentiaire Terran, le célèbre Duc Mortecher, transforma ce qui aurait dû être une simple prise de contrôle du vaisseau par une délégation des Emperor’s Children, envoyée pour assassiner l’émissaire politique du Conseil de Terra, en une bataille frénétique pont par pont pour le contrôle du vaisseau. On ignore ce qui finalement se passa à bord du Sunstone, mais lorsque la tempête de feu fit rage sur Isstvan III en-dessous de lui, le navire de guerre Terran subi une détonation catastrophique dans son arsenal avant, transformant le Sunstone en une épave éclatée.

Alors que se déroulait ce tourbillon de confusion et de destruction, l’Eisenstein de Garro réussi à se détacher de la flotte et à s’échapper à toute vitesse. Bien qu’elle ait été interceptée et touchée à plusieurs reprises par des tirs ennemis, la frégate réussi un saut d’urgence dans l’espace Warp et à fuir le système de Isstvan, son destin étant incertain pour ses poursuivants. Ce seul acte de défi héroïque allait modifier le cours de tout ce qui allait suivre, mais ce ne serait pas le seul revers de fortune que devront subir les traîtres. Lorsque la tempête de feu ravageant la planète se dissipa, comme cela avait été prévu, les faisceaux de balayage et les Auspex depuis la flotte en orbite s’y concentrèrent avec impatience, dans l’espoir d’enregistrer les restes calcinés d’un monde mort et sans vie, mais la surprise se transforma rapidement en rage pour le Maître de Guerre. Près de 100 000 Space Marines des Légions des Emperor’s Children, de la Death Guard et des World Eaters se trouvaient à la surface de la planète et occupaient la Cité Chorale de Isstvan avec moins d’un dixième en pertes de leur nombre initial. Bien que l’ampleur de leur échec ne fut pas encore apparente pour les traîtres, environ les deux tiers de la première vague avaient miraculeusement survécu au bombardement, grâce aux messages d’avertissement qu’ils avaient reçus de leurs loyaux camarades en orbite. Les loyalistes avaient trouvé refuge dans des complexes de bunker qu’ils avaient conquis quelques heures auparavant aux défenseurs Isstvaniens et refermés à la hâte, ou trouvèrent une protection dans les bastions pris d’assaut du Palais du Maître de Chœur ou dans les kilomètres de catacombes qui s’étiraient sous le Fort-Sirène. Avertis peu de temps avant d’être bombardé, ils n’avaient pas été pris au dépourvu - ils avaient plutôt fait confiance à la chance, à l’entraînement, aux armes et à la physiologie du grand dessein de l’Empereur - et ils avaient enduré.

Lorsque les grandes tempêtes qui suivirent le cataclysme diminuèrent, les canaux de communication se mirent à vibrer et des signaux effrénés se répandirent de la surface de Isstvan III vers le ciel tels des poignards, exigeant des réponses, hurlant un défi et criant des malédictions contre ceux que les avaient trahis et qu’ils avaient autrefois appelé frère. Jamais dans l’histoire des Légions il n’y a eu un tel acte de traîtrise et de malveillance et les Space Marines de Isstvan III en furent outrés, certains égarés au point de devenir fous d’avoir été trahis - par leurs propres Primarques surtout.

À la suite de l’échec de l’attaque à la bombe virale visant à anéantir les loyalistes, l’affaire pris de l’ampleur. Alors qu’Horus tentait de reprendre le contrôle stratégique de la situation et d’ordonner un second bombardement conventionnel, désobéissant aux ordres et peut-être motivé par la réaction de ceux qui avaient été à son service - ou comme suggéré depuis lors, poussé à accorder l’honneur de mourir de sa propre main à ceux qui le servaient autrefois - le Primarque Angron décida de prendre les choses en main. Transporté par une première vague de vaisseaux de combat et suivie par une deuxième vague de Modules d’Atterrissage, les World Eaters descendirent du puissant Conqueror avec Angron en personne et ses guerriers à l’avant garde.

Le Maître de Guerre et ses alliés ne pouvaient que constater avec indignation que le Primarque des World Eaters était sur la planète suivit d’une cinquantaine de compagnies de ses Space Marines assoiffés de sang, atterrissant dans les zones de l’esplanade à l’ouest du Palais du Maître de Chœur, afin de chasser les leurs dans un combat fratricide. Leurs Thunderhawks et Storm Eagles mitraillèrent les ruines maintenant couvertes de cendres, et furent immédiatement accueillis par un retour de tir sporadique - ils avaient trouvé leur proie.

Angron - "l’Ange Rouge" comme il était parfois connu avec crainte - sortit de son transport de combat, rugit sur les os noircis qui jonchaient les places comme des feuilles tombées dans une forêt d’hiver, ses grandes Haches Tronçonneuses, la Carnassière et la Carnivore, vrombissant en anticipant le massacre à venir. Son défi, ainsi lancé, fut rapidement repris alors que des tempêtes d’armes tiraient depuis la cité ravagée pour l’atteindre, mais il la parcourut sans y prêter attention, comme un monstre d’un sombre mythe fait chair. Derrière lui, ses World Eaters formaient une grande pointe de flèche en céramite pâle et en métal scintillant, désireux que le massacre vienne, les Griffes du Boucher induisant la rage s’enfonçant dans leur cerveau en criant la nécessité de tuer avec une force cruelle et irrésistible. Inévitablement, de la ligne de ruines brisées qui bordaient les places, leurs frères loyalistes arrivèrent, pas moins de World Eaters, pas moins consumés par la rage - une rage maintenant portée à des sommets encore jamais atteints par le goût de la bile de la trahison. Le Frère Capitaine Ehrlen les dirigeait, un guerrier auréolés de victoires qui avait longtemps été au service de la créature sanglante contre laquelle il était maintenant confronté. Avec lui, une force de Space Marines loyalistes comptant 2 000 hommes environ, un noyau de World Eaters qui s’était abrité sous son commandant dans des bunkers de garnison proches pour survivre à la tempête qu’on leur avait décrite être (pour des raisons de crédibilité) un suicide biologique des Isstvaniens qui était sur le point de se déchaîner, le reste du contingent de la Légion se dispersant à travers le paysage urbain. Pour Ehrlen et ses hommes, la vérité avait été presque trop terrible à supporter, et ici et maintenant, confrontés à deux fois et demie leur nombre de ceux qu’ils avaient autrefois appelés leurs frères et au Primarque auquel ils avaient juré de donner leur vie, ils leur firent face. Leurs ennemis étaient tout simplement trop nombreux. Une folie meurtrière les atteignit - ils allaient en finir - entraînant avec eux le plus possibles avec eux dans la mort. Les deux camps chargèrent, tête baissée, sans tactique et sans raison, ils chargèrent dans les bras de la mort, se brisant les uns contre les autres comme des vagues. En quelques instants, des centaines furent massacrées dans une fureur surhumaine. Ehrlen fut submergé par des douzaines de World Eaters et démembré, crachant toujours des malédictions sur ceux qu’il appelait autrefois ses frères, ainsi qu’aux Dreadnoughts renégats qui explosèrent suite aux tirs de plusieurs explosions de fusion, projetant des éclats d’obus et de flammes à travers les lignes de combat. Dans le carnage qui s’ensuivit, une vérité qui allait devenir une réalité amère pour les années à venir se fondit dans la logique de la guerre ; quand des Legiones Astartes combattaient des Legiones Astartes, la logique impériale habituelle de la bataille - la supériorité de la force et du moral d’un ennemi, des forces et des jugements des belligérants - ne s’appliquait plus. Au lieu de cela, leur puissance, leurs armes, leur armure et leurs compétences, mais surtout leur détermination inébranlable à se battre, aboutissaient à une impasse effroyable avec des forces dilapidées et une usure cruelle. La bataille serait maintenant caractérisée par des corps surhumains tailladés et ravagés jusqu’à ce qu’ils ne puissent supporter plus, des armes déchargées par la colère et une armure de bataille pulvérisée non pas en un coup unique, mais à petit feu, avant que son porteur ne succombe avec le sang de l’ennemi sur ses mains. Ce sera une guerre dans laquelle aucun vainqueur n’échappera au combat indemne. Dans le massacre dans les places de la Cité Chorale où sept mille World Eaters s’écrasèrent et se massacrèrent dans une frénésie de violence, ce fut le poids du nombre des traîtres qui finalement inversa la tendance, ainsi que la présence de leur sanglant seigneur. Angron était une machine à tuer, un être imparable qui envoyait des corps déchirés et des membres déchiquetés virevolter en une boucle d’arcs de sang pourpre et projetant des étincelles de métal pulvérisés. Il bougeait comme la foudre à travers l’agressive pression des corps en armures, il détruisait tout ce qui se dressait contre lui, se débarrassant des coups de lame et des tirs de Bolters comme s’il s’agissait d’une simple piqûre d’insecte, hurlant ses défis et récitant les noms des dignes morts que ses haches récoltèrent. Le massacre continua jusqu’à ce qu’il ne resta plus personne à tuer et les vainqueurs exsangues, leur armure autrefois blanche mais maintenant d’un rouge sanglant, se dressaient au milieu d’un bourbier de corps brisés, la crasse du sang et de la cendre des os autour d’eux comme une tache qui s’étendait à travers le monde.

Voilà qui est bien fait ! aurait crié Angron en voyant l’horreur qui s’était produite avant d’ordonner à ses World Eaters de se répandre dans la ville et de rechercher plus de survivants à tuer.

C’est ainsi que commença le véritable bain de sang de la première grande guerre entre Légions, la première bataille de l’histoire de l’Imperium lorsque ses plus grands défenseurs, les Space Marines, se sont retournés les uns les autres au cours d’un combat, sans que personne ne l’ait voulu. Tel était le choc de la trahison. La douleur et le prix du parjure étaient si grands, qu’il ne pouvait y avoir de répit ou de repos dans un tel affrontement, seulement une haine amère et une vengeance sanglante.

En orbite, dans la salle de contrôle du Strategium du Vengeful Spirit, le Maître de Guerre était furieux de la désobéissance d’Angron et de la perturbation du plan soigneusement établi, plan maintenant presque en ruine. Rétrospectivement, il est clair de voir la position injurieuse dans laquelle le Primarque des World Eaters avait placé Horus. Il aurait pu poursuivre ses préparatifs en vue d’un deuxième bombardement et même le mener à bien, en tirant sur les loyalistes et sur Angron pour le punir, mais au mieux cela aurait conduit la flotte des World Eaters à attaquer les alliés d’Horus et déclencher un second conflit civil que le Maître de Guerre pouvait difficilement se permettre, et au pire, abandonner Angron vivant et s’en faire un ennemi. Non, il y avait beaucoup trop de loyalistes sur la surface pour abandonner les World Eaters, et s’ils n’étaient pas attaqués rapidement, ils risquaient de se retrancher et de s’organiser, et donc de devenir infiniment plus dangereux, alors qu’un bombardement n’était plus une option viable. Le Maître de Guerre s’était engagé à se battre et à se forger la victoire en semant la confusion. C’est ainsi qu’Horus n’eu d’autre choix que de soutenir l’assaut fulgurant d’Angron, et l’ordre général de se préparer à l’attaque au sol fut donné.

Une Note sur la Véracité[9]

Ce récit exposant ce qui s’est passé à la suite du bombardement des Loyalistes sur Isstvan III fut constitué à partir des récits fragmentaires des quelques survivants loyalistes qui ont témoigné devant le Conseil de Terra, des journaux de bord de la frégate lourde Eisenstein et d’autres sources provenant de navires ennemis capturés et de rapports d’interrogatoire de provenance ultérieure. Il est donc probable qu’il ne constitue qu’une partie, plutôt que la totalité, de la vérité, et nous n’avons aucun doute que sur Isstvan, dans le sillage de la colère génocidaire d’Horus, un grand nombre de fidèles guerriers de l’Imperium sont tombés en martyr pour la cause de l’Empereur. Ces héros - et nous n’employons pas le terme à la légère - ont vendu leur vie chèrement contre un ennemi écrasant en nombre, et ils l’ont fait en grande partie sans qu’on s’en souvienne et, dans cette optique, ce récit doit être considéré comme exemplaire, plutôt qu’exhaustif, dans ses détails. Dans le sillage de l’atrocité, les cendres de Isstvan III furent abreuvés du sang des loyalistes et des traîtres, et nous ne connaîtrons peut-être jamais toute l’étendue de la gloire et de la perfidie qui s’y sont déchaînées.

Quand un fan de Warhammer Battle trouve une convention de fans d’Âge of Sigmar…
Les Emperor’s Children, placés sous le commandement d’Eidolon, devaient ensuite être déployés, étouffant sans aucun doute l’action du loyaliste Saul Tarvitz et soucieux de se racheter aux yeux du Maître de Guerre. Avec une précision typique et des schémas de déploiement exigeants, le traître Emperor’s Children choisit une zone entièrement défraîchie, jadis constituée de marchés et de parcs en plein air, à quelques kilomètres au sud du Palais du Maître de Chœur. Dès que la force d’intervention d’Eidolon eut démonté ses convoyeurs, il leur ordonna de précéder immédiatement la formation de colonnes jusqu’au Palais du Maître de Chœur avec l’intention de le prendre d’assaut. Pendant ce temps, d’autres forces de soutien aux World Eaters commencèrent à atterrir, se préparant à une longue bataille d’attrition, tandis que les vaisseaux de combat de la Death Guard et des Sons of Horus commencèrent à effectuer des opérations de reconnaissance respectivement au nord-ouest et au sud de la Cité Chorale, à la recherche de survivants parmi les ruines encore en train de brûler, à tirer sur des cibles potentielles et à déposer des escouades de Seekers et des Motards pour traquer des groupes isolés de loyalistes encore sous le choc de l’attaque de la planète. En quelques heures, cependant, il devint clair que ce ne serait pas une simple opération de nettoyage pour les forces supérieures des traîtres. La colonne d’Eidolon trouva le Palais du Maître de Chœur fermement et habilement défendu par les forces loyalistes des Emperor’s Children qu’Eidolon avait sous-estimé par son arrogance. Au lieu de réussir un assaut rapide, sa colonne fut soumise à un feu nourri. Elle fut stoppée au niveau des murs du palais et obligée de battre en retraite, laissant derrière elle des dizaines de véhicules endommagés et démolis dans son sillage. De nouvelles tentatives pour envoyer des escadrons d’infanterie à travers les ruines échouèrent, mais des redoutes efficaces et des embuscades préétablies furent organisées à la hâte, abritant ses hommes ensanglantés et repoussés. Ailleurs, l’utilisation de détachements de vaisseaux de combat itinérants se révéla tout aussi inefficace ; les Auspex balayant les ruines embrasées et incandescentes ne purent fournir rien de plus qu’une vague indication de la concentration de l’ennemi, tandis que le vaste paysage urbain ravagé constituait un refuge parfait pour l’ennemi qui attendait, lâchant des missiles et des tirs de Canons Laser contre les aéronefs à basse altitude. Les loyalistes connaissaient parfaitement les vulnérabilités des attaquants renégats - tel était le prix de combattre un frère. Pire encore, un des Storm Eagle des Sons of Horus revenant dans la baie de son vaisseau-mère, le croiseur d’attaque le Minotaur et affichant les codes appropriés, avait mené un attentat-suicide à l’intérieur de la baie de lancement, affirmant par communication vox son intention de "… venger le sang de Terra" avant de s’engager dans une chaîne de réarmement des vaisseaux de combat, Canon Laser étincelant, provoquant un carnage et tuant une compagnie complète de Légionnaires d’Horus. Les canaux de communication et les codes vox déjà activés lorsque l’attaque commença furent changés à la hâte, ce qui entraîna de nouvelles perturbations, l’incident du Minotaur ajoutant un nombre de morts déjà en croissance rapide et étonnant en faveur des loyalistes.[10]

Ténèbres

Le Sang des Traîtres

Une fois que les dés qui déclenchèrent cette guerre brutale dans la galaxie furent jetés, l’Archi-Traître Horus semblait avoir pris la décision de transformer cette situation en un avantage plus large en ce qui concernait la loyauté de ceux qui s’étaient engagés à se battre à ses côtés pour usurper le Trône de Terra. Plutôt que d’utiliser une seule Légion pour mener l’attaque destructrice des loyalistes et épargner ses autres forces intactes pour des batailles ultérieures, il choisit d’employer chacun leur tour chacune des divisions placées sous son commandement. En cela, Horus montrait clairement qu’il comprenait mieux l’ampleur de la guerre à venir, s’assurant que chaque élément sous son commandement connaissent les combats sur le terrain contre leurs anciens camarades, pour constater que la mort des Space Marines de l’Empereur étant clairement à leur porté. Avec ce pacte scellé dans le sang, il ne pourrait y avoir aucun retour en arrière pour ceux qui s’étaient retournés contre l’Empereur et aucun pardon, seulement la victoire finale ou la mort.

À la tombée de la nuit, les débris et la poussière projetés dans la haute atmosphère commencèrent à redescendre, la terrible chaleur du monde mourant donna naissance à de nouvelles tempêtes couvrant tout le continent, ravageant l’air tourmenté de Isstvan III et recouvrant de nouveau la Cité Chorale avec une force renouvelée. Des ouragans entraînèrent de grands torrents de cendres encore chauds dans les canyons et les structures de pierre tombale peuplées de morts, tandis que des volées de tonnerre foudroyaient les transmissions vox et les géomètres. Le vol était pratiquement impossible et la surface presque coupée de la flotte. Alors que la première étape du plan - la scission des loyalistes s’était révélée fructueuse, la deuxième phase approchait le désastre total, un fait qui devait être sans aucun doute évident pour le maître tacticien qu’Horus était. Cependant, même les maîtres dans leur domaine, post-humain et humain, sont soumis aux caprices du hasard et de l’action. L’attaque à la bombe bactériologique contre Isstvan III n’avait finalement rien fait de plus que de tuer des milliards de personnes et de transformer Isstvan III en une zone de guerre infernale faites de gravats, de cendres et de tempête qui avantagea énormément les défenseurs alors qu’il désavantageait les attaquants. La confiance excessive des Emperor’s Children avait causé un échec et les World Eaters d’Angron s’étaient dispersés dans le nord de la ville en une horde incontrôlable et impossible à suivre. Les balayages effectués par les aéronefs n’avaient guère été concluants et ces derniers subirent des pertes, tout en révélant l’ampleur de la résistance loyaliste et leur détermination acharnée à se battre. Des centaines de contacts hostiles avaient été signalés sur toute l’étendue de la ville dévastée, des concentrations particulières ayant été identifiées dans la zone nord-ouest, le Palais du Maître de Chœur et l’enchevêtrement meurtrier du quartier du Fort-Sirène. Horus et ses commandants ne devaient avoir aucun doute que sous le couvert des ténèbres et de la tempête, les loyalistes se déplaçaient à travers les ruines et en dessous, à travers des catacombes, des égouts et des réseaux de tunnels, consolidant, organisant et attisant leur soif de vengeance avec une ardeur meurtrière.

Et le Space Marine affronta le Space Marine.
Ce qui allait arriver devait être une guerre d’usure exténuante dans laquelle la puissance aérienne compterait peu, et même si Horus avait à ses ordres les Titans de la Legio Mortis, il ne pouvait pas les risquer dans les ruines de la ville alors que la tempête faisait rage, aveuglant leurs scanners et détruisant leur avantage de portée. Les jours devinrent des semaines alors que la tempête se poursuivait presque sans répit et en son sein, des combats rapprochés amères opposaient loyalistes et traîtres dans la cité en ruine, les forces à peu près égales en nombre. Dans les structures décharnées des blocs d’habitations et dans l’obscurité fétide des réseaux d’égouts envahis de déchets, le Space Marine combattait jusqu’à la mort le Space Marine. Les traîtres ne pouvaient que recevoir des renforts qu’au coup par coup à cause des tempêtes et, au plus fort du bouleversement climatique, ils étaient forcés d’envoyer des munitions par largage, voir pas du tout.

Dans les zones industrielles démolies du sud de la ville, des colonnes blindées de chars Vindicators et Predator progressèrent de façon abrupte, luttant à chaque bloc contre la brutale contre-attaque de l’infanterie et souffrirent à cause des tireurs d’élite et des équipes d’armes lourdes cachés dans le bourbier étriqué des ruines de l’usine et des cheminées enfumées.

Dans l’ombre tourmentée du Fort-Sirène, des guerriers qui autrefois arboraient fièrement les couleurs du Maître de Guerre et qui s’appelaient eux-mêmes les Sons of Horus avaient effacé leur couleur et leur héraldique et retrouvèrent le nom de Luna Wolves. Leur chef était Garviel Loken, un héros de sa Légion et commandant de la 10e Compagnie, qui faisait autrefois partie du cercle restreint d’Horus Lupercal. Repéré par les traîtres pour sa loyauté inébranlable à la Grande Croisade et à ses idéaux, Loken avait été envoyé à la mort à la surface comme les autres, mais il était à présent devenu le général et le chef qui coordonnait la résistance dans les secteurs est et sud de la ville en organisant une défense mobile faite de contre-attaques et de frappes ainsi que des attaques qui empêchaient ses anciens camarades d’utiliser la tactique d’encerclement meurtrière dans laquelle ils excellaient.

Enchaînant les assauts, les Emperor’s Children d’Eidolon tentèrent de s’emparer de la masse de granit qu’était le Palais du Maître de Chœur pour se voir repousser par le Capitaine Tarvitz et ses guerriers, qui affichèrent une résolution implacable et une excellence tactique dans la défense de l’édifice et de son enceinte. Le palais était maintenant renforcé avec des armes lourdes récupérées et des véhicules réparés à l’aide de pièces raccommodés puisés dans les carcasses abandonnés par Eidolon suite aux premières attaques ratées. Avec les loyalistes Emperor’s Children combattait le puissant Rylanor l'Ancien - un Dreadnought de la Légion, icône éternelle de la gloire et de l’honneur du passé que les traîtres avaient si horriblement bafoués. Plusieurs fois, on pensa que le Dreadnought Vénérable était perdu, pour ensuite renaître des décombres et du feu afin de punir ceux qui avaient trahi l’Empereur dont ils portaient le Nom. Les attaques des traîtres contre le palais furent atténuées par la nécessité de protéger leurs propres flancs recouverts par la poussière et l’obscurité, car des groupes de guerre itinérants de World Eaters, la plupart des loyalistes mais certains ne se souciant peut-être pas de la vie de leurs "alliés", attaquaient depuis les ruines et les décombres, tuant et pillant armes et munitions avant d’être abattus par un tir discipliné ou de disparaître victorieux dans l’obscurité.

Bien que fermement retranché dans les réseaux de bunkers des Isstvaniens, dans les lignes de tranchées et les remparts de protection, et bien approvisionnés en armes et en munitions pillées dans les caves souterraines des arsenaux de défense planétaire, ils étaient pris entre les foudres de deux ennemis implacables. Du centre-ville, Angron et ses World Eaters, se jetaient encore et encore contre leurs défenses, se faufilant dans des réseaux de tunnels sans se soucier des pertes subies dans la brèche et laissant à leurs passages une ruine de chair rouge et de céramite brisée. Au-delà de l’enceinte de la ville, Mortarion, aussi implacable et impitoyable que la mort elle-même, avait affronté la tempête et débarqué du grand vaisseau d’assaut Omen au milieu des rafales hurlantes. Faisant preuve de plus de respect pour l’ennemi auquel il était confronté que les Emperor’s Children, Mortarion fit en sorte que les canons de l’"Omen" balayent le sol, détruisant les tranchées et les bunkers situés à proximité afin de ne pas offrir de cachette pour une embuscade loyaliste avant de libérer sa cargaison. Défiant l’ouragan et les ténèbres, la Death Guard s’avança en rangs ordonnés et avec eux les béhémoths de guerre de la Légion - les lourds chars d’assauts Spartan et les chars super lourds Fell Blade et Typhon commencèrent leur attaque systématique et implacable avec le Primarque marchant lentement à leur tête, comptant les tués.[11]

Decima

Sous le linceul de la tempête, dans les confins de la cité, à peut-être cinq ou six kilomètres au nord des ruines du spatioport impérial, quelque chose remua dans les profondeurs des cendres et de gravats. Invisible et non détecté au milieu des vents hurlants et des éclairs éclatants qui se succédaient, un grand orbe d’airain était en train de grincer et de pivoter pour se libérer de la terre noircie. La structure supérieure de l’orbe finit par se défaire quelques heures après son apparition, s’ouvrant comme une énorme fleur aux mouvements d’horlogerie inversée aux pétales de bronze à lames. L’orbe fut enfin révélé, bien qu’il ne restait plus aucun spectateur vivant à proximité pour le reconnaître - un Creuset de Siège de l’Ordo Reductor. Lancé dans la tempête lors des derniers instants du Vaisseau de Guerre loyaliste du Mechanicum, le Xerxes 9-7-7, la conception et la fonction du Creuset ressemblaient beaucoup à celles des modèles plus perfectionnés des Modules d’Atterrissage Space Marine, bien qu’il soit à la fois considérablement plus grand et plus fortement blindé. C’est cette résistance qui lui a permis de survivre à sa chute et de s’enfoncer comme une balle dans la terre de Isstvan III plutôt que de se briser en éclats lors de l’impact. Quoi qu’il en soit, la chair - même celle de Space Marines - n’aurait probablement pas survécu à l’impact du projectile, mais ses occupants n’étaient pas fait de chair. Ils étaient le Magos Reductor Calleb Decima et sa cohorte de gardes du corps cyborg Thallax, et pour eux, la destruction des traîtres ne serait pas une question de haine ardente, mais une logique froide et impitoyable.[12]

L'Aube des Traîtres

L’Assaut des Traîtres contre les Loyalistes.
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Près de deux mois solaires complets s’étaient écoulés depuis la mort de Isstvan III lorsque, finalement, les grandes tempêtes commencèrent à suffisamment s’estomper pour que les traîtres puissent recommencer à débarquer d’importants renforts et des munitions. Au cours des mois, les forces offensives avaient soufferts pour chaque bloc de ville et pour chaque kilomètre de décombres qu’elles avaient conquises. Selon des estimations approximatives, le nombre de morts atteignait vingt mille Astartes du côté des loyalistes et peut-être deux fois plus d’attaquants tués. La résistance loyaliste dominait toujours le Palais du Maître de Chœur malgré les efforts des Emperor’s Children et dernièrement, les World Eaters l’avait pris d’assaut, tandis que les Luna Wolves de Loken dominaient toujours le secteur qui entourait le Fort-Sirène.

Au nord-ouest, cependant, l’avancée implacable de la Death Guard de Mortarion avait pris les loyalistes entre le marteau et l’enclume, et contraignait peu à peu ceux qui ne pouvaient battre en retraite de combattre dans une poche de résistance de plus en plus restreinte, tandis et la pression se resserrait autour d’eux. Ici, le seul renversement de situation pour les renégats de la Death Guard avait été la rébellion de certains de ses lourds engins de siège, dont les équipages étaient restés loyaux envers ceux que leur Primarque appelait désormais ennemi et qui refusèrent de tirer sur leurs anciens camarades, ou qui dans certains cas tournèrent à la place leur canon de siège vers les traîtres de Mortarion ou les World Eaters d’Angron. Le fiasco sanglant qui en a résulta évolua en une bataille qui dura cinq heures, connu par les Death Guards ayant survécu comme le "Voile du Chagrin" dans lequel la résolution légendaire et la discipline de la XIVe Légion avait été mises à mal. Traîtres et loyalistes se perdirent dans un tourbillon de bataille, tirant sur des alliés et des ennemis. Le traître Marshal Durak Rask et son escadron de commandement furent assassinés par le groupe de Destroyers loyaliste commandé par Morturg, et le Primarque de la Death Guard lui-même aurait été blessé par le tir de plasma d’un char Predator arborant la livrée de sa Légion avant que ses gardes du corps du Linceul ne le brise en morceaux. Mortarion mis fin à la débâcle en émettant un ordre de retraite et de regroupement, bien que ce répit ait laissé le temps à une force loyaliste de la Death Guard de s’échapper avant que Mortarion ne resserre son emprise sur eux.

Alors que les tempêtes se dissipaient, de nouvelles compagnies de Légionnaires renégats, des rangs et en armures lourdes, tombèrent en nombre considérable sur la planète à la périphérie de la ville, et l’enclave loyaliste de la Death Guard fut la première à en souffrir tandis que Mortarion déversait les forces de sa Légion dans la région. Les chars lourds Malcador récupérés dans les armureries de défense des Isstvaniens et les engins transfuges que les loyalistes avaient rassemblées ne pouvaient rivaliser avec les forces ennemis. Ils furent balayés par les escadrons de Fellblade et les tirs à longue portée des Titans de la Legio Mortis. À présent, maîtrisant parfaitement le terrain et encerclant les dernières redoutes des loyalistes, la Death Guard renégate attaqua par vagues, leurs escouades tactiques si serrées qu’elles s’avançaient côte à côte sur le sol déchiré, leurs Bolters tirant à l’unisson. Cependant, les loyalistes n’abandonnèrent pas. Malgré les obstacles insurmontables auxquels ils étaient confrontés, ils manœuvrèrent leurs quelques pièces d’artillerie capturées jusqu’à l’épuisement de leurs munitions, et affrontèrent la tempête de feu imminente du mieux qu’ils pouvaient jusqu’à ce que les canons de leurs propres Bolters rougissent comme des braises et que les percuteurs de leurs culasses se fissurent et se déforment sous l’effet d’une utilisation excessive. Cela n’a servi à rien et la Légion de la Death Guard balaya leurs barricades et leurs tranchées comme une marée noire et les noya. Les quelques survivants loyalistes battirent en retraite dans les profondeurs des tunnels de défense souterraines et firent s’effondrer les passages derrière eux. Mais les traîtres s’étaient préparés à de telles éventualités, ouvrant la voie avec des charges vortex et des perceuses Hades. Mortarion en personne vient les chercher dans l’obscurité.

Dans les ruines de Isstvan III, Ezekyle Abaddon affronta son ancien frère Garviel Loken.
Au-dessus du sol, l’assaut fut repris et le Maître de Guerre déclencha sa fureur. Un groupe d’assaut composé de Sons of Horus, composé de très petites compagnies et dirigé par Ezekyle Abaddon et son élite Justaerin, atterri dans le sud-ouest de la ville en armure lourde. Ils se mirent immédiatement à tout défoncer à travers les logements incendiés et noircis qu’ils trouvèrent dans des zones de plus en plus larges, nettoyant et détruisant toutes les poches de résistance qu’ils rencontraient. Une fois l’attaque ayant repris totalement son cours, de grands convoyeurs orbitaux commencèrent à débarquer de nouveaux Titans de la Legio Mortis et de la Legio Audax afin de renforcer ceux qui avaient traversé la grande tempête de feu et les ouragans féroces au-delà de la ville, assombrissant les cieux de l’ouest. Dans l’ombre de ces atterrissages colossaux, un assortiment étrange d’appareils suivi : des vaisseaux noirs de combat insectoïdes descendirent au sol dans des colonnes de flammes bleu azur. En sortirent des civils cabossés recouverts de coques ornées de parties de corps humain et peinturées d’étranges symboles frissonnant. Des membres du Mechanicus étaient arrivés, avec leurs robes noires, portant des armes macabres, des crânes d’araignées robotiques filant devant eux et des Automates de Bataille à plusieurs têtes qui les suivaient dans leur sillage, chacun assez grand pour contrer un Dreadnought des Legiones Astartes. Mais aussi extravagant et sinistre que soit ce "Mechanicum Noir", les silhouettes émaciées d’épouvantail qui émergèrent du charnier projetaient une telle aura d’horreur et de puissance nauséabonde, que même les Space Marines endurcis reculèrent avec prudence face à eux. C’étaient les prêtres-sorciers de Davin et la souillure du Warp rôdait lourdement autour d’eux comme un linceul invisible et vermoulu.

Le vent tournait rapidement et, alors que les loyalistes avaient tenu bon jusqu’ici, l’avantage était désormais du côté des traîtres. Leurs anciens frères étaient en infériorité numérique et largement surpassés, et ils purent enfin tirer parti de la supériorité de leurs armes, tandis que chaque loyaliste décédé était désormais une perte que les défenseurs ne pouvaient pas se permettre. Les mathématiques des morts avaient maintenant pris un tournant décisif en faveur du Maître de Guerre.[13]

Extermination

« En vérité, un Titan n’a que trois ennemis contre lesquels il doit se protéger : la folie, l’orgueil et un de ses semblables. »
- Grand Maître Volkus, Ordo Sinister.

Les tempêtes s’étaient enfin apaisées, et elles furent remplacées par un calme impénétrable qui enveloppa la cité en ruine alors que les températures plongeaient, les cendres d’une crémation mondiale bloquant la chaleur du soleil de Isstvan III. Le silence de cette pâle aube était interrompu par les hurlements étranges de colossales sirènes résonnant dans la ville et par le lointain grondement des moteurs qui faisait trembler la terre - les Titans se dirigeaient vers la guerre et les lointains sons de leur approche étaient un présage de ce qui devait suivre.

Les Sons of Horus massacrent les derniers loyalistes.
Avec le poids du nombre en leur faveur, les forces renégates poursuivirent leur attaque avec une vigueur renouvelée, se déplaçant à travers la cité vers le Palais du Maître de Chœur, comptant sur la force écrasante pour vaincre toutes les poches de défense rencontrées sur leur chemin. Devant eux, ils envoyèrent des frappes d’escadrons Avenger Strike Fighters et de Thunderhawks, envahissant les zones considérées comme des fortifications avec de puissants explosifs et tirant avec des canons pour tenter de déloger les loyalistes et de les empêcher de se disperser ou de se retirer avant l’attaque. Des milliers de Space Marines d’Horus - de la Death Guard, des World Eaters et des Sons of Horus étaient en mouvement, avançant dans une vaste formation en demi cercle depuis les zones d’atterrissage situées au-delà des remparts brisés et soutenue par des centaines de chars Rhinos, Land Raiders et Predator. Les escadrons de Jetbikes Sky Hunter et de Land Speeders hurlèrent dans les airs, protégeant les flancs des traîtres à la recherche de cibles et restant en alerte face à d’éventuelles embuscades. Et tous les Titans de la Legio Mortis et de la Legio Audax apparurent - deux manipules complètes de Titans Warlord et Reaver, soutenus par une douzaine de Warhounds. À leur tête, le Dies Irae, un Titan de classe Imperator, se tenait au-dessus de ces machines de guerre, enjambant la plus haute des ruines de la ville, ses pas faisant trembler le sol, fragmentant le paysage ravagé comme le dégel de glace sous les pieds. Face à une telle puissance de feu, rien ne pouvait subsister et à peine un point de résistance était localisé que les Titans se déchaînèrent contre lui, explosant des pâtés de maisons entiers dans des nuages de poussière et de flammes et fondant les carcasses métalliques des installations industrielles en des flaques de scories éclatantes. Telle était la puissance impressionnante des armes formidables des Titans au fur et à mesure de l’avancée de la colonne, les éclairs vibrants de leurs armes à feu étaient visibles même à travers la couche de nuages depuis l’orbite.

Alors qu’ils approchaient des hauts murs du Palais du Maître de Chœur, les Titans furent accueillis par les Emperor’s Children renégats qui effectuaient déjà une autre tentative d’assaut du vaste complexe et reçurent en réponse des volées de Cannons Lasers et de tirs ardents. Les Princeps de la Legio Mortis avaient des ordres clairs et ne se souciaient pas des forces loyalistes ou renégates, et avec un seul souffle assourdissant de leurs sirènes de guerre, seul avertissement donné au commandant d’Eidolon, ils ouvrirent le feu. Les murs du Palais du Maître de Chœur avaient été construits par les ingénieurs de siège du Mechanicum pour résister à la fureur d’un monde en révolte et, bien que maintenant ravagés et dévastés par une tempête de feu et d’obus, ils ne pouvaient plus tenir. Les Canons Volcano rugissent et les Turbolasers crachèrent des arcs de lumière, engloutissant le champ de bataille dans un brouillard assourdissant de fumée noire et de flammes rugissantes. Dans l’obscurité, les gigantesques machines de guerre, tels des dieux primordiaux courroucés, blindés d’une couleur de sable et de cramoisis profonds, répandaient leur fureur combinée et les Légionnaires Space Marine ne purent rien faire de plus que de se tenir à l’écart de cette puissance effrayante et d’attendre la fin de la tempête. Lorsque le barrage assourdissant cessa finalement et que la poussière qui tombait sur les assaillants se dissipa comme une chute de neige gris-noir, les destructions causées par les armes des Titans furent révélées - le grand mur qui leur faisait face avait disparu et un déversement irrégulier de débris en combustion l’avait remplacé. Au-delà des murs brisés, le grand dôme qui couvrait l’enceinte intérieure s’était effondré en miette, et les tours et les presbytères à l’intérieur avaient été renversés et écrasés comme des jouets. Les Titans hurlèrent à nouveau leur triomphe. Et cette fois-ci, la masse des World Eaters répondit à Angron qui hurla l’ordre de charger. Pour les survivants loyalistes pris au piège dans les ruines, ils ne leur restaient plus qu’à vendre leur vie aussi chèrement qu’ils le pourraient.

Alors que la principale colonne d’attaque des traîtres prenait d’assaut le bastion brisé du Palais du Maître de Chœur, les secteurs nord et sud subirent de nouvelles agressions visant à briser les reins de la résistance loyaliste et à traquer les survivants dispersés dans les ruines. Contre Loken et ses Luna Wolves, leurs anciens frères des Sons of Horus, sous le commandement d’Ezekyle Abaddon, lancèrent leur propre attaque en force, avec l’ordre explicite de revenir victorieux ou de ne pas revenir du tout. Assailli de plusieurs directions à la fois, le Fort-Sirène fut attaqué par terre et par air.

Isstvan III après la propagation du Dévoreur de Vie. (En Anglais).
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Les Caestus s’écrasèrent contre les flèches funéraires avec des escouades d’assaut équipés de Réacteurs Dorsaux qui descendirent pour s’emparer des hauteurs où des emplacements de canon ainsi et des abris des tireurs d’élite que les Luna Wolves avaient mis en place en défense. Au niveau du sol, le paysage urbain tremblait devant un groupe de formations de fer de lance blindées, de lourds chars Spartan et Land Raider creusant un chemin à travers des tas de gravats et les barricades sans distinction, la plus importante n’ayant pas été peinte dans la couleur mer vert-de-gris des Sons of Horus, mais avec la nuit noire et le bronze terni de l’élite Justaerin de la Légion. Les fers de lance des tanks se frayèrent un chemin dans les cimetières enchevêtrés, supportant le feu qui venait à leur rencontre, frappant les sanctuaires et renversant la statuaire avec des tirs de Canons Lasers en réponse. Des Escouades Despoiler assoiffés de sang, des Épées Tronçonneuses en mouvement et des grenades apprivoisées se répandaient comme un flot depuis le sillage des chars, esquivant et se faufilant vers les positions des défenseurs, les exécutant avec leurs armes, sans se soucier de leurs propres pertes.

Les Luna Wolves n’avaient pas manqué de courage face à leur odieux ennemi, mais ils étaient totalement épuisés et en infériorité numérique, avec peu de munitions. Certains cherchèrent à s’échapper et à se disperser comme ils le pouvaient, car ce jour-là, face à des chances très faibles, la survie était une grande victoires. D’autres, blessés, isolés ou tout simplement trop fatigués et amers pour se replier, se tenaient debout devant l’assaut et offraient du temps à leurs frères qui vivaient, tirant jusqu’à la dernière balle et jusqu’à la dernière goutte de leur sang alors que les Terminators Justaerin prenaient d’assaut les barricades de marbre brisé et des sépulcres funéraires, écrasant les pierres tombales avec leurs Gantelets Énergétiques et des averses de coups de feu et de plasma sur les dernières résistants à l’intérieur. Le Fort-Sirène était tombé au bout d’une heure, mais des centaines de guerriers s’étaient échappées et Abaddon, ivre par la victoire, parcourait les ruines, lançant des insultes et menaçant de mort ceux qui n’avaient pas réussi à refermer le piège à temps. Retrouvant son calme, il ordonna à ses forces de se séparer et de fouiller la cité pendant que le Mechanicum Noir et ses propres Escouades Destroyer se chargeaient de poursuivre les fuyards. Bientôt, des bidons de phosphex en feu furent vidés dans les bouches d’aération et les catacombes qui passaient en dessous du Fort-Sirène, tandis que des groupes de sorciers et de sectateurs davinites utilisaient leurs propres arts sombres pour engloutir les survivants avec du sable et des gravats.

Alors que l’obscurité de la nuit s’abattait de nouveau sur la cité remplie de morts, la seule source de lumière était les rayons incendiaires des lampes de recherche balayant méthodiquement les restes squelettiques de la ville, suivis de la promesse de la mort. Les seuls sons étaient l’immense foulée des Titans qui rôdaient à travers les ruines et les bruits intermittents de coups de feu résonnant dans la nuit, à travers les champs vides de gravats et d’os, qui indiquaient qu’un traître avait trouvé un loyaliste dans l’obscurité. La mort de Isstvan III était entrée dans sa phase finale et meurtrière. On ne pouvait plus appeler cela une bataille, mais plutôt une chasse à l’homme ; la traque, l’isolement et la destruction d’une dangereuse proie - mais proie tout de même - qui fallait exterminer.[14]

La Guerre Se Propage

Le temps n’attend ni pour le mortel ni pour le Primarque, et bien que les loyalistes aient été vaincus et traqués sur Isstvan III, les derniers survivants refusaient obstinément la destruction, et le prix qu’Horus dû payer en guerriers et en armes pour mener cette campagne était lourd. Les forces en lambeaux qui restaient des loyalistes sur Isstvan III n’avaient aucune chance de s’échapper et leur extermination totale n’était plus un luxe que le Maître de Guerre pouvait se permettre. Enfin, Fulgrim, le Primarque des Emperor’s Children, l’avait rejoint, mais la nouvelle qu’il portait était troublante. Le temps n’était plus du côté d’Horus. De nouveaux projets devaient être décidés et mis en œuvre avec célérité afin que l’Empereur ne découvre pas qu’Horus et ses alliés se rassemblaient contre Lui. Le temps de rassembler des alliés pour sa trahison était terminé, le temps d’agir était maintenant arrivé ou il risquait de tout perdre.

Le Maître de Guerre ordonna de se retirer de la surface de Isstvan III, empreint de bile amère, laissant derrière lui un cimetière, et chargeant Fulgrim et Mortarion de traîner Angron hors de la surface de la planète s’il le fallait. En partant, Horus ordonna que les canons du Vengeful Spirit se tournent une fois de plus sur la carcasse de la Cité Chorale, non pas avec des armes à virus mais avec des ogives conventionnelles, et pulvérisèrent ses ruines avant d’abandonner Isstvan III, une dépouille témoignant de l’ascension des Traîtres. Calth, Signus, Prospero - déjà la contagion de la guerre et des massacres s’étendait, mais pour Horus, le prochain objectif de sa campagne pour devenir le Maître de l’Humanité ne résidait pas dans un système lointain, ni même sur Terra, mais sur Isstvan V.[15]

Source

  • The Horus Heresy, Book One - Betrayal
  1. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery - The Isstvan Compliance (traduit de l'anglais par Guilhem)
  4. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery - Conspiracy (traduit de l'anglais par Guilhem)
  5. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery - Onslaught (traduit de l'anglais par Guilhem)
  6. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery - Life-Eater (traduit de l'anglais par Guilhem)
  7. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery - Life-Eater (traduit de l'anglais par Guilhem)
  8. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - Eisenstein (traduit de l'anglais par Guilhem)
  9. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - A Note on Veracity (traduit de l'anglais par Guilhem)
  10. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - Survival (traduit de l'anglais par Guilhem)
  11. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - Darkness (traduit de l'anglais par Guilhem)
  12. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - Decima (traduit de l'anglais par Guilhem)
  13. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - The Traitor's Dawn (traduit de l'anglais par Guilhem)
  14. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part III : Extermination (traduit de l'anglais par Guilhem)
  15. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part III : Extermination - The Tide of War (traduit de l'anglais par Guilhem)