Âge des Ténèbres

De Omnis Bibliotheca
« L’esclave ne se soucie pas de savoir à qui appartient la main qui tient le fouet ou pourquoi, ne connaissant que l’autorité de son toucher, la discipline de sa voix et la certitude de sa douleur. »
- Un proverbe Chthonien.[1]
L’Âge des Ténèbres.
Les générations récentes de l’Imperium ne connaissent le grand conflit que fut l’Hérésie d'Horus que comme une succession de vieux mythes ont la trace se trouve dans les sculptures monumentales et l’architecture des édifices impériaux ; dans les manuscrits à moitié effacé des archives anciennes ; dans des holo-tubes grésillants, perclus de parasites et pratiquement défunts. Et dans l’histoire orale que se transmettent les frères de Chapitres Space Marines. Ces fables ne narrent que les aspects les plus dramatiques et les plus significatifs de l’histoire légendaire, et bien sûr, Horus et ses cohortes n’y sont présentés que comme des félons d’une malveillance totale. Pour la plupart, les véritables détails de tout ce qui survint durant ces quelques brèves années ne furent jamais révélés au grand public de l’Imperium.

Bien entendu, le passage de tous ces siècles aurait suffi à lui seul à nimber de mystère cette ancienne guerre, par la perte et la distorsion des informations qui avaient pu en subsister. Il y eut, cependant, d’autres raisons qui expliquent cette pauvreté d’informations au sujet de l’Hérésie.

Même en excluant la faible priorité de la conservation des archives précises en plein cours d’un conflit aussi capital (et la certitude que ces archives avaient toutes les chances d’être détruites, au même titre que tous les autres aspects de l’activité humaine), les deux camps manifestèrent la volonté délibérée de soustraire ces informations au reste de la galaxie. Depuis le Massacre du Site d'Atterrissage sur Isstvan V, jusqu’à ce dernier appel aux armes désespéré qui annonçait le début du sinistre Siège de Terra, les archives officielles concernant ces heures sombres sont pratiquement vides, comme si l’Imperium avait cherche à ce que l’Hérésie reste un secret pour son propre peuple.

Cette époque est aujourd’hui nommée l’Âge des Ténèbres.

Bien sûr, des archives furent perdues, d’autres intentionnellement détruites ; mais bien davantage furent prises dans le tumulte de la guerre de propagande menée envers l’opinion publique, tandis que des mondes et des systèmes planétaires entiers passaient sous le contrôle d’un camp puis de l’autre. De nombreuses vérités furent simplement oubliées, même si cela arrangea bien par la suite les maîtres de l’Imperium, qui préféraient peut-être que certains faits aillent se perdre d’eux-mêmes dans les brumes du temps.

Des batailles, des campagnes entières furent livrées et perdues, et la loyauté de nombreuses factions impériales vacilla. La frontière entre ceux qui étaient tenus pour des héros et ceux condamnés comme hérétiques se brouilla, car même les plus pieux et les plus justes accomplirent des actes terribles au nom de l’Empereur. Des innocents moururent par millions au nom de paris désespérés mais inutiles, ou d’objectifs que des révisions de stratégie rendirent presque aussitôt obsolètes.

Des alliances furent conclues et brisées, certaines factions impériales ayant change de fidélité avec une aisance et à une fréquence alarmantes. Ce comportement douteux s’observa pour l’essentiel chez des éléments relativement mineurs des forces Loyalistes, mais des égarements de ce genre furent parfois le fait de groupes plus en vue. Les détails concernant ces trahisons auraient sans doute ébranlé les fondements de l’Imperium s’ils avaient été plus largement connus au sortir de la guerre...

L'Imperium Trahi[modifier]

L’Architraître.
En l’an 006.M31, l’Imperium de l’Humanité a été ébranlé par le plus grand coup qu’il lui ai jamais été porté : la trahison du Maître de Guerre Horus et par la moitié de la force armée des plus grands guerriers de l’Humanité, les Space Marines des Legiones Astartes. Huit des dix-huit Légions avaient rejoints la cause du Maître de Guerre, avec le soutien d’une neuvième, qui se rallierait à lui plus tard, ce qui était alors inconnu. Pour le reste, trois des Légions connues pour être restées loyales avaient été anéanties sur les sables noirs de Isstvan V, victimes du Massacre du Site d’Atterrissage, une terrible embuscade tendue par Horus lui-même, tandis qu’une grande partie d’une quatrième avait été ravagée dans une bataille spatiale dans le système de Phall.

Les cinq Légions Loyalistes qui restaient à ce moment étaient dispersées, divisées par de grandes distances les unes des autres et de Terra. Dans le cas de deux d’entre elles, elles étaient déjà victimes de nouveaux pièges meurtriers et perfides qui les neutralisera pendant un certain temps et saignera leur force, car tel avait été le complot longtemps préparée par le Maître de Guerre.

Malgré ce coup monumental porté à la puissance et à la stabilité de l’Imperium, tous n’étaient pas tombés sur le chemin du Maître de Guerre, et le destin et le courage des Loyalistes déjà trahis avaient privé Horus de la chance d’une frappe surprise contre Terra pour gagner la guerre avant même que celle-ci ne commence vraiment. De plus, chaque bataille emportée lui avait coûté une partie de ses forces, alors que les réalités de la guerre ouverte voyait les Legiones Astartes contre les Legiones Astartes, le Mechanicum contre le Mechanicum et les Impériaux contre les Impériaux. Le bilan de ces boucheries pour les deux camps - lorsque l’un prenait l’autre dans une embuscade apparemment écrasante - s’était révélé à maintes reprises effroyablement élevé. En ce qui concerne l’ensemble des forces armées de l’Imperium autres que les Legiones Astartes, qui comme les Space Marines étaient maintenant divisées entre elles, le nombre de morts s’élevait déjà à des millions, et ne ferait que se multiplier arithmétiquement au fur et à mesure que la guerre se propageait et progressait.

Il n’y aurait plus d’événement soudain pour y mettre proprement fin ; il s’ensuivrait une guerre de conquête et de contre-conquête, de destruction impitoyable et de défense sanglante. Un domaine aussi vaste que la galaxie connue devint le champ de bataille sur lequel l’attrition impitoyable, autant que la stratégie audacieuse, serait le moyen d’obtenir la victoire. Ce serait une guerre qui traverserait des milliers de mondes et condamnerait des milliards de personnes à la mort, une guerre d’une ampleur si incompréhensible que même l’esprit d’un Primarque comme Horus, qui avait été désigné par son créateur comme le premier parmi ses semblables, ne pouvait peut-être pas appréhender.

La sauvagerie sans pareille mais déjà apparente dans une guerre encore jeune n’aurait pas dû, rétrospectivement, surprendre quelqu’un qui avait été témoin de la fureur et de la destruction déclenchée par ces mêmes forces au cours des années de la Grande Croisade ; les Légions avaient conquis monde après monde, passées à l’épée d’innombrables races extraterrestres et jetées dans l’oubli des empires qui avaient duré des millénaires.

Maintenant, ces Légions s’étaient retournées les unes contre les autres, et contre les mondes qu’elles avaient jadis juré de défendre de leur vie. L’Imperium lui-même devenait le champ de bataille pour lequel cette guerre serait impitoyablement menée, et la destruction qui avait autrefois été infligée aux Xenos serait maintenant infligée à l’Humanité à leur place.

La galaxie brûlait.[2]

Les Dispositions des Légions Renégates[modifier]

Beaucoup d’incertitudes demeurent quant à la position stratégique, aux déploiements et à la configuration des forces fidèles au Maître de Guerre Horus dans les premières phases de la guerre, et même leur portée et leur étendue ne purent être déterminées avec une véritable certitude par les historiens. Peut-être qu’une bonne moitié des Legios Titaniques et les innombrables osts de l’Excertus Imperialis - des centaines de millions de soldats, de vaisseaux et de machines de guerre - avaient, soit par corruption, soit par loyauté malavisée envers Horus, soit par simple ignorance aveugle, conformément à leurs ordres, pris le parti du Maître de Guerre. Mais cela ne pouvait suffire à lui seul. Un millier de cuirassés pourraient être détruits contre les défenses de Terra, dix millions d’Auxiliaires pourraient passer leur vie à assiéger la Porte de l’Éternité, et dix millions les suivre, encore et encore, mais Horus savait que cela ne lui servirait à rien. Pas contre les guerriers surhumains qui le tenaient, pas face à la Legio Custodes et les défenses conçues par l’Empereur Lui-même et occupées maintenant par Rogal Dorn et ses fils.

C’était donc à juste titre que, sur cette question, la plus grande attention doit être accordée à l’emplacement et aux forces des Légions Renégates. Les Légions aux côtés du Maître de Guerre à cette époque comprenaient : les Sons of Horus, les Emperor's Children, la Death Guard, les Iron Warriors, les Night Lords, les World Eaters, l’Alpha Legion et les Word Bearers. Les restes brisés des Thousand Sons, qui se joindraient plus tard à la cause de l’Architraître pour de bon, n’étaient pas encore pleinement actifs dans la guerre à cette époque, leur emplacement largement inconnus de même que leur allégeance après la Bataille apocalyptique de Prospero. Bien que le Massacre du Site d’Atterrissage ait infligé de terribles blessures aux forces Loyalistes impliquées, les Légions Renégates n’étaient pas elles-mêmes sorties indemnes du cataclysme qui, combiné aux pertes subies lors de la récente purge des rangs des Traîtres à Isstvan III et ailleurs, avait affaibli la position d’Horus de sa force théorique lorsque le sort de la guerre fut jeté.

Il est impossible d’établir des faits concrets concernant le nombre de Legiones Astartes opérationnelles, mais des estimations crédibles placent les pertes des Traîtres pendant les batailles des systèmes Isstvan, Phall et Paramar aux alentours de 100 000 morts des Legiones Astartes, contre un nombre inconnu, peut-être trois à quatre fois plus élevé chez ceux qui étaient restés fidèles à l’Empereur. Selon de nombreuses estimations, cela laissa quelque 900 000 Legiones Astartes prêts à se battre pour la cause du Maître de Guerre, dont peut-être les deux tiers ou plus dans le camp des Loyalistes. Toutefois, cette estimation est encore loin d’être certaine, une question qui est elle-même faussée par les événements qui allaient se dérouler sous peu sur Calth et Signus Prime. À partir de ce calcul - aussi équivoque soit-il - il est possible de déterminer que même après le Massacre du Site d’Atterrissage, l’avantage militaire qu’Horus avait alors acquis n’était tout simplement pas assez important pour qu’il puisse lancer une attaque immédiate et directe contre Terra et le cœur impérial du Segmentum Solar, une option stratégique plausible mais qui ne pouvait garantir une victoire. C’était la réalité à laquelle Horus était confronté lorsqu’il décida de son prochain coup.[3]

Les Chiens d'Horus sont Lâchés[modifier]

La Conformité Noire[4]

Sur de nombreux mondes, les graines de la corruption avaient été semées bien avant que la trahison ne frappe Isstvan. Lorsque le Maître de Guerre mena ses forces dans la guerre civile, des centaines de mondes non directement liés à sa base de pouvoir se déclarèrent pour sa cause. Sur ces planètes et dominions, nombreux sont ceux qui étaient éparpillés à la périphérie des dangereuses frontières de l’Imperium, parce que ses agents et ceux de ses alliés au sein du Mechanicum, de l’Alpha Legion et des Word Bearers avaient déjà empoisonné leur cœur contre l’Empereur. Il y en aurait des centaines d’autres, des colonies isolées et par ailleurs sans importance pour l’économie et la force militaire de l’Imperium, qui tomberaient sous son emprise à mesure que la guerre progresserait dans un processus connu sous le nom de "Conformité Noire".

À chaque monde sur lequel tombait l’ombre du Maître de Guerre, un choix simple était offert : soumission totale et reddition ou destruction totale et assujettissement brutal - esclavage ou mort, il n’y avait pas d’autres options et pas de seconde chance. C’était une parodie perverse du progrès et des buts glorieux de la Grande Croisade, mais c’était plus qu’un simple mépris du rêve de l’Empereur ou même de la vanité d’un tyran, car il y avait une méthode et une intelligence sous-jacentes sous cette sauvagerie apparemment gratuite. Lorsqu’un monde militant ou un système obstinément Loyaliste était puni par une destruction apocalyptique pour sa brave défiance, la peur engendrée se propageait dans d’autres secteurs, permettant leur reddition rapide, souvent sans un coup de feu pour se défendre. Chaque monde ajoutait non seulement du territoire, mais aussi de la main-d’œuvre, de la capacité de production et des fournitures, alimentant une machine de guerre dont la puissance augmentait de façon exponentielle. De plus, les mondes détruits - lorsque cela était possible - pouvaient être vus avec le recul comme ayant été plus stratégiquement sacrifiables que ceux qui tombèrent suite à un assaut et une conquête rapide plus mesurées, sinon moins brutales, pour lesquelles la Légion d’Horus avait longtemps été célèbre. On peut aussi observer que les dévastations totales pendant les Conformités Noires n’ont jamais permis à des survivants de répandre des mots décrivant les terreurs qu’ils avaient vues, et du châtiment que ce nouvel empereur de l’ombre appliquait pour la défiance.

Rétrospectivement, sa stratégie semblait avoir été basée sur l’ancienne maxime selon laquelle, face à un grand nombre d’ennemis répartis sur une vaste zone géographique (ou dans ce cas-ci céleste), la voie la plus sûre vers la victoire était de diviser et de conquérir. Comme il sied au génie militaire incontestable du Maître de Guerre, l’interprétation et l’exécution de cette stratégie étaient cependant subtiles et complexes, servant simultanément un certain nombre de priorités tactiques à court terme et différents, mais interdépendantes, ainsi que des objectifs stratégiques à plus long terme. Le premier et peut-être le plus important de ces objectifs était d’aveugler, de saigner et de confondre son ennemi, un ennemi qui, dans ce cas, comprenait tous les membres du vaste Imperium de l’Humanité.

Sous les ordres d’Horus, la guerre fut menée dans tous les recoins de l’Imperium et sur tous les fronts de bataille imaginables ; depuis les frappes à petite échelle des forces d’élite jusqu’aux campagnes terroristes commanditées et aux soulèvements civils, aux raids commerciaux des escadrons de vaisseaux de guerre, aux attaques ciblées pour interrompre les chaînes logistiques essentielles, aux destructions des piliers stratégiques de la défense des Segmentum aux sabotages des communications astrotélépathiques. Parallèlement à ces campagnes de conquête et de dévastation, les groupes tactiques combinées des Légions qui fonctionnaient comme un sombre miroir des Flottes Expéditionnaires de la Grande Croisade, ravagèrent et soumirent ce qu’elles avaient construit autrefois. À cette fin, des groupes d’assaut comprenant les éléments centraux de Légions Renégates entières, tels que les Night Lords et les Iron Warriors, furent envoyés, apparemment au hasard, frapper des lieux partout dans l’Imperium, conquérir, neutraliser et détruire, mais peut-être surtout affaiblir et provoquer des résistances - des résistances Loyalistes qui pourraient alors être isolées, submergées et exterminées.

Horus espérait garder le contrôle de l’initiative de la guerre, forcer les affrontements là où il l’avait choisi et non ses ennemis, comptant sur la force monolithique de l’Imperium qui était à la fois lent à réagir et gênée par la nécessité de défendre un aussi grand territoire alors que des secteurs entiers lui échappait, d’autant que les préoccupations de ces secteurs, les révoltes mesquines et les sécessions servaient la cause des Traîtres. Horus, autrefois le défenseur de l’Imperium, avait exposé à Terra sa plus grande faiblesse, celle, qu’en dessous de la cohésion d’un domaine entretenu par la guerre et lié par un réseau de communication, où l’autorité et la menace ultime de punition venaient directement de Terra, et que la désunion potentielle, l’insurrection et la rébellion étaient les enfants de ceux qui soutenaient la perte de ce réseau. Une fois cela acquis, l’isolement dans le vide et l’éloignement des lumières de la civilisation humaine, en plus de la peur omniprésente d’un terrible prédateur traquant dans le ciel nocturne, étaient suffisant pour pousser des mondes entiers dans l’anarchie.

Ces terribles campagnes de peur et de destruction constituaient les premières années de ce que les historiens appellent depuis "l’Âge des Ténèbres" de l’Hérésie Horus, d’autant plus que le chaos et les destructions de cette époque étaient si importants et si étendus qu’aucune véritable lumière ne pourrait être faite sur l’ensemble des faits et des progrès de la myriade de catastrophes et de conflits génocidaires de cette époque. Ils n’étaient eux-mêmes qu’un moyen d’atteindre un objectif pour Horus. Cet objectif n’était pas simplement que l’Imperium au-delà de Terra soit mortellement affaibli et démembré au coup par coup, mais que le Maître de Guerre et ses armées soient plus forts que jamais.[5]

Les Seigneurs de la Guerre[modifier]

Avec la tâche de faire la guerre contre l’Imperium afin de tuer son maître de ses propres mains, il était d’une importance vitale pour Horus et ses forces que leur talent martial soit non seulement maintenu, mais qu’il augmente aussi vite que possible. C’est une erreur commune parmi les non-initiés de supposer que les forces des différentes Légions au début de l’Hérésie Horus représentaient leur plus grande force, qui a simplement diminué par attrition jusqu’à la fin, comme la diminution des pièces d’un jeu de salon au fur à mesure que la partie avance. On ne peut pas être plus loin de la vérité.

Dès le début, les deux camps se sont efforcés d’accroître leur recrutement de nouveaux Legiones Astartes, accélérant et précipitant le processus d’implantation de semences génétiques et de programmation mimétique à des vitesses inouïes, souvent avec des conséquences désastreuses. Même avant la catastrophe, il avait été largement rapporté qu’il était devenu possible pour les Légions les plus insensibles, telles que les World Eaters, de réduire le temps de création d’un Space Marine à seulement deux ans, peut-être moins, même si le taux d’échec était terriblement élevé. Cette question avait fait l’objet de controverse et de censure dans le passé, mais avec le début d’une guerre civile à l’échelle de la galaxie, l’opportunisme a pris le pas sur ces préoccupations, tant pour les Loyalistes que pour les Traîtres. Aucun compte rendu complet des actions des Légions individuelles dans les détails de ce sujet ne peut être donné, mais on peut dire que non seulement le recrutement s’est considérablement accéléré dans tous les domaines, mais aussi que les filets ont été jetés beaucoup plus largement avec, croit-on, une dîme d’hommes exigée à des dizaines de mondes appropriés et qui ne l’avait jamais été auparavant. Des dizaines de millions d’individus furent incorporés dans les forces armées de part et d’autre par les belligérants, et parmi elles, les plus prometteurs furent sélectionnés en tant que Legiones Astartes potentiels, avec peut-être qu’un sur cent dans plusieurs cas ayant survécu aux techniques brutalement accélérées.

Mais ce ne fut pas toujours un succès, comme le terrible prix que la Raven Guard allait devoir payer plus tard le prouvera, mais il est vrai qu’un certain nombre de Légions ont vu une augmentation très rapide et marquée de l’ordre de dizaines de milliers de guerriers au cours des premières années de l’Hérésie Horus, en particulier parmi ceux dont la graine génétique était connue pour être stable, ou qui avaient accès à de vastes Apothecarions et aux ressources pour que les techniques d’implantation de masse soient viables. Le destin de ces nouvelles recrues fut une épreuve sanglante par le feu, et on croit que certains ne savaient même pas pour qui ils combattaient ou sous quelles couleurs quand ils furent lâchés pour être brisés sur l’enclume de la guerre.

Le maelström de l’Hérésie Horus devait cependant s’avérer être un creuset d’entraînement brutalement efficace, et les unités comprenant un tel sang neuf étaient toujours formées autour d’un noyau d’anciens combattants endurcis de la Grande Croisade et jetées dans les premières et les plus sanglantes épreuves de la guerre civile. À côté de ces vagues de Legiones Astartes nouvellement forgées, un besoin incessant de les armer et de les équiper se fit sentir, et la loyauté et le contrôle des Mondes-Forges clés devinrent une importance capitale pour les deux parties de la guerre, particulièrement après l’entrée en vigueur du Blocus de Mars - un domaine renégat au sein du Système Sol. Les approvisionnements en armes et blindés avancés, en navires interstellaires et même en munitions de base étaient des raisons pour lesquelles des campagnes entières étaient menées, et plus d’un monde industriel ou une forteresse indéfendable devenait une désolation sans vie, simplement pour l’empêcher de tomber entre les mains de l’ennemi.

Les expéditions militaires qu’ils ont rencontrées et l’évolution forcée des armes et des tactiques que le conflit fratricide créa, tous avaient leurs propres influences indéniables sur ceux qui combattaient, et les armées des deux camps commencèrent à changer rapidement, certaines sous l’influence de l’obscurité, puis en grande partie non devinées à cause des forces de l’au-delà, et d’autres simplement par la main brutale et mutilante de la guerre. Les Légions et les rangs serrés - aussi divers qu’ils aient été - de la Grande Croisade disparurent rapidement. À leur place se trouvaient des anges sauvages de la mort et des armées affligées s’affrontant dans l’ignorance, sans répit ni relâche, devenant presque méconnaissables de ce qu’il avait été auparavant.[6]

Les Légions Renégates et leurs Alliés[modifier]

« Ne craignez pas que je sois venu exiger votre reddition. Je n’ai pas de miséricorde. Je ne suis pas venu pour délivrer des mots, mais du feu. »
- Baron Armelan, Émissaire du Maître de Guerre au conseil planétaire de Subinus.
Les Traîtres.
Alors que le temps des effusions de sang et du tumulte galactique qui allait être connu sous le nom de l’Âge des Ténèbres s’écoulait, les myriades de forces du Maître de Guerre furent mises en mouvement par Horus comme les pièces d’un jeu, chacune avec leurs propres tâches et objectifs, avec leur propre rôle à jouer dans un plan de conquête labyrinthique et beaucoup plus vaste. Qui ils étaient et les pouvoirs qu’ils possédaient étaient autant un produit de l’histoire - de la Grande Croisade et des innombrables guerres pour unifier l’Humanité et purger de l’existence les horreurs de l’alien - que des actes de duplicités qui les ont amenés à la cause des Traîtres. Les forces des Légions Renégates et de leurs alliés étaient alors une puissance vaste et changeante, une bête aux nombreuses têtes, qui assaillit le corps de l’Imperium et la gorge de ses défenseurs, chacun ayant sa propre nature et ses propres motivations, ainsi que son propre rôle à jouer dans le terrible massacre qui s’annonçait.[7]

L'Aube de la Guerre[modifier]

Les premiers actes de la grande guerre civile qui allait devenir l’Hérésie d’Horus se jouèrent sur la surface ensanglantée de Isstvan III, où le Maître de Guerre Atrocité de purgea sa Légion, ainsi que celles de ses frères Primarques Mortarion, Angron et Fulgrim, de ceux qui refuseraient de le suivre dans sa rébellion contre l’Empereur. Cela fut exécuté avec une efficacité brutale et des dizaines de milliers de guerriers furent éliminés dans le premier acte, et certains diraient le plus sombre, de toute la rébellion. Cependant, aussi étendue qu’elle ait été, la trahison n’a pas réussi à récurer entièrement les quatre Légions Renégates. Parmi les quelques rares évadés, une poignée de Légionnaires Loyalistes Astartes avaient capturé la frégate "Eisenstein" et, avec elle, transmis à Terra l’odieuse trahison du Maître de Guerre.

Les plans du Maître de Guerre pour une attaque rapide contre Terra changèrent, car Horus s’était préparé depuis longtemps à détrôner son père et avait de nombreux plans de secours à sa disposition. Un assaut surprise sur le Monde Trône n’était plus possible, mais Horus conserva encore l’initiative. L’Imperium était ébranlé et incertain de qui était l’allié et qui trahissait. Le Maître de Guerre avait passé au crible l’étendue de son emprise sur les Légions Space Marines, et avait mis en route un plan pour anéantir un peu plus le royaume de l’Empereur. Sur les sables noirs et rougis de Isstvan V, Horus avait pratiquement détruit trois Légions Loyalistes entières, un exploit d’armes qu’aucun ennemi de l’Humanité n’avait jamais réalisé pendant toute la période violente des Guerres d’Unification et de la Grande Croisade. Elle fut réalisée non seulement par la force militaire, mais aussi par la ruse, car trois des six Légions envoyées par Terra sur Isstvan pour affronter les Traîtres avaient secrètement rejointes la cause d’Horus. Quand les Word Bearers, les Iron Warriors et l’Alpha Legion révélèrent leur véritable allégeance, la Raven Guard, les Salamanders et les Iron Hands furent détruits dans les trois heures les plus brutales, amères et destructrices jamais endurées par les Legiones Astartes. D’un seul coup, l’Imperium était à genoux et bien qu’Horus ne puisse plus marcher directement sur Terra, la fortune de la guerre était inexorablement en sa faveur.

L’acte suivant d’Horus était de s’assurer qu’il conservait son avantage durement gagné et, à cette fin, il convoqua un conseil réunissant les Traîtres, qui se réunit alors même que le sang versé par trois Légions entières séchait sur le sol dévasté de la Dépression d’Urgall. Au cours de ce conseil, Horus chargea chacun des Primarques renégats, ainsi que de nombreux autres serviteurs et alliés, d’accomplir une tâche particulière dans la phase suivante de la guerre à venir. Seul un esprit aussi puissant que celui d’un Primarque aurait pu le comprendre pleinement, car il a conçu et orchestré non seulement les missions des Légions Renégates Astartes, mais aussi celles de multitudes d’autres serviteurs, des régiments renégats de l’Armée Impériale au front, aux démagogues individuels dans des milliers de systèmes, tout au long et dans l’étendue de l’Imperium.[8]

Des Visions de Conquête[modifier]

Les Cendres de Isstvan.
Au premier rang de l’infamie se trouvaient les Sons of Horus. La Légion du Maître de Guerre forma le fer de lance de la conquête des grandes étendues du nord de l’Imperium. Elle soumis des secteurs entiers à sa cause, s’emparant des industries pour servir l’effort de guerre des Traîtres et pressant des populations entières dans les armées du Maître de Guerre dans le processus infâme qui était devenu depuis connu sous le nom de Conformité Noire. Cette conquête devait finalement être dirigée vers Terra, et au lieu de la frappe rapide inattendu conçue à l’origine, elle constituerait une avancée indomptable qui alimenterait la force des Traîtres et ferait pencher lentement la balance au détriment de l’Imperium à mesure que d’autres secteurs se déclareraient pour ou seraient forcés à rejoindre le camp des Traîtres. Ce ne serait cependant qu’une petite partie du plan général d’Horus, qui inclurait la participation de sa Légion.

La Death Guard du frère du Maître de Guerre, le Primarque Mortarion, renforcerait cet effort, le "Faucheur de Mondes" projetant une ombre mortelle système après système. En particulier, les mondes qui refusaient de s’agenouiller devant le Maître de Guerre connaîtraient la venue de Mortarion, et dans son sillage, il laisserait une traînée de mondes morts, leurs surfaces récurées par les radiations, les cieux empoisonnés et les restes des populations entières exterminées à la lumière du soleil insensible. Horus garda ainsi la Death Guard comme un élément clé de ses plans, croyant qu’elle se joignait entièrement à lui et à sa cause, et qu’elle était à la fois totalement fiable et déterminée dans la grande guerre qu’il avait déclenchée.

Inversement, sachant que les Emperor’s Children s’étaient engagés sur un chemin d’excès et d’abandon qui transformerait la Légion en quelque chose d’imprévisible, de dangereux et peut-être indigne de confiance, le Maître de Guerre laissa cette Légion à ses propres desseins et objectifs de plus en plus mystérieux - dans certaines limites, sachant qu’elle commettrait des ravages au fur et à mesure de sa quête. En cela, elle servait toujours sa cause la plus importante, car sur les mondes que la Légion attaquait, des horreurs étaient perpétrées et qui serviraient d’avertissement aux autres.

Quant aux autres Légions Renégates, le Maître de Guerre commença immédiatement à les mettre au service d’objectifs et de campagnes visant à la fois à déstabiliser l’Imperium et à attirer et dégrader les nombreuses forces et défenses Loyalistes déployées contre elles, le tout dans le but ultime de préparer la voie à un assaut décisif et apocalyptique contre Terra.

Dans ce cadre, le Maître de Guerre chargea son frère Primarque Perturabo de préparer cette voie. En particulier, les nombreux systèmes clés du Segmentum Solar extérieur, défendus par les petites forces des Imperial Fists, devaient être détruits par les Iron Warriors. Chacune de ces positions était un bastion fortement fortifié d’où la VIIe Légion pouvait potentiellement rallier des unités Loyalistes de l’Auxilia Imperialis et menacer les lignes d’attaque des Traîtres .Elles devaient donc être détruites par Perturabo et sa Légion des Iron Warriors qui étaient connus pour leur amer ressentiment envers les Imperial Fists. Le Maître de Guerre était bien conscient que son frère Primarque apprécierait l’occasion de frapper les positions de son rival, le Primarque Rogal Dorn. Comme il l’avait ordonné à la Légion, Horus était inflexible sur le fait que les Iron Warriors devraient conclure cette destruction le plus rapidement possible, car pour l’assaut de Terra, leurs compétences spécialisées seraient absolument nécessaires. En effet, il est probable que sans les Iron Warriors et le génie de leur Primarque, l’attaque déjà planifiée sur Terra serait tout sauf intenable.

D’autres Légions Renégates furent envoyés par le Maître de Guerre. En particulier, les Word Bearers du Primarque Lorgar et les World Eaters de son frère Angron furent chargés d’engager les Ultramarines du Primarque Roboute Guilliman et de s’assurer que la XIIIe Légion, encore puissante même après l’attaque des Word Bearers contre eux à Calth, ne puisse intervenir de manière décisive dans la guerre. Cette soi-disant Croisade des Ombres servirait un autre but, encore plus sinistre, en plus de ses objectifs militaires. En détruisant des centaines de mondes et en dédiant la mort de millions de personnes aux puissances auxquelles il était promis, le Primarque Lorgar précipiterait une telle agitation dans l’Immaterium que la galaxie se diviserait presque en deux par une tempête impénétrable. La mission de Lorgar fut couronné de succès, donnant naissance à la Tempête de la Ruine et en rendant le mouvement et la communication astropathique entre les deux régions presque impossible.

Les Night Lords furent eux aussi envoyés en mission loin de Terra dans la frange orientale de la galaxie, ce qui conduisit certains à soupçonner qu’Horus était encore incertain des motifs et même de l’allégeance de son frère Primarque et seigneur de la VIIIe Légion des Astartes, Konrad Curze. La mission des Night Lords était double : elle consistait d’abord à détruire et à herser de vastes ressources stratégiques dans la région où Horus avait peu d’emprise, en les refusant à l’Imperium comme source potentielle de renforcement ou d’attaque contre les flancs des Traîtres, une fois la poussée vers Terra lancée. Ces éléments se regroupaient principalement autour du secteur de Thramas, dont les principaux étaient trois Mondes-Forges obstinément indépendants et Loyalistes : Triplex Galatia, Triplex Thule et Triplex Phall, qui à eux tous représentaient la presque totalité de la grande capacité de construction de vaisseaux de guerre des Loyalistes dans le Segmentum Ultima (et avaient fourni à Ultramar et Nocturne la plupart des Flottes de leurs Légions). Deuxièmement, la proximité de Thramas du lieu où la Légion des Dark Angels avait été envoyée avant le début de la guerre servirait aussi à les entraîner dans la guerre, en les forçant à défendre ses mondes vitaux. La Légion des Dark Angels et leur maître demeurèrent un élément inconnu extrêmement dangereux, et Horus ne pouvait pas se permettre de là négliger. C’est ainsi que les ordres du Maître de Guerre au Night Haunter étaient sans équivoque ; Thramas devait être réduits au silence et les Dark Angels entraînés dans une guerre qui empêcherait leur intervention dans l’assaut sur Terra à tout prix.

L’Alpha Legion fut chargée d’une mission pour laquelle elle était bien préparée - le sabotage des forces et des mondes ennemis désespérés à travers l’Imperium sud et ouest. La destruction des Légions Loyalistes de la région par tous les moyens que le Primarque Alpharius jugeait approprié était un élément clé. Il devait semer le chaos derrière les lignes des Loyalistes, mais aussi frapper par opportunité des cibles quand ils le pouvaient, empêchant encore une fois l’Imperium de masser sa défense en profondeur contre les Traîtres. Dans ce cadre, des centaines de régiments de l’Auxilia renégats (qu’Horus considérait comme entièrement sacrifiables à la cause), ainsi que de nombreux détachements des Legios Titaniques et de Taghmata alignés sur l’Architraître furent théoriquement disposés à son commandement. La Légion des Space Wolves, ayant beaucoup souffert sur de Prospero et dans la quasi-destruction de la Légion des Thousand Sons, était l’une des principales cibles de l’Alpha Legion, dans la Nébuleuse d’Alaxxes où la VIe Légion était en train de récupérer et de s’armer. La Légion des White Scars du Primarque Jaghatai Khan, qui n’avait pas encore été touchée par la guerre et dont on savait qu’elle avait récemment terminé sa longue campagne contre les Orks du système de Chondax était une cible de l’Alpha Legion, qui se trouvait également à proximité. Ces deux Légions allaient souffrir à cause des serpents d’Alpharius.[9]

Alliances Contre-Nature[modifier]

La Marche sur Terra[10]

Chacun des ordres donnés par le Maître de Guerre à ses innombrables serviteurs, chaque assaut, invasion, raid ou conquête se faisait dans le but ultime de faire tomber Terra. C’était un objectif qui ne pouvait être atteint que par l’application massive de la force à l’échelle de la galaxie. Il ne suffisait pas que les Légions Astartes Renégates libèrent tout le potentiel destructeur que leur avaient donné le génie de l’Empereur et l’habileté acquise au cours de siècles de croisade, mais qu’ils neutralisent le potentiel des Légions Loyalistes à résister au Maître de Guerre et à défendre Terra, la forteresse la plus imprenable jamais créée par l’Humanité. En fin de compte, et malgré la loyauté d’innombrables autres factions, des Traîtres de la Solar Auxilia aux Legios Titaniques, cette bataille finale devait se dérouler entre des frères de sang, entre des Space Marines, et ne serait conclue que par l’âpre lutte de frère contre frère, fils contre fils, et fils contre père.

Les Légions Renégates étaient les forces armées les plus puissances des armées d’Horus, mais elles étaient loin d’être seules. Pour atteindre l’objectif ultime d’assiéger Terra et de renverser l’Empereur, les Traîtres devaient faire appel et combattre aux côtés d’un large éventail d’autres forces, certaines obéissant simplement à la volonté de maîtres suite à une longue association, tandis que d’autres étaient amenées dans le sillage du Maître de Guerre par la corruption, les alliances, la contrainte ou le fameux progrès de la Conformité Noire. Lors de la défense par les Traîtres de la Dépression d’Urgall pendant le Massacre du Site d’Atterrissage sur Isstvan V, les troupes Auxilia furent utilisées avec une impitoyable cruauté par leurs maîtres Space Marines, rassemblées vers l’ennemi comme chair à canon sur lesquelles les munitions de l’ennemi furent utilisées avant que la bataille ne commence vraiment. Un tel mépris pour la composante purement humaine des forces du Maître de Guerre serait démontré à maintes reprises tout au long des années sanglantes qui allaient suivre. Ce n’était cependant pas universel, car à d’autres moments, Horus et ses principaux subordonnés confiaient des missions vitales aux plus fiables de ses alliés mortels, et divisaient des groupements tactiques entiers d’unités des Auxila et de l’Armada Renégate pour des opérations indépendantes soit de conquête, soit de destruction, bien qu’il n’était pas rare pour lui d’affecter un officier ou un cadre des Sons of Horus, des Iron Warriors ou de l’Alpha Legion pour superviser de telles forces sur le terrain.[11]

Les Auxilia Renégats[modifier]

L’Auxilia Imperialis était de loin le plus important effectif militaire sous le commandement du Maître de Guerre, allant des régiments massifs de l’Armée Impériale aux rangs d’élite de la Solar Auxilia. En plus de ces forces expérimentées et bien équipées, le Maître de Guerre exerçait également le commandement sur les milices autochtones, les dîmes planétaires et les compagnies de Libres-Marchands.

Ces derniers ont pu s’étendre très loin, souvent en tant qu’émissaires du Maître de Guerre pour exiger aux Gouverneurs Planétaires de jurer fidélité à sa cause, ou de subir la ruine de leurs mondes. Certains récits suggèrent même que les forces des Libres-Marchands renégats continuèrent leur exploration des ténèbres extérieures alors même que l’Hérésie consumait l’Imperium, revendiquant des mondes indicibles non pas au nom de l’Empereur, mais au nom du Maître de Guerre. Certains ont même établi des empires bien au-delà de l’Imperium, se couronnant comme les représentants du Maître de Guerre sur des royaumes qui survécurent à l’Hérésie et bien au-delà de la Purge.[12]

Les Flottes des Traîtres[modifier]

En plus de ces forces terrestres, le puissant ost du Maître de Guerre fut renforcé par des flottes entières de navires de guerre qui se sont ralliées à lui, de leur plein gré ou non. La nécessité d’une telle armada n’est devenue évidente qu’après les événements de Isstvan, lorsque le chemin le plus court pour attaquer Terra n’était plus praticable, et que les guerres du soi-disant Âge des Ténèbres avaient commencé. Sans une expansion agressive du nombre d’embarcations capables d’emprunter le Warp dans l’arsenal des Traîtres, la guerre d’Horus n’aurait tout simplement pas été possible, car si les Legiones Astartes contrôlaient leurs propres navires, et des milliers d’autres encore, qui faisaient partie des grandes Flottes Expéditionnaires, ils ne suffisaient pas, à eux seuls, pour se déplacer et à ravitailler les vastes armées de toutes sortes qu’Horus avait maintenant rassemblées sous sa bannière et à livrer les batailles qui se déroulaient dans une zone de guerre qui était aussi large que la galaxie entière.

Pour assurer le service continu de ces vaisseaux et de leurs équipages lorsqu’ils étaient séparés du contrôle direct de ses Légions, le Maître de Guerre plaça de nombreux agents cachés, cultes, espions et assassins. Tout capitaine d’un navire renégat qui tentaient de renier ses serments à Horus tout en se pensant au-delà du regard du Maître de Guerre, se retrouvait abattu par un officier de pont qui était en fait un agent assermenté d’Horus, tandis que ceux qui faisaient preuve d’une ambition impitoyable au service du Maître de Guerre ou qui embrassaient les enseignements étranges et sinistres promulgués par les forces obscures qui marchaient dans l’ombre d'Horus étaient récompensés.[13]

Le Mechanicum Noir[modifier]

En plus de la composante humaine dans les rangs des Traîtres, les pouvoirs du Mechanicum ont également été d’une grande importance pour la guerre. Dans les rangs de ce "Mechanicum Noir", comme on le nomma, se trouvait des éléments puissants du clergé martien, de l’Ordo Reductor et de la Legio Cybernetica, ainsi que de nombreux cultes Myrmidons et un certain nombre de sous-cultes qui avaient fonctionné pendant de longues années à la pointe de techniques, tous rassemblés par le Fabricator-Général Kelbor. Ils avaient reçu le soutien de plus de la moitié des Legios Titanicus ainsi que des dizaines de Maisons de Chevaliers. Mars elle-même fut perdue pour les Loyalistes, tandis que la production et la puissance militaire des Mondes-Forges tels que Sarum, Voss, Cyclothrathe et Stygies s’étaient déclarés pour les Traîtres. Quant à Anvilus, Incaladion et Ryza, ils furent paralysés par la guerre civile.[14]

Les Forces Cachées[modifier]

Alors que les feux de l’Hérésie consumaient de plus en plus de pans de l’Imperium, d’autres forces, moins conventionnelles combattirent aux côtés des Traîtres. Outre les légions d’espions, d’agents, de cellules terroristes et de mercenaires implantés de longue date, beaucoup étaient issues de cultes. Un grand nombre étaient des fanatiques imprégnés de la folie de l’Immaterium qui se propageait monde après monde où étaient des disciples de l’Apôtre Noir Erebus où les Davinites qui avaient suivi le Maître de Guerre - entre autres -, semant une corruption indescriptible avant la guerre. La plupart étaient des adorateurs frénétiques qui se jetaient sur leurs anciens seigneurs en criant les louanges d’entités alors anonymes, mais qui devinrent trop familiers à mesure que l’Hérésie avançait. Peu de mondes n’ont pas été touchés par la présence de ces sectes trompeuses, mais il est remarquable que beaucoup d’Astartes des Légions Renégates évitèrent le contact direct avec elles. Les Word Bearers, en particulier, prirent en compte ces forces exaltées dans leurs plans de bataille. Notons que beaucoup semblaient vénérer les guerriers de Lorgar comme des demi-dieux ou des anges, se prosternant sur le sol en leur présence ou donnant leur propre vie au combat sans poser de question.

Il y avait un autre allié auquel le Maître de Guerre pouvait faire appel, celui que l’on rencontrait le plus souvent là où les sectes du Warp s’étaient déjà établies ou là où les plus grandes quantités de sang avaient été versées, bien que sur le champ de bataille, les incursions sont devenues de plus en plus répandues et imprévisibles. Il s’agissait des entités du Warp, connues par certains sous le terme obscur de "Démons". Beaucoup les considéraient comme des extraterrestres qui existaient simplement dans l’Immaterium tout comme le redouté parasite Psychneuein, ou comme des phénomènes psychiques, car la folie mortelle étant physique, bien que temporaire, avec l’augmentation des activités des tempêtes Warp à travers la galaxie.

Bien peu ont compris le danger ou le pouvoir réel de ces créatures, et ils ne le percevront pas avant un certain temps encore. Finalement, beaucoup dans les Légions Renégates combattirent côte à côte avec les légions des abysses, partageant leurs péchés et louant les noms de ces mêmes puissances. Mais au moment de la conquête du nord de l’Imperium par le Maître de Guerre, la plupart des Legiones Astartes, à l’exception notable des Word Bearers, les considéraient encore comme anathème à leurs principes ou les jugeaient être de simples phénomènes Warp dangereux, mais surtout dans les rangs des Emperor’s Children qui changèrent néanmoins rapidement dans les premières années de l’Âge des Ténèbres. La vérité - souvent négligée aujourd’hui - est que pendant de nombreuses années après Isstvan, la plupart des Légions Renégates se sont davantage préoccupées d’une rébellion à nature politique et cherchaient à imposer un nouvel ordre dans l’Imperium, sans vouloir le livrer à l’anarchie et au chaos du Warp, ce qui arriverait dans les années qui suivraient la fin de l’Hérésie.[15]

Les Légions Loyalistes[modifier]

« La mesure de la vraie gloire n’est pas de livrer la bataille sous l’éclatant soleil de la guerre, entouré de braves camarades sur le champ de la victoire, mais de se battre vaillamment, seul dans les ténèbres, sans espoir d’aide ni même qu’on se rappelle de vous, et défier les yeux dans les yeux le crépuscule. »
- Lion El'Jonson, Primarque des Dark Angels. Réflexions dans le Miroir de la Guerre, Vol III.
Les Loyalistes.
Au lendemain du Massacre du Site d’Atterrissage, l’Imperium plongea dans une période d’anarchie que les futurs historiens appelleront "l’Âge des Ténèbres". Pour ceux qui étaient encore fidèles à Terra, tout avait d’un coup été plongé dans la confusion, car personne ne savait qui était l’allié et qui était le traître, et un coup si grave avait été porté, que la survie même de l’Imperium était mise en question. De plus en plus, le Warp était en ébullition, rendant les voyages à travers le vide dangereux et prolongés, tandis que la communication astrotélépathique sur des distances étendues était pratiquement impossible. Les défenseurs de l’Imperium étaient ainsi isolés les uns des autres, privés de contact direct et séparés non seulement par la distance, mais aussi par des dangers insurmontables tout en étant vulnérables aux attaques.[16]

La Disposition des Légions Loyalistes[modifier]

Pour Rogal Dorn, sur les épaules duquel reposait le sort de Terra et peut-être même de tout l’Imperium, ce fut une période d’intense frustration alors qu’il tentait de consulter ses forces et de coordonner leur position. Dorn avait engagé la plus grande partie de sa propre flotte de sa Légion dans la force de représailles envoyée à Isstvan pour affronter les rebelles, mais elle était restée bloquée par les conditions tumultueuses du Warp, puis attaquée par les Iron Warriors renégats. Bien qu’on lui ait ordonné de retourner sur Terra le plus vite possible, la Légion de Dorn était loin d’être une force cohérente alors que les navires individuels traversaient l’Empyrée en furie, arrivant dans le Système Sol en flottilles déchiquetées et estropiées au lieu de la glorieuse flotte qui était partie des mois auparavant. Bien que les vestiges des Imperial Fists de Terra aient bénéficié des vastes ressources militaires qui s’y trouvaient, y compris des forces d’élite telles que la Legio Custodes et les puissants chantiers navals de la Flotte de Guerre de l’Armada Imperialis Solar de Saturne. Mars, cependant, s’étant soulevé pour soutenir le Maître de Guerre, leur était à présent interdit, et pire encore était devenue une épine mortelle dans le pied des Loyalistes, nécessitant un blocus constant et vigilant, et ainsi détournant davantage l’attention de Dorn, qui prit la décision de se concentrer sur la construction des défenses de Terra pour l’inévitable assaut à venir.

Ce que le Seigneur Dorn savait des événements calamiteux qui s’étaient déroulés à Isstvan venait directement du Primarque Corax, Seigneur de la Raven Guard. Après s’être libéré de l’effusion de sang du Massacre du Site d’Atterrissage, Corax avait mené les restes brisés de sa Légion dans une bataille de quatre-vingt-dix-huit jours pour sa survie, culminant par son sauvetage miraculeux des mâchoires mêmes de l’ennemi. Ignorant l’étendue de la trahison du Maître de Guerre et conscient qu’Horus pourrait s’attendre à ce qu’il retourne immédiatement vers le monde de sa Légion, Délivrance, pour fortifier et se rassembler, Corax traversa la turbulente du Warp pour rejoindre Terra, et raconter l’ampleur du Massacre du Site d’Atterrissage. Ce faisant, Corax ramena alors les quelques derniers milliers de ses guerriers dans leur foyer avec l’espoir désespéré de reconstruire son commandement ravagé.[17]

Les Légions Éclatées[modifier]

Parmi les autres Légions trahies pendant le Massacre du Site d’Atterrissage, on avait aucune certitude. Corax avait confirmé la triste nouvelle de la mort de son frère Ferrus Manus de la Xe Légion des mains de leur frère Fulgrim des Emperor’s Children, nouvelle qui avait profondément secoué Malcador et les membres du Conseil de Terra. De la Légion des Iron Hands elle-même, on savait que beaucoup d’entre eux avaient été poussés à la folie en assistant à la fin de leur père et s’étaient jetés dans le creuset de la guerre comme s’ils voulaient s’absoudre de cette perte en périssant. Pourtant, un nombre substantiel de Légionnaires des Iron Hands s’étaient extirpés du massacre, et bien que peu d’entre eux aient quitté la surface, beaucoup d’autres avaient survécu à l’embuscade désastreuse de la flotte de la Légion, se divisant et se dispersant dans les étoiles. Certains formèrent des groupes isolés, menant leurs propres guerres privées contre les Traîtres, comme les fameux "Red Talons" d’Autek Mor, ou refusaient tout maître hormis leur propre volonté, comme le fit la compagnie connue sous le nom de "Head of Stone" dans certains rapports. D’autres, comme ceux qui sont venus à suivre Shadrak Meduson, formeraient une série de forces ad hoc, structurées en cellules, qui se regrouperaient lentement en une seule organisation plus ou moins soudée ; une armée des Légions Éclatées, rejoint par des éléments d’autres forces qui avaient été détruite par la traîtrise de Isstvan.

Du sort des Legiones Astartes des Salamanders, on en savait encore moins. Les témoins avaient vu avec horreur tout le secteur dans lequel la dernière partie de la XVIIIe Légion s’était battue se consumer dans le feu atomique. Des trois Légions trahies lors du Massacre du Site d’Atterrissage, les Salamandres souffrirent le plus, peu d’entre eux s’échappant. La plupart d’entre eux se joignirent à l’amère Guerre des Ombres contre les Traîtres, soit en tant qu’éléments de bandes de guerre des Légions Éclatées, soit plus rarement en tant que forces entièrement cohérentes, comme celles qui suivirent le soi-disant "Prophète du Feu" du Siège de Mezoan et la libération de Goth, tandis que les modestes forces de gardes de Nocturne agissaient dans la défense agressive de leur monde natal conformément à leurs serments, continuant à lever des recrues au nom de leur Primarque et des traditions de la Légion sans leader. Du Primarque Vulkan, on supposa pendant une grande partie de l’Âge des Ténèbres qu’il avait péri.[18]

Les Loyalistes Dispersés[modifier]

On aurait pu supposer alors que la défense plus large de l’Imperium aurait pu être confiée à d’autres dont les Légions détenaient un pouvoir égal ou supérieur à celui de Dorn, mais qui n’avaient pas subi le fléau du Massacre du Site d’Atterrissage. Le candidat le plus évident pour cette hypothèse était peut-être l’indomptable Roboute Guilliman et les Ultramarines, qui en nombre se classaient au-dessus de toutes les autres Légions. Ici aussi, le génie du Maître de Guerre déchu frappa. Dans les mois précédant l’Atrocité de Isstvan III, alors qu’Horus cachait encore la trahison qui avait consumé son âme, le Seigneur d’Ultramar et la quasi-totalité de la XIIIe Légion furent renvoyés par Horus sur la Bordure Orientale pour se rassembler dans le système de Veridia pour contrer une attaque des Orks de l’Empire Ghaslahk. La Légion des Ultramarines était complètement coupé de toute communication lorsque la main du Traître frappa sous l’apparence d’un assaut sanglant des Word Berarers et, à l’insu de Terra, Guilliman en tira la terrible conclusion que le Trône était tombé.

La Légion des redoutés Blood Angels était également hors de portée de Terra, car en préparation de sa trahison, Horus avait rencontré son frère Primarque Sanguinius et l’avait chargé, ainsi que le reste de sa Légion, de pacifier l’Amas de Signus, et comme pour les autres ordres, ce fut aussi un piège. Les Blood Angels ne sortiraient de cette terrible guerre que beaucoup plus tard, et quand ils l’auraient fait, ils seraient transfigurés par l’expérience. Pour l’instant du moins, le statut des fils de Sanguinius était inconnu de Rogal Dorn, et il n’avait pas d’autre choix que de supposer que son frère Primarque n’hésiterait pas à l’aider dans la défense de Terra.

Le statut des Dark Angels était aussi largement inconnu de leurs camarades, la IèreLégion ayant été déployée loin à l’est de la galaxie à travers les mondes obscurs des Mondes-Boucliers pour apaiser les troubles qui y régnaient pendant plusieurs années. On ne sait pas si cette guerre a également été conçue par Horus pour s’assurer que les Dark Angels soient loin de Isstvan lorsque sa trahison fut dévoilée ou si son énigmatique Primarque Lion El’Jonson avait ses propres motivations. Quoi qu’il en soit, les Dark Angels ne prendront conscience qu’après le Massacre du Site d’Atterrissage de la catastrophe qui s’est produite, et ne joueront pleinement leur rôle qu’après leur sauvage confrontation avec les Traîtres des Night Lords pendant la Croisade de Thramas. Jusque-là, les Dark Angels resteront consignés dans le vide extérieur, et Terra et les mondes centraux de l’Imperium au-delà de leur aide.

Malgré le silence de Guilliman et du Lion, Dorn n’eut qu’un succès limité à communiquer avec d’autres de ses frères Primarques qui restaient pourtant fidèles. Le Seigneur Loup Leman Russ, Primarque de la VIe Légion, avait déjà été chargé de rejoindre son frère Magnus le Rouge des Thousand Sons pour lui faire rendre compte du crime d’avoir utilisé ses pouvoirs psychiques malgré la proscription directe de l’Empereur. Une fois de plus, le Maître de Guerre est intervenu et a manipulé Russ pour qu’il change sa mission d’emmener Magnus sur Terra vivant, pour à la place le rapporter mort - ou pas du tout - et de purger sa Légion. La bataille qui suivit fut apocalyptique et, malgré les forces alliées des Sœurs du Silence et de la Legio Custodes qui combattirent aux côtés des Space Wolves, la VIe Légion subit de lourdes pertes dans cette confrontation, tandis que leur ennemi fut pratiquement détruit. Après avoir rasé le monde des Thousand Sons, Prospero, et chassé Magnus vaincu et les restes de sa Légion qui s’étaient réfugiés là où personne ne pouvait les suivre, Russ s’était retiré à Alaxxes pour panser les blessures de sa Légion et, après le déclenchement de la guerre civile, avait pris contact avec son frère, Jaghatai Khan.

Le Seigneur des White Scars et sa Légion étaient eux-mêmes engagés contre les Orks dans le système de Chondax, non loin des Space Wolves. Quand les Space Wolves furent attaqués directement par une formidable flotte de l’Alpha Legion et qu’ils avaient un besoin urgent de renforts, les White Scars leur vint en aide. Quand enfin les tempêtes s’atténuèrent juste assez pour permettre un contact ténu entre les Astropathes de la flotte du Khan et Terra, Dorn, évaluant la situation à la lumière de la guerre en cours, demanda à Russ d’attirer la flotte de l’Alpha Legion dans les profondeurs du vide.

La guerre s’étendait maintenant sur toute la longueur et la largeur d’un Imperium chaotique et maintenant largement invisible. En ce qui concernait le Seigneur Dorn et le Sigillite, les Imperial Fists étaient les seuls de toutes les Legiones Astartes qui auraient à supporter le fardeau de la défense du Monde Trône. Jusqu’à ce que les tempêtes s’apaisent ou que les Légions qui, sans le savoir, suivaient encore les ordres trompeurs du Maître de Guerre puissent se frayer un chemin à travers elles, les défenseurs de Terra se tiendraient seuls pendant que la galaxie brûlerait autour d’eux.[19]

Incertitude et Allégeance[modifier]

Un Âge de Tempête[20]

L’Âge des Ténèbres était une ère déchirée par les tempêtes Warp. Le réseau de routes stables tracé à travers la galaxie par les Navigators de la Grande Croisade fut consumé dans une tempête Æthérique enragée. Même dans le meilleur des cas, voyager d’un système à l’autre, même à une douzaine d’années-lumière d’intervalle, était une entreprise dangereuse, mais lorsque les tempêtes Warp arrivèrent, cela devint pratiquement impossible. Des flottes entières ont tout simplement été avalées et des armées entières ont été pulvérisées en lambeaux. Les tempêtes Warp n’ont pas seulement entravé les déplacements, elles ont également rendu aussi la communication astrotélépathique presque totalement impossible. Pire encore, les habitants du Warp s’emparaient souvent de ces projections télépathiques et les modifiaient, parfois de manière éminemment horrifiante, mais trop souvent d’une façon suffisamment subtile et manipulatrice pour qu’elle ne soit pas immédiatement visible par le destinataire.

Bien que peu de systèmes aient été entièrement épargnés par les tumultes et les tempêtes Æhériques, la plupart furent coupés de leurs voisins dans des régions de poche ou isolés complètement. La plus grande tempête de l’Empyrée de ce genre avait coupé l’Imperium en deux ; c’était la Tempête de la Ruine, par laquelle seuls les Navigators les plus habiles et les serviteurs les plus dévoués du Grand Ennemi pouvaient établir un cap.

Peu de gens auraient pu se douter de la vérité totale et affreuse de cette époque, car ce n’est qu’avec le recul que l’on se rendit compte que la Tempête de la Ruine n’était pas un phénomène dû au hasard. Bien que peu le savaient à l’apogée de l’Âge des Ténèbres, la Tempête de la Ruine avait en fait été transformée en un affreux piège scellé par les pouvoirs qui habitaient à l’intérieur du Warp. Déclenchée par la promesse d’une effusion de sang à l’échelle galactique et alimentée par la haine qui éclata entre les anciens frères, la Tempête de la Ruine de Lorgar était devenue si féroce et si massive qu’elle était presque imperméable, exactement comme le Maître de Guerre l’avait prévu.

La trahison des Légions qui ont commis le Massacre du Site d’Atterrissage était un crime terrible contre toute la Grande Croisade, et les noms de ces Légions Renégates se sont répandus très loin. Dès le début, cependant, la division entre Loyaliste et Traître n’a jamais été aussi clairement définie que les générations futures pourraient le croire. Il était certainement vrai que le Maître de Guerre et ses complices avaient retourné des centaines de milliers de Légionnaires autrefois loyaux contre l’Imperium et leurs frères, mais sa portée ne fut jamais vraiment totale. La nature de l’immensité de la Grande Croisade de l’Empereur était telle que, tandis que chacune des Légions combattait souvent comme une armée entière sous la direction directe de son propre Primarque, de plus petits contingents étaient détachés à travers tout l’Imperium et dans le vide profond au-delà. Les exigences incessantes et toujours changeantes des nombreuses campagnes de Conformité en cours, allant des actions de répression contre les régimes récidivistes au renforcement des forces d’éclaireurs des Militants Libres-Marchands ont entraîné la création de détachements de Space Marine sur tous les sites, des escadrons individuels aux bataillons complets, opérant hors de portée des agents du Maître de Guerre pendant que le poison se répandait à travers leurs Légions d’origine.

Dans la plupart des cas, ces contingents étaient tout simplement trop éloignés pour être infectés par la souillure de la trahison. Au moment où ils se sont finalement retrouvés à portée de communication avec l’Imperium en général, l’astrotélépathie ayant été rendue presque impossible par le Warp torturé, les dés étaient jetés et les événements étaient déjà en marche. Confrontés à la trahison pure et simple, ces contingents ont vu le Maître de Guerre pour ce qu’il était vraiment et leurs frères comme des Traîtres, et rejetèrent leurs anciens frères.

Les dossiers ne précisent pas combien de ces groupes récalcitrants furent détruits par leurs propres frères à leur retour du service détaché.

Il est probable qu’à mesure que les événements avancèrent et que la trahison du Maître de Guerre suivi son cours, certains membres des Légions Renégates ont dû réévaluer leur allégeance. La trahison du Maître de Guerre s’est répandue à travers les Légions à un rythme choquant, mais ses effets sur les guerriers individuels étaient souvent subtils et variés. Un Légionnaire pourrait convenir, par exemple, que l’Empereur avait abandonné Ses Légions et qu’Horus, et non le Conseil de Terra, avait le droit de gouverner à Sa place. Ce même guerrier pourrait alors voir la nécessité d’une guerre interrégionale brève mais décisive pour purger les Legiones Astartes de ceux qui n’avaient pas la force et la vision pour prendre position contre les forces qui prenaient le contrôle de l’Imperium naissant.

Cependant, au fur et à mesure que la loyauté véritable du Maître de Guerre devenait évidente, même ceux qui suivaient ses ordres à Isstvan et ailleurs durent reconsidérer leur position. Au fur et à mesure que ces forces invoquées par Erebus des Word Bearers et d’autres devenaient plus familières, et que les vérités séculières auxquelles tant d’individus s’étaient accrochés pendant si longtemps s’avéraient être des mensonges, certains guerriers ont sûrement dû être saisi par le doute. Tous n’ont pas pu franchir le Rubicon et s’allier ouvertement avec les forces à l’origine de toute la rébellion, et pour beaucoup, la prise de conscience finale de la véritable nature de ces forces a dû arriver tragiquement tard, longtemps après que tout espoir de salut ou de rédemption soit possible.

Malgré la rareté des dossiers, les comptes rendus de petits groupes armés qui faisaient autrefois partie des Légions Renégates connues ont persisté tout au long de la guerre, indépendamment les uns des autres. Une poignée de récits existants, aujourd’hui scellés au-delà de toute récupération, font référence à une classe de guerriers non formels et peu avérés, connus sous le nom de "Boucliers Noirs". La majorité des Boucliers Noirs semblaient avoir appartenu aux Legiones Astartes, bien que certains aient pu appartenir à d’autres factions. Dans certains cas, le terme était une description littérale, les guerriers ayant obscurci la livrée de leur Légion mère, peignant une partie ou la totalité de leurs plaques d’armure en noir pour cacher leurs origines. Dans d’autres cas, les forces exclues portaient fièrement leurs couleurs d’origine et pouvaient se considérer comme les héritiers de leurs Légions. Ainsi, par exemple, le 34e Millénium des Emperor’s Children (les "Aigles de la Mort") portait avec fierté le pourpre et l’or de leur Légion mère, refusant d’abandonner leur héraldique. On pense que les Aigles de la Mort ont affrontés leurs frères renégats à Lethe et au Fort Revorthe dans les Profondeurs de Coronid, mais leur sort ultime, comme celui de tant d’autres, reste inconnu.[21]

Sources[modifier]

  • The Horus Heresy, Book Four - Conquest
  • MERRET ALAN, Visions d'Hérésie - Guerre, ténèbres, traîtrise et mort, 2014
  1. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Hour of the Warmaster (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Hour of the Warmaster (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Hour of the Warmaster - The Disposition of the Traitor Legions (traduit de l'anglais par Guilhem)
  4. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Hour of the Warmaster - The Dark Compliance (traduit de l'anglais par Guilhem)
  5. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Hour of the Warmaster - The Hounds of Horus Unleashed (traduit de l'anglais par Guilhem)
  6. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Hour of the Warmaster - The Scions of War (traduit de l'anglais par Guilhem)
  7. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Traitor Legions and Their Allies (traduit de l'anglais par Guilhem)
  8. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Traitor Legions and their Allies - The Dawning of the Wat (traduit de l'anglais par Guilhem)
  9. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Traitor Legions and their Allies - Vision of Conquest (traduit de l'anglais par Guilhem)
  10. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The March on Terra - The Traitor Auxilia (traduit de l'anglais par Guilhem)
  11. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Traitor Legions and their Allies - Unholy Alliances (traduit de l'anglais par Guilhem)
  12. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Traitor Legions and their Allies - The Traitor Auxilia (traduit de l'anglais par Guilhem)
  13. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Traitor Legions and their Allies - The Traitor Fleets (traduit de l'anglais par Guilhem)
  14. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Traitor Legions and their Allies - The Dark Mechanicum (traduit de l'anglais par Guilhem)
  15. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Traitor Legions and their Allies - Hidden Forces (traduit de l'anglais par Guilhem)
  16. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Loyalist Legions (traduit de l'anglais par Guilhem)
  17. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Loyalist Legions - The Disposition of the Loyalist Legions (traduit de l'anglais par Guilhem)
  18. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Loyalist Legions - Shattered Legions (traduit de l'anglais par Guilhem)
  19. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Loyalist Legions - The Loyalists Scattered (traduit de l'anglais par Guilhem)
  20. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Loyalist Legions - An Age of Storms (traduit de l'anglais par Guilhem)
  21. The Horus Heresy, Book Four - Conquest, Chapter The Loyalist Legions - Uncertainty and Allegiance (traduit de l'anglais par Guilhem)