Guerre de Quatre-Vingt-Dix-Huit Jours de la Raven Guard : Différence entre versions

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L’opération se poursuivra pendant de nombreuses semaines, poussant vers l’extérieur à travers la dépression jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les débris sans valeur de la guerre. Même des semaines après le Massacre du Site d’Atterrissage, des corps encore vivants seraient découverts parmi les milliers de morts, la physiologie génétique des Legiones Astartes capables d’entrer dans un état d’animation suspendue pour que le corps puisse guérir des blessures les plus horribles dans le temps. Certains Traîtres, notamment des éléments incontournables des Word Bearers et des [[Emperor's Children]] - chez qui une sombre folie cauchemardesque semblait s’être véritablement réveillée, mais dont la véritable nature n’était pas encore soupçonnée par des étrangers - prirent un plaisir cruel à les découvrir ; parfois en leur administrant des préparations alchimiques pour les réveiller, pour ensuite torturer et exécuter les malheureuses victimes, leur imposant ce qui équivaut à une seconde mort. Les fils du Corbeau ont fait ce qu’ils ont pu pour perturber le travail de ces équipes de récupération, tout en cherchant à éviter leur propre capture et leur fin sous des tortures. Des douzaines de superviseurs Technoprêtres furent victimes des rondes de tireurs d’élite silencieux de la Légion, déterminés à se venger des crimes obscurs dont ils avaient été témoins grâce à leur lunette de visée, ou plaçaient des explosifs dans les pièces intéressantes pour un recyclage. Mais en fin de compte, de telles contre-attaques n’étaient que de simples piqûres d’épingle au vaste effort de récupération que les Traîtres avaient entrepris.<ref>The Horus Heresy, Book Three - ''Extermination'', Chapter ''The Fires of Heresy - Part V : Victory is Vengeance - Reclamation'' ''(traduit de l'anglais par Guilhem)''</ref>
 
L’opération se poursuivra pendant de nombreuses semaines, poussant vers l’extérieur à travers la dépression jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les débris sans valeur de la guerre. Même des semaines après le Massacre du Site d’Atterrissage, des corps encore vivants seraient découverts parmi les milliers de morts, la physiologie génétique des Legiones Astartes capables d’entrer dans un état d’animation suspendue pour que le corps puisse guérir des blessures les plus horribles dans le temps. Certains Traîtres, notamment des éléments incontournables des Word Bearers et des [[Emperor's Children]] - chez qui une sombre folie cauchemardesque semblait s’être véritablement réveillée, mais dont la véritable nature n’était pas encore soupçonnée par des étrangers - prirent un plaisir cruel à les découvrir ; parfois en leur administrant des préparations alchimiques pour les réveiller, pour ensuite torturer et exécuter les malheureuses victimes, leur imposant ce qui équivaut à une seconde mort. Les fils du Corbeau ont fait ce qu’ils ont pu pour perturber le travail de ces équipes de récupération, tout en cherchant à éviter leur propre capture et leur fin sous des tortures. Des douzaines de superviseurs Technoprêtres furent victimes des rondes de tireurs d’élite silencieux de la Légion, déterminés à se venger des crimes obscurs dont ils avaient été témoins grâce à leur lunette de visée, ou plaçaient des explosifs dans les pièces intéressantes pour un recyclage. Mais en fin de compte, de telles contre-attaques n’étaient que de simples piqûres d’épingle au vaste effort de récupération que les Traîtres avaient entrepris.<ref>The Horus Heresy, Book Three - ''Extermination'', Chapter ''The Fires of Heresy - Part V : Victory is Vengeance - Reclamation'' ''(traduit de l'anglais par Guilhem)''</ref>
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===Les Chasseurs===
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Vers le vingtième jour après le Massacre du Site d’Atterrissage, la lutte de la Légion pour sa survie entrait dans une nouvelle phase douloureuse. À ce moment-là, les Traîtres savaient qu’une force importante de Loyalistes avait survécu et tentèrent à plusieurs reprises de les forcer à combattre. Le Seigneur Corax, cependant, ne devait pas être entraîné dans une confrontation ouverte, ses forces n’ayant aucune chance de gagner. Au lieu de cela, il exécuta une série d’attaque conçue pour détourner et perturber les opérations de l’ennemi et contester sa domination sur les désolations entourant la Dépression d’Urgall.
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Le plus grand nombre de Traîtres laissés pour parcourir le monde appartenait à la Légion des World Eaters, dirigée par leur sauvage Primarque Angron. Les autres Légions Renégates, avec de plus petits contingents, se déployaient différemment, conduisant la Raven Guard à la conclusion que ceux laissés sur Isstvan V le vivait comme une punition ou représentaient des éléments d’une Légion Renégate que leur Primarque avait décidé de garder à l’écart du gros de leurs forces. Cette hypothèse fut confirmée par le fait qu’un certain nombre de ces contingents de Traîtres restants se révélèrent être hargneux et indisciplinés, la gloire et la noblesse de la Grande Croisade de l’Empereur ayant apparemment été oubliées. Les Sons of Horus étaient souvent composés en petites bandes de chasseurs, la plupart accompagnés de [[Cyber-Mastiff]]s capables de détecter la proximité même des guerriers les plus furtifs de la Raven Guard et de les suivre sur plusieurs kilomètres. Par comparaison, les Word Bearers suivirent leur propre plan, leurs actions guidées par leur propre dogme ritualiste incompréhensible et restèrent souvent à l’écart de leurs propres supposés alliés - peut-être parce que leurs actions auraient suscité trop de questions auxquelles ils auraient préféré ne pas répondre à leurs "frères d’armes". Le contingent des [[Iron Warriors]], plus petit mais bien pourvu en véhicules lourds et en matériel de guerre, ratissa les désolations avec des colonnes blindées compactes, dont les trois plus grands présentaient pour Corax l’opportunité qu’il attendait.
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La campagne du Seigneur Corbeau contre les colonnes blindées des Iron Warriors devait s’étendre sur plusieurs semaines et annoncer certains des combats les plus intenses avant les toutes dernières batailles sur Isstvan V. Lors des premières opérations, les escouades de la Raven Guard suivirent l’ennemi pendant qu’elles fouillaient les collines, recueillant des renseignements sur les forces et les faiblesses des Iron Warriors. Les fils de Perturabo ne semblaient pas suivre une doctrine d’exploration particulière, ou du moins ses officiers se faisaient peut-être concurrence plutôt que de s’entraider. Il était donc relativement simple pour la Raven Guard disciplinée d’identifier la force des Iron Warriors et de les isoler au moment et à l’endroit de leur choix. Chacune des trois plus grandes colonnes était composée de plusieurs dizaines de véhicules blindés, dont au moins la moitié étaient des véhicules de transport tels que des [[Rhino]]s et des [[Land Raider Space Marine|Land Raiders]] transportant un important effectif d’infanterie. Les autres étaient des chars de combat [[Predator]] et des chars d’artillerie lourde [[Thunderstrike]], une classe de machines de guerre très appréciée par les Iron Warriors. Les éclaireurs de la Raven Guard s’inquiétaient davantage des escadrons de Motojets [[Scimitar]] qui se trouvaient à l’avant des colonnes dans leur chasse incessante des survivants Loyalistes. À plusieurs reprises, des éclaireurs de la Raven Guard furent repérés alors qu’ils suivaient les colonnes et beaucoup payèrent le prix ultime pour les connaissances qu’ils recueillirent.
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Finalement, le Seigneur Corbeau avait rassemblé les informations dont il avait besoin et rassembla une force pour une embuscade au nord de la Dépression d’Urgall. Sa cible était la plus petite des trois colonnes blindées des Iron Warriors, contre laquelle il avait l’intention de tester la capacité et la volonté de combattre des Traîtres. L’attaque fut lancée dans les heures qui précédèrent le lever du soleil, alors que les Traîtres se préparaient à sortir de leur retranchement. La surprise fut totale, car dans leur arrogance, les Traîtres n’avaient pas prévu d’affronter des Loyalistes organisés. Avant même que l’ennemi n’ait pu réagir, la première vague d’[[Escouade d'Assaut]] de la Raven Guard, dirigée par le Primarque, atteignit les positions des Iron Warriors et massacra leur ennemi avec un abandon froid et précis. La bataille ne dura pas plus d’une heure avant que le Primarque n’ordonne à ses guerriers de se retirer, car les renforts des Traîtres étaient arrivés et l’objectif premier du Seigneur Corbeau avait été atteint.
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Lorsque Corax et ses guerriers se retirèrent, ils laissèrent derrière eux les cadavres de plusieurs centaines de Traîtres et les carcasses de dizaines de véhicules. Du point de vue militaire, la bataille était insignifiante comparativement aux pertes que les Traîtres avaient infligées aux Loyalistes lors du Massacre du Site d’Atterrissage et par la suite. Sur le plan du moral, cependant, cela n’aurait pas pu être plus important. La Raven Guard avait porté un coup significatif contre les Traîtres, et même si chaque fils de Corax devait finir par mourir sur la surface sablée de Isstvan V, se serait avec gloire et honneur.
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L’histoire rapporte une anecdote supplémentaire à cette bataille. Alors que la Raven Guard fondait dans l’ombre, on entendit un chant atonal et profond qui résonnait à travers les désolations. Ce son fit retourner Corax et plusieurs membres du [[Mor Deythan]] qui surveillaient l’arrière de corps principal durant sa retraite. Le son s’est répété, beaucoup plus près cette fois-ci, et un faisceau de lumière rouge fut projeté à travers la sombre brume matinale. Enfin, la Raven Guard vit une phalange de marcheurs se diriger vers le lieu de la bataille, dont la forme n’était pas familière mais clairement le produit d’une discipline ésotérique pratiquée par les alliés du Maître de Guerre issu du Mechanicum. C’était la première fois que l’on enregistrait la présence de machines de guerre connus sous le nom de "chasseurs-amblyopes", une classe d’automates mécaniques dotés d’une terrible intelligence et d’un arsenal redoutable, et destiné à traquer tous les survivants laissés à la surface de Isstvan V. Leur existence et leur présence même sur la planète à ce moment-là étaient une preuve supplémentaire de la portée et de l’ampleur de la trahison du Maître de Guerre.<ref>The Horus Heresy, Book Three - ''Extermination'', Chapter ''The Fires of Heresy - Part V : Victory is Vengeance - The Hunters'' ''(traduit de l'anglais par Guilhem)''</ref>
  
 
==Source==
 
==Source==

Version du 12 juillet 2019 à 23:32

EnProgrès.jpg
Artikle pô fini. J’suis en train d’mettre ça
kom il fô pour k’ça soit tout bô tout bien !
- Krapull Kass’Krane, Mékano
et scribe stagiaire Ork.


« Nous n’avons pas de place pour l’espoir. Nous planifions et nous agissons. L’espoir est pour les rêveurs et les poètes. Nous avons notre volonté et nos armes, et nous forgerons notre propre destin. »
- Seigneur Corax, Primarque de la Legiones Astartes Raven Guard.

La Guerre de Quatre-Vingt-Dix-Huit Jours de la Raven Guard Avant le Salut

La Guerre de Quatre-Vingt-Dix-Huit jours de la Raven Guard.
Un récit compilé à partir de témoignages de survivants et de témoignages de ceux qui ont enduré ces épreuves.

Au lendemain du Massacre du Site d'Atterrissage, tout était anarchie et ruine sur Isstvan V. Parmi les Légions Space Marines qui avaient été trahies jusqu’à leur destruction, ceux qui avaient survécu connaissaient le désespoir et l’horreur. Confrontée à une trahison d’une telle ampleur et à la terrible puissance meurtrière qui leur était opposée, chaque Légion réagissait en fonction de sa propre nature et de son caractère. Les Salamanders se jetèrent massivement dans le creuset brûlant de la guerre, bien que confrontés à des obstacles inattaquables, la majorité d’entre eux ne revenant jamais. Les Iron Hands, sombrant dans la folie par le spectacle inconcevable de leur Primarque, la Gorgone, décapitée par son propre frère, furent consumées par une haine sans borne. Les Raven Guards, cependant, étaient différents. Guidé par leur propre nature, l’héritage du Seigneur Corbeau a porté ses fils restants non pas vers le feu, mais loin de lui, dans l’ombre. Corax avait survécu, et ce facteur par-dessus tout devait être le salut de sa Légion.

Rapidement après avoir deviné le piège impitoyable qui encerclait les Loyalistes sur le site d’atterrissage, il ordonna une extraction générale de sa Légion dès qu’il se serait sorti d’une confrontation directe et sanglante avec ses frères Primarques devenus ennemis : Lorgar et Curze. Ici, les stratégies guerrières de la Raven Guard, axées sur les manœuvres rapides et les retraites feintes, firent une différence significative. Les protocoles pratiqués de longue date par la Raven Guard ont permis de mettre en place un plan de retrait rapide et efficace malgré les ravages qu’ils subirent. Les coordonnées de rendez-vous de combat et de dispersion d’urgence ont été codées par Corax à travers le réseau de commandement de la Légion, à l’aide de phrases et d’expressions idiomatiques remontant à l’insurrection de Lycaeus. Corax soupçonnait à juste titre que le réseau de commandement et de contrôle de sa Légion était compressée et ce seul fait sauverait à lui seul de nombreuses vies parmi ses Légionnaires.

Alors que sa Légion commençait son combat hors des zones d’extermination, Corax vint au secours d’un corps de ses fils isolé par une masse de Word Bearers. Le Seigneur Corbeau lui-même était une tempête de mort vêtue d’ombre, ses yeux flamboyants de haine, sauvages et impitoyables dans sa vengeance et pourtant non sans but. Il avait perdu une de ses Griffes Éclairs lors d’un duel contre son frère déséquilibré, le Night Haunter. Mais il déchaîna son autre Griffe, frappant à chaque coup un Légionnaire ennemi, le réduisant en lambeaux avant de jeter des viscères fumantes sur les sables noirs assoiffés, et quand il s’envola dans le ciel avec ses Ailes du Corbeau noir, il redescendait immédiatement pour faucher des dizaines de Traîtres et sauver des poches de Loyalistes isolés et encerclés, tombant comme un éclair sur leurs attaquants et leur permettant de quitter le lieu de la tuerie.

La bravoure et la rage du Seigneurs Corbeau n’étaient pas irraisonnées, mais canalisés dans un seul but - laisser le temps à ses fils de se sortir de l’anarchie meurtrière de la Dépression d’Urgall. Escouade par escouade, Compagnie par Compagnie, le Raven Guard s’est désengagé des Traîtres, les escouades de reconnaissance de la Légion utilisant le chaos général pour identifier les routes d’extraction et les points de rassemblement dans les désolations au-delà. Les Moritats de la Légion sillonnaient le champ de bataille, voyant cette heure sombre comme le moment pour eux d’accomplir leur plus grand dessein et trouver une rédemption sanglante, tombant sur des ennemis que les escadrons de reconnaissance ne pouvaient pas contourner, beaucoup d’entre eux offrant héroïquement leur vie afin d’éviter la destruction de toute leur Légion. Moins d’une heure après le grand acte de trahison des Traîtres et le massacre qui en résulta, tous ceux qui s’échapperaient vivants à la Dépression d’Urgall se frayèrent un chemin à travers l’arrière-garde de l’ennemi et traversaient les collines. Ceux qui ne pouvaient les atteindre étaient à ce moment condamnés. Tous, à l’exception de Corax lui-même, qui était maintenant entouré de plusieurs milliers de Traîtres dans la mer de carnage et de feu au centre du champ de bataille du site d’atterrissage qui se rétrécissait peu à peu. Bien que Corax ait tué des centaines de guerriers et aurait pu en tuer des centaines d’autres, même un être aussi puissant qu’un Primarque aurait été, avec le temps, submergée par le poids des nombres qui s’entassaient de toutes parts.

Au lendemain du Massacre sur le Site d'Atterrissage sur Isstvan V…
Avec des hordes de Traîtres qui se rapprochaient de Corax désormais isolé et une tempête de feu qui grondait dans les airs, un seul vaisseau de combat Thunderhawk de la Raven Guard descendit avec succès du ciel zébré contre vents et marées, et parvint à sécuriser une zone d’atterrissage près du Primarque. Une fois à bord, Corax resta à la rampe d’assaut ouverte, et on raconte que ses yeux noirs brûlaient alors qu’il maudissait les innombrables hordes tandis que le vaisseau de combat décollait de nouveau, le souffle arrière de ses moteurs consumant les morts trahis qui s’étaient battus jusqu’au bout aux côtés de leur seigneur.

Le Thunderhawk était commandé par le Maître de la Descente de la Légion, le Capitaine Alvarex, l’officier responsable de diriger les débarquements planétaires de la Légion. Refusant d’admettre la perte de son Primarque, Alvarex avait ordonné à son Thunderhawk de tracer le ciel brûlant au-dessus du site d’atterrissage, tout en échappant aux tirs ennemis qui avaient fait chuter des dizaines d’autres vaisseaux jusqu’au sol parsemé de cadavres. Bien que l’habileté, la détermination et la chance du pilote aient duré assez longtemps pour atteindre Corax et assurer l’embarquement du Primarque, elles ne pouvaient pas tenir éternellement. Inévitablement, la concentration du feu dirigé contre le Thunderhawk déchiqueta sa coque blindée, arracha une aile et pulvérisa son cockpit, tuant le pilote et le copilote en un instant. Luttant avec les commandes en miettes alors même que le cockpit brûlait autour de lui, le Capitaine Alvarex persévéra pour arrêter la descente en piquée du vaisseau de combat touché, transformant ce qui aurait été un crash catastrophique en un atterrissage contrôlé. Bien que la plupart des membres de l’équipage aient été tués et que le Capitaine ait été grièvement blessé, le Primarque avait survécu grâce au dévouement et au sacrifice d’Alvarex Maun, les deux rejoignant la Légion alors que le soleil se couchait enfin sur ce grand jour de trahison.[1]

La Nuit de la Boucherie

De la première nuit sur Isstvan V, il ne reste qu’une multitude de récits fragmentaires, dont beaucoup sont totalement contradictoires. Certains survivants ont parlé plus tard de marées de Traîtres qui déferlèrent sur les collines dans une frénésie débridée, hurlant pour réclamer le sang des survivants. D’autres ont décrit un chant profond et sonore qui roulait dans les vallées comme le tonnerre et qui faisait trembler les cœurs de ceux qui étaient encore fidèles à l’Empereur. D’autres preuves encore montrent des bandes de Traîtres fonçant sur des Loyalistes isolés et les trucidant dans une sauvagerie barbare, alors que des transporteurs de guerre tiraient sans discernement, peu importe qui ils tuaient, tant que ce n’était pas les leurs. Le nombre de combats qui firent rage tout au long de cette nuit ne peut être connu, car chaque Légionnaire a mené sa propre guerre amère pour survivre.

Tandis que le corps principal de l’ennemi harcelait la Raven Guard par derrière, d’autres tombaient sur eux par en haut alors qu’ils avançaient le long des ravins crevassés. Peu de Légionnaires avaient des munitions en réserve, et la plupart de ces batailles ont donc été livrées avec les poings et les couteaux de combat. Lorsque des Raven Guards tombaient, leurs frères firent des tentatives incroyablement vaillantes pour les sauver de l’ennemi hurlant et sanguinaire. Ceux qui pouvaient marcher portaient ceux qui ne le pouvaient pas, leur retraite étant toujours sur le point d’être submergée. Mais lorsque le soleil de Isstvan V est apparu à l’horizon, pénétrant à peine dans les cieux tachés de fumée et torturés, la majeure partie des Raven Guards survivants avaient distancés leurs poursuivants, trouvant refuge dans les ravins labyrinthiques au-delà des Collines d’Urgall, du moins pour une courte période.

Pendant que la Raven Guard combattait aux côtés de son Primarque, les Légionnaires incapables d’échapper au nœud coulant des armées renégates étaient systématiquement massacrés. Au fur et à mesure que les marées de la guerre diminuaient, les Traîtres fouillaient le champ de bataille, les genoux enfoncés dans les corps brisés de leurs anciens frères, à la recherche des mourants pour les achever. D’autres ont recherché des blessés afin de pratiquer des tortures abominables sur leur chair déjà dégradée. Certaines Légions Renégates ont empilé leurs propres morts sur de grands bûchers pour que leur trépas soit honorée alors que les flammes grandissantes léchaient le ciel noirci. Les World Eaters sont connus pour avoir commis l’un des actes de sauvagerie les plus ignobles de ce jour en massacrant les morts et les mourants, en les décapitant, en arrachant la chair de leurs crânes et en les empilant dans d’énormes ossuaires. Les Word Bearers, suivant les enseignements de leur Primarque damné, ont pratiqués leurs propres rituels de victoire, dont la terrible signification nous est maintenant que bien trop connue.

Comme pour rajouter l’infamie sur l’ignominie, les Traîtres commencèrent une autre mutilation, encore pire, de ceux qui étaient tombés au champ d’honneur. Des dizaines de milliers de cadavres eurent leurs glandes progénoïdes - l’implant qui porte la graine génétique des Space Marines par laquelle les Légions elles-mêmes se reproduisent - arrachées, pour des fins que peu oseraient spéculer.[2]

Le Ciel en Flammes

La Nuit des Cendres[3]

À l’aube du troisième jour, peu de la précieuse lumière de l’étoile du système de Isstvan pouvait pénétrer à travers les nuages noirs qui s’étaient installés au-dessus de la Dépression d’Urgall et qui s’étendaient progressivement dans toutes les directions. La prétendue Nuit des Cendres a été déclenchée par la destruction pure et simple qui s’était déchaînée pendant le Massacre du Site d’Atterrissage, et intensifiée comme des bûchers funéraires imposants ébranlant des colonnes de fumée noire de plus en plus épaisses qui se répandaient dans le ciel. Pendant de longues journées, une fine pluie de cendres est tombée du ciel, une pluie qui était, littéralement, amère pour les Loyalistes, car elle était faite des restes incinérés de leurs frères tombés au combat.

Le miasme qui recouvrait le ciel était rendu encore plus dense par les innombrables tonnes de particules projetées vers le haut suite aux impacts de tant de débris d’engins spatiaux. L’effet ne se limitait pas à réduire la visibilité ou à bloquer le potentiel soutien aérien rapproché pour les formations de recherche des Traîtres - car les carcasses qui pleuvaient à la surface représentaient un danger supplémentaire bien au-delà de leur potentiel danger balistique pur. Au milieu de l’épave se trouvaient des réacteurs, des piles à combustible et d’autres composants construits à l’aide de technologies ésotériques souvent antérieures à l’Imperium et mal compris par le Mechanicum. Bientôt, les matières les plus dangereuses connues de l’Humanité furent semées dans l’atmosphère et dispersées dans les désolations maudites. Lorsque les pluies sont enfin arrivées, elles ont été contaminées par les radiations et le poison, ainsi que par la trace psychique laissée par la mort d’innombrables Navigators et Astropathes. Les pluies qui suivi la Nuit des Cendres se sont avérées mortelles pour ceux qui n’appartenaient pas aux Legiones Astartes ou qui n’étaient pas été protégés de leurs effets par des moyens technologiques ou biologiques. Les quelques survivants de l’Armée Impériale laissés à la surface de Isstvan V avaient peu de chances de survivre à la pluie agressive, la plupart tombant en proie à ses effets horribles en quelques jours.

Alors même que la Raven Guard s’échappait de ses poursuivants hurlants, un autre tourment fut infligé sur la surface dévastée par la guerre de Isstvan V. Les carcasses flamboyantes des navires de guerre Loyalistes pris dans l’embuscade des Traîtres commencèrent leur descente inexorable et fatale. Les réseaux vox hurlaient comme s’ils souffraient, bégayant le code de la machine et des réactions hurlantes entrecoupées d’appels à l’aide désespérés. Les quelques Techmarines et Maîtres de Signal restant dans la force du Seigneur Corbeau ont combattu en vain pour établir un lien bidirectionnel avec la source. Bientôt cependant, les cieux torturés et enfumés s’illuminèrent en orange par des incendies au-dessus des nuages et le grondement des explosions stratosphériques roula sur la surface comme un tonnerre lointain. D’horizon en horizon, les nuages s’agitèrent d’énergies inimaginables tandis que les Loyalistes et les Traîtres s’arrêtaient pour regarder vers le haut. Puis le premier fragment non incinéré par les feux de rentrée atmosphérique est apparue, séparant les nuages et s’écrasant sur le sol avec une force égale à celle d’un bombardement planétaire. L’explosion qui en résulta creusa un cratère d’une centaine de mètres de diamètre et projeta dans l’atmosphère des dizaines de milliers de mètres de nuages en champignons. Quelques instants plus tard, des débris brûlants pleuvaient et une onde de fumée cendrée étouffa tout le monde. C’était le premier d’une série de centaines d’impacts qui allaient s’abattre sur la surface de la planète au cours des prochains jours, des semaines et des mois, infligeant des destructions aveugles chez les Loyalistes et chez les Traîtres.

Les débris des épaves chavirant depuis l’orbite submergèrent le réseau vox d’interférences impénétrables et réduisirent de façon drastique la visibilité. La Raven Guard s’enfonça de plus en plus profondément dans la terre brisée au-delà des Collines d’Urgall, une vaste région de fissures appelée les Failles d’Illium. Au crépuscule de ce deuxième jour, peu de choses étaient connues sur le sort des Iron Hands et des Salamanders. Corax fut donc vu arpentant les limites extérieures des failles, son regard sombre, ses humeurs oscillant violemment entre la froideur et la mélancolie. À plusieurs reprises, il conduisit des guerriers qu’il avait choisi dans les collines à la recherche de ses fils perdus de la Raven Guard, et de tout autre membre des forces Loyalistes qui aurait survécu. Il revint plusieurs fois avec des Légionnaires de la Raven Guard qu’il avait croisé dans les collines.

Des signes d’autres survivants s’étant échappés du massacre de la Dépression d’Urgall furent trouvées, dont plusieurs sous la forme de traces menant à des cadavres broyés de guerriers jadis fiers qui furent pris aux pièges comme des animaux. Tout au long de la nuit, des bandes encore plus dispersées de la Raven Guard se sont éparpillées pour trouver refuge, beaucoup blessés presque au-delà de la capacité de combattes, dans leur corps et dans leur esprit. De toutes les horreurs dont ils avaient été témoins, de toutes les blessures qu’ils avaient endurées pendant les guerres de la Grande Croisade, ceci était un phénomène entièrement nouveau. La trahison qui avait divisé les Legiones Astartes en deux leur avait infligé une blessure qu’aucun autre ennemi n’avait jamais administré - pour la première fois, l’esprit vénéré, façonné par la main de l’Empereur Lui-même, était tendu jusqu'à la rupture.[4]

Survivre

Sous le regard vigilant de la Raven Guard, l’intention des Traîtres s’est révélée. Des barges de transport ultra-blindées descendirent du ciel encore tourbillonnant comme des colonnes de feu, perturbant encore plus l’atmosphère agitée. Les plus lourdes étaient assez grosses pour accueillir les puissants Titans renégats, tandis que des centaines d’autres transporteraient la majeure partie des unités de ligne des Légions Renégates en orbite et les conduisaient vers la phase suivante du plan du Maître de Guerre. Des escouades de reconnaissance de la Raven Guard espionnèrent les vastes volcans éteints à l’ouest et au nord de la forteresse du Maître de Guerre qui furent transformés en zones de débarquement, des centaines de milliers de Légionnaires et leurs serfs traversant la dépression pour embarquer. Corax exigea qu’on lui rende compte de leur nombre et les unités de reconnaissance lui signalèrent que le gros de chaque Légion Renégate partait, mais que chacune semblait laisser derrière elle un noyau de guerriers dont ils ne pouvaient déterminer la raison. La seule Légion qui n’a pas pris congé était les World Eaters, qui parcouraient les collines et les désolations, cherchant toujours à exécuter toujours plus de survivants et à ajouter plus de crânes à taser aux tumulus d’os en croissance. Angron, semblait-il, ne quitterait pas Isstvan V tant que le massacre ne serait pas terminé.[5]

Exaltation de la Ruine

Isstvan V après le Massacre du Site d’Atterrissage. (En Anglais).
(Cliquez pour agrandir)
Confrontée à la dure réalité de l’actuelle situation stratégique, la Raven Guard s’est repliée sur les doctrines de combat et les tactiques de campagne qui lui avaient été inculqués par son Primarque pendant les années précédant le soulèvement de Lycaeus. Les escadrons de la mort renégats, en particulier ceux des World Eaters, fouillèrent les collines et les désolations, en nombre toujours croissant dans leur traque aux survivants du Massacre du Site d’Atterrissage. En réponse, Corax lança une série d’attaques de diversion astucieusement conçues afin d’attirer les Traîtres loin des gorges des Failles d’Illium dans lesquelles la Raven Guard s’était réfugiée. Il les appâta dans les montagnes et les déserts au nord et au sud de la Dépression d’Urgall. Au cours de ces actions, les escouades de la Raven Guard s’éloignèrent, revenant parfois avec plus de survivants, le plus souvent avec de nouvelles blessures et des témoignages des morts qu’elles avaient vus. Les escadrons de la mort des Traîtres traquaient les survivants comme si s’étaient du sport et infligeaient des tortures indescriptibles aux corps de ceux qu’ils avaient poursuivi et attrapé.

Le retour d’une force particulière apporta avec elle de sombres nouvelles. Après avoir tendu une embuscade et détruit un escadron de la mort des Sons of Horus, le groupe est tombé sur la proie des Traîtres, un trio de Légionnaires du 12e Bataillon de la Raven Guard. Pourtant, ils ne purent fêter leur victoire, car les proies d’autrefois se retournèrent contre leurs sauveurs en faisant preuve d’une sauvagerie aberrante. Les fils de Corax ont été pris par surprise par l’acte de leurs frères et l’un d’eux avait été tué dans la confrontation qui s’en suivi. Les Légionnaires enragés furent enfin maîtrisés, mais non sans que les deux camps souffrent de blessures encore plus graves. Même lorsqu’ils étaient retenus, les Légionnaires violents se crispaient contre leurs liens et crachaient des malédictions amères à leurs sauveurs, leurs yeux noirs envahis d’une fureur inexplicable.

Bientôt, le phénomène se répéta. Un certain nombre de Légionnaires qui avaient servi autrefois dans le Librarius, mais qui après la proclamation de l’Édit de Nikaea avaient renoncé à leur rôle de guerriers-Psykers et rejoint les Compagnies de Ligne, firent part à leur Primarque de leurs suspicions. Même sans engager consciemment leurs compétences psychiques, chacun avait détecté une accumulation lente mais inexorable de pression psionique. Au début, ils avaient pris cela pour la manifestation de la violente colère qui s’était déchaînée dans le temps et l’espace concentré du Massacre du Site d’Atterrissage. Pourtant, à mesure que les jours passaient, il devenait de plus en plus évident que quelque chose de beaucoup plus sombre et contraire à la raison se produisait. Le Primarque, cependant, était déjà conscient du phénomène, bien qu’il ait gardé ses propres doutes quant à l’étendue réelle de ses connaissances. C’était l’œuvre des World Eaters, et représentait un autre signe de l’ampleur de la chute des Traîtres.

Tout au long de la Dépression d’Urgall et au-delà, les World Eaters élevaient des pyramides de crânes de plus en plus hautes. Au début, ils semblaient aléatoires dans leur forme et leur fonction, bien qu’ils évoquaient les représentations de la mort et les temples d’ossuaires construits sur les mondes les plus sauvages de l’Humanité pendant la Grande Croisade. L’acte de rassembler les crânes de ceux qui étaient tombés au champ d’honneur, de les jeter et de les empiler en de vastes pyramides à travers toute la Dépression d’Urgall et de plus en plus loin dans les collines se présentait comme une sorte de rite de victoire. D’une manière ou d’une autre, ce rite s’avérait être la source de la folie qui avait affligé les Raven Guards secourus et tous ceux qui restaient trop longtemps dans l’ombre des monuments. Une sorte de résonance psychique s’échappait des vils monuments, remplissant ceux qu’ils touchaient de colère et de soif de sang.

Plus tard, les escouades de reconnaissance de la Raven Guard verront leurs anciens alliés accomplir des rituels de victoires sauvages autour des monuments, confirmant à beaucoup que les fils d’Angron n’avaient qu’une âme de primitifs assoiffés de sang. D’autres voyaient dans les rituels quelque chose de bien plus sombre encore, quelque chose qui a existé il y a longtemps dans l’obscurité de la Longue Nuit.

Il faudra plusieurs années avant que la véritable nature du phénomène ne soit révélée, et si leur Primarque en savait peut-être plus, la Raven Guard était totalement ignorante de telles pratiques à ce moment-là, même s’il était évident qu’un pouvoir au-delà de l’ordre naturel de la réalité se trouvait impliquée. Gardant sa propre opinion sur la question, le Primarque ordonna une série d’attaques contre un certain nombre de ces structures blasphématoires, les forces de frappe de guerriers choisis y placèrent des bombes melta à leurs bases. Les détonations qui en résultèrent firent s’effondrer les monuments dans des flammes purificatrices. L’effet qu’ils exerçaient dans les régions environnantes s’atténua, mais si il ne se relâcha jamais entièrement.[6]

Consolidation

Au fur et à mesure que les batailles se poursuivaient, le Primarque réorganisa sa Légion, la forgeant à nouveau en quelque chose ressemblant à des guerriers déterminés à survivre ou à vendre chèrement leur vie et moins aux victimes brutalisées de la trahison du Maître de Guerre. Les forces d’assaut de la Raven Guard lancèrent une série d’attaques prudentes, mais audacieuses, contre les escadrons de la mort des Traîtres isolés de la grande masse de l’ennemi, remportant de nombreuses petites batailles âprement disputées dans les désolations. Beaucoup de ces affrontements ont été menés avec des couteaux de combat ou des armes improvisées ; l’objectif étant de tuer l’ennemi et d’emporter ce qui pourrait être récupéré de leur cadavre. Avec le temps, les stocks de munitions se sont reconstitués à tel point que des attaques plus audacieuses ont pu être lancées. C’est au moment où de petits groupes de la Raven Guard s’enfoncèrent de plus en plus dans les terres hantées par les Traîtres au niveau de la Dépression d’Urgall qu’une sombre découverte fut faite.

De loin, il semblait qu’une forêt avait poussé le long de la crête des collines de la Dépression d’Urgal. En y regardant de plus près, des centaines, voire des milliers de pointes de fer - et de colonnes - furent identifiées, enfoncées dans le sol volcanique noir. Au sommet de chacun d’eux se trouvait le corps, ou une partie du corps, d’un Space Marine Loyaliste. La plupart avaient été exécutés alors que d’autres vivaient encore, la physiologie surhumaine des Legiones Astartes tenant la mort à distance malgré l’éviscération, l’empalement, le démembrement et l’exsanguination ou cent autres blessures, toutes aussi cruelles et affreuses, qui leur avaient été infligé. Aux yeux des spectateurs Loyalistes, c’était comme si une vague de folie s’était répandue à travers leurs anciens frères, qu’à côté de la trahison aussi terrible soit-elle, quelque chose d’horrible et d’aberrante, d’inattendue et d’inhumaine avait pris racine. Voilà le sort que les Traîtres infligeraient à tous les Loyalistes qui n’auraient pas été tués dans le carnage du Massacre du Site d’Atterrissage. Ici, la Raven Guard compris que c’était le destin que le Maître de Guerre réserverait à tous ceux qui lui tiendront tête, même si chaque monde humain devait être noyer dans le sang.

À l’est, une force d’éclaireurs de la Raven Guard découvrit un vaste complexe souterrain caché, semblable aux ruines extraterrestres que les Traîtres avaient utilisées pour leur redoutable solidité. Avec cette découverte, la Raven Guard avait leur sanctuaire, et les opérations de relocalisation commencèrent en quelques heures. Le déménagement ne pouvait pas être plus opportunément chronométré, car au fur et à mesure que le dernier des Raven Guards s’éloignaient, le ciel nocturne loin à l’ouest se remplissait de feux des moteurs à réaction. Une vaste flottille de navires débarquait dans les caldeiras des volcans éteints sur l’horizon ouest, une flottille appartenant aux éléments du Mechanicum alliés au Maître de Guerre.[7]

Récupération

Si les barges de transport qui avaient déposés les Traîtres de la surface de Isstvan V à la suite du Massacre du Site d’Atterrissage étaient d’une ampleur mémorable, les vaisseaux du Mechanicum, qui s’abaissaient maintenant en flèche dans les airs, étaient encore plus vastes. Des cales caverneuses de ces vaisseaux gargantuesques apparurent une cohorte de techno-hilotes renégats du Mechanicum, et des milliers et des milliers de Serviteurs et de Technoprêtres furent menés vers les épaves de la Dépression Urgall. Les Technoprêtres renégats du Maître de Guerre commencèrent une opération de remise en état d’une ampleur vertigineuse, une opération qui lui donnerait un avantage immédiat en matière d’approvisionnement et de matériel. Toute la dépression était parsemée d’équipements d’une valeur militaire incroyable - même les véhicules et autres matériaux endommagés et irréparables avaient encore une valeur énorme en tant que pièces de rechange. Les épaves de centaines de chars super-lourds y couvaient encore, tandis que les formes renversées des puissants Titans témoignaient de la destruction pure et simple qui s’était produite pendant les quelques heures du Massacre du Site d’Atterrissage. Le sol était recouvert par les restes de centaines de milliers de Space Marines tués, chacun d’entre eux ayant été emportés. Les Legiones Astartes portaient des armes et autres équipements représentant le summum de l’accomplissement technologique de l’Humanité. En l’espace de quelques heures, le scintillement des coupeurs de plasma était visible dans toute la dépression alors que les équipes de remise en état commençaient leur sombre moisson.

L’opération se poursuivra pendant de nombreuses semaines, poussant vers l’extérieur à travers la dépression jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les débris sans valeur de la guerre. Même des semaines après le Massacre du Site d’Atterrissage, des corps encore vivants seraient découverts parmi les milliers de morts, la physiologie génétique des Legiones Astartes capables d’entrer dans un état d’animation suspendue pour que le corps puisse guérir des blessures les plus horribles dans le temps. Certains Traîtres, notamment des éléments incontournables des Word Bearers et des Emperor's Children - chez qui une sombre folie cauchemardesque semblait s’être véritablement réveillée, mais dont la véritable nature n’était pas encore soupçonnée par des étrangers - prirent un plaisir cruel à les découvrir ; parfois en leur administrant des préparations alchimiques pour les réveiller, pour ensuite torturer et exécuter les malheureuses victimes, leur imposant ce qui équivaut à une seconde mort. Les fils du Corbeau ont fait ce qu’ils ont pu pour perturber le travail de ces équipes de récupération, tout en cherchant à éviter leur propre capture et leur fin sous des tortures. Des douzaines de superviseurs Technoprêtres furent victimes des rondes de tireurs d’élite silencieux de la Légion, déterminés à se venger des crimes obscurs dont ils avaient été témoins grâce à leur lunette de visée, ou plaçaient des explosifs dans les pièces intéressantes pour un recyclage. Mais en fin de compte, de telles contre-attaques n’étaient que de simples piqûres d’épingle au vaste effort de récupération que les Traîtres avaient entrepris.[8]

Les Chasseurs

Vers le vingtième jour après le Massacre du Site d’Atterrissage, la lutte de la Légion pour sa survie entrait dans une nouvelle phase douloureuse. À ce moment-là, les Traîtres savaient qu’une force importante de Loyalistes avait survécu et tentèrent à plusieurs reprises de les forcer à combattre. Le Seigneur Corax, cependant, ne devait pas être entraîné dans une confrontation ouverte, ses forces n’ayant aucune chance de gagner. Au lieu de cela, il exécuta une série d’attaque conçue pour détourner et perturber les opérations de l’ennemi et contester sa domination sur les désolations entourant la Dépression d’Urgall.

Le plus grand nombre de Traîtres laissés pour parcourir le monde appartenait à la Légion des World Eaters, dirigée par leur sauvage Primarque Angron. Les autres Légions Renégates, avec de plus petits contingents, se déployaient différemment, conduisant la Raven Guard à la conclusion que ceux laissés sur Isstvan V le vivait comme une punition ou représentaient des éléments d’une Légion Renégate que leur Primarque avait décidé de garder à l’écart du gros de leurs forces. Cette hypothèse fut confirmée par le fait qu’un certain nombre de ces contingents de Traîtres restants se révélèrent être hargneux et indisciplinés, la gloire et la noblesse de la Grande Croisade de l’Empereur ayant apparemment été oubliées. Les Sons of Horus étaient souvent composés en petites bandes de chasseurs, la plupart accompagnés de Cyber-Mastiffs capables de détecter la proximité même des guerriers les plus furtifs de la Raven Guard et de les suivre sur plusieurs kilomètres. Par comparaison, les Word Bearers suivirent leur propre plan, leurs actions guidées par leur propre dogme ritualiste incompréhensible et restèrent souvent à l’écart de leurs propres supposés alliés - peut-être parce que leurs actions auraient suscité trop de questions auxquelles ils auraient préféré ne pas répondre à leurs "frères d’armes". Le contingent des Iron Warriors, plus petit mais bien pourvu en véhicules lourds et en matériel de guerre, ratissa les désolations avec des colonnes blindées compactes, dont les trois plus grands présentaient pour Corax l’opportunité qu’il attendait.

La campagne du Seigneur Corbeau contre les colonnes blindées des Iron Warriors devait s’étendre sur plusieurs semaines et annoncer certains des combats les plus intenses avant les toutes dernières batailles sur Isstvan V. Lors des premières opérations, les escouades de la Raven Guard suivirent l’ennemi pendant qu’elles fouillaient les collines, recueillant des renseignements sur les forces et les faiblesses des Iron Warriors. Les fils de Perturabo ne semblaient pas suivre une doctrine d’exploration particulière, ou du moins ses officiers se faisaient peut-être concurrence plutôt que de s’entraider. Il était donc relativement simple pour la Raven Guard disciplinée d’identifier la force des Iron Warriors et de les isoler au moment et à l’endroit de leur choix. Chacune des trois plus grandes colonnes était composée de plusieurs dizaines de véhicules blindés, dont au moins la moitié étaient des véhicules de transport tels que des Rhinos et des Land Raiders transportant un important effectif d’infanterie. Les autres étaient des chars de combat Predator et des chars d’artillerie lourde Thunderstrike, une classe de machines de guerre très appréciée par les Iron Warriors. Les éclaireurs de la Raven Guard s’inquiétaient davantage des escadrons de Motojets Scimitar qui se trouvaient à l’avant des colonnes dans leur chasse incessante des survivants Loyalistes. À plusieurs reprises, des éclaireurs de la Raven Guard furent repérés alors qu’ils suivaient les colonnes et beaucoup payèrent le prix ultime pour les connaissances qu’ils recueillirent.

Finalement, le Seigneur Corbeau avait rassemblé les informations dont il avait besoin et rassembla une force pour une embuscade au nord de la Dépression d’Urgall. Sa cible était la plus petite des trois colonnes blindées des Iron Warriors, contre laquelle il avait l’intention de tester la capacité et la volonté de combattre des Traîtres. L’attaque fut lancée dans les heures qui précédèrent le lever du soleil, alors que les Traîtres se préparaient à sortir de leur retranchement. La surprise fut totale, car dans leur arrogance, les Traîtres n’avaient pas prévu d’affronter des Loyalistes organisés. Avant même que l’ennemi n’ait pu réagir, la première vague d’Escouade d'Assaut de la Raven Guard, dirigée par le Primarque, atteignit les positions des Iron Warriors et massacra leur ennemi avec un abandon froid et précis. La bataille ne dura pas plus d’une heure avant que le Primarque n’ordonne à ses guerriers de se retirer, car les renforts des Traîtres étaient arrivés et l’objectif premier du Seigneur Corbeau avait été atteint.

Lorsque Corax et ses guerriers se retirèrent, ils laissèrent derrière eux les cadavres de plusieurs centaines de Traîtres et les carcasses de dizaines de véhicules. Du point de vue militaire, la bataille était insignifiante comparativement aux pertes que les Traîtres avaient infligées aux Loyalistes lors du Massacre du Site d’Atterrissage et par la suite. Sur le plan du moral, cependant, cela n’aurait pas pu être plus important. La Raven Guard avait porté un coup significatif contre les Traîtres, et même si chaque fils de Corax devait finir par mourir sur la surface sablée de Isstvan V, se serait avec gloire et honneur.

L’histoire rapporte une anecdote supplémentaire à cette bataille. Alors que la Raven Guard fondait dans l’ombre, on entendit un chant atonal et profond qui résonnait à travers les désolations. Ce son fit retourner Corax et plusieurs membres du Mor Deythan qui surveillaient l’arrière de corps principal durant sa retraite. Le son s’est répété, beaucoup plus près cette fois-ci, et un faisceau de lumière rouge fut projeté à travers la sombre brume matinale. Enfin, la Raven Guard vit une phalange de marcheurs se diriger vers le lieu de la bataille, dont la forme n’était pas familière mais clairement le produit d’une discipline ésotérique pratiquée par les alliés du Maître de Guerre issu du Mechanicum. C’était la première fois que l’on enregistrait la présence de machines de guerre connus sous le nom de "chasseurs-amblyopes", une classe d’automates mécaniques dotés d’une terrible intelligence et d’un arsenal redoutable, et destiné à traquer tous les survivants laissés à la surface de Isstvan V. Leur existence et leur présence même sur la planète à ce moment-là étaient une preuve supplémentaire de la portée et de l’ampleur de la trahison du Maître de Guerre.[9]

Source

  • The Horus Heresy, Book Three – Extermination
  1. The Horus Heresy, Book Three - Extermination, Chapter The Fires of Heresy - Part V : Victory is Vengeance - The Raven Guard's Ninety Day War For Deliverance (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. The Horus Heresy, Book Three - Extermination, Chapter The Fires of Heresy - Part V : Victory is Vengeance - The Night of Butchery (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. The Horus Heresy, Book Three - Extermination, Chapter The Fires of Heresy - Part V : Victory is Vengeance - The Night of Ash (traduit de l'anglais par Guilhem)
  4. The Horus Heresy, Book Three - Extermination, Chapter The Fires of Heresy - Part V : Victory is Vengeance - The Heavens Aflame (traduit de l'anglais par Guilhem)
  5. The Horus Heresy, Book Three - Extermination, Chapter The Fires of Heresy - Part V : Victory is Vengeance - Survival (traduit de l'anglais par Guilhem)
  6. The Horus Heresy, Book Three - Extermination, Chapter The Fires of Heresy - Part V : Victory is Vengeance - Ruinous Venerations (traduit de l'anglais par Guilhem)
  7. The Horus Heresy, Book Three - Extermination, Chapter The Fires of Heresy - Part V : Victory is Vengeance - Consolidation (traduit de l'anglais par Guilhem)
  8. The Horus Heresy, Book Three - Extermination, Chapter The Fires of Heresy - Part V : Victory is Vengeance - Reclamation (traduit de l'anglais par Guilhem)
  9. The Horus Heresy, Book Three - Extermination, Chapter The Fires of Heresy - Part V : Victory is Vengeance - The Hunters (traduit de l'anglais par Guilhem)