Slaanesh

De Omnis Bibliotheca
Slaanesh.png
  • Sphère d’Influence : l’Excès
  • Autres Titres : le Seigneur des Plaisirs, le Prince des Délices, le Corrupteur, le Serpent
  • Couleurs Sacrées : Violet, doré
  • Chiffre Sacré : 6
  • Animal Sacré : le Serpent
  • Symboles : Symboles de virilité, de fertilité, d’hermaphrodisme
  • Dieu Opposé : Khorne
  • Émotions associées : Désir et avarice

L’existence de la plupart des êtres de la galaxie est dure et sans merci. Chaque jour sans espoir est dominé par les ceux recherchant le pouvoir, la conquête ou la simple survie. Cependant, il existe un autre monde qui échappe à la plupart des mortels. C’est le Royaume du Chaos, et les dieux fétides qui le gouvernent ont des projets pour les mortels sur lesquels ils jettent leurs regards acquéreurs. Ces plans inhumains dépassent de loin ceux des chefs de guerre et des empereurs à l’esprit modeste de l’univers des mortels. Pour Slaanesh, ces projets sont remplis de tentation, d’obsession et de volupté, le tout dans un glorieux excès.[1]

Slaanesh est le Dieu du Chaos de l’hédonisme de la tentation et des excès. Il n’est pas de passe-temps trop pervers pour ses adorateurs. Le Dieu aux Cheveux d’Or contemple les contorsions extatiques des rituels de ses esclaves au fond de leurs fosses emplies de chairs frémissantes et il les pousse aux plus extravagantes dépravations et aux plus terribles débauches en son nom. Sous le regard étincelant du Prince de la Luxure, ses serviteurs tissent des pièges diaboliques pour faire tomber des âmes pures dans un atroce avilissement.

Sensation sans Limites

« Bien sûr, mon peuple m’aime. Seuls les fous considéreraient le contraire ! Accélérez les travaux sur la Grande Galerie de la Statuaire, afin que tous puissent m’adorer même lorsque je ne suis pas avec eux. »
- Walash Prixetti, Gouverneur de Prixetti VII.

L’influence de Slaanesh peut se ressentir à travers la galaxie de multiples façons. La joie qu’un parent ressent quand un enfant naît, la fierté qu’un Commodore ressent lorsque sa flotte exécute un plan de bataille intelligent, le remue-ménage du cœur d’un amoureux quand il est pris dans les bras d’une amante, la poussée de soulagement du soldat qui se sent vivant après une escarmouche inattendue - toutes ces sensations, à un petit niveau, plaisent au Maître des Délices. Ils ne suffisent pas. Bien que la décimation des Aeldaris et sa poursuite des quelques survivants restants de cette race soient une source de grande joie pour Slaanesh, il a beaucoup, beaucoup plus de désirs à satisfaire.

Chaque respiration est une occasion de sentir un nouveau parfum. Chaque verre levé est une chance de savourer une nouvelle saveur. Sur chaque champ de bataille, chaque coup d’Épée Tronçonneuse peut provoquer un hurlement empli de douleur. De son palais étincelant, le Seigneur des Excès se délecte de chaque nouvelle sensation découverte. Il guide et dirige les habitants de la galaxie pour qu’ils poussent toujours plus loin vers de nouveaux sommets de sensation. Ce dieu expérimente son existence au-delà de ce dont un mortel peut oser rêver, mais cela ne veut pas dire que Slaanesh se contente de laisser la galaxie à elle-même. Il considère les étoiles, les planètes et même le tissu même de la réalité comme un jouet, qu’il faut fourrer, piquer, déchirer et tenir à sa volonté, afin de faire disparaître toute sensation ultime.

Ceux qui choisissent de le servir l’imitent du mieux qu’ils peuvent, limités par leur forme et leur imagination mortelle. Aux quatre coins de la galaxie, les fidèles de Slaanesh passent leur temps à inventer de nouveaux plaisirs et à s’exciter pour créer des expériences que personne n’a jamais vécues auparavant. Cela peut être quelque chose d’aussi bas que susciter une nouvelle réaction à un enlacement charnel, ou aussi ambitieux que de créer une œuvre d’art maîtresse si profonde qu’elle fait pleurer tous ceux qui la voient. Les véritables inspirés ont cependant beaucoup plus de scènes à jouer. Il y en a si peu qui ont eu le plaisir de voir des escadrons entiers de Space Marines s’évaporer sous le feu d’un Titan Subjugator. Il y en a encore moins qui ont entendu un million de voix crier de peur, puis rien d’autre que l’immobilité qui s’écoule alors que des bombes d’acide nucléique dissolvent la chair. La plupart n’ont pas la vision nécessaires pour créer des scénarios dans lesquels ces délices peuvent être vécus. Il est même probable que les plus grands excès ne soient pas atteints dans l’univers des mortels. Dans le Royaume du Chaos, cependant, tout est possible.[2]

DecorSlaanesh.png

Slaanesh, le Prince du Chaos

« Trouvez du plaisir à chaque instant, adonnez-vous à chaque caprice. Laissons les races inférieures sentir le fardeau de leurs vies grossières. Nous sommes au-delà de ces préoccupations ou inquiétudes. Chaque pouvoir doit être d’utilisé, chaque sensation à vivre. Nous sommes vraiment les maîtres de la galaxie et tous les autres n’existent que pour satisfaire nos curiosités. Nous avons gagné notre position de pouvoir. Laissez-nous goûter à jamais les fruits d’une telle réussite. Le temps lui-même se plie à notre commandement. Nous sommes éternels. »
- Traduction de Glyphes aeldaris trouvés parmi les ruines du Sanctuaire de la Grandeur Céleste.[3]
Slaanesh, Le Seigneur des Plaisirs, Le Prince des Délices, Le Corrupteur, Le Serpent.
Beauté Ténébreuse

On dit que si un mortel apercevait un bref instant de la forme corporelle de Slaanesh, il perdrait tout sens de soi. Toutes les vertus et toutes les puretés auxquelles un individu pouvait être attaché seraient mis de côté en un instant, remplacées par d’inavouables désirs et un abandon total, sombre et dépravé. Un mortel ainsi captivé deviendrait un participant volontaire à chaque acte de débauche que le Seigneur du Plaisir lui murmurerait à l’oreille.

Peu de gens pourraient blâmer une âme aussi captivée, car tous les récits sur Slaanesh le décrivent comme étant la perfection incarnée. Ni homme ni femme, pourtant, le Prince Noir peut prendre la forme qui plaira le plus à son auditoire, assurant ainsi le désir et l’obéissance dans le but de le servir.

Le plus souvent, Slaanesh est décrit comme un jeune homme, plein de vie et doté d’un attrait irrésistible. Cette beauté extérieure masque la cruauté et l’intention de manipulation, car Slaanesh se moque des simples compliments et aux paroles de dévotion. Les fidèles de Slaanesh utilisent les promesses, la ruse, la beauté et le charme comme des armes pour convaincre les autres de faire ce qu’ils veulent. Ils cherchent à vaincre la volonté afin de poursuivre leurs propres objectifs d’exploration de la sensation, de repousser les limites de l’excès et d’atteindre la perfection. Ce sont tous des idéaux de leur dieu séducteur, et les dieux ont le pouvoir d’aller bien au-delà de ce qu’un mortel peut espérer atteindre. Slaanesh est parfait et beau, mais la perfection et la beauté ne sont que des outils qu’il utilise pour concrétiser ses désirs et ses projets les plus sombres et les plus décadents.[4]

Slaanesh est le Seigneur des Plaisirs, le Prince du Chaos qui se voue à la poursuite de toutes les jouissances matérielles et à la subversion de tout comportement convenable. Il est le Dieu de l’Obsession, le Maître de l’Excès en Toutes Choses, de la gourmandise à la luxure, en passant par la mégalomanie. Partout où les mortels se laissent gouverner par leurs désirs, le Prince du Chaos soumet à la tentation et se repaît d’un festin d’âmes.

Slaanesh fut engendré par l’orgueil et la décadence de l’antique race des Aeldaris. Au zénith de leur puissance, lorsque leur empire connaissait son apogée, les Aeldaris s’abandonnèrent à leurs sens et à leur conscience. Grâce à leur technologie très avancée, ils n’avaient pas besoin de travailler ni de faire la guerre, et consacraient donc leur vie à satisfaire leurs propres caprices. Au fil des générations, leur indolence ne fit que croître, tandis que dans le Warp, un nouveau Dieu du Chaos frémissait. Nourries des excès et des désirs des Aeldaris, les premières particules de Slaanesh commencèrent à s’amalgamer.

La forme endormie de Slaanesh s’abreuvait de la psyché débridée des Aeldaris, de leurs envies et de leurs rêves, de leurs arts et de leur quête de l’excellence. Inversement, à mesure que Slaanesh grandissait, ses songes envahissaient les âmes des Aeldaris et attisaient leurs désirs, les rapprochant de leur perte. La civilisation aeldari se réduisit bientôt à un ensemble de cultes hédonistes voués à assouvir les soifs physiques et spirituelles de leurs membres. Le sang souillait les statues décorant leurs places comme les foules de déments toxicomanes laissaient libre cours à leurs penchants pour la violence à même les rues. Au cours d’une nuit particulièrement dépravée, la débauche gonfla en un terrible crescendo qui déchira le cœur de l’empire aeldari, et le dévasta au-delà de tout espoir de reconstruction.

La Chute des Aeldaris fut annoncée par le cri primal de Slaanesh qui se réverbéra dans le Warp, signalant à tous la naissance du Prince et son avènement dans le Royaume du Chaos. L’implosion psychique causée par son apparition engloutit les mondes qui formaient le cœur de la civilisation aeldari, exterminant des milliards d’habitants et croquant un vaste de pan de la galaxie. Sa fureur était telle qu’elle renversa les barrières entre les mondes pour donner naissance à la tempête Warp permanente appelée l’Œil de la Terreur.

Affamé, Slaanesh dévora les âmes des Aeldaris, et la race entière fut pratiquement éradiquée de la galaxie. Seule une poignée échappa à ce cruel destin, parmi lesquels les plus jeunes, que la dépravation de leurs aînés n’avait pas encore touchés, et quelques individus chanceux qui avaient pu se cacher du regard prédateur de Slaanesh. La plupart de ces survivants sont devenus les ennemis jurés du Prince du Chaos, mais il en est quelques-uns qui ont reproduit les cabales de leurs ancêtres et s’adonnent pleinement à la voie de l’excès. Telle est la perception des événements dans le monde matériel, mais dans le Warp, les choses sont différentes. Le Royaume du Chaos ne suit pas une chronologie fixe, il n’obéit pas à la séquence logique de la cause et de l’effet. L’essence de Slaanesh a toujours existé dans le Warp, et n’a jamais existé.

Le Palais de Slaanesh

Peu de dieux accueillent les intrus dans leur empire, mais il en est un qui aime tenter les visiteurs de son domaine. Ceux qui osent pénétrer dans le fief du Prince du Chaos courent le risque de demeurer piégés pour l’éternité par les délices qui s’y trouvent. Il est divisé en six provinces, arrangées en cercles concentriques autour du Palais des Plaisirs. Le Royaume de Slaanesh peut passer pour un véritable éden, mais tout n’y est qu’illusion. Chaque cercle est non seulement une célébration des désirs de Slaanesh, mais aussi une véritable fortification. Un intrus ne peut en effet atteindre le Palais des Plaisirs qu’après avoir traversé les six cercles, chose que très peu d’êtres, mortels ou démoniaques, ont accomplie. Pourtant, parmi les visiteurs venus de l’univers matériel, il y en a un qui a marqué le souvenir de Slaanesh - un chevalier de l’Adeptus Astartes dont la volonté était aussi dure que l’adamantium.

La richesse des décorations ornant le premier cercle traversé par le chevalier dépassait les prétentions des plus grands empereurs. Des montagnes d’or s’élevaient jusqu’à des mosaïques de joyaux arc-en-ciel incrustées dans des voûtes de marbre, et le sol était recouvert de lingots et de diamants. Le chevalier marcha sans prêter attention aux misérables qui grouillaient là en s’évertuant à tenir le compte d’une infinité de pièces d’or. Leurs visages cireux se tordaient d’un sourire avare, jusqu’à ce que leurs tas s’écroulassent et qu’ils fussent forcés, au comble du désespoir, de tout recommencer. Chaque carrefour était paré de sculptures dorées, certaines figurant la beauté de Slaanesh, d’autres des Démons ou des mortels piégés dans une posture extatique. Les traces laissées dans la poussière de diamant au pied des statues trahissaient le fait qu’il s’agissait jadis d’êtres vivants. Le chevalier avait déjà renoncé aux richesses matérielles bien longtemps auparavant, et il s’avança sans toucher à la moindre pièce.

Il atteignit un rivage fait de dents en or, bordant un lac de vin sombre ponctué d’îles pâles - un archipel de dos de géants dont les bras formaient les ponts qui les reliaient. Le haut de chacune de leurs mains accueillait une table grinçant sous le poids d’un festin de roi. Là, il vit des mortels se bâfrer, incapable de satisfaire leur faim, pendant que d’autres semblaient vouloir vider le lac en le buvant. Des êtres obèses gémissaient de douleur en enfournant toujours plus de nourriture dans leurs bouches tachées de vin. Le chevalier pressa le pas, dégoûté par le spectacle des restes de ceux qui avaient tant mangé qu’ils avaient littéralement explosé.

Le voyageur poursuivit sa route au milieu de champs flavescents de blés doux, où de sveltes jeunes filles s’ébattaient à moitié nues, nimbées du musc hallucinogène des bêtes graciles qui caracolaient autour d’elles. Les traits et les formes de ces danseuses incroyablement sculpturales étaient parfaitement taillés pour satisfaire les goûts du spectateur. Le chevalier retint son souffle et ferma les yeux, car si les plaisirs de la chair étaient interdits à son ordre, une part de lui était toujours un homme. Les nymphes chantantes l’encerclèrent en frôlant son armure argentée et en murmurant toute la volupté qu’elles avaient à lui offrir, mais il ne céda point. Les têtes et les membres tranchés qui jonchaient le sol révélaient la vérité derrière les mensonges mielleux. Les paupières closes, il abattit les Démonettes séductrices les unes après les autres, laissant sa révulsion guider sa lame scintillante.

Après s’être frayé un chemin parmi les contours féminins des collines qui se dressaient devant lui, le chevalier surgit sur un balcon, où il fut accueilli par des rugissements d’adulation. Une armée de Space Marines si gigantesque que ses effectifs ne pouvaient être dénombrés l’attendait, alignée à perte de vue, enfiévrée et impatiente d’entendre sa harangue et ses commandements. Des gouverneurs planétaires hochaient la tête en un signe d’approbation obséquieuse, et les Hauts Seigneurs de Terra lui souriaient depuis leurs loges inférieures, l’exhortant à parler. Le chevalier reconnut un dirigeant croisé au cours de son existence mortelle, et plongea son regard dans celui de ce roi philosophe. Derrière le masque du pouvoir et de la confiance, il discerna une paranoïa acariâtre et éternelle ; son âme était rongée par la suspicion et par le doute. Le chevalier secoua la tête et s’en alla.

Épuisé par ces épreuves, le voyageur entra dans un bois paradisiaque et hypnotique, aux sentiers encadrés de buissons lourds de fleurs. La bise parfumée murmurait des histoires de gloires passées, rappelant au chevalier ceux qu’il avait exécutés au nom de l’Empereur. Des bassins d’eau claire renvoyaient son reflet, le dépeignant en saint auréolé de lumière, le visage serein, mais la lame dégoulinant de sang comme il fauchait les rangs démoniaques avec un art consommé. Le guerrier se détourna, troublé. Au loin, il distinguait des silhouettes torturées scrutant leur image dans la mare, immobilisées par une végétation qui s’insinuait dans leur chair. Le voyageur focalisa son esprit sur l’humilité de son ancienne cellule. Le dédale végétal se dessécha et se ratatina devant ses pieds, et le chevalier put continuer son périple.

Une plage infinie s’étendait devant le voyageur, dont l’esprit était bercé par des chœurs célestes et par le clapotis apaisant de la mer. Les muscles du chevalier imploraient le repos, ne serait-ce qu’un petit instant. La chaleur d’un soleil de fin d’après-midi calmait son âme et la douce marée commença à éroder son esprit. Ses yeux fatigués peinaient à rester ouverts, mais sa vue était encore assez claire pour discerner l’horrible évidence. Le sable blanc du bord de mer n’était autre que les ossements réduits en poudre de ceux qui s’étaient reposés là et qui avaient sombré dans un coma paresseux. Sa résolution restaurée, le chevalier reprit sa route vers le palais chatoyant qui se dressait à l’horizon.

Ce fut là, sous les élégantes flèches, que le voyageur parut devant le tout-puissant Slaanesh. La plastique et la séduction divines prirent la forme d’un jeune homme à la beauté androgyne - un éphèbe aux membres parfaitement dessinés et animés de la fraîcheur de la jeunesse. Le chevalier dégaina son épée runique et s’avança pour abattre le dieu. L’horreur s’empara de lui lorsqu’il s’aperçut qu’il en était incapable, désarmé par l’innocence du garçon qui se tenait devant lui, dont les manières étaient étrangement envoûtantes.

Aussi pure soit-elle, la flamme est éteinte par la vague. Cet unique moment de doute signa la perte du voyageur. Il tomba à genoux, la tête baissée, pour recevoir l’adoubement du Prince, qui scella son âme pour l’éternité.

L'Ennemi Intérieur

Certains disent que pour les mortels, il est impossible de poser le regard sur ce visage divin sans perdre son âme, car tous ceux qui le voient deviennent les esclaves volontaires du Prince du Chaos, s’abandonnant totalement à lui. La simple connaissance de l’existence de Slaanesh peut suffire à faire sombrer un monde dans la corruption et dans les dépravations interdites. Même la sainte Inquisition ignore l’étendue de son influence, car partout où il y a de l’envie et de la concupiscence, Slaanesh est là. Malgré tous les efforts de ses institutions, il est presque certain que l’Imperium est pourri jusqu’à la moelle, exactement comme l’empire aeldari avant sa chute. Combien de temps reste-t-il avant que l’Humanité subisse le même destin ?

DecorSlaanesh.png

Les Légions de l'Excès

Les Légions de l’Excès de Slaanesh frappent avec une grâce hypnotisante, formant un tourbillon de lames et de membres graciles. Leurs créatures sont aussi terrifiantes qu’envoûtantes. Les légions de Démons de Slaanesh varient en taille et poursuivent des objectifs variés, mais toutes désirent répandre la corruption de leur maître.

Slaanesh utilise la tentation et la promesse de plaisirs sans fin pour séduire les mortels aussi bien que les Démons, c’est pourquoi nombreux sont ceux qui tombent sous son emprise. Cependant, cette stratégie insidieuse prend du temps, et Slaanesh a parfois besoin de méthodes moins subtiles pour parvenir à ses fins. Lorsque les âmes des mortels doivent être fauchées an lieu d’être librement offertes, ou qu’il faut s’emparer d’un territoire dans l’Immaterium, Slaanesh fait appel à ses armées de Démons, appelées les Légions de l’Excès. Même si les forces de Slaanesh ne peuvent égaler la puissance brute des cohortes de Khorne, la résistance des Intendances de Nurgle ou la sorcellerie des osts de Tzeentch, elles font preuve d’une rapidité redoutable et inégalée, aussi bien dans l’Immaterium que dans l’univers réel.

Dieu extravagant et versatile, le Prince du Chaos encourage ces qualités chez ses généraux, les Gardiens des Secrets, le cœur des Légions de l’Excès. Il existe aussi des Légions de l’Excès menées par des Princes Démons, car Slaanesh considère ses anciens champions mortels avec plus d’estime que les autres Dieux du Chaos. Même si certains de ses généraux sont obsessifs et ne veulent commander qu’à un seul type de légion, la majorité sont prêts à changer si les circonstances ou leur humeur l’exigent.

Chaque type de Légion de l’Excès varie au niveau de sa composition et des tactiques qu’elle emploie. Les Légions Écorcheuses se livrent à une destruction aveugle, et leurs nombreuses Démonettes se complaisent dans de tels actes. Les Légions Chasseresses tuent rapidement, et sont organisées autour de cavalerie et de chars. Elles sont parfaites pour traquer des proies, car Slaanesh ne laisse jamais s’échapper les âmes qu’il convoite. Les flamboyantes Légions Glamiatrix se reposent grandement sur les pouvoirs psychiques et l’envoûtement. Les Légions Terreur sont des troupes de choc spécialisées dans les massacres sanglants, et connues pour libérer des barrages sensoriels qui désorientent leurs victimes. Les Légions de la Punitions Éternelles n’ont pas de spécialité, et utilisent toutes les damnations de Slaanesh, en ayant recours à la fois à la magie et à la tentation en plus de leurs talents martiaux.

Les plus étranges des Légions de l’Excès sont les Légions Courante. Pour elles, la bataille est une danse, et leurs Démons batifolent tout en abattant leurs ennemis lors de chorégraphies bizarres. Même si elles ne sont pas aussi rapides que les autres Légions de l’Excès, leur élégance et leur créativité leur accordent les faveurs de leur maître, plus facilement que si elles lançaient des assauts orthodoxes.

Dans la pyramide hiérarchique, les Hérauts et les Princes Démons se trouvent sous les Gardiens des Secrets, et mènent les cavalcades des légions. Il y a six formations de ce type dans chaque Légion, car il s’agit du chiffre sacré associé à Slaanesh. Les principaux membres d’une cavalcade sont les Démons Mineurs nommés Démonettes, les Damoiselles du Seigneur du Plaisir. Les cavalcades des légions qui favorisent la vitesse ou la force de frappe, comme les Légions Chasseresses ou Terreur, incluent souvent un grand nombre de Chars et de Chars Traqueurs Exaltés pour appuyer les Démonettes. Toute légion peut inclure des bêtes nommées Bêtes de Slaanesh, mais elles sont très répandues dans les Légions Glamiatrix et Terreur, et beaucoup moins dans les Légions Courante.

La Légion Slithertines

Menée par le Gardien des Secrets Kruult, la Mort Pâle, la Légion Slithertine est prépondérante parmi les Légions Écorcheuses qui lancèrent l’ultime assaut contre le Système Cadia. Ce fut une des six Légions de l’Excès qui constituait la Horde Décadente, une armée du Prince du Chaos menée par le Démon Majeur exalté Sidroh le sinueux. Voici ci-contre la composition de la Légion Slithertine quand elle pénétra dans l’espace réel.

DecorSlaanesh.png

Serviteurs de la Sensation

« Pouvons-nous jouer avec lui, maître ? Il semble tellement malheureux. Laissez-nous l’aider à sourire. S’il vous plaît ? Ou du moins, nous lui en découperons un sur le visage quand il cessera de crier. »
- Azeila, Séductrice de Slaanesh.
Une Démonette de Slaanesh.
Le Maître de l’Excès est un jeune dieu, bien que des concepts tels que l’âge ou la durée soient difficiles à appliquer à un être qui existe en dehors du temps linéaire. Pourtant, ce jeune être divin ne s’est pas ménagé pour grossir les rangs de ses disciples mortels et de ses serviteurs démoniaques, et il n’a pas non plus limité le nombre de ceux qui se sont totalement livrés à lui. Les expériences interdites qu’il propose et les désirs secrets qu’il autorise à explorer ont un attrait que d’innombrables êtres trouvent irrésistibles. Les adeptes mortels ne peuvent jamais devenir un avec Slaanesh de la même manière que ses Démons, même s’ils se jettent dans ses bras comme des serviteurs consentants, cherchant jalousement ce que les Démons connaissent naturellement : une unité parfaite. Les tourbillons du Warp et les vents qui traversent les planètes de l’espace réel portent les promesses ténébreuses de la joie avilissante des lèvres scintillantes du Seigneur des Délices aux oreilles tremblantes de ceux qui sont trop impatients pour écouter et obéir. Les âmes mortelles refoulées et les vigoureux Démons entendent sa voix parfaite et aspirent à le servir, embrassant à la fois la douleur et le plaisir du désir d’être lié au service de Slaanesh, tout en profitant d’une liberté auparavant inconnue.[5]

Les Démons

On dit que pour chaque désir noir ou désir ardent interdit d’un mortel, le Royaume du Chaos engendre un Démon de Slaanesh pour capturer la pensée perverse et lui donner forme. La décadence de la race aeldari a donné naissance au Prince du Chaos, alors peut-être que cette idée blasphématoire est également vraie pour ses Démons. La véracité de cette théorie mise de côté, il y a lieu de craindre cette possibilité terrifiante - à peine accessible, griffant et égratignant les frontières toujours plus fragiles entre les mondes, des légions de Démons attendent le moment où elles pourront se déchaîner sur l’univers des mortels. S’ils y parvenaient, et si les Démons sont les rêves et les cauchemars manifestés des hommes, la réunion entre les hommes et les horreurs qu’ils ont engendrées sont à juste titre redoutée par la plupart des individus, et pourtant désirée par autant des deux côtés des murs de la réalité.

Les serviteurs démoniaques de Slaanesh revêtent de nombreuses formes, des plus petites Démonettes au Gardien des Secrets singulièrement unique, en passant par toutes les variations lascives, séduisantes mais horriblement mortelles. Quelle que soit l’apparence du Démon, son intention malveillante reste la même : apporter un glorieux excès sous toutes ses formes à une galaxie prête à l’embrasser.[6]

Les Mortels

Tous les mortels sont des créatures intrinsèquement faibles. Le désir est toujours présent, attendant à chaque tournant de les égarer. Il est naturel de vouloir plus, de chercher mieux. Les mortels de toutes sortes recherchent constamment richesse, pouvoir, position, plaisir, amusement, paix, confort, justice - voire toutes sortes de possession ou de satisfaction imaginables. Même si tout le reste est refoulé, il y a le désir d’une conformité agréable ou d’un repos immuable, ou la volonté de transmettre quelque chose à la génération suivante, des appels auxquels il est presque impossible de résister. Ceux qui ont mis de côté même les besoins les plus élémentaires ont encore des souhaits, même si tout ce qu’ils désirent, c’est d’être forts face à la tentation. Tous les êtres veulent quelque chose et ainsi Slaanesh ne peut jamais être vaincu. Même ceux qui désirent ardemment sa défaite travaillent contre eux-mêmes et le renforcent dans la poursuite de cette aspiration.

Le désir lui-même est suffisant pour envoyer la plupart des mortels sur le chemin de la ruine qui se termine au service du Prince Noir. Une âme qui cherche à gagner la faveur et à entrer au service de Slaanesh doit toutefois aller au-delà du désir et aspirer à l’excès.[7]

Les Space Marines du Chaos

« Tu as donc crée le décadent Âge of Sigmar ?!! Hummm, oui je le sens… Petit pervers !  »
La vie d’un Space Marine loyaliste est la définition même du déni. Déni de convoitise, déni de richesse, déni d’indépendance - déni de soi en toutes choses. Pourtant, même un Space Marine résolu n’est pas sans désir. Il recherche la gloire, la fierté, la reconnaissance, la promotion, la réussite. La dévotion d’un Space Marine à son Empereur est fervente à un degré que la plupart des gens ne peuvent pas comprendre. Il récite des litanies sur son devoir des centaines de fois par jour. Chacune de ses pensées est consommée par l’idée de servir. Dans les recoins secrets d’un tel esprit, le déni et la dévotion se mêlent à d’étranges et dangereux serpents. Les concepts contradictoires se battent pour la domination, créant un terrain de jeu fertile pour un dieu aussi sournois et vicieux que Slaanesh. L’une des grandes hontes de l’Imperium, bien que cachée avec assiduité, est le fait de savoir que, par leur volonté de servir l’Empereur en toutes choses, même les plus grands défenseurs de l’Humanité s'ouvrent aux prédations des Puissances de la Ruine, et notamment à Slaanesh. Quand un dieu affamé vient séduire, même un bastion aussi fort que la volonté d’un Space Marine faiblit, conduisant à la défection.

Les événements de l’Hérésie d'Horus ont vu la plus grande vague de défection de l’Imperium vers les bras ouvertes du Chaos, avec des Légions entières, telles que les Emperor's Children, offrir leur dévotion à un nouveau maître. Cependant, toutes les défections n’ont pas eu lieu à cette époque et la corruption continue. Les Word Bearers, par exemple, ont diffusé la parole du Chaos, attirant de nouveaux paroissiens dans leur bercail avec leur zèle excessif et leurs croyances obsessionnelles. Les Space Marines isolés coupés de leur Empereur par les tempêtes Warp ont un besoin criant de servir un être plus grand. Certains tombent dans la tentation, renoncent à leur négation et se consacrent à un sombre maître qui leur permet d’exprimer leur dévotion excessive d’une manière qu’ils ne pensaient pas pouvoir auparavant. Pour un Space Marine du Chaos, le service vers Slaanesh enlève un énorme fardeau. Il s’enthousiasme de vivre aux pieds du Prince Noir. Il accepte ses formes presque parfaites dans ses bras, les améliorant avec des dons et des mutations qui lui permettent d’exprimer sa dévotion de manière encore plus grande. C’est un cycle qui rend fous certains, mais une partie de leur esprit se délecte de la folie, car qu’est-ce que la folie sinon la totale émancipation de l’esprit ? Une dévotion excessive donne une récompense exorbitante, ce qui encourage une dévotion encore plus grande. C’est un cercle sinueux sans fin, qui se retourne sans cesse sur lui-même, rapprochant les Space Marines de la perfection à chaque itération.[8]

Les Mutants

Slaanesh a une préférence pour la perfection et pour les adeptes qui cherchent la perfection en eux-mêmes. Il récompense les êtres mineurs qui chatouillent suffisamment son imagination avec des dons de mutation afin de mieux transformer leurs formes en figures plus agréables à ses yeux languissants. Dans tous les coins sombres de la galaxie, il y a des mutants qui ont commis des actes dignes d’attention et ont senti le contact du Seigneur des Excès. Une Sœur Supérieure ayant un goût trop prononcé pour le vin peut se voir germer des bouches et des bras supplémentaires pour accélérer l’ingestion du délicieux liquide. Sur un champ de bataille lointain, un Commissaire trop zélé qui a excessivement exécuté des Gardes en fuite peut découvrir que son épée et sa chair ne font plus qu’un, ce qui lui permet de ressentir directement la sensation de pénétration corporelle à chaque fois qu’il enfonce se lame. Ceux qui comprennent vraiment les grands cadeaux qui leur ont été offerts embrassent leurs formes améliorées, utilisant de nouveaux membres et de nouveaux orifices pour atteindre de nouveaux sommets de gloire narcissique. Ils ne se voient pas comme des créatures misérables, corrompues, comme d’autres pourraient croire.

La mutation est une récompense, une étape sur le chemin de la damnation. Les mortels ignorants qui craignent la grandeur se tournent souvent vers ceux qui reçoivent de telles bénédictions, et les déchirent en morceaux. Certains survivent et en recherchent d’autres avec des altérations similaires conçues divinement. Ils forment des groupes marginaux ou rejoignent des sectes qui voient leurs mutations pour ce qu’elles sont - des moyens d’établir de nouveaux paradigmes de perfection et des marques de distinction pour le service rendu au Maître du Tourment Béni.[9]

Les Bandes de Guerre

Dernière Chanson

L’Inquisiteur et ses laquais chargèrent à travers les ruines, mais Balthax n’avait aucune inquiétude. Il ne pouvait rien ressentir sinon anticiper, sachant que ce serait son chef-d’œuvre. Ses partisans gisaient autour de lui, épuisés par le rituel, mais il pouvait sentir le nouveau pouvoir vibrer à travers lui. Ils s’étaient cachés assez longtemps, jouant comme des ménestrels à travers la ville pendant qu’ils pratiquaient leur art. Ortiz les avait découverts, mais son apparition ne ferait que rendre le final encore plus enrichissant.

Un prêtre était devant la foule, sa torche tremblait alors qu’il criait une invective ennuyeuse. Balthax se contenta de pincer les lèvres et de lui envoyer un bisou. Sa langue formait des formes obscènes alors que l’air hurlait comme les captifs qu’il avait passés des semaines à torturer, et une vague de vibrations déchira la réalité alors qu’elle se dirigeait vers le prêtre plus rapidement qu’un tir laser. Sa caresse le frappa comme un coup de tonnerre. Les yeux écarquillés par la fureur disparurent, et le corps du prêtre sembla se dissoudre en morceaux de chair palpitante. Les autres furent soufflés au sol, les oreilles saignantes et les bras tremblants.

Balthax sourit et se dirigea vers eux. Il pouvait voir l’air environnant onduler avec de nouvelles teintes, comme le prométhium sur l’eau. Il fredonna un peu, chaque note évoquant en lui de nouvelles émotions et de nouveaux désirs. Il rassembla son pouvoir pour offrir une autre bénédiction auditive et, à chaque pas, il pouvait sentir des griffes émerger du Royaume de la Chanson Bénite. Bientôt, il sut que les Damoiselles de l’Extase apparaîtraient et qu’une nouvelle chanson commencerait.[10]

Tous les soldats qui renaissent au service impie des Dieux Sombres du Chaos n’ont pas le luxe d’être immédiatement entourés de partisans partageant leurs nouvelles visions sur l’ordre de la galaxie. Très souvent, l’inspiration menant à un tel changement est une expérience profondément personnelle, qui n’est ni appréciée ni partagée par ceux qui l’accompagnaient au moment de la révélation. Par exemple, un Garde peut découvrir que la beauté d’une boule de plasma irisée est tellement magnifique à regarder qu’il commence à tirer à l’aveuglette au lieu de viser ses ennemis. Cela peut conduire à l’isolement alors que le soldat fraîchement éclairé se dirige vers un nouveau destin, loin des esprits contraignants qui le commandaient. Pour pouvoir satisfaire ses désirs sans être tué pour ses actions, il doit trouver d’autres personnes partageant son amour pour son art. De cette façon, de nouvelles bandes dévouées à une même sensation se forment.

Les Space Marines du Chaos et autres mortels qui vénèrent Slaanesh voyagent à la recherche constante de nouveaux moyens de satisfaire leurs besoins. Bien que chacun ait une façon différente d’explorer les excès, ils savent qu’une alliance de fidèles est probablement leur meilleure chance de poursuivre leur propre attirance. C’est plus qu’une simple sécurité du nombre. Si un membre d’une bande est un Noise Marine, dont l’armement sonique crée des murs sonores visibles, et un autre, un Word Bearer dont la voix pourrait être portée plus loin grâce à ces ondes, lui offrant une nouvelle configuration et une nouvelle puissance, ils ont intérêts à travailler ensemble. De cette manière, les bandes de guerre dédiés à Slaanesh peuvent parfois avoir l’impression d’être des artistes errants, ses membres utilisant chacun les compétences des autres. Grâce à la combinaison de leurs pouvoirs et de leurs perversions, ces individus sont en mesure d’étendre leurs capacités et d’atteindre des niveaux totalement nouveaux d’expression excessive.

Le pur délire dans lequel ces bandes se livrent a de sombres ramifications pour la galaxie, et pour les Space Marines loyalistes en particulier. Joyeux de profiter de leurs nouvelles libertés, l’oppression du Dieu-cadavre leur est encore plus prononcée. Pour cette raison, les bandes de guerres font souvent certains de leurs raids les plus brutaux contre les chiens serviles de l’Empereur alors qu’ils viennent de s’émerveiller de leur liberté nouvellement acquise. Revigorés par les plaisirs profonds qu’ils ont éprouvés et alimentés par une haine renouvelée pour les anciennes méthodes, une bande de guerre dans un tel état inflige une douleur glorieuse sur son passage en déchirant les mondes.[11]

Les Cultes du Plaisir

Les Cultes du Plaisir, lieux où on oublie la souffrance de la vie quotidienne… en perdant son âme au passage.
Il existe d’innombrables façons de connaître la gloire de Slaanesh. Certains mortels sont simplement fatigués de la souffrance qu’ils subissent quotidiennement dans une galaxie implacable et sans merci et veulent une sorte de réconfort pour supporter la douleur incessante. D’autres jouissent déjà d’une vie privilégiée, mais refusent de se satisfaire de ce qu’ils ont. Il y a même ceux qui ne semblent tout simplement pas pouvoir résister à certaines actions ou sensations, qu’il s’agisse d’écouter des cris de prisonniers tourmentés dans des chambres de torture, de se gaver de neurostim, ou d’observer de façon obsessionnelle des murs d’une nuance particulière de mauve pendant des heures. Des prétentions les plus ambitieuses aux désirs les plus innocents, tout ce qui fait le moindre plaisir chez un mortel est une ouverture par laquelle le Prince Noir fait sentir sa présence et son influence.

Un chef de secte intelligent sait comment transformer la douleur en désir, la perte en catharsis heureuse et la cupidité en satisfaction. Selon la position du leader, trouver des personnes à recruter pour sa cause peut être simple ou extrêmement difficile. Un officier occupant un poste éloigné avec ses camarades soldats, par exemple, pourrait facilement se faire des adeptes parmi les troupes sous son commandement. En échange de certaines faveurs, il propose des tâches et des promotions plus faciles. En marge de la galaxie, la vie est dure et immorale - condition favorable pour un manipulateur expérimenté.

D’autres sectes peuvent avoir plus de difficulté à se développer et doivent bénéficier d’une intervention directe de l’une des servantes de Slaanesh. Le chef de secte qui reçoit une telle aide le fait toujours avec de grands risques. Slaanesh peut accepter d’intervenir mais exiger par exemple, que le chef envoie un certain nombre d’âmes parfaitement torturées dans son royaume, ou entendre les pleurs de plaisir agréables à un ton précis pendant des jours. Faillir envers sa sombre divinité peut mener une existence éternelle de douleur infernale ou, pire, de somnolence épouvantable.

Peu importe où un culte se forme, comment il se développe ou quelles en sont les obsessions, tous les cultes de Slaanesh ont des thèmes communs - excès, sensation et perfection personnelle. Un culte peut essayer de trouver le ton idéal pour hurler, un autre cherche le moyen le plus efficace de transférer le vin dans le sang, et un autre repousse les limites de la quantité de peau pouvant être retirée avant la défaillance du corps. Ils cherchent tous plus que ce qu’ils ont ou plus qu’on ne leur dit que c’est possible. Un culte de Slaanesh est une étude de l’obsession, tout comme l’est leur Prince.[12]

Les Pirates

Les pirates illustrent tout ce qui est glorieux et excessif à propos de la vie, tel un tourbillon virevoltant du Chaos. Ils vivent dans l’instant, prenant ce qu’ils veulent sans regret, qu’il s’agisse de butin, de vies ou d’amour, et rien de tout cela ne leur suffit. Chaque jour est une nouvelle aventure, avec de nouvelles sensations à vivre et de nouveaux plaisirs. Les vents Ætheriques emplissent leurs sens et même leur esprit, leur offrant une conscience et une connexion intense avec le monde qui les entoure à un degré inconnu de peu de gens. Il n’est pas surprenant que Slaanesh trouve souvent le moyen de faciliter les exploits des pirates, en leur accordant des armes exotiques, des drogues alternant la réalité, des navires flamboyants et d’autres récompenses qu’ils peuvent utiliser pour poursuivre leurs fantasmes sans entraves.

L’arrivée d’une bande de pirates remplit ceux sur lesquels ils descendent d’un étrange mélange d’effroi et d’excitation. Leur réputation dans les actions excessives et les actes de luxure est grande, mais la réalité dépasse souvent même les imaginations. Peu de mortels, voire aucun, se perdent si totalement dans des actes de folie complaisante. Un capitaine peut voler un croiseur impérial et l’enfoncer dans la calotte glaciaire d’une planète, juste pour entendre le son de la glace et du métal qui se déchirent l’un contre l’autre dans un concert de destruction complètement fou. Un pilleur pourrait brûler un monde jusqu’à la croûte, mais seulement pour cueillir une gemme étincelante qui a attirer son attention d’un front squelettique encore fumant. Un autre pourrait faire exploser une étoile pour fournir juste l’éclairage d’ambiance approprié pour une liaison privée avec sa dernière obsession. Des histoires de familles capturées et vendues en esclavage ou utilisées dans des festivités avilissantes et lascives consacrées à des dieux sinistres entourent de nombreux pirates, à l’instar de l’épais filet de leurs repas savoureux. Les hommes creux restent derrière, leurs coquilles corporelles, n’étant plus que des enveloppes après que leurs âmes aient été cueillies et utilisées comme carburant pour les navires ravageurs remplis de Démons.

Quels que soient les récits ou ce qu’il faut en croire, de telles existences sont un condensé d’excès et de libertés que peu peuvent imaginer. Bien que beaucoup brûlent dans les flammes qui éclairent le Warp lui-même, certains pirates ont poursuivi leur ascension et sont devenus des légendes qui répandent peur et désir de manière égale à travers le Vortex Hurlant.[13]

Sous sa Peau

Le seigneur était assis sur une collection de coussins pomponner, complètement envoûtés, comme toujours. Sa danseuse préférée était au travail, ses bougies parfumées étant déjà très basses après des heures exquises d’ondulations séduisantes autour de sa forme allongée. Shalla dansait et à chaque passage elle avait laissé un autre vêtement de soie autour de lui. Chaque longueur était imprégnée d’un mélange de sueur et de parfum, mais c’était la texture qui le faisait soupirer. Ils étaient incroyablement doux et coulaient comme de l’eau, pourtant elles caressaient la chair d’une manière indescriptible qu’il ne pouvait trouver dans rien d’autre. Il ne pouvait que se frotter avec contre sa peau, sachant et redoutant qu’après son départ, le tissu ne serait plus jamais aussi sensible que pendant sa danse. Il avait fouillé la ruche, dévalisé les marchés noirs, imploré les Libres-Marchands, mais rien n’était comparable.

Sa danse touchait à sa fin et il se mit à pleurer. Il rassembla le tissu autour de lui, cherchant à attirer toute la sensation possible avant l’achèvement. Elle le regarda avec des yeux qui le caressaient comme ses soies.

« Ah, mon seigneur, ne pleure pas autant », avec ses mots perdant leurs charmes et tendresses.

« Shalla a dansé pour beaucoup avant toi, et sait comment réaliser l’étreinte de mes tissus. »

Elle s’approcha de lui, une main derrière son dos.

« Vous devez le ressentir complètement. Rien ne peut exister entre vous et les tissus. »

Elle sortit une fine lame luisante et la plaça dans sa main avide.

« Détachez les chairs et ressentez la sensation ultime. »

Elle se retourna et s’éloigna, souriant aux bruits de taillages et aux faibles gémissements qui emplissaient la pièce. Sa voix était un murmure.

« Une autre offre pour vous, mon maître des désirs tourmentés. »[14]

DecorSlaanesh.png

Une Myriade d'Excès

« Tuer ne devrait jamais suffire. Combien plus intense est le sentiment d’inhalation de la brume créé lorsque vous faites vibrer le corps d’un ennemi jusqu’à ce qu’il se vaporise? À quel point avez-vous vraiment exploré tout ce qu’une personne peut vous offrir lorsque vous la respirez, ne laissant que son souvenir sur une partie de ce monde ? »
- Gilliax Gardien du Son, Techmancien des Emperor’s Children.
Laisse-toi faire…
De nombreuses factions de l’Adeptus Ministorum et de l’Adeptus Terra incarnent la retenue et le déni des joies de base. Sachant que le chemin le plus facile vers la corruption pour la plupart des citoyens impériaux est la liberté, ils imposent des règles strictes et, en définitive, une existence plus dure à leur peuple au sein de l’Imperium. Pour le plus grand bien et la défense de tout ce que l’Empereur a créé, ils dictent que chaque instant de la vie d’un citoyen doit être dédié au travail, à la prière et à la punition. Ils croient qu’un esprit laissé à réfléchir sur quoi que ce soit d’autre est susceptible de s’égarer vers des pensées et des désirs égoïstes. Pour se protéger contre l’influence des Puissances de la Ruine, cela ne peut être autorisé. Cette approche du contrôle comporte un risque, car le Chaos naît facilement. Les attentions impitoyables des adeptes, les dures lois des gouverneurs planétaires et d’autres agents des lois impériales ont transformé nombre de ceux qui autrement n’auraient jamais embrassé Slaanesh. Un esprit submergé par les difficultés et le fardeau implacable n’a pas le temps pour des pensées de péché, mais quand un moment vient, aussi fugace soit-il, il se détache de l’obscurité de la vie telle une bougie allumée de possibilité. Pour beaucoup de ceux qui s’égarent, le péché n’est pas un acte entrepris dans un souci de rébellion, mais plutôt un moyen de trouver un soulagement : soulagement d’une lutte constante, soulagement des règles dogmatiques, soulagement de la contrainte. C’est ce soulagement que Slaanesh offre en quantités trop généreuses.
Slaanesh, donne moi le pouvoir
Pour rougir ma lame
Et je ferai que mes ennemis
Viennent à moi, contre leur volonté.
Regarde moi
Slaanesh !
Laisse moi te plaire !
[15]

Ce ne sont pas seulement les peuples opprimés de l’Imperium qui ressentent le chahut des épreuves dans une galaxie morne et menaçante. La guerre est une présence constante à travers les étoiles. Un nombre illimité d’êtres se disputent des ressources limitées, créant partout des conflits et des disputes. Il y a même des hommes qui vivent en marge du règne impérial pour qui la vie n’est guère meilleure que s’ils étaient pleinement sous son joug. La dureté de la vie dans le centre impérial est accablante, mais elle offre au moins un minimum de sécurité par rapport à la vie à la frontière. La vie est dure et cruelle partout dans la galaxie, et il est très difficile de résister à une chance de trouver un peu de réconfort, un fait que le Prince Noir exploite à son avantage à chaque occasion. Un peu de gentillesse, un moment de joie, suffit souvent à mener une âme sur le chemin de la damnation.

Ce n’est pas simplement un sursis à la souffrance qui attire tant de gens vers leur perte dans l’étreinte vicieuse du Seigneur des Délices. Le confort n’est qu’une sensation parmi une myriade de possibilités. Qu’en est-il de ceux qui, comme les anciens Aeldaris, ont expérimenté ce que signifie vivre une vie de luxe ? Éloignés de la dureté des tourments quotidiens dans lesquels tant d’autres souffrent, les personnes disposant du temps et des moyens trouvent souvent l’expérimentation attrayante. Les mets les plus raffinés, les encens les plus exotiques, les spectacles musicaux d’anciens peuples disparus - ceux qui ont la richesse, le temps ou la volonté de le faire peuvent se procurer tout cela et plus encore.

L’obsession n’est pas le domaine exclusif des riches ou des puissants. Un esprit et un corps sans accès au luxe peuvent se régaler de choses que des individus plus prospères ne remarqueraient même jamais. Quelque chose d’aussi simple que le bruit du bois qui crépite dans un feu, ou la vue de motifs formant une bave en train de tremper dans un tissu, ou même le goût d’ongles fraîchement coupés peut être le centre d’une obsession. Tout ce qui est requis est un désir de plus et une volonté de mettre de côté les contraintes et les limites. Les maisons voisines sont faites de beaucoup de bois qui peut brûler, et les personnes à l’intérieur ont une bouche remplie de bave qui peut être attirée, et des doigts qui ont beaucoup d’ongles à consommer. C’est une chose simple à satisfaire, surtout une fois que toute l’attention est consacrée à l’obsession et que tous les égards sont ignorés.

Indépendamment de l’envie, cependant, il y a des limites aux obsessions qu’un mortel peut éprouver. Il existe des actions et des sensations que seul un esprit sombre, assisté de puissants alliés, peut expérimenter. Avec les bonnes mutations, les doigts peuvent devenir des tentacules éthérés capables de traverser le crâne et d’absorber directement les souvenirs agréables des autres. Avec les bons outils rituels infusés avec l’énergie Warp, un mortel audacieux peut distiller les craintes d’un captif torturé et créer une libation exquise ne se trouvant même pas dans la salle de banquet la plus riche. En échange d’une chose aussi insignifiante qu’une âme, une personne peut avoir le pouvoir de guérir instantanément toute blessure, ce qui lui permet de vivre encore et encore grâce à l’expérience de charcuter ses propres organes. Toutes ces sensations et tant d’autres sont ouvertes à ceux qui souhaitent embrasser l’obsession en servant le Maître des Excès.[16]

Les Plaisirs du Seigneur de la Tentation

Lorsque le Prince Noir a percé un trou dans la réalité lors de son avènement, sa forme naissante ne connaissait que la faim et la cruauté. Il consuma des milliards d’âmes aeldaris, se régalant d’horreur alors que les aeldaris découvraient la damnation éternelle au plus profond de sa forme. Rapidement, il passa à d’autres tourments, cherchant non seulement le moyen de dévorer le reste de la race qui lui avait donné la vie, mais prenant plaisir à la tâche. La sensation de consommer ceux qui l’avaient créé était un plaisir que peu de gens peuvent comprendre. Depuis, il s’est efforcé de trouver de nouvelles joies pour combler le vide entre ses repas d’âme.

Il prend plaisir à la souffrance et à la douleur et baigne dans l’adoration de ceux qu’il punit. Cependant, c’est un être éternellement insatisfait, et ces plaisirs ne sont là que pour assouvir ses désirs divins. À travers ses disciples, Slaanesh expérimente continuellement avec la sensation. Tous les êtres, à la fois mortels et démoniaques, ressentent de la fierté, veulent plus, cherchent à s’améliorer ou sont obsédés par les aspirations tant matérielles qu’immatérielles. Le Seigneur des Excès donne à ces êtres le pouvoir de revendiquer ce qu’ils cherchent et leur permet ainsi de faire l’expérience de la sensation de gratification. Le tour cruel que le Seigneur des Excès joue contre tous ses partisans est qu’avec le pouvoir, il leur en donne plus. Il leur donne une dépendance à la sensation. Au fur et à mesure qu’ils s’assoient et deviennent insatiables, il se lie à ses partisans et ressent ce qu’ils expérimentent. Chaque coup de canon qui frappe l’épaulière du Space Marine du Chaos devient une caresse amoureuse. Chaque rêve induit par la drogue est partagé comme un repas somptueux. Chaque infâme impulsion du Prince Noir est, dans une moindre mesure, transmise à ses disciples, les récompensant pour leurs actions obsessionnelles et les incitant à accomplir de plus grands actes.

Même les autres Dieux Sombres du Chaos peuvent satisfaire les désirs de Slaanesh grâce aux actions de leurs serviteurs. Un Berzerk qui tue au nom de Khorne est fier de son exploit et tire sa satisfaction de son acte sanglant. Slaanesh ressent cette fierté et cette quête de plus grandes gloires. Un espion dont les actions renversent un régime est récompensé pour ses services par Tzeentch et se régale de sa furtivité ; Slaanesh ressent cette étincelle et augmente le besoin du mortel de se perfectionner. Une victime malade de la peste qui tire sa force de Nurgle pour survivre se vautre dans le réconfort et Slaanesh alimente son amour de la paresse et de la sérénité. De cette manière, les actions et les sensations de tous les êtres peuvent servir à nourrir la faim lubrique du Prince de la Perfection.[17]

Les Champions du Dieu des Excès

À travers la galaxie, des milliards d’âmes se livrent à Slaanesh par des actes de dévotion corrompus. Les hommes se jettent sur les autels de la déchéance ou portent la peau de leurs proches dans l’espoir que leur seigneur en prenne acte. Pour la plupart d’entre eux, il s’agit d’un effort inutile, car la plupart des actes de dépravation et de péché sont fréquents dans une vaste galaxie peuplée d’aliénés et de dépravés. Il en faut beaucoup plus pour attirer l’attention et se faire remarquer par un dieu aux excès insidieux et aux véritables réalisations artistiques de douleur et de plaisir. Être reconnu comme la plus dévouée des âmes corrompues nécessite un dévouement et des efforts bien au-delà de ce que la plupart des mortels peuvent accomplir. Ceux qui peuvent se surpasser toujours plus vers la dépravation parfaite, qui peuvent atteindre les plus hauts niveaux d’excès, peuvent être reconnus comme des champions parmi les disciples du Seigneur des Tourments Délicieux. Pour le reste, il n’y a pas de gloire, pas de récompense, seulement une mort commune.

Cette reconnaissance est assortie d’un prix que les élus sont disposés à payer. Leurs âmes sont perdues, mais l’attrait de l’immortalité possible fait de ce prix une pitance. Se tenir sur la grande scène avec le Seigneur de la Sensation, dans une vie à jamais dominée par des désirs insatiables, est le seul désir réalisé.[18]

Un Fraternité Difficile

Il n’y a pas de paix dans le Royaume du Chaos, tout comme il ’'y en a pas dans le monde des mortels, mais un équilibre précaire existe. Contrairement aux milliards d’âmes qui se battent continuellement pour le contrôle des ressources et pour la domination ascendante de leur race sur toutes les autres de la galaxie, les Dieux du Chaos reconnaissent qu’une forme de coopération est dans leur intérêt. La fraternité des Dieux Sombres est au mieux difficile, mais elle sert à accélérer la disparition du royaume des mortels. Les légions de soldats brutaux de Khorne forment une vague dévastatrice qui frappe son opposition avec férocité et zèle. Le Père de la Peste et ses hôtes répugnants affaiblissent continuellement les fondements de la galaxie, de la chair et de l’esprit, empêchant ses défenseurs de rassembler une force suffisante pour lancer une contre-attaque significative. Tzeentch, le Modeleur de Voies, sème la discorde et la confusion, dressant frère contre frère, souvent à leur insu, dans ses intrigues compliquées. Slaanesh, le Prince Noir, montre aux mortels ce qu’ils sont vraiment : des êtres égoïstes, égocentriques, petits et faibles, sans aucun moyen d’exercer un contrôle ou de rechercher un bien au-delà de leur propre satisfaction indulgent. Il met à nu leur inefficacité et reflète la corruption dans leurs cœurs.

Il adore ses pouvoirs de corruption. Parfois, sa satisfaction pousse ses frères divins à agir contre lui, car le Seigneur de l’Indulgence n’est pas à l’abri de la tentation. Depuis le jour de sa naissance, Slaanesh a eu une joie perverse à pousser à céder à ses envies. Il s’immisce même dans les influences des autres Puissances de la Ruine lorsqu’il voit l’occasion de séduire d’autres adeptes mortels vers son chemin du plaisir. Cette compétition pour le contrôle des actions des mortels prend de nombreuses formes, menant à la frustration et à la mise à l’épreuve de la fraternité. Aucun des Quatre, cependant, n’est aussi facilement provoqué que Khorne par son plus jeune frère. Pour Khorne, effusion de sang et conflit sont la somme totale de l’existence, et les plaisirs indolents sont indignes de l’attention. Pour Slaanesh, le conflit brutal est tout simplement un élément très mineur de l’existence. Il ne s’agit que de tremplins à savourer brièvement avant d’avancer pour vivre d’autres sensations.

Un jour, cette fraternité tendue peut se rompre. Si cela devait se produire, il est probable que l’opposition extrêmement intense entre ces deux puissances en soit la cause. Khorne, un jour peut-être, sa fourrure tachée de sang hérissée des dernières insinuations insultantes, se lèvera du trône d’airain et, la hache à la main, mènera ses forces contre son rival détesté. Slaanesh, ravi que son ennemi ait cédé à ses désirs, se réjouira des joies du choc qui s’ensuivra. Même si Khorne devait étrangler le Seigneur des Plaisirs jusqu’à ce que Slaanesh frôle l’oubli, la satisfaction finale sera celle du Prince Noir, car qu’est ce qui pourrait surpasser la sensation ultime d’un dieu sentant son dernier souffle traverser ses lèvres cruelles et souriantes ?[19]

Les enregistrements de vox suivants ont été découverts sur les lieux du crime. Voiceprint confirme qu’ils sont de Kellum Lim, résident du manoir détruit. Enquête en cours.

++++++

Entrée D235, H8.05:

Cela continue de me vexer. Moi, le meilleur maître gourmet que la ruche ait vu ! Même si cela me fait mal au palet, je dois noter le problème pour les gastronomes qui essaient de suivre mes traces. C’était un repas normal, six préparations correctes de chacun de mes plats préférés. Cette fois… ah, il me manque les mots. C’était sublime et irrésistible. C’était au-delà de tout description, bien que mes chefs insistent pour dire qu’ils avaient suivi à la lettre les consignes de préparation habituelles. Ce ne sont que des Ratlings, des voleurs, et qui savent peu de choses du bon dîner. Ils ont dû faire quelque chose. Les goûts… Je ne peux pas imaginer ne pas les revivre. J’essaye de récréer ce repas mais en vain. Je suis Kellum, maître gastronome, et je réussirai ! Je dois… rien n’a le même goût depuis cette nuit. Tout est fade, aucune saveur. Les repas sont vulgaires et indignes. Je crains de perdre mon temps si j’hésite. La perte pour la ruche serait stupéfiante.

Entrée D238, H2.11:

Je peux à peine contenir mon excitation. Mon esprit magnifique m’a perturbé dans mon sommeil ! C’était une odeur, quelque chose que j’avais dû détecter pendant la nuit, un fil conducteur de ce qui auparavant éblouissait mes sens. Mes rêves étaient remplis de fumée tourbillonnante qui s’enroulait et s’embrassait. Cela tourbillonnait autour de moi comme des ombres, les bras écartés et séduisants. Je connais la direction à suivre. Seuls mes maîtres parfumeurs auraient pu détecter un bouquet si délicat et apprécier l’odeur si parfaite qu’il produisait. Je dois cependant appeler à l’aide maintenant ; mes draps sont totalement déchirés. Mes luttes pour résoudre ce mystère ont dû être ardues.

Entrée D242, H13.47:

Les jours sont maintenant passé pour tenter de recréer l’arôme. Les Ratlings se plaignent, mais c’est tout ce qu’ils savent faire. Tout ce que je mange a le goût du sable, les vins celui de l’eau du bain. Mes soi-disant compagnons gourmets prennent nouvelle de ma santé. Même eux peuvent voir mon agonie. Ça ne peut pas continuer.

Entrée D243, H17.34:

Je l’ai. Les Ratlings étaient bien sûr à blâmer. Ils ont gardé l’information pour eux. Un des serviteurs de la cuisine, comment espéraient-ils garder cela secret ? Les nouvelles cicatrices sur son bras, aussi nettes que les plafonds de cristal au-dessus de moi. Il s’était brûlé contre la plaque brûlantes en acier inoxydable à côté des planches à découper. Je l’ai. Kellum l’emporte ! Bientôt, je vais à nouveau le capturer. Tout d’abord, je m’entraîne sur les Ratlings.

Entrée D263, H19.90:

Le dîner est sur le point de commencer. Tous mes rivaux, tous ceux qui pensent être mon égal, tous présents. Se sentant tous en sécurité et totalement inconscients. Je ne suis pas un mauvais chef ! Ce que je fais doit être fait, quelque chose d’aussi parfait que cela doit être fait. J’allume les feux et les regarde scintiller alors qu’ils consommaient dans la salle à manger. Je suis assis dans ma propre chambre, ma vaisselle devant moi, les conduits d’air fonctionnant parfaitement. Je peux sentir les premières touches de la fumée sublime se glisser sur mon premier plat. Le goût… c’est encore le mien.

H22.52: Ce n’était pas suffisant. Mes larmes coulent sur mes joues cendrées. Le parfum… m’appelle. Il a besoin de moi. Cela doit venir de moi. Je comprends totalement maintenant. Je suis Kellum, le plus grand maître gourmet du siècle, après tout. Mais être le meilleur ne peut jamais suffire.

Registre des enquêtes, D281, H8.00:

Procédure d’examen initial. Toute l’aile semble brûlée. Deux sites d’allumage apparent détectés. Les corps dans la première aile sont morts depuis longtemps, mais une dissection plus poussée donnera un décompte plus exact. Aucune ne correspond au génome du résident K / Lim. Des correspondances partielles ont cependant été trouvées avec plusieurs autres personnages portés disparus.

L’autre aile avait moins de dégâts et des signes d’occupation récente, ainsi que des foyers de feux qui permettaient probablement à l’incendie de se propager. Plusieurs cadavres plus petits ont également été retrouvés. Le manoir a été scellé de l’intérieur, et nous n’avons aucun signe d’issue de sortie ni de Lim.

Il y avait des marques en lambeaux sur les murs et le plafond qui ressemblaient à de fines coupes d’Épée Tronçonneuse. Des glyphes inconnus sont également gravés dans la suie, des cercles épais reliés à des arcs jumelés. Les images de celles-ci ne sont pas numérisées correctement, je les réplique donc manuellement sur les données.

Des travaux auspex supplémentaires sont nécessaires ici ; il y a une odeur inconnue dans l’air qui doit être identifiée.[20]

DecorSlaanesh.png

Slaanesh et la Longue Guerre

« Notre Père nous a refusé de tels plaisirs. Il est juste que nous les partagions avec ses adeptes aveugles. »
- Delorial Eum des Emperor’s Children, avant les actes indicibles au sanctuaire de Saint-Killian.

La perfection est normalement un objectif impossible à atteindre. La vie est limitée et il y a tellement de choses que l’on peut faire tout au long de son parcours. Le temps avance sans cesse, saisissant des opportunités et les échangeant contre des échecs et des regrets. C’est la vérité de l’existence pour toutes les créatures du royaume des mortels. Il existe cependant des endroits où les règles qui régissent la réalité sont suspendues, où le temps peut être ralenti, arrêté ou même inversé. Les tempêtes Warp telles que l’Œil de la Terreur et le Vortex Hurlant sont de tels endroits. Au sein de ces domaines perfides, les anciens vétérans de la Longue Guerre vivent le temps différemment de ceux qui craignent d’y entrer. Le temps leur appartient de faire comme bon leur semble. Ils peuvent le dépenser pour perfectionner leurs compétences, préparer leur vengeance et pratiquer leurs arts meurtriers - et comme on dit, la pratique rend parfait.

Les Emperor’s Children et d’autres Space Marines que le Prince Noir a libérés des chaînes du dogme impérial ont eu des milliers d’années pour se délecter de leur liberté. Comme tous les guerriers qui ont combattu la tyrannie de l’Empereur, ces Space Marines du Chaos ont une haine ardente à l’égard du Maître de l’Humanité et de ses simples sbires. Contrairement à d’autres, ils ont trouvé du plaisir dans l’intensité de cette haine, ce qui leur a montré la valeur d’une existence dans les frontières entre l’espace réel et le Royaume du Chaos. Là, ils sont libres de s’attarder sur une émotion, de savourer les sensations des passions qu’ils ressentent. Ils peuvent s’exposer à de ravissants tourments, se plonger dans des distractions de débauche et expérimenter de nouvelles façons gratifiantes de poursuivre leur désir de vengeance. Ils laissent Khorne se contenter de tuer, ou Tzeentch avec ses sombres plans. Un guerrier de Slaanesh a beaucoup plus de choses intéressantes à faire à ses ennemis que de mettre fin à leurs jours, et dans les royaumes éternels, lui et ses sujets peuvent tout ressentir et expérimenter.[21]

Muse

Harkin marcha lentement parmi les corps. Il était nouveau dans la Garde Impériale bien qu’il ne fût pas étranger au bain de sang ; il avait dirigé les Razor Angels pendant des années avant d’être pris par une impressionnante rafle. Cependant, il ne restait plus grand-chose du 457e Desoleum ; il semblait que quelqu’un d’en haut en avait assez du combat et avait décidé de l’achever avec un bombardement orbital. Le fait que les deux camps aient été pris au piège ne semblait pas avoir été une préoccupation.

Il s’amusait bien. Les Xenos aeldaris étaient rapides, mais ne s’attendaient pas à ce qu’un humain tranche comme eux. Dans la confusion de la fumée et des coups de canon, personne ne remarqua qu’il traînait sa dernière victime sous un char en ruine pour en trancher un peu plus. C’était ce qui l’avait sauvé quand l’explosion avait eu lieu.

La fumée semblait se dissiper, mais il n’était pas sûr de ce qu’il voyait alors que les vrilles grises semblaient se disperser en filaments violets. Quelque chose bougeait, ressemblant plus à de la danse, dans la boue cramoisie. Sa forme était inhumaine, encore plus que les Xenos, mais il ne pouvait pas s’empêcher de regarder comme il ... non, elle, sauta de façon sinueuse d’un corps xenos à un autre. À chaque corps, elle fit un mouvement gracieux de ses énormes, mais agiles griffes, et du sang artériel jaillissait ou des membres tombèrent. Sa seule pause fut pour arracher une gemme arrondie et de la déposer dans sa bouche pleines de crocs. À chaque avalement extatique, l’air autour d’elle brillait comme la chaleur d’un moteur de réservoir. C’était la chose la plus captivante qu’il ait jamais vue.

Il y avait un mouvement à ses pieds. L’un des Xenos n’était pas aussi mort après tout, et avec un hurlement lugubre, il leva un pistolet vers la créature. Harkin n’avait qu’un couteau de combat, mais c’était suffisant pour couper la main de l’alien, puis sa tête. Personne ne pouvait le déranger. Il remarqua la petite pierre sur la poitrine ensanglantée et s’en empara.

Elle l’avait vu maintenant et dansait vers lui. Le sang de Harkin battait à ses oreilles au rythme de ses pas. Ses yeux étaient noirs, mais semblaient remplis de profondeurs impossibles. Sa lame tomba alors qu’il respirait son odeur et tout ce qu’il put penser à faire fut de lui offrir le joyau. De si près, il pouvait sentir l’air brûler sous l’effet de la chaleur de son désir alors qu’elle le laissait tomber dans sa large bouche. Puis ses lèvres se posèrent sur les siennes, partageant quelque chose que même sa plus grande tuerie ne pouvait égaler.

Quand il ouvrit les yeux, tout semblait gris. Elle était partie. L’air était clair et plat. Les morts étaient juste morts. Il pouvait entendre les chars s’approcher et appeler à se regrouper. Sa lame était toujours trempées de sang, mais il a dû perdre connaissance pendant les explosions. Puis il se lécha les lèvres et la saveur était là, pas aussi intense mais l’appelant pour plus. Il sourit, ses dents maintenant un peu plus pointues et s’éloigna vers une nouvelle proie.[22]

DecorSlaanesh.png

Sources

  • Codex Chaos Daemons, V8
  • Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess
  • Warhammer 40 000 JdR - Dark Heresy : Livre de règles
  1. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh – Sensation Without Limitations (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh (traduit de l'anglais par Guilhem)
  4. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh – The Path of Temptation – An Ecess of Riches (traduit de l'anglais par Guilhem)
  5. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh - Servants of Sensation (traduit de l'anglais par Guilhem)
  6. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh - Servants of Sensation - Daemons (traduit de l'anglais par Guilhem)
  7. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh - Servants of Sensation - Mortals (traduit de l'anglais par Guilhem)
  8. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh - Servants of Sensation – Chaos Space Marines (traduit de l'anglais par Guilhem)
  9. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh - Servants of Sensation – Mutants (traduit de l'anglais par Guilhem)
  10. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh - Servants of Sensation – Pleasure Cults (traduit de l'anglais par Guilhem)
  11. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh - Servants of Sensation – Warbands (traduit de l'anglais par Guilhem)
  12. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh - Servants of Sensation – Pleasure Cults (traduit de l'anglais par Guilhem)
  13. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh - Servants of Sensation – Pirates (traduit de l'anglais par Guilhem)
  14. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh – The Path of Temptation – An Excess of Adoration (traduit de l'anglais par Guilhem)
  15. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh – The Path of Temptation – An Excess of Sustenance (traduit de l'anglais par Guilhem)
  16. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh – Myriad Excesses (traduit de l'anglais par Guilhem)
  17. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh – Myriad Excesses – The Pleasures of The Lord of Sensation (traduit de l'anglais par Guilhem)
  18. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh – Myriad Excesses – Champions of the God of Excess (traduit de l'anglais par Guilhem)
  19. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh – Myriad Excesses – An Uneasy Brotherhood (traduit de l'anglais par Guilhem)
  20. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh (traduit de l'anglais par Guilhem)
  21. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh – Slaanesh and the Long War (traduit de l'anglais par Guilhem)
  22. Warhammer 40 000 JdR - Black Crusade : Tome of Excess - Chapter I : Slaanesh – Myriad Excesses (traduit de l'anglais par Guilhem)