Sanguinius

De Omnis Bibliotheca
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Artikle pô fini. J’suis en train d’mettre ça
kom il fô pour k’ça soit tout bô tout bien !
- Krapull Kass’Krane, Mékano
et scribe stagiaire Ork.


Sanguinius, Le Grand Ange, Primarque des Blood Angels.
Le niveau culturel des habitants de la planète Baal, monde désolé aux lunes jumelles, ne leur a jamais permis d’entretenir des archives historiques. Néanmoins, la tradition orale de la Tribu baalite du Sang témoigne que l’enfant Sanguinius présentait déjà de minuscules ailes atrophiées lorsqu’il fut trouvé en un endroit nommé depuis la Chute de l’Ange, non sans raison. Sanguinius était de fait angélique, pas uniquement d’un point de vue physique, mais aussi pour son âme immaculée.

Les membres de la première tribu baalite affirment descendre de la lignée originelle de la Tribu du Sang. Nombre de leurs paraboles et de leurs psaumes ont été transcrits par les Archivistes Blood Angels au fil du temps et sont conservés avec la plus grande déférence dans les temples d’archivage du Chapitre.

L’histoire de la tribu ne nous est pas connue avant l’âge de la descente de Sanguinius. On ne peut lui prêter que l’existence typique qui est toujours celle des autres habitants de Baal Secundus, des individus misérables qui s’efforcent de survivre sur leur monde cruel et irradié. En effet, on enregistre sur Baal Secundus des niveaux de radiation qui tueraient un homme mal protégé en quelques secondes. Il est à supposer que lorsque les frères de la Tribu du Sang trouvèrent un petit ange ailé sur les sables brûlants de leur planète, ils le prirent pour un mutant. L’ironie du sort voulut qu’une grande partie de la tribu préconisa de mettre à mort celui qui allait plus tard lui montrer la voie vers le salut. Même s’il est difficile de croire à un tel sacrilège, il faut considérer qu’à l’époque, les gens de Baal ne valaient guère mieux que des barbares. Ils durent cependant percevoir la divinité de Sanguinius malgré le fait qu’il ne pût s’exprimer. La compassion l’emporta et cet enfant plus parfait que chacun des hommes qui l’entouraient fut adopté.

Bien que les premières années de Sanguinius se soient effacées de la mémoire des hommes, les événements les plus notables de son enfance ont été répétés tant et tant de fois par les tribus baalites qu’ils sont enracinés dans leur conscience collective. Une de ces histoires décrit comment, avant l’âge de trois semaines, il avait atteint la taille d’un enfant de plusieurs années. Aussi curieux qu’intrépide, il prouva être déjà capable de marcher en échappant à la vigilance de sa nourrice. Lorsqu’on le retrouva, ses pas l’avaient entraîné jusqu’au repaire d’un Scorpion de Feu, un prédateur difforme qui atteignait en longueur deux fois la taille d’un adulte. Sanguinius avait occis la bête à mains nues, en dépit des piqûres répétées de son dard dégoulinant d’un poison virulent et censé consumer un homme de l’intérieur en quelques secondes. Les conteurs se plaisent à ajouter que la tribu de Sanguinius fit ce soir-là un excellent repas. Comme tous les autres Primarques, Sanguinius grandit à une allure époustouflante, ainsi que le firent ses ailes, dont les plumes étaient du blanc le plus pur, à l’instar des cygnes, mais résistantes telles celles de l’Aigle Impérial. Elles finirent par pouvoir le porter dans les courants chauds au-dessus des déserts calcinés, ce qui émerveillait les simples êtres condamnés à se traîner au sol.

Moins d’un an après sa découverte, Sanguinius était déjà plus grand que tous ceux qui marchaient sous les lunes de Baal. Son corps était parfait et sa beauté telle que certains ne pouvaient poser les yeux sur lui sous peine de cécité. Il pouvait marcher sous les rayons des soleils les plus ardents tandis que sa famille adoptive titubait, encombrée par le poids des combinaisons anti-radiations, fracasser les rochers d’un coup du plat de la main, soumettre les animaux sauvages d’un seul regard et s’élever dans le ciel porté par ses ailes pour observer la terre avec la même perspective qu’un dieu. Alors que les années passaient, la tribu prospéra sous l’égide de Sanguinius.

La traduction d’un mythe baalite par le très vénérable Hyriontericus Lucidio (2342345.M33) a été conservée avec un soin extrême depuis sa consignation dans les tomes des archives Blood Angels. De ce fait, la citation suivante a conservé une forme archaïque, qui est celle des mots d’Imrait’il’thax l’Ancien transcrits directement du baalite par Lucidio.

"Eux, mutants-cannibales, vinrent par centaines, bien plus nombreux que les nôtres. La lame surgissait de la bouche, l’œil effrayait, la main tordue agrippait l’épée rouillée. Nous connûmes la mort en ce moment. Alors l’Ange œuvra. Le Pur, il ne voulait pas que le mal nous atteignît. Il fit rage, d’abord lumière blanche et aveuglante, puis ombre rouge et courroucée quand la mort marcha à ses côtés. Ses yeux intenses brûlaient et sa couronne, une auréole de violence, semblait une tempête de destruction. Nous fûmes pris par la beauté de sa danse. Et alors il n’y eut plus de mutants, que le silence, et il était devant nous, calme comme le tombeau."

Sanguinius s’éleva rapidement au pinacle de la société de Baal Secundus et, sous son commandement, les tribus baalites de sang pur s’unirent contre l’infestation des mutants qui pullulaient sur les étendues radioactives. Malgré des effectifs largement inférieurs en nombre, ceux de sang pur remportèrent la guerre contre les mutants. La présence de Sanguinius ainsi que sa maîtrise totale de l’art du combat repoussa la vague qui menaçait d’engloutir Baal Secundus. À la bataille, nul ne pouvait échapper à sa colère et c’est sûrement pour cela qu’il fut vite vénéré comme un dieu par les siens, convaincus que le paradis renaîtrait sous les pas ensanglantés de l’Ange. De sorte qu’au moment où l’Empereur parvint sur Baal, son fils perdu se tenait à la tête du Conclave du Sang. Le Haut Souverain de l’Humanité avait correctement deviné la présence de l’un de ses Primarques sur la surface hostile de Baal Secundus et y amena ses meilleurs hommes.

C’est précisément à partir de ce point que les érudits cessent de devoir s’en remettre uniquement aux conjectures et aux mythes primitifs, quel que soit le soin avec lequel ils furent consignés, car l’entourage du Père de l’lmperium comprenait entre autres de nombreux scribes de confiance.

Il est établi qu’au plus fort du Conclave du Sang, l’Empereur entra seul dans le titanesque amphithéâtre naturel lentement creusé au flanc du Mont Seraph par les forces tectoniques. Ceux de sang pur y étaient venus assister à un discours de Sanguinius par dizaines de milliers. L’Empereur se trouvait parmi eux, éblouissant au milieu de ces guerriers loqueteux, mais il connaissait l’humilité et écouta avec autant d’attention que n’importe quel autre homme présent. Les mots de Sanguinius transportaient les âmes en leur donnant plus que de l’espoir, et sa conclusion s’éleva dans une grande ovation reprise par chaque auditeur. Il n’en fallait pas plus pour convaincre l’Empereur qu’il avait retrouvé l’un de ses fils perdus.

On raconte que certains des Primarques se sont battus contre l’Empereur lorsque celui-ci les a retrouvés, mais ce ne fut pas le cas de Sanguinius. Il est dit que lorsqu’il s’approcha de lui, Sanguinius reconnut l’Empereur immédiatement. Beaucoup pensent que c’est une capacité innée à prédire les événements futurs qui l’avait informé de cette visite et expliquerait sa réaction : il tomba à genoux et des perles de cristal roulèrent sur ses joues pour atterrir dans la poussière. Là, des fleurs couleur d’albâtre poussèrent sur le sol nu de Baal Secundus. Alors l’Empereur le pria de se lever et observa la myriade de visages fiers et résolus tournés vers lui, et il vit que tous étaient purs dans leurs âmes et leurs actes, le cœur battant d’un fragment de la noblesse de leur chef. Aux meilleurs, il proposa de rejoindre les Space Marines. Les autres devraient demeurer sur place dans l’honneur et protéger les droits du genre humain sur Baal Secundus. Ainsi, les Space Marines et leur Primarque furent réunis. Tous rejoignirent la flotte du Maître de l’Humanité et s’élancèrent dans la Mer d’Étoiles pour participer à la Grande Croisade.

C’est ainsi que sous le soleil mordant de Baal naquirent les Blood Angels.

Source

  • Index Astartes du White Dwarf N°94 (Février 2002)