Roboute Guilliman

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Artikle pô fini. J’suis en train d’mettre ça
kom il fô pour k’ça soit tout bô tout bien !
- Krapull Kass’Krane, Mékano
et scribe stagiaire Ork.


« Dans une galaxie ceinte de ténèbres, c’est à nous d’apporter la lumière. Le flot du désespoir monte, et nous devons nous élever davantage. En une époque où la raison et l’espoir sont en déroute, nous devons tenir bon. Car nous sommes les épées de l’Empereur, les armes de Sa justice, qui libèrent et vengent en Son nom. Nous sommes l’Adeptus Astartes, les Anges de la Mort, et nous devons vaincre à tout prix. »
- Roboute Guilliman, Premier Discours sur Terra.
Roboute Guilliman, Primarque des Ultramarines et de tous leurs nombreux successeurs, Seigneur Commandeur de l’Imperium, Seigneur-militant des Hauts Seigneurs de l’Imperium de l’Humanité, Régent Impérial, le Fils Vengeur, l’Unificateur, le Véritable Maître d’Ultramar.
Stratège. Héros. Fils Vengeur. Roboute Guilliman est le Primarque des Ultramarines, Seigneur d’Ultramar, et meneur d’hommes hors pair. Ressuscité par l'Adeptus Mechanicus et les Ynnari, il cherche à lever les forces de l’Imperium et à repousser les séides des Dieux Sombres. Dominant même les Frères de Bataille héroïques de son Chapitre, Guilliman avance sur le champ de bataille en fusillant l’ennemi du regard. D’une main il manie l’Épée de l’Empereur, dont chaque revers fait danser un sillage de flammes. L’autre porte la Main de Domination, un gantelet de conception antique avec lequel Guilliman peut éventrer les blindés et écraser ses ennemis. Or, la meilleure arme du Primarque est son génie stratégique, qui devance ses ennemis, déjoue leurs manœuvres et les condamne à la défaite avant même le début de la bataille.

Guilliman faisait partie des loyalistes qui combattirent aux côtés de l’Empereur, durant l’Hérésie d'Horus. Il est actuellement le Suprême Commandeur de l’Imperium, premier des Hauts Seigneurs de Terra et dirigeant de facto de l’Imperium au nom de son Père.[1]

Tenu par certains comme un parangon parmi les fils de l’Empereur, Roboute Guilliman était autant un homme d’État patricien qu’un guerrier infatigable. Doté d’une intelligence surnaturelle, d’une froide raison et d’une volonté indomptable, Guilliman a forgé sa XIIIe Légion pour en faire une vaste force disciplinée et conquérante qui lui a permit de devenir le maître d’un domaine stellaire dans la frange orientale de la galaxie : le Royaume d’Ultramar, qui au cours de sa vie a regroupé cinq cents mondes.[2]

Avant de commencer sa conquête de la galaxie, l’Empereur de l’Humanité créa les Primarques. Utilisant une sorcellerie génétique mystérieuse et ses propres pouvoirs phénoménaux, il forgea vingt demi-dieux. C’étaient des guerriers sans égaux, des stratèges et des chefs charismatiques. Ils rassemblaient toutes les qualités de l’homme, catalysées dans le creuset de la science et magnifiées par l’essence du divin. L’Empereur voulait que les Primarques soient à ses côtés pendant la Grande Croisade, afin qu’ils mènent chacun une des vingt Légions de Space Marines.

Cependant, avant qu’il puisse mettre ce plan à exécution, les Dieux du Chaos intervinrent et enlevèrent les Primarques alors qu’ils n’étaient encore que des embryons, et les dispersèrent dans le Warp. Chacun d’eux se retrouva alors sur un monde de l’Humanité, loin de Terra. Certains affirment que c’est à ce moment-là que les Dieux Sombres laissèrent leur empreinte dans le patrimoine génétique des fils de l’Empereur, et que c’est à cause de cela que la moitié des Primarques trahirent leur géniteur pendant l’Hérésie d’Horus.

Quoi qu’il en soit, Roboute Guilliman ne fut pas corrompu. Son embryon atterrit sur le monde féodal de Macragge. Il fut trouvé et adopté par un seigneur de guerre nommé Konor. Grandissant et se développant à une vitesse surhumaine, le fils adoptif de Konor surpassa rapidement tous les hommes de la planète, et devint le plus grand guerrier, le meilleur stratège et l’homme d’État le plus avisé de Macragge. Après la mort de Konor des mains d’un traître, Guilliman le vengea puis assura sa succession. L’intégralité de Macragge fut unifiée sous sa bannière et la planète connut la paix, le savoir et la prospérité. Guilliman était aimé de son peuple. Il était capable d’assimiler en un temps record une quantité incroyable d’informations. C’était donc un organisateur et un logisticien sans égal, capable de mettre en application les théories les plus complexes afin d’obtenir des résultats pratiques, pour que l’Ordre remplace le Chaos.

Lorsque la Croisade de l’Empereur atteignit Macragge, le fils et le père furent réunis. Guilliman reçut le commandement de la Légion des Ultramarines et entreprit immédiatement d’y imprimer sa marque. Lors des conquêtes qui suivirent, les Ultramarines devinrent le parangon du Space Marine, la Légion la plus polyvalente et la plus douée tactiquement et stratégiquement. Œuvrant sur la base de situations théoriques et de solutions pratiques, les Ultramarines combattaient avec une efficacité optimale. Ils refoulèrent les ennemis de l’Humanité, leurs armées opérant comme des machines parfaitement huilées afin de mener des manœuvres décisives pour remporter chaque bataille et chaque guerre.

Lorsque l’Hérésie d’Horus embrasa la galaxie, Raboute Guilliman combattit avec loyauté et détermination pour l’Imperimn qu’il chérissait. Lorsqu’il crut que l’Empereur était mort, il établit le siège du pouvoir impérial sur Macragge, dans l’intention de préserver la pureté des domaines de son père à travers le royaume d’Ultramar. Et quand Guilliman apprit ultérieurement que Terra avait tenu bon, il fit de son mieux pour que ses Ultramarines et lui viennent en aide à l’Empereur lors de la bataille finale. Ses efforts sauvèrent de nombreuses planètes, toutefois il arriva trop tard sur Terra. Cet échec majeur de sa vie allait le hanter pendant des décennies.

Suite à l’Hérésie d’Horus, le Primarque des Ultramarines rédigea et institua le Codex Astartes. Ce fut également lui qui hérita de la lame enflammée de l’Empereur et qui devint Seigneur Commandeur de l’Imperium, au sein des Hauts Seigneurs de Terra. Finalement, à la Bataille de Thessala, Guilliman fut vaincu par son frère maudit Fulgrim, qui le blessa mortellement avec sa lame empoisonnée. Mourant, Roboute Guilliman fut placé dans un champ de stase au cœur du Temple de la Correction. Depuis, il est resté assis sur son trône, les millénaires s’écoulant, jusqu’à ce qu’un événement capable de le faire revenir à la vie survienne.

Et cet événement est arrivé.

Le Primarque fut ressuscité lors de la Campagne d’Ultramar, durant la 13e Croisade Noire en 999.M41, grâce aux prouesses techniques de l’Archimagos Dominus Belisarius Cawl et du pouvoir du Dieu des Morts Aeldari, Ynnead, à travers sa prêtresse, Yvraine. Peu de temps après, Guilliman lança la Croisade Terrane à partir de Macragge, à travers l’instabilité grandissante de la galaxie, alors que le pouvoir du Chaos augmentait de nouveau avec la naissance de la Grande Faille. Après avoir failli être emprisonné pour l’éternité dans le Maelström puis presque tué sur Luna par son frère, le Primarque Démon Magnus le Rouge, Guilliman arriva finalement sur Sainte Terra. Là, il entra dans le sanctuaire du Palais Impérial et rencontra l’Empereur pour la première fois depuis plus de dix mille ans. Ce qui s’est passé entre le père et le fils durant cette réunion n’est pas connu, mais quand il en réémergea, Guilliman annonça qu’il reprenait une fois de plus le manteau du Seigneur Commandeur de l’Imperium, le premier parmi ses pairs dans le Senatorum Imperialis et le dirigeant de facto de l’Imperium.[3]

Alors que la naissance cataclysmique de la Grand Faille suite à la chute de Cadia perturbait les voyages et les communications interstellaires et que la Noctis Aeterna se refermait comme un linceul sur la galaxie, Guilliman se déplaça rapidement pour stabiliser l’Imperium défaillant. Il se tourna une fois de plus vers Belisarius Cawl pour achever un plan qui durait depuis plus de 10 000 années standards, depuis la fin de l’Hérésie d’Horus et le dernier mandat de Guilliman en tant que Seigneur Commandeur de l’Imperium. Cawl avait passé ce temps à "perfectionner" le modèle génétique original que l’Empereur avait établis avant la Grande Croisade pour les Space Marines, créant une nouvelle légion de dizaine de milliers d’Astartes profondément améliorés sous la surface de sa forge sur Mars. Cette nouvelle race de guerrier transhumain, les Space Marines Primaris, étaient plus grands, physiquement plus puissants et possédaient des temps de réaction plus rapides que leurs homologues Astartes d’origine. Cawl avait également passé les millénaires à repousser les limites du dogme de l’Adeptus Mechanicus dans sa recherche de "l’innovation", en créant de nouvelles Armures Énergétiques, armes et véhicules plus perfectionnés pour les Primaris.[4]

Mais avant que Guilliman puisse se déplacer pour utiliser ses nouvelles armées, le Dieu du Chaos Khorne profita de la Noctis Aeterna pour lancer un assaut démoniaque sur le Monde-Trône de l’Humanité, déclenchant la Deuxième Bataille de Terra. Bien que Guilliman ait conduit les défenseurs impériaux, y compris les Sœurs du Silence et l’Adeptus Custodes, repoussant les serviteurs hurlants du Dieu du Sang, l’assaut effronté choqua les Hauts Seigneurs de Terra. Ils réalisèrent que dans ce nouvel âge, aucun monde n’était à l’abri des Puissances de la Ruine et des nombreux ennemis de l’Humanité.[5]

À la suite de la Deuxième Bataille de Terra et de l’apparition de la Grande Faille, Guilliman rassembla la plus grande flotte de guerre impériale qui avait été vue depuis la Grande Croisade. La plus grande composante de cette force comprenait une nouvelle armée composée de dizaines de milliers de Space Marines Primaris, divisée en moitié en nouveaux Chapitres de l’Adeptus Astartes et en moitié en neuf formations des Légions Space Marines loyalistes d’origine, baptisée les Fils Innombrables des Primarques. Le Primarque lança la Croisade Indomitus dans le vide, déterminé à repousser les Forces du Chaos et les hordes de Xenos partout où ils menaçaient les mondes de l’Humanité. La croisade de Guilliman apporta le feu et la fureur à l’ennemi à travers un Imperium menacé de toutes parts, triomphant de chaque obstacle qui se dressait sur sa route et traversant même la Grande Faille pour atteindre les secteurs perdus de ce que l’on nommait désormais l’Imperium Nihilus. Partout où passait la Croisade Indomitus, elle apportait aide et soutien aux mondes humains assiégés. Mais davantage que des armes ou des provisions, sa ressource la plus précieuse était l’espoir dont elle emplissait les cœurs des citoyens impériaux, et l’allégresse de l’incroyable nouvelle : un fils de l’Empereur marchait une fois de plus à travers les étoiles.[6]

La Croisade Indomitus arriva à son terme à la Bataille de Raukos, qui fut une victoire sur une force d’Astartes hérétiques, plus d’un siècle après son commencement. Par la suite, Guilliman retourna son attention pour aider son royaume d’Ultramar afin de vaincre les forces de la légion traîtresse de la Death Guard et les serviteurs de Nurgle durant les Guerres de la Peste, conduite par son frère déchu Mortarion en 111.M42. Avant la fin du conflit, Guilliman annonça qu’il avait commis une grave erreur en autorisant la réduction drastique des frontières officielles d’Ultramar dans les jours qui suivirent l’Hérésie d’Horus. Il rétablit donc l’ancien Conseil Tétrarque, organe dirigeant de l’antique Ultramar, et chargea ses nouvellement nommés Tétrarques, comprenant son Écuyer - le Capitaine Decimus Felix et le Premier Capitaine des Ultramarines, Severus Agemman, sous l’autorité du Maître de Chapitre et Seigneur-Protecteur du Grand Royaume d’Ultramar Marneus Calgar, d’étendre les territoires d’Ultramar pour inclure tous les systèmes qui avaient autrefois constitué les Cinq Cent Mondes.[7]

Le Fils de Macragge

Grâce aux grands efforts de nombreux Itérateurs impériaux, l’histoire du Primarque Roboute Guilliman, le début de sa vie et de sa découverte sont bien connus et bien documentés, contrairement à certains autres Primarques.

La plupart de ces récits ont bien sûr joué un rôle d’édification pour les masses et de propagande, mais entre les événements diversement embellis, un certain nombre de faits et de thèmes cohérents se dégagent.[8]

L'Arrivée sur Macragge

Après leur enlèvement mystérieux sur Terra, les vingt capsules d’incubation des enfants Primarques se sont posées sur des planètes colonisés par l’homme à travers la galaxie - des mondes éloignés habités par une grande variété de cultures humaines, et que ce soit par hasard ou par dessein cruel, chaque monde fournirait un creuset qui tempérerait l’enfant Primarque qui deviendrait soit un héros ou un monstre, un tyran ou un libérateur. La capsule contenant la forme en développement d’un Primarque tomba sur le monde de Macragge situé dans la Bordure Orientale de la galaxie. Macragge était un monde aride mais pas inhospitalier, qui faisait partie d’un ancien empire stellaire des âges passés que l’Homme avait habité pendant des siècles, depuis l’époque du Moyen-Âge Technologique. Ses industries avaient survécu relativement intacte à l’Ère des Luttes et ses habitants avaient conservé une société autoritaire mais structurée. Y furent remarquablement conservé un certain nombre d’antiques vaisseaux Warp à courte portée qui pouvaient être utilisés pour le transit stellaire - si les conditions le permettaient - et ses habitants avaient continué à construire des vaisseaux spatiaux sub-légers même pendant les tempêtes Warp les plus intenses. Cela avait permis aux habitants de Macragge de rester en contact avec plusieurs systèmes humains voisins, malgré la fureur des tempêtes, maintenant ainsi un lien ténu avec le reste de l’espace humain et de savoir qu’il n’était pas seul dans les ténèbres.

Ainsi, lorsque la capsule du Primarque fut découverte par un groupe de nobles qui chassaient dans une forêt locale, ils surent immédiatement que c’était un appareil technologiquement avancée plutôt qu’un objet issue de la superstition ou de la magie. Les nobles brisèrent le sceau de la capsule et y découvrirent un enfant d’une beauté saisissante et parfaitement formé, entouré d’une aura de lumière. L’enfant fut amené devant Konor Guilliman, l’un des deux nobles qui portait le titre de "consul", et dont l’autorité régissait la région la plus civilisée et la plus puissante de Macragge. Konor adopta l’enfant comme son propre fils, tradition qui n’était pas rare dans sa culture, le baptisant Roboute.

Le jeune Primarque grandit anormalement vite et, ce faisant, ses forces physiques et mentales uniques devinrent évidentes pour tous. Il est enregistré qu’au moment de son dixième anniversaire, Guilliman avait maîtrisé tout ce que les tuteurs les plus sages de Macragge pouvaient lui apprendre. Sa perspicacité sur les questions d’histoire, de philosophie et de science étonna ses enseignants, tandis que sa mémoire était absolue et sa capacité à extrapoler des conclusions précises à partir d’informations fragmentaires était à la limite de l’inexplicable. Son plus grand talent réside cependant dans l’art de la guerre, elle-même traitée comme une science élevée et louée dans la culture de Macragge. Dès qu’il atteignit sa majorité légale, le père adoptif de Roboute, Konor, lui donna immédiatement le commandement d’un corps expéditionnaire envoyé pour pacifier les terres les plus septentrionales de Macragge. Nommé Illyrium, c’était une terre barbare, de parias et de micros États en guerre qui hébergeaient depuis longtemps des brigands et des mercenaires qui attaquaient régulièrement des terres civilisées tout autant qu’ils s’engageaient comme fantassins pour combattre dans les guerres de leurs voisins. Roboute mena une brillante campagne et remporta à la fois la soumission et le respect des féroces bandes de guerriers illyriens, mais quand il rentra chez lui depuis la frontière nord, Roboute trouva la capitale de Macragge Civitas dans la tourmente.[9]

La Mort de Konor

En l’absence de Roboute, le co-consul de Konor Guilliman, un dénommé Gallan, déclencha un coup d’État contre Konor, un événement loin d’être inconnue historiquement même si, dans ce cas, ce fut une surprise. Gallan, semble-il, avait longtemps nourri des desseins d’une domination non partagée et avait conspiré avec les membres de la riche noblesse de Macragge, jaloux du pouvoir politique et de la popularité de Konor et qui craignaient de plus en plus l’avenir de son enfant prématurément précoce. Ces mécontents représentaient l’ancien régime de Macragge, une aristocratie dont la richesse se basait sur de vastes domaines entretenus par le travail d’une multitude de vassaux appauvris. Konor, soutenu par les nobles issus des industries de Macragge - rivaux de l’ancien régime - contesta cet équilibre des pouvoirs, forçant l’aristocratie de Macragge à offrir à ses vassaux un niveau de vie et des droits accrus, affaiblissant sa mainmise. Konor avait également fait appliqué une loi qui obligeait la noblesse de Macragge à lancer un ambitieux programme d’amélioration des infrastructures longtemps négligée de leur pays et à élargir la capitale à leur frais. Ces réformes ont rendu Konor Guilliman inattaquable aux yeux du peuple, mais étaient très impopulaires au sein de la noblesse, à l’exception des quelques aristocrates les plus prévoyants.

Alors que Roboute Guilliman et son armée triomphante approchaient de la ville de Macragge Civitas, ils virent la fumée d’une multitude de feux et trouvèrent des citoyens fuyant une ville plongée dans l’anarchie. Roboute appris que l’armée privée de Gallan avait attaqué le Sénat tandis que Konor et ses loyaux gardes du corps étaient à l’intérieur. Les réfugiés racontèrent chacun la même histoire ; des soldats rebelles avaient attaqué le Sénat, tandis qu’une foule ivre de colère, à l’initiative de Gallan, mais désormais hors du contrôle de toute autorité, parcourait la ville en feu, pillant et assassinant. Roboute se précipita au secours de son père adoptif. Laissant ses propres troupes s’occuper des émeutiers, Roboute se fraya un chemin vers le centre de la cité, découvrant les actes sanglants commis par les rebelles dans le district gouvernemental, mais arriva trop tard au Sénat. Tout n’était qui ruine criblée de balles, et même les rebelles semblaient avoir fui les lieux pour se joindre au pillage. Là, dans les abris sous le bâtiment à moitié effondrés, il trouva son père mourant. Pendant trois jours, le Consul blessé avait dirigé la défense du Sénat assiégé, alors même que des chirurgiens se battaient pour sauver sa vie à la suite d’une tentative d’assassinat ratée qui avait déclenché l’attaque chaotique des conspirateurs. Il est apocryphe de dire qu’avant de rendre son dernier souffle, Konor décrivit l’ampleur de la trahison de Gallan envers son bien-aimé fils adoptif et nomma ceux dont les mains étaient tachées de son sang.

La fureur de Roboute Guilliman suite à la mort de son père adoptif était inconsolable. Avec le soutien total de son armée et des citoyens assiégés de Macragge Civitas, Roboute écrasa les rebelles de l’aristocratie, dispersa leurs armées de mercenaires et aligna dans les rues les corps suspendus des émeutiers, rétablissant ainsi rapidement l’ordre dans la capitale et les terres environnantes. Des milliers de citoyens affluèrent au Sénat et, au milieu d’une vague de reconnaissance populaire, Roboute devint l’unique et désormais très puissant Consul de Macragge.

Le nouveau souverain brisa l’ancien ordre aristocratique et leur confisqua leurs terres et leurs titres. Gallan et ses complices furent arrêtés, les meneurs exécutés publiquement et les autres condamnés aux travaux forcés pour reconstruire à la main, pierre par pierre, la ville qu’ils avaient détruite. Ils ne survécurent pas longtemps à cette peine. Dans le nouvel ordre, des soldats loyaux et des colons assidus se voyaient accorder des droits là où l’aristocratie oppressive régnait autrefois. Avec une énergie surhumaine et une vision singulière que seul un Primarque était capable d’exécuter, le nouveau Consul réorganisa l’ordre social de Macragge, créant une féroce méritocratie où les travailleurs assidus recevaient les postes honorables et accéder à des hautes fonctions, tandis que ceux qui violaient la loi ou œuvraient contre le bien commun recevaient des peines draconiennes, mais impartiales. L’économie stagnante et inégalitaire fut réorganisée, la technologie diffusée plutôt que conservée par l’élite, et les forces armées transformées en une force puissante et bien équipée. Macragge prospéra comme jamais auparavant - un peuple et un seul ordre, unis sous le règne incontestable de Roboute Guilliman.[10]

L'Empereur Atteint Macragge

Alors même que les capsules des vingt Primarques dérivaient à travers le Warp, l’Empereur et Ses armées progressaient rapidement dans la galaxie. Leur Grande Croisade avait déjà libéré de nombreux mondes de la domination extraterrestre, et rétabli le contact avec des planètes humaines qui avaient vécu isolées et menacées de toutes parts depuis plusieurs milliers d’années.

Tandis que le jeune Roboute Guilliman guerroyait contre les bandits d’Illyrium dans les montagnes au nord de Macragge, l’Empereur et une force de Space Marines atteignirent le monde d’Espandor, dans le système voisin. L’Empereur apprit par la bouche des habitants d’Espandor l’existence de Macragge et du fils déjà légendaire du Consul Konor. L’Empereur réalisa immédiatement qu’il venait de retrouver un de Ses fils perdus.

Il prit sans tarder la route de Macragge mais son vaisseau fut piégé dans une tempête Warp inattendue qui le dévia de son cap. Lorsque l’Empereur débarqua finalement sur Macragge, Roboute Guilliman régnait depuis presque cinq ans. Au cours de cette période, la planète avait subi de profondes mutations. Ses habitants étaient prospères, ses armées bien équipées et ses cités avaient été rebâties en marbre et en acier brillant. Les vaisseaux effectuaient des liaisons régulières avec les systèmes voisins et ramenaient des matières premières et toujours plus de colons vers Macragge. L’Empereur fut presque étonné de trouver un monde aussi florissant et comprit que Roboute Guilliman était un Primarque à la clairvoyance, au talent et à l’intelligence réellement extraordinaire.

L'Aigle de l'Est

Roboute Guilliman durant la Grande Croisade.
Aussi rapidement qu’il avait mit ses plans à exécution pour Ultramar, Guilliman se lança dans la réorganisation et la ramification de sa Légion. Il adopta un plan extrêmement détaillé inspiré à la fois des doctrines militaires et des philosophies politiques de son monde d’origine, et d’une étude détaillée de l’histoire de la XIIIe, de chaque Légion et de chaque force armée sous la bannière de l’Empereur sous leur forme en vigueur. Ainsi, il rebâti en conséquence la structure organisationnelle et les doctrines tactiques de sa Légion. Le résultat fut une force admirable, élaborée et hautement méritocratique. Sans surprise, il s’appuyait sur de nombreux éléments déjà manifestes dans le caractère de la XIIIe Légion, car le patrimoine génétique de leur Primarque avait déjà partiellement façonnés les Ultramarines qui, même inconsciemment, recherchaient à travers l’analyse et la raison à éliminer les faiblesses et les insuffisances pour atteindre le résultat militaire optimal. Comme pour la plupart des entreprises de la Légion, le Primarque considérait qu’il s’agissait d’un plan sur le long terme et il adopta rapidement une double doctrine qui englobait parallèlement les valeurs anciennes et déterministes du guerrier : le courage, la discipline, la compétence et l’adaptabilité, définies comme ce qui était "pratique", et d’autre part : la planification, le précédent, l’analyse et l’évaluation, définies comme ce qui était "théorique". Les deux éléments doctrinaux avaient un poids et une valeur similaires, l’un complétant et informant l’autre, se confondant comme les métaux qui forment une fine lame. Cela devint la doctrine et le credo de la Légion.

Comme pour la société que Roboute Guilliman avait construite sur Macragge, la XIIIe Légion sous son commandement était aussi impitoyable qu’elle était efficace, les capacités de l’individu étant valorisés dans leur ensemble, et la vie d’un élément jamais sacrifiée sans raison ou sans but ; la doctrine soulignant que chaque Astartes perdu affaiblissait ceux qui restaient. Au sein de la Légion, la bravoure et la réussite de l’individu étaient récompensées avec honneur et responsabilité, mais l’obéissance à la hiérarchie et à l’ordre qu’elle exigeait de ses membres devait être irréprochable et incontestée. Les signes extérieurs de cette transformation furent frappants, la livrée de la XIIIe devint d’un bleu profond, chassée d’or, tandis que le symbole de l’ancien glyphe "Ultima", trouvé sur les cartes stellaires du secteur avant son isolement, fut adopté pour symboliser le nouveau royaume que la Légion incarnait, et avec elle la dénomination de "Ultramarines", comme le suggère une monographie attribuée au Commémorateur L. Amphidal, « Roboute Guilliman et sa Légion firent le serment de faire mener la Grande Croisade au-delà des étoiles elles-mêmes si nécessaire pour voir son achèvement. »

Avec sa base avancée transférée sur Macragge, Guilliman se vit confier le commandement de la Croisade dans la région et entreprit rapidement une série de nouvelles conquêtes. Sa 12ème Flotte Expéditionnaire sous son commandement reçu des navires de guerre de dernière génération conçus sur Mars avec la bénédiction de l’Empereur. Les nouvelles conquêtes furent immédiates, car les nouvellement nommés Ultramarines augmentèrent rapidement leurs effectifs qui étaient originaires de Macragge, identifièrent des cibles en conformité avec le Credo Impérial et sélectionnèrent les forteresses xenos à des fins d’éradication. Interrompue seulement lorsque la volonté de l’Empereur l’appelait pour se joindre à de plus grandes campagnes, la 12e Flotte Expéditionnaire se déplaça pendant près d’un siècle jusqu’à l’étendue morte au nord de la galaxie où se terminait les Tempêtes de Dominations et jusqu’au point Ultima Thule à l’est et sud galactique, où les étoiles pâlissent et disparaissent dans les ténèbres sans fin du vide exo-galactique.

Au cours de cette période, les Ultramarines ont réussi à libérer plus de mondes que n’importe quelle autre Légion, et les planètes que Roboute Guilliman ramena dans le giron de l’Imperium ont toujours bénéficié de son intense passion pour un gouvernement efficace et ordonné. À chaque fois que Guilliman et les Ultramarines adoptaient un monde en Conformité, leurs forces consacraient autant d’efforts à le rétablir, à mettre en place des défenses autonomes et à veiller à ce que les agents de la Vérité Impériale et des industries inséreraient fermement la place du monde dans le tissu de l’Imperium. Cette expansion de la civilisation cohésive sur le chemin de la Légion lui permis à la fois de consolider et d’élargir ses lignes d’approvisionnement, facilitant en grande partie la grande rapidité et la portée des conquêtes des Ultramarines.[11]

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : les Ultramarines

Le Modèle d'Empire

Aussi inexorablement que son nombre de victoires, les effectifs de la Légion des Ultramarins commençait également à augmenter. Même avant sa réunification avec son Primarque, la XIIIe Légion avait pris conscience de ses pertes et avait démontré sa capacité à se développer dans la continuité grâce à la résilience de son héritage génétique lors de la réplication multigénérationnelle. Mais avec la vision du Primarque pour la guider, son sens de l’organisation et son propre matériel génétique disponible pour renforcer davantage les stocks génétiques de la Légion, l’expansion qui en résulta fut fantastique, peut-être au-delà des attentes de quiconque - même celle de l’Empereur. Quelques mois après l’établissement de la Légion sur Macragge, le premier afflux de nouvelles recrues était arrivé à la Forteresse d’Héra, le nouveau quartier général de la Légion, que Roboute Guilliman avait ordonné de construire. Le processus de renouvellement et d’augmentation des effectifs de la XIIIe Légion commença et fut continuel.

Des vagues et des vagues de recrues ont été reçues et traitées, non seulement sur Macragge et les mondes environnants d’Ultramar en lente expansion, aussi nombreux soient-ils, mais sur des dizaines de mondes et colonies éloignées que la flotte conquérante de Roboute Guilliman avait atteint. Le processus était méritocratique et exigeant ; seuls les candidats les plus forts et les plus compétents étaient sélectionnés, choisis pour les attributs physiques et mentaux souhaités, mais le filet était si large que les admissions dépassaient celle des autres Légions. Ceci, ajouté au rejet des Ultramarines de la guerre d’attrition qu’ils considéraient comme du "gaspillage", créa une amplification dans la mesure où plus la Légion utilisait une action de Conformité importante, plus elle gagnait des forces et limitait les victimes. Dans les cas où de lourdes pertes étaient inévitablement subies - il restait en effet beaucoup de batailles acharnées menées par les Ultramarins contre des ennemis terriblement puissants tels que les empires des sauvages Orks, les Tanarils et d’autres xenoformes cauchemardesques -, la taille même de la Légion et son énorme capacité à se renouveler grâce à son recrutement performant lui offrit une formidable résilience, et ces pertes ont presque toujours été remplacées en quelques années.

Au moment où Horus fut nommé Maître de Guerre, les Ultramarines étaient, selon toute évaluation officielle, la plus grande Légion Space Marine par nombre d’Astartes, avec une marge considérable. En raison de cette expansion, la 12e Flotte Expéditionnaire, très importante, a été subdivisée en une vingtaine de petites Flottes Expéditionnaires et de Harcèlement, permettant à la Légion de se déplacer plus loin, chacune comprenant encore des dizaines de navires et des milliers et parfois des dizaines de milliers d’Astartes. La force numérique de la Légion des Ultramarines est un exploit qui ne fut pas surpasser, bien que secrètement, d’après certaines évaluations, l’agrandissement tardif des Word Bearers vienne les rivaliser, tandis que les affirmations non vérifiées sur les effectifs de l’Alpha Légion affirment qu’ils sont plus importants que ne l’indiquent les registres officiels.

Cette force militaire et cet "empire au sein d’un empire" presque autonome qui l’entretenait, Ultramar ayant acquis une envergure communément appelée les Cinq Cents Mondes avant le déclenchement de la guerre, eurent des conséquences désastreuses sur les Ultramarins et leur Primarque. Séparés et inviolés à l’est, et étant une grande puissance de fait, l’existence même de la Légion en faisait une menace qui ne pouvait être ignorée pour le complot des Traîtres, menace que le plan du Maître de Guerre et le désir de vengeance des Word Bearers voulaient voir détruite, sur Calth.[12]

La Destruction de la Cité Parfaite

« Je vais vous révéler quelque chose que personne ne sait, à l’heure actuelle. L’Empereur a ordonné que Lorgar, qui s’appelait Aurelian, cesse de le vénérer. Ce dernier refusa, alors mon père a dû lui inculquer une leçon. Lorgar avait fait bâtir une cité en l’honneur de l’Empereur. On l’appelait la cité parfaite. Ma Légion l’a détruite. Je n’y ai pris aucun plaisir. Même si, à mon avis, les graines de la corruption furent plantées bien avant que l’Empereur ne prenne Lorgar à ses côtés, c’est l’humiliation que ma Légion a infligée à Aurelian qui a contribué à le pousser dans les bras du Chaos. »
- Roboute Guilliman à Yassilli Sulymanya, Historitor du Logos Historica Verita.[13]

Ce désir de vengeance des Word Bearers à l’encontre des Fils d’Ultramar remonte des décennies avant l’Hérésie, lors de la destruction de la cité de Monarchia - surnommée la Cité Parfaite, capitale de la planète Khur, construite par les Word Bearers au cours de la Grande Croisade comme un magnifique sanctuaire dédié à la vénération de l’Empereur divinisé. Exaspéré par la lenteur des conquêtes de la XVIIe Légion et désapprouvant l’idolâtrie dont Il était l’objet dans cette cité, le Maître de l’Humanité ordonna que les faux temples soient détruits par les Astartes de la Légion des Ultramarines. Guilliman s’exécuta et fit évacuer par la force les habitants de la capitale planétaire, ainsi que seize autres cités et les rasa.

Lorgar et l’intégralité de la Légion des Word Bearers furent convoqué sur Khur et obligé de s’agenouiller dans les cendres de la ville par l’Empereur Lui-même, accompagné de Guilliman et de Malcador le Sigillite, tandis que les Ultramarines se tenaient debout devant eux. Lorgar fut publiquement humilié par l’Empereur, qui le réprima pour ses croyances religieuses, la lenteur de ses conquêtes et fut accusé d’avoir failli à la cause de l’Imperium. Forcé de s’agenouiller devant son Père, lui un Primarque, alors que Guilliman restait debout, il subit, désemparé, ses réprimandes. Une fois l’Empereur retiré sur Son vaisseau, Guilliman informa son frère que vingt Custodes l’accompagneront lui et sa Légion pour le surveiller. Ce dernier désaveu provoqua la fureur de Lorgar qui accusa Guilliamn de s’amuser de son déshonneur et le frappa violemment, lui souhaitant de ne pas vivre la douleur de la destruction d’une de ses planètes et cités, ce que connaîtra, des décennies plus tard, le Fils Vengeur lorsque Lorgar et Angron ravageront Ultramar.

Cette réprimande par l’Empereur et la destruction de leur cité fut un point de basculement dans l’histoire de l’Humanité, car elle déclencha la quête spirituelle de Lorgar qui le mènera à embrasser le culte des Dieux du Chaos. Elle instilla la haine des Word Bearers envers les Ultramarines, haine qui éclatera au grand jour lors de la Bataille de Calth.[14]

Plus de dix mille ans plus tard, Guilliman se souvient avec regrets de cet événement, se demandant si par la destruction de Monarchia, il ne s’est pas rendu responsable de la damnation de son frère et des terribles événements qui suivirent…[15]

Le Triomphe d'Ullanor

« Ils sont jaloux, tous autant qu’ils sont. Quand l’Empereur m’a nommé Maître de Guerre, c’est tout ce qu’ils ont trouvé pour m’en féliciter. Particulièrement Angron ; il est d’un caractère sauvage, et encore maintenant il m’est difficile de me le concilier. Guilliman ne vaut guère mieux. Il pense que c’aurait dû être lui, je le sais. »
- Horus Lupercal à la Commémoratrice Petronella Vivar.

Dans les dernières années du 30e Millénaire, les forces de l’Imperium entreprirent la Croisade d’Ullanor, un vaste assaut impérial contre l’empire ork du Seigneur de Guerre Urrlak Urruk. Le site de l’assaut final des forces impériales se trouvait dans le système central d’Ullanor. Cette croisade marqua le point culminant de la Grande Croisade pour réunir les mondes dispersés de l’Humanité. Les Orks d’Ullanor représentaient la plus grande concentration de Peaux-Vertes jamais vaincue par les forces militaires de l’Imperium ; avant la Troisième Guerre d’Armageddon commencée à la fin du 41e Millénaire. L’Empereur en personne commanda les armées de l’Imperium, secondé par Horus. L’ensemble des Luna Wolves furent mobilisés pour mener le fer de lance, mais les Ultramarines de Guilliman combattirent aux côtés des White Scars pour purger les systèmes extérieurs en livrant des attaques de diversion.

Après la défaite des Orks d’Ullanor, l’Empereur de l’Humanité retourna sur Terra pour commencer à travailler sur Son ambitieux projet d’ouverture de la Toile Aeldari pour l’usage de l’Humanité. Lors du triomphe d’Ullanor, à laquelle Guilliman fut absent, le Maître de l’Humanité désigna Horus qui reçu le titre nouvellement créé de "Maître de Guerre" pour commander à Sa place les vastes forces de la Grande Croisade, faisant de lui le commandant en chef de toutes les armées de l’Imperium et le dépositaire de l’autorité de commandement sur tous les autres Primarques et toutes les Flottes Expéditionnaires de la Grande Croisade. 

Quand l’Empereur proclama Horus Maître de Guerre de l’Imperium, Guilliman accepta la nouvelle sans ressentiment, et Horus continua à lui demander conseil. Cependant, Horus croyait que Guilliman considérait qu’il méritait autant, sinon plus, l’honneur d’être nommé Maître de Guerre. Avant de retourner sur Terra pour superviser la prochaine phase de la création de son empire stellaire, l’Empereur suggéra à Horus de renommer la XVIe Légion les "Son of Horus", en son honneur et pour montrer sa place prééminente parmi ses frères. Horus a initialement refusé cet honneur, ne souhaitant pas être placé au-dessus de ses frères, et ainsi sa Légion continua à répondre sous le nom de Luna Wolves jusqu’à sa trahison. Les autres Primarques ne se sont jamais réconciliés suite à l’absence de l’Empereur et leurs sentiments d’avoir été abandonné par leur Père afin de poursuivre un projet secret dont Il refusa de révéler la teneur créa de la jalousie et du ressentiment, plantant les graines la corruption qui engendra l’Hérésie d’Horus.[16]

L'Hérésie d'Horus

« Écoute-moi, Roboute. Tu te crois si intelligent, si sage. Si informé. Mais tout ça a déjà commencé. La galaxie se retourne. Tu mourras, et notre père mourra, ainsi que tous les autres, parce que vous êtes trop stupides pour voir la vérité. Écoute-moi bien, Roboute. Écoute-moi. L’Imperium est condamné. Il s’écroule. Il va se consumer. Notre père est fini. C’en est terminé de ses rêves sournois. Horus s’élève. »
« Horus ? »
« Horus Lupercal est en pleine ascension, Roboute. Tu n’as aucune idée de ses aptitudes. Il nous domine tous. Nous nous tenons à ses côtés, ou bien nous périrons entièrement. »
« Lorgar, espèce de sombre merde. Aurais-tu succombé à une drogue ? Es-tu fou ? Quel genre d’inanité es-tu… »
« Horus ! »
« Quoi, "Horus" ? »
« Il s’élève ! Il approche ! Il tuera tous ceux qui lui feront obstacle ! Il régnera ! Il sera celui que l’Empereur ne pourra jamais être ! »
« Horus ne… »
« Horus ne trahirait jamais. Si l’un d’entre nous trahissait, les autres… »
« Horus s’est dressé contre notre père cruel et injurieux, » dit Lorgar. « Accepte-le, et tu mourras avec une plus grande paix dans ton cœur. Horus Lupercal est apparu pour renverser la corruption impériale et punir l’usurpateur. Cela se déroule déjà en ce moment même. Et Horus n’est pas seul. Je suis avec lui, je lui ai juré allégeance. Ainsi que Fulgrim. Angron. Perturabo. Magnus. Mortarion. Curze. Alpharius. Ta loyauté n’est que du vent et du papier, Roboute. Notre loyauté est écrite dans le sang. »
« Tu mens ! »
« Et toi, tu vas mourir. Istvaan V a brûlé. Certains de nos frères sont déjà morts. »
« Morts ? Qui est… »
« Ferrus Manus. Corax. Vulkan. Ils sont morts, ils ont été vaincus. Massacrés comme des porcelets. »
« Ce ne sont que des mensonges ! »
« Regarde-moi, Roboute. Tu sais bien que non. Tu le sais. Tu as étudié chacun d’entre nous. Tu sais quelles sont nos forces et nos défaillances. La théorie, Roboute ! La théorie ! Tu sais que tout ça est possible. Tu sais en te basant sur les faits qu’il s’agirait là d’une issue possible. Quoi que tu puisses penser de moi, Roboute, » dit Lorgar, « quelle que puisse être ton opinion de moi, et je sais qu’elle n’est pas très flatteuse, tu sais que je ne suis pas un imbécile. J’aurais trahi mon frère et attaqué toute la puissance rassemblée de la XIIIe Légion… pour une rancune ? Vraiment ? La pratique, Roboute. Je suis ici pour vous exterminer, toi et les Ultramarines, parce que vos forces sont les dernières dans le camp de l’Empereur qui pourraient encore arrêter Horus. Vous êtes trop dangereux pour que nous vous laissions vivre, et je suis ici pour faire en sorte que ce ne soit pas le cas. » Lorgar se penche vers lui. La lumière joue sur ses dents. « Je suis ici pour vous éliminer de la partie, Roboute. »
- Lorgar Aurelian révélant la trahison d’Horus à Roboute Guilliman en lithodiffusion durant la Bataille de Calth.[17]

Durant l’Hérésie d’Horus, Roboute Guilliman fera preuve d’une loyauté absolue envers l’Empereur et l’Imperium et cherchera à préserver par tous les moyens les idéaux de la Grande Croisade. Étant l’un, voir le plus idéaliste des Primarques, il fut identifié par les traîtres comme étant un loyaliste à abattre à tout prix. Pour autant, il sera bouleversé par ce conflit qui verra la fin de la fraternité des Primarques et par la ruine que la trahison d’Horus apporta dans le domaine d’Ultramar.

Suite à son allégeance aux Dieux Sombres, Horus mis en place ses plans pour neutraliser le maximum de Légions qu’il savait resterait loyales envers l’Empereur. Il savait que Roboute Guilliman ferait parti de ses loyalistes. Dirigeant la plus importante Légion en terme d’effectif et à la tête du royaume d’Ultramar qui regroupait cinq cent planètes, Guilliman et ses fils était une terrible menace pour le Maître de Guerre. Alors qu’il préparait le massacre des loyalistes issus des Légions Renégates sur Istvaan III, il ordonna à Guilliman de rassembler sa Légion autour de Calth, planète majeure d’Ultramar. Le Primarque des Ultramarines s’exécuta et confirma à Horus que le rassemblement était en cours. En parallèle, Horus envoya Lorgar et sa Légion rejoindre les Ultramarines afin de les éliminer par surprise.[18]

La Bataille de Calth

« Mon frère. Fais cesser le feu ! Cessez le feu. C’est une erreur. Vous avez commis une grave erreur, cessez vos représailles. Ce n’est pas nous qui sommes vos ennemis. »
« Vous êtes contre nous. »
« Nous ne vous avons pas attaqués. Je peux te le jurer. »
« Vous vous êtes tournés contre nous autrefois. Vous nous avez rabaissés et humiliés. Jamais plus vous ne le ferez. »
« Lorgar ! Écoute-moi. Vous commettez une erreur ! »
« Pourquoi, au nom de toute la galaxie, présumes-tu qu’il s’agisse d’une erreur ? »
- Roboute Guilliman à Lorgar Aurelian en plateforme hololithique au début de la Bataille de Calth.
Roboute Guilliman durant la Bataille de Calth.
Lorsque le Maître de Guerre Horus tourna le dos à l’Imperium, jurant allégeance aux Puissances de la Ruine et déclenchant l’Hérésie d’Horus, son premier acte avant de proclamer sa rébellion contre l’Empereur de l’Humanité, fut de leurrer autant de Légions Loyalistes que possible. Usant de son autorité de Maître de Guerre, Horus ordonna à Guilliman de diriger un corps expéditionnaire vers le monde de Calth dans le système Veridia du royaume d’Ultramar afin de se préparer à une campagne dans les franges orientales de la galaxie, où, selon Horus, une Waaagh! Ork s’amassait. Horus ordonna aux Ultramarines d’attendre l’arrivée des Word Bearers qui devait soi-disant se joindre à eux pour mener une campagne contre la menace peau-verte. À l’insu de Guilliman, la XVIIe Légion avait depuis longtemps juré allégeance aux Dieux du Chaos, et son Primarque, Lorgar Aurelian, accepta avec joie les ordres d’Horus de refermer le piège sur les rivaux de sa Légion. Lorsque la flotte des Word Bearer, commandée par Erebus et Kor Phaeron arriva sur Calth ou s’était amassé les troupes Ultramarines, elle attaqua par surprise. Cette attaque soudaine décima la flotte de la Légion de Guilliman et les troupes terrestres des Ultramarines se sont rapidement retrouvés totalement surpassés en nombre par leurs anciens alliés lorsque la tristement célèbre Bataille de Calth éclata. Les Word Bearers massacrèrent les loyalistes au début de leur attaque surprise et les repoussèrent sur d’énormes étendues de territoire de la planète. Les traîtres se réjouirent des coups terribles qu’ils infligeaient à la Légion qui avait jadis aidé l’Empereur à les humilier sur le monde de Khur, des décennies avant le début de l’Hérésie, à cause de leurs violations répétées à la philosophie athée prônée par la Vérité Impériale. À leur insu, le vaisseau amiral de Guilliman, l’Honneur de Macragge, qui avait survécu à l’attaque initiale de la Flotte Ultramarines par les Word Bearers, effectua des réparations urgentes et se regroupa avec les autres vaisseaux survivants. Ayant dressé le bilan de ses forces restantes, Guilliman envoya un appel de détresse astropathique immédiat à Macragge.

Les Ultramarines sur Calth avaient été forcés de battre en retraite mais avaient rapidement occupé des positions fortifiées. De nombreux Ultramarines étaient nés à Calth et se montrèrent plus résolus que ne l’avaient prévu les Word Bearers. Dans l’espace, les vaisseaux de Guilliman lancèrent des attaques-éclair contre leur ennemi trop confiant. Guilliman évalua les positions de ses troupes terrestres et diffusa des ordres clairs et concis à chaque système de défense, en les coordonnant au sein d’une force cohérente.

Une force Ultramarine dirigée par le Capitaine Ventanus mena un assaut et repris les silos de défense laser planétaire, aidant la Flotte Ultramarine de la surface de Calth. Les forces épuisées de Guilliman ralentirent les Word Bearers suffisamment longtemps pour que le reste de la Légion Ultramarine arrive et mette en déroute les traîtres du système, bien que cela leur coûta très cher.

Durant la phase finale de la bataille, au-dessus de Calth, dans la salle de contrôle principale du chantier orbital de Zetsun Verid, Roboute Guilliman, à la tête d’une escouade d’assaut comportant notamment son ami Aeonid Thiel, affronta Kor Phaeron et ses hommes. Au lieu d’affronter le Primarque dans un combat honorable, le Premier Capitaine des Word Bearers eu recours aux capacités magiques qui lui ont été accordées par les Dieux du Chaos, blessant et mettant à genoux le Primarque. Le Cardinal Noir des Word Bearers empoigna un poignard du Chaos appelé l’Athamé  et s’avança, le destin du Primarque entre ses mains. Il eu l’occasion de mettre fin à la vie de Guilliman ou de le convertir de son propre chef à la cause du Maître de Guerre. Tout comme le Premier Chapelain Erebus des Word Bearers avait converti le Maître de Guerre à la cause des Dieux Sombres sur la lune de Davin, Kor Phaeron tenta de faire de même avec le Seigneur d’Ultramar. Une coupure de la lame corrompue par le Chaos porterait atteinte à la santé mentale de Guilliman pendant que Kor Phaeron tirait parti de son état affaibli et supprimait lentement les inhibitions qui le maintenaient fidèle au Faux Empereur. Le Word Bearer plaça la lame de l’Athamé à la gorge de Guilliman et tenta de le convaincre d’abandonner et de rejoindre la cause des Dieux du Chaos contre l’Empereur. Pour toute réponse, Guilliman enfonça son gantelet blindé dans le torse de Kor Phaeron et lui arracha un de ses cœurs. Vaincu, le Premier Capitaine se téléporta à bord du cuirassé Infidus Imperator, poursuivi par les Ultramarines.

Malheureusement, les Word Bearers avaient utilisé les plates-formes de défense orbitale de Calth sur l’étoile Veridia, détruisant les couches extérieures de sa photosphère, rendant ainsi la surface de Calth inhabitable, si ce n’est dans les catacombes. Au même moment, ils avaient utilisé la bataille qui se déroulait à Calth pour invoquer une tempête Warp baptisée la Tempête la Ruine, destinée à isoler Ultramar du reste de la galaxie et à empêcher les Ultramarines de venir en aide à Terra. Ainsi, Horus avait le chemin libre pour attaquer le monde natal de l’Humanité. L’éruption de la Tempête la Ruine coupa Calth du corps principal de la Légion Ultramarines et laissa des Astartes de la XIIIe Légion pris au piège sur Calth, dans une guerre souterraine brutale avec les unités Word Bearers qui avaient également été abandonnées lorsque leur Légion s’était repliée du système. Néanmoins, Roboute Guilliman et une grande partie de sa Légion étaient restés hors du monde à la suite de l’assaut sournois des Word Bearers contre la Flotte Ultramarine. Blessés mais non vaincus, et ayant découvert le trahison des partisans d’Horus, les Ultramarines se préparaient à s’engager pleinement dans la guerre civile qui déchira l’Imperium.[19]

La Croisade des Ombres

« Tu es toujours un esclave, Angron. Tu es l’esclave de ton passé, et tu es aveugle au futur. Trop de haine pour apprendre. Trop de rancœur pour prospérer. »
- Roboute Guilliman à Angron, durant leur combat sur les ruines de Nuceria.

À la suite de la Bataille de Calth, les Word Bearers, dirigés par Lorgar, s’allièrent aux World Eaters, dirigés par Angron et entreprirent ensemble la Croisade des Ombres qui ravagea les Cinq Cent Mondes d’Ultramar. L’objectif de cette campagne était de propager l’énorme tempête Warp, la Tempête de Ruine, invoquée par le Premier Chapelain Erebus des Word Bearers à Calth, jusqu’à l’autre côté de la frange orientale. Cette prodigieuse tempête Warp diviserait la galaxie en deux et empêcherait les Loyalistes Ultramarines de rejoindre leurs alliés alors qu’Horus attaquerait Terra pour tenter de renverser l’Empereur de l’Humanité.

La Croisade des Ombres dévasta vingt-six mondes, faisant des milliards de morts. Fou de rage après la Bataille de Calth et face à la dévastation de son domaine, le Seigneur d’Ultramar rassembla tous les vaisseaux qu’il pouvait trouver et partit traquer ces frères. La flotte vengeresse de Guilliman rattrapa les Traîtres sur le monde natal d’Angron, Nuceria, dont toute vie avait été éradiquée par les World Eaters sur ordre de l’Ange Rouge, en vengeance pour sa vie d’esclave et la mort de ses frères et sœurs gladiateurs. Le vaisseau amiral temporaire du Primarque des Ultramarines, le Courage Above All, était à la tête d’une armada de quarante et un vaisseaux, rassemblés à la va vite, dans le but de frapper le plus vite possible les forces renégates. Engagée contre la flotte combinée des Word Bearers et des World Eaters, affaiblit suite à la division des forces renégates pour attaquer divers mondes à divers endroits d’Ultramar, la flotte de Guilliman détruisit le vaisseau amiral de Lorgar, le Fidelitas Lex qui alla s’écraser sur la surface de Nuceria, et endommagea gravement celui d’Angron, le Conqueror.

La Flotte Utramarines finit par percer les défense de la flotte ennemie et à faire débarquer des troupes sur Nuceria, malgré la lutte acharnée du Capitaine du Conqueror, Lotara Sarrin, qui affligea de nombreux revers aux vaisseaux Ultramarines. La XIIIe Légion engagea le combat contre les Légions Renégates sur les ruines de la dernière cité de la planète, Meahor. Les Ultramarines, pour la plupart des vétérans des combats de Calth, animés par une froide vengeance, mirent en place des positions défensives face à la charge furieuse des World Eaters et les sermons religieux des Word Bearers.

Tandis que les combats faisaient rage, enveloppée par l’ombre de l’épave du Fidelitas Lex qui s’écrasait dans la mer proche du champ de bataille, Guilliman, armé de ses Gantelets Énergétiques, débarqua et se jeta sur son frère Lorgar, animé par la haine et la fureur. Toute notion d’humanité ou de clémence avait disparu de chacun d’eux, ne se trouvaient plus finalement que deux hommes se méprisant mutuellement, n’ayant pour but que leur mort respective. Les deux Primarques se battirent sans prêter attention à leurs guerriers, leurs mouvements divins apparaissant comme un flou illisible pour les Space Marines luttant autour d’eux. Guilliman confronta Lorgar pour ce que sa Légion avait fait à travers les Cinq Cent Mondes d’Ultramar. Dans sa juste colère, les Primarque des Ultramarines frappa du poing Lorgar au niveau du sternum avant d’être repoussé d’une rafale projetée de télékinésie. Lorgar en profita pour blesser sérieusement la tête de Guilliman avec son Crozius.

Soudain, alors que les deux Primarques continuait à se battre dans une lutte acharnée et sans merci, Angron sortit des rangs des Ultramarines, plâtré du sang des vaincus et dont pendait sur son torse une bandoulière de crânes récupérés de la fosse commune à ciel ouvert de Desh’elika, lieu où ses frères et sœurs gladiateurs avaient été massacré. L’Ange Rouge se lança sur Guilliman en proie à une haine meurtrière. Guilliman fut repoussé par la tempête de coups d’Angron tandis que Lorgar en profita pour se replier et engager un rituel qui allait changer le destin d’Angron…

Alors que les deux Primarques se battaient, Guilliman finit par réussir à porter un coup superficiel, son poing cognant contre le plastron d’Angron. La chaîne retenant les crânes de Desh’elika se brisa, ils tombèrent et éclatèrent en se dispersant sur le sol. La semelle de Guilliman réduisit en poudre les vestiges d’un crâne. Angron le vit, et se jeta sur son frère dans un hurlement d’une souffrance impossible. Au moment où la botte de Guilliman cassa le crâne, Lorgar sentit le Warp bouillir derrière le voile et commença à chanter dans une langue encore jamais parlée par aucun être vivant, ses paroles étant en parfaite harmonie avec le cri de tourment d’Angron. En réalité, Lorgar exécutait un plan obscur pour sauver la vie de son frère, mourant à cause des Griffes du Boucher qui tuait son cerveau à petit feu. Son rituel invoqua les Puissances de la Ruine, rassasiée par les milliards de morts de la Croisade des Ombres, déchirant le ciel, libérant un torrent pourpre formé des fantômes des mondes assassinés et faisant pleuvoir du sang.

Angron et Guilliman se battaient et s’injuriaient toujours, le Seigneur des Ultramarins cédant du terrain à chaque fois que Angron portait un coup. Roboute Guilliman luttait pour parer un coup après l’autre et finit à terre, ses blessures le peignaient d’une fière palette de défaite. C’est à ce moment que l’incantation de Lorgar paralysa les muscles d’Angron et commençait à transformer l’Ange Rouge en un Prince Démon de Khorne. Guilliman en profita pour s’échapper vers les phalanges défiantes de ses fils, qui battaient en retraite dans une unité admirable le long des rues ravagées. Lorgar vit l’expression sidérée et révulsée de son frère blessé, fixant Angron au sommet du monticule de dépouilles en armures de leurs trois lignées. La XIIIe Légion se replia en bon ordre, abandonnant le monde ravagé de Nuceria. Malheureusement, Ultramar était isolé par la Tempête de Ruine que Lorgar était parvenu à mettre en place. La campagne contre les deux Légions Renégates était terminée… pour le moment.[20]

Imperium Secundus

« Cet Imperium, » dit le Lion. « Cet Imperium Secundus, ce grand projet de survie… Comment comptes-tu t’y prendre ? As-tu l’intention de te déclarer régent ? »
« Non, » répondit Guilliman. « Je ne vais pas fonder un empire et me couronner moi-même. Une telle arrogance confirmerait tous les doutes et les soupçons tapis dans l’esprit des personnes telles que toi. Il faut une figure autour de laquelle rallier le public, pendant que je me battrai pour que les mécanismes de l’Imperium continuent de tourner et soient protégés. »
« Mais… » amorça le Lion. « Qui, dans ce cas ? Il faudrait qu’il soit de notre sang ? »
« Oui, » dit Guilliman, « il faut que ce soit un Primarque. »
« Mon cher Roboute, » dit le Lion. « Il n’y a que nous deux ici. Que proposes-tu exactement ? »
- Roboute Guilliman expliquant le projet de l’Imperium Secundus à Lion El’Jonson.
Roboute Guilliman proclamant Sanguinius Imperator Regis de l’Imperium Secundus sur Macragge.
L’Imperium Secundus, également connu sous le nom d’Empire non Commémoré, fut le deuxième empire stellaire de l’Humanité créé par le Primarque Ultramarines Roboute Guilliman lors de l’Hérésie d’Horus, à la suite des terribles événements de la Bataille de Calth, de la Croisade des Ombre et du Massacre du Site d’Atterrissage d’Istvaan V. La Tempête de Ruine, l’immense tempête Warp crée par les Word Bearer Erebus suite à la Bataille de Calth et de la Croisade des Ombres, séparait l’Imperium en deux et coupait la moitié de la galaxie de la lumière de l’Astronomican. Isolé du reste de l’Imperium de l’Humanité et incapable d’établir avec certitude si l’Empereur vivait encore ou si Terra et l’Imperium étaient tombés aux mains des Traîtres, Guilliman institua le plan d’urgence ultime : créer un deuxième Imperium pour assurer la survie du rêve de l’Empereur d’une Humanité unifiée.

À la suite des terribles événements de la Bataille de Calth, la XIIIe Légion avait été gravement handicapée et ne constituait plus une menace pour Horus et son plan d’invasion sur Terra. La Tempête de Ruine isolait et piégeait les forces loyalistes prises derrière elle comme les Ultramarines, les empêchant de coordonner leurs efforts et de se soutenir mutuellement alors que les Traîtres se dirigeraient vers Terra. Cela les empêchait même de se prévenir, pendant un certain temps, de la trahison du Maître de Guerre.

Coupé de l’Imperium, Guilliman, après son repli suite à son affrontement contre Logar et Angron sur Nuceria, fit le choix de sécuriser les Cinq Cents Mondes du royaume d’Ultramar. Il décida d’ancrer ce qui restait de l’Imperium de l’Humanité au sein du monde des Ultramarines, Macragge. La XIIIe Légion avait découvert un moyen d’aider à guider les vaisseaux dans le Warp, perdu sans le phare de l’Astronomican voilé par la Tempête de Ruine, grâce à l’utilisation de la technologie xenos récemment découverte sur le monde de Sotha, le Pharos. Dans les faits, les Cinq Cents Mondes devenaient l’Imperium des humains de la galaxie pris au piège derrière la Tempête de Ruine. Tout était que supposition à ce moment-là : le reste de l’Imperium, la sécurité de Terra, la survie de l’Empereur. Ultramar était la seule réalité concrète que Guilliman et ses Ultramarines savaient qu’ils possédaient et que c’était la seule force sur laquelle ils pouvaient compter. Guilliman hésitait à déclarer formellement et publiquement la création de l’Imperium Secundus, n’ayant partagé son intention qu’à ses conseillers les plus proches. Il était convaincu de sa nécessité, bien que c’était le chagrin de voir le rêve Son père perdus qui motivait ce projet de consolidation de leur civilisation au sein des Cinq Cents Mondes.

Le Primarque des Ultramarines refusa de se proclamer Empereur, bien que ses plus proches conseillers lui aient suggéré au moins de se déclarer Régent de l’Imperium Secundus. En vérité, Guilliman savait qu’il ne pouvait pas à la fois commander et gouverner. Il ne pouvait pas administrer ce nouvel empire et en être la figure de proue. Les conseillers les plus proches de Guilliman soulignèrent que personne d’autre ne pourrait être le leader de l’Imperium Secundus, car il était le dernier Primarque loyaliste connu à ce moment, peut-être même le dernier fils loyaliste, et donc de fait, l’héritier légitime de l’Empereur. Malgré leurs pressions, Guilliman était toujours réticent. Il comprenait qu’il ne pouvait pas construire un empire et se mettre sur le trône, même s’il était le seul candidat. Cela aurait était perçu par beaucoup comme une trahison équivalente à celle d’Horus. Guilliman ne souhaitait pas assumer ce rôle, mais il ne s’est finalement retrouvé avec aucun candidat potentiel. Dans le même temps, un corps d’un homme surgit dans l’atmosphère de Macragge et s’écrasa sur la planète. Les restes carbonisés furent récupéré pour une étude approfondie afin de déterminer comment il avait pu traverser l’écran orbital et la grille de détection de la planète.

Bien que Guilliman ait ramené la paix à Ultramar avant de fonder ce nouvel empire, la guerre s’ensuivit rapidement. Des infiltrés de l’Alpha Legion déguisés en vétérans Ultramarines de Calth, tentèrent de l’assassiner dans sa chambre privée, et le blésèrent sérieusement. Le Primarque parvient à les supprimer aux prix de terribles blessures.

Suite à cette tentative d’assassinat, le Fils Vengeur se rétablit et vit bientôt la réponse à ses prières sous la forme de l’arrivée d’une Flotte Expéditionnaire impériale dirigée par nul autre que son frère, Lion El’Jonson, Primarque des Dark Angels. La flotte du Lion, perdue dans le Warp suite à la disparition de l’Astronomican, perçue le Phare de Pharos qui mena les Dark Angels droit sur Macragge.

Bien que Guilliman fut ravi qu’un de ses frères soit arrivé en cette heure sombre, et malgré toute l’admiration qu’il éprouvait pour son aîné, il estimait qu’il y avait toujours eu une ombre en lui. Le Lion restait secret et ils n’avaient jamais été proches. Cependant, malgré ses réticences personnelles, il accueilli le Lion avec l’étiquette et le respect dus à sa position prestigieuse. Guilliman offrit à son frère une haie d’honneur de près de quarante-sept mille combattants, sans mentionner le million de civils venus en foule dans les rues et les artères adjacentes, pour entrevoir le Lion et ses fameux guerriers.

Après une inspection officielle de la formidable Macragge Civitas, capitale du monde des Ultramarines, les deux Primarques se retirèrent dans une chambre privée pour se parler en tête à tête. C’est ici que Guilliman avait créé un lieu de rencontre pour l’Empereur et ses vingt fils. Une longue table, taillée dans la pierre, dominant la pièce, sculptée dans la pierre. Autour d’elle étaient arrangés vingt et un sièges, construits pour pouvoir accueillir la carrure d’un Primarque, tous taillés dans le même granite que la table. Leurs dossiers étaient drapés de bannières. L’étendard de Terra recouvrait le plus grand siège, à la tête de la longue table. Deux des autres n’étaient en fait que du tissu décoloré sans aucune teinture. Les dix-huit restantes étaient les étendards des différentes Légions Astartes. Guilliman avait créé cette chambre dans la plus grande ville de son monde natal dans l’espoir qu’un jour, après la Grande Croisade, tous ses frères, pourraient s’asseoir à une table avec leur père, en tant qu’égaux, et parler des affaires de l’Imperium. Rêve du Fils Vengeur qui n’adviendra jamais…

C’est dans cette chambre privée que Guilliman révéla ses plans au Lion pour la continuité de l’Imperium qui doit durer, sous une forme ou une autre, aux yeux du Seigneur d’Ultramar. Il confirma à son frère qu’il était en train d’établir un deuxième Imperium sur les cendres du premier afin de maintenir en vie la flamme du rêve de leur père. Terra était peut-être tombée et l’Empereur était peut-être déjà mort. Quelle que soit la réalité de la situation à laquelle ils étaient confrontés, la Tempête de Ruine les empêchait de connaître la vérité. Il proposa que le Lion assume le rôle de nouveau Régent de l’Imperium Secundus.

Suite à cette discussion, Guilliman apprit que le corps qui avait surgit au dessus de l’atmosphère de Macragge et qui s’était écrasé sur la surface de la planète s’était régénéré : Vulkan était vivant… mais avait perdu la raison suite aux tortures que Konrad Kurze lui avait infligé après sa capture sur Isstvan V, obligeant Guilliman à le laisser enfermer et à garder le secret de sa survie. Le Primarque des Night Lords aussi n’était pas loin, prisonnier dans le vaisseau du Lion (qui avait échoué à la capturer sur son propre vaisseau amiral) depuis le campagne de Thramas. Il s’échappa et atterrit sur la planète où il commit une véritable boucherie, traquant ses trois frères. Guilliman et le Lion affrontèrent leur sombre frère dans la chapelle du Mémorial, lieu qui permettait de communiquer avec l’Iron Warrior loyaliste Barabas Dantioch, au service de Guilliman, et chargé d’étudier le fonctionnement du Pharos sur Sotha. Kurze faillit les éliminer, ayant piégé avec de nombreuses grenades la chapelle. Mais grâce à l’intervention de l’Imperial Fist Alexis Polux et de Dantioch, basés sur Sotha, les Primarques furent "transférer" en un instant de la chapelle condamnée au Phare de Pharos, juste avant l’explosion. Le transfert inverse permit le retour de Guilliman et du Lion afin de reprendre la traque de leur frère, qui entre temps se confronta à Vulkan, échappée de sa prison, et qui ne pensait qu’à tuer son geôlier. Guilliman ignore ce qui advint de cet affrontement, mais Kurze avait disparu, tandis que le Primarque des Salamanders gisait mort, une lance dans le cœur. Guilliman mit son corps dans un tombeau doré, façonné par les artisans du Mechanicum et servant de capsule de préservation. Mais l’histoire de Vulkan n’était pas terminée…

Finalement, avec l’arrivée de leur frère Sanguinius et de sa Légion, les Blood Angels, à Macragge après la désastreuse campagne de Signus, Guilliman et le Lion convainquirent leur réticent frère angélique de gouverner en tant que Régent de l’Imperium Secundus, car il était le plus semblable à leur père.

Sanguinius accepta, tout en notant qu’aucun Commémorateur n’était présent pour acter cet événement historique. Guilliman lui expliqua que si Terra existait toujours, les générations futures verront peut-être une hérésie et une usurpation dans ce qu’ils faisaient, que cela soit vrai ou non. Il ne voulait pas entacher la mémoire ou l’héritage des fils restés loyaux, aussi non intentionnel que cela puisse être. Par conséquent, il conclu très tôt qu’aucun élément de cette entreprise ne devrait rester dans l’histoire tant que l’histoire ne le dicterait pas. Aucune chronique n’en sera faite, aucun Commémorateur ne sera chargé d’observer cette affaire et de la glorifier. Si Ultramar était tout ce qui restait de l’Imperium, alors, en temps voulu, et avec grand soin, ses annales seraient consignées et deviendraient l’unique histoire impériale. Mais si Terra avait survécu, cela deviendrait un empire dont nul ne se souviendra, un acte impensable, que personne n’aura commis et auquel personne n’aura songé.

La prudence de Guilliman lui donnera raison.

Une fois que Sanguinius accepta d’assumer la régence de l’Imperium Secundus, sous le titre d’Imperator Regis, Guilliman accepta le poste de Seigneur Gardien, tandis que Lion El’Jonson fut nommé Seigneur Protecteur, soutenus par des éléments issus des neuf Légions Loyalistes Space Marines, qui avaient été rassemblées grâce au Pharos.

La première épreuve importante de l’Imperium Secundus eu lieu pendant la Bataille de Sotha, où les forces loyalistes durent défendre le Pharos d’un assaut des Night Lords. Les traîtres avaient compris la menace que représentait le Pharos pour la cause d’Horus et attaquèrent Sotha. La bataille fut féroce et sanglante, faisant de nombreuses victimes, notamment Dantioch, qui se sacrifia pour surcharger le Pharos en emportant avec lui de nombreux Night Lords. Les forces de secours des Ultramarines et des Dark Angels éliminèrent les derniers renégats et Sotha fut renforcée, bien que le pouvoir du Pharos ait été réduit de façon permanente. Ceux que tous ignoraient, c’était que la surcharge du phare créa une lueur psychique qui attira l’attention de quelque chose qui dormait dans les profondeurs du vide de l’espace, une horreur affamé, qui perçut cette lueur venant d’une lointaine galaxie, un Grand Dévoreur qui menacerait l’Imperium dix millénaires plus tard…

La Tempête de Ruine

Après l'Hérésie

La Mort d'un Primarque

Le Temple du Primarque
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L’autel de Guilliman est l’un des endroits les plus sacrés de l’Imperium et accueille chaque année des millions de pèlerins. Il se trouve dans le Temple de la Correction. C’est un sépulcre souterrain faisant partie de la vaste forteresse polaire des Ultramarines.

Le temple est une merveille architecturale, typique de l’attention au détail dont font preuve les Ultramarines. Ses proportions et son apparence défient l’imagination. Son dôme de vitraux multicolores formant la partie supérieure est le plus grand jamais conçu. Même des Technomages de l’Adeptus Mechanicus viennent admirer le temple, que l’on dit avoir été réalisé par Roboute Guilliman en personne. Selon les Ultramarines, il y a assez de marbre dans le temple pour ériger une montagne, et suffisamment d’adamantium et de plastacier couvert de platine pour construire toute une flotte de guerre.

C’est dans cet édifice qu’est sis le grand trône de marbre de Roboute Guilliman, sur lequel est juché le Primarque. Près de dix mille ans se sont écoulés depuis son trépas, pourtant le corps du Primarque est parfaitement préservé. Même ses blessures mortelles sont visibles sur sa gorge. Sa dépouille est isolée par un champ de stase qui le préserve totalement des ravages du temps. Tout ce qui pénètre dans le champ de stase est piégé à jamais, et ne peut plus se mouvoir ni dépérir.

Cependant, certains disent que les blessures du Primarque évoluent lentement. Ils prétendent que son corps se régénère et que ses blessures cicatrisent peu à peu. D’aucuns renient ce phénomène, mettant en avant l’impossibilité de tout changement au sein d’un champ de stase. Toutefois, de nombreux croyants se rendent au temple pour tenter d’observer ce miracle.

Roboute ne vit même pas la lame venir. Il sentit un baiser froid se poser sur son cou, suivi d’un élancement déchirant. Un flot artériel vermillon jaillit à gros bouillon de sa gorge tranchée.
« Je vois la marque de l’Athamé de Kor Phaeron, » lui révéla Fulgrim en ondulant dans sa direction. « Jamais il n’aurait pu espérer te rallier à notre cause, mais la blessure qu’il t’a infligée a laissé une cicatrice jusque dans le Warp, une balafre impossible à guérir. Un point faible aussi fatal que ton obsessionnelle rectitude. »
Il sourit de toutes ses dents, ses lèvres luisantes de venin tordues en un rictus malveillant.
« Ou peut-être devrais-je parler de toi au passé. Aujourd’hui était le dernier jour du Fils Vengeur. »
Sa lame percuta l’épée de Guilliman avec une telle force que celle-ci échappa à sa faible prise et s’envola, perdue dans la houle de la bataille. Fulgrim leva ses armes, prêt à porter le coup de grâce.
« Salue bien notre père de ma part. »
- Fulgrim, Prince Démon de Slaanesh lors de son duel contre Roboute Guilliman sur le Cuirassé Fierté de l’Empereur.

Roboute Guilliman continua à servir l’Imperium avec le Chapitre Ultramarines, les guidant pendant une centaine d’années après la Deuxième Fondation. Il a été dit que pendant ces années, Guilliman mena plusieurs incursions aux côtés de ses frères Primarques contre les Space Marines du Chaos. Au cours d’une incursion, Guilliman aurait face à son ancien frère Primarque, Alpharius de l’Alpha Legion, et le tua en combat singulier (bien que les détails précis de cet événement restent dans le doute, même pour les Ultramarines). Les Ultramarines, cependant, ont été forcés de se retirer du combat quant ils constatèrent que les traîtres de l’Alpha Legion continuaient à se battre malgré la perte apparente de leur Primarque. 

Guilliman fini par rencontrer son destin ultime lors de la Bataille de Thessala en 121.M31. Pourchassant son frère hérétique Fulgrim devenu un Prince Démon de Slaanesh, la flotte de Guilliman engagea un affrontent spatial avec l’armada des Emperor’s Children au dessus du système de Thessala. La bataille tournant en sa défaveur, Guilliman, accompagné d’une escouade d’abordage constituée d’Ultramarines et de Novamarines, se téléporta de sa Barge de Bataille, le Poigne de Pouvoir jusqu’à l’intérieur du navire amiral de Fulgrim, le Cuirassé Fierté de l’Empereur, dans l’espoir d’abattre le Primarque renégat.

Les deux frères s’affrontèrent sur l’Héliopole du Cuirassé hérétique. Fulgrim réussit à blesser mortellement Guilliman à la gorge grâce à sa lame empoisonnée (qui était similaire à l’Athamé, l’épée utilisée par l’Apôtre Noir Erebus pour blesser fatalement Horus sur la lune de Davin). Mourant, Guilliman fut sauvé par le sacrifice de ses Astartes qui parvinrent à le téléporter sur sa Barge de Bataille.

Devant la gravité de sa blessure, Guilliman fut placé dans un champ de stase un instant avant son trépas définitif puis transporté sur Macragge, dans un temple où il restera enfoui jusqu’à la fin du 41e Millénaire, figé dans le temps.[21] 

L'Ascension du Primarque

« Nous offrirons un demi-dieu aux humains. Un roi ressuscité, avec une lame mortelle. »

- Prince Yriel, Rejeton d’Ulthanash.

Pendant 10 000 ans, l’Empereur de l’Humanité se tient immobile sur le Trône d’Or de Terra, son corps desséché à peine plus qu’une enveloppe du grand homme qu’il était autrefois. Sa vision grandiose, l’Imperium de l’Humanité, perdure - mais elle ne prospère pas, car elle subsiste sous un voile de misère et de persécution, de suspicion et de méfiance. Il est assailli de tous côtés et de l’intérieur par les Hérétiques, les sorciers et les Xenos, et ce n’est que par le sacrifice sans fin de nombreux citoyens que l’Imperium continue d’exister. Pourtant, à la fin du 41e Millénaire, l’Imperium affronte son plus grand défi. Les Orks se multiplient sans toute la galaxie et détruisent tout sur leur passage. Les légions sans vie des Nécrons se lèvent de leurs Mondes-Nécropoles et se mettent en devoir d’exterminer la vermine humaine qui a envahi leur empire de jadis. Sur la Bordure Oriental, l’Imperium doit faire face à la menace grandissante de l’Empire T’au à la technologie avancée, alors que les vrilles des Flottes-Ruches Tyranides arrivent d’une autre galaxie afin de dévorer toutes les planètes qu’elles croisent. Pire encore, toutes ces menaces ne sont rien comparées à celle du Chaos, car par-delà le voile de la réalité, les Puissances de la Ruine exhortent leurs serviteurs mortels à commettre des actes diaboliques, tandis que des légions de Démons se manifestent dans l’univers réel en nombre sans cesse croissant.

Puis vient la Treizième Croisade Noire d’Abaddon le Fléau et la Chute de Cadia. Face à cette incursion chaotique majeure, les Hauts Seigneurs de Terra envoient des milliards d’hommes vers leurs morts dans le but de sauver l’Imperium. Cependant, se sont les Aeldaris, une race plus clairvoyante, qui réalisa que ce dont l’Imperium avait besoin, c’était d’un héros, un symbole manifeste de la volonté de l’Empereur.

L’Imperium a besoin d’un Primarque.

L'Essor du Primarque

Le Seigneur Commandeur Roboute Guilliman en 999.M41.

Lors des jours précédant l’éclatement de la tempête et l’ouverture de la Grande Faille, une lumière éclatante d’espoir s’alluma au cœur de l’empire galactique d’Ultramar. Par un sacrifice immense et un artifice surnaturel, Roboute Guilliman, Primarque des Ultramarines, fut ramené des portes de la mort. Sa venue annonce de grands changements pour l’Imperium.

La Bataille de la Porte du Lion

Lorsque les Légions Traîtresses s’abattirent sur le Palais Impérial au point d’orgue de l’Hérésie d’Horus, Roboute Guilliman et ses Ultramarines étaient trop éloignés pour prendre la défense de leur père. Le sort de la galaxie aurait peut-être été très différent s’il en avait été autrement.

Quoi qu’il en soit, Guilliman fut déterminé à ne pas reproduire cette erreur suite à son retour. Réalisant les ténèbres qui s’apprêtaient à engloutir l’Imperium, il lança une croisade désespérée à travers les étoiles, qui lui fit arpenter des routes étranges et ensanglantées jusqu’au Monde-Trône.

Guilliman fut accueilli avec tous les honneurs sur Terra, se vit accorder une audience avec l’Empereur par le Commandeur Aquila Kalim Varanor, et réinstauré Seigneur Commandeur de l’Imperium par les Hauts Seigneurs de Terra. Bien que le Primarque conservât une figure grave et royale, il était ébranlé au plus profond de son être par ce qu’était devenu l’empire de son père. Il instaura rapidement des changements qui permettraient à l’Imperium de contre-attaquer les hordes du Chaos, en balayant l’obstination bureaucratique et l’immobilisme pédant de l’Adeptus Terra sur son passage.

Le retour de Guilliman sonna à point nommé, car à peine s’était-il attelé à la tâche que la déferlante rageuse de la Grande Faille s’abattait sur le Système Sol. Si elle ne fut pas directement frappée par les tempêtes Warp, Terra souffrit des ondes de choc empyréenne qui éteignirent temporairement la lumière de l’Astronomican, et répandirent malheur et dévastation des plus hautes spires de la planète aux cryptes les plus profondes. L’Adeptus Custodes dut s’occuper d’émeutes, de soulèvements de cultes eschatologiques et de hordes de requérants plongés dans la folie et le cannibalisme. Des Custodian Wardens tinrent leurs positions dans les cryptes sous le palais alors que les sceaux runiques brûlaient, libérant des horreurs d’un autre âge de leurs geôles de confinement.

Le pire était à venir. Cherchant à porter le coup fatal qui décapiterait l’Imperium, une immense horde de Démons de Khorne déchira le voile de la réalité pour attaquer la Porte du Lion. Des légions de Démons vociférants surgirent devant le palais de l’Empereur au milieu d’une marée écarlate, et une bataille acharnée s’ensuivit.

Les batteries d’armes de la taille de vaisseaux spatiaux qui flanquaient la Porte du Lion creusèrent des cratères embrasés au cœur de la horde diabolique, mais l’artillerie seule ne pouvait la repousser. Mené par Roboute Guilliman et le Capitaine Général Valoris, un ost d’or de l’Adeptes Custodes, d’Ultramarines et de Sœurs du Silence s’élança pour faire face aux Démons au pied des murs du Palais de l’Empereur.

Au cours de scènes rappelant les horreurs du Siège de Terra dix millénaires plus tôt, les guerriers d’or de l’Adeptus Custodes entrechoquèrent leurs lames contre celles des bouchers sauvages du Dieu du Sang. Menés par les plus grands champions de l’Imperium et une détermination farouche, ils s’emportèrent cette fois-ci. Un par un, les huit Buveurs de Sang à la tête de l’assaut furent mis en pièces. Le prix en fut élevé, et de nobles défenseurs qui protégeaient le palais de l’Empereur depuis des millénaires tombèrent sous les armes d’airain des odieux Démons de Khorne. Finalement, sous des cieux rouge sang et une pluie incarnate qui maculait le sol, les légions de Khorne furent chassées de la réalité, en hurlant leur rage et leur frustration.

L’Incursion de la Porte du Lion révéla une vérité cruelle. Comme des milliers de témoins étaient parqués et exterminés par l’Inquisition, et que les preuves du conflit étaient éliminées avec soin, l’Adeptus Custodes admit officiellement que la défense de Terra ne pouvait être garantie, sans mesure dynamique. Si les séides des Dieux Sombres avaient pu pénétrer les protections du berceau de l’Humanité une fois, ils pouvaient réitérer l’exploit.

À l’abri derrière des portes savamment scellées et des strates de protections psychiques, Valoris et Guilliman ratifièrent un amendement officiel au rôle de l’Adeptus Custodes. Le palais devait toujours être évidemment gardé, et la veille des Compagnons continuerait dans la salle du trône de l’Empereur. Toutefois, en tant qu’extension logique à son vœu de devoir, l’Adeptus Custodes s’engagea à développer ses activités à l’extérieur du Système Sol.

La Croisage Indomitus

Tandis que la Grande Obscurité envahissait des pans entiers de la galaxie, Roboute Guilliman peaufinait sa stratégie sur Terra. Il s’était rendu devant le Trône d’Or et sa détermination s’en était trouvée raffermie. Peu de temps après sa nomination au rang de Seigneur Commandeur de l’Imperium par les Hauts Seigneurs de Terra, il avait ordonné la formation d’une armada.

Les Guerres de la Peste

Roboute Guilliman affronte Mortarion sur le système de Iax durant les Guerres de la Peste.

Le Seigneur Commandeur et l'Imperium du 41e/42e Millénaire

« Mais qui n’est pas un fanatique illuminé, en cette époque maudite ? »
- Roboute Guilliman lors de sa lecture d’une diatribe très partisane au sujet du Chronoschisme de Terra.

Guilliman ne prônait pas le saccage, mais la conquête et la construction, afin de ne pas laisser des ruines mais les fondations d’une civilisation plus noble pour l’Humanité. Mais il n’eut pas l’opportunité de réaliser ce rêve. Pendant ses 8000 ans d’absence, l’Imperium régressa en un régime inutilement cruel, gouverné au nom de l’Empereur par la superstition et la peur. Quand Guilliman fut ranimé par les artifices de Mars et la magie spirituelle des Aeldaris, le Primarque fut atterré. À la place de la société galactique rêvée par l’Empereur, il ne vit qu’une infinie morbidité.

Même une fois écartées les préoccupations de la guerre, Roboute Guilliman n’était jamais au bout de ses peines. Il œuvrait sans relâche, ainsi qu’il l’avait toujours fait, au nom de l’Humanité. Pour l’instant, son objectif était de garantir la survie de l’espèce. L’évolution devrait attendre. Plus d’un siècle après son retour à la vie, Guilliman n’avait pas encore réussi à assimiler tout ce qui s’était déroulé au cours de ses dix millénaires d’absence. Belisarius Cawl lui avait fourni de douloureuses mais nécessaires mises à jour engrammatiques contrôlées par machine, mais l’Archimagos était une créature secrète. Durant le temps qu’il avait passé à parfaire son projet de Space Marines Primaris, le savant s’était volontairement isolé, à l’écart des évolutions de la galaxie. Au mieux, ses archives étaient incomplètes, parfois très fragmentaires, et souffraient toujours d’un cruel manque de détails.[22]

La Logos Historica Verita

Comme bien des disciplines fondées sur la raison, le domaine de la recherche historique avait subi les ravages de la superstition, du fanatisme et du besoin maladif de contrôle absolu des Hauts Seigneurs de Terra. Les techniques analytiques de comparaison et de corroboration étaient tombées en désuétude, remplacées par un amalgame de commérages, de rumeurs et de légendes populaires, le tout généreusement assorti de fictions complètes traitées comme des faits avérés. À ce socle boiteux s’étaient ajoutées les interférences du credo et du gouvernement impérial sur la rédaction des chroniques, réellement erronées ou non, achevant l’œuvre de destruction qui avait englouti une portion considérable du passé. La guerre avait éradiqué le savoir de mondes entiers, quand ces derniers eux-mêmes n’avaient pas été tout bonnement annihilés. Et c’était sans même évoquer les dégâts occasionnés par les Inquisiteurs zélés, avec leurs autodafés dévastateurs dans les flammes desquels des siècles de progrès étaient partis en fumée, souvent dans le but de supprimer toute trace d’une unique vérité dérangeante. Quelles qu’en soient les causes, le savoir de l’Humanité, loin de s’être étendu, s’était appauvri au point de devenir encore inférieur à ce qu’il avait été à la fin des Guerres d’Unification, à l’époque où l’Empereur avait rallié tous les peuples de Terra sous sa bannière, juste avant la Grande Croisade. Par bêtise, malice ou négligence, la quasi-totalité de l’histoire antique de Terra, celle-là même que les Commémorateurs de l’ère de Guilliman s’étaient donnés tant de mal à reconstituer, avait été perdue une seconde fois.

Tout ce qui concernait la véritable nature du Warp avait également été étouffé, mais de façon très inégale. Le grand mensonge entretenu par l’Empereur (qui avait garder secret la véritable nature du Warp durant la Grande Croisade) était devenu impossible à perpétuer, ce qui n’avait pas empêché l’Inquisition d’essayer. Le simple fait d’avoir connaissance de l’existence des Démons et des Dieux Sombres était désormais un crime et on ne comptait plus les innocents qui avaient payé de leur vie une découverte infortunée.

Guilliman lui-même, pourtant Régent Impérial, ne pouvait poursuivre sa quête de savoir personnelle sans se trouver confronté à une opposition acharnée de la part de l’Inquisition. Afin de lutter contre le puritanisme de cette organisation et sa tendance à réécrire l’histoire, il avait donc constitué son propre corps d’Historitors. Entre ses campagnes militaires, le Primarque partait en quête d’esprits vifs et curieux - précisément le genre d’individus décrié et considéré avec méfiance pendant son absence - qu’il sauvait de la servitude ou de la menace imminente d’une lobotomie. Lorsque ses devoirs le lui avaient permis, il avait même contribué personnellement à la formation des premières recrues. Ces disciples originaux étaient ensuite devenus les maîtres de leurs propres apprentis, et ainsi de suite, mais quand venait l’heure de juger le caractère d’un aspirant et de le faire accéder au rang d’Historitor-investigatus, c’était toujours le Primarque qui avait le dernier mot. Ceux qui ne se révélaient pas à la hauteur des standards extrêmement exigeants dictés par Guilliman se voyaient assigner des rôles moins importants au sein de sa nouvelle organisation, en tant que bibliothécaires, fonctionnaires ou assistants. Par ses lectures, Guilliman avait appris avec quelle sévérité l’implacable machinerie du gouvernement impérial punissait l’échec – une tragédie de plus ajoutée à la longue et désespérante litanie des maux qui accablaient cette époque. Il avait une conscience aiguë de la façon de tirer le meilleur de ses sujets. Aucune vie ne devait être gaspillée.

À présent, la société de la Logos Historica Verita comprenait pas moins de cinq cents agents et quelques milliers d’auxiliaires. Usant d’arts académiques tombés dans l’oubli, ils s’étaient attelés à une tâche impossible : dresser une histoire fiable et exacte de l’Imperium. Bravant toutes les difficultés, de petites cellules de la Logos s’étaient mises en quête des moindres fragments de vérité disséminés à travers les astres. À leur demande, et sur présentation du sceau du Primarque dont ils étaient porteurs, tous les coffres interdits et les enfers de bibliothèques étaient ouverts et vidés, leur contenu promptement recopié puis expédié à la flotte de croisade de Guilliman, où qu’elle soit.

Dans une galaxie déchirée par la guerre, le travail des investigateurs de la Logos était aussi ardu que dangereux. Parfois, les équipes d’Historitors traversaient des zones de conflit et disparaissaient sans laisser de trace. Pour ceux qui arrivaient à bon port, il fallait encore faire preuve d’ingéniosité pour contourner les obstacles posés sur leur route par les administrations réticentes. Mais le Fils Vengeur était bien décidé à ce que rien ne l’empêche de mener son projet à bien.[23]

Le Chronoschisme

Le Chronoschisme[24] était l’un des innombrables conflits secrets auxquels se livraient des factions rivales au sein de l’Imperium. En l’occurrence, il s’agissait d’une guerre interne entre les membres de l’Ordo Chronos et dont l’objet était le système de datation impérial. Guilliman découvrit que même le calendrier de son père n’avait survécu au passage des siècles.

Lors de la Grande Croisade et de l’Hérésie, une norme chronologique standard avait permis une représentation assez fidèle du déroulement des événements dans le temps. Mais comme tout ce que l’Empereur avait créé, ce calendrier avait souffert à la fois d’une adhésion dogmatique aveugle et d’un révisionnisme acharné et dénué de réflexion. Divers systèmes concurrents avaient émergé du standard impérial originel, si bien qu’il était devenu quasiment impossible de dresser une chronique exacte de l’histoire de la galaxie. En se basant sur les variantes soutenues par les cinq factions principales, Guilliman avait calculé que l’année en cours à la fin de la Croisade Indomitus pouvait tout aussi bien se situer au début du 41e Millénaire que quelque part au 42e, avec tout un éventail de possibilités entre les deux, qui s’étoffait encore plus si l’on tenait compte des divagations des mouvances mineures aux hérésies les plus saugrenues.[25]

Le Codex Imperialis

Conscient qu’il était bien trop obsédé par la réformation des Légions dans les années qui ont suivi l’Hérésie d’Horus, Guilliman constata depuis son retour qu’il avait placé trop de confiance aveugle dans le conseil fondé par son père ; espérant que ceux qui sont devenu les Hauts Seigneurs de Terra gouverneraient avec sagesse. Dans son optimisme, il s’est fourvoyé, et se considéra comme également responsable du terrible futur qu’il découvrit à son réveil. Ayant achevé des révisions du Codex Astartes, il entama la rédaction d’un nouvel ouvrage, intitulé Codex Imperialis, dans lequel il compte s’efforcer de définir les principes d’une gouvernance juste et bonne, une bénédiction qui a trop longtemps été refusée à l’Humanité. La compilation d’une histoire exacte n’est que le début de ce processus.[26]

L'Adeptus Ministorum

« Sachez que si jamais vous veniez à vous fourvoyer, vous n’auriez rien à craindre de moi. Je n’ai pas pour habitude d’envoyer les gens au bûcher pour des divergences d’opinions. »
- Roboute Guilliman à Frater Mathieu, Apostolique-militant du Primarque.

Peu de temps après sa résurrection sur Macragge, l’Adeptus Ministorum confirma la nature divine du fils de l’Empereur. Guilliman, par imprudence, exprima violemment son désaccord avec l’Ecclésiarchie dès les premiers jours de son retour. Ce qu’il avait découvert l’avait si profondément alarmé qu’il n’avait pu s’en empêcher, et il avait mis un certain temps avant de retrouver toute la finesse de ses capacités intellectuelles. Il avait évoqué avec une grande insistance la doctrine qui prévalait au temps de la Grande Croisade - et à présent oubliée - connue sous le nom de Vérité Impériale, doctrine athée qui combattait toute forme de superstition et de religion, au nom du progrès et de la raison, ce qui est en totale contraction avec la vision prônée par la fanatique Ecclésiarchie.

Comprenant l’importance et la puissance de l’Adeptus Ministorum, Guilliman, une fois devenu Seigneur Commandeur de l’Imperium, dût s’allier avec l’omnipotente institution religieuse, malgré le fait qu’il s’était fait à l’idée que ceux qui rejoignaient le clergé impérial n’appartenaient qu’à certaines catégories restreintes : les vieillards, les fous, les débauchés, les fanatiques, ou une charmante combinaison de ces qualités. Bien que conscient que l’Adeptus Ministorum regorgeait d’ecclésiastiques prêts à monter au créneau au moindre signe de remise en cause de leurs pratiques, même les plus barbares, le Primarque des Ultramarines reconnu que, en dépit de certaines "errances désastreuses" et heureusement occasionnelles, et toutes choses bien considérées, le Ministorum a en de nombreuses circonstances, agi comme une force bénéfique pour l’Imperium.

De plus il avait besoin du clergé et de son soutien. Le bon fonctionnement de l’Imperium dépendant en partie de son approbation, de même que pour le moral des troupes ainsi que pour présenter un front uni face à ceux parmi les rangs de l’Imperium qui voudraient semer la discorde.

Refusant ouvertement de reconnaître l’Empereur comme un Dieu, et rejetant lui-même sa divinisation - engendrant des comportements de ferveur religieuse en sa présence tel que les gémissements face contre terre ou les crises d’extase mystique - Guilliman prit l’habitude de s’adjoindre les services d’un Apostolique-militant chargé d’apaiser les tensions qu’une telle position ne manqua pas de déclencher. L’Apostolique-militant se doit d’être dévoué à la cause du Seigneur Commandeur et rassurer les masses populaires quant au fait qu’il n’a rien d’un "affreux hérétique". Bien que Régent Impérial parlant au nom de l’Empereur, Guilliman fait face à de nombreuses réticences et ne voulant pas apparaître comme un tyran comme Horus - ce qu’il refuse d’être - il souhaite que le peuple de l’Imperium le suive de son plein gré, tâche à laquelle l’Ecclésiarchie peut l’aider.

L’Apostolique-militant doit être un homme capable de guider l’Adeptus Ministorum d’une main douce car si le Primarque proclame qu’il n’est pas un dieu, il se damne auprès de ceux qui vénèrent son père. Si il prétend en être un, il se compromets aux yeux de ceux qui se méfient de lui. Sachant que tous les citoyens de l’Imperium ne considèrent pas son retour comme fortuit, et se doutant que certains soupçonne que de sinistres puissances furent à l’œuvre derrière sa résurrection, Guilliman ne compte plus ses détracteurs.

L’actuel Apostolique militant est Frater Mathieu de l’ordre des Mendiants Acronites, homme simple et humble, bien que profondément croyant, et en qui Guilliman apprécie l’esprit ouvert et avec qui il pu tenir une conversation sensée. Ce dernier espère secrètement qu’un jour Roboute Guilliman se rendrait à l’évidence de sa propre divinité…[27]


Guilliman manie l’Épée de l’Empereur lui-même - le symbole de son office de Seigneur Commandeur de l’Imperium. Chaque coup laisse une trame incandescente, dont le chant perce l’air tel un chœur d’anges. Son autre main porte son gantelet tonitruant, la Main de Domination. L’arme intégrée est capable de déchaîner une tempête de tirs perce-armure, tandis que le Gantelet Énergétique en lui-même peut enfoncer un char assaut. Plus que toute sa puissance, c’est l’intellect hors pair de Roboute Guilliman que doit craindre l’ennemi. Avec une vitesse et une faculté analytique inégalées par les mortels, Guilliman conçoit des schémas de probabilité à chaque pensée, son sens tactique ayant plus de coups d’avance que le plus rusé des adversaires. Une logistique qui confondrait les plus grandes banques de cogitators de l’Adeptus Mechanicus est innée chez Guilliman. Il n’est pourtant pas une machine, mais un chef charismatique incomparable. Il est la raison pure dans une ère de déraison, un visionnaire dans un âge de superstition aveugle, et l’espoir rallumé dans une galaxie de ténèbres. Tandis qu’il conduit les plus grandes armées de l’Humanité à la guerre, son esprit hors norme tourbillonne. Plusieurs fois il s’est demandé s’il n’était pas déjà trop tard, et si le prix à payer pour sauver l’Humanité n’était pas trop élevé. Peut-être a-t-il posé ces mêmes questions à l’Empereur quand il retrouva son père au Trône d’Or sacré. Nul ne fut témoin de cette rencontre, et Guilliman ne dit absolument rien de la teneur de leur discussion - pour peu qu’il y en eût une. C’est l’heure la plus sombre, l’espoir est rongé par le maelström de haine que déverse le Warp, et c’est à cet instant précis que revient Guilliman, et se constitue une volonté d’acier en vue des batailles à venir. Le Fils Vengeur s’est tenu devant l’Empereur, et a été auréolé de sa gloire. Il sait qu’il a à faire pour préserver l’avenir de l’Imperium. En tant que demi-dieu qui a vu ce que l’Humanité peut accomplir quand elle donne le meilleur d’elle-même, comment pourrait-il en être autrement ?

Sources

  • Codex Adeptus Astartes Space Marines, V8
  • Codex Adeptus Custodes, V8
  • Codex Space Marines, V5
  • The Horus Heresy, Book Five - Tempest
  • Gathering Storm - Livre III : L'Avènement du Primarch, produit par le design studio Games Workshop, 2017
  • ABNETT DAN, L'Ascension d'Horus : Où sont plantées les graines de l'Hérésie, Black Library, 2006
  • ABNETT DAN, La Bataille de Calth - Et ils ne Connaîtront pas la Peur, Black Library, 2012
  • COUNTER BEN, La Galaxie en Flammes : Où l'Hérésie se révèle, Black Library, 2006
  • DEMBSKI-BOWDEN AARON, Le Premier Hérétique : Corruption, Black Library, 2010
  • DEMBSKI-BOWDEN AARON, Félon : Du sang pour le Dieu du Sang, Black Library, 2013
  • HALEY GUY, Sombre Imperium, Black Library, 2017
  • HALEY GUY, Sombre Imperium : Guerre et Peste, Black Library, 2018
  • McNEILL GRAHAM, Les Faux Dieux, Black Library, 2006
  1. Informations issues de Sombre Imperium - Chapitre Un Thessala- Chapitre Six - La Bataille de Raukos - Chapitre Douze - L’Inferior de Cawl de HALEY GUY, Black Library, 2017 et résumées par Guilhem.
  2. Informations issues de La Bataille de Calth - Et ils ne Connaîtront pas la Peur - Chapitre ACQUISITION//DE CIBLE de ABNETT DAN, Black Library, 2012 et résumées par Guilhem.
  3. Informations issues de Gathering Storm - Livre III : L'Avènement du Primarch, produit par le design studio Games Workshop, 2017 et résumées par Guilhem.
  4. Informations issues de Sombre Imperium, Chapitre Sept - Le dernier vol des Écus Gris, Chapitre Quatre - Guilliman est vivant, de HALEY GUY, Black Library, 2017 et résumées par Guilhem.
  5. Informations issues de Gardiens du Trône - La Légion de l'Empereur, de WRAIGHT CHRIS, Black Library, 2017 et résumées par Guilhem.
  6. Informations issues de Sombre Imperium, Chapitre Sept - Le dernier vol des Écus Gris, Chapitre Quatre - Guilliman est vivant, HALEY GUY, Black Library, 2017 et résumées par Guilhem.
  7. Informations issues de Sombre Imperium, Chapitre Dix - Des nouvelles d’Ultramar, Chapitre Vingt - Le Conseil d’Héra, de HALEY GUY, Black Library, 2017 et résumées par Guilhem.
  8. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The Ultramarines - The Son of Macragge (traduit de l'anglais par Guilhem)
  9. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The Ultramarines - Planetfall (traduit de l'anglais par Guilhem)
  10. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The Ultramarines - The Death of Konor (traduit de l'anglais par Guilhem)
  11. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The Ultramarines - The Eagle Of The East (traduit de l'anglais par Guilhem)
  12. The Horus Heresy, Book Five - Tempest, Chapter The Ultramarines - The Pattern of Empire (traduit de l'anglais par Guilhem)
  13. Informations issues de Sombre Imperium : Guerre et Peste - Chapitre Sept Une Nuit à Bord de l’Honneur de Macragge de HALEY GUY, Black Library, 2018 et résumées par Guilhem.
  14. Informations issues de Le Premier Hérétique : Corruption - Chapitre Un - La Cité Parfaite - Les Faux Anges - Le Jour du Jugement, Chapitre Deux - Soleil Dentelé - Dévastation - Aurelian, Chapitre Trois - Le Sang Appelle le Sang - Sigillite - Le Maître de l’Humanité, Chapitre Quatre - Une Légion s’Agenouille - Si Ultramar Brûlait - Grise, de DEMBSKI-BOWDEN AARON, Black Library, 2010 et résumées par Guilhem.
  15. Informations issues de Sombre Imperium : Guerre et Peste - Chapitre Sept Une Nuit à Bord de l’Honneur de Macragge de HALEY GUY, Black Library, 2018 et résumées par Guilhem.
  16. Informations issues de Les Faux Dieux - Chapitre Neuf - Les Tours d’Argent - Un Retour Sanglant - Le Voile s’Affine McNEILL GRAHAM, Black Library, 2006
  17. Informations issues de La Bataille de Calth - Et ils ne Connaîtront pas la Peur - Chapitre MORT//SYSTÉMIQUE de ABNETT DAN, Black Library, 2012 et résumées par Guilhem.
  18. Informations issues de La Galaxie en Flammes : Où l'Hérésie se révèle Chapitre Un, L’Empereur nous Garde - Une Longue Nuit - Le Bruit des Sphères, Chapitre Dix-Sept, Vaincre, c’est Survivre - Dies Irae - La Fin de COUNTER BEN, Black Library, 2006
  19. Informations issues de La Bataille de Calth - Et ils ne Connaîtront pas la Peur - Chapitre ACQUISITION//DE CIBLE, Chapitre SUBMERGEMENT//ABSOLU, Chapitre MORT//SYSTÉMIQUE, Chapitre AFFRONTEMENT//DE LA//CIBLE, Chapitre USHKUL//THU, Chapitre TEMPÊTE//DE RUINE, de ABNETT DAN, Black Library, 2012 et résumées par Guilhem.
  20. Informations issues de Félon : Du Sang pour le Dieu du Sang - Chapitre Dix-Neuf, Le Regard Mort' - Perpétuel - Une Guerre de Réflexion, Chapitre Vingt, Du Sang dans le Vide - Appel à la Triarii - Il va Mourir Ici, Chapitre Vingt-et-Un - La Marque de Calth - Une Rédemption Ignorée - Crescendo, Chapitre Vingt-et-Deux, Il va Mourir sur ce Monde - Les Griffes des Loups d’Ambre - Une Pluie de Sang, Chapitre Vingt-et-Trois, Le Bras du Destin - Sorti des Flammes - Du sang pour le Dieu du Sang, ÉPILOGUE I, de DEMBSKI-BOWDEN AARON, Black Library, 2013 et résumées par Guilhem.
  21. Informations issues de Sombre Imperium, Chapitre Sept - Le dernier vol des Écus Gris, Chapitre Trois - Le Phénix Déchu, HALEY GUY, Black Library, 2017 et résumées par Guilhem.
  22. Informations issues de Sombre Imperium, Chapitre Sept - Le dernier vol des Écus Gris, Chapitre Neuf - Imperator Gloriana, de HALEY GUY, Black Library, 2017 et résumées par Guilhem.
  23. Informations issues de Sombre Imperium, Chapitre Sept - Le dernier vol des Écus Gris, Chapitre Neuf - Imperator Gloriana, de HALEY GUY, Black Library, 2017 et résumées par Guilhem.
  24. On peut y voir un moyen pour Games Workshop de justifier le fait que les événements se déroulant un siècle après le retour de Guilliman (qui eu lieu normalement en 999.M41) puisse encore se passer au 41e Millénaire et non le 42e (111.M42 pour la fin de la Croisade Indomitus). Ce doute entretenue permet de justifier le logo Warhammer 40 000. (avis de Guilhem n’engageant que son auteur).
  25. Informations issues de Sombre Imperium, Chapitre Sept - Le dernier vol des Écus Gris, Chapitre Neuf - Imperator Gloriana, de HALEY GUY, Black Library, 2017 et résumées par Guilhem.
  26. Informations issues de Sombre Imperium, Chapitre Neuf - Imperator Gloriana, de HALEY GUY, Black Library, 2017 et résumées par Guilhem.
  27. Informations issues de Sombre Imperium, Chapitre Neuf - Imperator Gloriana, de HALEY GUY, Black Library, 2017 et résumées par Guilhem.