Catégorie:Hérésie d'Horus

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Artikle pô fini. J’suis en train d’mettre ça
kom il fô pour k’ça soit tout bô tout bien !
- Krapull Kass’Krane, Mékano
et scribe stagiaire Ork.


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« Le sort en est jeté. Je me suis engagé sur une route dont je ne peux me détourner. C’est un pari risqué, qui pourrait entraîner mon anéantissement total, ou le plus fantastique des triomphes. Mais les dieux sont avec moi. Je suis sûr qu’au terme de mon voyage, je m’accaparerai le trône de Terra ; pour le bien de l’espèce humaine, je déposerai l’Empereur et je prendrai Sa place comme le seul authentique seigneur de toute la galaxie.
Certains me qualifient de traître et d’hérétique, mais il est mon destin de régner sur les astres au nom de l’Humanité. Ne suis-je pas le plus grand des Primarques ? Le fils favori de l’Empereur ? Ne suis-je pas par conséquent celui qu’Il a choisi ? Il m’appartient de régner, par voie naturelle de succession, et par le droit des armes que j’ai fait valoir sur un millier de champs de bataille. C’est à moi que s’en réfèrent les armées de l’Imperium pour les guider. C’est vers moi que se tournent les autres Primarques et leurs Légions. Seul l’Empereur Se dresse entre moi et le trône de Terra. Le moment est venu pour moi de m’en emparer, et je le ferai, mais mon propre avenir n’est pas le seul qui soit en jeu.
Les seigneurs du Warp m’ont laissé entrevoir le destin de l’Imperium, si nous devions laisser l’Empereur manipuler des forces qu’Il ne peut maîtriser. Ce futur n’est que déliquescence. La mort et le déshonneur seront les seules médailles que les guerriers de l’Humanité auront à gagner dans ces temps sombres, la galaxie ne recèlera plus aucun espoir pour les fils de l’homme. Les infâmes Xenos étendront leur emprise sur nos mondes : la puissance de nos armées glorieuses sera fracassée par leurs hordes sans nombre, et nos populations seront décimées comme un bétail humain pour satisfaire leurs vils appétits. Dans ce futur cauchemardesque, les masses humaines n’auront plus la force de défier leurs oppresseurs, de lutter contre des horreurs que l’univers n’a pas encore lâchées contre nous. Elles se terreront dans leurs taudis grossiers, et prieront un dieu insensible, un Dieu Charognard, le maître de leur désespoir. Un Empereur qui n’entendra pas leurs pleurs, qui n’éprouvera pas leur douleur ni leurs craintes.
Oui, l’Empereur de l’Humanité abandonnera Son peuple. Il lui tournera le dos afin de gagner Sa place parmi les dieux. L’Empereur ne se préoccupe que de Lui, obsédé comme Il l’est par Sa propre puissance et par la gloire. Il a trompé Ses fils et ceux qui le suivaient. Nous n’avions pas de place dans Son grand projet. Il a attendu, attendu l’opportunité de nous rejeter et de Se hisser vers un statut d’être divin. Pendant que nous avons livré ces guerres pour Lui les unes après les autres, Lui faisait accroître en secret Sa puissance dans le Warp. Les créatures qui y vivent ne sont que des pions innocents dans ce jeu mortel. Elles m’ont assuré que nos affaires ne les intéressaient pas. Elles ne s’opposent pas à Lui sans raison. Pour elles, Il est un ouragan, une tornade, une tempête de destruction cosmique qui menace de les anéantir. Il les a mutilées, elles ne font que se défendre comme un lion blessé acculé au fond d’une grotte. Les grandes entités du Warp ne cherchent qu’à se préserver de la prédation de l’Empereur, et pour y parvenir, elles ont conclu ce pacte avec moi. Je leur offrirai Sa tête, en échange de quoi je recevrai la galaxie pour en faire comme il me siéra.
Je suis le sauveur de notre destin. C’est moi qui amènerai au genre humain une gloire durable. Moi seul, je peux garantir à ses multitudes l’authentique espoir d’un avenir sans souffrance et sans servitude, libéré de la mort et du déshonneur. »
Je suis Horus, le Maître de Guerre. Je suis le futur Maître de l’Humanité.

Lors des jours sombres du M31, le fils favori de l’Empereur trahit Son créateur et plongea l’Imperium dans la guerre civile. L’influence d’Horus était telle qu’il parvint à rallier à lui la moitié des Légions Astartes, et à les retourner contre leurs frères pour tenter de destituer l’Empereur. Depuis cette trahison ignoble, l’Imperium de l’Humanité est consumé par des guerres et des luttes fratricides qui pourraient bien un jour signer sa perte.

Une nouvelle ère avait commencé, mais cette aube dorée n’allait pas déboucher sur le futur rayonnant que l’Empereur désirait pour l’Humanité. Le jeune Imperium fut en effet déchiré par la grande trahison de l’Hérésie d’Horus. L’orgueil humain et l’ambition prêtèrent le flanc aux machinations des Dieux Sombres. L’âge de lumière s’assombrit comme l’Humanité troquait la raison contre la superstition afin de survivre.

Les Légions de Space Marines armés par les usines de Mars formaient le fer de lance de la Grande Croisade. Soutenues par l’Armée Impériale, elles se révélèrent invincibles. Les Xenos et les créatures du Warp furent repoussés, et les planètes furent reprises les unes après les autres. Les campagnes militaires éloignaient toujours plus les armées de Terra, qui découvrirent successivement les vingt Primarques, qui rejoignirent la Grande Croisade à la tête de la Légion créée à leur image.

L’Empereur énonça trois principes inviolables au cours de ces conquêtes galactiques : la corruption génétique devait être éradiquée, les Psykers devaient être rassemblés, contrôlés et confiés aux agents impériaux pour être évalués. Enfin, les Xenos hostiles devaient être mis hors d’état de nuire. Triomphant sur tous les fronts, l’Imperium de l’Humanité devint rapidement le plus grand empire de la galaxie. L’Empereur jugea alors que la phase suivante de Ses plans pouvait avoir lieu, c’est pourquoi Il confia le commandement des Légions de Space Marines à ses Primarques et retourna sur Terra. Horus, le Primarque des Luna Wolves (renommés plus tard Sons of Horus), fut nommé Maître de Guerre et prit la tête de la Grande Croisade.

À l’aube de cette nouvelle ère pour l’Humanité, l’irréparable survint. Se détournant de l’Empereur et de Ses enseignements, le Maître de Guerre Horus commit la trahison ultime et embrassa la cause des Dieux Sombres. Investi par leurs pouvoirs, il déclencha une rébellion qui plongea la galaxie dans la guerre civile. Plus d’un tiers des forces militaires de l’Imperium se joignit à Horus, y compris la moitié des Légions de Space Marines. Les combats fratricides aux proportions titanesques qui s’ensuivirent donnèrent lieu à des mythes et à des rancunes qui perdurent aujourd’hui encore.

Cherchant à tuer l’Empereur, les traîtres se frayèrent un chemin sanglant vers Terra et attaquèrent le Palais Impérial en hurlant de rage. Finalement, grâce à des actions héroïques, les loyalistes renversèrent le cours de la bataille et Horus fut tué par l’Empereur, mais ce faisant, ce dernier fut mortellement blessé. Malgré tout, grâce à Sa volonté hors du commun, le Maître de l’Humanité parvint à survivre assez longtemps pour que Son corps brisé soit placé dans les machineries du Trône d’Or récemment achevé. Ainsi, au cœur du Palais Impérial, une technologie étrange permet à l’esprit de l’Empereur de perdurer afin qu’Il protège l’Humanité. Son enveloppe charnelle était désormais immobile, pourtant Il conservait toute la maîtrise de Ses immenses pouvoirs psychiques.

Le rêve de l’Empereur de donner vie à un âge de lumière où l’Humanité serait libérée de la superstition et de l’ignorance a cédé la place à quelque chose de bien plus funeste. Même si l’Imperium a perduré, ce n’est que grâce à des lois oppressives appliquées en Son nom.

C’est ainsi qu’est né un âge de dictateurs et de déraison, de stagnation et d’aveuglement. La population a régressé dans l’obscurantisme religieux tandis que l’Empereur Se tient immobile, sans que nul puisse deviner Ses pensées. Il étend Sa volonté sur plus d’un million de mondes, sans pour autant être en mesure de bouger le moindre de Ses muscles.

Les combats sans merci de l’Hérésie d’Horus marquèrent le début d’un âge sanglant. Suite à la mort du Maître de Guerre, les traîtres se dispersèrent et de nombreux conflits secondaires ravivèrent les flammes des combats. Le Nettoyage se poursuivit longtemps, et il fallut livrer des milliers de batailles pour que l’Imperium chancelant échappe définitivement au risque de l’annihilation. Suite à ces troubles, la hiérarchie de l’Imperium fut modifiée en profondeur. L’autorité suprême passa des mains de l’Empereur à celles d’un conseil agissant en Son nom. La suspicion fut à l’origine de bon nombre de ces changements, car on découvrit que beaucoup plus de planètes qu’on ne le pensait de prime abord avaient sombré dans la trahison. Les racines de la corruption étaient profondes et difficiles à arracher. La méfiance et la paranoïa s’installèrent et engendrèrent une ère de crainte et de doute.

Les changements affectèrent aussi les institutions militaires et gouvernementales. Les Legiones Astartes, qui avaient été indispensables pour assurer la victoire de l’Humanité pendant la Grande Croisade, furent divisées en entités nommées Chapitres. Cette transition fut orchestrée par Roboute Guilliman, le Primarque de la Légion des Ultramarines, afin de conserver la polyvalence des Space Marines sans que plus jamais la puissance de toute une Légion de cent mille Space Marines repose entre les mains d’un seul individu.

L’Armée Impériale fut elle aussi altérée. Elle comprenait auparavant les bâtiments de guerre qui parcouraient les étoiles, et qui transportaient les innombrables soldats chargés de guerroyer à la surface des planètes. Ces organisations formèrent respectivement la Marine Impériale et l’Astra Militarum. Il en fut ainsi dans toutes les institutions de l’Imperium, qui furent scindées, fractionnées. Un grand nombre de branches de l’Adeptus Administratum virent le jour, et il n’était pas rare que deux organisations indépendantes qui n’avaient pas mutuellement connaissance de leur existence soient chargées des mêmes missions. Ces mesures de sécurité donnèrent lieu à un système sibyllin secrètement chapeauté par la nouvellement formée et toute-puissante Inquisition, une organisation en marge de l’autorité impériale. Sa mission était de tout vérifier et de tout espionner afin de débusquer le moindre danger menaçant l’Humanité. Nul en dehors de l’Empereur ne pouvait échapper à son regard perçant.

L'HÉRÉSIE D'HORUS

« La mort est tout autour de nous à présent : la mort du corps, la mort de l’esprit, mais surtout la mort de l’espoir.
La mémoire meurt et seule la légende restera. Beaucoup sont déjà partis, qu’ils soient nobles ou lâches, lamentés ou inconnus. Le cataclysme qui a déchiré notre Imperium résonne encore, et il n’y a pas assez de temps pour compter les morts, certains en faisant le travail de leur vie dit-on. Notre Empereur, notre brillant seigneur, notre libérateur, notre père errant - la plus grande victime de tous, brisée et silencieuse maintenant sur Son trône étincelant - le mort immortel, un nouveau dieu sans vie pour une nouvelle ère de terreur.
Reverrez-nous la lumière ? Je le pense pas, pas dans mille vies à venir du moins, mais j’ai peu d’espoir. Je suis l’un des rares encore en vie qui se souvient de l’espoir, l’un des rares "humains" en tout cas ; pas un Primarque, pas un Legiones Astartes, pas un Custodien, pas un membre du Mechanicum. Ni même un des courtisans qui s’augmente avec acharnement les fils de sa vie pour vivre dans l’horreur des traitements alchimiques et de la jeunesse volée. Je n’aurais aucune partie de tout cela - indépendamment de ce que le Sigillite souhaitait - je suis et suis resté - seulement humain. Je me souviens de l’Imperium tel qu’il était censé être, comment cela aurait pu être, et contrairement à l’Empereur, je n’ai pas de merveille dorée pour me conserver, et bientôt je partirai.
C’est pour cette raison que j’ai assemblé ces notes dont vous tenez le premier volume en main. J’y ai mis mes connaissances et ma mémoire. Je sais qu’à présent certains diront que mes paroles sont des mensonges ou pire, de la trahison, et je ne doute pas que dans l’obscurité sombre de ce qui va sûrement suivre, mes paroles sembleront au mieux une cruelle plaisanterie. Mais si le destin est avec moi, les archives survivront à l’obscurité à venir - endureront la haine du zélote et la superstition aveugle que nous nous sommes tirés tel un linceul, et la vérité sera connue.
J’ai vu avec des yeux alors jeune et ceci est mon testament. J’étais là quand Tallarn brûla et que Keoptis fut noyé dans des océans de sang. J’ai été témoin du ciel de Terra déchiré par la foudre et les ténèbres le jour où le Maître de Guerre est venu et que l’enfer l’a suivi. J’ai entendu le glas funèbre de l’Empereur de l’Humanité et j’ai pleuré.
Je me souviens.
- AK.[1]
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L'Âge de l'Empereur

L’Âge de l’Empereur.
C’est une époque légendaire…
Des héros se battent pour régenter la portion de galaxie que les vastes armées de l’Empereur de Terra ont conquise durant leur Grande Croisade. Une myriade de races extraterrestres ont été écrasées par les combattants d’élite de l’Empereur et se sont repliées vers leurs antres pour y soigner leurs plaies.
L’aube d’une ère de suprématie se lève sur l’Humanité. Des citadelles éclatantes d’or et de marbre célèbrent les nombreux triomphes de l’Empereur. Sur un million de mondes sont érigés des monuments rappelant les exploits épiques de Ses plus formidables guerriers.
Premiers parmi eux, les Primarques, des héros surpuissants, imposants et magnifiques, l’aboutissement ultime des expérimentations génétiques de l’Empereur, ont mené leurs armées de Space Marines de victoire en victoire. Les Space Marines sont les plus puissants guerriers humains que la galaxie ait jamais connus, chacun d’eux surpassant une centaine de soldats ordinaires.
Organisés en vastes armées de dizaines de milliers de combattants, appelées les Légions, les Space Marines et les Primarques qui les dirigent règnent désormais sur la galaxie au nom de l’Empereur.
Le plus illustre de ces Primarques est Horus, le plus fort, le premier parmi ceux que l’Empereur considère comme Ses fils. Il est le Maître de Guerre, commandant en chef de toute la puissance militaire impériale ayant assujetti un millier de milliers de mondes et conquis la galaxie. C’est un guerrier sans égal, honnis peut-être l’Empereur en personne. Son astre est ascendant et ses troupes lui sont toutes dévouées. Mais la confiance qu’elles ont en lui est sur le point de voler en éclats.
À l’insu d’elles et de l’Empereur, Horus a été corrompu en secret par les puissances du Warp. Le Chaos lui a murmuré à l’esprit, et Horus a prêté l’oreille à sa ruse et à sa perversité. Pourquoi Horus devrait-il continuer à faire comme l’Empereur l’ordonne ? N’est-ce pas lui qui a mené les Légions Space Marines vers d’innombrables victoires ? Ne porte-t-il pas les balafres d’un millier de batailles ? L’Empereur a-t-il été là pour verser ne fût-ce qu’une larme quand de braves Space Marines connaissaient une mort horrible de la main de leurs adversaires xenos ? Non, c’est lui, Horus, qui s’est battu, qui a saigné et pleuré ! Lui qui a planifié les guerres et les victoires, lui qui s’est attaché la loyauté des Space Marines ; c’est lui qui devrait être acclamé comme Empereur de l’Humanité !
L’Empereur, de Son côté, est assis sur Son trône de Terra et songe à l’avenir, après avoir engendré à Lui seul la plus incroyable puissance militaire jamais connue. Son génie a élaboré le profil génétique de ses Primarques et des Space Marines, leur descendance. De son esprit brillant est né le Grand Projet : l’union des empires de Terra et de Mars, et leur Grande Croisade afin de soustraire l’Humanité aux griffes des Xenos et des bêtes du Warp. Ce fut l’Empereur qui libéra le potentiel des Navigators et permit au genre humain de couvrir sans péril de grandes distances à travers le Warp. Mais son œuvre n’est pas achevée, et le voilà songeur, et Son vaste intellect calcule quelle sera la destinée du genre humain. Le temps joue contre Lui. Ses facultés de précognition s’estompent, la pression de devoir entretenir le signal de l’Astronomican à l’échelle de toute la galaxie s’accroît de jour en jour ; le futur se voile et s’assombrit. L’Empereur a conscience que d’autres comme lui voient le jour, mais plus faibles que Lui, moins capables de résister à l’étreinte séductrice du Warp et aux horreurs inconnues qui s’y trouvent.
C’est sur ces Psykers émergents que l’attention de l’Empereur se focalise. L’heure est venue pour Lui d’ordonner la fabrication des moteurs psi et des stations-tests à occulum, qui chercheront les gènes des Psykers latents au sein des populations. Les Psykers émergents pourront alors être entraînés et purifiés, protégés des dangers du Warp et des entités malveillantes qui s’y trouvent. Le destin de l’Humanité est fragile, et Lui seul peut la guider en avant sans rien devoir craindre.
Les grandes armées de l’Empereur ont rempli leur but. L’heure est maintenant venue que les Légions soient démantelées, que les Space Marines soient chargés d’autres tâches, de monter la garde sur les mondes humains et d’en défendre les nouveaux régimes. Les seigneurs guerriers que sont les Primarques deviendront les souverains de ces mondes et les administrateurs du Grand Projet.
Mais Horus réclame vengeance ; il veut débarrasser la galaxie de tous les adversaires extraterrestres de l’Humanité. Pas un seul Xenos ne doit rester vivant pour menacer encore le genre humain. Les Légions doivent les traquer et tous les éradiquer ! Les glorieuses armées de l’Imperium ne devraient pas être forcées de déposer les armes. Elles n’ont pas vocation à être émasculées, reconverties en policiers et en gardiens de prisons ! Le Démon présente ses arguments à l’oreille d’Horus de façon à le faire plier, et l’Empereur devrait prendre garde au danger.

L'Ère des Luttes

Cette tragique période dura plus de cinq mille ans, pendant lesquels les planètes occupées par l’homme furent isolées au milieu d’orages Warp qui rendirent les échanges interstellaires impossibles. La Terre se retrouva totalement coupée de ses colonies et de ses alliés. Partout dans la galaxie les mondes humains succombèrent à l’anarchie, à la guerre, et la civilisation sombra dans les luttes de pouvoir des factions locales.

Au spectacle de cette décadence, des centaines de peuples extraterrestres saisirent leur chance de piller et d’asservir les mondes sans défense. Des planètes furent mises à sac et leurs populations massacrées ; celles qui survécurent tombèrent rapidement dans la barbarie, mais bien pire encore était la menace du Warp.

L’existence des créatures du Warp était peu connue, et le danger présenté pour l’esprit humain mal compris. Sur les planètes à forte concentration de Psykers, ces créatures parvinrent à briser les barrières entre l’Immaterium et l’espace réel ; des mondes entiers furent envahis par les horreurs indescriptibles qui s’en échappèrent, certains même avalés par le Warp et perdus à jamais.

L’Humanité se débattait contre son extinction. Isolés, en proie aux querelles intestines, cernés par les attaques extraterrestres et confrontés aux périls des incursions du Warp, les mondes humains qui avaient perduré n’étaient plus que l’ombre pathétique de leur gloire passée. L’effort nécessaire pour sauver l’Humanité et la libérer de cet enfer allait devoir être surhumain.

L’Ère des Luttes avait laissé la Terre dans un état effroyable. Des générations de combats avaient fait de ses paysages un désert inhospitalier, et de ses habitants une masse de sauvages dégénérés, dont les tribus nomades étaient lancées dans des guerres religieuses incessantes par les prophètes et les démagogues. Tout la coupait de son empire sidéral passé. Seul demeurait un contact intermittent avec Mars et ses Technoprêtres, devenus des ennemis jurés pour les insensés de la Vieille Terra.

Ce fut de ce marasme qu’un chef émergea ; Il était l’Empereur, et Sa force reposait dans Sa rationalité et Sa clairvoyance. Peu suspectèrent en Lui la part de mutant. De grandes régions de la Terre turent conquises par Sa main et les bouleversements s’y déchaînèrent. La peur et la foi aveugle y laissèrent place à la raison. L’Empereur entama une série d’expérimentations génétiques, afin de stabiliser la souche de l’espèce humaine et de la recréer telle qu’elle avait été avant les tempêtes de radiations. Puis Il forma Son Conseil de Guerre, composé de Ses généraux les plus aptes et d’administrateurs de haut rang qui se mirent à l’estimer comme un être divin.

La Grande Croisade

L’Empereur proclame le début de la Grande Croisade !
Des cendres de l’Ère des Luttes se dressa un meneur, celui que l’histoire ne retiendrait dès lors que comme l’Empereur. Ses origines ne sont plus connues aujourd’hui, mais ce fut sur Terre, en soumettant et en rassemblant les factions guerrières, qu’Il commença à forger l’empire galactique qui allait unir à nouveau la myriade des mondes de l’Humanité.

Dès ces prémices, l’Empereur S’entoura des guerriers génétiquement modifiés qui allaient devenir les Space Marines. Ces troupes surhumaines prirent facilement le dessus lors des Guerres d’Unification, soumirent tous leurs opposants terriens et forcèrent les Technoprêtres de Mars à demander la paix. Emportés par une ferveur zélée, ils furent les premiers à se référer à leur mission sous le terme de "croisade".

Alors même que la conquête de la Terre s’achevait, un événement cosmique survint : une onde de choc massive traversa le Warp, balayant les tempêtes qui avaient fait rage cinq mille ans durant. Les armées de l’Empereur pouvaient à présent prendre le chemin des étoiles, et la Grande Croisade venait de commencer.

Le système solaire fut la première région spatiale conquise par l’Empereur et Ses Légions Space Marines. Les envahisseurs extraterrestres furent chassés des lunes de Saturne et de Jupiter, dont les habitants humains libérés de l’esclavage furent rapatriés sur Terre.

Sous la direction du Mechanicum, une assemblée de technocrates, Mars avait développé une culture solide fondée sur le culte du Dieu-Machine, dédiée à l’étude et à la construction d’engins et de machines de tous types. L’Empereur n’attaqua pas ce monde, et préféra conclure une alliance avec ses dirigeants.

L’accès aux usines géantes de Mars Lui permit de considérablement augmenter la puissance de ses soldats grâce à un équipement amélioré. Les Technoprêtres lui fournirent également les immenses croiseurs à propulsion Warp qui allaient transporter les Légions Space Marines et les gigantesques machines de guerre appelées Titans aux quatre coins de la galaxie.

Ainsi l’Empereur emmena-t-Il Ses Space Marines dans une mission pour libérer l’Humanité des extraterrestres et des Démons qui avaient failli causer sa perte. Les planètes furent reconquises les unes après les autres, et les oppresseurs d’hier mis en déroute ou anéantis dans une série de guerres épiques. Les mondes infectés par les créatures du Warp furent nettoyés sous les bombes virales et les missiles Vortex de tirs orbitaux apocalyptiques.

Ce fut au fil de la Grande Croisade que les Space Marines retrouvèrent leurs Primarques. Les planètes sur lesquelles les Primarques avaient grandi et qu’ils dominaient devinrent le protectorat des Légions, où furent établis des bases permanentes depuis lesquelles il leur était possible de lancer des offensives contre pratiquement n’importe quel ennemi. La puissance de l’Imperium se trouvait à son apogée. Rien ni personne ne pouvait faire obstacle à l’Empereur et à Ses armées.

Les Flottes Expéditionnaires

Durant la Grande Croisade, les troupes pléthoriques de l’Empereur furent organisées en un certain nombre de formations, connues sous le nom de Flottes Expéditionnaires. Il n’y eut au départ qu’une seule de ces flottes, commandée par l’Empereur Lui-même, mais davantage furent lancées à mesure que la Croisade se répandait dans la galaxie. De talentueux généraux, des hommes de confiance, étaient nommés à leur tête.

Afin que chacune puisse recevoir le soutien adéquat et que leurs mouvements soient suivis avec un certain degré de précision, chacune des Flottes Expéditionnaires recevait un numéro attribué par le Conseil de Guerre. Lorsque la Grande Croisade toucha à sa fin, on comptait près de cinq mille expéditions primaires, et plus de soixante mille groupes secondaires de déploiement opérant à travers l’Imperium.

La composition de chacune des flottes n’était pas fixe. Les diverses escadres de vaisseaux, les régiments de l’Armée Impériale, les formations de troupes auxiliaires, et même les détachements des Légions Space Marines composant une flotte pouvaient aller et venir au fil du temps, comme le dictait la stratégie prédominante. Mais les matricules de désignation demeuraient les mêmes, et bien que la plupart n’acquirent jamais de signification particulière, certains finirent par être associés à des Primarques spécifiques, ou d’autres meneurs d’hommes prestigieux.

La désignation numérique d’une Flotte Expéditionnaire se transmettait aux planètes conquises par ses forces : ainsi, par exemple, un monde impérial initialement connu sous le nom de Soixante Trois Dix-Neuf avait-il été le dix-neuvième découvert par la 63e expédition. Il devenait par conséquent possible aux administrateurs de retracer les mouvements d’une flotte spécifique grâce aux mondes que celle-ci avait rencontrés, pris dans l’ordre chronologique.

Le Conseil de Guerre

Malcador le Sigillite

Durant sa conquête de la Terre, l’Empereur s’adjoignit des lieutenants de confiance et leur confia des tâches dignes d’hommes de ce statut. La plupart de ces loyaux serviteurs provenaient de Sa garde et des rangs des Space Marines.

Malcador faisait exception, lui qui avait été présent à Ses côtés dès les premières années des Guerres d’Unification. Il n’était pas un combattant, mais un érudit à l’allure d’un prêtre, vêtu des robes à capuche d’un simple intendant. Ses origines n’étaient connues de personne, sauf peut-être de l’Empereur Lui-même.

Ce fut cet homme qu’Il choisit pour régenter Son palais, poste qui impliquait l’administration de Terra, nouvellement unifiée. À mesure que la Croisade progressait, Malcador gagna en pouvoir et en influence lorsqu’il fut nommé superviseur de la Dîme, puis contrôleur de l’Administration Impériale.

Les bruits ont abondé sur la véritable nature de cette figure énigmatique qui paraissait jouir d’une vie étonnamment longue. Certains voient en lui un Psyker, le premier qui aurait subi le rituel de l’Unification des Âmes. D’autres rumeurs le disent appartenir à la parenté éloignée de l’Empereur.

L’opération gigantesque qu’était la Grande Croisade impliqua des milliers de vaisseaux et des millions de soldats, que la campagne mena d’un bout à l’autre de la galaxie où des dizaines de milliers de mondes humains attendaient d’être sauvés.

Le dispositif militaire de l’époque comptait l’intégralité des Légions Space Marines, des centaines de régiments auxiliaires levés sur les mondes récemment reconquis, les machines de guerre fournies par le Mechanicum et ses Mondes-Forges, dont les plus démesurées étaient les Titans de la Collegia Titanica, et une multitude d’autres organisations armées plus réduites, dont une des plus significatives malgré sa petite taille était la Garde Custodienne, la garde personnelle de l’Empereur.

Toutes ces formations étaient soutenues par un arsenal impressionnant de croiseurs, de navettes de largage et de transports de troupes dont disposaient les Légions Space Marines, le Mechanicum et les commandants impériaux.

Afin de gérer l’exécution de la Grande Croisade, l’Empereur rassembla un Conseil de Guerre qui devint dans les faits le corps dirigeant de l’Imperium, au travers duquel la loi impériale fut amenée sur des centaines de milliers de mondes humains.

L’Empereur trônait à la tête de ce conseil, et à Sa droite était assis Malcador. Chacun des Primarques y avait une place réservée, ainsi que le commandant des Custodiens, et lorsque l’Empereur avait conclu son alliance avec Mars, le Fabricator-Général du Mechanicum s’y était également vu offrir un siège. Une équipe d’Astropathes était affectée aux réunions du conseil afin de permettre à ses membres de communiquer entre eux, quand l’expansion de l’Imperium grandissant et les difficultés inhérentes aux voyages par le Warp rendirent de moins en moins possible la présence physique de chaque membre de l’assemblée.

Le Departmento Munitorum

Afin de supporter la masse de travail toujours croissante que représentait la gestion des Flottes Expéditionnaires, de leurs communications et de toute leur logistique attenante, une nouvelle division de l’Administratum fut créée sur Terra. On lui attribua le contrôle total de tous les approvisionnements des armadas de la Grande Croisade, bien qu’avec le temps, ce contrôle fut étendu à la réquisition des troupes, ainsi qu’à la maintenance de tous les transports, vaisseaux, machines de guerre et équipements. et au ravitaillement en munitions. Le Departmento Munitorum fut ainsi fondé de façon formelle peu avant le grand Triomphe d’Ullanor.

La tâche à laquelle il lui fallait faire face était immense, et le Deparmento Munitorum gagna rapidement en taille afin d’y répondre. Des centaines de milliers d’individus furent recrutés dans les rangs de l’Administratum basé sur Terra et détachés à sa myriade de divisions et de sous-sections. Au fur et à mesure que ses effectifs s’accroissaient, son statut au sein de l’Imperium s’étoffa lui aussi, ainsi que son pouvoir et son autorité.

Quelques mois à peine après sa fondation, le Departmento Munitorum ne limita plus ses activités aux simples tâches de réapprovisionnement et de maintenance, pour s’impliquer également dans le bourbier politique entourant les grandes flottilles et leurs leaders militaires. Sa mission fut de s’assurer de l’adhésion à la stratégie centrale de toutes les instances au sein des Flottes Expéditionnaires, et de ramener les éléments inconstants de la machine militaire impériale dans le droit chemin. Cela fit naître la méfiance et une certaine agitation au sein des flottes elles-mêmes, de nombreux militaires voyant cela comme une tentative des bureaucrates de prendre les rênes de l’effort de guerre ; un point de vue partagé par plusieurs individus de premier ordre, qui résistèrent autant qu’ils le purent aux ingérences du Departmento Munitorum, sans jamais s’y opposer de front.

Les Légions Astartes

L’Ost de Croisade

De façon évidente, les Légions Space Marines constituaient les plus puissantes organisations militaires de l’Imperium, sinon de la galaxie entière. Il fut par conséquent jugé approprié de leur conserver une forme de présence représentative auprès du siège de la puissance impériale tandis que la Grande Croisade progressait. À cette fin fut formé sur Terra un groupe de Space Marines tirés des rangs de chaque Légions.

L’Ost de Croisade avait pour lieu d’attache le Préceptoire. Dans ses vénérables salles, ces guerriers gardaient le décompte des glorieuses victoires de leurs frères, portaient le deuil des morts et agissaient comme délégués de leur Primarque dans les système Sol.

Les recherches qui menèrent à la création des Space Marines commencèrent durant l’Ère des Luttes, tandis que la Terre était isolée du reste de la galaxie. L’Empereur rassembla autour de Lui une équipe de maîtres scientifiques et leur fit construire des laboratoires génétiques secrets dans les vastes donjons de Sa forteresse.

Ce fut sous leurs voûtes sombres que Ses premiers guerriers d’élite furent créés. L’Empereur tria sur le volet les hommes de Sa garde personnelle dont certains furent ensuite soumis à de profondes modifications chirurgicales et psychologiques. Ces élus n’étaient pas seulement immensément forts, mais développèrent également une volonté d’acier : grâce à un entraînement rigoureux et au conditionnement mental approprié, ils devinrent des combattants implacables, à la loyauté exemplaire envers l’Empereur.

Les premiers Space Marines furent organisés en vingt régiments composés chacun de seulement quelques centaines de guerriers. L’Empereur donna à ces formations des noms qui l’un après l’autre devinrent synonymes de sa suprématie et insufflaient la peur dans les cœurs de leurs adversaires. Avec l’aide des soldats d’exception qui constituaient Ses troupes, l’Empereur conquit la Terre et soumit à Sa volonté les multiples factions armées. Pour la première fois depuis des temps immémoriaux, la planète allait être unie sous la loi d’un seul.

À mesure que le temps s’écoulait, les rangs des Space Marines se gonflèrent rapidement des hommes recrutés parmi les tribus récemment conquises, et au moment où la Terre fut totalement passée sous la coupe de l’Empereur, chacune de ses Légions était forte de plusieurs milliers de guerriers.

Les Primarques

La Terre resta isolée durant l’Ère des Luttes, mais l’Empereur voyait déjà plus loin ; en préparation de la reconquête de la galaxie, Il eut l’idée des vingt Primarques et les engendra. Ces personnages extraordinaires allaient être Ses généraux, de grands meneurs qui conquerraient des millions de mondes en Son nom. Chacun devait disposer d’une force et de capacités martiales inconcevables chez n’importe quel autre humain, qui rivaliseraient avec celles de l’Empereur Lui-même.

Un événement cataclysmique sembla sonner le glas de Ses ambitions à leur sujet, lorsqu’un étrange vortex Warp arracha des laboratoires de l’Empereur les Primarques toujours à l’état fœtal et les éparpilla dans la galaxie, sur des mondes isolés. Les années passèrent et les Primarques grandirent séparément sur leurs planètes, où ils devinrent des chefs guerriers reconnus.

Durant la Grande Croisade, l’Empereur retrouva les Primarques les uns après les autres. Grâce à leur physique et leurs talents surhumains, chacun s’était élevé jusqu’à une position d’autorité au sein de sa culture d’adoption.

La force du lien entre les Légions et leur Primarque suggère leur importance dans le processus ayant mené à la création des Space Marines, lesquels partagent avec eux une partie de leur patrimoine génétique, et certains de leurs traits physiques et mentaux. À mesure qu’ils étaient reconnus, chaque Primarque prit donc naturellement la tête de celle des Légions avec laquelle il avait tant en commun.

Les planètes d’adoption des Primarques devinrent pour la plupart la nouvelle base d’opérations de leur Légion et furent par la suite désignées comme leurs mondes natals. Dans bien des cas, les Primarques intégrèrent dans les effectifs de celle-ci les autochtones qui avaient été leurs serviteurs dévoués.

Les suppositions et les théories abondent quant à la véritable nature des Primarques, les plus puissantes de toutes les créations de l’Empereur, qui arpentèrent les champs de bataille de la Croisade et dont les noms et la légende perdureraient à jamais.

Les plus répandues avancent qu’ils furent conçus à partir du propre patrimoine génétique de l’Empereur et ainsi destinés à devenir des meneurs d’hommes, de grands soldats et des héros, capables de prouesses martiales égalées uniquement par leur charisme et leurs facultés mentales, dotés chacun de spécificités qui les distingueraient des hommes ordinaires.

L’Empereur avait-Il en tête de les créer pour qu’ils soient ceux qui feraient sortir l’Humanité des ténèbres et la guideraient vers un nouvel âge d’or ? Ou ne furent-ils qu’une conséquence inattendue des expérimentations qui aboutirent à la création des Space Marines ?

Et qu’en est-il de la mystérieuse force qui dispersa les Primarques nouveau-nés dans la galaxie ? Les quelques traces qui subsistent de cet événement restent imprécises, mais la tradition affirme que cela fut le fait d’un vortex Warp localisé qui ouvrit plusieurs portails vers les planètes éloignées. Sans doute la vérité ne sera-t-elle jamais connue. Leur dispersion a-t-elle été voulue par l’Empereur afin que les Primarques découvrent l’existence ailleurs que dans le laboratoire où ils avaient été engendrés ? Était-ce pour qu’ils puissent se forger une destinée par eux-mêmes et prouver leur valeur, ou une autre influence plus obscure était-elle à l’œuvre ? Fut-ce une tentative des Dieux Sombres pour briser les rêves de l’Empereur et Ses espoirs de sauver l’Humanité ? Il subsiste l’hypothèse plus étrange encore que les petits corps fœtaux ne purent contenir les énergies psychiques employées lors de leur création, et dont la libération engendra le vortex.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : les Primarques

La Garde Custodienne

« Ces hommes sont Mes gardes du corps, et leurs vies sont dédiées à garantir Ma sécurité physique. La loyauté qu’ils Me portent, jamais ne sera mise en doute. Moi, et Moi seul aurai l’autorité de faire prévaloir Mon jugement sur le leur. Ils n’auront au combat aucun autre commandant, nul ne fera obstacle entre eux et Moi et nul ne gênera leur mission. Ainsi en ai-Je décrété ! »
- L’Empereur.

Les Space Marines ne furent pas les seuls guerriers d’exception créés par l’Empereur : le premier groupe d’hommes génétiquement et psychologiquement modifiés qu’Il créa devint son escorte personnelle, la Garde Custodienne, dont le rôle est d’assurer Sa sécurité à tout moment.

Plus fort encore qu’un Space Marine, le Garde Custodien est un combattant redoutable et sa dévotion à l’Empereur est infaillible. Un détachement de ces loyaux protecteurs l’accompagne d’ailleurs partout où Il va, même lorsqu’Il Se retire dans Ses quartiers privés.

En ces temps de traîtrise et de dissension, leur tâche dépasse désormais la seule protection de la personne de l’Empereur. Il est fréquemment ordonné à de petits détachements de Custodiens d’accompagner les Légions Astartes pour s’assurer que Sa volonté soit respectée.

La Garde Custodienne est organisée à la manière des Légions Space Marines, la principale différence entre elles étant la taille de ces formations, puisque les rangs des Custodiens ne comptent que dix mille individus. Ceux-ci ont accès à tous les types d’armements et d’équipements conventionnels utilisés par les Space Marines, y compris leurs véhicules de combat. Les transports et les vaisseaux personnels de l’Empereur leur sont également ouverts afin qu’ils puissent en permanence se trouver à ses côtés.

Parallèlement à l’arsenal du marine, la Garde Custodienne dispose d’une grande variété d’armes réservées à son seul usage. Un exemple en est la Lance Gardienne, une combinaison de Bolter et de hallebarde énergétique, qui constitue l’armement standard pour une escouade de Gardes Custodiens.

Les Gardiens Immortels

La Garde Custodienne.
Les Custodiens assuraient le rôle de garde personnelle de l’Empereur. Ils apparurent pour la première fois à Ses côtés durant l’Ère des Luttes, et n’ont depuis cessé de maintenir une veille constante sur Sa personne. Au combat, l’effectif de deux compagnies se battait toujours au côté de Lui, et un détachement de la Garde Custodienne accompagne l’Empereur même lorsqu’Il se retire dans Ses appartements privés, au cœur du Palais Impérial.

Chaque Custodien est un guerrier extraordinaire, plus fort et plus résistant qu’un humain ordinaire, ou même qu’un Space Marine. Ils n’ont pas d’égal au combat, et sont animés d’une dévotion et d’une loyauté inébranlables envers la personne de l’Empereur. Bien qu’ils ne semblent pas posséder par eux-mêmes de pouvoirs psychiques, leur volonté est telle qu’elle les met en mesure de résister aux attaques des Psykers les plus puissants, hormis peut-être celles de l’Empereur.

On estime qu’il ne doit exister au total que dix mille de ces guerriers d’élite, bien que ce nombre soit hautement spéculatif. Seuls l’Empereur et son cercle proche connaissent leur effectif exact. Jamais, en tout cas, il n’en fut observé plus de mille réunis, et ce en une seule occasion, à la célèbre bataille de Gyros-Thravian, livrée durant la Grande Croisade contre le Seigneur de Guerre Ork Gharkhul Croc-Noir et sa vaste horde de Peaux-Vertes.

Les Primarques Horus, Mortarion et Rogal Dorn, à la tête de leurs Légions respectives, se trouvaient largement dépassés en nombre et proches de la défaite lorsque l’Empereur donna l’assaut depuis Sa Barge de Bataille dorée, le Bucephelus. À la tête d’un millier de Custodiens, Il frappa au cœur même de la marée ork, et se confronta à Gharkhul au sommet d’un immense Gargant. Cependant que l’Empereur décapitait l’ork géant à la peau noire, Ses Custodiens dévastaient les troupes du Seigneur de Guerre. On prétend que durant ces quelques instants plus de cent mille Peaux-Vertes moururent, et que la Waaagh! s’en trouva brisée. La légende veut que seuls trois Custodiens moururent, et que leurs noms furent honorés à jamais, gravés sur l’armure de l’Empereur.

Les origines de la Garde Custodienne sont nimbées de mythe et de mystère. Durant l’Ère des Luttes, l’Empereur en vint à dominer la Terre, et à la tête de Ses armées de conquête avançaient les Space Marines. À un moment donné, l’Empereur eut l’idée des Primarques et les engendra, mais on ne sait avec certitude s’ils furent créés pour fournir la souche génétique nécessaire à la production des Space Marines, ou bien s’ils furent la manifestation tangible des expérimentations de l’Empereur.

Quoi qu’il en soit, les Primarques en devenir furent arrachés de Terra par une force mystérieuse et dispersés dans toute la galaxie ; eux et les Space Marines nés de leurs gènes ne furent réunis que bien plus tard, et ils devinrent alors les meneurs de leurs Légions respectives. Le fait que les Primarques partagent des traits génétiques, physiologiques et psychologiques avec les guerriers de leur Légion est indiscutable.

Certains affirment que les Custodiens sont à l’Empereur ce que les Space Marines sont à leurs Primarques, que la propre matrice génétique de l’Empereur fut employée à leur création et que c’est par ce biais que leur loyauté Lui est assurée. D’autres soutiennent que les Custodiens ne sont pas semblables à l’Empereur de la même manière que les Space Marines ressemblent à leur Primarque, et qu’une autre source fut employée comme modèle physique et psychologique, une source perdue durant l’anarchie de l’Ère des Luttes. Probablement la vérité ne sera-t-elle jamais connue.

Les Commandants Impériaux

La galaxie est vaste, et les voyages par le Warp sont au mieux assez imprévisibles, car le temps s’y écoule étrangement, mais la communication fut le plus grand problème de l’Imperium naissant. À mesure que la Grande Croisade progressait, une nouvelle classe de Psykers humains fut introduite sur les mondes reconquis : les Astropathes. Il n’est néanmoins jamais certain que les messages transmis par leurs soins via le Warp parviennent à leurs destinataires, ni qu’ils soient ensuite correctement interprétés. Aucun moyen réellement applicable ne permettrait d’instituer un ordre galactique sur tous les mondes de l’Humanité.

Les planètes nouvellement conquises sont par conséquent remises entre les mains de Commandeurs Impériaux, certains étant des militaires récompensés ainsi pour leurs états de service, d’autres des dirigeants indigènes ayant prêté allégeance à l'Empereur.

De lourdes responsabilités leur incombent. L’Imperium attend d’eux qu’ils s’acquittent d’un impôt en fournissant troupes et matériel à ses flottes et ses armées, qu’ils doivent pouvoir héberger et assister en temps de besoin. Il leur est aussi demandé de débarrasser leurs populations de toute mutation, notamment des Psykers qui seront embarqués lors de la visite occasionnelle des Vaisseaux Noirs chargés de les ramener sur Terra. Tout ceci constitue la Dîme Impériale.

Les Commandeurs Impériaux ont également pour devoir de protéger l’Humanité, et il leur est interdit d’abriter des ennemis de l’Imperium, dont la liste peut varier mais inclut toujours les Xenos, les mutants et ceux ayant commerce avec eux. Les Démons n’étaient pas encore reconnus à l’époque où cette charge fut fondée, mais il n’est de toute façon pas certain que quiconque aurait pu faire alors la distinction entre un Démon, une espèce xenos et un mutant atrocement déformé.

La Grande Croisade portait en elle l’idée d’une certaine justice, et les mondes reconquis furent reconnaissants d’avoir été sauvés de l'anarchie. Certains se mirent spontanément à vénérer l’Empereur, ce qui fut particulièrement vrai de ceux où s’étaient développés des mythes annonçant la délivrance par un souverain venu des étoiles. Les démagogues de Terra furent prompts à souffler sur les braises de cette ardeur religieuse, et plus l’Empereur nia Sa divinité, plus les suppliques pour Lui demander de la reconnaître furent acharnées.

Hiérarchie Militaire de l'Imperium

Les vastes organisations connues comme les Légions Astartes ou Légions Space Marines constituent le noyau de la machine militaire impériale et la force principale des armées de l’Empereur. À la tête de ces Légions se trouvaient les Primarques, des êtres surhumains, doués de facultés et d’une endurance dépassant même l’imagination des simples mortels. Ils étaient les généraux de l’Empereur, et chacun commandait à tout un ost de vaisseaux, de blindés, d’artillerie et d’hommes. Le Maître de Guerre était le plus éminent parmi eux, et disposait du commandement global de toutes les forces combattantes de l’Imperium, avant que l’Hérésie n’éclate.

Aucune limite n’était fixée quant à la aille d’une Légion Space Marine, et la plupart d’entre elles pouvait mobiliser au moins cent mille guerriers. La Légion des Ultramarines possédait de loin le plus fort effectif, et son Primarque, Roboute Guilliman, pouvait en appeler à plus de deux cent cinquante mille Space Marines. Ses nouvelles recrues provenaient du monde natal de la Légion, ainsi que d’une centaine de Mondes Sauvages renommés pour les prouesses guerrières de ses peuples indigènes.

La structure d’une Légion Space Marine variait légèrement de l’une à l’autre, mais leur plus petite division était la compagnie, forte de cent guerriers menés par un Capitaine. Les compagnies étaient généralement assemblées par cinq en bataillons, lesquels, regroupés par deux, constituaient à leur tour des formations de mille guerriers, désignées indifféremment par les termes "régiments", "ailes", "chapitres" ou "grandes compagnies". Celles-ci obéissaient à un Space Marine investi du grade de commandant, ou dans certains cas de seigneur commandant. Promu Maître de Guerre, le Primarque Horus se retrouva de fait commandeur en chef de toutes ces troupes, et seigneur des Primarques.

Les hommes de l’Armée Impériale étaient certes inférieurs aux Space Marines, mais à mesure que la Grande Croisade progressait, le besoin en nouvelles troupes ne put être satisfait par la seule capacité des Légions. Ainsi fut décrétée l’obligation pour chaque planète impériale de subordonner des soldats à la mission des Primarques. Certaines, telles que les mondes natals des Légions et ceux du système de Sot étaient exemptées de cette dîme. Malgré cela, ce décret procura aux Primarques des millions de soldats supplémentaires qui, même s’ils n’avaient pas la même valeur que des Space Marines, savaient se montrer tenaces, leur nombre faramineux les prédisposant aux sièges, aux invasions en masse et aux cantonnements en garnisons.

Les Mondes-Forges du Mechanicum échappaient eux aussi à la Dîme Impériale, néanmoins, un ancien pacte passé avec l’Empereur les obligeait à fournir Ses armées en machines de guerre de tous types, dont les plus imposantes étaient les Titans, d’immenses constructions bipèdes sur lesquelles trouvait place un arsenal dévastateur. Le Mechanicum produisit également quantité de robots de combat, et diverses pièces d’artillerie allant du mortier portatif aux énormes canons de barrage de la taille d’un immeuble. Sur le terrain, les troupes du Mechanicum en répondaient au Primarque ou à ses proches officiers.

De la Dualité des Légions Space Marines

Les Astartes - ou Space Marines - furent les supers guerriers génétiquement modifiés pour propager la Grande Croisade dans la galaxie. Ici des Astartes de la Ière Légion : les Dark Angels.
Les premiers Space Marines avaient tous été recrutés sur Terra. Durant l’Ère des Luttes, l’ancienne Terra était agitée par des conflits incessants au cours desquels les tribus rivales de la planète se disputaient sa domination. Un homme allait prévaloir, et Il allait devenir l’Empereur. Sa victoire fut pour une bonne par due aux combattants surhumains qu’Il avait créés - les Space Marines.

Lorsque l’Empereur lança Sa campagne vers les étoiles, la Grande Croisade qui devait libérer l’Humanité du joug extraterrestre, les vingt Légions comptaient chacune plusieurs milliers de Space Marines, malgré quoi leur effectif était insignifiant comparé à la tâche herculéenne qui les guettait. Des millions de planètes humaines attendaient d’être secourues et protégées de maints dangers. À cette fin, l’Empereur donna pour instruction aux Légions d’assimiler les meilleurs guerriers remarqués parmi les populations des mondes conquis.

Le processus de création d’un Space Marine n’est ni simple ni rapide, ce qui impose au départ un examen exhaustif des recrues potentielles. Les meilleures sont généralement issues de peuples aux cultures guerrières, des hommes nés pour se battre, forts physiquement autant que mentalement. Même ainsi, le taux d’échec fut élevé et seul un petit pourcentage d’entre elles fut intégré avec succès dans les rangs des Space Marines.

Lorsque l’Empereur retrouva Ses Primarques, chacun d’eux était parvenu à dominer le monde sur lequel il s’était retrouvé projeté. Une grande affinité s’était établie entre les Primarques et leurs planètes d’adoption, la plupart étaient devenus de puissants dirigeante, les souverains de leurs mondes, à la tête d’armées fanatiquement dévouées.

Dans bien des cas, ces armées présentaient d’incroyable similitudes avec les Légions dont les Primarques avaient été séparés bien des années auparavant. Les guerriers qui les composaient s’avérèrent particulièrement adaptés à l’assimilation dans le corps des Space Marines, grâce à quoi, au cours des années qui suivirent, plusieurs dizaines de milliers de nouveaux Space Marines furent créés, et les Légions connurent ainsi une expansion massive de leur potentiel de combat. Pour certaines d’entre elles, le monde d’adoption de leur Primarque devint l’unique terrain de recrutement, du fait de la compatibilité des cultures indigènes avec leurs besoins et du succès de leurs postulants. Ces Légions-là n’avaient pas seulement trouvé leur Primarque, mais également un monde qu’elles pouvaient véritablement considérer comme leur monde natal.

Lorsque une des Légions Space Marines retrouvait son Primarque perdu, sa réussite dans le cadre de la Grande Croisade s’accroissait radicalement. Sous le commandement de leurs généraux légitimes, il devint pratiquement impossible de les arrêter et les mondes arrachés à l’obscurité se succédèrent. En quelques années, de nombreuses Légions avaient recruté des dizaines de milliers de nouveaux Space Marines issus des peuples guerriers de leurs nouveaux mondes d’appartenance.

L’intégralité de cette quantité faramineuse de Space Marines dans les effectifs des Légions apparut comme un fantastique succès. Ces combattants des mondes natals des Primarques partageaient d’emblée de nombreuses caractéristiques avec les Space Marines créés sur Terra, et cela faisait d’eux les recrus idéales.

Chacune des Légions put établir sa propre politique quant à la façon dont ce grand nombre de nouveaux éléments compléterait leur effectif existant. Dans certaines d’entre elles, ils firent offices de renforts pour chacun de régiments ou des chapitres existants et remplacèrent leurs pertes. Dans d’autres, de nouveaux régiments de Space Marines originaires des mondes natals virent se greffer sur l’organisation de départ.

L'Armée Impériale

Le 12e d’Infanterie d’Urslavik.
À mesure que toujours plus de systèmes étaient rejoints par l’expansion de la Grande Croisade, les besoins en troupes de l’Imperium s’accrurent en proportion. Même les Légions de Space Marines ne pouvaient s’acquitter seules de la tâche qui leur était confiée, il fut donc décidé que les mondes nouvellement libérés participeraient à l’effort de guerre.

Ainsi, chacun était évalué et sa population faisait l’objet d’un recensement, ce à partir de quoi les administrateurs de l’Imperium calculaient la contribution que ces planètes auraient à payer sous la forme d’hommes et de matériel. L’ampleur de cette dîme variait énormément d’un monde à l’autre : ceux aux communautés les plus éparses n’avaient à fournir qu’une poignée de régiments par année, tandis que les Mondes-Ruches surpeuplés proches du centre galactique devaient annuellement lever des centaines de régiments. Le corps militaire aux proportions indicibles qui en résultait reçut le nom d’Armée Impériale.

Les premières vagues de conscrits furent assimilées par la structure de commandement des Légions Space Marines et tombèrent sous leur autorité directe. Les transports des Légions arrivaient sur chaque monde et emportaient les formations de l’Armée Impériale qui combattraient à leurs côtés, parfois à l’autre bout de la galaxie.

La nature capricieuse des voyages par le Warp, la taille immense de l’Imperium et le nombre de ces systèmes libérés défiaient toute tentative de fixer des standards pour l’Armée Impériale, au sein de laquelle s’observait une grande disparité du point de vue de l’équipement, des uniformes et de la discipline des divers régiments. Chacun des mondes sujets à la Dîme équipait ses troupes au mieux de ses capacités : celles des mondes industriels développés pouvaient être dotées de gilets pare-balles et de Fusils Laser réglementaires flambant neufs, pendant que les soldats des planètes primitives pouvaient s’estimer chanceux s’ils recevaient un fusil et une paire de bottes. Certains donnaient à leurs appelés un bon entraînement, et les organisaient en escouades, en compagnies et en régiments ; ceux que d’autres mondes envoyaient à la guerre n’étaient guère plus que des bandes désorganisées. En dépit de quoi les soldats de l’Armée Impériale surent prouver leur bravoure au cours de centaines de campagnes, sur des milliers de champs de bataille.

Afin de faire régner la discipline et la loyauté au sein des régiments de l’Armée Impériale, il devint courant pour les Primarques de faire nommer des officiers spéciaux, assignés au rôle de Commissaires. Ces combattants vétérans faisaient en sorte que l’Armée Impériale se montre inflexible dans son devoir envers ses maîtres Space Marines.

Si leur puissance n’équivalait en rien à celle des unités Space Marines, ces bataillons de soldats ordinaires furent néanmoins une adjonction utile et bienvenue aux troupes des Primarque. Une Légion pouvait avoir sous ses ordre plusieurs centaines de régiments auxiliaires de l’Armée Impériale. Ceux-ci aidaient à consolider les positions gagnées par les Space Marines sur des planètes nouvellement conquises, ou étaient fréquemment utilisés lors des sièges ou des offensives de grande envergure.

Les troupes de l’Armée Impériale n’était que rarement déployées dans leurs systèmes d’origine : à dire vrai, cela fut même activement évité par les Primarques, afin d’avoir l’assurance, que ces soldats leur resteraient loyaux, ainsi qu’à la Légion Space Marine les ayant adoptés, et auprès de laquelle ils combattaient.

Le Warp

Le Warp est une dimension distincte, ou "parallèle", faite d’énergie coexistant avec le monde matériel dont chaque point fixe dans l’espace et dans le temps correspond à un point de référence analogue dans les remous complexes de l’autre.

Là où le monde réel nous est familier grâce aux lois de la physique et à la marche régulière du temps, le Warp n’est fait que de courants d’énergie aléatoire, dont les vagues tourbillonnantes sont sujettes à des remous, à des marées et à des crues. De même, le temps s’y écoule étrangement, lorsqu’il s’y écoule. Cette énergie est parfois distordue par des événements imprévisibles auxquels il est couramment fait référence sous le terme de tempêtes Warp.

Des scientifiques humains avaient découvert qu’un vaisseau pouvait sortir de l’espace réel en un point donné, et après quelques jours de voyage par le Warp, le réintégrer en un autre point distant de plusieurs années-lumière. C’est ainsi que les traversées de la galaxie sont rendues possibles, et des voyages qui à vitesse sub-luminique mobiliseraient des générations de pilotes, sont ainsi accomplis en quelques mois.

À l’intérieur du Warp, les vaisseaux ne naviguent pas dans le sens classique du terme, mais passent d’un courant d’énergie à un autre jusqu’à atteindre ainsi leur point de retour dans l’espace matériel. Bien qu’ils ne soient pas sans danger, les voyages les plus courts par le Warp peuvent être accomplis avec un certain degré de fiabilité et de précision, les sauts plus longs étant plus imprévisibles et plus périlleux. Les flux du Warp sont complexes et inconstants ; quand ils ne se perdent pas à jamais dans leurs circonvolutions, les navires tentant de longs périples se retrouvent souvent égarés loin de leur destination. D’étranges glissements temporels peuvent également survenir, et il n’est pas rare pour un vaisseau d’arriver des années après la date prévue, voire des années avant.

Les tempêtes Warp et d’autres perturbations de l’Immaterium peuvent totalement empêcher la navigation. Les vaisseaux sont alors tout simplement contraints d’éviter de telles régions, sous peine d’être détruits par les énergies des maelstroms. Cela signifie qu’il devient impossible d’atteindre certains points de l’univers matériel via le Warp, un monde pouvant se retrouver isolé pour des jours, des mois, parfois des siècles. Durant l’Ère des Luttes, les tempêtes secouèrent l’Immaterium entier, empêchant toute navigation interstellaire pendant pratiquement cinq millénaires.

Peu d’humains comprennent ou croient comprendre la nature précise du Warp et sa relation au monde de la matière. D’innombrables philosophes, scientifiques et Psykers se sont hasardés à l’expliquer sans qu’aucun n’y soit parvenu; et si d’autres ont réussi, ceux-là n’ont pas souhaité partager une telle connaissance avec le reste de l’Humanité. Il est largement accepté qu’un lien existe entre le Warp et les pouvoirs psychiques. Les Psykers qui possèdent avec lui une affinité spéciale parviennent à en interpréter certaines énergies, ces révélations prenant le plus souvent la fore de visions et de rêves. Pour autant, peu réalisent que l’énergie du Warp est véritablement la source dont tous les Psykers tirent leurs facultés.

Il est également connu pour une large part que le Warp abrite les prédateurs auquel il est fait référence collectivement sous le terme de "créatures du Warp". Ces bêtes voraces ont pour proies les Psykers communiant avec l’Immaterium trop fréquemment, et les voyageurs dont les vaisseaux se trouvent encalminés au milieu de sa trame d’énergies.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : l’Immaterium

Les Psykers et le Warp

L’Empereur est le premier et le plus grand de tous les Psykers humains, mais Il n’est pas le seul à posséder de tels talents. En réalité, dans chaque culture humaine et sur chaque monde de la galaxie apparaissent des individus à potentiel psychique, et toujours davantage à chaque génération.

Nombre d’entre eux ne possèdent que des pouvoirs mineurs, en apparence inoffensifs, comme une chance inouïe aux jeux de hasard ou la capacité à pressentir le danger. Ces talents ne sont que les plus bénins, mais il en existe d’autres, plus dangereux, celui de déplacer des objets ou d’allumer des feux par la seule force de sa volonté, de commander à la foudre ou d’investir les esprits d’autres humains, et il ne s’agit là que de quelques exemples.

Les capacités psychiques ont un prix. Certains Psykers sont rendus fous par leurs visions ou leurs rêves prémonitoires, d’autres se découvrent des talents incontrôlables qui infligent de terribles dégâts à leur entourage. À cause de cela, nombre d’entre eux sont considérés comme des parias et exécutés ou bannis.

Néanmoins, l’Humanité est guettée par un danger plus grand que celui posé par les pouvoirs et les actions de Psykers isolés, bien que la véritable nature du lien entre le Warp et les capacités psychiques soit souvent mal comprise. Pour exercer ses talents, chaque Psyker puise dans le Warp, source de l’énergie surnaturelle qui alimente ses capacités. Malheureusement, cette dimension abrite de terribles créatures, des horreurs inimaginables qui ne désirent que corrompre et détruire. Ceux dont les facultés mentales leur font ouvrir une porte sur le Warp attirent inévitablement l’attention de ces bêtes, d’autant plus que la quantité d’énergie canalisée est grande.

Seules les volontés les mieux trempées sont capables de résister aux prédations des Démons du Warp, et alors seulement pour un temps très court. Seul l’Empereur paraît y être immunisé. Ces créatures finissent souvent par trouver prise dans le royaume de la matière, généralement aux dépens de la vie d’un Psyker dont le corps leur permet de survivre. La possession s’accompagne fréquemment d’altérations physiques effrayantes, le Démon cherchant à modeler la chair pour reproduire son apparence du Warp.

Avant que le corps qu’elles investissent ne soit vidé de toute son énergie vitale, ces monstruosités ne disposent que de peu de temps durant lequel elles se jettent presque invariablement dans une orgie de destruction. Certaines créatures du Warp sont pourtant plus rusées et s’intègrent dans les sociétés humaines en dissimulant leur vraie nature aussi longtemps que possible. Elles recherchent alors d’autres Psykers pour pouvoir prendre possession d’eux chacun à leur tour et se maintenir dans la dimension du réel.

Les plus dangereux de tous les résidents du Warp sont les Démons du Chaos. Seules quelques rares personnes sont au fait de leur existence, et si l’Empereur la connaît, Il juge sans doute préférable de garder ce savoir pour Lui-même, puisque cette révélation ferait sans doute à nouveau basculer l’Humanité dans la folie et l’anarchie.

Intelligents, rusés et maléfiques à l’extrême, les Démons du Chaos sont le reflet perverti des émotions humaines les plus viles, et ils excellent par conséquent dans la manipulation des Psykers les plus faibles à qui ils promettent le pouvoir et la richesse. Cependant, tout pacte passé avec le Démon ne sert que les intérêts de celui-ci, car à la différence des habitants mineurs du Warp, les Démons poursuivent des buts. Chacun est le vassal d’un Démon plus puissant et tous obéissent à l’une des quatre Puissances de la Ruine, les Dieux du Chaos, Nurgle, Khorne, Tzeentch et Slaanesh.

Les Astropathes

Ce corps de communication interstellaire fut fondé durant les derniers mois de la conquête de la Terre par l’Empereur, lequel avait pressenti les besoins qui surviendraient tandis qu’Il planifiait Sa croisade à venir vers les étoiles.

Pour l’essentiel, et ce dès le début de Son règne, l’Empereur n’encouragea pas l’usage des talents psychiques, conscient comme Il l’était des dangers qu’ils recelaient pour quiconque les utilisait et pour l’Humanité dans son ensemble. Il parvenait néanmoins à identifier ceux des Psykers qui seraient assez forts pour résister aux tentations du Warp, et ainsi, avec une grande prudence, certains d’entre eux commencèrent à se voir assigner divers rôles.

Un Astropathe est un "astro-télépathe", un individu capable de communiquer avec ses homologues sur de vastes distances interstellaires. Ce talent est devenu essentiel à une époque où des années-lumière séparent les communautés, et le seul moyen dont dispose l’Imperium pour maintenir un semblant de cohésion.

Tous les Astropathes doivent en passer par un processus qui façonne leurs pouvoirs en même temps qu’il les arme contre les périls du Warp. Ce rituel est appelé l’Unification des Âmes et seul l’Empereur est à même de l’accomplir.

La cérémonie de l’Unification des Âmes se déroule dans le Palais Impérial, où les Psykers sont menés devant l’Empereur par groupes de cent. À genoux devant Lui, il leur faut alors endurer une terrible souffrance tandis qu’Il use de ses pouvoirs pour reconstruire leurs esprits en y mêlant une portion infinitésimale de Ses facultés.

Tous les candidats ne survivent hélas pas à cette expérience. Certains sont rendus fous, et tous subissent un certain degré d’altération de leur personnalité. Les forces impliquées dans ce dégagement d’énergie brutal ont également un autre effet, celui d’endommager les nerfs les plus délicats, et particulièrement les nerfs optiques, en conséquence de quoi tous les Astropathes sont aveugles, bien que certains aient également perdu le sens de l’odorat, de l’ouïe ou du toucher.

L'Astronomican

Avant d’étendre la Grande Croisade vers les étoiles par-delà Sol, l’Empereur ordonna sur Terre la construction de l’Astronomican. Des cohortes de Technoprêtres furent amenées de Mars pour superviser le projet et la majorité de la population locale fut affectée à son édification.

À cette époque, l’Astronomican était le plus grand édifice sur Terre, mais plus édifiant encore était le fait qu’il constituait simplement un point focal au travers duquel l’Empereur pouvait diriger Ses facultés psychiques insondables.

Un rayon de navigation psychique est projeté depuis l’Astronomican au travers du Warp, et ceux qui savent percevoir sa fréquence et ses modulations uniques, les Navigators, sont capables de s’en servir comme point de référence pour le calcul de trajets qui dureront quelques jours plutôt que quelques semaines, des mois plutôt que des années.

L’Empereur venait de concevoir ainsi un instrument grâce auquel les voyages interstellaires étaient à nouveau envisageables.

La lumière de l’Astronomican perce le Warp tel un phare dont les Navigators peuvent se servir comme guide pour établir leurs déplacements à travers la galaxie. Son rayon est alimenté par l’énergie psychique de l’Empereur Lui-même, bien que peu en aient conscience et même si beaucoup s’y réfèrent pourtant comme à "Sa Divine Lumière" ou à la "Lumière de l’Empereur".

L’Astronomican n’est cependant pas le seul moyen pouvant aider à traverser de grandes distances dans le Warp. S’Il le désire, au prix de quelque effort, l’Empereur est capable de projeter dans l’Éther un signal que percevront les Navigators et les autres Psykers suffisamment sensibles. Guidé de cette manière, un voyage qui aurait demandé plusieurs mois peut ainsi être accompli en quelques jours.

À l’inverse, l’Empereur serait en mesure d’étouffer l’Astronomican ou d’en interrompre le rayon. Seuls une poignée d’individus savent que ce grand phare est alimenté par les pouvoirs psychiques de l’Empereur ; ceux-là vivent dans la crainte de Le voir mourir, et que la galaxie s’en trouve plongée dans une nouvelle Ère des Luttes.

La Navis Nobilite

Les Navigators constituent une souche ancienne de l’espèce humaine, et ont sans doute vécu parmi les autres hommes depuis les jours qui précédèrent l’Ère des Luttes, mais on ignore comment ils en vinrent à exister, si bien que certains suspectent encore une fois l’intervention de l’Empereur. Leur mutation en a fait une variation humaine particulière. L’obligation de préserver ce patrimoine les contraint à l’endogamie et chacun appartient à la famille d’une maisonnée étendue.

Le gène particulier des Navigators leur permet de "voir"au travers du Warp et ainsi de guider les vaisseaux au milieu de cette dimension parallèle, sans quoi ceux-ci se perdraient dans le maelström des courants pour en sortir. À elle seule, cette capacité naturelle ne permettrait néanmoins que des traversées relativement courtes du Warp en conservant la certitude de la destination.

Toutefois, les Navigators dispose du phare qu’est pour eux l’Astronomican, dont ils perçoivent le rayonnement sur de longues distances d’espace Warp. Ce point fixe leur permet de calculer leurs routes avec bien plus de précision et ainsi d’emmener des vaisseaux dans de bien plus longs périples que ceux auxquels ils seraient normalement limités.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : les Navigators

Les Psykers Assermentés

À mesure que la Grande Croisade se déroulait, d’autres Psykers que les Astropathes et les Navigators furent jugés suffisamment maîtres d’eux pour être autorisés à opérer librement dans l’Imperium. De grands Vaisseaux Noirs avaient reçu pour mission de visiter chaque monde humain et d’en ramener leur chargement de Psykers sur Terra, où des tests rigoureux permettaient d’isoler les plus faibles ou ceux devenus fous, par la suite généralement lobotomisés et employés comme subalternes.

Les plus forts et mentalement stables étaient ensuite répartis entre diverses formations, la grande majorité envoyée vers le palais de l’Empereur pour subir le rituel de l’Unification des Âmes qui feraient d’eux des Astropathes. D’autres furent enrôlés par les Légions Space Marines pour être entraînés dans les départements des Librarius, d’autres encore atterrirent au sein d’organisations impériales plus secrètes.

Les Vaisseaux Noirs

Les mondes humains nouvellement reconquis devaient entre autres s’attendre à la visite occasionnelle des Vaisseaux Noirs qui viendraient emporter leurs Psykers, l’aspect le plus important de la Dîme auquel tout Commandeur Impérial était appelé à se conformer.

Les Vaisseaux Noirs étaient aux ordres de l’Astra Telepathica, l’organisation impériale chargée de tester les Psykers. La vaste majorité de ceux rapportés ainsi sur Terra était destinée à en passer par le rituel de l’Unification des Âmes, dont les quelques survivants pourraient ensuite être enrôlés dans le corps des Astropathes.

Au sein de l’équipage d’un Vaisseau Noir, se trouvaient également les mystérieuses guerrières-investigatrices connues en tant que Sœurs du Silence, lesquelles étaient recrutées parmi le groupe des intouchables, une variante humaine extrêmement rare n’ayant pas de présence psychique et apparemment immunisée à toute forme de contrôle mental et de communication extrasensorielle. Les Psykers éprouvent les pires peines à se trouver en leur présence, qui perturbe leurs capacités psychiques. Les Sœurs sont ainsi capables de les identifier et de les maîtriser en les combattant si nécessaire.

Les Sœurs du Silence

Les Sœurs du Silence.
Les Sœurs du Silence furent peut-être les plus mystérieuses de toutes les servantes de l’Empereur, auquel chacune devait prêter vœu de silence comme marque de fidélité à leur mission. Bien que peu nombreuses, les Sœurs jouissaient d’un grand respect au sein de l’Imperium, dont la plupart des autres serviteurs les considéraient avec révérence, en se gardant bien de leur faire obstacle ou d’interférer avec leurs activités.

Ces combattantes investigatrices étaient chargées de traquer et d’appréhender les Psykers non entraînés. En tant que telles, leur groupe constituait un département de la Division de Télépathie Astrale, l’organisation impériale dont les responsabilités comprenaient la gestion de tous les humains à potentiel psychique. Sous ses ordres opéraient les Vaisseaux Noirs, d’immenses nefs de transport qui visitaient la myriade de mondes de l’Imperium pour y récupérer les Psykers et les ramener sur Terra, où ces humains étaient alors soumis à des tests afin de décider de leur sort. Beaucoup recevaient le rituel de l’Unification des Âmes, pour être recrutés dans les rangs des Astropathes dont était composée en majorité la Division de Télépathie Astrale. Chacun de ces Vaisseaux Noirs transportait à son bord un petit contingent de Sœurs du Silence.

La Sororité Silencieuse avait ceci de spécifique au sein de la Division de Télépathie Astrale qu’aucune de ses membres n’était Psyker ; en réalité, toutes étaient des intouchables, une variante d’humains très rare et très étrange, ne possédant aucune présence psychique. De tels individus sont porteurs du gène du paria, qui les immunise aux attaques psychiques et à la télépathie. La proximité d’un intouchable perturbe l’utilisation de capacités psychiques ; leur présence est insupportable aux Psykers, les toucher pouvant même leur causer une grande douleur. Cela rendait les Sœurs idéales pour identifier les Psykers cachés parmi les populations humaines, ou ceux qui n’ont même pas conscience de leur nature.

Bien qu’humaines, les Sœurs du Silence étaient des guerrières dont l’entraînement poussé, allié à leurs capacités naturelles, en faisait des adversaires très dangereuses pour tout Psyker malveillant ou contestataire amené à croiser leur route. Leur équipement comptait toute une variété d’armes et d’appareils spécifiquement conçus pour aider à la neutralisation des Psykers ; les Sœurs étaient par ailleurs autorisées à tuer ceux qu’elles estimaient trop dangereux pour qu’ils soient capturés et amenés sur Terra.

Le Mechanicum de Mars

Depuis des milliers d’années, Mars a été dirigée par l’étrange caste des Technoprêtres connue comme le Mechanicum, ou le Culte Mechanicus, les adorateurs du mystérieux Dieu-Machine. Cette secte religieuse y gagna sa position prépondérante durant les premiers siècles de l’Ère des Luttes. La planète entière s’est dès lors consacrée à l’étude et à la manufacture de machines de tous types concevables et de toutes fonctions.

Lorsque les orages Warp éclatèrent, Mars connut de façon subite la même période d’isolement que les autres mondes de l’Humanité. La Planète Rouge fut coupée de ses colonies, car ses Navigators n’étaient pas davantage que les autres en mesure de les rallier. Que Mars n’ait pas succombé alors à l’anarchie témoigne de la résolution des Technoprêtres et de la foi stoïque qu’ils placent dans le Dieu-Machine.

Au cours de l’Ère des Luttes, le Mechanicum parvint à envoyer des vaisseaux vers d’autres planètes disséminées autour de Sol. Ses adeptes concentrèrent essentiellement leur attention vers la Terre, berceau historique de la puissance de l’Humanité, car ils la savaient dépositaire de nombreux secrets que les autochtones barbares occupés à se battre seraient incapables d’employer par eux-mêmes.

Ainsi les Technoprêtres devinrent-ils des ennemis pour les tribus de la Terre soupçonneuses envers leur technologie, auxquelles ils cherchèrent pendant des siècles à soutirer des vestiges et à voler des échantillons technologiques.

Ils s’étaient également fixé pour but de comprendre quel destin avait frappé la galaxie, et de grands vaisseaux furent envoyés périodiquement dans le Warp dans l’espoir que certains trouveraient des explications. Il s’agissait là des premières flottes exploratrices de Mars. Au fil des siècles, des milliers de ces expéditions quittèrent la Planète Rouge. Bon nombre d’entre elles fondèrent les nouvelles colonies qui allaient devenir les Mondes-Forges, d’autres furent simplement perdues à jamais.

Quand l’Empereur eut pris le pouvoir sur Terre, les Technoprêtres reconnurent en Lui un esprit semblable au leur, un homme qui savait la valeur de la science, de la machine et de l’avancée technologique. Lorsque la nouvelle de son avènement parvint sur Mars, certains adeptes allèrent jusqu’à assimiler l’Empereur au Dieu-Machine et y virent l’accomplissement d’anciennes prophéties.

Une alliance fut établie avec le Mechanicum ; en échange du matériel pour Ses armées et de la gigantesque flotte de guerre qui transporterait Sa croisade vers les étoiles, l’Empereur promit de protéger les Technoprêtres et de respecter la souveraineté de leurs Mondes-Forges. De plus, Il délégua au service du Mechanicum six des Maisons de Navigators qui remplacèrent les leurs, éteins depuis longtemps, afin que leurs vaisseaux pussent à nouveau emprunter le Warp en toute sécurité.

Un ambassadeur sur Terra fut nommé par le Mechanicum : le Fabricator-Général, auquel l’Empereur offrit respectueusement un siège à Son Conseil de Guerre.

Les Graines de l'Hérésie

« C’est en vain que tu idolâtres Mon nom, Lorgar. C’est ta loyauté que Je réclame, et non ton adoration. Mon but, notre but, est de faire sortir nos semblables de l’Ère des Luttes pour leur montrer une aube nouvelle. Il y a suffisamment d’horreurs qui accablent la galaxie, trop de forces obscures cherchent à pervertir nos actions et à entraver notre cause sans que nous ayons à ajouter aux malheurs de l’Humanité. Ton insistance me chagrine. Je ne suis pas un dieu, et ne désire pas que les multitudes Me voient comme tel. L’Humanité doit abandonner la superstition et la peur. Je place Ma foi dans la science et la logique, ainsi que tu devrais le faire !
Prends exemple sur Roboute Guilliman des Ultramarines. Lui-même éprouve une foi sans bornes ; ça n’est pas Moi, mais notre mission qui est sainte à ses yeux. Sa conviction est celle que Je te recommande de suivre ! »
- L’Empereur de l’Humanité à Lorgar Aurelian, Primarque des Word Bearers.
Une Légion s’Agenouille.
Bien avant les événements sur Isstvan III et l’hérésie de Magnus le Rouge, le Primarque Lorgar s’était à l’insu de tous placé, ainsi que ses Space Marines, au service des Puissances de la Ruine. Lorgar était un être religieux à la ferveur fanatique. Il est dit que certaines des visions dont il fit l’expérience lui annoncèrent la venue de l’Empereur ; les textes sacrés de Colchis prédisaient quant à eux l’avènement d’un messie et Lorgar fut convaincu d’avoir vu la vérité. Le résultat en fut une série de guerres acharnées au cours desquelles il combattit pour imposer sa doctrine sur toute la planète. Le jour où l’Empereur arriva bel et bien, la planète tout entière était déjà ralliée au Culte de l’Empereur promu par Lorgar.

Celui-ci rendit grâce à l’Empereur-Dieu et la société de Colchis se joignit à lui. L’Empereur en fut troublé, Lui qui avait toujours rejeté toute prétention de divinité, et ne souhaitait que présenter Lorgar à la Légion des Word Bearers afin qu’il se joigne à Lui dans sa Grande Croisade.

Lorgar accepta sa nature de Primarque, mais continua de vénérer l’Empereur en éduquant dans cette foi les nouveaux soldats à sa charge. Il s’attela avec ferveur à sa nouvelle fonction, et créa le corps des Chapelains, auxquels étaient enseignées les doctrines de Colchis et du Culte de l’Empereur. Les Word Bearers furent un temps les plus véhéments partisans de l’Empereur, et Lorgar son porte-parole le plus zélé.

Cependant, l’Empereur s’irrita bientôt de l’acharnement que mettaient Lorgar à croire en Sa divinité et les Word Bearers à ne reculer devant rien dans leurs efforts pour promouvoir le culte de Sa personne. Le Primarque perpétrait désormais des actes terribles en Son nom, et des mondes entiers étaient punis pour ne pas avoir suffisamment démontré leur piété.

À mesure que la Grande Croisade progressait, la relation entre Lorgar et l’Empereur se dégrada. Lorgar était déterminé à défendre la divinité qu’il Lui prêtait, et ses sermons allaient en ce sens sur chaque monde qu’il lui était donné de conquérir ou de visiter. Un temps précieux était sacrifié à l’édification de cathédrales dédiées à l’Empereur sur chacun des mondes que Lorgar pacifiait ; celui-ci se préoccupait davantage de prêcher que de remplir les objectifs militaires qui lui étaient confiés.

L’Empereur Se désolait également que Lorgar soit devenu de plus en plus impitoyable avec ceux qui refusaient de le reconnaître comme leur dieu. Sa poursuite de la droiture l’avait rendu brutal et oppressif. Des pogroms religieux caractérisaient le passage des Word Bearers sur les mondes qu’ils libéraient : nombreux étaient les innocents à périr des mains de la Légion de Lorgar pour ne pas avoir souscrit à la divinité de l’Empereur ou ne pas avoir été jugés assez dévots.

L’Empereur en informa le Primarque en soulignant que son devoir était de se battre et non de répandre une quelconque foi : tandis que Lorgar perdait son temps en étalages de piété inutiles, des mondes humains continuaient de souffrir de l’oppression xenos. Ce n’était pas là ce qu’Il désirait, et Il n’entendait pas que sa Grande Croisade soit pervertie de cette façon. Leur mission était de servir l’Humanité, et non de l’asservir ! L’Empereur ordonna donc à Lorgar de cesser ses activités religieuses et de renoncer à Le tenir pour un personnage divin.

Lorgar parut contrit, et se retira sur son vaisseau-amiral où il demeura un mois sans donner aucune nouvelle, tandis que ses guerriers attendaient de recevoir leurs ordre de lui. Alors même qu’il semblait que l’Empereur aurait à lui parler de nouveau, Lorgar réapparut, et les Word Bearers se lancèrent dans une campagne remarquable par sa rapidité et sa fougue. Lorgar paraissait avoir retenu la leçon et décidé de faire ce qui était attendu de lui.

Les Word Bearers poursuivirent leurs nouveaux objectifs avec une énergie qui surprit l’Empereur et apaisa Ses craintes : Lorgar semblait avoir compris Son message.

La vérité était tout autre, hélas. Ce qu’il lui avait dit avait à ce point ébranlé Lorgar qu’il s’était reclus dans ses quartiers privés pour tenter de résoudre le conflit intérieur qui l’agitait. Le Primarque avait commencé par n’admette la visite de personne, pensant que sa solitude contemplative lui apporterait les réponses dont il avait désespérément besoin. Quand cela eut échoué, il s’était tourné vers ses aides les plus dévots. Kor Phaeron de Colchis avait été le premier à douter de l’Empereur et de Ses motifs : si Lui n’acceptait pas leur adoration, d’autres l’auraient fait, argumentait-il. Le Premier Chapelain Erebus avait alors été le premier à évoquer les noms des Puissances de la Ruine : n’avaient-elles pas été les dieux véritables de Colchis, avant que l’Empereur ne trompe Lorgar en l’assaillant de visions mensongères ? Le Primarque avait trouvé sa réponse. L’Empereur l’avait délibérément amené à penser qu’Il était un dieu pour soustraire ses louanges à ceux qui les méritaient de droit. Lorgar se tourna alors vers les Dieux Sombres et devint un serviteur du Chaos.

À mesure que le temps passait, Lorgar et ses lieutenants pervertirent le sacerdoce de ses Chapelains, lesquels devinrent ses Apôtres Noirs. La corruption des Word Bearers avait commencé.

Craignant la colère de l’Empereur, Lorgar se montra déterminé à garder secrète sa nouvelle allégeance au Chaos. Seule, sa légion n’était rien face à la force combinée de toutes les autres. Kor Phaeron se montrait impatient, convaincu comme il l’était de la puissance et de la majesté des Dieux Sombres. Il lui tardait de rejeter le manteau de la tromperie et de faire connaître à l’Imperium la gloire du Chaos ; selon lui, les autres Primarques reconnaîtraient vite leurs erreurs et se joindraient aux Word Bearers s’ils se déclaraient ouvertement.

Erebus était plus circonspect. Il conseilla à Lorgar d’œuvrer dans l’ombre, de développer ses forces et d’attendre son heure jusqu’à ce que le moment soit venu de régler ses comptes avec l’Empereur.

Lorgar savait ne jamais avoir acquis le respect des autres Primarques, qui pour la plupart l’évitaient et avaient toujours refusé de prêter l’oreille à ses théories sur la divinité de l’Empereur. Son cœur lui disait qu’ils ne le suivraient pas. Ils se rangeraient derrière le maudit Guilliman, Sanguinius l’angélique ou Rogal Dorn des Imperial Fists et, bien sûr, ils se rangeraient derrière Horus, le premier des Primarques. Une pensée frappa alors Lorgar : si Horus était gagné par leur foi, il n’y aurait plus de limite à ce qu’ils pourraient accomplir ensemble.

Le Premier Hérétique

Lorgar Aurelian, l’Urizen, Primarque des Word Bearers.
Alors que la Grande Croisade se propageait dans toute la galaxie, une série d’événements allait mener le Primarque Lorgar de la Légion des Word Bearers à s’engager, lui et ses Astartes, au service des Puissances de la Ruine. Cet engagement est l’acte qui signa le début de la propagation de la corruption qui allait mener à l’Hérésie d’Horus.

Quand il était encore confiné sur Colchis, sa planète natale, Lorgar était un zélote religieux puritain ayant eu des visions qui prévoyaient la venue de l’Empereur, qu’il croyait être un Dieu vivant. Cette conviction donna lieu à une série de guerres de religion qui durèrent six ans, alors que Lorgar se battait sur son monde natal pour imposer sa nouvelle doctrine religieuse vénérant l’Empereur, qui se nommait "L’Alliance", face à l’"Ancienne Foi". Quand l’Empereur finit par arriver pour récupérer Son fils perdu, la planète entière était convertie au Culte qui Le vénérait. Mais l’Empereur avait lancé la Grande Croisade pour libérer l’Humanité des chaînes de la superstition et de l’ignorance, et y diffuser la lumière de la raison et de la science. Néanmoins, Lorgar fut nommé commandant de la XVIIe Légion de Space Marines, les Imperial Heralds, qui furent rebaptisés les Word Bearers après avoir embrassé les convictions religieuses ainsi que l’idée de leur Primarque que leur mission était d’apporter l’illumination à l’Humanité par la conversion au Culte de l’Empereur-Dieu de l’Humanité. Kor Phaeron, père adoptif et conseiller religieux de Lorgar, survécu au processus d’augmentation pour rejoindre les Word Bearers en tant que rare Space Marine adulte, bien qu’il ne sera jamais un véritable Astartes. Kor Phaeron est devenu le conseiller en chef de Lorgar, et le Premier Capitaine de la Compagnie d’élite des Word Bearers. Ce choix pèsera pour beaucoup dans l’avenir de Lorgar.

Lorgar dirigea sa Légion tout au long de la Grande Croisade. Ses Word Bearers s’attelèrent à éradiquer tout blasphème ou hérésie menaçant le royaume de l’Empereur. Parchemins, œuvres d’art, icônes, livres et temples furent systématiquement brûlés ou abattus par l’avancée de la Légion, et y élevèrent à la place d’immenses monuments et des cathédrales dédiés à la gloire de l’Empereur, érigés sur les charniers de ceux qui avaient refusé de se convertir. Les plus éminents Chapelains de la Légion écrivirent de nombreux ouvrages traitant de la divinité et de la vertu de l’Empereur, tandis que Lorgar lui-même délivra d’innombrables sermons, convertissant des millions de mécréants par la seule force de ses paroles. La progression des Word Bearers était lente mais terriblement efficace. Au cours de cette période, Lorgar rédigea un ouvrage connu sous le nom de Lectitio Divinitatus, dans lequel il était proclamé que l’Empereur de l’Humanité était un être divin et qu’Il était digne d’être adoré en tant que dieu légitime de l’Humanité. Ironiquement, ce livre, en prenant en compte l’identité de son auteur, deviendra plus tard un instrument de la fondation du Culte Impérial et de l’Ecclésiarchie.

La Destruction de la Cité Parfaite

Quarante trois avant les événements d’Isstvan V.

À cette époque, la loyauté de Lorgar et de la Légion des Word Bearers envers l’Empereur et son Imperium était incontestable. Leurs mondes mis en conformité livraient régulièrement des Dîmes au nom de l’Empereur, et les ordres de Terra étaient acceptés sans contestations par les mondes libérés par les Word Bearers. Lorgar et sa légion avaient poursuivi avec succès la Grande Croisade de l’Empereur pendant presque un siècle et, à cette époque, l’Empereur n’avait jamais réprimandé Son fils zélé ni les Word Bearers pour leur fervente adoration de Sa personne, même si une telle attitude contredisait la Vérité Impériale.

Mais l’Empereur était profondément troublé par le refus de Lorgar d’adopter la raison ou de modifier ses pratiques malgré des décennies d’exposition à la science et à la technologie de pointe de l’Imperium. Il avait initialement toléré les croyances de Son fils profondément religieux, mais lorsque la Grande Croisade atteignit son apogée, l’Empereur ressentit de plus en plus de frustration par la lenteur des conquêtes de Lorgar. Il ordonna finalement aux Word Bearers de cesser leurs activités religieuses, leur mission étant de réunifier la galaxie sous la bannière de la Vérité Impériale, athée et rationnelle, et non de prêcher la parole de la divinité personnelle du Maître de l’Humanité. L’Empereur s’était longtemps opposé à la propagation de la religion et était déterminé à utiliser la création du nouvel Imperium de l’Humanité pour enchâsser la raison et la science, et non la religion, en tant que véritable phare d’une nouvelle civilisation humaine interstellaire.

L’Empereur décida de donner une leçon à Lorgar. Il commanda un groupe d’assaut de la Légion des Ultramarines dirigé par leur Primarque Roboute Guilliman, accompagné d’une force composée de Ses gardes du corps personnels, les Custodiens, et du Régent Impérial, Malcador le Sigillite, pour raser la capitale de la planète Khur, un monde très important aux yeux des Word Bearers, qui considéraient sa capitale, Monarchia, comme la "Cité Parfaite" en raison de la dévotion religieuse intense de ses citoyens et du grand nombre de cathédrales et de monuments dédiés au Culte de l’Empereur. Les Ultramarines expulsèrent par la force les citoyens de Monarchia, ainsi que ceux de seize autres cités de la planète Khur, réprimant dans le sang les résistances et les émeutes. Ils rasèrent les cités avec des bombardements orbitaux, ne laissant que des cendres.

Suite à la destruction de la cité par les Ultramarines, Lorgar et sa Légion au complet, forte de 100 000 Astartes, reçue l’ordre de se rassembler à la surface de la planète, face aux ruines de Monarchia. Là, l’Empereur en personne, accompagné de Malcador et de Guilliman, humilia Lorgar et ses fils en les forçant par Ses pouvoirs psychiques à s’agenouiller devant Lui. L’Empereur réprimanda Lorgar, récusant le fait d’être un Dieu et dénonçant l’idolâtrie que Lorgar professait. Il accusa le Primarque et les Word Bearers d’avoir été coupable d’avoir failli envers Lui, de par la lenteur de leurs conquêtes, de s’être attardé sur les mondes conquis pour encourager la population dans le culte d’une foi qu’Il jugeait erronée et d’avoir érigé des rites et des monuments mensongers. Comble du déshonneur, vingt Custodiens, commandés par l’Occuli Imperator Aquillon, furent mutés au sein de la Légion afin de surveiller le Primarque et ses fils. Lorgar fut abasourdi par le reproche de son père et Son refus d’accepter Son Culte. Il tomba dans une profonde mélancolie, humilié et perdu.

Se sentant trahi par l’Empereur, Lorgar refusa l’audience à tous sauf à Kor Phaeron, Premier Capitaine des Word Bearers et à Erebus, Premier Chapelain de la Légion. Kor Phaeron était le père adoptif de Lorgar et l’avait élevé dès son plus jeune âge sur Colchis. Il était le lieutenant en chef et le conseiller de Lorgar depuis le temps où il dirigeait le théocratie de Colchis. Erebus était quant à lui depuis longtemps un conseiller de confiance. Kor Phaeron et Erebus sympathisaient avec des aspirations religieuses non partagées par Lorgar et estimèrent que la Légion des Word Bearers devait servir des dieux dignes de leur dévotion. Kor Phaeron et Erebus expliquèrent à leur Primarque qu’ils connaissaient de tels dieux, des êtres divins adorés par l’Ancienne Foi de Colchis. C’est lors de ce débat avec ses proches conseillers que Lorgar apprit de leurs bouches que de nombreux mondes que sa Légion avait conquis avait des traditions religieuses ressemblant à l’Ancienne Foi qu’il avait éradiqué sur Colchis pour la remplacer par la vénération de l’Empereur. Comment des cultures humaines qui ne se sont jamais rencontrés pouvaient avoir des croyances et des dieux aussi ressemblant ? Serait-ce la vraie foi que Lorgar recherchait ? C’était-il trompé concernant l’Empereur ? Erebus et Kor Phaeron avouèrent qu’ils avaient laissés des vestiges de ces cultes sur les mondes conquis afin de les étudier et de faire le lien entre elles et la foi qu’elles prônaient. C’est ainsi que Lorgar apprit pour la première fois l’existence des Dieux du Chaos, bien qu’il ne les identifia pas sous ce terme. Intrigué, le Primarque demanda à la Légion de retrouver ces dieux, et Kor Phaeron et Erebus parvinrent à le convaincre de se lancer à la découverte des secrets de cette croyance. Retrouvant sa motivation, Lorgar s’attela à rédiger un nouvel ouvrage, intitulé "La Nouvelle Parole".

Les graines de l’Hérésie étaient plantées.

La Vérité Primordiale

Souhaitant reforger la confiance des Word Bearers, perturbés depuis l’humiliation devant Monarchia, Lorgar revint sur sa planète, Colchis, afin de se ressourcer, emmenant avec lui sept survivants des cités détruites de Khur et considérée par la population de Colchis comme des saints martyrs. L’une de ses survivants était Cyrène Valantion, une jeune fille de dix-huit ans qui perdit la vue après avoir regardée le bombardement orbital des Ultramarines qui détruisit sa cité, Monarchia, lui brûlant les rétines au passage. Elle deviendra la Dame Bénite et Confesseuse des Word Bearers. Sur Colchis, Lorgar retrouva son frère Magnus le Rouge, avec qui il partageait l’amour du savoir et de la connaissance. Lorgar avait entre temps étudié les mythe de l’Ancienne Foi de Colchis ainsi que celles des nombreuses planètes partageant cette même croyance. Il releva que toutes faisaient allusion à un Pèlerinage que les mortels accomplissaient afin de rencontrer les dieux dans un paradis, et qu’une Vérité Primordiale leurs étaient révélées. Le Primarque des Word Bearer compris que le Warp était la clé de ces mystères et demanda à son frère cyclope aux prodigieux pouvoirs de Psyker de lui révéler la vérité. Ce dernier refusa, et avant de prendre congé, demanda à son frère de ne pas s’engager sur cette voie qui n’apportera que son malheur. Mais Lorgar décida de se lancer, lui et sa Légion, dans le Pèlerinage afin de découvrir la Vérité Primordiale, dans un royaume ou le monde des dieux et le monde des mortels se rencontraient…

Le Pèlerinage de Lorgar

Lorgar accomplit son périple à l’intérieur de l’Œil de la Terreur, faisant face à des révélations qui le convertiront au Chaos.
Trois années après le début du Pèlerinage, les Word Bearers s’étaient lancés plus loin et plus vite qu’aucun de leurs frères Astartes vers les confins de l’espace, en tirant derrière eux les limites de l’Imperium, effaçant les conquêtes lentes et méticuleuses d’autrefois. Durant cette période, Lorgar voyagea au sein de la 1301e Flotte Expéditionnaire, accompagné du Légionnaire Argel Tal et du Chapelain Xaphen du Chapitre des Serrated Sun. À ce moment-là, Lorgar n’était pas encore tombé dans la vénération du Chaos, bien qu’il ne considérait plus l’Empereur de l’Humanité comme digne d’être vénéré. Lorgar pensait que l’Empereur avait tort de condamner l’instinct naturel de l’Humanité de rechercher le divin en tant que superstition indigne et il avait l’intention de découvrir s’il existait réellement des divinités dignes du respect des hommes. Les Word Bearers de la 1301e Flotte Expéditionnaire étaient également accompagnés au cours de ce pèlerinage par cinq membres de la Legio Custodes chargés par l’Empereur de veiller à ce que les Word Bearers ne retombent pas dans l’erreur. La recherche par les Word Bearers de tout fragment d’information susceptible de les enseigner sur la Vérité Primordiale ou sur la nature de l’endroit où les dieux et les mortels pourraient se mêler a finalement conduit la 1301e Flotte Expéditionnaire sur une planète peuplée de primitifs, près de la plus grande tempête Warp de la galaxie, plus tard connu par l’Imperium comme l’Œil de la Terreur. Le maître des Astropathes de la Flotte Expéditionnaire informa Lorgar qu’il entendait des "voix" inhabituelles dans le Warp à proximité de la grande faille Warp, des voix que le Primarque entendait aussi et qui criaient son nom. Accompagné de ses Légionnaires, le Primarque se posa sur la planète primitive à proximité de l’Occularis Terribus, planète qui marquera l’histoire futur sous le nom de Cadia.

Là, les tribus indigènes aux yeux violets, dû à la proximité de l’Œil de la Terreur, vinrent sans crainte rencontrer le Primarque. Ils étaient menées par une femme qui se nommait Ingethel l’Élue. Le Primarque eu la surprise d’entendre prononcer son nom de la bouche de cette femme, et dans la langue de sa planète natale, le colchisien. Ingethel désigna Lorgar comme le fils favori du Vrai Panthéon et qu’ils attendaient sa venue. Des semaines après son arrivé, Lorgar fut invité à participer à une cérémonie en l’honneur des dieux dans des cavernes et des rivières enfouies que formaient déjà une grande basilique naturelle. Le Primarque et ces fils découvrirent Ingethel, nue et recouverte de runes peintes sur sa peau, dansant, entourée de joueurs de tambours et encadrée par dix lances enfoncées dans le sol, dont neuf empalaient des hommes, les pointes jaillissantes par les bouches ouvertes de leurs dépouilles. Face à ce spectacle sanglant, à l’inaction de Lorgar, et à la déclaration des Cadiens de la nécessité de sacrifier une dixième victime, le Custodien Vendatha, qui surveillait la délégation Word Bearer, déclara Lorgar et sa Légion hérétique. Le Custodien massacra trois Word Bearers en un clignement des yeux avant qu’Argel Tal lui enfonce dans sa bouche son épée. Vendatha survécut mais servit de dixième victime aux Cadiens, et finit empalé sous les yeux abasourdis des Word Bearers survivants. Ces derniers, effarés de ce qui c’était produit, cherchèrent à convaincre leur Primarque de partir, mais Lorgar, obnubilé par sa quête, laissa faire.

Le bruit des tambours s’intensifia, martelant de plus en plus fort et de plus en plus vite, en s’écartant de son rythme régulier. Le chant se changea en cris et en lamentations, les mains et les visages des Cadiens se levèrent vers le plafond de roche. Les pieds nus d’Ingethel quittèrent lentement le sol, portée en hauteur telle une crucifixion immatérielle, et mourut en quelques instants d’une dizaine de morts. Des forces invisibles l’écorchèrent, arrachant sa peau en bandes irrégulières, pour les laisser retomber dans des bruits humides sur le sol de pierre. Le sang s’écoula de sa bouche, de ses yeux, de ses oreilles, de son nez et de tous les orifices d’entrée et de sortie de son corps. Elle endura cela une poignée de secondes, jusqu’à ce que sa carcasse en vînt tout simplement à se rompre. Sa musculature éclata, éclaboussant le Primarque et ses fils de ses fluides vitaux. Son squelette resté articulé se tint encore devant eux un instant de plus, pour mieux se fissurer et se fracasser. Et parmi les résidus charnels, Ingethel prit une nouvelle forme : une créature avec quatre bras avec un torse svelte, se terminant chacun par une main griffue, la partie inférieure du corps étant un amalgame entre le serpent et le ver, parcouru de veines épaisses sous une chair grise. Son visage était presque entièrement dédié à une gueule immense, aux rangs désordonnés de dents sélachimorphes et son corps ne se tenait jamais immobile, jamais figé, même pour un seul instant. Une paire d’ailes en os jaillit de son dos et de l’une de ses mains griffues, elle tenait fermement son bâton rituel. Ingethel l’Exalté était née.

Le Démon qui faisait face à Lorgar lui promit de lui révéler la Vérité Primordiale qu’il recherchait depuis des années, et que si il souhaitait sauver le genre humain en amenant cette vérité, Ingethel exigeait en échange la vie de ses fils. Devant l’hésitation de Lorgar de consentir à un pareil sacrifice, Ingethel promit d’emmener des Word Bearers dans l’Œil de la Terreur et qu’ils reviendraient avec les réponses à toute ses questions. Mais le Démon annonça aussi qu’ils reviendront en tant qu’armes dont il aura besoin dans l’avenir…

Le Dernier Vol de l'Orfeo's Lament

Les Gal Vorbak de la Légion des Word Bearers éliminent les Custodiens chargés de les surveiller, sur la planète ravagée d’Isstvan V après la déclaration de guerre d’Horus contre l’Empereur.
Une centaine des Word Bearer du Chapitre des Serrated Sun, menés par Argel Tal et Xaphen, furent chargés par Lorgar d’entrer à l’intérieur de l’Œil de la Terreur à bord de l’Orfeo’s Lament, un croiseur léger impérial. Ingethel fut emmenée à bord, provoquant nausées et folie au sein de l’équipage humain de par sa seule présence.

Une fois à l’intérieur, Ingethel expliqua aux Astartes la véritable nature du Warp et des courants aethériques qu’ils voyaient à l’extérieur du vaisseau. Ils apprirent que l’Immaterium était le réceptacle des émotions et des pulsions des mortels, et qu’elles se manifestent sous forme d’énergie pure. Ce fut Argel Tal qui compris le premier que la Vérité Primordiale portait un nom : le Chaos.

Ingethel leur montra ensuite dans une vision la Chute des Aeldaris sur un ancien monde de cette race, Melisanth, désormais noyé par l’Empyrée. Les Astartes assistèrent à la destruction des Aeldaris, à la naissance de Slaanesh et à la formation de l’Œil de la Terreur. Ingethel, bien sûr, menti aux Word Bearers sur la manière dont le Prince du Chaos était véritablement né et leur expliqua que les Aeldaris avaient échoué en tant qu’espèce et qu’au lieu d’accepter la Vérité Primordiale, qui était de vivre en harmonie avec les Dieux du Chaos, les Aeldaris l’avait rejeté, déclenchant la quasi disparition de leur race. La nature de la Vérité Primordiale révélée aux Word Bearers dans les cendres de l’empire aeldari, Ingethel leur annonça que si l’Humanité, en tant qu’espèce, voulait survivre face aux Xenos et autres horreurs de l’univers, elle ne devait pas commettre les mêmes péchés que les Aeldaris, mais devait accepter le Culte du Chaos. Bien entendu, l’Empereur, qu’Ingethel nommait l’Anathème, connaissait la vérité sur le Warp, et fut désigné responsable responsable de la future condamnation de l’espèce humaine par Son refus d’accorder à l’Humanité ce qui était son droit en tant qu’enfant choisie par les dieux. L’Empereur livrait une guerre contre les Dieux du Chaos tout en maintenant les hommes dans l’ignorance, menant à terme l’Humanité à connaître le même destin que les Aeldaris. Qui plus est, Ingethel expliqua que l’Empereur avait fait un pacte avec les Puissances de la Ruine afin de pouvoir créer les Primarques. Les termes de ce pacte restent inconnus, mais le Démon accusa l’Empereur d’avoir trompé les Dieux et gardé les Primarques pour Lui, provoquant la fureur des Dieux Sombres qui se vengèrent en disséminant les Priamrques, encore à l’état de fœtus, sur différents mondes de la galaxie.

Suite à ces révélations, le groupe de Word Bearers dut prouver sa nouvelle foi envers les Dieux par un acte : désactiver le Champ de Geller qui protégeait le vaisseau des courants du Warp. Les Astartes s’exécutèrent. Les Démons purent accéder à l’Orfeo’s Lament, massacrant son équipage et les Astartes. Avant de tuer Argel Tal, Ingethel lui promis que lui et ses frères allaient devenir les armes dont Lorgar aura besoin pour sauver l’espèce humaine.

Plus tard, les Astartes morts revinrent à la vie, hagards, Ingethel disparu, et l’équipage semblant morts depuis des semaines. Les Word Bearers mirent sept mois à revenir dans l’espace réel, au point de rendez-vous prévus pour rejoindre Lorgar. Le Primarque fut stupéfait de l’état cadavériques de ses fils, du fait qu’il n’en restait qu’un quarantaine, les autres tués pour être dévorés par leurs frères et que surtout du fait que cela ne faisait qu’une minute dans l’univers matériel que l’Orfeo’s Lament avait pénétré la grande faille Warp…

Les Space Marines survivants du Chapitre des Serrated Sun des Word Bearers racontèrent à Lorgar tout ce qui s’était passé et tout ce qu’ils avaient appris à l’intérieur de l’Œil, l’endroit où les mortels et les dieux pouvaient se rencontrer. Leur expérience changea pour toujours ces Astartes, car ils étaient tous étaient désormais possédés par des Démons, expliquant leur résurrection. Ils devinrent les nouvelles armes de Lorgar, formant une nouvelle unité des Word Bearers : les Gal Vorbak.

Pour Lorgar, ce fut la révélation qu’il attendait. Il se considéra comme l’instrument des Dieux, chargé d’apporter l’illumination à l’Humanité afin de la sauver de l’extinction future. Le Primarque des Word Bearers mis en place un plan afin de préparer la guerre qui débarrasserait l’Humanité de l’Empereur qui menait le genre humain à la catastrophe. Il fit propager le Culte du Chaos dans sa Légion, Erebus et Kor Phaeron se chargeant avec joie de cette tâche, confia aux Gal Vorbak d’éloigner les Custodiens et de les garder isoler de l’Empereur, et élima toutes preuves de sa présence aux alentours de l’Œil de la Terreur en ordonnant un bombardement cyclonique de Cadia, exterminant les Cadiens et laissant la planète abandonnée afin qu’aucun autre ne puisse découvrir le secret de la Vérité Primordiale qui lui avait été confiée par les Dieux du Chaos.

Enfin, Lorgar partit lui-même vers l’intérieur de l’Œil de la Terreur. Bien que ce qu’il y a vu reste l’objet de spéculations, il découvrit des vérités qui le convainquirent dans sa nouvelle foi et du rôle qui lui était dévolu.

Les Word Bearers emmenèrent de nombreux textes et rites des Cadiens qu’ils développèrent des décennies suivantes afin de maîtriser les pouvoirs du Chaos. Tout en continuant la Grande Croisade, ils développèrent les quarante années suivantes un vaste réseau secret de Loges Guerrières au sein de certaines Légions Astartes afin d’y propager le Culte du Chaos et préparer la rébellion contre l’Empereur. Mais sachant que jamais Lorgar ne serait suivi par les autres Primarques, les Word Bearers usèrent de manipulation et de tromperie, afin de corrompre le seul Primarque qui pourrait mener à bien la rébellion : Horus Lupercal.

Quand Horus déclara ouvertement sa rébellion contre l’Empereur, les Word Bearers furent l’une des premières Légions à le soutenir. Les Gal Vorbak se distinguèrent à la Bataille d’Isstvan V et par l’élimination des Custodiens qui surveillaient leur Légion depuis la destruction de Monarchia : ainsi ils se vengèrent de leur humiliation que l’Empereur leur avait fait subir, plongeant la galaxie dans les flammes de la guerre civile.

La Chute d'Horus

« Il est de la folie des hommes de se croire des acteurs sur la scène de l’histoire, de croire que leurs actes puissent affecter la grande procession qu’est le passage du temps. Cette chimère, l’homme puissant, convaincu que sans sa présence le monde ne tournerait plus, les montagnes s’effondreraient et les mers s’assécheraient, peut la serrer contre son sein pour parvenir à s’endormir. Mais si la commémoration de l’histoire nous a appris une chose, c’est que tout est transitoire : d’innombrables civilisations avant la nôtre ne sont plus que poussière et os, et les grands héros de leur temps, plus que légendes oubliées. Nul homme ne vit éternellement, et tandis que s’estompe la trace de ses actes, ainsi s’estompe son souvenir.
C’est là une vérité universelle, une loi inévitable qui ne peut être déniée, malgré les protestations des vaniteux, des arrogants et des tyrans.
Mais Horus était l’exception. »
- Kyril Sindermann, préface aux Commémorateurs.

L'Aube de la Grande Croisade

Là où Terra avait été un royaume de guerre sans fin, elle devint maintenant un lieu d’activité, de production et de planification incessants, car la grande cause de l’Empereur n’était pas simplement de lui apporter une fois de plus la lumière de la prospérité et de l’ordre, mais de libérer des ténèbres les mondes inimaginablement vastes et dispersés de l’Humanité, et les réunir dans un seul Imperium de l’Homme. Lorsque la conquête de la Vieille Terre fut terminée, un événement cosmique puissant et imprévu se produisit. Une énorme onde de choc déferla sur l’Immaterium, éliminant ainsi les tempêtes Warp qui avaient masqué une grande partie de la galaxie. Cela semblait être une certaine providence divine, alimentant les croyances de ceux qui considéraient que l’Empereur était Lui-même divin (peu importe combien Il avait décrié cette affirmation). La voie était maintenant ouverte et les armées de l’Empereur pouvaient désormais se diriger vers les étoiles. La Grande Croisade avait vraiment commencé.

Les seigneurs de Mars faisant maintenant partie de l’Imperium par un traité d’alliance et par leur puissance industrielle, les Space Marines furent massivement élargis, ré-armés et rééquipés pour subjuguer une galaxie chaotique. La Grande Croisade était une opération gigantesque d’une ampleur et d’une complexité inconcevables, impliquant des milliards de soldats et des dizaines de milliers de vaisseaux. Il est peut-être vrai que seul un esprit tel que l’Empereur aurait pu espérer comprendre et donner naissance à la grands "Pax Imperialis", la Paix Impériale, à travers la galaxie.

Les Légions de Space Marine étaient le fer de lance de l’expansion - le tranchant meurtrier de la Grande Croisade contre lequel les forces d’un ennemi était brisées et qui renversait des empires, humains ou Xenos, en leur arrachant le cœur. La création de l’Astronomican de Terra se trouvait au centre de la Grande Croisade. Balise de navigation psychique capable de percer à travers le Warp, les Navigators, sensibles à ses fréquences et modulations uniques, ont pu l’utiliser lors de la planification de voyages dans l’Immaterium, leur permettant de traverser le vide avec une précision inégalée. Parallèlement, ce sont les Astropathes qui ont également rendu l’Imperium possible. Capables de communiquer avec d’autres de leur genre sur de vastes distances interstellaires, ils ont permis à des mondes habités situés à de nombreuses années-lumière de fonctionner physiquement en un seul royaume, et ont lié l’Imperium naissant à Terra et ses mondes en un seul et même domaine.

Par cette Grande Croisade, l’Empereur entreprit sa mission de libérer l’Humanité des aliens et des créatures du Warp qui l’avaient presque détruite. Monde après monde furent reconquis ; là où la société humaine existait, elle faisait partie de l’Imperium. Cette intégration a été réalisée lorsque cela était possible avec la diplomatie et la promesse d’un avenir meilleur grâce à une connexion plus large avec une société humaine galactique, et par la force des armes dans le cas contraire. Pour l’alien, il n’y avait pas de pitié, et des empires et espèces extraterrestres étaient mis en déroute ou annihilés au cours d’une série de guerres épiques.

Ces mondes ont été, dans la plupart des cas, considérés comme le monde natal de leur Légion et fortement enrichis et développés. Ces mondes, ainsi qu’une poignée d’autres planètes occupées de manière stratégique, sont devenus les piliers de la Grande Croisade à mesure qu’elle s’éloignait de Terra et du commandement central direct, faisant que la coordination devenait plus difficile. À partir de ces nouvelles bases et des Mondes-Forges du Mechanicum réabsorbés, la Grande Croisade s’étendit jusqu’aux coins les plus reculés de notre galaxie et la guerre se déroula à travers d’innombrables systèmes stellaires.[2]

Le Triomphe d'Ullanor

Le Maître de Guerre

La Bataille de Davin

Le Rituel

Que Brûle la Galaxie

L'Atrocité d'Isstvan III

« Je pourrais parler de ce que sont maintenant ces fils déchus, de ce que leur trahison leur a apporté et du pouvoir et de l’orgueil mutilés de la noblesse. Mais alors la colère assombrirait mes mots et voilerait la vérité que vous, mes seigneurs, avez tant envie de connaître.
Je ne prétends pas comprendre les raisons qui ont conduit mes frères sur la voie de la trahison ; c’est aux autres de l’expliquer. Au lieu de cela, je chercherai ici à rappeler à mes seigneurs ce qu’étaient autrefois ces guerriers et à montrer ainsi de quelle hauteur ils sont tombés. »
- D’après le témoignage de Crysos Morturg, Bouclier Noir, ancien membre de la Légion de la Death Guard, survivant de l’Atrocité d’Isstvan III.[3]

Trahison

Un ancien proverbe dit que toutes les guerres, qu’elles soient sanglantes ou importantes, ne commencent qu’avec un seul coup de feu. Pour le grand cataclysme qui devait engloutir l’Imperium et apporter la mort et la calamité à des milliards d’individus, ce premier coup de feu fut tiré sur Isstvan III lorsque le frère se retourna contre son frère.[4]

La Mise en Conformité d'Isstvan III

Le système d’Isstvan est situé dans la partie nord de l’Ultima Segmentum, bien au-delà du cœur du pouvoir de l’Imperium. C’était un système important possédant deux mondes ouverts à la vie, et la colonie humaine de la Longue Nuit qui y avait été installée avait été l’une des plus épargnées par les horreurs de l’Ère des Luttes grâce à son isolement. Bien qu’éloigné, les vaisseaux éclaireurs de la Grande Croisade confirmèrent que l’Humanité sur Isstvan avait réussi à maintenir une société largement cohésive et industrialisée qui avait survécut intacte aux millénaires, ce qui en faisait une priorité absolue pour le contact et son absorption au sein de Imperium.

Une culture autochtone ancienne prévalait sur Isstvan III, qui se caractérisait par un mysticisme local endémique et par la pratique religieuse. Cela, conjugué à une histoire d’indépendance, signifiait qu’une fois contactés par les éclaireurs de la Grande Croisade, les Isstvaniens s’étaient d’abord opposés, puis avaient refusé à se conformer à la Vérité Impériale. Compte tenu de l’importance stratégique pour Imperium d’obtenir ce système vital et industrialisé concentrant une population humaine importante, la priorité a été donnée à la mise en conformité du système d’Isstvan. En rendant cette ordonnance, le Conseil de Guerre assigna à cette dernière une mise en garde interdisant le recours à une force écrasante afin d’éviter des dommages collatéraux excessifs qui gâcheraient cette précieuse conquête pour la Grande Croisade. C’est ainsi que l’honneur de la bataille d’Isstvan III a été attribué à la Légion de la Raven Guard et à leur Primarque Corax, - les guerriers de Corax ayant une réputation sans pareil pour l’utilisation de frappes chirurgicales et précises. Les croiseurs d’attaque à coque noire et les cuirassés de la XIXe Légion attaquèrent sans prévenir lors de la nuit planétaire, détruisant méthodiquement l’infrastructure militaire limitée d’Isstvan III et en envahissant ses sièges de gouvernement. Lorsque l’aube se leva sur la tentaculaire Cité-Ruche de Khry Vanak - capitale politique et culturelle d’Isstvan III ("La Cité Chorale" en traduction), le sénat planétaire qui avait dominé Isstvan III était une ruine bombardée, et ceux qui avaient conduit leur monde à nier la Vérité Impériale étaient morts ou enchaînés. Comme dans tant d’autres mondes, les Isstvaniens avaient été intimidés par un sanglant déploiement de force qui avait détruit toute résistance mais cela épargna à sa population une calamité totale. Avec les Space Marines en armure de martre marchant parmi eux, ils n’osèrent pas se soulever et les quelques révoltes sporadiques qui eurent lieu furent rapidement et efficacement réprimé. Respectant le calendrier prévu, des forces de la conformité vinrent s’installer et reconstruire, offrant espoir et amélioration, ainsi que l’ordre et une place sécurisée dans l’Imperium pour les indigènes, libérant la Légion de Corax pour des tâches plus pressantes ailleurs.

Les archives de la Raven Guard concernant les actions de conformité ne font aucune mention inhabituelle de résistance sérieuse, d’influence xenos ou de phénomènes étranges sur Isstvan III, mais elles soulignent que le mécontentement et les résistances étant principalement motivés par la religion, venant de sectes longtemps réprimées et marginalisées par le courant dominant d’Isstvan III. La capitale établie sur Isstvan III, la Cité Chorale, fut choisie comme site du pouvoir impérial et avec l’aide du Corps des Pionniers de l’Armée Impériale et de la supervision de Mechanicum, des réseaux de bunkers et de casernes furent construits pour créer une nouvelle garnison, et le Palais du Maître de Chœur, qui avait été rasé, fut reconstruit en palais impérial pour abriter le siège du gouvernement. Parallèlement à cela, un spatioport fut créé pour gérer le trafic interorbital et les défenses terriblement inadéquates furent reconstruites et fortifiées conformément aux normes impériales. Parallèlement à ces développements, la procession habituelle de biens et de technologies a eu lieu, alors que les agents de la Loi Impériale, les Itérateurs et les administrateurs affluaient vers Isstvan III, et un Commandant Impérial assigné pour gouverner le système planétaire fut installé. Le système d’Isstvan imposait une mise en conformité, de sorte qu’un étranger fut choisi plutôt qu’un local pour régner, et cette tâche fut confiée à Vardus Praal, ancien major du XIe Lastran Rifles et, par la suite, homme politique de la cour de l’Ultima Segmentum. Compte tenu des antécédents de Praal en tant que soldat et administrateur civil, il fut qualifié de "sûr" pour assumer la responsabilité de guider ces millions de vies tout au long de la période de transition pour devenir des membres productifs et fidèles de l’Imperium, et les premiers enregistrements montrent qu’il se préparait à son nouveau rôle avec enthousiasme. Un succès considérable fut rencontré dans les premières années de son mandat, mais cela ne dura pas.

Les conditions dans l’Empyrean à proximité du système d’Isstvan n’ont cessé de s’aggraver, presque à partir du moment où elle a été mise en conformité. Isolé comme il l’a toujours été des sphères plus peuplées, le système devint de plus en plus difficile à atteindre par astro-télépathie et par navigation. Les informations parvenues à Terra, souvent relayées par des Flottes Expéditionnaires éloignées et des Libres-Marchands voyous à la périphérie, datant de plusieurs mois, évoquaient un désordre civil grandissant, d’Itérateurs assassinées, d’émeutes inexpliquées et de foyers d’hystérie massive dans les villes. Une fois de plus, l’origine de ces réactions venaient des reproches des indigènes après les tentatives de démantèlement forcé des sectes locales, dont la plus dangereuse se dénommait "Les Chanteuses de Guerre". La situation empira lorsque Praal ordonna à la garnison de démolir des temples, et de briser les voûtes scellées d’anciens sites religieux dans le but de briser les craintes superstitieuses mais profondes des Isstvaniens et de les amener dans le droit chemin de la Vérité Impériale, mais en ce qui concerne le succès de cette opération, rien ne pouvait être déterminé, car les tempêtes Warp qui isolaient Isstvan des mondes centraux de l’Imperium s’aggravèrent et toutes les communications cessèrent.

Six ans après le dernier communiqué officiel d’Isstvan III, un vaisseau de surveillance de la Death Guard qui se trouvait à la périphérie de la flotte de sa Légion, près de Neo-geddon, à la limite d’un espace exploré, capta un faible écho d’une transmission astropathique d’Isstvan III. Bien que brouillé et incomplet, son message était clair, Isstvan III était en rébellion religieuse ouverte, le Gouvernement Impérial s’était effondré et Vardus Praal, qui était à présent un renégat et peut-être devenu un mutant ou un Psyker - le message n’était pas clair - menait la révolte. Les rues de la Cité Chorale étaient rouge du sang des non-croyants. On estima que le message avait au moins deux ans, peut-être six, mais il ne pouvait être ignoré. Pour Isstvan III et ses dizaines de millions de personnes qui s’étaient rebellées contre la conformité, il était impossible de tolérer la Grande Croisade. De peur que cette sédition et ce mécontentement ne se propagent, et le fait qu’un Commandant Impérial qui avait reçu sa charge sur ordre de l’Empereur Lui-même ait dirigé la révolte était un crime qui exigeait le châtiment le plus rapide et le plus exemplaire possible. Il incombait à Horus, le Maître de Guerre, de traduire en justice Praal et l’ensemble d’Isstvan III. Il s’engagea publiquement à donner un exemple effrayant et sanglant afin de montrer à tous les mondes de l’Imperium le prix de la sédition. Mais ce que peu de gens savaient ou soupçonnaient à l’époque, c’était que la rébellion d’Isstvan III avait fourni à Horus l’occasion parfaite de porter le premier grand coup de sa propre rébellion - un coup qui tomberait sans cri égard.[5]

Conjuration

Pour Horus, la reconquête d’Isstvan III permettrait à la fois de rassembler les forces dont le dévouement était certain, et de se débarrasser également au sein de sa propre Légion et de celles de ses alliés des éléments dont il soupçonnai la déloyauté. L’emplacement lointain du système d’Isstvan et les obstacles du Warp qui l’isolait toujours de Terra constituaient un écran parfait pour les sombres actes à venir. Des ordres furent donnés à quatre Légions - la Death Guard, les World Eaters, les Emperor’s Children et ses propres Sons of Horus, de se rendre sur Isstvan. Leurs approches contournèrent les tempêtes qui sévissaient jusqu’au sud-ouest galactique du système.

Ce n’était que le début d’un vaste réseau de tromperies et de trahisons, et Horus, se servant de son autorité de Maître de Guerre, chercha à déplacer les forces militaires impériales dans une configuration de son choix comme les pièces d’un jeu. Il ordonna aux Primarques Lion El’Jonson, Sanguinius et Roboute Guilliman de rassembler leurs Légions en vue d’une série de missions dans les systèmes des groupes Signus et Veridian, chacune dans des régions dangereuses et reculées de l’espace. N’ayant aucune raison évidente de douter des motifs du Maître de Guerre, les trois Primarques se préparèrent à planifier leurs missions et à déplacer leurs Légions. Ainsi, trois des Légions les plus puissantes et les plus dévouées - les Dark Angels, les Blood Angels et les Ultramarines furent envoyés par Horus dans des régions éloignées de la Terre et du système d’Isstvan, où elles ne pourraient ni constater ni intervenir dans ce qui allait se passer par la suite. Pour les autres - les Night Lords, l’Alpha Legion, les Iron Warriors, la Raven Guard, les Salamanders et les Iron Hands, tous étaient activement impliqués dans diverses campagnes et événements à travers l’Imperium. Sûrement occupés, leur heure viendrait plus tard - que ce soit pour corrompre ou être détruites. Les Word Bearers étaient déjà liés à la traîtrise par des allégeances qui ne deviendraient apparents que bien plus tard. Les White Scars et les Imperial Fists étaient en opération dans le Segmentum Solar et trop près de l’Empereur pour qu’Horus puisse les contacter sans éveiller la suspicion, alors que les Space Wolves et les Thousand Sons étaient déjà pris dans une machination meurtrière à venir.

Avec une Humanité ignorante des grands et terribles événements qui allaient se dérouler, une flotte de guerre massive se rassembla aux abords du système d’Isstvan alors que des troupes de quatre Légions Space Marines commencèrent à arriver. Les premières actions de la campagne entreprises pour détruire les avant-postes rebelles commença dans les confins du système lorsque la flotte se regroupa. Fulgrim lui-même fut retardé, mais un groupe important d’Emperor’s Children arriva au rendez-vous, dirigé par le Seigneur Commandant Eidolon et forma avec le reste de la flotte un blocus autour d’Isstvan III. L’ost de guerre d’Horus était donc composé en majorité par des forces de sa propre Légion, plus des portions importantes de la Death Guard menée par leur Primarque Mortarion, des World Eaters et leur Primarque Angron, ainsi que d’un plus petit groupe mené par Eidolon. Un événement aussi rare que la présence de trois Primarques forma l’une des plus grandes concentrations de force militaire impériale observée depuis la bataille pour le système de Pargor Hith contre les Orks de Charhack près d’une décennie auparavant, et qui à l’époque concentra plus de 200 000 Space Marines, bien que les chiffres exacts ne puissent être corroborés, aux côtés des Titans de la Legio Mortis, Audax et Vulpa, ainsi que de plusieurs unités auxiliaires.

Ce qui devait suivre est liée en grande partie à une question de conjectures formées autour de preuves qui ont survécues entre des mains impériales, mais il semble évident que pendant qu’Isstvan III était encerclé par la flotte de guerre, le Maître de Guerre rencontra les deux Primarques et Eidolon sur son navire amiral, la Barge de Bataille Vengeful Spirit. Cela a été fait ostensiblement pour exposer une stratégie sur la campagne à venir, mais il semble également que cette réunion en face-à-face était pour Horus destinée à jauger la loyauté de ses alliés et de ses préparatifs en vue de la tempête qui se préparait.

Durant ce conseil, nous pouvons donc supposer qu’Angron et Mortarion ont rendu compte du statut de leurs Légions respectives, des progrès de l’inclusion des Loges des Guerriers en leur sein et le fait que la majorité de leurs forces suivraient le Maître de Guerre lorsqu’il se proclamerait Empereur légitime et prendrait les armes contre Terra. Il semble cependant que, comme Horus l’avait prévu, les Primarques et Eidolon - s’exprimant au nom de son maître absent, avait identifié des éléments de leurs Légions dont la fidélité envers l’Empereur était inébranlable ou dont on ne pouvait avoir confiance pour suivre la ligne du Maître de Guerre. Si elle n’était pas traitée immédiatement, ces Space Marines loyaux constituaient une menace sérieuse pour la conspiration d’Horus et il semble que ce n’est qu’à ce moment-là que Horus révéla à ses co-conspirateurs son terrible plan pour débarrasser leurs Légions de ces factions dissidentes.

Isstvan III ne s’avérerait pas une conquête facile ; des preuves avaient été rassemblées selon lesquelles une étrange souillure s’était emparée de la population, et les combats dans l’avant-poste ennemi sur Isstvan Extremis, à la limite du système, avait révélé que les rebelles étaient à la fois fanatiques et possédaient de puissants guerriers Psykers d’un type auparavant inconnu (désigné par l’expression "Chanteuse de Guerre" d’après les renseignements). Pour Horus, cela constituait une situation idéale pour le recours à un assaut terrestre massif afin de reprendre la Cité Chorale avant qu’une défense planétaire ne puisse être organisée. Des sections des quatre Légions dont la loyauté envers Horus ne pouvait être garantie avaient reçu l’ordre de se préparer à un assaut sur la planète et d’en former le noyau. Le plan du Maître de Guerre prévoyait une simple frappe menée presque entièrement à l’aide de Modules d’Atterrissage avec un soutien limité des bombardements orbitaux et téléporteurs. Seules les forces de la Death Guard atterriraient avec un important contingent de véhicules blindés lors de la première vague. Totalement séparés et sans aucun moyen de s’échapper de la planète, les loyalistes qui ne seraient pas morts lors de la prise d’Isstvan III comprendraient qu’Horus avait l’intention de faire de toute façon de la planète leur cimetière.[6]

L'Assaut

Pour l’assaut de l’immense Cité Chorale, quatre zones principales identifiées depuis l’orbite furent ciblées. La première était le Palais fortifié du Maître de Chœur et ses environs qui abritait le siège du gouvernement, et probablement là où le traître Vardus Praal devait se trouver. Cette attaque fut confiée aux Emperor’s Children. C’est dans les places qui jouxtent le palais et qui constituent le principal carrefour intermédiaire du réseau de transport de la ville que la résistance risquait de se manifester rapidement, et les World Eaters eurent la tâche de s’en emparer en d’étendre leur emprise au-delà. Le mur de fortification occidental avec ses bastions construits par les impériaux et son réseau de bunkers qu’ils protégeaient devaient être la cible de l’assaut de la Death Guard dans le but d’éradiquer ou de contenir les forces de garnison qu’elles abritaient.

La dernière, et peut-être la plus difficile des cibles, était située à l’est de la ville, un vaste et ancien complexe de flèches funéraires, sanctuaires et temples connus par les peuples autochtones sous le nom de Fort-Sirène. Ce complexe était dans un état de quasi-désuétude au moment de la première invasion et fut donc épargné, mais à présent, des scannes de reconnaissance à longue portée montrèrent que le Fort-Sirène était à nouveau actif, avec des signes de vie significatifs et de puissants schémas énergétiques anormaux provenant de l’intérieur. Étant donné que la rébellion avait un sens religieux présumé, avec des sorcières Psykers combattues sur Isstvan Extremis, le Fort-Sirène reçu le statut de cible principale et les Sons of Horus furent affectés à l’attaque avec l’ordre de tout détruire, ainsi que d’éliminer tous ceux qu’ils trouveraient à l’intérieur. Un ensemble de cibles secondaires à atteindre lors de la première vague d’assaut fut également identifié, y compris Le spatioport et plusieurs complexes d’infrastructure de première importance et de nombreuses petites forces dissidentes à encercler ou à détruire.

La première vague d’assaut inonda Isstvan III telle une averse d’acier et s’écrasa sur la Cité Chorale comme un coup de marteau, tandis que des équipes d’assaut de la flotte orbitale atteignaient les cibles sur la surface de la planète, assurant la domination totale des airs pour les Légions Space Marine. La résistance était importante - beaucoup plus importante que l’invasion de conformité initiale, mais contre une telle force de Space Marines maintenant déchaînée contre ce monde, elle était futile.

Contre les murs et les tranchées de la ligne de fortification occidentale, la Death Guard a impitoyablement martelé son attaque contre des troupes autrefois loyales à Terra, mais devenues désormais des êtres à moitié fous. Ils étaient armés avec des armes impériales prises dans les magasins de la garnison - des Fusils Lasers et des mitrailleuses, leurs lignes de tranchées parsemées de mortier et d’autocanon mis en place avec des champs de feu inter-verrouillables avec toute la létalité de l’expertise de l’Officio Militaris. Bien que perturbés par la vitesse de l’assaut, ils se heurtèrent à la Death Guard avec des chars lourds Basilisks et Malcador qui grondaient depuis des dépôts dissimulés sous le sol. Mais la Légion de Mortarion était infatigable et descendit vers le front, laissant l’artillerie des Isstvaniens tirer à l’aveugle et dépassant les zones de largage. Avec des obus éclatant autour d’eux, la Death Guard avança sans faillir, les Terminators et les escadrons de soutien lourds renversant les tours d’armes à feu et se faufilant dans des bunkers, tandis que les escouades tactiques prirent d’assaut tranchée après l’autre, les purgeant de toute vie avec des volées méthodiques de tirs de Bolter. Des vaisseaux de combat firent irruption et larguèrent des chars Vindicator et Land Raider pour attaquer les bastions et les revêtements à hautes parois faite de granit en forme de dalle et qui protégeaient la ville des plaines situées à l’ouest. Le barrage rapproché des deux côtés du mur fit vite des victimes. Bientôt, les grands bastions n’étaient plus que des ruines fumantes. Leur destin fut scellé par les Titans de la Legio Mortis. Ils frappèrent de plein fouet l’ouest de la ville et libérèrent l’impressionnante force destructrice de leurs Turboblasters et Canons Gatling contre le mur, pulvérisant les remparts et faisant couler le granit comme de la cire fondue.

Si la bataille pour l’ouest de la ville était la destruction systématique d’un ennemi déterminé, la bataille pour le Palais du Maître de Chœur et ses environs a rapidement dégénéré en un massacre chaotique. Les Modules d’Atterrissage des World Eaters avaient frappés en premier, éventrant les places ouvertes comme des météorites, laissant à la place des vastes colonnades et des terrasses en pierre une friche dévastée. Alors que des milliers de World Eaters se déversaient, ils tuèrent tout sur leur passage, écrasante les troupes de garnison désorientées dans une marée de violence hurlante, découpant des centaines de personnes en quelques minutes à mesure qu’elles s’étalaient comme une nuée d’insectes insatiables. Alors que le vacarme du carnage envahissait le centre-ville - un rugissement désordonné né d’innombrables hurlements, des cris de bataille, du tonnerre des tirs de Bolter et le grondement des innombrables Épées Tronçonneuses pénétrant la chair - des traînées de feu dorées descendirent en ordre serré, visant le Palais du Maître de Chœur. Le palais avait été reconstruit par des architectes militaires impériaux pour devenir à la fois un imposant symbole de l’autorité impériale et une dernière redoute en cas d’insurrection civile.

C’était un bloc trapézoïdal massif, à plusieurs côtés, fait de granit et d’acier, coiffé d’un grand dôme recouvert de marbre, avec une envergure de plusieurs kilomètres et aussi grand qu’un Titan de bataille. Dans son ombre se trouvait une douzaine d’autres constructions d’artisanat impérial en pierre : l’Auditoria et Censorium se dressaient aux côtés de petits blocs d’habitation résidentiels afin d’accueillir des administrateurs et des Itérateurs externes, à l’abri de ceux qu’ils gouverneraient. Chacune était une architecture militaire éprouvée et conçue pour résister - sinon défier - un bombardement et leur lieux d’implantations forment un cordon de défense autour du Palais du Maître de Chœur contre les assauts directs au sol. C’était un schéma de défense que le plan d’attaque des Emperor’s Children était parfaitement destiné à contourner. Avec un atterrissage de précision que peu de Légions auraient pu égaler, les Emperor’s Children atterrirent directement sur leur cible, se regroupant autour de son étendue tentaculaire d’entrées et de halls d’admission. La Légion était réputée pour sa rapidité, son entraînement impitoyable et sa planification préalables. Se trouvant au-dessus des défenses intérieures, les Emperor’s Children se frayèrent un chemin dans le Palais du Maître de Chœur à travers une vingtaine de points d’entrée et firent face à une résistance féroce, tandis que l’équipement de siège des Dreadnoughts et des Marines taillèrent et ouvrirent de nouveaux accès à partir du niveau du toit en forme de dôme situé au-dessus.

Partout dans la ville, telle la griffe d’une grande bête prédatrice, les Modules d’Atterrissage des Sons of Horus descendirent sur le Fort-Sirène. Plus grand que l’enceinte du Palais du Maître de Chœur, le Fort-Sirène était un ensemble de grandes flèches funéraires coniques irrégulières, ayant presque l’apparence des cheminées de fumées des océans profonds, perçant de centaines de mètres les cieux. Autour se trouvait un labyrinthe de sanctuaires, de temples, de mausolées et d’amphithéâtres de moindre importance dont beaucoup étaient reliés les uns aux autres et aux flèches funéraires par un réseau aérien d’arcs et de passerelles. Ce sont ces allées qui ont constitué le premier danger lors de l’assaut, lorsque des Modules d’Atterrissage les ont écrasés ou ont été déviés de leurs cibles, comme des ricochets frappant les pierres, certains éclatant comme des éclats d’obus et pulvérisant les Space Marines à l’intérieur. Éparpillés et sous un feu nourri dès le début, les Sons of Horus se sont néanmoins ralliés pour attaquer avec leur discipline habituelle et leur soif de combat, et le Fort-Sirène est rapidement devenu un terrain meurtrier étalé sur plusieurs étages, rempli d’éclats d’obus et de fumée.

C’est là que les Chanteuses de Guerre firent leur première apparition en tant que puissantes sorcières Psykers. Elles manipulaient le son au moyen d’une ancienne technologie pour rester en apesanteur et s’entourer de bulles de force de protection. Leurs chants hurlants pouvaient broyer l’armure de céramite des Space Marines, briser la chair et les os à l’intérieur, et conduire les sectateurs de guerriers qui les défendaient à un fanatisme inhumain, de sorte qu’ils se précipitaient sur les Sons of Horus sans se soucier du feu dévastateur qui les fauchaient.

Alors que la bataille était pleinement engagée, le bilan des morts s’élevait de manière stupéfiante, alors qu’un grand hymne de hurlements retentissait dans la Cité Chorale, noyant même le vacarme et la cacophonie de la bataille - un cri surnaturel qui déchira le cerveau et mis la population d’Isstvan III dans un état frissonnant de haine incontrôlée. C’était un barrage auditif et seule la volonté des Space Marines et leurs armures leurs permis de résister et de se battre malgré l’étrange attaque. Aux niveaux des murs et des tranchées occidentales, la Death Guard et la Legio Mortis avait laissé des décombres à la place des grands remparts et à présent les Légionnaires purgeaient brutalement les bunkers et les réseaux de tunnels de leurs défenseurs, tandis que sur la place, les World Eaters pataugeaient dans une mer de massacres. L’étrange chœur de sons s’était propagé à travers la cité, et avait conduit à la folie la population civile, effrayée et terrifiée, à se lever comme un seul homme pour s’attaquer aux envahisseurs. Quel que soit le pouvoir obscur qui les avait frappé, ils ne se souciaient pas de leur vie lorsqu’ils se dirigèrent vers les World Eaters, d’abord par dizaines, puis par centaines, puis par milliers. Non armées et non protégées, des vagues humaines haineuses criaient, riaient et venaient mourir sous les coups des guerriers d’Angron déjà éclaboussés de sang, et les World Eaters étaient d’humeur à le leur offrir. Attaques après attaques, les World Eaters furent repoussés par le simple poids écrasant du nombres et finirent par former des groupes de guerriers qui se battaient dos à dos, envoyant des Grenades Frag dans la masse de corps densément tassés, soutenant et tuant jusqu’à constituer des remparts de viande dégoulinante pour se battre derrière. Les escouades de soutien lourdes de la Légion utilisèrent leurs armes pour faucher les foules avec leurs Bolters Lourds et leurs Lance-Missiles.

Dans les dédales enchevêtrés du Fort-Sirène et des murs intérieurs du Palais du Maître de Chœur, la victoire sur l’ennemi approchait pas à pas, mais non sans perte. Les pouvoirs surnaturels des Psykers baptisés les Chanteuses de Guerre éliminèrent beaucoup d’Astartes avant d’être abattus, et des guerriers d’élite modifiés et mutilés de manière chirurgicale, vêtue d’une armure noire iridescente et portant d’étranges armes reliques jusqu’alors inconnues qui crachaient des éclats de sons ou des aiguillons argentés, se trouvaient à l’intérieur du sanctuaire de la rébellion. Au fond des flèches funéraires, le fer de lance des Sons of Horus, sous le commandement du Capitaine en chef Garviel Loken, se fraya un chemin dans un étrange sanctuaire empli d’idoles fétides et y massacra les Chanteuses de Guerre. À peu près au même moment, bien qu’ayant subi de lourdes pertes, un petit groupe d’assaut des Emperors’s Children, sous le commandement du célèbre épéiste Lucius, se fraya un chemin dans la salle du trône de Vardus Praal et y trouva le traître. Praal, dans une magnifique armure d’une splendeur baroque et brandissant d’étranges armes psycho-soniques, était en effet le maître de cet étrange et mystérieux culte rebelle, mais même sa puissance accrue ne lui suffisait pas pour faire face au Capitaine Lucius qui le tua dans un duel désespéré. Indépendamment de savoir si la mort de Praal servi à couper la tête du serpent, ou si la destruction du vil sanctuaire au centre du Fort-Sirène en était sa cause, l’étrange cacophonie qui régnait sur la ville disparue et le pouvoir qui avait maintenu la résistance des Isstvaniens pris fin. En quelques heures, la rébellion était en lambeaux et tous les objectifs de la force d’invasion étaient accomplis. Des dizaines de milliers d’ennemis étaient morts à la suite de l’assaut. Les Space Marines victorieux jubilaient, leur victoire durement gagnée et bien mérité, mais à leur insu, un désastre était sur le point de se produire.[7]

Dévoreur de Vie

Peu de temps après que la bataille eut été favorable aux Space Marines, toutes les communications avec la flotte en orbite cessèrent et les Titans de la Legio Mortis commencèrent un retrait silencieux et implacable vers les plaines vides au-delà des murs de la ville. Avec une lenteur inexorable, les grands cuirassés et les Barges de Bataille de la flotte combinée - le Vengeful Spirit, le Firebird, l’Andronius, le Killing Star, l'Indomitable Will, le Gauntlet of Spite, le Warchild et le Conqueror descendirent en orbite basse et commencèrent le bombardement de saturation de la planète. Des pluies de bombes orbitales apparurent et des ponts de batteries de macro-canons tirèrent un torrent d’obus dans la basse atmosphère d’Isstvan III. La cargaison mortelle était le virus dévoreur de vie, une des plus terribles armes de l’arsenal impérial de classe Exterminatus, une arme dont seuls le Maître de Guerre et l’Empereur auraient pu autoriser l’utilisation. Dispersé par charge de mille munitions explosives, le virus dévoreur de vie commença son travail en quelques instants, infectant et détruisant, tel un nécrophage en expansion rapide, transformant chaque être vivant avec lequel il entra en contact en une pourriture liquéfiée écœurante.

La chair humaine se détacha de ses os et des cris furent coupés alors que les victimes se noyaient dans les liquides en décomposition de leurs propres poumons. La vie végétale flétrit et se dissolue en une boue brunâtre, comme si le temps l’avait transformée en un compost vieux de plusieurs années. Des bourrasques noires de pourriture et de vapeur cadavérique se déversèrent à travers les canyons en béton et en acier des villes, sonnant le glas de six milliards d’âmes. Au-delà des paysages urbains de la ville cimetière, les vastes plaines et la jungle se putréfièrent, et alors que les océans se transformaient en limons verdâtres, les vaisseaux de guerre de la flotte du Maître de Guerre au-dessus de la planète furent témoins de la propagation rapide des tâches cancéreuses jusqu’à ce qu’elles disparaissent tel un fruit pourri dans la noirceur du vide. Isstvan III était morte.

Mais la destruction n’était pas terminée : un seul tir ardent du Vengeful Spirit mis le feu à la planète. Le génie obscur de la conception du virus dévoreur était double : premièrement, massacrer toute la vie organique en quelques minutes et ravager la biosphère d’une planète, le deuxième, purger sa surface des macchabées corrompus en utilisant les vapeurs des cadavres aussi inflammables que meurtrières. La tempête de feu balaya la surface d’Isstvan III comme un tsunami de destruction dorée, entraînant devant elle un ouragan ténébreux d’air brûlant et de surpression qui dispersa les débris devant elle avant que la chaleur ne transforme tout ce qui se trouvait dans son sillage en cendres. La tempête de feu submergea les villes, les rasant comme des étincelles et enveloppa avidement les plus hauts sommets des montagnes. De là, une couronne de flammes jaillit a travers les océans, entraînant dans son sillage d’immenses ouragans de vapeur bouillante et se refermant autour des calottes polaires comme un poing noir de suie. Pendant un bref instant, c’était comme si un nouveau soleil était né à la place d’un monde qui portait la vie. Puis, alors que les feux sub-atmosphériques s’éteignaient et crachaient leur dernière fureur, un orbe brûlé et sablé se révéla dans leur sillage, parsemé de cendres et échaudé. Bientôt, tout cela fut enveloppé par un tumulte d’ouragans sous pression, et les tempêtes englobèrent le continent tandis qu’un épouvantable tonnerre et une pluie noire cinglante déchirèrent les cieux. L’atmosphère tonifiée de la planète était précipitée dans une réaction chaotique. Isstvan III était devenu un monde mort.

Horus le Maître de Guerre avait enfin déclaré sa trahison et défié ouvertement l’Empereur, déclenchant la guerre civile galactique. Il avait également prévu que le bombardement du virus détruirait un ost de Space Marines en qui il ne pourrait pas se fier pour le défendre dans la lutte à venir avec l’Empereur, mais il allait bientôt devenir évident que son plan parfait avait échoué.[8]

Ruine

« Nous ne sommes plus les Sons of d’Horus ! Ce nom n’a plus aucune signification pour nous.
Nous sommes les Luna Wolves, les soldats de l’Empereur, et en Son Nom nous allons nous battre et si besoin est, nous mourrons sans hésiter ! »
- Garviel Loken, Capitaine des Luna Wolves.

Eisenstein

Même avant le premier acte de traîtrise, le plan du Maître de Guerre avait, à son insu, commencé à s’ébrécher. Avant que les bombes ne tombent, l’atrocité imminente avait été découverte par plusieurs membres de la flotte qui restèrent fidèles à leur Empereur et à leurs camarades et qui décidèrent de résister. Parmi eux, le Capitaine Nathaniel Garro, de la Death Guard, un ancien combattant Terran et une des premières recrues de la XIVe Légion. Garro agit rapidement, ralliant des loyalistes, réquisitionnant avec succès la frégate lourde Eisenstein et envoyant des messages d’avertissement à ses Frères de Bataille à la surface de la planète. Ailleurs au milieu de la flotte des Emperor’s Children, le Capitaine Saul Tarvitz, un officier supérieur de sa Légion qui soupçonnait depuis longtemps la conspiration et les actes perfides de sa Légion, avait découvert la vérité à quelques minutes de l’attaque. Impuissant pour empêcher ce qui devait arriver, Tarvitz vola un Thunderhawk en attente et descendit à la surface de la planète, portant son propre avertissement de l’horreur qui était sur le point de se déchaîner. D’autres n’ont toutefois pas été aussi chanceux, et de nombreux loyalistes et présumés loyalistes non affectés à l’attaque au sol furent choqués par la chute du virus, avant de sentir des couteaux se planter leur dos. Beaucoup résistèrent vaillamment mais, pris complètement au dépourvu pour une telle perfidie, ils furent détruits. Ce destin n’attendait pas seulement des Space Marines loyalistes, mais également un grand nombre de troupes auxiliaires humaines, de personnel de soutien, d’Itérateurs et de fonctionnaires qui, pris au piège sur les vaisseaux de la flotte, ont été massacrés lorsque les Légionnaires loyaux à Horus se retournèrent contre eux avec une violence sans merci. Toutefois, même dans cette situation, tous n’ont pas été enclins à se laisser tuer et de "simples" humains, souvent sous-estimés par les surhumains des Legiones Astartes, ont fait preuve d’une résistance considérable ou se sont enfuis dans les entrailles des grands navires et ont dû être à la fin pourchassés longuement, effectuant souvent des campagnes de sabotage dans le processus. Au cours de l’attaque orbitale, au moins un torpilleur, le "Ducroix", est resté aux mains des Loyalistes et tourna sa puissance de feu contre les vaisseaux traîtres dans une tentative vaine d’empêcher le bombardement, détruisant plusieurs navires d’escorte et infligeant des dégâts importants à la Barge de Bataille "Killing Star" avant qu’il ne soit pulvérisé par un tir des traîtres. Ayant refusé l’ordre de se rendre, le Xerxès 9-7-7 de l’Ordo Reductor du Mechanicum, un vaisseau qui avait rejoint la flotte tardivement et qui ne faisait pas partie des plans du Maître de Guerre, dû également être abattu au prix d’un coût considérable pour les assaillants, son Hulk en décomposition tombant dans le ciel brûlant d’Isstvan III et perdu au milieu des flammes. Comme cela se produisait en marge du gros de la flotte, le croiseur lourd "Sunstone" fut le théâtre d’une longue lutte à bord. Ici, le garde du corps assermenté du Plénipotentiaire Terran, le célèbre Duc Mortecher, transforma ce qui aurait dû être une simple prise de contrôle du vaisseau par une délégation des Emperor’s Children, envoyée pour assassiner l’émissaire politique du Conseil de Terra, en une bataille frénétique pont par pont pour le contrôle du vaisseau. On ignore ce qui finalement se passa à bord du Sunstone, mais lorsque la tempête de feu fit rage sur Isstvan III en-dessous de lui, le navire de guerre Terran subi une détonation catastrophique dans son arsenal avant, transformant le Sunstone en une épave éclatée.

Alors que se déroulait ce tourbillon de confusion et de destruction, l’Eisenstein de Garro réussi à se détacher de la flotte et à s’échapper à toute vitesse. Bien qu’elle ait été interceptée et touchée à plusieurs reprises par des tirs ennemis, la frégate réussi un saut d’urgence dans l’espace Warp et à fuir le système d’Isstvan, son destin étant incertain pour ses poursuivants. Ce seul acte de défi héroïque allait modifier le cours de tout ce qui allait suivre, mais ce ne serait pas le seul revers de fortune que devront subir les traîtres. Lorsque la tempête de feu ravageant la planète se dissipa, comme cela avait été prévu, les faisceaux de balayage et les auspex depuis la flotte en orbite s’y concentrèrent avec impatience, dans l’espoir d’enregistrer les restes calcinés d’un monde mort et sans vie, mais la surprise se transforma rapidement en rage pour le Maître de Guerre. Près de 100 000 Space Marines des Légions des Emperor’s Children, de la Death Guard et des World Eaters se trouvaient à la surface de la planète et occupaient la Cité Chorale d’Isstvan avec moins d’un dixième de leur nombre initial. Bien que l’ampleur de leur échec ne fut pas encore apparente pour les traîtres, environ les deux tiers de la première vague ont miraculeusement survécu au bombardement, grâce aux messages d’avertissement qu’ils avaient reçus de leurs loyaux camarades en orbite. Les loyalistes avaient trouvé refuge dans des complexes de bunker qu’ils avaient conquis quelques heures auparavant aux défenseurs Isstvaniens et refermés à la hâte, ou trouvèrent une protection dans les bastions pris d’assaut du Palais du Maître de Chœur ou dans les kilomètres de catacombes qui s’étiraient sous le Fort-Sirène. Avertis peu de temps d’être bombardé, ils n’avaient pas été pris au dépourvu - ils avaient plutôt fait confiance à la chance, à l’entraînement, aux armes et à la physiologie du grand dessein de l’Empereur - et ils avaient enduré.[9]

Survie

Lorsque les grandes tempêtes qui suivirent l’incendie diminuèrent, les canaux de communication se sont mis à vibrer et des signaux effrénés se sont répandus de la surface d’Isstvan III le ciel tels des poignards, exigeant des réponses, hurlant un défi et criant des malédictions contre ceux que les avaient trahis et qu’ils avaient autrefois appelé frère. Jamais dans l’histoire des Légions il n’y a eu un tel acte de traîtrise et de malveillance et les Space Marines d’Isstvan III en furent outrés, certains égarés au point de devenir fous - que leurs propres Primarques surtout - d’avoir été trahis.

À la suite de l’échec de l’attaque à la bombe virale visant à anéantir les loyalistes, l’affaire pris de l’ampleur. Alors qu’Horus tentait de reprendre le contrôle stratégique de la situation et d’ordonner un second bombardement conventionnel, désobéissant aux ordres et peut-être motivé par la réaction de ceux qui étaient à son service - ou comme suggéré depuis lors, poussé à accorder l’honneur de mourir de sa propre main à ceux qui le servaient autrefois - le Primarque Angron décida de prendre les choses en main. Transporté par une première vague de vaisseaux de combat et suivie par une deuxième vague de Modules d’Atterrissage, les World Eaters descendirent du puissant Conqueror avec Angron en personne et ses guerriers à l’avant garde.

Le Maître de Guerre et ses alliés ne pouvaient que constater avec indignation que le Primarque des World Eaters était sur la planète suivit d’une cinquantaine de compagnies de ses Space Marines assoiffés de sang, atterrissant dans les zones de l’esplanade à l’ouest du Palais du Maître de Chœur, afin de chasser les leurs dans un combat fratricide. Leurs Thunderhawk et Storm Eagles mitraillèrent les ruines maintenant couvertes de cendres, et furent immédiatement accueillis par un retour de tir sporadique - ils avaient trouvé leur proie.

Angron - "l’Ange Rouge" comme il était parfois connu avec crainte - sortant de son transport de combat, rugit sur les os noircis qui jonchaient les places comme des feuilles tombées dans une forêt d’hiver, ses grandes Haches Tronçonneuses, la Carnassière et la Carnivore, vrombissant en anticipant le massacre à venir. Son défi, ainsi lancé, fut rapidement repris alors que des tempêtes d’armes tiraient depuis la cité ravagée pour l’atteindre, mais il la parcourut sans y prêter attention, comme un monstre d’un sombre mythe fait chair. Derrière lui, ses World Eaters formaient une grande pointe de flèche en céramite pâle et en métal scintillant, désireux que le massacre vienne, les Griffes du Boucher induisant la rage s’enfonçant dans leur cerveau en criant la nécessité de tuer avec une force cruelle et irrésistible. Inévitablement, de la ligne de ruines brisées qui bordaient les places, leurs frères loyalistes arrivèrent, pas moins de World Eaters, pas moins consumés par la rage - une rage maintenant portée à des sommets encore jamais atteints par le goût de la bile de la trahison. Le Frère Capitaine Ehrlen les dirigeait, un guerrier auréolés de victoires qui avait longtemps été au service de la créature sanglante contre laquelle il était maintenant confronté. Avec lui, une force de Space Marines loyalistes comptant 2 000 hommes environ, un noyau de World Eaters qui s’était abrité sous son commandant dans des bunkers de garnison proches pour survivre à la tempête de ce qu’on leur avait décrit être (pour des raisons de crédibilité) un suicide biologique des Isstvaniens qui était sur le point de se déchaîner, le reste du contingent de la Légion se dispersant à travers le paysage urbain. Pour Ehrlen et ses hommes, la vérité a été presque trop terrible à supporter, et ici et maintenant, confrontés à deux fois et demie leur nombre de ceux qu’ils avaient autrefois appelés leurs frères et au Primarque auquel ils avaient juré de donner leur vie, tous contre eux. Leurs ennemis étaient tout simplement trop nombreux. Une folie meurtrière les atteignit - ils allaient en finir - entraînant avec eux le plus possibles avec eux dans la mort. Les deux camps chargèrent, tête baissée, sans tactique et sans raison, ils chargèrent vers les bras de la mort, se brisant les uns contre les autres comme des vagues. En quelques instants, des centaines furent massacrées dans une fureur surhumaine. Ehrlen fut submergé par des douzaines de World Eaters et démembré, crachant toujours des malédictions sur ceux qu’il appelait autrefois ses frères, ainsi qu’aux Dreadnoughts renégats qui explosèrent suite aux tirs de plusieurs explosions de fusion, projetant des éclats d’obus et de flammes à travers les lignes de combat. Dans le carnage qui s’ensuivit, une vérité qui allait devenir une réalité amère pour les années à venir se fondit dans la logique de la guerre ; quand des Legiones Astartes combattaient des Legiones Astartes, la logique impériale habituelle de la bataille - la supériorité de la force, du moral d’un ennemi brisé, des forces et jugements des belligérants - ne s’appliquait plus. Au lieu de cela, leur puissance, leurs armes, leur armure et leurs compétences, mais surtout leur détermination inébranlable à se battre, aboutissaient à une impasse effroyable avec des forces dilapidées et une usure cruelle. La bataille serait maintenant caractérisée par des corps surhumains tailladés et ravagés jusqu’à ce qu’ils ne puissent pas supporter plus, des armes vidées par la colère et une armure de bataille pulvérisée non pas en un coup mais peu à peu, avant que son porteur ne succombe avec le sang de l’ennemi sur ses mains. Ce sera une guerre dans laquelle aucun vainqueur n’échappera à la bataille indemne. Dans le massacre dans les places de la Cité Chorale où sept mille World Eaters s’écrasèrent et se massacrèrent dans une frénésie de violence, c’est le poids du nombre des traîtres qui finalement inversa la tendance, ainsi que la présence de leur sanglant seigneur. Angron était une machine à tuer, un être imparable qui envoyait des corps déchirés et des membres déchiquetés dégringoler en une boucle d’arcs de sang pourpre et projetant des étincelles de métal pulvérisés. Il bougeait comme la foudre à travers l’agressive pression des corps en armures, il détruisait tout ce qui se dressait contre lui, se débarrassant des coups de lame et des tirs de Bolters comme s’il s’agissait d’une simple piqûre d’insecte, hurlant ses défis et récitant les noms des dignes morts que ses haches récoltèrent. Le massacre continua jusqu’à ce qu’il ne resta plus personne à tuer et les vainqueurs exsangues, leur armure autrefois blanche mais maintenant d’un rouge sanglant, se dressaient au milieu d’un bourbier de corps brisés, la crasse du sang et de la cendre des os autour d’eux comme une tache qui s’étendait à travers le monde.

Voilà qui est bien fait ! Angron aurait crié en voyant l’horreur qui s’était produite avant d’ordonner à ses World Eaters de se répandre dans la ville et de rechercher plus de survivants à tuer.

C’est ainsi que commença le véritable bain de sang de la première grande guerre entre Légions, la première bataille de l’histoire de l’Imperium lorsque ses plus grands défenseurs, les Space Marines, se sont retournés les uns les autres au cours d’un combat, sans que personne ne l’ait voulu. Telle était le choc de la trahison, la douleur et le prix du parjure étaient si grands, qu’il ne pouvait y avoir de répit ou de repos dans un tel affrontement, seulement une haine amère et une vengeance sanglante.

En orbite, dans la salle de contrôle du Strategium du Vengeful Spirit, le Maître de Guerre était furieux de la désobéissance d’Angron et de la perturbation du plan soigneusement établi, plan maintenant presque en ruine. Rétrospectivement, il est clair de voir la position injurieuse dans laquelle le Primarque des World Eaters avait placé Horus. Il aurait pu poursuivre ses préparatifs en vue d’un deuxième bombardement et même le mener à bien, en tirant sur les loyalistes et sur Angron pour le punir, mais au mieux cela aurait conduit la flotte des World Eaters à attaquer les alliés d’Horus et déclencher un second conflit civil que le Maître de Guerre pouvait difficilement se permettre, et au pire, abandonner Angron vivant et s’en faire un ennemi. Non, il y avait beaucoup trop de loyalistes sur la surface pour abandonner les World Eaters, et s’ils n’étaient pas attaqués rapidement, ils risquaient de se retrancher et s’organiser, et donc devenir infiniment plus dangereux, alors qu’un bombardement n’était plus une option viable. Le Maître de Guerre s’est engagé à se battre et à forger la victoire pour semer la confusion. C’est ainsi qu’Horus n’a eu d’autre choix que de soutenir l’assaut fulgurant d’Angron, et l’ordre général de se préparer à l’attaque au sol fut donné.

Les Emperor’s Children, placés sous le commandement d’Eidolon, devaient ensuite être déployés, étouffant sans aucun doute l’action du loyaliste Saul Tarvitz et soucieux de se racheter aux yeux du Maître de Guerre. Avec une précision typique et des schémas de déploiement exigeants, le traître Emperor’s Children choisit une zone entièrement défraîchie, jadis constituée de marchés et de parcs en plein air, à quelques kilomètres au sud du Palais du Maître de Chœur. Dès que la force d’intervention d’Eidolon eut démonté ses convoyeurs, il leur ordonna de précéder immédiatement la formation de colonnes jusqu’au Palais du Maître de Chœur avec l’intention de le prendre d’assaut. Pendant ce temps, d’autres forces de soutien aux World Eaters commencèrent à atterrir, se préparant à une longue bataille d’attrition, tandis que les vaisseaux de combat de la Death Guard et des Sons of Horus commencèrent à effectuer des opérations de reconnaissance respectivement au nord-ouest et au sud de la Cité Chorale, à la recherche de survivants parmi les ruines encore en train de brûler, à tirer sur des cibles potentielles et à déposer des escouades de Seekers et des Motards pour traquer des groupes isolés de loyalistes encore sous le choc de l’attaque de la planète. En quelques heures, cependant, il devint clair que ce ne serait pas une simple opération de nettoyage pour les forces supérieures des traîtres. La colonne d’Eidolon trouva le Palais du Maître de Chœur fermement et habilement défendu par les forces loyalistes des Emperor’s Children qu’Eidolon avait sous-estimé par son arrogance. Au lieu de réussir un assaut rapide, sa colonne fut soumise à un feu nourri. Elle fut empêchée d’atteindre même les murs du palais et obligée de battre en retraite, laissant derrière elle des dizaines de véhicules endommagés et démolis dans son sillage. De nouvelles tentatives pour envoyer des escadrons d’infanterie à travers les ruines échouèrent, mais des redoutes efficaces et des embuscades préétablies furent organisées à la hâte, abritant ses hommes ensanglantés et repoussés. Ailleurs, l’utilisation de détachements de vaisseaux de combat itinérants se révéla tout aussi inefficace ; les auspex balayant les ruines embrasées et incandescentes ne purent fournir rien de plus qu’une vague indication de la concentration de l’ennemi, tandis que le vaste paysage urbain ravagé constituait un refuge parfait pour l’ennemi qui attendait, lâchant des missiles et des tirs de Canons Laser contre les aéronefs à basse altitude. Les loyalistes connaissaient parfaitement les vulnérabilités des attaquants renégats - tel était le prix de combattre un frère. Pire encore, un des Storm Eagle des Sons of Horus revenant dans la baie de son vaisseau-mère, le croiseur d’attaque le Minotaur et affichant les codes appropriés, avait mené un attentat-suicide à l’intérieur de la baie de lancement, affirmant par communication vox son intention de "… venger le sang de Terra" avant de s’engager dans une chaîne de réarmement des vaisseaux de combat, Canon Laser étincelant, provoquant un carnage et tuant une compagnie complète de Légionnaires d’Horus. Les canaux de communication et les codes vox déjà activés lorsque l’attaque commença ont été changés à la hâte, ce qui entraîna de nouvelles perturbations, l’incident du Minotaur ajoutant un nombre de morts déjà en croissance rapide et choquante en faveur des loyalistes.[10]

Ténèbres

Le Sang des Traîtres

Une fois que les dés qui déclenchèrent une guerre brutale dans la galaxie furent jetés, l’Archi-Traître Horus semblait avoir pris la décision de transformer cette situation en un avantage plus large en ce qui concernait la loyauté de ceux qui s’étaient engagés à se battre à ses côtés pour usurper le Trône de Terra. Plutôt que d’utiliser une seule Légion pour mener l’attaque destructrice des loyalistes et épargner ses autres forces intactes pour des batailles ultérieures, il choisit d’employer chacun leur tour chacune des divisions placées sous son commandement. En cela, Horus montrait clairement qu’il comprenait mieux l’ampleur de la guerre à venir, s’assurant que chaque élément sous son commandement connaissent les combats sur le terrain contre leurs anciens camarades, pour constater que la mort des Space Marines de l’Empereur étant clairement à leur porté. Avec ce pacte scellé dans le sang, il ne pourrait y avoir aucun retour en arrière pour ceux qui s’étaient retournés contre l’Empereur et aucun pardon, seulement la victoire finale ou la mort.

À la tombée de la nuit, les débris et la poussière projetés dans la haute atmosphère commencèrent à redescendre, la terrible chaleur du monde mourant donna naissance à de nouvelles tempêtes couvrant tout le continent, ravageant l’air tourmenté d’Isstvan III et recouvrant de nouveau la Cité Chorale avec une force renouvelée. Des ouragans entraînèrent de grands torrents de cendres encore chauds dans les canyons et les structures de pierre tombale peuplées de morts, tandis que des volées de tonnerre foudroyaient les transmissions vox et les géomètres. Le vol était pratiquement impossible et la surface presque coupée de la flotte. Alors que la première étape du plan - la scission des loyalistes s’était révélée fructueuse, la deuxième phase approchait le désastre total, un fait qui devait être sans aucun doute évident pour le maître tacticien qu’Horus était. Cependant même les maîtres dans leur domaine, post-humain et humain, sont soumis aux caprices du hasard et de l’action. L’attaque à la bombe bactériologique contre Isstvan III n’avait finalement rien fait de plus que de tuer des milliards de personnes et de transformer Isstvan III en une zone de guerre infernale faites de gravats, de cendres et de tempête qui avantagea énormément les défenseurs alors qu’il désavantageai les attaquants. La confiance excessive des Emperor’s Children avait causé un échec et les World Eaters d’Angron s’étaient dispersés dans le nord de la ville telle une horde incontrôlable et impossible à suivre. Les balayages effectués par les aéronefs n’avaient guère été concluants et ces derniers subirent des pertes, tout en révélant l’ampleur de la résistance loyaliste et leur détermination acharnée à se battre. Des centaines de contacts hostiles avaient été signalés sur toute l’étendue de la ville dévastée, des concentrations particulières ayant été identifiées dans la zone nord-ouest, le Palais du Maître de Chœur et l’enchevêtrement meurtrier du quartier du Fort-Sirène. Horus et ses commandants ne devaient avoir aucun doute que sous le couvert des ténèbres et de la tempête, les loyalistes se déplaçaient à travers les ruines et en dessous, à travers des catacombes, des égouts et des réseaux de tunnels, consolidant, organisant et attisant leur soif de vengeance avec une ardeur meurtrière.

Ce qui allait arriver devait être une guerre d’usure exténuante dans laquelle la puissance aérienne compterait peu, et même si Horus avait à ses ordres les Titans de la Legio Mortis, il ne pouvait pas les risquer dans les ruines de la ville alors que la tempête faisait rage, aveuglant leurs scanners et détruisant leur avantage de portée. Les jours devinrent des semaines alors que la tempête se poursuivait presque sans répit et en son sein, des combats rapprochés amères opposaient loyalistes et traîtres dans la cité en ruine, les forces à peu près égales en nombre. Dans les structures décharnées des blocs d’habitations et dans l’obscurité fétide des réseaux d’égouts envahis de déchets, le Space Marine combattait jusqu’à la mort le Space Marine. Les traîtres ne pouvaient que recevoir des renforts qu’au coup par coup à cause des tempêtes et, au plus fort du bouleversement climatique, ils étaient forcés d’envoyer des munitions par largage, voir pas du tout.

Dans les zones industrielles démolies du sud de la ville, des colonnes blindées de chars Vindicators et Predator progressèrent de façon abrupte, luttant à chaque bloc contre la brutale contre-attaque de l’infanterie et souffrirent à cause des tireurs d’élite et des équipes d’armes lourdes cachés dans le bourbier étriqué des ruines de l’usine et des cheminées enfumées.

Dans l’ombre tourmentée du Fort-Sirène, des guerriers qui autrefois arboraient fièrement les couleurs du Maître de Guerre et qui s’appelaient eux-mêmes les Sons of Horus avaient effacé leur couleur et leur héraldique et retrouvèrent le nom de Luna Wolves. Leur chef était Garviel Loken, un héros de sa Légion et commandant de la 10e Compagnie, qui faisait autrefois partie du cercle restreint d’Horus Lupercal. Repéré par les traîtres pour sa loyauté inébranlable à la Grande Croisade et à ses idéaux, Loken avait été envoyé à la mort à la surface comme les autres, mais il était à présent devenu le général et le chef qui coordonnait la résistance dans les secteurs est et sud de la ville en organisant une défense mobile de contre-attaques et de frappes ainsi que des attaques qui empêchaient ses anciens camarades d’utiliser la tactique d’encerclement meurtrière dans laquelle ils excellaient.

Enchaînant les assauts, les Emperor’s Children d’Eidolon tentèrent de s’emparer de la masse de granit qu’était le Palais du Maître de Chœur pour se voir repousser par le Capitaine Tarvitz et ses guerriers, qui affichèrent une résolution implacable et une excellence tactique dans la défense de l’édifice et de son enceinte. Le palais était maintenant renforcé avec des armes lourdes récupérées et des véhicules réparés à l’aide de pièces raccommodés puisés dans les carcasses abandonnés par Eidolon suite aux premières attaques ratées. Avec les loyalistes Emperor’s Children combattaient le puissant Ryalanor l’Ancien - un Dreadnought de la Légion, icône éternelle de la gloire et de l’honneur du passé que les traîtres avaient si horriblement bafoués. Plusieurs fois, on pensa que le Vénérable Dreadnought était perdu, pour ensuite renaître des décombres et du feu afin de punir ceux qui avaient trahi l’Empereur dont ils portaient le Nom. Les attaques des traîtres contre le palais ont été atténuées par la nécessité de protéger leurs propres flancs recouverts par la poussière et l’obscurité, car des groupes de guerre itinérants de World Eaters, la plupart des loyalistes mais certains ne se souciant peut-être pas de la vie de leurs "alliés", attaquaient depuis les ruines et les décombres, tuant et pillant armes et munitions avant d’être abattus par un tir discipliné ou de disparaître victorieux dans l’obscurité.

Bien que fermement retranché dans les réseaux de bunkers des Isstvaniens, dans les lignes de tranchées et les remparts de protection, et bien approvisionnés en armes et en munitions pillées dans les caves souterraines des arsenaux de défense planétaire, ils étaient pris entre les foudres de deux ennemis implacables. Du centre-ville, Angron et ses World Eaters, se jettant encore et encore contre leurs défenses, se faufilèrent dans des réseaux de tunnels sans se soucier des pertes subies dans la brèche et laissant à leurs passages une ruine de chair rouge et de céramite brisée. Au-delà de l’enceinte de la ville, Mortarion, aussi implacable et impitoyable que la mort elle-même, avait affronté la tempête et débarqué du grand vaisseau d’assaut Omen au milieu des rafales hurlantes. Faisant preuve de plus de respect pour l’ennemi auquel il était confronté que les Emperor’s Children, Mortarion fit en sorte que les canons de l’"Omen" balayent le sol, détruisant les tranchées et les bunkers situés à proximité afin de ne pas offrir de cachette pour une embuscade loyaliste avant de libérer sa cargaison. Défiant l’ouragan et les ténèbres, la Death Guard s’avança en rangs ordonnés et avec eux les béhémoths de guerre de la Légion - les lourds chars d’assauts Spartan et les chars super lourds Fell Blade et Typhon et commencèrent leur attaque systématique et implacable avec le Primarque marchant lentement à leur tête, comptant les tués.[11]

Decima

Sous le linceul de la tempête, dans les confins de la cité, à peut-être cinq ou six kilomètres au nord des ruines du spatioport impérial, quelque chose remua dans les profondeurs des cendres et de gravats. Invisible et non détecté au milieu des vents hurlants et des éclairs éclatants qui se succédaient, un grand orbe d’airain était en train de grincer et de pivoter pour se libérer de la terre noircie. La structure supérieure de l’orbe finit par se défaire quelques heures après son apparition, s’ouvrant comme une énorme fleur aux mouvements d’horlogerie inversée aux pétales de bronze à lames. L’orbe fut enfin révélé, bien qu’il ne restait plus aucun spectateur vivant à proximité pour le reconnaître - un Creuset de Siège de l’Ordo Reductor. Lancé dans la tempête lors des derniers instants du Vaisseau de Guerre loyaliste du Mechanicum, le Xerxes 9-7-7, la conception et la fonction du Creuset ressemblaient beaucoup à celles des modèles plus perfectionnés des Modules d’Atterrissage Space Marine, bien qu’il soit à la fois considérablement plus grand et plus fortement blindé. C’est cette résistance qui lui a permis de survivre à sa chute et de s’enfoncer comme une balle dans la terre d’Isstvan III plutôt que de se briser en éclats lors de l’impact. Quoi qu’il en soit, la chair - même celle de Space Marines - n’aurait probablement pas survécu à l’impact du projectile, mais ses occupants n’étaient pas fait de chair. Ils étaient le Magos Reductor Calleb Decima et sa cohorte de gardes du corps cyborg Thallax, et pour eux, la destruction des traîtres ne serait pas une question de haine ardente, mais une logique froide et impitoyable.[12]

L'Aube des Traîtres

Près de deux mois solaires complets s’étaient écoulés depuis la mort d’Isstvan III lorsque, finalement, les grandes tempêtes commencèrent à suffisamment s’estomper pour que les traîtres puissent recommencer à débarquer d’importants renforts et des munitions. Au cours des mois, les forces offensives ont soufferts pour chaque bloc de ville et pour chaque kilomètre de décombres qu’elles ont gagné. Selon des estimations approximatives, le nombre de morts atteignait vingt mille Astartes du côté des loyalistes et peut-être deux fois plus d’attaquants tués. La résistance loyaliste dominait toujours le Palais du Maître de Chœur malgré les efforts des Emperor’s Children et dernièrement, les World Eaters le pris d’assaut, tandis que les Luna Wolves de Loken dominaient toujours le secteur qui entourait le Fort-Sirène.

Au nord-ouest, cependant, l’avancée implacable de la Death Guard de Mortarion avait pris les loyalistes entre le marteau et l’enclume, et contraignait peu à peu ceux qui ne pouvaient battre en retraite de combattre dans une poche de résistance de plus en plus restreinte, tandis et la pression se resserrait autour d’eux. Ici, le seul renversement pour les renégats de la Death Guard avait été la rébellion de certaines de ses lourds engins de siège, dont les équipages étaient restés loyaux envers ceux que leur Primarque appelait désormais ennemi et qui refusèrent de tirer sur leurs anciens camarades, ou qui dans certains cas tournèrent à la place leur canon de siège vers les traîtres de Mortarion ou les World Eaters d’Angron. Le fiasco sanglant qui en a résulta évolua en une bataille qui dura cinq heures, connu par les Death Guards ayant survécu comme le "Voile du Chagrin" dans lequel la résolution légendaire et la discipline de la XIVe Légion avait été mises à mal. Traîtres et loyalistes se perdirent dans un tourbillon de bataille, tirant sur des alliés et des ennemis. Le traître Marshal Durak Rask et son escadron de commandement furent assassinés par le groupe de Destroyer loyaliste commandé par Morturg, et le Primarque de la Death Guard lui-même aurait été blessé par le tir de plasma d’un char Predator arborant la livrée de sa Légion avant que ses gardes du corps du Linceul ne le brise en morceaux. Mortarion mis fin à la débâcle en émettant un ordre de retrait et de regroupement, bien que ce répit ait laissé le temps à une force loyaliste de la Death Guard de s’échapper avant que Mortarion ne resserre son emprise sur eux.

Alors que les tempêtes se dissipaient, de nouvelles compagnies de Légionnaires renégats, des rangs et en armures lourdes tombèrent en nombre considérable sur la planète à la périphérie de la ville, et l’enclave loyaliste de la Death Guard fut la première à en souffrir tandis que Mortarion déversait les forces de sa Légion dans la région. Les chars lourds Malcador récupérés dans les armureries de défense des Isstvaniens et les engins transfuges que les loyalistes avaient rassemblées ne pouvaient rivaliser avec les forces ennemis. Ils furent balayés par les escadrons de Fellblade et les tirs à longue portée des Titans de la Legio Mortis. À présent, maîtrisant parfaitement le terrain et encerclant les dernières redoutes des loyalistes, la Death Guard renégate attaqua par vagues, leurs escouades tactiques si serrées qu’elles s’avançaient côte à côte sur le sol déchiré, leurs Bolters tirant à l’unisson. Cependant les loyalistes n’abandonnèrent pas, malgré les obstacles insurmontables auxquels ils étaient confrontés, ils manœuvrèrent leurs quelques pièces d’artillerie capturées jusqu’à l’épuisement de leurs munitions, et affrontèrent la tempête de feu imminente du mieux qu’ils pouvaient jusqu’à ce que les canons de leurs propres Bolters rougissent comme des braises et que les percuteurs de leurs culasses se fissurent et se déforment sous l’effet d’une utilisation excessive. Cela n’a servi à rien et la Légion de la Death Guard surmonta leurs barricades et leurs tranchées comme une marée noire et les noya. Les quelques survivants loyalistes battirent en retraite dans les profondeurs des tunnels de défense souterraines et firent s’effondrer les passages derrière eux. Mais les traîtres s’étaient préparés à de telles éventualités, ouvrant la voie avec des charges vortex et des perceuses Hades. Mortarion en personne vient les chercher dans l’obscurité.

Au-dessus du sol, l’assaut fut repris et le Maître de Guerre déclencha sa fureur. Un groupe d’assaut composé de Sons of Horus, composé de très petites compagnies et dirigé par Ezekyle Abaddon et son élite Justaerin, atterri dans le sud-ouest de la ville en armure lourde. Ils se mirent immédiatement à tout défoncer à travers les logements incendiés et noircis qu’ils trouvèrent dans des zones de plus en plus larges, nettoyant et détruisant toutes les poches de résistance qu’ils rencontraient. Une fois l’attaque ayant repris totalement son cours, de grands convoyeurs orbitaux commencèrent à débarquer de nouveaux Titans de la Legio Mortis et de la Legio Audax afin de renforcer ceux qui avaient traversé la grande tempête de feu et les ouragans féroces au-delà de la ville, assombrissant les cieux de l’ouest. Dans l’ombre de ces atterrissages colossaux, un assortiment étrange d’appareils suivi : des vaisseaux noirs de combat insectoïdes descendirent au sol dans des colonnes de flammes bleu azur et en sortirent des civils cabossés recouverts de coques ornées de parties de corps humain et peinturées d’étranges symboles frissonnant. L’arrivée des membres du Mechanicus, avec leurs robes noires, portant des armes macabres, des crânes d’araignées robotiques filant devant eux et des automates de combat à plusieurs têtes qui les suivaient dans leur sillage, chacun assez grand pour contrer un Dreadnought des Legiones Astartes. Mais aussi extravagant et sinistre que soit ce "Mechanicum Noir", les silhouettes émaciées d’épouvantail qui émergeaient du charnier projetaient une telle aura d’horreur et de puissance nauséabonde, que même les Space Marines endurcis reculèrent avec prudence face à eux. C’étaient les prêtres-sorciers de Davin et la souillure du Warp rôdait lourdement autour d’eux comme un linceul invisible et vermoulu.

Le vent tournait rapidement et, alors que les loyalistes avaient tenu bon jusqu’ici, l’avantage était désormais du côté des traîtres. Leurs anciens frères étaient en infériorité numérique et largement surpassés, et ils purent enfin tirer parti de la supériorité de leurs armes, tandis que chaque loyaliste décédé était désormais une perte que les défenseurs ne pouvaient pas se permettre. Les mathématiques des morts avaient maintenant pris un tournant décisif en faveur du Maître de Guerre.[13]

Extermination

« En vérité, un Titan n’a que trois ennemis contre lesquels il doit se protéger : la folie, l’orgueil et un de ses semblables. »
- Grand Maître Volkus, Ordo Sinister.

Les tempêtes s’étaient enfin apaisées, et elles furent remplacées par un calme impénétrable qui enveloppa la cité en ruine alors que les températures plongeaient, les cendres d’une crémation mondiale bloquant la chaleur du soleil d’Isstvan III. Le silence de cette pâle aube était interrompu par les hurlements étranges de colossales sirènes résonnant dans la ville et par le lointain grondement des moteurs qui faisait trembler la terre - les Titans se dirigeaient vers la guerre et les lointains sons de leur approche étaient un présage de ce qui devait suivre.

Avec le poids du nombre en leur faveur, les forces renégates poursuivirent leur attaque avec une vigueur renouvelée, se déplaçant à travers la cité vers le Palais du Maître de Chœur, comptant sur la force écrasante pour vaincre toutes les poches de défense rencontrées sur leur chemin. Devant eux, ils envoyèrent des frappes par des escadrons d’Avenger et de Thunderhawks, envahissant les zones considérées comme des fortifications avec de puissants explosifs et tirant avec des canons pour tenter de déloger les loyalistes et de les empêcher de se disperser ou de se retirer avant l’attaque. Des milliers de Space Marines d’Horus - de le Death Guard, des World Eaters et des Sons of Horus étaient en mouvement, avançant dans une vaste formation en demi cercle depuis les zones d’atterrissage situées au-delà des remparts brisés et soutenue par des centaines de chars Rhinos, Land Raiders et Predator. Les escadrons de Jetbikes Sky Hunter et de Land Speeders hurlèrent dans les airs, entourant les flancs des traîtres à la recherche de cibles et restant en alerte face à d’éventuelles embuscades. Et tous les Titans de la Legio Mortis et de la Legio Audax venaient se profiler - deux maniples complètes de Titans Warlord et Reaver, soutenus par une douzaine de Warhounds. À leur tête, le Dies Irae, un Titan de classe Imperator qui se tenait au-dessus de ces machines de guerre, enjambant la plus haute des ruines de la ville, ses pas faisant trembler le sol, fragmentant le paysage ravagé comme le dégel de glace sous les pieds. Face à une telle puissance de feu, rien ne pouvait subsister et à peine un point de résistance était localisé que les Titans se déchaînèrent contre lui, explosant des pâtés de maisons entiers dans des nuages de poussière et de flammes et fondant les carcasses métalliques des installations industrielles en des flaques de scories éclatantes. Telle était la puissance impressionnante des armes formidables des Titans au fur et à mesure de l’avancée de la colonne, les éclairs vibrants de leurs armes à feu étaient visibles même à travers la couche de nuages depuis l’orbite.

Alors qu’ils approchaient des hauts murs du Palais du Maître de Chœur, les Titans furent accueillis par les Emperor’s Children renégats qui effectuaient déjà une autre tentative d’assaut du vaste complexe et reçurent à son tour des volées de Cannons Lasers et de tirs ardents. Les Princeps de la Legio Mortis avaient des ordres clairs et ne se souciaient pas des forces loyalistes ou renégates, et avec un seul souffle assourdissant de leurs sirènes de guerre, seul avertissement donné au commandant d’Eidolon, ils ouvrirent le feu. Les murs du Palais du Maître de Chœur avaient été construits par les ingénieurs de siège du Mechanicum pour résister à la fureur d’un monde en révolte et, bien que maintenant ravagés et dévastés par une tempête de feu et d’obus, ils ne tiendraient plus. Les Canons Volcano rugissent et les Turbolasers crachèrent des arcs de lumière, engloutissant le champ de bataille dans un brouillard assourdissant de fumée noire et de flammes rugissantes. Dans l’obscurité, les gigantesques machines de guerre, tels des dieux primordiaux courroucés, blindés d’une couleur de sable et de cramoisis profonds, répandaient leur fureur combinée et les Légionnaires Space Marine ne purent rien faire de plus que de se tenir à l’écart de cette puissance effrayante et d’attendre la fin de la tempête. Lorsque le barrage assourdissant cessa finalement et que la poussière qui tombait sur les assaillants se dissipa comme une chute de neige gris-noir, les destructions causées par les armes des Titans furent révélées - le grand mur qui leur faisait face avait disparu et un déversement irrégulier de débris en combustion l’avait remplacé. Au-delà des murs brisés, le grand dôme qui couvrait l’enceinte intérieure s’était effondré en miette, et les tours et les presbytères à l’intérieur avaient été renversés et écrasés comme des jouets cassés. Les Titans hurlèrent à nouveau en triomphe, et cette fois-ci, la masse des World Eaters répondit à Angron qui hurla l’ordre de charger. Pour les survivants loyalistes pris au piège dans les ruines, ils ne leur restaient plus qu’à vendre leur vie aussi chèrement qu’ils le pourraient.

Alors que la principale colonne d’attaque des traîtres prenait d’assaut le bastion brisé du Palais du Maître de Chœur, les secteurs nord et sud subirent de nouvelles agressions visant à briser les reins de la résistance loyaliste et à traquer les survivants dispersés dans les ruines. Contre Loken et ses Luna Wolves, leurs anciens frères des Sons of Horus, sous le commandement d’Ezekyle Abaddon, lancèrent leur propre attaque en force, avec l’ordre explicite de revenir victorieux ou de ne pas revenir du tout. Assailli de plusieurs directions à la fois, le Fort-Sirène fut attaqué par terre et par air.

Les Caestus s’écrasèrent contre les flèches funéraires avec des escouades d’assaut équipés de réacteurs dorsaux qui descendirent pour s’emparer des hauteurs où des emplacements de canon ainsi et des abris des tireurs d’élite que les Luna Wolves avaient mis en place en défense. Au niveau du sol, le paysage urbain tremblait devant un groupe de formations de fer de lance blindées, de lourds chars Spartan et Land Raider creusant un chemin à travers des tas de gravats et les barricades sans distinction, la plus importante n’ayant pas été peinte dans la couleur mer vert-de-gris des Sons of Horus, mais avec la nuit noire et le bronze terni de l’élite Justaerin de la Légion. Les fers de lance des tanks se frayèrent un chemin dans les cimetières enchevêtrés, supportant le feu qui venait à leur rencontre, frappant les sanctuaires et renversant la statuaire avec des tirs de Canons Lasers en réponse. Des Escouades Despoiler assoiffés de sang, des Épées Tronçonneuses en mouvement et des grenades apprivoisées se répandaient à flot depuis le sillage des chars, esquivant et se faufilant vers les positions des défenseurs, les exécutant par le brusque éclair des armes de leurs ennemis, sans se soucier de leurs propres pertes.

Les Luna Wolves n’ont pas manqué de courage face à leur odieux ennemi, mais ils étaient totalement épuisés et en infériorité numérique, avec de faibles munitions. Certains cherchèrent à s’échapper et à se disperser comme ils le pouvaient, car ce jour-là, face à des chances très faibles, la survie était une grande victoires. D’autres, blessés, isolés ou tout simplement trop fatigués et amers pour se replier, se tenaient debout devant l’assaut et offraient du temps à leurs frères qui vivaient, tirant jusqu’à la dernière balle et jusqu’à la dernière goutte de leur sang alors que les Terminators Justaerin prenaient d’assaut les barricades de marbre brisé et des sépulcres funéraires, écrasant les pierres tombales avec leurs Gantelets Énergétiques et des averses de coups de feu et de plasma sur les dernières résistants à l’intérieur. Le Fort-Sirène était tombé au bout d’une heure, mais des centaines de guerriers s’étaient échappées et Abaddon, ivre par la victoire, parcourait les ruines, lançant des insultes et menaçant de mort ceux qui n’avaient pas réussi à refermer le piège à temps. Retrouvant son calme, il ordonna à ses forces de se séparer et de fouiller la cité pendant que le Mechanicum Noir et ses propres Escouades Destroyer se chargeaient de poursuivre les fuyards. Bientôt, des bidons de Phosphex en feu furent vidés dans les bouches d’aération et les catacombes qui passaient en dessous du Fort-Sirène, tandis que des groupes de sorciers et de sectateurs davinites utilisaient leurs propres arts sombres pour engloutir les survivants avec du sable et des gravats.

Alors que l’obscurité de la nuit s’abattait de nouveau sur la cité remplie de morts, la seule source de lumière était les rayons incendiaires des lampes de recherche balayant méthodiquement les restes squelettiques de la ville, suivis de la promesse de la mort. Les seuls sons étaient l’immense foulée des Titans qui rôdaient à travers les ruines et les bruits intermittents de coups de feu résonnant dans la nuit, à travers les champs vides de gravats et d’os, qui indiquaient qu’un traître avait trouvé un loyaliste dans l’obscurité. La mort d’Isstvan III était entrée dans sa phase finale et meurtrière. On ne pouvait plus appeler cela une bataille, mais plutôt une chasse à l’homme ; la traque, l’isolement et la destruction de la proie la plus dangereuse - mais proie tout de même - qui fallait exterminer.[14]

La Guerre Se Propage

Le temps n’attend ni pour le mortel ni le Primarque, et bien que les loyalistes aient été vaincus et traqués sur Isstvan III, les derniers survivants refusaient obstinément la destruction, et le prix qu’Horus dû payer en guerriers et en armes pour mener cette campagne était lourd. Les forces en lambeaux qui restaient des loyalistes sur Isstvan III n’avaient aucune chance de s’échapper et leurs extermination totale n’était plus un luxe que le Maître de Guerre pouvait se permettre. Enfin, Fulgrim, le Primarque des Emperor’s Children, l’avait rejoint, mais la nouvelle qu’il portait était troublante. Le temps n’était plus du côté d’Horus. De nouveaux projets devaient être décidés et mis en œuvre avec célérité afin que l’Empereur ne découvre pas qu’Horus et ses alliés se rassemblaient contre Lui. Le temps de rassemblés des alliés pour sa trahison était terminé, le temps d’agir était maintenant arrivé ou il risquait de tout perdre.

Le Maître de Guerre ordonna de se retirer de la surface d’Isstvan III, empreint de bile amère, laissant derrière lui un cimetière, et chargeant Fulgrim et Mortarion de traîner Angron hors de la surface de la planète s’il le fallait. En partant, Horus ordonna que les canons du Vengeful Spirit se tournent une fois de plus sur la carcasse de la Cité Chorale, non pas avec des armes à virus mais avec des ogives conventionnelles, et pulvérisèrent ses ruines avant d’abandonner Isstvan III, une dépouille témoignant de l’ascension des Traîtres. Calth, Signus, Prospero - déjà la contagion de la guerre et des massacres s’étendait, mais pour Horus, le prochain objectif de sa campagne pour devenir le Maître de l’Humanité ne résidait pas dans un système lointain, ni même sur Terra, mais sur Isstvan V.[15]

La Fuite de l'Eisenstein

« Nous allons vous employer à quelque chose. Pas aujourd’hui, et peut-être pas avant plusieurs mois, mais le moment finira par venir. Le revirement du Maître de Guerre indique clairement que l’Imperium a besoin d’hommes et de femmes de nature inquisitrice, d’agents qui traqueront le sorcier, le traître, le mutant et le Xenos… Des guerriers comme vous, Nathaniel Garro, Iacton Qruze, Amendera Kendel, qui attaqueront à la racine toute duplicité à venir.
Et qui auront un devoir de vigilance. »
- Malcador le Sigillite aux survivants de l’Eisenstein.
La Fuite de l’Eisenstein.
Alors même que les forces renégates d’Horus effectuaient leur bombardement orbital contre les Space Marines loyalistes sur Isstvan III, le Capitaine Garro de la Death Guard s’empara de la frégate Eisenstein. Ayant livré d’innombrables batailles au nom de l’Empereur durant la Grande Croisade, Garro était un ardent loyaliste, pour qui il était difficile de croire aux événements qui se déroulaient. Son instinct l’amena néanmoins à avertir la surface de la planète, et il se résolut à fuir le système d’Isstvan en compagnie de soixante-dix autres loyalistes pour tenter d’atteindre Terra.

L’armement léger dont disposait Garro ne pouvait en rien rivaliser avec les batteries des croiseurs d’Horus dont il eut à essuyer de nombreux tirs en voulant forcer le bloc. Son vaisseau s’éloigna d’Isstvan III sévèrement endommagé. Tous les Astropathes de bord avaient péri dans la canonnade, et son unique Navigator était mortellement blessé : aucune communication interstellaire ne lui était permise et la frégate avait peu de chances de parvenir à naviguer dans l’Immaterium.

Garro devait cependant espérer qu’il parviendrait à s’échapper, et qu’il trouverait un moyen d’entrer en contact avec Terra afin d’avertir l’Empereur de la défection d’Horus. Il leur était impossible de semer leurs poursuivants dans l’espace réel, et il leur fallait donc se risquer dans le Warp.

Garro en donna l’ordre, et dans une grande secousse, la frégate procéda au saut dans l’Empyrean. Ils le trouvèrent agité par des courants d’une rare magnitude. Le Navigator n’était plus à même de diriger leur trajectoire : rester dans le Warp les condamnerait à y dériver à jamais. Garro ordonna que le vaisseau soit ramené dans l’espace matériel sans que les Space Marines loyalistes n’aient la moindre idée d’où ni quand leur saut en urgence les avait fait réapparaître. Alors même que leur vaisseau quittait l’Immaterium, le Navigator s’écroula, terrassé par ses blessures. La propulsion Warp était dangereusement instable et risquait d’exploser à tout moment en pulvérisant le vaisseau, ou pire, en le renvoyant dans l’Empyrean.

L’Eisenstein était en perdition, sa superstructure prête à se disloquer, et ils se retrouvaient à la dérive dans une région inconnue de l’espace. Les fidèles de Garro avaient faussé compagnie aux félons, mais plus rien ne paraissait envisageable pour leur salut que de prier pour un miracle. Garro avait une autre idée en tête. Il fit enclencher le compte à rebours d’autodestruction des moteurs Warp, et ordonna qu’ils soient éjectés du vaisseau, en s’imaginant que l’explosion agirait comme une balise et attirerait l’attention de croiseurs proches. Il n’y avait plus qu’à espérer que ceux-ci se montreraient amicaux.

Ce fut alors que le destin se manifesta sous la forme de Rogal Dorn, Primarque de la Légion des Imperial Fists, qui se téléporta à bord du vaisseau brisé. Dorn et sa flotte avaient été contraints par les tempêtes qui agitaient l’Immaterium de faire halte non loin. La déflagration des moteurs de l’Eisenstein, qui s’était répercutée dans le Warp, avait permis aux Navigators des Imperial Fists de situer précisément sa position.

Garro se présenta devant Dorn et lui rapporta les événements d’Isstvan III : comme il pouvait s’y attendre, le Primarque en fut profondément affecté. Lui et sa Légion étaient de fervents loyalistes ; Dorn tenait Horus en haute estime, l’admirait immensément et n’aurait jamais songé à mettre en doute ses motivations, cependant, rien ne pouvait justifier ses actes infâmes. Dorn prit alors deux résolutions. La première fut d’envoyer l’essentiel de sa flotte vers Isstvan III pour en briser le siège et venir en aide aux loyalistes qui combattaient là-bas, la seconde d’escorter personnellement Garro jusqu’à l’Empereur. Malgré les turbulences croissantes du Warp, la flotte Imperial Fist se détourna vers Isstvan et Rogal Dorn fit route vers Terra avec le Capitaine Garro et son équipage.

La Frégate Eisenstein

L’Eisenstein était une frégate impériale sous l’autorité de la Légion des Space Marines de la Death Guard durant la fin de la Grande Croisade et au début de l’Hérésie d’Horus. C’est l’Eisenstein qui a transmis pour la première fois aux autorités impériales de Terra la terrible nouvelle de la trahison du Maître de Guerre Horus.

Lors du déclenchement de l’Atrocité d’Isstvan III, tout les Astartes identifiés comme loyalistes ne furent pas tous envoyés sur Isstvan III. Quelques uns se trouvaient au sein de la flotte des renégats, par hasard, non identifié comme partisan de l’Empereur où blessé de guerre ne pouvant justifier un assaut sur Isstvan III. Dans cette dernière catégorie, se trouvait le Capitaine de Bataille Nathaniel Garro de la 7e Compagnie de la Death Guard. Lui et un petit groupe de loyaliste parvinrent à s’échapper pendant la Bataille d’Istvaan III dans une petite frégate impériale appartenant à la Flotte Expéditionnaire de la Death Guard, l’Eisenstein. Leur but était d’avertir l’Empereur de la tragédie qui avait frappé l’Imperium avec le début de la guerre civile.

Nathaniel Garro

Le Capitaine Nathaniel Garro.
Dans les derniers jours de la Grande Croisade, lors de la Bataille d’Iota Horologii, le Capitaine de Bataille Nathaniel Garro de la 7e Compagnie de la Death Guard se distingua lors de ses combats aux côtés d’un détachement des Sœurs du Silence contre les Xenos connus sous le nom de Jorgall. En reconnaissance de son aide, le leader des Sœurs de Bataille baptisées les Chevaliers de l’Oubli, Amendera Kendel, promis de présenter le nom de Garro au Régent de Terra, Malcador le Sigillite, afin d’honorer son engagement et les services rendus à l’Imperium. De même, le Primarque de la Death Guard, Mortarion, ayant eu vent de l’attitude de Garro, récompensa son Capitaine de Bataille en le choisissant lors du traditionnel partage de sa coupe à bord du vaisseau amiral de la XIVe Légion, l’Endurance.

Mortarion a également choisi ce moment pour expliquer subtilement à Garro sa position et celle de nombreux Astartes de la Légion si le Primarque choisissait de se joindre à la rébellion du Maître de Guerre Horus contre l’Empereur de l’Humanité. Après avoir appris que Garro ne souhaitait pas rejoindre la Loge Guerrière de la Death Guard, Mortarion décida de le conduire à la réunion d’Horus sur le lancement de la campagne d’Isstvan en tant que son Écuyer, dans le but de s’assurer de sa loyauté à son égard et envers la cause du Maître de Guerre. Après cette réunion qui rassembla Horus, Angron, Mortarion et Eidolon, Garro retrouva Saul Tarvitz, Capitaine des Emperor’s Children avec qui il avait forgé une solide amitié depuis la Campagne de Preaixor.

Lorsque la campagne visant à réprimer la rébellion de Vardus Praal débuta, la 7e Compagnie faisait partie du groupe d’assaut chargé de sécuriser Isstvan Extremis, le monde le plus éloigné du système Isstvan. L’objectif était d’aveugler les défenseurs Isstvaniens d’Isstvan III, en réduisant au silence les installations de surveillance de cette planète qui accueillait le centre névralgique du réseau de senseurs. Au cours de cette bataille, Garro fut grièvement blessé par le leader ennemi, une Psyker membre d’une secte isstvanienne qui menait la rébellion dans le système, baptisée "Chanteuse de Guerre". Sauvé par l’Apothicaire Fabius Bile, il perdit néanmoins la plus grande partie de sa jambe droite, ce qui nécessita un implant bionique à son retour dans le coma, à bord de la flotte de la Death Guard.[16]

Un Vœu Brisé

Bien que reconnu par les renégats comme fervent loyaliste envers l’Empereur, le temps nécessaire à Garro pour s’habituer au remplacement cybernétique de sa jambe signifiait qu’il ne pouvait pas être déclaré apte au combat sur Istvaan III, où il aurait fait partie des loyalistes pris dans les bombardements d’Horus. Il fut donc posté avec sa brigade de commandement et une centaine d’Astartes de sa compagnie à la frégate Eisenstein aux côtés du Capitaine Ignatius Grulgor de la 2e Compagnie de la Death Guard. Gulgor était membre de la Loge Guerrière de la XIVe Légion et du cercle d’officiers disposés à suivre Mortarion dans la rébellion aux côtés d’Horus contre l’Empereur. Gulgor était chargé par le Capitaine de la 1ère Compagnie, Calas Typhon, d’éliminer Garro une fois l’acte de trahison d’Horus révélé au grand jour ainsi que de réceptionner sur l’Eisenstein et d’y lâcher les bombes virales dans l’atmosphère de la planète.

Quelques instants avant l’Atrocité d’Isstvan III, Garro se trouvait sur le pont de l’Eisenstein lorsque le Capitaine Saul Tarvitz tenta d’atteindre la surface d’Istvaan III à bord d’un Thunderhawk volé afin d’avertir les Astartes loyalistes de la trahison imminente d’Horus. Mais il était poursuivi par des intercepteurs Raven en formation d’attaque triangulaire chargés par Eidolon de l’abattre. Garro parvient à établir une liaison de vaisseau à vaisseau avec Tarvitz qui lui révéla l’acte odieux qu’Horus s’apprêtait à commettre. C’est à ce moment que Garro comprit les sens cachés des mots que Mortarion lui avait prononcé afin de tester sa loyauté dans la future rébellion lorsqu’il était son Écuyer. Son propre Primarque faisait parti de la conspiration… Dans un moment d’hésitation et d’horreur qui lui parut être une éternité, Garro pris la décision de faire abattre les intercepteurs Raven afin de permettre à son ami d’atteindre la surface de la planète afin de sauver le plus possible de leurs frères loyalistes.

Une fois que Garro eut découvert la trahison, il apprit par la bouche de Kaleb Arin, son Hilote qui avait espionné Grulgor et ses hommes, que ces derniers s’apprêtaient à larguer les bombes qui allaient sceller le destin des loyalistes sur Isstvan III. Garro alla à la rencontre des traîtres sur les ponts d’armement des batteries où Grulgor et ses Légionnaires tentèrent de le tuer, lui et son détachement d’Astartes. Mais les renégats échouèrent, grâce au sacrifice de Kaleb Arin. L’Hilote de Garro pressa le bouton du confinement d’urgence de la pièce où, durant les combats, un globe du virus dévoreur de vie avait été brisé, piégeant Grulgor et ses partisans dans la pièce condamnée. Avant de mourir, Arin désigna Garro comme étant la main de la volonté de l’Empereur-"Dieu". Plus tard, Garro, peiné de la perte d’Arin, découvrit dans ses affaires un texte qui changera à jamais le Capitaine face aux sombres heures qui s’annonçaient : le Lectitio Divinitatus. Il entendit à ce moment dans sa tête la voix d’une femme l’implorant de les sauver tous.

Peu de temps après, l’Eisenstein accepta à bord d’autres loyalistes qui fuyaient la trahison depuis le propre vaisseau amiral d’Horus, le Vengeful Spirit : le Capitaine Iacton Qruze, de la 3e Compagnie des Sons of Horus (qui se rebaptisera lui-même Luna Wolf), l’Itérateur Kyril Sindermann et les Commémoratrices Mersadie Oliton et Euphrati Keeler, la Nouvelle Sainte. Garro reconnu cette dernière pour avoir entendu sa voix dans sa tête quelques temps avant les révélations qui bouleversèrent sa vie. Tous ces événements renforça en lui la foi nouvelle que l’Empereur était bel et bien un Dieu.

Déterminé à fuir le système d’Istvaan pour rejoindre Terra afin d’avertir l’Empereur de la trahison d’Horus, l’Eisenstein fut gravement endommagée par le Terminus Est, la Barge de Bataille sous le commandement de Calas Typhon qui avait compris l’échec de Grulgor et de ses hommes. L’Eisenstein parvient à semer la puissante Barge de Bataille avant de faire un saut Warp.[17]

À la Dérive Dans le Warp

Garro affronte le Seigneur des Mouches sur Luna.
Une fois dans le Warp, l’Eisenstein endommagé attira l’attention du Dieu du Chaos Nurgle, le Seigneur de la Peste, qui ne souhaitait pas voir la rébellion d’Horus contre l’Empereur subir un revers. Les Champs de Geller ayant été affaibli par les dommages que la frégate avait subi des tirs du Terminus Est, le Dieu du Chaos étendit son influence maléfique dans le vaisseau naviguant dans l’Immaterium.

La puissance insidieuse de Nurgle ressuscita Grulgor et l’équipage du navire qui l’avait rejoint, créant ainsi les premiers Marines de la Peste. La bataille qui s’ensuivit entre les créatures Warp infectées et la Death Guard loyaliste à bord du vaisseau blessa le seul Navigator de la frégate.

Grulgor, utilisant un couteau empli des pouvoirs corrupteurs de Nurgle, réussi à infecter un membre de l’escouade de Garro, le Space Marine Solun Decius, et a presque triomphé de Garro, désespéré face à l’endurance hors du commun des Marines de la Peste. Cependant, Garro ordonna à l’Eisenstein de faire une transition d’urgence hors du Warp. Sans accès à la puissance infernale de Nurgle pour les soutenir dans le monde matériel, Grulgor et ses frères corrompus furent tués, leurs âmes aspirés dans le Warp.

Malheureusement, le choc psychique de cette sortie du Warp en urgence tua le Navigator, déjà blessé lors des affrontements. L’Eisenstein, ravagé par les combats, était en perdition dans le vide de l’espace…[18]

Vers Terra

Garro, coincé à des centaines d’années-lumière de tout espace habité, ordonna d’enclencher le compte à rebours d’autodestruction des moteurs Warp avant de les faire éjecter du vaisseau, dans l’espoir que l’explosion qui en résulterait dans l’Empyrée agirait comme une balise et attirerait l’attention de vaisseaux proches disposés à s’arrêter et d’enquêter. Mais si personne venait, l’Eisenstein ne pourrait jamais atteindre une autre destination et son équipage et ses passagers mourraient dans le vide de l’espace interstellaire.

Cependant, l’explosion qui s’ensuivi fit écho dans l’Immaterium et agi comme un phare pour le Primarque Rogal Dorn et la flotte de la Légion des Imperial Fists, menée par le célèbre vaisseau Phalanx. La flotte de la VIIe Légion avait été ballottés par des tempêtes Warp déchaînées, mais l’explosion des moteurs Warp ordonné par Garro avait permit aux Imperial Fists de retrouver un point de repère dans l’Immaterium. Dorn était en route vers Terra sur l’ordre de l’Empereur après avoir quitté son frère Horus quelques temps avant que ce dernier ne tombe sur Davin… Le Primarque sauva Garro et ses hommes, puis détruisit l’Eisentein, gravement endommagé et corrompus par les restes des Marines de la Peste afin d’éviter tout risque de propagation de cette infection inconnue.

Dorn emmena ensuite les survivants de l’Eisenstein à bord de Phalanx. C’est sur le pont de cette forteresse que Garro raconta à Dorn les actes de trahison du Maître de Guerre. Tout d’abord réticent au point de vouloir tuer Garro pour ses propos sur son frère Horus et des autres Primarques, Dorn fut confronté aux vidéos prises par la Commémoratrice Mersadie Oliton qui se brancha sur le projecteur hololithique serti dans le sol du pont du Phalanx. Une fois confronté à ces preuves accablantes, Dorn accepta l’effroyable vérité et ordonna aux Navigators de l’immense forteresse de se diriger vers le Système Sol où Dorn informerait son père, l’Empereur, de cette terrible nouvelle. En parallèle, il envoya une partie de sa flotte vers Istvaan III afin d'aider les loyalistes, si ces certains ont survécus…

Après leur arrivée dans le Système Sol, le Capitaine Garro, ses frères de la Death Guard, Euphrati Keeler, et Iacton Qruze ont tous été placés dans la citadelle de Somnus en résidence surveillée. Mais même avec son arrivée sur Luna, les problèmes de Garro n’étaient toujours pas terminés, car l’un de ses Astartes, Solun Decius, infecté par une maladie de Nurgle à bord de l’Eisenstein et placé dans la citadelle de Somnus afin de déterminer le mal qui le gangrenait, céda aux tentations de Nurgle après des jours d’agonie épouvantables et douloureuses. Le Seigneur de la Peste atténua ses souffrances et muta le corps corrompu de Decius en une abomination démoniaque baptisée le Seigneur des Mouches. Decius tua les deux Astartes qui gardait son corps puis ravagea toute la citadelle. Garro y affronta le Seigneur des Mouches, parvenant à l’éjecter sur la surface stérile et sans air de Luna. Invoquant l’Empereur-Dieu, Garro finit par décapiter le Démon qui avait été son camarade de confiance et bannit l’entité hideuse dans le Warp.

Quelques semaines plus tard, Malcador le Sigillite, Régent de Terra, vient en personne dans la citadelle de Somnus rencontrer Garro, Qruze et la Sœur du Silence Amendera Kendel. Il leur expliqua que l’Empereur avait besoin d’eux pour former une nouvelle organisation impériale, au-delà des frontières de la bureaucratie impériale existante, qui serait composée "d’hommes et de femmes de nature inquisitrice, d’agents qui traqueront le sorcier, le traître, le mutant et le Xenos…".

Nées sous le feu de la trahison et de l’héroïsme, les premières pierres de l’Inquisition étaient posées.[19]

Sources

  • MERRET ALAN, Visions d'Hérésie - Guerre, ténèbres, traîtrise et mort, 2014
  • SWALLOW JAMES, La Fuite de l'Eisenstein - L'Hérésie s'Étend, Black Library, 2007
  • DEMBSKI-BOWDEN AARON, Le Premier Hérétique : Corruption, Black Library, 2010
  • The Horus Heresy, Book One - Betrayal
  • The Horus Heresy, Book Two - Massacre
  • Index Astartes du White Dwarf N°102 (Octobre 2002)
  1. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Legiones Astrates - Preface (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. The Horus Heresy, Book Two - Massacre, Chapter The Road to War - The Dark Age and the Rebirth - The Dawning of the Great Crusade (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery (traduit de l'anglais par Guilhem)
  4. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery (traduit de l'anglais par Guilhem)
  5. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery - The Isstvan Compliance (traduit de l'anglais par Guilhem)
  6. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery - Conspiracy (traduit de l'anglais par Guilhem)
  7. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery - Onslaught (traduit de l'anglais par Guilhem)
  8. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery - Life-Eater (traduit de l'anglais par Guilhem)
  9. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - Eisenstein (traduit de l'anglais par Guilhem)
  10. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - Survival (traduit de l'anglais par Guilhem)
  11. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - Darkness (traduit de l'anglais par Guilhem)
  12. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - Decima (traduit de l'anglais par Guilhem)
  13. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - The Traitor's Dawn (traduit de l'anglais par Guilhem)
  14. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part III : Extermination (traduit de l'anglais par Guilhem)
  15. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part III : Extermination - The Tide of War (traduit de l'anglais par Guilhem)
  16. Informations issues de La Fuite de l'Eisenstein - L'Hérésie s'Étend, Chapitre Un - Regroupement - Une Bonne Lame - Le Seigneur de la Mort, Chapitre Deux - Assaut - Frères et Sœurs - Un Message Dans une Bouteille, Chapitre Trois - Aeria Gloris - Un Calice Empoisonné - Soumis à la Question, Chapitre Quatre - Deux Visages - Un Hurlement Dans les Ténèbres - Les Légendes Rassemblées, Chapitre Cinq - Des choix - Présages - Extremis, Chapitre Six - Au Bord de l’Abîme - Triade de Crânes - De Nouveaux Ordres, de SWALLOW JAMES, Black Library, 2007 et résumées par Guilhem.
  17. Informations issues de La Fuite de l'Eisenstein - L'Hérésie s'Étend, Chapitre Sept - Atterrissage en Force - Dévoreur de Vie - Décision, Chapitre Huit - Le Point de Non-Retour - Sacrifice - Serment de l’Instant, Chapitre Neuf - Une Prière - Pluie de Mort - Réfugiés, Chapitre Dix, Terminus Est - L’Échappée - Plongés Dans le Maelström, de SWALLOW JAMES, Black Library, 2007 et résumées par Guilhem.
  18. Informations issues de La Fuite de l'Eisenstein - L'Hérésie s'Étend, Chapitre Douze - Le Vide - Une Église des Hommes - Perdus, Chapitre Treize, Une Veille Silencieuse - Sans Peur - Trouvés, de SWALLOW JAMES, Black Library, 2007 et résumées par Guilhem.
  19. Informations issues de La Fuite de l'Eisenstein - L'Hérésie s'Étend, Chapitre Douze - Le Vide - Une Église des Hommes - Perdus, Chapitre Quatorze, La Fureur de Dorn - Divinité - Vers Terra, Chapitre Quinze - Le Destin des Soixante-Dix - La Mer des Crises - Renaissance, Chapitre Seize, Le Seigneur des Mouches - Silence - En Son Nom, Chapitre Dix-Sept, Les Paroles du Sigillite - La Tempête Approche, de SWALLOW JAMES, Black Library, 2007 et résumées par Guilhem.

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