Catégorie:Hérésie d'Horus

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Artikle pô fini. J’suis en train d’mettre ça
kom il fô pour k’ça soit tout bô tout bien !
- Krapull Kass’Krane, Mékano
et scribe stagiaire Ork.


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« Le sort en est jeté. Je me suis engagé sur une route dont je ne peux me détourner. C’est un pari risqué, qui pourrait entraîner mon anéantissement total, ou le plus fantastique des triomphes. Mais les dieux sont avec moi. Je suis sûr qu’au terme de mon voyage, je m’accaparerai le trône de Terra ; pour le bien de l’espèce humaine, je déposerai l’Empereur et je prendrai Sa place comme le seul authentique seigneur de toute la galaxie.
Certains me qualifient de traître et d’hérétique, mais il est mon destin de régner sur les astres au nom de l’Humanité. Ne suis-je pas le plus grand des Primarques ? Le fils favori de l’Empereur ? Ne suis-je pas par conséquent celui qu’Il a choisi ? Il m’appartient de régner, par voie naturelle de succession, et par le droit des armes que j’ai fait valoir sur un millier de champs de bataille. C’est à moi que s’en réfèrent les armées de l’Imperium pour les guider. C’est vers moi que se tournent les autres Primarques et leurs Légions. Seul l’Empereur Se dresse entre moi et le trône de Terra. Le moment est venu pour moi de m’en emparer, et je le ferai, mais mon propre avenir n’est pas le seul qui soit en jeu.
Les seigneurs du Warp m’ont laissé entrevoir le destin de l’Imperium, si nous devions laisser l’Empereur manipuler des forces qu’Il ne peut maîtriser. Ce futur n’est que déliquescence. La mort et le déshonneur seront les seules médailles que les guerriers de l’Humanité auront à gagner dans ces temps sombres, la galaxie ne recèlera plus aucun espoir pour les fils de l’homme. Les infâmes Xenos étendront leur emprise sur nos mondes : la puissance de nos armées glorieuses sera fracassée par leurs hordes sans nombre, et nos populations seront décimées comme un bétail humain pour satisfaire leurs vils appétits. Dans ce futur cauchemardesque, les masses humaines n’auront plus la force de défier leurs oppresseurs, de lutter contre des horreurs que l’univers n’a pas encore lâchées contre nous. Elles se terreront dans leurs taudis grossiers, et prieront un dieu insensible, un Dieu Charognard, le maître de leur désespoir. Un Empereur qui n’entendra pas leurs pleurs, qui n’éprouvera pas leur douleur ni leurs craintes.
Oui, l’Empereur de l’Humanité abandonnera Son peuple. Il lui tournera le dos afin de gagner Sa place parmi les dieux. L’Empereur ne se préoccupe que de Lui, obsédé comme Il l’est par Sa propre puissance et par la gloire. Il a trompé Ses fils et ceux qui le suivaient. Nous n’avions pas de place dans Son grand projet. Il a attendu, attendu l’opportunité de nous rejeter et de Se hisser vers un statut d’être divin. Pendant que nous avons livré ces guerres pour Lui les unes après les autres, Lui faisait accroître en secret Sa puissance dans le Warp. Les créatures qui y vivent ne sont que des pions innocents dans ce jeu mortel. Elles m’ont assuré que nos affaires ne les intéressaient pas. Elles ne s’opposent pas à Lui sans raison. Pour elles, Il est un ouragan, une tornade, une tempête de destruction cosmique qui menace de les anéantir. Il les a mutilées, elles ne font que se défendre comme un lion blessé acculé au fond d’une grotte. Les grandes entités du Warp ne cherchent qu’à se préserver de la prédation de l’Empereur, et pour y parvenir, elles ont conclu ce pacte avec moi. Je leur offrirai Sa tête, en échange de quoi je recevrai la galaxie pour en faire comme il me siéra.
Je suis le sauveur de notre destin. C’est moi qui amènerai au genre humain une gloire durable. Moi seul, je peux garantir à ses multitudes l’authentique espoir d’un avenir sans souffrance et sans servitude, libéré de la mort et du déshonneur. »
Je suis Horus, le Maître de Guerre. Je suis le futur Maître de l’Humanité.

Lors des jours sombres du M31, le fils favori de l’Empereur trahit Son créateur et plongea l’Imperium dans la guerre civile. L’influence d’Horus était telle qu’il parvint à rallier à lui la moitié des Légions Astartes, et à les retourner contre leurs frères pour tenter de destituer l’Empereur. Depuis cette trahison ignoble, l’Imperium de l’Humanité est consumé par des guerres et des luttes fratricides qui pourraient bien un jour signer sa perte.

Une nouvelle ère avait commencé, mais cette aube dorée n’allait pas déboucher sur le futur rayonnant que l’Empereur désirait pour l’Humanité. Le jeune Imperium fut en effet déchiré par la grande trahison de l’Hérésie d’Horus. L’orgueil humain et l’ambition prêtèrent le flanc aux machinations des Dieux Sombres. L’âge de lumière s’assombrit comme l’Humanité troquait la raison contre la superstition afin de survivre.

Les Légions de Space Marines armés par les usines de Mars formaient le fer de lance de la Grande Croisade. Soutenues par l’Armée Impériale, elles se révélèrent invincibles. Les Xenos et les créatures du Warp furent repoussés, et les planètes furent reprises les unes après les autres. Les campagnes militaires éloignaient toujours plus les armées de Terra, qui découvrirent successivement les vingt Primarques, qui rejoignirent la Grande Croisade à la tête de la Légion créée à leur image.

L’Empereur énonça trois principes inviolables au cours de ces conquêtes galactiques : la corruption génétique devait être éradiquée, les Psykers devaient être rassemblés, contrôlés et confiés aux agents impériaux pour être évalués. Enfin, les Xenos hostiles devaient être mis hors d’état de nuire. Triomphant sur tous les fronts, l’Imperium de l’Humanité devint rapidement le plus grand empire de la galaxie. L’Empereur jugea alors que la phase suivante de Ses plans pouvait avoir lieu, c’est pourquoi Il confia le commandement des Légions de Space Marines à ses Primarques et retourna sur Terra. Horus, le Primarque des Luna Wolves (renommés plus tard Sons of Horus), fut nommé Maître de Guerre et prit la tête de la Grande Croisade.

À l’aube de cette nouvelle ère pour l’Humanité, l’irréparable survint. Se détournant de l’Empereur et de Ses enseignements, le Maître de Guerre Horus commit la trahison ultime et embrassa la cause des Dieux Sombres. Investi par leurs pouvoirs, il déclencha une rébellion qui plongea la galaxie dans la guerre civile. Plus d’un tiers des forces militaires de l’Imperium se joignit à Horus, y compris la moitié des Légions de Space Marines. Les combats fratricides aux proportions titanesques qui s’ensuivirent donnèrent lieu à des mythes et à des rancunes qui perdurent aujourd’hui encore.

Cherchant à tuer l’Empereur, les traîtres se frayèrent un chemin sanglant vers Terra et attaquèrent le Palais Impérial en hurlant de rage. Finalement, grâce à des actions héroïques, les loyalistes renversèrent le cours de la bataille et Horus fut tué par l’Empereur, mais ce faisant, ce dernier fut mortellement blessé. Malgré tout, grâce à Sa volonté hors du commun, le Maître de l’Humanité parvint à survivre assez longtemps pour que Son corps brisé soit placé dans les machineries du Trône d’Or récemment achevé. Ainsi, au cœur du Palais Impérial, une technologie étrange permet à l’esprit de l’Empereur de perdurer afin qu’Il protège l’Humanité. Son enveloppe charnelle était désormais immobile, pourtant Il conservait toute la maîtrise de Ses immenses pouvoirs psychiques.

Le rêve de l’Empereur de donner vie à un âge de lumière où l’Humanité serait libérée de la superstition et de l’ignorance a cédé la place à quelque chose de bien plus funeste. Même si l’Imperium a perduré, ce n’est que grâce à des lois oppressives appliquées en Son nom.

C’est ainsi qu’est né un âge de dictateurs et de déraison, de stagnation et d’aveuglement. La population a régressé dans l’obscurantisme religieux tandis que l’Empereur Se tient immobile, sans que nul puisse deviner Ses pensées. Il étend Sa volonté sur plus d’un million de mondes, sans pour autant être en mesure de bouger le moindre de Ses muscles.

Les combats sans merci de l’Hérésie d’Horus marquèrent le début d’un âge sanglant. Suite à la mort du Maître de Guerre, les traîtres se dispersèrent et de nombreux conflits secondaires ravivèrent les flammes des combats. Le Nettoyage se poursuivit longtemps, et il fallut livrer des milliers de batailles pour que l’Imperium chancelant échappe définitivement au risque de l’annihilation. Suite à ces troubles, la hiérarchie de l’Imperium fut modifiée en profondeur. L’autorité suprême passa des mains de l’Empereur à celles d’un conseil agissant en Son nom. La suspicion fut à l’origine de bon nombre de ces changements, car on découvrit que beaucoup plus de planètes qu’on ne le pensait de prime abord avaient sombré dans la trahison. Les racines de la corruption étaient profondes et difficiles à arracher. La méfiance et la paranoïa s’installèrent et engendrèrent une ère de crainte et de doute.

Les changements affectèrent aussi les institutions militaires et gouvernementales. Les Legiones Astartes, qui avaient été indispensables pour assurer la victoire de l’Humanité pendant la Grande Croisade, furent divisées en entités nommées Chapitres. Cette transition fut orchestrée par Roboute Guilliman, le Primarque de la Légion des Ultramarines, afin de conserver la polyvalence des Space Marines sans que plus jamais la puissance de toute une Légion de cent mille Space Marines repose entre les mains d’un seul individu.

L’Armée Impériale fut elle aussi altérée. Elle comprenait auparavant les bâtiments de guerre qui parcouraient les étoiles, et qui transportaient les innombrables soldats chargés de guerroyer à la surface des planètes. Ces organisations formèrent respectivement la Marine Impériale et l’Astra Militarum. Il en fut ainsi dans toutes les institutions de l’Imperium, qui furent scindées, fractionnées. Un grand nombre de branches de l’Adeptus Administratum virent le jour, et il n’était pas rare que deux organisations indépendantes qui n’avaient pas mutuellement connaissance de leur existence soient chargées des mêmes missions. Ces mesures de sécurité donnèrent lieu à un système sibyllin secrètement chapeauté par la nouvellement formée et toute-puissante Inquisition, une organisation en marge de l’autorité impériale. Sa mission était de tout vérifier et de tout espionner afin de débusquer le moindre danger menaçant l’Humanité. Nul en dehors de l’Empereur ne pouvait échapper à son regard perçant.

Sommaire

L'HÉRÉSIE D'HORUS

« La mort est tout autour de nous à présent : la mort du corps, la mort de l’esprit, mais surtout la mort de l’espoir.
La mémoire meurt et seule la légende restera. Beaucoup sont déjà partis, qu’ils soient nobles ou lâches, lamentés ou inconnus. Le cataclysme qui a déchiré notre Imperium résonne encore, et il n’y a pas assez de temps pour compter les morts, certains en faisant le travail de leur vie dit-on. Notre Empereur, notre brillant seigneur, notre libérateur, notre père errant - la plus grande victime de tous, brisée et silencieuse maintenant sur Son trône étincelant - le mort immortel, un nouveau dieu sans vie pour une nouvelle ère de terreur.
Reverrez-nous la lumière ? Je le pense pas, pas dans mille vies à venir du moins, mais j’ai peu d’espoir. Je suis l’un des rares encore en vie qui se souvient de l’espoir, l’un des rares "humains" en tout cas ; pas un Primarque, pas un Legiones Astartes, pas un Custodien, pas un membre du Mechanicum. Ni même un des courtisans qui s’augmente avec acharnement les fils de sa vie pour vivre dans l’horreur des traitements alchimiques et de la jeunesse volée. Je n’aurais aucune partie de tout cela - indépendamment de ce que le Sigillite souhaitait - je suis et suis resté - seulement humain. Je me souviens de l’Imperium tel qu’il était censé être, comment cela aurait pu être, et contrairement à l’Empereur, je n’ai pas de merveille dorée pour me conserver, et bientôt je partirai.
C’est pour cette raison que j’ai assemblé ces notes dont vous tenez le premier volume en main. J’y ai mis mes connaissances et ma mémoire. Je sais qu’à présent certains diront que mes paroles sont des mensonges ou pire, de la trahison, et je ne doute pas que dans l’obscurité sombre de ce qui va sûrement suivre, mes paroles sembleront au mieux une cruelle plaisanterie. Mais si le destin est avec moi, les archives survivront à l’obscurité à venir - endureront la haine du zélote et la superstition aveugle que nous nous sommes tirés tel un linceul, et la vérité sera connue.
J’ai vu avec des yeux alors jeune et ceci est mon testament. J’étais là quand Tallarn brûla et que Keoptis fut noyé dans des océans de sang. J’ai été témoin du ciel de Terra déchiré par la foudre et les ténèbres le jour où le Maître de Guerre est venu et que l’enfer l’a suivi. J’ai entendu le glas funèbre de l’Empereur de l’Humanité et j’ai pleuré.
Je me souviens.
- AK.[1]
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L'Âge de l'Empereur

L’Âge de l’Empereur.
C’est une époque légendaire…
Des héros se battent pour régenter la portion de galaxie que les vastes armées de l’Empereur de Terra ont conquise durant leur Grande Croisade. Une myriade de races extraterrestres ont été écrasées par les combattants d’élite de l’Empereur et se sont repliées vers leurs antres pour y soigner leurs plaies.
L’aube d’une ère de suprématie se lève sur l’Humanité. Des citadelles éclatantes d’or et de marbre célèbrent les nombreux triomphes de l’Empereur. Sur un million de mondes sont érigés des monuments rappelant les exploits épiques de Ses plus formidables guerriers.
Premiers parmi eux, les Primarques, des héros surpuissants, imposants et magnifiques, l’aboutissement ultime des expérimentations génétiques de l’Empereur, ont mené leurs armées de Space Marines de victoire en victoire. Les Space Marines sont les plus puissants guerriers humains que la galaxie ait jamais connus, chacun d’eux surpassant une centaine de soldats ordinaires.
Organisés en vastes armées de dizaines de milliers de combattants, appelées les Légions, les Space Marines et les Primarques qui les dirigent règnent désormais sur la galaxie au nom de l’Empereur.
Le plus illustre de ces Primarques est Horus, le plus fort, le premier parmi ceux que l’Empereur considère comme Ses fils. Il est le Maître de Guerre, commandant en chef de toute la puissance militaire impériale ayant assujetti un millier de milliers de mondes et conquis la galaxie. C’est un guerrier sans égal, honnis peut-être l’Empereur en personne. Son astre est ascendant et ses troupes lui sont toutes dévouées. Mais la confiance qu’elles ont en lui est sur le point de voler en éclats.
À l’insu d’elles et de l’Empereur, Horus a été corrompu en secret par les puissances du Warp. Le Chaos lui a murmuré à l’esprit, et Horus a prêté l’oreille à sa ruse et à sa perversité. Pourquoi Horus devrait-il continuer à faire comme l’Empereur l’ordonne ? N’est-ce pas lui qui a mené les Légions Space Marines vers d’innombrables victoires ? Ne porte-t-il pas les balafres d’un millier de batailles ? L’Empereur a-t-il été là pour verser ne fût-ce qu’une larme quand de braves Space Marines connaissaient une mort horrible de la main de leurs adversaires xenos ? Non, c’est lui, Horus, qui s’est battu, qui a saigné et pleuré ! Lui qui a planifié les guerres et les victoires, lui qui s’est attaché la loyauté des Space Marines ; c’est lui qui devrait être acclamé comme Empereur de l’Humanité !
L’Empereur, de Son côté, est assis sur Son trône de Terra et songe à l’avenir, après avoir engendré à Lui seul la plus incroyable puissance militaire jamais connue. Son génie a élaboré le profil génétique de Ses Primarques et des Space Marines, leur descendance. De son esprit brillant est né le Grand Projet : l’union des empires de Terra et de Mars, et leur Grande Croisade afin de soustraire l’Humanité aux griffes des Xenos et des bêtes du Warp. Ce fut l’Empereur qui libéra le potentiel des Navigators et permit au genre humain de couvrir sans péril de grandes distances à travers le Warp. Mais son œuvre n’est pas achevée, et le voilà songeur, et Son vaste intellect calcule quelle sera la destinée du genre humain. Le temps joue contre Lui. Ses facultés de précognition s’estompent, la pression de devoir entretenir le signal de l’Astronomican à l’échelle de toute la galaxie s’accroît de jour en jour ; le futur se voile et s’assombrit. L’Empereur a conscience que d’autres comme Lui voient le jour, mais plus faibles que Lui, moins capables de résister à l’étreinte séductrice du Warp et aux horreurs inconnues qui s’y trouvent.
C’est sur ces Psykers émergents que l’attention de l’Empereur se focalise. L’heure est venue pour Lui d’ordonner la fabrication des moteurs psi et des stations-tests à occulum, qui chercheront les gènes des Psykers latents au sein des populations. Les Psykers émergents pourront alors être entraînés et purifiés, protégés des dangers du Warp et des entités malveillantes qui s’y trouvent. Le destin de l’Humanité est fragile, et Lui seul peut la guider en avant sans rien devoir craindre.
Les grandes armées de l’Empereur ont rempli leur but. L’heure est maintenant venue que les Légions soient démantelées, que les Space Marines soient chargés d’autres tâches, de monter la garde sur les mondes humains et d’en défendre les nouveaux régimes. Les seigneurs guerriers que sont les Primarques deviendront les souverains de ces mondes et les administrateurs du Grand Projet.
Mais Horus réclame vengeance ; il veut débarrasser la galaxie de tous les adversaires extraterrestres de l’Humanité. Pas un seul Xenos ne doit rester vivant pour menacer encore le genre humain. Les Légions doivent les traquer et tous les éradiquer ! Les glorieuses armées de l’Imperium ne devraient pas être forcées de déposer les armes. Elles n’ont pas vocation à être émasculées, reconverties en policiers et en gardiens de prisons ! Le Démon présente ses arguments à l’oreille d’Horus de façon à le faire plier, et l’Empereur devrait prendre garde au danger.

L'Ère des Luttes

Cette tragique période dura plus de cinq mille ans, pendant lesquels les planètes occupées par l’homme furent isolées au milieu d’orages Warp qui rendirent les échanges interstellaires impossibles. La Terre se retrouva totalement coupée de ses colonies et de ses alliés. Partout dans la galaxie les mondes humains succombèrent à l’anarchie, à la guerre, et la civilisation sombra dans les luttes de pouvoir des factions locales.

Au spectacle de cette décadence, des centaines de peuples extraterrestres saisirent leur chance de piller et d’asservir les mondes sans défense. Des planètes furent mises à sac et leurs populations massacrées ; celles qui survécurent tombèrent rapidement dans la barbarie, mais bien pire encore était la menace du Warp.

L’existence des créatures du Warp était peu connue, et le danger présenté pour l’esprit humain mal compris. Sur les planètes à forte concentration de Psykers, ces créatures parvinrent à briser les barrières entre l’Immaterium et l’espace réel ; des mondes entiers furent envahis par les horreurs indescriptibles qui s’en échappèrent, certains même avalés par le Warp et perdus à jamais.

L’Humanité se débattait contre son extinction. Isolés, en proie aux querelles intestines, cernés par les attaques extraterrestres et confrontés aux périls des incursions du Warp, les mondes humains qui avaient perduré n’étaient plus que l’ombre pathétique de leur gloire passée. L’effort nécessaire pour sauver l’Humanité et la libérer de cet enfer allait devoir être surhumain.

L’Ère des Luttes avait laissé la Terre dans un état effroyable. Des générations de combats avaient fait de ses paysages un désert inhospitalier, et de ses habitants une masse de sauvages dégénérés, dont les tribus nomades étaient lancées dans des guerres religieuses incessantes par les prophètes et les démagogues. Tout la coupait de son empire sidéral passé. Seul demeurait un contact intermittent avec Mars et ses Technoprêtres, devenus des ennemis jurés pour les insensés de la Vieille Terra.

Ce fut de ce marasme qu’un chef émergea ; Il était l’Empereur, et Sa force reposait dans Sa rationalité et Sa clairvoyance. Peu suspectèrent en Lui la part de mutant. De grandes régions de la Terre turent conquises par Sa main et les bouleversements s’y déchaînèrent. La peur et la foi aveugle y laissèrent place à la raison. L’Empereur entama une série d’expérimentations génétiques, afin de stabiliser la souche de l’espèce humaine et de la recréer telle qu’elle avait été avant les tempêtes de radiations. Puis Il forma Son Conseil de Guerre, composé de Ses généraux les plus aptes et d’administrateurs de haut rang qui se mirent à l’estimer comme un être divin.

La Grande Croisade

L’Empereur proclame le début de la Grande Croisade !
Des cendres de l’Ère des Luttes se dressa un meneur, celui que l’histoire ne retiendrait dès lors que comme l’Empereur. Ses origines ne sont plus connues aujourd’hui, mais ce fut sur Terre, en soumettant et en rassemblant les factions guerrières, qu’Il commença à forger l’empire galactique qui allait unir à nouveau la myriade des mondes de l’Humanité.

Dès ces prémices, l’Empereur S’entoura des guerriers génétiquement modifiés qui allaient devenir les Space Marines. Ces troupes surhumaines prirent facilement le dessus lors des Guerres d’Unification, soumirent tous leurs opposants terriens et forcèrent les Technoprêtres de Mars à demander la paix. Emportés par une ferveur zélée, ils furent les premiers à se référer à leur mission sous le terme de "croisade".

Alors même que la conquête de la Terre s’achevait, un événement cosmique survint : une onde de choc massive traversa le Warp, balayant les tempêtes qui avaient fait rage cinq mille ans durant. Les armées de l’Empereur pouvaient à présent prendre le chemin des étoiles, et la Grande Croisade venait de commencer.

Le système solaire fut la première région spatiale conquise par l’Empereur et Ses Légions Space Marines. Les envahisseurs extraterrestres furent chassés des lunes de Saturne et de Jupiter, dont les habitants humains libérés de l’esclavage furent rapatriés sur Terre.

Sous la direction du Mechanicum, une assemblée de technocrates, Mars avait développé une culture solide fondée sur le culte du Dieu-Machine, dédiée à l’étude et à la construction d’engins et de machines de tous types. L’Empereur n’attaqua pas ce monde, et préféra conclure une alliance avec ses dirigeants.

L’accès aux usines géantes de Mars Lui permit de considérablement augmenter la puissance de ses soldats grâce à un équipement amélioré. Les Technoprêtres lui fournirent également les immenses croiseurs à propulsion Warp qui allaient transporter les Légions Space Marines et les gigantesques machines de guerre appelées Titans aux quatre coins de la galaxie.

Ainsi l’Empereur emmena-t-Il Ses Space Marines dans une mission pour libérer l’Humanité des extraterrestres et des Démons qui avaient failli causer sa perte. Les planètes furent reconquises les unes après les autres, et les oppresseurs d’hier mis en déroute ou anéantis dans une série de guerres épiques. Les mondes infectés par les créatures du Warp furent nettoyés sous les bombes virales et les missiles Vortex de tirs orbitaux apocalyptiques.

Ce fut au fil de la Grande Croisade que les Space Marines retrouvèrent leurs Primarques. Les planètes sur lesquelles les Primarques avaient grandi et qu’ils dominaient devinrent le protectorat des Légions, où furent établis des bases permanentes depuis lesquelles il leur était possible de lancer des offensives contre pratiquement n’importe quel ennemi. La puissance de l’Imperium se trouvait à son apogée. Rien ni personne ne pouvait faire obstacle à l’Empereur et à Ses armées.

Les Flottes Expéditionnaires

Durant la Grande Croisade, les troupes pléthoriques de l’Empereur furent organisées en un certain nombre de formations, connues sous le nom de Flottes Expéditionnaires. Il n’y eut au départ qu’une seule de ces flottes, commandée par l’Empereur Lui-même, mais davantage furent lancées à mesure que la Croisade se répandait dans la galaxie. De talentueux généraux, des hommes de confiance, étaient nommés à leur tête.

Afin que chacune puisse recevoir le soutien adéquat et que leurs mouvements soient suivis avec un certain degré de précision, chacune des Flottes Expéditionnaires recevait un numéro attribué par le Conseil de Guerre. Lorsque la Grande Croisade toucha à sa fin, on comptait près de cinq mille expéditions primaires, et plus de soixante mille groupes secondaires de déploiement opérant à travers l’Imperium.

La composition de chacune des flottes n’était pas fixe. Les diverses escadres de vaisseaux, les régiments de l’Armée Impériale, les formations de troupes auxiliaires, et même les détachements des Légions Space Marines composant une flotte pouvaient aller et venir au fil du temps, comme le dictait la stratégie prédominante. Mais les matricules de désignation demeuraient les mêmes, et bien que la plupart n’acquirent jamais de signification particulière, certains finirent par être associés à des Primarques spécifiques, ou d’autres meneurs d’hommes prestigieux.

La désignation numérique d’une Flotte Expéditionnaire se transmettait aux planètes conquises par ses forces : ainsi, par exemple, un monde impérial initialement connu sous le nom de Soixante Trois Dix-Neuf avait-il été le dix-neuvième découvert par la 63e expédition. Il devenait par conséquent possible aux administrateurs de retracer les mouvements d’une flotte spécifique grâce aux mondes que celle-ci avait rencontrés, pris dans l’ordre chronologique.

Le Conseil de Guerre

Malcador le Sigillite

Durant sa conquête de la Terre, l’Empereur s’adjoignit des lieutenants de confiance et leur confia des tâches dignes d’hommes de ce statut. La plupart de ces loyaux serviteurs provenaient de Sa garde et des rangs des Space Marines.

Malcador faisait exception, lui qui avait été présent à Ses côtés dès les premières années des Guerres d’Unification. Il n’était pas un combattant, mais un érudit à l’allure d’un prêtre, vêtu des robes à capuche d’un simple intendant. Ses origines n’étaient connues de personne, sauf peut-être de l’Empereur Lui-même.

Ce fut cet homme qu’Il choisit pour régenter Son palais, poste qui impliquait l’administration de Terra, nouvellement unifiée. À mesure que la Croisade progressait, Malcador gagna en pouvoir et en influence lorsqu’il fut nommé superviseur de la Dîme, puis contrôleur de l’Administration Impériale.

Les bruits ont abondé sur la véritable nature de cette figure énigmatique qui paraissait jouir d’une vie étonnamment longue. Certains voient en lui un Psyker, le premier qui aurait subi le rituel de l’Unification des Âmes. D’autres rumeurs le disent appartenir à la parenté éloignée de l’Empereur.

L’opération gigantesque qu’était la Grande Croisade impliqua des milliers de vaisseaux et des millions de soldats, que la campagne mena d’un bout à l’autre de la galaxie où des dizaines de milliers de mondes humains attendaient d’être sauvés.

Le dispositif militaire de l’époque comptait l’intégralité des Légions Space Marines, des centaines de régiments auxiliaires levés sur les mondes récemment reconquis, les machines de guerre fournies par le Mechanicum et ses Mondes-Forges, dont les plus démesurées étaient les Titans de la Collegia Titanica, et une multitude d’autres organisations armées plus réduites, dont une des plus significatives malgré sa petite taille était la Garde Custodienne, la garde personnelle de l’Empereur.

Toutes ces formations étaient soutenues par un arsenal impressionnant de croiseurs, de navettes de largage et de transports de troupes dont disposaient les Légions Space Marines, le Mechanicum et les commandants impériaux.

Afin de gérer l’exécution de la Grande Croisade, l’Empereur rassembla un Conseil de Guerre qui devint dans les faits le corps dirigeant de l’Imperium, au travers duquel la loi impériale fut amenée sur des centaines de milliers de mondes humains.

L’Empereur trônait à la tête de ce conseil, et à Sa droite était assis Malcador. Chacun des Primarques y avait une place réservée, ainsi que le commandant des Custodiens, et lorsque l’Empereur avait conclu son alliance avec Mars, le Fabricator-Général du Mechanicum s’y était également vu offrir un siège. Une équipe d’Astropathes était affectée aux réunions du conseil afin de permettre à ses membres de communiquer entre eux, quand l’expansion de l’Imperium grandissant et les difficultés inhérentes aux voyages par le Warp rendirent de moins en moins possible la présence physique de chaque membre de l’assemblée.

Le Departmento Munitorum

Afin de supporter la masse de travail toujours croissante que représentait la gestion des Flottes Expéditionnaires, de leurs communications et de toute leur logistique attenante, une nouvelle division de l’Administratum fut créée sur Terra. On lui attribua le contrôle total de tous les approvisionnements des armadas de la Grande Croisade, bien qu’avec le temps, ce contrôle fut étendu à la réquisition des troupes, ainsi qu’à la maintenance de tous les transports, vaisseaux, machines de guerre et équipements. et au ravitaillement en munitions. Le Departmento Munitorum fut ainsi fondé de façon formelle peu avant le grand Triomphe d’Ullanor.

La tâche à laquelle il lui fallait faire face était immense, et le Deparmento Munitorum gagna rapidement en taille afin d’y répondre. Des centaines de milliers d’individus furent recrutés dans les rangs de l’Administratum basé sur Terra et détachés à sa myriade de divisions et de sous-sections. Au fur et à mesure que ses effectifs s’accroissaient, son statut au sein de l’Imperium s’étoffa lui aussi, ainsi que son pouvoir et son autorité.

Quelques mois à peine après sa fondation, le Departmento Munitorum ne limita plus ses activités aux simples tâches de réapprovisionnement et de maintenance, pour s’impliquer également dans le bourbier politique entourant les grandes flottilles et leurs leaders militaires. Sa mission fut de s’assurer de l’adhésion à la stratégie centrale de toutes les instances au sein des Flottes Expéditionnaires, et de ramener les éléments inconstants de la machine militaire impériale dans le droit chemin. Cela fit naître la méfiance et une certaine agitation au sein des flottes elles-mêmes, de nombreux militaires voyant cela comme une tentative des bureaucrates de prendre les rênes de l’effort de guerre ; un point de vue partagé par plusieurs individus de premier ordre, qui résistèrent autant qu’ils le purent aux ingérences du Departmento Munitorum, sans jamais s’y opposer de front.

Les Légions Astartes

L’Ost de Croisade

De façon évidente, les Légions Space Marines constituaient les plus puissantes organisations militaires de l’Imperium, sinon de la galaxie entière. Il fut par conséquent jugé approprié de leur conserver une forme de présence représentative auprès du siège de la puissance impériale tandis que la Grande Croisade progressait. À cette fin fut formé sur Terra un groupe de Space Marines tirés des rangs de chaque Légions.

L’Ost de Croisade avait pour lieu d’attache le Préceptoire. Dans ses vénérables salles, ces guerriers gardaient le décompte des glorieuses victoires de leurs frères, portaient le deuil des morts et agissaient comme délégués de leur Primarque dans les système Sol.

Les recherches qui menèrent à la création des Space Marines commencèrent durant l’Ère des Luttes, tandis que la Terre était isolée du reste de la galaxie. L’Empereur rassembla autour de Lui une équipe de maîtres scientifiques et leur fit construire des laboratoires génétiques secrets dans les vastes donjons de Sa forteresse.

Ce fut sous leurs voûtes sombres que Ses premiers guerriers d’élite furent créés. L’Empereur tria sur le volet les hommes de Sa garde personnelle dont certains furent ensuite soumis à de profondes modifications chirurgicales et psychologiques. Ces élus n’étaient pas seulement immensément forts, mais développèrent également une volonté d’acier : grâce à un entraînement rigoureux et au conditionnement mental approprié, ils devinrent des combattants implacables, à la loyauté exemplaire envers l’Empereur.

Les premiers Space Marines furent organisés en vingt régiments composés chacun de seulement quelques centaines de guerriers. L’Empereur donna à ces formations des noms qui l’un après l’autre devinrent synonymes de sa suprématie et insufflaient la peur dans les cœurs de leurs adversaires. Avec l’aide des soldats d’exception qui constituaient Ses troupes, l’Empereur conquit la Terre et soumit à Sa volonté les multiples factions armées. Pour la première fois depuis des temps immémoriaux, la planète allait être unie sous la loi d’un seul.

À mesure que le temps s’écoulait, les rangs des Space Marines se gonflèrent rapidement des hommes recrutés parmi les tribus récemment conquises, et au moment où la Terre fut totalement passée sous la coupe de l’Empereur, chacune de ses Légions était forte de plusieurs milliers de guerriers.

Les Primarques

Neuf Primarques durant le Triomphe d’Ullanor.
La Terre resta isolée durant l’Ère des Luttes, mais l’Empereur voyait déjà plus loin ; en préparation de la reconquête de la galaxie, Il eut l’idée des vingt Primarques et les engendra. Ces personnages extraordinaires allaient être Ses généraux, de grands meneurs qui conquerraient des millions de mondes en Son nom. Chacun devait disposer d’une force et de capacités martiales inconcevables chez n’importe quel autre humain, qui rivaliseraient avec celles de l’Empereur Lui-même.

Un événement cataclysmique sembla sonner le glas de Ses ambitions à leur sujet, lorsqu’un étrange vortex Warp arracha des laboratoires de l’Empereur les Primarques toujours à l’état fœtal et les éparpilla dans la galaxie, sur des mondes isolés. Les années passèrent et les Primarques grandirent séparément sur leurs planètes, où ils devinrent des chefs guerriers reconnus.

Durant la Grande Croisade, l’Empereur retrouva les Primarques les uns après les autres. Grâce à leur physique et leurs talents surhumains, chacun s’était élevé jusqu’à une position d’autorité au sein de sa culture d’adoption.

La force du lien entre les Légions et leur Primarque suggère leur importance dans le processus ayant mené à la création des Space Marines, lesquels partagent avec eux une partie de leur patrimoine génétique, et certains de leurs traits physiques et mentaux. À mesure qu’ils étaient reconnus, chaque Primarque prit donc naturellement la tête de celle des Légions avec laquelle il avait tant en commun.

Les planètes d’adoption des Primarques devinrent pour la plupart la nouvelle base d’opérations de leur Légion et furent par la suite désignées comme leurs mondes natals. Dans bien des cas, les Primarques intégrèrent dans les effectifs de celle-ci les autochtones qui avaient été leurs serviteurs dévoués.

Les suppositions et les théories abondent quant à la véritable nature des Primarques, les plus puissantes de toutes les créations de l’Empereur, qui arpentèrent les champs de bataille de la Croisade et dont les noms et la légende perdureraient à jamais.

Les plus répandues avancent qu’ils furent conçus à partir du propre patrimoine génétique de l’Empereur et ainsi destinés à devenir des meneurs d’hommes, de grands soldats et des héros, capables de prouesses martiales égalées uniquement par leur charisme et leurs facultés mentales, dotés chacun de spécificités qui les distingueraient des hommes ordinaires.

L’Empereur avait-Il en tête de les créer pour qu’ils soient ceux qui feraient sortir l’Humanité des ténèbres et la guideraient vers un nouvel âge d’or ? Ou ne furent-ils qu’une conséquence inattendue des expérimentations qui aboutirent à la création des Space Marines ?

Et qu’en est-il de la mystérieuse force qui dispersa les Primarques nouveau-nés dans la galaxie ? Les quelques traces qui subsistent de cet événement restent imprécises, mais la tradition affirme que cela fut le fait d’un vortex Warp localisé qui ouvrit plusieurs portails vers les planètes éloignées. Sans doute la vérité ne sera-t-elle jamais connue. Leur dispersion a-t-elle été voulue par l’Empereur afin que les Primarques découvrent l’existence ailleurs que dans le laboratoire où ils avaient été engendrés ? Était-ce pour qu’ils puissent se forger une destinée par eux-mêmes et prouver leur valeur, ou une autre influence plus obscure était-elle à l’œuvre ? Fut-ce une tentative des Dieux Sombres pour briser les rêves de l’Empereur et Ses espoirs de sauver l’Humanité ? Il subsiste l’hypothèse plus étrange encore que les petits corps fœtaux ne purent contenir les énergies psychiques employées lors de leur création, et dont la libération engendra le vortex.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : les Primarques

La Garde Custodienne

« Ces hommes sont Mes gardes du corps, et leurs vies sont dédiées à garantir Ma sécurité physique. La loyauté qu’ils Me portent, jamais ne sera mise en doute. Moi, et Moi seul aurai l’autorité de faire prévaloir Mon jugement sur le leur. Ils n’auront au combat aucun autre commandant, nul ne fera obstacle entre eux et Moi et nul ne gênera leur mission. Ainsi en ai-Je décrété ! »
- L’Empereur.

Les Space Marines ne furent pas les seuls guerriers d’exception créés par l’Empereur : le premier groupe d’hommes génétiquement et psychologiquement modifiés qu’Il créa devint son escorte personnelle, la Garde Custodienne, dont le rôle est d’assurer Sa sécurité à tout moment.

Plus fort encore qu’un Space Marine, le Garde Custodien est un combattant redoutable et sa dévotion à l’Empereur est infaillible. Un détachement de ces loyaux protecteurs l’accompagne d’ailleurs partout où Il va, même lorsqu’Il Se retire dans Ses quartiers privés.

En ces temps de traîtrise et de dissension, leur tâche dépasse désormais la seule protection de la personne de l’Empereur. Il est fréquemment ordonné à de petits détachements de Custodiens d’accompagner les Légions Astartes pour s’assurer que Sa volonté soit respectée.

La Garde Custodienne est organisée à la manière des Légions Space Marines, la principale différence entre elles étant la taille de ces formations, puisque les rangs des Custodiens ne comptent que dix mille individus. Ceux-ci ont accès à tous les types d’armements et d’équipements conventionnels utilisés par les Space Marines, y compris leurs véhicules de combat. Les transports et les vaisseaux personnels de l’Empereur leur sont également ouverts afin qu’ils puissent en permanence se trouver à ses côtés.

Parallèlement à l’arsenal du marine, la Garde Custodienne dispose d’une grande variété d’armes réservées à son seul usage. Un exemple en est la Lance Gardienne, une combinaison de Bolter et de hallebarde énergétique, qui constitue l’armement standard pour une escouade de Gardes Custodiens.

Les Gardiens Immortels

La Garde Custodienne.
Les Custodiens assuraient le rôle de garde personnelle de l’Empereur. Ils apparurent pour la première fois à Ses côtés durant l’Ère des Luttes, et n’ont depuis cessé de maintenir une veille constante sur Sa personne. Au combat, l’effectif de deux compagnies se battait toujours au côté de Lui, et un détachement de la Garde Custodienne accompagne l’Empereur même lorsqu’Il se retire dans Ses appartements privés, au cœur du Palais Impérial.

Chaque Custodien est un guerrier extraordinaire, plus fort et plus résistant qu’un humain ordinaire, ou même qu’un Space Marine. Ils n’ont pas d’égal au combat, et sont animés d’une dévotion et d’une loyauté inébranlables envers la personne de l’Empereur. Bien qu’ils ne semblent pas posséder par eux-mêmes de pouvoirs psychiques, leur volonté est telle qu’elle les met en mesure de résister aux attaques des Psykers les plus puissants, hormis peut-être celles de l’Empereur.

On estime qu’il ne doit exister au total que dix mille de ces guerriers d’élite, bien que ce nombre soit hautement spéculatif. Seuls l’Empereur et son cercle proche connaissent leur effectif exact. Jamais, en tout cas, il n’en fut observé plus de mille réunis, et ce en une seule occasion, à la célèbre bataille de Gyros-Thravian, livrée durant la Grande Croisade contre le Seigneur de Guerre Ork Gharkhul Croc-Noir et sa vaste horde de Peaux-Vertes.

Les Primarques Horus, Mortarion et Rogal Dorn, à la tête de leurs Légions respectives, se trouvaient largement dépassés en nombre et proches de la défaite lorsque l’Empereur donna l’assaut depuis Sa Barge de Bataille dorée, le Bucephelus. À la tête d’un millier de Custodiens, Il frappa au cœur même de la marée ork, et se confronta à Gharkhul au sommet d’un immense Gargant. Cependant que l’Empereur décapitait l’ork géant à la peau noire, Ses Custodiens dévastaient les troupes du Seigneur de Guerre. On prétend que durant ces quelques instants plus de cent mille Peaux-Vertes moururent, et que la Waaagh! s’en trouva brisée. La légende veut que seuls trois Custodiens moururent, et que leurs noms furent honorés à jamais, gravés sur l’armure de l’Empereur.

Les origines de la Garde Custodienne sont nimbées de mythe et de mystère. Durant l’Ère des Luttes, l’Empereur en vint à dominer la Terre, et à la tête de Ses armées de conquête avançaient les Space Marines. À un moment donné, l’Empereur eut l’idée des Primarques et les engendra, mais on ne sait avec certitude s’ils furent créés pour fournir la souche génétique nécessaire à la production des Space Marines, ou bien s’ils furent la manifestation tangible des expérimentations de l’Empereur.

Quoi qu’il en soit, les Primarques en devenir furent arrachés de Terra par une force mystérieuse et dispersés dans toute la galaxie ; eux et les Space Marines nés de leurs gènes ne furent réunis que bien plus tard, et ils devinrent alors les meneurs de leurs Légions respectives. Le fait que les Primarques partagent des traits génétiques, physiologiques et psychologiques avec les guerriers de leur Légion est indiscutable.

Certains affirment que les Custodiens sont à l’Empereur ce que les Space Marines sont à leurs Primarques, que la propre matrice génétique de l’Empereur fut employée à leur création et que c’est par ce biais que leur loyauté Lui est assurée. D’autres soutiennent que les Custodiens ne sont pas semblables à l’Empereur de la même manière que les Space Marines ressemblent à leur Primarque, et qu’une autre source fut employée comme modèle physique et psychologique, une source perdue durant l’anarchie de l’Ère des Luttes. Probablement la vérité ne sera-t-elle jamais connue.

Les Commandants Impériaux

La galaxie est vaste, et les voyages par le Warp sont au mieux assez imprévisibles, car le temps s’y écoule étrangement, mais la communication fut le plus grand problème de l’Imperium naissant. À mesure que la Grande Croisade progressait, une nouvelle classe de Psykers humains fut introduite sur les mondes reconquis : les Astropathes. Il n’est néanmoins jamais certain que les messages transmis par leurs soins via le Warp parviennent à leurs destinataires, ni qu’ils soient ensuite correctement interprétés. Aucun moyen réellement applicable ne permettrait d’instituer un ordre galactique sur tous les mondes de l’Humanité.

Les planètes nouvellement conquises sont par conséquent remises entre les mains de Commandeurs Impériaux, certains étant des militaires récompensés ainsi pour leurs états de service, d’autres des dirigeants indigènes ayant prêté allégeance à l'Empereur.

De lourdes responsabilités leur incombent. L’Imperium attend d’eux qu’ils s’acquittent d’un impôt en fournissant troupes et matériel à ses flottes et ses armées, qu’ils doivent pouvoir héberger et assister en temps de besoin. Il leur est aussi demandé de débarrasser leurs populations de toute mutation, notamment des Psykers qui seront embarqués lors de la visite occasionnelle des Vaisseaux Noirs chargés de les ramener sur Terra. Tout ceci constitue la Dîme Impériale.

Les Commandeurs Impériaux ont également pour devoir de protéger l’Humanité, et il leur est interdit d’abriter des ennemis de l’Imperium, dont la liste peut varier mais inclut toujours les Xenos, les mutants et ceux ayant commerce avec eux. Les Démons n’étaient pas encore reconnus à l’époque où cette charge fut fondée, mais il n’est de toute façon pas certain que quiconque aurait pu faire alors la distinction entre un Démon, une espèce xenos et un mutant atrocement déformé.

La Grande Croisade portait en elle l’idée d’une certaine justice, et les mondes reconquis furent reconnaissants d’avoir été sauvés de l'anarchie. Certains se mirent spontanément à vénérer l’Empereur, ce qui fut particulièrement vrai de ceux où s’étaient développés des mythes annonçant la délivrance par un souverain venu des étoiles. Les démagogues de Terra furent prompts à souffler sur les braises de cette ardeur religieuse, et plus l’Empereur nia Sa divinité, plus les suppliques pour Lui demander de la reconnaître furent acharnées.

Hiérarchie Militaire de l'Imperium

Les vastes organisations connues comme les Légions Astartes ou Légions Space Marines constituent le noyau de la machine militaire impériale et la force principale des armées de l’Empereur. À la tête de ces Légions se trouvaient les Primarques, des êtres surhumains, doués de facultés et d’une endurance dépassant même l’imagination des simples mortels. Ils étaient les généraux de l’Empereur, et chacun commandait à tout un ost de vaisseaux, de blindés, d’artillerie et d’hommes. Le Maître de Guerre était le plus éminent parmi eux, et disposait du commandement global de toutes les forces combattantes de l’Imperium, avant que l’Hérésie n’éclate.

Aucune limite n’était fixée quant à la aille d’une Légion Space Marine, et la plupart d’entre elles pouvait mobiliser au moins cent mille guerriers. La Légion des Ultramarines possédait de loin le plus fort effectif, et son Primarque, Roboute Guilliman, pouvait en appeler à plus de deux cent cinquante mille Space Marines. Ses nouvelles recrues provenaient du monde natal de la Légion, ainsi que d’une centaine de Mondes Sauvages renommés pour les prouesses guerrières de ses peuples indigènes.

La structure d’une Légion Space Marine variait légèrement de l’une à l’autre, mais leur plus petite division était la compagnie, forte de cent guerriers menés par un Capitaine. Les compagnies étaient généralement assemblées par cinq en bataillons, lesquels, regroupés par deux, constituaient à leur tour des formations de mille guerriers, désignées indifféremment par les termes "régiments", "ailes", "chapitres" ou "grandes compagnies". Celles-ci obéissaient à un Space Marine investi du grade de commandant, ou dans certains cas de seigneur commandant. Promu Maître de Guerre, le Primarque Horus se retrouva de fait commandeur en chef de toutes ces troupes, et seigneur des Primarques.

Les hommes de l’Armée Impériale étaient certes inférieurs aux Space Marines, mais à mesure que la Grande Croisade progressait, le besoin en nouvelles troupes ne put être satisfait par la seule capacité des Légions. Ainsi fut décrétée l’obligation pour chaque planète impériale de subordonner des soldats à la mission des Primarques. Certaines, telles que les mondes natals des Légions et ceux du système de Sot étaient exemptées de cette dîme. Malgré cela, ce décret procura aux Primarques des millions de soldats supplémentaires qui, même s’ils n’avaient pas la même valeur que des Space Marines, savaient se montrer tenaces, leur nombre faramineux les prédisposant aux sièges, aux invasions en masse et aux cantonnements en garnisons.

Les Mondes-Forges du Mechanicum échappaient eux aussi à la Dîme Impériale, néanmoins, un ancien pacte passé avec l’Empereur les obligeait à fournir Ses armées en machines de guerre de tous types, dont les plus imposantes étaient les Titans, d’immenses constructions bipèdes sur lesquelles trouvait place un arsenal dévastateur. Le Mechanicum produisit également quantité de robots de combat, et diverses pièces d’artillerie allant du mortier portatif aux énormes canons de barrage de la taille d’un immeuble. Sur le terrain, les troupes du Mechanicum en répondaient au Primarque ou à ses proches officiers.

De la Dualité des Légions Space Marines

Les Astartes - ou Space Marines - furent les supers guerriers génétiquement modifiés pour propager la Grande Croisade dans la galaxie. Ici des Astartes de la Ière Légion : les Dark Angels.
Les premiers Space Marines avaient tous été recrutés sur Terra. Durant l’Ère des Luttes, l’ancienne Terra était agitée par des conflits incessants au cours desquels les tribus rivales de la planète se disputaient sa domination. Un homme allait prévaloir, et Il allait devenir l’Empereur. Sa victoire fut pour une bonne par due aux combattants surhumains qu’Il avait créés - les Space Marines.

Lorsque l’Empereur lança Sa campagne vers les étoiles, la Grande Croisade qui devait libérer l’Humanité du joug extraterrestre, les vingt Légions comptaient chacune plusieurs milliers de Space Marines, malgré quoi leur effectif était insignifiant comparé à la tâche herculéenne qui les guettait. Des millions de planètes humaines attendaient d’être secourues et protégées de maints dangers. À cette fin, l’Empereur donna pour instruction aux Légions d’assimiler les meilleurs guerriers remarqués parmi les populations des mondes conquis.

Le processus de création d’un Space Marine n’est ni simple ni rapide, ce qui impose au départ un examen exhaustif des recrues potentielles. Les meilleures sont généralement issues de peuples aux cultures guerrières, des hommes nés pour se battre, forts physiquement autant que mentalement. Même ainsi, le taux d’échec fut élevé et seul un petit pourcentage d’entre elles fut intégré avec succès dans les rangs des Space Marines.

Lorsque l’Empereur retrouva Ses Primarques, chacun d’eux était parvenu à dominer le monde sur lequel il s’était retrouvé projeté. Une grande affinité s’était établie entre les Primarques et leurs planètes d’adoption, la plupart étaient devenus de puissants dirigeante, les souverains de leurs mondes, à la tête d’armées fanatiquement dévouées.

Dans bien des cas, ces armées présentaient d’incroyable similitudes avec les Légions dont les Primarques avaient été séparés bien des années auparavant. Les guerriers qui les composaient s’avérèrent particulièrement adaptés à l’assimilation dans le corps des Space Marines, grâce à quoi, au cours des années qui suivirent, plusieurs dizaines de milliers de nouveaux Space Marines furent créés, et les Légions connurent ainsi une expansion massive de leur potentiel de combat. Pour certaines d’entre elles, le monde d’adoption de leur Primarque devint l’unique terrain de recrutement, du fait de la compatibilité des cultures indigènes avec leurs besoins et du succès de leurs postulants. Ces Légions-là n’avaient pas seulement trouvé leur Primarque, mais également un monde qu’elles pouvaient véritablement considérer comme leur monde natal.

Lorsque une des Légions Space Marines retrouvait son Primarque perdu, sa réussite dans le cadre de la Grande Croisade s’accroissait radicalement. Sous le commandement de leurs généraux légitimes, il devint pratiquement impossible de les arrêter et les mondes arrachés à l’obscurité se succédèrent. En quelques années, de nombreuses Légions avaient recruté des dizaines de milliers de nouveaux Space Marines issus des peuples guerriers de leurs nouveaux mondes d’appartenance.

L’intégralité de cette quantité faramineuse de Space Marines dans les effectifs des Légions apparut comme un fantastique succès. Ces combattants des mondes natals des Primarques partageaient d’emblée de nombreuses caractéristiques avec les Space Marines créés sur Terra, et cela faisait d’eux les recrus idéales.

Chacune des Légions put établir sa propre politique quant à la façon dont ce grand nombre de nouveaux éléments compléterait leur effectif existant. Dans certaines d’entre elles, ils firent offices de renforts pour chacun de régiments ou des chapitres existants et remplacèrent leurs pertes. Dans d’autres, de nouveaux régiments de Space Marines originaires des mondes natals virent se greffer sur l’organisation de départ.

L'Armée Impériale

Le 12e d’Infanterie d’Urslavik.
À mesure que toujours plus de systèmes étaient rejoints par l’expansion de la Grande Croisade, les besoins en troupes de l’Imperium s’accrurent en proportion. Même les Légions de Space Marines ne pouvaient s’acquitter seules de la tâche qui leur était confiée, il fut donc décidé que les mondes nouvellement libérés participeraient à l’effort de guerre.

Ainsi, chacun était évalué et sa population faisait l’objet d’un recensement, ce à partir de quoi les administrateurs de l’Imperium calculaient la contribution que ces planètes auraient à payer sous la forme d’hommes et de matériel. L’ampleur de cette dîme variait énormément d’un monde à l’autre : ceux aux communautés les plus éparses n’avaient à fournir qu’une poignée de régiments par année, tandis que les Mondes-Ruches surpeuplés proches du centre galactique devaient annuellement lever des centaines de régiments. Le corps militaire aux proportions indicibles qui en résultait reçut le nom d’Armée Impériale.

Les premières vagues de conscrits furent assimilées par la structure de commandement des Légions Space Marines et tombèrent sous leur autorité directe. Les transports des Légions arrivaient sur chaque monde et emportaient les formations de l’Armée Impériale qui combattraient à leurs côtés, parfois à l’autre bout de la galaxie.

La nature capricieuse des voyages par le Warp, la taille immense de l’Imperium et le nombre de ces systèmes libérés défiaient toute tentative de fixer des standards pour l’Armée Impériale, au sein de laquelle s’observait une grande disparité du point de vue de l’équipement, des uniformes et de la discipline des divers régiments. Chacun des mondes sujets à la Dîme équipait ses troupes au mieux de ses capacités : celles des mondes industriels développés pouvaient être dotées de gilets pare-balles et de Fusils Laser réglementaires flambant neufs, pendant que les soldats des planètes primitives pouvaient s’estimer chanceux s’ils recevaient un fusil et une paire de bottes. Certains donnaient à leurs appelés un bon entraînement, et les organisaient en escouades, en compagnies et en régiments ; ceux que d’autres mondes envoyaient à la guerre n’étaient guère plus que des bandes désorganisées. En dépit de quoi les soldats de l’Armée Impériale surent prouver leur bravoure au cours de centaines de campagnes, sur des milliers de champs de bataille.

Afin de faire régner la discipline et la loyauté au sein des régiments de l’Armée Impériale, il devint courant pour les Primarques de faire nommer des officiers spéciaux, assignés au rôle de Commissaires. Ces combattants vétérans faisaient en sorte que l’Armée Impériale se montre inflexible dans son devoir envers ses maîtres Space Marines.

Si leur puissance n’équivalait en rien à celle des unités Space Marines, ces bataillons de soldats ordinaires furent néanmoins une adjonction utile et bienvenue aux troupes des Primarque. Une Légion pouvait avoir sous ses ordre plusieurs centaines de régiments auxiliaires de l’Armée Impériale. Ceux-ci aidaient à consolider les positions gagnées par les Space Marines sur des planètes nouvellement conquises, ou étaient fréquemment utilisés lors des sièges ou des offensives de grande envergure.

Les troupes de l’Armée Impériale n’était que rarement déployées dans leurs systèmes d’origine : à dire vrai, cela fut même activement évité par les Primarques, afin d’avoir l’assurance, que ces soldats leur resteraient loyaux, ainsi qu’à la Légion Space Marine les ayant adoptés, et auprès de laquelle ils combattaient.

Le Warp

Le Warp est une dimension distincte, ou "parallèle", faite d’énergie coexistant avec le monde matériel dont chaque point fixe dans l’espace et dans le temps correspond à un point de référence analogue dans les remous complexes de l’autre.

Là où le monde réel nous est familier grâce aux lois de la physique et à la marche régulière du temps, le Warp n’est fait que de courants d’énergie aléatoire, dont les vagues tourbillonnantes sont sujettes à des remous, à des marées et à des crues. De même, le temps s’y écoule étrangement, lorsqu’il s’y écoule. Cette énergie est parfois distordue par des événements imprévisibles auxquels il est couramment fait référence sous le terme de tempêtes Warp.

Des scientifiques humains avaient découvert qu’un vaisseau pouvait sortir de l’espace réel en un point donné, et après quelques jours de voyage par le Warp, le réintégrer en un autre point distant de plusieurs années-lumière. C’est ainsi que les traversées de la galaxie sont rendues possibles, et des voyages qui à vitesse sub-luminique mobiliseraient des générations de pilotes, sont ainsi accomplis en quelques mois.

À l’intérieur du Warp, les vaisseaux ne naviguent pas dans le sens classique du terme, mais passent d’un courant d’énergie à un autre jusqu’à atteindre ainsi leur point de retour dans l’espace matériel. Bien qu’ils ne soient pas sans danger, les voyages les plus courts par le Warp peuvent être accomplis avec un certain degré de fiabilité et de précision, les sauts plus longs étant plus imprévisibles et plus périlleux. Les flux du Warp sont complexes et inconstants ; quand ils ne se perdent pas à jamais dans leurs circonvolutions, les navires tentant de longs périples se retrouvent souvent égarés loin de leur destination. D’étranges glissements temporels peuvent également survenir, et il n’est pas rare pour un vaisseau d’arriver des années après la date prévue, voire des années avant.

Les tempêtes Warp et d’autres perturbations de l’Immaterium peuvent totalement empêcher la navigation. Les vaisseaux sont alors tout simplement contraints d’éviter de telles régions, sous peine d’être détruits par les énergies des maelstroms. Cela signifie qu’il devient impossible d’atteindre certains points de l’univers matériel via le Warp, un monde pouvant se retrouver isolé pour des jours, des mois, parfois des siècles. Durant l’Ère des Luttes, les tempêtes secouèrent l’Immaterium entier, empêchant toute navigation interstellaire pendant pratiquement cinq millénaires.

Peu d’humains comprennent ou croient comprendre la nature précise du Warp et sa relation au monde de la matière. D’innombrables philosophes, scientifiques et Psykers se sont hasardés à l’expliquer sans qu’aucun n’y soit parvenu; et si d’autres ont réussi, ceux-là n’ont pas souhaité partager une telle connaissance avec le reste de l’Humanité. Il est largement accepté qu’un lien existe entre le Warp et les pouvoirs psychiques. Les Psykers qui possèdent avec lui une affinité spéciale parviennent à en interpréter certaines énergies, ces révélations prenant le plus souvent la fore de visions et de rêves. Pour autant, peu réalisent que l’énergie du Warp est véritablement la source dont tous les Psykers tirent leurs facultés.

Il est également connu pour une large part que le Warp abrite les prédateurs auquel il est fait référence collectivement sous le terme de "créatures du Warp". Ces bêtes voraces ont pour proies les Psykers communiant avec l’Immaterium trop fréquemment, et les voyageurs dont les vaisseaux se trouvent encalminés au milieu de sa trame d’énergies.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : l’Immaterium

Les Psykers et le Warp

L’Empereur est le premier et le plus grand de tous les Psykers humains, mais Il n’est pas le seul à posséder de tels talents. En réalité, dans chaque culture humaine et sur chaque monde de la galaxie apparaissent des individus à potentiel psychique, et toujours davantage à chaque génération.

Nombre d’entre eux ne possèdent que des pouvoirs mineurs, en apparence inoffensifs, comme une chance inouïe aux jeux de hasard ou la capacité à pressentir le danger. Ces talents ne sont que les plus bénins, mais il en existe d’autres, plus dangereux, celui de déplacer des objets ou d’allumer des feux par la seule force de sa volonté, de commander à la foudre ou d’investir les esprits d’autres humains, et il ne s’agit là que de quelques exemples.

Les capacités psychiques ont un prix. Certains Psykers sont rendus fous par leurs visions ou leurs rêves prémonitoires, d’autres se découvrent des talents incontrôlables qui infligent de terribles dégâts à leur entourage. À cause de cela, nombre d’entre eux sont considérés comme des parias et exécutés ou bannis.

Néanmoins, l’Humanité est guettée par un danger plus grand que celui posé par les pouvoirs et les actions de Psykers isolés, bien que la véritable nature du lien entre le Warp et les capacités psychiques soit souvent mal comprise. Pour exercer ses talents, chaque Psyker puise dans le Warp, source de l’énergie surnaturelle qui alimente ses capacités. Malheureusement, cette dimension abrite de terribles créatures, des horreurs inimaginables qui ne désirent que corrompre et détruire. Ceux dont les facultés mentales leur font ouvrir une porte sur le Warp attirent inévitablement l’attention de ces bêtes, d’autant plus que la quantité d’énergie canalisée est grande.

Seules les volontés les mieux trempées sont capables de résister aux prédations des Démons du Warp, et alors seulement pour un temps très court. Seul l’Empereur paraît y être immunisé. Ces créatures finissent souvent par trouver prise dans le royaume de la matière, généralement aux dépens de la vie d’un Psyker dont le corps leur permet de survivre. La possession s’accompagne fréquemment d’altérations physiques effrayantes, le Démon cherchant à modeler la chair pour reproduire son apparence du Warp.

Avant que le corps qu’elles investissent ne soit vidé de toute son énergie vitale, ces monstruosités ne disposent que de peu de temps durant lequel elles se jettent presque invariablement dans une orgie de destruction. Certaines créatures du Warp sont pourtant plus rusées et s’intègrent dans les sociétés humaines en dissimulant leur vraie nature aussi longtemps que possible. Elles recherchent alors d’autres Psykers pour pouvoir prendre possession d’eux chacun à leur tour et se maintenir dans la dimension du réel.

Les plus dangereux de tous les résidents du Warp sont les Démons du Chaos. Seules quelques rares personnes sont au fait de leur existence, et si l’Empereur la connaît, Il juge sans doute préférable de garder ce savoir pour Lui-même, puisque cette révélation ferait sans doute à nouveau basculer l’Humanité dans la folie et l’anarchie.

Intelligents, rusés et maléfiques à l’extrême, les Démons du Chaos sont le reflet perverti des émotions humaines les plus viles, et ils excellent par conséquent dans la manipulation des Psykers les plus faibles à qui ils promettent le pouvoir et la richesse. Cependant, tout pacte passé avec le Démon ne sert que les intérêts de celui-ci, car à la différence des habitants mineurs du Warp, les Démons poursuivent des buts. Chacun est le vassal d’un Démon plus puissant et tous obéissent à l’une des quatre Puissances de la Ruine, les Dieux du Chaos, Nurgle, Khorne, Tzeentch et Slaanesh.

Les Astropathes

Ce corps de communication interstellaire fut fondé durant les derniers mois de la conquête de la Terre par l’Empereur, lequel avait pressenti les besoins qui surviendraient tandis qu’Il planifiait Sa croisade à venir vers les étoiles.

Pour l’essentiel, et ce dès le début de Son règne, l’Empereur n’encouragea pas l’usage des talents psychiques, conscient comme Il l’était des dangers qu’ils recelaient pour quiconque les utilisait et pour l’Humanité dans son ensemble. Il parvenait néanmoins à identifier ceux des Psykers qui seraient assez forts pour résister aux tentations du Warp, et ainsi, avec une grande prudence, certains d’entre eux commencèrent à se voir assigner divers rôles.

Un Astropathe est un "astro-télépathe", un individu capable de communiquer avec ses homologues sur de vastes distances interstellaires. Ce talent est devenu essentiel à une époque où des années-lumière séparent les communautés, et le seul moyen dont dispose l’Imperium pour maintenir un semblant de cohésion.

Tous les Astropathes doivent en passer par un processus qui façonne leurs pouvoirs en même temps qu’il les arme contre les périls du Warp. Ce rituel est appelé l’Unification des Âmes et seul l’Empereur est à même de l’accomplir.

La cérémonie de l’Unification des Âmes se déroule dans le Palais Impérial, où les Psykers sont menés devant l’Empereur par groupes de cent. À genoux devant Lui, il leur faut alors endurer une terrible souffrance tandis qu’Il use de ses pouvoirs pour reconstruire leurs esprits en y mêlant une portion infinitésimale de Ses facultés.

Tous les candidats ne survivent hélas pas à cette expérience. Certains sont rendus fous, et tous subissent un certain degré d’altération de leur personnalité. Les forces impliquées dans ce dégagement d’énergie brutal ont également un autre effet, celui d’endommager les nerfs les plus délicats, et particulièrement les nerfs optiques, en conséquence de quoi tous les Astropathes sont aveugles, bien que certains aient également perdu le sens de l’odorat, de l’ouïe ou du toucher.

L'Astronomican

Avant d’étendre la Grande Croisade vers les étoiles par-delà Sol, l’Empereur ordonna sur Terre la construction de l’Astronomican. Des cohortes de Technoprêtres furent amenées de Mars pour superviser le projet et la majorité de la population locale fut affectée à son édification.

À cette époque, l’Astronomican était le plus grand édifice sur Terre, mais plus édifiant encore était le fait qu’il constituait simplement un point focal au travers duquel l’Empereur pouvait diriger Ses facultés psychiques insondables.

Un rayon de navigation psychique est projeté depuis l’Astronomican au travers du Warp, et ceux qui savent percevoir sa fréquence et ses modulations uniques, les Navigators, sont capables de s’en servir comme point de référence pour le calcul de trajets qui dureront quelques jours plutôt que quelques semaines, des mois plutôt que des années.

L’Empereur venait de concevoir ainsi un instrument grâce auquel les voyages interstellaires étaient à nouveau envisageables.

La lumière de l’Astronomican perce le Warp tel un phare dont les Navigators peuvent se servir comme guide pour établir leurs déplacements à travers la galaxie. Son rayon est alimenté par l’énergie psychique de l’Empereur Lui-même, bien que peu en aient conscience et même si beaucoup s’y réfèrent pourtant comme à "Sa Divine Lumière" ou à la "Lumière de l’Empereur".

L’Astronomican n’est cependant pas le seul moyen pouvant aider à traverser de grandes distances dans le Warp. S’Il le désire, au prix de quelque effort, l’Empereur est capable de projeter dans l’Éther un signal que percevront les Navigators et les autres Psykers suffisamment sensibles. Guidé de cette manière, un voyage qui aurait demandé plusieurs mois peut ainsi être accompli en quelques jours.

À l’inverse, l’Empereur serait en mesure d’étouffer l’Astronomican ou d’en interrompre le rayon. Seuls une poignée d’individus savent que ce grand phare est alimenté par les pouvoirs psychiques de l’Empereur ; ceux-là vivent dans la crainte de Le voir mourir, et que la galaxie s’en trouve plongée dans une nouvelle Ère des Luttes.

La Navis Nobilite

Les Navigators constituent une souche ancienne de l’espèce humaine, et ont sans doute vécu parmi les autres hommes depuis les jours qui précédèrent l’Ère des Luttes, mais on ignore comment ils en vinrent à exister, si bien que certains suspectent encore une fois l’intervention de l’Empereur. Leur mutation en a fait une variation humaine particulière. L’obligation de préserver ce patrimoine les contraint à l’endogamie et chacun appartient à la famille d’une maisonnée étendue.

Le gène particulier des Navigators leur permet de "voir"au travers du Warp et ainsi de guider les vaisseaux au milieu de cette dimension parallèle, sans quoi ceux-ci se perdraient dans le maelström des courants pour en sortir. À elle seule, cette capacité naturelle ne permettrait néanmoins que des traversées relativement courtes du Warp en conservant la certitude de la destination.

Toutefois, les Navigators dispose du phare qu’est pour eux l’Astronomican, dont ils perçoivent le rayonnement sur de longues distances d’espace Warp. Ce point fixe leur permet de calculer leurs routes avec bien plus de précision et ainsi d’emmener des vaisseaux dans de bien plus longs périples que ceux auxquels ils seraient normalement limités.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : les Navigators

Les Psykers Assermentés

À mesure que la Grande Croisade se déroulait, d’autres Psykers que les Astropathes et les Navigators furent jugés suffisamment maîtres d’eux pour être autorisés à opérer librement dans l’Imperium. De grands Vaisseaux Noirs avaient reçu pour mission de visiter chaque monde humain et d’en ramener leur chargement de Psykers sur Terra, où des tests rigoureux permettaient d’isoler les plus faibles ou ceux devenus fous, par la suite généralement lobotomisés et employés comme subalternes.

Les plus forts et mentalement stables étaient ensuite répartis entre diverses formations, la grande majorité envoyée vers le palais de l’Empereur pour subir le rituel de l’Unification des Âmes qui feraient d’eux des Astropathes. D’autres furent enrôlés par les Légions Space Marines pour être entraînés dans les départements des Librarius, d’autres encore atterrirent au sein d’organisations impériales plus secrètes.

Les Vaisseaux Noirs

Les mondes humains nouvellement reconquis devaient entre autres s’attendre à la visite occasionnelle des Vaisseaux Noirs qui viendraient emporter leurs Psykers, l’aspect le plus important de la Dîme auquel tout Commandeur Impérial était appelé à se conformer.

Les Vaisseaux Noirs étaient aux ordres de l’Astra Telepathica, l’organisation impériale chargée de tester les Psykers. La vaste majorité de ceux rapportés ainsi sur Terra était destinée à en passer par le rituel de l’Unification des Âmes, dont les quelques survivants pourraient ensuite être enrôlés dans le corps des Astropathes.

Au sein de l’équipage d’un Vaisseau Noir, se trouvaient également les mystérieuses guerrières-investigatrices connues en tant que Sœurs du Silence, lesquelles étaient recrutées parmi le groupe des intouchables, une variante humaine extrêmement rare n’ayant pas de présence psychique et apparemment immunisée à toute forme de contrôle mental et de communication extrasensorielle. Les Psykers éprouvent les pires peines à se trouver en leur présence, qui perturbe leurs capacités psychiques. Les Sœurs sont ainsi capables de les identifier et de les maîtriser en les combattant si nécessaire.

Les Sœurs du Silence

Les Sœurs du Silence.
Les Sœurs du Silence furent peut-être les plus mystérieuses de toutes les servantes de l’Empereur, auquel chacune devait prêter vœu de silence comme marque de fidélité à leur mission. Bien que peu nombreuses, les Sœurs jouissaient d’un grand respect au sein de l’Imperium, dont la plupart des autres serviteurs les considéraient avec révérence, en se gardant bien de leur faire obstacle ou d’interférer avec leurs activités.

Ces combattantes investigatrices étaient chargées de traquer et d’appréhender les Psykers non entraînés. En tant que telles, leur groupe constituait un département de la Division de Télépathie Astrale, l’organisation impériale dont les responsabilités comprenaient la gestion de tous les humains à potentiel psychique. Sous ses ordres opéraient les Vaisseaux Noirs, d’immenses nefs de transport qui visitaient la myriade de mondes de l’Imperium pour y récupérer les Psykers et les ramener sur Terra, où ces humains étaient alors soumis à des tests afin de décider de leur sort. Beaucoup recevaient le rituel de l’Unification des Âmes, pour être recrutés dans les rangs des Astropathes dont était composée en majorité la Division de Télépathie Astrale. Chacun de ces Vaisseaux Noirs transportait à son bord un petit contingent de Sœurs du Silence.

La Sororité Silencieuse avait ceci de spécifique au sein de la Division de Télépathie Astrale qu’aucune de ses membres n’était Psyker ; en réalité, toutes étaient des intouchables, une variante d’humains très rare et très étrange, ne possédant aucune présence psychique. De tels individus sont porteurs du gène du paria, qui les immunise aux attaques psychiques et à la télépathie. La proximité d’un intouchable perturbe l’utilisation de capacités psychiques ; leur présence est insupportable aux Psykers, les toucher pouvant même leur causer une grande douleur. Cela rendait les Sœurs idéales pour identifier les Psykers cachés parmi les populations humaines, ou ceux qui n’ont même pas conscience de leur nature.

Bien qu’humaines, les Sœurs du Silence étaient des guerrières dont l’entraînement poussé, allié à leurs capacités naturelles, en faisait des adversaires très dangereuses pour tout Psyker malveillant ou contestataire amené à croiser leur route. Leur équipement comptait toute une variété d’armes et d’appareils spécifiquement conçus pour aider à la neutralisation des Psykers ; les Sœurs étaient par ailleurs autorisées à tuer ceux qu’elles estimaient trop dangereux pour qu’ils soient capturés et amenés sur Terra.

Le Mechanicum de Mars

Depuis des milliers d’années, Mars a été dirigée par l’étrange caste des Technoprêtres connue comme le Mechanicum, ou le Culte Mechanicus, les adorateurs du mystérieux Dieu-Machine. Cette secte religieuse y gagna sa position prépondérante durant les premiers siècles de l’Ère des Luttes. La planète entière s’est dès lors consacrée à l’étude et à la manufacture de machines de tous types concevables et de toutes fonctions.

Lorsque les orages Warp éclatèrent, Mars connut de façon subite la même période d’isolement que les autres mondes de l’Humanité. La Planète Rouge fut coupée de ses colonies, car ses Navigators n’étaient pas davantage que les autres en mesure de les rallier. Que Mars n’ait pas succombé alors à l’anarchie témoigne de la résolution des Technoprêtres et de la foi stoïque qu’ils placent dans le Dieu-Machine.

Au cours de l’Ère des Luttes, le Mechanicum parvint à envoyer des vaisseaux vers d’autres planètes disséminées autour de Sol. Ses adeptes concentrèrent essentiellement leur attention vers la Terre, berceau historique de la puissance de l’Humanité, car ils la savaient dépositaire de nombreux secrets que les autochtones barbares occupés à se battre seraient incapables d’employer par eux-mêmes.

Ainsi les Technoprêtres devinrent-ils des ennemis pour les tribus de la Terre soupçonneuses envers leur technologie, auxquelles ils cherchèrent pendant des siècles à soutirer des vestiges et à voler des échantillons technologiques.

Ils s’étaient également fixé pour but de comprendre quel destin avait frappé la galaxie, et de grands vaisseaux furent envoyés périodiquement dans le Warp dans l’espoir que certains trouveraient des explications. Il s’agissait là des premières flottes exploratrices de Mars. Au fil des siècles, des milliers de ces expéditions quittèrent la Planète Rouge. Bon nombre d’entre elles fondèrent les nouvelles colonies qui allaient devenir les Mondes-Forges, d’autres furent simplement perdues à jamais.

Quand l’Empereur eut pris le pouvoir sur Terre, les Technoprêtres reconnurent en Lui un esprit semblable au leur, un homme qui savait la valeur de la science, de la machine et de l’avancée technologique. Lorsque la nouvelle de son avènement parvint sur Mars, certains adeptes allèrent jusqu’à assimiler l’Empereur au Dieu-Machine et y virent l’accomplissement d’anciennes prophéties.

Une alliance fut établie avec le Mechanicum ; en échange du matériel pour Ses armées et de la gigantesque flotte de guerre qui transporterait Sa croisade vers les étoiles, l’Empereur promit de protéger les Technoprêtres et de respecter la souveraineté de leurs Mondes-Forges. De plus, Il délégua au service du Mechanicum six des Maisons de Navigators qui remplacèrent les leurs, éteins depuis longtemps, afin que leurs vaisseaux pussent à nouveau emprunter le Warp en toute sécurité.

Un ambassadeur sur Terra fut nommé par le Mechanicum : le Fabricator-Général, auquel l’Empereur offrit respectueusement un siège à Son Conseil de Guerre.

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Les Graines de l'Hérésie

« C’est en vain que tu idolâtres Mon nom, Lorgar. C’est ta loyauté que Je réclame, et non ton adoration. Mon but, notre but, est de faire sortir nos semblables de l’Ère des Luttes pour leur montrer une aube nouvelle. Il y a suffisamment d’horreurs qui accablent la galaxie, trop de forces obscures cherchent à pervertir nos actions et à entraver notre cause sans que nous ayons à ajouter aux malheurs de l’Humanité. Ton insistance Me chagrine. Je ne suis pas un dieu, et ne désire pas que les multitudes Me voient comme tel. L’Humanité doit abandonner la superstition et la peur. Je place Ma foi dans la science et la logique, ainsi que tu devrais le faire !
Prends exemple sur Roboute Guilliman des Ultramarines. Lui-même éprouve une foi sans bornes ; ça n’est pas Moi, mais notre mission qui est sainte à ses yeux. Sa conviction est celle que Je te recommande de suivre ! »
- L’Empereur de l’Humanité à Lorgar Aurelian, Primarque des Word Bearers.

Bien avant les événements sur Isstvan III et l’hérésie de Magnus le Rouge, le Primarque Lorgar s’était à l’insu de tous placé, ainsi que ses Space Marines, au service des Puissances de la Ruine. Lorgar était un être religieux à la ferveur fanatique. Il est dit que certaines des visions dont il fit l’expérience lui annoncèrent la venue de l’Empereur ; les textes sacrés de Colchis, le monde qui l’a vu grandir, prédisaient quant à eux l’avènement d’un messie et Lorgar fut convaincu d’avoir vu la vérité. Le résultat en fut une série de guerres acharnées au cours desquelles il combattit pour imposer sa doctrine sur toute la planète. Le jour où l’Empereur arriva bel et bien, la planète tout entière était déjà ralliée au Culte de l’Empereur promu par Lorgar.

Celui-ci rendit grâce à l’Empereur-Dieu et la société de Colchis se joignit à lui. L’Empereur en fut troublé, Lui qui avait toujours rejeté toute prétention de divinité, et ne souhaitait que présenter Lorgar à la Légion des Word Bearers afin qu’il se joigne à Lui dans sa Grande Croisade.

Lorgar accepta sa nature de Primarque, mais continua de vénérer l’Empereur en éduquant dans cette foi les nouveaux soldats à sa charge. Il s’attela avec ferveur à sa nouvelle fonction, et créa le corps des Chapelains, auxquels étaient enseignées les doctrines de Colchis et du Culte de l’Empereur. Les Word Bearers furent un temps les plus véhéments partisans de l’Empereur, et Lorgar son porte-parole le plus zélé.

Cependant, l’Empereur s’irrita bientôt de l’acharnement que mettaient Lorgar à croire en Sa divinité et les Word Bearers à ne reculer devant rien dans leurs efforts pour promouvoir le culte de Sa personne. Le Primarque perpétrait désormais des actes terribles en Son nom, et des mondes entiers étaient punis pour ne pas avoir suffisamment démontré leur piété.

L’Empereur donna donc une leçon à Lorgar, un événement qui fit tout basculer…

Voici le récit de la chute du premier Primarque dans les bras du Chaos et l’acte premier de la Grande Trahison, bien qu’encore aujourd’hui, la plupart pense que c’est Horus, et non Lorgar, à avoir le premier abjuré l’Empereur.

Le Premier Hérétique

Lorgar Aurelian, l’Urizen, Primarque des Word Bearers.
Alors que la Grande Croisade se propageait dans toute la galaxie, une série d’événements allait mener le Primarque Lorgar de la Légion des Word Bearers à s’engager, lui et ses Astartes, au service des Puissances de la Ruine. Cet engagement est l’acte qui signa le début de la propagation de la corruption qui allait mener à l’Hérésie d’Horus.

Quand il était encore confiné sur Colchis, sa planète natale, Lorgar était un zélote religieux puritain ayant eu des visions qui prévoyaient la venue de l’Empereur, qu’il croyait être un Dieu vivant. Cette conviction donna lieu à une série de guerres de religion qui durèrent six ans ; Lorgar se battait sur son monde natal pour imposer sa nouvelle doctrine religieuse vénérant l’Empereur, doctrine baptisée "L’Alliance", face à l’"Ancienne Foi". Quand l’Empereur finit par arriver pour récupérer Son fils perdu, la planète entière était convertie au Culte qui Le vénérait. Mais l’Empereur avait lancé la Grande Croisade pour libérer l’Humanité des chaînes de la superstition et de l’ignorance, et y diffuser la lumière de la raison et de la science. Néanmoins, Lorgar fut nommé commandant de la XVIIe Légion de Space Marines, les Imperial Heralds, qui furent rebaptisés les Word Bearers après avoir embrassé les convictions religieuses ainsi que l’idée de leur Primarque que leur mission était d’apporter l’illumination à l’Humanité par la conversion au Culte de l’Empereur-Dieu de l’Humanité. Kor Phaeron, père adoptif et conseiller religieux de Lorgar, survécu au processus d’augmentation pour rejoindre les Word Bearers en tant que rare Space Marine adulte, bien qu’il ne sera jamais un véritable Astartes. Kor Phaeron est devenu le conseiller en chef de Lorgar, et le Premier Capitaine de la Compagnie d’élite des Word Bearers. Ce choix pèsera pour beaucoup dans l’avenir de Lorgar.

Lorgar dirigea sa Légion tout au long de la Grande Croisade. Ses Word Bearers s’attelèrent à éradiquer tout blasphème ou hérésie menaçant le royaume de l’Empereur. Parchemins, œuvres d’art, icônes, livres et temples furent systématiquement brûlés ou abattus par l’avancée de la Légion, et y élevèrent à la place d’immenses monuments et des cathédrales dédiés à la gloire de l’Empereur, érigés sur les charniers de ceux qui avaient refusé de se convertir. Les plus éminents Chapelains de la Légion écrivirent de nombreux ouvrages traitant de la divinité et de la vertu de l’Empereur, tandis que Lorgar lui-même délivra d’innombrables sermons, convertissant des millions de mécréants par la seule force de ses paroles. La progression des Word Bearers était lente mais terriblement efficace. Au cours de cette période, Lorgar rédigea un ouvrage connu sous le nom de Lectitio Divinitatus, dans lequel il était proclamé que l’Empereur de l’Humanité était un être divin et qu’Il était digne d’être adoré en tant que dieu légitime de l’Humanité. Ironiquement, ce livre, en prenant en compte l’identité de son auteur, deviendra plus tard un instrument de la fondation du Culte Impérial et de l’Ecclésiarchie.[2]

La Destruction de la Cité Parfaite

Quarante trois avant les événements d’Isstvan V.

À cette époque, la loyauté de Lorgar et de la Légion des Word Bearers envers l’Empereur et Son Imperium était incontestable. Leurs mondes mis en Conformité livraient régulièrement des Dîmes au nom de l’Empereur, et les ordres de Terra étaient acceptés sans contestations par les mondes libérés par les Word Bearers. Lorgar et sa légion avaient poursuivi avec succès la Grande Croisade de l’Empereur pendant presque un siècle et, à cette époque, l’Empereur n’avait jamais réprimandé Son fils zélé ni les Word Bearers pour leur fervente adoration de Sa personne, même si une telle attitude contredisait la Vérité Impériale.

Mais l’Empereur était profondément troublé par le refus de Lorgar d’adopter la raison ou de modifier ses pratiques malgré des décennies d’exposition à la science et à la technologie de pointe de l’Imperium. Il avait initialement toléré les croyances de Son fils profondément religieux, mais lorsque la Grande Croisade atteignit son apogée, l’Empereur ressentit de plus en plus de frustration par la lenteur des conquêtes de Lorgar. Il ordonna finalement aux Word Bearers de cesser leurs activités religieuses, leur mission étant de réunifier la galaxie sous la bannière de la Vérité Impériale, athée et rationnelle, et non de prêcher la parole de la divinité personnelle du Maître de l’Humanité. L’Empereur s’était longtemps opposé à la propagation de la religion et était déterminé à utiliser la création du nouvel Imperium de l’Humanité pour enchâsser la raison et la science, et non la religion, en tant que véritable phare d’une nouvelle civilisation humaine interstellaire.

L’Empereur décida de donner une leçon à Lorgar. Il commanda un groupe d’assaut de la Légion des Ultramarines dirigé par leur Primarque Roboute Guilliman, accompagné d’une force composée de Ses gardes du corps personnels, les Custodiens, et du Régent Impérial, Malcador le Sigillite, pour raser la capitale de la planète Khur. Ce monde était très important aux yeux des Word Bearers, qui considéraient sa capitale, Monarchia, comme la "Cité Parfaite" en raison de la dévotion religieuse intense de ses citoyens et du grand nombre de cathédrales et de monuments dédiés au Culte de l’Empereur. Les Ultramarines expulsèrent par la force les citoyens de Monarchia, ainsi que ceux de seize autres cités de la planète Khur, réprimant dans le sang les résistances et les émeutes. Ils rasèrent les cités avec des bombardements orbitaux, ne laissant que des cendres.

Suite à la destruction de la cité par les Ultramarines, Lorgar et sa Légion au complet, forte de 100 000 Astartes, reçue l’ordre de se rassembler à la surface de la planète, face aux ruines de Monarchia. Là, l’Empereur en personne, accompagné de Malcador et de Guilliman, humilia Lorgar et ses fils en les forçant par Ses pouvoirs psychiques à s’agenouiller devant Lui. L’Empereur réprimanda Lorgar, récusant le fait d’être un Dieu et dénonçant l’idolâtrie que Lorgar professait. Il accusa le Primarque et les Word Bearers d’avoir été coupable d’avoir failli envers Lui, de par la lenteur de leurs conquêtes, de s’être attardé sur les mondes conquis pour encourager la population dans le culte d’une foi qu’Il jugeait erronée et d’avoir érigé des rites et des monuments mensongers. Comble du déshonneur, vingt Custodiens, commandés par l’Occuli Imperator Aquillon, furent mutés au sein de la Légion afin de surveiller le Primarque et ses fils. Lorgar fut abasourdi par le reproche de son père et Son refus d’accepter Son Culte. Il tomba dans une profonde mélancolie, humilié et perdu.

Se sentant trahi par l’Empereur, Lorgar refusa l’audience à tous sauf à Kor Phaeron, Premier Capitaine des Word Bearers et à Erebus, Premier Chapelain de la Légion. Kor Phaeron était le père adoptif de Lorgar et l’avait élevé dès son plus jeune âge sur Colchis. Il était le lieutenant en chef et le conseiller de Lorgar depuis le temps où il dirigeait la théocratie de Colchis. Erebus était quant à lui depuis longtemps un conseiller de confiance. Kor Phaeron et Erebus sympathisaient avec des aspirations religieuses non partagées par Lorgar et estimèrent que la Légion des Word Bearers devait servir des dieux dignes de leur dévotion. Kor Phaeron et Erebus expliquèrent à leur Primarque qu’ils connaissaient de tels dieux, des êtres divins adorés par l’Ancienne Foi de Colchis. C’est lors de ce débat avec ses proches conseillers que Lorgar apprit de leurs bouches que de nombreux mondes que sa Légion avait conquis avaient des traditions religieuses ressemblant à l’Ancienne Foi qu’il avait éradiqué sur Colchis pour la remplacer par la vénération de l’Empereur. Comment des cultures humaines qui ne se sont jamais rencontrés pouvaient avoir des croyances et des dieux aussi ressemblant ? Serait-ce la vraie foi que Lorgar recherchait ? C’était-il trompé concernant l’Empereur ? Erebus et Kor Phaeron avouèrent qu’ils avaient laissés des vestiges de ces cultes sur les mondes conquis afin de les étudier et de faire le lien entre elles et la foi qu’elles prônaient. C’est ainsi que Lorgar apprit pour la première fois l’existence des Dieux du Chaos, bien qu’il ne les identifia pas sous ce terme. Intrigué, le Primarque demanda à la Légion de retrouver ces dieux, et Kor Phaeron et Erebus parvinrent à le convaincre de se lancer à la découverte des secrets de cette croyance. Retrouvant sa motivation, Lorgar s’attela à rédiger un nouvel ouvrage, intitulé "La Nouvelle Parole".

Les graines de l’Hérésie étaient plantées.[3]

La Vérité Primordiale

Souhaitant reforger la confiance des Word Bearers, perturbés depuis l’humiliation de Monarchia, Lorgar revint sur sa planète, Colchis, afin de se ressourcer, emmenant avec lui sept survivants des cités détruites de Khur et considérée par la population de Colchis comme des saints martyrs. L’une de ses survivants était Cyrène Valantion, une jeune fille de dix-huit ans qui perdit la vue après avoir regardée le bombardement orbital des Ultramarines qui détruisit sa cité, Monarchia, lui brûlant les rétines au passage. Elle deviendra la Dame Bénite et Confesseuse des Word Bearers. Sur Colchis, Lorgar retrouva son frère Magnus le Rouge, avec qui il partageait l’amour du savoir et de la connaissance. Lorgar avait entre temps étudié les mythe de l’Ancienne Foi de Colchis ainsi que celles des nombreuses planètes partageant cette même croyance. Il releva que toutes faisaient allusion à un Pèlerinage que les mortels accomplissaient afin de rencontrer les dieux dans un paradis, et qu’une Vérité Primordiale leurs étaient révélées. Le Primarque des Word Bearers compris que le Warp était la clé de ces mystères et demanda à son frère cyclopéen aux prodigieux pouvoirs de Psyker de lui révéler la vérité. Ce dernier refusa, et avant de prendre congé, demanda à son frère de ne pas s’engager sur cette voie qui n’apportera que son malheur. Mais Lorgar décida de se lancer, lui et sa Légion, dans le Pèlerinage afin de découvrir la Vérité Primordiale, dans un royaume ou le monde des dieux et le monde des mortels se rencontraient…[4]

Le Pèlerinage de Lorgar

Lorgar accomplit son périple à l’intérieur de l’Œil de la Terreur, faisant face à des révélations qui le convertiront définitivement au Chaos.
Trois années après le début du Pèlerinage, les Word Bearers s’étaient lancés plus loin et plus vite qu’aucun de leurs frères Astartes vers les confins de l’espace, en tirant derrière eux les limites de l’Imperium, effaçant les conquêtes lentes et méticuleuses d’autrefois. Durant cette période, Lorgar voyagea au sein de la 1301e Flotte Expéditionnaire, accompagné du Légionnaire Argel Tal et du Chapelain Xaphen du Chapitre des Serrated Sun des Word Bearers. À ce moment-là, Lorgar n’était pas encore tombé dans la vénération du Chaos, bien qu’il ne considérait plus l’Empereur de l’Humanité comme digne d’être loué. Lorgar pensait que l’Empereur avait tort de condamner l’instinct naturel de l’Humanité de rechercher le divin en tant que superstition indigne et il avait l’intention de découvrir s’il existait réellement des divinités dignes du respect des hommes. Les Word Bearers de la 1301e Flotte Expéditionnaire étaient également accompagnés au cours de ce pèlerinage par cinq membres de la Legio Custodes chargés par l’Empereur de veiller à ce que les Word Bearers ne retombent pas dans l’erreur. La recherche par les Word Bearers de tout fragment d’information susceptible de les enseigner sur la Vérité Primordiale ou sur la nature de l’endroit où les dieux et les mortels pourraient se mêler a finalement conduit la 1301e Flotte Expéditionnaire sur une planète peuplée de primitifs, près de la plus grande tempête Warp de la galaxie, plus tard connu par l’Imperium comme l’Œil de la Terreur. Le maître des Astropathes de la Flotte Expéditionnaire informa Lorgar qu’il entendait des "voix" inhabituelles dans le Warp à proximité de la grande faille Warp, des voix que le Primarque entendait aussi et qui criaient son nom. Accompagné de ses Légionnaires, le Primarque se posa sur la planète primitive à proximité de l’Occularis Terribus, planète qui marquera l’histoire future sous le nom de Cadia.

Là, les tribus indigènes aux yeux violets, dû à la proximité de l’Œil de la Terreur, vinrent sans crainte rencontrer le Primarque. Ils étaient menées par une femme qui se nommait Ingethel l’Élue. Le Primarque eu la surprise d’entendre prononcer son nom de la bouche de cette femme, et dans la langue de sa planète natale, le colchisien. Ingethel désigna Lorgar comme le fils favori du Vrai Panthéon et qu’ils attendaient sa venue. Des semaines après son arrivé, Lorgar fut invité à participer à une cérémonie en l’honneur des dieux dans des cavernes et des rivières enfouies que formaient déjà une grande basilique naturelle. Le Primarque et ces fils découvrirent Ingethel, nue et recouverte de runes peintes sur sa peau, dansant, entourée de joueurs de tambours et encadrée par dix lances enfoncées dans le sol, dont neuf empalaient des hommes, les pointes jaillissantes par les bouches ouvertes de leurs dépouilles. Face à ce spectacle sanglant, à l’inaction de Lorgar, et à la déclaration des Cadiens de la nécessité de sacrifier une dixième victime, le Custodien Vendatha, qui surveillait la délégation Word Bearers, déclara Lorgar et sa Légion hérétique. Le Custodien massacra trois Word Bearers en un clignement des yeux avant qu’Argel Tal lui enfonce dans sa bouche son épée. Vendatha survécut mais servit de dixième victime aux Cadiens, et finit empalé sous les yeux abasourdis des Word Bearers survivants. Ces derniers, effarés de ce qui c’était produit, cherchèrent à convaincre leur Primarque de partir, mais Lorgar, obnubilé par sa quête, laissa faire.

Le bruit des tambours s’intensifia, martelant de plus en plus fort et de plus en plus vite, en s’écartant de son rythme régulier. Le chant se changea en cris et en lamentations, les mains et les visages des Cadiens se levèrent vers le plafond de roche. Les pieds nus d’Ingethel quittèrent lentement le sol, portée en hauteur telle une crucifixion immatérielle, et mourut en quelques instants d’une dizaine de morts. Des forces invisibles l’écorchèrent, arrachant sa peau en bandes irrégulières, pour les laisser retomber dans des bruits humides sur le sol de pierre. Le sang s’écoula de sa bouche, de ses yeux, de ses oreilles, de son nez et de tous les orifices d’entrée et de sortie de son corps. Elle endura cela une poignée de secondes, jusqu’à ce que sa carcasse en vînt tout simplement à se rompre. Sa musculature éclata, éclaboussant le Primarque et ses fils de ses fluides vitaux. Son squelette resté articulé se tint encore devant eux un instant de plus, pour mieux se fissurer et se fracasser. Et parmi les résidus charnels, Ingethel prit une nouvelle forme : une créature avec quatre bras avec un torse svelte, se terminant chacun par une main griffue, la partie inférieure du corps étant un amalgame entre le serpent et le ver, parcouru de veines épaisses sous une chair grise. Son visage était presque entièrement dédié à une gueule immense, aux rangs désordonnés de dents sélachimorphes et son corps ne se tenait jamais immobile, jamais figé, même pour un seul instant. Une paire d’ailes en os jaillit de son dos et de l’une de ses mains griffues, elle tenait fermement son bâton rituel. Ingethel l’Exalté était née.

Le Démon qui faisait face à Lorgar lui promit de lui révéler la Vérité Primordiale qu’il recherchait depuis des années, et que si il souhaitait sauver le genre humain en prêchant cette vérité. Ingethel exigeait en échange la vie de ses fils. Devant l’hésitation de Lorgar de consentir à un pareil sacrifice, Ingethel promit d’emmener des Word Bearers dans l’Œil de la Terreur et qu’ils reviendraient avec les réponses à toute ses questions. Mais le Démon annonça aussi qu’ils reviendront en tant qu’armes dont il aura besoin dans l’avenir…[5]

Le Dernier Vol de l'Orfeo's Lament

Les Gal Vorbak de la Légion des Word Bearers éliminent les Custodiens chargés de les surveiller, sur la planète ravagée d’Isstvan V après la déclaration de guerre d’Horus contre l’Empereur.
Une centaine de Word Bearers du Chapitre des Serrated Sun, menés par Argel Tal et Xaphen, furent chargés par Lorgar d’entrer à l’intérieur de l’Œil de la Terreur à bord de l’Orfeo’s Lament, un croiseur léger impérial. Ingethel fut emmenée à bord, provoquant nausées et folie au sein de l’équipage humain de par sa seule présence.

Une fois à l’intérieur, Ingethel expliqua aux Astartes la véritable nature du Warp et des courants aethériques qu’ils voyaient à l’extérieur du vaisseau. Ils apprirent que l’Immaterium était le réceptacle des émotions et des pulsions des mortels, et qu’elles se manifestent sous forme d’énergie pure. Ce fut Argel Tal qui compris le premier que la Vérité Primordiale portait un nom : le Chaos.

Ingethel leur montra ensuite dans une vision la Chute des Aeldaris sur un ancien monde de cette race, Melisanth, désormais noyé par l’Empyrée. Les Astartes assistèrent à la destruction des Aeldaris, à la naissance de Slaanesh et à la formation de l’Œil de la Terreur. Ingethel, bien sûr, menti aux Word Bearers sur la manière dont le Prince du Chaos était véritablement né et leur expliqua que les Aeldaris avaient échoué en tant qu’espèce et qu’au lieu d’accepter la Vérité Primordiale, qui était de vivre en harmonie avec les Dieux du Chaos, les Aeldaris l’avait rejetée, déclenchant la quasi disparition de leur race. La nature de la Vérité Primordiale révélée aux Word Bearers dans les cendres de l’empire Aeldari, Ingethel leur annonça que si l’Humanité, en tant qu’espèce, voulait survivre face aux Xenos et autres horreurs de l’univers, elle ne devait pas commettre les mêmes péchés que les Aeldaris, mais devait accepter le Culte du Chaos. Bien entendu, l’Empereur, qu’Ingethel nommait l’Anathème, connaissait la vérité sur le Warp, et fut désigné responsable responsable de la future condamnation de l’espèce humaine par Son refus d’accorder à l’Humanité ce qui était son droit en tant qu’enfant choisie par les dieux. L’Empereur livrait une guerre contre les Dieux du Chaos tout en maintenant les hommes dans l’ignorance, menant à terme l’Humanité à connaître le même destin que les Aeldaris. Qui plus est, Ingethel expliqua que l’Empereur avait fait un pacte avec les Puissances de la Ruine afin de pouvoir créer les Primarques. Les termes de ce pacte restent inconnus, mais le Démon accusa l’Empereur d’avoir trompé les Dieux et gardé les Primarques pour Lui, provoquant la fureur des Dieux Sombres qui se vengèrent en disséminant les Primarques, encore à l’état de fœtus, sur différents mondes de la galaxie.

Suite à ces révélations, le groupe de Word Bearers dut prouver sa nouvelle foi envers les Dieux par un acte : désactiver le Champ de Geller qui protégeait le vaisseau des courants du Warp. Les Astartes s’exécutèrent. Les Démons purent accéder à l’Orfeo’s Lament, massacrant son équipage et les Astartes. Avant de tuer Argel Tal, Ingethel lui promis que lui et ses frères allaient devenir les armes dont Lorgar aura besoin pour sauver l’espèce humaine.

Plus tard, les Astartes morts revinrent à la vie, hagards, Ingethel disparu, et l’équipage semblant morts depuis des semaines. Les Word Bearers mirent sept mois à revenir dans l’espace réel, au point de rendez-vous prévus pour rejoindre Lorgar. Le Primarque fut stupéfait de l’état cadavérique de ses fils, du fait qu’il n’en restait qu’une quarantaine, les autres tués pour être dévorés par leurs frères et que surtout du fait que cela ne faisait qu’une minute dans l’univers matériel que l’Orfeo’s Lament avait pénétré la grande faille Warp…

Les Space Marines survivants du Chapitre des Serrated Sun racontèrent à Lorgar tout ce qui s’était passé et tout ce qu’ils avaient appris à l’intérieur de l’Œil, l’endroit où les mortels et les dieux pouvaient se rencontrer. Leur expérience changea pour toujours ces Astartes, car ils étaient tous désormais possédés par des Démons, expliquant leur résurrection. Ils devinrent les nouvelles armes de Lorgar, formant une nouvelle unité des Word Bearers : les Gal Vorbak - les Fils Bénis.

Pour Lorgar, ce fut la révélation qu’il attendait. Il se considéra comme l’instrument des Dieux, chargé d’apporter l’illumination à l’Humanité afin de la sauver de l’extinction future. Le Primarque des Word Bearers mis en place un plan afin de préparer la guerre qui débarrasserait l’Humanité de l’Empereur qui menait le genre humain à la catastrophe. Il fit propager le Culte du Chaos dans sa Légion, Erebus et Kor Phaeron se chargeant avec joie de cette tâche, confia aux Gal Vorbak d’éloigner les Custodiens et de les garder isoler de l’Empereur. Il élima toutes preuves de sa présence aux alentours de l’Œil de la Terreur en ordonnant un bombardement cyclonique de Cadia, exterminant les Cadiens et laissant la planète abandonnée afin qu’aucun autre ne puisse découvrir le secret de la Vérité Primordiale qui lui avait été confiée par les Dieux du Chaos.

Enfin, Lorgar partit lui-même vers l’intérieur de l’Œil de la Terreur. Bien que ce qu’il y a vu reste l’objet de spéculations, il découvrit des vérités qui le convainquirent dans sa nouvelle foi et du rôle qui lui était dévolu.

Les Word Bearers emmenèrent de nombreux textes et rites des Cadiens qu’ils développèrent des décennies suivantes afin de maîtriser les pouvoirs du Chaos. Tout en continuant la Grande Croisade, ils développèrent les quarante années suivantes un vaste réseau secret de Loges Guerrières au sein de certaines Légions Astartes afin d’y propager le Culte du Chaos et préparer la rébellion contre l’Empereur. Mais sachant que jamais Lorgar ne serait suivi par les autres Primarques, les Word Bearers usèrent de manipulation et de tromperie, afin de corrompre le seul Primarque qui pourrait mener à bien la rébellion : Horus Lupercal.

Quand Horus déclara ouvertement sa rébellion contre l’Empereur, les Word Bearers furent l’une des premières Légions à le soutenir. Les Gal Vorbak se distinguèrent à la Bataille d’Isstvan V et par l’élimination des Custodiens qui surveillaient leur Légion depuis la destruction de Monarchia : ainsi ils se vengèrent de leur humiliation que l’Empereur leur avait fait subir, plongeant la galaxie dans les flammes de la guerre civile.[6]

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Victoires et Triomphe

« Tu m’es comme un fils et ensemble nous avons conquis la galaxie, mais l’heure est maintenant venue pour Moi de Me retirer. Mon devoir de soldat est accompli et d’autres tâches Me sont dévolues, que Je dois accomplir dans Mon sanctorum de Terra. Je te nomme Maître de Guerre. À dater de ce jour, toutes Mes armées et tous Mes généraux devront obéir à tes ordres comme s’ils émanaient de Mes propres lèvres. Cependant, Il me reste à t’avertir. Tes frères Primarques brillent par leur volonté, leurs pensées et leurs actions : ne cherche pas à les changer, cultive leurs forces particulières. Un dur labeur t’attend, car il reste bien des mondes à libérer, et bien des peuples à secourir. Ma confiance t’est acquise. Gloire à Horus, gloire au Maître de Guerre ! »

- L’Empereur lors du triomphe d’Ullanor.

À l’approche du terme de la Grande Croisade, l’Empereur et Ses armées s’étaient réapproprié deux millions de mondes humains. Le plus en vue de Ses guerriers était Horus, probablement le plus grand de tous les Primarques, et certainement le meilleur général de l’ost de l’Imperium.

L'Aube de la Grande Croisade

Là où Terra avait été un royaume de guerre sans fin, elle devint maintenant un lieu d’activité, de production et de planification incessants, car la grande cause de l’Empereur n’était pas simplement de lui apporter une fois de plus la lumière de la prospérité et de l’ordre, mais de libérer des ténèbres les mondes inimaginablement vastes et dispersés de l’Humanité, et les réunir dans un seul Imperium de l’Homme. Lorsque la conquête de la Vieille Terre fut terminée, un événement cosmique puissant et imprévu se produisit. Une énorme onde de choc déferla sur l’Immaterium, éliminant ainsi les tempêtes Warp qui avaient masqué une grande partie de la galaxie. Cela semblait être une certaine providence divine, alimentant les croyances de ceux qui considéraient que l’Empereur était Lui-même divin (peu importe combien Il avait décrié cette affirmation). La voie était maintenant ouverte et les armées de l’Empereur pouvaient désormais se diriger vers les étoiles. La Grande Croisade avait vraiment commencé.

Les seigneurs de Mars faisant maintenant partie de l’Imperium par un traité d’alliance et par leur puissance industrielle, les Space Marines firent leurs effectifs se multiplier, et furent ré-armés et ré-équipés pour conquérir une galaxie chaotique. La Grande Croisade était une opération gigantesque d’une ampleur et d’une complexité inconcevables, impliquant des milliards de soldats et des dizaines de milliers de vaisseaux. Il est peut-être vrai que seul un esprit tel que l’Empereur aurait pu espérer comprendre et donner naissance à la grande "Pax Imperialis", la Paix Impériale, à travers la galaxie.

Les Légions de Space Marines étaient le fer de lance de l’expansion - le tranchant meurtrier de la Grande Croisade contre lequel les forces d’un ennemi était brisées et qui renversait des empires, humains ou Xenos, en leur arrachant le cœur. La création de l’Astronomican de Terra se trouvait au centre de la Grande Croisade. Balise de navigation psychique capable de percer à travers le Warp, les Navigators, sensibles à ses fréquences et modulations uniques, ont pu l’utiliser lors de la planification de voyages dans l’Immaterium, leur permettant de traverser le vide avec une précision inégalée. Parallèlement, ce sont les Astropathes qui ont également rendu l’Imperium possible. Capables de communiquer avec d’autres de leur genre sur de vastes distances interstellaires, ils ont permis à des mondes habités situés à de nombreuses années-lumière de fonctionner physiquement en un seul royaume, et ont lié l’Imperium naissant à Terra et ses mondes en un seul et même domaine.

Par cette Grande Croisade, l’Empereur entreprit Sa mission de libérer l’Humanité des aliens et des créatures du Warp qui l’avaient presque détruite. Monde après monde furent reconquis ; là où la société humaine existait, elle faisait partie de l’Imperium. Cette intégration a été réalisée lorsque cela était possible avec la diplomatie et la promesse d’un avenir meilleur grâce à une connexion plus large avec une société humaine galactique, et par la force des armes dans le cas contraire. Pour l’alien, il n’y avait pas de pitié, et des empires et espèces extraterrestres étaient mis en déroute ou annihilés au cours d’une série de guerres épiques.

Au cours de la Grande Croisade, les Légions Space Marine retrouvèrent leurs Primarques disparus, suite à la découverte par l’Empereur de leurs mondes d’adoption. Ces mondes sont devenus, dans la plupart des cas, les planètes d’origine des Légions et furent fortement enrichis et développés. Ces mondes, ainsi qu’une poignée d’autres planètes stratégiquement essentielles, sont devenus les piliers de la Grande Croisade à mesure qu’elle s’éloignait de Terra et du commandement central direct, faisant que la coordination devenait plus difficile. À partir de ces nouvelles bases et des Mondes-Forges du Mechanicum réabsorbés, la Grande Croisade s’étendit jusqu’aux coins les plus reculés de notre galaxie et la guerre se déroula à travers d’innombrables systèmes stellaires.[7]

Le Triomphe d'Ullanor

Dans les dernières années du 30e Millénaire, les forces de l’Imperium entreprirent la Croisade d’Ullanor, une vaste campagne contre l’empire ork du Seigneur de Guerre Urrlak Urruk. Cette croisade marqua le point culminant de la Grande Croisade pour réunir les mondes dispersés de l’Humanité. Les Orks d’Ullanor représentaient la plus grande concentration de Peaux-Vertes jamais vaincue par les forces militaires de l’Imperium ; avant la Troisième Guerre d’Armageddon commencée à la fin du 41e Millénaire. L’Empereur en personne commanda les armées de l’Imperium, secondé par Horus. L’ensemble des Luna Wolves furent mobilisés pour mener le fer de lance, secondé par les Ultramarines qui combattirent aux côtés des White Scars pour purger les systèmes extérieurs en livrant des attaques de diversion.

Après la défaite des Orks d’Ullanor, l’Empereur de l’Humanité retourna sur Terra pour commencer à travailler sur Son ambitieux projet secret. Mais avant, lors du Triomphe d’Ullanor qui fêtait la victoire et l’apogée de la Grande Croisade, le Maître de l’Humanité désigna Horus au poste nouvellement créé de "Maître de Guerre" pour commander à Sa place les vastes forces militaires de la Grande Croisade, faisant de lui le commandant en chef de toutes les armées de l’Imperium et le dépositaire de l’autorité de commandement sur tous les autres Primarques et toutes les Flottes Expéditionnaires.[8]

Mais avant de rejoindre Terra, l’Empereur organisa néanmoins une session du Conseil de Guerre sur Nikaea afin de définitivement trancher la brûlante question des Archivistes de bataille, sujet qui divisait les Primarques et l’Imperium depuis des années. La session eut lieu sur Nikaea.[9]

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La Crise des Archivistes

« Je me rends compte à présent d’avoir laissé Mes fils s’engager trop avant dans des matières dont Je n’aurais seulement pas dû leur laisser connaître l’existence. Qu’il soit su de tous que nul ne souffrira de reproches, car le but de ce conclave est de servir l’Unité et non la discorde. Mais pas davantage ne sera-t-il permis à la menace de la sorcellerie de souiller les guerriers de l’Astartes. Par conséquent, il est de Mon vouloir que plus aucune Légion ne conserve de Librarius. Tous les guerriers et instructeurs de ces départements seront retournés à leurs Compagnies de Combat et ne devront plus jamais faire usage d’aucun pouvoir psychique. »
« Malheur à qui ignorera cet avertissement ou brisera son pacte avec Moi. Celui-là deviendra Mon ennemi, et sur lui comme sur tous ses suivants s’abattra une telle dévastation que jusqu’au terme de toute chose, il regretta le jour où il se sera détourné de Ma lumière. »
- Le Jugement de l'Empereur au Concile de Nikaea.

Tandis que la Grande Croisade progressait, la plupart des Légions Space marines s’étaient dotées d’un Libraius, dont les Archivistes, bataille après bataille, se montraient aussi méritoires que n’importe quel autre Space Marine.

Néanmoins, le sujet souleva de nombreuses discussions entre l’Empereur et les Primarques, dont certains désiraient étendre leur Librarius et recruter davantage de Psykers, tandis que d’autres élevaient la voix e façon véhémente : Leman Russ allégua que les Archivistes n’étaient que des sorciers présentés sous un autre nom, puis Corax et Rogal Don refusèrent de faire combattre leurs Légions aux côtés de celles qui en comptant dans leurs rangs. Mortarion alla jusqu’à accuser Magnus le Rouge de sorcellerie.

L’Empereur s’apprêtait alors à retourner vers Terra pour y poursuivre son grand ouvrage dans l’isolement de Son palais ? Peut-être fut-il préoccupé par les Archivistes, par le danger que ceux-ci représentaient lorsqu’Il ne serait plus là pour Se battre auprès d’eux, et sans doute avait-Il été chagriné par l’accusation portée contre Magnus. Il repoussa donc Son départ et ordonna que se tint une session du Conseil de Guerre sur Nikaea.

Le Projet Librarius et la Souillure de la Longue Nuit

Le Serment Bézantine

Parmi les nombreux secrets que les Thousand Sons ont dissimulé et qui seraient révélés à la suite de la destruction de Prospero, il y avait celui des événements survenus dans le monde lointain de Bezant, en 823.M30. C’est là que le premier membre de la XVe Légion succomba au coût terrible des puissances employées avec tant d’abandon au cours des premières années des campagnes des Thousand Sons dans la Grande Croisade. Sa chair même fut corrompue par les effets des manifestations psychiques de la Légion, effets qui se retournèrent contre lui. Plutôt que de révéler cette tragédie accablante aux dirigeants de la Grande Croisade et de risquer la censure et même peut-être la destruction, les Capitaines de la XVe Légion ont plutôt choisi de dissimuler cet événement.

Le conclave des Capitaines qui dirigeaient les Thousand Sons dans les années précédant la venue de Magnus appela la Légion à prêter l’engagement baptisé "le Serment Bézantine", mentant aux seigneurs de Terra et à l’Empereur Lui-même, afin que la Légion puisse faire face à cet incident de chair corrompue sans aide extérieure ni jugement, ne considérant peut-être personne d’autre capable d’accomplir une telle tâche ou simplement pour éviter tout jugements extérieurs. Tel était l’orgueil et l’isolement qui en résulta, consumant la Légion à son époque de gloire. Car tout comme la distance entretenue par les autres Légions les protégeaient de la souillure de la XVe, cela les laissa également incapables d’influencer ou d’aider leurs frères chancelants, les condamnant à la catastrophe qui allait plus tard s’abattre sur la Légion.[10]

À l’aube du 31e Millénaire, certains membres de la Grande Croisade pensaient que les Thousand Sons et leur maître s’étaient tout simplement engagés trop loin sur une voie longtemps interdite par l’Empereur : celle de la sorcellerie. Mais qu’est-ce que la sorcellerie ? Pour beaucoup, en particulier pour les esprits superstitieux, la manifestation de tout pouvoir psychique pouvait être qualifiée de sorcellerie, et il est peut-être vrai que cette croyance repose sur le fait que toutes les capacités psychiques, aussi rigoureusement contrôlées soient-elles, sont périlleuses par leur nature même. Mais la définition la plus courante a toujours été que la "sorcellerie", étant un terme antique et mystérieux, et qu’à l’Âge de l’Imperium on devait parler plutôt de la poursuite inconsidérée du pouvoir psychique ou de la maîtrise des forces de l’Empyrean sans les mesures nécessaires de contrôle et de prudence, en particulier en ce qui concernait la manipulation de certains textes interdits et d’anciennes pratiques humaines et Xenos. Ces arts, poursuivis dans le but de maîtriser des forces d’un pouvoir et d’une puissance terribles sans aucune sanction ni restriction de la volonté et de la sagesse de l’Empereur imposées à Sa nouvelle civilisation humaine, étaient considérés par tout esprit sain comme incroyablement dangereux, pas seulement pour l’individu qui les recherchait, mais pour tout ceux autour d’eux. En bref, ils étaient l’incarnation des péchés du passé délibérément répétés, et c’est de ces actes que les Thousand Sons étaient généralement soupçonnés.

Les voix les plus fortes qui appelèrent à la censure de la XVe Légion pour s’être éloignée de la raison et de la loi étaient celles des Primarques Leman Russ des Space Wolves, Corvus Corax de la Raven Guard et Mortarion de la Death Guard. Tous les trois furent confrontés à diverses époques aux horreurs inimaginables qui pouvaient résulter de l’abus ultime du pouvoir psychique et craignaient que, s’ils étaient livrés à eux-mêmes, les Thousand Sons apporteraient une telle calamité sur eux-mêmes et les mondes de l’Imperium naissant.

Cette opinion avait derrière elle le poids de l’histoire, car on pensait souvent que la Longue Nuit, qui avait consumée la civilisation humaine et provoquée la longue Ère des Luttes, avait pour origine la prolifération de puissants et inarrêtables Psykers. En effet, bon nombre des pires chefs de guerre, qui ont dévasté la Vieille Terra avant les Guerres d’Unification et transformé d’autres mondes jadis brillants en charniers, ont exercé les mêmes pouvoirs ténébreux, nés d’une mutation psychique incontrôlée et de la poursuite d’une connaissance terrible qu’aucun esprit mortel ne pouvait contrôler. De plus, l’Imperium s’était toujours méfié des détenteurs de tels pouvoirs et, tout en s’appuyant sur les Navigators et les Astropathes de l’Astronomican pour assurer son existence, structurait et contrôlait de manière rigide la nature et la portée de ces organisations, obligeant les Psykers à se mettre dans les rangs, leur imposant un lourd joug de servitude et des restrictions imposées par la loi.

Dès le début de la Grande Croisade, l’Empereur Lui-même avait créé l’Ordre des Sœurs du Silence. Il leur avait donné le devoir de réduire le nombre de Psykers incontrôlables et non assermentés par l’Imperium, leur nombre ne cessant de grandir. Les Psykers devaient se soumettre à la Divisio Telepathica pour des tests draconiens, d’endoctrinement et de soumission forcée à des techniques conçues pour canaliser et limiter leurs pouvoirs, ou simplement être condamné à une incarcération éternelle ou à la mort, selon les besoins. Mais les Psykers existaient aussi dans les rangs des Légions Space Marines, et avec la puissance biologique des Legiones Astartes pour abriter ces capacités et leurs talents belliqueux pour les aiguiser, ces Psykers de bataille Space Marines étaient des guerriers terriblement puissants, et dès le début, cela souleva des questions.

Pour leurs détracteurs, tels que Russ et Mortarion, les Psykers issus des rangs des Legiones Astartes étaient principalement suspects. Cela tient au fait qu’ils ne connaissent souvent aucune des limitations imposées par la Scholastica Psykana et qu’il n’y avait que peu de contrôle direct, comme on en trouvait ailleurs dans l’Imperium. C’était le cas avec les Thousand Sons, une Légion de Space Marine qui, par l’influence de sa graine génétique, formait l’une des plus grandes concentrations de Psykers jamais rencontrés et, avec le temps, une suspicion grandissait à l’égard de la XVe Légion, à cause des sa dissimulation et des ses secrets arcaniques.

Pourtant, l’utilisation de pouvoirs psychiques au sein des forces armées de l’Imperium n’était pas sans fondement, car Sanguinius des Blood Angels et Jaghatai Khan des White Scars s’appuyaient tous deux sur l’utilisation de guerriers exceptionnellement doués au sein de leurs propres forces, leur imposant leurs propres structures et contrôles, aussi ponctuels qu’ils aient été. Il y a aussi le fait immuable que l’Empereur Lui-même était un Psyker au pouvoir sans précédent, bien que l’ampleur de Sa puissance psychique était telle qu’Il était au-delà des périls de l’Empyrean, et qu’Il avait Lui-même délibérément fait ce que les Thousand Sons étaient, du moins au commencement. En outre et avec plus de discrétion, Alpharius de l’Alpha Legion, Fulgrim des Emperor’s Children et Hante la Nuit - Curze lui-même était un puissant oracle psychique selon certains témoignages - tous utilisaient activement des Psykers dans les rangs de leurs Légions, bien que peut-être avec plus de réserve et moins d’étalage.

Ces Primarques avaient tous soutenu un projet de formation d’une structure au sein des Légions Space Marines, qui devait permettre aux Légionnaires aux talents psychiques d’exercer leurs pouvoirs en toute sécurité, de manière ciblée et disciplinée - une initiative qui sera connue sous le nom de Projet Librarius au cours de la moitié de la Grande Croisade. Cette expérience, appuyée par l’Empereur, cherchait à prouver la sécurité et l’utilité des Psykers de bataille dans les rangs des Space Marines. L’inclusion du Librarius dans l’ordre de bataille des Space Marines était au mieux un succès mitigé. Son modèle, développé à partir de structures existantes provenant des Blood Angels, a été adopté par certaines Légions, mais fut adopté à contrecœur par d’autres.

En vérité, à cause d’une origine génétique et à une prédilection, certaines Légions n’avaient tout simplement pas suffisamment de Psykers potentiels dans leurs rangs pour rendre possible un Librarius à grande échelle. D’autres qui disposaient pourtant des ressources génétiques requises, freinaient la formation d’un Librarius à cause de leur tempérament ou de ce que leur culture considéraient encore comme une force périlleuse et imprévisible. Comme l’énonça le Primarque Perturabo des Iron Warriors : « Une lame sans poignée est aussi dangereuse pour la saisie que pour la victime ». Pour les Thousand Sons cependant, le Projet Librarius était à la fois un baume contre les soupçons extérieurs et une justification de leur nature particulière. Ils l’avaient immédiatement intégré à leurs structures existantes, ou peut-être plus exactement, utilisé comme un outil pour protéger leur Légion.

En fin de compte, le Projet Librarius et les mesures connexes n’ont fait que retarder le scandale suscité par la manipulation présumée de pouvoirs interdits par les Thousand Sons de manipuler des pouvoirs interdits au lieu de l’annuler. À la suite du retrait de l’Empereur vers Terra et de l’élévation d’Horus en tant que Maître de Guerre, les Primarques opposés au Librarius ont demandé à l’Empereur de porter un jugement définitif sur la question avant de retourner sur le Monde-Trône. Telle était la puissance des arguments de Russ et de Mortarion, qui finirent par convaincre de nombreux membres de la fraternité des Primarques. Même l’éternelle rivalité entre Rogal Dorn et Perturabo fut mise entre parenthèse alors que les deux hommes soutenaient les appels à la fin du Librarius et condamnaient ouvertement les actions de Magnus, le Sorcier de Prospero.

Le jugement eu lieu au Concile de Nikaea, un conclave spécialement convoqué à cet effet, qui accueillit des représentants de toutes les Légions Space Marines et de nombreuses grandes institutions de l’Imperium. Son objectif apparent était que l’Empereur entende les représentants des divers Librarius et de ceux qui ont été témoins de leurs actes au combat, et émette Son jugement sur leur existence. Cependant, beaucoup à cette époque et au cours des dernières années, ont vu dans le Concile non pas un acte de clôture de la grande expérience du Librarius dans les Légions Astartes disparates, ni une évaluation finale d’un programme expérimental par Son créateur, mais plutôt le procès des Thousand Sons et de leur Primarque, Magnus le Rouge.[11]

Le Concile de Nikaea

Ordonné par les plus hauts échelons du Magisterum Imperialis, le Concile de Nikaea prit la forme d’un consistoire présidé par l’Empereur Lui-même en tant qu’ultime arbitre des juges, sans toutefois prendre part au débat ni au vote qui suivit. Parmi les nombreux grands représentants de la bureaucratie de l’Imperium et des Chambres militantes de la Grande Croisade, une foule de délégués y assista, avec peut-être plus de 10 000 âmes présents lors des débats Les premiers parmi eux étaient les Primarques des Legiones Astartes et les Hauts Seigneurs du Conseil de Terra, ainsi que des représentants du Mechanicum martien et des divers Ordos Telepathica et Scholastica Psykana. Il comprenait également de nombreux représentants d’institutions impériales de moindre importances et de plusieurs milliers d’autres serviteurs et fonctionnaires des assemblées de Terra. Il était en effet rare qu’une réunion d’une telle envergure se tienne en dehors du Segmentum Solar. Telle était la pompe et la solennité qui accompagnaient le Concile, peu de gens pouvant se méprendre sur l’importance de la réunion. Les cérémonies d’ouverture seules durèrent plusieurs jours et coûtèrent au Trésor Impérial une somme égale à la dîme de tout un secteur.

Comme pour tous ces rassemblements de grands et de puissants, le Concile de Nikaea était bien plus qu’un simple lieu de discussion pour un seul sujet, même sur une question aussi importante que celle des Psykers de bataille au sein des vastes armées de l’Imperium et des Legiones Astartes en particulier. Étaient également présents des seigneurs des planètes et de secteurs, des dirigeants de vastes empires bureaucratiques et des maîtres d’armées affamées et de flottes lointaines, tous réunis en ce lieu pour ce bref et capital événement. Au fur et à mesure que le spectacle des cérémonies d’ouverture se déroulait, des accords étaient conclus et de sombres réseaux tissés dans l’ombre. Tandis que les principaux seigneurs de l’Imperium jugeaient le Librarius et, par extension, les Thousand Sons, des alliances plus larges furent négociées et trahies dans les lointaines galeries de la salle. En effet, à la suite du Concile et du départ de ses invités, alors que la multitude de serviteurs et de domestiques commençait l’opération de nettoyage qui devait durer un mois, quelques corps furent découvert dans des recoins discrets des couloirs de Nikaea, témoignant des rivalités nouées et des rancunes réglées.

Bien qu’une liste complète des personnes choisies pour assister à cette réunion capitale et des nombreuses implications de leurs actions individuelles dépasse le cadre de ce traité, certains lecteurs, en particulier ceux qui n’ont pas vécu l’expérience de ces jours glorieux de l’Imperium, peuvent juger utiles de disposer d’une liste concise des présents les plus importants qui se sont exprimés au cours du Concile de Nikaea : les Primarques et ceux issus de rang consulaire venant du Conseil de Terra ou d’un niveau supérieur, ainsi que leurs positions respectives qu’ils ont prises dans ce débat central. Par souci d’exhaustivité, sont également mentionnés séparément les Primarques des Legiones Astartes qui n’étaient pas présents et leur position connue ou supposée sur la question des Psykers de bataille dans les Légions :[12]

Les personnes présentes et leur position connue lors du Concile de Nikaea
sur l’utilisation des Psykers dans les Legiones Astartes
  • L’Empereur : Même au cours de ces dernières années, il est mal vu de spéculer sur les plans cachés de l'Empereur et il est impossible de deviner avec précision Ses intentions pour le conclave.
  • Malcador le Sigillite, Haut Proconsul Imperialis : Inconnu
  • Kelbor-Hal*, Fabricator-Général de Mars : Violemment contre
  • Seigneurs Militants Tabor Ludovicia et Haldane Ma’lon, Maîtres de l’Imperialis Auxilia : N’ont ouvertement favorisé aucun des deux côtés
  • Grand Amiral Constansa Suati-Falkan, Armada Imperialis : Véhément Contre
  • Occulex-Magister Jalisco de Jerichos Huerta,
  • Ordo Astra Telepathica : Déclaré neutre
  • Constantin Valdor de la Garde Custodienne : Favorisé aucun côté
  • Magnus*, Seigneur de la XVe Légion : Violemment pour
  • Leman Russ, Seigneur de la VIe Légion : Violemment contre
  • Fulgrim*, Seigneur de la IIIe Légion : Promoteur de leur utilisation
  • Sanguinius, Seigneur de la IXe Légion : Promoteur de leur utilisation
  • Mortarion*, Seigneur de la XIVe Légion : Violemment contre
  • Corvus Corax, Seigneur de la XIXe Légion : Favorable à la censure de Magnus
  • Rogal Dorn, Seigneur de la VIIe Légion : Connu pour ne pas privilégier leur utilisation, mais auparavant enregistré comme ne s’opposant pas fermement à leur utilisation dans d’autres Légions que la sienne - connu pour favoriser la censure contre Magnus.
Les Primarques non présents personnellement au Concile de Nikaea
et leur position connue sur l’utilisation de Psykers dans les Legiones Astartes
  • Lion El’Jonson, Seigneur de la Ière Légion : N’à ouvertement favorisé ni l’un ni l’autre camp, mais connu pour être favorable à la censure de Magnus
  • Perturabo*, Seigneur de la IVe Légion : Contre
  • Jaghatai Khan, Seigneur de la Ve Légion : Soutient leur utilisation
  • Konrad Curze*, Seigneur de la VIIIe Légion : Soutient leur utilisation
  • Ferrus Manus, Seigneur de la Xe Légion : N’a pas favorisé leur utilisation
  • Angron*, Seigneur de la XIIe Légion : Violemment contre
  • Roboute Guillilman, Seigneur de la XIIIe Légion : Verbalement contre leur utilisation
  • Horus, Maître de Guerre de l’Imperium : N’a ouvertement favorisé aucun des deux côtés
  • Lorgar*, Seigneur de la XVIIe Légion : Soutient leur utilisation
  • Vulkan, Seigneur de la XVIIIe Légion : Soutient leur utilisation
  • Alpharius*, Seigneur de la XXe Légion : Soutient leur utilisation
*Ces leaders ont ensuite apporté leur soutien à Horus pendant les années sombres de l’Hérésie

La Conclusion de Nikaea

De nombreux chercheurs ont beaucoup spéculés du témoignage de ceux qui ont pris la parole devant l’Empereur, de la brièveté du Concile lui-même et du jugement final qu’Il a rendu à la fin de celui-ci. Des rumeurs douteuses de conspiration et de réseaux enchevêtrés mensongers alimentés par le recul des événements et des enregistrements fragmentaires de l’événement ne servent plus qu’à déprécier le drame qui s’est déroulé à Nikaea. En vérité, nombreux sont ceux qui sont venus présenter leur témoignage à l’Empereur, se prononçant pour ou contre l’utilisation ouverte des pouvoirs psychiques dans les rangs des armées de l’Imperium et des Légions de Space Marines en particulier. Parmi ceux-ci, il est clair que certains ont explicitement condamné Magnus et ses guerriers les accusant de constituer une grave menace pour l’Imperium, tandis que d’autres ont vanté leurs vertus en tant que guerriers. À la fin, Magnus lui-même se leva pour contrer l’attaque au vitriol de Mortarion avec éloquence et raison. Pourtant cela ne suffit pas.

Il est inutile de spéculer sur les pensées de l’Empereur et Ses raisons de choisir de condamner Magnus, les Thousand Sons et tous les Archivistes des dix-huit Légions. Son esprit est insondable pour l’homme mortel et Sa perception de l’espace et du temps, de la cause et de la conséquence est incompréhensible. En vérité, toutes les théories tortueuses proposées à la suite des événements qui se déroulèrent après Nikaea ne peuvent espérer tracer Ses réflexions, ne servant qu’à masquer le fait qu’on en sache peu. La vérité fondamentale demeure que l’Empereur a décidé de s’opposer à l’utilisation continue des pouvoirs psychiques au sein des Legiones Astartes et a annoncé le démantèlement immédiat des divers Librarius dans toutes les Légions sans exception. À ceux qui oseraient défier Sa décision, Il leur promis : « Malheur à qui ignorera cet avertissement ou brisera son pacte avec Moi. Celui-là deviendra Mon ennemi, et sur lui comme sur tous ses suivants s’abattra une telle dévastation que jusqu’au terme de toute chose, il regretta le jour où il se sera détourné de Ma lumière. ».[13]

La Naissance des Chapelains

Suite au Concile de Nikaea, les Légions Space Marines avaient reçu pour ordre permanent de démanteler leurs Librarius, l’Empereur ayant statué que plus aucune d’elles ne devait employer de Psykers au combat, ni poursuivre d’études concernant les mystères de leurs talents. Celles des Légions qui incluaient des Archivistes, des Space Marines dotés de pouvoirs psychiques, durent les réassigner à des unités de combat standards et leur interdire de faire usage de leurs capacités.

Malcador le Sigillite, chef du Conseil de Terra et premier parmi ses Seigneurs, n’était pas certain que toutes les Légions respecteraient la décision de l’Empereur, car il savait que certains des Primarques accordaient une grande valeur à leurs Archivistes et aux pouvoirs que ceux-ci pouvaient libérer sur un champ de bataille : le déploiement de Psykers était devenu un pivot central de leurs stratégies et de leurs tactiques.

Il s’appliqua à trouver le moyen de s’assurer que les Légions obéiraient et observeraient la consigne à la lettre. Ses pensées se tournèrent vers Lorgar et ses Word Bearers.

Tandis que l’Empereur se consacrait à Ses œuvres secrètes dans les cryptes de Son palais, Malcador le Sigillite présenta en Son Nom un nouvel édit devant le Conseil de Terra. Il s’agissait de l’Ordre d’Observance, plus connu comme l’Ordination des Chapelains, dont la principale inspiration fut la Légion des Word Bearers.

Le Primarque Lorgar avait grandi sur le monde religieux de Colchis, dont il était devenu avec le temps le guide militaire et spirituel. Sa première rencontre avec l’Empereur y avait été tenue pour l’accomplissement d’une antique prophétie, un événement qui ne fit que renforcer la ferveur religieuse du peuple de Colchis, et celle de Lorgar lui-même. Devenu l’un des Primarques, ce dernier introduisit dans sa Légion des prêtres-guerriers nommés Chapelains, dont le rôle était de répondre aux besoins spirituels des Space Marines, et de s’assurer que leur foi en l’Empereur était forte.

Inspiré par cela, Malcador imposa aux autres Primarques de désigner des Chapelains qui veilleraient au bien-être spirituel de leurs Légions et feraient appliquer la proscription des Psykers. Ces officiers devaient être choisis parmi les Space Marines les plus inflexibles dans leur devoir, et ayant fait preuve de la plus haute loyauté envers leur Primarque et l’Empereur.

La plupart des Primarques se plièrent loyalement à la décision et commencèrent à promouvoir certains de leurs guerriers au rang de Chapelains. Certains ne le firent pas. L’ironie de cet édit amusa passablement Lorgar - dont les Word Bearers s’étaient déjà vendus en secret au Chaos.

Étant donné les caprices de la communication d’un point à un autre de la galaxie, il n’aurait pas paru anormal ou suspect que toutes les Légions n’aient pas immédiatement clamé leur consentement. Malcador se doutait que certains Primarques, coupables de duplicité, lui avaient assuré qu’ils agiraient comme l’Empereur l’avait jugé bon, alors que tel n’était pas le cas. L’histoire dévoilerait bientôt leur malhonnêteté.

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Le Sac de Prospero

« Une fois que les rouages titanesques du destin ont été configurés pour tourner avec brutalité dans une voie désignée, il est trop tard pour ces créatures insignifiantes qui manient des outils de les détourner de leur chemin. Leur sort n’est que de payer le prix sanglant des ambitions de ceux dont les mains reposent sur les commandes, car c’est le sang des hommes qui accélère le passage de l’histoire. »
- Liturgie du Macrotek de Zhao-Arkhad, Stanza 183.
- Traduit de l’Arkhadadine par la Techna-linguis.

Magnus le Rouge, Primarque des Thousand Sons, qui communiait en secret avec les puissances obscures du Warp, eut un jour une terrible vision qui lui révéla la défection d’Horus et la guerre civile prochaine. Lui et sa cabale de sorciers décidèrent de contacter l’Empereur au moyen d’un sort puissant pour l’avertir de l’Hérésie.

Nul ne sait avec certitude pourquoi Magnus prit la décision de prévenir son père de la manière qu’il employa, car il était certain que l’Empereur reconnaîtrait la nature de son message et n’aurait d’autre choix que de le persécuter. Sa Légion allait être purgée, lui et ses Archivistes mis à mort. Peut-être Magnus pensait-il que l’Empereur serait davantage préoccupé par la trahison du Maître de Guerre. Peut-être était-il pressé de monter l’Empereur et Horus l’un contre l’autre. Peut-être espérait-que l’Empereur tuerait Horus et que lui, Magnus, pourrait prendre la tête de l’Hérésie. Ou peut-être avait-il d’autres motifs que lui seul connaissait.

Quoi qu’il en soit, la cabale des Thousand Sons joignit ses pouvoirs à ceux de Magnus pour que leur puissante conjuration traverse le temps et l’espace. Ayant pénétré les sceaux protecteurs qui entouraient le Palais Impérial, le sort s’immisça dans l’esprit de l’Empereur, qu’il emplit instantanément de la vision de Magnus et des détails de la trahison imminente d’Horus.

Les défenses psychiques du palais de l’Empereur sur Terra venaient d’être compromises par un sort d’une puissance sans précédent, lancé par le Primarque Magnus le Rouge et son groupe secret de sorciers afin d’avertir l’Empereur de la trahison d’Horus, une trahison que lui avait révélée une sombre précognition.

Nul ne sait quelle réaction Magnus espérait susciter, mais s’il pensait que l’Empereur serait satisfait de lui, en cela résidait son erreur. Ce dernier parut même ignorer le contenu du message de Magnus, consumé comme Il l’était par la colère de constater que Magnus avait désobéi de façon aussi flagrante à Ses injonctions de renoncer à la sorcellerie et à l’emploi de ses pouvoirs psychiques.

L’Empereur appela auprès de Lui le Primarque des Space Wolves. Il existait depuis toujours une certaine animosité entre Magnus et Leman Russ, à qui Il ordonna de rejoindre Prospero et de châtier Son fils rebelle. Sa volonté était claire ; le cyclope et ses fils s’étaient compromis dans des tractations avec le Warp, en enfreignant une instruction directe de Sa part. Aucune pitié ne devait leur être témoignée.

Le Procès du Sorcier

Le récit de la chute de Prospero commence de nombreuses années avant que le premier tir ne soit tiré suite aux machinations du Maître de Guerre. Au cours des siècles suivants l’Hérésie, ils seront nombreux à demander à ceux ayant vécu les derniers jours de la Grande Croisade et vu le rêve de l’Empereur se briser, sur comment se fait-il qu’Horus ait pu mettre en branle une rébellion si minutieusement planifiée et comment la corruption se répandit-elle si largement dans les rangs des plus fidèles serviteurs de l’Empereur en si peu de temps, et sans qu’aucun des grands sages et généraux de l’époque ne s’en rende compte ? Comme pour toutes ces questions, la réponse est difficile à comprendre sans avoir traversé cet âge de ténèbres. Rétrospectivement, il suffit de dire que la chute d’Horus ne fut pas aussi précipitée que certains l’affirment, et trouve ses origines sur des influences extérieures. Car bien que l’Empereur ait toujours considéré qu’il était le plus sûr de Ses fils - le premier d’entre eux à avoir été retrouvé, ayant combattu le plus longtemps et lutté avec acharnement à Ses côtés - Horus, malgré toutes ses capacités de commandant, sa personnalité et son charisme incontestable avait toujours manqué de confiance en lui et fit preuve d’une grande fierté au cours de ses longues années d’adversité et de lutte.

Comme c’est souvent le cas des histoires écrites de longues années après les événements dont les auteurs se souviennent à peine, le recul nous montre clairement les premières manifestations de mécontentement et de rébellion à travers des actes qui ont marqué le bref règne du Maître de Guerre sur les forces de l’Imperium et même dans les années précédentes.

Le stockage minutieux des munitions et des ressources, le traitement préférentiel accordé aux unités et aux commandants fidèles à Horus, ainsi que l’établissement de pactes commerciaux, de patronages et de traités, ont permis à Horus et aux unités dans lesquelles il plaçait sa plus grande confiance d’opérer sans la surveillance des serviteurs les plus proches de l’Empereur. On pouvait sans aucun doute y voir le travail d’un général sans égal qui cherchait seulement à faire avancer la Grande Croisade, à établir des contingences appropriées et à récompenser ceux qui combattaient durement en son nom. Mais d’autres y verront plus tard des pions idéalement placé pour préparer la plus grande traîtrise que le genre humain ait jamais connue. Même si au début il ne réalisait pas l’ambition qui guidait sa main, Horus avait longtemps planifié son ascension dans les coins les plus sombres de son esprit et ses désirs les plus secrets et non avoués. Cerné par ses actes et sa longue tradition de patronage et d’honneur militaires, il planta de nombreuses graines qui ne susciteraient aucun soupçon ni ne porteraient leurs fruits toxiques que bien plus tard, lorsque d’autres influences, plus malignes, lui ouvriraient enfin les yeux sur ce qu’il s’était caché à lui-même.

Les preuves issues des archives montrent que de nombreux ordres et édits d’Horus, émis sous son titre légitime de Maître de Guerre, ont ouverts la voie à la rébellion qui allait plus tard déchirer l’Imperium. Ces preuves présentent une longue séquence d’affectations suicidaires qui ont vu un certain nombre de fières unités de l’Armée Impériale Terrienne être brisées et humiliées au cours des dernières années du neuvième siècle de M30, des mandats impériaux émis envers un certain nombre de Maisons de Chevaliers d’une loyauté douteuse, envoyées uniquement par l’intercession directe d’Horus en M31, et des missions à des Légions Space Marines telles que les Dark Angels et les Blood Angels, qui les enverront au-delà des frontières connus, trop loin pour agir lorsque les forces d’Horus frapperont enfin. Pourtant, parmi toutes les tragédies provoquées par Horus contre les guerriers de l’Imperium envoyés sur le chemin de la ruine, il en est une qui se démarque de toutes les autres en matière d’infamie et d’horreur. Pour une fois, le voile du mensonge fut déchiré par la violence à venir. Voici le véritable début de l’Hérésie d’Horus mise à nu, le premier coup dans une guerre encore non déclarée : le meurtre de Prospero.[14]

La Politique de la Croisade

La mort de Prospero est une tragédie composée par plusieurs artisans. Car si ses conséquences servirent à allumer les feux de l’Hérésie d’Horus et seraient très bénéfiques aux plans d’Horus, son origine vient de la confluence de nombreux péchés. Beaucoup portent une part de culpabilité, notamment parmi les gardiens de Prospero, la XVe Légion, car ils ont joué le double rôle de victime et d’instigateur de leur propre apocalypse.

Les membres de la XVe Légion avaient toujours été étrangers à leurs frères. Forgés dans les braises mourantes des Guerres d’Unification de Sol, ils n’étaient pas présents lors des grandes batailles sur l’Ancienne Terra, ni même lors de la reconquête du Système Sol qui façonna leurs frères des autres Légions. Même leur création les ont distingués, choisis par l’Empereur Lui-même et initiés sous le nom de Ses "Thousand Sons", marque de faveur que beaucoup de ceux qui avaient saigné pour leur Empereur en venaient à ressentir comme injustifiée. Au fil du temps, ils ont été réunis avec leur Primarque et la Légion manifesta son héritage occulte et ses tendances mystérieuses. La méfiance qui existait déjà parmi les autres Légions ne fit que s’approfondir et si aucun ne dénonçait ouvertement leur succès lors de la Grande Croisade ou leurs compétences, peu étaient volontiers de leurs côtés que cela soit dans la guerre ou dans la paix. De son côté, la XVe n’avait guère dissipée la méfiance qui la recouvrait. En effet, il est prouvé que tandis que certains des Thousand Sons cherchaient à combler le fossé qui les séparaient des autres Légions, d’autres factions de la XVe semblaient se réjouir de leur infamie et affichaient les pouvoirs qui les distinguaient de leurs frères. Les Thousand Sons ont donc transformé leur nouveau statut de parias en bannière à porter fièrement, ce qui justifiait l’ésotérisme - que beaucoup trouvaient dangereux - et des recherches arcaniques qui consumèrent la Légion et son maître. Ce mécontentement entre les Légions ne ferait que s’aggraver davantage, chaque victoire des Thousand Sons servant à les damner davantage aux yeux de leurs détracteurs, chaque succès étant accompagnés par l’apparition d’une sorcellerie incandescente.[15]

Le Début de la Trahison

Le choc de Nikaea se fit ressentir dans toutes les forces de la Grande Croisade, mais surtout chez les Thousand Sons, ou du moins, il aurait dû l’être. Après le Concile de Nikaea, les Thousand Sons, humiliés, retournèrent se battre dans la Grande Croisade, sauf Magnus qui s’installa dans les grandes bibliothèques de Prospero, travaillant sur un objectif qu’il dissimula à ses frères et même à ses propres fils. Pendant près de trois ans, les guerriers de Prospero poursuivirent les guerres de l’Empereur à la manière des temps anciens, avec Bolter et épée à la main, sans utiliser ouvertement les pouvoirs qu’ils avaient auparavant glorifiés. En dépit de l’absence de Magnus et de la "sorcellerie" qu’il enseignait, de nouvelles campagnes furent menées par les Thousand Sons au cours de cette période et nombre de mondes furent amenés à se soumettre à la Conformité durant cette brève période. Nombreux furent ceux à l’époque qui virent dans le succès des dernières actions de la Légion une preuve que la sagesse de l’Empereur portait ses fruits. Au cours des dernières années, cependant, beaucoup affirmèrent que la pratique et l’utilisation des arts psychiques persistaient au sein des Thousand Sons, et que la Légion avait défié l’édit de l’Empereur presque dès le début ; de telles allégations ne peuvent plus être vérifiées et sont de toute manière sans conséquence du fait des actions ultérieures des Thousand Sons.

Quoi qu’il en soit, il est impossible de nier la tragédie qui suivi, bien que le blâme ultime soit le plus difficile à établir, car le Primarque et la Légion, et peut-être même le Maître de l’Humanité, doivent tous en assumer une part de responsabilité.[16]

L'Origine de la Déchéance

Concernant le crime final de Magnus, l’acte qui entraîna la chute de Prospero, il y a peu d’informations réelles qui peuvent maintenant être glanées. La nature intrinsèquement secrète de la XVe Légion et la destruction totale qui a été perpétrée sur Prospero ont beaucoup obscurci le sujet. De plus, l’Empereur et Ses conseillers les plus proches n’ont jamais consigné de tels secrets dans des archives. Ce que l’on sait, c’est que trois ans environ après le Concile de Nikaea, Magnus convoqua la plus grande partie de sa Légion à Prospero, réunissant les plus érudits de ses Capitaines et de ses fils qui exerçaient autrefois les arts interdits. Personne, à l’exception peut-être de l’Empereur Lui-même, ne sait exactement ce qui s’est passé dans les profondeurs des temples de Prospero. Certaines rumeurs parmi les puissants parlent d’un grand rituel mettant à nu la trahison naissante d’Horus ou même d’un pacte conclu entre les Thousand Sons et les terribles habitants du Warp, tandis que d’autres théories parlent d’une tentative erronée de prouver à son père son erreur par une démonstration de puissance merveilleuse, ou même de quelque attaque psychique avortée, poignardant le cœur même de l’Imperium.

Il est toutefois de notoriété publique qu’en 004.M31, peu après la convocation des Thousand Sons sur Prospero, le Palais Impérial fut frappé par de graves secousses sismiques et une vague de manifestations non naturelles liée à un désastre psychique à la force cataclysmique. Les avant-postes impériaux des Imperialis Arbites assiégés furent submergés par des émeutes spontanées et des rapports sur des phénomènes étranges, des meurtres horribles et d’autres crimes violents, tandis que les réseaux énergétiques étaient surchargés et que les incendies et autres calamités se propageaient. Des sous-secteurs entiers de la métrocologie terrienne furent plongés dans le chaos pendant des jours avant que l’ordre ne soit rétabli. Au total, les ordinators de la Chancellerie Impériale estimèrent le nombre de victimes de ce phénomène et les perturbations civiles qui en résultèrent à des centaines de milliers de personnes. Les travaux de réparation des sections du Palais Impérial ne seront pas complètement achevés avant des années, puis intégrés au programme de fortification stratégique de Dorn avant le grand siège.

Bien qu’aucune condamnation officielle n’ait jamais été prononcée à l’égard des auteurs de cette atrocité, des documents enfouis au fond des archives scellées de Terra montrent que l’Empereur avait publié des édits censurant Magnus quelques heures après son rituel. Que le complexe le plus sûr de Terra et le siège du pouvoir de l’Empereur ait été réduit à un chaos frénétique le jour même où l’un de Ses propres Primarques fut condamné pour utilisation abusive de pouvoirs interdits et convoqué sur Terra pour être jugé n’est pas une coïncidence. On ne peut que deviner sur ce que Magnus le Rouge, le Roi Sorcier de Prospero, aurait pu espérer réaliser par un tel affront envers le Monde Trône, mais ses répercussions ébranlèrent les fondements mêmes de l’Imperium.[17]

Par le Verbe et la Volonté du Maître de l’Humanité, Imperatoris, Terra Regnum,
Il est décrété par la présente que Magnus, Primarque de la XVe Legiones Astartes, soit frappé de censure et tenu par la loi de se tenir devant le Trône Impérial de Terra pour y répondre de ses actes et de ceux de ses descendants.
À cette fin, Leman Russ, Primarque de la VIe Legiones Astartes, est ainsi chargé d’arrêter son frère, par tous les moyens qu’il jugera nécessaire, sans limite de droit, sans sanction ou imposition de pouvoir, jusqu’aux confins de l’univers et jusqu’à la fin des temps.
Ainsi il est écrit, ainsi il en sera fait.[18]

Le Rassemblement de l'Ost

Les chœurs astropathiques de Terra étant temporairement perturbés après le maelström psychique qui avait frappé le Palais Impérial, plusieurs semaines se seraient écoulées avant que le jugement prononcé sur Prospero et l’Ordre de Censure publié par l'Empereur ne parvienne à ses deux destinations : Fenris et la Cour de Leman Russ et le Conseil d’Horus, Maître de Guerre de l’Imperium. De nombreux récits de cette période restent fragmentaires, à la fois à cause du tumulte qui frappa plus tard Terra lors du grand siège, et aussi parce qu’un voile de secret avait déjà été posé sur des sujets que seule la main de l’Empereur aurait pu lever. Ce que l’on peut dire, c’est que le Capitaine Général de la Legio Custodes, Constantin Valdor, était responsable de la tâche redoutable de la censure. Sous son commandement, une force réunie sur Terra était chargée d’appliquer la volonté de l’Empereur envers Prospero, bien que ce soit Leman Russ, le Primarque des Space Wolves, qui se vit confier le commandement général de l’Ost de Censure, au moment de la désignation de la flotte combinée. Seul un Primarque devait avoir une autorité sur un autre Primarque.[19]

Les Serres de l'Empereur

Valdor, dont la compétence martiale venait juste après celles des Primarques eux-mêmes, avait longtemps eu la faveur de l’Empereur et portait le sceau judiciaire de l’Empereur - le Magisterium Maxima - lui offrant un rang dans les hautes sphères de la Cour Impériale et des conseils de guerre de la Grande Croisade. Mais malgré son autorité personnelle incontestable, Valdor avait longtemps maintenu une position de neutralité prudente parmi les innombrables factions de la Cour Impériale et de la Grande Croisade, n’intervenant que s’il le jugeait de son devoir. Le fait que le chef des gardes du corps de l’Empereur reçu le commandement de la mission sur Prospero est peut-être dû à une intervention du premier conseiller de l’Empereur, Malcador le Sigillite. Il est probable qu’un homme de moindre importance que Valdor se serait rapidement heurté à la division politique et à la rivalité au sein de la hiérarchie de l’Imperium. La mission de Censure elle-même aurait servi les intérêts d’une faction ou d’une autre, et il est peut-être aussi vrai qu’un émissaire de la cour autre que Valdor aurait simplement été trop faible pour affronter un Primarque sur son sol natal. Cependant, parmi la nouvelle élite de l’Imperium, rares sont ceux qui oseraient entraver le sombre seigneur de la Legio Custodes. Valdor entreprit de réunir une force pour exécuter la volonté de l’Empereur exactement tel qu’il était écrit sur l’Ordre de Censure.

Le Seigneur Constantin Valdor n’aurait eu aucune peine à trouver des troupes pour sa tâche, car bien que près de deux siècles se soient écoulés depuis la fin des Guerres d’Unification et la pacification du Système Sol, Terra restait la plus grande forteresse de l’Imperium. Ici, au centre du domaine galactique de l’Humanité, une multitude de guerriers de mondes proches et lointains attendaient les ordres de l’Empereur, allant des forces moins importantes telles que les guerriers des Legiones Astartes des Osts de la Croisade, aux millions et puissants régiments de l’Auxilia Terranic de l’Armée Impériale, et toutes sortes de combattants exotiques entre les deux. Parmi ceux-ci, Valdor choisit un mélange des plus puissants et des plus mystérieux, ainsi que certains des plus resplendissants, pour servir de garde d’honneur au seigneur déchu de Prospero pour son retour sur Terra, car un tel événement servirait à la fois de punition pour Magnus et un message à tout l’Imperium. À l’avant-garde de l’ost se tenait un détachement de la Legio Custodes, les plus redoutables guerriers génétiques créés par l’Empereur. Un spectacle saisissant se fit jour dans le reflet de leur plaques de guerre dorée et leur répulseur luisant. La majeure partie de cette force terrienne devait être composée de plusieurs régiments de l’Armée Impériale, y compris les fiers guerriers de la 3e Terranic Auxilia, portant de puissantes armes et armures venant des forges de la secrète Luna, et huit cohortes complètes de la redoutable Exo-garde de Tyrian, qui faisait partie de la garnison du Monde Trône, chaque guerrier revêtu de l’armure laquée de ce monde lointain.

À l’insu de la plupart des observateurs à cette époque tumultueuse, un autre contingent devait rejoindre les unités embarquées à bord des vaisseaux de la Flotte de Censure, un groupe qui ne serait vu à aucun des glorieux défilés tenus le long des vastes avenues processionnelles du complexe du palais avant le départ. Trois unités de la Sororité du Silence, dirigées par la Commanderesse Krole, accompagnées d’une petite flottille de navires à coque noire qui faisaient la renommée de l’Ordre, rejoignit la flotte, ainsi que de nombreux membres de l’Ordo Sinister - une institution encore relativement nouvelle qui ne dépend que de l’autorité du Trône et qui disposait de Titans spécialisés, son siège situé dans des caveaux secrets à l’intérieur du Palais Impérial. L’Ordo Sinister était une force à la sombre réputation, digne de son nom, vouée à la suppression et à la destruction des menaces Psykers de classe alpha et au désordre civil violent qui les accompagnait souvent. La présence des membres de la Sororité du Silence et de l’Ordo Sinister prouvaient la détermination de l’Empereur de faire revenir Son fils égaré par tous les moyens nécessaires, si le besoin s’en faisait sentir, bien que le secret de leur déploiement supposait que de tels moyens effrayants ne devaient pas être la méthode préférée pour la résolution de la crise.[20]

Départ

Malgré l’urgence des ordres de l’Empereur, il fallut plusieurs mois pour que l’Ost de Censure soit entièrement rassemblé, équipé et fêté correctement avant son départ définitif. Ce délai était dû aux fastes qui accompagnaient le départ d’une telle assemblée de guerriers de renom pour l’accomplissement d’une mission aussi importante. Au fur et à mesure que les divers régiments attachés à l’Ost de Censure se rassemblaient, ses commandants passaient beaucoup de temps dans les niveaux du Reclusiam, dans les forteresses de la Divisio Militaris, examinant les maigres archives de Terra concernant le monde lointain de Prospero. Il est également rapporté qu’Atharva, seul représentant des Thousand Sons au sein de l’armée de la Grande Croisade, fut traduit devant Valdor, Malcador et d’autres, et leur révéla les informations qu’il disposait sur les activités de sa Légion et la disposition des forces et des défenses de Prospero. Cette information devait constituer la base des plans d’urgence de Valdor, bien que nombreux sur Terra pensaient qu’il y avait peu de risques à ce que Magnus résiste à l’injonction de l’Empereur lui ordonnant de revenir sur Terra, et encore moins qu’il pourrait mener sa Légion en rébellion ouverte contre l’Imperium. Mais d’autres pensaient qu’il y avait une ombre chez le Roi Pourpre, et Valdor lui-même était un être pour qui la prudence et la préparation n’étaient pas seulement des vertus nées du devoir, mais la substance même de son existence. Atharva, en tant qu’informateur principal pour les plans de Constantin Valdor, obtint le statut d’Exemptus, exempté par décret de tous les péchés de sa Légion, passés et à venir, et placé sous la garde de l’Ost de Censure, afin de rester aux côtés de son Preceptor jusqu’à la résolution de la campagne.

Une fois l’Æther calmé et la finalisation de leurs plans, l’Ost de Censure laissa Terra pour rejoindre le lieu de rassemblement, dans le système de Beta-Garmon, dans l’espoir de retrouver le Primarque des Space Wolves, Leman Russ, et ses forces. Pendant ce temps, les chorales astropathiques de Terra avaient été chargées de la promulgation de l’Ordre de Censure, le diffusant vers toutes les capitales majeures du secteur impérial - il ne devait y avoir aucun sanctuaire pour tout ceux que l’Empereur avait condamné pour le grave péché de subversion de l’Édit Impérial, aucun recoin de son empire vers lequel on pourrait fuir. Mais, plus urgent, les Astropathes s’efforçaient d’atteindre le lointain seigneur des Space Wolves à qui l’Empereur avait confié la lourde tâche d’appliquer la justice de l’Empereur et que Constantin Valdor attendait à Beta-Garmon.[21]

Le Roi-Loup

Leman Russ et ses Loups n’étaient pas restés inactifs alors que les événements progressaient sur Terra ; les chroniques de la Grande Croisade mentionnèrent pas moins de sept zones de guerre et flottes de croisades distinctes dans lesquelles des forces considérables de la VIe Légion prenaient part au moment du déclenchement désastreux de la Censure de Magnus. Le Seigneur des Space Wolves était lui-même connu pour avoir joué un rôle actif dans les opérations de combat les plus dures assignées à sa Légion. Il aurait été impliqué dans l’éradication sanglante d’une infestation de Xenos nommés Skarik dans l’espace sauvage déchiré par les conflits autour de Cypra Niundi, connu sous le nom d’Æther Metus et vital pour stabiliser le canal Warp reliant les secteurs gourmands en ressources de l’intérieur du Segmenturn Solar dont les étendues furent récemment conquises à l’ouest galactique. En raison de la nature de la VIe Légion, il existe peu de rapports précis sur la réception de l’annonce de l’Ordre de Censure par le Roi-Loup, malgré la précipitation avec laquelle il mis fin à ses engagements antérieurs et le rappel de ses forces avant de partir vers Propsero, se rendant compte de la faveur que l’Empereur lui faisait en lui offrant ce commandement. Que ce zèle provienne davantage de la dévotion envers son Empereur ou du dégoût des actions de son frère, l’histoire ne dit rien.

En recevant l’annonce de l’Ordre de Censure et le commandement de l’Empereur d’arrêter Magnus et de le renvoyer à Terra, le Roi-Loup avait sous son commandement deux Grandes Compagnies complètes de ses Space Wolves - environ 20 000 Légionnaires Astartes. C’étaient la Première et la Septième Grandes Compagnies des Space Wolves ; la Première étant composée principalement de ses Huscarls, gardes du corps d’élite du Roi-Loup et des forces principalement en Armure Terminator Cataphractii au service de la VIe Légion, tandis que la Septième comprenait une importante présence du Black Cull, un nom informel faisant référence aux Deathsworns et Destroyers de la VIe Légion. Malgré, ou peut-être à cause de l’urgence des ordres de l’Empereur, Leman Russ n’a pas immédiatement quitté les zones de guerre de Cypra Mundi, mais abandonna la stratégie précédente privilégiée par les régiments de milices de l’Amirauté et de l’Imperialis - celle d’un balayage méthodique des planétoïdes infestés - pour mener les guerriers de l’Imperium lors d’une frappe qui visa directement le monde le plus infesté, connu pour être la source de l’infestation Xenos. En peu de temps, les Space Wolves avaient réduit le nid xenos à des ruines recouvertes de phosphex, et percé le cœur de l’infestation qui s’étendait sur les mondes voisins, mais ils payèrent le prix fort pour leur victoire, laissant plusieurs milliers de leurs frères tués sur le terrain. Jugeant sa tâche terminée, le Roi-Loups retira sa Légion après la dissolution du monde de Skarik, malgré les plaintes des commandants de l’Armée Impériale laissés pour terminer les combats et sécuriser le secteur en vue de la reconstruction. On sait que le Roi-Loups répondit à ces plaintes : « Quand l’Empereur cherche à détruire un ennemi, Il libère le loup qu’Il maintient en cage et assoiffé de sang à Ses côtés ; le loup de la mort ne connaît qu’un seul chemin, et ceux qui cherchent à mettre un collier sur une telle bête pour en faire qu’une sentinelle risque seulement la ruine de leurs maisons. »

Il est écrit qu’après le départ des Space Wolves, les régiments de l’Armée Impériale qu’ils avaient laissé pour achever les combats se retrouvèrent en difficulté, et bien que Leman Russ ait mis fin à la plus grande partie de la menace, il fallut plusieurs années avant que les restes des forces de l’Imperium, malgré des renforts ultérieurs, éradiquent enfin les fiefs périphériques d’un ennemi qui, bien que brisé, s’était désormais voué à la vengeance.[22]

Les Loups se Rassemblent

Ignorant tout autre appel, Leman Russ et ses Space Wolves abandonnèrent les zones de guerre de Cypra Mundi et se dépêchèrent de rejoindre le sanctuaire glacé de Fenris. La Cinquième Grande Compagnie, qui était alors en train de se réapprovisionner sur le monde natal de la Légion, rejoignit l’ost grandissant du Roi-Loup. De son repaire isolé au sein de la forteresse connue sous le nom du Croc, Leman Russ émis une convocation astropathique, invitant toutes les unités de la VIe Légion proches de Prospero à se réunir à Fenris ou à Beta-Garmon et à attendre son arrivée. Bien que les archives tenues par les Space Wolves soient notoirement difficiles à interpréter par des étrangers en ce qui concerne les détails, il est peu probable que Leman Russ resta sur Fenris plus d’un mois standard terrien, car son voyage vers Beta-Garmon et son rendez-vous avec Valdor ne pouvait souffrir d’un délai trop long. En conséquence, il restait peu de temps pour renforcer les rangs épuisés de la Première et Septième Grandes Compagnies ou pour que les Grandes Compagnies en guerre dans les confins de l’Imperium se rendent à Fenris pour répondre à l’appel de leur seigneur à l’heure.

Parmi les rares faits concrets que l’on puisse isoler des complexes sagas orales que les Space Wolves utilisent pour codifier leurs fonctionnements, il est dit qu’avant de quitter Fenris, Leman Russ aurait été rejoint par les guerriers des Quatrième, Huitième et Douzième Grandes Compagnies, ainsi que par de petits détachements de la Treizième et de la Seconde. Cependant, beaucoup de ces unités revenaient directement du champ de bataille suite à l’appel du Roi-Loup, et comme les Space Wolves étaient rarement engagés dans des campagnes sans lourd tribut en vie, beaucoup avaient besoin de temps pour se réapprovisionner et regarnir leurs rangs, bien qu’ils soient plus autonomes que la plupart des formations Space Marines grâce aux méthodes de combat perfectionnées de la VIe Légion.

Malheureusement, le Roi-Loups refusa de ménager sa peine et lors de son départ de Fenris il était à la tête d’environ 50 000 de ses fils, même si beaucoup portaient les marques fraîches de la bataille et avaient cruellement besoin de repos. En partant de Fenris, la grande flotte de la VIe Légion, comprenant certains des vaisseaux de poursuite les plus innovants de toutes les Legiones Astartes, ne fit qu’un court séjour dans les profondeurs du Warp avant d’atteindre Beta-Garmon, la proximité de Fenris avec ce système vital de la Grande Croisade permettant l’arrivé en premier de Leman Russ et non pas de Valdor.[23]

La Volonté d'Horus

À Beta-Garmon, Russ fut accueilli non seulement par les guerriers de sa Légion qui avaient entendu son appel, à savoir les guerriers cabossés par la bataille des Troisième, Neuvième et Onzième Grandes Compagnies, mais également par un détachement de guerriers aux armures vertes des Sons of Horus nouvellement oints. Sur l’ordre du Maître de Guerre lui-même, ces guerriers s’engagèrent à aider le Roi-Loups dans sa terrible tâche. Leur chef, Boros Kurn, portait des communications personnelles d’Horus à son frère, Leman Russ. Le contenu exact de ces missives n’a jamais été mis à la disposition des spécialistes de l’Imperium récent. En effet, il est fort probable que personne hormis Leman Russ et Horus ne sachent quels sujets furent invoqués. Mais en connaissant les terribles événements qui devaient se passer sur Prospero, c’est qu’après avoir visionné le contenu du message et entendu les paroles de son frère, que Leman Russ laissa savoir à ses fils qu’il n’avait plus l’intention de capturer Magnus, mais à la place de le voir tuer.

À cette fin sanglante, Horus avait envoyé non seulement des guerriers placés sous le commandement de Boros Kurn, environ 5 000 Sons of Horus portant la plus belle panoplie d’armes et d’armures offertes aux guerriers du Maître de Guerre de l’Imperium, mais également douze Titans de bataille de la Legio Mortis, des Titans de Beta-Garmon et un certain nombre de régiments de l’Armée Impériale choisis par le Maître de Guerre lui-même pour soutenir l’assaut sur Prospero. Horus envoya également des directives aux différents Sénéchaux impériaux et aux Magos Dominus qui dirigeaient les industries de Beta-Garmon afin de permettre à Leman Russ et à ses guerriers d’accéder sans entrave aux vastes arsenaux de la planète, à l’exception des voûtes les plus restreintes et des armes interdites. C’est à partir des registres détaillés de ces seigneurs de Beta-Garmon, qui décrivent avec précision les armes récupérées par Leman Russ et ses Space Wolves, qu’une grande partie de la stratégie de Roi-Loup peut être interprétée. Bien que la plupart des munitions et équipements acquis soient conformes au modèle standard et visaient probablement à redonner aux Grandes Compagnies, fatiguées, une meilleure force de combat en matériel sinon en main-d’œuvre, d’autres acquisitions suggèrent des motifs plus sombres. Avant de quitter Beta-Garmon, une quantité de phosphex égale à celle généralement utilisée par une campagne de purge complète d’un système fut transférée sur les vaisseaux Space Wolves, ainsi que diverses armes de catégorie Exterminatus, notamment plusieurs ogives bio-alchimiques jugées trop dangereuses pour être utilisées à l’intérieur des frontières de l’Imperium. Ces acquisitions témoignent des nouvelles intentions du Roi-Loup envers Magnus et les habitants de Prospero.

Au moment de l’arrivée du contingent Terran de l’Ost sous l’autorité de Valdor, près d’un mois et demi plus tard, les Space Wolves et les unités rattachées au commandement de Russ étaient non seulement prêts au combat, mais également en tenue de combat digne des plus courageux guerriers issus des mondes infernaux - un contraste frappant avec le contingent Terran plus légèrement armé. Alors quvun certain nombre des membres éminents de l’Ordre des Commémorateurs accompagnaient l’Ost de Censure jusqu’à Beta-Garmon, il existe une grande variété de comptes rendus sur la réunion entre Russ et de Valdor, et bien que les différences de style de chaque compte rendu font en sorte qu’il n’y ait pas deux témoignages identiques, tous notent d’une certaine manière l’inquiétude du Capitaine Général des Custodiens face à la belligérance et, dans certains cas, de la soif de sang manifestée par de nombreuses troupes sous le commandement de Leman Russ. Beaucoup soulignent également que plusieurs des réunions de planification stratégique qui suivirent furent marquées par le licenciement de l’état-major supérieur, et que les deux chefs de l’Ost de Censure entretenaient un désaccord privé sur le rôle de la flotte. Le contenu de tels désaccords n’a jamais été retranscrits dans les archives, mais l’Ordre de Censure et les ordres de bataille ultérieurs pour l’Ost ont toujours indiqué que Russ était le mandataire de l’Empereur et le commandant ultime de la flotte, et il est peu probable qu’un guerrier aussi réputé pour sa loyauté que Valdor laisserait de tels différends mettre à mal une mission de l’Empereur. Fait révélateur, les membres de l’Ordre des Commémorateurs qui avaient accompagné Valdor furent renvoyés et durent rentrer sur Terra par ordre de Russ bien avant le départ de la flotte.[24]

Les Dés sont Jetés

Malgré les révisions demandées par Leman Russ sur l’approche de la flotte vers Prospero et le travail nécessaire pour incorporer les deux contingents dans un tout cohérent, l’Ost de Censure fut bientôt prêt à quitter Beta-Garmon. À partir de ce monde, le voyage vers Prospero nécessita une série de sauts Warp contre le courant Æthérique dominant, coupant les canaux les plus fréquentés par les flottes militaires. Ce chemin était considéré comme plus difficile - bien qu’aucune menace réelle ne pesait sur les vaisseaux guidés par les meilleurs Navigators disponibles pour les flottes Terrannes, mais beaucoup plus rapide que de faire un demi-tour et d’approcher de Prospero depuis le sud galactique, un itinéraire privilégié par les Navigators pour la plus grande prévisibilité des courants. En outre, l’itinéraire choisie contournait la plupart des patrouilles les plus évidentes de vaisseaux au service des Thousand Sons, ce qui offrirait à l’Ost de Censure l’élément de surprise et ne donnerait pas le temps aux Thousand Sons de consolider leurs forces. Leurs plans ainsi définis, les guerriers de l’Ost de Censure embarquèrent à bord de leurs vaisseaux de transport et se préparèrent au combat contre le monde du Roi Sorcier de Prospero.[25]

Prospero Brûle

Bien avant que l’Ost de Censure embarque dans ses transports et entame le long voyage en direction de Prospero, Magnus le Rouge, seigneur de ce monde condamné, était conscient de leur approche. Les fragments de ses propres écrits, ceux d’officiers clés de la XVe Légion ainsi que des autorités civiles de Prospero, récupérés plus tard par les Custodienss, indiquent clairement leur connaissance de l’approche de la flotte. Pourtant, plutôt que de préparer son monde à résister au fléau à venir, Magnus semble avoir plutôt tenté de simplifier son approche de Prospero. Là où il aurait pu se concentrer et renforcer ses défenses, il choisit plutôt de disperser la flotte de la XVe Légion, envoyant les différents escadrons à des postes éloignés des Thousand Sons et d’autres lieux inconnus. Ils ne joueront aucun rôle dans la confrontation à venir. Les bases maintenues par les Thousand Sons le long du trajet emprunté plus tard par la Flotte de Censure, les stations de contrôle et les corps de garde, ont touts été abandonnés sous ses ordres directs. Toutes les communications astropathiques et les planétaires furent interdits et circoncis dans la Grande Pyramide, sur l’ordre du Primarque de la XVe Légion. Dans le même temps, il rassembla à Prospero tous les membres de sa Légion pouvant être contactés à l’exception de ceux qui était trop éloigné.

Là où certains pourraient supposer que cette dernière action prouverait l’intention de Magnus de résister à la tempête imminente, les archives retrouvées de la XVe Légion montrent qu’aucune information concernant la Flotte de Censure, ni même le mécontentement de l’Empereur, n’a jamais été communiquée à sa Légion. Alors que l’armada combinée de Leman Russ et de Valdor se rapprochaient de plus en plus du monde de Prospero, les Thousand Sons s’occupèrent de tâches quotidiennes et de leur propre entraînement ésotérique, inconscients de la menace. La XVe Légion ou les divers régiments de la Garde Prospérienne ne firent aucune tentative pour renforcer les principaux postes de défense de la ville de Tizca, le seul établissement urbain à grande échelle de Prospero à avoir survécu à l’Ère des Luttes. Dans plusieurs cas, des disparitions de membres clés de la Légion et du personnel civil qui semblaient avoir découvert des informations relatives à l’approche de la flotte eurent lieu - les preuves suggérant l’utilisation d’une puissante télépathie pour apaiser les troubles causés par les disparitions soudaines, un exploit que la Légion des Thousand Sons était capable de réaliser.

Même si aucune tentative manifeste n’a été faite pour renforcer la garnison de Prospero, à l’exception du rappel d’une grande partie de la XVe Légion dans son monde d’origine, la planète restait une puissante forteresse. La majeure partie de ce globe verdoyant était recouverte de collines et de forêts denses, ses villes antiques n’étaient guère que des ruines dépeuplées par le temps avec seulement des avant-postes fortifiés de la Légion, de petites colonies de peuplement et l’enclave en grande partie souterraine de la forteresse du Mechanicum de Zhao Arkhad se trouvant en dehors de la capitale, Tizca. Pourtant, ce n’était pas une faiblesse dans les défenses du monde, car le désert de Prospero, bien que d’apparence luxuriante, était réputé pour être infesté d’une variété écœurante de xeno-faune ; le plus infâme étant les pseudo-insectes mortels Psychneuein, dont le cycle vital s’étend dans le tissu empyréen, les rendant presque impossibles à circoncire ou à exterminer. Les essaims prédateurs cachés de ces étranges créatures auraient rendu toute tentative d’atterrissage dans la nature sauvage impraticable, même pour un ost tel que celui rassemblé par Leman Russ et Constantin Valdor, ne leur laissant aucune base solide pour organiser un siège plus conventionnel de Tizca.

En plus du terrain accidenté et de la faune mortelle de Prospero, Tizca elle-même, la célèbre "Ville Lumière", était un obstacle redoutable pour tout attaquant, géographiquement perméables de tous les côtés. Au nord se dressaient les sommets escarpés des Montagnes Blanches, parsemés d’emplacements laser de défense et de bunkers fortifiés tenus par les soldats de la Garde Prospérienne, et à l’ouest se trouvait la Mer Valperine, dont les eaux turquoises profondes servaient à repousser les assauts classiques. Enfin, au sud et à l’est, les murs d’albâtre furent construits à la périphérie de la ville, de cent mètres de haut et renforcés par des générateurs de Champ Geller intégrés pour tenir toutes les terreurs légendaires de la nature sauvage de Prospero à distance.

Au cours de la période qui précéda le Concile de Nikaea contre leur utilisation non autorisée, Tizca avait également été protégée par un vaste bouclier de télékinésie généré par la technologie Psi (ou "kine"), maintenu et renforcé par les adeptes des Thousand Sons, présentant une défense aussi formidable que des boucliers Void d’un cuirassé. C’était une défense sur laquelle Leman Russ avait souligné l’importance lors de l’établissement des plans d’attaque malgré le fait que son utilisation avait été interdite par ordre direct de l’Empereur Lui-même. Même à l’intérieur des murs de Tizca, les Temples en arcologie des grands cultes des Thousand Sons constituaient le point de départ idéal pour résister à toute attaque, les rues labyrinthiques de la vieille ville et d’autres centres urbains étant difficiles à sécuriser. Enfin la nature des défenses étranges et ésotériques que la XVe Légion maîtrisait restait une énigme pour des étrangers.

Ces avantages de la position des Thousand Sons étaient renforcés par la nature inhérente de l’Ost de Censure, en particulier de sa composante Terran, car elle avait été conçu à l’origine comme une simple garde d’honneur renforcée pour accompagner Magnus lors de son retour à Terra, et non comme une véritable force d’invasion si toutes les autres options échouaient. Bien que les manipulations d’Horus aient vu la force de l’Ost se transformer, la force d’invasion était toujours rétrospectivement mal équipé pour poursuivre un assaut planétaire plus traditionnel, car il manquait d’artillerie lourde et la supériorité numérique habituellement nécessaires à de telles entreprises. Sur la base des renseignements disponibles auprès de gardiens de Prospero, qui n’avaient auparavant aucune raison de dissimuler leurs effectifs, les forces en garnison dans ce monde étaient aussi puissantes de celles de l’Ost, tout en prenant en compte les avantages des positions défensives et la familiarité locale, et sans oublier que les pouvoirs mentaux des Thousand Sons demeuraient un facteur dangereusement inconnu si ils ignoraient délibérément l’édit de l’Empereur.[26]

La Veille de la Destruction

Hormis ces informations, nous savons peu de choses des activités des Thousand Sons au cours de leurs derniers mois, car la destruction à venir sur Prospero ne laisserait pas grand chose aux enquêteurs ultérieurs. Nous ne pouvons que spéculer sur les raisons de ces événements étranges que nous connaissons et sur l’apparente ignorance de la Légion face à l’approche discrète des champions désignés de l’Empereur. Certains ont prétendu que c’était Magnus lui-même qui avait obstrué les yeux, aussi bien naturels qu’ésotériques, de ses fils, cherchant peut-être une forme de rédemption dans le martyre. D’autres l’ont imputé sur la fierté à la Légion ou même à l’ingérence d’influences extérieures. Dans les histoires officielles du Conseil de Terra, compilées à la suite de l’Hérésie d’Horus, il est écrit que c’est par la volonté de l’Empereur que Magnus et ses enfants renégats ont été aveuglés et incapables de discerner l’approche de sa colère, bien que, comme pour une grande partie de l’histoire des guerres qui a vu naître l’actuel Imperium, il est peu probable que toute la vérité soit connue.

Après avoir quitté Beta-Garmon, l’Ost de Censure atteignit Thardia, puis trois autres systèmes, dans leur lente traversée du Warp, un voyage de plusieurs mois qui poussa dans leurs retranchements les Navigators attachés à la flotte. Les journaux de bord de l’Ost de Censure n’enregistrent aucune rencontre avec des vaisseaux de la XVe Légion durant tout leur voyage, bien que la flotte resta en état d’alerte tout au long de l’approche vers Prospero, pénétrant dans chaque système par des brèches de distorsion soigneusement échelonnées qui lui permirent de s’engager efficacement ou de battre en retraite si elle rencontrait des vaisseaux ennemis. L’arrivée de la Flotte de Censure dans le système de Forzare, où Prospero était suspendu en orbite silencieuse de son étoile principale, ne faisait pas exception à la règle, avec des éléments en tête de la flotte, composé principalement de vaisseaux de classe Anathema des Sœurs du Silence et des vaisseaux Space Wolves, pénétrant à la périphérie du système bien avant que les vaisseaux d’assaut lourd ne viennent percer l’Immaterium.

Ces escadrons de reconnaissance firent état d’une quasi-absence de vaisseaux dans le système, avec uniquement des navires marchands et quelques patrouilleurs. Il n’y avait aucune trace de la Flotte des Thousand Sons, pas même un seul escadron de sentinelles - une situation qui suscita beaucoup d’inquiétude chez les dirigeants de l’Ost de Censure, dont les archives indiquent que la XVe Légion préparait une embuscade. Leurs inquiétudes retardèrent l’attaque initiale contre Prospero, alors que les systèmes à proximité étaient sondés pour détecter des traces d’escadrons cachés et que plusieurs missions furent entreprises pour saisir des vaisseaux marchands en partance, abandonnant leurs équipages à la merci des Sœurs du Silence pour un interrogatoire. L’idée que Magnus lui-même ait déjà dispersé la Flotte des Thousand Sons (pour des raisons qui restent obscurs à ce jour), ouvrant ainsi la voie à l’Ost de Censure, était impensable pour Leman Russ et les autres commandants. Pourtant, ne trouvant aucun signe évident de piège, la Flotte de l’Imperium n’avait d’autre choix que de commencer son approche vers Prospero même. En se basant sur les informations recueillies lors des incursions initiales dans le système, les vaisseaux de patrouille Prospériens furent rapidement neutralisés par des abordages Space Wolves, tandis que le corps principal de la flotte se plaça directement sur l’orbite haute de Prospero, au milieu des stations de défense de la planète et des satellites de défense du Mechanicum.

Profitant des perturbations causées par leur arrivée soudaine, les croiseurs lourds, les vaisseaux de combat et les dreadnoughts de l’Ost de Censure, répartis sur l’espace orbital de Prospero, paralysèrent le réseau de satellites grâce aux informations recueillies lors des interrogatoires et les données conservées dans les bases de données impériales puis ciblèrent les postes de commandement et assainir ces plates-formes d’armes. Un certain nombre d’engins civils furent également capturés, y compris plusieurs cargos du Mechanicum appartenant au Monde-Forge de Zhao-Arkhad, qui ignoraient l’arrivée des impériaux et de la tempête imminente, leurs équipages saisis et neutralisés afin de capturer des captifs potentiellement importants.[27]

Encerclement

La stratégie aussi audacieuse employée par la Flotte de Censure déborda rapidement les défenses extérieures de Prospero, avec l’espace orbital tombant dans les mains de l’Ost en quelques heures, tandis que ceux à la surface étaient toujours inconscients des véritables raisons du chaos survenant au-dessus d’eux. Qu’un monde impérial de l’importance de Prospero, doté de toutes les défenses que l’Imperium pouvait lui conférer, puisse se retrouver dépouillé de toute ses protections dans un laps de temps aussi court était tout à fait impensable. En effet, une telle victoire ne fut possible que grâce aux informations sur les défenses de Prospeo se trouvant dans les archives impériales sur Terra et dans les bases de données de Mars, ainsi que par l’absence de la Flotte des Thousand Sons. Quoi qu’il en soit, Prospero était désormais dépourvu de moyens de défense autres que ceux de surface, qui, selon ces mêmes enregistrements, ne représentaient guère plus qu’une poignée de batteries de défense laser.

Sur la planète, les attaques initiales provoquèrent un chaos considérable dans l’administration civile, perturbant les pôles de communication et faisant pleuvoir des débris sur la surface. Plusieurs régiments de la Garde Prospérienne commencèrent à rassembler leurs troupes, supposant qu’une invasion était en cours, tandis que les forces de recherches et de sauvetage de Tizca se déployaient pour contrer cette catastrophe orbitale inconnue. Tout cela ne fit qu’intensifier la confusion qui se propagea dans les échelons de commandement du gouvernement de Tizca. Les Thousand Sons eux-mêmes se turent, les Commandants de Compagnie s’enfermant en conseil tandis que leurs guerriers refusaient de se déplacer sans ordre.[28]

L'Heure de l'Exécution

En orbite, malgré les insinuations d’Horus Lupercal, Leman Russ concéda qu’il ne libérerait pas toutes les capacités destructrices de sa flotte de guerre, laissant au moins une chance à son frère d’expliquer sa folie apparente. Diffusant depuis le vaisseau des Custodiens, l’Oriflamme, la Vox-Imperiosa - la voix sanctionnée de la Sororité du Silence et du conseil de l’Empereur de Terra - proclama le mandat porté par la flotte et appela les Thousand Sons et Magnus lui-même à répondre des crimes dont ils étaient accusés en se rendant à la flotte sous peine de faire face à la colère de l’Empereur.

Il n’y eut pas de réponse. La flotte attendit pendant que Valdor demandait à Russ de patienter pour laisser au Primarque accusé le temps d’envoyer une réponse. Mais alors que la fureur de Russ grandissait et que les vaisseaux de la flotte restaient inactifs dans l’espace, il n’y eu toujours pas de réponse. Après presque une heure d’attente, il n’y eu ni demande de pardon ni menace de résistance, ni même de demande d’identification de la flotte. Leman Russ mis fin aux efforts diplomatiques. Courroucé par une telle insulte, le Roi-Loup donna l’ordre de déchaîner la puissance de feu de la Flotte de l’Ost de Censure rassemblé contre la planète sans défense.

Prospero brûla.[29]

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La Chute d'Horus

« Nous ne désirons que l’Empereur, car Sa force psychique détruit nos royaumes. Pour l’heure, Il s’est retiré dans Ses cryptes afin d’y travailler à Ses buts égoïstes. Il ne Se soucie plus de toi, ni de tes guerriers. Il placera des faibles au-dessus de vous. Si l’Empereur nous était sacrifié, nous n’aurions aucune prétention sur vos mondes, et tu deviendrais le légitime souverain de la galaxie. L’Humanité serait tienne pour en disposer à ta guise. »
- Les murmures des Puissances du Chaos au Maître de Guerre.

Ayant fait d’Horus le commandant en chef de toutes Ses armées, l’Empereur retourna vers Son palais de Terra pour s’atteler à une grande tâche dont Il ne souhaita pas discuter la nature exacte avec Horus ni aucun de Ses généraux. Accompagné de certains conseillers, dont les plus éminents étaient Malcador et le Fabricator-Général de Mars, Il s’isola dans les parties privées de Sa forteresse.

Tandis que cette tâche le retenait dans ses ateliers souterrains, le trouble grandissait. Les Primarques avaient en effet été sidérés d’apprendre la formation du Conseil de Terra et se sentirent davantage délaissés. Pourquoi n’avaient-ils pas été consultés, et pourquoi ne siégeaient-ils pas dans cette nouvelle assemblée dirigeante ? Les plus outrés parmi les Primarques allèrent même plus loin : leur père n’avait-il donc aucune considération pour les guerres qu’ils avaient livrées et remportées en Son nom ? Toutes ces victoires comptaient-elles pour rien ? Certains reconnurent ce qu’Horus leur avait prophétisé : l’Empereur Se détournerait de Ses généraux pour confier le pouvoir à des administrateurs mesquins et à un adepte de Mars.

Quand l’Empereur Se fut retiré vers Terra, Ses laboratoires et Ses donjons, Horus finit un jour par se sentir floué…

Le Maître de Guerre

Après une série de glorieuses victoires qui marquèrent l’aboutissement de l’expansion de la Grande Croisade, l’Empereur retourna sur Terra et mis en branle la prochaine étape de Son grand plan dans le secret, convaincu que Ses fils, les Primarques, pourraient poursuivre la Grande Croisade jusqu’à son terme. L’Empereur attribua au Primarque Horus Lupercal le titre de "Maître de Guerre" et lui céda le contrôle de toutes les forces militaires de l’Imperium à Sa place. Les autres Primarques eurent pour instruction de suivre Horus et de lui obéir en temps de guerre. Il y avait, dit-on, une certaine inquiétude chez les Primarques sur le fait que l’Empereur avait décidé de ne plus Se battre à leurs côtés, mais l’Empereur était aussi inflexible qu’Il était pressé de préparer l’avenir. Après le retrait de l’Empereur, Horus s’attela avec résolution à la Grande Croisade avec une hâte presque fiévreuse, sachant que même si certains se réjouissaient de son nouveau rang et de sa nouvelle autorité, d’autres seraient au mieux indifférents et au pire rancuniers, et ce n’est que par le succès qu’il pourra se montrer digne de la foi que l’Empereur avait placé en lui. Les Primarques dont il était le plus proche était Angron, Mortarion et Fulgrim. Horus le Maître de Guerre leur promis la victoire - il leur jura qu’il ne manquerait jamais à son commandement et qu’il ne les laisserait jamais sans chef, ni privé de fraternité tant qu’il respirerait.

Si le Maître de Guerre s’occupait des opérations militaires, l’Empereur chargea un autre organe, le Conseil de Terra, d’assurer la paix et gérer l’administration de Son vaste royaume, Lui épargnant les détails du pouvoir afin de Se concentrer sur Ses projets secrets.

Dirigé par Malcador le Sigillite, le Conseil monopolisa l’administration civile de l’Imperium et servit de barrière entre l’Empereur et Ses fils Primarques, absorbant une partie de leur autorité antérieure et favorisant la propagation de l’amertume parmi leurs rangs. Les moins stables des Primarques étaient scandalisés par le mépris qu’ils ressentaient suite aux prérogatives du Conseil, les autres - même les plus fermes - étaient inquiets et troublés par la tournure des événements. Pour certains, cela semblait indiquer que l’Empereur était prêt à tourner le dos à Ses plus grands guerriers et à donner du pouvoir aux mortels sur Ses fils immortels. Ainsi, dans le cœur de certains, le chancre du doute et la bile de ressentiment furent semés.

Il semble que l’honneur d’être Maître de Guerre, si grand soit-il, n’a pas empêché une telle amertume se développer dans le cœur d’Horus. Par la suite et peut-être selon un rapport apocryphe, alors que les victoires du Maître de Guerre semblaient vaines, les sacrifices des Space Marines placés sous ses ordres apparaissaient comme négligeables et de moins en moins pertinents pour un Empereur silencieux. Il lui semblait que son autorité n’était pas aussi incontestée et respectée que l’avait été celle de l’Empereur et que plusieurs Primarques reprochaient à Horus son rang, remettant en question ses décisions ou parvenant à interpréter discrètement ses ordres plus à leur guise. Au fil des ans, les ressentiments et les rivalités qui existaient depuis longtemps entre certains Primarques donnèrent lieu à un débat ouvert et à une dissidence qu’Horus ne put réprimer aussi facilement que l’aurait fait l’Empereur, ce qui aggrava sa colère. Il en vint donc à manifester sa faveur qu’à ceux qu’il estimait le tenir en haute estime, ou du moins qui lui obéissait sans poser de questions. Il reprocha à l’Empereur ses difficultés croissantes de commandement et de conquête pour un effort militaire de plus en plus étalé et de plus en plus étendu. Peu à peu, Horus et ses partisans s’éloignèrent de plus en plus de l’Empereur et du vaste royaume qu’ils servaient, ne trouvant qu’un froid réconfort à la conquête de la galaxie afin d’acquérir toujours plus de gloire à leurs Légions.[30]

La Bataille de Soixante-Trois Dix-Neuf

Un an après avoir été promu Maître de Guerre et de la conclusion triomphale de la Croisade d’Ullanor, Horus était à la tête de la 63e Flotte Expéditionnaire. Sa flotte entra en contact avec un système de neuf mondes, autour d’un soleil jaune. La troisième planète du système était habitée par des humains, et fut baptisée par l’Imperium sous le nom de Soixante-Trois Dix-Neuf. Mais ces habitants l’appelaient "Terra"…

Soixante-Trois Dix-Neuf était gouvernée par un "Empereur", qui affirmait qu’il dirigeait le berceau de l’Humanité, et se considérait comme le dirigeant légitime des hommes. Il exigea que les forces d’Horus lui témoignent allégeance. Amusé par les prétentions de cet "Empereur", Horus envoya une ambassade dirigé par son fils favori et membre de son cercle intérieur, le Mournival, le Capitaine de la 4e Compagnie Hastur Sejanus, que tous dans la Légion des Luna Wolves appréciaient. Ce dernier fut assassiné par les habitants de Soixante-Trois Dix-Neuf.

Horus, malgré la peine de cette perte, accorda une dernière chance à Soixante-Trois Dix-Neuf, souhaitant sauver la paix. Il envoya un second ambassadeur, son Écuyer Maloghurst, qui fut abattu par la flotte de l’"Empereur". La chute de son vaisseau et le crash qui s’ensuivit handicapa Maloghurst, le privant de porter de nouveau l’armure. Face à cette insulte, Horus n’eut d’autre choix que de conquérir le monde par la force. Ces guerriers, appuyé par des Titans et mené par son Premier Capitaine de Compagnie, Ezekyle Abaddon, et les Capitaines Tarik Torgaddon, Horus Aximand et Garviel Loken, écrasèrent les armées ennemis et prirent d’assaut le Palais Impérial de la planète. Le Maître de Guerre élimina personnellement le Faux Empereur, vengeant Sejanus. La population humaine de la planète accepta amèrement son intégration dans l’Imperium. Durant cette campagne, le Capitaine de la 10e Compagnie, Garviel Loken se distingua au point d’être intégré au Mournival, en remplacement d’Hastur Sejanus.

Suite à cette conquête, Horus discuta une dernière fois avec son frère Rogal Dorn, qui accompagnait Horus depuis quelques mois à la demande de ce dernier, afin qu’ils pussent régulièrement s’entretenir à deux des attributions et prérogatives du rôle de Maître de Guerre. Depuis que cet honneur lui était échu, Horus avait sollicité l’opinion et les conseils de tous les Primarques sur ce sujet. Être nommé Maître de Guerre l’avait brutalement coupé d’eux et élevé au-dessus de ses frères, et il y avait eu des objections réprimées, notamment de la part de ceux qui estimaient que ce titre aurait dû leur revenir. La rivalité et la compétition sévissaient parmi les Primarques comme dans n’importe quelle fratrie. Dorn ne doutait pas qu’Horus fût taillé pour ce rôle, car aucun des Primarques n’avait jamais pu rivaliser avec ses exploits ni accéder à la même intimité avec l’Empereur.

Une fois la pacification de Soixante-Trois Dix-Neuf assurée, Dorn prit congé de son frère : l’Empereur Lui avait demandé de fortifier le palais de Terra et d’en garder les remparts. Avant de partir, Dorn demanda au Capitaine Loken d’être la voix de la raison du Mournival afin de conseiller son frère Horus de la meilleure des façons. Malheureusement pour le Primarque des Imperial Fists, la prochaine fois qu’il entendra parler de son frère Horus, se sera de la bouche d’un Capitaine de la Death Guard revenant d’un périple pour porter un message d’infamie et de trahison…

Quand à Horus, il vécut amèrement sa victoire sur Soixante-Trois Dix-Neuf. C’était sa première en tant que Maître de Guerre, mais par l’incompréhension le sang avait été versé alors qu’il était persuadé de pouvoir la rallier pacifiquement, comme aurait pu le faire l’Empereur, du moins s’en convaincant-il.[31]

Meurtre

En parallèle aux événements de Soixante-Trois Dix-Neuf, la 140e Flotte Expéditionnaire commandée par le Capitaine Khitas Frome de la Légion des Blood Angels découvrit la planète Cent Quarante Vingt. Khitas Frome ordonna aux trois Compagnies Blood Angels composant sa flotte d’atterrir pour étudier et amener la planète au sein de l’Imperium.

En raison de la turbulence atmosphérique extrême, toutes les navettes des Blood Angels qui tentèrent d’atterrir sur la planète se dispersèrent et furent projetées loin l’une de l’autre, ce qui isola les troupes de débarquement impériales. L’atmosphère affectait également les communications vox et empêchait les forces impériales de coordonner leurs mouvements. Les équipes au sol ont rapidement commencé à envoyer des transmissions altérées aux navires de la flotte en orbite, signalant que la planète était habitée par des Xenos extrêmement hostiles, baptisés Arachnides, car ressemblant à des araignées géantes. Au fil des récits, ces Xenos furent décrits comme trop nombreux et trop redoutables pour être vaincus sans renforts. Peu de temps après, les Blood Angels lancèrent des appels de détresse urgents demandant des renforts et une extraction immédiate. La dernière transmission reçue par la flotte provenait du Capitaine Khitas Frome lui-même, qui prononça chacun de ces mots dans un effort qui paraissait être surhumain : « Ce… Monde… Est… Meurtre. » Le nom est resté et est devenu l’appellation informelle de l’Imperium pour Cent Quarante Vingt.

Une force des Emperor’s Children sous le commandement du Seigneur Commandant Eidolon, favori de Fulgrim, arriva en réponse aux appels de détresse des Blood Angels. Ils commirent les mêmes erreurs que les Blood Angels et leurs équipes de débarquement furent dispersées par les puissantes perturbations atmosphériques de la planète. Alors que la Compagnie subissait de lourdes pertes, une escouade de combat dirigée par le Capitaine Saul Tarvitz, accompagné du Capitaine Lucius, découvrit une grande structure ressemblant à un arbre mort. Cet "arbre" portait les corps de plusieurs Space Marines Blood Angels empalés sur ses nombreuses branches. Tarvitz et ses hommes détruisirent la structure, produisant un dégagement soudain du ciel au-dessus de "l’arbre" abattu et firent disparaître les violents orages qui avaient affligé les forces impériales depuis le début de la campagne. Le Capitaine Tarvitz se rendit compte que ces structures étaient en fait des dispositifs de contrôle météorologique artificiels responsables de la turbulence atmosphérique intense de Meurtre.

Les Arachnides se mirent immédiatement à reconstruire "l’arbre" et envoyèrent des centaines de guerriers pour massacrer les derniers Emperor’s Children. Mais au moment où les Space Marines étaient sur le point d’être submergés, une force de secours composée de Luna Wolves de la 63e Flotte Expéditionnaire du Maître de Guerre Horus, nouvellement arrivé, commença à atterrir à travers la brèche dans l’atmosphère. Les Arachnides se dispersèrent et une invasion à grande échelle contre les Xenos de Meurtre commença. Horus se rendit compte que l’assaut des Emperor’s Children était mal préparé et repris l’initiative afin d’éliminer ces dangereux Arachnides.

Dix Compagnies des Luna Wolves, les survivants des Emperor’s Children, des dizaines de milliers de soldats de l’Armée Impériale et plusieurs Titans de la Legio Mortis, dont le Dies Irae, attaquèrent la planète, détruisant chacun des "arbres" rencontrés, ce qui provoqua une érosion de la barrière atmosphérique de Meurtre. Le Maître de Guerre Horus, qui commandait l’assaut impérial depuis son vaisseau amiral en orbite, était ravi des progrès réalisés, et le fut encore plus lorsqu’un visiteur inattendu apparu soudainement.

Le Primarque Sanguinius, un des plus proches frères d’Horus, arriva sur Meurtre afin de retrouver les Blood Angels de Khitas Frome, mais ces derniers avaient été anéantie au début de la campagne. Les larmes aux yeux, Sanguinius demanda à son frère Horus s’il le rejoindrait dans une campagne de vengeance contre les Arachnides. Le Maître de Guerre accepta.

Sanguinius et ses forces combattirent aux côtés du Maître de Guerre contre les extraterrestres. Des milliers d’Arachnides se déversèrent des fissures et des crevasses de la planète, leurs réserves semblant sans limite. Au sixième mois de la campagne, il semblait que les Arachnides seraient bientôt annihilées lorsqu’une flotte d’origine humaine apparu prêt de Meurtre. Ces humains faisaient parti d’une civilisation dénommée l’Interex qui avait piégée les Arachnides sur Meurtre - qu’il nommait Urisarach - suite à un conflit avec ces Xenos, les y exilant au lieu de commettre un xenocide, mais les privant de leurs capacités de déplacement interstellaire.

Constatant que le contact avec les humains très avancés de l’Interex était un problème plus urgent à résoudre, Horus mis fin à la campagne contre les Xenos de Meurtre. Les archives impériales n’indiquent pas le sort final de cette race alien une fois que l’Hérésie d’Horus débuta. Quoi qu’il en soit, Horus rencontra l’Interex dans l’espoir de les assimiler et par cet acte, être digne de son titre. Malheureusement les événements qui suivront marqueront amèrement le Maître de Guerre…[32]

Interex et Anathame

L’Interex était une civilisation humaine interstellaire très avancée qui existait dans quelques systèmes stellaires à l’époque de la Grande Croisade au 31e Millénaire. Contrairement à l’Imperium de l’Humanité, l’Interex avait décidé que le meilleur moyen de lutter contre les espèces xenos intelligentes n’était pas de les exterminer ni de leur faire la guerre, mais d’essayer de coexister avec elles. L’Interex étaient devenus les alliés proches et les seigneurs nominaux d’une espèce alien appelée Kinebrach qu’ils avaient intégré dans leur propre société. Cette tolérance des Xenos créa aux sein des Impériaux une tension, certains comme le Premier Capitaine des Luna Wolves, Abaddon, souhaitant les exterminer sans tarder pour une telle admissibilité.

Ils ont été rencontrés pour la première fois par la XVIe Légion lors de la guerre contre le monde des Arachnides, Meurtre. L’Interex appris à leur Primarque, le Maître de Guerre Horus, que Meurtre était en réalité une prison pour cette espèce extraterrestre agressive. Après avoir été vaincus lors d’une guerre terrible avec l’Interex, les Arachnides se virent priver de toutes leurs technologies spatiales. La technologie et la science de l’Interex étaient à bien des égards plus avancées que celles de l’Imperium, mais n’étaient pas aussi concentrées sur l’aspect militaire.

Heureux de rencontrer des cousins venant de Terra, l’ancienne Terre de leur légende et berceau de leurs ancêtres, les membres de l’Interex invitèrent Horus et Sanguinius, accompagnés d’une délégation de l’Imperium, sur Xenobia, capitale provinciale des limites de leur territoire. Horus espérait intégrer sans violence l’Interex dans l’Imperium, et par cet acte, prouver à l’Empereur - et à lui-même - qu’il était digne du titre Maître de Guerre en étant capable par la diplomatie et non par la force des armes d’étendre l’Imperium, à l’image de son père. Le souvenir de Soixante-Trois Dix-Neuf et de Meurtre le hantait, car il voyait dans ces sanglantes campagnes ces deux échecs en tant que Maître de Guerre, et souhaitait se rattraper

Dans cette délégation de plus de cinq cents individus, parmi lesquels des officiers de l’Astartes, des troupes d’escorte et des Itérateurs, ainsi qu’une sélection de Commémorateurs, se trouvait Erebus, le Premier Chapelain des Word Bearers, arrivé peu de temps après la fin de la campagne sur Meurtre. Erebus avait compris les pressions qu’Horus ressentait par les responsabilités que son titre lui imposait. Le Chapelain des Word Bearers parvient rapidement à s’imposer comme un conseiller de confiance du Maître de Guerre. En réalité, Erebus était en mission pour Lorgar, dans le but de corrompre Horus afin de déclencher la rébellion qu’il préparait depuis quarante ans…

Arrivée dans la ville de Xenobia Principis, une cité fastueuse, royale, sur le rivage d’un océan d’ammoniac, Horus et ses pairs furent reçus par le gouvernement de l’Interex et honorés par une grande parade, dont le point culminant fut leur présentation à l’officier royal supérieur de Xenobia, un commandant général du nom de Jephta Naud. Pendant deux semaines, des discussions ne menèrent à rien de concret, convainquant Sanguinius de prendre congé mais n’entravant en rien la volonté d’Horus de continuer les pourparlers avec l’Interex.

Tout s’accéléra lorsque la Galerie des Objets - un édifice ancien auquel l’Interex prêtait apparemment une importance militaire mais dont la galerie ressemblait à un musée taillée dans une section escarpée des contreforts de la baie, et comprenant de nombreuses chambres hautes et des cryptes d’exposition présentant des collections d’armes - fut infiltré et incendié par un intrus qui vola une arme et assassina le conservateur. Cela confirma les craintes initiales de l’Interex concernant les forces impériales, craintes qui expliquaient que ses représentants faisaient traîner les négociations pour s’en assurer : le titre de Maître de Guerre, le militarisme et le bellicisme des impériaux paraissaient aux yeux de l’Interex comme des signes de l’influence du Chaos, dont ils connaissaient le danger et la nature corruptrice. Bien entendu, la délégation impériale et Horus ignoraient totalement ce qu’était le Chaos mais ils furent attaqués par les forces armées de l’Interex. Horus en fut anéanti ; non seulement il avait failli à son rang et fut bouleversé d’avoir échoué à négocier pacifiquement avec l’Interex et, pire, devait les affronter. Avant de partir combattre les soldats envoyés pour le neutraliser, Horus, dans un murmure, demanda à l’Empereur absent pourquoi il avait reçu ce fardeau sur les épaules…

Les combats se propagèrent dans toute la cité et Horus et ses hommes parvinrent à s’échapper suite à une extraction d’urgence mener par sa flotte. Les relations avec l’Interex furent rompues et Horus se replia dans l’espace impérial.

Dans le plus grand secret, Erebus cacha l’arme qu’il avait volé dans la Galerie des Objets sur Xenobia, une lame qui allait changer l’histoire de la galaxie par un coup unique. Cette lame était un Anathame…

Quelques semaines plus tard, Horus fit passer un décret qui rebaptisa sa Légion, les Luna Wolves, sous le nom de Sons of Horus. Puis, à la demande d’Erebus qui demanda à Horus d’intercéder dans le règlement d’un litige mineur dans un système sous contrôle impérial, les forces du Maître de Guerre se dirigèrent vers le lieu du dit litige : Davin.[33]

La Bataille de Davin

Ils sont peu nombreux dans l’Imperium contemporain à connaître le tragique événement qui frappa le destin du Maître de Guerre. Aucunes archives n’existent et les rares témoins encore vivants sont la plupart des traîtres dont la parole ne vaut rien aux yeux de l’Imperium. Ce qui devait être un simple règlement d’un litige, fut en réalité un terrible piège ourdi par les serviteurs des Puissances de la Ruine, puissances à cette époque encore inconnu même par les plus puissantes autorités impériales, comme Horus…

Davin était un monde sauvage balayé par des vents arides évoluant sous un brûlant soleil rouge. Sa surface était dure, faite d’argile cuite parsemée d’une végétation broussailleuse, et de forêts de hauts arbres aux senteurs marquées. L’habitat se bornait à des bourgades primitives le long des vallées fluviales fertiles. De nombreuses tribus nomades solitaires parcouraient l’immensité des déserts infestés de serpents tandis que les ruines dispersées sur ces désertes évoquaient une ancienne culture civilisée que l’anarchie de la Longue Nuit avait détruit. Anciennement nommé Soixante-Trois Huit, le huitième monde ramené à l’obéissance par la 63e Force Expéditionnaire (dirigé par Horus), Davin fut intégré à l’Imperium une soixantaine d’années avant les événements qui verront la chute du Maître de Guerre.

Les combats entre les Luna Wolves et les castes guerrières autochtones furent courts et âpres. Même si écrasés par le nombre, désespérément surclassés, les combattants locaux se battirent avec une grande résolution et n’avaient offert leur reddition qu’après avoir accompli tout ce que l’honneur exigeait. Les Luna Wolves furent impressionnés par leur courage, et par leur volonté d’accepter ensuite le nouvel ordre impérial. Horus déclara à cette époque qu’ils avaient beaucoup à apprendre d’adversaires aussi braves. Ce respect envers ces combattants encouragea l’introduction des Loges Guerrières qui encadraient la culture davinite. Les loges étaient des structures complexes, des sociétés quasi religieuses qui vénéraient divers prédateurs locaux. Par osmose culturelle, les pratiques des loges avaient été naturellement absorbées par les Légions, bien que demeuraient non officielles par décret de l’Empereur qui les interdira plus tard.

Bien que les hommes des tribus étaient séparés du génome humain par des millénaires d’isolement et partageaient peu de traits avec les colons venus s’installer après le passage des Astartes, Horus avait permis à ces individus sauvages de survivre pour leur enthousiasme à embrasser la civilisation impériale. Les érudits de la flotte, ancêtres des Itérateurs et Commémorateurs, avaient été chaleureusement accueillis grâce aux efforts dûment entrepris par les Chapelains des Word Bearers, au lendemain de la conquête, notamment par Kor Phaeron, qui entrepris d’établir de cordiales relations avec les davinites. Horus laissa l’un de ses amis de confiance, Eugan Temba, comme gouverneur de Davin, malgré les protestations de ce dernier.

Suite aux événements de l’Interex, Horus n’avait plus connu de paix depuis ce terrible bain de sang, et l’opportunité manquée d’une unification avec l’Interex ne cessait de le hanter. Les requêtes d’aide ou d’assistance lui arrivaient à répétition de toute la galaxie, émises par ses frères Primarques, par des commandants de l’Armée Impériale, et par tout le contingent d’administrateurs civils qui s’étaient engouffrés dans le sillage de leurs conquêtes. Depuis ces déboires, le Maître de Guerre s’était muré dans une mélancolie renfrognée, et demeurait de plus en plus souvent reclus dans son sanctum, où Erebus le conseillait. Le Premier Chapelain des Word Bearers était en effet parvenu à devenir le conseiller le plus proche du Maître de Guerre, surclassant le Mournival.

Mais suite aux événements de l’Interex, Erebus était parti rejoindre sa propre Légion ; puis il contacta le Maître de Guerre lui demandant de le rejoindre sur Davin afin de résoudre un litige, ce que qu’Horus accepta. Arrivé sur la planète qu’il avait conquise il y a soixante ans Horus fut accueilli par Erebus et un contingent de Word Bearers. Lors du conseil réunissant les officiers de sa Légion et les Word Bearers, Horus apprit d’Erebus qu’Eugan Temba était un traître, suite à une expédition que le gouverneur mena contre les tribus indigènes de la lune de Davin, qui à l’inverse de ceux de la planète, n’étaient pas soumis. Erebus parla de sorcellerie employés par ces tribus pour retourner Temba contre l’Imperium. Furieux, Horus décida de mener lui-même les forces punitives sur la lune de Davin afin de châtier le traître.

Horus réunit cinq Compagnies d’Astartes, un détachement de l’Armée Impériale baptisée les Janissaires Byzantins de Varvaras, et un groupe de combat de la Legio Mortis avec notamment le Titan Imperator Dies Irae combattre Temba sur la lune de Davin. Les Sons of Horus débarquèrent sur le terrain humide et marécageux entouré de forêt aux arbres putréfiées et dont l’odeur dégoûta les Astartes. Les Sons of Horus furent interloqué par ce paysage, les rapports faisant été d’une terre chaude et aride. Dès leur arrivé, ils captèrent une transmission radio répétitive rendant gloire à un dénommé Nurgh-leth…

Sur les lieux, ils découvrirent les cadavres décomposés des hommes qui faisaient parti des troupes laissés à Temba pour gouverner le système. Soudain, les macchabées aux chairs distendues et boursouflées, se réanimèrent, certains surgissant des eaux du marécage pour se jeter sur les Sons of Horus. Les Space Marines furent assaillis par des hordes sans fin de ces cadavres animés. Puis les morts disparurent dans les brumes.

Erebus guida Horus vers l’épave du vaisseau amiral de Temba, le Glory of Terra, gisant en ruine depuis soixante ans sur la lune et présenté comme la source des mystérieuses transmissions. Horus décida de pénétrer à l’intérieur de l’épave du vaisseau afin de découvrir la raison d’être de ce signal. Quelques instants après être entré à l’intérieur du vaisseau en ruine avec une escouade d’Astartes, des portions enterrées du Glory of Terra se libérèrent de la succion des marais, ses sections supérieures chavirèrent, et le vaisseau entier se mit à pencher. Inéluctablement, la proue colossale s’abattit vers le sol, la superstructure se désagrégeant sous son propre poids, s’écrasant avec la force d’un météore. Au même instant, les Sons of Horus restés hors de l’épave en arrière garde sous le commandement des Capitaines Loken et Torgaddon subirent l’assaut soudain des morts-vivants…

Quand il repris connaissance, Horus était seul, partiellement enfoui sous les débris du vaisseau et blessé à un poumon. Recherchant une issue, le Maître de Guerre avança dans le dédale d’acier pour constater que les parois étaient couvertes d’une sorte de poix bactérienne écœurante qui rongeait l’acier comme un mucus corrosif et que des branches d’organismes parasites dégoulinants tétaient des suppurations brunâtres d’espèces de pustules pendues aux murs. Enfin, une odeur constante de putréfaction était suspendue dans l’air, prouvant que l’atmosphère était saturé de toxines. Puis il fut attaqué par une horde de créatures faméliques à la chair contaminée, aux ventres gonflés, leurs têtes cornues et cyclopéennes couronnées de nuages de mouches. Horus les terrassa sans effort puis s’engagea sur le pont principal du vaisseau pour trouver des faisceaux de câblages de plusieurs mètres d’épaisseur : la source du mystérieux signal sonore.

En avançant, le Maître de Guerre fut saisi d’horreur par l’être qui lui faisait face. Eugan Temba attendait le Primarque des Sons of Horus, son corps gonflé, à peine plus qu’une masse remuante et corpulente, ses bouts de tissu gris collés à sa chair maladive et d’où s’échappait une terrible odeur rancie. Temba tenait dans ses mains une étrange épée que n’était autre que l’Anathame qu’Erebus avait volé à l’Interex. Le gouverneur félon accusa Horus de l’avoir abandonné dans ce système isolé mais lui proposa de lui révéler tous les mystères du Warp, la gloire de Nurgh-leth et d’embrasser la cause du Chaos. Ignorant la vraie nature du Warp et brûlant de désir de punir Temba pour sa traîtrise, Horus planta son épée dans le corps obèse de l’ancien gouverneur planétaire. Ce dernier ne senti rien et attaqua le Maître de Guerre avec sa funeste lame. Horus dut combattre comme jamais auparavant, abasourdi par la dextérité, l’endurance et la souplesse surnaturelle de la créature qu’il affrontait et qui parvient à arracher une de ses épaulières. Horus réussit finalement à vaincre son adversaire mais au moment où sa lame porta le coup décisif pour éliminer Temba, la lame de ce dernier pénétra dans le muscle deltoïde de Maître de Guerre, là où l’épaulière avait été arrachée. Puis Eugan Temba agonissant, sembla retrouver ses esprits, implorant à Horus de lui pardonner, avant d’expirer.

À l’extérieur, les Sons of Horus bataillaient contre des vagues sans fin de cadavres qui, au moment où Temba périt, s’écroulèrent au sol en poussant un soupir de libération. Paniqués en sachant leur Primarque à l’intérieur du vaisseau, les Astartes de la XVIee Légion fouillèrent l’épave et le trouvèrent… Horus pleurait, serrant le cadavre de Temba contre lui, se reprochant d’être la cause de la déchéance de son ami pour l’avoir abandonné sur Davin. Les Sons of Horus, guidé par le Mournival, ramenèrent Horus à l’extérieur, accablés par l’état de leur Primarque.

À l’extérieur, tous constatèrent que la blessure à l’épaule du Maître de Guerre continuait à saigner abondamment ; puis ses yeux roulèrent dans ses orbites et ses jambes cédèrent sous lui.

Puis Horus Lupercal, Primarque des Sons of Horus et Maître de Guerre, s’effondra…[34]

Dans la Loge du Serpent

Horus, dans le coma, fut transporté d’urgence sur son vaisseau-amiral, le Vengeful Spirit. Dans l’Apothecarion du vaisseau, les Apothicaires parvinrent à stabiliser son état. Mais la nature du mal qui tuait le Maître de Guerre leur restait totalement inconnu.

Puis Horus s’éveilla, faible et mourant. Persuadé que ces dernières heures étaient arrivées, il demanda la présence de Petronella Vivar, sa Commémoratrice personnelle, afin qu’elle recueille une archive qui dira toutes les choses qu’il lui restait à dire avant sa fin. Horus lui révéla toutes les peines que son titre de Maître de Guerre lui avait apporté, notamment la jalousie de certains de ses frères suite à sa nomination - comme le Lion ou Guilliman - la charge de gérer leurs tempéraments - comme ceux d’Angron ou de Konrad Curze. Seul Sanguinius fut encensé par Horus, en qui il voyait le seul Primarque être digne du titre de Maître de Guerre. Puis il expliqua sa tristesse d’avoir été séparer de son père, d’avoir été supplanté par les fonctionnaires et les administrateurs du Conseil de Terra et de voir le développement de la bureaucratie qui le harcelait de plus en plus. Il partagea sa peur d’être oublié et que ses conquêtes soient noyés et gérées par la bureaucratie, mettant de côtés les Astartes et les conquérants comme lui.

En parallèle, dans le plus grand secret, la Loge Guerrière des Sons of Horus se réunit dans les profondeurs du Vengeful Spirit, réunissant notamment Ezekyle Abaddon, Horus Aximand, Maloghurst le Retors et Erebus. Ce dernier déclara que le Maître de Guerre était mourant et que les Apothicaires avaient échoué à le guérir. Il déclara que seul les Loges Guerrières de Davin pouvait sauver Horus et qu’il fallait l’emmener sur la planète, dans un temple où les prêtres guériront Horus par leur maîtrise d’un "art mystique". Craignant la mort de leur Primarque, les Sons of Horus, à court d’autres solutions, acceptèrent d’emmener Horus sur Davin malgré le fait qu’ils violaient le credo de la Vérité Impériale qui rejetaient toutes superstitions.

Le Maître de Guerre, inconscient, fut amené par ses Légionnaires à l’intérieur d’un temple en pierre taillé à même la montagne et baptisé le Delphos, le temple de la Loge du Serpent. Là, les Astartes attendirent à l’extérieur car la tradition exigeait que l’homme nécessitant d’être soigné soit porté à l’intérieur du Delphos, et laissé seulement entre les mains des esprits : si il est guérissait, il ouvrirait la porte de lui-même, sinon, elle ne s’ouvrirait que neuf jours après, et sa dépouille sera brûlée. Ainsi Erebus, ayant secrètement rejoint la temple, avait toute liberté de mener le rituel sans être dérangé…

Dans la chambre secrète au cœur du Delphos, la prêtresse davinite, dénommée Akshub, entreprit un rituel sanglant afin d’envoyer l’âme d’Horus et celle d’Erebus dans un monde de l’au delà : l’Immaterium. Horus se réveilla dans un monde à la fois paradisiaque et infernal, ses souvenirs lui revenant peu à peu. Il trouva Hastur Sejanus, le Capitaine Astartes décédé lors de la Bataille de Soixante-Trois Dix-Neuf. Sejanus était l’un de plus chers amis d’Horus qui fut heureux de le revoir. Hastur annonça à Horus qu’il était envoyé pour lui ouvrir les yeux sur les vérités concernant le Warp, l’Imperium et l’Empereur. Le Maître de Guerre apprit qu’il était sur le point de mourir, son âme détaché de son corps malade sur Davin et que de grandes consciences du Warp souhaitaient communiquer avec lui afin d’en faire leur émissaire dans le monde matériel. Ces entités (en réalité les Dieux du Chaos) souhaitaient faire un pacte avec lui : mettre fin à un "élément" qui détruisait leur univers en échange des moyens de satisfaire ses ambitions.

Pour le convaincre d’accepter, Sejanus traversa avec Horus un portail Warp qui les emmenèrent au milieu d’une place remplie d’une masse de gens qui semblaient de pas avoir conscience de leur présence. Entouré de pèlerins, de prêtre, de cathédrales et de bannières religieuses, Sejanus lui présenta ce lieu comme étant un Monde-Temple dédié à la gloire divine d’un personnage : l’Empereur de l’Humanité. Il fit face à une gigantesque statue en or de l’Empereur, entouré des représentations de Sanguinius, de Rogal Dorn, de Leman Russ, de Roboute Guilliman, de Corvus Corax, du Lion, de Ferrus Manus, de Vulkan et enfin de Jaghataï Khan. Horus fut horrifié de voir un monde dédié à un culte religieux, en totale contradiction avec la doctrine athée de la Vérité Impériale, qui plus est un culte rendu à l’Empereur. Sejanus présenta à Horus que cela était le futur destiné à l’Humanité si il ne réagissait pas, un futur qui révélait le véritable plan de l’Empereur : éradiquer toutes croyances pour les remplacer par Son propre culte. Il révéla au Maître de Guerre que dans ce futur, son nom serait oublié et que l’Empereur l’avait abandonné dans Sa quête pour devenir le Dieu de l’Humanité. Horus se sentit trahi, peinant à croire à un si sombre avenir.

Puis Horus fut emmené là où sa vie à commencée, dans les laboratoires secrets de l’Empereur, où lui et ses frères, à l’état de fœtus, se développaient. Sejanus lui apprit la terrible vérité : les Primarques étaient le fruit d’un pacte entre l’Empereur et les dieux du Warp, pacte que l’Empereur à rompus afin de garder pour Lui les Primarques et voler une partie de la puissance du Chaos. Le Maître de Guerre assista à l’enlèvement des fœtus par un maelström du Warp et leur dispersion dans la galaxie. Il vit son père assister à leur enlèvement et au fait qu’Il ne fit rien pour empêcher cela.

Puis les Dieux du Chaos firent défiler sous ses yeux une partie de l’avenir : un avenir où il n’y a pas de paix. Pas de répit. Pas de rédemption. Où il n’y a que la guerre ! Un avenir où l’Humanité était assaillie par les Xenos et vénérait un Dieu-cadavre sur un Trône d’Or. Seul Horus Lupercal pouvait empêcher ce sombre futur d’advenir.

Un denier acteur intervient auprès d’Horus, son frère Primarque Magnus le Rouge. Magnus avait utilisé une puissante sorcellerie sur Prospero, sa planète, pour atteindre son frère malgré l’interdiction du Concile de Nikaea d’user de sorcellerie. Le puissant Psyker cyclopéen implora son frère de ne pas écouter Sejanus, qui tenta de chasser le Roi Pourpre. Mais Magnus révéla le vrai visage de Sejanus : ce n’était autre qu’Erebus, utilisant un voile pour cacher sa véritable identité à Horus. Le Chapelain justifia cette tromperie dans le besoin de présenter un visage ami afin de convaincre Horus de se lever contre le terrible avenir qui se dessinait. Magnus expliqua qu’Erebus ne lui avait montré qu’un futur possible parmi d’autres. Furieux, Horus rejeta le Chapelain et son frère, décrétant que lui seul prendrai sa décision. Ce fut à ce moment qu’Erebus révéla la vraie allégeance de son Primarque, Lorgar, depuis les événements de Monarchia, et que la puissance de l’Urizen en fut décuplé depuis. Horus fut surpris que son frère Lorgar fut choisi en premier par de puissantes divinités. Le Maître de Guerre tenait Lorgar pour un sage ; si lui avait pactisé avec les entités du Warp, cela signifierait que c’était le bon choix ?

Enfin, malgré les supplications de Magnus, Erebus énonça les termes du pacte :

« Livre l’Empereur aux dieux du Warp, et tu pourras disposer d’une puissance sans limites. Je t’ai dit que les dieux du Warp ne s’intéressent pas aux domaines des hommes. Tu régneras alors sur la galaxie en tant que nouveau maître de l’Humanité. »

Neuf jours après son entrée dans le Delphos, le Maître de Guerre Horus Lupercal émergea, sous les acclamations de ces troupes, plus vivant que jamais.[35]

Que Brûle la Galaxie

Revenu d’entre les morts, Horus ordonna à sa flotte de se diriger dans un secteur de la galaxie inconnu sans d’autres explications. La 63e Flotte Expéditionnaire arriva dans un système où deux planètes et une lune étaient habitées par une civilisation humaine développée portant le nom de Technocratie Aurétienne. Cette dernière fut surprise mais heureuse d’accueillir leurs lointains cousins. Mais pendant trois jours, la flotte d’Horus attendit avant d’entreprendre le premier contact, le temps que la 203e Flotte Expéditionnaire, sous les ordres d’Angron et de la XIIe Légion, arrive dans le secteur.

Horus, accompagné de ses Astartes, accueillie sur son vaisseau l’ambassadeur de ce monde, Emory Salignac, fabricator-consul de la Technocratie Aurétienne, afin d’établir des relations diplomatiques pacifiques avec l’Imperium. Le fabricator-consul, à moitié homme et moitié machine, en robe rouge et possédant des implants tels que les Technoprêtres de Mars, était accompagné de guerriers d’élite connus sous le nom de "La Fraternité", vêtus d’armure et maniant des armes très similaires à ceux des Space Marines, bien que n’étant pas des humains améliorés génétiquement. Horus demanda à l’ambassadeur comment son peuple avait pu développer une technologie de pointe qui ressemblait à celle de l’Imperium. 

Lorsque Emory Salignac répondit que la Technocratie Aurétienne possédaient des machines SCS, sources d’une technologie prodigieuse très convoitée par le Mechanicum de Mars et oubliée depuis l’Ère des Luttes, Horus abattit le fabricator-consul de son Pistolet Bolter, sous l’accusation que ce dernier avait attenté à sa vie. Les guerriers de la Fraternité furent massacrés et le Maître de Guerre déclencha l’invasion de la Technocratie Aurétienne afin de s’emparer de la technologie SCS.

Cette invasion dura dix mois, les Sons of Horus et les World Eaters menant les combats sur la surface de la planète, Aureus. Après des mois de massacres, le dernier bastion de la résistance aurétienne, connue sous le nom de Citadelle de Fer, tomba finalement aux mains des forces impériales après un assaut en deux temps dirigé par les Sons of Horus et les World Eaters, conduits par leur Primarque Angron. 

À la fin de l’invasion, une flotte des Emperors’s Children apparu, leur Primarque Fulgrim la dirigeant en personne. Le Phénicien avait été envoyé par le Conseil de Terra afin qu’Horus et Angron répondent de la sauvagerie de cette invasion, suite à des rapports émanant du Seigneur Commandant Hektor Varvaras, en charge des unités de l’Armée Impériale pour la 63e Flotte Expéditionnaire. Le Phénicien fut invité par Horus dans ces appartements privés, en présence d’Erebus et appris au Maître de Guerre que les Space Wolves de Leman Russ avait été lâché sur Magnus avec pour ordre de ramener le Roi Pourpre sur Terra, mais que la raison de cette disgrâce leur restait inconnu. Puis Horus et Erebus lui parlèrent pendant trois jours et racontèrent à Fulgrim ce qui était arrivé sur Davin, l’assaut contre l’épave du Glory of Terra écrasée à la surface, la trahison d’Eugan Temba et la possession nécrotique qui s’était emparée de sa chair. Horus évoqua l’Anathame, la vérité sur sa blessure, comment il serait mort sans la diligence et la dévotion de la loge de sa Légion. Du temps qu’il avait passé à l’intérieur du Delphos, l’immense temple de Davin, il ne révéla que peu de chose, excepté qu’il lui avait ouvert les yeux à de grandes vérités, et à la tromperie qui avait été perpétrée contre eux. Il lui révéla le projet de divinisation que l’Empereur mènerait pour Sa personne et les sombres origines de leur fratrie. Fulgrim refusa dans un premier temps de croire son frère mais finit par accepter de se tenir à ses côtés pour la future rébellion, ses illusions sur son l’Empereur envolé. Fulgrim mit sa Légion au service d’Horus et partit rejoindre Ferrus Manus afin de le rallier à la cause de la rébellion. En gage de sa confiance, Horus offrit à son frère de la IIIe Légion l’Anathame qui l’avait mortellement blessé.

Entre temps, lors de la chute de la Citadelle de Fer, le Seigneur Commandant Hektor Varvaras fut assassiné sur le terrain des opérations, officiellement par les Aurétiens, mais en réalité sur ordre d’Horus, éliminant un informateur du Conseil de Terra. Petronella Vivar, la Commémoratrice personnelle d’Horus fut tuée par ce dernier afin qu’elle ne révèle à personne les confessions qu’il lui avait dit lors de sa convalescence. Le Maître de Guerre rejoignit la Loge Guerrière de sa Légion afin de s’assurer de la loyauté des Astartes qui là composait, soit une grande majorité des Sons of Horus. Apprenant les événements sur Prospero, il contacta Leman Russ pour lui faire part de l’usage de sorts et d’invocations démoniaques que pratiquait Magnus (le Primarque des Thousand Sons étant perçu comme une menace pour ses plans), et le convainquit d’éliminer le Roi Pourpre (Voir le Sac de Prospero). Lorgar, le Primarque des Word Bearers, l’assura de son soutien ainsi qu’Angron, plus qu’heureux de se venger de l’Empereur depuis l’abandon forcé de ses frères et sœurs gladiateurs sur Nuceria. De même, Mortarion, Primarque de la Death Guard, rejoignit Horus qui se contenta de lui promettre que sous son règne un nouvel âge verrait le jour, un âge ou la justice serait imposée par la force.

Fort de ces soutiens de ses frères, Horus organisa après la chute de la Citadelle de Fer une rencontre avec Regulus, l’Adepte qui représentait le Mechanicum au sein la 63e Flotte Expéditionnaire. Il promit au Martien de lui remettre toutes les bases de données SCS récupérées sur Aureus, d’offrir une plus grande autonomie politique à Mars et la levée de l’interdiction de l’Empereur sur les études des technologies interdites en échange du soutien du Mechanicum pour une future grande entreprise. Regulus accepta avec enthousiasme le marché et parti plus tard sur Mars en faire part au Fabricator-Général, Kelbor-Hal, qui accepta le pacte. De cet accord, la planète rouge connaîtra les pires heures de son histoire depuis l’Ère des Luttes. Pour cimenter l’alliance entre Horus et le Mechanicum, Horus reçut une magnifique Armure Terminator couleur d’obsidienne de la part du Fabricator-Général, avec un Œil Rouge sur son plastron, son abdomen et ses épaulières. Il reçut aussi pour l’une de ses mains un monstrueux gantelet muni de lames acérées à la place des doigts. La Griffe d’Horus

Puis dans son sanctum, le Maître de Guerre fit face au noyau dur des officiers et des commandants de sa Légion : Aximand, Abaddon, Maloghurst, Regulus, Erebus, le Princeps Turnet de la Legio Mortis, et divers officiers supérieurs de l’Armée Impériale triés sur le volet formaient l’auditoire.

Horus leur prononça les mots qui révélèrent son choix sur le pacte offert par les Dieux du Chaos :

« Je vais renverser l’Empereur et prendre sa place sur le Trône de Terra en tant que maître de l’Humanité. »

Horus acheva sa corruption en scellant définitivement son alliance avec les Dieux Sombres, lors d’une cérémonie dans le temple de la loge de sa Légion à bord de son vaisseau amiral, en présence de Regulus et d’Erebus, ce dernier se chargeant du rituel d’invocation. Le Maître de Guerre sacrifia son Astropathe, Ing Mae Sing, afin de communiquer avec une puissante entité du Warp dénommée Sarr’kell, le Seigneur des Ombres. Sarr’kel demanda à Horus de promettre de détruire l’Empereur ainsi que le grand projet qu’Il mène dans Ses laboratoires secrets, projets qui menacent les domaines des Puissances de la Ruine. En échange, les dieux promirent à Horus le trône de l’Imperium et de l’aider à gagner cet objectif. Horus leur jura de détruire l’Empereur. Le pacte était scellé.

L’Hérésie d’Horus avait commencée.[36]

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L'Atrocité d'Isstvan III

« Je pourrais parler de ce que sont devenus ces fils déchus, de ce que leur trahison leur a apporté et du pouvoir et de l’orgueil mutilés de leur noblesse. Mais alors la colère assombrirait mes mots et voilerait la vérité que vous, mes seigneurs, avez tant envie de connaître.
Je ne prétends pas comprendre les raisons qui ont conduit mes frères sur la voie de la trahison ; c’est aux autres de l’expliquer. Au lieu de cela, je chercherai ici à rappeler à mes seigneurs ce qu’étaient autrefois ces guerriers et à montrer ainsi de quelle hauteur ils sont tombés. »
- D’après le témoignage de Crysos Morturg, Bouclier Noir, ancien membre de la Légion de la Death Guard, survivant de l’Atrocité d’Isstvan III.[37]

Trahison

Un ancien proverbe dit que toutes les guerres, qu’elles soient sanglantes ou importantes, ne commencent qu’avec un seul coup de feu. Pour le grand cataclysme qui devait engloutir l’Imperium et apporter la mort et la calamité à des milliards d’individus, ce premier coup de feu fut tiré sur Isstvan III lorsque le frère se retourna contre son frère.[38]

La Mise en Conformité d'Isstvan III

Le système d’Isstvan est situé dans la partie nord de l’Ultima Segmentum, bien au-delà du cœur du pouvoir de l’Imperium. C’était un système important possédant deux mondes ouverts à la vie, et la colonie humaine de la Longue Nuit qui y avait été installée avait été l’une des plus épargnées par les horreurs de l’Ère des Luttes grâce à son isolement. Bien qu’éloigné, les vaisseaux éclaireurs de la Grande Croisade confirmèrent que l’Humanité sur Isstvan avait réussi à maintenir une société largement cohésive et industrialisée qui avait survécut intacte aux millénaires, ce qui en faisait une priorité absolue pour le contact et son absorption au sein de Imperium.

Une culture autochtone ancienne prévalait sur Isstvan III, se caractérisant par un important mysticisme local et par la pratique religieuse. Cela, conjugué à une histoire d’indépendance, signifiait qu’une fois entré en contact avec les éclaireurs de la Grande Croisade, les Isstvaniens s’opposèrent, puis refusèrent à se conformer à la Vérité Impériale. Compte tenu de l’importance stratégique d’obtenir ce système vital et industrialisé pour Imperium, concentrant une importante population humaine, la priorité fut donnée à la mise en conformité du système d’Isstvan. En rendant cette ordonnance, le Conseil de Guerre assigna à cette dernière une mise en garde interdisant le recours à une force écrasante afin d’éviter des dommages collatéraux excessifs qui gâcheraient cette précieuse conquête pour la Grande Croisade. C’est ainsi que l’honneur de la bataille d’Isstvan III a été attribué à la Légion de la Raven Guard et à leur Primarque Corax, - les guerriers de Corax ayant une réputation sans pareil pour l’utilisation de frappes chirurgicales et précises. Les croiseurs d’attaque à coque noire et les cuirassés de la XIXe Légion attaquèrent sans prévenir en pleine nuit, détruisant méthodiquement l’infrastructure militaire limitée d’Isstvan III et en envahissant ses sièges de gouvernement. Lorsque l’aube se leva sur la tentaculaire Cité-Ruche de Khry Vanak - capitale politique et culturelle d’Isstvan III ("La Cité Chorale" en traduction), le sénat planétaire qui avait régné sur Isstvan III était à présent une ruine bombardée, et ceux qui avaient conduit leur monde à nier la Vérité Impériale étaient morts ou enchaînés. Comme dans tant d’autres mondes, les Isstvaniens avaient été intimidés par un sanglant déploiement de force qui avait détruit toute résistance mais cela épargna à sa population une calamité totale. Avec les Space Marines en armure de martre marchant parmi eux, ils n’osèrent pas se soulever et les quelques révoltes sporadiques qui eurent lieu furent rapidement et efficacement réprimé. Respectant le calendrier prévu, des forces de la conformité vinrent s’installer et reconstruire, offrant aux indigènes espoir et amélioration, ainsi que l’ordre et une place sécurisée dans l’Imperium, libérant la Légion de Corax pour des tâches plus pressantes ailleurs.

Les archives de la Raven Guard concernant les actions de conformité ne font aucune mention de résistance sérieuse, d’influence xenos ou de phénomènes étranges sur Isstvan III, mais elles soulignent que le mécontentement et les résistances étant principalement motivés par la religion, venant de sectes longtemps réprimées et marginalisées par le courant dominant d’Isstvan III. La capitale établie sur Isstvan III, la Cité Chorale, fut choisie comme site du pouvoir impérial et avec l’aide du Corps des Pionniers de l’Armée Impériale et de la supervision du Mechanicum, des réseaux de bunkers et de casernes furent construits pour créer une nouvelle garnison. Le Palais du Maître de Chœur, qui avait été rasé, fut reconstruit en palais impérial afin d’abriter le siège du gouvernement. Parallèlement à cela, un spatioport fut créé pour gérer le trafic interorbital et les défenses terriblement inadéquates furent reconstruites et fortifiées conformément aux normes impériales. Parallèlement à ces développements, la procession habituelle de biens et de technologies eu lieu, alors que les agents de la Loi Impériale, les Itérateurs et les administrateurs affluaient vers Isstvan III. Un Commandant Impérial assigné pour gouverner le système planétaire fut installé. Le système d’Isstvan imposait une mise en conformité, de sorte qu’un étranger fut choisi plutôt qu’un local pour régner, et cette tâche fut confiée à Vardus Praal, ancien major du XIe Lastran Rifles et, par la suite, homme politique de la cour de l’Ultima Segmentum. Compte tenu des antécédents de Praal en tant que soldat et administrateur civil, il fut qualifié de "sûr" pour assumer la responsabilité de guider ces millions de vies tout au long de la période de transition pour devenir des membres productifs et fidèles de l’Imperium. Les premiers enregistrements montraient qu’il se préparait à son nouveau rôle avec enthousiasme. Un succès considérable fut rencontré dans les premières années de son mandat, mais cela ne dura pas.

Les conditions dans l’Empyrean à proximité du système d’Isstvan n’ont cessé de s’aggraver, presque à partir du moment où elle a été mise en conformité. Isolé comme il l’a toujours été des sphères plus peuplées, le système devint de plus en plus difficile à atteindre par astro-télépathie et par navigation. Les informations parvenues à Terra, souvent relayées par des Flottes Expéditionnaires éloignées et des Libres-Marchands de la périphérie, dataient de plusieurs mois, évoquant un désordre civil grandissant, d’Itérateurs assassinées, d’émeutes inexpliquées et de foyers d’hystérie massive dans les villes. Une fois de plus, l’origine de ces réactions venaient des reproches des indigènes après les tentatives de démantèlement forcé des sectes locales, dont la plus dangereuse se dénommait "Les Chanteuses de Guerre". La situation empira lorsque Praal ordonna à la garnison de démolir des temples, et de briser les voûtes scellées d’anciens sites religieux dans le but de briser les craintes superstitieuses mais profondes des Isstvaniens et de les amener dans le droit chemin de la Vérité Impériale. Mais en ce qui concerne le succès de cette opération, rien ne pouvait être déterminé, car les tempêtes Warp qui isolaient Isstvan des mondes centraux de l’Imperium s’accentuèrent et toutes les communications cessèrent.

Six ans après le dernier communiqué officiel d’Isstvan III, un vaisseau de surveillance de la Death Guard qui se trouvait à la périphérie de la flotte de sa Légion, près de Neo-geddon, à la limite d’un espace exploré, capta un faible écho d’une transmission astropathique d’Isstvan III. Bien que brouillé et incomplet, son message était clair, Isstvan III était en rébellion religieuse ouverte, le Gouvernement Impérial s’était effondré et Vardus Praal, qui était devenu à présent un renégat et peut-être un mutant ou un Psyker - le message n’était pas clair - menait la révolte. Les rues de la Cité Chorale étaient rouge du sang des non-croyants. On estima que le message datait d’au moins deux ans, peut-être six, mais il ne pouvait être ignoré. Pour Isstvan III et ses dizaines de millions de personnes qui s’étaient rebellées contre la conformité, il était impossible de tolérer la Grande Croisade. De peur que cette sédition et ce mécontentement ne se propagent, et le fait qu’un Commandant Impérial qui avait reçu sa charge sur ordre de l’Empereur Lui-même ait dirigé la révolte était un crime qui exigeait le châtiment le plus rapide et le plus exemplaire possible. Il incombait à Horus, le Maître de Guerre, de traduire en justice Praal et l’ensemble d’Isstvan III. Le Maître de Guerre s’engagea publiquement à donner un exemple effrayant et sanglant afin de montrer à tous les mondes de l’Imperium le prix de la sédition. Mais ce que peu de gens savaient ou soupçonnaient à l’époque, c’était que la rébellion d’Isstvan III allait fournir à Horus l’occasion parfaite de porter le premier grand coup de sa propre rébellion - un coup qui tomberait sans cri égard.[39]

Conjuration

Pour Horus, la reconquête d’Isstvan III permettrait à la fois de rassembler les forces dont le dévouement envers lui était certain, et de se débarrasser en parallèle des éléments dont il soupçonnait la déloyauté, que ce soit au sein de sa propre Légion que dans celles de ses alliés. L’emplacement lointain du système d’Isstvan et les obstacles du Warp qui l’isolait toujours de Terra constituaient un écran parfait pour les sombres actes à venir. Ses ordres donnés à quatre Légions - la Death Guard, les World Eaters, les Emperor’s Children et ses propres Sons of Horus, leur ordonnaient de se rendre vers Isstvan. Leurs approches contournèrent les tempêtes qui sévissaient jusqu’au sud-ouest galactique du système.

Ce n’était que le début d’une vaste toile de tromperies et de trahisons, et Horus, se servant de son autorité de Maître de Guerre, déplaça les forces militaires impériales dans une configuration de son choix comme les pièces d’un jeu. Il ordonna aux Primarques Lion El’Jonson, Sanguinius et Roboute Guilliman de rassembler leurs Légions en vue d’une série de missions dans les systèmes des groupes Signus et Veridian, chacune dans des régions dangereuses et reculées de l’espace. N’ayant aucune raison évidente de douter des motifs du Maître de Guerre, les trois Primarques se préparèrent à planifier leurs missions et à déplacer leurs Légions. Ainsi, trois des Légions les plus puissantes et les plus dévouées - les Dark Angels, les Blood Angels et les Ultramarines furent envoyés par Horus dans des régions éloignées de la Terre et du système d’Isstvan, où elles ne pourraient ni constater ni intervenir dans ce qui allait se passer par la suite. Pour les autres - les Night Lords, l’Alpha Legion, les Iron Warriors, la Raven Guard, les Salamanders et les Iron Hands, toutes étaient activement impliquées dans diverses campagnes et missions à travers l’Imperium. Leur heure arrivera tôt ou tard - que ce soit pour trahir ou être détruites. Les Word Bearers étaient déjà liés à la rébellion par des allégeances qui ne deviendraient apparentes que bien plus tard. Les White Scars et les Imperial Fists étaient en opération dans le Segmentum Solar et trop près de l’Empereur pour qu’Horus puisse les contacter sans éveiller la suspicion, alors que les Space Wolves et les Thousand Sons étaient déjà pris dans une machination meurtrière.

Avec une Humanité ignorante des grands et terribles événements qui allaient se dérouler, une énorme flotte de guerre se rassembla aux abords du système d’Isstvan alors que des troupes de quatre Légions Space Marines commencèrent à arriver. Les premières actions de la campagne entreprises pour détruire les avant-postes rebelles commença dans les confins du système lorsque la flotte se regroupa. Fulgrim lui-même fut retardé, mais un groupe important d’Emperor’s Children arriva au rendez-vous, dirigé par le Seigneur Commandant Eidolon et forma avec le reste de la flotte un blocus autour d’Isstvan III. L’ost de guerre d’Horus était donc composé en majorité par des forces de sa propre Légion, plus des portions importantes de la Death Guard menée par leur Primarque Mortarion, des World Eaters et leur Primarque Angron, ainsi que d’un plus petit groupe mené par Eidolon. Un événement aussi rare que la présence de trois Primarques forma l’une des plus grandes concentrations de force militaire impériale observée depuis la bataille pour le système de Pargor Hith contre les Orks de Charhack près d’une décennie auparavant, et qui à l’époque concentra plus de 200 000 Space Marines, bien que les chiffres exacts ne puissent être corroborés, aux côtés des Titans de la Legio Mortis, Audax et Vulpa, ainsi que de plusieurs unités auxiliaires.

Ce qui devait suivre est liée en grande partie à une question de conjectures formées autour de preuves qui ont survécues entre des mains impériales, mais il semble évident que pendant qu’Isstvan III était encerclé par la flotte de guerre, le Maître de Guerre rencontra les deux Primarques et Eidolon sur son navire amiral, la Barge de Bataille Vengeful Spirit. Cette rencontre avait ostensiblement pour but d’exposer une stratégie sur la campagne à venir, mais il semble également que cette réunion en face-à-face était pour Horus destinée à jauger la loyauté de ses alliés et de ses préparatifs en vue de la tempête qui se préparait.

Durant ce conseil, nous pouvons donc supposer qu’Angron et Mortarion ont rendu compte du statut de leurs Légions respectives, des progrès de l’inclusion des Loges des Guerriers en leur sein et le fait que la majorité de leurs forces suivraient le Maître de Guerre lorsqu’il se proclamerait Empereur légitime et prendrait les armes contre Terra. Il semble cependant que, comme Horus l’avait prévu, les Primarques et Eidolon - s’exprimant au nom de son maître absent, avait identifié des éléments de leurs Légions dont la fidélité envers l’Empereur était inébranlable ou dont on ne pouvait avoir confiance pour suivre la ligne du Maître de Guerre. Si elle n’était pas traitée immédiatement, ces Space Marines loyaux constitueraient une menace sérieuse pour la conspiration d’Horus. Il semble que ce n’est qu’à ce moment-là que Horus révéla à ses co-conspirateurs son terrible plan pour débarrasser leurs Légions de ces factions dissidentes.

Isstvan III ne s’avérerait pas une conquête facile ; des preuves avaient été rassemblées selon lesquelles une étrange souillure s’était emparée de la population, et les combats dans l’avant-poste ennemi sur Isstvan Extremis, à la limite du système, avait révélé que les rebelles étaient à la fois fanatiques et possédaient de puissants guerriers Psykers d’un type auparavant inconnu (désigné par l’expression "Chanteuse de Guerre" d’après les renseignements). Pour Horus, cela constituait une situation idéale pour le recours à un assaut terrestre massif afin de reprendre la Cité Chorale avant qu’une défense planétaire ne puisse être organisée. Des compagnies des quatre Légions dont la loyauté envers Horus ne pouvait être garantie avaient reçu l’ordre de se préparer à un assaut sur la planète et d’en former le noyau. Le plan du Maître de Guerre prévoyait une simple frappe menée presque entièrement à l’aide de Modules d’Atterrissage avec un soutien limité des bombardements orbitaux et téléporteurs. Seules les forces de la Death Guard atterriraient lors de la première vague avec un important contingent de véhicules blindés. Totalement séparés et sans aucun moyen de s’échapper de la planète, les loyalistes qui ne seraient pas morts lors de la prise d’Isstvan III comprendraient qu’Horus avait l’intention de faire de toute façon de la planète leur cimetière.[40]

L'Assaut

Quatre zones principales furent identifiées depuis l’orbite pour l’assaut de l’immense Cité Chorale. La première était le palais fortifié du Maître de Chœur et ses environs qui abritaient le siège du gouvernement, et probablement là où le traître Vardus Praal devait se trouver. Cette attaque fut confiée aux Emperor’s Children. C’est dans les places qui jouxtent le palais et qui constituent le principal carrefour intermédiaire du réseau de transport de la ville que la résistance risquait de se manifester rapidement, et les World Eaters eurent la tâche de s’en emparer et d’étendre leur emprise au-delà. Le mur de fortification occidental avec ses bastions construits par les impériaux et son réseau de bunkers qu’ils protégeaient devaient être la cible de l’assaut de la Death Guard dans le but d’éradiquer ou de contenir les forces de garnison qu’elles abritaient.

La dernière, et peut-être la plus difficile des cibles, était située à l’est de la ville, un vaste et ancien complexe de flèches funéraires, sanctuaires et temples connus par les peuples autochtones sous le nom de Fort-Sirène. Ce complexe était dans un état de quasi-désuétude au moment de la première invasion et fut donc ignoré. Mais depuis, des scannes de reconnaissance à longue portée révélèrent que le Fort-Sirène était à nouveau actif, avec des signes de vie significatifs et de puissants schémas énergétiques anormaux provenant de l’intérieur. Étant donné que la rébellion avait un sens religieux présumé, avec des sorcières Psykers combattues sur Isstvan Extremis, le Fort-Sirène reçu le statut de cible principale et les Sons of Horus furent affectés à l’attaque avec l’ordre de tout détruire, ainsi que d’éliminer tous ceux qu’ils trouveraient à l’intérieur. Un ensemble de cibles secondaires à atteindre lors de la première vague d’assaut fut également identifié, y compris le spatioport et plusieurs complexes d’infrastructure de première importance et de nombreuses petites forces dissidentes à encercler ou à détruire.

La première vague d’assaut inonda Isstvan III telle une averse d’acier et s’écrasa sur la Cité Chorale comme un coup de marteau, tandis que des escouades d’assaut de la flotte orbitale atteignaient les cibles sur la surface de la planète, assurant la domination totale des airs pour les Légions Space Marine. La résistance était importante - beaucoup plus importante que l’invasion de conformité initiale, mais contre une telle force de Space Marines à présent déchaînée contre ce monde, elle était futile.

Contre les murs et les tranchées de la ligne de fortification occidentale, la Death Guard martela impitoyablement son attaque contre des troupes autrefois loyales à Terra, mais devenues désormais des êtres à moitié fous. Ils étaient armés avec des armes impériales prises dans les magasins de la garnison - des Fusils Lasers et des mitrailleuses, leurs lignes de tranchées parsemées de mortier et d’autocanon mis en place avec des champs de feu inter-verrouillables avec toute la létalité de l’expertise de l’Officio Militaris. Bien que perturbés par la vitesse de l’assaut, ils se heurtèrent à la Death Guard avec des chars lourds Basilisks et Malcador qui grondaient depuis des dépôts dissimulés sous le sol. Mais la Légion de Mortarion était infatigable et descendit vers le front, laissant l’artillerie des Isstvaniens tirer à l’aveugle et dépassant les zones de largage. Avec des obus éclatant autour d’eux, la Death Guard avança sans faillir, les Terminators et les escadrons de soutien lourds renversant les tours d’armes à feu et se faufilant dans des bunkers, tandis que les escouades tactiques prirent d’assaut tranchée après l’autre, les purgeant de toute vie avec des volées méthodiques de tirs de Bolter. Des vaisseaux de combat firent irruption et larguèrent des chars Vindicator et Land Raider pour attaquer les bastions et les revêtements à hautes parois faite de granit en forme de dalle qui protégeaient la ville des plaines situées à l’ouest. Le barrage rapproché des deux côtés du mur fit vite des victimes. Bientôt, les grands bastions n’étaient plus que des ruines fumantes. Leur destin fut scellé par les Titans de la Legio Mortis. Ils frappèrent de plein fouet l’ouest de la ville et libérèrent l’impressionnante force destructrice de leurs Turboblasters et Canons Gatling contre le mur, pulvérisant les remparts et faisant couler le granit comme de la cire fondue.

Si la bataille pour l’ouest de la ville était la destruction systématique d’un ennemi déterminé, la bataille pour le Palais du Maître de Chœur et ses environs dégénéra rapidement en un massacre chaotique. Les Modules d’Atterrissage des World Eaters avaient frappés en premier, éventrant les places ouvertes comme des météorites. Ils laissèrent à la place des vastes colonnades et des terrasses en pierre une friche dévastée. Alors que des milliers de World Eaters se déversaient, ils tuèrent tout sur leur passage, écrasants les troupes de garnison désorientées dans une marée de violence inhumaine, découpant des centaines de personnes en quelques minutes à mesure qu’ils avancèrent telle une nuée d’insectes insatiables. Alors que le vacarme du carnage envahissait le centre-ville - un rugissement désordonné né d’innombrables hurlements, des cris de bataille, du tonnerre des tirs de Bolter et du grondement des innombrables Épées Tronçonneuses pénétrant la chair - des traînées de feu dorées descendirent en ordre serré sur le Palais du Maître de Chœur. Le palais avait été reconstruit par des architectes militaires impériaux pour devenir à la fois un imposant symbole de l’autorité impériale et une dernière redoute en cas d’insurrection civile.

C’était un bloc trapézoïdal massif, à plusieurs côtés, fait de granit et d’acier, coiffé d’un grand dôme recouvert de marbre, avec une envergure de plusieurs kilomètres et aussi grand qu’un Titan de bataille. Dans son ombre se trouvait une douzaine d’autres constructions d’artisanat impérial en pierre : l’Auditoria et Censorium se dressaient aux côtés de petits blocs d’habitation résidentiels afin d’accueillir des administrateurs et des Itérateurs externes, à l’abri de ceux qu’ils gouverneraient. Chacune était une architecture militaire éprouvée et conçue pour résister - sinon défier - un bombardement. Leurs lieux d’implantations formaient un cordon de défense autour du Palais du Maître de Chœur contre les assauts directs au sol. C’était un schéma de défense que le plan d’attaque des Emperor’s Children était parfaitement destiné à contourner. Avec un atterrissage de précision que peu de Légions auraient pu égaler, les Emperor’s Children atterrirent directement sur leur cible, et se regroupèrent autour de son étendue tentaculaire d’entrées et de halls d’admission. La Légion était réputée pour sa rapidité, son entraînement impitoyable et sa planification préalables. Se trouvant au-dessus des défenses intérieures, les Emperor’s Children se frayèrent un chemin dans le Palais du Maître de Chœur à travers une vingtaine de points d’entrée et firent face à une résistance féroce, tandis que l’équipement de siège des Dreadnoughts et des Marines taillèrent et ouvrirent de nouveaux accès à partir du niveau du toit en forme de dôme situé au-dessus.

Partout dans la ville, telle la griffe d’une grande bête prédatrice, les Modules d’Atterrissage des Sons of Horus descendirent sur le Fort-Sirène. Plus grand que l’enceinte du Palais du Maître de Chœur, le Fort-Sirène était un ensemble de grandes flèches funéraires coniques irrégulières, ayant presque l’apparence des cheminées de fumées des océans profonds et perçant de centaines de mètres les cieux. Autour se trouvait un labyrinthe de sanctuaires, de temples, de mausolées et d’amphithéâtres de moindre importance dont beaucoup étaient reliés les uns aux autres et aux flèches funéraires par un réseau aérien d’arcs et de passerelles. Ce sont ces allées qui ont constitué le premier danger lors de l’assaut, lorsque des Modules d’Atterrissage les écrasèrent ou furent déviés de leurs cibles, comme des ricochets frappant les pierres, certains éclatant comme des éclats d’obus et pulvérisant les Space Marines à l’intérieur. Éparpillés et sous un feu nourri dès le début, les Sons of Horus se sont néanmoins ralliés pour attaquer avec leur discipline habituelle et leur soif de combat. Le Fort-Sirène devint rapidement un champ de bataille meurtrier étalé sur plusieurs étages, rempli d’éclats d’obus et de fumée.

C’est là que les Chanteuses de Guerre firent leur première apparition en tant que puissantes sorcières Psykers. Elles manipulaient le son au moyen d’une ancienne technologie pour rester en apesanteur et s’entourer de bulles de force de protection. Leurs chants hurlants pouvaient broyer l’armure de céramite des Space Marines, briser la chair et les os à l’intérieur, et conduire les guerriers sectateurs qui les défendaient à un fanatisme inhumain, de sorte qu’ils se précipitaient sur les Sons of Horus sans se soucier du feu dévastateur qui les fauchaient.

Alors que la bataille était pleinement engagée, le bilan des morts s’éleva avec une vitesse stupéfiante. Puis un grand hymne fait hurlements se fit entendre dans la Cité Chorale, noyant même le vacarme et la cacophonie de la bataille - un cri surnaturel qui déchira le cerveau et mis la population d’Isstvan III dans un état frissonnant de haine incontrôlée. C’était un barrage auditif et seule la volonté des Space Marines et leurs armures leurs permis de résister et de se battre malgré l’étrange attaque. Aux niveaux des murs et des tranchées occidentales, la Death Guard et la Legio Mortis avait laissé des décombres à la place des grands remparts et à présent les Légionnaires purgeaient brutalement les bunkers et les réseaux de tunnels de leurs défenseurs. Sur la place, les World Eaters pataugeaient dans une mer de massacres. L’étrange chœur d’hurlements s’était propagé à travers la cité, et avait conduit à la folie la population civile, terrifiée. Cette populace se leva comme un seul homme pour s’attaquer aux envahisseurs. Quel que soit l’obscur pouvoir qui les avait frappé, ces individus ne se souciaient pas de leur vie lorsqu’ils se dirigèrent vers les World Eaters, d’abord par dizaines, puis par centaines, puis par milliers. Non armées et non protégées, des vagues humaines haineuses criaient, riaient et venaient mourir sous les coups des guerriers d’Angron déjà éclaboussés de sang, et les World Eaters étaient d’humeur à leur terrasser. Attaques après attaques, les World Eaters furent repoussés par le simple poids écrasant du nombres et finirent par former des groupes de guerriers qui se battaient dos à dos, envoyant des Grenades Frag dans la masse de corps densément tassés, soutenant et tuant jusqu’à constituer des remparts de viande dégoulinante pour se battre derrière. Les escouades de soutien lourdes de la Légion utilisèrent leurs armes pour faucher les foules avec leurs Bolters Lourds et leurs Lance-Missiles.

Dans les dédales enchevêtrés du Fort-Sirène et des murs intérieurs du Palais du Maître de Chœur, la victoire sur l’ennemi approchait pas à pas, mais non sans perte. Les pouvoirs surnaturels des Psykers baptisés les Chanteuses de Guerre éliminèrent beaucoup d’Astartes avant d’être abattus. Des guerriers d’élite modifiés et mutilés de manière chirurgicale, vêtue d’une armure noire iridescente et portant d’étranges armes reliques jusqu’alors inconnues qui crachaient des éclats de sons ou des aiguillons argentés, se trouvaient à l’intérieur du sanctuaire de la rébellion. Au fond des flèches funéraires, le fer de lance des Sons of Horus, sous le commandement du Capitaine en chef Garviel Loken, se fraya un chemin dans un étrange sanctuaire empli d’idoles fétides et y massacra les Chanteuses de Guerre. À peu près au même moment, bien qu’ayant subi de lourdes pertes, un petit groupe d’assaut des Emperors’s Children, sous le commandement du célèbre épéiste Lucius, se fraya un chemin dans la salle du trône de Vardus Praal et y trouva le traître. Praal, dans une magnifique armure d’une splendeur baroque et brandissant d’étranges armes psycho-soniques, était en effet le maître de cet étrange et mystérieux culte rebelle. Mais sa puissance accrue ne lui fut d’aucune aide pour faire face au Capitaine Lucius qui le tua dans un duel désespéré. Indépendamment de savoir si la mort de Praal servi à couper la tête du serpent, ou si la destruction du vil sanctuaire au centre du Fort-Sirène en était sa cause, l’étrange cacophonie qui régnait sur la ville disparue et le pouvoir qui avait maintenu la résistance des Isstvaniens pris fin. En quelques heures, la rébellion était en lambeaux et tous les objectifs de la force d’invasion étaient accomplis. Des dizaines de milliers d’ennemis étaient morts à la suite de l’assaut. Les Space Marines victorieux jubilaient, leur victoire durement gagnée et bien mérité. Mais à leur insu, un désastre était sur le point de se produire.[41]

Dévoreur de Vie

Peu de temps après la victoire des Space Marines, toutes les communications avec la flotte en orbite cessèrent et les Titans de la Legio Mortis commencèrent un retrait silencieux et implacable vers les plaines vides au-delà des murs de la ville. Avec une lenteur inexorable, les grands cuirassés et les Barges de Bataille de la flotte combinée - le Vengeful Spirit, le Firebird, l’Andronius, le Killing Star, l’Indomitable Will, le Gauntlet of Spite, le Warchild et le Conqueror descendirent en orbite basse et commencèrent le bombardement de saturation de la planète. Des pluies de bombes orbitales apparurent et des ponts entiers de batteries de macro-canons tirèrent un torrent d’obus dans la basse atmosphère d’Isstvan III. Leur cargaison mortelle était le virus dévoreur de vie, une des plus terribles armes de l’arsenal impérial de classe Exterminatus, une arme dont seuls le Maître de Guerre et l’Empereur auraient pu autoriser l’utilisation. Dispersé par charge de mille munitions explosives, le virus dévoreur de vie commença son travail en quelques instants, infectant et détruisant, tel un nécrophage en expansion rapide, transformant chaque être vivant avec lequel il entrait en contact en une pourriture liquéfiée écœurante.

La chair humaine se détacha de ses os et des cris furent coupés alors que les victimes se noyaient dans les liquides en décomposition de leurs propres poumons. La vie végétale flétrit et se dissolue en une boue brunâtre, comme si le temps l’avait transformée en un compost vieux de plusieurs années. Des bourrasques noires de pourriture et de vapeur cadavérique se déversèrent à travers les canyons en béton et en acier des villes, sonnant le glas de six milliards d’âmes. Au-delà des paysages urbains de la ville cimetière, les vastes plaines et la jungle se putréfièrent, et alors que les océans se transformaient en limons verdâtres, les vaisseaux de guerre de la flotte du Maître de Guerre au-dessus de la planète furent témoins de la propagation rapide des tâches cancéreuses jusqu’à ce qu’elles disparaissent tel un fruit pourri dans la noirceur du vide. Isstvan III était morte.

Mais la destruction n’était pas terminée : un seul tir ardent du Vengeful Spirit mis le feu à la planète. Le génie obscur de la conception du virus dévoreur était double : premièrement, massacrer toute la vie organique en quelques minutes et ravager la biosphère d’une planète, le deuxième, purger sa surface des macchabées corrompus en utilisant les vapeurs des cadavres aussi inflammables que meurtrières. La tempête de feu balaya la surface d’Isstvan III comme un tsunami dorée de destruction, entraînant devant elle un sombre ouragan d’air brûlant et de surpression qui dispersa les débris devant elle avant que la chaleur ne transforme tout ce qui se trouvait dans son sillage en cendres. La tempête de feu submergea les villes, les rasant comme des étincelles et enveloppa avidement les plus hauts sommets des montagnes. Une couronne de flammes jaillit à travers les océans, entraînant dans son sillage d’immenses ouragans de vapeur bouillante et se refermant autour des calottes polaires comme un poing noir de suie. Pendant un bref instant, c’était comme si un nouveau soleil était né à la place d’un monde qui portait la vie. Puis, alors que les feux sub-atmosphériques s’éteignaient et crachaient leur dernière fureur, un orbe brûlé et cendreux se révéla dans leur sillage, parsemé de cendres et échaudé. Bientôt, tout cela fut enveloppé par un tumulte d’ouragans sous pression, et les tempêtes englobèrent le continent tandis qu’un épouvantable tonnerre et une pluie noire cinglante déchirèrent les cieux. L’atmosphère tonifiée de la planète était précipitée dans une réaction chaotique. Isstvan III était devenu un monde mort.

Horus le Maître de Guerre avait enfin déclaré sa trahison et défié ouvertement l’Empereur, déclenchant la guerre civile galactique. Il avait également prévu que le bombardement du virus détruirait un ost de Space Marines en qui il ne pourrait pas se fier pour le soutenir dans la lutte à venir avec l’Empereur. Mais il allait bientôt devenir évident que son plan parfait avait échoué.[42]

Ruine

« Nous ne sommes plus les Sons of d’Horus ! Ce nom n’a plus aucune signification pour nous.
Nous sommes les Luna Wolves, les soldats de l’Empereur, et en Son Nom nous allons nous battre et si besoin est, nous mourrons sans hésiter ! »
- Garviel Loken, Capitaine des Luna Wolves.

Survie

Eisenstein

Même avant le premier acte de traîtrise, le plan du Maître de Guerre avait, à son insu, commencé à s’ébrécher. Avant que les bombes ne tombent, l’atrocité imminente avait été découverte par plusieurs membres de la flotte qui restèrent fidèles à leur Empereur et à leurs camarades et qui décidèrent de résister. Parmi eux, le Capitaine Nathaniel Garro, de la Death Guard, un ancien combattant Terran et une des premières recrues de la XIVe Légion. Garro agit rapidement, ralliant des loyalistes, réquisitionnant avec succès la frégate lourde Eisenstein et envoyant des messages d’avertissement à ses Frères de Bataille à la surface de la planète. Ailleurs au milieu de la flotte des Emperor’s Children, le Capitaine Saul Tarvitz, un officier supérieur de sa Légion qui soupçonnait depuis longtemps la conspiration et les actes perfides de sa Légion, avait découvert la vérité à quelques minutes de l’attaque. Impuissant pour empêcher ce qui devait arriver, Tarvitz vola un Thunderhawk en attente et descendit à la surface de la planète, portant son propre avertissement de l’horreur qui était sur le point de se déchaîner. D’autres n’ont toutefois pas été aussi chanceux, et de nombreux loyalistes et présumés loyalistes non affectés à l’attaque au sol furent choqués par la chute du virus, avant de sentir des couteaux se planter leur dos. Beaucoup résistèrent vaillamment mais, pris complètement au dépourvu pour une telle perfidie, ils furent détruits. Ce destin n’attendait pas seulement des Space Marines loyalistes, mais également un grand nombre de troupes auxiliaires humaines, de personnel de soutien, d’Itérateurs et de fonctionnaires qui, pris au piège sur les vaisseaux de la flotte, ont été massacrés lorsque les Légionnaires loyaux à Horus se retournèrent contre eux avec une violence sans merci. Toutefois, même dans cette situation, tous n’ont pas été enclins à se laisser tuer et de "simples" humains, souvent sous-estimés par les surhumains des Legiones Astartes, ont fait preuve d’une résistance considérable ou se sont enfuis dans les entrailles des grands navires et ont dû être à la fin pourchassés longuement, effectuant souvent des campagnes de sabotage dans le processus. Au cours de l’attaque orbitale, au moins un torpilleur, le "Ducroix", est resté aux mains des Loyalistes et tourna sa puissance de feu contre les vaisseaux traîtres dans une tentative vaine d’empêcher le bombardement, détruisant plusieurs navires d’escorte et infligeant des dégâts importants à la Barge de Bataille "Killing Star" avant qu’il ne soit pulvérisé par un tir des traîtres. Ayant refusé l’ordre de se rendre, le Xerxès 9-7-7 de l’Ordo Reductor du Mechanicum, un vaisseau qui avait rejoint la flotte tardivement et qui ne faisait pas partie des plans du Maître de Guerre, dû également être abattu au prix d’un coût considérable pour les assaillants, son Hulk en décomposition tombant dans le ciel brûlant d’Isstvan III et perdu au milieu des flammes. Comme cela se produisait en marge du gros de la flotte, le croiseur lourd "Sunstone" fut le théâtre d’une longue lutte à bord. Ici, le garde du corps assermenté du Plénipotentiaire Terran, le célèbre Duc Mortecher, transforma ce qui aurait dû être une simple prise de contrôle du vaisseau par une délégation des Emperor’s Children, envoyée pour assassiner l’émissaire politique du Conseil de Terra, en une bataille frénétique pont par pont pour le contrôle du vaisseau. On ignore ce qui finalement se passa à bord du Sunstone, mais lorsque la tempête de feu fit rage sur Isstvan III en-dessous de lui, le navire de guerre Terran subi une détonation catastrophique dans son arsenal avant, transformant le Sunstone en une épave éclatée.

Alors que se déroulait ce tourbillon de confusion et de destruction, l’Eisenstein de Garro réussi à se détacher de la flotte et à s’échapper à toute vitesse. Bien qu’elle ait été interceptée et touchée à plusieurs reprises par des tirs ennemis, la frégate réussi un saut d’urgence dans l’espace Warp et à fuir le système d’Isstvan, son destin étant incertain pour ses poursuivants. Ce seul acte de défi héroïque allait modifier le cours de tout ce qui allait suivre, mais ce ne serait pas le seul revers de fortune que devront subir les traîtres. Lorsque la tempête de feu ravageant la planète se dissipa, comme cela avait été prévu, les faisceaux de balayage et les auspex depuis la flotte en orbite s’y concentrèrent avec impatience, dans l’espoir d’enregistrer les restes calcinés d’un monde mort et sans vie, mais la surprise se transforma rapidement en rage pour le Maître de Guerre. Près de 100 000 Space Marines des Légions des Emperor’s Children, de la Death Guard et des World Eaters se trouvaient à la surface de la planète et occupaient la Cité Chorale d’Isstvan avec moins d’un dixième de leur nombre initial. Bien que l’ampleur de leur échec ne fut pas encore apparente pour les traîtres, environ les deux tiers de la première vague ont miraculeusement survécu au bombardement, grâce aux messages d’avertissement qu’ils avaient reçus de leurs loyaux camarades en orbite. Les loyalistes avaient trouvé refuge dans des complexes de bunker qu’ils avaient conquis quelques heures auparavant aux défenseurs Isstvaniens et refermés à la hâte, ou trouvèrent une protection dans les bastions pris d’assaut du Palais du Maître de Chœur ou dans les kilomètres de catacombes qui s’étiraient sous le Fort-Sirène. Avertis peu de temps d’être bombardé, ils n’avaient pas été pris au dépourvu - ils avaient plutôt fait confiance à la chance, à l’entraînement, aux armes et à la physiologie du grand dessein de l’Empereur - et ils avaient enduré.[43]

Lorsque les grandes tempêtes qui suivirent l’incendie diminuèrent, les canaux de communication se sont mis à vibrer et des signaux effrénés se sont répandus de la surface d’Isstvan III le ciel tels des poignards, exigeant des réponses, hurlant un défi et criant des malédictions contre ceux que les avaient trahis et qu’ils avaient autrefois appelé frère. Jamais dans l’histoire des Légions il n’y a eu un tel acte de traîtrise et de malveillance et les Space Marines d’Isstvan III en furent outrés, certains égarés au point de devenir fous - que leurs propres Primarques surtout - d’avoir été trahis.

À la suite de l’échec de l’attaque à la bombe virale visant à anéantir les loyalistes, l’affaire pris de l’ampleur. Alors qu’Horus tentait de reprendre le contrôle stratégique de la situation et d’ordonner un second bombardement conventionnel, désobéissant aux ordres et peut-être motivé par la réaction de ceux qui étaient à son service - ou comme suggéré depuis lors, poussé à accorder l’honneur de mourir de sa propre main à ceux qui le servaient autrefois - le Primarque Angron décida de prendre les choses en main. Transporté par une première vague de vaisseaux de combat et suivie par une deuxième vague de Modules d’Atterrissage, les World Eaters descendirent du puissant Conqueror avec Angron en personne et ses guerriers à l’avant garde.

Le Maître de Guerre et ses alliés ne pouvaient que constater avec indignation que le Primarque des World Eaters était sur la planète suivit d’une cinquantaine de compagnies de ses Space Marines assoiffés de sang, atterrissant dans les zones de l’esplanade à l’ouest du Palais du Maître de Chœur, afin de chasser les leurs dans un combat fratricide. Leurs Thunderhawk et Storm Eagles mitraillèrent les ruines maintenant couvertes de cendres, et furent immédiatement accueillis par un retour de tir sporadique - ils avaient trouvé leur proie.

Angron - "l’Ange Rouge" comme il était parfois connu avec crainte - sortant de son transport de combat, rugit sur les os noircis qui jonchaient les places comme des feuilles tombées dans une forêt d’hiver, ses grandes Haches Tronçonneuses, la Carnassière et la Carnivore, vrombissant en anticipant le massacre à venir. Son défi, ainsi lancé, fut rapidement repris alors que des tempêtes d’armes tiraient depuis la cité ravagée pour l’atteindre, mais il la parcourut sans y prêter attention, comme un monstre d’un sombre mythe fait chair. Derrière lui, ses World Eaters formaient une grande pointe de flèche en céramite pâle et en métal scintillant, désireux que le massacre vienne, les Griffes du Boucher induisant la rage s’enfonçant dans leur cerveau en criant la nécessité de tuer avec une force cruelle et irrésistible. Inévitablement, de la ligne de ruines brisées qui bordaient les places, leurs frères loyalistes arrivèrent, pas moins de World Eaters, pas moins consumés par la rage - une rage maintenant portée à des sommets encore jamais atteints par le goût de la bile de la trahison. Le Frère Capitaine Ehrlen les dirigeait, un guerrier auréolés de victoires qui avait longtemps été au service de la créature sanglante contre laquelle il était maintenant confronté. Avec lui, une force de Space Marines loyalistes comptant 2 000 hommes environ, un noyau de World Eaters qui s’était abrité sous son commandant dans des bunkers de garnison proches pour survivre à la tempête de ce qu’on leur avait décrit être (pour des raisons de crédibilité) un suicide biologique des Isstvaniens qui était sur le point de se déchaîner, le reste du contingent de la Légion se dispersant à travers le paysage urbain. Pour Ehrlen et ses hommes, la vérité a été presque trop terrible à supporter, et ici et maintenant, confrontés à deux fois et demie leur nombre de ceux qu’ils avaient autrefois appelés leurs frères et au Primarque auquel ils avaient juré de donner leur vie, tous contre eux. Leurs ennemis étaient tout simplement trop nombreux. Une folie meurtrière les atteignit - ils allaient en finir - entraînant avec eux le plus possibles avec eux dans la mort. Les deux camps chargèrent, tête baissée, sans tactique et sans raison, ils chargèrent vers les bras de la mort, se brisant les uns contre les autres comme des vagues. En quelques instants, des centaines furent massacrées dans une fureur surhumaine. Ehrlen fut submergé par des douzaines de World Eaters et démembré, crachant toujours des malédictions sur ceux qu’il appelait autrefois ses frères, ainsi qu’aux Dreadnoughts renégats qui explosèrent suite aux tirs de plusieurs explosions de fusion, projetant des éclats d’obus et de flammes à travers les lignes de combat. Dans le carnage qui s’ensuivit, une vérité qui allait devenir une réalité amère pour les années à venir se fondit dans la logique de la guerre ; quand des Legiones Astartes combattaient des Legiones Astartes, la logique impériale habituelle de la bataille - la supériorité de la force, du moral d’un ennemi brisé, des forces et jugements des belligérants - ne s’appliquait plus. Au lieu de cela, leur puissance, leurs armes, leur armure et leurs compétences, mais surtout leur détermination inébranlable à se battre, aboutissaient à une impasse effroyable avec des forces dilapidées et une usure cruelle. La bataille serait maintenant caractérisée par des corps surhumains tailladés et ravagés jusqu’à ce qu’ils ne puissent pas supporter plus, des armes vidées par la colère et une armure de bataille pulvérisée non pas en un coup mais peu à peu, avant que son porteur ne succombe avec le sang de l’ennemi sur ses mains. Ce sera une guerre dans laquelle aucun vainqueur n’échappera à la bataille indemne. Dans le massacre dans les places de la Cité Chorale où sept mille World Eaters s’écrasèrent et se massacrèrent dans une frénésie de violence, c’est le poids du nombre des traîtres qui finalement inversa la tendance, ainsi que la présence de leur sanglant seigneur. Angron était une machine à tuer, un être imparable qui envoyait des corps déchirés et des membres déchiquetés dégringoler en une boucle d’arcs de sang pourpre et projetant des étincelles de métal pulvérisés. Il bougeait comme la foudre à travers l’agressive pression des corps en armures, il détruisait tout ce qui se dressait contre lui, se débarrassant des coups de lame et des tirs de Bolters comme s’il s’agissait d’une simple piqûre d’insecte, hurlant ses défis et récitant les noms des dignes morts que ses haches récoltèrent. Le massacre continua jusqu’à ce qu’il ne resta plus personne à tuer et les vainqueurs exsangues, leur armure autrefois blanche mais maintenant d’un rouge sanglant, se dressaient au milieu d’un bourbier de corps brisés, la crasse du sang et de la cendre des os autour d’eux comme une tache qui s’étendait à travers le monde.

Voilà qui est bien fait ! Angron aurait crié en voyant l’horreur qui s’était produite avant d’ordonner à ses World Eaters de se répandre dans la ville et de rechercher plus de survivants à tuer.

C’est ainsi que commença le véritable bain de sang de la première grande guerre entre Légions, la première bataille de l’histoire de l’Imperium lorsque ses plus grands défenseurs, les Space Marines, se sont retournés les uns les autres au cours d’un combat, sans que personne ne l’ait voulu. Telle était le choc de la trahison, la douleur et le prix du parjure étaient si grands, qu’il ne pouvait y avoir de répit ou de repos dans un tel affrontement, seulement une haine amère et une vengeance sanglante.

En orbite, dans la salle de contrôle du Strategium du Vengeful Spirit, le Maître de Guerre était furieux de la désobéissance d’Angron et de la perturbation du plan soigneusement établi, plan maintenant presque en ruine. Rétrospectivement, il est clair de voir la position injurieuse dans laquelle le Primarque des World Eaters avait placé Horus. Il aurait pu poursuivre ses préparatifs en vue d’un deuxième bombardement et même le mener à bien, en tirant sur les loyalistes et sur Angron pour le punir, mais au mieux cela aurait conduit la flotte des World Eaters à attaquer les alliés d’Horus et déclencher un second conflit civil que le Maître de Guerre pouvait difficilement se permettre, et au pire, abandonner Angron vivant et s’en faire un ennemi. Non, il y avait beaucoup trop de loyalistes sur la surface pour abandonner les World Eaters, et s’ils n’étaient pas attaqués rapidement, ils risquaient de se retrancher et s’organiser, et donc devenir infiniment plus dangereux, alors qu’un bombardement n’était plus une option viable. Le Maître de Guerre s’est engagé à se battre et à forger la victoire pour semer la confusion. C’est ainsi qu’Horus n’a eu d’autre choix que de soutenir l’assaut fulgurant d’Angron, et l’ordre général de se préparer à l’attaque au sol fut donné.

Les Emperor’s Children, placés sous le commandement d’Eidolon, devaient ensuite être déployés, étouffant sans aucun doute l’action du loyaliste Saul Tarvitz et soucieux de se racheter aux yeux du Maître de Guerre. Avec une précision typique et des schémas de déploiement exigeants, le traître Emperor’s Children choisit une zone entièrement défraîchie, jadis constituée de marchés et de parcs en plein air, à quelques kilomètres au sud du Palais du Maître de Chœur. Dès que la force d’intervention d’Eidolon eut démonté ses convoyeurs, il leur ordonna de précéder immédiatement la formation de colonnes jusqu’au Palais du Maître de Chœur avec l’intention de le prendre d’assaut. Pendant ce temps, d’autres forces de soutien aux World Eaters commencèrent à atterrir, se préparant à une longue bataille d’attrition, tandis que les vaisseaux de combat de la Death Guard et des Sons of Horus commencèrent à effectuer des opérations de reconnaissance respectivement au nord-ouest et au sud de la Cité Chorale, à la recherche de survivants parmi les ruines encore en train de brûler, à tirer sur des cibles potentielles et à déposer des escouades de Seekers et des Motards pour traquer des groupes isolés de loyalistes encore sous le choc de l’attaque de la planète. En quelques heures, cependant, il devint clair que ce ne serait pas une simple opération de nettoyage pour les forces supérieures des traîtres. La colonne d’Eidolon trouva le Palais du Maître de Chœur fermement et habilement défendu par les forces loyalistes des Emperor’s Children qu’Eidolon avait sous-estimé par son arrogance. Au lieu de réussir un assaut rapide, sa colonne fut soumise à un feu nourri. Elle fut empêchée d’atteindre même les murs du palais et obligée de battre en retraite, laissant derrière elle des dizaines de véhicules endommagés et démolis dans son sillage. De nouvelles tentatives pour envoyer des escadrons d’infanterie à travers les ruines échouèrent, mais des redoutes efficaces et des embuscades préétablies furent organisées à la hâte, abritant ses hommes ensanglantés et repoussés. Ailleurs, l’utilisation de détachements de vaisseaux de combat itinérants se révéla tout aussi inefficace ; les auspex balayant les ruines embrasées et incandescentes ne purent fournir rien de plus qu’une vague indication de la concentration de l’ennemi, tandis que le vaste paysage urbain ravagé constituait un refuge parfait pour l’ennemi qui attendait, lâchant des missiles et des tirs de Canons Laser contre les aéronefs à basse altitude. Les loyalistes connaissaient parfaitement les vulnérabilités des attaquants renégats - tel était le prix de combattre un frère. Pire encore, un des Storm Eagle des Sons of Horus revenant dans la baie de son vaisseau-mère, le croiseur d’attaque le Minotaur et affichant les codes appropriés, avait mené un attentat-suicide à l’intérieur de la baie de lancement, affirmant par communication vox son intention de "… venger le sang de Terra" avant de s’engager dans une chaîne de réarmement des vaisseaux de combat, Canon Laser étincelant, provoquant un carnage et tuant une compagnie complète de Légionnaires d’Horus. Les canaux de communication et les codes vox déjà activés lorsque l’attaque commença ont été changés à la hâte, ce qui entraîna de nouvelles perturbations, l’incident du Minotaur ajoutant un nombre de morts déjà en croissance rapide et choquante en faveur des loyalistes.[44]

Ténèbres

Le Sang des Traîtres

Une fois que les dés qui déclenchèrent une guerre brutale dans la galaxie furent jetés, l’Archi-Traître Horus semblait avoir pris la décision de transformer cette situation en un avantage plus large en ce qui concernait la loyauté de ceux qui s’étaient engagés à se battre à ses côtés pour usurper le Trône de Terra. Plutôt que d’utiliser une seule Légion pour mener l’attaque destructrice des loyalistes et épargner ses autres forces intactes pour des batailles ultérieures, il choisit d’employer chacun leur tour chacune des divisions placées sous son commandement. En cela, Horus montrait clairement qu’il comprenait mieux l’ampleur de la guerre à venir, s’assurant que chaque élément sous son commandement connaissent les combats sur le terrain contre leurs anciens camarades, pour constater que la mort des Space Marines de l’Empereur étant clairement à leur porté. Avec ce pacte scellé dans le sang, il ne pourrait y avoir aucun retour en arrière pour ceux qui s’étaient retournés contre l’Empereur et aucun pardon, seulement la victoire finale ou la mort.

À la tombée de la nuit, les débris et la poussière projetés dans la haute atmosphère commencèrent à redescendre, la terrible chaleur du monde mourant donna naissance à de nouvelles tempêtes couvrant tout le continent, ravageant l’air tourmenté d’Isstvan III et recouvrant de nouveau la Cité Chorale avec une force renouvelée. Des ouragans entraînèrent de grands torrents de cendres encore chauds dans les canyons et les structures de pierre tombale peuplées de morts, tandis que des volées de tonnerre foudroyaient les transmissions vox et les géomètres. Le vol était pratiquement impossible et la surface presque coupée de la flotte. Alors que la première étape du plan - la scission des loyalistes s’était révélée fructueuse, la deuxième phase approchait le désastre total, un fait qui devait être sans aucun doute évident pour le maître tacticien qu’Horus était. Cependant même les maîtres dans leur domaine, post-humain et humain, sont soumis aux caprices du hasard et de l’action. L’attaque à la bombe bactériologique contre Isstvan III n’avait finalement rien fait de plus que de tuer des milliards de personnes et de transformer Isstvan III en une zone de guerre infernale faites de gravats, de cendres et de tempête qui avantagea énormément les défenseurs alors qu’il désavantageai les attaquants. La confiance excessive des Emperor’s Children avait causé un échec et les World Eaters d’Angron s’étaient dispersés dans le nord de la ville telle une horde incontrôlable et impossible à suivre. Les balayages effectués par les aéronefs n’avaient guère été concluants et ces derniers subirent des pertes, tout en révélant l’ampleur de la résistance loyaliste et leur détermination acharnée à se battre. Des centaines de contacts hostiles avaient été signalés sur toute l’étendue de la ville dévastée, des concentrations particulières ayant été identifiées dans la zone nord-ouest, le Palais du Maître de Chœur et l’enchevêtrement meurtrier du quartier du Fort-Sirène. Horus et ses commandants ne devaient avoir aucun doute que sous le couvert des ténèbres et de la tempête, les loyalistes se déplaçaient à travers les ruines et en dessous, à travers des catacombes, des égouts et des réseaux de tunnels, consolidant, organisant et attisant leur soif de vengeance avec une ardeur meurtrière.

Ce qui allait arriver devait être une guerre d’usure exténuante dans laquelle la puissance aérienne compterait peu, et même si Horus avait à ses ordres les Titans de la Legio Mortis, il ne pouvait pas les risquer dans les ruines de la ville alors que la tempête faisait rage, aveuglant leurs scanners et détruisant leur avantage de portée. Les jours devinrent des semaines alors que la tempête se poursuivait presque sans répit et en son sein, des combats rapprochés amères opposaient loyalistes et traîtres dans la cité en ruine, les forces à peu près égales en nombre. Dans les structures décharnées des blocs d’habitations et dans l’obscurité fétide des réseaux d’égouts envahis de déchets, le Space Marine combattait jusqu’à la mort le Space Marine. Les traîtres ne pouvaient que recevoir des renforts qu’au coup par coup à cause des tempêtes et, au plus fort du bouleversement climatique, ils étaient forcés d’envoyer des munitions par largage, voir pas du tout.

Dans les zones industrielles démolies du sud de la ville, des colonnes blindées de chars Vindicators et Predator progressèrent de façon abrupte, luttant à chaque bloc contre la brutale contre-attaque de l’infanterie et souffrirent à cause des tireurs d’élite et des équipes d’armes lourdes cachés dans le bourbier étriqué des ruines de l’usine et des cheminées enfumées.

Dans l’ombre tourmentée du Fort-Sirène, des guerriers qui autrefois arboraient fièrement les couleurs du Maître de Guerre et qui s’appelaient eux-mêmes les Sons of Horus avaient effacé leur couleur et leur héraldique et retrouvèrent le nom de Luna Wolves. Leur chef était Garviel Loken, un héros de sa Légion et commandant de la 10e Compagnie, qui faisait autrefois partie du cercle restreint d’Horus Lupercal. Repéré par les traîtres pour sa loyauté inébranlable à la Grande Croisade et à ses idéaux, Loken avait été envoyé à la mort à la surface comme les autres, mais il était à présent devenu le général et le chef qui coordonnait la résistance dans les secteurs est et sud de la ville en organisant une défense mobile de contre-attaques et de frappes ainsi que des attaques qui empêchaient ses anciens camarades d’utiliser la tactique d’encerclement meurtrière dans laquelle ils excellaient.

Enchaînant les assauts, les Emperor’s Children d’Eidolon tentèrent de s’emparer de la masse de granit qu’était le Palais du Maître de Chœur pour se voir repousser par le Capitaine Tarvitz et ses guerriers, qui affichèrent une résolution implacable et une excellence tactique dans la défense de l’édifice et de son enceinte. Le palais était maintenant renforcé avec des armes lourdes récupérées et des véhicules réparés à l’aide de pièces raccommodés puisés dans les carcasses abandonnés par Eidolon suite aux premières attaques ratées. Avec les loyalistes Emperor’s Children combattaient le puissant Ryalanor l’Ancien - un Dreadnought de la Légion, icône éternelle de la gloire et de l’honneur du passé que les traîtres avaient si horriblement bafoués. Plusieurs fois, on pensa que le Vénérable Dreadnought était perdu, pour ensuite renaître des décombres et du feu afin de punir ceux qui avaient trahi l’Empereur dont ils portaient le Nom. Les attaques des traîtres contre le palais ont été atténuées par la nécessité de protéger leurs propres flancs recouverts par la poussière et l’obscurité, car des groupes de guerre itinérants de World Eaters, la plupart des loyalistes mais certains ne se souciant peut-être pas de la vie de leurs "alliés", attaquaient depuis les ruines et les décombres, tuant et pillant armes et munitions avant d’être abattus par un tir discipliné ou de disparaître victorieux dans l’obscurité.

Bien que fermement retranché dans les réseaux de bunkers des Isstvaniens, dans les lignes de tranchées et les remparts de protection, et bien approvisionnés en armes et en munitions pillées dans les caves souterraines des arsenaux de défense planétaire, ils étaient pris entre les foudres de deux ennemis implacables. Du centre-ville, Angron et ses World Eaters, se jettant encore et encore contre leurs défenses, se faufilèrent dans des réseaux de tunnels sans se soucier des pertes subies dans la brèche et laissant à leurs passages une ruine de chair rouge et de céramite brisée. Au-delà de l’enceinte de la ville, Mortarion, aussi implacable et impitoyable que la mort elle-même, avait affronté la tempête et débarqué du grand vaisseau d’assaut Omen au milieu des rafales hurlantes. Faisant preuve de plus de respect pour l’ennemi auquel il était confronté que les Emperor’s Children, Mortarion fit en sorte que les canons de l’"Omen" balayent le sol, détruisant les tranchées et les bunkers situés à proximité afin de ne pas offrir de cachette pour une embuscade loyaliste avant de libérer sa cargaison. Défiant l’ouragan et les ténèbres, la Death Guard s’avança en rangs ordonnés et avec eux les béhémoths de guerre de la Légion - les lourds chars d’assauts Spartan et les chars super lourds Fell Blade et Typhon et commencèrent leur attaque systématique et implacable avec le Primarque marchant lentement à leur tête, comptant les tués.[45]

Decima

Sous le linceul de la tempête, dans les confins de la cité, à peut-être cinq ou six kilomètres au nord des ruines du spatioport impérial, quelque chose remua dans les profondeurs des cendres et de gravats. Invisible et non détecté au milieu des vents hurlants et des éclairs éclatants qui se succédaient, un grand orbe d’airain était en train de grincer et de pivoter pour se libérer de la terre noircie. La structure supérieure de l’orbe finit par se défaire quelques heures après son apparition, s’ouvrant comme une énorme fleur aux mouvements d’horlogerie inversée aux pétales de bronze à lames. L’orbe fut enfin révélé, bien qu’il ne restait plus aucun spectateur vivant à proximité pour le reconnaître - un Creuset de Siège de l’Ordo Reductor. Lancé dans la tempête lors des derniers instants du Vaisseau de Guerre loyaliste du Mechanicum, le Xerxes 9-7-7, la conception et la fonction du Creuset ressemblaient beaucoup à celles des modèles plus perfectionnés des Modules d’Atterrissage Space Marine, bien qu’il soit à la fois considérablement plus grand et plus fortement blindé. C’est cette résistance qui lui a permis de survivre à sa chute et de s’enfoncer comme une balle dans la terre d’Isstvan III plutôt que de se briser en éclats lors de l’impact. Quoi qu’il en soit, la chair - même celle de Space Marines - n’aurait probablement pas survécu à l’impact du projectile, mais ses occupants n’étaient pas fait de chair. Ils étaient le Magos Reductor Calleb Decima et sa cohorte de gardes du corps cyborg Thallax, et pour eux, la destruction des traîtres ne serait pas une question de haine ardente, mais une logique froide et impitoyable.[46]

L'Aube des Traîtres

Près de deux mois solaires complets s’étaient écoulés depuis la mort d’Isstvan III lorsque, finalement, les grandes tempêtes commencèrent à suffisamment s’estomper pour que les traîtres puissent recommencer à débarquer d’importants renforts et des munitions. Au cours des mois, les forces offensives ont soufferts pour chaque bloc de ville et pour chaque kilomètre de décombres qu’elles ont gagné. Selon des estimations approximatives, le nombre de morts atteignait vingt mille Astartes du côté des loyalistes et peut-être deux fois plus d’attaquants tués. La résistance loyaliste dominait toujours le Palais du Maître de Chœur malgré les efforts des Emperor’s Children et dernièrement, les World Eaters le pris d’assaut, tandis que les Luna Wolves de Loken dominaient toujours le secteur qui entourait le Fort-Sirène.

Au nord-ouest, cependant, l’avancée implacable de la Death Guard de Mortarion avait pris les loyalistes entre le marteau et l’enclume, et contraignait peu à peu ceux qui ne pouvaient battre en retraite de combattre dans une poche de résistance de plus en plus restreinte, tandis et la pression se resserrait autour d’eux. Ici, le seul renversement pour les renégats de la Death Guard avait été la rébellion de certaines de ses lourds engins de siège, dont les équipages étaient restés loyaux envers ceux que leur Primarque appelait désormais ennemi et qui refusèrent de tirer sur leurs anciens camarades, ou qui dans certains cas tournèrent à la place leur canon de siège vers les traîtres de Mortarion ou les World Eaters d’Angron. Le fiasco sanglant qui en a résulta évolua en une bataille qui dura cinq heures, connu par les Death Guards ayant survécu comme le "Voile du Chagrin" dans lequel la résolution légendaire et la discipline de la XIVe Légion avait été mises à mal. Traîtres et loyalistes se perdirent dans un tourbillon de bataille, tirant sur des alliés et des ennemis. Le traître Marshal Durak Rask et son escadron de commandement furent assassinés par le groupe de Destroyer loyaliste commandé par Morturg, et le Primarque de la Death Guard lui-même aurait été blessé par le tir de plasma d’un char Predator arborant la livrée de sa Légion avant que ses gardes du corps du Linceul ne le brise en morceaux. Mortarion mis fin à la débâcle en émettant un ordre de retrait et de regroupement, bien que ce répit ait laissé le temps à une force loyaliste de la Death Guard de s’échapper avant que Mortarion ne resserre son emprise sur eux.

Alors que les tempêtes se dissipaient, de nouvelles compagnies de Légionnaires renégats, des rangs et en armures lourdes tombèrent en nombre considérable sur la planète à la périphérie de la ville, et l’enclave loyaliste de la Death Guard fut la première à en souffrir tandis que Mortarion déversait les forces de sa Légion dans la région. Les chars lourds Malcador récupérés dans les armureries de défense des Isstvaniens et les engins transfuges que les loyalistes avaient rassemblées ne pouvaient rivaliser avec les forces ennemis. Ils furent balayés par les escadrons de Fellblade et les tirs à longue portée des Titans de la Legio Mortis. À présent, maîtrisant parfaitement le terrain et encerclant les dernières redoutes des loyalistes, la Death Guard renégate attaqua par vagues, leurs escouades tactiques si serrées qu’elles s’avançaient côte à côte sur le sol déchiré, leurs Bolters tirant à l’unisson. Cependant les loyalistes n’abandonnèrent pas, malgré les obstacles insurmontables auxquels ils étaient confrontés, ils manœuvrèrent leurs quelques pièces d’artillerie capturées jusqu’à l’épuisement de leurs munitions, et affrontèrent la tempête de feu imminente du mieux qu’ils pouvaient jusqu’à ce que les canons de leurs propres Bolters rougissent comme des braises et que les percuteurs de leurs culasses se fissurent et se déforment sous l’effet d’une utilisation excessive. Cela n’a servi à rien et la Légion de la Death Guard surmonta leurs barricades et leurs tranchées comme une marée noire et les noya. Les quelques survivants loyalistes battirent en retraite dans les profondeurs des tunnels de défense souterraines et firent s’effondrer les passages derrière eux. Mais les traîtres s’étaient préparés à de telles éventualités, ouvrant la voie avec des charges vortex et des perceuses Hades. Mortarion en personne vient les chercher dans l’obscurité.

Au-dessus du sol, l’assaut fut repris et le Maître de Guerre déclencha sa fureur. Un groupe d’assaut composé de Sons of Horus, composé de très petites compagnies et dirigé par Ezekyle Abaddon et son élite Justaerin, atterri dans le sud-ouest de la ville en armure lourde. Ils se mirent immédiatement à tout défoncer à travers les logements incendiés et noircis qu’ils trouvèrent dans des zones de plus en plus larges, nettoyant et détruisant toutes les poches de résistance qu’ils rencontraient. Une fois l’attaque ayant repris totalement son cours, de grands convoyeurs orbitaux commencèrent à débarquer de nouveaux Titans de la Legio Mortis et de la Legio Audax afin de renforcer ceux qui avaient traversé la grande tempête de feu et les ouragans féroces au-delà de la ville, assombrissant les cieux de l’ouest. Dans l’ombre de ces atterrissages colossaux, un assortiment étrange d’appareils suivi : des vaisseaux noirs de combat insectoïdes descendirent au sol dans des colonnes de flammes bleu azur et en sortirent des civils cabossés recouverts de coques ornées de parties de corps humain et peinturées d’étranges symboles frissonnant. L’arrivée des membres du Mechanicus, avec leurs robes noires, portant des armes macabres, des crânes d’araignées robotiques filant devant eux et des automates de combat à plusieurs têtes qui les suivaient dans leur sillage, chacun assez grand pour contrer un Dreadnought des Legiones Astartes. Mais aussi extravagant et sinistre que soit ce "Mechanicum Noir", les silhouettes émaciées d’épouvantail qui émergeaient du charnier projetaient une telle aura d’horreur et de puissance nauséabonde, que même les Space Marines endurcis reculèrent avec prudence face à eux. C’étaient les prêtres-sorciers de Davin et la souillure du Warp rôdait lourdement autour d’eux comme un linceul invisible et vermoulu.

Le vent tournait rapidement et, alors que les loyalistes avaient tenu bon jusqu’ici, l’avantage était désormais du côté des traîtres. Leurs anciens frères étaient en infériorité numérique et largement surpassés, et ils purent enfin tirer parti de la supériorité de leurs armes, tandis que chaque loyaliste décédé était désormais une perte que les défenseurs ne pouvaient pas se permettre. Les mathématiques des morts avaient maintenant pris un tournant décisif en faveur du Maître de Guerre.[47]

Extermination

« En vérité, un Titan n’a que trois ennemis contre lesquels il doit se protéger : la folie, l’orgueil et un de ses semblables. »
- Grand Maître Volkus, Ordo Sinister.

Les tempêtes s’étaient enfin apaisées, et elles furent remplacées par un calme impénétrable qui enveloppa la cité en ruine alors que les températures plongeaient, les cendres d’une crémation mondiale bloquant la chaleur du soleil d’Isstvan III. Le silence de cette pâle aube était interrompu par les hurlements étranges de colossales sirènes résonnant dans la ville et par le lointain grondement des moteurs qui faisait trembler la terre - les Titans se dirigeaient vers la guerre et les lointains sons de leur approche étaient un présage de ce qui devait suivre.

Avec le poids du nombre en leur faveur, les forces renégates poursuivirent leur attaque avec une vigueur renouvelée, se déplaçant à travers la cité vers le Palais du Maître de Chœur, comptant sur la force écrasante pour vaincre toutes les poches de défense rencontrées sur leur chemin. Devant eux, ils envoyèrent des frappes par des escadrons d’Avenger et de Thunderhawks, envahissant les zones considérées comme des fortifications avec de puissants explosifs et tirant avec des canons pour tenter de déloger les loyalistes et de les empêcher de se disperser ou de se retirer avant l’attaque. Des milliers de Space Marines d’Horus - de le Death Guard, des World Eaters et des Sons of Horus étaient en mouvement, avançant dans une vaste formation en demi cercle depuis les zones d’atterrissage situées au-delà des remparts brisés et soutenue par des centaines de chars Rhinos, Land Raiders et Predator. Les escadrons de Jetbikes Sky Hunter et de Land Speeders hurlèrent dans les airs, entourant les flancs des traîtres à la recherche de cibles et restant en alerte face à d’éventuelles embuscades. Et tous les Titans de la Legio Mortis et de la Legio Audax venaient se profiler - deux maniples complètes de Titans Warlord et Reaver, soutenus par une douzaine de Warhounds. À leur tête, le Dies Irae, un Titan de classe Imperator qui se tenait au-dessus de ces machines de guerre, enjambant la plus haute des ruines de la ville, ses pas faisant trembler le sol, fragmentant le paysage ravagé comme le dégel de glace sous les pieds. Face à une telle puissance de feu, rien ne pouvait subsister et à peine un point de résistance était localisé que les Titans se déchaînèrent contre lui, explosant des pâtés de maisons entiers dans des nuages de poussière et de flammes et fondant les carcasses métalliques des installations industrielles en des flaques de scories éclatantes. Telle était la puissance impressionnante des armes formidables des Titans au fur et à mesure de l’avancée de la colonne, les éclairs vibrants de leurs armes à feu étaient visibles même à travers la couche de nuages depuis l’orbite.

Alors qu’ils approchaient des hauts murs du Palais du Maître de Chœur, les Titans furent accueillis par les Emperor’s Children renégats qui effectuaient déjà une autre tentative d’assaut du vaste complexe et reçurent à son tour des volées de Cannons Lasers et de tirs ardents. Les Princeps de la Legio Mortis avaient des ordres clairs et ne se souciaient pas des forces loyalistes ou renégates, et avec un seul souffle assourdissant de leurs sirènes de guerre, seul avertissement donné au commandant d’Eidolon, ils ouvrirent le feu. Les murs du Palais du Maître de Chœur avaient été construits par les ingénieurs de siège du Mechanicum pour résister à la fureur d’un monde en révolte et, bien que maintenant ravagés et dévastés par une tempête de feu et d’obus, ils ne tiendraient plus. Les Canons Volcano rugissent et les Turbolasers crachèrent des arcs de lumière, engloutissant le champ de bataille dans un brouillard assourdissant de fumée noire et de flammes rugissantes. Dans l’obscurité, les gigantesques machines de guerre, tels des dieux primordiaux courroucés, blindés d’une couleur de sable et de cramoisis profonds, répandaient leur fureur combinée et les Légionnaires Space Marine ne purent rien faire de plus que de se tenir à l’écart de cette puissance effrayante et d’attendre la fin de la tempête. Lorsque le barrage assourdissant cessa finalement et que la poussière qui tombait sur les assaillants se dissipa comme une chute de neige gris-noir, les destructions causées par les armes des Titans furent révélées - le grand mur qui leur faisait face avait disparu et un déversement irrégulier de débris en combustion l’avait remplacé. Au-delà des murs brisés, le grand dôme qui couvrait l’enceinte intérieure s’était effondré en miette, et les tours et les presbytères à l’intérieur avaient été renversés et écrasés comme des jouets cassés. Les Titans hurlèrent à nouveau en triomphe, et cette fois-ci, la masse des World Eaters répondit à Angron qui hurla l’ordre de charger. Pour les survivants loyalistes pris au piège dans les ruines, ils ne leur restaient plus qu’à vendre leur vie aussi chèrement qu’ils le pourraient.

Alors que la principale colonne d’attaque des traîtres prenait d’assaut le bastion brisé du Palais du Maître de Chœur, les secteurs nord et sud subirent de nouvelles agressions visant à briser les reins de la résistance loyaliste et à traquer les survivants dispersés dans les ruines. Contre Loken et ses Luna Wolves, leurs anciens frères des Sons of Horus, sous le commandement d’Ezekyle Abaddon, lancèrent leur propre attaque en force, avec l’ordre explicite de revenir victorieux ou de ne pas revenir du tout. Assailli de plusieurs directions à la fois, le Fort-Sirène fut attaqué par terre et par air.

Les Caestus s’écrasèrent contre les flèches funéraires avec des escouades d’assaut équipés de réacteurs dorsaux qui descendirent pour s’emparer des hauteurs où des emplacements de canon ainsi et des abris des tireurs d’élite que les Luna Wolves avaient mis en place en défense. Au niveau du sol, le paysage urbain tremblait devant un groupe de formations de fer de lance blindées, de lourds chars Spartan et Land Raider creusant un chemin à travers des tas de gravats et les barricades sans distinction, la plus importante n’ayant pas été peinte dans la couleur mer vert-de-gris des Sons of Horus, mais avec la nuit noire et le bronze terni de l’élite Justaerin de la Légion. Les fers de lance des tanks se frayèrent un chemin dans les cimetières enchevêtrés, supportant le feu qui venait à leur rencontre, frappant les sanctuaires et renversant la statuaire avec des tirs de Canons Lasers en réponse. Des Escouades Despoiler assoiffés de sang, des Épées Tronçonneuses en mouvement et des grenades apprivoisées se répandaient à flot depuis le sillage des chars, esquivant et se faufilant vers les positions des défenseurs, les exécutant par le brusque éclair des armes de leurs ennemis, sans se soucier de leurs propres pertes.

Les Luna Wolves n’ont pas manqué de courage face à leur odieux ennemi, mais ils étaient totalement épuisés et en infériorité numérique, avec de faibles munitions. Certains cherchèrent à s’échapper et à se disperser comme ils le pouvaient, car ce jour-là, face à des chances très faibles, la survie était une grande victoires. D’autres, blessés, isolés ou tout simplement trop fatigués et amers pour se replier, se tenaient debout devant l’assaut et offraient du temps à leurs frères qui vivaient, tirant jusqu’à la dernière balle et jusqu’à la dernière goutte de leur sang alors que les Terminators Justaerin prenaient d’assaut les barricades de marbre brisé et des sépulcres funéraires, écrasant les pierres tombales avec leurs Gantelets Énergétiques et des averses de coups de feu et de plasma sur les dernières résistants à l’intérieur. Le Fort-Sirène était tombé au bout d’une heure, mais des centaines de guerriers s’étaient échappées et Abaddon, ivre par la victoire, parcourait les ruines, lançant des insultes et menaçant de mort ceux qui n’avaient pas réussi à refermer le piège à temps. Retrouvant son calme, il ordonna à ses forces de se séparer et de fouiller la cité pendant que le Mechanicum Noir et ses propres Escouades Destroyer se chargeaient de poursuivre les fuyards. Bientôt, des bidons de Phosphex en feu furent vidés dans les bouches d’aération et les catacombes qui passaient en dessous du Fort-Sirène, tandis que des groupes de sorciers et de sectateurs davinites utilisaient leurs propres arts sombres pour engloutir les survivants avec du sable et des gravats.

Alors que l’obscurité de la nuit s’abattait de nouveau sur la cité remplie de morts, la seule source de lumière était les rayons incendiaires des lampes de recherche balayant méthodiquement les restes squelettiques de la ville, suivis de la promesse de la mort. Les seuls sons étaient l’immense foulée des Titans qui rôdaient à travers les ruines et les bruits intermittents de coups de feu résonnant dans la nuit, à travers les champs vides de gravats et d’os, qui indiquaient qu’un traître avait trouvé un loyaliste dans l’obscurité. La mort d’Isstvan III était entrée dans sa phase finale et meurtrière. On ne pouvait plus appeler cela une bataille, mais plutôt une chasse à l’homme ; la traque, l’isolement et la destruction de la proie la plus dangereuse - mais proie tout de même - qui fallait exterminer.[48]

La Guerre Se Propage

Le temps n’attend ni pour le mortel ni le Primarque, et bien que les loyalistes aient été vaincus et traqués sur Isstvan III, les derniers survivants refusaient obstinément la destruction, et le prix qu’Horus dû payer en guerriers et en armes pour mener cette campagne était lourd. Les forces en lambeaux qui restaient des loyalistes sur Isstvan III n’avaient aucune chance de s’échapper et leurs extermination totale n’était plus un luxe que le Maître de Guerre pouvait se permettre. Enfin, Fulgrim, le Primarque des Emperor’s Children, l’avait rejoint, mais la nouvelle qu’il portait était troublante. Le temps n’était plus du côté d’Horus. De nouveaux projets devaient être décidés et mis en œuvre avec célérité afin que l’Empereur ne découvre pas qu’Horus et ses alliés se rassemblaient contre Lui. Le temps de rassemblés des alliés pour sa trahison était terminé, le temps d’agir était maintenant arrivé ou il risquait de tout perdre.

Le Maître de Guerre ordonna de se retirer de la surface d’Isstvan III, empreint de bile amère, laissant derrière lui un cimetière, et chargeant Fulgrim et Mortarion de traîner Angron hors de la surface de la planète s’il le fallait. En partant, Horus ordonna que les canons du Vengeful Spirit se tournent une fois de plus sur la carcasse de la Cité Chorale, non pas avec des armes à virus mais avec des ogives conventionnelles, et pulvérisèrent ses ruines avant d’abandonner Isstvan III, une dépouille témoignant de l’ascension des Traîtres. Calth, Signus, Prospero - déjà la contagion de la guerre et des massacres s’étendait, mais pour Horus, le prochain objectif de sa campagne pour devenir le Maître de l’Humanité ne résidait pas dans un système lointain, ni même sur Terra, mais sur Isstvan V.[49]

Malcador le Régent

Malcador le Sigillite était préoccupé. Depuis des mois, l’Empereur était resté enfermé dans Ses cryptes pour y travailler sur un projet secret, en réclamant chaque jour davantage d’hommes et de matériaux : l’œuvre à laquelle Il se consacrait jour et nuit était qualifiée de hautement prioritaire et Malcador avait reçu l’ordre que nul n’en perturbe l’avancement. De plus en plus, les vastes ressources de l’Ancienne Terra étaient tournées vers l’approvisionnement des cryptes du Palais Impérial, afin de faire face aux demandes constantes qui en émanaient.

Malcador ne se réjouissait guère de son rôle de Régent, car chaque jour semblait apporter son lot de nouvelles difficultés. Les Primarques Space Marines critiquaient ouvertement son autorité, remettaient constamment en question son droit à les commander et refusaient même de maintenir le contact avec lui. Le Mechanicum de Mars était agité et envoyait quotidiennement des demandes pour que des représentants soient admis en présence de l’Empereur. Même les plus modestes des clercs et des administrateurs de Terra semblaient devoir se faire répéter leurs instructions avant de s’y conformer.

En dépit de toutes ces distractions, il apparaissait clairement à Malcador qu’une crise se préparait. Des tempêtes Warp gênaient les communications interstellaires et l’Astronomican s’affaiblissait. Des régions entières de l’Imperium étaient coupées de Terra. Le Maître de Guerre Horus ne s’était plus trouvé en contact direct avec lui depuis des semaines et Malcador n’était pas parvenu à s’assurer de la localisation et de la situation de la plupart des Légions Space Marines. À ses yeux, l’Imperium n’avait jamais été aussi faible depuis des décennies, et aurait été une proie facile pour un ennemi déterminé.

De nombreux autres Primarques étaient eux aussi restés silencieux. Aucune nouvelle n’était parvenue de Guilliman, de Leman Russ, de Sanguinius ou de Lion El'Jonson depuis leur départ pour diverses missions. Le sort de Magnus le Rouge restait lui aussi inconnu.

Les rapports des Primarques Angron, Mortarion, Fulgrim, Corax, Vulkan, Ferrus Manus, Alpharius et Konrad Curze étaient toujours attendus. Le puissant Rogal Dom et ses Imperial Fists n’étaient pas encore revenus sur Terra : leur ultime transmission parlait de difficultés de navigation sévères et annonçait qu’ils allaient enquêter sur un phénomène anormal de déflagration Warp. Les derniers messages reçus par Malcador, confus et incomplets, provenaient de Perturabo sur Olympia.

Par chance, Jaghataï Khan et sa Légion des White Scars se trouvaient non loin, stationnés dans le système de Sol, ainsi qu’un fort contingent des Word Bearers, même si le Primarque Lorgar se trouvait en mission quelque part avec le reste de ses troupes. Malcador pouvait au moins se réjouir que l’ancienne Terra soit à l’abri de toute menace immédiate.

Il se préoccupa donc de résoudre les difficultés liées à l’Astronomican, ce dont il fit sa priorité. En parvenant à rétablir le contact avec Horus et les autres Primarques, alors à coup sûr ils se rallieraient à la cause de l’Empereur et la crise qui se profilait pourrait être évitée.

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La Fuite de l'Eisenstein

« Nous allons vous employer à quelque chose. Pas aujourd’hui, et peut-être pas avant plusieurs mois, mais le moment finira par venir. Le revirement du Maître de Guerre indique clairement que l’Imperium a besoin d’hommes et de femmes de nature inquisitrice, d’agents qui traqueront le sorcier, le traître, le mutant et le Xenos… Des guerriers comme vous, Nathaniel Garro, Iacton Qruze, Amendera Kendel, qui attaqueront à la racine toute duplicité à venir.
Et qui auront un devoir de vigilance. »
- Malcador le Sigillite aux survivants de l’Eisenstein.

L’Eisenstein était une frégate impériale sous l’autorité de la Légion des Space Marines de la Death Guard durant la fin de la Grande Croisade et au début de l’Hérésie d’Horus. C’est l’Eisenstein qui a transmis pour la première fois aux autorités impériales de Terra la terrible nouvelle de la trahison du Maître de Guerre Horus.

Lors du déclenchement de l’Atrocité d’Isstvan III, tout les Astartes identifiés comme loyalistes ne furent pas tous envoyés sur Isstvan III. Quelques uns se trouvaient au sein de la flotte des renégats, par hasard, non identifié comme partisan de l’Empereur où blessé de guerre ne pouvant justifier un assaut sur Isstvan III. Dans cette dernière catégorie, se trouvait le Capitaine de Bataille Nathaniel Garro de la 7e Compagnie de la Death Guard. Alors même que les forces renégates d’Horus effectuaient leur bombardement orbital contre les Space Marines loyalistes sur Isstvan III, lui et un petit groupe de loyaliste parvinrent à s’échapper pendant la Bataille d’Istvaan III dans une petite frégate impériale appartenant à la Flotte Expéditionnaire de la Death Guard, l’Eisenstein. Leur but était d’avertir l’Empereur de la tragédie qui avait frappé l’Imperium avec le début de la guerre civile.

Nathaniel Garro

Le Capitaine Nathaniel Garro.
Dans les derniers jours de la Grande Croisade, lors de la Bataille d’Iota Horologii, le Capitaine de Bataille Nathaniel Garro de la 7e Compagnie de la Death Guard se distingua lors de ses combats aux côtés d’un détachement des Sœurs du Silence contre les Xenos connus sous le nom de Jorgall. En reconnaissance de son aide, le leader des Sœurs de Bataille baptisées les Chevaliers de l’Oubli, Amendera Kendel, promis de présenter le nom de Garro au Régent de Terra, Malcador le Sigillite, afin d’honorer son engagement et les services rendus à l’Imperium. De même, le Primarque de la Death Guard, Mortarion, ayant eu vent de l’attitude de Garro, récompensa son Capitaine de Bataille en le choisissant lors du traditionnel partage de sa coupe à bord du vaisseau amiral de la XIVe Légion, l’Endurance.

Mortarion a également choisi ce moment pour expliquer subtilement à Garro sa position et celle de nombreux Astartes de la Légion si le Primarque choisissait de se joindre à la rébellion du Maître de Guerre Horus contre l’Empereur de l’Humanité. Après avoir appris que Garro ne souhaitait pas rejoindre la Loge Guerrière de la Death Guard, Mortarion décida de le conduire à la réunion d’Horus sur le lancement de la campagne d’Isstvan en tant que son Écuyer, dans le but de s’assurer de sa loyauté à son égard et envers la cause du Maître de Guerre. Après cette réunion qui rassembla Horus, Angron, Mortarion et Eidolon, Garro retrouva Saul Tarvitz, Capitaine des Emperor’s Children avec qui il avait forgé une solide amitié depuis la Campagne de Preaixor.

Lorsque la campagne visant à réprimer la rébellion de Vardus Praal débuta, la 7e Compagnie faisait partie du groupe d’assaut chargé de sécuriser Isstvan Extremis, le monde le plus éloigné du système Isstvan. L’objectif était d’aveugler les défenseurs Isstvaniens d’Isstvan III, en réduisant au silence les installations de surveillance de cette planète qui accueillait le centre névralgique du réseau de senseurs. Au cours de cette bataille, Garro fut grièvement blessé par le leader ennemi, une Psyker membre d’une secte isstvanienne qui menait la rébellion dans le système, baptisée "Chanteuse de Guerre". Sauvé par l’Apothicaire Fabius Bile, il perdit néanmoins la plus grande partie de sa jambe droite, ce qui nécessita un implant bionique à son retour dans le coma, à bord de la flotte de la Death Guard.[50]

Un Vœu Brisé

La Fuite de l’Eisenstein.

Bien que reconnu par les renégats comme fervent loyaliste envers l’Empereur, le temps nécessaire à Garro pour s’habituer au remplacement cybernétique de sa jambe signifiait qu’il ne pouvait pas être déclaré apte au combat sur Istvaan III, où il aurait fait partie des loyalistes pris dans les bombardements d’Horus. Il fut donc posté avec sa brigade de commandement et une centaine d’Astartes de sa compagnie à la frégate Eisenstein aux côtés du Capitaine Ignatius Grulgor de la 2e Compagnie de la Death Guard. Gulgor était membre de la Loge Guerrière de la XIVe Légion et du cercle d’officiers disposés à suivre Mortarion dans la rébellion aux côtés d’Horus contre l’Empereur. Gulgor était chargé par le Capitaine de la 1ère Compagnie, Calas Typhon, d’éliminer Garro une fois l’acte de trahison d’Horus révélé au grand jour ainsi que de réceptionner sur l’Eisenstein et d’y lâcher les bombes virales dans l’atmosphère de la planète.

Quelques instants avant l’Atrocité d’Isstvan III, Garro se trouvait sur le pont de l’Eisenstein lorsque le Capitaine Saul Tarvitz tenta d’atteindre la surface d’Istvaan III à bord d’un Thunderhawk volé afin d’avertir les Astartes loyalistes de la trahison imminente d’Horus. Mais il était poursuivi par des intercepteurs Raven en formation d’attaque triangulaire chargés par Eidolon de l’abattre. Garro parvient à établir une liaison de vaisseau à vaisseau avec Tarvitz qui lui révéla l’acte odieux qu’Horus s’apprêtait à commettre. C’est à ce moment que Garro comprit les sens cachés des mots que Mortarion lui avait prononcé afin de tester sa loyauté dans la future rébellion lorsqu’il était son Écuyer. Son propre Primarque faisait parti de la conspiration… Dans un moment d’hésitation et d’horreur qui lui parut être une éternité, Garro pris la décision de faire abattre les intercepteurs Raven afin de permettre à son ami d’atteindre la surface de la planète afin de sauver le plus possible de leurs frères loyalistes.

Une fois que Garro eut découvert la trahison, il apprit par la bouche de Kaleb Arin, son Hilote qui avait espionné Grulgor et ses hommes, que ces derniers s’apprêtaient à larguer les bombes qui allaient sceller le destin des loyalistes sur Isstvan III. Garro alla à la rencontre des traîtres sur les ponts d’armement des batteries où Grulgor et ses Légionnaires tentèrent de le tuer, lui et son détachement d’Astartes. Mais les renégats échouèrent, grâce au sacrifice de Kaleb Arin. L’Hilote de Garro pressa le bouton du confinement d’urgence de la pièce où, durant les combats, un globe du virus dévoreur de vie avait été brisé, piégeant Grulgor et ses partisans dans la pièce condamnée. Avant de mourir, Arin désigna Garro comme étant la main de la volonté de l’"Empereur-Dieu". Plus tard, Garro, peiné de la perte d’Arin, découvrit dans ses affaires un texte qui changera à jamais le Capitaine face aux sombres heures qui s’annonçaient : le Lectitio Divinitatus. Il entendit à ce moment dans sa tête la voix d’une femme l’implorant de les sauver tous.

Peu de temps après, l’Eisenstein accepta à bord d’autres loyalistes qui fuyaient la trahison depuis le propre vaisseau amiral d’Horus, le Vengeful Spirit : le Capitaine Iacton Qruze, de la 3e Compagnie des Sons of Horus (qui se rebaptisera lui-même Luna Wolf), l’Itérateur Kyril Sindermann et les Commémoratrices Mersadie Oliton et Euphrati Keeler, la Nouvelle Sainte. Garro reconnu cette dernière pour avoir entendu sa voix dans sa tête quelques temps avant les révélations qui bouleversèrent sa vie. Tous ces événements renforça en lui la foi nouvelle que l’Empereur était bel et bien un Dieu.

Garro était déterminé à fuir le système d’Istvaan pour rejoindre Terra afin d’avertir l’Empereur de la trahison d’Horus, mais l’armement léger dont disposait l’Eisensteinne pouvait en rien rivaliser avec les batteries des croiseurs d’Horus dont il eut à essuyer de nombreux tirs en voulant forcer le blocus, et fut gravement endommagée par le Terminus Est, la Barge de Bataille sous le commandement de Calas Typhon qui avait compris l’échec de Grulgor et de ses hommes. Garro devait cependant espérer qu’il parviendrait à s’échapper, et qu’il trouverait un moyen d’entrer en contact avec Terra afin d’avertir l’Empereur de la défection d’Horus. Il leur était impossible de semer leurs poursuivants dans l’espace réel, et il leur fallait donc se risquer dans le Warp. Malheureusement, tous les Astropathes de bord avaient péri dans la canonnade, et son unique Navigator était mortellement blessé : aucune communication interstellaire ne lui était permise et la frégate avait peu de chances de parvenir à naviguer dans l’Immaterium. Ils n'avaient cependant pas le choix, Garro en donna l’ordre, et dans une grande secousse, la frégate procéda au saut dans l’Empyrean.[51]

À la Dérive Dans le Warp

Garro affronte le Seigneur des Mouches sur Luna.
Une fois dans le Warp, ils le trouvèrent agité par des courants d’une rare magnitude. Le Navigator n’était plus à même de diriger leur trajectoire : rester dans le Warp les condamnerait à y dériver à jamais, sans compter que l’Eisenstein endommagé attira l’attention du Dieu du Chaos Nurgle, le Seigneur de la Peste, qui ne souhaitait pas voir la rébellion d’Horus contre l’Empereur subir un revers. Les Champs de Geller ayant été affaibli par les dommages que la frégate avait subi des tirs du Terminus Est, le Dieu du Chaos étendit son influence maléfique dans le vaisseau naviguant dans l’Immaterium.

La puissance insidieuse de Nurgle ressuscita Grulgor et l’équipage du navire qui l’avait rejoint, créant ainsi les premiers Marines de la Peste. La bataille qui s’ensuivit entre les créatures Warp infectées et la Death Guard loyaliste à bord du vaisseau blessa le seul Navigator de la frégate.

Grulgor, utilisant un couteau empli des pouvoirs corrupteurs de Nurgle, réussi à infecter un membre de l’escouade de Garro, le Space Marine Solun Decius, et triompha presque de Garro, désespéré face à l’endurance hors du commun des Marines de la Peste. Cependant, Garro ordonna à l’Eisenstein de faire une transition d’urgence hors du Warp, sans que les Space Marines loyalistes n’aient la moindre idée d’où ni quand leur saut en urgence allait les faire réapparaître. Cependant, sans accès à la puissance infernale de Nurgle pour les soutenir dans le monde matériel, Grulgor et ses frères corrompus furent tués, leurs âmes aspirés dans le Warp.

Malheureusement, le choc psychique de cette sortie du Warp en urgence tua le Navigator, déjà blessé lors des affrontements. L’Eisenstein, ravagé par les combats, était en perdition dans le vide de l’espace…[52]

Vers Terra

L’Eisenstein était en perdition, sa superstructure prête à se disloquer, ils se retrouvaient à la dérive dans une région inconnue de l’espace, et pire encore, la propulsion Warp était dangereusement instable et risquait d’exploser à tout moment en pulvérisant le vaisseau, ou pire, en le renvoyant dans l’Empyrean. Les fidèles de Garro avaient faussé compagnie aux félons, mais plus rien ne paraissait envisageable pour leur salut que de prier pour un miracle. Garro avait une autre idée en tête. Coincé à des centaines d’années-lumière de tout espace habité, il ordonna d’enclencher le compte à rebours d’autodestruction des moteurs Warp avant de les faire éjecter du vaisseau, dans l’espoir que l’explosion qui en résulterait dans l’Empyrean agirait comme une balise et attirerait l’attention de vaisseaux proches disposés à s’arrêter et à enquêter, et en espérant que ceux-ci se montent amicaux. Mais si personne venait, l’Eisenstein ne pourrait jamais atteindre une autre destination et son équipage et ses passagers mourraient dans le vide de l’espace interstellaire.

Cependant, l’explosion qui s’ensuivi fit écho dans l’Immaterium et agi comme un phare pour le Primarque Rogal Dorn et la flotte de la Légion des Imperial Fists, menée par le célèbre vaisseau Phalanx. La flotte de la VIIe Légion avait été ballottés par des tempêtes Warp déchaînées, mais l’explosion des moteurs Warp ordonné par Garro avait permit aux Imperial Fists de retrouver un point de repère dans l’Immaterium. Dorn était en route vers Terra sur l’ordre de l’Empereur après avoir quitté son frère Horus quelques temps après la bataille de Soixante-Trois Dix-Neuf et avant que le Maître de Guerre ne tombe sur Davin… Le Primarque sauva Garro et ses hommes, puis détruisit l’Eisentein, gravement endommagé et corrompus par les restes des Marines de la Peste afin d’éviter tout risque de propagation de cette infection inconnue.

Dorn emmena ensuite les survivants de l’Eisenstein à bord de Phalanx. C’est sur le pont de cette forteresse que Garro raconta à Dorn les actes de trahison du Maître de Guerre. Tout d’abord réticent au point de vouloir tuer Garro pour ses propos sur son frère Horus et des autres Primarques, Dorn fut confronté aux vidéos prises par la Commémoratrice Mersadie Oliton qui se brancha sur le projecteur hololithique serti dans le sol du pont du Phalanx. Une fois confronté à ces preuves accablantes, Dorn accepta l’effroyable vérité et ordonna aux Navigators de l’immense forteresse de se diriger vers le Système Sol où Dorn informerait son père, l’Empereur, de cette terrible nouvelle. En parallèle, il envoya une partie de sa flotte vers Istvaan III afin d’aider les loyalistes, dans l’espoir qui certains aient survécus…

Après leur arrivée dans le Système Sol, le Capitaine Garro, ses frères de la Death Guard, Euphrati Keeler, et Iacton Qruze ont tous été placés dans la citadelle de Somnus en résidence surveillée. Mais même avec son arrivée sur Luna, les problèmes de Garro n’étaient toujours pas terminés, car l’un de ses Astartes, Solun Decius, infecté par une maladie de Nurgle à bord de l’Eisenstein et placé dans la citadelle de Somnus afin de déterminer le mal qui le gangrenait, céda aux tentations de Nurgle après des jours d’agonie épouvantables et douloureuses. Le Seigneur de la Peste atténua ses souffrances et muta le corps corrompu de Decius en une abomination démoniaque baptisée le Seigneur des Mouches. Decius tua les deux Astartes qui gardait son corps puis ravagea toute la citadelle. Garro y affronta le Seigneur des Mouches, parvenant à l’éjecter sur la surface stérile et sans air de Luna. Invoquant l’Empereur-Dieu, Garro finit par décapiter le Démon qui avait été son camarade de confiance et bannit l’entité hideuse dans le Warp.

Quelques semaines plus tard, Malcador le Sigillite, Régent de Terra, vient en personne dans la citadelle de Somnus rencontrer Garro, Qruze et la Sœur du Silence Amendera Kendel. Il leur expliqua que l’Empereur avait besoin d’eux pour former une nouvelle organisation impériale, au-delà des frontières de la bureaucratie impériale existante, qui serait composée "d’hommes et de femmes de nature inquisitrice, d’agents qui traqueront le sorcier, le traître, le mutant et le Xenos…".

Nées sous le feu de la trahison et de l’héroïsme, les premières pierres de l’Inquisition étaient posées.[53]

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Sources

  • ABNETT DAN, L'Ascension d'Horus : Où sont plantées les graines de l'Hérésie, Black Library, 2006
  • COUNTER BEN, La Galaxie en Flammes : Où l'Hérésie se révèle, Black Library, 2006
  • DEMBSKI-BOWDEN AARON, Le Premier Hérétique : Corruption, Black Library, 2010
  • McNEILL GRAHAM, Les Faux Dieux - Où l'Hérésie prend racine, Black Library, 2006
  • McNEILL GRAHAM, Fulgrim - Portrait d'une Trahison, Black Library, 2007
  • MERRET ALAN, Visions d'Hérésie - Guerre, ténèbres, traîtrise et mort, 2014
  • SWALLOW JAMES, La Fuite de l'Eisenstein - L'Hérésie s'Étend, Black Library, 2007
  • The Horus Heresy, Book One - Betrayal
  • The Horus Heresy, Book Two - Massacre
  • The Horus Heresy, Book Seven - Inferno
  • Index Astartes du White Dwarf N°102 (Octobre 2002)
  1. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Legiones Astrates - Preface (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. Informations issues de Le Premier Hérétique : Corruption de DEMBSKI-BOWDEN AARON, Black Library, 2010 et de l’Index Astartes du White Dwarf N°102 (Octobre 2002) et résumées par Guilhem.
  3. Informations issues de Le Premier Hérétique : Corruption, Chapitre Un - La Cité Parfaite - Les Faux Anges - Le Jour du Jugement, Chapitre Deux - Soleil Dentelé - Dévastation - Aurelian, Chapitre Trois - Le Sang Appelle le Sang - Sigillite - Le Maître de l’Humanité, Chapitre Quatre - Une Légion s’Agenouille - Si Ultramar Brûlait - Grise, Chapitre Cinq - Les Anciennes Coutumes - Le Combustible de l’Âme - Des Yeux Neufs, de DEMBSKI-BOWDEN AARON, Black Library, 2010 et résumées par Guilhem.
  4. Informations issues de Le Premier Hérétique : Corruption, Chapitre Neuf - Le Roi Écarlate - La Cité des Fleurs Grises - La Dame Bénie, Chapitre Dix - Le Droit de Mener une Légion - L’Empyrean - Le Malheur, Chapitre Onze - Le Droit de Mener une Légion - L’Empyrean - Le Malheur, Chapitre Onze - Le Droit de Mener une Légion - L’Empyrean - Le Malheur, Chapitre Onze - Au Service d’un Dieu - Confession - Le Pèlerinage, de DEMBSKI-BOWDEN AARON, Black Library, 2010 et résumées par Guilhem.
  5. Informations issues de Le Premier Hérétique : Corruption, Chapitre Treize - Incarnadine - Perdu dans la Tempête - Des Voix dans le Vide, Chapitre Quatorze - Des Yeux Violets - Deux Voix - Réponses, Chapitre Quinze - Sacrifice - Baptême de Sang - Des Vérités Indignes, de DEMBSKI-BOWDEN AARON, Black Library, 2010 et résumées par Guilhem.
  6. Informations issues de Le Premier Hérétique : Corruption, Chapitre Douze - Mort - Le Dernier Vol de l’Orfeo’s Lament - Deux Âmes, Chapitre Seize - L’Orfeo’s Lament - La Tempête au-delà du Verre - Le Chaos, Chapitre Dix-Sept - Un Empire Défunt - Révélations - Genèse, Chapitre Dix-Huit - Une Centaine de Vérités - Résurrection - Retour, Chapitre Dix-Neuf - Confession - Restauration - Les Gal Vorbak - V : L’Écran de Fumée, Chapitre Vingt et Un - Machinations - Une Curieuse Dissimulation - Indulgence, Chapitre Vingt-Neuf - Cyrène - Jamais Été Humains - Un Vœu Honoré, de DEMBSKI-BOWDEN AARON, Black Library, 2010 et résumées par Guilhem.
  7. The Horus Heresy, Book Two - Massacre, Chapter The Road to War - The Dark Age and the Rebirth - The Dawning of the Great Crusade (traduit de l'anglais par Guilhem)
  8. Informations issues de Les Faux Dieux - Où l'Hérésie Prend Racine - Chapitre Neuf - Les Tours d’Argent - Un Retour Sanglant - Le Voile s’Affine, de McNEILL GRAHAM, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.
  9. Informations issues de Visions d'Hérésie - Guerre, ténèbres, traîtrise et mort -La Crise des Archivistes de MERRET ALAN, 2014 résumées par Guilhem.
  10. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Bezantine Oath (traduit de l'anglais par Guilhem)
  11. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Librarius Project & the Taint of Old Night (traduit de l'anglais par Guilhem)
  12. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Council of Nikaea (traduit de l'anglais par Guilhem)
  13. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer – The Testimony of Nikaea (traduit de l'anglais par Guilhem)
  14. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer (traduit de l'anglais par Guilhem)
  15. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Politics of the Crusade (traduit de l'anglais par Guilhem)
  16. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Beginnings of Treachery (traduit de l'anglais par Guilhem)
  17. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Configuration of Guilt (traduit de l'anglais par Guilhem)
  18. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part I : The Trial of the Sorcerer - The Configuration of Guilt (traduit de l'anglais par Guilhem)
  19. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host (traduit de l'anglais par Guilhem)
  20. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Emperor's Talons (traduit de l'anglais par Guilhem)
  21. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - Departure (traduit de l'anglais par Guilhem)
  22. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Wolf King (traduit de l'anglais par Guilhem)
  23. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Wolves Gather (traduit de l'anglais par Guilhem)
  24. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Will of Horus (traduit de l'anglais par Guilhem)
  25. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part II : The Mustering of the Host - The Die is Cast (traduit de l'anglais par Guilhem)
  26. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part III : Prospero in Ashes (traduit de l'anglais par Guilhem)
  27. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part III : Prospero in Ashes - The Eve of Destruction (traduit de l'anglais par Guilhem)
  28. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part III : Prospero in Ashes - Encirclement (traduit de l'anglais par Guilhem)
  29. The Horus Heresy, Book Seven - Inferno, Chapter The Fall of Prospero - Part III : Prospero in Ashes - The Hour of Execution (traduit de l'anglais par Guilhem)
  30. The Horus Heresy, Book Two - Massacre, Chapter The Road to War - The Dark Age and the Rebirth - The Warmaster (traduit de l'anglais par Guilhem)
  31. Informations issues de L'Ascension d'Horus : Où sont plantées les graines de l'Hérésie, Partie I : Les Abusés - Chapitre Un Le Sang de l’Incompréhension - Nos Frères dans l’Ignorance - L’Empereur doit Mourir, Chapitre Deux - À la Rencontre des Invisibles - Au Pied d’un Trône d’Or - Lupercal, Chapitre Trois - Intégration - Parmi les Commémorateurs - Choisi comme Quatrième, Partie III : L'Effrayant Sagittaire - Chapitre Un Ne commets pas d’Erreur - Cousins Éloignés - D’autres Habitudes, de ABNETT DAN, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.
  32. Informations issues de L'Ascension d'Horus : Où sont plantées les graines de l'Hérésie, Partie II : Sur la Terre des Araignées - Chapitre Un Amour et Haine - Ce monde est Meurtre - Un Appétit de Gloire, Chapitre Deux - La Nature de l’Ennemi - Une Trace - La Raison d’Être des Arbres, Chapitre Quatre - Abattre les Arbres Meurtriers - Industrie Arachnide - Ravi de Faire Votre Connaissance, Chapitre Six - L’Instrument de Choix - Images Rares - L’Empereur Nous Protège, Chapitre Sept - Seigneur des Anges - Sur la Terre des Araignées - Interdiction, de ABNETT DAN, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.
  33. Informations issues de L'Ascension d'Horus : Où sont plantées les graines de l'Hérésie, Partie III : L'Effrayant Sagittaire - Chapitre Un Ne commets pas d’Erreur - Cousins Éloignés - D’autres Habitudes, Chapitre Deux - Émissaires et Délégations - Xenobia - La Galerie des Objets, Chapitre Trois - Impasse - Illumination - Le Loup et la Lune, Chapitre Quatre - Derniers Échanges - Les Fils d’Horus - Anathame, de ABNETT DAN, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.
  34. Informations issues de Les Faux Dieux - Où l'Hérésie prend racine, Partie II : La Lune Pestiférée - Chapitre Un Descendante de Terra - Les Colosses - Lune Rebelle, Chapitre Deux - Tu Saignes - Une Bonne Guerre - Jusqu’à ce que Brûle la Galaxie - L’heure d’Écouter, Chapitre Trois - Une Feuille de Verre - Un Homme de Bonne Disposition - À Mots Cachés, Chapitre Quatre - Secrets et Cachotteries - Le Chaos - Répandre la Parole - Audience, Chapitre Cinq Notre Peuple - Un Meneur - Fer de Lance, Chapitre Six La Terre de la Décrépitude - Des Choses Mortes - Le Glory of Terra, Chapitre Sept Surveiller nos Arrières - Effondrement - Le Traître, Chapitre Huit Le Dieu Terrassé de McNEILL GRAHAM, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.
  35. Informations issues de Les Faux Dieux - Où l'Hérésie prend racine, Partie III : La Maison des Faux Dieux - Chapitre Neuf Les Tours d’Argent - Un Retour Sanglant - Le Voile s’Affine, Chapitre Dix - Apothecarion - Prières - Confession, Chapitre Onze - Des Réponses - Un Marché avec le Diable - Anathame, Chapitre Douze - Agit-prop - Suspicion entre Frères - Le Serpent et la Lune, Chapitre Treize Qui es-tu ? - Rituel - Un Vieil Ami, Chapitre Quatorze Les Oubliés - Mythologie Vivante - Primogénèse, Chapitre Quinze Révélations - Dissension - Dispersion, Chapitre Seize La Vérité est Tout ce que Nous Avons - Le Prophète - Chez Lui, Chapitre Dix-Sept L’Horreur - Anges et Démons - Le Pacte du Sang de McNEILL GRAHAM, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.
  36. Informations issues de Les Faux Dieux - Où l'Hérésie prend racine, Partie IV : La Fin de la Croisade - Chapitre Dix-Huit Frères - Assassinat - Ce poète turbulent, Chapitre Dix-Neuf - Isolés - Alliés - Les Ailes de l’Aigle, Chapitre Vingt - La Brèche - Une Éclaircie de Midi - Des Plans, Chapitre Vingt et Un - Illumination de McNEILL GRAHAM, Black Library, 2006,
    Informations issues de Fulgrim - Portrait d’une Trahison, Partie IV : Sur le Seuil - Chapitre Seize - Appelé à Rendre des Comptes - Cicatrices - J’ai Peur de l’Échec, Chapitre Dix-Sept - Ne rien Faire contre sa Conscience de McNEILL GRAHAM, Black Library, 2007,
    Informations issues de La Galaxie en Flammes : Où l'Hérésie se révèle, Partie I : Les Longs Couteaux, Chapitre Quatre - Sacrifice - Un Seul Moment - Veiller sur Elle de COUNTER BEN, Black Library, 2006 et résumées par Guilhem.
  37. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery (traduit de l'anglais par Guilhem)
  38. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery (traduit de l'anglais par Guilhem)
  39. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery - The Isstvan Compliance (traduit de l'anglais par Guilhem)
  40. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery - Conspiracy (traduit de l'anglais par Guilhem)
  41. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery - Onslaught (traduit de l'anglais par Guilhem)
  42. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Isstvan III - Part I : Treachery - Life-Eater (traduit de l'anglais par Guilhem)
  43. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - Eisenstein (traduit de l'anglais par Guilhem)
  44. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - Survival (traduit de l'anglais par Guilhem)
  45. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - Darkness (traduit de l'anglais par Guilhem)
  46. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - Decima (traduit de l'anglais par Guilhem)
  47. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part II : Ruin - The Traitor's Dawn (traduit de l'anglais par Guilhem)
  48. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part III : Extermination (traduit de l'anglais par Guilhem)
  49. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Death of Istvaan III - Part III : Extermination - The Tide of War (traduit de l'anglais par Guilhem)
  50. Informations issues de La Fuite de l'Eisenstein - L'Hérésie s'Étend, Chapitre Un - Regroupement - Une Bonne Lame - Le Seigneur de la Mort, Chapitre Deux - Assaut - Frères et Sœurs - Un Message Dans une Bouteille, Chapitre Trois - Aeria Gloris - Un Calice Empoisonné - Soumis à la Question, Chapitre Quatre - Deux Visages - Un Hurlement Dans les Ténèbres - Les Légendes Rassemblées, Chapitre Cinq - Des choix - Présages - Extremis, Chapitre Six - Au Bord de l’Abîme - Triade de Crânes - De Nouveaux Ordres, de SWALLOW JAMES, Black Library, 2007 et résumées par Guilhem.
  51. Informations issues de La Fuite de l'Eisenstein - L'Hérésie s'Étend, Chapitre Sept - Atterrissage en Force - Dévoreur de Vie - Décision, Chapitre Huit - Le Point de Non-Retour - Sacrifice - Serment de l’Instant, Chapitre Neuf - Une Prière - Pluie de Mort - Réfugiés, Chapitre Dix, Terminus Est - L’Échappée - Plongés Dans le Maelström, de SWALLOW JAMES, Black Library, 2007 et résumées par Guilhem.
  52. Informations issues de La Fuite de l'Eisenstein - L'Hérésie s'Étend, Chapitre Douze - Le Vide - Une Église des Hommes - Perdus, Chapitre Treize, Une Veille Silencieuse - Sans Peur - Trouvés, de SWALLOW JAMES, Black Library, 2007 et résumées par Guilhem.
  53. Informations issues de La Fuite de l'Eisenstein - L'Hérésie s'Étend, Chapitre Douze - Le Vide - Une Église des Hommes - Perdus, Chapitre Quatorze, La Fureur de Dorn - Divinité - Vers Terra, Chapitre Quinze - Le Destin des Soixante-Dix - La Mer des Crises - Renaissance, Chapitre Seize, Le Seigneur des Mouches - Silence - En Son Nom, Chapitre Dix-Sept, Les Paroles du Sigillite - La Tempête Approche, de SWALLOW JAMES, Black Library, 2007 et résumées par Guilhem.

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