Catégorie:Space Wolves

De Omnis Bibliotheca
(Redirigé depuis Fenris)

Depuis la naissance de l’Imperium, les Space Wolves ont montré les crocs contre tous les ennemis de l’Empereur. Le nom de ce chapitre, célèbre parmi tous ceux de l’Adeptus Astartes, ainsi que ses actions d’éclat sont connus d’un bout à l’autre de la galaxie. Aussi sauvages que déterminés, les Space Wolves sont des experts du combat rapproché, toujours à la recherche de la gloire sur le champ de bataille. Ils ne vivent que pour se battre et la peur de mourir n’a aucune emprise sur eux.

Loups de Fenris : Origines

Le Credo Impérial est enseigné sur des centaines de milliers de mondes, et même si certains détails varient, il est unanimement reconnu qu’il y a de cela des millénaires, l’Empereur de l’Humanité marchait à la surface de Terra. Ses hauts faits unifièrent les hommes dans un âge d’or spirituel et les légendes narrant sa grandeur sont racontées dans toute la galaxie depuis des siècles. Les cryptes du Librarius Sanctus renferment de nombreuses vérités conservées par les Archivistes de l’Adeptus Astartes depuis que l’Imperium existe. L’une des légendes les mieux entretenues concerne la venue au monde des Primarques.

Au sommet de sa gloire, l’Empereur était presque omnipotent, mais ne pouvait cependant se trouver en plusieurs endroits à la fois et la lumière qui irradiait de sa personne ne pouvait illuminer tous les recoins sombres de cette galaxie. Ainsi, il créa les Primarques, des fils nés de son sang, des modèles vivants qui dépassaient les humains sous tous les aspects. Chacun d’entre eux était destiné à devenir un meneur d’hommes, un guerrier dont la puissance serait tempérée par la sérénité et la sagesse.

On ignore encore la raison pour laquelle les Primarques se retrouvèrent séparés. La théorie qui prévaut affirme que leurs incubateurs des laboratoires de Luna furent dispersés dans la galaxie alors que les Primarques n’étaient encore que des embryons. La seule certitude au milieu de tout ce mystère est que l’Empereur utilisa à la suite de cet événement les gènes des Primarques perdus comme base pour créer des humains améliorés par la manipulation génétique, les Space Marines. Chacun de ces guerriers était bien plus fort et résistant qu’un soldat humain ordinaire, et c’est avec l’aide de ces troupes d’élite que l’Empereur avait l’intention d’unifier les systèmes solaires. Les Légions Astartes furent créées à l’image de leurs Primarques, comme celle des Space Wolves, qui allait bientôt acquérir la renommée. De nombreuses informations concernant l’héritage des Space Wolves sont connues grâce aux travaux de Gnauril l’Ancien, contemporain de l’ancien roi fenrissien Thengir. Ses sagas ont été transmises oralement sur des continents n’ayant pas l’usage du langage écrit, et le fait que de tels témoignages aient survécu à plusieurs millénaires témoigne du respect que les fenrissiens manifestent envers leur mythologie. Les récits de Gnauril, dont beaucoup détaillent les premières années de la vie de Leman Ruas, sont depuis longtemps passées dans la tradition de Fenris.

L’un des enfants Primarques fut retrouvé loin au nord-ouest de cette galaxie, sur le monde glaciaire isolé nommé Fenris. Il va sans dire que les températures extrêmes de son climat auraient presque immédiatement coûté la vie à n’importe quel autre être. Il semble hautement probable que le Primarque ait été adopté par une louve fenrissienne. Leman Russ lui-même ayant mentionné à plusieurs reprises ses liens de parenté avec les loups. Freki et Geri, les loups qui accompagnaient Leman Russ, étaient très certainement ses frères de portée et avaient grandi en même temps que lui.

La saga de Gnauril dite "L’Ascension du Roi des Loups" nous raconte comment, dans les rigueurs de l’hiver. le jeune Primarque accompagna sa meute lors d’un raid contre un village proche. Courant à quatre pattes et suivi de loups hurlants, il saccagea l’entrepôt du village pour se repaître de quartiers de viande salée. Les loups furent attaqués par les villageois avant d’avoir pu emmener de quoi nourrir leurs portées affamées, et le Primarque se battit avec férocité pour permettre à ses compagnons loups de prendre la fuite. Les villageois exigèrent de leur suzerain, le Roi Thengir de Russ, qu’il les débarrasse de cette menace et une battue fut organisée "avec du poison sur ses flèches et des couteaux aiguisés qui traversaient le chêne". De nombreux loups de la meute du Primarque moururent transpercés par les lances et les flèches des chasseurs. Même la louve vénérable mourut une pointe fichée dans la gorge en défendant sa tanière, emportant les vies de cinq chasseurs avant de finalement succomber à ses blessures. Voulant défendre le corps de sa mère malgré les flèches acérées plantées dans son dos, l’enfant-loup fut épargné, ligoté avec les entrailles récupérées sur les cadavres des loups de sa meute et mené devant Thengir.

La saga continue en décrivant les détails du premier contact entre le Primarque et le Roi de Fenris :

"À la nuit tombée, l’homme-loup fut libéré de ses entraves et le Roi ordonna à la créature féroce de demander grâce en rampant comme un chien. La bête étrange se leva alors de toute sa hauteur et poussa un rugissement si profond que certains des plus jeunes hommes durent quitter le hall. La créature au regard fou cracha du sang mêlé de poison au visage de Thengir, une lueur de noble fierté au fond des yeux."

Durant les années qui suivirent, l’enfant-loup fut confié à la charge du Roi en personne. Il apprit à manier la hache, à pêcher, et seulement ensuite à parler. Le Primarque fit rapidement preuve de maturité, intégrant toutes sortes de connaissances à une vitesse incroyable. Il fit preuve d’une aptitude naturelle au maniement des armes et ne souffrait aucun rival au combat à mains nues. Aussi prompt à rire de bon cœur qu’à chanter (faux, selon Gnauril), le Primarque réalisa un jour qu’il était plus humain que loup, lui qui était bien supérieur aux deux réunis. Lorsqu’il se vit remettre par le Primarque une hache gagnée en combat singulier contre le Champion de sa Garde, Thengir se dit en lui-même que le jeune homme était destiné à la grandeur. Un soir, le Roi Thengir jugea qu’il était grand temps que le Primarque, qui s’exprimait désormais avec éloquence, reçoive un véritable nom.

Et c’est ainsi que pour la seconde fois naquit Leman des Russ.

Les faits de la jeunesse de Leman Russ sont surtout parvenus aux oreilles des érudits par ouï-dire. Sa renommée se répandit rapidement sur les terres de Fenris, dont les légendes le décrivent arrachant un chêne de la terre et le cassant en deux sur son dos devant les armées des ennemis du Roi pour les faire fuir et épargner une bataille à ses hommes, ou clouant à la seule force de ses bras un mammouth fenrissien au sol avant de le faire rôtir et de le dévorer en entier pour son dîner. À la mort de Thengir, la question de sa succession ne se posa même pas et c’est le Roi Leman qui monta sur le trône. À la veille de chaque solstice d’hiver, dans les halls du Croc, la forteresse-monastère des Space Wolves, les Prêtres des Runes récitent avec force détails la saga de Leman Russ. Tous les Space Wolves la connaissent par cœur, et les légendes sont transmises par les Prêtres aux jeunes Griffes Sanglantes avec le plus grand soin. C’est de cette manière que la saga de Leman Russ a été conservée intacte jusqu’à ce jour.

Du fait de leur tradition orale, la légende suivante n’a jamais été couché sur un quelconque manuscrit par les Space Wolves, mais l’introduction clandestine d’un enregistreur vocal au Festin de l’Errant par l’Inquisiteur Chalfont, invité à la table de Cormack Wolftongue, a fourni aux scribes impériaux matière à élaborer la transcription qui suit :

Il advint ainsi que Russ devint Roi de tout Fenris. Son jugement était aussi solide que son bras et nul n’aurait pu lui disputer son autorité.
Nul homme, nulle bête ne surpassait le Roi des Loups,
Nulle tribu ne s’opposait à ses armées. Dans son royaume, hommes et loups vivaient en harmonie,
Sa cour était emplie des plus farouches seigneurs de guerre et des plus belles vierges. Les récits de ses exploits se répandaient comme des feux de forêts, et il ne fallut pas longtemps pour que les yeux de Terra se tournent vers lui.

Si grande était la renommée de Russ que le Saint Empereur de Terra se déplaça pour rencontrer le Roi des Loups,
Convaincu au plus profond de son âme que ce chef valeureux était l’un de ses fils.
Il savait que Russ ne se plierait pas à sa loi sans avoir été battu en duel.
L’Empereur était confiant en sa propre force et pensait qu’un tel défi ne lui apporterait aucune gloire,
Car qui pouvait surpasser un dieu vivant ?

Qui aurait pu soutenir la présence du meneur de l’Humanité ?
Et c’est ainsi que les immenses vaisseaux de l’Empereur traversèrent le ciel
Et gagnèrent le centre de la mer des étoiles
Pour se poser sur le sol dur et froid de Fenris quelques années après l’ascension de Russ sur le trône.

L’Empereur, vêtu d’une longue cape, pénétra la cour du Roi Leman Russ
Par une caverne au sud de son domaine Son aura divine était cachée aux yeux des courtisans curieux
Et sa constitution imposante masquée par des runes de confusion.
Son visage était à moitié dans l’ombre de sa capuche,
Il portait dans sa main le bâton de chêne de l’errant,
Mais à un œil aiguisé, sa nature ne pouvait être dissimulée,
Et les grands loups de Fenris gémirent au passage de l’étranger.

Assis sur son trône de chêne,
Leman Russ tenait une flasque du plus fin hydromel dans une main et la patte d’un ours rôti dans l’autre.
Freki et Geri, les Loups jumeaux, se reposaient près de ses pieds nus, et une grande mare de sang luisait à la lumière des torches autour de la base de son trône.
La cour revenait de la chasse, et n’apprécia guère l’interruption du festin.
L’étranger s’approcha du bois noueux du trône et de son occupant gargantuesque, et se tint là, regardant droit dans les yeux Russ qui dominait l’assemblée.
Le silence se fit lorsque le grognement du Roi des Loups se réverbéra sur les murs de la pièce.
Freki s’était levé, les babines retroussées, Geri se prouva plus avisé et plus sage que son frère.
Le regard de l’étranger ne fléchit pas pour autant devant le courroux de leur maitre.

C’est alors que l’étranger proposa un défi,
Laissant le choix au Roi sur la nature de l’épreuve.
S’il gagnait, l’étranger n’exigeait rien de plus que le droit de boire à la droite de Ross lors du festin.

Les rires de la maisonnée résonnèrent sur les boucliers pendus au plafond, car tous autant qu’ils étaient avaient trouvé présomptueuse sa suggestion.
Russ dit à l’étranger que s’il perdait, il devrait rester à son service toute une année durant.
L’étranger accepta immédiatement.

Le Roi des Loups ne voulut pas interrompre un excellent festin :
Il défia alors ferrant de manger plus que lui.
La nourriture fut amenée sur de vastes boucliers de bronze, et l’étranger mangea beaucoup, consommant en vérité bien plus que les autres guerriers présents sans marquer une seule pause.
Mais lorsqu’il releva le nez de son plat, Russ terminait son troisième aurochs, Dont les os gisaient autour de lui. nettoyés de toute trace de viande.
En rotant dans un bruit de tonnerre, Russ sourit à son adversaire, révélant ses crocs à la lueur des torches.
L’étranger acquiesça.

Mais le Roi prenait grand plaisir à mener cet affrontement.
Car il avait réalisé que l’étranger à la cape brune avait l’esprit d’un fenrissien,
Il défia alors le nouveau venu de boire plus que lui.
La seconde épreuve commença au son d’une corne,
Mais lorsque l’étranger eut atteint le fond de son sixième tonneau d’hydromel fenrissien, il ne trouva plus rien à boire.
Le Roi des Loups avait englouti les boissons de l’assemblée entière,
Assez pour saouler une Grande Compagnie dans son intégralité.
Une lueur de colère apparut dans l’œil de l’errant.

Il lui fallait donner une chance à Russ d’être jugé à sa juste valeur.
Si celui-ci ne trouvait de plaisir que dans la dérision et la moquerie,
Comment aurait-il pu reconnaitre ce guerrier gorgé d’hydromel comme son fils perdu ?
De dépit, l’étranger traita Leman Russ d’ivrogne et de glouton,
Capable de rien d’autre que de se remplir la panse.

À ces mots, un silence de mort tomba sur l’assemblée.
Personne n’osa même respirer lorsque le Roi des Loups se leva de toute sa hauteur,
Écrasant sous ses pieds les restes de son repas baignant dans le sang.
Russ tira sa grande épée et monta en grognant sur la table du banquet,
Comme si le dernier défi n’avait eu aucun effet sur lui,
Et sa cour recula comme un seul homme.

Le temps sembla s’arrêter lorsque l’Empereur de l’Humanité se débarrassa de sa cape,
Révélant à tous sa véritable apparence.
Plus grand qu’aucun des hommes présents dans la pièce, auréolé de lumière et vêtu d’une armure aux ornements d’or,
L’Empereur Dieu sauta d’un bond sur la table de banquet.
Son épée scintilla lorsqu’elle fut tirée de son fourreau orné de pierres précieuses.
Dans un rugissement qui fit trembler les murs de sa cour, le Roi des Loups s’élança vers lui,
Et le combat s’engagea entre ces deux titans parmi les hommes.

L’Empereur se battit avec moult grâce et précision.
Ses gestes fluides comme de l’eau et son bras trop rapide pour que l’œil puisse le suivre.
Le Roi des Loups attaqua avec moult force et fureur,
Mais resta concentré contre cet adversaire qui surpassait de beaucoup tous ses précédents ennemis.
L’or éclatant de l’armure lustrée de l’Empereur reflétait la lumière vacillante des torches et l’éclat des yeux de milliers de spectateurs.
La peau du Roi des Loups luisait de sueur et de sang,
Ses cheveux emmêlés flottaient tout autour de lui.

La vitesse et la passion dont faisait preuve Russ dans ses attaques.
Fusions parfaites de prouesses martiales et d’une concentration totale,
Suffirent à convaincre l’Empereur qu’il avait face à lui l’un de ses fils perdus.
Faisant décrire à son gantelet énergétique un arc aveuglant,
L’Empereur frappa Russ en plein visage.

(La transcription indique qu’à ce point de l’enregistrement, une clameur monte de toute la salle, car ce passage de la légende semble être la cause de grandes réjouissances dans l’assemblée, dont tous les membres ont évidemment déjà eu connaissance de la chute).

Pour témoignage de la robustesse du Seigneur Russ,
Il fut capable dans l’heure de recouvrer tous ses esprits.
Ayant rapidement récupéré d’un coup qui aurait tué tout autre mortel.
Russ avait tout de même mal à la tête,
Ce qui était plus le fait de l’ingestion de grandes quantités d’hydromel fenrissien
Qu’une conséquence de son duel.
Néanmoins, c’est en affichant un sourire radieux que le Roi des Loups
Jura fidélité à l’Empereur de l’Humanité venu le chercher jusque sur Fenris.

Les archives de l’Imperium mentionnent en effet que lorsque ses origines furent établies, Leman Russ se mit au service de l’Empereur: son entraînement fut très rapide et il ne lui fallut que quelques semaines avant d’être jugé digne de mener ses armées. Leman Russ fut alors présenté aux guerriers dont le système génétique portait son empreinte, et c’est ainsi qu’il devint Père, Progenitor et Seigneur des Space Wolves de l’Adeptus Astartes.

Leman Russ endossa alors son nouveau rôle de Primarque des Space Wolves et se vit remettre une armure bénie à trois reprises par l’Empereur lui-même. Son épée à deux mains fut remplacée par Mjalnar, la légendaire lame de givre dont les dents reprenaient le dessin de la mâchoire du Grand Kraken Gormenjarl et dont le tranchant, proclamait-on, aurait pu fendre la pierre glacée des montagnes de Fenris. La Légion des Space Wolves accepta d’obéir sans discuter à l’imposant Roi des Loups et durant les années qui suivirent, ses guerriers devinrent comme des fils pour Leman Russ.

Avec le temps, tous les Primarques prirent le commandement de leurs légions respectives. Les archives de l’époque nous parlent d’un âge d’or de conquêtes au cours duquel les armées de l’Imperium menèrent sans cesse leur quête pour apporter à la galaxie la lumière du Dieu-Empereur. Au plus fort de chaque bataille, Russ plongeait dans la mêlée pour vaincre tous ceux qui lui résistaient et tout au long des longs conflits de la Grande Croisade, les Space Wolves et leurs alliés les loups furent toujours en première ligne. Russ marchait à la tête de sa Légion, massacrant tous ceux qui osaient se tenir en travers de sa route, et sa venue était annoncée par le hurlement lugubre des loups de sa meute.

L’Hérésie d’Horus

Les actions de Russ rencontrèrent un tel succès que ses campagnes le menèrent dans les coins les plus reculés de la galaxie, à de nombreuses années-lumière du Segmentum Solar. Des milliers de mondes furent conquis au nom de l’Empereur, et il semblait que l’Âge d’Or ne toucherait jamais à son terme, jusqu’à ce qu’Horus, Primarque frère de Russ et Progenitor des Luna Wolves, ne se détourne de la juste voie tracée par l’Empereur, ce qui allait balafrer l’univers à tout jamais. L’Hérésie d'Horus fut une période de guerre totale où l’Imperium fut scindé par un fossé creusé dans le sillage d’Horus, dont la traîtrise et la tromperie détournèrent pas moins de neuf légions de Space Marines, que ce fut par la contrainte ou la corruption.

Les Space Wolves ne participèrent pas pour une grande part à la défense du Palais de l’Empereur assiégé par les forces du Chaos, mais leur rôle fut déterminant dans les premiers temps de l’Hérésie d’Horus, qui virent la naissance de la rancune inextinguible entre les Fils de Russ et la Légion des Thousand Sons.

À la différence des Space Wolves, les Thousand Sons étaient obsédés par leur tradition écrite et certains de leurs ouvrages récupérés depuis nous ont beaucoup appris à leur sujet. On y trouve des textes sur la déchéance de la Légion, comme la Chute de Prospero, mais tous sont empreints de l’amertume de leur défaite. Dans ces parchemins, les Space Wolves sont dépeints sous leur plus mauvais jour, toutefois, en comparant les faits décrits avec les légendes des Space Wolves remontant à cette époque et en mettant certains événements en parallèle, il est possible de se faire une idée assez précise des causes profondes de la rancune entre ces deux légions.

Magnus le Rouge était un géant parmi les hommes, bien plus grand que tous ses frères Primarques. Ses cheveux et son teint étaient d’un rouge livide, mais son trait le plus remarquable était un énorme œil cyclopéen planté au milieu de son front, là où les hommes dits normaux avaient deux yeux, Magnus n’en avait qu’un seul. Sa force était décrite comme égalant celle de Russ, mais il préférait passer son temps à apprendre les connaissances antiques que l’art de la guerre. Ses particularités physiques ne firent jamais l’objet d’aucune remarque de la part des Primarques car après tout, Sanguinius était ailé et la bouche de Leman Russ laissait entrevoir ses crocs. Néanmoins, le Roi des Loups craignait que le Chaos n’ait pénétré l’âme du géant, mais l’Empereur ne voulut pas entendre parler de telles suspicions, car Magnus était l’un de ses propres fils.

Lors des événements qui menèrent finalement à l’Hérésie d’Horus, il est dit que Magnus le Rouge envoya un message psychique à l’Empereur, dont on ne peut que supposer qu’il le mettait en garde contre la trahison d’Horus. Que ce message ait été ou non de grande importance, il révéla tout de même l’ampleur des pratiques des Thousand Sons. L’Empereur refusait de croire qu’Horus, son fils préféré, allait le trahir, et lorsque Magnus, le Primarque aux cheveux flamboyants, envoya son avertissement par connexion psychique, le meneur de l’Humanité fut ébahi de constater que les recherches de Magnus l’avaient conduit à maîtriser des arts interdits et blasphématoires. À ses yeux, les Thousand Sons s’étaient intéressés aux mystères qu’il valait mieux laisser dormir et s’étaient aventurés de leur plein gré dans les ténèbres.

Les explications de Magnus ne suffirent pas à calmer l’Empereur. Russ crut voir ses soupçons confirmés et son insistance persuada l’Empereur que Magnus était le traître, et non pas Horus. Horrifié, il ordonna à Russ de se mettre en route immédiatement vers le monde natal des Thousand Sons. Le Roi des Loups rassembla donc sa légion et se prépara une fois de plus à partir en guerre. Prospero était alors l’image même du paradis, dont le paysage était parsemé de hautes tours de glace et d’ivoire, de magnifiques jardins et de lacs à la surface paisible. Russ était persuadé que ce vemis de civilisation et de culture cachait les racines du mal car, à ses yeux, tout érudit, scribe ou Psyker s’aventurait dans les profondeurs du Chaos en s’abreuvant à la fontaine des savoirs interdits. Le Roi des Loups n’avait pas le choix, il savait qu’il devait suivre à la lettre les ordres de l’Empereur et mettre à bas les Thousand Sons.

Après une série de bombardements expéditifs, les troupes du Roi des Loups tombèrent sur les habitants de Prospero. La férocité de l’attaque des Space Wolves fit qu’ils s’enfoncèrent au cœur des terres jusqu’à la capitale, mais la prescience des Thousand Sons leur permit de préparer à temps leurs défenses, et lorsque les Space Wolves parvinrent enfin aux portes des plus importantes citadelles, les fils de Magnus le Rouge étaient là et les attendaient de pied ferme. La bataille qui s’ensuivit fit rage jour et nuit, les Space Wolves se jetaient avec fureur sur les Thousand Sons qui se défendaient avec autant d’acharnement. Selon tous les récits qui en furent donnés et même si les détails sur les actions des deux camps ne concordent guère, le conflit entre les deux légions dura longtemps et tourna au carnage. Finalement, malgré toute leur sagesse, les Thousand Sons ne purent soutenir la colère de la Légion des Space Wolves au grand complet. En première ligne se trouvaient Jorin Bloodfang et la Treizième Grande Compagnie, composée de ceux qui avaient adopté l’aspect bestial du Wulfen et qui, lorsque les combats gagnaient en intensité, se transformaient en créatures mi-hommes mi-loups. L’étendue du carnage que provoqua la Treizième Compagnie ouvrit une brèche dans les lignes des Thousand Sons et les pâturages autrefois verdoyants de Prospero furent rougis par le sang. Les guerriers de Magnus tombèrent progressivement, leur nombre fondant comme neige au soleil sous les assauts intensifs des Space Wolves. Ils ne craignaient pas pour leurs vies et se battaient jusqu’au dernier souffle pour protéger leur savoir et leur planète.

La perte de chacun des Thousand Sons est narrée dans la Complainte de Prospero qui, même si sa véracité est remise en question, reste le seul témoignage de l’acte maléfique du Primarque cyclopéen.

Du haut de sa tour, Magnus voyait les corps de ses fils être déchirés par les loups barbares de Russ. Les hurlements de la meute résonnaient à ses oreilles, perturbant sa concentration, brouillant ses protections psychiques et le conduisant à l’orée de la folie. En bondissant de son trône d’ébène, il leva les mains au ciel et rugit en implorant une aide qui sauverait sa légion et ses travaux. Comme si quelque chose avait entendu l’appel du Cyclope, le ciel s’assombrit et l’air se chargea d’une énergie étrange. Le corps de Magnus s’en fit le réceptacle et se déforma en même temps que son âme. Du haut des balcons de sa citadelle, il observa le paysage de douleur qui s’étendait devant lui et poussa un long cri.

Par centaines, les Fils de Russ perdirent la raison lorsque la magie de Magnus s’abattit sur eux. Des éclairs multicolores déchirèrent le ciel et firent griller les sauvages Space Wolves escouade après escouade. Tels des champignons, d’innombrables mains à dix doigts sortirent du sol même de Prospero et agrippèrent aux chevilles les guerriers bestiaux qui continuèrent pourtant de se battre, leur soif de sang les rendant insensibles aux défenses surnaturelles qui entouraient maintenant les citadelles.

On présume que l’histoire se poursuit par le combat titanesque entre Russ et Magnus, conté du point de vue des Space Wolves dans la légende appelée "Le Combat des Géants"consignée par le Seigneur Inquisiteur Bastalek Grim (1087345.M41/5586741.P12).

Magnus s’élança sur le champ de bataille. Le sol ravagé se liquéfiait presque sous les pas du géant
Tandis qu’il se gorgeait du sang des Space Wolves
Qui tombaient tout autour de lui.
Là où se posait son regard, même le Long Croc le plus résistant mourait dans l’instant.
L’orbe sur son front brillait d’une lueur surnaturelle.
Et ses cheveux roux étaient hérissés par les énergies qui parcouraient son corps.
Cette abomination n’était plus le digne fils de l’Empereur.

Leman Russ se dégagea de la mêlée pour intercepter cet adversaire monstrueux.
Alors qu’il se tournait vers lui, Russ saisit l’un des traîtres par la gorge
Et le lança vers le visage de Magnus
Dont le regard mortel fut ainsi occulté pendant un instant, et c’est en faisant preuve d’une vitesse spectaculaire
Que Russ chargea le géant écarlate.
Mais cela ne suffit pas.

Le géant bougeait plus vite que ne le laissait supposer sa taille,
Et son poing s’écrasa sur la poitrine de Russ, fracassant la plaque pectorale et enfonçant des éclats de ceramite dans le cœur de Russ.
Le Roi des Loups demeura inébranlable.
Saisissant le bras que Magnus levait pour rabattre une fois de plus,
Russ fut soulevé à hauteur du visage du géant et lui porta un coup dans l’œil
Le rugissement de douleur poussé par Magnus sembla fracasser les cieux, d’où se mit à couler un épais sang noir.

Russ saisit sa chance, ses bras se refermèrent autour de la taille de Magnus aveuglé.
Soulevant le Cyclope du sol, les dents serrées dans l’effort,
Le Roi des Loups lui brisa le dos.
Les Thousand Sons, voyant le corps de leur Primarque jeté à terre, tournèrent les talons et s’enfuirent.
Mais alors que Russ levait Mjalnar pour porter le coup de grâce,
Magnus prononça un mot de pouvoir et dans un râle, s’enfonça dans le sol.

Les récits varient grandement quant à la conclusion de cette bataille épique. Certains affirment que les Sorciers des Thousand Sons ouvrirent un portail vers le Warp, préférant se jeter dans la gueule du Chaos plutôt que de subir la colère des Space Wolves, d’autres clament que lorsque sa proie lui échappa, Leman Russ fit le serment de détruire cette légion. D’autres encore affirment que les traîtres furent transformés en esprits par leur Dieu tutélaire pour les protéger.

Quelques certitudes demeurent : les Thousand Sons ne furent pas détruits, parvenant à préserver une grande partie de leurs connaissances, et Magnus ne fut pas tué, car ses serviteurs et lui ont depuis ce jour écumé l’Imperium. La Treizième Compagnie, celle des Wulfen, se lança à la poursuite des fuyards et c’est depuis cette époque que les archives impériales n’en ont plus trace. Le Grand Anneau des Space Wolves honore cette perte par une pierre muette (cf. "Observation du Croc" par Erasmus Bosch, Inq.8726/M40), et la Treizième Compagnie n’a jamais été reformée depuis.

La Disparition de Russ

Une fois par millénaire, le Dreadnought Bjorn Main Terrible est tiré de son sommeil sans rêves. Les Prêtres des Runes du Chapitre s’assemblent autour de lui et écoutent les antiques sagas avant d’être interrogés sur leur savoir. Le texte qui suit est une transcription fidèle du récit de Bjorn sur la disparition de Leman Russ, enregistrée par Vagnai Ravenmane en 7662/M35.

« Le Festin de l’Ascension de l’Empereur se déroulait aussi bien qu’à l’accoutumée. Des milliers de Ses fils célébraient Sa victoire finale sur le Traître. Les torches qui illuminaient les murs étaient comme des étoiles dans le ciel de la nuit, et nos chants s’élevaient tout aussi haut. Les rires et les cris de joie résonnaient dans tous les halls. Présidant aux festivités, entouré de ses amis les plus proches, se tenait le Roi des Loups en personne, Leman Russ.

Le Grand Primarque grimpa à nouveau sur le chêne brut de la table de banquet séculaire sur laquelle il avait combattu l’Empereur des siècles auparavant, menant un combat désespéré pour préserver sa vie et son honneur. Une par une, toutes les voix rauques se turent. Les discours de Russ étaient légendaires.

Les secondes s’écoulèrent et devinrent des minutes. Le Grand Hall était aussi silencieux qu’une tombe et tous les regards étaient fixés sur Russ.

Mais le Primarque ne dit rien et son corps resta de marbre. Nous qui étions les plus proches de lui pouvions voir ses grands yeux jaunes devenus vitreux et ses muscles de fer tendus à l’extrême. Le murmure de ses guerriers s’éleva lentement dans tout le hall. Au nom du Grand Kraken, que se passait-il ? Était-ce simplement une plaisanterie ? Notre Roi bien-aimé allait-il partir de son rire assourdissant et demander qu’on lui serve à boire ? Était-ce un défi, ou quelque chose de bien pire? Nul ne pouvait le dire et nul n’osa le demander.

Soudain, Russ tomba lourdement à genoux, le bruit retentissant se réverbéra sur les murs du hall et ramena le silence. Il se tourna alors vers ses plus fidèles serviteurs et, d’une voix que personne d’autre n’entendit, pas même moi, donna ses instructions. D’un air accablé, il s’adressa à l’assemblée, et ses mots restèrent gravés dans l’âme de chacun des Space Wolves présents. Puis Russ et ses suivants tournèrent les talons et sortirent du Grand Hall. Moi seul, le plus jeune de tous les favoris du Primarque, fus laissé derrière.

Alors, chaque année son couvert fut dressé au banquet, et chaque année sa corne fut remplie au cas où il reviendrait, mais sept années longues et douloureuses s’écoulèrent, et Russ ne nous était toujours pas revenu. Le temps était glacial, et certains disaient même que le pire de tous les hivers faisait rage à l’extérieur des murs cette nuit où les Seigneurs Loups prirent leur décision. Si Russ ne revenait pas vers nous, c’est nous qui allions partir à sa recherche. Désigné comme Loup Suprême, j’ai mené les Space Wolves dans la quête de leur père, et c’est ainsi qu’a commencé la première Grande Chasse.

Les compagnies ont embarqué sur leurs vaisseaux et vogué loin sur la Mer des Étoiles. Raconter ces batailles et la découverte de mondes serait en vérité bien long, sauf pour une veille de solstice d’hiver. Mais nos recherches furent vaines et bien grande fut la tristesse lorsque prit fin la première Grande Chasse.

L’esprit de Russ reviendra donner des visions à un vénérable Prêtre des Runes et parler à son oreille. Ses paroles seront alors les paroles de Russ en personne, et c’est alors que reprendra encore une fois la Grande Chasse. Même si aucune n’a pour l’instant atteint son but ultime, de nombreuses victoires ont été gagnées et bien des tâches glorieuses accomplies au nom de Russ. Il nous reste le réconfort de ses dernières paroles : il finira par revenir vers nous. Pour la bataille finale. Pour l’Heure du Loup. »

L’Héritage de Russ

Dans les dix mille ans qui ont suivi la fin de l’Hérésie d’Horus, les Space Wolves ont continué à servir l’Empereur avec honneur et loyauté. Le chapitre a enduré des périodes de combats incessants, il a survécu aux siècles d’anarchie de l’Imperium et à des périodes d’isolement d’avec la Terre. Durant toutes ces années, les Space Wolves ont toujours respecté le vœu de Leman Russ qui était de servir l’empereur sans faillir. Il serait impossible de décrire, même de façon succincte, toutes les batailles auxquelles les Space Wolves ont pris part en dix mille ans. En fait, même leurs impressionnantes archives n’en renferment pas l’intégralité. Les légendes retracent les grandes batailles contre les marines du Chaos qui suivaient l’Hérésie d’Horus mais aucune histoire formelle n’a survécu à cette époque. Une partie de l’histoire du chapitre à ses premiers , jours n’est conservée que sous forme de poèmes épiques, contes héroïques composés par des bardes fenrissien de la cour des Seigneurs Loups. Ces récits constituent une part importante de la tradition des Space Wolves et c’est généralement sous cette forme que les guerriers du chapitre se remémorent les exploits du passé. Il existe des milliers de ces sagas, certaines sont si improbables qu’elles relèvent certainement de la pure fantaisie, mais la plupart contiennent une part de vérité. Toutes sont cependant acceptées pour ce qu’elles sont : le testament des héros du passé.

Monde Natal : Fenris

Les Space Wolves viennent de la planète Fenris, un monde de feu et de glace situé non loin de l’Œil de la Terreur. La surface est presque entièrement recouverte d’eau, sa faible masse immergée est constituée de petites îles éparpillées sur un immense océan et d’un seul continent de taille respectable, Asaheim, qui s’étend sur le pôle nord de la planète. Le climat de Fenris est totalement imprévisible, seules les créatures les plus résistantes peuvent y survivre. La planète décrit autour de son soleil une course à l’orbite très aplatie : la conséquence directe en est que le climat de Fenris passe du froid mordant d’un hiver qui dure la plus grande partie de l’année à une chaleur étouffante lors de ses étés. La Grande Année, période de temps nécessaire à Fenris pour compléter son orbite autour de son soleil, dure environ deux années terrestres. Un froid glacial règne la majorité de cette longue année, et quand la planète atteint le point le plus éloigné du soleil, toutes les mers se couvrent d’un épais manteau de glace. Lorsqu’elle se rapproche du soleil, l’Œil du Loup, comme il est aussi appelé, grossit dans le ciel et l’été s’installe. Le ciel s’enflamme et les gigantesques plaques tectoniques se heurtent, créant de nouvelles chaînes de montagnes et des abîmes qui strient la surface de la planète. Des îles flamboyantes émergent de la mer, de la lave dévalant leurs pentes. Les volcans entrent en éruption et les océans se réchauffent. De gigantesques raz-de-marée dévastent les côtes et les terres sont englouties aussi vite qu’elles avaient jailli. Des chaînes de montagnes entières crachent des nuages de cendres qui masquent le soleil, créant presque les conditions d’un hiver nucléaire, ou emprisonnant la chaleur et créant un effet de serre.

Asaheim est la seule partie des terres qui ne dérive pas et conserve sa position au fil des années. Même dans la période où Fenris est la plus proche de son astre, son continent reste intact, bien qu’il soit ravagé par des explosions de lave et des rivières de magma.

L’Hiver Infernal

Fenris est un des mondes les plus hostiles de l’Imperium. Son climat est effroyable : les hivers sont glacials et les courts étés d’une chaleur presque intolérable. Il arrive de plus parfois que survienne l’Hiver Infernal. La longue orbite de la planète l’emmène loin du soleil, la gelant pour plusieurs années standards. A la même époque, elle passe à travers une nuée de météores qui bombardent sa surface comme une pluie de missiles. Les traînées des météores remplissent les cieux nocturnes et la terre tremble sous les impacts comme une bête effrayée. Durant cette période, les tribus de Fenris embarquent à bord de leurs navires et se mettent en quête des mers glacées pour y chercher la sécurité. Elles chargent toutes leurs possessions à bord de leurs longs vaisseaux, naviguant entre les icebergs en quête d’un refuge et construisant leurs habitations à la surface de ces îles de glace. Nombreux sont ceux emportés par les lames de fond nées des impacts météoriques et beaucoup plus encore sont victimes des baleines des glaces ou des Krakens.

Pourtant, au milieu des banquises flottantes et des forts courants marins, survivent les hommes de Fenris. Lorsque les continents éclatent, de nouveaux territoires émergent des eaux, des populations entières embarquent à bord de leurs navires pour s’installer sur les îles nouvellement formées ou pour fuir les restes calcinés de leur région jadis fertile. Cette migration continuelle crée un état de guerre perpétuel, chaque tribu essayant de prendre possession des nouvelles terres et d’établir sa suprématie. Des Krakens et des Dragons de Mer rôdent dans les profondeurs, faisant surface pour s’attaquer aux imprudents. Les poissons éventreurs, dont les dents sont pareilles à des lames de rasoir pouvant déchiqueter un homme en quelques secondes, chassent non loin de la surface. D’énormes Dragons émergents des chaudes grottes pour profiter des geysers. Dans les régions gelées du grand nord, des meutes de loups fenrissiens à la fourrure dure comme du métal chassent les nombreux troupeaux de caribous et d’élans.

Les ravages du climat de Fenris, cruel et inconstant, ont endurci ses habitants ainsi que sa faune. Les élans géants aux bois majestueux et tranchants comme des rasoirs ou les énormes mammouths capables d’écraser un homme comme s’il s’était agi d’un insecte sont dangereux, et une observation attentive a révélé que les prédateurs de Fenris qui chassent ordinairement les animaux cités plus haut font quant à eux partie des plus féroces prédateurs de la galaxie.

Les Ours Blancs, animaux sauvages aussi pesants que des requins des neiges et presque aussi imprévisibles que le blizzard, parcourent la toundra gelée et détruisent même les plus gros bâtiments pour se nourrir de leurs occupants. Des Dragons et des Wyrms survolent les îles à la dérive en flottant sur les courants d’air chaud et nichent dans la chaleur géothermale des cavernes. Des serpents de mer hantent les profondeurs des mers, ainsi que des Krakens : ces terrifiantes créatures tentaculaires sont les plus terribles monstres des profondeurs. Ils ne viennent à la surface que durant l’Hiver Infernal, ce qui n’est pas plus mal car un Kraken adulte peut mesurer jusqu’à huit kilomètres de long avec des tentacules en atteignant plus de trente. Ils ne hantent habituellement que les plus profondes fosses océaniques, mais les mouvements tectoniques causés par les incessants impacts météoriques les dérangent et les poussent à remonter. L’illustre Magna Biologis Anatole Leviticus a émis la théorie que ces "Krakens" pourraient être les survivances d’une invasion Tyranide infructueuse. D’autres disent qu’ils rongent les contreforts des continents et qu’ils dévoreront un jour toutes les terres.

Une des plus anciennes légendes concernant Russ raconte qu’un jour, alors qu’il était parti pêcher, il attrapa le Père des Krakens, le monstre légendaire dont les tentacules enserrent le monde et tiennent des continents entiers dans leur étreinte. Russ arracha le monstre aux flots en l’attrapant par ces tentacules. Alors que ses camarades stupéfaits frissonnaient de peur, il déclara que l’animal était trop petit et le renvoya à la mer en disant qu’il reviendrait plus tard, quand cette demi-portion aurait grandi. Les clercs impériaux pensent que cette histoire n’est qu’une pure légende mais avec un noyau de vérité. Il est possible que Russ ait croisé et tué un Kraken, cela aurait été à la portée d’un Primarque de sa catégorie. En fait, c’est de là que pourrait provenir "l’Œuf de Kraken", une gigantesque pièce de chair tannée de plus de quinze mètres de large et placée dans la salle des trophées du Croc.

Mais le plus dangereux de tous les prédateurs de la planète reste le loup fenrissien : la taille de ce monstre au pelage gris est généralement celle d’un petit cheval mais peut atteindre celle d’un char, et cet animal fait preuve d’une intelligence singulière. Une brève série d’expériences a prouvé que sa morsure peut marquer le plastacier, cependant, le plus effrayant est que cet animal vit et chasse en meute, ce qui laisse peu de chances à ses proies de s’échapper. Étant donné le fait que de nombreux Space Wolves portent les fourrures de ces créatures après les avoir tuées à mains nues, la puissance des guerriers de Fenris ne tient pas de la simple conjecture.

Ce monde meurtrier où le danger est omniprésent donne ainsi naissance à des hommes rudes, où seuls les plus forts survivent, et où les faibles périssent rapidement. Ayant vu le jour en un lieu aussi hostile, peu d’endroits dans la galaxie peuvent effrayer les Space Wolves.

Le Croc

Le Croc, la célèbre citadelle des Space Wolves, est une gigantesque tour qui s’élève au-delà de l’atmosphère de Fenris. Le piémont de cette énorme montagne artificielle couvre des centaines de kilomètres, alors que le Croc lui-même s’élève jusqu’à quarante de hauteur, telle une dague perçant le ventre du ciel. C’est l’une des plus puissantes forteresses de l’Imperium, mises à part celles de Terra. La citadelle est dotée d’un blindage résistant et protégée par des champs d’énergie plus puissants que ceux de n’importe quel vaisseau. De grandes baies d’armements pointent leurs lasers de défense vers les étoiles. Une gigantesque épine géothermique cours au centre de la montagne et alimente l’armement et les ateliers du chapitre. La montagne est couronnée par un astroport capable d’accueillir une flotte de ravitaillement entière. Des milliers de kilomètres de couloirs s’enfoncent dans le cœur de la montagne, là où les Prêtres de Fer et leurs serviteurs forgent des armes dans le feu issu du noyau même de la planète. Même si le Croc est l’une des plus grandes citadelles de l’Imperium, elle faillit tomber aux mains de l’ennemi à plusieurs reprises tout au long de son histoire, et la première fois fut au 32e millénaire, à la fin de l’Hérésie d’Horus.

Doctrines de Combat

Les armées des Space Wolves ont une approche de la stratégie qui diffère grandement de celle de leurs frères Space Marines et chaque Grande Compagnie comprend plusieurs types distincts d’escouades, ou meutes, qui remplissent chacune un rôle différent. Tandis que se déroule la vie d’un Space Wolf et que ses crocs grandissent, celui-ci s’élève dans l’organisation du Chapitre. Si sa bravoure est sans faille, il peut obtenir l’honneur de rejoindre la Garde des Loups ou même devenir Seigneur Loup.

La plupart des Space Wolves débutent en tant que Griffes Sanglantes, jeunes guerriers impatients de faire leurs preuves qui chargent les premières lignes de l’ennemi pour tenter de recueillir leurs premiers lauriers. Les Griffes Sanglantes sont les troupes de choc des Space Wolves et le fer de lance de la majorité de leurs assauts. S’ils survivent à leur nature impétueuse, ils seront élevés au rang de Chasseurs Gris, rendus plus sages par l’expérience des combats mais néanmoins prêts à donner leur vie au nom de l’honneur. Lorsqu’un Space Wolf atteint un grand âge, que ses cheveux sont aussi blancs que ses canines sont longues, et qu’il sait rester discipliné et calme même au plus fort des combats, il devient un Longs Crocs et se voit confier l’une des armes lourdes de sa Grande Compagnie.

Les plus braves et les plus forts des Space Wolves, après avoir fait preuve d’un courage exceptionnel ou accompli une prouesse martiale, peuvent devenir des Gardes Loups et mener alors des meutes de guerriers moins expérimentés au combat ou intégrer la suite de leur Seigneur Loup. Peu sont ceux qui peuvent tenir tête à ces combattants, porteurs du meilleur équipement issu de l’arsenal de leur Grande Compagnie les rendant redoutablement efficaces au corps à corps.

La doctrine de combat des Space Wolves est très loin d’être aussi rigide que celle des autres chapitres. Ne vivant que pour l’honneur, il est fort courant que les plus jeunes des Space Wolves abandonnent volontiers les tactiques classiques pour simplement se ruer la tête la première sur l’ennemi en hurlant à pleins poumons, ce qui a eu le don d’agacer de nombreux commandeurs au cours du dernier millénaire, y compris le Commandeur Stellaire Macharius qui exprima son mécontentement dans le célèbre Tactica Ultimatum :

« Les Griffes Sanglantes des Space Wolves ne mettent pas seulement en danger leurs propres existences, mais aussi celles de leurs compagnons d’armes. S’ils sont pressés de mourir et ne veulent pas prêter l’oreille à leurs supérieurs, qu’ils courent se jeter dans la gueule du loup. Je ne peux qu’espérer que certains d’entre eux y perdent la vie. »

Loin de n’être que des fous furieux incontrôlables, les Space Wolves placent tout simplement le plaisir de se battre au-dessus de tout autre. Il est de fait que malgré l’aspect simpliste que certains généraux jaloux de leur succès leur prêtent, leurs tactiques de bataille se sont avérées indéniablement efficaces au fil du temps : le chapitre s’est battu de la même manière sur des milliers de champs de batailles depuis sa fondation, et il est peu probable qu’il change sa façon de faire simplement pour se conformer aux préceptes de l’Administratum.

Organisation

Les Space Wolves sont organisés d’une façon très différente de la plupart des autres Chapitres Space Marines. Le Chapitre date de la Première Fondation et sa structure doit plus à la personnalité de Leman Russ qu’au Codex Astartes, elle reflète également le style de combat et l’organisation sociale des fenrissiens. Le chapitre des Space Wolves est composé de douze Grandes Compagnies, chacune prêtant allégeance au Loup Suprême, le Maître du Chapitre (position occupée par le célèbre Logan Grimnar durant ces huit cents dernières années). Ces unités sont beaucoup plus grandes que les compagnies des autres chapitres Space Marines et sont bien plus autonomes. De bien des façons, chaque Grande Compagnie est une armée à part entière, et il est très rare qu’un membre de l’une d’elles soit placé sous le commandement d’officiers d’une autre. Tous les Space Wolves sont impétueux et, dans le passé, cela a même poussé certains Seigneurs Loups à renoncer à leur allégeance au Loup Suprême pour s’émanciper. Cela arriva pour la dernière fois en 815.M41, lorsque le Seigneur Loup Sven Ironhand révoqua son serment et conduisit sa Grande Compagnie en exile sur le Bord Oriental. Il fut déclaré hors-la-loi par Logan Grimnar et une nouvelle Grande Compagnie fut levée pour remplacer celle qui avait été perdue. Certains disent que Sven se forgea dans cette région lointaine un empire qu’il dirige encore.

Chaque Grande Compagnie a ses propres quartiers, ou « tanière », à l’intérieur du Croc. À presque tout point de vue, chacune des Grandes Compagnies est un corps de troupes indépendant, ayant ses arsenaux, ses vaisseaux, ses forges et ses coutumes qui lui sont propres. Chacune est dirigée par un Seigneur Loup et son cercle de conseillers. La compagnie est connue sous le nom de son Seigneur Loup et sera souvent identifiée par les runes représentant son nom en langage fenrissien. Chaque Seigneur Loup prend comme totem un des loups légendaires de Fenris qui, selon la légende, furent domptés par Leman Russ dans les temps anciens. Le totem du Seigneur Loup devient l’insigne de sa compagnie et sera reproduit sur les armures de ses hommes. Lorsqu’un Seigneur Loup meurt au combat, un autre est choisi pour le remplacer, et la Compagnie se recrée autour de lui, ce qui donne à ce chapitre une structure de commandement fluide (le taux de mortalité des Space Wolves est sans surprise très élevé du fait de leur goût pour le combat rapproché, même si quelques Seigneurs Loups particulièrement vigoureux ont parfois vu leur millième année). Son remplaçant choisit également un nouvel insigne pour la Compagnie, et cela signifie que les noms et insignes des compagnies changent constamment, ce qui a provoqué beaucoup de confusions parmi les clercs impériaux dans le passé. Par exemple, la Grande Compagnie de Ragnar tient son nom de son Seigneur Loup Ragnar Crinière Noire, qui prit comme totem le Loup à Crinière Noire, « Celui qui Hurle dans la Nuit ». Cette compagnie était connue auparavant sous le nom de Grande Compagnie de Barek, du nom du Seigneur Loup Barek Thunderfist, et avait comme emblème le Loup Tonnerre, qui, courrait toujours vers Russ autour de Fenris, le son de ses pas engendrant le tonnerre et l’éclat de ses crocs les éclairs.

Il existe des rumeurs concernant une treizième Grande Compagnie dont le Seigneur Loup aurait pris comme emblème le pelage du Wulfen, le légendaire esprit malin dont la malédiction est encore capable de transformer les Space Wolves en monstres du même nom. Ce Seigneur Loup, dont le nom s’est perdu dans le temps, prétendait pouvoir vaincre n’importe quoi, même la malédiction du Wulfen, créature qu’il avait pour cette raison prise comme totem. Son orgueil lui coûta cher, sa Grande Compagnie disparut dans l’Œil de la Terreur pendant l’Hérésie d’Horus sans que quiconque ne puisse dire quel fut son destin. Depuis, les Space Wolves considèrent traditionnellement que le chiffre treize porte malheur et est toujours signe de mauvais présage.

La maison du Loup Suprême, composée de tous les plus grands héros du Chapitre, Prêtres des Runes, Prêtres de Fer, Prêtres Loups et Dreadnoughts, vient s’ajouter aux compagnies. L’emblème de la compagnie du Loup Suprême est toujours le Loup Rampant, « Celui qui Rôde dans les Etoiles », totem de Leman Russ. Quand un nouveau Loup Suprême est élu, les membres de sa Grande Compagnie doivent remplacer leur ancien insigne (ou l’ajouter à leur armure de façon à ce que les deux symboles cohabitent) par celui du Loup Suprême, qui reste toujours le même : le Loup qui Court la Nuit, qui fut l’emblème personnel de Leman Russ. L’actuel Loup Suprême est Logan Grimnar, l’un des plus vieux guerriers servant l’Imperium. Ce fier et rusé seigneur de guerre dirige les Space Wolves depuis plus de cinq siècles. Chaque Grande Compagnie est commandée par un Seigneur Loup qui dispose d’une suite personnelle de guerriers triés sur le volet, la Garde des Loups. La plupart des troupes de la compagnie sont des Chasseurs Gris, guerriers à l’habileté reconnue. On trouve également les Griffes Sanglantes, jeunes et avides de gloire, et les Longs Crocs, plus vieux et plus sages.

A l’exception de la Garde des Loups, les guerriers des Grandes Compagnies combattent en escouades connues sous le nom de meutes. Ces meutes sont constituées lorsque les aspirants sont acceptés parmi les Space Wolves, et leurs membres resteront ensemble pour toute la durée de leur service. On n’ajoute jamais de nouveaux membres à une meute, ce qui signifie que les combattants d’une meute de Longs Crocs ont été instruits et ont combattu ensemble d’un bout à l’autre de leur long service au sein du chapitre. Au combat, les Space Wolves risquent leur vie pour leurs frères de meute sans la moindre hésitation. Cela crée des dettes d’honneur et d’amitié qui peuvent mettre des siècles à trouver leur contrepartie. Ces liens subsistent même après que les frères d’armes se se soient séparés, unissant les membres Compagnie par une chaîne d’honneur et de loyauté plus solide que le plus dur des aciers trempés.

L’apparence d’un Space Wolf en dit long sur son rôle tactique. Ses cheveux grisonnent de plus en plus à mesure qu’il vieillit, ses crocs s’allongent et sa peau prend un aspect de plus en plus proche du cuir. Les vétérans, appelés Longs Crocs, constituent les troupes de support à longue portée. Les Chasseurs Gris sont les guerriers d’âge mûr et sont les plus polyvalents. Les Griffes Sanglantes sont les troupes les moins expérimentées et agissent en tant que troupes d’assaut. La structure d’une Grande Compagnie Space Wolf est moins rigide que dans la plupart des autres chapitres. Les forces sont organisées au coup par coup, incluant toutes les unités nécessaires peur remplir la tâche assignée. Si quelqu’un dispose d’une capacité spécifique nécessaire pour faire le travail, il sera écouté, quel que soit son rang. Les Space Wolves sont des frères et leurs officiers sont tout aussi égaux, ils conservent leur statut car ils ont le respect et la confiance de leurs camarades. Il est vrai que beaucoup de Seigneurs Loups sont respectés et craints par leurs troupes, mais les forces du chapitre ressemblent plus à une horde de guerriers qu’à une armée organisée. C’est pour cela qu’il n’y a pas de sergent dans les unités Space Wolves. c’est le guerrier le plus respecté qui assume le commandement de la meute. Sur un champ de bataille, le commandement revient à l’un des vétérans présents. Selon les circonstances, les Space Wolves peuvent être dirigés par un Prêtre Loup, un Garde Loup, un Prêtre des Runes ou simplement par le guerrier le plus respecté. Les Space Wolves sont parfois vus par des observateurs extérieurs comme moins disciplinés que les autres guerriers de l’Imperium, ce qui n’est pas tout à fait vrai. Chaque homme connaît son devoir et sait que l’honneur de son unité dépend de sa performance personnelle. La guerre faisant rage à travers l’Imperium, on retrouve toujours des Space Wolves en première ligne, toujours prêts en découdre avec l’ennemi, Lames de Givre au clair, leurs cris de guerre semblables à des hurlements recouvrant ceux de leurs ennemis. Au combat, ils suivent toujours la maxime de Russ « Conquérir ou Périr ! »

Croyances

Les hommes de Fenris entendent dès leur tendre enfance des récits emplis de monstres, de loups courant le ciel et de krakens plus grands que des planètes : fiers de leur tradition orale, ils ne préfèrent qu’un bon combat à une bonne histoire. La mythologie de Fenris est peuplée de héros aux hauts faits, et bon nombre de ces légendes ont trait aux loups fenrissiens qui peuplernt Asaheim. Ces croyances païennes sont dénigrées par l’Ecclésiarchie, mais les Fils de Russ refusent de les abandonner même quand leurs crocs se sont allongés et quand leur peau a été flétrie par le temps. Extrêmement superstitieux les Space Wolves partent souvent au combat bardés de talismans pour leur apporter chance et protection contre les esprits malveillants.

Au centre de leur système de croyances se trouve Leman Russ qu’ils considérent comme étant bien plus qu’un homme et à qui ils attribuent les actions d’un dieu. Les héros sont tenus en très haute estime, mais aucun autant que leur Primarque, qui reviendra se battre à leurs côtés lors de la fin des temps.

Patrimoine Génétique

Le matériel génétique des Space Wolves est unique et souvent mortel. Le potentiel effrayant du premier gène à être implanté à un Fils de Russ en puissance est légendaire et a coûté la vie à des centaines de guerriers de Fenris ; ceux qu’il ne tue pas, il les transforme en monstres aux babines écumantes.

Le Canis Helix est toutefois indispensable car sans cette part essentielle de l’héritage de Leman Russ, les autres gènes ne peuvent pas du tout être implantés par la suite. Malheureusement, son codage génétique contient un certain nombre d’acides qui ne sont pas synthétisés dans le corps humain, et leur effet sur l’aspirant Space Marine peut s’avérer désastreux. Les effets de ce gène commencent à apparaître lorsque le candidat est abandonné dans le froid et doit se frayer un chemin jusqu’au Croc. Des bouleversements s’opèrent alors dans le corps et l’esprit du guerrier, qui régresse à un état primai où ses os se déforment et fusionnent en certains endroits, où son corps se couvre de poils et où son seul désir est de se gorger de sang chaud et de dévorer de la viande crue. Lors de la transformation, sa masse corporelle augmente de près de quatre-vingts pour cent et des crocs atrophiés poussent de ses gencives. Alors que son corps n’est plus que douleur, le guerrier doit en plus réussir à surmonter les effets du gène. Les nuits de Fenris sont peuplées de créatures sauvages nommées les Wulfen, qui sont en fait ceux qui n’ont pu contenir la sauvagerie de leur nouvelle nature. Devenir un Wulfen est véritablement synonyme d’échec.

Si l’aspirant parvient à retrouver sa route jusqu’au Croc au milieu des nombreux prédateurs, des crevasses et des glaciers battus par les vents, il reçoit le reste du patrimoine génétique des Space Wolves, qui stabilise le Canis Helix et achève son introduction dans les rangs des Fils de Russ. Quelques rares membres du chapitre n’ont jamais complètement surmonté les effets originels de ces gènes et en période de forte excitation nerveuse, retournent à l’état sauvage qui hante leur structure génétique. On dit d’eux qu’ils sont affectés par la Malédiction du Wulfen, et ils sont craints à juste titre.

La Formation d’un Space Wolf

Les Space Wolves sont parmi les plus braves et les plus nobles des jeunes de Fenris. Lors des continuelles guerres tribales pour la possession territoriale, chaque jeune guerrier se voit offrir une chance de combattre et de mourir au service de ses Dieux guerriers. l’Empereur et Leman Russ. Les Space Marines doivent être choisis jeunes pour avoir une chance de survivre à la transformation d’un homme normal en un surhomme. Les tribus aident involontairement à ce processus en organisant leurs jeunes guerriers en meutes de Frères Loups. Ces meutes sont toujours aux avant-postes des batailles, cherchant à attirer l’honneur et le respect de leurs aînés. Quelque chose d’autre les motive : savoir qu’en tant que Frères Loups, l’Œil des Dieux est sur eux et qu’ils pourront être choisis pour rejoindre les fils de Russ. Sur Fenris, des étrangers parcourent le pays des hommes. Ce sont de gigantesques guerriers aux yeux de braise, fortement charpentés et portants des manteaux en peaux de loup. Des récits circulent autour des feux à propos de mystérieux étrangers qui viennent au milieu de l’hiver défier les meilleurs guerriers, ainsi que les plus fanfarons, pour tester leur force et leur résistance à l’alcool. Les étrangers battent toujours les plus forts des Frères Loups et saoulent les plus résistants. Ils choisissent les plus valeureux et les emmènent dans la nuit, et personne ne les revoit jamais. Nul ne peut les arrêter, que cela soit par des suppliques ou par la force, et très peu osent essayer. Ces mêmes mystérieux étrangers sont souvent vus sur les hauteurs surplombant les champs de bataille. Lorsque les bateaux accostent pour le combat et le pillage, ils se tiennent parfois en observateur et malheur à qui serait assez fou pour s’en prendre à eux. Il arrive que les étrangers descendent après les combats et choisissent les plus braves des Frères Loups. Ils sont souvent à l’article de la mort, mais les étrangers s’en moquent, ils emportent les jeunes, ne tolérant aucune interférence. Certains disent qu’ils s’évanouissent dans un éclair, d’autres qu’un grand navire volant vient les chercher. Mais tous savent que les guerriers sont partis rejoindre les Dieux.

Il arrive parfois qu’un Frère Loup accomplisse un acte extrêmement courageux, comme harponner une baleine blanche ou tuer un dragon. Les étrangers apparaissent alors comme attirés par les rumeurs de courage. Ils parlent au guerrier et l’évaluent, et s’il semble à la hauteur de ses actions, il disparaît. Ces mystérieux étrangers sont les Prêtres Loups des Space Wolves, les Juges des Valeureux. Les jeunes qu’ils choisissent seront mis à l’épreuve pour devenir des Space Wolves, connus sous le nom d’aspirants. S’ils réussissent, ils se verront implanter les gènes de Leman Russ.

L’Interrogatoire

Le prochain réveil des aspirants a lieu dans les Halls du Croc, la titanesque citadelle des Space Wolves située au cœur du continent arctique d’Asaheim, unique zone géologiquement stable de la planète. Ils sont accueillis par des Space Wolves mais pas par les Prêtres Loups qui les ont amenés là. L’assemblée des guerriers leur demande pourquoi ils pensent être dignes d’intégrer les Elus de l’Empereur. Les aspirants doivent alors répondre d’une façon convaincante à ce premier test qui est certainement le plus facile. S’ils sont d’une fierté adéquate et si leur comportement est noble, les Space Wolves continueront à leur poser question sur question. Si le candidat se décourage devant les rangs de géants aux crocs de loups, il a échoué. Il sera pris à part et conduit dans les montagnes profondes, où il se verra offrir une place parmi les serfs du chapitre. Ayant vu l’intérieur du Croc, il ne pourra jamais rejoindre son peuple.

L’interrogatoire devient de plus en plus dur et insultant, l’aspirant devant se mettre à la hauteur du défi et être le meilleur possible. S’il n’y arrive pas, c’est encore un échec. S’il y parvient, Il est alors emmené dans une petite chambre glacée pour méditer sur son sort. Pendant ce temps, les Space Wolves vont délibérer à son sujet, S’ils décident qu’il est valable, il lui sera offert la chance de devenir un membre des Space Wolves. Dans le cas contraire, il deviendra un serf. Seul un aspirant sur dix se voit offrir la chance de devenir un Fils de Russ.

Le Banquet

Si l’aspirant est retenu, il est conduit dans une chambre sombre et allongé sur une table de pierre tachée de sang. Le Prêtre Loup réapparaît et commence alors l’opération d’implantation des gènes et des organes supplémentaires destinés à faire de lui un Space Marine. Quand l’aspirant se réveille, il est une fois de plus dans le Grand Hall. Il est reçu par des rugissements et des applaudissements, puis il s’installe à la table de banquet. On lui explique alors qu’il doit manger un élan entier et boire un tonneau de bière, comme Russ le fit. L’aspirant n’a pas le choix, et doit continuellement boire et manger. On lui amène de la viande fumante plat après plat et les chopes de bière mousseuse se succèdent à ses lèvres. Il doit continuer à manger car ses nouveaux frères ne lui laissent aucun répit. Le jeune aspirant à toutes les chances de ne pas aller au bout, saoulé par la bière forte et écœuré par la venaison, son estomac est rempli et presque distendu. Son dernier souvenir est en général d’avoir été mis dans un lit aux draps doux. Il croit alors être vraiment au paradis des guerriers.

La Saignée

Quand l’aspirant se réveille, il est gelé. Il repose nu dans la neige, un couteau en fer météorique à portée de main. Il est fiévreux, sa tête et ses muscles le font souffrir, ses gencives saignent et sa bouche le brûle. Près de lui se tient le Prêtre Loup qui l’a choisi, il l’informe que le véritable test a commencé. Pour prouver sa valeur, il doit se frayer un chemin jusqu’au Croc et y pénétrer. Il est maintenant à l’autre bout du continent, à plus de mille kilomètres de chez lui. Le Prêtre Loup disparaît et l’aspirant reste seul. L’aspirant l’ignore, mais le banquet avait un but. Les gênes commencent à affecter son organisme et à le réorganiser. La masse musculaire augmente, les os commencent à fusionner, et même la structure de son cerveau s’altère, améliorant ses réactions et ses sens. Des crocs commencent à pousser. La venaison lui procure les protéines brutes nécessaires et la bière sacrée contient tous les composants chimiques qui alimentent ces mutations.

L’aspirant ignore tout de cela, il est rongé par la douleur et son corps croît et s’épaissit. Son esprit est hanté par des visions et sa raison vacille, il devient comme un loup sauvage, rendu fou par la douleur et la faim. C’est le moment le plus délicat, il est constamment affamé parce que les changements de son corps nécessitent de plus en plus d’énergie pour se poursuivre. L’impossibilité de nourrir le corps serait fatale, car il commencerait à se dévorer lui-même. Ces quelques jours sont les plus critiques. L’aspirant doit se nourrir constamment, il est souvent laissé à proximité d’une source de nourriture comme un troupeau d’élans. Au bord de la folie, il doit les chasser, se repaître de leur chair crue et s’abreuver de leur sang. Quelques aspirants, incapables de relever le défi, périssent. Certains, que cela soit dû à un défaut de leur nature ou des gènes implantés, ne dépassent jamais ce stade et deviennent des créatures sans esprit, dotées d’une ruse tout animale. Ils continuent à grandir et à avoir besoin de chair, devenant finalement des Wulfens, les créatures les plus craintes de Fenris. D’autres ne jugulent que partiellement cette étape, et se transformeront en Wulfens plus tard dans leur existence, dès que surviendra une époque de crise.

Le Retour

Si l’aspirant survit aux premiers jours, sa raison revient peu à peu. Il voit le monde sous un jour nouveau et sent qu’il a changé. Ses sens sont plus aiguisés, il peut voir à plus de quinze kilomètres, entendre une brindille craquer à plus d’une lieue de là, ou sentir la trace musquée d’un loup ou d’une biche. Il sent qu’il est devenu fort au-delà de l’imagination d’un mortel, capable de déraciner des arbres et de courir pendant des jours sans ressentir la moindre fatigue. Il est presque insensible à la morsure du froid. Il se souvient qui il est et comment il est arrivé ici, ce qui n’est pas plus mal, car il aura besoin de toute son intelligence d’homme et de tous ses extraordinaires pouvoirs çle Space Marines pour couvrir la distance jusqu’au Croc.

Ce pays est plein de dangers, que cela soit les bêtes sauvages, l’infâme climat ou la constante menace d’un éboulement ou d’une avalanche. Les élans de Fenris sont des bêtes énormes faisant près de quatre mètres au garrot, avec des bois de trois mètres aiguisés comme des rasoirs. Ils peuvent facilement piétiner à mort un chasseur et un seul coup de leurs bois peut éventrer un homme. Les ours blancs sont de sauvages machines de destruction de plus de six mètres de haut, pesant plusieurs tonnes. Les plus craints de tous sont les loups fenrissiens, l’un des plus sournois prédateurs de la galaxie. Les plus petits de ces loups gris ont la taille de poneys, alors que les plus vieux rivalisent avec les transports blindés Rhino. Leurs tactiques de meute en font les chasseurs les plus efficaces à la surface de ce monde, en travaillant ensemble, ils isolent et traquent même les proies les plus grosses. Ce sont ces loups qui rendent Asaheim inhabitable pour l’homme, et les récits de ces bêtes hurlantes aux yeux rouges sont utilisés sur les îles pour calmer les enfants dissipés. Une légende raconte que jadis, les hommes qui vivaient sur Asaheim devinrent faibles et décadents. Russ vit ceci, ce qui le contraria fortement, et, dans un accès de colère, il lâcha ses loups qui chassèrent les hommes de leur terre ancestrale. Ils ne pourront récupérer leur territoire que le jour où ils seront assez valeureux pour en chasser les loups. Pour combattre le froid, les aspirants se fabriquent des habits avec les peaux de leurs proies et des lances en attachant leur couteau cérémonial à une branche. Puis ils entreprennent leur voyage de retour, traversant des forêts infestées de loups et des plaines glacées. Le paysage change et devient montagneux, le Croc devenant visible à plusieurs centaines de kilomètres. Les aspirants doivent alors gravir des corniches et franchir des glaciers. Ils rencontrent des dragons et des aigles de sang, la nourriture se raréfie. Beaucoup périssent lors de ce pèlerinage, ceux qui survivent malgré tout se retrouvent finalement devant l’une des nombreuses portes du Croc. Là, au cœur du continent, à la croisée du pôle et des montagnes, ils peuvent pour la première fois admirer le Croc dans toute sa splendeur.

Les guerriers sont rassemblés à la porte pour féliciter les aspirants. Leurs applaudissements ne dissimulent plus aucune ironie, ils les accueillent comme des frères. le loup Suprême leur fait prêter serment d’allégeance et ils sont de nouveau invités à un banquet. C’est ensuite que leur véritable entraînement commence et de nouveaux organes leur sont implantés, modifiant encore plus leur morphologie. Mais dès qu’ils ont franchi les Portes de Fenris, ils sont devenus d’authentiques Space Wolves.

Cris de Guerre

Ils sont nombreux et varient en fonction des différentes Grandes Compagnies, mais au moment où un assaut est lancé, la voix de chaque attaquant s’élève pour se mêler aux hurlements de sa meute.

Source

  • Index Astartes du White Dwarf N°87 (Juillet 2001)
  • Les Loups de Fenris, White Dwarf N°75 (Juillet 2000)