Catégorie:Hérésie d'Horus

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Artikle pô fini. J’suis en train d’mettre ça
kom il fô pour k’ça soit tout bô tout bien !
- Krapull Kass’Krane, Mékano
et scribe stagiaire Ork.


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« Le sort en est jeté. Je me suis engagé sur une route dont je ne peux me détourner. C’est un pari risqué, qui pourrait entraîner mon anéantissement total, ou le plus fantastique des triomphes. Mais les dieux sont avec moi. Je suis sûr qu’au terme de mon voyage, je m’accaparerai le trône de Terra ; pour le bien de l’espèce humaine, je déposerai l’Empereur et je prendrai Sa place comme le seul authentique seigneur de toute la galaxie.
Certains me qualifient de traître et d’hérétique, mais il est mon destin de régner sur les astres au nom de l’Humanité. Ne suis-je pas le plus grand des Primarques ? Le fils favori de l’Empereur ? Ne suis-je pas par conséquent celui qu’Il a choisi ? Il m’appartient de régner, par voie naturelle de succession, et par le droit des armes que j’ai fait valoir sur un millier de champs de bataille. C’est à moi que s’en réfèrent les armées de l’Imperium pour les guider. C’est vers moi que se tournent les autres Primarques et leurs Légions. Seul l’Empereur Se dresse entre moi et le trône de Terra. Le moment est venu pour moi de m’en emparer, et je le ferai, mais mon propre avenir n’est pas le seul qui soit en jeu.
Les seigneurs du Warp m’ont laissé entrevoir le destin de l’Imperium, si nous devions laisser l’Empereur manipuler des forces qu’Il ne peut maîtriser. Ce futur n’est que déliquescence. La mort et le déshonneur seront les seules médailles que les guerriers de l’Humanité auront à gagner dans ces temps sombres, la galaxie ne recèlera plus aucun espoir pour les fils de l’homme. Les infâmes Xenos étendront leur emprise sur nos mondes : la puissance de nos armées glorieuses sera fracassée par leurs hordes sans nombre, et nos populations seront décimées comme un bétail humain pour satisfaire leurs vils appétits. Dans ce futur cauchemardesque, les masses humaines n’auront plus la force de défier leurs oppresseurs, de lutter contre des horreurs que l’univers n’a pas encore lâchées contre nous. Elles se terreront dans leurs taudis grossiers, et prieront un dieu insensible, un Dieu Charognard, le maître de leur désespoir. Un Empereur qui n’entendra pas leurs pleurs, qui n’éprouvera pas leur douleur ni leurs craintes.
Oui, l’Empereur de l’Humanité abandonnera Son peuple. Il lui tournera le dos afin de gagner Sa place parmi les dieux. L’Empereur ne se préoccupe que de Lui, obsédé comme Il l’est par Sa propre puissance et par la gloire. Il a trompé Ses fils et ceux qui le suivaient. Nous n’avions pas de place dans Son grand projet. Il a attendu, attendu l’opportunité de nous rejeter et de Se hisser vers un statut d’être divin. Pendant que nous avons livré ces guerres pour Lui les unes après les autres, Lui faisait accroître en secret Sa puissance dans le Warp. Les créatures qui y vivent ne sont que des pions innocents dans ce jeu mortel. Elles m’ont assuré que nos affaires ne les intéressaient pas. Elles ne s’opposent pas à Lui sans raison. Pour elles, Il est un ouragan, une tornade, une tempête de destruction cosmique qui menace de les anéantir. Il les a mutilées, elles ne font que se défendre comme un lion blessé acculé au fond d’une grotte. Les grandes entités du Warp ne cherchent qu’à se préserver de la prédation de l’Empereur, et pour y parvenir, elles ont conclu ce pacte avec moi. Je leur offrirai Sa tête, en échange de quoi je recevrai la galaxie pour en faire comme il me siéra.
Je suis le sauveur de notre destin. C’est moi qui amènerai au genre humain une gloire durable. Moi seul, je peux garantir à ses multitudes l’authentique espoir d’un avenir sans souffrance et sans servitude, libéré de la mort et du déshonneur.
Je suis Horus, le Maître de Guerre. Je suis le futur Maître de l’Humanité.  »


Lors des jours sombres du M31, le fils favori de l’Empereur trahit Son créateur et plongea l’Imperium dans la guerre civile. L’influence d’Horus était telle qu’il parvint à rallier à lui la moitié des Légions Astartes, et à les retourner contre leurs frères pour tenter de destituer l’Empereur. Depuis cette trahison ignoble, l’Imperium de l’Humanité est consumé par des guerres et des luttes fratricides qui pourraient bien un jour signer sa perte.

Une nouvelle ère avait commencé, mais cette aube dorée n’allait pas déboucher sur le futur rayonnant que l’Empereur désirait pour l’Humanité. Le jeune Imperium fut en effet déchiré par la grande trahison de l’Hérésie d’Horus. L’orgueil humain et l’ambition prêtèrent le flanc aux machinations des Dieux Sombres. L’âge de lumière s’assombrit comme l’Humanité troquait la raison contre la superstition afin de survivre.

Les Légions de Space Marines armés par les usines de Mars formaient le fer de lance de la Grande Croisade. Soutenues par l’Armée Impériale, elles se révélèrent invincibles. Les Xenos et les créatures du Warp furent repoussés, et les planètes furent reprises les unes après les autres. Les campagnes militaires éloignaient toujours plus les armées de Terra, qui découvrirent successivement les vingt Primarques, qui rejoignirent la Grande Croisade à la tête de la Légion créée à leur image.

L’Empereur énonça trois principes inviolables au cours de ces conquêtes galactiques : la corruption génétique devait être éradiquée, les Psykers devaient être rassemblés, contrôlés et confiés aux agents impériaux pour être évalués. Enfin, les Xenos hostiles devaient être mis hors d’état de nuire. Triomphant sur tous les fronts, l’Imperium de l’Humanité devint rapidement le plus grand empire de la galaxie. L’Empereur jugea alors que la phase suivante de Ses plans pouvait avoir lieu, c’est pourquoi Il confia le commandement des Légions de Space Marines à ses Primarques et retourna sur Terra. Horus, le Primarque des Luna Wolves (renommés plus tard Sons of Horus), fut nommé Maître de Guerre et prit la tête de la Grande Croisade.

À l’aube de cette nouvelle ère pour l’Humanité, l’irréparable survint. Se détournant de l’Empereur et de Ses enseignements, le Maître de Guerre Horus commit la trahison ultime et embrassa la cause des Dieux Sombres. Investi par leurs pouvoirs, il déclencha une rébellion qui plongea la galaxie dans la guerre civile. Plus d’un tiers des forces militaires de l’Imperium se joignit à Horus, y compris la moitié des Légions de Space Marines. Les combats fratricides aux proportions titanesques qui s’ensuivirent donnèrent lieu à des mythes et à des rancunes qui perdurent aujourd’hui encore.

Cherchant à tuer l’Empereur, les traîtres se frayèrent un chemin sanglant vers Terra et attaquèrent le Palais Impérial en hurlant de rage. Finalement, grâce à des actions héroïques, les loyalistes renversèrent le cours de la bataille et Horus fut tué par l’Empereur, mais ce faisant, ce dernier fut mortellement blessé. Malgré tout, grâce à Sa volonté hors du commun, le Maître de l’Humanité parvint à survivre assez longtemps pour que Son corps brisé soit placé dans les machineries du Trône d’Or récemment achevé. Ainsi, au cœur du Palais Impérial, une technologie étrange permet à l’esprit de l’Empereur de perdurer afin qu’Il protège l’Humanité. Son enveloppe charnelle était désormais immobile, pourtant Il conservait toute la maîtrise de Ses immenses pouvoirs psychiques.

Le rêve de l’Empereur de donner vie à un âge de lumière où l’Humanité serait libérée de la superstition et de l’ignorance a cédé la place à quelque chose de bien plus funeste. Même si l’Imperium a perduré, ce n’est que grâce à des lois oppressives appliquées en Son nom.

C’est ainsi qu’est né un âge de dictateurs et de déraison, de stagnation et d’aveuglement. La population a régressé dans l’obscurantisme religieux tandis que l’Empereur Se tient immobile, sans que nul puisse deviner Ses pensées. Il étend Sa volonté sur plus d’un million de mondes, sans pour autant être en mesure de bouger le moindre de Ses muscles.

Les combats sans merci de l’Hérésie d’Horus marquèrent le début d’un âge sanglant. Suite à la mort du Maître de Guerre, les traîtres se dispersèrent et de nombreux conflits secondaires ravivèrent les flammes des combats. Le Nettoyage se poursuivit longtemps, et il fallut livrer des milliers de batailles pour que l’Imperium chancelant échappe définitivement au risque de l’annihilation. Suite à ces troubles, la hiérarchie de l’Imperium fut modifiée en profondeur. L’autorité suprême passa des mains de l’Empereur à celles d’un conseil agissant en Son nom. La suspicion fut à l’origine de bon nombre de ces changements, car on découvrit que beaucoup plus de planètes qu’on ne le pensait de prime abord avaient sombré dans la trahison. Les racines de la corruption étaient profondes et difficiles à arracher. La méfiance et la paranoïa s’installèrent et engendrèrent une ère de crainte et de doute.

Les changements affectèrent aussi les institutions militaires et gouvernementales. Les Legiones Astartes, qui avaient été indispensables pour assurer la victoire de l’Humanité pendant la Grande Croisade, furent divisées en entités nommées Chapitres. Cette transition fut orchestrée par Roboute Guilliman, le Primarque de la Légion des Ultramarines, afin de conserver la polyvalence des Space Marines sans que plus jamais la puissance de toute une Légion de cent mille Space Marines repose entre les mains d’un seul individu.

L’Armée Impériale fut elle aussi altérée. Elle comprenait auparavant les bâtiments de guerre qui parcouraient les étoiles, et qui transportaient les innombrables soldats chargés de guerroyer à la surface des planètes. Ces organisations formèrent respectivement la Marine Impériale et l’Astra Militarum. Il en fut ainsi dans toutes les institutions de l’Imperium, qui furent scindées, fractionnées. Un grand nombre de branches de l’Adeptus Administratum virent le jour, et il n’était pas rare que deux organisations indépendantes qui n’avaient pas mutuellement connaissance de leur existence soient chargées des mêmes missions. Ces mesures de sécurité donnèrent lieu à un système sibyllin secrètement chapeauté par la nouvellement formée et toute-puissante Inquisition, une organisation en marge de l’autorité impériale. Sa mission était de tout vérifier et de tout espionner afin de débusquer le moindre danger menaçant l’Humanité. Nul en dehors de l’Empereur ne pouvait échapper à son regard perçant.

Chronologie de l’Hérésie d'Horus
LES GRAINES DE L’HÉRÉSIE L’HÉRÉSIE PREND RACINE
PelerinageLorgarHH.jpg UllanorHH.jpg ConcileNikaeaHH.jpg ChuteHorusHH.jpg SacDeProsperoHH.jpg
Pèlerinage de Lorgar Triomphe d'Ullanor Concile de Nikaea Chute d'Horus Sac de Prospero
L’HÉRÉSIE SE RÉVÈLE
AtrociteIsstvanIIIHH.jpg FuiteDeEisensteinHH.jpg SchismeDeMarsHH.jpg MassacreDuSiteAtterrissageHH.jpg BatailleSignusPrimeHH.jpg
Atrocité de Isstvan III Fuite de l'Eisenstein Schisme de Mars Massacre du Site d'Atterrissage Bataille de Signus Prime


L'HÉRÉSIE D'HORUS

« La mort est tout autour de nous à présent : la mort du corps, la mort de l’esprit, mais surtout la mort de l’espoir.
La mémoire meurt et seule la légende restera. Beaucoup sont déjà partis, qu’ils soient nobles ou lâches, lamentés ou inconnus. Le cataclysme qui a déchiré notre Imperium résonne encore, et il n’y a pas assez de temps pour compter les morts, certains en faisant le travail de leur vie dit-on. Notre Empereur, notre brillant seigneur, notre libérateur, notre père errant - la plus grande victime de tous, brisée et silencieuse maintenant sur Son trône étincelant - le mort immortel, un nouveau dieu sans vie pour une nouvelle ère de terreur.
Reverrez-nous la lumière ? Je le pense pas, pas dans mille vies à venir du moins, mais j’ai peu d’espoir. Je suis l’un des rares encore en vie qui se souvient de l’espoir, l’un des rares "humains" en tout cas ; pas un Primarque, pas un Legiones Astartes, pas un Custodien, pas un membre du Mechanicum. Ni même un des courtisans qui s’augmente avec acharnement les fils de sa vie pour vivre dans l’horreur des traitements alchimiques et de la jeunesse volée. Je n’aurais aucune partie de tout cela - indépendamment de ce que le Sigillite souhaitait - je suis et suis resté - seulement humain. Je me souviens de l’Imperium tel qu’il était censé être, comment cela aurait pu être, et contrairement à l’Empereur, je n’ai pas de merveille dorée pour me conserver, et bientôt je partirai.
C’est pour cette raison que j’ai assemblé ces notes dont vous tenez le premier volume en main. J’y ai mis mes connaissances et ma mémoire. Je sais qu’à présent certains diront que mes paroles sont des mensonges ou pire, de la trahison, et je ne doute pas que dans l’obscurité sombre de ce qui va sûrement suivre, mes paroles sembleront au mieux une cruelle plaisanterie. Mais si le destin est avec moi, les archives survivront à l’obscurité à venir - endureront la haine du zélote et la superstition aveugle que nous nous sommes tirés tel un linceul, et la vérité sera connue.
J’ai vu avec des yeux alors jeune et ceci est mon testament. J’étais là quand Tallarn brûla et que Keoptis fut noyé dans des océans de sang. J’ai été témoin du ciel de Terra déchiré par la foudre et les ténèbres le jour où le Maître de Guerre est venu et que l’enfer l’a suivi. J’ai entendu le glas funèbre de l’Empereur de l’Humanité et j’ai pleuré.
Je me souviens.
- AK.[1]
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L'Âge de l'Empereur

L’Âge de l’Empereur.
C’est une époque légendaire…
Des héros se battent pour régenter la portion de galaxie que les vastes armées de l’Empereur de Terra ont conquise durant leur Grande Croisade. Une myriade de races extraterrestres ont été écrasées par les combattants d’élite de l’Empereur et se sont repliées vers leurs antres pour y soigner leurs plaies.
L’aube d’une ère de suprématie se lève sur l’Humanité. Des citadelles éclatantes d’or et de marbre célèbrent les nombreux triomphes de l’Empereur. Sur un million de mondes sont érigés des monuments rappelant les exploits épiques de Ses plus formidables guerriers.
Premiers parmi eux, les Primarques, des héros surpuissants, imposants et magnifiques, l’aboutissement ultime des expérimentations génétiques de l’Empereur, ont mené leurs armées de Space Marines de victoire en victoire. Les Space Marines sont les plus puissants guerriers humains que la galaxie ait jamais connus, chacun d’eux surpassant une centaine de soldats ordinaires.
Organisés en vastes armées de dizaines de milliers de combattants, appelées les Légions, les Space Marines et les Primarques qui les dirigent règnent désormais sur la galaxie au nom de l’Empereur.
Le plus illustre de ces Primarques est Horus, le plus fort, le premier parmi ceux que l’Empereur considère comme Ses fils. Il est le Maître de Guerre, commandant en chef de toute la puissance militaire impériale ayant assujetti un millier de milliers de mondes et conquis la galaxie. C’est un guerrier sans égal, honnis peut-être l’Empereur en personne. Son astre est ascendant et ses troupes lui sont toutes dévouées. Mais la confiance qu’elles ont en lui est sur le point de voler en éclats.
À l’insu d’elles et de l’Empereur, Horus a été corrompu en secret par les puissances du Warp. Le Chaos lui a murmuré à l’esprit, et Horus a prêté l’oreille à sa ruse et à sa perversité. Pourquoi Horus devrait-il continuer à faire comme l’Empereur l’ordonne ? N’est-ce pas lui qui a mené les Légions Space Marines vers d’innombrables victoires ? Ne porte-t-il pas les balafres d’un millier de batailles ? L’Empereur a-t-il été là pour verser ne fût-ce qu’une larme quand de braves Space Marines connaissaient une mort horrible de la main de leurs adversaires xenos ? Non, c’est lui, Horus, qui s’est battu, qui a saigné et pleuré ! Lui qui a planifié les guerres et les victoires, lui qui s’est attaché la loyauté des Space Marines ; c’est lui qui devrait être acclamé comme Empereur de l’Humanité !
L’Empereur, de Son côté, est assis sur Son trône de Terra et songe à l’avenir, après avoir engendré à Lui seul la plus incroyable puissance militaire jamais connue. Son génie a élaboré le profil génétique de Ses Primarques et des Space Marines, leur descendance. De son esprit brillant est né le Grand Projet : l’union des empires de Terra et de Mars, et leur Grande Croisade afin de soustraire l’Humanité aux griffes des Xenos et des bêtes du Warp. Ce fut l’Empereur qui libéra le potentiel des Navigators et permit au genre humain de couvrir sans péril de grandes distances à travers le Warp. Mais son œuvre n’est pas achevée, et le voilà songeur, et Son vaste intellect calcule quelle sera la destinée du genre humain. Le temps joue contre Lui. Ses facultés de précognition s’estompent, la pression de devoir entretenir le signal de l’Astronomican à l’échelle de toute la galaxie s’accroît de jour en jour ; le futur se voile et s’assombrit. L’Empereur a conscience que d’autres comme Lui voient le jour, mais plus faibles que Lui, moins capables de résister à l’étreinte séductrice du Warp et aux horreurs inconnues qui s’y trouvent.
C’est sur ces Psykers émergents que l’attention de l’Empereur se focalise. L’heure est venue pour Lui d’ordonner la fabrication des moteurs psi et des stations-tests à occulum, qui chercheront les gènes des Psykers latents au sein des populations. Les Psykers émergents pourront alors être entraînés et purifiés, protégés des dangers du Warp et des entités malveillantes qui s’y trouvent. Le destin de l’Humanité est fragile, et Lui seul peut la guider en avant sans rien devoir craindre.
Les grandes armées de l’Empereur ont rempli leur but. L’heure est maintenant venue que les Légions soient démantelées, que les Space Marines soient chargés d’autres tâches, de monter la garde sur les mondes humains et d’en défendre les nouveaux régimes. Les seigneurs guerriers que sont les Primarques deviendront les souverains de ces mondes et les administrateurs du Grand Projet.
Mais Horus réclame vengeance ; il veut débarrasser la galaxie de tous les adversaires extraterrestres de l’Humanité. Pas un seul Xenos ne doit rester vivant pour menacer encore le genre humain. Les Légions doivent les traquer et tous les éradiquer ! Les glorieuses armées de l’Imperium ne devraient pas être forcées de déposer les armes. Elles n’ont pas vocation à être émasculées, reconverties en policiers et en gardiens de prisons ! Le Démon présente ses arguments à l’oreille d’Horus de façon à le faire plier, et l’Empereur devrait prendre garde au danger.

L'Ère des Luttes

Cette tragique période dura plus de cinq mille ans, pendant lesquels les planètes occupées par l’homme furent isolées au milieu d’orages Warp qui rendirent les échanges interstellaires impossibles. La Terre se retrouva totalement coupée de ses colonies et de ses alliés. Partout dans la galaxie les mondes humains succombèrent à l’anarchie, à la guerre, et la civilisation sombra dans les luttes de pouvoir des factions locales.

Au spectacle de cette décadence, des centaines de peuples extraterrestres saisirent leur chance de piller et d’asservir les mondes sans défense. Des planètes furent mises à sac et leurs populations massacrées ; celles qui survécurent tombèrent rapidement dans la barbarie, mais bien pire encore était la menace du Warp.

L’existence des créatures du Warp était peu connue, et le danger présenté pour l’esprit humain mal compris. Sur les planètes à forte concentration de Psykers, ces créatures parvinrent à briser les barrières entre l’Immaterium et l’espace réel ; des mondes entiers furent envahis par les horreurs indescriptibles qui s’en échappèrent, certains même avalés par le Warp et perdus à jamais.

L’Humanité se débattait contre son extinction. Isolés, en proie aux querelles intestines, cernés par les attaques extraterrestres et confrontés aux périls des incursions du Warp, les mondes humains qui avaient perduré n’étaient plus que l’ombre pathétique de leur gloire passée. L’effort nécessaire pour sauver l’Humanité et la libérer de cet enfer allait devoir être surhumain.

L’Ère des Luttes avait laissé la Terre dans un état effroyable. Des générations de combats avaient fait de ses paysages un désert inhospitalier, et de ses habitants une masse de sauvages dégénérés, dont les tribus nomades étaient lancées dans des guerres religieuses incessantes par les prophètes et les démagogues. Tout la coupait de son empire sidéral passé. Seul demeurait un contact intermittent avec Mars et ses Technoprêtres, devenus des ennemis jurés pour les insensés de la Vieille Terra.

Ce fut de ce marasme qu’un chef émergea ; Il était l’Empereur, et Sa force reposait dans Sa rationalité et Sa clairvoyance. Peu suspectèrent en Lui la part de mutant. De grandes régions de la Terre turent conquises par Sa main et les bouleversements s’y déchaînèrent. La peur et la foi aveugle y laissèrent place à la raison. L’Empereur entama une série d’expérimentations génétiques, afin de stabiliser la souche de l’espèce humaine et de la recréer telle qu’elle avait été avant les tempêtes de radiations. Puis Il forma Son Conseil de Guerre, composé de Ses généraux les plus aptes et d’administrateurs de haut rang qui se mirent à l’estimer comme un être divin.

La Grande Croisade

L’Empereur proclame le début de la Grande Croisade !
Des cendres de l’Ère des Luttes se dressa un meneur, celui que l’histoire ne retiendrait dès lors que comme l’Empereur. Ses origines ne sont plus connues aujourd’hui, mais ce fut sur Terre, en soumettant et en rassemblant les factions guerrières, qu’Il commença à forger l’empire galactique qui allait unir à nouveau la myriade des mondes de l’Humanité.

Dès ces prémices, l’Empereur S’entoura des guerriers génétiquement modifiés qui allaient devenir les Space Marines. Ces troupes surhumaines prirent facilement le dessus lors des Guerres d’Unification, soumirent tous leurs opposants terriens et forcèrent les Technoprêtres de Mars à demander la paix. Emportés par une ferveur zélée, ils furent les premiers à se référer à leur mission sous le terme de "croisade".

Alors même que la conquête de la Terre s’achevait, un événement cosmique survint : une onde de choc massive traversa le Warp, balayant les tempêtes qui avaient fait rage cinq mille ans durant. Les armées de l’Empereur pouvaient à présent prendre le chemin des étoiles, et la Grande Croisade venait de commencer.

Le système solaire fut la première région spatiale conquise par l’Empereur et Ses Légions Space Marines. Les envahisseurs extraterrestres furent chassés des lunes de Saturne et de Jupiter, dont les habitants humains libérés de l’esclavage furent rapatriés sur Terre.

Sous la direction du Mechanicum, une assemblée de technocrates, Mars avait développé une culture solide fondée sur le culte du Dieu-Machine, dédiée à l’étude et à la construction d’engins et de machines de tous types. L’Empereur n’attaqua pas ce monde, et préféra conclure une alliance avec ses dirigeants.

L’accès aux usines géantes de Mars Lui permit de considérablement augmenter la puissance de ses soldats grâce à un équipement amélioré. Les Technoprêtres lui fournirent également les immenses croiseurs à propulsion Warp qui allaient transporter les Légions Space Marines et les gigantesques machines de guerre appelées Titans aux quatre coins de la galaxie.

Ainsi l’Empereur emmena-t-Il Ses Space Marines dans une mission pour libérer l’Humanité des extraterrestres et des Démons qui avaient failli causer sa perte. Les planètes furent reconquises les unes après les autres, et les oppresseurs d’hier mis en déroute ou anéantis dans une série de guerres épiques. Les mondes infectés par les créatures du Warp furent nettoyés sous les bombes virales et les missiles Vortex de tirs orbitaux apocalyptiques.

Ce fut au fil de la Grande Croisade que les Space Marines retrouvèrent leurs Primarques. Les planètes sur lesquelles les Primarques avaient grandi et qu’ils dominaient devinrent le protectorat des Légions, où furent établis des bases permanentes depuis lesquelles il leur était possible de lancer des offensives contre pratiquement n’importe quel ennemi. La puissance de l’Imperium se trouvait à son apogée. Rien ni personne ne pouvait faire obstacle à l’Empereur et à Ses armées.

Les Flottes Expéditionnaires

Durant la Grande Croisade, les troupes pléthoriques de l’Empereur furent organisées en un certain nombre de formations, connues sous le nom de Flottes Expéditionnaires. Il n’y eut au départ qu’une seule de ces flottes, commandée par l’Empereur Lui-même, mais davantage furent lancées à mesure que la Croisade se répandait dans la galaxie. De talentueux généraux, des hommes de confiance, étaient nommés à leur tête.

Afin que chacune puisse recevoir le soutien adéquat et que leurs mouvements soient suivis avec un certain degré de précision, chacune des Flottes Expéditionnaires recevait un numéro attribué par le Conseil de Guerre. Lorsque la Grande Croisade toucha à sa fin, on comptait près de cinq mille expéditions primaires, et plus de soixante mille groupes secondaires de déploiement opérant à travers l’Imperium.

La composition de chacune des flottes n’était pas fixe. Les diverses escadres de vaisseaux, les régiments de l’Armée Impériale, les formations de troupes auxiliaires, et même les détachements des Légions Space Marines composant une flotte pouvaient aller et venir au fil du temps, comme le dictait la stratégie prédominante. Mais les matricules de désignation demeuraient les mêmes, et bien que la plupart n’acquirent jamais de signification particulière, certains finirent par être associés à des Primarques spécifiques, ou d’autres meneurs d’hommes prestigieux.

La désignation numérique d’une Flotte Expéditionnaire se transmettait aux planètes conquises par ses forces : ainsi, par exemple, un monde impérial initialement connu sous le nom de Soixante Trois Dix-Neuf avait-il été le dix-neuvième découvert par la 63e expédition. Il devenait par conséquent possible aux administrateurs de retracer les mouvements d’une flotte spécifique grâce aux mondes que celle-ci avait rencontrés, pris dans l’ordre chronologique.

Le Conseil de Guerre

Malcador le Sigillite

Durant sa conquête de la Terre, l’Empereur s’adjoignit des lieutenants de confiance et leur confia des tâches dignes d’hommes de ce statut. La plupart de ces loyaux serviteurs provenaient de Sa garde et des rangs des Space Marines.

Malcador faisait exception, lui qui avait été présent à Ses côtés dès les premières années des Guerres d’Unification. Il n’était pas un combattant, mais un érudit à l’allure d’un prêtre, vêtu des robes à capuche d’un simple intendant. Ses origines n’étaient connues de personne, sauf peut-être de l’Empereur Lui-même.

Ce fut cet homme qu’Il choisit pour régenter Son palais, poste qui impliquait l’administration de Terra, nouvellement unifiée. À mesure que la Croisade progressait, Malcador gagna en pouvoir et en influence lorsqu’il fut nommé superviseur de la Dîme, puis contrôleur de l’Administration Impériale.

Les bruits ont abondé sur la véritable nature de cette figure énigmatique qui paraissait jouir d’une vie étonnamment longue. Certains voient en lui un Psyker, le premier qui aurait subi le rituel de l’Unification des Âmes. D’autres rumeurs le disent appartenir à la parenté éloignée de l’Empereur.

L’opération gigantesque qu’était la Grande Croisade impliqua des milliers de vaisseaux et des millions de soldats, que la campagne mena d’un bout à l’autre de la galaxie où des dizaines de milliers de mondes humains attendaient d’être sauvés.

Le dispositif militaire de l’époque comptait l’intégralité des Légions Space Marines, des centaines de régiments auxiliaires levés sur les mondes récemment reconquis, les machines de guerre fournies par le Mechanicum et ses Mondes-Forges, dont les plus démesurées étaient les Titans de la Collegia Titanica, et une multitude d’autres organisations armées plus réduites, dont une des plus significatives malgré sa petite taille était la Garde Custodienne, la garde personnelle de l’Empereur.

Toutes ces formations étaient soutenues par un arsenal impressionnant de croiseurs, de navettes de largage et de transports de troupes dont disposaient les Légions Space Marines, le Mechanicum et les commandants impériaux.

Afin de gérer l’exécution de la Grande Croisade, l’Empereur rassembla un Conseil de Guerre qui devint dans les faits le corps dirigeant de l’Imperium, au travers duquel la loi impériale fut amenée sur des centaines de milliers de mondes humains.

L’Empereur trônait à la tête de ce conseil, et à Sa droite était assis Malcador. Chacun des Primarques y avait une place réservée, ainsi que le commandant des Custodiens, et lorsque l’Empereur avait conclu son alliance avec Mars, le Fabricator-Général du Mechanicum s’y était également vu offrir un siège. Une équipe d’Astropathes était affectée aux réunions du conseil afin de permettre à ses membres de communiquer entre eux, quand l’expansion de l’Imperium grandissant et les difficultés inhérentes aux voyages par le Warp rendirent de moins en moins possible la présence physique de chaque membre de l’assemblée.

Le Departmento Munitorum

Afin de supporter la masse de travail toujours croissante que représentait la gestion des Flottes Expéditionnaires, de leurs communications et de toute leur logistique attenante, une nouvelle division de l’Administratum fut créée sur Terra. On lui attribua le contrôle total de tous les approvisionnements des armadas de la Grande Croisade, bien qu’avec le temps, ce contrôle fut étendu à la réquisition des troupes, ainsi qu’à la maintenance de tous les transports, vaisseaux, machines de guerre et équipements. et au ravitaillement en munitions. Le Departmento Munitorum fut ainsi fondé de façon formelle peu avant le grand Triomphe d’Ullanor.

La tâche à laquelle il lui fallait faire face était immense, et le Deparmento Munitorum gagna rapidement en taille afin d’y répondre. Des centaines de milliers d’individus furent recrutés dans les rangs de l’Administratum basé sur Terra et détachés à sa myriade de divisions et de sous-sections. Au fur et à mesure que ses effectifs s’accroissaient, son statut au sein de l’Imperium s’étoffa lui aussi, ainsi que son pouvoir et son autorité.

Quelques mois à peine après sa fondation, le Departmento Munitorum ne limita plus ses activités aux simples tâches de réapprovisionnement et de maintenance, pour s’impliquer également dans le bourbier politique entourant les grandes flottilles et leurs leaders militaires. Sa mission fut de s’assurer de l’adhésion à la stratégie centrale de toutes les instances au sein des Flottes Expéditionnaires, et de ramener les éléments inconstants de la machine militaire impériale dans le droit chemin. Cela fit naître la méfiance et une certaine agitation au sein des flottes elles-mêmes, de nombreux militaires voyant cela comme une tentative des bureaucrates de prendre les rênes de l’effort de guerre ; un point de vue partagé par plusieurs individus de premier ordre, qui résistèrent autant qu’ils le purent aux ingérences du Departmento Munitorum, sans jamais s’y opposer de front.

Les Légions Astartes

L’Ost de Croisade

De façon évidente, les Légions Space Marines constituaient les plus puissantes organisations militaires de l’Imperium, sinon de la galaxie entière. Il fut par conséquent jugé approprié de leur conserver une forme de présence représentative auprès du siège de la puissance impériale tandis que la Grande Croisade progressait. À cette fin fut formé sur Terra un groupe de Space Marines tirés des rangs de chaque Légions.

L’Ost de Croisade avait pour lieu d’attache le Préceptoire. Dans ses vénérables salles, ces guerriers gardaient le décompte des glorieuses victoires de leurs frères, portaient le deuil des morts et agissaient comme délégués de leur Primarque dans les système Sol.

Les recherches qui menèrent à la création des Space Marines commencèrent durant l’Ère des Luttes, tandis que la Terre était isolée du reste de la galaxie. L’Empereur rassembla autour de Lui une équipe de maîtres scientifiques et leur fit construire des laboratoires génétiques secrets dans les vastes donjons de Sa forteresse.

Ce fut sous leurs voûtes sombres que Ses premiers guerriers d’élite furent créés. L’Empereur tria sur le volet les hommes de Sa garde personnelle dont certains furent ensuite soumis à de profondes modifications chirurgicales et psychologiques. Ces élus n’étaient pas seulement immensément forts, mais développèrent également une volonté d’acier : grâce à un entraînement rigoureux et au conditionnement mental approprié, ils devinrent des combattants implacables, à la loyauté exemplaire envers l’Empereur.

Les premiers Space Marines furent organisés en vingt régiments composés chacun de seulement quelques centaines de guerriers. L’Empereur donna à ces formations des noms qui l’un après l’autre devinrent synonymes de sa suprématie et insufflaient la peur dans les cœurs de leurs adversaires. Avec l’aide des soldats d’exception qui constituaient Ses troupes, l’Empereur conquit la Terre et soumit à Sa volonté les multiples factions armées. Pour la première fois depuis des temps immémoriaux, la planète allait être unie sous la loi d’un seul.

À mesure que le temps s’écoulait, les rangs des Space Marines se gonflèrent rapidement des hommes recrutés parmi les tribus récemment conquises, et au moment où la Terre fut totalement passée sous la coupe de l’Empereur, chacune de ses Légions était forte de plusieurs milliers de guerriers.

Les Primarques

Neuf Primarques durant le Triomphe d’Ullanor.
La Terre resta isolée durant l’Ère des Luttes, mais l’Empereur voyait déjà plus loin ; en préparation de la reconquête de la galaxie, Il eut l’idée des vingt Primarques et les engendra. Ces personnages extraordinaires allaient être Ses généraux, de grands meneurs qui conquerraient des millions de mondes en Son nom. Chacun devait disposer d’une force et de capacités martiales inconcevables chez n’importe quel autre humain, qui rivaliseraient avec celles de l’Empereur Lui-même.

Un événement cataclysmique sembla sonner le glas de Ses ambitions à leur sujet, lorsqu’un étrange vortex Warp arracha des laboratoires de l’Empereur les Primarques toujours à l’état fœtal et les éparpilla dans la galaxie, sur des mondes isolés. Les années passèrent et les Primarques grandirent séparément sur leurs planètes, où ils devinrent des chefs guerriers reconnus.

Durant la Grande Croisade, l’Empereur retrouva les Primarques les uns après les autres. Grâce à leur physique et leurs talents surhumains, chacun s’était élevé jusqu’à une position d’autorité au sein de sa culture d’adoption.

La force du lien entre les Légions et leur Primarque suggère leur importance dans le processus ayant mené à la création des Space Marines, lesquels partagent avec eux une partie de leur patrimoine génétique, et certains de leurs traits physiques et mentaux. À mesure qu’ils étaient reconnus, chaque Primarque prit donc naturellement la tête de celle des Légions avec laquelle il avait tant en commun.

Les planètes d’adoption des Primarques devinrent pour la plupart la nouvelle base d’opérations de leur Légion et furent par la suite désignées comme leurs mondes natals. Dans bien des cas, les Primarques intégrèrent dans les effectifs de celle-ci les autochtones qui avaient été leurs serviteurs dévoués.

Les suppositions et les théories abondent quant à la véritable nature des Primarques, les plus puissantes de toutes les créations de l’Empereur, qui arpentèrent les champs de bataille de la Croisade et dont les noms et la légende perdureraient à jamais.

Les plus répandues avancent qu’ils furent conçus à partir du propre patrimoine génétique de l’Empereur et ainsi destinés à devenir des meneurs d’hommes, de grands soldats et des héros, capables de prouesses martiales égalées uniquement par leur charisme et leurs facultés mentales, dotés chacun de spécificités qui les distingueraient des hommes ordinaires.

L’Empereur avait-Il en tête de les créer pour qu’ils soient ceux qui feraient sortir l’Humanité des ténèbres et la guideraient vers un nouvel âge d’or ? Ou ne furent-ils qu’une conséquence inattendue des expérimentations qui aboutirent à la création des Space Marines ?

Et qu’en est-il de la mystérieuse force qui dispersa les Primarques nouveau-nés dans la galaxie ? Les quelques traces qui subsistent de cet événement restent imprécises, mais la tradition affirme que cela fut le fait d’un vortex Warp localisé qui ouvrit plusieurs portails vers les planètes éloignées. Sans doute la vérité ne sera-t-elle jamais connue. Leur dispersion a-t-elle été voulue par l’Empereur afin que les Primarques découvrent l’existence ailleurs que dans le laboratoire où ils avaient été engendrés ? Était-ce pour qu’ils puissent se forger une destinée par eux-mêmes et prouver leur valeur, ou une autre influence plus obscure était-elle à l’œuvre ? Fut-ce une tentative des Dieux Sombres pour briser les rêves de l’Empereur et Ses espoirs de sauver l’Humanité ? Il subsiste l’hypothèse plus étrange encore que les petits corps fœtaux ne purent contenir les énergies psychiques employées lors de leur création, et dont la libération engendra le vortex.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : les Primarques

La Garde Custodienne

« Ces hommes sont Mes gardes du corps, et leurs vies sont dédiées à garantir Ma sécurité physique. La loyauté qu’ils Me portent, jamais ne sera mise en doute. Moi, et Moi seul aurai l’autorité de faire prévaloir Mon jugement sur le leur. Ils n’auront au combat aucun autre commandant, nul ne fera obstacle entre eux et Moi et nul ne gênera leur mission. Ainsi en ai-Je décrété ! »
- L’Empereur.

Les Space Marines ne furent pas les seuls guerriers d’exception créés par l’Empereur : le premier groupe d’hommes génétiquement et psychologiquement modifiés qu’Il créa devint son escorte personnelle, la Garde Custodienne, dont le rôle est d’assurer Sa sécurité à tout moment.

Plus fort encore qu’un Space Marine, le Garde Custodien est un combattant redoutable et sa dévotion à l’Empereur est infaillible. Un détachement de ces loyaux protecteurs l’accompagne d’ailleurs partout où Il va, même lorsqu’Il Se retire dans Ses quartiers privés.

En ces temps de traîtrise et de dissension, leur tâche dépasse désormais la seule protection de la personne de l’Empereur. Il est fréquemment ordonné à de petits détachements de Custodiens d’accompagner les Légions Astartes pour s’assurer que Sa volonté soit respectée.

La Garde Custodienne est organisée à la manière des Légions Space Marines, la principale différence entre elles étant la taille de ces formations, puisque les rangs des Custodiens ne comptent que dix mille individus. Ceux-ci ont accès à tous les types d’armements et d’équipements conventionnels utilisés par les Space Marines, y compris leurs véhicules de combat. Les transports et les vaisseaux personnels de l’Empereur leur sont également ouverts afin qu’ils puissent en permanence se trouver à ses côtés.

Parallèlement à l’arsenal du marine, la Garde Custodienne dispose d’une grande variété d’armes réservées à son seul usage. Un exemple en est la Lance Gardienne, une combinaison de Bolter et de hallebarde énergétique, qui constitue l’armement standard pour une escouade de Gardes Custodiens.

Les Gardiens Immortels

La Garde Custodienne.
Les Custodiens assuraient le rôle de garde personnelle de l’Empereur. Ils apparurent pour la première fois à Ses côtés durant l’Ère des Luttes, et n’ont depuis cessé de maintenir une veille constante sur Sa personne. Au combat, l’effectif de deux compagnies se battait toujours au côté de Lui, et un détachement de la Garde Custodienne accompagne l’Empereur même lorsqu’Il se retire dans Ses appartements privés, au cœur du Palais Impérial.

Chaque Custodien est un guerrier extraordinaire, plus fort et plus résistant qu’un humain ordinaire, ou même qu’un Space Marine. Ils n’ont pas d’égal au combat, et sont animés d’une dévotion et d’une loyauté inébranlables envers la personne de l’Empereur. Bien qu’ils ne semblent pas posséder par eux-mêmes de pouvoirs psychiques, leur volonté est telle qu’elle les met en mesure de résister aux attaques des Psykers les plus puissants, hormis peut-être celles de l’Empereur.

On estime qu’il ne doit exister au total que dix mille de ces guerriers d’élite, bien que ce nombre soit hautement spéculatif. Seuls l’Empereur et son cercle proche connaissent leur effectif exact. Jamais, en tout cas, il n’en fut observé plus de mille réunis, et ce en une seule occasion, à la célèbre bataille de Gyros-Thravian, livrée durant la Grande Croisade contre le Seigneur de Guerre Ork Gharkhul Croc-Noir et sa vaste horde de Peaux-Vertes.

Les Primarques Horus, Mortarion et Rogal Dorn, à la tête de leurs Légions respectives, se trouvaient largement dépassés en nombre et proches de la défaite lorsque l’Empereur donna l’assaut depuis Sa Barge de Bataille dorée, le Bucephelus. À la tête d’un millier de Custodiens, Il frappa au cœur même de la marée ork, et se confronta à Gharkhul au sommet d’un immense Gargant. Cependant que l’Empereur décapitait l’ork géant à la peau noire, Ses Custodiens dévastaient les troupes du Seigneur de Guerre. On prétend que durant ces quelques instants plus de cent mille Peaux-Vertes moururent, et que la Waaagh! s’en trouva brisée. La légende veut que seuls trois Custodiens moururent, et que leurs noms furent honorés à jamais, gravés sur l’armure de l’Empereur.

Les origines de la Garde Custodienne sont nimbées de mythe et de mystère. Durant l’Ère des Luttes, l’Empereur en vint à dominer la Terre, et à la tête de Ses armées de conquête avançaient les Space Marines. À un moment donné, l’Empereur eut l’idée des Primarques et les engendra, mais on ne sait avec certitude s’ils furent créés pour fournir la souche génétique nécessaire à la production des Space Marines, ou bien s’ils furent la manifestation tangible des expérimentations de l’Empereur.

Quoi qu’il en soit, les Primarques en devenir furent arrachés de Terra par une force mystérieuse et dispersés dans toute la galaxie ; eux et les Space Marines nés de leurs gènes ne furent réunis que bien plus tard, et ils devinrent alors les meneurs de leurs Légions respectives. Le fait que les Primarques partagent des traits génétiques, physiologiques et psychologiques avec les guerriers de leur Légion est indiscutable.

Certains affirment que les Custodiens sont à l’Empereur ce que les Space Marines sont à leurs Primarques, que la propre matrice génétique de l’Empereur fut employée à leur création et que c’est par ce biais que leur loyauté Lui est assurée. D’autres soutiennent que les Custodiens ne sont pas semblables à l’Empereur de la même manière que les Space Marines ressemblent à leur Primarque, et qu’une autre source fut employée comme modèle physique et psychologique, une source perdue durant l’anarchie de l’Ère des Luttes. Probablement la vérité ne sera-t-elle jamais connue.

Les Commandants Impériaux

La galaxie est vaste, et les voyages par le Warp sont au mieux assez imprévisibles, car le temps s’y écoule étrangement, mais la communication fut le plus grand problème de l’Imperium naissant. À mesure que la Grande Croisade progressait, une nouvelle classe de Psykers humains fut introduite sur les mondes reconquis : les Astropathes. Il n’est néanmoins jamais certain que les messages transmis par leurs soins via le Warp parviennent à leurs destinataires, ni qu’ils soient ensuite correctement interprétés. Aucun moyen réellement applicable ne permettrait d’instituer un ordre galactique sur tous les mondes de l’Humanité.

Les planètes nouvellement conquises sont par conséquent remises entre les mains de Commandeurs Impériaux, certains étant des militaires récompensés ainsi pour leurs états de service, d’autres des dirigeants indigènes ayant prêté allégeance à l'Empereur.

De lourdes responsabilités leur incombent. L’Imperium attend d’eux qu’ils s’acquittent d’un impôt en fournissant troupes et matériel à ses flottes et ses armées, qu’ils doivent pouvoir héberger et assister en temps de besoin. Il leur est aussi demandé de débarrasser leurs populations de toute mutation, notamment des Psykers qui seront embarqués lors de la visite occasionnelle des Vaisseaux Noirs chargés de les ramener sur Terra. Tout ceci constitue la Dîme Impériale.

Les Commandeurs Impériaux ont également pour devoir de protéger l’Humanité, et il leur est interdit d’abriter des ennemis de l’Imperium, dont la liste peut varier mais inclut toujours les Xenos, les mutants et ceux ayant commerce avec eux. Les Démons n’étaient pas encore reconnus à l’époque où cette charge fut fondée, mais il n’est de toute façon pas certain que quiconque aurait pu faire alors la distinction entre un Démon, une espèce xenos et un mutant atrocement déformé.

La Grande Croisade portait en elle l’idée d’une certaine justice, et les mondes reconquis furent reconnaissants d’avoir été sauvés de l'anarchie. Certains se mirent spontanément à vénérer l’Empereur, ce qui fut particulièrement vrai de ceux où s’étaient développés des mythes annonçant la délivrance par un souverain venu des étoiles. Les démagogues de Terra furent prompts à souffler sur les braises de cette ardeur religieuse, et plus l’Empereur nia Sa divinité, plus les suppliques pour Lui demander de la reconnaître furent acharnées.

Hiérarchie Militaire de l'Imperium

Les vastes organisations connues comme les Légions Astartes ou Légions Space Marines constituent le noyau de la machine militaire impériale et la force principale des armées de l’Empereur. À la tête de ces Légions se trouvaient les Primarques, des êtres surhumains, doués de facultés et d’une endurance dépassant même l’imagination des simples mortels. Ils étaient les généraux de l’Empereur, et chacun commandait à tout un ost de vaisseaux, de blindés, d’artillerie et d’hommes. Le Maître de Guerre était le plus éminent parmi eux, et disposait du commandement global de toutes les forces combattantes de l’Imperium, avant que l’Hérésie n’éclate.

Aucune limite n’était fixée quant à la aille d’une Légion Space Marine, et la plupart d’entre elles pouvait mobiliser au moins cent mille guerriers. La Légion des Ultramarines possédait de loin le plus fort effectif, et son Primarque, Roboute Guilliman, pouvait en appeler à plus de deux cent cinquante mille Space Marines. Ses nouvelles recrues provenaient du monde natal de la Légion, ainsi que d’une centaine de Mondes Sauvages renommés pour les prouesses guerrières de ses peuples indigènes.

La structure d’une Légion Space Marine variait légèrement de l’une à l’autre, mais leur plus petite division était la compagnie, forte de cent guerriers menés par un Capitaine. Les compagnies étaient généralement assemblées par cinq en bataillons, lesquels, regroupés par deux, constituaient à leur tour des formations de mille guerriers, désignées indifféremment par les termes "régiments", "ailes", "chapitres" ou "grandes compagnies". Celles-ci obéissaient à un Space Marine investi du grade de commandant, ou dans certains cas de seigneur commandant. Promu Maître de Guerre, le Primarque Horus se retrouva de fait commandeur en chef de toutes ces troupes, et seigneur des Primarques.

Les hommes de l’Armée Impériale étaient certes inférieurs aux Space Marines, mais à mesure que la Grande Croisade progressait, le besoin en nouvelles troupes ne put être satisfait par la seule capacité des Légions. Ainsi fut décrétée l’obligation pour chaque planète impériale de subordonner des soldats à la mission des Primarques. Certaines, telles que les mondes natals des Légions et ceux du système de Sot étaient exemptées de cette dîme. Malgré cela, ce décret procura aux Primarques des millions de soldats supplémentaires qui, même s’ils n’avaient pas la même valeur que des Space Marines, savaient se montrer tenaces, leur nombre faramineux les prédisposant aux sièges, aux invasions en masse et aux cantonnements en garnisons.

Les Mondes-Forges du Mechanicum échappaient eux aussi à la Dîme Impériale, néanmoins, un ancien pacte passé avec l’Empereur les obligeait à fournir Ses armées en machines de guerre de tous types, dont les plus imposantes étaient les Titans, d’immenses constructions bipèdes sur lesquelles trouvait place un arsenal dévastateur. Le Mechanicum produisit également quantité de robots de combat, et diverses pièces d’artillerie allant du mortier portatif aux énormes canons de barrage de la taille d’un immeuble. Sur le terrain, les troupes du Mechanicum en répondaient au Primarque ou à ses proches officiers.

De la Dualité des Légions Space Marines

Les Astartes - ou Space Marines - furent les supers guerriers génétiquement modifiés pour propager la Grande Croisade dans la galaxie. Ici des Astartes de la Ière Légion : les Dark Angels.
Les premiers Space Marines avaient tous été recrutés sur Terra. Durant l’Ère des Luttes, l’ancienne Terra était agitée par des conflits incessants au cours desquels les tribus rivales de la planète se disputaient sa domination. Un homme allait prévaloir, et Il allait devenir l’Empereur. Sa victoire fut pour une bonne par due aux combattants surhumains qu’Il avait créés - les Space Marines.

Lorsque l’Empereur lança Sa campagne vers les étoiles, la Grande Croisade qui devait libérer l’Humanité du joug extraterrestre, les vingt Légions comptaient chacune plusieurs milliers de Space Marines, malgré quoi leur effectif était insignifiant comparé à la tâche herculéenne qui les guettait. Des millions de planètes humaines attendaient d’être secourues et protégées de maints dangers. À cette fin, l’Empereur donna pour instruction aux Légions d’assimiler les meilleurs guerriers remarqués parmi les populations des mondes conquis.

Le processus de création d’un Space Marine n’est ni simple ni rapide, ce qui impose au départ un examen exhaustif des recrues potentielles. Les meilleures sont généralement issues de peuples aux cultures guerrières, des hommes nés pour se battre, forts physiquement autant que mentalement. Même ainsi, le taux d’échec fut élevé et seul un petit pourcentage d’entre elles fut intégré avec succès dans les rangs des Space Marines.

Lorsque l’Empereur retrouva Ses Primarques, chacun d’eux était parvenu à dominer le monde sur lequel il s’était retrouvé projeté. Une grande affinité s’était établie entre les Primarques et leurs planètes d’adoption, la plupart étaient devenus de puissants dirigeante, les souverains de leurs mondes, à la tête d’armées fanatiquement dévouées.

Dans bien des cas, ces armées présentaient d’incroyable similitudes avec les Légions dont les Primarques avaient été séparés bien des années auparavant. Les guerriers qui les composaient s’avérèrent particulièrement adaptés à l’assimilation dans le corps des Space Marines, grâce à quoi, au cours des années qui suivirent, plusieurs dizaines de milliers de nouveaux Space Marines furent créés, et les Légions connurent ainsi une expansion massive de leur potentiel de combat. Pour certaines d’entre elles, le monde d’adoption de leur Primarque devint l’unique terrain de recrutement, du fait de la compatibilité des cultures indigènes avec leurs besoins et du succès de leurs postulants. Ces Légions-là n’avaient pas seulement trouvé leur Primarque, mais également un monde qu’elles pouvaient véritablement considérer comme leur monde natal.

Lorsque une des Légions Space Marines retrouvait son Primarque perdu, sa réussite dans le cadre de la Grande Croisade s’accroissait radicalement. Sous le commandement de leurs généraux légitimes, il devint pratiquement impossible de les arrêter et les mondes arrachés à l’obscurité se succédèrent. En quelques années, de nombreuses Légions avaient recruté des dizaines de milliers de nouveaux Space Marines issus des peuples guerriers de leurs nouveaux mondes d’appartenance.

L’intégralité de cette quantité faramineuse de Space Marines dans les effectifs des Légions apparut comme un fantastique succès. Ces combattants des mondes natals des Primarques partageaient d’emblée de nombreuses caractéristiques avec les Space Marines créés sur Terra, et cela faisait d’eux les recrus idéales.

Chacune des Légions put établir sa propre politique quant à la façon dont ce grand nombre de nouveaux éléments compléterait leur effectif existant. Dans certaines d’entre elles, ils firent offices de renforts pour chacun de régiments ou des chapitres existants et remplacèrent leurs pertes. Dans d’autres, de nouveaux régiments de Space Marines originaires des mondes natals virent se greffer sur l’organisation de départ.

L'Armée Impériale

Le 12e d’Infanterie d’Urslavik.
À mesure que toujours plus de systèmes étaient rejoints par l’expansion de la Grande Croisade, les besoins en troupes de l’Imperium s’accrurent en proportion. Même les Légions de Space Marines ne pouvaient s’acquitter seules de la tâche qui leur était confiée, il fut donc décidé que les mondes nouvellement libérés participeraient à l’effort de guerre.

Ainsi, chacun était évalué et sa population faisait l’objet d’un recensement, ce à partir de quoi les administrateurs de l’Imperium calculaient la contribution que ces planètes auraient à payer sous la forme d’hommes et de matériel. L’ampleur de cette dîme variait énormément d’un monde à l’autre : ceux aux communautés les plus éparses n’avaient à fournir qu’une poignée de régiments par année, tandis que les Mondes-Ruches surpeuplés proches du centre galactique devaient annuellement lever des centaines de régiments. Le corps militaire aux proportions indicibles qui en résultait reçut le nom d’Armée Impériale.

Les premières vagues de conscrits furent assimilées par la structure de commandement des Légions Space Marines et tombèrent sous leur autorité directe. Les transports des Légions arrivaient sur chaque monde et emportaient les formations de l’Armée Impériale qui combattraient à leurs côtés, parfois à l’autre bout de la galaxie.

La nature capricieuse des voyages par le Warp, la taille immense de l’Imperium et le nombre de ces systèmes libérés défiaient toute tentative de fixer des standards pour l’Armée Impériale, au sein de laquelle s’observait une grande disparité du point de vue de l’équipement, des uniformes et de la discipline des divers régiments. Chacun des mondes sujets à la Dîme équipait ses troupes au mieux de ses capacités : celles des mondes industriels développés pouvaient être dotées de gilets pare-balles et de Fusils Laser réglementaires flambant neufs, pendant que les soldats des planètes primitives pouvaient s’estimer chanceux s’ils recevaient un fusil et une paire de bottes. Certains donnaient à leurs appelés un bon entraînement, et les organisaient en escouades, en compagnies et en régiments ; ceux que d’autres mondes envoyaient à la guerre n’étaient guère plus que des bandes désorganisées. En dépit de quoi les soldats de l’Armée Impériale surent prouver leur bravoure au cours de centaines de campagnes, sur des milliers de champs de bataille.

Afin de faire régner la discipline et la loyauté au sein des régiments de l’Armée Impériale, il devint courant pour les Primarques de faire nommer des officiers spéciaux, assignés au rôle de Commissaires. Ces combattants vétérans faisaient en sorte que l’Armée Impériale se montre inflexible dans son devoir envers ses maîtres Space Marines.

Si leur puissance n’équivalait en rien à celle des unités Space Marines, ces bataillons de soldats ordinaires furent néanmoins une adjonction utile et bienvenue aux troupes des Primarque. Une Légion pouvait avoir sous ses ordre plusieurs centaines de régiments auxiliaires de l’Armée Impériale. Ceux-ci aidaient à consolider les positions gagnées par les Space Marines sur des planètes nouvellement conquises, ou étaient fréquemment utilisés lors des sièges ou des offensives de grande envergure.

Les troupes de l’Armée Impériale n’était que rarement déployées dans leurs systèmes d’origine : à dire vrai, cela fut même activement évité par les Primarques, afin d’avoir l’assurance, que ces soldats leur resteraient loyaux, ainsi qu’à la Légion Space Marine les ayant adoptés, et auprès de laquelle ils combattaient.

Le Warp

Le Warp est une dimension distincte, ou "parallèle", faite d’énergie coexistant avec le monde matériel dont chaque point fixe dans l’espace et dans le temps correspond à un point de référence analogue dans les remous complexes de l’autre.

Là où le monde réel nous est familier grâce aux lois de la physique et à la marche régulière du temps, le Warp n’est fait que de courants d’énergie aléatoire, dont les vagues tourbillonnantes sont sujettes à des remous, à des marées et à des crues. De même, le temps s’y écoule étrangement, lorsqu’il s’y écoule. Cette énergie est parfois distordue par des événements imprévisibles auxquels il est couramment fait référence sous le terme de tempêtes Warp.

Des scientifiques humains avaient découvert qu’un vaisseau pouvait sortir de l’espace réel en un point donné, et après quelques jours de voyage par le Warp, le réintégrer en un autre point distant de plusieurs années-lumière. C’est ainsi que les traversées de la galaxie sont rendues possibles, et des voyages qui à vitesse sub-luminique mobiliseraient des générations de pilotes, sont ainsi accomplis en quelques mois.

À l’intérieur du Warp, les vaisseaux ne naviguent pas dans le sens classique du terme, mais passent d’un courant d’énergie à un autre jusqu’à atteindre ainsi leur point de retour dans l’espace matériel. Bien qu’ils ne soient pas sans danger, les voyages les plus courts par le Warp peuvent être accomplis avec un certain degré de fiabilité et de précision, les sauts plus longs étant plus imprévisibles et plus périlleux. Les flux du Warp sont complexes et inconstants ; quand ils ne se perdent pas à jamais dans leurs circonvolutions, les navires tentant de longs périples se retrouvent souvent égarés loin de leur destination. D’étranges glissements temporels peuvent également survenir, et il n’est pas rare pour un vaisseau d’arriver des années après la date prévue, voire des années avant.

Les tempêtes Warp et d’autres perturbations de l’Immaterium peuvent totalement empêcher la navigation. Les vaisseaux sont alors tout simplement contraints d’éviter de telles régions, sous peine d’être détruits par les énergies des maelstroms. Cela signifie qu’il devient impossible d’atteindre certains points de l’univers matériel via le Warp, un monde pouvant se retrouver isolé pour des jours, des mois, parfois des siècles. Durant l’Ère des Luttes, les tempêtes secouèrent l’Immaterium entier, empêchant toute navigation interstellaire pendant pratiquement cinq millénaires.

Peu d’humains comprennent ou croient comprendre la nature précise du Warp et sa relation au monde de la matière. D’innombrables philosophes, scientifiques et Psykers se sont hasardés à l’expliquer sans qu’aucun n’y soit parvenu; et si d’autres ont réussi, ceux-là n’ont pas souhaité partager une telle connaissance avec le reste de l’Humanité. Il est largement accepté qu’un lien existe entre le Warp et les pouvoirs psychiques. Les Psykers qui possèdent avec lui une affinité spéciale parviennent à en interpréter certaines énergies, ces révélations prenant le plus souvent la fore de visions et de rêves. Pour autant, peu réalisent que l’énergie du Warp est véritablement la source dont tous les Psykers tirent leurs facultés.

Il est également connu pour une large part que le Warp abrite les prédateurs auquel il est fait référence collectivement sous le terme de "créatures du Warp". Ces bêtes voraces ont pour proies les Psykers communiant avec l’Immaterium trop fréquemment, et les voyageurs dont les vaisseaux se trouvent encalminés au milieu de sa trame d’énergies.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : l’Immaterium

Les Psykers et le Warp

L’Empereur est le premier et le plus grand de tous les Psykers humains, mais Il n’est pas le seul à posséder de tels talents. En réalité, dans chaque culture humaine et sur chaque monde de la galaxie apparaissent des individus à potentiel psychique, et toujours davantage à chaque génération.

Nombre d’entre eux ne possèdent que des pouvoirs mineurs, en apparence inoffensifs, comme une chance inouïe aux jeux de hasard ou la capacité à pressentir le danger. Ces talents ne sont que les plus bénins, mais il en existe d’autres, plus dangereux, celui de déplacer des objets ou d’allumer des feux par la seule force de sa volonté, de commander à la foudre ou d’investir les esprits d’autres humains, et il ne s’agit là que de quelques exemples.

Les capacités psychiques ont un prix. Certains Psykers sont rendus fous par leurs visions ou leurs rêves prémonitoires, d’autres se découvrent des talents incontrôlables qui infligent de terribles dégâts à leur entourage. À cause de cela, nombre d’entre eux sont considérés comme des parias et exécutés ou bannis.

Néanmoins, l’Humanité est guettée par un danger plus grand que celui posé par les pouvoirs et les actions de Psykers isolés, bien que la véritable nature du lien entre le Warp et les capacités psychiques soit souvent mal comprise. Pour exercer ses talents, chaque Psyker puise dans le Warp, source de l’énergie surnaturelle qui alimente ses capacités. Malheureusement, cette dimension abrite de terribles créatures, des horreurs inimaginables qui ne désirent que corrompre et détruire. Ceux dont les facultés mentales leur font ouvrir une porte sur le Warp attirent inévitablement l’attention de ces bêtes, d’autant plus que la quantité d’énergie canalisée est grande.

Seules les volontés les mieux trempées sont capables de résister aux prédations des Démons du Warp, et alors seulement pour un temps très court. Seul l’Empereur paraît y être immunisé. Ces créatures finissent souvent par trouver prise dans le royaume de la matière, généralement aux dépens de la vie d’un Psyker dont le corps leur permet de survivre. La possession s’accompagne fréquemment d’altérations physiques effrayantes, le Démon cherchant à modeler la chair pour reproduire son apparence du Warp.

Avant que le corps qu’elles investissent ne soit vidé de toute son énergie vitale, ces monstruosités ne disposent que de peu de temps durant lequel elles se jettent presque invariablement dans une orgie de destruction. Certaines créatures du Warp sont pourtant plus rusées et s’intègrent dans les sociétés humaines en dissimulant leur vraie nature aussi longtemps que possible. Elles recherchent alors d’autres Psykers pour pouvoir prendre possession d’eux chacun à leur tour et se maintenir dans la dimension du réel.

Les plus dangereux de tous les résidents du Warp sont les Démons du Chaos. Seules quelques rares personnes sont au fait de leur existence, et si l’Empereur la connaît, Il juge sans doute préférable de garder ce savoir pour Lui-même, puisque cette révélation ferait sans doute à nouveau basculer l’Humanité dans la folie et l’anarchie.

Intelligents, rusés et maléfiques à l’extrême, les Démons du Chaos sont le reflet perverti des émotions humaines les plus viles, et ils excellent par conséquent dans la manipulation des Psykers les plus faibles à qui ils promettent le pouvoir et la richesse. Cependant, tout pacte passé avec le Démon ne sert que les intérêts de celui-ci, car à la différence des habitants mineurs du Warp, les Démons poursuivent des buts. Chacun est le vassal d’un Démon plus puissant et tous obéissent à l’une des quatre Puissances de la Ruine, les Dieux du Chaos, Nurgle, Khorne, Tzeentch et Slaanesh.

Les Astropathes

Ce corps de communication interstellaire fut fondé durant les derniers mois de la conquête de la Terre par l’Empereur, lequel avait pressenti les besoins qui surviendraient tandis qu’Il planifiait Sa croisade à venir vers les étoiles.

Pour l’essentiel, et ce dès le début de Son règne, l’Empereur n’encouragea pas l’usage des talents psychiques, conscient comme Il l’était des dangers qu’ils recelaient pour quiconque les utilisait et pour l’Humanité dans son ensemble. Il parvenait néanmoins à identifier ceux des Psykers qui seraient assez forts pour résister aux tentations du Warp, et ainsi, avec une grande prudence, certains d’entre eux commencèrent à se voir assigner divers rôles.

Un Astropathe est un "astro-télépathe", un individu capable de communiquer avec ses homologues sur de vastes distances interstellaires. Ce talent est devenu essentiel à une époque où des années-lumière séparent les communautés, et le seul moyen dont dispose l’Imperium pour maintenir un semblant de cohésion.

Tous les Astropathes doivent en passer par un processus qui façonne leurs pouvoirs en même temps qu’il les arme contre les périls du Warp. Ce rituel est appelé l’Unification des Âmes et seul l’Empereur est à même de l’accomplir.

La cérémonie de l’Unification des Âmes se déroule dans le Palais Impérial, où les Psykers sont menés devant l’Empereur par groupes de cent. À genoux devant Lui, il leur faut alors endurer une terrible souffrance tandis qu’Il use de ses pouvoirs pour reconstruire leurs esprits en y mêlant une portion infinitésimale de Ses facultés.

Tous les candidats ne survivent hélas pas à cette expérience. Certains sont rendus fous, et tous subissent un certain degré d’altération de leur personnalité. Les forces impliquées dans ce dégagement d’énergie brutal ont également un autre effet, celui d’endommager les nerfs les plus délicats, et particulièrement les nerfs optiques, en conséquence de quoi tous les Astropathes sont aveugles, bien que certains aient également perdu le sens de l’odorat, de l’ouïe ou du toucher.

L'Astronomican

Avant d’étendre la Grande Croisade vers les étoiles par-delà Sol, l’Empereur ordonna sur Terre la construction de l’Astronomican. Des cohortes de Technoprêtres furent amenées de Mars pour superviser le projet et la majorité de la population locale fut affectée à son édification.

À cette époque, l’Astronomican était le plus grand édifice sur Terre, mais plus édifiant encore était le fait qu’il constituait simplement un point focal au travers duquel l’Empereur pouvait diriger Ses facultés psychiques insondables.

Un rayon de navigation psychique est projeté depuis l’Astronomican au travers du Warp, et ceux qui savent percevoir sa fréquence et ses modulations uniques, les Navigators, sont capables de s’en servir comme point de référence pour le calcul de trajets qui dureront quelques jours plutôt que quelques semaines, des mois plutôt que des années.

L’Empereur venait de concevoir ainsi un instrument grâce auquel les voyages interstellaires étaient à nouveau envisageables.

La lumière de l’Astronomican perce le Warp tel un phare dont les Navigators peuvent se servir comme guide pour établir leurs déplacements à travers la galaxie. Son rayon est alimenté par l’énergie psychique de l’Empereur Lui-même, bien que peu en aient conscience et même si beaucoup s’y réfèrent pourtant comme à "Sa Divine Lumière" ou à la "Lumière de l’Empereur".

L’Astronomican n’est cependant pas le seul moyen pouvant aider à traverser de grandes distances dans le Warp. S’Il le désire, au prix de quelque effort, l’Empereur est capable de projeter dans l’Éther un signal que percevront les Navigators et les autres Psykers suffisamment sensibles. Guidé de cette manière, un voyage qui aurait demandé plusieurs mois peut ainsi être accompli en quelques jours.

À l’inverse, l’Empereur serait en mesure d’étouffer l’Astronomican ou d’en interrompre le rayon. Seuls une poignée d’individus savent que ce grand phare est alimenté par les pouvoirs psychiques de l’Empereur ; ceux-là vivent dans la crainte de Le voir mourir, et que la galaxie s’en trouve plongée dans une nouvelle Ère des Luttes.

La Navis Nobilite

Les Navigators constituent une souche ancienne de l’espèce humaine, et ont sans doute vécu parmi les autres hommes depuis les jours qui précédèrent l’Ère des Luttes, mais on ignore comment ils en vinrent à exister, si bien que certains suspectent encore une fois l’intervention de l’Empereur. Leur mutation en a fait une variation humaine particulière. L’obligation de préserver ce patrimoine les contraint à l’endogamie et chacun appartient à la famille d’une maisonnée étendue.

Le gène particulier des Navigators leur permet de "voir"au travers du Warp et ainsi de guider les vaisseaux au milieu de cette dimension parallèle, sans quoi ceux-ci se perdraient dans le maelström des courants pour en sortir. À elle seule, cette capacité naturelle ne permettrait néanmoins que des traversées relativement courtes du Warp en conservant la certitude de la destination.

Toutefois, les Navigators dispose du phare qu’est pour eux l’Astronomican, dont ils perçoivent le rayonnement sur de longues distances d’espace Warp. Ce point fixe leur permet de calculer leurs routes avec bien plus de précision et ainsi d’emmener des vaisseaux dans de bien plus longs périples que ceux auxquels ils seraient normalement limités.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : les Navigators

Les Psykers Assermentés

À mesure que la Grande Croisade se déroulait, d’autres Psykers que les Astropathes et les Navigators furent jugés suffisamment maîtres d’eux pour être autorisés à opérer librement dans l’Imperium. De grands Vaisseaux Noirs avaient reçu pour mission de visiter chaque monde humain et d’en ramener leur chargement de Psykers sur Terra, où des tests rigoureux permettaient d’isoler les plus faibles ou ceux devenus fous, par la suite généralement lobotomisés et employés comme subalternes.

Les plus forts et mentalement stables étaient ensuite répartis entre diverses formations, la grande majorité envoyée vers le palais de l’Empereur pour subir le rituel de l’Unification des Âmes qui feraient d’eux des Astropathes. D’autres furent enrôlés par les Légions Space Marines pour être entraînés dans les départements des Librarius, d’autres encore atterrirent au sein d’organisations impériales plus secrètes.

Les Vaisseaux Noirs

Les mondes humains nouvellement reconquis devaient entre autres s’attendre à la visite occasionnelle des Vaisseaux Noirs qui viendraient emporter leurs Psykers, l’aspect le plus important de la Dîme auquel tout Commandeur Impérial était appelé à se conformer.

Les Vaisseaux Noirs étaient aux ordres de l’Astra Telepathica, l’organisation impériale chargée de tester les Psykers. La vaste majorité de ceux rapportés ainsi sur Terra était destinée à en passer par le rituel de l’Unification des Âmes, dont les quelques survivants pourraient ensuite être enrôlés dans le corps des Astropathes.

Au sein de l’équipage d’un Vaisseau Noir, se trouvaient également les mystérieuses guerrières-investigatrices connues en tant que Sœurs du Silence, lesquelles étaient recrutées parmi le groupe des intouchables, une variante humaine extrêmement rare n’ayant pas de présence psychique et apparemment immunisée à toute forme de contrôle mental et de communication extrasensorielle. Les Psykers éprouvent les pires peines à se trouver en leur présence, qui perturbe leurs capacités psychiques. Les Sœurs sont ainsi capables de les identifier et de les maîtriser en les combattant si nécessaire.

Les Sœurs du Silence

Les Sœurs du Silence.
Les Sœurs du Silence furent peut-être les plus mystérieuses de toutes les servantes de l’Empereur, auquel chacune devait prêter vœu de silence comme marque de fidélité à leur mission. Bien que peu nombreuses, les Sœurs jouissaient d’un grand respect au sein de l’Imperium, dont la plupart des autres serviteurs les considéraient avec révérence, en se gardant bien de leur faire obstacle ou d’interférer avec leurs activités.

Ces combattantes investigatrices étaient chargées de traquer et d’appréhender les Psykers non entraînés. En tant que telles, leur groupe constituait un département de la Division de Télépathie Astrale, l’organisation impériale dont les responsabilités comprenaient la gestion de tous les humains à potentiel psychique. Sous ses ordres opéraient les Vaisseaux Noirs, d’immenses nefs de transport qui visitaient la myriade de mondes de l’Imperium pour y récupérer les Psykers et les ramener sur Terra, où ces humains étaient alors soumis à des tests afin de décider de leur sort. Beaucoup recevaient le rituel de l’Unification des Âmes, pour être recrutés dans les rangs des Astropathes dont était composée en majorité la Division de Télépathie Astrale. Chacun de ces Vaisseaux Noirs transportait à son bord un petit contingent de Sœurs du Silence.

La Sororité Silencieuse avait ceci de spécifique au sein de la Division de Télépathie Astrale qu’aucune de ses membres n’était Psyker ; en réalité, toutes étaient des intouchables, une variante d’humains très rare et très étrange, ne possédant aucune présence psychique. De tels individus sont porteurs du gène du paria, qui les immunise aux attaques psychiques et à la télépathie. La proximité d’un intouchable perturbe l’utilisation de capacités psychiques ; leur présence est insupportable aux Psykers, les toucher pouvant même leur causer une grande douleur. Cela rendait les Sœurs idéales pour identifier les Psykers cachés parmi les populations humaines, ou ceux qui n’ont même pas conscience de leur nature.

Bien qu’humaines, les Sœurs du Silence étaient des guerrières dont l’entraînement poussé, allié à leurs capacités naturelles, en faisait des adversaires très dangereuses pour tout Psyker malveillant ou contestataire amené à croiser leur route. Leur équipement comptait toute une variété d’armes et d’appareils spécifiquement conçus pour aider à la neutralisation des Psykers ; les Sœurs étaient par ailleurs autorisées à tuer ceux qu’elles estimaient trop dangereux pour qu’ils soient capturés et amenés sur Terra.

Le Mechanicum de Mars

Depuis des milliers d’années, Mars a été dirigée par l’étrange caste des Technoprêtres connue comme le Mechanicum, ou le Culte Mechanicus, les adorateurs du mystérieux Dieu-Machine. Cette secte religieuse y gagna sa position prépondérante durant les premiers siècles de l’Ère des Luttes. La planète entière s’est dès lors consacrée à l’étude et à la manufacture de machines de tous types concevables et de toutes fonctions.

Lorsque les orages Warp éclatèrent, Mars connut de façon subite la même période d’isolement que les autres mondes de l’Humanité. La Planète Rouge fut coupée de ses colonies, car ses Navigators n’étaient pas davantage que les autres en mesure de les rallier. Que Mars n’ait pas succombé alors à l’anarchie témoigne de la résolution des Technoprêtres et de la foi stoïque qu’ils placent dans le Dieu-Machine.

Au cours de l’Ère des Luttes, le Mechanicum parvint à envoyer des vaisseaux vers d’autres planètes disséminées autour de Sol. Ses adeptes concentrèrent essentiellement leur attention vers la Terre, berceau historique de la puissance de l’Humanité, car ils la savaient dépositaire de nombreux secrets que les autochtones barbares occupés à se battre seraient incapables d’employer par eux-mêmes.

Ainsi les Technoprêtres devinrent-ils des ennemis pour les tribus de la Terre soupçonneuses envers leur technologie, auxquelles ils cherchèrent pendant des siècles à soutirer des vestiges et à voler des échantillons technologiques.

Ils s’étaient également fixé pour but de comprendre quel destin avait frappé la galaxie, et de grands vaisseaux furent envoyés périodiquement dans le Warp dans l’espoir que certains trouveraient des explications. Il s’agissait là des premières flottes exploratrices de Mars. Au fil des siècles, des milliers de ces expéditions quittèrent la Planète Rouge. Bon nombre d’entre elles fondèrent les nouvelles colonies qui allaient devenir les Mondes-Forges, d’autres furent simplement perdues à jamais.

Quand l’Empereur eut pris le pouvoir sur Terre, les Technoprêtres reconnurent en Lui un esprit semblable au leur, un homme qui savait la valeur de la science, de la machine et de l’avancée technologique. Lorsque la nouvelle de son avènement parvint sur Mars, certains adeptes allèrent jusqu’à assimiler l’Empereur au Dieu-Machine et y virent l’accomplissement d’anciennes prophéties.

Une alliance fut établie avec le Mechanicum ; en échange du matériel pour Ses armées et de la gigantesque flotte de guerre qui transporterait Sa croisade vers les étoiles, l’Empereur promit de protéger les Technoprêtres et de respecter la souveraineté de leurs Mondes-Forges. De plus, Il délégua au service du Mechanicum six des Maisons de Navigators qui remplacèrent les leurs, éteins depuis longtemps, afin que leurs vaisseaux pussent à nouveau emprunter le Warp en toute sécurité.

Un ambassadeur sur Terra fut nommé par le Mechanicum : le Fabricator-Général, auquel l’Empereur offrit respectueusement un siège à Son Conseil de Guerre.

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L'Hérésie Se Révèle

C’est une époque légendaire…
Des héros continuent de se battre pour régenter la portion de galaxie que les vastes armées de l’Empereur de Terra ont conquise durant leur Grande Croisade. Une myriade de races extraterrestres ont été écrasées par les combattants d’élite de l’Empereur et effacées des annales de l’histoire.
L’aube d’une ère de suprématie se lève sur l’Humanité. Des citadelles éclatantes d’or et de marbre célèbrent les nombreux triomphes de l’Empereur. Sur un million de mondes sont érigés des monuments rappelant les exploits épiques de ses plus formidables guerriers.
Premiers parmi eux, les Primarques, des héros surpuissants, imposants et magnifiques, l’aboutissement ultime des expérimentations génétiques de l’Empereur, ont mené leurs armées de Space Marines de victoire en victoire.
Les Space Marines sont les plus puissants guerriers humains que la galaxie ait jamais connus, chacun d’eux surpassant une centaine de soldats ordinaires. Organisés en légions de dizaines de milliers de combattants placés sous les ordres d’un Primarque, ils ont conquis l’immensité spatiale au nom de l’Empereur.
Le plus illustre parmi ces Primarques est Horus le Glorieux, l’Astre Brillant, favori de l’Empereur. Il est le Maître de Guerre, commandant en chef de la puissance militaire impériale ayant assujetti un millier de milliers de mondes, grand conquérant, guerrier sans égal et diplomate suprême.
Horus est une étoile montante, mais jusqu’où une étoile peut-elle monter avant de retomber ?

Le Chemin vers la Guerre

C’est sur Isstvan V, dans ce qui allait devenir le Massacre du Site d’Atterrissage, que la véritable horreur de l’Hérésie d’Horus s’est pour la première fois manifestée. Sur Isstvan III, le Maître de Guerre Horus, le fils favori de l’Empereur, s’était retourné contre l’Imperium et avait dirigé sa propre Légion, les Sons of Horus, aux côtés de trois autres : les World Eaters, la Death Guard et les Emperor’s Children, en révolte ouverte et trahi l’Empereur leur créateur. Lorsque la nouvelle de cette trahison atteignit l’Imperium, la galaxie fut plongée dans une guerre civile apocalyptique, mais avant que le développement du Massacre du Site d’Atterrissage et ceux qui y furent impliqués ne soit traité dans ce texte, il est d’abord important de rappeler l’arc de l’histoire qui conduit à ce moment, du Moyen-Âge Technologique à la gloire de la Grande Croisade.[2]

Du Moyen-Âge Technologique à la Renaissance

Il y a bien longtemps, l’Humanité avait quitté l’orbe abîmée et usée qu’on appelait autrefois la Vieille Terre pour forger un domaine au milieu des étoiles. Ce royaume perdu se répandis dans toute la galaxie de sorte que l’Humanité fut dispersée sur un million de mondes. Dans les hauts faits de cette époque, perdue maintenant par tous sauf dans les suppositions et les mythes, l’Humanité était devenue un dieu vivant de par ses réalisations, et son pouvoir était presque sans limites. C’est ainsi que naquit le Moyen-Âge Technologique qui dura des millénaires, jusqu’à ce que, presque d’un seul coup, le premier empire de l’Humanité tomba dans la ruine sanglante, l’isolement et l’ignorance. La terrible période de l’histoire qui suivit dura plus de cinq mille ans, fait de cauchemar et de prédation. Pendant ce temps, les mondes de l’Humanité furent isolés par des tempêtes Warp fulgurantes qui rendirent le voyage interstellaire pratiquement impossible et la Vieille Terre, ou Terra comme nous la connaissons, fut totalement coupée de ses colonies et anciens alliés. Famine, guerre, invasion et terreur furent répandue par les horreurs au-delà de la réalité ; tous se déchaînement poussant l’Humanité au bord de l’extinction.

Mais c’est sur l’Ancienne Terre, longtemps ravagée par la folie, les génocides et les guerres incessantes aussi terribles que n’importe quel combat au milieu des sombres étoiles que le salut devait surgir. Ici, du cycle apparemment sans fin de la violence, un chef de file émergea, un seigneur de guerre pas comme les autres. Il était l’Empereur, d’une puissance et d’une raison inégalées, et doté d’un pouvoir surnaturel. L’Empereur se battit pour le contrôle de la Vieille Terre dans ce qui allait devenir les Guerres d’Unification et détruisit ceux qui refusait de le rejoindre. Il mit fin aux idoles de la peur, à la mauvaise gestion et à la foi aveugle, les remplaçant par l’ordre et la rationalité. Sous Son règne, l’Humanité serait restaurée, intellectuellement, spirituellement et physiquement, jusqu’aux sommets qu’elle avait autrefois connus, et les chaînes des ténèbres seraient mises de côté. Durant Ses conquêtes, l’Empereur fut aidé par des régiments de guerriers surhumains génétiquement améliorés de Sa propre conception, d’abord les Guerriers Tonnerre et plus tard les beaucoup plus stables Legiones Astartes ou Space Marines - comme ils deviendront plus tard familièrement nommés. Nés à partir des Primarques - des êtres post-humains conçus à dessein - chaque Légion avait sa propre force et son propre caractère, mais toutes étaient d’abord et avant tout composées de Space Marines, des guerriers assermentés d’une puissance et d’une volonté inégalées. Bien que les Primarques à partir desquels ils furent créés aient été perdus dans des circonstances mystérieuses, les Légions qui en découlèrent furentun succès triomphant. En fin de compte, personne ne pouvait résister à la puissance combinée de l’Empereur et de Ses guerriers, et c’est ainsi que l’unité fut atteinte.[3]

L'Aube de la Grande Croisade

Là où Terra avait été un royaume de guerre sans fin, elle devint maintenant un lieu d’activité, de production et de planification incessants, car la grande cause de l’Empereur n’était pas simplement de lui apporter une fois de plus la lumière de la prospérité et de l’ordre, mais de libérer des ténèbres les mondes inimaginablement vastes et dispersés de l’Humanité, et les réunir dans un seul Imperium de l’Homme. Lorsque la conquête de la Vieille Terre fut terminée, un événement cosmique puissant et imprévu se produisit. Une énorme onde de choc déferla sur l’Immaterium, éliminant ainsi les tempêtes Warp qui avaient masqué une grande partie de la galaxie. Cela semblait être une certaine providence divine, alimentant les croyances de ceux qui considéraient que l’Empereur était Lui-même divin (peu importe combien Il avait décrié cette affirmation). La voie était maintenant ouverte et les armées de l’Empereur pouvaient désormais se diriger vers les étoiles. La Grande Croisade avait vraiment commencé.

Les seigneurs de Mars faisant maintenant partie de l’Imperium par un traité d’alliance et par leur puissance industrielle, les Space Marines firent leurs effectifs se multiplier, et furent ré-armés et ré-équipés pour conquérir une galaxie chaotique. La Grande Croisade était une opération gigantesque d’une ampleur et d’une complexité inconcevables, impliquant des milliards de soldats et des dizaines de milliers de vaisseaux. Il est peut-être vrai que seul un esprit tel que l’Empereur aurait pu espérer comprendre et donner naissance à la grande "Pax Imperialis", la Paix Impériale, à travers la galaxie.

Les Légions de Space Marines étaient le fer de lance de l’expansion - le tranchant meurtrier de la Grande Croisade contre lequel les forces d’un ennemi était brisées et qui renversait des empires, humains ou Xenos, en leur arrachant le cœur. La création de l’Astronomican de Terra se trouvait au centre de la Grande Croisade. Balise de navigation psychique capable de percer à travers le Warp, les Navigators, sensibles à ses fréquences et modulations uniques, ont pu l’utiliser lors de la planification de voyages dans l’Immaterium, leur permettant de traverser le vide avec une précision inégalée. Parallèlement, ce sont les Astropathes qui ont également rendu l’Imperium possible. Capables de communiquer avec d’autres de leur genre sur de vastes distances interstellaires, ils ont permis à des mondes habités situés à de nombreuses années-lumière de fonctionner physiquement en un seul royaume, et ont lié l’Imperium naissant à Terra et ses mondes en un seul et même domaine.

Par cette Grande Croisade, l’Empereur entreprit Sa mission de libérer l’Humanité des aliens et des créatures du Warp qui l’avaient presque détruite. Monde après monde furent reconquis ; là où la société humaine existait, elle faisait partie de l’Imperium. Cette intégration a été réalisée lorsque cela était possible avec la diplomatie et la promesse d’un avenir meilleur grâce à une connexion plus large avec une société humaine galactique, et par la force des armes dans le cas contraire. Pour l’alien, il n’y avait pas de pitié, et des empires et espèces extraterrestres étaient mis en déroute ou annihilés au cours d’une série de guerres épiques.

Au cours de la Grande Croisade, les Légions Space Marine retrouvèrent leurs Primarques disparus, suite à la découverte par l’Empereur de leurs mondes d’adoption. Ces mondes sont devenus, dans la plupart des cas, les planètes d’origine des Légions et furent fortement enrichis et développés. Ces mondes, ainsi qu’une poignée d’autres planètes stratégiquement essentielles, sont devenus les piliers de la Grande Croisade à mesure qu’elle s’éloignait de Terra et du commandement central direct, faisant que la coordination devenait plus difficile. À partir de ces nouvelles bases et des Mondes-Forges du Mechanicum réabsorbés, la Grande Croisade s’étendit jusqu’aux coins les plus reculés de notre galaxie et la guerre se déroula à travers d’innombrables systèmes stellaires.[4]

La Perfidie Secrète de Lorgar

Bien avant les événements sur Isstvan III et l’hérésie de Magnus le Rouge, le Primarque Lorgar s’était à l’insu de tous placé, ainsi que ses Space Marines, au service des Puissances de la Ruine. Lorgar était un être religieux à la ferveur fanatique. Il est dit que certaines des visions dont il fit l’expérience lui annoncèrent la venue de l’Empereur ; les textes sacrés de Colchis prédisaient quant à eux l’avènement d’un messie et Lorgar fut convaincu d’avoir vu la vérité. Le résultat en fut une série de guerres acharnées au cours desquelles il combattit pour imposer sa doctrine sur toute la planète. Le jour où l’Empereur arriva bel et bien, la planète tout entière était déjà ralliée au culte de l’Empereur promu par Lorgar.

Celui-ci rendit grâce à l’Empereur-Dieu et la société de Colchis se joignit à lui. L’Empereur en fut troublé, Lui qui avait toujours rejeté toute prétention de divinité, et ne souhaitait que présenter Lorgar à la Légion des Word Bearers afin qu’il se joigne à Lui dans sa Grande Croisade.

Lorgar accepta sa nature de Primarque, mais continua de vénérer l’Empereur en éduquant dans cette foi les nouveaux soldats à sa charge. Il s’attela avec ferveur à sa nouvelle fonction, et créa le corps des Chapelains, auxquels étaient enseignées les doctrines de Colchis et du culte de l’Empereur. Les Word Bearers furent un temps les plus véhéments partisans de l’Empereur, et Lorgar son porte-parole le plus zélé.

Cependant, l’Empereur s’irrita bientôt de l’acharnement que mettaient Lorgar à croire en Sa divinité et les Word Bearers à ne reculer devant rien dans leurs efforts pour promouvoir le culte de Sa personne. Le Primarque perpétrait désormais des actes terribles en Son nom, et des mondes entiers étaient punis pour ne pas avoir suffisamment démontré leur piété.

À mesure que la Grande Croisade progressait, la relation entre Lorgar et l’Empereur se dégrada. Lorgar était déterminé à défendre la divinité qu’il lui prêtait, et ses sermons allaient en ce sens sur chaque monde qu’il lui était donné de conquérir ou de visiter. Un temps précieux était sacrifié à l’édification de cathédrales dédiées à l’Empereur sur chacun des mondes que Lorgar pacifiait ; celui-ci se préoccupait davantage de prêcher que de remplir les objectifs militaires qui lui étaient confiés.

L’Empereur se désolait également que Lorgar soit devenu de plus en plus impitoyable avec ceux qui refusaient de le reconnaître comme leur dieu. Sa poursuite de la droiture l’avait rendu brutal et oppressif. Des pogroms religieux caractérisaient le passage des Word Bearers sur les mondes qu’ils libéraient : nombreux étaient les innocents à périr des mains de la Légion de Lorgar pour ne pas avoir souscrit à la divinité de l’Empereur ou ne pas avoir été jugés assez dévots. L’Empereur en informa le Primarque en soulignant que son devoir était de se battre et non de répandre une quelconque foi: tandis que Lorgar perdait son temps en étalages de piété inutiles, des mondes humains continuaient de souffrir de l’oppression Xenos. Ce n’était pas là ce qu’Il désirait, et Il n’entendait pas que sa Grande Croisade soit pervertie de cette façon. Leur mission était de servir l’Humanité, et non de l’asservir ! L’Empereur ordonna donc à Lorgar de cesser ses activités religieuses et de renoncer à le tenir pour un personnage divin.

Lorgar parut contrit, et se retira sur son vaisseau-amiral où il demeura un mois sans donner aucune nouvelle, tandis que ses guerriers attendaient de recevoir leurs ordres de lui. Alors même qu’il semblait que l’Empereur aurait à lui parler de nouveau, Lorgar réapparut, et les Word Bearers se lancèrent dans une campagne remarquable par sa rapidité et sa fougue. Lorgar paraissait avoir retenu la leçon et décidé de faire ce qui était attendu de lui.

Les Word Bearers poursuivirent leurs nouveaux objectifs avec une énergie qui surprit l’Empereur et apaisa Ses craintes : Lorgar semblait avoir compris Son message.

La vérité était tout autre, hélas. Ce qu’Il lui avait dit avait à ce point ébranlé Lorgar qu’il s’était reclus dans ses quartiers privés pour tenter de résoudre le conflit intérieur qui l’agitait. Le Primarque avait commencé par n’admettre la visite de personne, pensant que sa solitude contemplative lui apporterait les réponses dont il avait désespérément besoin. Quand cela eut échoué, il s’était tourné vers ses aides les plus dévots. Kor Phaeron de Colchis été le avait premier à douter de l’Empereur et de Ses motifs : si Lui n’acceptait pas leur adoration, d’autres l’auraient fait, argumentait-il. Le Premier Chapelain Erebus avait alors été le premier à évoquer les noms des Puissances de la Ruine : n’avaient-elles pas été les dieux véritables de Colchis, avant que l’Empereur ne trompe Lorgar en l’assaillant de visions mensongère ? Le Primarque avait trouvé sa réponse. L’Empereur l’avait délibérément amené à penser qu’il était un dieu pour soustraire ses louanges à ceux qui les méritaient de droit. Lorgar se tourna alors vers les Dieux Sombres et devint un serviteur du Chaos.

À mesure que le temps passait, Lorgar et ses lieutenants pervertirent le sacerdoce de ses Chapelains, lesquels devinrent ses Apôtres Noirs. La corruption des Word Bearers avait commencé.

Craignant la colère de l’Empereur, Lorgar se montra déterminé à garder secrète sa nouvelle allégeance au Chaos. Seule, sa Légion n’était rien face à la force combinée de toutes les autres. Kor Phaeron se montrait impatient, convaincu comme il l’était de la puissance et de la majesté des Dieux Sombres. Il lui tardait de rejeter le manteau de la tromperie et de faire connaître à l’Imperium la gloire du Chaos ; selon lui, les autres Primarques reconnaîtraient vite leurs erreurs et se joindraient aux Word Bearers s’ils se déclaraient ouvertement.

Erebus était plus circonspect. Il conseilla à Lorgar d’œuvrer dans l’ombre, de développer ses forces et d’attendre son heure jusqu’à ce que le moment soit venu de régler ses comptes avec l’Empereur.

Lorgar savait ne jamais avoir acquis le respect des autres Primarques, qui pour la plupart l’évitaient et avaient toujours refusé de prêter l’oreille à ses théories sur la divinité de l’Empereur. Son cœur lui disait qu’ils ne le suivraient pas. Ils se rangeraient derrière le maudit Guilliman, Sanguinius l'angélique ou Rogal Dorn des Imperial Fists et, bien sûr, ils se rangeraient derrière Horus, le premier des Primarques. Une pensée frappa alors Lorgar : si Horus était gagné par leur foi, il n’y aurait plus de limite à ce qu’ils pourraient accomplir ensemble.

L'Empereur Rend Hommage à Horus

À l’approche du terme de la Grande Croisade, l’Empereur et Ses armées s’étaient réapproprié deux millions de mondes humains. Le plus en vue de Ses guerriers était Horus, probablement le plus grand de tous les Primarques, et certainement le meilleur général de l’ost de l’Imperium.

L’Empereur s’adressa à lui en ces termes : « Tu m’es comme un fils et ensemble nous avons conquis la galaxie, mais l’heure est maintenant venue pour Moi de me retirer. Mon devoir de soldat est accompli et d’autres tâches me sont dévolues, que Je dois accomplir dans mon sanctorum de Terra. Je te nomme Maître de Guerre. À dater de ce jour, toutes Mes armées et tous Mes généraux devront obéir à tes ordres comme s’ils émanaient de Mes propres lèvres. Cependant, Il me reste à t’avertir. Tes frères Primarques brillent par leur volonté, leurs pensées et leurs actions : ne cherche pas à les changer, cultive leurs forces particulières. Un dur labeur t'attend, car il reste bien des mondes à libérer, et bien des peuples à secourir. Ma confiance t’est acquise. Gloire à Horus, gloire au Maître de Guerre ! »

Ayant fait d’Horus le commandant en chef de toutes Ses armées, l’Empereur retourna vers Son palais de Terra pour s’atteler à une grande tâche dont Il ne souhaita pas discuter la nature exacte avec Horus ni aucun de Ses généraux. Accompagné de certains conseillers, dont les plus éminents étaient Malcador et le Fabricator-Général de Mars, Il s’isola dans les parties privées de Sa forteresse.

Durant ce temps, Horus s’attaqua à ses nouveaux devoirs en planifiant la poursuite de la Grande Croisade et contacta immédiatement les autres Primarques, dont les plus proches de lui étaient Angron, Mortarion et Fulgrim. Ces derniers furent atterrés d’apprendre que leur père ne se battrait plus à leurs côtés, particulièrement Angron qui voyait en cela la seconde fois où l’Empereur lui faisait défaut. Horus parla aux Primarques chacun à leur tour, et à ceux qui se sentirent délaissés, il promit que lui ne les abandonnerait jamais.

Le Conseil de Terra

Après s’être retiré sur Terra, l’Empereur appela à Ses côtés Malcador et le Fabricator-Général, auxquels Il donna de nouvelles instructions. La responsabilité des campagnes militaires n’appartenait plus à aucun d’entre eux, désormais placée entre les mains des Primarques et du Maître de Guerre Horus. L’Empereur devait dédier tout Son temps et toute Sa concentration à un nouveau grand projet.

Pour cela, Il réunit le premier Conseil de Terra. À la différence du Conseil de Guerre, que présidait désormais Horus, celui-ci devait se préoccuper de la façon dont la loi impériale était établie ou maintenue sur la myriade de mondes et dans tous les gouvernements civils que comptait l’Imperium. La répartition de la Dîme Impériale était également de son ressort, et le gouvernement civil de tout l’Imperium allait être de ses prérogatives.

Malcador, l’homme de confiance, fut nommé Premier Seigneur du Conseil, qu’il dirigerait en l’absence de l’Empereur. Le Fabricator-Général, le Premier Gardien Constantin Valdor et les dirigeants des divisions astropathiques et administratives de l’Imperium furent également appelés à y siéger.

Ayant posé les fondations de cette nouvelle entité gouvernante, l’Empereur Se réfugia dans les vastes laboratoires qui couraient sous le Palais Impérial afin de s’atteler pour de bon à Son nouveau dessein : la construction d’immenses machines psychiques, dont Lui seul connaissait l’agencement et la raison d’être exacte. Même Ses plus proches collaborateurs et les techniciens qui travaillaient avec Lui ne pouvaient que tenter de deviner leur fonction précise.

Tandis que cette tâche le retenait dans Ses ateliers souterrains, le trouble grandissait. Les Primarques avaient en effet été sidérés d’apprendre la formation du Conseil de Terra et se sentirent davantage délaissés. Pourquoi n’avaient-ils pas été consultés, et pourquoi ne siégeaient-ils pas dans cette nouvelle assemblée dirigeante ? Les plus outrés parmi les Primarques allèrent même plus loin : leur père n’avait-il donc aucune considération pour les guerres qu’ils avaient livrées et remportées en Son Nom ? Toutes ces victoires comptaient-elles pour rien ? Certains reconnurent ce qu’Horus leur avait prophétisé : l’Empereur se détournerait de Ses généraux pour confier le pouvoir à des administrateurs mesquins et à un adepte de Mars.

Malcador le Régent

Malcador le Sigillite était préoccupé. Depuis des mois, l’Empereur était resté enfermé dans Ses cryptes pour y travailler sur un projet secret, en réclamant chaque jour davantage d’hommes et de matériaux : l’œuvre à laquelle Il se consacrait jour et nuit était qualifiée de hautement prioritaire et Malcador avait reçu l’ordre que nul n’en perturbe l’avancement. De plus en plus, les vastes ressources de l’Ancienne Terra étaient tournées vers l’approvisionnement des cryptes du Palais Impérial, afin de faire face aux demandes constantes qui en émanaient.

Malcador ne se réjouissait guère de son rôle de Régent, car chaque jour semblait apporter son lot de nouvelles difficultés. Les Primarques Space Marines critiquaient ouvertement son autorité, remettaient constamment en question son droit à les commander et refusaient même de maintenir le contact avec lui. Le Mechanicum de Mars était agité et envoyait quotidiennement des demandes pour que des représentants soient admis en présence de l’Empereur. Même les plus modestes des clercs et des administrateurs de Terra semblaient devoir se faire répéter leurs instructions avant de s’y conformer.

En dépit de toutes ces distractions, il apparaissait clairement à Malcador qu’une crise se préparait. Des tempêtes Warp gênaient les communications interstellaires et l’Astronomican s’affaiblissait. Des régions entières de l’Imperium étaient coupées de Terra. Le Maître de Guerre Horus ne s’était plus trouvé en contact direct avec lui depuis des semaines et Malcador n’était pas parvenu à s’assurer de la localisation et de la situation de la plupart des Légions Space Marines. À ses yeux, l’Imperium n’avait jamais été aussi faible depuis des décennies, et aurait été une proie facile pour un ennemi déterminé.

De nombreux autres Primarques étaient eux aussi restés silencieux. Aucune nouvelle n’était parvenue de Guilliman, de Leman Russ, de Sanguinius ou de Lion El'Jonson depuis leur départ pour diverses missions. Le sort de Magnus le Rouge restait lui aussi inconnu.

Les rapports des Primarques Angron, Mortarion, Fulgrim, Corax, Vulkan, Ferrus Manus, Alpharius et Konrad Curze étaient toujours attendus. Le puissant Rogal Dom et ses Imperial Fists n’étaient pas encore revenus sur Terra : leur ultime transmission parlait de difficultés de navigation sévères et annonçait qu’ils allaient enquêter sur un phénomène anormal de déflagration Warp. Les derniers messages reçus par Malcador, confus et incomplets, provenaient de Perturabo sur Olympia.

Par chance, Jaghatai Khan et sa Légion des White Scars se trouvaient non loin, stationnés dans le Système de Sol, ainsi qu’un fort contingent des Word Bearers, même si le Primarque Lorgar se trouvait en mission quelque part avec le reste de ses troupes. Malcador pouvait au moins se réjouir que l’ancienne Terra soit à l’abri de toute menace immédiate.

Il se préoccupa donc de résoudre les difficultés liées à l’Astronomican, ce dont il fit sa priorité. En parvenant à rétablir le contact avec Horus et les autres Primarques, alors à coup sûr ils se rallieraient à la cause de l’Empereur et la crise qui se profilait pourrait être évitée.

Horus le Sceptique

Quand l’Empereur se fut retiré vers Terra, Ses laboratoires et Ses donjons, Horus finit un jour par se sentir floué : aussi flatteur qu’il put paraître, l’honneur d’être nommé Maître de Guerre n’était rien comparé au sentiment d’abandon, d’avoir perdu son père spirituel. Horus avait fait de son mieux pour poursuivre la glorieuse Croisade, mais de nombreux Marines étaient morts et pas une fois l’Empereur n’avait jugé bon de les honorer de Sa présence.

Des querelles éclatèrent entre les autres Primarques, dont certains enviaient à Horus son nouveau rang et remettaient souvent ses ordres en question. D’autres se contentaient de les ignorer, ou les détournaient pour servir leurs propres buts. Horus ne fit bientôt plus confiance qu’à certains de ses frères, ceux qui le suivraient aveuglément, ceux qu’il pouvait aisément manipuler, et se mit à maudire l’Empereur pour l’avoir placé dans cette situation.

À mesure que les nouvelles filtraient depuis Terra, Horus se sentait de plus en plus étranger à cet homme qu’il croyait être son père. De plus en plus, il ne songeait qu’à sa mission d’achever la conquête de la galaxie et de pousser ses Légions à gagner toujours davantage de lauriers.

Horus Tombe à Davin

Les Loges Guerrières de Davin

La planète de Davin abritait autrefois une culture progressiste, que l’isolement durant l’Ère des Luttes mua en anarchie. De l’état de civilisation, ses peuplades retombèrent dans la barbarie et redevinrent des tribus sauvages.

Davin se trouvait à présent sous la domination des Loges Guerrières, des sociétés semi-religieux fondées sur la vénération de divers animaux-totems dont elles tiraient leur nom : la Loge de l’Ours, la Loge du Faucon, la Loge du Serpent, la Loge du Corbeau, ou la Loge du Chien pour n’en nommer que quelques-unes. Chacune était dirigée par un cercle obscur de moines qui en accomplissaient les cérémonies mystiques.

Pour comprendre comment un tel modèle rétrograde pouvait être toléré par les mondes plus évolués de l’Imperium, il faut considérer que Davin n’est qu’une planète humaine parmi des centaines de milliers d’autres dispersées dans la galaxie, et qu’elle serait restée parfaitement quelconque et inconnue si Horus n’y avait pas été traité.

Sur la lune de Davin, le Maître de Guerre s’était joint à sa Légion, les Sons of Horus, laquelle entretenait des liens privilégiés avec la société martiale de la planète. Ce fut d’ailleurs à la requête des prêtres davinites qu’une opération de purge débuta sur cette lune contre les cultistes adorateurs de la peste. Malgré l’aisance de l’intervention pour sa Légion, Horus fut blessé par la lame d’un assassin. La plaie s’infecta d’un mal dont ses experts médicaux ne parvinrent pas à le guérir. Horus était au seuil de la mort ; de désespoir, ses Apothicaires implorèrent l’aide des habitants de Davin.

Le Maître de Guerre fut alors soigné par une des sectes davinites. Lui qui avait été transporté mourant dans le temple de la Loge du Serpent en émergea quelques jours plus tard apparemment guéri et débordant d’énergie. Nul ne sait quels rites avaient été accomplis pour le sauver, mais Horus ordonna que chacun des officiers supérieurs de sa Légion soit initié dans une des Loges Guerrières de Davin. En peu de temps, l’intégralité de la Légion l’avait été, et dans les mois qui suivirent, Horus introduisit les Loges Guerrières au sein d’autres Légions Space Marines.

Ainsi le germe de l’Hérésie fut-il planté dans le cœur du plus fervent champion de l’Empereur, et de plusieurs des plus puissantes armées de la galaxie.

La Tromperie du Chaos

Horus avait prêté l’oreille aux Dieux Sombres et conclu son pacte avec eux. Il n’avait qu’à leur offrir l’Empereur pour recevoir la galaxie, un échange simple et qui lui parut sensé. Car bien peu connaissaient la menace des Démons du Warp, qui pesait sur l’Humanité ; et s’il le savait, l’Empereur semblait ne pas y prêter garde.

« Nous ne désirons que l’Empereur, car Sa force psychique détruit nos royaumes, » avaient murmuré les Puissances du Chaos au Maître de Guerre. « Pour l’heure, Il s’est retiré dans Ses cryptes afin d’y travailler à Ses buts égoïstes. Il ne se soucie plus de toi, ni de tes guerriers. Il placera des faibles au-dessus de vous. Si l’Empereur nous était sacrifié, nous n’aurions aucune prétention sur vos mondes, et tu deviendrais le légitime souverain de la galaxie. L’Humanité serait tienne pour en disposer à ta guise. »

Horus se doutait pleinement que l’Empereur était le plus puissant Psyker à avoir jamais vécu et qui vivrait jamais. Il savait aussi que de telles facultés découlaient du Warp. N’était-il pas évident que les Dieux du Chaos avaient raison, et que l’Empereur était le problème, qu’Il avait toujours été le problème ? Horus avait alors su qu’il lui faudrait le défier.

Horus le Traître

Après son séjour sur Davin, le Maître de Guerre n’était plus le même homme : dans les profondeurs du temple du Serpent, le Chaos lui avait murmuré à l’oreille. Affaibli par le traumatisme physique de sa blessure, Horus avait écouté les promesses trompeuses des Dieux Sombres et conclu un marché avec eux.

Tandis que son corps guérissait, les questions avaient agité son esprit. Pourquoi l’Empereur n’était-Il pas avec lui en cette heure ? Pourquoi, alors que sa vie était dans la balance, son père n’accourait-Il pas à ses côtés comme il l’avait fait autrefois ? Pourquoi dédaignait-Il tout ce qu’ils avaient accompli, pourquoi lui préférait-Il les clercs de Terra ? Et pourquoi Horus devait-il continuer à faire comme l’Empereur l’ordonnait ? N’était-il pas celui qui avait mené ses Légions vers d’innombrables victoires ? Ne portait-il pas les cicatrices de mille batailles ? L’Empereur avait-Il été là pour verser ne fût-ce qu’une larme quand de braves Space Marines étaient morts de la main des Xenos ? Non, c’était Horus qui avait combattu, et saigné, et pleuré ! C’était lui qui décidait des guerres et des victoires, qui s’était dignement valu la loyauté des Space Marines, et c’était à lui que revenait le droit d’être acclamé comme le juste seigneur de toute l’Humanité !

Les Puissances de la Ruine s’étaient montrées claires. « Livre-nous l’Empereur, et nous t’offrirons la galaxie. »

Horus le Conspirateur

Le Maître de Guerre rassembla autour de lui ceux des Primarques à qui il pouvait faire confiance, qu’il rencontra et corrompit un à un. Aux yeux d’Angron des World Eaters, dont les implants synaptiques bouillonnaient de rage, l’Empereur l’avait bafoué par deux fois, et les autres Primarques, qu’il voyait comme les favoris de leur père, ne jugeaient qu’avec mépris les moyens extrêmes dont il usait pour s’assurer de ses victoires. Il n’était plus qu’une masse vibrante de ressentiment, à laquelle Horus n’eut qu’à promettre que le sang coulerait.

Mortarion de la Death Guard fut plus dur à persuader, mais Horus insista et finit par le gagner à sa cause. Un jour nouveau allait se lever, disait-il, un âge d’or inimaginable sur lequel régneraient les Primarques, fermement mais avec justesse, et Horus allait avoir besoin de sa force, car l’Empereur était faible, épuisé. Il était dans l’ordre naturel des choses qu’Il soit remplacé.

Durant la Grande Croisade, Fulgrim des Emperor’s Children avait toujours été le plus proche d’Horus, avec qui il avait combattu côte à côte. En cela résida la corruption la plus insidieuse : tout ce qui était bon en Fulgrim, sa vertu, sa quête de perfection, son amour pour l’Empereur, fut lentement transformé en quelque chose de vicié. Fulgrim était à bout, brisé, toutes ses aspirations tombées en poussière ; Horus lui promit une opportunité de restaurer son honneur et de ressusciter ses rêves.

Le Maître de Guerre corrompit ses trois compagnons les plus proches, en les persuadant de s’allier à lui dans le combat qui viendrait contre l’Empereur qui les avait trahis. On ignore l’ampleur du rôle que jouèrent les Dieux Sombres dans leur corruption, mais les trois Primarques avaient choisi d’eux-mêmes leur voie, laquelle les mena inexorablement vers une déchéance qu’ils n’auraient pu prévoir.

Angron, Mortarion et Fulgrim retournèrent vers leurs Légions et commencèrent à y faire se répandre l’Hérésie. Patiemment et secrètement, la contagion se répandit à travers le système des Loges Guerrières récemment copié sur les Sons of Horus. La plupart de leurs Space Marines se laissèrent vite convaincre, car leur fidélité allait à leur Primarque, un père et un mentor pour qui ils étaient prêts à tuer et à mourir.

Cependant, certains au sein de leurs Légions ne se laissèrent pas si facilement détourner, ceux pour qui l’Empereur était tel un dieu : les premières recrues, pour une bonne part originaires de Terra, dont la loyauté à l’Empereur précédait celle due au Primarque. En prenant soin de ne pas dévoiler leurs intentions, les Primarques prirent note des hommes en lesquels ils ne pourraient avoir confiance, des dissidents auxquels ils réservaient un cruel destin.

Horus Prépare Sa Stratégie

Ayant corrompu ceux qui lui étaient les plus proches, le Maître de Guerre se préoccupa ensuite des autres Primarques et de leurs Légions. Il ordonna donc à Lion El’Jonson, à Sanguinius et au redoutable Guilliman de rassembler leurs Légions en préparation d’une série de missions dans l’amas de Signus et les systèmes de Veridian. Le premier se situait dans le Segmentum Ultima, à proximité du centre galactique, tandis que les seconds s’étendaient au sud galactique dans les régions les plus reculées du Segmentum Tempestus.

Ne voyant aucune raison de douter des motivations du Maître de Guerre, les trois Primarques se conformèrent à cette demande et organisèrent le départ de leurs hommes. Ainsi advint-il que trois des Légions les plus résolument loyales, celles des Dark Angels, des Blood Angels et des Ultramarines, furent éloignées par Horus de Terra et du système d’Isstvan.

Le Maître de Guerre cherchait à minimiser la menace que les autres Légions Space Marines pourraient faire peser sur ses plans. La loyauté de sa propre Légion, les Sons of Horus, lui était acquise, et il avait Angron, Mortarion et Fulgrim pour lui assurer le soutien de la Death Guard, des World Eaters et des Emperor’s Children.

Parmi les autres Légions, les Ultramarines, les Blood Angels et les Dark Angels avaient été dépêchés vers des secteurs distants afin d’éloigner le danger immédiat qu’ils constituaient pour ses plans. Les Night Lords, les Word Bearers, l’Alpha Legion, la Raven Guard, les Salamanders, les Iron Hands, tous étaient activement impliqués dans diverses campagnes aux quatre coins de l’Imperium, et leur heure viendrait. Sur Terra, les White Scars et les Imperial Fists étaient trop proches de l’Empereur pour qu’Horus puisse les contacter sans risquer d’éveiller les soupçons.

Cela laissait Magnus le Rouge et ses Thousand Sons, les Iron Warriors de Perturabo et les Space Wolves de Leman Russ, tous cantonnés sur leurs mondes natals respectifs ou à proximité.

L'Hérésie Se Répand

Après s’être assuré la loyauté de pratiquement quatre Légions entières, le Maître de Guerre espérait dorénavant attirer à lui davantage de forces. Il contacta Perturabo des Iron Warriors, lequel s’était lui aussi forgé une solide réputation en matière de guerre et de destruction, mais était un Primarque jaloux. Les Loges Guerrières avaient déjà commencé à faire pencher sa Légion en faveur d’Horus. Celui-ci informa le Primarque de la rébellion qui se fomentait sur son monde natal d’Olympia : Perturabo se montra décidé à prendre des mesures déterminantes qui lui vaudraient la faveur du Maître de Guerre, et entama le siège d’Olympia.

Horus essaya alors de contacter Magnus le Rouge des Thousand Sons, mais sans succès. Pour des raisons inconnues, ses Astropathes ne purent établir de liaison ; à l’évidence, quelque chose de terrible devait être en train de se produire sur Prospero.

Il dépêcha alors des agents vers d’autres Légions et s’efforça de rallier à son camp divers commandeurs impériaux et membres du Culte Mechanicus, lesquels avaient autorité sur les Mondes-Forges du Mechanicum et commandaient également aux effrayantes Légions Titaniques de la Collegia Titanica. Aidé de ces machines de guerre, Horus s’estimait même en mesure de forcer l’Empereur à se soumettre sans coup férir.

  • Pour plus de détails, voir l’article dédié : la Chute d'Horus
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La Crise des Archivistes

Tandis que la Grande Croisade progressait, la plupart des Légions Space Marines s’étaient dotées d’un Librarius, dont les Archivistes, bataille après bataille, se montraient aussi méritoires que n’importe quel autre Space Marine.

Néanmoins, le sujet souleva de nombreuses discussions entre l’Empereur et les Primarques, dont certains désiraient étendre leur Librarius et recruter davantage de Psykers, tandis que d’autres élevaient la voix de façon véhémente : Leman Russ allégua que les Archivistes n’étaient que des sorciers présentés sous un autre nom, puis Corax et Rogal Dorn refusèrent de faire combattre leurs Légions aux côtés de celles qui en comptant dans leurs rangs. Mortarion alla jusqu’à accuser Magnus le Rouge de sorcellerie.

L’Empereur s’apprêtait alors à retourner vers Terra pour y poursuivre son grand ouvrage dans l’isolement de Son palais. Peut-être fut-il préoccupé par les Archivistes, par le danger que ceux-ci représentaient lorsqu’Il ne serait plus là pour Se battre auprès d’eux, et sans doute avait-Il été chagriné par l’accusation portée contre Magnus. Il repoussa donc Son départ et ordonna que se tint une session du Conseil de Guerre sur Nikaea.

Le Concile de Nikaea

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Le Sac de Prospero

Magnus le Rouge, Primarque des Thousand Sons, qui communiait en secret avec les puissances obscures du Warp, eut un jour une terrible vision qui lui révéla la défection d’Horus et la guerre civile prochaine. Lui et sa cabale de sorciers décidèrent de contacter l’Empereur au moyen d’un sort puissant pour l’avertir de l’Hérésie.

Nul ne sait avec certitude pourquoi Magnus prit la décision de prévenir son père de la manière qu’il employa, car il était certain que l’Empereur reconnaîtrait la nature de son message et n’aurait d’autre choix que de le persécuter. Sa Légion allait être purgée, lui et ses Archivistes mis à mort. Peut-être Magnus pensait-il que l’Empereur serait davantage préoccupé par la trahison du Maître de Guerre. Peut-être était-il pressé de monter l’Empereur et Horus l’un contre l’autre. Peut-être espérait-il que l’Empereur tuerait Horus et que lui, Magnus, pourrait prendre la tête de l’Hérésie. Ou peut-être avait-il d’autres motifs que lui seul connaissait.

Quoi qu’il en soit, la cabale des Thousand Sons joignit ses pouvoirs à ceux de Magnus pour que leur puissante conjuration traverse le temps et l’espace. Ayant pénétré les sceaux protecteurs qui entouraient le Palais Impérial, le sort s’immisça dans l’esprit de l’Empereur, qu’il emplit instantanément de la vision de Magnus et des détails de la trahison imminente d’Horus.

Les défenses psychiques du palais de l’Empereur sur Terra venaient d’être compromises par un sort d’une puissance sans précédent, lancé par le Primarque Magnus le Rouge et son groupe secret de sorciers afin d’avertir l’Empereur de la trahison d’Horus, une trahison que lui avait révélée une sombre précognition.

Nul ne sait quelle réaction Magnus espérait susciter, mais s’il pensait que l’Empereur serait satisfait de lui, en cela résidait son erreur. Ce dernier parut même ignorer le contenu du message de Magnus, consumé comme Il l’était par la colère de constater que Magnus avait désobéi de façon aussi flagrante à Ses injonctions de renoncer à la sorcellerie et à l’emploi de ses pouvoirs psychiques.

L’Empereur appela auprès de Lui le Primarque des Space Wolves. Il existait depuis toujours une certaine animosité entre Magnus et Leman Russ, à qui Il ordonna de rejoindre Prospero et de châtier Son fils rebelle. Sa volonté était claire ; le cyclope et ses fils s’étaient compromis dans des tractations avec le Warp, en enfreignant une instruction directe de Sa part. Aucune pitié ne devait leur être témoignée.

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L'Atrocité d'Isstvan III

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La Fuite de l'Eisenstein

La Fuite de l’Eisenstein.
Alors même que les forces renégates d’Horus effectuaient leur bombardement orbital contre les Space Marines loyalistes sur Isstvan III, le Capitaine Garro de la Death Guard s’empara de la frégate Eisenstein. Ayant livré d’innombrables batailles au nom de l’Empereur durant la Grande Croisade, Garro était un ardent loyaliste, pour qui il était difficile de croire aux événements qui se déroulaient. Son instinct l’amena néanmoins à avertir la surface de la planète, et il se résolut à fuir le système d’Isstvan en compagnie de soixante-dix autres loyalistes pour tenter d’atteindre Terra.

L’armement léger dont disposait Garro ne pouvait en rien rivaliser avec les batteries des croiseurs d’Horus dont il eut à essuyer de nombreux tirs en voulant forcer le bloc. Son vaisseau s’éloigna d’Isstvan III sévèrement endommagé. Tous les Astropathes de bord avaient péri dans la canonnade, et son unique Navigator était mortellement blessé : aucune communication interstellaire ne lui était permise et la frégate avait peu de chances de parvenir à naviguer dans l’Immaterium.

Garro devait cependant espérer qu’il parviendrait à s’échapper, et qu’il trouverait un moyen d’entrer en contact avec Terra afin d’avertir l’Empereur de la défection d’Horus. Il leur était impossible de semer leurs poursuivants dans l’espace réel, et il leur fallait donc se risquer dans le Warp.

Garro en donna l’ordre, et dans une grande secousse, la frégate procéda au saut dans l’Empyrean. Ils le trouvèrent agité par des courants d’une rare magnitude. Le Navigator n’était plus à même de diriger leur trajectoire : rester dans le Warp les condamnerait à y dériver à jamais. Garro ordonna que le vaisseau soit ramené dans l’espace matériel sans que les Space Marines loyalistes n’aient la moindre idée d’où ni quand leur saut en urgence les avait fait réapparaître. Alors même que leur vaisseau quittait l’Immaterium, le Navigator s’écroula, terrassé par ses blessures. La propulsion Warp était dangereusement instable et risquait d’exploser à tout moment en pulvérisant le vaisseau, ou pire, en le renvoyant dans l’Empyrean.

L’Eisenstein était en perdition, sa superstructure prête à se disloquer, et ils se retrouvaient à la dérive dans une région inconnue de l’espace. Les fidèles de Garro avaient faussé compagnie aux félons, mais plus rien ne paraissait envisageable pour leur salut que de prier pour un miracle. Garro avait une autre idée en tête. Il fit enclencher le compte à rebours d’autodestruction des moteurs Warp, et ordonna qu’ils soient éjectés du vaisseau, en s’imaginant que l’explosion agirait comme une balise et attirerait l’attention de croiseurs proches. Il n’y avait plus qu’à espérer que ceux-ci se montreraient amicaux.

Ce fut alors que le destin se manifesta sous la forme de Rogal Dorn, Primarque de la Légion des Imperial Fists, qui se téléporta à bord du vaisseau brisé. Dorn et sa flotte avaient été contraints par les tempêtes qui agitaient l’Immaterium de faire halte non loin. La déflagration des moteurs de l’Eisenstein, qui s’était répercutée dans le Warp, avait permis aux Navigators des Imperial Fists de situer précisément sa position.

Garro se présenta devant Dorn et lui rapporta les événements d’Isstvan III : comme il pouvait s’y attendre, le Primarque en fut profondément affecté. Lui et sa Légion étaient de fervents loyalistes ; Dorn tenait Horus en haute estime, l’admirait immensément et n’aurait jamais songé à mettre en doute ses motivations, cependant, rien ne pouvait justifier ses actes infâmes. Dorn prit alors deux résolutions. La première fut d’envoyer l’essentiel de sa flotte vers Isstvan III pour en briser le siège et venir en aide aux loyalistes qui combattaient là-bas, la seconde d’escorter personnellement Garro jusqu’à l’Empereur. Malgré les turbulences croissantes du Warp, la flotte Imperial Fist se détourna vers Isstvan et Rogal Dorn fit route vers Terra avec le Capitaine Garro et son équipage.

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Le Mechanicum Noir

Le Schisme de Mars.
Durant les mois qui précédèrent l’incident d’Istvaan III, Horus avait été très occupé à dépêcher des agitateurs vers des dizaines de Mondes-Forges pour y œuvrer en secret. Les Mondes-Forges étaient les planètes souveraines du Mechanicum de Mars et du très vénérable ordre des Technoprêtres, avec qui l'Empereur avait conclu un pacte au lancement de sa Grande Croisade.

Ces mondes du Mechanicum travaillaient sous la tutelle des Maîtres de Forge, les administrateurs du clergé de Mars, auprès desquels les envoyés d’Horus usèrent de subtilité et de duperies pour les convaincre de s’allier au Maître de Guerre dans le conflit à venir. Un schisme s’était développé au sein du Mechanicum. Certains des Technoprêtres considéraient l’Empereur comme la manifestation vivante de leur Dieu-Machine. D’autres voyaient en cela un blasphème ; selon eux, le Dieu-Machine était toujours enseveli sous les sables rouges de Mars. Les agents du Chaos suggérèrent à ceux-là que l’Empereur s’était présenté comme un dieu afin de conclure avec le Mechanicum un marché qui ne servait que Ses propres buts.

Les espions perfides d’Horus présentèrent aux Maîtres de Forge ce que devaient être les plans de l’Imperium : se retourner contre le Mechanicum, dérober ses secrets, réduire les Technoprêtres en esclavage et s’emparer de leurs machines. Pour bon nombre de Maîtres de Forge, cette perspective proprement inacceptable les poussa à promettre de soutenir Horus. Lorsque l’heure viendrait, leurs Mondes-Forges se déclareraient en faveur d’Horus, et le sort de l’Empereur serait scellé.

Après les avoir ralliés à la cause d’Horus, ses agents firent miroiter aux Maîtres de Forge la promesse d’un pouvoir comme seules les puissances du Chaos pouvaient leur en offrir. Ces suppôts se montrèrent subtils dans leur approche; une vague allusion de-ci, un encouragement de-là… Lentement mais sûrement, un par un, tous ces Maîtres de Forge succombèrent à l’attrait du Chaos. Leurs Technoprêtres adoptèrent un habit sombre et se mirent à communier avec le Warp. Ce fut là la naissance du Mechanicum Noir.

La Chute de Mars

Rogal Dorn avait détaché ses quatre Compagnies de vétérans Imperial Fists sur Mars pour y venir en aide à la faction loyaliste du Mechanicum et empêcher les fabriques de munitions de tomber aux mains des traîtres. Les Imperial Fists emmenèrent avec eux un large effectif tiré de diverses garnisons de l’Armée Impériale dispersées dans tout le système, le tout sous le commandement du Capitaine Camba-Diaz de la 2e Compagnie.

La phase initiale de cette action tourna en faveur des loyalistes, parvenus à s’emparer d’une grande portion du territoire sur l’hémisphère nord de la planète. Cette zone de contrôle recouvrait les importantes usines de Mondus Gamma et Mondus Occullum, deux vastes complexes industriels dans lesquels le Mechanicum fabriquait l’armement et les Armures Énergétiques des Space Marines.

Cette victoire ne fut que temporaire. La frange loyaliste du Mechanicum s’avérait bien plus réduite que ne l’avaient supposé ceux de Terra. Les forces impériales sur Mars se retrouvèrent largement dépassées en nombre. Conjointement à une plus grande proportion de Technoprêtres dans leurs rangs, les félons pouvaient également compter sur les services de sept Légions Titaniques. Quelques heures à peine après s’être emparés des manufactures, les loyalistes en furent chassés, et il apparut clairement qu’ils ne pourraient gagner cette bataille.

Camba-Diaz ordonna une évacuation d’urgence, et à peine un millier de guerriers loyalistes parvinrent à s’échapper de la surface de la planète avant que les usines ne retombent dans l’escarcelle des traîtres. Une action d’arrière-garde désespérée des loyalistes et le sacrifice de milliers de vies permirent du moins l’évacuation hors-monde de plusieurs dizaines de milliers d’Armures Mk5 et Mk6 nouvellement fabriquées.

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Sources

  • MERRET ALAN, Visions d'Hérésie - Guerre, ténèbres, traîtrise et mort, 2014
  • The Horus Heresy, Book One - Betrayal
  • The Horus Heresy, Book Two - Massacre
  1. The Horus Heresy, Book One - Betrayal, Chapter The Legiones Astrates - Preface (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. The Horus Heresy, Book Two - Massacre, Chapter The Road to War (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. The Horus Heresy, Book Two - Massacre, Chapter The Road to War - The Dark Age and the Rebirth (traduit de l'anglais par Guilhem)
  4. The Horus Heresy, Book Two - Massacre, Chapter The Road to War - The of Dawning the Great Crusade (traduit de l'anglais par Guilhem)

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