Astronomican

De Omnis Bibliotheca
« Nul ne peut vraiment dire combien de mondes gouverne l’Humanité. Un million paraît être une bonne estimation. Mais ne faut-il compter que ceux où un Gouverneur Impérial a été nommé, et omettre les autres ? Dans ce cas, devons-nous compter ces planètes avec lesquelles n’y a pas eu de contact depuis une génération, deux générations, ou bien trois ? Et qu’en est-il de ces mondes que nous savons peuplés, mais que nous n’avons pas vu l’intérêt de revisiter ? Combien de mondes perdus peut il exister au-delà de la lumière bénie de l’Astronomican ? Nous disons un million car nos esprits humains se satisfont d’un tel chiffre, mais seul l’Empereur, dans Sa sagesse ultime, sait véritablement ce qu’il en est. »
- Seigneur Haut Consul Grasticus Vak.

Depuis plus de cent siècles l’Empereur immobile siège sur le Trône d'Or de Terra. Il est le Maître de l’Humanité, par la volonté des dieux, et le suzerain d’un million de mondes grâce à la puissance de Ses armées innombrables. Il n’est qu’une carcasse en décomposition, qui se tord et frémit sous les influx d’une énergie invisible venue du Moyen-Âge Technologique. Il est le Seigneur Charognard de l’Imperium au nom duquel mille âmes sont sacrifiées tous les jours afin qu’Il ne meure jamais vraiment.

Suspendu dans cette dimension où Il n’est ni tout à fait mort, ni tout à fait vivant, l’Empereur poursuit Sa veille éternelle. Ses puissants vaisseaux de guerre naviguent au cœur de miasmes infestés de Démons du Warp, sur les seules routes qui leur permettent de relier les étoiles lointaines, selon des trajectoires éclairées par les visions de l’Astronomican, qui sont elles-mêmes la manifestation psychique de la volonté de l’Empereur.

Le voyage Warp à travers l’Imperium n’est rendu possible que par la grâce de l’Empereur et Sa présence flamboyante dans l’Immaterium. Appelé Astronomican, ce phare illuminé par la volonté de l’Empereur, cet astre guide projeté depuis le Trône d’Or et alimenté par un chœur de martyrs brille à travers toute la galaxie malgré les ténèbres bouillonnantes du Warp. C’est à la fois un point de repère et une main courante physique pour le Navigators qui peuvent ainsi retrouver leur chemin dans la confusion cauchemardesque de l’Immaterium.

Cette balise psychique est perceptible jusqu’à 70 000 années lumières de distance, elle guide les millions de navires marchands et de vaisseaux de guerre qui empruntent les courants capricieux du Warp.

Les Sacrifiés

Les Psykers sacrifiés pour l’entretien de l’Astronomican.
Entretenu sur Terra par un chœur de dix mille puissants Psykers spécialement entraînes, ce véritable phare sert de point de repaire aux navires lancés dans le Warp. La prodigieuse puissance nécessaire à l’Astronomican draine l’énergie vitale d’un Psyker en quelques mois et des centaines d’entre eux meurent chaque jour. Leurs corps décharnés sont immédiatement remplacés par les légions de nouvelles recrues.

Au fil de leur traversée de l’Imperium, les Vaisseaux Noirs de l’Inquisition procèdent à la récupération de nombreux Psykers. La vaste majorité de ceux qui sont ainsi raflés sur leur monde sont jugés trop faibles dans leur âme pour résister à la corruption par le Warp. Ils sont alors confiés aux soins de l’Adeptus Astronomica. Cette auguste organisation aide l’Empereur à entretenir l’Astronomican, le grand phare psychique de Terra. En sacrifiant la substance même de leurs âmes, les martyrs de l’Astronomican alimentent le Trône d’Or, lequel envoie sa lumière astrale briller au travers du Warp. En établissant un point de référence fixe, l’Astronomican constitue un élément vital des voyages par le Warp, car il permet aux Navigators de trianguler leur position. Chaque jour, environ un millier de ces martyrs sont sacrifiés de la sorte à l’Empereur. Beaucoup considèrent qu’il s’agit là d’un faible prix à payer en échange de la protection et des lumières spirituelles que leur offre le Maître de l’Humanité.

Voyager dans le Warp

L’Imperium de l’Humanité s’étend sur environ deux tiers de la galaxie et se compose de plus d’un million de planètes habitées. Bien que ce chiffre soit énorme, il n’est rien comparé aux centaines de milliards de systèmes stellaires que compte la galaxie. L’Imperium est ainsi étalé de manière très éparse dans un vide immense, ses planètes parsemant l’espace, séparées par des centaines, des milliers d’années-lumière. L’Imperium ne peut par conséquent pas être envisagé comme un seul et même territoire cohérent et possédant des frontières distinctes. L’Humanité partage la galaxie avec d’innombrables civilisations Xenos, de nombreux empires Orks indépendants, et de larges zones ratissées par les Flottes-Ruches Tyranides ou corrompues par le Chaos. Nul ne sait quels secrets peuvent encore se cacher entre les étoiles. D’autres civilisations avancées, des colonies humaines perdues, et les ruines de races éteintes attendent sans aucun doute d’être découvertes et explorées.

La raison pour laquelle les vaisseaux de l’Imperiurn peuvent sillonner la galaxie avec une relative rapidité, quand d’autres races pâtissent de vols spatiaux plus restreints, est en réalité une combinaison de trois facteurs. La première est la préservation de la technologie ancienne par l’Adeptus Mechanicus, le clergé de Mars, lequel assure la sauvegarde de la science antique pour le compte de l’Adeptus Terra. Sans l’avantage technologique de Moteurs Warp efficaces, il serait impossible à l’Imperium de défendre ses planètes dispersées. Le deuxième facteur est l’existence des humains Mutants appelés les Navigators, une engeance à part dont les origines remontent aux temps incertains du Moyen-Âge Technologique. Seul un Navigator est capable de guider un vaisseau dans le Warp : sa boîte crânienne enflée abrite un esprit sensible aux flux et aux courants du Warp, lui permettant d’y naviguer jusqu’à sa destination finale quand d’autres races ont à se satisfaire d’estimations et d’un nombre interminable de sauts de correction pour parcourir dans le Warp ne fût-ce que de courtes distances. Le troisième facteur rendant le voyage Warp possible est la balise psychique à la puissance incommensurable qu’est l’Astronomican. Émis depuis Terra par un chœur de Psykers, l’Astronomican se projette à travers l’espace Warp afin de guider les nefs. Seuls les Navigators sont à même de percevoir sa lumière et de suivre son signal psychique. C’est à lui qu’ils doivent de pouvoir employer leurs pouvoirs à plein escient : sans l’Astronomican, même le Navigator le plus puissant n’arriverait pas à diriger son vaisseau sur les distances démesurées séparant les planètes de l’Imperium.

Origine

La Lumière de l’Empereur.
Avant d’étendre la Grande Croisade vers les étoiles par-delà Sol, l’Empereur ordonna sur Terre la construction de l’Astronomican. Des cohortes de Technoprêtres furent amenées de Mars pour superviser le projet et la majorité de la population locale fut affectée à son édification.

À cette époque, l’Astronomican était le plus grand édifice sur Terre, mais plus édifiant encore était le fait qu’il constituait simplement un point focal au travers duquel l’Empereur pouvait diriger Ses facultés psychiques insondables.

Un rayon de navigation psychique est projeté depuis l’Astronomican au travers du Warp, et ceux qui savent percevoir sa fréquence et ses modulations uniques, les Navigators, sont capables de s’en servir comme point de référence pour le calcul de trajets qui dureront quelques jours plutôt que quelques semaines, des mois plutôt que des années.

L’Empereur venait de concevoir ainsi un instrument grâce auquel les voyages interstellaires étaient à nouveau envisageables.

La lumière de l’Astronomican perce le Warp tel un phare dont les Navigators peuvent se servir comme guide pour établir leurs déplacements à travers la galaxie. Son rayon est alimenté par l’énergie psychique de l’Empereur Lui-même, bien que peu en aient conscience et même si beaucoup s’y réfèrent pourtant comme à "Sa Divine Lumière" ou à la "Lumière de l’Empereur".

L’Astronomican n’est cependant pas le seul moyen pouvant aider à traverser de grandes distances dans le Warp. S’Il le désire, au prix de quelque effort, l’Empereur est capable de projeter dans l’Éther un signal que percevront les Navigators et les autres Psykers suffisamment sensibles. Guidé de cette manière, un voyage qui aurait demandé plusieurs mois peut ainsi être accompli en quelques jours.

À l’inverse, l’Empereur serait en mesure d’étouffer l’Astronomican ou d’en interrompre le rayon. Seuls une poignée d’individus savent que ce grand phare est alimenté par les pouvoirs psychiques de l’Empereur ; ceux-là vivent dans la crainte de Le voir mourir, et que la galaxie s’en trouve plongée dans une nouvelle Ère des Luttes.

L'Astronomican et la Grande Faille

L’Imperium est resté inébranlable pendant dix mille ans. Depuis que l’Empereur a été placé sur le Trône d’Or à la suite de l’Hérésie d'Horus, il a tenu, du moins par pure inertie. Les crises se sont succédées, de l’Âge de l'Apostasie aux Croisades Noires, à la montée et à la chute d’innombrables rébellions ou empires Xenos. Certaines menaces ont été grandes et terribles, d’autres à peine perceptibles à l’échelle galactique. Aucunes d’entre elles n’a ébranlé l’Imperium aussi cruellement que l’émergence de la Grande Faille. Lorsque le Cicatrix Maledictum est apparue, la moitié de la galaxie fut perdue. Le contact avec le nord de la galaxie est intermittent, lorsqu’il se produit, et le peu de retours fait échos à des histoires d’horreurs et de malheurs.

Le Grande Faille existe aujourd’hui comme un terrible obstacle, détruisant l’Imperium de l’Humanité qui revendiquait autrefois l’entièreté de la galaxie. Plus près de Terra et dans la lumière de l’Astronomican se trouve l’Imperium Sanctus, qui est encore protégé par la force pleine de la machine de guerre et des soldats de l’Imperium. Les mondes perdus dans le Grande Faille sont désignés comme faisant partie de l’Imperium Nihilus, ou le Sombre Imperium. On sait peu de choses de la vie au-delà de la lumière de l’Empereur, mais on dit que les Démons errent librement et que les guerriers du Chaos font des raids où ils veulent sans crainte.[1]

Des milliers de mondes sont piégés à l’intérieur du territoire du Sombre Imperium, isolé de la lumière divine de l’Empereur et de Son Astronomican. Les communications interstellaires et les voyages Warp sont en grande partie peu fiables et beaucoup plus dangereux qu’avant dans le Sombre Imperium que presque n’importe où ailleurs dans la galaxie. Voyager à partir de l’un et de l’autre côté de la grande brèche est extrêmement dangereux et presque impossible.[2]

Les vaisseaux humains bravant le Warp à leurs risques et périls - utilisant la balise volante de l’Astronomican pour les guider et les Navigators pour tracer un chemin, sont toujours conscients qu’une tempête Warp pourrait les faire dévier de leur trajectoire, les faisant non seulement traverser l’espace mais aussi le temps. Certains navires perdus ressortent du Warp des siècles après qu’ils soient partis ou même des siècles avant qu’ils ne partent, bien que beaucoup ne reviennent pas du tout. C’est pour cette raison qu’il existe depuis longtemps des routes Warp à l’intérieur de l’Imperium, où les vaisseaux peuvent voyager avec une sécurité relative - du moins il y en avait jusqu’à la Noctis Aeterna et l’enfer qui l’a suivie.

Dans le Sombre Imperium, avec la lumière de l’Astronomican bloquée par la Cicatrix Maledictum, les mondes sont devenus des îles. Coupées de la galaxie qui les entoure, de nombreuses races recourent à de vieux moyens de transport plus lents que la vitesse de la lumière, mettant des mois ou des années à atteindre même les autres planètes dans leur propre système. Les équipages qui bravent les étoiles prennent leur destin entre leurs propres mains et doivent accepter que l’atteinte de leur destination repose autant sur les dieux que sur les efforts de leurs Navigators. Les passagers de ces vaisseaux doivent également accepter d’être forcés de combattre les créatures du Warp ou de subir les tourments de l’Immaterium - traversant un royaume de cauchemars et de folie - avant d’atteindre à nouveau la sécurité relative de l’espace réel… si jamais ils y arrivent.[3]

Sources

  • Warhammer 40 000 JdR - Rogue Trader : Livre de règles
  • Warhammer 40 000 JdR - Dark Heresy : Livre de règles
  • Warhammer 40 000 JdR - Wrath and Glory : Livre de règles
  • Warhammer 40K - Livre de Règles, V3
  • MERRET ALAN, Visions d'Hérésie - Guerre, ténèbres, traîtrise et mort, 2014
  1. Warhammer 40 000 JdR - Wrath and Glory - The Dark Imperium, (traduit de l'anglais par Guilhem)
  2. Warhammer 40 000 JdR - Wrath and Glory - Desperate Allies, (traduit de l'anglais par Guilhem)
  3. Warhammer 40 000 JdR - Wrath and Glory - Forlorn Stars, (traduit de l'anglais par Guilhem)